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2 novembre 2022 3 02 /11 /novembre /2022 17:49

Cela fait des années que Lionel Berthault m'invite à venir chasser le cerf rusa et le cochon marron à l'Isle Maurice.  Il est guide de chasse sur cette île et a monté sa compagnie de guidage Lionel Passion Guide :

Cette année, je me suis enfin décidé. Mardi premier novembre, j'ai donc pris l'avion direction Paris Charles de Gaulle puis de là un second vol pour Maurice. Arrivé sur place vers 6h40 le 2 novembre. Je n'ai pas réussi à dormir dans l'avion. Ici, il y a 3 heures de décalage avec la France où il n'est que 3h40. Le temps de passer les divers contrôles et de récupérer mon bagage, je retrouve Lionel venu me chercher à la sortie de l'aéroport pour me conduire chez lui à Bel Ombre, à la villa La Vie Là.

Je fais connaissance avec son épouse Kathleen et son fils Lionel puis je m'installe dans mon immense chambre que j'occuperai le temps de mon séjour. Nous discutons un peu puis Lionel me demande d'aller vérifier les réglages de mon arc. 4 flèches dans la cible nous rassure tous les 2. Je me suis entraîné pour ce séjour jusqu'à 35 mètres bien que j'espère ne pas avoir à tirer à plus de 25. Lionel me demande si je ne suis pas trop fatigué pour aller chasser ce soir et je lui réponds que non. Après mangé, nous partons donc pour ma première sortie en début d'après-midi. Après le brame qui vient de se terminer les cerf ne semble sortir que l'après-midi et restent couchés à ruminer leur repas de la nuit en début de journée.

La route goudronnée laisse très vite place à une piste de terre et de roche. Le territoire de chasse est tout proche de la maison on hôte. Rapidement, un petit animal allongé et court sur pattes traverse la route un peu loin. Je pense au premier abord à un gros lézard mais j'identifie vite une mangouste qui est une espèce invasive à Maurice. Nous passons un premier portail, ici les cerfs ont été parqués dans de très grands enclos de plusieurs milliers d'hectares pour protéger la forêt primaire. Lionel m'explique que ces populations de cerfs sont gérées par des battues et la chasse à l'approche pour contenir leur population. La zone est aménagée pour optimiser la qualité des animaux par des aménagements de pâturages dont certains sont clos à certaines périodes de l'année pour permettre à l'herbe de bien pousser avant d'y laisser revenir les animaux. Nous croisons 2 autres mangoustes, et des francolins qui courent un instant devant la voiture, nous passons un second portail puis rapidement un troisième. Le secteur vallonné est couvert de bosquets de palmiers, cyprès, goyaviers, manguiers et autres espèces endémiques entrecoupés de prairies. Très rapidement nous apercevons les premiers cervidés au gagnage dans une combe herbeuse. Plusieurs beaux cerfs accompagnent des biches dont un très beau qui s'éloigne en boitant. Une de ses pattes arrière a subi une fracture qui semble s'être ressoudée en formant une boule qui ne lui permet plus de plier sa patte qu'il traîne derrière lui. Lionel décide de suivre un moment la piste pour attaquer la chasse plus loin, à bon vent. Les troupeaux de cerfs se succèdent, la densité d'animaux semble incroyable. La piste est assez chaotique, je suis pas mal secoué dans le pick up malgré que Lionel roule à faible allure. Nous croisons plusieurs espèces d'oiseaux dont plusieurs espèces de petites tourterelles et des martins qui s'envolent sur notre passage. Lionel finit par se garer sur un point élevé du territoire avec une vue incroyable sur l'océan indien qui entoure l'île.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Une harde de cervidés nous observe sur le penchant opposé à notre droite

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

et s'enfuit rapidement, nous sommes à mauvais vent et malgré plusieurs centaines de mètres qui nous séparent, il nous ont senti.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Alors que nous les regardons s'éloigner, un petit cochon avec un large bandeau blanc qui entoure son ventre, démarre à environ 70 mètres en avant de la voiture et remonte pour disparaître dans un bosquet.

Je me prépare tranquillement, enfile péniblement ma veste de camouflage 3D à cause du vent soutenu puis nous partons en longeant une piste qui remonte doucement. Nous allons jouer avec le relief pour essayer de surprendre un grand cerf, voire un beau cochon marron. Le vent pourtant soutenu est capricieux, il tourne souvent. Lionel le contrôle régulièrement en soulevant un nuage de poussière du bout de sa chaussure. Nous tournons un moment sans voir d'animaux. Alors que nous descendons sur une piste bordée de bois épais, des animaux démarrent bruyamment, très près de nous, dans le fourré sur notre droite. Je les entraperçois, leur pelage clair se distingue au travers des feuillages.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Lionel m'annonce une biche et effectivement, elle sort avec son faon dans notre dos, à environ 70 mètres. Elle stoppe sur la piste un moment, observe le secteur sans sembler nous voir puis finit de traverser et stoppe en bordure du bois alors que son faon surgit prudemment du bois et traverse tranquillement la piste. ​​​​​​​

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Ils rentrent au bois nous poursuivons notre chemin. Plus bas, nous passons un talus abrupt pour retomber sur une autre piste perpendiculaire. Plus loin, une grosse tourterelle marche tranquillement sur le chemin à environ 40 mètres devant nous avant de remonter bruyamment dans le penchant boisé à notre gauche. Elle fait tant de bruit que j'aurai pensé à un cerf si je ne l'avais pas vu. Nous suivons doucement la piste et contrôlant régulièrement le penchant boisé en-dessous de cette dernière. Un magnifique papillon noir avec de grosse tâches vert bleu sur le dessus des ailes traverse le chemin en avant de nous puis disparaît dans le bois à notre droite. La chemin remonte tranquillement avec une superbe vue sur l'océan au loin.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Le paysage s'ouvre maintenant sur des prairies. J'aperçois une biche au gagnage au loin, sur le penchant opposé et la signale à Lionel.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Alors que nous l'observons, j'en aperçois une seconde plus à gauche.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

La première biche descend tranquillement vers le bosquet qui longe le fond de la combe. Nous reprenons tranquillement notre progression en surveillant les animaux que nous perdons assez vite de vue derrière les arbres. Nous continuons à suivre tranquillement la piste quand je stoppe Lionel. Une biche suivie d'un jeune cerf viennent de passer la crête sur notre droite. Nous stoppons, le cerf regarde vers nous un moment, la biche est cachée derrière un gros arbre. Le cerf s'avance ensuite tranquillement pour rejoindre la biche. Nous avançons doucement le long de la piste, cachés par l'arbre entre nous et les animaux qui rejoignent tranquillement le bosquet où sont rentrés les 2 autres biches. 

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Par moment, des roussettes survolent les bois, je n'avais jamais vu ces énormes chauves-souris aussi grosses qu'une buse, elles sont impressionnantes. Nous continuons et remontons pour rattraper une piste. Un peu plus loin, alors que nous la longeons, Lionel me fait signe. Il a repéré des animaux en contrebas près d'une bande d'arbre accompagnant un ruisseau. J'évite de trop m'avancer près des talus et laisse Lionel qui me guide observer pour ne pas multiplier les chances de nous faire repérer. Je m'avance tout doucement vers le bord de la piste pour observer les animaux. J'aperçois alors une biche arrêtée, tête haute, près du ruisseau à environ 40 mètres. Une bichette, une autre biche et un faon arrivent tranquillement derrière elle en broutant. La première biche rentre bruyamment dans la bande d'arbres bordant le petit cours d'eau. Les autres animaux arrivent tranquillement en broutant et rentrent à leur tour.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Nous continuons doucement sur la piste quand brusquement les animaux démarrent bruyamment et reviennent sur leur pas. Ils stoppent, ils sont inquiets et regardent derrière eux d'où ils viennent. Nous restons immobiles, ils ne semblent pas nous avoir repéré. Ils repartent et rentrent dans un petit bosquet qui remonte vers la piste un peu plus en avant. Une fois le calme revenu, nous reprenons notre progression lente sur la piste quand Lionel stoppe brusquement et me signale un très beau cerf qui regarde vers nous en contrebas de la piste, au bord du bosquet. Je l'aperçois, il est avec une biche. Je me baisse doucement mais Lionel m'annonce qu'il est parti. Je me redresse doucement et aperçois un daguet qui surveille un instant le secteur avant de s'éclipser tranquillement en contournant le bosquet pour disparaître. Les animaux fuient bruyamment dans le bois. Nous continuons un peu sur la piste pour tenter de revoir les animaux. Nous passons une piste qui descend vers la combe pour passer le ruisseau. Nous continuons droit sur la piste en avançant doucement. Brusquement, une harde démarre dans un gros fracas dans le taillis à notre droite pour s'enfoncer dans le sale.

Nous laissons tomber et faisons demi-tour pour prendre le chemin qui descend vers la rivière. Alors que Lionel passe doucement la rivière, il se cache derrière un arbre et me signale un gros cerf sur la gauche. Je l'aperçois, il est entrain de brouter tranquillement. Nous avançons un peu quand j'aperçois, entre 2 arbres qui bordent le cours d'eau, une biche qui regarde vers nous. Lionel stoppe brusquement, une autre biche et arrêtée plein travers au-dessus de nous, à environ 70 mètres. Nous sommes bloqués et le vent tournant ne tarde pas à nous trahir. Les animaux démarrent avec une grosse harde que nous n'avions pas encore vue. Les animaux restent un moment au-dessus de nous, et regardent vers nous

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

puis démarrent, stoppent à nouveau un peu plus haut sous les arbres

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

avant de repartir et stopper en crête puis disparaître derrière.

Lionel décide de prendre le chemin qui remonte le long de la rivière sur notre gauche. Alors que nous avançons tranquillement Lionel me signale un cochon entrain de manger dans une grande mangeoire couverte d'un bâti sur la droite de la piste, sous des arbres. Les suites sont bien visibles mais impossible de voir s'il est armé, nous remontons doucement le talus du chemin pour nous approcher tout doucement jusqu'à moins de 10 mètres du cochon qui mange de cul. Nous l'observons un moment sans bouger et il finit par tourner la tête et nous voir. Il démarre, Lionel le tranquillise en grognant, le cochon stoppe en remontant le talus boisé à notre droite puis repart pour s'éloigner tranquillement dans le bois. Nous reprenons notre progression lente sur la piste. Un peu plus loin, un animal démarre bruyamment dans ruisseau sans que nous puissions le voir, c'était très certainement un cochon. Nous apercevons le cochon qui mangeait dans la mangeoire qui avance tranquillement dans le bois à plus de 100 mètres. Alors que le bois se termine sur notre droite, Lionel entraperçoit les cerfs et biches, que nous avons fait fuir toute à l'heure, alors qu'ils passent derrière la crête. Nous avançons encore un peu et Lionel repère des biches et des jeunes derrière un bosquet clairsemé planté au milieu de la prairie, devant nous.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Nous nous avançons doucement jusqu'aux premiers arbres pour observer un moment les animaux, espérant voir arriver un cerf quand un cochon avec le bout des pattes avant blanc arrive dans notre dos et semble biaiser vers nous.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

C'est un jeune mâle non armé, nous le laissons tranquillement passer à 35 mètres sur notre droite, au bout du bosquet. En regardant derrière nous, Lionel aperçoit un macaque qui arrive dans notre dos sur un chemin enherbé peu marqué. L'animal stoppe à plus de 50 mètres et fait tranquillement demi-tour en se redressant régulièrement sur ses pattes arrière pour observer vers le bois qui descend vers la piste.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Nous le perdons de vue un peu plus loin.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Pas de cerf en vue, Lionel décide de remonter vers la crête. Alors que nous progressons doucement, nous tombons sur quelques biches que le relief et quelques arbres nous cachaient sur notre gauche. Nous stoppons net. Les animaux nous ont vu mais pas identifié, ils regardent vers nous, une biche curieuse s'avance un peu vers nous puis les biches dans notre dos donnent l'alerte, le cochon à la patte blanche, qui mangeait plus loin dans notre dos, s'aplatit au sol au premier cri d'alerte. Nous restons immobiles. Les biches, proches de nous, démarrent et stoppent avant de passer la crête

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

alors qu'un jeune cerf nous observe perché sur la crête

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

puis disparaissent, le cerf s'éclipse également mais en biaisant sur la gauche.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Le cochon se redresse doucement, observe un instant le secteur puis s'éloigne au petit trot.

Nous recommençons à monter alors que les biches dans notre dos rentrent au bois. Un peu plus haut, Lionel me montre une truie couchée avec un martin posé sur son dos, 2 porcelets fouillent le sol à sa droite

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

et un plus à gauche avec un martin sur son dos et 2 autres au sol près de lui.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Nous nous approchons doucement jusqu'à environ 10 mètres puis stoppons pour observer. Un des porcelets passe à gauche de sa mère, regarde un instant vers nous,

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

recommence à manger puis fait volte-face et stoppe juste devant sa mère. Elle redresse doucement la tête,

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

jette un coup d'œil vers nous et démarre brusquement pour partir avec ses jeunes vers le bois à notre droite.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Lionel aperçoit alors 2 mâles cochons sur notre gauche, le premier est le plus beau, je décide de tenter de le tirer. Il fouille le sol au pied d'un gros arbre alors que le second mâle se rapproche derrière lui. Il est à environ 60 mètres et nous sommes en plein découvert. Le second cochon arrive proche de l'autre qui se retourne pour le chasser, il ne veut pas partager son repas. Le jeune mâle passe donc son chemin et nous passe plein travers à environ 30 mètres au petit trot.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Je le laisse passer sans bouger. Ce cochon parti, nous tentons de nous approcher très lentement de l'autre. Il s'avance un peu et sa tête est maintenant cachée derrière le tronc de l'arbre, Lionel accélère, je le suis dans ses pas.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Le cochon avance encore un peu et dégage sa tête de l'autre côté du tronc. Nous nous figeons mais il s'avance un peu et regarde vers nous.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Nous restons immobiles, il fait volte-face et contourne le tronc pour prendre tranquillement les traces du premier cochon. Lionel le télémètre alors qu'il avance un peu et stoppe plein travers. Il m'annonce 30 mètres.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Je cale mon viseur sur cette distance, arme doucement mon arc alors que le cochon vient de repartit au pas. J'aligne ma visée et le suis dans mon viseur en attendant qu'il s'arrête. Il stoppe plein travers, je cale mon pin's et décoche. Ma flèche semble bonne, le cochon démarre en trombe avec ma flèche en travers. Après à peine 10 mètres, il chute, se débat au sol, puis se relève et fonce, en saignant abondement, en remontant la pente pour disparaître derrière la crête à environ 60 mètres. Nous attendons un peu puis allons contrôler le tir, nous trouvons rapidement la piste de sang abondante et la suivons. Arrivé à la crête, le cochon a pris à gauche pour suivre une piste sur un peu plus de 15 mètres avant de plonger dans la pente boisée très raide. Nous l'apercevons vite. Il est mort à 20 mètres en contrebas, il a parcouru environ 60 mètres après le tir. Ma flèche cassée dépasse de son flanc.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Je descends le récupérer, le côté lame de ma flèche est introuvable, je dégage le petit bout de flèche resté à l'intérieur.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022
Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Ma flèche a traversé les 2 poumons. Nous remontons mon cochon dans la pente raide pour faire quelques photos au soleil avec l'océan en vue sur l'horizon.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Nous remontons ensuite mon cochon un peu plus haut pour le laisser sur une autre piste avant de partir chercher la voiture.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Nous passons un mirador et longeons doucement la crête un peu en-dessous pour ne pas être repérés d'éventuels animaux qui se trouveraient en contrebas.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Un peu plus loin Lionel stoppe. Il a repéré des animaux à environ 40 mètres en-dessous de nous. Ce sont des biches et leurs jeunes, je m'avance doucement pour les observer. Les biches  remonte tranquillement en broutant.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Les premières prennent une piste et disparaissent un instant derrière une bute de terre puis ressortent un instant plus tard plus à notre droite pour continuer sur la piste avant de disparaitre.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Sur  le penchant d'en face, 3 jeunes cerfs, appelés ici 3 cornichons, sont couchés de cul dans la pente. 

