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7 octobre 2018 7 07 /10 /octobre /2018 16:02

Ce week end, mon ami Arnaud est venu à Sarrancolin pour chasser le cerf. Nous nous sommes retrouvé hier soir au restaurant de Patrick pour que je lui explique un peu le territoire. J'ai passé ma nuit dans une cabane que Patrick a construite dans un arbre au dessus d'un petit pré en pente à environ 150 mètres de son habitation. Les cerfs ont bramé toute la nuit et quand mon réveil sonne vers 5h40, je me prépare pour aller rejoindre Arnaud qui a dormi au gîte, contre la maison de Patrick. Nous nous préparons rapidement puis remontons en haut du chemin de la Soule avec ma voiture. Un peu avant d'arriver, j'aperçois une étoile filante. Je me gare et nous nous préparons sous un ciel étoilé incroyable, une autre étoile filante passe au dessus de nous et je dis à Arnaud: " c'est un signe, je vais faire mon cerf aujourd'hui". Arnaud va chasser ce secteur, entre le chemin de randonnée qui redescend au chemin de la Soule et la falaise qui barre le haut de la montagne. Plusieurs cerfs brament autour de nous. Nous prenons le chemin de randonné dans le sens de la descente, à la lueur de nos lampes, le vent souffle dans notre dos. Un peu plus bas, nous quittons le chemin sur la gauche pour remonter à travers un petit pré vers un sentier qui va me conduire à ma zone de chasse. Nous le longeons un peu jusqu'à une crête rocheuse bordée de buis qui remonte jusqu'à la falaise. J'explique à Arnaud qu'en suivant cette délimitation naturelle il remontera jusqu'au "Pas du cerf" qui se trouve au début de la falaise et qu'il peut ensuite chasser en longeant cette dernière.

Je laisse Arnaud et poursuis mon chemin sur le sentier dans la nuit noire, au milieu des buis d'où s'envolent par moment des pyrales blanches aux ailes bordées de noir, signe d'une disparition prochaine des buis du secteur. J'ai un peu plus d'une heure de marche qui m'attend avant d'arriver au col où je veux tenter ma chance. Depuis que j'ai quitté Arnaud, le secteur est calme, pas un seul brame et j'espère avoir bien choisi mon secteur de chasse. Au bout d'un moment, le sentier débouche sur une grande prairie en long, traversée par un chemin enherbé. Je rejoins ce chemin et le longe. En arrivant à la fin du pré, alors que le chemin rentre dans les hêtres et que je contourne quelques grosses ronces barrant le passage, des grognements me font stopper net. Plusieurs sangliers démarrent à quelques mètres devant moi mais stoppent rapidement dans la pente sous le chemin. Je tente de me décaler un peu et de les éclairer mais ils redémarrent et fuit plus en contrebas. J'écoute un instant mais le calme s'installe et je reprends ma marche. Rapidement de bruits de pas se font entendre au sommet du talus de plusieurs mètres qui domine le chemin sur ma gauche. Impossible de les voir mais je pense qu'il s'agit du reste des sangliers, j'ai dû séparer le groupe en deux. Les bruits de pas s'estompent  et je reprends ma progression. Le chemin débouche un peu plus haut sur un enclos de régénération enherbé et partiellement couvert de jeunes hêtres. Il est 7 heures et la nuit noire laisse peu à peu place à une luminosité faible mais croissante, suffisante pour voir le chemin et éteindre la lumière de mon portable.

Toujours par de brame, je traverse l'enclos qui d'ailleurs n'en est plus un car la clôture n'est plus étanche depuis longtemps et laisse passer les animaux. Le chemin débouche sur un abreuvoir alimenté par une source captée un peu plus haut et qui alimente un petit ru chantant qui dévale la pente jusqu'au chemin. Le chemin enherbé, large de 5 mètres environ est maintenant taillé dans la roche. Je le suis tranquillement alors que le jour se lève peu à peu. Je tends l'oreille pour entendre un éventuel animal dans la pense sous la piste ou un brame mais rien. Je débouche sur la piste de hèche qui rejoint le col à ma droite et la commune de Hèche à ma gauche. Je descends vers le col en marchant sur la bordure enherbée, au bord du bois pour ne pas faire trop de bruit en marchant sur le gravier qui crisse sous mes pas. Alors que je ne suis plus qu'à  150 mètres du col, un brame tout proche retentit dans le bois sur ma gauche. Le cerf ne doit être qu'à 50 mètres au plus et à environ15 mètres de la piste. Je retire doucement ma verte de chasse et la laisse au bord du chemin. Le vent est dans mon dos mais suit le chemin, avec un peu de chance le cerf ne me sentira pas. Je commence mon approche mais la luminosité est encore faible et il est difficile de voir dans le bois au travers des branchages. Un autre brame retentit, le cerf semble se rapprocher. Je me fige et attends, espérant le voir se montrer. Au bout de quelques minutes sans rien entendre, le cerf démarre en cassant du bois dans la pente et s'éloigne rapidement. Le vent a tourné et m'a trahi.

Je descends jusqu'au col, le vent s'est intensifié et souffle fort dans mon dos. J'écoute un moment mais les brames très lointains viennent du penchant de droite, côté Rebouc. Je m'avance sur le col. 2 chevaux à la robe partiellement blanche broutent dans les genets à environ 200 mètres. Je remonte vers eux par un chemin de terre en quittant la piste de gravier puis prends à droite au travers des genets et des fougères, en suivant les sentiers tracés par les chevaux. Le vent fort a tourné face à moi, j'avance tranquillement en essayant d'apercevoir un animal dépassant de la végétation mais rien. Je biaise peu à peu pour retomber sur le chemin de terre qui passe plus haut puis le suit pour déboucher sur un replat enherbé au milieu des genets. Pas un animal en vue, Je suis à mauvais vent, je remonte donc le chemin bordé de grands hêtres pour revenir vers le col à bon vent. Sur ma droite, je longe maintenant une zone très dense, couverte de jeunes hêtres qui servent généralement de remise aux cervidés. Alors que j'arrive près du virage du chemin, avant de redescendre vers le col par un tunnel de houx et de noisetiers, un brame proche retentit sur ma droite dans les petits hêtres. Le vent est tournant, un autre cerf répond plus bas, je décide de tenter une approche sur le plus proche et quitte le chemin pour descendre dans une zone dégagée qui rentre dans le taillis. Le cerf brame encore, il n'est pas à 30 mètres sur ma droite. Je me fige et observe au travers des arbustes. Le cerf commence à frottés ses bois contre les troncs pour marquer son territoire mais le vent tourne et le calme s'installe. Je tente de rentrer dans le taillis par une grosse coulée au cas où, mais le cerf a disparu.

