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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 21:58

Ce soir, je retourne sur le secteur chassé mardi en espérant revoir le renard galeux ou les sangliers. Arrivé sur place, je commence à longer le maïs qui borde le lac mais le renard n'est pas là. Je dépasse le maïs et surveille le chaume du tournesol semence qui a été récemment broyé mais toujours rien. Je poursuis en longeant le lac, puis le ruisseau d'alimentation et le traverse par le passage busé en direction du second maïs. J'arrive prudemment au coin de la culture au cas où un chevreuil se trouverait sur la bande enherbée mais rien ne bouge. Je longe tranquillement entre le bois et les céréales. En arrivant près du coin du bois, au niveau de mon poste à blaireau, je décide de me rapprocher du bois pour inspecter une souille dans le fossé qui longe la bande enherbée. Alors que j'ai fait quelques pas et que je me retrouve à découvert, j'ai une impression bizarre et tourne la tête à droite. Un jeune brocard daguet m'observe, immobile, plein travers à environ 50 mètres. Je me fige mais il est trop tard. Nous gardons la pause un moment mais le petit cervidé décide de mettre fin à ce jeu et gravit le talus du champ travaillé d'un bon puis s'éloigne en remontant vers l'angle du bois.

Je le regarde s'éloigner puis remonte le champ travaillé pour rattraper le chemin de terre en crête de la colline. Du chemin, je regarde la combe suivante espérant voir quelque chose mais rien ne bouge. Je poursuis mon chemin en direction de la grande luzerne au fond de laquelle se trouve le petit bosquet où se gîtent les sangliers. Du chemin de crête j'observe la combe quand j'aperçois la silhouette furtive d'un petit chevreuil qui avance en broutant dans la luzerne. Il me faudrait arriver sans être vu jusqu'à une ligne de balles rondes laissées à environ 20 mètres de la bordure du bois. Je longe rapidement le chemin pour que le chevreuil se trouve masqué par le bosquet, puis je m'avance dans la luzerne en direction du bosquet que je longe doucement en descendant vers l'angle. Arrivé au coin du bosquet, j'observe un instant le chevreuil qui est en fait un chevrillard, certainement celui qui s'est séparé de sa mère mardi. Comment me rapprocher en plein découvert ? Le chevrillard me tourne le dos et avance lentement en louvoyant au grès de ses prises de nourriture, puis il disparaît derrière une bosse du champ. C'est le moment, je me décale rapidement vers les balles rondes mais le vent est dans mon dos, il me faut me décaler plus à droite pour espérer réussir mon approche. Je suis en plein découvert et j'avance très doucement car la luzerne craque sous mes pas. Petit à petit, je me rapproche de la bosse qui me cache le chevreuil quand, tout à coup, la tête du chevrillard surgie de la végétation. Il était couché et vient de me sentir. Je me fige mais il détale aussitôt vers la bande de bois sur ma droite.

Bon passons aux choses sérieuses. J'ai repéré le weekend dernier une belle souille dans le fossé qui borde le bosquet, elle se trouve au bout d'une très grosse coulée qui descend du bois. La remise est à 40 mètres environ de là. Le vent est très mauvais, je rentre par la coulée et me cale à sa droite derrière un petit noisetier juste en bordure du bois en espérant que les sangliers sont gîtés plus haut et qu'ils ne vont pas me sentir. Plusieurs coulées descendent vers la souille et se réunissent pour sortir du bois, d'autres coulées passent plus haut parallèlement à la bordure du bosquet. Le poste me plait bien et l'attente va être brève, au bout de 5 minutes environs, il me semble entendre un craquement parmi le bruit des glands qui tombent au sol. Les craquements deviennent de plus en plus audibles, c'est sûr ce sont les sangliers. Tout à coup, les craquements semblent descendre droit sur moi et j'arme mon arc mais le temps passe et le bruit fait du sur place.

Je désarme. Au bout d'un moment, les sangliers décident cette fois de descendre d'une traite. Je réarme. Un sanglier d'environ 70 kg se présente à environ 12 mètres plein travers. Mon viseur se cale et je le suis alors qu'il s'avance pas à pas en fouillant le sol, un autre sanglier de la même taille se présente 3/4 arrière, plus haut, à 15 mètres sur une grosse coulée qui longe dans le bosquet et je devine un autre sanglier plus petit qui descend vers moi par une coulée plus proche. Je me ravise, le premier sanglier doit être la laie meneuse, je désarme et laisse faire. Les 2 premiers sangliers sont maintenant dans les branchages et non tirables mais le plus petit descend de plus en plus en fouillant le sol. Je réarme et le suis, il est à moins de 10 mètres, j'attends de bien voir son coffre se dégager. Mon viseur est calé, je décoche.

A l'impact, le sanglier tombe sur place et se met à couiner sans bouger. Les autres sangliers qui n'ont pas compris le regardent d'un peu plus haut. C'est une flèche de colonne, il me faut rapidement l'achever. Je prends mon couteau et m'avance vers lui mais un des sangliers fonce sur moi et stoppe à 3 mètres face à moi. Je range mon couteau et réencoche une flèche au cas où mais ce dernier semble comprendre et fait demi-tour en poussant un souffle rauque puis s'immobilise à 12 mètres environ au-dessus de moi pour m'observer alors que son collègue s'éloigne en soufflant. Le sanglier, que je croyais immobilisé, se redresse sur ses patte avant et me charge. Je l'évite sans problème et le laisse passer, au passage j'ai pu voir ma sortie de flèche 30 cm avant le cuissot en plein milieu de la hauteur de l'abdomen. Ma flèche n'est pas bonne et je ne comprends pas pourquoi, a t'il bougé à la décoche ? Mon arc est pourtant bien réglé.  Le sanglier chute lourdement à 6 mètres environ et se met à tourner sur lui-même sans pouvoir se relever. Il se fatigue vite et se couche sur le flanc en me présentant son ventre. Je lui ajuste une flèche d'achèvement qui rentre 15 cm derrière la patte avant, casse la colonne et traverse les poumons. Le sanglier bronche à peine et rend rapidement son dernier souffle.

Une soirée sanglier, 22 septembre 2011

Alex

 

Atteinte :

Une soirée sanglier, 22 septembre 2011

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 15:15

Ce matin, j'étais invité à une battue qui s'est annulée hier soir, du coup, je pars chasser le chevreuil sur Lasseran, sur une partie d'un territoire privé morcelé qui s'étale aussi sur Pavie, où j'ai un bracelet. Je me gare près d'un petit bosquet et descends en sous-bois pour me poster une première fois et appeler au Butollo. Il a gelé ce matin et une légère brume flotte dans l'air. Mes appels ne donnent rien. Je quitte mon poste et continue pour aller me reposter plus loin. Je dérange un lapin au gagnage sur une bande d'herbe qui borde le bois, il détale et rentre au bois un peu plus loin.

Je continue un peu puis me poste à nouveau, pas plus de succès avec mon appeau. Un peu plus loin une langue de pré remonte entre 2 bosquets. Je me poste derrière un buisson et appelle à nouveau un moment mais toujours rien ! Je trouve que depuis quelques jours le Butollo marche moins, même sur des territoires où je ne l'ai jamais essayé. Il semble que les chevrettes accompagnées d'un brocard ne répondent pas.

Je continue et passe l'angle du bois et traverse le pré pour avancer en longeant une haie. En crête, un chevreuil est au gagnage dans la brume. Je décide de m'approcher un peu jusqu’à 100 mètres environ où je peux me cacher derrière un buisson qui dépasse de la haie, quand sur ma gauche, à 50 mètres environ, j'aperçois 2 brocards en velours qui regardent vers moi. Ils ne m’ont pas identifié et je me voûte pour arriver jusqu'au buisson en faisant de petits appels timides avec mon Butollo. Ils ne bronchent pas. Je me poste et commence mes appels mais ni l'un ni les autres ne semblent vouloir venir. Le chevreuil de la crête rentre au bois et je perds les autres de vue.

