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14 octobre 2023 6 14 /10 /octobre /2023 08:22

Voyant approcher mon séjour au Canada à grand pas, j'ai décidé de prendre 3 jours de congés pour boucler mon second cerf. Le brame est en retard cette année, il commence juste, je me suis surtout concentré sur la partie gauche du territoire, au-dessus de Chagarde depuis l'ouverture. Ce matin, je vais tenter de chasser le bas du territoire, près du ruisseau et le penchant de droite. Arrivé au village de Camous, un peu avant 7 heures, je me prépare tranquillement alors que la montagne semble calme puis je commence à remonter la piste qui longe le ruisseau pour tenter d'entendre bramer. Alors que je passe la grange en rénovation, un brame puissant retentit sur le penchant de gauche, au-dessus du ruisseau, un autre lui répond plus en avant. Le cerf est sur une place de brame que je connais bien. Je continue doucement sur le chemin pour le dépasser puis traverse le ruisseau à la clarté de la lune pour remonter le penchant de la montagne. Je fais quelques mètres et me cale pour écouter, le cerf brame régulièrement à tout rompre un peu plus à gauche, au-dessus de moi et semble venir vers moi. J'espère que le jour sera lever avant qu'il passe au-dessus de moi mais le cerf tourne et retourne en bramant puis semble s'éloigner alors que l'autre sur ma droite semble se rapprocher. Je remonte très lentement de quelques mètres et attends quelques minutes puis recommence ce manège plusieurs fois jusqu'à rejoindre une coulée de cerf tellement marquée qu'elle ressemble à un sentier qui suit plus ou moins la courbe de niveau, sur un petit replat. Je suis à bon vent pour le cerf de gauche, je suis donc très lentement cette coulée dans la direction de son brame en m'arrêtant régulièrement pour écouter. Le sol est très sec mais la coulée est assez propre et silencieuse. La luminosité commence tout doucement à croître. Arrivé sur la place de brame je me cale contre un gros arbre. Le cerf brame en contrebas à environ 80 mètres. J'attends le lever du jour pour continuer mon approche quand un mouvement attire mon attention, un très gros cerf remonte d'une clairière en contrebas près du ruisseau. Il avance doucement plein travers à 60 mètres, stoppe, brame puis recommence à monter pour prendre la coulée et commencer à s'approcher un peu de moi. Il stoppe à nouveau et brame, l'autre cerf lui répond dans mon dos. Il s'avance de quelques pas puis stoppe net et regarde vers moi, je tente un raire pour l'attirer mais il ne bouge plus et me fixe un moment avant de faire volte-face pour redescendre et disparaître. Le vent a dû tourner.

La luminosité croit peu à peu, je fais demi-tour pour me diriger en direction de l'autre brame que je peine à localiser, je ne sais pas sur quel penchant le cerf se trouve. Je suis la coulée qui redescend vers le ruisseau et débouche dans des prairies étroites qui bordent le cours d'eau. Plus en avant se trouvent des souilles, j'avance tout doucement en espérant surprendre des animaux mais rien, le cerf brame plus haut sur le penchant de droite. Je passe le ruisseau et commence à remonter dans les hêtres en bordure d'une belle prairie très pentue qui remonte dans le bois jusqu'à une grande en ruine. J'avance tout doucement et fais des pauses derrière les gros hêtres pour observer, le cerf brame plus à gauche quand un groupe d'animaux sans bois, suivi d'un gros cerf passent à plus de 100 mètres au-dessus de moi dans la hêtraie. Je les laisse s'éloigner et poursuis mon ascension. Le brame a cessé, je commence à biaiser au-dessus de la grange, en direction d'une combe encaissée qui redescend vers la piste. Je remonte doucement sur le bord de cette combe et me cale un peu plus haut pour écouter et observer. Rapidement des bruits de pas se font entendre de l'autre côté de la combe recouvert d'un épais tapis de feuilles mortes de hêtres. Je cherche un moment l'animal du regard quand j'aperçois un magnifique renard qui descend le penchant au trot pour disparaître derrière un gros hêtre mort tombé au sol, à plus de 150 mètres.

Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023
Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023

Je m'avance un peu, me cale derrière un hêtre et commence à appeler pour tente de le faire venir. Après quelques secondes, j'aperçois le renard qui arrive tranquillement en longeant la droite d'un des troncs du gros hêtre mort. J'accroche mon décocheur et continue mes appels. Il disparaît dans le creux de la combe quelques secondes

Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023

puis réapparaît. Il se rapproche d'un pas décidé, je continue à appeler et arme mon arc alors qu'il n'est plus qu'à 30 mètres. Il continue à venir vers moi et stoppe de face à environ 15 mètres, à gauche d'une gosse souche, j'aligne ma visée sur son poitrail et décoche. Touché, il bondit et démarre sur quelques mètres puis ralentit fortement et se traîne en boitant pour s'asseoir à environ 10 mètres sur ma gauche. Je réencocher rapidement, je ne suis pas sûr de ma première flèche. J'arme doucement et vise derrière son épaule. Ma flèche le traverse, il démarre et fonce sur environ 15 mètres, percute un arbre, saute sur place, titube puis chute et se débat au sol avant de rouler dans la pente. Je réencoche rapidement mais il s'immobilise contre un gros tronc qui barre la pente. Je pars chercher ma première flèche que je vois de mon poste et la remets au carquois puis la seconde mais impossible de la trouver. Je pars ensuite voir mon renard, c'est très gros mâle au pelage magnifique.

Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023

Ma première flèche était un peu basse et a entaillé profondeur l'intérieur de la patte avant gauche entraînant une grosse hémorragie mais je ne sais pas si elle aurait été suffisante, j'ai bien fait de tirer la seconde qui rentre derrière l'épaule et ressort dans le poitrail.

Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023

Je cache mon renard sous les feuilles pour revenir le chercher plus tard puis reprends ma chasse.

Quelques cerfs brament en face mais je décide de revenir vers le village en remontant doucement en montagne. Je passe la combe et suis tranquillement une grosse coulée en faisant régulièrement des pauses. Un cerf brame plus en avant, je poursuis mon approche en redoublant d'attention. Je gagne peu a peu du terrain, le cerf est plus bas, caché par des rochers, je fais des pauses pour observer mais me fais surprendre par une bichette qui démarre plus haut sur ma gauche en poussant un cri d'alerte et disparaît rapidement dans la pente. Le cerf brame toujours, il n'est pas parti, j'attends un peu le retour au calme puis tente de m'avancer encore un peu mais les animaux démarrent plus bas, je m'approche rapidement du bord des roches pour tenter de les voir mais ils ont déjà disparu dans les buis. Quelques brames se font entendre sur le penchant opposé alors que les cerfs semblent remonter en montagne. Je continue ma progression lente en faisant des pauses pour écouter et observer. Le brame se calme peu à peu pour stopper totalement. Je finis par rejoindre le petit sentier qui rejoint le chemin qui descend au village. Je rejoins, en le suivant, une crête rocheuse qui redescend vers le chemin. Je commence à la suivre tranquillement quand le bois en contrebas se met à craquer, un cerf se rapproche en bramant et en cassant du bois. Plusieurs animaux se déplacent quand un combat éclate sans que je puisse le voir, les cerfs sont à environ 50 mètres en contrebas dans bois, leurs bois s'entrechoquent quelque seconde puis les cerfs se séparent bruyamment alors que le vainqueur pousse un brame puissant. Les animaux vont passer plus bas, je descends rapidement et sans bruit sur les rochers pour tenter de recouper les animaux que j'entends toujours avancer plus bas dans le bois. Arrivé au bas des roches, le sol est beaucoup plus bruyant, je ralentis ma progression. Je n'entends plus les animaux et décide de descendre plus bas pour rattraper un chemin qui rejoint la piste du bas plus loin, sur ma droite. Je progresse le plus vite possible en essayant d'être silencieux. Un autre combat bref éclate sur ma gauche, les bois s'entrechoquent un instant puis le calme revient.  Je rattrape le sentier pour prendre à droite et commence à le suivre doucement à l'écoute. Alors que j'arrive dans un lacet du sentier, sous une zone de buis, une grosse biche démarre au-dessus de moi dans les buis sur quelques mètres, stoppe un instant puis repart pour descendre et sauter le chemin dans mon dos. Rapidement un raire retentit au-dessus de moi, le cerf s'avance en cassant de bois. Il pousse une autre biche devant lui. Je me décale doucement vers l'endroit où est passée la première biche. J'attends un moment mais rien ne venant, je décide de tenter de remonter dans les buis. Les animaux sont un peu plus haut, je les entends un moment sans jamais pouvoir les voir. En remontant encore, je tombe sur une zone de gîtes sous les roches dans les buis.

Les animaux se sont éclipsés, je remonte vers le sommet de la montagne et rattrape un petit sentier qui remonte doucement vers la crête. Le sol forme une bosse rocheuse devant moi qui me cache le paysage en arrière, je profite des rochers couverts de mousse pour avancer rapidement et sans bruit dessus. Mais alors que j'arrive au sommet, je me fais surprendre par un gros 10 cors à environ 25 mètres un peu plus haut. Il démarre en m'apercevant puis se calme vite et remonte en décrivant des lacets vers le sommet. Je le laisse remonter un peu puis tente de le suivre sans qu'il me repère mais je n'arrive pas à réduire la distance et il s'éloigne tranquillement puis je le perds de vue. Je continue un moment dans sa direction de fuite sans le revoir. Le brame a complètement cessé, il est plus de 10 heures, je décide de redescendre pour aller boire à ma voiture avant de remonter en montagne. J'en profite pour aller récupérer mon renard au passage puis attrape la piste en contrebas et la suis jusqu'au village. Je pose le renard à la voiture, boit un litre d'eau puis remonte en montagne pour aller me poster à l'écoute, assis dans les prairies, en dessous des granges de Chagarde.

Vers 13 heures, un brame retentit plus haut en montagne dans le fond du cirque. Un autre lui répond vers la zone où j'ai manqué mon très grand cerf l'autre jour. Je me lève et me dirige vers le cerf le plus proche, je rentre dans le bois et commence à remonter doucement au plus raide, sur une arrête au milieu d'une zone de grands sapins. Je fais une pause pour observer tous les quelques pas. Le brame remonte en montagne, l'autre cerf lui répond, petit à petit j'arrive sur un replat. Le brame est plus à gauche. Je prends une petite coulée sur la pente très raide de gauche. Le terrain est très glissant et je lute pour ne pas chuter car je risque de ne pas pouvoir m'arrêter avant le ruisseau à 30 à 40 mètres en contrebas. La coulée descend peu à peu pour rattraper le ruisseau que je finis par passer pour remonter dans une zone moins pentue au milieu des noisetiers. Je me rapproche du brame. Le cerf brame dans un creux à environ 70 mètres devant moi. Je me baisse pour avancer caché par une grosse souche à environ 20 mètres devant moi. Arrivé à cette dernière j'aperçois le cerf qui brame à tout rompre à environ 50 mètres. Son brame est vraiment impressionnant, il s'avance et s'éloigne par la droite. Je ne peux pas avancer sans être vu. Je le laisse s'éloigner. Il brame en tournant en contrebas. Je descends doucement une pente très raide pour tenter de me rapprocher un peu, le cerf se décale sur la droite en bramant et je le perds de vue derrière les arbres puis un jeune cerf arrive à la course pour passer à environ 80 mètres en-dessous de moi, il stoppe un instant puis repart alors que le grand cerf s'élance derrière lui en bramant. Il disparaît sur ma gauche. Le grand cerf tourne en bramant alors que d'autres lui répondent plus loin. Il passe derrière une bute et je le perds de vue. J'en profite pour tenter une approche en faisant une boucle par la droite en suivant une belle coulée dans les noisetiers. J'avance tout doucement sur le replat qui domine le cerf qui brame juste en-dessous en espérant le surprendre mais c'est moi qui me fais surprendre quand le cerf, qui a dû entendre mes pas, remonte le talus sur ma gauche à moins de 20 mètres et se jette dans la pente en me voyant. Je le regarde s'éloigner à la course impuissant, j'y étais presque mais il m'a eu.

