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13 octobre 2006 5 13 /10 /octobre /2006 08:22

Vendredi soir, je décide d'aller me faire un affût de repérage sur un nouveau site de mon territoire de chasse que je pense prometteur, un penchant boisé qui se termine sur un fourré de genets épais traversé de nombreuses coulées très marquées. 18h30 je suis en place à 100 mètres de moi une chevrette arrêtée en lisière du bois, elle semble surveiller son environnement, tous ses sens semblent en alerte.

Cela fait bien 10 minutes que je l'observe quand un cri de cochon qu'on égorge vient déchirer le calme reposant de la soirée, il vient du penchant d'en face, je scrute ce travers parsemé de gros îlots de ronces qui se terminent en zone boisée quand, au milieu d'un clair, j'aperçois un gros sanglier sur pied qui semble se promener tranquillement. Je le perds de vue. J'observe un moment encore mais plus rien.

Je quitte mon pose et me dirige vers ce penchant, le pré entre les deux penchants est parsemé de coup ne nez de sanglier, la mare en lisière du bois est marquée de nombreuses souilles dont certaines paraissent très fraîches, des coulées très nombreuses et piétinées depuis plusieurs jours sont marquées de nombreux pieds de sangliers qui marquent bien dans cette terre encore humide.

C'est impressionnant le sous-bois est marqué de très nombreux passages très fréquentés. Je prends l'un d'entre eux et décide de traverser le travers boisé pour tenter d'approcher le sanglier par le haut, ma progression est lente et observatrice.

Quand j'arrive à la lisière du bois, je n'ai rien vu ni entendu, je commence à longer le bois très lentement, toujours rien quand, tout à coup, j'entends arriver droit vers moi toute une harde de sangliers qui cherche les glands. Une petite avancée d'herbe dans le bois sur laquelle débouchent au moins 5 grosses coulées me permet d'observer les ronces bouger à 10 mètres tout au plus. 

Un jeune sanglier de 20 kg environ, encore roux surgit devant moi à 15 mètres environ, il est de face et l'armement de mon arc le fait faire demi-tour, je retourne en arrière à toute jambe en essayant de ne pas faire trop de bruit. Je me faufile par une coulée pour me poster sur la trajectoire estimée de la bande, à genoux contre un arbuste, je les entends se rapprocher en fouillant le sous-bois. Ils semblent passer trop haut, je me déplace de 30 mètres pour remonter le long d'une coulée et me poster un peu plus haut à 30 mètres du sommet du bois.

Je suis immobile et je commence à les voir, d'abord les deviner au travers de la végétation puis l'un deux assez gros sort la tête à 10 mètres, juste au moment où je me tournais vers le mouvement. Il fait demi-tour en grognant. Quelques secondes passent, un très gros mâle (100 ou 110 kg) sort sur la coulée que j'ai prise pour me poster et vient droit sur moi. J'arme mon arc mais il vient s'arrêter derrière un roncier à 5 mètres devant moi, je désarme.

Un second mâle (80 à 90 kg) le suit et s'arrête avant le roncier, j'arme et je lui décoche ma flèche. Il démarre dans un gros craquement et je le vois partir avec ma flèche rentrée jusqu'au ras de l'empennage. Elle semble basse et trop en arrière. Il fait 30 mètres, fait le dos rond puis disparaît dans le fourré, je reste immobile et aux aguets des mouvements de ses comparses, puis le calme revient. Je ne bouge pas, la nuit commence à tomber.

Au bout de 10 minutes, je vais à l'endroit où je le vois pour la dernière fois et je retrouve un bout de ma flèche recouvert de sang bien rouge avec des bulles (c'est l'empennage) une grosse tache de sang jonche le sol. Il fait maintenant nuit noire. Pensant ma flèche bonne, je pars chercher une lampe à la ferme voisine et revient avec le fils de la propriétaire pour suivre la piste de sang très abondante. Nous la suivons un moment jusqu'à une clôture électrique bordant un massif de genets et de genévriers. Le sanglier se met à grogner rageusement à moins de 20 mètres mais nous ne pouvons pas le voir. Nous restons immobiles en essayant de l'éclairer mais il finit par se débiner. Je décide d'arrêter là les recherches et de revenir le lendemain.

