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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 15:29
Ce soir, je pars de chez Patrick vers 17h45 pour aller chasser sur une piste qu'il a dégagé cette année. J'avance doucement mais le sol très sec et jonché de feuilles mortes et de débris végétaux est très bruyant par endroit et j'hésite à continuer ma chasse sur ce secteur. Après environ 20 minutes de marche je tombe sur un trou d'environ 40 à 50 centimètres de profond et de large creusé sur la droite de la piste par les sangliers et les cerfs. Patrick a attaché au dessus une pierre à sel qui goutte sur le sol. La zone semble bien fréquentée. Patrick m'a parlé d'un beau carrefour de coulées un peu plus loin, à l'endroit où il a arrêté d'ouvrir la piste. Je poursuis donc mon chemin pour aller y jeter un coup d'œil et trouve vite l'endroit. Une sorte de combe rocailleuse, avec un petit filet d'eau, descend du sommet au plus raide de la pente. La zone est plus dégagée que la piste fermée par les buis et permet de voir à plusieurs dizaines de mètres. Sur le haut, à environ 40 à 50 mètres plusieurs arbres sont tombés dans la pente parallèlement à la combe et ont encore ouvert d'avantage le paysage. Je reste un moment dans le secteur à l'écoute et en ouvrant bien les yeux mais je n'y crois pas trop. J'ai fait beaucoup de bruit pour venir. Le vent souffle vers en bas. Il est encore tôt, 18h15 environ et je décide de quitter le secteur pour aller chasser sur une autre zone.
Je n'ai pas fait 30 mètres sur la piste quand le bruit d'une bande d'animaux descendant vers moi se fait entendre, je pense d'abord à des grands cervidés. Les brindilles craquent, le bruit de feuilles mortes se fait de plus en plus présent et les pierres roulent puis des souffles et des grognements étouffés se font entendre, c'est une bande de sangliers qui m'arrive dessus. Je suis au bout d'une bande de noisetiers épais descendant en longeant la droite de la combe jusqu'au ras de la piste et qui me cache des animaux qui arrivent. Je commence à distinguer les animaux. Un premier sanglier de belle taille stoppe dans les noisetiers à environ 30 mètres au dessus de moi. J'arme mon arc mais il démarre rapidement et traverse une zone dégagée d'environ 20 mètres pour disparaitre dans le sale. Une bête rousse lui emboite le pas aussi rapidement sans me laisser d'opportunité de tir. Une autre bête rousse s'arrête dans les noisetiers quand le gros sanglier fait demi-tour et revient sur ses pas au galop pour rentrer dans les noisetiers avant de bifurquer pour suivre cette bande de noisetier et sortir à découvert à quelques mètres de moi. J'arme doucement alors que le sanglier s'avance tranquillement nez au sol. Les noisettes craquent sous ses dents. Je le suis dans mon viseur, il n'est plus qu'à 6 mètres presque plein travers. Je vise le défaut de l'épaule et décoche, Touché là où je visais, le sanglier démarre et fonce dans la pente de la combe. Ma flèche a traversé et s'est plantée au sol.
Je réencoche rapidement. Les autres sangliers éclatent dans tous les sens un petit se présente 3/4 arrière à 15 mètres. Il est partiellement caché par les branchages des noisetiers, j'arme, vise et décoche mais il démarre alors que ma flèche arrive. Elle frappe un rocher et ma pointe de chasse explose. Ma flèche revient en arrière et retombe à côté de ma première flèche. Les sangliers qui s'étaient arrêtés redémarrent et j'aperçois un gros sanglier qui se débine à environ 50 en remontant au plus raide de la pente en suivant un des gros arbres tombé au sol sur la gauche de la combe. J'ai du mal à croire qu'il s'agit de celui que je viens de flécher au défaut de l'épaule mais il lui ressemble beaucoup. Je reste un moment sans bouger en surveillant les alentours, les craquements et les grognements s'éloignent puis le calme revient. Je récupère ma flèche cassé et  l'autre plantée dans la terre. Cette dernière est couverte de contenu stomacal et sent très fort. Vu mon atteinte d'entrée, au défaut de l'épaule, elle a dû ressortir par l'estomac dont le contenu a lavé toute éventuelle trace de sang. L'autre flèche un peu raccourcie ne comporte pas une trace de sang, pas un poil ou autre indice. C'est bien manqué comme je le pensais. Je commence à chercher des indices sur la trajectoire de fuite estimée de mon gros sanglier en descendant dans la combe mais je ne trouve pas de sang.
je reviens au point de tir et me remémore la scène quand des grognements et des craquements me mettent en alerte, J'aperçois alors un petit sanglier qui remonte à environ 60 mètres au travers des branchages après la combe. Il grogne pour appeler son groupe et remonte au petit trot et passe à environ 45 mètres puis biaise pour remonter vers l'endroit où je perds le gros sanglier de vue. Arrivé à cet endroit, il panique et redescend en grognant et cherche son chemin au travers des troncs, passe sous l'un d'eux puis hésite à passer au dessus de moi dans les noisetier avant de bifurquer pour redescendre et venir stopper presque plein travers à un peu plus de 20 mètres. J'ai déjà armé mon arc et cale ma visée alors qu'il hume l'air tête relevée. Je décoche et ma flèche le frappe à l'épaule et semble restée en travers. Il me semble voir mon empennage dépassé au ras du poil du côté du tir. Le sanglier démarre mais fait à peine 1 mètre avant de planter le nez au sol et de rouler comme un lapin sur environ 20 mètres pour se fracasser contre un arbre au pied duquel il s'immobilise vite dans un tas de branches.
Je le laisse sur place et remonte vers là où j'ai perdu le gros sanglier de vue. Je tourne un peu au milieu des troncs puis trouve une belle piste de sang qui part en descendant très légèrement par rapport à la courbe de niveau.
Faute de cerf, les sangliers... 22 septembre 2018

Je suis cette piste assez facilement. Le sanglier laisse de frottés très marqués quand il passe les obstacle au sol. La piste s'éternise sur plus de 200 mètres avec beaucoup de reposée debout avant de remonter au plus raide à travers les buis et les rochers sur environ 30 mètres. Le sanglier saigne alors beaucoup plus dans l'effort puis la piste reprend la courbe de niveau et le sang s'amenuise vite. Je trouve ce qui ressemble à une couche puis les goutes s'espace de plusieurs mètres puis de plusieurs dizaines de mètres. La nuit sera vite là, je décide d'arrêter là et d'appeler un chien de sang mais personne n'est disponible pour demain matin. Je retourne donc sur mes pas pour aller chercher mon petit sanglier sur lequel les mouches ont déjà beaucoup pondu. Je fais quelques photos souvenir avant de rentrer par la piste avec mon sanglier alors que la nuit m'enveloppe.

Faute de cerf, les sangliers... 22 septembre 2018

De retour le lendemain matin vers 8h30, je reprends ma recherche aidé de Patrick et ses chiens  mais je perds le sang après plus de 300 mètres de recherche. La sanglier semble rentré dans une prairie marécageuse humide avec une végétation très épaisse parcourue de très nombreuses coulées. Je contrôle quelques souilles dans le secteurs sans plus de résultat avant de rentrer dépité. Sur le retour, je tombe sur le sang que le sanglier a laissé juste après le tir et que je cherchais plus à gauche. Il a laissé de très grosses traces de sang sur 20 mètres environ. 

Faute de cerf, les sangliers... 22 septembre 2018
Faute de cerf, les sangliers... 22 septembre 2018
Faute de cerf, les sangliers... 22 septembre 2018
Faute de cerf, les sangliers... 22 septembre 2018
Faute de cerf, les sangliers... 22 septembre 2018
Faute de cerf, les sangliers... 22 septembre 2018

Je sais que ma flèche est mortelle et j'en suis d'autant plus dégouté mais malheureusement c'est aussi parfois ça la chasse.
 

