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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 15:58
Ce soir, j'avais donné rendez vous à Manu à Mirande pour lui montrer mon territoire de chasse du côté de Vic Fezensac. Je dois lui laisser un bracelet sur les deux que j'ai sur le territoire pour qu'il puisse aller un peu y chasser ce weekend.
Arrivé sur place, je lui explique un peu les limites du territoire et lui raconte 2 ou 3 anecdotes sur mes sorties de la semaine passée. Un lièvre traverse un semé de tournesol au galop. Manu ne peux pas rester chasser ce soir. 19h30, il me laisse et je me change avant de partir chasser.
Je reprends ma voiture et me gare au milieu d'un petit hameau. Le territoire est différent de chez moi, beaucoup de vignes, beaucoup de blés et peu de bois. J'attaque avec le vent de face en longeant entre une vigne et un blé où, mardi soir, j'ai fait une belle approche sur un brocard aux bois asymétriques.
Je marque plusieurs arrêts fréquents et avance doucement pour éviter d'être repéré avant de pouvoir tenter une approche. Au loin, un chevreuil est entrain de viander dans un semé de tournesol. La végétation très basse et sa position centrale dans le champ ne me permettent aucune approche.
600 mètres nous séparent, je décide de tenter tout de même de réduire cette distance et de m'embusquer pour observer. Ne chassant jamais avec des jumelles, je ne sais pas encore s'il s'agit d'un brocard. Je coupe au milieu d'une vigne, longe un blé et arrive rapidement au bord d'une haie qui me cache bien. Il est encore à 500 mètres. Je longe rapidement la haie, le bruit n'est pas un problème à cette distance.
Au bout de la haie le relief du champ me permet d'avancer sur 50 mètres, le dos voûté, sans qu'il puisse me voir. J'arrive dans la zone critique, il est encore à plus de 450 mètres mais je dois traverser sur 80 mètres environ dans le semé de tournesol pour rejoindre une haie qui me camouflera. Je marque un arrêt derrière un arbre mort tombé et l'observe un moment.
Il vaque paisiblement à ses occupations et descend petit à petit vers la haie que je veux rejoindre. Je tente le coup, j'avance rapidement, le dos voûté, pour arriver à me plaquer contre la haie sans qu'il ne m'ait vu. Je m'agenouille et observe un instant.
Il s'éloigne maintenant tranquillement vers la haie qui borde le fond du champ. J'avance par tranche de quelques mètres en me cachant dans la haie à chaque arrêt. Il ne m'a pas remarqué et s'acharne maintenant contre des branchages, il est à 250 mètres, c'est bien un brocard. Il finit par remonter le long de la haie vers un blé en s'éloignant de nouveau.
Le découvert m'interdit toute tentative d'approche. J'attends qu'il traverse la haie et entre dans le blé pour me déplacer. Il accélère tout à coup et franchit d'un bon la haie. Je cours vers la haie en restant à bon vent pour arriver à entrer dans le blé à 100 mètres de l'endroit où il a disparu. Je trouve un passage, traverse la haie, prends le premier passage de tracteur et commence à progresser dans le blé, une flèche encochée et le décocheur accroché.
Je m'attends à le voir à tout moment. Je vais mettre plusieurs minutes à parcourir les 100 mètres. Je marque un arrêt et le cherche du regard quand je l'aperçois à 200 mètres en contrebas. Il est sorti du blé et viande dans un semé de tournesol. Tout est à refaire, je me plaque contre la haie et avance doucement alors qu'il s'éloigne rapidement et traverse une haie pour rejoindre une friche au bord de la rivière.
Je coupe rapidement en travers dans le blé puis descends vers le semé. Je traverse la haie au niveau d'un passage de tracteur et commence à progresser doucement dans les herbes hautes mais plusieurs minutes d'approche à pas feutrés n'y feront rien, je viens de le perdre définitivement de vue. Les moustiques de plus en plus affairés autour de moi et leurs nombreuses piqûres auront raison de moi, je vais changer de secteur et m'éloigné des zones humides.
Je retourne en arrière pour prendre le chemin de terre qui longe le bas du secteur jusqu'à la commune de Roques puis après 400 ou 500 mètres de marche rapide en longeant une bande de blé sous un long bosquet, je remonte vers la crête où est garée ma voiture. 7 canes colverts décollent du blé qui borde le chemin sur ses 2 côtés. La dernière fait semblant d'être blessée en s'éloignant les ailes pendantes et en faisant des petits vols. Je crains de déranger une couvée et m'éloigne donc rapidement de l'endroit.
Un perdreau chante plus haut, perché sur un arbre mort, il décolle à mon passage. Je fais une pause au pied d'un cerisier et mange quelques cerises en observant les alentours. Rien ne bouge. Je retourne vers la crête et passe de l'autre côté. Je me dirige vers le grand bois dans le fond du vallon en traversant une grande vigne.
Arrivé en bas, je longe une friche d'herbes hautes en bordure du bois quand un mouvement dans les hautes herbes attire mon attention. Je me fige, un chevreuil observe dans ma direction, sa silhouette à peine visible derrière l'écran de végétation. Je pense à une chevrette.
Elle se remet en marche et ne semble plus me prêter attention. Je m'approche à pas feutrés et me retrouve à 6 mètres, elle est plein travers. Je l'observe un moment pour vérifier qu'il s'agit bien d'une chevrette. Pas de bois, je l'observe un moment dans son intimité. Elle broute une herbe par ci, une feuille par là, se lèche l'épaule, le ventre, avance d'un pas… c'est bien une chevrette.
Je décide de me remettre en marche ce qui me fait repérer et provoque une fuite sonore ponctuée d'aboiements. Je la laisse rentrer au bois et m'éloigne rapidement.
J'arrive au niveau d'un chemin forestier qui traverse le bois pour tomber au milieu d'un grand champ de blé et l'emprunte pour tenter une approche dans les blés. Le vent tourne en permanence en fonction du relief et des obstacles mais m'est favorable pour l'instant. Je longe le blé sans rien voir, puis un champ de maïs pour rejoindre la bordure du bois et rejoindre une friche d'herbes hautes située au beau milieu du bois.
J'y ai vu des chevreuils lors de mes sorties précédentes, notamment un beau daguet. Je prends le chemin forestier qui me mène aux herbes hautes et débouche sur la friche. Un gros massif de chardons plus hauts que moi fait un bel écran à 20 mètres. Je m'avance sur pointe des pieds et me cale derrière en observation.
Rien ne bouge, il n'est pas loin de 21h45, je décide de tenter un petit coup de Butollo. Une saccade de petits appels brefs et voilà une chevrette qui déboule de la bande de bois sur ma droite. Elle regarde vers moi, je recommence mes appels et elle avance doucement. Méfiante, elle s'arrête net regarde vers le bois, d'où elle arrive quand un deuxième chevreuil plus massif sort devant elle.
Ils sont à 90 mètres et il m'est difficile de dire s'il s'agit d'un brocard. Je tente les appels de poursuite, la chevrette s'éclipse et l'autre chevreuil ne bouge pas, je recommence, toujours rien. Je lance alors des appels plus longs et languissants. Il se met alors à foncer vers moi en longeant la haie, faisant de grands bons, puis s'immobilise à 60 mètres.
Cette fois, c'est sûr, j'ai vu des bois, c'est un brocard. Je poursuis mes appels un moment alors qu'il regarde vers moi. Je m'agenouille et continue mes appels. Il entre dans la haie. Une minute passe sans bruit puis il ressort dans mon dos à 20 mètres et réagit aux appels en avançant par saccades. Il cherche à prendre le vent.
Il marque de long arrêt, regardant vers moi, humant l'air. Je fais des pauses de plus en plus longues entre mes appels et en diminue le nombre. Il finit par s'avancer à 10 mètres, j'arme mais la végétation trop dense m'empêche toute tentative de tir, je désarme. Encore 2 appels, il se remet en marche, les herbes bougent et trahissent sa présence. Il est à 8 mètres, j'arme à nouveau, me redresse doucement et aligne ma visée, il s'arrête, je décoche.
Un bruit sourd retentit alors qu'il démarre en faisant de grands bons. Il rentre dans la haie en poussant quelques aboiements, il rentre ensuite dans le bois d'où il venait. Un bruit de feuilles et de branchages sur 100 mètre environ puis plus rien, le silence s'installe.
J'attends un peu puis vais contrôler mon tir. Du sang mêlé de bol alimentaire signalent une flèche traversant la panse. J'attends quelques minutes alors que la luminosité baise, j'allume ma frontale et commence à suivre le sang qui me conduira à mon brocard couché sur le flanc au milieu du fragon.
Ma flèche est rentrée où je visais (derrière l'épaule) mais la position du chevreuil, plus inclinée que ce que je pensais, a fait que ma flèche a traversé un poumon, le foie, la panse et les intestins pour ressortir 15 à 20 centimètres avant le cuissot.
Le bracelet apposé, il ne reste que 2 km à faire pour le ramener à la voiture.        
Une tête particulière, 18 juin 2009