Je redescends vers le col, des brames épars et lointains se font entendre. Je décide de remonter par la piste de hèche pour aller chasser dans une zone de hêtre qui remonte jusqu'en haut de la montagne. Je récupère ma veste au passage et suis les lacets de la piste. Dans un des virages plusieurs arbres sont frottés de frais, un cerf a délimité son territoire. Plus au dans un virage, un chemin enherbé s'avance au milieu de carrés de régénération de petits hêtre. Je quitte la piste et prends ce chemin ponctué de belles souilles. Je prends ensuite un autre chemin sur ma droite qui remonte vers une place d'herbe rase au milieu de laquelle se trouve une belle souille bien fréquentée. Les cerfs brament plus haut, plusieurs se répondent tour à tour, je pense qu'ils sont au moins 4. Je me fraye doucement un passage sur une belle coulée au milieu de petits hêtres et rejoins une zone de sous bois dégagée, plantée de grands hêtres. Le sol est ponctué de gros rochers couverts de mousse entre lesquelles se trouve un tapis de feuilles sèches et craquantes parsemé de brindilles, branches mortes et autres pierres. Je reste un instant à écouter avant de m'avancer à découvert. Un gros cerf brame sur la droite à moins de 100 mètres, un autres à gauche à plus de 100 mètres et 2 autres à plus de 200 mètres au dessus de moi dont un dont la voix domine tous les autres. Je décide de monter. Autant que possible je marche sur les rochers couverts de mousse pour limiter le bruit et m'arrête tous les 5 à 10  mètres pour écouter si possible près d'un arbre. Je gagne peu à peu du terrain mais les rochers se font maintenant assez rares et ma progression de plus en plus bruyante. J'espace et raccourcis de plus en plus mes phases de marche. Un fracas me fais lever les yeux vers une barre rocheuse à environ 150 mètres au dessus de moi. Une biche, une bichette et un faon suivis de près par un daguet détalent en suivant le bord de la barre rocheuse, faisant rouler les pierres. Je stoppe et les observent s'éloigner sans ralentir sur ma droite et me demande si c'est moi qui les ai effrayé quand un brame surpuissant retentit plus à gauche, un très gros cerf, dont je n'arrive pas à compter les cors, s'élance à la poursuite de fuyards en poussant régulièrement des brames puissants. Il disparait comme les autres cervidés derrières des rochers à plus de 200 mètres au dessus de moi sur ma droite mais son brame retentit toujours.

Une fois cette agitation éloignée les brames des autres cerfs reprennent. Celui à ma droite semble venir vers moi et je tente de monter encore. Alors que je passe la barre rocheuse sur laquelle est passée le gros cerf, j'aperçois un gros cerf qui se débine en bramant à environ 150 mètres au dessus de moi. Il ne semble pas m'avoir vu et remonte tranquillement en s'arrêtant pour bramer. Je remonte doucement vers lui et le perds de temps en temps de vue derrière les troncs quand un mouvement furtif me fait stopper net. Une biche redescend sur moi à environ 100 mètres. Elle broute tranquillement, je ma décale doucement sur la droite pour profiter d'un creu dans le relief pour masquer ma progression.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

Je reste un instant à écouter avant de m'avancer à découvert. Un gros cerf brame sur la droite à moins de 100 mètres, un autre à gauche à plus de 100 mètres et 2 autres à plus de 200 mètres au dessus de moi dont un dont la voix domine tous les autres. Je décide de monter. Autant que possible je marche sur les rochers couverts de mousse pour limiter le bruit et m'arrête tous les 5 à 10 mètres pour écouter si possible près d'un arbre. Je gagne peu à peu du terrain mais les rochers se font maintenant assez rares et ma progression de plus en plus bruyante. J'espace et raccourcis de plus en plus mes phases de marche. Un fracas me fait lever les yeux vers une barre rocheuse à environ 150 mètres au dessus de moi. Une biche, une bichette et un faon suivis de près par un daguet détalent en suivant le bord de la barre rocheuse, faisant rouler les pierres. Je stoppe et les observent s'éloigner sans ralentir sur ma droite et me demande si c'est moi qui les ai effrayé quand un brame surpuissant retentit plus à gauche, un très gros cerf, dont je n'arrive pas à compter les cors, s'élance à la poursuite de fuyards en poussant régulièrement des brames puissants. Il disparait comme les autres cervidés derrières des rochers à plus de 200 mètres au dessus de moi sur ma droite mais son brame retentit toujours.

Une fois cette agitation éloignée les brames des autres cerfs reprennent. Celui à ma droite semble venir vers moi et je tente de monter encore. Alors que je passe la barre rocheuse sur laquelle est passée le gros cerf, j'aperçois un gros cerf qui se débine en bramant à environ 150 mètres au dessus de moi. Impossible de compter les pointes à cette distance. Il ne semble pas m'avoir vu et remonte tranquillement en s'arrêtant pour bramer. Je remonte doucement vers lui et le perds de temps en temps de vue derrière les troncs quand un mouvement furtif me fait stopper net. Une biche redescend sur moi à environ 100 mètres. Elle broute tranquillement, je ma décale doucement sur la droite pour profiter d'un creux dans le relief pour masquer ma progression. J'avance par tranches de quelques mètres pour casser le rythme du bruit de mes pas et observer mais le relief me cache maintenant la biche et le cerf. Je décide de rejoindre un gros arbre à environ 30 mètres devant moi puis me poste au pied de ce dernier côté haut. Tout à coup, des cloches et des bêlements résonnent à environ 200 mètres plus haut sur ma gauche. Je regarde dans cette direction et aperçois plusieurs brebis affolés qui dévalent la pente et fuient en biaisant plus à ma gauche. Je comprends vite qu'un cerf a dû les effrayer et son brame ne tarde pas à se faire entendre.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

