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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 15:01

Hier soir, la chaleur moite était assez désagréable, je décide de partir vers 19 heures pour ma zone de chasse. Ce soir je vais chasser le secteur que nous avons chassé avec l’ASCA32 le 20 décembre en battue. Arrivé sur place je me gare au bord du chemin de terre qui traverse l’Osse. En me préparant je jette un coup d’œil sur le grand champ de blé derrière moi de l’autre côté de la route. Pas de chevreuil en vue. Je passe le petit pont de l’Osse et traverse un petit champ de blé étroit pour rejoindre le bord de la vielle Osse (ancien trajet de la rivière, ce bras mort borde, de gauche à droite, une plantation de peuplier accolée à un taillis de repousses de frênes, de buissons noir et de ronces.

L’eau est agitée, une famille de colverts, une cane et ses gros canetons s’éparpillent en tous sens en gazouillant. Je longe le haut du talus pour atteindre le passage, constitués de vieux pylônes EDF en béton agrémentés d’une rambarde en bois, qui permet d’atteindre une vielle palombière défraîchie. La végétation a tellement poussée depuis cet hiver que je peine à trouver le passage. Je finis par le trouver et traverse la vielle Osse puis le bois en passant par un passage au travers du tunnel de la palombière.

Je ressors dans un semé de soja. Le sol dénudé est peu propice aux rencontres et au camouflage. Sur ma droite, de l’autre côté d’une haie épaisse, une volée de colvert est posée au bord du bois qui me fait face, dans le semé de soja. Je passe le passage de la haie pour regarder de l’autre côté, les colverts s’envolent. Je champ immense donne une vue dégagée sur les alentours. Pas un chevreuil en vue.

Il fait encore trop chaud, je décide de faire un peu d’affût en attendant que la température diminue un peu. Je fais demi-tour et longe la bordure du bois pour atteindre une très grosse coulée qui rentre dans le taillis. Je rentre dans le bois, la coulée est très marquée, l’herbe est piétinée, le sol est jonché de traces de chevreuils et de sangliers.

Je progresse lentement en me faufilant dans la végétation, je coupe les branchettes qui me gênent à l’aide de mon sécateur. Un peu moins de 100 mètres plus loin, un mouvement dans l’herbe qui tapisse le sous-bois me fait stopper net. Un renard vient de quiller la tête, il était, semble t-il, couché et mon approche l’a dérangé. Il cherche un moment d’où vient ce bruit puis se recouche. Il est à 25 mètres environ, je tente une approche. Je me rapproche très lentement et parviens à 10 mètres environ du renard mais un léger craquement lui fait à nouveau quiller la tête. Je me fige, les petits frênes font écran et ne laissent pas de vraie fenêtre. Il scrute les alentour, cherchant d’où vient ce bruit alors que je tente de résister à l’assaut de dizaines de moustiques affamés. Le vent est bon mais au bout d’un moment il finit par se lever et s’enfoncer plus en avant dans le taillis.

Je décide de faire mon affût au sol dans le secteur. Je coupe quelques branchettes pour me faire des fenêtres de tir et l’attente commence. Une myriade de moustiques me persécute et les piqûres s’enchaînent dans la chaleur moite. Plus d’une heure plus tard rien en vue à part les oiseaux qui passent et repassent en emplissant le sous-bois de leur chant et les hennissements répété d’un cheval. Je renonce et reprends ma progression pour me retrouver 200 mètres plus loin face à un mur de ronces. Je fais demi-tour et rentre par la bordure de la vielle Osse.

Je ressors du bois et longe au bord du blé, toujours pas de chevreuil. Je reviens vers la voiture, traverse l’Osse puis la route et rentre dans le grand champ de blé par un passage de tracteur. Je commence ma progression mais me ravise vite je vais plutôt aller faire un tour vers les peupliers. Je reviens en arrière et aperçois un ragondin qui longe la rive de l’Osse. Il remonte sur la berge, broute un peu, vient vers moi, remonte sur la berge à 5 mètres de moi. « Oh là, tu en fais trop mon ami ». Je change ma flèche et prends une flèche équipée d’une snuffer que j’ai sur mon carquois justement à cet effet. J’arme et vise mais le ragondin qui remonte le talus vient de disparaître dans la végétation ne laissant dépasser que sa queue. Je tente de deviner sa position quand il fait demi-tour et revient vers l’eau. Il marque un temps d’arrêt. Mais alors que je décoche il recommence à avancer, ma flèche trop en arrière le clou à la berge. Il se débat, se dégage et plonge pour remonter 30 mètres en amont avant que je le perde de vue. Je descends chercher ma flèche couverte de contenu stomacal. Mon ragondin est condamné. Je longe un moment l’Osse mais je n’arrive pas à le retrouver. Je fais demi-tour.

Traverse la rivière et le blé pour me coller à la vielle Osse. J’arrive à la peupleraie. Je rentre à l’intérieur et dérange des jeunes corbeaux qui s’envolent e tous sens. Le sous-bois a été retourné par un outil agricole et la végétation a fait place à une terre à la surface accidentée et craquante. Ma progression est un peu bruyante. J’arrive à un passage où la vielle Osse est presque à sec. Je décide de traverser et m’enfonce dans la vase en sautant sur la rive opposée. Je me dégage et remonte le talus d’en face.

Au sommet du talus, je me retrouve face à face avec une chevrette qui m’observe à 35 mètres au milieu du champ pelé. Je me basse dans la végétation. Un beau brocard l’accompagne, il est en bordure du bois 45 à 50 mètres à ma gauche. A chevrette me fixe intensément. Que faire, le brocard ne m’a pas vu mais la chevrette ne me quitte pas des yeux. Je vais tenter le tout pour le tout. Comme ce matin, j’appelle la chevrette avec une herbe coincée entre mes pouces en espérant que le brocard la suive. La réaction est immédiate, la chevrette biaise pour se rapprocher de moi et le brocard longe la bordure du bois pour venir droit sur moi. J’espace de plus en plus mes appels pour que le brocard rattrape la chevrette avant que celle-ci soit trop près. A 20 mètres, celle-ci s’arrête et se baisse de l’arrière train pour uriner en me fixant. Elle reprend sa marche à mon appel mais elle arrive trop vite. Je stoppe mes appels, le brocard n’est qu’à 40 mètres. Le vent est bon, j’ai un peu d’espoir, je suis tapi dans l’herbe mais tout à coup la chevrette fait volteface et part vers le brocard à grands bons en aboyant. Ils disparaissent tout 2 dans le bois.