Je reprends ma progression en longeant lentement la haie quand les 2 brocards la traversent pour rentrer au bois 80 mètres plus haut en longeant la crête. Ça s'annonce mal pour ce matin. Je biaise et rattrape l'angle du bois puis le longe un moment avant de rentrer par un chemin forestier au cœur de la forêt. J'avance doucement en me postant régulièrement et en appelant mais rien ne vient. Une bécasse me décolle dans les pieds, un peu plus loin un chevreuil sort sur le chemin à 30 mètres de moi et fait immédiatement demi-tour.

Je ressors sur le champ travaillé un peu avant la langue de pré où je me suis posté tout à l'heure. J'avance doucement, le sol meuble est silencieux. En arrivant au niveau du pré, j'aperçois un chevreuil qui traverse à 60 mètres entre les bosquets. Je ma baisse et rejoint doucement la bordure du second bosquet, il ne m'a pas vu et broute tranquillement en avançant. Je longe le champ puis remonte dans la friche pour aller me positionner où je pense le voir sortir. Une fois calé derrière des buissons, j'attends un peu et entends le chevreuil cavaler sur quelques mètres puis c'est à nouveau le calme plat. M'a t'il repéré ?

Je quitte mon poste et poursuis vers un petit lac autour duquel se trouvent souvent les chevreuils. En arrivant au coin du lac un remous attire mon regard, c'est un gros ragondin qui s'est mis à l'eau et qui s'éloigne du bord.

Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010

Je m'avance rapidement pour tenter de le flécher mais il plonge avant que je n'ai eu le temps d'armer. Une traînée de bulle trahit sa progression sous l'eau, je la suis, prêt à armer. Les bulles longent à quelques mètres de la berge puis se rapprochent du bord en arrivant à l'angle du lac. J'arme, le ragondin ressort juste devant moi, de face. Mon viseur se pose entre ses omoplates et je décoche mais ma flèche est un peu trop en arrière. Le ragondin plonge et fait demi-tour. Ma flèche est restée fichée au fond de l'eau.

Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010

Je scrute la surface de l'eau espérant le voir rapidement remonter à la surface quand je perçois du mouvement au milieu du lac dans les masselottes desséchées. Il part vers la rive opposée.

Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010

Je pars au pas de course pour l'intercepter en face mais j'arrive trop tard, un remous sous la berge me fait comprendre qu'il doit être au terrier. Tout à coup, le remous s'intensifie et j'aperçois le ragondin se débattre devant son terrier. J'arme et le tire au juger, sans réellement identifier ma zone de tir. Touché, il grogne et rentre au terrier.

Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010

Je dégage un peu les ronces et tente de me rapprocher du terrier mais je glisse et finis dans l'eau jusqu'à mi mollets, à y être, j'y reste et je commence à dégager l'entrée du terrier en creusant à mains nues puis me penche sur l'entrée du terrier. J'aperçois les moustaches du ragondin qui s'agitent. Le terrier est peu profond, j'attrape une branche et pousse un peu le ragondin qui mort vivement la branche. Je tire sur ma branche, ce qui fait venir un peu le ragondin avant qu'il ne lâche prise puis je recommence 2 ou 3 fois et arrive à l'amener près de l'entrée, j'attrape mon arc et lui décoche une flèche en pleine tête. Cette fois c'est fini, je le sors de l'eau, pars récupérer ma flèche avec une longue branche et retourne à la voiture.

Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010

Je décide d'aller faire un tour vers Labejan avant de rentrer. Je me gare à la ferme du Tuco et pars par un chemin forestier avec mon appeau pour tenter d'apercevoir un chevreuil. Mes appels restent sans réponses et le bruit de la N21 en contrebas est assez pénible. Je ressors du bois un peu plus loin puis reviens à travers champ vers le lac du Lion. Les canards s'envolent par petites volées ainsi que le héron. Je descends vers la digue puis pars vers un autre bois un peu plus haut. J'avance doucement en appelant régulièrement mais toujours rien. Un animal se lève devant moi dans le sale sans que je ne puisse l'identifier. Au loin les coups de feu d'une battue retentissent, certainement sur Saint Jean le Comtal.

Arrivé au bout du bois, je ressors sur le pré et redescends vers le lac du Tuco, 2 ragondins sont au gagnage et l'eau est très agitée.

Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010

Je descends doucement pour tenter de les flécher bien que la manœuvre semble perdue d'avance. Je suis à 200 mètres quand les ragondins se précipitent vers l'eau. Je me fige et attends un peu. Ils reprennent confiance et font demi-tour pour se remettre à brouter. J'avance tout doucement et gagne encore 50 mètres, ils repartent vers l'eau en courant. Je me fige et attends alors qu'ils se ravisent et reviennent sur leurs pas. Je gagne encore 50 mètres mais cette fois j'aperçois les colverts que les arbres me masquaient. Ils viennent vers moi et m'aperçoivent. Ils s'envolent, précipitant les ragondins à l'eau.

Je cours vers la berge et aperçois l'un des ragondins qui refait surface au milieu du lac. Je longe la berge pour l'intercepter au terrier mais il sera trop éloigné et je ne veux pas risquer de le perdre comme le dernier sur ce lac. Je passe l'angle du lac et reviens me positionner derrière les terriers mais le ragondin plonge à 10 mètres du bord et disparaît définitivement.

J'attends un peu sans rien voir puis fait un tour du lac pour tenter de voir le second ragondin. Quelque chose plonge au niveau où le ragondin est rentré dans l'eau, je repars vers les terriers. Quelque chose ressort et replonge juste à mes pieds sans que je ne puisse voir de quoi il s'agit. Je poursuis vers les terriers et c'est une poule d'eau qui me ressort à 6 mètres pour replonger et disparaître. Je retourne à la voiture pour aller faire un tour un peu plus loin.

Je me gare sous la digue du lac puis remonte pour longer le lac côté gauche en direction des terriers de ragondin. Une volée de colverts décolle, puis le héron, puis l'aigrette puis 2 autres volées de colverts. Je longe la berge jusqu'au bosquet devant lequel l'eau est agitée, je rentre me positionner sur les terriers mais ce sont des volées de colverts qui démarrent. Je tente un petit coup de Butollo, rien.

Je longe le bois et ressort du bosquet, traverse un semée de blé et rentre dans un grand bois pour rattraper le chemin forestier que je longe doucement. Le galop caractéristique d'un chevreuil retentit en sous-bois. Je me fige et tente quelques appels. J'aperçois une belle chevrette qui vient s'immobiliser à 50 mètres au milieu des arbres et qui me cherche du regard. Mes appels la tranquillise à moitié mais elle est toujours en alerte, le poil blanc de son arrière train est ébouriffé. Elle marche d'un pas saccadé et s'arrête souvent puis disparaît en aboyant. Je continue un peu, tente des appels sans succès puis bifurque à gauche sur un autre chemin pour remonter vers le haut du bois. Derrière un arbre tombé, je recommence mes appels. Toujours rien, je longe doucement le chemin quand un galop retentit au-dessus de moi, sur ma droite. 2 chevrettes et un brocard filent à travers bois en s'arrêtant plusieurs fois puis traversent le chemin et disparaissent derrière la crête.

Je suis le chemin et sors du bois. Les chevreuils sont déjà loin, à 600 mètres environ et ils filent à travers les labours. Je rattrape un chemin de terre qui suit la crête de la colline et suis de loin la fuite des chevreuils puis je les perds de vue. Je rejoins un autre bois et me poste, mes appels restent sans réponse. Je longe doucement la bordure haute du bois bien exposée au soleil et lève 2 chevreuils sans les voir. En bas, un cormoran s'en donne à cœur joie dans un grand lac que je n'ai jamais encore chassé. Un peu plus loin, sur ma droite en bas de la combe, un chevreuil s'enfuit au galop. Ce n'était pas une matinée Butollo, je redescends vers l'angle du bois puis remonte à travers champ pour rattraper la route qui me mènera à la voiture. Un gros vol de palombes décolle et tourne sur le bois. C'est fini pour ce matin, je rentre.

