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24 avril 2022 7 24 /04 /avril /2022 14:26

Ce matin, le réveil sonne à 3 heures, je me prépare rapidement et pars pour l'aéroport de Blagnac. À l'entrée de la déviation de Gimont, je me fais une petite frayeur en apercevant un gros sanglier mort contre le parapet de droite. À 4h15, je laisse ma voiture devant la grille du parking Boxx'in de Blagnac et la clef de cette dernière dans une boîte à l'aide d'un code reçu la veille par SMS. Je presse le pas pour arriver à l'aéroport à quelques minutes de marche. Je rejoins l'enregistrement où je tombe sur une file d'attente immense. Je vais aux bornes pour imprimer ma carte d'embarquement mais ce n'est que pour air France. Je vais au bout de la file et attends patiemment mon tour mais l'heure tourne. Alors que je me présente à la porte d'où un employé dispatche les voyageurs sur les différentes files, il me demande ma destination. "Majorque." " File de gauche." "Ok, merci." Après quelques minutes dans la file, je cherche du regard la D12 et comprends que j'ai attendu pour rien. Je suis dans le bloc Air France. Il me faut passer sous la barrière pour rejoindre la file de Rayanair. Il y a pas mal de monde devant moi, il est 5 heures et la fin d'enregistrement est annoncée à 5h45. L'unique guichetière passe un temps Infini avec chaque personne, il semble que tout le monde ait un problème. Quand arrive enfin mon tour, il est presque l'heure de fin d'embarquement et il y a encore beaucoup de monde derrière moi. "Bonjour, passeport et carte d'embarquement." J'ai mon passeport mais pas de carte d'embarquement. "Vous avez reçu un mail de Rayanair monsieur." Je cherche sur mon téléphone mais rien. "Vous êtes enregistré monsieur vous devez avoir une carte d'embarquement". Je cherche sur le site Rayanair et la trouve enfin. "Si vous voulez l'imprimer c'est payant." "Non merci, je vais la garder sur mon téléphone". Je pose ma valise sur le tapis, elle part pour la soute. Je me dis que c'est bon mais la guichetière me demande de passer ma petite valise dans un gabarit. Elle est trop grande de 5 cm, je dois payer 35 euros pour la mettre en soute ou 20 pour la garder avec moi. Ce sera 20, cette fois, je peux y aller. Arriver aux portiques avant le contrôle des effets personnels, impossible de lire le code barre sur l'écran de mon téléphone à la borne. Une agent vient à mon secours mais n'y arrive pas non plus et, après plusieurs tentatives, elle m'ouvre un passage sur la droite des files. Arrivé aux agents suivants, ils n'arrivent pas non plus à lire le code avec leurs lecteurs portatifs. Ils s’y mettent à 2 mais impossible. Ils finissent par lire avec leurs yeux et non leurs machines et me disent que je peux passer. Je pose mes affaires dans les bacs et passe le portique mais il sonne. Contrôle plus poussé des agents et test de traces de poudre. Cette fois, c'est bon, je peux passer et récupère mes affaires. C'est alors que pour gagner encore un peu de temps, je confonds mon numéro de siège avec le numéro de la porte d'embarquement. Soit le 6 à la place du 51, je presse le pas mon vol est annoncé à 6h25 et il va être 6 heures. Arrivé à la porte 6, personne. Je comprends mon erreur et trouve un panneau d'affichage qui m'indique le 51, je dois vite faire demi-tour. Je presse de plus en plus le pas et arrive juste au moment de l'embarquement. Ouf, ça y est, je suis dans l'avion. C'est pourtant le 22 avril c'est la Saint Alexandre mais, comme d'habitude, il faut toujours que j'ai des soucis avec les avions.

Après un vol sans encombre d'un peu moins de 1 heure, me voilà à Palma de Majorque. Mon bagage est au dernier tapis, le 19, à l'autre bout de l'aéroport. Je presse le pas et arrive au contrôle covid mais les agents qui discutent me laissent passer comme si j'étais invisible et arrêtent la personne suivante. La chance revient. J'arrive au tapis roulant. Pas encore de bagage mais ils arrivent très vite et le mien arrive en second, cette fois c'est sûr la chance revient. Mon ami Francisco m'attend à la sortie, quelle joie de le revoir. Nous partons pour son appartement où nous nous changeons rapidement, je prépare mes flèches et mon arc et après une petite collation et une boisson, nous voilà partis pour la chasse. Francisco avait prévu de m'emmener chasser sur le territoire d'un de ses amis car son coto est fermé à la chasse à l'arc aujourd'hui, la priorité est donnée aux carabines. Malheureusement, son ami l'a planté hier et il a dû se rabattre sur un territoire appartement à son patron. Nous passons jeter un coup d'œil sur son territoire avant de partir sur l'autre secteur. Un 4x4 est garé, un chasseur à la carabine est sur le secteur. Francisco jumelle un peu le secteur mais rien. Nous partons pour l'autre territoire. Arrivé sur place, je comprends que le territoire est clos, ce qui ne plaît pas trop mais sachant que mon ami s'est donné du mal pour que je puisse chasser, je ne dis rien. Francisco ouvre la barrière

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

et la referme derrière la voiture. La piste traverse des prairies verdoyantes puis rentre dans un bois de pins. 

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022
Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

Paco se gare un peu plus loin sur la piste, au milieu du bois de pins. Je décide de chasser avec mes chaussons de plongée pour limiter le bruit lors des approches, Paco me dit qu'il vaudrait mieux les chaussures de marche mais je décide de faire à mon idée. Je peux tirer tous les animaux que je verrai. Nous partons tous 2 par la piste qui remonte au milieu du bois.

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

Plus haut, le paysage s'ouvre sur une garrigue très rocailleuse avant un grand virage à droite de la piste. Des perdrix rouges décollent en caquettant sur la gauche du chemin. Un vent soutenu souffle maintenant sur nous.

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

Nous stoppons dans la ligne droite après le virage pour observer le secteur. Francisco est en plein jumelage quand j'aperçois une tâche rousse, près d'un pin, sur le penchant opposé, à environ 200 mètres, il y a 2 animaux. Grâce au zoom de mon appareil photo, j'identifie une chèvre et un jeune, ce que confirme mon ami.

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

Un autre animal sort de la végétation plus à gauche, c'est une chèvre à la robe beige

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

puis un autre animal à la robe d'un rouge foncé apparaît en sortant du fond de la combe.

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

Pas de bouc, ce n'est pas normal à cette période de l'année où le rut devrait avoir commencé depuis plus de 1 mois. Francisco cherche sans succès à repérer le mâle. Je décide de tenter ma chance, une approche directe me ferait très vite repérer. Nous remontons la piste un moment puis, avant le virage suivant qui monte ensuite au-dessus du penchant opposé, nous quittons la piste pour descendre vers le fond de la combe. Je commence alors à comprendre l'insistance de mon ami pour que je change de chaussures. La descente dans les rochers saillants est très douloureuse. Alors que je m'apprête à attaquer mon approche par le fond de la combe,

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

Paco m'interpelle et me conseille d'attaquer, un peu plus haut, sur le flanc de la colline qui est un peu plus fourré. Je suis son conseil et commence mon approche, le relief du terrain me cache les chèvres mais j'avance tout doucement au cas où je tomberais sur d'autres animaux cachés par les arbustes dispersés. Le terrain très rocailleux est douloureux et je calcule mes pas. La végétation devenant de plus en plus épaisse, je biaise pour passer un peu plus haut. Paco, resté en arrière, m'envoie un message pour me dire de ne pas trop monter car, de sa position, il voit les animaux qui regardent déjà vers moi. Mon téléphone étant en silencieux, je ne me rends pas compte de sa réception. Je continue mon approche et passe un gros rocher qui me cachait le secteur des animaux. J'avance tout doucement vers des pins quand j'aperçois une tête noire qui dépasse de la végétation à environ 50 mètres.

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

Je me décale doucement sur la gauche pour me cacher derrière les pins mais la chèvre lance son sifflement d'alerte. J'aperçois alors, entre les troncs de 2 pins devant moi, un jeune animal qui arrive d'un pas décidé par la gauche pour rejoindre la chèvre qui est certainement sa mère. Je me décale doucement sur ma droite pour tenter de voir les animaux. Mais la chèvre est face à moi, à environ 30 mètres et me fixe un instant avant de donner l'alerte et s'éclipser rapidement dans la végétation, suivie par le jeune. Je m'avance doucement mais plus d'animaux sur le secteur, j'ai été repéré. Je fais une boucle à travers la garrigue et les gros rochers pour tenter de trouver les autres animaux et rejoindre le fond de la combe. Rien, je commence à revenir en arrière par le fond de la combe et repère une sorte de puits bâti en pierre. Je m'approche et constate que les ossements de plusieurs animaux en couvrent le fond. Ils y sont morts piégés.

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022
Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

Je commence à remonter pour contourner un gros rocher par la droite quand je tombe sur une tortue d'Hermann (Hermanni hermanni) grosse comme la paume de ma main, c'est une espèce endémique de l'île.

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022
Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

Un peu plus haut se trouve une grotte percée dans la roche, partiellement masquée par la végétation.

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

Je remonte pour voir s'il n'y aurait pas des animaux à l'intérieur. Rien malgré les couches dans la poussière et les crottes, je remonte pour aller rejoindre mon ami mais l'aperçois rapidement, il s'est avancé. Nous remontons à travers la garrigue vers le chemin qui passe un peu plus haut. Nous dérangeons à nouveau des perdrix. Le sol est jonché de crottes, la végétation et les branches basses sont broutées, signe d'un grande fréquentation des lieux, mais impossible de voir des animaux. Nous rejoignons le sommet de la colline qui nous donne une superbe vue sur le secteur jusqu'à la mer.

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022
Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

Nous jetons un coup d'œil de part et d'autre de la crête en espérant surprendre des animaux mais rien. Le côté gauche, en pente raide, est couvert d'un bois épais,

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

nous restons un moment en observation mais ne voyant rien nous redescendons côté droit sur une zone rocailleuse qui semble très fréquentée, couverte d'arbres et arbustes broutés et espacés. Les branches basses broutées et sèches me griffent les jambes au travers de mon pantalon et coûteront son pantalon à mon ami en le déchirant à 2 endroits au niveau du genou. Nous tombons sur plusieurs restes de carcasses et des ossements, des animaux ont été abattus sur ce secteur. Nous finissons par arriver en vue du bas de la pente, mes pieds me font souffrir mais je ne dis rien, c'est de ma faute. Une grande clôture longe le bas de la colline et nous sépare des prairies où broutent des brebis. Nous restons un peu à l'écoute quand il me semble entendre un bêlement de chèvre un peu plus loin, mais au milieu des bêlements de mouton, je ne suis pas sûr de moi. Mon ami ne peut pas confirmer car, à cause de ses prothèses auditives, il ne peut pas entendre les sons lointains. Nous descendons et rejoignons une très grosse coulée qui longe le bas de la pente. Nous prenons à gauche pour la suivre un moment mais, après plusieurs centaines de mètres sans rien voir, nous faisons demi-tour pour rentrer à la voiture. Nous biaisons à travers un bois de pins, Paco contrarié presse le pas, j'ai du mal à le suivre tant j'ai mal aux pieds sur ce sol rocailleux. Nous n'y croyons plus quand, brusquement, Paco me fait signe et se baisse rapidement. J'aperçois alors, trop tard, 2 chèvres à environ 15 mètres au-dessus de moi. J'essaie d'encocher une flèche mais nous sommes repérés, elles démarrent en s'enfuient. C'est peut être elles que j'avais entendues tout à l'heure. Nous reprenons notre marche rapide. Un peu plus loin alors que je regarde au sol pour éviter de marcher sur un caillou trop saillant, j'aperçois un léger mouvement près du pied de Paco. Il vient de marcher à quelques centimètres d'une toute petite tortue. Je l'attrape et la montre à mon ami avant de la relâcher.