Je quitte ma position et longe le bois pour revenir vers le semé de soja. En arrivant au coin du bois j’aperçois un lapin couché sur le flanc à 10 mètres de la bordure du bois. Il ne bouge pas à mon approche puis finit tout de même par se redresser et rentrer au bois. En longeant le bois, j’arrive près d’une ferme et passe une première clôture électrique. Un cheval vient à ma rencontre et je l’arrête d’un « chtt » en agitant les bras. Je ne suis pas trop fan de ses animaux. Il s’arrête là et se remet à brouter me laissant passer. Au moment où je passe la seconde clôture électrique je me redresse un peu trop vite et la sanction est immédiate. Une violente douleur me frappe entre les omoplates. Cette contracture met un moment à passer alors que je traverse un autre enclos avec cette fois 3 autres chevaux.  

Je traverse l’enclos et arrive à une haie épaisse. Un coq faisan chante de l’autre côté. Je longe la haie et finis par trouver un passage pour la traverser. J’arrive dans une prairie. L’herbe est encore haute sur 20 mètres contre la haie, le reste qui borde une parcelle de blé est fauché et parsemé de balles rondes. Une buse dévore sa proie perchée sur l’une d’elle, le coq faisan traverse au milieu de la zone fauchée. Pas le moindre chevreuil. Je poursuis jusqu’à une autre hais épaisse et rejoint le passage au ras du bois.

Je la traverse, un lièvre, assis dans le semé de soja, détale. Plus loin, à plus de 100 mètres sur ma gauche, j’aperçois un chevreuil qui broute dans le soja. Je tente de me rapprocher en longeant la haie. J’aperçois alors un autre chevreuil, à 400 mètres environ, qui progresse dans l’immense champ de soja de l’autre côté de l’autre haie. Le chevreuil finit par me voir et je décide d’abandonner. Je traverse en plein champ, le chevreuil détale et rentre au bois.

Je pars vers l’autre chevreuil, je pensais qu’il biaisait vers le bois mais il est en plein champ et inapprochable. La nuit sera bientôt là, je rentre.

 

Alex

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 11:43

Ce matin, arrivé sur ma zone de chasse vers 5h50, je me dépêche de me préparer car vil fait déjà jour, j’ai mal jugé l’heure de lever du soleil. Le ciel est couvert ce matin, la végétation est couverte de rosée. Une fois prêt je pars en chasse.

Je commence par longer le chemin de terre qui suit le fond de la vallée. Je n’ai pas fais 200 mètres qu’un chevrette démarre dans les hautes herbes à 10 mètres de moi sur la bordure droite du chemin. Elle remonte vers le bosquet en crête de coteau à travers les hautes herbes. Elle s’arrête à mis pente pour savoir ce qui l’a dérangé puis redémarre en aboyant en me voyant.

Je continue mon chemin. Les semés de tournesol et les champ de blé se succèdent, entrecoupés de haie, des 2 côtés du chemin. Devant quelque chose vient de quitter le chemin. J’avance silencieusement mais rapidement et aperçois à 70 mètres, un lièvre qui se promène dans le semé de tournesol qui borde un bois tout en long sur la droite du chemin. Il finit par me voir et détale pour rentrer dans le bois. Un peu plus loin un autre lièvre me regarde arriver assis et imite son congénère à mon approche. Encore un peu plus loin un autre lièvre quitte le blé sur la droite du chemin et avance tranquillement dans le semé de tournesol après avoir traversé le chemin. Il démarre à mon approche et part vers le haut des coteaux.

Le chemin traverse une haie avant de longer 2 lacs. L’eau bouge en surface et je finis par distinguer 2 colverts en surface du premier lac. En me voyant ils décollent entraînant avec eux une dizaine de canards.

Le chemin bifurque sur la droite pour remonter dans les coteaux. Je le suis et monte vers une ferme abandonnée qui domine un lac. Des dizaines de minuscules crapauds sautillent sur le chemin et je tente de ne pas les écraser.

Je quitte le chemin au dessus du lac pour rentrer dans les vignes, je progresse à flanc de coteau traversant successivement des vignes et des champs de blé. Dans la seconde vigne, j’aperçois encore un lièvre entre 2 rangs, il est assis et me regarde un instant avant de descendre le sillon pour disparaître. Un peu plus loin un lapin en boule est immobile au milieu du chemin et me laisse approcher. « Il doit être malade ». Je me rapproche sans prendre de précautions particulières et mon lapin finalement tout à fait en forme démarre et rentre dans la vigne. 

Je finis par rejoindre la route de crête et la traverse pour chasser au tour du plus grand bois du secteur. Un chevreuil démarre du semé de tournesol et rentre au bois. Je vais contourner le bois par la droite à cause du vent. Au milieu du semé de tournesol un gros lièvre surgit d’une touffe de végétation pour rentrer dans le bois.

Je traverse une friche puis traverse la pointe du bois par un chemin forestier pour ressortir sur un autre semé de tournesol qui borde un champ de blé. Je longe en limite des cultures et arrive sur le chemin de terre qui longe au milieu des cultures pour revenir vers le bois dans une zone de vigne. Un lièvre assis sur le chemin démarre à 20 mètres devant moi et part en suivant le chemin.

Je suis étonné de voir si peu de chevreuil ce matin, le coin était bien fourni l’an passé. Je reviens au bord du bois et longe entre le blé et le bois pour arriver à la zone de vigne. Je scrute dans les rangs mais pas le moindre chevreuil ! Une prairie s’enfonce dans le bois et j’aperçois furtivement une silhouette rousse au travers des feuillages. C’est une chevrette, elle broute paisiblement dans l’herbe rase. Je me cale au coin du bois et l’observe derrière les feuillages et une bande d’herbes hautes restée en bordure de la prairie après la fauche. Je pose mon arc et prend mon appareil photo pour la photographier

Tir au coeur d'un assassin

puis je coince une herbe entre mes pouces et ma baisse derrière les herbes hautes. En soufflant entre mes pouces par petits coups secs je parvient à attirer l’attention de la chevrette. Cette dernière commence à partir parallèlement à ma position avant de baiser vers la bordure d’herbes hautes. Elle se rapproche doucement, s’arrêtant régulièrement pour regarder vers moi en se léchant le museau. Je cesses les appels alors quelle arrive à 10 mètres des herbes et à 30 mètres sur ma gauche. Elle attend un peu puis se remet à brouter en venant doucement vers moi. Je tente une approche voûté derrière l’écran d’herbes hautes, je stoppe 2 fois alors qu’elle regarde vers moi puis m’avance doucement pour arriver à 7 mètres de la belle. Je me redresse doucement et prend une autre photo.