Le lendemain matin après une nuit plus que courte et très agitée que je retourne sur les lieux. Je retrouve ma flèche, enfin le gros morceau de ma flèche sur le lieu même du tir, le tube est recouvert de sang sec, la lame n'est pas vraiment abîmée. La piste de sang est importante, sang rouge en grosse gouttes, je suis cette piste et retombe sur le deuxième morceau de flèche que je n'avais pas ramassé la veille. Je reprends la piste d'hier soir qui n'est vraiment pas difficile à suivre, sur environ 200 mètres le sang est très abondant. De temps à autre, je trouve du sang rosé et oxygéné sur les feuilles mortes, je pense de suite à un tir de poumon. Puis la piste, qui prend la descente vers l'endroit où j'ai entendu le sanglier hier soir, ressort ensuite des genets en devenant de plus en plus diffuse et très dure à suivre (gouttes éparses et de très petit diamètre), la distance parcourue cumulée aux indices qui se font rares me font craindre le pire.

A 4 pattes, le nez par terre, je vais encore réussir à faire 100 mètres mais difficilement, je marque ma dernière goutte d'une brisée puis je regarde les coulées autour, mon sanglier semble avoir pris une montée quasi verticale sur 3 à 4 mètres pour sortir plein pré sur du plat (les feuilles sont marquées de sang rouge). 4 ou 5 petites gouttes dans le pré puis plus rien. Il est 11h30, je décide d'aller voir le conducteur de chien de sang qui m'avait retrouvé mon premier sanglier l'an passé.

Le rendez-vous est pris pour 13h30. Nous décidons de reprendre la recherche quelques mètres avant que je perde la trace de mon sanglier, Raboliot (teckel à poil dur) prend sans difficulté la piste 100 mètres avant que je la perde et sans hésitation ressort dans le pré où je me suis arrêté. Il coupe en travers pour prendre vers le bois en pente douce, il passe le long d'un remise, longe tout un chemin forestier sur 300 mètres, ressort plein pré, redescend vers un ruisseau à sec et commence un peu à hésiter.

Son maître, après des encouragements et une bonne écuelle d'eau, le reprend en arrière et le relance. Il reprend le chemin forestier le long du ruisseau à sec ressort plein pré, travers le route et commence à se diriger vers un autre ruisseau qui coule encore un peu, nous traversons une repousse de tournesol, ça doit bien faire plus 1 kilomètre que je n'ai pas vu de sang et là sur une feuille d'un petit pied de tournesol, le conducteur me dit "regarde". Une goutte de sang. Raboliot rentre dans le ruisseau et commence à donner de la voix, il traverse, traverse un petit pré et rentre dans le bois assez en pente pour redonner de la voix et tirer comme un fou sur sa longe. L'entrée de la coulée est marquée de sang des deux côtés sur les buissons.

Après quelques et tours et contours nous ressortons dans un semé où Raboliot perd la trace, le conducteur décide de laisser tomber. Nous avons fait plus de 2 kilomètres. Je suis anéantit, un sentiment de colère envers moi même m'envahit. J’aurais bien tenté de continuer la recherche mais malgré une reprise par hasard sur le chemin du retour de la piste par Raboliot, le conducteur décide d'arrêter définitivement. Depuis samedi, je ne pense qu'à ça, je ne supporte pas l'idée d'avoir perdu un si bel animal, de le penser entrain de souffrir ou de pourrir quelque part. Je ne comprends pas ce qui s'est passé, je pensais pourtant ma flèche bonne.

 

Alex

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7 décembre 2005 3 07 /12 /décembre /2005 07:57

Depuis samedi dernier, j'ai récupéré 2 nouveaux bracelets pour tirer le chevreuil à l'approche avec autorisation de tirer le sanglier sur Traversères. Une bonne partie de cette commune n'est pas autorisée à la chasse à cause de mésententes avec des chasseurs en battue. Par mon travail, j'ai rencontré une propriétaire qui ne veut pas de chasseur sur ses terres mais qui m'a autorisé à chasser à l'arc sur ses terres. Je me retrouve donc être le seul chasseur sur une enclave de 35 hectares au milieu de 300 hectares non chassables avec des sangliers et des chevreuils en grand nombre.

