Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 15:36

Ce matin, nous avons décidé de faire une sortie dans un parc dont le propriétaire veut se débarrasser de ses daims. Il a souhaité faire appel à des chasseurs à l’arc pour éliminer son troupeau. Nous devions être 7 mais un archer malade n’a pas pu venir, notre équipe se compose de Christian, Manu, Lucien, Sébastien, Nicolas et moi-même tous équipés d’un brassard fluo pour trancher avec notre camouflage et nous permettre de nous repérer de loin.

Cette sortie, loin de valoir une sortie hors des grillages, en milieu ouvert pour se mesurer à la vie sauvage est tout de même un bon apprentissage pour les nouveaux chasseurs à l’arc. Il pourrait sembler facile de tirer des animaux dans une surface restreinte par un enclos, mais un animal habitué à un territoire de dimension modeste en connaît chaque recoin par cœur. De plus, les daims évoluent en harde, ici 8 individus : 2 jeunes (un mâle et une femelle), un daguet, 2 femelles et 3 mâles dont un décoiffé, ce qui multiplie les chances d’être repéré.

La seule façon efficace de « chasser » ses animaux en parc est la poussée silencieuse. Le parc en pente est en majorité recouvert de prairies où aujourd’hui un troupeau de mouton est entrain de paître, deux bosquets couvrent les extrémités hautes de l’éclos et en partie basse quelques arbres épars  et une mare. Le parc est en outre compartimenté en 4 par 3 clôtures non étanches (les animaux passent souvent par-dessus ou par-dessous) ouvertes chacune d’un passage le long de la clôture du haut.

Etant très difficile de se camoufler dans la zone enherbée nous choisissons de chasser dans une petite partie du parc en majorité couverte par l’un des bosquets et qu’il est possible de cloisonner mais avant tout il faut y faire entrer les daims qui sont cantonnés ce matin dans l’autre bosquet.  

Je pars à la rencontre de la harde pour la rabattre vers l’autre partie boisée alors que les archers se dispersent dans le parc et que la pluie commence à bien tomber. Christian avec qui j’ai déjà fait un repérage du secteur est posté sur un passage très fréquenté que nous avions repéré la semaine passée dans le « petit parc » les autres archers persuadés de bien faire ont fait une ligne pour tenter de canaliser les animaux vers l’entrée du petit parc.

Alors que je me dirige vers le bosquet où se trouvent les daims, une femelle dérangée par Nicolas arrive ventre à terre dans mon dos, par le passage que je viens de franchir, pour aller rejoindre ses camarades. En arrivant près du couvert boisé, je me retrouve encerclé par les moutons qui se mettent à me suivre alors que j’aperçois la harde, tous les yeux et oreilles braqués sur moi. J’avance encore un peu dans le sous bois, suivi par les moutons alors que les daims détalent en suivant la clôture du bas.

Je ressors dans la prairie pour me mettre bien en vue et inciter les animaux à sortir par le passage du haut mais, arrivés dans l’angle de la première clôture transversale, ils s’arrêtent. Quelque chose les inquiète, les mâles poussent les femelles et les jeunes de leurs bois, puis tous se lancent, longent la clôture et retournent d’où ils venaient en longeant la clôture du haut.

Je décide d’aller voir ce qui les a dérangés. C’est en fait Nicolas, posté à l’angle de la clôture transversale dans l’autre partie du parc qui les a retournés. Je décide de changer de stratégie, je rappelle tout le monde et envoie tous les archers se poster dans le bosquet que nous voulons chasser. Seul Manu vient avec moi pour me donner un coup de main.

Nous nous retrouvons à nouveau encerclés par les moutons alors que les daims détalent vers le fond de bosquet. Une femelle passe le long de la clôture du haut, je tente une approche, mais elle passe à plus de 40 mètres et sort en longeant la clôture en direction du passage. J’envoie Manu se poster sous un pommier isolé du bosquet, le long de la clôture basse et où passe la harde en sortant du bois.

Je m’avance dans le sous bois pour pousser les animaux qui avancent doucement vers Manu avant de se douter du danger et de partir à toute allure, en faisant de grand bons. La harde a passé la première clôture. Je laisse Manu au passage pour éviter de les voir retourner en arrière et descends dans la seconde partie du parc pour finir de pousser les animaux vers l’enceinte de chasse.

Habituellement, les animaux passent sur et sous la clôture au coin de la seconde cloison transversale. J’avance doucement pour ne pas les brusquer. Alors qu’ils arrivent à leur passage habituel, Le daguet, les 2 femelles et un jeune passent sous le grillage. Tout à coup, un mâle charge et s’acharne sur le jeune devant lui, le plaquant contre le grillage au dessus sol et le malmenant pendant plusieurs secondes avant que je n’arrive à l’interrompre en courant vers lui et en criant.

Les trois mâles décident alors de remonter le long de grillage pour revenir en arrière alors que le jeune réussit à passer par-dessous pour rejoindre ses camarades déjà passés. Les 3 mâles arrivent en haut de parc mais voyant Manu, ils hésitent un moment puis sautent par-dessus la clôture. Nous laissons tomber pour le moment et allons tenter de rabattre le reste de la harde.

Manu se place au passage du haut et je descends vers le passage sous le grillage. La harde remonte arrive à l’entrée du petit parc et entre, je remonte en courant et nous entrons dans l’enceinte, refermant le portail derrière nous. 5 animaux sont entrés, je décide d’aller poster Manu et de pousser les animaux.

Sébastien est posté au bout d’une petite bande boisée, de 40 mètres de large sur 80 de long qui prolonge le bosquet en bordure de la clôture du bas. Lucien est posté en bordure du bois au milieu de la largeur du parc, en arrivant près de lui, il m’annonce avoir vu passer un animal blessé pensant qu’il s’agissait d’une flèche mais je lui explique qu’il s’agit d’un accrochage avec un mâle et lui dit si possible de flécher cet animal en priorité.

Un peu plus loin dans le bois, je trouve Christian qui a vu l’animal blessé se coucher seul avant de repartir retrouver les autres. Je lui explique ce qu’il s’est passé et lui donne les mêmes consignes qu’à Lucien. Nicolas est posté plus haut le long de la clôture. Nous avançons dans le Bois alors que les animaux se dérobent.

Manu décide de se poster au coin du bois en partie haute et d’aviser en fonction du passage des daims. Je le laisse et repars pour retourner les daims vers les chasseurs. J’arrive au niveau de Sébastien qui m’annonce avoir vu 5 animaux sauter la clôture. Tout est à refaire, mais, tout à coup, j’aperçois les 2 jeunes arrivant le long du grillage. Ils font un tour et rerentre au bois sans occasion de tir.

En traquant, je m’aperçois en fait que seules les deux femelles ont sauté. Il reste le daguet et les deux jeunes. Ils tournent dans le parc séparément, le daguet seul et les jeunes ensembles. Je fais des boucles dans le parc, marchant lentement en faisant de nombreux arrêts pour observer en rentrant au milieu du bois et en ressortant en longeant la clôture du haut.

Le daguet est sorti du bois, il longe la clôture et se dirige doucement vers Sébastien qui arme son arc mais il fait volte face et au bout de quelques essais saute la clôture. Il ne reste que les deux jeunes qui tournent dans le parc, déjouent les tentatives des postés et me font tourner en bourrique. Je suis au milieu du pré au dessus de Sébastien qui bien emmitouflé et, sa capuche sur la tête, n’a pas vu les deux daims qui sont à 40 mètres derrière lui.

Je lui cri « Sébastien derrière, derrière » mais le bruit de la pluie couvre ma voix. Quand il finit par m’entendre, il est trop tard, les jeunes ont fait demi tour. Ils remontent vers le portail puis m’apercevant redescendent à vive allure pour passer devant Sébastien et entrer à nouveau au bois. Au bout d’un moment je les vois au fond du parc, ils se dirigent vers l’angle bas, je me poste pour les regarder faire quand, tout à coup, l’un deux s’enfuit à toutes pattes le long du grillage vers le poste de Sébastien.

Il en reste un j’attends un peu mais il ne suit pas, je m’avance alors doucement, voûté, à couvert d’un gros monticule de terre quand j’aperçois Manu qui me fait des signes. J’avance encore un peu et comprends, le deuxième jeune et au sol contre le grillage. Il est couché sur le flanc, je n’aperçois pas de sang. Je pense tout d’abord à une collision avec la clôture mais en m’approchant doucement je finis par comprendre : c’est Manu qui vient de le flécher.

Je m’approche, le félicite et m’approche du jeune daim qui n’est pas encore mort. Manu abrège ses souffrances d’un coup de dague au cœur, la flèche un peu haute avait touché la colonne, le séchant sur place. Il s’agit de la petite femelle, le petit mâle blessé court encore.

