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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 12:37

Cette nuit, j'ai dormi chez mon ami Patrick. Je me réveille vers 6 heures puis me prépare avant de partir en chasse, il me faut revoir mon cerf chocolat ce matin. Je décide d'attaquer ma chasse par le flanc opposé de la montagne pour tenter de le surprendre. Je pars me garer en haut du chemin de la Soule puis pars à pied. Je commence par descendre par un chemin encaissé qui passe au milieu de haies de buis, il fait nuit noire et le faisceau de ma lampe dérange les moutons et les ânes dont l'odeur est très forte. Les clarines sonnent dans la nuit. Je bifurque ensuite vers un petit pré qui remonte raide vers un sentier pierreux qui longe le flanc de la montagne au travers des chênes et des buis. Ma progression dérange quelques grands cervidés, des grondements d'alerte précédent un départ bruyant vers les sommets. Je débouche au bout d'un moment sur un grand pré en long coupé par un chemin de terre que je le suis pour retomber dans le bois de hêtres. Arrivé à l'entrée de l'enclos, je constate que la souille est très fréquentée. Ça brame peu ce matin. Je passe la clôture et commence à traverser l'enclos. 100 mètres plus loin, un bruit de pierre qui roule me fait lever la tête, une chevrette s'avance doucement vers un buisson puis se met à brouter le feuillage à 50 mètres au-dessus de moi. Il fait encore pas très jour et je décide de tenter une approche pour m'amuser. Je remonte très doucement la pente très raide et gagne petit à petit du terrain, caché par le feuillage d'un hêtre, mais arrivé à 30 mètres de la chevrette un aboiement retentit. Elle lève la tête et regarde un peu plus haut sur ma gauche. Le brocard que je n'avais pas vu vient de donner l'alerte avant de remonter dans les hêtres en aboyant. La chevrette qui ne m'a pas vu remonte tranquillement.

Je reprends ma progression et traverse l'enclos pour prendre la piste taillée dans le rocher. Je m'arrête à l'abreuvoir pour me désaltérer puis m'avance doucement en surveillant le dessous de la piste. Un brame retentit au-dessus de l'enclos. Je poursuis ma route. Arrivé au bout de la piste, j'aperçois à 50 mètres sur ma droite, à moitié cachée derrière un gros hêtre, une chevrette qui m'observe. Je m'arrête un instant et l'observe puis reprends ma marche vers elle. Elle fait demi-tour et rentre dans les buis. Un beau brame me parviens aux oreilles, il semble venir du col, ça doit être le cerf convoité. Je presse le pas et débouche sur le col. Il est là à plus de 150 mètres dans les genets. Je pars me caler derrière un monticule rocheux puis remonte doucement me caler dans les genets à sa cime pour observer le cerf. Oui, c'est lui, il est vraiment magnifique, il est à 70 mètres environ. Un léger mouvement de la tête pour me pencher sur la droite du genet le met en alerte. Il regarde vers moi avec insistance. Je reste immobile et observe. Au bout d'un long moment, il s'avance dans les fougères en poussant un grondement impressionnant et s'arrête 30 mètres plus loin, me regarde un moment, gronde à nouveau et s'avance encore de 20 mètres. J'en profite pour me décaler dans les genets plus à gauche.

Le mouvement attire l'attention du cerf qui se tourne face à moi et observe. Que faire, je ne peux pas sortir à découvert. Une idée farfelue me passe par la tête, j'ai vu plusieurs fois sur des vidéos de chasse des guides qui faisaient venir des mâle orignaux en rut en se mettant des faux bois sur la tête. Je tente de place mon arc au-dessus de moi pour "imiter" des bois mais le cerf démarre à l'instant en grondant. Je pose mon arc et gronde moi aussi. Il stoppe et se retourne face à moi. Je gronde à nouveau, il s'avance vers moi, je gronde encore et pousse un brame pas très bien imité. Le cerf démarre et fonce droit sur moi et je commence à y croire mais il passe juste sous la bute et me prend au vent avant de se jeter dans la pente en cassant du bois.

Je me redresse rapidement et pars pour tenter de le couper mais je me manque le départ de la première piste qui passe sous celle par laquelle je suis arrivé et je dois recouper à travers bois dans les fougères et les feuilles mortes. Je tente de bramer pour "expliquer" le bruit de ma progression mais je sais que ça ne va pas suffire. Je rattrape la piste et constate qu'une belle souille est très fréquentée dans le virage. Les buis craquent bien plus haut et j'aperçois mon cerf, déjà presque à la piste du haut qui disparaît dans les buis. J'arrête là la chasse pour ce matin pour ne pas plus déranger le secteur. Je reviens vendredi pour une semaine. Je rentre alors que le soleil se lève et commence à chauffer.

 

Alex

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 12:35

Ce matin, je suis décidé à retourner sur la place de brame où j'ai blessé mon cerf. Patrick m'a parlé d'un très gros cerf qu'il a pu observer dans la semaine et je croise les doigts pour qu'il s'agisse du cerf blessé. Le réveil sonne vers 5 heures, je me prépare et pars pour Sarrancolin. Le ciel est bien étoilé, une belle journée s'annonce. Arrivé à l'entrée de Sarrancolin, je prends le chemin de hèches qui monte jusqu'au lieu-dit "A Panès" et me gare dans le dernier virage près du ruisseau. J’entrouvre la portière et tends l'oreille mais pas de brame dans le secteur, seul le bruit du ruisseau qui emplit l'air frais du matin.

Vers 6h30, je quitte ma voiture pour monter vers la place de brame et alors que je m'éloigne du bruit du ruisseau, je commence à entendre au loin, sur le versant opposé de la montagne les premiers brames. Le jour se lève petit à petit alors que je me rapproche du sommet de la montagne. Des sonos crachent un son techno sur le flanc opposé de la montagne, de l'autre côté de la route et cette musique poussée au maximum vient un peu gâcher la quiétude de ma matinée. C'est en fait une rêve-party. Le chemin bordé de fougères débouche sur une placette enherbée. Les chevaux broutent au milieu des genets sur le chemin de crête qui part dans mon dos. Le son de leurs cloches trouble le calme montagnard. Je traverse tranquillement la zone d'herbe rase puis rattrape un chemin de terre pierreux qui débouche un peu plus loin sur la place de brame. Le côté droit du chemin borde une zone boisée clôturée avec des fils électriques alors que le côté gauche descend sur une zone de fougères. 2 chevreuils démarrent à moins de 10 mètres sur ma droite et disparaissent dans les repousses de hêtres. Le chemin fait un léger arrondi autour de quelques arbres et alors que je les contourne doucement. Un grondement me fait lever les yeux. J'ai juste le temps d'apercevoir l'arrière train d'un grand cervidé non déterminé qui se jette dans la pente du côté des fougères. Je m'avance doucement quand des craquements me font tourner la tête vers le bois. Un jeune cerf, 6 cors dont seule la tête dépasse de la végétation m'observe à 15 mètres environ puis fait volte-face et s'éloigne à grand bruit dans la pente. Je reste un instant à l'écoute puis reprends ma progression lentement et en essayant de rester silencieux alors que les craquements viennent de s'interrompre. Le bruit reprend et s'arrête régulièrement en longeant à environ 30 mètres du chemin, je progresse lentement pour tenter d'apercevoir les animaux car il semble y avoir plusieurs cervidés à les entendre. Les animaux finissent par plonger dans la pente.

Je débouche sur la place de brame au bout du tunnel de noisetiers. Le son techno est toujours aussi présent. Des brames puissants se font entendre dans le creux sur la droite. Ces cerfs doivent être impressionnants mais sont hors de mon territoire de chasse sur la société de Hèches-Rebouc. Je m'avance doucement sur le chemin qui longe dans les genets clairsemés où j'ai fléché le cerf la semaine dernière quand un brame retentit dans les fougères, dans la pente de gauche. Je me décale rapidement dans les genets. Un cerf surgit à découvert dans une zone d'herbe rase à environ 80 mètres et pousse un brame léger. C'est un beau cerf mais son trophée ne semble pas exceptionnel et, à sa carrure, il est certain que ce n'est pas mon cerf de dimanche dernier.

Il semble vouloir traverser vers l'autre société de chasse et je décide de tenter une approche en prenant le parti de lui couper la route un peu plus bas. Je bouge à peine vers la droite alors que le cerf brame à nouveau sans conviction mais ce dernier repère le mouvement et regarde vers moi. Je me fige à moitié caché derrière un genet. Le cerf intrigué commence à venir vers moi mais le vent qui biaise vers lui le rappelle vite à l'ordre et il démarre, tête haute pour traverser dans les genets au petit trot avec la grasse du roi. Il stoppe en dessous de moi et ne peux plus me sentir, je suis maintenant à bon vent. Je sais que mes chances sont faibles mais je tente un coup de brame, effet immédiat, le cerf fonce dans la pente hors du territoire de chasse, ce qui est sûr c'est qu'il n'est pas le dominent du secteur. Je tente de l'apercevoir en m'avançant dans le sous-bois mais il doit déjà être loin.

