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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 05:54

Ce soir, je pars chasse le secteur de Bourras près de l'Osse. Je me gare au bord du chemin de terre qui traverse la rivière puis passe le pont pour me diriger vers la vieille Osse qui borde le bois de Bourras. 2 chevreuils traversent au loin le grand champ de l'autre côté de la route. Je prends à droite en suivant le cours d'eau pour rejoindre la passerelle qui permet de le traverser et rejoindre la palombière puis passe ce petit pont et traverse le bois pour ressortir dans un champ entouré de bois. Rien en vue de ce côté, je jette un coup d'œil à l'immense champ de l'autre côté de la haie à ma droite, rien non plus. Je fais donc demi-tour et retraverse le bois et la rivière pour la longer en direction de la peupleraie. Je suis tranquillement les virages de la rivière bordée par le bois quand, alors que la vieille Osse tourne à droite à 90°, je me fais surprendre par une chevrette qui démarre à environ 20 mètres de moi et que je n'avais pas vue derrière le bois. Je la regarde fuir vers les peupliers en biaisant vers la rivière puis rentrer dans le bois en disparaissant. Je me remets en mouvement et fais à peine 2 pas quand j'aperçois un énorme ragondin, que le bois me cachait, tourné vers moi à environ 20 mètres. Il était juste à côté de la chevrette et la fuite de cette dernière ne la même pas fait démarrer. Je fais un pas en arrière pour être à nouveau caché pas le bois, mets une vielle flèche et remets ma bonne flèche au carquois puis commence à avancer très lentement en rasant le bois jusqu'à ce que je ne puisse plus avancer sans être vu. Le ragondin n'a pas bougé. Je l'observe un moment puis il se décide à bouger et se retourne pour s'éloigner en parallèle du cours d'eau. Il avance de cul, tranquillement, à environ 4 mètres de la bordure du bois. Je m'avance derrière lui et tente de le rattraper sur la pointe des pieds mais en essayant d'avancer le plus vite possible en longeant le bois.

Je gagne vite du terrain mais alors que je suis à environ 15 mètres, il stoppe et se retourne pour regard vers moi. Je me fige, il se remet vite en marche sans vraiment presser le pas, je repars à sa poursuite et gagne encore un ou 2 mètres avant qu'il stoppe à nouveau et regarde vers moi. Je me fige à nouveau. Il repars, je me remets à le suivre et arme mon arc en avançant. Alors que je suis à environ 8 ou 9 mètres de lui, il stoppe à nouveau et se tourne plein travers vers la rivière, j'aligne ma visée, il commence à s'avancer vers la bordure boisée, je le suis dans mon viseur et décoche. Ma flèche le traverse plein coffre et le ragondin saute et se tord puis retombe lourdement et fonce dans le bois puis je l'entende tomber à l'eau et se débattre un moment avant que le calme revienne. Je pars chercher ma flèche qui est partie dans la bordure boisée de la rivière qui bifurque à 90° à gauche quelques mètres après l'endroit où se trouvait le ragondin. Ma flèche étant introuvable, je décide d'aller voir si je retrouve mon ragondin. Je traverse les épines noires qui bordent la rivière par une coulée de gibier et arrive au bord de l'eau, au sommet d'un talus qui domine un trou d'eau laissé par la sécheresse. Mon ragondin n'est pas visible mais des bulles et du sang remontent à 2 mètres du bord au milieu de l'eau boueuse remuée par l'agitation du ragondin. J'attrape une branche, descends au bord de l'eau et attrape mon ragondin en raclant le fond puis le ramène au bord avant de le remonter sur le talus et de le sortir des épines. Je le laisse sur la bande enherbée et poursuis ma route vers les peupliers. Je passe la haie qui les sépare du champ puis longe la rivière asséchée sous les grands arbres pour rejoindre un passage me permettant de traverser la rivière pour rejoindre le coin du bois de Bourras. En descendant dans le lit partiellement asséché de la rivière, je constate que les sangliers viennent régulièrement se baigner dans les flaques et aperçois quelques traces qui semblent fraîches.

Je remonte le talus de la rivière et sors sur le champ au coin du bois dans une végétation haute et touffue qui borde la rivière. Le vent souffle de façon soutenue en venant de ma gauche, je m'avance tranquillement sur le champ. La végétation et les arbres sont agités par le vent mais la végétation du bord de la rivière à ma gauche est agitée d'une façon qui m'intrigue. J'observe un instant ce secteur et comprends vite que plusieurs animaux se déplacent. J'accroche mon décocheur et m'approche doucement, le vent est bon. En arrivant près de la végétation, j'aperçois plusieurs marcassins fouillant le sol au milieu d'une zone de végétation couchée sur quelques m². Je m'approche tout doucement sans être repéré jusqu'à 5 ou 6 mètres. J'arme doucement mon arc et attends que l'un d'eux se tourne plein travers. J'aligne ma visé sur l'un d'eux qui se positionne bien en 3/4 arrière juste au bord de la végétation couchée sur ma gauche. Ma visée calée derrière son épaule, je décoche mais au même moment un autre passe derrière lui. Touché, le marcassin couine et démarre. Les marcassins, affolés et ne sachant pas d'où vient le danger, partent dans tous les sens, 2 foncent vers moi et passent, un au ras de mon genoux droit et l'autre un peu plus loin à ma gauche pour bifurquer ensuite vers le bois de Bourras. J'entends aussi démarrer des gros sangliers dans le lit asséché de la rivière, ils ne partent pas très vite et soufflent, s'arrêtant régulièrement sans que je puisse les voir à cause de la végétation. Mon marcassin cri un instant sur place alors que je réencoche et attends immobile. Le calme revenu, je pars contrôler mon tir. Le marcassin a tourné autour d’une touffe de végétation pour mourir à l'endroit du tir. Il a fait à peine 2 mètres. Ma flèche rentre au défaut de l'épaule et ressort de l'autre côté dans le cou. Je pars chercher ma flèche mais elle est introuvable, je cherche un moment une éventuelle piste de sang dans la végétation au cas où le second marcassin aurait été touché mais ne trouvant rien, je récupère mon marcassin et pars récupérer mon ragondin pour faire quelques photos souvenir.

Un ragondin aussi gros qu'un sanglier

Alex

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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 05:50

Ce soir, je me gare au départ d'un chemin de terre puis commence à le longer pour trouver un passage dans la haie qui borde le côté gauche et pouvoir rejoindre le bord d'une parcelle de vigne. Le vent vient de ma gauche, le passage atteint, je remonte le talus et rejoints le bord de la vigne pour le suivre. Les rangs perpendiculaires au chemin me permettent de voir l'intérieur de la parcelle et je finis par apercevoir un mouvement dans la végétation entre 2 rangs. Il m'a semblé reconnaître, le bon d'un renard sur sa proie, et un dos roux et arrondi dépasse des herbes à environ 60 mètres. Je me cale au bout d'un rang de vigne pour observer mais le renard, qui finit par relever la tête, passe dans le rang suivant. Je me décale doucement mais il m'aperçois et s'enfuit. Je finis de longer la vigne sans voir d’autres animaux puis rejoins le chemin de terre. Les ragondins et les foulques sillonnent le lac en contrebas sur la droite du chemin. Je suis doucement le chemin en observant les alentours jusqu'à arriver au niveau d'un grand tournesol qui descend légèrement vers un chaume de blé qui n'a pas été encore retourné à environ 300 mètres. Je m'arrête pour observer le secteur et aperçois des boules sombres à la limite des tournesols et du chaume. Ce sont des sangliers, le vent est bon, je décide de tenter une approche au travers du tournesol.