Je descends vers le ruisseau et le traverse pour remonter de l'autre côté à la recherche d'un autre cerf mais plus un brame. Je rattrape un chemin qui remonte doucement en biaisant vers le ruisseau. Je finis par rattraper le cours d'eau et le retraverser pour remonter vers une ruine un peu plus haut. Un cerf brame plus haut, au-dessus de la ruine derrière laquelle se trouve une belle prairie. Je remonte jusqu'à la ruine et écoute le cerf pour le localiser. Il est dans le bois au-dessus de la prairie. Le relief me le cache, je me rapproche doucement au bord du bois mais il est remonté plus haut. Caché derrière un talus, je tente de l'apercevoir mais il finit par se taire. Je reste un instant à l'écoute puis continue à m'avancer un peu plus en faisant des pauses pour écouter et observer. Des bruits de pas se font entendre plus bas, le relief du terrain me cache l'animal qui semble très proche. Je me prépare à armer et m'avance un peu plus, tout doucement, pour voir dans la pente quand une belle biche surgit de sous le talus et remonte au plus raide sur ma gauche. Elle stoppe un instant, regarde vers moi puis continue à remonter en lacets. Je reste en place en espérant voir monter un cerf derrière elle et effectivement un très beau 10 cors arrive et stoppe plein travers à 40 mètres en regardant la biche qui s'éloigne. Je reste immobile, il commence à remonter doucement puis bifurque pour biaiser vers moi. J'arme mon arc, il stoppe de 3/4 face à environ 30 mètres, trop loin et la position n'est pas très favorable pour une bonne flèche, je reste armé mais il rebifurque pour remonter droit en montagne et s'éloigne peu à peu. Je désarme impuissant et ne peut que le laisser partir. Je décide de rester un instant là au cas où. Rapidement, des bruits de pas se font entendre en face de moi à environ 60 ou 70 mètres. Je tente d'apercevoir l'animal au travers des branchages. Il avance régulièrement de quelques pas jusqu'à ce que je commence à l'apercevoir, c'est un jeune cerf de 6 pointes. Il s'avance à découvert et s'arrête régulièrement pour manger au sol 

Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023
Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023

il zigzague un peu entre les arbres puis remonte sur les traces du gros 10 avant de se tourner pour venir droit sur moi alors que je le prends régulièrement en photo. Il avance d'un pas lent et se rapproche. Je le perds de vue un instant dans le creux du terrain avant qu'il ne remonte le talus pour se planter à 10 mètres de moi en m'observant un instant avant le faire volte-face pour foncer à couvert d'où il vient.

Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023

J'attends que le calme revienne avant de bouger quand un autre animal arrive de là où venait le jeune cerf. Il tourne un moment puis s'éloigne sans se montrer.

Le brame s'est interrompu, je décide de redescendre pour aller me poster à l'écoute sur la place de brame où j'ai vu le premier cerf ce matin. Aucun animal de vu sur le chemin jusqu'à la place de brame. Je reste un moment à l'écoute mais rien ne bouge, je repars en arrière. Alors que je longe le penchant de bois qui descend vers la piste du fond qui borde le ruisseau, j'aperçois un beau daguet, plein travers, à environ 30 mètres, en contrebas. Je me fige, il me regarde un instant puis démarre à grands bons pour disparaître dans la pente. Je redescends doucement jusqu'au ruisseau sans rien voir alors qu'un cerf au brame puissant se fait entendre sur le penchant opposé, d'autres lui répondent par moment. Je passe le ruisseau et commence à remonter sur le droite de la prairie qui remonte vers la grange au-dessus de laquelle j'ai fléché mon renard ce matin. Le cerf brame plus haut plus à droite, de l'autre coté de la combe encaissée qui remonte vers le sommet. Alors que je me rapproche de la grange un gros faon passe plein travers à une soixantaine de mètres plus haut. Il ne m'a pas vu, je me fige et l'observe mais il stoppe et regarde vers moi. Je reste un moment immobile mais il ne bouge plus, je tente de continuer doucement mon ascension, le faon est maintenant caché derrière des arbres et me laisse avancer doucement sans bouger. Il finit par démarrer alors que je suis à moins de 40 mètres et je le perds de vue derrière la grange. Le cerf brame en tournant plus haut sur la droite. Je biaise vers le bord de la combe, tout doucement, en m'arrêtant régulièrement pour observer et écouter. Le cerf est à moins de 40 mètres très certainement avec des biches, je l'entends bramer et j'entends marcher mais impossible de voir des animaux au travers des branchages. Plusieurs fois, j'entends les animaux descendre au galop vers la combe mais ils remontent à chaque fois sans se montrer. Pas après pas, j'arrive à me poster au ras de la combe derrière un gros hêtre mais le brame s'éloigne maintenant. Je remonte un peu plus pour passer la combe au niveau d'un passage facile puis avance tout doucement en essayant d'apercevoir les animaux mais ils avancent devant moi. Un autre cerf brame dans mon dos et un autre sur le flanc opposé. Après environ 200 mètres de poursuite, j'aperçois le cerf qui remonte vers la crête juste avant qu'il ne disparaisse derrière une gros rocher. Je biaise le plus vite et silencieusement possible vers ce dernier pour tenter de le surprendre mais le cerf et déjà presque en crête, il poursuit 2 biches sur un passage dans les roches, juste sous la crête. Je suis à découvert et ne peux que les regarder s'éloigner sur la droite et passer derrière la crête.

