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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 22:10

Il a bien plu cette nuit et ce matin, le sol sera idéal pour l'approche, je décide donc de retourner sur un secteur que j'ai fait avec Vincent et Eric lors du dernier weekend de prise de vue. Ce soir-là, le terrain était tellement sec que l'approche avait été rendue très difficile. Je connais depuis quelques années un beau brocard dans ce secteur et l'autre soir, il nous avait faussé compagnie en surgissant d'un blé sur la gauche du ruisseau, nous avait regardé un peu, plein travers sur la pente du bois puis s'était éloigné en aboyant. Je prends le Butollo pour la première fois de la saison.

Arrivé avant 8 heures, je me gare près d'une vigne, me prépare puis descends en longeant la route vers le ruisseau. Le grand champ de blé sur ma gauche a été moissonné. Pour le moment le vent n'est pas bon il souffle dans le sens de ma future chasse. Arrivé au ras du ruisseau, je quitte la route et prends la bande enherbé entre la haie épaisse qui enveloppe le cours d'eau et un long champ de blé. Comme je le pensais, le vent vient de tourner face à moi. Je suis un moment la bande enherbée mais le blé vient se coller à la haie, je rentre donc jusqu'au premier passage de tracteur pour continuer à progresser sans trop de bruit. Les sangliers et les blaireaux ont attaqué le blé et fait de gros dégâts par endroit. J'arrive au bout du champ sans voir le gros brocard qui nous avait bien eus l'autre weekend en nous laissant passer pour se lever dans notre dos. Je traverse une grosse haie pour progresser maintenant en bordure du ruisseau, sur une prairie fauchée au milieu des balles de foin.

Ayant une visibilité à grande distance, j'en profite pour avancer rapidement vers le blé suivant. Alors que j'arrive au bord du blé, je regarde la surface des céréales quand les bois d'un petit brocard 4 pointes surgissent à 7 mètres devant moi. Je me fige, ses oreilles orientées vers moi, il est à l'écoute, il a dû m'entendre arriver. J'attends un moment sans bouger, il finit par baisser la tête, je me décale très lentement vers le bord du ruisseau pour tenter de rejoindre le passage de tracteur qui passe juste à 4 mètres de chevreuil. Il relève la tête et je me fige à nouveau mais au bout d'un moment, il démarre et s'éloigne à grand bon suivi par une belle chevrette que je n'avais pas vue.

J'attrape rapidement mon Butollo et tente quelques appels courts mais le couple s'éloigne et disparaît à 40 mètres environ derrière le virage du ruisseau. Je range mon appeau et commence à les suivre très doucement par le passage de tracteur. En arrivant dans le virage, j'aperçois les oreilles de la chevrette qui revient tranquillement dans le blé. Je me fige en espérant apercevoir le brocard. Elle finit par s'arrêter pour commencer à manger. Je reprends mon approche tout doucement et arrive à moins de 10 mètres de la chevrette qui tend les oreilles vers moi. Le passage de tracteur suit la courbe du ruisseau et tourne autour de la chevrette à moins de 10 mètres. Arrivé entre elle et le cours d'eau et n'ayant pas revu le brocard, je décide de tenter quelques coups de Butollo pour voir sa réaction. Ses oreilles sont toujours braquées sur moi mais sa tête reste sous le niveau des céréales. J'attrape mon appeau et commence mes appels. Immédiatement la chevrette fonce sur moi à grands bons mais elle se rend vite compte de ma présence et bifurque à 90° avant de s'éloigner sur ma gauche et disparaître à un peu plus de 50 mètres.

Je reprends doucement ma progression et arrive sur un chemin de terre qui traverse le ruisseau et sépare 2 parcelles de blé. Je traverse le ruisseau et observe le blé de l'autre côté où j'espère revoir le grand brocard. Ne voyant rien, au bout d'un moment, je longe la bordure du champ contre une grosse haie, qui rejoint le bois, puis le bois un court instant avant de monter le talus par une grosse coulée. Je m'arrête au bout d'une rangée d'arbres qui borde un fossé à mi pente.

Première sortie au Butollo de la saison, 30 juin 2012

Ce poste me permet de voir devant moi mais aussi sur ma gauche dans un petite clairière.

Première sortie au Butollo de la saison, 30 juin 2012

L'autre soir, comme d'ailleurs chaque fois que je l'ai vu le brocard, il est rentré sur un chemin forestier un peu plus loin devant moi. J'ai confiance dans mon poste. J'observe un peu les alentours, accroche mon décocheur puis attrape mon appeau. Dès les premiers appels courts un galop retentit mais je n'arrive pas vraiment à savoir s'il vient du blé ou du bois. Le galop répond à chaque appel s'arrêtant un court instant à chaque interruption de mes appels. Ça se rapproche mais l'animal émet un son proche d'un grognement de sanglier. A la cadence du pas ça ne peut pourtant être qu'un chevreuil, il doit avoir les naseaux encombrés par des œstres.

Ça y est, je l'aperçois, je lâche le Butollo attaché à mon poigné et arme mon arc. Le brocard s'arrête à 20 mètres environ face à moi et observe dans ma direction sans m'identifier. Le temps passe et le brocard reste immobile, il est de face, un peu loin et partiellement masqué par des branchages. Le tir est impossible et je ne peux plus me servir de mon appeau qui pend à mon poigné. Je tente quelques aboiements faibles d'un brocard moins gros mais il ne réagit pas.

Je désarme donc doucement mon arc et reprends mon Butollo, je reprends mes appels mais en faisant de courts appels timides et espacés. Cette fois, le brocard se remet à bouger, il saute le fossé sur sa droite et passe derrière les arbres pour remonter au pas dans la clairière sur ma gauche. Je stoppe mes appels et arme mon arc en le laissant venir. Il passe derrières quelques genévriers secs puis s'avance à découvert plein travers à 10 mètres environ alors que mon viseur se cale derrière son épaule. Je décoche. Ma flèche est haute, sous colonne et ressort dans le cuissot, le brocard à démarrer à la décoche. Je le vois partir avec ma flèche en travers. Il saute le fossé où il s'était arrêté tout à l'heure puis à ma grande surprise, il longe la rangée d'arbres au galop pour foncer droit sur moi.

Il stoppe net à 2 mètres de moi, ses pattes écartées, le sang coule sur son flanc, il me regarde un court instant puis se met à trembler, chancelle et roule au pied du talus près du blé ou il s'immobilise rapidement après quelques soubresauts. Il a peine parcouru 20 mètres, l'artère sous colonne a dû être touchée.

Première sortie au Butollo de la saison, 30 juin 2012

Je parcours à l'envers le trajet du chevreuil et retrouve l'endroit où il a sauté le fossé qui est maculé de gouttes de sang. 

Première sortie au Butollo de la saison, 30 juin 2012

Je retrouve, à quelques mètres, ma flèche couverte de sang dont la lame, légèrement tordue, s'est enroulée dans la végétation qui a extirpée ma flèche du corps de l'animal. Je la récupère et reviens vers mon brocard.

Première sortie au Butollo de la saison, 30 juin 2012

C'est un beau 5 pointes qui ravale, ses dents sont très usées, ce brocard que je connais depuis 4 ans doit certainement en avoir quelques-unes de plus, un sentiment partagé m'envahi, ce chevreuil qui jouait avec mes nerfs depuis quelques années n'est plus, je ne le verrai plus s'éloigner en aboyant.

Première sortie au Butollo de la saison, 30 juin 2012

Il est à peine 8h30, je décide de continuer à chasser mais en changeant de secteur, j'attache les 4 pattes du chevreuil et le charge sur mon épaule pour revenir vers la voiture. En ressortant sur le pré fauché, j'aperçois un chevreuil qui détale au milieu des balles de foin. Je m'avance rapidement derrière une balle ronde et attrape mon appeau. Au premier appel, le chevreuil s'arrête derrière une balle de foin à 50 mètres, je tente des appels mais le chevreuil reste immobile et ne vient pas. Avec mon brocard toujours sur l'épaule, je me décale à découvert pour mieux l'observer, c'est une chevrette, elle met un moment à réagir puis remonte vers un bouquet d'arbres sous une habitation.

Je rejoints la route et commence à la longer en direction de la voiture quand un basset commence à me suivre en aboyant, voyant qu'il va me suivre jusqu'à la voiture et que sa propriétaire tente de le rattraper, je fais une pause au bord de la route et pose mon chevreuil qui me scie l'épaule. Le chien arrive puis sa propriétaire, étonnée de me voir avec un arc et un chevreuil, elle me pose quelques questions. Elle a élevé un petit chevreuil au biberon l'an dernier, je la rassure en lui montrant ce vieux brocard. Nous discutons un peu puis nous nous quittons et je rejoins ma voiture et charge le chevreuil dans la malle avant de partir pour le second secteur de chasse où chaque année nous organisons la battue avec les archers.

