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15 janvier 2021 5 15 /01 /janvier /2021 22:12

Suite aux mesures que le virus du covid nous a imposées, je n'ai pas pu chasser à l'approche ma biche et mon jeune que j'avais épargnés en début de saison car les jeunes tétaient encore. Seul l'affût étant autorisé pendant un moment, j'ai préféré attendre le retour de l'autorisation de l'approche pour recommencer à chasser. Connaissant peu ce territoire, j'ai profité de mes 4 dernières sorties pour comprendre les habitudes des animaux et j'ai repéré une très belle remise où les animaux sont présents tous les matins au lever du jour. Aujourd'hui, c'est ma dernière chance de prélever un animal, j'ai en poche mes 2 bracelets et le CEM1, la biche et le jeune de mon ami Arnaud qui ne peux pas venir souvent. Je dois rendre les bracelets ce soir pour qu'ils soient fait en battue et je veux honorer mon contrat de départ de 4 animaux, j'ai donc prévu de chasser toute la journée malgré la météo qui annonce pluie et neige toute la journée. Alors que je me rapproche de Sarrancolin, la neige est de plus en plus présente dans le paysage, la pluie est soutenue. J'arrive au village de Camous vers 7 heures, je me prépare tranquillement et au vu de la neige présente sur le village, je décide d'enfiler mon camouflage neige par-dessus mon camouflage normal. Je vais remonter de nuit vers la remise pour commencer à chasser sur ce secteur à la pointe du jour. La route est verglacée et je peine à ne pas chuter en remontant en haut du village pour rattraper un chemin de randonnée qui remonte vers le haut du cirque montagneux. Il pleut et ma veste non étanche prend vite l'eau, je rattrape le départ du sentier et commence mon ascension en marchant doucement, à la lueur de la lumière rouge de ma frontale, le sol détrempé et les zones caillouteuses facilitent ma progression silencieuse. Seules quelques plaques de neige gelée craquent un peu par endroit. Curieusement, plus je monte moins la neige est présente et finit même par disparaître. Je retire donc mon camouflage neige déjà bien humide pour la mettre dans la poche arrière de ma veste camo.

La luminosité croit doucement et je décide de poursuivre sans ma frontale, après un moment, j'arrive sur un Y, un chemin rejoint le sentier sur ma gauche et repart en arrière en remontant dans la montagne. Je le prends pour remonter sous une zone de rochers, alors que je progresse tout doucement, je me fais surprendre par un grand cervidé non identifié qui surgit devant moi, à 10 mètres, sur le  chemin avant de redescendre pour disparaître derrière un chêne. Je reste figé un moment, il fait trop noir pour tirer. Ne voyant pas revenir l'animal, je m'avance un peu et l'entends avec d'autre qui démarrent en contrebas pour s'éloigner rapidement. Je reprends ma progression sur quelques dizaines de mètres quand j'entends à nouveau les animaux qui se débinent en contrebas sans parvenir à les voir. Je les laisse s'éloigner tranquillement puis avance encore un peu pour rattraper une grosse coulée qui remonte sur la gauche, vers le sommet de la montagne, au milieu des énormes rochers qui affleurent çà et là.  La pluie a cessé. Je remonte tout doucement en surveillant autour de moi même si ma visibilité est encore très limitée. Arrivant dans une répression, je dois franchir une marche haute formée par un ancien mur de grange partiellement effondré. Je le contourne doucement par le bas et commence à remonter doucement quand un animal se lève brusquement çà environ 20 mètres au dessus de moi et démarre pour foncer sur environ 15 mètres sur ma gauche. Il stoppe à environ 35 mètres alors que je me fige. J'ai du mal à l'apercevoir, je distingue tout juste une masse sombre et ne peux pas dire encore s'il s'agit d'une biche, d'un daguet ou d'un petit cerf. Intrigué, l'animal finit par revenir doucement de quelques mètres sur ses pas et stoppe partiellement caché derrière un arbre. Le tronc cache son corps en arrière de l'épaule. Je force mes yeux pour tenter de l'identifier. Après quelques secondes à regarder vers moi, il s'avance encore un peu sur un replat, partiellement caché par un rocher et je n'arrive plus à l'apercevoir tant qu'il ne bouge plus. Après encore un instant, il fait demi-tour, regarde encore un peu vers moi puis avance de quelques pas et stoppe à nouveau pour tenter de m'identifier. Je reste totalement immobile et mes yeux commencent à s'habituer à la faible luminosité qui croit doucement. L'animal, après un moment, s'avance à nouveau sur une zone d'herbe sèche et stoppe plein travers à environ 25 mètres. La tache claire formée en arrière-plan par cette végétation et l'ouverture du bois sur la prairie en dessous qui laisse entrer plus de luminosité me permettent de bien distinguer les contours de l'animal qui est une belle biche. J'arme mon arc et prends ma visée avant de décocher. Je n'ai pas pu voir le vol de ma flèche et n'ai pas vraiment entendu l'impact dans l'animal mais un bruit étrange retentit suivi d'un démarrage d'animaux et du fracas de ma biche qui dévale la forte pente sans pouvoir s'arrêter. Son faon et la bichette, qui l'accompagnaient et que je n'avais pas vu, fuient à toutes pattes dans le bois sur ma gauche. Ma biche n'en finit pas de dévaler la pente puis le calme revient.

Je réencoche une flèche, attends un peu puis m'avance pour recouper la trajectoire de la chute de ma biche. Je pense que ma flèche a touché la colonne vertébrale pour que l'animal tombe ainsi sur place. Je descends la marche de l'ancien mur de grange et trouve vite des grosses taches de sang dans les feuilles mortes retournées par la chute de ma biche.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021
Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

En suivant les feuilles retournées et le sang, j'aperçois vite ma biche en contrebas, immobile, sur le flanc. Elle a chuté de près de 70 mètres par rapport à l'endroit du tir. Je descends à sa rencontre dans la pente raide et glissante quand, alors que je la pensais morte, elle commence à s'agiter en balançant son coup sans pouvoir se relever mais ces mouvements désespérés la font à nouveau basculer et rouler dans la pente pour finir sa course sur le chemin en contrebas. Je descends rapidement vers elle et l'achève d'une flèche cœur poumon. Qui l'immobilise rapidement. Je ne comprends pas où a tapé ma première flèche car je ne vois au premier abord aucune blessure et ma flèche n'est pas visible. En l'examinant de près je constate une blessure au niveau du cou, ma flèche trop en avant a touché les cervicales et traversé le cou de l'animal. Je ne suis pas très fier de ma flèche mais le résultat est là. Je dégage la seconde flèche, apposé le bracelet et lui rends les honneurs. Il me faut maintenant remonter chercher ma flèche qui doit être fichée dans le talus d'herbe sèche tout en haut de la pente boisée.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je remonte donc jusqu'à l'endroit du tir avant de remonter dans l'axe de ma flèche.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Alors que je commence à montrer,  j'aperçois vite les empennages rouges de ma flèche plantée dans le talus d'herbe sèche. Je remonte tranquillement quand, en arrivant près de l'endroit où se trouvait la biche, j'aperçois une petite plaque de neige restée sur le plateau des racines d'un gros arbre tombé au sol. Cette neige est marquée d’une empreinte sanglante laissée par la chute de la biche. Je comprends maintenant que le bruit que j'ai entendu n'était pas l'impact de ma flèche mais la chute de la biche avant qu'elle ne dévale la pente.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je monte récupérer ma flèche un peu plus haut.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

La biche a chuté de quelques mètres, a buté contre la souche de l'arbre avant de basculer en arrière pour glisser le long du tronc dans une goulotte qui l'a précipité jusqu'en bas de la pente, sur le chemin.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je remets ma flèche au carquois puis redescends vers ma biche pour faire quelques photos souvenir.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Il est très tôt et j'hésite à poursuivre ma chasse mais je crains que les vautours ne dévorent rapidement ma prise si je la laisse sans surveillance. Je décide donc de la redescendre au village de Camous pour traiter la viande avant de repartir en chasse. Le chemin par lequel je suis monté ce matin est à 50 mètres en contrebas mais il est parfois dominé par des parois rocheuses abruptes, je décide donc de suivre le chemin pour rentrer. J'attache l'animal par le cou et un bout de bois à l'autre bout de ma corde pour faire une poignée avant de commencer à le tracter. Le chemin est presque plat sur une bonne portion, un bourrelet de feuilles et de bout de bois s'accumule sous ma biche ce qui rend la traction de ses 110 kg encore plus dure. Je m'avance pour poser mon arc plus en avant et revenir ensuite à la biche pour tirer plus à l'aise avec les 2 mains libres. Après environ 100 mètres, le bourrelet de feuilles dirige, sans que je m'en aperçoive, la biche vers le bord du chemin et la précipite dans la pente. Surpris, je ne peux rien faire pour la retenir et ne peux que la regarder dévaler la pente pour stopper au ras du chemin, accrochée dans un buis. Finalement, cet incident va m'économiser de ma peine, je récupère mon arc et descends rapidement en suivant le chemin. Je décroche ma biche et la descends sur le chemin puis recommence à descendre en la tirant derrière moi, quelques plaques de neige facilitent un peu la traction mais le bourrelet de débits végétaux se forme régulièrement et freine la biche que je surveille pour ne pas la revoir basculer dans la pente sous le chemin. Je descends parfois de plusieurs dizaines de mètres sans tracter pour poser mon arc avant de remonter pour descendre ma biche plus à l'aise dans les passages difficiles. Alors que j'arrive près du village, je dérange une biche, son faon et un daguet qui démarrent à environ 30 mètres au-dessus du chemin. Je lâche la biche et encoche une flèche mais les animaux remontent dans le bois et stoppent à environ 50 mètres pour m'observer. Ils repartent tranquillement en faisant plusieurs pauses pour m'observer puis se calent dans le taillis, à environ 80 mètres et regardent vers moi sans bouger. Je remets ma flèche au carquois et reprends ma descente sous le regard des animaux qui ne semblent plus vouloir bouger. Je quitte le chemin un peu plus loin pour descendre la biche le long de la conduite de force jusqu'à la route où j'appelle le président de la chasse pour qu'il vienne m'aider à charger ma prise et la ramener à la salle de découpe. Un radonneur arrive par le chemin qui longe le ruisseau en bac de la combe et passe en dessous de moi avec ses 2 borders collies en liberté.

Arrivé au village, je prends ma biche pour la dépecer, la vider et la découper en cartiers. Vers 12h30, les quartiers de viandes sont chargés dans ma voiture et je décide de retourner chasser quelques heures avant de rendre le reste des bracelets et de rentrer chez moi. Je retourne me garer à Camous comme ce matin et reprends le même chemin que je suis doucement quand j'aperçois 2 animaux au-dessus de moi sur la gauche, un faon et une bichette. Certainement ceux qui accompagnaient la biche fléchée ce matin. J'avance rapidement pour passer à couvert derrière les buis. Je remonte ensuite doucement au milieu de ces derniers pour me rapprocher à portée de tir. Alors que j'arrive au bout du massif de buis, j'aperçois les  2 animaux qui se débinent sur quelques mètres. Je me décale un peu sur la droite d'un buis, le faon est plein travers à environ 25 mètres au-dessus et regarde vers moi. J'arme doucement mon arc et prends la visée avant de décocher. Le faon s'écrase alors pour démarrer et ma flèche, qui semblait parfaite au départ, passe au-dessus de lui pour aller se planter dans le sol. Les 2 animaux s'arrêtent 20 mètres plus loin et regardent un instant vers moi sans comprendre ce qui vient de se passer puis se débinent tranquillement en descendant vers le chemin. Je remonte chercher ma flèche et la remets au carquois avant d'en encocher une autre.

