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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 18:17

En ce matin de Noël, je décide d'aller chasser à l'approche du côté de Justian car j'ai encore un bracelet qu'il me faut fermer. J'arrive près du vieux moulin dans un virage de l'Osse et me gare. Il ne fait pas encore jour et je patiente un peu en me faisant mentalement l'itinéraire de ma chasse. Aux premières lueurs du jour, je quitte ma voiture et pars en longeant un chemin de terre qui longe sous une friche puis bifurque à 90 ° en sous-bois. La campagne gersoise a revêtu son manteau de givre blanc et il fait un bon froid sec qui fait craquer le sol sous mes pas. Pas de chevreuil ce matin, en ressortant du bois, le chemin longe une friche sur la gauche et une haie épaisse sur la droite qui surplombe un champ travaillé au bord de l'Osse. Toujours rien. Un peu plus loin, un lapin assis au milieu du chemin me laisse un peu avancer avant de disparaître dans la haie, un peu plus loin 2 autres lapins se coursent en tournant  en rond au pied d'une petite haie qui couvre un talus dans le champ de gauche.

Le chemin se termine sur un second chemin qui remonte de l'Osse pour contourner une belle bâtisse pour déboucher en crête des collines couverte d'un chaume de blé. A plus de 200 mètres, dans la friche d'en face, j'aperçois un chevreuil solitaire qui vient de sortir des épines et qui m'a certainement repéré car il reste un long moment immobile. J'en fais de même puis tente de me rapprocher alors que le petit cervidé s'avance en broutant mais, à découvert, je suis vite repéré et il retourne à couvert dans les épines. Je redescends puis remonte vers la friche à travers une bande d'épines criblée de terriers de lapins et de blaireaux. Je débouche dans la friche parsemée d'îlot boisés et de zones d'épines noires. Je me cale dans une zone que je juge propice pour effectuer un tir et tente quelques appels de Butollo. Rien ne vient, je vais parcourir cette friche en essayant plusieurs fois d'appeler mais pas le moindre chevreuil. Je finis par tomber dans le jardin d'une habitation isolée et descends un talus boisée pour rattraper le fond de la grande friche herbeuse que je longeais ce matin.

Un animal démarre alors que je suis encore dans le bois, au milieu d'une zone herbeuse dégagée et il me semble reconnaître un chevreuil au démarrage. Je m'immobilise et tente des appels mais je ne suis pas à bon vent et l'animal ralentit mais continue à s'éloigner. Je sors sur la friche et longe un chemin de terre au bord d'une bande étroite de bois sur ma droite en direction d'une culture à gibier qui se termine contre la route de crête. Tout à coup, j'aperçois un mouvement furtif du coin de l'œil dans la culture à gibier. C'est un chevreuil, il est à 150 mètres environ et semble paisible. Je me serre contre les arbres et observe un peu. Un vol de chardonnerets se lève sur la culture avec un bruit d'aile spectaculaire, tournoie un instant puis se repose avant de s'envoler à nouveau et se reposer un peu plus loin. Ce bruit dans le calme du matin givré est extraordinaire. Il mange tranquillement, je tente une approche dans les hautes herbes et gagne facilement 30 mètres sans être repéré puis le chevreuil s'avance sur le chemin de terre. Comme pris par un moment de folie, il sautille sur place puis prends un instant le trop en venant vers moi par le chemin avant de s'arrêter pour manger quelques gland. Je décide de m'avancer encore un peu et de me poster à genoux en embuscade derrière une grosse touffe d'herbes sèches à quelques mètres du bord du chemin. J'observe la chevrette qui vient doucement vers moi en glanant quelques glands au milieu du chemin. Les chardonnerets font toujours leur ballet aérien bruyant et tout à coup la chevrette s'avance décidée et biaise vers la bande de bois, s'arrête à l'entrée d'une grosse coulée puis rentre à couvert. J'attends un peu au cas où elle ressortirait puis rejoins la bordure du bois et la longe doucement en direction de la coulée. Alors que je me rapproche de l'endroit où j'ai vu disparaître la chevrette, je redouble d'attention mais impossible de poser les yeux sur l'animal. Arrivé au pied de la coulée, je la remonte un peu mais la chevrette a disparu. Je me cale et tente quelques appels de Butollo mais rien ne vient. Je ressors du bois et poursuis mon chemin pour traverser la route et de crête.

Arrêté au coin du bois qui redescend dans la combe, je scrute le paysage à la recherche d'un chevreuil mais l'endroit semble calme quand, tout à coup, un coq faisan obscur décolle juste à ma droite dans le bois et me fait sursauter. Il file vers le bas du bois et j'en fais de même. Arrivé au coin inférieur du massif, je rentre en sous-bois par une grosse coulée et me positionne pour commencer mes appels. Une bande de corbeaux intriguée tourne au-dessus de moi et se pose à la cime des arbres avant de me repérer et de s'éloigner. Pas de chevreuil mais j'insiste un moment quand une impression bizarre me fait me retourner. 2 chevrettes se sont figées à 35 ou 40 mètres dans le semé de blé derrière moi. Elles écoutent et tente de localiser les appels mais alors que je me retourne doucement pour reprendre mes appels, elles continuent leur chemin pour remonter vers la route de crête et je les perds de vue. Mes appels n'y feront rien, elles ne reviendront pas.