Il nous faut maintenant absolument le flécher avant de continuer. Manu qui vient de flécher décide de me remplacer à la traque. Je me poste donc en partie basse du bosquet à 20 mètres environ de la clôture. J’observe le manège, je vois plusieurs fois passer le jeune animal, il slalome entre les postés sans que nous puissions lui décocher une flèche.

Dès qu’il est tranquille un petit instant, il en profite pour se coucher et se relève à l’approche du rabatteur. Tout à coup, je l’aperçois, il vient droit sur moi, s’arrête à 50 mètres puis remonte vers le centre du bois. Il est à l’écoute et entendant Manu, il se débine. Il fait un tour de parc et revient sur moi, il avance doucement, méfiant, il observe, écoute, progresse pas à pas, il ne me voit pas et regarde en arrière, j’arme mon arc.

Il approche toujours, mon viseur posé derrière l’épaule, je le suis il s’arrête à 18 mètres, pratiquement plein travers, je suis prêt mais une petite branche est pile sur la trajectoire de ma flèche, il faut qu’il bouge un peu. Mais il finit par me voir et détale. Un moment plus tard, il revient par le haut cette fois et freine les 4 pattes en avant en me devinant, m’observe un moment et repart.

Je suis repéré, mon poste n’est plus valable, je me décale un peu mais il ne passe pas là non plus. Je décide de repartir traquer avec Manu qui passe un peu plus haut. Nous faisons le tour du parc sans le trouver, il a disparu ! Nous arrivons au niveau de Nicolas qui nous explique l’avoir vu longer le clôture du haut en direction de la prairie. Nous longeons donc le grillage vers un angle où le grillage est couvert par un petit roncier.

Une grosse coulée fraîche entre dans le roncier, les ronces sont retournées, des poils sont accrochés aux épines. Je m’avance doucement et le cherche du regard quand il surgit à 2 mètres dans mon dos en s’extirpant avec peine de l’épais roncier. Surpris, je n’ai rien pu faire alors que Manu a le temps de lui décocher une flèche qui passe au ras devant le poitrail.

Nous retournons au bois, je l’aperçois couché à 50 mètres. Je m’approche doucement mais il se relève et repart de plus belle, je reviens à mon poste de tout à l’heure un moment mais rien ne bouge. Il tourne un moment dans le bois, se couchant régulièrement, puis disparaît à nouveau. Je me déposte en apercevant Nicolas qui avance à pas de loup sur le haut du parc.

En sortant dans le pré, j’aperçois Christian qui s’avance doucement vers le roncier de tout à l’heure. Je lui emboîte le pas pour tenter un tir au cas où il manquerait sa cible. Je le vois aller vers l’angle au niveau de la coulée, persuadé que le daim est au même endroit que tout à l’heure. Je siffle pour attirer l’attention de Christian et lui fait signe « à ta gauche ». Ayant vu bouger les ronces, il pense le trouver plus à droite et regarde au travers des ronces sans le voir.

Je m’approche doucement et me baisse pour regarder sous les ronces. Tout à coup, le daim surgit de son gîte et part vers le poste de Sébastien alors que Christian engourdi par le froid et la pluie manque son tir difficile en pleine course. Le daim est à nouveau au bois. Je rentre en sous bois et avance doucement, je finis par l’apercevoir. Il est debout entre deux arbres dont l’un deux me masque à son regard, J’avance un peu, je suis à 30 mètres environ, c’est un peu loin, la fenêtre de tir entre les arbres est bonne.

Je vois bien son poitrail, j’arme vise le haut de l’épaule avec mon viseur réglé pour 15 mètres, mon repère suivant est derrière l’épaule au milieu du poitrail, Je décoche alors que Lucien, derrière moi, armé, s’apprêtait à décocher lui aussi.

Un bruit sourd, un petit couinement et mon daim démarre, il va parcourir une trentaine de mètres au galop avant de stopper sa course contre un arbre dans un grand fracas. Ma flèche est rentrée derrière l’épaule au milieu du coffre et est ressortie derrière les côtes côté opposé (les poumons, le foie et un rein sont touchés). Il est mort.    

Le petit parc étant vide nous décidons de tenter de chasser le reste du parc. Sébastien va se poster au passage sous le grillage en bas du parc, Christian un peu plus haut contre un petit bouquet d’arbres non loin de la clôture qui remonte pour partager le parc. Lucien et Nicolas restent au passage de la clôture qui délimite le parc des moutons le temps que je délocalise les daims avec Manu pour ne pas qu’ils voient Lucien et Nicolas se poster.

Je poste Manu au coin bas du bosquet alors que les daims sont déjà à l’angle bas de la clôture de séparation. Lucien arrive pour se poster dans le bosquet à la place de Manu. Nicolas est toujours accroupi contre le grillage 15 à 20 mètres sous le passage.

La harde longe le grillage, et repart vers le bosquet sur les traces de Lucien. Ils ressortent un moment plus tard par le bas, il me semble que le mâle saigne au niveau de la tête. La harde se lance en longeant les clôtures et passe le passage ouvert en faisant des bons de plus de 10 mètres de long.

Je pars derrière en marchant pour les pousser vers Christian et Sébastien et demande à Nicolas d’aller se poster dans le bosquet. J’aperçois le grand mâle sauter par-dessus la clôture du petit parc ! Il n’a pas voulu entrer par le portail tout à l’heure. Tout le monde à son poste, j’avance doucement quand j’aperçois tous les daims de l’autre côté du grillage. Mon sang ne fait qu’un tour, ils se sont échappés du parc.

En fait, ils sont juste passés dans une double clôture qui sert aux captures. Ils foncent vers moi, j’arme mais ils passent trop vite en faisant des bons impressionnant et presque aussi haut que les clôtures. Le mâle a bien une blessure à la tête. Ils ressortent dans l’enceinte du bosquet où ils entrent se réfugier.

Au bout d’un petit moment, ils ressortent en longeant la clôture du bas mais le mâle coiffé restant n’est plus avec la harde. J’ai un pressentiment, les postés descendent vers la clôture. Il a été fléché, La blessure à la tête a été faite par Lucien dont la flèche a été arrêtée par le pivot juste sous le bois. Il a tenté de devancer un peu pour le tirer en mouvement mais ce dernier s’est écrasé à la décoche ce qui a entraîné cette atteinte.

Au second passage, Manu l’a tiré alors qu’il malmenait une femelle contre la clôture, sa flèche a touché le daim au niveau de l’artère rénale en avant des cuissots c’est cette flèche qui lui sera fatale. Nicolas, le voyant passé blessé et ne le pensant pas touché mortellement, a lui aussi tenté sa chance mais l’a touché très en arrière dans les cuissots. Manu sert le daim et nous partons rabattre le reste de la harde vers Christian et Sébastien.

La harde tourne et retourne le long des grillages sans occasions de tir, Lucien est resté au passage, Manu est face à lui au niveau du second passage, ils ont décidé de ne plus tirer. Nicolas et plus bas que Lucien contre la clôture. Le daguet rejoint le grand mâle dans le petit parc. Les deux femelles finissent par passer à Sébastien mais trop vite et le mâle décoiffé remonte sur Nicolas qui n’a pas le temps de le flécher.

Il redescend sur Christian en pleine course et finit par sauter le grillage. Je fais mon possible pour les envoyer vers les postés mais sans succès. Les animaux montrent de sérieux signes de fatigue. Ils remontent vers moi, je suis au niveau de la mare, le mâle décoiffé est exténué, je décide d’en finir. Il est à 35 mètres, ¾ arrière, j’aligne ma visée et décoche. A ma grande surprise, ma flèche n’a pas traversé. Les 3 animaux démarrent, les 2 femelles passent le grillage d’un bon et retournent vers le bosquet.

Mon daim part en boitant, il saigne abondamment et se dirige vers Nicolas mais passe trop loin, puis passe à Christian qui le manque et enfin à Sébastien qui le touche très en arrière d’un cuissot sans rien lui faire. J’arrive en courant alors qu’il vient de se coucher, m’approche doucement et lui décoche une flèche derrière l’épaule.

Il s’effondre c’est terminé pour lui. Ma première flèche s’est arrêté dans l’épaule opposée au côté du tir et lui a brisé l’os de la patte. Cette première flèche était mortelle, la deuxième n’a fait qu’accélérer les choses. Nous arrêtons là les daims n’en peuvent plus et nous non plus, nous sommes trempés jusqu’aux os, il n’a pas arrêté de pleuvoir de la matinée.  

