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10 mars 2022 4 10 /03 /mars /2022 10:17

Ce soir, je retourne à l'affût sur un autre poste le vent vient de l'est, je me poste donc en conséquence. Encore amer du sanglier perdu dimanche, j'ai décidé d'équiper mes flèches avec des Rages Hypodermics pour remplacer mes Exodus. Rapidement des bruits de pas se font entendre un peu plus bas et plus en avant dans le bois. Les bruits alternent avec des moments de silence plus ou moins longs, c'est très certainement un des 2 brocards du secteur. L'animal finit pas s'éloigner et le calme s'installe, juste troublé par activité des petits rongeurs du sous bois.

Au bout d'un moment, un chevreuil, dérangé à l'autre bout du bois, démarre en aboyant puis stoppe dans le champ en contrebas et aboie un moment sur place avant de s'éloigner. Je me dis qu'il a peut être été dérangé par les sangliers. Le temps passe mais toujours rien quand une sorte de grognement retentit sur ma gauche à environ 40 mètres. Je ne suis pas sûr de l'identification de ce bruit mais rapidement des craquements se font entendre. Plusieurs animaux arrivent droit sur moi dans le fragon. J'accroche mon décocheur et me tiens prêt. Les bruits se rapprochent quand les premiers sangliers apparaissent à quelques mètres de moi. Ils avancent droit sur moi puis bifurquent pour passer à 3 mètres de mon poste. Je reste totalement immobile. Le vent souffle face à moi en parallèle des sangliers qui s'avancent pour venir se frotter aux deux arbres où ils se frottent habituellement. La laie meneuse stoppe à 2 mètres devant moi de 3/4 arrière et hume l'air un moment. Je décide de ne pas la tirer, les autres sangliers, un peu plus bas, sont cachés par le fragon. D'un coup, tous arrivent et commencent à se frotter à 6 mètres devant moi. Il y a 5 gros de 80 à 60 kg et 5 marcassins d'environ 15 kg. 2 de ces derniers se chamaillent entre les arbres alors que 2 gros sangliers se frottent énergiquement. J'arme doucement, et aligne lentement ma visée en attendant qu'un sanglier s'immobilise. Une laie s'assoit au pied de l'arbre avec un léger 3/4 face. Je cale ma visée et décoche. C'est la débandade, tous les sangliers fuit vers le bas du bois. Un gros boom retentit, mon sanglier en fuite vient de percuter un arbre et les sangliers stoppent à environ 30 mètres. Je reencoche au cas où. La laie meneuse tourne un moment en grognant, je m'aperçois alors qu'un des gros marcassin a stoppé à 5 mètres de moi de 3/4 arrière mais, le temps d'armer, il démarre et disparaît. Les sangliers s'éloignent doucement puis le calme revient.

J'attends quelques minutes puis m'avance vers la zone du tir où je ne trouve pas ma flèche. Je commence à suivre le sang, la piste est spectaculaire. Après environ 15 mètres, je trouve ma flèche au sol, couverte de sang. Je la ramasse et la remets au carquois puis continue à suivre le sang toujours très abondant. Je trouve l'arbre où a tapé le sanglier, il est couvert de sang, je continue. Je retrouve vite mon sanglier qui n'a pas fait 30 mètres. C'est une laie qui accusera 58 kg à la pesée. La flèche est rentrée dans l'épaule et ressort basse en arrière des côtes où un bouchon  de tripe bouche la sortie de flèche. 

Une laie à l'affût, 9 mars 2022

Alex

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6 mars 2022 7 06 /03 /mars /2022 22:03

Ce soir, vers 17 heures, je me décide à aller faire un affût sur Traversères. En route, j'hésite un peu sur la localisation de mon poste mais finis par décider d'aller me poster à mon poste favori. Je me gare près de la ferme et prends le chemin de terre trop boueux pour le suivre en voiture. Arrivé à mon poste, vers 17h30, je me cale près de quelques arbres et de genévriers morts, tombés au sol.  Vers 18 heures un gris fracas retentit à la cime des arbres sur ma gauche. 2 buses variables se chamaillent et leurs ailes claquent dans les branches. L'une arrivé à se dégager puis s'élance, l'autre part à sa poursuite au-dessus de ma tête et disparaissent derrière la crête à ma droite. Rapidement, une buse revient se poser à la cime d'un grand chêne devant moi puis repart quelques minutes plus tard. 

Un peu plus tard un gros fracas retentit sur ma droite, un peu plus haut, derrière la crête, comme si un arbre venait de tomber. Le bruit se poursuit par une sorte de remue-ménage dans la broussaille puis le calme revient. Le bruit d'une tronçonneuse se fait entendre plus bas dans la combe. Le propriétaire est en train de faire du bois. Le temps passe et la tronçonneuse tourne toujours.

Vers 18h40, un bruit de pas et de bois cassé se fait entendre dans le secteur du gros fracas de tout à l'heure. Le bruit se rapproche au travers de la broussaille. J'arme mon arc et laisse venir car je suis un peu à découvert et armer au dernier moment me ferait repérer. Une silhouette sombre se dessine au travers des branchages. Un beau sanglier sort des broussailles et se présente de face à environ 15 mètres. Mon viseur est calé sur lui, il commence à frotter ses pattes au sol tête basse pendant quelques secondes puis relève la tête et se fige en regardant vers moi. Je reste immobile, il finit par se remettre en marche, biaisé un peu pour se frotter rapidement contre un arbre, je le suis dans mon viseur. Il avance encore un peu et stoppe plein travers à environ 10 mètres. J'aligne rapidement ma visée et décoche. Ma flèche me semble un peu en avant du cœur. Le sanglier gronde et démarre en trombe pour biaiser vers la crête où il marque un arrêt à environ 50 à 60 mètres puis bascule derrière la crête et je le perds de vue. 