Alex

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26 juillet 2018 4 26 /07 /juillet /2018 21:21

Ce soir, il fait très chaud et je décide d'aller faire un tour des points d'eau du territoire pour voir si les sangliers y sont passés. La résurgence en dessous du lac n'a pas été fréquentée depuis un moment mais un couple et ses 3 chiens a installé une caravane sur la digue du lac ce qui empêche les sangliers de venir dans le secteur depuis des mois. Je pars ensuite, en remontant le coteau, vers une petite mare en limite gauche du territoire, pas de passage ici non plus et la mare a déjà séchée, ne reste que des joncs et un peu de boue qui sera vite sèche. Je pars donc vers un autre point d'eau sur la limite haute du territoire en suivant un chemin de terre forestier marquant cette limite. Cette fois la petite mare broussailleuse est pleine d'eau et n'est pas du tout fréquentée. Je redescends donc à travers bois vers une combe plantée de petits poids et de sarrasin. Alors que je suis à environ 100 mètres de la lisière bordée par la culture, des gazouillis et grognements d'une bande de sangliers se font entendre. Ils semblent venir du coteau boisé, de l'autre côté de la bande cultivée. Je ralentis mon allure et tente de me frayer un chemin dans le bois sans faire trop de bruit mais c'est peine perdue avec le sol sec couvert de feuilles et de bois morts. Quand j'arrive en lisière les sangliers se sont tus. Je reste un moment à l'écoute au bord de la culture quand un crac puis un autre se font entendre dans le bois d'en face près de la lisière.

Petit sanglier à l'approche, 26 juillet 2018

J'attaque tranquillement mon approche au travers la culture, en direction  des bruits. Le vent souffle par ma gauche. Alors que je suis à environ 40 mètres de la lisière du bois, j'aperçois du mouvement dans le sarrasin, juste au bord du bois. Ce n'est pas le vent, je comprends vite que ce sont les sangliers qui sortent. Je m'avance doucement vers eux et ne tarde pas à voir des dos et des oreilles s'avancer dans la culture. J'approche très doucement jusqu'à environ 10 à 12 mètres des sangliers. C'est une bande de bête rousses d'environ 15 kilos dont les rayures sont encore partiellement visibles. Ils biaisent vers moi et je les laisse venir prêt à armer, ils se rapprochent en mangeant et changent souvent de direction, je ne sais pas trop sur quel jeter mon dévolu. L'un d'eux se détache sur ma gauche, j'arme doucement mon arc mais il se positionne de face, un autre se détache plein travers plus à droite à environ 7 mètres. J'aligne ma visée et décoche. Touché, les 2 épaule cassée, il s'effondre sur place et se met à hurler. Les autres sursautent puis se figent et regarde vers l'animal à terre. Je tente de réencocher mais une laie d'environ 60 kilos surgit de la haie épaisse qui fait suite au bois et stoppe à quelques mètres de moi avant de redémarrer aussitôt en soufflant pour revenir à couvert dans la haie. Les bêtes rousses éclatent, certaines partent d'où elles viennent et rentrent au bois, d'autres rejoignent la laie, une autre part droit dans mon dos pour rejoindre le bois d'où j'arrive et y rentre. Rapidement, j'aperçois la laie et une bête rousse traverser la bande de prairie derrière la haie pour rentrer au bois. Les craquements et les grognements dans la haie attestent que d'autres sangliers sont toujours là. Ma bête rousse s'est immobilisée. Je me rapproche du bois, au départ de la haie traversée par un passage pour tenter de voir les sangliers. Un gros grogne sur ma gauche, les craquements remontent doucement dans le bois sans que je puisse voir les animaux. Je reste un moment posté en espérant que la bête rousse isolée dans mon dos ne se décide à revenir sur ses pas mais le temps passe et rien ne vient. Je pars donc voir mon sanglier déjà couvert de mouches vertes et dégage ma flèche restée en travers de l'animal, stoppée par le sol.

Petit sanglier à l'approche, 26 juillet 2018

J'en profite pour faire quelques photos souvenir en attendant encore un peu sur place au cas où un sanglier déciderait de revenir en arrière.

Petit sanglier à l'approche, 26 juillet 2018

Au loin, sur ma droite, un couple de chevreuils traverse la haie pour venir manger dans le sarrasin.

Petit sanglier à l'approche, 26 juillet 2018

Les mouches sont très nombreuses, je décide de rentrer m'occuper du sanglier.

Petit sanglier à l'approche, 26 juillet 2018

Alex

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30 juin 2018 6 30 /06 /juin /2018 09:54

Ce soir, j'ai décidé d'aller chasser sur un secteur où j'ai repéré un très grand brocard lors d'une battue de la saison passée mais en arrivant sur place, je constate que la moissonneuse est affairée dans les blés dont il ne reste plus grand chose et qu'un tracteur est en train de faire des andains de foin. Cette agitation me fait changer d'avis et je fais demi-tour pour aller me garer au départ du chemin de pierres blanches sous le village de Roques. Une place à l'ombre, au bord du chemin, près d'une résidence secondaire, me semble toute indiquée mais alors que je quitte le chemin je sens que ma voiture s'enfonce et le temps d'essayer de braquer pour revenir sur le chemin il est trop tard, je suis embourbé dans la seule zone où la boue n'a pas encore séchée sous le soleil ardent de ces derniers jours. Je vais lutter près de 30 minutes pour me sortir de ce mauvais pas avant d'aller me garer plus loin près d'un petit lac près du chemin. Ma soirée commence mal. Le vent vient du coteau. Je décide de revenir vers une bande boisée proche de l'endroit où je me suis embourbé. Je prends donc le chemin puis bifurque pour longer le bois, vent de face. J'avance tranquillement en surveillant le sous-bois clair sur quelques mètres avant le taillis d'épines noires qui remontent vers la crête à ma gauche. Un ru longe à l'intérieur du bois, le long de la lisière. Vers le coin du bois, je descends le talus du ru et l'enjambe pour rejoindre une grosse coulée qui longe le bord du bout du massif quand je tombe sur le crâne d'un brocard, certainement un des "manqués" au plomb de la saison de battue.

Un sanglier à l'approche dans la vigne, 29 juin 2018

Le sol est marqué de belles traces de sangliers. Je remonte par les coulées vers le haut du bois où je pense tomber sur une parcelle de fèveroles repérée de la route mais je débouche sur un pré fauché et constate que les féveroles sont plus à gauche, à mauvais vent, je décide de changer de plan pour ce soir et prends à droite pour redescendre vers le ru bordée d'une haie épaisse en continuité avec le bois. Je suis ce cours d'eau un moment puis le traverse alors que la bande boisée bifurque pour remonter vers la crête en longeant une vigne à sa droite. J'avance doucement en suivant les arbres coté prairie jusqu'à la crête ou je traverse la haie qui bifurque à 90° à gauche pour suivre la crête. Je biaise à gauche pour rejoindre le haut du blé où j'ai fléché mon jeune brocard au pied pourri l'autre soir. Je rejoins ainsi le passage de tracteur qui longe à environ 10 mètres du haut de la parcelle de céréale. J'avance doucement en surveillant les alentours et arrive dans un virage du passage qui remonte vers la crête en suivant la haie qui délimite le haut de la parcelle. Alors que je marque une pause observatoire, j'aperçois sur ma gauche une chevrette qui s'avance vers le blé à environ 50 mètres. Elle vient de sortir de la haie et rentre dans les céréales. Je l'observe un instant alors qu'elle fait une pose à 2 mètres du bord des céréales pour manger puis commence à remonter en suivant le passage de tracteur alors qu'elle s'avance, tête baissée dans la culture. Elle vient vers le passage de tracteur et j'avance à sa rencontre quand elle décide brusquement de bifurquer et de descendre bruyamment vers moi dans le blé et de biaiser vers la haie où je la perds brusquement de vue dans une touffe de végétation sous le vent à moins de 10 mètres à ma gauche. Elle m'a certainement senti et s'est immobilisée ou s'est débinée.

