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19 novembre 2011 6 19 /11 /novembre /2011 19:12

Ce weekend Antoine, allias charc08, est venu des Ardennes pour chasser le grand gibier gersois. Il est arrivé ce matin par le car à 1 heure du matin et la nuit a été courte. Ce matin nous partons chasser pour Labéjan, je laisse Antoine au bois du Turc où je pense qu'il lui sera possible de voir des chevreuils et de tenter des approches. Je pars pour le grand lac, où je chasse souvent, juste un peu plus loin. Je me gare sous la digue puis pars en longeant le ru du déversoir quand j'aperçois 2 silhouettes de chevreuils dans la légère brume du matin. Ils broutent face à moi près du bois le long de la haie qui borde par endroit le ru. Ils ne m'ont pas repéré, je traverse doucement le ru et passe derrière la haie pour tenter de passer derrière eux pour les approcher par un passage busé qui remonte au coin du bois. J'avance doucement le long de la haie et tente d'apercevoir les chevreuils par les trouées mais je ne les vois plus et me rends vite compte qu’ils ont disparu. Ils ont dû me repérer.

Je continue en longeant sous le bois et arrive à une petite haie. Rien derrière, je la traverse et rejoints un passage busé qui traverse le ru et la haie épaisse qui le borde. Je longe le bas de la haie puis me cale contre un bouquet d'arbustes et tente quelques appels de Butollo mais rien ne vient. Je remonte tranquillement en longeant une clôture électrique en direction d'une friche qui couvre le haut du coteau. 2 chevreuils sortent du bois sur ma droite et traversent tranquillement le semé de colza. Je me fige et m'agenouille à découvert. Un gros vol de palombes me survole et tournoie d'un bosquet à l'autre. J'espère les voir passer derrière la haie qui borde le sommet du coteau mais ils passent devant et rentrent dans la friche. Ils s’arrêtent par moment et s'attendent mutuellement. Je tente quelques appels mais ils m'observent sans venir et continuent à s'éloigner. Je n'insiste pas plus. Un des chevreuils disparaît derrière une bosse du terrain dans la friche mais l'autre est toujours à découvert, je ne peux pas bouger sans être vu. J'attends un moment, il se décide à s'avancer, j'ai peu de chances mais je décide de tenter l'approche mais le premier chevreuil me repère et ils remontent vers le sommet du coteau à grands bons.

Je remonte vers le sommet puis m'avance dans un bois sur ma gauche, près d'une palombière. Je tente quelques appels sans succès. Je ressors du bois pour longer la crête et tenter d'apercevoir un chevreuil de loin. Tout à coup, une impression bizarre me fait me retourner sur un chevreuil qui descend vers le ru dans mon dos. Il s'arrête au son du Butollo mais repart de plus belle et disparaît derrière la haie. Je rejoints un petits bosquet bien fréquenté par les chevreuils et me poste pour appeler mais rien ne vient. Je remonte vers la route et la longe en observant le penchant sur ma gauche. Une forme inhabituelle attire mon regard et je finis par me persuader qu'il s'agit d'un chevreuil à environ 100 mètres plus bas. Je décide de tenter l'approche et descends au travers du colza détrempé par la rosée, derrière une bosse du champ qui me permet d'avancer à couvert. Je surveille par moment par-dessus la bosse et finis par me rendre compte que cette forme immobile est en fait une prise d'eau pour l'irrigation.

Je rejoins une grande coupe en bordure du bois et me poste pour quelques appels de Butollo mais toujours rien. Les chaumes de maïs sont déserts. Je rattrape le chemin de terre qui longe en crête. Pas le moindre chevreuil dans le secteur. Quelques palombes tournent toujours dans le secteur.

Je descends dans la luzerne vers le petit bosquet où se trouvent souvent les sangliers. Les coulées qui descendent du bois dans le fossé sont bien marquées mais les souilles ne sont pas fréquentées de frais. Je continue et rattrape la bordure du grand bois puis un chemin forestier qui longe le bas du bois au-dessus du ruisseau qui alimente le lac. Je marque des arrête Butollo tous les 150 à 200 mètres mais le secteur reste calme. Juste avant de me reposter, un galop retentit dans le sous-bois et j'aperçois une chevrette qui remonte dans le bois pour disparaître malgré mes appels de Butollo. J'ai avancé trop vite et je n'ai pas été assez attentif.

Je ressors du bois et longe le ruisseau, je le traverse par le passage busé puis longe en direction du lac quand des animaux démarrent dans le petit bosquet au-dessus du lac. Je me fige et écoute puis m'avance doucement vers une trouée dans la végétation. J'aperçois les chevreuils qui se débinent, une chevrette et son chevrillard. Je me prépare et commence mes appels. Les chevreuils font demi-tour et me passent à 10 mètres environ mais trop vite et dans le sale. Ils traversent le ruisseau un peu plus en amont et s'apprêtent à traverser la haie à 10 ou 12 mètres. J'arme mon arc et les attends à la sortie de la haie mais je suis à mauvais vent et ils font demi-tour pour remonter dans le bois et s'arrêter à 20 mètres environ. Je désarme doucement et retente des appels mais ils remontent encore et se faufilent dans le sale pour resurgir à 70 mètres environ, sur ma gauche, dans le lit du lac asséché et s'éloigner au galop dans le chaume de maïs vers le sommet du coteau. Ils disparaissent dans un creux du terrain et je ne les vois pas remonter, espérant qu'ils se sont arrêtés, je tente une approche par le lac asséché, sous le talus de la berge mais je me rends vite compte que les chevreuils sont passés par le coin de la digue où je ne pouvais pas les voir passer. 

Je retourne vers ma voiture pour changer de secteur. Je vais revenir chasser sur le secteur au j'ai perdu ma petite chevrette l'autre jour. Je me gare au bord du chemin forestier puis descends vers le lac en longeant le bois. Le secteur semble calme, je rentre dans le bois par une belle coulée qui longe au-dessus du lac. La végétation est marquée par de la boue, un sanglier est passé par là il n'y a pas bien longtemps. Arrivé vers le bout du lac, je tente quelques appels d'appeau qui restent sans réponse.

