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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 21:39

Ce soir, il n’était pas prévu que j’aille à la chasse mais je décide finalement d’aller faire un tour aux ragondins vers 20 heures. Je pars pour un grand lac où, malgré la pression de chasse que je leur fais subir depuis des mois, ils sont encore légion.

En route, je passe devant une petite mare où je n’ai pas mis les pieds depuis un moment. Je me gare et décide d’aller voir si les ragondins seraient par hasard de sortie. J’empoigne mon arc et descends doucement sur le chemin d’accès goudronné qui mène à une villa occasionnellement occupée par des anglais.

Arrivée à la mare, j’aperçois un gros ragondin affairé à brouter sur la bordure qui a été girobroyée depuis peu. Le vent est mauvais mais je tente tout de même le coup. Il est à 25/30 mètres, un saule à 15 mètres camouflera ma progression.

J’avance à pas de loup en tentant d’apercevoir ce myocastor au travers des branchages épais. Il est toujours là, vacant à ses occupations. J’avance encore un peu sans le voir et arrive contre les branchages. Je me prépare à armer mais il n’est plus là, le vent a eu raison de mon approche. Un remous dans l’eau puis un autre devant le terrier, il m’a eu.

Je reviens sur mes pas et reste un petit moment en retrait sur le chemin goudronné, en arrière du terrier où l’eau remue encore. Un frémissement puis un gros remous puis le retour au calme. A nouveau l’eau bouge contre la berge et un sillon se dirige vers le terrier. Je n’ai pas pu voir ce que c’était, l’animal est entré au terrier. Un autre frémissement, cette fois, je m’approche alors que le sillon par à l’opposé du terrier. C’est une jeune poule d’eau.  

Je retourne à la voiture. Je roule un petit moment et arrive au grand lac. Je me gare sous la digue et repars en chasse. Il fait encore très chaud, je transpire à grosse gouttes. Je longe la berge côté droit en regardant vers le ruisseau d’alimentation et arrive au bout du lac sans avoir vu le moindre ragondin.

Il fait encore bien jour et je les ai bien dressés. Je ne suis pas en fait très motivé pour chasser le ragondin ce soir. Je décide d’aller observer les blaireaux pour repérer les passages.

Je commence à longer le ruisseau quand une chevrette se lève à 20 mètres devant moi et détale sur 30 mètres avant de se retourner pour m’observer un instant puis de poursuivre sa route et de disparaître.  

Je passe le petit passage busée et traverse ainsi le ruisseau qui se tarit de jour en jour. De ce côté du ruisseau, il y a de vielles balles rondes laissées à pourrir. Je décide de m’entraîner un peu, Je décoche quelques flèches en visant les taches de lumière qui percent les feuillages et qui dessinent de petits cercles.

Il est 20h30, je me remets en route, je longe un petit moment le ruisseau puis le bois en obliquant à 90°. Le vent vient du bois avec un léger travers avant. Il me faut me poster avant les terriers et en dessous de ses derniers.

Je rentre dans le bois, cherche un moment une coulée pour mettre fin à ses craquements de feuilles et de brindilles qui cassent sous mes pas malgré tous mes efforts. Enfin sur la coulée, je progresse lentement pour me positionner 25 mètres en dessous des terriers et légèrement en retrait.  

Les minutes passent, un geai passe furtivement au-dessus des terriers, une palombe vient se poser au-dessus de moi. Les merles font le concours du plus bruyant dans les feuilles mortes. Le sous-bois est très animé, même les moustiques s’y mettent, je suis assailli, un certain nombre fera les frais de sa gourmandise mais la plupart partiront repus me laissant à mes démangeaisons. Tout à coup un bruit de pas régulier et ininterrompu sur ma droite. Je finis par l’apercevoir, c’est un renard qui vient vers moi, il arrive au-dessus de moi, le vent ne lui porte pas mon odeur. Il s’arrête, repart, s’arrête encore puis oblique pour se diriger vers les terriers de blaireaux.

Il passe à 15 mètres avec un rythme soutenu, j’ai armé mais il est trop rapide, je ne le sens pas. Il disparaît alors que je désarme. Je tente de le faire revenir en aspirant de l’air au travers de mes lèvres pincées qui remuent pour imiter la souris.

Un grand fracas, il revient sur ses pas et fait mine de s’en aller. Je retente le coup, cette fois, il arrive droit sur moi alors que j’arme mon arc. Il est déjà à 3 mètres et arrive d’un pas décidé, c’est maintenant ou jamais, je l’aligne et décoche. Ma flèche rebondie au sol et retombe deux mètres plus loin en heurtant le goupil qui a déjà fait demi-tour. Tout s’est passé trop vite je n’ai pas su voir l’atteinte.  

J’attends un moment sans bouger alors que je l’entends fuir dans le bois pendant quelques secondes. Il marque plusieurs arrêts de moins en moins espacés puis plus rien. J’attends encore un peu puis m’avance. De grosses gouttes de sang jonchent le sol 1 mètre après l’endroit du tir.

Je plante ma flèche au départ de la piste alors que des bruits de pas se font à nouveau entendre. Ce sont les blaireaux, ils passent plus haut, j’en compte au moins 2. Pour patienter un peu je décide de tenter de les approcher. Le premier avance trop vite alors que j’arrive à approcher le second à 10 mètres, couvert par le raffut qu’il produit.  

Il est temps de me mettre en quête de mon renard, il fait déjà très sombre en sous-bois. La piste est très marquée et facile à suivre à quelques exceptions près. Tout à coup, un animal démarre devant moi, je crains de n’avoir relevé mon renard mais la direction de fuite ne suit pas la piste au sang.

Au bout de 150 mètres, je commence à désespérer et je ne trouve presque plus de sang, j’attrape mon portable pour appeler un conducteur de rouge quand je vois que Manu est entrain de m’appeler, j’avais mis l’option silencieux. Je réponds et lui raconte mon aventure quand le faisceau de ma frontale tombe, sur ma renarde, couchée sur le flanc dans son beau manteau roux.