Je quitte mon poste et remonte vers la crête suivante, traverse la route et me dirige vers le bois qui démarre de la crête suivante. Arrivé en bordure du bois, je me cale et tente quelques appels mais rien ne vient, je me décale de 150 mètres environ sur ma gauche puis rentre un peu dans le bois pour me poster et recommencer mes appels mais toujours rien. Je suis une grosse coulée qui passe au milieu de terriers de blaireaux et ressort sur un labouré en traversant une zone de haute herbes ponctuée de genévriers et de quelques chênes épars. Je traverse le labouré en direction des vignes puis longe en bordure de la première vigne pour rejoindre un chemin de terre qui revient vers la route. Une masse m'interpelle dans la vigne de l'autre côté du chemin à 200 mètres environ. Je me fige et observe un instant en essayant de me persuader qu'il s'agit d'un chevreuil quand 2 chevreuils traversent le rang de vigne en broutant tranquillement.

Je me mets rapidement à couvert derrière la haie qui borde le chemin sans être repéré puis la longe un peu pour traverser le chemin de terre et rejoindre le bord de la vigne, plusieurs rangs avant celui où j'ai aperçu les chevreuils.

J'avance très lentement, voûté en suivant le bord de la vigne et regardant dans les rangs pour tenter de retrouver les chevreuils. Ils ont bougé, je les retrouve répartis entre l'avant dernier rang et une haie de genets, ils broutent paisiblement. Je me cale à genoux au bout de l'avant dernier rang et observe un peu.

Le Noel de Mon HOYT CARBONNE ELEMENT, 25 décembre 2011

Ils ne semblent pas décidés à revenir vers moi et une approche dans la vigne sans feuille est un peu risquée. Je décide de tenter le Butollo, aux premiers appels les chevreuils réagissent et se séparent en 2 groupes, ils sont en fait 5. 3 traversent sous les fils de fer des rangs de vigne et rattrapent  le 4ième rang pour le longer dans ma direction alors que 2 autres chevreuils arrivent en longeant le rang au bout duquel je me trouve. Il me faut faire un choix pour me positionner.

Je refais une petite série d'appels, les 3 chevreuils qui arrivent par ma droite prennent de l'avance et je décide de jeter mon dévolu sur eux. Je pivote doucement sur mes genoux, accroche mon décocheur alors que les chevreuils sont arrêtés à 40 mètres environ. Je relance quelques appels timides, la chevrette de tête arrive d'un pas décidé, je pose mon Butollo et arme mon arc, elle ralentit puis s'arrête dans une belle fenêtre de tir entre les souches de vigne. Mon viseur qui la suivait se cale derrière son épaule. Je décoche et voit nettement ma flèche traverser le chevreuil avec un impact sourd.

Le Noel de Mon HOYT CARBONNE ELEMENT, 25 décembre 2011

La chevrette démarre en trombe mais ralentit presque aussitôt, et traverse au pas le chemin de terre un peu encaissé à cet endroit pour remonter dans la vigne suivante où elle s'arrête un instant en faisant le dos rond. Il me semble voir des intestins pendre sur le flanc opposé à l'entrée de la flèche. Dans l'action, je voyais mon tir plus plein travers mais je viens en fait de faire une flèche presque 3/4 face. Les lignes droites des rangs de vigne m'ont induit en erreur. Le sang coule tout de même abondamment de l'entrée de la flèche et je ne pense pas avoir à faire une trop longue recherche. Je reste immobile et attends le dénouement.

De petits piaulements attirent mon attention dans la vigne, je me penche doucement sur la gauche et aperçois 2 petits brocards qui viennent vers moi en longeant la gauche du rang de vigne au bout duquel je me trouve. Je sais que le président de la chasse me vendra un second bracelet si nécessaire et je décide de tenter une flèche sur l'un d'eux. Je recommence à émettre de petits appels étouffés en réponse à leurs légers piaulements. Les chevreuils se rapprochent doucement attirés par les appels mais restent de face collés au rang de vigne, ne me laissant pas de possibilité de tir sauf en me montrant à découvert. Ils sont à 20 mètres et brusquement bifurquent pour me présenter un joli travers mais ils sont un peu loin et l'armement est délicat. Je les laisse faire un instant.

Ils passent sous le fil de fer du rang de vigne puis se rapprochent encore par le labouré et je reprends mes petits appels brefs et discrets auxquels ils répondent. 15 mètres, je tente d'armer mon arc alors que leur attention baisse mais l'un d'eux repère le mouvement et démarre brusquement sur quelques mètres puis se retourne inquiet et regarde vers moi. Son collègue inquiet le rejoint. Je désarme et tente des appels mais ils s'éloignent de plus en plus et tentent de me prendre au vent. La partie est perdue, je me redresse ce qui les fait détaler vers le village.

Je pars chercher ma flèche en longeant les rangs l'un après l'autre. Je la retrouve assez facilement, elle est posée au sol, peu marquée par le sang mais a été brisée par l'impact.

Le Noel de Mon HOYT CARBONNE ELEMENT, 25 décembre 2011

Je la récupère puis commence à chercher les premières gouttes de sang. Je les trouve à la remontée du talus du chemin de terre.

Le Noel de Mon HOYT CARBONNE ELEMENT, 25 décembre 2011

Le sang devient dès lors très abondant,

Le Noel de Mon HOYT CARBONNE ELEMENT, 25 décembre 2011

je le suis facilement et rentre dans la vigne où je trouve beaucoup de sang et des caillots à l'endroit où la chevrette s'est arrêtée.

