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12 novembre 2020 4 12 /11 /novembre /2020 19:36

Mardi, notre fédération nous informait de la réouverture dérogatoire de la chasse du grand gibier en battue et à l'affût. Mercredi matin, je reçois un texto du piqueur de Justian qui m'annonce une battue au sanglier sur Lagardère, je décide d'y aller. Je Pars de chez moi vers 13h15 pour le rendez-vous de 14 heures à la salle des chasseurs. Cela fait vraiment bizarre de se retrouver tous masqués et en se saluant de loin. Les sangliers remisés le matin dans un petit bois ne seront finalement pas restés et après avoir délogé un renard et un ragondin nous terminons la battue vers 15h30. De retour cher moi vers 16h30, je décide d'aller faire un petit tour à l'affût sur Traversères. Je me gare à la ferme et pars à pied vers mon poste favori.

Posté un peu avant 17 heures, après avoir fait quelques photos pour un futur article pour Charc, l'attente commence. Très rapidement, des pas se font entendre sur la gauche, dans mon dos, dans le sale. Je me retourne doucement et me prépare à armer. Après une ou deux minutes, le bruit cesse. Je me retourne face au vent mais après quelques minutes le bruit reprend. Je me retourne doucement, les pas se rapprochent quand j'entraperçois un joli sanglier qui avance tranquillement en fouillant le sol. Il est à environ 15 mètres. Il s'avance dans la broussaille et stoppe à 8 mètres derrière l'arbre contre lequel je suis posté. J'arme mon arc et l'attends sur la droite du tronc. 

Le sanglier du deconfinement, 11 novembre 2020

Après quelques secondes, il avance un peu et j'aperçois son groin qui fouille le sol. Je suis prêt, il relève la tête, hume l'air dans ma direction puis bifurque et descend droit sur moi. Il stoppe de face à 5 mètres et hésite à prendre à gauche ou à droite. C'est un mâle d'environ 70 kilos. J'attends qu'il me présente une meilleure position pour décocher et espère qu'il ne va pas arriver à mauvais vent par la gauche du tronc, ce qui m'obligerait en plus à me reculer pour pouvoir passer mon arc armé de l'autre côté de l'arbre sans toucher les branches. Il se décidé finalement et prend sur sa gauche pour avancer de quelques pas et stopper à découvert à environ 5 mètres. Je cale ma visée derrière son épaule et décoche. Ma flèche semble bonne, l'impact retentit et le sanglier fait volte-face en poussant un grondement soufflé. Il fonce sur la coulée par laquelle il est venu. Je le perds vite de vue mais l'entends un moment dans les épines puis le calme revient. Ma flèche l'a traversé et est resté dans la bruyère à l'endroit du tir.

Le sanglier du deconfinement, 11 novembre 2020

Je remonte pour examiner ma flèche et voir si je trouve du sang. Ma flèche est couverte de sang et porte quelques débris végétaux sur les vannes.

Le sanglier du deconfinement, 11 novembre 2020

Je la récupère et allume ma frontale pour chercher le sang car il fera vite nuit dans le sous-bois. À l'impact le sanglier a perdu de toutes petites gouttes de sang et a légèrement frotté la bruyère à peine rougie.

Le sanglier du deconfinement, 11 novembre 2020
Le sanglier du deconfinement, 11 novembre 2020

Mais ensuite, impossible de trouver la moindre goutte de sang. Je suis donc la coulée de fuite et retrouve une grosse goutte à environ 15 mètres de l'endroit du tir. De là, la piste devient plus facile à suivre. Le sanglier a perdu de grosses gouttes dans sa fuite. Je les suis tranquillement, il semble suivre la courbe de niveau puis prend à droite à angle droit pour remonter un peu et rentrer dans les épines où je le suis à 4 pattes. Après une reposée debout où je trouve plusieurs grosses gouttes, le sang semble stopper net et je reste un moment à contrôler toutes les coulées autour de moi jusqu'à trouver un petit frotté qui me remet sur la piste. Le sanglier descend droit vers le ruisseau asséché en contrebas dans un bois beaucoup plus clair. Je suis maintenant la piste debout, assez difficilement car le sang est assez rare. Heureusement que le sanglier a retourné les feuilles mortes dans sa fuite ce qui le permet de suivre ses traces plus que le sang, mais arrivé à une grosse coulée perpendiculaire, les traces stoppent net après une dernière goutte de sang que le sanglier a perdu en sautant par-dessus un bout de bois mort tombé au sol. Je tourne un peu sans trouver la suite de la piste dans la nuit noire. J'appelle donc mon ami Adrien pour une recherche le lendemain mais il n'est pas disponible et me donne le numéro de Christine Lasbats que je contacte immédiatement. Elle peut venir vers 9h45.

Nous nous retrouvons donc le lendemain à la salle des fêtes de Sansan et partons nous garer près des ruches après la ferme puis partons à pied vers mon poste. Arrivés sur place, Léo semble très intéressé sur la zone du tir et à ma grande surprise sa maîtresse décide de le lâcher. Léo part au pas de course sur la coulée du sanglier, je le suis rapidement dans les épines alors que sa maîtresse fait le tour par le propre. Je reviens vite au dernier sang à environ 100 mètres du tir mais le teckel est déjà loin et tourne dans le bois. J'entends sa clochette, j'attends sans bouger près du dernier sang et Christine arrive par le haut du bois. Je lui signale que j'ai le sang et elle me rejoint en appelant Léo qui ne semble pas vouloir venir. En l'attendant nous contrôlons les diverses coulées sans succès et Léo ne revenant toujours pas, sa maîtresse par le chercher. Je reprends minutieusement les contrôles sur les coulées qui descendent mais rien.  Léo donne de la voix un court instant puis se tait alors que sa maîtresse l'appelle toujours. Je reviens au dernier sang et me pose à genoux pour être plus près de la vision d'un sanglier quand j'aperçois un léger frotté sur une petite feuille sur ma droite. En le rapprochant, j'en vois un autre, puis un autre. Le sanglier a pris à droite. De petit frotté en ronce retournée, je reprends la piste qui s'interrompt parfois sur quelques mètres. Brusquement, le sang devient plus abondant, une forte odeur de sanglier emplit l'air et se dessine une traînée sur le sol comme si on avait traîné un animal. En regardant un peu plus loin, j'aperçois alors mon sanglier mort un peu plus bas dans le lit du ruisseau asséché alors que Christine et Léo arrivent par le labouré qui borde le bois. Je signale ma trouvaille puis rejoins mon sanglier. Il a fait environ 150 mètres. Son museau est très court comme celui d'un cochon chinois. Ma flèche rentre à peu près où je visais et ressort curieusement devant le cuissot opposé. Je l'attache par le groin et le sors sur le labouré où Léo lui saute dessus.

Le sanglier du deconfinement, 11 novembre 2020

Il me faut le trainer jusqu'à la piste sur plusieurs centaines de mètres avant de venir le chercher en voiture. Après quelques photos souvenir

Le sanglier du deconfinement, 11 novembre 2020

je le charge et le remonte à la ferme où je le pends pour le vider et le découper pour le propriétaire. Christine récupère 2 pattes pour Léo avant de rentrer. Un grand merci à elle d'être venu même si finalement j'ai retrouvé mon sanglier tout seul.

