Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
8 juin 2022 3 08 /06 /juin /2022 05:29

Ce soir, en sortant du boulot, je pars pour Justian. Le temps est resté couvert toute la journée et la température est agréable. Après environ une heure de route, je me gare au bord du chemin blanc qui relie Justian à Roques, au bout d'une haie épaisse qui borde un grand champ de blé. Je me prépare tranquillement alors que le ciel couvert laisse place à un soleil brûlant. Je pars pour la chasse en longeant le chemin avec le vent qui souffle sur ma gauche.

Une belle soirée d'approche, 7 juin 2022

Je rejoins vite un 4 chemins, celui à ma gauche part vers l'Osse en longeant un petit ru. Le semé à sa gauche n'est pas encore levé, à sa droite une bande de blé borde une haie épaisse finissant par un petit bosquet. À ma gauche, le chemin sépare le champ de blé d'une très grande parcelle d'avoine et remonte vers le sommet de la colline. Je continue sur le chemin principal pris entre l'avoine et une haie épaisse qui me sépare de la bande de blé. Je scrute le secteur et tout particulièrement une prairie de luzerne au-dessus de l'avoine. Pas de chevreuil en vue. Un peu plus loin, la haie à ma gauche s'ouvre sur un chemin qui longe la haie bordant la bande de blé et une petite prairie d'herbes hautes. Il est trop top pour prospecter ce secteur. Je continue le long de la haie jusqu'à une grande parcelle de luzerne bordée par le chemin et par une haie de chaque côté. Le fond de la parcelle est barré par une ancienne friche colonisée par un taillis impénétrable de petits frênes entremêlés de ronces. Entre ce taillis et le chemin un gros morceau de haie parallèle au chemin me cache une partie de la luzerne. Je quitte le chemin et longe la haie à ma gauche pour rejoindre un passage entre cette dernière et le bout de haie parallèle au chemin. La haie bifurque à droite vers le passage, je la suis et alors que j'arrive à ce dernier, je stoppe au coin de la haie pour observer. Un joli brocard est au gagnage dans la luzerne et semble s'avancer doucement vers le bout de haie à ma droite. Je l'observe un instant puis traverse le passage voûté pour me poster à genoux sous les branches basses d'un gros chêne, au départ de la haie. Le brocard est à environ 70 mètres. Impossible d'avancer plus sans être vu, le vent souffle maintenant sur ma droite en parallèle du chemin. Je décide d'attendre un moment et d'observer.

Une belle soirée d'approche, 7 juin 2022Une belle soirée d'approche, 7 juin 2022
Une belle soirée d'approche, 7 juin 2022

Le brocard broute tranquillement un instant puis brusquement part au petit trot vers la haie qui s'avance à angle droit, dans la luzerne sur environ 15 mètres. Dans sa progression, il se rapproche d'environ 20 mètres avant de disparaître contre la haie. Je me redresse, traverse à nouveau le passage et longe la haie en profitant de l'avancée de cette dernière dans la luzerne qui me cache du chevreuil. Arrivé au coin de la haie, j'avance tout doucement en suivant l'avancée, espérant surprendre le brocard derrière, en train de brouter les feuillages, mais un bruit me fait stopper net. Un animal vient de bouger dans la haie en produisant un craquement. Je tente de l'apercevoir au travers des feuillages mais rien. Je fais doucement demi-tour et cherche un passage pour traverser la haie pour rejoindre la prairie d'herbes hautes tout en cherchant le brocard au travers de la haie mais le vent a tourné et il m'a certainement senti. Je trouve une belle coulée et l'emprunte pour traverser la haie en essayant de ne pas faire de bruit puis cherche le brocard mais il a disparu. Je traverse les herbes hautes, rattrape un chemin de terre et reviens vers la piste de pierre blanche.

Je repasse devant la luzerne, rien. Le vent souffle face à moi. J'ai repéré un très beau brocard, vendredi matin, au-dessus du bois des Arrauques un peu plus loin. Je vais le contourner avec le vent de face en espérant qu'il ne tourne pas. Ce bois est entouré d'une très grande parcelle de blé mélangée de féveroles. Juste avant le bois, un chemin remonte entre une haie épaisse sur ma gauche et la grande parcelle d'avoine pour déboucher sur une grande parcelle de luzerne. Je décide d'aller jeter un coup d’œil à l'entrée de la luzerne avant d'aller faire le tour du bois. Rien, je retourne vers le chemin blanc et longe un bout de haie qui borde le blé parsemé de féveroles sur ma droite. Au bout de la haie, je prends à droite pour longer le blé, qui forme une bande étroite prise entre le chemin et le bois, par l'autre côté de la haie, quand une chevrette surgit de son gite dans les cardères qui poussent au bord de la haie. Elle suit le bord des céréales qui remonte le long de la haie pour tourner autour du bois. Je la laisse s'éloigner puis prends le même chemin. Je remonte entre le bois et la haie puis prends à gauche pour remonter vers une bande boisée qui avance dans la culture. Le vent est tournant ce n'est pas bon. Je longe tout doucement le bois très fourré à ma gauche quand un animal démarre dans le sale sans que je puisse le voir. J'attends un peu à l'écoute mais plus rien. Je monte encore un peu et entends à nouveau démarrer un animal. Cette fois, j'en suis sûr, c'est un chevreuil au bruit caractéristique de sa fuite dans le sous-bois mais impossible de le voir. Il remonte jusqu'au départ de la bande boisée qui part du bois et rentre dans le blé puis le calme reviens. Je m'avance tout doucement mais il a disparu. Je prends à droite pour contourner la bande boisée et rejoins ainsi un passage de roue du pivot qui arrosait la culture ce printemps. Je suis ce passage à environ 30 à 40 mètres de la lisière du bois tout en scrutant le secteur mais rien.

Je descends vers un chemin de terre qui remonte vers des habitations sur ma droite en bordant la culture, je le suis et remonte vers le sommet de la colline. De l'autre côté s'étend un grand semé de soja à peine levé. Le pied du pivot, planté presque au sommet dans le soja, fuit et laisse échapper un filet d'eau qui provoque une mouillère autour de lui puis un écoulement qui rejoint le chemin et le suit. Les sangliers sont venus profiter de cette humidité. De nombreux pieds ont marqué le sol et ils se sont souillés par endroit. Arrivé en haut de la culture, je prends à droite pour la suivre et rejoins le départ d'une grosse haie qui longe un grand champ de luzerne, en repousse après la fauche printanière, jusqu'à un grand champ de blé. Alors que j'observe le secteur. Une tache sombre me semble bouger, dans le passage de tracteur, au coin du blé près de la haie à environ 250 mètres. Je la fixe et elle disparaît dans le blé, c'est certainement un chevreuil. Je tente l'approche, le vent est dans mon dos mais biaise légèrement vers la haie. J'espère qu'il va se maintenir ainsi. Je longe rapidement la haie pour gagner du terrain. A mi-distance, je ralentis et commence à avancer en mode approche. Les pieds de luzerne coupés ont séché et sont très craquants. Je calcule mes pas. La luzerne descend doucement vers le blé quand j'aperçois le dos d'un chevreuil qui broute de face dans la luzerne près du blé. Je recontrôle le vent, il n'a pas bougé. Le chevreuil est à 80 mètres, son dos musculeux me fait penser qu'il s'agit d'un brocard. Je serre au maximum la haie et l'observe un instant. Il relève la tête et j'aperçois des bois. Il rebaisse la tête. Je reprends mon approche très lente contre la haie. Le brocard se tourne plein travers et semble s'éloigner de la haie en broutant. À environ 60 mètres, je stoppe et me recule un peu dans la baie pour l'observer. Il broute toujours tranquillement. Il relève par moment-là tête puis reprend son repas, la fin de l'approche va être très compliquée. Je décide de gagner encore 10 mètres très lentement puis me recale en marche arrière dans la haie. Je produis un petit craquement qui intrigue le brocard qui regarde vers moi sans me voir et reprend son repas. 

Une belle soirée d'approche, 7 juin 2022

J'attends que le brocard fasse une erreur pour sortir de ma cachette. Alors qu'il semblait vouloir longer le blé, Il se ravise et revient contre la haie pour brouter quelques feuilles. Il se rapproche ensuite doucement en broutant la luzerne puis, à environ 30 mètres, il mange encore quelques feuilles, plein travers. Il est encore trop loin, je décide de ne pas bouger mais il stoppe son repas et arrive d'un pas décidé en longeant la haie. Il se rapproche vite, je n'ai pas le choix, je dois armer maintenant. Il n'est plus qu'à 20 mètres et continue à avancer. J'arme tout doucement mon arc, flèche vers le sol. Le brocard qui n'a rien vu bifurque vers la haie et se met à brouter les feuillages, tête dans la haie à environ 12 mètres. Je m'avance d'un pas dans la luzerne en alignant rapidement ma visée et décoche. Ma flèche me semble un peu en arrière de mon point de visée. Il fait volte-face et démarre en trombe pour biaiser vers le blé en essayant d'aboyer mais ses poumons se remplissent déjà et il ne peut emmètre que des sons étouffés. Il stoppe vite. Il n'a pas fait 40 mètres. Il vacille sur ses pattes raides et reste un instant ainsi, en cherchant son souffle gueule ouverte, puis titube et s'avance péniblement de quelques mètres pour se coucher dans les herbes hautes qui bordent le blé. Je reste immobile et l'observe.

Une belle soirée d'approche, 7 juin 2022

Le brocard baisse et relève la tête plusieurs fois. Je reste immobile pour ne pas l'affoler. Il finit par tenter de se relever plusieurs fois sans succès avant de basculer au bord des herbes dans la luzerne. Il pédale encore un peu dans le vide puis s'immobilise.

Une belle soirée d'approche, 7 juin 2022

Je quitte mon poste pour rejoindre mon brocard. Ma flèche est en fait rentrée où je visais mais est sortie plus en arrière au niveau du foie. Je lui rends les honneurs et appose mon bracelet avant de faire quelques photos souvenir.

