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12 mars 2020 4 12 /03 /mars /2020 17:01

Hier soir, Gaston m'a proposé de m'amener chasser vers 8 heures, à l'approche sur le camp. Je trouve l'horaire un peu tardif mais il m’annonce que c'est assez tôt. Je suis réveillé vers 7 heures et tourne un moment sans trop savoir quoi faire. Il va encore faire très beau aujourd'hui. Je me prépare puis toque à la chambre de Gaston que je réveille un peu en sursaut. Il se prépare rapidement puis nous mangeons un bout avant de prendre la piste.

Chroniques argentines, les sangliers

Nous retournons sur le secteur où j'ai fléché mon renard hier soir. Nous passons près de l'endroit où j'ai tué mon buffle, les buffles sont moins nombreux mais sont sur le secteur ce matin. Alors que je descends de la voiture pour ouvrir la barrière qui barre la piste, le grand mâle aux cornes cassées est sur la bordure droite de la piste, en face du réservoir d'eau à environ 20 mètres de la clôture. Je m'approche tranquillement de la clôture et fais quelques photos avant qu'il ne se décide à rentrer dans le fourré et disparaître.

Chroniques argentines, les sangliers
Chroniques argentines, les sangliers

Nous passons la barrière et je la referme avant de partir pour notre zone de chasse. Sur notre gauche nous longeons un immense parc fermé par de hautes clôtures.

Chroniques argentines, les sangliers

C'est le parc dont nous a parlé Gonzalo hier soir. Dans le passé, il contenait des cerfs et des antilopes cervicapres que Gonzalo faisait chasser mais une terrible sécheresse a entraîné la mort d'une grande partie des animaux de l'enclos et Gonzalo a dû se résoudre à lâcher les survivants pour leur laisser une chance de survie. Les antilopes ont été décimée par la prédation du puma pour les adulte et des renards pour les jeunes mais les cerfs se sont très bien acclimatés et ont colonisé la région bien que je n'aurais jamais pensé voir des grands cerfs dans un territoire non boisé et aussi désertique. Les clôtures du parc ne sont aujourd'hui plus étanches et les animaux peuvent y rentrer et en sortir librement. Nous nous garons un peu plus loin près des moulins

Chroniques argentines, les sangliers

alors qu'un couple de canards décolle du petit plan d'eau sur notre gauche.

Chroniques argentines, les sangliers

Les 2 moulins servent de support à des nids de grosses perruches.

Nous longeons la clôture à notre droite, passons une barrière en bois, passons près des moulins et du bassin puis partons sur la gauche pour longer une clôture bordée d'arbustes à gauche de laquelle s'étend une bande sablonneuse dégagé bordant un fourré. Gaston aperçois un jeune cerf de l'année au loin et me le montre. L'animal semble inquiet et biaise vers la clôture puis cherche un passage au travers de cette dernière en venant vers nous disparaissant par moment dans les arbustes qui bordent la clôture. Nous continuons à avancer tranquillement en longeant les arbustes. Le jeune cervidé finit par nous apercevoir alors que nous arrivons à un peu plus de 100 mètres de lui. Il se fige, nous regarde avancer vers lui un court instant puis fait volte-face et retourne vers le fourré sur notre gauche où il disparaît. 

Gaston décide de faire demi-tour pour aller longer un fourré plus à droite. Arrivés au coin du fourré nous commençons à le longer sur un sentier sablonneux bordé par un talus surmonté d'une clôture prise dans des buissons qui bordent un autre fourré. Nous avançons en silence sur ce sol souple quand des grognements se font entendre à quelques mètres dans le fourré et un sanglier démarre sans que nous puissions le voir dans l’épaisse végétation. J'accroche mon décocheur et avance tout doucement de quelques mètres quand un joli ragot démarre à 5 mètres de moi et se débine dans le fourré. Je stoppe quelques secondes pour écouter puis reprends ma progression lente mais une fois de plus je le relève quelques mètres plus loin mais cette fois il s'enfonce dans le fourré et disparaît pour de bon.

Chroniques argentines, les sangliers

Nous continuons doucement le long du fourré quand un sanglier sort sur le sentier à environ 100 mètres de nous. Il tourne un peu puis traverse le sentier et disparaît dans les arbustes du talus du gauche. Une bande de sangliers sort alors du fourré sur ses traces et traverse le sentier pour remonter le talus et passer la clôture. Je serre le fourré et tente une approche rapide mais les derniers sangliers traverse avant que j'arrive assez proche d'eux pour espérer tenter une flèche. Nous cherchons sons succès un passage praticable pour passer la clôture au sommet du talus sur notre gauche. Gaston décide de faire demi-tour. Nous retournons vers le réservoir d'eau et les moulins et débouchons sur une prairie d'herbe sèche bien jaune. Au loin, une masse sombre m'interpelle contre un petit buisson vert au milieu de cette prairie. Je la montre à Gaston mais nous n'arrivons pas à savoir s'il s'agit d'un animal ou d'un bout de bois. Nous nous rapprochons doucement quand j'aperçois des oreilles. C'est un lièvre, je me décale pour positionner le buisson entre moi et le lièvre et commence une approche lente ainsi caché.

Chroniques argentines, les sangliers

J'essaie d'éviter les débris végétaux craquants en posant mes pieds et arrive à environ 10 mètres du buisson. Je me décale doucement à droite en armant mon arc.

Chroniques argentines, les sangliers
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J'aperçois le cul du lièvre et me décale encore un peu pour voir la zone vitale puis aligne ma visée

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avant de décocher.

