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4 octobre 2020 7 04 /10 /octobre /2020 16:19

En récupérant mes bracelets avant l’ouverture, j'avais posé une option pour un CEM2 si un se libérait. La semaine suivant le prélèvement de mon CEM1, mon téléphone sonne le jeudi midi, c’est le président de la chasse qui m’appelle pour me proposer un CEM1 et un CEM2 sur Camous, un carabinier venu chasser les jours précédent n’a pas réussi à les réaliser. C’est ma chance, après toutes ces années d’attente, j’accepte le CEM2 et Arnaud le CEM1. Vendredi matin, après avoir récupéré les bracelets, je pars chasser seul sur le secteur sous la pluie. Après 4 belles approches qui n’ont pas pu se conclure à cause des vents tournants, notamment une sur un très beau 16 cors approché à un peu plus de 20 mètres (Attendant qu’il s’avance pour dégager sa zone vitale, caché derrière un gros tronc couché au sol, le vent tournant m’a trahi et lui a permis de fuir avant que je n’ai l’occasion de le flécher), je décide de rentrer chez moi vers 11 heures, complètement trempé mais plein d’espoir pour les prochaines sorties. Le samedi matin, je retourne avec mon ami pour une journée complète de chasse, sans faire de pause pour manger le midi, j’ai arpenté en tous sens le territoire entre 7h30 et 20h30 sans m’arrêter de marcher et j’ai repéré de très nombreux cerfs de plus de 10 cors et des secteurs prometteurs pour concrétiser mon rêve. J’ai également pu réaliser plusieurs approches sur des animaux à portée de tir mais jamais l’animal convoité, 2 daguets, une bichette, 2 jeunes 10 cors. Le lendemain matin, nous repartons pour une matinée de chasse car Arnaud rentre ce soir chez lui et tuer un cerf en fin de soirée implique de finir de préparer la viande vers 2 heures du matin ou plus.

Je remonte la route qui dessert les granges du secteur et me gare presque au bout de cette dernière. Nous nous quittons donc au lever du jour pour nos secteurs respectifs, Arnaud chassera au-dessus de la route et moi en-dessous et le penchant opposé comme la veille, nous nous donnons rendez-vous vers 11 heures à la voiture. Nous nous préparons avant le lever du jour et comme la veille de nombreux cerfs brament déjà tout autour de nous. Le vent remonte vers le fond du cirque, je décide donc de redescendre à pied, par la route pour chasser en remontant, vent de face. Après quelques centaines de mètres, je bifurque à gauche sur un sentier qui redescend vers Camous à travers bois.  Le vent a tourné et souffle maintenant face à moi, je suis dégoûté mais il me faudra faire avec. Plusieurs cerfs aux brames impressionnants se font entendre sur le penchant opposé et plus bas en dessous du chemin. J'avance doucement alors que la luminosité, encore faible, croit lentement. Brusquement, un mouvement me fait stopper net au milieu du chemin. Une petite silhouette blanche descend vers moi par un passage qui remonte vers une grange abandonnée un peu plus loin. C'est un chat, il avance sans bruit en s'arrêtant régulièrement pour observer autour de lui et prend le chemin pour remonter vers moi. Je reste immobile et le laisse venir. Il vient lentement jusqu’à 2 mètres de moi de moi quand il s'aperçoit que cette masse au milieu du passage n'est pas normale. Surpris, il fait un bond spectaculaire et retombe plus de 2 mètres plus à gauche sous le chemin dans le bois avant de se réfugier sous un buis pour m'observer à environ 3 mètres de moi. Je me remets en mouvement et il me regarde passer sans bouger, tapis au sol.