 

Alex

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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 22:16

Mercredi soir notre Président nous annonçait un confinement à partir du jeudi soir minuit jusqu'au 1 décembre, ce qui implique une interruption, voir la fin, de notre saison de chasse. Je décide donc d'aller faire un affût au sanglier sur Traversères le jeudi soir, en sortant du boulot. Je me gare donc vers 17h40 à la ferme, me change et pars à pied vers mon poste plus loin dans les coteaux. Mon ami Jacques est déjà en poste depuis 17h30. Je rentre dans le bois par une grosse coulée et me poste près d'un genévrier mort tombé au sol contre un petit chêne tordu. L'attente commence, la luminosité a déjà bien baissée. Le sous-bois est calme, pas de vent, je devrais entendre arriver les sangliers de loin. Rien ne bouge, même pas les petits rongeurs ou les oiseaux. La luminosité baisse vite, il ne me le reste plus beaucoup de temps, mon téléphone vibre dans la poche, c'est Jacques qui quitte son poste et alors que je lis son SMS, il le semble entendre du bruit derrière la crête à la droite. Je range vite mon portable, le bruit se rapproche. Les craquements dans la végétation m'annoncent l'arrivée des sangliers sur mon poste. Je me tiens prêt. 6 marcassins d'environ 12 kilos arrivent en tête et commencent à se frotter contre deux gros chênes à environ 8 mètres de mon poste. J'arme doucement mon arc et cherche lequel viser quand 2 bêtes rousses arrivent derrière. Elles chassent les marcassins et viennent se frotter aux chênes, une sur chacun des 2 arbres. Elles commencent à se frotter de face puis celle de droite passe devant le chêne et se frotte énergiquement le haut du dos presque couché en le montrant son ventre. J'attends toujours mon occasion mais le sanglier bouge trop puis arrête son grattage et se positionne plein travers à 8 mètres. Je cale ma visée et décoche. Touché il fonce droit devant lui dans la broussaille et c'est la débandade. Tous les sangliers partent dans tous les sens.

Rapidement, un des marcassins revient droit sur moi en grognant. Je réencoche et arme mon arc puis le suis dans mon viseur en attendant qu'il s'arrête mais il stoppe juste derrière l'arbre contre lequel je suis posté, à environ 3 mètres. Il reste un instant immobile puis repart d'où il vient en grognant au milieu de quelques baliveaux. Pas d'occasion de tir propre, je désarme. Un sanglier se débat en gémissant un peu plus haut, c'est certainement mon sanglier fléché. Cette attitude est souvent signe d'une flèche de cœur. J'attends immobile quand du bruit se fait entendre dans mon dos. Un autre sanglier revient vers moi. Je me retourne et arme mon arc. Une bête rousse se plante plein travers à 10 mètres. Ma visée se cale sur son coffre, je décoche. Un impact très sonore retentit et mon sanglier se jette dans le salle en faisant volte-face. J'attends un moment le retour du calme dans la nuit qui s'installe puis allume ma frontale et pars vers l'endroit du premier tir où je trouve ma flèche plantée au sol et rouge de sang. J'attaque ma recherche en suivant le sang très abondant. La piste fait des lacets dans les épines en remontant vers la prairie au-dessus puis devient extrêmement abondante, tout est peint de sang et je trouve vite mon sanglier mort. C'est une petite laie de 50 kg environ. Ma flèche est rentrée au défaut de l'épaule et est ressortie curieusement entre les pattes avant malgré mon tir presque à plat. Elle rentre dans le haut du cœur et ressort à la pointe de ce dernier.

Je ramène mon sanglier à mon poste et récupère ma première flèche que je remets au carquois puis pars chercher la seconde que je trouve plantée presque à la verticale dans un bout de bois pourri. Elle est couverte de sang comme la première. Quelques gouttes de sang ont été projetées au sol à l'endroit du tir mais la piste semble très peu fournie. Je peine à la suivre, très peu de sang au sol, une petite goutte de temps en temps, un petit frotté sur un baliveau puis un autre un mètre plus loin mais presque pas de sang. Ça ressemble fort à une flèche de coffre ressortant dans les tripes avec un bouchon de viscères bouchant la sortie et empêchant l'hémorragie externe. En suivant les coulées, j'avance tant bien que mal d'environ 30 mètres jusqu'à quelques gouttes dans un bouquet de bruyère et de là impossible de reprendre la piste. J'insiste un moment mais rien, ne pouvant me résoudre à laisser pourrir ce sanglier, je décide de rentrer avec mon premier sanglier et de revenir le lendemain, malgré le confinement, pour tenter de retrouver le second. Après quelques photos souvenirs

Un doublé juste avant le confinement, 29 octobre 2020

je traîne mon sanglier attaché par le groin pour sortir du bois. Le propriétaire qui ne devait pas être là ce soir m'appelle pour me dire qu'il est rentré et je l'informe de ma prise. Il vient à ma rencontre avec son tracteur et nous ramenons le sanglier que je vide et lui donne. Malgré sa taille, elle portait 6 petits déjà bien formés.

Après une très mauvaise nuit, je repars chercher mon second sanglier. J'ai pris mon chien au cas où mais décide de tenter de le chercher sans lui dans un premier temps. Je retrouve facilement le dernier sang qui semble descendre et cherche un moment dans ce sens mais c'est une goutte sur une coulée un peu plus haut qui me remet sur la voix. Le sang devient plus abondant. À quelques mètres plus en avant un bout de tripe est accroché à des épines noires. Je continue sur la piste et retrouve vite mon sanglier mort sur le flanc. Il a fait environ 50 mètres. Comme je le pensais, ma flèche est plein coffre, un peu haute et ressort plus en arrière ce qui explique le peu de sang stoppé par le bouchon de trippe. Ma flèche a touché le foie et les poumons. Il est temps de rentrer préparer cette deuxième petite laie un peu plus petite que la première.

Un doublé juste avant le confinement, 29 octobre 2020

Alex

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9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 22:18

Ce soir, en sortant du boulot, je pars pour Saint Arroman. Je me gare près de la ferme mais alors que je me prépare je me rends compte que j'ai oublié ma cagoule. Il me faudra faire sans, je pars à pied en longeant les mais pour rejoindre mon poste dans un bosquet un peu plus haut. Je suis une coulée de blaireau pour rejoindre une petite clairière et me poste en bordure du sale entre 2 arbres. Devant moi, un ruisseau asséché couvert de ronces. Un ancien chemin gagné par la végétation le traverse un peu plus à ma gauche. Une belle coulée passe à 5 mètres sur ma droite pour contourner un gros arbre mort.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Sur ma gauche, la clairière s'ouvre sur environ 15 mètres jusqu'à un gros arbre creux où les sangliers viennent régulièrement se frotter. Une belle coulée sort du ruisseau pour rejoindre ce frottoir. Le vent n'est pas bon pour le moment mais je sais qu'il va tourner dans la soirée. Il souffle soit dans mon dos, soit sur ma droite. L'attente commence, il est 18h30. Le sous-bois est calme à peine perturbé ponctuellement par le chant d'un faisan, la chute d'un gland ou le passage d'un petit rongeur dans les feuilles mortes. Quelques oiseaux passent par moment. Vers 19 heures le vent se pose totalement, seul un infime mouvement d'air subsiste face à moi comme de l'indique la poussière terreuse que je laisse tomber entre mes doigts. Vers 19h15, des bruits de pas se font entendre dans le sous-bois en face de moi. Le pas semble lourd mais je ne saurais pas dire s'il s'agit d'un chevreuil ou d'un sanglier. J'accroche mon décocheur et me tiens prêt. Les bruits se rapprochent quand j'aperçois un petit arbuste qui s'agite à environ 30 mètres devant moi. Impossible de voir l'animal au travers de la végétation très dense. Les bruits de pas reprennent et viennent toujours vers moi. La végétation s'agite devant moi à environ 20 mètres mais toujours impossible de voir l'animal qui biaise sur ma gauche pour traverser le vieux chemin gagné par les ronces.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

L'animal traverse le chemin mais le bourrelet de végétation qui le borde m'empêche de le voir passer. Un léger mouvement dans la végétation au bout d'un gros tronc tombé au sol et couvert de végétation m'indique son passage. Très rapidement, j'aperçois le haut du dos d'un sanglier d'environ 50 kilos qui longe derrière le tronc. J'arme mon arc mais le gros tronc cache sa zone vitale. Il se tourne de face et se rapproche du tronc pour disparaitre un instant derrière. Je désarme. J'espère le voir sortir au bout du tronc à environ 8 mètres sur ma gauche car une coulée débouche sur la clairière mais il finit par repartir en longeant le ruisseau asséché.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

