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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 15:30

Ce weekend, Vincent (Frére Loup), Eric et Cyril viennent chasser le chevreuil et le blaireau sur Labéjan et tenter de faire quelques images pour leur DVD à venir. Vincent va me suivre tout le weekend et Eric et Cyril chasseront et filmeront de leur côté. Ils arrivent en fin d'après-midi, nous nous préparons puis partons pour le territoire de chasse. Je présente rapidement le secteur à Eric et Cyril puis je pars chasser avec Vincent qui me suit. Nous chassons ce soir un secteur de maïs autour d'un lac d'irrigation.

Nous quittons Eric et Cyril au coin d'un maïs où je leur explique comment se poster pour réaliser un affût au blaireau qui sera d'ailleurs fléché par Cyril le lendemain soir au blind.

Nous remontons ensuite au travers d'un champ travaillé pour rejoindre le dernier maïs du territoire. Arrivés à la crête du coteau, au coin de la culture nous commençons à la longer tranquillement le long d'un grand bois. Alors que nous arrivons au coin de la culture, j'aperçois un chevreuil qui longe la bande enherbée qui sépare le maïs d'un le bosquet en contrebas pour rejoindre une bande enherbée plus sèche qui remonte en crête en longeant l'autre bordure du bosquet vers la crête du coteau.

Je fais signe à Vincent puis commence à descendre rapidement en longeant la culture pour rattraper la bordure du bosquet. Arrivé au coin du maïs, je m'avance tout doucement mais le chevreuil n'est plus là. Je commence donc une approche par la bande enherbée et arme mon arc en arrivant au coin du bosquet mais en regardant discrètement derrière le coin du bois, je ne vois toujours par le chevreuil. Nous commençons donc à remonter tout doucement par la bande enherbée desséchée. J'arme mon arc 2 fois en arrivant en face des passages de canon mais toujours pas de chevreuil.

Mauvaise flèche sur un chevrillard, 14 septembre 2012

Je remonte doucement entre le maïs et le bois avec Vincent derrière moi

Mauvaise flèche sur un chevrillard, 14 septembre 2012

quand, tout à coup, à environ 15 mètres devant moi, un chevrillard s'avance au coin du maïs et s'arrête pour nous regarder.

Mauvaise flèche sur un chevrillard, 14 septembre 2012

J'arme mon arc collé contre la culture puis me décale doucement sur la droite pour prendre la visée sur la zone vitale partiellement masquée par les céréales. Le coffre se dégage peu à peu, j'aligne ma visée et décoche mais je passe juste au-dessus du chevrillard qui démarre brusquement et passe à couvert derrière le bois. Je réencoche une flèche et m'avance doucement pour aller chercher ma flèche quand, au travers des feuilles de maïs, j'aperçois un autre chevreuil qui arrive vers l'angle de la culture. Je me fige et arme mon arc.

Mauvaise flèche sur un chevrillard, 14 septembre 2012

Le chevreuil avance doucement en regardant vers nous puis passe l'angle du maïs, s'arrête un instant, nous observe puis commence à avancer d'un pas lent et saccadé dans notre direction en balançant la tête. C'est une chevrette, certainement la mère du chevrillard. Je ne compte pas la tirer et comme si elle le sentait, elle se rapproche doucement alors que derrière elle son chevrillard réapparaît, il se positionne plein travers à 20 mètres environ mais le chevrette venue de 3/4 face à 10 mètres environ m'empêche de tenter un tir.

Mauvaise flèche sur un chevrillard, 14 septembre 2012

Elle finit par bouger et dégage une première fois le chevrillard mais je ne sens pas le tir puis elle le masque à nouveau

Mauvaise flèche sur un chevrillard, 14 septembre 2012

avant de le dégager une seconde fois. Cette fois, j'aligne ma visée et décoche.

Mauvaise flèche sur un chevrillard, 14 septembre 2012

La chevrette démarre mais son chevrillard ne réagit pas à la décoche alors que ma flèche me semble basse et un peu en arrière, elle touche le chevrillard très basse et dévie pour se ficher au sol quelques mètres plus bas.

Mauvaise flèche sur un chevrillard, 14 septembre 2012

La chevrette s'éloigne rapidement et se fige dans le champ travaillé à 40 mètres environ pour attendre son petit. Le chevrillard s'avance en faisant le dos rond, quelque chose commence à alors à poindre de l'entaille ouverte par le passage de la flèche avant que sa panse sorte entièrement par la plaie. J'assiste impuissant à ce spectacle horrible. Le chevrillard rejoint sa mère péniblement en faisant le dos rond et se tourne face à nous. La chevrette démarre alors en aboyant et disparaît derrière le maïs, son petit la suit péniblement à distance et nous nous avançons doucement pour arriver à l'angle de la culture et le voir rentrer dans le maïs 90 ou 100 mètres plus loin.

Mauvaise flèche sur un chevrillard, 14 septembre 2012

Je pars chercher ma seconde flèche et constate qu'elle ne présente pas de sang sur le fût, je comprends vite que la lame a juste entaillé le dessous de l'abdomen en arrière du sternum. Je trouve quelques traces de sang à 20 mètres environ de l'angle du champ et commence à douter de mon estimation de la distance au moment du tir. Je pars chercher ensuite ma première flèche en suivant la direction du tir et la retrouve environ 50 mètres plus loin fichée dans le champ travaillé. Mes 2 flèches récupérées je retourne vers les traces de sang

Mauvaise flèche sur un chevrillard, 14 septembre 2012

pour tenter de suivre la piste jusqu'au bord du maïs. Mais je perds rapidement la piste qui semble peu abondante. Vincent, de son côté a trouvé une grosse coulée de contenu stomacal qui marque l'endroit du tir bien avant le premier sang.

Mauvaise flèche sur un chevrillard, 14 septembre 2012

Je marque le premier sang d'un petit bâton planté au sol puis reprends ma recherche d'indices. N'arrivant pas à retrouver le sang, je pars directement au bord du maïs à l'endroit estimé de l'entrée et en longeant doucement la culture, je retrouve du sang qui semble suffisamment abondant pour faire la recherche,

Mauvaise flèche sur un chevrillard, 14 septembre 2012
Mauvaise flèche sur un chevrillard, 14 septembre 2012

je trouve aussi du contenu stomacal régulièrement. Je suis doucement la piste qui longe en général le sillon de maïs mais change de temps en temps de rang.

