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23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 07:01

Ce soir, alors que je me prépare à partir à l'affût, mon téléphone sonne. C'est mon ami Lionel qui m'appelle pour m'inviter à venir à la battue de Castelnau Barbarens qui aura lieu demain matin mais je suis déjà engagé pour une battue à Justian. Je décline donc l'invitation mais lui propose de venir chasser avec moi. J'ai repéré une belle bande de sangliers qui passe régulièrement à un de mes postes. Il accepte mon invitation et je finis donc de me préparer en l'attendant. Dès qu'il arrive nous partons.

Arrivés au poste, nous nous installons tranquillement à moins de 10 mètres des arbres où ils viennent se frotter. Le vent est bon, face à nous et dans le sens habituel  d'arrivée des animaux. Après un peu plus d'une demi-heure d'attente, j'aperçois au loin, au travers des branchages du bois une voiture qui s'arrête sur la route un instant avant de repartir. Je comprends vite que le conducteur a dû s'arrêter pour laisser passer un ou des animaux. La voiture repart et très rapidement des couinements et des grognements se font entendre au loin. Ce sont les sangliers, j'avertis Lionel en chuchotant et nous nous préparons en espérant les voir arriver au poste.

Les bruits se rapprochent jusqu'à la lisière du bois, juste à 30 mètres en dessous de nous. Les sangliers commencent alors à monter sur nous. Ils passent à quelques mètres devant Lionel qui a déjà armé mais ne s'arrêtent pas. 2 d'entre eux viennent se frotter à 2 arbres à 8 mètres devant moi. J'arme mon arc et attends que Lionel décoche, les autres sangliers me sont cachés par la végétation. Les secondes passent et Lionel ne décoche toujours pas. Le plus gros des 2 sangliers se tourne plein travers, tête vers le bas du bois. Je cale la visée et décoche. Au même moment, le sanglier s'avance un peu et ma flèche le touche un peu trop en arrière. Les sangliers démarrent en trombe et ressortent du bois par où il sont venus.

Nous attendons un moment immobiles, à l'écoute, en espérant en voir revenir un mais le temps passe et rien ne bouge. Il fait maintenant nuit, je m'avance à la lueur de ma frontale pour tenter de trouver du sang. 2 arbres sont marqués par une grosse giclée de sang et de contenu stomacal, la piste au sol est bien marquée. Nous la suivons tranquillement à la lueur de nos frontale et sortons du bois, sur un champ travaillé par une grosse coulée. Le sang plus ou moins présent est assez facile à suivre. Par moment, le sanglier a perdu beaucoup de sang. De gouttes en gouttes nous arrivons au bord d'un bosquet d'épines noires. Le sanglier a perdu une grosse giclée de sang sur le talus enherbé qui remonte vers les épines et j'aperçois du sang au milieu des buissons. Je le suis donc dans les épines alors que Lionel fait le tour pour voir s'il te retrouve un peu plus loin. La piste est moins marquée dans les épines qui me griffent mais, de frotté en frotté, j'arrive à la suivre et ressors dans une zone herbeuse. Le sang remonte un peu puis redescend vers une nouvelle zone d'épines où le sang est très abondant. J'aperçois alors mon sanglier mort à quelques mètres dans les épines. Son flanc est couvert de sang mousseux et de débris alimentaires. Je dégagé mon sanglier des épines et siffle Lionel qui revient vers moi. Ma flèche est un peu trop en arrière mais ressort haute à l'arrière des poumons. Elle a sectionné l'artère sous colonne. Mon sanglier, une laie de 60 kg a fait environ 100 mètres avant de s'effondrer. Il est temps de rentrer.

Un affût en binôme, 20 novembre 2021

Alex

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14 novembre 2021 7 14 /11 /novembre /2021 08:53

Ce weekend, mes amis Renaud et Thierry sont venus chasser chez moi, ils sont arrivés jeudi après-midi et nous sommes partis pour un affût au sanglier à Traversères mais seuls des chevreuils sont passés à nos postes respectifs. Le vendredi matin j'ai amené mes invités chasser sur le secteur où je chasse le cerf pour tenter de leur faire tirer une biche ou un faon mais ils n'ont pas pu voir d'animaux. Vendredi soir, nous sommes retournés pour un nouvel affût sur Traversères mais nous n'avons rien vu.

Ce matin nous sommes retournés dans les Pyrénées où j'ai pu voir une biche et son faon accompagnés d'un daguet, Renaud a pu approcher un 8 cors accompagné d'une biche et de son faon mais les animaux de face à 12 mètres ne lui ont pas présenté un bon angle de tir et il a donc décidé de ne pas décocher. Il a ensuite vu une harde de 15 animaux qui a traversé le chemin pour rentrer dans les buis puis un jeune 4 cors et enfin 2 cerfs. Thierry n'a vu qu'un animal et malheureusement hors de portée de flèche. 

Ce soir, nous tentons notre chance pour un dernier affût au sanglier. Je me gare au fond de la combe, près du lac car nous pensions aller nous poster un peu plus loin sur les penchants boisés de part et d'autre d'une grande combe mais, alors que nous sortons de la voiture pour nous préparer, un bruit de moteur attire notre attention. Un tracteur se fait entendre dans la combe où nous voulions nous poster. Je décide de changer mes plans. Je vais partir me poster avec Renaud dans le penchant en face de la ferme mais Thierry décide d'aller tout de même voir s'il peut se poster à son poste qu'il occupait hier. Avant de partir avec Renaud, je lui explique où se poster si son poste est compromis. Je pars avec Renaud en remontant le penchant qui domine la droite du lac. Nous rejoignons ainsi une grosse coulée qui longe la crête de la colline et la suivons. De nombreuses coulées traversent de part et d'autre de la crête. Les feuillages portent des traces de boue, plusieurs arbres ont été frottés. Les sangliers semblent passer régulièrement sur ce secteur où je ne me suis pas posté depuis presque 2 ans. Une fois le lac passé, nous redescendons doucement à travers bois vers mon poste. Les signes de passage des sangliers multiplient. Nous passons sur une zone de terriers de blaireaux bien fréquentée. L'un d'eux a sorti sa paillasse pour la faire sécher devant son antre. Nous descendons encore un peu, passons un replat d'environ 30 mètres de large et nous nous postons sur un petit replat de 2 mètres de large, juste en dessous du replat principal, avant une forte pente qui redescend vers un champ travaillé qui borde le ruisseau du déversoir du lac. Je laisse Renaud où je me poste habituellement, contre un gros genévrier. Je me décale de quelques mètres.