Je m'éclipse en remontant sur le passage jusqu'à ressortir en haut du champ sur une bande enherbée à droite de la parcelle qui sépare le blé d'une jeune vigne. Je descends un peu pour rattraper le bas de la parcelle de vigne, bordée par une bande enherbée bien verte qui la sépare d'une bande boisée d'environ 10 à 15 mètres de large sur 100 mètres de long. Je m'avance doucement sur la bande enherbée en suivant la vigne, dans l'ombre de la bande boisée.

Un sanglier à l'approche dans la vigne, 29 juin 2018

J'avance tranquillement et jette un coup d'œil sur les traces au sol. En relevant les yeux, j'aperçois une masse sombre à une cinquantaine de mètres contre le premier rang de vigne. J'identifie rapidement un sanglier d'environ 50 kilos qui semble sortir d'un bain de boue. Je me fige et constate qu'il ne m'a pas vu. Je biaise alors vers la vigne dont les rangs démarrent en décalé de quelques mètres, formant un biais en parallèle de la courbure du bois. Un autre sanglier du même poids et couvert de boue sort de la bande boisée et rejoint le premier puis un autre s'avance à son tour avant une flopée de marcassins de quelques kilos que je n'aperçois qu'au moment où ils sortent de l'herbe au bord de la vigne. J'avance ainsi doucement d'un bout de rang à un autre et gagne ainsi peu à peu du terrain. Les animaux passent le premier rang, je presse le pas, caché par la vigne et arrive facilement au bout du 3ième rang à environ 35 mètres des sangliers qui avancent tranquillement. J'identifie vite la mère des marcassins à ses tétines pendantes. Les 2 autres me semblent être des mâles. J'avance en suivant la droite du rang de vigne, le plus vite et silencieusement possible pour tenter de couper la route des suidés mais les 2 premiers traversent sans me voir à environ 25 mètres, la laie et un mâle. J'avance encore alors qu'ils ont disparu derrière le rang suivant et arme mon arc. La tête du dernier sanglier apparaît à environ 18 mètres entre les ceps et je me fige contre la vigne en alignant ma visée. Il démarre tranquillement et s'avance pour traverser. Je le suis dans mon viseur et comprends vite qu'il ne s'arrêtera pas. Je cale ma visée et décoche alors qu'il me présente un 3/4 arrière. Je vois ma flèche rentrée un peu trop en arrière à mon gout. Le sanglier réagit à peine à l'impact et traverse sans vraiment se presser alors que ma flèche est retombée 15 mètres après l'impact, entre les 2 rangs. Les marcassins traversent ensuite rapidement.

Pour tenter de recouper le mâle, je fais demi-tour et passe d'un bout de rang à un autre en surveillant entre les rangs dans mon dos. Les sangliers n'ont pas été loin, ils sont juste à 3 rangs plus loin. Je me cale au bout d'un rang et les observe à un peu plus de 40 mètres. Ils tournent sur place comme s'ils ne savaient pas où aller. Ils reviennent en arrière puis font demi-tour plusieurs fois de suite puis se décident à revenir tranquillement vers le bois pour se remettre à tourner entre 2 rangs un moment. Je me décale au bout du rang de droite et décide de tenter l'approche. J'avance tranquillement vers eux sans qu'il ne s'occupe de moi. Tout à coup, la laie devient inquiète et démarre pour foncer droit sur moi en suivant le rang de vigne contre lequel je viens de stopper. J'accroche vite mon décocheur. Je remarque une belle tache de sang sur le groin de la laie, les marcassins lui emboîtent le pas, au moins un d'entre eux a du sang sur les pattes. La laie passe, à environ 5 mètres devant moi, derrière le rang de vigne contre lequel je suis posté et passe à 2 mètres sur ma droite suivie des marcassins. Le mâle arrive derrière, j'arme mon arc et le laisse venir à moi, m'attendant le voir prendre le même chemin que les autres sangliers mais, à environ 10 mètres devant moi, il biaise et traverse les rangs de vigne pour se diriger vers la bande enherbée. Je le suis dans mon viseur espérant le voir s'arrêter dans une troué. Il stoppe derrière le dernier rang à un peu plus de 10 mètres. Son coffre est dégagé entre les feuillages de vigne. J'aligne ma visée et décoche mais ma flèche heurte le fil de fer, que je n'avais pas vu et qui tient les sarments de vigne. Ma flèche est déviée vers le haut et passe au-dessus du sanglier qui démarre en suivant la vigne. Je réencoche vite et pivote en le sifflant. Il stoppe à nouveau, 10 mètres plus loin à environ 12 mètres, j'arme mais un piquet tenant le fil de fer est en plein sur la zone vitale, je me penche un peu à gauche mais le sanglier démarre et saute dans le bois pour rejoindre les autres qui y sont déjà. Tout ce petit monde grogne et trépigne sur les feuilles mortes puis redémarre. Je cours pour tenter de les intercepter avant le blé, au bout de la bande boisée mais le bruit s'arrête d'un coup et les sangliers semblent s'être volatilisés. Je surveille la surface du blé mais rien ne semble bouger, je décide d'aller faire ma recherche.

Je vais chercher ma flèche. Elle est couverte de sang et ce dernier a déjà séché.

Un sanglier à l'approche dans la vigne, 29 juin 2018

Je ne vois pas de sang sur le sol et prends la direction de fuite de mon sanglier en traversant un rang. Je trouve un peu de sang au sol et le suis puis passe 2 autres rangs de vigne avant d'apercevoir mon sanglier sur le flanc à quelques mètres sur ma droite contre le rang de vigne. Il n'a pas fait 15 mètres et je comprends maintenant ce que faisaient les sangliers. Ils ont tourné un moment autour de leur compagnon pour tenter de l'encourager à les suivre, la laie meneuse a même dû le bousculer de son groin pour le relever, ce qui explique la tache de sang sur son groin. Ce que je pensais être un mâle est en fait une laie dont une seule tétine s'est développée à l'arrière et que j'ai confondu avec l'attribut d'un mâle. Soit un des marcassins était à elle soit elle participait à l'allaitement des marcassins de la bande. Son lait est presque tarit. Ma flèche rentre entre les côtes et le cuissot et ressort derrière l'épaule opposée, elle a traversé le foie et un poumon sans toucher l'estomac.

Un sanglier à l'approche dans la vigne, 29 juin 2018

Après quelques photos souvenir, je ramène mon sanglier jusqu'en bordure de l'autre côté du blé puis pars faire un tour avant la tombée de la nuit mais je ne pourrai pas réaliser d'approche sur les chevreuils vus. Je retourne à mon sanglier pour le tirer jusqu'en bordure de la vigne où je reviens le chercher en voiture avant de partir le peler chez le président de la société de chasse.