Le Noel de Mon HOYT CARBONNE ELEMENT, 25 décembre 2011

La piste biaise ensuite en passant sous les lignes de fils de fer des rangs de vigne et il me faut faire un peu de gymnastique pour la suivre. Les gouttes de sang me mènent sur une bande enherbée qui sépare la vigne d'une autre parcelle puis la piste rentre dans la seconde vigne avant de bifurquer à 90 ° pour passer à nouveau à 90° des rangs. Je finis par arriver au bord du grand labour que j'ai traversé pour venir, j'ai déjà parcouru 150 mètres environ et je suis à 200 mètres du bois. Le sang est toujours abondant mais je commence à douter de l'efficacité de ma flèche. Je cherche mon chevreuil du regard au milieu des mottes de terre mais impossible d'y poser les yeux dessus, il a dû rejoindre le bois ! Je me remets à suivre le sang, la piste se suit toujours assez facilement, les gouttes sont grosses et assez régulièrement laissées.

Le Noel de Mon HOYT CARBONNE ELEMENT, 25 décembre 2011

Je fais encore plus de 150 mètres à travers le labour.

J'avance encore un peu et tombe sur un fossé où je perds un court instant la piste qui ne remonte pas tout à fait en face de la descente. De goutte en goutte, je finis par arriver au bord du bois, je me retourne et constate que l'endroit du tir est déjà loin. 

Le Noel de Mon HOYT CARBONNE ELEMENT, 25 décembre 2011

Je trouve une couche pleine de sang à quelques mètres du bord du bois, dans les hautes herbes, au pied d'un genévrier.

Le Noel de Mon HOYT CARBONNE ELEMENT, 25 décembre 2011

Les herbes sèches sont bien marquées ensuite sur quelques mètres.

Le Noel de Mon HOYT CARBONNE ELEMENT, 25 décembre 2011

Un grelot tinte dans le bois et se rapproche, un chasseur arrive vers moi, j'espère qu'il n'a pas déranger mon chevreuil. Mon téléphone sonne, c'est le président de la chasse, ma voiture a été vue et il vient aux nouvelles. Je lui explique la situation puis nous interrompons la conversation alors qu'un épagneul arrive sur moi. Il se plante et aboie sur moi alors que son propriétaire arrive, c'est un des chasseurs de la commune. Nous discutons un peu et alors que je lui explique que je cherche un chevreuil, il m'informe qu'il vient d'en lever un 40 à 50 mètres plus dans le bois. Il me conduit sur place mais je ne trouve pas de sang. Pour lui, ce chevreuil n'était pas blessé et il m'indique approximativement la direction de fuite mais je suis passé là tout à l'heure et il n'y avait pas de chevreuil, je crains qu'il s'agisse du mien. En revenant au dernier sang, le chasseur m'indique des traces de sang que je n'avais pas vu. Il quitte le bois et je reprends ma recherche qui me conduit droit sur une autre couche pleine de sang près de l'endroit où le chevreuil a été levé. A partir de là le sang s'interrompt brusquement et impossible de le retrouver malgré mes nombreuses tentatives. Je décide d'appeler le conducteur de chien de sang quand mon téléphone sonne à nouveau. Un des piqueurs de la commune vient aux nouvelles et décide de venir avec un chien qui fait bien le sang. Je l'attends en essayant de trouver du sang quand le bécassier revient par le bas du bois. L'épagneul semble lancer quelque chose dans les épais puis rejoint son maître avant que tous 2 ne s'éloignent.

La tournure des évènements ne me plait pas. Serge finit par arriver avec Francis et 2 teckels, nous laissons chercher les chiens un moment quand, tout à coup, ils finissent par lancer. Je cours et sors sur le bas du bois. J'aperçois un chevreuil passer à travers bois et pense que tout est finit quand les cris plaintifs d'un chevreuil se font entendre. Je me précipite. Les teckels tiennent mon chevreuil qui est à bout de force, un par une patte arrière et l'autre à la gorge. Je pose mon arc et saisis rapidement le chevreuil pour mettre fin à son calvaire. Ma flèche que je sentais bien à la décoche est bien rentrée où je visais mais le chevreuil était en fait presque en 3/4 face, elle ressort sous le ventre puis traverse le bas du cuissot au-dessus du genou. La panse sort par le trou de sortie. Seul le foie est touché. Ce n'est pas ce que j'appelle une belle flèche, le chevreuil a parcouru au moins 500 mètres, mais heureusement elle se termine bien, c'est le premier chevreuil de mon Hoyt Carbonne Element.

Le Noel de Mon HOYT CARBONNE ELEMENT, 25 décembre 2011

Alex

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 11:44

Ce matin, c'est moi qui vais chasser le bois du Turc, je dépose Laurent à la digue du grand lac à la nuit noire, il va rejoindre son tree stand installé la veille sur la lisière du bois qui borde le chaume de maïs. Je retourne ensuite vers ma zone de chasse et me gare en attendant que le jour se lève. Alors que la luminosité croit doucement, je me prépare et pars en longeant la route pour tenter d'apercevoir les chevreuils qui broutent souvent à cette heure matinale dans les prés en face du bois du Turc, sur ma droite. Les prés sont plus hauts que la route et bordés par une haie. J'avance doucement en longeant ce talus mais les chevreuils ne semblent pas être là ce matin.