Nous avons pas mal attendu avant de faire la recherche et la nuit tombe vite dans la culture, j’allume ma frontale pour pallier au manque de luminosité.

Mauvaise flèche sur un chevrillard, 14 septembre 2012

La recherche s'éternise, le chevrillard a déjà parcouru plus de 200 mètres et la piste qui devient abondante biaise à droite à environ 90 ° des sillons quand Vincent me fait signe. Je me redresse et aperçois le maïs qui bouge sur 20 ou 30 mètres puis plus rien. Nous retrouvons rapidement la panse

Mauvaise flèche sur un chevrillard, 14 septembre 2012

puis les intestins du chevrillard

Mauvaise flèche sur un chevrillard, 14 septembre 2012

suivie de traînées de sang spectaculaires. Il fait maintenant nuit noire quand tout à coup, le faisceau de ma frontale tombe sur les pattes arrières du chevrillard qui semble mort à mes pieds. Mais en l'éclairant, je constate qu'il est toujours vivant et le saisit rapidement pour abréger son calvaire. 

Mauvaise flèche sur un chevrillard, 14 septembre 2012

Nous rentrons retrouver les autres chasseurs aux voitures, le goût amer d'une chasse raté et d'une mauvaise flèche qui aura fait souffrir trop longtemps mon chevrillard occupe mes pensées ma seule consolation est d'avoir réussi à retrouver ce chevrillard. 

Mauvaise flèche sur un chevrillard, 14 septembre 2012

retrouver les autres chasseurs aux voitures, le goût amer d'une chasse raté et d'une mauvaise flèche qui aura fait souffrir trop longtemps mon chevrillard occupe mes pensées ma seule consolation est d'avoir réussi à retrouver ce chevrillard. ​

Mauvaise flèche sur un chevrillard, 14 septembre 2012

Alex

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 15:28

Ce matin, je pars chasser le ragondin autour du lac du Lion sur Labéjan, Je me gare juste avant le lever du jour sur un chemin qui mène à 2 habitations, attrape mon arc et au lieu de descendre comme à mon habitude en longeant le ru d'alimentation du lac, je poursuis sur le chemin de terre de crête et redescends à travers champ au niveau de la digue du lac. Le secteur semble très calme ce matin, même pas un canard sur le lac. Je longe la digue puis la bordure du lac au pied d'un petit bosquet en direction d'un talus couvert de ronces qui longe le lac et où se réfugient souvent les ragondins.

Rien ne bouge ce matin et j'arrive au bout du lac dont le niveau est très bas sans avoir vu le moindre ragondin. Au niveau des peupliers qui bordent la pointe du plan d'eau, je descends dans le lit asséché du lac qui a découvert une petite séparation de terre qui forme une espèce de mare à l'arrivée du ru qui se déverse par surverse dans le lac.

Tout à coup, un gros ragondin surgit des herbes hautes et fonce dans l'espèce de mare presque sèche. Je le perds de vue à cause de la végétation sur ma gauche et avance doucement en espérant le revoir juste à l'entrée des terriers mais le ragondin resté au milieu de la mare démarre en trombe sans que je n’aie le temps de réagir et rentre dans son terrier.

Je décide de me poster en face un moment puis tente un cri de jeune ragondin que je répète quand du coin de l’œil, sur ma droite j'aperçois une masse grisâtre qui se dirige vers le terrier. C'est un très gros blaireau, je reste immobile. Il s'arrête juste à 6 ou 7 mètres devant moi, à l'entrée du terrier et regarde vers moi. Je m'attends à le voir déguerpir mais je ne peux pas bouger sans être vu. Contre toute attente, le blaireau, reprends sa marche pour s'arrêter un mètres plus en avant et se met à gratter à l'entrée du terrier. J'arme mon arc et prends la visée. Ma flèche part et frappe le blaireau en arrière de la cage thoracique pour se ficher dans le talus du lac. L'animal grogne furieusement et se débat rageusement avant de se dégager de ma flèche et de repartir d'où il vient.

Je le laisse partir puis pars chercher ma flèche couverte de sang et de contenu stomacal. Après un attente de 10 minutes environ, je prends la piste du blaireau qui est facile à suivre, beaucoup de sang et des traînées de lombrics gluants prédigérés. Le blaireau a suivi le lit du ru. Sur le début de la piste le terrain est dégagé mais rapidement la coulée rentre dans des lianes de vigne vierge, sous des branches entremêlées des vieux barbelés et des ronces. Je dois laisser mon arc derrière moi et suivre le sang en rampant et avec ma frontale pour ne pas perdre la piste. Je me redresse pour retirer quelques épines quand la végétation me le permet puis reprends ma reptation.

Au bout de 40 mètres environ, la piste semble rentrer sous un gros tas de branches et de lianes sèches. Je commence donc à démonter cet entrelacs végétal inextricable en suant à grosse gouttes mais au bout d'un bon moment, je fais une petite pause et remarque une tache de sang plus loin. Le blaireau a, semble t-il, repris sa route sans parvenir à rentrer dans ce terrier. Je reprends donc ma piste mais le sang est plus ou moins abondant et la piste n'est pas toujours aisée à suivre quand elle finit par rentrer dans un enchevêtrement de lianes et de ronces de plusieurs mètres de haut.

Je ne peux plus passer dessous et je creuse donc des cavités à main nue ou à l'aide d'un bâton pour trouver la coulée, j'arrive ainsi à la suivre encore sur 20 mètres environ jusquà trouver des intestins accrochés dans les ronces et tirés sur au moins 2 mètres.

Je dégage une trouée un peu plus haut alors que le blaireau semble remonter de talus abrupt et tombe sur mon animal. Je le touche du pied et il semble sursauter mais alors que je le touche une seconde fois il ne semble pas réagir, je l'attrape donc par la queue au milieu des ronces mais il tente de redémarrer. Il semble bien mal en point mais encore assez en forme pour se cramponner. Je n'ai rien sous la main, mon arc est resté en arrière et je ne peux pas le lâcher sous peine de le perdre. Tout en le tenant par la queue, je défais une de mes chaussures de randonnée et la saisie par le bout, pour, à cloche pied, sortir le blaireau d'un coup sec et l'achever de 2 grands coups à la tête avec le talon de ma chaussure.