Je décide de poursuivre à flanc de montagne jusqu'à la remise, où je voulais aller ce matin, située au-dessus d'une grange habitée. En arrivant sur place, je constate que les animaux étaient là ce matin, de nombreuses traces fraîches et laissés tous frais en attestent. Je progresse doucement en ouvrant bien les yeux pour contrôler chaque massif de buis, chaque replat dans les rochers mais les animaux ne sont plus dans le secteur. Je suis quelques traces fraîches dans les zones enneigées en descendant dans la goulotte profonde qui descend vers l'habitation puis je remonte le penchant opposé en essayant de ne pas glisser sur cette pente très raide et détrempée. Les 2 chiens, type molosses, de l'habitation en contrebas de mettent à aboyer et regardent vers le bois en dessous, je stoppe et observe en pensant voir passer des animaux mais il s'agit du randonneur vu ce matin avec ses 2 borders collies qui passent sur le chemin au ras de l'habitation. Le soleil fait une timide apparition. Alors que je contourne un gros rocher par le bas et tente de passer un arbre mort tombé au sol, j'aperçois une biche, sa bichette et son faon qui démarrent au-dessus sous les rochers, au milieu des noisetiers. Ils s'éloignent tranquillement sans se retourner. Mon obstacle passé, je remonte pour recouper leurs traces que je suis un instant en remontant vers la route mais je les perds au niveau d'une piste qui débouche un peu plus haut sur la route. Je redescends tranquillement quand, en arrivant au sommet d'un talus, je me fais surprendre par les 3 animaux que je suivais. Ils sont à juste 8 mètres devant moi dans la neige, plein travers, en bordure du bois. Pas le temps de réagir, la biche regarde vers moi et c'est la panique. Elle démarre et fonce sur ma droite avec les jeunes à ses trousses. Après à peine 10 mètres de course elle effectue un bon spectaculaire en percutant au passage un arbuste épineux. Le petit groupe bifurque ensuite pour suivre le bois qui descend vers le fond de la vallée et je le perds vite de vue. J'attends un peu puis décide de tenter de les suivre un moment pour voir où ils sont allés, il est toujours instructif d'analyser les trajectoires de fuite des animaux. La zone est bien enneigée et les traces faciles à suivre. Je descends un moment en suivant le bois puis la piste biaise à droite pour descendre un talus abrupt et rattraper une piste que les animaux ont suivi un moment avant de la longer sur la gauche pour descendre ensuite dans les buis en direction du bois. Je décide de continuer à longer la piste jusqu'à l'habitation, ce qui fait de nouveau aboyer les chiens puis je bifurque à gauche sur une piste qui redescends en longeant le bois. Plusieurs pistes d'animaux plus ou moins fraîches descendent ou remontent le talus abrupt de gauche pour traverser la piste et rentrer ou sortie du bois. J'avance doucement en ouvrant bien les yeux mais rien en vue.

Un peu plus bas, je rentre dans le bois sur ma droite par une belle coulée en suivant des traces étranges que j'identifie un peu plus loin alors qu'elles sont mieux dessinées dans la neiges. Ce sont des pieds de blaireau mais il doit être vraiment énorme car son empreinte fait pas moins de 10 cm de long avec les griffes sur près de 4 de large. Je perds vite les traces en suivant une belle coulée. La neige devient plus rare mais me permet encore de suivre les traces de plusieurs cervidés qui se croisent et se séparent au gré de leur recherche de nourriture. J'avance doucement et observe beaucoup le sous-bois mais rien. La neige disparaît assez vite et je suis les coulées les plus marquées en remontant doucement vers le chemin par lequel je suis monté et le rattrape, après quelques centaines de mètres, au niveau d'une grange entourée de buis. Je décide de traverser le chemin pour remonter à la recherche de la biche, du faon et du daguet vus ce matin. Je suis un peu le chemin en redescendant puis prends une montée sur la droite pour rejoindre une grange au milieu d'une clairière enherbée. Alors que j'avance doucement vers le bâtiment un mouvement, à environ 70 mètres, me fait stopper net. Le daguet et la biche sont en train de descendre dans la pointe de la clairière en broutant. Je me serre vite à gauche pour me cacher derrière le relief du terrain. Les animaux ne m'ont pas vu. Je remonte doucement vers le bois, caché par le relief du terrain et les arbres, alors que la pluie recommence à tomber. J'avance doucement d'un arbre à l'autre pour passer au-dessus des animaux puis avance doucement vers eux. Alors que j'arrive à environ 50 mètres de la biche. Elle relève la tête en ruminant, elle est tournée vers moi, le faon est à ses côtés de cul, le daguet est 20 mètres plus en retrait, plein travers et broute tranquillement. Dès que la biche baisse la tête, je reprends mon approche et gagne quelques mètres quand le vent tourne et souffle maintenant de façon soutenue dans mon dos. La sanction est immédiate, la biche relève la tête et démarre, entraînant les 2 autres animaux avec elle. Elle stoppe environ 40 mètres plus loin et pousse un cri d'alerte avant que le petit groupe se débine dans le sous-bois où je le perds de vue. Je décide de remonter jusqu'à la prairie environ 100 mètres plus haut pour longer doucement le bois. Alors que j'avance doucement sur le replat de la prairie, en lisière du bois, j'aperçois les animaux à environ 30 mètres en contrebas. J'avance doucement pour tenter de trouver un bon angle de tir et me rapprocher un peu mais le faon, que je n'avais pas vu au départ, caché par les arbres, m'a repéré et regarde vers moi. Je me fige mais trop tard, il démarre et bute dans sa mère devant lui ce qui provoque sa fuite et le départ du daguet un peu plus en arrière. Les animaux filent au galop et je pense ne plus les revoir. Après quelques secondes et le retour au calme, je reprends ma progression lente. À peine 50 mètres plus loin, j'aperçois à nouveau les animaux à environ 35 mètres en contrebas, les têtes sont cachées par les arbres. Je tente de m'approcher un peu, caché par quelques buis mais alors que je commence à voir la tête du daguet, je constate qu'il regarde vers moi. Je me fige, il est un peu loin pour tenter un tir et sur l'œil. J'attends un peu immobile mais il démarre et fait fuir le groupe. 

Plus en avant, se trouve une zone de taillis où j'espère qu'ils se sont arrêtés. Je presse donc le pas dans la prairie enneigée en m'éloignant de la lisière pour tenter d'aller recouper les animaux après les taillis. La zone est jonchée de tas de crottes de grands cervidés et de nombreuses traces parcourent le secteur. Ce doit être une bonne zone pour attendre les animaux le soir, je la signalerai à Arnaud. En traversant la prairie, je rejoins une bande de buis traversée de grosses coulées qui débouchent sur un bout de sentier pris entre 2 haies de buis. Je passe les premiers buis et descends le chemin pour déboucher dans une clairière enneigée prise entre les taillis à ma gauche et une pente plus raide et couverte de buis sur ma droite. J'avance doucement en longeant le taillis et contrôle les traces pour voir si les trois animaux sont déjà passés ou s'ils sont restés dans le taillis. Aucunes traces ne correspondent à ces trois animaux, des passages plus ou moins frais rentrent et sortent des buis et des taillis. J'observe attentivement autour de moi quand brusquement je me fige en apercevant un animal à 15 mètres, en train de brouter de 3/4 face devant moi. Je ne suis pas bien caché, il me semble reconnaître un jeune, de toute façon ce n'est pas un CEMC2, je peux donc tirer. L'animal lève la tête, regarde devant lui sans me voir et rebaisse la tête pour reprendre son repas. J'arme doucement mon arc et prends ma visée suffisamment en avant sur son épaule pour atteindre les organes vitaux puis décoche. À l'impact ma flèche me semble un peu haute. Elle traverse l'animal qui fait volte-face et s'enfuit à toutes pattes dans la pente avec un autre animal plus petit qui a surgit des fougères plus à gauche. Je comprends alors que je viens de flécher une biche. Je les perds de vue alors qu'ils sautent un talus plus abrupt. Ma flèche plantée dans la neige est bien visible. 

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Il pleut de plus en plus et je crains de perdre rapidement le sang. Je décide d'attaquer rapidement la recherche que j'espère facile grâce à la neige. Ma flèche n'est presque pas marquée par le sang, j'espère que ma flèche n'est pas passée dans les muscles du dos.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

La flèche a projeté quelques goutes de sang sur la neige sur son passage.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

A l'endroit du tir, je trouve une petite touffe de poil avec un peu de sang.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je commence, à suivre le sang qui n'est pas très abondant et que la pluie est en train de laver et transforme les gouttes de sang en petites coulures rosées diluées.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Malgré le peu de sang, la piste est facile à suivre sur la neige et les traces des animaux sont bien visibles. Une touffe de poil ensanglantée est tombée dans le sillage de la biche.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

La pluie se calme et j'arrive au sommet du talus où il me semblait avoir vu sauter la biche. Plus bas, la neige est plus clairsemée et la recherche risque de se compliquer mais c'est alors, qu'à ma grande surprise, je constate que les traces et le sang longent le haut du talus sur près de 30 mètres avant de stopper net. Je regarde vers le bas et il me semble apercevoir des traces de sang à environ 10 mètres sur une plaque de neige. Je descends donc et confirme cette impression, c'est du sang. D'une plaque de neige à l'autre j'arrive à suivre le sang qui a été totalement lessivé sur la terre. J'arrive ainsi à une zone où la biche semble avoir chuté en derrapant jusqu'au sommet d'un talus abrupt.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je regarde vers le bas et il me semble apercevoir des traces de sang à environ 10 mètres sur une plaque de neige. Je descends donc et confirme cette impression, c'est du sang. D'une plaque de neige à l'autre, j'arrive à suivre le sang qui a été totalement lessivé sur la terre. J'arrive ainsi à une zone où la biche semble avoir chuté en derrapant jusqu'au sommet d'un talus abrupt.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je m'avance doucement au sommet du talus et aperçois ma biche morte qui a glissé sur le chemin en contrebas.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je descends à sa rencontre, ma flèche ressortie en arrière des côtes a provoqué la sortie d'une boule d'intestins grosse comme une main ouverte. Le sang coule abondement par les naseaux de la biche, ma flèche a bien traversé les poumons et je constaterai à la découpe qu'elle a aussi touche le foie. Elle aura parcouru environ 100 mètres avant de s'effondrer.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

La flèche rentre bien dans l'épaule où je visais et a traversé l'omoplate. Alors que je m'apprête à mettre le bracelet, je m'aperçois que je l'ai oublié à la voiture. Il est près de 14h30, je fais quelques photos souvenir et laisse la biche sur place pour descendre chercher le bracelet.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

En chemin, j'appelle le Président de la chasse pour l'informer de la situation et voir s'il peut, comme ce matin, venir chercher ma prise avec sa remorque. Il est disponible, je lui dis donc que je vais chercher le bracelet et que je l'appelle quand la biche est en bas au village. Le temps de descendre et remonter une dizaines de grands corbeaux et 4 ou 5 milans royaux tournent autour de la biche à faible altitudes et certains sont posés dans les arbres aux alentours. Heureusement les vautours ne sont pas encore là. Je presse le pas pour rejoindre ma biche et appose mon bracelet avant de la descendre. Le Président averti me rejoint et nous chargeons ma biche avant de partir pour la salle de découpe. Mon travail terminé vers 17h30, il est maintenant temps de rentrer pour finir de préparer la viande et la mettre au frais.

Alex

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29 octobre 2020 4 29 /10 /octobre /2020 22:16

Mercredi soir notre Président nous annonçait un confinement à partir du jeudi soir minuit jusqu'au 1 décembre, ce qui implique une interruption, voir la fin, de notre saison de chasse. Je décide donc d'aller faire un affût au sanglier sur Traversères le jeudi soir, en sortant du boulot. Je me gare donc vers 17h40 à la ferme, me change et pars à pied vers mon poste plus loin dans les coteaux. Mon ami Jacques est déjà en poste depuis 17h30. Je rentre dans le bois par une grosse coulée et me poste près d'un genévrier mort tombé au sol contre un petit chêne tordu. L'attente commence, la luminosité a déjà bien baissée. Le sous-bois est calme, pas de vent, je devrais entendre arriver les sangliers de loin. Rien ne bouge, même pas les petits rongeurs ou les oiseaux. La luminosité baisse vite, il ne me le reste plus beaucoup de temps, mon téléphone vibre dans la poche, c'est Jacques qui quitte son poste et alors que je lis son SMS, il le semble entendre du bruit derrière la crête à la droite. Je range vite mon portable, le bruit se rapproche. Les craquements dans la végétation m'annoncent l'arrivée des sangliers sur mon poste. Je me tiens prêt. 6 marcassins d'environ 12 kilos arrivent en tête et commencent à se frotter contre deux gros chênes à environ 8 mètres de mon poste. J'arme doucement mon arc et cherche lequel viser quand 2 bêtes rousses arrivent derrière. Elles chassent les marcassins et viennent se frotter aux chênes, une sur chacun des 2 arbres. Elles commencent à se frotter de face puis celle de droite passe devant le chêne et se frotte énergiquement le haut du dos presque couché en le montrant son ventre. J'attends toujours mon occasion mais le sanglier bouge trop puis arrête son grattage et se positionne plein travers à 8 mètres. Je cale ma visée et décoche. Touché il fonce droit devant lui dans la broussaille et c'est la débandade. Tous les sangliers partent dans tous les sens.

Rapidement, un des marcassins revient droit sur moi en grognant. Je réencoche et arme mon arc puis le suis dans mon viseur en attendant qu'il s'arrête mais il stoppe juste derrière l'arbre contre lequel je suis posté, à environ 3 mètres. Il reste un instant immobile puis repart d'où il vient en grognant au milieu de quelques baliveaux. Pas d'occasion de tir propre, je désarme. Un sanglier se débat en gémissant un peu plus haut, c'est certainement mon sanglier fléché. Cette attitude est souvent signe d'une flèche de cœur. J'attends immobile quand du bruit se fait entendre dans mon dos. Un autre sanglier revient vers moi. Je me retourne et arme mon arc. Une bête rousse se plante plein travers à 10 mètres. Ma visée se cale sur son coffre, je décoche. Un impact très sonore retentit et mon sanglier se jette dans le salle en faisant volte-face. J'attends un moment le retour du calme dans la nuit qui s'installe puis allume ma frontale et pars vers l'endroit du premier tir où je trouve ma flèche plantée au sol et rouge de sang. J'attaque ma recherche en suivant le sang très abondant. La piste fait des lacets dans les épines en remontant vers la prairie au-dessus puis devient extrêmement abondante, tout est peint de sang et je trouve vite mon sanglier mort. C'est une petite laie de 50 kg environ. Ma flèche est rentrée au défaut de l'épaule et est ressortie curieusement entre les pattes avant malgré mon tir presque à plat. Elle rentre dans le haut du cœur et ressort à la pointe de ce dernier.