Une belle soirée d'approche, 7 juin 2022

Je vide ensuite mon chevreuil et lui attache les 4 pattes ensemble, passe sa tête entre ses pattes avant pour le porter jusqu'à ma voiture qui n'est pas tout près. Je rattrape le premier passage de tracteur dans le blé et le suis pour descendre jusqu'à une autre parcelle de luzerne que je longe un instant pour rejoindre une parcelle d'avoine bordée par une haie. Alors que j'avance dans la luzerne, des aboiements se font entendre. Je stoppe et observe autour de moi mais pas de chevreuil en vue. Je continue vers la haie et les aboiements reprennent. J'aperçois alors dans un creux du champ, sur ma droite, près de la haie. Une chevrette nerveuse qui aboie en regardant derrière elle mais à 90 degrés de ma position. Elle s'avance ensuite et disparaît dans la haie où elle reprend ses aboiements. Je longe la haie et tente de l'apercevoir au travers d'une trouée mais rien. Je longe le bas de l'avoine et prends à gauche au coin de la culture pour suivre la luzerne qui remonte vers la crête. L'avoine laisse place à une vigne dont je contrôle les intervalles entre les rangs. Un gros lièvre traverse les rangs à environ 80 mètres. Pas de chevreuil, je change régulièrement de main pour porter le chevreuil à bout de bras. Arrivé en crête, je prends à droite sur le chemin de terre qui redescend aux 4 chemins et retourne à ma voiture.

Le chevreuil dans le coffre, je retourne en chasse, il n'est que 20h15. J'ai repéré un brocard, pour l'ouverture, qui broutait dans une luzerne à environ 200 mètres de la voiture à cette heure-ci. Je vais tenter de le surprendre. Je jette un coup d'œil dans la friche qui remonte derrière la haie qui longe le camp de blé au coin duquel je suis garé puis la suis tranquillement côté blé. Un peu plus haut, je rejoins une belle coulée qui traverse la haie pour rejoindre la luzerne séparée de la friche par une bande boisée perpendiculaire à la haie. Alors que je commence à m'avancer tout doucement dans la coulée, j'aperçois le brocard, au travers des branchages, dans la luzerne à environ 70 mètres. Il regarde déjà vers moi. Il m'a entendu, je me fige mais il démarre et remonte vers la friche boisée un peu plus haut en aboyant. J'aboie pour tenter de le stopper mais il poursuit son chemin et disparaît dans le couvert.

Je retourne sur le chemin blanc et le longe pour rattraper le chemin de terre qui part sur la gauche dans le petite prairie prise entre 2 haies. J'avance doucement en surveillant les herbes hautes, passe un passage entre le petit bosquet à ma gauche et la haie qui sépare la petite prairie de celle où j'ai perdu de vue le premier brocard. Toujours rien, la prairie passée, j'arrive au coin d’une haie qui délimite un semé de soja à gauche d'un autre à droite. Je longe doucement la haie, un jeune lièvre en sort et la longe pour disparaître en repassant derrière quand j'aperçois 2 ragondins en train de jouer au bord d'un grand fossé qui rejoint l'Osse à environ 80 mètres sur ma gauche. Je change ma flèche pour une plus adaptée et tente une approche, les 2 ragondins se chamaillent toujours alors que j'en aperçois 3 autres plus à gauche. Deux sont presque cachés dans les herbes hautes.

Une belle soirée d'approche, 7 juin 2022

Le vent n'est pas très bon, je suis vite repéré et les ragondins partent les uns après les autres pour se jeter dans les herbes hautes et rejoindre le fossé. 

Je pars jeter un coup d'œil sur une petite friche prise entre l'Osse et le taillis de petits frênes. Je longe doucement la haie sur la gauche de la friche. Près de l'Osse, je traverse la haie puis le semé de soja, passe le grand fossé au bord duquel se trouvaient les ragondins puis m'avance doucement dans une parcelle de blé en suivant le premier passage de tracteur parallèle à la rivière. Je scrute la surface des céréales. Je passe un second fossé pour rentrer dans le blé suivant quand j'aperçois à l'autre bout de la parcelle, à environ 50 mètres de l'Osse, près de la haie qui ferme le fond de la culture, une tête de brocard qui dépasse des céréales. Je me baisse au maximum et attaque mon approche en suivant le passage de tracteur. Le brocard relève la tête alors qu'il est encore à environ 100 mètres. Je me fige, il reprend son repas et disparaît dans les céréales. Je reprends mon approche. Le sol est silencieux et mes chaussons de plongée ne font pas de bruit, j'en profite pour gagner rapidement du terrain en stoppant à chaque fois que le chevreuil lève la tête. Arrivé près de la haie, je prends à gauche dans le passage de tracteur à environ 15 mètres de la haie, m'avance tout doucement baissé dans les céréales et stoppe dès que les bois commencent à ressortir du blé. Le brocard mange en revenant doucement vers le passage de tracteur. Arrivé à 6 mètres de l'endroit où je pense le voir sortir dans le passage, je m'agenouille dans le passage, accroche mon décocheur et l'attends. Il avance encore un peu, il n'est pas à plus de 7 mètres, c'est un beau 6 pointes mais la légère brise tourne, il redresse la tête et hume l'air avant de démarrer en trombe. Je me redresse et arme mon arc mais il s'éloigne vite, je désarme. Dans sa course, il dérange un animal qui sursaute avant de se tapir dans le blé. Je décide de tenter l'approche et remonte le passage de tracteur pour rejoindre le passage de ceinture alors que le brocard s'éloigne toujours à grands bonds. Rapidement, la tête d'une chevrette émerge du blé où j'avais vu bouger. Je continue mon chemin et prends à gauche dans le passage de tracteur. La chevrette démarre et s'éloigne rapidement.

Je continue et passe dans la seconde parcelle de céréales en suivant le passage de tracteur quand une tête de brocard surgit du blé à environ 40 mètres. Il m'a entendu, je me fige, attends un moment qu'il se calme et disparaisse dans le blé pour commencer mon approche. J'avance tout doucement, voûté pour rejoindre le départ du passage de tracteur qui redescend vers l'Osse. Le petit brocard est de face et regarde vers moi sans bouger à environ 30 mètres. Je gagne tout doucement quelques mètres mais il finit par démarrer en rejoignant, à grands bonds, le bord du fossé sur ma gauche puis le longe pour disparaître près de l'Osse. Il est temps de rentrer pour m'occuper de mon chevreuil.

 

 

Alex

Partager cet article

Repost0
10 juillet 2021 6 10 /07 /juillet /2021 08:48

Ce matin, j'ai décidé d'aller sur un secteur chassé en début de saison mais les fauches et les moissons n'ont pas laissés beaucoup de couvert et je crains de ne pas revoir les 3 brocards repérés sur ce grand secteur du territoire. Je gare ma voiture près du vieux moulin et prends le chemin de terre qui délimite le territoire entre la bande boisée qui suit la rivière à ma droite et un bois à ma gauche. Après environ 200 mètres, le bois à gauche laisse place à une grande friche partiellement colonisée par des petits frênes de 1 à 2 mètres de haut. Je scrute un instant la friche, du bord du chemin, caché derrière les arbres qui le bordent. Rien en vue mais la luminosité est encore faible. Une bande de bois avance dans la friche à environ 80 mètres au-dessus de moi. Je remonte doucement au travers de la friche dans l'herbe détrempée de rosée pour rejoindre cette bande boisée puis la longe sur la droite vers son extrémité. J'y marque une pause pour observer le secteur, rien au-dessus de la bande boisée, rien sur ma gauche au-dessus de la friche vers une petite parcelle de vigne, rien en avant. J'hésite un passage a été girobroyé à moitié friche, un autre le long du grand bois dont une langue s'avance dans la friche. J'hésite à prendre celui du haut mais me décidé à prendre l'autre. J'avance doucement dans la friche pour rejoindre le passage puis le longe doucement en suivant la lisière du bois. Un peu plus loin le passage descend sur la droite en suivant le bois. Alors que je commence à descendre, je stoppe net en apercevant un chevreuil qui broute contre le blé mêlé de fèveroles à environ 90 mètres, sur le haut de la friche près de la grosse haie qui en longe la partie haute.

1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021

J'ai de la chance qu'il ne m'ait pas vu. Je me cale contre les petits frênes et observe. Rapidement, il lève la tête. C'est un brocard. Si j'étais passé par le passage girobroyé du haut j'aurais pu l'approcher facilement à moins de 10 mètres. Tenter l'approche d'ici est compliqué d'autant plus que le vent tourne régulièrement. Je décide de tenter quelques appels. Le brocard qui avait repris son repas relève la tête et regarde vers moi sans bouger. J'insiste un peu mais j'aperçois au loin dans la culture, derrière lui, une chevrette qui vient droit sur moi. J'attends un peu avant de réappeler mais je sais déjà que je viens de bousiller ma chasse. La chevrette a stoppé à environ 300 mètres et regarde vers moi. Foutu pour foutu, je reprends mes appels. La chevrette redémarre et fonce droit sur le brocard qui surpris fait un grand bon de côté en aboyant et disparaît dans la végétation. Je stoppe un instant mes appels alors que la chevrette surprise également est remontée pour stopper contre la haie, en haut de la friche. Je ne la vois pas car elle est cachée par la végétation haute de la friche. Je cherche du regard le brocard sans succès. Ma seule chance est qu'en faisant venir la chevrette j'arrive à le faire suivre. Je reprends mes appels, la végétation s'agite et la chevrette fonce vers moi pour stopper à environ 20 mètres. Elle regarde vers moi, j'arrête d'appeler et attends en espérant voir arriver le brocard mais la chevrette redémarre en aboyant et disparaît derrière le bois dans mon dos. Je reprends rapidement les appels pour la maintenir autour de moi. Elle revient immédiatement mais reste à distance. Elle tourne et retourne en aboyant mais le brocard ne vient pas. Elle finit par fuir vers la haie alors que le vent tournant vient de me trahir. Elle disparaît rapidement et aboie un instant avant le retour au calme. C'est alors que j'aperçois le brocard dans les petits frênes, à environ 70 mètres, plein travers. Il regarde fixement vers le bas de la friche. Il est magnifique, un très gros six pointes. Je n'ai pas le choix, ma dernière chance, je tente une approche. Je remonte doucement au travers des petits frênes en poussant un petit coup de Butollo par moment pour distraire le brocard et lui faire penser que je ne suis pas un humain. J'avance tout doucement mais je rencontre vite un tapis de jeunes ronces d'environ 60 à 80 cm d'épaisseur. Ce tapis bruyant m'oblige à faire de grands pas en levant bien les pieds. J'avance très lentement  mais ne peux pas éviter le bruit. Curieusement, le brocard ne regarde presque pas vers moi et reste fixé sur quelque chose en bas de la friche, au bord du bois. J'arrive ainsi à environ 40 mètres de lui. La zone de frênes s'épaissit, il me faut encore avancer en essayant de mettre les arbustes entre moi et le chevreuil. Le vent n'arrête pas de tourner et finit par me trahir. Le brocard démarre alors que je suis encore à 35 mètres et fonce vers le bois en contrebas en aboyant.  Je presse le pas pour tenter de l'apercevoir mais il remonte déjà dans le bois, toujours en aboyant. J'ai tout fait à l'envers mais c'est aussi ça la chasse, je n'ai pas fait les bons choix et ça m'a coûté cet échec. Si je ne tue pas un brocard ce matin, je me promets de revenir sur le secteur pour me confronter à ce superbe animal. 