Je pars faire un tour vers la grande piste taillée dans le rocher sur le flanc de la montagne opposée. Je coupe les virages du chemin en passant par une grosse coulée dans des fougères et des buis, le sol est jonché de traces. En arrivant au départ de la piste, j'entends un raire dans le bois au-dessus du chemin. Je me cale contre un talus de plusieurs mètres et avance ainsi à couvert puis commence à monter caché par des petits hêtres qui bordent une petite clairière enherbée. Encore un raire, je m'avance doucement mais le cerf que je ne peux pas encore voir m'a aperçu au travers des feuillages et pousse un grondement d’alerte. Je me fige et tente de l'apercevoir mais un second grognement précède un départ qui casse du bois sans que je puisse le voir. Je redescends rapidement du talus et m'avance rapidement vers un virage du chemin à 50 mètres environ avant de remonter dans la coulée la plus fréquentée en espérant voir arriver le cerf mais il est monté vers les sommets. Je coupe lentement à travers bois pour rejoindre la piste et il me semble entendre tousser en dessous. Je ressors sur la piste puis la longe en surveillant le dessous à la recherche d'un cerf. J'arrive à l'abreuvoir au bout de la piste quand je croise le même chasseur que dimanche dernier, il fait le pied et vient de trouver les sangliers qui semblent remisés au-dessus de nous. Il part vérifier la piste du dessus pour voir s’ils ne sont pas montés alors que je pars jeter un coup d’œil dans l'enclos un peu plus loin. Rien ce matin, si ce n'est un chevreuil qui démarre 40 mètres plus bas sans se montrer et en aboyant. Le son techno rugit toujours au milieu de quelques brames lointains. 

Je retourne vers la place de brame. Les cerfs ne brament que sur le penchant de la société voisine, je décide de cacher mon arc sous des feuilles mortes et de tenter de m'approcher de ces cerfs pour les voir. Je descends le long du chemin de terre, plusieurs cerfs à la voix impressionnante brament soit sous le chemin soit contre le flanc opposé de la montagne mais la végétation est trop dense et je ne parviens pas à les voir. Je reste un moment à les écouter puis remonte vers le col pour récupérer mon arc. Je reste un moment à l'écoute pour tenter de repérer un cerf chassable mais le temps passe et toujours rien. La sono finit par se taire alors que le soleil commence déjà à taper. Je me pose sur un rocher à l'écoute. Vers 11 heures,  un brame timide se fait entendre vers la piste taillée dans le rocher et je me relève pour tenter une approche mais au même moment la voix d'un chien retentis en haut de la montagne. Je me rapproche tranquillement de l'endroit estimé du brame quand des pneus crissent sur les graviers de du chemin. C'est l'équipe de Sarrancolin qui vient pour les sangliers.

3 4x4 s'arrêtent à ma portée, ce sont les piqueurs avec les chiens, ils m'informent que les lignes de postés sont en place et qu’ils vont lâcher vers l'abreuvoir. L'un des piqueurs me parle d'un gros cerf vu vendredi soir et qu'il a photographié puis ils partent lâcher et je décide de me poster au-dessus de la piste sur une grosse coulée de cerf. Les 4x4 s’éloignent et je remonte doucement au-dessus de la piste mais j'aperçois un posté un peu plus haut. Je le salue et fais demi-tour pour ne pas le déranger. Je vais longer la piste et surveiller les traversées au cas où la battue dérangerait un grand cerf.

Je m'avance doucement sur la piste vers un passage obligé dans le rocher quand un coup de carabine venant du posté que je viens de saluer me fait sursauter. Des animaux descendent vers la piste dans un bruit de feuilles sèches piétinées et retournées. Le bruit s'arrête juste en haut du talus rocheux puis 3 sangliers sautent d'un trait sur la piste et la traverse dans la foulée. Une bête rousse en tête de 40 kg environ et 2 petits d'à peine plus de 10 kg qui la suivent. Ils sont presque plus noirs que la bête de tête ce qui est curieux à leur âge. Les sangliers se débinent dans la pente et passent à 30 ou 40 mètres en dessous de moi avant de prendre la descente. La voix des chiens se fait maintenant entendre, ils arrivent vite à la piste et la traverse à 10 mètres plus loin, que les sangliers pour éviter l’à pic rocheux puis reprennent le pied et foncent vers la vallée. Une biche dérangée par les chiens remonte vers moi puis se cale dans une boule de buis. Rapidement 2 autres coups de carabine résonnent sur le flanc opposé de la vallée et les chiens s'arrêtent.

Je continue à longer la piste en cherchant du regard vers le bas. Rien, je retrouve les piqueurs un peu plus loin, ils n'ont pas eu le temps de lâcher seuls quelques chiens qui ont échappés ont fait la chasse à 10 minutes. Sur le flanc de montagne opposée, un posté qui a tué un des petits sangliers peine à séparer 2 courants qui se le disputent. Le petit sanglier finit par rouler vers le chemin un peu plus bas où un autre chien l'intercepte. Le premier coup de carabine a été mortel lui aussi d'après ce que je comprends. Le piqueur qui a pris le cerf en photo me propose de venir le voir au 4x4 sur son APN. Je le suis, les images défilent puis s'arrête sur un cerf énorme à la robe chocolat et bien coiffé, j'en suis presque sûr, il semble s'agir de mon cerf. Je n'avais pas noté le détail de la couleur particulière de son pelage car il était trempé à cause des précipitations de dimanche dernier mais ses bois... il me faut tout faire pour le retrouver, je vais me focalisé sur cet animal durant ma semaine de congés, au moins les premiers temps.

Les 4x4 font demi-tour et je retourne vers le bout de la piste, j'en fais de même et retrouve une partie des postés et les piqueurs autour d'une laie de près de 50 kg environ. Vu les tétines c'était la mère des petits. Les allaites sont sèches, ils étaient donc sevrés. Les chasseurs quittent les lieux et la montagne retrouve son calme mais les cerfs dérangés par la battue se sont tus. Je décide de sauter le repas de midi et de rester en montagne jusqu'au soir. Il est 12h30 environ et je m’allonge au soleil pour une petite sieste.

Vers 14h30, les premiers cerfs recommencent à bramer mais sur la société voisine. Ils semblent remonter vers le col, je décide d'aller me poster au coin du bois, à l'endroit où j'ai perdu de vu mon cerf fléché. Je me pose, assis sur une vielle souche à moitié pourrie. J'ai une bonne vue d'ensemble du col devant moi et écoute les cerfs qui remontent doucement à donnant de la voix.

Gazette pyrénéenne : le retour du cerf, 25 septembre 2011

Sur ma droite, le bois de hêtres clairsemés me permet de voir assez loin.

Gazette pyrénéenne : le retour du cerf, 25 septembre 2011

L'un des cerfs bifurque pour remonter en montagne au loin, un autre passe à moins de 30 mètres sous la piste empierrée en dessous de moi puis redescends dans la vallée. Je profite de ce chant que j'aime tant quand tout à coup un grondement me réveille. Un cerf est à 40 mètres environ derrière moi, je me lève doucement et pars me poster sur la pointe des pieds derrière un gros houx. 2 grognements de plus et le cerf se tait, plus un bruit, je ne l'ai pas entendu s'éloigner mais je pense qu'il est parti et m'a repéré.

Je me décale au milieu des genets et surveille le dessous de la piste mais les cerfs semblent descendre vers le fond de la vallée. Le temps passe et le secteur reste calme pas le moindre cerf. Le soleil est passé derrière la montagne et le jour décline lentement. Je décide de partir à l'approche. Je longe très lentement la piste côté pente quand tout à coup un léger craquement me fait stopper net. Un faon me regarde, il est à 7 ou 8 mètres de 3/4 arrière. Sa mère broute tranquillement en remontant vers la piste à 12 mètres environ. Il regarde alternativement sa mère et moi mais voyant qu'elle est tranquille il ne s'inquiète pas et s'avance doucement vers sa mère puis ils remontent doucement vers la piste. Je m'avance doucement pour leur couper la route quand le faon surgit de la végétation à moins de 10 mètres devant moi. Je tente de le prendre en photo avec un APN de prêt car je ne récupère le mien que dans une semaine au mieux.

Gazette pyrénéenne : le retour du cerf, 25 septembre 2011

Au flash, le faon fait volte-face et fonce dans la pente avec sa mère qui fuit sans vraiment savoir pourquoi. Ils s'arrêtent 30 mètres plus bas et la biche commence à pousser des cris d’alerte.