Je m'avance pour tenter de trouver ma flèche que je trouve très vite posée au sol et couverte de sang. Une piste de sang très fournie démarre dès la zone du tir. Je décide de la suivre assez rapidement tant qu'il faut jour. Le sanglier suit une grosse coulée et la piste est très facile à suivre. Le sang passe la crête, toujours très abondant puis suis la courbe de niveau juste sous la crête. Je fais encore quelques mètres quand j'entends un démarrage dans la broussaille. Rapidement un souffle puissant retentit puis les bruits de vous cassé semblent descendre vers le semé dans le fond de la combe. Je viens certainement de relever mon sanglier. J'essaie de l'apercevoir sans succès au travers du bois. Le bruit stoppe alors que la tronçonneuse tourne toujours. J'attends un peu puis reprends la piste et trouve vite la couche où s'était arrêté le sanglier. Le sang revient un peu en arrière puis le sanglier a pris droit vers le bas du bois sans suivre les coulées. Il a traversé les fourrés. Le sang est beaucoup moins abondant et la luminosité baisse vite, je poursuis à la lueur de ma lampe. Je le suis doucement et sort du bois sur le semé. Le sang est maintenant très peu abondant et il fait nuit mais j'arrive à le suivre et traversé ainsi le semé jusqu'à un ru à sec bordé d'une haie où le sanglier a laissé pas mal de sang, je passe le ru et suis le sang dans une friche arborée et couverte de pailles jaunes. Le sang assez bien marqué remonte  puis prends à droite jusqu'à une seconde couche au pied d'un genévrier. Le sanglier doit être mal pour se coucher deux fois en moins de 150 mètres. De la le sang devient très peu marqués, juste des petits frottés sur les pailles et un peu de sang tamponné au sol pour finir par disparaître. Je dois me résoudre à appeler un chien de sang.

Rendez-vous est pris pour 10 heures demain matin. Nous nous retrouvons sur le parking de la salle des fêtes de Sansan et partons pour la recherche. Nous nous garons à la ferme et partons à pied jusqu'à l'endroit du tir. Le chien prend presque immédiatement la piste ce qui me rassure. Nous arrivons sans grande difficulté à l'endroit où je perds le sang hier mais le teckel continue et retrouve le sang. Nous passons la crête et descendons vers une remise de genêts et genévriers où j'espérais trouver mon sanglier. À la crête, le chien redescend en baisant à gauche. Le sanglier perd du sang par grosses giclées puis le sang stoppe brutalement mais le chien continue très motivé. Il nous fait traverser la remise et ressort dans un bois clair. Il longe la combe au fond du bois puis biaise à gauche vers un petit fourré où il s'excite. Je jette un coup d'œil à l'intérieur mais rien. Le chien veut remonter au plus rapide vers la crête mais sa maîtresse n'y croit pas et décide de revenir au dernier sang mais le chien ne prend plus vraiment la piste. Il tourne et retourne part dans une direction puis une autre. La conductrice tente de recouper la piste sans succès et revient plusieurs fois au dernier sang quand elle trouve, à 4 mètres  contrebas de dernier, une couche spectaculaire dans la mousse sous des genêts. Le sol est rouge de sang. Le sanglier avait pris à 90 degrés de la piste pour se coucher là. À 2 mètres de cette couche, il s'est frotté au sol laissant encore pas mal de sang puis après quelques giclées sous le couvert le sang stoppe brusquement. Le sanglier semble être reparti en contre sens. Une très forte odeur de sanglier se dégage du secteur et le sang semble frais dans la mousse, nous pensons avoir relevé la sanglier. La conductrice tente de reprendre la piste sans succès. Je pars pour faire le tour de la friche arbustive par le bas pour tenter de trouver un pied ou du sang mais je ne lève qu'un brocard. Je contrôle les points d'eau sans plus de succès. Je retourne au dernier sang et contrôle toute les coulées quand je retrouve du sang sec frotté sur un genêt puis des gouttes, c'est du sang de la veille, nous n'avons donc pas relevé le sanglier. Je rappelle la conductrice qui remet son chien sur cette piste. Ce dernier démarre et part tout droit. Je décide de continuer à suivre le sang mais me rends compte qu'il remonte vers la crête pour recouper la piste d'arrivée. Je rappelle la conductrice, cette fois le chien repart plus ou moins sur sa recherche du départ avant qu'on ne l'arrête. Pas la moindre goutte de sang. Il nous conduit à une couche où il me semble trouver à peine un peu de sang sur une herbe sèche, je reprends un peu confiance mais le chien revient au petit fourré, tourne et retourne à l'intérieur puis remonte vers la crête avant de redescendre à travers bois vers la combe où travaillait le propriétaire hier soir. Il traverse ensuite la combe pour revenir, sans conviction, vers le début de la piste. Nous décidons d'arrêter après 3 heures de recherche. Je suis dépité, cela fait 5 ans que je fais venir des chiens de sang et 5 ans qu'aucun ne retrouve mes gibiers que ce soit vivants où morts. Je ne peux pas croire que ce sanglier ne soit pas mort.

Alex

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23 novembre 2021 2 23 /11 /novembre /2021 07:01

Ce soir, alors que je me prépare à partir à l'affût, mon téléphone sonne. C'est mon ami Lionel qui m'appelle pour m'inviter à venir à la battue de Castelnau Barbarens qui aura lieu demain matin mais je suis déjà engagé pour une battue à Justian. Je décline donc l'invitation mais lui propose de venir chasser avec moi. J'ai repéré une belle bande de sangliers qui passe régulièrement à un de mes postes. Il accepte mon invitation et je finis donc de me préparer en l'attendant. Dès qu'il arrive nous partons.

Arrivés au poste, nous nous installons tranquillement à moins de 10 mètres des arbres où ils viennent se frotter. Le vent est bon, face à nous et dans le sens habituel  d'arrivée des animaux. Après un peu plus d'une demi-heure d'attente, j'aperçois au loin, au travers des branchages du bois une voiture qui s'arrête sur la route un instant avant de repartir. Je comprends vite que le conducteur a dû s'arrêter pour laisser passer un ou des animaux. La voiture repart et très rapidement des couinements et des grognements se font entendre au loin. Ce sont les sangliers, j'avertis Lionel en chuchotant et nous nous préparons en espérant les voir arriver au poste.