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022
Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

Nous terminons notre boucle et rejoignons la voiture avant d'aller manger dans un restaurant décoré d'une tête de cerf, d'une de bouc et d'un magnifique crâne de bouc aux cornes longues et torsadées. J'ai les pieds en compote. La chasse est finie pour aujourd'hui car nous n'avons nulle part où chasser cette après-midi. L'après-midi et la soirée se passeront donc tranquillement chez mon ami. Je serai chargé de faire une démonstration de cuisson pour le confit de chevreuil que je lui ai apporté.

Ce matin, Paco vient toquer à la porte de ma chambre vers 5h30, je me prépare rapidement. La pluie est annoncée jusqu'en début d'après-midi. Après un Colacao et un petit biscuit fait maison, nous finissons de nous préparer et c'est le départ pour la chasse. Nous allons chasser sur le coto de mon ami, l'objectif est de repérer et chasser un grand mâle, si ce n'est pas le cas nous élargirons notre recherche à des boucs plus petits. J'ai l'autorisation de tirer les animaux que je veux à part les boucs et chèvres typiques de Majorque. Il se gare au départ d'une piste rocailleuse où était garé le 4x4 hier, près d'une zone résidentielle. Je n'avais pas compris que c'était son territoire de chasse, lors de notre première chasse, en 2018, nous n'étions pas arrivés par ce côté du territoire. Il fait encore nuit, je chasserai avec mes chaussures de randonnée, la leçon d'hier m'a suffi. Nous allons remonter un moment jusqu'à arriver sur un bon secteur où se trouvent souvent les animaux. Il ne pleut pas pour le moment et le ciel ne semble pas trop couvert mais un vent très soutenu souffle. Nous commençons notre ascension et longeons un moment des habitations, bordées d'immenses figuiers de barbarie, sur notre gauche alors que, derrière le bois qui borde l'autre côté du chemin, des collines de garrigue s'étendent à perte de vue. La luminosité croit doucement au-dessus de la mer et les lumières de la ville brillent au loin.

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

La piste rocailleuse en lacets finit par déboucher sur une zone plus ouverte alors que la luminosité commence à être suffisante pour voir les animaux. Je scrute le paysage en vain, mon ami hume l'air qui devrait empester le bouc à cette saison mais les pluies et les températures inhabituellement basses pour la saison ont certainement décalées le rut.

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

Un peu plus haut nous faisons une pause pour observer alors que le paysage s'ouvre.

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

Pas d'animaux mais un beau crâne de bouc blanchi par le soleil est posé à 30 mètres du chemin dans la végétation. Paco me raconte qu'il a tiré un joli bouc sur ce secteur.

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

Nous continuons à monter pour rejoindre le secteur où j'ai fléché mon bouc blanc lors de notre première chasse ensemble. Le temps change, la pluie semble tomber plus loin sur les collines. Arrivés sur la zone où Paco voulait me conduire, nous quittons le chemin et remontons le penchant peu prononcé

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

pour rejoindre un gros pin en crête

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

où nous nous postons un moment, assis contre le tronc, dos à dos, en observation, chacun d'un côté. Le vent a beaucoup forci et la pluie commence à tomber. Paco m'explique que le temps n'est pas bon pour la chasse, seul, il ne serait pas venu chasser. Il pense que les animaux ne quitteront pas le couvert forestier avec cette pluie. J'enveloppe mon appareil photo neuf dans un sac plastique pour ne pas le mouiller car lors de ma sortie au mouflon à manchette, la pluie m'a déjà coûté le précédent. Paco me propose de le mettre dans son sac à dos. Un vent glacial pousse de grosses averses en provenance de la mer. Notre vision est limitée par les touffes de végétations basses et par les arbustes qui couvrent le penchant. Après un moment, je décide de quitter mon poste pour aller prospecter le secteur. Paco me conseille de me concentrer sur les zones boisées.

Je bascule sur la droite de la crête, la colline bloque le vent qui est ici très faible. Je biaise vers un bois de pins en avançant doucement tout en surveillant le secteur. Alors que je rentre dans le bois, la végétation basse est très épaisse sous les arbres. Les coulées très fréquentées par les chèvres ont taillé des passages très marqués. Je n'ai fait que quelques mètres quand je fais démarrer un gros animal à à peine 10 mètres. Je n'ai pas pu l'identifier, je l'ai seulement entraperçu au travers de la végétation en l'entendant s'enfuir. Je tourne un moment dans le bois sans retrouver d'animaux puis, en descendant un peu plus, je rejoins un sentier que je décide de longer un peu, je suis déjà trempé par le frottement de la végétation humide. Brusquement, j'entends des bêlements plus bas dans le bois. Je tente une approche mais la végétation est tellement dense que je n'ai pas de visibilité à plus de 10 ou 15 mètres et m'épuise à chercher mon chemin alors que les animaux semblent s'éloigner rapidement avant de se taire. Je reviens vers le chemin puis remonte vers la crête pour rejoindre Paco. En arrivant en crête, j'étends les bêlements d'un troupeau en contrebas. Le vent est à nouveau puissant mais face à moi, la pluie qui s'était calmée se remet à tomber. Je fais signe à mon ami que j'ai entendu des animaux en contrebas et tente une approche. Je descends doucement, la zone est assez dégagée puis les arbustes et arbres se font de plus en plus présents. Plus à droite, la pente se couvre d'un bois et il me semble que les animaux bêlent dans la zone arborée. Je biaise vers le bois puis m'y avance doucement en faisant régulièrement des pauses pour observer. Je descends toujours et il me semble que les animaux sont toujours aussi loin mais qu'ils se sont séparés en 2 groupes, un à ma gauche en contrebas et un à droite également plus bas. Je biaise à gauche où les bêlements semblent de plus en plus présents. Alors que le paysage s'ouvre à nouveau, je repère une chèvre au magnifique pelage gris foncé avec des pointes de blanc, elle est suitée d'un jeune au pelage roux clair. J'aperçois alors plus bas un bouc qui semble pur, il broute le feuillage. Seuls son cou et sa tête dépassent des arbustes. Un petit pin est devant moi à environ 10 mètres, je m'avance tout doucement et me cale derrière. La chèvre grise est au-dessus un peu plus en avant à environ 40 mètres, le bouc est à environ 50 mètres en contrebas plus en avant. 2 jeunes animaux semblant purs passent sur le chemin en contrebas sous le bouc et disparaissent derrière un arbre qui domine le bouc. Je ne peux pas bouger sans être vu. La chèvre se met à bêler en broutant par moment, le petit regarde vers moi et semble me voir au travers des branches pourtant fournis du pin. Il regarde la chèvre, regarde vers moi, tourne sur place mais revient toujours à regarder vers moi. La chèvre finit par comprendre que quelque chose inquiète le jeune, elle se tourne face à moi et regarde fixement dans ma direction. La pluie tombe par bourrasques, le vent est bon pour le moment. Des animaux bêlent dans mon dos dans le bois et semblent se rapprocher. Je suis coincé sous le regard de 2 animaux qui me fixent. Le bouc s'éloigne un peu et disparaît dans la végétation arbustive. Après quelques minutes, la chèvre s'éloigne en remontant dans la végétation et en bêlant. Le jeune, tout en jetant des regards vers moi, la suit et je les perds de vue. J'en profite pour m'éclipser tout doucement. Baissé dans la végétation, je surveille derrière moi, au cas où je verrai la chèvre, et passe derrière un autre pin fourni qui est planté au bord du chemin qui passe juste en-dessous. Je descends sur le chemin en contournant le pin puis commence à le longer doucement quand j'aperçois le bouc à environ 40 mètres. Il broute les feuillages, seule sa tête dépasse de la végétation. Je gagne quelques mètres jusqu'à un petit arbuste qui pousse au milieu du chemin et me cale derrière en observation. Ce bouc semble pur et il ne porte pas un grand trophée. S'il est pur, je ne peux pas le tirer et ce n'est pas le type de trophée que Paco voudrait que je tire. Le temps d'hésiter quelques secondes, le bouc, qui broute tranquillement, relève brusquement la tête et regarde vers moi alors que je suis baissé derrière l'arbuste. Il m'a vu et me fixe. Je reste immobile mais il ne me lâche pas des yeux. Au bout d'un moment, il biaise doucement pour venir au-dessus de moi en remontant un peu. Je me redresse et arme mon arc. Il se dégage plus à découvert, il ressemble vraiment à un bouc pur, il est à 40 mètres, trop loin et inquiet. Il repart sur 20 mètres en remontant le penchant. Je désarme. Il regarde vers moi puis repart et se débine ainsi d'un pas tranquille jusqu'à la crête où je le perds de vue. Les animaux bêlent toujours dans mon dos, je tente de les approcher par le chemin qu'ils semblent avoir traversé, je presse le pas sur le chemin pour tenter de gagner du terrain mais ma lame mécanique s'ouvre en s'accrochant à une branche. Je stoppe pour tenter de la refermer sans succès puis finis par changer de flèche. Je remets la flèche avec la lame ouverte au carquois et en encoche une autre, je reprends mon approche mais les animaux ont pris beaucoup d'avance et je ne les entends plus. Je fais demi-tour pour longer le chemin dans l'autre sens plus à bon vent. Je passe l'endroit où se trouvait le bouc quand j'aperçois une chèvre rouge et son jeune très sombre qui se débinent plus en avant. Ils m'ont repéré. Ils stoppent un court instant puis disparaissent à environ 80 mètres dans la végétation. J'avance encore un peu et me fais surprendre à nouveau par un jeune mâle couché qui semble lui aussi pur. Il se lève à un peu plus de 70 mètres au-dessus du chemin, dans la végétation. Il regarde un instant vers moi puis se débine et disparaît dans un bouquet d'arbres. J'avance un peu plus, un animal lance des sifflements d'alerte dans le bouquet d'arbres à environ 30 mètres au-dessus de moi. Impossible de le voir. Je continue ma progression. La chèvre et son jeune au pelage sombre descendent sur le chemin à environ 40 mètres devant moi. Je me fige, ils regardent un court instant vers moi puis disparaissent dans la végétation sur la droite du chemin. Je m'avance doucement mais ils ont disparu. Je longe encore un peu le chemin et aperçois un jeune animal brun et noir qui regarde vers moi à environ 40 mètres au-dessus de moi. Je me cache derrière un arbre, accroche mon décocheur puis m'avance doucement mais il a disparu.

Je remonte pour rejoindre mon ami à travers la garrigue qui couvre le penchant. Il n'avait pas entendu les animaux, il me propose de quitter le secteur pour aller prospecter le penchant à l'abri du vent. Nous descendons et allons nous poster dans les pins près du chemin. Paco m'explique que ce n'est pas normal de tomber sur un grand groupe comme celui que je viens d'approcher sans y trouver un grand mâle, ce qui confirme que le rut est en retard. Des bêlements se font entendre où je les avais entendu tout à l'heure, je retente l'approche mais comme tout à l'heure impossible de les trouver dans cette végétation très épaisse et ils s'éloignent tranquillement avant de faire silence. Je retourne avec mon ami, nous partons en longeant le chemin, en face, j'aperçois les ruines d'un château. Un peu plus loin, j'entends à nouveau des bêlements sur la droite du sentier. Je retente l'approche sans plus de succès avant de revenir au chemin. Nous continuons à longer un moment le chemin, il pleut toujours par moment mais moins, je repère un laissé de bouc compact alors que jusqu'à présent tous les laissés étaient composés de nombreuses crottes séparées et allongées. Au bout d'un moment le sentier est moins marqué et tourne plusieurs fois dans la végétation. Mon ami qui chasse rarement ce secteur n'est plus sûr de lui, il décide de faire demi-tour mais nous ne trouvons plus le chemin qui se confond avec les coulées des animaux. Nous tournons un moment et je finis par retrouver un chemin que nous suivons un peu jusqu'à retomber sur le laissé compact, j'aperçois alors les ruines du château au bout de l'arrête du penchant opposé. c'est bon nous sommes revenus sur le sentier. "Sauvés par une merde". Nous revenons sur nos pas, alors que nous arrivons à l'endroit où nous avons pris le sentier au départ, des animaux se font entendre en contrebas. Je retente l'approche mais à nouveau les animaux se déplaçant ne se laissent pas rattraper et semblent descendre dans la combe. Ils sont trop loin, je renonce et retourne vers Francisco, mon pantalon et mes chaussures sont complètement trempés. Mon ami décide de remonter sur la crête pour jeter un dernier coup d'œil avant de redescendre vers la piste principale. Alors que nous remontons tranquillement et que je regarde où poser mes pieds sur ce sol rocailleux, j'aperçois une couleuvre lovée dans une faille de la roche. Je demande mon appareil photo à mon ami. Elle est engourdie pour le froid et la pluie.

