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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 06:18

Cela fait un moment que je ne suis pas vraiment aller chasser, ce soir je décide de partir chasser un secteur de maïs ou j'ai repéré plusieurs brocards. Il a fait très chaud aujourd'hui. Après avoir fait un petit tour de repérage sur un autre secteur, je pars donc sur cette partie du territoire alors que la fraîcheur commence à tomber en même temps que la luminosité. Je longe le maïs au bord du ruisseau sur la bande enherbée en direction des chaumes de blé un peu plus loin. Arrivé au coin du champ de maïs, je jette un coup d’œil au milieu des balles rondes de paille et aperçois un chevreuil dans la parcelle de l'autre côté du ruisseau. Je me cale donc dans le maïs dans une zone qui me laisse des possibilités de tir devant moi et sur ma droite puis je commence à appeler au Butollo. En me postant, j'ai perdu le chevreuil de vue et ne peut donc pas voir sa réaction à mes appels.

Le temps passe mais rien ne vient, je décide donc de me déposter, je m'avance doucement vers le fossé perpendiculaire au ruisseau qui sépare le maïs du chaume et aperçois 2 chevreuils qui se débinent vers un bosquet un peu plus haut. Je retente des appels mais rien n'y fait, ils finissent de rentrer à couvert. Je traverse donc le fossé et m'avance caché derrière quelques arbustes pour me rapprocher un peu et recommencer à appeler mais toujours rien quand, tout à coup, sans vraiment m'expliquer pourquoi, je jette un coup d’œil sur les alentours.

A environ 300 mètres, un chevreuil regarde vers moi, immobile entre des balles rondes dans un chaume qui remonte sur ma gauche. Je décide d'y aller au culot, mes appels ont dû l'intriguer, j'avance tranquillement sans vraiment me cacher dans les hautes herbes en suivant le ruisseau puis m'agenouille 100 mètres plus loin. Je commence mes appels et immédiatement le chevreuil démarre et fonce sur moi, il rejoint la bordure du ruisseau où je le perds de vue dans les hautes herbes. Je reprends mes appels mais n'arrive plus à le voir quand, tout à coup, un mouvement me fait tourner la tête sur la droite, le brocard a traversé le ruisseau et longe à environ 30 mètres de la rive opposée. Il est encore à 100 mètres environ mais arrive au petit trot et biaise doucement pour se rapprocher du bord du cours d'eau au son de mes appels.

A environ 50 mètres de ma position, il stoppe net et semble regarder quelque chose plus loin dans le champ, je regarde derrière moi et aperçois un autre brocard planté à l'extrémité du chaume. Je reprends mes appels et le second brocard fonce sur moi mais le premier brocard démarre et se jette sur lui pour le poursuivre en décrivant des boucles dans le chaume et le pousser droit vers le bosquet.

Je me redresse et me décale pour me positionner derrière un arbuste au bout d’une ligne de quelques arbustes. J'attends un peu que le bruit de galop cesse. Au bout de quelques minutes, je reprends mes appels. Immédiatement, le brocard ressort du bois et vient droit sur moi. Je poursuis mes appels jusqu'à ce qu'il soit à 40 mètres environ puis le laisse venir tranquillement voyant qu'il vient de lui-même. Pas à pas, il arrive, je me prépare à armer, il est maintenant à 20 mètres mais, tout à coup, il biaise et passe derrière la ligne d'arbustes. Au moment où je le perds de vue, je me décale tout doucement vers la droite pour me positionner face à une fenêtre entre 2 arbustes. J'arme mon arc et attends mais je ne vois pas arriver le brocard quand, tout à coup, j'aperçois du mouvement sur ma gauche du coin de l’œil. Le brocard a fait demi-tour pour venir traverser le ruisseau sur une petite passerelle en bois. Il est plein travers à juste 6 mètres. Je n’ose bouger quand il s'avance en baissant la tête dans la végétation. Je pivote rapidement et aligne ma visée. Il n'est qu'à 4 mètres, je décoche, ma flèche le traverse et il fait un bon prodigieux pour aller s'écraser au fond du ruisseau très encaissé à presque 3 mètres plus bas.

Le brocard se débat un peu dans les ronces puis démarre en longeant le cours du ruisseau pour s'arrêter à 10 mètres environ. Le calme revient puis il se remet à bouger sur quelques mètres puis plus rien. La nuit tombe et le calme s'installe. Je regarde le fond du ruisseau et constate que l'eau coule rouge. Ma flèche est introuvable. Je décide d'aller voir un peu après l'endroit où j'ai entendu le bruit s'arrêter, l'eau est claire, le brocard s'est donc bien arrêté avant. Je descends le ruisseau et l'aperçois couché sur le ventre, seul son arrière train dépasse de la végétation. Je pose mon arc et descends dans le ruisseau, attrape mon appareil photo mais constate que le chevreuil, qui n'est qu'à 50 cm de mon pied, garde sa tête haute. Je range vite mon appareil et le saisi par les pattes arrière. Il se laisse d'abord faire puis alors que je saisis la tête, il commence à se débattre. Je l'achève avant de remonter le talus.

Ma flèche, un peu en arrière touche l'arrière des poumons, le foie et la panse. La nuit s'installe alors que je prends quelques photos, il est temps de rentrer avec mon brocard sur l'épaule.

Un brocard au Butollo, 31 juillet 2012

Alex

 

Trophée :

Un brocard au Butollo, 31 juillet 2012

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 07:08

Vendredi :

 

Ce soir en sortant du boulot, je pars directement du boulot pour le Lot et Garonne où Vincent m'a invité. Il fait un soleil radieux, il a fait très chaud aujourd'hui mais alors que je me rapproche de ma destination le temps se couvre. J'aperçois juste une chevrette qui traverse un chaume de blé avant de sortir du département du Gers. J'arrive chez Vincent vers 20 heures alors que la pluie se met à tomber.

Nous discutons un peu avec Vincent, ses invités Eric et Ludo sont déjà en place sur leurs tree-stand respectifs. La pluie tombe fort pendant un bon moment puis, vers 21 heures, elle se calme et nous décidons d'aller faire un petit tour à la chasse. Je me change puis nous partons. Sur le trajet, la pluie se remet à tomber, Vincent aperçois une chevrette qui fait le dos rond sous les grosses gouttes au bord d'un maïs. Nous nous garons près d'une palombière puis partons à l'approche autour du blé sans rien voir puis nous rentrons dans le bois et tentons quelques appels de Butollo sans succès. Le secteur est pourtant marqué de nombreux gratis et frottis.

