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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 09:35

Ce weekend, je profite d'un repas de famille dans mon Tarn natal pour prendre mon arc et aller taquiner les brocards roumégousols. Vendredi soir, en sortant du boulot, je passe chez moi pour récupérer mes affaires préparées la veille et mon chien avant de prendre la route pour Roumégoux. J'arrive sur place vers 20 heures et récupère le bracelet chez le président de la chasse avant de passer voir les chasseurs de la commune affairés, juste 200 mètres plus loin, à la préparation du ball-trap de ce weekend. Nous discutons un peu et je leur laisse quelques bocaux de pâté de gibier. Eric, un des chasseurs me dit que, tous les soirs, un ou 2 chevreuils sortent au gagnage dans les prairies sur le flanc de colline en face du ball-trap. Je sors un peu Hémo pour lui dégourdir les pattes puis pars ensuite me garer à l'ombre de la salle des chasseurs pour Hémo et me prépare tranquillement avant de partir en chasse. Comme chaque année, je commence ma chasse par le secteur autour du ball-trap. Le vent n'est pas bon et souffle vers mon secteur de chasse, je décide de me décaler suffisamment sur la droite pour essayer de ne pas être senti par les animaux du secteur. Je suis un peu la route puis la quitte pour longer un maïs en direction d'un petit bosquet en suivant une prairie fauchée. Arrivé au bosquet, je bifurque à 90° pour me diriger vers un bois à travers la prairie. Le sol est marqué de pieds de chevreuils, je passe près d'un autre petit bosquet puis rentre dans le bois, un peu plus loin, par un chemin forestier avec le vent dans le dos. J'avance suffisamment sur le chemin pour ne pas risquer d'avoir un chevreuil qui vienne à mauvais vent puis commence à appeler. Les séries d'appels se succèdent sans que rien ne bouge. Je sors du bois dans une grande prairie et prends à droite sur un  petit sentier en lisière pour revenir vers un autre chemin forestier par lequel je rejoins une clairière. Je me poste en bordure de cette zone dégagée, au pied d'un gros arbre pour recommencer à appeler. Mais pas plus de succès ici.

Je fais demi-tour et descends à travers la prairie vers la route, la traverse, prends un sentier à travers bois puis rejoins le chemin de terre qui fait le tour du barrage de la Bancalié, au milieu des bois, en faisant quelques pauses pour appeler sans que rien ne vienne. Je finis par rejoindre le chemin de terre qui passe sous le ball-trap pour rejoindre la route de crête qui passe par le village. Je m'avance tout doucement par ce chemin pour tenter de surprendre un chevreuil au gagnage dans les prés de part et d'autre du chemin, un peu plus loin. Après environ 100 mètres, le chemin longe une bande de pré prise entre ce dernier et le bois sur la gauche alors que le bois borde toujours le côté droit. Une haie assez claire sépare le chemin du pré. Alors que j'arrive juste au départ du pré, j'aperçois, au travers d'une trouée de la haie, une chevrette au gagnage à à peine 10 mètres en contrebas du chemin. Je me fige et l'observe un instant et regarde au travers de la haie si un brocard ne se trouverait pas un peu plus loin dans le pré. Elle semble seule mais je décide de rester immobile au cas où un brocard se présenterait. Après de longues minutes, elle finit par lever la tête vers moi et devient inquiète en apercevant cette masse inhabituelle au travers de la haie. Elle hésite un peu puis se débine pour rentrer au bois.

Je me remets en marche, la haie se termine un peu plus loin et j'avance tout doucement pour tenter d'apercevoir un animal sans être vu mais, alors que je passe le bout de la haie, je me fais surprendre par un renard qui m'observe, plein travers contre la bordure du bois à presque 40 mètres. Je me fige et m'attends à le voir détaler. Je suis à découvert à quelques mètres du bout de la haie. Au bout de quelques secondes sans bouger et voyant que le renard ne semble pas vouloir partir. Je décide de tenter d'armer mon arc car il me sera impossible de m'approcher. J'arme doucement mon arc et prends la visée mais ma visette a tourné. Le renard n'a toujours pas bougé, je désarme doucement, tourne ma visette. Le renard qui est en fait une renarde, se baisse pour uriner toujours en me regardant. Je n'en crois pas mes yeux. Je réarme doucement et prends ma visée. La renarde qui a fini de se soulager se redresse doucement toujours en me regardant. Ma visée calée au-dessus de son dos pour compenser la distance, je décoche. Ma flèche lui fouette le dessous du poitrail et lui fait faire un bon impressionnant. Elle fait un demi-tour sans toucher les pattes au sol et, en retombant, elle démarre sur quelques mètres pour rejoindre la lisière du bois avant de stopper net pour revenir de quelques pas hésitants vers ma flèche. Je suis tellement surpris par cette réaction que j'observe incrédule sans réencocher. Elle finit par faire demi-tour et se débiner tranquillement dans le bois en regardant plusieurs fois derrière elle. Je quitte mon poste et pars chercher ma flèche fichée au sol. Pas d'indice de blessure, je la remets au carquois et contrôle la trajectoire de fuite sans trouver d'indices.

Je retourne vers le chemin, le bois de droite a laissé place à de grands prés remontant vers la crête. Les séances de tir du ball-trap ne commenceront qu'à la nuit, je décide de tenter de renter dans ces prés pour tenter de voir les chevreuils dont m'a parlé Eric. Je remonte doucement quand j'aperçois un chevreuil au gagnage à plus de 100 mètres au-dessus de moi. Je me fige, c'est une chevrette, elle ne m'a pas vu. Je biaise doucement à gauche, en la surveillant, vers une grosse haie perpendiculaire à la pente. J'arrive au bout de la haie sans être repéré. La chevrette est à environ 80 mètres. J'observe un moment sans voir de brocard puis décide de tenter des appels pour tenter de faire réagir un brocard dans les parages ou d'attirer la chevrette qui pourrait attirer un mâle. Je tente avec le Buttolo sans qu'elle ne réagisse tout en regardant le paysage autour de moi. Tout à coup, j'aperçois une tête de brocard dans l'herbe à environ 100 mètres de moi, à environ 30 mètres sur la droite de la chevrette. Il semble couché. Je continue mes appels au Buttolo mais il ne réagit pas, je prends mon Rottumtaler et tente d'autres appels mais toujours rien. Il regarde vers moi mais ne veut pas bouger. La chevrette ne réagit pas plus et poursuit son repas en regardant par moment vers moi. Je tente d'aboyer sans plus de réaction puis appuis mes aboiements pour le défier tout en alternant avec des appels à l'appeau. Le brocard finit par se lever et s'étirer. Je continue mes appels en alternant avec des aboiements et cette fois il commence à venir vers moi mais après environ 15 mètres d'approche il se fige, regarde vers la chevrette puis démarre et remonte vers la crête. Concentré sur le brocard, je n'ai pas remarqué que le vent avait tourné et alerté la chevrette qui s'est enfuie.

Je quitte mon poste et remonte tranquillement le pré en baisant vers le bois à ma droite. La luminosité baisse vite. Les 2 chevreuils ont disparu. Une fois la lisière rejoint, je la longe à quelques mètres dans le pré. Le bois bifurque et remonte en suivant le relief, je le suis quand les 2 chevreuils surgissent en crête à environ 150 mètres. Il m'observe un instant alors que je me suis figé puis passent la crête et franchissent une grosse haie au galop. Il fera bientôt nuit. Je reviens vers la route d'un pas rapide avant que les tirs du ball-trap ne commencent. Pas d'animaux en vue, arrivé au bord de la route, je la loge par une prairie au milieu des moutons pour rejoindre ma voiture. Je pars saluer mes anciens collègues de chasse arrivés depuis mon départ avant de rentrer à Albi chez mes parents pour manger un bout avant d'aller me coucher.

Ce matin, le réveil sonne vers 5 heures, je me prépare tranquillement puis déjeune avant de partir pour Roumégoux. Il me faut rentrer avant 11 heures car le repas de famille est à midi au restaurant des 3 Chênes. Je me gare à "la Cassagné", au départ d'un sentier qui descend vers la Bancalié, près de la route de Saint Antonin de Lacalm. La luminosité commence à croître. Je quitte ma voiture et descends par la route vers le pont qui traverse le ruisseau qui alimente le barrage. Sur la droite, un penchant boisé abrupt descend vers le ruisseau alors qu'à gauche, un penchant boisé avec de gros affleurements rocheux remonte vers a crête. Un peu avant le pont, un passage me permet de quitter la route sur la gauche pour rentrer, entre le penchant boisé et une grosse haie, dans une bande de pré plane prise entre 2 penchants de bois assez raides, le ruisseau qui borde le penchant de droite apporte de la fraîcheur dans ce secteur qui reste vert même en plein été et attire les chevreuils. Tous les ans, un brocard est au gagnage, à cette heure-ci, dans la grande bande de pré suivante séparée de ce bout de pré par une haie épaisse qui relie les 2 penchants boisés. J'avance tranquillement vers cette haie en serrant le bois à ma gauche, pas de chevreuil en vue. Je m'avance ensuite doucement dans la haie par une grosse coulée et aperçois vite un chevreuil au gagnage, dans le pré suivant, à environ 300 mètres de la haie, mais sans pouvoir le sexer. Je me positionne doucement pour éviter de me faire repérer alors que le chevreuil avance tranquillement vers le ruisseau en broutant. Une fois calé, je commence à appeler. Le chevreuil relève la tête et regarde vers moi mais ne veut pas venir. J'insiste un moment quand un bruit de pas se fait entendre dans le bois, de l'autre côté du ruisseau. Un chevreuil vient sur moi. J'accroche mon décocheur et continue mes appels. La luminosité est trop faible pour voir correctement en sous-bois, le bruit de pas semble se rapprocher de plus en plus puis l'animal semble tourner dans la haie près du ruisseau sans que je puisse l'apercevoir. J'insiste et appelle encore, le chevreuil dans le pré finit par faire demi-tour et rentrer au bois. Au bout d'un moment les bruits de pas se font entendre juste par moment et je fais des pauses dans mes appels espérant que le chevreuil va se trahir jusqu'à ce qu'un bruit pas semble s'éloigner, les graviers du ruisseau crissent puis les bruits cessent rapidement et le calme revient. J'attends un peu et rappelle par moment mais rien ne bouge.