Je me gare au bord du chemin de terre qui traverse l'Osse sur un petit ponton, me prépare puis traverse la rivière pour rejoindre le bois longé par le bras mort de la vielle Osse que je suis un moment jusqu'à une passerelle qui me permet de traverser. Je passe la vielle palombière et ressors du bois de l'autre côté. Mon téléphone vibre, je décroche et commence à discuter quand un sanglier de 40 kg environ arrive droit sur moi en plein découvert. Je m'arrête de parler et me fige mais ce dernier surpris s'arrête également, m'observe un instant puis fais demi-tour et traverse une grosse haie pour disparaître. Je termine ma discussion téléphonique et raccroche.

Je prends le même chemin que le sanglier et traverse la haie par un passage. En sortant de l'autre côté, j'aperçois trop tard un renard assis contre le bois à ma gauche. Il m'a vu et fonce à couvert, je tente des cris de souris mais il est certainement déjà loin. Je remonte en suivant la haie et passe tout près d'un gros lièvre au gagnage qui ne s'inquiète même pas de ma présence et me laisse passer sans interrompre son repas. Je fais le tour d'un grand bois en faisant des pauses pour appeler au Butolo mais pas de réponse. Alors que j'ai presque fini le tour du bois, j'y rentre par un chemin forestier et cherche un poste pour appeler quand j'aperçois juste à 15 mètres sur ma droite un gros brocard de 3/4 arrière qui semble à l'écoute. Il a dû m'entendre quand je longeais le bois. Il ne me laisse pas le temps de réagir, je suis à mauvais vent et il vient de me sentir. Il fonce à couvert dans le sous-bois et ne réapparaîtra pas malgré mes appels.

Je ressors du bois, rejoins la vielle palombière, traverse la vielle Osse et la longe en direction des peupliers au bout du bois. Une chevrette surgit du blé et rentre à couvert. Je longe dans les peupliers et rejoins un passage où la rivière est peu profonde au coin du bois. Je descends vers l'eau quand un gros ragondin arrive en longeant la berge opposée. J'arme mon arc et vise quand il décide de s'arrêter en face de moi contre la berge. Ma flèche au défaut de l'épaule le cloue sur place. Il gronde et se débat en essayant de se dégager mordant avec fureur les racines de la berge. Je tente une seconde flèche mais le manque lamentablement. Je traverse et le saisi par la queue alors qu'il est entrain de rendre son dernier souffle, je le saisis par la queue mais ses dents enfoncées dans une racine résistent un moment avant de lâcher.

Je le pose sur la berge et traverse la rivière pour remonter au coin du bois et d'un tournesol. Resté dans la végétation, j'appelle au Butollo quand un galop retentit sur ma gauche et fait claquer les feuilles de tournesol. Je me prépare mais c'est une chevrette qui surgit à 6 mètres de moi. Elle trépigne et tremble, j'appelle encore et elle vient s'arrêter devant moi à moins de 2 mètres. Je tente d'attraper mon appareil photo mais l'ouverture du scratch la fait partir et retourner dans le tournesol. Je recommence mes appels. La végétation bouge à 10 mètres sur ma droite, elle semble rentrer dans le lit de la rivière. Je continue à appeler et la vois arriver au pas pour se planter à 2 mètres derrière moi mais cette fois elle me sent et démarre en trombe pour rentrer au bois.

Je fais demi-tour, récupère mon ragondin et rentre alors que la nuit tombe. 

Première sortie au Butollo de la saison, 30 juin 2012

Alex

 

Trophée :

Première sortie au Butollo de la saison, 30 juin 2012

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 23:15

Ce soir, je retourne sur le secteur où j'ai fléché mon brocard devant les caméras, je connais un grand brocard sur le secteur et je vais tenter de le trouver. Je me gare directement au Hameau de Polignac à quelques centaines de mètres du lieu du tir puis prends la route pour arriver au champ de tournesol. Je longe doucement la bande enherbée avec le vent de face en direction de la petite plantation de sapin. Pas de chevreuil ce soir, arrivé au coin du tournesol au niveau des sapins, je poursuis en longeant le bois en surveille une coupe à blanc qui est en train de se combler au pied du talus sur ma gauche. Rien en vue, je rejoints un peu plus loin la bordure d'un grand champ de blé que je longe toujours en suivant la bordure du bois.

200 ou 300 mètres plus loin, un mouvement se dessine dans les épis de blé au milieu de l'agitation régulière dû au vent. Je m'avance doucement dans le blé en suivant l'animal qui avance par intermittence. Je finis par me faire distancer et perds le mouvement de vue derrière une bosse du champ. Je m'avance doucement en direction du dernier mouvement vu quand une légère agitation du blé attire mon attention à moins de 10 mètres devant moi. J'observe un moment puis le mouvement des céréales reprend, l'animal bifurque à 90° sur ma droite puis me contourne. Je tente de m'approcher doucement et finis par l'apercevoir dans un passage de tracteur. C'est un blaireau.

Au loin, un chevreuil surgit du bois en aboyant et traverse le blé à grands bons en aboyant. Je retourne sur la bordure du blé et continue un moment à longer le bois sans rien voir. Je fais donc demi-tour. En passant au-dessus de la coupe à blanc d'un pas rapide, il me semble apercevoir une tache rousse dans la végétation du coin de l'œil. Je fais doucement marche arrière de quelques pas et me fige. Un brocard est couché à moins de 10 mètres en dessous de moi. Il me regarde mais ne bouge pas. Je ne vois pas bien ses bois mais aperçois tout de même une meule et le départ d'un bois.

J'encoche doucement une flèche, arme lentement, prends la visée. Le brocard me présente un 3/4 arrière mais l'angle de tir est très plongeant, il regarde vers moi mais ne semble pas vouloir bouger. Ma visée s'aligne un peu en arrière des épaules pour tenter de toucher les poumons et je décoche. Touché, le brocard se lève d'un bon et fonce droit devant lui avec ma flèche restée plantée au travers de son corps, il bute dans un mur de végétation, se débat un court instant et parvient à le traverser puis file à vive allure pour remonter vers la petite plantation de sapins. Sorti à découvert, il se met à slalomer au milieu des résineux puis je le perds de vue.

J'attends un moment en me repassant la scène dans ma tête puis je descends voir la zone du tir. Le chevreuil a perdu pas mal de sang en se levant. Le sol et la végétation sont marqués de très grosses gouttes. 

Une tête bizarde qui se croyait bien cachée, 18 juin 2012

 Le sang trés abondant est facile à suivre. 

Une tête bizarde qui se croyait bien cachée, 18 juin 2012

A l'endroit où le chevreuil butte dans le mur végétal la végétation est maculée de sang en quantité impressionnante et je pense retrouver rapidement mon chevreuil.

Une tête bizarde qui se croyait bien cachée, 18 juin 2012

Juste derrière ma flèche repose au sol couverte de sang, la lame a cassé juste au ras de l'insert peut être au démarrage du chevreuil alors qu'elle était fichée en terre ou durant la course de l'animal.

Une tête bizarde qui se croyait bien cachée, 18 juin 2012

Je récupère ma flèche et continue à suivre la piste toujours très abondante qui ressort sur l'herbe giroboyée de la petite plantation de sapins. Le sang est maintenant bien moins marqué et en plus faible quantité, la piste reste tout de même facile à suivre et zigzague entre les sapins.

Une tête bizarde qui se croyait bien cachée, 18 juin 2012

Je le suis jusqu'au penchant de bois où j'ai retrouvé mon brocard filmé par Vincent. Le chevreuil est passé au milieu d'un gros chêne avec plusieurs troncs qui partent de la souche. La piste se fait plus discrète, les gouttes s'espacent et suivent une grosse coulée qui descend doucement en biaisant dans la longueur de la bande de bois vers la bande de pré en contrebas. Je la perds parfois quand la coulée se divise en plusieurs mais j'arrive petit à petit à suivre le sang jusqu'à la bande de pré.

Le sang redevient abondant dans les hautes herbes. Tout à coup, le sang devient très abondant et l'herbe est écrasée sur 10 à 15 mètres comme si le chevreuil s'était traîné au sol puis la piste reprend avec des traces de sang assez facile à suivre pour rentrer dans le penchant de bois opposé. La pente est assez raide et je commence à me demander où ma flèche a bien pu taper pour que le chevreuil s'aventure à gravir une telle pente. 