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Un daguet arrive derrière les biches. Une d'elles et son jeune nous ont repéré un peu plus bas et nous observe un moment avant de s'éclipser dans la pente pour disparaître rapidement. Derrière nous 2 jeunes cochons, dont un avec une grosse tâche blanche, mangent tranquillement à moins de 15 mètres de nous. Ils mettent un bon moment à nous repérer avant de devenir inquiets mais, au lieu de partir en fonçant dans la pente, ils remontent un peu vers nous puis biaisent doucement pour s'éloigner en me passant tranquillement à 10 mètres. Nous quittons notre observatoire pour continuer à longer la crête à la recherche d'un beau cerf. Nous apercevons plusieurs hardes avant de rejoindre la voiture mais pas de cerf à prélever. 

Nous rejoignons la voiture et partons chercher mon cochon par une piste très cabossée. Mon cochon récupéré, Lionel décide de partir chasser un autre secteur. Une roussette vole contre le vent en crête et fait du surplace. En roulant, Lionel repère un beau cerf au loin. Il se gare et nous nous préparons pour partir tenter une approche mais nous repérons deux petits groupes de biches de part et d'autre du cerf. L'approche se complique fortement. Nous stoppons pour analyser la situation mais le petit groupe le plus éloigné nous a repéré et s'enfuit. Le beau cerf ayant disparu et ayant repéré une harde plus bas dans la combe nous décidons de tente de nous en approcher en laissant tomber notre idée de départ. Il nous faut encore attendre un peu que le second petit groupe de biches rentre dans un fourré en contrebas avant de tenter l'approche. Les biches s'enfoncent peu à peu dans le fourré et finissent par disparaître. Nous descendons doucement et contournons le fourré par la droite puis longeons une petite combe très encaissée dont les pentes sont couvertes par un taillis épais. 3 jeunes cerfs, plusieurs biches et un daguet broutent tranquillement au fond de la combe principale qui longe un cours d'eau boisé.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022
Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

2 belles truies fouillent le sol au bout de la petite combe qui rejoint la combe principale.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Nous progressons avec une infinie lenteur en longeant la végétation épaisse. D'autres cochons sont dans le fourré, nous les entendons marcher et se chamailler par moment. 2 des jeunes cerfs commencent à se battre face à face sur la gauche, au bord du bois qui ferme la combe, à environ 50 mètres de nous. Les biches et un daguet rentrent tranquillement à couvert en broutant en face de nous. Nous continuons à descendre doucement pour nous poster sur un replat en espérant voir sortir un beau cerf ou un beau cochon mâle avant la nuit. 2 des cerfs disparaissent dans le bois sur notre gauche, les cochons se séparent, l'un d'eux mange toujours en-dessous de nous

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

alors que l'autre rentrer au fourré derrière nous. le second finit par le rejoindre tranquillement et ils disparaissent tous les 2. Nous les entendons marcher et se chamailler. Le dernier cerf rentre aussi tranquillement alors que les biches et le daguet font demi-tour pour passer devant nous à une trentaine de mètres en broutant tranquillement.

Un beau cochon marron mauricien à l'approche, 2 novembre 2022

Lionel me dit que je peux tirer le daguet si je veux à la place d'un cochon. La luminosité commence à bien baisser, il ne reste pas long pour chasser. Il est à 32 mètres, un peu loin et il est toujours proche des biches, le tir est doublement risqué les animaux semblent biaiser doucement pour traverser un fossé qui longe le milieu de la combe. Si le daguet traverse, il serait alors à moins de 30 mètres mais brusquement le vent tourne et la petite harde devient inquiète. Les animaux, têtes hautes, regardent autour d'eux puis se débinent pour rentre au bois sur notre gauche. La chasse est terminé pour aujourd'hui, nous remontons tranquillement, les cochons grognent toujours dans taillis. Nous tombons sur une petit cochon noir avec une grosse tâche blanche qui vermille dans les hautes herbes, à environ 15 mètres sur notre gauche sans se préoccuper de nous. Nous l'observons un moment, il est tourné face à nous. la nuit sera vite là, nous continuons à remonter vers la voiture. Le petit cochon finit par lever la tête et nous observer un moment avant de se décider à s'éclipser doucement. Nous reprenons la voiture pour rentrer et croisons encore de nombreux cervidés sur le retour. Nous faisons une halte pour que je vide mon cochon à un local de chasse avant d'aller le poser à une chambre froide et rentrer pour manger un bout.

 

Alex 

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15 octobre 2022 6 15 /10 /octobre /2022 14:00

Jeudi matin, alors que je suis au boulot, je reçois un texto de Serge, le piqueur de la société de chasse de Justian : Bonjour, battue sanglier le 15/10/2022, rdv Lagardère 7h. Je ne suis vraiment pas fan des battues et j'y vais de moins en moins mais je n'ai rien de prévu samedi matin et il faut aussi savoir faire un effort de temps en temps pour le fonctionnement de la société de chasse qui m'accueille si gentiment pour les tirs d'été. Vendredi soir, j'appelle Serge pour connaître le secteur de chasse et il m'annonce le bois du Mulet. Une bande d'une vingtaine de sangliers s'est installé dans ce bois depuis un moment et fait des dégâts sur un champ de sorgho attenant. Nous allons chasser avec la commune voisine de Boquère. J'ai un très bon poste dans ce bois, l'an dernier, je me suis fait avoir par les sangliers car j'étais un peu trop avancé dans le sale, je vais tenter de prendre ma revanche. Je lui dis que je viendrai. 

Ce matin, il me faut me lever tôt car j'ai 45 minutes de route. J'arrive sur place vers 6h50, seul Serge el Cyril notre nouveau Président sont là. Je m'inscris sur le carnet de battue car c'est notre première battue de la saison. Les chasseurs arrivent petit à petit. Vers 8h15, le temps d'attendre tout le monde, notre Président répartit les postés. Je suis le seul archer, les chasseurs de la commune voisine ne semblent pas habitués aux archers et certains me regardent avec un petit sourire en coin quand Cyril annonce ma présence dans la traque. Nous partons nous poster, Serge m'a demandé de ne pas rentrer trop vite dans le bois pour ne pas risquer de faire sortir les sangliers avant que les chasseurs ne soient postés. Je me gare et attends que les chasseurs commencent à aller se poster puis je pars en longeant une ancienne vigne en friche et partiellement boisée pour rejoindre un chemin forestier qui traverse le bois du Mulet. Je longe un moment ce chemin puis bifurque à droite sur une très grosse coulée et la suis. Je passe un talus au départ d'un grand fossé, au bout d'une bande épaisse d'épines noires. Je bifurque ensuite derrière les épines pour descendre vers le bas du bois pour me poster au bout d'un épais fourré où se trouvent souvent les sangliers. Je suis une autre belle coulée quand des animaux démarrent dans le fourré. Je viens de lever les sangliers, ils ne semblent pas partis loin. La coulée prend à gauche pour passer entre le bout de la bande d'épine et le bout du taillis. Je presse le pas et passe le gros fossé qui ressort des épines puis avance un peu dans le sale pour revenir me poster près du fossé, au bout des épines qui sont sur ma droite. En face de moi, une petite zone plus dégagée sur la droite du fourré.

Première battue de la saison, 15 octobre 2022

Je coupe discrètement quelques branchettes autour de moi pour ne pas être gêné au moment du tir puis je ne bouge plus. Les sangliers bougent encore un petit moment dans le fourré puis le calme revient alors que les premiers chiens se font entendre. La sonnerie de début de traque retentit, Cyril a demandé à ce qu'on ne tire que les sangliers. Presque immédiatement, un pas léger et des bruissements se font entendre dans mon dos. Je le retourne doucement et entraperçois une petite silhouette qui se débine dans les épines. Je me doute qu'il s'agit d'un renard. Je reste immobile et l'aperçois vite, il avance encore un peu puis bifurque à 90 degrés et vient droit sur moi par une grosse coulée. Il est magnifique son pelage clair est très touffu et sa queue semble énorme. À 3 mètres de moi, il sursaute en entendant la voix des chiens qui se rapprochent et tourne la tête pour regarder vers eux un court instant avant de vouloir repartir droit sur moi. C'est alors qu'il m'aperçoit. Il fait volte-face, disparaît un instant dans les épines, traverse le fossé et biaise pour rentrer dans le fourré où je le perds de vue. Les chiens ne tardent pas à arriver mais perdent vite la voie du renard et se dispersent dans le bois. Serge arrive dans mon dos au travers des épines qui griffent bruyamment ses vêtements. Les chiens donnent de la voix plus haut, Serge crie pour les encourager et bifurque pour remonter en longeant les épines.

Il rejoint la grosse coulée que j'ai prise en quittant le chemin puis continue droit en suivant le haut du bois. Les chiens ne tardent pas à lancer. Ils foncent vers moi. La menée se rapproche quand une petite boule roux clair surgit du taillis et disparaît dans le fossé. C'est un marcassin d'environ 5 kilos. Il remonte le talus du fossé et vient stopper à 2 mètres de moi sur une belle collée, pile dans une trouée de la végétation. J'hésite à le flécher mais décide de le laisser passer. Il m'aperçoit et retourne dans le fossé puis remonte le talus de ce dernier juste à 3 mètres sur la gauche pour prendre une grosse coulée au petit trot et disparaître dans le bois. Les chiens arrivent vite et se lancent à sa poursuite pour le faire sortir en haut de la friche où il sera tiré et manqué. Les menées s'enchaînent dans le sorgho et dans le bois, des coups de feu sont tirés.

Serge remet les chiens dans le fourré, et très vite ils lancent les sangliers, encore une fois ça vient vers moi. Tout à coup, une masse noire attire mon regard. Une grosse laie très sombre est sortie du taillis et baise au petit trot vers la bande d'épines. Elle est à 40 mètres, trop loin. Arrivée dans les épines, elle ralenti et se débine doucement, j'accroche mon décocheur. J'ai espoir de la voir passer mais les craquements ne se rapprochent pas quand un craquement m'interpelle dans mon dos. Je le retourne et aperçois 2 sangliers qui sortent du taillis et stoppent presque immédiatement. Un gros gris s'arrête à environ 12 mètres mais est un peu caché par la végétation, un autre, plus petit, d'environ 45 kilo, au pelage plus sombre, stoppe à 8 mètres de moi plein travers. Sa tête est derrière un arbre, j'arme très rapidement et aligne ma visée au travers de la végétation, sur une petite trouée qui dégage sa zone vitale. Je décoche rapidement, ma flèche me semble bonne, l'impact retentit et les sangliers démarrent en trombe. Je perds presque immédiatement mon sanglier de vue. Le gros gris saute par-dessus un gros tronc tombé au sol puis biaise vers les épines. Je rencoche vite et accroche mon décocheur. Alors que j'entends déjà mon sanglier se débattre au sol en peu plus haut, le gros sanglier me contourne dans les épines sans que je puisse le voir puis s'éloigne doucement. D'autres coups de feu sont tirés. La menée s'éloigne puis le calme s'installe alors que les piqueurs rappellent en vain leurs chiens. 

Le temps passe et plus un bruit, j'en profite pour aller vérifier mon tir. Ma flèche et au sol près de la zone du tir. Le sanglier l'a tournée à 90 degrés de l'angle du tir en partant. Elle est pleine de sang et je trouve immédiatement les premières gouttes de sang dès l'impact. Je suis tranquillement la piste qui zigzague entre les arbustes, le bois mort et les épines en longeant plus ou moins le bord des épines. Après environ 20 mètres, elle bifurque dans les épines pour traverser le fossé et ressortir des épines. Le sang devient alors très abondant.

Première battue de la saison, 15 octobre 2022

Je retrouve vite mon sanglier, une mousse rose sort du trou d'entrée de la flèche qui a traversée les poumons.

Première battue de la saison, 15 octobre 2022

Je ramène mon sanglier à mon poste et fais quelques photos souvenirs. 

Première battue de la saison, 15 octobre 2022

Au bout d'un moment, Serge revient avec les chiens pour repasser le fourré. D'autres chiens lancent un sanglier à la vigne en friche et la menée semble descendre doucement vers moi mais les coups de feu claquent en bas du bois, le sanglier est sorti dans le champ. Les chiens de Serge lancent un animal qui semble être un chevreuil et qui biaise vers le haut du bois en sortant du fourré. Le reste des teckels ressortent au bout du taillis pour se mettre au ferme sur mon sanglier mort avant de repartir voir Serge. Les piqueurs insistent encore un peu mais ne trouve pas d'autres sangliers. La fin de traque est sonnée. 

J'attache le sanglier par le groin et le remonte dans le pré en le tirant derrière moi. Arrivé au bord du bois, je pars chercher ma voiture et la rapproche pour charger mon sanglier avant de rejoindre la salle des chasseurs où je me rends compte que je suis le seul à ramener un sanglier à part les 2 marcassins que les chiens ont attrapés. 2 sangliers ont été blessés, balles de ventre semble t-il, mais personne ne veut aller les chercher et personne ne veut m'expliquer où aller les chercher, c'est aussi pour cela que je ne suis pas fan des battues, beaucoup de chasseurs ne sont là que pour tirer et n'ont aucun remords à laisser pourrir des animaux dans les bois. Beaucoup de chasseurs viennent voir mon sanglier et me poser des questions sur mon arc. Après un apéro rapide, 2 verres d'eau pour moi, les chasseurs s'en vont et je pars peler mon sanglier à Justian avant de rentrer. Les 2 sangliers blessés ne feront l'objet d'aucune recherche et aucun chien de sang ne sera appelé, ces comportements me désespèrent.

Alex 

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24 septembre 2022 6 24 /09 /septembre /2022 20:59

Cette année le brame a du mal à commencer, trop chaud, trop sec, la montagne a beaucoup souffert de cet été caniculaire. Je ne l'ai jamais connue comme ça, même les versants nord sont desséchés, les sources perpétuelles sont quasiment taries, les souilles habituelles sont presque toutes asséchées ou réduites à une petite zone boueuse. Aujourd'hui c'est ma 5ième sortie sur le territoire. Depuis l'ouverture j'ai vu quelques animaux mais ils rentrent tôt le matin et sortent tard le soir. Pour le moment je n'ai qu'un cerf de moins de 10 cors (CEMC1) et une biche (CEF) à prélever mais j'espère qu'un bracelet de grand cerf se libérera un peu plus tard si un carabinier ne le ferme pas durant son séjour de chasse. Pour le moment, mes approches sont très compliquées sur ce terrain sec et très bruyant, j'ai approché plusieurs animaux entre 35 et 50 mètres et un magnifique cerf à 15 mètres mais trop gros pour mon bracelet. J'attends la pluie avec impatiente.