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A l'impact ma flèche soulève le sable et je vois voler une grosse touffe de poils blancs.

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Le lièvre démarre en trombe sur environ 70 mètres, le flanc rougit, vacille et s'écroule. Je m'approche pour récupérer ma flèche restée juste à l'endroit de l'impact mais un peu décalée par la fuite du lièvre.

Chroniques argentines, les sangliers

Je pars, avec Gaston, en direction de l'endroit où j'ai vu tomber mon lièvre. En chemin je tombe sur les traînées de sang bien visibles qu'il a laissé dans sa fuite.

Chroniques argentines, les sangliers
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Je retrouve facilement mon lièvre qui a perdu beaucoup de sang, ma flèche basse et un peu trop en arrière a tout de même fait son travail. Après quelques photos souvenir

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nous retournons vers les moulins pour chercher ma flèche perdue hier soir et que la tombée de la nuit ne nous a pas permis de chercher très longtemps. En chemin nous décidons d'aller faire le tour des points d'eau du secteur pour voir s'il y a du passage de sanglier. Le premier point d'eau est plus une grosse flaque boueuse, quelques traces de sangliers attestent d'un passage qui ne semble pas frais. Le second point d'eau est une mare d'eau verte à l'odeur de cadavre à la limite du supportable. Des os de vache en son centre attestent qu'un bovin est venu y mourir et sa décomposition a souillé cette eau putride. Nous continuons vers la zone où j'ai perdu ma flèche et tournons un moment sans plus de succès que la veille quand j'aperçois un insecte entrant dans une touffe d'herbe sèche. Curieux, je m'approche et semble reconnaître une sauterelle, je tente de l'attraper pour la regarder de plus près et curieusement, au lieu de tenter de s’échapper en sautant, elle s'enfonce au plus profond de la touffe d'herbe en écartant ses élytres laissant apparaître une seconde paire d'aile bien rouge. Je saisis cet insecte par les ailes et l'extirpe de cette touffe de végétation.

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Je la repose au sol pour la prendre en photo dans son milieu naturel mais curieusement elle ne tente pas de fuir en sautant, elle se contente de marcher tranquillement.

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Alors que j'approche un peu trop mon appareil photo de cette dernière, elle ouvre ses élytres laissant apparaître ses ailes rouges c'est alors que je comprends, cette espèce s'est adapté à la région.

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J'ai vu de nombreuses guêpes noires avec des reflets bleutés et des ailes rouges qui viennent boire au bord des points d'eau. Ces guêpe prédatrices d'araignées semble avoir une piqûre très douloureuse et cette sauterelle au lieu de fuir tente de se faire passer pour cet insecte auquel il ne vaut mieux pas se frotter, la nature est incroyable.

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Nous retournons à la voiture, je suis en train de ranger mon arc quand Gaston m'annonce un renard qui passe tranquillement à 20 mètres de nous sans se soucier de notre présence. Je récupère vite mon arc, Gaston commence à appeler le renard baise pour venir se présente à une dizaine de mètre en 3/4 face. J'arme doucement mon arc, vise et décoche. Touché mortellement le renard démarre en trombe, fait une boucle d'environ 15 mètre et chute. Il se débat un peu au sol et s'immobilise rapidement. Je n'en crois pas mes yeux, en France, un renard serait parti rapidement alors que ce dernier est venu vers la voiture alors que j'étais bien visible, à découvert.

Je pars voir mon renard de plus près, vu sa dentition usée, c'est un spécimen d'un certain âge. Ma flèche rentre défaut avant d'épaule et ressort derrière l'épaule opposée. La journée commence bien.

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Nous reprenons la voiture et rentrons. Arrivés à la ferme nous décidons d'aller faire un tour autour des bâtiments. De nombreux maras occupent les lieux ils sont dispersés par petits groupes ou par couples. Souvent assis à l'ombre des quelques arbres épars qui trônent au milieu de celle prairie jaunie d'herbe rase et sèche. Les maras se laissent approcher à environ 50 mètres avant de s'éloigner pour se recaler un peu plus loin. Au loin une clôture sépare cette propriété de la voisine, Gaston me fait remarquer quelques nandou le long de cette dernière. Ces gros oiseaux ont une vue incroyable car ils nous ont repérés à plusieurs centaines de mètres et se sont éclipsés en un éclair alors que nous ne regardions pas vers eux. 

Le soleil est brûlant, il va être l'heure de manger nous rentrons tranquillement en direction d'une grande flaque d'eau peu profonde, alimentée par un tuyau venant d'un des bassins alimenté par les moulins. 2 renards surgissent de nulle part pour venir boire à ce point d'eau. Ils sont à environ 150 mètres, nous sommes à découvert et pressons le pas pour nous caler au pied d'un gros arbre, en France, les renards seraient déjà partis mais ne semble pas faire attention à nous. Nous tentons de les appeler, l'un d'eux, le plus âgé semble d'abord intéressé puis nous contourne par la gauche pour disparaître dans la prairie 

alors que l'autre, après avoir bu, s'éloigne par notre droite sans prêter attention à nos appels, ils sont certainement un peu plus aguerris que leurs confrères qui vivent plus loin des habitations car ici ils sont régulièrement tirés à cause de leur penchant pour la viande d'agneau et de dindon. Nous continuons jusqu'au point d'eau pour regarder les traces. De nombreux têtards s'agitent dans les trous formés par les pieds des animaux et de nombreuses grandes guêpes aux ailes rouges tournent sur le secteur. Il fait vraiment très chaud, au loin une belle biche profite de l'ombre de l'arbre sous lequel nous avons vu les premiers maras en arrivant hier en début d'après-midi.