La haie s'interrompt et je ne peux compter que sur le talus pour me cacher quand j'aperçois 2 chevreuils qui reviennent vers la route en biaisant pour la traverser à environ 40 mètres devant moi. 2 autres chevreuils sont entrain de brouter plus en retrait. Je me baisse le plus possible derrière le talus et avance le plus rapidement possible pour essayer d'intercepter les chevreuils, dont l'un est un beau brocard, avant qu'ils n'arrivent sur la route. Je gagne rapidement de la distance mais alors que je ne suis plus qu'à 20 mètres d'eux, je pose le pied sur une grosse feuille sèche qui craque sur le bitume. Je me fige aussitôt mais trop tard, les chevreuils ont levé la tête et regardent dans ma direction avec insistance avant de démarrer pour rejoindre les 2 autres à grands bons.

L'inquiétude gagne le groupe qui commence à fuir. J'attrape rapidement mon Butollo et commence mes appels. Immédiatement la chevrette de tête bifurque et fonce droit sur moi, suivie de ses congénères. La voyant venir au galop, je stoppe les appels et me prépare à armer mais elle stoppe net et regarde vers moi et finit par faire demi-tour. Je rattrape mon appeau et recommence à appeler, elle revient un peu puis se fige et cette fois redémarre en aboyant et prend le galop parallèlement à la route, à environ 40 mètres dans le pré. Habituellement, ils sautent au virage près des poubelles, je prends le pas de course pour tenter de les intercepter, je les observe tout en courant et les aperçois arrêter dans le pré. Je les dépasse et me poste dans le virage mais je ne les vois plus, ils ont compris et se sont volatilisés.

Je pars maintenant en longeant le bois du Turc mais j'aperçois trop tard un groupe de chevreuils à découvert qui me regardait arriver de loin et qui détale pour rentrer au bois. J'arrive au coin du bois, près du ruisseau sans rien voir de plus, je rentre un peu dans le bois et tente quelques appels mais rien ne bouge. Je passe le ruisseau et commence à longer le bas du bois quand j'aperçois une chevrette et ses 2 chevrillards au bord d'un fossé bordé de ronces. Encore une fois, ils m'ont vu avant que je ne leur pose les yeux dessus. J'essaie le Butollo mais ils s'avancent vers le bois et disparaissent derrière les ronces. Je m'avance doucement à leur rencontre et j'ai juste le temps de voir rentrer au bois le dernier chevrillard.

Je vais changer de technique, je rejoints un sentier forestier qui longe le bas du bois en lisière et m'arrête de temps à autre pour appeler au Butollo mais rien ne vient. Je rejoints la première allée du bois qui remonte vers la route. Je remonte doucement pour ne pas trop faire de bruit sur le tapis de feuilles mortes puis me poste sur la droite du chemin derrière quelques arbustes juste avant que le chemin ne redescende. Je jette un coup d'œil dans le bois puis commence à appeler en modulant les sonorités. Au bout d'un moment, les petits couinements d'une chevrette arrivant sur l'appeau et des bruits de pas dans les feuilles mortes se font entendre dans mon dos. Je me retourne doucement et aperçois une chevrette qui s'arrête derrière un arbre. Je continue mes appels pour tenter de la positionner dans une fenêtre de tir, elle avance au pas mais je n'arrive pas à la positionner comme je le voudrais quand j'aperçois une autre chevrette arrêtée, la tête derrière un tronc et le corps bien dégagé, plus proche que l'autre. Je laisse mon appeau et arme mon arc, la chevrette reste immobile, je prends mon temps pour viser et décoche, mais au moment du tir la chevrette démarre.

Une belle chevrette au bois du Turc, 01 novembre 2011

Un impact bien audible et la chevrette fait volte-face et s'enfuit avec 2 autres chevrettes en parallèle de l'allée et je les perds de vue au bout de 40 mètres environ. J'attends un moment puis vais chercher ma flèche et tenter de trouver les premiers indices. Ma flèche a glissé sous la mousse jusqu'à l'empennage qui porte des traces de sang.

Une belle chevrette au bois du Turc, 01 novembre 2011

Je récupère ma flèche dont le tube est couvert d'un liquide verdâtre, signe que j'ai certainement touché la panse. Près de ma flèche je trouve 2 gouttes de sang avec un peu de poil et une grosse goutte de contenu stomacal. Je décide d'attendre encore un peu avant d'attaquer la recherche.

Une belle chevrette au bois du Turc, 01 novembre 2011

J'attaque ma recherche et plante des bâtons à chaque fois que je trouve un indice, la piste n'est pas facile à suivre, il y a peu de sang et quelques gouttes de contenu stomacal. Je progresse difficilement nez au sol sur près de 30 mètres puis je perds la piste et commence à envisager une recherche au sang. Un chevreuil se met à aboyer sur place plus bas dans le bois. Je me redresse et analyse la trajectoire de fuite matérialisée par les bâtons. La direction est assez rectiligne, je me positionne près du dernier sang et tente de me mettre à la place de mon chevreuil puis m'avance sur la coulée que je pense la plus probable. 10 mètres plus loin, je retrouve une grosse goutte de sang et à partir de là la piste devient très facile à suivre, les grosses gouttes sont très rapprochées et je progresse debout très facilement.

