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28 juillet 2011 4 28 /07 /juillet /2011 22:36

Ce soir, je décide d'aller faire un tour a la chasse malgré le temps incertain. Il a plu toute la journée et cela ne semble pas vouloir s'arranger. Je me change rapidement puis pars pour le territoire de chasse. Je commence par un petit bosquet au pied d'un lac. Je me gare et longe le lac, descends le talus de la digue et me rapproche du bosquet où j'ai repéré un brocard quelques jours plus tôt. Je cherche le Buttolo dans la poche de ma chemise mais ne le trouve pas, je l'ai oublié à la maison. Bon ça commence bien. Ce n'est pas grave, je vais chasser à l'approche. Je retourne à la voiture et pars pour une zone du territoire plus propice à l'approche.

Je me gare au bout d'un chemin, un peu plus loin, près d'un tournesol où j'ai repéré aussi un brocard qui semble très beau. Je longe doucement un chaume de blé derrière une petite haie basse, majoritairement composée de ronces. Le brocard ne semble pas dehors ce soir. Je traverse la haie un peu plus loin pour longer le champ de tournesol. Le vent est bon, il souffle de façon soutenue face à moi. Tout à coup, le crachin fait place à un beau soleil. Le sol, pourtant bien mou, suite aux pluies de ses jours-ci, ne présente pas de traces de chevreuil mais tout à coup, je commence à trouver les premiers signes de leur présence. Des ronds de tournesol ont été étêtés et les grandes feuilles broutés. J'avance prudemment car je ne vois pas très loin à cause de la végétation dense.

Arrivé au bout du champ, je bifurque et suis la largeur avant de revenir vers la voiture par l'autre côté de la culture. Un fossé habituellement colonisé par les ragondins semble déserté. Je ne suis plus à bon vent et je rentre rapidement vers la voiture. Les indices se font plus nombreux, certes, il y a toujours des zones broutées mais quelques pieds de tournesol présentent des frottés et les traces de chevreuils, imprimées dans le sol meuble, sont nombreuses je redouble d'attention quand je l'aperçois. Un morceau de pré avance dans les tournesols qui eux font une avancée, un dos roux progresse lentement au bord des grosses fleurs jaunes à 100 mètres devant moi. Je longe rapidement les tournesols pour me positionner à l'angle des tournesols, formé par le renfoncement du pré. Je me positionne à genoux, au coin des tournesols et observe un instant. Le brocard qui relève régulièrement la tête semble très beau, c'est un joli 6 pointes très régulier au bois foncé.  Il est un peu sur ma droite et ne semble pas me sentir malgré le vent qui souffle dans mon dos. L'approche est périlleuse, je tente de l'aboyer mais il ne semble pas m'entendre avec ce vent et rentre dans les tournesols. Je pense savoir où il va. Je presse le pas et rejoins l'angle diamétralement opposé du pré et traverse assez rapidement le champ de tournesol coupé par un petit fossé pour ressortir dans le chaume de blé.

J'arrive contre un talus assez haut qui borde les tournesols et je le suis pour revenir vers l'angle du champ sur ma droite. J'avance doucement car je m'attends à voir ressortir le brocard d'un moment à l'autre mais il m'a bien devancé et sort à plus de 50 mètres devant moi. J'avance rapidement jusqu'au bout du talus et tente de l'aboyer sans qu'il ne réagisse, je tente alors quelques appels avec une herbe entre mes pouces mais il regarde vers moi sans vouloir venir. Il est déjà à plus de 70 mètres et avance tranquillement dans une luzerne qui suit le chaume. Je fais vite demi-tour en essayant de surveiller le brocard que je perds vite de vue à cause du relief du champ. Je traverse la haie que je longeais tout à l'heure puis progresse derrière cette dernière en cherchant du regard mon chevreuil.

Il semble s'être volatilisé quand tout à coup quelque chose attire mon regard dans la luzerne puis je le perds rapidement de vue. J'avance encore et cette fois je l'aperçois. Il est couché et secoue la tête. J'avance doucement et le plus discrètement possible pour tenter de me rapprocher. Alors que je suis encore à 70 mètres, le brocard se lève. Je tente de l'aboyer, toujours pas de réaction. Je retente  des appels avec l'herbe entre les pouces. Cette fois, le brocard semble intrigué. Il fait quelques pas vers moi et baisse la tête pour brouter. J'essaie encore de l'appeler et il relève la tête avant de foncer droit vers la haie. Je le perds de vue car la haie n'est pas en ligne droite. Je m'avance jusqu'à une trouée et traverse la barrière végétale pour tenter de l'apercevoir mais il semble avoir traversé. Je reviens donc derrière la haie et la longe doucement mais pas assez car, tout à coup, une silhouette se débine derrière un bout de haie perpendiculaire à la première à 40 mètres devant moi. M'a-t-il vraiment vu, ou était-il juste en train de bouger ? Je décide de continuer mon approche, mais arrivé contre le bout de haie, je ne vois pas de chevreuil. Je traverse donc vers le petit pré derrière puis reviens vers la luzerne en traversant doucement la haie principale. Le brocard est là, il m'observe à 30 mètres avant de détaler pour rejoindre le couvert des tournesols. Je n'ai pas été assez malin ce coup-ci.

Je retourne à la voiture et pars pour une zone de maïs. Le temps se dégrade à nouveau et la pluie refait son apparition. Des averses soutenues mais espacées s'abattent sur la campagne. Je me gare près du maïs et pars avec le vent de face pour faire le tour du champ mais à part un lièvre je ne verrai rien. La pluie m'a laissé tranquille.