J'arme mon arc mais la végétation ne me permet pas un tir sûr. Je le laisse s'éloigner et désarme. Il avance doucement en suivant le lit asséché, disparaît un instant derrière les arbres puis réapparaît un instant à environ 20 mètres de 3/4 arrière mais la zone vitale est toujours caché. Il s'avance encore un peu et je le perds de vue mais l'entends un instant dans la végétation avant le retour du calme pendant un instant. Alors que le pense parti, du bruit attire mon regard vers l'endroit où je l'ai perdu de vue. La végétation s'agite sur la gauche du ruisseau et le sanglier remonte le petit talus avant de venir vers moi. Il stoppe de face) environ 15 mètres et se frotte énergiquement contre un arbre puis repart vers moi jusqu'à un petit écran de houx d'environ 2 mètres de long, un peu en avant du gros arbre creux. Il bifurque à angle droit pour remonter vers le haut du bois. J'arme doucement mon arc. Il sort à découvert plein travers au bout des houx, en face du gros arbre creux. Mon viseur se cale derrière son épaule et je décoche. Touché il fait volteface pour repartir d'où il vient.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Il repasse derrière le gros tronc couché

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

puis remonte le penchant opposé pour stopper à environ 50 mètres. Sa respiration suffocante et encombrée est entrecoupée de grognements. Des sifflements humides sont bien audibles ce qui me mets en confiance sur la létalité de ma flèche mais le temps passe et le sanglier tourne toujours dans le sous-bois sur une zone limité sans vouloir tomber. Refroidi par la perte de mon dernier sanglier, je décide de rester un moment sans bouger avant de faire quoi que ce soit. Après de longues minutes, le sanglier s'éloigne un peu mais continue à souffler et grogner. Je décide d'aller voir ma flèche tout doucement.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Je la retrouve plantée dans le tronc, une vanne est légèrement décollée. Le fut et les vannes sont couverts de sang mais il n'est pas très abondant.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Je remets ma flèche au carquois et retourne me poster tranquillement. Le sanglier se fait toujours entendre pendant un moment puis le calme revient vers 19h45. Je décide d'attendre encore un peu, je me repasse la scène dans ma tête, ma flèche me semble bonne mais quelque chose ne tourne pas rond. Avec une flèche de coffre, mon sanglier devrait déjà être mort. Vers 20 heures, je me décide à quitter mon poste pour débuter ma recherche. Je recoupe la direction de fuite près du gros arbre creux mais ne trouve pas tout de suite le sang. Je contrôle les 2 coulées possibles et finis par apercevoir des petites gouttes sur un bout de bois et quelques feuilles mortes, à quelques mètres de l'endroit du tir, à moins de 2 mètres du ruisseau asséché.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Je suis la coulée qui descend dans le ruisseau en suivant quelques grosses gouttes espacées.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020
Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Les gouttes longent derrière le gros tronc tombé au sol. 

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Le sang n'est pas extrêmement abondant mais assez facile à suivre.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020
Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Le sanglier a suivi une grosse coulée qui serpente au milieu des ronces puis remonte dans le bois. Le sang devient, petit à petit, de plus en plus abondant. La luminosité baisse vite dans le sous-bois et je continue ma recherche à la lueur de ma frontale.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

En le suivant, je tombe sur une reposée debout où le sanglier a fait une halte.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Le sang devient très abondant, le sanglier a dessiné régulièrement des lignes de sang ininterrompues sur plusieurs mètres. 

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

La piste très abondante s'enfonce dans les épines noires, je laisse mon arc au sol pour pouvoir avancer plus tranquillement. Les épines noires, assez serrées, me griffent les flancs et les épaules. Un peu plus haut, je tombe sur une reposée debout puis une seconde.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020
Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

La piste toujours très abondante rentre maintenant dans un roncier inextricable. Je dois progresser à 4 pattes sur les épines dans un tunnel très étroit pour suivre le sang mais alors que j'ai juste fait quelques mètres un animal démarre juste à quelques mètres de moi. Je stoppe net, l'animal stoppe à quelques mètres plus loin. Une respiration très difficile de fait entendre. C'est mon sanglier, 45 minutes après le tir, il n'est toujours pas mort. Je reste un instant immobile à l'écouter. Il semble très mal en point et ne bouge pas. Je fais doucement marche arrière pour aller chercher mon arc. Les ronces lèvent mon T-shirt et me lassèrent le dos. Sorti des ronces, je suis le sang à contre-pied et repasse les épines noires pour récupérer mon arc avant de devenir vers les ronces. Le sanglier n'a pas bougé, il respire toujours aussi fort. Je décide de rester devant le roncier à l'écoute, en espérant que le sanglier sera vite mort et pour ne pas risquer de le pousser plus en avant si je tente de le rejoindre. Les minutes passent, posté devant ce mur de plusieurs mètres de haut de ronces alors que la nuit s'installe. Le sanglier commence à bouger un peu puis semble se débattre en grognant, pousse un gros souffle roque avant de se mettre à respirer très vite. Son souffle baisse en intensité et le sanglier bouge bruyamment sur place puis plus rien. Après quelques secondes de calme un grognement étouffé se fait entendre puis le calme s'installe. J'écoute encore un court instant le silence dans la nuit noire puis décide de reprendre ma recherche. Je recommence à suivre le sang à 4 pattes dans le tunnel de ronces. Le passage devient très étroit et je dois ramper sur un tapis d'épines pour suivre le sang. Les épines se plantent dans ma chair et le lassèrent de partout. Ma progression est très compliquée surtout avec mon arc que je dois pousser devant moi et qui s'accroche partout dans les ronces.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

La coulée débouche sur une grande bauge de plus d'un mètre de diamètre. Le sol poussiéreux, bien dégagé est couvert de sang partiellement imbibé par la terre très sèche. Je traverse la bauge en rampant pour rejoindre le tunnel de ronces au fond de la couche du sanglier. Arrivé à ce dernier, le sang stoppe brusquement et le tunnel se divise en 2. Je ne peux pas me permettre de me tromper car je ne pourrai pas faire demi-tour. J'éclaire plus en avant dans les 2 passages et aperçois quelques traces de sang frotté sur des ronces à quelques mètres dans le tunnel de gauche. Je reprends ma progression sur environ 5 mètres mais le tunnel se divise à nouveau en 3. J'éclaire dans les 3 passages sans voir de sang, impossible de trouver la suite de la piste. Je n'ai pas le choix, il me faut choisir un passage et tenter de m'y avancer. La brûlure des écorchures devient insupportable mais je n'ai pas le choix. Je m'avance dans le tunnel du milieu qui tourne quelques mètres plus loin, à angle droit sur la droite pour rejoindre une nouvelle bauge où j'aperçois mon sanglier couché sur le flanc, tête à l'opposé de ma position. Une plaie sanguinolente basse est visible derrière sa patte droite. Je l'éclaire un court instant sans bouger. Il est mort.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Je m'avance un peu pour le saisir par une patte arrière et tente de le tirer vers moi mais il est pris dans les ronces et je n'ai aucune force allongé sur le ventre.  Je laisse mon arc et m'avance dans la bauge pour tenter de dégager le sanglier. Je m'aperçois alors que la sortie de la bauge revient en arrière sur le tunnel principal. C'est le passage de droite sur j'ai laissé tout à l'heure mais le tunnel est extrêmement étroit. Je décide donc de repartir par là d'où je viens. J'attache le sanglier par le groin avec la laisse que j'ai toujours à la poche. Je pivote non sans mal et retourne le sanglier tête vers l'entrée de la bauge puis rampe vers mon arc en tirant la laisse mais je n'ai pas de force dans cette position. Je me retourne sur le dos pour tirer le sanglier sur moi et progresse ainsi en poussant mon arc devant moi et en tirant le sanglier sur mes genoux à chaque fois que j'ai parcouru un mètre sur le dos.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Je suis griffé de partout et le contact des épines devient insupportable. Je ressors enfin du roncier vers 21h30. Il me faut encore ressortir du bois. En suivant la piste au sang à l'envers, je rejoins la clairière non sans devoir tuer quelques frelons qui attaquent régulièrement le faisceau de ma frontale. Je profite du découvert pour faire quelques photos souvenirs de mon petit ragot de 50 kilos environ.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Ma flèche entre au niveau du cœur

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

et ressort basse, 10 centimètres derrière la patte opposée.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Il me faut encore tirer mon sanglier sur près d'un kilomètre jusqu'à ma voiture où j'arrive en nage. Rentré chez moi, je constate en vidant mon sanglier que ma flèche a profondément entaillé le cœur. La résistance des sangliers est vraiment incroyable.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Alex