Alex 

 

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Une tête particulière, 18 juin 2009

Atteinte :

Une tête particulière, 18 juin 2009

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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 15:47

Ce soir, une envie irrésistible d'aller faire un tour à l'approche me prend. Je décide d'y aller le plus tôt possible. Sorti du boulot à 18 heures, je rentre faire faire la promenade à mon husky, j'enfile ma tenue camo et me voilà parti.

Le territoire est à moins de 5 minutes de chez moi, 18h30 je suis sur place, le vent souffle dans mon dos, je décide de prospecter le côté gauche du territoire composé de champs de blés, de pâturages, de petits bosquets et au milieu duquel se trouve une carrière.

Je marche un moment pour me mettre à bon vent puis commence tranquillement à progresser vent de face pour tenter de localiser un brocard. J'en connais au moins 6 sur ce secteur. Je quitte le chemin de terre qui monte à la ferme, traverse un pré fauché, gravit un talus pâturé, traverse une haie et arrive au bord d'un grand champ de blé où viande régulièrement un gros brocard, un jeune daguet et plusieurs chevrettes mais ce soir il n'y a rien.

Je longe tranquillement le haut du champ, le long du bosquet qui casse ma silhouette, pas un chevreuil. Arrivé au bout du champ, je rentre un peu dans la bordure du bois et observe un moment, toujours rien, j'en profite pour tester le Buttolo mais aucun brocard ne réagit à mes appels.