Le temps passe et je décide de changer à nouveau de secteur pour une autre zone de maïs. De la route, j'aperçois au loin un chevreuil au gagnage au milieu des balles rondes. Je me gare au bord de la route et pars au travers d'un chaume de blé pour rejoindre un fossé qui me conduira un peu plus loin au bord des maïs. De l'autre côté du fossé un ragondin broute au bord d'une mare. Le chevreuil vu de la route semble avoir déserté le secteur. Je vais donc tenter une flèche sur ce ragondin mais il me repère et j'entends 2 ploufs distincts dans la mare. Je traverse le fossé et me rapproche doucement de ma mare bordée d'arbres. Les ragondins arrivent par ma droite. Le premier longe la rive opposée. J'arme, vise et décoche pour passer au ras dessous. Le ragondin se précipite au terrier. Son collègue arrive doucement puis s'arrête au milieu de l'eau derrière un arbuste qui me gêne pour décocher. Pendant ce temps le ragondin que je viens de manquer, et qui semble assez joueur, ressort de son terrier et se cale à l'entrée face à moi. J'arme doucement et lui décoche une seconde flèche qui l'effleure juste en dessous du poitrail. il plonge et rentre dans un terrier un peu plus loin. Son collègue a plongé et ressort juste à mes pieds mais le temps de réencocher il rentre au terrier dans un nuage d'eau boueuse. Je fais le tour et récupère mes flèches puis décide de retourner aux choses sérieuses quand une tête surgit de l'eau vers le bout de la mare à 8 mètres environ. Je réencoche, arme doucement et vise sous la tête. Le ragondin est séché à l'impact. Je le récupère ainsi que ma flèche à l'aide d'une grosse branche puis je retraverse le fossé pour me diriger vers les maïs.

Un trophée d'exception à l'approche...27 juillet 2011

Je pose le ragondin sur une balle ronde.

Au loin surgissent 2 chevreuils qui se coursent au milieu des balles rondes. Je tente de me rapprocher doucement et traverse le fossé par un passage de tracteur pour longer caché derrière une haie mais au même moment les chevreuils traversent le fossé à 150 mètres environ pour rentrer dans le maïs. Je longe tranquillement sur la bande enherbée entre le fossé longé par une haie et le maïs. Il se remet à pleuvoir à verse. Je regarde au travers des arbustes par les fenêtres mais pas le moindre chevreuil. Petit à petit, j'arrive au coin du maïs qui est bordé par un fossé qui le sépare d'un ancien champ de colza reverdi par des repousses. En tournant la tête sur ma gauche, j'aperçois un chevreuil contre le maïs. Il est loin et le n'arrive pas à distinguer correctement sa tête. Je tente une approche, la pluie s'est calmée mais le vent a forci, il vient de ma droite et sera parfait pour masquer mon odeur. Je réduis la distance d'une vingtaine de mètres quand je distingue une paire de bois au sommet de la tête de ce chevreuil. C'est un brocard, les choses sérieuses commencent. Je progresse très lentement et voûté en rasant le maïs pour ne pas détacher ma silhouette dans le décor. Je m'arrête dès que le brocard dégage sa tête et pourrait m'apercevoir. Tout à coup, il décide d'avancer et vient droit sur moi sur 5 mètres environ, 50 mètres nous séparent encore.

Je l'observe un moment immobile. Il broute un peu puis recommence à longer la culture en venant vers moi. Que faire, attendre où s'avancer. S'il saute le fossé et s'éloigne, je ne pourrais plus rien faire car je me retrouverais à découvert. Il baisse la tête, je tente le coup, je recommence à avancer vers lui de quelques mètres, le frottement très bruyant des feuilles de maïs sur ma chemise camo est couvert par le vent qui agite la culture. Il redresse la tête, je stoppe net et me baisse au maximum. Il est à 40 mètres environ et se tourne vers le champ de colza en humant l'air. Je crains qu'il ne franchisse le fossé, mais non, il se ravise et reprends sa progression lente dans ma direction en faisant des pauses pour brouter. J’avance encore de quelques pas alors qu'il broute puis décide de me caler contre le maïs, à genoux dans les hautes herbes. Je fais un bruit terrible en touchant les pieds de maïs mais le vent me couvre toujours. Cette fois, je suis calé. Le brocard reprends sa marche mais cette fois il ne semble pas vouloir s'arrêter et arrive droit sur moi d'un pas tranquille. 20 mètres, 15 mètres, il baisse la tête, j'arme mon arc, 10 mètres... encore quelques pas et il s'arrête à 7 mètres, de face. Son trophée est impressionnant, il tourne la tête et la rentre dans le maïs. Je cale ma visée. Je n'aime pas trop le tir de face mais à cette distance je suis assez confiant. Je cale ma visée à la base du coup et décoche. L'impact est bien audible et légèrement cassant.

Le brocard fait volte-face, démarre en trombe le long du fossé puis saute au fond de ce dernier où il s'écrase puis remonte et prend le champ de colza en direction du bois qui borde le haut des champs. Il s'arrête 3 fois sur sa fuite et semble désorienté. A son dernier arrêt il tourne en rond puis rentre au bois. J'attends un moment avant d'attaquer ma recherche alors que la luminosité baisse rapidement. Dès l'impact, je trouve du sang, les gouttes sont parfois un peu espacées mais la piste se suit assez bien les repousses de colza rendent le sang bien visible, les gouttes au sol le sont un peu moins. Petit à petit, je refais la piste confirmant le trajet que le brocard a emprunté. Cela me permet de laisser passer un peu de temps au cas où car je n'ai pas vu l'impact sur le brocard. En arrivant près du bois la piste devient de plus en plus abondante, l'animal rassuré par le couvert végétal s'est relâché. L'entrée dans le bois se fait par un chemin de débardage. La piste devient maintenant spectaculaire et continue. La quantité de sang est incroyable. Je retrouve rapidement mon chevreuil mort sous quelques branches basses, il a fait une centaine de mètres. Mon impression du départ sur son trophée se confirme, c'est vraiment un brocard magnifique !

Ma flèche rendre à la pointe avant du sternum entaillant les 3 premières côtes et ressort au milieu du sternum en éraflant au passage un poumon et sectionnant un gros vaisseau à l'entrée du cœur.

Un trophée d'exception à l'approche...27 juillet 2011

Alex

 

Trophée :

Un trophée d'exception à l'approche...27 juillet 2011
Un trophée d'exception à l'approche...27 juillet 2011

Atteinte :

Un trophée d'exception à l'approche...27 juillet 2011

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 22:13

Ce soir, il fait très chaud et je décide de tuer un peu le temps en attendant le retour de températures un peu plus clémentes. Je gare ma voiture sur une route de crête puis je descends tranquillement le long du bois de gauche. Un lièvre démarre tout près de moi dans le tournesol et remonte vers la crête. Les moissons sont en plein et une petite parcelle d'avoine a été moissonnée un peu plus bas. Il va falloir  que je me dépêche de flécher mon brocard si je veux le faire à l'approche car le couvert des cultures s’amenuise et le retour des températures estivales rend le sol très craquant. Arrivé au coin du bois, je cherche une grosse coulée pour rentrer dans le sous-bois. Je me faufile au travers des branchages et me poste dans une petite zone dégagée. Je vais jouer un peu du Butollo pour tenter de faire des photos de chevrette car je ne pense pas que les brocards y soit encore très réceptifs.