L'animal neutralisé, je remets ma chaussure puis remonte le talus en écrasant la végétation pour sortir enfin de cet enfer. Le recherche à durée presque 2 heures sur environ 100 mètres. Mon blaireau est allé se coincer dans une coulée trop petite pour lui, j'ai eu beaucoup de chance qu'il n'arrive pas à son terrier pour y mourir. 

Je pars chercher mon arc avant de rentrer prendre une bonne douche pour extirper toutes ses épines plantées un peu partout et apaiser le feu des égratignures couvertes de sueur. Ma flèche, un peu trop en arrière avait juste touchée le foie, l'estomac et les intestins.

Un blaireau lors d'une sortie ragondin

Alex

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 15:24

Ce soir, je repars en chasse pour tenter de prélever un autre chevreuil. Je me gare sous la digue d'un grand lac asséché par la période d'irrigation prolongée de cette année sèche puis pars en chasse. Vent de face au bord du champ de maïs de droite mais j'aperçois, sur la rive opposée, 2 chevreuils qui remontent du lit asséché du lac pour se diriger vers une autre parcelle de maïs. Je fais donc demi-tour rapidement, passe sous la digue et reviens en longeant doucement la berge opposée, masqué par une rangée de saules qui poussent au bord du lac. J'arrive au coin du maïs et commence doucement mon approche sur les 2 chevreuils que je pense contre la culture à gauche.

Tout à coup, je me fige en apercevant un chevrillard au bord du lac contre un peuplier, il est à 10 mètres, immobile. J'arme doucement mon arc sans qu'il ne bouge. Je prends la visée et décoche mais, à ma grande surprise, il s'écrase à la décoche en même temps que son jumeau qu'il cachait parfaitement, juste derrière lui et dans une position identique. Ils ont évité mon tir. Tous 2 rentrent à couvert. Je m'avance doucement mais ils ont disparu. Je récupère ma flèche qui a coupé un petit peuplier. Une lame a cassé à l'impact. Je remets ma flèche sur mon carquois et encoche une nouvelle flèche avant de poursuivre en longeant la culture.

Au coin du bosquet qui borde le lac 150 mètres plus loin, j'aperçois une chevrette et ses 2 chevrillards qui s'avancent dans le lit asséché du lac en broutant la végétation verdoyante qui pousse sur le lit de vase. Je rentre dans le premier rang de maïs et tente de m'approcher le plus voûté possible mais les chevreuils traversent tranquillement pour remonter dans le chaume d'en face et se diriger vers l'autre parcelle de maïs.

Quand Capréolus trahit Sus Scrofa

Ils sont trop à découvert et une approche est perdue d'avance, je décide de laisser tomber et continue pour rentrer dans le bois. Je longe le lac par le haut du talus boisé, sur une grosse coulée qui me conduit de l'autre côté du bosquet sur un chaume travaillé. Je longe le ruisseau d'alimentation en direction d'un autre maïs. Arrivé au coin de la culture, je jette un coup d’œil discret sur la bande enherbée qui sépare le maïs du bois longé par un petit ru. Pas de chevreuil, je m'avance doucement en longeant la bande enherbée. Le vent est face à moi.
Je jette un coup d’œil furtif dans les passages de canon qui remontent vers le sommet du coteau à chaque fois que j'en croise un. Tout à coup, dans un virage, j'aperçois 2 chevreuils devant moi. Je tente de me rapprocher en alignant un gros arbre de la bordure du bois entre eux et moi mais les chevreuils se séparent en venant vers moi et la chevrette qui accompagne son jeune finit par se décaler trop à gauche et m'aperçoit. Elle détale avec son rejeton. Je les laisse s'éloigner puis m'avance doucement pour tenter de les revoir un peu plus loin.
Je contrôle chaque passage de canon mais rien. Alors que je passe le coin du bois, j'aperçois un chevrillard seul dans le champ travaillé qui remonte contre le bois. Je me baisse  et longe contre le talus qui fais suite au bois et me cale 30 mètres plus loin contre un gros peuplier. Je ne vois plus l'animal à cause d'un creux du champ en pente. Je remonte doucement le talus et aperçois ses oreilles. Je tente de l'appeler avec de petits aboiements mais il n'y prête pas attention et commence à remonter pour biaiser vers la bordure du bois.
Je n'insiste pas plus et fais demi-tour, en m'apercevant, le chevrillard détale et rentre à couvert. Pas de chevreuil sur le retour mais alors que je passe l'angle du maïs, j'aperçois à plus de 100 mètres un chevreuil plein travers, sorti au 2/3 du maïs sur le champ travaillé. Il regarde vers moi. Je reste un moment immobile puis ne le voyant pas bouger, je rentre dans le premier rang de la culture et commence à avancer très lentement vers lui. Le chevreuil finit par sortir à découvert et se met à brouter. Je gagne peu à peu du terrain mais le chevreuil commence à regarder de plus en plus vers moi et je m'arrête régulièrement pour le laisser se tranquilliser. Mes mouvements se font de plus en plus lents et je calcule tous mes pas pour éviter de faire trop de bruit.
Alors que j'arrive à environ 50 mètres du chevreuil, il oblique et commence à longer à 15 mètres de la bordure du maïs en venant vers moi. L'occasion est trop belle, je m'agenouille doucement et le laisse venir, pas à pas, en s'arrêtant pour manger, il se rapproche tout doucement. Il arrive à environ 30 mètres quand, tout à coup, il me semble entendre grogner et souffler à 20 ou 30 mètres dans mon dos. Le calme revient et je crois avoir rêvé. Le chevreuil s'avance encore un peu puis le bruit reprend dans mon dos et le chevreuil redresse la tête pour écouter lui aussi. Cette fois, j'en suis sûr, ce sont des sangliers. Une approche en aveugle au travers du maïs serait juste bonne à les faire fuir.
Je décide donc de rester focalisé sur mon chevreuil mais, tout à coup, un bruit impressionnant fonce droit sur moi, les pieds de maïs craquent et claquent. Je me redresse rapidement et arme mon arc dans le mouvement pour me retourner face à la culture alors que les sangliers sont déjà là. Plantés devant moi à 3 ou 4 mètres à peine. Un premier sanglier fait demi-tour et disparaît dans le maïs, un second se tourne pour me présenter un beau travers un peu 3/4 arrière. Je vise rapidement l'arrière de la cage thoracique et décoche. L'impact retentit, le sanglier démarre avec ma flèche en travers et s'enfuit avec ses congénères dans un bruit impressionnant.
Je reste un moment immobile à l'écoute, les sangliers sont à 30 mètres environ, je les entends grogner quand, tout à coup, l'un d'eux se met à se plaindre, à couiner et à se s'agiter. La bande se disperse et le calme revient. J'attends encore un peu puis pars voir la zone du tir. Je retrouve quelques petites gouttes de sang sur un pied de maïs

