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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 15:15

Ce matin, j'étais invité à une battue qui s'est annulée hier soir, du coup, je pars chasser le chevreuil sur Lasseran, sur une partie d'un territoire privé morcelé qui s'étale aussi sur Pavie, où j'ai un bracelet. Je me gare près d'un petit bosquet et descends en sous-bois pour me poster une première fois et appeler au Butollo. Il a gelé ce matin et une légère brume flotte dans l'air. Mes appels ne donnent rien. Je quitte mon poste et continue pour aller me reposter plus loin. Je dérange un lapin au gagnage sur une bande d'herbe qui borde le bois, il détale et rentre au bois un peu plus loin.

Je continue un peu puis me poste à nouveau, pas plus de succès avec mon appeau. Un peu plus loin une langue de pré remonte entre 2 bosquets. Je me poste derrière un buisson et appelle à nouveau un moment mais toujours rien ! Je trouve que depuis quelques jours le Butollo marche moins, même sur des territoires où je ne l'ai jamais essayé. Il semble que les chevrettes accompagnées d'un brocard ne répondent pas.

Je continue et passe l'angle du bois et traverse le pré pour avancer en longeant une haie. En crête, un chevreuil est au gagnage dans la brume. Je décide de m'approcher un peu jusqu’à 100 mètres environ où je peux me cacher derrière un buisson qui dépasse de la haie, quand sur ma gauche, à 50 mètres environ, j'aperçois 2 brocards en velours qui regardent vers moi. Ils ne m’ont pas identifié et je me voûte pour arriver jusqu'au buisson en faisant de petits appels timides avec mon Butollo. Ils ne bronchent pas. Je me poste et commence mes appels mais ni l'un ni les autres ne semblent vouloir venir. Le chevreuil de la crête rentre au bois et je perds les autres de vue.

Je reprends ma progression en longeant lentement la haie quand les 2 brocards la traversent pour rentrer au bois 80 mètres plus haut en longeant la crête. Ça s'annonce mal pour ce matin. Je biaise et rattrape l'angle du bois puis le longe un moment avant de rentrer par un chemin forestier au cœur de la forêt. J'avance doucement en me postant régulièrement et en appelant mais rien ne vient. Une bécasse me décolle dans les pieds, un peu plus loin un chevreuil sort sur le chemin à 30 mètres de moi et fait immédiatement demi-tour.

Je ressors sur le champ travaillé un peu avant la langue de pré où je me suis posté tout à l'heure. J'avance doucement, le sol meuble est silencieux. En arrivant au niveau du pré, j'aperçois un chevreuil qui traverse à 60 mètres entre les bosquets. Je ma baisse et rejoint doucement la bordure du second bosquet, il ne m'a pas vu et broute tranquillement en avançant. Je longe le champ puis remonte dans la friche pour aller me positionner où je pense le voir sortir. Une fois calé derrière des buissons, j'attends un peu et entends le chevreuil cavaler sur quelques mètres puis c'est à nouveau le calme plat. M'a t'il repéré ?

Je quitte mon poste et poursuis vers un petit lac autour duquel se trouvent souvent les chevreuils. En arrivant au coin du lac un remous attire mon regard, c'est un gros ragondin qui s'est mis à l'eau et qui s'éloigne du bord.

Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010

Je m'avance rapidement pour tenter de le flécher mais il plonge avant que je n'ai eu le temps d'armer. Une traînée de bulle trahit sa progression sous l'eau, je la suis, prêt à armer. Les bulles longent à quelques mètres de la berge puis se rapprochent du bord en arrivant à l'angle du lac. J'arme, le ragondin ressort juste devant moi, de face. Mon viseur se pose entre ses omoplates et je décoche mais ma flèche est un peu trop en arrière. Le ragondin plonge et fait demi-tour. Ma flèche est restée fichée au fond de l'eau.

Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010

Je scrute la surface de l'eau espérant le voir rapidement remonter à la surface quand je perçois du mouvement au milieu du lac dans les masselottes desséchées. Il part vers la rive opposée.

Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010

Je pars au pas de course pour l'intercepter en face mais j'arrive trop tard, un remous sous la berge me fait comprendre qu'il doit être au terrier. Tout à coup, le remous s'intensifie et j'aperçois le ragondin se débattre devant son terrier. J'arme et le tire au juger, sans réellement identifier ma zone de tir. Touché, il grogne et rentre au terrier.

Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010

Je dégage un peu les ronces et tente de me rapprocher du terrier mais je glisse et finis dans l'eau jusqu'à mi mollets, à y être, j'y reste et je commence à dégager l'entrée du terrier en creusant à mains nues puis me penche sur l'entrée du terrier. J'aperçois les moustaches du ragondin qui s'agitent. Le terrier est peu profond, j'attrape une branche et pousse un peu le ragondin qui mort vivement la branche. Je tire sur ma branche, ce qui fait venir un peu le ragondin avant qu'il ne lâche prise puis je recommence 2 ou 3 fois et arrive à l'amener près de l'entrée, j'attrape mon arc et lui décoche une flèche en pleine tête. Cette fois c'est fini, je le sors de l'eau, pars récupérer ma flèche avec une longue branche et retourne à la voiture.

Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010

Je décide d'aller faire un tour vers Labejan avant de rentrer. Je me gare à la ferme du Tuco et pars par un chemin forestier avec mon appeau pour tenter d'apercevoir un chevreuil. Mes appels restent sans réponses et le bruit de la N21 en contrebas est assez pénible. Je ressors du bois un peu plus loin puis reviens à travers champ vers le lac du Lion. Les canards s'envolent par petites volées ainsi que le héron. Je descends vers la digue puis pars vers un autre bois un peu plus haut. J'avance doucement en appelant régulièrement mais toujours rien. Un animal se lève devant moi dans le sale sans que je ne puisse l'identifier. Au loin les coups de feu d'une battue retentissent, certainement sur Saint Jean le Comtal.

Arrivé au bout du bois, je ressors sur le pré et redescends vers le lac du Tuco, 2 ragondins sont au gagnage et l'eau est très agitée.

Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010

Je descends doucement pour tenter de les flécher bien que la manœuvre semble perdue d'avance. Je suis à 200 mètres quand les ragondins se précipitent vers l'eau. Je me fige et attends un peu. Ils reprennent confiance et font demi-tour pour se remettre à brouter. J'avance tout doucement et gagne encore 50 mètres, ils repartent vers l'eau en courant. Je me fige et attends alors qu'ils se ravisent et reviennent sur leurs pas. Je gagne encore 50 mètres mais cette fois j'aperçois les colverts que les arbres me masquaient. Ils viennent vers moi et m'aperçoivent. Ils s'envolent, précipitant les ragondins à l'eau.

Je cours vers la berge et aperçois l'un des ragondins qui refait surface au milieu du lac. Je longe la berge pour l'intercepter au terrier mais il sera trop éloigné et je ne veux pas risquer de le perdre comme le dernier sur ce lac. Je passe l'angle du lac et reviens me positionner derrière les terriers mais le ragondin plonge à 10 mètres du bord et disparaît définitivement.

J'attends un peu sans rien voir puis fait un tour du lac pour tenter de voir le second ragondin. Quelque chose plonge au niveau où le ragondin est rentré dans l'eau, je repars vers les terriers. Quelque chose ressort et replonge juste à mes pieds sans que je ne puisse voir de quoi il s'agit. Je poursuis vers les terriers et c'est une poule d'eau qui me ressort à 6 mètres pour replonger et disparaître. Je retourne à la voiture pour aller faire un tour un peu plus loin.