Nous traversons ensuite le bois pour ressortir au bord d'un blé entouré sur 3 côtés par un bois en U, sur notre gauche une parcelle de pruniers. Il pleut toujours autant. Je décide de tenter des appels à genoux au bord du blé, Vincent se recule contre le bois pour être en retrait pour pouvoir filmer. Tout à coup, mes yeux se posent sur un beau brocard au bord du blé en face de nous. Il nous a vu et nous observe, j'avertis Vincent qui commence à le filmer et je tente de l'appeler mais il ne réagit pas et reste un moment sans bouger

avant de longer le blé pour rentrer au bois en aboyant. Je lui réponds puis nous tentons de nous rapprocher des aboiements en piaulant avec le Butollo et en aboyant mais le brocard finit par se taire. Nous longeons le bois puis traversons une bande étroite pour tomber sur un petit chaume de blé parsemé de balles rondes de paille. Rien en vue, nous rentrons en longeant la parcelle de pruniers puis le bois pour finir par remonter à travers bois par un chemin forestier alors que la luminosité baisse très rapidement. Nous rentrons trempés mai heureux d'avoir pu apercevoir ce beau brocard.

Samedi :

 

Ce matin, Vincent me conduit sur un autre secteur de son territoire de chasse. Nous nous garons au bord d'une vigne, le long de la route. Alors que je me prépare, une belle chevrette surgit du blé de l'autre côté de la route et rentre au bois à grands bons. Vincent a vu un joli brocard récemment dans le pré sur la gauche de la vigne que nous longeons et il est entrain de m'en parler quand j'aperçois au loin, dans la brume du matin, ce qui ressemble à un dos de chevreuil, j'en averti Vincent et aperçois au même moment une seconde forme identique un peu plus proche qui se détache derrière le faible relief du terrain. Nous stoppons et nous rendons compte qu'il s'agit bien de chevreuils. Au moment où ils redressent la tête, nous distinguons un brocard et une chevrette. La chevrette est la plus avancée dans le pré et est plus proche de nous, elle va compliquer l'approche du brocard qui lui est plus proche de la bordure du bois.

Nous passons sous le fil de fer de la première rangée de vigne et avançons caché derrière. Vincent en profite à chaque fois que je m'arrête pour filmer les animaux. J'essaie de surveiller alternativement la chevrette et le brocard. Ce dernier s'avance vers le bois puis commence à frotter ses bois contre une branchette. Un autre chevreuil aboie au loin. Je continue à m'avancer un peu quand je me rends compte que la chevrette regarde vers moi. Elle m'a repéré, je me fige mais cette dernière détale vers le brocard. Je tente de la calmer avec quelques appels de Butollo. Elle s'arrête et se tranquillise avant d'arriver au bois mais le brocard rentre tranquillement au bois. Nous avançons encore un peu dans la vigne et je tente d'appeler le brocard qui vient de ressortir du bois, il avance dans le pré et croise la chevrette puis commence à venir vers nous intrigué par mes appels. Vincent filme toujours. J'appelle de façon espacée, de petits appels brefs et me recule contre le second rang de vigne. Le brocard arrive d'un pas lent en s'arrêtant régulièrement puis se fige face à nous à 30 mètres environ. Il frappe du pied sur place puis, tout à coup, il semble se libérer du charme de l'appeau et fait volte-face, aboie puis démarre en aboyant pour rejoindre la chevrette. Je l'aboie. Il s'arrête mais repart de plus belle entraînant la chevrette avec lui. Ils rentrent au bois et aboient encore un instant alors que nous faisons demi-tour pour aller chasser l'autre côté de la route.

Nous partons donc à l'approche au milieu des cultures et constatons que les sangliers sont passés ces jours-ci dans le secteur. Nous arrivons au coin d'un grand champ de maïs et commençons à le longer pour rejoindre la bordure d'un ruisseau qui délimite la limite de la commune. Un peu plus loin je décide de tenter une petite séance d'appel en bordure du ruisseau mais rien ne vient. Nous quittons ce poste et rejoignons un passage au milieu du champ qui remonte vers un pylône de la ligne électrique à haute tension et un petit bosquet quand j'aperçois un chevreuil qui traverse une parcelle de blé sur la gauche du bosquet pour rejoindre la bordure du maïs. Je presse le pas pour arriver sur le haut du maïs où j'ai perdu le chevreuil de vue. Je longe un peu le maïs puis tente quelques appels de Butollo qui restent sans réponse. J'avance encore un peu quand il me semble voir arriver un second chevreuil sur les traces du premier mais je me rends vite compte qu'il s'agit d'un gros lièvre dont seul le bout des oreilles dépassait des céréales. Il vient de s’asseoir dans une zone clairsemée et nous regarde approcher avant de déguerpir.

Toujours pas de chevreuil en vue, je retente quelques appels qui restent sans réponse. Nous nous décalons alors un peu sur la droite dans une petite friche qui couvre le talus entre le blé et le maïs. Nous avançons tout doucement quand j'aperçois du mouvement dans la végétation à moins de 20 mètres devant nous. Je fais signe à Vincent puis tente de ma rapprocher mais, rapidement, une tête de chevrette surgit des herbes hautes. Elle me fixe. Je tente 2 ou 3 petits coups de Butollo qui la font approcher de 2 pas puis elle fait tranquillement demi-tour et disparaît dans le maïs.

Nous faisons demi-tour et longeons sous la ligne électrique qui grésille. 2 faucons crécerelles prennent leur envol. Nous regagnons un passage enherbé entre une culture que je ne connais pas sur la gauche et un maïs à droite. J'aperçois un mouvement contre la culture de droite et me fige quand 2 lièvres surgissent sur la bande enherbée et s'arrêtent un moment avant de rentrer dans le maïs. Au bout du passage enherbé nous bifurquons à gauche pour longer la culture inconnue qui précède un beau champ de tournesols en fleur. Quelques pieds ont été mangés et d'autres portent des marques de frottés. Un brocard doit se trouver dans le secteur.

Plus loin, en limite des tournesols et d'un grand champ de blé, je tente quelques appels de Butollo qui restent sans réponse puis nous regagnons la bordure d'une vigne à gauche du blé. Nous avançons d'un bon pas quand une grosse chevrette surgit de l'angle des céréales un peu plus loin pour disparaître dans la vigne en direction d'un bois sur notre gauche.

Nous nous dirigeons doucement vers le bois puis nous postons pour tenter quelques appels de Buttolo qui ne feront rien venir. Nous ressortons du bois au bord d'un lac quand j'aperçois quelque chose qui arrive au travers du blé de l'autre côté du plan d'eau. Je ne comprends pas de quoi il s'agit jusqu'à ce que 2 chiens, berger belge malinois et épagneul breton, débouchent au bord du lac et attaquent d'en faire le tour pour rentrer au bois sur notre droite, au bout du lac. La matinée est déjà avancée et nous décidons de rentrer. Nous faisons le tour du lac par la gauche. Les sangliers ont labouré toute la bordure de la berge.