Je tourne la tête pour regarder au dessus de moi le cerf qui lui répond quand un mouvement attire mon regard sur ma gauche. Un jeune cerf portant moins de 10 pointes arrive sur moi au petit trot, certainement chassé par le gros qui vient d'effrayer les brebis. Il est à environ 70 mètres mais se rapproche vite, environ 40 mètres, il passe derrière des troncs de hêtre, j'en profite pour armer mon arc et aligner mon viseur sur son épaule. Il ralentit doucement, 20 mètres, il biaise un peu pour descendre un peu plus dans la pente et arrive sur moi de 3/4 face. Il arrive au pas à 12 mètres, ma visée est calée sur son épaule, je décoche mais au même moment il bifurque pour descendre plus sur moi et ma flèche rentre en arrière des dernière côtes, traverse le cerf et retombe au sol 15 à 20 mètres derrière environ. Le cerf démarre en prenant plus ou moins la courbe de niveau avec une patte arrière relevée. Ma flèche a dû ressortir dans la cuisse opposée.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

Il passe une bosse à environ 35 mètres sur ma droite alors qu'un brame très puissant retentit. Un énorme cerf arrive face à lui. Mon cerf freine des 4 fers et bifurque pour descendre en dessus de moi pour stopper et se coucher à environ 60 mètres de moi dans un creux du terrain. Je ne vois que le haut de sa tête et ses bois.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

Le grand cerf brame à tout rompre en s'avançant doucement sur la barre rocheuse à environ 70 mètres. Une biche et son faon le précèdent en broutant tranquillement. Ils semblent vouloir remonter vers mon cerf et j'espère qu'ils ne vont pas le relever mais la biche et son jeune descendent entre les rochers et disparaissent derrière. Je reste immobile en espérant que mon cerf meure vite mais les minutes passent et il garde toujours la tête haute. Le vent est dans mon dos mais décalé un peu à droite du cerf. Le grand cerf s'avance en bramant puis stoppe net à environ 40 mètres de mon cerf couché et le fixe immobile et silencieux. Je ne suis pas sûr du nombre de pointes, 9, 10, 11... Je tente de m'approcher un peu en rejoignant un hêtre à environ 20 mètres sur ma gauche. Le cerf n'a pas bougé, focalisé sur mon cerf couché mais, tout à coup, la biche et le faon démarrent en contrebas, ils ont dû me sentir, ce qui provoque la fuite du grand cerf. Mon cerf se lève pour s'enfuir lui aussi mais il peine à avancer, un gros caillot de sang pend par la blessure d'entrée de ma flèche, son arrière train ne le tient plus. Il disparait péniblement derrière les gros rochers puis le calme s'installe.

Je décide de tenter une approche, j'amorce une boucle d'une trentaine de mètres à droite pour arriver à bon vent puis m'avance doucement, en tentant d'être le plus silencieux possible, vers les rochers derrière lesquels le cerf a disparu et doit certainement s'être recouché.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

Je ne suis plus qu'à 15 mètres et ne voit toujours pas le cerf, j'avance encore de quelques pas quand il se redresse derrière les rochers. J'arme mon arc mais je ne vois que la tête et le haut du dos de la moitié avant de l'animal. Je tente de me décaler un peu mais le cerf avance en chancelant et chute lourdement sur les rochers en contrebas dans un fracas impressionnant. Je me décale rapidement à droite et l'aperçois qui peine à se relever. J'aligne ma visée sur lui attendant une occasion de tir. Il finit par se mettre debout, tourné vers le sommet de la montagne, sa tête cachée derrière un tronc, son arrière train appuyé contre un autre. Il vacille et me présente son flanc à 15 mètres environ. J'aligne ma visée sur le défaut de l'épaule et décoche. Ma flèche rentre jusqu'à l'empennage sur le point visé. Le cerf accuse le coup et peine à se retourner avec ma flèche en travers avant de partir dans la pente d'un pas non assuré en vacillant.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

Il peine à faire environ 30 mètres et s'affaisse de cul, sur le ventre, au pied d'un hêtre tête posée au sol et s'immobilise presque aussitôt.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

Le pensant mort, je remonte chercher ma première flèche que je retrouve sans peine où je l'avais vu tomber. Elle ne porte presque pas de sang et je ne trouve pas de sang sur la direction de fuite du cerf.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

Je suis un peu sa direction de fuite estimée jusqu'aux rochers mais toujours pas de sang. Arrivé au rocher, je jette un coup d'œil à mon cerf en contrebas puis commence à descendre quand ce dernier dans un dernier effort tente de se redresser et tombe sur le flanc, glisse sur quelques mètres, bat un peu des pattes puis s'immobilise pour de bon.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

Je descends rejoindre mon cerf et dégage ma flèche restée en travers. l'insert a cassé avec ma lame au ras du tube. Ma première flèche entre derrière les dernières cotes et ressort en haut et sur l'arrière du cuissot opposé. La seconde rentre au déffaut de l'épaule et ressort prés de l'entrée de la première flèche (atteinte poumons-foie). Je prends un instant pour faire quelques photos souvenir.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

Maintenant, le plus dur commence, j'ai environ 1 kilomètre pour descendre jusqu'à la première piste où Patrick pourra venir me chercher.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

En descendant le cerf que je tire derrière moi par les bois, j'appelle Patrick pour qu'il vienne me chercher avec son pick up qu'il a fait équiper pour charger les poids lourds dans trop se fatiguer puis finit de descendre mon cerf à la piste où je le vide et tente de chasser les nombreuses mouches en attendant mon ami qui arrive un peu plus tard avec Fifi, sa petite jack russel qui nous fera un ferme mémorable sur la dépouille du cerf.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

Le cerf chargé nous redescendons au milieu des nuées de pyrales des buis pour aller dépecer ma prise chez Patrick et récupérer Arnaud qui a eu une occasion sur une biche mais a préféré ne pas la prendre, espérant croiser le cerf et s'inquiétant du comment descendre cette grosse bête.