Après un repérage du territoire ce weekend, je pars faire un tour à l'approche ce matin. Je me gare près des habitations et j'attends le lever du jour, le ciel est dégagé, il a gelé cette nuit. Vers 8 heures, je commence à me préparer puis pars en direction des bois. Un pré en crête du coteau s'étend derrière la ferme, bordé par un bois en forme de U. Je n'ai pas fait 150 mètres dans le pré que je me retrouve à découvert à 60 mètres d'un chevreuil couché au milieu de la prairie. Je suis repéré, il prend la fuite.

Je continue et arrive en lisière du bois ou cette fois deux chevreuils prennent la fuite en aboyant, il va me falloir ralentir le rythme de ma progression. Je rentre dans le bois sur une coulée très fréquentée que je suis pour me frayer un chemin au milieux des épines, ma progression et lente et j'essaie, tant bien que mal, de la rendre la plus silencieuse possible.

Je m'enfonce de 70 mètres environ dans le bois quand, alors que j'écarte un genévrier pour passer, un gros sanglier se lève à 5 mètres devant moi, je lâche le genévrier et tente d'encocher une flèche quand un deuxième se lève pour prendre la fuite. Ils viennent de disparaître dans le fourré en contrebas sur ma gauche quand, sur mes arrières, un bruit de pas me fait me retourner, un sanglier de 65 kg environ, remonte le penchant de droite et rejoint la coulée sur laquelle je progresse puis, le poil hérissé, il commence à suivre mes traces. Il se rapproche en grognant, j'arme mon arc alors qu'il devient menaçant, il est à 10 mètres environ, je ne comprends pas sa réaction, il ne fuit pas et se rapproche encore, il est à 5 mètres maintenant, de 3/4 face.

Sans trop réfléchir, je vise l'avant de l'épaule et lui décoche une flèche qui pénètre au 2/3, il fait volte-face et tourne en rond avant de s'éloigner dans les fourrés. Le bruit de sa fuite cesse, j'ai juste le temps d'encocher une nouvelle flèche quand il fait demi-tour et revient droit sur moi au trot, je ne vois plus dépasser mon empennage. J'arme mon arc et d'un mouvement brusque vers l'avant je détourne sa route, il se présente alors plein travers à quelques mètres. Je décoche au coup de bras, ma flèche l'atteint plein poumons. Il fait environ 5 mètres et se couche à vue avec une respiration très forte et sifflante.

Je n'ose pas trop m'approcher malgré mon poignard de belle taille. En moi-même je me dis qu'il va bien finir par rendre l'âme. Des petits marcassins de 2 ou 3 kg arrivent alors à mes pieds en couinant, ils tournent un court instant puis s'éloignent. Je comprends alors le comportement du sanglier que je viens de flécher qui est en fait une laie, elle voulait certainement défendre ses petits. Tout à coup, sur les traces de mon premier sanglier, un deuxième arrive en grognant, j'arme mon arc, il est plus petit, il fait une quarantaine de kg environ. Il arrive au pas à 6 ou 7 mètres, j'arme, vise et décoche. A l'impact, mon sanglier tombe foudroyé sur place et se met à couiner, ma flèche lui a brisé la colonne vertébrale au-dessus de l'épaule.

Je me saisis de mon poignard, saisis le petit sanglier par une patte arrière et d'un coup au cœur j'abrège ces souffrances, la mort est très rapide. Entre temps, mon premier sanglier se relève pour faire 20 mètres vers moi en claquant des dents et s'effondre à nouveau dans un petit roncier. Je laisse mon arc près du petit sanglier car je n'ai plus de flèche. Je m'approche doucement de l'autre sanglier par derrière mais, alors que je m'en saisis, il se relève et tente de me faire face pour retomber en roulant dans le travers.

La pente est raide, je l'attrape par une patte arrière et l'attache à un petit chêne, avec un bout de corde que j'ai dans ma poche, le temps de l'achever et surtout pour éviter d'avoir à le remonter de trop une fois mort. Au bout d'un petit moment de lutte, je parviens à le coucher sur le flanc et à l'achever d'un coup de poignard au cœur. Ma chasse n'aura duré que 45 minutes environ mais elles auront été riches en émotions.