Je passe la pointe du lac où de nombreuses vaches sont venues patauger et où les sangliers viennent régulièrement se bauger, les arbres sont couverts de terre. Je remonte en longeant la bordure du bois dans un pré puis me cale au coin d'une haie qui rejoint le bois. Je commence mes appels quand, tout à coup, je me sens épié. Je me retourne doucement et fait fuir une chevrette qui m'observait au travers de la haie à juste 3 mètres dans mon dos. Je tente de la rappeler mais impossible, elle hésite mais reste à distance et finit par descendre et disparaître derrière la crête du pré.

Je quitte mon poste et descends sur les traces de la chevrette quand j'aperçois plusieurs chevreuils, derrière une autre haie, dans un pré. Je me cale contre la haie, les chevreuils regardent vers moi. Je commence mes appels quand une chevrette se détache du lot et s'avance vers moi mais elle se retourne et constate que ses congénères ne suivent pas. Je compte 5 chevreuils. Ils sont immobiles et ne veulent pas avancer. Je module mes appels mais rien n'y fait et au bout de plusieurs minutes je décide de traverser la haie pour changer de poste. Les chevreuils détalent et remontent vers la ferme en sommet de coteau sur ma gauche. Je les laisse filer et descends vers le maïs qui a été moissonné depuis l'autre jour.

Je remonte dans le chaume, passe sous la clôture puis remonte dans la friche vers le bosquet qui démarre de la crête et descend vers la bande de bois étroite où nous avons perdu mon chevreuil lors de la recherche au sang. Je descends et me cale dans l'angle du bosquet et la bande étroite, légèrement rentré dans le bois puis je commence à appeler. Rapidement une chevrette, suivie de son chevrillard, arrive en longeant sous la bande de bois dans le pré. J'espace mes appels, ils passent juste à 20 mètres en dessous de moi puis bifurquent et s'arrêtent derrière un gros chêne prêts à remonter vers moi. Je stoppe mes appels et accroche mon décocheur. Je suis prêt mais ils décident de retourner vers le pré et de longer encore le bois. Je recommence mes appels. A environ 30 mètres, la chevrette bifurque et remonte dans le bois puis stoppe dans le salle. Son chevrillard la rejoint. Je refais une petite série d'appels, la chevrette bifurque à nouveau et vient droit sur moi, je range vite mon appeau, accroche mon décocheur et me prépare à armer mais je fais une fausse manipulation et mon décocheur se décroche alors que la chevrette passe à quelques mètres de moi et disparaît derrière un gros arbuste en sortant dans le pré. Le chevrillard arrive à son tour alors que je raccroche mon décocheur. Il stoppe en plein découvert à environ 8 mètres presque plein profil. J'arme rapidement, il ne m'a pas vu, je place ma visée et décoche rapidement. Un peu trop car je vois ma flèche un peu trop en arrière qui traverse le chevrillard. Il s'éloigne doucement en longeant le haut du bois dans la friche puis je le perds de vue.

La chevrette n'a pas bougé et je comprends rapidement qu'elle va certainement rejoindre son chevrillard. Je réencoche et réaccroche mon décocheur. La chevrette revient doucement vers la zone de tir en reniflant les gouttes de sang au sol. Je m'apprête à réarmer mais encore une fois je décroche mon décocheur. Je le raccroche rapidement et réarme, la chevrette s'arrête de 3/4 arrière, nez au sol à environ 10 mètres. Je cale mon viseur sur l'arrière des côtes et décoche mais elle s'abaisse pour partir et je vois ma flèche rentrer juste sous la colonne. Elle démarre en trombe et se jette dans la pente, traverse la bande de bois puis longe dans le pré à toute pattes et je finis par la perdre de vue.

J'attends un moment avant d'aller contrôler mes tirs. Je retrouve rapidement une de mes flèches

Presque le doublé mais..., 19 novembre 2011

que je plante droite pour la voir de loin, l'autre est introuvable. Je trouve ensuite le premier sang du chevrillard

Presque le doublé mais..., 19 novembre 2011

et commence à le suivre quand il se relève dans les hautes herbes de la friche pour s'arrêter 15 mètres plus loin, des plis d'intestins sortent sur son flanc gauche. Il fait le dos rond puis de recouche. Je réencoche une flèche et m'avance doucement vers l'endroit présumé de sa couche. Je finis par apercevoir ses oreilles. Il me regarde à environ 10 mètres mais j'ai du mal à le voir. J'arme et lui décoche une flèche au jugé mais je passe dessous et il se redresse pour rentrer péniblement au bois 20 mètres plus loin. Je pars chercher ma flèche mais n'insiste pas plus, je reviendrai plus tard le chercher. Je passe un moment à chercher ma flèche avant de la retrouver dans ses herbes sèches puis je pars contrôler la piste de la chevrette.

Je l'ai bien vu partir sur environ 80 mètres, au départ, je ne trouve pas de sang, je m'avance doucement dans le bois et finis par trouver un peu de sang mais la piste est peu marquée, quelques grosses gouttes assez espacées et tout juste quelques petites gouttes par moment. Je parviens tout de même à la suivre jusqu'au pied du talus boisé. Je traverse le ru et les choses se compliquent les gouttes se font très discrètes, il me semblait pourtant voir le sang gicler de la plaie d'entrée. Je cherche un moment et marque chaque goutte en plantant un bâton dans le sol mais je n'arrive pas à faire plus de 5 mètres. Je tente de recouper la piste sur la trajectoire qu'il me semble lui voir prendre, puis ne trouvant rien j'inspecte un petit bouquet d'arbres et de ronces mais toujours rien. Je longe le ru au pied du talus et essaye de trouver une entrée vers le bois mais rien. Le temps passe et je ne trouve toujours rien. Je décide de renoncer pour le moment et de revenir vers le chevrillard.

Je remonte le talus boisé et pars directement vers l'entrée au bois. J'y retrouve des traces de sang et commence à suivre les gouttes que je perds un moment au pied d'un petit talus avant de m'apercevoir que la piste bifurque en fait sur la gauche pour longer ce petit talus derrière une haie d'épines noires. J'avance doucement de goutte en goutte quand mes yeux se posent sur le chevrillard couché à 7 ou 8 mètre devant moi, contre les épines. Il est plein travers et m'observe sans bouger.