Après une sieste réparatrice, je repars en chasse du côté de Traversères cette fois pour taquiner le sanglier. J'arrive sur place vers 16 h et décide de commencer par faire un grand tour sur le territoire pour étudier la fréquentation des différents secteurs avant de décider où me poster. Des traces fraîches et des souilles de sangliers marquent différents endroits du territoire. Je décide d'aller me poster en bordure d'un bois devant une grande zone de genets très épais où les sangliers se remisent souvent. Le sol sec ne marque pas trop et savoir si les pieds sont frais ?

Ce poste donne l'avantage de voir et d'entendre loin et je suis toujours à temps de me déposter si nécessaire. L'attente commence. La cime des arbres est agitée par des chardonnerets qui vont et viennent. Les geais gazouillent plus haut. Je passe le temps à observer tout ce petit monde. Vers 16h45, il me semble entendre un grognement furieux d'un sanglier. Je tends l'oreille mais plus rien à part le champ des oiseaux. Un peu plus tard de nouveau le même bruit mais très court et lointain, je rêve ou bien ?

Je décide de quitter mon poste et de me rapprocher de la source du bruit. Je descends dans le pré passe une haie puis rentre dans le bois d'en face par une trouée faite en début de saison aux sécateurs. Je ressors du bois et avance lentement d'une boule de ronces à une autre en m'arrêtant un moment pour écouter à chaque fois. Pas un bruit, je remonte vers la bordure du bois et m'arrête derrière un gros genévrier pour écouter un moment. Un couinement retentit. Le vent est bon, je vais tenter de me rapprocher, j'avance un peu et me cale au pied d'un gros chêne. Plusieurs très grosses coulées descendent du bois mais la végétation sera un handicap pour tirer. Des branches dans tous les sens, des ronces, des buissons. J'attends un peu à l'écoute puis remonte encore un peu dans le bois et me poste derrière des ronces. Les couinements se font de plus en plus sonores et il semble qu'un combat soit en cours. Des grognements furieux déchirent le silence par moment. Je me décale encore un peu sur la pointe des pieds puis attends un moment.

Un pas dans la feuille descend droit sur moi. Je suis prêt à armer. Le pas se rapproche de plus en plus et je m'attends à voir le sanglier d'un moment à l'autre. J’arme, je suis prêt mais l'animal bifurque et regagne les épais sur ma gauche. Le combat fait rage, la fureur des combattants est impressionnante. Je m'avance en calculant chaque pas et en m'arrêtant régulièrement. Le bois fait environ 80 mètres de large et il y a des coulées partout, je décide de me positionner au milieu pour avoir un maximum de chances. J'avance d'un pas, fais une pose, 2 pas, une autre pose... Les sangliers sont toujours en train de se battre et je profite du vacarme pour m'approcher. Je parviens à me positionner à environ 20 mètres du sale, derrière un arbre, le vent est bon, les possibilités de tirs sont correctes. Je décide de rester là.

Le combat, qui s'était posé par moment, vient de prendre une intensité incroyable, les branches cassent à 30 ou 40 mètres devant mois, un impact impressionnant retentit, je pense que les défenses se sont entrechoquées. La végétation craque et bouge devant moi et toujours ses grognements furieux. Les pas se rapprochent. La pression monte, mon décocheur commence à entrer en tension sur la corde. Il semble que ça marche de partout, combien sont-ils ?

Je peux en entendre mastiquer certains, le souffle des respirations rauques se rapproche toujours, les pas craquants sur les feuilles mortes sont de plus en plus présents... Tout à coup, un premier sanglier sort du salle sur ma gauche puis un autre et un autre... 5 sangliers s'avancent, l'un d'eux biaise vers moi, je me focalise sur lui, j'arme doucement. il s'arrête une première fois à 8 mètres plein travers et à découvert mais je n'ai pas le temps de décocher, il s'avance encore et s'arrête à 6 mètres avec un léger 3/4 face et se met à fouiller le sol. Je prends ma visée et décoche. L'impact est bien audible et ce bruit caractéristique d'une flèche de coffre me donne confiance. Le sanglier couine et fait volte-face pour rerentrer dans le sale. Le reste des sangliers, au tour de lui, éclate en tous sens puis le calme revient, enfin si on peut dire car d'autres sangliers continuent à venir vers moi. Je réencoche une flèche.

Je reste immobile, au bout d'un moment, tous mes sens en éveil, je tourne la tête vers des craquements tous proches. Un autre sanglier surgit du sale par le même chemin que celui que j'ai fléché à l'instant. J'arme et le suis, il avance tranquillement puis s'arrête à environ 7 mètres, plein travers mais partiellement caché par des ronces, il renifle le tronc d'un petit arbre. Mon viseur est calé mais le tir est trop risqué à cause de l'encombrement. Tout à coup, il avance de quelques pas dans un petit roncier puis fait brusquement volte-face et part au grand galop vers le salle, fait un virage à 90 ° qui fait voler la terre et les feuilles mortes, passe à 5 mètres devant moi puis se jette dans le sale dans un grand fracas. Je comprendrais plus tard qu'il est tombé sur le sang du premier sanglier.

Avec ce remue-ménage, je pense que la soirée est terminée mais il y a toujours de l'agitation face à moi dans l'épais. A nouveau, les sangliers commencent à chahuter furieusement et avec la luminosité qui baisse rapidement, ce combat prend une autre dimension. Un autre sanglier surgit du sale sur ma droite un peu plus haut et longe les épines noires. Il fouille le sol et sa mastication baveuse s'entend comme s'il était à côté de moi, il est à 8 mètres environ. Noir sur font sombre, avec cette luminosité décroissante, je préfère ne pas décocher et attends encore au cas où.

C'est alors que tout s'accélère, le gros des sangliers resté devant moi s'avance droit sur moi. Tout se met à craquer, un léger mouvement devant moi me fait baisser les yeux et alors que je les relève, je me trouve avec 10 à 15 sangliers arrêtés à 3 mètres juste à ma droite. J'arme doucement, prends la visée sur le plus en évidence et décoche. Le sanglier couine sur l'impact. Le son est identique à ma première flèche ce qui me rassure. Le groupe éclate et mon sanglier se dédouble ! Un second sanglier de même taille était juste derrière lui collé flanc contre flanc, j'espère ne pas l'avoir blessé en même temps que le sanglier visé.

Je reste immobile en attendant le retour du calme, je réencoche au cas où, il me semble entendre un sanglier se débattre dans les épines, des souffles rauques retentissent régulièrement et les craquements s'estompent peu à peu jusqu'au retour du calme. J'attends encore un bon moment puis je sors ma lampe et commence à examiner les zones de tir. Le premier sanglier perd rapidement beaucoup de sang et part droit vers le bas du bois, je ne retrouve pas ma flèche. J'avance doucement en suivant la piste très abondante puis la perds brusquement ! Rien à faire, impossible de retrouver du sang.

Je pars donc vers la deuxième zone de tir et retrouve ma flèche cassé peu après l'impact, un peu de sang sur la cassure du tube mais rien sur le reste de la flèche, je n'ai pas traversé, il manque 20 cm et la lame qui sont restés dans le sanglier, un peu plus loin 2 gouttes de sang puis plus rien. Je marque l'emplacement de la flèche et du sang puis je retourne à ma première piste. A genoux dans les feuilles mortes, le nez au sol, je tente de comprendre. La piste est très abondante puis se termine par 3 petites gouttes projetées, c'est bizarre ! A part que, mais oui c'est ça, je reviens au dernier sang abondant et cherche sur les côtés de la piste, le sanglier a en fait bifurqué à 90 ° vers le sale et la piste est toujours aussi abondante, je le retrouve rapidement couché sur le ventre. Il n'a pas fait 40 mètres.

Je le sort du sale et fait une petite photo puis je repars vérifier la seconde flèche sans plus de réussite que la première fois.

Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010

J'ai oublié ma corde à la maison et maintenant il va me falloir le sortir du bois, je le traîne jusqu'au bord du bois et pars chercher ma voiture qui est à 2 ou 3 km puis je rentre chez moi, chercher ma corde. J’ai 20 minutes aller-retour en voiture et j'en profite pour appeler le conducteur de chien de sang. Nous prenons rendez-vous pour 9 heures le lendemain matin.

De retour avec ma corde, il me faut faire 500 mètres en traînant le sanglier en montant pour arriver à la voiture. Je sue à grosses gouttes malgré la fraîcheur du soir. De retour chez moi, je vide le sanglier en pensant au second. La nuit est agitée, je compte les heures en essayant de dormir un peu. Enfin 8h40, je pars chercher le conducteur de sang qui habite à côté de ma zone de chasse. Nous partons pour la recherche, nous nous garons, je prends Dudule en laisse, l'herdale terrier qui sert de chien forceur et le conducteur prend Raboliot son teckel qui fait le recherche au sang.

Je les conduis sur les dernières gouttes de sang trouvées hier. La recherche risque d'être difficile entre la piste de sang du premier sanglier et les traces des autres sangliers, j'ai peur que Raboliot s'y perde. D'entrée, Raboliot prends une piste et rentre dans les épines, je suis en rampant avec Dudule en laisse qui tire comme un fou et ne me laisse pas le temps d'écarter les ronces qui me griffent de partout. Raboliot donne de la voix et excite encore plus Dudule. Nous ressortons dans un clair et nous redressons. Raboliot est en défaut, il tourne et retourne au pied d'un talus abrupt puis finit par revenir au premier sang avant, cette fois, de prendre la bonne voie et trouve rapidement le sanglier alors que j'attends dans le clair sur les consignes du conducteur La sanglier qui perdait peu de sang au départ s'est vidé par la gueule sur les  "Viens, il est là". Mon sanglier qui perdait peu de sang au départ s'est vidé par la gueule sur les 15 à 20 derniers  mètres. J'attache Dudule qui est moitié fou et je descends retrouver le conducteur et Raboliot qui  à pille mon sanglier. Je suis soulagé et remercie vivement le conducteur de rouge en lui serrant la main et en le félicitant ainsi que son chien.

Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010

Hé bien maintenant, il va falloir le sortir de là, je me fraye un passage dans les épines en le tirant par une patte et l'amène au ras du bois puis je pars aider le conducteur à ramener les chiens avant de traîner le sanglier jusqu'à ma voiture. Je suis lessivé mais il faut maintenant rentrer et peler.

Une petite photo souvenir avant d'attaquer le dépeçage.

Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010

Mon premier sanglier, vidé la veille, présentait une entrée de flèche en avant de l'épaule et une sortie très basse derrière la patte opposée, la flèche touche un poumon et rentre dans le cœur au niveau des connections des gros vaisseaux pour ressortir en bas du cœur. Le second présente une entrée de flèche pleine épaule (la lame fracasse l'omoplate) et la lame se fiche dans l'épaule opposée et touchant les 2 poumons et les vaisseaux au-dessus du cœur.

En pelant mon second sanglier, une surprise m'attend, une lame de thunder-head est enkystée dans la chair du coup au ras de la peau !

Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010

Et en découpant la viande, je m'aperçois que l'omoplate a été traversé et que la lame s'y est certainement enkystée, la cicatrice du passage de la flèche dans les muscles, juste au-dessus de la colonne vertébrale est encore visible mais la peau n'en garde pas de trace. Ce doit être le sanglier blessé l'an dernier un peu plus loin par un membre de l'ASCA32.

 

Alex

 

Atteintes :

Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010
Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 07:40

Ce matin, je pars chasser chez mon ami Patrick à Sarrancolin, nous avons décidé de participer à la battue du jour avec l'équipe de chasse communale. Ici la chasse ne commence pas de bonne heure, vers 9h30 nous descendons au village à la salle des chasseurs. Il n'y pas grand monde, seul un des chasseurs qui prépare des frites pour midi. Les autres sont allés faire le pied. Nous attendons un moment, d'autres chasseurs arrivent et nous discutons devant un bon feu de cheminée. Si personne ne trouve de pied nous allons chasser le grand cervidé et au fond de moi c'est bien ce que j'espère mais au retour des équipes de pied nous comprenons vite que plusieurs sangliers ont été repérés. Nous hésitons un peu à partir chasser le sanglier mais il est déjà 11h30 et nous ne ferons rien ce matin, nous décidons de tenter le coup.

Nous partons nous poster, nous garons les voitures au bord d'une piste puis nous la quittons pour remonter dans une gorge ombragée et enneigée où il risque de ne pas faire très chaud. Patrick prend le premier poste, le 0, nous laissons un posté au 1 puis au 2, les postes sont très espacés. Les chasseurs décident de me laisser au 2 bis et les 3 derniers postés continuent à grimper encore un peu. Le poste 2 est à plus de 150 mètres plus bas et le posté suivant sera à au moins 80 mètres au-dessus de moi. Nous allons chasser le versant de gauche, je remonte un peu sur le versant opposé et me cale derrière un gros hêtre qui me cache un peu. Je contrôle mes possibilités de tir à gauche,

Battue au sanglier à Sarrancolin, 22 janvier 2011

puis à droite.

Battue au sanglier à Sarrancolin, 22 janvier 2011

Je nettoie les feuilles mortes et les brindilles sous mes pieds pour ne pas faire de bruit s'il me faut bouger un peu pour décocher puis l'attente commence. Cette bonne petite marche m'a bien réchauffé et pour l'instant je n'ai pas froid. Le président de la chasse est parti contrôler un pied et lâcher les chiens en face, de l'autre côté de la montagne. Tout est calme pendant un bon moment puis je commence à entendre au loin les chiens qui se rapprochent doucement par ma gauche. Tout à coup, il me semble entendre un bruit de pas qui se rapproche à mi-pente sur le versant d'en face. Le bruit arrive de ma gauche et se rapproche doucement.

Battue au sanglier à Sarrancolin, 22 janvier 2011

Ce n'est pas le traqueur, les pas se précisent, il s'agit de plusieurs animaux. Je tente d'apercevoir de quoi il s'agit au travers de la végétation mais sans succès. Le bruit s'arrête régulièrement puis s'interrompt un long moment. Les cris des chiens ont cessé. Le froid est vif et je passe mon arc d'une main à l'autre pour pouvoir me réchauffer un peu en mettant les mains au poche mais ce sont surtout mes pieds qui me fond de plus en plus souffrir. Immobile, les pieds dans la neige sans voir le soleil qui brille pourtant sur un joli ciel bleu, l'attente commence à devenir pénible.

Les chiens recommencent à donner de la voie un peu plus loin, au même moment les animaux se remettent sur pied face à moi. Ils se décalent un peu pour se mettre à tourner en rond dans les buis juste en face de moi. Un grognement ne laisse plus de doute, il s'agit de sangliers. Ils piétinent en tournant sur 10 à 20 m² mais je n'arrive pas à les voir. Je surveille toutes les zones découvertes au tour des buis mais rien faire. Les chiens s'éloignent et les sangliers s'immobilisent à nouveau.

Battue au sanglier à Sarrancolin, 22 janvier 2011

L'attente reprend dans le calme, le froid est vraiment incisif, les pieds et les mains sont de plus en plus douloureux, je décide de poser même l'arc un moment pour mettre mes 2 mains au poche. Après un long moment de calme, l’écho du souffle de 2 tirs de carabine, qui semble avoir été tirés derrière nous sur la chasse d'Hillet, se font entendre en bas dans la vallée. Un moment plus tard, des chiens se mettent à donner de la voie dans notre dos et se rapprochent de plus en plus.

Je reprends mon arc, les chiens se rapprochent toujours, je me tourne face à la pente et me prépare. Les pierres roulent au-dessus de moi puis le bruit du galop des animaux se fait entendre. Ils viennent sur moi. Ils s'arrêtent régulièrement pour repartir de plus belle. Ils sont maintenant tout près, à moins de 30 mètres mais impossible de les voir car un gros massif de buis me les cache.

