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8 décembre 2013 7 08 /12 /décembre /2013 16:52

Ce matin, j'ai prévu d'aller chasser en battue à Justian. Je me suis mis d'accord avec le président de la chasse pour aller me poster au lever du jour pour tenter de profiter de l'agitation des postés et peut être avoir une occasion de tir. Il a bien gelé ce matin, le paysage est blanc de givre. J'arrive sur place vers 8 heures, il fait déjà jour. Je pars me poster dans une bande boisée étroite et parcouru par un ru asséché qui poursuit le bois que nous allons chasser. Je connais bien ce poste car il m'est attitré à chaque fois que nous chassons ce secteur. Je me poste au pied d'un gros chêne, au bord du ru, un passage dégagé passe à ma gauche, une grosse coulée tourne à 90° devant moi pour sortir sur ma droite dans le pré longé par la bande boisée.

Battue à Justian, 8 décembre 2013

A 10 mètres dans mon dos, la bande boisée s'élargie et deviens beaucoup plus touffue.

Le temps passe dans le froid piquant, de nombreux oiseaux animent le bois, un rouge gorge fouille les feuilles mortes au sol à 10 mètres devant moi,

Battue à Justian, 8 décembre 2013

des mésanges charbonnières fouillent la mousse des branchages des chêne, un vol de mésanges à longue queue passe tout autour de moi en émettant de petits cris. Des geais gloussent dans mon dos en voletant de branche en branche mais tout à coup un bruit de galop dans l'herbe haute givré vient troubler le calme. Je me retourne et aperçois 2 chiens, un fox terrier blanc avec de grosses taches marron et un batard un peu plus gros noir et feu, qui arrivent au grand galop en longeant la bande boisée sur ma gauche. Ils ralentissent en arrivant près du bois puis se mettent à flairer le sol, tournent un peu dans le bois puis prennent le passage pour venir droit sur moi. Ils arrivent sans me voir à 3 mètres sur ma gauche puis me sentent et se tournent vers moi et se mettent à aboyer sur moi en hérissant le poil. Agacé, je fais mine de foncer sur eux, ils prennent peur et sortent brusquement du bois et rejoignent un gros chien noir et feu qui arrive au même moment. Tous 3 se mettent à aboyer sur moi puis finissent par repartir d'où ils venaient.

Ce sont les chiens qui m'ont embêté lors de la chasse de mon second brocard en tir d'été et qui ont gâché notre première battue début septembre. Je décide d'appeler le président de la chasse pour l'avertir de la situation. Il décide de chasser tout de même le secteur. Au bout d'un petit moment, les chiens reviennent à la charge, cette fois, je fonce sur eux avec un cri de rage qui les met en fuite. Il est inutile que je reste posté, je rejoints ma voiture pour me réchauffer un peu et attendre les postés. Dès que tout le monde est arrivé nous repartons nous poster et les chiens reviennent à la charge. Ces aboiements incessants deviennent vite insupportables. Le président de la chasse essaiera même de les chasser en les poursuivant dans les champs avec sa voiture mais rien à faire. Les piqueurs vont mettre un long moment pour lancer 3 chevreuils complètement à l'opposé de la chasse, les animaux seront tiré mais manqués. La fin de battue est sonnée et nous ne nous faisons pas prier pour quitter nos postes.

Nous partons pour la seconde traque au lieu-dit "Pichon", je suis un chasseur qui doit m'indiquer mon poste. Nous arrivons en face d'un chemin de terre qui rentre dans le bois, je reconnais alors ce chemin où j'ai achevé le premier chevreuil fléché avec mon Carbonne Elément. Je m'avance dans le chemin qui sépare un grand bois d'une bande boisée d'environ 30 mètres de large. Je quitte ensuite le chemin pour m'avancer un peu dans le bois sur la gauche du chemin. Je me poste à quelques mètres du chemin, tourné vers le grand bois. Une grosse coulée à 10 mètres sur ma gauche, longe à 5 mètres dans le bois en parallèle du pré en long qui le sépare de la route.

Battue à Justian, 8 décembre 2013

Une autre grosse coulée passe juste à ma droite et sort sur le chemin de terre. J'ai de la visibilité sur environ 15 mètres dans le bois assez clair autour de moi.

Battue à Justian, 8 décembre 2013

Les traqueurs se garent dans le pré au bord de la route près de ma voiture, des postés se sont positionnés le long de la route. Un des piqueurs arrive avec les teckels par le chemin de terre derrière moi. Il rentre dans le bois 40 mètres plus bas, les teckels lancent immédiatement et sortent rapidement du bois sans que personne ne tire. Le piqueur tente de rattraper les chiens et tout le monde s'éloigne un moment. Au bout d'un bon moment, le second piqueur accompagné de quelques chiens arrive et reprend la traque accompagné par une jeune fille qui nous accompagne souvent à la chasse. Il donne de la voix pour tenter de déloger les animaux et s'éloignent doucement. Après un long moment, un chien arrive vers moi en donnant de la voix par intermittence.

Un pas se fait entendre dans les feuilles mortes. Je tourne la tête et aperçois un chevreuil qui vient de sauter un gros tronc sur ma droite, il est arrêté plein travers à 12 mètres environ mais les branchages m'interdisent un tir. Le chevreuil s'avance un peu, s'arrête entre 2 arbres et écoute le chien qui se rapproche lentement en donnant de la voix. Il fait un petit bon et est maintenant partiellement masqué par un des 2 arbres. Il reste un moment immobile puis s'avance au pas et bifurque pour venir vers moi. J'arme mon arc et laisse venir l'animal en le suivant dans mon viseur, je cherche une trouée au travers des branchages et lui décoche une flèche alors qu'il passe à 2,5 mètres au pas.