Quand Capréolus trahit Sus Scrofa

et quelques petits gouttes sur la trajectoire de fuite juste sur quelques mètres. Ma flèche cassée côté lame repose au sol couverte de sang. Mon atteinte semblait très bonne mais les indices sont maigres. Je cherche le sang à 4 pattes et trouve une petite touffe de poils ensanglantée.

Quand Capréolus trahit Sus Scrofa

Mais toujours pas vraiment de sang, je décide donc de laisser mon arc au bord du maïs et de commencer à parcourir les rangs pour recouper la piste que je fins par retrouver 10 à 15 mètres plus loin, Il y a maintenant beaucoup de sang contre les pieds de maïs et parfois au sol, la piste est assez facile à suivre et je retombe sur mon sanglier un peu plus loin. Il n'a fait que 40 mètres, ma flèche ressort au déffaut de l'épaule opposée et au dépeçage, je constaterai que les 2 poumons ont été percés. 

Je sors mon sanglier du maïs et retourne chercher mon arc et ma flèche cassée avant de faire une petite photo souvenir et de rentrer alors que la nuit s'installe.

Quand Capréolus trahit Sus Scrofa

Alex

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 15:22

Ce soir, je décide d'aller faire un tour à la chasse autour d’une zone de maïs pour tenter de prélever un chevreuil. En arrivant, je contrôle le vent puis commence à longer le maïs par la droite pour rejoindre un fossé qui sépare 2 parcelles. Je longe tranquillement le fossé bordé par une épaisse végétation marquée par de nombreuses coulées de ragondins qui ont commencé à attaquer le maïs. Un peu plus loin le fossé bifurque à angle droit, je continue à longer contre le maïs quand j'aperçois près de l'angle du champ, à environ 100 mètres, un chevreuil au gagnage dans la végétation qui borde le fossé. L'approche à découvert sera difficile mais, en rentrant dans le premier rang de maïs, je ferai trop de bruit.

Je tente donc d'approcher en collant le plus possible le maïs et en avançant très lentement. Les 50 premiers mètres sont faciles, le chevreuil qui semble être un chevrillard ne s'occupe pas de moi et me laisse avancer. Le vent soutenu m'aide bien aussi. Mais passer 50 mètres le bruissement des feuilles de maïs sur mes vêtements commence à attirer son attention. Il relève régulièrement la tête et regarde vers moi. En restant immobile, j'arrive à faire retomber son attention plusieurs fois de suite mais je ne progresse que de quelques pas à chaque fois et le chevreuil est encore à 30 mètres environ.

Après avoir regardé un long moment vers moi, il se remet à brouter et s'avance dans le fossé où il disparaît. J'en profite pour tenter d'avancer rapidement mais il relève la tête et regarde vers moi. L'approche par paliers reprend mais alors que je suis à 20 mètres environ, le chevrillard fait volte-face et revient vers le maïs. Il rentre la tête dans la culture et je tente de me rapprocher mais il rentre entièrement et je le perds de vue. Je poursuis donc doucement mon approche en tentant de l'apercevoir dans la culture mais impossible quand, alors que je viens de dépasser l'endroit où il est entré, je l'entends démarrer. J'avance rapidement vers l'angle du maïs et l'aperçois, il a traversé un fossé très profond et vient de s'arrêter à environ 40 mètres dans le pré de l'autre côté.

Je m'agenouille et observe un instant. Le chevrillard qui n'a pas vraiment compris ce qui se tramait, cherche à identifier la source du dérangement. Je l'aboie doucement, ce dernier se retourne et revient doucement vers moi puis s'arrête un moment et observe. Je ramasse une herbe au sol et la cale entre mes pouces pour souffler dessus, les petits couinements émis le rassurent et il recommence à venir pour s'arrêter à nouveau. J'alterne ces appels avec quelques petits aboiements. Il se rapproche toujours. Devant moi, au bord du fossé, se trouve un gros arbuste, j'en profite pour avancer tout doucement à genoux vers ce dernier qui me cachera pour l'armement.

Après une longue pause, le chevrillard bifurque et longe à 15 mètres du fossé. J'arrive à me positionner à couvert derrière le buisson et aperçois du coin de l’œil une chevrette sur ma gauche à 50 mètres environ qui observe le chevrillard. Il ne faut pas quelle m'aperçoive. Le chevrillard n'est plus qu'à 12 mètres environ, je me redresse doucement derrière l'arbuste et arme mon arc pour attendre qu'il se dégage sur la droite de l'arbuste mais il commence à s'éloigner un peu. Je me décale doucement et prends la visée alors qu'il vient de s'arrêter plein travers à 15 mètres environ. Je décoche, il démarre au même moment et ma flèche le heurte au niveau du bassin. Le chevrillard s'effondre sur place puis tente de se relever en avançant péniblement sur ses pattes avant.