Elle me paraissait beaucoup plus grosse tout à l’heure. Ma flèche lui a entaillé le flanc et le dessous du ventre avant de lui casser une patte arrière, lui sectionnant la fémorale au passage.

Moi qui avais du mal à lâcher mes flèches sur les renards, c’est mon 4ième de la saison.  

4ième renard de la saison, 12 juillet 2009

Alex

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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 16:24

Mardi soir, n’ayant plus de bracelet pour le chevreuil, je me décide à aller faire un tour sur le territoire à 5 minutes de chez moi où j’ai fléché mon premier brocard de la saison. Je me gare devant l’habitation du président de la société de chasse et pars, vent dans le dos, pour revenir à bon vent sur une zone où les renards ont été vus lors des moissons.

Je longe un moment le chemin de terre qui conduit à la ferme, puis au bout de 400 mètres environ, bifurque sur la gauche, gravis le talus, traverse une haie pour me retrouver en bordure d’un grand champ de blé. Un bref arrêt pour scruter les alentours mais rien ne bouge.

Je me remets en marche, j’avance tranquillement sur le haut du champ sur une bande de 1 à 2 mètres où le blé a été complètement mangé par les lapins. J’en entends d’ailleurs démarrer un de temps en temps dans la haie sur ma droite puis dans le bois qui lui fait suite. La bordure du bois redescend vers le bas du champ puis bifurque à nouveau à 90°.

Le blé se termine par une bande de 40 mètres de large. Je rentre dans la bordure du bois, me dissimule derrière un gros genet et lance quelques appels au Butollo pour tenter d’apercevoir le maître des lieux qui n’a rien à envier à mon brocard du 11 juin. Au deuxième appel, un bruit de feuille et de brindille qui casse, une chevrette surgit, de la haie qui délimite le bas du champ, dans le blé et monte au grand galop pour se planter à 10 mètre sur ma droite. Ses naseaux grands ouverts, elle a vite fait de me flairer et fait demi-tour, s’en m’avoir vu. A toute allure, elle traverse la haie puis le petit champ de blé et disparaît dans le bois d’en face. Quelques autres appels mais le brocard n’y répondra pas.

Je m’enfonce dans le bois pour continuer à progresser vent dans le dos et ressortir dans un grand champ de tournesol qui délimite la partie haute du territoire. Je suis donc la bordure du bois sur ma gauche pour me diriger vers la « zone à renard ». Quelques têtes de tournesol sont mangées ou coupées par les chevreuils.

Je tente à nouveau d’appeler au Butollo histoire de voir. Au bout de quelques appels, un fracas se fait entendre dans le bois. Un chevreuil vient droit sur moi mais je n’arrive pas à le distinguer. A chaque appel, il bouge, vient vers moi, longe la bordure dans un sens puis dans l’autre mais ne sortira jamais et finira par s’éclipser sans un bruit.

Je me remets en marche, le champ de tournesol se termine pour laisser place à une friche clairsemée de petits chênes qui peinent à pousser. Je ralentis l’allure, ma visibilité est plus limitée et je pourrais me faire surprendre. Je marche un moment sans rien voir et arrive au niveau de vielles petites ruines dont le toit menace de s’effondrer.

Je jette un coup d’œil en restant sur le palier de la première, rien, puis à la seconde. Une petite chouette chevêche, perchée sur une poutre maculée de fientes blanches me regarde quelques secondes avant de s’envoler par un trou du toit.

Je progresse maintenant vent de face, la chasse commence. Je m’arrête au sommet d’une butte pour jouer à nouveau de mon Butollo. J’ai un grand champ de vision sur les alentours, pas un seul chevreuil ne répond à mes appels mais, tout à coup, le ciel s’obscurcit, des cris de milans me font lever les yeux sur une nuée de plusieurs centaines de milans qui arrivent droit de la décharge un peu plus loin. Ils arrivent en flux continu, c’est impressionnant, et se mettent à décrire des cercles au-dessus de moi. Je me lève et me remets en marche alors que les milans me suivent un moment.

Une renarde galeuse, 7 juillet 2009

Je redescends tranquillement vers un petit ruisseau avant de remonter vers la carrière. Je m’arrête au bord d’un bois en dessous de la décharge et de la SPA d’où arrivent des aboiements permanents. Quelques coups de Butollo suffisent à attirer un chevreuil.

Le bois est en pente, il est au-dessus de moi mais caché derrière un buisson je n’arrive pas à le voir, il réagit à chaque appel et court dans tous les sens puis finit par s’éclipser sans que j’ai pu le voir.  

Je remonte vers la carrière, laisse le blé où j’ai fléché mon brocard et qui a été moissonné depuis, pour me diriger vers un tournesol chétif où il semble que les renards se tiennent. Sur le talus de la décharge un troupeau de bêtes noires, elles sont à plus de 200 mètres et je n’arrive pas à les identifier, Je me rapproche doucement, descendant puis remontant dans le tournesol très vallonné pour m’apercevoir à environ 90 mètres qu’il s’agit en fait de moutons noirs nains qui doivent certainement jouer le rôle de tondeuse aux abords de la décharge.  

Je me remets en chasse, j’avance doucement dans le tournesol au-dessus d’un petit bosquet pentu situé au beau milieu du champ. Le champ est loin d’être plat, tout à coup, j’aperçois, au milieu des tournesols clairsemés, une tête de renard.  

Je me baisse pour ne pas être repéré. Je suis à genoux et je me redresse un peu, il ne m’a pas vu affairé à ce gratter. Quelque chose me semble étrange, il est à 25 mètres environ. J’avance doucement sur les genoux, baissé le plus possible pour me cacher derrière la végétation qui n’est pas bien haute et très éparse. Dès qu’il s’arrête de se gratter, je m’arrête, de même à chaque mouvement de tête.

Je progresse doucement. Je viens de comprendre ce qui ne va pas, il est galeux, le pauvre n’a plus de poil sur l’arrière et presque plus sur l’avant. Pas à pas, non genou à genou, j’arrive à environ 10 mètres mais ma position inconfortable et les pieds de tournesol m’empêchent de tenter un tir.