Ma flèche me semble très en arrière juste en avant des cuissots, le chevreuil accélère, traverse le chemin rapidement et disparaît dans la bande boisée derrière moi. Je réencoche quand un bruit me fait me retourner, un arbuste s'agite un moment à quelques mètres d'où est rentré le chevreuil, je comprends rapidement qu'il est déjà mort.

Battue à Justian, 8 décembre 2013

Le chien arrive et si je le laisse faire il va piller la carcasse. Je pars donc chercher mon chevreuil. Ironie du sort, il est mort là où j'ai achevé le premier chevreuil tiré avec mon Carbonne Elément. C'est un petit mâle de l'année, ma flèche rentre en fait haute, sous colonne, juste en arrière des poumons et ressort basse en face, un peu au-dessus du sternum. Un sang noir et mélangé à du contenu stomacal coule très abondant par les plaies d'entrée et sortie. Je le ramène à mon poste, récupère ma flèche au passage et dois me battre un moment avec le teckel qui veut en manger un bout jusqu'à l'arrivée de la jeune fille qui accompagne les traqueurs et qui me prend le chien.

La battue se termine peu après, les 3 coups sont sonnés, nous nous dépostons mais les teckels lancent dans la bande de bois, une chevrette traversera la route devant une voiture de chasseur venue nous rejoindre. Je suis le seul à avoir fait une pièce de gibier ce matin. 

Battue à Justian, 8 décembre 2013

Alex

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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 20:18

Ce soir, après une petite séance d'entrainement sur cible, je décide d'aller faire un tour sur Traversères pour chasser le sanglier, cela fait 2 semaines que je n'y ai pas mis les pieds. J'arrive vers 15h45 près d'une habitation non occupée depuis plusieurs mois et me gare au bord de la route dans une friche. Je me prépare tranquillement puis pars en longeant la route vers l'habitation. Dans la combe en contrebas, les sangliers ont bien retourné le semé de blé depuis mon dernier passage, ils ne doivent pas être loin. Je longe l'habitation pour rejoindre une prairie bordée par un bois en forme de U ouvert vers la route. Je pars vers la gauche. Un gros massif de genets et d'épines précède le bois et couvre le penchant descendant à ma gauche, c'est une très bonne remise pour les sangliers surtout à cette saison car il est exposé au soleil le matin. Un chevreuil broute tranquillement dans la friche qui couvre le bas de la combe. Le vent est face à moi ce qui n'est pas très bon car je veux me poster un peu plus loin dans une coupe de bois à environ 70 m de la remise. Je me décale vers le milieu du pré pour m'éloigner du bord du bois et ne pas être repéré puis je reviens un peu plus loin vers le bois et rentre par une grosse coulée pour rejoindre mon poste. De nombreux coups de nez de petits sangliers marquent le sol

En descendant, je constate que le goudron que j'ai mis il y a 3 semaines a été frotté de très frais, des coups de dent marquent l'écorce des petits chênes, les pieds d'un sanglier d'environ 50 kg semblent partir vers le fond du bois mais quelques traces partent vers la remise. Je remets un peu de goudron aux endroits frottés puis descends un peu plus bas pour me poster. La coupe de bois a quelques années et tous les arbres n'ont pas été ramassés, les ronces ont repoussé par-dessus et limitent la visibilité

Un affût au sanglier à Traverseres, 2 décembre 2013

mais le débardage de quelques arbres cette année a créé 2 passages assez propres de chaque côté de la coupe. Je me poste au bord du plus éloigné de la remise aux pieds de quelques chênes. Je dégage mes angles de tirs en coupant quelques petites branches gênantes. Je teste l'armement de mon arc puis enlève mon carquois que je pose au sol en appui contre un arbre avant d'accrocher mon arc contre le tronc d'un chêne à une petite branche coupée à 15 cm du tronc et effeuillée.

Un affût au sanglier à Traverseres, 2 décembre 2013

Je nettoie le sol à mes pieds pour enlever toutes les brindilles ou les feuilles qui pourraient faire du bruit s'il me faut bouger. Cette fois, je suis prêt, il est 16h10. Je contrôle le vent, il descend vers le fond de la coupe, je suis donc à bon vent si les sangliers arrivent face à moi ou dans mon dos. L'attente commence. 

Au-dessus de moi passent de grosses coulées dans une bande de bois non exploitée qui longe le pré à 20 mètres environ,

Un affût au sanglier à Traverseres, 2 décembre 2013

au-dessous de moi le passage de débardage me donne environ 20 mètres de visibilité. Les geais s'affolent dans mon dos. Je me retourne et me prépare. J'attrape mon arc mais les geais s'éloignent et le calme revient. C'est maintenant sur le penchant opposé que les geais s'affolent, les vaches traversent le bois pour rejoindre le pré en crête près du petit cimetière et sa chapelle. Un bruit d'eau vient de la mare au pied du bois dans la prairie du fond de combe en dehors du territoire que je peux chasser. Les chênes non coupés me cachent cette mare où se souillent souvent les sangliers. Au bout d'un bon moment, le calme revient. Je raccroche mon arc sur l'arbre. Je contrôle régulièrement le vent qui reste constant et toujours bon pour moi. 

