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4 octobre 2020 7 04 /10 /octobre /2020 16:19
Un rêve devenu réalité, 4 octobre 2020

Un récit dés que possible (prochainement sur Charc)

Alex

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27 septembre 2020 7 27 /09 /septembre /2020 11:34

Cette année, je voulais reprendre un bracelet de cerf sur le secteur de Camous mais tous les bracelets étaient déjà réservés, j'ai donc dû me rabattre sur le secteur de Beyrède-Jumet où j'ai pu avoir un bracelet de cerf moins de 10 cors (CEM1), une biche et un jeune pour moi et une biche et un jeune pour mon ami Arnaud Lasperches. Je ne connais pas du tout ce nouveau secteur et j'ai commencé à repérer un peu seul durant les 2 sorties que j'ai faites depuis l'ouverture de la chasse. Ce weekend Arnaud doit venir chasser mais la pluie est annoncée pour vendredi, samedi et dimanche, nous décidons de chasser quand même. Arnaud arrivé le vendredi soir, nous partons pour la chasse vers 5h20 le samedi matin sous la pluie. Arrivés sur Beyrède vers 6h30 nous prenons la piste qui remonte jusqu'en haut de la montagne. Le vent a soufflé très fort et souffle encore, la piste est jonchée de feuilles et de petites branches quand nous devons stopper. Un arbre est tombé en travers du passage. Nous devons descendre sous la pluie pour le pousser sur le bord de la piste avant de continuer. Nous arrivons au sommet vers 6h45, il pleut toujours autant et le vent souffle très fort. Il ne fera pas jour avant 30 minutes, je tente d'écouter en ouvrant ma portière mais aucun brame audible. Le bruit du vent et de la pluie coupe le son. Les 2 penchants de la montagne sont très différents, celui qui descend vers Jumet, en face de nous est couvert de prairies, de fougères et de bois de noisetiers alors de la piste remonte au travers d'une zone très boisée de hêtres et de sapins. Jusqu'à ce weekend les sols très secs rendaient l'approche difficile mais j'ai pu approcher des biches et des faons à portée de tir du côté des fougères, je décide donc de laisser ce secteur plus facile à Arnaud et d'aller chasser dans les bois. Alors que le jour commence à se lever la pluie se calme un peu et nous en profitons pour sortir de la voiture pour nous préparer mais le répit est de courte durée, la pluie se remet vite à tomber.

Nous partons chasser chacun de notre côté, je prends un petit sentier sur la gauche de la piste qui longe sous une crête rocheuse composée d'un chaos de gros rochers. Le sommet et le penchant opposé sont couverts d’une large bande de buis où les animaux semblent venir se remiser d'après ce que j'ai pu observer jusqu'à présent. Les fortes pluies de vendredi ont détrempé le tapis de feuilles mortes, ce qui rend ma progression plus silencieuse, mais les fortes rafales de vent ont fait tomber de nombreuses branches au sol et je tente de marcher doucement pour les éviter au maximum. Le sentier débute dans les buis au milieu des rochers couverts de mousse puis le paysage s'ouvre vite sur la pente descendante à ma gauche sur un bois clair de hêtres. Je m'arrête tous les 2 ou 3 pas pour bien observer autour de moi, le sous-bois est encore très sombre. Le vent violent agite les grands arbres qui craquent et grincent de façon inquiétante, aucun brame ne se fait entendre, la pluie tombe mais pour le moment ma veste non étanche me protège. Le sentier descend doucement et rejoint une combe très dégagée et couverte d'une épaisse couche de feuilles mortes, elle descend à une belle souille sur la piste à environ 100 mètres en contrebas. Je décide de la rejoindre et descends en suivant le creux de la combe. Arrivé à la piste, je prends à droite pour la suivre avec le vent dans le dos. Je continue à avancer tout doucement en m'arrêtant très souvent pour observer. Je passe deux zones de régénération ouvertes sur des zones enherbées sur ma gauche, sous le chemin. Pas un animal au gagnage, les zones de hêtres permettant de voir loin alternent avec des zones plus touffues. La droite du chemin s'ouvre sur une belle hêtraie parsemée de blocs de roche et de bouquets de buis et de houx. Alors que je passe une zone de roche qui descend jusqu'au chemin, un léger mouvement attire mon attention à environ 60 mètres, sous un bouquet de buis. Je me fige et observe, un animal tourne sous les arbustes de façon étrange. Je l'observe un instant puis tente de me rapprocher un peu en gravissant le talus rocheux du chemin. Je remonte doucement d'arbre en arbre et gagne environ 15 mètres quand l'animal se détache un peu plus à découvert. C'est un daguet malingre, il tourne un instant sur place nez au sol comme s'il cherchait à prendre une piste à la manière d'un grand chien courant. Je stoppe mon approche car ce n'est pas l'animal que je désire prélever. Le daguet se met à bondir en tous sens comme un cabri puis part nez au sol, d'un pas rapide, en parallèle de la piste. Il stoppe à environ 100 mètres contre un autre petit massif de buis puis se fait les bois contre un arbuste et recommence à sauter comme un cabri en tournant sur lui-même. Il repart nez au sol pour descendre le talus de la piste. Il stoppe en bordure du chemin alors que je suis redescendu sur le chemin, il observe un instant puis disparaît dans la pente sous la piste. Je reprends ma progression lente et aperçois un peu plus loin le daguet qui plonge dans la pente, au grand galop, entre les hêtres, à plus de 100 mètres en contrebas, il a dû me sentir.

Un peu plus loin, la piste s'interrompt. Après un coup d'œil infructueux sur le secteur, je fais demi-tour. En suivant la piste, je remarque une bande enherbée à environ 90 mètres en contrebas dans le bois de hêtres, je quitte la piste et descends pars une sorte de chemin de débardage pour rejoindre cette zone ouverte ou j'espère voir des animaux mais rien ici non plus. Je poursuis ma chasse dans les hêtres en contrebas du chemin quand des geais se font entendre un peu plus loin, j'ai remarqué lors de mes sorties précédentes qu'ils annonçaient systématiquement les grands cervidés. Je redouble d'attention en progressant d'arbre en arbre quand j'aperçois un cervidé à environ 80 mètres devant moi. Je stoppe net près d'un arbre. C'est un faon, il regarde vers moi. Je reste immobile en espérant qu'il m'oublie mais le vent tourne et sa mère que je n'avais pas vue démarre, plus à gauche, en entraînant sa progéniture pour disparaître rapidement dans le bois. Je reprends ma progression lente en essayant de ne pas trop descendre, un peu plus loin, je rejoins une zone de buis couvrant une bande de rochers couverts de mousse. Je redouble d'attention dans ce milieu fermé mais rien, je ressors dans une grande combe clairsemée de hêtres et qui descend en pente prononcée. Alors que j'observe le secteur, je me rends compte que la piste est à environ 100 mètres au-dessus de moi. Alors que je regarde vers cette dernière, j'aperçois furtivement un animal qui détale au grand galop en la suivant pour disparaître rapidement, plus à droite, derrière un bouquet d'arbre planté au bord du chemin. Je décide de remonter la pente très raide pour rejoindre la piste. Une fois cette dernière atteinte, je la suis toujours en mode chasse jusqu'à rejoindre la piste empierrée par laquelle nous sommes montés en voiture ce matin.

Je remonte doucement en suivant la bordure droite de la piste pour tenter d'apercevoir un animal dans la pente en dessous ou en dessus de cette dernière mais rien. Un peu plus loin, je jette un coup d'œil à une belle souille qui se trouve sur la droite d'un ruisselet encaissé qui descend très en pente vers le fond de la vallée. L'eau est claire, les animaux n'y sont pas venus récemment. Un peu plus haut la piste tourne en épingle à gauche pour remonter vers la voiture et une autre piste  part droit, en suivant plus ou moins la courbe de niveau, vers le col de Beyrède. Je m'avance un peu sur cette piste, au milieu de sapins immenses qui couvrent la montagne au-dessus et au-dessous du chemin. J'observe un peu sous les conifères puis prends à gauche pour remonter par un petit sentier assez raide qui grimpe jusqu'à la crête et que j'ai repéré la semaine dernière. Je remonte doucement en surveillant le secteur, les sapins font vite place aux hêtres, quand j'aperçois un beau cerf à environ 200 mètres au-dessus de moi. Il vient de ma gauche et avance tranquillement entre les arbres, il semble porter 6 gros andouillers et le bout de ses bois se finit bizarrement, comme si les dernières pointes ne s'étaient pas développées. Je décide de tenter l'approche. Il me faut faire vite car il est toujours en mouvement, je remonte d'arbre en arbre, en baisant sur la droite pour tenter de le recouper, le plus vite possible tout en essayant de rester discret. Je gagne environ 50 mètres dans cette forte pente mais le cerf presse le pas et je le perds de vue. Je tente de remonter encore au cas où quand une bichette arrive sur ses traces. Je continue à monter mais elle aussi presse le pas. Brusquement, un cerf resurgit plus en arrière que l'endroit où j'avais perdu le gros cerf de vue et les 2 animaux s'éloignent rapidement en remontant vers la crête où je les perds vite de vue. Je poursuis mon ascension vers la crête rocheuse en espérant qu'ils ne sont pas allés loin. Alors que j'arrive à un peu plus de 30 mètres de la crête et que je reviens dans les sapins, un mouvement me fait stopper net. Une bichette vient de se planter de face, à environ 40 mètres, entre deux troncs de sapins serrés et regarde vers moi. Je reste immobile et nous nous observons un instant avant qu'elle ne fasse volte-face pour se débiner derrière des rochers et les sapins. J'aperçois alors les têtes de d'autres biches, bichettes et faons qui se débinent en la suivant. Je les perds de vue derrière une énorme souche d'un sapin tombé au sol alors qu'un grondement d'alerte puissant, certainement celui d'un cerf, retentit au-dessous de moi dans la pente. Pas la peine de tenter une approche sur cet animal, j'utilise l'écran formé par le plateau de racines de la souche pour tenter de m'approcher rapidement mais je fais démarrer une autre bichette à un peu plus de 15 mètres sur ma gauche alors que je passe les sapins où se tenait la bichette de face. Alors que j'arrive à la souche, je ne peux que constater que les biches et les jeunes sont déjà loin.