Je commence à appeler en alternant des séries de petits cris brefs, de cris longs et plaintifs et de cris de chevrette en enfonçant la poire jusqu'au fond. Le temps passe alors que j'appelle toujours. un vol de 4 ou 5 corbeaux, intrigués par le bruit, me tourne autour et vient se poser régulièrement à quelques mètres au-dessus de ma tête. Une buse vient se joindre à la partie mais pas la moindre chevrette. Je décide donc de changer d'appel, normalement l'appel continue de plaintes, composé de gémissements et d'appels courts sans interruption est redoutable.

Je commence mes appels et très rapidement un fracas retentis dans mon dos. Je stoppe mes appels. Une chevrette complètement essoufflée cherche la provenance du bruit. Je la laisse chercher et attrape doucement mon APN. Elle est derrière un écran de végétation. Je tente quelques photos mais on la distingue à peine sur ces clichés.

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

Je me tiens près avec mon APN et tente un bref appel, mais la chevrette surgit de la végétation et fonce sur moi sans que je n’aie le temps de réagir. Elle stoppe à 4 mètres devant moi, fait volte-face pour disparaître dans le bois et commence à aboyer un peu plus loin. Je tente de la refaire venir mais elle a compris le manège et s'éloigne en continuant d'aboyer. Je quitte mon poste par où je suis arrivé et ressort du bois puis remonte vers la voiture. Arrivé en crête, j'observe un moment l'autre côté de la route mais pas une seule tache rousse en vue.

Je descends le long de la culture à gibier et rejoins le fond de la combe pour bifurquer et revenir vers le bois. Je longe doucement la lisière et pars me poster près d'un petit trou d'eau situé juste à l'intérieur du bois à quelques mètres de la bordure. Des traces de chevreuils marquent la boue du bord de l'eau, avec cette chaleur il doivent venir y boire. Je me choisis un poste dans la végétation et recommence mes appels mais cette fois rien n'y fait.

Au bout d'un moment, je ressors du bois. Une chevrette démarre à moins de 30 mètres sur ma droite, au milieu de repousses de frênes juste assez hautes pour la dissimuler. Elle rentre au bois et je tente de me rapprocher doucement pour l'apercevoir mais elle a disparu. Je reprends ma progression en direction du chemin forestier qui me conduira vers les près fauchés. Plusieurs lapins détalent devant moi.

Je stoppe de temps à autre pour observer mais les chevreuils ne sont pas encore de sortie sur le secteur. Je rattrape le chemin forestier et le longe pour ressortir du bois. Il me semble entendre un bruit de pas sur ma droite mais impossible de voir sa source. Le chemin surplombe maintenant un très grand pré fauché qui borde la rivière. Une haie épaisse fait un écran végétal seulement percé de quelques fenêtres très espacées. Au travers des trouées, j'observe le pré quand j'aperçois un brocard au gagnage. Il est à 70 mètres environ.

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

Le vent souffle dans mon dos et ma seule chance de faire une approche est de longer la haie jusqu'au bout du pré puis de revenir vers la rivière par un chemin de terre bordé de très gros chênes puis d'approcher le chevreuil par le bord du cours d'eau. Je tente le coup, je marche très rapidement en faisant juste attention aux trouées dans la haie pour ne pas être repéré. J'en profite à chaque fois pour observer un court instant le brocard qui semble tout à fait paisible. Quelques lapins détalent en tous sens. Arrivé au bout de la haie, je m'avance vers le premier gros chêne du chemin et me cale derrière pour observer. Le chevreuil est toujours aussi calme, il broute sans se soucier de moi. 2 lièvres qui arrivent du bord de la rivière se coursent au milieu des balles rondes.

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

Je m'avance rapidement jusqu'au second chêne sans être repéré. Le brocard est à 400 mètres environ et broute toujours. Je décide de tenter de rejoindre la rivière rapidement et d'une traite en espérant que la distance me mettra à l'abri des yeux du brocard.

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

Je progresse donc rapidement mais stoppe tout de même une fois alors que le chevreuil vient de relever la tête. Au moment où il se remet à brouter je finis d'une traite les 60 mètres qui me séparent de la rivière. Le brocard rejoint quant à lui le bord du cours d'eau. La courbe du cours d'eau me fait perdre de vue mon chevreuil. J'en profite pour faire les 200 premiers mètres en courant le long de la rivière puis je marche d'un bon pas vers le virage du cours d'eau. Je pense que mon chevreuil n'est plus qu'à 50 mètres et je ralentis le pas pour commencer mon approche à pas calculés au milieu de l'herbe sèche. Je ne vois toujours pas le brocard et j'avance à l'aveugle. En arrivant au virage, mes pas se font très lents et je tends régulièrement la tête pour tenter d'apercevoir mon animal de chasse.

Tout à coup, je l’aperçois au travers des feuillages, il est à 40 mètres devant moi et me tourne le dos. Je l'observe un peu alors qu'il se remet en marche. Je tente de me rapprocher très lentement et sans bruit. Il n'avance pas vite en broutant et je gagne 10 mètres pour me positionner derrière une branche au feuillage épais qui dépasse de la haie bordant la rivière. Le reste de l'approche risque d'être très compliquée. Un peu plus loin, une haie perpendiculaire à la rivière s'interrompt  sur quelques mètres avant le cours d'eau et si mon brocard passe derrière cette haie je pourrais tenter une approche plus sereine.

Le brocard broute toujours mais, tout à coup, il se tourne face à la rivière et se met à gratter le sol de son sabot avant de se coucher plein travers en regardant vers moi. Je n'avais pas envisagé cette hypothèse et mes chances sont maintenant très maigres de terminer mon approche car le brocard faisant confiance à son odorat ne regarde jamais derrière lui et fixe ma direction sans me voir mais je ne peux pas faire un seul mouvement. Au mieux, il regarde devant lui mais je suis coincé. L'attente commence. Les 2 lièvres de tout à l'heure broutent plus loin au bord de la haie alors qu'un lapin s'amuse à leur tourner autour. Le brocard se gratte le menton avec sa patte arrière. Le temps passe et la luminosité commence à décroître. Je ne vais pas rester toute la soirée à le regarder, je décide de tenter des appels au Butollo.