Un pic épeiche vient troubler la quiétude du bois et frappe sur les troncs entre 2 vols bruyants accompagnés de cris puis vient se poser au sommet d'un chêne au-dessus de moi et commence à pousser ces cris sans s'arrêter pendant plusieurs minutes. Le calme revient enfin, le beau soleil de cette après-midi descend doucement. La fraîcheur s’installe tranquillement. Vers 17h10, un bruit en face de moi me fait attraper mon arc, une branche craque dans le bois en bordure de la coupe puis un bruit de pas se rapproche. Mon cœur s'affole, chose que je ne connais que très rarement à l'approche, je me calme un peu et me prépare mais un souffle puissant retentit puis les craquements descendent doucement vers le bas du bois avant de s'arrêter. Je contrôle le vent, il est toujours bon, le sanglier n'a pas pu me sentir.

Je tends l'oreille, de nouveaux craquements se font entendre mais cette fois plus haut dans le bois, le bruit se rapproche, à nouveau mon cœur s'emballe un peu mais je me calme rapidement. Le pas se rapproche, l'animal très bruyant semble vouloir longer le haut du bois au-dessus de la coupe. Je finis par l'apercevoir, c'est un sanglier d'environ 50 kg il avance doucement en fouillant les feuilles mortes du sol. Il marque un temps d'arrêt pour fouiller le sol à environ 18 mètres de 3/4 face puis recommence à avancer, il est partiellement masqué par la végétation. J'arme mon arc mais le sanglier fait demi-tour tout en fouillant le sol et semble repartir d'où il vient. Je désarme, je le perds un moment de vue alors qu'il descend vers la coupe mais je suis sa progression bruyante à l'oreille.

Il finit rapidement par réapparaître. Il arrive maintenant d'un pas tranquille en longeant les ronces du bord de la coupe et revient vers moi. Je réarme doucement mon arc et le laisse venir, j'aligne ma visée alors qu'il se présente à découvert de 3/4 face, il avance encore un peu et se présente presque plein travers à 8 mètres, ma visée se cale sur le défaut de son épaule, je décoche. Je vois mon encoche lumineuse (je teste actuellement mes encoches lumineuses pour la Guyane car je ne chasse habituellement pas avec ce dispositif) traverser l'animal qui démarre en trombe. Le bruit de l'impact est caractéristique d'une flèche de coffre mais il m'a semblé voir ma flèche un peu en arrière. Mon encoche bleue me signale ma flèche fichée au sol. Le sanglier remonte le talus, fait un pause de quelques secondes sur un replat au-dessus de moi et se met à souffler bruyamment puis il prend la descente, je le suis des yeux jusqu'à le perdre de vue en sous-bois, je le suis encore un peu à l'oreille puis le calme revient. Je reste un moment à mon poste au cas où un autre animal arriverait et pour laisser le temps à l’hémorragie de se faire.

Après une petite attente immobile, je décide d'aller contrôler mon tir avant que la nuit ne s'installe, je remets mon carquois sur l'arc. Ma flèche est couverte de sang, je la remets sur le carquois puis tente de trouver du sang au sol mais sans succès. Je décide d'aller voir directement à 10 mètres où le sanglier s'est arrêté avant de prendre la descente. Je trouve du sang, quelques grosses gouttes et commence à les suivre mais rapidement le sang me fait défaut, dans la pente les feuilles mortes et l'humus sont retournés ce qui indique que le sanglier a dû passer par là je prends la coulée et retrouve du sang un peu plus loin au pied du talus. Le sang n'est pas très abondant, et descend doucement en biaisant à peine sur la courbe de niveau. J'avance doucement et la nuit tombe, je dois allumer la lampe de mon portable pour suivre la piste, des ronces et petits balivots couchés et tirés sont couvert de sang, la piste se ponctue maintenant de grosses taches de sang reliées par de grosses gouttes et redescend droit vers le pré en contrebas, il semble que le sanglier ait heurté plusieurs arbres maculés de sang. La piste bifurque à gauche comme pour revenir vers la remise puis je le retrouve à environ 10 mètres couché sur le flanc orienté comme s'il voulait s'éloigner à nouveau de la remise. Ma flèche rentre pile au défaut de l'épaule et ressort un peu plus bas de quelques centimètres et en arrière des côtes, je touche les 2 poumons au-dessus du cœur et le foie, il a fait environ 50 ou 60 mètres. Il ne reste plus qu'à revenir à la voiture en tirant ce jeune sanglier mâle d'environ 50 kg.   

Un affût au sanglier à Traverseres, 2 décembre 2013

Alex

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 14:25

Ce matin, je participe à une battue sur la société de chasse de Justian/Roques/Lagardère, Rendez-vous est pris à la salle des chasseurs de Lagardère vers 8 heures. Comme d'habitude je suis le seul archer. Le président de la chasse m'indique mon poste et après les consignes, nous partons nous poster. Je ne connais pas ce secteur sur la commune de Lagardère que je n'ai encore jamais chassé en tir d'été. Mon poste est facile à trouver "la grosse coulée près du panneau de priorité à droite, tu rentres de 5 ou 6 mètres dans le bois ". Je passe devant en voiture et me gare un peu plus loin au coin du bois puis reviens à pied en longeant le bois. Je repère très facilement la coulée très fréquentée près du panneau, de la boue couvre les ronces, les sangliers ont dû passer par là.

Je rentre dans le bois par la coulée, un gros chêne est tombé sur ma gauche et forme une barrière naturelle perpendiculaire à la route. De nombreuses coulées très marquées convergent vers la sortie que j'ai empruntée. Une belle coulée longe à 10 mètres environ de la route. Le sol du bois est ponctué de massifs de fragon. Je me poste à 3 mètres environ à droite de la coulée qui sort du bois à pied d'un gros chêne, à environ 6 ou 7 mètres de la lisière. Devant moi, un arbre mort tombé au sol dans un massif de fragon est partiellement couvert de ronces.