Les bruits se rapprochent jusqu'à la lisière du bois, juste à 30 mètres en dessous de nous. Les sangliers commencent alors à monter sur nous. Ils passent à quelques mètres devant Lionel qui a déjà armé mais ne s'arrêtent pas. 2 d'entre eux viennent se frotter à 2 arbres à 8 mètres devant moi. J'arme mon arc et attends que Lionel décoche, les autres sangliers me sont cachés par la végétation. Les secondes passent et Lionel ne décoche toujours pas. Le plus gros des 2 sangliers se tourne plein travers, tête vers le bas du bois. Je cale la visée et décoche. Au même moment, le sanglier s'avance un peu et ma flèche le touche un peu trop en arrière. Les sangliers démarrent en trombe et ressortent du bois par où il sont venus.

Nous attendons un moment immobiles, à l'écoute, en espérant en voir revenir un mais le temps passe et rien ne bouge. Il fait maintenant nuit, je m'avance à la lueur de ma frontale pour tenter de trouver du sang. 2 arbres sont marqués par une grosse giclée de sang et de contenu stomacal, la piste au sol est bien marquée. Nous la suivons tranquillement à la lueur de nos frontale et sortons du bois, sur un champ travaillé par une grosse coulée. Le sang plus ou moins présent est assez facile à suivre. Par moment, le sanglier a perdu beaucoup de sang. De gouttes en gouttes nous arrivons au bord d'un bosquet d'épines noires. Le sanglier a perdu une grosse giclée de sang sur le talus enherbé qui remonte vers les épines et j'aperçois du sang au milieu des buissons. Je le suis donc dans les épines alors que Lionel fait le tour pour voir s'il te retrouve un peu plus loin. La piste est moins marquée dans les épines qui me griffent mais, de frotté en frotté, j'arrive à la suivre et ressors dans une zone herbeuse. Le sang remonte un peu puis redescend vers une nouvelle zone d'épines où le sang est très abondant. J'aperçois alors mon sanglier mort à quelques mètres dans les épines. Son flanc est couvert de sang mousseux et de débris alimentaires. Je dégagé mon sanglier des épines et siffle Lionel qui revient vers moi. Ma flèche est un peu trop en arrière mais ressort haute à l'arrière des poumons. Elle a sectionné l'artère sous colonne. Mon sanglier, une laie de 60 kg a fait environ 100 mètres avant de s'effondrer. Il est temps de rentrer.

Un affût en binôme, 20 novembre 2021

Alex

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14 novembre 2021 7 14 /11 /novembre /2021 08:53

Ce weekend, mes amis Renaud et Thierry sont venus chasser chez moi, ils sont arrivés jeudi après-midi et nous sommes partis pour un affût au sanglier à Traversères mais seuls des chevreuils sont passés à nos postes respectifs. Le vendredi matin j'ai amené mes invités chasser sur le secteur où je chasse le cerf pour tenter de leur faire tirer une biche ou un faon mais ils n'ont pas pu voir d'animaux. Vendredi soir, nous sommes retournés pour un nouvel affût sur Traversères mais nous n'avons rien vu.

Ce matin nous sommes retournés dans les Pyrénées où j'ai pu voir une biche et son faon accompagnés d'un daguet, Renaud a pu approcher un 8 cors accompagné d'une biche et de son faon mais les animaux de face à 12 mètres ne lui ont pas présenté un bon angle de tir et il a donc décidé de ne pas décocher. Il a ensuite vu une harde de 15 animaux qui a traversé le chemin pour rentrer dans les buis puis un jeune 4 cors et enfin 2 cerfs. Thierry n'a vu qu'un animal et malheureusement hors de portée de flèche. 

Ce soir, nous tentons notre chance pour un dernier affût au sanglier. Je me gare au fond de la combe, près du lac car nous pensions aller nous poster un peu plus loin sur les penchants boisés de part et d'autre d'une grande combe mais, alors que nous sortons de la voiture pour nous préparer, un bruit de moteur attire notre attention. Un tracteur se fait entendre dans la combe où nous voulions nous poster. Je décide de changer mes plans. Je vais partir me poster avec Renaud dans le penchant en face de la ferme mais Thierry décide d'aller tout de même voir s'il peut se poster à son poste qu'il occupait hier. Avant de partir avec Renaud, je lui explique où se poster si son poste est compromis. Je pars avec Renaud en remontant le penchant qui domine la droite du lac. Nous rejoignons ainsi une grosse coulée qui longe la crête de la colline et la suivons. De nombreuses coulées traversent de part et d'autre de la crête. Les feuillages portent des traces de boue, plusieurs arbres ont été frottés. Les sangliers semblent passer régulièrement sur ce secteur où je ne me suis pas posté depuis presque 2 ans. Une fois le lac passé, nous redescendons doucement à travers bois vers mon poste. Les signes de passage des sangliers multiplient. Nous passons sur une zone de terriers de blaireaux bien fréquentée. L'un d'eux a sorti sa paillasse pour la faire sécher devant son antre. Nous descendons encore un peu, passons un replat d'environ 30 mètres de large et nous nous postons sur un petit replat de 2 mètres de large, juste en dessous du replat principal, avant une forte pente qui redescend vers un champ travaillé qui borde le ruisseau du déversoir du lac. Je laisse Renaud où je me poste habituellement, contre un gros genévrier. Je me décale de quelques mètres.

