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16 octobre 2018 2 16 /10 /octobre /2018 18:09

Cela fait 5 saisons que je cours après les daims ariègeois avec mon arc, leur chasse est très difficile, surtout à l'approche et sachant que le territoire ouvert sur lequel ils se trouvent est limité en surface contrairement au territoire de ces animaux qui tournent sur plusieurs ACCA et ne sont donc pas toujours présents sur le secteur que je chasse en plus d'avoir le don de se rendre invisibles (les biens nommés fallow deer par les anglophones).

Cette année, j'ai pris un bracelet sur la zone "réserve" qui est une réserve de chasse sur laquelle seul le tir du daim et à l'arc est autorisé. C'est une zone bourrée de sangliers. Cette saison ne commençait pas trop mal car j'ai vu 8 daims dont 2 leuciques lors de ma dernière sortie. La météo annonce de la pluie ce matin sur les Pyrénées mais quelque chose me dit de quand même aller chasser malgré les 2 heures de route qui m'attendent. Le réveil sonne à 4h50, je me prépare rapidement et déjeune avant de prendre la voiture. Il pleut des trombes d'eau sur presque tout le trajet mais la pluie stoppe alors que j'arrive en Ariège. Je me gare vers 7h25 au bord de la route, au-dessus d'un ruisseau qui délimite le bas de la zone de chasse. Je me prépare tranquillement puis descends le talus abrupt du ruisseau avant de me rendre compte que les fortes pluies ont fait beaucoup monter le petit cours d'eau dont le courant est aujourd'hui assez fort. Je cherche un passage peu profond pour traverser dans cette d'eau boueuse mais rempli une de mes bottes en posant le pied dans un trou d'eau peu profond. Ma seconde tentative sera la bonne. Je réussi à traverser et vide ma botte avant de poursuivre ma chasse. La zone est parcourue par des chevaux dont le passage répété au ouvert des sentiers dans la végétation du sous-bois. Je suis ces chemins et remonte jusqu'à un chemin forestier que je traverse pour arriver réellement sur la zone où se trouve généralement les daims. Je passe sous une clôture électrique et commence à remonter doucement à travers un bois clair vers une zone plus touffue où les daims viennent souvent manger des glands.

Ma botte mouillée fait du bruit, je la retire ainsi que ma chaussette trempée, essore cette dernière et remets le tout avant de poursuivre ma chasse. J'avance très doucement, m'arrêtant à chaque pas pour observer mais je me fais repérer par un chevreuil à environ 40 mètres plus. Il démarre en aboyant sans que je puisse le voir et aboie un moment en s'éloignant. Le calme revenu je reprends ma progression, je crains que les daims aient été affolés par ce raffut. Ils ne sont pas sur le secteur. Je ressors doucement sur un petit pré au-dessus. Rien en vue, je le traverse et biaise à droite pour remonter sur une petite crête. Alors que j'arrive au sommet doucement, je surprends 2 chevreuils à 20 mètres sur ma droite. Ils démarrent et foncent dans les fourrés où ils disparaissent. Ils aboient un peu en contrebas puis le calme revient. Je longe maintenant doucement la crête en scrutant le paysage. Pas de daim, un peu plus loin je descends à travers bois pour rejoindre la bordure d'une grande faille très profonde d'environ 200 mètres de long sur plus de 30 mètres de profondeur où j'ai vu les daims lors de ma dernière sortie. Je m'avance tout doucement au bord du penchant abrupt, pas de daim ce matin. Je suis le bord du penchant qui redescend vers le bout de la faille où passe une énorme coulée très fréquentée qui passe devant l'entrée de la faille. Je prends la coulée qui bifurque à gauche derrière la bute qui délimite l'autre côté de la faille. J'avance doucement en m'arrêtant souvent pour observer le talus boisé assez dense à la gauche et la pente de bois clair à ma droite qui descend vers une prairie gagnée par les fougères et les ronces.