Battue à Lagardère, 24 novembre 2013

Je suis très content de mon poste, je le sens bien, j'ai une bonne visibilité sur 10 à 12 mètres à ma gauche

Battue à Lagardère, 24 novembre 2013

et autant à ma droite.

Battue à Lagardère, 24 novembre 2013

Le vent est face à moi. Les piqueurs sonnent le début de traque sur ma gauche et sortent les teckels qui, déjà très excités, donnent un peu de la voix. Les piqueurs se séparent en rentrant dans le bois en donnant de la voix pour encourager les chiens. L'un des piqueurs arrive droit sur moi avec un des teckels, ce dernier vient faire ses besoins juste sur la coulée à quelques mètres devant moi puis vient passer à mes pieds. Le piqueur m'a vu, il passe rapidement et recommence à donner de la voix à 30 mètres sur ma droite puis je les perds de vue.

Un oiseau décolle, je me retourne vers lui, c'est une bécasse qui a laissé passer le piqueur avant de s'envoler. Les chiens donnent de la voix par moment quand des coups de feu claquent à l'autre bout du bois. Le temps passe, au bout d'un moment un pas craquant se fait entendre sur ma droite, je me tourne doucement pour chercher sa provenance mais il stoppe net. Impossible de mettre les yeux sur l'animal au travers des branchages. Tout à coup, un bruit de galop se fait entendre et j'aperçois 3 chevreuils qui se débinent à environ 20 mètres devant moi et partent vers la gauche du bois. Ils ont dû me voir, je les suis sur environ 50 mètres du regard, ils descendent dans le lit d'un ruisseau qui traverse le bois puis je les perds de vue alors qu’ils viennent de remonter le talus du cours d'eau. Rapidement des coups de feu claquent. Un des chevreuils est tombé.

Peu de temps après, les chiens poussent au loin, un animal arrive au pas de course en face de moi. J'aperçois une petite silhouette rousse au travers de la végétation. J'arme mon arc en orientant ma flèche vers le bas. L'animal surgit à découvert, c'est un gros renard en poil d'hiver bien touffu, il me semble roux clair avec le dessous blanc. J'aligne rapidement ma visée et le tire en pleine course à environ 2 mètres sur ma gauche. Il me semble voir une atteinte au niveau de l'épaule mais tout va très vite. Le renard trébuche, se relève sans s'arrêter et file dans mon dos pour longer à quelques mètres de la route mais sa démarche est très bizarre. Il secoue la tête et fait des bons tout en courant. Je le perds rapidement de vue.

Les chiens arrivent rapidement et prennent la trace du renard, la menée s'éloigne, un coup de feu claque au coin du bois et je pense mon renard mort. Les chasseurs tentent d'arrêter les chiens, les piqueurs les rappellent. Je contrôle mon tir, ma flèche est plantée au sol mais ne porte pas de trace de sang

Battue à Lagardère, 24 novembre 2013

En la retirant du sol, je constate que beaucoup de poils sont coincés dans les lames et que quelques poils sont collés sur l'empennage. Près de ma flèche, je trouve du poil et un bout de peau couvert de poils ras très noir avec une bordure rousse,

Battue à Lagardère, 24 novembre 2013

en le ramassant, je constate que sur l'autre face il y a un tout petit bout de cartilage, j'en conclue que j'ai dû couper le bord de l'oreille du renard mais il me semblait pourtant l'avoir traversé. Là où le renard a chuté, je trouve pas mal de poils collés sur les feuilles mortes.

Battue à Lagardère, 24 novembre 2013

Je cherche du sang sur la trajectoire de fuite du renard sans succès quand, près de la zone de tir, je trouve une toute petite goutte de sang sur une feuille de lierre

Battue à Lagardère, 24 novembre 2013

puis quelques minutes plus tard un seconde goutte à 2 mètres de la première puis plus rien.

Battue à Lagardère, 24 novembre 2013

Je n'arrive pas à comprendre ce qu'il s'est passé. Je me reposte un moment puis la sonnerie de fin de traque retentit. Je ressors du bois et discute de ma mésaventure avec les postés et apprends que le renard n'a pas été tué, un posté l'a vu et m'annonce qu'il ne semblait pas blessé. Je sais qu'il est touché mais je ne peux pas le retrouver s'il ne perd pas de sang. Nous devons aller nous reposter autour d'un autre bois à quelques centaines de mètres. Je reviendrais chercher des indices à la fin de la chasse. 3 chevreuils sont tombés lors de cette traque.

Le président de la chasse me demande d'aller me poster au coin du second bois, près d'une habitation, ce poste ne pouvant pas être pris par une arme à feu. Je longe donc une ligne de postés et arrivé au coin du bois je rentre doucement de 15 mètres dans le bois pour me poster au pied d'un gros chêne en bordure une clairière. Je pose mon carquois d'arc au pied du chêne. Sur ma gauche le bois touffu fait place à un tapis de ronces et de fragon qui couvrent la clairière au bord de laquelle je suis posté sur environ 12 mètres.