L'attente commence. Au bout d'un moment les geais s'agitent et crient dans le petit bosquet de peupliers, de l'autre côté du ruisseau. Certains finissent par s'envoler et partir vers un autre bosquet un peu plus loin. Nous nous regardons et pensons tous 2 à des sangliers qui s'agitent. Thierry qui n'a pas pu se poster à son poste prévu au départ à cause d'un tracteur qui travaille le fond de la combe et du propriétaire qui coupe du bois juste en-dessous de son poste est venu se poster près des souilles qui bordent le ruisseau en-dessous de nous. Le calme revient, l'attente reprend, la luminosité baisse tranquillement. Renaud qui a entendu du bruit me fait des signes interrogatifs quand j'entends moi aussi les craquements. Ce sont les sangliers qui commencent à s'agiter dans les fourrés en-dessous de nous plus à gauche. Les craquements s'interrompent un instant puis reprennent et il me semble voir un sanglier à environ 50 mètres dans un clair puis je le perds de vue et les craquements semblent descendre un peu. Le calme s'installe un bon moment et nous pensons que les animaux sont partis. Il fera bientôt nuit quand les sangliers se remettent à bouger. Cette fois le bruit semble venir vers nous. Renaud est prêt à armer, il me chuchote "le premier qui a une occasion décoche". Je croise les doigts pour que ce soit lui car il n'a jamais eu l'occasion de tirer un sanglier à l'arc. Je tente d'apercevoir les sangliers, mon décocheur est accroché. Impossible de les voir. Renaud semble les voir et tend son arc prêt à armer mais ils passent devant lui sans lui laisser d'occasion de tir. Un gros arbre lui cache maintenant les sangliers qui passent en-dessous de moi. J'en aperçois alors un gros qui stoppe, plein travers, à 30 mètres environ au-dessous de moi. J'arme mon arc, prends ma visée et décoche. À l'impact, le sanglier cri et s'effondre puis se débat au sol  en grognant avant de se traîner en descendant dans la végétation.

Je réencoche et commence à descendre vers lui. Renaud me suit. Il fera vite nuit, la luminosité baisse vite. Je stoppe un instant à l'endroit du tir et écoute mais plusieurs sangliers se débinent dans la végétation. Les autres sangliers partis j'entends des craquements dans la végétation en contrebas. Il fait presque nuit, j'allume ma frontale et commence à descendre vers les bruits. Je trouve une belle traînée de sang dans l'herbe sèche. Je descends encore un peu en aperçois mon sanglier qui se débat, assis dans les genêts à environ 10 mètres en contrebas, au bord du champ travaillé. Je cherche un passage pour descendre l'achever. Renaud me signale une grosse coulée plus à ma gauche, je me décale et l'emprunte pour passer un talus très abrupt au milieu de la végétation dense. Je longe ensuite doucement les genêts à la recherche de mon sanglier mais passe devant sans le voir. Renaud qui me suit aperçoit du mouvement dans les genêts et m'annonce mon sanglier en faisant un bon en arrière, persuadé qu'il va se faire charger. Il est mieux placé que moi et me demande l'autorisation de le flécher pour l'achever alors qu'il s'agite, couché sur le flanc sans pouvoir se relever. Je lui donne le feu vert, il décoche et pense l'avoir touché. Je m'approche avec une flèche encochée et vois la flèche de Renaud plantée au sol, il a juste frôlé le sanglier. Je m'approche et lui décoche une flèche au niveau de l'épaule. Cette dernière est allée se ficher dans le sternum. Le sang se met à couler abondamment et le sanglier, qui fait craquer ses dents en serrant ses mâchoires, s'immobilise rapidement. Je retire ma seconde flèche mais la pointe et l'insert restent à l'intérieur de l'animal. Ma première flèche lui avait bloqué les 2 épaules et touché la colonne vertébrale. Elle n'est plus dans l'animal. C'est une grosse laie de 78 kg. Nous appelons Thierry pour qu'il vienne nous aider, lui a entendu un sanglier venu à la souille sans pouvoir le voir. Je commence à rapprocher le sanglier de la voiture alors que Renaud ramène nos arcs. Alors que Thierry nous rejoint, il prend les arcs et Renaud m'aide à tirer le sanglier puis échange sa place avec Thierry. Nous laissons le sanglier au coin du lac puis nous partons chercher la voiture avant d'aller le charger. Il est temps de rentrer car mes invités partent ce soir pour rentrer chez eux.

Un weekend sympa entre potes, 13 novembre 2021
Un weekend sympa entre potes, 13 novembre 2021

Alex

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13 octobre 2021 3 13 /10 /octobre /2021 20:31

Ce soir, en sortant du boulot, je pars à nouveau pour mon poste fétiche à Traversères. Après une magnifique soirée, vendredi dernier, où j'ai vu plusieurs fois les sangliers et une sortie lundi soir où je me suis encore fait avoir par un sanglier arrivé vers 19h15, j'ai décidé de changer quelques petits détails pour mon affût de ce soir. J'ai remarqué que tous les sangliers que j'ai eu à portée de tir ces derniers jours semblent m'avoir vu malgré leur mauvaise vue. J'ai donc analysé mes 2 dernières chasses et j'en suis venu à la conclusion que ma nouvelle veste camo furtif de chez Soloniac n'était pas assez déstructurante, son camouflage trop sombre et pas assez contrasté m'expose à la vue des sangliers à mon poste où je suis un peu trop à découvert. Ce soir, j'enfile donc un sweat en camo realtree et me décale un peu plus à droite pour me poster, un peu plus à couvert, entre quelques genévriers morts et un gros chêne. 

Une fois posté, vers 18 heures, je fais 2 parties de solitaire sur mon portable pour me vider un peu la tête après la journée de boulot quand il me semble entendre des bruits de pas, plus haut dans le bois. Je range mon portable et attrape mon arc sur lequel j'avais déjà encoché une flèche. J'accroche mon décocheur et observe les alentours quand j'aperçois, au travers de la végétation, des masses sombres qui arrivent par la crête sur la droite de mon poste.

Apprendre de ses erreurs, 13 octobre 2021

C'est la grosse laie vue vendredi et les bêtes de compagnie qui la suivent. Les animaux avancent d'un pas tranquille et commencent à biaiser dans les broussailles en se rapprochant de moi. La laie marque un arrêt à environ 20 mètres dans une trouée, observe puis s'avance de quelques mètres, s'arrête à nouveau. Les jeunes sangliers la suivent en file indienne. Un retardataire se frotte contre un petit arbre qui s'agite plus en arrière. Plusieurs sangliers dont la laie viennent de stopper à environ 18 mètres dans les broussailles, juste avant de sortir dans un clair. J'arme mon arc et me tiens prêt en espérant voir sortir un jeune à découvert.