Ils redémarrent, un coup de carabine claque vers le poste au-dessus de moi. Un sanglier couine puis un second coup de feu retentit puis un troisième. J'aperçois un sanglier blessé qui traverse la gorge à 40 mètres au-dessus de moi. Des viscères pendent sous son ventre. Il remonte le versant d'en face mais au bout de 30 mètres il commence à ralentir puis chute plusieurs fois sans arriver à monter d'avantage. Il se met alors à longer avec difficulté la courbe de niveau pour venir passer en face de moi. Il penne beaucoup et s'arrête régulièrement.

Que faire, il semble bien touché mais la battue n'est pas terminée. Des voies résonnent au-dessus de moi, les postés se parlent entre eux. Je lance au posté au-dessus de moi : "ton sanglier est juste devant moi, il est blessé et essaie de s'enfuir ". Le posté me répond qu'il ne le voit pas, je lui dis que vais tenter de l'intercepter et je quitte mon poste, arc à la main. Je traverse la gorge et remonte le penchant d'en face vers l'endroit où j'ai vu le sanglier mais je le perds de vue un moment à mesure que je me rapproche. Le sol est très glissant et je surveille mes appuis, les yeux vers le sol quand j'ai une impression bizarre.

Je lève les yeux et aperçois le sanglier qui est juste au-dessus de moi à 3 ou 4 mètres. Il est menaçant, de 3/4 face, la tête basse tournée vers moi, le poil hérissé, il me fixe en claquant des dents. Je comprends vite que ça sera lui ou moi dans pas longtemps, j'arme rapidement mon arc, au même moment, le sanglier s'élance vers moi en grognant. Je n'ai pas vraiment le temps de viser et décoche sur lui de face mais ma flèche le frôle sans l'entaillé. J'ai juste le temps d'esquiver à la façon du torero. Le sanglier me frôle en passant juste au ras derrière moi puis s'enfuit en redescendant pour s'arrêter 50 mètres plus loin pour se coucher.

Le posté arrive, c'est son sanglier et il mérite de le finir. "Où il est " ? Je l'accompagne vers son sanglier pour le lui monter car il ne le voit toujours pas. Nous nous approchons à environ 10  mètres du sanglier qui se redresse et claque des dents derrière un tronc couché. Le chasseur épaule, vise et veut tirer mais rien, le clic du percuteur mais pas de coup de feu, il réessaye une autre fois, rien. Je réencoche et arme alors que le sanglier commence à repartir. J'arme, vise et décoche. Ma flèche se plante au milieu du dos et reste plantée. Le sanglier tente de s'enfuir mais il fait à peine 4 mètres, se met à tituber, roule sur le côté sur quelques mètres et se cale contre un arbre. Encore quelques soubresauts et s'est terminé. Ma flèche ressort à la base du coup, le coup de feu lui a explosé une patte arrière et ouvert l'abdomen sans éclater les intestins. Il aurait certainement mis un long moment à mourir d'une telle blessure.

Battue au sanglier à Sarrancolin, 22 janvier 2011

Entre temps, 2 coups de carabine ont retenti plus bas, un posté a tué un second sanglier, un frère de cette petite femelle, ils étaient 5, 4 bêtes rousse et la laie. Les sangliers en face de moi ont dû se débiner et ne seront pas inquiétés pour aujourd'hui.

Battue au sanglier à Sarrancolin, 22 janvier 2011

Je redescends la petite laie vers les voitures avec le tireur qui porte mon arc. Ça fait du bien de marcher un peu pour se réchauffer après une matinée au poste.

Battue au sanglier à Sarrancolin, 22 janvier 2011

Alex

 

Atteinte :

Battue au sanglier à Sarrancolin, 22 janvier 2011

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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 14:16

Ce matin, le ciel est bien dégagé, il a gelé. J'ai prévu d'aller chasser le chevreuil mais je décide de commencer par aller faire un tour rapide au ragondin en attendant les premiers rayons du soleil. En descendant vers le lac, j'aperçois 3 chevreuils au gagnage dans le chaume de maïs sur ma gauche. Je me gare sous la digue du lac et change de programme. Je vais directement attaquer par les chevreuils on verra les ragondins un autre jour.

Je prends un bracelet à la poche et sors sans bruit de la voiture pour attraper mon arc. Un bouquet d'arbres me cache pour l'instant de la vue des chevreuils qui remontent vers le sommet du coteau. Je referme doucement ma voiture, enfile ma cagoule. C'est alors que j'aperçois 2 autres chevreuils qui m'observent en crête sur le coteau d'en face.

Je décide de commencer par les 3 autres avant de tenter quoi que ce soit sur ces 2. Ils auront le temps de m'oublier. Sachant que j'ai peu de chance de réussir à remonter la côte sans être vu, je tente le tout pour le tout. Je remonte par la route comme le ferait un promeneur. Les chevreuils mettent un bon moment à me repérer puis les 3 têtes se tournent vers moi et m'observent. Je fais comme si je ne les avais pas vu et continue ma route mais les chevreuils deviennent nerveux et l'un d'eux redescend vers le ru. Je reste sur mon idée de départ et ne me retourne pas, j'arrive au sommet du coteau et fais décoller 6 perdreaux du sorgho moissonné.

Je bifurque à droite sur un chemin goudronné qui mène à une résidence secondaire puis dépasse la maison pour arriver sur la crête du coteau. Les chevreuils ont détalé, ils sont à 400 mètres au pied de la colline et s'éloignent. Je redescends donc vers le passage de débardage au coin du bois puis je remonte en longeant le bois vers les autres chevreuils.

Arrivé presque en haut du bois, je biaise pour arriver à l'angle de l'autre bosquet puis longe le bord vers l'endroit où se trouvaient les chevreuils.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Dans la courbe, j'aperçois un chevreuil plein travers à 50 mètres environ qui tourne le dos au bois. J'ai fait un pas de trop et il regarde vers moi. Je reste un moment sans bouger puis, voyant qu'il finit par se remettre à manger, je me serre contre le bois et y rentre doucement en essayant de rester silencieux malgré les obstacles végétaux.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Je me positionne derrière un gros arbre au pied du talus qui descend dans le bois et calcule mes possibilités de tir. Le poste semble bon. L'attente commence, un ballet incessant de mulots anime le sous-bois, je les observe en essayant de rester attentif. Ils plongent sous les feuilles, ressortent un peu plus loin, jouent les équilibristes sur le branches mortes posées au sol... ils font un bruit impressionnant pour leur taille. Un rouge gorge toujours en mouvement vient également me tenir compagnie.

Le temps passe et je ne vois rien venir, je décide de me décaler un peu et de m'avancer vers la dernière position du chevreuil. Je me faufile dans la végétation sans faire trop de bruit puis je me cale à nouveau, 20 mètres plus loin, derrière un écran végétal. L'attente reprend, mais rapidement un léger craquement au milieu de la végétation me fait poser les yeux sur un beau sanglier en train de se lever. Il était gîté à seulement 12 mètres de mon poste et reste figé, les oreilles braquées vers moi.

J'arme doucement et prends la visée au travers d'une fenêtre dans la végétation. Je décoche, un impact sourd et le sanglier démarre doucement au petit trot. Rapidement, il émet un souffle puissant. Je tends l'oreille et suis sa fuite au bruit de feuilles mortes. En bas du bois, à nouveau un souffle puissant puis le calme revient.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

J'attends un moment puis je vais contrôler mon tir. Je trouve le gîte du sanglier et 2 petites gouttes de sang dont l'une contient des débris alimentaire.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Pas de sang sur la direction de fuite du sanglier, je crains que ma flèche ne soit pas bonne. En regardant plus loin j'aperçois ma flèche. Elle est couverte de sang et de résidus alimentaires. Le sanglier était plein travers à la décoche, ma flèche doit être trop en arrière. Je décide de planter ma flèche droite et de m'éclipser pour revenir plus tard avec un conducteur de chien de sang.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Je jette un coup d'œil dans le bois clair aux alentours sans descendre plus puis je remonte pour partir en longeant le haut du bois pour ne pas faire trop de bruit et risquer de relever l'animal. 