Battue à Lagardère, 24 novembre 2013

Sur ma droite le bois est beaucoup plus clair et me permet de voir à environ 25 mètres. A peine posté, j'entends déjà les piqueurs et les chiens qui arrivent face à moi. Le vent souffle dans mon dos avec un angle qui change régulièrement. Ce n'est pas très bon. Rapidement, un petit bruit me fait tourner la tête à droite, un renard roux foncé au ventre gris foncé se débine tranquillement à environ 12 mètres en bordure de la clairière. J'arme mon arc et tente de prendre la visée mais la végétation me masque souvent le renard et j'hésite à décocher, il disparaît dans le fragon. Je désarme et surveille le massif un moment en espérant le voir ressortir mais le temps passe et les chiens arrivent.

Je me retourne face à la traque mais rapidement un pas léger se fait entendre dans mon dos. Je me retourne à nouveau et aperçois le renard qui se débine en suivant la lisière du bois à près de 15 mètres avant de bifurquer pour venir droit sur moi.

Battue à Lagardère, 24 novembre 2013

Il ne m'a pas vu, j'arme mon arc et le laisse venir sur une belle coulée qui passe entre 2 gros chênes, au moment où il passe les chênes il n'est plus qu'à 10 mètres de face, mon viseur se cale, 9 mètres, 8 mètres, je décoche. Je ne vois pas passer ma flèche qui heurte violemment un bout de boit dans un bruit sec.

Le renard bifurque brusquement à 90° sur ma gauche pour suivre la lisière, sa patte avant gauche est cassée, elle pend et est maculée de sang, il fonce sur 20 mètres puis semble percuter un arbre et bifurque à nouveau à 90° pour foncer vers le centre du bois. Je le perds rapidement de vue. J'attends un moment. Les chiens finissent par lancer, le piqueur cri "chevreuils" mais les animaux réussissent à sortir du bois sans être tirés.

La battue se calme, je décide d'aller chercher mon renard. Je pars vers la zone du tir et trouve rapidement du sang épais sur une feuille de ronce.

Battue à Lagardère, 24 novembre 2013

Je trouve ma flèche fichée dans une branche de bois mort, je la récupère. La piste assez abondante est facile à suivre.

Battue à Lagardère, 24 novembre 2013

J'arrive au niveau du chêne que le renard a percuté, une grosse tache de sang marque le pied de l'arbre, le renard est passé entre les 2 troncs du chêne.

Battue à Lagardère, 24 novembre 2013

Il file ensuite vers un roncier un peu plus loin.

Battue à Lagardère, 24 novembre 2013

Le sang est de plus en plus abondant, les taches se suivent et sont de plus en plus rapprochées.

Battue à Lagardère, 24 novembre 2013

La piste rentre dans les ronces.

Battue à Lagardère, 24 novembre 2013

J'aperçois mon renard sur le flanc à 4 mètres sous les ronces, il semble mort, je commence à m'approcher mais le renard semble essayer de se lever sans vraiment pouvoir bouger. Je décide de ne pas prendre de risque et lui décoche une flèche en plein coffre. Il ne réagit même pas. J'écarte alors les ronces et récupère mon renard mort et constate que son oreille gauche est coupée en 2 et son cou très profondément entaillé ce qui ne correspond pas du tout à mon tir de face.

Battue à Lagardère, 24 novembre 2013

Je comprends vite en voyant la profonde entaille sous le poitrail et la patte cassée. Je viens de retirer le renard de la première traque, c'est incroyable ! Je ne l'avais pas reconnu en le fléchant pour la seconde fois et je n'avais pas vu sa blessure. Un des piqueurs arrive, je lui montre mon renard et nous discutons un peu de la chasse puis il repart. Je reprends mon poste mais la fin de traque est rapidement sonnée. Je suis le seul à avoir fait un animal sur cette seconde traque.

Battue à Lagardère, 24 novembre 2013

Nous reprenons les voitures pour partir un peu plus loin mais lors de cette dernière traque aucun animal ne sera prélevé, les chevreuils passeront au travers des mailles.

 

Alex

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 13:10

Ce soir, je retourne faire un petit tour à la chasse mais décide de me poster sur un secteur où j'ai manqué un renard il y a 2 semaines. Je me poste donc dans un penchant boisée sur un carrefour de coulées et attends jusqu'à 17 heures environ, mais la pluie et le vent froid ont raison de moi. Je décide de terminer la soirée en faisant un peu d'approche. Je fais une grande boucle à travers champ sans rien voir puis rattrape un chemin de terre qui revient vers ma voiture à travers bois. J'avance tranquillement sur le chemin quand une silhouette s'élance en sous-bois, je me fige mais trop tard. Un  chevreuil vient de démarrer à 20 mètres devant moi et de disparaître en un éclair dans le bois.

Le jour commence à tomber, une pluie fine tombe en permanence et l'humidité commence à passer mes couches de vêtements. Je reviens vers ma voiture mais avant de partir, je décide d'aller voir un peu plus loin dans un petit pré bordé d'une haie de chênes car j'y ai souvent vu un chevreuil à cette heure-ci. Mais, alors que je remonte vers ce petit pré, je jette un coup d’œil derrière moi et aperçois une tache sombre dans un petit semé de blé en contrebas à 300 mètres environ, je décide donc de faire demi-tour pour descendre en direction de cet animal non identifié pour le moment.

Je descends à travers une friche pour rattraper la bordure du bois qui couvre la moitié de la pente jusqu'au ruisseau qui coule au fond de la combe puis le bois remonte sur le penchant suivant. Je longe assez rapidement le bois car le jour tombe rapidement mais alors que j'arrive au bout du bois, 2 chevreuils démarrent juste à 20 mètres en dessous de moi et semblent rentrer au bois. Je me fige un instant et observe mais je les ai perdu de vue. Tout à coup, les piaulements d'un jeune chevreuil qui appelle sa mère se font entendre un peu plus bas au milieu des ronds d'épines et de ronces qui parsèment la friche.