Arrivé à la fin de la prairie, je descends sur ma droite par un passage pour longer cette dernière en lisière d'une zone plane de châtaigniers. Sur ma droite, un mouvement attire mon regard, un bel écureuil noir descend le long d'un gros tronc avant de disparaître derrière. J'avance doucement jusqu'à la bordure d'une zone très pentue et boisée qui descend vers des prairies en contrebas. Je prends à droite pour longer la prairie et surveiller cette pente quand j'aperçois du mouvement à environ 100 mètres en contrebas en limite du pré. Je stoppe et observe pour me rendre compte qu'il s'agit d'un gros chat noir s'avançant dans la prairie. Je fais demi-tour et rentre à nouveau dans le bois pour ensuite descendre en travers dans la pente pour rejoindre le fond une faille d'environ 5 mètres de profondeur qui descend vers les prés. J'avance ensuite tout doucement en suivant les coulée de daims et sangliers en lisière du bois. Je remonte doucement un talus un peu plus loin pour rejoindre une petite zone dégagée et stoppe pour observer les alentours quand, au travers des branchages, il me semble apercevoir du mouvement dans les ronces en bordure d'une autre petite zone dégagée à environ 70 mètres. Je fixe 2 taches sombres pensant d'abord à des sangliers mais c'est alors que l'animal rebouge et se déplie. Je n'en crois pas mes yeux, c'est un daim mâle, il est énorme, il porte des bois à palette majestueux. C'est l'animal d'une vie. Il avance doucement en suivant les ronces et rejoint une coulée qui s'enfonce dans la végétation et disparait derrière une touffe de noisetiers.

Je décide de tenter une approche, j'avance doucement jusqu'au un arbre mort couché au-dessus du passage qui relie la zone dégagée où je me trouve de celle où se trouvait le daim. Je passe ensuite tout doucement sous l'arbre mort à quatre pattes en essayant de ne pas heurter les branches pour ne pas faire de bruit. J'aperçois le cul du daim qui finit de disparaître dans le rideau de ronce qui tombe sur la coulée. Une fois ce dernier perdu de vue, je m'avance tout doucement vers la touffe de noisetier qui me le masque. Arrivé à environ 20 mètres de cette dernière, je me fige en apercevant du mouvement derrière cette dernière. Le daim vient de relever la tête. Je reste un moment immobile presque en apnée et alors que le daim rebaisse la tête je décide de tente d'avancer un peu plus pour trouver une fenêtre de tir au travers des branchages. J'avance tout doucement et gagne encore 5 mètres, je devine le daim qui glane sa nourriture au sol. Pas de fenêtre de tir, il me faut encore avancer sous le rideau de ronce. Je finis mon approche à 4 pattes sur encore 5 mètres et trouve enfin une fenêtre de tir. Le daim est à 10 mètres de cul. Je me redresse tout doucement sur mes genoux et arme lentement mon arc. L'animal se tourne un peu et me présente un 3/4 arrière assez fermé mais risque de sortir de ma fenêtre de tir. Je vise son flanc en avant du cuissot et décoche. L'impact retentit et mon daim démarre, il semble touché au cuissot. Je le perds très vite de vue dans la végétation puis entends un bruit comme s'il venait de chuter lourdement au sol à environ 50 mètres sur ma gauche avant le retour du calme.