Les animaux partis, je remonte un peu et me poste à l'écoute mais rien ne vient. Je décide de revenir un peu en arrière en suivant une grosse coulée jusqu'au bord abrupt d'une grande combe qui descend droit vers le bas de la montagne. 2 cerfs se répondent maintenant sur mon coté de montage et semble venir très lentement vers moi quand un troisième leur répond dans mon dos. Ce dernier arrive vers moi décidé et j'espère le voir suivre la coulée sur laquelle je suis. Je reste immobile quand je l'aperçois, c'est un énorme cerf avec de grands bois mais, à environ 100 mètres de distance, je n'arrive pas à compter les cors. Il brame un moment, son brame est incroyablement puissant et rauque, puis biaise pour prendre une autre coulée plus basse, celle par laquelle j'ai suivi l'autre cerf tout à l'heure. L'ayant perdu de vue, je me décale un peu plus bas, contre un très gros rocher, pour voir en contrebas. La coulée passe à environ 80 mètres de ma position, il faut que je me décale encore. Je descends dans la combe pour contourner les gros rochers à couvert et descendre me positionner plus près de la coulée. J'espère que le relief atténuera le bruit de ma progression dans une couche très épaisse de feuilles mortes. Arrivé en bas des rochers, je dois passer une marche de plus de 1.8 mètres pour continuer vers la coulée. Je pose donc mon arc sur les rochers et assure doucement mes prises pour descendre avant de récupérer mon arc. Caché par les rochers, je descends encore un peu, le cerf brame toujours. Arrivé au niveau d'un rocher, je l'observe un instant, il ne semble plus vouloir avancer, il est à environ 80 mètres. Je dois descendre encore un peu pour me rapprocher de sa coulée. la pente est très raide et couverte de gravillons qui roulent sous mes pieds, je glisse mais me rattrape à un sapin juste un peu plus bas. Le cerf ne m'a pas identifié et brame toujours. Je tente de descendre encore un peu mais glisse à nouveau bruyamment et interpelle le cerf. Je me cale vite derrière un arbre. Il regarde vers moi fixement sans bouger, je tente un raire pour l'attirer mais il démarre et disparait rapidement dans la pente. Encore raté, sans pluie l'approche est très difficile sur ses sols secs et bruyants.

Les brames se sont calmés et je suis à mauvais vent pour faire demi-tour, je décide de continuer à avancer en remontant doucement vers la crête. Rapidement un brame se fait entendre plus en avant. J'avance doucement vers lui en faisant très régulièrement des pauses pour observer. Je longe maintenant un grand massif de buis sur ma droite à environ 50 à 60 mètres sous la crête de la montagne et me rapproche peu à peu de la zone du brame quand une grosse biche démarre de la crête et fonce dans les buis à environ 100 mètres. Je me dis que tout est fini mais le cerf brame toujours à tout rompre plus en avant. Je continue à avancer et fais une pause tous les quelques mètres. brusquement j'aperçois ses bois alors qu'il remonte à environ 80 mètres derrière une bosse du terrain, il va remonter à découvert, j'accroche mon décocheur et m'accroupis près des buis pour attendre une occasion de continuer mon approche mais à ma grande surprise le cerf accélère, passe la bute en bifurquant pour foncer vers moi au galop en bramant. J'arme mon arc, il ralentit doucement et vient stopper à 8 mètres au-dessus de moi, en 3/4 face, en poussant un brame puissant. Je n'aurais pas de meilleure occasion ce soir, la nuit sera vite là. Il regarde vers moi, je vise devant l'épaule et décoche. Ma flèche pénètre des 2/3 et le cerf se retourne pour repartir au trot en biaisant vers les buis en contrebas où je le perds vite de vue. Je reste un moment sans bouger, à l'écoute mais le calme s'installe. Je n'ai pas entendu tomber mon cerf, j'attends encore un peu puis vais contrôler l'endroit du tir avant qu'il ne fasse nuit. Je trouve de petites goutes de sang sur sa trajectoire de fuite.

Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023

Je commence à suivre doucement le sang, peu abondant mais régulier, il longe plus ou moins la bordure des buis alors que je pensais que le cerf était rentré à couvert. Par 2 fois, je perds un moment le sang qui semblait descendre dans les buis mais continue finalement à les longer. Le cerf ayant projeté du sang vers le bas dans son élan avant de bifurquer. Je finis tout de même à chaque fois par reprendre la piste qui commence à s'intensifier par moment.

Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023

Le cerf a suivi plus ou moins une belle coulée qui longe les buis laissant parfois de beaux frottés sur les branches basses. La piste devient de plus en plus abondante après plus de 100 mètres et prend droit vers la bas de la montagne en suivant toujours un moment les buis.

Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023

Plus bas la piste rentre dans les buis et je dois la suivre à 4 pattes mais je tombe rapidement sur mon cerf mort au milieu des buis, il a fait environ 200 mètres. Il me paraît énorme mais n'accusera que 160 kilos à la pesée.

Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023

Ma flèche est passée entre les 2 poumons en sectionnant leurs attaches à la trachée, en coupant cette dernière et en touchant le haut du cœur avant de stopper contre les cotes. Il me faut maintenant descendre ma prise jusqu'à la piste en contrebas. Je n'ai pas de réseau téléphonique. La descente est une vrai galère, mon cerf s'accrochant aux buis par les pattes ou les bois, je dois sans cesse remonter pour le décrocher et lutter pour ne pas me faire emporter quand il descend. Je dois régulièrement le faire passer par-dessus des troncs ou casser des branches pour continuer à descendre tout en mettant mon arc en sécurité pour ne pas risque de l'endommager avant de remonter le chercher à chaque fois que le cerf est descendu de quelques mètres. Je finis par rejoindre un sentier qui rejoint la piste un peu plus loin et pose mon arc pour manœuvré mon cerf et lui faire prendre un passage qui semble plus praticable dans le lit asséché d'un ruisseau qui descend droit vers la piste. Apres plus d'une heure d'effort intense, j'arrive à la piste où mon cerf s'est calé dans le réceptacle des eaux du ruisseau avant la traversée busée de la piste pour rejoindre le ruisseau du fond de combe. La profondeur du réceptacle ne me permet pas de le remonter sur la piste. Je me rends alors compte que j'ai oublié mon arc à plus de 200 mètres sur le sentier, il me faut remonter la pente raide pour aller le chercher et peine un moment à le retrouver avant de redescendre. Il est 21h30, je suis mort physiquement. Je suis la piste pour revenir à ma voiture jusqu'à récupérer le réseau téléphonique pour appeler le Président de la chasse qui arrive avec son fils et un ami pour m'aider et charger le cerf sur sa remorque avant de rentrer à la salle de découpe de Beyrède. 

Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023

Alors que je vide mon cerf, le Président de la chasse voyant mon état de fatigue m'invite à dormir et à manger chez lui ne voulant pas me laisser rentrer dans le Gers dans mon état. Je rentrerai demain après avoir pelé et découpé mon cerf.

 

Alex

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2 février 2023 4 02 /02 /février /2023 19:45

Ce soir, en sortant du boulot, je pars faire un petit affût au sol pour tenter de flécher un sanglier. Les jours ont bien rallongé, le temps de sortir du boulot et d'arriver à la ferme, je me gare et commence à me préparer tranquillement. Le propriétaire arrive pour discuter un peu avant que je ne parte pour mon poste. J'ai repéré une grosse coulée quand Renaud est venu chasser, les sangliers y étaient passés en plein jour mais j'étais posté trop bas. Ce soir, je pars me poster plus haut dans le penchant boisé, entre 3 belles coulées. En rentrant dans le bois, je dérange un chevreuil qui démarre en aboyant et s'éloigne sans que je puisse le voir. Je me poste dans la végétation et coupe quelques petites branches pour libérer des fenêtres de tir. Une coulée passe à 10 mètres en contrebas, sur ma gauche, bien à découvert, une passe juste dans mon dos et la dernière passe à environ 15 mètres sur ma droite, au-dessus de moi mais plus dans le sale. Je pose mon arc à ma droite appuyé contre un arbuste et regarde un peu mon portable, le tapis de feuilles mortes est très bruyant, je vais entendre arriver les animaux de loin. Très vite, des bruits de pas se font entendre plus haut, derrière moi. J'éteins mon portable mais un chevreuil commence à aboyer sur place. Il m'a repéré. Il piétine un moment sur place en donnant de la voix avant de s'éclipser à grand bon sans jamais se montrer. Je l'écoute s'éloigner puis le calme revenu, je reprends mon portable mais rapidement des bruits de pas retentissent et j'aperçois un renard qui passe sur la coulée au-dessus de moi. Le temps de ranger mon portable et d'attraper mon arc, il a disparu dans le fourré, plus en arrière. Je pivote doucement vers la pente et commence à appeler. Immédiatement, je l'entends puis le vois revenir en rampant comme un chat en chasse. J'arme doucement mon arc, aligne ma visée vers lui et cherche une fenêtre de tir au travers de la végétation. Il stoppe, de face, à 12 mètres. Je décoche en visant son poitrail. Il me semble entendre un impact et le renard grogne en démarrant. Je l'entends s'éloigner rapidement puis ralentir puis il me semble l'entendre se débattre. Il fera vite nuit, je pars vérifier ma flèche.

La flèche ne porte aucune trace de sang mais une grosse touffe de poils est posée au sol sous le fût. Le renard a grogné, c'est sûr que je l'ai touché. J'ai déjà retrouvé des renards alors qu'il n'y avait aucun indice sur la flèche.

Un affût au sanglier qui se termine avec un magnifique renard, 2 février 2023

Sur la droite de la flèche, j'aperçois de petites gouttes de sang. J'allume la lampe de mon portable car la luminosité baisse vite et commence à chercher d'autres gouttes de sang. Je trouve rapidement un peu plus de sang sur les feuilles mortes.

 

Un affût au sanglier qui se termine avec un magnifique renard, 2 février 2023

La piste n'est pas constante, elle est souvent peu abondant puis commence à s'intensifier peu à peu.

Un affût au sanglier qui se termine avec un magnifique renard, 2 février 2023
Un affût au sanglier qui se termine avec un magnifique renard, 2 février 2023

Après environ 40 mètres de recherche, la piste devient très abondante et je la suis facilement.