Je me remets en marche, traverse la pointe du champ de blé et longe un moment la haie de l'autre côté du champ. Cette fois, je suis à bon vent. Un passage dans la haie permet d'accéder à une petite parcelle de blé étroite et fermée d'un côté par la haie de l'autre par un bois, un garde-manger tranquille qui favorise les rencontres.

Je rentre dans la petite parcelle mais toujours rien, j'observe un moment et reprends ma progression. Au bout du blé, débute un chemin forestier de 150 mètres qui longe entre la haie et le bois. J'avance tranquillement quand je tombe sur un brocard planté au milieu du chemin, nous nous regardons un instant puis, d'un bon, il franchit le talus du bois et disparaît dans un léger bruissement.

J'avance trop vite, il me faut ralentir l'allure. Le chemin ressort sur un autre champ de blé, je marque une pause, observe un peu puis repars. Le jeune daguet qui broutait contre la haie dans le blé détale, de l'herbe encore dans la bouche, je ne l'avais pas vu, ça commence mal.

Je traverse le blé où rien ne bouge et commence à remonter vers la carrière par une langue étroite de blé coincée entre deux bosquets qui couvrent ce penchant. Un bruit sourd et métallique retenti, une fois, puis 2, puis 3 c'est étrange je n'arrive pas à l'identifier.

Arrivé en haut du talus, sur le chemin de la carrière, j'aperçois deux gros camions qui viennent de déposer des gravas d'où le bruit du battant de la benne. Ils ont dû faire fuir tout le monde aux alentours. Je traverse le chemin blanc poussiéreux pour me caler contre un grand champ de blé et laisser passer les camions. Je me débats un moment au milieu de la poussière que les poids lourds ont soulevé au passage et commence à longer le blé en cuvette sur la crête de droite, une haie masque ma progression.

Je vais jeter un rapide coup d'œil sur le penchant en friche à ma droite mais le brocard et la chevrette, présents en temps normal à cette heure, s'ils y étaient ont fui le bruit des camions. Je reviens à ma haie et observe, au travers des trouées, le champ que le soleil a commencé a doré. Arrivé au bout de la haie, une tache sombre attire mon attention à environ 200 mètres sur le penchant de blé d'en face.

J'observe un moment et finis par distinguer une tête de brocard au gagnage. Le vent est face à moi, il est en dessous, je décide de revenir en arrière sur 50 mètres, traverse la haie pour arriver au bord du blé et marque un temps d'arrêt pour l'observer. Il regarde vers mon penchant, les oreilles quillées mais se remet vite à manger.

Je progresse un moment à genoux, poussant l'arc devant moi puis prends le premier passage de roue pour poursuivre ma progression. Je m'arrête tous les 2 à 5 mètres pour observer. Il marque des pauses, regardant mon penchant mais ne semble pas m'avoir repéré, je poursuis. Les genoux endoloris par la marque des roues du tracteur durcie au soleil, je vais avancer ainsi de 100 mètres environ.

J'observe, il ne m'a toujours pas remarqué. Il me faut maintenant descendre mais comment faire, le blé m'arrive à la taille et je serais vite repéré. Je décide de me mettre sur le dos, la tête dans le sens de la pente, l'arc sur mon torse et de progresser ainsi en poussant avec les jambes. Je m'arrête régulièrement mais mon manège ne semble même pas l'inquiéter.

J'ai fait encore 70 mètres environ. Il me reste 20 mètres à parcourir pour arriver au fossé qui sépare les 2 vallons. Il baisse la tête, j'en profite pour me relever et progresser rapidement vers le fossé que je franchis d'un bon. D'en haut, il me semblait le voir au deuxième passage de tracteur de ce versant. D'ici le faible relief du champ m'empêche de le voir. J'ai le soleil dans les yeux. Je progresse donc à pas feutrés vers le passage de tracteur et le suit pas à pas vers ma proie.

Il est à plus de 100 mètres encore mais je n'arrive pas à le voir. Arrivé à 50 mètres du brocard, je finis par apercevoir le bout de ses bois. Mon cœur s'emballe comme ça ne m'était pas arrivé depuis quelques temps. J'accroche mon décocheur et me remets en marche, sur la pointe des pieds à pas lent, le dos voûté, marquant de très nombreux arrêts.

Je finis par arriver à 10 mètres de lui, il est à 3 mètres du passage plein travers. Il baisse la tête, j'arme et avance doucement pour me caler à 3 mètres de lui. Je me baisse dans le passage de tracteur. Il relève la tête, regarde au-dessus de moi sans me voir puis rebaisse la tête. Je me redresse, j'aperçois légèrement son dos. Je cale mon viseur 20 centimètres sous la ligne du dos et décoche.

Un rond de 2 mètres de diamètre de blé se couche puis plus rien. Je reste sans bouger, sans réaction quand le blé se remet à bouger sur place. Je comprends, j'ai fait une flèche de colonne, je me précipite vers lui et le sert avant d'apposer mon bracelet. C'est le premier de l'année et le plus beau que j'ai prélevé à l'arc.