Vendredi, matin la météo annonçait la pluie pour une bonne partie de la journée mais elle ne tombera finalement que le soir après mon départ. Le matin, ayant entendu quelques brames timides le dimanche matin précédent, je m'attends à entendre bramer mais la montagne est silencieuse. J'attends un peu, dans la voiture, que le jour se lève tranquillement puis finis de me préparer et commence à descendre la piste en direction de Jumet. Il ne fait pas encore tout à fait jour mais la luminosité me permet de voir les formes. J'avance doucement en surveillant en-dessus et en-dessous de la piste dans les zones dégagées. En arrivant au départ de la prairie qui descend jusqu'aux granges en contrebas, j'aperçois une masse sombre. C'est un grand cervidé qui broute au bord du talus de fougères qui précède la prairie. Je me baisse derrière les fougères qui bordent le chemin et me redresse derrière un arbuste pour l'observer mais il a disparu. Un grondement d'alerte se fait entendre après un petit moment, dans le bois qui précède la prairie. L'animal m'a repéré et s'est éclipsé sans bruit. La luminosité croit tranquillement, je continue à longer la prairie tout en surveillant un grand penchant de fougères qui remonte vers la crête à ma droite. La prairie laisse place à un bosquet. Une bichette surgit sur le chemin à environ 80 mètres plus en avant. Je stoppe dans les fougères et l'observe un instant. Elle regarde en arrière vers le talus du chemin. Je commence une approche très lente et gagne environ 15 mètres quand une grosse biche surgit à son tour sur le chemin. Un raire puissant retentit plus en contrebas, la biche inquiète démarre et remonte le penchant de fougères avec la bichette. Je les perds vite de vue. Je presse un peu le pas en espérant couper la route du cerf. Je me poste un instant dans les fougères près de l'endroit où sont montées les biches. Impossible de voir le cerf et il reste silencieux. Je décide de laisser tomber. Je biaise à droite et quitte le chemin principal pour prendre un sentier qui remonte doucement vers la crête. Le sol caillouteux, jonché de feuilles mortes et de brindilles est très bruyant. J'avance avec une infinie lenteur tout en calculant chacun de mes pas et en faisant des pauses plus ou moins longues pour observer. Une haie de buis borde la gauche du sentier et m'empêche de voir derrière mais le bois clair de noisetiers de l'autre côté me permets de voir à environ 60 mètres. Les noisetiers alternent avec des zones de buis, brusquement, en regardant droit devant moi sur le chemin, j'aperçois un jeune cerfs plein travers à environ 50 mètres. Il regarde vers moi, je me fige et nous nous observons un instant puis il démarre et remonte dans les noisetiers, caché par quelques buis épais qui bordent le sentier. Je m'avance tout doucement et, alors que je passe les buis, je l'aperçois à environ 35 mètres dans les noisetiers. Il démarre avec un autre animal que je n'avais pas vu puis bifurque pour venir se caler derrière un noisetier à 45 mètres au-dessus de moi. L'autre animal a disparu. Nous nous observons un moment avant qu'il ne décide de repartir pour disparaître dans le bois.

Je reprends ma progression très lente, un peu plus loin un raire retentit en-dessous du sentier derrière la haie de buis. Je redouble d'attention quand j'aperçois un jeune cerf, 6 ou 8 cors, au gagnage entre les buis à environ 35 mètres en contrebas. Je n'ai pas de passage dégagé pour tenter une approche discrète. Je remonte un peu plus en espérant trouver ce passage mais un gros daguet m'apparaît contre les buis sur la gauche du sentier alors que je sors d'un léger virage du sentier. Il regarde vers moi, je suis bloqué, il est à environ 40 mètres. Je me serre au maximum contre les buis et me retrouve hors de sa vue. Je peux ainsi gagner quelques mètres à couvert mais il démarre et fait démarrer l'autre cerf. Le daguet fuit en remontant alors que le cerf semble fuir en parallèle du sentier. Je reprends ma progression lente et fais démarrer un animal dans les buis en contrebas sans réussir à le voir. Plus haut c'est un gros cerf qui démarre à environ 55 mètres au-dessus de moi. Il était gité dans la ramure d'un gros hêtres mort, tombé au sol. Il avance de 10 mètres en 10 mètres en poussant des grondements d'alerte puis disparaît pour de bon.

Je remonte tranquillement jusqu'à la crête qui sépare les feuillus sur la gauche des grands sapins sur la droite. Ces derniers redescendent vers une piste en contrebas. C'est dans ces sapins que j'ai fait mon CEMC1 l'an dernier. Je passe la crête et avance doucement dans les sapins en surveillant le secteur, le vent souffle maintenant dans mon dos. Il me semble entendre marcher un animal par moment mais impossible de le voir. Alors que je fais une pause pour observer. Un blaireau, qui a dû me sentir, surgit de sous une branche morte de sapin encore garnie de ses aiguilles sèches et fonce vers le bas en biaisant vers la droite pour rattraper le chaos de gros rochers qui descend depuis le pic rocheux qui domine d'environ 10 mètres le bois de sapin, au sommet de la crête. Il est 8h20 et il fait bien jour, il est rare de voir un blaireau dehors si tard à cette saison mais ici ils ne voient pas grand monde. Je biaise à mon tour vers les rochers pour rejoindre une belle coulée qui se fraye un chemin dans les rochers couverts de mousse, au milieu des sapins qui poussent épars sur cette pente raide. Ce paysage très vert est vraiment dépaysant, une pente très prononcée me domine jusqu'à la crête très accidentée. Un peu plus loin, alors que je fais une pause sur un énorme rocher qui domine un à pic de 15 mètres, un animal démarre bruyamment en-dessous de moi et je ne peux que l'entrevoir dans sa fuite. Les sapins laissent peu à peu place à une grande hêtraie qui revient vers ma voiture. Un peu plus loin un animal démarre en contrebas sans que je puisse le voir. Je biaise doucement vers la crête puis la suis sans rien voir jusqu'à ma voiture. Il est 9h30 passées, je décide de descendre chasser sur la piste de débardage en contrebas de ma voiture. Je coupe à travers bois et retombe sur la piste au niveau d'une belle souille qui semble avoir été fréquentée cette nuit. L'eau est encore bien boueuse. Je longe doucement la piste pour rejoindre un passage qui remonte le long d'un monticule de rochers couverts de mousse et colonisés pas les buis. Un passage remonte le long des rochers pour rejoindre une zone plane un peu plus haut, plantée du hêtre épars et dominée par une pente rocheuse prononcée jusqu'à la crête. Un petit cirque sur la droite est en partie bordé par les rochers et les buis. Une souille asséchée est creusée au fond de ce cirque et attire régulièrement des animaux.

Une belle approche sous la pluie, 24 septembre 2022

Je décide de me poster un moment dans les buis, près de la souille, assis sur un gros rocher. Ne voyant rien venir, vers 11 heures, je quitte les lieux et retourne à ma voiture pour faire une pause et dormir un peu avant de repartir en chasse.

Vers 13 heures, un randonneur passe près de ma voiture, nous nous saluons. Il remonte de Jumet. Vers 14 heures, je décide de repartir chasser, je descends doucement la piste, comme ce matin, mais laisse le sentier qui remonte en crête et continue à descendre la piste en lacets un moment. Rien ne bouge, pas un brame, beaucoup plus bas, je quitte le chemin au niveau d'un mirador pour remonter doucement au travers d'une zone herbeuse de bois clair. Toujours rien, je remonte jusqu'à un sentier qui longe le bas des buis qui remontent jusqu'à la crête. Je le suis tout doucement en surveillant le secteur mais rien, il me ramène près de ma voiture. En sortant des buis, je remonte dans les fougères vers la piste où je suis garé puis la redescends. Je reprends le petit sentier qui remonte vers la crête avant de bifurquer dans les buis en-dessous de ce dernier pour me poster un moment à l'écoute. Il est 15h30 passées. Je me cale dans un bouquet d'arbres. Au bout d'un moment, j'étends marcher mais c'est un écureuil qui cherche sa nourriture au sol à environ 30 mètres tout en remontant le penchant. Vers 17 heures, 2 véhicules descendent la piste puis des clarines retentissent. Un troupeau de brebis envahit le secteur. Je sais qu'elles ne vont pas inquiéter les cervidés qui ont l'habitude de cette présence et du tintement des clarines mais je ne supporte pas longtemps ce bruit agressif et décide de quitter mon poste pour aller chasser plus loin. Je biaise à travers les noisetiers pour rejoindre la piste en contrebas. Le sol herbeux du sous-bois est jonché de crottes de cerfs et de biches plus ou moins récentes, signe du passage très régulier des animaux sur ce secteur. Arrivé à la piste, je remonte vers la voiture, les brebis broutent tranquillement sous la piste dans la prairie et me regardent passer.

Arrivé à ma voiture, je décide de redescendre avec elle. Je passe un premier lacet et le départ d'une première piste de débardage puis descends encore un moment et me gare au départ de la seconde parallèle à la première. Je suis doucement la piste de débardage, presque plane, tout en surveillant en-dessous et en-dessus mais rien. Le vent qui semblait bon au départ de la piste n'arrête pas de tourner c'est pour cela que je n'en tiens pas vraiment compte en montagne jusqu'à ce que je repère un animal et élabore alors ma stratégie d'approche. J'arrive au bout alors que les hêtres laissent place aux buis. Je remonte dans les buis pour rejoindre l'autre piste à plusieurs centaines de mètres au-dessus. La pente est très raide. Je fais régulièrement des pauses pour observer mais rien. Ayant manqué de peu la fin de la piste, je suis trop monté et l'apercevant en contrebas, je la rejoins et commence à la longer doucement. La hêtraie est colonisée par les buis au-dessus de la piste. Tout à coup, une impression bizarre me fait stopper net. Un brocard est à 30 mètres en surplomb. Il est de 3/4 arrière et me regarde par-dessus la ligne de son dos. Nous nous observons de longues secondes. Je le reconnais, je l'ai déjà approché, à environ 300 mètres de là, également à 30 mètres, dans la feuille morte de hêtre en avançant très lentement d'un gros hêtre à un autre. C'est un 6 pointes au bois fins et au pointes peu développées. Il finit par démarrer pour disparaître dans les buis. Je continue tout doucement sur la piste et observant autour de moi. Un peu plus loin, je rejoins la goulotte qui remonte vers la zone où je me suis posté en fin de matinée.

Une belle approche sous la pluie, 24 septembre 2022

J'hésite à remonter mais je décide finalement de continuer. Un peu plus loin la piste est bordée par une barrière de gros rochers couverts de mousse et derrière lesquels se trouve une zone plane dégagée, sous les hêtres épars, et qui se termine par un léger penchant de fougères herbeuses avant que la pente ne s'accentue. Les animaux viennent souvent manger sur ce secteur.  Un passage de débardage traverse cette zone pour venir rejoindre la piste un peu plus en avant où se trouve une souille creusée au milieu de la piste principale. J'avance tout doucement derrière l'écran de rochers quand j'aperçois l'arrière d'un animal au gagnage dans les fougères. Un gros hêtre cache par moitié avant. Je me décale doucement et aperçois la tête, c'est un beau 6 pointes au bois clairs mais déjà bien développés. Certainement un cerf de 3 ou 4 ans. Idéal pour mon bracelet, il est à environ 50 mètres et avance tranquillement en broutant tout en biaisant doucement pour s'éloigner de la piste. L'approche ne va pas être simple. Je me recule à couvert des rochers puis commence à remonter doucement au travers de ces derniers pour me caler derrière un hêtre quand une biche et son faon démarrent dans le sous-bois à environ 80 mètres, plus en avant dans le bois. Ils foncent bruyamment dans les feuilles mortes pour rejoindre la pente raide de rochers qui remonte jusqu'à la crête. Le cerf relève la tête et les regarde fuir un instant puis se remet à manger. Je n'ai gagné que quelques mètres et le cerf est beaucoup trop loin pour tenter un tir. Je cherche comment m'approcher plus sans être vu mais le vent va en décide autrement en portant mon odeur vers le cerf. Qui relève brusquement la tête, hume l'air et détale pour disparaître en un éclair dans le bois plus dense au-dessus des fougères. Je suis dégouté mais, presque aussitôt, un bruit de pas se fait entendre. Un jeune cerf arrive par le bas de la pente rocheuse et biaise doucement pour venir d'où est parti l'autre cerf. Il trottine et passe sur le haut des fougères, à environ 50 mètres. Son passage bruyant ne passe pas inaperçu et l'autre cerf énervé par cet intrus se ravise et redescend bruyamment pour foncer sur lui sans que je puisse le voir derrière les arbres. Le jeune cerf accélère pour s'éloigner rapidement. J'attends un peu mais le calme revient.

Je reprends la piste. En arrivant à la souille qui se trouve en-dessous de là où était garée ma voiture ce matin, je constate des éclaboussures de boue fraîches tout autour, un piétinement frais et un rond de crottes de biche dans la souille qui n'y étaient pas ce matin. Elle ne doit pas être loin, je me cale au bord du chemin au-dessus de la pente et observe le secteur quand des bruits de pas se font entendre en contrebas. Mes yeux se posent sur un faon qui tourne en bas d'une zone dégagée herbeuse parsemée de quelques fougères. Il avance tranquillement en broutant sous les premiers arbres après le clair. Il est à un peu moins de 30 mètres, il ne doit pas être seul. J'entends marcher d'autres animaux maintenant, une belle biche broute plus à gauche au bord de l'herbe derrière des noisetiers. Je l'observe un instant puis me décale un peu alors qu'elle a fait un virage à 180 degrés pour descendre doucement dans le bois mais je me fais repérer par la bichette que je n'avais pas vue, beaucoup plus bas et tout ce petit monde file, je n'étais pas là pour eux, ce n'est pas grave. Je rejoints le bout de la piste de débardage puis descends tout doucement la piste principale pour essayer de ne pas trop faire crisser le gravier. Plus bas se trouve une zone herbeuse juste sous la piste où se trouvent souvent des animaux. En arrivant sur le secteur, rien ne bouge, je descends doucement dans la petite clairière puis me dirige doucement vers l'enclos qui protège des cervidés un agrainoir à sanglier accroché dans un arbre. Je longe la pointe de bois prise entre la piste et l'herbe. J'observe un moment tous les quelques pas quand j'aperçois à environ 200 mètres, derrière l'enclos de l'agrainoir, un animal qui avance doucement de face en mangeant au sol. J'essaie d'avancer un peu à couvert des noisetiers qui bordent le haut de la clairière herbeuse mais le vent n'est pas bon et je suis vite repéré malgré la distance. L'animal démarre et s'éloigne au galop. Je biaise à travers bois pour rejoindre la piste. Il fera nuit dans 30 minutes, je rejoins ma voiture pour rentrer chez moi. Sur le retour, les averses se succèdent.