Alex

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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 15:29
Ce soir, je pars de chez Patrick vers 17h45 pour aller chasser sur une piste qu'il a dégagé cette année. J'avance doucement mais le sol très sec et jonché de feuilles mortes et de débris végétaux est très bruyant par endroit et j'hésite à continuer ma chasse sur ce secteur. Après environ 20 minutes de marche je tombe sur un trou d'environ 40 à 50 centimètres de profond et de large creusé sur la droite de la piste par les sangliers et les cerfs. Patrick a attaché au dessus une pierre à sel qui goutte sur le sol. La zone semble bien fréquentée. Patrick m'a parlé d'un beau carrefour de coulées un peu plus loin, à l'endroit où il a arrêté d'ouvrir la piste. Je poursuis donc mon chemin pour aller y jeter un coup d'œil et trouve vite l'endroit. Une sorte de combe rocailleuse, avec un petit filet d'eau, descend du sommet au plus raide de la pente. La zone est plus dégagée que la piste fermée par les buis et permet de voir à plusieurs dizaines de mètres. Sur le haut, à environ 40 à 50 mètres plusieurs arbres sont tombés dans la pente parallèlement à la combe et ont encore ouvert d'avantage le paysage. Je reste un moment dans le secteur à l'écoute et en ouvrant bien les yeux mais je n'y crois pas trop. J'ai fait beaucoup de bruit pour venir. Le vent souffle vers en bas. Il est encore tôt, 18h15 environ et je décide de quitter le secteur pour aller chasser sur une autre zone.
Je n'ai pas fait 30 mètres sur la piste quand le bruit d'une bande d'animaux descendant vers moi se fait entendre, je pense d'abord à des grands cervidés. Les brindilles craquent, le bruit de feuilles mortes se fait de plus en plus présent et les pierres roulent puis des souffles et des grognements étouffés se font entendre, c'est une bande de sangliers qui m'arrive dessus. Je suis au bout d'une bande de noisetiers épais descendant en longeant la droite de la combe jusqu'au ras de la piste et qui me cache des animaux qui arrivent. Je commence à distinguer les animaux. Un premier sanglier de belle taille stoppe dans les noisetiers à environ 30 mètres au dessus de moi. J'arme mon arc mais il démarre rapidement et traverse une zone dégagée d'environ 20 mètres pour disparaitre dans le sale. Une bête rousse lui emboite le pas aussi rapidement sans me laisser d'opportunité de tir. Une autre bête rousse s'arrête dans les noisetiers quand le gros sanglier fait demi-tour et revient sur ses pas au galop pour rentrer dans les noisetiers avant de bifurquer pour suivre cette bande de noisetier et sortir à découvert à quelques mètres de moi. J'arme doucement alors que le sanglier s'avance tranquillement nez au sol. Les noisettes craquent sous ses dents. Je le suis dans mon viseur, il n'est plus qu'à 6 mètres presque plein travers. Je vise le défaut de l'épaule et décoche, Touché là où je visais, le sanglier démarre et fonce dans la pente de la combe. Ma flèche a traversé et s'est plantée au sol.
Je réencoche rapidement. Les autres sangliers éclatent dans tous les sens un petit se présente 3/4 arrière à 15 mètres. Il est partiellement caché par les branchages des noisetiers, j'arme, vise et décoche mais il démarre alors que ma flèche arrive. Elle frappe un rocher et ma pointe de chasse explose. Ma flèche revient en arrière et retombe à côté de ma première flèche. Les sangliers qui s'étaient arrêtés redémarrent et j'aperçois un gros sanglier qui se débine à environ 50 en remontant au plus raide de la pente en suivant un des gros arbres tombé au sol sur la gauche de la combe. J'ai du mal à croire qu'il s'agit de celui que je viens de flécher au défaut de l'épaule mais il lui ressemble beaucoup. Je reste un moment sans bouger en surveillant les alentours, les craquements et les grognements s'éloignent puis le calme revient. Je récupère ma flèche cassé et  l'autre plantée dans la terre. Cette dernière est couverte de contenu stomacal et sent très fort. Vu mon atteinte d'entrée, au défaut de l'épaule, elle a dû ressortir par l'estomac dont le contenu a lavé toute éventuelle trace de sang. L'autre flèche un peu raccourcie ne comporte pas une trace de sang, pas un poil ou autre indice. C'est bien manqué comme je le pensais. Je commence à chercher des indices sur la trajectoire de fuite estimée de mon gros sanglier en descendant dans la combe mais je ne trouve pas de sang.
je reviens au point de tir et me remémore la scène quand des grognements et des craquements me mettent en alerte, J'aperçois alors un petit sanglier qui remonte à environ 60 mètres au travers des branchages après la combe. Il grogne pour appeler son groupe et remonte au petit trot et passe à environ 45 mètres puis biaise pour remonter vers l'endroit où je perds le gros sanglier de vue. Arrivé à cet endroit, il panique et redescend en grognant et cherche son chemin au travers des troncs, passe sous l'un d'eux puis hésite à passer au dessus de moi dans les noisetier avant de bifurquer pour redescendre et venir stopper presque plein travers à un peu plus de 20 mètres. J'ai déjà armé mon arc et cale ma visée alors qu'il hume l'air tête relevée. Je décoche et ma flèche le frappe à l'épaule et semble restée en travers. Il me semble voir mon empennage dépassé au ras du poil du côté du tir. Le sanglier démarre mais fait à peine 1 mètre avant de planter le nez au sol et de rouler comme un lapin sur environ 20 mètres pour se fracasser contre un arbre au pied duquel il s'immobilise vite dans un tas de branches.
Je le laisse sur place et remonte vers là où j'ai perdu le gros sanglier de vue. Je tourne un peu au milieu des troncs puis trouve une belle piste de sang qui part en descendant très légèrement par rapport à la courbe de niveau.
Faute de cerf, les sangliers... 22 septembre 2018

Je suis cette piste assez facilement. Le sanglier laisse de frottés très marqués quand il passe les obstacle au sol. La piste s'éternise sur plus de 200 mètres avec beaucoup de reposée debout avant de remonter au plus raide à travers les buis et les rochers sur environ 30 mètres. Le sanglier saigne alors beaucoup plus dans l'effort puis la piste reprend la courbe de niveau et le sang s'amenuise vite. Je trouve ce qui ressemble à une couche puis les goutes s'espace de plusieurs mètres puis de plusieurs dizaines de mètres. La nuit sera vite là, je décide d'arrêter là et d'appeler un chien de sang mais personne n'est disponible pour demain matin. Je retourne donc sur mes pas pour aller chercher mon petit sanglier sur lequel les mouches ont déjà beaucoup pondu. Je fais quelques photos souvenir avant de rentrer par la piste avec mon sanglier alors que la nuit m'enveloppe.