Les rangs de tournesol descendent dans le sens de la pente et je m'avance tranquillement dans le champ quand je repère un renard arrêté dans le chaume de blé à environ 400 mètres, environ à 100 mètres plus à gauche que les sangliers. Je progresse tranquillement sans me baisser quand le renard démarre en trombe pour revenir sur la gauche du tournesol et y rentrer à environ 100 mètres de ma position. Je continue à descendre et gagne facilement du terrain sur les 200 premiers mètres puis commence à ralentir pour éviter de me faire trahir par le frottement rugueux du tournesol sur mes vêtements. Je biaise doucement à droite pour me rapprocher des sangliers, plusieurs gros sangliers côtoient des marcassins de 2 tailles différentes, certainement 2 portées appartenant à 2 laies. Les plus petits doivent faire un peu moins de 10 kilos et les plus gros quelques kilos de plus. Je progresse très lentement pour arriver à me caler à 6 ou 7 mètres de la bordure du tournesol. Le vent est bon, j'accroche mon décocheur et attends une occasion de tir. Les marcassins fouillent le sol et s'amusent sur ma gauche. Un jeune mâle sent l'arrière train d'une laie sur la droite, un autre jeune mâle un peu plus éloigné est accompagné d'une autre jeune laie, il rejoint son compère et entame une petite dispute. Joue contre joue les ragots se poussent mutuellement en tournant autour d'un axe imaginaire passant par le point de contact. Une grosse laie s'avance en poussant des petits grognements en longeant le tournesol pour aller vers ma gauche. Un des jeunes mâles stoppe la dispute et la rejoint au trot, ce qui la fait faire demi-tour. Elle revient vers moi en longeant le tournesol alors que le ragot la suit collé à son derrière. J'arme doucement mon arc et me prépare à viser. Je laisse passer la laie à à peine 8 mètres et tire le ragot qui se présente presque plein travers, sa zone vitale dégagée entre les pieds de tournesol. Ma flèche l'atteint au défaut de l'épaule, il couine et démarre provoquant la débâcle des autres sangliers qui foncent en longeant un instant le tournesol sur ma droite avant d'y rentrer et de disparaître, agitant un instant la culture. Le ragot décrit une boucle dans le chaume avec ma flèche en travers. L'empennage dépasse du défaut de l'épaule et la lame ressort plus en arrière de l'autre côté. Le sang coule très abondement de part et d'autre de l'animal qui semble déjà vaciller avant de foncer dans le tournesol à 35 ou 40 mètres sur ma gauche. Il s'enfonce d'environ 40 mètres dans la culture puis se met à couiner et se débattre.

Le pensant mourant, j'attends un peu après le retour du calme puis m'avance doucement dans le tournesol, parallèlement à la bordure du champ. En arrivant à l'aplomb de la position estimée du sanglier je tombe sur la piste de sang et commence à la remonter quand un mouvement m'interpelle à environ 15 mètres devant moi. Je distingue alors, en stoppant, un sanglier sur pied semblant renifler au sol. Il ne semble pas blessé et je l'observe un instant mais le vent dans mon dos provoque vite sa fuite. Je continue à m'avancer doucement en suivant le sang quand un autre animal démarre bruyamment et fonce dans le tournesol perpendiculairement aux rangs. Je continue à avancer et tombe sur l'endroit d'où vient de partir mon sanglier que je pensais mort. Je décide d'attendre un moment avant de reprendre ma recherche. Je recommence ensuite à suivre le sang, les gouttes au sol alternent avec de gros frottés sanguinolents sur les pieds de tournesol. La piste est facile à suivre et j'avance doucement mais, 40 mètres plus loin, le sanglier redémarre devant moi et fonce sur environ 20 mètres avant de s'arrêter. J'attends un peu puis tente de l'approcher mais il se débine encore sur 20 mètres environ. J'attends un peu puis m'approche à nouveau en surveillant sous les têtes de tournesol tout en suivant le sang pour tenter d'apercevoir le sanglier avant qu'il ne démarre, je retrouve ma flèche au sol et la remets au carquois. Je finis par l'apercevoir à quelques mètres devant moi, couché sur le ventre, plein travers contre un rang de tournesol. Je m'agenouille, arme mon arc, vise et décoche, touché, le sanglier se redresse et fonce dans le tournesol sur environ 30 mètres et s'arrête. La culture bougeant sur place, je m'approche de l'endroit doucement et attends. La luminosité commence à baisser et j'ai oublié ma frontale, il ne me faut pas perdre mon sanglier de vue. Il se débine par moment de quelques mètres et je le suis doucement. Tout à coup, du mouvement se dessine sur ma droite dans le tournesol, les souffles d'un sanglier se font entendre, il vient doucement vers moi pour s'arrêter à quelques mètres avant de me sentir et de s'enfuir. Mon sanglier finit par stopper, le tournesol bouge sur place un moment à quelques mètres devant moi, sa respiration semble de plus en plus difficile et ses souffles s'espacent peu à peu jusqu'à stopper alors que la nuit s'installe. Au bout d'un moment, je m'approche doucement et le touche sans qu'il ne réagisse. Il est mort, Je récupère ma seconde flèche resté sous la peau de la patte avant, elle n'est même pas rentée, stoppé par l'os de la patte. Il est maintenant tant de rentrer en traînant mon sanglier jusqu'à ma voiture.

Un ragot à l'approche

Alex

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 20:09

Aujourd'hui, j'organise une battue pour les archers sur la société de chasse de Justian/Roques/Lagardère. Xavier, mon ami guyanais et Franck avec qui je suis parti chasser cette année en Guyane sont venus passer quelques jours à la maison pour chasser et cela fait plusieurs jours que nous chassons sur cette société de chasse où j'ai pris 4 bracelets de chevreuil. Les contacts avec les chevreuils et les sangliers ont été nombreux mais je n'ai pas réussi à leur faire flécher un animal si ce n'est un ragondin à Franck le samedi soir. Vendredi, je suis allé, avec Xavier, préparer les postes de la première traque en coupant des branches gênantes au sécateur. Seul Xavier avait pris son arc. En quittant la voiture je lui avais demandé s'il voulait le prendre et il m'avait répondu que oui, je lui avais alors répondu que c'était toujours quand on le prenait pas qu'on le regrettait, je ne croyais pas si bien dire. Garé, vers 10 heures, sur le chemin de terre qui traverse l'Osse en direction du bois de Bourras, nous partons à pied vers le bois. A peine le pont franchi, nous tombons sur de belles traces de sangliers se dirigeant vers le bois, je les suis en faisant des commentaires à voix haute quand arrivé à moins de 10 mètres de l'Osse qui borde le bois, je lève les yeux et aperçois une grosse chevrette, juste sur la rive en face, au milieu d'une trouée dans la végétation, plein travers. Elle reste sans bouger, assez de temps pour me permettre de placer une belle flèche, mais je n'ai pas mon arc. Je l'annonce à Xavier un peu plus en retrait et plus à droite, mais il n'a pas de fenêtre de tir et la chevrette se débine tranquillement sur la droite dans la broussaille. Xavier tente de se rapprocher puis de suivre l'animal. Je le laisse faire et pars sur la gauche pour préparer les postes.

Je longe l'Osse à la recherche d'endroits propices pour poster un archer. Alors que je commence à préparer le premier poste. J'aperçois un beau colvert qui me regarde, posé sur l'eau à quelques mètres de moi. Il me regarde un instant puis décolle entraînant avec un lui un congénère plus à gauche que je n'avais pas vu. Je finis de préparer ce poste puis passe au suivant un peu plus loin alors que Xavier revient. Il décide de continuer en longeant la rivière pendant que je continue à préparer les postes. Le second poste préparé, je passe au suivant, une très grosse coulée descend dans la rivière sur la berge opposée et remonte à mes pieds, des traces fraiches remontent sur la berge devant moi. Je commence à couper les branches gênantes quand un bruit de fond commence à m'intriguer. Je tends l'oreille et entends maintenant distinctement des grognements, je pense qu'il s'agit d'un plaisantin réalisant une mauvaise imitation de sanglier et je reprends la taille des banches. Mais ces grognements puissants se rapprochent tranquillement et semblent maintenant très proches. Je cherche leur source dans le bois de la berge opposée quand j'aperçois un sanglier d'environ 30 kilos à environ 12 mètres, arrivant par ma droite. Je n'en crois pas mes yeux, à plus de 10 heures du matin et ses grognements qui ne s'arrêtent pas. J'attrape vite mon portable et appelle Xavier pour lui dire de revenir vers moi puis je raccroche. Ayant parlé, je pense voir le sanglier qui m'a dépassé d'environ 10 mètres sur ma gauche, s'éloigner mais au contraire, il se rapproche pour venir se planter de face, juste en face de moi, à 6 ou 7 mètres. Nous nous observons un instant, un autre sanglier grogne plus loin dans le bois. Le petit sanglier encore partiellement roux descend sur la grosse coulée puis hésite et se cale plein travers à 5 mètres devant moi. Pourquoi je n'ai pas pris mon arc ? Cette scène surréaliste dure quelques secondes puis le jeune suidé remonte sur la berge pour continuer à longer la berge et s'éloigner sur ma gauche en direction de Xavier qui arrive vers moi. Je lui fais des signes mais il a déjà entendu les sangliers et les suit en longeant doucement la berge pour tenter de les apercevoir.