Ce samedi matin, le réveil sonne vers 5h15, je me prépare rapidement et pars vers 5h30 pour la montagne. Il a plu une bonne partie de la nuit, l'approche devrait être plus simple aujourd'hui. En sortant du village de Beyrède, une chevrette traverse juste devant ma voiture et je freine pour ne pas la percuter. Elle saute sur le talus rocheux et abrupt sur ma droite et disparaît. Je recommence à avancer quand je l'aperçois, elle est bloquée dans une faille de la roche et retombe sur la route avant de retenter sa chance un peu plus loin et remonter sur le talus pour rejoindre le bois un peu plus haut. Je me gare en haut de la piste comme à mon habitude, j'attends que le jour se lève avec la portière ouverte. Pas un brame, la montagne est calme. Le rut peine vraiment à démarrer sur ce secteur. Aux premières lueurs du jour, je quitte ma voiture pour descendre doucement la piste vers Jumet. Alors que j'avance tout doucement, j'entends un bruit qui ressemble au chant d'une rainette, un peu plus en avant, au sommet du talus abrupt qui remonte vers quelques arbres qui remontent dans le penchant de fougères. Ce bruit m'intrigue car je ne pense pas qu'il y ait de rainette ici, je serre le bord du talus et m'avance tout doucement. La luminosité est encore faible, brusquement un animal démarre dans un gros fracas à quelques mètres au-dessus de moi. Je viens de déranger un cerf qui est remonté dans le petit bouquet d'arbres et pousse maintenant des grondements d'alerte un peu plus haut. C’était en fait le cerf qui se prenait pour un batracien, c’est la première fois que j’entends ça en 10 ans de chasse au cerf. Les pas d'un animal et des craquements se font entendre juste au-dessus de moi. Je me cale et attends en espérant voir sortir un animal mais le bruit cesse. Le cerf gronde toujours un peu plus haut, je décide de tenter de m'approcher, je remonte difficilement la talus raide que la pluie a rendu très glissant puis m'avance sous les arbres. Le secteur est très ouvert mais se comble vite et approcher dans cette végétation très dense, sans bruit est impossible. Je renonce et redescends vers la piste pour continuer à la suivre. Je ne vois rien jusqu'au petit sentier qui remonte vers la crête. Je commence à remonter le passage qui monte à une grange et d'où part le sentier quand j'aperçois, à 35 mètres en-dessous, sur la piste, une jeune biche et son faon, arrêtés de cul. Je reste immobile à les observer puis ils s'avancent tranquillement et je les perds de vue un peu plus loin.

Je prends le sentier et commence à remonter doucement en espérant revoir les cerfs vus hier mais rien en vue ce matin. Plus loin, je suis repéré par un animal plus haut dans le bois sur ma droite. Il pousse des grondements alors que je continue tranquillement mon ascension. J'arrive en haut de la montagne sans avoir rien vu. Comme la veille, je redescends dans les sapins puis reviens par la grosse coulée du versant opposé. Rien dans la zone des sapins et des éboulis de rochers couverts de mousse. Alors que j'arrive dans la zone des hêtres j'entends casser une branche un peu plus en avant, je redouble d'attention et fais régulièrement des pauses pour observer quand j'aperçois une chevrette immobile, plein travers à environ 60 mètres contre quelques arbres. Je tente une approche pour m'amuser mais elle regarde vers moi. J'avance tout doucement et elle me fixe sans bouger jusqu'à ce que j'arrive à environ 30 mètres. Elle détale et remonte vers la crête, les chevreuils, peu chassés sur ce secteur se laissent facilement approcher, c'est assez étonnant. Je remonte moi aussi vers la crête puis la suis un instant avant de prendre une belle coulée dans le penchant de fougères qui domine la piste en contrebas. J'espère y croiser le cerf de tout à l'heure. Je descends un peu puis prends à gauche pour biaiser vers le bouquet d'arbres d'où a démarré le cerf. La tête d'un petit daguet surgit des fougères à environ 25 mètres. Je me fige et nous nous observons un instant, ses petites dagues sont encore en velours. Il finit par démarrer et fonce droit dans la pente où je le perds vite de vue. Je tourne un moment dans les fougères sans voir d'autres animaux malgré les nombreuses coulées et les couches fréquentées au pied de chaque arbuste. Je remonte vers la crête et la suis pour revenir vers ma voiture. Arrivé à cette dernière, un brame retentit sur le penchant au-dessus de Jumet. Je descends vite dans les fougères pour rattraper le petit sentier qui longe les buis qui couvrent les blocs de rochers qui descendent de la crête. 2 autres brames retentissent alors que je rattrape le sentier mais le calme revient alors que m'avance tranquillement sur le sentier. Je stoppe régulièrement pour observer mais rien à part un bel écureuil au pelage sombre que j'observe un moment en train de chercher sa nourriture dans les noisetiers en contrebas du sentier. Un peu plus loin, je bifurque sur un autre sentier qui remonte pour passer la crête.

Une belle approche sous la pluie, 24 septembre 2022

Rien jusqu'à la crête, je redescends tout doucement dans les rochers de l'autre côté en surveillant la grande place, sous les hêtres, au-dessus de la zone où j'ai vu le beau six hier.

Une belle approche sous la pluie, 24 septembre 2022
Une belle approche sous la pluie, 24 septembre 2022

Rien, je traverse la zone et passe un une sorte de crête de bloc rocheux qui redescend vers la piste en contrebas. J'avance doucement entre les buis quand j'entends un animal se déplacer bruyamment en contrebas sans pouvoir le voir. J'attends un instant mais le calme revient, je repars puis me cale sur un replat au-dessus de la placette où se trouve la souille asséchée près de laquelle je me suis posté un moment hier. J'attends un moment quand un bruit de bois cassé retentit dans les buis près de la souille asséchée. J'attends un moment mais plus un bruit, je décide de descendre un peu mais un animal démarre dans un gros fracas dans les buis. C'était certainement un cerf. Je redescends à la piste et la longe tranquillement

Une belle approche sous la pluie, 24 septembre 2022

sans rien voir puis remonte à travers bois jusqu'à ma voiture où je me pose un instant avant de m'entraîner un moment. J’en profite pour régler mon viseur jusqu'à 50 mètres. Je retourne ensuite à ma voiture pour dormir un peu.

Vers 15 heures, il commence à bien pleuvoir, je repars en chasse. Je descends tranquillement la piste en direction de Beyrède. Les brebis se sont abritées dans le bois au milieu d'une zone de rochers sur la gauche de la piste. Je descends jusqu'au premier virage alors que la pluie s'intensifie. Je quitte la piste principale pour prendre un petit sentier qui prend à droite dans le bois. Il serpente, au départ, au milieu des rochers et des buis puis la pente s'accentue de plus en plus et le paysage s'ouvre sur une grande hêtraie sur la gauche. Les buis barrent la vue sur la droite. Je descends tranquillement un moment sans voir d'animaux et rejoins une palombière dans les buis. Je descends encore un peu et cherche un passage sur la droite quand j'aperçois une belle clairière herbeuse au travers des buis. Je n'ai jamais chassé sur ce secteur jusqu'à présent. Je passe les buis et m'avance doucement dans la clairière ponctuée de noisetiers. J'avance tout doucement, il va être 16 heures. J'aperçois un gros cerf en contrebas à environ 60 mètres. Je contrôle le vent, il est parfait, je ne vois pas bien ses bois mais ils ne sont pas longs et portent juste 2 pointes à leurs extrémités, avec un peu de chance c'est un moins de 10. Je continue à descendre doucement vers lui d'une touffe de noisetiers à un autre. Le cerf broute tranquillement sous un talus, les noisetiers s'espacent de plus en plus et l'approche se complique. Alors que je suis à environ à 35 mètres, je stoppe un instant pour chercher une solution pour finir mon approche mais le cerf relève brusquement la tête et regard vers moi. Il l'observe un moment, seul son cou est dégagé. J'ai du mal à compter les pointes mais il semble que ce soit un 10 pointes, trop gros pour mon bracelet. Après quelques secondes à me fixer sans bouger, il détale et fonce dans la pente raide. Je le perds de vue à plus de 100 mètres en contrebas. Je me décale à gauche pour rejoindre la bordure arrondie des buis et remarque une grange abandonnée à environ 40 mètres. Je pars jeter un coup d'œil à l'intérieur par la porte entrouverte. Le plafond s'est effondré en partie mais le toit est encore bon. Pas de crottes, les animaux s’abritent souvent dans ces granges abandonnées mais celle-ci ne semble pas fréquentée. Je longe les buis puis commence à descendre tranquillement en essayant de rester le plus caché possible au cas où un animal serait encore dans les parages mais rien en vue. Beaucoup plus bas, je rejoins une piste herbeuse, taillée dans le flanc de la montagne. Elle part sur la droite plus ou moins à plat alors que le lit d'un ruisseau asséché descend de façon assez prononcé sur ma gauche en s'écartant progressivement de la piste. Je jette un coup d'œil sur Google Maps, en confirme mon impression, la piste principale est sur ma droite mais cette piste n'est pas référencée. Je m'avance sur le piste et surveille en-dessous et en-dessus dans le bois de hêtres. La pluie s'intensifie. Pas d'animaux en vue, après avoir marché un moment, je tombe sur une belle souille au milieu du chemin, elle semble très fréquentée. Plus loin, les hêtres serrés laissent place à une sapinière, les conifères sont très espacés et le sous-bois herbeux parsemé de grandes fougères. Je recontrôle Google Maps et constate que je me dirige vers bien vers la piste principale, le bout de la piste sur laquelle je suis est référencé, je peux continuer tranquillement et range mon portable. Je progresse tranquillement quand j'aperçois une bichette en train de brouter à 30 mètres en contrebas, j'hésite à tenter une approche. J'avance d'un pas et aperçois un gros cerf qu'un sapin me cachait. Il est à environ 15 mètres en-dessous de moi. Sa tête est cachée derrière un arbre, j'essaie de me décaler un peu mais le vent tourne et il démarre avec la bichette sans que je puisse voir sa tête, cachée par les arbres. Ils foncent dans la pente et disparaissent au loin dans le bois. Je continue un moment en surveillant les sapins et rattrape la piste principale alors que brouillard enveloppe la montagne. Je suis descendu très bas, je suis presque à la carrière, il me faut remonter pour rejoindre la piste au bout de laquelle je m'étais garé hier après-midi. Alors que j'avance doucement sur la piste, sous la pluie, je remarque une silhouette rousse dans un tas de branches sur la droite du chemin. C'est un brocard couché qui se présente de 3/4 arrière. Il regarde à l'opposé et me laisse l'approcher à environ 10 mètres. C'est un assassin, je reste un moment à côté de lui avant qu'il me repère et s'enfuit. Je continue mon ascension et rejoins la piste de débardage sur la gauche.

Je la suis doucement comme hier mais rien, un peu avant le bout de cette dernière, je remonte la montagne au plus raide pour rattraper l'autre piste parallèle à plusieurs centaines de mètres au-dessus où je sais qu'il y a toujours des cerfs. Il pleut toujours mais la pluie est moins forte. Arrivé à la piste, je la suis doucement. Au niveau de la goulotte qui remonte le long des buis et des rocher, je décide de remonter doucement en espérant voir des animaux. J'avance doucement quand j'aperçois un cerf se faisant les bois sur les buis à environ 40 mètres au-dessus de moi. Il est plein travers, j'approche tout doucement jusqu'à 25 mètres, j'accroche mon décocheur mais impossible de voir ses bois car il est toujours en train de s'acharner sur le buis. Brusquement, il se fige en pliant légèrement les pattes pour observer par dessous la branche de buis meurtrie. Il regarde vers moi un instant et démarre. Le vent m'a trahi, il disparaît dans les buis sur ma droite. Je remonte doucement pour tenter de l'apercevoir et le retrouve vite. Il est à environ 40 mètres sur ma droite, plein travers et à moitié caché par les buis. Seul son arrière train dépasse. J'en profite pour m'approcher un peu, le vent de travers est bon. Je l'approche à nouveau à 25 mètres puis accroche mon décocheur et me décale doucement à gauche, je vois maintenant sa tête mais c'est un beau 10, peut être celui entendu ce matin. Il m'aperçois et fonce dans les buis. Je redescends et reprends la piste. Un peu plus loin j'arrive derrière les rochers couverts de mousse qui bordent la piste. J'avance tout doucement et regarde par-dessus en espérant voir le 6 pointes d'hier quand j'aperçois un jeune cerf qui broute au milieu de la petite zone herbeuse, dans les fougères, à environ 60 mètres au-dessus de moi, dans les hêtres.

Une belle approche sous la pluie, 24 septembre 2022

Comme hier, le vent n'est pas bon, il vient de ma droite et biaise légère en arrière pour remonter vers la zone où se trouve le cerf. Je ne vais pas faire 2 fois la même erreur. Je fais demi-tour et longe la piste, baissé derrière la barrière de rochers, perdant ainsi le cerf de vue. J'avance suffisamment pour que le vent porte mon odeur en arrière du cerf puis remonte tout doucement au milieu des rochers.

Une belle approche sous la pluie, 24 septembre 2022

Le cerf broute toujours paisiblement. Je rejoins très lentement le premier arbre en surveillant les réactions du cerf qui est toujours aussi insouciant. J'observe un instant puis traverse tranquillement la zone dégagée, sur environ 30 mètres, en avançant d'un gros hêtre à un autres en profitant d'un bouquet de noisetiers, au bord des fougères qui me cache du cerf. J'arrive ainsi à 30 mètres de lui et me cale contre le tronc d'un gros hêtre.

Une belle approche sous la pluie, 24 septembre 2022

Le cerf descend doucement en broutant. Je l'observe à travers les noisetiers. Il tourne un peu et semble remonter puis se ravise et descend droit sur moi. Je reste immobile, Il se dégage à 25 mètres et se tourne presque de travers. J'arme doucement, aligne ma visée et décoche. Ma flèche l'atteint pleine épaule, il fait volte-face et fuit au galop pour rejoindre les buis à environ 90 mètres sur ma gauche. Il n'a pas fait 60 mètres que ses pattes se dérobent et ses articulations commencent à ne plus pouvoir le porter, il fait encore péniblement 15 mètres et tente de remonter la pente qui s'accentue. Il prend alors à droite et je le perds de vue derrière un gros buis. Il reste un court instant sans bouger puis se met à reculer avant de basculer en arrière et de tomber sur le dos. Il se débat au sol.

Une belle approche sous la pluie, 24 septembre 2022

Je vais chercher ma flèche sans succès, je laisse mon cerf mourir et rejoins la piste pour aller chercher ma voiture. J'en profite pour appeler le président de la chasse qui me dit qu'il arrive avec la remorque pour charger le cerf. Je remonte à travers bois puis descend garer ma voiture au bout de la piste. Je pars ensuite chercher mon cerf et faire quelques photos avec mon appareil photo que je n'avais pas pris à cause du mauvais temps.

Une belle approche sous la pluie, 24 septembre 2022

J'appose mon bracelet puis déplace mon cerf pour faire quelques photos ce qui dégage ma flèche qui était restée en travers. Elle est rentrée en cassant le bas de l'omoplate, au ras de l'humérus et est ressortie un peu avant les dernières côtes en touchant les poumons et entaillant le foie. Je rends les honneurs à mon cerf et fais les photos

Une belle approche sous la pluie, 24 septembre 2022

puis je descends mon cerf à la piste. Au même moment, le président arrive avec son fils, nous chargeons le cerf pour redescendre à la salle de découpe. Il me faut maintenant vider, peler et découper mon cerf avant de rentrer chez moi le mettre en chambre froide. Je finirai de préparer la viande demain.