Un affût au sanglier qui se termine avec un magnifique renard, 2 février 2023

Le renard, qui semblait suivre plus ou moins les coulées, commence à tourner et retourner dans le sous-bois avant de remonter une pente raide pour slalomer dans le fragon. La piste est très tortueuse en ne quitte pas le fragon très dense mais est toujours très abondante. Alors que je progresse bruyamment dans cette végétation dense, un animal démarre bruyamment à quelques mètres devant moi sans que je puisse le voir. Je me fige un moment. Plus rien ne bouge, je recommence à avancer un peu et l'animal redémarre sans que je puisse encore le voir, j'attends un peu. Plus rien ne bouge puis j'avance encore un peu. Mon renard surgit sur la droite du fragon et se débat au sol puis se traîne de quelques mètres en descendant, stoppe, repars sur quelques mètres, stoppe à nouveau puis se traîne encore un peu pour s'immobiliser sur le dos dans la végétation un peu plus bas. Il fera vite nuit noire, je pars le récupérer et faire quelques photos avant de rentrer. Ma flèche un peu trop basse lui a entaillé le poitrail, il a fait environ 80 mètres avant de stopper, c'est un superbe mâle.

Un affût au sanglier qui se termine avec un magnifique renard, 2 février 2023

Alex 

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9 août 2022 2 09 /08 /août /2022 21:50

Ce soir, il fait encore très chaud, je pars pour un petit affût près d'une zone de souilles vers 20 heures, alors que je longe un petit bois en bordure de tournesols, un brocard surgit de la bordure à environ 60 mètres, devant moi, puis prend le galop, le long des arbres, sur plusieurs dizaines de mètres avant de disparaître dans le bois. Je prends à gauche à travers les tournesols et rejoins le bas de la combe où je prends à gauche pour la suivre. Un peu plus loin, je ressors des tournesols et longe une grosse haie quand un autre brocard, plus jeune, démarre sur ma droite dans la friche et remonte au galop vers le bois. Il marque un arrêt à plus de 100 mètres, regarde vers moi qui me suis arrêté pour l'observer, avant de rentrer à couvert. Je passe une haie et prends à droite sur une grosse coulée qui suit une bande de prairie étroite, prise entre 2 bois. Le ru qui longe la lisière, à quelques mètres dans le bois de droite amène une fraîcheur relative dans ce bas-fond. Un peu plus loin, je prends à droite pour longer une grosse coulée, maculée de boue séchée, qui rentre dans le bois jusqu'à des souilles qui ponctuent le lit presque asséché du ru. À l'intérieur du bois le vent vient de ma droite. Je cherche un secteur pour me poster et élis un enchevêtrement de troncs en bordure du bois plus à ma droite. Je dégage un peu les ronces et autres petits branchages et rentre au milieu de ces arbres morts tombés au sol. 

L'attente commence. En face de moi, une grosse coulée descend le talus abrupt du bois, en direction des souilles. Une autre belle coulée arrive de droite en longeant l'autre berge du ru et plusieurs grosses coulées rentrent dans le bois tout autour de moi. Un peu avant 21 heures, des bruissements se font entendre dans mon dos, sur la droite, dans les herbes hautes de la bande étroite de prairie. Je me retourne doucement et aperçois une boule de poil roux qui bouge à environ 18 mètres, dans les herbes hautes. L'animal qui fouille dans la végétation relève la tête. C'est un renard. Un gros tronc suspendu au-dessus de moi m'empêche d'armer mon arc. Je passe dessous et tente de me redresser mais les ronces sèches au-dessus de de moi ne le permettent pas de lever mon arc sans bruit. Le sol très sec et les débris végétaux sont très bruyant et je peine à bouger sans bruit. Le renard regarde vers moi quelques fois et je me fige puis je le perds de vue dans les herbes hautes. J'essaie toujours de trouver une position pour armer mon arc quand il réapparaît, il avance tranquillement et vient se planter à 12 mètres devant moi. Je me contorsionne en pliant les genoux pour armer mon arc. Il regarde vers moi, je me penche doucement à droite pour trouver une fenêtre de tir au travers de la végétation, en équilibre sur un tronc posé au sol. Il regarde vers moi mais ne part pas, ma visée alignée, je décoche, l'impact retentit et le renard fait volte-face pour courir sur environ 20 mètres et tordant sa queue dans tous les sens avant de rentrer au bois d'en face, par une grosse coulée. Je suis, à l'oreille, sa course bruyante dans le bois épais puis le calme revient.

​​​​​​Je quitte mon poste pour aller chercher ma flèche que je la trouve assez rapidement. Elle est plantée au sol, une vanne est à moitié décollée. Je la ramasse pour l'inspecter mais à ma grande surprise elle ne poste aucune trace de sang, aucun poil et est complètement sèche et lisse. Je commence à douter mais la vanne décollée, le bruit de l'impact et la réaction du renard après le tir me disent que je l'ai touché. Je suis la direction de fuite sans trouver de sang jusqu'à l'entrée au bois où le renard a perdu une touffe de poils sanguinolente. J'aperçois ensuite quelques petites gouttes de sang dans la coulée qui rentre dans le bois. Je commence à les suivre, la piste est peu abondante mais les petites gouttes se succèdent. Je laisse mon arc au bord du bois car la végétation semble dense. Par moment le renard a frotté la végétation et a laissé plus de sang. La coulée est de plus en plus encaissée. J'avance petit à petit au milieu des épines plus ou moins serrées qui me griffent les bras et les flans et menacent déchirer mon T-shirt. Un bout de tripe est accroché dans les épines. Un peu plus loin, j'aperçois un terrier devant moi et le sang semble s'y diriger, je pense que ma recherche est terminée mais la piste, qui s'intensifie brusquement, passe sur la gauche du terrier et remonte le talus sur la gauche de la coulée. Le renard a tourné un instant sur un replat à quelques mètres du terrier et y a perdu beaucoup de sang. La piste remonte ensuite encore un peu plus pour rentrer dans un taillis très épais, je m'avance un peu quand un bruit me fait lever les yeux. Mon renard vient de démarrer dans le taillis pour se débiner. Il ne doit pas être en forme, je décide de le suivre. Je dois maintenant progresser à 4 pattes en suivant une coulée de sanglier très étroite. La piste est très abondante au sol et le renard a laissé de nombreux frottés sur la végétation. Les épines me lacèrent et je dois régulièrement décrocher mes vêtements pour ne pas les déchirer en avançant. Je trouve par moment des petits bouts de chair et de tripe dans les épines. Après environ 15 mètres, le renard redémarre devant moi, il plonge à gauche dans la bruyère très épaisse et je l'entends se débiner doucement sur quelques mètres. J'avance un peu pour atteindre une petite trouée, au départ de la coulée dans la bruyère, et me redresser. Je décide d'attendre 20 minutes avant de reprendre ma recherche. De temps en temps, j'entends bouger le renard dans la végétation mais il ne semble pas s'éloigner puis le calme s'installe. Le temps écoulé, je m'avance un peu dans la bruyère mais dois vite reprendre ma recherche à 4 pattes. Heureusement, je retrouve vite mon renard, couché sur le ventre sur la coulée, il semble vivant mais, alors que je le saisis pas la queue, il ne réagit pas. Il est mort. C'est un jeune mâle, ma flèche est entrée et sortie très en arrière mais a touché le foie. 