Un sanglier à l'approche dans la vigne, 29 juin 2018

Alex

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20 juin 2018 3 20 /06 /juin /2018 06:08

Ce soir, après un tour dans les blés et vignes du coteau sans succès avec les chevreuils,

Encore et toujours les sangliers, pas de brocard, 19 juin 2018

je redescends vers le chemin de pierre blanche qui rejoint Roques et le longe un peu pour rejoindre un passage dans la haie qui le borde. Je m'avance dans une petite prairie prise entre les haies et en ressors au fond par un passage dans la haie qui débouche sur d'autres prairies avant les blés qui bordent l'Osse. J'avance dans les hautes herbes encore partiellement inondées et lutte avec les moustiques qui m'assaillent. Je rejoins tranquillement les blés quand je stoppe net en apercevant des dos et oreilles noires qui dépassent du blé à environ 100 mètres. Les sangliers sont là, c'est certainement la bande où j'ai fléché mon premier sanglier de la saison. J'avance doucement jusqu'au bord du blé, le vent est parallèle à la rivière mais légèrement tournant, j'espère qu'il ne tournera pas trop. J'observe un instant les suidés pour tenter d'analyser leur sens de déplacement. Ils semblent venir vers moi mais sans se rapprocher du bord du blé puis se regroupent dans un passage de tracteur. Le plus gros commence alors à remonter vers le bord du blé en suivant le passage qui débouche à environ 50 mètres devant moi. Je me positionne à genoux et tente de me rapprocher du bout du passage à 4 pattes tout en surveillant les sangliers qui mangent du blé. Je gagne facilement du terrain et arrive à 10 mètres du bout du passage alors que le gros sanglier n'est plus qu'à 50 mètres et vient toujours vers moi. Un autre sanglier un peu moins gros lui emboite le pas à environ 20 mètres en arrière.

Je me poste là à genoux et les laisse venir, ils lèvent régulièrement la tête pour manger les épis. Je lutte contre une nuée de moustiques qui m'assaillent de toutes parts. Le plus gros se positionne plein travers à 40 mètres et mange des épis puis repart en sens inverse avant de se chamailler bruyamment avec son suiveur. 4 autres sangliers, plus en retrait, rentrent dans les céréales puis reviennent sur le passage. Les sanglier finissent par se décider à rentrer dans le blés en direction d'une grande zone de 2 à 3 mètres de large sur laquelle une coulée de boue a emporté la semence vers l'Osse et laissé une bande bien dégagée dont le départ est à quelques mètres dans mon dos. Je décide de tenter l'approche et recule un peu pour prendre cette bande dégagée à  4 pattes. J'avance tranquillement pour tenter de couper la route des sangliers à environ 40 mètres du bord du blé. Je gagne peu à peu du terrain alors que les sangliers ne s'occupent que de leur repas mais alors que je suis à environ 20 mètres d'eux, le vent tourne et le plus gros relève le nez, hume l'air puis se retourne et démarre en grognant pour stopper à environ 70 mètres en bordure d'un grand fossé gagné par une végétation dense. Un petit sanglier l'a suivi alors que les 4 autres ont démarré et se dirigent vers la bande dégagée, à environ 40 mètres de moi, au trot. 

Je me redresse alors que les premiers passent la zone dégagée, les 2 derniers tournent et hésitent. Je comprends vite qu'ils vont tenter de rejoindre les autres. Je décide de tenter de leur couper la route en m'avançant dans le passage très boueux. Ils démarrent et foncent vers le passage. Le plus gros s'arrête à environ 50 mètres, lève la tête et me voit. Il démarre en trombe et traverse sans s'arrêter le dégagé à 40 mètres de moi faisant jaillir, sur son passage, l'eau qui stagne sur plusieurs mètres. Je presse le pas, le plus petit est trop bas et ne peut pas me voir dans le blé. Je suis ses déplacements au mouvement des céréales. Je peine à garder mes chaussons de plongée au pied car ils restent collés dans la boue et cela me ralentit alors que le petit sanglier, malgré plusieurs arrêts, me distance en biaisant plus vers la rivière. Il finit par déboucher à découvert à environ 45 mètres. Il marque un temps d'arrêt alors que j'ai armé mon arc mais il est trop loin et je le laisse redémarrer. Il disparait dans le blé. 

Je fais demi-tour et tente de courir tout en essayant de ne pas perdre mes chaussons que je dois remettre souvent. Je veux tenter de les recouper avant une remise un peu plus loin. Ils ont passé une haie qui sépare cette parcelle de la suivante. Je rattrape le passage entre 2 haies dans le coin de la parcelle suivante et suis le premier passage de tracteur qui longe la haie du haut de la parcelle. J'arrive au niveau d'un angle droit de la haie qui rentre d'environ 15 mètres dans le blé pour repartir ensuite parallèle au passage de tracteur quand un grognement sourd me fait stopper net. Je tourne les yeux et aperçois à 5 mètres de moi, le dos d'un sanglier qui dépasse du blé. Je me prépare à armer et me rapproche doucement alors que le grondement devient menaçant. Je stoppe à 3 mètres et me prépare à armer mon arc alors que le sanglier hérisse sa crinière. Il démarre vers la haie. J'arme et il ressort la tête au bord de la haie, à environ 8 à 10 mètres, pour regarder, l'air mauvais, vers moi, il avance d'un pas et dégage son poitrail en se tournant vers moi prêt à charger avec sa crinière hérissée. J'aligne ma visée et décoche avant de me faire charger. L'impact retentit et le sanglier démarre en bifurquant vers la haie où il rentre bruyamment en cassant du bois. Je l'entends faire quelques mètres puis s'arrêter un instant avant de repartir en trombe pour foncer à grand bruit dans les épines avant que le calme ne revienne. 

Je n'ai pas pu voir mon atteinte et décide de m'éclipser un instant pour voir si d'autres sangliers ne sont pas dans les parages avant d'attaquer ma recherche d'autant plus que ce sanglier ne semble pas commode. Je reviens sur les lieux du tir après quelques minutes mais alors que je m'approche de l'endroit d'où est parti le sanglier, le blé s'agite en plusieurs points sur 2 à 3 mètres de diamètre. Je comprends immédiatement, tout s'explique. L'agressivité du sanglier, sa réticence à s'éloigner, j'ai très certainement fléché une laie suitée. J'avance doucement dans le blé et vois plusieurs marcassins se débiner puis se blottir au sol. Je les approche tour à tour pour tenter de les attraper mais je les rate à plusieurs reprises n'arrivant au mieux qu'à les frôler. Après de nombreuses tentatives, ils finissent par s'échapper vers la haie où est entrée leur mère. Ils font environ 2 ou 3 kilos, je pense qu'ils peuvent s'en sortir mais je suis dégoûté, dans l'action de chasse, je n'ai pas réfléchi et pas analysé la situation. Ce que je pensais être un ragot solitaire n'en était pas un.

Je me rapproche de la haie et trouve immédiatement l'entrée du sanglier.

Encore et toujours les sangliers, pas de brocard, 19 juin 2018

Les feuillages retournés, un peu de sang sur la végétation et ma flèche cassée posée à la verticale sur la droite du trou dans la végétation ne trompent pas. J'essaie de rentrer mais un barbelé en travers du trou m'en empêche. Je cherche donc un autre passage que je trouve quelques mètres plus à gauche et entre dans la haie. Une énorme flaque occupe le creux dans la haie et je cherche du sang à la lueur de mon portable. Je trouve vite des frottés et une piste de sang très abondante, la laie a suivie l'avancée de haie puis ressort dans le blé de l'autre côté au bout de 7 ou 8 mètres. Je suis le sang et me rends compte qu'il rerentre dans la haie quelques mètres après l'entrée. Je rentre à nouveau dans les épines escorté par les moustiques et aperçois ma laie sur le flanc à quelques mètres de là. Elle n'a pas fait 20 mètres. Ses mamelles gonflées ne trompent pas c'est bien la mère des marcassins, je presse les tétines d'où ne sort presque pas de lait. Avec un peu de chance les marcassins n'étaient pas trop loin du sevrage et arriveront à se débrouiller ou peut-être se feront-il adopter par une autre laie. Je sors la laie de la haie et dégage le morceau de flèche avec ma lame restées dans 'épaule de l'animal. Les poumons, le foie et l'estomac ont été touchés.