je remonte vers le bout de la haie et rattrape une coulée très marquée qui remonte vers la route. Alors que j'avance tranquillement. J'aperçois la chevrette qui m'observe à environ 100 mètres contre la haie. Elle finit par se débiner alors que je poursuis ma progression. La coulée débouche un peu plus haut sur un énorme chaudron. Une laie a fait ses petits dans le secteur ce printemps. La coulée continue vers le sommet de la colline et je la suis pour arriver à la route de crête. Je prends à droite en suivant la route pour rejoindre le coin d'un bois que je suis tranquillement pour redescendre dans le bas de la combe en surveillant le secteur très dégagé. Le blé du penchant opposé est moissonné sur la partie basse. J'arrive au coin du bois et jette un coup d'œil sur le blé puis sur la bande d'herbes hautes qui borde le bas du bois. Rien, je remonte par une coulée de sanglier dans le blé jusqu'au bord d'un bosquet. Je prends à gauche pour le longer sur une coulée très marquée, les nombreux passages de sangliers ont défoncé le sol où les pieds de toutes tailles sont encore visibles. Un peu plus en avant, une zone humide partiellement desséchée a servi de souille assez récemment. Je m'avance pour l'observer quand une chevrette surgit du blé à environ 30 mètres et fonce dans la culture. Je continue à longer le bois puis une petite friche à l'angle de laquelle je remonte vers la route de crête par un passage de blaireaux dont je passe les terriers en bordure de la friche sur ma droite. Arrivé à la route, je la traverse  pour redescendre sur le penchant suivant sur la droite d'un petit bosquet. Rien sur ce secteur, je descends jusqu'à une haie qui rejoint un bois sur ma droite et prends à gauche pour la longer, elle laisse vite place à une rangée d'arbres espacés qui suivent un fossé séparant 2 parcelle de luzerne. Une revenant vers le bois à droite et l'autre partant vers un blé et les vignes sur ma gauche. J'avance doucement mais toujours rien. J'arrive sur un chemin de terre enherbé qui longe le bas de la combe. Rien dans la prairie rentrant dans le bois sur ma droite. Rien dans la prairie remontant derrière une grosse haie sur le penchant opposé et jouxtant une vigne revenant vers moi. Je prends à gauche sur le chemin. Habituellement, je remonte toujours avant une vigne qui s'étend jusqu'à la route. Ce matin, quelque-chose me dit de longer le bas de la vigne pour en contrôler les rangs avant de remonter. Un lièvre est au gagnage entre 2 rangs. Arrivé à la route, je remonte tranquillement en contrôlant les rangs de plus en plus courts et alors que j'arrive au dernier rang, j'aperçois un jeune brocard longeant le haut de la vigne à environ 70 mètres.

1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021

Il a stoppé juste avant le dernier rang et je sens qu'il va bifurquer pour descendre entre les 2 derniers rangs. Je me décale rapidement pour dépasser le dernier rang et revenir le plus vite possible au bout de ce dernier. Calé contre le premier cep de vigne, je me penche doucement à gauche. Le brocard est là, de face, au bout du rang et regarde vers moi sans me voir.

1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021

Je reste immobile, il reste un moment sans bouger puis il commence descendre vers moi en suivant le rang sur environ 10 mètres. Il commence alors à brouter paisiblement tout en avançant, zigzaguant entre les 2 rangs. Il se rapproche ainsi lentement d'une vingtaine de mètres puis commence à descendre vers moi en suivant le rang de gauche. Il avance d'un pas décidé sur environ 10 mètres, s'arrête pour brouter puis continue à descendre d'un pas rapide. Il n'est plus qu'à 20 mètres. Je me penche derrière le rang pour armer mon arc à couvert et me recule d'un pas puis me penche doucement à gauche pour l'aligner dans mon viseur. Je le suis alors qu'il se présente de 3/4 face. Il ralentit doucement, il n'est plus qu'à 8 mètres au pas lent. Je cale mon pin's sur le défaut avant de l'épaule et décoche. Ma flèche semble bonne et le traverse, cassant une patte arrière au-dessus du genou au passage. Il démarre en trombe et prend à gauche pour traverser le rang au bout duquel je suis et se jeter dans une haie à ma droite. Empêtré dans la végétation, il se débat et s'immobilise rapidement. Le pensant mort, je remonte chercher ma flèche quand j'entends un gros bruit dans mon dos. En me retournant, j'ai juste le temps de voir passer mon chevreuil, ventre à terre, qui rentre dans la vigne. Je ne comprends plus rien, je continue à monter et trouve ma flèche posée au sol derrière le rang de gauche.

1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021

Elle n'est pas maculée de sang et ressemble à une flèche d'attente musclaire, je la remets au carquois puis réencoche une flèche pour entamer ma recherche. Je longe tranquillement le premier rang de vigne après la haie et trouve rapidement du sang.

1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021

Un passage dans la vigne coupe les rangs à peu près à la moitié de leur longueur. La piste est très fournie,  et rentre dans la vigne à environ 10 mètres du passage. Je la suis facilement en contournant chaque rang par le passage puis en revenant entre les rangs suivants pour recouper le sang.

1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021
1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021

Après avoir passé quelques rangs, le chevreuil a laissé une touffe de poils ensanglantée sur une motte de terre en passant le rang suivant.

1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021

La piste est de plus en plus abondante.

1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021
1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021
1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021

Après environ 25 mètres de recherche dans la vigne, je retrouve mon chevreuil couché entre 2 rangs et finissant de mourir. Il n'a pas fait 50 mètres depuis l'endroit du tir. Je reste sans bouger. Il s'immobilise rapidement.

1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021

Je pars le récupérer et apposer mon bracelet avant de lui rendre les honneurs pour quelques photos souvenirs.

1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021

Ce n'est pas un grand trophée mais, à l'arc, il faut savoir prendre les occasions quand elles se présentent. Je chasse mes chevreuils d'été uniquement à l'approche et à la rencontre sans m'acharner sur les grands trophées. C'était mon dernier bracelet sur ce territoire, on verra si je recroise le grand brocard l'an prochain, il aura encore cet été pour assurer sa descendance. Je le vide et l'examine alors qu'un brouillard épais enveloppe le paysage. Ma flèche rentre au défaut avant de l'épaule mais ne rentre pas dans la cage thoracique. Elle a entaillé les côtes sur 20 cm en bas du coffre et décollé l'épaule des côtes en sectionnant au passage l'artère qui alimente la patte avant. Elle ressort ensuite au niveau du sternum et casse la patte arrière au passage. J'attache les pattes du chevreuil et le charge sur mon épaule pour retourner à la voiture. Sur le retour, je rencontre un justianais curieux qui, interpellé par les aboiements de son chien alors que je longe sa clôture, vient à ma rencontre pour discuter un peu de ma façon de chasser. J'en profite pour poser un moment le chevreuil avant de repartir. Sur le retour en voiture, je croise un beau brocard à plus de 100 mètres dans les blés d'Ordan-Larroque. Il rejoint sa chevrette au  bord d'une haie qui borde la culture, je m'arrête pour tenter de le prendre en photo dans le brouillard.

1 tiens vaut mieux que 2 tu l'auras, 10 juillet 2021

Alex

Partager cet article

Repost0
7 juillet 2021 3 07 /07 /juillet /2021 06:55

Ce soir, il fait gris et il ne fait pas trop chaud, je décide de partir un peu plus tôt pour aller faire un tour dans un secteur de vignes où j'ai repéré un bel assassin qui s'est déjà joué de moi par deux fois. La première fois, je l'ai approché à 10 mètres dans un grand blé et je suis resté un moment près de lui sans pouvoir voir plus que ses oreilles et ses bois dépassant des céréales avant que le vent tourne et ne le fasse partir. La seconde fois, je l'avais repéré de loin alors qu'il rentrait dans le tournesol attenant au même champ de blé. Alors qu'il avançait en frottant ses bois sur quelques pieds de tournesol et broutait les feuillages de la haie bordant la culture, j'ai commencé à l'approcher au travers des tournesols mais encore une fois le vent tournant m'a trahi et il s'est enfui vers le blé où j'ai tenté de l'approcher une autre fois mais encore une fois le vent m'a trahi alors que j'étais à une trentaine de mètres de lui.