Je m'éclipse doucement et rattrape la piste à flanc de montagne, rien jusqu'à l'abreuvoir. Je fais demi-tour et reviens doucement quand, arrivé presque au bout de la piste, un brame tout proche retentit. Je m'avance lentement et aperçois un jeune cerf qui arrive. Je me cale rapidement contre la paroi rocheuse et attrape l'APN. Je pose mon arc et m'avance doucement prêt à prendre une photo, le cerf est à moins de 20 mètres, il broute paisiblement sur la bordure de la piste. Je le prends en photo mais malgré le flash il ne bronche pas. Je me rapproche encore un peu et prends un autre cliché, le flash lui fait lever la tête. Il regarde un instant vers moi puis rebaisse la tête et se remet à brouter. Je m'approche encore un peu et recommence à prendre une photo, à nouveau le cerf redresse la tête et regarde vers moi sans comprendre avant de se remettre à brouter.

Gazette pyrénéenne : le retour du cerf, 25 septembre 2011

L’opération se répète plusieurs fois et je me rapproche petit à petit sans qu'il ne soit inquiété. A environ 15 mètres, je me prépare et fait claquer ma langue contre mon palet, le cerf redresse la tête et je le prends en photo,

Gazette pyrénéenne : le retour du cerf, 25 septembre 2011

cette fois l'éclair lumineux le fait démarrer. Il s'arrête 50 mètres plus loin. Je vais chercher mon arc puis retourne vers le col alors que le jeune 6 me regarde m'éloigner sans peur.

Toujours pas de cerf sur la place de brame. Je traverse le tunnel de noisetiers puis redescends vers le chemin au milieu des fougères. Un brame retentit à 150 mètres environ. Je m'avance rapidement jusqu'à avoir vue sur une zone de fougères coincée entre un bois de hêtres et une bande de genets et aperçois un beau cerf, 8 ou 10 cors mais je bouge à peine alors qu'il brame et il démarre pour rentrer au bois où il se remet à bramer. Je tente de me rapprocher doucement mais le vent n'est pas bon et le sol craquant quand tout à coup un bruit me fait tourner la tête à droite dans les fougères. Une biche, inquiétée par les chevaux, vient vers moi et s'arrête à 20 mètres de face en regardant derrière elle. Je la regarde un instant puis tente une approche jusqu'à la lisière du bois, elle démarre et rentre au bois. Je ne reverrai pas le cerf. Cette fois la nuit tombe, il me faut rentrer. En chemin, je dérange un sanglier dans les fougères qui se débine sous la piste. J'arrive à ma voiture à la lueur de ma lampe.

 

Alex

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 15:41

Aujourd'hui c'est l'ouverture de la chasse en zone de montagne. Je décide d'aller chasser mon cerf à Sarrancolin, cette année j'ai eu, grâce à mon ami Patrick, un bracelet pour un plus de 10 cors. 5 heures le réveil sonne, je me prépare tranquillement, 5 heure 30, je charge la voiture et démarre de chez moi. Le temps est incertain et en route mes essuies-glaces balayent mon pare-brise au rythme des petites averses. Je vais chasser le secteur où j'ai prélevé mon 8 cors l'an dernier. Je connais un cerf magnifique que je croise depuis 3 ans et j'espère tomber sur lui ce matin. Je remonte les lacets du chemin qui conduit à la ferme aux patous. Il a plu ici aussi, mes phares éclairent une montagne bien humide. Arrivé au dernier virage avant la ferme, je me gare au bord de la piste et me prépare avant de remonter vers la ferme à pied pour rattraper le chemin de terre qui grimpe jusqu'à la place de brame. Je tends l'oreille dans la nuit encore bien noire mais le chant du ruisseau couvre les sons de la montagne. Le chemin qui remonte tranquillement s'éloigne peu à peu du bruit de l'eau et un premier brame retentit dans mon dos. Un beau sourire illumine mon visage.

En arrivant près de la ferme, un des 2 patous barre le chemin, j'aperçois sa masse blanche couchée en travers du passage. Il m'a vu et se redresse et commence à grogner, je décide de ne pas tester ses talents de gardien et remonte dans le pré au-dessus de la piste en escaladant le talus du chemin. Je remonte à travers la pâture pour retrouver le chemin de terre bien plus haut. Le calme de la nuit et ponctué de brames espacés et lointains. Le carillon de vaches retentit devant moi, mon arrivée a dérangé le troupeau endormi. Je me fraye un passage au milieu des bovins quand un brame retentit à 100 mètres au-dessus de moi dans les fougères près de la crête. Je continue à monter, un moment se passe, puis un second brame plus proche se fait entendre. La voie ne semble pas celle d'un grand cerf et je décide de ne pas tenter l'approche. De plus, il me faudrait attendre encore un moment que le jour se lève. Je décide de continuer sur mon idée première et rattrape le chemin de terre. Il commence à tomber une légère bruine, dans mon dos Sarroncolin encore endormi brille de tous ses lampadaires. Je fais une pose pour quitter ma veste polaire et la noue autour de mes hanches car je commence, malgré la fraîcheur du matin, a bien transpirer.

Le cerf que je laisse dans ses fougères me salue d'un dernier brame avant de remonter vers la crête. Je reprends mon ascension d'un pas lent et silencieux. Tout à coup, alors que j'arrive près d'un boulot solitaire qui pousse sur la gauche du chemin, le souffle rauque d'un sanglier me fait lever les yeux. Je me fige. L'animal se débine dans les fougères sur ma droite à quelques mètres de moi puis s'arrête à 15 ou 20 mètres de la piste. J'attends un moment immobile à l'écoute puis m'éclipse sans bruit. La luminosité croit doucement et je commence à bien y voir alors que j'arrive au bout du chemin sur la plateau. Les brames sont toujours lointains. Je remets ma veste polaire car le vent, qui devient tout à coup assez fort, n'est pas chaud. Je continue ma route vers la place de brame et passe le tunnel de noisetiers pour déboucher sur les souvenirs de l'an dernier. C'est un coin que j'adore.

Le vent est très soutenu et balaye des écrans de bruine épaisse de ma droite vers ma gauche. Je suis vite trempé. J'avance doucement au milieu des genets en direction de la piste de cailloux gris. Le secteur est très calme, pas le moindre brame si ce n'est au loin. Je décide de descendre un chemin de terre qui redescend vers ma voiture pour me mettre à l'abri de ce vent qui est assez pénible quand, tout à coup, un brame retentit à 150 mètres environ dans mon dos. Je me retourne et observe la zone de genet. Je ne vois rien, j'attends un moment, hésitant, puis décide tout de même de descendre le chemin quand un second brame retentit. Je me retourne à nouveau et balaye du regard les genets clairsemés quand mes yeux se posent sur un énorme cerf qui tête basse semble malmener un genet. C'est lui j'en suis sûr, c'est pile son secteur, c'est ce cerf auquel j'ai pensé si fort ce matin. Je me rapproche d'une bosse rocheuse couverte de genets à 100 mètres environ du cerf et l'observe. Il passe derrière une grosse touffe de genets et disparaît. C'est le moment, j'ai 70 mètres de découvert à traverser pour avoir une chance de l'approcher. Je m'élance au pas de course, comptant sur le vent fort et le sol détrempé pour effacer les bruits de mon arrivée. J'arrive rapidement près des premiers genets et commence à me faufiler entres les grosses touffes puis me cale derrière la touffe où j'ai vu disparaître le grand cerf. Je me penche doucement à gauche et je l'aperçois, il est énorme, juste à 3 mètres devant moi mais de cul, tête basse entrain de brouter. Je me décale doucement vers la droite alors qu'il pousse un brame impressionnant. Je regarde discrètement sur la gauche du genet, il broute tranquillement. J'arme mon arc et me décale doucement à découvert. Il est maintenant de 3/4 arrière, à 4 mètres devant moi l'occasion est trop belle, mon viseur se cale un peu en arrière de son épaule, assez bas pour traverser le cœur et je décoche. Ma flèche est pile où je la voulais, l'impact est très bruyant mais la flèche ne semble pas être beaucoup rentée, le cerf fait un bond spectaculaire, en raidissant ses pattes et en faisant le dos rond, normalement signe d'un flèche de cœur puis démarre en trombe en cassant ma flèche. Il franchit la zone de genets au grand galop puis s'arrête au bord du bois plein travers pour observer et comprendre ce qui vient de se passer. Puis, il fait quelques pas et se retourne à nouveau avant de s'enfoncer tête basse dans le bois. La faible pénétration de ma flèche m'inquiète un peu. Au bout d'un moment je vais récupérer le morceau de flèche resté au sol et le compare avec mes autres fléchés. Il manque 15 cm de tube et la lame. Je décide d'attendre 1 heure avant de faire ma recherche et met le réveil sur mon portable. Un grand doute m'envahit, j'aurais peut-être dû tirer plus en arrière, l'épaisseur des côtes m'a peut être joué un sale tour vu l'angle de mon tir. L'attente est longue sous la pluie et le vent, le froid m'engourdit quand un chasseur arrive avec son chien de pied. Je l'interpelle et lui demande s'il a trouvé le sanglier que j'ai croisé ce matin. Il semble que non et je lui explique où il se trouve, il repart contrôler le pied.