Un vieux prince dans les blés, 11 juin 2009

Alex

 

Atteinte :

Un vieux prince dans les blés, 11 juin 2009

Trophée :

Un vieux prince dans les blés, 11 juin 2009
Un vieux prince dans les blés, 11 juin 2009

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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 22:20

Ce soir, vers 20 heures, je gare ma voiture dans un chaume de blé au bord du chemin. J’enfile mes gants, ma cagoule, ferme le bracelet de mon décocheur et commence à descendre mon arc à la main vers la lisière du bois. Je la longe jusqu’au chemin forestier qui descends vers le champ, cette année semé de tournesols.

Arrivé en bas du chemin, je balaie lentement du regard le tournesol. Pas un chevreuil, Je contrôle le vent léger, il vient de ma gauche, je décide donc de progresser avec le vent dans le dos pour ensuite revenir sur mes pas et longer tout le champ à bon vent. Je progresse tranquillement en essayant de faire le moins de bruit possible.

Je vais arriver au coin du bois quand j’aperçois une chevrette dans le chaume de blé en continuité du bois. Elle m’a vu et me regarde. Je reste un petit moment sans bouger puis avance vers elle. Elle démarre et détale en me tournant le dos, traverse la haie de grands peupliers bordant un fossé qui sépare le chaume de blé du champ de tournesol, traverse la bande enherbée pour disparaître à bien 100 mètres dans le tournesol.

En la suivant des yeux, j’aperçois une silhouette rousse en bordure du tournesol. Je décide de m’approcher doucement. Ce chevreuil semble occupé à manger. Je progresse lentement quand il décide de sortir sur la bande enherbée et de venir droit sur moi, c’est un brocard. Je tente de me camoufler derrière les branches basses d’un peuplier alors qu’il se rapproche rapidement en zigzagant et en reniflant le sol.

J’arme mon arc. Mon cœur s’emballe un moment. Il prend le contre-pied de la chevrette et arrive à quelques mètres de moi, il est maintenant plein travers à 5 mètres environ, je suis sous le vent mais la chevrette l’obsède tellement que mon odeur ne le trouble pas. Ses bois sont hauts et fins, je le vise mais les branches me gênent. Il saute le fossé et alors que je pivote lentement pour le tirer dans le chaume ma flèche s’accroche à une branche et vient taper ma fenêtre d’arc dans un bruit métallique qui fait fuir le brocard en aboyant. Je tente de le tourner pour le faire revenir en l’aboyant mais rien n’y fait.  

Je reste un moment à observer mais il semble parti, je poursuis donc ma progression. Quand je l’aperçois 60 à 70 mètres plus loin qui ressort du tournesol pour traverser le fossé et revenir dans le chaume. Il fait rapidement demi-tour, retourne dans les tournesols puis ressort et longe la bordure du champ en venant vers moi sur environ 10 mètres et rerentre dans le tournesol.

J’en profite pour me caler à genoux dans l’herbe haute contre la haie de peupliers. J’attends un moment espérant le voir revenir mais rien. Je me relève et avance doucement vers le bout du champ. Quand j’arrive à la mare, je l’entends aboyer dans le bois d’en face un moment puis plus rien. J’attends un moment puis retourne en arrière en longeant l’autre côté du champ qui fait une bande étroite à cet endroit au pied d’un travers boisé.

Le tournesol est très clair, de nombreux pieds ont été mangés par les chevreuils. Arrivé à une zone où le tournesol touche le bois et ne permet plus d’avancer sans bruit, je traverse la bande étroite des tournesols pour regagner la bande enherbée bordée par les peupliers. J’avance doucement en marquant des arrêts fréquents pour observer mais rien, pas un chevreuil.  

Arrivé en face d'un chemin forestier, dans une zone où le champ est pelé suite à un abat d’eau qui a emporté la semence, j’aperçois un chevreuil. Il tourne la tête et regarde en arrière alors qu’un second chevreuil arrive sur ses pas au trot, ils m’ont repéré et détalent rapidement vers l’îlot boisé à l’autre bout du champ.

Ils disparaissent alors que je reprends ma progression. Tout à coup, j’aperçois un brocard en bordure du champ sur la bande enherbée de l’autre côté. Je me baisse et me mets à genoux contre la bordure du champ pour l’observer. Il mange paisiblement, le temps passe et je me rends compte qu’il progresse maintenant sur la bande enherbée et ne semble pas vouloir se rapprocher.

Je tente donc une approche, baissé le plus possible, je longe les tournesols pour le dépasser, m’arrêtant souvent pour le regarder, mais il accélère. M’a-t-il remarqué ? Je rentre dans le tournesol prenant les passages les plus espacés pour me rapprocher quand, tout à coup, j’aperçois une chevrette qui m’observait et qui détale au moment où je marque un arrêt.

Le brocard finit par me dépasser et semble descendre vers l’îlot boisé où a disparu la chevrette, j’essaie d’avancer le plus vite possible, baissé un maximum en essayant de ne pas faire de bruit. Mais alors que je pensais voir disparaître mon brocard, il fait demi tour et zigzague tranquillement dans les tournesols la tête baissée alors que j’avance vers lui.  