Arrivé au bord du blé d'où arrivaient les chiens, nous le longeons en bordure du lac quand j'aperçois 2 oreilles dans le blé à 70 ou 80 mètres de nous près d'un passage de tracteur. Je les montre à Vincent, c'est une chevrette. Je me positionne à genoux au bord du blé et tente d'appeler pour la faire venir mais elle ne bouge pas alors qu'une seconde paire d'oreilles surgit du blé devant la chevrette.

Je pense qu'il s'agit peut-être d'un petit brocard car 2 chevrettes ensemble à cette période c'est assez rare. Mes appels de Butollo ne donnant rien, je tente l'approche, j'avance tout doucement par le passage des roues du tracteur qui passe juste à quelques mètres des 2 animaux.

Je parviens ainsi à gagner peu à peu du terrain mais alors que la première paire d'oreilles reste braquée sur moi, la seconde disparaît dans les céréales. Le chevreuil a dû se coucher. J'arrive finalement à quelques mètres de la chevrette toujours immobile mais impossible de voir l'autre animal. J'arme mon arc et fais claquer ma langue contre mon palais et alterne avec des petit sifflements puis des aboiements. Au bout d'un petit moment la chevrette commence à se débiner dans le blé mais le second animal met un bon moment à réagir avant de surgir d'un bon et de s'éloigner à toutes pattes. C'était en fait une seconde chevrette. Nous les regardons s'éloigner avant de retourner à la voiture.

Cette après-midi, Vincent, Eric et Ludo partent poser un tree-stand sur le secteur où nous avons vu le beau brocard vendredi soir. J'en profite pour faire une bonne sieste devant un bon DVD de chasse en Afrique du Sud, effet soporifique assuré. Ce soir, je repars avec Vincent pour un nouveau secteur. Nous nous arrêtons près d'un petit bosquet. Le vent souffle face à nous vers la route. Je décide donc d'attaquer le bosquet par la route pour tenter d'appeauter un peu. Nous nous avançons par une grosse coulée jusqu'à une sorte de large fossé où je me cale à genoux pour commencer à appeler. Vincent est calé derrière moi, il est prêt. Je commence à appeler et immédiatement, une chevrette vient droit sur moi. J'arrête d'appeler, elle stoppe à 10 mètres environ, de face puis repart. Je relance quelques appels qui l'arrêtent et la font décrire un arrondi vers le bord du fossé où elle s'arrête à 12 mètres environ dans les branchages pour observer. Intriguée, elle finit par revenir vers sa position de départ quand Vincent me chuchote : "le brocard, le brocard en face". Je le cherche un moment des yeux puis finis par l'apercevoir, je le cherchais où était arrivée la chevrette au départ alors qu'il est en fait face à moi au bord du fossé dans les branchages, à 12 mètres environ mais sa position et la végétation ne me permettent pas de tenter un tir. Je reprends mes appels de Butollo et finis par capter toute l'attention du brocard qui décrit une boucle d'un pas tranquille pour venir sur ma gauche. J'arme mon arc mais impossible de placer une flèche au travers des arbres et branchages. La chevrette réagit au Butollo mais reste maintenant plus en retrait. Puis le brocard s'arrête plein travers toujours masqué en partie par la végétation et observe un moment avant de se mettre à aboyer et de faire mine de s'éloigner. Je l’aboie à mon tour et le stoppe net puis reprends le Butollo. Il bifurque et commence à venir droit sur moi pour s'arrêter de 3/4 face à 10 mètres environ mais masqué par un arbre. J'espère le voir avancer encore un peu mais il se ravise et fait volte-face pour s'éloigner. Cette fois mes appels et aboiements ne feront que le stopper dans sa fuite. Il s'éloigne ainsi petit à petit en aboyant. Alors que je l'ai perdu de vue, je décide de quitter mon poste et commence à avancer sur une grosse coulée en aboyant et en appelant au Butollo en faisant des pauses fréquentes pour observer. Vincent me suit. Le brocard me répond par moment et je peux ainsi suivre sa progression sans le voir. Il revient tout à coup sur ma gauche avec la chevrette et je les aperçois au travers des branchages puis ils marquent un arrêt prolongé avant de faire demi-tour pour disparaître dans le sale. Je tente de secouer des branches et de gratter le sol en aboyant puis reprends ma progression mais le brocard et la chevrette avancent devant nous en gardant une distance de sécurité puis il me semble les entendre sortir du bois.

Nous ressortons donc sur la droite du bois pour aller tenter notre chance plus loin. Nous faisons de nombreuses pauses pour appeler au Butollo dans des secteurs qui me semblent bons mais pas le moindre chevreuil en vue, pas le moindre bruit de pas. La nuit commence à tomber et nous revenons vers la voiture en longeant un bosquet à notre droite.

Je cherche un coin pour tenter des appels de Butollo puis décide de m'avancer un peu dans le bois mais alors que nous rentrons doucement en sous-bois, un chevreuil démarre et se plante 30 mètres plus bas en aboyant. Je me fige et le cherche du regard sans succès puis tente de l'appeler mais il poursuit ses aboiements. Au bout d'un moment, il se décide à bouger et se coule dans le bois clair où je l'aperçois enfin, marque un temps d'arrêt en lisière puis descend sur le découvert et fait demi-tour pour longer le bois vers notre gauche avant que je le perde rapidement de vue. C'était un brocard, je me retourne vers Vincent qui ne l'a pas vu pour le lui annoncer quand du bruit se fait entendre derrière nous. Je reprends mon Butollo et fait arriver une belle chevrette qui se plante à 10 ou 12 mètres sur notre droite au-dessus de nous avant de disparaître dans la végétation.

Nous descendons sur les traces du brocard, le bois est marqué de beaucoup de frottis et gratis. Nous sortons sur le découvert d'un sol mis à nu entre les pruniers et longeons le bois pour arriver dans un champ de tournesol où je tente de rappeler au Butollo sans succès alors que l'obscurité croissante nous décide à rentrer. Sur le retour, j'aperçois un chevreuil dans une vigne à 100 mètres environ et tente de l'appeler sans succès, je tente alors une approche en collant le rang de vigne tout en jouant du Butollo. Le chevreuil me laisse approcher doucement, planté plein travers contre le rang que je longe. Vincent me suit. A 60 mètres environ, le chevreuil démarre puis s'arrête un peu plus haut à l'appel du Butollo. Vincent reste sur place et me laisse continuer l'approche mais le chevreuil redémarre au bout de 20 mètres d'approche et je fais demi-tour. Il semble qu'il s'agissait d'une chevrette, certainement celle vu juste avant.

Il fait nuit et nous retournons à la voiture. En arrivant chez Vincent, Eric est déjà là depuis un moment, il a fléché un petit brocard mais n'a pas osé faire la recherche immédiatement. Le conducteur de chien de sang doit venir demain. Il nous raconte sa chasse Ludo arrive un peu plus tard.