Xavier s'étant éloigné, je reprends la préparation de mes postes. J'arrive au coin de la plantation de peuplier quand Xavier revient. Les sangliers se sont enfoncés dans le bois. Je prépare les postes de la peupleraie avec Xavier et en profite pour lui montrer les différents postes le laissant choisir celui qui l'inspire le plus. Il opte pour le poste du coin du bois, au pied d'un gros arbre, c'est le dernier poste de la peupleraie. Je traverse la rivière pour finir ma ligne de poste sur la gauche du bois. Je ne sais pas encore exactement combien de chasseurs vont venir dimanche et je décide de prévoir 17 postes au cas où. Je découpe des entrées dans le bois pour créer des accès à des postes à 5 ou 10 mètres à l'intérieur du bois jusqu'à arriver au coin suivant. Je reviens ensuite vers Xavier et retraverse la rivière. Mon invité n'est plus dans la plantation de peuplier et je le retrouve plus loin, posté au bord de l'Osse. Il vient de faire une belle approche sur le sanglier revenu se dorer au soleil sur la berge opposée mais gêné par les branches, il n'a pas pu décocher et le sanglier et retourné dans le bois. Il est temps de rentrer manger, nous retournons à la voiture plein d'espoir pour dimanche.

Dimanche matin, le rendez-vous est pris sur le parking de la salle des fêtes de Lagardère à 8 heures. J'attends 14 archers, le réveil sonne vers 6h20. Nous nous préparons avec Xavier et Franck qui ont dormi à la maison. L'heure tourne et le stress monte un peu, mes collègues ne sont toujours pas prêt, je leur demande de s'activer un peu, Jacques nous attends déjà près de ma voiture. Tout se bouscule un peu dans ma tête, Hémo veut venir avec nous et je l'embarque. Au moment de fermer la porte je me rends compte que j'ai oublié son harnais et reviens le chercher, cette fois nous partons et miracle, alors que je n'y croyais pas nous sommes à l'heure. Il est 7 heures. Après 45 minutes de route, nous arrivons au rendez-vous. Claude et Phil sont déjà là et les autres archers ne tardent pas à arriver. Claude m'annonce qu'un archer ne viendra pas, nous serons donc 13 pour cette battue. Christophe, Lionel, Lilian, Fred, Jacques et moi-même pour les gersois, Laurent et 2 amis à lui pour les Hautes- Pyrénées, Phil du Vaucluse, Chaude de la Haute -Garonne, Franck de Vendée et Xavier venu de Guyane. J'ai également invité Adrien pour les recherches au sang. Tout le monde étant arrivé, nous partons pour déjeuner à la salle des chasseurs de Lagardère, un peu plus loin dans le village où nous attendent des œufs et de la ventrèche cuits à la plancha ainsi que du pâté et du café. Le carnet de battue rempli, le déjeuner pris, et mes consignes données aux archers nous partons pour le bois de Bouras ou se déroulera la première traque.

En arrivant, nous apercevons 3 chevreuils au gagnage entre un bosquet en long et le bois de Bourras, de l'autre côté de l'Osse. Nous nous garons sur le chemin de terre qui traverse l'Osse et commençons à nous préparer quand un doute affreux m'envahit, je jette un rapide coup d'œil dans la voiture et me rends vite à l'évidence, j'ai oublié mon arc chez moi. Avec le stress de l'organisation de cette journée, j'ai complètement oublié l'essentiel. J'annonce la nouvelle à mes collègues et décide de repartir le chercher chez moi. Les fusils se postent le long de la route alors qu'un chevreuil se débine dans leur dos. Je pars d'abord poster mes invités avant de revenir à ma voiture et de retourner chez moi. Les sangliers ont donné des coups de nez frais tout le long des premiers postes.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

45 minutes de route pour récupérer mon arc et autant pour revenir. A mon retour les chasseurs sont en train de se déposter, la traque est terminée et les archers m'annoncent qu'ils n'ont rien tiré. Les sangliers n’étaient pas de la partie et je suis un peu dégoûté car je croyais fort dans cette première traque. Nous partons pour la seconde traque, le rendez-vous était calé aux silos de Roques où je conduis mes invités. Le président de la chasse nous demande d'aller nous poster autour d'un bosquet plus haut de l'autre côté de la route où nous avons levé beaucoup de sangliers il y a 2 ans. Nous reprenons donc nos véhicules pour aller nous garer près des bâtiments à environ 200 mètres du bois. Les chasseurs déjà présents les années précédentes connaissant les lieux je les laisse aller se poster et poster quelques archers pendant que je m'occupe de poster le reste des troupes sur le bas et la droite du bosquet. En bas du bosquet, Claude lève un chevreuil en prenant son poste. Arrivé en haut du bosquet, ma ligne postée, je tombe sur Fred, arrivé par l'autre côté et qui n'a pas de poste, je le prends donc avec moi et le poste entre Lionel et Phil puis redescends en longeant le bosquet pour me trouver un poste.

Le bord du bosquet est longé par un petit talus de terre que je longe à la recherche d'un passage. Je finis par trouver une entrée dans le bois et m'avance sans voir de posté. Le poste que je ne connaissais pas me semble parfait. Je me place sur le talus de terre dans une petite zone dégagée de ronce. Devant moi un écran de ronces me camoufle un peu, une grosse coulée sort des épines et monte droit sur moi pour bifurquer à droite juste à mes pieds derrière les ronces qui me camouflent.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Je suis à peine posté que les piqueurs arrivent avec les teckels. Ils attaquent par le bas du bois et les chiens lancent rapidement. Très vite, des décoches successives retentissent sur les postes du bas du bois, 4 flèches sont décochées en suivant mais aucun impact prometteur ne retentit. Je n'entends que le claquement des flèches dans la végétation ou les branchages. Un archer annonce "chevreuil". Des coups de feu claquent au loin. Un peu plus tard, j'entends distinctement une décoche puis un impact bien audible, un archer vient de flécher quelque chose. J'entends ensuite Christophe annoncer : "Je le vois, il est mort". Il vient de flécher un jeune brocard portant encore ces bois. Les chiens donnent toujours puis un teckel se met au ferme près des archers du bas. Au bout d'un petit moment, j'entends démarrer un animal qui semble lourd et casse du bois sur le départ. Un chasseur annonce "sanglier". L'animal se débine dans les épines et s'arrête régulièrement.
Le teckel recommence à aboyer au ferme. Un piqueur se met à donner de la voix près du poste de Lionel pour appuyer le chien puis rentre dans le bois. Je suis sa progression au crissement des épines. Il finit par tirer un coup en l'air car le ferme s'éternise. Jacques en face de moi annonce "cochon". Le sanglier repart, j'entends craquer la végétation et arme mon arc en gardant ma flèche dirigée vers le sol. Le sanglier semble se rapprocher puis je l'aperçois déboucher sur la coulée qui vient vers moi. Il semble très gros, il avance doucement puis s'arrête de 3/4 face, derrière un arbuste qui masque sa zone vitale. J'aligne ma visée mais attends qu'il se dégage. Il écoute un instant le chien qui se rapproche puis redémarre et vient droit sur moi. Je le suis dans mon viseur et le flèche quasiment de face à environ 5 mètres. Il est énorme et je peux voir ses défenses qui me font penser qu'il s'agit d'un gros solitaire. Ma flèche est rentrée jusqu'à l'empennage sur le haut de son épaule. L'animal accuse le coup et bifurque brusquement à gauche pour rentrer dans les épines en direction de Phil un peu plus haut. Phil n'a pas d'occasion de tir et le sanglier sort du bosquet, essuyant 2 coups de feu avant de foncer dans la vigne où je le regarde un instant s'éloigner. J'annonce : "Il est fléché". 2 teckels se lancent à sa poursuite et craignant pour leur santé, je décide de me déposter pour aller achever, si possible mon sanglier.
J'annonce mon départ puis pars au pas de course sur les traces de l'animal blessé. Je cours dans la vigne, me dirigeant au son de la voix des chiens. Il me semble les entendre au ferme un instant puis s'éloigner. Un coup de feu retentit en bas de la vigne sur la ligne des fusils et pensant mon sanglier mort, je ralentis. Je m'annonce en arrivant à la ligne puis pars voir le tireur qui me dit avoir touché le sanglier juste avant qu'il ne rentre dans le roncier derrière lui. Les 2 teckels sont au ferme et le sanglier ne semble plus bouger. Un second chasseur fait le tour pour se poster de l'autre côté du roncier. Je décide d'aller voir si le sanglier est mort ou pour l'achever si nécessaire. Je descends, par une grosse coulée, dans un fossé profond qui borde le roncier puis le traverse et rattrape la coulée barrée de ronces qui traverse le roncier. Je progresse voûté et péniblement en écartant les ronces tout en cherchant le sanglier du regard. Il est sur ma gauche à moins de 5 mètres mais je n'arrive pas à le voir. Je distingue à peine les teckels au ferme car il bougent un peu. Je rejoins une zone à peine plus dégagée, à environ 7 ou 8 mètres du fossé, me permettant de me redresser et d'encocher une flèche. Je finis par voir un morceau du flanc du sanglier au travers des ronces. Il me semble mort et j'annonce : "Il me semble qu'il est mort". Je commence à m'avancer un peu en écrasant les ronces quand j'aperçois son œil furibond qui m'observe à environ 3 mètres. "Il est toujours vivant". Il est couché sur le ventre et tourne le dos aux chiens situés sur ma droite, à environ 3 mètres de lui.