Je remonte donc sur la crête rocheuse pour la suivre, en espérant surprendre des animaux de part et d'autre. La montagne sous la pluie est plongée dans le brouillard qui cache les sommets alentour et réduite la visibilité à environ 60 mètres. J'avance tout doucement sur les rochers parfois glissants et chaotiques. Le sol dur a tout de même l'avantage d'être très silencieux. Je jette un coup d’œil, à chaque fois que cela est possible, de part et d'autre de la crête quand j'aperçois un cerf au gagnage, à environ 15 mètres sur ma droite. Un rapide coup d’œil à ses bois, c'est un 8 pointes, il broute dans la pente, tête vers le bas. J'arme doucement mon arc. Le cerf s'avance un peu, tout en mangeant au sol, et pivote légèrement vers moi pour se retrouver et très léger 3/4 avant. Mon pin's est calé sur son épaule mais je ne sens pas le tir, je crains de toucher l'os de la patte avant ou l'omoplate et préfère attendre un peu en espérant que le cerf pivote à nouveau mais dans l'autre sens. Brusquement, il relève la tête et regarde vers moi. Nous restons tous 2 immobile un court instant puis il démarre et fonce dans la pente pour stopper plein travers à environ 50 mètres en contrebas. Mon viseur est sur lui mais il est trop loin, je désarme et le cerf repart en plongeant dans la pente. je me dis que je viens de laisser filer l'occasion de la journée mais me console en me disant qu'il vaut mieux ça qu'une mauvaise flèche. 

Je reprends ma progression lente au milieu des rochers. Un peu plus loin, je stoppe net en apercevant sur la gauche, côté feuillus, un cervidé au gagnage. Son pelage est clair et une ligne noire est bien dessinée sur son dos mais les rochers me cachent la zone vitale et la tête de l'animal qui broute au sol. Je n'ai pas le réflexe d'armer tout de suite, l'animal relève la tête et m'aperçois sans vraiment m'identifier. C'est un jeune de l'année, j'aurais dû armer mon arc car maintenant je ne peux plus bouger sans être repéré. Je reste figé et attends en espérant qu'il baisse la tête mais après un moment sans bouger, le jeune animal démarre et fuit dans la pente où je le perds vite de vue. Presque au même moment, un brame retentit un peu plus en avant. Je progresse rapidement derrière des rochers puis revient sur la gauche pour tenter d'apercevoir le cerf mais sans succès. J'avance tout doucement en ouvrant bien les yeux mais impossible de voir quoi que ce soit. J'arrive au bout des rochers un peu plus loin et descends sur un sorte de replat séparant les feuillus des conifères. Je regarde un peu les alentours puis décide de redescendre par un sentier sur le penchant des feuillus. Le chemin descend rapidement et alors que je suis à environ 70 mètres en dessous de la crête, je change d'avis et décide de prendre la courbe de niveau pour  avancer en parallèle de la crête. Je progresse doucement en suivant une belle coulée. Alors que j'arrive sous l'endroit où se trouvait le faon, je l'aperçois, dans le brouillard, couché en boule contre un gros hêtre à environ 60 mètres en contrebas. Je me fige, il regarde vers moi. Je recule tout doucement pour qu'un gros hêtre, à mi-distance entre nous, me cache de sa vue. Je descends ensuite doucement vers cet arbre pour tenter une approche sans voir le faon mais alors que j'arrive au pied du gros hêtre, le faon a disparu. Je m'approche de l'endroit où il était couché, espérant le voir mais il a disparu.

Je remonte donc vers la coulée que je suivais quand du bruit me fait lever les yeux, un cerf vient de démarrer dans les fougères à 60 mètres au dessus de moi. Il file au grand galop dans le brouillard et disparaît rapidement. Je reprends ma progression, remonte doucement vers la crête et la longe tranquillement jusqu'à rejoindre la voiture sans voir d'autre animaux. Il est près de 11 heures, je suis trempé, Arnaud n'est toujours pas revenu à la voiture, je décide donc d'aller faire un tour dans la bande de buis qui longe la crête sous laquelle j'ai attaqué la chasse ce matin. Je reprends le sentier de ce matin jusqu'à la combe que j'ai suivi pour descendre sur la piste en contrebas mais cette fois je remonte au travers du chaos de rochers couverts de mousse pour passer la crête puis me frayer un chemin au travers des buis en suivant les passages d'animaux. J'avance tout doucement quand un bruit me fait stopper net. J'aperçois alors une tâche rousse au travers des buis à environ 20 mètres. En observant plus à gauche, j'aperçois la tête de l'animal. C'est une biche, elle regarde vers moi sans réussir à m'identifier. Un mouvement plus à gauche trahit alors son jeune qui revient vers elle. Je reste immobile en attendant qu'elle s'éloigne tranquillement puis reprends ma progression. Pas d'autres animaux, je ressors dans les fougères un peu plus loin puis remonte vers la voiture. Arnaud n'est toujours pas rentré, je décide de descendre tranquillement par la piste qui descend vers Jumet pour aller jeter un coup d'œil dans les prairies en contrebas.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

La pluie s'est calmée un peu. Alors que j'avance doucement et que je vais arriver au dessus de la première prairie, un animal démarre sur la droite du chemin sous quelques noisetiers. Je me fige et accroche mon décocheur. Un cerf, portant des bois étranges de 2 pointes chacun, surgir plein travers dans les fougères au dessus des noisetiers. J'arme mon arc, il est à environ 25 mètres au dessus de moi. Le temps d'aligner ma visée, il repart et disparaît un court instant derrière un arbuste puis s'avance et se replante plein travers à découvert dans les fougères. Mon pin's se cale sur son coffre et je décoche. Touché il fait un grand bon sur place et une grosse quantité de sang jaillit de la blessure d'entrée qui me semble trop haute. Le cerf démarre ensuite pour remonter vers la crête et je le perds vite de vue.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Vu le temps et la pluie qui recommence à retomber, je décide de ne pas tarder pour attaquer la recherche car le temps va jouer contre moi. Vu la quantité de sang perdu au départ, je suis confiant sur le résultat du tir. La pluie effacera vite le sang, je remonte rapidement vers l'endroit du tir dans la pente très raide mais je ne retrouve plus l'endroit du tir. Il me faut un instant pour comprendre que je cherche un peu trop à droite, je me suis trompé d'arbuste. Je finis par me refaire la scène dans ma tête et comprends mon erreur, je trouve alors rapidement le sang qui a jaillit sur les fougères.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Je trouve beaucoup de sang à l'endroit du tir et sur les premiers mètres mais la piste devient ensuite très difficile à suivre, je dois contrôler les diverses coulées pour trouver des gouttes ou traces de sang qui sont souvent espacées de plusieurs mètres et qui sont de moins en moins marquées.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020
Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Le sang s'interrompt brusquement et impossible de le retrouver. Je tourne un moment en cherchant en suivant les coulées sans trouver le moindre indice,  je m'avance donc sur les coulées quand j'aperçois mon cerf mort au travers des genêts sur ma gauche. Heureusement, il n'a pas fait plus de 40 mètres. Au moment où je perds le sang, il a pris à angle droit sur la droite, ne pouvant plus monter et est mort 10 mètres plus loin dans les fougères.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Je fais le tour par une autre coulée et rejoins mon cerf qui a glissé sur le flanc pour venir se caler contre un genêt où il a perdu beaucoup de sang. Ses bois sont vraiment particuliers, il sont légèrement torsadés un peu comme les cornes d'un koudou mais moins prononcé quant même. Je suis vraiment content de mon prélèvement, c'était un cerf à éliminer.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Je dégage un peu mon cerf de la végétation pour lui apposer son bracelet, ma flèche rentre plein coffre , où je visais, et ressort haute, juste en dessous du filet. Je fais quelques photos 

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020
Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

avant de le ramener à la voiture qui est à 200 mètres environ. Je remonte le cerf jusqu'à la crête, un peu plus haut, puis le traine en longeant la crête avant de descendre jusqu'à la piste où je suis garé. Arrivé à la voiture, je vide mon cerf et tente de le charger mais je dois attendre Arnaud pour le monter dans le coffre de ma voiture. J'en profite pour refaire quelques photos.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Nous sommes trempés, Arnaud n'a pas pris de rechange, nous décidons donc de rentrer après avoir dépecé et découpé le cerf à la salle des chasseurs de Beyrède

 

Alex

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9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 22:18

