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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 11:35

Ce matin, je change un peu de secteur de chasse, toujours sur Labéjan, je décide de chasser sous le cimetière. Arrivé au lever du jour, je me prépare puis observe du cimetière la combe que je domine. Des vaches ont été mises dans la pâture au tour du lac. Je sais que j'ai donc peu de chance de voir des chevreuils dans le secteur. Je descends donc rapidement et rattrape le ruisseau qui suit le fond de la combe et le longe. Un bois sur ma droite, un champ travaillé qui remonte à ma gauche vers un autre bois à 70 ou 80 mètres qui commence à mi pente et couvre la crête et le penchant suivant, pas de chevreuil en vue.

J'arrive au bout du bois et me poste un peu à couvert puis commence à appeler un moment au Butollo mais rien ne vient. Je continue à longer le ru puis traverse le champ travaillé pour rejoindre le bout du bois qui remonte sur le versant de gauche. En arrivant au coin du bois j'aperçois 2 chevreuils à environ 200 mètres qui descendent le penchant suivant couvert de luzerne et se dirigent vers le bois. Je tente de les appeler au Butollo mais, au lieu de venir, ils regardent un moment vers moi puis pressent le pas pour rejoindre le bois. Je longe un peu le bois puis remonte par une coulée pour rattraper la crête du bois et le suis pour tenter de recouper les chevreuils un peu plus loin mais je vais traverser le bois dans la longueur sans voir les chevreuils.

Je rejoins ensuite la route de crête pour passer sur le versant suivant mais je m'avance un peu trop vite, une chevrette en lisière du bois qui sortait m'aperçois et rentre à couvert. Je traverse la pâture des vaches inoccupée actuellement et rejoins le bois un peu plus bas que l'entrée du chevreuil. Une fois dans le bois, je me cale derrière un gros arbre puis commence à appeler au Butollo. Assez rapidement, un galop retentit dans mon dos, dans une langue de pré qui rentre dans le bois en contrebas mais caché par le talus du bois. Je me retourne et continue à appeler mais de chevreuil que je n'ai pas pu voir a fait demi-tour et repart en aboyant.

Je quitte mon poste, traverse la langue de pré et remonte le penchant de bois qui suit le pré. J'appelle à nouveau, un animal remonte dans les ronces près de mon ancien poste. Je ne peux pas le voir mais entends les craquements. Le calme revient rapidement, je progresse dans le bois en appelant tous les 100 mètres environ sans résultat. Je ressors du bois puis traverse un champ labouré puis la route et descend vers le lac du Lion à travers champ. Je rejoins le petit ru qui démarre dans la combe du champ, encaissé dans une bande boisée et rejoint le lac. Un vol de colverts décolle du lac, un vol de cormorans passe également au-dessus du plan d'eau et l'un d'eux poser sur le lac prend son envol en pédalant sur l'eau. Je longe le lac par la droite puis remonte vers le bois en crête et recommence à appeler en suivant, sous la crête, un chemin forestier en m'arrêtant régulièrement.

Pas de chevreuil, arrivé au bout du bois le terrain descend sur une pente raide qui aboutit sur un chemin de terre qui rejoint la N21 à une route de crête qui surplombe le lac du Lion. Je rejoins ce chemin de terre puis le remonte vers la route de crête. Sur ma droite, le terrain remonte vers un bois en crête, Le chemin de terre m'amène au coin de ce bois. Un chemin longe le bas du bois mais la végétation semble avoir bien poussé et l'approche risque d'être compliquée. Je décide de passer par le dessus du bois. Tout à coup, alors que j'arrive à l'autre angle du bois, j'aperçois le cul d'une chevrette qui broute au sommet d'un talus qui domine le chemin d'environ 2,5 mètres.

Elle est à 20 mètres environ, de cul et me domine, l'approche ne sera pas facile, si le chevreuil relève la tête, il me verra forcement. Il me faut faire vite pour me rapprocher mais rester silencieux. Je me rapproche donc rapidement aidé par un vent de face soutenu, le sol mouillé est silencieux. J'arrive sans difficulté à 10 mètres, arme mon arc, la chevrette est de 3/4 arrière assez fermé presque de cul. Je prends la visée devant le cuissot droit et décoche. Ma flèche frappe la chevrette qui démarre aussitôt. Son estomac, son foie et une partie de ses viscères pendent par le trou d'entrée de la flèche. La chevrette s'éloigne péniblement, descend le talus, traverse le chemin, descend un autre talus et se fige à quelques mètres dans le semé de blé. Elle n'a pas fait 20 mètres, elle commence à chanceler et lutte par ne pas repartir en marche arrière, ses pattes ne la portent plus. Je crains que ma flèche ne lui ait juste ouvert le flanc. Je réencoche au cas où puis reste immobile et observe impuissant pour ne pas la stresser et risquer de la faire fuir. Rapidement, la chevrette fait demi-tour et revient vers le chemin pour disparaître derrière le talus qui longe le champ. J'attends un peu puis m'avance doucement arc armé, la chevrette agonise, couché sur le ventre, de 3/4 face, au pied du talus. Je ne vois que sa tête, je décide de ne pas prendre de risque et de la reflécher, elle est à 8 mètres environ, je vise la base de la tête tournée plein travers et décoche. L'impact retentit, la chevrette n'a pas réagi au tir, elle se contracte, lève la tête au ciel puis se couche sur le flanc, c'est terminé pour elle.

Je me rapproche et analyse mon tir avant de poser mon bracelet et de vider ma chevrette par l'ouverture phénoménale causée par ma flèche qui rentre devant le cuissot, ouvre l'abdomen et le coffre jusqu'à 15 cm derrière l'épaule et coupe toutes les côtes sauf les 2 premières en remontant vers la colonne vertébrale

Une atteinte spectaculaire, 9 novembre 2013

coupant au passage le foie en 2 et touchant un poumon avant de ressortir entre les omoplates au départ du cou. Cette sortie montre que le chevreuil n'a réagit qu'une fois la flèche passée.

Une atteinte spectaculaire, 9 novembre 2013

Ma seconde flèche, qui me semble maintenant inutile (la première suffisait largement), a traversé la tête de part en part au niveau de la mâchoire inférieure

Une atteinte spectaculaire, 9 novembre 2013

et est fichée au sol avec une vanne partiellement décollée par le passage de l'os. Elle est un peu trop basse et trop à gauche. Je pars ensuite chercher ma première flèche que je retrouve fichée au sol à environ 20 mètres d'où se trouvait le chevreuil. Il ne me reste plus qu'à charger ma chevrette sur l'épaule et à retourner à ma voiture qui n'est pas toute proche.

Une atteinte spectaculaire, 9 novembre 2013

Alex

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 22:01

Ce soir, en sortant du boulot, je retourne sur mon site de chasse favori sur Labéjan. Je me gare au pied de la digue du lac puis me prépare, j'enfile ma tenue camo et attrape mon arc puis pars en remontant la route vers la ferme pour rejoindre la petite parcelle de maïs où le brocard s'est joué de moi lors de ma dernière sortie. Je jette tout de même un coup d’œil le long du ru entre les 2 parcelles de maïs puis au premier passage de canon et aperçois un chevreuil au gagnage au milieu du passage à 100 mètres de la route environ. Ce soir le vent est soutenu et souffle dans le sens opposé à d'habitude (vers le lac). Les conditions sont idéales pour réaliser une approche. Je quitte la route, franchit le fossé puis le petit talus du champ et me colle contre la culture sur la gauche du passage. Le chevreuil est toujours là, entrain de brouter.

 J'analyse rapidement la situation et décide de tenter une approche par le côté droit du passage, je traverse rapidement le passage sans être vu puis rentre dans le premier sillon. J'avance ainsi à couvert mais à l'aveugle sur environ 40 mètres assez rapidement en profitant du vent qui fait claquer les feuilles de maïs et couvre le bruit de ma progression.