La chevrette démarre et rentre au maïs un peu plus loin. Je saute rapidement le fossé et me précipite pour l'achever. Ma flèche est introuvable. Je rentre vers la voiture avec mon chevrillard et décide d'emprunter le passage central au milieu des maïs. Je retraverse le fossé avec mon chevrillard puis longe la bordure du champ en direction du passage. Au moment de tourner dans le passage central, un bruit de galop retentit dans le maïs. Je me fige derrière le premier rang de maïs, une chevrette sort à découvert et regarde vers moi puis elle commence à venir droit sur moi. Je recule doucement et pose mon chevrillard au sol puis encoche une flèche. Pas à pas, elle vient droit sur moi. Je me cale et la laisse venir, elle n'est plus qu'à 10 mètres, j'arme mais ne peux pas tirer à cause des pieds de maïs. Il faut qu'elle avance encore un peu mais, tout à coup, elle aboie, fait volte-face et démarre pour s'éloigner. Je désarme. Elle s'arrête à 20 mètres environ puis se retourne et revient vers moi. Je la laisse venir un peu puis réarme mais encore une fois elle aboie et fait demi-tour pour s'arrêter plein travers à environ 15 mètres. J'ai une fenêtre de tir, je prends la visée et décoche mais elle s'écrase et évite ma flèche qui semblait bonne pour rentrer dans le maïs.

Je pars chercher ma flèche, que je retrouve difficilement, plantée dans la végétation au bord du maïs puis retourne à ma voiture avec mon chevrillard. 

Premier chevrillard de la saison

Alex

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 12:47

Après une mauvaise expérience l'an dernier sur le mouflon, j'ai cette année une nouvelle chance de parvenir à réaliser mon rêve : prélever un mouflon à l'arc et à l'approche. C'est un animal que je n'ai jamais prélevé jusqu'à aujourd'hui. Arrivé dans les Alpes le samedi après- midi, je réalise un rapide repérage des lieux avec mon hôte sans descendre de voiture. Le territoire est magnifique, un flanc de montagne coupé de grandes barres rocheuses, de pierriers et de zones boisées.

Le lendemain matin, jour d'ouverture, je pars de nuit me garer en haut du petit village, au pied de ma zone de chasse. On m'a conseillé de monter me poster alors qu'il fait encore nuit mais ne connaissant pas le relief et craignant de déranger des animaux sans les voir, je décide d'attendre la pointe du jour avant d'attaquer mon ascension. Il est environ 6h30 quand je quitte ma voiture. Le bas du territoire est sculpté par des restanques (paliers créés par la main de l'homme et soutenus par des murets de pierres). Presque immédiatement, un galop retentit suivi d'aboiements. Je viens de lever un chevreuil. Je m'immobilise mais ne parviens pas à le voir. Je le laisse s'éloigner bruyamment puis reprends mon chemin.

Les paliers laissent place à une zone boisée et la pente s'accentue. Je tente de progresser le plus silencieusement possible mais le sol est jonché de graviers roulants qui crissent et de feuilles mortes. Un peu plus haut, je tombe sur une zone de gros blocs pierreux en sous-bois et je progresse en posant mes pieds de l'un à l'autre ce qui me permet d'avancer sans bruit. Je m'arrête souvent pour écouter la montagne quand un bruit de pas retentit sur ma droite. Je me fige et attends un moment à l'écoute pour tenter d'anticiper le mouvement. Le temps passe et il me semble que les animaux vont passer plus haut, je m'avance donc un peu plus tout doucement et me cale au pied d'un chêne quand des bruits de pas retentissent maintenant aussi sur ma gauche. Je reste un moment immobile à l'écoute. Alors que les bruits semblent s'éloigner à droite, ils viennent droit sur moi à gauche et je me focalise sur ces derniers.

Petits à petits, les animaux se rapprochent quand une masse noire surgit à moins de 10 mètres en dessous de moi, l'animal s'arrête un instant puis s'avance et se fige à 5 mètres environ. C'est un sanglier, je ne suis pas là pour lui, un second arrive et se cale contre le premier. Les animaux s'immobilisent un moment à l'écoute, l'un d'eux finit par faire demi-tour alors que l'autre reste parfaitement immobile quand des blocs de pierre roulent bruyamment dans mon dos. Je me retourne doucement et aperçois 5 mouflons qui escaladent la barre rocheuse à 35 mètres environ.

Le spectacle est magnifique, les 2 premiers s'avancent vers la crête de la barre puis s'arrêtent juste dessous pour brouter tranquillement, c'est une brebis et son agneau, leur pelage atypique attire mon attention, ils sont moitié beige et moitié blanc. Plus en arrière, en crête de la barre, dans un bouquet de buis, j'aperçois 3 mâles mais me rends vite compte qu’ils sont en fait 4. Je tente de me rapprocher un peu sous couvert du bois mais le plus gros mâle et la brebis m'observent. Je me cale donc pour les observer et attendre une occasion de poursuivre mon approche. La brebis et son jeune finissent par disparaître derrière la crête alors que les 3 jeunes mâles se livrent à un petit combat.

Ils se reculent tour à tour et se jettent tête baissée contre leur adversaire alors que le plus gros des mâles regarde toujours vers moi.

Des bêlements retentissent au-dessus de moi à environ 20 mètres mais je ne vois rien au travers des branchages et une seconde brebis et son jeune rejoignent le groupe de mâles avant que tout ce petit monde ne passe derrière la barre rocheuse. Je me remets en marche et décide de tenter un grand contournement pour les intercepter plus loin. Je monte donc en direction d'une seconde barre rocheuse plus haute, toujours en tentant de rester un maximum silencieux. J'avance entres les buis sur un sol pierreux quand j'aperçois un autre groupe de mouflons plus haut sur la seconde barre, ils sont entre 15 et 20 et semblent descendre dans une bande de buis au pied de la barre. Les pensant tous en train de descendre, j'avance tranquillement à couvert d'un gros buis quand je m'aperçois qu'un gros mâle m'observe au milieu de la barre. Nous restons un moment immobiles à nous observer puis d'un sifflement puissant il déclenche l'alerte et les mouflons remontent en quelques bons sur la barre puis s'enfuient pour disparaître derrière ce mur infranchissable avec une aisance déconcertante.