Alex

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9 août 2022 2 09 /08 /août /2022 21:50

Ce soir, il fait encore très chaud, je pars pour un petit affût près d'une zone de souilles vers 20 heures, alors que je longe un petit bois en bordure de tournesols, un brocard surgit de la bordure à environ 60 mètres, devant moi, puis prend le galop, le long des arbres, sur plusieurs dizaines de mètres avant de disparaître dans le bois. Je prends à gauche à travers les tournesols et rejoins le bas de la combe où je prends à gauche pour la suivre. Un peu plus loin, je ressors des tournesols et longe une grosse haie quand un autre brocard, plus jeune, démarre sur ma droite dans la friche et remonte au galop vers le bois. Il marque un arrêt à plus de 100 mètres, regarde vers moi qui me suis arrêté pour l'observer, avant de rentrer à couvert. Je passe une haie et prends à droite sur une grosse coulée qui suit une bande de prairie étroite, prise entre 2 bois. Le ru qui longe la lisière, à quelques mètres dans le bois de droite amène une fraîcheur relative dans ce bas-fond. Un peu plus loin, je prends à droite pour longer une grosse coulée, maculée de boue séchée, qui rentre dans le bois jusqu'à des souilles qui ponctuent le lit presque asséché du ru. À l'intérieur du bois le vent vient de ma droite. Je cherche un secteur pour me poster et élis un enchevêtrement de troncs en bordure du bois plus à ma droite. Je dégage un peu les ronces et autres petits branchages et rentre au milieu de ces arbres morts tombés au sol. 

L'attente commence. En face de moi, une grosse coulée descend le talus abrupt du bois, en direction des souilles. Une autre belle coulée arrive de droite en longeant l'autre berge du ru et plusieurs grosses coulées rentrent dans le bois tout autour de moi. Un peu avant 21 heures, des bruissements se font entendre dans mon dos, sur la droite, dans les herbes hautes de la bande étroite de prairie. Je me retourne doucement et aperçois une boule de poil roux qui bouge à environ 18 mètres, dans les herbes hautes. L'animal qui fouille dans la végétation relève la tête. C'est un renard. Un gros tronc suspendu au-dessus de moi m'empêche d'armer mon arc. Je passe dessous et tente de me redresser mais les ronces sèches au-dessus de de moi ne le permettent pas de lever mon arc sans bruit. Le sol très sec et les débris végétaux sont très bruyant et je peine à bouger sans bruit. Le renard regarde vers moi quelques fois et je me fige puis je le perds de vue dans les herbes hautes. J'essaie toujours de trouver une position pour armer mon arc quand il réapparaît, il avance tranquillement et vient se planter à 12 mètres devant moi. Je me contorsionne en pliant les genoux pour armer mon arc. Il regarde vers moi, je me penche doucement à droite pour trouver une fenêtre de tir au travers de la végétation, en équilibre sur un tronc posé au sol. Il regarde vers moi mais ne part pas, ma visée alignée, je décoche, l'impact retentit et le renard fait volte-face pour courir sur environ 20 mètres et tordant sa queue dans tous les sens avant de rentrer au bois d'en face, par une grosse coulée. Je suis, à l'oreille, sa course bruyante dans le bois épais puis le calme revient.

​​​​​​Je quitte mon poste pour aller chercher ma flèche que je la trouve assez rapidement. Elle est plantée au sol, une vanne est à moitié décollée. Je la ramasse pour l'inspecter mais à ma grande surprise elle ne poste aucune trace de sang, aucun poil et est complètement sèche et lisse. Je commence à douter mais la vanne décollée, le bruit de l'impact et la réaction du renard après le tir me disent que je l'ai touché. Je suis la direction de fuite sans trouver de sang jusqu'à l'entrée au bois où le renard a perdu une touffe de poils sanguinolente. J'aperçois ensuite quelques petites gouttes de sang dans la coulée qui rentre dans le bois. Je commence à les suivre, la piste est peu abondante mais les petites gouttes se succèdent. Je laisse mon arc au bord du bois car la végétation semble dense. Par moment le renard a frotté la végétation et a laissé plus de sang. La coulée est de plus en plus encaissée. J'avance petit à petit au milieu des épines plus ou moins serrées qui me griffent les bras et les flans et menacent déchirer mon T-shirt. Un bout de tripe est accroché dans les épines. Un peu plus loin, j'aperçois un terrier devant moi et le sang semble s'y diriger, je pense que ma recherche est terminée mais la piste, qui s'intensifie brusquement, passe sur la gauche du terrier et remonte le talus sur la gauche de la coulée. Le renard a tourné un instant sur un replat à quelques mètres du terrier et y a perdu beaucoup de sang. La piste remonte ensuite encore un peu plus pour rentrer dans un taillis très épais, je m'avance un peu quand un bruit me fait lever les yeux. Mon renard vient de démarrer dans le taillis pour se débiner. Il ne doit pas être en forme, je décide de le suivre. Je dois maintenant progresser à 4 pattes en suivant une coulée de sanglier très étroite. La piste est très abondante au sol et le renard a laissé de nombreux frottés sur la végétation. Les épines me lacèrent et je dois régulièrement décrocher mes vêtements pour ne pas les déchirer en avançant. Je trouve par moment des petits bouts de chair et de tripe dans les épines. Après environ 15 mètres, le renard redémarre devant moi, il plonge à gauche dans la bruyère très épaisse et je l'entends se débiner doucement sur quelques mètres. J'avance un peu pour atteindre une petite trouée, au départ de la coulée dans la bruyère, et me redresser. Je décide d'attendre 20 minutes avant de reprendre ma recherche. De temps en temps, j'entends bouger le renard dans la végétation mais il ne semble pas s'éloigner puis le calme s'installe. Le temps écoulé, je m'avance un peu dans la bruyère mais dois vite reprendre ma recherche à 4 pattes. Heureusement, je retrouve vite mon renard, couché sur le ventre sur la coulée, il semble vivant mais, alors que je le saisis pas la queue, il ne réagit pas. Il est mort. C'est un jeune mâle, ma flèche est entrée et sortie très en arrière mais a touché le foie. 

Je fais demi-tour et retourne vers mon arc pour une dernière torture infligée par les épines. Mon arc récupéré, je retourne me poster et pose mon renard près de moi. Malgré plusieurs bruits de pas tout autour de moi, dans les bois, je ne verrai rien sortir de plus avant la tombée de la nuit, il est temps de rentrer.

Un renard à l'affût, 9 août 2022

Alex

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30 juillet 2022 6 30 /07 /juillet /2022 10:56

Ce weekend, comme chaque année en juillet, je suis invité à chasser chez mon ami Thierry. Pour la première fois on va chasser le dernier weekend de juillet et tout indique que ce sera le plein rut. Cette chasse promet d'être intensive.

Jeudi 28 juillet 

Il fait très chaud aujourd'hui. Je quitte le Gers vers 15h30 pour arriver à Cuzance vers 18h30. Le temps de discuter un peu, de nous préparer et nous voilà parti pour la chasse. En route, Thierry passe devant une parcelle de luzerne où nous apercevons un chevreuil certainement couché, il nous semble voir des bois entre les oreilles. Plus loin, alors que nous suivons un chemin forestier, Thierry stoppe alors qu'un brocard est sur le chemin à environ 30 mètres, il reste un moment à regarder vers nous puis descend le talus boisé sur la droite du chemin. Thierry reprend sa route mais, alors que nous passons au niveau de l'endroit où nous avions perdu le brocard de vue, ce dernier, bloqué par un grillage à mouton, qui longe le bas du talus, panique et bondi vers la voiture. Il est heureusement stoppé dans son élan par des ronces qui lui ont enlacées le cou. Il se débat pour se dégager alors qu'un second brocard se débine de l'autre côté du grillage dans le bois clair. Le brocard finit par se dégager et part en longeant le bord du chemin. 

Arrivés sur la zone que Thierry veut chasser ce soir, un peu avant 20 heures, nous descendons de la voiture et prenons nos arcs pour suivre un chemin. Un peu plus loin, Thierry aperçoit un promeneur et son chien blanc que je prends pour un setter en l'apercevant de loin alors qu'il se promène sans laisse le long du bois à environ 150 mètres. Cela ne nous donne pas confiance pour la suite de notre chasse. Nous longeons un moment le chemin pour nous éloigner suffisamment du secteur dérangé. Thierry décide d'appeler dans une clairière sur la gauche du chemin. Nous nous posons et je démarre mes appels. J'insiste un moment quand des craquements se font entendre. Un animal vient sur moi en s'arrêtant régulièrement. Je finis par l'entrapercevoir mais il me paraît bien clair pour un chevreuil. J'ai un peu de mal à le distinguer dans la végétation mais alors qu'il se rapproche encore j'aperçois le panache de la queue qui dépasse de la végétation. C'est le chien de tout à l'heure. Je stoppe mes appels et rejoins Thierry posté un peu plus loin. Nous reprenons le chemin et tombons rapidement sur le promeneur et le saluons. Je lui demande s'il n'a pas perdu son chien et il m'explique que non, qu'il n'est pas loin car il vient juste de lancer un renard sur la droite du chemin. Le chien revient rapidement et impressionné par nos tenues camo, il aboie un peu avec un mouvement de recul. C'est une sorte de border colley blanc, contrairement à ce que je pensais, seule da tête est noire. Nous demandons où le promeneur compte aller pour ne pas retomber sur lui puis partons pour aller appeler un peu plus loin.

Nous prenons rapidement à droite alors que le promeneur et son chien s'éloignent et à notre grande surprise nous faisons démarrer d'abord un brocard, presque immédiatement suivi d'une chevrette toute proche de ce dernier, à quelques mètres sur la droite du chemin, alors que le chien poussait le renard sur ce secteur il y a quelques instants. Ils ont dû laisser passer le chien et avaient peut-être été attirés par mes appels de tout à l'heure. Nous nous posons un peu plus loin sur la gauche du chemin dans un petit bois clair mais mes appels ne feront rien venir. Nous revenons sur nos pas pour reprendre le chemin principal et aller nous poster dans un bois clair près d'un chemin qui descend vers une prairie desséchée prise dans le bois. Je me poste à environ 20 mètres de la prairie, derrière un arbre du bois clair 

Un superbe séjour lotois chez mon ami Thierry, 28, 29, 30 juillet 2022

alors que Thierry part se poster un peu plus loin à ma droite. Je commence mes appels et insiste un moment avec des appels brefs. Après quelques minutes, le bruit d'un galop se fait entendre devant moi mais les feuillages des arbres qui bordent la petite prairie me cachent l'animal qui semble venir d'en face. Le chevreuil s'arrête régulièrement et repart dès que j'appelle. Je finis par distinguer un brocard qui arrive sur moi au galop. Je décide de tenter de le tirer sans prendre mon Buttolo, qui pend à mon cou, contre ma poignée d'arc. Le brocard arrive rapidement aux premiers arbres qui bordent la petite prairie. J'arme mon arc, il rentre de quelques mètres dans le bois clairsemé et fait brusquement volte-face pour venir stopper plein travers, juste au bord des premiers arbres, à un peu moins de 20 mètres. J'aligne rapidement ma visée derrière son épaule et décoche. Ma flèche le frappe un peu trop en avant et lui fracasse les 2 épaules. Le chevreuil tente de fuir et s'effondre sur place. Je fonce vers lui, en appelant Thierry pour qu'il me rejoigne, alors que mon brocard se débat au sol.  Je l'achève alors que Thierry arrive. C'est un six pointes correct, je lui appose le bracelet et lui rends les honneurs avant de faire quelques photos souvenir. 

Un superbe séjour lotois chez mon ami Thierry, 28, 29, 30 juillet 2022
Un superbe séjour lotois chez mon ami Thierry, 28, 29, 30 juillet 2022

Je vide mon chevreuil, la panse et vide et il est amaigri (signes que nous sommes en plein rut), puis nous le pendons à un arbre pour laisser égoutter le sang et continuer notre chasse. Un peu plus loin, nous descendons le long d'un bout de chemin de terre qui rejoint une prairie enclavée dans le bois. Thierry se poste en retrait et je descends à environ 20 mètres de la prairie pour me poster à quelques mètres du chemin. Je commence mes appels brefs et insiste un moment quand un brocard surgit sans bruit, bouche ouverte et langue pendante. Il est plein travers à environ 25 mètres et arrive de la gauche. Je lance quelques appels, il fait demi-tour pour biaiser vers la bordure du bois en se rapprochant de moi et du bout du passage au niveau de l'entrée dans la prairie. J'arme mon arc mais le perds de vue un instant derrière les arbres. Brusquement, le brocard démarre et s'éloigne dans la prairie en aboyant sur quelques mètres puis stoppe et regarde vers moi. Je désarme et tente d'appeler à nouveau mais il redémarre et fuit vers la bordure du bois de l'autre côté de la prairie. Je contrôle alors le vent et constate qu'une très légère brise se dirige vers l'endroit où avait stoppé le brocard et m'a trahi.

Nous reprenons le chemin principal et le longeons tranquillement quand nous apercevons, par une trouée, dans l'angle de la grosse haie qui borde la gauche du chemin et démarre du coin de bois que nous longeons, une chevrette qui vient tranquillement vers nous en longeant la gauche de la haie dans une grande prairie desséchée. Elle avance d'un pas lent. 

Un superbe séjour lotois chez mon ami Thierry, 28, 29, 30 juillet 2022

Alors qu'elle est à environ 45 mètres, elle bifurque vers la haie et disparaît dans cette dernière. Nous attendons un instant pensant la voir sortir sur le chemin mais rien. Nous nous avançons tranquillement et la faisons démarrer alors qu'elle allait sortir à découvert. 

Nous continuons sur le chemin quand nous apercevons, à environ 300 mètres, sur notre droite, un chevreuil qui avance tranquillement dans une luzerne entre 2 bois. Je me poste contre la haie. Thierry part se poster beaucoup plus en avant également contre la haie. Je commence mes appels mais le chevreuil, qui me semble être un brocard à son allure et sa démarche, relève à peine la tête avant de poursuivre indifférent son repas. J'insiste un peu quand un autre brocard arrive dans la luzerne, à environ 60 mètres. Il se plante, regarde vers moi puis démarre et fonce vers le bois de gauche. Je tente de le faire revenir en appelant mais il disparaît dans le creux du champ d'où il avait surgit et regagne le bois quand le brocard qui était plus loin l'aperçoit et le prend en chasse pour lui aussi disparaître dans le creux du champ, un peu avant d'arriver au bord du bois. Je quitte mon poste et rejoins Thierry mais alors que je lui raconte la scène, un autre brocard sort au bord du bois de gauche qui borde la grande prairie desséchée à environ 90 mètres. C'est un beau 6, il course une chevrette, certainement celle vue tout à l'heure. Nous sommes derrière la haie qui est très basse à cet endroit. Nous nous calons et je commence à appeler mais le brocard occupé à courser la chevrette ne réagit pas.  J'insiste un peu mais il suit la chevrette qui longe le bois en partant sur la gauche. Je tente d'aboyer ce qui fait réagir la chevrette qui bifurque et vient vers nous en stoppant régulièrement avec son prétendant aux fesses. Je continue mes aboiements et alterne avec mon appeau, ils viennent vers nous sur environ 30 mètres puis partent brusquement en course poursuite sur notre droite pour disparaître dans un bosquet qui fait suite à la haie. Je décide d'abandonner et nous reprenons notre progression sur le chemin.