Une fois les honneurs rendus, je traîne les sangliers un après l'autre jusqu'en bordure du bois puis les attache par le groin, un à chaque bout de mon bout de corde et les tire ainsi jusqu'à ma voiture. A moitié pré, je fais une pause pour reposer mon dos et mes bras et en profite pour ramener mon arc à la voiture. Je tombe alors sur le fils de la propriétaire et lui explique la situation. Il me propose alors de me prêter sa brouette pour ramener mes prises. J'accepte volontiers sa proposition et repars donc changer mes sangliers sur la brouette pour finir de rentrer à ma voiture. Ce sont 2 laies.

Un doublé de sanglier, 07 décembre 2005

Alex

 

Atteintes :

Un doublé de sanglier, 07 décembre 2005
Un doublé de sanglier, 07 décembre 2005

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25 septembre 2005 7 25 /09 /septembre /2005 06:56

Ce soir, comme presque tous les jours, je pars faire un tour au chevreuil. Je gare ma voiture chez une connaissance qui m'avait signalé la présence d'un grand brocard qui mange ses salades et qu'il aimerait bien voir brouter un peu plus loin. J’enfile mes gants, ma cagoule et ferme le bracelet de mon décocheur et me voilà parti.

Je n’ai fait que 300 mètres quand, à 50 mètres de la lisière du bois dans lequel je viens de pénétrer, des bruits de pas attirent mon attention, quelque chose se déplace dans le fragon. Je m'approche silencieusement sur le chemin forestier et m'immobilise brusquement en apercevant, à 40 mètres environ, la tête d'un sanglier qui vient de surgir du fragon sur la gauche du sentier. J’arme mon arc au cas où. Il sort à découvert sur le chemin, s’immobilise plein travers en regardant dans ma direction « suis-je repéré ? », mon immobilité a l’air d’avoir fait illusion mais l'animal est beaucoup trop loin pour tenter une flèche.

Il fait demi-tour et remonte tranquillement dans le bois, je me rapproche de l’entrée de la coulée qu’il vient d’emprunter et, alors que je peux encore l’apercevoir se faufiler dans le fragon, je monte à mon tour dans le bois pour tenter une approche. Cela fait 30 mètres que je le suis en essayant de ne pas faire trop de bruit quand je m’aperçois qu’il n’est pas seul, des bruits de pas sur le tapis de feuilles mortes attire mon attention sur un gros sanglier mâle qui doit bien faire plus de 100 kg. Il vient droit sur moi et passe au pas à une dizaine de mètres, j’arme mon arc mais la végétation trop dense me dissuade de le tirer, il s’éloigne un peu puis revient sur ses pas pour repasser exactement sur ses pas toujours au pas sans faire attention à moi. Alors que je désarme mon arc en le regardant s’éloigner, j'aperçois trois autres gros mâles qui chahutent se donnant des coups de butoir par les flancs. Ils viennent vers moi mais s’arrêtent à 60 mètres et n’approcheront pas plus.

Un mouvement en bordure du bois au-dessus de moi me fait tourner la tête, j'aperçois une grosse laie suivie d’une compagnie de jeunes entre 30 et 50 kg qui passent la crête à la lisière du bois. Vu les différences de taille entre eux, ils ne sont certainement pas tous de la même portée. Tout ce petit monde descend dans le bois mais la laie s’immobilise ne me laissant voir que sa tête qui regarde dans ma direction pendant un petit moment avant de reprendre sa route. Tout ce remue-ménage m’avait presque fait perdre de vue mon objectif premier qui c’est maintenant bien éloigné sur ma gauche.

Je tente de m'approche au milieu du fragon en me faufilant silencieusement et couvert par le bruit des sangliers mais il reste hors d’atteinte et poursuit sa marche. Il est vraiment trop loin, je ne peux pas le rattraper sans presser le pas et me faire repérer. Les animaux sont tout autour de moi, je décide donc de changer de tactique, je m’appuie contre un gros chêne et m’immobilise. Mon regard se promène dans le sous-bois sur toutes ces crinières rousses et noires qui dépassent de la végétation, je compte entre 20 et 25 sangliers, et c’est alors qu’une bousculade intervient. Les jeunes animaux qui s’étaient un peu trop rapprochés du gros mâle se sont fait charger.