J'écoute encore un peu puis traverse les ronces pour ressortir sur la zone de chair derrière. Il est 8h45. Je cherche ma flèche sans succès puis tente de voir le sang sans plus de réussite. J'attends un peu puis tente de recouper les trajectoires de fuite possibles. Je trouve alors 2 petites gouttes de sang sur une coulée qui remonte sur un talus d'environ 1 mètre, à droite du creux laissé par la chute d'un arbre mort. Des empreintes qui me semblent trop grosses pour être celle d'un daim ont marquées le talus. Je décide d'aller chercher ma flèche pour patienter un peu avant d'attaquer ma recherche car je ne suis vraiment pas sur de mon atteinte. Les images du tir tournent dans ma tête. Ma flèche est introuvable et j'imagine qu'il a dû partir avec, je retourne au premier sang et trouve vite 2 ou 3 grosse gouttes sur le replat au-dessus du talus mais le sang s'arrête aussitôt et je peine à retrouver du sang un peu plus à gauche. Les gouttes sont difficiles a voir sur les feuilles brunes et le sol sombre de plus l'eau tombée cette nuit et restée sur les feuilles mortes dilue le sang le rendant parfois encore plus discret. Les grosse empreintes suivent souvent la piste de sang et je dois me rendre à l'évidence qu'il s'agit du pied de mon daim, il est aussi gros qu'un pied de daguet de cerf. J'avance peu à peu en plantant des bouts de bois à chaque goutte pour avoir la direction de fuite. Le piste remonte vers un talus abrupt puis bifurque brusquement à gauche et passe au-dessus de la crevasse qui descend vers le pré, les grosses gouttes sont alors très marquées et resserrées sur 25 mètres environ puis le sang s'amenuise à nouveau. La piste suit le bas du talus à ma droite, tout à coup un bruit intense me fait tourner la tête vers le bas, les branches basse s'agitent encore comme si animal venait de les percuter en démarrant. J'encoche une flèche et descends doucement vers le sommet du talus qui domine le pré mais à mon arrivée je ne vois pas d'animal, je cherche d'éventuelles traces de sang sans succès puis retourne à ma piste de sang. Cette dernière oblique à 30 mètres de la lisière et descend, le pied du daim marque bien au sol et malgré les gouttes de sang espacées j'arrive à suivre sa piste qui bifurque à nouveau pour sortir sur le pré dans les fougères et les ronces. Des bruits de fracas retentissent dans mon dos à nouveau et je comprends alors qu'il s'agit de chutes de châtaignes, certainement le bruit et l'agitation perçu tout à l'heure. 3 grosses gouttes marquent l'entrée au pré puis le sang stoppe net et je regarde un peu autour de la dernière goutte avant de décider de stopper la recherche.

Une bruine épaisse se met à tomber et je crains qu'elle ne lessive le sang. J'appelle Christophe qui guide au mouflon en montagne. Il m'annonce qu'il ne sera pas là avant 12h30. Je contrôle, pour en avoir le cœur net, le talus où j'ai entendu du bruit tout à l'heure et remarque des traces fraiches d'une bande de daines qui ont dû arriver dans mon dos après mon passage de ce matin. Ne trouvant ni le pied du gros daim ni de sang, je pars ensuite attendre Christophe chez lui. Il arrive vers 13h30 et nous partons avec Olivier un autre ami archer et Lysie, la fille d'Hémo pour tenter de retrouver mon Daim. Nous nous garons sous la zone où j'ai tiré mon daim puis remontons vers la zone du tir que je retrouve facilement. Lysie tourne un peu avant de prendre la piste puis une fois le sang pris elle le suis assez bien, nous suivons à peu près les bâtons que j'ai plantés et finissons par ressortir sur le pré où Lysie trouve la trace du daim. Christophe retrouve ma flèche vers le bout du pré, une de mes lame est pliée à 90 °, le sang a marqué le tube sur environ 15 cm. Ce n'est pas bon signe. Lysie perd un peu la piste puis finit par la reprendre et remonte par une coulée au travers du talus de droite puis rejoint le bout de la grande faille où le pied du daim est bien marqué. La piste biaise ensuite vers la route en contrebas. Plus loin la piste est marquée de grosses giclées de sang très visibles et très rapprochées. Je reprends espoir mais un peu plus loin le daim a fait une boucle et nous peinons à reprendre sa trace. Une forte odeur de sanglier flotte dans l'air, ils ont dû effrayer le daim. Lysie finit par retrouver sa trace qui remonte pour s'éloigner de la route. Peu à peu le sans s'amenuise et finit par marquer juste par petits frottés puis ne subsiste que le pied de l'animal. Nous avons fait plus de 600 mètres de recherche, Christophe décide d'arrêter, l'animal ne s'est jamais couché, la blessure n'est pas mortelle. Mon daim est perdu, je suis abattu et décide de rendre le bracelet à Christophe tellement cet échec m'a remué. J'espère que cet animal magnifique s'en sortira...

 

Alex

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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 15:36

Ce matin, nous avons décidé de faire une sortie dans un parc dont le propriétaire veut se débarrasser de ses daims. Il a souhaité faire appel à des chasseurs à l’arc pour éliminer son troupeau. Nous devions être 7 mais un archer malade n’a pas pu venir, notre équipe se compose de Christian, Manu, Lucien, Sébastien, Nicolas et moi-même tous équipés d’un brassard fluo pour trancher avec notre camouflage et nous permettre de nous repérer de loin.