Apprendre de ses erreurs, 13 octobre 2021

C'est alors que je remarque 2 bêtes de compagnie qui se sont détachées du groupe et qui descendent droit sur moi dans la broussaille. Elles avancent tranquillement, l'une d'elles sort à découvert et se rapproche d'un arbre où les sangliers viennent régulièrement se frotter. L'autre biaise un peu plus sur la gauche. J'aligne mon arc armé vers ces sangliers. Le jeune sanglier commence à se gratter contre le tronc en se laissant glisser jusqu'au sol, son dos appuyé sur l'arbre. Il frotte énergiquement son dos et son flanc quelques secondes puis s'avance un peu et se plante de face. Il regarde vers moi et je reste immobile, mon viseur est calé sur lui. J'attends qu'il se tourne pour décocher. Rapidement, il se place plein travers. Mon pin's se cale au défaut de l'épaule, je décoche. Ma flèche le traverse pile où je visais. Il se raidit, tête haute et s'effondre sur le flanc. Les autres animaux surpris démarrent sur quelques mètres puis se figent.

Je réencoche et attends qu'un autre animal se dégage mais mon sanglier tente maintenant de se relever. Il se débat énergiquement et parvient à s'asseoir avant de partir sur quelques mètres sur ses pattes avant en traînant son train arrière. Il fait quelques mètres en couinant, chute, se débat, se redresse, se traîne à nouveau sur quelques mètres, tombe encore et répète plusieurs fois ce manège pour biaiser vers le sale. Il chute et se débat énergiquement un instant en couinant au ras du fourré. Les autres sangliers inquiets se dispersent dans les broussailles. J'hésite un peu à me déplacer pour aller l'achever ce qui fera fuir les autres animaux mais, brusquement, mon sangliers repart sur quelques mètres pour essayer de retraverser la combe pour rejoindre sa fratrie avant de rechuter. Il se débat au sol en couinant, je décide de quitter mon poste pour aller le piquer au cœur et en finir. Les autres sangliers en profitent pour démarrer et s'éloigner. La laie reste un moment en crête. Elle gronde et souffle bruyamment. J'observe un instant sans voir les autres sangliers alors que je me suis décalé de quelques mètres puis rejoins mon sanglier qui s'est finalement immobilisé. Il respire encore, je le pique au cœur et le ramène à mon poste. 

Apprendre de ses erreurs, 13 octobre 2021

Il n'est que 18h30, il fait encore grand jour, je décide de rester posté jusqu'à la nuit. Rapidement, j'entends marcher sur ma gauche dans la pente fourrée mais impossible de voir l'animal. Le calme s'installe, seulement troublé par la chute régulière des glands et quelques passereaux qui tournent dans le secteur. Vers 19h20, alors que la luminosité baisse rapidement, des bruits de pas se font entendre. Je me prépare mais les sangliers passent trop haut dans les broussailles et je ne peux pas les voir. Ils remontent dans le fourré sur ma gauche puis le calme revient. La nuit s'installe, je n'y verrai vite plus en sous-bois. Je décide de quitter mon poste et de retourner à la voiture avec mon sanglier. C'est une petite laie de 28 kg, ma flèche a touché les poumons et la colonne vertébrale. Elle a réussi à se  trainer sur 15 mètres avant de s'immobiliser.

Alex

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13 juin 2021 7 13 /06 /juin /2021 09:36

Ce soir, je me gare au bord de la route puis commence par longer par la gauche d'une parcelle de blé prise entre la route et la rivière. J'avance doucement en surveillant les céréales, en arrivant au coin du blé, un petit mouvement attire mon attention. Un jeune lièvre arrive droit sur moi en longeant la culture et stoppe à environ 50 mètres. Je tente d'attraper mon appareil photo mais il aperçoit le mouvement et fait demi-tour avant de disparaître dans les céréales. Je rejoins le premier passage de tracteur et poursuis ma progression lente en surveillant le blé et les herbes hautes qui le séparent de la bande boisée bordant la rivière. Il fait encore très chaud ce soir, aucun animal ne semble bouger pour le moment. En arrivant à environ 80 mètres du chemin de terre surélevé qui vient de la route, sépare cette parcelle de blé de la suivante et traverse la rivière au niveau d'une vielle passerelle métallique, je me fais surprendre par le brocard du secteur qui se lève à 20 mètres de moi dans le blé. Je me baisse rapidement dans la culture. Il fonce vers le talus du chemin de terre, marque un arrêt pour regarder derrière lui puis remonte le talus en aboyant et disparaît derrière la bute du chemin. Je presse le pas jusqu'au chemin, longe un peu la bute sur ma droite pour rattraper un passage qui enjambe le fossé qui la borde et remonte sur le chemin. Je scrute un instant la parcelle de blé en contrebas sans rien voir. Je descends pour rattraper le passage de tracteur qui fait le tour de la parcelle et le longe tranquillement côté rivière. Le brocard s'est volatilisé, j'arrive près de la haie qui délimite la bordure des céréales et les séparent d'une grande prairie. Je remonte en la suivant vers la route. Alors que j'arrive à environ 100 mètres de la route, j'aperçois le brocard au travers de la haie, il fonce vers la route alors qu'une voiture arrive mais traverse heureusement juste avant l'arrivée de cette dernière qui freine tout de même en l'apercevant. Il longe le blé de l'autre côté de la route par la gauche, en bordure d'une prairie et je le perds de vue un peu plus haut. Je presse le pas et rejoins la route, la traverse et remonte dans le blé par le premier passage de tracteur. J'avance doucement en surveillant le secteur quand une chevrette démarre dans mon dos, sur ma droite et fonce dans le blé à grands bons. Les céréales sont tellement hautes que je ne la vois que par intermittence, à chaque bon. Elle s'arrête par moment et je la perds donc de vue. Je reprends ma progression pour rejoindre le haut du champ alors que la chevrette continue à s'éloigner en aboyant.

Je remonte tranquillement jusqu'en haut de la culture sans revoir le brocard. Je décide de faire le tour des parcelles de vignes du secteur. J'avance doucement sur la bande enherbée, prise entre la bande boisée qui délimite le territoire sur ma gauche et la vigne sur ma droite, en contrôlant les intervalles entre les rangs. Le relief ne me permet pas de voir d'un bord à l'autre de la vigne. Arrivé en haut de la vigne sans avoir vu le moindre chevreuil, je longe le haut de la parcelle puis redescends sur l'autre côté sans plus de succès. Alors que j'arrive au niveau des derniers rangs, j'aperçois un brocard qui regarde vers moi à environ 200 mètres entre 2 rangs. Je zoome avec mon appareil photo pour mieux le voir, c'est un petit daguet que je vois régulièrement sur le secteur. 

