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13 janvier 2018 6 13 /01 /janvier /2018 15:23

Ce matin, j'ai invité Christophe, Lilian et Lionel à chasser avec moi à Saint Paul de Baïse en battue. Après un petit déjeuner copieux, nous nous partons nous poster sur le secteur où j'ai fléché mon chevreuil, en battue, l'an dernier. Comme à chaque battue, un photographe nous accompagne pour prendre quelques photos. Nous nous garons sur un chemin de terre qui mène au bois puis continuons à pied vers nos postes. Nous laissons Christophe au premier poste de notre ligne.

Battue à Saint Paul de Baïse, 13 janvier 2018

Nous continuons sur le chemin forestier puis prenons, un peu plus loin, à droite sur les sentiers d'une palombière pour descendre vers une coupe-feu séparant le grand bois d'une petite plantation de pins. Je laisse Lionel au premier poste, Lilian au poste où j'ai fait mon chevreuil l'an dernier et continue un peu pour trouver mon poste. Nous rentrons de quelques mètres dans le bois, tournant le dos aux pins. Le bois en pente prononcé s'aplani ensuite sur quelques mètres avant le coupe-feu. Je choisi d'abord de me poster au pied du talus du bois, sous une grosse banche en arche et couverte de lierre. Une fois placé, j'envoie un texto à ma compagne quand du bruit me fait lever les yeux. Un beau renard arrive d'un pas décidé par ma droite, il passe en face du poste de Lilian et biaise vers moi. J'attrape vite mon arc et l'arme mais il passe trop vite à environ 5 mètres. Je finis mon texto puis analyse le secteur et me rends compte que je serais mieux posté plus à gauche, au coin rentrant du bois, près du pré qui remonte en suivant les pins. Je me décale donc un peu et me poste au pied d'un gros arbre. Une belle coulée passe à quelques mètres devant moi dans la pente, une autre un peu plus haut.

Battue à Saint Paul de Baïse, 13 janvier 2018

Le début de traque sonné, les voix des chiens et des piqueurs se font vite entendre. Les premiers coups de feu claquent. Plusieurs menées passent vers le poste de Lionel mais trop loin pour lui. Plusieurs  fois les merles et les geais viennent vers moi mais la menée passe plus loin. Au bout d'un moment, les piqueurs crient au loin et il me semble comprendre qu'ils ont levé un ou plusieurs sangliers. Les coups de feu claquent de plus en plus près, les derniers semblent venir du coin du bois au-dessus de mon poste, ça se dirige vers Christophe. Je scrute le secteur quand un mouvement attire mon attention dans les ronces sur ma gauche. Une masse sombre se débine dans la broussaille à environ 80 mètres. Je ne sais pas s'il s'agit d'un chien ou d'un sanglier au premier abord mais la queue qui se redresse trahit vite un sanglier. Je me prépare, il slalome dans la végétation sans vraiment suivre une coulée et semble remonter avant de se décider à bifurquer pour biaiser vers moi et rejoindre la cassure du talus avant le pré se diriger dit sur moi. Il n'est plus qu'à 20 mètres, il semble boiter d'un antérieur et semble luter pour garder son équilibre sur la cassure de la pente. J'arme mon arc et le laisse venir en le suivant dans mon viseur. Un gros arbre tombé contre l'arbre au pied duquel je suis posté forme une fenêtre de tir triangulaire. Petit à petit, le sanglier se rapproche de face et j'espère le voir se tourner pour prendre la coulée qui longe le pré en direction des pins mais il la passe et continue vers moi. A 3 mètres de moi il stoppe net en m'apercevant, je n'ai pas trop le temps de réfléchir, j'aligne ma visée sur sa joue et décoche. Ma flèche se plante au 3/4, le sanglier pivote à 90° démarre en trombe, avec mon empennage qui dépasse, en direction des pins.

Battue à Saint Paul de Baïse, 13 janvier 2018

Petit à petit, le sanglier se rapproche de face et j'espère le voir se tourner pour prendre la coulée qui longe le pré en direction des pins mais il la passe et continue vers moi. A 3 mètres de moi il stoppe net en m'apercevant, je n'ai pas trop le temps de réfléchir, j'aligne ma visée sur sa joue et décoche. Ma flèche se plante au 3/4, le sanglier pivote à 90° démarre en trombe, avec mon empennage qui dépasse, en direction des pins. Il fait à peine 8 mètres et s'effondre sur le coupe-feu où il se débat un peu avant de s'immobiliser.

Battue à Saint Paul de Baïse, 13 janvier 2018

Les teckels arrivent peu après la mort et ne voulant pas qu’ils attaquent mon sanglier, je par le chercher pour le ramener à mon poste. Je dégage ma flèche et la remet au carquois puis traîne mon sanglier, qui doit faire environ 45 kg, vers mon poste et en profite pour faire quelques photos après avoir bataillé avec les teckels pour qu'il le laisse et repartent chasser. Une balle a cassé le bout du pied d'une des pattes arrière, cette balle le gênait pour marcher mais n'était pas mortelle.

Battue à Saint Paul de Baïse, 13 janvier 2018

J'envoie un texto à mes invités puis me reconcentre sur la chasse. Une nouvelle menée arrive au bout d'un moment par le côté de Lionel, descend en bas des pins puis remonte vers Lilian. Une chevrette finit par surgir des pins entre moi et Lilian, j'arme et tente de la siffler mais elle biaise vers moi sans ralentir et remonte le penchant boisé pour disparaître. J'espère qu'elle sera pour Christophe. Un autre chevreuil sort plein pré et fonce vers Christophe mais un posté au fusil le stoppe dans son élan.

Le bois se calme peu à peu et des craquements retentissent, je vois arriver le photographe à ma gauche.

Battue à Saint Paul de Baïse, 13 janvier 2018

La fin de battue est sonnée, nous en profitons pour faire quelques photos souvenir.