Je me gare sous la digue du lac puis remonte pour longer le lac côté gauche en direction des terriers de ragondin. Une volée de colverts décolle, puis le héron, puis l'aigrette puis 2 autres volées de colverts. Je longe la berge jusqu'au bosquet devant lequel l'eau est agitée, je rentre me positionner sur les terriers mais ce sont des volées de colverts qui démarrent. Je tente un petit coup de Butollo, rien.

Je longe le bois et ressort du bosquet, traverse un semée de blé et rentre dans un grand bois pour rattraper le chemin forestier que je longe doucement. Le galop caractéristique d'un chevreuil retentit en sous-bois. Je me fige et tente quelques appels. J'aperçois une belle chevrette qui vient s'immobiliser à 50 mètres au milieu des arbres et qui me cherche du regard. Mes appels la tranquillise à moitié mais elle est toujours en alerte, le poil blanc de son arrière train est ébouriffé. Elle marche d'un pas saccadé et s'arrête souvent puis disparaît en aboyant. Je continue un peu, tente des appels sans succès puis bifurque à gauche sur un autre chemin pour remonter vers le haut du bois. Derrière un arbre tombé, je recommence mes appels. Toujours rien, je longe doucement le chemin quand un galop retentit au-dessus de moi, sur ma droite. 2 chevrettes et un brocard filent à travers bois en s'arrêtant plusieurs fois puis traversent le chemin et disparaissent derrière la crête.

Je suis le chemin et sors du bois. Les chevreuils sont déjà loin, à 600 mètres environ et ils filent à travers les labours. Je rattrape un chemin de terre qui suit la crête de la colline et suis de loin la fuite des chevreuils puis je les perds de vue. Je rejoins un autre bois et me poste, mes appels restent sans réponse. Je longe doucement la bordure haute du bois bien exposée au soleil et lève 2 chevreuils sans les voir. En bas, un cormoran s'en donne à cœur joie dans un grand lac que je n'ai jamais encore chassé. Un peu plus loin, sur ma droite en bas de la combe, un chevreuil s'enfuit au galop. Ce n'était pas une matinée Butollo, je redescends vers l'angle du bois puis remonte à travers champ pour rattraper la route qui me mènera à la voiture. Un gros vol de palombes décolle et tourne sur le bois. C'est fini pour ce matin, je rentre.

Après une sieste réparatrice, je repars en chasse du côté de Traversères cette fois pour taquiner le sanglier. J'arrive sur place vers 16 h et décide de commencer par faire un grand tour sur le territoire pour étudier la fréquentation des différents secteurs avant de décider où me poster. Des traces fraîches et des souilles de sangliers marquent différents endroits du territoire. Je décide d'aller me poster en bordure d'un bois devant une grande zone de genets très épais où les sangliers se remisent souvent. Le sol sec ne marque pas trop et savoir si les pieds sont frais ?

Ce poste donne l'avantage de voir et d'entendre loin et je suis toujours à temps de me déposter si nécessaire. L'attente commence. La cime des arbres est agitée par des chardonnerets qui vont et viennent. Les geais gazouillent plus haut. Je passe le temps à observer tout ce petit monde. Vers 16h45, il me semble entendre un grognement furieux d'un sanglier. Je tends l'oreille mais plus rien à part le champ des oiseaux. Un peu plus tard de nouveau le même bruit mais très court et lointain, je rêve ou bien ?

Je décide de quitter mon poste et de me rapprocher de la source du bruit. Je descends dans le pré passe une haie puis rentre dans le bois d'en face par une trouée faite en début de saison aux sécateurs. Je ressors du bois et avance lentement d'une boule de ronces à une autre en m'arrêtant un moment pour écouter à chaque fois. Pas un bruit, je remonte vers la bordure du bois et m'arrête derrière un gros genévrier pour écouter un moment. Un couinement retentit. Le vent est bon, je vais tenter de me rapprocher, j'avance un peu et me cale au pied d'un gros chêne. Plusieurs très grosses coulées descendent du bois mais la végétation sera un handicap pour tirer. Des branches dans tous les sens, des ronces, des buissons. J'attends un peu à l'écoute puis remonte encore un peu dans le bois et me poste derrière des ronces. Les couinements se font de plus en plus sonores et il semble qu'un combat soit en cours. Des grognements furieux déchirent le silence par moment. Je me décale encore un peu sur la pointe des pieds puis attends un moment.