Je le perds un moment de vue mais je continue à avancer dans sa direction. Je marque un arrêt me redresse un peu quand j’aperçois un brocard qui longe l’îlot et vient droit vers moi. Je me baisse et attends un peu mais il semble qu’il va passer plus haut. Je monte un peu alors qu’il zigzague la tête baissée quand il s’arrête brusquement avant de foncer droit sur moi. Il m’a pris pour un congénère. Je me mets à genoux, arme mon arc et attends. Il arrive au trop et s’arrête à 4 mètres.

Tout va très vite, j’aligne ma visée sur son épaule et lâche ma flèche qui le frappe en plein cou et le sèche net sur place alors qu'il avait déjà amorcé son demi-tour. Je m’approche, il saigne abondamment par le trou d’entrée de la flèche que la vertèbre a arrêté net. Il s'immobilise assez rapidement. Une fois mort, je tente de lui retirer la flèche mais c’est impossible alors je dévisse la lame qui reste fichée dans la vertèbre et récupère ma flèche pour la ranger sur mon carquois. Je laisse sur place et avance un peu dans le champ pour observer un peu le mouvement avant de partir. Pas le moindre chevreuil, seulement un lapin à peine aperçu au moment où il rentrait dans l’îlot boisé.

Un assassin dans les tournesols, 6 août 2008

Alex

 

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Un assassin dans les tournesols, 6 août 2008

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Un assassin dans les tournesols, 6 août 2008

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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 18:46

Je me gare sur le parking situé sur la digue du lac qui est aujourd’hui recouvert d’une nappe de brouillard. Je suis en train de prendre mon arc quand un bruit attire mon attention sur la berge du lac, l’eau bouge à quelques dizaines de mètres de la digue mais la végétation m’empêche d’en voir plus.

Je prends mon petit sac à dos avec ma canne à pêche pour récupérer les flèches puis me dirige vers ce remous en contournant un bouquet d’arbres qui a poussé dans l’angle lac, quand j’aperçois deux ragondins qui s’éloignent du bord. Le premier progresse en s’arrêtant plusieurs fois pour stopper à environ 25 mètres du bord, le second est à environ 5 mètres du bord à une quarantaine de mètres de l’endroit où je me trouve.

Je laisse donc le premier un peu trop loin, occupé à me regarder et me dirige lentement vers le second en armant mon arc pour être prêt à tirer mais, alors que je suis à environ 20 mètres de lui, il démarre et s’éloigne du bord. Je tente donc une flèche mais le manque, il plonge, ce qui fait plonger son compère, ils disparaissent tous les deux.    

Le brouillard ne me permet qu’un champ de vision limité, 50 mètres maximum. Je prends ma canne à pêche la déplie et commence à ramener ma flèche quand une voiture s’approche et s’arrête à proximité alors que je récupère ma flèche. Une personne descend vers la bordure du lac, je lui lance un bonjour puis me rapproche et répète mon bonjour, il me répond.

Après avoir discuté un peu, je repars en chasse en longeant la berge. Un peu plus loin deux autres ragondins. Je m’approche lentement en essayant de camoufler mon déplacement derrière le feuillage d’un arbre qui se situe à une distance raisonnable des ragondins et devrait me permettre de tenter un tir.    

J’approche sans voir la réaction des ragondins que l’arbre me cache. Arrivé derrière ce dernier, je m’aperçois que les ragondins se sont remis en mouvement. Ils avancent rapidement sur l’eau en longeant la berge, je presse le pas mais après être passé derrière un petit bouquet d’arbres qui me les masque un temps, je les perds de vu.    

Je progresse toujours en suivant la berge, encore deux ragondins, le premier est à distance raisonnable, j’arme mais ils plongent, l’un d'eux remonte un peu loin et je tente une flèche mais je le manque. Plusieurs ragondins font du sur place à plus de 50 mètres du bord. Les carpes se poursuivent et font un raffut impressionnant, elles sont en pleine période de frai.

Je tente de récupérer ma flèche avec ma canne à pêche mais le fil casse et le bout de bois qui me sert à récupérer mes flèches retombe dans le lac. Il me semble que le vent est bon, il devrait ramener la flèche au bord, de toute façon je n’ai pas d’autre bout de bois sous la main. Je reviendrai chercher ma flèche plus tard.

Je n’ai pas de chance ce matin, un peu plus loin un petit ruisseau se jette dans le lac au niveau d’un V dessiné sur environ 100 mètres par des arbres. Plusieurs arbustes noyés servent de support à des nids, sur l’un d’eux un grèbe qui plonge en me voyant. Arrivé en limite des arbres, j’aperçois un ragondin à environ 5 mètres mais il plonge rapidement pour remonter sous le couvert d’un gros arbuste contre le nid d’une foulque.

Se sentant repéré, il plonge à nouveau et disparaît. Je récupère un bout de bois en Y planté pour servir de repose canne et refais mon montage pour récupérer mes flèches quand les grognements de deux ragondins et le mouvement des herbes un peu plus loin attirent mon attention.

Je m’approche doucement mais la végétation abondante m’empêche de les voir et ils finissent par disparaître dans les ronces. Je rejoins le passage busé qui traverse le ruisseau un peu plus loin et en amont duquel l’eau bouge. J’arme mon arc et m’approche, une zone d’eau non recouverte par la végétation permettrait un tir mais le ragondin est sous couvert de la végétation qui enjambe le ruisseau. Il grogne et ne semble pas disposé à sortir.