Battue à Saint Paul de Baïse, 13 janvier 2018

Je tire mon sanglier sur le coupe-feu où me rejoint Lilian.

Battue à Saint Paul de Baïse, 13 janvier 2018

Nous discutons un peu de la chasse alors qu'un piqueur arrive avec un beau brocard en velours. Nous tirons le sanglier vers la voiture grâce à une corde prêtée par Lilian et rejoignons Lionel qui nous donne un coup de main. Nous chargeons les animaux dans les voitures avant de partir vers le rendez-vous de chasse. 7 chevreuils et mon sanglier sont au tableau. Une 2ième traque est décidée, nous repartons pour aller nous poster de l'autre côté de la route, en face du bois que nous avons chassé, le long d'une bonde de bois étroite. Nous nous dispersons tous les 4 sur environ 150 mètres mais un chasseur au fusil vient se poster devant moi et je ressors donc du bois avant le début de traque pour aller me poster avant le premier archer de la ligne. Je rerentre dans le bois, Christophe et Lionel ont vu passer 2 chevreuils sans pouvoir tirer. Je me poste 40 mètres avant Christophe près de coulées. Les chiens ne semblent pas trouver grand-chose. Une chevrette finit par passer au galop à 20 mètres en dessous de moi, en bordure de bois et se dirige vers Christophe puis Lionel mais sans qu'ils ne puissent décocher avant de prendre plein champ pour échapper à la battue. En fin de traque, Lionel remarque une piste de sang qui passe à son poste, un animal blessé à la première traque est passé par là. Nous montons la piste vers le haut du bois et dans le semé au-dessus en direction de la route. Nous signalons cette piste au piqueur pour une recherche éventuelle puis repartons pour le rendez-vous de chasse. La troisième traque n'étant pas adaptée aux archers notre matinée s'arrête là.

 

Alex

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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 06:24

Ce matin, je pars de chez Patrick et descends le chemin de la Soule en voiture quand, dans une ligne droite, j'aperçois un petit sanglier qui fouille le talus de son groin, tête vers la route. Je stoppe la voiture et l'observe un instant, il ne semble pas effrayé. J'attrape ma housse d'arc dans mon dos et en sorts mon arc puis descends de la voiture et commence une approche très lente en serrant le talus tout en encochant ma flèche. Le petit sanglier finit par faire volte-face et remonter doucement le talus pour rentrer dans la bande boisée qui sépare 2 prés et arrive jusqu'à la route. Je me fige et observe à environ 10 mètres. Il fait encore un peu sombre et je ne vois pas tout de suite mon sanglier sous les noisetiers. Je m'avance doucement d'encore de 2 pas et attends un instant quand j'aperçois d'autres sangliers, ils sont 3 ou 4 et fouillent le sol couvert de feuilles mortes sous les noisetiers. Le plus proche est de face à environ 8 mètres. J'arme doucement mon arc, prends ma visée sur lui et attends qu'il se tourne plein travers. Le petit sanglier fouille le sol et se décale doucement pour se présenter progressivement plein travers. Mon pin's se cale sur son défaut d'épaule et je décoche. Ma flèche le traverse pile ou je visais et le sanglier démarre pour partir en longeant la bande boisée alors que ses frères et sœurs s'enfoncent rapidement dans la bande boisée. J'attends un peu puis monte voir ma flèche plantée dans le tronc d'un noisetier. Impossible de la dégager rapidement, je reviendrais plus tard avec un gros couteau. Elle est couverte de sang et une belle piste au sang, facile à suivre se dessine dès l'endroit du tir. Je la suis assez facilement et retrouve mon sanglier à environ 30 mètres, couché sur le flanc dans le pré. Je le ramasse et reviens à ma voiture pour le charger avant de poursuivre ma route. Il faut que je presse l'allure, je me suis mis en retard.

Je reprends ma voiture et finis de descendre le chemin de la Soule puis traverse Sarrancolin avant de prendre à gauche sur le chemin de Panets où je me gare dans le dernier virage avant la ferme. J'attrape mon arc puis remonte rapidement vers la ferme avant d'attaquer l'ascension vers le col. Les animaux ne semblent pas de sortie ce matin et je n'entends qu'un brame timide sur le flanc de montagne opposé durant la montée. Pas d'animaux sur le replat en haut du chemin. Je poursuis vers la col en passant sur la gauche de la régénération de hêtres. Toujours rien. Arrivé au col après le tunnel de noisetiers et de houx. Quelques brames timides résonnent sur le penchant de droite qui appartient à la société de chasse voisine mais toujours pas d'animaux en vue. Je traverse la pelouse et rejoins la piste de gravier que je suis un instant jusqu'à rattraper la piste taillée dans la roche qui rejoint l'enclos de régénération sur ma gauche. Je bifurque et la prends en progressant doucement tout en regardant par moment dans la pente à ma gauche. Arrivé à l'abreuvoir avant l'enclos, je me désaltère puis continue sur le chemin pour traverser l'enclos et continuer un peu après sur le chemin. Toujours rien, je fais demi-tour quand un brame retentit dans les buis à environ 70 mètres au-dessus du chemin. Tenter l'approche sur les feuilles mortes en montant droit dessus n'est pas envisageable. Je continue donc à avancer tranquillement sur le chemin.