Ce soir, en sortant du boulot, je pars pour Saint Arroman. Je me gare près de la ferme mais alors que je me prépare je me rends compte que j'ai oublié ma cagoule. Il me faudra faire sans, je pars à pied en longeant les mais pour rejoindre mon poste dans un bosquet un peu plus haut. Je suis une coulée de blaireau pour rejoindre une petite clairière et me poste en bordure du sale entre 2 arbres. Devant moi, un ruisseau asséché couvert de ronces. Un ancien chemin gagné par la végétation le traverse un peu plus à ma gauche. Une belle coulée passe à 5 mètres sur ma droite pour contourner un gros arbre mort.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Sur ma gauche, la clairière s'ouvre sur environ 15 mètres jusqu'à un gros arbre creux où les sangliers viennent régulièrement se frotter. Une belle coulée sort du ruisseau pour rejoindre ce frottoir. Le vent n'est pas bon pour le moment mais je sais qu'il va tourner dans la soirée. Il souffle soit dans mon dos, soit sur ma droite. L'attente commence, il est 18h30. Le sous-bois est calme à peine perturbé ponctuellement par le chant d'un faisan, la chute d'un gland ou le passage d'un petit rongeur dans les feuilles mortes. Quelques oiseaux passent par moment. Vers 19 heures le vent se pose totalement, seul un infime mouvement d'air subsiste face à moi comme de l'indique la poussière terreuse que je laisse tomber entre mes doigts. Vers 19h15, des bruits de pas se font entendre dans le sous-bois en face de moi. Le pas semble lourd mais je ne saurais pas dire s'il s'agit d'un chevreuil ou d'un sanglier. J'accroche mon décocheur et me tiens prêt. Les bruits se rapprochent quand j'aperçois un petit arbuste qui s'agite à environ 30 mètres devant moi. Impossible de voir l'animal au travers de la végétation très dense. Les bruits de pas reprennent et viennent toujours vers moi. La végétation s'agite devant moi à environ 20 mètres mais toujours impossible de voir l'animal qui biaise sur ma gauche pour traverser le vieux chemin gagné par les ronces.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

L'animal traverse le chemin mais le bourrelet de végétation qui le borde m'empêche de le voir passer. Un léger mouvement dans la végétation au bout d'un gros tronc tombé au sol et couvert de végétation m'indique son passage. Très rapidement, j'aperçois le haut du dos d'un sanglier d'environ 50 kilos qui longe derrière le tronc. J'arme mon arc mais le gros tronc cache sa zone vitale. Il se tourne de face et se rapproche du tronc pour disparaitre un instant derrière. Je désarme. J'espère le voir sortir au bout du tronc à environ 8 mètres sur ma gauche car une coulée débouche sur la clairière mais il finit par repartir en longeant le ruisseau asséché.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

J'arme mon arc mais la végétation ne me permet pas un tir sûr. Je le laisse s'éloigner et désarme. Il avance doucement en suivant le lit asséché, disparaît un instant derrière les arbres puis réapparaît un instant à environ 20 mètres de 3/4 arrière mais la zone vitale est toujours caché. Il s'avance encore un peu et je le perds de vue mais l'entends un instant dans la végétation avant le retour du calme pendant un instant. Alors que le pense parti, du bruit attire mon regard vers l'endroit où je l'ai perdu de vue. La végétation s'agite sur la gauche du ruisseau et le sanglier remonte le petit talus avant de venir vers moi. Il stoppe de face) environ 15 mètres et se frotte énergiquement contre un arbre puis repart vers moi jusqu'à un petit écran de houx d'environ 2 mètres de long, un peu en avant du gros arbre creux. Il bifurque à angle droit pour remonter vers le haut du bois. J'arme doucement mon arc. Il sort à découvert plein travers au bout des houx, en face du gros arbre creux. Mon viseur se cale derrière son épaule et je décoche. Touché il fait volteface pour repartir d'où il vient.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Il repasse derrière le gros tronc couché

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

puis remonte le penchant opposé pour stopper à environ 50 mètres. Sa respiration suffocante et encombrée est entrecoupée de grognements. Des sifflements humides sont bien audibles ce qui me mets en confiance sur la létalité de ma flèche mais le temps passe et le sanglier tourne toujours dans le sous-bois sur une zone limité sans vouloir tomber. Refroidi par la perte de mon dernier sanglier, je décide de rester un moment sans bouger avant de faire quoi que ce soit. Après de longues minutes, le sanglier s'éloigne un peu mais continue à souffler et grogner. Je décide d'aller voir ma flèche tout doucement.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Je la retrouve plantée dans le tronc, une vanne est légèrement décollée. Le fut et les vannes sont couverts de sang mais il n'est pas très abondant.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Je remets ma flèche au carquois et retourne me poster tranquillement. Le sanglier se fait toujours entendre pendant un moment puis le calme revient vers 19h45. Je décide d'attendre encore un peu, je me repasse la scène dans ma tête, ma flèche me semble bonne mais quelque chose ne tourne pas rond. Avec une flèche de coffre, mon sanglier devrait déjà être mort. Vers 20 heures, je me décide à quitter mon poste pour débuter ma recherche. Je recoupe la direction de fuite près du gros arbre creux mais ne trouve pas tout de suite le sang. Je contrôle les 2 coulées possibles et finis par apercevoir des petites gouttes sur un bout de bois et quelques feuilles mortes, à quelques mètres de l'endroit du tir, à moins de 2 mètres du ruisseau asséché.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Je suis la coulée qui descend dans le ruisseau en suivant quelques grosses gouttes espacées.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020
Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Les gouttes longent derrière le gros tronc tombé au sol. 

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Le sang n'est pas extrêmement abondant mais assez facile à suivre.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020
Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Le sanglier a suivi une grosse coulée qui serpente au milieu des ronces puis remonte dans le bois. Le sang devient, petit à petit, de plus en plus abondant. La luminosité baisse vite dans le sous-bois et je continue ma recherche à la lueur de ma frontale.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

En le suivant, je tombe sur une reposée debout où le sanglier a fait une halte.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Le sang devient très abondant, le sanglier a dessiné régulièrement des lignes de sang ininterrompues sur plusieurs mètres. 

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

La piste très abondante s'enfonce dans les épines noires, je laisse mon arc au sol pour pouvoir avancer plus tranquillement. Les épines noires, assez serrées, me griffent les flancs et les épaules. Un peu plus haut, je tombe sur une reposée debout puis une seconde.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020
Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

La piste toujours très abondante rentre maintenant dans un roncier inextricable. Je dois progresser à 4 pattes sur les épines dans un tunnel très étroit pour suivre le sang mais alors que j'ai juste fait quelques mètres un animal démarre juste à quelques mètres de moi. Je stoppe net, l'animal stoppe à quelques mètres plus loin. Une respiration très difficile de fait entendre. C'est mon sanglier, 45 minutes après le tir, il n'est toujours pas mort. Je reste un instant immobile à l'écouter. Il semble très mal en point et ne bouge pas. Je fais doucement marche arrière pour aller chercher mon arc. Les ronces lèvent mon T-shirt et me lassèrent le dos. Sorti des ronces, je suis le sang à contre-pied et repasse les épines noires pour récupérer mon arc avant de devenir vers les ronces. Le sanglier n'a pas bougé, il respire toujours aussi fort. Je décide de rester devant le roncier à l'écoute, en espérant que le sanglier sera vite mort et pour ne pas risquer de le pousser plus en avant si je tente de le rejoindre. Les minutes passent, posté devant ce mur de plusieurs mètres de haut de ronces alors que la nuit s'installe. Le sanglier commence à bouger un peu puis semble se débattre en grognant, pousse un gros souffle roque avant de se mettre à respirer très vite. Son souffle baisse en intensité et le sanglier bouge bruyamment sur place puis plus rien. Après quelques secondes de calme un grognement étouffé se fait entendre puis le calme s'installe. J'écoute encore un court instant le silence dans la nuit noire puis décide de reprendre ma recherche. Je recommence à suivre le sang à 4 pattes dans le tunnel de ronces. Le passage devient très étroit et je dois ramper sur un tapis d'épines pour suivre le sang. Les épines se plantent dans ma chair et le lassèrent de partout. Ma progression est très compliquée surtout avec mon arc que je dois pousser devant moi et qui s'accroche partout dans les ronces.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

La coulée débouche sur une grande bauge de plus d'un mètre de diamètre. Le sol poussiéreux, bien dégagé est couvert de sang partiellement imbibé par la terre très sèche. Je traverse la bauge en rampant pour rejoindre le tunnel de ronces au fond de la couche du sanglier. Arrivé à ce dernier, le sang stoppe brusquement et le tunnel se divise en 2. Je ne peux pas me permettre de me tromper car je ne pourrai pas faire demi-tour. J'éclaire plus en avant dans les 2 passages et aperçois quelques traces de sang frotté sur des ronces à quelques mètres dans le tunnel de gauche. Je reprends ma progression sur environ 5 mètres mais le tunnel se divise à nouveau en 3. J'éclaire dans les 3 passages sans voir de sang, impossible de trouver la suite de la piste. Je n'ai pas le choix, il me faut choisir un passage et tenter de m'y avancer. La brûlure des écorchures devient insupportable mais je n'ai pas le choix. Je m'avance dans le tunnel du milieu qui tourne quelques mètres plus loin, à angle droit sur la droite pour rejoindre une nouvelle bauge où j'aperçois mon sanglier couché sur le flanc, tête à l'opposé de ma position. Une plaie sanguinolente basse est visible derrière sa patte droite. Je l'éclaire un court instant sans bouger. Il est mort.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Je m'avance un peu pour le saisir par une patte arrière et tente de le tirer vers moi mais il est pris dans les ronces et je n'ai aucune force allongé sur le ventre.  Je laisse mon arc et m'avance dans la bauge pour tenter de dégager le sanglier. Je m'aperçois alors que la sortie de la bauge revient en arrière sur le tunnel principal. C'est le passage de droite sur j'ai laissé tout à l'heure mais le tunnel est extrêmement étroit. Je décide donc de repartir par là d'où je viens. J'attache le sanglier par le groin avec la laisse que j'ai toujours à la poche. Je pivote non sans mal et retourne le sanglier tête vers l'entrée de la bauge puis rampe vers mon arc en tirant la laisse mais je n'ai pas de force dans cette position. Je me retourne sur le dos pour tirer le sanglier sur moi et progresse ainsi en poussant mon arc devant moi et en tirant le sanglier sur mes genoux à chaque fois que j'ai parcouru un mètre sur le dos.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Je suis griffé de partout et le contact des épines devient insupportable. Je ressors enfin du roncier vers 21h30. Il me faut encore ressortir du bois. En suivant la piste au sang à l'envers, je rejoins la clairière non sans devoir tuer quelques frelons qui attaquent régulièrement le faisceau de ma frontale. Je profite du découvert pour faire quelques photos souvenirs de mon petit ragot de 50 kilos environ.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Ma flèche entre au niveau du cœur

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

et ressort basse, 10 centimètres derrière la patte opposée.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Il me faut encore tirer mon sanglier sur près d'un kilomètre jusqu'à ma voiture où j'arrive en nage. Rentré chez moi, je constate en vidant mon sanglier que ma flèche a profondément entaillé le cœur. La résistance des sangliers est vraiment incroyable.