Il est l'heure, je pars contrôler mon cerf, la pluie ne joue pas en ma faveur pour la piste de sang. J'arrive à suivre son pied jusqu'au bois sans réellement voir du sang. Je commence à trouver les premières gouttes à l'entrée du bois et les suis doucement. Le sang ne coule que du côté droit de l'animal, je n'ai donc pas traversé comme je m'en doutais. Petit à petit, je suis la piste qui descend droit vers la piste de hèches et je la perds un moment au bord du chemin de hèches puis la retrouve sur un chemin de terre qui longe un grillage d'un enclos de régénération pour la perdre à nouveau dans une zone de fougères. Je tente de la recouper en vain sur la piste au-dessous des fougères mais la pluie est en train d'effacer tous les indices. J'appelle Patrick pour lui exposer la situation et pour qu'il me trouve un numéro de téléphone d'un chien de sang. Impossible de trouver un chien de sang dans le 65, je me rabats donc sur le Gers et finit par avoir un rendez-vous pour cet après-midi.

Patrick monte à ma rencontre alors que je redescends de la montagne. Les chasseurs de Sarrancolin ont trouvé le sanglier et je me retrouve au milieu d'une battue. Les chiens passent juste à 15 mètres sous la piste dans les fougères puis plonge dans la vallée. Je retrouve Patrick avec Pilou et d'autres chasseurs un peu plus bas. Nous discutons un peu et Patrick veut tenter une recherche avec Pilou, je ne suis pas trop favorable à cette idée mais finis par céder en lui laissant une chance sur les 40 premiers mètres de sang. Arrivé sur place, Pilou prends bien le pied du cerf puis marque une goutte de sang que je n'avais pas vu avant le bois mais il progresse ensuite trop vite et se trompe de plus en plus. Je stoppe Patrick pour ne pas perturber la future recherche. Nous recoupons juste par la piste du dessous et Pilou semble marquer un coulée qui descend droit par en bas le long d'un autre grillage. Nous arrêtons là, je ne veux pas diminuer mes chances de retrouver ce bel animal.

Nous partons pour le restaurant de Patrick, en route je passe chercher la clef de la barrière qui ouvre la piste qui nous permettra de remonter sur la zone du tir en voiture. Je ne suis pas serein, le film passe et repasse dans ma tête et je regrette de plus en plus mon choix de tir. La pizza faite par Patrick ne parvient pas à me distraire de ce mal être. Le seul point qui me semble positif c'est que le cerf ne fait que descendre alors qu'habituellement il fuit en montant. Le temps est long jusqu'à 14h30. Patrick invite le conducteur à prendre un café puis nous partons. Arrivés à la barrière, je me rends compte que j'ai oublié la clef dans ma voiture. Il nous faut faire demi-tour, la clef récupérée nous franchissons la barrière et remontons jusqu'à la zone de tir. Nous attaquons la recherche à 30 mètres avant la zone de fougères mais Rabolio (teckel à poil dur) semble décontenancé et peine à prendre la piste rincée par la pluie. Je tiens Dudule en laisse, l'herdale terrier au cas où le cerf ne serait pas mort. Le conducteur a pris sa 44 Marlin. Rabolio peine énormément dans les fougères et met beaucoup de temps à prendre la piste, il hésite revient plusieurs fois sur ses pas puis finit par prendre la voix. Il n'y a plus la moindre trace de sang et il faut faire confiance au chien. Nous ressortons sur la piste puis Rabolio tourne un peu en rond avant d'attaquer la montée. Cette fois, je n'y crois plus, nous remontons dans la montagne. Au bout d'un long moment le conducteur trouve une goutte de sang sur un bout de bois. Rabolio ne se trompe donc pas et nous continuons à monter. Je peux oublier une atteinte au cœur, j'en suis malade, comment ai-je pu blesser ce cerf à 4 mètres, comment n'ai-je pas pensé à la robustesse des côtes, mes 65 livres n'auront pas suffi, j'enrage contre moi. J'ai été trop sûr de moi au moment du tir, je le voyais trop facile. Au bout d'un moment Rabolio commence à donner de la voie et monte de plus en plus raide quand j'aperçois un animal qui se débine en prenant la courbe de niveau sur la gauche. Je pense qu'il s'agit du cerf et l'annonce au conducteur mais je me rends vite compte qu'il s'agit d'une biche qui vient de mettre Rabolio en défaut. Nous reprenons la piste au dernier sang et cette fois Rabolio la reprend bien et nous conduit à un rond de 15 cm de diamètre composée de gouttes de sang. Le cerf s'est arrêté debout à cet endroit. A nouveau plus de sang et nous suivons Rabolio qui finit par redescendre vers une grosse couche derrière un rocher mais pas un de goutte de sang, puis nous redescendons vers la piste en contrebas et Rabolio tire sur sa longe pour sauter vers le bas dans une draille fraîche au milieu des fougères. Nous décidons d'arrêter là car le cerf est certainement sur pied devant nous et il ne semble pas trop handicapé par ma flèche qui a certainement due se longer entre l'épaule et les côtes. Je suis au fond du gouffre, dure leçon que je viens de prendre en pleine figure, j'espère que ma flèche n'est pas mortelle mais qui peut le dire, comment savoir ce qui s'est passé si ce n'est en retrouvant cet animal que je crains bien de ne jamais revoir.

Je te demande pardon grand cerf....

 

Alex

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 06:51

Ce matin, j'ai convenu avec mon ami Patrick d'aller chasser chez lui à Sarrancolin. Réveil à 5h30, le temps de dégivrer la voiture et me voilà parti. J'ai décidé de chasser au tour de la place de brame où j'ai fléché mon cerf cette année. Arrivé avant le lever du jour, je me gare près du ruisseau du fond de vallée et j'attends un peu dans la voiture puis je sors affronter le froid vif et me préparer. La lueur du jour commence à poindre, tout est calme et le silence n'est perturbé que par le bruit de l'eau. Les Pyrénées me manquaient, nous étions abonnés aux lundis pluvieux depuis plusieurs semaines et je ne suis revenu qu'une fois depuis le brame. Le paysage a changé et la neige a commencé recouvrir la montagne d'un manteau blanc.

Je finis le reste du chemin à pied et rejoint la dernière habitation avant d'attaqué mon ascension par un petit sentier qui remonte d'abord assez raide puis à flanc de montagne pour rejoindre la place de brame. Arrivé en haut de la partie la plus raide, je marque une pause et me retourne vers la ferme en contrebas. 3 animaux arrivent des fougères sur ma gauche, 150 mètres plus bas. La biche suivie de la bichette et du hère, ils passent juste devant la maison puis plongent dans la pente. Je regarde un moment pour essayer de les voir remonter sur le flanc d'en face mais rien.

Je reprends mon ascension. Un peu plus loin, je marque à nouveau une pause pour observer les fougères en dessous et au-dessus du chemin. Derrière moi, Sarrancolin se réveille et le bruit de la route vient perturber la quiétude ambiante.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Je monte doucement en essayant de ne pas faire trop craquer la neige et le sol gelé. Les premières empreintes fraîches dans la neige. Une biche est passée de frai. Je fais régulièrement des pauses d'observation quand, tout à coup, un bruissement dans les genets au-dessus de moi me met en alerte. J'essaye de voir de quoi il s'agit quand un aboiement retentit. C'est un chevreuil que j'ai dérangé et qui se coule au travers des genets et des fougères pour regagner la crête. J'ai beau me déplacer un peu et me fatiguer les yeux, impossible de le voir. Je reprends ma route.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Le sol est de plus en plus craquant et il est impossible d'avancer sans bruit. Je rejoints finalement la place de brame ou j'ai manqué un cerf cette année. Je marque une pause, et jette un coup d'œil en contre bas dans les fougères. Une biche et son jeune arrivent de derrière moi à 100 mètres plus bas pour rentrer dans l'épais. Ils marquent une pause et observent tout autour d'eux sans me voir avant de disparaître derrière les arbres.