Je rentre dans le bois, le sang est bien marqué par de grosses gouttes sur le sol jonché de feuilles mortes et par des frottés sur les arbustes et les feuillages. Le chevreuil longe en bordure du bois au pied de la pente dans le sale puis remonte doucement en biaisant vers la crête du bois. Le sang s'estompe parfois sur plusieurs mètres et la piste devient parfois difficile à suivre. La luminosité baisse rapidement et je dois poursuivre à la clarté de ma frontale. Tout à coup, la piste remonte au plus raide, passe la crête du bois, descend le talus au-dessus de la route pour se diriger vers un champ de tournesols.

La traversée de route est marquée de grosses traces de sang. Je rentre maintenant dans le tournesol. Le sang devient dès lors très abondant, je trouve un gros caillot de sang coagulé puis de nombreux frottés sur les pieds de tournesol. Plusieurs pieds de tournesols sont également cassés ce qui me rassure un peu, le chevreuil commence peut être à perdre un peu de lucidité et percute les obstacles. La piste est facile à suivre en avançant baissé sous les grosses feuilles. Les frottés de sang s’enchaînent dans le faisceau de ma lampe ainsi que de grosses gouttes de sang sur le sol. Le chevreuil décrit maintenant une boucle pour revenir d'où il vient. Au bout de 100 mètres environ dans la culture, je tombe sur mon chevreuil mort, couché sur le ventre. Mes bras sont brûlés par le frottement des tournesols et la sueur.

Une tête bizarde qui se croyait bien cachée, 18 juin 2012

Ma flèche rentre au milieu du dos, à droite de la colonne, traverse le foie, passe juste derrière les poumons et ressort en bas des côtes côté droit. Mon brocard a parcouru près de 400 mètres avant de s'effondrer. C'est une tête bizarde assez particulière. Lors du dépeçage, je trouverai des plombs logés sous la peau et dans le dos de l'animal.

Une tête bizarde qui se croyait bien cachée, 18 juin 2012

Alex

 

Trophée :

Une tête bizarde qui se croyait bien cachée, 18 juin 2012
Une tête bizarde qui se croyait bien cachée, 18 juin 2012

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18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 15:17

Hier soir, Vincent et Cyril sont arrivés vers minuit pour filmer mes approches au chevreuil pour réaliser un nouveau DVD sur la chasse à l'arc. Après avoir discuté un bon moment de chasse, nous décidons tout de même d'aller nous coucher car demain il faut se lever de bonne heure pour aller chasser car le territoire est à 40 min de route.

5 heures, le réveil sonne, nous nous préparons rapidement mais pas assez, nous décollons de chez moi vers 5h20 et arrivons sur place alors que le jour se lève déjà vers 6 heures passées. Je quitte la route et me gare au départ d'un chemin de terre près d'une ferme. J'ai décidé de chasser  une zone vallonnée au-dessus de l'Osse qui se compose de parcelles de vignes, de blé, d'avoine, de tournesol, de petits bosquets entre coupés de haies. Une zone propice à l'approche que j'ai déjà prospectée cette saison et où j'ai connaissance de plusieurs brocards.

Nous partons en longeant un chemin de terre qui poursuit la route de Justian jusqu'en dessous du village de Roques. Nous avançons doucement, je jette un coup d’œil à chaque coin de haie sur les différentes parcelles mais pas de chevreuil pour le moment, le vent est bon, face à nous. Vincent et Cyril me suivent. J'ai repéré un jeune brocard sur une parcelle de blé au-dessus d'un champ d'avoine il y a quelques jours et pense le revoir dans le secteur ce matin. Nous quittons donc le chemin principal pour un autre chemin de terre qui remonte entre la parcelle d'Avoine sur la gauche et une parcelle de blé sur la droite. La hauteur de la végétation ne permet pas de voir un chevreuil. Le chemin tourne à gauche et longe maintenant une prairie sur la droite puis un bosquet à droite et la parcelle de blé sur la gauche. Je surveille la parcelle de céréale au travers de quelques gros chênes espacés quand j'aperçois une tête qui dépasse de la végétation à un peu moins de 100 mètres. Je la montre à Vincent et Cyril. Je pense d'abord à une chevrette mais identifie ensuite le jeune brocard vu samedi dernier.

Je vais tenter l'approche. Cyril va rester en arrière sur le chemin de terre alors que Vincent va me suivre. Quelque chose vient de démarrer près de brocard et revient vers un petit bouquet d'arbres devant moi le long du chemin. Je pense tout d'abord à une chevrette mais au moment où l'animal ressort du bouquet d'arbres, je m'aperçois qu'il s'agit d'un gros lièvre. Il vient s'arrêter à quelques mètres devant moi et s'assoit pour observer un moment. Le brocard regarde vers nous puis se remet à manger. J'en profite pour commencer l'approche, j'avance à 4 pattes, pour ne pas dépasser du blé, en direction du bouquet d'arbres, tout en surveillant par moment le brocard qui ne semble pas avoir compris ce qui se trame. Le lièvre me repère et déguerpit, Vincent me suit.

Je me redresse en passant derrière le bouquet d'arbres puis avance debout car le relief du terrain me cache le chevreuil. Nous longeons par un passage de tracteur à quelques mètres de la bordure du blé tout en surveillant les rangs de vigne sur ma droite puis traversons un peu plus loin, en direction de l'avoine, une bande étroite de la parcelle en L. Arrivés à l'angle de l'avoine nous commençons à longer tout doucement par un passage de tracteur et je tente de repérer le brocard que j'ai estimé au départ au niveau du 3ième passage de de tracteur perpendiculaire à notre progression mais je n'arrive pas à le voir. Vincent est en face, toujours au bord du chemin. Tout à coup, j'aperçois le chevreuil qui s'est débiné jusqu'à la bordure du blé. Il disparaît en 2 bons derrière une haie de chêne qui sépare le blé de l'avoine. Il m'a eu.

Nous revenons vers la vigne alors que Cyril nous rejoint. Nous longeons la vigne pour arriver à l'angle de la parcelle suivie par une parcelle d'avoine. Je scrute la surface des champs quand, au loin, j'aperçois la tête d'un brocard qui avance dans un blé à 300 mètres environ. Il se dirige vers un petit bosquet au milieu des blés. Il me faut faire vite pour l'intercepter. Je descends avec Vincent par la bordure de l'avoine par un passage de tracteur perdant rapidement de vue le chevreuil et rejoints le blé en contre bas que nous traversons en direction du ruisseau qui marque le fond de la combe mais des aboiements retentissent et je perds rapidement de vue mon brocard sur lequel je viens de poser les yeux. Quelques bons plus tard, il ne réapparaîtra pas, il remontait vers le sommet du coteau. Je décide de ne pas tenter l'approche et nous remontons vers la route qui passe en crête. Nous appelons Cyril et l'attendons un peu car nous l'avons semé dans l'approche rapide.

Au lieu de traverser la route, je décide de contourner par la gauche une résidence secondaire qui termine la voie goudronnée. Nous sortons d'une parcelle de blé pour en longer une autre. Pas de chevreuil en vue dans le secteur. Arrivé à l'angle de la parcelle, nous débouchons sur un semé de tournesol qui s'étend devant nous et revient en arrière pour longer le blé sur notre gauche et un bois tout en long. Au coin bas du blé, j'aperçois un animal qui avance doucement en bordure du tournesol masqué partiellement par les céréales et pense d'abord à un chevreuil avant de comprendre rapidement qu'il s'agit d'un lièvre.

Nous redescendons en longeant un blé sur la droite et un semé de tournesol sur la gauche pour rejoindre un passage busé au fond de la combe qui traverse un ru pris dans une haie épaisse. Pas de chevreuil en vue de l'autre côté de la haie. Nous la suivons pour remonter vers les vignes puis la route de crête. Nous traversons ensuite la route pour nous diriger vers une autre parcelle de blé. Arrivé au bord des céréales, je scrute la surface des épis sans rien voir. J'ai connaissance d'un joli 6 pointes un peu plus loin, il se tient habituellement dans une petite friche herbeuse entre un grand bois à gauche et un petit bosquet bordant le champ de blé à droite.

Nous longeons le blé en direction de la bordure du bois puis le longeons en direction de la friche. Cyril me propose de passer à droite dans le blé mais je lui explique qu'il ne pourra pas suivre la chasse et il m'annonce qu'il va donc nous suivre. En arrivant dans la friche, je commence à avancer doucement car la dernière fois je me suis fait surprendre par le brocard que je n'avais pas vu. Je ne me préoccupe pas des caméramans et fais ma chasse. Alors que nous avons parcouru les 3/4 de la friche, un bruit dans la bande boisée de droite m'arrête net. Un merle décolle puis le bruit reprend et je comprends vite. Je me prépare à armer. Les branchages se mettent à bouger. J'arme mon arc. Un beau 6 pointes surgit dans la friche et passe au pas à 6 ou 7 mètres devant moi. Je le suis avec mon arc armé en pivotant doucement attendant qu'il s'arrête. Mon doigt est déjà sur le décocheur quand, inexplicablement, j'appuie sur la détente alors que mon viseur est aligné avec le poitrail mais trop en dessous. Ma flèche par bien alignée avec les poumons mais je passe à plus de 60 cm sous le chevreuil qui rentre au bois et commence à protester en aboyant. Je ne comprends pas moi-même ce que j'ai fait, c'était un cadeau !