Un pas dans la feuille descend droit sur moi. Je suis prêt à armer. Le pas se rapproche de plus en plus et je m'attends à voir le sanglier d'un moment à l'autre. J’arme, je suis prêt mais l'animal bifurque et regagne les épais sur ma gauche. Le combat fait rage, la fureur des combattants est impressionnante. Je m'avance en calculant chaque pas et en m'arrêtant régulièrement. Le bois fait environ 80 mètres de large et il y a des coulées partout, je décide de me positionner au milieu pour avoir un maximum de chances. J'avance d'un pas, fais une pose, 2 pas, une autre pose... Les sangliers sont toujours en train de se battre et je profite du vacarme pour m'approcher. Je parviens à me positionner à environ 20 mètres du sale, derrière un arbre, le vent est bon, les possibilités de tirs sont correctes. Je décide de rester là.

Le combat, qui s'était posé par moment, vient de prendre une intensité incroyable, les branches cassent à 30 ou 40 mètres devant mois, un impact impressionnant retentit, je pense que les défenses se sont entrechoquées. La végétation craque et bouge devant moi et toujours ses grognements furieux. Les pas se rapprochent. La pression monte, mon décocheur commence à entrer en tension sur la corde. Il semble que ça marche de partout, combien sont-ils ?

Je peux en entendre mastiquer certains, le souffle des respirations rauques se rapproche toujours, les pas craquants sur les feuilles mortes sont de plus en plus présents... Tout à coup, un premier sanglier sort du salle sur ma gauche puis un autre et un autre... 5 sangliers s'avancent, l'un d'eux biaise vers moi, je me focalise sur lui, j'arme doucement. il s'arrête une première fois à 8 mètres plein travers et à découvert mais je n'ai pas le temps de décocher, il s'avance encore et s'arrête à 6 mètres avec un léger 3/4 face et se met à fouiller le sol. Je prends ma visée et décoche. L'impact est bien audible et ce bruit caractéristique d'une flèche de coffre me donne confiance. Le sanglier couine et fait volte-face pour rerentrer dans le sale. Le reste des sangliers, au tour de lui, éclate en tous sens puis le calme revient, enfin si on peut dire car d'autres sangliers continuent à venir vers moi. Je réencoche une flèche.

Je reste immobile, au bout d'un moment, tous mes sens en éveil, je tourne la tête vers des craquements tous proches. Un autre sanglier surgit du sale par le même chemin que celui que j'ai fléché à l'instant. J'arme et le suis, il avance tranquillement puis s'arrête à environ 7 mètres, plein travers mais partiellement caché par des ronces, il renifle le tronc d'un petit arbre. Mon viseur est calé mais le tir est trop risqué à cause de l'encombrement. Tout à coup, il avance de quelques pas dans un petit roncier puis fait brusquement volte-face et part au grand galop vers le salle, fait un virage à 90 ° qui fait voler la terre et les feuilles mortes, passe à 5 mètres devant moi puis se jette dans le sale dans un grand fracas. Je comprendrais plus tard qu'il est tombé sur le sang du premier sanglier.

Avec ce remue-ménage, je pense que la soirée est terminée mais il y a toujours de l'agitation face à moi dans l'épais. A nouveau, les sangliers commencent à chahuter furieusement et avec la luminosité qui baisse rapidement, ce combat prend une autre dimension. Un autre sanglier surgit du sale sur ma droite un peu plus haut et longe les épines noires. Il fouille le sol et sa mastication baveuse s'entend comme s'il était à côté de moi, il est à 8 mètres environ. Noir sur font sombre, avec cette luminosité décroissante, je préfère ne pas décocher et attends encore au cas où.