Je m'avance sur la place de brame. Beaucoup de traces traversent la zone dégagée. Biches, cerfs, sangliers, chevreuils et renards se sont croisés ses derniers jours. Une meute de chien est aussi passée ces derniers jours, Patrick m'a dit que Sarrancolin était venu chasser le sanglier dans le secteur.

Je continue vers la place de brame où la réussite m'a souri. Mes pas font craquer le sol et je crains que ma matinée d'approche ne soit bien compromise. Le chemin monte un peu puis redescend sous la voute de noisetiers défeuillés. Cette place est aussi marquée de nombreuses traces plus ou moins fraîches. La neige plus poudreuse est moins craquante dans le secteur. Je m'avance puis me cale derrière des genets en observation. Des vols successifs de petits passereaux passent bruyamment au-dessus de ma tête. Tout est calme, la nature semble endormie et rien ne bouge. Je tente un petit cri de souris pour essayer d'apercevoir maître goupil mais rien. Quelques merles batifolent dans les buis.

Je quitte mon poste pour rejoindre la piste à flanc de montagne qui me conduira à la zone grillagée. Je passe par la piste où le sol est moins craquant.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Je rejoins la piste taillée à flanc de montagne, les premiers rayons de soleil passent la montagne et rendent le paysage encore plus magique.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

J'avance doucement sur la piste, la neige poudreuse n'est pas bruyante. De temps à autre, je me rapproche du bord pour tenter de surprendre un animal en contrebas. La piste est jonchée de traces d'animaux. Au bout d'un moment, en me rapprochant du bord, je perçois un mouvement près d'un massif de buis. C'est un chevreuil qui s'avance doucement en mangeant, 50 mètres plus bas, ses pas étouffés par la neige. Je reste immobile à l'observer. Au bout de 5 mètres environ, il stoppe net derrière un hêtre, je ne vois plus que son arrière train puis fait brusquement demi-tour et s'arrête pour regarder nerveusement autour de lui avant de disparaître dans les buis. Je n'avais pas remarqué que j'avais le vent dans le dos. Je me décale à la sortie des buis et attends un moment. J'entends un moment ses pas puis plus rien.

Je continue jusqu'à la zone clôturée. J'ouvre et passe le portail et traverse doucement l'enclos. Beaucoup de traces de renard traversent l'enclos mais pas une trace de cervidé. Je regarde l'heure, il est bientôt 9 heures, Patrick devrait bientôt émerger. Je décide de faire demi-tour pour tenter de voir quelque chose en dessous de la piste d'où je viens. Arrivé au portail, Patrick m'appelle, il n'est pas trop motivé pour traquer en haute montagne, il a la crève. De plus, les chiennes sont en chaleur et Atar ne fait pas le grand cervidé. Nous décidons de chasser sous chez Patrick.

Je reprends donc la piste vers la place de brame et pour raccourcir un peu et me donner une dernière chance je redescends par une piste qui longe 100 mètres environ sous la piste qui mène à l'enclos. Elle est aussi très fréquentée. J'avance doucement et surveille alternativement au-dessus et au-dessous de la piste.

Je ralentis en dessous d'une zone épaisse de buis. Un animal démarre, c'est un chevreuil qui marque un temps d'arrêt au sommet d'un rocher avant de redémarrer et de disparaître dans les buis. Au bout de la piste, je pars en biaisant dans la pente pour rejoindre ma voiture.

Je retombe sur une piste forestière et retombe sur le chemin prêt de mon véhicule. Je redescends vers Sarrancolin puis me gare en bas du chemin de la Soule. Des travaux de mise en place du tout à l'égout m’empêchent de monter chez Patrick. J'appelle mon ami pour lui dire que j'arrive, il me faut 15 à 20 minutes pour arriver à mon poste. Lui va arriver de chez lui par le bois avec Atar en espérant lever des animaux.

Les ouvriers du chantier me regarde passer bizarrement... ils ont jamais vu un arc ? Après quelques virages, je quitte la route pour remonter à travers pré vers une zone de fougère très passagère où je vais me poster.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Arrivé dans les fougères, je me faufile par les coulées pour prospecter au niveau des gîtes, on ne sait jamais. Le vent est bon et assez soutenu. J'avance presque sans bruit, je monte un talus très raide et passe devant  les gîtes sans rien voir. J'avance encore un peu vers l'endroit où j'ai fléché ma bichette l'an dernier.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Tout à coup, une grande patte se dérobe devant moi et disparaît sans bruit dans le bois. Je décide de faire demi-tour et de me poster un peu en retrait derrière un gros buisson au bord d'une coulée très fréquentée. Je commence à préparer mon poste avec mes sécateurs puis me ravise. Je vais avancer un peu plus et me poster sur la coulée mais un peu plus dans le sale.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Une grosse coulée au-dessus à portée de tir et les coulées en dessous aussi à portée de tir, c'est un bon poste. Je n'ai pas longtemps à attendre, déjà au loin j'entends Atar qui rapproche sur le pied d'un chevreuil. Il se rapproche rapidement. Je suis prêt, décocheur accroché. Tout à coup, ce que j'identifie comme étant un chevreuil surgit du bois et arrive sur la coulée du dessus et disparaît dans le sale à moins de 30 mètres. J'arme au cas où, si c'est un chevreuil je laisserais passer mais si c'est autre chose, je serais prêt. Atar se rapproche de plus en plus. Des craquements se font entendre dans le sale, ça se rapproche. Je désarme pour ne pas trop forcer sur mes bras. Ça va sortir vers en bas, je réarme. Ce n'est plus un chevreuil mais un hère qui dévale la pente et prend la coulée qui monte droit dans mes pieds. Je le suis dans mon viseur. Il se baisse et passe sous les branches pour ressortir tête haute à 5 mètres de moi en relevant la tête. Il est presque de face et arrive au trot. Je prends la visée à la base du coup et décoche. Il me voit mais trop tard, il n'a pas le temps d'esquiver. Ma flèche disparaît dans son épaule. Il fait demi-tour, ralentit progressivement sur 40 mètres environ, commence à vaciller, baisse la tête puis se couche. Atar est passé au-dessus avec le chevreuil.

J'attends un peu avant d'aller voir. Pas de flèche sur le lieu du tir mais rapidement beau coup de sang dans la coulée sur les fougères

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

et au sol.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

En arrivant où j'avais vu tomber mon hère, je le retrouve mort. Ma flèche rentre dans l'épaule et ressort près de l'anus d'où elle dépasse encore de 60 cm. C'est un jeune mâle. Patrick arrive, je lui annonce la mort de mon hère et monte chercher le bracelet et lui donner mon arc. Il repart chercher le pickup.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

J'appose le bracelet et tire le hère jusqu'à la route en attendant Patrick.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Au dépeçage, je constate que ma flèche a touché les 2 poumons et le foie. Une fois le hère peler et vidé nous partons manger, ce soir nous allons chasser dans le Gers à Traversères sur un territoire à sanglier. En milieu d'après-midi nous levons le camp, déjà 4 vautours, un milan royal et des grands corbeaux tournent à basse altitude. Et nous faisons décoller les 4 grands rapaces en passant en voiture. Patrick laisse son pickup pour ce soir et nous finissons à pied au travers du chantier pour récupérer nos voitures au pied du chemin de la Soule.

Nous arrivons sur le territoire de chasse vers 16h30, sur la route, à l'entrée du chemin qui mène à la ferme où je me gare, un renard nous regarde arriver assis, puis finit par sauter dans le ruisseau à l'approche de la voiture. Je tourne et prends le chemin pour aller me garer. Patrick décide de démarrer du début du chemin. Je le dépose et pars me garer avant de remonter la combe en direction de la route de crête. Je n'ai pas prospecté cette partie du territoire depuis longtemps. A peine la ferme dépassée que j'aperçois 2 chevreuils au gagnage près du parc de la LPO. Je continue ma route vers un massif de genets au bout d'un bois où se remisent très souvent les sangliers.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Je passe la haie qui sépare les 2 prés et remonte en la longeant vers les genets. Au coin du bois, je remonte par une grosse coulée très fréquentées vers mon poste. Je vais rester un moment entre le bois et les genets sur cette bande de clair. Le vent est bon, il souffle des genets vers le bois. L'attente commence et comme d'habitude les petits rongeurs font un bruit du tonnerre dans les feuilles mortes en sous-bois. Je les vois parfois passer.

Tout à coup, j'aperçois du mouvement à 250 mètres environ, il me semble qu'il s'agit d'u renard ou d'un chat. Dans le doute, je quitte mon poste et redescends vers le pré. Du coin du bois, je tente un cri de souris mais l'animal ne se laisse pas perturber et se rapproche du talus d'herbes hautes. Je finis par clairement identifier un chat. Je traverse donc le pré et me poste au coin de la haie pour surveiller à la vue et à l'écoute le secteur.