Je ramène mon sanglier à mon poste et récupère ma première flèche que je remets au carquois puis pars chercher la seconde que je trouve plantée presque à la verticale dans un bout de bois pourri. Elle est couverte de sang comme la première. Quelques gouttes de sang ont été projetées au sol à l'endroit du tir mais la piste semble très peu fournie. Je peine à la suivre, très peu de sang au sol, une petite goutte de temps en temps, un petit frotté sur un baliveau puis un autre un mètre plus loin mais presque pas de sang. Ça ressemble fort à une flèche de coffre ressortant dans les tripes avec un bouchon de viscères bouchant la sortie et empêchant l'hémorragie externe. En suivant les coulées, j'avance tant bien que mal d'environ 30 mètres jusqu'à quelques gouttes dans un bouquet de bruyère et de là impossible de reprendre la piste. J'insiste un moment mais rien, ne pouvant me résoudre à laisser pourrir ce sanglier, je décide de rentrer avec mon premier sanglier et de revenir le lendemain, malgré le confinement, pour tenter de retrouver le second. Après quelques photos souvenirs

Un doublé juste avant le confinement, 29 octobre 2020

je traîne mon sanglier attaché par le groin pour sortir du bois. Le propriétaire qui ne devait pas être là ce soir m'appelle pour me dire qu'il est rentré et je l'informe de ma prise. Il vient à ma rencontre avec son tracteur et nous ramenons le sanglier que je vide et lui donne. Malgré sa taille, elle portait 6 petits déjà bien formés.

Après une très mauvaise nuit, je repars chercher mon second sanglier. J'ai pris mon chien au cas où mais décide de tenter de le chercher sans lui dans un premier temps. Je retrouve facilement le dernier sang qui semble descendre et cherche un moment dans ce sens mais c'est une goutte sur une coulée un peu plus haut qui me remet sur la voix. Le sang devient plus abondant. À quelques mètres plus en avant un bout de tripe est accroché à des épines noires. Je continue sur la piste et retrouve vite mon sanglier mort sur le flanc. Il a fait environ 50 mètres. Comme je le pensais, ma flèche est plein coffre, un peu haute et ressort plus en arrière ce qui explique le peu de sang stoppé par le bouchon de trippe. Ma flèche a touché le foie et les poumons. Il est temps de rentrer préparer cette deuxième petite laie un peu plus petite que la première.

Un doublé juste avant le confinement, 29 octobre 2020

Alex

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19 juillet 2020 7 19 /07 /juillet /2020 12:50

Ce matin, je décide d'aller chasser sur Factom et Bourras. Je me gare sur le chemin de terre qui enjambe l'Osse et attends que le jour se lève un peu puis me prépare tranquillement et pars pour la chasse. Je passe la rivière et observe un moment le chaume. Rien ne bouge, je prends à gauche, le long du cours d'eau pour rejoindre la friche puis avance doucement dans cette dernière sans rien voir ni entendre. Je traverse la vieille Osse et débouche en bordure du soja. Je scrute la parcelle un instant quand j'aperçois un chevreuil qui longe le bosquet en direction de la rivière sur ma gauche. Il avance tranquillement mais je dois presser le pas pour le couper car il est à plus de 300 mètres. Je longe la bordure boisée de la rivière et gagne vite du terrain mais le chevreuil avance trop vite. Alors que je suis encore à 100 mètres de lui, il commence à bifurquer pour rentrer au bosquet. J'avance encore un peu et me cale contre la végétation puis tente de l'appeler. Il relève la tête et regarde vers moi puis s'acharne sur un arbuste. Il est maintenant certain qu'il s'agit d'un brocard. Je tente encore quelques appels mais il rentre au bois. Je décide de vite remonter à travers la culture vers le haut du bosquet. Le brocard démarre en sous-bois en aboyant. Alors que j'arrive au coin du bosquet, je l'aperçois. Il se débine de cul à plus de 200 mètres dans le chaume de fèveroles de l'autre côté de la route. Dès qu'il disparaît derrière une bosse du champ, je presse le pas jusqu'à la route et la suis en courant jusqu'à un passage qui remonte sur la gauche pour longer le haut du chaume. Je le prends et longe le haut du chaume pour tenter de recouper le brocard qui semble partir vers le bosquet au-dessus des bâtiments. Alors que la bordure du chaume prend à droite pour suivre la bordure d'une parcelle de vigne, j'aperçois au loin le brocard. Il est déjà arrivé en haut du chaume à plus de 300 mètres et va rentrer dans la vigne au-dessous du bosquet.

Je remonte le talus à ma droite pour récupérer la bordure de la vigne puis la longe en regardant entre les rangs. En arrivant au coin de la parcelle, j'aperçois un jeune brocard, plein travers, à un peu moins de 100 mètres. Le relief du terrain ne laisse voir que le haut de son dos, son cou et sa tête. Il regarde vers moi. J'attrape mon Rottumteler et lance quelques appels. Le brocard avance au pas droit devant lui et disparaît derrière le relief. Je décide de tenter de m'approcher. Je commence à longe le dernier rang de vigne pour remonter vers lui quand il réapparaît. Je me fige contre la vigne et lance 2 ou trois appels. Le brocard démarre et vient droit sur moi. Je passe sous le rang de vigne pour l'attendre mais à genoux derrière le feuillage bas, je ne le sens pas. Je ressors doucement devant le rang mais je ne le sens pas non plus alors que le brocard arrive d'un pas décidé. Je repasse sous le rang et presse le pas pour aller me poster au bout du rang, derrière le feuillage. Le brocard a stoppé à environ 40 mètres et regarde vers la vigne. Il repart, j'arme mon arc et le laisse venir. Il s'approche d'un bon pas puis ralentit doucement pour venir stopper de 3/4 face à 8 mètres alors que je le suis dans mon viseur. Ma visée calée, je décoche. Ma flèche le traverse en rentrant en avant de l'épaule. Le chevreuil pivote en perdant beaucoup de sang et fonce dans la vigne. La plaie de sortie est bien visible en plein milieu du chevreuil qui perd de grosses giclées de sang. Il entre dans la vigne en perdant beaucoup de sang et ne tarde pas à en ressortir à environ 45 mètres. Il fonce dans le chaume, sa course devient très désordonnée et il chute à moins de 30 mètres de la vigne. Il se débat un peu au sol puis s'immobilise. Je pars chercher la flèche et trouve une belle giclée de sang sur le chaume.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je tourne un peu en cherchant la flèche sans succès. Je trouve l'entrée dans la vigne qui me donne la direction de fuite par rapport au premier sang.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

J'insiste un peu mais toujours pas de flèche. Je pars donc cherche mon chevreuil que je retrouve à l'endroit où je l'ai vu tomber. Il est mort sur le flanc côté entrée de flèche. La sortie de la flèche est bien visible.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

J'appose mon bracelet et le ramène vers la vigne où je lui rends les honneurs avant de faire quelques photos. Mon atteinte est bien en avant de l'épaule, là où je visais.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Alors que je commence à vider mon chevreuil, j'aperçois un renard en chasse à plusieurs centaines de mètres dans le chaume de blé, de l'autre côté du chemin blanc qui remonte vers les bâtiments. Je me dépêche de le vider et pars le prendre dans un chêne pour éviter qu'il ne soit mangé par un renard ou un chien errant. Le renard semble remonter vers les bâtiments. Je cours le long de la vigne puis prends à gauche en suivant le bord des fèveroles. Je cours entre les 2 premiers rangs de la vigne qui remonte vers le bosquet. Le creux du terrain me cache maintenant le renard. J'arrive aux bâtiments et ralentis pour les contourner par la droite et tente de recouper le renard le long de la vigne que je longe doucement. Une bosse du champ me cache le bas de la parcelle. Pas de renard en vue pour le moment, j'avance doucement pour voir derrière la bosse en longeant toujours la vigne mais pas de renard en vue. Je me poste un instant contre la vigne puis tente d'appeler mais rien n'y fait, le renard a disparu.

Je laisse tomber et suis le vas de la vigne pour remonter entre cette dernière et la grosse haie qui délimite le territoire. En passant un virage, j'aperçois un chevreuil qui rentre dans la haie à environ 200 mètres.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je presse le pas sur environ 70 mètres puis ralentis et finis mon approche tout doucement. Il me semble que le chevreuil est rentré au niveau d'un chemin de terre et j'espère le voir encore à découvert mais alors que j'arrive à l'endroit où il rentre dans la haie, je tombe sur un mur végétal. Des bruits de pas se font entendre dans la haie, je cherche le chevreuil au travers des feuillages quand mes yeux stoppent sur une tache rousse. Le temps de comprendre qu'il s'agit de mon chevreuil, il se remet en mouvement et remonte, en face, en bordure de la haie. La végétation s'agite en bordure de la prairie de l'autre côté de la haie mais je n'arrive pas à voir le chevreuil. Je me décale très lentement de quelques mètres sur la droite pour tenter de trouver une trouée dans les feuillages. Les bruits de pas reprennent quand mes yeux se posent sur le brocard qui frotte ses bois juste en dessous de moi contre un arbuste à environ 8 mètres. J'ai juste une trouée dans le feuillage en face de sa zone vitale. J'arme doucement mon arc et aligne ma visée. Je décoche, touché le chevreuil fait volte-face et fonce dans la végétation.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Il se fracasse à à peine 15 mètres de l'endroit du tir, dans la végétation épaisse. La végétation s'agite un court instant puis le calme revient. Je dois écraser un mur de ronce et passer un fossé assez profond pour descendre vers mon chevreuil mort sur le flanc à quelques mètres de la bande enherbée. Ma flèche est au cœur, elle ressort en sectionnant les muscles au-dessus du coude opposé.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

J'appose mon bracelet et extirpe le chevreuil des ronces qui me griffent de partout. Je le laisse en bordure de la haie et pars chercher ma flèche. L'autre côté de la haie semble plus facile d'accès. Je repère l'endroit du tir grâce à la cime dégarnie d'un gros chêne puis pars chercher un chemin pour traverser la haie. Je trouve un passage à environ 200 mètres et reviens par l'autre côté jusque sous le chêne. Je tombe à nouveau sur un mur de ronces et dois écraser cette végétation épineuse qui me griffe de partout pour rejoindre le centre de la haie complètement dégagé et parcouru par une superbe collée bien dégagé. Je la suis un court instant et retrouve ma flèche plantée au sol.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Une piste au sang bien fournie part de là, en suivant la coulée.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

De belles giclées de sang ponctuent la végétation.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020
Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je me rends compte qu'une coulée bien dégagée sort de la haie sur la prairie sans avoir à passer dans les ronces. Je ressors donc par-là puis reviens sur mes pas pour retrouver le passage et retraverser la haie pour aller rendre les honneurs à mon brocard et faire quelques photos souvenir.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je le vide ensuite, attache ses pattes pour le charger sur mon épaule et retourner vers mon premier chevreuil. Alors que je longe la vigne le long de laquelle j'ai fléché le premier brocard, j'aperçois en contrebas, à plusieurs centaines de mètres dans le chaume de fèveroles, 2 chevreuils au gagnage. 

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je pose mon chevreuil près de l'endroit du tir et tente de retrouver ma flèche. Je le dirige dans l'axe du tir à partir de l'endroit où j'étais posté et trouve le premier sang et un peu après ma flèche plantée au sol sous la végétation.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je la remets au carquois et pars chercher mon premier chevreuil pour faire quelques photos souvenir du doublé.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je laisse les chevreuils à l'ombre et pars chercher la voiture alors que les 2 chevreuils mangent toujours tranquillement dans le chaume, j'ai l'impression qu'il s'agit de 2 chevrettes. Je retourne à la route puis me dirige vers la vieille Osse au travers du soja. Arrivé au cours d'eau, je décide d'en longer le lit qui a encore séché un peu plus. Je passe le virage à droite puis arrive au bord d'une grande flaque quand quelque chose bouge dans l'eau. C'est une cistude, je la saisis en plongeant la main dans l'eau, c'est une belle femelle.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je la repose au bord de l'eau où elle revient rapidement puis poursuis ma progression et arrive au niveau de la grande flaque boueuse où j'ai vu les petits ragondins l'autre soir. Je me poste à environ 12 mètres de l'entrée du terrier et commence à imiter des cris de petit ragondin en détresse. Assez rapidement, un museau blanc s'avance à l'entrée du terrier. J'arme doucement mon arc et appelle encore un peu. Le gros ragondin se présente de 3/4 face à l'entrée de son terrier. Je vise le cou et décoche. Ma flèche est pile ou je la voulais. Le ragondin est cloué sur place et se débat à peine avant de s'immobiliser. Le sang commence à se reprendre dans l'eau. 