Dimanche :

 

Ce matin, il pleut à verse et je pense fort à Eric, j'espère qu'il va pouvoir retrouver son chevreuil. Après avoir déjeuné, nous partons pour un nouveau secteur. Ludo nous accompagne ce matin pour filmer. Dès la sortie d'Esclottes nous apercevons une grosse chevrette qui longe au galop le haut du talus qui domine la route au bord d'un champ de blé. Sur la route au milieu des averses nous apercevons quelques lapins sur la chaussée et un jeune renard qui nous traverse devant. Un peu plus loin nous nous garons au coin d'une parcelle de pruniers entourée de bois. La pluie s'intensifie alors que nous quittons la voiture. Nous rejoignons un chemin forestier que nous longeons pour ressortir sur une parcelle de blé où Vincent connait un beau 6 pointes. Nous scrutons la surface des céréales sans succès, je décide de revenir dans le bois et de tenter des appels de Butollo. Nous faisons demi-tour puis quittons le chemin forestier pour tenter d'appeler à 2 endroits successifs mais rien ne vient et le bruit des goutte d'eau qui tombent ne permet pas d'entendre venir.

Nous ressortons au bord de la parcelle de blé, j’aperçois une tache sombre dans les céréales mais ne l'identifie pas comme étant un chevreuil quand Vincent annonce "le chevreuil", je regarde à nouveau et effectivement il s'agit d'un chevreuil. Il a plu, l'approche sera plus silencieuse, je décide de tenter une belle approche plutôt qu'une séance d'appeau. Le soleil vient de refaire son apparition. Le chevreuil broute près d'un passage de tracteur et je calcule rapidement mon approche. Je dois rejoindre ce passage de tracteur puis m'en servir pour m'approcher. Nous prenons un passage perpendiculaire pour le rejoindre et perdons le chevreuil de vue derrière une bosse du champ. Ludo est resté en arrière pour filmer et Vincent est sur mes traces. Je bifurque dans le passage de tracteur que je pense être le bon mais en arrivant au sommet de la bosse, je me rends compte que j'ai fait erreur mais aussi que le chevreuil est un beau brocard. Nous faisons demi-tour pour repasser à couvert derrière la bosse puis coupons à travers blé pour rejoindre le passage de tracteur suivant qui passe plus près du brocard.

L'approche commence. Le brocard ne dépasse que ses bois et ses oreilles de la surface du blé, il est à environ 80 mètres. J'approche très lentement sur 20 mètres environ puis me baisse dans le passage car les oreilles semblent braquées sur nous. Nous attendons un moment puis le brocard baisse la tête et nous reprenons l'approche tout doucement. Nous gagnons petit à petit de la distance en nous arrêtant de temps en temps, baissé dans le passage pour observer ou attendre que le chevreuil baisse la tête. Alors que nous ne sommes plus qu'à environ 30 mètres, nous l'observons un moment brouter des épis à la surface du blé. Il disparaît à nouveau et nous reprenons l'approche. Arrivé à environ 10 mètres nous faisons une pause d'observation, le brocard avance doucement dans le blé, juste trahi par le mouvement des épis, il vient vers nous en biaisant doucement vers le haut du champ. Je reprends mon approche et parvient à environ 6 mètres de l'animal mais je ne vois que les bois et les oreilles du brocard qui vaque tranquillement à ses occupations. J'attends un moment propice pour armer mon arc et décocher mais tout à coup le brocard se rend compte de notre présence et surgit du blé à grands bons. J'arme mon arc et le suis, espérant le voir s'arrêter à la traversée du passage de tracteur mais il le passe d'un bon. Je désarme, me baisse et attrape mon Butollo. Mes appels le stoppent en bordure du champ près du bois. Il regarde vers nous alors que les appels font surgir une chevrette du bois devant nous, elle longe le bas des céréales et rentre au bois après environ 35 mètres de course. Le brocard finit lui aussi par rentrer au bois en aboyant. J'ai perdu.

Vincent a un baptême ce matin et nous ne pouvons pas rester trop tard à la chasse. Nous allons tenter un dernier secteur avant de rentrer. Nous ressortons du blé et rejoignons Ludo avant de partir en longeant entre le bois et la vigne. Un peu plus loin nous rentrons dans le bois au niveau de petites constructions inachevées. Quelques balivots ont été frottés. Nous nous avançons un peu dans le bois. Je cherche un coin pour me poster, assez caché mais dégagé pour pouvoir tirer. Je me poste finalement derrière un arbre. Ludo monte sur une plateforme en bois perchée à 2 mètres environ dans un arbre à proximité. Vincent se cale derrière moi.

Je commence à appeler, rapidement une chevrette arrive sur nous par la droite, je me tourne face à elle et tente de la montrer à Vincent. Elle commence à décrire un cercle pour nous contourner à plus de 20 mètres et revenir dans notre dos. Vincent la filme un peu puis revient sur moi. Apercevant la chevrette qui vient droit sur nous je la montre à Vincent mais elle se ravise et repart en sens inverse pour s'éloigner. Alors que je tente de la faire revenir, un bruit dans mon dos me fait me retourner doucement. J'aperçois alors un magnifique brocard qui m'observe à travers de branchages à 10 mètres environ. Je me prépare et recommence mes appels. Le brocard démarre comme pour sortir du bois, il passe derrière la plateforme et j'arme au cas où. C'est alors qu'il tourne autour de la plateforme pour venir se présenter plein travers 12 mètres environ. Mon viseur se cale rapidement et je décoche. Le chevreuil s'écrase pour partir mais ma flèche le traverse tout de même dans un bruit impressionnant. J'ai bien vu mon atteinte, je suis haut et assez en arrière et crains que ma flèche ne soit pas très bonne. Le brocard file en repassant derrière la plateforme fait environ 20 mètres puis tourne à 180°, longe la bordure du bois où je le perds de vue. J'attends un peu puis pars contrôler mon tir, Ludo nous rejoint et nous échangeons nos impressions. Je retrouve ma flèche sous le tapis de feuille morte du sous-bois. Elle est peu ensanglantée mais les feuilles humides l'ont nettoyé au passage. Je cherche le premier sang et le trouve rapidement, j'y plante ma flèche puis nous commençons à suivre le sang, la piste n'est pas très abondante mais je parviens tout de même à la suivre. En arrivant en bordure du bois, Ludo m'annonce qu'il l’a vu sortir sur la parcelle de prunier et effectivement le sang confirme cette version. Nous sortons donc du bois mais, tout à coup, le sang devient presque inexistant. La piste semble partir à droite et je tente de retrouver du sang quand Vincent m'appelle, il vient de voir mon brocard, il est couché sur le flanc contre la bordure du bois sur la gauche de notre sortie. Je pars donc voir mon brocard et alors que je me rapproche, je n'en crois pas mes yeux, il est magnifique, moi qui pensais avoir tiré un beau 6 pointes, il s'agit en fait d'un 10 pointes, presque 12 (2 embryons de pointes que je ne compte pas).