Fausse couleuvre lisse (Macroprotodon cucullatus)

Fausse couleuvre lisse (Macroprotodon cucullatus)

Je l'attrape pour l'examiner de plus près avant de la relâcher dans une faille de la roche où elle s'enfonce lentement. Arrivés en crête nous observons un moment le secteur mais rien en vue. La pluie s'est calmée mais le vent que la colline coupait est à nouveau assez fort. Nous redescendons vers la piste, brusquement, Paco stoppe et me montre un animal devant lui, c'est une chèvre noire. Etant un peu plus en retrait, un arbuste me la cache, je me décale à côté de mon ami mais je ne vois toujours rien. Je cherche un instant du regard quand une tête surgit de la végétation à environ 10 mètres devant nous. Je demande à Paco si je peux la tirer mais je suis repéré, il me dit que oui. Un jeune surgit de la végétation plus à gauche, les animaux démarrent au pas. J'arme mon arc et me décale rapidement sur la droite de l'arbuste pour les attendre une occasion de tir dans le découvert mais la chèvre, le jeune et un autre jeune, sorti de je ne sais où, passent au petit trop en 3/4 arrière sans me laisser d'occasion de tir. Je siffle pour tenter de les stopper mais ils disparaissent dans la végétation.

Nous finissons de descendre et rejoignons la piste quand des bêlements se font entendre plus en avant sous la piste. Je fais signe à mon ami et commence mon approche mais 2 moto-cross arrivent rapidement sur la piste en faisant un vacarme de tous les diables, je n'entends plus les animaux. Je salue les motards à leur passage, ils me saluent également et s'éloignent rapidement. Le calme revenu, je n'entends plus les animaux. Nous décidons de laisser tomber et de partir vers la zone où j'ai fléché mon second bouc en 2018. Sur le penchant à notre gauche, des randonneurs se dirigent vers les ruines du château et je commence à m'inquiéter du surcroît de fréquentation des lieux pour le déroulement de notre chasse. Nous pressons le pas car cette zone très boisée n'est pas propice aux rencontres d'après mon ami. Nous arrivons à la zone recherchée où se trouve une grotte que je pars prospecter en espérant y trouver des animaux venus s'abriter du mauvais temps. Rien, ni dans la grotte ni sur le secteur. Des randonneuses arrivent dans notre dos. Nous les laissons passer et Paco décide de bifurquer sur un petit sentier qui remonte sur la gauche de la piste dans une zone de végétation basse qui repousse suite à un incendie sur la zone. Arrivés au sommet, nous observons le secteur à proximité d'une cage de nourrissage pour les perdrix. Pas de chèvres en vue mais quelques perdrix s'envolent 2 par 2 autour de nous. Nous redescendons sur la piste principale et continuons à la longer alors que la mer se dessine à l'horizon.

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

Un peu plus loin, Paco jumelle un instant et repère une chèvre qui disparaît derrière un gros pin planté au sommet d'une paroi rocheuses qui domine la piste à plusieurs centaines de mètres, nous irons voir tout à l'heure. Nous bifurquons sur un petit sentier qui descend sur la droite de la piste pour rejoindre une autre grotte où nous espérons surprendre des animaux. En arrivant près de l'entrée, j'approche doucement mais rien. Le vent est très fort. Paco observe le secteur avec ses jumelles quand il aperçoit une vieille chèvre blanche à 400 mètres, près d'un bois en contrebas, sur notre gauche. Alors qu'il s'apprête à me la montrer, je l'aperçois également. Pour l'approcher, il me faut descendre dans les roches sur notre droite et faire une grande boucle à couvert de la colline pour ne pas être trahit par le vent qui souffle sur notre droite. Une chèvre grise et son jeune de couleur identique surgissent à plus de 100 mètres. Ils étaient sous les roches et se sont débinés, cachés par ces dernières. Ils s'éloignent d'un pas rapide. Ils nous ont repérés, je décide de tenter l'approche de la vielle chèvre qui regarde déjà vers nous. Je commence à descendre prudemment dans les roches mais Paco m'interrompt rapidement et me dit de remonter. Il ne croit pas à la réussite de mon approche. Je remonte. La chèvre qui nous regarde au bord du bois, disparaît tranquillement en y entrant.

Il est temps de faire une pause. Nous nous asseyons entre 4 petits murs bas en pierres sèches pour nous abriter du vent, manger un bout et boire un peu.

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022
Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

Notre pause terminée, ne revenons par le sentier

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

vers la piste d'où Paco recommence à jumeler. Le soleil s'est levé sur la mer qui a pris une couleur magnifique. Rien, nous continuons à longer la piste qui tourne à droite avant un virage à angle droit à gauche un peu plus loin. Après avoir passé quelques arbustes qui nous la cachaient, nous jetons un coup d'œil dans la pente au-dessus de la piste. Nous apercevons alors 2 boucs qui broutent tranquillement à environ 200 mètres au-dessus de nous. Paco me dit : " C'est ta chance, il ne faut pas la laisser passer". Je monte au travers des arbustes qui me cachent des animaux. Les arbustes passés, je les vois, ils broutent toujours paisiblement, je biaise à droite, baissé au maximum pour être caché par le relief du terrain. Un bruit vers la piste m'interpelle, je me retourne et aperçois mon ami qui me fait des signes en écartant ses mains de part et d'autre de sa tête puis qui me fait signe que quelque chose vient vers moi. Je comprends vite qu'un grand bouc arrive. Ne sachant pas vraiment où il se trouve, je reste sur mon approche initiale, je fais une grande boucle par la droite et me redresse caché par le relief du terrain qui forme une arrête remontant vers le sommet. Le vent sur la gauche est parfait et souffle fort, les animaux ne peuvent pas me voir ni m'entendre. Je monte assez rapidement puis, estimant être arrivé un peu au-dessus des 2 boucs, je reviens sur ma gauche en avançant très lentement, tout en ouvrant bien les yeux. Je progresse d'un arbuste à un buisson pour me cacher et observer.

J'avance peu à peu, les animaux ne doivent pas être loin quand j'aperçois le haut du dos et de la tête d'un des boucs qui dépassent de la végétation, au-dessus de moi, à un peu moins de 15 mètres, plus en avant. Je me positionne à genoux à découvert et le laisse venir. Je suis totalement immobile, le bouc s'approche tout doucement en broutant, il est à environ 10 mètres de 3/4 face mais caché en grande partie par la végétation. Mon décocheur est accroché, je suis prêt mais, brusquement, il relève la tête et me fixe. Je reste immobile et baisse les yeux en espérant qu'il m'oublie mais il reste figé à m'observer un moment puis amorce un demi-tour. J'arme mon arc, il fait quelques pas et stoppe presque plein travers, tourné vers le bas. J'aligne vite ma visée, il est à environ 15 mètres, je décoche. Touché, il démarre et fonce vers le bas. Mon atteinte m'a semblé un peu basse. Je réencoche et me redresse. Mon bouc, qui ne peut plus poser sa patte coté tir, rejoint son compère un peu plus bas en-dessous de moi. Les 2 animaux stoppent un instant pour observer autour d'eux sans comprendre ce qu'il se passe. Le second bouc est à environ 30 mètres en contrebas. J'arme, aligne ma visée et décoche. Ma flèche touche la colonne vertébrale et les poumons. L'animal chute sur place en bêlant et se traine sur 15 mètres en perdant beaucoup de sang pour s'immobiliser dans un buisson. Je réencoche rapidement. L'autre bouc est parti sur ma droite en suivant une grosse coulée dégagée. Il peine à se déplacer et bêle. Il stoppe à 50 mètres environ, j'arme, vise un peu au-dessus et décoche mais, au même moment, il démarre et ma flèche qui aurait été bonne se fracasse sur un rocher. Je réencoche rapidement et réarme mon arc, le bouc passe une goulotte qui descend vers la piste puis stoppe plein travers de l'autre côté à environ 60 mètres. Je vise au-dessus, comme tout à l'heure et décoche, ma flèche est déviée par une forte bourrasque et traverse l'animal sous la colonne vertébrale et en arrière. L'animal démarre mais pique vite du nez et chute 10 mètres plus loin pour ne plus se relever.  

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Je commence à suivre le sang du second bouc qui est descendu droit vers la piste

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quand Francisco me fait signe, il y a 3 beaux boucs un peu plus loin. Je retrouve vite mon bouc,

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récupère ma flèche plantée à l'intérieur et la mets au carquois, elle est fêlée à la moitié du tube et une longue bande de carbone s'est soulevée. Il ne me reste plus que 2 flèches tirables. Je descends rapidement jusqu'à la piste alors qu'un beau soleil se lève et inonde tout le paysage. Mon ami m'explique que 3 beaux boucs qui ont un pelage proche des boucs typiques de Majorque ont fait demi-tour en-dessous de moi pour partir vers le pin où il avait vu la chèvre dans ses jumelles tout à l'heure. Il me dit que je peux tirer celui que je veux.

Nous pressons le pas le long de la piste, les boucs ne sont plus visibles mais il pense qu'ils ne sont pas bien loin. Il me montre un passage pour passer le mur de roche qui borde la droite du chemin un peu avant le pin qui nous domine de plusieurs mètres. Il pense qu'ils sont à environ 100 mètres après le pin, je monte doucement et rejoins une végétation arbustive parsemée de pins plus ou moins serrés. J'avance doucement mais la végétation ne me permet pas de voir loin. Je repère un sentier un peu plus haut qui semble longer la zone en parallèle de la piste. Je le rejoins et le longe doucement mais les pins sont de plus en plus serrés et ma visibilité est presque nulle quand j'aperçois le cul d'un animal au pelage rouge foncé qui traverse le chemin à environ 80 mètres plus en avant. Je presse le pas puis ralentis près de l'endroit où je le perds de vue mais rien, il a disparu dans le bois de pin broussailleux sur la droite du chemin. Je longe encore un peu le chemin puis biaise vers la piste dans une zone plus dégagée. Je suis à mauvais vent et n'insiste pas trop. Je reviens vers la piste pour trouver un passage dans les rochers mais constate que le terrain descend en pente douce jusqu'à cette dernière. J'en profite pour la rejoindre facilement.

Alors que j'arrive sur la piste, j'aperçois les 3 boucs dont me parlait mon ami, ils broutent tranquillement à environ 50 mètres en contrebas. Je me serre contre la bordure droite de la piste et me baisse pour être caché par la cassure du talus abrupt qui descend sous la piste. Une approche directe est impossible, j'analyse rapidement le terrain. À environ 200 mètres, la piste fait un virage à gauche et longe un petit bosquet de pins qui descend dans une combe sur sa gauche.