Un peu plus bas quelque chose démarre bruyamment à environ 30 mètres devant moi sur la bordure gauche du chemin. Je me fige et accroche mon décocheur. Une biche et une bichette arrive pour stopper à 15 mètres en dessous du chemin et regarder vers moi. Elle reste un moment sans bouger puis se débinent tranquillement dans le sous-bois. Alors que je commence à voir les prairies un peu plus bas et entendre le ruisseau grossi par les pluies de ces derniers jours, je quitte le chemin et descends un peu pour rattraper une belle coulée et remonter doucement pour chasser dans le bois. Avec le lever du jour le brame s'est bien calmé. Les cerfs se font entendre tout de même par moment sur le flanc de montagne opposé. J'avance tout doucement en stoppant tous les quelques mètres pour observer. Plus loin je dois passer une petite combe profonde en très encaissée puis contourner un grosse roche quand un grondement sourd se fait entendre au-dessus dans le bois. Je viens de me faire repérer par un cerf mais impossible de le voir. Je me décale doucement alors que les grondements continuent mais impossible de l'apercevoir quand un brame puissant retentit un peu plus loin sur une place de brame où j'ai approché un gros 14 à 30 mètres vendredi et plusieurs gros cerfs différents hier. Je m'approche doucement caché par le relief du terrain qui forme un creux avant la place. Un bout de grillage limite mes possibilités d'approcher discrètement car pour le franchir par-dessus je dois m'exposer. Je biaise donc vers un trou dans ce dernier et le cake derrière un gros arbre alors qu'un brame puissant retentit. Je me penche doucement sur la droite du tronc et aperçois un beaux 10 pointes accompagné d'une grosse biche, d'une bichette et d'un jeune. Le vent n'est pas très bon et ne cesse de tourner. Presque immédiatement, le cerf regarde vers moi et s'éloigne tranquillement en laissant les autres animaux qui broutent tranquillement en remontant vers la prairie un peu plus haut. Je reste un moment à observer a biche et ses jeunes en espérant voir revenir le cerf mais ce petit monde remonte tranquillement vers la prairie et le mâle ne revient pas. Des brames se font entendre un peu plus loin et sur ma droite sur le penchant opposé. Je commence à bouger et immédiatement la biche, pourtant à environ 80 mètres me repère et le fixe avant de s'enfuir avec les autres animaux. Je biaise vers le ruisseau en contrebas, le traverse et rejoins la piste qui remonte vers les granges par le fond de la vallée, en suivant le ruisseau. Le bruit assourdissant du cours d'eau couvre les voix des cerfs. Je décide de suivre un moment-là piste pour rejoindre un penchant d'herbe avant de remonter vers le sommet de la montagne dur la droite de la piste. J'avance assez rapidement pour ne pas perdre de temps car mes chances de voir un cerf à découvert sont faibles. Après quelques centaines de mètres de marche rapide j'atteins le bas de la prairie et observe un instant. Pas d'animaux, je remonte et suivant le bois pour passer au-dessus de la prairie dans une pente très raide couverte d'une hêtraie très claire. Je progresse d'arbre en arbre en prenant le temps d'écouter et de bien observer. Peu à peu, le bruit du cours d'eau s'estompe et des brames commencent à se faire entendre sur ma droite. 2 cerfs semblent se répondre dont un à la voix surpuissante. J'avance toujours avec la même technique en baisant vers une combe qui descend droit vers le ruisseau. Je suis le plus possible les coulées moins bruyantes que l'épais tapis de feuilles mortes qui couvre le sol et cache de petits bouts de bois morts. Des animaux me surprennent et démarrent en contrebas dans la pente, c'est une biche, la bichette et un faon qui s'éloignent et disparaissent en passant l'arrêté du bord de la combe, à environ 80 mètres. Alors que j'arrive près de la combe un brame me fait lever les yeux sur un beau 10 pointes, à environ  100 mètres au-dessus de moi, à découvert, au milieu de la hêtraie. Je