Je tente de me rapprocher doucement mais aperçois un chevreuil qui se débine et rentre au bois sur le penchant opposé à environ 30 mètres. Il semble biaiser vers la bordure du bois sur ma gauche et continue à piauler. Je me décale doucement pour tenter d'aller me positionner sur la bordure du bois en suivant le chevreuil à l'oreille. Je rattrape un chemin de terre enherbé qui longe le bois et commence à le suivre quand une impression bizarre m'envahit. Je me fige et tourne doucement la tête. Un chevreuil m'observe dans des herbes hautes, sur la gauche un petit îlot d'arbres situé en haut du talus du chemin. Il est plein travers à 30 mètres environ. Je suis à découvert en plein milieu du chemin et ne peux plus bouger. Je reste immobile.

Le chevreuil, m'observe un moment puis se met à brouter un court instant, relève la tête et m'observe à nouveau un moment, broute à nouveau puis s'ébroue, projetant un nuage de gouttes d'eau autour de lui avant de se tourner face à moi. Le chevreuil, tout en m'observant de face, baisse son arrière train et se met à uriner pendant plusieurs secondes puis, son besoin assouvit, il se redresse et commence à descendre vers moi. Il avance de quelques pas, s'arrête pour m'observer, s'avance encore, s'arrête, il avance ainsi tout doucement. Je profite d'un moment d'inattention du chevreuil pour armer mon arc alors qu'il avance encore en biaisant doucement pour arriver plein travers à 10 mètres environ s'il continue dans cette direction. Mon tir sera alors plus fichant car pour le moment le chevreuil plus haut que moi se détache bien sur le gris du ciel.

Il est maintenant à 12 mètres environ, presque plein travers. Des piaulements retentissent, un autre chevreuil arrive de derrière la bute et se dirige vers le chevreuil qui vient vers moi. Mon chevreuil tourne la tête et regarde vers son confrère. La tension de l'arc qui s'éternise commence à devenir moins confortable. J'hésite à décocher, j'espère le voir se rapprocher un peu plus et se présenter plus plein travers. Rapidement le chevreuil que j'ai dans mon viseur, s'avance un peu et se plante plein travers à environ 10 mètres. Il prend la pause, je cale tranquillement ma visée alors qu'il regarde à nouveau vers son confrère qui s'est mis à brouter à 15 mètres de lui.

Je décoche, ma flèche rentre bien au défaut de l'épaule avec un bruit sourd. Le chevreuil fait volte-face et part en trombe pour disparaître dans les herbes hautes où il broutait tout à l'heure. Dans sa fuite, j'ai aperçu des plis d'intestin qui sortaient du trou de sortie en arrière des côtes. Son confrère a filé. J'attends un peu puis remonte pour chercher ma flèche que je retrouve au sol peu marquée par le sang mais avec du contenu stomacal.

Je me dirige ensuite vers les herbes hautes et les contourne quand 2 chevreuils démarrent de l'autre côté de la butte. Je me fige, l'un des chevreuils s'arrête à environ 50 mètres de 3/4 arrière et m'observe. Je reste immobile. A ma grande surprise encore une fois le chevreuil revient vers moi, il remonte de 10 mètres de 3/4 face puis bifurque comme pour venir se positionner plein travers. Il avance doucement et s'arrête régulièrement. Il biaise doucement pour se rapprocher tranquillement. J'arme doucement mon arc alors qu'il est à 20 mètres environ ce qui ne l'inquiète même pas. Il finit par se planter en contrebas à 12 mètres environ plein travers. J'aligne ma visée et décoche. Le chevreuil fait un bon comme pour éviter ma flèche qui l'a certainement juste frôlé sous le poitrail. Il part en trombe, remonte un talus abrupt et disparaît dans des genets et des épines. Il s'arrête un peu plus loin et se met à aboyer furieusement avant de se taire et de repartir au galop, je ne peux plus le voir mais je l'entends un moment.

Je pars vérifier mon tir mais ne retrouve ni flèche ni sang. La nuit s'installe, il est temps d'aller chercher l'autre chevreuil, je m'avance dans les hautes herbes à la recherche de sang. Une odeur très caractéristique de contenu stomacal envahit mes narines, je finis par tomber sur mon chevreuil couché contre un petit genet en cherchant du sang. Il a fait à peine 20 mètres et est tombé là où je le perds de vue. C'est un chevrillard femelle, je le pensais plus gros en le fléchant. Effectivement ma flèche rentre au défaut de l'épaule mais sort en arrière de la panse dans les intestins.

Un chevrillard inconscient, 18 novembre 2013

Je reviendrai le lendemain après ma matinée de boulot mais je ne trouverai pas plus d'indices qui pourraient me faire penser que j'ai touché l'autre chevreuil. Pas de flèche non plus, elle est perdue. 

 

Alex

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 12:48

Sortie du matin : 

 

Ce matin, je pars pour Labéjan autour de mon lac favori pour tenter une approche sur un chevreuil, cette année les chevreuils semblent beaucoup moins nombreux sur la commune et, lors de mes sorties répétées, je vois peux de chevreuils, j'espère en voir d'avantage quand les maïs seront moissonnés bien que l'approche sera alors beaucoup plus compliquée. Malgré cela, j'ai cette année un taux de réussite assez important vu que je ne sors plus autant qu'avant.