Il me présente presque un plein travers. J'arme mon arc et cherche une micro-fenêtre au travers des ronces pour lui décocher une flèche. Je finis par décocher mais ne vois pas si ma flèche a atteint l'animal. Le sanglier se redresse et se tourne face au chien en claquant des dents. J'encoche rapidement une autre flèche, arme et vise son épaule qui s'est sensiblement dégagée. Je décoche. Touché, le sanglier claque des dents, ma flèche est restée en travers de l'animal qui se contracte alors que du sang mousse sur ses babines puis se cabre très rapidement et retombe sur le dos en cassant ma flèche. Il se débat un peu sur le flanc alors que les teckels se taisent et se jettent sur lui pour le piller. J'annonce sa mort aux chasseurs de part et d'autre de ma position. Un autre chasseur arrivé entre temps me rejoint pour m'aider à sortir l'animal alors que je commence à écraser et écarter les ronces pour atteindre mon sanglier. Je récupère les empennages de ma première flèche près du sanglier. Le chasseur me rejoint, nous écartons les ronces pour attraper le sanglier et je dégage rapidement le morceau de flèche avec la lame qui dépasse du flanc de l'animal. Je l'éloigne pour éviter la blessure et la pose près de mon arc resté dans la zone dégagée derrière nous.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Nous attrapons le sanglier par les pattes avant et le dégageons pour l'extraire des ronces. Nous le traînons mètre par mètres vers la coulée et prenons mon arc au passage puis nous dirigeons par à-coup vers la sortie du roncier. Aidée par les autres chasseurs nous lui faisons passer le talus abrupt du fossé. Je remonte ensuite pour examiner mon sanglier, c'est le plus gros de ma vie d'archer. Contrairement à ce que je pensais il s'agit d'une laie. Ma première flèche est restée à l'intérieur sans percer de sortie dans l'animal. Ma seconde flèche est semble t-il passée à côté et je ne l'ai pas retrouvé dans les ronces. Ma troisième flèche rentre dans l'épaule et ressort 30 cm derrière l'épaule opposée en traversant les poumons. Les 2 premiers coups de fusil sont passés à côté, le troisième rentre et ressort juste au-dessus de la peau du ventre, au milieu de la longueur de l'animal, sans toucher les organes. Nous prenons quelques photos souvenir en attendant le 4 x 4 qui doit venir charger le sanglier.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Le chasseur ayant légèrement blessé mon sanglier m'explique qu'il a eu juste le temps de changer ses cartouches de plomb pour des balles et de tirer sur l'animal avant qu'il ne rentre dans le fossé. En examinant les traces du sanglier nous tombons, à l'endroit du tir sur de la graisses projetée sur l'herbe au sol.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Le 4x4 finit par arriver et nous ne sommes pas trop de 4 pour charger mon sanglier sur le véhicule.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Le 4x4 repart à travers la vigne vers le bosquet et je retourne vers mon poste pour attendre la fin de la battue. A mon arrivée, les chiens sont encore derrière un renard mais nous n'arriverons pas à l'avoir à portée de tir et arrêtons la battue. Nous discutons un moment de notre chasse puis redescendons aux silos de Roques.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Les animaux abattus, mon sanglier, le brocard de Christophe et une chevrette tuée au fusil ont été apportés à Justian chez le président de la chasse. Nous décidons de partir sur place pour faire une belle photo de groupe avant d'aller manger à la salle de Lagardère. A notre arrivée les chasseurs de la société sont en train de peser le sanglier que je pense faire plus de 90 kg alors que beaucoup d'archers me l'annonce bien en dessous. La pesée affiche finalement 91 kg. Nous prenons quelques photos de groupe puis repartons pour Lagardère où un bon repas nous attend.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Après un petit apéritif, nous passons à table.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Le repas, comme le début de la journée se déroule dans la bonne humeur et la convivialité, comme chaque année, l'hospitalité de la société de chasse est toujours aussi exceptionnelle. Le repas démarre par une bonne garbure au cou de canard.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Nous aurons ensuite droit à un bon civet de chevreuil accompagné de pattes puis au traditionnel flanc aux œufs qui mérite à lui seul de participer à cette battue mixte annuelle.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Notre repas et le café pris vers 15 heures nous décidons de repartir pour une dernière petite traque avant la nuit. Le président de la chasse me demande d'aller poster les archers autour d'un bois coupé par une ligne à haute tension sous laquelle les ronces et les fougères font une très bonne remise à sanglier et en chassant cette semaine avec mes invités nous avons repéré une forte activité des suidés dans ce secteur. J'ai bon espoir que mes invités puissent en tirer un. J'envoie 8 archers se poster sur le bas du bois et prends le reste des archers avec moi pour poster le haut du bois. En chemin, Xavier qui constate que je n'ai plus que 2 flèches sur mon carquois, me propose de m'en prêter d'autres. Je refuse lui disant que j'ai déjà tiré ce matin et qu'avec 2 flèches j'en ai bien assez. Je laisse Frank en chenin dans un angle de bois ou sortent souvent les animaux puis pars poster les autres archers sur le haut du bois. Les premiers se postent près d'un chemin forestier qui traverse une bande étroite du bois qui, en forme du U, borde sur 3 côtés une prairie. J'ai décidé de ne poster les archers que sur la zone coupée par la ligne haute tension. Avec Jacques nous partons nous poster un peu plus loin sur la même ligne mais au bord de la prairie en rentrant tout de même un peu dans le bois. Je prends encore une fois un poste au hasard qui ne me laisse qu'une visibilité réduite à environ 10 à 15 mètres autour de moi. Derrière moi, une bande de buissons noirs borde la prairie et je me poste dans une bande étroite buissonneuse plus claire avant les ronces sous la ligne à haute tension.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

En bas, un gros écureuil foncé escalade un chêne près de la ligne des archers. Rapidement, un piqueur arrive par le bas du bois avec les teckels et rentre dans le bois par un passage pour rejoindre les ronces sous la ligne électrique. Les chiens lancent vite un animal qui traverse au niveau des premiers postes de ma ligne sur ma gauche.

Le calme revient et le piqueur s'avance ensuite en longeant les ronces tout en encourageant les chiens. Ils finissent par lancer un chevreuil qu'il annonce. Les chiens poussent un instant puis le calme revient. Un autre piqueur arrive dans mon dos en longeant la prairie puis rentre derrière moi dans les épines pour repartir en sens inverse. Il ne tarde pas à lever un chevreuil qu'il tire au plomb sur la prairie, le blessant à une patte. "Attention, chevreuil blessé, en bas...". Le chevreuil, coursé par les chiens, fonce dans la partie de bois non postée. Les chiens finissent par l'attraper en contrebas et nous l'entendons gueuler un moment avant que le piqueur ne l'atteigne pour l'achever. Le piqueur et les chiens du bas lève, en bout de traque, un chevreuil qui se débine sans être poursuivi. "Chevreuil". Je scrute mon entourage et tend l'oreille quand un bruit furtif m'interpelle derrière moi. Je tourne doucement la tête et aperçois un chevreuil qui me semble d'abord très petit. Ses bosses sur la tête me font penser à un chevrillard. Il s'arrête à environ 10 mètres et écoute le traqueur et les chiens. Je pivote doucement pour me retourner. Le chevreuil ne m'a toujours pas vu. Il s'avance de quelques pas et s'arrête à nouveau pour écouter et regarder vers le bas. C'est un beau brocard qui a perdu ses bois. Une trouée dans les épines m'ouvre une fenêtre de tir sur la coulée sur laquelle il progresse. Il faut qu'il avance encore de quelques mètres. Il fait un pas, écoute à nouveau, j'arme doucement mon arc et aligne mon viseur sur la coulée. Encore un pas et il écoute à nouveau à 1 mètre de la trouée. Il s'avance d'un pas très lent, mon viseur se cale sur son épaule. Il est à environ 6 ou 7 mètres, je décoche. Touché bas au niveau de l'épaule, il réagit à peine et continue à avancer d'un pas lent tout en boitant sévèrement. Il fait 6 ou 7 mètres et tourne sur lui-même pour se coucher calmement face à son arrivée. A peine couché, il tombe sur le flanc et s'immobilise rapidement.

Je me retourne et reprends mon attente. Les chiens poussent au loin et des coups de feu répétés retentissent. Les sangliers viennent d'être levés hors de la zone cernée par les archers. Un chien vient se mettre au ferme sur ma droite mais finit par renoncer et s'éloigne. Le temps passe et le calme s'installe. J'appelle un des piqueurs pour lui demander si la chasse est terminée et il me dit de déposter le bois car les sangliers ont filé sous le village de Roques dans le bois de pin. Je pars donc cherché ma flèche que je peine à retrouver. Je retrouve la zone du tir avec le premier sang et une touffe de poil.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

En progressant dans l'alignement du tir, je finis par trouver ma flèche posée sur le sol et couverte de sang.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Je la récupère et la remets au carquois. La piste de sang est courte mais bien marquée. Je rejoins mon chevreuil pour lui apposer le bracelet. 