Un sanglier à l'approche dans les blés, 12 juin 2021

Je reste immobile, calé au bout du rang pour me cacher derrière le feuillage de la vigne. Le temps passe sans qu'il ne se décide à bouger. L'approche est perdue d'avance, j'attends donc sans bouger en espérant qu'il fasse une erreur. Après plusieurs minutes, il finit par se mettre en mouvement, il se tourne plein profil et passe au travers du rang à sa gauche. Je me décale doucement au bout de ce rang, le brocard avance tranquillement et passe les rangs les uns après les autres en broutant par moment. Je le suis de bout de rang à bout de rang et il commence à biaiser vers mon côté de la vigne, je me dis que la chance va enfin me sourire mais le vent tourne, il finit par me repérer et s'enfuit pour disparaître rapidement dans la vigne.

Je redescends vers le grand champ de blé et prends à droite entre la vigne et les céréales. J'avance doucement en surveillant la culture quand un bruissement me fait stopper net. Je scrute la surface du blé quand j'aperçois un mouvement qui agite la culture à environ 15 mètres de la bordure, un peu plus en avant. L'animal semble venir vers moi mais la végétation est trop haute pour le voir. J'espère pouvoir le voir au moment où il croisera un passage de tracteur. L'animal qui baisait doucement vers moi en s'arrêtant régulièrement, biaise maintenant vers l'intérieur de la culture. Mes chances de l'avoir à portée de tir s'amenuisent, je le suis un peu au bord du blé puis décide de tenter de le recouper un peu plus loin. Le champ fait une bosse, je prends le pas de course sur environ 150 mètres et perds le mouvement de vu à cause du relief du terrain. Je rentre ensuite dans la culture et rattrape un passage de tracteur que je suis pour descendre dans la culture d'environ 100 mètres avant de me caler près du passage estimé de l'animal s'il a gardé la même direction. L'attente commence, après 2 ou 3 minutes sans rien voir, je me dis que l'animal peut être bifurqué. Je tente de m'avancer doucement vers sa dernière position connue en m'arrêtant tous les 2 pas pour observer. Brusquement, le blé bouge à environ 30  mètres devant moi, l'animal vient droit sur moi, il me faut reculer pour revenir dans le passage de tracteur si je veux avoir une chance de le voir. Revenu dans le passage de tracteur, j'ai 15 mètres de passage propre pour trier puis la végétation dense ne me permettra pas de voir l'animal. Ce dernier biaise doucement et arrive au passage de tracteur mais trop bas, je m'avance un peu mais il passe dans la zone de végétation dense, un second animal suit et passe au même endroit, impossible de les voir. J'avance en parallèle à environ 15 mètres d'eux en espérant les recouper aux prochains passages de tracteur mais j'arrive trop tard au passage suivant. Je m'apprête à rentrer à nouveau dans les céréales quand les animaux font demi-tour. J'aime mon arc mais ils viennent stopper un moment à environ 10 mètres ans le passage de tracteur sans que je puisse les voir et ils finissent par m'éventer ou me voir et foncent dans la culture. Je tente de les suivre pour aller les recouper plus loin en passant en dessous d'eux pour ne pas être éventé car le vent a tourné. J'arrive à suivre un moment le mouvement puis les perds de vue et impossible de les retrouver. En cherchant je lève 2 chevrettes qui détalent vers la vigne. Je décide de laisser tomber et remonte en bordure de la vigne puis prends à droite pour revenir vers les bâtiments quand j'aperçois un gros sanglier à plus de 300 mètres, sur le chemin blanc qui remonte vers les bâtiments, entre la parcelle de blé et celle d'orge.

Je presse le pas en revenant vers les bâtiments puis rentre dans le blé pour descendre par le premier passage de tracteur à environ 10 à 15 mètres du chemin. Le sanglier a disparu, je descends assez rapidement sur 100 mètres puis ralenti et stoppe régulièrement pour regarder autour de moi, je ne sais plus où se trouvait le sanglier maintenant que je suis descendu. Brusquement, je l'aperçois à nouveau, il doit faire au moins 80 kg, il mange de l'orge de 3/4 arrière, de l'autre côté du chemin à environ 30 mètres. Je me baisser dans le blé, accroche mon décocheur et tente de me rapprocher un peu mais le sanglier se retourne et regarde vers moi. Je suis immobile, baissé, il s'avance doucement, curieux vers moi et je le perds de vue quand il arrive contre le blé. J'attends immobile en surveillant autour de moi, rapidement, le blé se met à bouger à environ 20 mètres, près du chemin. Le mouvement vient vers le passage de tracteur. Il y a 2 ou 3 animaux. Je m'avance doucement pour me rapprocher de l'endroit où je pense les voir croiser le passage de tracteur et me cale prêt à armer. Les animaux approchent doucement, j'aime mon arc alors qu'ils ne sont plus qu'à quelques mètres. Le premier sanglier stoppe dans le passage, à 8 mètres, plein travers, il est dégagé du groin à l'épaule. J'aligne rapidement ma visée et décoche. L'impact retentit, les 3 sangliers démarrent en trombe et foncent dans le blé sur ma droite. Mon sanglier s'est écarté des 2 autres en remontant légèrement et a stoppé à environ 60 mètres.