Je poursuis donc ma progression vers le ruisseau principal d’alimentation du lac quand un petit ragondin surgit et plonge immédiatement sans remonter à la surface, un gros ragondin, certainement sa mère, déboule du champ de blé qui longe le lac et se jette à l’eau. Je tire une première flèche qui passe devant le ragondin puis une seconde qui passe juste au-dessus alors qu’il s’éloigne tranquillement comme si de rien n’était.

Je récupère mes deux flèches en avançant dans l’eau peu profonde car la végétation m’empêche de les ramener avec ma canne et, à ma grande surprise, alors que mon arc est posé à quelques mètres de moi sur la berge, le petit ragondin, resté accroché à la végétation au fond du lac, refait surface à quelques mètres de moi puis replonge aussitôt pour disparaître.    

Je poursuis vers le chemin de terre qui traverse le ruisseau d’alimentation au bout du lac. Ce chemin borde la largeur d’un champ de blé. Il semble qu’aucun ragondin ne mange le blé, déjà très attaqué sur une bande de plusieurs mètres, en bordure du ruisseau dans lequel je n’aperçois pas non plus les gros rongeurs.

Je fais donc demi-tour pour aller chercher ma flèche. Mais cette dernière a dérivé vers la berge opposée et est bien trop loin pour être rattrapée avec ma canne à pêche.

Le brouillard se lève peu à peu et le soleil commence à se faire de plus en plus présent. Je décide de revenir plus tard pour la récupérer en face.      

Finalement, je vais plutôt faire le tour du lac, il y a peu de chance de voir d’autres ragondins de ce côté. Je marche tranquillement entre le blé et le lac sur le chemin de terre qui en fait le tour quand un mouvement attire mon attention dans le blé.

Il me semble avoir vu un petit oiseau noir voler sur quelques mètres au ras des épis et plonger brutalement dans le blé. Je m’arrête et observe un moment, il s’agit en fait d’un brocard dont seuls les bois et les oreilles dépassent de la végétation quand il relève un peu la tête. Il avance lentement à moins de 10 mètres du bord du champ et vient dans ma direction.

Je me baisse et m’agenouille en bordure du blé mais plus rien, je me redresse et aperçois ses bois qui dépassent un peu plus loin. Je m’approche doucement en me baissant et en longeant le champ alors qu’il reprend sa marche, d’abord au petit trot sur quelques mètres puis tranquillement en marquant des arrêts brefs. Il se rapproche, seule sa tête et parfois une partie de son cou dépassent du blé, il est maintenant à portée de tir.

J’arme mon arc et le vise en attendant un arrêt. Il marque un premier arrêt, je tente de le viser en essayant d’estimer la position du coffre mais ce n’est pas facile, il repart et, alors qu’il marque un deuxième arrêt, je décoche ma flèche en visant un point que j’imagine être le milieu du coffre. Un bruit sourd à l’impact m’indique que je l’ai touché.

Il démarre en trombe en bondissant et disparaît dans le blé. Je m’approche doucement de l’endroit du tir où je trouve de suite du sang bien rouge mais l’épaisse végétation ne me permet pas de localiser ma flèche. Le chevreuil est parti en suivant le passage du tracteur et le sang est projeté des deux cotés sur le blé.

Je suis la piste assez facile à suivre, ce sang abondant et bien rouge me conforte dans l’idée d’une bonne flèche. La piste finit par obliquer vers la route, la coulée très marquée et maculée de sang me conduit à mon chevreuil sans vie qui repose dans le blé.

Ma flèche est rentrée un peu haute, en arrière du coffre et ressort en plein milieu de ce dernier du côté opposé, les deux poumons ont été touchés.

 
Une sortie au bord du lac, 30 juin 2008

Alex

 

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Une sortie au bord du lac, 30 juin 2008

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Une sortie au bord du lac, 30 juin 2008

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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 18:44

Cette année, la fédération départementale des chasseurs du Gers a mis en place une nouvelle réglementation pour le prélèvement des brocards en tir d’été. Chaque société de chasse doit réaliser au moins 50 % de ses tirs d’été sur des brocards dont le trophée ne dépasse pas 4 pointes.

La petite société privée où je prends 1 de mes tirs d’été depuis 3 ans n’a qu’un seul bracelet pour cette période, je n’ai donc pas le choix, je dois flécher un 4 pointes au plus. N’étant pas très attaché à la valeur du trophée, les années précédentes, je partais du principe que le premier brocard que je parvenais à approcher étais celui que je fléchais, mais cette année cela s’annonce plus compliqué.

Le territoire où je chasse est morcelé en deux zones géographiquement bien séparées, une zone de prairies vallonnées entrecoupées de bandes boisées plus ou moins importantes et entourées de cultures (blé, orge et colza cette année), cette zone est limitrophe avec les sociétés de chasse de Pavie, d’Auterrive et de Pessan. L’autre zone en cuvette est composée de cultures (blé et tournesols cette année) entourées de penchants boisés, elle est limitrophe des sociétés de chasse de Pavie et de Lasséran. Les deux années précédentes j’ai fléché mes deux brocards sur la deuxième zone. Je décide donc de tenter de flécher mon brocard en limite d’Auterrive.  