Cette sortie, loin de valoir une sortie hors des grillages, en milieu ouvert pour se mesurer à la vie sauvage est tout de même un bon apprentissage pour les nouveaux chasseurs à l’arc. Il pourrait sembler facile de tirer des animaux dans une surface restreinte par un enclos, mais un animal habitué à un territoire de dimension modeste en connaît chaque recoin par cœur. De plus, les daims évoluent en harde, ici 8 individus : 2 jeunes (un mâle et une femelle), un daguet, 2 femelles et 3 mâles dont un décoiffé, ce qui multiplie les chances d’être repéré.

La seule façon efficace de « chasser » ses animaux en parc est la poussée silencieuse. Le parc en pente est en majorité recouvert de prairies où aujourd’hui un troupeau de mouton est entrain de paître, deux bosquets couvrent les extrémités hautes de l’éclos et en partie basse quelques arbres épars  et une mare. Le parc est en outre compartimenté en 4 par 3 clôtures non étanches (les animaux passent souvent par-dessus ou par-dessous) ouvertes chacune d’un passage le long de la clôture du haut.

Etant très difficile de se camoufler dans la zone enherbée nous choisissons de chasser dans une petite partie du parc en majorité couverte par l’un des bosquets et qu’il est possible de cloisonner mais avant tout il faut y faire entrer les daims qui sont cantonnés ce matin dans l’autre bosquet.  

Je pars à la rencontre de la harde pour la rabattre vers l’autre partie boisée alors que les archers se dispersent dans le parc et que la pluie commence à bien tomber. Christian avec qui j’ai déjà fait un repérage du secteur est posté sur un passage très fréquenté que nous avions repéré la semaine passée dans le « petit parc » les autres archers persuadés de bien faire ont fait une ligne pour tenter de canaliser les animaux vers l’entrée du petit parc.

Alors que je me dirige vers le bosquet où se trouvent les daims, une femelle dérangée par Nicolas arrive ventre à terre dans mon dos, par le passage que je viens de franchir, pour aller rejoindre ses camarades. En arrivant près du couvert boisé, je me retrouve encerclé par les moutons qui se mettent à me suivre alors que j’aperçois la harde, tous les yeux et oreilles braqués sur moi. J’avance encore un peu dans le sous bois, suivi par les moutons alors que les daims détalent en suivant la clôture du bas.

Je ressors dans la prairie pour me mettre bien en vue et inciter les animaux à sortir par le passage du haut mais, arrivés dans l’angle de la première clôture transversale, ils s’arrêtent. Quelque chose les inquiète, les mâles poussent les femelles et les jeunes de leurs bois, puis tous se lancent, longent la clôture et retournent d’où ils venaient en longeant la clôture du haut.

Je décide d’aller voir ce qui les a dérangés. C’est en fait Nicolas, posté à l’angle de la clôture transversale dans l’autre partie du parc qui les a retournés. Je décide de changer de stratégie, je rappelle tout le monde et envoie tous les archers se poster dans le bosquet que nous voulons chasser. Seul Manu vient avec moi pour me donner un coup de main.

Nous nous retrouvons à nouveau encerclés par les moutons alors que les daims détalent vers le fond de bosquet. Une femelle passe le long de la clôture du haut, je tente une approche, mais elle passe à plus de 40 mètres et sort en longeant la clôture en direction du passage. J’envoie Manu se poster sous un pommier isolé du bosquet, le long de la clôture basse et où passe la harde en sortant du bois.

Je m’avance dans le sous bois pour pousser les animaux qui avancent doucement vers Manu avant de se douter du danger et de partir à toute allure, en faisant de grand bons. La harde a passé la première clôture. Je laisse Manu au passage pour éviter de les voir retourner en arrière et descends dans la seconde partie du parc pour finir de pousser les animaux vers l’enceinte de chasse.

Habituellement, les animaux passent sur et sous la clôture au coin de la seconde cloison transversale. J’avance doucement pour ne pas les brusquer. Alors qu’ils arrivent à leur passage habituel, Le daguet, les 2 femelles et un jeune passent sous le grillage. Tout à coup, un mâle charge et s’acharne sur le jeune devant lui, le plaquant contre le grillage au dessus sol et le malmenant pendant plusieurs secondes avant que je n’arrive à l’interrompre en courant vers lui et en criant.