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19 août 2020 3 19 /08 /août /2020 05:52

Je ne suis pas revenu chasser sur Traversères depuis mon dernier sanglier. Ce soir, en sortant du boulot, je passe me changer et prendre mes affaires chez moi puis je pars pour la chasse. Je me gare près du lac et finis à pied vers mon poste, le même que lors de la dernière sortie. Je rentre, comme d'habitude, dans le bois par une grosse coulée. Un sanglier est passé par là depuis la dernière pluie, des traces de boue séchée sont présentes sur la végétation tout le long de la coulée sur plus de 80 mètres. Je rejoins rapidement mon poste sans tenir compte du bruit de mes pas. Je suis en place vers 18h45. Le vent est tournant, il souffle souvent dans mon dos, ce qui ne m'arrange pas car les sangliers arrivent généralement par le haut du bois. Je sais que souvent le vent se stabilise plus tard dans la soirée. Le temps passe et le vent semble souffler plus vers le haut, je décide de quitter mon poste pour me placer plus près du bord du bois mais le vent tourne encore. Je décide de revenir à mon poste de départ et d'y rester. Vers 20 heures, les geais se mettent à crier dans le penchant boisé, de l'autre côté du chaume de blé qui suit le bas de la combe à environ 200 mètres, peut-être des animaux qui bougent. Je me bats avec les moustiques qui m'assaillent quand des bruits de pas se font entendre dans le fourré à ma gauche. L'animal semble se déplacer très lentement et faire de longues pauses entre chaque mouvement. Certainement un chevreuil au gagnage. Le bruit semble remonter vers la prairie qui domine mon poste et finit par cesser. Le vent se stabilise peu à peu pour souffler maintenant face à moi, j'ai bien fait de reprendre mon poste. Le temps passe, vers 20h45, des bruits de pas se font à nouveau entendre, ils semblent plus proches. En cherchant avec insistance au travers de la végétation, je finis par apercevoir un animal bouger mais sans arriver à l'identifier. Je le perds finalement de vue et les bruits de pas s'arrêtent brusquement. Le temps passe, la luminosité tombe doucement, alors qu'il ne reste plus que 15 à 20 minutes avant la nuit, un bruit de pas lourd se fait entendre. Un animal arrive par le penchant de gauche, dans le sale. Les craquements se rapprochent puis je finis par apercevoir une grosse masse sombre à environ 20 mètres dans le sale sur ma gauche. Je me prépare à armer mon arc, le sanglier s'avance dans une zone plus claire et stoppe à un peu plus de 15 mètres, plein travers. J'arme mon arc et tente d'aligner ma visée mais le sanglier est partiellement masqué par la végétation. J'attends une meilleure occasion. Il avance un peu mais stoppe à nouveau dans la végétation. J'entends d'autres animaux qui marchent dans les alentours mais impossible de les voir. Le sanglier repart tranquillement et s'éloigne doucement dans le sale où je le perds de vue un instant. Je désarme et m'avance d'environ 10 mètres pour me recaler en espérant que le sanglier bifurque pour sortir devant moi sur le propre, à distance de tir. Les bruits de pas sont toujours bien présents. Il ressort dans une trouée à environ 25 mètres devant moi et semble prendre la coulée par laquelle s’étaient éloignés les sangliers. Je le perds à nouveau de vue et entends toujours les autres sangliers sans les voir. Les craquements semblent venir sur ma droite, la luminosité baisse vite, je ne pourrai bientôt plus tirer. Le sanglier fait demi-tour et ressort plus à découvert à environ 20 mètres mais dans des petits arbustes. Il stoppe un instant puis repart en biaisant vers un gros chêne à environ 15 mètres. Il stoppe de face un moment. J'arme doucement mon arc puis désarme. Il se remet en mouvement et biaise sur la droite du chêne pour stopper de 3/4 face, à environ 15 mètres. J'arme doucement, aligne ma visée alors que la luminosité est assez mauvaise. Mon pin's calé sur son épaule, je décoche, l'impact retentit et le sanglier se retourne pour foncer dans le sale vers le penchant de gauche. Il stoppe assez vite puis se débat dans la végétation. Je décide d'aller droit vers le bruit avant la nuit noire mais le bruit stoppe très vite et impossible de repérer le sanglier. Je stoppe dans une zone découverte sur le penchant où la luminosité est meilleure et tends l'oreille pour tenter d'entendre un dernier soubresaut quand j'entends des bruits de pas. Des animaux montent droit sur moi. Je réencoche vite une flèche mais les animaux restent dans le sale à  quelques mètres devant moi. Impossible de les voir. Le calme revient un instant, je tente d'imiter le souffle d'alerte d'une laie. Un des animaux remonte sur ma droite et me contourne dans le sale où il tourne un moment. L'autre tourne en dessous de moi et grogne. Ce sont des petits sangliers. Ils tournent et retournent, je tente encore d'imiter le souffle de la laie mais les animaux se débinent et s'éloignent. Je remets ma flèche au carquois et allume la lampe de mon portable pour tenter de trouver du sang. Je tente de couper les diverses coulées qui remontent vers la crête mais impossible de trouver du sang. Je descends donc vers l'endroit du tir et tourne un instant autour avant de trouver une minuscule goutte de sang sur une feuille morte sur une belle coulée. Je suis un peu la coulée et trouve une autre petite goutte un peu plus loin puis une autre un peu plus loin.

Deuxième sortie sur Traversères, deuxième sanglier, 18 août 2020

La piste est très peu abondante, je la suis à 4 pattes, goutte par goutte jusqu'à tomber, au bout d'environ 30 mètres, sur quelques grosses gouttes tombées sur la végétation.

Deuxième sortie sur Traversères, deuxième sanglier, 18 août 2020

La piste est encore peu abondante mais plus facile à suivre sur environ 20 mètres. Le sang devient alors plus abondant et biaise doucement à droite sur une coulée très marquée qui longe la droite d'un taillis très épais. Je retrouve, après environ 60 mètres de piste, mon sanglier mort sur la gauche de la coulée dans la végétation. Une grosse tache de sang coagulé dans le poil est bien visible autour de l'entrée de la flèche.

Deuxième sortie sur Traversères, deuxième sanglier, 18 août 2020

C'est une laie d'environ 50 kilos, je la pensais bien plus grosse au moment du tir. Ses tétines sont encore un peu gonflées. C'est certainement la mère des jeunes sangliers venus près de moi. Elle n'a presque plus de lait, je pense que les jeunes sont assez gros pour s'en sortir seuls. Je comprends maintenant pourquoi je les entendais sans les voir, car ils étaient masqués par la végétation. Je la dégage de la végétation pour faire quelques photos souvenirs.

Deuxième sortie sur Traversères, deuxième sanglier, 18 août 2020

Ma flèche est ressorti basse, 20 centimètres avant la cuisse. Au dépeçage, je constaterai que ma flèche a entaillé le cœur, touché les poumons et traverser le foie sans toucher l'estomac et les intestins. Ma flèche est introuvable, je reviendrai la chercher le lendemain en sortant du boulot et la trouverai alors très facilement plantée au sol près de la zone du tir.

 

Alex

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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 05:44

Ce soir, pour finir ma superbe journée de chasse, je décide d'aller faire un affût au sanglier sur Traversère où je n'ai pas encore mis les pieds de la saison. Je me gare près des ruches, au bord du chemin de terre qui contourne le lac vers 19 heures. Je me prépare tranquillement, il fait une chaleur intenable, les cigales chantent à tue-tête dans les petits chênes qui dominent le plan d'eau. Je pars à pied pour mon poste un peu plus loin dans une combe boisée. Je ne marche pas très vite mais je suis vite trempé de sueur. Je suis une parcelle de blé en long pour rejoindre la grande coulée qui remonte jusqu'à mon poste. Le terrain est très sec, impossible de savoir si les sangliers sont passés de frais. Je longe la coulée et remonte dans la combe pour me poster au milieu du salle, dans une zone dégagée  qui me permet de tirer jusqu'à 15 mètres.