Je me gare, vers 19 heures, au bord de la route contre une plantation de chênes américains. Avant d'attaquer le secteur de vigne, je décide de traverser la route pour aller prospecter une zone de luzerne où je n'ai pas encore mis les pieds cette année. Je remonte le talus du fossé de la route et m'avance dans la luzerne en biaisant vers une grosse haie qui la sépare d'une parcelle de tournesols.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

En arrivant au coin de la haie qui bifurque à gauche à angle droit, j'aperçois quelque chose en bas de la parcelle près d'une bande boisée. Je stoppe un moment pour tenter s'identifier l'animal que je pense tout d'abord être un renard mais qui est en fait un très gros lièvre. C'est alors qu'en tournant la tête à gauche, j'aperçois à environ 200 mètres, un chevreuil dans la luzerne près de la haie. Sa carrure élancée me fait d'abord penser à une chevrette couchée qui regarde vers moi.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Je reste immobile et l'observe un instant. Alors que le chevreuil tourne la tête, il me semble distinguer de petits bois. Ce serait donc un brocard. Il se met à brouter tranquillement, la hauteur de la luzerne est trompeuse, il est en fait sur pieds. Je décide de tenter une approche mais la faible hauteur de végétation ne va pas me faciliter les choses. C'est alors que je remarque une belle coulée de blaireau dans la bordure interne de la haie. Elle va me permettre de tenter une approche.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Je m'avance tout doucement en suivant la coulée tout en surveillant le petit brocard entre les troncs des arbres qui bordent la luzerne. Le sol est jonché de feuilles mortes et de bout de bois morts, je dois calculer chacun de mes pas pour ne pas faire trop de bruit. Le chevreuil broute sur place. Alors que je suis à environ 80 mètres du chevreuil, la coulée est barrée par des buissons, je ne peux plus avancer à couvert. Je dois contourner tout doucement un gros arbre au travers d'une touffe de végétation, en bordure de la luzerne avant de revenir sur la coulée juste après.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Je reprends ma progression lente et il me faut maintenant passer sous le tronc d'un arbre tombé dans la haie.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Je ne suis plus qu'à 60 mètres du brocard qui a à peine bougé. Un merle décolle bruyamment devant moi et je me fige mais le chevreuil ne semble pas avoir entendu. J'attends un instant puis recommence à avancer. Je gagne encore 10 mètres mais à nouveau la coulée s'interrompt et il le faut sortir à découvert pour continuer mon approche. Je décide de tenter d'appeler au Butollo. Je lance deux appels brefs espacés. Le brocard relève la tête et regarde vers moi mais ne bouge pas. J'attends un moment, il reste immobile un instant puis se remet à brouter. Je tente 2 appels de plus mais le brocard regarde à nouveau vers moi mais refuse de venir. Je reste immobile un moment, le brocard finit par se remettre à brouter mais se tourne de cul. Il s'éloigne doucement en baisant vers le bas de la luzerne et en broutant tranquillement. Je sors sur la luzerne sur quelques mètres puis reprends la coulée, j'essaie de réduire la distance mais il poursuit son chemin et le sol bruyant ne me permet pas de presser le pas. Il me distance et arrivera au bois dans 40 mètres. Je ressors mon appeau alors qu'il est à environ 100 mètres. Dès les premiers appels, il redresse la tête et se retourne. Je lance quelques appels de plus et le voilà qui revient. J'arrête d'appeler un instant, il avance tranquillement en broutant en suivant une parallèle à 40 mètres de la haie. Je suis un peu trop dégagé, je me recule doucement pour me caler contre un gros arbre. Alors qu'il a fait environ 30 mètres, je tente de rappel. Il regarde vers moi puis repart et cette fois il monte droit sur moi. Il avance d'un pas lent et s'arrête par moment pour chercher du regard. Il zigzague un peu mais continue à se rapprocher. Il n'est plus qu'à 25 mètres et je n'ai pas encore armé. Il baisse la tête et détourne un court instant son regard. Je monte mon arc et l'aligne vers lui. Il redresse la tête et poursuis son chemin. Je profite d'une baisse d'attention pour armer tout doucement mes 71 livres. Il n'a pas remarqué mon mouvement et monte toujours sur moi de 3/4 face. Je le suis dans mon viseur et le laisse venir jusqu'à 8 mètres. Ma visée est calée sur son épaule, je décoche. Ma flèche le traverse et il fait volte-face pour foncer vers la bande boisée en contrebas. Des jets de sang sortent de son flanc gauche. À mi-pente il semble partir à gauche mais se ravise vite et continue à descendre pour disparaitre dans la bande boisée au moment où il semblait vaciller.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

J'ai oublié mon appareil photo à la voiture, je pars le chercher avant d'attaquer ma recherche, j'en profite pour prendre quelques photos en revenant vers la zone du tir. La draille du chevreuil est bien visible dans la luserne. Je trouve vite le premier sang.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021
Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Je cherche maintenant ma flèche que je retrouve assez rapidement plantée au sol.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Je la remets au carquois et commence à suivre le sang dans la luzerne. La draille du chevreuil et le sang sont bien visibles et facile à suivre.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021
Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021
Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021
Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

À la sortie de la luserne, la piste est toujours bien visible sur l'herbe rase.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021
Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

En franchissant le ru qui borde la bande boisée, chevreuil a laissé pas mal de sang dans la végétation.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Il a éclaboussé le tronc d'un gros arbre de l'autre côté.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

La piste s'intensifie dans la bande boisée en prenant à gauche et j'aperçois vite mon chevreuil mort sur le flanc un peu plus loin.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Je m'approche de mon brocard, ma flèche est rentrée dans l'épaule et ressort juste avant la panse.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

J'appose mon bracelet et lui rends les honneurs avant de faire quelques photos souvenir.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Je jette un coup d'œil rapide dans la luserne de l'autre côté de la bande boisée, pas de chevreuil. Je vide mon brocard et le remonte à ma voiture. Il est 20 heures quand je le mets dans le coffre, je décide de repartir en chasse. Je repars dans la luzerne mais cette fois je prends à droite pour rejoindre une haie qui borde l'autre côté de la grande parcelle. En descendant, je tombe sur un beau terrier de blaireau qui semble bien fréquenté et qui a été creusé en plein découvert. 

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Je rejoins le ru qui délimite le bas de la combe et remonte vers la bande boisée où j'ai retrouvé mon brocard à environ 200 mètres sur ma gauche. Je passe le ru et un passage dans la haie, sur ma droite, qui permet d'accéder à une bande de prairie prise entre la bande boisée du ru et une grosse haie plus haut sur la droite. Je continue en longeant la haie pour prospecter le reste de la zone de luzerne. J'avance tout doucement en surveillant le secteur mais rien. Après quelques 300 mètres de marche, j'arrive dans une zone qui me donne un bon point de vue d'ensemble du secteur. J'observe un moment sans rien voir puis fais demi-tour pour revenir vers le passage. Je presse un peu le pas quand je dérange un animal dans la haie que je longe. C'est un chevreuil qui se met à aboyer dans sa course un peu plus loin, je tente de l'apercevoir au travers de la haie sans succès. Je m'avance jusqu'au passage et l'emprunte pour m'avancer dans la prairie d'herbes hautes. Je longe tranquillement, par une coulée de blaireau, la haie de gauche qui suit le ru. Alors que la bande boisée tourne un peu à gauche, j'aperçois une chevrette à environ 60 mètres devant moi. Elle est à environ 15 mètres de la haie et regarde derrière elle. Je reste un moment immobile à l'observer puis m'avance et la fais fuir. Elle remonte pour disparaître dans la haie qui délimite la prairie sur ma droite. Le chevreuil recommence à aboyer derrière la haie en s'éloignant. Je continue ma progression en observant autour de moi. Alors que j'arrive près d'une petite mare prise dans la végétation au bout de la prairie, le chevreuil redémarre en aboyant dans la bande boisée sur ma gauche. Je m'avance un peu et me cale pour tenter d'appeler à l'appeau. Immédiatement, j'entends revenir le chevreuil vers moi dans la végétation dense. Je poursuis mes appels mais le chevreuil semble avoir stoppé à environ 20 mètres et impossible de le faire venir plus. J'attends un peu puis retente d'appeler mais rien ne bouge. J'attends encore un peu puis quitte mon poste pour m'avancer vers le blé qui fait suite à la prairie derrière la mare et quelques arbres. C'est alors que le chevreuil, qui était resté immobile dans la végétation, redémarre pour fuir en aboyant sans que je puisse le voir. Je m'avance en bordure d'une bande étroite de blé prise entre la bande boisée à ma gauche et une pointe de bois avançant dans la culture sur ma droite. Je stoppe alors que la culture s'élargir pour remonter vers la route de crête et observe un instant le secteur. Rien en vue, l'agriculteur du coin est en train de sortir bruyamment ses brebis au pré qui fait suite au blé à environ 200 mètres. Je remonte doucement vers la route par le passage de tracteur de ceinture. J'arrive à la route sans avoir rien vu, je la traverse pour aller prospecter une petite parcelle de vigne prise dans une grande parcelle de blé. Je n'y aperçois qu'un lièvre assis entre 2 rangs. Au bout de la vigne, j'observe un moment le grand blé partiellement moissonné. Rien non plus, je fais demi-tour pour aller faire le tour d'une autre vigne. Je longe la route, le vent souffle dans mon dos. Alors que la route fait un virage à angle droit à gauche, je la quitte pour prendre un passage enherbé entre des rangs de vigne qui descendent vers la haie qui domine la prairie que je suivais tout à l'heure et des rangs parallèles au passages qui remonte vers la route de crête. Je commence par contrôler les rangs du bas un à un mais n'aperçois qu'un lièvre assis. Arrivé au dernier rang, je remonte le long d'une haie pour contrôler les autres rangs à bon vent. Encore un lièvre assis entre 2 rangs, alors que je suis presque à la route c'est une chevrette, couchée à environ 35 mètres dans la vigne, qui me regarde passer sans bouger.