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je m'approche tranquillement de mon ragondin.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je traverse la flaque et rejoins mon ragondin.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je le dégage, remets ma flèche au carquois et fais quelques photos.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je laisse mon ragondin sur place et longe un peu le lit asséché

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

avant de remonter sur la berge pour rentrer à ma voiture. Je pars chercher les chevreuils alors que 2 faons broutent en bordure de l'Osse dans un chaume

 

Alex

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22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 15:32

Cette semaine mon ami Francisco est venu de Majorque pour chasser le chevreuil avec moi sur mon territoire de tir d'été. Ce matin, nous avons repéré un beau brocard avec sa chevrette qui sont rentrés dans une grosse haie entre une parcelle de tournesol et un chaume de féveroles, le tout au milieu des vignes de des tournesols à un peu plus de 100 mètres d'un grand bois en long où j'ai réussi à lui faire flécher un petit brocard à boutons venu au Rottumteller. Ce soir, nous décidons de chasser séparément. Francisco ira se poster sur la zone où nous avons repéré le beau brocard alors que j'irai chasser à l'opposé. Je me gare au bord de la route, au départ d'un chemin de terre qui longe une grosse haie pour rejoindre puis traverser le bois. Je laisse partir Francisco par le chemin et traverse la route pour rejoindre une zone de vignes. Je commence ma chasse en longeant les parcelles de vigne tout en surveillant les intervalles entre les rangs pour tenter d'apercevoir un chevreuil mais le secteur semble très calme. Je me rapproche peu à peu d'un petit bosquet derrière lequel se trouve un petit chaume de colza. Je contourne le bosquet, rien derrière, je fais demi-tour pour descendre vers un autre petit bosquet en longeant une parcelle de vigne. Rien, je longe ensuite le bosquet en tentant d'apercevoir du mouvement, sans succès, au travers des feuillages. J'arrive ainsi à l'autre bout de la parcelle de vigne, au bord d'un très grand chaume de colza. Un coup d'œil sur cette grande étendue, rien ne bouge, je remonte en suivant l'autre côté des rangs de vigne et recontrôle, au cas où, les intervalles entre les rangs bien que je sois maintenant à mauvais vent. Arrivé au coin de la parcelle, j'aperçois une chevrette venant de la bande de chênes qui délimitent la crête de la colline. Elle se dirige vers la vigne à une vingtaine de mètres de moi. Je me fige au bout du dernier rang et l'observe à mauvais vent. Elle rejoint le bord de la vigne, s'arrête un instant, plein travers à un peu moins de 20 mètres, la tête dans la vigne avant de faire volte-face pour repartir au galop vers les chênes où je la perds de vue.

Je me retourne pour longer les chênes et suivre la bordure du chaume de colza, je rejoins ainsi une haie qui borde le chaume et la suis. Je descends un moment pour ensuite prendre à droite, le long de la haie qui suit maintenant la courbe de niveau quand j'aperçois au loin, un chevreuil qui semble arriver d'un chaume d'orge à plus de 200 mètres, il passe dans une trouée d'une haie qui descend vers le ru en contrebas et rentre dans la grande parcelle de petits poids qui fait suite au chaume que je longe. Je m'arrête un instant pour l'observer, il bifurque pour descendre en suivant la haie qui s'avance un peu dans les petits poids avant de descendre à angle droit vers le ru. Je le perds vite de vue dans la pente de la culture. Je presse alors le pas pour rejoindre puis traverser les poids et rejoindre la haie que je traverse pour descendre vers le passage emprunté par le chevreuil avant de m'avancer doucement dans le petits poids jusqu'à l'angle de la haie qui descend vers le ru. J'aperçois alors le chevreuil. C'est un jeune brocard, il longe la bordure boisée du ru à environ 100 mètres en contrebas. J'attrape mon Buttolo et tente quelques appels mais il regarde vers moi puis démarre pour fuir au galop. Il longe le ru jusqu'au bout des poids puis biaise pour remonter dans le chaume, en direction d'un petit bosquet en long pris dans le chaume et partant de la bordure des petits poids. Je le perds de vue derrière ce bosquet et décide de le laisser tranquille pour le moment.

Je fais demi-tour, longe le chaume d'orge en direction de bâtiments agricoles abandonnés près d'un petit lac puis longe ces derniers pour revenir vers les vignes. Je longe un instant la vigne et arrive au départ d'un passage qui permet de revenir vers la haie qui longe les petits poids et descend à ma gauche vers un bosquet. Je regarde entre les rangs à ma gauche et à ma droite en me rapprochant de la haie, rien en vue à part 2 lièvres. Je descends ensuite le long de la haie en suivant la vigne et prends à gauche, en contrebas, au coin de la vigne. Je suis la haie qui rejoint le bosquet. Arrivé au coin du bosquet, je décide de me poster pour appeler au Buttolo. Je descends le talus abrupt pour rejoindre le ru à sec qui passe à quelques mètres dans le bois, le traverse et me poste au pied d'un arbre. J'ai une bonne visibilité à 20 à 30 mètres sur 90 degrés. Le vent vient de ma gauche, sur ma droite le bosquet se termine à environ 15 mètres en bordure d'une prairie fauchée. Le bois remonte devant moi en pente moyenne. Je commence à appeler en espaçant des petites séries d'appels brefs de silences me permettant d'écouter.

Assez rapidement une respiration forte se fait entendre mais je n'arrive pas à en déterminer la provenance, il me semble entendre un bruit de pas. Je pense qu'un chevreuil arrive sur ma gauche, j'accroche mon décocheur, appuie mon appeau sur la poignée de mon arc et reprends mes appelés brefs en les espaçant. La respiration se rapproche mais je ne vois rien quand un léger bruit me fait tourner la tête. Une tête de brocard m'observe à quelques mètres dans mon dos, en hau du talus. Le chevreuil qui a passé son cou dans la végétation, regarde vers moi les yeux écarquillés une fraction de seconde avant de faire une brusque marche arrière alors que je l'observe figé. Il part au galop sur environ 10 mètres en suivant le bosquet puis stoppe. Je me tourne doucement vers la lisière et arme mon arc. J'aligne la visée sur le chevreuil qui me domine à environ 15 mètres mais la végétation est un peu trop épaisse, ma flèche risque d'être déviée. Je décide d'attendre que le chevreuil bouge un peu quand, à ma grande surprise, il fait volte-face et repasse devant moi, plein travers à environ 12 mètres. Une trouée dans la végétation me fait une belle fenêtre de tir, au moment où le chevreuil s'avance au pas devant cette trouée, je cale ma visée et décoche. L'impact retentit et le chevreuil démarre en trombe.

Je le laisse filer puis remonte au bord du bois. Je trouve vite de grosses gouttes de sang noir.

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

À l'endroit du tir, le chevreuil a laissé tomber un peu de contenu stomacal mêlé à du sang noir.

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

Je tente de retrouver ma flèche en suivant la direction de mon tir et la retrouve posée au sol dans le chaume de blé, juste à quelques mètres sur la droite de la vigne. Elle est couverte de sang foncé. 

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

Je la récupère et la remets au carquois puis descends vers le premier sang pour commencer ma recherche. Le sang foncé est bien visible sur le sol clair de la vigne et la végétation clairsemée. La piste biaise en remontant tranquillement tout en coupant sous les rangs de vigne sur quelques mètres puis stoppe brusquement. Je tourne un peu pour m'apercevoir que le chevreuil est remonté au plus raide en suivant le rang sur environ 15 à 20 mètres puis la piste reprend à gauche pour passer sous les rangs de vigne. Le sang devient de plus en plus abondant. 

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019
Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019
Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

Alors que je tombe sur une grosse giclée sur un gros pied de plantin,

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

J'aperçois mon chevreuil couché un peu plus loin contre un rang de vigne. Je vais directement à sa rencontre. Ma flèche est un peu trop en arrière, elle est entrée au niveau du foie.

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

La sortie est plus en arrière au niveau de la panse. Je rends les honneurs à mon chevreuil et appose mon bracelet avant de faire quelques photos souvenir.

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

J'attache les 4 pattes de mon chevreuil ensemble pour le porter plus facilement et remonte dans la vigne puis rejoins le bord de la haie par le passage et la suis jusqu'au passage pris tout à l'heure pour suivre le petit brocard au bord des petits poids. Je traverse ensuite la culture en direction du bosquet pris dans le chaume de colza avant de descendre entre les poids et le chaume, en direction du ru. Je passe le petit cours d'eau par un passage busé pour longer la bande boisée qui l'enveloppe en direction d'un petit bois. Un arrondi de tournesol mélangé de poids qui borde une grande parcelle de maïs longe la haie jusqu'au coin du bois. Je suis tranquillement cette culture et arrive au coin du bois. La luminosité baisse tranquillement. Je décide de me poster dans les tournesols, à 15 mètres de l'angle du bois pour tenter quelques appels. Je pose mon chevreuil dans la culture au coin du bois et me décale un peu pour me poster.

Je commence mes appels, rapidement un bruit de galop retentit dans le bois. J'accroche mon décocheur, cale mon appeau contre la poignée de mon arc et recommence mes appels. Le petit brocard que j'avais vu plus tôt dans la soirée surgit du bois à une cinquantaine de mètres. Il stoppe en lisière observe le secteur. Je relance un appel, il redémarre et fonce sur moi. J'arme mon arc et le laisse venir mais il arrive de face et trop vite. Il passe à 4 mètres devant moi et rentre dans le tournesol alors que je le suis dans mon viseur. Il stoppe net à 3 mètres de moi plein travers. Sa zone vitale est dégagée entre 2 pieds de tournesol, j'aligne vite ma visée et décoche. L'impact retentit, le brocard démarre en trombe et me contourne pour foncer dans les tournesols, en remontant la pente, à environ 15 mètres de la bordure de la culture. Il ralentit, se cabre puis retombe au sol et se débat bruyamment au sol un instant avant de s'immobiliser. Je m'avance vers la zone du tir et trouve immédiatement beaucoup de sang.

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

Je cherche ma flèche dans la direction de tir et la retrouve rapidement plantée au sol 3 mètres après l'endroit du tir.

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

Je la récupère et la remet au carquois puis suis la piste de sang très marquée. Les feuilles de tournesol sont marquées de beaux frottés et le sang projeté sur la végétation est facile à suivre malgré la pénombre qui s'installe.

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019
Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019
Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019
Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019
Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019
Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019
Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019
Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

Je retrouve facilement mon chevreuil. Ma flèche est passée au niveau du cœur. Le poil de mon chevreuil est noirci et collant comme si le chevreuil s'était roulé dans un liquide visqueux et collant.

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

J'appose mon bracelet et rends les honneurs à mon bocard puis le sors de la culture pour faire quelques photos souvenir en bordure du plantié de vigne qui borde le bois.

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

Je pars chercher mon second brocard pour une photo de groupe.

Un doublé de brocard au Buttolo, 18 juillet 2019

Je pars ensuite chercher ma voiture alors que nuit s'installe doucement. Francisco m'y attend déjà il n'a pas vu le brocard, juste 2 chevrettes et un renard et n'a pas pu faire de flèche. Nous partons chercher mes brocards avant de rentrer, je suis un peu honteux d'avoir fait une si belle chasse alors que mon invité rentre bredouille.