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Les boucs semblent se diriger vers une autre combe parallèle séparée de l'autre par une arrête rocheuse couverte de végétation. Le vent va des pins vers les boucs mais c'est ma seule option. Je presse le pas en longeant la bordure droite de la piste, baissé au maximum pour essayer de ne pas être vu. Les animaux broutent toujours tranquillement en descendant. J'arrive à passer derrière le bosquet de pins sans être vu. Je cherche maintenant un passage pour descendre le talus abrupt dans les pins mais je ne vois rien de facile, le temps presse. Je descends au travers la végétation épaisse et un chaos de rochers. Je traverse ensuite le bosquet. J'aperçois les boucs au travers des branchages, ils sont toujours calmes, à environ 200 mètres. Alors que j'arrive en bas du bois, le dernier bouc regarde vers moi et je me dis que c'est fini mais il regarde ses collègues calmes et se remet à manger en les suivant. Je me faufile dans la végétation arbustive pour descendre dans le creux de la combe et être caché par la crête. Cette fois, les animaux ne peuvent plus me voir. Je descends suffisamment pour que le vent dans mon dos ne leur porte pas mon odeur puis presse le pas pour rejoindre la crête et la remonte doucement. Arrivé au sommet, j'aperçois les boucs qui broutent tranquillement à environ 40 mètres au-dessus de moi. Je me baisse dans la végétation et les observe. Le plus gros de corps et de trophée possède un pelage plus clair qui tire vers le orange, les 2 autres semblent être des animaux typiques de l'île mais je fais confiance à mon ami qui m'a dit que je pouvais tirer n'importe lequel. Le grand bouc s'avance tranquillement en biaisant pour s'éloigner de moi et disparaître dans la combe derrière la crête. Les 2 autres descendent pour venir brouter sur la crête à environ 25 mètres de moi.

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Je fais quelques photos des animaux puis positionne mon viseur sur 25 mètres mais alors que je m'apprête à armer mon arc, les animaux commencent à descendre, passent derrière la crête et je comprends qu'ils vont passer tout près. Je n'ai pas le temps de remettre mon viseur sur 20 mètres, j'arme mon arc, les 2 boucs ressortent dans une trouée à 6 mètres de moi, ils se suivent d'un pas lent. J'aligne ma visée sur le second en essayant de compenser pour ne pas tirer trop haut et trop en arrière. Je décoche, ma flèche se fiche dans son épaule. Les 2 boucs démarrent et bifurquent à angle droit pour stopper à environ 45 mètres. Je réencoche rapidement et arme mon arc alors que le troisième bouc surgit de la combe plus à ma droite et fonce dans la garrigue où je le perds vite de vue. Mon bouc semble mal en point mais je ne sais pas si ma flèche est très bonne. Je décide de le doubler. Je vise un peu au-dessus et décoche. La seconde flèche se fiche près de la première. Le bouc fait péniblement 15 mètres et se couche dans un buisson au pied d'un pin. Le second a démarré mais stoppe vite et reste à 7 mètres de son collègue, ne comprenant pas pourquoi il ne le suit pas.

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Il reste un moment immobile à le regarder puis se met à brouter une touffe de graminée. Je reste immobile, mon bouc saigne abondamment mais je ne sais pas s'il va mourir rapidement. L'autre bouc finit pas s'éloigner et disparaître. Je décide d'aller l'achever, je n'ai plus que ma flèche endommagée mais je n'ai pas le choix. Je l'encoche et commence une approche lente. Mon bouc se lève et rentre dans les buissons, je ne le vois plus mais mes 2 flèches dépassent sur la droite de la végétation. J'approche tout doucement jusqu'à 4 mètres de lui. Il est debout, de 3/4 arrière et ne regarde pas vers moi. J'arme, vise derrière l'épaule au travers de la végétation et décoche. Le bouc accuse l'impact et s'effondre sur place. Il se débat un instant au sol, j'entends casser une de mes flèches puis il s'immobilise. Je m'approche de lui,

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il semble vraiment typique mais son ventre est clair, Paco avait raison.

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Je récupère mes flèches. La flèche fissurée a cassé en 2 morceaux, une est intacte et pour la dernière, le pas de vis de la lame s'est cassé au ras de l'insert. Il ne me reste plus qu'une flèche. Je jette un coup d’œil à la piste de sang qui n'est pas très abondante

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jusqu'à la reposée debout où le bouc a perdu beaucoup de sang.

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J'appelle mon ami qui me cherche sur le sentier au-dessus de la piste. Je lui donne rendez-vous à la piste principale et commence à remonter. Arrivé à la piste et ne le voyant pas, je le rappelle, il est descendu sur la piste un peu plus haut. Je le retrouve et nous partons chercher mes 2 premiers boucs pour faire quelques photos et les flèches que je n'ai pas récupérées avant de descendre. Je retrouve vite mon premier bouc grâce et la dernière flèche d'achèvement, restée un peu plus haut dans un buisson, mais elle est cassée. Je cherche ensuite les 2 autres sans succès puis pars chercher l'autre bouc. Nous faisons quelques photos souvenir.

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022
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Nous partons ensuite chercher le 3 ième bouc

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022
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et faire également quelques photos souvenir

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022
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avant de reprendre la piste pour rejoindre la voiture qui est encore à une heure de marche. Je remplace ma lame de chasse par une neuve avant de repartir. Alors que nous revenons sur la piste en biaisant à travers la garrigue pour couper après le bosquet de pins, je repère un bouc au pelage sombre à plusieurs centaines de mètres. Il disparaît en mangeant dans la végétation, Paco me dit qu'il sera très dur à approcher et j'ai déjà fait une très belle chasse nous remontons sur la piste et la suivons pour rentrer. Un peu plus loin nous faisons une petite pause pour boire sur des bancs aménagés pour les randonneurs. La vue sur la mer est magnifique.

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

Nous repartons.

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Plus loin, je repère 2 chèvres qui broutent à environ 150 mètres sur la gauche de la piste sous des pins

Une chasse des boucs sélectifs au paradis, 22 et 23 avril 2022

mais là encore nous les laissons et continuons

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pour rejoindre la voiture que nous atteignons vers 16h30. Quelle journée de chasse incroyable, très mal partie, à cause du temps ce matin, elle se finit d'une manière incroyable avec 3 beaux animaux sous un soleil radieux et dans un paysage de rêve. Pour finir cette belle journée nous partons manger avec l'épouse de mon ami dans un joli restaurant avec vue sur le coucher de soleil sur le port.

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Nous ne chasserons pas demain car je dois être à l'aéroport vers 14 heures. Dimanche matin, nous nous réveillons tranquillement et déjeunons sous un soleil radieux, sur la terrasse de Paco. Nous partons ensuite, en apportant mes affaires, pour le coto de la Vicoria à Alcudia où mon ami espère me montrer les chèvres typiques de l'île. C'est le coto de chasse qui possède la population la plus pure de Majorque. Alors que nous remontons vers le coto, nous apercevons une belle chèvre typique qui rumine couchée paisiblement au bord de la route.

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Paco se gare sur un parking près d'un restaurant. Il y a beaucoup de monde venu se promener sur la zone. Un panneau explicatif sur la chèvre de Majorque est planté pour les touristes avec une description en plusieurs langues. 

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Nous empruntons les sentiers du secteur mais pas le moindre animal. Je tombe en panne de batterie avec mon appareil photo. Mon ami repère alors plusieurs animaux qui broutent sur un replat en bordure de mer. Ils sont sur l'ancien stand de ball-trap. Nous descendons en voiture jusqu'au chemin d'accès au cite où Paco repère un petit mâle qui broute tranquillement au bord du chemin un peu plus bas. Il me dit de tenter l'approche, je suis en tenue de ville mais le jeune animal se laisse approcher à 2 mètres avec un autre bouc plus petit que je repère sur la gauche du chemin. Le premier finit pas s'éloigner un peu dans la végétation

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alors que l'autre se laisse approcher à moins de 1 mètre. 

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Ces animaux ne sont pas chassés et sont habitués à voir du monde sur le bas du coto très fréquenté par les touristes. Ils sont très sauvages plus haut dans la zone chassée comme dans le coto de mon ami. Alors que je remonte, un pick-up arrive dans mon dos. Ce sont les gestionnaires du territoire, Paco les connaît et ils nous autorisent à descendre pour voir les autres animaux de plus près. Un peu plus bas, dans le virage du chemin, une chèvre et un chevreau broutent tranquillement côté mer et un jeune mâle de l'autre côté du chemin. Paco tente une approche sur la chèvre et son petit pour les prendre en photo mais ils s'échappent rapidement. Le jeune mâle lui ne s'occupe même pas de nous. En bord de mer, plusieurs animaux broutent tranquillement. Il est temps d'aller manger à la Bodéga del sol avant de rejoindre l'aéroport.

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Un immense merci à mon ami pour cette superbe journée et son accueil si chaleureux. J'espère le voir bientôt chez moi pour aller se mesurer aux chevreuils.

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Alex

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8 avril 2022 5 08 /04 /avril /2022 22:06

En ce début d'avril, ma compagne a décidé d'aller voir sa sœur en Espagne. Elle vit à Elche, près d'Alicante. Cela fait quelques années que je rêve d'aller me confronter aux grands gibiers espagnols de montagne. Je décide donc de contacter Joan sur Messenger, c'est grâce à lui que j'ai déjà pu chasser les chèvres sauvages à Majorque. Il me donne le contact de Toni qui lui me met en contact avec un de ses amis guide avec lequel je pourrai chasser le mouflon à manchette. Toni s'occupe également de m'avoir mon permis de chasse. Il me donne le choix entre 2 territoires et je choisis Alcoy qui est à moins d'une heure d'Elche. Nous calons le 4 avril toute la journée et le 5 juste pour la matinée. Le rendez-vous est pris au restaurant "El Nuevo Poligono" pour 7h30 le 4 avril. Toni m'a envoyé par WhatsApp la photo de mon permis.

Nous passons nos 2 premiers jours de vacances sur Valence. Ce lundi matin, je me réveille un peu avant que le réveil ne sonne vers 5 heures, j'ai un peu plus d'une heure de route jusqu'à Alcoy.

Chasse du mouflon à manchette à Alcoy, 6 avril 2022

Je me prépare tranquillement et rejoins la voiture. Il pleut et la météo annonce de la pluie toute la journée. Arrivé devant le restaurant, je me change dans ma voiture et prépare mes affaires en attendant l'heure du rendez-vous. Vers 7h15, je sors de la voiture et pars attendre devant le restaurant pour guetter l'arrivée de Pedro qui sera mon guide pour la journée. Toni m'a envoyé sa photo. Un 4x4 arrive et se gare de l'autre côté de la route mais ce n'est pas Pedro, l'homme habillé en tenue de chasse passe devant moi et me salue, je lui réponds et il rentre dans le restaurant. Quelques minutes plus tard, un pick-up blanc se gare sur ma gauche et 2 hommes habillés en camo en sortent. Il me semble reconnaître Pedro mais, dans l'obscurité, je n'en suis pas sûr. Il jette un coup d'œil vers moi et rentre dans le restaurant avec l'autre homme. Je rentre à mon tour et me dirige vers eux. C'est bien Pedro, je me présente et Pedro m'invite à déjeuner avec les 2 autres chasseurs. Le premier chasseur vu est en fait un garde de la zone de chasse où nous allons chasser, il s'appelle Paco. Nous déjeunons tranquillement et discutons un peu. L'autre chasseur est un ami de Pedro venu chasser une semaine, il vient du nord de Majorque où il possède une zone de chasse. Chose amusante, il connaît mon ami Francisco chez qui j'ai chassé presse palma. Nous partons ensuite, 2 par véhicule, pour le territoire de chasse. Je pars avec Paco, nous montons un peu plus haut en montagne. Il pleut toujours, j'espère que ce temps me sera favorable pour chasser à l'approche. Nous prenons un chemin forestier barré par un câble tendu entre deux plots en béton. Pedro, ouvre le cadenas et nous passons la barrière puis il referme derrière nous. Nous montons un peu plus et stoppons dans un virage au départ d'un second chemin qui part sur la droite. Paco me donne mes affaires pour que je parte avec Pedro et l'autre chasseur prend une carabine de prêt. Après quelques explications sur son fonctionnement par Pedro, il monte avec Paco et ils partent en continuant le chemin en voiture. Pedro m'explique que nous allons partir chasser en suivant le chemin au départ duquel nous sommes garés. Je lui demande comment on reconnaît les mâles, il me dit en rigolant que c'est ceux qui ont des testicules puis me montre des photos d'animaux prélevés par des clients. Les cornes des mâles sont plus grosses, leur tête plus large et les femelles ont une sorte de trait blanc étroit qui souligne l'arcade sourcilière.