L'attente commence, les cigales chantent tellement fort qu'elles couvrent tous les bruits du sous-bois. Le vent un peu tournant finit par se stabiliser et souffle face à moi en descendant la combe. Le temps passe, un petit mulot vient me distraire un instant en agitant les feuilles sèches à quelques mètres devant moi. Une palombe vient de poser un moment sur les chênes qui couvrent la crête sur ma droite. Un peu plus tard un geai passe furtivement. Les moustiques commencent à me harceler et j'en écrase plusieurs, trop occupés à se nourrir de mon sang pour éviter de se faire écraser. Les cigales se calment peu à peu. Vers 20h20, il me semble entendre un léger bruit de pas dans mon dos puis plus rien, après quelques minutes, le bruit reprends. Je me retourne doucement et cherche à localiser l'animal. Les bruits de pas sont de plus en plus proches, vers 20h30, j'aperçois un animal venant vers moi dans la végétation, je crois un bref instant à un sanglier mais la silhouette se dessine peu à peu et je reconnais un chevreuil. Je crois voir des bois un instant alors que le chevreuil se rapproche tranquillement en cherchant sa nourriture. C'est en fait une chevrette, elle avance tranquillement en changeant souvent de direction au gré de ses prises de nourriture. Elle vient se caler dans un bouquet d'arbres à environ 20 mètres en dessous de moi. Le vent n'est pas bon et je m'attends à la voir fuir rapidement. Elle éternue plusieurs fois, elle doit être infestée par des œstres comme beaucoup de ses congénères à cette saison. Elle reste un moment à manger au même endroit puis commence à remonter tranquillement sur moi en zigzagant. À environ 12 mètres, elle stoppe net de face et hume un instant l'air avant de démarrer brusquement sur la gauche pour foncer dans la végétation en remontant vers la crête. Elle se tranquillise vite et reprend son activité à environ 30 mètres. Je ne la vois plus mais entends ses pas par intermittence. Je me retourne face au vent et me reconcentre sur ma chasse. Quelques cigales chantent encore par moment.

Vers 21h30, un craquement puissant m'interpelle sur la gauche. Je tends l'oreille, rapidement des bruits de pas se font entendre et semblent venir vers moi dans le sale. Les bruits deviennent de plus en plus présents et je tente de voir le ou les animaux au travers des branchages quand un gros sanglier puis un second m'apparaissent à environ 25 mètres sur le flanc de la combe. Ils avancent tranquillement sans s'arrêter, un derrière l'autre. Ils sont trop loin, en mouvement et le secteur est trop encombré. J'ai espoir qu'ils prennent une belle coulée qui passe à moins de 10 mètres devant devant moi ou au pire à environ 15 mètres mais il marquent un bref arrêt dans le sale à environ 35 mètres puis poursuivent dans la végétation et remontent vers la crête en s'éloignant doucement. Je reste un moment à l'écoute, au cas où ils reviendraient, mais le bruit de pas s'éloigne et passe la crête. Le calme s'installe. Je pense savoir où ils vont, très certainement vers une grande parcelle de blé prise entre 2 bois, je décide donc de les laisser prendre de l'avance avant de tenter de les recouper pour ne pas qu'ils m'entendent me déplacer sur ce sol couvert de feuilles sèches. Je quitte mon poste après environ 10 minutes d'attente. Je prends sur la droite par une grosse coulée pour passer la crête puis descends au gré des passages de gibiers vers le blé en bas de la pente boisée. Je sors du bois, pas de sanglier en vue, je traverse le blé étroit à cet endroit pour rejoindre un chemin enherbé qui longe le penchant boisé opposé puis commence à longe ce dernier doucement en surveillant la parcelle de céréales. J'ai le vent de face, le blé s'élargit rapidement en avançant sur le bois de droite.

J'avance doucement quand il me semble entendre des craquements dans le blé. Je m'arrête et écoute mais je n'entends plus rien, je recommence à avancer quand il me semble encore entendre des craquements. Je regarde dans la direction du bruit quand j'aperçois le dos d'un sanglier qui mange dans le blé au bord d'une zone de la culture couchée par ses congénères, près du bois d'en face. Je décide de tenter une approche au travers de la culture avec le vent sur la droite. J'avance doucement mais, même en faisant attention, je fais du bruit dans le blé qui craque sous mes pas. J'aperçois vite le second sanglier qui s'avance dans la zone de blé couché. Je gagné peu à peu du terrain et les sangliers ne se préoccupent pas de moi, trop occupés à leur repas. Ils comment à avancer en mangeant et je biaise à droite pour les recouper. J'arrive ainsi facilement à 20 mètres des sangliers. J'accroche mon décocheur et m'approche encore un peu baissé, prêt à armer. Je me retrouve ainsi à 15 mètres du sanglier le plus proche et environ 18 mètres du second qui est beaucoup plus gros et plus à ma droite. J'arme mon arc et vise le sanglier le plus proche qui se présente plein travers. Je décoche, touché le sanglier pousse un souffle puissant et démarre pour foncer vers le bois. Le second sanglier rentre droit au bois alors que le fléché part sur environ 30 mètres sur la droite puis bifurque pour rentrer au bois par une trouée dans la végétation. Assez rapidement, il me semble entendre tomber mon sanglier mais des bruits de pas persistent un moment sur une zone restreinte. J'attends un peu puis pars chercher ma flèche que je retrouve rapidement par miracle plantée au sol sous le blé couché.

Une très belle chasse pour ma première sortie sur Traversère, 19 juillet 2020

Je la laisse plantée droite sur place puis allume la torche de mon portable à la recherche de traces de sang. Ne trouvant rien, je décide de partir vers l'entrée au bois de mon sanglier. Je trouve alors du sang frotté sur le blé en bordure du bois.

Une très belle chasse pour ma première sortie sur Traversère, 19 juillet 2020

Je trouve ensuite quelques gouttes de sang au sol sur les feuilles mortes et la végétation du pied du talus du bois.

Une très belle chasse pour ma première sortie sur Traversère, 19 juillet 2020

Je suis le sang qui remonte droit dans le bois la coulée traverse des genêts puis passe un petit passage dégagé avant de rentrer dans un taillis d'épines. Je dois suivre le sang à 4 pattes sous les épines qui m'écorchent de partout. Je peine à avancer avec mon arc qui s'accroche dans les ronces et les branchages. La piste devient assez vite très abondante et de grosses giclées ponctuent ma progression.

Une très belle chasse pour ma première sortie sur Traversère, 19 juillet 2020

Soudain, je trouve du blé mélangé au sang et le doute m'envahit, j'espère ne pas avoir fait une flèche d'estomac. Après environ 40 mètres, la coulée rejoint une autre coulée perpendiculaire qui suit la courbe de niveau. Le virage du sanglier sur la nouvelle coulée est marqué par une grosse giclée en arc de cercle.

Une très belle chasse pour ma première sortie sur Traversère, 19 juillet 2020

Je me rends alors compte qu'il me manque une flèche au carquois, je fais donc demi-tour pour aller la chercher et la retrouve au passage des genêts, je la remets au carquois. Je reprends ma recherche. Alors que je m'avance un peu plus après l'arc de cercle de sang, des craquements se rapprochent de moi puis des grognements se font entendre, un sanglier vient droit sur moi, je pense que la lumière va le faire fuir mais il continue à s'approcher. Je dois donner plusieurs fois de la voix pour qu'il finisse par se décider à s'éloigner. J'espère qu'il ne s'agit pas de mon sanglier. Je suis la piste très abondante sur environ 20 mètres, une forte odeur de sanglier envahit le secteur, puis la piste prend à droite et remonte à nouveau au plus raide. Le sang est très abondant et je retrouve vite mon sanglier mort sur le flanc, tête vers le bas. Ma flèche est très bonne au cœur. 