Sortie en parc avec l'ASCA32, 26 avril 2009

Cette matinée s’achève sur un résultat inespéré, il reste encore 4 daims dans le parc pour les prochaines sorties. Quelques photos souvenir et il ne reste plus qu’à peler avant d'aller prendre un bonne douche bien chaude.

Sortie en parc avec l'ASCA32, 26 avril 2009

Atteintes :

 

Sortie en parc avec l'ASCA32, 26 avril 2009
Sortie en parc avec l'ASCA32, 26 avril 2009

Partager cet article

Repost0
26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 23:02

Ce matin, nous allons, avec Dominique, faire les postes pour notre battue du samedi. Nous faisons le tour du territoire avec le président de la société, sous la pluie et le vent froid. A notre arrivée, une chevrette et ses deux chevrillards sont au milieu d’un pré, au beau milieu de notre future traque.

Bravant le froid et la pluie, 1 heure et demi plus tard, alors que nous remontons pour faire les postes de la deuxième ligne de traque, le soleil est de sortie et nos trois chevreuils, toujours au milieu du pré, finissent par détaler en nous voyant passer. Vers 12h30, les postes terminés nous rentrons sur Auterrive pour manger.

Nous partons ensuite faire le tour d’une de mes zones à ragondins. Le soleil toujours présent me fait espérer quelques rencontres, malgré un vent soutenu, mais le premier lac est désert.

En arrivant au second lac, j’aperçois de la route une grosse volée de canards posée sur le lac. Nous prenons nos arcs et commençons à descendre quand un vol de grues annonce bruyamment son arrivée. 5 d’entre elles nous passent au dessus de la tête en poussant leurs cris.

Encore quelques pas vers le lac et les canards décollent ainsi qu’un cormoran perché sur l’ancien pylône électrique situé au milieu du lac. Les canards colvert et une sarcelle amorcent une boucle et reviennent vers nous assez haut pour ne plus craindre une volée de plomb. Pas le moindre ragondin ici non plus.

Je décide de faire halte ensuite sur une grosse mare mais toujours rien. Nous partons donc vers mon lac test comme je l’appelle « s’il n’y pas un ragondin là il n’y en a pas ailleurs ! ».    

Dominique décide de se garer au bout du lac pour remonter à bon vent. Nous descendons chacun vers un bout du lac quand j’aperçois 1 puis 2 puis 3 ragondins entrer dans le lac par l’alimentation, je fais donc signe à Dominique et poursuis ma route alors que je les aperçois qui filent vers leurs terriers avant que Dominique n’ait pu s’approcher suffisamment près pour tenter une flèche.

Nous faisons le tour du lac  mais tous les rongeurs sont à l’abri. Nous remontons donc vers une grande mare un peu plus haut qui se déverse dans ce lac quand nous apercevons un gros lièvre qui détale au loin. En s’approchant de la mare nous prenons chacun un côté quand un ragondin déboule du champ pour rejoindre l’eau, Dominique a le temps de lâcher sa flèche mais je ne peux pas voir le résultat d’où je suis.

Je reste au bord de la mare de façon à voir l’entrée des terriers les plus fréquentés alors que Dominique part vers l’endroit où il a tiré le ragondin. Il avance lentement quand le ragondin se met à l’eau. J’ai juste le temps d’armer qu’il plonge laissant un sillage en surface d’en l’eau peu profonde du bord de mare. Je reste armé en attendant de le voir ressortir quand il sort la tête à 5 mètres et replonge immédiatement sans me laisser le temps de le flécher et disparaît définitivement.

Nous cherchons un moment la flèche sans succès puis remontons le fossé d’alimentation, 5 perdreaux ou poules faisanes piètent au loin en s’éloignant. Nous arrivons à la source qui semble ne pas être fréquentée par les ragondins. Un pied de sanglier vieux de plusieurs jours passe au ras du point d’eau.    

Il est 15h30 quand nous arrivons à la voiture, nous décidons de partir faire un tour au sanglier, cela fait une semaine qu’ils sont dans un maïs près de chez moi.

Samedi, j’ai vu des traces très fraîches. Le temps de passer me changer et nous voilà partis. Arrivé sur place, nous longeons le la bordure du Gers, en bordure du maïs, puis nous nous séparons au niveau du premier passage de canon. Dominique prend le passage de canon alors que je poursuis en bordure du Gers. J’avance doucement mais le bruit des feuilles de maïs masque les bruits alentour. Je dois marquer des arrêts fréquents pour écouter.    

J’arrive au bout d’un moment au niveau d’un fossé d’un mètre de large, affluent du Gers, bordé d’arbres. Ces derniers sont couverts de boue et des coups de dent entaillant l’écorce attestent de la présence d’un beau mâle. Un piétinement important me fait penser à un bon poste.

Tout à coup un « coccoc coccoc » retentit et vient vers moi, je me tourne alors qu’un beau faisan commun me passe à 2 mètres sur la tête pour aller se poser bien plus loin dans le maïs.

Je prends mon élan et franchit le fossé. Je rattrape la bordure du Gers à 20 mètres environ en traversant le maïs et continue à longer le cours d’eau quand 100 mètres plus loin j’arrive à un virage à angle droit du Gers. Des grognements se font entendre, les pieds de maïs craquent sur environ 100 m².

Un mouvement attire mon regard à quelques mètres devant moi, il me semble voir une hure mais sans certitude. J’arme mon arc, attends un moment. Non ça ne bouge pas, j’ai rêvé.

J’avance d’un pas quand cette tache noire rentre dans le maïs avec fracas. Je monte alors sur le talus du Gers pour voir un peu mieux quand un sanglier d’environ 50 kilos fonce droit sur moi tourne à mes pieds et rerentre dans la culture avec fracas. J’avance doucement mais la végétation craque tout de même un peu.

Les craquements sont tous proches, j’aperçois des pieds de maïs qui se cassent à moins de 10 mètres, un mouvement saccadé secoue les ronces sur le talus du Gers à environ 20 mètres. Encore un pas, un autre quand j’aperçois une masse sombre, noire qui s’avance doucement en couchant les pieds de maïs.

Il arrive dans une zone ou les pieds de maïs sont bas suite à des dégâts de ragondins, je le distingue maintenant très bien. Il oblique et vient vers moi de ¾ avant. Mon viseur se cale, ma flèche part et le frappe dans un bruit sourd. Mon sanglier fait volte face et détale sur 30 mètres en cassant tout sur son passage et en faisant fuir le gros de la compagnie sur quelques dizaines de mètres.

Le calme revient, un souffle roque se fait entendre puis le calme revient. Je m’avance sans bruit vers l’endroit du tir. Une tête sort des ronces sur le talus du Gers m’observe une fraction de seconde et fait vote face avec un grognement sourd, arrachant les ronces au passage. Dans l’action, je n’arrive plus à retrouver la zone du tir.

Je tombe, en cherchant, sur des gîtes frais dans le maïs. Je retourne en arrière plusieurs fois, je me refais le film du tir, mais non, je le vois partir comme ça ! Pas une goutte de sang.

Je décide de me marquer l’endroit pour revenir avec le chien de sang quand j’aperçois ma flèche couverte de sang. Je me dirige vers elle quand j’aperçois de grosses traces de sang sur les feuilles de maïs. La piste est très abondante et facile à suivre. Je la suis, quelques traces de sang sont mélangées de grains de maïs concassés.

Je ne parcours pas plus de 30 mètres avant de tomber sur mon sanglier, un beau ragot de 70 à 80 kg. La sortie de la flèche est bien visible au milieu du cuissot mais je ne trouve pas l’entrée. Je l’attache par le groin et le traîne vers la bordure du Gers pour le laisser à 15 mètres dans la culture en repérant l’endroit sur le talus du Gers.    

Je repars alors trouver Dominique pour qu’il vienne avec moi essayer de flécher un autre sanglier. Je le retrouve non loin du fossé que j’ai traversé tout à l’heure. Nous progressons rapidement sur un passage de canon vers le passage qui coupe le champ en deux perpendiculairement aux passages de canon. Nous bifurquons ensuite vers le Gers.

Dominique prend la bordure du Gers, le long du talus, je prends le dernier passage de canon, nous progressons en parallèle. J’avance doucement quand j’aperçois un faisan se débinant dans les sillons de maïs perpendiculairement à ma progression.  Il est à 12 mètres, j’arme et décoche un flèche qui lui sectionne le cou. Il saute sur place et se met à rouler dans le maïs.

Je le récupère rapidement et continu ma progression quand un bruit de pas attire mon attention. Une silhouette noire viens vers moi, je pose le faisan et tente d’accrocher mon décocheur, impossible, je glisse sur le D-loup.

Je finis par l’accrocher mais le réouvre d’un coup de doigt maladroit, plus je m’énerve et moins j’y arrive quand mon sanglier sort à 4 mètre plein travers, je réussis à armer mais un second sanglier démarre derrière lui et le fait traverser le passage comme une balle.