Dans sa fuite, un sanglier de 30 ou 40 kg vient s'arrêter à 10 mètres de moi, à demi caché par la végétation, j’arme d’un mouvement rapide et lui décoche une flèche. Dans le feu de l’action, je n’ai pas vu réellement où est partie ma flèche et je n’ai pas prêté attention au son de l'impact c’est donc sans vraiment savoir si mon sanglier est touché que je le regarde s'éloigner. Il s'éloigne doucement en remontant vers la harde puis se met à descendre avant de disparaître de mon champ de vision.

J'attends un moment, certainement 10 minutes, voire 15, puis je vais vérifier mon tir. Mon sanglier laisse une bonne piste au sang (sang sombre). Je commence à suivre les gouttes très visibles et en très grand nombre. Ses congénères sont encore tout autour de moi, 30 mètres plus loin, je m’aperçois qu’un deuxième sanglier vient dans ma direction. Je m’immobilise et attends la suite, il se rapproche doucement et vient finalement se placer plein profil à 15 mètres. J’arme mon Hoyt et décoche ma deuxième flèche de la soirée en plein dans l’épaule du sanglier qui couine et démarre en trombe en percutant un petit chêne qui rabat la flèche sur son flanc.

C'est la débandade toute la harde s’enfuit dans un craquement de branches et un bruissement de feuilles mortes, après les avoir regardé s’éloigner, je marque l'emplacement de mon deuxième tir et je continue à suivre ma première piste qui est vraiment bien marquée, à chaque saut d’arbre couché, le frottement du poitrail laisse une trainée de sang. Je vais la suivre sur 200 mètres environ, jusqu'à un saut de chemin. Mon sanglier rentre alors dans un fourré et descend vers le ruisseau, il s’est apparemment roulé sur un tapis de feuilles mortes ou il a laissé beaucoup de sang puis est reparti sans laisser une seule goutte sur 20 mètres. Ce n’est qu'au moment de ressauter le sentier forestier que je recommence à voir du sang mais les gouttes sont plus espacées.

La nuit me rattrape et le bas du chemin est un taillis très épais bordé en lisière du bois par le ruisseau, il me faut abandonner, je marque l’entrée d’une brisée et je reviendrai demain matin avec le président de la chasse d'Haulies. Je contacte le président le soir même et nous nous donnons rendez-vous pour 8h30. Je n'ai pas dormi cette nuit, la peur de perdre ces 2 sangliers, le remord d’en avoir tiré deux, l’excitation et les visions de cette chasse qui me revenaient sans cesse en tête. 

Le lendemain matin, je suis au rendez-vous avec ma 280 Rémington et peu de temps après le président arrive avec son chien de pied, je lui propose de commencer par chercher le premier sanglier que j’ai tiré et nous voilà partis. Arrivé sur ma brisée, le chien ne marque même pas l’entrée, il va et vient, il tourne en rond puis rentre dans le taillis mais sans suivre la piste de mon sanglier.

Stupéfait, je décide de poursuivre tout seul la piste en suivant le sang à vue alors que le président de la chasse suit son chien qui le même bien loin de mon sanglier. Bien que les gouttes soient moins importantes que la veille, j’arrive à suivre la piste jusqu’au ruisseau où mon sanglier semble s’être baigné avant de sortir plein champ en traversant un épais mur de ronces. La coulée est bien marqué et le tunnel couvert de boue fraîche.

Ne pouvant pas traverser ce mur, je décide de le contourner et j’arrive ainsi sur la sortie, l’herbe est couchée et un peu boueuse mais le sang a disparu. Voyant arriver le chien et son maître je décide d’arrêter là la comédie et de faire appel à un conducteur de chien de sang, c’est d’ailleurs par là que j’aurais dû commencer. Le président de la chasse m’ayant donné son numéro je l’appelle mais il est malheureusement pris par une recherche sur un cerf blessé dans les Pyrénées et ne pourra être disponible qu’en milieu d’après-midi.

Je retourne tout de même sur les lieux de mon second tir, mais, à ma grande surprise, je ne retrouve qu’une partie (la lame et 20 cm de tube) de ma flèche cassée à 20 m de l'endroit où je tire mon sanglier et bien que je revois bien ma flèche rentrer au niveau de l'épaule, je ne trouve pas de sang même pas sur la flèche (pour celui-là je n'ai pas trop d’espoir). J'ai bien marqué la coulée et j'attends avec impatience le chien de sang.