Une très belle chasse pour ma première sortie sur Traversère, 19 juillet 2020

Son collègue devait certainement le chercher et se refusait à partir sans lui, il a dû prendre le bruit que je faisais en avançant pour celui de son compagnon. Les grosses giclées de sang étaient en fait du sang craché par la gueule ce qui explique la présence régulière de blé. J'attache la laie d'environ 80 kilos par le groin, avec une petite corde que j'ai toujours à la poche, et commence à revenir sur mes pas en la tirant. Impossible de trouver un autre passage pour sortir de cet enfer d'épines qui me griffent les bras et le dos en remontant mon T-shirt. Je galère pas mal, j'éteins régulièrement la torche de mon portable sans le faire exprès et me retrouve alors dans le noir. Petit à petit, j'avance et finis par ressortir en bordure du blé. Il me faut maintenant sortir mon sanglier de là. Ma voiture est loin. Je décide de tirer le sanglier sur la gauche en lisière du bois pour rejoindre une prairie à environ 80 mètres pour éviter de traîner le sanglier au travers du blé et endommager la culture. Après quelques photos souvenirs

Une très belle chasse pour ma première sortie sur Traversère, 19 juillet 2020

je me fais une poignée avec un bout de bois et tire la sanglier grâce à la corde pour rejoindre la prairie. En débouchant dans cette dernière, après avoir travers une gros bourrelet de ronces, je fais démarrer un chevreuil qui fuit en aboyant dans la nuit noire. La prairie remonte raide vers la route de crête à environ 300 mètres. Je pose mon arc en bordure du blé pour avoir les 2 mains pour tracter puis tire mon sanglier dans la pente raide penché au maximum pour me servir de mon poids en espérant que la corde ne lâche pas pour ne pas heurter le sol tête la première. Je dois faire de nombreuses pauses et manque plusieurs fois de faire un malaise, je n'en peux plus, je suis trempé de sueur. Après environ 150 mètres, je décide d'aller voir si je peux arriver jusque-là en voiture. Je remonte à la route et constate qu'un passage peut me permettre de rentrer dans la prairie. Je fais donc demi-tour, récupère mon arc, ramasse ma flèche dans le blé au passage et pars chercher ma voiture. Voyant de la lumière à la boulangerie, je fais une pause pour dire au propriétaire que j'ai tué un sanglier et savoir s'il veut le récupérer. Il m'annonce que le blé sera moissonné demain. Il était tant que je vienne m'occuper des sangliers. Il est d'accord pour récupérer le sanglier, je pars donc le chercher en voiture puis rentre chez moi pour le vider, le découper et le mets au frais avant de lui amener le sanglier le surlendemain prêt à mettre au congélateur.

 

Alex

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24 juin 2020 3 24 /06 /juin /2020 22:50

Ce soir, j'ai décidé de prospecter un nouveau secteur avant de finir ma soirée sur Bourras. Je commence par aller chercher la flèche perdue hier soir. Je me gare, comme hier, et pars chercher dans le semé de sarrasin. Je retrouve très vite ma flèche posée au sol bien moins loin que ce que je pensais hier soir.

Une laie de justesse, 24 juin 2020

Les traces de sang séché du renard sont bien visibles.

Une laie de justesse, 24 juin 2020

Je récupère ma flèche, retourne à ma voiture puis reprends la route pour aller me garer sur le chemin de terre qui enjambe l'Osse à Bourras. Je me prépare et traverse la route pour remonter la colline au travers des petits tournesols puis de la luzerne avant de rejoindre les vignes en crête. Je prends à gauche en suivant la vigne tout en surveillant entre les rangs pour rejoindre une parcelle de fèveroles qui précède un bois en U enfermant sur 3 côtes une prairie d'herbes sèches. Je longe le bas de la parcelle de fèveroles qui est déserte. Près du coin de la culture, je rencontre une zone de roches calcaires colonisée par des terriers de blaireaux. Je remonte au travers de la rocaille et rejoins le bord des herbes sèches que je longe en bordure des fèveroles. Je rejoins la bande de bois qui domine la coupe de la ligne à haute tension colonisée par les fougères. Je m'avance doucement pour tenter de surprendre un chevreuil dans les fougères sur ma gauche ou dans la bande d'herbes hautes sur ma droite. Rien, les herbes laissent place à une bande étroite de fèveroles et les fougères à une autre bande boisée. Rien non plus, je rejoins le fossé qui borde les fèveroles et le bas du bois. Je le traverse et rejoins un semé puis longe le fossé pour suivre le bas du bois. Je passe ainsi un autre fossé perpendiculaire à 30 mètres de l'angle des fèveroles. Un sanglier s'y est creusé une souille couverte par la végétation. Le fossé passé, je progresse maintenant dans une prairie d'herbes très hautes. Je m'avance à quelques mètres de la lisière du bois.

Une laie de justesse, 24 juin 2020

Rapidement, je dérange un chevreuil qui démarre en aboyant tout en remontant dans le bois. Je reste un moment immobile en laissant le chevreuil s'éloigner et se calmer puis reprends ma progression. Un peu plus loin, une chevrette démarre à quelques mètres de moi dans les herbes hautes et stoppe à environ 15 mètres pour regarder autour d'elle. Elle ne me voit pas, je reste immobile dans les herbes hautes puis finis par bouger et provoque la fuite de la chevrette qui s'éloigne en remontant sur ma droite dans la prairie, s'arrêtant plusieurs fois pour regarder vers moi avant que je ne la perde de vue.

Je poursuis ma progression, passe un chemin forestier qui remonte dans les fougères où j'ai fléché un beau brocard l'an dernier. Pas de chevreuil aujourd'hui, je continue, un peu plus loin, la bordure du bois remonte d'un peu plus de 20 mètres puis prends à droite, délimitant une avancée de la prairie qui termine le bois et remonte vers la crête de gauche. Je continue à suivre le fossé bordé par une petite haie. Un peu plus loin la haie devient plus grande et plus épaisse. Brusquement, je me fais surprendre par une grosse agitation dans les feuillages à moins de 5 mètres de moi. Je me fige, une chevrette apparaît à environ 60 mètres au-dessus de moi et stoppe pour me regarder avant de repartir pour rentrer au bois. Je fais à peine 20 mètres de plus dans les hautes herbes qu'une seconde chevrette surgit de la végétation et fonce droit devant moi vers la route un peu plus loin où je la perds de vue. Je reprends ma progression et rejoins la route sans voir d'autre chevreuil. Je prends à droite en suivant la route tout en surveillant la pente de friche boisée qui remonte sur ma gauche. Je rejoins un passage qui permet d'accéder à une prairie en long prise entre une bande boisée qui remonte vers la route sur la droite et un penchant de bois remontant vers les vignes de l'autre côté. Alors que je m'avance doucement sur le passage, j'aperçois, à environ 200 mètres, un chevreuil au gagnage le long de la bande boisée de droite. Je serre le feuillage au maximum et commence une approche pour vite me rendre compte qu'il s'agit d'une chevrette. Je continue mon approche lentement sans prendre trop de précautions jusqu'à être repéré à environ 40 mètres du chevreuil.

Une laie de justesse, 24 juin 2020

La chevrette finit par démarrer alors que je m'approche un peu plus. Je fais demi-tour et retourne, par la route, au bord de la haie que j'ai longée pour venir. Cette fois, je la longe par l'autre côté au bord des tournesols. Je rejoins une haie de pruniers perpendiculaire à la haie que je longe et qui sépare les tournesols de la prairie qui précède le bois. Je passe cette haie et la longe pour remonter vers la crête en bordure d'un  immense semé de soja. Je biaise à travers la culture pour rejoindre un bosquet, à 400 mètres en contrebas. J'atteins le bas du bosquet séparé d'un bois, qui rejoint la route en contrebas, par un bout de chemin large enherbé. Je prends ce chemin pour rejoindre une piste forestière qui descend à la route un peu plus loin. Alors que j'arrive près de ce dernier, un chevreuil démarre dans la végétation au bord du bois avec un gros fracas puis se met à aboyer en descendant vers la route. Je prends le chemin forestier et le suis doucement en espérant voir le chevreuil qui se débine tranquillement en aboyant sur ma droite. Il aboie un moment près de la route et je me rapproche tranquillement mais il cesse de faire du bruit alors que je ne suis plus qu'à 40 mètres. Je finis mon approche et arrive à la route mais il a disparu.