Je traverse la route pour maintenant aller chasser sur le secteur des vignes, sur la gauche d'un très long massif boisé. Vu le vent, je pars plus à droite pour inspecter les rangs à bon vent en longeant une autre bande boisée plus petite. Pas de chevreuil mais encore un lièvre. Je continue en inspectant les diverses parcelles de vigne en essayant de les attaquer à bon vent en tenant compte de l'orientation des rangs. Le ciel devient de plus en plus menaçant et quelques gouttes éparses commencent même à tomber alors qu'un superbe arc en ciel se dessine au loin.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Alors que je longe une parcelle de vigne, je me fais surprendre par une chevrette qui montait droit sur moi entre 2 rangs. Elle fait demi-tour et s'enfuit au galop, stoppe un peu plus bas regarde vers moi puis repart au galop et disparaît. Un vent soutenu se lève avec l'orage qui menace. J'espère qu'il ne va pas pleuvoir car mon appareil photo n'est pas étanche. Je rattrape un chemin herbeux qui descend vers le bas de la combe et l'emprunte pour contrôler les rangs de vigne perpendiculaires à ce dernier. La vigne est sur ma gauche comme le sens du vent, j'avance doucement quand j'aperçois un chevreuil de 3/4 arrière, qui broute tête basse contre le rang de gauche, à environ 70 mètres. Je passe derrière le rang suivant et commence une approche très lente tout en surveillant l'animal par moment par-dessus le feuillage. Il broute toujours tranquillement et j'arrive facilement à 8 mètres de ce dernier. Pas de testicules en vue, il s'agit d'une chevrette. Son poil n'est pas joli et parsemé d'épis. Elle finit par relever la tête et regarder vers moi. Intriguée, elle me fixe puis se gratte la tête avec une patte arrière avant de se retourner et de venir droit sur moi sur quelques pas avant de stopper. J'en profite pour la prendre en photo par-dessus les feuillages.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Curieuse et intriguée par ce mouvement elle passe dans le rang suivant

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

et continue à venir vers moi. Je décide de m'éclipser tranquillement pour ne pas l'affoler et en faisant demi-tour, j'aperçois à plusieurs centaines de mètres, un chevreuil qui broute tranquillement au milieu d'une grande parcelle de vigne, au-dessus du grand blé et des tournesols où j'ai déjà vu l'assassin. Quelque-chose me dit que c'est lui. Je rejoins le chemin herbeux et descends pour rejoindre les tournesols alors que j'ai perdu le chevreuil de vue entre les rangs. Je passe les tournesols, le fossé qui les borde et remonte la bande enherbée rapidement pour me coller à la vigne et commencer à inspecter entre les rangs. À chaque bout de rang, je me penche doucement pour tenter d'apercevoir le chevreuil mais rien. C'est alors que j'arrive au dernier rang que je le vois traverser la bande enherbée de quelques mètres qui le sépare d'une parcelle de féveroles rabougrie, mélangée de blé et de gros îlots de chardons cotonneux. Il traverse d'un pas rapide à environ 100 mètres et je le perds de vue derrière un gros îlot de chardons dans la culture. Il s'est certainement arrêté derrière. Le terrain remonte, je traverse rapidement la bande enherbée et remonte tranquillement vers l'endroit où je l'ai perdu de vue. Alors que j'arrive aux chardons, j'aperçois le haut de son dos. Il broute tranquillement juste derrière à environ 30 mètres.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Le vent soutenu de travers est une vraie bénédiction. Je rentre doucement dans la culture et commence mon approche lente, prêt à me baisser s'il relève la tête. Alors que je suis à à peine plus de 20 mètres, il relève la tête et regarde vers moi. Je reste immobile dans la végétation, à moitié baissé. Après quelques secondes, il rebaisse la tête et se remet à brouter en faisant 2 pas. J'avance encore de quelques mètres mais il relève la tête à nouveau et je suis en équilibre sur un pied. Impossible de le reposer sans me trahir et impossible de me baisser non plus. Il observe un instant le secteur puis rebaisse la tête. Je suis à environ 17 mètres, je repose mon pied, arme mon arc, aligne ma visée et décoche. J'entends distinctement l'impact mais je n'ai pas vu mon atteinte même si la direction de la flèche semblait bonne. Le brocard fait volte-face, ressort sur la bande enherbée au galop et amorce un arc de cercle pour stopper dans la végétation à environ 50 mètres devant moi. Il commence à reculer, avancer, reculer encore et je le perds de vue.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Je prends quelques photos de l'endroit du tir quand mon appareil photo tombe en panne de batterie. Je vais devoir faire les dernières photos avec mon téléphone portable qui fait des photos de très mauvaise qualité. Je m'avance dans la direction estimée du tir et trouve rapidement les premières gouttes de sang.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

En zigzaguant un peu dans la direction du tir, je retrouve ma flèche posée au sol. Elle ne porte presque pas de sang ce qui m'inquiète un peu.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Comme j'ai vu disparaitre le chevreuil dans la végétation, je suis quand même assez confiant. Je commence à chercher la suite du sang et trouve vite d'autres gouttes.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

En passant, le chevreuil a frotté contre les chardons.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021
Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Comme je l'avais vu, la piste ressort sur la bande enherbée et revient vers la culture. Le sang est assez abondant et facile à suivre.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021
Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Le sang devient très abondant en rerentrant dans la culture et je retrouve rapidement mon chevreuil mort sur le flanc à côté d'une grande tâche de sang. Le sang a également énormément coulé en dessous de lui.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

J'appose mon bracelet et lui rends les honneurs avant de faire quelques photos souvenirs. C'est alors que je me rends compte qu'il est borgne, son oeil gauche est totalement blanc.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

J'ai du chemin pour revenir à ma voiture. J'attache les 4 pattes du brocard et le charge sur mon épaule pour rentrer. En chemin, j'appelle mon ami Renaud pour lui raconter ma chasse. Je laisse mon chevreuil au bord d'un fossé, non loin de la route puis pars chercher ma voiture tout en discutant quand un chevreuil surgit des chênes américains près desquels je suis garé et fonce dans les vignes. Je récupère ma voiture et pars chercher mon chevreuil avant de rentrer pour aller faire quelques photos de meilleure qualité après avoir un peu rechargé ma batterie puis m'occuper de mes 2 brocards avant d'aller me coucher.

Une très belle soirée de chasse avec un beau doublé à la clef, 6 juillet 2021

Alex

Partager cet article

Repost0
18 juin 2021 5 18 /06 /juin /2021 06:38

Ce soir le temps est orageux, le vent souffle et j'espère pouvoir en profiter pour réaliser de belles approches. Je me gare au bord de la route, sur la droite, après le bois de Bourras. Je me prépare tranquillement puis m'avance vers un chemin de terre qui remonte dans un petit bois jusqu'à une très grande parcelle de blé mélangée d'avoine. J'avance tout doucement en le suivant tout en scrutant le sous-bois et arrive au bord de la culture où je marque un arrêt pour prendre le temps d'observer le secteur. Pas de chevreuil en vue, le vent souffle de ma gauche, je décide donc de longer les céréales par la droite. Je longe tranquillement entre la culture et le bois pour rejoindre la bande boisée qui délimite la droite du champ. Alors que j'avance doucement, un chevreuil démarre sur ma droite dans la bande boisée en aboyant. Ses cris résonnent alors qu'il s'éloigne rapidement dans la luzerne en contrebas. J'attends un peu et observe la culture mais toujours rien en vue. Je continue à remonter le long de la bande boisée et arrive au bout de cette dernière sans avoir vu d'animaux. La parcelle s'élargit sur ma droite pour rejoindre des vignes en longeant une grande parcelle de luzerne de l'autre côté de la bande boisée. Je m'avance un peu dans le blé pour rejoindre un passage de tracteur qui remonte vers le haut de la parcelle puis commence à le suivre quand j'aperçois la tête d'un brocard qui dépasse du blé, en haut de la parcelle, à environ 80 mètres. Je me fige. Il mange les céréales au milieu de l'avoine qui dépasse au-dessus du blé. Le vent vient de ma gauche, il ne m'a pas vu ni senti, c'est parfait. Il baisse la tête dans la culture, j'en profite pour avancer tranquillement vers lui quand un autre chevreuil commence à aboyer rageusement sur ma gauche à environ 30 mètres mais impossible de le voir dans la culture à cause de la hauteur des céréales mais aussi du relief du champ qui descend à cet endroit. Je reste immobile un moment, les aboiements semblent se rapprocher. Le brocard que j'approchais au départ a relevé la tête et regarde vers les aboiements qui me semblent très proches. Brusquement un brocard surgit de la culture et s'éloigne à grands bons tout en aboyant. Je ne comprends pas s'il m'avait vu ou si autre chose l'a intrigué. L'autre brocard n'a pas bougé, dès qu'il rebaisse la tête, je reprends mon approche. Je gagne peu à peu du terrain en stoppant dès qu'il lève la tête et en avançant dès qu'il la baisse. J'arrive ainsi à environ 30 mètres de lui mais il relève maintenant la tête à chacun de mes pas et l'approche se complique. Pas à pas, je gagne encore 10 mètres mais brusquement, il lève la tête et regarde vers moi sans vraiment comprendre ce que je suis. Il reste un instant statique à m'observer, impossible de savoir comment est orienté son corps dans cette végétation. Il finit par se retourner et démarrer au galop sur environ 10 mètres, j'arme mon arc et préaligne ma visée. Il stoppe dans une zone plus dégagée à un peu plus de 20 mètres, ma visée se cale, je décoche mais il saute la corde et je le manque. Il démarre en trombe en aboyant pour traverser une autre petite parcelle de blé très bas juste au-dessus pour se diriger vers les vignes un peu plus loin. Je presse le pas pour remonter en crête et l'observer s'éloigner. Il s'arrête régulièrement pour regarder derrière lui et finit par disparaître dans les vignes à environ 200 mètres. Je cherche ma flèche que je trouve posée au sol sans aucune trace de sang, je tourne un peu sur le secteur sans trouver d'indice, c'est bien manqué.