Je fais demi-tour et retourne vers mon arc pour une dernière torture infligée par les épines. Mon arc récupéré, je retourne me poster et pose mon renard près de moi. Malgré plusieurs bruits de pas tout autour de moi, dans les bois, je ne verrai rien sortir de plus avant la tombée de la nuit, il est temps de rentrer.

Un renard à l'affût, 9 août 2022

Alex

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1 janvier 2021 5 01 /01 /janvier /2021 20:06

Ce soir, je décide d'aller faire un affût à Traversères en espérant flécher un sanglier. Cela fait un bon moment que je n'ai pas eu d'occasion de tir. Arrivé à la ferme vers 16 heures, je pars à pied vers mon poste et tombe vite sur les traces d'une bande de sangliers qui a dû passer ce matin ou cette nuit, les feuilles mortes ont été retournées sur le chemin et je suis un moment les signes du passage des suidés avant de les perdre. Je poursuis jusqu'à mon poste à mi-pente dans une zone de bois clair qui sépare 2 zones très sales. Je me place au pied d'un gros arbre penché et couvert de mousse.

L'attente commence, un petit vent souffle sur ma droite d'où viennent généralement les sangliers. J'observe les alentours et tends l'oreille en espérant entendre ou voir quelque chose. Vers 17 heures, les geais donnent de la voix sur ma gauche. Quelque chose les a dérangé, c'est peut-être Lionel qui devait venir chasser ce soir, son poste est sur le penchant boisé opposé. Les cris des geais persistent un moment quand il me semble entendre une sorte de petit couinement plus bas sur ma gauche. Je tends l'oreille mais plus rien à part les geais qui crient maintenant sur les 2 penchant boisés.

Le calme revient juste ponctué par les cris et le passage de quelques perles puis d'un pic épeiche. Au bout d'un moment les couinements se font entendre mais plus proches. Ils semblent venir de la haie qui borde un petit ruisseau à sec en bordure de la prairie qui borde mon penchant de bois. Peu de temps après, 2 chevreuils détalent en donnant de la voix sans que je puisse les voir. Quelque chose vient de les déranger sur le penchant de bois opposé, très certainement les sangliers.

Vers 17h15, une palombe vient se poser bruyamment à 35 mètres dans mon dos sur une branche basse. Elle reste un moment immobile alors que je l'observe par moment puis elle commence à s'agiter et volette de branche en branche pour rejoindre un chêne couvert de lierre où je la perds de vue. Brusquement, un bruit dans la végétation qui me semble venir de la droite me fait me retourner et accrocher mon décocheur. Je scrute le secteur mais rien ne vient quand un léger bruissement me fait tourner la tête à gauche. Un superbe renard arrive tranquillement à environ 10 mètres en contrebas. Je pivote doucement, il stoppe derrière des branchages et marque son territoire d'un jet d'urine sur un arbuste. J'arme mon arc, il repart tranquillement, je le suis dans mon viseur au travers de la végétation. Il oblique un peu pour remonter tranquillement. Un petit cri de souris étouffé en aspirant de l'air entre mes lèvres pincées et il stoppe net, presque plein travers pour regarder vers moi. Ma visée est calée, dans une trouée de la végétation, je décoche. Un impact très sonore retentit et le renard fait volte-face pour revenir d'où il venait. Je le perds de vue après un peu plus de 40 mètres de course alors qu'il rentre dans le sale. Je suis encore, un court instant, sa fuite très bruyante à l'oreille puis le calme revient après un gros fracas dans la végétation.

Je reste Immobile un moment en espérant voir arriver un sanglier avant la nuit mais la luminosité baisse vite dans le bois et je décide de quitter mon poste pour aller chercher ma flèche que je retrouve vite, plantée au sol et presque recouverte de feuilles mortes.