Les trois mâles décident alors de remonter le long de grillage pour revenir en arrière alors que le jeune réussit à passer par-dessous pour rejoindre ses camarades déjà passés. Les 3 mâles arrivent en haut de parc mais voyant Manu, ils hésitent un moment puis sautent par-dessus la clôture. Nous laissons tomber pour le moment et allons tenter de rabattre le reste de la harde.

Manu se place au passage du haut et je descends vers le passage sous le grillage. La harde remonte arrive à l’entrée du petit parc et entre, je remonte en courant et nous entrons dans l’enceinte, refermant le portail derrière nous. 5 animaux sont entrés, je décide d’aller poster Manu et de pousser les animaux.

Sébastien est posté au bout d’une petite bande boisée, de 40 mètres de large sur 80 de long qui prolonge le bosquet en bordure de la clôture du bas. Lucien est posté en bordure du bois au milieu de la largeur du parc, en arrivant près de lui, il m’annonce avoir vu passer un animal blessé pensant qu’il s’agissait d’une flèche mais je lui explique qu’il s’agit d’un accrochage avec un mâle et lui dit si possible de flécher cet animal en priorité.

Un peu plus loin dans le bois, je trouve Christian qui a vu l’animal blessé se coucher seul avant de repartir retrouver les autres. Je lui explique ce qu’il s’est passé et lui donne les mêmes consignes qu’à Lucien. Nicolas est posté plus haut le long de la clôture. Nous avançons dans le Bois alors que les animaux se dérobent.

Manu décide de se poster au coin du bois en partie haute et d’aviser en fonction du passage des daims. Je le laisse et repars pour retourner les daims vers les chasseurs. J’arrive au niveau de Sébastien qui m’annonce avoir vu 5 animaux sauter la clôture. Tout est à refaire, mais, tout à coup, j’aperçois les 2 jeunes arrivant le long du grillage. Ils font un tour et rerentre au bois sans occasion de tir.

En traquant, je m’aperçois en fait que seules les deux femelles ont sauté. Il reste le daguet et les deux jeunes. Ils tournent dans le parc séparément, le daguet seul et les jeunes ensembles. Je fais des boucles dans le parc, marchant lentement en faisant de nombreux arrêts pour observer en rentrant au milieu du bois et en ressortant en longeant la clôture du haut.

Le daguet est sorti du bois, il longe la clôture et se dirige doucement vers Sébastien qui arme son arc mais il fait volte face et au bout de quelques essais saute la clôture. Il ne reste que les deux jeunes qui tournent dans le parc, déjouent les tentatives des postés et me font tourner en bourrique. Je suis au milieu du pré au dessus de Sébastien qui bien emmitouflé et, sa capuche sur la tête, n’a pas vu les deux daims qui sont à 40 mètres derrière lui.

Je lui cri « Sébastien derrière, derrière » mais le bruit de la pluie couvre ma voix. Quand il finit par m’entendre, il est trop tard, les jeunes ont fait demi tour. Ils remontent vers le portail puis m’apercevant redescendent à vive allure pour passer devant Sébastien et entrer à nouveau au bois. Au bout d’un moment je les vois au fond du parc, ils se dirigent vers l’angle bas, je me poste pour les regarder faire quand, tout à coup, l’un deux s’enfuit à toutes pattes le long du grillage vers le poste de Sébastien.

Il en reste un j’attends un peu mais il ne suit pas, je m’avance alors doucement, voûté, à couvert d’un gros monticule de terre quand j’aperçois Manu qui me fait des signes. J’avance encore un peu et comprends, le deuxième jeune et au sol contre le grillage. Il est couché sur le flanc, je n’aperçois pas de sang. Je pense tout d’abord à une collision avec la clôture mais en m’approchant doucement je finis par comprendre : c’est Manu qui vient de le flécher.

Je m’approche, le félicite et m’approche du jeune daim qui n’est pas encore mort. Manu abrège ses souffrances d’un coup de dague au cœur, la flèche un peu haute avait touché la colonne, le séchant sur place. Il s’agit de la petite femelle, le petit mâle blessé court encore.

