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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 19:53

Aujourd'hui, j'organise la battue annuelle de Justian. 6 archers ont répondu favorablement à mon invitation, Renaud et Thierry sont arrivés hier soir et ont dormi à la maison. Nous retrouvons Jacques à Auterrive vers 7 heures puis partons pour le rendez-vous à Lagardère où nous retrouvons Gilles, Lionel et Christophe vers 8 heures. Mon ami Adrien a invité Christine qui est, comme lui, conductrice de chien de sang et habite près de Vic Fezensac. Après l'inscription au cahier de battue, un bon petit déjeuner et les consignes du jour, nous partons nous poster. Le Gers est en alerte orange inondations, le responsable de la battue est allé vérifier le niveau de l'Osse ce matin et il semble qu'elle soit à ras bord mais qu'elle n'ait pas débordé. C'est la première année que j'ai si peu d'archers pour ma battue. Nous nous regroupons dans 3 voitures, normalement nous nous garons tous sur le chemin qui traverse l'Osse mais sachant que Thierry et Renaud ne pourrons pas traverser la vieille Osse qui est en crue pour aller se poster, je les envoie avec d'autres chasseurs au fusil par la route de Courensan en leur expliquant le chemin pour aller se poster et je pars avec le reste des archers pour le chemin de terre qui traverse l'Osse. Nous nous garons avant le pont. Tous les archers présents viennent chaque année et connaissent les postes, je les laisse donc se répartir le long de la vieille Osse alors que je pars me poster dans le bois par la passerelle de la palombière. La ligne des archers formera un U autour de la zone la plus fourrée du bois de Bourras.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Les traqueurs vont attaquer par le bois de Bourras autour duquel les fusils vont se poster puis monterons plus haut sur un second bois en suite, la ligne des archers restera en place alors que les fusils encercleront le bois du haut sur 3 côtés, laissant le bas ouvert sur notre ligne. Je passe la passerelle en pylônes EDF puis longe le vieux tunnel de la palombière pour rentrer un peu dans le bois, dans une zone de petits frênes plus ou moins dense. Le bois est assez étroit à cet endroit, environ 30 mètres de clair pris entre la vieille Osse et un gros roncier. Je m'avance pour me poster près du roncier quand des craquements se font entendre. Un sanglier se débine sur quelques mètres dans les ronces en direction du champ de sorgho à environ 20 mètres plus à ma droite. Il stoppe vite alors que les chasseurs au fusil se postent le long du roncier. Les culasses claquent, les voix des chiens et des piqueurs qui arrivent dans mon dos se font entendre. La corne de Serge sonne le début de traque. Les teckels arrivent dans mon dos suivis de Serge et rentrent dans le roncier où ils se mettent presque immédiatement au ferme. Serge les encourage au bord du roncier à 15 mètres sur ma droite. Les chiens finissent par déloger le sanglier qui démarre en faisant craquer le roncier. J'arme mon arc et dirige la flèche vers le sol en espérant voir sortir le sanglier mais rapidement 2 coups de feu claquent. Le sanglier est sorti sur le sorgho en entraînant les chiens à ses trousses.

Les piqueurs tentent de rappeler la meute mais les teckels filent vers l'autre bois où un ferme roulant s'installe. Le sanglier légèrement blessé s'éloigne doucement en faisant régulièrement face aux chiens. Les piqueurs tentent de les rejoindre mais les voix s'éloignent peu à peu et le calme s'installe. Au bout d'un moment, un léger bruit attire mon regard vers le roncier. Un superbe renard surgit des ronces à environ 10 mètres et s'élance vers la vieille Osse au trot. Surpris, je mets un court instant à réagir pour armer mon arc. Le renard fait environ 15 mètres à découvert puis fait brusquement demi-tour pour revenir vers le roncier alors que j'arme mon arc. Je tente de le ralentir en sifflant mais il fonce dans le roncier où je le perds de vue. Je désarme. Rapidement, le renard ressort des ronces de cul, à environ 40 mètres de moi et fonce vers les postes de Renaud et Thierry qui, je l'espère, auront plus de chance que moi. Je contrôle le vent et comprends que le renard m'a senti, je me décale donc plus à gauche pour me poster dans un bouquet de petits frênes à mi-distance du roncier

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

et de la vieille Osse.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Le temps passe, les piqueurs finissent par revenir avec quelques chiens et réattaquent le roncier mais il n'y a pas d'autre sanglier. Ils partent donc à travers bois pour poursuivre la traque. Plus loin les chiens donnent à nouveaux et rapidement, la voix d'un teckel se rapproche. J'aperçois alors un chevrillard mâle qui se débine en suivant la rivière à environ 70 mètres.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Il biaise en suite pour venir sur ma droite en direction du roncier. J'arme mon arc et le laisse venir. Il stoppe à environ 15 mètres, partiellement masqué par des branches. J'aligne ma visée mais ne décoche pas, préférant attendre une meilleure occasion. Il écoute le chien qui est très en retard puis repart au pas. Je le suis dans mon viseur, il passe plein travers, bien dégagé à 8 mètres sur la droite. Je cale ma visée et décoche. Ma flèche a traversé très en arrière, dans les tripes. Le chevreuil accélère sur 10 mètres, bifurque à droite en direction de l'Osse puis se ravise un peu plus loin et prends à gauche en direction de la lisière où je le perds de vue.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Ma flèche est mortelle mais très mauvaise. Le teckel arrivé sur les traces de mon chevreuil et je m'interpose plusieurs fois pour lui couper la route avant de le renvoyer vers les piqueurs en espérant que mon chevreuil se couche vite s'il n'est pas poursuivi. Pendant ce temps, un autre chevreuil a sauté la vieille Osse au poste de Gilles qui n'a pas pu le flécher et Thierry a pu flécher un jeune sanglier de face, le séchant sur place d'une flèche de colonne. Renaud manque un autre sanglier de la même taille qui lui passe à quelques mètres, à cause d'un arbuste qui stoppe sa flèche. Ce sanglier sera en suite tué à balle sur la route de Courensan. 5 autres sangliers et un renard sortiront à la route de Courensan où le poste avait été abandonné par le chasseur au fusil. Un gros sanglier revenant dans le dos de Renaud est passé trop vite pour être fléché et a sauté la vieille Osse, hors de vue des archers, pour ensuite longer l'Osse et être manqué par un chasseur au fusil près du ponton qui enjambe le cours d'eau.

Le calme revient et la fin de traque est sonnée pour que les fusils se reposent plus haut. Les archers ne bougent pas. Renaud en profite pour m'envoyer les photos du sanglier du Thierry et m'expliquer comment s'est passé leur chasse. Je suis super content car c'est le premier sanglier de Thierry et le premier gibier qu'il flèche dans le Gers à part un gros ragondin fléché l'an dernier. J'ai pu flécher 4 chevreuils et 2 renards chez lui mais je n'avais jamais pu lui faire tirer un animal chez moi. C'est peut être mon T-shirt fluo que je lui ai prêté pour la battue qui lui a porté chance.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019
Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Je pars contrôler mon tir. Ma flèche est plantée au pied d'un frêne. Je cherche du sang sur la trajectoire de fuite de mon chevreuil sans succès. Je coupe plusieurs fois la trajectoire de fuite et finit par trouver une goutte de sang sur une feuille à 50 mètres environ du tir.  Je marque l'endroit de 2 branches plantées dans le sol. Les tripes ont dû boucher les trous de ma flèche et empêcher l'hémorragie externe. Je reviens vers ma flèche que j'ai laissée sur place. Elle est couverte de contenu intestinal.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Je remarque alors des touffes de poils tombées à l'endroit du tir mais pas la moindre goutte de sang.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

J'appelle Adrien pour l'informer que j'aurai besoin de lui en fin de chasse pour une recherche. La deuxième traque laisse échapper quelques chevreuils et une chevrette sera tuée au plomb par un posté. Les archers n'auront pas d’autres occasions de tir. Nous aurions dû attaquer la chasse directement par le haut. 

Nous partons pour les silos de Roques où nous décidons de chasser un autre petit bois avant de manger.  Un piqueur m'informe qu'il a trouvé du sang dans la seconde traque au coin gauche du bois côté Bourras mais je ne sais pas s'il s'agit de mon chevreuil ou du premier sanglier. Je me poste au milieu du bois, Renaud et Thierry sont en lisière du bois sur ma droite les autres archers en lisière sur ma gauche. Les chiens lancent dès le début de traque, un beau brocard passe à Lionel en pleine course à 5 mètres et il le laisse passer sans tirer pour éviter de faire une mauvaise flèche. Un renard passe au-dessus de moi en lisière du bois à environ 80 mètres, un autre passe à Thierry dans le sale et sera manqué par un posté au fusil à la sortie du bois. Une chevrette blessée au plomb sera perdu en entrant dans le bois de Bourras malgré pas mal de sang trouvé.