J'arrive dans une zone où il manque une dizaine de pieds de maïs sur le côté gauche du sillon, je profite de cette fenêtre pour me pencher doucement pour tenter d'apercevoir le chevreuil mais ce dernier n'est plus là. Soit il m'a entendu et s'est enfuit soit il est rentré en mangeant dans la culture et risque de ressortir rapidement. Je décide de tenter ma chance, je ressors sur le passage de canon et avance tranquillement en collant le côté gauche quand ta tête du chevreuil ressort du maïs à 20 mètres environ. Je me plaque contre le maïs et attends. La chevrette s'avance au milieu du passage en broutant. Puis reste un moment à écouter sans bouger avant de bifurquer pour venir droit sur moi d'un pas calme. Elle s'arrête de temps en temps pour brouter ou se lécher le dos. Elle est maintenant à environ 10 mètres de face et marque une pause. Elle tourne la tête en arrière, j'en profite pour armer et reste coller au maïs. Elle reprend sa marche puis bifurque à nouveau à 8 mètres environ, comme pour rerentrer dans le maïs. Elle s'arrête, plein travers, avec la tête dans le maïs. C'est un cadeau, je fais rapidement un pas pour me retrouver au milieu du passage tout en ajustant ma visée au défaut de l'épaule et décoche. Ma flèche traverse la chevrette et se fiche au sol. La chevrette fait volte-face, le sang coule très abondamment du trou de sortie situé au ras du sternum à environ 20 cm derrière le coude. La chevrette fonce dans le maïs et disparaît dans un grand fracas de feuilles qui claquent et de pieds de maïs qui craquent.

Le calme revient rapidement. Confiant, je m'avance rapidement vers la zone du tir, une grosse tache de sang marque au sol l'endroit où se trouvait la chevrette et du sang a été projeté sur 2 mètres environ.

Une chevrette à fleurs de lys, 17 octobre 2013

Ma flèche est fichée au sol et couverte de sang.

Une chevrette à fleurs de lys, 17 octobre 2013

Je la récupère puis jette un coup d’œil aux premiers indices, une feuille de maïs tachée de sang présente quelques poils de mon chevreuil.

Une chevrette à fleurs de lys, 17 octobre 2013

Je jette ensuite un coup d’œil à l'entrée du chevreuil dans le maïs. Le sang au sol est bien visible et la recherche semble facile.

Une chevrette à fleurs de lys, 17 octobre 2013

Je m'avance donc dans le maïs, il y a beaucoup de sang au sol mais aussi très régulièrement sur les pieds de maïs et je progresse rapidement.

Une chevrette à fleurs de lys, 17 octobre 2013

Après environ 20 mètres, la piste bifurque brutalement à gauche et suit un sillon de maïs, le sang est très marqué au sol et le suivre est toujours aussi facile.

Une chevrette à fleurs de lys, 17 octobre 2013

Je retrouve, à environ 20 mètres plus loin, mon chevreuil mort sur la gauche du sillon. C'est une jeune chevrette de l'année dernière. Elle est déjà en poil d'hiver.

Une chevrette à fleurs de lys, 17 octobre 2013

Ma flèche est rentrée pile au défaut de l'épaule et ressort là où je pensais, en arrière du coude. Au dépeçage, je constaterai que j'ai traversé le cœur et que ma chevrette porte 2 canines bien développées (fleurs de lys).  

Une chevrette à fleurs de lys, 17 octobre 2013

Il est encore tôt, la chasse n'a pas durée 10 minutes, je décide de continuer à chasser un peu en attendant la nuit. Je suis donc mon idée première, après avoir mis la chevrette dans le coffre de ma voiture, je remonte vers la ferme pour chasser la petite parcelle de maïs. Le vent étant opposé au sens habituel, Je vais attaquer la descente en longeant le maïs côté colza et non côté bosquet. J'avance tranquillement sans voir de chevreuil puis arrivé au fond de la parcelle, je bifurque et suis la culture doucement quand un aboiement me fige sur place. Un chevreuil démarre, j'arme mon arc mais il surgit du maïs bien trop loin et bien trop vite. C'est le brocard que je cherchais, il fonce vers le grand bois qui couvre le penchant à ma droite et disparaît rapidement à couvert.

Je reprends ma progression lente mais pas d'autre chevreuil dans le secteur, je décide de rejoindre un autre bosquet un peu plus loin et de le longer pour remonter vers la route côté tournesol. Une haie en L part du grand bois sur environ 40 mètres puis bifurque pour rejoindre le bas du bosquet suivant. Un aboiement de chevreuil retentit derrière la haie sans que je puisse le voir. Je rejoins cette dernière et décide de la loger du côté droit. J'avance tranquillement et péniblement dans un labour. A 100 mètres plus loin environ, un beau brocard surgit de l'autre côté de la haie à 3 ou 4 mètres à ma gauche, il s'était gîté dans cette dernière. On dirait le brocard de tout à l'heure mais sa fuite rapide ne m'a pas laissé vraiment le temps de l'admirer.

Je poursuis, un peu plus loin, à 35 mètres environ du coin du bosquet, la bordure du bois est rentrante et un bout de haie poursuit l'angle du bosquet. Un gros lièvre est assis au bout de ce morceau de haie. Il m'a vu mais reste figé. Je tente une approche pour m'amuser. Je suis doucement la bordure du bois et le bout de haie finit par me cacher aux yeux du lièvre, j'en profite pour avancer à couvert mais arrivé au bout de la haie, le lièvre n'est plus là, je remonte vers la route en longeant le bois. Pas de chevreuil mais j'aperçois furtivement le lièvre qui se débine dans la culture, arrivé à la route je redescends vers la parcelle où j'ai fléché ma chevrette. Je longe la parcelle en jetant un œil sur les passages de canon mais pas de chevreuil. J'arrive au bord du ru et le longe doucement quand j'aperçois à 150 mètres environ un chevreuil qui sort de la parcelle de droite pour s'avancer vers le ru. Je me fige contre la maïs, le chevreuil disparaît derrière un morceau de haie qui borde le ru. Je presse le pas et rejoins le bout de haie, traverse le fossé puis longe doucement la haie. Mon décocheur est accroché, je m'attends à voir le chevreuil d'un moment à l'autre, j'avance tout doucement en calculant tous mes pas mais alors que j'arrive au bout du bout de haie, je ne vois toujours pas de chevreuil. Brusquement, un mouvement me fige sur place, le chevreuil était juste derrière un buisson à 35 mètres environ. Curieux et ne m'ayant pas clairement identifié, il vient vers moi et se plante à moins de 20 mètres derrière un gros arbuste touffu. C'est une chevrette. Je l'aperçois tout juste au travers des branchages. Il regarde vers moi, nous restons ainsi plusieurs minutes à nous observer puis je décide, perdu pour perdu, de tenter une approche très très lente. Je bouge avec une infinie lenteur et marque une pause à chaque petit pas quand un second chevreuil surgit du maïs à 40 mètres environ. C'est un chevrillard, il se fige et regarde vers moi.

Je suis à découvert sur la bande enherbée et ne peux plus bouger sans provoquer sa fuite. Le temps passe, les 2 chevreuils m'observent, le moment semble interminable.

Tout à coup, la chevrette devient nerveuse, elle s'agite puis franchit le ru d'un bon, j'arme mon arc alors  qu'elle s'arrête contre le maïs à 12 mètres environ. Elle regarde le chevrillard et ne s'occupe pas de moi. Je prends la visée mais alors que je m'apprête à décocher. Elle repart  au galop, en sens inverse, sans regarder vers moi et retraverse le ru pour foncer dans le maïs, le chevrillard l’imite et rentre aussi à couvert. Je retraverse le ru et longe le maïs à ma droite, le ru est maintenant longé par une haie qui s'interrompt au bout de la culture, près d'un bois au niveau d'un passage busé qui permet de traverser le ru. J'arrive au bout de la haie quand j'aperçois une chevrette au gagnage au bord du champ de maïs de gauche. Impossible de l'approcher en traversant le ru sans être vu. Elle est de cul à 100 mètre environ. Je fais rapidement demi-tour et retraverse le ru à l'autre bout de la haie puis reviens vers le chevreuil en longeant le maïs. Arrivé au coin du maïs, je me cale et observe la chevrette qui regarde fixement devant elle en tournant le dos au maïs, elle est plein travers à environ 80 mètres. Impossible de l’approcher, le vent est tombé et les feuilles de maïs sèches m'interdisent une approche dans la culture. Je décide d'attendre, la chevrette semble de plus en plus inquiète et finit par démarrer pour longer le maïs et venir droit sur moi mais rapidement elle biaise pour s'éloigner et rejoindre la bordure du bois. Elle s'arrête plusieurs fois pour regarder au loin. Elle est à 30 mètres, j'arme mais elle est trop loin, j'espère encore mais elle repart et s'éloigne encore et arrive à 50 mètres environ au bord du bois, marque un arrêt puis franchit le ru d'un bon et disparaît dans le sous-bois. Je désarme et pars me poster au pas de course, au coin du bois, au départ d'un chemin de débardage et attends un peu mais la nuit tombe doucement et le chevreuil ne ressortira pas. Je rentre.