Je décide de quitter mon poste, je sors de la haie et m'avance dans le pré pour le traverser jusqu'à rejoindre un chemin de terre à sa pointe, pris entre le bois à ma gauche et la haie bordant le ruisseau à ma droite et derrière lequel se trouve un pré pris dans le grand bois de droite. Un peu plus loin le chemin bifurque à gauche pour remonter et passer au-dessus du bois de gauche. Un bout de haie bordant la droite du chemin me fait un bon écran de camouflage pour observer dans les prés et chaumes qui bordent maintenant la gauche du petit cours d'eau. Pas de chevreuil en vue. Je m'avance doucement dans le pré et m'agenouille dans la haie qui borde le ruisseau avant de tenter quelques appels. Rien ne venant, j'hésite un court instant. Habituellement, je chasse en continuant à suivre le ruisseau mais ce matin quelque chose me dit de changer et de suivre le chemin de terre. Je reprends donc le sentier et commence à le suivre quand des bruits dans les feuilles mortes se font entendre dans bois de gauche, près du chemin qui tourne à gauche. Je stoppe et me fige pour observer un instant sans rien voir. Je tente de m'approcher doucement mais les bruits cessent et rien ne semble bouger. Je laisse tomber et poursuis ma route. Au-dessus du chemin sur ma droite, les feuillus ont fait place à de grands pins. J'avance doucement entre les bois, le chemin bifurque à droite et remonte vers un petit pré bordant les pins. Alors que j'arrive près de ce petit pré, un petit bout de haie, partant des pins pour longer la droite du chemin, me cache la vue et, alors que j'arrive au bout de ce petit bout de haie, j'aperçois juste le cul d'un chevreuil disparaissant derrière la bosse du pré devant moi, à environ 45 mètres. 

Rencontre du 3ième type dans le Tarn, 05 aoüt 2017

J'attrape vite mon Buttolo, me décale derrière le bout de la haie et lance un appel bref, la tête du chevreuil se redresse derrière le relief qui me le cachait. C'est un brocard, un autre appel le fais se retourner. J'accroche mon décocheur et poursuis mes appels. Le brocard arrive au petit trot droit sur moi sur 10 à 15 mètres puis fait une pause pour chercher d'où viennent les appels. Je le laisse un peu chercher puis lance un autre appel, il regarde vers moi, un autre appel, il repart pour venir vers moi, il est à environ 20 mètres, je pose mon appeau sur la poignée de mon arc pour pouvoir appeler après avoir armé en l'écrasant entre mes doigts et la poignée puis me prépare à armer. Il s'arrête et cherche à nouveau à environ 15 mètres. Encore un appel et il repart, j'arme mon arc et le suis dans mon viseur. Il stoppe à un peu plus de 10 mètres de face, une branche cache sa zone vitale, j'appelle à nouveau, il arrive d'un pas décidé pour stopper cette fois à 6 mètres mais le bout de la branche se trouve pile en face de la zone à viser. J'espère le voir se décaler à peine mais c'est alors qu'il remarque une forme inhabituelle dans la haie et démarre en trombe pour stopper à environ 25 mètres, plein travers, au ras d'un gros bourrelet de ronces qui précède les pins. Ma visée est calée et sans m'expliquer pourquoi, je décoche. Un impact très marqué retentit sans que je puisse vraiment identifier la zone atteinte et le brocard démarre pour foncer à grand bon au travers du mur de ronce pour rejoindre les pins. Je ne tire habituellement pas à ces distances et je ne m'explique toujours pas cette décoche.

Le brocard qui a rejoint les pins casse du bois en se débinant puis stoppe un instant avant de repartir et de casser encore du bois. Je reste un moment à regarder dans sa direction de fuite.

Rencontre du 3ième type dans le Tarn, 05 aoüt 2017

Au bout d'un moment, je décide d'aller contrôler mon tir et pars droit vers la zone du tir. Alors que je suis encore à 10 mètres, il me semble voir une tache rouge dans les ronces au ras du pré. En m'approchant, je constate que le chevreuil a perdu une belle giclée de sang qui a repeint les ronces en rouge foncé.

Rencontre du 3ième type dans le Tarn, 05 aoüt 2017

La coulée ouverte par le passage du brocard dans les ronces est bien visible et les taches de sang importantes et régulières sont visibles jusqu'au bord des pins. Il semble que le brocard ait perdu une belle giclée de sang à chaque fois qui s'est réceptionné au sol après un bon.

Rencontre du 3ième type dans le Tarn, 05 aoüt 2017

A l'endroit du tir quelques gouttes de sang sont tombées sur l'herbe.

Rencontre du 3ième type dans le Tarn, 05 aoüt 2017

En observant plus en détail les ronces à l'endroit où est rentré mon brocard, je trouve des projections de contenu stomacal et de petites gouttes de sang.

Rencontre du 3ième type dans le Tarn, 05 aoüt 2017
Rencontre du 3ième type dans le Tarn, 05 aoüt 2017
Rencontre du 3ième type dans le Tarn, 05 aoüt 2017
Rencontre du 3ième type dans le Tarn, 05 aoüt 2017

Vu la position presque plein travers du chevreuil, ces gouttes de contenu stomacal sont signe que mon atteinte est trop en arrière et je décide d'attendre 15 minutes sans bouger au ras des ronces. Au bout de quelques minutes, les bruits de bois cassé reprennent, le chevreuil semble se débiner. Les bruits cessent puis reprennent un peu plus tard avant que le calme s'installe.

Je contrôle souvent ma montre, j'ai tiré à 6h45, et j'ai commencé à attendre au bord des ronces vers 7 heures, le temps me semble interminable. J'avais besoin de ça ce matin, c'est toujours quand on n'a pas le temps que la chasse s'éternise. Si j'appelle Adrien, il ne sera pas là avant plus d'une heure, voir bien plus. Au bout de 15 minutes, je décide de réencocher une flèche et de suivre la piste tout doucement comme si j'étais en train de chasser en espérant retrouver mon chevreuil couché, s'il n'est pas déjà mort. Généralement, les flèches de panse  font que le chevreuil se couche assez vite. J'avance doucement dans les ronces mais ma progression est loin d'être silencieuse. Les indices de passage s’enchaînent et sont faciles à suivre jusqu'au bord des pins.

Rencontre du 3ième type dans le Tarn, 05 aoüt 2017
Rencontre du 3ième type dans le Tarn, 05 aoüt 2017
Rencontre du 3ième type dans le Tarn, 05 aoüt 2017
Rencontre du 3ième type dans le Tarn, 05 aoüt 2017
Rencontre du 3ième type dans le Tarn, 05 aoüt 2017
Rencontre du 3ième type dans le Tarn, 05 aoüt 2017

Arrivé au bord des pins, les indices deviennent moins visibles. Les gouttes de sang sont moins nombreuses et plus espacées.

Rencontre du 3ième type dans le Tarn, 05 aoüt 2017
Rencontre du 3ième type dans le Tarn, 05 aoüt 2017

La piste biaise à gauche en remontant sur environ 10 mètres puis je la perds au niveau d'un petit pin mort tombé au sol. Je tourne un instant pour arriver à la reprendre, elle redescend puis contourne l'obstacle avant de partir à droite en biaisant pour monter doucement. Je tombe vite sur une reposée qui explique l'interruption du bruit.

Rencontre du 3ième type dans le Tarn, 05 aoüt 2017

Je suis les indices pas à pas en surveillant bien le sous-bois autour de moi. La piste tourne et retourne, bifurque, fait des retours en arrière, monte, descend comme si le chevreuil tentait de brouiller les indices sur sa trajectoire de fuite. Les gouttes sont parfois très espacées et la piste parfois très difficile à dénouer. Je tombe sur plusieurs reposées plus ou moins marquées. Je dois parfois allumer la lampe de mon portable pour trouver les indices dans la pénombre matinale du sous-bois. Après environ 70 mètres de recherche en presque 1 heure, je me fige en apercevant mon brocard couché à environ 8 mètres dans la pente au-dessus de moi, dans une zone dégagée. Il est derrière plusieurs gros pins dont un mort qui est tombé et est resté en travers des autres, suspendu par la cime. Le chevreuil est de cul et me regarde par-dessus son corps. Les pins m'empêchant de tirer, il me faut me décaler d'environ 1,5 mètre sur ma gauche pour m'ouvrir une fenêtre de tir. J'arme doucement mon arc derrière un pin puis me décale très lentement à gauche tout en prenant ma visée pour être prêt à décocher à tout moment si le brocard se lève.