Presque le doublé mais..., 19 novembre 2011

J'arme doucement mon arc, me décale légèrement pour voir nettement son coffre et vise derrière l'épaule. Je décoche, l'impact très sonore ne trompe pas. Le chevrillard se contracte mais ne se lève pas, il lève sa tête au ciel puis la laisse doucement retomber avant de bondir en arrière pour retomber au sol où il rue un court instant puis s'immobilise. Ma première flèche est rentrée au niveau du foie et ressort derrière la panse. La seconde traverse derrière les épaules.

Je pose le bracelet et laisse le chevreuil sur place puis repars chercher un peu la chevrette. Je reprends ma recherche au dernier bâton mais cette fois je progresse à 4 pattes. Je retrouve un peu de sang, de petites gouttes qui me permettent d'avancer très lentement sur 30 mètres environ puis le sang disparaît à nouveau. Chaque goutte est marquée par un bâton ce qui matérialise bien la trajectoire de fuite. Je reprends voûté la trajectoire de fuite tout doucement et retrouve un peu de sang 15 mètres plus loin que je marque avec 3 bâtons de plus mais cette fois impossible d'aller plus loin. J'ai oublié mon portable à la maison. Je récupère mon chevrillard et retourne rapidement à la voiture pour aller récupérer Antoine au bois du Turc. Il a réussi une belle approche à 10 mètres sur un chevrillard mais a été trahi par un vol de palombe qui a décollé dans son dos et a préféré ne pas tenter de flèche sur ce chevreuil sur l’œil.

Nous retournons chez moi et je contacte le conducteur de chien de sang. Le rendez-vous est pris pour 13h30. Nous mangeons rapidement puis nous partons chercher le conducteur. En chemin, j'aperçois un animal couché dans un semé de blé qui remonte au milieu des bois vers le sommet du coteau, je m'arrête et nous l'observons avec les jumelles d'Antoine. C'est Dudule, le chien forceur ! Il est couché et ne bouge pas quand tout à coup nous apercevons un chevreuil qui sort du bois 40 mètres au-dessus du chien et qui se plante pour l'observer. Dudule qui regarde vers nous n'a rien vu venir et reste couché. Nous repartons avertir son propriétaire qui doit être en train de le chercher et c'est à ce moment que Dudule se lève alors que le chevreuil s'est approché de quelques pas vers lui.

Arrivé chez le conducteur, nous tombons sur un gamin qui vient souvent passer son temps libre avec Lucien. Il nous dit que Lucien est plus haut en train d'appeler Dudule. Nous partons à sa rencontre au travers des parcs à moutons. Nous arrivons vers lui alors que les coups de corne retentissent. Un chevreuil surgit du bois et traverse le découvert à toute allure pour rerentrer au bois. Dudule arrive à ses trousses et Lucien l'intercepte. Nous redescendons et partons pour la recherche. Je laisse Antoine près du bois du Turc pour lui permettre de chasser un peu pendant que je pars retrouver Lucien garer au village de Labéjan, juste au-dessus d'où je perds la piste de sang.

Nous descendons, Lucien tient Rabolio en laisse, moi Dudule et le gamin Fannie. Arrivé au bord du ru, Lucien tente de mettre Fannie sur la piste mais elle ne semble pas disposée a faire une recherche. Rabolio lui ne mettra pas longtemps à prendre le sang, il commence à contre-pied et veut remonter le talus boisé mais il se reprend et commence à suivre la ligne de bâtons. Au dernier sang trouvé près d'un petit roncier au milieu du pré, il biaise doucement vers le bois, traverse des ronces puis le ru et commence à tourner au bord du bois puis se ravise et retraverse le ru pour le longer un moment avant de perdre la piste. A force d'insister, il finit par rebrousser chemin et reprends la traversée du ru pour retrouver du sang et remonter dans le bois où il reperd la piste un moment et fait des allers-retours puis il reprend. Nous allons à sa rencontre et le suivons alors qu'il nous mène vers une zone de fragon. Il y a de plus en plus de sang et je reprends confiance. 

Rabolio fait des tours et des contours dans le fragon quand le gamin pousse un cri, la chevrette qui nous avait laissé passer vient de se levers juste à ses pieds. Je me retourne et l'aperçois qui dévale la pente à toutes pattes, le temps de détacher Dudule et d'enlever la mousse qui obstrue sa clochette elle a déjà fait du chemin. Le poil sur son flanc était tout collé par du sang mais elle n'avait pas l'air affectée par ma flèche vu sa réaction vive et assurée presque 5 heures après le tir. Dudule tourne sans comprendre ce que nous attendons de lui et Lucien nous demande de lâcher Fannie. Elle part directement sur les traces du chevreuil en donnant et entraine Dudule. Je suis dégoûte et n'ai même pas l'idée de suivre les chiens quand une remontée de bretelles de Lucien me fait revenir à moi. Je m'élance à la poursuite des chiens, le gamin me suit mais je le distance rapidement. J'aperçois au loin les chiens au bord d'un bosquet, ils partent vers le bois du Turc.

Je tente de les suivre le plus rapidement possible mais le terrain est vallonné et la distance importante. En arrivant au bois du Turc, je croise Fannie qui a fait demi-tour et revient vers son maître puis j'entends la clochette de Dudule qui est allé se baigné à la mare et se secoue avant de repartir vers un bosquet un peu plus loin où je parviens à l'intercepter.

Je reviens sur mes pas et appelle Lucien qui vient à ma rencontre tiré par Rabolio qui suit la piste en donnant de la voie. Il nous mène où j'ai coupé Dudule puis ressort du bosquet et nous mène vers le bois du Turc où il perd définitivement la piste. Impossible de retrouver du sang et les chiens n'en peuvent plus, nous allons les faire boire au ruisseau et nous rentrons.

Ce coin ne me porte pas chance, 2 chevreuils perdus en 2 sorties alors que cette année je n'avais pas eu de problèmes sur chevreuil jusqu'alors !