L'attente commence. Au bout d'un moment les geais s'agitent et crient dans le petit bosquet de peupliers, de l'autre côté du ruisseau. Certains finissent par s'envoler et partir vers un autre bosquet un peu plus loin. Nous nous regardons et pensons tous 2 à des sangliers qui s'agitent. Thierry qui n'a pas pu se poster à son poste prévu au départ à cause d'un tracteur qui travaille le fond de la combe et du propriétaire qui coupe du bois juste en-dessous de son poste est venu se poster près des souilles qui bordent le ruisseau en-dessous de nous. Le calme revient, l'attente reprend, la luminosité baisse tranquillement. Renaud qui a entendu du bruit me fait des signes interrogatifs quand j'entends moi aussi les craquements. Ce sont les sangliers qui commencent à s'agiter dans les fourrés en-dessous de nous plus à gauche. Les craquements s'interrompent un instant puis reprennent et il me semble voir un sanglier à environ 50 mètres dans un clair puis je le perds de vue et les craquements semblent descendre un peu. Le calme s'installe un bon moment et nous pensons que les animaux sont partis. Il fera bientôt nuit quand les sangliers se remettent à bouger. Cette fois le bruit semble venir vers nous. Renaud est prêt à armer, il me chuchote "le premier qui a une occasion décoche". Je croise les doigts pour que ce soit lui car il n'a jamais eu l'occasion de tirer un sanglier à l'arc. Je tente d'apercevoir les sangliers, mon décocheur est accroché. Impossible de les voir. Renaud semble les voir et tend son arc prêt à armer mais ils passent devant lui sans lui laisser d'occasion de tir. Un gros arbre lui cache maintenant les sangliers qui passent en-dessous de moi. J'en aperçois alors un gros qui stoppe, plein travers, à 30 mètres environ au-dessous de moi. J'arme mon arc, prends ma visée et décoche. À l'impact, le sanglier cri et s'effondre puis se débat au sol  en grognant avant de se traîner en descendant dans la végétation.

Je réencoche et commence à descendre vers lui. Renaud me suit. Il fera vite nuit, la luminosité baisse vite. Je stoppe un instant à l'endroit du tir et écoute mais plusieurs sangliers se débinent dans la végétation. Les autres sangliers partis j'entends des craquements dans la végétation en contrebas. Il fait presque nuit, j'allume ma frontale et commence à descendre vers les bruits. Je trouve une belle traînée de sang dans l'herbe sèche. Je descends encore un peu en aperçois mon sanglier qui se débat, assis dans les genêts à environ 10 mètres en contrebas, au bord du champ travaillé. Je cherche un passage pour descendre l'achever. Renaud me signale une grosse coulée plus à ma gauche, je me décale et l'emprunte pour passer un talus très abrupt au milieu de la végétation dense. Je longe ensuite doucement les genêts à la recherche de mon sanglier mais passe devant sans le voir. Renaud qui me suit aperçoit du mouvement dans les genêts et m'annonce mon sanglier en faisant un bon en arrière, persuadé qu'il va se faire charger. Il est mieux placé que moi et me demande l'autorisation de le flécher pour l'achever alors qu'il s'agite, couché sur le flanc sans pouvoir se relever. Je lui donne le feu vert, il décoche et pense l'avoir touché. Je m'approche avec une flèche encochée et vois la flèche de Renaud plantée au sol, il a juste frôlé le sanglier. Je m'approche et lui décoche une flèche au niveau de l'épaule. Cette dernière est allée se ficher dans le sternum. Le sang se met à couler abondamment et le sanglier, qui fait craquer ses dents en serrant ses mâchoires, s'immobilise rapidement. Je retire ma seconde flèche mais la pointe et l'insert restent à l'intérieur de l'animal. Ma première flèche lui avait bloqué les 2 épaules et touché la colonne vertébrale. Elle n'est plus dans l'animal. C'est une grosse laie de 78 kg. Nous appelons Thierry pour qu'il vienne nous aider, lui a entendu un sanglier venu à la souille sans pouvoir le voir. Je commence à rapprocher le sanglier de la voiture alors que Renaud ramène nos arcs. Alors que Thierry nous rejoint, il prend les arcs et Renaud m'aide à tirer le sanglier puis échange sa place avec Thierry. Nous laissons le sanglier au coin du lac puis nous partons chercher la voiture avant d'aller le charger. Il est temps de rentrer car mes invités partent ce soir pour rentrer chez eux.

Un weekend sympa entre potes, 13 novembre 2021
Un weekend sympa entre potes, 13 novembre 2021

Alex

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13 octobre 2021 3 13 /10 /octobre /2021 20:31

Ce soir, en sortant du boulot, je pars à nouveau pour mon poste fétiche à Traversères. Après une magnifique soirée, vendredi dernier, où j'ai vu plusieurs fois les sangliers et une sortie lundi soir où je me suis encore fait avoir par un sanglier arrivé vers 19h15, j'ai décidé de changer quelques petits détails pour mon affût de ce soir. J'ai remarqué que tous les sangliers que j'ai eu à portée de tir ces derniers jours semblent m'avoir vu malgré leur mauvaise vue. J'ai donc analysé mes 2 dernières chasses et j'en suis venu à la conclusion que ma nouvelle veste camo furtif de chez Soloniac n'était pas assez déstructurante, son camouflage trop sombre et pas assez contrasté m'expose à la vue des sangliers à mon poste où je suis un peu trop à découvert. Ce soir, j'enfile donc un sweat en camo realtree et me décale un peu plus à droite pour me poster, un peu plus à couvert, entre quelques genévriers morts et un gros chêne. 

Une fois posté, vers 18 heures, je fais 2 parties de solitaire sur mon portable pour me vider un peu la tête après la journée de boulot quand il me semble entendre des bruits de pas, plus haut dans le bois. Je range mon portable et attrape mon arc sur lequel j'avais déjà encoché une flèche. J'accroche mon décocheur et observe les alentours quand j'aperçois, au travers de la végétation, des masses sombres qui arrivent par la crête sur la droite de mon poste.