C'est alors que tout s'accélère, le gros des sangliers resté devant moi s'avance droit sur moi. Tout se met à craquer, un léger mouvement devant moi me fait baisser les yeux et alors que je les relève, je me trouve avec 10 à 15 sangliers arrêtés à 3 mètres juste à ma droite. J'arme doucement, prends la visée sur le plus en évidence et décoche. Le sanglier couine sur l'impact. Le son est identique à ma première flèche ce qui me rassure. Le groupe éclate et mon sanglier se dédouble ! Un second sanglier de même taille était juste derrière lui collé flanc contre flanc, j'espère ne pas l'avoir blessé en même temps que le sanglier visé.

Je reste immobile en attendant le retour du calme, je réencoche au cas où, il me semble entendre un sanglier se débattre dans les épines, des souffles rauques retentissent régulièrement et les craquements s'estompent peu à peu jusqu'au retour du calme. J'attends encore un bon moment puis je sors ma lampe et commence à examiner les zones de tir. Le premier sanglier perd rapidement beaucoup de sang et part droit vers le bas du bois, je ne retrouve pas ma flèche. J'avance doucement en suivant la piste très abondante puis la perds brusquement ! Rien à faire, impossible de retrouver du sang.

Je pars donc vers la deuxième zone de tir et retrouve ma flèche cassé peu après l'impact, un peu de sang sur la cassure du tube mais rien sur le reste de la flèche, je n'ai pas traversé, il manque 20 cm et la lame qui sont restés dans le sanglier, un peu plus loin 2 gouttes de sang puis plus rien. Je marque l'emplacement de la flèche et du sang puis je retourne à ma première piste. A genoux dans les feuilles mortes, le nez au sol, je tente de comprendre. La piste est très abondante puis se termine par 3 petites gouttes projetées, c'est bizarre ! A part que, mais oui c'est ça, je reviens au dernier sang abondant et cherche sur les côtés de la piste, le sanglier a en fait bifurqué à 90 ° vers le sale et la piste est toujours aussi abondante, je le retrouve rapidement couché sur le ventre. Il n'a pas fait 40 mètres.

Je le sort du sale et fait une petite photo puis je repars vérifier la seconde flèche sans plus de réussite que la première fois.

Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010

J'ai oublié ma corde à la maison et maintenant il va me falloir le sortir du bois, je le traîne jusqu'au bord du bois et pars chercher ma voiture qui est à 2 ou 3 km puis je rentre chez moi, chercher ma corde. J’ai 20 minutes aller-retour en voiture et j'en profite pour appeler le conducteur de chien de sang. Nous prenons rendez-vous pour 9 heures le lendemain matin.

De retour avec ma corde, il me faut faire 500 mètres en traînant le sanglier en montant pour arriver à la voiture. Je sue à grosses gouttes malgré la fraîcheur du soir. De retour chez moi, je vide le sanglier en pensant au second. La nuit est agitée, je compte les heures en essayant de dormir un peu. Enfin 8h40, je pars chercher le conducteur de sang qui habite à côté de ma zone de chasse. Nous partons pour la recherche, nous nous garons, je prends Dudule en laisse, l'herdale terrier qui sert de chien forceur et le conducteur prend Raboliot son teckel qui fait le recherche au sang.