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Comme je l'avais vu, ma flèche rentre basse au niveau de la patte avant et ressort au milieu de la cage thoracique. J'appelle Lionel pour qu'il déposte la ligne du bas puis tente d'appeler Jacques mais il ne répond pas. Je tire mon chevreuil hors des épines sur la prairie et lui attache mes pattes pour le charger sur mon épaule et partir déposter ma ligne. J'entends Phil et Claude discuter et comprends qu’ils ont tiré. C'est en fait Claude qui tire un chevreuil mais sa flèche est passée dans le poil du dos pour aller se ficher dans un arbre.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Une fois la lame dégagée, il trouvera du poil sur cette dernière mais pas de sang.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Alors que Je passe devant Xavier, ce dernier en profite pour immortaliser mon retour, chevreuil sur l'épaule.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Nous récupérons ensuite Frank à qui 3 chevreuils passent trop vite. Alors que nous rentrons aux voitures où nous attendent déjà la ligne du bas. Mon téléphone sonne, c'est le piqueur qui m'avertit qu'un sanglier blessé vient vers nous. J'en averti mes collègues qui repartent vite se poster et je finis d'arriver aux voitures avec mon chevreuil où je fais quelques photos souvenir.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Les chiens arrivent au ferme et la bagarre s'engage avec le sanglier venu se caler dans les ronces sous la ligne électrique. Des chasseurs au fusil arrivent en renfort et se précipitent vers le bois. Pendant ce temps un beau renard surgit du bois et fonce à travers champ vers la digue d'un petit lac sur notre droite puis traverse la route à environ 150 mètres sur ma droite pour foncer vers les terriers situés un peu plus loin dans le bois. Le ferme s'éternise un peu puis le sanglier finit par s'éclipser et nous échapper. La luminosité baisse doucement et les archers venus de loin commencent à nous quitter. Sur cette traque en plus de mon brocard, un autre brocard et une laie de 64 kg ont été prélevée au fusil. La journée s'achève sur un exæquo fusil/arc.

Jacques raccompagne mes invités chez moi car Xavier est invité à manger ce soir et Frank doit repartir et il a de la route. Pour ma part, je vais peler mon sanglier et mon chevreuil avant de rentrer.

Un grand merci à tous les participants, à la société de chasse, les cuistots et cuisinières pour cette belle journée.

 

Alex

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 22:55

Ce soir, je décide d'aller me reposter au même endroit que la veille. Mon ami Patrick à qui j'ai raconté ma chasse a décidé de venir se poster lui aussi dans le secteur. En arrivant doucement près de mon poste, je l'aperçois, à environ 100 mètres, en train de me faire des signes mais je ne comprends pas ce qu'il veut me dire. Je finis d'arriver doucement à mon poste et vois que Patrick quitte le sien, je trouve ça bizarre mais reste à ma place et m'immobilise car la nuit arrivera vite. A peine Patrick parti, des sangliers se mettent à couiner dans le bois sur ma droite à environ 20 ou 30 mètres. La tension monte d'un cran et je me prépare en accrochant mon décocheur. Les sangliers tournent un petit moment sans sortir à découvert quand un peu plus loin devant moi, dans le bois une toux très sonore retentit. Certainement un autre sanglier, le silence revient un moment puis cette toux retentit à nouveaux. Je surveille les alentours alors que la luminosité baisse vite. Alors que je surveille le bois en directions des premiers couinements, je ne remarque pas tout de suite un gros sanglier qui vient vers moi mais alors qu'il se met à grogner en se dirigeant droit sur moi, mes yeux se braquent rapidement sur lui. Il arrive, comme son collègue de la veille, droit sur moi en empruntant le même chemin. Je me prépare à armer mais pour l'instant il vient de face. Il biaise un peu sur ma droite et se dirige droit sur le sang que mon sanglier a laissé la veille, il descend le talus de la mare en soufflant puis se met à renifler le sang. Il est toujours de face à environ 10 mètres et je m'attends à le voir s'enfuir mais il se tourne plein travers et s'avance un peu en suivant le talus pour s'immobiliser en face me moi. J'arme doucement, vise et décoche, la luminosité n'étant pas très bonne, il me semble que ma flèche est un peu en arrière mais sans en être sûr.

Le sanglier démarre en trombe, un bruit humide très sonore provient de sa plaie. Je le laisse disparaître un peu plus loin dans le bois. Rapidement le calme revient puis je pars chercher ma flèche mais impossible de la trouver, je ne vois pas non plus de sang près de la zone du tir. J'attends un peu avant de commencer ma rechercher et la nuit s'installe. Ne trouvant toujours pas la moindre goutte de sang au départ de ma recherche, je pars directement en direction du bois où est rentré le sanglier, 40 ou 50 mètres plus loin et commence à inspecter la lisière avec ma frontale quand je tombe sur des gouttes de sang.

2 sangliers en 2 jours, 4 novembre 2015

Le sang remonte dans le bois et est assez facile à suivre. J'avance tranquillement en suivant les gouttes. Rapidement, la piste rentre dans les épines en suivant une grosse coulée et je progresse à 4 pattes sur les traces de mon sanglier. Environ 20 mètres après l'entrée dans le bois, je retrouve ma flèche, couverte de sang, posée au sol sur la coulée, lame vers moi, elle avait dû restée accrochée par l'empennage et la lame s'est accroché dans la végétation lors de la fuite, provoquant son extraction du sanglier. Je la récupère et la remets au carquois puis reprends ma recherche. Le sang monte toujours au plus raide et est plus ou moins abondant mais assez facile à suivre. Par moment, je commence à tomber sur des frottés très marqués.

2 sangliers en 2 jours, 4 novembre 2015

Encore quelques mètres et la piste prend à gauche pour suivre, sur 10 mètres environ, une grosse coulée bien dégagée et monter un peu moins mais rapidement le sang repars vers le haut et rentre à nouveau dans le sale quand une forte odeur de sanglier emplit mes narines. Je balaye le secteur avec ma frontale et aperçois mon sanglier couché sur le flanc un peu plus haut dans une éclaircie au milieu des épines. Je me rapproche doucement et constate qu'il est bien mort. Ma flèche semble avoir traversé les poumons, plus en avant que mon impression de départ. Il a parcouru environ 100 mètres et malgré l'atteinte n'a pas cessé de monter. C'est un beau ragot d'environ 70 kg.

2 sangliers en 2 jours, 4 novembre 2015

Je profite de quelques photos souvenir pour me poser un peu.

2 sangliers en 2 jours, 4 novembre 2015

J'attache ensuite le groin de mon sanglier pour le sortir des épines et rentrer. En retrouvant Patrick dépité à la voiture, il m'annonce qu'il s'était posté à mon poste avant mon arrivé et l'avait quitté peu avant que j'arrive. C'est alors qu'un gros sanglier était venu se souiller quelques minutes, alors qu'il s'était éloigné vers son second poste. Il a alors tenté une approche mais le sanglier s'était éclipsé. C'est pour cela qu'il avait quitté son poste si tôt, pensant que la chasse était finie en voyant repartir ce gros sanglier vers les épines juste avant que j'arrive.

 

Alex

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 22:53

Ce soir en sortant du boulot, je décide d'aller faire un tour rapide au sanglier. Avec le changement d'heure, la nuit tombe maintenant très vite mais me laisse encore environ 1 heure pour chasser. Arrivé sur place, je me change rapidement puis pars pour aller me poster près d’une mare partiellement asséchée où les sangliers viennent souvent se souiller. Je pars à travers bois et presse le pas sur le chemin forestier quand j'entends un pas monter par le penchant de droite. Je me fige, les bruits de pas tout proches s'arrêtent rapidement puis semblent faire demi-tour. Je viens très certainement de faire tourner un sanglier qui me montait droit dessus. Je tente de m'approcher doucement du bord du chemin, au travers de quelques genêts mais je ne peux qu'entendre l'animal se débiner en contrebas. Les feuilles mortes qui jonchent le sol m'interdisent toute approche et je préfère ne pas perdre plus de temps. Je reprends ma progression et presse le pas car il ne me reste pas beaucoup de temps pour chasser. Alors que j'attaque un virage du chemin, je fais démarrer un gros sanglier d'environ 80 kg sur ma droite. Il fouillait les feuilles mortes au milieu des arbres et je l'ai vu trop tard. Décidément, c'est une soirée à sanglier.