Il ne bouge pas mais me regarde toujours alors que je me suis suffisamment décalé. Ma visée prise sur son dos, en essayant de juger l'axe cœur-poumons, je décoche. L'impact retentit et mon brocard se redresse d'un bon en gueulant puis démarre en cassant tout sur son passage pour décrire une boucle d'environ 15 mètres et venir se fracasser dans les ronces à moins de 10 mètres sur ma gauche. Il se débat en donnant de la voix mais cette fois c'est fini pour lui. Je dois faire moi aussi une boucle pour le rejoindre à cause de l'encombrement végétal et, le temps de le rejoindre, il finit de mourir. En m'approchant, je crois rêver quand je distingue la base de ses bois, le reste étant caché dans les ronces. Ma flèche stoppée par le sol est encore à l'intérieur et je la dégage mais la partie lame est manquante. Je dégage la tête de mon bocard et reste incrédule devant un tel trophée. Lors de mes chasses, je privilégie l'approche à la qualité du trophée et ne prête pas forcement attention à cette dernière avant de ramasser mon animal et jusqu'à maintenant je ne m'étais pas rendu compte de la qualité de ce trophée exceptionnel. J'appose mon bracelet avant de dégager mon chevreuil et de le sortir en lisière des pins. Ma première flèche rentre au niveau des dernières côtes, au niveau du foie et ressort pleine panse. La seconde rentre au ras de la colonne, au-dessus des cuissots et casse l'épaule gauche en sortant. Je reste un moment assis près de lui à le contempler avant d'aller un peu plus loin lui rendre les honneurs et faire quelques photos souvenir.

Rencontre du 3ième type dans le Tarn, 05 aoüt 2017
Rencontre du 3ième type dans le Tarn, 05 aoüt 2017

Il est temps de retourner à ma voiture pour aller m'occuper de mon chevreuil à la salle des chasseurs. En chemin vers la route, je fais démarrer, au bout de la haie, côté ruisseau, où j'ai fait venir un chevreuil sans pouvoir le voir ce matin, un chevreuil qui part en aboyant, en remontant le penchant boisé. Presque à croire que celui de ce matin s'était calé là et n'avait pas bougé.

 

Alex

 

Le trophée :

Rencontre du 3ième type dans le Tarn, 05 aoüt 2017
Rencontre du 3ième type dans le Tarn, 05 aoüt 2017

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 07:19

Ce soir, après un passage éclair dans le Gers en rentrant du Lot, je passe voir mes parents à Albi avant de me préparer et de partir récupérer le bracelet pour mon tir d'été de Roumégoux que le président de la chasse me laisse chaque année gracieusement. Arrivé sur Roumégoux vers 20 heures, je passe chez le président de la chasse pour prendre le bracelet mais ce dernier a dû s'absenter et son fils ne trouve pas le bracelet. Nous convenons que j'appellerais si jamais je flèche le chevreuil pour qu’ils viennent me l'apporter. Il est déjà près de 20h30, je décide de partir chasser près du lac de la Bancalié en espérant que le secteur plus frais sera plus vert que le reste de la campagne complètement desséchée. Je laisse ma voiture chez le président de la chasse et pars à pied en longeant un petit champ de maïs qui borde un chaume de blé. Le vent souffle vers le lac et sera dans mon dos un moment. Après le maïs, je passe le long d'un petit bosquet puis rejoins, un peu plus loin, un chemin de terre qui descend vers le grand barrage. Le chemin rentre dans les bois et je m'avance d'environ 200 mètres dans le bois puis me poste au bord du chemin et tente d'appeler au Buttolo. Rien ne venant, je continue et rattrape un peu plus loin le chemin qui longe le lac sans avoir vu de chevreuil dans les prairies qui surplombent le lac.

Je suis ce chemin tranquillement, il serpente en suivant la bordure du plan d'eau. La rive opposée est pleine de monde venu manger près de l'eau ou se baigner en cette très chaude journée. Je longe doucement un bois qui couvre le penchant qui surplombe le lac en surveillant le sous-bois jusqu'à un chemin de terre qui remonte vers la route de crête. Un petit sentier longe la droite du chemin dans le bois. Je décide de prendre ce sentier pour aller appeler un peu plus loin. J'avance un peu quand j'entends des éclats de voix et un pas sur le chemin en contrebas. Je me fige et laisse venir un couple de promeneurs qui passe à moins de 5 mètres de moi sans me voir. Je reprends ma progression lente et le plus silencieuse possible. Un peu plus loin, un bruit de pas retentit dans les feuilles mortes. Un animal se déplace dans le sous-bois épais à moins de 10 mètres, je me fige et observe un moment mais je finis par comprendre qu'il ne s'agit que d'un merle. Sous le chemin une bande de bois de 10 à 20 mètres de large le sépare d'un penchant de sarrasin entouré de bois. Plus loin, le sentier rejoint le chemin et je décide de me poster contre la bande boisée pour tenter d'appeler un moment à l'appeau. Rien ne vient, je repars tranquillement en surveillant les 2 côtés du chemin quand j'aperçois une chevrette au travers des arbres. Elle est au bord du bois, en haut du sarrasin. Je tente de l'appeler espérant qu'elle soit suivie par un brocard mais elle regarde vers moi sans bouger.

Je décide de faire demi-tour et suis le chemin jusqu'à l'entrée du champ de sarrasin pour revenir à bon vent.

Un magnifique brocard tarnais à l'approche, 12 juillet 2015

Je remonte en suivant le bois puis attaque de longer le haut de la culture en direction de l'endroit où devrait se trouver la chevrette.

Un magnifique brocard tarnais à l'approche, 12 juillet 2015

Je longe tranquillement le bois en sur veillant la culture mais j'arrive au bout du sarrasin sans avoir vu le moindre chevreuil. Je redescends donc vers le chemin de terre. Le sarrasin est tout couché dans l'angle du champ près du chemin, peut être l'œuvre de sangliers ou de blaireaux. Un passage me permet de rattraper le chemin que je recommence à longer. Il est bordé de part et d'autre par le bois pendant un petit moment puis s'ouvre à droite sur une bande étroite de sarrasin et à gauche sur un prairie. Je surveille les 2 côtés du chemin en insistant sur la culture tout en progressant doucement. Le vent maintenant soutenu souffle face à moi. En m'éloignant tranquillement du bois, je pense que mes chances de voir un chevreuil s'amenuisent quand, tout à coup, j'aperçois le dos d'un chevreuil en bordure du sarrasin, près d'un bout de haie. Je me baisse et l'observe, il relève la tête et j'aperçois alors une magnifique paire de bois. Il n'est qu'à 10 mètres du chemin, le vent m'est favorable, les conditions sont idéales. Il est encore à 20 mètres environ de ma position. Il baisse la tête, je me baisse le plus possible sous le niveau de la culture et avance tranquillement en le surveillant et parviens facilement à me positionner à 10 mètres de lui. Je me positionne à genoux pour l'observer. Il est de cul et je décide d'attendre qu'il se tourne pour tenter une flèche. Il finit par se tourner mais s'éloigne doucement au pas. J'arme mon arc et me prépare à me redresser, il baisse la tête, je me redresse et aligne ma visée, je le suis dans mon viseur en attendant qu'il s'arrête. Il finit par s'arrêter, je décoche. Touché, il s'effondre sur place, sa tête tombe lourdement au sol puis son arrière train tombe également.

Un magnifique brocard tarnais à l'approche, 12 juillet 2015

Cette réaction au tir étant très anormale, je me précipite vers mon brocard qui git au sol et perd beaucoup de sang. Ma flèche est trop en avant, j'ai dû suivre le mouvement en décochant alors que le chevreuil s'était arrêté. Elle a sectionné la première vertèbre cervicale en avant de l'épaule. Je me dépêche de l'achever.

Un magnifique brocard tarnais à l'approche, 12 juillet 2015

Mon chevreuil mort, je cherche ma flèche et la trouve rapidement, elle est fichée dans un bout de bois dans la haie.

Un magnifique brocard tarnais à l'approche, 12 juillet 2015

J'appelle ensuite le président de la chasse et lui explique où je suis pour qu'il puisse m'apporter le bracelet. En l'attendant, j'en profite pour faire quelques photos souvenir. C'est un très beau brocard portant 7 pointes.

Un magnifique brocard tarnais à l'approche, 12 juillet 2015

Le président de la chasse arrive assez rapidement avec un autre chasseur de la société de chasse. Nous posons le bracelet puis chargeons le brocard puis partons à la salle des chasseurs pour que je pelle et vide l'animal dont la venaison restera à la société de chasse. Quelques autres personnes du secteur viennent voir mon chevreuil alors que je le dépèce.

Quelques jours plus tard, alors que je prépare le trophée de mon chevreuil, je constate qu'il possède des fleurs de lys mais qu'il présente également une pointe d'un bois d'un autre brocard planté dans sa pommette en dessous de l'œil. Ce morceau n'était pas visible extérieurement et le trou qu'il a provoqué est partiellement cicatrisé, laissant un trou bien rond, cette blessure date très certainement de l'an dernier ou peut être de l'année précédente. Le bout de bois peu rentrer et sortir dans le crâne mais ne peut pas être extrait.

Un magnifique brocard tarnais à l'approche, 12 juillet 2015
Un magnifique brocard tarnais à l'approche, 12 juillet 2015
Un magnifique brocard tarnais à l'approche, 12 juillet 2015
Un magnifique brocard tarnais à l'approche, 12 juillet 2015

Alex

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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 15:36

Ce weekend, comme tous les ans depuis quelques années, je décide de revenir dans mon Tarn natal pour chasser le brocard sur la société de chasse de Roumégoux où j'ai débuté la chasse du brocard à l'arc. C'est un secteur moins giboyeux que le Gers mais plein de souvenir. L'an dernier, je n'ai pas réussi à flécher mon brocard et j'espère bien me rattraper cette année. Vendredi soir, en sortant du boulot vers 17h30, je passe prendre mes affaires préparées la veille et Hémo et nous voilà partis. Il me faut normalement 2 heures pour arriver sur place mais il me faudra un peu plus ce soir à cause des embouteillages sur Toulouse. J'arrive chez le président de la chasse vers 20h30 et récupère le bracelet, qu'on me laisse ici gratuitement, avant de partir en chasse. Il ne me reste pas trop de temps pour chasser et je décide de partir à pied pour faire un tour dans les environs.