Tir au coeur d'un assassin

Elle n’a pas bronché. Je tente de me rapprocher encore et arrive à 4 mètres de la chevrette mais les herbes m’empêche de prendre une autre photo et mes mouvement pour essayer de trouver une fenêtre pour la photo sont vie repérés. La chevrette démarre et s’arrête 20 mètres plus loin pour me regarder par-dessus les herbes. Nous restons un instant à nous regarder et je finis par interrompre ce face à face en bougeant pour soulager mon dos voûté. Elle détalle et rentre au bois en aboyant.

Je poursuis ma route et traverse les vignes pour rejoindre la bordure d’un autre bois puis longer une friche entourant un lac. Rien, je reviens vers le bout du grand bois et recommence à le longer vers la friche qui est souvent fréquentée mais au loin je me rends compte que l’agriculteur a fauché la végétation haute. Dommage, je passe à côté d’une mare à sec marquée de plusieurs souilles de sangliers.

Un peu plus loin le bois est bordé par une friche, elle-même bordée par un blé. J’aperçois un peu tard une chevrette à 40 mètres, elle me regarde arriver et fait volte face pour rentrer au bois.

Je continue un peu puis remonte vers la route que je longe un moment pour rejoindre un chemin goudronné qui mène à une belle bâtisse au milieu des blés. Du chemin goudronné j’aperçois au dessus de bois en long que je longeais en début de matinée, 1 Km plus loin, la silhouette rousse d’un chevreuil au gagnage au milieu du semé de tournesol.

Je tente de me rapprocher à travers blé mais au bout de plusieurs minutes d’approche sans voir mon chevreuil à cause du relief, j’arrive sur un semé de tournesol désert.

Je redescends sur le chemin de terre pour revenir à la voiture alors que le soleil fait son apparition. 2 lièvres jouent en lisière du bois et mon approche les interromp et les sépare, l’un rentre immédiatement au bois alors que l’autre longe la lisière s’arrêtant régulièrement pour s’asseoir puis se remet à manger en descendant vers le chemin avant de fuir ventre à terre.

Arrivé à la voiture je décide l’aller faire un tour rapide sur un autre secteur avant qu’il ne fasse trop chaud.

Arrivé sur place, je longe tranquillement le champ de colza quand dans un virage, j’aperçois 100 mètres plus loin un brocard entrain de brouter sur le bord du ruisseau. Je stoppe net et commence à calculer mon approche. Le vent est bon. Je vais tenter de me rapprocher par le premier passage de tracteur qui longe dans le colza à 3 mètres du bord du champ et qui devrait me conduire si tout va bien à moins de 10 mètres du chevreuil.

Je rentre donc dans le colza le plus doucement possible et commence mon approche. La hauteur du colza ne me permet pas d’observer le brocard en permanence et je marque régulièrement des poses pour tenter de l’apercevoir par-dessus la végétation dès que cela est possible. Il semble très paisible. Au bout d’un moment le colza est trop haut et je me rapproche de l’endroit où je suppose que le chevreuil se trouve sans en être sûr.

Il doit être à moins de 20 mètres et j’avance doucement pour trouver une zone où le colza serait moins haut. Je vais arriver au coin du champ, le brocard doit être tout proche. Tout à coup, une silhouette rousse se débine devant moi et traverse la bordure du colza pour rejoindre la bande enherbée. Serait ce mon brocard ? Je reste statique un instant attendant de voir si un animal s’enfuit mais tout reste calme.

Je m’avance encore un peu sur la pointe des pieds et aperçois, au travers du colza, l’arrière train d’un chevreuil à 6 mètres sur ma droite. Je me décale doucement pour voir la tête et l’identifier. C’est une chevrette. Certainement que c’est elle que je viens de voir passer. Elle redresse la tête et regarde de l’autre côté du ruisseau, les oreilles tournées dans le même sens.

Je me décale encore un peu et aperçois mon brocard, il broute tranquillement, la tête plongée dans les herbes hautes. La hauteur du colza me dégage ici une belle fenêtre de tir. J’arme mon arc et vise le coffre de l’animal. Je décoche. Le double impact bien audible me rassure. Je n’ai pas vu partir ma flèche mais la vois fichée dans le talus du ruisseau en face.

Le brocard fait volte face et démarre en trombe puis ralentit avant de sauter le fossé perpendiculaire au ruisseau. Je peux nettement voir jaillir le sang sur ses flancs. La chevrette surprise a sauté à l’eau et remonte sur la berge d’en face pour partir en aboyant dans les herbes hautes de l’autre côté du ruisseau. Elle passe la haie plus loin et disparaît. 

Le brocard franchit le fossé d’un bon et rentre dans les herbes hautes, il fait une dizaine de mètres et s’arrête pour regarder en arrière. Il reste ainsi un court instant puis se met à vaciller avant de chuter au milieu des herbes. J’attends un peu puis vais voir mon brocard. Il est mort. Ma flèche basse lui a touché le cœur, il a parcourut 30 mètres au plus.

Tir au coeur d'un assassin

Alex

 

Atteinte :

Tir au coeur d'un assassin

Trophée :

Tir au coeur d'un assassin

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 22:57

Ce soir, il fait vraiment très chaud, je rentre chez moi pour me changer et commence par aller peler mon brocard de la veille chez le président de la société de chasse. Je prends mon temps, il fait encore trop chaud pour aller chasser. Une fois le travail terminé je pars pour une petite zone du territoire enclavé dans Lasséran, je n’y ai jamais chassé à l’approche et seulement 4 fois en battue mais je sais que cette zone est riche en chevreuils.

Je me gare chez le propriétaire terrien. En bas, dans la combe, un chevreuil broute au bord du lac sur la bande enherbée fauchée. Le propriétaire arrive et nous discutons un moment pendant que je me prépare. Je lui demande comment descendre au lac puis je pars en chasse. De loin, le chevreuil me semble être une chevrette mais une petite approche pour se mettre en jambe c’est toujours bon à prendre.