La traque terminée, les chasseurs partent manger alors que je rejoins Christine et Adrien pour faire ma recherche. Adrien décide de laisser faire Christine. Nous partons l'attendre au ponton car il lui faut aller chercher son chien chez elle. Le temps me semble interminable et elle n'arrive que vers 15h30. Je conduis Adrien, Christine et son teckel Léo vers l'endroit du tir en les avertissant que nous allons forcément couper la trajectoire de fuite avant d'arriver sur la zone du tir. J'ai pris mon arc et Adrien son fusil. L'eau a beaucoup monté depuis ce matin et coule sur le champ entre la vieille Osse et l'Osse. Nous passons la palombière et je décide de sortir en bordure du sorgho pour rerentrer dans le bois au bord du roncier en espérant ne pas trop piétiner la piste. En lisière, Léo veut partir vers le sorgho mais sa maîtresse le retient. Nous rentrons au bois et j'indique l'endroit du tir et le premier sang qui a été recouvert de quelques centimètres d'eau depuis ce matin puis laisse commencer la recherche mais Léo tourne et retourne dans le bois sans prendre la piste. Je récupère ma flèche et la remets au carquois. Cela fait plus de 5 heures que j'ai fléché mon chevrillard.

Le temps passe et toujours rien, Adrien décide d'aller chercher Igor son rouge. Pendant ce temps, je décide de longer le sorgho pour tenter de trouver des indices. Je tombe sur un pied relativement frais de chevreuil dans la boue. Les traces viennent d'une grosse coulée qui sort du bois qui pourrait correspondre avec la trajectoire de fuite de mon animal. J'inspecte le sorgho quant une tâche rouge et ronde attire mon regard sur une feuille de sorgho en bordure de la culture. Les feuilles de sorgho sont partiellement teintées de rouge mais cette tâche circulaire, d'environ 1 centimètre de diamètre, m'intrigue. Je la frotté entre mes doigts et confirme que c'est du sang. J'appelle Adrien qui est en train d'arriver. Il met Igor sur le sang et il démarre immédiatement. Léo part aussi mais plus à gauche et au pas de course alors qu'Igor avance doucement en contrôlant chaque coulée. Au milieu du sorgho, Igor commence à venter et Adrien me dit que le chevreuil ne doit pas être loin. Léo rentre par le coin du bois ou le piqueur avait trouvé du sang. J'encoche une flèche et me tiens prêt mais Igor fait ses arrières et refait une boucle dans la culture. Je ne bouge plus pour je pas le perturber quand des cris plaintifs de chevreuil retentissent. Igor a manqué le chevreuil au démarrage, celui-ci part à la course, en criant, sur 40 mètres environ en direction du bois de Bourras alors qu'Adrien retient Igor par sa longe. Le chevillard se tait et se tétanise sur ses pattes tremblantes puis se laisse tomber au sol. Je m'approche à quelques mètres et lui décoche une flèche au jugé au travers de la végétation. Touché en arrière du coffre il n'essaie pas de se redresser et je me jette sur lui pour le plaquer au sol. Il s'immobilise presque aussitôt, il était à bout. Nous rappelons Christine et Léo qui sont partis sur les traces du sanglier blessé. 

Il est temps d'aller manger. J'appelle pour qu'on m'apporte un bracelet avant de partir rejoindre les autres chasseurs qui ont fini de manger. J'en profite pour faire quelques photos souvenir.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Ma première flèche était, comme je l'avais vu, très en arrière et les tripes n'ont pas permis l'écoulement du sang. Thierry et Renaud qui ont de la route pour rentrer dans le Lot et la Corrèze sont déjà partis quand j'arrive à la salle. Après avoir mangé un bout, je pars peler alors que le reste des archers rentre chez eux. Je commence un sangliers mais 2 chasseurs prennent le relais, je pars donc m'occuper des 2 chevreuils. D'autres chasseurs s'attaquent à l'autre sanglier. Une fois les 4 animaux pelés et nettoyés, nous discutons un peu de la chasse avant que je prenne la route pour rentrer chez moi. La journée s'achève sur une égalité, un sanglier et un chevreuil à l'arc et la même chose au fusil. Le chevreuil et le sanglier blessé seront recherchés le lendemain par Christine et Léo mais sans succès.

 

Alex

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29 octobre 2018 1 29 /10 /octobre /2018 12:37

Hier matin, je suis allé chasser sur Sarrancolin, parti du bas du chemin de la Soule sous une averse de neige, je suis remonté le long de la crête rocheuse

La premier neige de l'année, 29 octobre 2018

jusqu'au dessus de la grange de Tahouens pour ensuite prendre à gauche pour redescendre doucement vers le chemin de randonnée qui rejoint le col de Beyrède

La premier neige de l'année, 29 octobre 2018
La premier neige de l'année, 29 octobre 2018
La premier neige de l'année, 29 octobre 2018
La premier neige de l'année, 29 octobre 2018
La premier neige de l'année, 29 octobre 2018

et rejoindre par ce dernier une autre crête rocheuse redescendant vers un massif de buis et où j'ai fléché mon premier daguet l'an dernier. Malgré une progression lente et de nombreuses pauses observatoires je n'ai rien vu en plus de 2 heures de marche. Je suis trempé. Alors que je descends doucement en suivant la crête, une masse rousse m'interpelle, environ 80 mètres en contrebas. Je marque un temps d'arrêt et l'observe attentivement. Je distingue alors la tâche claire caractéristique de l'arrière train des grands cervidés, l’arrondi du cuissot, le cou relevé et une oreille, le reste de la tête étant caché par le tronc d'un gros arbre. Vu son gabarit il s'agit très certainement d'un cerf, il est couché plein travers, à découvert, tête vers la droite et cachée par un arbre. Je tente d'apercevoir des bois en me penchant à gauche mais j'aperçois juste ce qui ressemble beaucoup à une branche sans pouvoir affirmer qu'il s'agit du bois. Je tente donc une approche très lente sur un sol couvert de feuilles mortes, de brindilles et de cailloux que l'humidité n'a pas encore rendus silencieux. Malgré toutes mes précautions mon approche n'est pas totalement silencieuse mais l'animal reste immobile. J'avance en essayant d'aligner l'arbre qui cache sa tête entre moi et son regard pour ne pas être vu tout en calculant chacun de mes pas. J'arrive facilement à gagner environ 30 mètres et arrive au pied d'un gros hêtre. Alors que je calcule si je dois le contourner par la gauche ou la droite pour que le cerf ne me voit pas, l'animal se lève d'un bon et fait volte face pour foncer dans la pente à ma gauche, Je vois maintenant ces bois, ils sont assez haut mais presque dépourvus d'andouillets. Alors que mes yeux suivent sa course, ils se posent sur un autre beau cerf, dans le creux à ma gauche à environ 60 mètres de moi, il semble que ce soit un 8 cors. Il est arrêté plein travers et regarde l'autre cerf lui foncer dessus jusqu'à ce que ce dernier, arrivé au contact, tente de lui donner un coup de tête, Les deux cerfs se lancent alors dans une course poursuite en prenant la descente au plus raide et disparaissent derrières les roches de la crête.

Le calme revenu et les cerfs ne semblant pas m'avoir repéré, je reprends ma progression lente pour arriver au bord d'un à pic d'environ 15 mètres, sur la droite de la crête, qui domine une zone dégagée de hêtres avant les buis. J'aperçois trop tard un animal qui démarre, environ 50 mètres en contrebas, au bord des buis en fonce dans la pente sans que je puisse dire s'il s'agit d'un cerf, un daguet ou une grosse biche. J'attends un instant et observe mais le secteur reste calme, je continue à suivre doucement la crête pour descendre encore un peu et marque un temps d'arrêt à 30 mètres environ au dessus des premiers buis. Mon regard balaye le paysage en contrebas quand un léger mouvement m'interpelle à environ 60 mètres plus bas dans une trouée entre les buis. Je regarde un instant sans vraiment comprendre ce que je vois bouger. Un buis s'agite quand un bois s'en détache. C'est un cerf qui frotte ses bois contre l'arbuste. Il redresse brusquement sa tête qui me semble très sombre, presque noire alors que ces bois très clairs en lyre, semblant porter 8 pointes, m’apparaissent nettement. Je reste immobile, il baisse la tête et se met à manger. L'approche semble très complexe mais je décide de tenter le coup. Je descends très doucement en biaisant à gauche pour être à couvert derrière les buis et rejoindre une grosse coulée qui descend vers l'animal. Malgré mon application à calculer chacun de mes pas, mon approche et loin d'être silencieuse mais les gouttes qui tombent des arbres ainsi que quelques blocs de neige de temps à autre me font espérer. En avançant je tente de l'apercevoir au travers de la végétation mais sans succès. Alors que j'arrive à 15 mètres de sa dernière position vue, je me rends compte qu'il n'est plus là. Je m'avance encore un peu vers une zone dégagée sous les hêtres mais rien non plus. Je descends en biaisant à gauche dans les buis et tombe sur le pied frais et quelques laissés du cerf et les suis doucement sur environ 40 mètres quand il redémarre devant moi dans les buis sans que je puisse le voir. 