Une belle chevrette au bois du Turc, 01 novembre 2011

La piste biaise maintenant vers l'intérieur du bois et saute un gros tronc couché au sol. Ma chevrette est là 20 mètres plus loin, elle n'a pas fait plus de 80 mètres. Ma flèche rentre basse 20 cm derrière l'épaule et ressort plus haute 30 cm derrière l'épaule opposée. Un peu d'intestin grêle sort part le trou de sortie.

Une belle chevrette au bois du Turc, 01 novembre 2011

Ma flèche traverse en fait en plein milieu du foie et touche l'entrée de la panse.

Une belle chevrette au bois du Turc, 01 novembre 2011

Alex

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25 septembre 2011 7 25 /09 /septembre /2011 04:30

Ce soir, nous avons décidé d'aller chasser avec Manu le chevreuil sur Labéjan. Le territoire est grand et nous chasserons à l'approche chacun de notre côté. Nous partons de chez moi vers 18 heures, il a plu ce matin et nous pensons voir sortir les chevreuils de bonne heure. En route, en longeant le bas du bois du Turc, j'aperçois un chevrillard seul au gagnage au bord d'un maïs étroit, coincé entre la route et le Sousson. Je me gare un peu plus loin et propose à Manu de se tenter une approche. Il est ok. Le vent est bon et soutenu. Manu s'équipe et je le suis sans arc, juste en observateur. J'ai perdu ma cagoule en ramenant mon sanglier à la voiture jeudi, je mets donc une casquette avec un voile pour dissimuler mon visage et nous voilà parti par la route. Manu passe devant et semble très décontracté, nous arrivons presque à l'angle du maïs et je suggère à Manu d'encocher une flèche car, je pense que le chevrillard est à portée de tir de la route. Nous l'apercevons par-dessus le maïs, il broute tranquillement. Nous faisons demi-tour et Manu descend doucement le talus du fossé à 10 mètres de l'angle du maïs, par chance le bruit des feuilles de maïs sèches agitées par le vent cachent le bruit de sa descente. Je me cale en observateur au bord de la route alors que Manu longe doucement le maïs. Le chevrillard broute toujours tranquillement.

Manu arrive sans difficulté à l'angle de la culture. Il observe un instant puis s'avance tout doucement en longeant le maïs. Le chevrillard relève la tête, Manu se fige. Des voitures passent sur la route et j'ai peur du coup de klaxon mais non, personne n'est décidé à nous casser la chasse. Le chevrillard rebaisse la tête et Manu tente encore quelques pas mais, tout à coup, le chevrillard semble nerveux. Il redresse la tête puis commence à s'avancer droit sur Manu ! Je regrette de ne pas avoir mon appareil photo qui est en réparation, ça aurait valu un petit film. Manu reste immobile alors que le chevrillard se rapproche au pas. Il est maintenant à portée de tir et Manu ne bouge toujours pas, il a laissé passer plusieurs fois sa chance d'armer et il va être trop tard. Je lui chuchote un : "Arme Manu, arme" et Manu arme mais il est déjà trop tard, le chevrillard qui n'a rien compris biaise au petit trot vers la route, laisse passer une voiture puis traverse pour rentrer dans le bois du Turc. Dommage, je trouvais pourtant l'occasion belle mais Manu ne l'a pas senti.

Nous retournons à la voiture pour finir d'arriver sur notre secteur de chasse. Je me gare sous la digue du lac et nous partons en chasse. Je laisse Manu choisir son secteur et pars chercher ma cagoule restée accrochée dans les ronces. Ma cagoule sur la tête, je fais un grand tour pour contourner le secteur de Manu et ne pas le déranger puis rattrape le chemin de terre en crête de la colline. J’espérai recroiser le chevrillard pour l'approcher cette fois à bon vent mais il n'est pas de sortie. J'observe la maïs où se trouve certainement Manu actuellement et poursuis jusqu'à une autre parcelle de céréale séparée de la première par le chemin qui bifurque à 90°. Je n'ai jamais chassé ce maïs et ne le connais que vu de loin. Au coin du maïs, je quitte le chemin et continue tout droit vers le premier passage de canon. Pensant voir loin dans ce passage, je m'avance en face du passage. Erreur grossière, la visibilité n'est que de 20 mètres à cause du relief du champ et je viens de perdre une occasion de tir magnifique. A 5 mètres devant moi, le petit brocard daguet vu jeudi broute tranquillement mais sentant ma présence il relève la tête et fait volte-face dans la foulée pour disparaître dans le maïs. Sur ce coup j'ai pas été bon !

Je continue vers le second passage de canon, ma dernière chance sur ce champ étroit car il n'y en a que 2.  J'arrive tout doucement et tente de voir au travers du maïs quand tout à coup j'aperçois un dos dans la végétation qui pousse dans le passage de canon. Un chevreuil broute plein travers à moins de 10 mètres de moi. Je suis juste caché par quelques pieds de maïs et si le chevreuil redresse la tête... Trop tard, je n'ai pas eu le temps d'armer, la jeune chevrette a relevé la tête et me fixe. Je reste parfaitement immobile. Le temps passe et ses yeux me fixent toujours puis son attention baisse et elle commence à tourner la tête dans l'axe du corps puis encore un peu, c'est le moment d'armer. Je monte mon arc et commence à armer mais elle retourne la tête vers moi. Je me fige à nouveau l'arc tenu devant moi. La position n'est pas très confortable. a chevrette fait quelques mouvements de tête pour mieux voir puis reste un moment immobile à me fixer.  Le temps passe puis elle tourne la tête pour regarder par-dessus son dos. Cette fois c'est ma chance.