Je reste un moment sans bouger, rien ne se passe. Je désarme, avance d’un pas quand le second sanglier fait demi-tour et retourne vers le centre de la bande de culture pour me contourner et traverser à toute allure à quelque mètre dans mon dos au moment où je me tourne dans sa direction arc armé.

Je désarme, des pas avancent doucement, suivant la trajectoire du second sanglier.    

J’arme mon arc et aperçois le tiers avant d’un sanglier, d’une quarantaine de kilos, arrêté dans un sillon. Je lui décoche une flèche qui me semble le frapper en plein coffre dans un bruit sourd. Il fait demi-tour et retourne au milieu du maïs dans un grand fracas et secouant les pieds de maïs sur 30 ou 40 mètres, puis plus rien.

J’attends un peu et vais vérifier mon tir. Je retrouve ma flèche brisée net sans sang, pas de goutte de sang dans la direction de fuite estimée. Je repère l’endroit en plantant ma flèche dans le sol. Je récupère mon faisan et pars chercher Dominique dans le virage où je lui avais donné rendez vous mais personne. On s’est mal compris, je l’appelle sans succès puis finis par retourner à mon sanglier alors qu’il fait maintenant bien nuit.

Je le traîne jusqu’au bord du Gers avant de retourner à la voiture pour tenter de retrouver Dominique. Nous finissons par nous trouver. Nous retournons chez moi chercher mon portable pour appeler l’agriculteur du coin pour un petit coup de main et nous voilà partis à la frontale pour aller chercher la bête alors qu’il se remet à pleuvoir.

Dominique coupe une grosse branche, nous accrochons la corde à cette dernière et nous voilà partis pour 200 mètres de galère à traîner le sanglier jusqu’à la route. Alors que mon camarade reste bien stable, je glisse et me ramasse à plusieurs reprises sur cette terre rendue glissante par les pluies de ces derniers jours.

Enfin arrivés, nous chargeons le sanglier dans le 4x4 de mon ami agriculteur et nous partons le peler alors que Dominique nous quitte pour rentrer chez lui. J’en profite pour prendre rendez vous avec le conducteur de rouge, rendez vous pris pour midi le lendemain matin.    

Un bon coup de jet pour enlever toute la boue de mon sanglier, une bonne suée pour le suspendre et je me mets à l’œuvre. Ma flèche a en fait traversé le sanglier en arrière des reins coupant au passage l’artère rénale, cette trajectoire anormale vu la position ¾ avant est difficile à expliquer. Un énorme caillot de sang (taille d’un ballon de foot) s’est formé à l’intérieur. Après une très mauvaise nuit et une matinée de boulot, je suis de retour avec le conducteur et son chien de rouge. Je tiens la laisse du chien forceur. Le conducteur porte son chien pour ne pas le mettre sur la trace du sanglier traîné la veille et le dépose à l’endroit du tir. Il démarre immédiatement et prend la piste à bonne allure en donnant de la voix pour sortir finalement du maïs, passer le talus du Gers, traverser les ronces et marquer la descente à l’eau. Le courant très fort depuis quelques jours nous laisse peu d’espoir. Nous examinons tout de même la berge en aval puis faisons le tour pour examiner la berge d’en face. Raboliot prendra le pied de deux gros sangliers traversés, mais, à part un ragondin de belle taille lutant pour ne pas être emporté par le courant, nous ne trouverons rien. Mon sanglier voulant suivre ses confrères a certainement fini noyé. Un goût amer me reste, une sensation qui efface presque la joie de mon sanglier retrouvé.

Une journée bien remplie, 24 novembre 2008

Alex

 

Atteinte :

Une journée bien remplie, 24 novembre 2008

Partager cet article

Repost0
25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 22:38

Samedi soir, je décide d’aller faire un tour chasser le cerf au brame chez Patrick. J’arrive vers 16h30, Patrick a repéré un 8 cors qui est rentré dans la bande boisée entre le chemin de la Soule et le ruisseau. Je vais attaquer par le bas alors que Patrick va passer par le haut en démarrant de chez lui.

Je gare ma voiture à l’ombre pour que Baïkal, qui est dans le coffre, ne souffre pas de la chaleur et je descends, sur les consignes de Patrick vers un passage qui longe dans le bois. La première partie du chemin passe sous une zone couverte de fougères. J’avance doucement en espérant voir surgir un cerf ou une biche de la végétation mais rien ne bouge.

Je poursuis donc ma progression et entre véritablement dans le bois. Un peu plus loin, je tombe sur une grange, le chemin passe contre le mur sur la gauche et rentre dans un massif épais de buis. Je m’engage dans les buis quand mon attention est attirée par un grand bruit. C’est un animal qui vient de démarrer en contrebas.

Vu la taille c’est un grand cervidé et certainement le cerf dont Patrick m’a parlé. Je redouble de prudence pour ne pas faire trop de bruit en marchant mais le sol est couvert de feuilles mortes et ma marche n’est pas des plus silencieuse. L’animal redémarre et semble remonter vers le chemin.

J’avance doucement en essayant de le distinguer au travers des buis mais il redémarre à 15 mètres devant moi alors que je regardais vers le bas. Il va redémarrer plusieurs fois sans que je le vois alors que je finis par tomber sur la piste faite par Patrick, elle est juste au dessus de moi. J’escalade et poursuis mon approche sur la piste.

La terre meuble facilite ma progression silencieuse. Mais le cervidé redémarre à nouveau plusieurs fois alors que je presse le pas pour le dépasser et l’intercepter en bout de piste mais impossible de le voir. J’attends un peu, le calme s’installe, je reviens donc sur mes pas et jette des pierres dans le bois pour le faire repartir.

Il me semble l’entendre à nouveau, je reviens donc à mon poste mais rien. Le temps passe, je retourne sur mes pas et fait chuter des pierres dans la pente au milieu des buis mais il a définitivement disparu. Je tente de descendre dans les buis et arrive au bord du ruisseau sur un chemin que je longe un moment jusqu’à son interruption puis reviens sur mes pas.

Arrive un fox blanc qui sursaute à quelques mètres devant moi, il ne m’avait pas vu, son maître le suit. Je remonte ma cagoule et le salue mais il ne répond pas, je m’avance vers lui et le salue à nouveau sans réponse. Il semble gêné de me trouver là, je lui demande s’il chasse le sanglier. Il me répond que non, qu’i y a eu un lâcher de faisans. Je n’insiste pas, lui souhaite bonne chasse et m’éclipse pour retourner à ma voiture et terminer d’arriver chez Patrick.

Patrick n’est pas arrivé, j’en profite tour tirer deux flèches sur sa cible 3D chevreuil, à 15 et 20 mètres, c’est dedans sans problème. Je retire mes flèches et me prépare pour partir quand Patrick arrive. Il doit partir bosser.

Il propose de me déposer en haut du chemin de la Soule pour me faire gagner du temps. Arrivé en haut, je regarde le vent, il vient de ma droite, je décide donc de monter droit dans la montagne puis de revenir face au vent dans la pente. Je commence mon ascension alors que Patrick s’en va. Je passe par le petit chemin au dessous de l’habitation puis remonte au niveau du parc à mouton pour rentrer dans le bois.

A peine arrivé au bord du bois, je me rends compte que le vent a tourné. Je décide de tenter le coup tout de même, peut être que c’est à cause du relief et que, dans la pente, le vent sera à nouveau bon. Je progresse lentement en marquant de courtes pauses pour observer le sous bois. Le vent est capricieux et les cerfs ne brament pas.

Arrivé assez haut, j’oblique vers ma droite et commence à avancer doucement perpendiculairement à la pente. Le temps passe mais toujours rien jusqu’à ce que j’arrive à la crête qui délimite un bois de chênes clairsemés sur le versant que j’arpente et un bois de hêtres très dense de l’autre côté. Un cerf a arraché de l’herbe au sol  à plusieurs endroits.

Je suis le crête qui redescend vers les pâturages quand, tout à coup, le brame d’un cerf retentit sur ma droite, cette fois le vent est bon. Des craquements se font entendre, il semble que ça vient vers mois. Je me calle contre un arbre et attends un peu quand, tout à coup, un biche surgit à environ 50 mètres en contrebas. Trop loin mais les craquements dans les buis m’indiquent que d’autres animaux vont sortir.