Un sanglier nommé galère, 9 septembre 2020

Alex

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4 septembre 2020 5 04 /09 /septembre /2020 08:33

Ce matin, je décide d'aller faire le tour des maïs de Saint Arroman, histoire de voir si je ne pourrais pas croiser un sanglier ou un renard. J'arrive sur place alors qu'il fait encore nuit, la pleine lune éclaire le paysage. Je me prépare tranquillement puis pars en longeant les maïs par la gauche pour arriver au-dessus des cultures au lever du jour. Je passe un premier lac puis longe un bosquet qui me sépare d'un second plan d'eau. En arrivant au bout de ce dernier, je débouche à la pointe du lac et fais décoller 2 colverts qui alertent de leurs cris d'autres canards posés plus loin, les faisant décoller à leur tour. Je passe sur la gauche du ru d'alimentation et le longe pour rejoindre le bord d'un petit bois. Arrivé en lisière, je remonte sur ma gauche en la suivant jusqu'au coin du massif d'où part un chemin enherbé qui sépare le bois d'une parcelle de maïs. Je suis doucement ce sentier en tendant l'oreille alors que le jour se lève. Un chevreuil aboie dans le bois, quelques faisans poussent leurs cris dans la friche de l'autre côté du bois. J'arrive au bout du maïs, en longeant la haie qui fait suite au bois, sans rien voir. Un coup d'œil infructueux sur la prairie fauchée qui fait suite au maïs puis je fais demi-tour pour rejoindre un passage de sanglier, un peu plus loin, qui me permet de traverser la haie non sans m'accrocher à quelques ronces. Je reviens vers les maïs en progressant doucement dans la grande friche tout en surveillant les alentours. Rien en vue, je longe maintenant le fossé qui borde le haut des maïs côté friche. Quelques élanions blancs matinaux survolent déjà la friche en quête d'une proie. Le maïs fait place à une parcelle de luzerne sur ma droite, elle-même suivie par une parcelle de sarrasin qui descend jusqu'au ru en bas de la combe. Je longe toujours le fossé et la friche fait place à un tournesol. Arrivé au bord du ru, je prends à droite et le suis. J'arrive au bord d'une mare un peu plus loin. Un petit remous agite l'eau à quelques mètres de moi dans la végétation qui borde la berge mais alors que je pense voir un ragondin, c'est une belle poule d'eau qui s'avance sur l'eau. Elle met quelques secondes avant de se rendre compte de ma présence et de plonger. Elle rentre dans un terrier sur la droite du petit plan d'eau. Je m'approche du bord alors que l'eau s'agite sous la végétation pendante qui borde la berge de droite. La poule d'eau refait surface à environ 2 mètres du terrier, contre la berge puis replonge en m'apercevant. Je tente des cris de petit ragondin. Presque immédiatement, l'eau s'agite à environ 7 mètres contre la berge de gauche puis une ligne de bulles se dessine à la surface de la mare. J'arme mon arc mais le ragondin rentre directement dans un terrier de la verge opposée sans faire surface. Je poursuis un peu les appels mais l'eau s'agite un court instant devant le terrier puis le calme revient.

Je quitte mon poste et continue à longer le ru en bordure d'un chaume qui remonte jusqu'au maïs sur ma droite. Une parcelle de sarrasin longe l'autre rive du ru. A une centaine de mètres devant moi, une silhouette étrange m'interpelle, il s'agit d'un héron qui finit par décoller. Alors que je suis en train de le dire que je n'ai vraiment pas vu grand-chose ce matin, j'aperçois un gros ragondin qui grignote un épis de maïs à environ 80 mètres sur ma droite, au coin de la parcelle bordée par un chemin de terre qui rejoint la ferme un peu plus loin. En face du coin du maïs se trouve une grande mare dont la berge haute est bordée par une bande boisée. Un gros chêne sur la bordure droite du chemin, à environ 20 mètres du coin du maïs, fera un écran parfait pour une approche. Je m'avance de quelques mètres le long du ru pour positionner l'arbre entre moi et le gros rongeur puis je remonte rapidement droit sur le chêne sans voir le ragondin. Alors que je ne suis plus qu'à 10 mètres du chêne, j'aperçois un second ragondin qui semble énorme. Il vient de sortir de la bordure arbustive de la mare et se dirige vers l'angle du maïs en traversant le chemin. Je le perds vite de vue derrière l'arbre. Une fois le chêne atteint, je me décale doucement sur sa droite mais le premier ragondin que j'avais vu au départ retourne tranquillement vers la mare avec son épi à la gueule. Je tente d'avancer doucement mais il accélère et disparaît dans la végétation qui borde le plan d'eau puis se met à ronner. Le second ragondin est toujours au coin du maïs, de cul, tête haute, à l'écoute. Je reste immobile et attends un peu, il baisse la tête et ne peut plus me voir, je commence à m'avancer vers lui mais il commence à se débiner vers la mare. Je me fige. Il sort du maïs d'environ 2 mètres, stoppe, écoute un court instant puis fait demi-tour et retourne dans le maïs. Je reprends mon approche lente alors qu'il se dresse de dos, sur ses pattes arrière, en appui sur un pied de maïs qu'il commence à couper à grand coup de dents. Je m'approche à environ 10 mètres. À peine le pied de maïs au sol, il se décale plus à droite et se redresse sur ses pattes arrière pour couper un second pied de maïs. J'arme mon arc et m'avance encore de 2 pas alors qu'il attaque le pied qu'il vient d'abattre. J'aligne ma visée sur lui et attends une occasion de tir propre. Il se positionne de face derrière quelques feuilles de maïs et ronge le pied abattu puis arrache l’épi avant de commencer à revenir vers la mare avec sa prise dans la gueule. Je le suis dans mon viseur, il se présente de 3/4 face à environ 8 mètres, bien dégagé sur le chemin. Ma visée se cale sur son épaule et je décoche. La flèche le traverse en propulsant une grande quantité de sang sur le maïs. Le ragondin lâche l’épi, accuse le coup et fait le dos rond. Je me précipite pour le positionner sur la coulée qui revient à la mare et ainsi lui barrer la route. En m'apercevant, le ragondin sonné et qui perd beaucoup de sang se gonfle sur ses pattes tendues et prend une posture menaçante puis charge. Il se jette sur moi gueule ouverte pour me mordre. Je le stoppe en lui donnant un grand coup de pied dans la tête, ce qui le fait rouler bouler vers le maïs. À l'impact, je ressens un choc sur la cheville et entends un bruit cassant. Le ragondin, un peu sonné, se redresse et se remet en position d'attaque mais il perd beaucoup de sang et commence à vaciller. Il tente de repartir mais il chute, tente de se relever, rechute et finit de mourir au milieu du chemin à quelques mètres de moi.

Un ragondin guerrier, 4 septembre 2020

Je pars chercher ma flèche qui est couverte de sang. Le maïs est également couvert de sang sur la zone du tir.

Un ragondin guerrier, 4 septembre 2020

Je remets ma flèche au carquois. Je vais ensuite voir mon ragondin. J'ai cassé une de ses dents de devant en repoussant son attaque.

Un ragondin guerrier, 4 septembre 2020

C'est un beau mâle qui doit faire environ 7 kilos. Ma flèche entre dans l'épaule au niveau du cœur et ressort en arrière des côtes. 

Un ragondin guerrier, 4 septembre 2020

Je le laisse sur place et retourne au bord du ru qui sépare 2 parcelles de tournesol jusqu'à la route. Je passe la chaussée pour suivre la droite du ru, le long des maïs jusqu'au Sousson. Au coin du maïs, je prends à droite pour remonter le long du ruisseau en surveillant les passages de canon successifs. Un peu plus loin, un faisan se débine devant moi avant de rentrer dans la culture. Un peu plus loin, je dérange une poule d'eau dans le ruisseau. J'arrive au bout des maïs sans voir autre chose. Du coin de la culture, j'aperçois un couple de chevreuils au gagnage, à environ 250 sur ma gauche, en bordure du bois, dans une pente en prairie. Je retourne vers ma voiture en passant la route puis en longeant les maïs, poussant un moment un jeune coq faisan devant moi avant qu'il ne s'envole au-dessus de la culture.