Cette fois, je finis d'arriver près de la mare asséchée. Je tente de m'approcher sans faire trop de bruit sur les derniers 200 mètres car la remise n'est pas loin. Je me poste contre un amas de ronces et de buissons et l'attente commence. La luminosité décroit rapidement quand des craquements retentissent dans le bois sur ma droite. Un animal se rapproche peu à peu, lentement. Je crains qu'il n'arrive trop tard car la nuit sera vite là mais je finis par l'apercevoir, il sort du taillis et se dirige droit vers moi. Je suis statufié et n'ose pas bouger. Petit à petit, il s'avance et finis pas s'arrêter face à moi à environ 10 mètres. Il hume l'air puis descend le talus de la mare et continu à s'avancer vers moi au travers de quelques touffes de végétation. Ses pattes, qui s'enfoncent par moment dans la boue, font en se relevant un bruit de succion. Il finit par se présenter plein travers à 6 mètres et, sa tête cachée par une touffe de végétation, il donne de grands coups de tête pour fouiller la boue. J'arme doucement, mon viseur se cale sur l'animal derrière l'épaule et je décoche.

Touché, le sanglier pousse un grand cri et s'effondre sur place. Il se débat dans la boue en couinant puis finit par se redresse et se traîner sur 5 ou 6 mètres pour retomber lourdement sur le côté sans arriver à se relever. Il tourne en rond au sol en essayant de se redresser. Je réencoche rapidement et me précipite vers lui pour l'achever. Arrivé à environ 3 mètres du sanglier, j'attends qu'il se présente ventre vers moi en tournant sur place pour lui placer ma flèche au niveau du cœur. Touché une seconde fois, il s'immobilise rapidement. Ma première flèche un peu trop haute s'est arrêtée dans la colonne vertébrale et je récupère le morceau qu'il a cassé en se traînant puis le morceau de ma seconde flèche qu'il a aussi cassé avant de mourir. Je le sors ensuite de la mare asséchée où il a perdu beaucoup de sang avant de l'attacher par le groin pour le tirer jusqu'à ma voiture.

C'est un joli petit ragot d'environ 60 ou 65 kg.

Un affût au sanglier court mais fructueux, 3 novembre 2015

Alex

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 10:22

Ce soir, Renault et Thierry, a qui j'ai fait gagner la possibilité de tirer un chevreuil à l'arc sur un de mes territoires de chasse, arrivent ce soir chez moi vers 21h30, ce qui me laisse le temps d'aller faire un tour à la chasse mais je décide d'aller chasser sur Traverséres car ce territoire est plus près de chez moi. En sortant du boulot, je passe chez moi me préparer puis pars pour Traversères. J'ai pris le haut de ma nouvelle tenue camo 3D que j'ai achetée pour l'affût, la battue et un futur séjour en Guyane pour l'essayer. Je gare ma voiture près de la ferme en haut de mon secteur de chasse puis pars, à travers pré, en longeant la crête de la colline derrière les bâtiments avant de prendre à gauche pour descendre à travers bois vers mon poste situé dans le bois, en bordure d’une zone coupée, il y a quelques années, qui est devenue un taillis épais. Une belle remise se trouve au bout du bois dans une zone épaisse de genets et d'épines. Le vent vient de la remise, idéal pour un affût. Les arbres où j'ai mis du goudron l'an dernier sont frottés et le sol est marqué du passage répété des sangliers. Je descends par la coulée des sangliers et me poste au pied de 3 chênes. Je nettoie le sol du pied pour éviter de faire du bruit en bougeant, encoche une flèche et pends mon arc à une branche avant d'aller mettre un peu de goudron sur les arbres au-dessus de moi. Je retourne à mon poste, l'attente commence.

Un sanglier perdu, 19 septembre 2014

En contrebas, j'aperçois les prés de la combe au travers des feuillages et le bois qui remonte sur le penchant opposé. Sur ma gauche, la grosse coulée très marquée par les sangliers qui viennent se frotter au goudron

Un sanglier perdu, 19 septembre 2014

et au-dessus de moi, une belle coulée à environ 8 mètres sur laquelle j'ai fléché un sanglier l'an dernier au même affût.

Un sanglier perdu, 19 septembre 2014

J'observe les pics qui volent d'arbre en arbre, les geais donnent de la voix sur le penchant boisé opposé. Des animaux y sont certainement en train de se déplacer, peut-être n'ai-je pas choisi le bon poste mais je décide de ne pas bouger, on verra bien. La luminosité commence juste à décliner quand des craquements se font entendre devant moi dans le taillis, ce bruit ça ne peut être qu'un sanglier. Une grosse coulée débouche juste devant moi et le sanglier semble venir par là. J'espère que non car le tir de face à 3 mètres ne serait pas évident mais les craquements commencent à biaiser doucement comme pour sortir sur une coulée qui passe juste à 4 mètres sur ma droite en dessous de moi. La pente du bois est assez forte et je domine la coulée d'environ 2 mètres. Le bruit devient de plus en plus présent et je commence à voir bouger la végétation. Le sanglier marque des arrêts réguliers puis finit par m’apparaître. Sa tête surgit à 5 mètres du taillis. J'arme mon arc doucement. Il marque une pause puis s'avance sur la coulée, fait 2 mètres, s'arrête à nouveau mais la végétation dense m'empêche de tirer. Il avance encore et passe lentement dans une trouée à 4 mètres, j'aligne ma visée derrière sa patte avant et décoche. L'impact retentit, le sanglier grogne puis démarre en cassant tout sur son passage, s'arrête environ 30 mètres plus loin, pousse un grand soupir puis repart, j'arrive à le suivre au bruit un moment puis le calme revient. J'ai bien vu disparaître mon encoche lumineuse là où je visais et je pense ma flèche bonne. Je réencoche et attends un peu, l'encoche lumineuse rouge de ma flèche fichée au sol est bien visible à 5 mètres de moi.

La luminosité baisse rapidement et je décide de quitter mon poste pour aller contrôler mon tir. Je me fraye un passage au travers des ronces pour rejoindre ma flèche couverte de sang.

Un sanglier perdu, 19 septembre 2014

Dès l'impact, du sang a été projeté sur une grosse branche sèche au bois blanchi par le temps et dont l'écorce est tombée.

Un sanglier perdu, 19 septembre 2014

2 mètres plus loin, les premières gouttes de sang ont marqué le sol.

Un sanglier perdu, 19 septembre 2014

Je récupère ma flèche et la remets au carquois puis commence à suivre la piste. Je n'aurais pas dû prendre ma tenue 3D car les ronces s'y accrochent et je crains de vite la déchirer. Du coup, je passe plus de temps à me désempêtrer des ronces qu'à avancer car le sanglier est passé au travers d'une zone très sale. Le sang s’intensifie vite et je n'ai pas de mal à le suivre.

Un sanglier perdu, 19 septembre 2014

Un peu plus loin, le sanglier a frotté à 50 ou 60 centimètres du sol contre le tronc d'un chêne et a laissé une belle marque de sang, je suis assez confiant sur le résultat de ma recherche.

Un sanglier perdu, 19 septembre 2014

Le sang est toujours assez abondant, le sanglier suit les coulées. La piste descend la majorité du temps mais remonte à peine de temps en temps pour redescendre de plus belle et alterne les zones claires et les zones sales. Je finis par suivre la bordure du bois à quelques mètres à l'intérieur de ce dernier, sur une grosse coulée assez dégagée et arrive sur une reposée du sanglier. Un gros rond de sang a marqué le sol à l'endroit où le sanglier s'est certainement couché. De là, le sang devient beaucoup moins abondant et de moins en moins facile à suivre, je le perds rapidement et décide d'arrêter là ma recherche car mes invités ne vont pas tarder à arriver. J'appelle donc le conducteur de chien de sang une fois sorti du bois puis retourne vers ma voiture. Mon téléphone sonne c'est mes invités qui arrivent. Je presse le pas pour rejoindre ma voiture et me dépêche de rentrer pour les retrouver. Après avoir parlé longuement de chasse nous partons nous coucher. La nuit sera interminable pour moi car je n'arriverai pas à dormir beaucoup à cause de mon sanglier. Comment ai-je pu faire une mauvaise flèche à 4 mètres, plein travers ? Ma position haute a peut-être entraînée l'atteinte d'un seul poumon mais, sans mon sanglier, je ne peux que faire des suppositions.