Je pars par le chemin de terre qui mène au parc à moutons, passe la clôture puis descends, à travers une bande boisée étroite assez raide, vers le lac. C’est un cauchemar, le sol est jonché de feuilles de chênes bien sèche et de brindilles, même en prenant un maximum de précautions je fais un bruit terrible. J’ai très peu d’espoir d’apercevoir mon chevreuil. J’atteins enfin les hautes herbes moins bruyantes. J’avance à pas lents vers un saule qui pousse à l’angle du lac et qui me masque l’emplacement supposé du chevreuil. Tout à coup je l’aperçois au travers du feuillage, c’est une belle chevrette. Je m’avance encore un peu mais alors que 20 mètres nous sépare elle tourne la tête vers moi. Je me fige et attends un moment puis elle se décide à partir et se débine. J’avance un peu pour voir par où elle passe mais elle a déjà disparu au coin du bois et m’aboie avec insistance. Une cane colvert décolle de la bordure du lac.

Je décide de traverser la friche boisée pour atteindre la limite du territoire et chasser en avançant à bon vent au travers du blé. Je dérange plusieurs lapins au coin du bosquet qui fait suite à la friche. Je rentre dans le blé et longe la clôture sur ma gauche par le premier passage de tracteur.

3 juin, Une soirée dans les blés

Un lapin démarre sur le talus boisé à ma gauche. Un peu plus loin une tache rousse en mouvement me fait tourner la tête vers le talus boisé. Un renard se débine et disparaît en crête du talus.

Je longe le champ jusqu’au bout où il dessine un L puis suis la barre du L vers la gauche vers le ruisseau. Je longe ensuite dans les hautes herbes la bordure du ruisseau. Un passage marqué d’empreintes de blaireaux et de chevreuils traverse le ruisseau. Arrivé au coin du champ je monte en longeant la bordure du bosquet sur ma droite. J’aperçois une chevrette qui me regarde arriver.

3 juin, Une soirée dans les blés

Elle me laisse faire quelques pas puis rentre dans le bosquet en faisant de grand bon. Je bifurque alors à droite et prends un chemin qui longe en crête au milieu du bosquet et domine le champ de blé en bas de la combe.

Le sol est très bruyant et je suis à mauvais vent, je ne m’attarde pas. Le chemin ressort du bosquet et longe au-dessus du talus boisé de tout à l’heure. Un gros monticule de terre au ras des buissons m’interpelle. Ce sont des terriers et les traces montrent qu’ils sont très fréquentés par des blaireaux mais aussi des renards. La friche qui surplombe le talus boisé est minée de terriers de lapins.

Je reviens vers le bout du champ de blé. Un chevreuil démarre dans les hautes herbes à ma droite sans que je puisse le voir et aboie en rentrant au bois en contrebas. J’arrive au coin du champ de blé et remonte contre le bosquet. Des lapins surgissent des hautes herbes et du blé sur ma droite pour rentrer dans le bosquet.

Je remonte au-dessus du lac. Les enfants du propriétaire jouent bruyamment à la ferme. Je décide de passer par-dessus la clôture du parc pour descendre dans le blé qui précède le lac. J’ai encore la jambe en l’air qu’un brocard se lève à quelques mètres de moi et s’enfonce dans le bosquet qui surplombe le lac. Je reste incrédule puis fais 3 pas de plus en descendant vers le blé. Cette fois, c’est la chevrette qui détale et rentre dans le bosquet.

Je descends au bord du blé alors que résonne la fuite des chevreuils dans les feuilles mortes. Je longe le blé, en tournant la tête vers le bosquet mon regard se pose sur la chevrette de cul qui redémarre et disparaît.

Je longe le lac, de grosses tanches se poursuivent contre la bordure, des black-bass s’éloignent du bord et plusieurs grenouilles sautent à l’eau. A l’autre bout du lac, je descends à travers bois, par une bande enherbée fauchée, vers le champ de blé de tout à l’heure. Je longe une clôture sur ma droite quand tout à coup j’aperçois, en limite des herbes hautes et des herbes fauchées, une chevrette contre la clôture, elle est à 30 mètre de moi.

3 juin, Une soirée dans les blés

Je la prends en photo, une fois puis m’approche un peu et prends une seconde photo

3 juin, Une soirée dans les blés

avant qu’elle traverse la zone d’herbe pour rentrer dans le bois en aboyant. Je reprends ma marche et suis surpris par le redémarrage de la chevrette qui était revenu au bord du bois pour m’observer.

J’arrive au bord du blé, prend à gauche et reviens sur mes pas au travers de la friche boisée vers le coin du lac. Je passe la clôture et longe le haut du bois dans le foin fraîchement coupé. L’odeur est très agréable. Plus haut, au coin du champ un chat isabelle est à l’affût dans le foin.

Je passe le coin du bois et prend la bordure du bois le long d’un autre champ de blé. Rapidement d’eux oreilles braquées vers moi font surface au ras du blé.

3 juin, Une soirée dans les blés

Une chevrette m’écoute et me regarde arriver. Je la prends en photos ce qui la fait rentrer au bois. Elle peine à rentrer au travers de l’épaisse végétation. Je prends alors le premier passage de tracteur. La chevrette aboie en fuyant bruyamment. Plus loin surgit sur ma droite la tête d’un brocard. J’ai le vent dans le dos, je vais le dépasser puis revenir vers lui. Je compte les passages de tracteur puis commence à descendre vers le fond du champ.

Je m’aperçois rapidement que quelque chose m’observe au bout du second passage de tracteur. En me rapprochant je distingue une chevrette qui étire le coup pour me voir par-dessus le blé. Que faire ? Je tente le tout pour le tout et fins de ne pas l’avoir vu. Je poursuis ma route droit sur elle. Le brocard, lève et baisse la tête alternativement sans se douter de ce qui se trame.

Arriver à 50 mètres de la chevrette celle-ci démarre et sort du blé pour rejoindre une bande boisée étroite au bout du champ. A couvert elle s’arrête puis repart bruyamment. Le brocard l’observe sans inquiétude puis se remet à son repas. Je continue ma manœuvre mais quelque chose m’intrigue. Il me semble voir 2 oreilles 20 mètres après le brocard. C’est en fait encore une autre chevrette qui réduit mes espoirs à 0. Je ne peux plus revenir sur le brocard sans qu’elle donne l’alerte. Je laisse tout le monde reprendre son calme et le repas et fait demi-tour pour revenir à l’aplomb du brocard puis je tente le tout pour le tout, je l’approche à travers le blé.