Je me retourne vers Vincent en me disant que pour une première prise ça commençait bien mais ce dernier m'annonce alors qu'il n'a pas eu le temps d'allumer la caméra et que cette scène culte ne fera donc pas partie du DVD. Cyril n'est pas derrière nous. Nous cherchons un moment ma flèche dans les hautes herbes et c'est Vincent qui finit par la trouver grâce à l'encoche lumineuse montée pour filmer les tirs en luminosité faible. Cyril finit par nous rejoindre en contournant la bande boisée, il était finalement passé de l'autre côté et c'est lui qui nous a envoyé le brocard que je viens de manquer.

Nous avançons en direction du blé et nous dirigeons vers un passage de tracteur qui longe à environ 15 à 20 mètres de la lisière du bois quand 2 chevrillards surgissent du bois et s'éloignent en bondissant. Nous avançons tranquillement en les regardant et en discutant un peu quand un brocard se lève à 20 mètres devant moi et rentre rapidement au bois. Il était couché dans le passage de tracteur et vient de me rappeler qu'il faut toujours rester vigilant. Je reprends ma progression en essayant de me reconcentrer quand Cyril m'annonce qu'il vient de voir passer un chevreuil plus loin dans le blé. Nous progressons doucement mais nous ne verrons pas ce chevreuil qui est certainement rentré à couvert dans une grosse haie.

Nous quittons le blé pour longer des parcelles de vigne pour aller prospecter une autre zone de blé plus loin. Ma concentration a bien baissée et nous discutons quand Cyril nous interpelle. Nous stoppons net, un brocard couché contre un rang de vigne nous observe un court instant avant de se lever et de partir à grands bons vers le bois. La température monte vite et les chevreuils ne sont pas au rendez-vous, nous rentrons. Un dernier petit brocard nous démarre dans un tournesol à l'ombre d'un bois alors que nous rentrons par le chemin de terre qui revient vers la voiture. Après une petite visite chez le président pour faire les présentations, nous rentrons pour manger et nous reposer un peu avant de repartir en chasse pour le coup du soir.

 

Ce soir, le vent fort s'est levé, l'orage menace, c'est un temps idéal pour l'approche. Je décide de tenter un secteur où j'ai rencontré de beaux brocards l'an dernier près de Roques. Nous nous garons près du village vers 20 heures puis nous partons en longeant la route pour rattraper un chemin de terre qui, passant devant une belle résidence secondaire, nous conduit dans une friche au-dessus d'un bois de sapin. Pas de chevreuil dans le secteur, nous rejoignons la bordure d'un champ de tournesol et commençons à le longer quant Cyril aperçois une chevrette qui vient de surgir de la culture. Elle s'éloigne rapidement en direction d'une parcelle de blé et des vignes où nous la perdons de vue.

Un peu plus loin nous quittons la bordure des tournesols pour traverser la haie sur notre droite et longer sur la bande enherbée entre une vigne et le bois de sapins. Quelques lapins de garennes rentrent à couvert. Le secteur semble calme ce soir. Le bois sur la gauche fait place à une grosse haie qui surplombe un grand champ de blé. Au niveau d'une trouée, je m'avance un peu mais pas le moindre chevreuil. Je fais demi-tour et nous reprenons notre progression le long de la haie pour déboucher un peu plus loin sur un champ de colza attenant au blé. Nous avançons entre les 2 parcelles sur des passages très fréquentés par les sangliers qui ont couché la végétation de leurs allés-venues. La végétation est trop haute pour espérer voir un chevreuil.

Nous débouchons ensuite sur une prairie entourée par un bois en forme de U mais toujours rien puis nous descendons vers un champ de tournesol. Au coin du bois nous décidons de nous séparer. Cyril va passer sur le haut du champ alors que je vais longer entre le bois et le tournesol avec Vincent. Les sangliers se baugent régulièrement au bord d'un fossé perpendiculaire au bois. Des coulées boueuses s'éloignent de la souille. Nous avançons doucement mais pas de chevreuil en vue. Je décide d'aller voir un blé sur la gauche et nous montons sur la crête du champ pour avoir le plus de vue possible mais toujours rien. En redescendant sur la gauche d'une haie qui sépare le tournesol du blé quand le bruit d'un chevreuil qui démarre me fait stopper net. Il vient de se lever juste à côté de nous mais de l'autre côté de la haie. Sa course fait claquer les feuilles de tournesol. Nous nous décalons rapidement et l'apercevons qui traverse la route.

C'est une chevrette, elle remonte dans la friche du penchant face à nous puis s'arrête à mi-pente entre 2 arbres pour nous regarder un moment avant de repartir pour disparaître un peu plus haut. Cyril nous rejoint sur la route.  Nous remontons dans une bande de pré non fauchée entre 2 bandes boisées puis remontons à gauche au-dessus du penchant boisé pour longer un champ de tournesol, vent de face, en direction d'une petite parcelle plantée de sapins où, l'an dernier, j'ai repéré un très beau brocard qui n'est pas, à ma connaissance, tombé lors des battues.

Nous longeons doucement les tournesols quand j'aperçois un brocard qui s'avance en traversant une haie de sapin qui borde les tournesols. Je me fige et m'accroupis contre les tournesols en espérant que Vincent et Cyril arrivent à se cacher un peu eux aussi. J'attends un moment en calculant mon approche. Le brocard regarde un moment vers nous puis se remet en marche. Il avance dans notre direction puis bifurque pour disparaître entre les sapins. Je décide d'en profiter pour tenter une approche. J'avance dans l'alignement des sapins, contant sur eux pour masquer ma progression, mais rapidement le brocard réapparaît à gauche des sapins sur la bande enherbée. Je m'accroupis rapidement contre le tournesol. Le brocard regarde vers nous. Cyril est resté en arrière et filme mais Vincent est juste derrière moi.

Il reste un moment immobile plein travers puis courbe son cou pour se lécher l'épaule opposée me laissant une fraction de seconde pour réagir. Je rentre dans le tournesol rapidement et Vincent m'imite. Nous attendons un peu puis je commence mon approche au milieu des tournesols. Les sapins masquent ma progression et le vent fort estompe les bruissements des grosses feuilles rappeuses. Je distingue le chevreuil au travers des branchages des sapins et crains qu'il n'en soit de même pour lui. Il s'arrête régulièrement mais avance toujours à notre rencontre. Petit à petit, j'arrive à me caler en face d'un espace entre 2 sapins.

Le brocard arrive, j'arme mon arc mais il s'arrête un moment et je décide de désarmer car mon cœur s'emballe comme rarement, peut-être à cause de la camera toute proche. Je souffle et tente de me calmer mais rapidement, le brocard reprend sa marche. Je réarme, pas à pas, il se dirige vers ma fenêtre de tir. J'aligne mon viseur sur la position estimée de l'arrivée de son poitrail. Mon cœur tape toujours aussi fort. Le brocard s'avance et passe son poitrail dans le rond de mon viseur. La visée se cale derrière son épaule, il est à 8 ou 9 mètres, je décoche.

Le brocard, qui au même moment a tourné la tête vers moi, a vu le mouvement de ma décoche et démarre instantanément. Ma flèche, qui aurait dû traverser les 2 poumons, heurte l'omoplate dans un craquement bien audible et le chevreuil finit son demi-tour avec ma flèche restée en travers de son corps et disparaît rapidement derrière les sapins. Je l'aperçois tout de même sauter dans le penchant boisée 15 à 20 mètres plus loin puis le calme revient. Je pense tout de même mon atteinte bonne, elle est 3/4 face mais rentre dans l'épaule (poumon/foie) et me retourne vers Vincent en esquissant un petit sourire tout en retirant ma cagoule. Nous sortons du tournesol pour discuter un peu à voix basse alors que Cyril nous rejoint.

Après avoir attendu un bon quart d'heure, nous attaquons la recherche. Il n'y a pas de sang sur le lieu du tir et je retrouve les premières gouttes à l'endroit où le chevreuil rentre au bois sur quelques herbes hautes. Des ronces retournées et quelques grosses gouttes de sang me donnent la direction de fuite sur quelques mètres. Je suis les indices mais, très rapidement, je ne trouve plus de sang. Cyril retrouve ma flèche à laquelle il manque la partie empennée. Elle est couverte de sang qui semble sale. J'insiste, le nez au sol, près de la flèche et trouve un minuscule bout de chair et un petite goutte de contenu stomacal. Nous cherchons un moment sur quelques mètres, Cyril retrouve l'autre partie de ma flèche mais l'obscurité croissante et le manque de sang me décident à abandonner là la recherche pour éviter de polluer la piste de sang. Je crains de retrouver mon chevreuil dévoré par quelques renards, blaireaux ou sangliers mais je n'ai pas le choix, il faut attendre demain, je ne veux pas prendre le risque de relever l'animal.