Je réencoche et reste un moment immobile en espérant voir un autre sanglier mais les minutes passent et rien ne bouge. Je m'avance donc pour aller chercher ma flèche. J'avance tranquillement dans le passage quand un sanglier démarre à environ 15 mètres devant moi, dans le blé sur la gauche du passage. Il fonce en parallèle du chemin sur environ 30 mètres, stoppe un court instant puis prend à droite et redémarre pour s'éloigner dans le blé après avoir traversé le passage de tracteur d'un bon. Je récupère ma flèche puis cherche le sang. Je trouve vite les premières gouttes. La piste est abondante et facile à suivre. La luminosité baisse vite et j'allume ma frontale pour suivre le sang plus confortablement. Alors que j'ai fait environ la moitié du chemin jusqu'à l'endroit où j'ai vu le sanglier s'arrêter, il me semble entendre une respiration forte et des grondements sourds. Je stoppe pour tendre l'oreille, cela vient de l'endroit où le sanglier s'est arrêté. Mon sanglier n'est pas mort. Un bruissement dans mon dos me fait me retourner, plusieurs sangliers arrivent vers moi dans le blé. J'éteins ma frontale et accroche mon décocheur. Ils biaisent pour passer à environ 15 mètres, un peu plus bas. Je m'avance doucement pour me rapprocher de leur trajectoire mais le passage de tracteur est encombré par la végétation et je ne peux que voir bouger le blé quand ils passent à quelques mètres de moi. Je rallume ma frontale, reviens au dernier sang et écoute mon sanglier qui grogne toujours en respirant péniblement. Après un moment, un bruissement dans mon dos me fait tourner la tête. Un autre sanglier arrive droit sur moi. J'éteins à nouveau ma frontale, accroche mon décocheur et le laisse venir. Il zigzague un peu en avançant doucement. Il n'est plus qu'à 6 ou 7 mètres et semble hésiter, il va et vient de droite à gauche. Il a dû tomber sur mon odeur et celle du sang, il finit par s'éloigner en remontant dans la culture. La nuit sera vite là, je décide de tenter d'approcher mon sanglier pour en finir avant qu'il fasse trop sombre car il ne semble pas vouloir mourir. J'avance tout doucement en suivant le sang à la lueur de ma frontale. Un trou dans le blé se dessine à environ 15 mètres et le sang se dirige droit vers cet endroit. Le souffle pénible du sanglier se fait de plus en plus présent, j'avance très lentement, décocheur accroché et arrive au ras du trou dans le blé. Mon sanglier est couché de cul sous une grosse touffe d'herbes hautes qui retombent sur lui. Je de vois que son postérieur et devine difficilement son groin. Faire un tir propre est compliqué. Je me tiens prêt à armer et reste immobile près de lui. Le vent est bon, il ne me sent pas. Au bout d'un moment, il se redresse sur ses pattes avant et se recouche, ce qui me permet de bien localiser son épaule. Il a repoussé un peu la végétation et sa zone vitale est visible. J'arme doucement, me décale un peu sur la gauche pour pouvoir tirer en 3/4 arrière, aligne ma visée et décoche. La flèche est rentrée au défaut de l'épaule. Il se redresse d'un bon et tente de fuir mais retombe à 2 mètres dans le blé où il se débat un court instant avant de s'immobiliser. Je m'avance pour dégager ma flèche qui est restée en travers, ressortant dans la gorge. Elle n'est pas cassée, j'ai eu de la chance. Ma première flèche est au niveau du cœur mais l'os de la patte l'a déviée vers l'avant et elle passe juste devant le cœur sans le toucher. Après quelques photos souvenirs, il est temps de rentrer car la nuit m'enveloppe.

Un sanglier à l'approche dans les blés, 12 juin 2021

Alex

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12 novembre 2020 4 12 /11 /novembre /2020 19:36

Mardi, notre fédération nous informait de la réouverture dérogatoire de la chasse du grand gibier en battue et à l'affût. Mercredi matin, je reçois un texto du piqueur de Justian qui m'annonce une battue au sanglier sur Lagardère, je décide d'y aller. Je Pars de chez moi vers 13h15 pour le rendez-vous de 14 heures à la salle des chasseurs. Cela fait vraiment bizarre de se retrouver tous masqués et en se saluant de loin. Les sangliers remisés le matin dans un petit bois ne seront finalement pas restés et après avoir délogé un renard et un ragondin nous terminons la battue vers 15h30. De retour cher moi vers 16h30, je décide d'aller faire un petit tour à l'affût sur Traversères. Je me gare à la ferme et pars à pied vers mon poste favori.

Posté un peu avant 17 heures, après avoir fait quelques photos pour un futur article pour Charc, l'attente commence. Très rapidement, des pas se font entendre sur la gauche, dans mon dos, dans le sale. Je me retourne doucement et me prépare à armer. Après une ou deux minutes, le bruit cesse. Je me retourne face au vent mais après quelques minutes le bruit reprend. Je me retourne doucement, les pas se rapprochent quand j'entraperçois un joli sanglier qui avance tranquillement en fouillant le sol. Il est à environ 15 mètres. Il s'avance dans la broussaille et stoppe à 8 mètres derrière l'arbre contre lequel je suis posté. J'arme mon arc et l'attends sur la droite du tronc. 

Le sanglier du deconfinement, 11 novembre 2020

Après quelques secondes, il avance un peu et j'aperçois son groin qui fouille le sol. Je suis prêt, il relève la tête, hume l'air dans ma direction puis bifurque et descend droit sur moi. Il stoppe de face à 5 mètres et hésite à prendre à gauche ou à droite. C'est un mâle d'environ 70 kilos. J'attends qu'il me présente une meilleure position pour décocher et espère qu'il ne va pas arriver à mauvais vent par la gauche du tronc, ce qui m'obligerait en plus à me reculer pour pouvoir passer mon arc armé de l'autre côté de l'arbre sans toucher les branches. Il se décidé finalement et prend sur sa gauche pour avancer de quelques pas et stopper à découvert à environ 5 mètres. Je cale ma visée derrière son épaule et décoche. Ma flèche semble bonne, l'impact retentit et le sanglier fait volte-face en poussant un grondement soufflé. Il fonce sur la coulée par laquelle il est venu. Je le perds vite de vue mais l'entends un moment dans les épines puis le calme revient. Ma flèche l'a traversé et est resté dans la bruyère à l'endroit du tir.

Le sanglier du deconfinement, 11 novembre 2020

Je remonte pour examiner ma flèche et voir si je trouve du sang. Ma flèche est couverte de sang et porte quelques débris végétaux sur les vannes.

Le sanglier du deconfinement, 11 novembre 2020

Je la récupère et allume ma frontale pour chercher le sang car il fera vite nuit dans le sous-bois. À l'impact le sanglier a perdu de toutes petites gouttes de sang et a légèrement frotté la bruyère à peine rougie.

Le sanglier du deconfinement, 11 novembre 2020
Le sanglier du deconfinement, 11 novembre 2020

Mais ensuite, impossible de trouver la moindre goutte de sang. Je suis donc la coulée de fuite et retrouve une grosse goutte à environ 15 mètres de l'endroit du tir. De là, la piste devient plus facile à suivre. Le sanglier a perdu de grosses gouttes dans sa fuite. Je les suis tranquillement, il semble suivre la courbe de niveau puis prend à droite à angle droit pour remonter un peu et rentrer dans les épines où je le suis à 4 pattes. Après une reposée debout où je trouve plusieurs grosses gouttes, le sang semble stopper net et je reste un moment à contrôler toutes les coulées autour de moi jusqu'à trouver un petit frotté qui me remet sur la piste. Le sanglier descend droit vers le ruisseau asséché en contrebas dans un bois beaucoup plus clair. Je suis maintenant la piste debout, assez difficilement car le sang est assez rare. Heureusement que le sanglier a retourné les feuilles mortes dans sa fuite ce qui le permet de suivre ses traces plus que le sang, mais arrivé à une grosse coulée perpendiculaire, les traces stoppent net après une dernière goutte de sang que le sanglier a perdu en sautant par-dessus un bout de bois mort tombé au sol. Je tourne un peu sans trouver la suite de la piste dans la nuit noire. J'appelle donc mon ami Adrien pour une recherche le lendemain mais il n'est pas disponible et me donne le numéro de Christine Lasbats que je contacte immédiatement. Elle peut venir vers 9h45.