Le lendemain matin, je conduis mes invités sur Justian, 90 minutes aller-retour, pour les laisser chasser puis reviens chez moi pour attendre le conducteur de chien de sang avant de le conduire sur les lieux de la recherche. La dernière recherche sur sanglier n'ayant pas été concluante, j'ai une grosse appréhension de plus le sanglier est ma bête noire, je sais qu'une recherche n'est jamais gagnée. Nous attaquons la recherche à l'endroit du tir et le chien prends le départ de la piste mais, comme dans les maïs, il s'en désintéresse assez vite et prend à droite, intéressé par une émanation qui le fait remonter dans le bois. Son maître le recadre mais rapidement il essaye de remonter à nouveau. Un très mauvais pressentiment m'envahit, le chien ne veut rapidement plus suivre la piste malgré les essais répétés de son maître et je dois me contraindre à reprendre ma piste par mes propres moyens. Nous tentons de reprendre de la couche du sanglier que je retrouve sans mal en suivant le sang assez abondant et encore bien visible mais le chien ne veut rien savoir. Il finira par prendre un piste et conduira son maître à un terrier de renard. A force de chercher nez au sol, je finis par reprendre la piste qui remonte maintenant vers la crête mais le sang est très peu abondant et la progression est très lente pour s'interrompre définitivement 30 ou 40 mètres plus loin. Il est 11 heures, il fait déjà très chaud et il faut me rendre à l'évidence j'ai encore perdu un sanglier, je n'y comprends plus rien. Je tente tout de même d'appeler un autre conducteur de chien de sang mais il m'enverra promener comme je m'en doutais. J'aurais dû tenter de le suivre hier soir avec Hémo qui est assez bon en recherche sur le sanglier mais pas sur les pistes de la veille.

 

Alex

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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 13:00

Ce soir, Fred m'accompagne pour aller chasser le sanglier dans les maïs de Saint Arroman, nous arrivons sur place aux alentours de 19 heures. Je me gare près du Sousson traversé par un chemin de terre au niveau d'un passage bétonné. Je décide de laisse à Fred le secteur le plus fréquenté sur la gauche du chemin et de me concentrer sur la droite, sur une bande étroite de maïs coincée entre la colline et le Sousson. Je pars en longeant tranquillement le Sousson sur une bandé enherbée qui longe la culture et arrive sans rien voir au bout du maïs. Je décide de continuer en longeant la largeur du champ pour rejoindre le bois qui couvre la colline. A ma droite un champ de soja délimité au loin par une grosse haie perpendiculaire au Sousson et par une autre haie perpendiculaire qui le sépare d'une prairie devant moi. J'avance doucement en surveillant les 3 passages de canon successifs, rien en vue. Je rejoins une avancée étroite de maïs qui rejoint une avancée rectangulaire du bois sur la prairie qui fait suite au champ de soja. Je longe cette bande de maïs et arrive au bord du bois où la culture a été ravagée sur quelques mètres par les sangliers et les blaireaux.

Une belle approche pour un sanglier perdu, 05 septembre 2014

Je longe alors doucement l'avancée de bois et rejoins un chemin de terre qui la traverse. Je le suis et retombe sur la prairie, je suis le bois en direction d'un petit lac entouré d'arbre un peu plus loin. Une langue de pré remonte dans le bois et rattrape un chemin de terre qui s'enfonce dans le bois. Alors que je traverse cette langue de pré un chevreuil démarre en aboyant à environ 50 mètres dans le bois et s'éloigne en protestant. Je rattrape le chemin de terre qui passe derrière le lac en longeant le bois et le suis un moment. Le sol humide est ponctué de traces de blaireaux, de chevreuils et de sangliers. De nombreuses coulées très marquées descendent du bois sur le chemin. Le lac passé, le chemin permet de voir le soja et j'aperçois au loin, au milieu de la culture, une tête de chevreuil qui dépasse de la végétation et regarde vers moi. Je suis un peu le chemin puis fais demi-tour. Le chevreuil me regarde toujours. Je reviens vers la langue de pré qui rentre dans le bois et la remonte pour prendre un autre chemin forestier qui remonte en serpentant dans les bois. Je vais suivre un moment ce chemin sans rien voir à part quelques oiseaux et déboucher à environ 200 mètres de la voiture, dans une vallée qui remonte vers les crêtes. Une chevrette broute à environ 150 mètres sur ma droite au bord du bois, je prends à gauche et redescends vers la voiture entre le bois et un bout de haie. Une ornière boueuse et marquée des pieds d'un sanglier d'environ 60 ou 70 kg.

Je rejoins le chemin empierré au bord duquel je suis garé puis le suis pour recommencer la boucle que je viens de faire. Je rattrape la bande enherbée qui longe le Sousson et suis à nouveau tranquillement les maïs. Un peu plus loin, je jette un coup d'œil à un passage de canon parallèle au Sousson qui débouche sur la bande enherbée alors que le maïs décrit une courbe sur ma droite. J'y ai surpris un jeune 6 pointes il y a quelques temps.

Une belle approche pour un sanglier perdu, 05 septembre 2014

Il n'était qu'à 10 mètres de la bordure du maïs et à bonne portée pour un tir mais se sentant en sécurité dans le maïs, il m'a laissé le prendre plusieurs fois en photo sans bouger avant de finir par se débiner en suivant le passage de canon. Rien en vue ce soir, je reprends ma progression tranquille et arrive à nouveau au bout du maïs. Je recommence donc à longer la largeur du champ, il est environ 20 heures. J'avance doucement en arrivant au premier passage de canon quand un grognement suivit d'un démarrage me surprennent. Je me fige et écoute, le bruit s'est vite arrêté. Je m'avance tout doucement pour tenter d'apercevoir le sanglier dans le passage de canon mais rien dans ce dernier. Je poursuis doucement pour arriver au second passage de canon mais toujours rien. Je continue encore et en arrivant au troisième et dernier passage de canon, j'aperçois un sanglier d'environ 50 ou 60 kg, de cul, à environ 50 mètres qui s'éloigne en suivant le passage de canon.

Je décide de tenter l'approche, je me serre contre la gauche du passage de canon comme le sanglier et commence à le suivre en essayant de le rattraper car il marche d'un pas soutenu. Je tente d'avancer le plus rapidement possible sans faire de bruit, après environ 20 mètres de poursuite sans pouvoir gagner du terrain le sanglier stoppe net et tourne légèrement la tête à droite comme pour regarder derrière lui. Je me fige et attends. Il se remet en marche, je reprends ma progression rapide mais il commence à zigzaguer dans le passage et progresse tantôt sur la gauche, tantôt sur la droite du passage. Par moment de fortes émanations d'odeur de sanglier me parviennent aux narines. Je remarque une tache d'humidité sur son flanc droit, il a dû se souiller de frais. Je parviens à gagner un peu de terrain quand il s'arrête à nouveau et tourne à nouveau légèrement la tête. Je stoppe à nouveau et reste immobile contre le maïs le temps qu'il reparte puis reprends ma poursuite. Un peu plus loin, il s'arrête un instant plein travers, la tête rentrée dans le maïs à droite du passage. J'en profite pour gagner un peu de terrain puis stoppe le temps qu'il se remette en marche, il n'est plus qu'à 30 mètres devant moi, il arrive au bout du passage de canon et bifurque à gauche en suivant le maïs dont le biais de la bordure ne me permet plus de voir le sanglier. Je tente d'avancer rapidement mais en essayant également de ne pas faire trop de bruit et arrive au bout du passage de canon.

Il est là à une vingtaine de mètres sur la bordure du champ, il s'est arrêté derrière une ligne de maïs un peu détachée des autres. J'avance rapidement, caché par cette ligne de maïs et me positionne au bout de cette dernière. Le sanglier n'est plus qu'à 12 mètres. Je l'observe quand il décide de s'avancer dans les herbes hautes de la friche qui couvrent le penchant de la colline sur ma droite. J'arme mon arc et aligne ma visée sur son coffre, il stoppe 3 ou 4 mètres plus loin me présentant un léger 3/4 arrière, en contre plongée, à moins de 15 mètres. Ma visée est alignée, je décoche. Ma flèche rentre au milieu des côtes et semble ressortir dans les muscles du cou mais reste en travers du sanglier qui fait volte-face pour foncer vers le maïs. Il rentre dans la culture dans un grand fracas et je le suis au bruit sur environ 60 mètres puis le calme revient. Je me rapproche doucement de la zone du tir et constate qu'il y a du sang presque juste après l'impact dans les herbes hautes

Une belle approche pour un sanglier perdu, 05 septembre 2014

puis à l'entrée du maïs au sol

Une belle approche pour un sanglier perdu, 05 septembre 2014

comme sur les pieds de maïs.

Une belle approche pour un sanglier perdu, 05 septembre 2014
Une belle approche pour un sanglier perdu, 05 septembre 2014

Dans sa fuite, l'animal a couché une bande de 1 mètre de large de maïs sur environ 30 mètres de long

Une belle approche pour un sanglier perdu, 05 septembre 2014

et le sang qui marque en grosses taches sur les pieds couchés est bien visible même de loin.