Un peu plus loin je décide de prendre le chemin qui biaise pour remonter au-dessus du grillage de l'enclos. Je longe un instant le grillage jusqu'à un passage dans ce dernier et décide de continuer sur un chemin enherbé qui coupe la pointe haute de l'enclos. Je commence à m'avancer sur ce chemin quand j'aperçois en contrebas, contre le bosquet de noisetiers qui borde le fond de l'enclos et redescend vers l'abreuvoir, une biche, une bichette et un faon qui sont habitués du secteur. Ce n'est pas la première fois que je les vois ici. Je me fige, partiellement caché derrière la bosse du chemin mais la biche a vu le mouvement et regarde vers moi. J'observe immobile, cherchant du regard un éventuel cerf dans les parages. Les secondes passent sans que personne ne bouge quand un brame retentit dans mon dos à environ 30 mètres. Je me retourne rapidement et me fige en apercevant un superbe 8 cors qui descend vers le passage par lequel je suis rentré dans l'enclos. J'accroche mon décocheur et pivote doucement pour me placer en position de tir. Le cerf qui descendait d'un bon pas se fige à moins de 20 mètres et regarde vers moi. Il a vu mon mouvement, il est de 3/4 face et derrière le grillage, tenter un tir ne serait vraiment par raisonnable. Je reste figé en espérant qu'il va descendre, il s'avance alors curieux de quelques pas puis se fige à nouveau avant de faire volte-face de fuir au grand galop pour remonter vers les buis et disparaître. J'ai manqué de chance, notre rencontre ne s'est pas faite au bon endroit et au bon moment mais je sais qu'il est dans les parages.

Je me retourne vers la biche qui est toujours au même endroit mais commence à couler vers les noisetiers. Je reprends ma progression sur le chemin en regardant vers le bas quand une chevrette surgit, comme par magie, au milieu du chemin à environ 80 mètres devant moi. Je me fige. Un beau brocard surgit à son tour des genêts, dans le talus au-dessus du chemin et rejoint le chevrette au milieu du chemin. Ils m'observent un peu avant de démarrer en aboyant pour foncer vers les noisetiers. Je reprends ma progression, ce raffut a fait redémarrer la biche, la bichette et le faon qui remontent vers le chemin en longeant le fond de l'enclos. Je progresse lentement et péniblement au travers des ronces qui barrent le chemin et observe les 3 animaux qui sautent le chemin et disparaissent dans le bosquet au-dessus de ce dernier. Je rejoins tranquillement le grillage partiellement écrasé et le franchis pour rejoindre un chemin de terre. Les cervidés ne sont plus là. Je suis le chemin de de terre jusqu'à rejoindre une combe qui redescend vers la piste de gravier qui remonte du col en lacets. Pas d'animaux dans le secteur ce matin, je descends donc dans la combe et passe à côté de belles souilles bien fréquentées avant de rejoindre la piste et de redescendre tranquillement vers le col. Ne voyant pas de cervidés, je décide de passer le col pour revenir vers le chemin par lequel je suis monté. Alors que je me dirige vers le tunnel de noisetiers, j'aperçois sur ma gauche un chevreuil qui m'observe à environ 80 mètres, en lisière du bois. Je ne suis pas là pour lui et poursuis ma route, le faisant démarrer et rentrer au bois.

Arrivé sur le replat avant le chemin qui redescend vers la ferme sans avoir vu d'animaux, je décide de remonter vers la crête par le bois à ma gauche. Je traverse donc la bande de fougères et de genets sur la gauche du chemin enherbé qui remonte vers la crête et rejoins le bois puis commence à avancer doucement par les coulées fréquentées en faisant de nombreuses pauses observatoires. Le sol couvert de feuilles mortes de hêtre et de petits cailloux est assez bruyant et je biaise pour descendre vers les résineux pour avancer plus silencieusement sur un sol plus dégagé. Je progresse tranquillement jusqu'à une cassure du terrain qui précède une forte pente puis remonte doucement vers la lisière du bois occupée par des houx. En me frayant tranquillement un chemin dans les branchages, je stoppe net quand j'aperçois du mouvement sur ma droite. Une chevrette glane quelques bouchées au sol à environ 12 mètres de moi. Je l'observe sans bouger, elle s'avance de quelques pas dans un petit découvert et se présente plein travers. Elle s'avance à nouveau de quelques pas et s'arrête dans les branchages plus à droite quand une seconde chevrette s'avance pour la suivre. Je les laisse s'éloigner un peu avant de sortir du bois. Il commence à être tard et je décide de rentrer chez Patrick pour m'occuper du sanglier. Je redescends à travers un penchant de noisetiers et de boulots qui domine ma voiture. Pas d'animaux en vue malgré la forte fréquentation des lieux. Ma voiture rejointe, je repars. Arrivé chez Patrick, je fais quelques photos souvenir avant de préparer ma prise.

Un lundi à Sarrancolin, 18 septembre 2017

Vers 14 heures, nous partons avec Xavier pour rejoindre le bout du chemin de la Soule où je me gare. Xavier va prendre à droite pour rejoindre le sentier qui le conduira au col au-dessus de la ferme de Panets pour aller poser son tree-stand au-dessus d'une souille que je lui ai indiqué. Je prends à gauche sur le sentier de randonnée. Je passe entre 2 habitations puis commence à remonter tranquillement. Un peu plus loin, je stoppe net en apercevant un faon sur la gauche du sentier à environ 40 mètres devant moi. Il me regarde sans bouger, je ne vois pas sa mère et tente de m'approcher un peu, tout doucement en serrant la gauche du sentier. Au bout de quelques mètres je me fais surprendre par le démarrage de 2 ou 3 chevreuils dans le pré en dessus du chemin. Je les aperçois au travers des branchages qui disparaissent dans la pente à moins de 20 mètres sur ma gauche. Je gagne encore quelque mètres, je ne suis plus qu'à 30 mètres environ quand la biche remonte sur le chemin, je me fige, le faon inquiet la rejoint puis il traverse le chemin pour remonter en montagne et disparaître rapidement dans la forêt. Je poursuis un moment sur le chemin avant de le quitter pour prendre à droite et remonter à travers un grand pré vers la falaise qui délimite le haut de la montagne. J'aperçois à plus de 100 mètres une chevrette qui part tranquillement sur ma droite en broutant. Je monte par tranche de quelques mètres et fait des pauses pour observer les alentours. Je finis par rejoindre la falaise et commence à la longer, les averses se succèdes et je suis vite trempé. Je rejoins le pas du cerf qui marque la fin de la falaise et un gros passage de gibier plusieurs centaines de mètres plus loin. Ce passage leur permet de passer d'un flanc de montagne à l'autre.