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Nous passons près du hangar pour renter, l'employé de Gonzalo a commencé à préparer mon crâne du buffle.

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Nous retrouvons Gonzalo pour le repas de midi et en profitons pour regarder plus en détail les trophées impressionnant de sanglier qui ornent les murs de la salle à manger, d'après Gonzalo, l'un d'eux est référencé comme étant un des meilleurs mondiaux.

Chroniques argentines, les sangliers
Chroniques argentines, les sangliers
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L'album photo fait rêver lui aussi, le nombre de sangliers bien armés est impressionnant. Les photos de sangliers côtoient également de nombreuses photos de prélèvement de pumas et de quelques grands cerfs.

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Après manger, nous partons faire une petite sieste car ce soir nous avons décidé d'aller chasser le sanglier à l'affût. N'arrivant pas à dormir, je décide d'aller continuer le décharnage du crâne du buffle. Il fait près de 45°, la chaleur est impressionnante. Gaston me rejoint un peu plus tard, nous passons le reste de l'après midi à l'ombre en nous mouillant régulièrement pour nous rafraîchir. En fin d'après midi, nous nous préparons puis partons pour notre poste pour attendre les sanglier. Gonzalo nous a conseillé un moulin isole en bordure de la piste, un peu plus loin que la où nous avons chassé ce matin. Nous posons nos affaire près du moulin puis Gaston pars garer la voiture un peu plus loin alors que j’aménage l’affût. Une plateforme en bois a été installée à environ 3 mètres du sol dans l'armature métallique du moulin. Je monte nos affaires sur cette plateforme puis monte installer les 2 fauteuils de camping et ranger un peu nos affaires pour nous permettre de bouger sans bruit sur la plateforme d'environ 4 m². Devant moi, le réservoir d'eau clôturé qui fuit alimente un point d'eau boueux et très peu profond d'environ 100 m², il est marqué de plusieurs belles souilles de sangliers et de très nombreuses traces, sur la droite 2 abreuvoirs sont disposés dos à dos et sont séparés par des clôtures une ouverte sur la piste derrière moi et l'autre sur une étendue buissonneuse à perte de vue et le point d'eau de l'autre côté.

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A environ 50 mètres du point d'eau sur ma droite se trouve un affût perché pour les tirs à la carabine. Un filet vert d'environ 1 mètre de hauteur nous cachera partiellement côté point d'eau et sur les côtés, je télémètre 25 mètres jusqu'au point d'eau, cela fait un peu loin surtout pour un tir de nuit, j'espère que les sangliers s'approcheront un peu plus. Gaston me rejoint, il commence par aller jeter quelques poignées de maïs au bord du point d'eau

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puis nous nous installons sur nos fauteuils et l'attente commence. Assez rapidement, un renard surgit de nulle part. Nous l'apercevons en train de boire tranquillement au pied du réservoir à environ 17 mètres. Gaston allumé son appareil photo et commence à filmer alors qu'il commence à appeler et que je me lève doucement en armant mon arc. Le renard passe sous la clôture et arrive tranquillement pour se planter de face à environ 10 mètres. Je cale ma visée sous son cou et décoche. Touché où je visais il s'effondre sur place.

Je scrute autour de l’affût, un renard longe la piste à environ 40 mètres dans notre dos, je tente de l’appeler mais il rentre dans la végétation et disparaît. Un autre le suit quelques minutes plus tard mais refuse également de se rapprocher. Un peu plus tard un lièvre à qui il manque une oreille arrive par l’arrière du réservoir et s’approche doucement du point d’eau en surveillant les alentours lors de plusieurs arrêts. Arrivé au bord de l’eau, il boit un instant puis se dirige vers nous pour stopper à 15 mètres sur la gauche de l’affût. Gaston me dit de le tirer mais je refuse, j’ai déjà fait un lièvre ce matin et je n’ai pas envie d’en tirer un autre. Le lièvre s’éloigne et revient se positionner plein travers près de l’affût, Gaston me dit à nouveau de tirer mais je ne bouge pas. Le lièvre part un peu plus loin puis revient se positionner plein travers à 8 mètres sur notre gauche, Gaston me répète encore de tirer ce lièvre. Je finis par craquer, je me lève doucement, arme mon arc et vise le défaut de l’épaule avant de décocher. Ma flèche rentre pile où je la voulais, le lièvre fait un bond spectaculaire en avant et semble marcher debout sur ses antérieurs sur quelques mètres avant de reposer les pattes avant au sol. Il fait une petite bouche vers la piste, s’assoie près d’un buisson à 15 mètres de l’endroit du tir, vacille et tombe sur le flanc puis donne de grands coups de pattes arrière et disparaît derrière un buisson dans un gros nuage de poussière. Les vaches, taureaux et veaux se succèdent à l’abreuvoir. Le calme revient seulement perturbé, quand le vent se pose, par le bruit du gaz qui s’échappe d’une génisse morte quelques mètres derrière l’affût et gonflée par la chaleur. Se soleil baisse sur l’horizon quand j’aperçois furtivement une silhouette noire qui traverse la piste à environ 400 mètres sur ma droite. Je l’indique à Gaston, c’est un sanglier, il vient vers nous au travers des buissons trop bas pour le cacher. L’excitation monte mais alors qu’il n’est plus qu’à 70 mètres, j’aperçois des petits à sa suite et me rends compte qu’il s’agit d’une laie de moins de 50 kg. Elle rejoint quelques arbustes près du point d’eau, hume et observe le secteur un instant puis entraîne ses 4 marcassins jusqu’à l’eau avant de se bauger dans cette eau peu profonde.