J’attends un moment, il n’a, jusque là, pas bougé si ce n’est pour se gratter, il est assis depuis tout à l’heure. Il se lève, fait quelques pas et entre dans un bouquet de tournesol pour s’arrêter à nouveau et se remettre à se gratter. J’en profite, je me redresse, arme mon arc, fais lentement 3 ou 4 pas. 8 mètres, j’aligne ma visée au milieu des tournesols et décoche.

Il est foudroyé, il n’a pas bougé et est à terre. Je m’approche doucement quand je l’aperçois au sol se mordant l’arrière train. Trop confiant, je n’ai pas réencoché et il en profite pour fuir sur ses pattes avant vers le bois en contrebas, sa colonne brisée le ralentit énormément et il s’arrête souvent pour se mordre l’arrière train. Je me lance, encoche une flèche en pleine course, le dépasse alors qu’il fait demi-tour et remonte dans le tournesol. La pente le fait ralentir, il saigne abondamment, je le rattrape, arme et lui décoche un seconde flèche ¾ arrière alors qu’il tente de s’enfuir.

La flèche entre derrière les côtes et ressort entre les antérieurs.  Il boule sur place et meurt rapidement.

Une renarde galeuse, 7 juillet 2009

Alex

 

Atteinte :

Une renarde galeuse, 7 juillet 2009

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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 16:18
Ce soir, nous nous sommes donnés rendez vous avec Dominique, le vis président de l’ASCA32, à Vic Fezensac vers 19 heures. Nous partons sur la zone de chasse, Domi a pris son caméscope. Nous nous préparons alors qu’un lièvre sorti de la friche se promène dans le semé de tournesol sur notre droite.
Nous voilà partis, le vent est dans notre dos, le temps est à l’orage, il fait très lourd et quelques gouttes éparses se font sentir. Nous progressons lentement sur le chemin de terre quand deux tracteurs arrivent.
Je crains qu’ils ne nous cassent la chasse mais ils tournent à gauche et sortent de la zone que je compte chasser ce soir. Je laisse le tournesol du beau six sur la droite pour y revenir à bon vent et nous poursuivons tranquillement. Sur la gauche le semé de maïs où dimanche matin un beau 4 pâturait avec sa chevrette.
Mais ce soir, le bruit des engins agricoles tous proches ne facilite pas une sortie des animaux. Nous poursuivons vers un grand blé qui se termine en pointe contre un bois tout en long. Les pas se font feutrés, l’allure ralentit mais le blé semble désert. Nous arrivons au niveau d’un petit bosquet, sur notre gauche, coincé entre le ruisseau et le chemin de terre.
Je jette un coup d’œil par une trouée dans le feuillage en marquant un temps d’arrêt et, ne voyant rien, je me remets en marche quand le jeune 4, familier du secteur, m’aboie et détale dans le bois. Il était à quelques mètres de moi, mais dans la végétation, je ne l’avais pas vu.
Nous sommes à mauvais vent et ça n’arrange rien. Je l’aboie un moment alors que Domi, resté en arrière au coin du bois a allumé son caméscope. Il est entrain de filmer. Le brocard comme à son habitude sort au coin du bois et traverse la bande de blé en faisant de grands bons pour rejoindre le couvert forestier.
Nous arrivons au bout de la bande boisée sur notre droite et je décide de remonter sur le plateau, en obliquant à droite, pour observer les alentours d’un point haut. Nous suivons le fond d’une combe dont les deux versants sont en blé.
Une bande de blé a été moissonnée sur notre gauche. Nous progressons lentement, Dominique me suit à distance et, alors que je me retourne pour voir où il se trouve, il me fait signe de regarder devant moi, il a vu 2 silhouettes et s’est baissé pour ne pas être vu.
Je me retourne et aperçois 2 énormes lièvres. Ils suivent la bande moissonnée et viennent vers nous alors que Domi les filme. Je m’assois un moment pour les regarder faire. Puis me redresse et me remets en marche. Ils me repèrent et détalent, à droite, vers le tournesol qui fait suite au blé.
Nous obliquons à nouveau à 90° à droite pour suivre la limite entre tournesol et blé. Nous remontons vers le point le plus haut du secteur. Nous devrions être à bon vent mais ce denier a tourné et s’est intensifié. Je décide de tenter de faire bouger les animaux en jouant du Butollo.
Je marque des arrêts d’observation fréquents et avance doucement en appelant. Je redescends doucement vers un petit ruisseau et m’arrête pour observer quand j’aperçois au loin une tache rousse dans le tournesol. J’appelle Domi qui d’un coup de jumelles me confirme qu’il s’agit d’une tache de végétation. Nous avançons encore un peu quand cette fois j’aperçois au loin, sur un léger talus séparant un semé de maïs d’un semé de tournesol, une tache rousse en mouvement.
Cette fois c’est sûr, c’est un chevreuil mais ni le zoom du caméscope, ni le grossissement des jumelles ne pourront nous dire s’il s’agit d’un brocard. Je décide de tenter une approche en suivant la haie qui borde le ruisseau.
Je rejoins donc rapidement le bord de la haie en contrebas, contrôle le vent qui est maintenant face à moi et me mets en marche.
La distance faisant, je progresse rapidement sans trop prêter attention au bruit. J’arrive donc à l’angle de la haie qui remonte maintenant parallèlement au blé de tout à l’heure. Je suis la haie et arrive, 2 mètres plus loin, au niveau d’une trouée.
Je tente d’apercevoir l’animal mais sans succès. Je range donc la flèche dans le carquois et me faufile au travers de la haie. Arrivé de l’autre côté, je l’aperçois, il n’a presque pas bougé mais semble longer le talus en parallèle de la haie que je longe. Je l’observe un court instant, il est à 200 mètres environ et le sexage n’est toujours pas évidant (je chasse sans jumelles).
Je rebrousse chemin et retourne de l’autre côté de la haie. Je recommence donc à longer la haie qui, sur le plateau, oblique à nouveau à 90° dans la direction du talus que longe mon chevreuil. A l’angle, une trouée me permet une nouvelle observation. Il broute toujours et n’a pas fait plus de 10 mètres. La haie en arc de cercle vient mourir au bout du talus, sur la trajectoire du chevreuil.
Je vais tenter de la longer pour arriver au plus près. J’avance pas à pas sur la pointe ou le côté des pieds, m’arrêtant à chaque fois qu’il lève la tête, me coulant sous les branches basses qui sortent de la haie et écartant chaque ronce pour ne pas faire de bruit.
Le prédateur qui est en moi s’est réveillé. J’ai bien parcouru 40 mètres quand le chevreuil lève la tête d’une façon anormale, il a repéré quelque chose mais je ne pense pas que ce soit moi. Il reste figé un moment puis quitte son talus pour s’avancer dans le semé de maïs. Cette démarche saccadée, ce port de tête, j’en suis presque sûr, c’est un brocard.
Il semble s’éloigner pour descendre vers le chemin de terre mais bifurque brusquement et retourne vers le bout de la haie au trot puis au pas de course. Que se passe t-il ? Il disparaît derrière la haie et j’en profite pour presser le pas et rejoindre une trouée pour repasser au dessus de la haie et tenter une interception dans le virage à quelques dizaines de mètres, où le tournesol est plus haut et plus épais.
J’avance rapidement vers un arbre mort couché en bordure du champ quand un bruit attire mon attention. Deux chevreuils se coursent en contrebas, Les feuilles des jeunes plants de maïs claquent contre leurs pattes. Je les distingue mais ne peut pas vraiment les sexer.
Ils se coursent en décrivant des cercles de grand diamètre. Puis au bout de quelques tours, ils remontent vers la haie. Le bruit de bois cassé et de feuillage froissé se rapproche, je peux entendre de petits cris aigus. Ils vont me passer à quelques mètres.
J’en suis presque sûr, c’est un brocard que course une chevrette. Exact, il sorte de la haie dans un grand fracas alors que je viens d’armer mon arc et que seul l’arbre mort nous sépare. Je m’agenouille alors qu’ils reprennent leur manège en décrivant des cercles de diamètre plus réduit à moins de 10 mètres de moi.
Le brocard et la chevrette sont essoufflés et tirent la langue, leur respiration est forte et saccadée. Le brocard est juste au cul de la chevrette. Je suis toujours armé et attends l’occasion qui finit par arriver.
Les 2 amoureux à bout de souffle passent plein travers à moins de 8 mètres. Tout va très vite, l’instinct dépasse la pensée et, mon viseur aligné, je décoche.
Ma flèche semble ricocher sur le genoux de la patte arrière et se casse en 2 morceaux, un très court au ras de l’empennage qui tombe au pied du brocard, l’autre qui part à 45° pour aller retomber un peu plus loin.
Dans ma tête, les jeux sont faits, je viens de faire un beau loupé, mais stupeur le train arrière du brocard se dérobe et il tombe assis. En observant la fracture nette de sa patte je me précipite sur lui sans réfléchir, le saisi par les bois et le plaque au sol en lui tenant le cou.
Je pose mon arc, attrape mon couteau et le sers rapidement au d’un coup ajusté au cœur. La vie le quitte en 1 ou 2 secondes. Ma flèche a en fait cassé le fémur de la patte de mon côté et tranché net le tendon de l’autre patte arrière, immobilisant ainsi mon brocard sur l’arrière train. Si elle n’avait touché qu’une patte j’aurais peut être perdu ce brocard.
La chasse se termine bien mais j’aurais préféré le manquer et le revoir dans d’autres circonstances. Cette flèche me laisse un goût amer d’inachevé, la déception de ne pas avoir fait une flèche mortelle. La vie est ainsi, dans mon malheur, j’ai eu beaucoup de chance de ne pas laisser un estropié dans la nature.
L'amertume d'une mauvaise flèche, 30 juin 2009