Alex

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13 juillet 2019 6 13 /07 /juillet /2019 15:34

Ce soir, je pars chasser avec Christophe et Jacques que je laisse autour des féveroles où les sangliers se sont installés depuis un moment. Je pars chasser de l'autre côté de l'Osse. Je prends le chemin blanc qui relie Roques à Justian et me gare près de 2 petits lacs en face de la zone où j'ai laissé mes amis. Je me prépare et suis un peu le chemin pour passer de l'autre côté d'un ru arboré qui remonte vers un petit bois bordé d'un petit lac à quelques centaines de mètres. Je longe donc la bande boisée du ru par la droite, en bordure d'un immense champ de soja vallonné. La culture n'a pas encore beaucoup poussé et ne donne pas un couvert suffisant aux chevreuils. Je rejoins ensuite un chemin de terre qui descend de la colline sur ma droite et sépare le soja d'une parcelle de maïs bordée par un arc de cercle de petits poids et de tournesol comblant l'angle que ne peut pas arroser le pivot. Toujours pas de chevreuil. Arrivé au bois, d'où part le ru, je remonte vers la route de crête sur ma droite par un plantié de vigne. Arrivé à la route, je redescends vers un grand champ de tournesol en longeant une haie, sur la gauche d'une grande friche herbeuse, en surveillant le secteur mais il fait encore très chaud, rien en vue. Je longe ensuite la bordure du tournesol en bifurquant à angle droit sur ma droite, j'avance doucement et rejoins un bout de haie épaisse qui démarre du coin de la friche et sépare les tournesols d'une parcelle de petits poids. Quelques pieds de tournesol sont mangés, d'autres frottés, il y a des chevreuils dans le secteur. Je progresse tranquillement entre la haie et les tournesols jusqu'à la limite de la parcelle matérialisée par quelques arbres et un petit bourrelet de végétation derrière lequel démarre un autre champ de tournesols plus tardifs. Je prends à gauche, en limite de parcelle pour rejoindre le bout d'un petit bosquet en long qui se termine en haie épaisse, à 100 mètres sur ma droite. J'avance doucement à l'ombre de ce petit massif quand des bruits de pas se font entendre dans le sous bois desséché. Je me fige et écoute, un animal semble venir vers la lisière pour sortir dans la culture dans mon dos. Je me tourne ventre au bois et laisse venir mais brusquement, l'animal s'éloigne d'un pas décidé et des aboiements retentissent. Le vent tournant m'a trahi, je presse le pas pour suivre la bordure du tournesol en espérant voir passer le chevreuil. Il déboule à la course, le long de la grosse haie qui descend du sommet de la colline à plus de 100 mètres et fonce dans la prairie fauchée en sautant, par un passage busé, le petit ru qui démarre sur ma droite et descend vers l'Osse. Je presse le pas, baissé derrière les premiers rangs de tournesol. Le brocard s'arrête dans la prairie fauchée puis repart en aboyant vers un bout de haie qui part du coin des tournesols et délimite la prairie d'un chaume d'orge. J'avance le plus vite possible, le chevreuil disparaît dans la haie. Je rejoins le coin des tournesols et l'aperçois derrière la haie, il biaise à gauche pour rentrer dans la vigne, de l'autre côté du chaume presque en face de moi. Je prends à gauche en suivant les tournesols et dépasse la vigne sur la gauche du chaume. Je longe ensuite les vignes en surveillant les rangs parallèles à la parcelle de tournesol. Pas de chevreuil, arrivé au coin de la vigne, je suis devant une bande de chaume d'environ 50 mètres de large qui s'étend sur environ 150 mètres à ma droite. Elle est bordée par une bande boisée en contrebas devant moi et rejoint un grand chaume qui longe les vignes sur ma gauche. Les chaumes s'étendent sur plusieurs centaines de mètres jusqu'à la route de crête sur ma gauche.

Je décide de m'avancer vers la bande boisée quand j'aperçois furtivement un chevreuil qui bascule dans un creux du chaume, près de la bande boisée, à environ 90 mètres sur ma gauche. Je tente de m'approcher doucement à découvert mais rapidement le chevreuil réapparaît sur ma gauche, c'est un brocard, peut être celui que je suivais tout à l'heure, il avance tranquillement dans le chaume. Je recule doucement vers l'angle de la vigne alors que le brocard s'avance toujours sans me prêter attention. Une fois la vigne rejointe, je le laisse passer pour m'avancer d'un rang de vigne à l'autre. Il est à plus de 100 mètres du bord de la vigne. J'avance de bout de rang à bout de rang en marquant à chaque fois un petit arrêt observatoire, histoire de voir si je n'ai pas été repéré mais le chevreuil avance trop vite et gagne du terrain. Il rejoint un bande de friche, perpendiculaire à la bordure de la vigne, de quelques mètres de large qui couvre un talus entre 2 chaumes. Il tourne un peu dans la végétation, j'en profite pour gagner du terrain en avançant de quelques rangs puis me cale à genoux au pied du dernier cep de vigne du rang. Le brocard frotte ses bois contre un arbuste, je tente quelques aboiements. Il relève la tête, regarde vers moi un instant, j'insiste dans mes aboiements mais le brocard démarre en suivant la bande de friche un instant avant de biaiser à droite vers la haie qui fait suite à la bande boisée qui borde le chaume en contrebas. Il va très certainement rejoindre une petite parcelle de féveroles juste derrière la haie. Une fois qu'il a disparu dans la haie, je quitte mon poste et presse le pas pour rejoindre la bande boisée.

Je traverse la bande d'arbres au niveau d'une zone dégarnie pour longer ensuite sous la haie, dans une prairie, en direction des féveroles. Je passe un grillage à mouton perpendiculaire à la haie et qui délimite la prairie de la culture puis continue à longer la haie en surveillant les féveroles. J'essaie d'avancer sans trop de bruit en surveillant la culture mais la végétation haute mêlée de quelques pieds de féveroles secs et cassants ainsi que de quelques ronces me compliquent grandement la tache. La végétation craque régulièrement, j'ai fait environ 70 mètres, le long des féveroles, quand un animal démarre au milieu de la culture à environ 40 mètres de moi. J'arme mon arc et suis le mouvement. Le brocard s'arrête et apparaît à découvert dans une zone de culture couchée, à environ 70 mètres. Il repart rapidement pour passer en dessous de moi à environ 35 mètres, je suis son déplacement aux mouvements de la culture sans vraiment le voir. Il biaise un peu et ressort sur la prairie qui borde la culture à 45 mètres de la haie, je désarme. Il fonce vers le grillage à mouton qui le stoppe un instant dans sa course. Je fais demi-tour et retourne vers le grillage en longeant la haie et gagne vite du terrain, il fait des aller-retour sur environ 30 mètres, le long de l'obstacle sans vraiment me prêter attention mais alors que je ne suis plus qu'à 45 mètres environ, il se décide à sauter le grillage et fonce dans la prairie où je finis par le perdre de vue. Je repasse le grillage et suis la bande de prairie. Un grand chaume de colza remonte vers le sommet de la colline couvert d'un bosquet précédé par des bâtiments agricoles. En regardant vers le sommet, j'aperçois un brocard qui fonce des bâtiments vers le bosquet où il disparaît, je ne pourrais pas dire s'il s'agit du brocard qui venait de m'échapper ou d'un autre.

je décide de descendre vers le chemin blanc à travers les chaumes de colza pour rejoindre un zone de maïs prise entre le chemin et l'Osse. Une fois le chemin rejoint, je prends à gauche pour arriver au départ d'un passage qui traverse la haie qui borde le chemin et longe la bordure d'une petite parcelle de maïs prise entre 2 haies. Je suis la haie de gauche pour rejoindre la grande parcelle de maïs qui s'ouvre à gauche sur un chaume d'orge. Je marque un petit arrêt pour regarder à droite entre le maïs et la haie qui le sépare d'un tournesol et à gauche dans le chaume à ma gauche. Pas de chevreuil, rien ne bouge. Je longe tranquillement le grand maïs par la gauche pour rejoindre la bande enherbée au bord de l'Osse puis longe tranquillement la rivière dans l'herbe haute partiellement couchée par le passage des animaux. Un peu plus loin, je passe un petit fossé qui sépare cette parcelle de la suivante. Un coup d'œil entre les maïs sans rien voir puis je poursuis mon chemin. Le secteur est très calme, je rejoins un autre fossé mais ce dernier est encaissé de plus de 2 mètres et bordé par une haie. Je descends au fond de ce dernier par un passage de gibier abrupt et remonte la pente très raide en me cramponnant aux buissons pour ressortir en bordure d'une parcelle de féveroles. J'observe la culture un instant sans rien voir puis récupère la bande enherbée du bord de l'Osse et commence à la suivre doucement.

J'ai fait à peine 50 mètres qu'un souffle puissant se fait entendre, je me fige et regarde en direction du bruit. La culture craque, un beau sanglier vient vers moi pour me passer à environ 15 mètres d'un pas décidé. Il stoppe à environ 15 mètres un peu sur ma gauche, dans la culture, j'arme mon arc mais la végétation est trop épaisse pour tenter une flèche. Il repart, toujours d'un pas décidé, je le suis dans mon viseur mais comprends qu'il ne va pas s'arrêter. Alors qu'il passe en face de moi dans la culture, je produis des claquements bruyants avec ma langue contre mon palais. Le sanglier stoppe dans une zone assez dégagée. J'aligne ma visée derrière son épaule et décoche. Touché, le sanglier fait volte-face et repart d'où il vient puis décrit une boucle dans la culture avant de chuter. Il se redresse tendant le nez au ciel puis retombe lourdement et se débat au sol avant de s'immobiliser.

Je reste un instant immobile et réencoche une flèche au cas où un autre sanglier arriverait quand des craquements et des petits grognements se font entendre sur ma gauche dans la culture. 2 sangliers d'environ 25 à 30 kilos arrivent sur les traces du premier. Ils stoppent à environ 15 mètres un peu sur ma gauche. J'arme mon arc, l'un d'eux est bien visible, je vise derrière l'épaule et décoche. Les sangliers démarrent, Celui que j'ai fléché, fonce dans la culture, passe à quelques mètres de moi puis rejoint le fossé profond que j'ai traversé tout à l'heure. Il me semble l'entendre se débattre au fond du fossé puis le calme revient. J'attends un peu et observe la culture, j'aperçois du mouvement à environ 70 mètres, plusieurs animaux semblent se diriger vers le fossé où a disparu mon second sanglier. J'hésite à tenter une approche mais les mouvements cessent.

J'ai déjà fléché 2 animaux, c'est déjà pas mal, je décide de commencer mes recherches en attaquant par le petit. Je pars directement au bord du fossé et le longe à la recherche d'un indice quand j'aperçois une petite goutte de sang sur une feuille de ronce au départ de la coulée que j'ai prise pour traverser le fossé. J'allume ma lampe, bien qu'il fasse encore bien jour, pour voir au fond du fossé où le sanglier ne semble pas se trouver et me rends compte que le sang remonte en face. J'éteins ma lampe et traverse le fossé. Le sang est bien visible sur l'herbe sèche et rentre dans le maïs. Je suis facilement le sang abondant, de grosses gouttes au sol alternent avec de nombreux frottés très marqués sur les pieds de maïs mais la piste s’éternise. Au bout d'environ 50 mètres dans le maïs, des grognements se font entendre. Ils semblent proches, je me mets à genoux et je passe un rang de maïs, rien, un autre, toujours rien, je m'avance doucement dans le suivant et aperçois un jeune sanglier arrêté de 3/4 face, à environ 10 mètres. Il pousse de petits grognements, certainement pour appeler ses congénères. Je reste immobile à l'observer, il se couche assez rapidement.

Je me recule doucement dans le rang précédent, encoche une flèche, arme mon arc puis m'avance doucement entre les pieds de maïs. Le sanglier me regarde un instant et se lève doucement alors que j'aligne ma visée. Il est de 3/4 face. Je vise entre la tête et l'épaule et décoche. Touché, le sanglier démarre en trombe sur ma droite avec ma flèche en travers, le maïs claque puis je l'entends tomber. Je me redresse et me dirige vers l'endroit du tir pour suivre le sang qui est maintenant extrêmement abondant, je retrouve ma flèche au sol, maculée de sang environ 15 mètres plus loin, je la récupère, puis retrouve mon sanglier encore 5 mètres plus loin. Il est mort, ma première flèche armée d'une Exodus est entrée au défaut de l'épaule et ressortie basse en arrière des côtes faisant sortir des plis d'intestin, ma seconde flèche armée d'une rage hypodermic est entrée où je visais et est ressortie proche de la sortie de ma première flèche.

Je ramène mon sanglier sur la bande enherbée proche des féveroles en traversant le fossé , je le laisse là puis m'avance dans les féveroles à la recherche de mes 2 flèches que je retrouve facilement, plantées au sol proche des zones de tir. Je les remets au carquois puis cherche la piste de sang de mon premier sanglier. Je trouve du sang et des pieds de féveroles couchés la piste n'est pas évidente à suivre le sang n'est pas continue. J'allume ma lampe pour mieux voir le sang sur les pieds de féveroles presque noirs. Petit à petit, je démêle la piste et fais démarrer plusieurs animaux devant moi. Le sang me conduit à l'endroit où se trouvaient les autres animaux et où je retrouve mon sanglier, c'est une laie d'environ 70 kilos. Je viens certainement de faire démarrer les autres bêtes rousses qui s'étaient regroupées autour de la laie. Je la ramène sur la bordure de la culture avec la petite bête rousse puis pars chercher ma voiture et mes amis alors que le jour décline. Je rejoins mes amis à la nuit noire, ils ont vu et entendu les sangliers mais n'ont pas pu décocher. Nous partons chercher mes sangliers avant de rentrer.

Un doublé de sanglier à l'approche, 12 juillet 2019

Alex

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12 janvier 2019 6 12 /01 /janvier /2019 14:39

Ce matin, la société de chasse de Saint Paul de Baïse organise sa seconde battue au chevreuil de la saison et le président m'a autorisé à inviter Christophe et Lionel. Nous arrivons sur place vers 8 heures pour le déjeuner. Ce dernier pris et les consignes de battue données, nous partons nous poster pour la première traque. Nous nous garons près d'une stabulation et remontons au travers du champ de colza vers un chemin forestier le long duquel nous devons nous poster. Le sol est jonché de traces plus ou moins fraîches de chevreuils. Je ne connais pas ce secteur, en contrebas sur notre droite, nous apercevons le petit bois de pins attenant au bois de la palombière que nous avons chassé lors de la battue précédente. D'après les dires des chasseurs de Saint Paul, le meilleur poste semble être celui dans la friche ponctuée de petits chênes au bout du chemin forestier. Christophe n'ayant pas eu encore d'occasion de tir cette année en battue, nous décidons avec Lionel de lui laisser ce poste prometteur. Nous rentrons dans le bois de chênes par le chemin forestier, je prends un premier poste à environ 50 mètres de la lisière sur la gauche du chemin, Lionel se poste un peu plus loin et Christophe poursuit jusqu'à la friche. Je m'avance d'environ 15 mètres dans le bois et me cale à droite d'une zone bien dégagée, au pied d'un gros arbre. Je casse quelques branchettes pour dégager mes angles de tir, le bois est assez salle sur ma droite et devant moi. Je ne vois qu'une réelle coulée à environ 10 mètres dans le sale devant moi.