Les sangliers ont donné pas mal de coups de nez dans le secteur. Un second chat traverse le pré sur les traces du premier. J'ai bon espoir mais le temps passe, la luminosité baisse. Un bruit dans la haie se fait entendre, au bout d'un moment, un animal sort mais je n'arrive pas à l'identifier. Il relève la tête et s'assoie, il est à 35 mètres environ. C'est un lièvre, il commence à se rapprocher en zigzagant. Il s'arrête régulièrement, entre dans un petit roncier, ressort, s'assoie à nouveau, se rapproche par petit bons, revient vers la haie et disparaît puis ressort, s'assoie et décrit un arc de cercle pour venir s'assoir à 5 mètres de moi alors que je viens d'armer. La visée prise sur son coffre, je décoche. Le lièvre pousse un petit cri à l'impact et démarre en trombe sur 10 mètres puis ralentit, s'arrête à 20 mètres, s'assoie, se quille droit sur ses pattes arrières puis retombe sur le dos. C'est fini pour lui. Ma flèche l'a frappé en plein cœur.

La nuit tombe, je ramasse mon lièvre et je rentre. C'est mon troisième à l'arc et mon 4ième de ma vie de chasseur. Patrick a vu 2 sangliers mais n'a pas pu tirer. Nous rentrons.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Alex

 

Atteintes :

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Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

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1 octobre 2010 5 01 /10 /octobre /2010 08:36

Ce matin, je suis retourné faire le même tour que la veille au soir. Au bout du petit pré, un cerf me grogne dessus alors que je passe sous une zone de buis épaisse. Je m'éclipse tranquillement pour ne pas le déranger plus. Je ne verrai pas un seul animal de toute la matinée à par un vautour qui va me décoller juste au-dessus de la tête alors que je remonte la piste avant d'arriver chez Patrick.

Cet après-midi, nous avions décidé de partir tôt mais le temps s'est bien détérioré, il pleut dans la vallée et les nuages remontent dans la montagne apportant par moment une petite bruine. Nous partirons finalement en fin d'après-midi pour chasser un morceau du territoire situé de l'autre côté de la départementale. Une zone de forêt de hêtres et de plantations de résineux. Nous faisons un petit tour en voiture de ce territoire magnifique et Patrick en profite pour m'expliquer les limites qui sont un peu compliquées entre les enclaves des autres sociétés de chasse et les différentes domaniales.

Nous décidons de chasser une grande plantation de résineux. Un troupeau de belles gasconnes nous accueille.

Gazette pyrénéenne : jeudi 30 septembre 2010 (triste fin pour une belle semain)

Nous commençons par remonter sur la bordure gauche du territoire pour ensuite nous séparer et chasser en redescendant en biais vers la piste.

Gazette pyrénéenne : jeudi 30 septembre 2010 (triste fin pour une belle semain)

Peu d'indices de présence jusqu'à présent. Je laisse Patrick et continue à monter. Il m'a parlé d'une crête plus haut. Je monte tranquillement, le sol, souvent couvert de mousse et encore humide, est assez silencieux. Je monte toujours quand le brouillard commence à descendre à ma rencontre. L'ambiance est magique, chasser dans un décor aussi beau, dans un silence qui n'est troublé que par le chant de quelques oiseaux et maintenant dans un silence total enveloppé dans ce brouillard.

Gazette pyrénéenne : jeudi 30 septembre 2010 (triste fin pour une belle semain)

Je slalome entre les sapins quand, tout à coup, en relevant la tête, j'aperçois une belle biche solitaire à 20 mètres devant moi. Je ne suis pas là pour elle mais je décide de me tenter l'approche. Elle regarde un long moment vers moi alors que je reste immobile, accolé à un gros sapin. Elle finit par se désintéresser de moi et se remettre en marche tranquillement en me tournant le dos. J'en profite pour me décaler vers un autre sapin. Je m'immobilise, elle regarde à nouveau vers moi, elle est cette fois à 30 mètres. Puis elle reprend son ascension d'un pas lent. Je me redécale vers un autre arbre. Elle bifurque à gauche puis s'arrête à nouveau et regarde aux alentours sans vraiment me chercher. Elle se remet en marche et passe derrière une rangée serrée de petits sapins. J'en profite pour rapidement partir me positionner au bout de la rangée.

Je m'avance doucement et tombe, nez à nez, à 5 mètres de la biche que je ne pensais pas si près. Surprise, elle fait demi-tour au petit trot puis s'immobilise rapidement pour regarder vers moi avant de redescendre un peu dans la pente. Je la laisse disparaître puis recommence mon approche en allant d'une cache à une autre mais elle reste à plus de 40 mètres et je n'arrive plus à approcher d'avantage. Elle finit par se retourner vers moi. Un geai vient de se poser derrière moi et, s'apercevant de ma présence, il décolle en poussant un cri, la biche se met alors à pousser quelques cris d'alerte et  disparaît dans le brouillard.

Je reprends mon ascension, je commence à trouver pas mal de crottes de grands cervidés et un peu de chevreuils. Je pars un peu en biais pour rejoindre la crête La forêt s'éclaircie de plus en plus et je ne peux plus avancer en me cachant, je décide de redescendre un peu puis de repartir en biaisant vers la piste où la voiture de Patrick est garée. En descendant, je fais redémarrer la biche qui s'était arrêtée un peu plus bas.

Je progresse lentement. Les vaches semblent monter jusqu’ici, de nombreuses bouses jonchent le sol, il y a de nombreux laissés de grands cervidés mais je progresse un long moment à pas lent en observant bien les alentours sans rien voir. Il me semble entendre bramer au loin.  Je finis par rejoindre une piste de terre et il me semble voir passer quelque chose entre les arbres, 50 mètres plus bas. Je reste un moment sans bouger à observer mais rien ne bouge. Je me remets en marche, un biche démarre et descend sous la piste au milieu d'une zone très claire de grands sapins. Je rejoints la piste et la longe un moment en suivant la biche qui longe 80 mètres plus bas. Je décide de la dépasser puis de tenter de lui couper la route mais je tombe sur une zone plus prometteuse tapissée de fougères. Plusieurs cerfs brament plus bas.

Gazette pyrénéenne : jeudi 30 septembre 2010 (triste fin pour une belle semain)

Je m'avance doucement dans les fougères en direction d'un brame qui semble tout de même assez lointain quand plus bas un autre cerf se met à bramer plus près de moi. Je descends donc vers lui. Je retourne sous les hauts sapins où le sol est moins bruyant et descends droit sur le cerf. Tout à coup, j'aperçois une biche à 45/50 mètres, elle regarde vers moi. Plein travers au milieu des fougères, juste à gauche d'une petite crête rocheuse elle fait demi-tour et descends dans les fougères et le relief me la cache vite. Au milieu des arbres, il me semble voir une autre tâche rousse de l'autre côté de la petite barre rocheuse. Je me décale lentement et aperçois le cerf qui me regarde. Je n'ai pas le temps de le prendre en photo, il descend en suivant la biche.

Sur ma droite un brame puissant retentit. Je me dirige vers ce cerf qui à la voix semble impressionnant. Très lentement j'arrive au pied d'un petite bute et entends un bruit de pas qui monte de l'autre côté. J'allume mon appareil photo, alors que le cerf se met à bramer, pour couvrir le bruit de la sonnerie d'allumage. Je m'avance très lentement vers le sommet de la bute quand j'aperçois les bois magnifique de ce cerf. Il regarde vers moi, je ne suis qu'à 5 mètres de lui. Je décide de m'avancer doucement pour voir plus que ses bois et tenter une photo mais il pousse un grondement sourd et fait demi-tour pour s'arrêter plein travers à 15 mètres, la tête cachée derrière un arbre. Je me tiens prêt à le prendre en photo dès qu'il va s'avancer mais les batteries me lâchent et mon appareil s'éteint !

Je range mon appareil maintenant inutile et reste à regarder ce cerf magnifique quand, devant lui, à 30 mètres, j'aperçois une biche et son faon. Ils ne m'ont pas repéré. Je recule doucement, repasse derrière la bute et la contourne doucement et sans bruit pour ressortir un peu plus loin sur un piste forestière. Le cerf pousse quelque grondement sans s'enfuir puis énervé par un congénère qui brame plus bas, il se remet à bramer. Je ne vois pas la biche et le hère. A chaque fois que le cerf regarde par en bas ou se met à bramer, je m'avance d'un pas lent et gagne ainsi, petit à petit, du terrain. Quelques sapins bas me servent d'écran de camouflage. En arrivant au dernier sapin, alors que le cerf pousse un brame, j'aperçois la biche et le hère un peu en retrait, il sont à 15 mètres sous moi. La biche qui est de cul regarde vers moi, le hère et 3 mètres plus à gauche, plein travers mais un tout petit sapin masque un peu la zone vitale.