Un brocard 10 pointes dans le 47 chez Vincent, 13, 14 et 15 juillet 2012

Je remercie vivement Vincent et reste incrédule devant cet animal magnifique. Mon atteinte est telle que je l'avais vu, j'ai coupé l'artère sous colonne et entaillé un rein mais la présence de sang dans la gueule de l'animal m'indique également que j'ai au moins touché un poumon ce qui se confirmera au dépeçage. Je pars chercher ma flèche laissée dans le bois. Nous avons oublié le bracelet chez Vincent, nous partons donc le chercher en laissant Ludo surveiller l'animal au cas où puis nous revenons pour faire quelques photos avant de charger le brocard et de rentrer.

Un brocard 10 pointes dans le 47 chez Vincent, 13, 14 et 15 juillet 2012

Je pense alors fort à Eric et espère qu'il aura lui aussi retrouvé son brocard.

Effectivement, il rentrera avec son brocard, sa flèche très bien placée dans le coffre de l'animal n'aura pourtant stoppé le brocard qu'au bout de 300 mètres.  

Un brocard 10 pointes dans le 47 chez Vincent, 13, 14 et 15 juillet 2012

Alex

 

Trophée :

Un brocard 10 pointes dans le 47 chez Vincent, 13, 14 et 15 juillet 2012
Un brocard 10 pointes dans le 47 chez Vincent, 13, 14 et 15 juillet 2012

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 22:24

Ce soir, je suis un peu crevé et j'ai du mal à décoller pour aller à la chasse. J'arrive sur place vers 21 heures et attaque la chasse par une zone de friche arborée au milieu des cultures sur un mamelon truffé de terriers de blaireaux mais plusieurs moissonneuses tournent à plein régime autour de cet îlot. Je tente tout de même quelques coups de Butollo sans succès avant de laisser tomber. Je retourne à la voiture pour changer de secteur. Je pars cette fois vers une zone de vignes un peu plus haut où j'ai repéré au moins 4 beaux brocards dont un qui sort régulièrement dans une friche herbeuse prise entre une bande boisée étroite et un grand bois, je l'ai vu déjà 3 fois et l'ai manqué une fois alors que Vincent me suivait avec sa caméra.

Je laisse la voiture près des habitations et descends vers la friche en longeant entre une vigne et un champ de blé.

La quatrième rencontre lui aura été fatale, 2 juillet 2012

En arrivant près de la bande boisée, une chevrette surgit de la bordure du blé dans les hautes herbes. Elle fonce vers la bande boisée puis s'arrête juste au bord et me regarde un moment alors que je l'observe moi aussi immobile. Elle redémarre en même temps que moi et longe la bande de bois avant de s'y enfoncer un peu plus loin.

La quatrième rencontre lui aura été fatale, 2 juillet 2012

Je rejoins le bout de la bande boisée et inspecte un moment la friche avant de commencer à jouer du Butollo. Rapidement une chevrette arrive par ma droite et vient droit sur moi. Je continue mes appels et la chevrette vient vers moi en marquant des pauses régulières. A environ 15 mètres, elle s'arrête et refuse de venir d'avantage, elle biaise et s'éloigne sur ma droite en direction de la bande boisée.

La quatrième rencontre lui aura été fatale, 2 juillet 2012

Je quitte mon poste ce qui fait démarrer la chevrette qui fonce se réfugier dans le bois face à moi où elle se met à aboyer. J'avance doucement vers la droite de la friche dans les hautes herbes.

La quatrième rencontre lui aura été fatale, 2 juillet 2012

Tout à coup, un brocard surgit des herbes hautes à environ 40 mètres devant moi et biaise vers la bordure du bois à grands bons. J'attrape rapidement mon Butollo et lance quelques appels brefs. Le brocard stoppe net 10 mètres plus loin et se retourne vers moi. Seul ses bois et le bout de ses oreilles sont visibles dans la végétation. Je l'observe un moment immobile puis tente quelques appels mais ce dernier ne veut pas venir vers moi.

Je décide de tenter une approche, j'avance tout doucement en appelant à intervalles réguliers avec le Butollo, de petits coups brefs. Le brocard immobile regarde vers moi, j'avance baissé dans les hautes herbes en biaisant pour rejoindre un gros chêne et un arbre mort en bordure du bois. La chevrette ressort de bois, tourne juste devant moi et rentre à nouveau à couvert. Je parviens ainsi sans m'arrêter à environ 20 mètres du bocard qui n'a même pas bougé. Partiellement caché derrière l'arbre mort je continue mes appels et aboie quelques coups.

La quatrième rencontre lui aura été fatale, 2 juillet 2012

Au bout d'un moment, le brocard se décide à bouger. Il avance un peu vers moi de quelques pas mais s'arrête rapidement et refuse d'avancer plus puis il repart mais biaise en s'éloignant vers la bande boisée. Je me décale un peu, arme mon arc et prends la visée. Il est de 3/4 arrière, presque de cul. Je vise devant le cuissot. Le brocard s'arrête, je décoche. L'impact retentit et le brocard démarre en trombe. Il me semble apercevoir ma flèche restée en travers de l'animal. Le chevreuil rentre au bois rapidement. J'attends un peu puis pars inspecter la zone du tir.

La quatrième rencontre lui aura été fatale, 2 juillet 2012

Je trouve rapidement le premier sang. J'ai oublié mon appareil photo à la voiture et je pars le chercher quand un chevreuil se met à aboyer dans le bois avant de démarrer et de s'éloigner en aboyant. J'espère qu'il ne s'agit pas de mon brocard. Je remonte à la voiture pour laisser le temps à l’hémorragie de se faire puis reviens avec mon appareil photo et refais tout le trajet de départ en prenant des photos Alors que je cherche le premier sang je trouve ma flèche fichée au sol. Mon impression était donc mauvaise, le chevreuil n'est pas parti avec.

La quatrième rencontre lui aura été fatale, 2 juillet 2012

Je récupère ma flèche et suis le sang en direction du bois où je vois rentrer le brocard.

La quatrième rencontre lui aura été fatale, 2 juillet 2012

De grosses taches de sang sont posées sur la végétation, espacées d'environ 2 mètres. De grosses gouttes marquent la végétation.

La quatrième rencontre lui aura été fatale, 2 juillet 2012

Le sang est de plus en plus important en arrivant au bois.

La quatrième rencontre lui aura été fatale, 2 juillet 2012

Les ronces à l'entrée du bois sont maculées de sang.

La quatrième rencontre lui aura été fatale, 2 juillet 2012

Je rentre dans le bois à la clarté de ma frontale car le jour décline doucement et le sous-bois est déjà sombre. Les grosses taches de sang régulièrement espacées se succèdent.