Presque le doublé mais..., 19 novembre 2011

Alex

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 11:44

Ce matin, c'est moi qui vais chasser le bois du Turc, je dépose Laurent à la digue du grand lac à la nuit noire, il va rejoindre son tree stand installé la veille sur la lisière du bois qui borde le chaume de maïs. Je retourne ensuite vers ma zone de chasse et me gare en attendant que le jour se lève. Alors que la luminosité croit doucement, je me prépare et pars en longeant la route pour tenter d'apercevoir les chevreuils qui broutent souvent à cette heure matinale dans les prés en face du bois du Turc, sur ma droite. Les prés sont plus hauts que la route et bordés par une haie. J'avance doucement en longeant ce talus mais les chevreuils ne semblent pas être là ce matin.

La haie s'interrompt et je ne peux compter que sur le talus pour me cacher quand j'aperçois 2 chevreuils qui reviennent vers la route en biaisant pour la traverser à environ 40 mètres devant moi. 2 autres chevreuils sont entrain de brouter plus en retrait. Je me baisse le plus possible derrière le talus et avance le plus rapidement possible pour essayer d'intercepter les chevreuils, dont l'un est un beau brocard, avant qu'ils n'arrivent sur la route. Je gagne rapidement de la distance mais alors que je ne suis plus qu'à 20 mètres d'eux, je pose le pied sur une grosse feuille sèche qui craque sur le bitume. Je me fige aussitôt mais trop tard, les chevreuils ont levé la tête et regardent dans ma direction avec insistance avant de démarrer pour rejoindre les 2 autres à grands bons.

L'inquiétude gagne le groupe qui commence à fuir. J'attrape rapidement mon Butollo et commence mes appels. Immédiatement la chevrette de tête bifurque et fonce droit sur moi, suivie de ses congénères. La voyant venir au galop, je stoppe les appels et me prépare à armer mais elle stoppe net et regarde vers moi et finit par faire demi-tour. Je rattrape mon appeau et recommence à appeler, elle revient un peu puis se fige et cette fois redémarre en aboyant et prend le galop parallèlement à la route, à environ 40 mètres dans le pré. Habituellement, ils sautent au virage près des poubelles, je prends le pas de course pour tenter de les intercepter, je les observe tout en courant et les aperçois arrêter dans le pré. Je les dépasse et me poste dans le virage mais je ne les vois plus, ils ont compris et se sont volatilisés.

Je pars maintenant en longeant le bois du Turc mais j'aperçois trop tard un groupe de chevreuils à découvert qui me regardait arriver de loin et qui détale pour rentrer au bois. J'arrive au coin du bois, près du ruisseau sans rien voir de plus, je rentre un peu dans le bois et tente quelques appels mais rien ne bouge. Je passe le ruisseau et commence à longer le bas du bois quand j'aperçois une chevrette et ses 2 chevrillards au bord d'un fossé bordé de ronces. Encore une fois, ils m'ont vu avant que je ne leur pose les yeux dessus. J'essaie le Butollo mais ils s'avancent vers le bois et disparaissent derrière les ronces. Je m'avance doucement à leur rencontre et j'ai juste le temps de voir rentrer au bois le dernier chevrillard.

Je vais changer de technique, je rejoints un sentier forestier qui longe le bas du bois en lisière et m'arrête de temps à autre pour appeler au Butollo mais rien ne vient. Je rejoints la première allée du bois qui remonte vers la route. Je remonte doucement pour ne pas trop faire de bruit sur le tapis de feuilles mortes puis me poste sur la droite du chemin derrière quelques arbustes juste avant que le chemin ne redescende. Je jette un coup d'œil dans le bois puis commence à appeler en modulant les sonorités. Au bout d'un moment, les petits couinements d'une chevrette arrivant sur l'appeau et des bruits de pas dans les feuilles mortes se font entendre dans mon dos. Je me retourne doucement et aperçois une chevrette qui s'arrête derrière un arbre. Je continue mes appels pour tenter de la positionner dans une fenêtre de tir, elle avance au pas mais je n'arrive pas à la positionner comme je le voudrais quand j'aperçois une autre chevrette arrêtée, la tête derrière un tronc et le corps bien dégagé, plus proche que l'autre. Je laisse mon appeau et arme mon arc, la chevrette reste immobile, je prends mon temps pour viser et décoche, mais au moment du tir la chevrette démarre.

Une belle chevrette au bois du Turc, 01 novembre 2011

Un impact bien audible et la chevrette fait volte-face et s'enfuit avec 2 autres chevrettes en parallèle de l'allée et je les perds de vue au bout de 40 mètres environ. J'attends un moment puis vais chercher ma flèche et tenter de trouver les premiers indices. Ma flèche a glissé sous la mousse jusqu'à l'empennage qui porte des traces de sang.

Une belle chevrette au bois du Turc, 01 novembre 2011

Je récupère ma flèche dont le tube est couvert d'un liquide verdâtre, signe que j'ai certainement touché la panse. Près de ma flèche je trouve 2 gouttes de sang avec un peu de poil et une grosse goutte de contenu stomacal. Je décide d'attendre encore un peu avant d'attaquer la recherche.

Une belle chevrette au bois du Turc, 01 novembre 2011

J'attaque ma recherche et plante des bâtons à chaque fois que je trouve un indice, la piste n'est pas facile à suivre, il y a peu de sang et quelques gouttes de contenu stomacal. Je progresse difficilement nez au sol sur près de 30 mètres puis je perds la piste et commence à envisager une recherche au sang. Un chevreuil se met à aboyer sur place plus bas dans le bois. Je me redresse et analyse la trajectoire de fuite matérialisée par les bâtons. La direction est assez rectiligne, je me positionne près du dernier sang et tente de me mettre à la place de mon chevreuil puis m'avance sur la coulée que je pense la plus probable. 10 mètres plus loin, je retrouve une grosse goutte de sang et à partir de là la piste devient très facile à suivre, les grosses gouttes sont très rapprochées et je progresse debout très facilement.

Une belle chevrette au bois du Turc, 01 novembre 2011

La piste biaise maintenant vers l'intérieur du bois et saute un gros tronc couché au sol. Ma chevrette est là 20 mètres plus loin, elle n'a pas fait plus de 80 mètres. Ma flèche rentre basse 20 cm derrière l'épaule et ressort plus haute 30 cm derrière l'épaule opposée. Un peu d'intestin grêle sort part le trou de sortie.

Une belle chevrette au bois du Turc, 01 novembre 2011

Ma flèche traverse en fait en plein milieu du foie et touche l'entrée de la panse.