Faute de cerf, les sangliers... 22 septembre 2018

De retour le lendemain matin vers 8h30, je reprends ma recherche aidé de Patrick et ses chiens  mais je perds le sang après plus de 300 mètres de recherche. La sanglier semble rentré dans une prairie marécageuse humide avec une végétation très épaisse parcourue de très nombreuses coulées. Je contrôle quelques souilles dans le secteurs sans plus de résultat avant de rentrer dépité. Sur le retour, je tombe sur le sang que le sanglier a laissé juste après le tir et que je cherchais plus à gauche. Il a laissé de très grosses traces de sang sur 20 mètres environ. 

Faute de cerf, les sangliers... 22 septembre 2018
Faute de cerf, les sangliers... 22 septembre 2018
Faute de cerf, les sangliers... 22 septembre 2018
Faute de cerf, les sangliers... 22 septembre 2018
Faute de cerf, les sangliers... 22 septembre 2018
Faute de cerf, les sangliers... 22 septembre 2018

Je sais que ma flèche est mortelle et j'en suis d'autant plus dégouté mais malheureusement c'est aussi parfois ça la chasse.
 

Alex

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12 septembre 2018 3 12 /09 /septembre /2018 05:56

Ce soir, après un tour infructueux sur une zone du territoire du Justian, je décide de reprendre la voiture pour aller chasser avant la nuit un petit secteur. Je remonte doucement un passage de tracteur quand j'aperçois du mouvement, devant moi, dans la végétation haute, sur la droite de ce dernier, à environ 45 mètres. Je me décale rapidement sur la gauche du passage dans la végétation et me fige debout prêt à armer. Je pense voir arriver un sanglier mais c'est un blaireau qui débouche sur le passage, passe la végétation entre les passages de roue et bifurque à 90 ° pour venir droit sur moi. J'arme doucement mon arc et le laisse venir à 5 mètres avant de lui décocher une flèche entre les épaules alors qu'il avance tranquillement vers moi. Il s'effondre sur place et le sang coule abondamment sur le passage de tracteur. La nuit sera vite là, je profite de la dernière luminosité pour faire quelques photos avant de rentrer.

Un blaireau à l'approche

Alex

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30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 06:00

Ce matin, je pars de nuit sur Saint Arroman pour aller me poster dans un bosquet près des maïs. je reste posté un moment alors que le jour se lève mais rien ne bouge. Je ressors donc du bois et le longe pour revenir vers la parcelle principale de maïs. Alors que je m'apprête à sauter le fossé qui longe le bas du bois en direction du lac à environ 200 mètres. J'aperçois une silhouette furtive qui rase le sol et traverse le fossé près du lac. Je la perds rapidement de vue dans la végétation. Je pense qu'il s'agit d'un renard et franchis le fossé pour me poster à genoux dans les herbes hautes qui le bordent. Je commence à imiter des cris de souris avec mes lèvres posées sur le dos de ma main. Très vite l'animal revient sur ses pas et refranchit le fossé mais il fonce vers le bosquet un peu plus haut en bordure du maïs. J'insiste dans mes appels, il longe la bordure du bosquet et disparait derrière une bosse du champ travaillé au coin du bosquet. J'insiste encore un moment mais rien ne vient, c'est certainement le renard que j'ai manqué début août entre le bosquet et le maïs après l'avoir fait venir à quelques mètres. Il aura reconnu mon imitation et a préféré battre en retraite.

Je me redresse et longe la friche qui fait suite au bois pour remonter vers l'angle des maïs. Je suis ensuite un instant la culture puis franchis le fossé qui la longe pour longer la parcelle de sarrasin qui borde l'autre côté du fossé. Rien en vue sur plusieurs centaines de mètres. Alors que le maïs se termine à ma droite et fait place à un chaume de blé et le fossé que je longe et maintenant bordé par une haie arbustive. Je me rapproche doucement d'un bosquet pris dans une parcelle de luzerne qui fait suite au sarrasin. Un brocard, que le sarrasin me cachait, surgit de la bande de luzerne à environ 80 mètres sur ma gauche et rentre à grands bons dans le sarrasin.

J'arrive doucement au bord de la luzerne et observe un moment sans rien voir puis traverse la haie et le fossé à ma droite pour redescendre en bordure du ru qui longe le fond de combe. J'aperçois un oiseau que je prends pour une caille à environ 150 mètres après l'angle du maïs. Je biaise à droite dans le chaume pour passer à couvert de la culture puis avance jusqu'au bord du maïs pour me décaler doucement à gauche vers le coin de la culture. C'est en fait une jeune poule d'eau, elle rentre au pas de course dans la culture, je jette un coup d'œil à une mare prise dans le maïs juste 50 mètres plus loin puis je rejoins un chemin de terre qui traverse les maïs et distribue des passages de canon sur ses 2 côtés. Je rencontre une autre jeune poule d'eau à environ 30 mètres dans un passage de canon, collée à droite contre le maïs. Elle est immobile, je m'approche doucement pour voir si tout va bien et provoque son envol.

Je retourne à ma voiture par la bordure du Sousson sans voir d'animaux à part un jeune héron bihoreau qui démarre du fond du ruisseau encaissé à quelques mètres de moi.

Alors que j'arrive à ma voiture, 2 chevreuils broutent dans la brume de la combe qui remonte au milieu des bois à la perpendiculaire du Sousson.

Je pars maintenant pour le canal de Labarthe. Je me gare près du moulin et pars en longeant le canal, j'aperçois rapidement un ragondin contre la berge opposée à environ 30 mètres. Je profite de la végétation du bord de l'eau pour me cacher un peu et avancer encore un peu. Le ragondin n'est pas inquiet, il fait un petit tour dans l'eau et se recale contre la berge. Arriver en face de lui à 8 ou 9 mètres, j'arme mon arc et prends ma visée. Il me semble le toucher, il plonge. Ma flèche a disparu sous l'eau. Je réencoche rapidement et longe doucement le canal dans la direction de fuite, le ragondin remonte 10 mètres plus loin et se cale contre la berge en face de moi. J'arme, vise et décoche mais mets un coup de bras. Ma flèche accroche le ragondin à la berge par le museau. Il se débat pour se dégager. J'encoche à nouveau, arme et vise un moment en attendant qu'il se place correctement pour que je puisse décocher sans couper ma flèche précédente. Touché, il saigne abondement et fatigue rapidement. J'en profite pour partir au pas de course vers le moulin pour traverser le canal par la route.

Je retrouve vite mon ragondin mort qui a réussi à se dégager de la flèche de tête.