Je longe la route pour revenir vers ma voiture puis traverse l'Osse pour traverser le blé et rejoindre la bordure de la vieille Osse. Je prends à gauche et suis doucement le cours d'eau en regardant le fond du lit asséché au travers des diverses trouées dans la végétation. Au niveau d'une grande trouée, je m'avance doucement au bord du talus de la rivière et observe un moment. Rien ne vient, je fais demi-tour quand un mouvement dans le blé me surprend. Je me fige, un gros sanglier vient de démarrer à 10 mètres de moi pour stopper à un peu plus de 20 mètres dans le passage de tracteur. Quelques centimètres de son dos dépassent des céréales. Ses oreilles tendues à l'écoute, son nez levé au vent, il reste immobile. J'arme doucement mon arc prends la visée au niveau du défaut d'épaule. Je décoche, au même moment le sanglier s'écrase pour démarrer. L'impact retentit, le sanglier fonce dans le blé en direction de la haie qui le sépare de la friche. Il ressort rapidement au pas sur la bande enherbée, à environ 60 mètres. Il semble mal en point et une grosse tache rouge est bien visible sur sa cuisse. Le sanglier rentre dans la haie. Je m'avance dans le blé dans la direction du tir et retrouve ma flèche plantée au sol, elle dépasse du blé sur le passage de tracteur. 

Une laie de justesse, 24 juin 2020

Ma flèche  est rouge de sang. Je la récupère, l'essuie un peu avec de la végétation et la remets au carquois. Dès l'endroit du tir, je trouve du sang en belle quantité. C'est du sang pulsé signe normalement d'une artère sectionnée puisque c'est sûr que je n'ai pas touché le cœur. Je me dis que j'ai certainement touché l'artère fémorale.

Une laie de justesse, 24 juin 2020

Un bruit de bois cassé se fait entendre dans la haie. Je reste un instant à l'écoute mais plus rien. Je suis tranquillement la piste très fournie sur le blé et au sol jusqu'à la bande enherbée.

Une laie de justesse, 24 juin 2020
Une laie de justesse, 24 juin 2020
Une laie de justesse, 24 juin 2020
Une laie de justesse, 24 juin 2020
Une laie de justesse, 24 juin 2020
Une laie de justesse, 24 juin 2020

Arrivé près de la haie, je décide de ne pas aller plus loin pour le moment car, bien que j'ai un bon pressentiment sur l'issue de ma recherche, je préfère ne pas suivre tout de suite mon sanglier pour ne pas risquer de le relever. Je longe donc la haie jusqu'au bord de l'Osse et en suis la bordure sur le chemin qui longe la friche. Près du départ de la vieille Osse, je m'avance dans la friche par les coulées de sangliers jusqu'au passage qui permet de traverser le cours d'eau en surveillant d'éventuelles traces de sang tout en cherchant un éventuel  gibier. Après environ 15 minutes d'approche lente sans trouver ni sang ni gibier, je fais demi-tour pour reprendre ma recherche. Je reviens au bord de la haie et la longe à la recherche de l'entrée du sanglier. Ne trouvant pas le sang, je recoupe la piste dans le blé et la suis. Cette fois, je trouve facilement l'entrée dans la haie marquée par une belle giclée de sang sur le feuillage.

Une laie de justesse, 24 juin 2020

Je laisse mon arc au bord de la haie et y rentre. J'allume la torche de mon portable pour suivre le sang dans l'obscurité. Les arbustes sont couverts de sang et de belles gouttes jonchent le sol. Je suis facilement la piste qui suit la haie sur environ 30 mètres puis ressort dans la friche. Je repère bien la sortie de la haie et pars chercher mon arc pour poursuivre la recherche. La végétation porte de grosses giclées de sang de plus en plus impressionnantes à mesure que j'avance.

Une laie de justesse, 24 juin 2020
Une laie de justesse, 24 juin 2020

Je retrouve vite mon sanglier environ 40 mètres après la haie. C'est une grosse laie qui allaitait encore il y a quelques temps. Certaines tétines sont encore bien développées bien que ne produisant plus de lait. Elle est couchée sur le flanc dans une grosse flaque de sang. Comme je le pensais la flèche a traversé les 2 cuissots en sectionnant la fémorale de l'un d'eux. J'ai encore eu de la chance dans mon malheur.

Une laie de justesse, 24 juin 2020

Je fais quelques photos souvenirs

Une laie de justesse, 24 juin 2020

avant de sortir mon sanglier sur la bande enherbée. Je pars chercher la voiture et le charge, il est temps de rentrer pour m'occuper de mon sanglier.

 

Alex

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18 juin 2020 4 18 /06 /juin /2020 06:02

Ce soir, je décide d'aller chasser sur le secteur de Bourras et Factom. Je me gare un peu après les silos de Roques et pars à pied vers le bois de Bourras. Je traverse la route pour longer le bas des fèveroles de Factom et rejoindre la route de Courrensan. Je la traverse et passe un bosquet en long qui rejoint le bord de l'Osse et délimite une parcelle de soja à peine levée qui longe le bois de Bourras. Je rejoins la bordure du bois et le longe jusqu'à la vielle Osse. Je me fraye un passage dans la végétation du bord du cours d'eau et descends dans son lit presque sec. Les sangliers sont passés de frais et ont retourné le gravier et la vase. De nombreuses traces fraîches partent en tous sens. Autant sur ma gauche 

Un brocard manqué, un sanglier fléché, 15 juin 2020

que sur ma droite en direction de l'Osse.

Un brocard manqué, un sanglier fléché, 15 juin 2020

Les moustiques commencent vite à m'assaillir, je remonte le talus de la berge opposée par une coulée très fréquentée et rejoins une ancienne peupleraie coupée dont ne reste aujourd'hui qu'une grande friche ponctuée d'arbustes et composée d'une végétation très dense dans laquelle se dessinent de nombreuses coulées très marquées laissées par le passage des sangliers. Je commence à m'avancer dans cette jungle quand un bruit de bois cassé attire mon attention. La végétation bouge à environ 15 mètres devant moi. Je m'avance doucement par une coulée très marquée pour essayer de rester discret. J'arrive ainsi à quelques mètres sur la gauche de la zone de végétation agitée. Je me cale et reste prêt à armer. Des grognements se font entendre, un petit sanglier tourne à quelques mètres de moi sans que je puisse le voir à cause de l'épaisse végétation. Il finit par s'éloigner un peu, je tente de l'approcher quand un gros sanglier démarre en fracassant tout sur son passage tout et en réalisant une boucle sur la droite dans l'épaisse végétation. Le bruit cesse vite. Pensant le sanglier arrêté, je tente une approche mais ne le retrouve pas. Je biaise donc à travers la friche vers un passage entre une grosse haie qui part de la vieille Osse à l'Osse et sépare la friche d'une parcelle de blé. Alors que j'arrive au bout de la haie, des grognements se font entendre et la végétation bouge à environ 15 mètres en direction de la haie. Je tente de m'approcher mais les sangliers rentrent dans la haie. Je passe donc de l'autre côté, sur la bande enherbée entre la haie et le blé. Les grognements se rapprochent, une chevrette démarre de la haie devant moi et fonce vers la vielle Osse dans le blé, je m'avance vers les grognements quand 3 marcassins d'environ 4 kg surgissent de la haie et rentrent dans le blé. Ils tournent dans les céréales en grognant et je tente de les couper pour les prendre en photo mais ils m'esquivent plusieurs fois puis reviennent vers la bande enherbée je m'avance vers eux. Ils viennent droit sur moi et stoppent à environ 2 mètres dans le blé. Je m'attends à les voir sortir mais plus rien ne bouge pendant un moment, je m'avance dans le blé mais ils ont disparus. Je longe le blé en direction. De la vielle Osse quand les marcassins arrivent en grognant et déboulent devant moi au galop pour retourner dans la haie. Je pars en longeant la vieille Osse et rejoins la passerelle de la palombière que j'emprunte pour traverser le cours d'eau. Je traverse la bande de bois et ressors sur le semé de tournesol. Rien en vue, je remonte en baisant à travers le semé pour rejoindre le passage dans la haie au coin gauche du bois du haut. Je ressors dans la grande prairie non fauchée, toujours rien, je pars faire le tour des vignes. Une chevrette me démarre à quelques mètres en aboyant dans la bande de vigne en friche qui borde la route. Ne voyant rien d'autre sur ce secteur, je pars vers les vignes de Factom. Je longe le bois, jusqu'à la route que je suis un moment pour rejoindre le haut des vignes. Je redescends ensuite en bas de la vigne et la longe en surveillant entre les rangs. La prairie à ma gauche laisse place au bosquet. Pas de chevreuil en vue, la lisière du bois remonte à droite dans les vignes. Une petite boule brune attiré mon attention en bordure du bois. C'est un petit merle qui se tapit au sol au lieu d'essayer de s'enfuir en me voyant.