Une belle chevrette au bois du Turc, 01 novembre 2011

Alex

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 11:43

Ce matin, je retourne chasser sur le secteur ou j'ai prélevé mon brocard samedi soir. Laurent chasse au bois du Turc, le temps est brumeux et alors que le jour se lève doucement, la visibilité est très réduite. Décidé à faire un peu de repérage pour trouver un bon poste pour le tree stand de Laurent, je longe le lac puis le ruisseau, passe le passage busé et rejoins la bordure du bois que je commence à longer doucement quand j'aperçois un chevreuil sur la dernière bosse du chaume de maïs. Je rentre dans le bois et longe la bordure rapidement par une grosse coulée en essayant de rester silencieux pour rejoindre le coin du bois et essayer d'intercepter ce chevreuil.

Arrivé au coin de bois, je m'avance au ras du couvert sur la coulée et aperçois un groupe de 6 chevreuils a environ 35 mètres dans le champ travaillé, devant moi. Il y a une grosse chevrette avec 2 chevrillards, un gros brocard et 2 autres que j'identifie comme un jeune brocard et une jeune chevrette. La petite harde semble biaiser vers le  haut du bois. Je me décale doucement en restant silencieux. Je suis la coulée des blaireaux qui longe la bordure du bois et m'arrête régulièrement pour observer. Les 2 chevrillards s'amusent et sautent partout en se rapprochant de la bordure du bois alors que la chevrette semble venir vers moi puis, une partie des chevreuils redescend le talus du champ travaillé en direction du chaume de maïs et la chevrette et les chevrillards finissent par les suivre. Je décide de tenter quelques appels de Butollo. La chevrette se fige puis démarre et file en remontant le chaume de mais, suivie par la harde. Je les regarde s'éloigner puis fais un tour du secteur sans voir d'autres chevreuils.

Je décide de changer de secteur et reviens vers la voiture alors que le soleil se lève derrière les coteaux boisés et une légère brume.

Une petite chevrette perdue, 31 octobre 2011

Je reprends ma voiture et pars un peu plus loin vers un autre lac qui est pratiquement entouré de bois. Je me gare sur le chemin forestier et rejoins le bord du lac.

Une petite chevrette perdue, 31 octobre 2011

Je laisse le lac pour rejoindre un maïs un peu plus loin qui est pas mal fréquenté par les chevreuils. Je longe une bande enherbée entre la culture et le bois quand j'aperçois 3 perdreaux qui se débinent en longeant le bois. Je m'amuse à les suivre, ils marquent des arrêts fréquents et étirent le cou au-dessus des herbes sèches pour repérer ma position puis se débinent de plus belle. Absorbé par ce manège, j'en ai oublié ma chasse et c'est ce moment que choisi un brocard pour se défiler dans le maïs en faisant de grands bons. Je le perds de vue en bas de la culture.

Les perdreaux en ont profité pour disparaître. Je me reconcentre et reprends ma progression lente en surveillant le maïs. Le brocard surgit de la culture et remonte le penchant opposé, s'arrête un instant, m'observe puis reprends son galop et passe derrière la butte ou je le perds de vue. Je rentre un peu plus loin au milieu du maïs dans une zone ravagée par les sangliers puis recommence à avancer vers le bout de la culture quand j'aperçois une chevrette et son chevrillard dans la friche qui fait suite au maïs en face de moi. Ils sont figés et regardent vers moi. Je me baisse doucement dans la culture et attrape mon Butollo, je commence mes appels mais les chevreuils m'observent un moment puis commencent à s'éloigner doucement et s'arrêtant régulièrement pour m'observer sans savoir vraiment à quoi ils ont à faire. Je poursuis mes appels en essayant toutes les modulations possibles mais rien n'y fait et je les vois passer le sommet de la butte près de la ferme et disparaître.

Je me redresse tranquillement quand j'aperçois une autre chevrette et son chevrillard, au ras du maïs, qui viennent certainement du bois qui borde le lac. Ils venaient droit sur moi, attirés par le Butollo mais mon mouvement vient de les alerter et ils se sont figés et m'observe. Je tente de reprendre ma position et de poursuivre mes appels mais, après quelques hésitations, la chevrette s'éloigne en faisant de grands bons et en s'arrêtant régulièrement pour revenir d'un pas avant de repartir de plus belle. Elle passe finalement la crête de la butte et je me redresse pour m'apercevoir que 2 autres chevreuils sont arrêtes dans la friche ou se trouvaient les 2 autres tout à l'heure.

Je me rebaisse dans le maïs et appelle un moment avec mon appeau avant de trouver la bonne sonorité, un cri long et plaintif qui décide la chevrette. Elle avance de quelques pas à chaque appel puis s'arrête et observe un instant, son chevrillard la suit. Elle se rapproche doucement puis se décide et arrive droit vers le maïs au pas. Je range mon appeau et laisse faire. Petit à petit, elle rejoint la bordure de la culture alors que je vais doucement à sa rencontre en me faufilant voûté dans le maïs. La chevrette et les chevrillards sont à moins de 2 mètres du bord du maïs et moi à moins de 9 mètres dans une zone asses dégagé pour tenter un tir si l'occasion se présente: Je décide de rester là et d'attendre. J'entraperçois les chevreuils au travers des pieds de maïs, ils s’avancent prudemment et essayant de voir d'où venait le bruit, la chevrette lève souvent le museau et hume l'air: Ils ne sont plus qu'à 10 mètres environ, presque plein profil, le chevrillard est passé devant. J'arme doucement mon arc et prends la visée au jugé.

Une petite chevrette perdue, 31 octobre 2011

"Allez encore un pas ou deux..." Ça y est je vois suffisamment la petite chevrette pour décocher, mon viseur se cale et je décoche. A l'impact, j’entends casser un gros os, certainement l'omoplate. Le chevreuil pousse un cri et disparaît, la chevrette détale dans la friche et rejoint la cime du coteau sur ma droite. Un instant plus tard, le chevrillard réapparaît plus bas sur ma gauche et baise pour remonter vers sa mère, le sang gicle en abondance à l'entrée de la flèche qui semble trop en avant. Puis ils passent la crête et s'arrêtent près d'un petit roncier. Le chevrillard semble mal en point et titube un peu puis ils s'éloignent d'un pas lent et je les perds de vue derrière la crête du coteau à plus de 100 mètres. J'attends un moment et tente d'analyser la situation. Je me dirige ensuite vers la zone du tir où je ne trouve pas le moindre indice. Je descends un peu en longeant la clôture qui borde le maïs et tombe sur ma flèche cassée. Je n'ai donc pas traversé complètement mais vu le morceau manquant, la lame a du ressortir de l'autre côté. 