Alex

 

Atteinte :

L'amertume d'une mauvaise flèche, 30 juin 2009

Trophée :

L'amertume d'une mauvaise flèche, 30 juin 2009

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 16:03

Ce soir, arrivé sur la zone de chasse vers 20 heures, je m’équipe alors qu’une dizaine de lapins courent dans tous les sens au bord du bois en contre bas. Vent de face, je commence ma marche silencieuse en longeant sur la partie haute une bande boisée étroite.

Sur ma gauche, un grand champ de blé qui se termine contre la pelouse d’une habitation  puis une friche de plusieurs hectares. Sur ma droite, je domine une culture à gibier accolée à la bande boisée et des hectares de friches. Plus bas encore un grand bois de feuillus.

Il fait encore très chaud et aucun chevreuil n’a pointé le bout de son nez. L’habitation dépassée, je remonte en traversant la friche pour rejoindre la route de crête. Toujours rien, je traverse la voirie pour rejoindre un grand champ de blé qui descend jusqu’au ruisseau en longeant un bois et remonte ensuite vers un autre petit bois en longeant un champ de tournesols.

Je longe le long du bois en scrutant régulièrement le blé mais toujours rien. Cette semaine, j’ai croisé une laie et ses marcassins de 15 kg environ et leur présence sur le secteur n’est peut-être pas étrangère à cette absence de chevreuil. Je traverse le ruisseau, longe entre le blé et le tournesol pour arriver contre le petit bois.

Je décide de contourner le massif et de revenir sur mes pas pour retourner vers la friche de l’autre côté de la route. Les sangliers se sont souillés au bord du bois, la boue est encore fraîche, je pense qu’il est vain d’insister. Le bois contourné, je retourne sur mes pas. Les cailles chantent dans le blé, je marque un temps d’arrêt quand un mouvement attire mon attention, en bas, près du ruisseau.

Un dos sombre, le blé s’agite un instant en direction du passage du tracteur puis plus rien. J’attends un peu mais plus rien ne semble bouger. Je mets quelques coups de Buttolo, toujours rien. Je descends doucement sans trop y croire en jouant du Butollo quand, arrivé au niveau du passage du tracteur, j’aperçois un renard qui se dirigeait droit sur moi.

Je ne suis pas prêt et il fait volte-face pour s’enfuir au pas de course en longeant le passage de roue. Vu le peu de mouvement, je décide de rejoindre rapidement la route de crête, erreur, le brocard venait de sortir en haut du blé et détale en me voyant.  