Je les conduis sur les dernières gouttes de sang trouvées hier. La recherche risque d'être difficile entre la piste de sang du premier sanglier et les traces des autres sangliers, j'ai peur que Raboliot s'y perde. D'entrée, Raboliot prends une piste et rentre dans les épines, je suis en rampant avec Dudule en laisse qui tire comme un fou et ne me laisse pas le temps d'écarter les ronces qui me griffent de partout. Raboliot donne de la voix et excite encore plus Dudule. Nous ressortons dans un clair et nous redressons. Raboliot est en défaut, il tourne et retourne au pied d'un talus abrupt puis finit par revenir au premier sang avant, cette fois, de prendre la bonne voie et trouve rapidement le sanglier alors que j'attends dans le clair sur les consignes du conducteur La sanglier qui perdait peu de sang au départ s'est vidé par la gueule sur les  "Viens, il est là". Mon sanglier qui perdait peu de sang au départ s'est vidé par la gueule sur les 15 à 20 derniers  mètres. J'attache Dudule qui est moitié fou et je descends retrouver le conducteur et Raboliot qui  à pille mon sanglier. Je suis soulagé et remercie vivement le conducteur de rouge en lui serrant la main et en le félicitant ainsi que son chien.

Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010

Hé bien maintenant, il va falloir le sortir de là, je me fraye un passage dans les épines en le tirant par une patte et l'amène au ras du bois puis je pars aider le conducteur à ramener les chiens avant de traîner le sanglier jusqu'à ma voiture. Je suis lessivé mais il faut maintenant rentrer et peler.

Une petite photo souvenir avant d'attaquer le dépeçage.

Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010

Mon premier sanglier, vidé la veille, présentait une entrée de flèche en avant de l'épaule et une sortie très basse derrière la patte opposée, la flèche touche un poumon et rentre dans le cœur au niveau des connections des gros vaisseaux pour ressortir en bas du cœur. Le second présente une entrée de flèche pleine épaule (la lame fracasse l'omoplate) et la lame se fiche dans l'épaule opposée et touchant les 2 poumons et les vaisseaux au-dessus du cœur.

En pelant mon second sanglier, une surprise m'attend, une lame de thunder-head est enkystée dans la chair du coup au ras de la peau !

Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010

Et en découpant la viande, je m'aperçois que l'omoplate a été traversé et que la lame s'y est certainement enkystée, la cicatrice du passage de la flèche dans les muscles, juste au-dessus de la colonne vertébrale est encore visible mais la peau n'en garde pas de trace. Ce doit être le sanglier blessé l'an dernier un peu plus loin par un membre de l'ASCA32.

 

Alex

 

Atteintes :

Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010
Ragondin en entrée, sangliers au dessert, 5 février 2010

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 07:35

Ce soir, je décide d’aller faire un tour à Labejan pour chasser le blaireau, depuis plusieurs années, leur population explose dans le secteur. Durant mes sorties aux ragondins, j’ai noté pas mal d’indices de présence. Ce soir, je décide d’aller me poster dans un bois proche de la lisière, en contrebas d’une zone de terriers. J’y ai très souvent vu des blaireaux et fléché un renard l’an dernier.

L’attente commence, le sous-bois est bien calme ce soir. Au bout d’un moment, un tracteur arrive, son ronron augmente et diminue au gré de ses allées venues. Le calme de la soirée perturbé par ce bruit incessant commence à m’énerver, je décide de partir en approche.

Je ressors du bois en suivant une coulée puis commence à longer la bordure du bois. Plusieurs belles coulées sorte de l’enceinte. Je ne suis jamais allé aussi loin en longeant le bois et je constate que le secteur est très giboyeux. Le bois fait plusieurs virages à 90 ° et longe un champ de luzerne. Tout à coup j’aperçois une coulée impressionnante, bien damée par le passage répété des blaireaux. Plus bas dans le bois, les cris caractéristiques de blaireaux en train de jouer ou de se chamailler retentissent.

Je me glisse sans bruit dans le bois en passant devant des terriers bien propres et très fréquentés. L’intérieur du bois sans être très sale n’offre pas une bonne visibilité au sol. J’attends un peu mais le calme s’installe et je décide de ressortir du bois pour longer la bordure. Un lièvre passe ventre à terre dans la bande étroite de luzerne qui sépare le bois que je longe d’un autre un peu plus bas. Il tourne à l’angle de l’autre bois et disparaît.