J'appelle le conducteur de chien de sang qui me propose de me prêter son chien demain matin. De retour chez moi, nous regardons le film sur la caméra et constatons que ma flèche ressort dans le cuissot opposé. La nuit va être courte et agitée. Le lendemain matin nous passons chercher Raboliot et retournons sur les lieux du tir. Je mets Raboliot sur l'entrée au bois mais ce dernier refuse de prendre le sang et se met à chercher en longeant le haut du bois. Je lui montre le sang qui a séché mais toujours rien. Nous descendons à ma flèche laissée plantée au sol mais Raboliot ne prend pas le sang, il suit une coulée qui longe au milieu de la bande de bois et revient vers la voiture. Je le laisse un peu faire mais comprends vite qu'il est dans l'erreur : "Le sang Raboliot, le sang...". Je lui fais faire demi-tour et insiste au tour de ma flèche quand Raboliot prend cette fois la direction de la seconde partie de flèche. Je reprends confiance. Il se dirige vers la bordure du bois puis bifurque à droite et prends une grosse coulée. Je ne vois pas de sang mais je le laisse faire. Je le suis à quatre pattes dans les épines et alors que je me redresse dans une partie dégagée, j'aperçois mon chevreuil mort un peu plus bas. "Il est Là". Raboliot veut continuer tout droit. Je le fais un peu insister sur le secteur et il finit par repérer l'odeur du chevreuil qu'il descend piller un peu.

Mes invités me rejoignent, nous descendons vers l'animal dont un cuissot a été dévoré autour du trou de sortie de ma flèche. Une forte odeur de renard règne dans le secteur. Nous apposons le bracelet avant que je charge le brocard sur mon épaule pour remonter sur la bande enherbée et revenir vers la voiture. Mon brocard n'a pas fait 40 mètres dans sa fuite, un poumon, le foie et la panse ont été touchés.

Après avoir attendu un bon quart d'heure, nous attaquons la recherche. Il n'y a pas de sang sur le lieu du tir et je retrouve les premières gouttes à l'endroit où le chevreuil rentre au bois sur quelques herbes hautes. Des ronces retournées et quelques grosses gouttes de sang me donnent la direction de fuite sur quelques mètres. Je suis les indices mais, très rapidement, je ne trouve plus de sang. Cyril retrouve ma flèche à laquelle il manque la partie empennée. Elle est couverte de sang qui semble sale. J'insiste, le nez au sol, près de la flèche et trouve un minuscule bout de chair et un petite goutte de contenu stomacal. Nous cherchons un moment sur quelques mètres, Cyril retrouve l'autre partie de ma flèche mais l'obscurité croissante et le manque de sang me décident à abandonner là la recherche pour éviter de polluer la piste de sang. Je crains de retrouver mon chevreuil dévoré par quelques renards, blaireaux ou sangliers mais je n'ai pas le choix, il faut attendre demain, je ne veux pas prendre le risque de relever l'animal.

J'appelle le conducteur de chien de sang qui me propose de me prêter son chien demain matin. De retour chez moi, nous regardons le film sur la caméra et constatons que ma flèche ressort dans le cuissot opposé. La nuit va être courte et agitée. Le lendemain matin nous passons chercher Raboliot et retournons sur les lieux du tir. Je mets Raboliot sur l'entrée au bois mais ce dernier refuse de prendre le sang et se met à chercher en longeant le haut du bois. Je lui montre le sang qui a séché mais toujours rien. Nous descendons à ma flèche laissée plantée au sol mais Raboliot ne prend pas le sang, il suit une coulée qui longe au milieu de la bande de bois et revient vers la voiture. Je le laisse un peu faire mais comprends vite qu'il est dans l'erreur : "Le sang Raboliot, le sang...". Je lui fais faire demi-tour et insiste au tour de ma flèche quand Raboliot prend cette fois la direction de la seconde partie de flèche. Je reprends confiance. Il se dirige vers la bordure du bois puis bifurque à droite et prends une grosse coulée. Je ne vois pas de sang mais je le laisse faire. Je le suis à quatre pattes dans les épines et alors que je me redresse dans une partie dégagée, j'aperçois mon chevreuil mort un peu plus bas. "Il est Là". Raboliot veut continuer tout droit. Je le fais un peu insister sur le secteur et il finit par repérer l'odeur du chevreuil qu'il descend piller un peu.

Mes invités me rejoignent, nous descendons vers l'animal dont un cuissot a été dévoré autour du trou de sortie de ma flèche. Une forte odeur de renard règne dans le secteur. Nous apposons le bracelet avant que je charge le brocard sur mon épaule pour remonter sur la bande enherbée et revenir vers la voiture. Mon brocard n'a pas fait 40 mètres dans sa fuite, un poumon, le foie et la panse ont été touchés.

Une sortie suivie par les caméras de Frère Loup, 16 et 17 juin 2012

Vous pourrez voir la vidéo de cette chasse dans le volume 2 de Passion chasse à l'arc à paraître mi-décembre.

Une sortie suivie par les caméras de Frère Loup, 16 et 17 juin 2012

Alex

 

Trophée :

Une sortie suivie par les caméras de Frère Loup, 16 et 17 juin 2012

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 05:20

Ce soir, il fait un temps idéal pour l'approche, un vent fort et constant souffle. Le temps est orageux, je décide d'aller chasser sur le territoire de "la Grangette", près de chez moi. Ayant remarqué que les chevreuils ne sortaient que rarement avant 20 heures ces jours si, j'arrive sur place vers 20 h 15 et me gare après les dernières habitations du chemin de "la Salière". Je suis venu la veille et j'ai pu repérer quelques brocards sans pouvoir les approcher à portée de flèche. Ce soir, je décide d'attaquer ma chasse par les blés de l'autre côté du territoire.

Je traverse le pré fauché, rejoints la bordure du bois et la longe vers la droite pour rejoindre le chemin forestier qui descend sur un grand semé de tournesol à peine levé. Le vent fort souffle par ma gauche. J'avance doucement sur le chemin quand un chevreuil surgit de la végétation sur ma droite à moins de 15 mètres devant moi, traverse le chemin en un éclair et disparaît dans le bois sur ma gauche. Il s'arrête rapidement alors que je viens de me figer. Au moment où je reprends ma progression, il détale en aboyant.

Je rejoints le semé de tournesol un peu plus bas mais reste un moment au bout du chemin pour observer les alentours. Un chevreuil est couché à 300 mètres sur ma gauche près d'un îlot boisé au milieu du champ. Certainement le brocard vu la veille sur le même secteur mais en plein découvert l'approche à portée de tir n'est pas possible.

Le petit brocard à la tache blanche, 07 juin 2012

Je décide de le laisser pour le moment et de voir un peu plus tard sur le retour. Je m'avance à découvert et biaise sur la droite pour rattraper le penchant en friche qui précède le bois. Quelques lapins détalent et rentrent à couvert en sous-bois. Je remonte au-dessus de la friche puis traverse la parcelle de tournesol en diagonale pour rejoindre un bout de haie qui rejoint la bordure du bois. Je longe ensuite doucement la haie en direction d'un passage au bout d'une longue haie qui sépare le semé de tournesol d'une parcelle de blé où j'ai hier aussi raté une approche sur un beau brocard.

La haie remonte perpendiculairement à la bordure du bois. J'avance doucement quand un mouvement, à quelques mètres devant moi, me fait stopper net. Une chevrette vient d’apparaître, elle longeait derrière la haie et se dirige vers la bordure du bois.

Je l'observe un moment incrédule et en profite pour prendre quelques photos. Elle est juste à 6 mètres devant moi et je suis à mauvais vent mais elle ne s'occupe pas du tout de moi ! Elle avance en broutant puis rejoint la bordure du bois pour faire une longue pause casse-croûte. Elle broute paisiblement en me tournant le dos puis finit par relever la tête pour regarder vers moi.

Le petit brocard à la tache blanche, 07 juin 2012

Je pense la voir détaler mais non, elle se remet à brouter puis s'avance doucement en broutant pour renter quelques mètres plus loin dans le bois. Je reste un moment immobile puis m'avance pour passer la haie. Je viens de passer la haie de quelques mètres quand les appels de la chevrette retentissent sur ma droite dans le bois. Je me fige et scrute l'intérieur du bois. Je finis par apercevoir la chevrette, elle est plein travers à 8 mètres de moi environ et semble appeler son petit. Je l'observe un moment puis elle s'avance un peu, partiellement masquée par la végétation. Je reprends mon appareil photo pour la filmer cette fois mais mon mouvement a été repéré, elle m'observe sans bouger et cesse ses appels puis se met à balancer la tête en tous sens pour essayer de m'identifier.