J’arrive à la route et redescends dans la friche. Cette fois, je progresse doucement en regardant bien partout. Une haie de 40 mètres de long en plein milieu de la friche offre une zone d’ombre mais toujours pas de chevreuil. Je progresse dans les hautes herbes en passant à une dizaine de mètres sous la haie quand un mouvement, à environ 80 mètres, attire mon attention.

C’est un renard, il avance la queue un peu relevée et le bout noir et blanc ainsi que ses oreilles sont bien visibles. Il avance d’un pas rapide, oblique et se dirige droit sur moi.

Je m’agenouille pour mieux me fondre dans la végétation et observe son manège, il revient sur ses pas, revient vers moi, flaire les touffes d’herbe, urine contre un chardon, s’arrête, repart. Je profite d’une touffe de végétation épaisse derrière laquelle il marque un temps d’arrêt pour armer, il est à 25 mètres environ.

Il se remet en marche et passe en longeant la haie au-dessus de moi, mon viseur est calé sur son épaule et j’attends l’occasion de tir, la végétation plus clair semée me laisse une bonne vision de l’animal. Il est à 6 mètres mais ne semble pas vouloir marquer d’arrêt, mon viseur se cale sur le devant de l’épaule et je décoche.

Un bruit mat mélangé d’un bruit de fracture ne laisse aucun doute, ma flèche est dedans. Il pousse un petit cri, mélange de grognement et de gémissement, et démarre en trombe. Il trébuche une première fois à 2 mètres de l’endroit du tir. Son menton touche le sol, il se redresse chute à nouveau ses mouvements sont de plus en plus désordonnés.

Il finit par bouler au bout de 6 mètres de course et ne se relèvera pas. Je cherche un moment ma flèche, puis ramasse mon renard pour le ramener à la voiture, c’est un mâle, sa dentition me laisse penser qu’il a déjà quelques années. La luminosité baisse rapidement, je prends quelques photos, pose le renard dans le coffre de ma voiture et repars en chasse en longeant la bande boisée de tout à l’heure.  

second renard en 2 jours, 27 juin 2009

Je stoppe net, un brocard pâture à 60 mètre devant moi, je m’aplatis au sol et commence ma progression à 4 pattes. Je m’arrête à chaque mouvement de tête et parvient à gagner une vingtaine de mètres mais le couvert est très faible et le brocard en contre bas finit par repérer mon mouvement. Il me fixe, fait semblant de brouter, relève brusquement la tête, me fixe à nouveau et recommence ce manège plusieurs fois. Je l’aboie, il avance d’un pas saccadé dans ma direction, fait volte-face, démarre pour faire 2 bons et revenir à l’aboiement puis se débine doucement dans la bande boisé.

Il fait maintenant trop sombre, la chasse s’arrêtera là pour ce soir.

 

Alex

 

Atteinte :

second renard en 2 jours, 27 juin 2009

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 16:02

Hier soir, un membre de la société de chasse, curieux de savoir ce qu’est la chasse à l’arc voulait m’accompagner, nous avions rendez-vous aux alentours de 19 heures chez le président de la société de chasse. Arrivé sur place, j’apprends qu’il n’a pas pu se libérer, ce sera donc chasse en solo.

Le président de la société me propose de me montrer un nouveau secteur du territoire. Je le suis donc et arrivé sur place, une zone calme, sans habitation, composée de champ de tournesols pas encore en fleur, de petits bosquets et de friches sera ma zone de chasse pour ce soir.

Une fois seul, je me prépare puis attaque de longer un grand champ de tournesols, vent de face, en marchant doucement. Je progresse sur une bande enherbée, à ma droite le tournesol, à ma gauche coule un petit ruisseau qui borde un gros bosquet. Quelques têtes de tournesol ont été mangées par les chevreuils mais ils n’ont pas l’air d’être de sortie pour l’instant.

J’oblique ensuite à 90° pour longer le champ de tournesol qui oblique à cet endroit perpendiculairement au ruisseau. Je finis par arriver au bord d’un petit bouquet d’arbres épaissi par les ronces, la végétation et les buissons noirs. Le champ oblique à nouveau à 90° sur ma gauche en suivant le petit bosquet sur sa partie haute.

J’avance doucement quand un mouvement, en bordure du tournesol dans les herbes hautes, 15 mètres devant attire mon attention. Je finis par distinguer une tête puis devine rapidement qu’il s’agit d’un renard. Il est assis et se gratte les puces d’un mouvement saccadé. Je m’approche un peu, commence à armer mon arc, ma flèche m’échappe juste au moment où le renard tourne la tête vers moi.

J’ai juste eu le temps de me baisser en rattrapant ma flèche avant qu’elle ne heurte le sol. Le renard avance de 3 ou 4 mètres et entre dans le tournesol. Je réencoche ma flèche, avance doucement de quelques pas vers mon renard qui s’est assis et arme mon arc.

J’aligne ma visée, la végétation me gêne un peu mais je pense être au bon endroit. Je décoche. Le renard pousse un cri, saute sur place en se tordant en arc de cercle, démarre en courant tout tordu, la queue redressée puis se jette dans le petit bosquet et disparaît.  

Je m’avance doucement, pas de flèche, pas de sang. Je tourne et retourne, longe le bosquet à l’endroit présumé de l’entrée. Rien, je retourne à l’endroit du tir, me refais la scène et retourne à l’endroit du tir. A force d’insister, j’aperçois de grosses gouttes de sang dans l’herbe hautes.

Je suis doucement la piste à 4 pattes pour arriver à l'entrée qui ne présente pas une seule trace de sang. Je pose mon arc et entre dans les buissons noirs. A force d’insister, je retrouve la piste de sang à 2 mètres de la bordure, elle est maintenant abondante et bien marquée. Je la suis doucement, souvent en rampant sous les ronces et les épines.