Apprendre de ses erreurs, 13 octobre 2021

C'est la grosse laie vue vendredi et les bêtes de compagnie qui la suivent. Les animaux avancent d'un pas tranquille et commencent à biaiser dans les broussailles en se rapprochant de moi. La laie marque un arrêt à environ 20 mètres dans une trouée, observe puis s'avance de quelques mètres, s'arrête à nouveau. Les jeunes sangliers la suivent en file indienne. Un retardataire se frotte contre un petit arbre qui s'agite plus en arrière. Plusieurs sangliers dont la laie viennent de stopper à environ 18 mètres dans les broussailles, juste avant de sortir dans un clair. J'arme mon arc et me tiens prêt en espérant voir sortir un jeune à découvert.

Apprendre de ses erreurs, 13 octobre 2021

C'est alors que je remarque 2 bêtes de compagnie qui se sont détachées du groupe et qui descendent droit sur moi dans la broussaille. Elles avancent tranquillement, l'une d'elles sort à découvert et se rapproche d'un arbre où les sangliers viennent régulièrement se frotter. L'autre biaise un peu plus sur la gauche. J'aligne mon arc armé vers ces sangliers. Le jeune sanglier commence à se gratter contre le tronc en se laissant glisser jusqu'au sol, son dos appuyé sur l'arbre. Il frotte énergiquement son dos et son flanc quelques secondes puis s'avance un peu et se plante de face. Il regarde vers moi et je reste immobile, mon viseur est calé sur lui. J'attends qu'il se tourne pour décocher. Rapidement, il se place plein travers. Mon pin's se cale au défaut de l'épaule, je décoche. Ma flèche le traverse pile où je visais. Il se raidit, tête haute et s'effondre sur le flanc. Les autres animaux surpris démarrent sur quelques mètres puis se figent.

Je réencoche et attends qu'un autre animal se dégage mais mon sanglier tente maintenant de se relever. Il se débat énergiquement et parvient à s'asseoir avant de partir sur quelques mètres sur ses pattes avant en traînant son train arrière. Il fait quelques mètres en couinant, chute, se débat, se redresse, se traîne à nouveau sur quelques mètres, tombe encore et répète plusieurs fois ce manège pour biaiser vers le sale. Il chute et se débat énergiquement un instant en couinant au ras du fourré. Les autres sangliers inquiets se dispersent dans les broussailles. J'hésite un peu à me déplacer pour aller l'achever ce qui fera fuir les autres animaux mais, brusquement, mon sangliers repart sur quelques mètres pour essayer de retraverser la combe pour rejoindre sa fratrie avant de rechuter. Il se débat au sol en couinant, je décide de quitter mon poste pour aller le piquer au cœur et en finir. Les autres sangliers en profitent pour démarrer et s'éloigner. La laie reste un moment en crête. Elle gronde et souffle bruyamment. J'observe un instant sans voir les autres sangliers alors que je me suis décalé de quelques mètres puis rejoins mon sanglier qui s'est finalement immobilisé. Il respire encore, je le pique au cœur et le ramène à mon poste. 

Apprendre de ses erreurs, 13 octobre 2021

Il n'est que 18h30, il fait encore grand jour, je décide de rester posté jusqu'à la nuit. Rapidement, j'entends marcher sur ma gauche dans la pente fourrée mais impossible de voir l'animal. Le calme s'installe, seulement troublé par la chute régulière des glands et quelques passereaux qui tournent dans le secteur. Vers 19h20, alors que la luminosité baisse rapidement, des bruits de pas se font entendre. Je me prépare mais les sangliers passent trop haut dans les broussailles et je ne peux pas les voir. Ils remontent dans le fourré sur ma gauche puis le calme revient. La nuit s'installe, je n'y verrai vite plus en sous-bois. Je décide de quitter mon poste et de retourner à la voiture avec mon sanglier. C'est une petite laie de 28 kg, ma flèche a touché les poumons et la colonne vertébrale. Elle a réussi à se  trainer sur 15 mètres avant de s'immobiliser.

Alex

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13 juin 2021 7 13 /06 /juin /2021 09:36

Ce soir, je me gare au bord de la route puis commence par longer par la gauche d'une parcelle de blé prise entre la route et la rivière. J'avance doucement en surveillant les céréales, en arrivant au coin du blé, un petit mouvement attire mon attention. Un jeune lièvre arrive droit sur moi en longeant la culture et stoppe à environ 50 mètres. Je tente d'attraper mon appareil photo mais il aperçoit le mouvement et fait demi-tour avant de disparaître dans les céréales. Je rejoins le premier passage de tracteur et poursuis ma progression lente en surveillant le blé et les herbes hautes qui le séparent de la bande boisée bordant la rivière. Il fait encore très chaud ce soir, aucun animal ne semble bouger pour le moment. En arrivant à environ 80 mètres du chemin de terre surélevé qui vient de la route, sépare cette parcelle de blé de la suivante et traverse la rivière au niveau d'une vielle passerelle métallique, je me fais surprendre par le brocard du secteur qui se lève à 20 mètres de moi dans le blé. Je me baisse rapidement dans la culture. Il fonce vers le talus du chemin de terre, marque un arrêt pour regarder derrière lui puis remonte le talus en aboyant et disparaît derrière la bute du chemin. Je presse le pas jusqu'au chemin, longe un peu la bute sur ma droite pour rattraper un passage qui enjambe le fossé qui la borde et remonte sur le chemin. Je scrute un instant la parcelle de blé en contrebas sans rien voir. Je descends pour rattraper le passage de tracteur qui fait le tour de la parcelle et le longe tranquillement côté rivière. Le brocard s'est volatilisé, j'arrive près de la haie qui délimite la bordure des céréales et les séparent d'une grande prairie. Je remonte en la suivant vers la route. Alors que j'arrive à environ 100 mètres de la route, j'aperçois le brocard au travers de la haie, il fonce vers la route alors qu'une voiture arrive mais traverse heureusement juste avant l'arrivée de cette dernière qui freine tout de même en l'apercevant. Il longe le blé de l'autre côté de la route par la gauche, en bordure d'une prairie et je le perds de vue un peu plus haut. Je presse le pas et rejoins la route, la traverse et remonte dans le blé par le premier passage de tracteur. J'avance doucement en surveillant le secteur quand une chevrette démarre dans mon dos, sur ma droite et fonce dans le blé à grands bons. Les céréales sont tellement hautes que je ne la vois que par intermittence, à chaque bon. Elle s'arrête par moment et je la perds donc de vue. Je reprends ma progression pour rejoindre le haut du champ alors que la chevrette continue à s'éloigner en aboyant.