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

En descendant vers la voiture, j'appelle un premier conducteur de chien de sang mais je tombe sur son répondeur et laisse un message. Je décide d'aller faire le tour du lac pour me changer les idées. Les ragondins sont déjà rentrés. Le temps passe, toujours pas de réponse. Je tente de rappeler, toujours le répondeur. J'appelle alors le second conducteur qui lui me répond. Je lui explique la situation et nous convenons d'un rendez-vous vers 10h45.

Je remonte le ruisseau d'alimentation du lac pour tenter de voir un ragondin. Une grande aigrette décolle juste devant moi et s'éloigne en passant par-dessus le bois en poussant des cris de mécontentement.

Arrivé au passage busé, j'aperçois 3 chevreuils en crête. Ils m'ont vu. Je recule et me cale derrière les arbres qui bordent le ruisseau. Un premier chevreuil se lance en direction du bois qui borde le lac puis les 2 autres le suivent. Je reviens rapidement sur mes pas pour tenter de trouver un passage et traverser le ruisseau pour me caler dans le bois. Mais alors que je m'apprête à traverser, un gros plouf dans mon dos me fait me retourner. Un gros chevreuil vient de traverser le ruisseau et détale en remontant le coteau. Il marque un temps d'arrêt presque à moitié champ et m'aperçois. Il redémarre et s'éloigne au galop.

Je me décale un peu espérant voir arriver les 2 autres mais rien ne vient. J'ai encore 1 heure à tuer, je décide de revenir à la voiture pour aller chasser sur un autre lac. Arrivé au niveau de la digue, j'aperçois un animal au milieu du champ qui sépare le bois du bosquet où j'ai fléché mon sanglier. J'ai le soleil dans les yeux et la grande distance ne m'aide pas à l'identifier rapidement mais je finis par comprendre qu'il s'agit d'un sanglier. Il semble se déplacer difficilement et s'arrête souvent.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Je décide de tenter une approche, je redescends pour longer le ru. Je presse le pas car mon sanglier se rapproche du bois et je suis encore loin. Il s'arrête tous les 2 ou 3 pas et fait le dos rond. Il semble avoir beaucoup de mal à se déplacer. Je finis par le dépasser et profite d'un bout de haie pour courir sur 100 mètres, passer hors de son champ de vision, caché par le coin du bois avant de traverser le ru et de remonter vers l'angle du bois.

Arrivé à l'angle du bois, je commence à remonter doucement en longeant le bord du bois. Je ne vois plus le sanglier et pense qu'il est rentré au bois quand un peu plus loin, je l'aperçois de cul, collé contre la bordure du bois, prostré et faisant le dos rond. Je me colle contre le bois et commence l'approche. J'arrive facilement à environ 40 mètres du sanglier mais plus je me rapproche plus je dois tenir compte du bruit. Je calcule chaque pas en asseyant d'éviter les glands, les feuilles mortes gelées et les brindilles. Je ralentis de plus en plus alors que la distance s'amenuise.

Arrivé à 30 mètres environ, le sanglier perçoit un léger craquement sous ma chaussure et tourne légèrement la tête côté champ. Je me fige et attends qu'il rebaisse la tête puis je recommence à avancer. Quelques pas de plus et à nouveau le sanglier tourne légèrement la tête côté champ, je vois son œil et attends qu'il rebaisse la tête puis recommence à avancer sur la pointe des pieds. Encore par 4 fois le sanglier tourne doucement la tête et je dois attendre immobile qu'il rebaisse la tête.

La tension monte à mesure que je me rapproche, je crains de le voir détaler d'un moment à l'autre. J'arrive à 12 mètres environ et arme mon arc. Le sanglier tourne légèrement la tête vers le bois, je gagne encore 2 mètres en le visant au cas où puis je me calle, vise l'anus et décoche. La flèche rentre jusqu’à l'empennage au ras de l'anus. Le sanglier démarre, un jet de sang impressionnant surgit de la plaie. L'animal bascule dans le bois, intérieurement bordé par un fossé très profond (5 mètres environ), descends le talus abrupt et tente de remonter en face mais il n'arrive pas à monter et chute lourdement pour rouler sous un arbre couché où il se débat un peu avant de s'immobiliser.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Il y a beaucoup de sang en haut du talus.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

La tension redescend, c'est fini. Je rappelle le conducteur de chien de sang pour annuler puis je pars chercher ma flèche laissée à l'endroit du tir. J'en profite pour tenter de suivre la piste de mon sanglier. Il est facile de suivre ses pas dans les feuilles mortes retournées mais pas une goutte de sang !

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Je tombe sur d'autres gîtes plus ou moins récents. Il semble qu'il soit dans le secteur depuis un moment.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Je retourne à mon sanglier, le premier conducteur de chien de sang me rappelle. Je lui dis qui ce n'est plus la peine de venir puis je descends le talus couvert de sang pour arriver à mon sanglier resté calé sous l'arbre. C'est un joli ragot.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Beaucoup de sang sur le talus d'en face sur les 3 mètres environ que le sanglier a pu parcourir.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Je l'attrape par une patte arrière et le tire jusqu'au bout du fossé puis le ramène à la voiture.

Au dépeçage, je constate qu'il parte de nombreuses entailles faites par les défenses d'un gros sanglier, certainement celui dont j'ai vu le pied plutôt dans la saison. La première flèche touche légèrement le foie, coupe la rate en 2 et traverse l'estomac. La deuxième flèche s'arrête juste au-dessus du cœur entre les poumons.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Alex

 

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Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 18:25

Ce soit vers 16h30, je pars pour Traversères. En arrivant sur place, je constate que le vent assez fort est orienté du sud vers le nord. Je vais donc chasser à contre vent. Je pars vers le nord pour contourner et revenir vers les genets où se gîtent généralement les sangliers. Les vaches et le cheval me regardent passer. Les sangliers sont passés récemment, la prairie est marquée de coups de nez, je descends vers le bois au-dessus du lac quand un mouvement sur ma droite attire mon regard.

Un animal à la robe claire s'avance au milieu des genets et des genévriers du soulan d'en face. Il est bien à 300 mètres mais je suis presque certain qu'il s'agit d'un daim. C'est le premier que je vois sur le secteur mais quelques individus échappés de parc se promènent dans le coin. Je vais tenter de me rapprocher un peu. L'animal avance toujours tranquillement alors que je descends vers le bois à découvert.

Tout à coup, il stoppe et regarde vers moi, je fais comme si je ne l'avais pas vu et je poursuis ma route. Arrivé en haut d'un talus boisé qui domine le fond de la combe enherbée, je longe en haut du talus derrière les chênes pour tenter de voir l'animal de plus prêt. Je parviens à 150 mètres environ, le daim, car cette fois je n'ai plus de doute, n'a pas bougé et regarde toujours vers moi.

J'essaie de ne pas me faire voir et fais demi-tour puis descends le talus boisé hors de sa vue, traverse le fond de combe et me colle aux genets pour avancer caché et dépasser le daim car le vent est dans mon dos. Je surveille au travers des genets et l'aperçois toujours dans la même position à 80 mètres au-dessus de moi. Je continue à longer les genêts, voûté au maximum puis une fois le daim dépassé je remonte doucement à travers la végétation par les coulées.

Je ne retrouve pas le daim mais tout à coup à 35 ou 40 mètres, je l'entends qui s'enfuit et passe la crête. Je tente de le suivre doucement mais la crête passée, impossible de le retrouver. Je n'ai pas bien vue sa tête et je ne sais pas de quel sexe il s'agit. Peut-être nous recroiserons nous un jour.