Thierry veut aller sur une zone de maïs où nous espérons tomber sur les sangliers. En arrivant au coin du bois qui borde la droite du chemin, avant la bande enherbée qui le sépare du maïs, j'aperçois un chevreuil qui vient vers nous et je le perds de vue derrière un bout de haie entre le bois et la culture. Je m'avance après la haie parallèle au bois pour tenter d'apercevoir le chevreuil mais il a disparu. Nous élaborons notre plan d'attaque du champ de maïs. Le passage de canon central est occupé par le canon en cours d'arrosage. Un brocard sort du bois à environ 80 mètres pour rejoindre la culture. Dès qu'il rentre dans le maïs, nous nous postons dans la bordure de la culture et j'attaque vite les appels mais rien ne vient. Nous décidons de remonter les passages de canon de part et d'autre du passage central. Thierry prend le premier, je longe le maïs pour rejoindre mon passage quand la chevrette surgit du maïs à la course, le brocard surgit derrière. Ils foncent vers le bois et y rentrent au galop. Je me poste rapidement et appelle. Ils font demi-tour et reviennent bruyamment en lisière mais refusent de sortir à découvert. J'insiste un peu mais impossible de les faire venir. Je décide de laisser tomber et rejoins mon passage de canon que je remonte tranquillement. Les traces au sol attestent du passage des sangliers mais je ne verrai rien dans ce maïs très dense qui dépasse les 2.5 mètres de haut. Je retrouve Thierry de l'autre côté du maïs, la luminosité baisse vite. Nous décidons d'appeler en bordure d'une très grande luzerne. Je me cale près du chemin dans quelques gros arbres. Je commence mes appels, assez rapidement un énorme brocard sort du bois à environ 150 mètres et fonce vers moi pour stopper net à 50 mètres. Je continue les appels, il avance lentement de quelques mètres, stoppe un instant, avance à nouveau et se rapproche tranquillement quand Thierry, qui était posté derrière moi, s'avance sur le chemin alors qu'il fait presque nuit. Le brocard stoppe net et repart au galop vers le bois. Il est temps de rentrer préparer mon chevreuil et manger un bout avec Renaud qui fête ses 29 ans aujourd'hui. Il chassera avec nous demain matin. Nous retournons à la voiture et partons chercher mon brocard resté pendu.

Vendredi 29 juillet 

Ce matin, le réveil sonne à 5h40, la météo a prévu de la pluie. Je me prépare rapidement, Thierry est déjà debout mais Renaud ne s'est pas levé. Il va être l'heure de partir, Thierry part le réveiller. Il se prépare rapidement puis nous partons. Thierry va chasser seul et je pars avec Renaud. Nous nous garons près du stade de foot Cuzance. Nous partons par un large chemin caillouteux, au travers d'une trouée dans le bois, nous apercevons une masse sombre, à environ 200 mètres, dans la prairie de gauche et nous pensons qu'il s'agit d'un chevreuil. Nous continuons sur le chemin, caché par la bande boisée à notre gauche, pour rejoindre le passage permettant de rentrer dans la prairie. Nous remontons le passage et faisons une pause pour observer à l'entrée de la prairie. La tâche sombre est juste une touffe de végétation. Renaud aperçoit un renard qui mulote à plus de 200 mètres. Il se poste à l'entrée de la prairie, je me poste un peu plus en avant au milieu de buissons dans une bande en friche, sur la bordure droite de la prairie. Renaud appelle mais n'arrive pas à faire des appels puissants, je prends le relais mais pas plus de réaction du renard. Je passe au Buttolo pour tenter de faire venir un chevreuil. Presque immédiatement, une chevrette surgit du bois sur la droite et vient se caler à environ 20 mètres dans les buissons. Un autre chevreuil arrive derrière mais refuse de sortir du bois. Je l'entend juste marcher, je poursuis mes appels mais la chevrette repart et disparaît dans le bois. Mes appels ne les feront pas revenir.

Nous quittons cette prairie pour rejoindre un grand champ de blé non moissonnée. Le blé est très bas et les épis minuscules. Nous entrons par le passage qui traverse une bande boisée puis biaisons vers un bosquet au milieu de la culture sur notre gauche avant de le longer doucement. Dans le fond, à plus de 200 mètres devant nous se trouve une prairie fauchée ponctuée de balles rondes de foin. Nous avançons doucement pour aller nous poster au bout du bosquet. Je suis devant. Alors que nous sommes à moins de 100 mètres de la prairie fauchée, j'aperçois un renard entrain de muloter entre les balles rondes. Je me fige, collé au bois et tente de stopper Renaud dans mon dos en lui chuchotant : "Renard, renard, renard" mais il met quelques secondes à m'entendre et continue à avancer un peu. Le renard nous a repérés et stoppe assis contre une balle ronde à environ 100 mètres. Renaud se cale contre le bois et je commence à appeler, le renard reste assis à regarder vers nous mais un autre surgit de plus en arrière et commence à se rapprocher. Il stoppe un instant au niveau de la balle de foin, écoute, observe puis repart au petit trot pour rejoindre le bord du blé. Je poursuis mes appels. Il stoppe un court instant au bord des céréales puis bifurque pour partir vers le coin d'un bois qui borde le blé et ferme la prairie. Je le perds de vue un instant au coin du bois et continue à appeler quand j'aperçois le blé bouger. Le renard arrive caché dans les céréales. Sa tête resurgit à environ 80 mètres. Il regarde vers nous, je continue mes appels avec mes lèvres posées sur le dos de ma main. Il repart et fonce sur nous à grands bonds. J'accroche mon décocheur. Il n'est plus qu'à 40 mètres, je continue à appeler en aspirant de l'air entre mes lèvres pincées. Il fonce toujours vers nous et je profite d'un moment où il disparaît dans le blé après un bond pour armer rapidement mon arc et aligner mon viseur sur lui. Il stoppe à environ 25 mètres et regarde vers moi, encore quelques appels et il repart pour foncer sur moi. Je le suis dans mon viseur. Quand il arrive à environ 15 mètres de face, il stoppe et je décoche mais il fait volte-face au même moment et je le manque. Je continue mes appels mais il fuit vers la prairie.

Je pars chercher ma flèche provoquant la fuite du renard manqué, de celui qui était toujours assis contre la balle de foin et d'un autre plus gros que Renaud a vu partir plus en retrait. Je retrouve ma flèche et retourne contre le bois. Nous poursuivons jusqu'à bout du bois, près de la prairie. Je me poste au coin droit du bois, Renaud se poste au milieu de la largeur un peu plus à ma gauche puis commence ses appels au Buttolo. Après quelques appels des aboiements rauques, qui me font penser qu'il s'agit d'un brocard, retentissent en face de nous, à environ 80 mètres, de l'autre côté de la haie qui sépare cette prairie de la suivante, Renaud insiste mais le chevreuil tourne, part, revient derrière la haie sans vouloir venir. Nous sommes à mauvais vent pour lui. Je décide de quitter mon poste pour m'approcher de la haie et tenter de voir derrière. Alors que nous arrivons près de la haie, Renaud m'annonce qu'un renard assis sur notre gauche, au fond d'une langue de prairie qui s'enfonce dans le bois, a fui à couvert. Au bord de la haie, nous apercevons une chevrette et son faon. Ils s'enfuient, la chevrette poursuit ses aboiements et rejoignant le bois au loin, ce n'était donc pas un brocard.

Nous rejoignons le chemin et poursuivons vers des plantations de noisetiers et de noyers. Les noisetiers sur notre gauche sont en cours d'arrosage. Entre les arbres pousse de la luzerne autant entre les noisetiers qu'entre les noyers de l'autre côté du chemin. Un lièvre démarre entre les noyers, plus loin un autre lièvre démarre dans les noyers. Un C15 est garé dans les noyers sur la gauche après les noisetiers, nos chances de voir un chevreuil sont minces. Nous continuons le chemin, maintenant bordé par des haies, qui remonte sur une zone de prairies et de bois. Alors que nous avons stopper, sur le chemin, au niveau d'un passage qui rentre dans la prairie de gauche, pour décider de la suite de notre périple, un brocard surgit du bois de droite et s'avance tranquillement à découvert, à environ 150 mètres. Nous nous postons rapidement de part et d'autre du passage, derrière la haie. Je commence à appeler. Rapidement, le brocard arrive sur nous. Je chuchote à Renaud : "C'est toi qui tire". Le chevreuil se rapproche et s'arrête régulièrement pour observer. Il arrive sur nous, Renaud arme son arc et attend mais le brocard, qui est à environ 25 mètres, hésite. Il part en parallèle de la haie pour venir devant moi, stoppe, observe, aperçoit Renaud et détale. Mes appels n'y changeront rien, il nous a eus.

Nous continuons. Plus loin, nous remontons dans un bois clair et nous nous postons en haut de ce dernier, près d'une grande prairie. Je commence à appeler. Une chevrette arrive vers Renaud et stoppe en-dessous de lui puis démarre et stoppe plus loin en bordure de la prairie. N'ayant pas vu si c'était un mâle ou une femelle, je poursuis mes appels. La chevrette tourne un peu puis disparaît. En jetant un coup d'œil derrière moi, dans la prairie, j'aperçois alors un autre chevreuil, planté de face, à plus de 200 mètres. Je reprends les appels et il fonce sur moi mais je reconnais vite une chevrette, elle arrive à 30 mètres du bois, sur ma gauche. Je continue mes appels en espérant attirer un brocard, elle avance doucement en parallèle du bois sans vouloir se rapprocher plus et, après plusieurs minutes, finit par repartir d'où elle vient.

Nous continuons à travers la prairie pour rejoindre un autre bois un peu plus loin alors qu'il tombe quelques gouttes qui stoppent vite. Nous recevons un message avec une photo de flèche ensanglantée, Thierry a fléché. Rapidement nous recevons la photo du chevreuil qu'il a retrouvé.

Un superbe séjour lotois chez mon ami Thierry, 28, 29, 30 juillet 2022

Nous rentrons dans le bois en passant la clôture qui le borde. Je m'avance un peu puis biaise à gauche pour me poster près de la clôture à mouton, à quelques mètres de la lisière derrière laquelle s'ouvre une grande prairie. Renaud se poste à 30 mètres plus à droite, en bordure d'un talus qui descend jusqu'à une autre prairie enclavée dans le bois. Je commence mes appels en regardant la grande prairie. Presque immédiatement, un bruit me fait regarder derrière moi. Un magnifique brocard a remonté le talus près de Renaud avec sa chevrette restée en arrière et s'est planté près de lui. Renaud qui l'avait vu arriver est déjà armé et décoche. A ma grande surprise, il le manque, sa flèche a touché une branche et a été déviée. Le brocard démarre sans vraiment comprendre et stoppe à environ 20 mètres de moi, juste sous la cassure du talus, de 3/4 arrière. J'arme mon arc et aligne ma visée mais il repart et je le perds de vue derrière le talus. Je reprends mes appels, un autre brocard arrive dans la grande prairie, droit sur moi. Je tente de le guider vers moi. Pendant ce temps, le gros brocard a contourné mon ami et est revenu se planter dans mon dos. J'aperçois juste l'impact alors que Renaud vient de décrocher. Le brocard démarre, essaye de sauter la clôture que nous avons passée pour rentrer dans le bois. Retombe devant cette dernière après un bon spectaculaire, une de ses pattes avant est cassée et il ne peut pas la poser. Je poursuis mes appels pour tenter de flécher l'autre brocard, le chevreuil de mon ami longe la clôture en titubant et s'effondre près de la clôture, il n'a pas fait 20 mètres. Renaud n'a pas pu s'empêcher de manifester oralement sa joie et l'autre brocard a fui. J'essaie de le rappeler mais en vain. Nous partons voir le superbe brocard de Renaud, mon ami est aux anges, c'est le plus beau brocard qu'il a prélevé depuis qu'il a commencé à chasser. Sa flèche est parfait, elle rentre dans l'épaule, sort un peu plus en arrière dans la cage thoracique et traverse le haut du cœur, il la retrouve plantée au sol. Nous faisons quelques photos avant de vider le chevreuil.

Un superbe séjour lotois chez mon ami Thierry, 28, 29, 30 juillet 2022

Le chevreuil vidé (ce brocard comme mien est amaigri et sa panse est vide), nous passons la clôture derrière laquelle était arrivé l'autre brocard et laissons le brocard dans la végétation. Sur notre gauche, nous apercevons une superbe parcelle de luzerne. Nous devons continuer sur la  droite mais nous décidons d'aller y jeter un coup d'œil. En nous rapprochant nous apercevons une chevreuil au gagnage à plus de 300 mètres dans la luzerne. Nous nous calons dans le bois sur la gauche, en bordure de la luzerne. Renaud se cale sur ma droite à environ 20 mètres, prés de l'angle de la luzerne. Je commence à appeler focalisé sur le chevreuil au loin quand je vois armer mon ami du coin de l'œil. Retentit alors une respiration forte et saccadée. Une chevrette suivie d'un brocard arrivent au grand galop par notre gauche de la bordure du bois. Ils passent devant Renaud, j'arme mon arc, ils stoppent devant moi à environ 20 mètres. J'aligne la visée et décoche mais ma flèche part bizarrement et passe juste devant le poitrail du brocard. Les empennages claquent sur sa peau et il fait volte-face avec la chevrette. Ils disparaissent dans le bois. Je suis dégoutté, je ne comprends pas ce qu'il s'est passé, heureusement que je ne l'ai pas blessé. Je pars chercher ma flèche que je retrouve assez rapidement, je me demande si je n'avais pas mal encoché ma flèche. Je vérifierai les réglages cette après-midi chez Thierry.

Nous retournons au brocard de Renaud et mon ami le rapproche de la route et le cache dans les fourrés puis nous continuons vers la route proche quand je stoppe net et interpelle mon ami en apercevant un chevreuil à plus de cent mètres sur notre droite dans notre dos. C'est une chevrette qui semble perdue, elle est figée et observe autour d'elle. Peut-être la chevrette qui accompagnait le brocard de Renaud. Nous prenons un chemin qui se dirige vers une habitation puis bifurquons à droite pour entrer dans un bois clair avec des repousses. Nous nous postons à une trentaine de mètres l'un de l'autre. Je commence les appels, une chevrette et son jeune arrivent par la droite de Renaud sans que je les vois ni ne les entende à cause du vent assez soutenu qui s'est levé puis passent derrière moi, c'est alors que je les entends et me retourne pour les voir s'éloigner et disparaître dans le bois. Nous continuons à travers bois et nous nous postons plus loin au départ d'une pente boisée. Renaud est un peu plus haut que moi sur la droite. Je commence à appeler, une chevrette arrive par ma droite et passe sous mon ami puis vient en-dessous de moi avec son faon, certainement ceux vu tout à l'heure. Je continue mes appels et la chevrette tourne un moment en-dessous de moi et vient plusieurs fois se planter à 10 mètres puis me contourne pour revenir par ma gauche à environ 8 mètres dans le sale. Elle revient ensuite en-dessous de moi avant de se décider à s'éloigner en aboyant.