La quatrième rencontre lui aura été fatale, 2 juillet 2012

Sur une zone de terre grattée j'aperçois une légère traînée de sang.

La quatrième rencontre lui aura été fatale, 2 juillet 2012

En relevant les yeux, j'aperçois mon brocard, il est mort. C'était certainement la chevrette que j'ai entendue tout à l'heure aboyer en s'enfuyant. Ma flèche entaille le cuissot, rentre juste devant ce dernier et ressort à la base du cou. Les viscères ressortent par l'énorme trou d'entrée.

La quatrième rencontre lui aura été fatale, 2 juillet 2012

Je reconnais maintenant le brocard manqué lors du séjour de Vincent et Cyril. Je dédicace d'ailleurs cette belle prise à Cyril qui comprendra pourquoi. Il ne reste plus qu'à rentrer avec le brocard sur l'épaule alors que la nuit tombe. 

La quatrième rencontre lui aura été fatale, 2 juillet 2012

Alex

 

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La quatrième rencontre lui aura été fatale, 2 juillet 2012
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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 22:10

Il a bien plu cette nuit et ce matin, le sol sera idéal pour l'approche, je décide donc de retourner sur un secteur que j'ai fait avec Vincent et Eric lors du dernier weekend de prise de vue. Ce soir-là, le terrain était tellement sec que l'approche avait été rendue très difficile. Je connais depuis quelques années un beau brocard dans ce secteur et l'autre soir, il nous avait faussé compagnie en surgissant d'un blé sur la gauche du ruisseau, nous avait regardé un peu, plein travers sur la pente du bois puis s'était éloigné en aboyant. Je prends le Butollo pour la première fois de la saison.

Arrivé avant 8 heures, je me gare près d'une vigne, me prépare puis descends en longeant la route vers le ruisseau. Le grand champ de blé sur ma gauche a été moissonné. Pour le moment le vent n'est pas bon il souffle dans le sens de ma future chasse. Arrivé au ras du ruisseau, je quitte la route et prends la bande enherbé entre la haie épaisse qui enveloppe le cours d'eau et un long champ de blé. Comme je le pensais, le vent vient de tourner face à moi. Je suis un moment la bande enherbée mais le blé vient se coller à la haie, je rentre donc jusqu'au premier passage de tracteur pour continuer à progresser sans trop de bruit. Les sangliers et les blaireaux ont attaqué le blé et fait de gros dégâts par endroit. J'arrive au bout du champ sans voir le gros brocard qui nous avait bien eus l'autre weekend en nous laissant passer pour se lever dans notre dos. Je traverse une grosse haie pour progresser maintenant en bordure du ruisseau, sur une prairie fauchée au milieu des balles de foin.

Ayant une visibilité à grande distance, j'en profite pour avancer rapidement vers le blé suivant. Alors que j'arrive au bord du blé, je regarde la surface des céréales quand les bois d'un petit brocard 4 pointes surgissent à 7 mètres devant moi. Je me fige, ses oreilles orientées vers moi, il est à l'écoute, il a dû m'entendre arriver. J'attends un moment sans bouger, il finit par baisser la tête, je me décale très lentement vers le bord du ruisseau pour tenter de rejoindre le passage de tracteur qui passe juste à 4 mètres de chevreuil. Il relève la tête et je me fige à nouveau mais au bout d'un moment, il démarre et s'éloigne à grand bon suivi par une belle chevrette que je n'avais pas vue.

J'attrape rapidement mon Butollo et tente quelques appels courts mais le couple s'éloigne et disparaît à 40 mètres environ derrière le virage du ruisseau. Je range mon appeau et commence à les suivre très doucement par le passage de tracteur. En arrivant dans le virage, j'aperçois les oreilles de la chevrette qui revient tranquillement dans le blé. Je me fige en espérant apercevoir le brocard. Elle finit par s'arrêter pour commencer à manger. Je reprends mon approche tout doucement et arrive à moins de 10 mètres de la chevrette qui tend les oreilles vers moi. Le passage de tracteur suit la courbe du ruisseau et tourne autour de la chevrette à moins de 10 mètres. Arrivé entre elle et le cours d'eau et n'ayant pas revu le brocard, je décide de tenter quelques coups de Butollo pour voir sa réaction. Ses oreilles sont toujours braquées sur moi mais sa tête reste sous le niveau des céréales. J'attrape mon appeau et commence mes appels. Immédiatement la chevrette fonce sur moi à grands bons mais elle se rend vite compte de ma présence et bifurque à 90° avant de s'éloigner sur ma gauche et disparaître à un peu plus de 50 mètres.

Je reprends doucement ma progression et arrive sur un chemin de terre qui traverse le ruisseau et sépare 2 parcelles de blé. Je traverse le ruisseau et observe le blé de l'autre côté où j'espère revoir le grand brocard. Ne voyant rien, au bout d'un moment, je longe la bordure du champ contre une grosse haie, qui rejoint le bois, puis le bois un court instant avant de monter le talus par une grosse coulée. Je m'arrête au bout d'une rangée d'arbres qui borde un fossé à mi pente.

Première sortie au Butollo de la saison, 30 juin 2012

Ce poste me permet de voir devant moi mais aussi sur ma gauche dans un petite clairière.

Première sortie au Butollo de la saison, 30 juin 2012

L'autre soir, comme d'ailleurs chaque fois que je l'ai vu le brocard, il est rentré sur un chemin forestier un peu plus loin devant moi. J'ai confiance dans mon poste. J'observe un peu les alentours, accroche mon décocheur puis attrape mon appeau. Dès les premiers appels courts un galop retentit mais je n'arrive pas vraiment à savoir s'il vient du blé ou du bois. Le galop répond à chaque appel s'arrêtant un court instant à chaque interruption de mes appels. Ça se rapproche mais l'animal émet un son proche d'un grognement de sanglier. A la cadence du pas ça ne peut pourtant être qu'un chevreuil, il doit avoir les naseaux encombrés par des œstres.

Ça y est, je l'aperçois, je lâche le Butollo attaché à mon poigné et arme mon arc. Le brocard s'arrête à 20 mètres environ face à moi et observe dans ma direction sans m'identifier. Le temps passe et le brocard reste immobile, il est de face, un peu loin et partiellement masqué par des branchages. Le tir est impossible et je ne peux plus me servir de mon appeau qui pend à mon poigné. Je tente quelques aboiements faibles d'un brocard moins gros mais il ne réagit pas.