La chevrette, plus alerte que le brocard, regarde et braque souvent ses oreilles vers moi, m’obligeant à faire de longues poses immobile. Le brocard est encore à 50 mètres quand un autre chevreuil, de l’autre côté de la haie qui borde le blé, se met à aboyer et met en fuite la chevrette. « Ce n’est pas possible, c’est un nid ! ». Elle bondit au-dessus du blé en aboyant, longe la haie puis la traverse et disparaît. Le brocard la regarde faire puisse remet à brouter ! Je poursuis mon approche mais le blé très épais est assez bruyant et il finit par relever la tête de plus en plus souvent et longtemps en fixant ma direction. Il finira par se débiner sur quelques mètres puis prendra le pas de course pour disparaître.

Je finis de descendre le champ de blé puis bifurque en suivant le bois dans les hautes herbes pour revenir au premier champ de blé. Arrivé au coin du bois je fais une pose d’observation. Un grand brocard surgit en limite des herbes et du blé, rejoint la bordure du ruisseau, le longe un instant puis revient à travers le blé, ventre à terre vers le bois. Il marque une pause avant de sortir du blé puis d’un bon rentre au bois par-dessus la bande enherbée.

Je longe le blé puis repars vers le lac au travers de la friche boisée. Arrivé au lac, je longe entre le lac et le bosquet pour revenir vers le blé. Au coin du blé j’observe le champ, la hauteur de végétation peu facilement cacher un chevreuil. Tout à coup à 20 mètres devant moi, un brocard surgit du blé et monte le talus du bosquet. Il marque un temps d’arrêt à mi-pente. Je reste immobile. Il reste un moment à me regarder puis fait encore quelques pas et s’immobilise encore pour m’observer. Je le vois à peine derrière un arbre, je tente de résister aux piqûres d’un moustique qui me dévore au travers de ma cagoule. Le brocard  se calme et finit de montrer tranquillement le talus pour se mettre à brouter en lisière du bosquet sur le plat. J’attends un moment encore immobile. Il vaque tranquillement à ses occupations et longe le haut du bosquet en s’éloignant. Je tente un approche en longeant le bosquet dans le même sens que lui mais par le bas. Je m’arrête souvent car il relève régulièrement la tête mais au travers des feuillages il me semble le voir regarder à l’opposé de ma position. Je me rapproche doucement mais finis par le perdre de vue. Je tente d’arriver au bout du bosquet pour le contourner et revenir sur lui mais il finit par me voir et détale en aboyant dans la friche boisée.

Je remonte le talus et l’aperçois rentrant dans le bosquet du bout de la friche. Je biaise et contourne le bosquet pour revenir en longeant le blé. Je dérange à nouveau les lapins. Arrivé au coin du blé je longe la clôture de droite et finit par apercevoir une chevrette au bord du blé qui me regarde arriver. Elle franchit d’un bon la clôture et rentre dans la friche.

Je longe le blé, tourne à l’angle du blé, traverse les herbes hautes et reviens vers le blé où se trouvaient de nombreux chevreuil tout à l’heure. Je prends le passage de tracteur et avance rapidement vers la prairie fauchée. J’ai bon espoir d’y voir un renard car la nuit tombe.

En arrivant au bout du blé, je suis surpris par un chevreuil que je n’ai pas le temps de voir démarrer à quelques mètres contre le bois. Il détale à grand bruit. Je m’avance un peu sur le talus qui surplombe la prairie, un peu trop, un beau renard traverse comme un éclair la prairie de haut en bas en suivant la crête du champ.

Le chat de tout à l’heure n’a pas bougé ou à peine, il est toujours en chasse. La nuit tombe, je rentre.

 

Alex

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 23:46

Ce soir, je change de secteur, je décide de chasser sur le territoire de « la Grangette » à Pavie en limite de Lasseran. Après une journée au temps gris le soleil est sorti cette après-midi et il fait très chaud à 17h30 quand je sors du boulot. Je rentre chez moi et me prépare sans me presser. J’arrive sur place vers 18h30, c’est 5 minutes de chez moi. Je me gare après la dernière maison  et me prépare. J’ai pris le cadeau que Manu m’a fait pour mon anniversaire, une pipette remplie de talc pour tester le vent. Ce soir il vient de ma gauche. 

Je commence par longer le haut du bois à travers la friche d’herbes hautes. Vu la chaleur je ne me fais pas trop d’illusion pour le début de soirée. J’avance tout de même doucement et face au vent. Effectivement, j’arrive au bout du bois sans avoir vu bouger quoi que ce soit. Je redescends contre le bois pour revenir à bon vent sur l’autre crête. Je m’étonne de ne pas encore avoir fait partir le moindre chevreuil quand des aboiements résonnent dans mon dos. Le chevreuil fuit dans un bruit de feuilles mortes et de brindilles cassées. J’avance rapidement car je suis à mauvais vent et ce n’est pas nécessaire de s’attarder.

En arrivant au ras du chemin forestier qui remonte vers ma voiture, 2 lapins démarrent dans les herbes hautes de la bande enherbée et rentrent au bois. Je remonte sur quelques mètres le chemin forestier quand un 3ième lapin démarre un peu plus loin sur la bande enherbée. Sur ma droite un passage rentre dans une petite friche enclavée dans le bois et souvent fréquentée par les chevreuils. J’y jette un coup d’œil en avançant doucement à bon vent mais il est encore trop tôt.

2 Juin 2010, premier brocard de la saison sur un coup de bol

Je retourne dans le champ et remonte sur la seconde crête. Je bascule ensuite de l’autre côté vers les champs de blé et la plantation de sapins. Je m’avance en limite du territoire pour être à bon vent. Je suis au bout d’une haie qui borde un champ de blé et qui est perpendiculaire à un grand bois. Je scrute les alentours. Rien en vue. Je descends dans les herbes hautes, entre la haie et le blé, quand, au bord du fossé qui longe le fond de la combe et sépare les 2 champs de blé, sous un gros chêne, une silhouette rousse s’anime dans le blé. Le chevreuil est bien à 200 mètres mais je dirais, à sa morphologie, qu’il s’agit d’une chevrette.