Un brocard manqué, un sanglier fléché, 15 juin 2020

Arrivé au bout du bois, je tombe sur un chemin de terre qui remonte entre le bosquet et la vigne puis entre des parcelles de vigne. Je remonte le chemin pour surveiller les rangs de vigne de part et d'autre. J'arrive en haute de la vigne sans rien voir. Je prends à gauche entre les 2 premiers rangs de vigne et m'avance vers l'autre côté de la parcelle quand j'aperçois un chevreuil au gagnage dans un petit bout de friche au coin de la jeune vigne plantée au-dessus de cette parcelle et près de la bande boisée qui descend vers la grande parcelle de blé a environ 400 mètres en contrebas sur ma gauche. Je me décale de 2 rangs à gauche et tente l'approche. Alors que j'arrive à 40 mètres de l'endroit où j'ai vu le chevreuil, je l'aperçois. C'est une chevrette, j'avance encore un peu quand elle descend en longeant la haie et vient stopper au bout des rangs entre lesquels je progresse. Elle regarde un instant vers moi

Un brocard manqué, un sanglier fléché, 15 juin 2020

avant de fuir dès que je me remets à bouger. Je rejoins la bordure de la bande boisée, descend vers le blé en suivant la vigne et en contrôlant entre les rangs.

Un brocard manqué, un sanglier fléché, 15 juin 2020

Je rejoins le haut du champ de blé et observe la surface des céréales quand j'aperçois une tête de chevreuil qui surgit de la culture à environ 250 mètres en contrebas, au milieu du champ. Le vent souffle en biaisant à droite. Je prends à droite du blé sur la bande enherbée en observant la surface du blé pour voir la tête de chevreuil qui se montre par intermittence quand j'aperçois une autre tête plus proche à environ 150 mètres. Celui-ci est un brocard formellement identifié. Je reporte mon attention sur lui. Je descends en suivant le bord du blé sur environ 100 mètres jusqu'à une mare où le blé bifurque à gauche sur environ 60 mètres pour descendre ensuite vers la route. Quelques ragondins nagent en surface du petit plan d'eau. Arrivé au coin du blé, je m'avance vers le passage de tracteur qui passe à quelques mètres du chevreuil et arrive à le rejoindre voûté sans être vu, en stoppant à chaque fois que le brocard relève la tête. Je suis ensuite ce passage en me rapprochant doucement du brocard qui avance lentement en mangeant. J'avance baissé et stoppe à chaque fois qu'il lève la tête. Je gagne peu à peu du terrain et arrive au niveau d'une zone de chardons à environ 15 mètres du brocard. Je m'avance baissé et me prépare à armer. Arrivé à 10 mètres du brocard qui avance doucement tête baissée, j'arme en me redressant. Le chevreuil passe dans une petite zone de blé couché par les sangliers et je vois nettement son dos. Je vise au niveau du coffre et décoche alors qu'il vient de stopper. Le brocard, juste éraflé, démarre en trombe et semble voler au-dessus du blé en direction d'une prairie qui borde la culture. Il passe à quelques mètres de moi et je ne vois pas de blessure. Je m'avance pour récupérer ma flèche qui ne porte pas de sang, je la remets au carquois. Je trouve une petite goutte de sang sur le blé. Je tente de recouper la direction de fuite du brocard que j'ai perdu de vue en lisière des céréales. Ne trouvant rien, je reviens au départ du chevreuil et, cette fois, je trouve un peu de sang et là draille du chevreuil que je suis jusqu'au bord des céréales. Le sang traverse le fossé puis, après quelques petites gouttes dans la prairie, plus rien. Impossible de suivre plus. Je contrôle plus loin sans succès, le premier couvert est loin et pas de chevreuil en vue, il est juste à peine entaillé, la blessure n'est pas mortelle et je ne le retrouverai pas. Je suis dépité, décidément cette année est exceptionnelle par la quantité de belles approches mais aussi et malheureusement par la quantité de mauvaises flèches et de manqués. Je ne comprends pas ce qui m'arrive. Je pars vers le second chevreuil qui mange toujours dans le blé à environ 150 mètres. Je m'approche doucement à travers blé mais comprends vite qu'il s'agit d'une chevrette. Je continue à avancer sur elle sans me cacher en cherchant d'autres animaux du regard. La chevrette finit par démarrer et remonter vers la vigne en s'arrêtant plusieurs fois pour m'observer. J'arrive au chemin blanc qui remonte aux bâtiments agricoles sans avoir vu d'autres animaux.

Je décide de tenter l'approche dans les fèveroles. Je descends à moins de 100 mètres de la route pour prendre une coulée très fréquentée par les sangliers et rentrer dans les fèveroles en suivant les coulées et les passages de tracteur pour tenter de progresser sans faire trop de bruit dans cette végétation craquante. Je m'arrête souvent pour observer, je prospecte un moment le bas de la culture puis remonte pour longer le haut de la parcelle, le long des vignes. Alors que je reviens vers le chemin blanc, des craquements m'alertent en contrebas dans la culture. Les sangliers sont là à environ 50 mètres. Le vent tourne vers les fèveroles, je presse le pas pour devancer les sangliers et ne pas être venté. Arrivé au coin de la culture, je biaise un peu pour rattraper le passage de tracteur de ceinture et descendre sans trop de bruit, à 10 mètres en parallèle du chemin, dans les fèveroles. Les sangliers arrivent plus bas, la culture craque et je suis leurs déplacements aux mouvements de la végétation. J'essaie d'avancer vite et sans bruit pour les couper avant de me retrouver sous le vent mais, alors que je ne suis plus qu'à 20 mètres d'eux, l'un d'eux panique et entraine les autres plus en arrière dans la culture où ils stoppent tous un moment. Je reste immobile, au bout d'un moment les sangliers se remettent en mouvement et l'un d'eux vient vers moi pour passer à 10 mètres dans mon dos. Je me tourne doucement, la luminosité baisse vite. Les craquements se rapprochent, la végétation bouge. Il avance, quelques mètres par quelques mètres. Ça y est, je l'aperçois à environ 15 mètres. J'arme doucement mon arc, il stoppe, regarde vers moi un instant puis repart tranquillement, je le suis dans mon viseur. Il stoppe à nouveau à 10 mètres plein travers. J'aligne la visée et décoche. Touché, il démarre en trombe, bifurque pour remonter d'environ 20 mètres dans la culture, stoppe, repart un peu sur quelque mètres à droite, stoppe à nouveau puis la végétation bouge sur place un moment avant que je l'entende battre des pattes au sol. Il est mort. Je reencoche alors que d'autres sangliers se rapprochent mais il fait presque nuit. Je décide d'attaquer la recherche. Je prends ma frontale et pars en direction du tir où je trouve ma flèche rouge de sang plantée au sol. Je la remets au carquois. La piste de sang est impressionnante, de grosses giclées au sol 

Un brocard manqué, un sanglier fléché, 15 juin 2020

et sur la végétation me conduisent sans difficulté à mon sanglier mort sur le flanc. Ma flèche rentre en avant de l'épaule dans la gorge et ressort dans l'épaule opposée en coupant les vaisseaux sanguins au-dessus du cœur. Je tire mon sanglier en bordure de la culture pour faire quelques photos.

Un brocard manqué, un sanglier fléché, 15 juin 2020

Je pars ensuite chercher la voiture pour charger mon petit mâle d'environ 60 kilos avant de rentrer.

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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