Je traverse la petite route qui descend au lac de la Bancalié puis pars en longeant un champ de maïs qui borde une grande prairie en direction d'un petit bosquet. J'avance tranquillement. Je dépasse le petit bosquet et jette un coup d’œil derrière, rien, je biaise à gauche à travers la prairie pour rejoindre un chemin de terre qui descend lui aussi vers le lac. J'avance doucement en regardant les alentours mais rien ne bouge ce soir. Le chemin traverse maintenant un bois et je décide de me poster pour appeler un peu au Butollo mais rien ne vient. Je reprends ma progression lente pour prendre un peu plus loin un autre chemin de terre qui prend à gauche et passe au-dessus d'une grande prairie. La haie qui m'en sépare s'estompe peu à peu et j'aperçois 2 chevrillards à environ 100 mètres, juste sur la cassure de la pente qui redescend vers la route que j'ai traversée tout à l'heure. Ils boutent tranquillement, je les observe un moment puis tente quelques appel au Butollo espérant faire venir leur mère et peut être un brocard à sa suite.

Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014

Les 2 jeunes regardent vers moi mais rien ne vient, je surveille les alentours et surtout une bande déboisée et broyée derrière moi mais pas le moindre mouvement. Je décide de reprendre ma marche et dérange du coup les chevrillards qui disparaissent dans la pente. Je continue à suivre le chemin qui s'enfonce dans une bande boisée qui surplombe la route et ressors dans la prairie du départ en longeant la bande d'arbres qui se termine en pointe à environ 150 mètres. Environ 100 mètres plus loin, je décide de descendre vers la route à travers bois alors que ce dernier devient assez clair et m'aperçois que le secteur est ponctué de nombreux frottis et régalis. Un brocard doit être dans les parages. Je me cale et tente quelques appels qui ne donneront rien.

Je continue à descendre, traverse la route et remonte le penchant opposé à travers blé pour rejoindre un chemin de terre qui longe la crête et passe devant le ball-trap communal. De grosses coulées sillonnent le blé, certainement dues à des blaireaux. Une fois le chemin de terre atteint, je prends à gauche et me dirige vers un bois qui longe la droite du chemin et descend vers la route. Je le longe un peu puis me poste dans un angle près d'un autre bois qui descend sur le penchant suivant et d'un champ de blé coincé entre les 2 bois. Je commence mes appels mais rien encore ici et la luminosité commence à baisser. Je quitte mon poste et descends le penchant suivant au travers d'une petite prairie située entre une sapinière dominée par le ball-trap et un bois qui descend vers le lac de la Bancalié. Pas de chevreuil en vue, j'avance doucement en observant bien les alentours.

J'arrive au chemin de terre qui longe la combe, le traverse et remonte le penchant suivant en direction d'un plateau couvert de parcelles de blé. Je biaise tranquillement pour rejoindre le bois de droite au niveau de la crête. Je dérange un jeune lièvre qui part se mettre à couvert sans trop se presser. Je me poste en bordure du bois et tente d’appeler mais toujours rien. Je pars faire le tour des blé sans plus de réussite puis décide de rentrer car la nuit sera vite là. Je retourne à ma voiture rattrapé par la nuit

Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014

et pars pour Albi, ce soir je vais dormir chez mes parents pour repartir chasser demain matin en espérant avoir plus de réussite.

Le lendemain matin, le réveil sonne vers 5h15, je me prépare rapidement et prends la route pour me rendre sur Roumégoux. 25 minutes plus tard, j'arrive sur la zone que je veux chasser ce matin. Je me gare au bord de la route, au départ d'un chemin de terre qui descend vers la Bancalié, au lieu-dit "La Cassagné". Il fait encore très sombre, je me prépare tranquillement puis descends la route en direction du pont qui passe le ruisseau qui alimente le barrage de la Bancalié. Juste avant le pont, je quitte la route pour m'avancer à gauche, dans une langue de pré, coincée entre le bois qui couvre le penchant de gauche et le ruisseau qui chante au pied du penchant de droite boisé lui aussi. J'avance doucement en longeant le bois de gauche et en surveillant bien devant moi pour repérer un éventuel chevreuil. Il y a beaucoup de rosée et je ne tarde pas à remplir mes chaussures de marche et à mouiller mon pantalon. Rien pour le moment, je rejoins une grosse haie qui relie les 2 penchants boisés et barre la combe.

Normalement, un passage la traverse sur la droite et je tente de le trouver mais je me rends compte que les ronces ont bien poussé. Je tente de passer tout de même en les enjambant et en essayant de ne pas faire trop de bruit. Le bruit du ruisseau tout proche est apaisant et ajoute à la magie du lieu toujours très vert même en plein été. Dans l'obscurité de la haie, je n'ai pas remarqué qu'un petit ruisselet coule en descendant du penchant de gauche, son bruit étant couvert par celui du ruisseau qui coule bien cette année pour la saison. Ce petit cours d'eau a raviné le sol pierreux et creusé un trou assez profond dans lequel mon pied se dérobe et je chute lourdement dans les ronces en essayant de protéger mon arc. Je suis tombé sur le côté dans le ruisselet et j'ai pris un bon bain. Je me relève rapidement pour ne pas finir de tremper toutes mes affaires. Ma matinée commence bien mais en me redressant, j'aperçois à 150 mètres environ un chevreuil au milieu de la combe enherbée et légèrement embrumée près d'une rangée de balles rondes.

L'approche est quasi impossible ou très compliquée. Je m'avance doucement vers un gros frêne au bord de la haie et au milieu de cette dernière qui fait moins de 40 mètres de long. Ma position me permettra de tirer quel que soit le côté par lequel arrivera le chevreuil si c'est un brocard. Je commence mes appels, immédiatement le chevreuil qui broutait relève la tête et démarre pour venir vers moi en biaisant vers la bordure du ruisseau mais après 50 mètres de course, il disparaît derrière les arbres qui bordent le ruisseau. Je continue mes appels. Au bout d'un petit moment, j'entends un petit trot dans le ruisseau mais son encaissement et la végétation abondante ne me permet pas de voir quoi que ce soit. C'est certainement le chevreuil mais impossible de bouger sans être repéré, de plus, je suis maintenant à mauvais vent. Je tente d'appeler encore mais le bruit s'arrête et le calme revient.

J'insiste un peu puis décide de renoncer et de me remettre en mouvement mais alors que je me tourne face à la combe, j'aperçois un autre chevreuil qui sort du ruisseau à environ 100 mètres, cette fois j'identifie de façon certaine un brocard. Je tente de l'appeler au Butollo mais il ne réagit pas, je décide donc de tenter une approche qui me semble assez facile. La légère courbe sortante du ruisseau devrait me cacher un moment, le sol humide est silencieux et le bruit de l'eau camouflera le bruit de mes pas. Je me rapproche rapidement du cours d'eau sans être vu puis commence mon approche assez rapide car il me faut arriver à me rapprocher au maximum pendant que la courbe du ruisseau me cache et avant que le brocard ne s'avance à découvert sur la combe. J'avance en surveillant le brocard qui semble paisible au travers des branchages. A environ 50 mètres du brocard mon pied fait craquer une brindille, je me fige net mais le brocard n'a pas réagi et continue à brouter paisiblement. Je reprends donc mon approche rapide mais en faisant plus attention à mes pieds et arrive facilement juste derrière la pointe de la courbe sortante des arbres qui bordent le ruisseau.  Je suis à 20 mètres environ de l'animal et l'observe au travers des feuillages. Ses bois semblent très noirs et penchés en arrière.

Le brocard biaise tranquillement pour venir passer devant moi à une dizaine de mètres tout en broutant, il avance tranquillement sans se douter de ma présence, relève de temps en temps la tête pour regarder autour de lui mais il change un peu de trajectoire et commence à s'éloigner un peu. Il est maintenant en plein découvert à environ 17 mètres plein travers, j'hésite un peu c'est un peu loin, il tourne la tête j'en profite pour armer et prendre la visée. Il se remet à brouter, je prends ma chance et décoche, la trajectoire de ma flèche semble bonne mais au moment de toucher le chevreuil, je la vois basse, au mieux, bas de coffre au pire haut de patte avant. Je n'ai pas entendu l'impact et mon brocard démarre en trombe avec une course saccadée, tête basse, qui me laisse penser que je l'ai bien touché. Il fonce vers le bois d'en face en décrivant une légère courbe et rentre en face de moi à couvert. Je l'entends monter un court instant dans le bois puis le calme revient.

Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014

J'attrape vite mon Butollo et lance quelques appels car je ne sais toujours pas s'il est vraiment touché bien que son comportement ne trompe pas trop.

Rien ne bouge, je pars donc chercher ma flèche que je retrouve fichée au sol mais la rosée l'a complètement lavée. Aucun indice pour aiguiller ma recherche. Je la remets au carquois après avoir éteint mon encoche lumineuse. Je pars dans la direction de fuite du brocard qui est bien marquée dans la rosée et trouve très vite les premières gouttes de sang.

Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014

Je marque l'endroit avec un bout de branche planté à la verticale dans le sol. Je commence à les suivre, le sang n'est pas très abondant mais constant et assez facile à suivre, de plus la trace dans la rosée m'aide bien. J'arrive donc sans trop de difficultés au bord du bois où je peine un peu à trouver l'entrée mais dès l'entrée le sang devient beaucoup plus abondant et je commence à me dire que ma flèche ne doit pas être trop mauvaise.

Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014

Je suis le sang, la piste remonte au plus raide de la pente. Je dois éclairer ma piste à la frontale car il ne fait encore très clair en sous-bois. Le sang devient de plus en plus important et très facile à suivre.

Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014
Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014
Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014

Je progresse tranquillement en regardant aussi les alentours au cas où. Le sang s'intensifie de plus en plus alors que le chevreuil semble remonté toujours au plus raire, mais, tout à coup, la piste bifurque à 90° à gauche, à environ 45 mètres de l'entrée du bois, en suivant une coulée très marquée. Un peu plus loin, une grosse tache de sang colore le sol, le brocard s'est peut être couché là.

Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014

De là, la piste reprend toujours aussi marquée en suivant plus ou moins la courbe de niveau sur 30 mètres environ puis remonte à nouveau pour s'arrêter net au niveau d'une très grosse tache de sang au pied de petits chênes tortueux. Alors que j'inspecte cette zone très marquée, un animal démarre sur un replat à environ 10 mètres devant moi en cassant beaucoup de bois et fonce en biaisant à droite vers le petit ruisseau très encaissé dans lequel je suis tombé plus bas ce matin. C'est certainement mon chevreuil mais cette démarche est très anormale pour un brocard qui cherche plutôt à s'éclipser furtivement, il semble que mon chevreuil ait du mal à se déplacer. Le calme revient vite, plus un bruit. J'attends un moment puis tente de reprendre la piste de sang mais je n'arrive plus à trouver la moindre goutte, je recoupe en arc de cercle la direction de fuite sur environ 15 mètres puis décide de laisser tomber.

Je redescends en biaisant vers le ruisseau et ressors du bois au départ de la haie et m'aperçois qu'en fait un nouveau passage a été ouvert en haut de la haie, il m'aurait évité le bain de tout à l'heure. Je ne fais pas assez confiance à Hémo et décide de ne pas lui faire faire cette recherche. Je retourne sur les lieux du tir et appelle Michel, un ami, chasseur tarnais à la carabine, qui chasse beaucoup le chevreuil à l'approche, pour lui demander s'il connaîtrait un bon conducteur de chien de sang dans le secteur. Je lui raconte un peu ma chasse puis nous raccrochons et il appelle un ami à lui, Monsieur ORIO Adrien de Plaisance du Touch qui me rappelle dans la foulée. Il ne connait pas trop le secteur et nous prenons donc rendez-vous sur Réalmont, entre Albi et Castres. Il lui faudra plus de 1 heure 30 pour venir et je suis à 15 minutes de Réalmont, je décide donc de partir faire un petit tour, histoire d'essayer de voir ou d'approcher d'autres chevreuils avant de partir pour le lieu de rendez-vous. Je pars en longeant le ruisseau tranquillement, le bois fait place à une prairie de l'autre côté du cours d'eau puis la vallée se rétrécit de plus en plus pour se réduire à une bande de quelques mètres de part et d'autre du ruisseau. De mon côté le plat se limite maintenant à un chemin de terre mais 150 mètres plus loin la vallée s'ouvre à nouveau sur la gauche du ruisseau, qui tourne à droite, sur une vaste prairie. En arrivant près du départ du virage du ruisseau, je fais démarrer 2 chevreuils qui filent en suivant le chemin de terre qui lui prend à gauche en remontant pour suivre le bois. Je les perds vite de vue derrière le coin du bois.

Je m'avance rapidement pour tenter de les apercevoir mais ils sont déjà à couvert, je n'ai pas pu les identifier car ils sont passés trop vite. Un bout de haie longe le chemin et le sépare de la prairie. Je me poste au bout de la haie coté ruisseau et tente quelques appels de Butollo mais rien ne vient quand, tout à coup, un mouvement attire mon regard à 300 mètres environ au fond de la prairie au bord du bois. Je tourne la tête et aperçois, dans une légère brume, un grand brocard qui venait vers moi en suivant mes appels et s'est planté de 3/4 face en plein découvert, cou tendu, une patte avant relevé. Je continue à appeler mais il biaise pour rejoindre le bord du ruisseau au niveau d'un arbre mort tombé dans la prairie et disparaît derrière les arbres en traversant le cours d'eau. Je tente alors de me rapprocher en longeant le ruisseau, arrivé à l'endroit où il a disparu, je tente de l'apercevoir sans sucés, je tente quelques appels mais rien ne vient. Je regarde l'heure, il est temps d'y aller, je retourne sur mes pas. En arrivant au niveau de la haie où je me suis posté tout à l'heure, j'en profite pour faire une petite photo souvenir de la combe toujours embrumée. 

Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014

Je traverse la haie et suis la combe pour rejoindre la route pour remonter jusqu'à ma voiture en me refaisant la scène de mon tir dans la tête, plus j'y pense et plus je pense que ma flèche doit avoir touché le chevreuil en haut de la patte avant mais il perd beaucoup de sang pour une atteinte musculaire et il m'a semblé voir un peu de sang mousseux par moment. J'espère le retrouver pour comprendre. Je pars vers Réalmont et me gare près de la poste sur l'avenue principale en attendant le conducteur de chien de sang qui finit par arriver. Nous nous suivons pour revenir nous garer où je m'étais garé ce matin. Nous discutons un peu de sa façon de procéder et il m'indique que son chien a 15 mois et qu'il ne le lâchera pas. Il me confirme qu'il vaut mieux que je prenne mon arc. Son rouge est vraiment magnifique, nous discutons sur le chemin et je lui donne mes impressions sur mon tir et ma zone d'atteinte et lui explique ma première recherche qui a relevé le chevreuil.

Arrivé sur la zone du tir, je le conduit au premier sang et son chien prend tranquillement mais sûrement la piste. Il rentre dans le bois en suivant le sang et commence à remonter sur la piste mais il la quitte et tourne un peu. Je signale à Monsieur ORIO que son chien a quitté la piste et lui montre la trajectoire mais son chien qui a compris son erreur revient en arrière pour recouper la piste et la prendre. Je suis un peu en arrière pour ne pas déranger le chien qui suit parfaitement le sang. Nous arrivons rapidement à la fin du sang au niveau de la grosse tache. Le chien continue et prend la direction de fuite du brocard. Un peu plus loin le conducteur m'indique du sang sur des ronces retournées. Je suis toujours et aperçois le sang, de là nous trouvons quelques gouttes. Le chien bifurque et hésite au bord du ruisseau puis le traverse et commence à remonter la pente raide, je reste un peu en retrait sur la droite quand un animal démarre à 10 ou 12 mètres au-dessus de moi sans que je ne puisse le voir. La végétation s'agite sur quelques mètres puis plus rien. J'en informe le conducteur qui, occupé par le travail de son chien, n'a rien vu. Le chien se dirige vers l'endroit d'où est parti l'animal et le conducteur qui trouve du sang me confirme qu'il s'agit de mon brocard, je remonte vite le rejoindre pour le suivre de plus près. Le chien commence à accélérer un peu et part droit en redescendant doucement vers le ruisseau.

Rapidement, le conducteur derrière qui je cours avec une flèche encochée m'annonce le brocard. Je l'aperçois rapidement, il est couché derrière un arbre tombé au sol, son rouge lui tourne autour sans oser s'en saisir. Le temps que je m'approche, le chien finit par faire démarrer mon brocard qui part droit dans la pente, vers le ruisseau en contrebas, sur les coudes des pattes avant en se propulsant juste avec ses pattes arrière en cassant tout sur son passage. Je pars vite pour essayer de le couper plus en aval mais le conducteur me stoppe dans mon élan en me disant que le brocard s'est recouché 20 mètres en dessous de lui. Je reviens donc sur mes pas et l'aperçois. Je m'approche doucement pour trouver une fenêtre et assurer mon tir au travers des branchages. Le brocard est couché, tête haute, plein travers à moins de 10 mètres, une trouée dans la végétation m'ouvre une fenêtre de tir sur son poitrail. J'arme, vise et décoche. Un impact cassant retentit et le chevreuil tombe foudroyé sur le flanc puis commence à se débattre. Je m'approche rapidement et constate que ma flèche est plus en avant que ce que je visais, elle a peut être touché une branchette mais elle a sectionné les cervicales au ras devant l'épaule et ressort au milieu du cou. En tombant et en se débattant le brocard a cassé ma flèche restée en travers.

Ma première flèche lui a en fait sectionné les muscles des 2 pattes avant sous le poitrail ce qui l'empêchait de se déplacer correctement, surtout après s'être couché un moment. Je pense qu'Hémo aurait pu réussir cette recherche mais j'ai préféré assurer. Le conducteur me demande si le chevreuil est mort, je lui annonce que oui en sortant ma flèche d'achèvement. Il arrive avec son chien qui vient piller un instant le chevreuil

Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014

puis nous l'interrompons pour éviter qu'il ne le mette en bouillie. Le bracelet apposé et quelques photos prises,

Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014

je charge mon brocard, dont j'ai attaché les pattes, sur mon épaule et nous rentrons.

Un grand Merci à Franck Verdié, président de la chasse de Roumégoux qui me laisse chasser chaque année ce tir d'été sans rien me demander en cotre partie si ce n'est de lui laisser le chevreuil pelé, vidé et découpé en 4. Un autre grand merci à Monsieur Orio et à son chien pour cette belle recherche, c'était leur première recherche sur un animal fléché, et leur dévouement bénévole auquel beaucoup plus de chasseurs devraient faire appel pour éviter de laisser souffrir inutilement des animaux blessés.

Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014

Alex

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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 21:44

Ce matin, étant de passage sur Albi,  je retourne chasser à Roumégoux pour la seconde fois de la saison. Mes dernières sorties avaient été très décevantes, je n'avais pratiquement rien vu. Ce matin, levé à 5 heures, je me prépare et pars pour le territoire de chasse. J'arrive sur place un peu tôt, j'aurais dû me lever un peu plus tard. Je récupère le bracelet et attends un peu que la luminosité soit suffisante. Je pars de la voiture vers 6 h, je traverse la petite route qui descend du village vers le lac de la Bancalié et pars à travers un chaume de blé retourné vers un chemin de terre qui me conduira au bord du lac.