Je remonte tranquillement jusqu'en haut de la culture sans revoir le brocard. Je décide de faire le tour des parcelles de vignes du secteur. J'avance doucement sur la bande enherbée, prise entre la bande boisée qui délimite le territoire sur ma gauche et la vigne sur ma droite, en contrôlant les intervalles entre les rangs. Le relief ne me permet pas de voir d'un bord à l'autre de la vigne. Arrivé en haut de la vigne sans avoir vu le moindre chevreuil, je longe le haut de la parcelle puis redescends sur l'autre côté sans plus de succès. Alors que j'arrive au niveau des derniers rangs, j'aperçois un brocard qui regarde vers moi à environ 200 mètres entre 2 rangs. Je zoome avec mon appareil photo pour mieux le voir, c'est un petit daguet que je vois régulièrement sur le secteur. 

Un sanglier à l'approche dans les blés, 12 juin 2021

Je reste immobile, calé au bout du rang pour me cacher derrière le feuillage de la vigne. Le temps passe sans qu'il ne se décide à bouger. L'approche est perdue d'avance, j'attends donc sans bouger en espérant qu'il fasse une erreur. Après plusieurs minutes, il finit par se mettre en mouvement, il se tourne plein profil et passe au travers du rang à sa gauche. Je me décale doucement au bout de ce rang, le brocard avance tranquillement et passe les rangs les uns après les autres en broutant par moment. Je le suis de bout de rang à bout de rang et il commence à biaiser vers mon côté de la vigne, je me dis que la chance va enfin me sourire mais le vent tourne, il finit par me repérer et s'enfuit pour disparaître rapidement dans la vigne.

Je redescends vers le grand champ de blé et prends à droite entre la vigne et les céréales. J'avance doucement en surveillant la culture quand un bruissement me fait stopper net. Je scrute la surface du blé quand j'aperçois un mouvement qui agite la culture à environ 15 mètres de la bordure, un peu plus en avant. L'animal semble venir vers moi mais la végétation est trop haute pour le voir. J'espère pouvoir le voir au moment où il croisera un passage de tracteur. L'animal qui baisait doucement vers moi en s'arrêtant régulièrement, biaise maintenant vers l'intérieur de la culture. Mes chances de l'avoir à portée de tir s'amenuisent, je le suis un peu au bord du blé puis décide de tenter de le recouper un peu plus loin. Le champ fait une bosse, je prends le pas de course sur environ 150 mètres et perds le mouvement de vu à cause du relief du terrain. Je rentre ensuite dans la culture et rattrape un passage de tracteur que je suis pour descendre dans la culture d'environ 100 mètres avant de me caler près du passage estimé de l'animal s'il a gardé la même direction. L'attente commence, après 2 ou 3 minutes sans rien voir, je me dis que l'animal peut être bifurqué. Je tente de m'avancer doucement vers sa dernière position connue en m'arrêtant tous les 2 pas pour observer. Brusquement, le blé bouge à environ 30  mètres devant moi, l'animal vient droit sur moi, il me faut reculer pour revenir dans le passage de tracteur si je veux avoir une chance de le voir. Revenu dans le passage de tracteur, j'ai 15 mètres de passage propre pour trier puis la végétation dense ne me permettra pas de voir l'animal. Ce dernier biaise doucement et arrive au passage de tracteur mais trop bas, je m'avance un peu mais il passe dans la zone de végétation dense, un second animal suit et passe au même endroit, impossible de les voir. J'avance en parallèle à environ 15 mètres d'eux en espérant les recouper aux prochains passages de tracteur mais j'arrive trop tard au passage suivant. Je m'apprête à rentrer à nouveau dans les céréales quand les animaux font demi-tour. J'aime mon arc mais ils viennent stopper un moment à environ 10 mètres ans le passage de tracteur sans que je puisse les voir et ils finissent par m'éventer ou me voir et foncent dans la culture. Je tente de les suivre pour aller les recouper plus loin en passant en dessous d'eux pour ne pas être éventé car le vent a tourné. J'arrive à suivre un moment le mouvement puis les perds de vue et impossible de les retrouver. En cherchant je lève 2 chevrettes qui détalent vers la vigne. Je décide de laisser tomber et remonte en bordure de la vigne puis prends à droite pour revenir vers les bâtiments quand j'aperçois un gros sanglier à plus de 300 mètres, sur le chemin blanc qui remonte vers les bâtiments, entre la parcelle de blé et celle d'orge.

Je presse le pas en revenant vers les bâtiments puis rentre dans le blé pour descendre par le premier passage de tracteur à environ 10 à 15 mètres du chemin. Le sanglier a disparu, je descends assez rapidement sur 100 mètres puis ralenti et stoppe régulièrement pour regarder autour de moi, je ne sais plus où se trouvait le sanglier maintenant que je suis descendu. Brusquement, je l'aperçois à nouveau, il doit faire au moins 80 kg, il mange de l'orge de 3/4 arrière, de l'autre côté du chemin à environ 30 mètres. Je me baisser dans le blé, accroche mon décocheur et tente de me rapprocher un peu mais le sanglier se retourne et regarde vers moi. Je suis immobile, baissé, il s'avance doucement, curieux vers moi et je le perds de vue quand il arrive contre le blé. J'attends immobile en surveillant autour de moi, rapidement, le blé se met à bouger à environ 20 mètres, près du chemin. Le mouvement vient vers le passage de tracteur. Il y a 2 ou 3 animaux. Je m'avance doucement pour me rapprocher de l'endroit où je pense les voir croiser le passage de tracteur et me cale prêt à armer. Les animaux approchent doucement, j'aime mon arc alors qu'ils ne sont plus qu'à quelques mètres. Le premier sanglier stoppe dans le passage, à 8 mètres, plein travers, il est dégagé du groin à l'épaule. J'aligne rapidement ma visée et décoche. L'impact retentit, les 3 sangliers démarrent en trombe et foncent dans le blé sur ma droite. Mon sanglier s'est écarté des 2 autres en remontant légèrement et a stoppé à environ 60 mètres.