Je décide de continuer à descendre pour rejoindre une piste ouverte par Patrick en contrebas avant de la suivre pour revenir vers chez mon ami. Un peu plus bas, je glisse et chute lourdement sur le dos, tapant mon coude sur un rocher pour protéger mon arc. La neige et l'eau rendent le sol très glissant et je m'accroche aux buis pour descendre cette pente assez raide. Arrivé à la petite piste, je la suis dans les buis. Plus loin, elle s'ouvre sur une belle clairière enherbée qui la domine et je regarde un instant au dessus de moi tenter d'apercevoir un animal. Je m'avance ensuite un peu sur la piste quand un animal démarre à environ 15 mètres au dessus de moi. C'est un beau cerf de 14 cors qui fonce droit devant lui, tête en arrière pour passer des branchages, en suivant la courbe de niveau. Je le perds vite de vue. Je ne verrai pas d'autres animaux sur la descente jusqu'à ma voiture alors que la neige tombe maintenant de façon soutenue.

Ce matin, je décide de revenir chasser le secteur où j'ai vu les cerfs. Pour gagner du temps, je remonte en voiture vers le sommet du chemin de la Soule et me gare au départ du chemin qui dessert le hameau d'habitations au dessus de chez Patrick et rejoint le bas de la crête que j'ai descendu hier matin. La neige a tenu, grâce à la nuit froide, sur la végétation mais pas sur le chemin, il fait -1°C. Je décide d'enfiler ma sur-veste camo-neige mais pas mon sur-pantalon. Je pars en longeant doucement le chemin tout en surveillant au dessus et en dessous de ce dernier où alternent les zones de bois et de prairies enneigées. Un peu plus loin, des craquements se font entendre sur ma gauche, en dessous du chemin. Un animal se débine tranquillement dans la pente boisée mais la faible luminosité du sous bois ne me permet pas de le voir. Je poursuis sur le chemin craquant à cause du gel en espérant le voir sortir sur la prairie un peu plus loin. Je me poste un instant dessus de cette dernière sans succès avant de poursuivre. Le chemin se sépare en 2, tout droit il dessert le hameau, je prends la branche que descend vers les prairies. J'avance doucement et rejoins une zone où le bois vient toucher le chemin sur ma gauche avant de faire à nouveau place à la prairie. En arrivant à la fin de cette zone boisée, je m'avance tout doucement pour tenter de surprendre un animal au gagnage dans le découvert en contrebas. J'observe caché par une petite pointe d'arbres qui longe le chemin et domine la prairie. Un mouvement attire mon regard à environ 60 mètres en contrebas, dans une bande arborée de quelques mètres qui couvre un talus raide et domine la pente herbeuse où j'ai vu le 14 cors hier. J'observe un instant l'animal et identifie une biche qui broute de 3/4 face. L'approche va être compliquée, je reviens un peu en arrière, perdant la biche de vue, puis attaque de descendre la pente très raide par une sorte de grosse coulée qui biaise dans la pente entre les arbres en essayant d'apercevoir la biche entre les branchages mais elle semble avoir disparue. Alors que j'ai un peu plus de visibilité, avant de sortir plus à découvert, j'observe un moment amis la biche n'est plus là. 

Je remonte sur le chemin et recommence à le suivre doucement en direction de la crête à environ 250 mètres. J'avance droit sur une petite grange en pierre derrière laquelle broutent souvent des animaux dans la pente. Alors que je ne suis plus qu'à 15 mètres du bâtiment je me fais surprendre par un faon ou une bichette qui démarre du coin gauche du petit bâtiment à environ 15 mètres de moi, derrière un tracteur garé de cul. L'animal peine à se retourner pour fuir dans le passage étroit, barré par le petit tracteur qui interdit l'accès de mon côté, entre le mur de la grange et une haie épaisse qui délimite un replat d'environ 2 mètres avant le départ de la pente enherbée sous la haie. Il doit pencher la tête en arrière pour ne pas percuter le tronc d'un gros arbre couvert de lierre. Je me décale à droite pour tenter de voir passer l'animal mais rien. Le grondement d'alerte d'une biche retentit dans la pente derrière la grange. J'avance doucement le long du mur et aperçois une biche et son faon juste sur ses talons qui regardent vers moi sans vraiment me voir à environ 70 mètres. Ils démarrent au petit trot en rejoignent le bord du chemin à environ 100 mètres. Ils marquent une pause alors qu'une bichette surgit dans la pente derrière la grange et remonte les rejoindre au trot. Je suis trop loin et à découvert, je ne peux rien faire sans les affoler d'avantage. Les animaux traversent le chemin et le suivent puis prennent à droite pour remonter dans une combe qui longe la droite de la crête. Je les perds vite de vue derrière le relief du terrain et en profite pour m'avancer le plus rapidement possible en essayant de ne pas faire trop de bruit sur le chemin gelé. Arrivé au bas de la combe, je constate que les animaux sont déjà au bois. Je les entends avancer dans la feuille morte gelée, la biche pousse par moment un cri d'alerte, elle va me vider le secteur de chasse.

Je décide de tenter ma dernière chance, j'avance rapidement vers le bout du chemin qui se termine au départ de la crête puis commence à remonter au plus raide en la suivant. Je m'arrête tout les 4 à 5 mètres pour observer et écouter. Ma progression sur ce sol de feuilles mortes et de gravier est très bruyante et m'arrêter souvent permet de casser le rythme de mes pas. 40 mètres plus haut environ, alors que j'écoute, un bruit de pas dans les feuilles se fait entendre sur la gauche de la crête. Je reste un moment immobile, ne sachant pas vers où se dirige le ou les animaux mais le silence s'installe. Je remonte encore un peu en baisant à gauche pour voir derrière la crête mais rien. Les chute de paquet de neige de la cime des arbres me font souvent croire à l'arrivé d'un animal. Un mouvement m'interpelle plus de 100 mètres plus haut sans que je comprenne ce que je viens de voir, vu la hauteur par rapport au sol et la taille je pense à un oiseau. Je continue mon ascension ponctuée de halte contemplative quand c'est un bel écureuil presque noir qui biaise au sol, à environ 50 mètres au dessus de moi, s'arrêtant derrière chaque tronc pour descendre dans le creux à ma droite et rejoindre une touffe de noisetiers où je le perds de vue. Certainement la silhouette furtive vue tout à l'heure. Alors que j'observe les alentours, l'écureuil commence à ronger bruyamment. Je remonte encore un peu et me cale contre un gros arbre juste à ma droite pour observer. Je balaye le secteur du regard quand un mouvement furtif arrête mes yeux sur 2 têtes de chevreuils qui s'agitent derrière des troncs tombés en travers de la pente à environ 25 mètres.

La premier neige de l'année, 29 octobre 2018

Je me fige et observe, la chevrette en tête saute par dessus le dernier tronc et s'avance un peu vers moi puis prends à droite à environ 18 mètres, plein travers, pour descendre dans le creux à ma droite tout en baisant doucement, se rapprochant ainsi peu à peu de moi en glanant sa nourriture au sol. Je désencoche ma flèche équipée d'une lame QAD Exodus et la remets au carquois puis prends une autre flèche équipée d'une lame mécanique et l'encoche. Son chevrillard se fraye un chemin entre les troncs puis se tourne de cul pour grignoter quelque chose contre l'un d'eux. La chevrette se retourne et passe à environ 15 mètres plein travers se dirigeant vers la gauche de la crête. Le chevrillard se tourne face à moi et descend droit sur moi, passe derrière sa mère, descend encore de quelques mètres puis se tourne plein travers à environ 12 mètres et se met à manger tête au sol. 