Je décide de descendre doucement en suivant plus ou moins la crête en jetant régulièrement un coup d'œil côté gauche sur le versant nord. Une bande de buis épaisse se dessine sur la crête et une autre un peu plus bas sur ma droite. Ces bandes délimitent un couloir de plusieurs dizaines de mètres de large, composée de chênes épars sur une zone enherbée. Je descends doucement d'un arbre à l'autre quand j'aperçois le cul d'un grand cervidé dépassant d'un petit bouquet de buis. Je me cache vite derrière un arbre et observe sans vraiment l'identifié. Je décide de tenter l'approche et me rapproche d'arbre en arbre pour me positionner à une vingtaine de mètres de l'animal qui vient de sortit à découvert pour brouter. C'est une belle biche, une bichette est plus en retrait sur la droite près de la bande de buis à environ 30 mètres. Je la laisse avancer prêt à armer mais un souffle de vent tournant me fait repérer, elle lève la tête sans me voir et démarre en repartant vers la bichette. J'arme mon arc, elle stoppe à un peu plus de 20 mètres, j'hésite un peu mais aligne ma visée et décide de décocher. Ma flèche l'atteint assez bas au niveau de l'épaule avec un impact cassant et retombe dans la végétation derrière. La biche fait volte-face et fonce sur ma gauche vers la crête, en biaisant vers le bas de la montagne, suivie par la bichette. Je la suis un moment du regard quand, environ 50 mètres plus loin, elle trébuche et fait un incroyable soleil, retombant très lourdement au sol où je la perds de vue derrière un arbre alors que la bichette poursuit sa course folle. J'attends un peu mais la pluie recommence à tomber de plus belle et craignant que la piste ne s'efface, je décide de commencer ma recherche. Je pars vers la zone du tir où je retrouve ma flèche ensanglantée. L'adaptateur en aluminium qui me permet de visser mes lames est tordu.

Un lundi à Sarrancolin, 18 septembre 2017

Je ramasse ma flèche et commence à suivre le sang car je n'ai pas vu, de loin, ma biche à l'endroit où je l'ai vu tomber. Le sang n'est pas très abondant et commence à se lessiver, j'essaie d'avancer au plus vite. Je passe l'endroit où la biche a chuté mais la piste continue et s'intensifie un peu par moment pour rentrer dans les buis un peu plus loin. La piste devient plus tortueuse et tourne régulièrement. Je regarde bien devant moi, une flèche encochée au cas où elle ne serait pas morte. Tout à coup, juste au niveau de la crête, à 7 ou 8 mètres devant moi, j'aperçois l'arrière d'un grand cervidé dépassant derrière un bouquet d'arbres. Je me fige, il semble vaciller et je pense qu'il s'agit de ma biche en train de mourir. J'observe sans bouger, il me semble entendre du bruit derrière la crête quand, brusquement, la tête de l'animal surgit de l'autre côté des arbres et regarde vers moi. C'est en fait un très gros 4 pointes muni de 2 grandes dagues d'environ 60 cm avec 2 petits andouillets de massacre. Nous sommes aussi surpris l'un que l'autre et avant que je n'ai le temps d'armer, il fait demi-tour et bascule dans la pente à grand bruit, faisant rouler les pierres. Je ne m'explique pas pourquoi je n'ai pas armé mon arc avant, je viens de manquer une occasion en or de flécher mon C1. Je reprends ma recherche en suivant le sang jusqu'à la crête et aperçois ma biche morte en contrebas. C'est certainement elle que j'entendais ce débattre ou peut être la bichette. Le cerf était en train de la regarder avant qu'il ne me repère.

Un lundi à Sarrancolin, 18 septembre 2017

Elle est tombée au bas d'une barre rocheuse de quelques mètres de haut et je ne pourrai pas la remonter, il va me falloir la descendre par l'autre côté de la montagne. Je cherche un passage pour descendre et la rejoindre. Une grosse plaie est ouverte sur son épaule gauche et je pense qu'il s'agit de ma sortie de flèche mais en regardant de plus près, je trouve mon entrée et ma sortie de flèche un peu plus en arrière. Mon atteinte est très basse et ma flèche est passée dans le bas des poumons au ras du cœur. L'autre plaie est en fait le résultat de sa chute pendant sa fuite. La chair est ouverte jusqu'à l'os, la tête de l'humérus est cassée, très certainement par une pierre qui a réalisé cette blessure lors de son soleil.

Un lundi à Sarrancolin, 18 septembre 2017

En l'observant plus en détail je remarque que le tour des yeux est blanc, c'est une dépigmentation anormale du pelage mais elle est presque symétrique et très localisée.

Un lundi à Sarrancolin, 18 septembre 2017

J'appelle Patrick qui a le bracelet avec lui, je n'avais pris que le bracelet pour le cerf, il monte avec sa moto trial par le sentier qu'a pris Xavier pour monter. Ce sentier passe très en dessous de moi. Patrick me cache le bracelet sous quelques pierres du sentier et m'indique l'emplacement par téléphone, il ne me reste plus qu'à aller le chercher avant de remonter chercher ma biche. Le bracelet apposé, je commence à la descendre. Le temps s'améliore et le soleil fait son apparition. Je retrouve Xavier plus bas dans un grand pré, il prend mon arc et nous descendons par le chemin qui débouche au centre du village de Sarrancolin.

Un lundi à Sarrancolin, 18 septembre 2017

Je tire la biche derrière moi et croise plusieurs salamandres que la pluie a fait sortir puis, plus bas, 2 grosses laies avec 4 marcassins qui me regardent arriver sur le chemin sans bouger un instant puis finissent par fuir en remontant sur la gauche du chemin alors que j'avance vers eux en tirant ma biche. Nous arrivons à la nuit au village où Patrick vient nous chercher, je traîne ma biche depuis 17h30 et trempé, le froid me prend vite, il est temps de rentrer. Patrick me remonte à ma voiture. Nous nous retrouvons ensuite chez Patrick, j'ai encore du boulot pour préparer ma biche.