 

Alex

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 20:22

Ce soir, je pars chasser autour du lac entouré de maïs sur Labéjan. Le vent est soutenu et va faciliter l'approche. Je gare ma voiture sous la digue et décide de faire un grand tour sur le territoire avant de revenir chasser les maïs. Je remonte la côte qui monte vers la ferme tout en jetant un coup d’œil dans les passages de canons de la parcelle de gauche. Arrivé au sommet de la côte, je laisse le chemin qui part à droite vers la ferme et escalade le talus pour atteindre un champ travaillé. Un rapide coup d’œil sur les environs mais pas de chevreuil. Je me dirige donc vers une petite parcelle de maïs toute en long qui redescend en longeant un bosquet sur sa gauche et un champ de colza à sa droite. J'y ai vu une chevrette et ses 2 chevrillards il y a quelques temps. Je longe le haut de la culture et regarde dans les 2 passages de canon mais pas de chevreuil, je fais donc demi-tour et descends entre le bois et le maïs. J'avance tranquillement, le vent souffle vers le bois. J'arrive sans voir de chevreuil au bout de la parcelle et biaise un peu à l'intérieur de la culture pour éviter une zone de mouillère au coin du champ. Je commence ensuite à longer le bas du champ quand un beau brocard surgit des herbes hautes, à moins de 10 mètres de moi, juste contre le maïs et fonce dans la culture en aboyant. Je reste immobile au cas où sa curiosité lui ferait faire demi-tour mais il baise vers le milieu du champ comme pour traverser le champ de colza.

Le temps passe, le brocard ne sort pas du champ et cesse d'aboyer, je reprends ma progression. Au coin du maïs, je remonte au travers le colza pour rejoindre le chemin de crête que je longe ensuite sur plusieurs centaines de mètres tout en surveillant les alentours. Je le quitte pour rejoindre une petite parcelle de tournesol en contre bas qui s’imbrique dans un bois. Pas de chevreuil, je pars vers une grande prairie qui borde le grand bois du coin mais toujours pas de chevreuil, je longe donc le bois pour revenir vers les maïs et arrive sans voir d'animaux au départ du lac que je me mets à longer.

Alors que j'arrive à 40 mètres environ du coin du maïs qui borde la rive du lac jusqu'à la route, j'aperçois à 150 mètres environ, un chevreuil qui sort du maïs sur ma gauche. Je passe rapidement sous le talus du lac qui est presque à sec et avance baissé derrière ce talus qui me cache aux yeux du chevreuil. Je le surveille un peu tout en avançant. Il s'est figé et semble regarder vers moi. Je passe l'angle de la culture et perds de vu le chevreuil caché par le maïs puis remonte sur la bande enherbée qui longe le lac et avance jusqu'au coin du champ. Le chevreuil que j'ai perdu un instant de vue a disparu. Le vent latéral souffle vers le maïs.

Je tente tout de même une approche, je remonte doucement en longeant le maïs dont la bordure n'est pas régulière, des zones où le maïs n'a pas poussé creuse par endroit le bord de la culture. En arrivant près de l'endroit où se tenait le chevreuil, un léger bruit dans la culture me fait stopper net et, tourné vers le maïs, je cherche du regard la cause du bruit quand du coin de l’œil, j'aperçois un mouvement sur ma gauche. Je tourne doucement la tête et aperçois une chevrette qui vient droit sur moi entre 2 rangs de maïs. Je suis en plein milieu d'une zone où le maïs n'a pas poussé qui avance dans la culture. Je suis à découvert et ne peux plus bouger sans être vu. Je décide de ne pas bouger de place et de laisser venir la chevrette. Elle n'est qu'à 12 mètres environ et avance doucement et s'arrêtant régulièrement. Elle s'arrête un moment à 10 mètres environ de 3/4 face et tourne la tête pour se lécher le pelage au niveau de l'épaule opposée à ma position. J'en profite pour armer mon arc et tenter de prendre la visée mais les pieds de maïs assez serrés ne laissent qu'une fenêtre de tir réduite. Je décide d'attendre pour tenter un tir, la chevrette finit par reprendre son chemin qui la rapproche de moi. Pas à pas, elle se rapproche du bord de la zone sans maïs et donc risque de me repérer à tout moment. Je la suis dans mon viseur. Il me faut prendre la prochaine occasion de tir, 10, 9, 8... 7 mètres, la chevrette se présente pratiquement de face au bord du maïs. Son poitrail est dégagé, mon pin's se place sur l'avant de son épaule droite et je décoche.

A l'impact, la chevrette fait volte-face et sort du maïs pour courir à découvert le long du champ. Une partie de son estomac sort en arrière de son sternum. Sa course semble désordonnée. A 40 mètres environ, la chevrette bifurque à 90 ° et fonce dans le maïs dans un fracas impressionnant. Un second chevreuil sort brusquement du maïs et traverse le champ travaillé à la course pour disparaître un peu plus loin derrière le relief du terrain. Les pieds de maïs claquent sur place ce qui me fait penser que mon chevreuil est déjà au sol. Le bruit cesse rapidement. Je m'avance tranquillement vers la zone du tir où je vois déjà le premier sang à l'endroit où se trouvait la chevrette. 

Un chevrette à l'approche autour des maïs, 14 octobre 2013

Ma flèche est fichée au sol un peu plus loin. 2 mètres plus loin, 2 pieds de maïs sont maculés de sang. Cette piste très abondante me fait penser à une flèche de cœur.

Un chevrette à l'approche autour des maïs, 14 octobre 2013

Le long du maïs, la piste est impressionnante et visible sur au moins 20 mètres, de grosses giclées sont reliées par de grosses gouttes de sang.

Un chevrette à l'approche autour des maïs, 14 octobre 2013

Je ne vais pas plus loin et pars chercher Hémo à la voiture pour le faire travailler un peu bien que je n'ai pas besoin de lui pour retrouver mon chevreuil mais il me faut le faire travailler un peu pour qu'il ne perde pas les bonne habitudes. Je retourne donc à la voiture à 300 mètres environ et tombe sur mon ami Patrick qui est venu chasser ce soir, je lui ai cédé 2 de mes bracelets pour qu'il puisse chasser sur Labéjan car cette année, il n'a pas de bracelet chez lui. Nous discutons un peu puis Patrick repars chasser dans les maïs sous la digue du lac alors que je pars, avec hémo, faire ma recherche. Hémo comme à son habitude est surexcité et tire comme un fou sur sa longe, je dois le freiner sans cesse, "doucement hémo, doucement...". En arrivant au premier sang, j'ai toutes les peines du monde à lui faire prendre la piste qu'il finit par prendre mais il la perd rapidement et je le retiens un moment pour qu'il se calme un peu en insistant : "le sang hémo, le sang..." Il finit par suivre tant bien que mal la piste mais le vent est face à nous et l'odeur du chevreuil lui parvient aux narines, il prend rapidement la solution de facilité et prends le vent, nez en l'air. J'ai beau insister, rien à faire, nous longeons rapidement le maïs puis rentrons près de l'endroit où le chevreuil était rentré. Quelques pieds de maïs sont maculés de sang.

Un chevrette à l'approche autour des maïs, 14 octobre 2013

J'aperçois rapidement le chevreuil qui n'a pas fait 5 mètres dans le maïs et Hémo après avoir tourné un peu le repère aussi et commence à lécher le sang qui coule au niveau de l'entrée de la flèche. A 3 mètres du chevreuil, un peu plus a en avant dans le maïs, un gros rond de sang marque le sol, c'est là que la chevrette est tombé puis a du se relever pour retomber presque de suite où elle se trouve maintenant.