Une petite sortie matinale au canal de Labarthe, 27 août 2018

Je le dégage et récupère mes 3 flèches, je l'ai bien touché 3 fois et ma première flèche de foie était déjà mortelle. Je repars vers la route pour revenir sur la berge de départ et poursuivre ma chasse. Je suis tranquillement le canal sans voir d'autre ragondin. Arrivé au départ du ru qui arrive sur la droite du canal, je constate que l'eau qui en arrive est boueuse, je le suis donc mais la végétation a bien poussé et le couvre presque totalement, impossible de voir un ragondin. Une peu plus haut le cours d'eau est à sec, je fais demi-tour et reviens vers le canal. Je me poste au niveau du passage busé qui permet de passer le ru au bord du canal et tente des cris de petit ragondin. Presque immédiatement, l'eau s'agite à environ 10 mètres sous la végétation puis un gros remous bruyant me fait comprendre que le ragondin est sorti pour rerentrer immédiatement. Je pars me poster prêt de l'entrée supposée du terrier et reprends mes appels mais je me rends compte que l'eau s'agite sous mes pieds. Je fais donc le tour par le passage busé pour aller me poster en face mais l'eau se calme rapidement et le ragondin refuse de sortir.

Je retourne donc vers ma voiture en faisant un petit détour pour faire le tour d'un petit plan d'eau sur la gauche du canal où je me fait surprendre par un colvert qui décolle caché par quelques arbres. Seules quelques carpes troublent le calme de la surface de l'eau. Je rentre par la bordure du canal sans voir d'autre ragondin. Une petite photo souvenir avant de rejoindre ma voiture et je rentre.

Une petite sortie matinale au canal de Labarthe, 27 août 2018

Alex

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30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 05:48

Depuis plusieurs semaines, j'ai repéré plusieurs ragondins qui sortent pour brouter dans un chaume de blé, près d'un petit ruisseau, tous les soirs à partir de 18h30, sur la route de Haulies. Ce soir je décide d'aller y faire un tour avant que le chaume ne soit retourné par l'agriculteur. Je prends ma voiture vers 19h et passe par la route au-dessus du chaume où j'aperçois au moins 2 ragondins. Je me gare un peu plus loin sur le passage qui descend dans le champ. Le vent soutenu est face à moi, parfait pour une approche facile. Je me prépare et descends pour rejoindre la bande enherbée qui borde le ruisseau. J'avance tranquillement et repère vite un des ragondins imprudent qui s'est avancé dans le chaume à environ 15 mètres du ruisseau. J'avance doucement et repère vite un second ragondin 2 mètres plus loin. J'approche doucement en les surveillant et en stoppant quand l'un d'eux lève la tête. Je gagne facilement du terrain et me rends compte qu'ils sont en fait 4. Arrivé entre eux et le ruisseau, je m'avance au bord de la bande enherbée à 7 ou 8 mètres des 2 premiers ragondins et environ 10 mètres des 2 autres. J'observe un instant ces ragondins inconscients du danger et attends qu'un se présente bien.

Le plus proche finit par se tourner plein travers. J'arme doucement et aligne ma visée. Ma flèche le cloue sur place. Les 3 autres démarrent sur quelques mètres vers le ruisseau puis se fige. Je réencoche rapidement mais hésite à doubler mon ragondin qui se débat pour tenter de se dégager. Les autres ragondins repartent, 2 passent rapidement à ma droite et disparaissent dans le talus du ruisseau très encaissé. le dernier se débine tranquillement vers le ruisseau, s'arrêtant régulièrement alors que mon ragondin qui vient de se dégager de ma flèche finit de mourir. J'arme mon arc et tente d'aligner ma visée sur le ragondin dans l'herbe de la bande enherbée qui le masque en partie. Il repart et s'arrête dans une touffe de végétation, je ne peux pas aligner ma visée. Il bascule dans la pente du talus. Je m'avance tout doucement et l'aperçois à juste 1,5 mètres de mes pieds dans les ronces. J'arme mon arc et décoche mais ma flèche passe juste dessous. Il démarre bruyamment, saute dans le ruisseau presque asséché et court vers un terrier où il disparait.

Je peine à récupérer ma flèche au milieu des épines puis pars chercher mon ragondin mort.

Un ragondin auterrivois trop prévisible, 23 août 2018

il n'a pas fait un mètre, une petite photo souvenir et je rentre.

Un ragondin auterrivois trop prévisible, 23 août 2018

Alex

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25 août 2018 6 25 /08 /août /2018 14:37

Ce soir je décide d'aller faire un petit tour au canard juste à côté de chez moi en attendant que ma compagne rentre du boulot. Je pars donc à pied avec mon arc, mon sac à dos contenant mon lancer et la gaffe télescopique prêtée par Jacques. Je passe les jardins et la station d'épuration pour rejoindre le virage du Gers qui rejoint le chemin goudronné, l'eau est agitée, les canard où les ragondins ne sont pas loin. Je suis la bordure boisée qui longe le Gers pars le bord d'une petite parcelle de trèfle à la recherche d'un passage pour atteindre le bord de l'eau mais la végétation a beaucoup poussée et trouver un passage est très difficile. Je tente de me frayer un passage au travers de la végétation un peu plus en aval mais les canards m'ont repéré et descendent la rivière. L'encombrement de la végétation ne me laisse pas de fenêtre de tir.

Je fais marche arrière et presse le pas pour atteindre un passage vers après un autre virage du Gers qui délimite le font de la parcelle. Alors que j'arrive près du passage, je me fais surprendre par plusieurs jeunes ragondins qui démarrent dans le trèfle et se précipitent vers la rivière. Je tente de me frayer un passage dans la végétation, trop tard, les canards sont déjà là et m'ont vu, ils s'envolent. Je passe la butte qui borde le Gers puis descends sur une petite plagette. 8 ragondins sont arrêtés contre la berge opposée sous une branche basse. C'est une cible idéale mais je n'ai pas envie de galérer pour récupérer mes flèches. Je me décale un peut à droite contre un gros arbre et commence à appeler.