Même si je sais que les sangliers sont en surnombre cette chasse me laisse un gout amer. Il est temps de rentrer la nuit sera vite là.

Encore et toujours les sangliers, pas de brocard, 19 juin 2018

Alex

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12 juin 2018 2 12 /06 /juin /2018 06:30

Ce soir, je dépose Xavier sur le secteur où j'ai fléché mon premier sanglier en espérant qu'il pourra flécher le sien et je pars chasser autour de Bourras. Je me gare au départ du chemin de terre qui s'avance, entre 2 parcelles de blé, sur environ 70 mètres pour sauter l'Osse et rejoindre une autre parcelle de blé prise entre l'Osse et la vielle Osse qui était inondée, recouverte de 15 à 20 cm d'eau courante ces derniers jours. L'eau a presque disparue, en alignement du chemin, une coulée très marquée et bien fréquentée par les sangliers, chevreuils et blaireaux traverse vers la vielle Osse. Je la suis puis longe la rivière en direction de la passerelle qui permet d'accéder à la vielle palombière. Je traverse la rivière, passe la palombière et ressort sur un champ d'orge pris entre ce bois et le suivant qui remonte jusqu'en limite du territoire. Pas d'animaux en vue, le vent soutenu est face à moi, je décide de longer le grand bois par la droite en bordure d'un immense champ d'orge qui n'est plus sur le territoire de chasse. En passant près d'une grande mare prise dans la bordure du bois, je fais décoller 2 colverts mais aucun chevreuil en vue jusqu'à la route qui délimite la fin du territoire. Je prends à gauche sur la chaussée pour aller prospecter les vignes de l'autre côté du bois. Je tourne un instant dans ces plantations sans le moindre contact avec les chevreuils. Je longe maintenant un autre bois pour me diriger vers une parcelle de colza située derrière une grande haie revenant vers le bois de Bourras et la séparant d'une grande prairie qui fait suite aux vignes et s'étend jusqu'au bois de Bourras. J'avance doucement en bordure du colza où une ancienne coulée de boue a laissé un passage propice à l'approche. Autour de moi la végétation est très dense et très haute mais quelques trous me laisse espérer d'apercevoir un animal. Tout à coup, quelque chose démarre dans la végétation à quelques mètres sur ma gauche puis de débine bruyamment dans le colza. Je pense à un sanglier mais c'est une belle chevrette qui surgit à environ 20 mètres pour traverser d'un bon le passage que je suis et disparaître dans le colza.

Je fais le tour de la parcelle sans voir autre chose puis part voir une petite parcelle de blé de l'autre côté du bois, au bord de la route. Rien, je reviens en traversant le bois, assailli par une nuée de moustique et ressors dans la grande prairie. Je longe la grande haie qui descend vers le bois de Bourras puis longe le bois avant de remonter en suivant une autre haie parallèle qui me sépare du champ d'orge où je suis sortie du bois après la palombière. Je cherche le passage permettant de traverser cette haie mais la végétation a tellement poussé qu'il est devenu invisible. Je traverse donc un peu plus haut le coin du grand bois par une grosse coulée très fréquentée et ressors dans l'orge sous un merisier sous lequel les sangliers et les blaireaux semblent venir régulièrement. Il fait encore très chaud, il sera bientôt 20 heures. Je décide de revenir vers la voiture pour aller chasser de l'autre côté de la route. J'avance tranquillement par un passage de tracteur au milieu de l'orge en direction du passage de la palombière quand un mouvement me fait stopper net. Un sanglier arrive sur ma gauche par le passage entre un bout de haie descendant du grand bois et le bois de bourras. Je suis à découvert et avec le vent de dos, je tente de me rapprocher un peu de la haie puis de descendre vers le sanglier très doucement. J'arrive à gagner quelques mètres sans être vu par le suidé très certainement ébloui par le soleil descendant. Alors que je suis encore à 30 mètres, il lève le nez et recule de 2 mètres comme s'il allait s'enfuir puis se ravise et avance nez au sol en cherchant à manger. Je tente d'approcher encore un peu mais cette fois, le sanglier devient inquiet et fait demi-tour pour disparaître derrière la haie en grognant. Je tente de me rapprocher le plus rapidement possible du passage en essayant de ne pas faire trop de bruit. Le grondement sourd du sanglier résonne dans la haie ou derrière puis le bruit de plusieurs animaux au trot retentit. Alors que je passe la haie ils ont disparu. Je trouve vite leur trace dans un passage de tracteur boueux et comprends qu'il s'agissant d'une laie avec plusieurs jeunes d'environ 15 à 20 kilos.

Je fais demi-tour et retraverse le bois de Bourras et la vielle Osse pour prendre à gauche et suivre un passage de tracteur pour chercher un animal dans le blé mais je me rends vite compte que le secteur, en plus d'être pourri de moustiques, est partiellement inondé. Je fais donc demi-tour pour reprendre le pont au-dessus de l'Osse et traverser la route pour aller chasser dans un très grand champ de blé qui couvre le penchant jusqu'à la crête de la colline. Je rattrape un passage de tracteur pour le longer en direction d'un bois qui avance dans la culture sur ma gauche. Au loin, au-dessus du bois, la tête d'une chevrette émerge des céréales et semble regarder vers moi. Arrivé près du bois, le relief me cache la chevrette qui me regardait approcher sans bouger. Je suis le haut du bosquet puis une bande boisée, un peu plus loin, qui remonte vers une parcelle de féveroles en crête. Je longe ensuite les féveroles vers la droite pour rejoindre les vignes. Les sanglier ont défoncé le sol par endroit et taillé de grosses coulées dans la culture. Je traverse une zone de vigne sans voir de chevreuil puis monte un petit talus pour arriver en bordure d'une très grande parcelle de luzerne envahie de mauvaises herbes et d'avoine. Je descends doucement en bordure de la luzerne, un bois fait suite à la vigne. J'aperçois alors un brocard en contrebas à environ 450 mètres. Il avance tranquillement en broutant dans la luzerne en s'éloignant doucement du fossé qui marque le bas du penchant que je descends et celui d'en face qu'il remonte. Je serre contre le bois dans l'épaisse végétation assez haute et commence mon approche et repère alors une chevrette un peu plus à droite qui est elle aussi au gagnage avec le brocard. J'avance tranquillement mais ma progression est un peu bruyante, j'espère que le vent me couvre mais le brocard lève rapidement la tête ver moi. Je me fige et attends, au bout d'un moment il se remet à brouter mais relève vite la tête avant de se remettre à son repas en avançant de quelques pas. Je me décale doucement vers une touffe d'avoine très haute. Le brocard relève la tête et regarde vers moi un moment, regarde vers sa chevrette qui s'éloigne de lui puis regarde à nouveau dans ma direction. L'approche va être compliquée, je suis à plus de 300 mètres. Il finit par reprendre son repas. Je tente de bouger mais il regarde à nouveau vers moi. Je comprends que je n'arriverai pas à approcher et décide d'aboyer pour tenter de le provoquer. Baissé derrière la végétation, je commence mes vocalises. Il se retourne vers moi et me répond. La joute verbale s'installe mais il ne semble pas vouloir s'approcher. Je tente d'agiter bruyamment la végétation mais rien n'y fait et il finit par battre en retraite et rejoindre le bois en aboyant.