Je rejoins la bordure de la vigne et la longe tranquillement sur la bande enherbée qui la sépare d'une haie épaisse bordant la grande parcelle de luzerne. J'y jette un coup d'œil par moment quand les trouées dans la haie le permettent. Je stoppe net en apercevant une masse à moins de 10 mètres dans la vigne. C'est un énorme lièvre tapi au sol. En avançant un peu plus, j'aperçois un deuxième très gros lièvre tapi de l'autre côté de rang. Je les laisse tranquilles et poursuis ma route. Arrivé au coin de la vigne, je remonte le long du dernier rang qui fait suite à un plantier de vigne qui descend jusqu'au bois en contrebas. Je rejoins ainsi la bordure d'une parcelle de blé qui descend sur une bande d'environ jusqu'à un fossé puis remonte sur environ le triple de largeur vers le village de Roques. Je rentre de quelques mètres dans la culture pour rejoindre le premier passage de tracteur et descendre vers le fossé quand j'aperçois une tête de chevreuil dépassant des céréales à environ 30 mètres sur ma gauche. Je me fige, c'est une chevrette, je tente de continuer à descendre sans l'effrayer pour aller jeter un coup d'œil sur l'ensemble du champ. Elle mange tranquillement sans me repérer. Un peu plus bas, en face du bois, j'ai une bonne vue d'ensemble sur le secteur, rien vue dans le blé nu dans le friche qui rentre dans le bois sur la droite. Je remonte donc tranquillement dans le blé le long du passage de tracteur. Cette fois-ci, la chevrette me repère et détale. Je pars faire le tour des vignes du secteur et contrôle tous les intervalles entre les rangs. Pas le moindre chevreuil, je reviens vers les blés où j'ai commencé à chasser. Cette fois, je longe le haut de la parcelle en suivant le bois de Guimas. Je surveille le blé qui s'étend jusqu'à la route et qui n'est pas mélangé à de l'avoine sur ce secteur. Alors que j'arrive à la haie qui délimite la parcelle après le bois, une chevrette surgit des hautes herbes qui bordent la haie et fonce dans le blé derrière la haie. Elle fait une grande boucle pour retraverser la haie à environ 150 mètres en contrebas. Un énorme front nuageux menaçant arrive droit sur moi. L'orage menace, la luminosité a fortement baissée.

Je fais demi-tour pour revenir vers le grand champ de blé en-dessous de Roques. Je retraverse la zone de vignes et arrive en haut des céréales que je commence à longer en direction d'une petite vigne. J'aperçois alors un chevreuil dans le blé près du fossé qui marque le fond de la combe qui revient vers le bois sur la droite du blé. Il me semble reconnaître un brocard, il est à environ 300 mètres, le vent est un peu changeant mais ne va pas vers le brocard. Je décide de rejoindre la petite vigne et la longer pour redescendre vers le fossé. J'avance doucement de rand en rang en surveillant le chevreuil qui remonte tranquillement dans le blé en direction du village de Roques. La vigne se termine et laisse place à une plantation d'arbres en friche, l'approche sera compliquée par là car les petits arbres ne me cacheront pas beaucoup. Je décide de tenter l'approche par la bordure du blé, je traverse rapidement la bande enherbée alors que le brocard a baissé la tête et a disparu dans le blé. Le vent est de plus en plus soutenu et la pluie commence à tomber. J'avance le plus rapidement possible, longeant le blé en stoppant et en me baissant à chaque fois que je brocard relève la tête. Il fait demi-tour et revient vers le fossé, j'arrive au bord de ce dernier, caché par une bande d'herbes épaisse qui le borde. Le chevreuil biaise vers le bois. Je tente de lui couper la route en avançant dans les herbes hautes mais je dois souvent stopper car il relève régulièrement la tête. Il avance assez vite et je ne vais pas avoir le temps de lui couper la route, je tente de presser le pas mais le brocard regarde vers moi, il a décelé quelque chose et fixe son regard dans ma direction. Je reste baissé dans les hautes herbes mais au bout d'un moment il démarre pour s'éloigner au trot, de cul le long de la bordure gauche du fossé. J'en profite pour prendre le pas de course et le suivre baissé dans les hautes herbes. Il stoppe pour regarder derrière lui et je me fige en me baissant dans la végétation. Il repart au trot et franchit le fossé un peu plus loin et le longe de cul, je m'élance à sa poursuite sur environ 50 mètres d'un pas rapide. Il me devance d'environ 50 mètres mais ralentit. Il continue son chemin d'un pas tranquille. Je tente de réduire la distance d'un pas rapide alors que la pluie et le fort vent couvrent le bruit de ma progression. Je stoppe dès qu'il stoppe et repart dès qu'il avance. Je réduis ainsi rapidement la distance qui nous sépare. J'arrive à moins de 15 mètres, il stoppe et regarde derrière lui. Je me fige et me baisse doucement. Il est de 3/4 arrière dans une zone dégagée. Il repart, j'arme et me redresse, j'aligne la visée en avant du cuissot alors qu'il avance d'un pas tranquille. Je décoche, touché, il fait un tour sur place puis part au galop vers le bois ou je le perds de vue alors qu'il arrive en lisière, à environ 100 mètres. Il pleut très fort et je crains que la piste de sang ne s'efface vite. Je décide d'attaquer immédiatement la recherche. Je pars chercher ma flèche que je retrouve plantée au sol. Elle a déjà été lavée par la pluie. Je la récupère et réencoche un flèche. La piste de sang est assez facile à suivre et le blé couché dans la fuite du chevreuil facilite encore le pistage. Alors que j'arrive doucement à quelques mètres de la lisière, j'aperçois une tâche rousse dans le fossé bordant le bois. C'est mon brocard, je ne vois pas la tête mais je vois distinctement ses flancs. Il n'est pas mort et respire encore, il est à 4 mètres de moi. J'hésite à le flécher mais je ne vois pas la zone vitale. Je décide d'attendre sans bouger mais le vent tourne et le brocard me sent. Il se redresse d'un bon en s'enfonce dans le bois très épais. Je n'ai pas le choix, je dois le laisser faire son hémorragie au risque que la pluie efface totalement la piste.

Il est 21 heures, il me reste une heure avant la nuit, je décide de repartir en chasse et de revenir dans une heure. Je remonte dans le blé le long de la haie qui le sépare du plantier de vigne et la traverse dès que je trouve un passage. Je longe le bois en bordure du plantier. Il pleut des trombes d'eau et je suis trempé. Je rejoins un passage dans la haie qui sépare les vignes de la luzerne un peu plus loin. Je m'avance dans la luzerne pour rejoindre le bout d'une pointe du bois qui s'avance dans la luzerne. Une tête de chevreuil surgit du blé pris entre la luzerne et la route. Il est à 200 mètres environ et impossible de dire s'il s'agit d'un mâle ou d'une femelle. Je tente une approche directe au travers de la luzerne détrempée qui m'arrive à mi-cuisse et m'entrave. Le chevreuil semble longer à 10 mètres de la bordure du blé mais je le perds brusquement de vue et impossible d'y remettre les yeux dessus. Je continue à descendre mais alors que je suis à mi-chemin du blé, une chevrette surgit de ce dernier à environ 150 mètres et fonce vers le petit bois au bord duquel je suis garé, un peu plus loin. Je remonte dans la luzerne puis longe la pointe de bois pour aller voir le coin du blé. Rien, je remonte pour longer la haie et revenir vers les blés que j'ai chassés en arrivant ce soir. La pluie diminue en intensité. En arrivant près du bout de la haie, je tombe sur une belle couche de chevreuil, j'avance doucement et arrive au bout de la haie. Une impression bizarre me fait stopper net. Une chevrette m'observe à 5 mètres, contre la haie côté blé. Nous nous observons un instant sous la pluie puis je décide de continuer et casse ce tête à tête, la chevrette démarre et fonce dans le blé. Je longe le blé en bordure de la luzerne jusqu'au départ de la haie qui redescend vers la route. Je marque une pause pour observer le secteur quand j'aperçois une tête de chevreuil qui dépasse du blé, à plus de 300 mètres, sur la droite d'un petit bosquet qui s'avance dans le blé au bout de chemin de terre qui redescend à ma voiture. Je décide de longer la haie pour descendre vers le bois et mettre le bosquet entre moi et le chevreuil pour tenter de m'approcher sans être vu. Une fois caché, je descends dans le blé pour rejoindre la bordure du bosquet mais une chevrette se lève dans les céréales à environ 100 mètres devant moi. Elle détale en aboyant et fonce vers le bosquet au bout duquel se trouvait l'autre chevreuil. Mes chances d'approcher discrètement sont compromises. Je rejoins tout de même le bosquet et le contourne par la gauche, par un passage entre le bois et le bosquet. Je remonte ensuite le long du bosquet et tombe sur la chevrette dans le blé. Elle regarde vers moi puis détale. Je remonte doucement au bout du bosquet sans y croire mais le chevreuil a disparu.