Je finis de me préparer et nous voilà partis. Nous progressons lentement sur le chemin en surveillant le secteur noyé dans le brouillard et sous la pluie. Notre visibilité se limite à 20 ou 30 mètres maximum. Le bois clair est planté de pins sous lesquels poussent une végétation basse arbustive plus ou moins dense. Pedro observe régulièrement à l'aide de sa lunette thermique mais rien en vue. Le chemin se termine sur une zone dégagée où ont été répandus des grains de maïs. Pedro m'explique que le gibier est régulièrement agrainé. Un agrainoir automatique est pendu à un pin un peu plus loin. Il m'explique que le secteur est peuplé de cerfs, mouflons, mouflons à manchette et sangliers. Cette zone de chasse est la seule d'Espagne où la chasse du mouflon à manchette est autorisée toute l'année. Pedro me dit que je dois impérativement tirer un mâle et m'explique que Toni flèche régulièrement sur cette zone. Nous retournons tranquillement à la voiture sans voir d'animaux. Nous remontons le chemin en voiture et surveillons les abords du chemin où la végétation n'est pas trop dense ou a été défrichée pour aménager des zones de nourrissage. Pedro s'arrête un peu plus loin au départ d'un chemin et me dit que le mieux pour moi c'est de chasser seul pour optimiser mes chances d'approcher un animal. Il m'explique qu'il le faut suivre doucement le chemin en surveillant les 2 côtés jusqu'à arriver sur une zone où des petits champs ont été dégagés et au bord desquels des miradors ont été aménagés. Il me conseille de bien prospecter autour de ses champs nourriciers. Il me propose sa veste imperméable mais je lui explique qu'elle est trop bruyante. Je quitte donc le pick-up et remonte tout doucement le chemin dans le brouillard épais. La pluie se transforme peu à peu en gros flocons de neige à mesure de mon ascension. Le temps ne me permet pas de prendre mon appareil photo qui n'est pas étanche et je dois me contacter mon téléphone portable étanche qui ne fait pas de belles photos.

Chasse du mouflon à manchette à Alcoy, 6 avril 2022

Dès que le bois s'éclaircit un peu j'y entre en suivant les passages de gibier pour tenter d'apercevoir un mouflon à manchette mais rien. Arrivé sur la zone de champs nourriciers, je fais le tour de la zone mais aucun animal en vue. Le sol est encore nu, la végétation n'a pas encore poussé.

Chasse du mouflon à manchette à Alcoy, 6 avril 2022

Mes vêtements non étanches sont vite trempés. Le secteur ne semble pas très fréquenté, seules quelques traces et des tas de crottes qui ne semblent pas frais. Un vent soutenu et glacial souffle sur la zone. Je repère les différents miradors placés en bordure des zones dégagées. Une fois tout le secteur prospecté, je décide de redescendre en passant par une zone plus claire dans le bois. Je progresse doucement et biaise doucement pour rejoindre le chemin. Aucun animal en vue. Le chemin rejoint, je rejoins Pedro. Mes vêtements trempés fument dans l'habitacle chaud de la voiture, Pedro me dit que je suis un fou de chasser comme ça sans vêtements étanches sous cette pluies glaciale.

Nous continuons à monter en suivant le chemin et passons devant une zone de nourrissage. Pedro m'explique que la veille il y avait un beau troupeau sur cette zone mais rien aujourd'hui. Nous continuons et arrivons à une belle bâtisse où habite le propriétaire de la zone.  Derrière l'habitation s'ouvre une zone dégagée noyée dans le brouillard où Pedro m'explique que beaucoup d'animaux viennent manger tous les jours. Il réserve ce secteur pour cette après-midi. Nous continuons à monter et stoppons près d'une petite cabane plantée sur la bordure droite du chemin, adossée au bois. Un champ nourricier nu s'ouvre devant la cabane sur l'autre côté du chemin. La voiture de Paco est garée contre la cabane. Nous quittons la voiture pour rentrer dans la cabane où sont postés Paco et l'autre chasseur. Ils nous invitent à manger quelques gâteaux et un bout de chorizo. Ils ont vu passer un renard et des femelles mouflons. Il semble qu'hier il y avait une grande quantité d'animaux sur ce secteur. Nous discutons un moment puis nous repartons avec Pedro pour un nouveau secteur. Nous continuons à monter le chemin et nous nous garons un peu plus haut. Pedro m'explique qu'il me faut suivre le chemin pour rejoindre 2 champs nourriciers dont je devrais faire le tour. Je pars donc en suivant le chemin. Arrivé au premier champ à nu comme les autres, je le longe par la droite à quelques mètres à l'intérieur du bois de chênes verts qui poussent au milieu des gros rochers. Les branches basses sont toutes broutées, signe de la quantité d'animaux sur le secteur. Le brouillard toujours aussi épais et la pluie limite beaucoup ma visibilité et l'objectif de mon téléphone trempé ne me permet plus de faire de photos correctes. Un gros sanglier a retourné de frais la bordure du bois et semble être descendu dans les rochers en contrebas. Rien sur le premier champ. Je reprends le chemin et rejoins le second champ dont je fais le tour en commençant par la bordure de droite. Arrivé au bout du champ, je continue à le longer par l'intérieur du bois clair qui remonte sur l'autre côté du champ. Je progresse doucement quand un mouvement attire mon attention. Un énorme écureuil roux au pelage grisonnant et au ventre très blanc s'est figé à un mètre du sol sur le côté droit d'un tronc à quelques mètres de moi. Nous nous observons un instant puis il redescend au sol et fuit pour disparaît plus haut dans le brouillard. Je poursuis ma chasse en prospectant le bois clair mais toujours rien. Je tourne un moment sur la gauche des champs sans voir d'animaux puis retourne à la voiture.

Je suis trempé, Pedro me dit encore une fois que je suis fou de chasser sans vêtements imperméables mais, en marchant, je n'ai pas froid. Nous redescendons, il sera bientôt l'heure d'aller manger. Sur le chemin, nous repassons devant la maison du propriétaire. Il a sorti ses 5 bergers d'Anatolie. Certains sont attachés mais d'autres sont en liberté. Arrivé au bout du premier chemin que nous avons chassé ce matin. Pedro me propose d'aller me poster une heure sur la zone de nourrissage. Cette idée ne m'enchante pas trop mais je décide de tenter le coup. Je prends le chemin seul et avance doucement en surveillant les 2 côtés. Un rouge gorge m'accompagne en me devançant de quelques mètres. Brusquement, un léger mouvement dans le brouillard me fait stopper net et mes yeux se posent sur 2 jeunes mouflons à manchette. Ils sont plein travers à 15 mètres, têtes à gauche. Impossible de savoir si ce sont des mâles. Je reste immobile à les observe plusieurs secondes. Ils finissent par s'éloigner tranquillement dans la végétation arbustive. Je m'avance d'un pas et me fige aussitôt en apercevant 2 autres animaux, à environ 40 mètres, qui étaient cachés par un arbuste. C'est un autre jeune et un plus âgé aux cornes plus imposantes qui regardent vers moi de face. Alors que je les observe immobile, les 2 autres font vite demi-tour pour venir se replanter à environ 15 mètres. Impossible de les sexer. Je reste immobile, je suis incapable de savoir si ce sont des animaux tirables. Ils restent immobiles quelques secondes puis repartent, font environ 20 mètres puis font demi-tour et reviennent se planter à 18 mètres environ. Ils me rendent fou. Ils restent un court instant puis remontent vers la crête et je les perds de vue dans la végétation. Les 2 autres regardent vers moi sans bouger. Je fais doucement marche arrière pour être caché par l'arbuste puis remonte doucement vers eux, caché par le feuillage de l'arbuste. Arrivé au pied de ce dernier, je me penche doucement et aperçois le plus gros à environ 15 mètres. Il regarde vers moi de face mais impossible de savoir si c'est un mâle. Après quelques secondes, il démarre entraînant le plus jeune avec lui et ils disparaissent derrière la crête. Je suis à la fois très content d'avoir pu observer mes premiers mouflons à manchette et à la fois très frustré par cette belle approche que je n'ai pas pu concrétiser à cause de ma méconnaissance de cet animal. 

Je reprends ma progression sur le chemin et arrive à la zone de nourrissage sans avoir vu d'autres animaux. Je regarde où me poster mais cette idée ne m'enchante vraiment pas. Je décide de tenter de retrouver des animaux en prospectant sur le secteur. Je monte par les coulées du penchant d'en face et tourne tranquillement un moment sur le secteur en revenant vers la voiture ou j'arrive sans avoir vu d'autres animaux. J'explique ma chasse à Pedro et lui décris les animaux, il m'annonce qu'il s'agissait certainement de jeunes mâles ce qui ajoute encore à ma déception et le fait rire. Je crains d'avoir laissé passer l'occasion de mon séjour. Nous redescendons au restaurant pour retrouver Paco et l'autre chasseur pour manger.

Après un bon repas chaud, nous retournons dans la montagne. Il pleut toujours mais moins. Au départ de la piste, nous croisons le propriétaire qui s'arrête pour nous saluer et discuter un peu avec Pedro. Pedro me laisse au premier chemin pour chasser un moment car il doit aller chercher quelque chose et il me récupérera sur le chemin principal. Il le dit de chasser le chemin puis de remonter en chassant le long du chemin principal, jusqu'à l'habitation du propriétaire, le temps qu'il revienne. Je pars donc chasser mais ne voyant rien sur le premier chemin, je reviens sur le chemin principal et commence à le suivre quand il se sépare en 2. Sur la droite le chemin rejoint une habitation que je n'avais pas remarquée dans le brouillard ce matin. Je le dirige vers cette dernière puis regarde les prairies autour. Ne voyant rien je coupe à travers bois pour rejoindre le chemin principal puis le suis doucement. Au bout d'un moment à suivre le chemin, j'ai un gris doute, comme j'ai coupé, je le demande si je n'ai pas manqué un virage car la ligne droite du chemin me semble bien longue. Je fais donc demi-tour et tombe sur Pedro qui remonte. Je monte en voiture et nous remontons jusqu’aux prairies derrière la maison du propriétaire de la zone. Les chiens ont été rentrés dans la cours fermée. Nous nous garons près d'une chaise d'affût située au-dessus d'une zone de nourrissage. Pedro appâte la zone et me propose de me poster sur la chaise d'affût perchée entre 3 et 4 mètres de haut. Je n'ai jamais chassé de cette façon mais je m'exécute malgré mon vertige. Je monte doucement, le vent qui secoue l'arbre agite l'échelle ce qui ne me rassure pas trop. Arrivé en haut, j'ai un très mauvais feeling. Pedro me fait signe pour le demander si ça va, je lui fais signe que non, étonné, il le demande pourquoi et je lui explique que j'ai le vertige et que je n'aime pas ce mode de chasse. Il me dit que je peux me poster au sol si je préfère ou chasser le long d'un chemin qui passe plus en arrière. Le vent tournant va me trahir du je reste près de la zone de nourrissage. Je redescends, aidé par Pedro qui attrape mon arc et décide de suivre tranquillement le chemin. Pedro repart en voiture et me laisse sur le secteur. Des mésanges noires picorent sur le bas-côté. J'avance doucement quand mon téléphone sonne. C'est Pedro qui m'appelle. Il a repéré un groupe d'une dizaine d'animaux un peu avant l'habitation. Je raccroche et fais demi-tour. Je contourne doucement l'habitation par la gauche mais les chiens se mettent à aboyer. Le brouillard s'épaissit de plus en plus. La maison passée, je suis le chemin doucement et longe une zone défrichée récemment pour aménager une zone de nourrissage. Pas d'animaux en vue, j'envoie un message à Pedro pour lui demander de me préciser la position des animaux mais il ne répond pas. Je me remets en marche et stoppe, contre un arbre qui borde le chemin, pour observer quand mes yeux se posent sur des silhouettes dans le brouillard. Je reconnais vite les cornes en croissant. Ce sont des mouflons à manchette. Il y en a plus de 10. Arrêtés derrière un tas de grumes, à environ 40 mètres, les premiers regardent vers moi. Je reste immobile contre l'arbre. Quelques jeunes mouflons arrivent pour rejoindre le groupe. Une voiture arrive sur le chemin et passe juste à côté de moi, je reste immobile mais les animaux deviennent nerveux et rejoignent le bois tout proche où je les perds de vue. J'espère qu'ils ne sont pas allés très loin et décide de tenter une approche. Je fais une boucle en revenant vers la maison, pour rentrer au bois à bon vent et ne pas risquer d'être vu par les animaux, puis commence ma progression lente dans le bois. Mon téléphone sonne, Pedro vient de me répondre, je lui renvoie un message pour lui dire que j'ai vu les animaux. Je continue à avancer tout doucement quand un mouvement attire mon regard. 3 gros mouflons à manchette, avancent tranquillement à un peu plus de 30 mètres de moi dans la végétation. Je les perds vite de vue et alors que je m'attends à les voir passer dans un clair tout proche, rien. Ils semblent avoir disparus. Je m'approche très lentement quand un léger craquement m'interpelle. Je regarde tout autour de moi et aperçois, un peu sur la gauche, dans un couloir formé par la végétation, 3 gros mouflons à manchette qui broutent les branches basses. Ils ne sont qu'à 12 mètres. J'arme mon arc et attends que l'un d'eux se présente bien et se dégage des autres. Un premier s'avance et passe derrière des chênes verts où je le perds de vue. Un second, un très beau mâle, s'avance et se positionne plein travers juste avant les chênes verts. Je cale ma visée et décoche. Ma flèche le semble parfaite, elle va atteindre l'animal au défaut de l'épaule mais aucun impact ne retentit dans l'animal. J'entends juste le tintement de ma lame qui touche un caillou en heurtant le sol. Je ne peux pas croire que j'ai manqué ce bel animal. Les mouflons démarrent et disparaissent dans la végétation. J'attends un instant puis pars examiner la zone du tir. Ma flèche est plantée au sol. Pas de sang, pas de poil. Je la remets au carquois après l'avoir bien examinée. Je tourne un moment sur le secteur sans arriver à trouver le moindre indice de blessure. Je suis dégouté, comment est-ce possible ? J'ai certainement dû heurter une branche et ma flèche a dû dévier au dernier moment vers le bas.