La sonnerie de début de traque ne tarde pas à retentir et presque immédiatement les chiens se mettent à donner de la voix. Les menées s'enchaînent et les coups de feu également. Plusieurs fois, les chiens semblent aller vers Christophe et je croise les doigts pour lui. Au bout d'un bon moment, des bruit de pas résonnent derrière moi, je tente d'apercevoir l'animal sans succès. Il semble plus ou moins suivre le chemin quand une chevrette s'avance tranquillement à environ 40 mètres sur ma droite au bout de la zone dégagée. Pensant qu'elle va prendre vers moi, j'arme mon arc mais elle fait 2 pas et stoppe en 3/4 arrière pour écouter les chiens. J'aligne ma visée un peu au-dessus du défaut d'épaule et décoche. Ma flèche vole parfaitement et rentre là où je voulais, au défaut d'épaule de l'animal qui démarre en trombe et se retournant pour ressortir sur le chemin forestier, le traverser et fuir dans le penchant boisé qui redescend vers les pins.

Un doublé sympathique en battue, 12 janvier 2019

Il m'a semblé que la chevrette est partie avec ma flèche en travers du corps. Je l'entends fuir quelques secondes puis se débattre au sol. Elle est morte, je suis soulagé car je me rends compte maintenant que mon tir était quand même osé, vu la distance qui me séparait de la chevrette. Je réencoche et me reconcentre sur la chasse. Les menées s'enchaînent et les coups de feu se succèdent. Au bout d'un moment, une menée semble arriver sur les traces de ma chevrette et je crains que les chiens n'y tombent dessus et n'entament la carcasse. Je quitte donc mon poste pour tenter de la retrouver avant eux. Je me dirige rapidement vers l'endroit du tir et trouve facilement ma flèche couverte de sang et fichée au sol à quelques mètres de l'endroit où se trouvait la chevrette.

Un doublé sympathique en battue, 12 janvier 2019

Je la laisse sur place et sors sur le chemin plus en amont pour le suivre un peu à la recherche de la piste de sang. Je trouve vite de grosses gouttes de sang qui traversent le chemin et rentre dans le penchant boisé en biaisant sur ma gauche.

Un doublé sympathique en battue, 12 janvier 2019
Un doublé sympathique en battue, 12 janvier 2019
Un doublé sympathique en battue, 12 janvier 2019

Une menée passe dans le colza, à environ 50 mètres, au pied du bois avec 3 chevreuils au grand galop qui avec un peu de chance remonteront sur Lionel ou Christophe. Je retrouve très facilement ma chevrette qui n'a fait qu'un peu plus de 30 mètres avant de s'effondrer.

Un doublé sympathique en battue, 12 janvier 2019

Les chiens ne tardent pas à arriver sur ma chevrette et je les en détourne et fait quelques photos souvenir avant de repartir me poster rapidement.

Un doublé sympathique en battue, 12 janvier 2019

Ma flèche est rentrée au défaut de l'épaule et ressort devant l'épaule opposée. Le temps passe et la voix des chiens se calme progressivement jusqu'au signal de fin de battue. J'appelle un piqueur pour avoir un bracelet puis pars rejoindre mes collègues qui n'ont pas eu ma chance. Lionel a vu courir des chevreuils au loin et Christophe a eu la malchance qu'un piqueur retourne les chevreuils qui venait sur lui. Je leur raconte ma chasse et partons chercher ma chevrette et ma flèche en attendant le bracelet avant de redescendre au voiture où je laisse ma chevrette à un des chasseurs de la commune avant de partir pour le rendez-vous de chasse pour les instruction de la seconde traque. Au moins 5 chevreuils ont été tués, je m'attendais à plus vu le nombre de coups de feu tirés. Les "peleurs" sont déjà à l'œuvre.

Serge et les teckels ne sont pas encore arrivés et le président de la chasse décide de chasser la bande boisée qui borde la rivière (Baïse) en les attendant. Nous partons nous poster le long de la butte de l'ancienne voie ferrée avec quelques chasseurs de la société. Nous nous garons au cimetière et partons à pied vers nos postes. Nous laissons Christophe au poste dit "le trou" qui est en fait un ancien passage sous la voie ferrée qui est devenu juste un passage dans la butte avec la disparition du pont et des rails. Christophe monte pour se poster en haut de la butte, au ras du passage alors que nous continuons le long d'une haie de ronces et d'arbustes en parallèle de la butte. Les chasseurs prennent les postes à chaque grosse coulée alors que le chef de ligne poursuit avec nous pour nous poster au bord de la Baïse, au bout de la butte. Lionel prend le poste au bord de la rivière pour barrer la route des animaux qui tenteraient de fuir en longeant l'eau à mi pente du talus de la rivière et je contourne la butte pour me trouver un poste alors que le chef de ligne revient sur ses pas pour rejoindre le sien. Alors que je contourne la butte, un bruit de pas dans les feuilles mortes me fait stopper mais le calme revient sans que je puisse voir l'animal. Je trouve une grosse coulée remontant sur la butte dernière à 20 mètres de la rivière et la suis pour aller me poster au sommet. Alors que j'arrive en crête, j'aperçois une boule de poils blottie coutre un arbre mort tombé au sol. Je l'observe un instant pour me rendre compte qu'il s'agit en fait d'un lièvre gîté. Il m'observe, son œil grand ouvert mais ne daigne pas bouger alors que je suis à peine à 5 mètres en train de le prendre en photo.

Un doublé sympathique en battue, 12 janvier 2019

Je m'éloigne un peu pour me poster un peu plus près du bout de la butte. Les traqueurs et les chiens arrivent au loin en longeant la Baïse. Les chiens donnent timidement de la voix puis se calment un moment avant de lancer, à grands cris, 4 chevreuils qui filent en plaine en direction du cimetière. Alors que les animaux passent la ligne les coups de feu claquent et la menée cesse. 2 chevreuils sont tombés, les traqueurs rappelle les grands chiens qui peinent à revenir puis finissent la traque sans lever d'autres animaux. Nous rentrons en suivant la butte quand les chien prennent la voie du lièvre qui s'est débiné sans bruit pendant la chasse. Les chasseurs les arrêtent vite et nous retournons au rendez-vous de chasse.

Le président décide d'une dernière traque, nous partons avec un des chasseurs, photographe attitré des battues pour aller nous poster dans des petits bosquets en bordure d'une grande traque. Nous nous garons près d'une habitation abandonnée puis remontons le coteau. Le chasseur de Saint Paul nous explique que les sangliers ont labouré une petite parcelle près de l'habitation. Arrivés en haut du coteau, je reconnais le secteur où Christophe a fléché un brocard il y a 2 ans. Christophe reprend son poste qui lui avait réussi en sommet de coteau, en bordure d'un bosquet fourré qui redescend vers les voitures, sur notre droite. Lionel se poste au bord d'un autre bosquet sur notre gauche et je descends dans un autre bosquet en contrebas. Alors que je suis à environ 100 mètres de ce bosquet, le bruit du galop de 2 animaux retentit dans la pente boisée en face de moi. Une chevrette et son chevrillard stoppent à découvert, à mi-pente. Le chevrillard se débine dans le sale sur la droite et disparaît. La chevrette reste figée alors que je l'observe immobile. Elle ne me prête pas attention. Je reste un moment sans bouger, elle regarde par moment vers son chevrillard. Je décide d'y aller au culot. Je commence à aboyer, la chevrette regarde vers moi sans bouger comme hypnotisée, j'aboie plusieurs fois sans qu'elle ne réagisse puis commence à avancer doucement droit sur elle en aboyant. Elle me regarde sans bouger d'un millimètre et me laisse approcher à 40 mètres, j'arme mon arc et tente d'approcher encore un peu alors que la chevrette regarde en arrière mais elle se coule dans le sale sur les traces de son jeune. Est-ce l’arrivée des piqueurs sur la ligne ou le petit bruit de métal fait par ma lame à l’armement ou encore juste le moment de partir pour elle ? Dommage, je presse le pas pour rejoindre le bosquet. Les 2 chevreuils sortent du bosquet à environ 80 mètres et remontent la pente du champ. J'aboie et ils se figent, m'observent un instant puis passent de l'autre côté de la butte et disparaissent.

Je presse le pas pour remonter me poster à mi-pente, en bordure du sale alors que j'entends déjà chiens et piqueurs au bout de mon bosquet. Je me place vite, rapidement, les teckels arrivent et passent mon poste, 2 traqueurs passent sous moi puis s'arrêtent pour observer les chiens alors qu'un autre traqueur passe au-dessus de moi en bordure du bosquet à environ 20 mètres. Les chiens tournent et donnent un peu de la voix quand un beau lièvre démarre sur ma droite et se débine au travers des buissons pour venir me passer tranquillement à 3 mètres sur ma droite et stopper, assis, à 10 mètres en dessous de moi à environ 15 mètres des traqueurs qui l'observent. Les chiens arrivant, il démarre et sort sur le découvert pour remonter le penchant du champ en face de moi et disparaître de l'autre côté alors que les teckels s'élancent, avec 150 mètres de retard, à sa poursuite. Les traqueurs crient pour les stopper mais ils passent la crête puis revient un peu après. La traque reprend et s'éloigne vers Christophe puis Lionel puis passe derrière la cime du champ alors qu'un des traqueurs au téléphone semble parler de sangliers. Le calme s'installe et le temps semble long. Des coups de feu se font entendre puis le calme revient. Le lièvre revient et passe la crête avant de descendre vers le bosquet à environ 80 mètres sur ma gauche puis le longe en direction de la route en contrebas. Les postés commentent la scène à voix haute et s'interpellent les uns les autres puis le lièvre fait une boucle et remonte pour repasser la crête en face de moi. Les chasseurs commentent toujours l'apparition de ce lièvre.

Au bout d'un moment, des craquements m’interpellent plus haut sur ma droite. Je me retourne face à la pente et écoute, les yeux grands ouverts. Est-ce un chien ? Les craquements se rapprochent et je finis par apercevoir un petit sanglier qui va passer au trot à 15 mètres au-dessus de moi dans le sale. J'arme mon arc, il stoppe juste au-dessus de moi à 15 mètres dans la broussaille, j'aligne ma visée sur son épaule dans une petite trouée au travers de la végétation. Je décoche, le bruit de l'impact retentit et le choc libère de la poussière du poil de l'animal qui repart en trombe vers le bout du bosquet. Je ne suis pas sûr de mon atteinte et les chasseurs étant toujours à leur discussion et certainement encore chargés au plomb 1 ou 2, je crie : "sanglier". Les chasseurs reprennent en cœur "sanglier" au lieu de se taire. Les minutes passent et je n'entends pas tirer. Par moment, des craquements retentissent sur ma droite, peut être mon sanglier en train de se déplacer dans le sale. Au bout d'un moment, plus un bruit quand mon téléphone sonne, le président de Justian m'appelle pour me demander où est le sanglier, je lui explique qu'il est parti vers lui après mon tir, il m'indique que les chiens et les traqueurs vont arriver. Je remonte la pente en lui parlant et trouve du sang, je décide de le suivre et avertis le président de la chasse de Justian que la ligne se tienne prête au cas où. Je raccroche et suis le sang assez abondant. La piste est assez facile à suivre et biaise doucement à gauche. Dans mon dos les chiens commencent à donner de la voix au loin mais ils seront vite là. Arrivé dans une zone dégagée d'herbe haute couchée au milieu des pins, je perds la piste et les chiens me rattrapent. Alors qu'ils arrivent à 10 mètres sur ma droite, j'entends démarrer le sanglier et tourne la tête pour juste le voir sortir de quelques genévriers et disparaître derrière les pins. Je cri "Attention, sanglier" sans me rendre compte que la route est juste à quelques mètres de moi au pied d'un talus abrupt.

Le sanglier dévale le talus et s'élance entre 2 chasseurs en traversant le goudron de la route. Les coups de feu pleuvent, 4 ou 5 chasseurs vident leurs fusils mais le sanglier passe sans une égratignure et fonce au travers du champ travaillé avec les chiens à ses trousses. Je sors du bois et descends le talus incrédule. Comment ils ont pu louper ce sanglier ? La plupart des chasseurs m’affirment que le sanglier n'était pas blessé mais un a vu ma flèche sur le côté de l'animal. En arrivant à la route j'aperçois alors ma flèche couverte de sang posée sur le goudron, je la ramasse et tente de trouver du sang en demandant aux chasseurs la direction de fuite. Je m'élance en suite au pas de course dans la direction indiquée sans vraiment y croire, le champ monte raide puis redescend. Alors que j'attaque la descente un chasseur dans mon dos me crie que les chiens sont au ferme plus loin. Dans le creux du champ je suis incapable de déterminer la provenance des cris, il m'indique tout droit. Je reprends le pas de course en crachant mes poumons alors que le terrain remonte raire avant de redescendre vers la route d'où j'entends le ferme plus haut le long d'une haie. Je prends sur la droite de la haie mais comprends vite que les chiens sont sur la gauche, je remonte le talus pour traverser la haie puis la suis et remonte la pente prononcée vers les cris. 