Chroniques argentines, les sangliers

quand j’aperçois furtivement une silhouette noire qui traverse la piste à environ 400 mètres sur ma droite. Je l’indique à Gaston, c’est un sanglier, il vient vers nous au travers des buissons trop bas pour le cacher. L’excitation monte mais alors qu’il n’est plus qu’à 70 mètres, j’aperçois des petits à sa suite et me rends compte qu’il s’agit d’une laie de moins de 50 kg. Elle rejoint quelques arbustes près du point d’eau, hume et observe le secteur un instant puis entraîne ses 4 marcassins jusqu’à l’eau avant de se bauger dans cette eau peu profonde.

Chroniques argentines, les sangliers

L’excitation monte mais alors qu’il n’est plus qu’à 70 mètres, j’aperçois des petits à sa suite et me rends compte qu’il s’agit d’une laie de moins de 50 kg. Elle rejoint quelques arbustes près du point d’eau, hume et observe le secteur un instant puis entraîne ses 4 marcassins jusqu’à l’eau avant de se bauger dans cette eau peu profonde.

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Les marcassins pataugent en bordure de l’eau et trouvent vite le maïs qu’ils commencent à manger. La petite famille tourne et retourne dans l’eau alors qu’un renard tourne derrière l’affût.

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Alors que j’observe les sangliers, Gaston me signale qu’un renard mange la vache morte sur ma gauche. Je me lève doucement et arme mon arc. Un piquet de la clôture et les fils de fer compliquent mon tir. A chaque fois que le renard mange, le piquet masque sa zone vitale. Je vise un moment en tentant de trouver le passage idéal pour ma flèche et profite d’un moment où le renard est à l’écoute pour caler ma visée. Ma flèche le traverse et il traverse la piste au galop passe une zone dégagée et s’arrête devant quelques buisson. Son flanc est rouge de sang, il vacille puis redémarre et disparaît derrière les buissons d’où je ne le vois pas ressortir. La laie grogne et rappelle ses marcassins avant de se débiner dans la végétation épaisse en face de l’affût. La nuit tombe

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nous attendons dans le noir à l’affût. Les silhouettes des vaches se succèdent pour venir boire quand, alors que le vent se pose et que le moulin s’arrête, un petit bruit d’eau se fait entendre devant l’affût, j’éclaire avec ma lampe rouge et aperçois un renard qui boit où buvait le premier renard que je flèche ce soir. J’éteins ma lampe et l’attente reprend. Au bout d’un moment un bruit métallique attire notre attention malgré le vacarme du moulin. Une bande de sangliers arrive par la piste dans notre dos, ils traversent la piste et longent la clôture de l’autre côté des abreuvoirs à environ 40 mètres sur ma droite. Plusieurs petits sangliers arrivent au point d’eau, un plus gros suit assez rapidement mais d’autre restent en retrait et grognent le long de la clôture puis finissent par rejoindre les autres. Nous distinguons 2 sangliers adultes et plusieurs petits dans la pénombre sur le reflet bleuté du point d’eau. Nous allumons la lampe et nous constatons vite qu’il s’agit de 2 laies d’environ 50 à 60 kg et de6 ou 7 bêtes rousses d’environ 15 à 20 kg. Rien que je veuille tirer, je suis là pour un beau mâle. Les sangliers tournent en bordure du point d’eau en mangeant le maïs. Nous les éclairons régulièrement pendant de longues minutes sans qu’ils ne s’inquiètent. Vers 23 heures, les sangliers sont toujours là mais je commence à fatiguer et je décide de rentrer. J’éclaire le secteur, des yeux brillent de toutes parts, nous sommes cernés par les renards. Nous descendons tranquillement nos affaires et je vais récupérer mon premier renard sans que les sangliers ne semblent vouloir partir. Je le rapproche de mes affaires alors que Gaston me donne la flèche de mon second renard qu’il vient de récupérer. Nous partons chercher mon second renard mais en arrivant où je pense qu’il est tombé impossible de trouver ni sang ni renard. Je reviens vers l’affût et éclaire le paysage pour confirmer l’endroit puis tente de trouver du sang. Au bout d’un moment je trouve un petit bout de tripe sous la clôture puis quelques gouttes sur le sable damé de la piste mais ce dernier bien sec est quasiment invisible. Je peine énormément à suivre la piste peu abondante et très dure à voir sur le sable. En arrivant où le renard s’est arrêté nous perdons le sang. Gaston s’avance dans la végétation et tombe sur mon renard, 10 mètres plus loin. Il a fait environ 100 mètres. Ma flèche est un peu en arrière. Nous partons chercher mon lièvre, alors que nous longeons les buissons un renard arrive vers nous dans le faisceau de la lampe. Gaston l’appelle et il vient à nos pieds. Il reste un instant dans nos pieds alors que nous nous dirigeons vers mon lièvre. Des yeux brillent dans le faisceau de la lampe un peu plus en avant. Plusieurs renards se disputent mon lièvre qu’ils ont déjà presque entièrement dévoré. Ils ne partent qu’au moment où nous arrivons à 1 mètre du lièvre dont il ne reste presque plus rien. Nous retournons à nos affaires pour faire une photo des renards avant de rentrer.