Première flèche de l'année, 1 janvier 2021

Je la récupère pour l'inspecter, les feuilles mortes très humides l'ont lavée mais quelques poils et un peu de sang me confirment que j'ai bien touché le renard. Je remets ma flèche au carquois et commence ma recherche mais impossible de trouver du sang. Je zigzague sur la direction de fuite pour tenter de recouper la piste à la lueur de ma frontale mais rien, pas le moindre indice. Je finis par aller droit vers l'endroit où je l'ai perdu de vue mais rien non plus. J'inspecte les coulées en éventail qui partent de ce point et finis par trouver un peu de sang à environ 10 mètres sur une feuille morte de chêne posée au sol au milieu du passage. Je poursuis ma recherche à quatre pattes car le sang est très difficile à voir sur le sol détrempé. Le sang me fait prendre à droite vers un amas d'épines noires mortes tombées au sol. Le renard semble s'être faufilé au travers de ces branches mortes et je peine un peu à démêler cette piste tortueuse au travers des épines. Je trouve une touffe de poils collée par le sang sous les épines. Heureusement, le sang devient de plus en plus abondant. Les gouttes au sol alternent avec les frottés sur les ronces et la végétation. Je retrouve mon renard après environ 70 mètres de recherche, il est mort sous un genévrier.

Première flèche de l'année, 1 janvier 2021

Je le dégage de là, ma flèche au défaut de l'épaule ressort plus en arrière au niveau des viscères qui bloquaient en partie l'hémorragie. C'est un superbe mâle, je fais quelques photos souvenirs avant de retourner à ma voiture.

Première flèche de l'année, 1 janvier 2021

Alex

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18 octobre 2020 7 18 /10 /octobre /2020 20:05

Depuis plusieurs semaines, mon voisin Julien m'a demandé si je pouvais l'amener chasser avec moi, il n'est pas chasseur mais est curieux de connaître la chasse à l'arc. Après plusieurs rendez-vous manqué à cause de nos emplois du temps respectifs que nous n'arrivions pas à faire concorder, ce soir, nous partons pour un affût au sanglier sur Traversères. Depuis quelques jours, une bande de sangliers s'attaque au jardin potager du propriétaire et je décide de me poster sur ce secteur pour tenter d'en flécher un. Je me gare à la ferme puis descends avec Julien sous le potager pour voir si les sangliers sont passés de frais. Le sarrasin est ponctué de quelques coups de nez récents mais pas frais. J'hésite un peu sur l'endroit où nous poster. Le vent vient de gauche, je décide d'aller vérifier quelques petites remises sur le penchant de friche boisé sur la droite du jardin. Le vent n'est pas bon mais je saurai si les sangliers sont sur le secteur. Nous partons donc vérifier 2 remises, nous faisons beaucoup de bruit en marchant sur les feuilles mortes qui ont bien séchées après quelques jours de temps sec. Pas de sanglier, nous descendons donc au bord d'une langue de luzerne, au fond de la combe et tombons sur un coulée très fréquenté qui longe le bois côté culture. Un chevreuil nous observe au bout de la langue de luzerne. De très nombreux pieds de sangliers ponctuent la coulée. Je la suis tranquillement pour voir où les animaux passent, le chevreuil détale et rentre au bois. Nous arrivons un peu plus loin à une belle coulée qui remonte, sur notre gauche, dans le penchant boisé, en dessous du potager. Le vent est face à nous, 2 belles coulées arrivent du bois d'en face à environ 20 mètres. Je décide de me poster sur un replat, sur notre gauche en bordure de la luzerne dans le penchant boisé. Nous remontons par la belle coulée jusqu'au replat puis nous nous décalons sur la droite, dégageons le sol pour éviter de faire du bruit en bougeant puis je casse quelques branches pour dégager les angles de tir et l'attente commence.

La soirée est très calme et mon voisin peu habitué à attendre sans bouger trouve le temps long. Les cris des geais dans le bois d'en face nous remettent sur nos gardes mais rien ne vient. Un rouge gorge nous tourne autour un moment et la luminosité baisse tranquillement quand le bois s'anime de chants de nombreux oiseaux (merle, troglodyte,…) pendant un moment avant le retour au calme. Les chiens de la ferme du voisin, aboient au-dessus du bois d'en face, ils ont dû entendre les sangliers mais toujours rien vue. Un petit animal de la taille d’un rat ou d’une belette dévale bruyamment la pente boisée et me passe à 2 mètre sur ma gauche pour disparaître sous le tronc d’un chêne un peu plus bas. Il va faire nuit dans quelques minutes, je commence à appeler en imitant des cris de souris. Très rapidement, une hulotte nous fonce dessus et bifurque à 50 centimètres de la tête de mon voisin pour aller se poser sur un arbre à notre droite. Je poursuis mes appels, une seconde arrive  et nous passe juste au-dessus de la tête pour aller se poser derrière nous. Je continue à appeler et c'est alors qu'un mouvement attire mon attention dans la luzerne. Un renard arrive sur nous et je le signale à mon voisin. Il s'arrête pour regarder vers nous, j'appelle à nouveau, il repart et s'arrête à environ 15 mètres derrière les branchages. J'arme doucement mon arc et rappelle, il s'avance et se présente de 3/4 face à 12 mètres en dessous de nous. Je le vois à peine dans la faible luminosité, j'aligne ma visée et décoche. Je ne vois pas l'impact mais l'entends distinctement, ma flèche est rentrée dans l'épaule et ressorti en arrière des côtes. Le renard démarre en trombe dans la luzerne. Alors que nous descendons pour aller le chercher, un animal démarre bruyamment juste à ma gauche, très certainement un autre renard que je n'avais pas entendu arriver. Je retrouve vite ma flèche plantée à l'endroit du tir, elle est couverte de sang et de poils. Nous trouvons vite le sang et je commence à le suivre pour vite retrouver mon renard, il est tombé à 6 mètres de l'impact. Après quelques photos il est temps de rentrer... mon voisin qui avait trouvé l'attente ennuyeuse me demande quand nous pourrons remette ça.

Un affût sanglier en compagnie de mon voisin non chasseur, 18 octobre 2020

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, rarement le télémètre)... souvent juste mon arc, mon couteau et mon appareil photo, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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