Un chevrette à l'approche autour des maïs, 14 octobre 2013

Je pars examiner mon chevreuil, un gros doute m'envahit tout à coup, ma chevrette possède 2 petites bosses sur la tête semblables à la poussée des bois chez les chevrillards mâles. Je vérifie entre les pattes arrières et confirme ma première impression c'est bien une chevrette. Hémo est tout content mais moi beaucoup moins de son travail. J'ai retrouvé mon chevreiul mais je n'avais pas trop de doutes sur l'issue de la recherche mais depuis qu'Hémo est resté 15 jours en vacances à Justian pendant mon séjour en Corse il a pris l'envie de chasser plus que de rechercher sur des pistes de sang et multiplie les fautes en recherche, j'ai de plus en plus de mal à lui faire confiance.

Un chevrette à l'approche autour des maïs, 14 octobre 2013

J'appose le bracelet puis ramène Hémo et ma chevrette à la voiture avant de repartir faire un petit tour avant la tombée de la nuit. Je ne verrai pas d'autres animaux. Ma flèche, comme je le pensais a traversé le cœur, entrée en haut du cœur et sortie à la pointe, ma chevrette a fait environ 40 mètres. 

Un chevrette à l'approche autour des maïs, 14 octobre 2013

Alex

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 21:29

Dimanche soir, je suis rentré de 15 jours de vacances en Corse et cela fait donc 2 semaines que je n'ai pas mis les pieds à la chasse. Ce soir, le temps est idéal pour l'approche, il pluviote et il fait du vent. Je pars pour Labéjan, chasser une zone de maïs autour d'un lac. Je me gare sous la digue et contrôle le vent qui comme à son habitude vient du bout du lac vers la digue, je suis donc à mauvais vent pour chasser les maïs sous le lac. Je pars donc par la route pour remonter en crête et contourner le secteur afin de revenir à bon vent. Au-dessus des maïs, je quitte la route et biaise vers la crête du coteau. Je tente une approche à mauvais vent au milieu d'un petit bosquet assez clair et traversé par une grosse coulée qui permet de progresser sans trop de bruit. Pas de chevreuil, je ressors du bosquet et constate que les terriers à l'angle du massif sont très fréquentés cette année.

Je rattrape la crête et la longe quand j'aperçois au loin un chevreuil au gagnage dans un déchaumé, il remonte le penchant de droite vers la crête. Je descends donc sur le penchant opposé jusqu'à ce qu'il ne puisse plus me voir puis commence à me rapprocher rapidement sur 150 mètres jusqu'à une clôture électrique qui délimite une friche, je reviens doucement vers la crête au pied d'un gros chêne isolé et tente d'apercevoir le chevreuil sans succès, je descends doucement le penchant opposé et aperçois le dos de l'animal qui broute toujours paisiblement. Je remonte sans bruit vers la crête, passe dans la friche et viens me positionner à l'aplomb estimé du chevreuil puis commence à redescendre pour tenter de l'apercevoir à nouveau. J'aperçois rapidement son dos, je me positionne à genoux et poursuis mon approche dans cette position le plus près possible du sol pour profiter un peu de la courbure du sol pour me cacher.

C'est une chevrette, elle broute tranquillement en suivant la courbe de niveau vers ma gauche, j'arrive à 15 mètres environ et je ne pourrai pas faire bien mieux, je décide de tenter ma chance, j'arme mon arc, prends la visée et décoche mais ma flèche passe juste en dessous du poitrail et l'empennage effleure le ventre de l'animal déviant la flèche qui touche brutalement le sol avant de se retourner. La chevrette surprise démarre au galop vers ma droite et disparaît derrière le relief du terrain mais brusquement, à 30 mètres environ, sa tête réapparaît et la chevrette revient droit sur moi en essayant de m'identifier, je réencoche une flèche sans être remarqué. La chevrette n'est plus qu'à 10 mètres de 3/4 face, je tente tout de même d'armer doucement mais elle repère le mouvement et fait volte-face pour s'enfuir en passant la crête du champ en aboyant.

Je me redresse et pars chercher ma flèche avant de remonter et de passer la crête du champ pour redescendre vers le ru en contrebas. J'avance tranquillement dans la friche quand j'aperçois un autre chevreuil, à environ 200 mètres, au gagnage le long de la haie qui borde le ru. Je suis un moment la crête du coteau pour dépasser un gros morceau de haie qui remonte d'environ 50 mètres à la perpendiculaire du ru qui me cache maintenant le chevreuil mais qui me permet de descendre rapidement sans être vu. Je rattrape rapidement le bout du morceau de haie et le longe doucement. Le vent fort masque mon approche et j'arrive au passage qui sépare le bout de haie de la haie qui borde le ru mais en me penchant doucement je n'arrive pas à voir le chevreuil, je m'avance très doucement pour regarder derrière le bout de haie mais toujours rien quand, tout à coup, le chevreuil démarre dans la haie au bord du ru et disparaît rapidement, je n'étais qu'à quelques mètres de lui mais je ne le cherchais pas au bon endroit.

Je traverse le ru par un passage busé et remonte ce denier en direction des maïs. Un peu plus loin je décide de traverser le ru et de tenter une approche en sous-bois, je passe par une grosse coulée pour rejoindre un passage de débardage que je longe doucement en m'arrêtant régulièrement pour observer mais pas de chevreuil dans le coin. Je ressors du bois par le chemin, au bord d'un champ de maïs. Je commence par ma gauche en longeant entre le bois et le maïs et en surveillant les passages de canon mais pas de chevreuil, je reviens donc en arrière, jette un coup d'œil sur la bande enherbée qui borde la gauche du ru, lui-même bordé par une grosse haie, puis je traverse par le passage busé pour inspecter l'autre côté du ru mais toujours rien, je décide alors de longe par la droite du ru en direction du lac, le vent est fort et face à moi, idéal pour l'approche. J'avance doucement quand, sur ma droite au-dessus de la parcelle de maïs, dans le champ travaillé qui remonté jusqu'à la crête et une résidence secondaire entourée d'arbres, j'aperçois un chevreuil qui remonte vers la crête à 250 mètres environ, au beau milieu du champ travaillé. Je fais rapidement demi-tour pour contourner le maïs et réattaquer l'approche en longeant la crête à bon vent.

Je surveille le chevreuil en marchant caché par le maïs, ce dernier rattrape tranquillement la bordure de la haie qui suit la courbe de niveau un peu en dessous de la crête et délimite la propriété de la résidence secondaire. Une fois contre la haie il la longe avec le vent de dos en broutant les feuillages alors que je remonte rapidement vers la crête. Le relief finit par me cacher le chevreuil, je passe derrière la crête pour avancer rapidement sans être vu et arrive au bout de la haie que je commence à longer tout doucement. Sa forme légèrement arrondie sortante ne me permet pas de voir loin devant moi et je me penche doucement et régulièrement pour voir si le chevreuil est toujours devant moi mais impossible de le voir. La haie finit par se redresser et je m'aperçois que le chevreuil n'est plus là, je traverse la haie par un passage et la longe doucement sans rien voir, arrivé à l'emplacement estimé de ma dernière vision du chevreuil, je remonte doucement vers la crête derrière l'habitation et arrive sur un morceau d'un ancien chemin de terre pris entre 2 haies. Je me penche doucement et aperçois un petit brocard à environ 40 mètres sur la gauche du passage. Je me recule doucement, accroche mon décocheur puis me repenche pour tenter d'analyser mon approche mais le petit brocard, traverse la haie face à lui d'un bon, je me précipite au bout de l'autre haie et l'aperçois qui passe la crête au trot. Je suis pourtant à bon vent et il ne semblait pas m'avoir vu. Je le laisse passer la crête et disparaître dans un petit bosquet sur l'autre penchant puis pars au pas de course pour arriver avant lui à l'autre bout du bosquet. Je descends rapidement jusqu'au bas du petit bois, en limite d'un champ de tournesol puis rentre dans le bosquet en suivant un grosse coulée que je longe tout doucement, à pas de loup, en faisant des haltes régulières pour tenter d'apercevoir le brocard à l'intérieur ou hors du bosquet mais sans succès, je ressors du couvert sans l'avoir vu.