Je commence par une entrée en matière douce avec des petits appels brefs pour éveiller sa curiosité. Immédiatement le brocard tend le coup et cherche la provenance du bruit. Je stoppe un instant et le laisse chercher puis alors que son attention baisse, je recommence. Il semble curieux mais je n'ai pas l'impression qu'il veuille se lever. Je passe aux cris plaintifs espacés. Son attention semble croître, il cherche de plus en plus. J'intercale quelques cris de chevrette mais il ne se lève toujours pas. Je fais une longue pause sans appel puis je reprends des petits appels brefs. Cette fois, il se lève.

Il reste un moment à regarder vers moi alors que je suis immobile moi aussi puis il commence à s'éloigner de la rivière en trottinant. Je recommence mes appels brefs. Il bifurque doucement pour se rapprocher tout en décrivant un arc de cercle pour me contourner et me prendre au vent. Il s'arrête régulièrement et fixe son regard dans ma direction sans réussir à m'identifier. Je fais de courtes pauses et reprends mes appels pour le garder curieux et intéressé. Il s'avance encore et baisse sa garde, j'arme tout en tenant le Butollo à la main. Il n'a rien vu et s'avance encore. Je le suis, arc armé et continue mes appels mais il commence à s'éloigner un peu et se cale finalement à 20 mètres environ. Je ne sens pas le tir et tente encore de le faire revenir mais il se tourne de cul et commence à s'éloigner puis prend le galop bondissant. Je désarme et le stoppe à 50 mètres environ en l'aboyant puis commence à le faire revenir avec des appels de Butollo. Il avance en humant le sol et pas à pas se rapproche à nouveau, je réarme avec le Buttolo à la main alors qu'il ne me regarde pas et continue mes appels. Petit à petit, le brocard se rapproche, mon viseur se cale, il avance encore un peu puis s'arrête, 15 mètres environ plein travers, c'est ma chance. Je décoche mais rate mon brocard en passant juste sous le poitrail.

Le brocard, surpris par l'impact de la flèche sur le sol, fait demi-tour et repart au galop vers la haie. Je recommence mes appels et le stoppe net. Il recommence à venir mais bien plus méfiant alors que je réencoche tout doucement. Il revient très doucement mais, à 30 mètres, il fait brusquement demi-tour et s'enfuit en aboyant, s'arrête à la haie, m'observe puis la franchit d'un bon pour disparaître toujours en aboyant. Je n'insiste pas, je sais que cette fois ce n'est pas la peine.

Je pars chercher ma flèche puis reviens à travers le pré vers le chemin bordé de gros chênes quand j'aperçois mon brocard qui se débine contre une haie qui longe une habitation au sommet de la colline. Je crois savoir où il va et je tente de le devancer, en essayant de rester discret, je presse le pas puis court vers le passage au coin de la grosse haie. Le chevreuil n'arrivant pas, je remonte vers la haie sous l'habitation mais le chevreuil a disparu.

La luminosité baisse, un cri de renard retentit au loin et je décide de tenter de me rapprocher. Je rattrape la crête de la colline et longe un chemin couvert d'herbes hautes tout en surveillant les prés fauchés. Je m'avance à découvert pour rejoindre un îlot en friche qui couvre un talus assez raide au milieu des prés fauchés. De nombreux lapins s'enfuient. Je me poste derrière un buisson et tente quelques cris de souris mais rien ne vient. Au loin, sur la crête suivante, j'aperçois plusieurs masses sombres qui se déplacent, peut être une famille de renard ? Mes cris de souris n'ayant pas la portée suffisante, je tente un plainte de faon en continu. Mais un c'est un galop qui retentit au loin. Un chevreuil arrivant ventre à terre de plusieurs centaines de mètres. Je stoppe mes appels et me décale rapidement en crête du talus pour me positionner près de son point d'arrivée.

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

L'arrivée et tellement rapide qui je ne peux faire que 20 mètres. Une chevrette surgit à 20 mètres  devant moi et se fige pour m'observer. Je reste immobile quand, tout à coup, surgissant de nulle part, mon brocard de tout à l'heure surgit à 10 mètres devant moi et regarde vers la chevrette. J'arme rapidement et prends la visée mais encore une fois ma flèche passe juste dessous, je me suis trop pressé ! Le couple fait volte-face et repart ventre à terre vers les  bois au loin. Je me décale rapidement derrière des herbes hautes et un buisson pour me positionner.

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

Si j'arrive à faire revenir la chevrette, le brocard suivra. Je recommence des appels longs et plaintifs alors que les amoureux sont déjà loin. La chevrette amorce une grande boucle pour venir droit sur moi, le brocard lui emboîte le pas, je continue mes appels jusqu'à ce qu'ils arrivent à environ 40 mètres en dessous de moi puis stoppe brutalement. Les chevreuils s'arrêtent un instant derrière des buissons et je les perds de vue. Encore 2 petits appels brefs et les voilà, ils foncent droit sur moi. Je range le Butollo et arme mon arc. La chevrette vient se planter à 3 mètres de moi et se fige en regardant vers moi, le brocard s'arrête lui aussi mais focalisé sur l'arrière train de sa partenaire. 3 mètres, léger 3/4 face, juste en dessous de moi, ma visée est prise, je décoche. L'impact retentit. La chevrette redémarre en trombe, le brocard fait un saut extraordinaire de côté et retombe dans un buisson. Il ne bouge pas pendant un moment. Je reste immobile.

Il finit tout de même par repartir alors que la chevrette l'attend sur le penchant opposé. Il chute plusieurs fois sur 30 mètres puis se couche sur le flanc et s'immobilise. Cette fois c'est fini, ce n’était pas mon jour, mais ce n'était pas le sien non plus. Il a pourtant eu 3 chances.

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

Le chevrette refuse de partir et aboie sur place alors que, plus loin, un autre chevreuil lui répond. Je descends vers mon brocard. Le buisson dans lequel il a sauté est maculé de sang.

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

L'ayant vu tombé, je me dirige directement vers lui alors que la chevrette peine à partir. Ma flèche est plein cœur, ce qui explique ce saut incroyable.

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

Après quelques photos souvenir, je rentre avec mon chevreuil sur l'épaule dans la nuit noire.