 

Alex

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21 août 2020 5 21 /08 /août /2020 11:20

Hier soir, en sortant du boulot, je retourne sur Traversères pour un affût sanglier. Ayant dérangé mon poste habituel, je décide d'aller me poster sur un autre secteur, le vent souffle très fort, face à moi alors que je remonte la combe. Un brocard sur git de la haie que je longe à ma droite, stoppe un instant à un peu plus de 15 mètres devant moi  puis redémarre brusquement en m'apercevant. Il traverse la bande de pré au galop puis stoppe en remontant dans le bois, derrière un genet. Je reste immobile, plus loin sur ma droite, derrière la haie, un autre chevreuil aboie en s'éloignant. Le brocard sur ma gauche repart, je l'aboie et le stoppe, il me répond, nous discutons un instant avant qu'il ne s'enfonce dans le bois en protestant. Je reprends ma route, un peu plus loin c'est une chevrette au gagnage que j'aperçois à environ 150 mètres à l'ombre du bois sur la droite de la combe. Je longe un peu le bois en me rapprochant d'elle alors qu'elle broute paisiblement puis remonte dans le bois  sur ma droite. Je longe un moment le bas du bois pour me poster près d'une grosse coulée qui ressort dans la combe mais le vent biaise en remontant dans le bois. Je décide alors de me poster plus haut dans le bois pour ne pas griller une remise qui est sous le vent. Je me poste donc au milieu du penchant, au pied d'un gros arbre couvert de mousse et regarde vers le bas du bois. Le temps passe le vent très fort agite les feuillages et il me semble régulièrement entendre arriver des animaux qui n'en sont pas. Je passe mon temps à regarder autour de moi car je sais que je n'entendrai pas arriver les sangliers. Une palombe vient se poser au-dessus de ma tête puis part se poser un peu plus loin. Un moment plus tard les geais commencent à donner de la voix sur le penchant opposé puis 2 merles passent à toute vitesse devant moi en venant de la remise de droite. Je me tiens prêt mais rien ne vient. Les cris des geais se décalent vers la droite et semblent se rapprocher mais toujours pas de sanglier en vue.

Vers 20 heures, alors que je tourne la tête à droite et suis surpris d'apercevoir un jeune renard qui passe à 5 mètres de moi en sortant de nulle part. Le temps d'armer mon arc, il passe derrière un arbre puis s'éloigne tranquillement dans la végétation en remontant dans le sous-bois. Je n'ai pas de possibilité de tir et finis par le perdre derrière un gros arbre.

Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020

Je tente de l'appeler mais il ne bouge pas et reste caché. Au bout d'un moment, il réapparait et continue à monter, je l'appelle à nouveau et cette fois il regarde vers moi puis commence à venir. Il stoppe à environ 20 mètres dans la végétation, je rappelle, il vient à environ 15 mètres et stoppe à nouveau. J'arme doucement mon arc et rappelle, il démarre et arrive d'un pas décidé, je le suis dans mon viseur. Il stoppe à 8 mètres de face. Je cale ma visée sur le bas de son cou et décoche. Il démarre vers moi, sa tête vient heurter le sol, sa patte avant gauche est cassée. Il bifurque à 5 mètres de moi et par sur une coulée sur ma droite où je le perds vite de vue. Je pars chercher ma flèche et trouve un bout de poumon collé à la végétation à l'endroit du tir.

Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020

Ma flèche est posée au sol 10 mètres plus haut.

Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020

Je la remets au carquois et suis le sang, peu abondante sur quelques mètres, la piste devient vite facile à suivre.

Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020
Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020
Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020

Je retrouve sans difficulté mon renard qui a fait environ 40 mètres.

Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020

C'est un jeune de l'année, ma flèche rentre où je visais et ressort en arrière des cotes. Je fais quelques photos souvenir

Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020

avant d'aller reprendre mon poste. 20 minutes, en tournant la tête à droite, j'aperçois un sanglier d'environ 50 kg qui se retrouve à 8 mètres sur ma droite un peu dans mon dos. Lui aussi a surgit de nulle part, je ne l'ai entendu arriver à cause du vent. Sa zone vitale est dégagée dans la fourche d'un arbre mais le temps d'armer, il avance d'un pas et je ne peux plus tirer. Il avance encore un peu, bifurque et vient droit sur moi, je le suis dans mon viseur. Il stoppe à 5 mètres et se tourne plein travers. Je décoche, ma flèche semble très bonne, il couine et fonce droit devant lui sur 10 mètres environ puis bifurque à droite vers la broussaille. Confiant sur l'issue de mon tir, je vais voir ma flèche qui est couverte de sang. 

Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020

Je la remets au carquois, la piste de sang est très fournie et je décide de la suivre tant qu'il fait encore jour.

Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020
Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020
Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020
Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020
Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020
Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020
Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020
Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020

Je tombe vite sur un bout de poumon

Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020

mais alors que je suis au ras du taillis, des craquements se font entendre, je pense que mon sanglier finit de mourir. Le passage est trop encombré pour continuer avec mon arc à la main je le pose donc au sol, au ras du taillis pus continue à suivre le sang.

Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020

La piste prend vite à gauche dans un roncier inextricable et suis une coulée sur laquelle je tombe sur une couche pleine de sang.

Une soirée qui aurait dû se terminer avec un beau doublé, 20 août 2020

J'ai relevé mon sanglier, il y a tellement de sang que je décide de continuer à suivre la piste qui s'enfonce dans les épines qui me lassèrent de partout. Je tourne et retourne dans les épines en suivant le sang abondant et parfois quelques morceaux de chair pris dans les épines. Le sanglier suit plus ou moins les coulées mais je dois parfois ramper  ou défoncer des ronces pour arriver à le suivre. Les épines me déchirent la peau et mon T-shirt. La voie ne cesse de bifurquer, de monter, descendre mais le sang très abondant est toujours facile à suivre. Après plusieurs centaines de mètres de recherche, je finis par remonter assez raire et ressortir au-dessus du bois sur une prairie d'herbe sèche. Le sang frotté sur les herbes jaunes est assez facile à suivre jusqu'à une bande de bois très épaisse qui borde la route en contrebas. J'y rentre et suis encore un peu le sang pour tomber sur un petit bout de foie tombé sur le sol. Le sang devenant moins abondant, je laisse tomber pour ce soir et appelle mon ami Adrien pour une recherche le lendemain mais son téléphone ne capte pas et je lui laisse un message.

Après une nuit presque blanche à me refaire la chasse dans ma tête, je me lève vers 5h30 et envoie un texto à Adrien qui me répond de suite. Rendez-vous est pris pour 6h45. En route j'aperçois un  magnifique solitaire qui rentre tranquillement au bois. Nous reprenons la recherche en haut du bois, au départ dans la prairie. Igor prend bien le sang mais après près de 2h30 de recherche dans les épines avec du sang tout le long et la découverte d'une autre couche de la veille, couverte de sang sec, nous perdons la trace du sanglier et décidons de stopper la recherche. Le sanglier nous a fait faire plus de 1,5 km dont une grande partie à genoux. Je ne comprends pas ce qui s'est passé et pourquoi je n'ai pas retrouvé ce sanglier.

 

Alex

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19 août 2020 3 19 /08 /août /2020 05:52

Je ne suis pas revenu chasser sur Traversères depuis mon dernier sanglier. Ce soir, en sortant du boulot, je passe me changer et prendre mes affaires chez moi puis je pars pour la chasse. Je me gare près du lac et finis à pied vers mon poste, le même que lors de la dernière sortie. Je rentre, comme d'habitude, dans le bois par une grosse coulée. Un sanglier est passé par là depuis la dernière pluie, des traces de boue séchée sont présentes sur la végétation tout le long de la coulée sur plus de 80 mètres. Je rejoins rapidement mon poste sans tenir compte du bruit de mes pas. Je suis en place vers 18h45. Le vent est tournant, il souffle souvent dans mon dos, ce qui ne m'arrange pas car les sangliers arrivent généralement par le haut du bois. Je sais que souvent le vent se stabilise plus tard dans la soirée. Le temps passe et le vent semble souffler plus vers le haut, je décide de quitter mon poste pour me placer plus près du bord du bois mais le vent tourne encore. Je décide de revenir à mon poste de départ et d'y rester. Vers 20 heures, les geais se mettent à crier dans le penchant boisé, de l'autre côté du chaume de blé qui suit le bas de la combe à environ 200 mètres, peut-être des animaux qui bougent. Je me bats avec les moustiques qui m'assaillent quand des bruits de pas se font entendre dans le fourré à ma gauche. L'animal semble se déplacer très lentement et faire de longues pauses entre chaque mouvement. Certainement un chevreuil au gagnage. Le bruit semble remonter vers la prairie qui domine mon poste et finit par cesser. Le vent se stabilise peu à peu pour souffler maintenant face à moi, j'ai bien fait de reprendre mon poste. Le temps passe, vers 20h45, des bruits de pas se font à nouveau entendre, ils semblent plus proches. En cherchant avec insistance au travers de la végétation, je finis par apercevoir un animal bouger mais sans arriver à l'identifier. Je le perds finalement de vue et les bruits de pas s'arrêtent brusquement. Le temps passe, la luminosité tombe doucement, alors qu'il ne reste plus que 15 à 20 minutes avant la nuit, un bruit de pas lourd se fait entendre. Un animal arrive par le penchant de gauche, dans le sale. Les craquements se rapprochent puis je finis par apercevoir une grosse masse sombre à environ 20 mètres dans le sale sur ma gauche. Je me prépare à armer mon arc, le sanglier s'avance dans une zone plus claire et stoppe à un peu plus de 15 mètres, plein travers. J'arme mon arc et tente d'aligner ma visée mais le sanglier est partiellement masqué par la végétation. J'attends une meilleure occasion. Il avance un peu mais stoppe à nouveau dans la végétation. J'entends d'autres animaux qui marchent dans les alentours mais impossible de les voir. Le sanglier repart tranquillement et s'éloigne doucement dans le sale où je le perds de vue un instant. Je désarme et m'avance d'environ 10 mètres pour me recaler en espérant que le sanglier bifurque pour sortir devant moi sur le propre, à distance de tir. Les bruits de pas sont toujours bien présents. Il ressort dans une trouée à environ 25 mètres devant moi et semble prendre la coulée par laquelle s’étaient éloignés les sangliers. Je le perds à nouveau de vue et entends toujours les autres sangliers sans les voir. Les craquements semblent venir sur ma droite, la luminosité baisse vite, je ne pourrai bientôt plus tirer. Le sanglier fait demi-tour et ressort plus à découvert à environ 20 mètres mais dans des petits arbustes. Il stoppe un instant puis repart en biaisant vers un gros chêne à environ 15 mètres. Il stoppe de face un moment. J'arme doucement mon arc puis désarme. Il se remet en mouvement et biaise sur la droite du chêne pour stopper de 3/4 face, à environ 15 mètres. J'arme doucement, aligne ma visée alors que la luminosité est assez mauvaise. Mon pin's calé sur son épaule, je décoche, l'impact retentit et le sanglier se retourne pour foncer dans le sale vers le penchant de gauche. Il stoppe assez vite puis se débat dans la végétation. Je décide d'aller droit vers le bruit avant la nuit noire mais le bruit stoppe très vite et impossible de repérer le sanglier. Je stoppe dans une zone découverte sur le penchant où la luminosité est meilleure et tends l'oreille pour tenter d'entendre un dernier soubresaut quand j'entends des bruits de pas. Des animaux montent droit sur moi. Je réencoche vite une flèche mais les animaux restent dans le sale à  quelques mètres devant moi. Impossible de les voir. Le calme revient un instant, je tente d'imiter le souffle d'alerte d'une laie. Un des animaux remonte sur ma droite et me contourne dans le sale où il tourne un moment. L'autre tourne en dessous de moi et grogne. Ce sont des petits sangliers. Ils tournent et retournent, je tente encore d'imiter le souffle de la laie mais les animaux se débinent et s'éloignent. Je remets ma flèche au carquois et allume la lampe de mon portable pour tenter de trouver du sang. Je tente de couper les diverses coulées qui remontent vers la crête mais impossible de trouver du sang. Je descends donc vers l'endroit du tir et tourne un instant autour avant de trouver une minuscule goutte de sang sur une feuille morte sur une belle coulée. Je suis un peu la coulée et trouve une autre petite goutte un peu plus loin puis une autre un peu plus loin.