Une petite chevrette perdue, 31 octobre 2011

Je laisse passer un peu de temps avant d'attaquer ma recherche car je n'ai pas confiance dans mon atteinte et j'ai un mauvais pressentiment. Je ne trouve pas de sang dans la direction de fuite et décide de tenter d'avancer en parallèle et en dessous de la crête en partant au-dessus de la flèche brisée pour tenter de recouper la piste de sang et tombe ainsi sur une goutte de sang mais, je reperds immédiatement la piste qui ne semble pas vraiment marquée.

Une petite chevrette perdue, 31 octobre 2011

Je pars donc directement à l'endroit où le chevrillard s'est arrêté et cette fois je trouve du sang en abondance, c'est normalement bon signe, vue la distance importante parcourue. Le sang dessine une traînée continue qu'il est très facile de suivre.

Une petite chevrette perdue, 31 octobre 2011

La piste longe une clôture électrique qui sépare un pré d'une friche: Le chevreuil qui longeait côté pré descends tout à coup dans la friche juste avant une grosse haie de ronces puis longe sous les ronces en direction du bois tout proche: Les hautes herbes sèches sont repeintes en rouge et le sang est toujours aussi abondant. La piste entre par un chemin forestier dans le bois. De grosses gouttes de sang jonchent le sol sur le tapis de feuilles mortes.

Une petite chevrette perdue, 31 octobre 2011

J'avance doucement dans le bois avec le vent dans le dos quand à 20 mètres devant moi, un animal que je ne peux pas identifier démarre dans les ronces. J'attends un moment à l'écoute puis reprends ma piste qui biaise à gauche dans les ronces vers où a démarré l'animal. Je viens certainement de relever mon chevreuil. Je retrouve la reposée debout d'où vient de partir le chevreuil, elle est marquée par une grosse quantité de sang au sol au pied d'un gros chêne: La piste suit les grosses coulée puis s'enfonce dans l'épais. Pour éviter de compromettre une éventuelle recherche au sang, je marche depuis le début à 1 mètre à côté de la piste mais il est de plus en plus dur de la suivre à cause des ronces et des épines malgré un sang assez abondant.

Une petite chevrette perdue, 31 octobre 2011

Laurent qui a fini sa chasse m'appelle et je le mets au courant de la situation. Je décide d'arrêter là ma recherche près d'un terrier de blaireau et appelle le conducteur de chien de sang avant d'aller retrouver Laurent au bois du Turc. Le rendez-vous est pris aux poubelles, au coin du bois du Turc. Au bout d'un moment, le conducteur m'appelle il est arrivé mais pas aux bonnes poubelles, nous attendons encore un peu et le voyons arriver. Nous partons pour la recherche, nous nous garons sur le chemin forestier, cela fait près de 2 heures que j'ai fléché le chevrillard. La piste de sang étant abondante le conducteur décide d'essayer la petite chienne qu'il est entrain de former.

Nous partons donc avec Fannie et Dudule, le chien forceur (herdale terrier) pour la recherche. Un chevreuil sort du bois sous la friche et passe la crête devant nous au grand galop, c'est une grosse chevrette et elle est bien portante, peut-être la mère du chevrillard. Nous attaquons la piste à l'endroit de la flèche brisée pour tester la chienne puisque je connais la trajectoire de la piste sur plus de 150 mètres. Mais dès le départ la chienne est en défaut et ne trouve pas la piste, le conducteur insiste et la guide un peu mais pas moyen de lui faire prendre le sang. Je guide le conducteur jusqu'à l'endroit où la piste est très abondante mais la chienne ne la prend pas franchement et perd complètement la piste au niveau des premières ronces dans le bois. Le conducteur s'agace et je lui propose d'aller chercher Raboliot. Je pars donc au pas de course et reviens avec Raboliot que nous mettons où s'arrête Fannie. Lui part de suite sur la piste mais la perd un instant avant de finir par la reprendre puis la reperd et finit par la recouper près du terrier de blaireau. Cette fois, il est parti et ne quitte plus la piste. Au cas où, nous les laissons prendre de l'avance puis nous suivons avec Dudule. Rabolio ne se trompe pas, il donne de la voie et en le suivant nous trouvons pas mal de sang sur le sol. Nous rattrapons le conducteur et son chien sur un chemin de terre qui coupe le bois dans une zone très étroite La bande de bois sous la friche est coupée en 2 par un petit ruisseau et le chevreuil semble l'avoir traversé, Raboliot en fait de même puis suit le ruisseau en donnant de la voie. Avec Laurent nous contournons par le haut du bois pour nous poster plus en avant avec le chien forceur, au bout d'un passage girobroyé qui avance de 30 mètres dans le bois mais Raboliot arrive et passe devant nous. Nous partons un peu plus loin au coin du bois qui laisse place à un pré sur la gauche du ruisseau.

Raboliot arrive en donnant de la voie quand une grosse chevrette sort du bois et remonte vers le village au-dessus de nous, ce n'est pas mon chevreuil mais Dudule qui l'a vu veut partir en poursuite. Raboliot arrive toujours quand j'aperçois 2 animaux qui se débinent dans les ronces, juste au bord du bois et contourne le conducteur pour passer dans son dos. Je ne sais pas s'il s'agit de mon chevreuil et ne demande pas à Laurent de lâcher Dudule. Raboliot donne de plus en plus de la voie et le conducteur nous demande de lâcher Dudule mais ce dernier ressort sur les traces de la grosse chevrette, nous le coupons et le rattachons. Nous le relâcherons et le rattraperons 2 fois mais le chevrillard qui revient sur ses pas court devant le chien et le conducteur finira par renoncer. Il ressort du bois avec le visage en sang à cause des ronces et la veste rougie par le sang du chevreuil déposé sur les ronces.