me suis figé et il ne semble pas m'avoir vu alors que je suis à découvert dans la pente couverte de feuilles mortes. Le cerf immobile un moment commence à se frotter les bois contre un tronc, j'en profite pour avancer très lentement d'un pas vers un rocher plat posé au pied d'un gros hêtre, à quelques mètres au-dessus de moi. Le cerf relève la tête, regarde autour de lui et brame. L'autre cerf lui répond de sa voix puissante plus bas et plus en retrait dans le bois. Le 10 pointes d'avance d'un pas, sa tête est cachée derrière un arbre, j'en profite et le hisse doucement vers la roche pour me caler derrière le gros tronc. À couvert j'analyse le terrain, une belle coulée passe à 15 mètres au-dessus de moi et d'autres plus haut. L'approche est quasi impossible, je décide de rester là et d'attendre en espérant que le cerf descende pour se rapprocher de moi. Je l'observe un moment à brame et à se faire les bois contre les arbres, l'autre cerf lui répond et semble se rapprocher. Je décide de tenter de l'énerver en poussant un petit brame étouffé, il regarde vers moi mais je réagit pas plus. Je retente un petit brame au bout de quelques minutes. Il me répond mais ne bouge pas. Je décide d'attendre immobile mais rapidement, un craquement attire mon regard en dessous de moi. Un énorme cerf de 10 pointes avec de très longs andouillets d'avance tranquillement sur l'autre rive de la combe à environ 30 mètres. Il stoppe à environ 25 mètres et regarde vers moi. Je suis en apnée et pense qu'il m'a vu mais il repart tranquillement sur sa lancée. Je profite de son passage derrière un arbre pour armer mon arc et aligner la visée sur son épaule. Il stoppe à environ 17 mètres en dessous de moi. Rapidement mon pin's se cale au défaut de l'épaule et je décoche mais ma flèche trop basse passe juste dessous son poitrail et se casse en touchant le sol. Je n'en reviens pas comment j'ai pu manquer ce cerf, il fait volte-face et se jette bruyamment dans la pente. L'autre cerf en a profité pour monter d'environ 50 mètres et regarde vers moi. Je descends chercher ma flèche et suis un moment les pas du cerf qui ont retournés les feuilles mortes mais pas la moindre goutte de sang, je l'ai bien manqué. Il est 10 heures et je décide donc de redescendre pour revenir en chassant vers la voiture quand des raires suivis d'un brame étouffé se font entendre un peu plus loin sur la gauche. J'observe un moment sans rien voir puis commence mon approche lente en stoppant régulièrement pour observer. Les rayures suivi de ce même brame étouffé se succèdent alors que je me rapproche peu à peu sans voir le cerf. Je suis les coulées des cervidés pour éviter de glisser dans la forte pente. Je passe une autre combe qui descend vers le ruisseau puis remonte très doucement vers une énorme roche plantée dans le flanc de la montagne. Un brame retentit, le cerf est juste au-dessus de ce gros rocher. Une goulotte ponctuée de marches naturelles dans le gros rocher me permet de l'escalader doucement. Alors que mes yeux atteignent le haut du rocher, j'aperçois le cerf, il est de 3/4 arrière, tête à droite, à environ 20 mètres et frotte ses bois contre un arbre. Ses empaumures à 3 pointes bien développées, ses merrains massifs ne laissent pas de doutes. Un compte rapide des pointes, il fait au moins 10 pointes, ce n'est pas le plus gros ni le plus beau cerf que j'ai vu en 3 sorties mais il est magnifique. Je me baisse, arme mon arc puis remonte doucement en alignant ma visée sur le cerf qui s'avance doucement tête basse de 3/4 arrière, son flanc est bien dégagé, ma visée calée, je décoche. Ma flèche rentre d'environ 30 a 40 cm dans l'animal qui accuse l'impact puis part au galop tête basse. Il stoppe 40 mètres plus loin dans un massif de buis, ses bois bouge mais je ne vois pas vraiment son corps, il titube, tente de repartir en montant mais son arrière train ne le porte plus, il chancelle puis démarre en faisant un arc de cercle pour disparaître derrière les buis. 