Il nous faut maintenant absolument le flécher avant de continuer. Manu qui vient de flécher décide de me remplacer à la traque. Je me poste donc en partie basse du bosquet à 20 mètres environ de la clôture. J’observe le manège, je vois plusieurs fois passer le jeune animal, il slalome entre les postés sans que nous puissions lui décocher une flèche.

Dès qu’il est tranquille un petit instant, il en profite pour se coucher et se relève à l’approche du rabatteur. Tout à coup, je l’aperçois, il vient droit sur moi, s’arrête à 50 mètres puis remonte vers le centre du bois. Il est à l’écoute et entendant Manu, il se débine. Il fait un tour de parc et revient sur moi, il avance doucement, méfiant, il observe, écoute, progresse pas à pas, il ne me voit pas et regarde en arrière, j’arme mon arc.

Il approche toujours, mon viseur posé derrière l’épaule, je le suis il s’arrête à 18 mètres, pratiquement plein travers, je suis prêt mais une petite branche est pile sur la trajectoire de ma flèche, il faut qu’il bouge un peu. Mais il finit par me voir et détale. Un moment plus tard, il revient par le haut cette fois et freine les 4 pattes en avant en me devinant, m’observe un moment et repart.

Je suis repéré, mon poste n’est plus valable, je me décale un peu mais il ne passe pas là non plus. Je décide de repartir traquer avec Manu qui passe un peu plus haut. Nous faisons le tour du parc sans le trouver, il a disparu ! Nous arrivons au niveau de Nicolas qui nous explique l’avoir vu longer le clôture du haut en direction de la prairie. Nous longeons donc le grillage vers un angle où le grillage est couvert par un petit roncier.

Une grosse coulée fraîche entre dans le roncier, les ronces sont retournées, des poils sont accrochés aux épines. Je m’avance doucement et le cherche du regard quand il surgit à 2 mètres dans mon dos en s’extirpant avec peine de l’épais roncier. Surpris, je n’ai rien pu faire alors que Manu a le temps de lui décocher une flèche qui passe au ras devant le poitrail.

Nous retournons au bois, je l’aperçois couché à 50 mètres. Je m’approche doucement mais il se relève et repart de plus belle, je reviens à mon poste de tout à l’heure un moment mais rien ne bouge. Il tourne un moment dans le bois, se couchant régulièrement, puis disparaît à nouveau. Je me déposte en apercevant Nicolas qui avance à pas de loup sur le haut du parc.

En sortant dans le pré, j’aperçois Christian qui s’avance doucement vers le roncier de tout à l’heure. Je lui emboîte le pas pour tenter un tir au cas où il manquerait sa cible. Je le vois aller vers l’angle au niveau de la coulée, persuadé que le daim est au même endroit que tout à l’heure. Je siffle pour attirer l’attention de Christian et lui fait signe « à ta gauche ». Ayant vu bouger les ronces, il pense le trouver plus à droite et regarde au travers des ronces sans le voir.

Je m’approche doucement et me baisse pour regarder sous les ronces. Tout à coup, le daim surgit de son gîte et part vers le poste de Sébastien alors que Christian engourdi par le froid et la pluie manque son tir difficile en pleine course. Le daim est à nouveau au bois. Je rentre en sous bois et avance doucement, je finis par l’apercevoir. Il est debout entre deux arbres dont l’un deux me masque à son regard, J’avance un peu, je suis à 30 mètres environ, c’est un peu loin, la fenêtre de tir entre les arbres est bonne.

Je vois bien son poitrail, j’arme vise le haut de l’épaule avec mon viseur réglé pour 15 mètres, mon repère suivant est derrière l’épaule au milieu du poitrail, Je décoche alors que Lucien, derrière moi, armé, s’apprêtait à décocher lui aussi.

Un bruit sourd, un petit couinement et mon daim démarre, il va parcourir une trentaine de mètres au galop avant de stopper sa course contre un arbre dans un grand fracas. Ma flèche est rentrée derrière l’épaule au milieu du coffre et est ressortie derrière les côtes côté opposé (les poumons, le foie et un rein sont touchés). Il est mort.    