 

Alex

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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 12:19

Ce soir, après une sortie sur un secteur où je n'ai pas vu de chevreuil, je décide de finir ma soirée près d'un petit bois entouré de vignes. Je me gare près des silos en bordure de route puis traverse la voirie pour la longer à mauvais vent avant de remonter vers la bordure gauche des vignes. Une fois les vignes rejointes, je progresse doucement sur la bande enherbée séparant la vigne d'une grosse haie fournie en contrôlant les intervalles entre les rangs mais toujours pas de chevreuil ce soir. Arrivé au bout de la vigne, je passe entre les derniers rangs pour rejoindre, à un peu plus de 150 mètres, le chemin de terre qui redescend vers les bâtiments de l'exploitation. Je contrôle les intervalles entre les rangs de part et d'autre du chemin sans rien voir et rejoins ainsi le coin du petit bois en L qui démarre de la gauche du chemin. Je bifurque pour en longer la lisière, sur la bande enherbée qui le sépare des vignes.

J'avance doucement sur environ 200 mètres, un léger bruit dans le bois me fait tendre l'oreille puis je repars quand un mouvement attire mon regard à environ 20 mètres devant moi. Je me fige contre de bois et aperçois une laie d'environ 50 à 60 kilos qui traverse tranquillement la bande enherbée, sortant du bois pour entrer dans la vigne. Elle stoppe en rentrant dans la vigne. Je peux voir ses pattes et son ventre entre les ceps, sous le feuillage. 2 bêtes rousses d'environ 20 kilos, sortent maintenant du bois et se dirigent vers elle. 2 Autres bêtes rousses s'avancent à leur tour mais à ma grande surprise, elles bifurquent pour venir droit vers moi. J'arme doucement mon arc et les bêtes rousses viennent stopper à environ 7 ou 8 mètres de face pour se mettre à fouiller le sol. J'aligne ma visée sur l'une d'elle mais préfère ne pas tirer de face et attends un peu. L'autre s'éloigne un peu de cul tranquillement puis bifurque vers la vigne suivi par la bette rousse que je vise qui me présente son flanc. J'aligne ma visée et décoche mais elle bouge au même moment et ma flèche la traverse trop en arrière au niveau de la pense pour ressortir dans la cuisse opposé en cassant le fémur.

Le petit sanglier part péniblement vers la vigne en traînant la patte pour rejoindre ses frères et sœurs qui n'ont pas bougé dans la vigne. Je m'avance tout doucement vers la vigne et aperçois la bande de sanglier qui se promène tranquillement en tournant sur un petit secteur. Je me baisse pour les surveiller sous les rangs. Je réencoche et hésite à en tirer un second mais je préfère essayer de reflécher mon sanglier si l'occasion se présente pour éviter de le perdre. Les petits sangliers finissent par se décaler tranquillement vers la droite, distançant le blessé qui peine à se déplacer. Je me focalise sur lui et le surveille. Il avance un peu et je le suis en longeant la vigne puis il se fige et reste un moment sans bouger entre 2 rangs. Il est à environ 15 mètres. Je tente de me décaler un peu pour le reflécher mais il comprend la manœuvre et tente de fuir. Il prend un peu d'avance mais je le retrouve vite, environ 10 à 15 mètres plus loin, en suivant le bord de la vigne. La laie et les autres bêtes rousses sortent de la vigne un peu plus loin et rentrent au bois derrière moi. Je reste à le surveiller un instant du bout du rang.

A bout de force, il finit par se coucher contre le rand de droite, à environ 20 ou 25 mètres, je décide de tenter l'approche. Je passe de l'autre côté du rang contre lequel il est couché et commence mon approche très lentement en me baissant à chaque pas pour tenter de l'apercevoir par en dessous des feuillages. Je ne le vois pas tout de suite mais finis par l'apercevoir. Il est face à moi, je vois ses oreilles et son dos qui dépassent d'une touffe d'herbe. Je gagne peu à peu les derniers mètres à 4 pattes et alors que j'arrive à environ 6 ou 7 mètres de lui, je me redresse doucement pour armer à genoux. Il se redresse pour s’asseoir et regarder vers moi. Je vise sous la tête et décoche. Touché, il se lève péniblement et part sur ma gauche dans la vigne pour s'effondrer 10 mètres plus loin, se débattre un peu avant de s'immobiliser. Je pars à sa rencontre en passant sous les fils de fer tenant la vigne. Ma flèche rentre où je visais et ressort contre la colonne vertébrale, au-dessus des cuissots.

Une bête rousse à l'approche dans les vignes...

Alex

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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 22:27

Ce soir, je pars chasser dans les maïs. En arrivant, je me gare près d'une grande parcelle mais repère au loin une tache sombre, au bord d'un fossé entre 2 parcelles travaillées. Je décide de me rapprocher en suivant le ruisseau bien que le vent souffle dans mon dos. Je me rends assez vite compte qu'il s'agit d'une touffe de végétation et aperçois alors une chevrette et son chevrillard, un peu plus loin, contre le bois. Ils me repèrent vite et rentrent à couvert, je fais donc demi-tour et repars vers la grande parcelle de maïs. Je la longe en contrôlant les passages de canon mais le relief du champ ne me permet pas de voir d'un bout à l'autre du champ. Je décide de m'avancer dans l'avant dernier passage. Le vent soutenu souffle face à moi et les éclaircies alternent avec les passages nuageux. J'avance tranquillement en serrant le maïs sur la gauche du passage. Tout à coup, j'aperçois une belle chevrette à environ 90 mètres. Elle vient vers moi par la droite du passage en cherchant sa nourriture. Je me faufile derrière le premier rang de maïs et commence mon approche dont le bruit est couvert par l'agitation des feuillages par le vent. Je progresse vite en m'arrêtant par moment pour observer en sortant la tête entre les pieds de maïs. La courbure du passage m'oblige à changer par moment de rang car certains s'interrompent, coupés par le virage du passage. J'arrive facilement à environ 40 mètres de la chevrette qui bifurque et traverse le passage pour se présenter plein travers au bout du rang que je longe et s'interrompt à un peu moins de 40 mètres devant moi. Elle rentre la tête dans le maïs et j'en profite pour vite gagner 10 mètres mais elle bifurque alors pour s'avancer entre les 2 rangs que je longe. Je me fige mais elle stoppe et regarde vers moi en balançant la tête puis démarre en trombe pour retraverser le passage et rentre à couvert sur la droite.