Je tourne un moment dans le sous-bois qui a été nettoyé sur un grand secteur en essayant de retrouver les animaux mais rien. Je finis par revenir sur le chemin et recommence à le longer doucement tout en surveillant le secteur. Après quelques centaines de mètres sans rien voir. J'aperçois une masse sombre en mouvement à environ 50 mètres devant moi, à environ 7 ou 8 mètres de la bordure du chemin, sur la gauche du chemin. C'est un jeune sanglier d'environ 40 kg qui fouille le sol en quête de nourriture. Je serre la bordure gauche du chemin et longe les arbres pour m'approcher au maximum. J'avance très lentement et arrive à 6 ou 7 mètres du petit sanglier. Il est plein travers, le tir est facile mais je ne suis pas là pour lui. Il avance encore un peu en fouillant le sol et passe derrière un petit arbre pour ressortir au bord du chemin. Il tourne la tête vers moi et m'aperçoit, il démarre en trombe et traverse le chemin en dérapant pour sauter dans le bois en contrebas. Je suis encore le chemin un moment mais pas de mouflon. Je finis par faire demi-tour, toujours rien. Je jette un coup d'œil sur la zone d'appatage, rien non plus. Je refais un tour dans le bois sur la gauche du chemin sans plus de succès. Le temps passe, il va être 19 heures.

J'envoie un message à Pedro pour lui dire que je vais redescendre en chassant le long du chemin. Il me répond "ok". Je redescends donc doucement en surveillant les côtés du chemin mais toujours pas d'animaux en vue. Quand j'arrive à la voiture, il n'y a personne. J'envoie un message à Pedro pour savoir où il est et il me dit de descendre encore un peu pour aller chasser le premier chemin en l'attendant. Ne voyant rien, je remonte mais la voiture n'est plus là. J'envoie un message à Pedro mais il ne répond pas, je tente de l'appeler, il décroche mais chuchote et je ne comprends rien. Il m'envoie un message pour me dire qu'il arrive dans quelques minutes. Je l'attends donc dans le froid mordant sous un vent glacial. Il finit par arriver un peu avant la nuit mais je suis surpris car un chasseur et son fils sont dans la voiture. Je charge mes affaires, le chasseur semble très contrarié, je comprends qu'il a tiré un mouflon à manchette mais a fait une balle trop arrière et n'a pas retrouvé son animal. Pedro lui dit qu'il fera intervenir un chien de sang. Quand je monte en voiture Pedro m'annonce qu'il vient de voir une vingtaine d'animaux sur la zone d'appatage. Je n'ai pas été assez patient. Nous redescendons au restaurant. Le lendemain, la météo annonce un déluge et comme je vais rentrer très tard, je décide de rester avec ma compagne le lendemain. Je remercie donc vivement Pedro et lui paye ma journée de chasse avant de rentrer sur Elche où je suis attendu pour manger.

Mardi, je passe donc la journée à Elche. Il ne cessera pas de pleuvoir de toute la journée. Nous devons partir mercredi après-midi sur Altéa pour y passer 2 jours avant de rentrer. La météo semblant meilleure pour le mercredi matin, je demande la permission à ma compagne d'aller chasser juste la matinée. Ma demande acceptée, j'envoie un message à Pedro qui me dit qu'il n'y a pas de problème et m'envoie le numéro de Paco qui me guidera car lui est retourné chez lui à Murcia. Le rendez-vous est pris pour 7h30 au même restaurant que lundi. J'y retrouve Paco, nous déjeunons tranquillement puis partons pour la chasse, alors que Paco arrive au câble qui ferme le chemin, je constate que la végétation est poudrée de neige. En Espagne, il est interdit de chasser lorsque la neige recouvre totalement le sol, c'est ce que les espagnols appelle "un dia de fortuna". En arrivant au premier chemin, Paco me dépose pour que j'aille chasser. Le sol est détrempé et la neige couvre quelques zones espacées sur lesquelles peuvent se voir quelques traces de renard. Je longe le chemin jusqu'à la zone de nourrissage sans rien voir. Sur le retour, je bifurque sur un autre chemin pour aller prospecter une zone plane de bois où je trouve pas mal de tas de crottes mais pas le moindre mouflon à manchette en vue. 

Je retourne à la voiture nous remontons jusqu'à l'habitation du propriétaire de la zone de chasse qui a sorti ses chiens. Nous nous arrêtons devant l'habitation et il vient à notre rencontre pour nous saluer et nous informer que nous ne pouvons pas chasser plus haut à cause de la neige car en montant d'avantage elle recouvre tout le paysage. Paco me laisse donc chasser dans les bois autour de la maison et m'attend à la voiture. Il devra redescendre dans la matinée pour aller chercher le conducteur de chien de sang qui doit venir faire la recherche du mouflon tiré lundi. Cette recherche n'a pas pu se faire hier à cause du déluge et aujourd'hui la zone de recherche est recouverte par la neige. Je prends mon appareil photo avec moi, il ne pleut pas aujourd'hui. Je pars sur le chemin qui passe près de la zone de nourrissage. Une trace fraîche semble monter vers le point de nourrissage mais je ne vois pas de mouflon sur la zone. Je suis le chemin doucement sans rien voir. Après plusieurs centaines de mètres je tombe sur d'autres traces plus petites. Certainement des mouflons. Je fais demi-tour et constate que des animaux ont traversé le chemin dans mon dos à environ 200 mètres de l'habitation. Je tente de suivre les traces mais les perds vite alors qu'elles rentrent dans le fourré. Je reviens sur le chemin et le longe en direction de la maison. Je constate alors que les chiens m'ont suivi, leurs énormes traces ponctuent le chemin. Je passe l'habitation et pars prospecter la zone où j'ai manqué le gros mâle lundi. Je tourne dans le bois à la recherche de traces et finis par trouver les traces de plusieurs animaux. Je les suis doucement et les perds souvent dans la végétation parfois épaisse. Après environ 100 mètres de pistage, je perds les traces et stoppe pour regarder autour de moi quand un bruit me fait tourner la tête. J'aperçois furtivement un gros mouflon à manchette qui s'enfuit dans le bois à environ 30 mètres de moi. Je n'ai pas le temps de réagir que 2 autres gros s'élancent à ses trousses et disparaissent également. 

J'attends un peu puis tente de retrouver leurs traces sans y parvenir. Je tourne un moment dans le bois nettoyé et trouve plusieurs fois des traces mais sans arriver à les suivre. Au bout d'un moment, je retombe sur les traces du groupe que je suivais. Elles descendent dans le penchant boisé. Je les suis doucement sur environ 100 mètres dans la végétation souvent dense quand un gros mouflon à manchette démarre à environ 30 mètres devant moi. C'était le dernier du groupe, j'entends les animaux fuir dans le fourré. Je tente de les suivre mais la végétation est trop dense et je tente de trouver un passage plus facile pour remonter sur le plateau. J'avais complètement oublié mon appareil photo en bandoulière. Il est trempé et semble ne plus fonctionner. Je tente de se le sécher au maximum et le glisse sous la veste. Arrivé sur le plateau, je regarde l'heure, il va être 11 heures. Je décide de rentrer à la voiture pour ne pas rentrer trop tard sur Elche. 

Un geai vient se percher, en criant, à la cime d'un pin à environ 40 mètres. Quelque chose à dû le déranger. Je m'avance doucement, il s'enfuit. Je progresse doucement en ouvrant bien les yeux quand un jeune mouflon à manchette m'apparaît. Je me fige, il est de 3/4 arrière et regarde vers moi. D'après ce que m'avait expliqué Pedro, il doit s'agir d'un mâle. Les cornes sont larges. Je le juge à 30 mètres. Je mets doucement mon viseur sur 30 mètres. Monte tout doucement mon arc, il n'a pas bougé, j'arme tout doucement, il n'a toujours pas bougé. J'aligne ma visée derrière son épaule et décoche. A l'impact, le mouflon s'effondre sur place. Je me précipite mais c'est fini pour lui. Il n'était en fait qu'à 25 mètres et ma flèche est un peu trop haute. En arrivant près de lui j'ai un très gros doute car il me présente son arrière train et je ne vois pas ses testicules. Ma flèche a coupé la colonne vertébrale au-dessus de l'épaule et ressort partiellement dans le cou. Il est paralysé et saigne abondamment. Il s'éteint, je regarde son ventre et aperçois de petites testicules et son fourreau pénien, je respire à nouveau, c'est bien un mâle. Il me faut maintenant rentrer à la voiture, je suis à nouveau trempé. Je lui rends les honneurs, attache les 4 pattes ensemble pour le porter sur mon épaule et reviens vers la voiture. En chemin, je réussis à rallumer mon appareil photo en sortant la batterie puis en la remettant. Quand j'arrive à la voiture Paco est avec le conducteur de chien de sang. Tous 2 me félicitent, je fais quelques photos contre muret après avoir essuyé mon objectif trempé

Chasse du mouflon à manchette à Alcoy, 6 avril 2022

et nous partons faire les papiers chez le propriétaire pour que je puisse transporter l'animal jusqu'à Elche et le trophée jusque chez moi. En regardant les photos sur mon appareil je constate qu'elles sont floues à cause de l'humidité sur l'objectif. Après avoir fait les papiers je décide, après avoir bien essuyé mon objectif, de refaire quelques photos plus présentables sur une plaque de neige en bordure du bois en lui remettant la brisée de chêne vert qu'il avait perdu lors du transport jusqu'à la voiture.