Le renard n’a pas fait au plus simple, il a fait pas mal de virages et ressort au bout de 50 mètres environ dans la friche en bas du bosquet en forme de U pour rerentrer rapidement dans le bosquet. Je retourne chercher mon arc, le pose avant de rentrer dans le bosquet. Les buissons noirs et les ronces sont très épais à cet endroit. Je progresse, suivant le sang en rampant et le couteau à la main pour me frayer un passage.

Au bout de 30 mètres environ de détours dans cette végétation inextricable, j’arrive sur une zone ou les sangliers ont l’air d’avoir l’habitude de se gîter. Des bauges profondes jonchent le sol et la vue est plus dégagée. Je finis par perdre la trace du sang, la luminosité est faible sous ce couvert épais. Je ressors donc chercher mon arc et appelle le président de la chasse pour lui expliquer la situation.

Il passe chercher son voisin et arrivent tous 2 avec 2 teckels à poil dur alors que j’arrive à ma voiture. Nous retournons sur place, et ils lâchent les chiens sur la voie. Le plus vieux prend la voie en donnant de la voix alors que le plus jeune prend le contre-pied.

Je pars en courant pour tenter d’intercepter le renard au sortir du bosquet mais le teckel est déjà dans le tournesol. Je le suis à une dizaine de mètres sans le voir, son collègue nous rejoint et la menée commence, je dois courir pour les suivre dans les tournesols. Un brocard se lève et fille vers une haie droit devant, les teckels prennent la même direction et je crains qu’ils ne suivent maintenant une mauvaise piste. Mais le brocard passe à droite de la haie et les chiens passent à gauche le long d’un mur de balles rondes.

Je les rattrape rapidement alors qu’ils tentent de sauter par-dessus les balles de foin. J’en suis sûr ils sont après mon renard. Je n’ai pas le temps de les aider à passer qu’ils retournent en arrière, contournent ce mur de foin et longent la haie de l’autre côté pour se mettre au ferme juste en face de moi.

La végétation bouge furieusement et j’aperçois furtivement mon renard qui vient s’acculer à 2 mètres de moi. Je vois distinctement son arrière train et sa queue, j’arme ajuste ma visée un peu plus en avant et décoche. Ma flèche est fichée dans un arbuste, le renard démarre.

S’en suit une bagarre terrible sur un ferme roulant au terme duquel, après avoir mordu plusieurs fois les chiens, mon renard va rendre l’âme. C’est une renarde, touchée aux pattes avant et au bas du poitrail.

 

Alex

Mauvaise flèche sur un renard, 26 juin 2009

Atteinte :