Je me décale extrêmement lentement, la biche est nerveuse et descend un peu dans la pente puis se tourne plein travers. La zone vitale du hère est bien dégagée maintenant, il n'a pas bougé. Le cerf brame toujours. J'arme très doucement mon arc, prends la visée sur le coffre du hère et décoche. L'impact est bien audible. Je vois ma flèche haute et le hère se raidit puis démarre avec sa mère. Je reste immobile. Le cerf n’a rien compris et met un moment à démarrer alors que la biche et son petit sont déjà bien descendus. 100 mètres plus loin environ, je les entends ralentir puis hésiter dans leur route en zigzagant un peu puis plus rien. Le cerf démarre à son tour et descend pour passer entre 2 gros sapins, un sapin mort couché barrant sa route au-dessus.

J'attends un moment puis descends voir la zone du tir. La luminosité baisse rapidement et je n'arrive pas à voir grand-chose. Une forte odeur de cerf en rut se dégage de la végétation. Je finis par chercher à la lueur de mon portable mais impossible de trouver du sang quand tout à coup je trouve ma flèche posée à la verticale sur des fougères, lame vers le bas. Je la ramasse, elle est toute poisseuse au touché, je la sens sans trouver d'odeur de contenu stomacal, je l'éclaire avec mon portable, elle est couverte de fibres musculaires et ne présente que très peu de sang. Je tente d'appeler Patrick au portable mais il ne capte pas. Je siffle et hurle de toutes mes forces mais pas de réponses. Je plante ma flèche au sol et repère les environs pour la recherche.

Au bout d'un long moment, je finis par avoir Patrick au téléphone. Je lui explique la situation et il me dit de descendre vers la piste en dessous de moi. Je descends droit et marque la piste de plusieurs brisées bien vertes. Je me refais la scène dans ma tête en attendant Patrick et arrive à la conclusion que ma flèche n'est pas mortelle, j'ai dû passer dans les muscles du dos. Nous rentrons chez Patrick chercher ma frontale et une lampe avant de revenir sur place avec Pilou pour faire la recherche.

Je remonte directement vers la zone de tir, trouvant au passage un vieux bois de cerf tout rongé, puis je commence à chercher le sang au départ. Pas une goutte, j'inspecte la flèche. C'est bien de la fibre musculaire. Patrick lui me rejoint par une piste de débardage qui remonte de la piste carrossable puis coupe à travers bois pour me rejoindre. Je le guide avec ma lampe et en lui parlant. En venant vers moi, il tombe sur le sang et m'appelle. Je le rejoins et nous commençons à suivre le sang avec Pilou mais la piste s'éternise. Les zones où l'animal s'est arrêté sont très marquées mais en général il y a peu de sang et c'est du sang de muscle. Nous croisons régulièrement des salamandres. Au bout de plusieurs centaines de mètres nous perdons tous la piste. Je suis démoralisé, j'espère que cet animal s'en sortira sans trop de séquelles. Demain, je rentre dans le Gers et cette mauvaise flèche est dure à encaisser. Nous redescendons à travers bois vers la piste de débardage puis la voiture. Nous rentrons.

 

Alex

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 08:49

Après une matinée passée à débiter le cerf et à le porter en chambre froide, nous rentrons du restaurant de Patrick vers 14 h. En arrivant une nuée de grands corbeaux et quelques vautours sont perchés autour des restes du cerf.

Durant l'après-midi, je pose les yeux sur 2 silhouettes sombres au milieu d'un petit pré sur le versant d'en face, sur le tiers supérieur de la pente. Il me semble reconnaître des biches mais plus de 700 mètres nous séparent.

Gazette pyrénéenne : mercredi 29 septembre 2010

Tout à coup, un autre animal 2 fois plus gros surgit de derrière la montagne. Je suis en train de dire à Marie France qu'on dirait un cerf coursant 2 biches quand nous l'entendons bramer. J'appelle Patrick qui est devant l'ordinateur à l'étage. Il prend ses jumelles et observe les animaux. C’est bien cerf et il est énorme. Je monte rejoindre Patrick alors que le cerf s'est couché au milieu du pré. Je l'observe un moment avec les jumelles puis il disparaît en rentrant au bois.

Ce soir, nous allons chasser sous chez Patrick, je me donne comme objectif de flécher le hère si je le rencontre à portée de flèche. Patrick part de son côté et moi du mien. Je descends par les pistes, que Patrick a faites à la pelle mécanique, jusqu'au bord du ruisseau que je vais suivre un moment en le descendant. Je sens bien le tout petit pré au bout des noisetiers. J'avance tout doucement en regardant le plus loin possible mais ce soir le daguet et la bichette ne sont pas là.

Gazette pyrénéenne : mercredi 29 septembre 2010

Mon attention se relâche un peu quand une biche et son petit surgissent du ruisseau et traversent à 20 mètres devant moi pour rejoindre le bois. Je m'avance doucement pour tenter de les voir au travers de la végétation. La biche pousse 2 grondements puis je les entends démarrer et les aperçois, par une trouée, en train de remonter la pente du bois. Avec un peu de chance ils iront sur Patrick.

J'avance toujours tranquillement mais rien en vue. Je remonte alors vers le pré où se trouvent les poiriers et les pommiers. Je traverse une zone abrupte de fougères dans un sous-bois clair et ressors sur le pré que je commence à remonter en direction de la route. Tout à coup, j'aperçois une chevrette, au bord des genêts, un peu plus haut.

Gazette pyrénéenne : mercredi 29 septembre 2010

Je la prends en photo mais elle est loin, je tente une approche à genoux alors qu'elle me regarde approcher puis tente une seconde photo mais trop tard elle rentre dans les genêts.

Je rejoins la route et remonte vers chez Patrick alors que la luminosité baisse. Je jette un coup d'œil en bas dans la langue de pré et, à ma grande surprise, j'aperçois le cerf que je cherche depuis vendredi. En plein découvert, il regarde vers moi. Le temps de sortir mon appareil photo et de me décaler un peu, il retourne tranquillement au bois. Je l'aperçois remonté dans un clair puis obliquer à droite pour biaiser, disparaître sous les feuillages, ressortir sur un clair pour s'arrêter et regarder vers moi en grognant. Je tente une photo mais la luminosité et l'éloignement me donne un résultat minable.

Gazette pyrénéenne : mercredi 29 septembre 2010

Il rentre à couvert et grogne encore. Je m'éclipse et rentre doucement chez Patrick sans voir autre chose.

 

Alex

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 14:17

Cet après-midi, après un petit entrainement qui m'a bien réussi et redonné confiance, nous décidons d'aller chasser sur la place de brame. Ne supportant plus mes chaussures de randonnée, je suis obligé de partir chasser avec mes vieux tennis tous troués mais très silencieux pour l'approche. Pour économiser mon tendon douloureux, nous allons attaquer par le flanc opposé à mon habitude. Patrick se gare près d'une habitation gardée par 2 beaux patous des Pyrénées. Je passe devant, Patrick va commencer à chasser un bois sur la droite alors que je pars directement vers la place de brame. Il fait chaud cet après-midi et le chant des criquets et des sauterelles emplit la montagne. Je monte par un chemin enherbée au milieu des fougères et des genêts.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

En face, je peux voir l'enclos à l'ombre d'un gros nuage qui passe.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

Au bout d'un moment, je tombe sur la place enherbée avec le chemin que le cerf cendré a traversé hier.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

Un vautour passe juste au-dessus de moi et fait un gros écart en m'apercevant. Un milan royal décrit des cercles dans le ciel. Je ne résiste pas à rejeter un petit coup d'œil plein de souvenirs à la zone de mon tir manqué d'hier

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

avant de partir vers la place de brame que j'aime tant. Je passe le passage sous la belle voûte arborée que je croyais, dans mes souvenirs faite de hêtres mais qui est en fait constituée de noisetiers et de houx pour déboucher sur la place au milieu des genets clairsemés.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

Cet après-midi, les cloches tintent un peu plus loin de magnifiques chevaux noirs pâturent au milieu des fougères.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

Les cerfs brament déjà à tout rompre. Je ne me lasse pas d'écouter ce chant magnifique.

Je décide de commencer par me poster un moment derrière un gros hêtre au coin de la clôture de régénération en observation et à l'écoute.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

Les cerfs brament bien plus bas et au bout d'un moment j'entends un cerf qui brame plus haut vers la limite du territoire. Plus rien pendant un moment, puis un long brame à nouveau, je décide de me diriger vers ce brame qui semble venir vers le bon côté de la piste. Je décide de me poster au bord d'un chemin forestier par lequel est sorti le cerf qui se payait ma tête hier après-midi. Je cherche un moment mon poste, hésite un peu puis décide de reste derrière des houx contre un gros hêtre, au-dessus d'une belle zone de fougères où j'ai manqué un cerf l'an dernier.