Je ne pense pas qu'il survive à ma flèche et suis vraiment très surpris qu'il perde autant de sang après plus de 3 heures qui nous séparent du moment du tir. Cette flèche me laisse un goût amer.

 

Alex

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 20:55

Ce soir, Laurent est venu pour chasser quelques jours et je décide de l'amener chasser sur Labéjan, nous partons assez tôt car je veux lui montrer un poste dans lequel je crois beaucoup. En arrivant, je me gare sous la digue du lac puis nous le longeons pour rejoindre le passage busé en direction du chaume de maïs. Alors que nous longeons le bois, Laurent, en se retournant, aperçoit un chevreuil qui sort du couvert et nous passe à 70 mètres dans le dos. Je laisse Laurent près de son poste en lui expliquant où se placer puis je retourne vers la voiture, décidé à passer la soirée au bois du Turc mais en chemin, je change d'avis et décide de rester chasser sur le secteur. Laurent va rester posté et en restant assez loin, je ne le dérangerai pas.

Je retraverse le passage busé puis longe le ruisseau qui borde le grand bois en direction d'un chemin forestier qui passe sous une coupe où j'ai régulièrement vu des chevreuils. J'y ai filmé une chevrette cet été

et je sens bien ce poste ce soir. Les sangliers ont retourné le bord de la bande enherbée. Un peu plus loin se trouve un petit bois en long qui remonte sur le coteau et où paissent souvent les chevreuils mais ce soir rien ne bouge. Je traverse une grosse haie en prolongement du bois qui rejoint le grand bois, traverse un petit pré et saute la clôture électrique pour biaiser à travers un semé vers la bordure du bois. Ici les sangliers ont tout retourné sur 10 à 20 mètres de large le long du bois !

Je rattrape un peu plus loin le chemin forestier qui remonte vers la coupe. La semaine dernière un gros brocard est sorti du bois dans le secteur et m'a vite repéré pour faire demi-tour. Je décide de tenter de me poster dans le bois, près de la coupe. Je m'avance doucement par un passage girobroyé et rattrape une grosse coulée couverte de boue sèche par les sangliers. Je cherche un peu un poste adéquat et finis par me placer derrière un bouquet d'arbres. Le vent est bon, l'attente commence. Au bout d'un moment que seul le chant des oiseaux est venu troubler, je décide de tenter quelques appels de Butollo, la saison favorable pour l'appel des chevrettes devrait bientôt commencer. Rien ne bouge, je laisse passer encore un moment puis retente ma chance sans trop insister puis un moment passe et je tente encore mais c'est le calme plat.

Je décide de quitter mon poste et de revenir vers le bosquet en long. De loin, j'aperçois 2 chevreuils qui reviennent vers le bois en haut du coteau au travers d'une friche. Un troisième chevreuil s'éloigne du bois et descend vers une haie qui sépare la friche d'un champ semé. Je décide de tenter une approche, je me faufile vers une grosse haie qui borde le bas de la friche et la longe vers le champ semé puis contourne un petit lac entouré de bois pour remonter vers la haie qui borde la gauche de la friche mais les chevreuils ont disparu. Je remonte doucement vers le sommet du coteau et rattrape la bordure du bois. Pas un bruit, les chevreuils se sont volatilisés. Je m'avance doucement en sous-bois par les grosses coulées pour rester silencieux et tente quelques appels de Buttolo sans succès. Je descends un peu et passe devant une zone de terriers qui semblent bien fréquentés puis je longe à mi-pente dans le bois par un grosse coulée en essayant de rester silencieux et je m'arrête souvent pour observer mais rien ne bouge à part quelques merles.

Je ressors au bout du bois en essayant de ne pas faire trop de bruit mais il me faut passer une zone de branchages secs. Je sors au-dessus du bois sur le pré puis contourne le bout du bois pour repartir vers le lac quand en tournant la tête à gauche, j'aperçois un chevreuil qui sort du bois et s'avance doucement en broutant pour remonter le talus du pré. Je suis à découvert sur le pré.

Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011

Je tente de me dissimuler en reculant un maximum, jusqu'à ce que le chevreuil disparaisse derrière le relief du champ. Il semble qu'il ne m'ait pas vu. Je ne le vois plus et je remonte le talus du pré pour récupérer une cassure dans la pente bordée de touffes de ronces qui me permettront peut-être de faire une approche et de passer au-dessus du chevreuil sans qu'il ne me voit.

Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011

Je commence mon approche en longeant au-dessus touffes de ronces espacées mais le chevreuil avance trop vite et il passe la cassure pour se mettre à brouter au-dessus dans le pré alors que j'arrive juste à la dernière touffe de ronces. Je me positionne rapidement à genoux, au ras des ronces et me fige. C'est un brocard. Je suis en très mauvaise posture pour terminer mon approche, le prochain petit buisson est à au moins 30 mètres et je suis à découvert. Le brocard broute tranquillement et relève la tête de temps en temps quand, tout à coup, il regarde vers moi. "Il va me voir"... Le brocard se remet à manger comme si de rien n'était.

Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011

Comment faire ? Tout à coup, le brocard me tourne le dos, je vais tenter une approche en passant sous la cassure qui n'est pas bien haute mais en descendant assez et en avançant voûté par tranches de quelques mètres en surveillant la brocard du coin de l’œil, je parviens à rejoindre le petit buisson et me redresse derrière ce dernier pour observer le brocard qui n'est plus qu'à 25 mètres environ, sur ma gauche.

Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011

Il est encore un peu trop loin pour moi, mais il se décide à bouger et biaise pour venir passer en face de moi. Il se rapproche doucement en s'arrêtant pour manger. Petit à petit, il comble les mètres qui me manquaient. 15 mètres, au pas, j'arme mon arc alors que son attention est ailleurs. Je pense le voir se rapprocher encore mais il oblique un peu et s'éloigne doucement pour s'arrêter à environ 17 mètres pour brouter. Je prends la visée mais hésite un peu, ce n'est pas ma distance de prédilection, le terrain remonte un peu... Je prends tout de même la décision de tirer. Mon viseur se cale sur son coffre, je décoche.