Au bout d'un moment, elle finit par devenir plus inquiète et fait demi-tour pour  disparaître dans le bois. Je reprends ma progression en direction du blé quand un galop retentit. La chevrette ressort sur la bande enherbée entre le bois et le blé et se fige pour m'observer un moment à environ 20 mètres.

Le petit brocard à la tache blanche, 07 juin 2012

Je reste immobile en plein découvert et elle finit par sauter dans le blé, faire quelques bons puis s'arrêter à nouveau pour m'observer alors que je ne bouge toujours pas. Elle repart en longeant le haut du champ, s'arrête à nouveau pour m'observer mais cette fois je bouge pour longer le blé et la fais détaler. Elle rentre au bois à environ 40 mètres plus loin.

Je longe tranquillement sur la bande enherbée en direction d'une autre haie qui descends perpendiculairement au bois et sépare le blé d'une grande prairie partiellement fauchée. Tout à coup, le pas de la chevrette se fait entendre, elle longe à l'intérieur du bois et me suit un moment avant de s'enfoncer en sous-bois.

Je rejoints la haie puis la suis pour rejoindre un grand fossé au fond de la combe. Je traverse ce dernier puis remonte à travers le penchant de blé opposé pour rejoindre un bosquet à mi pente. du coin du bosquet j'observe la parcelle de blé du dessus.

Le petit brocard à la tache blanche, 07 juin 2012

Tout à coup, mes yeux se posent sur une tache rousse à la limite des herbes hautes de l'autre côté des céréales. Il s'agit certainement du petit brocard vu la veille juste un peu plus à gauche sur la même bordure du champ.

Je vais tenter l'approche. Le vent fort souffle toujours sur ma gauche, je vais donc contourner le blé pour l'approcher. Je fais donc une grande boucle en suivant le bord du blé tout en surveillant le chevreuil. J'avance voûté et stoppe pour me plaquer sous le niveau du blé à chaque fois qu'il relève la tête. Au bout d'un moment, le relief du champ me masque le chevreuil, j'en profite pour avancer très rapidement et arriver sur la bordure où se trouve l'animal. Je me décale dans les hautes herbes sur la droite, l'angle du bois masque ma progression. J'avance donc rapidement jusqu'à l'angle du bois d'où je tente d'apercevoir le chevreuil. Il est juste à 35 mètres devant moi.

Le petit brocard à la tache blanche, 07 juin 2012

Que faire ? Attendre qu'il vienne vers moi ou tenter l'approche ? bien que cette dernière ne soit pas facile je décide de tenter le coup. Je me mets à genoux et commence à avancer voûté dans cette position en collant la bordure du blé. Je ne peux compter que sur les herbes hautes pour masquer ma progression. J'avance très lentement et fais des pauses pour observer le brocard ou attendre qu'il rebaisse la tête. Le vent fort, face à moi, est un allier de choix car il estompe le bruit de ma progression. Genou à genou, je me rapproche.

Le petit brocard à la tache blanche, 07 juin 2012

Le brocard est de plus en plus proche, tantôt plein travers, tantôt face à moi, il se déplace peu mais change régulièrement d'orientation et relève souvent la tête. Je dois calculer tous mes mouvements car la moindre erreur se payera cher. Je sors les 2 autres flèches de mon carquois et les laisse derrière moi pour éviter qu’elles ne me gênent et accrochent la végétation. Petit à petit, je finis par me trouver à 10 mètres de mon brocard. J'hésite un peu et reste à l'observer mais alors qu'il se tourne pour brouter face au blé, je décide d'avancer encore un peu et gagne lentement 2 mètres. Je me cale, baissé au maximum, lui laisse relever la tête puis la rebaisser, me redresse sur mes genoux, arme mon arc, prends la visée et décoche. L'impact sourd retentit.

Le brocard bondit dans le blé et décrit une boucle en bondissant par-dessus les céréales pour revenir vers moi. Sa respiration sifflante par le trou d'entrée et la vision de l'atteinte me rassure rapidement. Le brocard n'a pas fait 20 mètres quand il s'effondre à 5 mètres de moi. Je me redresse et par contrôler ma flèche couverte de sang qui est fichée au sol, la récupère puis récupérer mes flèches laissées derrière moi.

Le petit brocard à la tache blanche, 07 juin 2012

Je tente alors de trouver du sang mais impossible, je suis la draille laissée par le chevreuil dans le blé et le retrouve très rapidement mort mais il n'a pas perdu de sang avant de chuter ! La flèche rentre haute derrière l'épaule et ressort derrière la pense, un bouchon d'intestin colmate le trou de sortie et explique cette absence de sang. Le petit brocard était en fait certainement plus tourné vers un 3/4 face que ce que je le pensais. Je le voyais plein travers où alors il a bougé au dernier moment.

Le petit brocard à la tache blanche, 07 juin 2012

Ce petit brocard bien qu'ayant un petit trophée a une particularité remarquable, il possède une tache blanche à une patte arrière.

Le petit brocard à la tache blanche, 07 juin 2012

Il ne reste plus qu'à rentrer alors que quelques gouttes commencent à tomber. Sur le retour, alors que je porte mon brocard sur l'épaule, une chevrette démarre juste devant moi à l'angle d'un bois et rentre rapidement dans le bois suivant. Le chevreuil vu couché au début de la chasse broute maintenant contre l'îlot boisé.

 

Alex

 

Trophée :

Le petit brocard à la tache blanche, 07 juin 2012

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 11:48

Ce matin, le réveil sonne vers 5h20, j'ai décidé de changé de secteur, je vais aller chasser sur un autre morceau du territoire éloigné de quelques kilomètres de celui chassé hier soir. Je n'ai pas fait de repérage avant l'ouverture et cela me permettra de juger un peu les brocards du secteur. J'arrive sur place à la pointe du jour et me gare après la dernière habitation du chemin de la Salière. Le pré vient d'être fauché cette semaine et les bottes de foin sont faites, cela va limiter de beaucoup le couvert végétal. Je me prépare et descends vers le bois puis le longe vers la droite pour rattraper un chemin forestier que je suis doucement pour déboucher plus bas sur un semé de tournesol à peine sorti de terre. Décidément, l'approche ne sera pas aisée dans le secteur. Avant de sortir sur le découvert, je scrute les alentours, la luminosité n'est pas encore très bonne et je ne vois pas de chevreuils mais au moment où je m'avance sur le semé, un premier chevreuil surgit d'une petite friche qui couvre le penchant opposé et précède le bois sur ma droite. Il est à 100 mètres environ, me regarde puis démarre et rentre au bois que je viens de traverser. Encore quelques pas et c'est un autre chevreuil qui démarre en aboyant en crête, en face de moi contre la plantation de pin à 150 mètres environ. Il traverse le semé et rentre au bois.

Ça commence bien ! Je traverse la bande du semé entre les 2 bois, remonte au-dessus de la petite friche puis biaise pour rejoindre un coin de bois où je m'arrête pour regarder si une tête ne dépasserait pas du blé du penchant opposé ou de celui sur ma droite coincé entre 2 grosses haies. Je ne vois rien. Je pars vers la droite en longeant le bois, le chemin rentre dans le bois, j'avance tout doucement en observant bien mais je me fais surprendre par un chevreuil qui démarre juste à quelques mètres sur ma droite dans le bois. Il s'enfonce au milieu des chênes et disparaît en aboyant. Je poursuis et fais démarrer 2 gros lapins de garennes qui traversent le chemin forestier et rentre au bois. Je tourne à droite et descends doucement au travers d'une bande coupée à blanc pour retomber sur un pré pâturé par quelques moutons qui descend vers un petit lac. Le penchant opposé est couvert de blé. Je reste un moment à chercher une tête au milieu des céréales mais rien. Je m'avance sur le pré quand une chevrette surgit des herbes hautes, à environ 100 mètres, au bout du lac, elle fait environ 20 mètres puis s'arrête et regarde vers moi, repart, traverse la haie et disparaît.