Je redescends à travers bois vers la combe suivante coupée en deux par un ruisseau toujours à sec et bordé d'une haie épaisse. 2 coups de feu retentissent, ça vient de la palombière un peu plus haut. Je passe la haie et longe entre le bois d'en face et la haie pour revenir vers le lac. Arrivé au bout de la haie, j'aperçois une chevrette et son petit qui détalent. Il traverse une grosse haie au passage un peu plus loin puis disparaissent derrière cette haie.

Je poursuis et arrive au lac que je longe pour arriver au pied de la digue où commencent les genets. Le propriétaire est entrain de déplacer la clôture des vaches, elle barre maintenant le passage qui descend aux genets. Je passe dessous et avance doucement entre le bois au-dessus de moi et les genets sur un passage girobroyé. Je jette un coup d’œil dans le passage qui descend au ruisseau où se trouvent de nombreuses souilles,

Les sangliers ont encore gagné,14 novembre 2010

rien, je continue en essayant d'éviter les gland craquants, les branchettes et les feuilles mortes qui jonchent le sol. Des pieds de sangliers assez frais ont marqué le sol.

J'avance toujours doucement quand, tout à coup, juste à ma gauche dans les genêts, un sanglier souffle et démarre. Il était prêt à sortir sur le chemin et je l'ai tourné. J'attends un peu puis continue à avancer doucement quand des craquements se font entendre en sens inverse. Le sanglier semble partir vers les souilles. Je fais demi-tour et le plus rapidement possible, mais tout en essayant de rester silencieux, Je surveille dans les clairs des genets sans rien voir et reviens à l'angle du passage qui descend au ruisseau où je me poste un moment les oreilles grandes ouvertes. Le vent dans les feuilles, la chute des glands... les bruits parasites ne manquent pas et je finis par renoncer à ma position.

Je décide de reprendre mon approche à bon vent mais, alors que je viens de faire 30 mètres, j'aperçois 3 sangliers entrain de fouiller le sol dans le pré d'en face au ras des peupliers. Demi-tour, je rejoints rapidement le ruisseau et l'enjambe pour remonter vers les sangliers en suivant la bordure des ronces qui bordent les peupliers. Je finis par apercevoir 2 sangliers mais ils sont plus haut que je ne l’espérais et en plein découvert. Comment faire pour les approcher ?

Une bande de petits massifs de ronces barrent le pré en diagonale

Les sangliers ont encore gagné,14 novembre 2010

et mon seul espoir est que les sangliers passent au-dessus des ronces mais assez près de ces dernières pour ne pas me voir approcher. Ils sont à 70 où 80 mètres et avancent vers les ronces en fouillant le sol. Je finis par identifier une bête rousse de 30 à 40 kg, une laie de 50 à 60 kg, suitée de 5 marcassins pas bien gros que je n'avais même pas vu jusqu'alors et un ragot de 60 à 70 kg. Je vais donc porter mon attention sur le ragot ou la bête rousse.

Les sangliers passent derrière les ronces, je m'élance à découvert pour rejoindre les ronces mais les sangliers sont à nouveau à découvert. Je m'accroupis et reste immobile espérant passer inaperçu, les sangliers repasse à couvert, j'avance doucement sans me redresser mais le ragot que j'aperçois trop tard vient de me repérer.

Je me fige. Il est face à moi et m'observe. Il s'avance doucement vers moi en me fixant et tente de m'identifier puis devient nerveux et commence à s'éloigner en longeant au-dessus des ronces puis accélère, entraînant le reste des sangliers. Je me redresse et cours vers les ronces pour les longer rapidement espérant couper la route aux sangliers mais ils vont trop vite et ils rentrent dans le ruisseau bordé par une haie, plus ou moins épaisses, de chênes et de buissons noirs.

Je m'avance rapidement, espérant qu'ils sont toujours dans le ruisseau. Arrivé au niveau de l'entrée, mais en restant à 15 mètres en retrait de la haie, je les entends démarrer. Ils longent dans le ruisseau et je les suis le plus vite possible en essayant de rester silencieux pour essayer d'arriver avant eux à une trouée dans la haie. Ils s'arrêtent régulièrement, certainement pour écouter avant de repartir de plus belle. Leurs pas dans les feuilles mortes où l'eau du ruisseau sont très bruyants et faciles à identifier.

J'arrive trop tard à la trouée, j'entends les sangliers remonter le talus du ruisseau et en aperçois un qui traverse le pré pour rentrer dans les genets.

Je le laisse rentrer à couvert puis je traverse le ruisseau et le remonte un moment presque en courant pour rattraper un bout de chemin forestier qui remonte au bout des genêts. Je rentre ensuite dans les genets pour rattraper une grosse coulée qui longe dans les herbes hautes au-dessus de la bande très épaisse des genêts.

Les sangliers ont encore gagné,14 novembre 2010

Un merle effrayé me passe juste au-dessus de la tête. Je finis par rejoindre la grosse coulée qui remonte dans le bois et me fige pour écouter. Un sanglier souffle à 20 mètres devant moi mais impossible de le voir dans cette végétation épaisse.

Les sangliers ont encore gagné,14 novembre 2010

Quelques craquements, encore un souffle puis le calme s'installe et la pluie commence à tomber. J'attends un peu mais la nuit tombe. En face, à 400 mètres environ, au-dessus de la route d'accès à la ferme, une silhouette élancée s'avance dans les hautes herbes sèches, tantôt au trop, tantôt au pas, s'arrêtant régulièrement... je reconnais rapidement la démarche d'un chevreuil.

Je m'éclipse, il fait trop sombre pour tenter une flèche, je ressors des genets puis traverse le pré et le ruisseau pour revenir par le pré où se trouvaient les sangliers, vers ma voiture. Tout à coup dans l’obscurité,  le chevreuil me passe tranquillement à 20 mètres pour rentrer dans le ruisseau. Je retourne à la voiture... Les sangliers ont encore gagné, comme chaque fois cette année sur ce territoire.

 

Alex

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 05:26

Ce soir, je décide d’aller faire un tour au sanglier. En chassant le ragondin j’avais repéré des indices de présences prometteurs, au moins un gros mâle et une femelle avec des petits de 30 kg se promènent sur le secteur.

Je décide de prospecter à l’intérieur du bois, je passe le ruisseau qui longe le bois et longe en bordure par une grosse coulée propre et peu bruyante jusqu’à trouver une autre grosse coulée qui remonte dans le bois. Je remonte doucement en m’arrêtant souvent pour observer. Arriver en haut, le relief s’aplanit un moment avant de redescendre. Un bruit devant moi dans le bois, je me fige et attends en observant quand un galop caractéristique suivit d’aboiement retentissent dans mon dos, je viens de déranger un chevreuil. Je rejoints finalement un chemin forestier encaissé qui me permet d’avancer sans bruit. De nombreuses coulées très marquées traversent le chemin.

Il est encore tôt, le bois est bien calme. Je débouche sur un second chemin forestier qui ressort un peu plus loin sur une friche. Je jette un coup d’œil dans le friche puis rerentre dans le bois. Un animal se débine dans les feuilles mortes et les ronces, peut être le renard déjà vu sur ce secteur. Puis le calme revient, j’attends un peu dans une petite clairière en bordure d’une zone un peu plus touffue que le bois généralement assez clair.

Rien ne bouge, je remonte doucement le chemin forestier qui débouche sur une grosse coulée qui sort du bois sur une grande luzerne. Au moment où je sors du bois, j’aperçois en bas, à plus de 250 mètres, au bord d’un petit bosquet touffu, un gros sanglier qui sort du couvert sur la luzerne. Il quille la tête, humant l’air puis avance en zigzagant, tête basse, dans la luzerne. Il se dirige vers les maïs qui se situent en bas sur ma gauche.

Je décide de tenter de lui couper la route en longeant en crête à la limite de la luzerne et du champ travaillé qui lui fait suite. J’avance rapidement baissé et perds rapidement le sanglier de vue à cause du relief du champ de luzerne. J’attends un peu à l’endroit où je pense le voir sortir mais je suis vraiment à découvert. Je décide de m’avancer dans la luzerne pour tenter de voir le sanglier.