J'arme rapidement mon arc mais finis l'armement au moment où ses yeux se reposent sur moi. Je reste armé et immobile un moment puis la chevrette tourne à nouveau la tête dans l'axe du corps et je sens bien que je vais devoir être très rapide car elle va démarrer d'un instant à l'autre. Je cale mon viseur sur son coffre et décoche. A l'impact, la chevrette démarre en trombe, ressort au bout du maïs sur ma droite, traverse la bande enherbée et rentre dans le bois. Du sang jaillissait de son épaule, je suis confiant. Rapidement, un gros bruit retentit, le chevreuil vient de rentrer dans un arbre. Le calme revient, je pars faire ma recherche. Je vais d'abord chercher ma flèche qui est cassée au ras des empennages. Il y a beaucoup de sang dès l'impact et je par directement à l’entrée du bois. Beaucoup de sang ici aussi, je le suis facilement et retrouve rapidement ma chevrette morte en lisière du bois à 20 mètres sur ma gauche. Ma flèche passe au travers du cœur. Une grosse masse de sang bulleux sort de son épaule.

Je la récupère pose le bracelet et pars la poser à la voiture. Il est encore tôt et je décide d'aller faire un tour à l'opposé du lac. Je passe par un passage de canon dans une parcelle de maïs semée très tard sur un blé grillé par la sécheresse. Il est encore très vert et irrigué régulièrement mais il semble peu fréquenté aux vues du peu de traces au sol. En sortant du maïs, il me semble apercevoir au loin un chevreuil au gagnage de l'autre côté d'une haie. Je me colle au ru du déversoir du lac et longe le bois en direction de la haie. Je tente d'apercevoir le chevreuil au travers mais ne vois rien, j'ai du mal voir. Je longe la haie vers un passage pour la traverser et fais déguerpir une grosse chevrette non suitée. Je la regarde partir puis reprends ma progression. Je franchis un peu plus loin le ru par un passage busé et remonte en crête de la colline dans un champ travaillé quand j'aperçois la chevrette elle est de nouveau au gagnage dans la friche à 70 mètres sur ma gauche. Je vais tenter une approche, je remonte le champ travaillé le plus voûté possible et parviens au sommet grâce au relief du terrain qui me cache à la vue du chevreuil. Je bifurque et rentre dans la friche au milieu d'une végétation haute mais sèche et craquante. La chevrette semble se diriger vers un petit bois un peu plus loin et je vais essayer de lui couper la route mais les craquements répétés me font repérer et la chevrette se fige pour regarder dans ma direction, elle est 60 mètres sous moi et je suis caché dans la végétation. Intriguée elle change de trajectoire et remonte vers moi puis biaise à nouveau pour prendre le vent. Il me faut descendre pour tenter de l'approcher mais je fais trop de bruit et elle regarde à nouveau vers moi. Perdu pour perdu, je tente de l'aboyer mais elle démarre et s’arrête 150 mètres plus loin pour me regarder remonter vers la crête avant de rentrer au bois.

De la crête j'aperçois dans le creux du champ, encore en chaume, au-dessous de moi, un animal qui se débine et passe sous un gros arbre oublié au milieu du champ. Le relief du champ me le cache sans que je n’aie le temps de l'identifier. Je m'avance doucement au travers du chaume de blé et finis par apercevoir un gros chat qui détale en me voyant. En le regardant fuir, j'aperçois un couple de chevreuil à 150 mètres sur ma droite. Je profite du relief du champ vallonné pour tenter une approche puis traverse un rond de tournesols rabougris non moissonnés au milieu du blé pour masquer ma silhouette alors que le jour décline vite. Je repasse derrière la crête puis reviens vers les chevreuils mais je n'en vois qu'un qui broute et le second m'aperçois durant mon approche et donne l'alerte. Ils détalent en direction du bois. Il fera vite nuit, je retourne à la voiture.

Manu a eu moins de chance que moi mais a tout de même eu 3 chevreuils à moins de 10 mètres sans pouvoir les flécher.

Une chevrette à l'approche, 24 septembre 2011

Alex

 

Atteinte :

Une chevrette à l'approche, 24 septembre 2011

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 23:15

Ce soir, je décide de revenir faire un tour au chevreuil mais je pars plus tard que la veille, de la route j'aperçois un chevreuil solitaire qui traverse le champ travaillé en direction des maïs mais à plus de 100 mètres et en roulant je n'arrive pas à distinguer son sexe. Je me gare un peu plus loin et reviens tranquillement vers l'angle du maïs puis commence à le longer par la bande enherbée. Je surveille également le ruisseau à ma gauche au cas où un ragondin imprudent voudrait jouer avec sa vie. Le chevreuil n'est plus là, il a dû rentrer dans le maïs ou revenir vers les bois.