Mauvaise flèche sur un renard, 26 juin 2009

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 15:58
Ce soir, j'avais donné rendez vous à Manu à Mirande pour lui montrer mon territoire de chasse du côté de Vic Fezensac. Je dois lui laisser un bracelet sur les deux que j'ai sur le territoire pour qu'il puisse aller un peu y chasser ce weekend.
Arrivé sur place, je lui explique un peu les limites du territoire et lui raconte 2 ou 3 anecdotes sur mes sorties de la semaine passée. Un lièvre traverse un semé de tournesol au galop. Manu ne peux pas rester chasser ce soir. 19h30, il me laisse et je me change avant de partir chasser.
Je reprends ma voiture et me gare au milieu d'un petit hameau. Le territoire est différent de chez moi, beaucoup de vignes, beaucoup de blés et peu de bois. J'attaque avec le vent de face en longeant entre une vigne et un blé où, mardi soir, j'ai fait une belle approche sur un brocard aux bois asymétriques.
Je marque plusieurs arrêts fréquents et avance doucement pour éviter d'être repéré avant de pouvoir tenter une approche. Au loin, un chevreuil est entrain de viander dans un semé de tournesol. La végétation très basse et sa position centrale dans le champ ne me permettent aucune approche.
600 mètres nous séparent, je décide de tenter tout de même de réduire cette distance et de m'embusquer pour observer. Ne chassant jamais avec des jumelles, je ne sais pas encore s'il s'agit d'un brocard. Je coupe au milieu d'une vigne, longe un blé et arrive rapidement au bord d'une haie qui me cache bien. Il est encore à 500 mètres. Je longe rapidement la haie, le bruit n'est pas un problème à cette distance.
Au bout de la haie le relief du champ me permet d'avancer sur 50 mètres, le dos voûté, sans qu'il puisse me voir. J'arrive dans la zone critique, il est encore à plus de 450 mètres mais je dois traverser sur 80 mètres environ dans le semé de tournesol pour rejoindre une haie qui me camouflera. Je marque un arrêt derrière un arbre mort tombé et l'observe un moment.
Il vaque paisiblement à ses occupations et descend petit à petit vers la haie que je veux rejoindre. Je tente le coup, j'avance rapidement, le dos voûté, pour arriver à me plaquer contre la haie sans qu'il ne m'ait vu. Je m'agenouille et observe un instant.
Il s'éloigne maintenant tranquillement vers la haie qui borde le fond du champ. J'avance par tranche de quelques mètres en me cachant dans la haie à chaque arrêt. Il ne m'a pas remarqué et s'acharne maintenant contre des branchages, il est à 250 mètres, c'est bien un brocard. Il finit par remonter le long de la haie vers un blé en s'éloignant de nouveau.
Le découvert m'interdit toute tentative d'approche. J'attends qu'il traverse la haie et entre dans le blé pour me déplacer. Il accélère tout à coup et franchit d'un bon la haie. Je cours vers la haie en restant à bon vent pour arriver à entrer dans le blé à 100 mètres de l'endroit où il a disparu. Je trouve un passage, traverse la haie, prends le premier passage de tracteur et commence à progresser dans le blé, une flèche encochée et le décocheur accroché.
Je m'attends à le voir à tout moment. Je vais mettre plusieurs minutes à parcourir les 100 mètres. Je marque un arrêt et le cherche du regard quand je l'aperçois à 200 mètres en contrebas. Il est sorti du blé et viande dans un semé de tournesol. Tout est à refaire, je me plaque contre la haie et avance doucement alors qu'il s'éloigne rapidement et traverse une haie pour rejoindre une friche au bord de la rivière.
Je coupe rapidement en travers dans le blé puis descends vers le semé. Je traverse la haie au niveau d'un passage de tracteur et commence à progresser doucement dans les herbes hautes mais plusieurs minutes d'approche à pas feutrés n'y feront rien, je viens de le perdre définitivement de vue. Les moustiques de plus en plus affairés autour de moi et leurs nombreuses piqûres auront raison de moi, je vais changer de secteur et m'éloigné des zones humides.
Je retourne en arrière pour prendre le chemin de terre qui longe le bas du secteur jusqu'à la commune de Roques puis après 400 ou 500 mètres de marche rapide en longeant une bande de blé sous un long bosquet, je remonte vers la crête où est garée ma voiture. 7 canes colverts décollent du blé qui borde le chemin sur ses 2 côtés. La dernière fait semblant d'être blessée en s'éloignant les ailes pendantes et en faisant des petits vols. Je crains de déranger une couvée et m'éloigne donc rapidement de l'endroit.
Un perdreau chante plus haut, perché sur un arbre mort, il décolle à mon passage. Je fais une pause au pied d'un cerisier et mange quelques cerises en observant les alentours. Rien ne bouge. Je retourne vers la crête et passe de l'autre côté. Je me dirige vers le grand bois dans le fond du vallon en traversant une grande vigne.
Arrivé en bas, je longe une friche d'herbes hautes en bordure du bois quand un mouvement dans les hautes herbes attire mon attention. Je me fige, un chevreuil observe dans ma direction, sa silhouette à peine visible derrière l'écran de végétation. Je pense à une chevrette.
Elle se remet en marche et ne semble plus me prêter attention. Je m'approche à pas feutrés et me retrouve à 6 mètres, elle est plein travers. Je l'observe un moment pour vérifier qu'il s'agit bien d'une chevrette. Pas de bois, je l'observe un moment dans son intimité. Elle broute une herbe par ci, une feuille par là, se lèche l'épaule, le ventre, avance d'un pas… c'est bien une chevrette.
Je décide de me remettre en marche ce qui me fait repérer et provoque une fuite sonore ponctuée d'aboiements. Je la laisse rentrer au bois et m'éloigne rapidement.
J'arrive au niveau d'un chemin forestier qui traverse le bois pour tomber au milieu d'un grand champ de blé et l'emprunte pour tenter une approche dans les blés. Le vent tourne en permanence en fonction du relief et des obstacles mais m'est favorable pour l'instant. Je longe le blé sans rien voir, puis un champ de maïs pour rejoindre la bordure du bois et rejoindre une friche d'herbes hautes située au beau milieu du bois.
J'y ai vu des chevreuils lors de mes sorties précédentes, notamment un beau daguet. Je prends le chemin forestier qui me mène aux herbes hautes et débouche sur la friche. Un gros massif de chardons plus hauts que moi fait un bel écran à 20 mètres. Je m'avance sur pointe des pieds et me cale derrière en observation.
Rien ne bouge, il n'est pas loin de 21h45, je décide de tenter un petit coup de Butollo. Une saccade de petits appels brefs et voilà une chevrette qui déboule de la bande de bois sur ma droite. Elle regarde vers moi, je recommence mes appels et elle avance doucement. Méfiante, elle s'arrête net regarde vers le bois, d'où elle arrive quand un deuxième chevreuil plus massif sort devant elle.
Ils sont à 90 mètres et il m'est difficile de dire s'il s'agit d'un brocard. Je tente les appels de poursuite, la chevrette s'éclipse et l'autre chevreuil ne bouge pas, je recommence, toujours rien. Je lance alors des appels plus longs et languissants. Il se met alors à foncer vers moi en longeant la haie, faisant de grands bons, puis s'immobilise à 60 mètres.
Cette fois, c'est sûr, j'ai vu des bois, c'est un brocard. Je poursuis mes appels un moment alors qu'il regarde vers moi. Je m'agenouille et continue mes appels. Il entre dans la haie. Une minute passe sans bruit puis il ressort dans mon dos à 20 mètres et réagit aux appels en avançant par saccades. Il cherche à prendre le vent.
Il marque de long arrêt, regardant vers moi, humant l'air. Je fais des pauses de plus en plus longues entre mes appels et en diminue le nombre. Il finit par s'avancer à 10 mètres, j'arme mais la végétation trop dense m'empêche toute tentative de tir, je désarme. Encore 2 appels, il se remet en marche, les herbes bougent et trahissent sa présence. Il est à 8 mètres, j'arme à nouveau, me redresse doucement et aligne ma visée, il s'arrête, je décoche.
Un bruit sourd retentit alors qu'il démarre en faisant de grands bons. Il rentre dans la haie en poussant quelques aboiements, il rentre ensuite dans le bois d'où il venait. Un bruit de feuilles et de branchages sur 100 mètre environ puis plus rien, le silence s'installe.
J'attends un peu puis vais contrôler mon tir. Du sang mêlé de bol alimentaire signalent une flèche traversant la panse. J'attends quelques minutes alors que la luminosité baise, j'allume ma frontale et commence à suivre le sang qui me conduira à mon brocard couché sur le flanc au milieu du fragon.
Ma flèche est rentrée où je visais (derrière l'épaule) mais la position du chevreuil, plus inclinée que ce que je pensais, a fait que ma flèche a traversé un poumon, le foie, la panse et les intestins pour ressortir 15 à 20 centimètres avant le cuissot.
Le bracelet apposé, il ne reste que 2 km à faire pour le ramener à la voiture.        
Une tête particulière, 18 juin 2009

Alex 

 

Trophée :

Une tête particulière, 18 juin 2009

Atteinte :

Une tête particulière, 18 juin 2009

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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 15:47

Ce soir, une envie irrésistible d'aller faire un tour à l'approche me prend. Je décide d'y aller le plus tôt possible. Sorti du boulot à 18 heures, je rentre faire faire la promenade à mon husky, j'enfile ma tenue camo et me voilà parti.

Le territoire est à moins de 5 minutes de chez moi, 18h30 je suis sur place, le vent souffle dans mon dos, je décide de prospecter le côté gauche du territoire composé de champs de blés, de pâturages, de petits bosquets et au milieu duquel se trouve une carrière.