J'ai été trop confiant, je me remets à la recherche d'un chevreuil et parcours les passages de canon sans succès. Je décide de laisser tomber pour le moment ce secteur et de partir vers un autre maïs un peu plus loin en suivant le ruisseau. Je rejoins l'autre parcelle d'un pas rapide et commence à la longer doucement par la bande enherbée qui la sépare du bois. Après plus de 100 mètres, un bruit de mastication craquante me fait stopper net. Je tends l'oreille et réentends croquer du maïs à quelques mètres dans la parcelle malgré le bruit du vent. Des pieds de maïs cassent, ce doit être un sanglier. Il est à moins de 10 mètres, je tente d'apercevoir les pieds de maïs bouger en me mettant sur la pointe des pieds pour voir par-dessus la culture assez haute dans ce secteur. Aidé par le bruit de l'animal, je repère vite sa position à à peu près 10 mètres. Je m'avance de quelques mètres dans les premiers rangs plus chétifs et tente de l'apercevoir entre les pieds de maïs. Le bruit de mastication et les pieds de maïs cassés sont mon seul contact avec le sanglier pendant quelques minutes alors qu'il tourne sur une petite surface jusqu'à ce qu'il s'avance encore un peu et que je l'entraperçoive au travers du maïs à environ 7 ou 8 mètres. Je ne vois qu'un morceau de son pelage gris mais il semble gros. Au bout d'un moment, il s'avance encore et je le perds de vue puis se remet à manger. Quelques minutes passent encore quand il se décide à nouveau à bouger mais, à ma grande surprise, il bifurque et vient vers moi. Le maïs s'agite puis je l'aperçois. Il me semble énorme. J'arme mon arc et le laisse venir. Il me passe juste à côté et s'arrête avec un léger 3/4 arrière à 3 mètres juste avant de sortir sur la bande enherbée. Ma visée se cale sur son coffre et je décoche. Le sanglier couine et démarre en trombe avec ma flèche plantée, sort du maïs, le longe sur quelques mètres puis y rerentre en cassant tout sur son passage. Je suis le bruit de sa course qui agite les pieds de maïs puis sa trajectoire décrit une boucle à droite avant que le sanglier ne stoppe et agite le maïs sur place.

Le pensant mort, je m'avance pour trouver l'entrée dans le maïs et trouve vite une belle giclé de sang juste en bordure de la culture sur un épi.

un beau ragot à l'approche...

sur environ 30 mètres, je n'ai pas de mal à suivre la piste du sanglier qui a laissé de grosses giclés de sang sur les pieds de maïs à hauteur de mon genou

un beau ragot à l'approche...

Je trouve ma flèche posée au sol et portant du sang sur le premier tiers uniquement puis la culture s'éclaircie et le sang disparaît un moment. Je remets ma flèche au carquois en marchant. je tourne un peu mais trouve vite un gros pied frais et des gouttes de sang au sol que je suis alors que la piste biaise à gauche puis décrit la boucle vu de l'endroit du tir et je tombe vite sur mon sanglier mort sur le flanc côté entrée vers le sol. Aucun trou de sortie visible.

un beau ragot à l'approche...

La luminosité baisse vite, il me faut rentrer en tirant mon sanglier qui pèse entre 70 et 80 kg. Arrivé sur la bande enherbée, j'en profite pour faire quelques photos souvenir et souffler un peu.

Ma flèche a sectionné les gros vaisseaux au-dessus du cœur et touché les poumons.

un beau ragot à l'approche...

Alex

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 21:27

Ce matin, battue à Justian, je suis, comme souvent le seul archer. Des sangliers sont régulièrement aperçus autour du bois de Bourras et nous décidons d'y faire la première traque. Je décide de prendre un poste que je n'ai jamais encore occupé mais où les archers qui sont venus aux différentes battues que j'ai organisées ces dernières années ont régulièrement fléché chevreuils, sangliers ou renards. Mon poste est au bord de la vielle Osse qui borde le bois, une très grosse coulée longe la berge opposée et plusieurs descentes d'animaux traversent la rivière. En me postant, je dérange quelques colverts qui s'envolent de la rivière. Cette année un archer a manqué un gros sanglier à ce poste et j'espère faire mieux que lui. Les postés n'étant pas très nombreux, la ligne est collée au bois alors qu'habituellement elle se trouve bien plus en arrière. Je suis posté entre 2 fusils, les traqueurs arrivent avec les chiens par le pont qui traverse l'Osse à plus de 100 mètres dans mon dos. Les teckels ont reçu aujourd'hui le renfort de quelques fox qui sont venus grossir la meute.

Un valeureux sanglier gersois, 12 février 2017

A peine rentré au bois, les chiens lancent un renard qui sera manqué sur la ligne du côté de la route de Courensan. Quelques chevreuils sortiront également de l'enceinte sans être tirés. Les piqueurs rappellent les chiens et insistent un peu dans le bois mais les sangliers ne sont pas là et ils sonnent la fin de traque. Nous partons aux voitures puis pour nous rassembler un peu plus loin aux silos de Roques.