Je décide alors de faire un tour du territoire, je redescends vers le lac et le longe puis traverse le ruisseau, un peu plus loin, par le passage busé avant de retrentrer en bordure d'un grand bois pour longer doucement la lisière par la grosse coulée de ceinture. Pas de chevreuil, je ressors au bout du bois et rejoins le chemin de crête que je longe pour revenir vers les maïs de tout à l'heure, sur ma droite le penchant est couvert d'une luzerne bien verte et sur ma gauche le champ est travaillé jusqu'au lac. Je surveille la luzerne quand, j'aperçois à 400 mètres environ, dans le fond de la combe, un chevreuil dans le pré qui fait suite à la luzerne et qui borde le grand bois qui couvre le penchant opposé. Je presse le pas et rejoins un bois à 200 mètre devant moi qui descend vers le chevreuil. Je parviens à rentrer doucement à l’intérieur pour avancer doucement à couvert et descendre vers le chevreuil. La végétation épaisse craque beaucoup mais le vent très fort masquer ma progression et j'arrive tranquillement au bout de la bande de bois à environ 100 mètres du chevreuil. C'est une chevrette, elle avance doucement pour rentrer au bois, je tente de l'appeler, elle se retourne et me regarde un bon moment, je continue mes appels mais elle reste plantée là de nombreuses minutes sans réagir. Je décide de laisser tomber et ressors du bois. La chevrette rentre au bois en quelques bons.

En remontant le long de la bande de bois, par l'autre côté, j’aperçois 1 puis 2 chevreuils qui m'observent à 150 mètres environ. Ils finissent par déguerpir à grands bons. Je rejoins la crête puis redescends pour rejoindre la bordure d'une petite parcelle de maïs qui remonte jusqu'à la route de crête. Je prospecte un peu dans cette culture mais sans résultat. Je rejoins la route de crête puis la longe un peu à mauvais vent avant de la quitter pour redescendre vers les maïs. La nuit sera vite là, la lumière décroit rapidement. Je rattrape la bordure d'un grand bois qui rejoint le maïs. Une sorte de très grand fossé de plusieurs mètres de large et de profondeur longe cette bordure dans le bois. Je décide d'en longer le fond pour rejoindre les maïs. Je rentre doucement dans le bois et descends au fond du fossé que je longe doucement en essayant de ne pas faire trop de bruit mais malgré mes précautions quelques brindilles craquent par moment. Je suis à peu près au milieu du fossé quand un chevreuil démarre devant moi. J'arme mon arc, il remonte le talus abrupt sur ma droite et s'arrête à 10 mètres environ, plein travers, la tête et le cou derrière un arbre, tout le reste du corps est dégagé. J'ajuste rapidement ma visée, le chevreuil est à plusieurs mètres au-dessus de mon niveau et mon tir est en contre plongée mais fichant dans le talus. Je décoche, l'impact retentit, suivi immédiatement d'un léger et bref couinement.

Le chevreuil a disparu, je ne l'ai pas vu ni tomber, ni partir, je réencoche rapidement une flèche quand, tout à coup, mon chevreuil surgit des ronces d'un bon surréaliste à environ 2 mètres du sol. L'animal retombe très lourdement 2 mètres plus bas puis rapidement refait un autre bon prodigieux pour venir s'écraser à 5 mètres devant moi derrière un gros chêne. La végétation bouge par à-coups et je tente de m'approcher doucement. Je l'aperçois maintenant, ma chevrette est sur le dos, le cou, plié bizarrement contre elle. Je pose mon arc et l'attrape, ma flèche l'a en fait touché au milieu du cou et ressort sur le haut de l'épaule opposée en brisant les cervicales ce qui est incompréhensible vu ma trajectoire du tir. J'appose le bracelet alors qu'il fait déjà pratiquement nuit avant de rentrer. Ma flèche restera introuvable. 

Première sortie de retour de Corse, 16 septembre 2013

Alex

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 20:43

Ce matin, je pars chasser le bois du Turc au Butollo. Mon ancien appeau était percé est Vincent et Eric ont eu pitié de moi, ils m’en ont envoyé un de neuf et je vais le tester en condition de chasse pour la première fois. Je me gare près de la barrière sur la première grande piste qui traverse la longueur du bois. Le jour se lève tout doucement alors que je quitte ma voiture, il pleut ce matin et entendre arriver les chevreuils ne sera pas facile mais en contrepartie mon approche sera aussi masquée par le bruit des gouttes sur le sol et les feuillages, et le sol mouillé sera moins craquant. Je m'avance dans le bois sur la gauche de la piste. Je me poste régulièrement pour appeler en me postant derrière des bouquets d'arbres.

Le bois reste calme, je finis par ressortir sur une autre piste enherbée un peu plus loin.

Je m'avance dans le carré suivant et tente quelques appels sans succès, je pars alors un peu plus loin et traverse un petit ruisseau pour me poster de l'autre côté au bord d'une bande herbeuse, au pied d'un gros chêne avant que le sous-bois se couvre de fougères sèches très épaisses. Je tourne le dos aux fougères et commence à appeler. Très rapidement un galop étouffé par le bruit de la pluie retentit sur ma droite. Je tourne la tête et aperçois une chevrette qui sort sur la bande enherbée. Je lance quelques appels brefs et la voilà qui passe au galop à juste 4 ou 5 mètres devant moi. J'arme mon arc mais elle ne s'arrête pas et je la perds de vue à 20 mètres sur ma gauche derrière des arbres. Je désarme et reprends mon appeau, la chevrette fait demi-tour et vient pour passer devant moi. J'arme mon arc mais elle traverse le ruisseau et passe à 20 mètres au galop et je la perds à nouveau de vue. Je désarme à nouveau puis recommence mes appels, cette fois elle met du temps à régir mais, au bout d'un moment, je la vois arriver en cherchant, je continue mes appels. Elle s'arrête à 20 mètres devant moi, plein travers, je rappelle, elle bifurque et vient droit sur moi, elle descend dans le ruisseau encaissé, j'en profite pour armer mon arc.

Elle ressort juste à 8 mètres de moi, de face et s'immobilise au bord du ruisseau. Je pose mon viseur à la base de son cou et décoche. Un impact impressionnant retentit, le chevreuil se cabre sur les pattes arrière et plonge dans le ruisseau. Je m'attends à le voir ressortir et s'éloigner mais rien ne bouge. Je m'avance doucement et aperçois ma chevrette qui est tombée au fond du ruisseau. Elle a été séchée sur le coup. Je m'avance vers elle, la flèche est restée en travers et s'est cassée dans la chute. La partie empennage dépasse du devant de son épaule et la lame dépasse juste du cuissot.

J'appose le bracelet, lui attache les pattes et la charge sur l'épaule pour la ramener à la voiture. En route, je croise des chercheurs de champignon, discute un moment avec eux et leur demande le secteur qu'il compte prospecter pour éviter de les croiser.

Mon chevreuil dans le coffre de la voiture, je repars en chasse. Je retourne le long du ruisseau et le longe doucement en appelant régulièrement mais rien ne vient. Je ressors sur la piste et m'avance dans le bois en me postant régulièrement pour appeler mais toujours rien et les chercheurs de champignons commence à se multiplier. Je tente d'aller plus loin mais une menée et des coups de feu proches me décident à retourner à la voiture pour changer de secteur. Je décide d'aller chasser vers un lac entouré de bois alors que le soleil fait son apparition. 

En route, j'aperçois 3 chevreuils au gagnage, à 300 mètres en contrebas, dans le chaume de maïs récemment moissonné au bord du lac que je chasse habituellement. Je reste un moment à les observer de ma voiture. Je connais bien le secteur et suivant leur direction, je tenterais d'aller les intercepter soit un peu plus loin à la traversée de la route ou en redescendant vers le lac. Les chevreuils semblent partis vers la digue du lac. Je fais donc demi-tour et pars me garer en haut du chemin qui descend vers le lac. Je me prépare en observant les chevreuils qui arrivent vers la route. Je ne peux pas descendre par la route sans être vu, je pars donc en longeant le chemin d'accès encaissé à une habitation située à environ 200 mètres. La hauteur du talus du chemin me permet d'avancer rapidement sans être vu. Un peu plus loin je quitte le chemin pour m'avancer derrière une grosse haie pour observer les chevreuils que je ne vois plus de ma position.