Je marche un moment pour me mettre à bon vent puis commence tranquillement à progresser vent de face pour tenter de localiser un brocard. J'en connais au moins 6 sur ce secteur. Je quitte le chemin de terre qui monte à la ferme, traverse un pré fauché, gravit un talus pâturé, traverse une haie et arrive au bord d'un grand champ de blé où viande régulièrement un gros brocard, un jeune daguet et plusieurs chevrettes mais ce soir il n'y a rien.

Je longe tranquillement le haut du champ, le long du bosquet qui casse ma silhouette, pas un chevreuil. Arrivé au bout du champ, je rentre un peu dans la bordure du bois et observe un moment, toujours rien, j'en profite pour tester le Buttolo mais aucun brocard ne réagit à mes appels.

Je me remets en marche, traverse la pointe du champ de blé et longe un moment la haie de l'autre côté du champ. Cette fois, je suis à bon vent. Un passage dans la haie permet d'accéder à une petite parcelle de blé étroite et fermée d'un côté par la haie de l'autre par un bois, un garde-manger tranquille qui favorise les rencontres.

Je rentre dans la petite parcelle mais toujours rien, j'observe un moment et reprends ma progression. Au bout du blé, débute un chemin forestier de 150 mètres qui longe entre la haie et le bois. J'avance tranquillement quand je tombe sur un brocard planté au milieu du chemin, nous nous regardons un instant puis, d'un bon, il franchit le talus du bois et disparaît dans un léger bruissement.

J'avance trop vite, il me faut ralentir l'allure. Le chemin ressort sur un autre champ de blé, je marque une pause, observe un peu puis repars. Le jeune daguet qui broutait contre la haie dans le blé détale, de l'herbe encore dans la bouche, je ne l'avais pas vu, ça commence mal.

Je traverse le blé où rien ne bouge et commence à remonter vers la carrière par une langue étroite de blé coincée entre deux bosquets qui couvrent ce penchant. Un bruit sourd et métallique retenti, une fois, puis 2, puis 3 c'est étrange je n'arrive pas à l'identifier.

Arrivé en haut du talus, sur le chemin de la carrière, j'aperçois deux gros camions qui viennent de déposer des gravas d'où le bruit du battant de la benne. Ils ont dû faire fuir tout le monde aux alentours. Je traverse le chemin blanc poussiéreux pour me caler contre un grand champ de blé et laisser passer les camions. Je me débats un moment au milieu de la poussière que les poids lourds ont soulevé au passage et commence à longer le blé en cuvette sur la crête de droite, une haie masque ma progression.

Je vais jeter un rapide coup d'œil sur le penchant en friche à ma droite mais le brocard et la chevrette, présents en temps normal à cette heure, s'ils y étaient ont fui le bruit des camions. Je reviens à ma haie et observe, au travers des trouées, le champ que le soleil a commencé a doré. Arrivé au bout de la haie, une tache sombre attire mon attention à environ 200 mètres sur le penchant de blé d'en face.

J'observe un moment et finis par distinguer une tête de brocard au gagnage. Le vent est face à moi, il est en dessous, je décide de revenir en arrière sur 50 mètres, traverse la haie pour arriver au bord du blé et marque un temps d'arrêt pour l'observer. Il regarde vers mon penchant, les oreilles quillées mais se remet vite à manger.

Je progresse un moment à genoux, poussant l'arc devant moi puis prends le premier passage de roue pour poursuivre ma progression. Je m'arrête tous les 2 à 5 mètres pour observer. Il marque des pauses, regardant mon penchant mais ne semble pas m'avoir repéré, je poursuis. Les genoux endoloris par la marque des roues du tracteur durcie au soleil, je vais avancer ainsi de 100 mètres environ.

J'observe, il ne m'a toujours pas remarqué. Il me faut maintenant descendre mais comment faire, le blé m'arrive à la taille et je serais vite repéré. Je décide de me mettre sur le dos, la tête dans le sens de la pente, l'arc sur mon torse et de progresser ainsi en poussant avec les jambes. Je m'arrête régulièrement mais mon manège ne semble même pas l'inquiéter.

J'ai fait encore 70 mètres environ. Il me reste 20 mètres à parcourir pour arriver au fossé qui sépare les 2 vallons. Il baisse la tête, j'en profite pour me relever et progresser rapidement vers le fossé que je franchis d'un bon. D'en haut, il me semblait le voir au deuxième passage de tracteur de ce versant. D'ici le faible relief du champ m'empêche de le voir. J'ai le soleil dans les yeux. Je progresse donc à pas feutrés vers le passage de tracteur et le suit pas à pas vers ma proie.

Il est à plus de 100 mètres encore mais je n'arrive pas à le voir. Arrivé à 50 mètres du brocard, je finis par apercevoir le bout de ses bois. Mon cœur s'emballe comme ça ne m'était pas arrivé depuis quelques temps. J'accroche mon décocheur et me remets en marche, sur la pointe des pieds à pas lent, le dos voûté, marquant de très nombreux arrêts.

Je finis par arriver à 10 mètres de lui, il est à 3 mètres du passage plein travers. Il baisse la tête, j'arme et avance doucement pour me caler à 3 mètres de lui. Je me baisse dans le passage de tracteur. Il relève la tête, regarde au-dessus de moi sans me voir puis rebaisse la tête. Je me redresse, j'aperçois légèrement son dos. Je cale mon viseur 20 centimètres sous la ligne du dos et décoche.

Un rond de 2 mètres de diamètre de blé se couche puis plus rien. Je reste sans bouger, sans réaction quand le blé se remet à bouger sur place. Je comprends, j'ai fait une flèche de colonne, je me précipite vers lui et le sert avant d'apposer mon bracelet. C'est le premier de l'année et le plus beau que j'ai prélevé à l'arc.

Un vieux prince dans les blés, 11 juin 2009

Alex

 

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Un vieux prince dans les blés, 11 juin 2009

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Un vieux prince dans les blés, 11 juin 2009
Un vieux prince dans les blés, 11 juin 2009

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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