Je suis à découvert à gauche de l'arbre mais les animaux ne me voit pas, ce camo neige est impressionnant. Patrick ayant un bracelet chevreuil en plus du C1, de la biche et du jeune cervidé, je décide de tirer ce chevrillard. J'arme mon arc et aligne ma visée derrière l'épaule avant de décocher. Ma flèche le frappe plus en arrière que prévu et j'entends l'impact de ma flèche dans du bois derrière l'animal. Le chevrillard cri puis fonce pour disparaître dans la pente à droite. Sa mère part en sens inverse, fait une bouche puis revient derrière les troncs et observe le secteur en aboyant un moment sans bouger. Elle longe ensuite derrière les troncs en aboyant puis remonte un peu et s'arrête en aboyant, revient un peu sur ses pas, hésite puis finit par remonter en s'arrêtant régulièrement et en aboyant. Il me semble entendre brièvement les piaulements de son jeune. Je la laisse s'éloigner sans bouger puis quand les aboiements sont suffisamment loin, je m'avance vers les troncs à la recherche de ma flèche que je trouve rapidement grâce au cresting et aux vannes rouges. Elle ne semble pas porter de sang mais sa couleur légèrement verdie est signe d'une atteinte de panse.

La premier neige de l'année, 29 octobre 2018

Je la ramasse, replie les lame et la réencoche. Pensant le chevrillard parti droit dans la pente je tente de couper sa piste de sang sans succès. Je tourne et retourne, reviens à l'endroit du tir pour me remémorer la scène mais rien n'y fait. Je tente alors de recouper plus haut et trouve une belle piste de sang qui remonte sur une pente peu prononcée, en contournant un avancement très raide de la crête. Le sang en grosses gouttes est bien visible sur les feuilles mortes et la neige.

La premier neige de l'année, 29 octobre 2018
La premier neige de l'année, 29 octobre 2018

Je le suis sur environ 10 mètres en prenant des photos du sang quand j'aperçois une boule suspecte partiellement cachée par les troncs de quelques arbustes à environ 15 mètres. Je me fige et observe, je finis par distinguer mon chevrillard toujours vivant. Il est de 3/4 face et regarde vers moi.

La premier neige de l'année, 29 octobre 2018

J'ai posé mon arc au sol pour prendre les photos. Je reste immobile espérant le voir s'affaisser mais il garde sa tête haute et me fixe. Les minutes passent, il regarde sur la droite, j'attrape doucement mon arc, il tourne vite la tête vers moi. Je reste immobile, l'encombrement des troncs ne me permet pas de tenter une flèche et le temps joue pour moi. Le chevrillard finit par retourner la tête à droite et fait mine de se lever à plusieurs reprise puis regarde à nouveau vers moi un instant avant de recommencer à tenter de se lever. Cette fois il finit par réussir et part de cul à travers les arbustes puis décrit une boucle à droite, me présentant son flanc et la blessure d'entrée de ma flèche qui ne semble pas saigner, pour aller se recoucher 30 mètres plus loin. Je le distingue à travers les branchages et décide de tente une approche. Je me faufile tranquillement entre les arbustes mais perds le chevrillard de vue. Impossible de trouver sa couche. Une seule goutte de sang est visible 10 mètres plus loin dans la neige. Je suis sa trajectoire et arrive sur une zone dégagée à la sortie des arbustes. Le chevrillard est couché de 3/4 arrière, au pied d'une petite montée raide et me regarde sans bouger à 8 mètres. J'arme doucement mon arc sans qu'il ne bouge puis hésite, un tir de cage thoracique serait dévastateur pour la venaison, Chose que je n'ai jamais faite, je décide de viser la tête. J'aligne ma visée et décoche. Ma flèche le frappe à la tête. Il cri, se lève d'un bon et fuit en remontant la pente avec ma flèche en travers de la tête. Je suis horrifié, ma flèche n'a pas du tout eu l'effet escompté. Je me rapproche de la zone du tir et constate que le chevrillard perd maintenant pas mal de sang. Je suis la piste qui remonte sur quelques mètres puis descend droit dans la pente. La neige et les feuilles retournées permettent de voir la piste de loin et je la suis facilement sur environ 60 mètres, elle contourne maintenant un bouquet de noisetier puis rentre sous un gros buis où j'aperçois mon chevrillard qui s'est affaissé sur le ventre, tête au sol. Je m'avance sur lui, il donne alors un dernier coup de patte arrière pour tomber sur le côté, je le saisis, c'est fini à mon grand soulagement.

Je dégage ma seconde flèche qui rentre sur la droite du museau et ressort dans la gorge côté opposé. Je fais quelques photos souvenir avant de le vider.

La premier neige de l'année, 29 octobre 2018

Ma première flèche a atteint le foie et la panse. Il est temps de redescendre chez Patrick en suivant la combe qui longe la crête.

La premier neige de l'année, 29 octobre 2018

Alors que je longe le chemin pris pour venir tout à l'heure, une biche suivie d'une bichette démarrent en trombe de la bande d'arbre où se trouvait la biche ce matin. Pas de cerf ce matin mais que la montagne est belle quand elle s'habille de neige.

La premier neige de l'année, 29 octobre 2018

Alex

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12 novembre 2017 7 12 /11 /novembre /2017 21:00

Dimanche 12 novembre (Récit de Renaud)

"Mon ami Alex m'a invité à passer quelques jours de chasse chez lui avec quelques archers. Je suis arrivé le samedi en fin de journée chez Alex, nous avons discuté longuement autour d'un bon repas et j'en ai profité pour lui montrer mon nouvel arc. Pour se mettre dans le bain, il me propose de regarder un DVD de chasse à l'arc avant d'aller dormir, nous discutons du secteur ou nous allons chasser le lendemain, en battue à Justian. Il m'annonce que cette année aucune battue n'a dérangé le secteur et que nous serons donc les premiers à y chasser le grand gibier !! Je pars au lit entouré de trophées de chasse avec des images plein les yeux.

6 heures, le réveil sonne, je rejoins Alex dans la cuisine, il m'attend déjà prêt, je me hâte et prépare rapidement mes affaires pour la journée. Nous sortons et allons rejoindre quelques archers à qui Alex a donné rendez-vous devant chez lui. Nous retrouvons Stèf, Bernard et Jacques et prenons 5 minutes pour discuter avant de partir en direction du rendez-vous de chasse. En arrivant, nous retrouvons plusieurs archers, nous serons 12 chasseurs à l'arc pour cette battue.
Arrivés au local de chasse, nous sommes reçus comme des princes !! Après un petit déjeuner parfait, pris sur le pouce, pour attaquer la journée : bacon, œuf, pâté, … nous voilà parti pour la première traque. Alex nous poste, Robin et moi, à une quinzaine de mètres d'une remise à sanglier. Quelques minutes après le début de la traque, un sanglier passe à quelques mètres de Robin et rentre dans la remise. Le palpitant commence à monter et je reste concentré au maximum sur les bruits aux alentours. Ça craque dans la remise, le sanglier et encore là, les teckels arrivent et y rentre immédiatement pour l’en débusquer au bout de quelques minutes. Le sanglier sortira à une dizaine de mètres de moi sans que j’aie de fenêtre de tir. Il passera devant plusieurs archers qui n'arriveront malheureusement pas à le flécher.
La première traque se termine et nous décidons d'aller nous poster pour la seconde. Toujours en compagnie de Robin, nous partons nous poster en bordure de bois, nous sommes espacés d'une centaine de mètres. Je décide d'avancer dans le bois pour être mieux camouflé et pouvoir distinguer les animaux qui arriveraient de l’extérieur du bois. Je me place à moins de 10 mètres d'un croisement de 3 coulées qu’Alex m'avait annoncé, ça sent très bon ! A peine 10 minutes après le début de la traque, 3 chevreuils arrivent en courant sur ma droite. Ils longent le bois et rentrent par une coulée, j'arme mon Hoyt et me prépare à tirer. Les 2 chevrettes passent s'en s’arrêter à moins de 10 mètres. Le 3ième chevreuil, un chevrillard, s’arrête devant moi plein travers pour écouter les chiens. Je décoche mais ma flèche passe au-dessus, le chevrillard s'écrase au sol et fait volte-face. Je décide d'aller voir sur place s’il y a des indices. Rien, pas de sang ou de poil, je retrouve ma flèche qui ne présente aucune trace de sang ou de poil accroché, c’est manqué pour cette fois-ci. Peu de temps après, la fin de traque est sonnée.
Nous attaquons une 3ième traque, toujours en compagnie de Robin, je pars me poster dans le bois d’à côté. Je rentre part une coulée et me retrouve face à une clairière tapissée de fougères. J'ai une vue bien dégagée sur 25 mètres et je fais signe à Robin qu'il serait mieux posté juste en dessous de moi à 20 mètres. Il rejoint rapidement ce poste. Après vingt minutes d'attente, une jeune chevrette arrive en face de moi mais je ne la vois pas car je regardais en direction de Robin, je le vois armer son arc et regarde là où il tire. Je vois alors cette chevrette arrêtée face à moi, il décoche mais la manque et elle se fige sur place. Je décide d'armer mon arc et de tirer, cette fois c’est touché. Elle part en trombe en descendant le bois. Après l'avoir recherchée brièvement sans la trouver, on m'annonce qu’Alex l’a retrouvée plus bas. Je le rejoins et il m'annonce que l'on a tiré tous les 2 le même chevreuil. Nous apposons le bracelet puis nous rentrons au local de chasse accompagné de tous les chasseurs et faisons quelques photos. Nous passons pas mal de temps autour d'un bon repas et, en milieu d'après-midi, nous repartons pour 2 traques qui ne donneront malheureusement aucun résultat. Nous décidons donc de dire au revoir à tout le monde et de rentrer tranquillement chez Alex pour nous préparer pour le lendemain."