Je longe un moment le champ sans voir de chevreuil quand, tout à coup, j'aperçois au loin 2 chevreuils. Je me rapproche doucement à genoux dans les hautes herbes du bord du fossé et finis par identifier un brocard et une chevrette. Ils sont encore à plus de 80 mètres en plein découvert et l'approche risque d'être difficile. Je tente de me rapprocher encore un peu en longeant le fossé. Les orties me piquent au travers de mes vêtements et je suis pris de fortes démangeaisons mais il faut résister. Je progresse très lentement mais la chevrette tourne la tête juste au moment où je bouge. je me fige mais ses yeux restent braqués sur moi. Le brocard inquiet cherche lui aussi ce qu'a pu voir la chevrette et ses 2 paires d'yeux qui me fixent. Je tente de rester un moment immobile quand une chevrette et ses 2 chevrillards prennent le galop au loin sans raison apparente. Le brocard et la chevrette les observent puis prennent le galop pour les rejoindre et tout ce petit monde rentre dans le maïs. Je tente de me rapprocher de l'endroit où je les ai vu rentrer mais impossible de les retrouver.

La luminosité baisse doucement et je décide de revenir tranquillement vers la voiture. Un tache sombre m'interpelle au bord d'un bosquet sur ma droite et je tente une approche sans trop y croire au travers d'un chaume de blé très craquant. J'approche en aveugle en restant dissimuler derrière le bosquet pour ne pas être vu mais à mon arrivée, je me penche doucement à l'angle du bosquet pour constater que l'animal n'est plus là. J'ai perdu du temps et maintenant la nuit tombe rapidement.

Je longe le maïs d'un pas assez rapide quand un chevreuil démarre à 5 mètres devant moi et franchit le ruisseau. Je m'agenouille rapidement au bord du fossé et l'aboie. Le chevreuil s'arrête net à 20 mètres et regarde vers moi. Il fait sombre et le chevreuil n'arrive pas à m'identifier. je continue à l'aboyer et il commence à venir vers moi d'un pas saccadé, marquant des pauses d'observation et m'aboyant à son tour. Nous nous répondons un instant et il vient doucement pour me passer plein travers à 12 mètres environ. J'arme doucement mon arc tout en aboyant. Le chevreuil m'aboie de plus belle et se fige. Je cale mon viseur tout en lui répondant et peine un peu à prendre ma visée à cause de la faible luminosité puis décoche. Un impact cassant précède la fuite saccadé et bruyante de l'animal qu'il me semble entendre tomber à environ 50 mètres.

Je reste un moment immobile et le calme revient alors que la nuit tombe très vite. Au bout d'un moment, j'allume ma lampe et pars contrôler mon tir. Je retrouve rapidement beaucoup de sang et ma flèche.

Une chevrette trop curieuse

La piste continue et très abondante est facile à suivre

Une chevrette trop curieuse

et je retrouve rapidement ma chevrette allongée sur le flanc. Ma flèche rentre à la base du cou et ressort dans l'épaule opposée en cassant l'humérus d'où ce bruit cassant et touche le cœur. Elle n'a fait que 50 mètres environ avant de tomber. Elle n'a pas de lait, elle n'était donc pas suitée.

Une chevrette trop curieuse

Alex

 

Atteinte : 

Une chevrette trop curieuse

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 22:21

Les jours rallongent et le ciel dégagé de ce soir me laisse encore un peu plus de temps pour chasser en sortant du boulot. Je décide d'aller faire un tour au ragondin du côté de Labéjan où j'ai mes bracelets chevreuils comme ça si les ragondins ne sont pas de sortie ce soir, je tenterais un petit coup de Butollo.

Je commence par faire une halte à Loubersan pour jeter un œil à la mare sous les serres. Je me gare, enfile ma tenue de combat et descends vers la mare que son propriétaire a totalement nettoyé, plus de ronce pour se cacher en arrivant. Je longe donc le petit bosquet d'épine en amont de la mare pour arriver sans bruit et à couvert. L'eau remue au coin du bosquet. Je me tiens prêt et avance doucement mais ce sont 2 poules d'eau qui démarrent. Le reste de la mare semble calme quand je pose les yeux sur un jeune ragondin en surface sur ma droite. Il est à 6 ou 7 mètres, j'arme mais une grosse ronce me gêne pour tirer, je me décale un peu en le visant mais il en fait de même en se rapprochant du bord et de son terrier, tout doucement comme pour me narguer puis rentre doucement au terrier sans que je puisse décocher. Rien d'autre en vue, je remonte.

De la route, je jette un rapide coup d’œil sur le lac en contrebas mais rien ne bouge. Je décide d'aller chasser en longeant un petit ruisseau sur ma zone de chasse au chevreuil. Je me gare au bord de la route, rattrape la berge du ruisseau et la suis doucement. Un petit remous attire mon attention, je tente une approche et aperçois juste une poule d'eau se remettre à couvert. Je longe le ruisseau mais le coin est très calme. Un peu plus loin, un chôme de maïs, partiellement labouré, borde la berge opposée et un bosquet situé à environ 150 mètres du ruisseau.

La haie qui borde le ruisseau fait place un instant à de petits arbustes défeuillés qui laissent de bonnes fenêtres de tir. Je me cale derrière ses arbustes au niveau d’une belle fenêtre de tir, je contrôle le vent puis sort mon Butollo et commence à appeler. Immédiatement, un mouvement attire mon regard au coin droit du bosquet à 200 mètres environ. Je poursuis mes appels. Une chevrette seule arrive en longeant le bois dans le chôme, elle avance d'un pas certain mais sans courir. Je continue mes appels. Elle bifurque en arrivant en face de moi pour venir droit sur ma fenêtre de tir et rentre dans la partie labourée. J'accroche mon décocheur et continue à appeler. Elle arrive à 50 mètres environ, je garde le Butollo à la main et arme mon arc. Je continue à appeler en espaçant un peu mes appels.