Une belle approche pour un sanglier perdu, 05 septembre 2014

Je décide d'attendre environ 15 minutes avant d'attaquer ma recherche. J'ai un mauvais pressentiment sans trop savoir pourquoi car ma flèche me semble bonne.

Après mon quart d'heure d'attente, je commence ma rechercher, et commence à suivre le sang dans le maïs sans difficulté, de grosses taches de sang ponctuent régulièrement les pieds de maïs, le sang abondant coule encore le long des pieds de maïs,

Une belle approche pour un sanglier perdu, 05 septembre 2014
Une belle approche pour un sanglier perdu, 05 septembre 2014
Une belle approche pour un sanglier perdu, 05 septembre 2014

j'avance facilement sur environ 40 mètres où je retrouve ma flèche cassée, il manque environ 15 ou 20 cm côté lame, du sang sur toute la longueur et les empennages,

Une belle approche pour un sanglier perdu, 05 septembre 2014

le sanglier semble filer à peu près droit vers le ruisseau. La piste débouche sur le premier passage de canon où le sanglier semble s'être arrêté un instant car un rond de gouttes de sang marque la végétation au sol.

Une belle approche pour un sanglier perdu, 05 septembre 2014

Je trouve l'endroit où il est rerentré dans le maïs et reprends ma recherche, le sang est un peu moins abondant mais les frottés sur le maïs sont assez nombreux. La luminosité baisse vite et je dois allumer la lumière de mon portable pour continuer la recherche. Une forte odeur de sanglier flotte dans l'air tout à coup. Je tombe un peu plus loin sur un endroit où le sanglier s'est couché, le sol est marqué d’une légère dépression de forme ovale maculée de sang avec une grosse boule d'écume rose sur la gauche de la couche. C'est signe d'au moins un poumon touché et de plus coté sortie de flèche, vu l'entrée de ma flèche, je commence à y croire un peu plus. De là, la piste s’amenuise fortement et commence à longer entre 2 sillons de maïs. Je suis les pieds du sanglier qui ont marqué au sol et de petites gouttes qui marquent par endroit la végétation, ma recherche est facilitée par la présence d'herbes hautes que le sanglier a tirées dans la fuite. Je tombe un peu plus loin sur une autre couche du sanglier moins marquée en sang puis le sang commence à devenir de plus en plus rare. Je décide de laisser tomber et ressors du maïs pour revenir vers la voiture. En chemin j'appelle Monsieur Orio pour faire une recherche demain matin. Il doit me confirmer s’il peut venir demain matin de bonne heure.

En arrivant au passage busé qui traverse le Sousson près de la voiture, j'aperçois dans le noir la forme d'un petit serpent sur le béton. Je le prends en photo, c'est une couleuvre vipérine.

Une belle approche pour un sanglier perdu, 05 septembre 2014

Elle tente de fuir mais à chaque flash, elle se replie sur elle-même avant de repartir la pénombre revenue. 

Une belle approche pour un sanglier perdu, 05 septembre 2014

J'attends Fred à la voiture, il ne tarde pas à arriver. Je lui raconte ma chasse et il me propose de m'aider à chercher mon sanglier mais je lui dis qu'il vaut mieux attendre le conducteur de chien de sang pour assurer notre recherche. J'avais pris Hémo dans la voiture mais je ne lui fais plus du tout confiance pour les recherches car il a pris l'habitude de prendre des voies chaudes et même si je sais qu'il est capable de suivre la piste fraîche de mon sanglier, je pense que laisser passer une nuit ne peut être que bénéfique et que ça laissera le temps à l’hémorragie de se faire. Fred se propose de revenir demain matin. J'ai un mauvais pressentiment sur l'issue de cette recherche et ma nuit sera courte et agitée. J'ai mis, bien que je n'en ai pas eu besoin pour me lever, mon réveil à 6 heures. Et je descends me préparer. Vers 7 heures mon téléphone sonne, c'est Monsieur Orio, il est dispo pour la recherche et est en route. Je contacte Fred pour l'en avertir, ce denier me rejoint chez moi puis nous partons attendre le conducteur sur Masseube avant de partir en nous suivant vers les maïs de Saint Arroman. Nous nous garons près du Sousson puis nous nous préparons et partons par le pied de la colline en direction de l'endroit où le sanglier est rentré dans le maïs.

En arrivant sur place j'indique l'entrée dans le maïs et le premier sang toujours bien visible. La nuit a été fraîche et un léger brouillard flotte dans l'air. Le rouge semble prendre la piste et nous suivons, avec Fred, le duo en restant un peu en retrait pour le laisser travailler mais rapidement, alors qu'il y a toujours beaucoup de sang, le chien quitte la voie une première fois. Nous le remettons dessus mais au fur et à mesure de notre progression le chien semble peu à peu se désintéresser de la piste et finit par la perdre complètement au même endroit que moi hier soir. Nous restons avec Fred au dernier sang vu alors que le duo de recherche coupe et recoupe dans le maïs. Maintenant, je sais que je ne retrouverais pas mon sanglier. A force d'insister, le chien va prendre une voix qui va aboutir sur une coulée de ragondin au bord du ruisseau. Son maître le reprend vers les maïs mais impossible de faire reprendre la piste à son chien qui part maintenant dans toutes les directions. Je suis dégoûté et je me dis qu'à vouloir bien faire, j'ai certainement gâché ma seule chance de retrouver mon sanglier. Je me dis que j'aurais dû faire ma recherche avec Hémo sur la voie chaude. Le chien finit toujours par reprendre cette voie qui débouche sur la coulée de ragondin. Je laisse Fred au dernier sang et par contrôler cette traversée du ruisseau mais aucun sanglier n'est passé là. J'en profite pour longer un peu le ruisseau au cas où le sanglier serait venu y mourir puis je retourne avec Fred. Le conducteur tente de couper la piste en faisant des tours dans le maïs et tombe sur de nombreuses traces de sanglier et des coups de nez, la compagnie était gîtée là dans le maïs hier soir et ses allés et venus ont dû bouleverser la piste de mon sanglier fléché. Il tente donc ensuite autour de la culture mais rien n'y fait, Il recoupe même par un chemin forestier à mi-pente de la colline, il finit par laisser son chien libre dans la culture mais toujours rien. Je décide de reprendre ma recherche à quatre pattes dans le sillon de maïs. Après un moment, je me rends compte que le sanglier qui semblait partir à l'opposé de la voiture avant de revenir vers cette dernière repart maintenant en sens inverse sur 30 mètres, je suis de toutes petites gouttes, le nez au sol puis il bifurque à nouveau pour faire un virage à 180°.

Après un moment à chercher du sang, je me rends compte qu'il a légèrement frotté les pieds de maïs à ma gauche pour passer dans le rang suivant pour repartir en sens inverse, le sang devient alors très rare et je finis par le perdre totalement au bout d'environ 20 mètres. Je décide d'aller chercher Hémo dans la voiture pour une dernière tentative alors que monsieur Orio tente toujours de recouper le sanglier. Je pars donc à la voiture et reviens rapidement avec Hémo pour tenter de reprendre la piste au début mais comme je le craignais, après avoir longtemps hésité, il suit un peu la piste puis la quitte pour partir dans tous les sens et malgré plusieurs recadrages, il ne la prendra plus assez rapidement. Cela fait plusieurs heures que nous cherchons sans succès et nous décidons de rentrer à travers le maïs au cas où. Hémo va se mettre à donner à la longe un peu plus loin mais après avoir tourné et retourné dans le maïs il perdra cette voie certainement chaude. Arrivés aux voitures, Monsieur Orio nous quitte mais je décide de tenter une dernière chance. Nous partons avec Fred par l'autre côté du ruisseau pour tenter de recouper une piste. Nous longeons une bande enherbée bordant un maïs puis passons un fossé par une coulée très fréquentée par les sangliers pour longer une seconde parcelle de maïs mais celle-ci arrive au ras du ruisseau et sa bordure est encombrée de ronces rampantes. Les ragondins et les blaireaux ont coupé pas mal de pieds mais pas de trace de sang. Nous ressortons un peu plus loin, après avoir passé un autre fossé lui aussi traversé par une belle coulée, sur un champ travaillé ou j'espère trouver des traces de sanglier.

Fred longe le ruisseau alors que je longe le bord de la bande enherbée à la recherche d'une trace ou d'un indice mais nous ne trouverons rien. Cette fois nous rentrons. Après manger et une petite sieste, je décide de retourner dans les maïs pour tenter de passer tout le secteur de recherche rangée par rangée mais 4 heures de recherche ne donneront rien à part la localisation de la zone où étaient gîtés les sangliers la veille. Ils ont remué une bonne partie du bord du champ vers le soja et des traces bien marquées jonchent le sol en tous sens. Je retourne chez moi démoralisé et brûlé au visage par le frottement des feuilles de maïs.

 

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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