Après plusieurs sorties depuis le premier juin, je m’aperçois rapidement que cette zone peu chassée est très fournie en brocards (au moins 9 différents sur 90 hectares) mais que la quasi-totalité des animaux sont de grands brocards de six pointes, je pense que ces brocards de belle stature maintiennent les jeunes sur la périphérie du territoire. De plus les mâles de petites statures sont rendus très méfiants par ce harcèlement et je me rends vite compte qu’ils sont très difficiles à approcher.  

Je décide donc, ce matin, de tenter ma chance sur l’autre partie du territoire. Sur le chemin, il bruine mais cette pluie fine s’arrête rapidement. Arrivé sur place à 5h45, Je me gare le long d’un blé qui surplombe le territoire. Je me prépare tranquillement, j’enfile mes gants, ma cagoule, ferme le brassard de mon décocheur alors qu’une petite brise souffle sur ma gauche.

J’arrache quelques brins d’herbes que je jette en l’air, leur chute dans le sens du vent conforte mon sentiment. Le sol et la végétation sont humides, mon pantalon camo ainsi que mes chaussures sont rapidement détrempés alors que je traverse le blé pour arriver au bord du bois.

Je suis la bordure du bois sur une centaine de mètres sur ma droite puis emprunte un chemin de terre qui le traverse pour me conduire au champ de tournesol un peu plus bas. Je descends tranquillement le chemin pour arriver sur la bande enherbée du champ de tournesol. Je suis encore sous le couvert des arbres quand un lapin détale du milieu du champ pour rentrer à couvert. Je tends la tête pour voir si un chevreuil n’est pas au gagnage.

Les pieds de tournesol ne dépassant pas encore 15 centimètres, la vue est dégagée et me permet de scruter la quasi-totalité de la zone non boisée. Pas un seul chevreuil, je reprends ma marche en longeant le bois sur ma gauche. Quelques mètres plus loin, je m’aperçois que les sangliers sont passés cette nuit, des traces fraîches longent la bande enherbée, un gros pied et plusieurs autres plus petits.

Je poursuis en suivant la bordure du champ et arrive au coin du bois qui remonte à angle droit sur 50 mètres environ puis tourne à 90° sur 100 mètre en prolongement de la limite blé/tournesol, toujours pas de chevreuil. Un gros îlot boisé au milieu du champ de tournesol sert souvent de remise aux petits cervidés mais aujourd’hui pas de mouvement de ce côté-là non plus.

Je longe toujours le bois, d’autres pieds de sangliers, certains d’aujourd’hui et d’autres plus vieux, ils doivent être sur le secteur. Arrivé au bord du champ de blé, la bande enherbée se termine et le bois remonte à nouveau à angle droit vers le chemin que j’ai pris pour venir en voiture.

Je remonte, toujours le long du bois sur environ 150 mètres puis repars vers la voiture, une bande de blé sépare le chemin du bois. Le vent a tourné, il vient maintenant face à moi et je me retrouve à nouveau à bon vent. Les sangliers ont donné quelques coups de nez dans le blé.

J’avance doucement quand, au niveau d’une zone où le blé est mêlé de chardons et de hautes herbes, une chevrette détale vers le chemin et traverse côté Lasséran pour disparaître dans un autre champ de blé. Je continue doucement et finis par apercevoir la voiture. J’hésite, il est 6h45 environ, soit je vais faire un tour sur l’autre zone, soit je tente de refaire le tour que je viens de faire.  

Je décide finalement de redescendre le chemin forestier pour surveiller le champ de tournesol. Arrivé en bas, comme tout à l’heure, je tends la tête pour voir si un chevreuil n’a pas fait son apparition.

Cette fois, j’aperçois une silhouette rousse en plein milieu du tournesol sur ma droite. Le vent est bon. Le chevreuil semble me regarder mais il finit par se remettre à manger et me tourne le dos. La grande distance (200 mètres environ) qui nous sépare ne me permet pas de voir s’il s’agit d’un brocard ou d’une chevrette, sa morphologie n’est pas celle d’un grand brocard et j’ai l’impression que cet animal est maigre de plus sa démarche me parait bizarre.

Je décide de tenter une approche. J’avance de quelques mètres en longeant le bois sur la bande enherbée pour me retrouver partiellement caché derrière une branche feuillue. Je regarde le chevreuil au travers des feuilles et ce dernier semble revenir vers moi, je me baisse, alors qu’il est occupé à manger un petit pied de tournesol, et me retrouve sous la branche. Je reste là un petit moment, il reprends à nouveau sa marche et me tourne à nouveau le dos. Il avance de quelques pas, mange puis avance à nouveau.

Je tente alors de me rapprocher. Je passe sous le branche puis avance de quelques pas en longeant le bois, je reste collé un maximum à la lisière dont la bordure très épaisse forme un véritable mur vert, je progresse lentement à moitié baissé en essayant de fondre le plus possible ma silhouette dans le décor.    