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

Alex

 

Trophée :

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

Atteinte :

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 19:22

Ce soir, je pars de chez moi vers 18h30, en route je décide de m'arrêter pour faire un sort à un ragondin que je vois depuis un bon moment à chaque fois que je passe sur cette route. Je me gare dans un virage, attrape mon arc, traverse la route et saute la glissière de sécurité pour descendre vers le petit ruisseau, juste en contre bas de la route. Je longe doucement avec le vent de face et comme d'habitude les ragondins sont là à 40 mètres devant moi entrain de brouter paisiblement. Je passe en mode prédateur, mes pas se font silencieux, mon approche calculatrice. Mon regard fixe mon but et je stoppe net dès que l'un des ragondins relève la tête. Ils sont 3, c'est la première fois que j'en vois autant sir ce secteur, il n'y en a souvent qu'un seul voir 2 au maximum. Ce sont des jeunes et le gros habituel n'est pas là. Je parviens assez facilement à 10 mètres des ragondins et tente de me rapprocher encore. Pas à pas, en rasant les arbres du bord du ruisseau, je me rapproche  quand l'un des trois rongeurs s'affole et fonce sur 1 mètre vers le ruisseau puis se fige le nez en l'air. Je me fige également. Au bout d'un moment, voyant que ses compères ne bronchent pas, il se remet à brouter et s'octroie même le luxe de me tourner le dos. Je suis à 7 mètres. J'arme mon arc et fait encore 2 pas tout doucement. Le plus éloigné du ruisseau me présente un bon 3/4 arrière alors que les 2 autres, côte à côte, sont de cul. Mon choix est fait, je vise le ragondin isolé et décoche. Il accuse le coup et met un moment à démarrer. Ma flèche est restée fichée à l'intérieur, arrêtée par le sol. Les 2 autres ragondins se jettent à l'eau alors que le blessé s'élance sur 2 mètres, le saignement est spectaculaire. Je me précipite mais il roule à moins de 3 mètres de l'impact. C'est fini pour lui. Je réencoche et jette un coup d’œil au ruisseau mais les autres sont à l'abri. Je ramasse ma prise sous les yeux incrédules des automobilistes qui passent à quelques mètres et retourne vers la voiture. Ma flèche rentre à l'arrière des côtes et ressort derrière la tête.

Un grand 6 dans les blés, 18 juin 2011

Je reprends la route et me gare devant chez le président de la chasse. Après avoir discuté un peu, je me prépare et pars en chasse. Le vent fort ce soir n'est pas bon et je décide de rattraper la route pour m'avancer plus en avant dans le territoire avant de revenir avec le vent de face. Je descends le chemin de pierres blanches avant de remonter vers la chapelle quand un mouvement me fait tourner la tête sur ma droite. Une chevrette coutumière des lieux et entrain de glaner sa nourriture dans un passage de tracteur au milieu du blé en me tournant le dos. Je suis à mauvais vent mais elle ne semble pas inquiète. J’attrape mon appareil photo et tente un cliché, elle est à moins de 15 mètres et le bruit de mon appareil lui fait lever la tête. Je me presse un peu pour prendre le premier cliché et voyant qu'il est flou, je tente un second mais la chevrette démarre et je la fige dans un bon au-dessus du blé.

Je la regarde s'éloigner en remettant mon appareil photo dans la poche de ma chemise et reprends ma route. Un peu plus loin un coq faisan suit de près une poule qui lui fausse compagnie en rentrant rapidement dans le blé. Je dépasse la chapelle et rejoins la route que je remonte vers l'angle d'un bois où je compte commencer ma chasse. Tout à coup, une tête de chevreuil m’apparaît furtivement dans le champ de féveroles sur ma gauche puis disparaît derrière la cassure du champ. Je longe rapidement derrière un bout de haie puis tente de retrouver le chevreuil du regard. Il m'a semblé qu'il s'agissait d'une chevrette mais la vision a été brève et lointaine. Impossible d'y poser les yeux dessus. Je siffle un grand coup pour lui faire relever la tête, rien ne bouge, je siffle une seconde fois et toujours rien.

Je quitte la route et m'avance dans les féveroles pour tenter de l'apercevoir derrière une bosse du champ. J'avance doucement mais la végétation est craquante. Tout à coup, une tache rousse me saute aux yeux, tout en bas du champ, près du fossé. C'est un chevreuil, il est immobile au milieu de la végétation épaisse. Je me baisse au maximum et tente d'avancer derrière le relief du champ puis ressors dans une parcelle de soja séparée des féveroles par une bande d'avoine sauvage. Je profite de cette végétation haute pour descendre baissé vers le ruisseau en surveillant le chevreuil qui ne bouge pas. Il est à plus de 100 mètres. Je rejoins une petite parcelle de blé et prends le passage de tracteur jusqu'au fossé puis reviens doucement dans les féveroles en longeant le fossé. Les arbres qui le longe me cachent le chevreuil et j'avance tout doucement mais à l'aveugle. Arrivé à l'endroit où se trouvait le chevreuil, plus rien, il s'est volatilisé. Je traverse le fossé et longe l'autre côté de la haie mais toujours rien. Je rejoins le blé et le retraverse pour rejoindre une bande étroite de maïs qui va me conduire contre le bois que je voulais rejoindre.

Je retraverse le fossé et remonte dans un champ de tournesol tout d'abord clairsemé puis très épais et presque aussi haut que moi. Un cheval magnifique, brun chocolat m'observe à 20 mètres sur ma gauche de son enclos et se met à me suivre curieux. Je ressors sur une autre route au sommet du champ et la traverse pour attaquer un autre tournesol. Je remonte par une bande clairsemée suite à une coulée de boue due à un orage. Pas de chevreuil dans le secteur. Je rejoins la bordure du bois en crête du champ et le longe à bon vent pour vraiment commencer ma chasse. La bordure du bois bifurque à 90° et plonge vers le fond de la cuvette du champ. Je la suis puis la longe ensuite en suivant le fond de la cuvette et direction d'un blé. Les tournesols sont plus hauts que moi et je n'y vois rien, je ne m'attarde pas et arrive au bord du blé. je scrute la surface des céréales pas un chevreuil en vue.