Ce weekend, comme chaque année, j'organise une battue mixte sur la société de chasse de Justian-Roques-Lagardère. 14 archers étaient prévus mais 2 désistements de dernière minute vont réduire le nombre des participants. Renaud venu de Corrèze pour chasser du dimanche au Lundi dormira chez moi, Stef et Bernard qui ont pris une chambre d'hôte à 2 pas de chez moi resteront aussi chasser jusqu'à lundi. Dimanche matin, le rendez-vous est pris à 7 heures devant chez moi avec Stef, Bernard et Jacques venu spécialement de Paris pour cette chasse. Nous partons pour le rendez-vous donné aux autres participants, sur le parking de la salle des fêtes de Lagardère à 8 heures. Une fois tous les participants arrivés, nous partons à pied pour la salle des chasseurs, un peu plus loin dans le village, pour l'inscription au cahier de battue et prendre un petit déjeuner copieux : œuf, ventrèche grillée et pâté. Les consignes annoncées, je pars avec les archers dont je suis responsable pour poster la première traque. Nous laissons les voitures sur le chemin de terre conduisant au petit pont qui enjambe l'Osse et nous nous préparons avant de partir nous poster. Je prends d'abord Renaud et Robin avec moi pour les poster près de l'ancienne palombière, ils barreront la droite du bois, puis reviens chercher les autres. Alors que je poste les premiers archers le long de la vielle Osse qui borde le bois, un sanglier venant vers la traque est annoncé. Je me doute de l'endroit où il devrait passer et presse le pas pour finir de poster mes archers jusqu'au coin du bois puis, après avoir traversé le cours d'eau presque à sec, je poste une ligne dans le bois. Je n'ai posté que le bas et les du bois et pars me poster sur le haut du bois, un peu plus loin, pour tenter de canaliser les animaux vers la ligne du tir. Les chiens donnent déjà de la voix alors que je ne suis pas encore en place.

Les menées s’enchaînent quand je reconnais, en face de moi, vers le Poste de Bernard, le bruit d'une décoche et d'une flèche heurtant du bois. Il vient de manquer le sanglier qui sortant sur le découvert et traversant l'Osse essuie maintenant plusieurs tir à balle mais parvient à rejoindre, sans mal, les pins en dessous de Roques. D'autres coups de feu claquent, les chiens passent et repassent dans le bois à environ 60 mètres de moi ou parfois tout près de moi mais aucun animal en vue. Ce n'est que vers la fin de traque qu'une jeune chevrette est lancée près de la ligne d'archers à ma droite et me passe en trombe à quelques mètres sans me laisser le temps de réagir. La fin de traque est sonnée peu après, je pars déposter les archers et nous partons vers la palombière pour prendre la passerelle, traverser la vielle Osse et la bande étroite de bois pour aller nous poster dans le grand bois du dessus. J'envoie quelques archers se poster sur la partie rentrante du bas du bois et contourne la partie sortante pour rejoindre un peu plus loin un chemin forestier en alignement de la ligne des premiers archers pour recommencer à poster en barrant l'avancée du bois puis nous remontons en suivant la droite du bois et je poste les autres archers à des passages clés avant d'aller me poster dans le bois, sur le haut de ce dernier. J'avertis alors Serge qu'il peut lâcher les chiens car il les avait lâchés un peu vite à la première traque. Les teckels sont vite sur moi, les piqueurs arrivent ensuite. Il pleut maintenant assez fort pendant un moment. Les menées sont timides, rien ne vient sur moi et j'espère que mes invités voient plus d'animaux. Un peu plus tard la fin de traque est sonnée et je pars déposter ma ligne. Les chevreuils vus n'ont pas pu être fléchés. Alors que nous discutons, devant le poste d'un des archers qui démonte son tree-stand, 2 chevreuils démarrent devant nous à 10 mètres environ dans le fragon alors que des teckels reviennent en donnant de la voix. Ils s'étaient cachés là durant toute la battue.

On m'annonce que les premiers archers postés sont déjà partis se poster à la traque suivante, un peu plus loin. Je presse les archers et nous pressons le pas pour rejoindre la traque suivant. En arrivant, je demande aux chasseurs où sont les archers et on me dit qu'ils sont postés en suivant la bordure. Je pars donc en suivant le bois et repère les archers, je recommence à poster après le dernier puis rentre dans le bois pour poster une ligne interne avant de me poster un peu au hasard, vers le coin du bois, proche de la route, dans une petite éclaircie au milieu du salle. Les teckels ont tôt fait de lancer et les menées s'enchaînent. Au bout d'un moment, les teckel sortent dans le champ sur ma gauche et semblent foncer vers la route en biaisant vers mon angle de bois. Du bruit dans la végétation attire mon attention et je pivote face au champ quand j'aperçois une chevrette qui rentre au bois d'un pas rapide de 3/4 face à environ 20 mètres. J'arme mon arc, elle bifurque et vient droit sur moi de face. J'aligne ma visée et la laisse venir jusqu'à 5 mètres avant de décocher mais, au même moment, elle amorce un virage pour partir sur ma droite et ma flèche, qui aurait dû entrer à la base du cou, rentre très en arrière dans son flanc, ouvrant une lange plaie sanguinolente, puis se fiche au sol. Elle n'accuse pas le coup et part à travers le sale pour vite disparaître dans la végétation derrière moi. Je ne suis pas fier de ma flèche et espère que le chevreuil va vite se coucher mais les teckels arrivent et se lancent à sa poursuite. Je vais vite chercher ma flèche qui est couverte de sang, poil et viande et la remets au carquois. Pas de sang au sol ni sur le départ de la fuite. J'attends un peu à mon poste mais les chiens poussent toujours et je décide de les suivre. Je prends la direction de fuite du chevreuil sans voir une seule goutte de sang. Je traverse une bande de végétation épaisse et tombe sur Norbert que je ne pensais pas si avancé dans le bois. Il m'indique qu'il vient juste de voir passer une chevrette avec les chiens. Ma chevrette s'était très certainement couchée rapidement mais les teckels l'ont relancé. Je traverse le chemin et rentre dans le sale en zigzagant pour trouver du sang et fins par trouver une belle piste très abondante. Je la suis facilement jusqu'à une touffe de fragon où elle stoppe net. Je tourne et retourne mais rien. Les chiens donnent toujours un peu plus loin quand des cris de chevreuils se font entendre. Je comprends vite qu'il s'agit de mon chevreuil que les chiens ont attrapé et me précipite vers lui à l'oreille. J'arrive vite au ruisseau qui traverse le bois et aperçois du mouvement dans les fragons de l'autre côté. Je pose mon arc et traverse vite le ruisseau. 2 chiens tiennent un chevrillard, je l'attrape et repousse un peu les teckels pour l'achever. Un chasseur posté tout près m'interpelle en me disant que l'archer qui l'a fléché plus haut va être content. Je ne comprends plus rien. La blessure sur le flanc semble être l'œuvre de ma flèche, le cuissot du côté de mon tir est profondément entaillé également. La fin de traque est vite sonnée et je lui demande d'aller chercher l'archer pour qu'il m'explique son tir car je crains que mon chevreuil soit toujours dans le bois. Une piste de sang vient du haut du bois où étaient postés les archers, je n'y comprends rien. Je vois arriver Renaud, Il m'explique que Robin a manqué cette petite chevrette et que lui l'a fléché de face. Je trouve alors l'entrée de sa flèche, sur le dos, à la base du cou. Nous avons tous les 2 fléché le même chevreuil que je pensais être une chevrette plus âgée lors de mon tir.