Arrivé dans la haie, je cherche un moment les chevreuils mais impossible de les voir. Le paysage est maintenant découvert sans les maïs et je ne comprends pas comment ils ont pu rentrer à couvert si vite alors qu'ils ne semblaient pas m'avoir repéré. J'attends un moment mais toujours rien, je ressors donc sur le semé de colza et biaise doucement vers la route qui descend vers le lac mais alors que je suis en plein milieu du découvert, les chevreuils, une chevrette et ses chevrillards, remontent le talus du lac derrière lequel ils avaient disparu. Ils sont encore à 200 mètres environ mais ils m'ont vu et commence à s'affoler.

Ils démarrent et commencent à s'éloigner, j'attrape mon Butollo et lance quelques appels. Les chevreuils s'arrêtent et regardent vers moi, je m'éloigne doucement en appeautant, le dos voûté et les chevreuils me laissent passer à couvert derrière le talus de la route sans partir. Je me fais oublier et les observe un bon moment puis ils recommencent à partir vers la digue du lac. Je repars par le chemin de l'habitation mais cette fois je presse le pas et passe l'habitation puis jette un coup d'œil en arrière, les chevreuils sont toujours là. Je passe derrière la crête de la colline et descends rapidement jusqu'à être masqué par le relief du terrain. Je cours pour rejoindre le bord du ru, traverse par le passage busé au coin du bois puis presse le pas pour longer le ru en direction du lac. Je longe un moment derrière une haie épaisse et au moment où elle s'interrompt, un mouvement me surprend dans le chaume sur ma droite. Je tourne la tête et aperçois 3 chevreuils qui s'enfuient. Je m'agenouille et commence à appeler au Butollo. Les chevreuils qui viennent de sauter le ru à 50 mètres environ, s'arrêtent dans le champ travaillé sur ma gauche et semble biaiser doucement vers moi avant de reprendre le galop et de foncer vers le bois.

Je suis pris d'un doute, j'ai du mal à croire que ces 3 chevreuils étaient ceux vu précédemment. Dans le doute, je poursuis vers le lac puis avance doucement dans le chaume mais les chevreuils ne sont plus là, c'était donc eux qui m'ont bien eu. Je remonte tranquillement vers la voiture quand à 500 mètres environ, j'aperçois 3 chevreuils qui remontent vers la route de crête, cette fois tout s'éclaire, ils ont en fait fait demi-tour alors que les 3 autres chevreuils devaient être couchés dans l'autre chaume.

Les chevreuils remontent en suivant la bordure d'une friche d'herbes sèches sur un champ travaillé, ils sont à 60 ou 70 mètres de la route de crête et j'ai un bon bout de chemin à parcourir pour les intercepter. Je prends le pas de course et remonte jusqu'à la route de crête puis cours vers le passage que les chevreuils prennent habituellement pour traverser la voirie. Dans ma course, je finis par les perdre de vue dans le creux de la combe.

Arrivé au niveau de la friche, je ne les vois pas. Le champ monte légèrement puis redescend au niveau d'un pylône EDF. Je décide de tenter de me poster derrière ce pylône et m'avance doucement mais alors que j'y suis presque, je cherche les chevreuils sans les voir et avance encore d'un pas quand la tête de la chevrette surgit des hautes herbes à 20 mètres en contrebas. Je me fige mais elle démarre, ses petits se lèvent des herbes hautes et la suive. Je m'agenouille et commence à les appeler mais ils hésitent un instant avant de s'éloigner en suivant une combe qui remonte vers la route.

Je les laisse passer derrière la crête de la colline puis pars au pas de course pour tenter de les intercepter un peu plus loin mais ils sont trop rapides et je me trouve à découvert. Nous nous regardons un moment de loin puis je fais demi-tour et retourne à ma voiture alors qu'ils reprennent leur course.

Au dépeçage, je constate que ma flèche rentre devant l'épaule gauche, passe entre les côtes et l'omoplate puis sectionne plusieurs côtes, rentre dans la cage thoracique et touche le foie, la rate, les viscères, sectionne le fémur et ressort à côté de l'anus dans le cuissot gauche. Le fait que le chevreuil soit tombé sur place sans que ma flèche n'ait touché la colonne vertébrale est difficilement explicable. Encore un grand merci à Vincent et Eric pour mon nouveau Butollo. 

Une chevrette dédicacée à Vincent et Eric, 10 novembre 2012

Alex

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 07:18

Ce soir, je vais aller chasser le chevreuil à Labéjan avec Christophe, rendez-vous est pris chez moi vers 15h30. A son arrivé nous partons pour le bois du Turc où je pense laisser Christophe mais alors que nous passons près de l'endroit où je voulais le laisser, un promeneur surgit du bois avec 3 gros chiens type berger allemand. Je continue donc pour le laisser en haut du bois près du dépôt des poubelles et je pars un peu plus loin.

Pour une fois, j'ai décidé de me poster, j'ai repéré un coin très passager ces jours ci, une bande de bois très étroite entre 2 petits bosquets mais en chemin, j'aperçois 7 chevreuils qui avancent tranquillement à 150 mètres environ sur la droite de la route. Ils broutent tranquillement en s'arrêtant régulièrement. La bande d'animaux est menée comme d'habitude par un belle chevrette très attentive qui scrute les environs. Je ne ralentis pas pour ne pas inquiéter les animaux et tourne un peu plus loin à gauche comme pour aller rejoindre le poste prévu mais je m'arrête un peu derrière la crête, hors de vue des chevreuils.

Je me prépare puis reviens à pied par la route, je décide de tenter un coup de bluff. Je longe sur la route, bien vue des chevreuils. J'avance d'un pas décidé en faisant mine de ne pas m’intéresser à eux. Ils m'observent de loin mais ne semblent pas plus inquiets que ça et continuent leur chemin d'un pas serein tout en broutant. Le talus de gauche monte doucement et finit par me cacher. Je prends le pas de course pour dépasser les chevreuils de 300 mètres environ puis escalade le talus, saute les clôtures à mouton avant de descendre caché derrière un bosquet pour tenter de me positionner un peu plus bas sur la trajectoire des animaux.

Je les aperçois au travers des branchages mais il semble qu’ils descendent au fond de la combe pour traverser le ruisseau. Je m'avance voûté en suivant une haie peu épaisse qui prolonge le bosquet mais, arrivé au bout, il me reste 100 mètres environ de découvert pour rejoindre la haie du ruisseau. Je reste immobile et observe. La chevrette de tête s'arrête régulièrement en se rapprochant de la haie et surveille autour d'elle. Elle marque une longue pause au ras de la haie puis la traverse rapidement, d'autres chevreuils la suivent rapidement alors que d'autres arrivent toujours en broutant d'un pas lent et serein. Je vais les laisser tous traverser la haie puis je tenterai une approche.

Au moment où le dernier chevreuil passe la haie du ruisseau, je m'avance à découvert mais stoppe net. Je ne les ai pas comptés et un retardataire vient de surgir de derrière une bosse du champ. Il m'a vu et presse le pas pour rejoindre ses compères. Il passe la haie, je n'ai plus rien à perdre, je tente le coup. Je pars en courant pour rejoindre le ruisseau puis le traverse doucement en essayant de poser les yeux sur les chevreuils mais ils semblent avoir disparu. Je longe doucement le ruisseau en espérant les retrouver dans un virage mais rien. Je surveille également 2 tous petits bosquets clairs sur ma droite à mi pente mais rien ne bouge.

Tout à coup, un jeune chevreuil traverse du premier bosquet vers le ruisseau à toutes pattes, à environ 50 mètres devant moi. Il franchit le ruisseau d'un bon. Je me fige, un second plus gros lui emboîte le pas. Je reste un instant immobile puis décide de biaiser doucement vers l'endroit d'où sont sortis les chevreuils. Je surveille le bosquet mais il semble vide quand, d'un coup, les 5 derniers chevreuils surgissent de 4 ronces à juste 10 ou 12 mètres de moi. Ils me surplombent. J'arme rapidement mon arc sans y croire. Les chevreuils se dispersent un peu mais une grosse chevrette s'arrête de 3/4 face me présentant son poitrail dans une fenêtre au mieux des ronces. Je vise devant l'épaule et décoche. Un impact révélateur retentit.

Les chevreuils démarrent en trombe et s'éparpillent. Ma chevrette avance rapidement en biaisant sur 30 mètres puis se fige un instant au milieu de branchages. Elle commence à vaciller, part en marche arrière puis s’effondre. Encore quelques secousses et elle s'immobilise. J'attends un instant et réencoche au cas où mais le calme est revenu. Je monte chercher ma flèche et croise une piste de sang très abondante que je remonte. Ma flèche est  couverte de sang, posée sur les ronces. Je pars chercher ma chevrette et appose le bracelet avant de retourner vers ma voiture.