Je reprends donc ma chasse, sur mon idée première pour tenter de retrouver le premier petit groupe. Je longe sous la seconde barre et arrive au milieu d'un chaos de gros rochers au milieu d'une bande boisée. Je me fige et écoute un long moment. Il me semble entendre un bruit très en contrebas mais le calme s'installe pendant de longues minutes et je décide de reprendre ma progression. La sanction est immédiate, un sifflement retentit en contrebas suivit d'un bruit de fuite sans que je puisse voir les animaux qui montaient en fait sur moi.

Je reste un moment immobile et tente de me faire oublier avant de reprendre ma marche. Je ressors du bois sur une longue langue d'éboulis qui précède un bourrelet rocheux qui longe une bande de buis et d'arbres épaisse. Je me cale derrière un gros bloc rocheux surmonté d'un arbre qui a poussé là sans terre et dont les racines enveloppent le gros bloc. Des bruits de pas semblent se rapprocher au-dessus de moi sur ma gauche et je m'attends à voir surgir des mouflons au travers de la bande de buis. Je suis prêt à armer mais le temps passe et rien ne vient quand, tout à coup, j'ai une impression bizarre, je tourne doucement la tête et aperçois un très gros mouflon mâle arrêté à 20 mètres environ dans mon dos au ras de la bande de buis. Il m'observe, j'arme doucement devant moi, le mouflon siffle une première fois sans bouger, je pivote doucement alors que l'animal siffle encore une fois, j'aligne la visée sans qu'il ne bouge. Il siffle encore une fois sans bouger, je décoche mais alors que ma flèche semblait parfaite, le gros mâle fait demi-tour et s'éclipse avant l'arrivée de ma flèche et disparaît derrière l'écran végétal. Je n'ai même pas entendu ma flèche toucher le sol. Je l'entends s'éloigner et faire rouler quelques pierres. J'attends un peu puis me rapproche doucement de la bande de buis pour chercher ma flèche mais c'est peine perdue. De l'autre côté, j'aperçois 2 bandes de mouflons, une trentaine au bord des buis sous la barre rocheuse et une dizaine plus bas. C'est magnifique de voir autant d'animaux, l'un des mâles est bicolore comme l'agneau et la brebis de ce matin.

Comment approcher sans être vu par autant d'animaux, je m'éclipse doucement et tente de revenir sur mes pas pour faire une grande boucle pour revenir par le dessous de la barre mais des sifflements retentissent déjà et une cavalcade retentit, je regarde les 2 groupes de mouflons s'éloigner, l'un rentre dans les buis sous la barre rocheuse, l'autre je jette par en bas et rentre à couvert 100 mètres plus loin.

J'attends un moment puis décide de traverser la bande de buis pour tenter une approche quand une impression bizarre me fige. J'aperçois alors une mouflone qui m'observe derrière un rocher, au ras des buis qui longent la barre puis un beau mâle un peu plus haut juste sur ma droite à 40 mètres de la brebis. Les animaux restent à m'observer un long moment et je n'ose bouger. Perdu pour perdu, je décide de tenter de pousser un bêlement, le mâle intrigué s'avance un peu, je recommence mais cette fois il se met à me siffler, je continue mes bêlements mais ce dernier tout en sifflant rejoint la brebis qui restait immobile puis tous deux rentrent dans les buis puis en ressortent et rentrent là où ont disparu les mouflons sous la barre.

Je remonte tranquillement sous la barre et rentre dans les buis pour progresser à couvert puis j'avance tout doucement vers l'endroit où rentrent les mouflons. Des bruits de pas se font entendre et je me fige pour écouter un moment. Les animaux semblent venir sur moi. Je tente une approche en m'arrêtant pour observer et écouter à chaque pas calculé. Je peux maintenant entendre un animal qui marche des feuilles, il semble tout près mais impossible de le voir. J'attends un moment puis tente encore de me rapprocher mais focalisé sur les bruits au-dessous de moi, je n'ai pas vu un petit groupe de mouflons au-dessus de moi et ces derniers démarrent sur quelques mètres pour disparaître dans les buis. J'attends un petit moment puis m'avance encore un peu, les animaux redémarrent, j'arme mon arc. Les mouflons passent au galop à 15 mètres environ au travers des branchages puis le bruit s'arrête environ 40 mètres plus bas.

J'attends un peu puis m'avance au travers de branches mortes et le bruit produit fait démarrer les animaux qui me contournent pour ressortir sur le pierrier derrière moi sous la barre rocheuse et s'éloigner tranquillement. Je laisse le coin se calmer puis m'avance un peu plus loin et m'arrête un moment pour écouter et observer. Tout à coup, un éternuement me fait tourner la tête.

A 20 mètres environ, la pente fait une cassure dans le relief après un semblant de plat et derrière cette cassure surgit comme par magie le haut des cornes d'un très beau mouflon qui s'avance droit vers moi. Je me fige et n'ose plus bouger. Petit à petit, l'animal m'apparaît avec sa barbe noire majestueuse. Il s'arrête à environ 15 mètres et regarde vers moi, je suis statufié, les yeux grands ouverts, en apnée, je ne bouge plus car on m'a assez venté la vue légendaire de ses animaux. Il ne semble pas me voir et s'avance de quelques pas, s'arrête à nouveau et regarde à nouveau vers moi. Je reprends rapidement mes esprits et analyse rapidement la situation alors qu'il reprend sa marche à environ 7 mètres, il commence à biaiser pour se tourner plein travers et descendre par une coulée pierreuse. Une trouée  de 30 à 40 cm de diamètre dans la végétation peut me permettre un tir un peu plus bas. La tête du mouflon passe derrière un petit tronc, j'arme mon arc et aligne ma visée sur la trouée mais il s'arrête juste avant. Il ne laisse dépasser à découvert que son museau, la pointe du poitrail et les pattes avant. Il ne va pas s'arrêter devant la trouée et je me prépare à décocher au moment où il va s'avancer mais contre toute attente, il bifurque et revient droit sur moi pour me présenter son poitrail en 3/4 avant dans la trouée à environ 5 mètres.