Le petit parc étant vide nous décidons de tenter de chasser le reste du parc. Sébastien va se poster au passage sous le grillage en bas du parc, Christian un peu plus haut contre un petit bouquet d’arbres non loin de la clôture qui remonte pour partager le parc. Lucien et Nicolas restent au passage de la clôture qui délimite le parc des moutons le temps que je délocalise les daims avec Manu pour ne pas qu’ils voient Lucien et Nicolas se poster.

Je poste Manu au coin bas du bosquet alors que les daims sont déjà à l’angle bas de la clôture de séparation. Lucien arrive pour se poster dans le bosquet à la place de Manu. Nicolas est toujours accroupi contre le grillage 15 à 20 mètres sous le passage.

La harde longe le grillage, et repart vers le bosquet sur les traces de Lucien. Ils ressortent un moment plus tard par le bas, il me semble que le mâle saigne au niveau de la tête. La harde se lance en longeant les clôtures et passe le passage ouvert en faisant des bons de plus de 10 mètres de long.

Je pars derrière en marchant pour les pousser vers Christian et Sébastien et demande à Nicolas d’aller se poster dans le bosquet. J’aperçois le grand mâle sauter par-dessus la clôture du petit parc ! Il n’a pas voulu entrer par le portail tout à l’heure. Tout le monde à son poste, j’avance doucement quand j’aperçois tous les daims de l’autre côté du grillage. Mon sang ne fait qu’un tour, ils se sont échappés du parc.

En fait, ils sont juste passés dans une double clôture qui sert aux captures. Ils foncent vers moi, j’arme mais ils passent trop vite en faisant des bons impressionnant et presque aussi haut que les clôtures. Le mâle a bien une blessure à la tête. Ils ressortent dans l’enceinte du bosquet où ils entrent se réfugier.

Au bout d’un petit moment, ils ressortent en longeant la clôture du bas mais le mâle coiffé restant n’est plus avec la harde. J’ai un pressentiment, les postés descendent vers la clôture. Il a été fléché, La blessure à la tête a été faite par Lucien dont la flèche a été arrêtée par le pivot juste sous le bois. Il a tenté de devancer un peu pour le tirer en mouvement mais ce dernier s’est écrasé à la décoche ce qui a entraîné cette atteinte.

Au second passage, Manu l’a tiré alors qu’il malmenait une femelle contre la clôture, sa flèche a touché le daim au niveau de l’artère rénale en avant des cuissots c’est cette flèche qui lui sera fatale. Nicolas, le voyant passé blessé et ne le pensant pas touché mortellement, a lui aussi tenté sa chance mais l’a touché très en arrière dans les cuissots. Manu sert le daim et nous partons rabattre le reste de la harde vers Christian et Sébastien.

La harde tourne et retourne le long des grillages sans occasions de tir, Lucien est resté au passage, Manu est face à lui au niveau du second passage, ils ont décidé de ne plus tirer. Nicolas et plus bas que Lucien contre la clôture. Le daguet rejoint le grand mâle dans le petit parc. Les deux femelles finissent par passer à Sébastien mais trop vite et le mâle décoiffé remonte sur Nicolas qui n’a pas le temps de le flécher.

Il redescend sur Christian en pleine course et finit par sauter le grillage. Je fais mon possible pour les envoyer vers les postés mais sans succès. Les animaux montrent de sérieux signes de fatigue. Ils remontent vers moi, je suis au niveau de la mare, le mâle décoiffé est exténué, je décide d’en finir. Il est à 35 mètres, ¾ arrière, j’aligne ma visée et décoche. A ma grande surprise, ma flèche n’a pas traversé. Les 3 animaux démarrent, les 2 femelles passent le grillage d’un bon et retournent vers le bosquet.

Mon daim part en boitant, il saigne abondamment et se dirige vers Nicolas mais passe trop loin, puis passe à Christian qui le manque et enfin à Sébastien qui le touche très en arrière d’un cuissot sans rien lui faire. J’arrive en courant alors qu’il vient de se coucher, m’approche doucement et lui décoche une flèche derrière l’épaule.

Il s’effondre c’est terminé pour lui. Ma première flèche s’est arrêté dans l’épaule opposée au côté du tir et lui a brisé l’os de la patte. Cette première flèche était mortelle, la deuxième n’a fait qu’accélérer les choses. Nous arrêtons là les daims n’en peuvent plus et nous non plus, nous sommes trempés jusqu’aux os, il n’a pas arrêté de pleuvoir de la matinée.  