Je réencoche et reste un moment immobile en espérant voir un autre sanglier mais les minutes passent et rien ne bouge. Je m'avance donc pour aller chercher ma flèche. J'avance tranquillement dans le passage quand un sanglier démarre à environ 15 mètres devant moi, dans le blé sur la gauche du passage. Il fonce en parallèle du chemin sur environ 30 mètres, stoppe un court instant puis prend à droite et redémarre pour s'éloigner dans le blé après avoir traversé le passage de tracteur d'un bon. Je récupère ma flèche puis cherche le sang. Je trouve vite les premières gouttes. La piste est abondante et facile à suivre. La luminosité baisse vite et j'allume ma frontale pour suivre le sang plus confortablement. Alors que j'ai fait environ la moitié du chemin jusqu'à l'endroit où j'ai vu le sanglier s'arrêter, il me semble entendre une respiration forte et des grondements sourds. Je stoppe pour tendre l'oreille, cela vient de l'endroit où le sanglier s'est arrêté. Mon sanglier n'est pas mort. Un bruissement dans mon dos me fait me retourner, plusieurs sangliers arrivent vers moi dans le blé. J'éteins ma frontale et accroche mon décocheur. Ils biaisent pour passer à environ 15 mètres, un peu plus bas. Je m'avance doucement pour me rapprocher de leur trajectoire mais le passage de tracteur est encombré par la végétation et je ne peux que voir bouger le blé quand ils passent à quelques mètres de moi. Je rallume ma frontale, reviens au dernier sang et écoute mon sanglier qui grogne toujours en respirant péniblement. Après un moment, un bruissement dans mon dos me fait tourner la tête. Un autre sanglier arrive droit sur moi. J'éteins à nouveau ma frontale, accroche mon décocheur et le laisse venir. Il zigzague un peu en avançant doucement. Il n'est plus qu'à 6 ou 7 mètres et semble hésiter, il va et vient de droite à gauche. Il a dû tomber sur mon odeur et celle du sang, il finit par s'éloigner en remontant dans la culture. La nuit sera vite là, je décide de tenter d'approcher mon sanglier pour en finir avant qu'il fasse trop sombre car il ne semble pas vouloir mourir. J'avance tout doucement en suivant le sang à la lueur de ma frontale. Un trou dans le blé se dessine à environ 15 mètres et le sang se dirige droit vers cet endroit. Le souffle pénible du sanglier se fait de plus en plus présent, j'avance très lentement, décocheur accroché et arrive au ras du trou dans le blé. Mon sanglier est couché de cul sous une grosse touffe d'herbes hautes qui retombent sur lui. Je de vois que son postérieur et devine difficilement son groin. Faire un tir propre est compliqué. Je me tiens prêt à armer et reste immobile près de lui. Le vent est bon, il ne me sent pas. Au bout d'un moment, il se redresse sur ses pattes avant et se recouche, ce qui me permet de bien localiser son épaule. Il a repoussé un peu la végétation et sa zone vitale est visible. J'arme doucement, me décale un peu sur la gauche pour pouvoir tirer en 3/4 arrière, aligne ma visée et décoche. La flèche est rentrée au défaut de l'épaule. Il se redresse d'un bon et tente de fuir mais retombe à 2 mètres dans le blé où il se débat un court instant avant de s'immobiliser. Je m'avance pour dégager ma flèche qui est restée en travers, ressortant dans la gorge. Elle n'est pas cassée, j'ai eu de la chance. Ma première flèche est au niveau du cœur mais l'os de la patte l'a déviée vers l'avant et elle passe juste devant le cœur sans le toucher. Après quelques photos souvenirs, il est temps de rentrer car la nuit m'enveloppe.

Un sanglier à l'approche dans les blés, 12 juin 2021

Alex

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12 novembre 2020 4 12 /11 /novembre /2020 19:36

Mardi, notre fédération nous informait de la réouverture dérogatoire de la chasse du grand gibier en battue et à l'affût. Mercredi matin, je reçois un texto du piqueur de Justian qui m'annonce une battue au sanglier sur Lagardère, je décide d'y aller. Je Pars de chez moi vers 13h15 pour le rendez-vous de 14 heures à la salle des chasseurs. Cela fait vraiment bizarre de se retrouver tous masqués et en se saluant de loin. Les sangliers remisés le matin dans un petit bois ne seront finalement pas restés et après avoir délogé un renard et un ragondin nous terminons la battue vers 15h30. De retour cher moi vers 16h30, je décide d'aller faire un petit tour à l'affût sur Traversères. Je me gare à la ferme et pars à pied vers mon poste favori.

Posté un peu avant 17 heures, après avoir fait quelques photos pour un futur article pour Charc, l'attente commence. Très rapidement, des pas se font entendre sur la gauche, dans mon dos, dans le sale. Je me retourne doucement et me prépare à armer. Après une ou deux minutes, le bruit cesse. Je me retourne face au vent mais après quelques minutes le bruit reprend. Je me retourne doucement, les pas se rapprochent quand j'entraperçois un joli sanglier qui avance tranquillement en fouillant le sol. Il est à environ 15 mètres. Il s'avance dans la broussaille et stoppe à 8 mètres derrière l'arbre contre lequel je suis posté. J'arme mon arc et l'attends sur la droite du tronc. 