Immédiatement, un ragondin vient droit sur moi. J'arme mon arc et le laisse venir au plus près pour pouvoir récupérer facilement ma flèche. Il arrive presque contre la berge sur ma gauche à environ 7 ou 8 mètres puis longe la plagette pour venir passer juste devant moi sur la droite de l'arbre mais il décide de stopper à 2 mètres mais caché par une branche basse feuillue qui couvre l'eau au niveau de mes pieds. Je l'entends ronner mais ne le vois pas, un autre ragondin arrive pour le rejoindre et disparait lui aussi sous la branche basse. Je me penche doucement à droite et à gauche pour tenter de l'apercevoir tout en poursuivant mes appels et finis par l'apercevoir, il s'est callé contre une petite souche partiellement immergée. J'arme mon arc en prends ma visée au travers du feuillage puis décoche. Séché sur place, il n'a pas bougé.

Son compère a plongé et remonte vite pour tourner au milieu de la rivière. Je le rappelle et arrive à le faire venir un peu mais, j'aperçois mon ragondin et ma flèche qui partent dans le courant. J'attrape vite la gaffe et la déplie pour les stopper et les ramener au bord faisant fuir les ragondins vers les terriers. Mon ragondin sur la berge, je me reposte et surveille le secteur en appelant. Un bout de bois descend le cours d'eau et vient sur moi. Un ragondin sort du couvert à 30 mètres sur ma gauche et hésite à venir, il tour et retourne mais se tranquillise en voyant arriver le bout de bois et viens le voir de plus près, s'approchant à quelques mètres de moi. J'arme vise et décoche. Touché, il plonge dans un nuage de sang. Je me précipite pour récupérer ma flèche avant qu'elle ne dérive. Mon ragondin remonte au milieu du Gers et se débat en perdant beaucoup de sang mais alors qu'il semble s'immobiliser, il replonge et remonte contre la berge pour finir de mourir dans l'entrée d'un terrier.

Il n'ira pas plus loin, je reprends mon poste et rappelle. Un ragondin ronne à l'entrée de son terrier contre la berge d'en face plus à ma droite. Je tente de l'appeler mais il rentre à couvert puis revient se caller à l'entrée du terrier ne laissant dépasser que sa tête. Le temps passe et je ne veux pas décocher au risque de perdre ma flèche. Ma compagne m'appelle pour me dire qu'elle rentre, je quitte donc mon poste et pars chercher ma voiture pour aller chercher le ragondin par l'autre rive à l'aide de la gaffe avant de rentrer.

Le cri qui tue, 21 août 2018

Alex

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15 août 2018 3 15 /08 /août /2018 12:35

Ce matin parti faire le tour des maïs à Saint Arroman, je n'ai vu aucun sanglier ni aucun renard, juste une dizaine de chevreuils et je rentre en passant près d'une mare prise dans le maïs sur 3 côtés. Je m'arrête pour observer quelques jeunes poules d'eau prenant le soleil sur une plagette de galets sous les ronces de la berge opposée quand j'aperçois un pied de maïs s'agiter au bout de la mare puis tomber au sol. Je comprends vite qu'il s'agit des ragondins au gagnage. Je chasse peu ou pas le ragondin depuis des mois mais ces temps-ci j'en vois partout et il commence à faire pas mal de dégâts sur les cultures.

Trop c'est trop, 15 août 2018

Je passe le fossé du déversoir de la mare et commence une approche lente entre le maïs à ma gauche et le plan d'eau. Le vent vient de ma droite. Le maïs s'agite toujours. Quand j'arrive au coin de la mare, j'aperçois un gros ragondin se quillant sur ses pattes arrière à environ 15 mètres pour ronger un pied de maïs. Je m'approche très doucement quand du mouvement dans les herbes haute me fait stopper. Un ragondin plus petit stoppe dans la végétation à environ 7 mètres, je le laisse passer et retourner à la mare. Je fais 2 pas de plus et un autre suit le chemin du premier. Je poursuis mon approche sur le gros ragondin complètement absorbé par son repas. J'arrive facilement à 5 mètres de lui quand j'aperçois un autre ragondin mangeant un épis sur le sol à 3 mètres de moi. J'arme doucement mon arc, il est de 3/4 arrière. Je vise l'épaule et décoche. Il s'effondre sur place.

Trop c'est trop, 15 août 2018

L'autre ragondin a démarré et est rentré dans le maïs, je l'entends se débiner doucement sur ma droite mais la végétation est trop épaisse et je ne peux pas le voir. Je reste posté un moment sans bouger en espérant le voir sortir vers la mare mais le temps passe et rien ne vient. Je m'avance donc vers mon ragondin resté sur place.

Trop c'est trop, 15 août 2018

Après quelques photos souvenir, je retourne à la voiture pour rentrer chez moi.

Trop c'est trop, 15 août 2018

En route, je passe au-dessus d'un lac à quelques minutes de chez moi et constate qu'il est couvert de canards et de ragondins. Arrivé chez moi, je consulte l'arrêté des ouvertures de la chasse et constate que le canard est déjà ouvert depuis quelques jours. Je change donc d'arc et prends mon Carbone Element et mon sac à dos avec mon lancer puis me gare à la zone artisanale et me prépare avant de remonter vers le lac un peu plus haut. En arrivant sous la digue, je ralentis pour remonter doucement le talus prêt à armer mais les canards sont de l'autre côté du lac et s'envolent immédiatement. Plusieurs ragondins, surpris par cette agitation, tournent sur le fond du lac. Je me décale vite au milieu de la berge de droite sur la zone principale de terriers et me poste. D'autres ragondins se mettent à l'eau vers le bout de la digue et plusieurs d'entre eux arrivent droit sur moi. Je les laisse venir et arme doucement mon arc alors que le premier n'est plus qu'à 20 mètres. Je vise et décoche à environ 8 mètres, de face, mais ma flèche passe juste devant son museau. Il ne plonge pas et continue à avancer tranquillement, je réencoche vite, arme, vise et décoche à 6 mètres sur le ragondin plein travers sur ma gauche mais je passe dessous et il continue comme pour me narguer. Ca commence très mal, je réencoche vite, arme et décoche alors que le ragondin est proche de la berge. Cette fois je le traverse. Il plonge dans un nuage de sang puis remonte vite, se débat en surface puis vient mourir contre la berge un peu plus à ma gauche.