Chasse du mouflon à manchette à Alcoy, 6 avril 2022

Il est temps de rentrer sur Elche, mon papier en poche, je paye mon guide et mon mouflon puis rentre m'occuper de mon jeune animal alors que le soleil ressort enfin. Arrivé à Elche, je le prends à un olivier, le vide, le dépèce et le découpe pour donner la viande à nos hôtes.

Chasse du mouflon à manchette à Alcoy, 6 avril 2022

Nous dégusterons des pavés de filet à la poêle pour le midi. Un grand merci à Joan, Toni, Pedro et Paco.

Alex

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17 juillet 2018 2 17 /07 /juillet /2018 05:48

Ayant décidé de partir en vacances à Majorque avec ma compagne, j'ai posté un message en espagnol sur Facebook demandant s'il était possible de chasser une journée le bouc des Baléares sans passer par une société de guidage. C'est le seul grand gibier de l'île et sa chasse est ouverte toute l'année. Un de mes contacts, Joan CATALA m'as mis en contact avec une de ses connaissances, Francisco qui m'a invité à chasser sur sa propriété de chasse (Coto de Caza privado). Nous nous sommes contactés par téléphone pour les derniers détails à régler. Ce matin, nous avons rendez-vous à 5h30 sur le parking près de mon l'hôtel où Francisco vient me chercher mais j'ai mal compris le lieu du rendez-vous et ne le voyant pas arriver je l'appelle. Il m'attend depuis 10 minutes, je cours le rejoindre puis nous partons pour sa zone de chasse, il fait déjà chaud alors que le jour n'est pas levé. Francisco m'explique en chemin qu'il existe 2 types de chèvres sauvages à Majorque :

- "La cabra fina" ou "cabra salbaje mallorquina" qui est la vrai chèvre sauvage des Baléares pour laquelle il est nécessaire de passer par les sociétés de guidage et qui se monnaye cher. Sa robe rousse et sa ligne noire sur le dos sont caractéristiques de l'espèce dont la présence à Majorque est très ancienne, introduite par l'homme il y a plus de 4000 ans.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

- "La cabra asilvestradas" d'origine domestique et revenue plus récemment à l'état sauvage. Ces animaux présentent un risque de pollution génétique pour l'espèce autochtone et doivent être abattus. Tout animal présentant ne serait-ce qu'une petite tache blanche ("una mancha blanca") est considéré comme non pur et peut être tiré.

Malgré ma bonne maîtrise de l'espagnol je n'ai pas tout compris sur ces subtilités de la chasse à la chèvre sauvage et des différences entre les 2 types d'animaux lors des explications de Francisco. Nous arrivons aux premières lueurs du jour sur le territoire de chasse fermé par un grand portail métallique. Nous passons le portail et nous nous garons près d'une ancienne bâtisse alors qu'un lièvre ibérique détale vers la garrigue. Francisco m'explique que sa propriété de chasse fait 5000 hectares. Nous nous préparons puis nous nous mettons en marche en nous dirigeant vers un mur de pierre blanche. Une perdrix rouge se débine en longeant ce mur. Déjà les premières crottes de chèvres sont visibles sur le sol. Nous rejoignons un passage où le mur s'est partiellement éboulé et rejoignons un chemin pierreux de l'autre côté que nous commençons à suivre. Le soleil se lève dans notre dos au-dessus de la mer. 

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Francisco m'explique que nous pouvons tomber sur les chèvres à tout moment et qu'il me faut ouvrir les yeux et les oreilles pour tenter d'entendre des bêlements qui pourraient trahir la position d'un groupe d'animaux. C'est souvent le bêlement des jeunes qui trahit la présence des adultes, Francisco étant appareillé pour l'audition, il m'explique qu'il n'entend pas bien. Je scrute le paysage et écoute mais à part quelques crottes plus ou moins fraîche je ne vois pas le moindre animal. Après un moment passé à marcher et quelques coups de jumelle donnés par Francisco sur les coteaux alentours je finis par entendre des bêlements au loin sur la droite et en fait part à Francisco. Il me fait comprendre que c'est trop lin et nous poursuivons notre chemin. Un peu plus loin, nous stoppons et Francisco m'explique que nous allons chasser 2 très bonnes zones où sont souvent les animaux. Il hésite un peu puis nous partons pour la  première zone par un petit sentier qui descend dans la garrigue. Rapidement, des bêlements se font entendre et je les signale à Francisco. Nous tentons l'approche, j'avance tout doucement sur le sentier en surveillant le secteur mais la végétation arbustive ne me permet pas de voir les animaux. Le sentier descend doucement vers le fond de la combe et je tente de repérer les animaux en regardant en direction des bêlements qui se déplacent dans la végétation. Au pied du penchant pierreux  et ponctué de buissons bas et de quelques arbres chétifs, je marque une pause pour observer un instant le secteur quand il me semble apercevoir un animal basculer derrière la crête à un peu plus de 100 mètres. Les bêlements reprennent sur notre droite, en bordure d'un bois de pins épais.

Je consulte Francisco et je décide de tenter l'approche. Le vent souffle vers la crête. Je commence mon approche voûté en me frayant tout doucement un chemin au travers de la végétation et en vérifiant chacun de mes appuis pour éviter de faire rouler les pierres. Je m'arrête souvent pour observer et écouter et me rapproche peu à peu des bêlements. Alors que j'arrive près des premiers arbres précédant le bois, j'aperçois du mouvement et stoppe derrière quelques buissons. Une trouée dans le bois me permet de voir à environ 40 mètres, un gros arbre sous lequel le sol est dénudé avant l'épaisse  végétation basse de la garrigue. Une silhouette blanche s'avance sous ce dernier et se détache à découvert. Une belle chèvre blanche s'avance dans le découvert alors que des craquements dans son entourage  trahissent la présence de d'autres animaux. Je reste perplexe devant cette rencontre à laquelle je ne m'attendais pas, toutes les images que j'avais pu voir es chèvres de Majorque étaient celles de chèvres rousses avec es zones noires dans  le pelage.  C'est alors que je comprends les explications de Francisco sur les 2 catégories de chèvres et la nécessité d'éliminer les chèvres revenues à l'état sauvage qui s'hybrident avec les "cabras finas". Francisco resté en retrait ne voit pas la chèvre, j'attire son attention, ramasse une pierre blanche et lui mime la robe blanche de la chèvre pour savoir si je dois la flécher. Il me demande par signes si c'est un mâle et je lui fais signe que non, il me fait signe de laisser tomber. Je reste tout de même en poste car d'autres animaux avancent dans la végétation et j'espère qu'il s'agit de boucs. Tout à coup, des coups de feu résonnent au loin. La chèvre lève la tête et devient inquiète, les coups de feu reprennent et elle se débine dans la pente disparaissant dans la végétation. J'attends un peu mais les autres animaux ont aussi disparus, je retourne vers Francisco agacé d'avoir entendu ces coup de feu qui n'avaient pas lieu d'être.

Je lui explique que j'ai vu une chèvre blanche et  qu'il y avait d'autres animaux mais que je n'ai pas pu les voir et lui demande ce qu'il compte faire ensuite. Comme moi il a vu des animaux en crête et décide de remonter  pour tenter de les apercevoir. Nous remontons donc jusqu'à la crête et observons un moment sans rien voir puis décidons d'avancer doucement sur notre droite dans une  zone de  garrigue basse. Tout à coup, Francisco aperçois des animaux qui nous observe au loin et me les montre avant de me dire que nous allons faire demi-tour pour les laisser tranquille un moment. Nous partons donc en sens inverse en longeant la crête pour nous poster sur une bonne zone de passage. Le temps passe et rien ne vient, le vent est un peu tournant. Francisco décide de revenir voir les chèvres vues sur notre droite, nous avançons tranquillement quand nous apercevons, à environ 300 mètres, une tête dans la végétation. Francisco m'annonce un jeune mâle après identification aux jumelles. Je pars pour tenter une approche.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Le vent souffle alternativement de ma droite ou dans mon dos, je décide donc de remonter plus à ma droite pour que mon odeur ne soit pas portée vers l'animal plus en contrebas. Je tente de me faufiler voûté dans la végétation et derrière les rochers pour me camoufler en surveillant par moment l'animal qui ne semble pas vouloir s'enfuir mais regarde souvent dans ma direction. Alors que j'ai fait presque la moitié du chemin et que je me suis arrêté baissé dans les buissons, un mouvement attire mon regard à environ 15 mètres devant moi. Les belles cornes d'un bouc qui semble venir vers moi dépassent juste du buisson. J'accroche vite mon décocheur et me prépare à armer mon arc mais les cornes disparaissent et rien ne venant, je me redresse un peu et aperçois les animaux qui se débinent de cul. Je m'approche vite du buisson qui me les cachait et les observe, ils ont stoppé à environ 50 mètres et broutent les feuilles des arbustes. J'aperçois les têtes de 2 grosses chèvres et d'un bouc au pelage roux clair et portant des marques noires. Le bouc est de dos à gauche des 2 chèvres. Je m'approche d'environ 10 mètres et me recale alors que le vent a tourné dans mon dos. La chèvre la plus à droite devient inquiète et regarde les alentours avant de démarrer pour se débiner vers le bois de pins qui borde la crête à ma droite. Elle disparaît rapidement, la seconde chèvre ayant remarqué ce départ précipité lui emboîte le pas. Le bouc absorbé par son repas met plus de temps à réagir, je tente de me rapprocher un peu mais il finit par me sentir et devient inquiet. J'arme mon arc, il est encore à environ 35 mètres, il s'avance dans la végétation en s'arrêtant plusieurs fois mais seule sa tête dépasse de la végétation. Je le suis dans mon viseur sans avoir d'opportunité de tir et doit me résoudre à le laisser partir vers les pins.

Les 3 animaux ayant disparu, je décide de repartir sur ma première cible. Je biaise à travers les buissons pour descendre vers l'endroit où se trouvait l'animal. Je l'aperçois vite en contrebas à environ 30 mètres mais seule la tête dépasse de la végétation. Le vent tourne à nouveau dans mon dos et l'animal blanc et noir se débine dans la végétation, tête basse et ne ressort à découvert qu'à 50 mètres avant de rentrer à couvert dans un bois alors que je tente de m'approcher. Je fais donc demi-tour pour revenir vers Francisco qui m'a attendu de l'endroit où nous avons vu le jeune bouc. Comme je l'ai laissé depuis un moment et que je viens de me rendre compte que j'ai oublié mon portable à la voiture, je presse le pas pour le rejoindre. Je ne l'aperçois pas tout de suite car la végétation me le cache un moment mais je finis par le voir qui me fait des grands signes avec les bras. Je presse donc le pas pour le rejoindre et regarde plus où je pose mes pieds que devant moi. Alors que je relève les yeux vers Francisco, je le vois agiter qui me fait signe de ralentir et de regarder à ma gauche. Je stoppe net et remarque vite du mouvement derrière  un petit arbre à une vingtaine de mètres devant moi. Rapidement, la chèvre blanche, que j'avais vue toute à l'heure, s'avance à découvert devant moi, à environ 25 mètres. Elle stoppe à quelques mètres de l'arbre et regarde alternativement vers moi et Francisco immobile un peu plus loin. Inquiète, elle fait demi-tour et je remarque alors une masse sombre au travers de bois morts, au pied de l'arbre puis un bouc blanc surgit de derrière l'arbre et descend le penchant à ma droite en biaisant pour passer en dessous de moi. Je biaise moi aussi pour couper sa trajectoire. 