Il est encore tôt et il fait bien jour, je décide de tenter l’affût pour lequel j'étais parti au départ. Je me gare un peu plus loin puis pars rejoindre mon poste. L'attente commence, le temps passe, un épervier me survole et se pose un peu plus loin avant de repartir. Une palombe vient se poser au-dessus de moi pendant un environ 15 minutes avant de me repérer et de s’envoler puis les merles s'agites et c'est un autour qui me survole avec sa proie bien déplumée dans les serres. La luminosité baisse et des coups de feu résonnent au loin. Un pas casse du bois dans le bosquet, c'est certainement un sanglier mais la nuit tombe doucement sans que rien ne sorte, je retourne vers la voiture et pars chercher Christophe avant de rentrer. Il n'aura pas eu autant de chance que moi, il n'a pas pu réaliser une approche bien qu'il ait tout de même vu quelques chevreuils.

Une approche culottée mais payante, 15 janvier 2012

Alex

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25 décembre 2011 7 25 /12 /décembre /2011 18:17

En ce matin de Noël, je décide d'aller chasser à l'approche du côté de Justian car j'ai encore un bracelet qu'il me faut fermer. J'arrive près du vieux moulin dans un virage de l'Osse et me gare. Il ne fait pas encore jour et je patiente un peu en me faisant mentalement l'itinéraire de ma chasse. Aux premières lueurs du jour, je quitte ma voiture et pars en longeant un chemin de terre qui longe sous une friche puis bifurque à 90 ° en sous-bois. La campagne gersoise a revêtu son manteau de givre blanc et il fait un bon froid sec qui fait craquer le sol sous mes pas. Pas de chevreuil ce matin, en ressortant du bois, le chemin longe une friche sur la gauche et une haie épaisse sur la droite qui surplombe un champ travaillé au bord de l'Osse. Toujours rien. Un peu plus loin, un lapin assis au milieu du chemin me laisse un peu avancer avant de disparaître dans la haie, un peu plus loin 2 autres lapins se coursent en tournant  en rond au pied d'une petite haie qui couvre un talus dans le champ de gauche.

Le chemin se termine sur un second chemin qui remonte de l'Osse pour contourner une belle bâtisse pour déboucher en crête des collines couverte d'un chaume de blé. A plus de 200 mètres, dans la friche d'en face, j'aperçois un chevreuil solitaire qui vient de sortir des épines et qui m'a certainement repéré car il reste un long moment immobile. J'en fais de même puis tente de me rapprocher alors que le petit cervidé s'avance en broutant mais, à découvert, je suis vite repéré et il retourne à couvert dans les épines. Je redescends puis remonte vers la friche à travers une bande d'épines criblée de terriers de lapins et de blaireaux. Je débouche dans la friche parsemée d'îlot boisés et de zones d'épines noires. Je me cale dans une zone que je juge propice pour effectuer un tir et tente quelques appels de Butollo. Rien ne vient, je vais parcourir cette friche en essayant plusieurs fois d'appeler mais pas le moindre chevreuil. Je finis par tomber dans le jardin d'une habitation isolée et descends un talus boisée pour rattraper le fond de la grande friche herbeuse que je longeais ce matin.

Un animal démarre alors que je suis encore dans le bois, au milieu d'une zone herbeuse dégagée et il me semble reconnaître un chevreuil au démarrage. Je m'immobilise et tente des appels mais je ne suis pas à bon vent et l'animal ralentit mais continue à s'éloigner. Je sors sur la friche et longe un chemin de terre au bord d'une bande étroite de bois sur ma droite en direction d'une culture à gibier qui se termine contre la route de crête. Tout à coup, j'aperçois un mouvement furtif du coin de l'œil dans la culture à gibier. C'est un chevreuil, il est à 150 mètres environ et semble paisible. Je me serre contre les arbres et observe un peu. Un vol de chardonnerets se lève sur la culture avec un bruit d'aile spectaculaire, tournoie un instant puis se repose avant de s'envoler à nouveau et se reposer un peu plus loin. Ce bruit dans le calme du matin givré est extraordinaire. Il mange tranquillement, je tente une approche dans les hautes herbes et gagne facilement 30 mètres sans être repéré puis le chevreuil s'avance sur le chemin de terre. Comme pris par un moment de folie, il sautille sur place puis prends un instant le trop en venant vers moi par le chemin avant de s'arrêter pour manger quelques gland. Je décide de m'avancer encore un peu et de me poster à genoux en embuscade derrière une grosse touffe d'herbes sèches à quelques mètres du bord du chemin. J'observe la chevrette qui vient doucement vers moi en glanant quelques glands au milieu du chemin. Les chardonnerets font toujours leur ballet aérien bruyant et tout à coup la chevrette s'avance décidée et biaise vers la bande de bois, s'arrête à l'entrée d'une grosse coulée puis rentre à couvert. J'attends un peu au cas où elle ressortirait puis rejoins la bordure du bois et la longe doucement en direction de la coulée. Alors que je me rapproche de l'endroit où j'ai vu disparaître la chevrette, je redouble d'attention mais impossible de poser les yeux sur l'animal. Arrivé au pied de la coulée, je la remonte un peu mais la chevrette a disparu. Je me cale et tente quelques appels de Butollo mais rien ne vient. Je ressors du bois et poursuis mon chemin pour traverser la route et de crête.

Arrêté au coin du bois qui redescend dans la combe, je scrute le paysage à la recherche d'un chevreuil mais l'endroit semble calme quand, tout à coup, un coq faisan obscur décolle juste à ma droite dans le bois et me fait sursauter. Il file vers le bas du bois et j'en fais de même. Arrivé au coin inférieur du massif, je rentre en sous-bois par une grosse coulée et me positionne pour commencer mes appels. Une bande de corbeaux intriguée tourne au-dessus de moi et se pose à la cime des arbres avant de me repérer et de s'éloigner. Pas de chevreuil mais j'insiste un moment quand une impression bizarre me fait me retourner. 2 chevrettes se sont figées à 35 ou 40 mètres dans le semé de blé derrière moi. Elles écoutent et tente de localiser les appels mais alors que je me retourne doucement pour reprendre mes appels, elles continuent leur chemin pour remonter vers la route de crête et je les perds de vue. Mes appels n'y feront rien, elles ne reviendront pas.

Je quitte mon poste et remonte vers la crête suivante, traverse la route et me dirige vers le bois qui démarre de la crête suivante. Arrivé en bordure du bois, je me cale et tente quelques appels mais rien ne vient, je me décale de 150 mètres environ sur ma gauche puis rentre un peu dans le bois pour me poster et recommencer mes appels mais toujours rien. Je suis une grosse coulée qui passe au milieu de terriers de blaireaux et ressort sur un labouré en traversant une zone de haute herbes ponctuée de genévriers et de quelques chênes épars. Je traverse le labouré en direction des vignes puis longe en bordure de la première vigne pour rejoindre un chemin de terre qui revient vers la route. Une masse m'interpelle dans la vigne de l'autre côté du chemin à 200 mètres environ. Je me fige et observe un instant en essayant de me persuader qu'il s'agit d'un chevreuil quand 2 chevreuils traversent le rang de vigne en broutant tranquillement.

Je me mets rapidement à couvert derrière la haie qui borde le chemin sans être repéré puis la longe un peu pour traverser le chemin de terre et rejoindre le bord de la vigne, plusieurs rangs avant celui où j'ai aperçu les chevreuils.

J'avance très lentement, voûté en suivant le bord de la vigne et regardant dans les rangs pour tenter de retrouver les chevreuils. Ils ont bougé, je les retrouve répartis entre l'avant dernier rang et une haie de genets, ils broutent paisiblement. Je me cale à genoux au bout de l'avant dernier rang et observe un peu.