Chroniques argentines, les sangliers

 

Alex

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10 mars 2020 2 10 /03 /mars /2020 13:08

Ce matin, réveillés vers 6 heures, nous nous préparons tranquillement avant de prendre la route en direction de Rio Colorado dans la province de Rio Negro en limite de la province de la Pampa et de celle de Buenos-Aires. Nous sortons de Puerto Madryn alors que le jour se lève tranquillement, le paysage très plat, semi-désertique s'étend à perte de vue.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Le sol sablonneux est ponctué d'arbustes souvent épineux plus ou moins espacés. En route, je peux apercevoir quelques guanacos (lama gnanicoe) et un grand groupe de nandous (Rhéa americana) dont il existe plusieurs sous espèces en Argentine. Gaston m'explique qu'il existe 2 variétés bien reconnaissables une nommée "ñandú" vivant au nord et une autre nommée "choique" vivant au sud et de taille plus modeste. De grandes zones ont brûlé de part et d'autre de la route laissant des paysages désolés et noircis, les parcelles qui ont brûlées depuis plusieurs années reverdissent au milieu des arbustes morts. Nous croisons par moment ce qui semble être des lacs mais qui ne sont que des étendues de sable desséchés par le soleil qui peuvent se transformer ponctuellement en plans d'eau peu profonds lors de fortes pluies.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Nous devons nous arrêter plusieurs fois pour mettre de l'essence et arrivons vers 12h30 à Rio Colorado. Dès l'entrée de la petite ville, une grande silhouette de sanglier annonce la couleur. Nous entrons au pays de la bête noire, une région réputée pour ses grands trophées.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Nous faisons une halte au snack le Roma pour manger un morceau avant de poursuivre jusqu'au camp de chasse de Aguilar par une piste pierreuse sur laquelle le pick-up de Gaston, lancé à vive allure, soulève un épais nuage de poussière blanche.

Nous finissons par quitter la piste, sur notre droite, par un chemin sablonneux moins bien entretenu et barré par plusieurs barrières qu'il nous faut ouvrir et refermer sur notre passage. Nous commençons à croiser de plus en plus de vaches, de petite corpulence par rapport à nos races françaises elles portent rarement des cornes et leur robe rousse ou noire est ponctuée de grosses taches blanches. En approchant d'une habitation, nous tombons sur un véritable charnier. De nombreuses carcasses de bovins, plus ou moins vieilles, jonchent le sol au milieux d'ossements blanchis et craquelés par le soleil et de carcasses dont ne subsistent que quelques os tenus entre eux par des peaux desséchées. Nous pouvons, de là, apercevoir le camp un peu plus loin. Ici c'est une zone d'élevage extensif de vaches, moutons et chevaux sur des propriétés avoisinant les 10 000 hectares et divisées par quelques clôtures non étanches qui laissent passer les animaux sauvages.

Nous passons une dernière barrière. Sur la gauche du chemin se trouve une pâture desséchée et jaunie par le soleil au milieu de laquelle trône un bel arbre dont toutes les branches basses ont été broutées à hauteur du bétail. 2 gros maras et un jeune sont assis près du tronc et profitent de l'ombre providentielle sous ce soleil de plomb. Il fait 35° en ce début d'après-midi. Nous arrivons enfin au camp, accueillis par le gérant qui lui aussi ne parle qu'espagnol et qui gère cette propriété détenue par des français. Il élève des moutons, des vaches et quelques chevaux mais fait aussi guide de chasse sur cette propriété où il a introduit, il y a de nombreuses années, des buffles qui sont, à l’exception de 3 (c'est à partir de ces 3 animaux que s'est constitué le cheptel sauvage actuel),  tous morts lors d'une grande sécheresse et des cerfs élaphes qui côtoient ici une faune assez variée : sangliers (introduit eux aussi en Argentine pour leur chasse par quelques propriétaires, ils sont en pleine expansion dans le pays), pumas, guanacos, renards, maras, lièvres, nandous et autres oiseaux de toutes sortes. La basse-cour est très fournie, de très nombreux dindons errent en tous sens au milieu de quelques poules.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Le camp est composé de 2 vieilles habitations non attenantes et d'une grande dépendance.

Chroniques argentines 2019, le buffle
Chroniques argentines 2019, le buffle
Chroniques argentines 2019, le buffle

Le tour des bâtiments est planté de nombreux arbres qui donnent un peu d'ombre. Ce désert est posé sur une rivière souterraine très abondante sur laquelle ont été creusés des puits d'où des moulins à vent font jaillir une eau fraîche alimentant des bassins,

Chroniques argentines 2019, le buffle

eux-mêmes alimentant les abreuvoirs du bétail sans qui l'élevage serait impossible.

Le gérant nous invite à prendre un rafraîchissement avant de nous montrer nos chambres chacune équipée d'une salle de bain avec WC.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Alors que nous sortons des chambres, il nous montre une mue de cerf impressionnante qui pèse plusieurs kilos, il l'a trouvé sur son domaine. Il semble que certains cerfs portent des superbes trophées dans le secteur.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Nous déchargeons nos affaires que nous rangeons dans les chambres puis partons tirer quelques flèches pour vérifier les réglages. Mon arc semble toujours bien réglé. Le gérant semble dire que mes chances de tirer à 30 mètres et peut être moins sont relativement bonnes, je préfère car je suis peu habitué aux tirs à fortes distances qui se pratiquent beaucoup dans ces paysages plats et ouverts de l'Argentine. Il confirme, comme m'en a déjà parlé Gaston, que les buffles n'ont aucun prédateurs et sont peu chassés, ils ne craignent donc pas vraiment l'homme et peuvent facilement charger. Il me demande si je suis prêt à prendre la première occasion de tir car il craint que je fasse comme certains chasseurs à la carabine qui attendent toujours mieux et laissent passer leurs occasions de tir. Il m'explique que la chasse peut être très facile comme très compliquée, par temps chaud et sec les buffles tournent autour des zones d'eau mais s'il pleut les buffles s'éparpillent et sont alors très difficiles à trouver au milieu d'une végétation arbustive plus ou moins haute. Je lui confirme que je suis prêt à tirer ce soir si l'occasion se présente.