Rien ne bouge ce matin, je décide de tenter quelques appels de Butollo au coin du bois que traverse le chemin de terre, l'an dernier à la même date j'avais manqué un chevreuil 20 mètres plus loin. Rien ne bouge, je me remets en marche et descends, en suivant le chemin, vers le lac. Je m'arrête 2 fois pour jouer du Butollo mais toujours rien. Le chemin ressort du bois. Je me cale au coin du bois, j'ai une bonne vision sur les prés qui m'entourent mais toujours pas de réaction aux appels.

Un peu plus loin, le chemin rentre à nouveau dans un bois qui borde le lac. J'avance doucement sur le chemin forestier, quand un léger mouvement me fait stopper net. Je suis immobile au milieu du chemin. Je tourne doucement la tête vers la gauche et aperçois un brocard à 15 mètres, plein travers qui regarde vers moi. Il a dû me voir, je reste figé et attends. Il finit par tourner la tête pour regarder devant lui. Sa tête se trouve alors derrière le tronc d'un petit chêne. J'arme mon arc. Il retourne la tête vers moi, mon pin's est callé au défaut de l'épaule. J'attends sans bouger. Au bout d'un moment, il retourne la tête et sa vision est à nouveau masquée par le tronc. Je décoche. Le chevreuil fait demi-tour et rentre dans la végétation épaisse où je l'entends un moment bouger avant que ne revienne le calme.

J'ai nettement entendu l'impact de ma flèche au sol mais je n'ai pas pu voir sa trajectoire. J'attends un peu et pars à sa recherche. Je la retrouve rapidement fichée au sol. Elle ne porte aucune marque suspecte, l'animal ne perd pas de sang, c'est un beau loupé inexplicable. Je récupère ma flèche fait un dernier contrôle visuel des alentours pour repérer d'éventuelles traces de sang mais rien ne laisse présager d'une blessure. Je tente quelques appels de Buttolo sans succès puis me remets en marche.

Je rattrape le chemin de terre qui fait le tour du lac et le suis en partant à gauche. Le chemin de terre descend pour suivre le ras de l'eau, je décide de longer par la route au milieu des bois et de rattraper le chemin de terre plus loin.

Un brocard tarnais très singulier, 31 juillet 2010

J'avance doucement et sans bruit sur le goudron quand, à 10 mètres du bord de la route,

Un brocard tarnais très singulier, 31 juillet 2010

2 chevreuils se lèvent et détalent dans une friche gagnée par les repousses de petits arbres. Je les perds rapidement de vue et le calme s'installe.

Je me décale un peu pour me retrouver derrière un gros chêne au bord de la route et commence à appeler au Butollo avec de petits appels brefs.

Un brocard tarnais très singulier, 31 juillet 2010

Rapidement, je perçois du mouvement dans la végétation dense. Un animal se rapproche. Je finis par voir la tête d'un chevreuil, c'est un jeune brocard. Je continue mes appels. Il sort à découvert et oblique pour monter en biais vers moi. Il s'arrête et frotte énergiquement ses bois contre un petit arbre. Je le laisse chercher un peu et le dirige de temps à autre par un petit appel. Les fenêtres de tir sont étroites et le tir s'annonce difficile. Le brocard marque régulièrement des arrêts pour regarder vers moi sans parvenir à me voir. Il finit par arriver à 10 ou 12 mètres de la route et avancer plein travers vers le bois d'où il est parti tout à l'heure. Il s'arrête régulièrement et je profite de ses moments d'inattention pour me décaler un peu vers la droite en face d'une belle fenêtre de tir. Il s'arrête au ras du bois, avance de quelques pas, frotte à nouveau énergiquement ses bois contre un buisson et s'arrête au milieu des branchages et des feuilles. Je relance quelques appels. Il bifurque et remonte vers moi mais toujours dans le sale. Il s'arrête plusieurs fois puis ressort du bois pour longer la route à 6 ou 7 mètres de moi sans que je puisse trouver une fenêtre de tir.

Il bifurque et redescend en biais vers le bois. Je lance quelques appels. La végétation du centre de la friche s'agite à nouveau et je finis par apercevoir le haut de la tête et les petits bois d'un second jeune brocard plus chétif que le premier. Mes appels le font sortir à découvert sur les traces de son prédécesseur. Son collègue fait alors demi-tour et lui vient droit dessus en poussant de petits gémissements comme un brocard qui course une chevrette. Le second brocard fait alors demi-tour et son collègue lui emboîte le pas, son nez collé au postérieur de l'autre brocard. Le brocard chétif s'arrête rapidement et l'autre lui monte dessus et s'accouple avec lui à 5 mètres de moi. Je n'en crois pas mes yeux. Le coït terminé, le brocard chétif fait demi-tour et part vers le bois son confrère à ses trousses. Un peu plus loin, il s'arrête à nouveau et est de suite sailli par l'autre brocard.

Ils partent en suite vers le bas, je rejoue un peu du Butollo et les fais remonter. Les deux brocards commencent alors à se poursuivre en décrivant un cercle qui passe en bordure dans le bois et ressort sur la friche. Je continue mes appels de temps en temps pour tenter de les diriger vers ma fenêtre de tir. J'arme plusieurs fois mon arc alors que l'un ou l'autre des brocards passe à portée de tir mais une fois trop vite, une fois pas assez dégagé, une fois de face...

Au bout d'un moment, le brocard chétif est à nouveau sailli à 6 ou 7 mètres de moi dans le sale en bordure du bois puis ils ressortent du bois et  s'éloignent en descendant. Je parviens à les faire revenir. Ils reprennent leurs cercles un moment puis le plus chétif des 2 rentre dans le bois et passe en plein dans ma fenêtre de tir sans s'arrêter alors que je le suis, arc armé. Il s'éloigne un peu et rentre dans le bois. Il est maintenant un peu loin et masqué par les arbres.

Son collègue arrive à son tour, je désarme pour me reposer un peu les bras. Il s'arrête un moment dans le sale mais il m'a vu désarmer sans vraiment m'identifier. Il reste figer un moment puis s'avance en plein dans ma fenêtre de tir. J'en profite pour réarmer et me caler à défaut de son épaule, il s'arrête à 8 mètres environ et regarde vers moi. J'attends la faille dans sa surveillance. Au bout d'un moment je sens son attention se relâcher, il tourne la tête et j'en profite pour décocher.

Ma flèche vole droit vers le point visé et traverse l'animal qui démarre en trombe pour tomber rapidement un peu plus loin. Je l'entends se débattre un instant. Son collègue revient en courant en biais et sort sur la friche pour rentrer dans la végétation dense avant de ressortir à découvert et de venir au ras de bois, 30 mètres en contrebas. Il observe dans le bois et écoute les derniers soubresauts de son tortionnaire.

Je tente de le faire venir au Butollo. Il finit par faire demi-tour et par remonter vers moi en biais pour me passer à moins de 10 mètres et s'éloigner pour disparaître dans la végétation dense.

Je descends chercher ma flèche et mon brocard. Dès l'impact, du sang est réparti au sol en petites gouttes sur les feuilles de lierre

Un brocard tarnais très singulier, 31 juillet 2010

puis apparaissent de grosses gouttes

Un brocard tarnais très singulier, 31 juillet 2010

et des frottés sur les ronces.

Un brocard tarnais très singulier, 31 juillet 2010

Je retrouve rapidement mon chevreuil qui a tout juste fait 30 mètres. Du sang mousseux sort de la blessure de son épaule.

Un brocard tarnais très singulier, 31 juillet 2010

La flèche a traversé l'animal plein travers et a touché les 2 poumons, juste au-dessus du cœur.

Un brocard tarnais très singulier, 31 juillet 2010

Alex

 

Trophée :

Un brocard tarnais très singulier, 31 juillet 2010

Atteinte :

Un brocard tarnais très singulier, 31 juillet 2010

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 15:33

De retour de 10 jours de vacances en Corse, je devais rentrer sur Albi pour récupérer mon chien, laissé en pension chez mes parents. Une idée m’a traversé l’esprit ces derniers jours : si je profitais de ce séjour dans le Tarn pour aller faire un tour à la chasse. J’ai donc appelé le président de la société de chasse de Roumégoux où j’ai commencé à chasser et où j’ai également commencé à chasser le chevreuil à l’approche. Ils ont toujours le tir d’été et depuis mon départ personne ne s’en occupe. Il est d'accord pour me le laisser pour ce weekend.

Ce matin, je me suis donc passé à la fédération des chasseurs du Gers mais ils n’ont pas voulu me faire un permis temporaire de 3 jours. Ils m’ont envoyé le faire à la fédération du Tarn qui eux ont accepté. Enfin bref, à 11 heures, j’avais mon permis de 3 jours.  

Après une après-midi à récupérer des heures de routes faites ces derniers jours, je pars pour Roumégoux où j’arrive vers 18 heures. Je discute brièvement avec le président et me voilà parti des souvenirs plein la tête. Je n’ai pas chassé ici depuis 2005 mais le territoire que je connais par cœur n’a pas changé. Je n’ai jamais réussi à prélever un chevreuil sur mon département de naissance et je suis resté sur l’échec d’un chevreuil fléché et perdu en 2000.  

Je contrôle le vent, mauvais, il pousse mon odeur vers la zone que je veux chasser ce soir. Je décide donc de rester assez éloigner des bois, de marcher un moment avec le vent de côté, de dépasser la zone que je veux chasser ce soir puis de descendre vers le lac de la Bancalié avec le vent dans le dos pour chasser en remontant vent de face.  