Arrivé sur place, j'apprends que nous allons chasser le bois juste au-dessus de celui que nous venons de chasser. Je décide de ne pas perdre de temps et de partir rapidement me poster avant l'arrivée des postés au fusil. J'ai repéré un poste idéal lors de mes sorties de tir d'été. De nombreuses grosses coulées convergent dans l'angle gauche du bas du bois relié au bois de Bourras par une haie épaisse par laquelle passent les sangliers et les renards. Je me gare près du pont qui enjambe l'Osse, me prépare puis pars me poster. Je traverse la vieille Osse par la passerelle qui mène à la palombière, traverse la bande de bois étroite puis le semé de blé qui sépare le bois de Bourras du bois que nous allons chasser en biaisant vers le coin gauche du bois. En arrivant au coin du bois, je rentre par une grosse collée et cherche un bon poste proche de l'endroit où se rassemblent les coulées avant de se diriger vers le départ de la haie. Je casse quelques branches pour dégager les angles de tir et dégage le sol de ses feuilles mortes pour pouvoir pivoter sans bruit. Le vent souffle fort dans mon dos et rentre dans le bois en biaisant vers le haut du bois.

Rapidement, dans le bruit du vent qui agite les branches, il me semble entendre un bruit de pas dans la végétation et les feuilles mortes sur ma gauche. Je tourne la tête dans cette direction et aperçois un gros sanglier sortant d'un fourré épais à environ 30 mètres sur ma gauche. Il vient droit sur moi au petit trot en longeant à 10 mètres de la lisière. Je pivote doucement et arme mon arc puis le laisse venir en le suivant dans mon viseur. Il ralentit en biaisant vers la lisière pour venir se présenter plein travers à environ 6 mètres. Il marque un temps d'arrêt, sa zone vitale est dégagée entre quelques branches, ma visée est calée, je décoche mais il repart au même moment et ma flèche qui aurait dû atteindre les poumons l'atteint au niveau du foie. Il démarre au galop et fonce en direction de la haie avec ma flèche en travers. Je vois distinctement mon empennage dépasser de son flanc et ne peux que le regarder rentrer dans la haie où je le perds de vue. Un bruit de bois cassé se fait entendre mais s'arrête vite après à peine 20 mètres de fuite. Vu mon atteinte, je ne crois pas à la mort si rapide de mon sanglier et le pense soit arrêté sois en train de se débiner dans la haie. J'attends quelques minutes alors que j'aperçois un posté qui arrive pour se placer contre le bois. Toujours aucun bruit.

Les chiens ne tardent pas à se faire entendre. J'appelle les piqueurs pour ne pas qu'ils viennent sur moi avec les chiens mais une partie de la meute arrive droit sur moi en poussant avant de sortir sur le champ à environ 50 mètres de moi. Je les pense derrière un chevreuil et me dis que mon sanglier aura ainsi le temps de mourir tranquillement. Ils rejoignent le bois suivant où le vent fort couvre leurs voies.

Un valeureux sanglier gersois, 12 février 2017

Petit à petit, la chasse se rapproche et les traqueurs arrivent à mon niveau avec le reste des chiens, après être sorti du bois, l'un d'eux arrive vers moi avec les teckels et je vais à sa rencontre pour lui expliquer la situation mais les chiens prennent la voix de mon sanglier et sortent sur le champ pour foncer vers le bois où sont partis les autres chiens. Je cherche vainement du sang pendant un instant puis trouve quelques petites gouttes sur la coulée qui sort sur le champ et comprends vite que c'est bien mon sanglier que les chiens ont pris et que la première menée a certainement pris aussi mon sanglier au vent alors qu'il traversait le champ et que je pensais qu'il allait vers le bois plus bas. On nous signale un ferme dans le bois suivant et je pars au pas de course vers ce dernier en suivant les quelques chiens retardataires. En arrivant au bois, je suis la voie des chiens mais ils finissent par se taire et je tourne et retourne dans le bois à la recherche des chiens et du sanglier car je crains que, blessé, il ne s'en prenne aux teckels et au fox. Le vent fort limite ma capacité à entendre les chiens et les bruits. Je longe une bande de salle qui longe le haut du bois sans voir le sanglier tout en suivant les chiens qui semblent courir de façon désordonnée.

Le calme s'installe et je me dirige vers la route ou sont postés le président de la chasse et un autre chasseur, ils n'ont rien vu sortir, je longe donc la route puis m'avance dans le champ pour couper vers la route de Courensan. Les chiens recommencent à donner et tournent dans le bois puis semblent remonter vers la route. Je prends le pas de course mais quelques chiens semblent avoir sauté la route vers les vignes. Certains reviennent et je pense qu’ils ont pris un chevreuil. Les piqueurs arrivent plus bas pour sortir dans l'angle rentrant du bois avec quelques chiens et je pars à leur rencontre pour tenter de prendre quelques informations. Alors que je discute avec eux, je trouve une goutte de sang sur une feuille morte et le pied frais de mon sanglier qui semble rentrer au bois. Les chiens relancent et remonte vers la route. Je m'élance à leur poursuite et traverse la route pour suivre la menée en courant le long d'une vigne, en direction du bois de Factom. Le sanglier semble avoir tourné un bon moment dans le bois précédent avant de se décider à fuir, ce n'est pas un comportement normal pour un sanglier de ce gabarit, j'espère qu'il commence à fatiguer.

Un valeureux sanglier gersois, 12 février 2017

Certains chasseurs arrivent par la route au-dessus de la vigne en voiture, je cours au plus vite et passe sous le bois pour rejoindre le chemin de terre qui le sépare d'une grande zone de vigne. La propriétaire des lieux taille la vigne et je la rejoins pour lui demander si elle aurait vu mon sanglier mais elle n'a vu qu'un chevreuil poussé par les chiens. Je contourne le bois et rejoins des chasseurs qui viennent pour se poster le long du bois alors que des chiens arrivent en donnant de la voie. L'un d'eux me dit qu'une dame qui taille la vigne plus haut a vu passer un gros sanglier poursuivi par un chien. Je comprends immédiatement qu'il s'agit du mien et le leur annonce avant de partir vers où se trouvait cette dame pour lui demander plus de précisions mais, apeurée, elle a quitté les lieux et je ne sais plus où chercher. Je descends dans la vigne jusqu'à une haie épaisse où je retrouve un des chasseurs qui cherchent les chiens. Nous discutons un peu quand d'autres chasseurs arrivent avec des chiens qu'ils ont attrapés plus loin près d'un autre bosquet. Je pars donc vers ce dernier pour tenter de trouver des indices. Je rejoins une route goudronnée, la longe pour tenter de trouver du sang sans succès et arrive près d'un bosquet épais quand les chasseurs arrivent en voiture. Certains sont déjà postés autour du petit massif où un ferme est en cours.