Elle se rapproche, reniflant parfois le sol mais biaise légèrement et je comprends qu'elle ne va pas se positionner où je l'attendais, elle est toute proche mais pas moyen de décocher au travers du branchage. Je pousse encore quelques timides appels très espacés et la suis dans mon viseur quand elle se présente avec un léger 3/4 face dans une fenêtre de tir.

C'est le moment ou jamais, mon pin's est posé sur le défaut de l'épaule, la chevrette est à 9 mètres environ, je décoche. L'impact est bien audible mais au bruit, je ne reconnais pas un impact de coffre. La chevrette fait volteface et s'enfuit d'un galop saccadé, le dos arrondi et l'arrière train bas. Je n'ai pas vu mon impact, où est ma flèche ?

Au bout de 20 mètres environ, la chevrette stoppe net et vacille sur place. Je reste immobile et attends, les minutes passent et la chevrette ne bouge pas de place, sa tête s'abaisse régulièrement puis se redresse lentement. La nuit tombe et je force de plus en plus pour la voir. Au bout d'un long moment elle fait quelques pas chancelants vers le bois puis s'immobilise à nouveau. Je n'arrive presque plus à la voir, je décide de tenter de la contourner, je longe un moment le ruisseau tout doucement et en me cachant pour ne pas être vu tout en essayant de ne pas la perdre de vue. Elle semble revenir vers la partie en chôme avec d'énormes difficultés.

Au bout d'un moment, je trouve un passage et traverse le ruisseau pour biaiser vers le bois puis revenir vers la position estimée de la chevrette. La pénombre croissante fait place, grâce au ciel clair à un léger éclairage des astres nocturnes et ma vision revient un peu. J'avance prudemment à pas de loup quand je distingue une masse sombre dans le chôme. Cela fait pas loin de 30 minutes que j'ai effectué mon tir et je pense qu'il s'agit de ma chevrette morte mais alors que je fais quelques pas à sa rencontre, ses yeux s'orientent vers mois et j'ai juste le temps de les voir briller sous la lumière des astres qu'elle se relève pour fuir au galop vers le bois, toujours avec cette posture voûtée.

Je laisse tomber pour le moment, je l'entends rentrer au bois puis la suis un peu au bruit avant le retour au calme. Je reviens à la voiture chercher ma lampe. Je prends mon temps pour la charger en tournant plusieurs minutes la manivelle et écoute un peu la radio pour tuer le temps. Bon cette fois, je pense que j'ai assez attendu, je retourne à mes recherches, j'avance tranquillement pour perdre un maximum de temps. Je commence par aller chercher ma flèche que je retrouve rapidement. Pas de sang, une forte odeur de contenu stomacal, quelques poils et le tube bien humide et légèrement verdâtre.

Un coup de lampe dans le labour et de suite les premières gouttes de sang foncé mais elles sont très espacées et je pers la piste au bout de 10 mètres. Je décide d'aller chercher l'entrée au bois pour une recherche du lendemain si nécessaire. Le bois est longé par un fossé profond curé récemment et donc bien net. Je rentre dans le fossé au coin gauche du bois et le longe en éclairant les parois jusqu’à tomber sur des gouttes de sang rapprochées. Le bord du bois est jonché de grosses gouttes de sang. Je marque la traversée du fossé et décide au vu du sang très abondant de tenter une recherche. Je rentre dans le bois, la piste suis les passages dégagés au milieu des fragons, j'avance très lentement et éclaire tout autour de moi régulièrement pour vérifier que la chevrette n'est pas couchée à côté et risquer de la lever. La piste est très marquée, je retrouve un gros caillot de sang, le sang continue et se dirige vers un cratère laissé par le racinaire d'un gros chêne tombé par la tempête. Je m'attends à la voir dans ce trou mais la piste bifurque et rentre dans les fragons. J’éclaire les alentours avec insistance, rien.

Je continue la piste toujours en éclairant régulièrement, le sang est toujours très abondant mais les taches s'espacent. La chevrette a marqués plusieurs arrêts marqués par des gros ronds de sang en gouttes serrées, je cherche dans mon faisceau et avance tout doucement quand à 10 mètres un masse claire se détache dans l'obscurité. Ma lumière se pose sur elle, ma flèche est entrée au niveau du cœur et ressort à 20 cm derrière l'épaule assez bas. La chevrette à parcouru pas loin de 250 mètres.

Une chevrette au Butollo, 13 janvier 2011

Au dépeçage, en inspectant les organes vitaux, je constate que ma lame a entaillé profondément le cœur, traversé un poumon et entaillé le foie traversant la panse. Comment a t-elle trouvé la force de faire tant de chemin ? Chaque flèche est une leçon mais ce soir j'en ai pris une belle, cette belle princesse maintenant étendue sur le flanc est un exemple de courage devant lequel on ne peut que s'incliner. Je la contemple un instant puis la charge sur le dos pour rentrer à la voiture.

Une chevrette au Butollo, 13 janvier 2011

Alex

 

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Une chevrette au Butollo, 13 janvier 2011

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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