L'attente commence quand des appels de Butollo me font tourner la tête vers Patrick qui est posté sur une butte, en bordure de la place de brame, au milieu de la bruyère et des fougères. Je pense tout d'abord qu'il s'amuse, le connaissant rien ne m'étonne mais il insiste un moment. Peut-être me cherche t-il ? Je tente de lui faire signe de la main puis en agitant mon arc. Il insiste de plus en plus. Je lui réponds alors d'un aboiement de chevreuil. Il commence alors à s'agiter et à faire des signes pour me montrer quelque chose devant lui puis se coule derrière la bute. Je comprends alors ce qui se trame, le cerf que j'entendais était déjà passé de l'autre côté de la piste. Je quitte mon poste et guidé par les signes de Patrick, je tente d'approcher le cerf mais il a déjà fait un peu de chemin. Je me coule au travers des buis sous les grands hêtres. Rien en vue, quand tout à coup, un bruit de bois cassé. Mes yeux se posent sur un gros cerf qui se faufile au travers des buis et remonte vers la piste taillée dans le rocher. Je remonte rapidement mais le plus silencieusement possible vers la piste puis la longe pour tenter d'aller couper la route du cerf. En arrivant presque au niveau de la piste taillée dans le rocher, j'aperçois le cerf qui a déjà traversé et qui longe 60 mètres plus haut à travers une zone clairsemée du bois de hêtre. Il part droit devant lui et accélère en me devinant. Je le laisse rentrer dans l'épais et part en courant sur la bordure enherbée de la piste pour le devancer et remonter lui couper la route. Je me plaque contre le talus du bois, le longe un peu puis remonte dans le bois par une coulée marquée par les sabots des chevaux qui ont fait des marches dans le talus. J'escalade doucement en cherchant le cerf du regard mais mon pied glisse sur le terrain encore humide et je me rattrape bruyamment. Je tente tout de même de rentrer doucement de 50 mètres dans le bois mais il me semble entendre le cerf qui monte droit vers le sommet de la montagne. Je laisse tomber.

Je retourne à mon dernier poste mais me ravise sur l'emplacement. Je me décale un peu plus vers l'intérieur du bois et me rapproche un peu du bord du chemin forestier. Un belle coulée arrive sur ma gauche, au-dessus de moi mais je pense voir arriver le cerf par en bas. Un petit bouquet de houx fait écran sur ma gauche par contre j'ai une belle fenêtre de tir pour tirer sur le chemin forestier. Je suis peu camoufler devant moi et je me colle contre les houx pour casser ma silhouette. Le vent vient de gauche comme les cerfs, tout va bien. L'attente commence, 2 ou 3 cerfs brament plus bas et semblent remonter vers moi mais le temps passe et ils ne bougent pas beaucoup. Je regarde régulièrement mon portable pour regarder l'avancement de l'heure. Je m'impatiente, il est vrai que la patience au poste n'est pas mon fort. Je suis plutôt amateur d'approche. L'excuse que j'attendais pour quitter mon poste vient d'arriver. Le cerf de tout à l'heure brame à nouveau plus haut, je quitte à nouveau mon poste et pars vers le cerf qui cesse vite de bramer. Plus rien pendant un moment alors que près de mon ancien poste ça semble se rapprocher.

J'ai un pressentiment, je n'aime pas ça mais il me faut revenir à ce poste, je le sens bien. Je retourne donc au dernier poste.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

L'attente immobile recommence. Les brames se rapprochent doucement mais sûrement. Deux cerfs se répondent, un sur ma gauche et un autre un peu plus bas. Je surveille alternativement la coulée au-dessus et le dessous du chemin. Chaque brame puissant me fait tressaillir. Je ne sais pas pourquoi mais je vois bien arriver un cerf à ce poste. Au bout d'un moment, il me semble entendre un grognement assez proche. Je tends l'oreille mais plus rien pendant un moment alors que les 2 autres cerfs semblent faire du surplace. Le temps passe puis un autre grognement à 50 mètres maximum. Cette fois mon cœur se met à battre plus fort, j'accroche mon décocheur et mes yeux cherchent à distinguer ce cerf en dessous du chemin. Au bout d'un bon moment à chercher du regard, tous mes sens à l'affût, j'entends un léger craquement dans les fougères en dessous du chemin sur ma gauche. Mes yeux se posent sur une paire de bois au travers des houx. J'essaie de compter. Le cerf arrive d'un pas tranquille au bord du chemin. 1, 2, 3, 4... 8 non 1, 2... oui c'est un 8, 9 maximum. C'est mon cerf, un CEM1. Le cerf rentre dans un bouquet de houx clairs, j'arme mon arc. Il s'arrête, lève la tête puis se remet en marche de son pas lent. " Allez, avance encore, sort à découvert". Le cerf sort la tête des houx et la tourne vers moi. Mon sang se glace, mon cœur s'arrête, je suis en apnée... le temps vient de s'arrêter. Il m'a repéré c'est sûr. Je reste immobile. Il finit par se remettre en marche doucement et sort au pas, plein travers, à 12 mètres, au milieu de fougères qui ne cachent que ses pattes. Mon viseur se cale sur son coude. Je décoche.

Mon cerf, à l'impact, fait un bon impressionnant en l'air, c'est signe d'une flèche de cœur comme mon daguet de l'an passé. Ma flèche plantée en travers (20 à 30 cm sortent encore de mon côté) mon cerf fait demi-tour et se jette au galop dans la végétation. Ma flèche est pile où je la voulais et je ne peux contenir ma joie. Je laisse le cerf s'éloigner et quitte mon poste pour appeler Patrick qui me rejoint rapidement. Je lui raconte ma chasse et nous partons à la recherche de mon cerf. Je suis confiant. Le cerf a basculé vers le territoire d'en face.

Arrivée sur la zone du tir nous retrouvons rapidement ma flèche cassée côté empennage.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

Je ne pense pas qu'elle ait traversé vue ce qui dépassait. Une première goutte de sang.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

La piste n'est pas très marquée, quelques gouttes sur un petit houx,

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

un peu plus loin, un peu de sang sur les fougères

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

puis une belle trace de sang.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

Je reste à la dernière trace de sang et Patrick mène la recherche, je le laisse faire tout en essayant de l'aider.

On peut facilement suivre le trajet du cerf aux feuilles retournées quand ce n'est pas au sang.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

De goutte en goutte, nous finissons par tomber sur mon cerf, il est mort, couché sur le flanc.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

Je suis aux anges, c'est mon plus gros prélèvement à l'arc, il est magnifique je le contemple un moment, c'est un rêve réalisé. Ma flèche est en fait ressortie 10 cm derrière la patte opposée. Le cerf a chuté

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

puis est tombé un peu plus loin, juste au-dessus d'un belle zone de souilles.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

Je ne me lasse pas de le contempler, quel bel animal ! Il a fait à peine 70 mètres.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

Patrick me sort de mon rêve éveillé. Il nous faut maintenant le sortir et il faut que Patrick aille chercher des clefs pour ouvrir les barrières qui nous permettrons de venir chercher le cerf par la piste. Il récupère nos arcs et rentre à la voiture. Pendant ce temps, je mets le bracelet à sa patte et je traîne le cerf jusqu'à la piste. Je pars ensuite boire un coup à l'abreuvoir au bout de la piste taillée dans la roche. Un cerf au brame impressionnant semble être au bout de l'enclos. Je retourne à mon cerf et attends Patrick. Rapidement un bruit de pneus qui crissent sur le gravier puis des coups de klaxon. C'est Patrick qui arrive avec un chasseur du coin venu nous aider à sortir mon cerf.

Nous chargeons, non sans peine, l'animal puis rentrons par la piste. Plus bas un beau cerf saute d'un bon par-dessus la route et alors que nous nous arrêtons pour tenter de le voir en sous-bois, un autre cerf avec un bois cassé arrive droit sur nous puis s'arrête, nous regarde et fait demi-tour pour rentrer au bois. Nous arrivons chez Patrick à la nuit et allons passer un bon moment à peller et vider l'animal.

Ma flèche a traversé le cœur et à peine touché les poumons.

Gazette pyrénéenne : mardi 28 septembre 2010 (La fin d'un roi)

Un bout de tube est même resté en travers du cœur. Un drôle de cadeau pour l'anniversaire de mon ami Patrick.

Encore merci à toi mon ami. Il nous reste encore une biche, un hère et un chevreuil à boucler.

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Alex

 

Atteinte :

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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