Sortie en parc avec l'ASCA32, 26 avril 2009

Cette matinée s’achève sur un résultat inespéré, il reste encore 4 daims dans le parc pour les prochaines sorties. Quelques photos souvenir et il ne reste plus qu’à peler avant d'aller prendre un bonne douche bien chaude.

Sortie en parc avec l'ASCA32, 26 avril 2009

Atteintes :

 

Sortie en parc avec l'ASCA32, 26 avril 2009
Sortie en parc avec l'ASCA32, 26 avril 2009

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23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 10:25

J'ai réalisé ce tir lors de ma première sortie dans un parc, accompagné du propriétaire, il m'a laissé seul pendant 1 heure. Je commence par longer une clôture en sommet d'un talus couvert de genets.    

J'aperçois mon premier daim, 1 mâle à robe claire plus gros que mon prélèvement qui, à plus de 300 mètres, s'enfuit de suite, mon approche silencieuse me permet de me retrouver à 50 mètres d'un mâle noir couché. Je tente de me rapprocher mais ma route croise une seconde clôture que je n'avais pas remarqué et qui m'obligeant à passer par dessous, donnant l'occasion à mon daim de s'enfuir.    

Je reprends ma progression sur 200 mètres et j'aperçois une femelle couchée en avant d'une harde de 8 femelles adultes, 2 jeunes femelles et 3 daguets. Bien que je ne sente pas l'approche facile, je tente ma chance en descendant plus bas pour me cacher en dessous de la cassure du terrain. Mon approche me mène à moins de 50 mètres de la harde mais, en levant les yeux, je me retrouve nez à nez avec une des femelles venue en éclaireur et qui en s'enfuyant entraîne la harde qui s'arrête à 60 mètres environ et me regarde. Une harde toutes oreilles et yeux braqués vers moi, c'est foutu.    

Le propriétaire me rejoint et me conseille de me poster le long d'un grillage et décide de m'envoyer des animaux. Posté derrière une touffe de genets, à bon vent par rapport à une magnifique coulée, j'aperçois au travers des branches une trentaine d'animaux se dirigeant vers moi. Très méfiants, ils finissent par venir à une trentaine de mètres. Je les entends souffler, je me prépare. Je me décide à tirer un daguet car les mâles sont derrière. J'arme mais au dernier moment tout le monde fait demi-tour et s'enfuit dans mon dos à toute allure.    

C'est alors que j'aperçois un groupe de 4 gros mâles qui rentrent dans un petit bosquet sans en ressortir. Je laisse tout ce petit monde se calmer et disparaître et je rejoins mon rabatteur. Nous décidons d'attaquer sur ces 4 mâles. Un grillage en arrondi laisse un passage de 2 mètres très fréquenté au sommet du fourré. A genoux derrière un arbuste depuis quelques secondes, j'aperçois deux mâles qui viennent vers moi. Ils sont à 5 mètres mais derrière le grillage et au dernier moment font demi-tour pour foncer droit vers le rabatteur. Je ne comprends pas mon erreur. J'étais à bon vent et je n'ai pas fait le moindre mouvement.  

Le rabatteur m'appelle d'un long sifflement. Il me montre un gros massif de genets au-dessus de nous et m'explique qu'un mâle noir s'y cache. Je commence à gravir la pente pour rentrer dans le massif à bon vent mais, d'un sifflement, il attire mon attention et me fait signe "plus loin". Je longe donc les genets et me faufile par une belle coulée sur 20 mètres pour l'apercevoir, il est couché là à 15 mètres, plein travers, j'arme et lâche la flèche qui tape un peu en arrière des poumons et traverse le foie.

Mon daim se lève en sursaut et démarre en trombe. Une daine sort en premier des genets et je crains d'avoir fait une erreur de tir car je ne voyais pas vraiment la tête de l'animal au moment de décocher. Mon daim finit par sortir des genêts, descend le talus à toute allure et s'effondre en remontant le penchant opposé.

Je récupère ma flèche et pars chercher mon daim avec le propriétaire du parc qui me rejoint.

Première expérience en parc, mars 2007

Alex

 

Atteinte :

Première expérience en parc, mars 2007

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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