Vers 15 heures, le conducteur de chien m’appelle pour qu’on se retrouve sur les lieux, nous nous retrouvons vers 15h30, il est accompagné d’un teckel à poil dur "Rabolio" et d’un airedale terrier qui lui sert de chien "forceur" pour les sangliers sur pied. C'est moi qui vais tenir cette boule de nerf en laisse. Le conducteur veut repartir du départ, je l’amène donc à la zone où j'ai tiré mon sanglier. Je le suis à distance (c'est ma première recherche au sang) tout en contrôlant que le chien ne prenne pas la piste d'un autre sanglier. Il y en avait tellement que le pauvre a été tenté plusieurs fois de prendre un autre animal mais je ne le remettrai qu'une fois sur la piste que j'ai faite tellement minutieusement hier soir que je la revois encore.

Rabolio arrive sans problème jusqu'au pré où je perds mon sanglier ce matin. La suite sera magique, il prend une des nombreuses coulées dans l'herbe et se dirige vers un bois d'épineux très dense où son maître le suit. J'ai encore mal pour lui, il progresse difficilement à quatre pattes sous les épines. Je contourne le bois avec la carabine à la main au cas où. Rabolio donne maintenant de la voix de plus en plus. Son maître l'encourageant et le guidant en lui disant par intermittence "le sang Rabolio, le sang…"

Tout à coup, le conducteur me cri : "il s'est couché là", juste avant la sortie du bois il s'est reposé un moment et a laissé une belle flaque de sang. Rabolio sort du fourré suivit par son maître dans un crissement d'épines acérées. Il me fait comme ça :" là je n'y crois plus trop, le bosquet devant toi c'est notre dernière carte..." je suis abattu, les doutes m'envahissent au fur et à mesure que les pas se cumulent. Il prend le pré et se dirige vers un petit bosquet, l'herbe est couverte par endroit de traînées de sang.

Rabolio semble perdre la trace en lisière du bosquet, il se tourne vers son maître et s'assied, son maître lui sort alors une écuelle et de l'eau et après l'avoir désaltéré, ils reprennent la traque. Le maître lâche la longe et Rabolio tourne et retourne dans l'herbe avant de s'enfoncer dans le bosquet mais sans conviction. Il va tourner et retourner sur 50 m² pour finalement sortir du bosquet. Je les suis mais, pour éviter les épines, je prends une coulée bien plus dégagée et c'est alors qu'en me baissant je pose la main dans une grosse tache de sang.

Je n'ai pas eu le temps de sortir du bosquet que j'entends une voix me disant alors que je n'y croyais plus : "il est là ". Après avoir laissé les chiens l'un après l'autre mordiller un peu leur sanglier, je me suis mis à genoux devant ce corps sans vie, comme un gamin qui ouvre ses premiers cadeaux de noël et je me suis mis à caresser mon sanglier et les chiens. Ce sentiment de bonheur qui m'envahit, je crois que je ne l'avais jamais ressenti aussi fort.

Comme pour me faire un peu culpabiliser dans ce moment si fort le conducteur de chien me lance : "tu as vraiment du bol, ta flèche était trop basse". En vidant le sanglier, je constaterai que la rate est entaillée ainsi que le foie très légèrement, c'est vrai que ma flèche n’est pas terrible. Je charge mon paquetage sur mes épaules et me voilà parti avec la petite troupe vers la voiture. Les 800 mètres qui nous séparent de la voiture en légère pente et l'ascension finale assez raide me font attraper une bonne suée mais quel bonheur d'avoir retrouvé mon sanglier.

 
Mon premier sanglier à l'arc, 25 septembre 2005
Mon premier sanglier à l'arc, 25 septembre 2005

La piste de mon second sanglier ne donnera rien. Rabolio ne voudra pas la suivre mais, vu les indices, le conducteur de chien de sang pense que ma flèche a heurté l’os de la patte avant et que les jours de mon sanglier ne sont pas en danger.

Mon premier sanglier à l'arc, 25 septembre 2005

Alex

 

Atteinte :

Mon premier sanglier à l'arc, 25 septembre 2005

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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