Je sors de ma cachette et descends rapidement alors qu'il aboie dans le bois. Je lui réponds en avançant pour tenter de le fixer sur place. La chevrette que j'avais perdu de vue surgit de la végétation et s'enfuit vers le bois. Je rejoins la coulée par laquelle est entré le brocard et rentre dans le bois de pins en traversant une frange de pousses de frênes assez épaisses en suivant la coulée très marquée des sangliers. J'avance doucement en sous-bois mais le chevreuil a fui. Je ressors de l'autre côté dans la grande parcelle de blé et reviens vers la route alors que la luminosité baisse vite. Je n'ai pas le temps d'aller chasser ailleurs et décide de revenir chercher Xavier. Il fera nuit le temps de le rejoindre. Sur la route, je l'appelle pour lui dire que j'arrive et alors que je coupe la conversation, un mouvement attire mon attention sur ma gauche. 4 sangliers d'environ 50 kilos avancent tranquillement dans la prairie à environ 50 mètres de la route. Le temps de réaliser je les ai dépassés d'environ 70 mètres. Je stoppe la voiture et fais doucement marche arrière pour me garer dans un chemin de terre débouchant sur la route. Je coupe le contact et éteins mes phares. Les sangliers sont arrêtés et regardent vers moi puis le premier repart, presse un peu le pas puis ralentit vite dans l'herbe rase broutée par les vaches. Les autres regardent encore quelques secondes vers moi puis lui emboîtent le pas. Je sors doucement de la voiture, attrape mon décocheur, ma cagoule, mon arc et m'équipe tranquillement alors que les sangliers s'arrêtent en face de ma voiture sous un gros chêne et commencent à fouiller le sol dénudé par le piétinement des vaches. Une fois équipé, je traverse doucement la route et avance droit vers les sangliers qui ne semblent pas vouloir bouger. Je passe la clôture électrique qui borde la route puis avance doucement vers les sangliers. Ces derniers relèvent plusieurs fois la tête et m'observent durant quelques secondes avant de reprendre leur fouille du sol. Je m'arrête à chaque fois qu'ils regardent vers moi et avance quand ils ont le nez au sol. C'est une approche surréaliste en plein découvert. J'arrive sans difficulté à environ 15 mètres des sangliers, au bord d'une autre clôture électrique. Je suis a bonne distance pour tenter une flèche, saute la clôture me ferais certainement repérer. J'arme doucement mon arc, un des sangliers s'avance de 2 mètres vers moi, lève la tête vers moi puis se remet à fouiller le sol. J'aligne ma visée et attends qu'il se tourne. Le sanglier relève à nouveau la tête et semble un peu inquiet, semble démarrer mais s'arrête presque immédiatement plein travers, nez au vent. J'aligne ma visée et décoche. Ma lame mécanique en s'ouvrant à l'impact produit une étincelle. Le bruit de l'impact retentit et le sanglier démarre et fait volte-face pour s'arrêter un peu plus loin.

Les autres sangliers sursautent puis démarrent et s'arrête à quelques mètres avant le sanglier touché à moins de 20 mètres. J'encoche une autre flèche et réarme mais décide de ne pas en tirer un autre. Je désarme et les sangliers finissent par partir en biaisant vers la rivière. Le sanglier touché est à la traîne, ses collègues l'attendent un peu puis le distancent et fuient. Mon sanglier s'est arrêté à environ 80 mètres, de cul en faisant le dos rond et ne semble pas vouloir se coucher. Je décide de tenter une approche. J'avance doucement, il tourne par moment la tête sur le côté gauche tour surveiller ses arrière avant de la retourner devant lui. Je stoppe à chaque fois qu'il tourne la tête et avance dès qu'il ne peut plus me voir. Je gagne facilement du terrain mais alors que je ne suis plus qu'à 30 mètres environ, il se tourne et part en titubant dans la direction de fuite de ses collègue mais se couche 5 mètres plus loin dans l'herbe rase. Je reprends mon approche et arme mon arc alors que j'arrive à environ 20 mètres mais il démarre et part au galop. Je me lance à sa poursuite, il fera bientôt nuit. Il me distance vite et je le perds de vue à plus de 100 mètres alors qu'il descend dans un fossé. Je presse le pas, saute une clôture électrique et me rapproche du fossé. La luminosité est maintenant très faible. En me rapprochant du fossé, j'aperçois quelque chose qui bouge mais ne sais pas identifier l'animal. Je m'approche tout doucement et comprends vite qu'il s'agit de mon sanglier assis dans l'eau et a bout de force. Il agite la tête, J'arme mon arc et m'approche très doucement à environ 15 mètres. Je tente d'aligner ma visée mais la luminosité très faible me complique la tâche. Je me dis qu'au pire je ne peux qu'aggraver son cas et faciliter ma recherche. Je finis par aligner tant bien que mal ma visée sur l'animal de dos et décoche. Le sanglier hurle à l'impact et tente sans succès se relever. Il piétine sur ses pattes avant, son arrière train ne répond plus, il tombe vite sur le flanc en criant et s'immobilise vite après avoir cassé ma flèche restée en travers. Ma flèche a sectionné la colonne vertébrale et touché un rein et l'artère sous colonne. Je pose mon arc, récupère le morceau de flèche et sort mon sanglier du fossé. Je constate alors que ma première flèche est toujours en travers de l'animal. Elle rentre aux dernières cotes et est ressortie bizarrement dans le cuissot opposé. Ma lame s'est dévissée durant sa fuite et est tombée. Il ne me reste plus qu'à tirer ce joli mâle jusqu'à ma voiture avant d'aller chercher Xavier. De son côté, il a vu les sangliers de l'autre côté de la rivière sans pouvoir les flécher.

Second sanglier et toujours pas de brocard, 11 juin 2018

Alex

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4 juin 2018 1 04 /06 /juin /2018 11:24

Ce soir, le temps est à l'orage, je décide d'aller faire un tour à la chasse sur Justian où je suis déjà allé ce matin alors que le soleil brillait pour une fois. Ayant vu pas mal de chevreuils et ayant repéré une forte activité des sangliers sur le secteur des Arrauques je décide d'y retourner ce soir. Le paysage est détrempé à cause des fortes pluies qui n'en finissent pas de tomber depuis des mois, le moindre passage de tracteur est un ru, les champs près de l'Osse sont recouverts par endroit de plusieurs centimètres d'eau, c'est là que l'activité des sangliers est la plus marquée. Ils ont retourné de grands ronds de pairie et de blé et ont même partiellement dévoré un faon.

Premier sanglier de la saison, 3 juin 2018

Le sol est jonché de très nombreuses traces. Je finirai ma soirée d'approche dans le secteur. Je me gare près d'un champ de blé, au bord du chemin en essayant d'éviter de me garer dans un trou comme ce matin, à 5h30, où j'ai planté la roue avant gauche de mon Sandéro dans un départ de fossé perpendiculaire au chemin et couvert de végétation. 