Nous allons partir chasser en fin d'après-midi, je pars donc me préparer puis nous discutons un peu avant de monter dans les pick-up. Le gérant ouvre la marche, il n'a pas pris de carabine car Gaston lui a bien expliqué que je voulais commencer et finir la chasse à l'arc quoi qu'il se passe. Nous passons une barrière au milieu des moutons que nous refermons alors qu'un vol de conures de Patagonie (Cyanoliseus patagonus) décolle des arbres à notre droite pour aller se poser un peu plus loin.

Chroniques argentines 2019, le buffle
Chroniques argentines 2019, le buffle

Un couple de vanneaux téro (Vanellus chilensis) posés au sol pousse des cris d'alerte en marchant à environ 30 mètres des voitures.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Nous prenons la piste au milieu d'un paysage toujours sablonneux et couverts d'arbustes plus ou moins épars.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Au loin un moulin se dessine. Nous nous garons un peu avant ce dernier

Chroniques argentines 2019, le buffle

et avançons tranquillement vers le bassin qui nous cache un peu le paysage à l'arrière. D'un coup de jumelles rapide, le gérant nous annonce que les buffles sont là. Nous pouvons en voir quelques-uns qui s'éloignent vers l'arrière du bassin. Il semble y avoir au moins un mâle. Nous nous approchons doucement du bassin. Le gérant ouvre une barrière qui empêche le bétail de venir sur la piste, la chaîne qui ferme la barrière teinte et je crains que les buffles ne s'éloignent mais habitués à ce bruit, ils n'y prêtent pas attention.

Une clôture entoure le bassin pour empêcher son accès aux animaux. Plus à gauche, se trouve l'abreuvoir des vaches et un peu plus loin encore un petit point d'eau où viennent se baigner les buffles. Nous nous avançons contre la clôture du bassin, Le gérant m'annonce et me montre un très beau mâle. Je commence mon approche à 4 pattes pour longer les petits arbustes qui bordent la clôture et tenter d'atteindre l'angle de cette dernière.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Les buffles sont à un peu plus de 100 mètres. À mi-distance, je fais une petite pause et me redresse à genoux dans le sable pour télémétrer et me rendre un peu plus compte des distances. Le grand mâle est dégagé au milieu d'un troupeau d'environ 15 à 20 animaux composé de femelles, de jeunes et de 2 autres mâles plus jeunes. Gaston qui me suit me jette un petit caillou pour m'indiquer d'avancer. Je range mon télémètre et reprends mon approche, j'ai 5 flèches pour le buffle sur mon carquois et une flèche petit gibier, cette dernière commence à tomber pendant l'approche, je la dégage et la pose au sol pour ne pas risquer d'être gêné au moment du tir. Je rejoins le dernier piquet de la clôture à l'angle de cette dernière et me positionne à genoux alors que les vaches paniquées démarrent de l'abreuvoir, derrière le bassin et s'enfuient sur ma droite. Je reprends mon télémètre pour certifier la distance de tir car mes flèches de 1000 grains baissent vite et une erreur de 5 mètres pourrait être lourde de conséquences.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Le grand mâle est à 30 mètres, je range mon télémètre, cale la visée de mon mono pin's sur 30 mètres et accroche mon décocheur mais, au même moment, une femelle s'avance et se positionne devant le mâle alors que retentissent des cris d'alerte d'un couple de vanneaux.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Je ne peux plus tirer. Les buffles s'avancent de quelques mètres curieux en humant l'air.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Le vent qui souffle dans mon dos risque de me trahir si les animaux avancent encore. Je reste immobile prêt à armer alors que Gaston filme en arrière. Focalisé sur le grand mâle, je n'ai pas vu qu'un mâle plus jeune s'est positionné plus à découvert à moins de 25 mètres sur la gauche du groupe. Le gérant me dit que je peux le tirer mais que le trophée est un peu moins bon. J'hésite mais c'est mon premier jour, je décide de tenter le plus grand mâle et d'attendre qu'il se dégage au risque de voir tous les buffles s'en aller. Au loin une autre femelle, son veau et un très vieux mâle aux cornes émoussées observent du milieu de la piste. 

Je reste immobile, les animaux bougent un peu mais le mâle qui s'est un peu avancé et dégagé à 27 mètres (confirmés d'un petit coup de télémètre) mais se présente de face, le tir est trop risqué. Le temps passe et les animaux s'espacent un peu avant de commencer à se retirer vers les broussailles. Je me prépare. Le grand mâle amorce un demi-tour lentement. J'arme mon arc et aligne ma visée sur l'animal qui se positionne plein travers et avance sa patte avant. Mon viseur est calé mais une petite voix dans ma tête me dit : "attention à ne pas taper dans l'os de la patte". Je décale à peine ma visée un peu plus en arrière et décoche. Je vois ma flèche voler et disparaître dans le buffle au niveau de la zone des poumons.