Le Noel de Mon HOYT CARBONNE ELEMENT, 25 décembre 2011

Ils ne semblent pas décidés à revenir vers moi et une approche dans la vigne sans feuille est un peu risquée. Je décide de tenter le Butollo, aux premiers appels les chevreuils réagissent et se séparent en 2 groupes, ils sont en fait 5. 3 traversent sous les fils de fer des rangs de vigne et rattrapent  le 4ième rang pour le longer dans ma direction alors que 2 autres chevreuils arrivent en longeant le rang au bout duquel je me trouve. Il me faut faire un choix pour me positionner.

Je refais une petite série d'appels, les 3 chevreuils qui arrivent par ma droite prennent de l'avance et je décide de jeter mon dévolu sur eux. Je pivote doucement sur mes genoux, accroche mon décocheur alors que les chevreuils sont arrêtés à 40 mètres environ. Je relance quelques appels timides, la chevrette de tête arrive d'un pas décidé, je pose mon Butollo et arme mon arc, elle ralentit puis s'arrête dans une belle fenêtre de tir entre les souches de vigne. Mon viseur qui la suivait se cale derrière son épaule. Je décoche et voit nettement ma flèche traverser le chevreuil avec un impact sourd.

Le Noel de Mon HOYT CARBONNE ELEMENT, 25 décembre 2011

La chevrette démarre en trombe mais ralentit presque aussitôt, et traverse au pas le chemin de terre un peu encaissé à cet endroit pour remonter dans la vigne suivante où elle s'arrête un instant en faisant le dos rond. Il me semble voir des intestins pendre sur le flanc opposé à l'entrée de la flèche. Dans l'action, je voyais mon tir plus plein travers mais je viens en fait de faire une flèche presque 3/4 face. Les lignes droites des rangs de vigne m'ont induit en erreur. Le sang coule tout de même abondamment de l'entrée de la flèche et je ne pense pas avoir à faire une trop longue recherche. Je reste immobile et attends le dénouement.

De petits piaulements attirent mon attention dans la vigne, je me penche doucement sur la gauche et aperçois 2 petits brocards qui viennent vers moi en longeant la gauche du rang de vigne au bout duquel je me trouve. Je sais que le président de la chasse me vendra un second bracelet si nécessaire et je décide de tenter une flèche sur l'un d'eux. Je recommence à émettre de petits appels étouffés en réponse à leurs légers piaulements. Les chevreuils se rapprochent doucement attirés par les appels mais restent de face collés au rang de vigne, ne me laissant pas de possibilité de tir sauf en me montrant à découvert. Ils sont à 20 mètres et brusquement bifurquent pour me présenter un joli travers mais ils sont un peu loin et l'armement est délicat. Je les laisse faire un instant.

Ils passent sous le fil de fer du rang de vigne puis se rapprochent encore par le labouré et je reprends mes petits appels brefs et discrets auxquels ils répondent. 15 mètres, je tente d'armer mon arc alors que leur attention baisse mais l'un d'eux repère le mouvement et démarre brusquement sur quelques mètres puis se retourne inquiet et regarde vers moi. Son collègue inquiet le rejoint. Je désarme et tente des appels mais ils s'éloignent de plus en plus et tentent de me prendre au vent. La partie est perdue, je me redresse ce qui les fait détaler vers le village.

Je pars chercher ma flèche en longeant les rangs l'un après l'autre. Je la retrouve assez facilement, elle est posée au sol, peu marquée par le sang mais a été brisée par l'impact.

Le Noel de Mon HOYT CARBONNE ELEMENT, 25 décembre 2011

Je la récupère puis commence à chercher les premières gouttes de sang. Je les trouve à la remontée du talus du chemin de terre.

Le Noel de Mon HOYT CARBONNE ELEMENT, 25 décembre 2011

Le sang devient dès lors très abondant,

Le Noel de Mon HOYT CARBONNE ELEMENT, 25 décembre 2011

je le suis facilement et rentre dans la vigne où je trouve beaucoup de sang et des caillots à l'endroit où la chevrette s'est arrêtée.

Le Noel de Mon HOYT CARBONNE ELEMENT, 25 décembre 2011

La piste biaise ensuite en passant sous les lignes de fils de fer des rangs de vigne et il me faut faire un peu de gymnastique pour la suivre. Les gouttes de sang me mènent sur une bande enherbée qui sépare la vigne d'une autre parcelle puis la piste rentre dans la seconde vigne avant de bifurquer à 90 ° pour passer à nouveau à 90° des rangs. Je finis par arriver au bord du grand labour que j'ai traversé pour venir, j'ai déjà parcouru 150 mètres environ et je suis à 200 mètres du bois. Le sang est toujours abondant mais je commence à douter de l'efficacité de ma flèche. Je cherche mon chevreuil du regard au milieu des mottes de terre mais impossible d'y poser les yeux dessus, il a dû rejoindre le bois ! Je me remets à suivre le sang, la piste se suit toujours assez facilement, les gouttes sont grosses et assez régulièrement laissées.

Le Noel de Mon HOYT CARBONNE ELEMENT, 25 décembre 2011

Je fais encore plus de 150 mètres à travers le labour.

J'avance encore un peu et tombe sur un fossé où je perds un court instant la piste qui ne remonte pas tout à fait en face de la descente. De goutte en goutte, je finis par arriver au bord du bois, je me retourne et constate que l'endroit du tir est déjà loin. 

Le Noel de Mon HOYT CARBONNE ELEMENT, 25 décembre 2011

Je trouve une couche pleine de sang à quelques mètres du bord du bois, dans les hautes herbes, au pied d'un genévrier.

Le Noel de Mon HOYT CARBONNE ELEMENT, 25 décembre 2011

Les herbes sèches sont bien marquées ensuite sur quelques mètres.

Le Noel de Mon HOYT CARBONNE ELEMENT, 25 décembre 2011

Un grelot tinte dans le bois et se rapproche, un chasseur arrive vers moi, j'espère qu'il n'a pas déranger mon chevreuil. Mon téléphone sonne, c'est le président de la chasse, ma voiture a été vue et il vient aux nouvelles. Je lui explique la situation puis nous interrompons la conversation alors qu'un épagneul arrive sur moi. Il se plante et aboie sur moi alors que son propriétaire arrive, c'est un des chasseurs de la commune. Nous discutons un peu et alors que je lui explique que je cherche un chevreuil, il m'informe qu'il vient d'en lever un 40 à 50 mètres plus dans le bois. Il me conduit sur place mais je ne trouve pas de sang. Pour lui, ce chevreuil n'était pas blessé et il m'indique approximativement la direction de fuite mais je suis passé là tout à l'heure et il n'y avait pas de chevreuil, je crains qu'il s'agisse du mien. En revenant au dernier sang, le chasseur m'indique des traces de sang que je n'avais pas vu. Il quitte le bois et je reprends ma recherche qui me conduit droit sur une autre couche pleine de sang près de l'endroit où le chevreuil a été levé. A partir de là le sang s'interrompt brusquement et impossible de le retrouver malgré mes nombreuses tentatives. Je décide d'appeler le conducteur de chien de sang quand mon téléphone sonne à nouveau. Un des piqueurs de la commune vient aux nouvelles et décide de venir avec un chien qui fait bien le sang. Je l'attends en essayant de trouver du sang quand le bécassier revient par le bas du bois. L'épagneul semble lancer quelque chose dans les épais puis rejoint son maître avant que tous 2 ne s'éloignent.

La tournure des évènements ne me plait pas. Serge finit par arriver avec Francis et 2 teckels, nous laissons chercher les chiens un moment quand, tout à coup, ils finissent par lancer. Je cours et sors sur le bas du bois. J'aperçois un chevreuil passer à travers bois et pense que tout est finit quand les cris plaintifs d'un chevreuil se font entendre. Je me précipite. Les teckels tiennent mon chevreuil qui est à bout de force, un par une patte arrière et l'autre à la gorge. Je pose mon arc et saisis rapidement le chevreuil pour mettre fin à son calvaire. Ma flèche que je sentais bien à la décoche est bien rentrée où je visais mais le chevreuil était en fait presque en 3/4 face, elle ressort sous le ventre puis traverse le bas du cuissot au-dessus du genou. La panse sort par le trou de sortie. Seul le foie est touché. Ce n'est pas ce que j'appelle une belle flèche, le chevreuil a parcouru au moins 500 mètres, mais heureusement elle se termine bien, c'est le premier chevreuil de mon Hoyt Carbonne Element.

Le Noel de Mon HOYT CARBONNE ELEMENT, 25 décembre 2011

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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