Nous nous retrouvons donc le lendemain à la salle des fêtes de Sansan et partons nous garer près des ruches après la ferme puis partons à pied vers mon poste. Arrivés sur place, Léo semble très intéressé sur la zone du tir et à ma grande surprise sa maîtresse décide de le lâcher. Léo part au pas de course sur la coulée du sanglier, je le suis rapidement dans les épines alors que sa maîtresse fait le tour par le propre. Je reviens vite au dernier sang à environ 100 mètres du tir mais le teckel est déjà loin et tourne dans le bois. J'entends sa clochette, j'attends sans bouger près du dernier sang et Christine arrive par le haut du bois. Je lui signale que j'ai le sang et elle me rejoint en appelant Léo qui ne semble pas vouloir venir. En l'attendant nous contrôlons les diverses coulées sans succès et Léo ne revenant toujours pas, sa maîtresse par le chercher. Je reprends minutieusement les contrôles sur les coulées qui descendent mais rien.  Léo donne de la voix un court instant puis se tait alors que sa maîtresse l'appelle toujours. Je reviens au dernier sang et me pose à genoux pour être plus près de la vision d'un sanglier quand j'aperçois un léger frotté sur une petite feuille sur ma droite. En le rapprochant, j'en vois un autre, puis un autre. Le sanglier a pris à droite. De petit frotté en ronce retournée, je reprends la piste qui s'interrompt parfois sur quelques mètres. Brusquement, le sang devient plus abondant, une forte odeur de sanglier emplit l'air et se dessine une traînée sur le sol comme si on avait traîné un animal. En regardant un peu plus loin, j'aperçois alors mon sanglier mort un peu plus bas dans le lit du ruisseau asséché alors que Christine et Léo arrivent par le labouré qui borde le bois. Je signale ma trouvaille puis rejoins mon sanglier. Il a fait environ 150 mètres. Son museau est très court comme celui d'un cochon chinois. Ma flèche rentre à peu près où je visais et ressort curieusement devant le cuissot opposé. Je l'attache par le groin et le sors sur le labouré où Léo lui saute dessus.

Le sanglier du deconfinement, 11 novembre 2020

Il me faut le trainer jusqu'à la piste sur plusieurs centaines de mètres avant de venir le chercher en voiture. Après quelques photos souvenir

Le sanglier du deconfinement, 11 novembre 2020

je le charge et le remonte à la ferme où je le pends pour le vider et le découper pour le propriétaire. Christine récupère 2 pattes pour Léo avant de rentrer. Un grand merci à elle d'être venu même si finalement j'ai retrouvé mon sanglier tout seul.

 

Alex

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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 22:16

Mercredi soir notre Président nous annonçait un confinement à partir du jeudi soir minuit jusqu'au 1 décembre, ce qui implique une interruption, voir la fin, de notre saison de chasse. Je décide donc d'aller faire un affût au sanglier sur Traversères le jeudi soir, en sortant du boulot. Je me gare donc vers 17h40 à la ferme, me change et pars à pied vers mon poste plus loin dans les coteaux. Mon ami Jacques est déjà en poste depuis 17h30. Je rentre dans le bois par une grosse coulée et me poste près d'un genévrier mort tombé au sol contre un petit chêne tordu. L'attente commence, la luminosité a déjà bien baissée. Le sous-bois est calme, pas de vent, je devrais entendre arriver les sangliers de loin. Rien ne bouge, même pas les petits rongeurs ou les oiseaux. La luminosité baisse vite, il ne me le reste plus beaucoup de temps, mon téléphone vibre dans la poche, c'est Jacques qui quitte son poste et alors que je lis son SMS, il le semble entendre du bruit derrière la crête à la droite. Je range vite mon portable, le bruit se rapproche. Les craquements dans la végétation m'annoncent l'arrivée des sangliers sur mon poste. Je me tiens prêt. 6 marcassins d'environ 12 kilos arrivent en tête et commencent à se frotter contre deux gros chênes à environ 8 mètres de mon poste. J'arme doucement mon arc et cherche lequel viser quand 2 bêtes rousses arrivent derrière. Elles chassent les marcassins et viennent se frotter aux chênes, une sur chacun des 2 arbres. Elles commencent à se frotter de face puis celle de droite passe devant le chêne et se frotte énergiquement le haut du dos presque couché en le montrant son ventre. J'attends toujours mon occasion mais le sanglier bouge trop puis arrête son grattage et se positionne plein travers à 8 mètres. Je cale ma visée et décoche. Touché il fonce droit devant lui dans la broussaille et c'est la débandade. Tous les sangliers partent dans tous les sens.

Rapidement, un des marcassins revient droit sur moi en grognant. Je réencoche et arme mon arc puis le suis dans mon viseur en attendant qu'il s'arrête mais il stoppe juste derrière l'arbre contre lequel je suis posté, à environ 3 mètres. Il reste un instant immobile puis repart d'où il vient en grognant au milieu de quelques baliveaux. Pas d'occasion de tir propre, je désarme. Un sanglier se débat en gémissant un peu plus haut, c'est certainement mon sanglier fléché. Cette attitude est souvent signe d'une flèche de cœur. J'attends immobile quand du bruit se fait entendre dans mon dos. Un autre sanglier revient vers moi. Je me retourne et arme mon arc. Une bête rousse se plante plein travers à 10 mètres. Ma visée se cale sur son coffre, je décoche. Un impact très sonore retentit et mon sanglier se jette dans le salle en faisant volte-face. J'attends un moment le retour du calme dans la nuit qui s'installe puis allume ma frontale et pars vers l'endroit du premier tir où je trouve ma flèche plantée au sol et rouge de sang. J'attaque ma recherche en suivant le sang très abondant. La piste fait des lacets dans les épines en remontant vers la prairie au-dessus puis devient extrêmement abondante, tout est peint de sang et je trouve vite mon sanglier mort. C'est une petite laie de 50 kg environ. Ma flèche est rentrée au défaut de l'épaule et est ressortie curieusement entre les pattes avant malgré mon tir presque à plat. Elle rentre dans le haut du cœur et ressort à la pointe de ce dernier.