Chroniques argentines 2019, le buffle

L'animal tressaille, finit son demi-tour et s'éloigne, avec ma flèche qui ressort sur le flanc opposé, vers les arbustes. Il s'arrête avant de rentrer dans la végétation et se retourne de 3/4 face comme pour comprendre ce qui a bien pu le frapper. Je réencoche rapidement une flèche. Seuls les empennages retiennent la flèche dans l'animal. Le sang coule abondamment du trou d'entrée de la flèche, le buffle reste impassible.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Plusieurs jeunes veaux viennent entourer le grand mâle avant de se dispercer.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Au bout de quelques minutes, il semble vaciller un peu sur ses pattes avant qui se croisent péniblement, je télémètre 45 mètres, je cale mon viseur sur cette distance. Il commence à se tourner tout doucement, j'arme mon arc, aligne la visée, il avance lentement de quelques pas en urinant avant de stopper. Je cale mon viseur sur le défaut d’épaule et décoche alors qu'il se présente de plein travers mais à la grande surprise ma flèche est beaucoup trop haute et le touche dans les muscles du dos soulevant un petit nuage de poussière sur l'impact.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Ma flèche est restée en travers, seuls les empennages dépassent. Le buffle démarre au galop et rentre dans la végétation où je le perds de vue. D'autres buffles s'éloignent mais certains restent sur le secteur sans comprendre ce qu'il se passe. Il faut maintenant attendre que ma première flèche fasse son œuvre. Le gérant monte sur l'échelle du moulin pour essayer de voir le buffle. Il l'aperçoit à environ 20 mètres dans les buissons. Plein travers, immobile, tête basse à gauche. Le temps passe, je doute alors que Le gérant qui n'a jamais eu de chasseur à l'arc pour le buffle semble serein et me dit qu'il faut attendre, que ma flèche est bonne. Je monte sur le moulin pour observer également, peu à peu les animaux s’éloignent abandonnant le grand mâle. Au bout d'un moment, il démarre et s'enfonce dans les broussailles où nous le perdons de vue. Au moins 25 minutes se sont écoulées, Le gérant me dit qu'il faut attendre encore 15 minutes avant de s'approcher pour voir. Les minutes semblent des heures, le temps écoulé nous nous avançons doucement dans les broussailles à la recherche d'une tache noire quand nous tombons sur 5 buffles, dont un des jeunes mâles, qui nous font face à environ 35 mètres.

Chroniques argentines 2019, le buffle

C'est alors que Gaston, plus à la gauche, aperçois mon buffle, il est couché et les autres semblent le protéger. Les animaux avancent de quelques mètres reculent, hésitent, tournent autour de leur congénère au sol. Nous attendons immobiles, prêt à esquiver une charge si nécessaire. Les buffles, au bout de quelques minutes, commencent à se débiner un à un. Le dernier, un jeune mâle, reste un moment et tourne autour de son compagnon qui n'est plus en état de le suivre. Il finit par renoncer et s'éclipse. Un pick-up arrive par la piste, c'est l'employé de la ferme, le gérant part à sa rencontre pour ne pas qu'il vienne jusqu'à nous. Pendant ce temps, je tente une approche en me décalant sur la droite pour arriver en 3/4 arrière, Gaston me suit pour essayer de filmer ce tir. Je progresse lentement sans quitter mon buffle des yeux et trouve une fenêtre de tir à environ 10 mètres de l'animal qui est couché immobile. J'arme mon arc, vise un peu en arrière de l'épaule assez bas et décoche.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Ma flèche rentre jusqu'aux empennages et le buffle ne réagit pas. Je reencoche, arme, vise un peu plus bas et décoche à nouveau. La flèche a disparu dans l'animal qui a encore encaissé sans broncher. Cette fois sa respiration se fait très forte et pénible. Nous nous reculons à environ 20 mètres alors que le buffle bascule sur le flanc et se raidit en rendant son dernier souffle. Nous attendons un peu alors que le gérant et son employé nous rejoignent puis nous nous approchons de mon buffle.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Il est énorme, il fait autour d'une tonne. Il s'est couché sur ma première flèche, je dégage la seconde et la troisième qui s'est cassée dans l'animal puis nous basculons le buffle sur le dos avec Gaston pour récupérer ma première flèche qui est miraculeusement intacte. La dernière est introuvable et Gaston me met le doute en me disant que c'est la première qui a dû tomber de l'animal. Les trous d'entrées étant tous très proches, je me mélange un peu les pinceaux. Nous partons donc chercher ma flèche, j'en profite pour aller chercher ma flèche posée au sol durant l'approche et pour essayer de trouver le sang. Je ne trouve que du sang aux 2 endroits où l'amiral s'est arrêté. Un gros amas de sang coagulé où le buffle s’est arrêté un moment après le premier tir

Chroniques argentines 2019, le buffle

et 2 belles taches dans les broussailles, au niveau du deuxième arrêt où le buffle saignait des 2 côtés avec une hémorragie plus importante côté entrée de flèche.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Ne trouvant pas ma flèche nous repartons vers le buffle et cherchons dans la direction du dernier tir sans plus de succès. Nous positionnons le buffle sur le ventre à 4 dans un gros effort mais le soleil couchant ne permet pas de faire de belles photos, il nous faut donc le faire pivoter en le tirant par la queue pour avoir un meilleur angle par rapport au soleil avant de reprendre la séance de photos souvenir.