Quand je l’aperçois à nouveau, il remonte vers le bois d’où j’arrive. Il avance assez rapidement par tranches de 30 à 50 mètres, marquant des pauses pour humer l’air et observer. Je fais demi-tour, voûté le plus possible pour revenir vers la bordure du bois mais le sanglier, qui ne semble pourtant pas m’avoir repéré, prends le pas de course et rejoint la bordure du bois pour la longer et disparaître dans la pente au galop.

Je décide de rentrer dans le bois par la grosse coulée et de me poster en bordure du chemin pour attendre un peu au cas où le sanglier reviendrait par le bois. La luminosité baisse rapidement en sous-bois et rien ne vient. Je ressorts du bois et aperçois un sanglier sortant du bosquet touffu au niveau d’un resserrement de la luzerne. A cet endroit une bande étroite du bois redescend vers le bosquet. Le sanglier rentre tranquillement dans la bande étroite de bois.

Je pars en courant en longeant le bois pour rejoindre la bordure de la bande de bois et tenter d’intercepter le sanglier. Arrivé à 50 mètres de mon but, je ralentis et tente d’avancer sans bruit jusqu’au bord du bois. A mesure que je me rapproche, il me semble entendre un bruit de pas dans le bois. Au moment où j’arrive contre la bande de bois, une trouée dans la végétation me permet de voir dans le bois. Une grosse masse sombre avance tête au sol en remuant la queue. Le sanglier fouille le sol en avançant lentement. Il est à 10 mètres au plus. J’arme rapidement mon arc alors que l’animal marque un bref arrêt devant un bouquet d’arbre. Je n’ai que très peu de temps, un pas de plus et sa zone vitale passe derrière les arbres et je n’aurais plus d’occasion de tir.

Je cale mon viseur sur le défaut de l’épaule et décoche dans le mouvement. Je n’ai pas entendu l’impact sur le sanglier mais ma flèche a ricoché dans les branches derrière l’animal. Le sanglier démarre en trombe droit devant lui puis bifurque à 90° pour rentrer dans les ronces. Les craquements s’interrompent rapidement, à 40 mètres au plus, puis le silence revient. J’attends un moment, la nuit tombe. Je décide d’aller contrôler mon tir. Je rentre dans le bois avec ma frontale et commence à chercher des indices à l’endroit supposé du tir mais je ne trouve rien, je tourne et retourne prend la direction de fuite mais non rien. Un peu de mouvement se fait entendre dans les ronces un peu plus bas, j’éteins ma frontale et attends un instant que le bruit s’arrête. Je regarde derrière moi la fenêtre de tir et tente de revivre le tir. Ce n’est pas possible d’avoir manqué un si gros sanglier !

Je ressors du bois et me remets en situation. Je cherchais trop à droite. Je retourne dans le bois et cette fois je trouve tout de suite 3 petits bouts de venaison au milieu d’une forte odeur de sanglier, puis une petite goutte de sang, puis une autre puis une grosse traînée de sang ininterrompue que je suis très facilement.

J’avance doucement quand après 40 mètres de recherche, quelque chose se met à bouger devant moi. Je me cale derrière un arbre et éteins ma frontale. Je distingue encore les ombres dans l’obscurité et m’attends à me faire charger. Des souffles impressionnants et des grognements de rage se font entendre. C’est vraiment impressionnant, il casse tout autour de lui mais ne semble pas pouvoir s’enfuir, il est à moins de 15 mètres à en croire le bruit. Je décide d’attendre sans bruit.

Le calme finit par revenir après trois grands soupirs très espacés. J’attends encore un peu puis reprends ma recherche, 15 mètres plus loin, il est là sur le ventre. Je le touche du bout de ma flèche, il est bien mort. Ma flèche basse est passée derrière le cœur sans le toucher. Il ne me reste plus qu’à le tirer sur plus de 3km jusqu’à la voiture. Le retour nocturne me semble interminable, il pèse très lourd.

Un gros sanglier à l'approche

Alex

 

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Un gros sanglier à l'approche

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 05:19

Ce soir, je pars chasser sur un secteur assez propice aux rencontres, chevreuils, renards, blaireaux et sangliers y sont nombreux.

Je décide de commencer par me poster au bord d’un ruisseau le long duquel passent souvent le renard et les sangliers. Les traces sont nombreuses et les sangliers ont levé le haut du talus du ruisseau. J’aménage mon poste au milieu d’un bouquet de gros arbres et dégage des fenêtres de tir avec mon sécateur. Les sangliers ont aussi retourné au milieu des arbres. Le poste me semble bon. J’attends un moment sans rien voir venir.

De nature peu enthousiaste à passer une soirée au poste et préférant l’approche, je décide de quitter mon poste et de partir tenter de repérer un sanglier ou un blaireau le long du bois un peu plus loin.

Je longe un moment le ruisseau et rejoints le bois qui vient se terminer contre le petit cours d’eau. Un second ruisseau plus petit longe le bois et vient se déverser dans le premier. Je longe le bois tranquillement. Un peu plus loin, j’aperçois une coulée dans la végétation, le passage de forme ovale perce la végétation entre 2 gros arbres et permet de voir à l’intérieur du bois. Je me rapproche à 5 mètres de la trouée et regarde à l’intérieur.

Premier sanglier de la saison

La luminosité a déjà bien diminué et l’intérieur du bois semble déjà bien sombre. Le trou dans la végétation semble barré par une masse sombre qui détermine une ligne sur le tiers supérieur de la trouée. « On dirait le dos d’un sanglier ! » cette idée cocasse vient juste de me traverser l’esprit que maintenant il me semble voir bouger. Mes yeux restent rivés sur la trouée, comme hypnotisés quand tout à coup la queue d’un sanglier m’apparaît. C’est bien un sanglier, il est tourné vers la gauche et se présente plein travers. Je ne vois que son arrière train, le reste étant caché derrière un des arbres.

Je fais un grand pas en avant et arme mon arc à peine à 4 mètres de l’animal qui ne m’a pas compris. J’attends un moment dans cette position. Tout à coup l’animal se tourne comme pour rerentrer dans le bois et se retrouve ¾ arrière, en position plongeante (le derrière sur le talus du ruisseau, les pattes avant au fond du ruisseau). Je prends la visée au milieu de l’animal pour tenter de toucher les organes vitaux dans cette position. Je décoche, l’animal démarre en trombe en cassant du bois. Un effluve caractéristique emplit mes narines, cette odeur forte de sanglier se dissipe rapidement. Le bruit de bois cassé s’arrête et le calme revient.

Je pars chercher ma frontale pour tenter de retrouver mon sanglier dans la pénombre du sous-bois. Cela me permet également de laisser l’animal tranquille un moment. J’ai bien entendu l’impact de ma flèche au sol mais je n’ai pas entendu l’impact sur l’animal.

Je reviens au bout d’un moment. Il fait presque nuit mais avec la chaleur qu’il fait je préfère retrouver mon sanglier ce soir, ou au moins essayer. Je rentre par la coulée dans le bois. Ma frontale tombe sur ma flèche maculée de sang. Le sol est jonché de gouttes de sang projetées à l’impact. Pas de trace de contenu stomacal ou intestinal. Ma flèche est couverte d’un sang poisseux.

Le début de la piste est difficile à trouver, je suis ma piste à 4 pattes, le nez au sol et finis par progresser doucement mais sûrement. Il y a peu de sang, la piste suit le ruisseau. Au bout de 70 mètres environ, la piste remonte dans le bois et devient très marquée, je la suis sans problème et tombe sur mon sanglier mort 30 mètres plus loin. Une patte avant est repliée sous son poitrail, je tente de la déplier sans succès et me rend compte qu’il s’agit d’une vielle blessure par balle. La patte s’est ressoudée ainsi et est inutilisable, des esquilles dos sortent même encore de la patte. C’est un beau solitaire d’environ 80 kg. Ma flèche a traversé le foie et un poumon.

Premier sanglier de la saison

Alex

 

Atteinte :

Premier sanglier de la saison

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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