Je ramène mon sanglier à mon poste et récupère ma première flèche que je remets au carquois puis pars chercher la seconde que je trouve plantée presque à la verticale dans un bout de bois pourri. Elle est couverte de sang comme la première. Quelques gouttes de sang ont été projetées au sol à l'endroit du tir mais la piste semble très peu fournie. Je peine à la suivre, très peu de sang au sol, une petite goutte de temps en temps, un petit frotté sur un baliveau puis un autre un mètre plus loin mais presque pas de sang. Ça ressemble fort à une flèche de coffre ressortant dans les tripes avec un bouchon de viscères bouchant la sortie et empêchant l'hémorragie externe. En suivant les coulées, j'avance tant bien que mal d'environ 30 mètres jusqu'à quelques gouttes dans un bouquet de bruyère et de là impossible de reprendre la piste. J'insiste un moment mais rien, ne pouvant me résoudre à laisser pourrir ce sanglier, je décide de rentrer avec mon premier sanglier et de revenir le lendemain, malgré le confinement, pour tenter de retrouver le second. Après quelques photos souvenirs

Un doublé juste avant le confinement, 29 octobre 2020

je traîne mon sanglier attaché par le groin pour sortir du bois. Le propriétaire qui ne devait pas être là ce soir m'appelle pour me dire qu'il est rentré et je l'informe de ma prise. Il vient à ma rencontre avec son tracteur et nous ramenons le sanglier que je vide et lui donne. Malgré sa taille, elle portait 6 petits déjà bien formés.

Après une très mauvaise nuit, je repars chercher mon second sanglier. J'ai pris mon chien au cas où mais décide de tenter de le chercher sans lui dans un premier temps. Je retrouve facilement le dernier sang qui semble descendre et cherche un moment dans ce sens mais c'est une goutte sur une coulée un peu plus haut qui me remet sur la voix. Le sang devient plus abondant. À quelques mètres plus en avant un bout de tripe est accroché à des épines noires. Je continue sur la piste et retrouve vite mon sanglier mort sur le flanc. Il a fait environ 50 mètres. Comme je le pensais, ma flèche est plein coffre, un peu haute et ressort plus en arrière ce qui explique le peu de sang stoppé par le bouchon de trippe. Ma flèche a touché le foie et les poumons. Il est temps de rentrer préparer cette deuxième petite laie un peu plus petite que la première.

Un doublé juste avant le confinement, 29 octobre 2020

Alex

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9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 22:18

Ce soir, en sortant du boulot, je pars pour Saint Arroman. Je me gare près de la ferme mais alors que je me prépare je me rends compte que j'ai oublié ma cagoule. Il me faudra faire sans, je pars à pied en longeant les mais pour rejoindre mon poste dans un bosquet un peu plus haut. Je suis une coulée de blaireau pour rejoindre une petite clairière et me poste en bordure du sale entre 2 arbres. Devant moi, un ruisseau asséché couvert de ronces. Un ancien chemin gagné par la végétation le traverse un peu plus à ma gauche. Une belle coulée passe à 5 mètres sur ma droite pour contourner un gros arbre mort.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Sur ma gauche, la clairière s'ouvre sur environ 15 mètres jusqu'à un gros arbre creux où les sangliers viennent régulièrement se frotter. Une belle coulée sort du ruisseau pour rejoindre ce frottoir. Le vent n'est pas bon pour le moment mais je sais qu'il va tourner dans la soirée. Il souffle soit dans mon dos, soit sur ma droite. L'attente commence, il est 18h30. Le sous-bois est calme à peine perturbé ponctuellement par le chant d'un faisan, la chute d'un gland ou le passage d'un petit rongeur dans les feuilles mortes. Quelques oiseaux passent par moment. Vers 19 heures le vent se pose totalement, seul un infime mouvement d'air subsiste face à moi comme de l'indique la poussière terreuse que je laisse tomber entre mes doigts. Vers 19h15, des bruits de pas se font entendre dans le sous-bois en face de moi. Le pas semble lourd mais je ne saurais pas dire s'il s'agit d'un chevreuil ou d'un sanglier. J'accroche mon décocheur et me tiens prêt. Les bruits se rapprochent quand j'aperçois un petit arbuste qui s'agite à environ 30 mètres devant moi. Impossible de voir l'animal au travers de la végétation très dense. Les bruits de pas reprennent et viennent toujours vers moi. La végétation s'agite devant moi à environ 20 mètres mais toujours impossible de voir l'animal qui biaise sur ma gauche pour traverser le vieux chemin gagné par les ronces.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

L'animal traverse le chemin mais le bourrelet de végétation qui le borde m'empêche de le voir passer. Un léger mouvement dans la végétation au bout d'un gros tronc tombé au sol et couvert de végétation m'indique son passage. Très rapidement, j'aperçois le haut du dos d'un sanglier d'environ 50 kilos qui longe derrière le tronc. J'arme mon arc mais le gros tronc cache sa zone vitale. Il se tourne de face et se rapproche du tronc pour disparaitre un instant derrière. Je désarme. J'espère le voir sortir au bout du tronc à environ 8 mètres sur ma gauche car une coulée débouche sur la clairière mais il finit par repartir en longeant le ruisseau asséché.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

J'arme mon arc mais la végétation ne me permet pas un tir sûr. Je le laisse s'éloigner et désarme. Il avance doucement en suivant le lit asséché, disparaît un instant derrière les arbres puis réapparaît un instant à environ 20 mètres de 3/4 arrière mais la zone vitale est toujours caché. Il s'avance encore un peu et je le perds de vue mais l'entends un instant dans la végétation avant le retour du calme pendant un instant. Alors que le pense parti, du bruit attire mon regard vers l'endroit où je l'ai perdu de vue. La végétation s'agite sur la gauche du ruisseau et le sanglier remonte le petit talus avant de venir vers moi. Il stoppe de face) environ 15 mètres et se frotte énergiquement contre un arbre puis repart vers moi jusqu'à un petit écran de houx d'environ 2 mètres de long, un peu en avant du gros arbre creux. Il bifurque à angle droit pour remonter vers le haut du bois. J'arme doucement mon arc. Il sort à découvert plein travers au bout des houx, en face du gros arbre creux. Mon viseur se cale derrière son épaule et je décoche. Touché il fait volteface pour repartir d'où il vient.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Il repasse derrière le gros tronc couché

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

puis remonte le penchant opposé pour stopper à environ 50 mètres. Sa respiration suffocante et encombrée est entrecoupée de grognements. Des sifflements humides sont bien audibles ce qui me mets en confiance sur la létalité de ma flèche mais le temps passe et le sanglier tourne toujours dans le sous-bois sur une zone limité sans vouloir tomber. Refroidi par la perte de mon dernier sanglier, je décide de rester un moment sans bouger avant de faire quoi que ce soit. Après de longues minutes, le sanglier s'éloigne un peu mais continue à souffler et grogner. Je décide d'aller voir ma flèche tout doucement.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Je la retrouve plantée dans le tronc, une vanne est légèrement décollée. Le fut et les vannes sont couverts de sang mais il n'est pas très abondant.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Je remets ma flèche au carquois et retourne me poster tranquillement. Le sanglier se fait toujours entendre pendant un moment puis le calme revient vers 19h45. Je décide d'attendre encore un peu, je me repasse la scène dans ma tête, ma flèche me semble bonne mais quelque chose ne tourne pas rond. Avec une flèche de coffre, mon sanglier devrait déjà être mort. Vers 20 heures, je me décide à quitter mon poste pour débuter ma recherche. Je recoupe la direction de fuite près du gros arbre creux mais ne trouve pas tout de suite le sang. Je contrôle les 2 coulées possibles et finis par apercevoir des petites gouttes sur un bout de bois et quelques feuilles mortes, à quelques mètres de l'endroit du tir, à moins de 2 mètres du ruisseau asséché.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Je suis la coulée qui descend dans le ruisseau en suivant quelques grosses gouttes espacées.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020
Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Les gouttes longent derrière le gros tronc tombé au sol. 