2 Juin 2010, premier brocard de la saison sur un coup de bol

Je tente de me rapprocher et arrive rapidement au fossé que je commence à descendre mais le vent est dans mon dos. J’arrive tout de même à moins de 50 mètres de l’animal. C’est bien une chevrette, elle est en alerte et cherche le danger qu’elle vient de deviner. Elle finit par s’éloigner en faisant de grands bons par-dessus le blé et en s’arrêtant régulièrement pour savoir ce qui la tracasse. Elle disparaît en traversant une haie sans m’avoir vu.

J’hésite, à droite de la haie vers la plantation de sapins ou à gauche de la haie à travers le champ de blé. Ce sera les sapins. Je traverse le semé de tournesol et arrive en bordure de la plantation. Je rentre dans les hautes herbes et slalome entre les petits conifères.

2 Juin 2010, premier brocard de la saison sur un coup de bol

L’un d’eux n’a plus d’écorce et est couvert de boue, les sangliers doivent être dans le secteur, j’ai vu aussi quelques vieux pieds. Je fais du mieux que je peux et avance au ralenti mais ma progression est trop bruyante. Je trouve plusieurs couches de chevreuil mais je ne verrai rien.

Je ressors sur le chemin forestier qui sépare la vielle plantation de la jeune. Sur ma gauche les allées dégagées entre les pins aux troncs dénudés donnent une bonne visibilité alors que les hautes herbes et les petits sapins à droite ne permettent qu’une visibilité réduite. Je sors mon sécateur et coupe les petites branches gênantes tout en progressant. Pas le moindre chevreuil ce soir. Les pins laissent la place à un taillis de buissons noir et la jeune plantation se termine et le chemin tourne à 90° sur ma droite.

Je quitte le chemin et traverse le bois d’épines par les passages de gibier pour atteindre le blé que j’ai délaissé tout à l’heure. Je monte sur le haut du champ contre le bois pour avoir une vision d’ensemble. Un chevreuil broute au milieu du blé à 300 mètres environ. Je compte les passages de tracteur et me recule derrière le relief du champ pour progresser à couvert vers le passage de tracteur. Je contrôle le vent qui est capricieux dans cette combe mais qui m’est plutôt défavorable. Je décide de progresser dans un premier temps contre la haie du bas de combe pour remonter ensuite vers le chevreuil dont la tête brille en crête sous les rayons du soleil. Le champ de blé a une forme de Y avec dans sa fourche un bosquet.

A mesure que je progresse, le relief du champ me cache mon chevreuil. Au coin du bois je ralentis et prends le passage de tracteur à pas de loup pour arriver sur mon chevreuil qui ne doit plus être qu’à 50 mètres. Je calcule mes pas et progresse très lentement mais déception, le chevreuil n’est plus là, il doit être rentré au bois. Je continue à progresser lentement sur 100 mètres avec l’espoir de voir ressortir tout à l’heure mon chevreuil sur l’autre branche du Y. Puis j’accélère, j’ai le vent dans le dos et peu de chance de voir des chevreuils à portée de flèche dans ces conditions.

Une grosse zone d’avoine a poussé au milieu du blé et dépasse de bien 40 cm le reste de la végétation. Tout à coup, une paire d’oreilles rousses se détache de la verdure derrière l’avoine. C’est une chevrette, elle est à 30 mètres. J’attrape mon appareil photo et l’allume pour ne pas faire de bruit au dernier moment. Je me rapproche doucement par le passage de tracteur qui passe à 4 mètres d’elle. Elle est paisible et broute en me tournant le dos. J’arrive sans difficultés à moins de 10 mètres d’elle et lève mon appareil pour la prendre en photo quand mon appareil me signale que les batteries sont vides et s’éteint. Je le remets dans ma poche et tente de finir mon approche. Arrivé à 6 ou 7 mètres de le chevrette, celle-ci tourne la tête vers moi, me fixe un moment puis démarre en faisant d’abord de grand bon d’observation au-dessus du blé puis détale ventre à terre à mon premier mouvement.

J’arrive au bout du blé, traverse le bosquet et reviens à bon vent par l’autre branche du Y. Je suis en plein milieu du blé sur le passage de tracteur. Une chevrette gîtée contre la haie sur ma gauche se lève et détale vers le bois pour disparaître en un éclair. J’avance encore un peu pour voir le bout du champ. Rien à l’horizon, je fais demi-tour.

Je remonte sur la crête, descends dans la combe puis remonte vers ma voiture en levant un autre lapin au passage. Que faire ? Changer de territoire ou tenter un second tour de piste. Il est 20h15 passé. Je jette un coup d’œil sur la combe en Lasseran. Un chevreuil descend à travers les hautes herbes sur le versant d’en face. Je suis hors territoire, je range ma flèche et tente une approche pour le fun. Je commence par faire un grand détour pour revenir par la bordure du bois au fond de la combe. J’avance rapidement quand une forme, au bord du blé qui fait suite au bois, m’interpelle. Je pense d’abord à un renardeau mais l’animal qui m’observe finit par détaler et se dévoiler. C’est un chat.

Je longe le blé et arrive derrière une haie qui sépare les hautes herbes du blé. Je m’arrête pour observer. C’est une chevrette et elle descend en biais. Les moustiques en profitent pour s’occuper de mon cas. Je longe la bande étroite d’orge qui borde les hautes herbes et parviens à me positionner à l’aplomb de la chevrette à 40 mètres d’elle. Je la regarde un moment mais harcelé par les moustiques je décide de m’éloigner. La chevrette finit par me voir m’éloigner et reste sans broncher pour reprendre son repas alors que j’arrive à la voiture.

Il est presque 21 heures, ça ne vaut plus le coup de partir pour l’autre partie du territoire. Je décide de marcher tranquillement sur le chemin de terre de crête et de tenter d’apercevoir un chevreuil d’un côté ou de l’autre. La voiture est bien à 400 mètres quand je regarde mon portable. Il est 21 heures, la luminosité commence un peu à baisser, la fraîcheur tombe « les choses sérieuses vont commencer ». Je ne croyais pas si bien dire, en relevant la tête j’aperçois un brocard au milieu des hautes herbes. Il est à 100 mètres au plus et à 40 mètres du chemin.