Chroniques argentines 2019, le buffle
Chroniques argentines 2019, le buffle

Gaston et l'employé attaquent ensuite d'ouvrir le buffle sur le dos pour récupérer la viande car il faut très chaud et le temps presse. Une fois la viande du dos récupérée, j'ouvre le ventre et sors l'énorme panse gonflée d'eau pour atteindre le cœur et les poumons. Ma 4ième flèche est en fait cassée dans le buffle, je la dégage puis récupère le cœur percé par mes 2 derniers tirs. Pendant que mes accompagnants finissent de découper la viande, je coupe la tête qui doit faire à elle seule plus de 30 kg. Nous récupérons la viande dans plusieurs sacs pour les ramener aux voitures avec la tête. Le grand buffle aux cornes cassées s'est approché à 15 mètres des voitures et semble vouloir nous intimider, il n'a pas peur de nous. Au bout d'un moment, il finit par se débiner tranquillement de cul dans la broussaille. 

Il est temps de rentrer au camp pour mettre la viande au frais. Je suis un peu décontenancé, cette chasse m'a semblé trop facile mais très éprouvante aussi : ce buffle touché mortellement a mis beaucoup de temps à mourir. D'un autre côté, c'est le plus grand animal qui m'est été donné de tirer à l'arc. C'est le premier buffle tué à l'arc sur ce domaine, avant moi le gérant n'a eu que des chasseurs à la carabine et il semble que plusieurs buffles ont fait bien plus de chemin que le mien avec des balles moyennement bien placées. Il comprends que je suis un peu déçu mais ne dit rien, il en parlera à Gaston plus tard. Alors que je pensais rentrer au camp, Gaston me propose d'aller faire un tour dans le camp un peu plus loin. Nous passons une barrière à 90° de celle que nous avons passée pour approcher les buffles et la refermons derrière nous avant de prendre la piste en direction d'un autre moulin près d'un autre petit point d'eau. Quelque chose bouge dans mon pantalon au niveau de mon tibia, ne sachant pas de quoi il s'agit, j'agite le bas de mon pantalon pour tenter de déloger l’intrus mais le mouvement cesse et je ne sens plus rien. Me disant que l’intrus a été délogé je l'oublie. Alors que nous arrivons sur place, Gaston me montre un couple de lièvres qui se débine vers les taillis dans une petite parcelle clôturée. Nous nous garons un peu plus loin sur le chemin et alors que je prépare mes flèches pour aller chasser. Gaston s'avance sur le chemin et observe baissé sous le taillis puis me fait signe. Il a repéré les 2 lièvres et me presse de finir de me préparer. Je m'approche et il me montre les animaux qui sont assis en bordure du taillis dans une bande sablonneuse dégagée, derrière un petit buisson. Je tente l'approche en logeant le taillis mais les lèvres passent au travers de la végétation qui longe la clôture. Je presse un peu le pas en profitant de ce petit écran végétal pour me caler contre la clôture dans une petite trouée qui me permet de voir les lièvres avançant tranquillement au milieu des ossements éparpillés sur le sol. Le plus proche est à environ 15 mètres, j'arme, vise et décoche mais passe juste dessous. Ils démarrent mais se tranquillisent vite. Ma flèche a ricoché dans le sable et a passé la clôture. Je réencoche et arme mon arc en tentant d'arrêter le second lièvre qui avance tranquillement à environ 18 mètres : "Hein". Il ne se préoccupe pas de ce bruit. Je le suis dans mon viseur et décoche alors qu'il s’arrête pour brouter mais passe derrière. Je suis un peu dépité, les lièvres s'éloignent par le chemin. Nous passons la clôture pour tenter de les approcher à nouveau mais ils sont trop loin et à découvert. J'aperçois une de mes flèche posée sur un buisson contre la clôture et la récupère pour la remettre au carquois mais la seconde flèche a passé la clôture et dans le feu de l'action je ne me souviens plus où j'ai tiré. Nous passons la clôture pour chercher dans les buissons  mais nous tournons un moment dans le secteur sans la trouver. Gaston m'interpelle et me fait signe. Un animal se débine devant lui, dans la broussaille, en direction du chemin. J'encoche une flèche, rejoins le chemin et le longe doucement quand j'aperçois un renard gris qui sort tranquillement de la végétation à environ 17 mètres devant moi. J'arme mon arc mais il se cale dans les branches basses d'un arbuste qui borde le chemin. Je lance quelques "cri de souris" en pinçant les lèvres sans désarmer. Le renard sort plein travers à environ 20 mètres et stoppe au bord du chemin. Je cale ma visée et décoche. Il s'écroule sur place puis se débat au sol. Je me précipite, ma flèche un peu autre a coupé le dos jusqu'à la colonne. Il s'immobilise rapidement alors que la nuit s'installe. Après quelques photos souvenir, il est temps de rentrer.

Renard gris d'Agentine (Lycalopex griseus)

Renard gris d'Agentine (Lycalopex griseus)

En me redressant, je sens à nouveau bouger dans mon pantalon au niveau de mon genoux et agite à nouveau mon pantalon, le mouvement cesse. Les lièvres sont plus loin au bord du point d'eau. Dans les phares, un beau renard gris se débine sur le chemin alors que nous rentrons. Arrivé au camp, le mouvement se refait sentir, je baisse donc mon pantalon et un criquet en sort, un gros crapaud chasse les insectes attirés par les lumières du camp, je saisis le criquet et le jette à 10 cm de ce gros batracien qui n'en fait qu'une bouchée.

 

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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