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Le sang n'est pas extrêmement abondant mais assez facile à suivre.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020
Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Le sanglier a suivi une grosse coulée qui serpente au milieu des ronces puis remonte dans le bois. Le sang devient, petit à petit, de plus en plus abondant. La luminosité baisse vite dans le sous-bois et je continue ma recherche à la lueur de ma frontale.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

En le suivant, je tombe sur une reposée debout où le sanglier a fait une halte.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Le sang devient très abondant, le sanglier a dessiné régulièrement des lignes de sang ininterrompues sur plusieurs mètres. 

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

La piste très abondante s'enfonce dans les épines noires, je laisse mon arc au sol pour pouvoir avancer plus tranquillement. Les épines noires, assez serrées, me griffent les flancs et les épaules. Un peu plus haut, je tombe sur une reposée debout puis une seconde.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020
Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

La piste toujours très abondante rentre maintenant dans un roncier inextricable. Je dois progresser à 4 pattes sur les épines dans un tunnel très étroit pour suivre le sang mais alors que j'ai juste fait quelques mètres un animal démarre juste à quelques mètres de moi. Je stoppe net, l'animal stoppe à quelques mètres plus loin. Une respiration très difficile de fait entendre. C'est mon sanglier, 45 minutes après le tir, il n'est toujours pas mort. Je reste un instant immobile à l'écouter. Il semble très mal en point et ne bouge pas. Je fais doucement marche arrière pour aller chercher mon arc. Les ronces lèvent mon T-shirt et me lassèrent le dos. Sorti des ronces, je suis le sang à contre-pied et repasse les épines noires pour récupérer mon arc avant de devenir vers les ronces. Le sanglier n'a pas bougé, il respire toujours aussi fort. Je décide de rester devant le roncier à l'écoute, en espérant que le sanglier sera vite mort et pour ne pas risquer de le pousser plus en avant si je tente de le rejoindre. Les minutes passent, posté devant ce mur de plusieurs mètres de haut de ronces alors que la nuit s'installe. Le sanglier commence à bouger un peu puis semble se débattre en grognant, pousse un gros souffle roque avant de se mettre à respirer très vite. Son souffle baisse en intensité et le sanglier bouge bruyamment sur place puis plus rien. Après quelques secondes de calme un grognement étouffé se fait entendre puis le calme s'installe. J'écoute encore un court instant le silence dans la nuit noire puis décide de reprendre ma recherche. Je recommence à suivre le sang à 4 pattes dans le tunnel de ronces. Le passage devient très étroit et je dois ramper sur un tapis d'épines pour suivre le sang. Les épines se plantent dans ma chair et le lassèrent de partout. Ma progression est très compliquée surtout avec mon arc que je dois pousser devant moi et qui s'accroche partout dans les ronces.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

La coulée débouche sur une grande bauge de plus d'un mètre de diamètre. Le sol poussiéreux, bien dégagé est couvert de sang partiellement imbibé par la terre très sèche. Je traverse la bauge en rampant pour rejoindre le tunnel de ronces au fond de la couche du sanglier. Arrivé à ce dernier, le sang stoppe brusquement et le tunnel se divise en 2. Je ne peux pas me permettre de me tromper car je ne pourrai pas faire demi-tour. J'éclaire plus en avant dans les 2 passages et aperçois quelques traces de sang frotté sur des ronces à quelques mètres dans le tunnel de gauche. Je reprends ma progression sur environ 5 mètres mais le tunnel se divise à nouveau en 3. J'éclaire dans les 3 passages sans voir de sang, impossible de trouver la suite de la piste. Je n'ai pas le choix, il me faut choisir un passage et tenter de m'y avancer. La brûlure des écorchures devient insupportable mais je n'ai pas le choix. Je m'avance dans le tunnel du milieu qui tourne quelques mètres plus loin, à angle droit sur la droite pour rejoindre une nouvelle bauge où j'aperçois mon sanglier couché sur le flanc, tête à l'opposé de ma position. Une plaie sanguinolente basse est visible derrière sa patte droite. Je l'éclaire un court instant sans bouger. Il est mort.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Je m'avance un peu pour le saisir par une patte arrière et tente de le tirer vers moi mais il est pris dans les ronces et je n'ai aucune force allongé sur le ventre.  Je laisse mon arc et m'avance dans la bauge pour tenter de dégager le sanglier. Je m'aperçois alors que la sortie de la bauge revient en arrière sur le tunnel principal. C'est le passage de droite sur j'ai laissé tout à l'heure mais le tunnel est extrêmement étroit. Je décide donc de repartir par là d'où je viens. J'attache le sanglier par le groin avec la laisse que j'ai toujours à la poche. Je pivote non sans mal et retourne le sanglier tête vers l'entrée de la bauge puis rampe vers mon arc en tirant la laisse mais je n'ai pas de force dans cette position. Je me retourne sur le dos pour tirer le sanglier sur moi et progresse ainsi en poussant mon arc devant moi et en tirant le sanglier sur mes genoux à chaque fois que j'ai parcouru un mètre sur le dos.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Je suis griffé de partout et le contact des épines devient insupportable. Je ressors enfin du roncier vers 21h30. Il me faut encore ressortir du bois. En suivant la piste au sang à l'envers, je rejoins la clairière non sans devoir tuer quelques frelons qui attaquent régulièrement le faisceau de ma frontale. Je profite du découvert pour faire quelques photos souvenirs de mon petit ragot de 50 kilos environ.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Ma flèche entre au niveau du cœur

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

et ressort basse, 10 centimètres derrière la patte opposée.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Il me faut encore tirer mon sanglier sur près d'un kilomètre jusqu'à ma voiture où j'arrive en nage. Rentré chez moi, je constate en vidant mon sanglier que ma flèche a profondément entaillé le cœur. La résistance des sangliers est vraiment incroyable.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Alex

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Présentation

  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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