D'autres ragondins se sont amassés sur ma droite dans l'angle du lac à environ 20 mètres. Je réencoche, un ragondin sort d'un terrier juste à ma droite et s'élance en surface sur le lac. Ma flèche pleine épaule le sèche net à 4 mètres de la berge. Je réencoche, les autres ragondins tournent dans le coin du lac et hésite à venir vers moi et les terriers. L'un d'eux se décide et se rapproche à près de 10 mètres. J'arme et le suis dans mon viseur. Ma flèche pleine épaule le laisse sur place. 3 ragondins tournent dans le coin du lac, je n'ai plus qu'un flèche et commence à récupérer mes 3 flèches sur ma gauche puis me reposte et commence à appeler les ragondins en imitant des cris de petit ragondins. Ils tournent hésitant mais restent à environ 15 mètres, je préfère les laisser se rapprocher pour ne pas gaspiller mes flèches mais 2 finissent par repartir en longeant la rive à ma droite. Le dernier, reste immobile contre la berge à environ 20 mètres et ne veut pas venir sur mes appels. J'hésite à me décaler mais décide rester en place. Un autre ragondin sort d'un terrier sur ma gauche, j'arme, vise et décoche. Il me semble le toucher mais il plonge et disparait. Le ragondin à ma droite ne veut pas bouger. Un remous attire mon attention sur ma droite contre à berge à quelques mètres. Une tête de ragondin surgit, il reste un moment immobile puis s'élance sur l'eau. J'arme vise et décoche mais ma flèche passe dessous et il plonge et disparait. Le petit ragondin finit par se décider, je réencoche. Il vient vers moi, repart un peu, vient à nouveau, repart puis se décide et amorce une courbe à 10 mètres de la berge pour revenir sur ma gauche où ma flèche le sèche net. Concentré sur des remous à ma droite je ne remarque pas tout de suite que ma dernière flèche a coulée.

Je récupère mes flèche et mes ragondins que je laisse sur la berge puis me reposte. Je décide de partir sur la gauche où j'ai vu rentrer plusieurs ragondins dans les joncs de la digue. J'avance doucement mais ils démarrent sous l'eau au ras de mes pieds sans que je puisse les voir. L'un d'eux remonte à environ 20 mètres, de cul près de la berge à ma gauche. Je décoche mais il plonge au moment où ma flèche arrive. Je pensais l'avoir touché mais il ne remontera pas. D'autres ragondins partent vers les terriers. Je cours pour revenir à mon poste et fait plonger un ragondin remonté près de la berge en arrivant aux terriers. Un gros ragondin  tourne près de la berge opposée puis repart vers les joncs, je tente de l'approcher mais comme les autres il replonge et semble partir vers les terriers. Je repars vite à mon poste. Il refait surface près de la berge opposée.  Je l'approche par la droite et il me regarde arriver sans bouger jusqu'à ce que j'arrive au milieu de la berge opposée au terrier. Il est à plus de 20 mètres plein travers, un peu loin mais je décide de le tenter. J'arme, il se met de cul et s'éloigne d'un mètre puis se met de 3/4 arrière. J'aligne ma visée et décoche. Touché il se débat puis plonge. Je cours vers les terriers et me reposte. Mon ragondin finit par remonter à 10 mètres de la berge opposée, se débat un instant puis coule à pic dans un bouillon de bulle.

Je reste posté un moment aux terriers et surveille autour de moi les remous contre la berge espérant voir sortir un autre ragondin. Après un long moment, un sillon se dessine à la surface sur ma gauche près de la digue. Je cours mais le ragondin remonte devant moi et replonge aussitôt pour disparaitre à nouveau. Je longe les joncs de la digue sans le refaire sortir. Je pars me reposter. Au bout d'un moment plusieurs ragondins sortent des joncs de la berge opposée. L'un d'eux arrive vers moi et plonge au milieu du lac. J'arme mon arc, il remonte à 7 mètres de moi de face. Ma flèche en pleine tête, le laisse sur place. Un autre ragondin longe la berge de droite et rentre dans l'antre d'un terrier à 15/20 mètres du coin du lac. Je me décale doucement vers lui alors qu'il regarde vers moi et le tire à plus de 20 mètres. Je pensais l'avoir touché mais il fuit au fond du terrier. Je pars chercher ma flèche puis fait un tour du lac et récupère ma flèche contre la berge opposée au passage. Rien ne bouge, je pars me reposter et surveille un remous sur ma droite. 2 ragondins sortiront des terriers sur ma droite pour rentrer aussitôt à couvert sans me laisser le temps de réagir. Le ragondin ressort des jonc sur ma gauche mais au moment où je m'approche il replonge et disparait. Je me reposte, le temps passe et le lac est calme. Je récupère mon dernier ragondin et fait le tour du lac avant de partir puis commence à rassembler mes ragondins quand, j'aperçois un ragondin à l'entrée du terrier où j'ai tiré l'autre tout à l'heure, j'encoche, me rapproche à environ 30 mètres puis tente une flèche.

Cette Fois, c'est touché, le ragondin a disparu avec ma flèche mais gémit et se débat bruyamment dans le terrier. J'attends un peu mais il ne semble pas vouloir mourir. Je tente d'aller le récupérer en descendant dans l'eau pour marcher sur un petit replat qui borde la berge sous 20 cm d'eau. J'entends le ragondin démarrer dans le terrier, je me penche devant l'entrée et éclaire avec mon portable. Il est bloqué à 4 mètres, dans un virage, par ma flèche resté en travers. J'appelle donc Jacques pour qu'il me prête sa gaffe télescopique et part la chercher puis reviens pour tenter de récupérer mon ragondin. A mon retour, il est toujours vivant, à genoux dans l'eau je tente de le crocheter et finis par y parvenir mais il m'échappe à 1 mètre de l'entrée et fonce vers le fond du terrier et disparait derrière le virage. J'ai juste le temps d'attraper ma flèche par l'empennage en tournant la gaffe pour la bloquer. Je tire ensuite sur cette dernière pour ramener le ragondin vers l'entrée en espérant que ma flèche tienne le coup. Il lutte de toute ses force mais je finis par le faire lâcher et le ramène à 1 mètre de l'entrée où je saisi ma flèche à la main et l'extirpe du trou en tirant dessus puis le saisis par la queue et l'achève d'un coup sec. Ma flèche était très en arrière dans les viscères. Il va être midi, il est temps de rentrer.

Trop c'est trop, 15 août 2018

Je reviendrai pendant 2 jours matin et soir avant de retrouver mon gros ragondin qui, ayant gonflé, est remonté contre la berge de gauche avec ma flèche.

Trop c'est trop, 15 août 2018

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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