Je ne vois pas l'impact mais l'entends clairement sans pouvoir vraiment identifier mon atteinte. Le brocard démarre et revient vers le bois pour s'arrêter 40 mètres plus loin. Il se fige sur ses 4 pattes très écartées et se met à trembler, son cou décrit des cercles et je m'attends à le voir tomber d'un moment à l'autre. Sa respiration est difficile et il émet des râles très sonores. Je pense à une flèche de poumons mais le temps passe et le chevreuil reste sur place sans vouloir se coucher et la nuit tombe doucement. Je reste immobile à genoux et attends. J'ai rendez-vous avec Laurent à la voiture à la nuit et je décide de lui envoyer un SMS pour l'avertir de la situation. La lumière du portable m'éblouit un peu et au moment où je le range, je n'arrive plus à voir le chevreuil dans la pénombre. Il est tombé ou s'est enfuit ?

Je me redresse et me rapproche doucement du dernier endroit où je l'ai vu mais il n'y est plus. Il fait nuit et ma visibilité est très réduite. J'aperçois tout de même une masse sombre un peu plus loin. Je me fige et force mes yeux. C'est mon brocard, il s'est couché 15 mètres plus bas et fait toujours des cercles avec sa tête. Il me tourne le dos. Je tente une approche, très très lentement, à découvert, je gagne des mètres pour tenter une flèche d'achèvement. 10 mètres, j'arme mon arc mais il fait nuit noire et impossible de prendre la visée, j'avance encore un peu, 8 mètres, toujours impossible d'aligner la visée, 6 mètres, je prends la visée au jugé mais le chevreuil se relève et détale sur 15 mètres pour se recoucher en râlant à quelques mètres de la bordure du bois.

Je change de technique, je descends contre le bois et le longe doucement. Arrivé à 5 mètres du chevreuil, j'arme doucement et lui décoche une flèche au jugé. Le chevreuil se redresse et file vers le bois ou je le perds de vue mais entends sa chute puis ses derniers soubresauts dans les ronces. Je me rapproche doucement à la lueur de ma lampe et le retrouve à 10 mètres environ de mon dernier tir, mort au bord du bois.

Ma première flèche rentre en fait dans le cou, 15 cm sous la tête et ressort entre les mandibules inférieures d'où cette difficulté à respirer. Ma seconde flèche rentre dans le cuissot et s'arrête dans l'épaule. Je mets le bracelet et charge le chevreuil sur mon dos pour retourner à la voiture. Je reviendrai demain chercher ma flèche.

Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011

Le lendemain matin, je laisse Laurent et Christophe venu chassé aujourd'hui sur leurs lieu de chasse et pars chercher ma flèche. Je la retrouve rapidement fichée au sol.

Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011

La piste de sang est presque inexistante jusqu'au premier arrête du chevreuil ou ses mouvements de tête ont dessiné un 8 au sol.

Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011

Et du premier au second arrête, je ne trouve pas non plus de sang, par contre la seconde reposée et bien marquée. 

Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011

Toujours pas de sang avant la troisième reposée qui elle est peu marquée. 

Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011

C'est une mauvaise flèche qui se termine bien pour moi, j'ai eu pas mal de chance.

Alex

 

Trophée :

Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011
Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011

Atteinte :

Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 12:38

De retour des Pyrénées en fin de matinée, je décide de m'arrêter faire un petit tour rapide à la chasse. Je décide d'aller chasser dans un bois en longeant tranquillement un chemin forestier qui le traverse. Je m'avance doucement vers le chemin au travers d'une zone de fougères puis commence ma progression. Le vent est capricieux et tourne souvent, alors que j'ai fait 300 ou 400 mètres sur le chemin, il change brutalement de sens et je décide de rebrousser chemin car le coin semble très calme. Au moment où j'arrive à 50 mètres de mon point de départ, j'ai une impression bizarre.

Je me fige et regarde sur ma gauche. Un chevrillard est arrêté plein travers entre 2 gros arbres, sa tête et son cou sont cachés par un tronc mais le reste un corps est parfaitement dégagé. Il est légèrement en contrebas à environ 10 mètres. J'arme rapidement mon arc et prends la visée alors que le chevrillard reste immobile. Mon viseur se cale et je décoche. Ma flèche qui me semble trop en arrière traverse le jeune chevreuil qui démarre en trombe et longe le chemin dans mon dos par une grosse coulée. Je le suis un moment du regard puis le perds dans la végétation qui s'épaissit.

J'attends un peu puis pars contrôler mon tir. Ma flèche est humide mais ne porte aucune trace de sang, c'est bien ce que je craignais. 3 grosses gouttes de contenu stomacal sont tombées sur les feuilles mortes dès l'impact. J'espère avoir touché le foie mais la recherche risque de ne pas être des plus faciles. J'attends un peu puis commence à suivre les maigres indices. Quelques gouttes de contenu stomacal, ou de sang sombre avec des débris végétaux, des feuilles retournées par la fuite... Je progresse très lentement presque à 4 pattes pour distinguer le moindre indice. Petit à petit, indice après indice, je progresse tout de même puis commence à trouver un peu plus de sang et des frottés. Avec une telle atteinte, je sais que je dois faire attention car le chevreuil se sera vite couché. Il faut le voir avant de le relever s'il est encore vivant.

Au bout de 70 mètres environ, la piste qui suivait la coulée s'interrompt brutalement, je suis encore un peu la coulée mais plus rien. Le chevreuil a du bifurquer. Je retourne au dernier indice et constate que le chevrillard à pris à droite et s'enfonce dans le sale où il perd à nouveau pas mal de sang. J'avance très prudemment sur quelques mètres quand tout à coup je l'aperçois. Il est couché dans les ronces à 5 mètres devant moi. J'écarte et casse doucement toutes les brindilles qui pourraient gêner mon tir puis arme mon arc et prends la visée sur son coffre.

Je décoche, l'impact est bien audible. Le chevrillard se redresse d'un bon en poussant un petit gémissement puis sa tête commence à partir en arrière et il s'effondre sur place. Ma première flèche rentre au niveau de la panse et ressort basse en effleurant le foie, la seconde rentre dans l'épaule et ressort au défaut de l'épaule côté opposé passant au-dessus du cœur et traversant un poumon.

Un chevrillard à l'approche, 26 septembre 2011

Alex

 

Atteinte :

Un chevrillard à l'approche, 26 septembre 2011

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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