Je rattrape un passage de tracteur et remonte vers la crête du champ où je marque une petite pause d'observation. A plus de 150 mètres, j'aperçois alors un mouvement furtif à la surface des céréales, près de la bordure des tournesols, c'est un chevreuil mais à cette distance impossible d'en donner le sexe. Je décide de tenter une approche. Le vent fort est idéal. Je reviens vers les tournesols et les longe rapidement jusqu'au fond de la cuvette du champ où je perds mon chevreuil de vue puis remonte doucement le penchant opposé. La parcelle de tournesols s'avance dans le blé en direction du chevreuil qui doit être maintenant à environ 100 mètres. Je bifurque et longe entre le blé et le tournesol avec le vent face à moi. Quelques pieds de tournesol ont été cassés par un brocard. Mon approche se fait de plus en plus silencieuse alors que je me rapproche. Arrivé au coin des tournesols, je remonte un peu, très très lentement pour tenter d'apercevoir le chevreuil. Tout à coup, des bois surgissent du blé à moins de 15 mètres sur ma droite. Je me fige. Le brocard rebaisse la tête, je remonte tout doucement pour me positionner à l'aplomb de l'animal. Il redresse à nouveau la tête. Je me fige. Impossible de savoir vraiment dans quelle position il se trouve. Il rebaisse la tête. Je m'avance encore un peu puis m'arrête un instant pour l'observer baissé au ras du blé. Le brocard relève régulièrement la tête, il se lèche l'épaule puis semble se retourner et fait quelques pas vers ma gauche. Ca y est, je connais son sens de marche. Je commence mon approche, très lentement, en écartant le blé du bout du pied avant de le poser au sol, je gagne petit à petit du terrain. Je me fige et me baisse à chaque fois qu'il redresse la tête et avance dès qu'il la baisse. Il me faut m'approcher très près car le blé est haut et je ne vois pas le chevreuil. Encore quelques pas et j'arrive dans une zone de blé versé. Il n'est plus qu'à 8 mètres. Je me baisse le voyant redresser la tête puis recommence mon approche avec des précautions de plus en plus accrues. 5 mètres nous séparent, il baisse la tête, je me redresse et arme mon arc. Il se redresse et je devine sa position plus que je ne la vois. Mon viseur se cale, ma flèche part. Avec la force du vent je n'ai pas entendu l'impact mais le chevreuil surgit des céréales et fait demi-tour pour descendre rapidement à grands bonds vers le fond de la combe. Le sang coule abondamment au niveau du défaut de l'épaule et je suis assez confiant. Je l'observe dans sa fuite sans bouger et le vois ralentir à près de 60 mètres. Il chancelle puis bascule et chute lourdement. C'est terminé pour lui.

Je pose la main sur la poche de ma chemise et constate que mon appareil photo n'y est plus. Non, j'ai oublié de reboutonner la poche et lors de mes approches, j'ai dû le faire tomber en me penchant. Il est encore tôt, je pars chercher mon chevreuil, la piste de sang est très facile à suivre, le rouge ressort bien sur le doré du blé. Je retrouve mon chevreuil là où je l'avais vu tomber. Ma flèche rentre 15 cm derrière l'épaule et ressort en face au défaut de l'épaule. Le bracelet apposé, j'appelle le président de la chasse pour qu'il vienne chercher mon chevreuil en voiture. La recherche de ma flèche sera vaine car le blé est trop épais pour la retrouver et je ne vais pas piétiner toute la culture. Je remonte vers la route par un passage de tracteur et attends le président. Je lui laisse mon chevreuil et pars refaire mon circuit pour tenter de retrouver mon appareil photo. Je redescends à travers un colza moissonné vers les féveroles quand j'aperçois un chevreuil qui m'observe tout en bas dans le passage de tracteur de la parcelle de blé, il semble que ce soit une chevrette. Je passe derrière une haie qui longe un fossé sur ma droite et descends pour tenter de le voir de plus près quand un second chevreuil surgit des céréales. C'est le brocard, il file à travers blé puis remonte à travers un tournesol clair semé vers un petit bosquet au ras de la route. La chevrette disparaît comme par magie dans le blé. Je la relève en arrivant au ras de sa position.

Je cherche dans les féveroles sans succès puis refait mon circuit sans plus de réussite. Je lève un autre brocard dans le dernier champ de tournesol mais mon appareil restera introuvable. Je rentre à la nuit pour m'occuper de mon chevreuil que je prendrai en photo le lendemain matin avec un APN prêté.

Un grand 6 dans les blés, 18 juin 2011

Alex

 

Trophée :

Un grand 6 dans les blés, 18 juin 2011
Un grand 6 dans les blés, 18 juin 2011

Atteinte :

Un grand 6 dans les blés, 18 juin 2011

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 06:24

Ce soir, je pars chasser dans un bas fond, au bord d'un ruisseau. Les parcelles sont semées de tournesols ou de luzerne et l'endroit est propice pour voir quelques chevreuils. Je me gare près de la dernière ferme du chemin goudronné et contrôle le vent. Il souffle dans mon dos, je vais donc avancer un peu à mauvais vent pour descendre ensuite vers le ruisseau que je vais suivre doucement. Je discute un moment avec le propriétaire des lieux tout en me préparant puis je pars en longeant la vigne. En contre bas, je longe un petit bois et quitte la vigne en direction du ruisseau. Arrivé au bord de l'eau, je rentre dans le bosquet et le traverse tranquillement en suivant une belle coulée. Au coin opposé du bois, je tombe sur une zone de terriers très fréquentés puis ressors sur un champ de tournesol.

Je longe doucement le cours d'eau sur la bande enherbée, le sol est craquant à cause des feuilles mortes des chênes qui bordent le cours d'eau. Je me décale donc vers le tournesol où le sol meuble est plus silencieux. Un peu plus loin, un animal démarre dans le Tournesol de l'autre côté du ruisseau. Je tourne la tête et aperçois un grand brocard qui rentre au bois. Je laisse tomber, il m'a vu et ne sera pas approchable. Un peu plus loin les tournesols font place à une luzerne idéale pour voir de loin mais qui ne facilite pas les approches à cause de la faible hauteur de végétation.

J'avance tranquillement quand j'aperçois un chevreuil au gagnage le long d'un fossé bordé d'herbes hautes et qui descends perpendiculairement au ruisseau. Je suis à découvert pour une approche. J'observe un moment l'animal à 100 mètres environ. Il semble que ce soit un brocard Je me rapproche un peu alors qu'il broute, la tête plongée dans le végétation et me cale sous un grand chêne, dont les branches qui descendent assez bas, me camouflent un peu.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je l'observe à nouveau tout en me demandant comment je vais bien pouvoir attaquer mon approche sans être repéré. Quelque chose me choque, son arrière train semble verdâtre. Il est certainement malade. Ce n'est pas la première fois que je vois un cas de ce style, ça arrive de temps à autre, le chevreuil atteint de diarrhées aiguës se sèche petit à petit jusqu'à ressembler à un squelette et meurt d'épuisement. C'est décidé, je vais peut-être y passer ma soirée mais ce sera lui ce soir et pas un autre. Le tir d'été est fait avant tout pour ça même si on a facilement tendance à l'oublier.