Je traverse la route, longe un maïs et arrive au coin d’un petit bosquet carré très épais. Il fait une chaleur étouffante, le sol est sec et tout craque sous mes pas. Les chevreuils ne seront pas de sortie avant la tombée de la nuit. Je décide donc de forcer la chance.

Je tente un petit coup de Butollo mais mes appels restent sans réponse. Je poursuis pour arriver sur un chemin de terre qui descend vers le lac. Je descends vent de dos vers le lac en longeant un moment une friche partiellement boisée. Un nouveau petit coup de Butollo. Toujours rien, je poursuis, une bande boisée étroite sur ma gauche s’anime, un groupe de geais vole de branche en branche en poussant des cris d’alerte.

Puis le chemin traverse une parcelle de bois, sur ma gauche un fourré de buissons noirs et de chênes et sur ma droite une plantation de sapins. Le chemin poussiéreux étouffe le bruit de mes pas. Je m’avance un peu puis me cale, dos aux pins, derrière un buisson épais en bordure du chemin de terre et commence à lancer de petits appels brefs au Butollo.

Au bout de quelques appels, un bruit de pas lent et régulier se fait entendre, j’en suis sûr c’est un chevreuil. Je continue mes appels et aperçois un beau 6 pointes venant droit sur moi au milieu des buissons noirs, épars dans cette zone. Il est à moins de 20 mètres, j’accroche mon décocheur et tente d’armer mon arc avec le Butollo à la main mais la flèche se désencoche et je la rattrape au vol avant qu’elle ne heurte le sol.

Voilà le résultat de mes flèches à bas prix : une encoche qui ne tient pas sur la corde. Le brocard n’a pas remarqué mon manège et avance toujours vers moi pendant que je réencoche la flèche et arme mon arc. Il est juste derrière le buisson et s’avance doucement en le contournant pour sortir sur ma droite sous le vent.

Mon viseur est calé mais la végétation épaisse me fait craindre une trajectoire aléatoire de ma flèche. Mon viseur le suit, posé sur son coffre alors qu’il dégage son poitrail à 2 mètres de moi et que j’appuis au même moment sur mon décocheur. Non, il m’a senti ou vu et démarre alors que je décoche, ma flèche va être trop derrière, d’un mouvement instinctif et qui m’étonne encore à y penser, je rabats ma flèche en arrière du chevreuil d’un coup de bras et passe juste derrière lui sans le toucher. Il détale ventre à terre alors que je récupère ma flèche fichée à moins de 5 mètres et entièrement propre. Ouf, j’ai évité le pire.

Je me remets en marche et atteints le chemin de terre qui longe le lac. Je le suis et marque plusieurs arrêts pour appeler au Butollo mais sans succès. Le lac est très fréquenté en été et il est possible que le bruit ne plaise pas trop aux chevreuils. Un vacancier est d’ailleurs en train de jouer avec ses chiens qui plongent tour à tour en aboyant pour aller chercher le bâton qu’il leur lance dans le lac.  

Je décide de tenter le bois de la Cassanié au-dessus de la route qui surplombe le lac et descend pour traverser le ruisseau d’alimentation, je remonte donc et, la route traversée, je m’engage dans le bois en suivant un coulée très fréquentée. Le sol jonché de débris végétaux craque de toute part et mes pauses Butollo ne donnent rien.

Je fais trop de bruit. Je poursuis tout de même un moment dans le bois puis finis par abandonner en arrivant dans de la bruyère sèche. Je redescends vers le ruisseau qui alimente le lac. En sortant du bois, je débouche dans un pré encore bien vert, l’air rafraîchi par le ruisseau tout proche est très agréable, un sentiment de bienêtre m’envahit.

Je suis à 100 mètres d’où j’ai fléché mon premier chevreuil que j’ai malheureusement perdu. Calé contre ce gros chêne dans le bois de l’autre côté du ruisseau, je lui avais décoché ma flèche à pointe touchante et perdu cet animal à cause de mon inexpérience et de mon empressement.

Envahis par ces souvenirs, je longe le ruisseau pour traverser maintenant une haie épaisse qui barre le pré en reliant les deux versants boisés. Le passage existe toujours, je traverse donc la haie et arrive sur un deuxième pré toujours aussi vert.  

Un gros frêne, au bord de la haie fera un affût parfait. Je me positionne derrière et lance mes appels de Butollo. Presque immédiatement, un brocard dévale au galop le versant boisé sur ma gauche et me passe en bordure du bois à 15 mètres environ au pas.

Trop rapide, trop de végétation, je laisse faire. Il sort du bois dans le pré derrière moi et de l’autre côté de la haie. Je continue mes appels, c’est un jeune brocard, un cou et une silhouette fins, deux dagues de 15 centimètres entre ses oreilles.

Il avance doucement, je l’aperçois partiellement au travers de la haie, il se dirige vers le passage que j’ai emprunté. Mais, tout à coup, il se fige, regarde le versant boisé qui lui fait face, fait volte-face de déguerpit au galop en retournant d’où il vient.  

Un bruit de fracas se fait entendre de l’autre côté du ruisseau, un second brocard dévale la pente, tête basse, alors que j’arme mon arc. Il saute dans le lit du ruisseau et stoppe net. A 10 mètres, plein travers, les quatre pattes raides et bien écartées, posé sur les galets du ruisseau presque à sec, il ne sait pas encore qu’il est déjà mort.  

Ma flèche est partie alors que mon viseur est posé sur son poitrail. Il amorce tardivement un démarrage mais le bruit sourd et mat qui parvient à mes oreilles ne trompe pas. Je suis dedans, un peu en arrière du coffre et un peu haut à cause de ce mouvement mais je vois déjà le sang jaillir alors qui saute d’un bon la grosse flaque d’eau qui reste encore au fond du lit de ce petit ruisseau. 

Il disparaît en suivant le lit du cours d’eau. Presque au même moment un bruit de galets remués se fait entendre, je pense comprendre mais j’attends un peu. Un bref silence puis encore ce bruit de galets au même endroit.

Le silence s’installe et après une brève attente, je m’approche de l’endroit du tir. Ma flèche repose dans l’eau qui a lavé tous les indices et en me baissant pour la ramasser, j’aperçois mon brocard, couché sur le flanc sur un lit de gros galets, il a fait 10 mètres. Ma flèche a touché l’artère sous colonne et les 2 poumons. C’est un beau 6 à tête bizarde.

Retour aux sourses, tir d'été dans le Tarn, 31 juillet 2009

Alex

Trophée : (Tête bizarde avec fracture du nez ressoudée)

Retour aux sourses, tir d'été dans le Tarn, 31 juillet 2009
Retour aux sourses, tir d'été dans le Tarn, 31 juillet 2009

Atteinte :

Retour aux sourses, tir d'été dans le Tarn, 31 juillet 2009

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2 janvier 2005 7 02 /01 /janvier /2005 12:22

Cet été, comme tous les étés depuis l'an 2000,  je suis parti arpenter les bosquets et les prés de Roumégoux, petit village tarnais, pour tenter de tirer un brocard, mais revenons en arrière :

Flash-back : L'été 2000, j'ai tiré mon premier brocard à l'arc. J’étais parti avec un collègue de BTS qui lui ne chasse qu'au fusil, il tenait absolument à venir avec moi pour avoir un aperçu de la chasse à l'arc, franchement, je n'aurais jamais pensé pouvoir approcher un chevreuil avec un accompagnateur.

Nous avons visité une bonne partie des sites stratégiques dont j'ai la connaissance et où j'ai pu apercevoir lors de mes précédentes sorties quelques jolis culs blancs, mais rien à faire. Vers 21 heures nous en sommes à 3 heures de marche sur un terrain plutôt vallonné et aucun chevreuil n'a voulu se montrer.

Depuis une semaine, à la tombée de la nuit, une famille de blaireaux se laisse observer, je lui propose donc d'attendre 22 heures pour tenter de les approcher, manière d'au moins lui montrer une approche même si ce n'est pas pour chasser. Nous sommes tranquillement en train de discuter, assis dans l'herbe quand, vers 22 heures, je commence à me lever et, du coin de l'œil, j'aperçois un beau brocard entrain de brouter tranquillement à une cinquantaine de mètres de nous. Je m'immobilise et fais signe à mon collègue de ne pas bouger.

J'attrape mon arc compound et je me mets à ramper dans les hautes herbes sèches en tentant de faire le moins de bruit possible, mon cœur bat tellement fort. Après une vingtaine de mètres d'approche je m'aperçois que notre brocard se dirige droit vers moi. Je me redresse et me mets à genoux dans l'herbe haute. Mètre par mètre, le voilà à une dizaine de mètres. Il se tourne et me présente son flan. En moi-même je me dis :"là mon petit tu en fais trop!" Profitant d'un moment d'inattention, j'arme mais le malin a perçu mon mouvement et nous voilà face à face. Lui en train de me fixer et moi en train de le viser. Ces secondes me paraissent durer une éternité.

Au bout d'un moment, il feint de se remettre à manger et alors que je m’apprête a lui décocher ma flèche, il se redresse à nouveau manière de vérifier que cette souche ne lui veut pas de mal et assez rapidement il se remet à son activité.

Je n’en peux plus et je commence à trembler de plus en plus, mon collègue resté en arrière me murmure : « tire, mais tire », la tension de la corde devient insupportable, il me faut absolument tenter ma chance.

Je vise l’arrière de l’épaule et je décoche. Malgré la courte distance qui nous sépare, le brocard évite ma flèche d'un bon. Cette dernière ne lui coupe que quelques poils sous le poitrail et en un éclair je vois s’éloigner mon chevreuil. A une cinquantaine de mètres, il se retourne comme pour me narguer une dernière fois avant de disparaître derrière la crête du mamelon.