Je longe doucement la bordure du bois quand des craquements se font entendre. J’aperçois au travers de la végétation un blaireau qui m’observe avant de se débiner. Les bruits ne trompent pas, ils sont plusieurs. Je fais demi-tour et remonte vers la belle coulée et les terriers. A mis chemin je fais une halte au niveau d’une trouée dans la végétation qui me permet de voir à 2 mètres dans le bois.

Un blaireau se roule par terre dans la poussière. J’arme mon arc, vise le coffre alors que le blaireau se redresse pour s’asseoir et décoche. Le blaireau reste cloué au sol et réagit à peine, il se laisse aller rapidement. J’attends un peu au cas où et commence à rencocher une flèche quand un second blaireau sort la tête du terrier que je n’avais pas vu car tourné vers l’intérieur du bois.

J’arme à nouveau, il rentre et sort la tête essayant de voir son collègue mais n’osant pas sortir complètement du terrier. Je vise l’arrière de la tête alors qu’il vient de ressortir du terrier et décoche. Le blaireau tout d’abord sonné par l’impact, commence à se débattre mais n’arrive pas à se dégager de la flèche planté profondément au sol et reposant sur le haut du terrier. Je réencoche rapidement et lui décoche une seconde flèche dans le coup. Il se débat toujours en gémissant. Je me précipite vers la première grosse branche que je trouve et mets fin à son calvaire d’un coup sec à la tête.

Je récupère mes deux blaireaux, de petite taille, ce sont des jeunes de l’année. Le premier touché en plein cœur est presque mort sur le coup alors que le second n’étant pas touché au départ dans une zone vitale a dû être achevé.

La pénombre, s’installe rapidement et je rentre avec mes prises vers ma voiture qui est à 3km environ. En longeant le bois j’aperçois 30 mètres devant moi ce qu’il me semble être un chevreuil mais la faible luminosité ne me permet plus de voir correctement. L’animal finit par tourner la tête vers moi et disparaît en un éclair et sans bruit dans le sous-bois. Je poursuis ma route et fait démarrer l’animal en passant à côté de lui, il était resté en bordure du bois et détale maintenant en aboyant.

Doublé de blaireaux

Alex

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7 décembre 2005 3 07 /12 /décembre /2005 07:57

Depuis samedi dernier, j'ai récupéré 2 nouveaux bracelets pour tirer le chevreuil à l'approche avec autorisation de tirer le sanglier sur Traversères. Une bonne partie de cette commune n'est pas autorisée à la chasse à cause de mésententes avec des chasseurs en battue. Par mon travail, j'ai rencontré une propriétaire qui ne veut pas de chasseur sur ses terres mais qui m'a autorisé à chasser à l'arc sur ses terres. Je me retrouve donc être le seul chasseur sur une enclave de 35 hectares au milieu de 300 hectares non chassables avec des sangliers et des chevreuils en grand nombre.

Après un repérage du territoire ce weekend, je pars faire un tour à l'approche ce matin. Je me gare près des habitations et j'attends le lever du jour, le ciel est dégagé, il a gelé cette nuit. Vers 8 heures, je commence à me préparer puis pars en direction des bois. Un pré en crête du coteau s'étend derrière la ferme, bordé par un bois en forme de U. Je n'ai pas fait 150 mètres dans le pré que je me retrouve à découvert à 60 mètres d'un chevreuil couché au milieu de la prairie. Je suis repéré, il prend la fuite.

Je continue et arrive en lisière du bois ou cette fois deux chevreuils prennent la fuite en aboyant, il va me falloir ralentir le rythme de ma progression. Je rentre dans le bois sur une coulée très fréquentée que je suis pour me frayer un chemin au milieux des épines, ma progression et lente et j'essaie, tant bien que mal, de la rendre la plus silencieuse possible.