Deuxième sortie sur Traversères, deuxième sanglier, 18 août 2020

La piste est très peu abondante, je la suis à 4 pattes, goutte par goutte jusqu'à tomber, au bout d'environ 30 mètres, sur quelques grosses gouttes tombées sur la végétation.

Deuxième sortie sur Traversères, deuxième sanglier, 18 août 2020

La piste est encore peu abondante mais plus facile à suivre sur environ 20 mètres. Le sang devient alors plus abondant et biaise doucement à droite sur une coulée très marquée qui longe la droite d'un taillis très épais. Je retrouve, après environ 60 mètres de piste, mon sanglier mort sur la gauche de la coulée dans la végétation. Une grosse tache de sang coagulé dans le poil est bien visible autour de l'entrée de la flèche.

Deuxième sortie sur Traversères, deuxième sanglier, 18 août 2020

C'est une laie d'environ 50 kilos, je la pensais bien plus grosse au moment du tir. Ses tétines sont encore un peu gonflées. C'est certainement la mère des jeunes sangliers venus près de moi. Elle n'a presque plus de lait, je pense que les jeunes sont assez gros pour s'en sortir seuls. Je comprends maintenant pourquoi je les entendais sans les voir, car ils étaient masqués par la végétation. Je la dégage de la végétation pour faire quelques photos souvenirs.

Deuxième sortie sur Traversères, deuxième sanglier, 18 août 2020

Ma flèche est ressorti basse, 20 centimètres avant la cuisse. Au dépeçage, je constaterai que ma flèche a entaillé le cœur, touché les poumons et traverser le foie sans toucher l'estomac et les intestins. Ma flèche est introuvable, je reviendrai la chercher le lendemain en sortant du boulot et la trouverai alors très facilement plantée au sol près de la zone du tir.

 

Alex

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8 août 2020 6 08 /08 /août /2020 21:47

Ce weekend, je suis de retour dans le Tarn où je n'ai pas prélevé de brocard depuis 2017. L. va m'accompagner pour filmer. En sortant du boulot, je passe chercher mes affaires chez moi puis prends la route et retrouve L. sur le parking de l'intermarché du Sequestre. Nous partons chercher le bracelet chez le président de la société de chasse et discutons un peu avant de partir chasser. Je me gare près du château d'eau de Roumégoux, près de la Chapelle de la Brune et nous partons par un chemin de terre en direction des bois qui surplombent le lac de la Bancalié. Il est plus de 20 heures et il fait encore une chaleur intenable, les prairies sont brûlées par le soleil, l'herbe est complètement jaune et craque sous les pieds. Arrivés au bout du chemin nous devons traverser une prairie fauchée pour rejoindre un bois de pins, châtaigniers et chênes. Malgré nos précautions nous faisons un bruit terrible à cause de la végétation très sèche qui craque sous nos pas et l'entrée au bois est encore pire sur les bouts de bois et feuilles morts. Nous nous postons un moment pour appeler sans conviction car notre arrivée a dû vider le bois. Nous repartons ensuite pour d'autres postes mais les conditions de chasse sont effroyables, terrains trop sec, trop bruyant, il fait trop chaud. Nos appels resteront sans réponse. Alors que la luminosité baisse vite, nous retournons par la route vers ma voiture quand une tache, à plusieurs centaines de mètres, dans un chaume de blé, attire mon regard. Je pense vite à un chat ou un renard et L., grâce à sa longue vue me confirme qu'il s'agit d'un renard. Je prends un chemin de terre enherbé qui redescend vers le lac et me rapproche ainsi à environ 250 mètres du renard qui cherche sa nourriture dans le champ moissonné. Je rejoins le départ d'une haie qui borde la droite du chemin et cache un peu ma silhouette. Je m'avance sur la gauche du chemin bordé par un talus et tente d'appeler en posant mes lèvres sur le dos de ma main mais mes lèvres sont sèches et j'ai beau les humidifier avec ma salives, j'ai du mal à faire des appels qui portent loin. L. tente lui aussi d'appeler de la route et alors qu'il est plus proche que le renard, je peine à l'entendre. Je renard ne m'entend pas, de plus le vent face à moi doit réduire encore la portée du son. Je retourne à la route alors que le renard poursuit sa chasse tranquillement. Nous retournons à la voiture en l'observant alors que la nuit tombe vite. Nous rentrons chez mes parents sur Albi pour manger un bout et dormir.

Premier renard tarnais, 8 août 2020

Samedi matin, le réveil sonne vers 5h25, nous nous préparons rapidement puis partons pour la chasse. Ce matin, j'ai décidé de chasser un secteur généralement plus verdoyant. Je me gare près de la route, au départ d'un chemin de terre qui descend vers la pointe du lac de la Bancalié, nous nous préparons tranquillement puis descendons par la route jusqu'au pont qui enjambe le ruisseau qui alimente le lac. La proximité de l'eau fait remonter une fraîcheur très agréable. Avant le pont, nous prenons un passage à gauche qui descend dans une prairie prise entre un penchant boisé sur la gauche et le ruisseau qui précède un autre penchant boisé sur la droite. Nous longeons doucement le bois, même ici la sécheresse a commencé son œuvre. L'herbe est en train de jaunir. Nous rejoignons une haie épaisse qui descend du bois vers le ruisseau et sépare cette prairie de la suivante beaucoup plus étendue. Nous prenons une coulée le long du bois pour traverser le haut de la haie et nous poster en bordure de la seconde prairie, un peu enfoncés dans la haie. L'herbe est encore bien verte ici mais pas un chevreuil en vue. Je décide de tenter quelques appels. J'insiste un moment mais rien ne vient, nous quittons notre poste et suivons la prairie qui finit en pointe sur un chemin de terre pris entre le ruisseau et le bois. Nous longeons ce chemin sur environ 100 mètres avant qu'il ne remonte en prenant à gauche pour longer le bois. Une haie borde la droite du chemin après le virage et laisse en passage d'accès à un chaume de blé qui part du ruisseau et remonte vers le sommet des collines. Le ruisseau lui fait un virage à angle droit vers la droite pour tourner à gauche à environ 50 mètres plus loin. J'observe un moment le secteur et aperçois une silhouette très furtive qui disparaît derrière un petit potager arboré de fruitiers à environ 200 mètres sur un replat du chaume. Un gros chêne trône au milieu du chaume. J'hésite un peu à me poster près de ce dernier mais privilégie la bordure du ruisseau. Nous nous décalons sur la droite pour nous poster sous un noisetier qui borde le cours d'eau. J'appelle un moment sans qu'aucun chevreuil ne se montre. 

Nous reprenons le chemin qui remonte jusqu'à un té. Sur la droite, il longe le bois qui le surplombe et le chaume de blé sur sa droite. A gauche, il remonte entre les bois. Je prends à gauche et remonte doucement. Alors que le chemin amorce un virage à droite, nous entendons démarrer un chevreuil dans le bois sur la gauche du chemin. Je continue un peu pour trouver une zone assez dégagée pour voir arriver l'animal et tenter un tir puis commence à appeler mais rien ne vient. Nous suivons encore un peu le chemin jusqu'à un virage à gauche. Sur la droite du virage, s'ouvre une petite prairie au milieu de laquelle se trouve une mare bordée de végétation. C'est ici que j'ai fait mon grand brocard, pas de chevreuil, nous nous avançons dans la prairie sous une parcelle de pins sur notre droite. Alors que nous passons le coin du bois, je me fais surprendre par un renard qui démarre en faisant volte-face pour revenir sur ses pas, à environ 60 mètres sur notre droite, dans une bande de chaume étroite, en forte pente montante, prise entre les conifères et une haie. Il rentre dans les pins. Nous remontons la pente près de la haie pour rejoindre la route un peu plus haut. Le goudron rejoint, je prends à droite pour voir le haut du chaume en bas duquel nous avons appelé, rien, c'est peut-être le renard que j'avais vu d'en bas avant qu'il ne traverse les pins. Nous faisons demi-tour et suivons la route. Sur la droite, un grand chaume remonte jusqu'à la crête boisée, sur la gauche nous longeons un petit bois puis une haie qui borde une prairie qui descend jusqu'au fond de la vallée à environ 100 mètres. Alors que la haie se termine, L. aperçoit et me montre un chevreuil sortant d'un petit bosquet, en contrebas, sur une prairie fauchée et desséchée, à environ 150 mètres. C'est une chevrette. Nous continuons à suivre la route et elle ne tarde pas à nous apercevoir. Elle nous regarde marcher un instant puis démarre pour suivre le fond de vallée et disparaître derrière une haie. Un peu plus loin, le chaume s'interrompt sur notre droite pour laisser place à un bois qui remonte de la route vers la crête. Je décide de tente d'y appeler un instant. Nous rejoignons un chemin forestier qui remonte un peu en suivant le bas du bois, nous le suivons un peu jusqu'à une zone un peu dégagée dans le bois où nous nous postons. Je commence mes appels, assez rapidement, il me semble entendre quelque chose dans notre dos, en dessous de la route. Je me retourne et aperçois une chevrette qui remonte vers la route. J'appelle encore et elle stoppe à environ 20 mètres sur la route pour écouter, je rappelle, elle redémarre et rentre dans le bois, passe le chemin à environ 15 mètres de nous puis disparaît en remontant dans le bois. Je continue un moment mes appels mais pas de brocard. Nous reprenons la route.