Le brocard s'avance un peu et rentre dans les hautes herbes. Que faire ? Si je tente de me rapprocher maintenant, je risque de me retrouver à découvert au mauvais moment. Je le laisse faire. Au bout d'un moment, il traverse le fossé et s'avance dans la luzerne. Il avance de quelques pas, broute un peu puis reprend sa progression. Il semble remonter vers un petit carré de friche sous une ferme un peu plus haut. Il va bientôt passer derrière une bosse du champ et disparaître. Ça y est, il a disparu, j'en profite pour quitter mon poste, je longe la bande enherbée et passe le fossé pour remonter vers le sommet de la bosse et tenter d'apercevoir le brocard que je pense dans la friche.

En me rapprochant du sommet, je ralentis et tente d'apercevoir le chevreuil. La friche semble bien calme, il s'est peut être couché ? Tout à coup, je l'aperçois, il est en fait redescendu vers le ruisseau et broute tranquillement dans le creux du champ. Je fais donc doucement demi-tour et redescends en longeant le fossé puis je suis doucement le ruisseau pour tenter une approche que je sais assez compliquée car je n'ai pas grand-chose pour me cacher.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je remonte doucement dans la luzerne le plus voûté possible et finis par apercevoir les bois du chevreuil qui dépasse de la cassure du champ. Je m'immobilise, il ne m'a pas vu et se remet à brouter. Je m'agenouille et continue un peu mon approche sur les genoux. Il est là, juste à 25 mètres sous moi. Je m’aplatis un maximum dans la luzerne et analyse son comportement. Il avance doucement entre 2 prises de nourriture, redresse régulièrement la tête et semble vouloir passer plein travers à 18 mètres. Je tente de me rapprocher encore un peu presque à plat ventre et me cale sur mes genoux, baissé contre le sol.

Il arrive doucement mais, tout à coup, il commence à biaiser et à s'éloigner. Il est à 20 mètres, tête baissée, j'arme mon arc et pends la visée mais je ne le sens pas. Le brocard qui ne m'a pas vu se tourne de cul tout en broutant. Je désarme et m’aplatis au sol mais le brocard qui vient de relever la tête a vu quelque chose et fixe son regard dans ma direction. Je ne bouge plus, presque en apnée. Le chevreuil commence à se lécher l'arrière train, baisse et relève la tête plusieurs fois, fais semblant de se lécher l'épaule et m'épie par-dessus... bref, il tente de me feinter pendant un bon moment puis ne voyant rien bouger, il décide de reprendre tranquillement sa progression en direction d'un vieux saule très touffu. Je reste parfaitement immobile. Il me lance encore quelques regards en s'éloignant puis repart d'un pas serein.

Il rentre sous le saule à 30 mètres du ruisseau, au bord d'un fossé qui rejoint une mare un peu plus haut et disparaît.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je reste encore un moment sans bouger. Quelques branches basses s'agitent puis plus rien. J'attends un peu puis ne le voyant pas ressortir. Je m'éclipse doucement et repasse à couvert derrière la bute pour revenir vers la bande enherbée en longeant le fossé bordé d'herbes hautes. J'avance tranquillement le long du ruisseau, mes yeux braqués sur le saule quand, tout à coup, j'aperçois le brocard qui s'éloigne paisiblement dans la luzerne.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je regagne rapidement un gros chêne et me cache derrière pour observer puis je contourne l'arbre pour traverser le fossé par une grosse coulée et me positionne derrière un écran végétal.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Le chevreuil biaise doucement vers un long fossé bordé de chênes. Il a perdu toute méfiance et ne regarde pas autour de lui, il avance tête basse vers son objectif. Je quitte ma cachette et m'avance sur la bande enherbée pour tenter de réduire la distance. Je progresse voûté et m'arrête régulièrement pour ne pas me faire voir car un chevreuil zigzague un peu dans la luzerne. Il finit par rejoindre le fossé et se met à brouter de cul, la tête enfoncée dans la végétation. J'en profite pour m'avancer et me positionner derrière lui contre la bordure du ruisseau.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je me pose à genoux et observe un bon moment. Le chevreuil finit par s'enfoncer dans les herbes hautes et rentre dans le fossé. C’est l'occasion ou jamais. Je m'avance voûté, assez rapidement dans la luzerne jusqu’à 30 mètres du fossé. La position du chevreuil est repérée grâce aux mouvements de la végétation. Je finis mon approche à genoux. J'avance plus doucement tout en surveillant la position estimée du chevreuil. Je gagne petit à petit de la distance et alors que j'arrive à 15 mètres du fossé, j'aperçois le chevreuil qui s'avance à travers les herbes hautes. Je me fige et m’aplatis au sol. Il passe derrière une touffe épaisse, j'en profite pour gagner encore un peu de distance. 12 mètres, tout s'accélère, le chevreuil s'avance et ressort doucement du fossé sur ma droite.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

J'arme mon arc, prends la visée. Mon viseur se cale et je décoche sur le brocard qui avance au pas.