Les chiens et le sanglier se dessinent peu à peu derrière la butte. Le sanglier tourne sur lui-même pour repousser alternativement un chien contre la haie et 2 dans le champ qui l'assaillent. J'encoche une flèche et m'approche tranquillement. A quelques mètres du sanglier, j'arme mon arc et donne un peu de la voix pour tenter d'écarter les chiens qui marquent un temps d'arrêt et me laissent une bonne ouverture pour tirer. Le sanglier se tourne face à moi. En essayant de reprendre mon souffle, je vise sur le côté de la tête et décoche. Ma flèche semble traverser le sanglier et se fiche au sol mail il ne réagit pas. Je réencoche, il se retourne et s'éloigne péniblement de cul. Je le suis, arme mon arc et donne de la voix pour le stopper, il se tourne à gauche de 3/4 arrière. Je vise derrière l'épaule et décoche. Ma flèche rentre où je visais et ressort dans la gorge à l'opposé en restant en travers de l'animal, le sanglier saigne abondement, tente de repartir mais s'écroule vite. Je m'approche vite et dégage ma flèche pour éviter qu'il ne la casse en se débattant. Je récupère mon autre flèche et laisse s'immobiliser mon sanglier puis l'attrape par une patte arrière et redescends vers la route avec les chiens que je félicite vivement. Le chasseur qui me suivait arrive pour m'aider. Arrivé à la route d'autres chasseurs arrivent pour récupérer les chiens et j'en profite pour regarder mon sanglier, ma première flèche d’achèvement a en fait juste une grosse entaille dans le muscle de l'épaule. Ma première flèche est rentrée en avant de l'épaule mais je ne trouve pas la sortie.

Un doublé sympathique en battue, 12 janvier 2019

Je suis mort mais je ramène mon sanglier jusqu'au carrefour, 150 mètres plus loin où nous le chargeons avant de revenir vers la ligne des postés. Mes collègues m'attendent à la voiture, je remonte vers le poste de Christophe puis redescend vers la voiture où je retrouve mes collègues à qui je raconte mes aventures. Nous partons vers le rendez-vous de chasse, 2 autres sangliers ont été tués, un gros mâle de 70 à 80 kg et un autre jeune comme le mien. Mon sanglier arrive à son tour, je prends quelques photo souvenir avant de rentrer.

Un doublé sympathique en battue, 12 janvier 2019

Alex

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17 juillet 2018 2 17 /07 /juillet /2018 05:48

Ayant décidé de partir en vacances à Majorque avec ma compagne, j'ai posté un message en espagnol sur Facebook demandant s'il était possible de chasser une journée le bouc des Baléares sans passer par une société de guidage. C'est le seul grand gibier de l'île et sa chasse est ouverte toute l'année. Un de mes contacts, Joan CATALA m'as mis en contact avec une de ses connaissances, Francisco qui m'a invité à chasser sur sa propriété de chasse (Coto de Caza privado). Nous nous sommes contactés par téléphone pour les derniers détails à régler. Ce matin, nous avons rendez-vous à 5h30 sur le parking près de mon l'hôtel où Francisco vient me chercher mais j'ai mal compris le lieu du rendez-vous et ne le voyant pas arriver je l'appelle. Il m'attend depuis 10 minutes, je cours le rejoindre puis nous partons pour sa zone de chasse, il fait déjà chaud alors que le jour n'est pas levé. Francisco m'explique en chemin qu'il existe 2 types de chèvres sauvages à Majorque :

- "La cabra fina" ou "cabra salbaje mallorquina" qui est la vrai chèvre sauvage des Baléares pour laquelle il est nécessaire de passer par les sociétés de guidage et qui se monnaye cher. Sa robe rousse et sa ligne noire sur le dos sont caractéristiques de l'espèce dont la présence à Majorque est très ancienne, introduite par l'homme il y a plus de 4000 ans.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

- "La cabra asilvestradas" d'origine domestique et revenue plus récemment à l'état sauvage. Ces animaux présentent un risque de pollution génétique pour l'espèce autochtone et doivent être abattus. Tout animal présentant ne serait-ce qu'une petite tache blanche ("una mancha blanca") est considéré comme non pur et peut être tiré.

Malgré ma bonne maîtrise de l'espagnol je n'ai pas tout compris sur ces subtilités de la chasse à la chèvre sauvage et des différences entre les 2 types d'animaux lors des explications de Francisco. Nous arrivons aux premières lueurs du jour sur le territoire de chasse fermé par un grand portail métallique. Nous passons le portail et nous nous garons près d'une ancienne bâtisse alors qu'un lièvre ibérique détale vers la garrigue. Francisco m'explique que sa propriété de chasse fait 5000 hectares. Nous nous préparons puis nous nous mettons en marche en nous dirigeant vers un mur de pierre blanche. Une perdrix rouge se débine en longeant ce mur. Déjà les premières crottes de chèvres sont visibles sur le sol. Nous rejoignons un passage où le mur s'est partiellement éboulé et rejoignons un chemin pierreux de l'autre côté que nous commençons à suivre. Le soleil se lève dans notre dos au-dessus de la mer. 

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Francisco m'explique que nous pouvons tomber sur les chèvres à tout moment et qu'il me faut ouvrir les yeux et les oreilles pour tenter d'entendre des bêlements qui pourraient trahir la position d'un groupe d'animaux. C'est souvent le bêlement des jeunes qui trahit la présence des adultes, Francisco étant appareillé pour l'audition, il m'explique qu'il n'entend pas bien. Je scrute le paysage et écoute mais à part quelques crottes plus ou moins fraîche je ne vois pas le moindre animal. Après un moment passé à marcher et quelques coups de jumelle donnés par Francisco sur les coteaux alentours je finis par entendre des bêlements au loin sur la droite et en fait part à Francisco. Il me fait comprendre que c'est trop lin et nous poursuivons notre chemin. Un peu plus loin, nous stoppons et Francisco m'explique que nous allons chasser 2 très bonnes zones où sont souvent les animaux. Il hésite un peu puis nous partons pour la  première zone par un petit sentier qui descend dans la garrigue. Rapidement, des bêlements se font entendre et je les signale à Francisco. Nous tentons l'approche, j'avance tout doucement sur le sentier en surveillant le secteur mais la végétation arbustive ne me permet pas de voir les animaux. Le sentier descend doucement vers le fond de la combe et je tente de repérer les animaux en regardant en direction des bêlements qui se déplacent dans la végétation. Au pied du penchant pierreux  et ponctué de buissons bas et de quelques arbres chétifs, je marque une pause pour observer un instant le secteur quand il me semble apercevoir un animal basculer derrière la crête à un peu plus de 100 mètres. Les bêlements reprennent sur notre droite, en bordure d'un bois de pins épais.

Je consulte Francisco et je décide de tenter l'approche. Le vent souffle vers la crête. Je commence mon approche voûté en me frayant tout doucement un chemin au travers de la végétation et en vérifiant chacun de mes appuis pour éviter de faire rouler les pierres. Je m'arrête souvent pour observer et écouter et me rapproche peu à peu des bêlements. Alors que j'arrive près des premiers arbres précédant le bois, j'aperçois du mouvement et stoppe derrière quelques buissons. Une trouée dans le bois me permet de voir à environ 40 mètres, un gros arbre sous lequel le sol est dénudé avant l'épaisse  végétation basse de la garrigue. Une silhouette blanche s'avance sous ce dernier et se détache à découvert. Une belle chèvre blanche s'avance dans le découvert alors que des craquements dans son entourage  trahissent la présence de d'autres animaux. Je reste perplexe devant cette rencontre à laquelle je ne m'attendais pas, toutes les images que j'avais pu voir es chèvres de Majorque étaient celles de chèvres rousses avec es zones noires dans  le pelage.  C'est alors que je comprends les explications de Francisco sur les 2 catégories de chèvres et la nécessité d'éliminer les chèvres revenues à l'état sauvage qui s'hybrident avec les "cabras finas". Francisco resté en retrait ne voit pas la chèvre, j'attire son attention, ramasse une pierre blanche et lui mime la robe blanche de la chèvre pour savoir si je dois la flécher. Il me demande par signes si c'est un mâle et je lui fais signe que non, il me fait signe de laisser tomber. Je reste tout de même en poste car d'autres animaux avancent dans la végétation et j'espère qu'il s'agit de boucs. Tout à coup, des coups de feu résonnent au loin. La chèvre lève la tête et devient inquiète, les coups de feu reprennent et elle se débine dans la pente disparaissant dans la végétation. J'attends un peu mais les autres animaux ont aussi disparus, je retourne vers Francisco agacé d'avoir entendu ces coup de feu qui n'avaient pas lieu d'être.

Je lui explique que j'ai vu une chèvre blanche et  qu'il y avait d'autres animaux mais que je n'ai pas pu les voir et lui demande ce qu'il compte faire ensuite. Comme moi il a vu des animaux en crête et décide de remonter  pour tenter de les apercevoir. Nous remontons donc jusqu'à la crête et observons un moment sans rien voir puis décidons d'avancer doucement sur notre droite dans une  zone de  garrigue basse. Tout à coup, Francisco aperçois des animaux qui nous observe au loin et me les montre avant de me dire que nous allons faire demi-tour pour les laisser tranquille un moment. Nous partons donc en sens inverse en longeant la crête pour nous poster sur une bonne zone de passage. Le temps passe et rien ne vient, le vent est un peu tournant. Francisco décide de revenir voir les chèvres vues sur notre droite, nous avançons tranquillement quand nous apercevons, à environ 300 mètres, une tête dans la végétation. Francisco m'annonce un jeune mâle après identification aux jumelles. Je pars pour tenter une approche.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Le vent souffle alternativement de ma droite ou dans mon dos, je décide donc de remonter plus à ma droite pour que mon odeur ne soit pas portée vers l'animal plus en contrebas. Je tente de me faufiler voûté dans la végétation et derrière les rochers pour me camoufler en surveillant par moment l'animal qui ne semble pas vouloir s'enfuir mais regarde souvent dans ma direction. Alors que j'ai fait presque la moitié du chemin et que je me suis arrêté baissé dans les buissons, un mouvement attire mon regard à environ 15 mètres devant moi. Les belles cornes d'un bouc qui semble venir vers moi dépassent juste du buisson. J'accroche vite mon décocheur et me prépare à armer mon arc mais les cornes disparaissent et rien ne venant, je me redresse un peu et aperçois les animaux qui se débinent de cul. Je m'approche vite du buisson qui me les cachait et les observe, ils ont stoppé à environ 50 mètres et broutent les feuilles des arbustes. J'aperçois les têtes de 2 grosses chèvres et d'un bouc au pelage roux clair et portant des marques noires. Le bouc est de dos à gauche des 2 chèvres. Je m'approche d'environ 10 mètres et me recale alors que le vent a tourné dans mon dos. La chèvre la plus à droite devient inquiète et regarde les alentours avant de démarrer pour se débiner vers le bois de pins qui borde la crête à ma droite. Elle disparaît rapidement, la seconde chèvre ayant remarqué ce départ précipité lui emboîte le pas. Le bouc absorbé par son repas met plus de temps à réagir, je tente de me rapprocher un peu mais il finit par me sentir et devient inquiet. J'arme mon arc, il est encore à environ 35 mètres, il s'avance dans la végétation en s'arrêtant plusieurs fois mais seule sa tête dépasse de la végétation. Je le suis dans mon viseur sans avoir d'opportunité de tir et doit me résoudre à le laisser partir vers les pins.

Les 3 animaux ayant disparu, je décide de repartir sur ma première cible. Je biaise à travers les buissons pour descendre vers l'endroit où se trouvait l'animal. Je l'aperçois vite en contrebas à environ 30 mètres mais seule la tête dépasse de la végétation. Le vent tourne à nouveau dans mon dos et l'animal blanc et noir se débine dans la végétation, tête basse et ne ressort à découvert qu'à 50 mètres avant de rentrer à couvert dans un bois alors que je tente de m'approcher. Je fais donc demi-tour pour revenir vers Francisco qui m'a attendu de l'endroit où nous avons vu le jeune bouc. Comme je l'ai laissé depuis un moment et que je viens de me rendre compte que j'ai oublié mon portable à la voiture, je presse le pas pour le rejoindre. Je ne l'aperçois pas tout de suite car la végétation me le cache un moment mais je finis par le voir qui me fait des grands signes avec les bras. Je presse donc le pas pour le rejoindre et regarde plus où je pose mes pieds que devant moi. Alors que je relève les yeux vers Francisco, je le vois agiter qui me fait signe de ralentir et de regarder à ma gauche. Je stoppe net et remarque vite du mouvement derrière  un petit arbre à une vingtaine de mètres devant moi. Rapidement, la chèvre blanche, que j'avais vue toute à l'heure, s'avance à découvert devant moi, à environ 25 mètres. Elle stoppe à quelques mètres de l'arbre et regarde alternativement vers moi et Francisco immobile un peu plus loin. Inquiète, elle fait demi-tour et je remarque alors une masse sombre au travers de bois morts, au pied de l'arbre puis un bouc blanc surgit de derrière l'arbre et descend le penchant à ma droite en biaisant pour passer en dessous de moi. Je biaise moi aussi pour couper sa trajectoire. 