Un peu plus loin nous tentons d'appeler au bord d'un bois clair qui remonte également sur la droite de la route mais sans succès. Nous suivons la route et prenons, un peu plus loin un autre chemin goudronné qui prend à gauche en direction d'un hameau de maisons. Quelques lapins détalent près des habitation et nous prenons à gauche, un chemin de terre qui redescend vers le chemin qui nous suivions tout à l'heure. Le chemin, d'abord bordé de part et d'autre par des prairies descendant vers les bois, rentre maintenant dans les bois. Un peu après la lisière un sentier descend dans le sous-bois sur notre droite. Nous nous avançons un peu sur ce dernier et je décide de me poster contre un arbre, sur la gauche du sentier. Je commence mes appels et assez rapidement, un brocard passe au galop à environ 70 mètres en dessous de nous en traversant le sentier pour venir stopper dans le sale, quelques mètres sur la gauche du petit chemin. Je pose mon Butollo sur ma poignée d'arc et reprends mes appels. Le brocard repart mais biaise pour descendre derrière le penchant boisé qui descend vers le ruisseau. La cassure du terrain nous le masque mais je l'entends marcher dans les feuilles mortes. Il commence à aboyer, j’insiste et appelle encore mais rien à faire, il fait des allers-retours en aboyant sans vouloir se montrer. Je lui réponds en aboyant et le brocard semble se rapprocher mais ne se montre toujours pas et s'éloigne à nouveau, je continue à appeler et à aboyer, il semble revenir en aboyant puis s'éloigne à nouveau et le calme revient. Mes appels et aboiements restent sans réponse. J'insiste un peu puis décide de laisser tomber. Nous suivons le sentier jusqu’à un autre chemin en contrebas et prenons à droite pour sortir dans la prairie. 

Nous biaisons à gauche pour descendre doucement vers une bande boisée partant du coin du bois et remontant vers la route. En arrivant près des arbres, mon regard est attiré par du mouvement dans une mare en contrebas sous les arbres. Un animal a plongé d'une vielle balle foin pourrie tombée dans l'eau à l'autre bout du petit plan d'eau, c'est alors que j’aperçois un ragondin qui nage en, surface en contournant la balle de foin et disparaît derrière. L'eau bouge contre la berge de notre coté, je m'approche doucement du bord et tente d'imiter les cris d'un petit ragondin en détresse pour faire venir les ragondins mais ils ne bougent pas et le remous cesse sous la berge en dessous de moi. Je décide de continuer, alors que nous remontons dans la prairie en passant le coin du bois, l'eau s'agite à nouveau dans la mare mais il fait déjà chaud et il ne nous reste pas beaucoup de temps pour chasser. Nous allons nous poster régulièrement pour appeler en suivant le bois jusqu'à ressortir juste au dessus de la voiture mais aucun chevreuil ne daignera se montrer. Il est 9 heures passé et il fait déjà bien chaud, nous rentrons.

Premier renard tarnais, 8 août 2020

Ce soir, nous sommes de retour sur le territoire vers 19 heures. Je me gare près de la bergerie de mon oncle puis nous partons en longeant le ruisseau qui court au fond de cette vallée. Le cours d'eau est presque à sec, nous le longeons par la gauche, dans une prairie desséchée, la bordure arborée qui le borde nous donne une ombre très agréable car il fait encore très chaud. De l'autre côté du ruisseau, la prairie laisse place à un grand bois qui remonte sur la colline. Une haie venant du ruisseau nous barre maintenant la route et alors que je commence à la traverser par une coulée, L. m'indique qu'il vient d'entendre démarrer un chevreuil, dans le bois, en bordure du ruisseau. Je décide de ne pas appeler pour le moment. Nous continuons notre chemin, sur notre gauche, les brebis Lacaune de mon oncle pâturent dans un chaume, à l'ombre d'un bois à environ 300 mètres. L. croît voir un chevreuil couché un peu plus bas dans ce chaume mais il s'agit d'une touffe de végétation. Nous suivons la vallée et entrons dans une bande de prairie verte, étroite, prise entre 2 bois. Des tas de branches de chênes ponctuent le centre de la parcelle, signe d'une coupe de bois récente sur le secteur. Nous passons la haie qui ferme le fond de la prairie et débouchons sur une prairie fauchée et brûlée par le soleil, sur la droite une trouée dans la bordure boisée du ruisseau me permet de voir dans un chaume qui remonte dans le bois. J'y aperçois une chevrette arrêtée plein travers à plus de 150 mètres. Je l'observe un instant et constate qu'elle regarde régulièrement derrière elle. Elle est certainement suivie, peut-être par un brocard. Je me cale contre les arbres qui bordent le ruisseau et commence à appeler. Elle regarde vers moi mais ne veut pas bouger. J'insiste un peu quand un bruit me fait regarder derrière moi. Une autre chevrette arrive dans notre dos et stoppe à environ 15 mètres derrière L.. Je poursuis mes appels, elle fait demi-tour pour retourner au grand galop vers le bois où elle rentre en aboyant, faisant crier les geais. L'autre chevrette ne bouge toujours pas et pas de brocard en vue. Je décide de laisser tomber. Nous poursuivons notre chemin au bord du cours d'eau en longeant une parcelle de trèfle quand un animal démarre dans un grand fracas à environ 60 mètres devant nous. Je reconnais un chevreuil qui ressort péniblement, en luttant pour s’extirper de la végétation, sur le haut de la bande d'arbres qui biaise vers le chemin. Nous avançons tranquillement quand j'aperçois furtivement la chevrette qui déboule sur le chemin à environ 80 mètres devant nous, le suit un peu en s’éloignant puis disparaît en bifurquant à droite sur un passage à gué qui passe le cours d'eau.

Nous continuons, après ce passage, des vaches broutent dans une bande de prairie étroite qui longe le bois. Un peu plus loin, le chemin, s'éloigne du cours d'eau en dominant un petit chaume de blé puis bifurque à gauche pour remonter sous la digue d'un lac puis le contourner par la droite. Alors que nous apercevons maintenant le plan d'eau, l'eau est un peu agitée près de la berge de droite. Une cane colvert, surgit de la végétation et avance un peu sur l'eau avant de s'envoler en nous apercevant pour aller se reposer plus loin sur le lac. Nous suivons le chemin de terre qui longe le bois en bordure d'une bande de chaume de colza qui nous sépare du lac. Quelques hirondelles survolent le plan d'eau. Un peu plus loin nous rejoignons un chemin forestier qui prend à droite et le prenons pour rejoindre un secteur où je pense voir des chevreuils.  Un peu plus bas, une grande clairière a été ouverte en contrebas, sur la gauche du chemin par une coupe de bois. La végétation bien verte et les jeunes pousses sont propices au nourrissage des chevreuils. Plus loin, à environ 100 mètres, le chemin se termine au bord d'un grand champ de maïs qui remonte vers un bois. Au gauche de cette culture, une ancienne friche a été totalement rasée par les engins forestiers venus raser une parcelle de conifères sur le penchant opposé de la colline. Je décide de tenter d'appeler en bordure du chemin, tourné vers la clairière, derrière les arbres qui le borde, en face d'une belle trouée qui me permettra un tir si nous avons la chance de voir arriver un brocard. J'appelle un moment sans que rien ne bouge. Soudain, des bruits de pas se font entendre à environ 100 mètres dans le bois derrière la clairière. Je poursuis mes appels, le bruit reprend et un léger mouvement attitre mon regard dans la végétation. Une tête de chevreuil se dessine dans la végétation à environ 90 mètres. L. me chuchote : " Brocard". J'aperçois effectivement 2 petits bois entre les oreilles alors qu'il s'avance un peu à découvert. Je poursuis mes appels mais il reste immobile et regarde vers nous sans vouloir venir plus. Je tente des appels au Rottumtaler mais sans plus de succès. Le jeune brocard bifurque à angle droit pour rentrer dans le bois en bordure de la clairière. Il hésite un moment en tournant sur place puis je le perds de vue dans la végétation un moment. Je fais des pauses dans mes appels et reprends le Buttolo. Il finit par réapparaître environ 40 mètres plus à gauche. Il reste un moment immobile et ne réagit toujours pas vraiment à mes appels puis biaise doucement vers l’intérieur du bois en s'éloignant un peu avant de stopper pour frotter ses bois un long moment contre un arbuste qu'il agite dans tous les sens. Son territoire marqué il repart tranquillement en parallèle du chemin à environ 100 mètres et semble remonter vers le lac. Nous le perdons de vue dans la végétation. Je poursuis mes séries d'appels entrecoupés de pause mais rien ne bouge. Je remonte un peu en suivant le chemin pour me reposter plus à couvert et reprends mes appels, toujours rien. Je décide de remonter tout doucement vers le lac. Au bout du chemin, j'observe un moment le secteur mais aucun chevreuil en vue.