La luminosité baisse, il est temps de tenter de retrouver mon brocard. Je repars vers le blé au travers des vignes. Du haut de la parcelle, j'aperçois un chevreuil au gagnage dans les céréales sur la gauche de la parcelle près de la route. Il est à plusieurs centaines de mètres et je ne sais pas s'il s'agit d'un mâle ou d'une femelle. Je décide de tenter l'approche. Il se dirige vers la plantation d'arbres, je descends le long de la vigne. Arrivé au coin de cette dernière, j'observe un peu le chevreuil qui avance toujours tranquillement en mangeant. Il est calme, je presse le pas pour rejoindre un petit arbre dans la friche. Je n'ai pas été repéré, j'avance ainsi d'arbre en arbre, restant immobile dès que le chevreuil relève la tête. Il n'est maintenant plus qu'à 150 mètres, à sa carrure, c'est sûr qu'il ne s'agit pas d'un beau brocard. Je décide de laisser tomber et rejoins le fossé qui borde le blé. Le chevreuil relève la tête et me regarde m'éloigner. Je retourne au bord du bois où s'était couché le brocard. Il reste juste un peu de sang délavé au fond de sa couche. Je descends dans le fossé et rentre dans le bois très dense par une coulée en tunnel qui s'enfonce dans les ronces au milieu des petits frênes très denses. J'allume ma frontale pour tenter de trouver du sang. J'aperçois un petit frotté de sang lessivé sur un arbuste. Le sous-bois est parcouru de très nombreuses coulées en tunnel qui se croisent dans la végétation. Je progresse très lentement à 4 pattes avec mon arc tout en cherchant les traces de sang. Je dois souvent contrôler plusieurs coulées sur quelques mètres pour trouver un nouvel indice. Le sang est souvent très difficile à voir car la pluie l'a partiellement ou presque totalement lavé. Un peu de végétation couchée, une branche cassée, une empreinte au sol... M'aident parfois un peu à prendre la bonne direction. Après environ 30 minutes de recherche où je n'ai pas fait plus de 35 mètres, la nuit s'est installée et une respiration très forte se fait entendre. J'éclaire autour de moi quand j'aperçois 2 yeux qui brillent dans l'obscurité, dans le faisceau de ma lampe. Mon chevreuil est couché à environ 10 mètres au milieu des arbustes. Je peine à le distinguer et je n'ai aucune fenêtre de tir. J'attends un instant sans bouger, il regarde vers moi et reste immobile, je décide de tenter de me rapprocher un peu. Sur ma gauche une petite zone plus dégagée de quelques mètres carrés pourra me permettre de me relever. J'avance tout doucement au travers des branches. Le chevreuil n'a pas bougé et respire toujours difficilement. Je me redresse doucement, je vois le chevreuil plus distinctement mais les branches encombrent ma trajectoire de tir. J'attends un peu, le chevreuil ne semble pas vouloir bouger. Je commence à casser doucement quelques branchettes devant moi. Je fais une pause de quelques secondes entre chacune. Le brocard ne bouge toujours pas, branche après branche, je finis par dégager une petite fenêtre de tir de 15 cm par 15 cm qui le donne accès à sa zone vitale. J'arme doucement mon arc et aligne ma visée sur son défaut d'épaule. La lueur de ma frontale projette l'ombre de mon arc sur le chevreuil et je peine un peu à bien ajuster ma visée avant de décocher. Un impact retentit mais impossible de voir ma flèche et le chevreuil n'a pas réagi. Je réencoche mais après quelques seconde il tend le museau au ciel, se raidit et sa tête retombe doucement au sol puis Il se met à se débattre coincé dans les arbustes. Je pose mon arc et le rejoins rapidement pour m'en saisir aux cas où il trouverait la force de repartir mais il s'immobilise rapidement. Je dégage ma flèche qui est pile au défaut de l'épaule. Je suis soulagé, cette année est vraiment particulière, c'est le 3ième animal à la suite qui nécessite une flèche d'achèvement. Ma première flèche était un peu trop en arrière, elle casse l'os du cuissot et ressort derrière le foie. J'appose le bracelet et lui rends les honneurs avant de ressortir du bois. Je suis trempé, il est temps de rentrer, j'attache les 4 pattes et charge mon chevreuil sur mon épaule pour le ramener près de la route avant de partir chercher ma voiture par la route pour revenir faire quelques photos souvenirs avant de rentrer.

Une belle approche sous l'orage, 17 juin 2021

Alex

Partager cet article

Repost0
2 juin 2021 3 02 /06 /juin /2021 05:56

Aujourd'hui, c'est l'ouverture mais aussi ma première sortie au grand gibier avec mon V3 31. Comme chaque année, je n'ai pas fait de repérage sur le terrain et ce soir en sortant du boulot je pars chercher mes bracelets chez le président de la chasse de Justian avant d'aller faire un tour à la chasse. Il pleut des cordes et d'après la météo le temps ne va pas s'arranger avant la nuit mais alors que je passe Biran, le soleil fait son apparition et illumine le paysage détrempé. Alors que j'arrive bientôt à Vic Fezensac, vers 18h15, je repère une tache rousse à 100 mètres en contrebas, sur la droite de la route. C'est une chevrette au gagnage sur une bande enherbée broyée qui sépare 2 parcelles de blé. Arrivé chez le président de la chasse, il ne pleut presque pas, juste quelques gouttes éparses, j'espère que ce temps va durer. Je récupère mes bracelets et discute un peu avant de reprendre ma voiture pour aller chasser le long du chemin blanc qui relie Justian à Roques. Je me gare dans les herbes hautes, au bord de ce dernier, au coin d'un champ d'avoine et me prépare tranquillement. Le vent est tournant mais semble plus régulièrement souffler dans mon dos, je décide de remonter le chemin blanc pour chasser en revenant à bon vent. Je laisse mon appareil photo à la voiture à cause du risque de pluie et commence à longer tranquillement le chemin. Sur ma gauche une grande friche s'étend sur plus de 100 mètres de large jusqu'à une haie épaisse en face de la parcelle d'avoine j'observe alternativement les 2 côtés du chemin et arrive à un 4 chemin. Celui de gauche part vers l'Osse alors que celui à ma droite remonte dans la colline. Je fais une pause pour observer le secteur quand je repère à plus de 250 mètres, une tache rousse au milieu d'une parcelle de fèveroles sur ma droite. Elle est prise entre une pente montante boisée sur sa gauche et un chemin longeant un ru sur sa droite. Ce dernier rejoint le chemin qui remonte dans la colline en bordant le bas des féveroles après un virage à angle droit sur la gauche. Pensant qu'il s'agit d'un chevreuil au gagnage, je décide de tenter une approche. Je dépasse le carrefour et avance suffisamment pour que le talus du champ de fèveroles et le bois qui les domine me cache aux yeux de l'animal. Au moment où je perds le chevreuil de vue, plusieurs avions de chasse me survolent dans un vacarme assourdissant et je crains qu'il n'aient fait fuir le chevreuil. Je décide de finir tout de même mon approche et remonte par un passage de tracteur qui remonte dans une grande parcelle de blé pour remonter vers les fèveroles. Sachant que je suis caché, je progresse le plus rapidement possible en essayant de ne pas faire trop de bruit et rejoint ainsi le talus qui borde le chemin de terre et remonte vers les fèveroles. Je le monte doucement et n'aperçois pas de chevreuil dans la culture en arrivant au sommet, je tente de m'avancer doucement dans les fèveroles pour rapidement m'apercevoir que j'approche en fait une touffe de végétation sèche.

Je fais donc demi-tour et reviens vers le chemin blanc pour continuer à le suivre. Les parcelles au bord de l'Osse semblent semées de frais et donc peu adaptées à l'approche. Un peu plus loin un passage, dans la haie épaisse qui borde le chemin, me permet de jeter un petit coup d’œil sur une petite prairie prise entre des haies. Je décide d'aller faire un tour rapide vers l'Ose pour voir l'état des parcelles cachées par les haies. Je m'avance tranquillement sur le passage de tracteur qui longe la haie de gauche tout en surveillant la petite prairie. Un peu plus loin, un passage, entre le départ d'un bosquet qui fait suite à la haie que je longe et la haie qui ferme la petite prairie, me permet d'accéder à la prairie suivante qui est un peu plus vaste. J'avance tranquillement quand une tâche sombre à 4 mètres sur ma droite me fait stopper net. C'est une chevrette, elle regarde en arrière et reste statufiée, je bouge un peu mais elle ne réagit toujours pas, je décide de poursuivre. Je reviendrai tout à l'heure voir si elle est toujours là. Alors que j'arrive près de la haie qui délimite la prairie, un brocard surgit des herbes hautes, à environ 15 mètres de moi et fonce en longeant la haie. Sur son passage, il dérange une chevrette qui démarre à son tour et fonce sur moi pour bifurquer au dernier moment sur ma droite en m'apercevant et retourner vers le centre de la prairie.  Le brocard a stoppé à environ 80 mètres et a disparu dans les herbes hautes. Je tente une approche, mais alors que j'arrive là où je l'ai perdu de vue, impossible de le retrouver. Je fais demi-tour et reprends ma progression vers l'Osse. Les autres parcelles sont soit des prairies fauchées soit des semés de tournesol non levés. Je retourne vers le chemin blanc, la première chevrette vue a disparu, je craignais qu'elle n'ait un problème de santé. De retour sur le chemin blanc, le vent semble se stabiliser dans mon dos en direction de Roques. Je décide donc d'avancer un moment pour revenir en chassant par les coteaux avec le vent de face. La haie qui borde la gauche du chemin s'ouvre sur une prairie fauchée alors que je longe toujours le blé sur ma droite. Un peu plus loin, une haie descendant du coteau de droite sépare le blé d'un champ semé pris entre le bois des Arrauques et le chemin blanc. J'aperçois une petite boule sombre au bord du bois à environ 200 mètres. Un coup d’œil derrière la haie qui se poursuit vers l'Osse sur ma gauche, entre la prairie fauchée et un semé. Rien, je progresse tranquillement sur le chemin et identifie vite la boule sombre, c'est un lièvre.

Après le bois sur ma droite, le paysage s'ouvre sur un immense champ de poids qui couvre tout le penchant jusqu'en crête. Sur ma gauche une friche ponctuée de grosse flaques d'eau ou je cherche à repérer un animal sans succès. Je passe une nouvelle haie qui borde un petit ru qui longe la parcelle de poids pour rejoindre l'Osse. Je décide de prendre à droite pour remonter en la longeant, sur la bande enherbée qui la sépare d’une parcelle de blé. J'avance doucement dans les herbes hautes au bord des céréales quand j'aperçois le dos d'un chevreuil à environ 50 mètres, entre le blé et une parcelle de vigne. Le vent souffle sur ma droite vers le blé, le chevreuil ne devrait pas me sentir tant que je n'avance pas à son aplomb. J'avance lentement voûté quand l'animal redresse la tête, c'est un petit brocard. Je me baisse derrière le blé en attendant qu'il baisse la tête puis reprends mon approche, j'arrive sans difficulté à environ 10 mètres du brocard qui broute tranquillement. J'arme doucement mon arc mais touche involontairement mon repose flèche qui se rabat et libère ma flèche qui tombe et touche mon arc avec un petit tintement. Je me jette au sol et remet ma flèche en relevant mon repose flèche. Le chevreuil a redressé la tête et regarde vers moi sans vraiment me voir. Un merle commence à lancer des cris d'alerte dans mon dos, dans la haie. Le chevreuil devient inquiet et hume l'air puis regarde autour de lui avant de commencer à s'éloigner d'un pas saccadé. Il me tourne le dos, j'arme mon arc et me redresse pour aligner la visée. Il stoppe et pivote plein travers pour regarder vers moi, ma visée est posée, je décoche. L'impact retentit mais le chevreuil a démarré juste avant l'impact. Il rentre de quelques mètres dans le blé et fonce dans le premier passage de canon pour remonter de cul, en aboyant, vers le somment du champ. Sa course semble difficile comme si ses antérieurs peinaient à le porter. Je le perds vite de vue derrière la crête du champ, le fait qu'il aboie ainsi sans peine me fait penser que je n'ai pas touché les poumons. Le temps étant incertain, je crains que la pluie n’efface la piste, je décide donc de la suivre tranquillement. Je pars chercher ma flèche que je trouve sans difficulté, elle est plantée au sol et porte un peu de sang. Je la remets au carquois, réencoche une flèche et m'avance dans le blé à la recherche du premier sang que je trouve rapidement.