Après m'être remis de mes émotions, je me mets à chercher ma flèche manière de vérifier que je ne l’ai pas blessé, mais non, seuls quelques poils clairs s’étaient accrochés à ma lame, pas de trace de sang. Mon collègue qui accourt en riant tout ce qu’il peut me lance : « mais comment tu as fait pour le manquer ? »… je ne réponds pas je suis toujours dans ma chasse qui repasse en boucle dans ma tête.

 

       L’été suivant, j'ai fléché mon premier chevreuil à l'arc mais je ne l’ai malheureusement pas retrouvé.

J'ai commencé à chasser mi-juillet, comme chaque année un petit repérage s’impose. Je commence par arpenter le territoire en entier pour estimer un peu la population, puis je m’attarde de plus en plus sur quelques coins qui me semblent prometteurs et j’étudie les habitudes de quelques brocards.

En variant mes heures de sortie et en repérant les signes de passages, les apparitions de brocards deviennent très courantes. Sur cette saison, j’ai jeté mon dévolu sur 4 brocards, un jeune daguet, un vieux et grand brocard au cou très massif avec des meules énormes mais des bois trapus et courts (je pense qu’il commençait à ravaler) et deux brocards en pleine force de l’âge avec de très jolis bois (6 pointes qui dépassent bien au-dessus des oreilles).

Je n’ai pas passé un jour sans apercevoir un chevreuil et j’ai fait de belles sorties où j’ai pu observer 4 à 5 cervidés.

 

Mon récit va se concentrer sur la semaine la plus riche en événements :

La première approche a été « involontaire », le lundi soir vers 19 heures, je viens de quitter ma voiture, j’ai parcouru à peine 500 mètres, les maisons du village sont encore en vue, je descends vers le lac de la Bancalié par un sentier, encaissé entre deux mamelons, bordé de deux grandes haies de frênes dont les interruptions marquent les passages aménagés pour le bétail. Je marche d’un pas rapide sans faire attention au bruit que je produis, la haie de droite commence à se clairsemer, les frênes faisant petit à petit place à des buissons noirs qui par leur taille me permettent de voir la lisière du bois qui borde le lac. Une bande d’herbe grasse coincée entre la haie et la lisière du bois se termine 20 mètres plus loin à la hauteur d’un passage qui perce la haie.

Pensant déjà au déroulement de la chasse, je n’ai pas encore encoché ma flèche quand je suis arrivé à la hauteur du passage. Le vieux brocard surgit alors devant moi comme sortant de nulle part. Je suis nez à nez avec ce vieux mâle, assez pré pour le toucher. Lequel est le plus surpris, je ne sais pas mais nous restons une fraction de seconde à nous observer puis c’est lui qui se décide. D’un bon, il franchit le chemin pour se réfugier dans le bois côté gauche. Après avoir effectué une boucle, il resurgit 30 mètres plus loin, marque un temps d’arrêt me laissant observer sa beauté avant de disparaître sans bruit dans le bois. Je reste immobile à le regarder sans même penser à encocher ma flèche, juste la magie d’une rencontre.

Je poursuis ma marche en direction du ruisseau qui alimente le lac par un sentier pédestre qui longe le plan d'eau et abouti à une petite route qui serpente au milieu des bois.

Je traverse la route pour arriver à mon coin préféré, un pré tout en long bordé sur la droite par le Lezer (petit ruisseau) et encaissé en lisière de deux bois de feuillus très pentus qui s’étendent sur quelques centaines de mètres, c’est ici que mes rencontres sont les plus fréquentes.

Encochant ma première flèche de la soirée, je traverse le Lezer pour tenter une approche sur le jeune daguet repéré sue ce secteur. Malgré tous mes efforts (slalomant entre les brindilles et les feuilles mortes que la sécheresse avait rendues particulièrement craquantes) pour ne pas attirer son attention, le malin m’a repéré. Quand je l’aperçois à 100 mètres entre deux chênes, il me regarde certainement faire depuis quelque temps. Il s’élance et passe comme à son habitude entre deux très gros chênes (ils auront leur importance plus tard dans mon récit) et, dévalant la pente, il franchit le ruisseau d’un bon pour terminer sa course dans le bois d’en face, sans oublier de pousser son cri roque manière de dire à tous ces pots : « faites gaffe Alex est dans le coin ».

Il faut dire que nous n’en sommes pas à notre premier coup d’essai cette scène c’est au moins la 4ième fois que je la vis. La nuit arrivant, je  retourne sur Albi.

Mardi soir, 20h30, alors qu’il a plu un peu durant la nuit dernière, je suis les traces fraîches et bien marquées sur le sol forestier d’un chevreuil qui me menaient à la lisière du bois. Encore à moitié caché par un arbuste, je scrute le pré quand, au milieu des herbes hautes, j’aperçois ce qui pour moi est une branche mais qui curieusement attire mon regard. Quand je me rends compte que cette branche n’est pas moins que la ramure d’un magnifique chevreuil il était trop tard. Il se lève d’un bon, m’observe quelques secondes et sans me laisser le temps de réagir disparaît en lançant son cri caractéristique.

Mercredi matin, 5h30, me voilà de nouveau au rendez-vous, même scénario que lundi, le daguet est encore plus malin que moi, mais cette fois je décide de ne pas en rester là.

Après quelques minutes, le temps que notre lascar se calme et arrête de lancer ces cris, je tente de le contourner et de le retrouver un peu plus tard. Une heure de marche m'est nécessaire pour me replacer à bon vent et retenter une approche dans le bois d’en face, mais là la végétation est assez touffue et c’est mission impossible. C’est encore lui qui me repère sans même que je puisse l’apercevoir.

Dépité, je décide de changer de coin et, marchant d’un pas rapide, je tente de trouver le chemin qui remonte vers la Cassagnée. Au milieu du bois je tombe sur une coupe récente dans laquelle je marque un temps d’arrêt pour reprendre mon souffle après une dure montée. Dans le silence un bruit de pas commence à se faire entendre, de plus en plus fort, de plus en plus prêt.

Appuyé contre un petit chêne, je tends l’oreille et, ma flèche encochée, j’attends, immobile sans un bruit. Le bruit s’arrête puis reprend, c’est alors que 25 mètres en contrebas, surgissant des taillis, j’aperçois un magnifique brocard traversant le coupe-feu, reniflant au sol comme le ferait un chien sur la piste d’un gibier (je pense qu’il s’agissait du maître des lieux et que l’intrusion de notre jeune daguet n’était pas de son goût ou peut-être suivait-il la trace de sa promise). Je profite de sa disparition dans la végétation pour armer mon arc sans trop y croire. 

A ma grande surprise, le voilà qui revient et qui cette fois-ci prend la coupe et se dirige droit sur moi, à 10 mètres il s’arrête et dresse sa tête dans ma direction, le poitrail est dégagé, je lui décoche ma flèche mais juste à ce moment il rebaisse la tête. Ma flèche le frappe en plein sur le dessus du crâne, entre les deux bois, ce qui la stoppe net, elle retombe devant le brocard qui, poussant des cris effroyables, se met à courir à toutes pattes vers le bois d’en face. Alors que je l’entends encore, je me précipite vers ma flèche gisant dans les ronces (mon arc développe tout de même 54 livres). A ma grande surprise, il manque 1.5 cm de la pointe de la lame et au niveau de la cassure il y a un peu de sang et des poils. En levant la tête j’aperçois le brocard courant dans une clairière en face

Je décide alors de faire appel à mon président de société pour retrouver ce chevreuil que je pensais condamné, mais malgré toutes nos recherches, impossible de le retrouver. Je dois dire que je n’en ai pas dormi de la nuit, j’ai même été à la limite de ne plus chasser de la saison.

Après plusieurs jours sans sortie, arrive dimanche soir, encore contrarié par ma mésaventure du mercredi, je décide de retourner faire un tour. La rencontre bien que furtive que je fais ce soir-là me remonte le moral, notre compère, reconnaissable à ses bois, broute tranquillement en lisière du bois et, alors que je le regarde dans mes jumelles, il ne me laisse pas plus de temps pour l’observer et disparaît à grandes enjambées. Je pense que le morceau de lame est resté fiché dans l’os qui est assez épais entre les bois sans atteindre le cerveau. J’espère que cet objet ne lui causera pas de problème de santé dans l’avenir.

Je décide donc de retenter une approche sur notre jeune daguet. Je traverse donc le ruisseau et commence l’ascension du bois de chênes, cette fois-ci c’est moi qui le vois en premier, il est occupé à brouter quelques jeunes pousses de ronces. Je me dirige donc vers nos deux gros chênes, le passage par lequel il m’a tant de fois échappé et je me poste à genoux contre l’un d’entre eux, hors de sa vue tout t’en l’épiant de temps à autre.

Au bout d’un petit quart d’heure notre compère quitte son gagnage et se dirige vers moi, et alors qu’il ne passe qu’à 3 mètres de moi je lui décoche ma flèche de ¾ arrière. 50 mètres de course, il s’arrête, s’appuie contre un arbre mais les secondes s’égrainent puis les minutes et il ne tombe toujours pas. Je décide d’aller cherche le président de la chasse alors que mon chevreuil se remet en marche et disparaît dans le fourré, je ramasse ma flèche restée à quelques mètres après l’avoir traversé, elle est couverte d'un sang visqueux.

Nous arrivons sur place 45 minutes plus tard alors qu’il ne fait pas tout à fait nuit avec un des chiens que nous utilisons pour chasser le chevreuil mais ce dernier tourne et retourne sans réaction. Son maître décide de le lâcher mais c’est une grosse erreur, il finit par relancer le chevreuil, le perd puis le relance et finit par le perdre complètement alors qu’il fait nuit noire et que nous suivons à la lumière de nos lampes torche. Je viens de perdre définitivement mon chevreuil.

 

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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