Premier sanglier de la saison, 3 juin 2018

Je pars vers les coteaux pour commencer ma soirée dans les parcelles de blé. En suivant le chemin de terre, j'aperçois une tête de chevrette qui dépasse dans une petite parcelle de blé étroite prise entre un chemin enherbé partant vers l'Osse et une bande boisée. Elle avance tranquillement vers le chemin que je longe mais me repère et stoppe pour m'observer un instant avant de partir en bondissant et en aboyant vers le bois alors que je poursuis mon chemin pour bifurquer et remonter par un autre chemin de terre. Je bifurque un peu plus loin en prenant un passage enherbée entre 2 parcelles de blé, le long d'un ru grossi par la pluviométrie. Ne voyant pas de chevreuil, je quitte le secteur en remontant au travers d'une prairie jusqu'au bord d'une bande de bois alors que l'orage commence à déverser de grosses gouttes de plus en plus intensément sur moi. Je traverse la bande boisée, les éclairs et le grondement lointain de l'orage s'intensifient. Je ressors sur un semé et le traverse jusqu'au coin d'une parcelle de vigne que je longe doucement en surveillant entre les rangs tout en jetant un coup d'œil par moment au blé couvert de coquelicots à ma gauche. Je bifurque en suite pour remonter entre les 2 derniers rangs vers la parcelle de vigne suivante que je longe également jusqu'à rejoindre une très grande parcelle de blé coupé en 2 par une sorte de fossé. Je m'avance un peu dans les céréales sur un passage de tracteur près de cette séparation. Ma situation dominante sur le haut du champ me permet d'observer tout autour de moi. La pluie s'est un peu calmée mais le tonnerre gronde autour de moi. Au bout d'un moment, il me semble apercevoir une tête de chevreuil à plusieurs centaines de mètres en contrebas sur ma gauche. Je ressors du blé et longe le champ, rapidement caché par une haie qui borde une bonne partie du blé. Le sol boueux et collant arrache mes chaussons de plongés que je dois remettre régulièrement. Arrivé près de la bande de blé qui remonte vers les vignes, je ne vois plus le chevreuil et reste un instant à observer sans succès. En me retournant, j'aperçois alors une chevrette au gagnage dans le blé à environ 150 mètres dans mon dos à environ 30 mètres de la haie qui borde le champ. Je l'observe un moment puis fais demi-tour pour revenir à mon point d'observation, la chevrette finit par me repérer au travers de la haie mais reste immobile. De retour sur mon promontoire, j'attends un moment sans voir d'animaux. Je pars donc à l'approche en suivant le passage de tracteur qui descend vers le ru en contrebas.

Arrivé près du ru, je me fais surprendre par une chevrette qui surgit des herbes hautes bordant le fossé et rejoint un bosquet pris dans le blé un peu plus loin. Je tourne un peu dans les céréales sans succès puis décide de redescendre vers l'Osse. J'avance doucement à environ 15 mètres du ru dans un passage de tracteur quand un jeune brocard surgit du blé à quelques mètres de moi, fait quelques bons et stoppe à environ 30 mètres alors que j'ai armé mon arc... Trop loin, trop caché par le blé,... il repart vers la haie qui borde le bord du champ et disparaît en l'atteignant. Je redescends sur le chemin de terre qui rejoint Roques et le suis un instant jusqu'à trouver un passage dans la haie qui le borde à droite. Je bifurque alors et entre dans un petit pré pris entre la bande boisé qui borde le blé où se trouvait la chevrette en début de chasse et une grosse haie bordant une autre parcelle de blé bordant le chemin que j'ai longé pour rejoindre le passage. Un bout de haie forme un resserrement, ne laissant qu'un passage étroit contre la bande de bois. J'avance doucement dans l'herbe haute trempée quand un brocard surgit du bout de haie à quelques mètres devant moi et stoppe à environ 15 mètres, plein travers dans l'herbe haute après la haie. J'arme doucement et prends la visée avant de décocher mais le brocard qui n'avait pas bougé jusque-là me fait un spectaculaire saut de corde et m flèche passe au-dessus. Il décrit une boucle sur ma droite pour revenir vers le blé bordant le chemin en aboyant. Je m'avance à la recherche de ma flèche mais elle est introuvable. Je reprends ma progression dans l'herbe haute quand une chevrette couchée surgit et fonce vers la haie à ma gauche. Elle stoppe avant de disparaître puis repart et traverse la haie en aboyant. Je biaise à droite à travers l'herbe haute, en direction de la parcelle de blé bordée de haies où le chevrillard a été partiellement dévoré. Le sol détrempé est défoncé par les sangliers mais ces derniers ne sont pas en vue. Je repars vers la gauche, vent de face pour rejoindre une enfilade de parcelles de blé qui suivent l'Osse. Je rejoins un chemin enherbé rejoignant le chemin principal puis enjambe un ru qui le longe pour rentrer dans les blés alors que la chevrette a redémarré en aboyant et s'éloigne en suivant une grosse haie séparant 2 grands champs de céréale. 

Je rejoins le premier passage de tracteur longeant sur la droite de cette haie et le suis tranquillement en scrutant la surface de la culture. Alors que j'arrive à la limite de la parcelle séparée de la suivante par une bande d'herbes hautes, il me semble entendre un grondement sourd. Je me fige à quelques mètres de la bande enherbée et observe les alentours. D'autres grondements attirent mon regard à 25 mètres devant moi. Une bande de sangliers vient droit sur moi par un passage de tracteur dans la parcelle de blé suivante qui ayant souffert des inondations n'a pas beaucoup poussé et me permet de bien voir les animaux. Une bagarre éclate entre les 2 plus gros animaux qui se cabrent au-dessus des céréales et tentent de se mordre face à face en me présentant leurs flancs. J'en profite pour avancer voûté jusqu'à la bande d'herbes. Le calme revient et les sangliers continuent à venir tranquillement vers moi. Certains sont cachés dans les céréales mais j'en vois plusieurs dont un très gros (environ 100 kg) et un d'environ 70 kg qui sont bien noir, les autres sont plus petits et roux. Celui d'environ 70 kg s'avance pour se présenter plein travers dans le passage de tracteur de ceinture à environ 15 mètres. Les sangliers stoppent et lève la tête inquiets. J'arme mon arc et vise ce sanglier plein travers. Touché, il démarre avec ma flèche et s'arrête 10 mètres plus loin caché entièrement par le blé. Les autres sangliers sont partis dans tous les sens. Ma flèche me semble trop en avant. Je réencoche, le sanglier fléché redémarre et fonce en trébuchant régulièrement vers le dernier passage de tracteur de la parcelle qui longe une grosse haie. Le passage rejoint, il le suit et court en tombant régulièrement la tête au sol. Je le perds de vue à environ 150 mètres, au bord d'une grande prairie alors qu'il rentre dans les herbes hautes. Les sangliers dispersés se débinent dans le blé quand du mouvement attire mon attention sur ma gauche. 2 bêtes rousses arrivent dans le blé, j'arme mon arc, l'une s'arrête à plus de 20 mètres dans le passage de tracteur et traverse pour rejoindre le couvert du blé, l'autre vient stopper à l'endroit où j'ai fléché le premier sanglier. J'aligne ma visée et décoche. Touché, le sanglier cri et démarre pour tomber 10 mètres plus loin et se débattre au sol sans parvenir à se relever. Il saigne pas mal et s'immobilise rapidement.

Le pensant mort, je tente d'aller recouper les autres sangliers qui se débinent dans les céréales. Je tente de les recouper en faisant le tour, par le bord de l'Osse, de la grande parcelle de blé qui se trouve de l'autre côté de la haie. Je me ferai surprendre par un brocard surgissant des céréales et s'éloignant à grand bon mais les sangliers ont disparu. Je retourne sur la parcelle des tirs et entame ma recherche du premier sanglier. Je trouve du sang sur la bande de blé entre les passages, plein d'eau, des roues du tracteur. Je trouve ensuite ma flèche posé sur le blé, le sang n'a pas marqué plus de 15 cm du tube, la lame articulée a accroché de la viande et un caillot de sang. Je la remets au carquois et suis le sang frotté bien visible ainsi que le pied du sanglier bien imprimé dans la boue au milieu de la bande étroite de blé. Pas une goutte de sang au sol. Ma recherche me conduit au passage de tracteur de ceinture où le sang s'arrête brusquement. Un pied de sanglier frais prend à droite sur le passage de tracteur puis bifurque à gauche au coin du champ, vers la prairie où je ne trouve pas de sang. Je retourne voir mon second sanglier qui a ma grande surprise n'est pas mort. Ma flèche trop haute a touché la colonne vertébrale. Je l'achève avant de rentrer vers la voiture et de ramener mon sanglier chez le président de la chasse pour le vider.