Je passe en mode prédateur. Je profite de chaque moment où il plonge la tête dans l’herbe pour faire quelques pas avant de m’accroupir un instant pour observer. Le brocard au départ tourné vers le chemin bifurque pour venir vers moi en longeant le chemin. Il s’arrête pour brouter, j’avance rapidement et m’accroupis quelques mètres plus loin, juste à temps, il vient de lever la tête et regarde vers moi. Il se lèche énergiquement l’épaule, les pointes de ses bois ressortent bien blanches, il a l’air beau. Il biaise légèrement pour remonter sensiblement vers le chemin. J’avance à nouveau rapidement puis m’accroupis à nouveau juste à temps. Il regarde à nouveau vers moi. Je reste immobile, ma position haute n’est pas confortable, seules quelques tiges d’avoine me cachent de sa vue. Il reprend sa route et devinant la suite des évènements, je m’agenouille et le laisse venir. Je suis baissé au maximum pour me cacher derrière les quelques herbes qui font un semblant d’écran. Il avance lentement, plein travers, tête haute à 10 mètres du chemin. Il tourne la tête vers le fond de la combe. J’arme mon arc et place mon viseur.

Il reprend sa marche et s’arrête quelques mètres plus loin à plus ou moins 10 mètres, ma visée est prise, je décoche. Ma flèche me semble trop en avant. Un impact cassant se fait entendre et le brocard fait volteface, démarre en trombe sur 30 mètres, s’arrête, cherche à comprendre ce qui vient de se passer puis remonte tranquillement le long du bois comme si de rien n’était. Sa respiration devient, tout à coup, très forte et rauque, il est à 80 mètres environ mais ce bruit particulier m’interpelle. Il finit par disparaître.

J’attends un peu puis je pars à la recherche de ma flèche pour trouver des indices sans trop y croire. Une chevrette démarre des hautes herbes et zigzague en aboyant avant de rentrer au bois où elle continuera à aboyer un moment. Ma flèche est introuvable mais du sang pulvérisé en grande quantité dans les herbes hautes attire mon regard. Il est encore tôt pour faire la recherche, d’autant que je ne suis pas trop confiant au vu de ma flèche très en avant. Je tente de retrouver encore ma flèche sans succès. Au bout de 15 minutes environ je prends la piste de sang, ce sang brumisé me fait penser à une atteinte d’artère. Puis au bout de 30 mètres environ le sang devient très abondant au sol. De grosses gouttes jonchent le sol sans discontinuer et formes de gros rond à trois endroits successifs, certainement des endroits où le chevreuil s’est arrêté un moment. La piste rentre dans le bois. Je décide de retourner à la voiture pour aller chercher de nouvelles piles pour mon appareil le temps de laisses l’hémorragie se faire.

En route j’appelle Laurent et Manu puis reviens arc en main au cas où. Mon appareil photo tombe à nouveau en rade, les piles n’étaient pas assez chargées et je n’ai pas pu faire de photo de la piste au sang. La piste est très abondante dans le bois et mon chevreuil est mort 10 mètres plus loin. Il semble intact ! Aucune blessure apparente. Je le retourne et là tout s’explique ma flèche trop en avant lui a sectionné la jugulaire ce qui explique ce sang pulvérisé. J’ai eu beaucoup de chance de le retrouver aussi vite avec une telle flèche ! Je ne m’explique pas la trajectoire de ma flèche alors que mon arc est parfaitement réglé.

2 Juin 2010, premier brocard de la saison sur un coup de bol

Alex

 

Trophée (2 fleurs de lys) :

2 Juin 2010, premier brocard de la saison sur un coup de bol

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 06:58

Hier soir, les minutes me semblaient durer des heures sur l’horloge de l’écran de mon ordinateur. Enfin 17h30, je rentre chez moi, enfile ma tenue camo, prends mes affaire et me voilà parti. Arrivé chez le président de la chasse de Justian-Roques-Lagardère près de Vic Fezensac, je récupère l’arrêté et les bracelets et cette fois ça y est…

Je pars directement à pied, le vent n’est pas bon, je l’ai dans le dos, je décide de commencer par rester loin du grand bois en longeant une bande étroite de bois qui surplombe une friche normalement très fréquentée. Il est 19h et le coin est encore calme. Je qui la bordure de la bande boisée et remonte en biais à travers la friche pour rejoindre la route de crête. Je regarde vers un bout de haie épais posé au milieu de la friche mais rien encore.

Je traverse la route de crête et bascule sur l’autre versant, je longe le champ de fèveroles en bordure du bois. La végétation très haute, très épaisse et très dense ne me donne pas de visibilité. Les sangliers ont dessiné des coulées en écrasant les fèveroles. Je finis par tomber sur un champ travaillé, nu de végétation. Je passe le coin du bois et remonte maintenant en longeant entre un champ de blé et le bois. Le coin semble calme, j’avance doucement. Un petit bruit atypique attire mon attention dans le bois. Je cherche sa source du regard et aperçois, au travers des branches, une grive musicienne affairée à frapper un escargot sur une pierre à quelques mètres du bord du bois.

Je poursuis. Un peu plus loin je fais démarrer un animal en bordure du bois sans le voir, au bruit je pense à un chevreuil mais même en me décalant un peu je ne le verrai pas.

Je retombe sur la route qui revient vers la friche entre deux bois. Au coin du bois, j’observe dans la friche. Il me semble apercevoir un chevreuil couche contre le bout de haie épaisse. Je descends au travers d’une petite culture à gibier et arrive au bord de la haie. Un gros brocard se lève à une centaine de mètres au bord du bois sur ma gauche et disparaît en aboyant. Je longe doucement le bout de haie mais je ne retrouve pas le chevreuil couché qu’il m’avait semblé voir.

Je rejoints la bordure du bois et cherche un passage au travers des épines noire pour rejoindre la friche partiellement boisé qui se trouve de l’autre côté du bois. Je finis à 4 pattes dans une coulée de sanglier pour parvenir à ressortir sur la friche. Je déambule un moment sur les chemins girobroyés l’an passé et qui sont en train de se recombler. Rien ce soir à part une nuée de moustiques qui commence à s’occuper de moi.

Je finis par ressortir de la friche et descends sur le chemin de terre qui longe à travers bois la rivière. Je le remonte vers un passage qui me permet de traverser la haie épaisse qui me sépare du champ de blé qui borde la rivière. Arrivé au passage, j’aperçois au bout du champ de blé, en bordure d’un bras mort de rivière devenu mare aujourd’hui, un chevreuil. La distance ne me permet pas de l’identifier (je chasse sans jumelle), il est bien à 250 mètres.