Je tente de rentrer dans le bois côté route et cherche un poste quand un chasseur m'appelle sur la gauche du bois. Je me dirige vers lui et il me montre une grosse coulée qui va me permettre de rentrer dans le bois et m'explique que le ferme se tenait pas très loin quelques minutes auparavant. Je m'avance donc dans le bois au milieu des ronces et des épines et trouve une petite placette ronde d'environ 10 mètres de diamètres dans laquelle débouchent 3 énormes coulées.

Un valeureux sanglier gersois, 12 février 2017

Les piqueurs arrivent avec d'autres chiens et lâchent la meute dans le bosquet avant d'y rentrer. Un coup de feu claque sur ma gauche, un posté vient d'abattre un renard à la balle. Le sanglier fait ferme et charge les piqueurs tour à tour mais finit par démarrer sous la pression des chiens qui ne le lâchent pas. La menée vient droit sur moi mais je ne vois passer que les chiens qui tournent un moment avant de repartir en arrière pour relancer le sanglier qui se décide à sortir du bois. Apercevant le posté qui m'a indiqué la coulée, il lui fonce dessus. Le chasseur tente de lever son arme mais le sanglier rentre dans le canon de son fusil et le rabat vers le sol. Le coup part juste à côté des pieds du chasseur qui se retourne pour tirer le sanglier qui fuit dans son dos et sa balle arrache juste un bout de chair sur le haut du cuissot de l'animal qui fonce dans les vignes. Les coups de feu claquent, impossible de les compter, au moins 15 balles partent de toute part mais le sanglier passe au travers sans être touché à nouveau.

Je quitte mon poste alors qu'un chasseur tire encore sur le sanglier qui s'éloigne. Une fois les tirs terminés, je m'annonce et demande où est parti l'animal avant de partir au pas de course pour tenter de le rattraper. Il est rentré dans un autre petit bosquet plus en contrebas après une parcelle de vigne. Les chiens poussent toujours et je pars vite me poster sur la gauche du bosquet près du coin de ce dernier et tente de reprendre mon souffle. La menée vient droit sur moi, le sanglier déboule à environ 10 mètres sur ma gauche et bifurque à 90° en me voyant pour filer de cul. J'arme vite mon arc et le tire à la course à environ 45 mètres. Ma flèche se plante dans son dos, dans les muscles au-dessus de la colonne vertébrale et le sanglier, qui a à peine accusé le coup, file avec ma flèche quand une déflagration retentit.

Un valeureux sanglier gersois, 12 février 2017

Je vois nettement un impact au niveau du cuissot du sanglier qui se met à vaciller. Je ne comprends pas d'où vient cette balle et cherche autour de moi pour m'apercevoir qu'elle vient d'un chasseur dans mon dos. Il a tiré à environ 160 mètres. Le sanglier part se caler dans des herbes hautes, je dis au chasseur de ne pas retirer et je me rapproche rapidement pour terminer ce que j'ai commencé. Alors que je vais armer mon arc à 7 ou 8 mètres du solitaire, il me voit et me charge. Je mets ma main en avant et le saisis au niveau des yeux bras tendu pour rester hors de portée des défenses tout en reculant, poussé par la charge. Je finis par le repousser sur ma gauche et reculer rapidement en armant mon arc pour lui décocher une flèche plein travers un peu en arrière. Le sanglier furieux bave et claque des dents, une écume blanche recouvre ses babines. Il amorce une seconde charge mais je me décale en réencochant et en armant pour lui envoyer une seconde flèche plein coffre.

Le sang coule abondamment sur les flancs du sanglier dont la fureur est palpable. Les chiens arrivent et l'assaillent, je réencoche et arme mais le tir étant trop risqué pour les chiens, je cris pour attirer l'attention du sanglier qui tourne sans savoir quoi faire et finit par chuter lourdement sur le flanc en cassant mes 2 flèches restées en travers. Je me précipite pour lui plaquer la tête au sol avec mon pied, le temps qu'il s'immobilise pour ne pas qu'il blesse les chiens.

Un valeureux sanglier gersois, 12 février 2017

La mort arrive très vite et les chiens le pillent un moment. La chasse aura duré plus de 2 heures et mon sanglier aura parcouru entre 2,5 et 3 kilomètres avant de tomber.

Un valeureux sanglier gersois, 12 février 2017

Je pars chercher ma seconde flèche qui est tombée un peu plus loin alors que certains chasseurs arrivent. Ceux qui ont pu voir la scène me félicitent. J'inspecte le sanglier et ne comprends plus car je ne trouve les impacts que de 3 flèches. Au dépeçage tout s'expliquera, ma première flèche a traversé le foie, l'entrée presque en face de la sortie, la seconde flèche entaille la peau sur 20 cm et les muscles du dos pour finir contre les pointes de la colonne vertébrale, la troisième rentre contre le trou d'entrée de la première flèche et s'arrête dans le cuissot opposé sans ressortir et la quatrième traverse les poumons. Je récupère mes flèches cassées et aide à charger mon sanglier sur le 4 x 4 venu le chercher. C'est mon plus beau sanglier à l'arc et mon plus beau souvenir de chasse au sanglier. Il accusera 88 kg à la pesée.

Un valeureux sanglier gersois, 12 février 2017

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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