Je descends, rattrape le bord de la haie et remonte doucement vers la route que je suis ensuite pour passer cette fois le long du pré fauché où j'ai garé ma voiture, la route goudronnée fait place à un chemin de terre qui se divise plus loin en un Y. Je prends à droite mais toujours rien. Un peu plus loin j'arrive au-dessus d'une langue de pré qui descend entre 2 bois. Sur le penchant d'en face des andains de foin n'ont pas été encore ramassés et un renard y cherche sa pitance. Il est à 150 mètres environ. Je rattrape la bordure du bois de gauche et la longe doucement pour tenter de me rapprocher du renard. Il est occupé à chasser son repas, les yeux rivés sur la ligne de foin, sa tête se penche d'un côté puis de l'autre pour mieux l'entendre et d'un bon il fond sur le foin puis reprend son poste.

Absorbé par mon renard, je vois un peu tard une chevrette sous le bois de droite. Elle m'observe depuis un moment calée contre un andain de foin. Je me fige et l'observe ce qui la fait rentrer au bois immédiatement. Le renard n'a pas réagi mais il se déplace maintenant sur le pré fauché, il est encore à 100 mètres environ et voyant que l'approche sera maintenant très difficile, je tente de me caler contre le bois et d’imiter quelques cris de souris. Le renard qui remontait en bordure du bois fait volte-face et vient vers moi mais mes mains sont moites à cause de l'humidité du matin et je n'arrive plus à faire mes appels correctement. Le renard comprend que quelque chose n'est pas normal et s'assoit un moment avant de faire demi-tour et remonte vers le bois en s'arrêtant quelques fois pour m'observer puis rentre à couvert.

Je finis de descendre, puis remonte en longeant la courbe du bois pour retomber à 300 mètres environ au hameau de la Grangette. Je traverse la route et descends en longeant la plantation de pins par un chemin enherbé. Une plantation de petits pins clairsemés avec des herbes hautes sous le chemin est un bon secteur pour voir un chevreuil, sur ma gauche les pins sont hauts mais il n'est pas rare d'apercevoir des chevreuils se déplaçant ou couchés entre les arbres mais rien ce matin. Le chemin longe ensuite une haie de buissons noirs sur le droite qui masque les petits pins, un peu plus loin le chemin tourne à angle droit sur la droite puis je le quitte et remonte dans un bois de chênes et suis les grosses coulées au milieu des épines pour retomber sur un grand champ de blé en Y avec un bosquet au milieu.

En sortant sur le champ de blé, j'observe un moment mais pas la moindre tête en vue. Je longe le bois sur le haut du champ puis ne voyant rien sur le haut, je biaise pour passer sous le bosquet qui divise le champ en 2 branches. J'aperçois tout à coup à plus de 100 mètres la tête d'un brocard qui monte et descend dans le blé. Il y a beaucoup de rosée ce matin et je suis vite trempé.

Je presse le pas et rattrape un passage de tracteur qui passe juste à 5 ou 6 mètres au-dessus du brocard. L'approche commence, d'abord rapidement alors que le chevreuil semble remonter pour rattraper le passage de tracteur, je gagne vite du terrain puis alors que j'arrive à environ 40 mètres, je commence à avancer tout doucement voûté. Le brocard vient de baisser la tête, je gagne peu à peu du terrain mais ne le vois pas remonter. Je finis par arriver très très lentement à l'endroit où je pensais tomber sur le brocard mais rien. Ce n'est pas possible, il n'a pas pu se volatiliser, je suis juste à l'endroit où il se trouvait mais je n'arrive pas à le voir.

Je cherche un rond de blé couché où il pourrait s'être posé un moment mais toujours rien. Sûr qu'il ne doit pas être loin, je me recule un peu, arme mon arc et siffle un grand coup fort, rien, je recommence, toujours rien, j'intensifie mon sifflement quand la tête du brocard refait surface à 30 mètres devant moi. Je suis debout, figé en position armée alors qu'il cherche la provenance du bruit. Le temps passe et semble tellement long ! Il finit par rebaisser la tête. Je désarme et me baisse dans le blé. Il remonte la tête et cherche à nouveau puis biaise doucement en s'éloignant pour venir vers le passage de tracteur. Je tente de me rapprocher le plus vite et discrètement possible mais il sort sur le passage de tracteur à 25 mètres environ et m'aperçoit. Inquiet, il s'éloigne un peu et frappant ses pas, tourne la tête vers moi, baissé dans le blé et immobile, puis il se met à aboyer et remonte en quelques bons vers le bois.

Je suis trempé et j'ai fait le tour du territoire, je vais en rester là pour ce matin. Je retourne vers la voiture alors qu'une chevrette dont seule la tête dépasse des céréales me regarde m'éloigner à 80 mètres environ.

 

Ce soir, je change de secteur, je pars chasser et récupérer mes bracelets sur Justian. J'arrive sur place vers 18h30 et après avoir discuté un moment avec le président de la chasse, je me prépare et pars chasser vers 20 heures. Je pars à pied par un chemin de terre qui longe un semé de tournesol puis descend sous une longe de bois qui domine une friche très fréquentée par les chevreuils. Le vent est fort ce soir, idéal pour faire une belle approche, le temps est orageux. Une tache rousse attire mon attention au bord d'une petite parcelle travaillée, au ras des hautes herbes à 100 mètres environ. Je descends ma cagoule et commence mon approche pensant à un renard mais je me rends vite compte qu'il s'agit d'un lièvre. Ce dernier rentre dans les hautes herbes. Je traverse la parcelle travaillée et rejoints le bord des herbes hautes que je commence à longer quand le lièvre surgit de la végétation à 50 mètres devant moi et fonce pour disparaître un peu plus loin.

Je passe une bande de bois sur la droite puis descends à travers les hautes herbes pour récupérer un chemin forestier en contrebas. Je le longe tranquillement et surveille la friche à ma gauche au travers d'une haie non continue qui borde le bord du chemin. Tout à coup, j'aperçois une tête qui dépasse des hautes herbes à 25 mètres environ. C'est un gros lièvre. Je m'avance pour me cacher derrière un bout de haie, attrape mon appareil photo puis me penche doucement pour photographié ce beau lièvre qui m'ayant repéré s'est figé.

Un vieux brocard à l'approche dans les blés, 2 à 3 juin

Je continue à longer le chemin de terre qui bifurque vers la droite à 90° et s'enfonce dans le bois. Les premiers moustiques commencent à arriver et je n'arrête pas d'en tuer. Je ressors un peu plus loin entre une grande friche qui remonte sur ma gauche et une grosse haie qui surplombe un champ d'avoine qui longe l'Osse sur ma droite. Je surveille les alentours des 2 côtés du chemin sans voir le moindre chevreuil. Un peu plus loin, je rattrape une trouée dans la haie qui permet d’accéder au champ d'avoine, je bifurque et m'arrête un moment au bord des céréales pour surveiller plus longuement la surface des céréales. Pas de chevreuil en vue, mais sur ma droite, 2 grosses taches noires trahissent 2 ragondins au gagnage au bord d'un ancien bras de l'Osse transformé en une mare tortueuse entourée d'une haie assez épaisse qui laisse peu de visibilité sur l'intérieur du plan d'eau.

Je décide de me rapprocher mais sans réelle conviction. J'avance rapidement dans les céréales parsemées de chardons et les ragondins me repèrent à 100 mètres. Ils se jettent à l'eau. Arrivé au ras de la mare, je regarde par une trouée. L'eau bouge au milieu de la végétation aquatique très dense mais je ne peux pas voir les ragondins et puis je ne suis pas là pour eux. Je contourne la mare et jette un coup d’œil sur une petite parcelle d'herbe haute coincée entre le plan d'eau en L et le lit actuel de l'Osse. De nombreuses coulées très marquées parcourent la parcelle mais pas le moindre chevreuil en vue. Je fais demi-tour et jette un coup d’œil dans le lit de la rivière. 2 colverts sont posés au bord de l'eau. Nous nous observons un moment, l'un d'eux finit par décoller mais l'autre juste à 4 ou 5 mètres de moi ne bouge pas pendant un moment avant de se décider à se mettre à l'eau pour traverser la rivière tranquillement en plein découvert suivi par un troisième que je n'avais pas vu. 

Un vieux brocard à l'approche dans les blés, 2 à 3 juin

Je longe la haie qui borde la mare puis traverse la haie qui borde le chemin forestier pour revenir vers la friche. Je remonte vers la route de crête puis descends à travers les cultures. Un gros lièvre, assis au fond de la combe dans un semé de tournesol, me laisse approcher jusqu'à environ 80 mètres avant de détaler. Pas de chevreuil ce soir dans le secteur. Je remonte le penchant opposé à travers un blé, le cheval de l'enclos mitoyen, toujours aussi curieux, vient me voir puis se met à courir en tous sens dans son parc. Je rejoins la route de crête que je longe un moment pour attaquer un autre blé à bon vent en longeant un bois qui suit la crête suivante. Toujours pas de chevreuil. Je débouche sur des semés de tournesol ponctués de vignes.