Nous nous éloignons du secteur puis prenons un chemin forestier et décidons d'appeler une dernière fois avant de retourner à la voiture. Renaud se poste sur la droite du chemin et moi à gauche près d'une prairie. J'appelle un moment mais le vent dans les feuillages limite mon audition de loin. Au bout d'un moment, des bruits de pas se font entendre tout proches dans le fourré, devant moi. J'insiste un moment quand finalement une chevrette et son jeune se rapprochent par la gauche, par un ancien chemin forestier partiellement gagné par la végétation. Elle se rapproche à environ 15 mètres en laissant son faon un peu en retrait puis s'éclipse.  Nous rentrons à la voiture sans voir d'autre chevreuil.

Ce soir, après avoir vérifié mes réglages, je retourne chasser avec Renaud. Thierry nous précède avec sa voiture. Je me gare et Thierry nous embarque pour nous déposer plus loin, nous chasserons en revenant vers ma voiture alors que lui ira chasser de son côté. En route, Renaud repère un chevreuil couché au pied d'un arbre dans une prairie. Plus loin, il repère un brocard qui frotte ses bois en lisière d'un bois un peu avant que Thierry nous dépose au bord de la route. Nous décidons d'aller chasser directement le brocard vu par Renaud, nous prenons la route et la longeons rapidement. En chemin, nous repérons un secteur prometteur et décidons d'y revenir après avoir tenté notre chance sur le premier brocard. Nous rejoignons une descente qui coupe le coin d'un bois bordant la route pour rejoindre un grand chaume qui borde le bois le long duquel Renaud a vu le brocard. En commençant à descendre vers le chaume, j'aperçois un chevreuil contre le bois et le montre à Renaud. Nous descendons doucement au bout du passage qui se termine dans une bande de friche qui longe le chaume. Renaud me dit d'aller me poster en avant et reste plus en arrière. Je me poste à genoux dans les herbes hautes au bout du passage et commence mes appels. Le brocard, qui est à environ 200 mètres, relève la tête puis reprend son repas de feuillages et semble se désintéresser totalement des appels. J'insiste un peu, tente des appels en écrasant la poire à fond mais il ne réagit pas, j'insiste un moment et aboie. Il se redresse alors puis démarre pour venir droit sur moi en trottinant sur environ 50 mètres puis stoppe, observe puis repart tranquillement en broutant de temps en temps. Je continue les appels et il arrive jusqu'au bord de la friche, à environ 50 mètres, à droite d'un gros noyer planté en limite du chaume et hésite. Il va et vient le long des herbes hautes sans vouloir avancer plus quand une chevrette surgit du bois et vient vers moi. Je stoppe mes appels craignant qu'elle ne fasse partir le brocard mais ce dernier l'a vu. Je reprends mes appels en espérant la faire venir très près et faire ainsi venir le brocard. Elle fonce sur moi par la gauche du gros noyer et monte dans la friche, par le passage qui descend au travers de cette dernière, jusqu'au chaume. Le brocard se lance à sa poursuite, j'arme mon arc et ils stoppent à environ 15 mètres en contrebas dans une zone d'herbes hautes. La chevrette est plus à droite, le brocard est de 3/4 face, j'attends une meilleure occasion. Il s'avance un peu vers la chevrette et se présente plein travers. J'aligne ma visée et décoche mais il s'écrase à la décoche puis ressort de la végétation et fonce vers le chaume. La chevrette a démarré elle aussi. Il stoppe à environ 60 mètres et regarde vers nous puis repart, la chevrette rentre au bois. Il stoppe en lisière, regarde derrière lui puis rentre au bois en aboyant. Je suis dégoutté. Nous partons chercher ma flèche que nous retrouvons miraculeusement dans les herbes hautes, aucune trace de sang.

Nous remontons vers la route et faisons demi-tour pour aller appeler sur le secteur repéré plus tôt. Nous descendons le long d'une clôture qui sépare 2 prairies et rejoint un bois en contrebas. Le vent souffle vers la gauche. Nous hésitons un peu puis décidons de nous poster plus haut sur la droite. Je me poste près d'un gros arbre au sommet d'un talus. Renaud se poste plus à droite, un peu en retrait, en bordure d'un fourré, au milieu de buissons. Je commence les appels, très rapidement, un beau brocard sort du bois au bout de la clôture et hume l'air avant de faire volte-face pour rentrer au bois. J'insiste un peu mais il nous a repérés. Je fais signe à mon ami et nous retournons à la route. Il n'a pas vu ce qui s'est passé et je lui explique.

Nous reprenons la route un moment puis rentrons dans une friche qui précède un bois sur notre gauche un peu avant une truffière clôturée. Nous avançons en suivant un muret de pierres, bordé par 2 clôtures à mouton qui longe les 2 côtés du muret. Nous cherchons un passage facile pour rentrer dans le bois à notre droite. Le passage trouvé nous passons le muret. Renaud se poste près de ce dernier et je pars me poster à environ 40 mètres plus à droite, près du coin du grillage de la truffière. Je commence à appeler. Au bout d'un moment, une chevrette arrive par la droite pour couper mon odeur car le vent souffle sur ma gauche. Elle arrive à environ de 20 mètres puis déguerpit et disparaît dans le sale. Je continue mes appels, elle revient et tourne un moment sur ma droite avant de repartir pour disparaître après m'avoir senti. Pensant que c'est terminé, je quitte mon poste et aperçois alors Renaud arc armé. Je me fige. Il vise devant lui et décoche mais je n'entends aucun impact. Renaud peste, j'ai, sans le vouloir, compliqué sa chasse. Je le rejoins, il a tiré un brocard qui arrivait sur lui en longeant l'autre côté du muret. Il l'a tiré au travers d'une trouée, au travers des branchages. Nous partons chercher sa flèche et il finit par la retrouver. Aucun signe de blessure, c'est bien ce que je pensais, c'est manqué et c'est de ma faute.

Nous reprenons la route. Un peu plus loin, le grillage à mouton qui longe la route est couché, nous traversons une bande friche étroite et rentrons dans une ancienne truffière. Les chênes, plantés en lignes espacées d'environ 8 à 10 mètres, remontent vers un bois. Les branches se rejoignent et forment un plafond végétal au-dessus de nous. Renaud se poste sur la gauche de l’ancienne plantation et moi plus à droite, au pied d'un des chêne et un peu plus en avant que mon ami. Je commence mes appels et insiste plusieurs minutes quand un jeune brocard apparaît en bordure gauche de l'ancienne truffière à environ 40 mètres au-dessus de Renaud, près du bois. Je fais signe à mon ami qui ne peut pas encore le voir puis reprends les appels. Le brocard marque un temps d'arrêt pour observer en bordure des premiers chênes puis s'avance tranquillement en biaisant vers moi. Je pose mon appeau sur la poignée de mon arc pour continuer à appeler arc armé et arme mon arc. il avance doucement. Je le suis dans mon viseur et le guide avec des appels courts espacés. Il se présente de 3/4 face à environ 15 mètres. Je cale ma visée à l'avant de son épaule et décoche. Ma flèche le traverse mais je n'ai pas bien vu l'impact. Il se retourne et fonce vers le bois. La patte avant côté tir ne semble plus répondre. Je le perds de vue alors qu'il arrive au bois mais l'entends se débattre sur place en bordure du fourré. Je quitte mon poste et rejoins la zone du tir où Renaud arrive lui aussi. Il me dit qu'il a vu mon chevreuil se débattre dans le fourré ce qui me conforte dans mon sentiment. Je tente de trouver du sang en recoupant la trajectoire de fuite alors que Renaud me devance et part directement au bord du bois. Je finis par trouver du sang.

Un superbe séjour lotois chez mon ami Thierry, 28, 29, 30 juillet 2022Un superbe séjour lotois chez mon ami Thierry, 28, 29, 30 juillet 2022
Un superbe séjour lotois chez mon ami Thierry, 28, 29, 30 juillet 2022

Renaud lui a déjà trouvé mon chevreuil mort juste en bordure du bois, il a fait à peine 25 mètres. Je le rejoins et aperçois vite mon brocard. Je rentre pour aller l'observer, il a tapé dans un grillage à quelques mètres de la lisière et est retombé en arrière et projetant du sang sur les arbres derrière le grillage.  

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Ma flèche est sensiblement la même que celle de Renaud ce matin, entrée dans l'épaule et sortie plus en arrière dans la cage thoracique. Pendant que j'appose mon bracelet avant de sortir mon chevreuil, mon ami repère l'endroit où mon chevreuil est rentré dans le bois et a laissé pas mal de gouttes de sang. 

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Je sors mon chevreuil et pars voir l'entrée au bois puis je vais chercher ma flèche. Nous prenons la direction du tir et avançons doucement pour la retrouver. Je l'aperçois finalement, à environ 50 mètres du tir, dans les herbes sèches qui bordent la gauche de l'ancienne truffière, posée au sol.

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Je rends ensuite les honneurs à mon chevreuil puis fais quelques photos souvenir.

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 Je vide ensuite mon chevreuil et nous le pendons dans les branches d'un des chênes avant de continuer notre chasse.

Un peu plus loin, nous tentons d'appeler dans un bois, sur la gauche, au-dessus de ce qui semble être une petite prairie bien verte. Rien ne venant, nous reprenons la route un moment jusqu'à la fin du bois sur notre gauche, nous descendons le long du bois dans la prairie qui remonte jusqu'à la route, c'est en fait la continuité de bout de prairie que nous apercevions de l'autre poste. En arrivant au coin du bois, j'aperçois un brocard qui traverse la prairie au galop et rentre dans le bois de droite. Nous nous postons rapidement, Renaud au coin du bois et moi dans quelques arbres à environ 40 mètres sur l'autre bord de la prairie, avant le bois de droite. J'appelle un moment mais rien ne vient.

Nous reprenons la route puis la quittons pour un chemin de pierre. Un peu plus loin, nous tentons d'appeler sur la gauche du chemin mais rien ne vient. Nous jetons un coup d'œil dans la prairie de l'autre côté du chemin, où Renaud a vu un chevreuil, couché au pied d'un arbre, en chemin. Nous entrons par un passage dans la haie et nous descendons doucement quand j'aperçois un chevreuil sous les noyers en contrebas. Nous nous baissons et nous nous décalons rapidement plus à gauche pour être cachés par le relief du terrain puis passons une clôture pour nous poster derrière quelques arbustes, sous un gros noyer. Je commence à appeler mais me rends vite compte qu'il s'agit d'une chevrette. Elle reste immobile à nous regarder et ne bouge pas plus alors que nous rejoignons le chemin. 

Un peu plus loin, nous repérons un secteur prometteur après une prairie partiellement en friche. Nous nous postons dans en haut d'un bois en forte pente qui forme ensuite un replat d'environ 40 à 50 mètres avant une parcelle de luzerne. J'appelle un moment quand j'aperçois une chevrette suivie d'un brocard qui arrive par la luzerne en contrebas. Je fais signe à Renaud et continue mes appels puis pose mon appeau sur ma poignée d'arc pour continuer à appeler. La chevrette reste en retrait et le brocard s'avance en-dessous de moi à environ 35 mètres. Il semble biaiser vers mon ami, il est méfiant et stoppe brusquement. Il ne veut plus avancer. Je continue les appels mais il fait demi-tour, rejoint la chevrette au trot puis ils disparaissent dans le bois et impossible de les faire revenir.

Nous quittons notre poste et rejoignons la route par le chemin. Nous la longeons un moment sans trouver de secteur où appeler, la luminosité commence à baisser, un gros lièvre démarre dans une prairie sur notre gauche. Nous passons sous un pont pour rejoindre la luzerne où j'avais vu le premier chevreuil en route pour la chasse avec Thierry. En arrivant près de la luzerne, nous observons un instant sans rien voir et décidons de nous approcher au travers d'un bois clair, tapissé d'herbes hautes et sèches. Nous avançons doucement quand une chevrette démarre dans la luzerne sur notre droite et prend à gauche au coin du bois, dans la luzerne qui tourne autour de ce dernier. Nous nous avançons encore un peu pour nous poster quand un autre chevreuil démarre à plus de 150 mètres dans la luzerne, saute par-dessus la clôture et stoppe dans la prairie desséchée qui remonte au-dessus pour regarder vers nous. Nous nous calons rapidement et je commence à appeler. Un autre chevreuil surgit d'un bosquet sur notre droite à plus de 200 mètres et fonce vers nous à travers une petite prairie desséchée. Il saute par-dessus la clôture qui délimite la luzerne et fonce droit sur nous. Alors qu'il se rapproche, je reconnais une chevrette. Je continue mes appels en espérant faire venir un brocard mais rien, le chevrette stoppe à environ 70 mètres près de la clôture fait de courts allers retours le long de cette dernière puis repart en aboyant d'où elle arrive. L'autre chevreuil, en face, ne veut pas bouger et la luminosité tombe vite. Nous retournons vers la route pour tenter d'aller appeler un peu plus loin. Alors que nous avançons tranquillement et passons un bosquet, j'aperçois 3 chevreuils. Il me semble reconnaître un gros brocard et 2 chevrettes, je stoppe Renaud. Nous nous calons rapidement et je commence à appeler mais comprends vite qu'il s'agit d'une chevrette et ses faons. Je continue à appeler un peu quand une chevrette surgit du bosquet de gauche au grand galop fait de brusques crochets dans le chaume de blé puis s'enfuit de cul pour disparaître au loin alors que la chevrette et ses faons rentrent à couvert sur la droite.

Nous continuons sur la route, il fera vite nuit, nous décidons d'appeler une dernière fois dans un grand chaume de blé. Alors que nous nous avançons, un chevreuil démarre et rentre au bois. Nos appels ne donneront rien. La nuit tombe alors que nous pressons le pas pour rejoindre la voiture. Nous partons ensuite chercher mon brocard avant de rentrer. En rentrant dans l'ancienne truffière, je fais démarrer un animal près des tripes. Il pousse des cris que je n'ai jamais entendus et tourne dans le bois près de moi sans vouloir s'éloigner. Je tente de l'apercevoir dans le faisceau de ma lampe sans succès avant de récupérer mon chevreuil pour retourner à la voiture. Thierry a lui aussi fléché un très beau brocard et est entrain de le dépecer à notre arrivée.

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Samedi 30 juillet

Ce matin, le réveil sonne vers 5h40, nous allons chasser à trois avec Renaud et Thierry. Nous nous garons près d'une zone clôturée où parurent des vaches limousines. Nous prenons le chemin de terre pour aller nous poster un peu plus loin en bordure d'un bois. Nous nous répartissons et je commence à appeler, j'insiste un moment mais rien ne vient. Nous repartons sur le chemin pour rejoindre un passage qui rejoint une grande prairie desséchée, enclavée dans les bois. Mes amis se postent sur la gauche en bordure du bois, près de la prairie et je me poste sur la droite du passage également près de la prairie, derrière un gros arbre. J'appelle un moment quand un brocard surgit du bois, au coin de la prairie et vient stopper net à 25 mètres devant moi. Il regarde tout autour de lui puis fait brusquement volte-face pour revenir d'où il vient sans que nous puissions réagir. Je tente un moment de le rappeler mais il ne reviendra pas.