Premier sanglier de la saison, 3 juin 2018

Je le laisse à la société de chasse et appelle le conducteur de chien de sang pour la recherche de l'autre sanglier mais cette recherche se terminera, le lendemain matin, au bord de la rivière en crue où il semble que le sanglier soit tombé et ne soit pas remonté. Une vérification de mon arc suite à ses mauvaises flèches me permettra de revoir mes réglages qui avaient bougé alors que j'avais réglé mon arc quelques jours plus tôt.

 

Alex

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19 février 2018 1 19 /02 /février /2018 06:55

Ce soir, nous retournons chasser le sanglier à Traversères. Comme j'ai perdu une flèche hier soir en accompagnant Arnaud à son poste, je l'accompagne sur 200 mètres pour tenter de la retrouver. Je constate alors que les sangliers sont montés vers le penchant boisé qui suit le grillage de la clôture LPO. Les traces traversent le chemin de terre boueux qui suit le grillage et arrivent d'une coulée qui longe le grillage, en provenance du bas de l'enclos. Je laisse Arnaud partir à son poste et cherche ma flèche sur le penchant boisé que j'ai traversé hier mais Arnaud qui a trouvé ma flèche m'envoie un SMS pour me dire qu'il la récupérée. Je pars donc vérifier à nouveau ces traces fraîches, ce sont certainement les sangliers qu'Arnaud a entendu hier soir sur le retour. Ils ne doivent pas venir de bien loin s'ils sont passés là juste à la tombée de la nuit. Je décide de donc de suivre leurs traces. L'agriculteur du coin a parqué le pré du dessous avec une clôture électrique pour 2 chevaux ce qui canalise les sangliers dans une bande boisée étroite coincée entre ce fil et le grillage. Depuis cette année l'enclos est utilisé pour l'élevage plein de air de porcs noirs bio et le propriétaire a réparé les trous du grillage par lesquels rentraient les sangliers et a apposé un double fil électrique au bas des 2 côtés du grillage pour les dissuader de toucher à la clôture, je ne pense donc pas que les sangliers viennent de l'enclos. Je trouve vite une coulée très marquée qui suis une petite crête dans la bande boisée et la suis en décalé pour ne pas marcher dessus. Le bois devient vite trop épineux et je biaise vers la prairie, longe le bois pour arriver à coin d'un petit pré qui rentre dans l'enclos. Je passe la haie par un passage et retrouve la coulée derrière. La sortie de la bande boisée est marquée de traces fraîches rentrantes. Je tente de suivre les traces à contre-pied mais je les perds vite dans la prairie. Je me dirige donc vers une remise située en bas de l'enclos. C'est un ancien jardin et verger d'une habitation en ruine. Les ronces et les épines ont tout colonisé. Je me rends vite compte que le grillage n'est plus protégé par les doubles fils dans cette zone et qu'il est percé de nombreux trous d'où sortent des coulées très marquées. Je suis une grosse coulée qui longe le grillage et sur laquelle sont imprimées dans boue quelques traces relativement fraîches.

Je passe la haie de grandes sapinettes qui marque la limite de l'ancien jardin et longe le grillage sur 10 à 15 mètres. Je trouve vite un énorme trou dans le grillage et trouve un pied frais rentrant d'un sanglier d'environ 50 kg. Le vent est face à moi, je décide de me poster à la hauteur des sapinettes, au pied d'un chêne, sur la grosse coulée. Je suis à environ 10 à 12 mètres de la trouée dans le grillage qui est prise dans un petit rond d'épine noires. L'attente commence, des gaie arrivent dans mon dos et se posent au-dessus de moi dans les chênes. Ils restent là un instant sans me voir avant de poursuivre pour aller se poser un peu plus loin. Quelques palombes viennent se poser dans les sapinettes à ma droite et dans la seconde haie à une quarantaine de mètres devant moi. Vers 18h15, alors qu'il fait encore grand jour, je tourne mon regard sur ma gauche et aperçois une masse noire, à moitié cachée derrière un arbre, à environ 35 mètres, en bordure des épines noires qui couvrent une bonne partie du penchant sous la salle de traite des chèvres au-dessus de moi et surplombe une zone boisée enherbée. L'animal de face tourne la tête à droite et j'en suis maintenant sûr c'est un beau sanglier. Il s'ébroue puis se met à sauter de côté comme le ferai un cabri pour s'amuser  puis s'ébroue à nouveau avant de descendre droit vers le passage sur quelques mètres. Je me prépare mais il quitte la coulée pour biaiser à sa droite et s'éloigne en se rapprochant du grillage. Je me dis qu'il va sortir par un autre trou mais il s'arrête à environ 30 mètres de moi et 5 mètres du grillage, hume l'air puis bifurque et vient vers moi pour stopper à 7 ou 8 mètres à l'aplomb de mon poste. Je reste figé alors qu'il hume l'air et crains que le vent tourne mais le sanglier reviens sur ses pas, reprends la coulée, rentre dans les épines noires, stoppe un instant avant de passer le passage du grillage, j'arme mon arc, puis il fait quelques pas pour se présenter plein travers à environ 10 mètres à la sortie des épines noires. J'aligne ma visée au défaut de l'épaule et décoche. Ma flèche atteint l'endroit visé mais semble rentrer que de quelques centimètres. Le sanglier démarre et bifurque à angle droit à gauche pour fuir rapidement vers le couvert du roncier. J'entends casser ma flèche dans sa fuite puis rapidement le bruit de mon sanglier en train de se débattre dans les ronces. Le calme revenu et la pluie commençant à tomber, je décide de vite attaquer ma recherche avant la nuit.

Je m'avance vers l'endroit du tir et trouve vite les premières gouttes de sang. La piste n'est pas abondante mais j'arrive tout de même à la suivre. Elle rejoint une grosse coulée qui rentre un peu plus loin dans l'immense roncier. Je rentre à 4 pattes par un passage de sanglier, les ronces se plantent dans mes vêtements. Au bout de 15 mètres environ, au niveau d'une seconde coulée partant sur la gauche, le sang semble indiquer que le sanglier a foncé dans les ronces en manquant la bifurcation et je ne trouve plus de sang au sol mais en observant les alentours, j'aperçois mon sanglier mort sur le flanc dans une bauge à 5 mètres dans les ronces, je prends la bifurcation et descends de quelques mètres, jusqu'à l'entrée de la bauge pour rejoindre mon sanglier, au moment du tir je pensais qu'il faisait dans les 70 kg mais il fait très certainement plus de 90 kg et chose que je n'avais pas remarquée non plus, il est bien armé. J'ai toutes les peines du monde à le tirer, à 4 pattes, en marche arrière pour le ramener sur la coulée puis vers l'extérieur du roncier, de plus les ronces lève ma veste et me lacèrent le dos alors que je progresse à reculons sans pouvoir me redresser à cause du roncier très épais sous lequel je progresse. Je n'ai pas retrouvé ma flèche mais il n'a pas de temps à perdre car vu son poids je ne suis pas arrivé de sitôt à la voiture. Je dois le traîner sur plus de 500 mètres pour arriver au ruisseau avant d'avoir du réseau pour avertir Arnaud qui de son côté n'a rien Vu. Il m'aidera à passer le ruisseau et c'est l'agriculteur du coin qui le remontera sur les dernier 200 mètres à 45% de pente grâce à la bennette de son tracteur. Il est temps de rentrer pour s'occuper de mon sanglier.

Un supebe solitaire bien armé à l'affût, 18 février 2018

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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Martre
Putois
Vison d'Amérique
Faisan commun
Canard colvert
Foulque macroule
Bécasse
Guyane
Iguane vert
Tourterelle rouviolette
Hocco alector

 

Singe hurleur
Aymara
Argentine
Lièvre
Renard gris
Tinamou élégant