Prise en main du V3 31, 1 juin 2021

La piste est bien fournie et suit le passage de la roue du tracteur, je la suis sans grande difficulté.

Prise en main du V3 31, 1 juin 2021
Prise en main du V3 31, 1 juin 2021
Prise en main du V3 31, 1 juin 2021
Prise en main du V3 31, 1 juin 2021
Prise en main du V3 31, 1 juin 2021

Un peu après la crête du champ le chevreuil a dû marquer un arrêt car je trouve une belle reposée debout.

Prise en main du V3 31, 1 juin 2021

Environ 20 mètres plus loin, la trace de sang prend au gauche dans le blé. Je m'avance doucement dans le passage de tracteur quand j'aperçois mon chevreuil couché en boule, de 3/4 arrière à environ 3 mètres de moi dans le blé en bordure du passage. J'arme doucement vise au niveau des épaules et décoche. Je  ne sais pas si je l'ai touché mais il se redresse d'un bon et  fonce par le passage de tracteur vers la bordure du champ avant de prendre à gauche pour s'immobiliser à environ 60 mètres, plein travers dans le blé. Je l'observe sans bouger, après quelques secondes, il se couche. Je vais récupérer ma flèche plantée au sol dans le blé et remarque une tâche de sang un peu éloignée de la couche.

Prise en main du V3 31, 1 juin 2021

Ma flèche est peu marquée par le sang. Je décide de retenter l'approche en suivant le sang et arrive dans difficulté à quelques mètres du chevreuil qui n'est toujours pas mort. Il respire péniblement et je décide d'attendre un peu. Il se couche rapidement sur le flanc. Je pose mon arc pour finir de l'approcher et le saisir par les bois pour en finir. Ma première flèche est trop basse elle semble rentrer au cœur mais passe devant ce dernier et ressort dans les muscles de la patte avant opposée. La seconde rentre dans l'épaule et ressort à la base du cou. J'appause mon bracelet et rends les honneurs avant de sortir le chevreuil du blé pour faire quelques photos souvenirs.

Prise en main du V3 31, 1 juin 2021

Je le ramène à ma voiture où je le vide avant de le charger dans ma caisse à gibier. Il reste encore un peu plus d'une heure de jour, je décide de repartir en chasse. Je retourne vers les féveroles. Cette fois, je longe la parcelle par la droite, le long du ru bordé par une haie qui le sépare d'une grande parcelle d'avoine. J'avance doucement en surveillant la culture et arrive à un fossé bordé de bandes enherbées non fauchées de part et d'autre et qui sépare la parcelle de féveroles d'une autre en U qui entoure une colline au sommet boisé. Je commence par suivre les fèveroles par le bord du ru jusqu'à la route à quelques centaines de mètres sans rien voir puis fais demi-tour pour longer la droite du fossé qui sépare les 2 parcelles de fèveroles. J'avance doucement en surveillant autant la prairie à ma gauche que la bande enherbée et les fèveroles. Rien en vue, je passe sous la clôture électrique qui me sépare de la prairie à ma gauche et traverse cette dernière pour rejoindre un passage dans la haie qui la sépare d'une parcelle de blé. Rien en vue non plus dans les céréales, par les passages de gibiers et de tracteur, je remonte jusqu'aux vignes, un peu plus haut. Toujours rien, le secteur est très découvert, autour des vignes, des prairies fauchées et des semés de tournesol à peine levés. Contre les vignes, une petite parcelle de blé bordée sur sa droite par une haie. Je la longe doucement mais toujours rien, je décide de revenir vers le chemin de terre qui redescend vers le chemin blanc. 

Alors que je sors du le blé, je longe le pied d'un petit talus en direction d'une parcelle de vigne bordant le chemin quand j'aperçois un brocard aux bois très foncés, au gagnage entre les rangs de vigne. La luminosité commence à baisser, j'avance doucement en stoppant à chaque fois qu'il relève la tête. Le talus est de moins en moins haut et je dois me baisser de plus en plus quand la végétation craque sous mes pas. Le brocard relève brusquement la tête et regarde vers moi. Je reste un moment immobile et il finit par reprendre son repas. J'attends un peu sans bouger puis le voyant calme, je reprends ma progression mais je refais du bruit un peu plus loin et il relève à nouveau la tête, me condamnant à une immobilité parfaite pendant un instant. Il finit par reprendre son repas mais alors qu'il venait vers le blé, il se retourne pour brouter en partant vers le chemin. Je finis mon approche à genoux jusqu'au bout du talus, en face du coin de la vigne. Le brocard broute la vigne, tête haute dans les feuillages, à environ 60 mètres de moi. Je tente ma chance et en profite pour avancer rapidement sur les 30 mètres de découvert qui me séparent de la vigne et me cale au bout d'un rang à genoux. Je tente d'apercevoir le brocard par en dessous du feuillage mais je peine à le voir. Je tente de me décaler un peu sur ma droite mais le brocard démarre en aboyant et fonce vers la bande de blé de l'autre côté du chemin. Je cours jusqu'au coin de la vigne, il a stoppé dans le blé et regarde vers moi un instant avant de foncer à grands bons vers le bois en aboyant. Il fera bientôt nuit, je décide de redescendre vers ma voiture. En arrivant dans le virage du chemin entre le blé à ma droite et l'avoine à ma gauche, je me fais surprendre par un renard qui démarre sur la bande enherbée broyée coté blé et fonce dans l'avoine. Je continue vers ma voiture quand je jette un coup d’œil en arrière. Une silhouette sombre se promène dans la prairie fauchée, au-dessus du blé à environ 300 mètres et s'avance vers le chemin. Je remonte au pas de course par le chemin pour ralentir en arrivant près de la haie qui borde la prairie fauchée en bordure du chemin. Je monte doucement et aperçois, entre les arbustes épars, un renard qui mulote à environ 80 mètres dans la prairie fauchée en venant vers le chemin. Je remonte un peu plus pour me positionner dans une trouée de la haie. Le renard vient plus ou moins vers moi, je l'appelle avec des cris de souris et il fonce tout de suite vers moi. J'arme mon arc et continue à appeler, il arrive à environ 15 mètres et ralentit alors que je le suis dans mon viseur. Il stoppe à environ 12 mètres, je cale ma visée sur son poitrail et décoche mais ma flèche ricoche sur sa tête. Il démarre sur ma gauche en gueulant et je le perds vite de vue derrière la haie. Je m'avance rapidement mais il a disparu. Je pars cherche ma flèche qui ne porte pas de trace de sang ni de poils. Je cherche un instant sur la direction de fuite sans trouver d'indice. Je m'apercevrais à l'entrainement que mes lame mécaniques de 100 grains groupent plus haut que mes Exodus de 150 grains ce qui explique ce tir trop haut, j'aurais dû tirer avec une Exodus. La nuit s'installe, je rentre.

 

Alex

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
  • Contact

AVERTISSEMENT A MES LECTEURS

Bonjour,

Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

Bonne visite, Alex

Réponses à mes détracteurs :

https://www.chasse-a-l-arc-dans-le-gers.com/pages/MESSAGES_PERSONNELS_ET_REPONSES-8657563.html

LA RECHERCHE AU SANG

Cliquez sur la photo

 

QUELQUES BLOGS DE CHASSE A L'ARC

 

 

BONNES ADRESSES CHASSE

https://www.facebook.com/pyreneeschassesapproches
Cliquez sur l'image
Cliquez sur l'image

 

FOURNISSEURS

Cliquez sur l'image

 

Cliquez sur l'image
Cliquez sur l'image
Cliquez sur l'image
Cliquez sur l'image
Cliquez sur l'image

 

 MATERIEL :

 

 

GRANDS GIBIERS HORS FRANCE METROPOLITAINE

ARGENTINE

 

Buffle murrah
Guanaco

 

ESPAGNE

 

Chèvre de Majorque hybridée
Chèvre sauvage
Mouflon à manchette

GUYANE

 

Pécari à collier
Capibara
Caïman rouge
Caïmans gris

 

Québec

 

Ours noir

 

Ile Maurice

 

Cerf rusa
Cochon marron

 

GRAND CHELEM FRANCAIS

Cerf élaphe
Chevreuil
Mouflon
Chamois
Isard
Sanglier
Blaireau
Renard

 

Répartition des prélèvements grands gibiers

AUTRES PRELEVEMENTS :

Répartition des prélèvements petits gibiers
Ragondin albinos
Ragondin
Rat musqué

Lièvre
Lapin de garenne
Martre
Putois
Vison d'Amérique
Faisan commun
Canard colvert
Foulque macroule
Bécasse

 

Guyane

 

Iguane vert
Tourterelle rouviolette
Hocco alector

 

Singe hurleur
Aymara

 

Argentine

 

Lièvre
Renard gris
Tinamou élégant

 

Québec

 

Tétras du Canada
Gélinotte huppée
Bernache du Canada