Je vise rapidement et décoche. Un impact cassant retentit et le mouflon s'effondre tétanisé. Comprenant très vite la  situation, je m'avance rapidement craignant qu'il ne se relève mais, après un court immobilisme, il donne de violents coups de pattes arrière ce qui le propulse en glissade sur le côté dans la pente. Dans sa glissade, il se défait de ma flèche. Je me lance à sa poursuite et le rattrape 40 mètres plus bas alors qu'il vient de heurter un arbre. Incapable de se relever il est toujours vivant, je le sers rapidement d'un coup de poignard au cœur. Ma flèche qui rentre devant l'épaule, où je visais a heurté la colonne vertébrale de l'animal. Je retrouverai ma lame de chasse logée dans une vertèbre au dépeçage. Je retrouve ma flèche un peu plus haut, la lame a cassé au ras de la bague de maintien des lames.

Un bien belle ouverture, un rêve réalisé, 9 septembre 2012

Alex

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 09:26

Ce soir, il fait très chaud et je décide d'attaquer la chasse vers 20 heures. En route, une belle chevrette traverse la route juste devant ma voiture et remonte le talus du fossé pour disparaître dans un grand champ de tournesol. Plus loin, c'est une autre chevrette et son jeune qui broutent sur une bande enherbée au bord d'une haie à seulement 15 mètres de la route, mon passage leur fait à peine lever la tête.

Un peu plus loin, j'aperçois 2 jeunes brocards dans un petit pré desséché entouré de haies. Je ne ralentis pas et poursuis un peu ma route pour me garer un peu plus loin. Je tente d'accéder au petit pré par un chemin de terre mais ce dernier reste du mauvais côté de la haie, je remonte donc pour m'avancer en suivant la route pour arriver jusqu'au bout d'une haie épaisse qui la longe. Les brocards sont toujours là, ils se sont un peu avancés vers le fond du pré et cherchent leur pitance au milieu des herbes rases et desséchées.

J'attrape mon Butollo et tente quelques appels, caché derrière le bout de la haie. L'un des brocards semble réceptif et commence à venir mais l'autre s'interpose et ils restent immobiles à regarder vers moi. Je décide de tenter de descendre le talus de la route pour être moins à découvert et me dissimuler dans des herbes hautes et sèches mais mon pied glisse sur une pierre et je chute lourdement au pied de la haie en réussissant tout de même à protéger mon arc. Je me positionne à genoux dans les herbes hautes, les brocards n'ont pas bougé. Je reprends mes appels mais ils ne semblent pas vouloir venir, je pousse quelques aboiements et alterne avec des appels courts de Butollo. Les chevreuils semblent recommencer à s’intéresser à moi.

Ils avancent un peu mais le plus gros s'interpose toujours pour empêcher l'autre de venir. Je tente de le défier en aboyant de plus belle et en frappant la végétation. Échappant à la surveillance du plus gros, le second brocard s'élance vers la route, le second brocard s'élance à sa poursuite et ils traversent la route à 35 mètres environ pour stopper dans le pré à 20 mètres environ de la route. Je reprends mes appels en intercalant quelques aboiements et quelques coups dans la végétation. Les brocards s'avancent à tour de rôle et se défiant sur 15 mètres environ puis s'arrêtent et ne semblent plus vouloir venir. Je décide de renoncer, un tout seul serait venu mais je comprends que, dans cette situation, je n'arriverai à rien.

Je remonte le talus de la route et reviens sur la chaussée, les brocards détalent vers le petit bosquet en crête puis s'arrêtent avant le couvert et m'observent alors que je reviens vers ma voiture. Je continue un peu vers un secteur que je sais propice à une rencontre. Je me gare au bord de la route, puis m'avance dans un chaume retourné en regardant dans une friche qui couvre le penchant opposé au bord d'un grand bois. J'aperçois rapidement une chevrette qui m'observe à

200 mètres environ, je suis complètement à découvert et je fais mine de ne pas l'avoir vu en biaisant vers l'angle du bois mais elle démarre, s'arrête 40 mètres plus loin, m'observe à nouveau puis rentre à couvert en bondissant.

Arrivé au coin du bois, je m'avance un peu sous le couvert en essayant de ne pas faire trop craquer de débris végétaux secs sous mes pas mais j'ai l'impression de marcher sur des chips. Je m'arrête donc rapidement derrière le premier gros arbre qui pourra m'assurer un camouflage potable puis écoute un peu avant d'attaquer mes appels de Butollo qui resteront sans réponse.

Je décide de ne pas insister et de retourner à la voiture pour partir beaucoup plus loin vers un autre secteur auquel je crois bien, surtout à cette heure-ci. La luminosité commence à décroître. Il va être l'heure des beaux brocards. Je me gare puis pars en direction d'un grand lac bordé par un grand champ de tournesol. Rapidement j'aperçois au loin un chevreuil seul qui semble brouter quelques repousses au-dessus du tournesol dans un champ travaillé. Il est à 500 mètres environ, je longe le tournesol sur la bande enherbée en me baissant un maximum pour tenter de gagner un peu de distance. Arrivé à environ 400 mètres du chevreuil, je m'agenouille au bord de la culture et attrape mon Butollo. Dès les premiers appels, le chevreuil, qui s'était couché, tourne la tête vers moi puis se redresse et démarre au galop pour rentrer dans le tournesol et foncer droit sur moi. Il passe dans un creux du champ et je le perds de vue un instant.

Jugeant mon poste trop découvert, j'en profite pour me décaler un peu sur ma droite derrière un écran de tournesol plus épais. Je reprends mes appels mais le temps passe et je ne vois rien venir quand, tout à coup, il réapparaît à plus de 150 mètres. Il vient d'un pas lent vers moi et s'arrête régulièrement pour brouter quelques feuilles de tournesol feignant de se désintéresser de mes appels. Mais petit à petit et zigzagant un peu au milieu des grosses fleurs jaunes clairsemées, il se rapproche pour finir par se présenter 3/4 face à 10 mètres alors que je viens d'armer mon arc. Il broute paisiblement une  feuille, J'aligne ma visée et décoche mais ma flèche heurte le pied de tournesol et dévie pour finir sa course à environ 100 mètres dans le tournesol. Le brocard surpris démarre et sort sur la bande enherbée à 40 mètres environ sur ma droite. Je me plaque au sol en encochant une seconde flèche. Curieux, il vient vers moi en regardant dans le tournesol pour tenter d'identifier ce qui vient de le frôler. Il avance doucement en s'arrêtant régulièrement, je tente de me redresser doucement, complètement absorbé par sa curiosité, il ne me remarque même pas et poursuis son chemin. J'arme doucement mon arc et me cale pour le laisser venir. A environ 15 mètres, il se tourne plein travers pour rentrer dans le tournesol. Ma visée se cale et je décoche, cette fois, l'impact sourd retentit, il démarre et rentre en trombe dans la culture et commence à décrire de grandes boucles pendant quelques secondes avant de revenir vers la bande enherbée et de s'effondrer à 10 mètres de la bordure du champ à moins de 15 mètres de ma positon. Je le laisse finir de mourir et me redresse alors qu'il vient de s'immobiliser.