Je décide de rester à mon poste mais un cerf sort juste derrière la biche et ils disparaissent tous deux alors qu’un autre cerf grogne toujours dans les buis. Je tente de me rapprocher de la sortie des animaux et me place à 20 mètres mais le cerf ne semble pas disposé à sortir. Il grogne toujours et esquisse un brame. Je tente de limiter mais sans succès. Je redescends donc vers les pâturages en traversant les buis. Plusieurs fois, je tombe ou manque de tomber dans les éboulis rocheux alors que des craquements m’indiquent la présence de grands animaux que je fais fuir en avançant.  

La cible magique, 27 septembre 2008

Je prends donc le chemin du retour.

Arrivé chez Patrick, je descends la piste qui mène au sanglier 3D, je marque un arrêt sous un noyer pour jeter un coup d’œil dans le pré quand j'aperçois un beau petit ragot de 70 kg sortant du bois juste à quelques mètres derrière la cible 3D.

Il avance tranquillement, marque un arrêt sur la piste qui descend au lièvre 3D puis disparaît dans un roncier d'une quarantaine de mètres de long. Il longe dans le roncier pour ressortir à une cinquantaine de mètres en contrebas. Il avance tranquillement sur trente mètres puis remonte vers moi sur environ 10 mètres, s'arrête de 3/4 face alors que j'arme mon arc.

Il reste un petit moment sans bouger alors que je le vise puis bifurque et se remet en marche pour me passer plein travers à 18 mètres au pas. Je pose mon viseur sur son épaule et lâche ma flèche qui le frappe juste au dessus du coude et ressort du côté opposé pratiquement au même niveau.

Mon sanglier démarre en trombe avec la flèche en travers, il contourne le roncier puis fille droit dans la pente pour chuter lourdement au bout d'environ 30 mètres en arrêtant sa course contre un gros chêne.

L’ayant entendu tomber et se débattre un moment, je vais après que le calme est revenu à l'endroit du tir. Le sang est bien rouge et la piste assez abondante, je n'ai pas de mal à la suivre. Je tombe sur un morceau de flèche de 15 centimètres (côté empennage), entièrement couvert de sang.

La piste est très marquée, je vais faire encore 30 mètres et j'aperçois mon ragot allongé contre le gros chêne. Il est mort, il a parcouru 60 mètres entre le tir et sa mort dont une bonne partie en roulade à cause de la pente prononcée. Je remonte chercher la corde et redescends avec Baïkal qui court partout comme un fou en reniflant dans tous les coins. Le sanglier est mort à quelques mètres au dessus de la piste. Je le fais rouler sur la piste alors que Baïkal, intimidé, reste à distance. Je l’attache par le groin et le traîne à plat vers la piste qui remonte vers l’habitation de Patrick. Deux mètres par deux mètres, je le hisse en haut de la pente puis le traîne sur le semblant de plat qui termine le chemin jusqu’à l’habitation, suivi par Baïkal. Je prends quelques photos souvenir en attendant Patrick puis nous reprenons la séance à son arrivée.

La cible magique, 27 septembre 2008

Atteinte :

La cible magique, 27 septembre 2008

Partager cet article

Repost0
24 janvier 2009 6 24 /01 /janvier /2009 22:34

Ce soir, je retourne voir les sangliers. Je décide de refaire le même parcours que lors de ma dernière sortie. Je commence par faire un tour au bord du bois bordé par la friche, les passages ont été très fréquentés. Les coulées sont plus marquées que la dernière fois et des nouvelles traces de boue jonchent la végétation, mais pas l'ombre d'un sanglier.

Seuls quelques oiseaux s'envolent du maïs et les geais crient à tue-tête pour signaler ma présence. Je repars donc en direction de la bande enherbée qui fait le tour de la plus grande parcelle de maïs. Comme l'autre jour, le chevreuil est au bord du fossé, il broute tranquillement et s'interrompt régulièrement pour scruter les alentours.

Je prends le premier sillon de maïs et m'approche doucement mais le bruit de feuilles froissées attire son attention et il regarde droit vers moi. Cette approche n'ayant pas un but de prélèvement, je poursuis pour voir jusqu'où je peux approcher, mais 6 ou 7 pieds de maïs sont manquants et ouvrent une fenêtre dans le champ de vision de l'animal.    

Je me voûte et passe rapidement ce qui provoque immédiatement la fuite. Ce chevreuil s'arrêtera plusieurs fois pour identifier cette étrange forme puis disparaîtra derrière le relief du champ de soja moissonné. Je n'ai pas beaucoup de temps la nuit sera vite là. Je presse le pas jusqu'au coin du champ, jette un coup d'œil sur la bande enherbée entre les deux parcelles de maïs mais rien ne bouge. Je commence ma progression et, alors que j'arrive au milieu de la longueur, j'aperçois, à 100 mètres environ, un sanglier de 60 kg environ qui sort sur l'herbe.

Il est suivi de 2 gros sangliers puis de 7 jeunes de 20 kilos environ, puis 3 gros encore. Tout ce petit monde fousille un peu puis saute dans le maïs de gauche. Ils prennent la bordure du champ et viennent vers mois. Les pieds secs craquent de toute part, la bordure du champ bouge, ils se rapprochent, les grognements, les couinements, les souffles rauques se rapprochent puis plus rien.

Le temps passe, je décide de me rapprocher de la sortie, il va peut-être en sortir d'autres. Je m'avance rapidement et sans bruit. Effectivement, arrivé à 70 mètres de la sortie, 2 autres gros sortent sur la bande enherbée et viennent droit sur moi alors que je m'agenouille sans qu’ils me voient.

Au bout de 10 mètres dans ma direction, ils obliquent et rentrent aussi dans la parcelle de gauche. Les bruits reprennent dans mon dos, un très gros sanglier vient de sortir au même endroit que les autres et fousillent en me tournant le dos avant de suivre ses congénères.

Je me retourne et tente de revenir sur mes pas alors que le maïs bouge et craque dans la direction de la bande enherbée, une laie de 60 kg environ sort sur la bande enherbée et s'avance doucement vers le maïs. Je fais un pas, elle me fixe arrêtée. Trop loin, 40 mètres nous séparent.

J’arme et tente d’avancer, elle rentre à couvert alors qu'un second sanglier est arrêté en bordure du champ, prêt à sortir. Il s'élance et traverse rapidement alors que j'avance, armé vers lui, pour tenter d'intercepter un des suivants. Il est rapidement suivi pas un autre très gros puis un des petits. Je désarme.

Je presse le pas sans bruit pour me positionner à 10 mètres de la sortie. Le maïs bouge à 10 mètres de la bordure. J’arme à nouveau, mais le reste de la bande poursuit sa route vers le bout du champ. Je commence à aller dans leur direction alors qu'ils sont environ 40 mètres devant moi, mais ils font brusquement demi-tour et passent rapidement en chahutant à une dizaine de mètres en suivant un sillon.

La laie en tête grogne, je suis repéré. La bande se décale lentement en biais vers le bord du champ. J'avance rapidement pour les intercepter en m'arrêtant de temps en temps. J'arme mon arc, pensant les voir sortir mais ils finissent par sortir à peu près où ils étaient rentrés.

La laie en tête, sort et fonce vers moi sur quelques mètres, s'arrête face à moi (60 mètres environ), pousse un grognement et tous les jeunes giclent comme des balles pour traverser la bande enherbée et regagner le couvert.

Un coup d'œil en arrière pour voir si tout le monde est en sécurité et elle aussi rentre à couvert. Je fais rapidement le tour de la parcelle pour tenter de les voir de l’autre côté mais la nuit tombe et je n’entends plus un bruit.

Je rentre tranquillement sur ce deuxième échec.

 

Alex

Partager cet article

Repost0
20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 22:20

Ce soir, vers 20 heures, je gare ma voiture dans un chaume de blé au bord du chemin. J’enfile mes gants, ma cagoule, ferme le bracelet de mon décocheur et commence à descendre mon arc à la main vers la lisière du bois. Je la longe jusqu’au chemin forestier qui descends vers le champ, cette année semé de tournesols.

Arrivé en bas du chemin, je balaie lentement du regard le tournesol. Pas un chevreuil, Je contrôle le vent léger, il vient de ma gauche, je décide donc de progresser avec le vent dans le dos pour ensuite revenir sur mes pas et longer tout le champ à bon vent. Je progresse tranquillement en essayant de faire le moins de bruit possible.

Je vais arriver au coin du bois quand j’aperçois une chevrette dans le chaume de blé en continuité du bois. Elle m’a vu et me regarde. Je reste un petit moment sans bouger puis avance vers elle. Elle démarre et détale en me tournant le dos, traverse la haie de grands peupliers bordant un fossé qui sépare le chaume de blé du champ de tournesol, traverse la bande enherbée pour disparaître à bien 100 mètres dans le tournesol.