Nous reprenons le chemin puis partons pour une petite prairie enclavée dans le bois. Thierry reste en retrait, je pars avec Renaud pour nous poster sur la gauche de la petite prairie à quelques mètres dans le bois. Je commence les appels. Au bout d'un moment, il me semble entendre marcher dans le bois de l'autre côté de la prairie. Les bruits cessent régulièrement puis reprennent. J'insiste, fais des séries d'appels brefs et des séries d'appels en enfonçant la poire à fond. Au bout d'un bon moment, j'aperçois un mouvement sur ma gauche, un chevreuil arrive en contournant la prairie par l'intérieur du bois. Je poursuis les appels brefs. Il avance un peu, stoppe un moment, avance encore un peu puis semble se désintéresser totalement des appels alors qu'il est à environ 45 mètres. J'aperçois ses bois, c'est un jeune brocard. Je lance un appel en enfonçant la poire à fond et l'accroche à nouveau. Il recommence à venir doucement. Des aboiements se font entendre au loin derrière le bois de l'autre côté de la prairie. Je pose mon appeau sur la poignée d'arc et arme alors qu'il est à environ 30 mètres et cherche d'où viennent les appels. Je le guide avec quelques petits appels étouffés et le suis dans mon viseur. Il stoppe de 3/4 face à environ 8 mètres. Je cale ma visée en avant de son épaule et décoche. Foudroyé, il s'écroule sur place. Je me précipite pour l'achever, mais le temps de sortir mon couteau, il s'immobilise. Ma flèche est restée en travers, l'empennage  est resté pris dans une vertèbre et la pointe ressort au ras du cuissot opposé au côté du tir. Je dégage ma flèche, appose mon bracelet et lui rends les honneurs avant de faire quelques photos souvenir.

Un superbe séjour lotois chez mon ami Thierry, 28, 29, 30 juillet 2022

Je vide ensuite mon brocard et attache ses pattes pour le porter.

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Nous partons pour tenter d'appeler un peu plus loin autour d'une autre prairie enclavée d'où semblaient venir les aboiements. Je pose mon brocard dans une bande d'arbres puis nous nous répartissons autour de la prairie en forme de cuvette. Thierry se poste dans le bois, sur un côté et nous partons avec Renaud sur l'autre côté  bordé d'un bois épars. Renaud se poste et je m'avance un peu plus puis commence à appeler. Après un instant, Renaud voit arriver sur nous un gros brocard qui surgissant du bois traverse une combe en luzerne pour remonter au travers du bois épars où nous sommes postés. De mon poste, je ne vois rien et continue mes appels, le brocard disparaît de la vue de Renaud un instant au fond de la combe puis bifurque pour remonter dans le bois à environ 40 mètres, en parallèle de nos postes pour prendre le vent avant de nous sentir et de redescendre en aboyant dans la combe. N'ayant rien vu de cela, je continue mes appels et alterne par moment avec des aboiements. Le brocard hésite, revient plusieurs fois vers nous mais ne remonte pas. Il aboie et je lui réponds un moment avant qu'il ne se décide à s'éloigner en protestant. Je quitte mon poste et c'est alors que Renaud m'explique ce qu'il vient de se passer.

Je récupère mon brocard et nous retournons à la voiture pour changer de secteur. Nous chargeons mon brocard mais avant de partir Thierry décide de tenter notre chance de l'autre côté de la route autour d'une prairie. Nous rentrons par un passage, Thierry se poste sur la gauche en lisière, je me poste un peu plus loin à sa droite, au fond de la prairie et Renaud encore plus à ma droite. Je me tourne face à la prairie et commence mes appels. Au bout d'un moment, un joli brocard arrive par ma gauche, en face de Renaud, en longeant l'autre côté de la prairie à environ 60 mètres. Il s'avance un peu sur les appels puis devient inquiet et s'enfuit en longeant l'autre côté de la prairie. J'appelle encore un peu mais ne le voyant pas revenir, je le pense parti et commence à quitter mon poste mais vois alors Renaud qui proteste. Le chevreuil avait fait une boucle pour revenir à 20 mètres de lui, sur sa gauche et je viens de le faire fuir. Je m'en veux, je n'ai pas été assez patient et je viens de faire perdre une occasion de tir à mon ami. Nous retournons à la voiture et reprenons la route.

En chemin, nous apercevons, de la voiture, un brocard qui longe tranquillement un bois, en bordure d'une luzerne, à environ 70 mètres de la route. Nous passons derrière un bois qui borde la route et nous camoufle. Je pars avec Renaud pour rejoindre le coin du bois pour tenter d'appeler et faire tirer mon ami. Renaud se poste au coin du bois, je tente d'appeler un moment mais rien ne venant nous reprenons la voiture pour aller nous garer plus loin. En route, nous apercevons un vol de palombes voletant au-dessus d'un chaume de blé et se posant régulièrement pour glaner les céréales oubliées au sol. Un renard est tapi au sol, au milieu des oiseaux et semble attendre l'erreur de l'un d'eux. Nous passons à environ 70 mètres de lui en voiture et il s'écrase au sol comme pour éviter que nous l'apercevions. Thierry voulait jeter un coup d'œil un peu plus loin, ne voyant rien, nous faisons demi-tour et repassons devant le renard qui n'a pas bougé. Il s'écrase à nouveau au sol mais, alors que nous nous garons au départ d'un chemin forestier, Il se redresse et fuit vers le bois au loin. Il stoppe un instant avant d'y rentrer et regarde vers nous puis rentre à couvert.

Nous longeons un moment le chemin jusqu'au départ d'un autre chemin sur notre gauche. Il longe un bois et une grande parcelle de luzerne entourée de bois. Une bande d'arbres borde la droite du chemin le long de la luzerne. Thierry se poste au départ du chemin, Renaud un peu plus loin au bord du bois et je me poste encore un peu plus loin en bordure du bois. Alors que je m'enfonce de quelques mètres dans le bois sur un tapis de feuilles sèches, un brocard démarre en contrebas, sur la gauche du chemin et sort dans une prairie à environ 100 mètres. Je fais signe à mes amis et démarre rapidement les appels. Le brocard stoppe et revient en bordure du bois puis se met à aboyer. J'insiste et poursuis les appels ce qui fait arriver une chevrette dans le bois sur ma gauche. Elle tourne, à environ 30 mètres, sans vouloir se rapprocher plus, le brocard et elle aboient régulièrement et je commence à leur répondre. Ils tournent et hésitent mais finissent par s'éloigner. Pensant la partie terminée, je quitte mon poste et entends les protestations de Renaud sur qui arrivait un beau brocard au galop. Il avait armé et l'attendait. Je viens encore de lui casser sa chasse, je n'imaginais pas qu'un autre brocard allait arriver par la luzerne. Je suis confus. Je tente de rappeler le brocard qui est retourné près du bois mais il regarde un moment vers nous sans bouger puis rentre au bois.

Nous reprenons le chemin principal puis le quittons pour s'enfoncer un moment dans le bois par une grosse coulée très marquée. Nous arrivons ainsi au niveau d'un cirque boisé qui descend vers une parcelle de sorgho fourrager. Je me poste au milieu, au sommet du talus, Thierry à ma droite et Renaud de l'autre côté, chacun à environ 20 mètres de moi près de la pente raide. Je commence mes appels et insiste un moment en alternant les séries d'appels brefs et d'appels en écrasant la poire au maximum. Je finis par apercevoir un léger mouvement dans le fond du cirque à environ 100 mètres sur ma droite. En cherchant du regard, je distingue alors une tête de chevreuil qui dépasse de la végétation. Je poursuis mes appels mais le chevreuil se met à aboyer, je lui réponds par des aboiements en alternant avec des appels à l'appeau. Un autre chevreuil arrive dans mon dos vers Renaud en aboyant en crête mais il stoppe à bonne distance et n'ose pas approcher plus.  Après plusieurs minutes sans voir le chevreuil en contrebas, alors qu'il tourne dans le bois, je finis par l'apercevoir. Il aboie régulièrement et je lui réponds de façon agressive pour le provoquer. Il hésite tourne alors que l'autre chevreuil s'est éloigné en aboyant. Il finit par se décider et amorce une courbe pour monter sur Thierry mais il stoppe à 18 mètres de mon ami, hésite sans lui présenter d'angle de tir puis rebrousse chemin et disparaît dans le sale en aboyant. Je tente toujours de le faire revenir à l'appeau et à l'aboiement mais il renonce et s'éloigne en aboyant. Alors qu'il est à plus de 150 mètres, je laisse tomber. 

Thierry décide de faire une autre zone avant de rentrer. Nous partons sur la droite pour rejoindre un secteur très similaire, un peu plus loin dans le bois, au-dessus d'une prairie mais, malgré mes appels insistants, aucun chevreuil ne viendra jusqu'à nous. Il est temps de retourner à la voiture pour aller préparer mon chevreuil. Sur le chemin du retour, nous apercevrons une chevrette au gagnage dans une parcelle de luzerne.

Ce soir, Eva la copine de Renaud doit nous rejoindre pour accompagner son homme à la chasse. Je ne suis plus très motivé pour chasser, je ne veux pas rentrer chez moi trop tard et j'ai 3 heures de route. Nous partons chasser avec Thierry et Renaud part avec Eva. Ils nous suivent pour que Thierry leur montre leur secteur de chasse puis nous continuons est nous nous gardons sur le bord de la route. Nous la traversons et passons une clôture pour rentrer dans un bois clair. Le vent souffle de façon soutenue. Un ancien point d'eau asséché a servi de souille à un sanglier qui a couvert les troncs tous proches d'une boue couleur rouille. Nous partons nous poster un peu plus loin mais mes appels resteront sans réponse. Nous partons donc nous poster un peu plus loin dans le bois clair, près d'une zone plus fourrée. Thierry se poste sur la gauche et moi à environ 15 mètres de lui. J'aperçois un champ sur ma droite au travers des branchages. Je commence mes appels et alterne les séries d'appels courts et d'appels en écrasant la poire au maximum quand il me semble entendre un animal arriver côté champ dans une zone de végétation épaisse. Je pivote face au bruit quand un bruit me fait tourner la tête. J'ai juste le temps de voir stopper un jeune brocard dans mon dos et la flèche de Thierry le traverser. Il démarre en trombe mais peine vite à courrir et se fracasse dans la végétation à environ 60 mètres. Je continue à appeler pensant qu'un autre chevreuil est devant moi mais rien ne vient. J'ai dû me tromper dans le positionnement du bruit. Le chevreuil arrivait à vive allure dans mon dos et est passé à côté de Thierry sans s'arrêter, c'est certainement mon mouvement qui l'a fait stopper et lui a coûté la vie. Je me dirige vers mon ami et le félicite. Nous cherchons ensuite sa flèche et la retrouvons avant d'aller chercher son chevreuil. En recoupant la direction de fuite, je trouve le sang et le suivons pour retrouver son chevreuil où je l'avais vu tomber. Sa flèche est plein cœur. Nous faisons quelques photos et en envoyons une à Renaud pour faire monter la pression.

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De son côté, un beau brocard et sa chevrette sont venus sur les appels mais il n'a pas pu tirer et ils se sont éloignés. Nous vidons le brocard puis le ramenons pour le prendre près de la voiture avant de repartir en chasse. 

Nous repartons en chemin inverse et passons la zone du tir pour continuer un moment et nous poster dans un grand bois de gros chênes, le sous bois herbeux est très propre et s'ouvre sur des zone de prairie. Mes appels ne donneront rien, nous partons ensuite nous poster le long d'un chemin forestier, au bord d'une bande d'arbres touffus qui précèdent un bois de grands chênes espacés, séparés par de grandes zones enherbées. Nous sommes tournés vers le bois clair de grands chênes. Thierry est posté à environ 40 mètres sur ma gauche et le vent souffle de lui vers moi. Je commence mes appels, le bruit du vent dans les feuillages ne permet pas d'entendre de loin et je me fais surprendre par une chevrette qui arrive en trombe et passe à côté de moi par une belle coulée venant du sous-bois clair. Elle bifurque pour prendre le chemin, passe dans mon dos et s'éloigne d'environ 50 mètres par le chemin avant que je ne l'a perde de vue. Je reprends mes appels et la vois revenir au galop vers nous. Elle stoppe dans mon dos puis tourne un moment derrière moi à portée de tir. Alors que je me retourne doucement pour l'observer, elle aperçoit le mouvement et détale en aboyant vers Thierry mais revient alors que je reprends mes appels. Elle tourne et retourne en aboyant derrière moi et aucun brocard ne se montre. La chevrette finit par s'éloigner et je décide d'arrêter les appels, nous quittons notre poste pour aller en trouver un autre un peu plus loin.

Alors que nous avançons tranquillement à la recherche d'un poste dans le bois herbeux de grands chênes espacés, un lièvre démarre de son gîte, à quelques mètres de nous, entre les troncs d'un bouquet de chênes. Nous avançons encore un peu en bordure d'une bande dégagée dans le bois qui précède ne zone plus fourrée. Thierry se poste à environ 45 mètres sur ma gauche, je me poste au milieu d'un bouquet d'arbres et arbustes qui me camouflent un peu. Sur la droite du fourré s'ouvre un grand chaume. J'appelle un moment en alternant les séries des 2 types d'appels quand surgissent, comme par magie, sans bruit, une chevrette suivie d'un joli brocard. Ils stoppent à environ 40 mètres sur ma gauche à portée de tir pour Thierry. Ils sont devant lui et regardent tout autour d'eux. Je n'ose plus appeler pour ne pas gâcher l'occasion de mon ami. Je tente de poser mon Buttolo sur ma poignée d'arc mais au même moment Thierry tente d'armer, le chevrette démarre, le brocard sursaute et il filent tous les 2 pour disparaître dans le fourré d'où ils venaient. Je tente de les faire venir à nouveau mais impossible.

Nous quittons notre poste pour rejoindre un chemin qui se dirige vers une ferme d'où viennent des bêlements. Thierry peste d'avoir raté une si belle occasion. Alors que je cherche mon portable dans ma poche, je ne le trouve pas et pense l'avoir perdu. J'espère l'avoir laissé dans la voiture mais je ne m'en souviens pas. Nous décidons de revenir vers la voiture en chassant, il est 20h30. Nous passons la ferme et marchons un moment sur une belle coulée au milieu d'une zone assez fourrée. Alors que nous arrivons sur une zone plus dégagée qui descend vers une culture, Thierry décide de se poster. Il part sur la droite et alors que je me décale un peu à gauche, j'aperçois un grand brocard qui se débine sur la gauche, à environ 70 mètres. Je fais signe à Thierry et attaque rapidement les appels sans vraiment y croire car nous sommes à mauvais vent. Le brocard hésite à revenir mais il nous sent et se met à aboyer en s'éloignant d'avantage. 

Nous quittons ce poste et tentons d'appeler un peu plus loin sans succès puis retournons à la voiture où je retrouve mon portable. Thierry décide d'appeler une dernière fois un bout d'un chemin qui débouche dans un grand chaume avant de partir mais je n'arriverai pas à faire venir de chevreuil. Nous retournons vers la voiture et récupérons le brocard de Thierry avant de rentrer. Je dépose mon ami chez lui, récupère la viande de mes chevreuils et les affaires avant de prendre la route vers 21h15 pour rentrer dans le Gers. En route, j'apercevrai des chevreuils en grand nombre.

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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