J'essaye de retrouver ma seconde flèche sans y parvenir, je n'essaye même pas de retrouver la première partie trop loin. Je pars à la rencontre de mon brocard sans chercher à suivre la piste de sang. Autour de l'endroit où il se trouve le sang est très abondant. Ma flèche rentrée au niveau des poumons est ressortie au niveau de la panse. J'appose le bracelet et lui attache les pattes pour le charger sur mon épaule et revenir vers la voiture alors que la nuit tombe doucement.

Un brocard tombé à la seconde flèche dans les tournesols, 10 août 2012

Alex

 

Trophée :

Un brocard tombé à la seconde flèche dans les tournesols, 10 août 2012

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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 16:09

Ce weekend, je suis de retour dans le Tarn et je compte bien en profiter pour chasser un peu le brocard du côté de Roumégoux. C'est là que j'ai fait mes premières tentatives d'approche en tir d'été, depuis quelques années, je reviens chaque été pour tenter ma chance autour du dernier weekend de juillet ou du premier d'août. Le terrain étant très sec et souvent découvert, je chasse principalement à l'appeau. De plus le secteur est bien moins fourni en chevreuils que le Gers.

Ce matin, je pars donc chasser sur le plateau près du village. Chaque année, j'y croise un brocard. J'arrive sur le parking de la salle des fêtes vers 6h10 et me prépare tranquillement. Vers 6h15, je traverse la route pour rejoindre un chemin de terre qui me conduira vers le grand lac de la Bancalié. Je passe les habitations puis avance d'un pas normal pour rejoindre un bois que je sais propice à une séance de Butollo. De part et d'autre du chemin, se trouvent des chaumes de blés, des prairies desséchées et quelques tous petits boqueteaux. Pas de chevreuil en vue, je poursuis ma route.

En passant le bosquet qui se trouve à 60 mètres environ dans le chaume de blé sur ma gauche, j'aperçois un chevreuil planté au milieu du découvert. Il semble qu'il me regarder. Il est à plus de 100 mètres. Je fais mine de ne pas l'avoir vu et poursuis ma route sans changer de rythme pour rejoindre une bande de bois juste avant le bois que je voulais tenter au Butollo. Maintenant à couvert, je me positionne à genoux derrière l'angle de la bande boisée, en bordure de chemin de terre.

15 minutes de chasse pour un petit brocard tarnais, 4 août 2012

Le chevreuil n'a pas bougé, Je commence mes appels et, immédiatement, il démarre et vient droit sur moi, j'arrête rapidement mes appels car il arrive trop vite. C'est un petit brocard, il arrive d'un pas décidé pour passer juste à quelques mètres de moi. J'arme mon arc et l'attends au coin de la bande de bois mais il déboule à 3 mètres de moi et fait immédiatement demi-tour pour se planter plein travers à 15 mètres derrière l'arbuste qui me sert de camouflage.

Je désarme et rappelle un ou 2 coups, le chevreuil revient rapidement. Je réarme, mais il refait comme la première fois et fait demi-tour juste à 3 mètres de moi. Je désarme et recommence à appeler. Il revient, je réarme mais cette fois il passe juste à côté de moi sans s'arrêter et passe dans mon dos. Je le suis du regard sans bouger et profite d'un moment d'inattention de sa part pour désarmer et pivoter sur mes genoux pour pouvoir tirer. Le brocard s'arrête à 10 mètres environ, plein travers, mais impossible d'armer.

Il redémarre, j'arme et le suis dans mon viseur. 10 mètres plus loin, il s'arrête à nouveau à environ 12 mètres. Ma visée se cale, je décoche. L'impact retentit, le brocard s'affaisse un peu puis démarre. J'aperçois l’entrée de ma flèche un peu haute en arrière de la cage thoracique. Le brocard rentre au bois 30 mètres plus loin puis fait pas mal de bruit en lisière avant que le calme revienne.

15 minutes de chasse pour un petit brocard tarnais, 4 août 2012

J'attends un peu puis m'avance pour chercher ma flèche que je retrouve posée dans l'herbe sèche et rase.

15 minutes de chasse pour un petit brocard tarnais, 4 août 2012

Elle est couverte de sang. Je pars ensuite directement à l'entrée du bois

15 minutes de chasse pour un petit brocard tarnais, 4 août 2012

et trouve du sang 

15 minutes de chasse pour un petit brocard tarnais, 4 août 2012

que je commence à suivre dans le bois

15 minutes de chasse pour un petit brocard tarnais, 4 août 2012

quand j'aperçois le brocard, il est juste à quelques mètres, couché sur le flanc, au milieu d'un chemin forestier.

15 minutes de chasse pour un petit brocard tarnais, 4 août 2012

Ma flèche est curieusement ressortie dans le cuissot alors que mon tir était plus proche d'un 3/4 arrière que d'un plein travers.

15 minutes de chasse pour un petit brocard tarnais, 4 août 2012

La chasse n'aura duré que 15 minutes, je rentrer avec mon brocard qui malgré son petit trophée a une saveur toute particulière et fait remonter toutes ses heures d'approches vaines, tous ses échecs de mes débuts.

La flèche a touché un poumon, un rein, la panse et tranche l'artère sous colonne.

15 minutes de chasse pour un petit brocard tarnais, 4 août 2012

Alex

 

Trophée :

15 minutes de chasse pour un petit brocard tarnais, 4 août 2012

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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