L'impact est bien audible. Le chevreuil démarre en trombe, il fait 20 mètres et tente d'aboyer sans ne pouvoir sortir qu'un sorte de râle et chute lourdement 30 mètres plus loin en pleine course, au milieu de la luzerne, à quelques mètres du fossé.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je sais que c'est terminé pour lui, je me redresse et pars vers la zone du tir. Je commence par chercher ma flèche sans succès puis je cherche des indices. Dès l'impact, je trouve un peu de sang.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je suis la piste qui n'est curieusement pas très importante. Les gouttes sont tout de même assez faciles à suivre mais sont relativement espacées.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Ayant vu tomber l'animal, je prends grossièrement la piste et regardant tout de même le sang et me dirige vers mon chevreuil. Quelques tiges de luzernes sont frottées de sang.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je retrouve mon chevreuil mort où je l'avais vu tomber. Mon atteinte est plein défaut d'épaule et ma flèche doit traverser au minimum les 2 poumons voir le haut du cœur ou sectionner les arrivées des artères.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Comme je m'en doutais, le chevreuil n'est pas en forme, son arrière train est ses pattes postérieures sont couverts d’excréments liquides et de plaques d’œufs de mouches.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Son poil n'est pas joli, il a encore des touffes de poils d'hiver grisonnants et semble perdre son pelage par endroit. Il est très décharné, ses yeux sont rentrés dans les orbites, ça me fait vraiment mal au cœur de voir un si bel animal dans un état aussi pitoyable et je suis content d'avoir réussi à lui abréger son calvaire après une si belle approche.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Alex

 

Trophée : 

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Atteinte :

Tir sanitaire, 11 juin 2011

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 04:56

Ce soir, après ma journée de boulot, je me pose un moment avant d'aller chasser. Je décide de changer 2 flèches de mon carquois et prends 2 vieilles flèches car ce soir, j'ai de fortes chances de tomber sur les ragondins. Arrivé sur place, je me gare et commence à me préparer quand j'aperçois un chevreuil qui sort d'un îlot de verdure au milieu d'un champ de maïs. Je l'observe tout en me préparant et pense qu'il va me repérer. Il est à 200 mètres environ. J'enfile ma cagoule, positionne mon décocheur, attrape mon arc et referme le coffre de la voiture alors que le chevreuil broute toujours tranquillement. Je ferme la voiture.

Que faire, Le vent est bon mais il me faut longer un chemin goudronné sur 50 mètres en plein découvert pour rejoindre la bordure du fossé bordé d'une haie. Tout à coup, le chevreuil relève la tête et descend au petit trot vers la bordure du fossé puis disparaît dans la végétation. Sur la droite du fossé se trouve un champ de maïs et sur la gauche un champ de blé encore relativement vert comparé à la majorité des blés du secteur souvent complètement grillés par la sécheresse. Je tente ma chance. Je descends au bord du fossé et le longe tranquillement côté gauche tout en surveillant devant moi. Arrivé à 50 mètres de l'endroit où j'ai vu disparaître le chevreuil, j'aperçois un arbuste qui remue anormalement malgré le vent au milieu des herbes hautes. Plus de doute, il s'agit d'un brocard. Tout à coup, le chevreuil relève la tête, Il a l'air bien coiffé mais à cette distance difficile de juger.

Je colle le plus possible la haie et me rapproche tout doucement jusqu'aux derniers arbustes. Le chevreuil qui me tourne le dos est tellement absorbé par son marquage du territoire qu'il ne m'a pas vu arriver. Au bout de la haie, je traverse le fossé très doucement. Un gros peuplier au bord du fossé va me servir d'écran pour avancer caché. Je progresse en alignant le peuplier et le brocard pour me soustraire à sa vue. J'avance voûté pour ne pas trop dépasser des herbes hautes qui bordent l'autre côté du fossé. Le sol de la bordure du champ de maïs est friable et silencieux. Je progresse assez facilement et le chevreuil est toujours très occupé. Arrivé derrière le peuplier, je ne suis plus qu'à 10 mètres du chevreuil. Je me cale pour observer. Il relève la tête, ses bois sont imposants.

Je décide de me rapprocher encore un peu alors que le chevreuil laisse son arbuste pour faire quelques pas dans l'herbe. Il s'arrête et baisse la tête. Je me baisse et avance doucement sur 2 mètres. Il redresse la tête. Je me fige. Il se lèche l'épaule puis rebaisse la tête dans les herbes hautes. Je fais à nouveau quelques pas en armant mon arc. 6 mètres nous séparent, il me présente un léger 3/4 arrière. Je prends la visée au milieu des côtes et décoche. Je n'ai pas vu mon atteinte et n'ai pas entendu l'impact. Le chevreuil surpris fait volte-face et file à grands bons dans le blé mais, au bout de 20 mètres, il s'arrête et regarde autour de lui. Je reste immobile et voûté à l'observer.

Ce n'est pas possible que l'ai manqué à cette distance ! Au bout de quelques secondes, le chevreuil commence à vaciller et pars du train arrière avant de se coucher au milieu du blé. J'attends un peu puis me redresse. Pour tuer le temps, je vais doucement voir la zone du tir toute proche. Dès l'impact, je trouve des gouttes de sang.

Un grand 8 est tombé

La traille dans le blé est également marquée de sang. Je cherche ma flèche, mais dans cette végétation abondante, impossible d'y poser les yeux dessus. Quelques minutes ont passé, je pose mon arc au premier sang et pars doucement dans le blé en suivant la piste qui est facile à suivre. Plus j'avance et plus, je trouve du sang. Je progresse tout de même très lentement au cas où, quand j'aperçois mon brocard. Il est juste devant moi, à 3 mètres, couché, mais il tient encore sa tête haute. Il n'est pas mort, je fais doucement marche arrière sans que le brocard ne réagisse et retourne chercher mon arc. Je reviens très doucement vers le bocard. A 5 mètres, j'aperçois ses bois immobiles mais toujours au niveau du blé. J'arme mon arc et me rapproche très lentement pour me positionner pour un tir 3/4 arrière. Au moment où j'aperçois son corps, à environ 3 mètre de lui, je vise l'arrière des côtes et décoche.

Le brocard se lève d'un bon, ma flèche encore plantée dans son flanc. Un sang noirâtre s'échappe abondamment de sa plaie d'entrée alors qu'il file vers la route. Je m'avance rapidement pour tenter de voir s'il a traversé la chaussée mais je l'ai perdu de vue. J'avance doucement vers la route encaissée de presque 3 mètres par rapport au champ. Je crains qu'il n'aille mourir en plein milieu de la voirie. Je suis là où je perds le chevreuil de vue et regarde la route. Pas de sang sur la chaussée, où est -il passé ? Tout à coup, un mouvement me fait tourner la tête à gauche. Le chevreuil est là, à même pas 2 mètres de mon pied et finit de mourir.

Il est magnifique, c'est une belle tête bizarde de 8 pointes avec un corps très massif.

Un grand 8 est tombé

Il n'a fait que 40 mètres entre mon premier tir et son point de chute.

Un grand 8 est tombé

Alex

 

Trophée :

Un grand 8 est tombé
Un grand 8 est tombé

Atteinte 1 :

Un grand 8 est tombé

Atteinte 2 :

Un grand 8 est tombé

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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