Je m'enfonce de 70 mètres environ dans le bois quand, alors que j'écarte un genévrier pour passer, un gros sanglier se lève à 5 mètres devant moi, je lâche le genévrier et tente d'encocher une flèche quand un deuxième se lève pour prendre la fuite. Ils viennent de disparaître dans le fourré en contrebas sur ma gauche quand, sur mes arrières, un bruit de pas me fait me retourner, un sanglier de 65 kg environ, remonte le penchant de droite et rejoint la coulée sur laquelle je progresse puis, le poil hérissé, il commence à suivre mes traces. Il se rapproche en grognant, j'arme mon arc alors qu'il devient menaçant, il est à 10 mètres environ, je ne comprends pas sa réaction, il ne fuit pas et se rapproche encore, il est à 5 mètres maintenant, de 3/4 face.

Sans trop réfléchir, je vise l'avant de l'épaule et lui décoche une flèche qui pénètre au 2/3, il fait volte-face et tourne en rond avant de s'éloigner dans les fourrés. Le bruit de sa fuite cesse, j'ai juste le temps d'encocher une nouvelle flèche quand il fait demi-tour et revient droit sur moi au trot, je ne vois plus dépasser mon empennage. J'arme mon arc et d'un mouvement brusque vers l'avant je détourne sa route, il se présente alors plein travers à quelques mètres. Je décoche au coup de bras, ma flèche l'atteint plein poumons. Il fait environ 5 mètres et se couche à vue avec une respiration très forte et sifflante.

Je n'ose pas trop m'approcher malgré mon poignard de belle taille. En moi-même je me dis qu'il va bien finir par rendre l'âme. Des petits marcassins de 2 ou 3 kg arrivent alors à mes pieds en couinant, ils tournent un court instant puis s'éloignent. Je comprends alors le comportement du sanglier que je viens de flécher qui est en fait une laie, elle voulait certainement défendre ses petits. Tout à coup, sur les traces de mon premier sanglier, un deuxième arrive en grognant, j'arme mon arc, il est plus petit, il fait une quarantaine de kg environ. Il arrive au pas à 6 ou 7 mètres, j'arme, vise et décoche. A l'impact, mon sanglier tombe foudroyé sur place et se met à couiner, ma flèche lui a brisé la colonne vertébrale au-dessus de l'épaule.

Je me saisis de mon poignard, saisis le petit sanglier par une patte arrière et d'un coup au cœur j'abrège ces souffrances, la mort est très rapide. Entre temps, mon premier sanglier se relève pour faire 20 mètres vers moi en claquant des dents et s'effondre à nouveau dans un petit roncier. Je laisse mon arc près du petit sanglier car je n'ai plus de flèche. Je m'approche doucement de l'autre sanglier par derrière mais, alors que je m'en saisis, il se relève et tente de me faire face pour retomber en roulant dans le travers.

La pente est raide, je l'attrape par une patte arrière et l'attache à un petit chêne, avec un bout de corde que j'ai dans ma poche, le temps de l'achever et surtout pour éviter d'avoir à le remonter de trop une fois mort. Au bout d'un petit moment de lutte, je parviens à le coucher sur le flanc et à l'achever d'un coup de poignard au cœur. Ma chasse n'aura duré que 45 minutes environ mais elles auront été riches en émotions.

Une fois les honneurs rendus, je traîne les sangliers un après l'autre jusqu'en bordure du bois puis les attache par le groin, un à chaque bout de mon bout de corde et les tire ainsi jusqu'à ma voiture. A moitié pré, je fais une pause pour reposer mon dos et mes bras et en profite pour ramener mon arc à la voiture. Je tombe alors sur le fils de la propriétaire et lui explique la situation. Il me propose alors de me prêter sa brouette pour ramener mes prises. J'accepte volontiers sa proposition et repars donc changer mes sangliers sur la brouette pour finir de rentrer à ma voiture. Ce sont 2 laies.

Un doublé de sanglier, 07 décembre 2005

Alex

 

Atteintes :

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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