En la suivant des yeux, j’aperçois une silhouette rousse en bordure du tournesol. Je décide de m’approcher doucement. Ce chevreuil semble occupé à manger. Je progresse lentement quand il décide de sortir sur la bande enherbée et de venir droit sur moi, c’est un brocard. Je tente de me camoufler derrière les branches basses d’un peuplier alors qu’il se rapproche rapidement en zigzagant et en reniflant le sol.

J’arme mon arc. Mon cœur s’emballe un moment. Il prend le contre-pied de la chevrette et arrive à quelques mètres de moi, il est maintenant plein travers à 5 mètres environ, je suis sous le vent mais la chevrette l’obsède tellement que mon odeur ne le trouble pas. Ses bois sont hauts et fins, je le vise mais les branches me gênent. Il saute le fossé et alors que je pivote lentement pour le tirer dans le chaume ma flèche s’accroche à une branche et vient taper ma fenêtre d’arc dans un bruit métallique qui fait fuir le brocard en aboyant. Je tente de le tourner pour le faire revenir en l’aboyant mais rien n’y fait.  

Je reste un moment à observer mais il semble parti, je poursuis donc ma progression. Quand je l’aperçois 60 à 70 mètres plus loin qui ressort du tournesol pour traverser le fossé et revenir dans le chaume. Il fait rapidement demi-tour, retourne dans les tournesols puis ressort et longe la bordure du champ en venant vers moi sur environ 10 mètres et rerentre dans le tournesol.

J’en profite pour me caler à genoux dans l’herbe haute contre la haie de peupliers. J’attends un moment espérant le voir revenir mais rien. Je me relève et avance doucement vers le bout du champ. Quand j’arrive à la mare, je l’entends aboyer dans le bois d’en face un moment puis plus rien. J’attends un moment puis retourne en arrière en longeant l’autre côté du champ qui fait une bande étroite à cet endroit au pied d’un travers boisé.

Le tournesol est très clair, de nombreux pieds ont été mangés par les chevreuils. Arrivé à une zone où le tournesol touche le bois et ne permet plus d’avancer sans bruit, je traverse la bande étroite des tournesols pour regagner la bande enherbée bordée par les peupliers. J’avance doucement en marquant des arrêts fréquents pour observer mais rien, pas un chevreuil.  

Arrivé en face d'un chemin forestier, dans une zone où le champ est pelé suite à un abat d’eau qui a emporté la semence, j’aperçois un chevreuil. Il tourne la tête et regarde en arrière alors qu’un second chevreuil arrive sur ses pas au trot, ils m’ont repéré et détalent rapidement vers l’îlot boisé à l’autre bout du champ.

Ils disparaissent alors que je reprends ma progression. Tout à coup, j’aperçois un brocard en bordure du champ sur la bande enherbée de l’autre côté. Je me baisse et me mets à genoux contre la bordure du champ pour l’observer. Il mange paisiblement, le temps passe et je me rends compte qu’il progresse maintenant sur la bande enherbée et ne semble pas vouloir se rapprocher.

Je tente donc une approche, baissé le plus possible, je longe les tournesols pour le dépasser, m’arrêtant souvent pour le regarder, mais il accélère. M’a-t-il remarqué ? Je rentre dans le tournesol prenant les passages les plus espacés pour me rapprocher quand, tout à coup, j’aperçois une chevrette qui m’observait et qui détale au moment où je marque un arrêt.

Le brocard finit par me dépasser et semble descendre vers l’îlot boisé où a disparu la chevrette, j’essaie d’avancer le plus vite possible, baissé un maximum en essayant de ne pas faire de bruit. Mais alors que je pensais voir disparaître mon brocard, il fait demi tour et zigzague tranquillement dans les tournesols la tête baissée alors que j’avance vers lui.  

Je le perds un moment de vue mais je continue à avancer dans sa direction. Je marque un arrêt me redresse un peu quand j’aperçois un brocard qui longe l’îlot et vient droit vers moi. Je me baisse et attends un peu mais il semble qu’il va passer plus haut. Je monte un peu alors qu’il zigzague la tête baissée quand il s’arrête brusquement avant de foncer droit sur moi. Il m’a pris pour un congénère. Je me mets à genoux, arme mon arc et attends. Il arrive au trop et s’arrête à 4 mètres.

Tout va très vite, j’aligne ma visée sur son épaule et lâche ma flèche qui le frappe en plein cou et le sèche net sur place alors qu'il avait déjà amorcé son demi-tour. Je m’approche, il saigne abondamment par le trou d’entrée de la flèche que la vertèbre a arrêté net. Il s'immobilise assez rapidement. Une fois mort, je tente de lui retirer la flèche mais c’est impossible alors je dévisse la lame qui reste fichée dans la vertèbre et récupère ma flèche pour la ranger sur mon carquois. Je laisse sur place et avance un peu dans le champ pour observer un peu le mouvement avant de partir. Pas le moindre chevreuil, seulement un lapin à peine aperçu au moment où il rentrait dans l’îlot boisé.

Un assassin dans les tournesols, 6 août 2008

Alex

 

Trophée :

Un assassin dans les tournesols, 6 août 2008

Atteinte :

Un assassin dans les tournesols, 6 août 2008

Partager cet article

Repost0
19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 18:46

Je me gare sur le parking situé sur la digue du lac qui est aujourd’hui recouvert d’une nappe de brouillard. Je suis en train de prendre mon arc quand un bruit attire mon attention sur la berge du lac, l’eau bouge à quelques dizaines de mètres de la digue mais la végétation m’empêche d’en voir plus.

Je prends mon petit sac à dos avec ma canne à pêche pour récupérer les flèches puis me dirige vers ce remous en contournant un bouquet d’arbres qui a poussé dans l’angle lac, quand j’aperçois deux ragondins qui s’éloignent du bord. Le premier progresse en s’arrêtant plusieurs fois pour stopper à environ 25 mètres du bord, le second est à environ 5 mètres du bord à une quarantaine de mètres de l’endroit où je me trouve.

Je laisse donc le premier un peu trop loin, occupé à me regarder et me dirige lentement vers le second en armant mon arc pour être prêt à tirer mais, alors que je suis à environ 20 mètres de lui, il démarre et s’éloigne du bord. Je tente donc une flèche mais le manque, il plonge, ce qui fait plonger son compère, ils disparaissent tous les deux.    

Le brouillard ne me permet qu’un champ de vision limité, 50 mètres maximum. Je prends ma canne à pêche la déplie et commence à ramener ma flèche quand une voiture s’approche et s’arrête à proximité alors que je récupère ma flèche. Une personne descend vers la bordure du lac, je lui lance un bonjour puis me rapproche et répète mon bonjour, il me répond.

Après avoir discuté un peu, je repars en chasse en longeant la berge. Un peu plus loin deux autres ragondins. Je m’approche lentement en essayant de camoufler mon déplacement derrière le feuillage d’un arbre qui se situe à une distance raisonnable des ragondins et devrait me permettre de tenter un tir.    

J’approche sans voir la réaction des ragondins que l’arbre me cache. Arrivé derrière ce dernier, je m’aperçois que les ragondins se sont remis en mouvement. Ils avancent rapidement sur l’eau en longeant la berge, je presse le pas mais après être passé derrière un petit bouquet d’arbres qui me les masque un temps, je les perds de vu.    

Je progresse toujours en suivant la berge, encore deux ragondins, le premier est à distance raisonnable, j’arme mais ils plongent, l’un d'eux remonte un peu loin et je tente une flèche mais je le manque. Plusieurs ragondins font du sur place à plus de 50 mètres du bord. Les carpes se poursuivent et font un raffut impressionnant, elles sont en pleine période de frai.

Je tente de récupérer ma flèche avec ma canne à pêche mais le fil casse et le bout de bois qui me sert à récupérer mes flèches retombe dans le lac. Il me semble que le vent est bon, il devrait ramener la flèche au bord, de toute façon je n’ai pas d’autre bout de bois sous la main. Je reviendrai chercher ma flèche plus tard.

Je n’ai pas de chance ce matin, un peu plus loin un petit ruisseau se jette dans le lac au niveau d’un V dessiné sur environ 100 mètres par des arbres. Plusieurs arbustes noyés servent de support à des nids, sur l’un d’eux un grèbe qui plonge en me voyant. Arrivé en limite des arbres, j’aperçois un ragondin à environ 5 mètres mais il plonge rapidement pour remonter sous le couvert d’un gros arbuste contre le nid d’une foulque.

Se sentant repéré, il plonge à nouveau et disparaît. Je récupère un bout de bois en Y planté pour servir de repose canne et refais mon montage pour récupérer mes flèches quand les grognements de deux ragondins et le mouvement des herbes un peu plus loin attirent mon attention.