En route, alors qu'il fait encore nuit, j'aperçois un chevreuil dans mes phares alors que j'arrive au pont qui franchit le Sousson en limite de Durban et de Labéjan. L'animal qui s'apprête à traverser le pont en direction de Duban fait volte-face et saute dans le champ sur la droite de la route. Je le regarde s'éloigner en direction du stade de foot de Labéjan situé à quelques centaines de mètres. Il s'agit certainement d'une chevrette que j'ai pu observer plusieurs fois cette année à un peu toutes les heures de la journée. Son gîte doit se trouver dans la bordure boisée du ruisseau.

Je poursuis ma route mais au lieu de remonter comme d'habitude par la route qui longe le bois du Turc, je poursuis jusqu'à la suivante pour aller me garer près de la ferme pour chasser au lever du jour la petite parcelle de maïs isolée qui redescend sur le penchant opposé à celui qui descend vers le lac. Je suis un peu en avance et attends que le jour se lève un peu en me préparant puis je pars vers la culture mais elle a été moissonnée. Je jette tout de même un coup d’œil pour tenter de voir des chevreuils mais le coin semble désert. Un vent soutenu souffle ce matin. 

Je fais demi-tour et reviens vers la route que je longe un moment en crête avant de prendre à travers champ pour redescendre entre un bosquet et le bois qui borde une partie de la parcelle de maïs restante. Arrivé au coin du bois, je jette un coup d’œil sur la bande enherbée, pas de chevreuil, je commence à longer le maïs à mauvais vent. Le sol détrempé est très bruyant, chaque pas fais un bruit terrible dans la boue. J'arrive doucement au coin du maïs et jette un coup d’œil sur le côté suivant mais pas de chevreuil. Je redescends donc tranquillement vers le ru. Je jette un coup d’œil au premier passage de canon, pas de chevreuil. Alors que j'arrive au second passage de canon, un animal démarre dans le maïs sans que je puisse le voir. Je poursuis jusqu'au passage mais ne vois rien, à quelques mètres du passage une large bande de maïs a été moissonnée, je regarde pour voir si je peux voir traverser quelque chose mais rien.

Je reviens sur mes pas et m'avance doucement dans le passage de canon, un peu plus loin un lièvre traverse à 30 mètres devant moi. Arrivé au milieu du passage, je fais demi-tour et pars pour longer le second passage, au bout du second passage de canon sans avoir vu d'animaux, je décide partir chasser autour d'une autre petite parcelle de maïs à environ 500 mètres près d'un autre lac.

Je traverse la route, longe le lac puis remonte en suivant le grand chaume de maïs pour rejoindre la route de crête que je traverse pour redescendre vers le bout du lac entouré de bois avant de remonter vers le maïs. Je longe doucement la largeur puis la longueur du bas du champ sans rien voir à part quelques volées de pinsons dont le décollage me fait parfois croire à un animal qui démarre dans la culture. Je retombe sur la route et reviens vers la route de crête avant de reprendre à travers champ vers quelques bosquets où se trouvent souvent des chevreuils. Je rattrape la bordure d'une longue bande de bois et commence à la longer, par le haut, avec le vent de face, quand un animal démarre tout près sur ma gauche, dans les épines noires. Il casse pas mal de bois puis le bruit s'arrête, je tente de rentrer sans bruit dans le bois assez clair mais je ne vois rien, je cherche le gîte de l'animal sans succès, pensant qu'il s'agissait d'un gros sanglier puis je reprends ma route. Je contourne un grand bois puis remonte à travers champ vers un chemin de terre en crête qui revient vers la ferme. Pas le moindre chevreuil en vue jusqu'à ma voiture.

Je décide de rentrer, il est presque 10 heures. Sur le retour, je décide tout de même d'aller faire un tour vers le stade de foot au cas où le chevreuil vu ce matin serait toujours par là. Je suis donc la route qui longe les champs qui bordent le Sousson quand j'aperçois une chevrette dans une petite parcelle coincée entre un fossé bordé d'arbustes et de ronces sur sa gauche et un ru bordé de grands arbres sur sa droite. Le chevrette avance vers la bordure du fossé, je poursuis ma route comme si de rien n'était et me gare à environ 300 mètres près du stade. Le vent est bon, il longe le Sousson en venant face à moi. Je longe sous le talus du champ en suivant un chemin de terre qui poursuit le chemin goudronné où je me suis garé et traverse le Sousson au niveau d'un passage à gué. Je remonte ensuite le talus pour longer le ruisseau en me plaquant le plus possible à la bordure d'arbres qui le longe.

La bordure de ronces et de buissons me masque la chevrette, j'avance tout de même assez rapidement craignant la voir sortir à découvert en traversant le fossé. Je suis encore à 150 mètres environ quand j'aperçois du mouvement derrière le fossé. Je me fige et aperçois 2 chevreuils qui partent au trot vers la bordure du ruisseau, je les perds rapidement de vue. Je tente de me rapprocher rapidement mais j'aperçois vite les chevreuils qui me regardent arriver au bord du ruisseau. Je me fige, ils redémarrent pour s'arrêter au bord du ru au niveau de son arrivée au Sousson. Je tente de m'avancer un peu, ils hésitent un peu puis franchissent le ru grossi par les fortes pluies de ces derniers jours.