Je tente de me rapprocher en longeant la haie côté blé. J’avance assez rapidement en tentant d’éviter les branches mortes qui me barrent la route et rentre dans le blé. J’essaie de passer sous les feuillages au maximum et progresse rapidement sur 150 mètres sans être repéré. Le chevreuil, la tête dans le feuillage, broute tranquillement. Je finis par ne plus le voir car je viens de dépasser le coin du bois qui longe le bras mort de rivière. Quelque chose de petit se débine dans le blé, certainement un lapin. Je reviens doucement en biais à travers le blé en tentant de faire craquer le moins possible la végétation et parviens au coin du blé, à 30 mètres d’où je voyais le chevreuil. Les ragondins ont brouté le blé sur la bordure de la mare et ces tiges cassantes sont très bruyantes, je tente de poser mes pas pour les éviter. Je m’attends à le voir d’un moment à l’autre et la tension monte d’un cran.

Au travers des arbres, j’aperçois la surface de l’eau qui s’agite et les colverts qui commencent à cancaner nerveusement. « Ce n’est pas vrai quand ce n’est pas au ragondin il faut qu’ils viennent me faire ch… au chevreuil. » Je crains un décollage en masse qui ferrait fuir mon chevreuil. J’avance doucement en tentant d’ignorer les moustiques qui me dévorent mais une vingtaine de colverts finit par décoller et me faire perdre tout espoir. Je tente tout de même d’avancer encore un peu et là je l’aperçois, c’est un brocard, un petit six à pointes bien blanches et aux bois bien sombres. Il traverse tranquillement la pointe du champ de blé. Je me voûte et avance doucement alors qu’il arrive sur la bande enherbée. Je marque une pause et observe, il est maintenant plein travers sur la bande enherbée, sa tête apparaît et disparaît alternativement au rythme de sa prise de repas. Je tente de ma rapprocher un peu pour me positionner à son aplomb et parviens avec une extrême lenteur à environ 18 ou 20 mètres de lui. Encore un petit animal qui se débine dans le blé.

Je reste un peu en observation, le brocard se lèche frénétiquement l’épaule. Le craquement d’une tige lui fait redresser la tête avant qu’il reprenne sa toilette. Il tourne la tête à droite à gauche et je finis par ne plus savoir dans quel sens il se trouve. J’hésite, longer vers la droite ou vers la gauche. Il finit par sembler vouloir partir à droite et je commence à avancer doucement vers le bout de la pointe du champ qui va me rapprocher doucement de ma proie, mais je m’arrête rapidement sa tête qui ressortait à intervalles régulier ne se montre plus. J’attends un peu. Rien, plus de brocard. Je pense comprendre, il a du se coucher.

Je décide donc de traverser à travers blé et avance très doucement, je sens qu’il se rapproche et mon décocheur accroché exerce une légère tension, je suis prêt à armer d’un moment à l’autre, … 15 mètres, 10 mètres, 6 mètres … je ne le vois toujours pas. Mon dernier pas est de trop. Le brocard se redresse d’un bon à  mètres devant moi. A peine le temps de cligner des yeux qu’il démarre en trombe sur la bande enherbée. J’arme et aboie pour le fun mais c’est trop tard. Il marque un temps d’arrêt dans les hautes herbes puis traverse le blé 80 mètres plus loin. Je pars en courant vers le bord de la haie au cas où en m’arrêtant en même temps que lui mais il est au passage avant que je n’aie pu tenter un contournement. J’ai joué, il a gagné… la saison commence bien…

Je traverse la haie au coin du bois par un passage fais par la tombée d’un arbre mort et reprends le chemin forestier pour rejoindre la friche. Je remonte vers une haie qui coupe la friche à mi pente. Une chevrette avance en broutant sur ma gauche, je la laisse et traverse la friche à mi-pente en dessous du bois en long que je longeais au départ. 2 oreilles bougent dans les hautes herbes. C’est un lièvre qui finit par détaler à mon approche.

Toujours pas de chevreuil dans la friche, je remonte en biais et reprends la route de crête pour contourner le bois et le longer en sens inverse de tout à l’heure. Toujours pas de chevreuil. Un lièvre se lève du fossé au moment où j’arrive au coin du bois. Un petit taillis coupé en 2 par le passage de la ligne électrique forme un îlot au milieu des fèveroles.  Taches rousses se détachent au milieu du coupe-feu.

Je remonte contre le bois, rejoint la route et tente une approche par le dessus du bosquet mais je tombe sur une chevrette au bord de la route qui me regarde arriver. Elle fait vole face et redescend sous la ligne électrique. Je me rapproche tranquillement. Un énorme lièvre démarre contre le talus de la route et rentre dans le bosquet. La chevrette a disparu.

Plus loin sur la route un masse noire vient vers moi, je n’identifie pas tout de suite ce gros chat qui bifurque pour traverser une haie. Je quitte la route pour le chemin de terre qui passe sous le cimetière. J’aperçois encore, au travers de la haie,  un gros lèvre qui détale dans le champ travaillé, puis encore un autre qui démarre du fossé sur ma gauche.

Je poursuis le chemin de terre pour retomber sur la route, la longe un peu pour rentrer dans les blés par un chemin de tracteur. Je m’avance jusqu’au pont qui enjambe l’Osse, l’eau est agitée. Devant moi à 100 mètres environ, 2 lièvres se coursent. Un plongeon sous mes pieds, 2 ragondins se poursuivent sur l’eau, je laisse tout ce petit monde et reprends la route pour revenir vers la friche par le chemin forestier qui rattrape la route au niveau du moulin.

Je longe le chemin alors que la luminosité décroît rapidement. Je dérange 2 palombes qui s'étaient posées pour la nuit leur envol me fait sursauter. Je dépasse la haie qui borde la gauche du chemin et décide de remonter dans la friche pour rentrer quand un chevreuil se détache dans l’herbe, il redescend vers le chemin 150 mètres plus loin sur ma gauche. Demi-tour, je reviens au départ de la haie à 40 mètre du chevreuil qui s’avère être une chevrette. Cette fois la nuit tombe, je rentre en dérangeant à nouveau un lièvre et un lapin.

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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