Nous reprenons le chemin en sens inverse en redescendant sous la digue du lac. Un peu avant d'arriver à la bande d'arbre d'où est partie la chevrette tout à l'heure nous prenons à droite pour remonter  vers un bois sur la gauche du chemin en suivant un petit bosquet sur notre droite. En arrivant au coin du bosquet, je stoppe net. 2 Lièvre descendent du sommet de la colline à notre droite dans une prairie fauchée desséchée. Une grosse femelle suivie d'un mâle à peine plus petit. A chaque fois que la femelle ralentit ou s'arrête. Le mâle tente de la monter et la fait repartir. Après plusieurs tentatives du mâle, les lièvres viennent s'arrêter à environ 25 mètres devant nous et commencent à brouter. Le mâle semble alors se désintéresser de sa femelle et lui tourne le dos pour manger. Nous les observons un moment puis je décide de me remettre en marche. Surpris, les lièvres démarrent sur quelques mètres, stoppent, regardent vers nous puis repartent au trot pour remonter la colline. Nous rejoignons le coin d'une avancée du bois qui rejoint le bord du chemin. Nous la longeons jusqu'au coin suivant sans trouver une coulée permettant d'y entrer. Nous passons l'autre coin et bifurquons pour remonter en suivant la lisière jusqu'au coin suivant du bois qui par sur la droite. Une belle coulée entre à cet endroit et je m'avance dans le bois. Plusieurs arbres sont couverts de boue séchée signe du passage régulier des sangliers et un petit arbuste a été frotté et cassé par un brocard. Je m'avance un peu dans le bois, par la coulée, en essayant de ne pas faire trop de bruit et me poste un peu plus haut contre un arbre. L. est resté un peu plus en arrière. J'appelle un moment sans résultat puis nous rebroussons chemin pour rejoindre le chemin qui longe le ruisseau. En arrivant au bord du cours d'eau, je constate qu'un chevreuil est passé sur nos pas pour aller vers l'endroit où j'ai appelé tout à l'heure. Ses pieds ont marqué la poussière du chemin sur nos traces de semelle. Le pied est assez petit, certainement une chevrette ou un jeune mâle.

Nous poursuivons sur le chemin, pas de chevreuil en vue dans le trèfle et la prairie fauchée un peu plus loin, pas plus dans le chaume de l'autre côté du ruisseau. Nous repassons la haie qui nous sépare de la bande de prairie prise entre les bois quand un chevreuil démarre en aboyant dans le grand bois à notre gauche, derrière le ruisseau. Nous longeons doucement le cours d'eau alors que le chevreuil s'éloigne en stoppant régulièrement pour aboyer. Un grillage à mouton longe le ruisseau et la végétation épaisse ne me permet pas de voir suffisamment un chevreuil pour tenter une flèche. Nous poursuivons jusqu'à un petit portail qui nous permet de descendre dans le lit asséché du cours d'eau où je commence mes appels. Une zone assez dégagée devant moi me permettra de tirer si le chevreuil arrive mais le temps passe et rien ne vient. Je décide de quitter ce poste, nous repassons le portillon et nous retournons vers la voiture car je veux tenter d'appeler dans une grande prairie entourée de bois derrière la bergerie avant qu'il ne fasse nuit. Brusquement, il me semble entendre un aboiement au loin sur notre droite alors que le paysage s'ouvre sur plusieurs parcelles ouvertes sur plus de 200 mètres sur notre droite. Je stoppe net et écoute un instant. Alors que je pense avoir rêvé et me remets en mouvements, les aboiements reprennent mais beaucoup plus proches. Ils semblent venir de la lisière du bois à environ 200 mètres. Je me décale vite derrière un arbuste qui borde une clôture à mouton sur ma droite et commence à appeler. Le chevreuil répond par des aboiements mais ne semble pas vouloir venir. Je lui réponds en aboyant et alterne avec des appels au Buttolo mais le chevreuil finit par se taire et le temps passe. Je laisse tomber pour partir vers la grande prairie. Arrivés à la route, je pars sur la gauche rapidement pour jeter un coup d’œil dans les prairies de part et d'autre de la chaussée, après le pont qui enjambe le ruisseau. Rien en vue, nous longeons la route et passons la bergerie pour prendre un chemin de terre qui la longe, passe le ruisseau et rejoint la grande prairie bordée par un grand bois sur sa droite et fermée par la bordure boisée du ruisseau sur notre gauche.

Premier renard tarnais, 8 août 2020

2 gros chênes trônent dans la prairie à environ 50 mètres devant nous. Je décide de me poster sous ces grands arbres pour appeler. Une fois en place, j'observe un instant le secteur puis commence mes appels, j'insiste un moment sans que rien vienne quand je remarque un léger mouvement à environ 300 mètres sur la droite, en bordure du bois. L'animal possède un ventre blanc et je pense tout d'abord à une buse posée au sol mais ne serait-ce pas plutôt un renard assis ? Je range mon appeau et signale l'amiral à L. avant de tenter des "cris de souris". Presque immédiatement, l'animal réagit et fonce sur nous, c'est bien un renard. J'accroche mon décocheur et continue mes appels alors que L. se demande s'il va filmer la scène. La luminosité a bien baissée et, dans ces conditions, son appareil émet une lumière rouge avant de faire la netteté. Cette lumière nous avait fait rater une approche sur un joli brocard un matin au lever du jour. Je poursuis mes appels et le renard arrive toujours par notre droite quand je remarque un autre mouvement, un lièvre arrive lui par la gauche. Le renard arrive à environ 30 mètres, j'arme doucement mon arc. Le lièvre vient s’asseoir de face à environ 20 mètres, le renard stoppe avant de descendre un petit talus à environ 17 mètres.

Premier renard tarnais, 8 août 2020

J'aligne ma visée mais décide de tenter de le faire venir un peu plus, j'appelle arc armé et le renard que je suis dans mon viseur vient stopper de 3/4 face à 10-12 mètres juste à quelques mètres devant le lièvre assis qui le regarde sans bouger.

Lièvre en arrière plan dans le rond orange

Lièvre en arrière plan dans le rond orange

Je cale ma visée à la base de son cou et décoche. Touché, le renard sursaute en criant avec ma flèche en travers puis roule sur quelques mètres, en direction du lièvre, en se débattant et en criant avant de s'immobiliser en expulsant ma flèche à environ 2 mètres. Alors que L. m'interviewe,  il m'annonce que le lièvre nous observe au loin sur notre droite. Je reprends mes cris de souris 

Premier renard tarnais, 8 août 2020

et le fais revenir à environ 20 mètres sur notre droite où il reste un instant à regarder vers nous et repart alors que nous partons voir moi renard.

Premier renard tarnais, 8 août 2020

L. m'annonce alors qu'il a tout filmé et me montre la vidéo qui semble très sympathique, on y voit le lièvre assis qui regarde le renard se faire flécher. Il décide de faire une petite interview avant la nuit quand je repère au loin un chevreuil arrêté de face qui regarde vers nous. Je le lui signale et reprends mes appels au Buttolo et au Rottumtaler mais le chevreuil reste figé. J'insiste un moment puis décidé de laisser tomber. Nous reprenons l'interview quand j'aperçois furtivement une silhouette rousse qui disparaît dans un creux du terrain sur la droite des chênes. Je rattrape mon arc et me tourne en direction du mouvement quand j'aperçois un brocard qui fonce vers nous au galop. J'arme mon arc et le brocard vient se planter plein travers à environ 30 mètres.

Premier renard tarnais, 8 août 2020

Mon viseur est calé mais il est sur l’œil et trop loin. Dans la précipitation, je n'ai pas pris le temps de prendre mon appeau pour le poser sur ma poignée d'arc avant d'armer. J'attends un peu mais le brocard reste immobile, j'essaie de désarmer doucement mais le chevreuil démarre et part vers le bois. J'attrape vite mon appeau et me mets à genoux avant d'appeler. Le brocard stoppe et revient vers moi. Je poursuis mes appels. Revenu à environ 35 mètres, il amorce une boucle pour tourner autour de nous et nous prendre au vent. Il avance pas à pas en regardant vers nous. Le vent souffle vers l'entrée de la prairie. J'arme doucement mon arc avec mon appeau posé dessus et poursuis mes appels par intermittence pour essayer de le guider vers moi mais il continue à me contourner à plus de 30 mètres. Je pivote doucement sur mes genoux en le suivant dans mon viseur mais produis à chaque mouvement de petits bruits qui le font stopper net et regarder fixement vers moi. Des branches mortes, tombées entre les 2 chênes, forment une barrière sur environ 1,5 mètre de haut et compliquent encore mes possibilités de tir. Le brocard finit par arriver sous le vent et démarre en trombe en aboyant pour revenir vers le bois où il aboie rageusement un bon moment en s'éloignant vers l'endroit où le renard était sorti du bois. 

Premier renard tarnais, 8 août 2020

Nous partons voir mon renard alors que la nuit s'installe. 

Premier renard tarnais, 8 août 2020

Ma flèche est exactement où je la voulais et ressort juste en arrière des côtes. Je la ramasse et la remets au carquois. 

Premier renard tarnais, 8 août 2020

Le foie sort en partie par le trou de sortie. Après quelques photos souvenir il est temps de rentrer.

Premier renard tarnais, 8 août 2020
Premier renard tarnais, 8 août 2020

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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