Je m’approche doucement mais la végétation abondante m’empêche de les voir et ils finissent par disparaître dans les ronces. Je rejoins le passage busé qui traverse le ruisseau un peu plus loin et en amont duquel l’eau bouge. J’arme mon arc et m’approche, une zone d’eau non recouverte par la végétation permettrait un tir mais le ragondin est sous couvert de la végétation qui enjambe le ruisseau. Il grogne et ne semble pas disposé à sortir.

Je poursuis donc ma progression vers le ruisseau principal d’alimentation du lac quand un petit ragondin surgit et plonge immédiatement sans remonter à la surface, un gros ragondin, certainement sa mère, déboule du champ de blé qui longe le lac et se jette à l’eau. Je tire une première flèche qui passe devant le ragondin puis une seconde qui passe juste au-dessus alors qu’il s’éloigne tranquillement comme si de rien n’était.

Je récupère mes deux flèches en avançant dans l’eau peu profonde car la végétation m’empêche de les ramener avec ma canne et, à ma grande surprise, alors que mon arc est posé à quelques mètres de moi sur la berge, le petit ragondin, resté accroché à la végétation au fond du lac, refait surface à quelques mètres de moi puis replonge aussitôt pour disparaître.    

Je poursuis vers le chemin de terre qui traverse le ruisseau d’alimentation au bout du lac. Ce chemin borde la largeur d’un champ de blé. Il semble qu’aucun ragondin ne mange le blé, déjà très attaqué sur une bande de plusieurs mètres, en bordure du ruisseau dans lequel je n’aperçois pas non plus les gros rongeurs.

Je fais donc demi-tour pour aller chercher ma flèche. Mais cette dernière a dérivé vers la berge opposée et est bien trop loin pour être rattrapée avec ma canne à pêche.

Le brouillard se lève peu à peu et le soleil commence à se faire de plus en plus présent. Je décide de revenir plus tard pour la récupérer en face.      

Finalement, je vais plutôt faire le tour du lac, il y a peu de chance de voir d’autres ragondins de ce côté. Je marche tranquillement entre le blé et le lac sur le chemin de terre qui en fait le tour quand un mouvement attire mon attention dans le blé.

Il me semble avoir vu un petit oiseau noir voler sur quelques mètres au ras des épis et plonger brutalement dans le blé. Je m’arrête et observe un moment, il s’agit en fait d’un brocard dont seuls les bois et les oreilles dépassent de la végétation quand il relève un peu la tête. Il avance lentement à moins de 10 mètres du bord du champ et vient dans ma direction.

Je me baisse et m’agenouille en bordure du blé mais plus rien, je me redresse et aperçois ses bois qui dépassent un peu plus loin. Je m’approche doucement en me baissant et en longeant le champ alors qu’il reprend sa marche, d’abord au petit trot sur quelques mètres puis tranquillement en marquant des arrêts brefs. Il se rapproche, seule sa tête et parfois une partie de son cou dépassent du blé, il est maintenant à portée de tir.

J’arme mon arc et le vise en attendant un arrêt. Il marque un premier arrêt, je tente de le viser en essayant d’estimer la position du coffre mais ce n’est pas facile, il repart et, alors qu’il marque un deuxième arrêt, je décoche ma flèche en visant un point que j’imagine être le milieu du coffre. Un bruit sourd à l’impact m’indique que je l’ai touché.

Il démarre en trombe en bondissant et disparaît dans le blé. Je m’approche doucement de l’endroit du tir où je trouve de suite du sang bien rouge mais l’épaisse végétation ne me permet pas de localiser ma flèche. Le chevreuil est parti en suivant le passage du tracteur et le sang est projeté des deux cotés sur le blé.

Je suis la piste assez facile à suivre, ce sang abondant et bien rouge me conforte dans l’idée d’une bonne flèche. La piste finit par obliquer vers la route, la coulée très marquée et maculée de sang me conduit à mon chevreuil sans vie qui repose dans le blé.

Ma flèche est rentrée un peu haute, en arrière du coffre et ressort en plein milieu de ce dernier du côté opposé, les deux poumons ont été touchés.

 
Une sortie au bord du lac, 30 juin 2008

Alex

 

Trophée :

Une sortie au bord du lac, 30 juin 2008

Atteinte :

Une sortie au bord du lac, 30 juin 2008

Partager cet article

Repost0
18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 18:44

Cette année, la fédération départementale des chasseurs du Gers a mis en place une nouvelle réglementation pour le prélèvement des brocards en tir d’été. Chaque société de chasse doit réaliser au moins 50 % de ses tirs d’été sur des brocards dont le trophée ne dépasse pas 4 pointes.

La petite société privée où je prends 1 de mes tirs d’été depuis 3 ans n’a qu’un seul bracelet pour cette période, je n’ai donc pas le choix, je dois flécher un 4 pointes au plus. N’étant pas très attaché à la valeur du trophée, les années précédentes, je partais du principe que le premier brocard que je parvenais à approcher étais celui que je fléchais, mais cette année cela s’annonce plus compliqué.

Le territoire où je chasse est morcelé en deux zones géographiquement bien séparées, une zone de prairies vallonnées entrecoupées de bandes boisées plus ou moins importantes et entourées de cultures (blé, orge et colza cette année), cette zone est limitrophe avec les sociétés de chasse de Pavie, d’Auterrive et de Pessan. L’autre zone en cuvette est composée de cultures (blé et tournesols cette année) entourées de penchants boisés, elle est limitrophe des sociétés de chasse de Pavie et de Lasséran. Les deux années précédentes j’ai fléché mes deux brocards sur la deuxième zone. Je décide donc de tenter de flécher mon brocard en limite d’Auterrive.  

Après plusieurs sorties depuis le premier juin, je m’aperçois rapidement que cette zone peu chassée est très fournie en brocards (au moins 9 différents sur 90 hectares) mais que la quasi-totalité des animaux sont de grands brocards de six pointes, je pense que ces brocards de belle stature maintiennent les jeunes sur la périphérie du territoire. De plus les mâles de petites statures sont rendus très méfiants par ce harcèlement et je me rends vite compte qu’ils sont très difficiles à approcher.  

Je décide donc, ce matin, de tenter ma chance sur l’autre partie du territoire. Sur le chemin, il bruine mais cette pluie fine s’arrête rapidement. Arrivé sur place à 5h45, Je me gare le long d’un blé qui surplombe le territoire. Je me prépare tranquillement, j’enfile mes gants, ma cagoule, ferme le brassard de mon décocheur alors qu’une petite brise souffle sur ma gauche.

J’arrache quelques brins d’herbes que je jette en l’air, leur chute dans le sens du vent conforte mon sentiment. Le sol et la végétation sont humides, mon pantalon camo ainsi que mes chaussures sont rapidement détrempés alors que je traverse le blé pour arriver au bord du bois.

Je suis la bordure du bois sur une centaine de mètres sur ma droite puis emprunte un chemin de terre qui le traverse pour me conduire au champ de tournesol un peu plus bas. Je descends tranquillement le chemin pour arriver sur la bande enherbée du champ de tournesol. Je suis encore sous le couvert des arbres quand un lapin détale du milieu du champ pour rentrer à couvert. Je tends la tête pour voir si un chevreuil n’est pas au gagnage.

Les pieds de tournesol ne dépassant pas encore 15 centimètres, la vue est dégagée et me permet de scruter la quasi-totalité de la zone non boisée. Pas un seul chevreuil, je reprends ma marche en longeant le bois sur ma gauche. Quelques mètres plus loin, je m’aperçois que les sangliers sont passés cette nuit, des traces fraîches longent la bande enherbée, un gros pied et plusieurs autres plus petits.

Je poursuis en suivant la bordure du champ et arrive au coin du bois qui remonte à angle droit sur 50 mètres environ puis tourne à 90° sur 100 mètre en prolongement de la limite blé/tournesol, toujours pas de chevreuil. Un gros îlot boisé au milieu du champ de tournesol sert souvent de remise aux petits cervidés mais aujourd’hui pas de mouvement de ce côté-là non plus.

Je longe toujours le bois, d’autres pieds de sangliers, certains d’aujourd’hui et d’autres plus vieux, ils doivent être sur le secteur. Arrivé au bord du champ de blé, la bande enherbée se termine et le bois remonte à nouveau à angle droit vers le chemin que j’ai pris pour venir en voiture.

Je remonte, toujours le long du bois sur environ 150 mètres puis repars vers la voiture, une bande de blé sépare le chemin du bois. Le vent a tourné, il vient maintenant face à moi et je me retrouve à nouveau à bon vent. Les sangliers ont donné quelques coups de nez dans le blé.