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Il avance d'un pas lent et s'arrête souvent pour regarder vers moi, je stoppe alors pour l'observer immobile et repars quand il se remet à avancer tête basse dans la végétation. J'essaie d'avancer le plus vite possible en essayant de rester silencieux et biaise de plus en plus à gauche pour lui couper la route. Je le rattrape peu à peu, il stoppe à environ 12 mètres de moi et relève la tête. J'arme doucement mon arc, vise et décoche. Touché, il s'effondre sur place et bêle un instant avant de se relever pour tenter de s'éloigner en boitant sévèrement, il retombe plusieurs fois puis se couche en bêlant derrière des buissons sans parvenir à se relever. Je tente de m'approcher quand une impression bizarre me fait tourner la tête à droite. J'aperçois alors la chèvre blanche qui m'observe de face à moins de 10 mètres avec un bouc typique de Majorque arrêté plein travers derrière elle et lui reniflant l'arrière train. Je demande par signes à Francisco si je peux tirer et il me fait signe que non. Ils restent ainsi immobile un instant puis se débinent tranquillement.

Je m'avance vers mon bouc qui s'est immobilisé. Ma flèche l'atteint plein cœur et l'hémorragie a été massive, il n'a pas fait 20 mètres. Ma flèche restée en travers s'est cassée dans la chute de l'animal.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Francisco me rejoint et m'explique que les animaux lui tournaient autour depuis environ 20 minutes et me montre les photos qu'il a prises du bouc des Baléares en me disant que certains chasseurs sont venus plusieurs fois chasser ici sans en voir un seul.  

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Nous prenons quelques instants pour faire quelques photos souvenir de mon premier gibier des Baléares.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Je pense alors que la chasse est terminée pour ce matin mais Francisco m'explique que nous allons aller chasser sur le second secteur auquel il pesait tout à l'heure et me dit que tant que j'ai des flèches à mon carquois je peux tirer des animaux. 

Nous partons donc pour le second secteur en longeant le chemin principal. Nous arrivons dans une zone de garrigue ouverte qui a brûlé il y a quelques années. Les troncs tombés au sol ont été recouverts par la végétation basse qui a repoussé. Plus bas la pente s'accentue brusquement et se boise avant le penchant boise qui remonte à notre gauche. Alors que nous avançons sur le chemin, des bêlements retentissent en contrebas sur la gauche les animaux ne sont pas visibles, certainement en dessous de la cassure brutale de la pente, dans les arbres. J'avertis Francisco qui me dit que l'approche va être très difficile. Il me fait avancer un moment sur le chemin alors que les bêlements se déplacent en parallèle du chemin. Sur les indications de mon hôte, je descends par un petit passage de chèvres vers la lisière des arbres, il m'a également indiqué qu'un torrent à sec marquait le fond de combe et qu'en le suivant je remonterai au chemin. Je progresse doucement en slalomant pour éviter les obstacles et essayer de de ne pas faire trop de bruit. Un fort vent souffle par ma droite et couvre un peu le bruit de ma progression. Les bêlements sont descendus vers le fond de combe. Arrivé aux premiers arbres je cherche un passage pour descendre vers le torrent et trouve une coulée bien fréquentée mais assez encombrée et très pentue. Je me fraye doucement un chemin en me tenant fermement à la végétation pour descendre sans tomber et arrive au torrent non sans mal mais les animaux se sont tus. J'écoute un moment mais rien, je commence à remonter dans l'épaisse végétation et les blocs rocheux du penchant boisé mais je tourne un moment sans voir d'animaux, je tente même de bêler sans succès. Je décide donc de redescendre vers le torrent pour rejoindre Francisco mais à peine suis-je arrivé dans le bas fond que les bêlements reprennent au-dessus de moi, d'où je viens. Je fais donc demi-tour et remonte doucement vers les cris qui semblent provenir d'un bouquet de pins autour duquel j'ai pourtant tourné tout à l'heure. Je remonte doucement jusqu'à un bloc rocheux vertical, les cris viennent de 15 mètres plus haut. Je remonte par une coulée sur la gauche de la roche et m'approche doucement des pins et de l'animal qui est maintenant à moins de 10 mètres mais impossible de le voir. J'avance encore un peu quand l'animal démarre brusquement pour stopper à environ 25 mètres plein travers alors que je viens d'armer mon arc. C'est un chevreau, j'ai une fenêtre de tir au travers des branchages. J'aligne ma visée et décoche mais l'animal démarre au même moment et ma flèche passe derrière. Je réencoche et pars chercher ma flèche mais elle reste introuvable.

Je redescends vers le torrent et le remonte rapidement pour rattraper le chemin avant de le longer rapidement pour rejoindre Francisco que j'ai laissé depuis un moment. Ne le voyant pas, je siffle et l'aperçois qui me fait des signes. Il a vu un bouc, il me demande si je ne l'ai pas vu en remontant et je lui dis que non. Il semble que je sois passé juste à côté sans le faire partir. Il m'amène jusqu'à un arbre au bord du chemin et me montre un gros bouc brun avec une bande blanche sur le flanc qui broute tranquillement dans la bande boisée au-dessus du torrent. Le vent souffle toujours de façons soutenu en parallèle du chemin, je reviens donc en arrière d'environ 30 ou 40 mètres puis descends au plus droit vers la bande boisée en essayant de ne pas faire trop de bruit puis commence une approche plus lente en longeant les arbres. Ne voyant plus l'animal, je surveille Francisco qui me fait signe qu'il est toujours là. J'arrive à l'aplomb du bouc et l'aperçois mais il retourne tranquillement vers le torrent en broutant. Je ne peux pas m'avancer dans le bois à cause de l'encombrement des troncs morts, le bouc est déjà à près de 30 mètres, j'arme mon arc et attends une occasion de tir. A environ 35 mètres, il se tourne plein travers. J'arme, tente de trouver une trouée puis décoche mais ma flèche passe juste sous le cœur. Le bouc démarre et une chèvre surgit de la végétation, ils se débinent tranquillement en s'arrêtant souvent. Je réencoche vite et réarme en attendant une occasion de tir mais ils sont loin et l'encombrement des branches ne m'ouvre aucune fenêtre. Ils partent maintenant sur ma gauche dans l'épaisse végétation.

Je décide de tenter de les recouper, je presse le pas et longe un moment les arbres puis biaise vers le chemin de terre et le suis pour rattraper le départ du torrent. Je biaise dans la végétation basse et épaisse au-dessus du torrent quand des bêlements se font entendre, le bouc arrive vers moi, j'entrevois sa tête puis suis ses déplacements grâce à ses cornes qui dépassent de buissons. Je tente de couper vers lui pour l'intercepter mais il biaise toujours en bêlant vers le torrent. J'avance aussi vite que je peux. Le bouc traverse le torrent et s'arrête plein travers à environ 40 mètres entre 2 arbres. J'arme, vise et décoche. Ma flèche me semble  au cœur, le bouc se cabre et démarre péniblement puis disparaît derrière un bouquet d'arbres à environ 20 mètres. J'attends un moment en surveillant l'endroit mais ne le voyant pas ressortir je me dis que c'est fini pour lui et pars en direction de la zone du tir pour tenter de retrouver ma dernière flèche.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Arrivé sur place, je ne trouve pas ma flèche, je pars donc en direction de l'endroit où a disparu le bouc mais constate avec surprise que le bouquet d'arbre cache l'entrée d'une grotte. Je m'avance doucement et commence à trouver quelques gouttes de sang avant la descente abrupte qui rentre dans la grotte. L'entrée est ombragée, couverte de végétation et j'aperçois à environ 10 mètres plus en contrebas, mon bouc couché qui m'observe. Je me fige mais il démarre et grimpe sur une grosse arrête rocheuse qui s'avance en parallèle du passage qui descend dans la grotte. Je décide de ne pas le poursuivre et retourne chercher ma dernière flèche que je finis par trouver dans la végétation. Francisco vient part le chemin et je l'interpelle pour lui expliquer la situation. Il vient me rejoindre et je lui montre l'entrée de la grotte quand des bêlements annoncent des animaux qui semblent sortir de la grotte par un autre passage de l'autre côté de l'arrête rocheuse. J'encoche vite et me précipite pour tomber sur 3 chèvres et leurs chevreaux sortant de terre à juste 10 mètres de moi. Je me fige et observe, mon bouc n'est pas dans le groupe. Je laisse les animaux partir et reviens vers Francisco puis nous descendons en suivant le passage par lequel est descendu mon bouc. Il y a du sang au sol et une belle giclée sur un gros rocher clair au milieu du passage, à l'endroit où l'animal a bifurqué pour passer la fin de la crête rocheuse. Je m'avance en suivant le sang et aperçois le bouc couché juste derrière la crête rocheuse. Il m'a vu et se lève pour descendre plus en avant dans la grotte. Je me recule et annonce à Francisco qu'il est toujours vivant. Je me réavance près à armer, le bouc traverse l'autre passage profondément creusé de l'autre côté de la grosse roche puis remonte au plus raide pour aller se coucher à 5 mètres plus haut sur un replat de la parois rocheuse de la grotte. Je me recule et dit à Francisco que je vais retenter une approche pour l'achever. Je descends plus profondément dans la grotte, caché par l'avancée rocheuse.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Je m'avance en suivant le sang et aperçois le bouc couché juste derrière la crête rocheuse. Il m'a vu et se lève pour descendre plus en avant dans la grotte. Je me recule et annonce à Francisco qu'il est toujours vivant. Je me réavance près à armer, le bouc traverse l'autre passage profondément creusé de l'autre côté de la grosse roche puis remonte au plus raide pour aller se coucher à 5 mètres plus haut sur un replat de la parois rocheuse de la grotte. Je me recule et dit à Francisco que je vais retenter une approche pour l'achever. Je descends plus profondément dans la grotte, caché par l'avancée rocheuse.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Je contourne le bas de la pointe rocheuse puis commence à m'approcher doucement de la paroi rocheuse. Le bouc, dont je ne vois que la tête, me regarde arriver sans bouger.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Je me prépare à armer, je ne suis plus qu'à quelques mètres en dessous du bouc, il se lève brusquement, j'arme mon arc, il avance tranquillement et remonte encore sur un rocher en se dirigeant vers la sortie de la grotte. Je le suis dans mon viseur. Alors qu'il marque une pause et se tourne pratiquement plein travers à environ 10 mètres de moi. Je cale ma visée et décoche. Ma flèche plein poumon est resté en travers du bouc qui démarre, saute dans le vide pour atteindre le fond du passage par lequel sont remontées les chèvres puis remonte en quelques bon la parois verticale de l'avancée rocheuse comme si de rien n'était tout en perdant beaucoup de sang. Il se faufile entre les arbustes du massif plante au sommet de la roche et commence à vaciller alors que son sang gicle jusqu'au bas des rochers avant de s'écrouler et de rouler jusqu'au replat à quelques mètres de mes pieds. Alors qu'il se débat encore un peu au sol, je dégage rapidement ma flèche toujours en travers mais ma lame de chasse s'est cassée dans l'insert. Je laisse mon bouc finir de mourir.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Je m'approche ensuite de lui pour analyser mes atteintes. Ma première flèche est passée juste derrière le cœur, la seconde a traversé plus haut et touche les 2 poumons. Je n'en reviens pas que ma première flèche ne l'ai pas arrêté plus vite. Nous faisons quelques photos souvenir.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Je n'ai plus de flèche car le pas de vis de ma lame est resté dans l'insert et refuse de s'en extraire, je ne peux pas changer ma lame. Il est temps de rentrer, il fait déjà très chaud, 2 vautours noirs tournent au-dessus de nous dans le ciel. Majorque est le dernier endroit où ils seraient encore présents en Europe. J'en profite pour faire une petite photo souvenir avec Francisco dont l'accueil et la gentillesse sont sans égal. Il est très rare de rencontrer une personne comme lui dans le monde de la chasse et je l'ai invité à venir chasser dans le Gers avec son épouse dès que nous pourrons trouver une date compatible à nos emplois du temps.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

La chasse des boucs des Baléares dans ce magnifique paysage de garrigue aura été une belle expérience et m'aura surtout permis de rencontrer un nouvel ami.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Encore un très grand merci à Toi Francisco pour cette très belle chasse et le superbe livre sur le "boc Baléar" que tu m'as offert, j'espère pouvoir te rendre l'ascenseur au plus vite.

 

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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