Nous apposons le bracelet et Renaud part avec son chevreuil alors que je pars chercher mon arc avant de le rejoindre pour déposter les archers. Nous partons pour la sale des chasseurs où nous attend un bon repas et en profitons pour faire quelques photos. Plusieurs animaux ont été manqués mais tout le monde a vu du gibier.

2 archers, 2 flèches pour un même chevreuil, 12 novembre 2017

L'après-midi, 2 petites traques ne donneront rien. Au dépeçage, nous comprendrons enfin nos atteintes. Ma flèche est rentrée dans les dernières côtes et est ressortie dans l'abdomen juste après avant de couper le cuissot alors que celle de Renaud rentre sur le dos, à la base du cou, glisse sur les côtes, passant entre ces dernières et l'omoplate pour ressortir par l'énorme trou d'entrée de ma flèche. Aussi surprenant que cela puisse paraître sa flèche n'a atteint aucun organe vital. Ma flèche aurait mis un moment à tuer cette chevrette que les chiens ont poussé jusqu'à l'épuisement avant de la coiffer.

 

Alex

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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 18:29

Ce matin, je suis invité à une battue à Saint Paul de Baïse et j'ai invité mon ami Christophe, nous serons les 2 seuls archers. Après un bon petit déjeuner pris à la salle des fêtes, œufs et ventrèche à la plancha, nous partons nous poster. Les chasseurs de la commune s'occupent de nous poster près d'une palombière. Christophe part avec une ligne et moi avec une autre, je descends par des sentiers aménagés pour accéder à la palombière et nous rejoignons, avec ma ligne, un chemin aménagé entre un petit bois de pins et le grand bois de chênes. Ma ligne se poste le long du chemin et on me confie un poste où je peux m'avancer un peu dans le bois de chênes. Je rentre donc de 4 ou 5 mètres dans le bois pour me poster au pied d'un gros chêne. Le bois descend de la palombière en pente assez prononcée pour former ensuite un replat en rejoignant le chemin. La végétation basse est assez épaisse autour de moi mais me laisse une bonne trouée pour tirer devant moi.

Un chevrillard en battue à Saint Paul de Baïse, 10 décembre 2016

Une très grosse coulée passe juste à ma droite.

Rapidement, les chiens se font entendre et les premiers coups de feu claquent. Au bout d'un moment, le bruit d'animaux au galop dans les feuilles mortes se fait entendre et j'aperçois vite 3 chevreuils, une chevrette et ses chevrillards, descendant sur ma gauche à environ 40 mètres. J'arme mon arc, ils stoppent à environ 25 mètres dans le sale pour écouter alors que les courants se rapprochent en donnant de la voie.

Un chevrillard en battue à Saint Paul de Baïse, 10 décembre 2016

Pas de fenêtre de tir et ils sont un peu trop loin. Ils finissent par repartir mais prennent une coulée parallèle au chemin en s'éloignant sur ma gauche. Les culs blancs disparaissent peu à peu dans la végétation dense et je les perds de vue. Je désarme. Les chiens arrivent mais ne prennent pas la piste des chevreuils, ils biaisent pour glisser plus à gauche et disparaissent eux aussi dans le fourré. Il me semble alors voir quelque chose bouger où s'étaient arrêtés les chevreuils tout à l'heure. L'animal s'est arrêté mais je ne le vois pas bien. Il repart en se coulant dans la végétation et en rasant le sol, je ne reconnais pas tout de suite sa silhouette. C'est en fait un des chevrillards qui revient vers moi. Je réarme mon arc et le suis, il progresse tranquillement en se frayant un chemin dans la végétation à environ 10 mètres. Je le suis dans mon viseur en attendant que le chevrillard se présente dans la trouée en face de moi. Il va se présenter plein travers et mon pin’s se cale mais il bifurque pour prendre la coulée à ma droite et se présente de 3/4 face à environ 8 mètres. Je corrige rapidement ma visée alors qu'il marque un temps d'arrêt et décoche. Touché, il bifurque pour reprendre tranquillement la coulée parallèle au chemin et fais environ 5 mètres avant de s'arrêter. Ses oreilles tournent dans tous les sens, à l'écoute de la battue mais il commence déjà à vaciller et repart pour s'effondrer 5 mètres plus loin en buttant dans une touffe de végétation épaisse. Il se débat un instant au sol puis le calme revient.

Les chiens tournent dans le secteur puis repartent. Plusieurs buses différentes viennent se poser tour à tour à la cime des arbres, en crête, en face de moi avant de repartir, je vais en conter 7 ou 8 durant la battue. Les coups de feu claquent par moment quand les piqueurs annoncent des sangliers. Très vite une grosse menée se fait entendre et des courants arrivent par ma droite, précédés par les geais et les merles. Je finis par distinguer une silhouette noire qui vient droit vers moi mais elle semble petite. Difficile d'identifier à 50 mètres dans la végétation mais alors que l'animal se rapproche, j'identifie une grosse martre et arme mon arc. Elle vient stopper à environ 15 mètres mais juste à gauche de la trouée dans laquelle j'ai tiré le chevrillard. Je ne peux pas assurer ma flèche au travers des branches. Elle tourne la tête pour écouter les chiens puis repars sur la coulée parallèle au chemin et s'éloigne vite. Les chiens arrivent en donnant de la voie, passant grand train sur les traces de la martre. Les autres chasseurs ne comprenant pas ce que les chiens poursuivent, ils commencent à discuter entre eux et je leur annonce la martre. Elle passera à Christophe mais trop loin et trop vite puis passera dans les pins dans notre dos pour se faire mener un bon moment. Des chiens reviendront vers la traque en passant juste au-dessus de mon chevreuil sans y porter attention. Les voies des chiens se font de plus en plus lointaines et le calme s'installe. Au bout d'un moment les chasseurs commencent à se déposter, je pars donc voir mon chevreuil. Je cherche des indices à l'endroit du tir mais ne trouve rien, je pars dans la direction de fuite et trouve une feuille tachée de sang à quelques mètres de l'endroit du tir.

Un chevrillard en battue à Saint Paul de Baïse, 10 décembre 2016

Pas d’autres gouttes en vue, je vais donc droit à mon chevreuil que je retrouve vite mort sur le flanc à l'endroit où je l'avais vu tomber. Un bout de panse ressort par le trou de sortie de ma flèche, juste en avant du cuissot, il a bouché la plaie et stoppé l'hémorragie externe ce qui explique le peu de sang.

Un chevrillard en battue à Saint Paul de Baïse, 10 décembre 2016

Ma flèche est rentrée au niveau des dernières côtes touchant l'arrière d'un poumon et le foie. Je fais quelques photos sur place en attendant le bracelet pour pouvoir déplacer mon chevreuil.

Un chevrillard en battue à Saint Paul de Baïse, 10 décembre 2016

Je pars ensuite chercher ma flèche que je retrouve fichée au sol, quelques mètres après l'endroit où se trouvait le chevreuil. Elle est couverte de sang visqueux de foie.

Un chevrillard en battue à Saint Paul de Baïse, 10 décembre 2016

Alors que nous nous dépostons, une nouvelle menée retenti et nous reprenons vite nos postes mais le calme revient vite avec l'éloignement des chiens. Nous nous dépostons à nouveau et remontons aux voitures puis partons pour la salle des fêtes ou nous devons nous rassembler avant la prochaine traque. En route nous croisons des chasseurs encore affairés autour du bois, les teckels sont encore au ferme avec des sangliers et je ne comprends pas trop pourquoi nous nous dépostons mais nous continuons vers le lieu du rendez-vous où sont conduit les chevreuils et 2 sangliers qui ont été prélevés lors de cette traque. Pendant que certains chasseurs commencent à peler les animaux nous repartons pour une autre traque. Nous allons fermer un grand secteur vallonné et ponctué de bosquets.

Christophe va se poster sur le haut d'un bosquet épais et moi au sommet d'un talus, au-dessus d'un vieux chemin, dans un petit bois tout en long. Christophe est à environ 200 mètres sur ma droite. La traque commence et les chiens donnent au loin, quelques coups de feu claquent puis le calme revient. Au bout d'un moment mon téléphone vibre et je décroche, c'est ma collègue qui m'appelle pour des conseils culinaires pour préparer du sanglier. Nous discutons quelques minutes et je raccroche quand une décoche retentit du côté de Christophe, suivie d'un cri de chevreuil et d'un démarrage. 4 chevreuils sortent sur le découvert, les uns après les autres, aucun ne semble blessé. Ils marquent un temps d'arrêt en se regroupant puis repartent en éclatant 2 par 2 pour fuir en longeant la crête pour certains ou en passant derrière pour les autres. Les chiens arrivent et éclatent sur le découvert en tournant pour recouper la voie des animaux. Ils en font redémarrer un qui s'était calé dans un petit bosquet au bord de la route en contrebas. Le chevreuil fonce vers le bois où je suis posté mais passe très bas et le traverse pour être tiré à la route derrière moi.