Je m’arrête, il regarde vers moi un moment puis fait sa toilette, il m’a peut être repéré, je reste immobile jusqu’à ce qui il se remette en marche. Il se rapproche du bois, je tente de m’approcher un peu plus, les branches sèches sont très cassantes et j’ai toutes les peines du monde à les éviter. Les sangliers sont aussi passés par là, à en juger par les nombreux coups de nez qu’ils ont donné pour déraciner les bulbes.

Je suis encore à 100 mètres au moins. J’avance doucement toujours collé au bois et marque une pause à chaque fois qu’il se redresse ou que sa position peut lui permettre de me repérer. Il semble très calme. Il finit par se rapprocher du bois et arrive dans une zone ou la végétation haute me le masque presque totalement, seul un peu de roux contraste avec le vert.

Je marque une pause et l’observe, il semble occupé à manger les feuilles contre le bois. Je finis par ne plus le voir, je tente une sortie, je progresse plus rapidement sur une vingtaine de mètres puis me recolle au bois alors que je l’aperçois à nouveau. Je suis à 50 mètres environ. Je ne sais toujours pas si c’est un brocard. Je commence alors une progression très lente sur la pointe des pieds, à l’affût de la moindre réaction suspecte de sa part, mais il semble ne pas me prêter attention.

Plusieurs fois, il relève la tête, les oreilles orientées vers moi et se remet à brouter le feuillage comme si de rien n’était. A environ 30 mètres, je marque un temps d’arrêt pour l’observer et j’arrive à distinguer de petit bois, c’est un 4 pointes. Encore quelques pas et arrivé à environ 25 mètres, je me baisse doucement pour disparaître de son champ de vision masqué par la végétation qui l’entoure et arme mon arc.

Je me redresse très doucement, il est toujours occupé à manger. Je fais encore quelques pas et me retrouve à moins de 20 mètres de lui, j’aligne ma visée et lâche ma flèche juste au moment où il tourne la tête vers moi.

Un bruit sourd, il me semble être un peu en arrière, mon brocard s’effondre sur place puis se relève et part avec peine pour rentrer dans le bois. Je l’entends quelques instants dans le bois puis plus rien. Mais alors que je m’approche de la zone du tir pour tenter de retrouver ma flèche des aboiements retentissent dans le bois dans la direction de fuite de mon chevreuil.  

Le doute s’installe, je regarde le sol mais je ne retrouve ni de sang ni ma flèche. Les aboiements sont de plus en plus insistants et le chevreuil se met en mouvement. Il finit par sortir du bois 100 mètres plus loin au coin du massif. Il avance en plein découvert en aboyant de plus belle alors que je me baisse pour m’accroupir dans les herbes hautes. J’encoche une deuxième flèche et commence à répondre à ses aboiements par d’autres aboiements.

Il vient droit sur moi jusqu’à environ 40 mètres toujours en aboyant et moi à lui répondre. Il me semble que ses bois sont plus allongés que tout à l’heure. Puis il stoppe un moment face à moi, feint de brouter relève la tête plusieurs fois de suite, avance de quelques pas saccadés en tapant les sabots au sol. Puis se remet à aboyer avant de s’éloigner pour revenir dès que je l’aboie à nouveau.

Sa démarche empotée ressemble à celle de tout à l’heure mais il est parfaitement en forme ce qui me fait comprendre que c’est la terre collante qui lui donne cette démarche et non le fait qu’il puisse être malade.

Au bout de quelques minutes de ce manège, il finit par s’éloigner en aboyant alors qu’un autre chevreuil lui répond dans le bois d’en face. Il est déjà loin quand je me relève en remettant ma flèche dans mon carquois d’arc et c’est alors que j’aperçois ma flèche, plantée au sol, à environ 5 mètres, l’empennage rougi de sang.  

Je n’y comprends plus rien, je me retourne et m’aperçois que je ne cherchais pas assez loin. Peu avant la flèche de grosses traces de sang qui rentrent dans le bois. Je récupère ma flèche et rentre dans le bois par la coulée empruntée par mon brocard. J’enjambe un petit ru qui longe la bordure interne du bois.

Le sang est bien rouge et la piste est assez facile à suivre. Je remonte doucement la pente boisée en suivant les indices sur environ 30 mètres puis tourne vers la droite pour faire encore environ 15 mètres et arriver sur mon chevreuil qui repose sur le ventre, les pattes écartés et la tête en arrière.

La flèche a bien tapé en arrière au niveau des reins et ressort dans le cuissot opposé. Il n’est pas du tout maigre comme je le pensais au départ. J’encoche et appose mon bracelet en repensant à ce change surréaliste qui m’a fait même douter un moment d’avoir entendu le bruit de l’impact de ma flèche sur l’animal.

Je rentre avec mon chevreuil à la voiture la tête pleine des images de cette chasse mémorable.  

Au dépeçage, je m’apercevrai que la flèche a tranché l’artère surrénale et un rein en passant juste sous la colonne vertébrale. Ce jeune brocard est infesté de grosses larves blanches qui grouillent dans ses naseaux.

L’examen de la dentition me fait penser qu’il n’a pas deux ans, une dent de lait s’est même détachée lors de la préparation du trophée.  

Un petit brocard 4 pointes, 9 juin 2008

Alex

 

Trophée :

Un petit brocard 4 pointes, 9 juin 2008

Atteinte :

Un petit brocard 4 pointes, 9 juin 2008

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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