Le secteur est vraiment trop calme. Un lièvre se promène au loin. Je décide de revenir vers les blés qui longent la route de la vallée de l'Osse. Pas le moindre chevreuil avant d'arriver à la route. Je reviens vers le vieux moulin situé dans un virage de l'Osse quand j'aperçois au loin une tête qui dépasse du blé. Je descends le talus de la route et rattrape le premier passage de tracteur qui passe à 20 mètres environ du chevreuil. Je le longe doucement mais cette tête fine aux oreilles rapprochées ne peut être que celle d'une chevrette. Je confirme mon intuition à mesure que je réduis la distance.

Un vieux brocard à l'approche dans les blés, 2 à 3 juin

Je passe à 30 mètres de cette dernière sans qu'elle ne se rende compte de rien et rattrape un chemin de terre qui traverse l'Osse par un petit pont. Je traverse la rivière et observe la surface des blés de l'autre côté quand j'aperçois une autre tête dépassant des céréales à 150 mètres environ sur ma gauche. Cette fois, elle semble plus volumineuse. Je suis rapidement le chemin entre 2 parcelles de blé. La parcelle de gauche en forme de L borde sur 2 côtés un semé de tournesol sur lequel je débouche. Une haie le sépare du blé et va me permettre d'avancer rapidement sans être vu.

Arrivé au coin de la haie, j'aperçois la tête du brocard, il semble pas mal, il est encore à 50 mètres environ. Je repère le passage de tracteur qui passe au plus près de l'animal et m'avance doucement en longeant la haie pour le récupérer. Le vent est bon. Le brocard baisse souvent la tête et disparaît, j'en profite pour presser le pas. J'avance assez rapidement par le passage de tracteur et arrive sans difficulté à moins de 10 mètres du brocard. Je ne vois que la tête par intermittence et j'attends un peu qu'il se déplace pour savoir dans quel sens il est tourné puis m'avance doucement dans le blé en me baissant dès que le chevreuil relève la tête. J’arrive ainsi à 7 mètres environ de mon brocard et arme mon arc. Je devine la ligne du dos et décoche à travers le blé. L'impact résonne, le brocard surpris démarre à grands bons. Il s’écrase en sautant un fossé un peu plus loin puis s'éloigne rapidement dans le blé avant de s'arrêter à 35 ou 40 mètres.

Il surveille les alentours un instant puis semble s'effondrer sur place. N'ayant pas vu mon atteinte, j'attends un moment avant d'aller à sa rencontre. Au bout de plusieurs minutes, je m'avance un peu pour chercher ma flèche mais impossible de la trouver. Je ne trouve pas de sang sur le départ du chevreuil mais trouve un peu de sang à l'endroit où il s'écrase dans le fossé. 

Un vieux brocard à l'approche dans les blés, 2 à 3 juin

J'attends un moment avant d'attaquer ma rechercher puis commence à suivre le sang déposé sur les épis et les feuilles de blé.

Un vieux brocard à l'approche dans les blés, 2 à 3 juin

La traille laissé par la fuite du chevreuil est assez visible mais il y a peu de sang, suffisamment pour le suivre tout de même. J'ai bien repéré l'endroit où mon chevreuil est tombé et ma recherche m'y même droit, pas à pas.

Un vieux brocard à l'approche dans les blés, 2 à 3 juin

Par moment quelques traces plus importantes de sang.

Un vieux brocard à l'approche dans les blés, 2 à 3 juin

En me rapprochant de l'endroit estimé de la position du chevreuil, je ralentis et aperçois un rond dans le blé. Je m'approche très lentement, une traînée de 1 mètre de sang bien marquée rentre dans ce rond de blé couché mais un léger frémissement des céréales sur la gauche du rond qui n'est pas dû au vent me fait craindre le pire. Encore un pas et j'aperçois le haut des bois du chevreuil. Il est juste à 2 mètres devant moi, sa tête est encore redressée, il n'est pas encore mort. Je ne le vois pas assez pour lui décocher une flèche et décide d'attendre sans bouger. Le temps passe mais le chevreuil, qui baisse par moment la tête, la relève régulièrement.

La luminosité baisse doucement. Que faire ? Ne pouvant pas viser, je décide de tenter de l'attraper pour en finir. Je range ma flèche sur le carquois, pose mon arc au sol, me baisse et avance tout doucement à 4 pattes vers le bord du rond dans le blé. Avec d'infini précautions, j'arrive au ras du rond, le chevreuil n'est plus qu'à 30 cm devant moi. Je tente de me jeter sur lui mais il surgit de sa couche et fonce à travers le blé, ressort sur la bande enherbée au bord de la rivière, la suit un moment puis retourne dans le blé pour se recoucher à environ 100 mètres.

Je récupère mon arc et attends un bon moment avant de reprendre ma recherche, je suis le sang tranquillement mais la luminosité baisse vite et je dois sortir ma frontale pour bien voir le sang qui n'est pas très abondant bien qu'assez facile à suivre. Je ressors du blé sur la bande enherbée du bord de la rivière où je tombe sur de gros caillots de sang posés sur l'herbe sur environ 1 mètre de long, progresse un moment dans les hautes herbes puis retourne dans le blé pour arriver tout doucement près d'un rond de blé couché un peu plus grand que le précédent. Le brocard est là mais il est toujours vivant. La grandeur du rond me permet de le voir mieux que la première fois et je décide de tenter de lui décocher une seconde flèche. Il est à juste à 2 mètres devant moi. Je commence mon armement doucement mais il redresse la tête et m'aperçois. Le temps de finir mon armement, il surgit de sa couche et file à travers le blé en longeant la rivière. Il va bientôt faire nuit, je décide de laisser tomber pour ce soir et de revenir demain matin. J'ai perdu le chevreuil de vue à 200 mètres environ et espère qu'il va rester coucher par là. La rivière est profondément encaissée et fait un méandre autour du champ de blé, je pense qu'il va rester là.

J'appelle le conducteur de chien de sang mais ce dernier est pris demain, il me propose tout de même de me prêter Raboliot pour faire la recherche.

Je rentre alors que la nuit s'installe. Je viens juste de passer le ponton au-dessus de l'Osse qu'un bruissement dans le blé se rapproche. Je me fige. Un blaireau surgit des céréales et vient droit sur moi. Il s'arrête à 2 mètres de mes pied, m'évente et fait demi-tour. il s'arrête 3 ou 4 mètres plus loin, regarde derrière lui puis disparaît dans le blé. Sur le retour, la pluie se met à tomber et je crains de ne pas retrouver mon chevreuil demain.

 

Ce matin, j'ai rendez-vous vers 7 heures chez le conducteur. J'ai mal dormi et je suis un peu à l'avance. Nous repartons pour la recherche alors qu'il pleut de plus en plus. Arrivé à Justian, je me gare près du vieux moulin puis pars en longeant la route pour rattraper le passage qui traverse l'Osse. De gros lièvres nous regardent arriver dans le semé de tournesol avant de déguerpir en tous sens. J'amène Raboliot directement sur la bande enherbée le long de la rivière pour lui faire prendre le sang à la sortie du blé. Il prend la piste facilement malgré la pluie qui ne cesse de tomber et la suit sans problème levant de temps en temps le nez sur une herbe puis repartant de plus belle.

Un vieux brocard à l'approche dans les blés, 2 à 3 juin

Nous rentrons dans le blé et arrivons à la deuxième couche puis Raboliot ressort du blé et suit une grosse coulée qui longe le blé en suivant la rivière. 

Un vieux brocard à l'approche dans les blés, 2 à 3 juin

Il file droit et semble sûr de lui, je lui fais confiance et l'encourage car le sang a complètement disparu à cause de la pluie de cette nuit. Tout à coup, un rond de blé couché sur ma gauche attire mon attention. Mon brocard est là, il est mort. Raboliot ne l'a pas encore repéré, il tourne et retourne sur la bande enherbée et finit par rentrer dans le blé pour commencer à piller mon chevreuil. 

Un vieux brocard à l'approche dans les blés, 2 à 3 juin

Je le laisse un peu faire puis décide de l'éloigner pour récupérer l'animal et apposer le bracelet mais Raboliot n'est pas de cet avis et commence à se retourner sur moi pour me mordre. Je suis obligé d'aller l'attacher un peu plus loin à un arbre pour m'occuper du brocard. Ma flèche n'a en fait touche que le foie et les viscères (pense et intestins), elle est trop en arrière peut-être à cause du blé qui a pu dévier mon tir. Nous rentrons complètement trempé mais satisfait d'avoir retrouvé mon chevreuil.

Un vieux brocard à l'approche dans les blés, 2 à 3 juin

Alex

 

Trophée :

Un vieux brocard à l'approche dans les blés, 2 à 3 juin
Un vieux brocard à l'approche dans les blés, 2 à 3 juin

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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