Les menées s'estompent et le calme revient, un piqueur arrive avec les chiens pour passer en dessous de moi en lisière du bois puis la fin de traque retentit. Je me déposte pour aller rejoindre Christophe. Il a fléché un magnifique brocard en velours. Sa flèche ayant touché la colonne la laissé sur place et l'animal touché au niveau du coffre est mort assez vite par la suite.

Un chevrillard en battue à Saint Paul de Baïse, 10 décembre 2016

Les chevreuils sont arrivés doucement en se débinant dans la végétation épaisse pour rester immobile durant un bon quart d'heure à environ 20 mètres de Christophe avant de se décider à bouger et que ce brocard se présente dans une fenêtre de tir en contrebas de mon ami. Notre matinée se termine de la meilleure des façons, 2 chevreuils prélevés à l'arc et dans de superbes conditions, sans avoir besoin de faire une recherche au sang. Les quelques chasseurs septiques, qui nous demandaient si l'arc pouvait tuer ce matin, en auront maintenant la preuve.

 

Alex

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 21:21

Ce soir, en sortant du boulot, je pars chasser dans les maïs autour de mon lac favori, sur Labéjan. Je ma gare en haut de la côte, près de la ferme. Le vent souffle encore fort ce soir, je me prépare rapidement puis teste le vent. Il va vers la ferme, à l'opposé de d'habitude. Je décide donc d'attaquer ma chasse dans le sens opposé à mon habitude. Je remonte le talus de la route pour longer le maïs en direction de la ferme tout en contrôlant les passages de canon. Je passe le chemin enherbé qui descend vers le bosquet pris dans la culture puis rejoins le dernier passage de canon de la parcelle et commence à descendre en le suivant. Ce passage est encombré de pieds de maïs et de végétation par moment, ce qui ne facilite pas la progression et la vision des animaux. Le vent fort couvre le bruit des pieds de maïs qui frottent sur mes vêtements et je descends tranquillement en cherchant bien du regard un éventuel chevreuil. En arrivant à environ 50 mètres du bas de la parcelle et ne voyant aucun animal devant moi, mon attention se relâche un peu quand un chevreuil, couché à 4 mètres devant moi, se lève et fonce dans le maïs. Je viens de manquer ma première occasion de la soirée. Je finis de descendre jusqu'au fond de la parcelle puis la longe avec le vent de face, dans une végétation haute et très épaisse, parcourue de coulées de sangliers, jusqu'au passage de canon suivant. En arrivant au bout de ce dernier, je me penche doucement et aperçois un chevreuil plein travers à environ 20 mètres sur la gauche du passage, la tête tournée vers la gauche. J'accroche mon décocheur et commence l'approche en serrant la gauche du passage. J'avance très très lentement en faisant une pause observatoire à chaque pas. Maintenant que je vois mieux la tête de l'animal, j'identifie une chevrette. Je gagne ainsi 3 ou 4 mètres quand elle tourne la tête vers moi. Je me fige un moment puis recommence à avancer toujours avec la même technique. Je gagne à nouveau 2 mètres et elle regarde à nouveau vers moi. Je me fige à nouveau et recommence à avancer alors qu'elle retourne la tête vers le maïs Je parviens ainsi à me rapprocher à 10 mètres d'elle et me fige. Elle regarde un instant vers moi puis tourne la tête, j'arme doucement mon arc et prends la visée avant de décocher. Ma flèche part droit vers le défaut de son épaule mais je n'entends aucun impact et la chevrette démarre en trombe pour rentrer dans le maïs, disparaît, ressort sur le passage, fonce pour rentrer dans le maïs sur la droite du passage, se ravise puis fonce en remontant sur environ 30 ou 40 mètres dans le passage de canon avant que je ne la perde de vue.

J'attends un instant en essayant d'analyser la scène puis pars chercher ma flèche et d'éventuelles traces de sang mais impossible de trouver ni l'une ni les autres, je chercher plus de 30 minutes sans rien trouver et doit me rendre à l'évidence, j'ai loupé mon chevreuil. Ma flèche a peut-être été déviée par un pied de maïs qui se trouvait dans l'axe de la chevrette. Je repars donc en chasse, je rejoins le bas du maïs et le longe pour arriver un peu plus loin au coin de la culture qui remonte sur 100 mètres environ vers le bosquet. Je la longe donc et rejoins le bosquet pour le longer et rejoindre le reste du champ aligné avec le petit bois. Je progresse doucement en surveillant les passages de canon mais pas de chevreuil dans le secteur ce soir. En arrivant à 30 mètres du coin de la parcelle qui remonte ensuite en longeant un bois, les pieds de maïs deviennent plus petits et plus verts. J'avance doucement en essayant de voir un chevreuil au travers des céréales quand une petite chevrette se lève à 5 mètres de moi et se débine en suivant la bordure de la culture. J'arme mon arc, elle s'arrête à 15 mètres dans mon dos, je pivote et tente de prendre la visée mais je n'arrive pas à la voir suffisamment pour distinguer la zone vitale. A ma grande surprise elle fait brusquement demi-tour comme si quelque chose lui avait fait peur et fonce vers moi. Je la suis dans mon viseur mais elle bifurque à 5 ou 6 mètres de moi et remonte dans le maïs où je la perds de vue. J'attends un peu mais plus rien ne bouge, je désarme et reprends ma progression. Je remonte en suivant le bois jusqu'à rejoindre, un peu plus haut, un passage de canon qui rentre dans le maïs puis bifurque pour remonter vers le haut du champ. Je décide de la suivre tranquillement. Environ 100 mètres plus loin, un animal démarre dans un grand fracas sur ma droite dans le maïs sans que je puisse le voir. Le bruit cesse vite et je reprends ma progression. Arrivé en haut du champ, je le longe en direction de la ferme en recontrôlant les passages de canon.

Pas de chevreuil, je descends vers le ruisseau d'alimentation du lac en passant près de la ferme, rejoins le passage busé, le traverse et reviens vers le lac en longeant la parcelle de colza qui précède la parcelle de maïs. En arrivant à 40 mètres du coin de la parcelle de maïs qui borde le départ du lac, j'aperçois un ragondin qui surgit du colza et fonce vers le ruisseau où il disparaît. Je m'avance doucement et le voit en surface du ruisseau avant qu'il ne plonge. Je continue mon chemin jusqu'au bord du maïs puis je commence à remonter en la suivant pour contrôler les passages de canon. Le vent souffle du maïs vers moi toujours de façon soutenue. Le contrôle des passages de canon n'ayant rien donné, je longe le dernier passage tranquillement pour traverser la parcelle puis commence à redescendre par l'autre côté vers le lac. Un gros lièvre démarre à environ 60 mètres contre le maïs et rentre dans la culture en plaquant ses oreilles sur son dos. Le vent souffle vers le maïs tout en remontant légèrement. Je progresse rapidement d'un passage de canon à l'autre pour les recontrôler. En arrivant au passage suivant, je me penche doucement et aperçois à environ 10 mètres, côté droit du passage, les 2/3 arrière d'un jeune chevreuil que je pense être un chevrillard. Il est tout tordu, en appuis sur une patte arrière il est arqué, la tête tournée à l'opposé de moi et se gratte la tête avec son autre patte arrière. Le léger angle montant du vent me permet de ne pas être senti mais il me faut faire vite car il peut vite tourner. Je me recule à couvert, accroche mon décocheur, arme mon arc et m'avance doucement. Le chevreuil se gratte toujours, je vise et décoche mais au même moment le chevreuil se remet sur ses quatre pattes et je vois rentrer ma flèche trop basse et trop en arrière. Un gros jet de liquide accompagne le passage de la flèche et le chevreuil fonce dans le maïs.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