Je désarme donc doucement mon arc et reprends mon Butollo, je reprends mes appels mais en faisant de courts appels timides et espacés. Cette fois, le brocard se remet à bouger, il saute le fossé sur sa droite et passe derrière les arbres pour remonter au pas dans la clairière sur ma gauche. Je stoppe mes appels et arme mon arc en le laissant venir. Il passe derrières quelques genévriers secs puis s'avance à découvert plein travers à 10 mètres environ alors que mon viseur se cale derrière son épaule. Je décoche. Ma flèche est haute, sous colonne et ressort dans le cuissot, le brocard à démarrer à la décoche. Je le vois partir avec ma flèche en travers. Il saute le fossé où il s'était arrêté tout à l'heure puis à ma grande surprise, il longe la rangée d'arbres au galop pour foncer droit sur moi.

Il stoppe net à 2 mètres de moi, ses pattes écartées, le sang coule sur son flanc, il me regarde un court instant puis se met à trembler, chancelle et roule au pied du talus près du blé ou il s'immobilise rapidement après quelques soubresauts. Il a peine parcouru 20 mètres, l'artère sous colonne a dû être touchée.

Première sortie au Butollo de la saison, 30 juin 2012

Je parcours à l'envers le trajet du chevreuil et retrouve l'endroit où il a sauté le fossé qui est maculé de gouttes de sang. 

Première sortie au Butollo de la saison, 30 juin 2012

Je retrouve, à quelques mètres, ma flèche couverte de sang dont la lame, légèrement tordue, s'est enroulée dans la végétation qui a extirpée ma flèche du corps de l'animal. Je la récupère et reviens vers mon brocard.

Première sortie au Butollo de la saison, 30 juin 2012

C'est un beau 5 pointes qui ravale, ses dents sont très usées, ce brocard que je connais depuis 4 ans doit certainement en avoir quelques-unes de plus, un sentiment partagé m'envahi, ce chevreuil qui jouait avec mes nerfs depuis quelques années n'est plus, je ne le verrai plus s'éloigner en aboyant.

Première sortie au Butollo de la saison, 30 juin 2012

Il est à peine 8h30, je décide de continuer à chasser mais en changeant de secteur, j'attache les 4 pattes du chevreuil et le charge sur mon épaule pour revenir vers la voiture. En ressortant sur le pré fauché, j'aperçois un chevreuil qui détale au milieu des balles de foin. Je m'avance rapidement derrière une balle ronde et attrape mon appeau. Au premier appel, le chevreuil s'arrête derrière une balle de foin à 50 mètres, je tente des appels mais le chevreuil reste immobile et ne vient pas. Avec mon brocard toujours sur l'épaule, je me décale à découvert pour mieux l'observer, c'est une chevrette, elle met un moment à réagir puis remonte vers un bouquet d'arbres sous une habitation.

Je rejoints la route et commence à la longer en direction de la voiture quand un basset commence à me suivre en aboyant, voyant qu'il va me suivre jusqu'à la voiture et que sa propriétaire tente de le rattraper, je fais une pause au bord de la route et pose mon chevreuil qui me scie l'épaule. Le chien arrive puis sa propriétaire, étonnée de me voir avec un arc et un chevreuil, elle me pose quelques questions. Elle a élevé un petit chevreuil au biberon l'an dernier, je la rassure en lui montrant ce vieux brocard. Nous discutons un peu puis nous nous quittons et je rejoins ma voiture et charge le chevreuil dans la malle avant de partir pour le second secteur de chasse où chaque année nous organisons la battue avec les archers.

Je me gare au bord du chemin de terre qui traverse l'Osse sur un petit ponton, me prépare puis traverse la rivière pour rejoindre le bois longé par le bras mort de la vielle Osse que je suis un moment jusqu'à une passerelle qui me permet de traverser. Je passe la vielle palombière et ressors du bois de l'autre côté. Mon téléphone vibre, je décroche et commence à discuter quand un sanglier de 40 kg environ arrive droit sur moi en plein découvert. Je m'arrête de parler et me fige mais ce dernier surpris s'arrête également, m'observe un instant puis fais demi-tour et traverse une grosse haie pour disparaître. Je termine ma discussion téléphonique et raccroche.

Je prends le même chemin que le sanglier et traverse la haie par un passage. En sortant de l'autre côté, j'aperçois trop tard un renard assis contre le bois à ma gauche. Il m'a vu et fonce à couvert, je tente des cris de souris mais il est certainement déjà loin. Je remonte en suivant la haie et passe tout près d'un gros lièvre au gagnage qui ne s'inquiète même pas de ma présence et me laisse passer sans interrompre son repas. Je fais le tour d'un grand bois en faisant des pauses pour appeler au Butolo mais pas de réponse. Alors que j'ai presque fini le tour du bois, j'y rentre par un chemin forestier et cherche un poste pour appeler quand j'aperçois juste à 15 mètres sur ma droite un gros brocard de 3/4 arrière qui semble à l'écoute. Il a dû m'entendre quand je longeais le bois. Il ne me laisse pas le temps de réagir, je suis à mauvais vent et il vient de me sentir. Il fonce à couvert dans le sous-bois et ne réapparaîtra pas malgré mes appels.

Je ressors du bois, rejoins la vielle palombière, traverse la vielle Osse et la longe en direction des peupliers au bout du bois. Une chevrette surgit du blé et rentre à couvert. Je longe dans les peupliers et rejoins un passage où la rivière est peu profonde au coin du bois. Je descends vers l'eau quand un gros ragondin arrive en longeant la berge opposée. J'arme mon arc et vise quand il décide de s'arrêter en face de moi contre la berge. Ma flèche au défaut de l'épaule le cloue sur place. Il gronde et se débat en essayant de se dégager mordant avec fureur les racines de la berge. Je tente une seconde flèche mais le manque lamentablement. Je traverse et le saisi par la queue alors qu'il est entrain de rendre son dernier souffle, je le saisis par la queue mais ses dents enfoncées dans une racine résistent un moment avant de lâcher.

Je le pose sur la berge et traverse la rivière pour remonter au coin du bois et d'un tournesol. Resté dans la végétation, j'appelle au Butollo quand un galop retentit sur ma gauche et fait claquer les feuilles de tournesol. Je me prépare mais c'est une chevrette qui surgit à 6 mètres de moi. Elle trépigne et tremble, j'appelle encore et elle vient s'arrêter devant moi à moins de 2 mètres. Je tente d'attraper mon appareil photo mais l'ouverture du scratch la fait partir et retourner dans le tournesol. Je recommence mes appels. La végétation bouge à 10 mètres sur ma droite, elle semble rentrer dans le lit de la rivière. Je continue à appeler et la vois arriver au pas pour se planter à 2 mètres derrière moi mais cette fois elle me sent et démarre en trombe pour rentrer au bois.

Je fais demi-tour, récupère mon ragondin et rentre alors que la nuit tombe. 