Le sanglier du deconfinement, 11 novembre 2020

Après quelques secondes, il avance un peu et j'aperçois son groin qui fouille le sol. Je suis prêt, il relève la tête, hume l'air dans ma direction puis bifurque et descend droit sur moi. Il stoppe de face à 5 mètres et hésite à prendre à gauche ou à droite. C'est un mâle d'environ 70 kilos. J'attends qu'il me présente une meilleure position pour décocher et espère qu'il ne va pas arriver à mauvais vent par la gauche du tronc, ce qui m'obligerait en plus à me reculer pour pouvoir passer mon arc armé de l'autre côté de l'arbre sans toucher les branches. Il se décidé finalement et prend sur sa gauche pour avancer de quelques pas et stopper à découvert à environ 5 mètres. Je cale ma visée derrière son épaule et décoche. Ma flèche semble bonne, l'impact retentit et le sanglier fait volte-face en poussant un grondement soufflé. Il fonce sur la coulée par laquelle il est venu. Je le perds vite de vue mais l'entends un moment dans les épines puis le calme revient. Ma flèche l'a traversé et est resté dans la bruyère à l'endroit du tir.

Le sanglier du deconfinement, 11 novembre 2020

Je remonte pour examiner ma flèche et voir si je trouve du sang. Ma flèche est couverte de sang et porte quelques débris végétaux sur les vannes.

Le sanglier du deconfinement, 11 novembre 2020

Je la récupère et allume ma frontale pour chercher le sang car il fera vite nuit dans le sous-bois. À l'impact le sanglier a perdu de toutes petites gouttes de sang et a légèrement frotté la bruyère à peine rougie.

Le sanglier du deconfinement, 11 novembre 2020
Le sanglier du deconfinement, 11 novembre 2020

Mais ensuite, impossible de trouver la moindre goutte de sang. Je suis donc la coulée de fuite et retrouve une grosse goutte à environ 15 mètres de l'endroit du tir. De là, la piste devient plus facile à suivre. Le sanglier a perdu de grosses gouttes dans sa fuite. Je les suis tranquillement, il semble suivre la courbe de niveau puis prend à droite à angle droit pour remonter un peu et rentrer dans les épines où je le suis à 4 pattes. Après une reposée debout où je trouve plusieurs grosses gouttes, le sang semble stopper net et je reste un moment à contrôler toutes les coulées autour de moi jusqu'à trouver un petit frotté qui me remet sur la piste. Le sanglier descend droit vers le ruisseau asséché en contrebas dans un bois beaucoup plus clair. Je suis maintenant la piste debout, assez difficilement car le sang est assez rare. Heureusement que le sanglier a retourné les feuilles mortes dans sa fuite ce qui le permet de suivre ses traces plus que le sang, mais arrivé à une grosse coulée perpendiculaire, les traces stoppent net après une dernière goutte de sang que le sanglier a perdu en sautant par-dessus un bout de bois mort tombé au sol. Je tourne un peu sans trouver la suite de la piste dans la nuit noire. J'appelle donc mon ami Adrien pour une recherche le lendemain mais il n'est pas disponible et me donne le numéro de Christine Lasbats que je contacte immédiatement. Elle peut venir vers 9h45.

Nous nous retrouvons donc le lendemain à la salle des fêtes de Sansan et partons nous garer près des ruches après la ferme puis partons à pied vers mon poste. Arrivés sur place, Léo semble très intéressé sur la zone du tir et à ma grande surprise sa maîtresse décide de le lâcher. Léo part au pas de course sur la coulée du sanglier, je le suis rapidement dans les épines alors que sa maîtresse fait le tour par le propre. Je reviens vite au dernier sang à environ 100 mètres du tir mais le teckel est déjà loin et tourne dans le bois. J'entends sa clochette, j'attends sans bouger près du dernier sang et Christine arrive par le haut du bois. Je lui signale que j'ai le sang et elle me rejoint en appelant Léo qui ne semble pas vouloir venir. En l'attendant nous contrôlons les diverses coulées sans succès et Léo ne revenant toujours pas, sa maîtresse par le chercher. Je reprends minutieusement les contrôles sur les coulées qui descendent mais rien.  Léo donne de la voix un court instant puis se tait alors que sa maîtresse l'appelle toujours. Je reviens au dernier sang et me pose à genoux pour être plus près de la vision d'un sanglier quand j'aperçois un léger frotté sur une petite feuille sur ma droite. En le rapprochant, j'en vois un autre, puis un autre. Le sanglier a pris à droite. De petit frotté en ronce retournée, je reprends la piste qui s'interrompt parfois sur quelques mètres. Brusquement, le sang devient plus abondant, une forte odeur de sanglier emplit l'air et se dessine une traînée sur le sol comme si on avait traîné un animal. En regardant un peu plus loin, j'aperçois alors mon sanglier mort un peu plus bas dans le lit du ruisseau asséché alors que Christine et Léo arrivent par le labouré qui borde le bois. Je signale ma trouvaille puis rejoins mon sanglier. Il a fait environ 150 mètres. Son museau est très court comme celui d'un cochon chinois. Ma flèche rentre à peu près où je visais et ressort curieusement devant le cuissot opposé. Je l'attache par le groin et le sors sur le labouré où Léo lui saute dessus.

Le sanglier du deconfinement, 11 novembre 2020

Il me faut le trainer jusqu'à la piste sur plusieurs centaines de mètres avant de venir le chercher en voiture. Après quelques photos souvenir

Le sanglier du deconfinement, 11 novembre 2020

je le charge et le remonte à la ferme où je le pends pour le vider et le découper pour le propriétaire. Christine récupère 2 pattes pour Léo avant de rentrer. Un grand merci à elle d'être venu même si finalement j'ai retrouvé mon sanglier tout seul.

 

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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