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Il avance d'un pas lent et s'arrête souvent pour regarder vers moi, je stoppe alors pour l'observer immobile et repars quand il se remet à avancer tête basse dans la végétation. J'essaie d'avancer le plus vite possible en essayant de rester silencieux et biaise de plus en plus à gauche pour lui couper la route. Je le rattrape peu à peu, il stoppe à environ 12 mètres de moi et relève la tête. J'arme doucement mon arc, vise et décoche. Touché, il s'effondre sur place et bêle un instant avant de se relever pour tenter de s'éloigner en boitant sévèrement, il retombe plusieurs fois puis se couche en bêlant derrière des buissons sans parvenir à se relever. Je tente de m'approcher quand une impression bizarre me fait tourner la tête à droite. J'aperçois alors la chèvre blanche qui m'observe de face à moins de 10 mètres avec un bouc typique de Majorque arrêté plein travers derrière elle et lui reniflant l'arrière train. Je demande par signes à Francisco si je peux tirer et il me fait signe que non. Ils restent ainsi immobile un instant puis se débinent tranquillement.

Je m'avance vers mon bouc qui s'est immobilisé. Ma flèche l'atteint plein cœur et l'hémorragie a été massive, il n'a pas fait 20 mètres. Ma flèche restée en travers s'est cassée dans la chute de l'animal.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Francisco me rejoint et m'explique que les animaux lui tournaient autour depuis environ 20 minutes et me montre les photos qu'il a prises du bouc des Baléares en me disant que certains chasseurs sont venus plusieurs fois chasser ici sans en voir un seul.  

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Nous prenons quelques instants pour faire quelques photos souvenir de mon premier gibier des Baléares.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Je pense alors que la chasse est terminée pour ce matin mais Francisco m'explique que nous allons aller chasser sur le second secteur auquel il pesait tout à l'heure et me dit que tant que j'ai des flèches à mon carquois je peux tirer des animaux. 

Nous partons donc pour le second secteur en longeant le chemin principal. Nous arrivons dans une zone de garrigue ouverte qui a brûlé il y a quelques années. Les troncs tombés au sol ont été recouverts par la végétation basse qui a repoussé. Plus bas la pente s'accentue brusquement et se boise avant le penchant boise qui remonte à notre gauche. Alors que nous avançons sur le chemin, des bêlements retentissent en contrebas sur la gauche les animaux ne sont pas visibles, certainement en dessous de la cassure brutale de la pente, dans les arbres. J'avertis Francisco qui me dit que l'approche va être très difficile. Il me fait avancer un moment sur le chemin alors que les bêlements se déplacent en parallèle du chemin. Sur les indications de mon hôte, je descends par un petit passage de chèvres vers la lisière des arbres, il m'a également indiqué qu'un torrent à sec marquait le fond de combe et qu'en le suivant je remonterai au chemin. Je progresse doucement en slalomant pour éviter les obstacles et essayer de de ne pas faire trop de bruit. Un fort vent souffle par ma droite et couvre un peu le bruit de ma progression. Les bêlements sont descendus vers le fond de combe. Arrivé aux premiers arbres je cherche un passage pour descendre vers le torrent et trouve une coulée bien fréquentée mais assez encombrée et très pentue. Je me fraye doucement un chemin en me tenant fermement à la végétation pour descendre sans tomber et arrive au torrent non sans mal mais les animaux se sont tus. J'écoute un moment mais rien, je commence à remonter dans l'épaisse végétation et les blocs rocheux du penchant boisé mais je tourne un moment sans voir d'animaux, je tente même de bêler sans succès. Je décide donc de redescendre vers le torrent pour rejoindre Francisco mais à peine suis-je arrivé dans le bas fond que les bêlements reprennent au-dessus de moi, d'où je viens. Je fais donc demi-tour et remonte doucement vers les cris qui semblent provenir d'un bouquet de pins autour duquel j'ai pourtant tourné tout à l'heure. Je remonte doucement jusqu'à un bloc rocheux vertical, les cris viennent de 15 mètres plus haut. Je remonte par une coulée sur la gauche de la roche et m'approche doucement des pins et de l'animal qui est maintenant à moins de 10 mètres mais impossible de le voir. J'avance encore un peu quand l'animal démarre brusquement pour stopper à environ 25 mètres plein travers alors que je viens d'armer mon arc. C'est un chevreau, j'ai une fenêtre de tir au travers des branchages. J'aligne ma visée et décoche mais l'animal démarre au même moment et ma flèche passe derrière. Je réencoche et pars chercher ma flèche mais elle reste introuvable.

Je redescends vers le torrent et le remonte rapidement pour rattraper le chemin avant de le longer rapidement pour rejoindre Francisco que j'ai laissé depuis un moment. Ne le voyant pas, je siffle et l'aperçois qui me fait des signes. Il a vu un bouc, il me demande si je ne l'ai pas vu en remontant et je lui dis que non. Il semble que je sois passé juste à côté sans le faire partir. Il m'amène jusqu'à un arbre au bord du chemin et me montre un gros bouc brun avec une bande blanche sur le flanc qui broute tranquillement dans la bande boisée au-dessus du torrent. Le vent souffle toujours de façons soutenu en parallèle du chemin, je reviens donc en arrière d'environ 30 ou 40 mètres puis descends au plus droit vers la bande boisée en essayant de ne pas faire trop de bruit puis commence une approche plus lente en longeant les arbres. Ne voyant plus l'animal, je surveille Francisco qui me fait signe qu'il est toujours là. J'arrive à l'aplomb du bouc et l'aperçois mais il retourne tranquillement vers le torrent en broutant. Je ne peux pas m'avancer dans le bois à cause de l'encombrement des troncs morts, le bouc est déjà à près de 30 mètres, j'arme mon arc et attends une occasion de tir. A environ 35 mètres, il se tourne plein travers. J'arme, tente de trouver une trouée puis décoche mais ma flèche passe juste sous le cœur. Le bouc démarre et une chèvre surgit de la végétation, ils se débinent tranquillement en s'arrêtant souvent. Je réencoche vite et réarme en attendant une occasion de tir mais ils sont loin et l'encombrement des branches ne m'ouvre aucune fenêtre. Ils partent maintenant sur ma gauche dans l'épaisse végétation.

Je décide de tenter de les recouper, je presse le pas et longe un moment les arbres puis biaise vers le chemin de terre et le suis pour rattraper le départ du torrent. Je biaise dans la végétation basse et épaisse au-dessus du torrent quand des bêlements se font entendre, le bouc arrive vers moi, j'entrevois sa tête puis suis ses déplacements grâce à ses cornes qui dépassent de buissons. Je tente de couper vers lui pour l'intercepter mais il biaise toujours en bêlant vers le torrent. J'avance aussi vite que je peux. Le bouc traverse le torrent et s'arrête plein travers à environ 40 mètres entre 2 arbres. J'arme, vise et décoche. Ma flèche me semble  au cœur, le bouc se cabre et démarre péniblement puis disparaît derrière un bouquet d'arbres à environ 20 mètres. J'attends un moment en surveillant l'endroit mais ne le voyant pas ressortir je me dis que c'est fini pour lui et pars en direction de la zone du tir pour tenter de retrouver ma dernière flèche.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Arrivé sur place, je ne trouve pas ma flèche, je pars donc en direction de l'endroit où a disparu le bouc mais constate avec surprise que le bouquet d'arbre cache l'entrée d'une grotte. Je m'avance doucement et commence à trouver quelques gouttes de sang avant la descente abrupte qui rentre dans la grotte. L'entrée est ombragée, couverte de végétation et j'aperçois à environ 10 mètres plus en contrebas, mon bouc couché qui m'observe. Je me fige mais il démarre et grimpe sur une grosse arrête rocheuse qui s'avance en parallèle du passage qui descend dans la grotte. Je décide de ne pas le poursuivre et retourne chercher ma dernière flèche que je finis par trouver dans la végétation. Francisco vient part le chemin et je l'interpelle pour lui expliquer la situation. Il vient me rejoindre et je lui montre l'entrée de la grotte quand des bêlements annoncent des animaux qui semblent sortir de la grotte par un autre passage de l'autre côté de l'arrête rocheuse. J'encoche vite et me précipite pour tomber sur 3 chèvres et leurs chevreaux sortant de terre à juste 10 mètres de moi. Je me fige et observe, mon bouc n'est pas dans le groupe. Je laisse les animaux partir et reviens vers Francisco puis nous descendons en suivant le passage par lequel est descendu mon bouc. Il y a du sang au sol et une belle giclée sur un gros rocher clair au milieu du passage, à l'endroit où l'animal a bifurqué pour passer la fin de la crête rocheuse. Je m'avance en suivant le sang et aperçois le bouc couché juste derrière la crête rocheuse. Il m'a vu et se lève pour descendre plus en avant dans la grotte. Je me recule et annonce à Francisco qu'il est toujours vivant. Je me réavance près à armer, le bouc traverse l'autre passage profondément creusé de l'autre côté de la grosse roche puis remonte au plus raide pour aller se coucher à 5 mètres plus haut sur un replat de la parois rocheuse de la grotte. Je me recule et dit à Francisco que je vais retenter une approche pour l'achever. Je descends plus profondément dans la grotte, caché par l'avancée rocheuse.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Je m'avance en suivant le sang et aperçois le bouc couché juste derrière la crête rocheuse. Il m'a vu et se lève pour descendre plus en avant dans la grotte. Je me recule et annonce à Francisco qu'il est toujours vivant. Je me réavance près à armer, le bouc traverse l'autre passage profondément creusé de l'autre côté de la grosse roche puis remonte au plus raide pour aller se coucher à 5 mètres plus haut sur un replat de la parois rocheuse de la grotte. Je me recule et dit à Francisco que je vais retenter une approche pour l'achever. Je descends plus profondément dans la grotte, caché par l'avancée rocheuse.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Je contourne le bas de la pointe rocheuse puis commence à m'approcher doucement de la paroi rocheuse. Le bouc, dont je ne vois que la tête, me regarde arriver sans bouger.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Je me prépare à armer, je ne suis plus qu'à quelques mètres en dessous du bouc, il se lève brusquement, j'arme mon arc, il avance tranquillement et remonte encore sur un rocher en se dirigeant vers la sortie de la grotte. Je le suis dans mon viseur. Alors qu'il marque une pause et se tourne pratiquement plein travers à environ 10 mètres de moi. Je cale ma visée et décoche. Ma flèche plein poumon est resté en travers du bouc qui démarre, saute dans le vide pour atteindre le fond du passage par lequel sont remontées les chèvres puis remonte en quelques bon la parois verticale de l'avancée rocheuse comme si de rien n'était tout en perdant beaucoup de sang. Il se faufile entre les arbustes du massif plante au sommet de la roche et commence à vaciller alors que son sang gicle jusqu'au bas des rochers avant de s'écrouler et de rouler jusqu'au replat à quelques mètres de mes pieds. Alors qu'il se débat encore un peu au sol, je dégage rapidement ma flèche toujours en travers mais ma lame de chasse s'est cassée dans l'insert. Je laisse mon bouc finir de mourir.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Je m'approche ensuite de lui pour analyser mes atteintes. Ma première flèche est passée juste derrière le cœur, la seconde a traversé plus haut et touche les 2 poumons. Je n'en reviens pas que ma première flèche ne l'ai pas arrêté plus vite. Nous faisons quelques photos souvenir.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Je n'ai plus de flèche car le pas de vis de ma lame est resté dans l'insert et refuse de s'en extraire, je ne peux pas changer ma lame. Il est temps de rentrer, il fait déjà très chaud, 2 vautours noirs tournent au-dessus de nous dans le ciel. Majorque est le dernier endroit où ils seraient encore présents en Europe. J'en profite pour faire une petite photo souvenir avec Francisco dont l'accueil et la gentillesse sont sans égal. Il est très rare de rencontrer une personne comme lui dans le monde de la chasse et je l'ai invité à venir chasser dans le Gers avec son épouse dès que nous pourrons trouver une date compatible à nos emplois du temps.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

La chasse des boucs des Baléares dans ce magnifique paysage de garrigue aura été une belle expérience et m'aura surtout permis de rencontrer un nouvel ami.

Une matinée de chasse au "boc balear" à Majorque, 11 juillet 2018

Encore un très grand merci à Toi Francisco pour cette très belle chasse et le superbe livre sur le "boc Baléar" que tu m'as offert, j'espère pouvoir te rendre l'ascenseur au plus vite.

 

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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