Première sortie au Butollo de la saison, 30 juin 2012

Alex

 

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Première sortie au Butollo de la saison, 30 juin 2012

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 23:15

Ce soir, je retourne sur le secteur où j'ai fléché mon brocard devant les caméras, je connais un grand brocard sur le secteur et je vais tenter de le trouver. Je me gare directement au Hameau de Polignac à quelques centaines de mètres du lieu du tir puis prends la route pour arriver au champ de tournesol. Je longe doucement la bande enherbée avec le vent de face en direction de la petite plantation de sapin. Pas de chevreuil ce soir, arrivé au coin du tournesol au niveau des sapins, je poursuis en longeant le bois en surveille une coupe à blanc qui est en train de se combler au pied du talus sur ma gauche. Rien en vue, je rejoints un peu plus loin la bordure d'un grand champ de blé que je longe toujours en suivant la bordure du bois.

200 ou 300 mètres plus loin, un mouvement se dessine dans les épis de blé au milieu de l'agitation régulière dû au vent. Je m'avance doucement dans le blé en suivant l'animal qui avance par intermittence. Je finis par me faire distancer et perds le mouvement de vue derrière une bosse du champ. Je m'avance doucement en direction du dernier mouvement vu quand une légère agitation du blé attire mon attention à moins de 10 mètres devant moi. J'observe un moment puis le mouvement des céréales reprend, l'animal bifurque à 90° sur ma droite puis me contourne. Je tente de m'approcher doucement et finis par l'apercevoir dans un passage de tracteur. C'est un blaireau.

Au loin, un chevreuil surgit du bois en aboyant et traverse le blé à grands bons en aboyant. Je retourne sur la bordure du blé et continue un moment à longer le bois sans rien voir. Je fais donc demi-tour. En passant au-dessus de la coupe à blanc d'un pas rapide, il me semble apercevoir une tache rousse dans la végétation du coin de l'œil. Je fais doucement marche arrière de quelques pas et me fige. Un brocard est couché à moins de 10 mètres en dessous de moi. Il me regarde mais ne bouge pas. Je ne vois pas bien ses bois mais aperçois tout de même une meule et le départ d'un bois.

J'encoche doucement une flèche, arme lentement, prends la visée. Le brocard me présente un 3/4 arrière mais l'angle de tir est très plongeant, il regarde vers moi mais ne semble pas vouloir bouger. Ma visée s'aligne un peu en arrière des épaules pour tenter de toucher les poumons et je décoche. Touché, le brocard se lève d'un bon et fonce droit devant lui avec ma flèche restée plantée au travers de son corps, il bute dans un mur de végétation, se débat un court instant et parvient à le traverser puis file à vive allure pour remonter vers la petite plantation de sapins. Sorti à découvert, il se met à slalomer au milieu des résineux puis je le perds de vue.

J'attends un moment en me repassant la scène dans ma tête puis je descends voir la zone du tir. Le chevreuil a perdu pas mal de sang en se levant. Le sol et la végétation sont marqués de très grosses gouttes. 

Une tête bizarde qui se croyait bien cachée, 18 juin 2012

 Le sang trés abondant est facile à suivre. 

Une tête bizarde qui se croyait bien cachée, 18 juin 2012

A l'endroit où le chevreuil butte dans le mur végétal la végétation est maculée de sang en quantité impressionnante et je pense retrouver rapidement mon chevreuil.

Une tête bizarde qui se croyait bien cachée, 18 juin 2012

Juste derrière ma flèche repose au sol couverte de sang, la lame a cassé juste au ras de l'insert peut être au démarrage du chevreuil alors qu'elle était fichée en terre ou durant la course de l'animal.

Une tête bizarde qui se croyait bien cachée, 18 juin 2012

Je récupère ma flèche et continue à suivre la piste toujours très abondante qui ressort sur l'herbe giroboyée de la petite plantation de sapins. Le sang est maintenant bien moins marqué et en plus faible quantité, la piste reste tout de même facile à suivre et zigzague entre les sapins.

Une tête bizarde qui se croyait bien cachée, 18 juin 2012

Je le suis jusqu'au penchant de bois où j'ai retrouvé mon brocard filmé par Vincent. Le chevreuil est passé au milieu d'un gros chêne avec plusieurs troncs qui partent de la souche. La piste se fait plus discrète, les gouttes s'espacent et suivent une grosse coulée qui descend doucement en biaisant dans la longueur de la bande de bois vers la bande de pré en contrebas. Je la perds parfois quand la coulée se divise en plusieurs mais j'arrive petit à petit à suivre le sang jusqu'à la bande de pré.

Le sang redevient abondant dans les hautes herbes. Tout à coup, le sang devient très abondant et l'herbe est écrasée sur 10 à 15 mètres comme si le chevreuil s'était traîné au sol puis la piste reprend avec des traces de sang assez facile à suivre pour rentrer dans le penchant de bois opposé. La pente est assez raide et je commence à me demander où ma flèche a bien pu taper pour que le chevreuil s'aventure à gravir une telle pente. 

Je rentre dans le bois, le sang est bien marqué par de grosses gouttes sur le sol jonché de feuilles mortes et par des frottés sur les arbustes et les feuillages. Le chevreuil longe en bordure du bois au pied de la pente dans le sale puis remonte doucement en biaisant vers la crête du bois. Le sang s'estompe parfois sur plusieurs mètres et la piste devient parfois difficile à suivre. La luminosité baisse rapidement et je dois poursuivre à la clarté de ma frontale. Tout à coup, la piste remonte au plus raide, passe la crête du bois, descend le talus au-dessus de la route pour se diriger vers un champ de tournesols.

La traversée de route est marquée de grosses traces de sang. Je rentre maintenant dans le tournesol. Le sang devient dès lors très abondant, je trouve un gros caillot de sang coagulé puis de nombreux frottés sur les pieds de tournesol. Plusieurs pieds de tournesols sont également cassés ce qui me rassure un peu, le chevreuil commence peut être à perdre un peu de lucidité et percute les obstacles. La piste est facile à suivre en avançant baissé sous les grosses feuilles. Les frottés de sang s’enchaînent dans le faisceau de ma lampe ainsi que de grosses gouttes de sang sur le sol. Le chevreuil décrit maintenant une boucle pour revenir d'où il vient. Au bout de 100 mètres environ dans la culture, je tombe sur mon chevreuil mort, couché sur le ventre. Mes bras sont brûlés par le frottement des tournesols et la sueur.

Une tête bizarde qui se croyait bien cachée, 18 juin 2012

Ma flèche rentre au milieu du dos, à droite de la colonne, traverse le foie, passe juste derrière les poumons et ressort en bas des côtes côté droit. Mon brocard a parcouru près de 400 mètres avant de s'effondrer. C'est une tête bizarde assez particulière. Lors du dépeçage, je trouverai des plombs logés sous la peau et dans le dos de l'animal.

Une tête bizarde qui se croyait bien cachée, 18 juin 2012

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Une tête bizarde qui se croyait bien cachée, 18 juin 2012
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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, rarement le télémètre)... souvent juste mon arc, mon couteau et mon appareil photo, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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