J’avance doucement quand, au niveau d’une zone où le blé est mêlé de chardons et de hautes herbes, une chevrette détale vers le chemin et traverse côté Lasséran pour disparaître dans un autre champ de blé. Je continue doucement et finis par apercevoir la voiture. J’hésite, il est 6h45 environ, soit je vais faire un tour sur l’autre zone, soit je tente de refaire le tour que je viens de faire.  

Je décide finalement de redescendre le chemin forestier pour surveiller le champ de tournesol. Arrivé en bas, comme tout à l’heure, je tends la tête pour voir si un chevreuil n’a pas fait son apparition.

Cette fois, j’aperçois une silhouette rousse en plein milieu du tournesol sur ma droite. Le vent est bon. Le chevreuil semble me regarder mais il finit par se remettre à manger et me tourne le dos. La grande distance (200 mètres environ) qui nous sépare ne me permet pas de voir s’il s’agit d’un brocard ou d’une chevrette, sa morphologie n’est pas celle d’un grand brocard et j’ai l’impression que cet animal est maigre de plus sa démarche me parait bizarre.

Je décide de tenter une approche. J’avance de quelques mètres en longeant le bois sur la bande enherbée pour me retrouver partiellement caché derrière une branche feuillue. Je regarde le chevreuil au travers des feuilles et ce dernier semble revenir vers moi, je me baisse, alors qu’il est occupé à manger un petit pied de tournesol, et me retrouve sous la branche. Je reste là un petit moment, il reprends à nouveau sa marche et me tourne à nouveau le dos. Il avance de quelques pas, mange puis avance à nouveau.

Je tente alors de me rapprocher. Je passe sous le branche puis avance de quelques pas en longeant le bois, je reste collé un maximum à la lisière dont la bordure très épaisse forme un véritable mur vert, je progresse lentement à moitié baissé en essayant de fondre le plus possible ma silhouette dans le décor.    

Je m’arrête, il regarde vers moi un moment puis fait sa toilette, il m’a peut être repéré, je reste immobile jusqu’à ce qui il se remette en marche. Il se rapproche du bois, je tente de m’approcher un peu plus, les branches sèches sont très cassantes et j’ai toutes les peines du monde à les éviter. Les sangliers sont aussi passés par là, à en juger par les nombreux coups de nez qu’ils ont donné pour déraciner les bulbes.

Je suis encore à 100 mètres au moins. J’avance doucement toujours collé au bois et marque une pause à chaque fois qu’il se redresse ou que sa position peut lui permettre de me repérer. Il semble très calme. Il finit par se rapprocher du bois et arrive dans une zone ou la végétation haute me le masque presque totalement, seul un peu de roux contraste avec le vert.

Je marque une pause et l’observe, il semble occupé à manger les feuilles contre le bois. Je finis par ne plus le voir, je tente une sortie, je progresse plus rapidement sur une vingtaine de mètres puis me recolle au bois alors que je l’aperçois à nouveau. Je suis à 50 mètres environ. Je ne sais toujours pas si c’est un brocard. Je commence alors une progression très lente sur la pointe des pieds, à l’affût de la moindre réaction suspecte de sa part, mais il semble ne pas me prêter attention.

Plusieurs fois, il relève la tête, les oreilles orientées vers moi et se remet à brouter le feuillage comme si de rien n’était. A environ 30 mètres, je marque un temps d’arrêt pour l’observer et j’arrive à distinguer de petit bois, c’est un 4 pointes. Encore quelques pas et arrivé à environ 25 mètres, je me baisse doucement pour disparaître de son champ de vision masqué par la végétation qui l’entoure et arme mon arc.

Je me redresse très doucement, il est toujours occupé à manger. Je fais encore quelques pas et me retrouve à moins de 20 mètres de lui, j’aligne ma visée et lâche ma flèche juste au moment où il tourne la tête vers moi.

Un bruit sourd, il me semble être un peu en arrière, mon brocard s’effondre sur place puis se relève et part avec peine pour rentrer dans le bois. Je l’entends quelques instants dans le bois puis plus rien. Mais alors que je m’approche de la zone du tir pour tenter de retrouver ma flèche des aboiements retentissent dans le bois dans la direction de fuite de mon chevreuil.  

Le doute s’installe, je regarde le sol mais je ne retrouve ni de sang ni ma flèche. Les aboiements sont de plus en plus insistants et le chevreuil se met en mouvement. Il finit par sortir du bois 100 mètres plus loin au coin du massif. Il avance en plein découvert en aboyant de plus belle alors que je me baisse pour m’accroupir dans les herbes hautes. J’encoche une deuxième flèche et commence à répondre à ses aboiements par d’autres aboiements.

Il vient droit sur moi jusqu’à environ 40 mètres toujours en aboyant et moi à lui répondre. Il me semble que ses bois sont plus allongés que tout à l’heure. Puis il stoppe un moment face à moi, feint de brouter relève la tête plusieurs fois de suite, avance de quelques pas saccadés en tapant les sabots au sol. Puis se remet à aboyer avant de s’éloigner pour revenir dès que je l’aboie à nouveau.

Sa démarche empotée ressemble à celle de tout à l’heure mais il est parfaitement en forme ce qui me fait comprendre que c’est la terre collante qui lui donne cette démarche et non le fait qu’il puisse être malade.

Au bout de quelques minutes de ce manège, il finit par s’éloigner en aboyant alors qu’un autre chevreuil lui répond dans le bois d’en face. Il est déjà loin quand je me relève en remettant ma flèche dans mon carquois d’arc et c’est alors que j’aperçois ma flèche, plantée au sol, à environ 5 mètres, l’empennage rougi de sang.  

Je n’y comprends plus rien, je me retourne et m’aperçois que je ne cherchais pas assez loin. Peu avant la flèche de grosses traces de sang qui rentrent dans le bois. Je récupère ma flèche et rentre dans le bois par la coulée empruntée par mon brocard. J’enjambe un petit ru qui longe la bordure interne du bois.

Le sang est bien rouge et la piste est assez facile à suivre. Je remonte doucement la pente boisée en suivant les indices sur environ 30 mètres puis tourne vers la droite pour faire encore environ 15 mètres et arriver sur mon chevreuil qui repose sur le ventre, les pattes écartés et la tête en arrière.

La flèche a bien tapé en arrière au niveau des reins et ressort dans le cuissot opposé. Il n’est pas du tout maigre comme je le pensais au départ. J’encoche et appose mon bracelet en repensant à ce change surréaliste qui m’a fait même douter un moment d’avoir entendu le bruit de l’impact de ma flèche sur l’animal.

Je rentre avec mon chevreuil à la voiture la tête pleine des images de cette chasse mémorable.  

Au dépeçage, je m’apercevrai que la flèche a tranché l’artère surrénale et un rein en passant juste sous la colonne vertébrale. Ce jeune brocard est infesté de grosses larves blanches qui grouillent dans ses naseaux.

L’examen de la dentition me fait penser qu’il n’a pas deux ans, une dent de lait s’est même détachée lors de la préparation du trophée.  

Un petit brocard 4 pointes, 9 juin 2008

Alex

 

Trophée :

Un petit brocard 4 pointes, 9 juin 2008

Atteinte :

Un petit brocard 4 pointes, 9 juin 2008

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
  • Contact

AVERTISSEMENT A MES LECTEURS

Bonjour,

Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

Bonne visite, Alex

Réponses à mes détracteurs :

https://www.chasse-a-l-arc-dans-le-gers.com/pages/MESSAGES_PERSONNELS_ET_REPONSES-8657563.html

LE CHASSEUR FRANCAIS TV

cliquez sur l'image, code promo LIONEL2021LCF
cliquez sur l'image

 

QUELQUES BLOGS DE CHASSE A L'ARC

 

 

PYRENEES CHASSES D'APPROCHES

https://www.facebook.com/pyreneeschassesapproches

 

FOURNISSEURS

 

 

 MATERIEL :

 

GRANDS GIBIERS HORS FRANCE METROPOLITAINE

ARGENTINE
Buffle murrah
Guanaco

 

MAJORQUE
Chèvre sauvage

GUYANE
Pécari à collier
Capibara
Caïman rouge
Caïmans gris

 

Forums Specialises

GRAND CHELEM FRANCAIS

Cerf élaphe

 

Chevreuil
Mouflon
Chamois
Isard
Sanglier
Blaireau
Renard
Répartition des prélèvements

AUTRES PRELEVEMENTS :

Répartition des prélèvements petits gibiers
Ragondin
Rat musqué

 

Lièvre
Lapin de garenne
Martre
Putois
Vison d'Amérique
Faisan commun
Canard colvert
Foulque macroule
Bécasse
Guyane
Iguane vert
Tourterelle rouviolette
Hocco alector

 

Singe hurleur
Aymara
Argentine
Lièvre
Renard gris
Tinamou élégant