J'attends un moment sans bouger puis pars chercher ma flèche et les premiers indices. Je longe doucement la bordure droite du passage et trouve une tâche de contenu stomacal sur les feuilles sèches de maïs au sol. C'est bien ce que je pensais ma flèche n'est pas bonne, je continue et trouve, un peu plus loin, ma flèche fichée au sol et ne présentant quasiment pas de sang mais souillée de contenu stomacal.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je remets ma flèche au carquois puis repars contrôler la tâche de contenu stomacal. Elle se composé de végétaux broyés et de grains de maïs concassés, de petites gouttes de sang ont été projetées sur les pieds de maïs au passage de l'animal.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je décide d'aller chasser sur la parcelle de maïs située sous la digue du lac, de l'autre côté de la route et de revenir faire la recherche tout à l'heure pour laisser le temps à l'animal de se coucher et de faire son hémorragie. Je repère mon passage de canon grâce à la borne d'arrosage située au bout de ce dernier puis je finis de longer cette parcelle de maïs en descendant vers le lac tout en contrôlant les autres passages de canon. Pas d'autre chevreuil, je pars donc en longeant le lac pour rejoindre l'autre parcelle un peu plus loin. Je passe sous la digue et rejoins la route puis la traverse, franchis le fossé puis longe la bande enherbée en contrôlant les passages de canon et remonte à gauche vers le premier passage de canon du haut du champ. Une fois le passage atteint, je me penche doucement, pas de chevreuil, je commence donc à le longer en serrant à droite tout en regardant dans le maïs des 2 côtés. Un peu plus loin, j'aperçois, sur la droite, une avancée dans le maïs, d'environ 10 mètres de long sur 6 ou 7 mètres de profondeur où le maïs n'a pas poussé. Je m'avance tout doucement jusqu'au bord du renfoncement quand j'aperçois une belle chevrette au travers des pieds de maïs. Je m'approche très lentement jusqu'au coin du renfoncement, en accrochant mon décocheur puis m'immobilise pour observer. La chevrette n'est qu'à 5 mètres de moi en léger 3/4 face. Je cherche du regard d'éventuels chevrillards quand j'aperçois un chevrillard mâle qui broute en bordure du renfoncement, au milieu du côté, en face de moi. Il est de 3/4 face. Je décide de me focaliser sur lui plutôt que sur sa mère. Je me positionne pour attendre qu'il s'avance un peu plus à découvert car son arrière train est encore dans le maïs et espérant qu'il se tourne un peu mais c'est alors que sa mère décide de monter droit sur moi. Elle s'avance de quelques pas puis se remet à brouter, elle n'est plus qu'à 3 mètres et risque de me repérer. J'arme donc doucement mon arc, prends la visée sur l'épaule du chevrillard qui n'a pas bougé et décoche. Je vois ma flèche le frapper où je visais. Les chevreuils démarrent et foncent dans le maïs. Le bruit de leur fuite cesse vite et je reste un instant à l'écoute alors que le calme revient.  

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je pars ensuite chercher ma flèche que je trouve plantée dans un pied de maïs à quelques mètres de la zone du tir, dans la culture. Elle ne porte pas beaucoup de traces de sang.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Confiant sur la létalité de ma flèche, je commence ma recherche et trouve, juste après la zone de tir, des éclaboussures de sang sur les pieds de maïs qui bordent le fond du renfoncement.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Les gouttes de sang ne sont pas très grosses mais nombreuses et continues. Elles ponctuent le sol et les pieds de maïs et je n'ai pas de peine à les suivre.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

La piste rentre dans le maïs pour suivre un moment le même rang, les gouttes sont toujours régulières mais moins nombreuses et surtout concentrées au sol.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je suis tranquillement la piste sans me presser.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015
Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je tombe un peu plus loin sur une petite reposée debout

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

puis sur une autre.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Au bout d'une trentaine de mètres environ, les gouttes au sol s'interrompent et je cherche la direction de fuite quand un frotté, une feuille de maïs à ma gauche, m'indique que mon chevrillard a bifurqué pour s'enfoncer dans la culture.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Juste avant le pied de maïs frotté, je remarque 2 gouttes de contenu stomacal sur une feuille bien verte

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

et une autre juste derrière le pied de maïs qui contient du sang.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je m'avance doucement en suivant le sang qui marque en frottés sur les pieds de maïs, la piste est maintenant perpendiculaire aux rangs. Je n'ai pas fait 15 mètres de plus qu'un chevreuil se lève devant moi et fonce dans la culture. Le bruit de la fuite cesse vite. Je décide d'attendre un petit moment sans bouger avant de reprendre ma progression en suivant le sang. Après quelques minutes, je m'avance vers l'endroit où se trouvait le chevreuil et trouve une reposée sanguinolente d'où repars la piste de sang, c'était bien mon chevrillard. Je reprends mes recherches mais en avançant tout doucement et en faisant une pause à chaque pas pour regarder devant moi. Je fais à peine 15 mètres avant d'apercevoir, au travers des pieds de maïs, un chevreuil à 10 mètres devant moi. Je me fige et l'observe.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Le chevreuil semble assis et tremble très fortement. Je reste immobile un instant mais très vite, il chute et commence à se débattre au sol. C'est fini pour lui, je le laisse s'immobiliser puis m'avance à sa rencontre pour lui apposer le bracelet et le sortir du maïs.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Arrivé à mon chevrillard, je lui appose le bracelet puis le prends par les pattes pour ressortir de la culture en rejoignant le passage de canon que je longe jusqu'au bord de la route. Ma flèche est rentrée au défaut de l'épaule et est ressortie basse au niveau de la panse avant de traverser l'arrière du cuissot. Après quelques photos souvenir,

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

je laisse mon chevrillard dans la végétation haute du bord de la culture puis repars vers la parcelle de maïs précédente en longeant le lac. Arrivé au coin de la culture, je remonte​ en la suivant pour rejoindre le départ du passage de canon. Je commence ensuite à chercher la tâche de contenu stomacal mais impossible de la retrouver, je contrôle et recontrôle mais rien, je finis par me rendre compte que je ne suis pas dans le bon passage de canon et rejoins le suivant où je trouve rapidement ma tâche de contenu stomacal et m'aperçois, qu'à l'endroit du tir, se trouve une autre tâche bien plus grosse. Je ne l'avais pas vu tout à l'heure.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je rentre dans le maïs en m'avançant entre 2 rangs et en suivant les petites éclaboussures de sang et de contenu stomacal.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

La piste est peu abondante et difficile à suivre, de plus les pieds de maïs sont enchevêtrés au sol à quelques mètres du passage de canon et compliquent encore mes recherches. Je finis par trouver un peu de contenu stomacal en petites gouttes, la piste biaise à droite puis je la perds à nouveau. Je tourne et retourne et finis par la retrouver, elle prend maintenant à gauche et traverse les rangs de maïs. Je suis lentement les frottés à peine marqués sur les pieds de maïs.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Petit à petit, la piste devient plus abondantes et les frottés plus importants. Je dois allumer ma frontale pour poursuivre la recherche car la luminosité baise vite dans le maïs.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je rejoins le début des rangs parallèles au passage de canon. La piste est maintenant plus facile à suivre. Les tâches de sang au sol alternent avec les frottés et je progresse un peu plus vite​. Je fais ainsi une quarantaine de mètres

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

et trouve une succession de de reposée bien marquées de sang à quelques mètres les unes des autres.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015
Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015
Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

J'avance tout doucement en regardant bien autour de moi. Le sang semble prendre à gauche pour changer de rang de maïs quand j'aperçois mon chevreuil couché à 2 rangs sur ma gauche. Il n'est pas mort et me regarde couché de 3/4 arrière. J'arme doucement et tente un moment de prendre la visée en essayant d'écarter les pieds de maïs avec mon arc. Ma visée prise, je décoche au travers des pieds de maïs et atteints le chevreuil qui se lève d'un bon en gueulant puis fait volte-face et fonce en suivant le rang. Le maïs claque sur son passage sur environ 30 mètres puis un grand fracas retentit. Les pieds de maïs claquent sur place un instant signe que le chevreuil se débat au sol. Le calme revient au bout d'un moment, je commence à suivre la piste maintenant très abondante. Le sang couvre le sol et les pieds de maïs en grosse tâches et je le suis facilement.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015
Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015
Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je trouve facilement mon chevreuil étendu sur le flanc. Un bout de la panse et des plis d'intestin sortent de la blessure de ma première flèche.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

J'examine mon chevreuil, ma première flèche le traverse très bas en arrière des côtes comme il me semblait après mon tir, ma seconde flèche rentre derrière les côtes et ressort dans l'épaule opposée. C'est une petite chevrette de l'an dernier et pas un chevrillard comme je le pensais en tirant. J'appose mon bracelet, le dernier de la saison d'approche de tir d'hiver à part que je me décide à en reprendre d'ici la fin de la saison puis attache les pattes de mon chevreuil pour le sortir de la culture et faire quelques photos souvenir.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Je pars poser mon chevreuil avec le premier avant d'aller chercher ma voiture pour les charger et rentrer chez moi.

Un doublé dans les maïs, 29 septembre 2015

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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