Je décide de changer de stratégie, je reviens rapidement vers la route puis la longe jusqu'à la haie qui borde le ru. Cette dernière fait un angle droit au bord de la voirie et la longe un petit moment. Je jette un coup d’œil au travers de la haie et aperçois les 2 chevreuils arrêtés au bord du Sousson à environ 100 mètres du ru. Je traverse la route et descends dans un fossé profond en contrebas de la chaussée qui me permet d'avancer à couvert, un peu voûté, sur 200 mètres environ dans l'eau jusqu'à mi mollet. Mes chaussures de marche sont pleines d'eau. Je surveille par moment, en me redressant, la position des chevreuils mais ces derniers sembles paisibles et ont même recommencé à brouter. Je rattrape rapidement le bout d'une haie qui descend vers la route et passe derrière à couvert pour faire un grand détour car le niveau du fossé qui rattrape doucement celui de la route ne va plus me permettre d'avancer caché. Je jette un coup d’œil aux chevreuils qui restent calmes puis je remonte dans les coteaux caché derrière la haie. Je profite du relief du terrain pour rejoindre une haie parallèle qui redescend vers la route. Je passe derrière, les chevreuils semblent m'avoir vu mais la forte distance ne les rend pas plus inquiets que ça.

Voûté au maximum pour profiter de la haie et du relief du terrain, je rejoins à travers une prairie le bout d'une haie épaisse qui borde la route. Je fais une pause assez longue pour observer les chevreuils. Il me faut traverser la route sans être vu. La chevrette observe les voitures qui passent sur la route mais restent tranquille. Je tente ma chance, je traverse la route et rentre dans un autre fossé assez profond qui borde la droite de la route pour rejoindre le Sousson. Il me semble que la chevrette qui est à plus de 150 mètres regardait vers moi. J'avance d'environ 30 ou 40 mètres dans le fossé plein d'eau puis escalade un peu le talus pour observer les chevreuils, ils sont toujours tranquilles et avancent doucement en broutant vers le pont. Je continue à avancer rapidement en les surveillant tous les 30 mètres environ. Toujours aucun signe d'inquiétude.

J'arrive au niveau du pont, la courbure sortante du ruisseau me permet de sortir à découvert sur la route sans être vu, caché par les arbres qui bordent le Sousson. Je traverse doucement la route, descends le talus et rentre dans la bordure boisée du ruisseau, le vent soutenu est face à moi. J'avance très doucement en calculant mes pas et en tentant d'apercevoir les chevreuils. Je slalome entre les chênes en collant la bordure du cours d'eau au maximum. Je finis par apercevoir les chevreuils après environ 40 mètres d'approche, il s'agit d'une chevrette et de son jeune, un petit mâle reconnaissable aux petites bosses sur son crâne. J'avance très doucement à leur rencontre alors qu'ils avancent tout doucement en broutant. J'avance ainsi jusqu'à 5 mètres environ un petit virage sortant du ruisseau et me poste en observation. La chevrette observe souvent vers la route alors que son jeune insouciant broute tranquillement. Le chevrillard rejoint sa mère et s'en suit une petite séance de toilettage mutuel. Ils sont à environ 25 mètres.

La chevrette finit par reprendre sa marche, je sors mon carquois pour éviter d'accrocher une branche à l'armement mais la fixation qui force un peu lâche d'un coup et produit un petit bruit en heurtant ma cuisse. Je me fige, la chevrette regarde vers moi mais ne me voit pas puis elle se tranquillise rapidement. Je reste immobile et pose mon carquois au sol en appui contre un arbuste. Je surveille régulièrement le vent en lâchant de petites feuilles en l'air, il souffle presque face à moi, un peu en biais vers le ruisseau, tout va bien. Tout à coup, alors que je surveille le chevrillard, je perds la chevrette de vue. Je la cherche un moment du regard puis aperçois la tache blanche de son postérieur entrain de rentrer dans la bande boisée du bord du ruisseau. Le chevrillard, resté en retrait, s'avance pour la suivre. Le ruisseau est en crue et je ne pense pas les voir traverser mais au cas où, je reprends mon carquois à la main et m'avance un peu pour pouvoir les tirer dans le ruisseau si ils décident de traverser mais les chevreuils se ravisent et reviennent sur leur pas pour reprendre la bande enherbée et revenir vers moi.

Je suis toujours dans la bande boisée qui suit le Sousson. Je pose mon carquois, m'agenouille doucement dans un creux du terrain et laisse venir. Une grosse touffe d'herbe posée sur un bourrelet de terre me fait un bon écran de camouflage. La chevrette arrive d'un pas lent, sa tête passe derrière la touffe d'herbe, j'arme mon arc, elle ressort à découvert plein travers alors que mon viseur se pose au défaut de son épaule, elle n'est qu'à 5 mètres, je décoche. Ma flèche rentre pile où je la voulais, les 2 chevreuils démarrent brusquement et remontent à toutes pattes vers la route mais rapidement la chevrette vacille, un bout de poumon sort par le trou de sortie à peine un peu plus bas et en arrière que le trou d'entrée. Elle chute à 40 mètres environ, tente de se relever, se débat un peu puis s'immobilise. Le chevrillard continue sans se retourner et ralentit juste en arrivant à la route qu'il traverse au pas. Il s'arrête un moment de l'autre côté de la chaussée mais ne se retourne toujours pas puis descend le talus et s'éloigne en remontant le coteau le long de la haie que j'ai utilisé pour faire ma boucle tout à l'heure.

Je quitte mon poste et pars droit sur ma chevrette qui est déjà morte. Le bout de poumon s'est détaché dans la chute et gît à 1 mètre de la chevrette. Je cherche un peu ma flèche mais sans parvenir à la retrouver. J'appose donc le bracelet et charge la chevrette sur mes épaules pour revenir à la voiture.   

Une très belle approche, 18 novembre 2013

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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