Un rêve devenu réalité, 4 octobre 2020

Confiant sur la létalité de la flèche, je m'avance doucement vers les buis où je trouve de très impressionnantes traces de sang

Un rêve devenu réalité, 4 octobre 2020

et aperçois vite mon cerf couché sur le flanc côté tir, calé contre un arbre. 

Un rêve devenu réalité, 4 octobre 2020

Il a un gros caillot de sang dans la gueule, c'est un superbe animal. J'appose mon bracelet le le dégage de l'arbre pour lui rendre les honneurs et faire quelques photos avant de le descendre. Je suis enfin parvenu à prélever ce grand cerf dont je rêvais tant, je ne me lasse pas de le contempler, c'est vraiment le roi de nos forêt et quelle chasse que de l'approcher dans les décors majestueux de nos Pyrénées.

Un rêve devenu réalité, 4 octobre 2020

La pluie se met à tomber comme pour me ramener à la réalité. La pente est très raire et je crains d'endommager le trophée si je le laisse dévaler la pente, je dois donc le retenir et l'orienté pour le descendre en le calant d'un arbre à l'autre sur plusieurs centaines de mètres avant d'arriver à la piste du fond de vallée. Je laisse mon cerf dans un trou, recouvert de fougères et de branchages pour le cacher aux yeux des vautours avant de remonter vers ma voiture qui est à environ 35 à 40 minutes de marche. Je n'ai pas de réseau et je dois attendre d'arriver à mon véhicule pour avertir Arnaud et le président de la chasse qui m’envoie son fils et des jeunes chasseurs de la commune pour charger mon cerf sur leur pick-up avant de rentrer à la salle des chasseurs pour préparer mon cerf avant de rentrer chez moi.

 

Alex

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27 septembre 2020 7 27 /09 /septembre /2020 11:34

Cette année, je voulais reprendre un bracelet de cerf sur le secteur de Camous mais tous les bracelets étaient déjà réservés, j'ai donc dû me rabattre sur le secteur de Beyrède-Jumet où j'ai pu avoir un bracelet de cerf moins de 10 cors (CEM1), une biche et un jeune pour moi et une biche et un jeune pour mon ami Arnaud Lasperches. Je ne connais pas du tout ce nouveau secteur et j'ai commencé à repérer un peu seul durant les 2 sorties que j'ai faites depuis l'ouverture de la chasse. Ce weekend Arnaud doit venir chasser mais la pluie est annoncée pour vendredi, samedi et dimanche, nous décidons de chasser quand même. Arnaud arrivé le vendredi soir, nous partons pour la chasse vers 5h20 le samedi matin sous la pluie. Arrivés sur Beyrède vers 6h30 nous prenons la piste qui remonte jusqu'en haut de la montagne. Le vent a soufflé très fort et souffle encore, la piste est jonchée de feuilles et de petites branches quand nous devons stopper. Un arbre est tombé en travers du passage. Nous devons descendre sous la pluie pour le pousser sur le bord de la piste avant de continuer. Nous arrivons au sommet vers 6h45, il pleut toujours autant et le vent souffle très fort. Il ne fera pas jour avant 30 minutes, je tente d'écouter en ouvrant ma portière mais aucun brame audible. Le bruit du vent et de la pluie coupe le son. Les 2 penchants de la montagne sont très différents, celui qui descend vers Jumet, en face de nous est couvert de prairies, de fougères et de bois de noisetiers alors de la piste remonte au travers d'une zone très boisée de hêtres et de sapins. Jusqu'à ce weekend les sols très secs rendaient l'approche difficile mais j'ai pu approcher des biches et des faons à portée de tir du côté des fougères, je décide donc de laisser ce secteur plus facile à Arnaud et d'aller chasser dans les bois. Alors que le jour commence à se lever la pluie se calme un peu et nous en profitons pour sortir de la voiture pour nous préparer mais le répit est de courte durée, la pluie se remet vite à tomber.

Nous partons chasser chacun de notre côté, je prends un petit sentier sur la gauche de la piste qui longe sous une crête rocheuse composée d'un chaos de gros rochers. Le sommet et le penchant opposé sont couverts d’une large bande de buis où les animaux semblent venir se remiser d'après ce que j'ai pu observer jusqu'à présent. Les fortes pluies de vendredi ont détrempé le tapis de feuilles mortes, ce qui rend ma progression plus silencieuse, mais les fortes rafales de vent ont fait tomber de nombreuses branches au sol et je tente de marcher doucement pour les éviter au maximum. Le sentier débute dans les buis au milieu des rochers couverts de mousse puis le paysage s'ouvre vite sur la pente descendante à ma gauche sur un bois clair de hêtres. Je m'arrête tous les 2 ou 3 pas pour bien observer autour de moi, le sous-bois est encore très sombre. Le vent violent agite les grands arbres qui craquent et grincent de façon inquiétante, aucun brame ne se fait entendre, la pluie tombe mais pour le moment ma veste non étanche me protège. Le sentier descend doucement et rejoint une combe très dégagée et couverte d'une épaisse couche de feuilles mortes, elle descend à une belle souille sur la piste à environ 100 mètres en contrebas. Je décide de la rejoindre et descends en suivant le creux de la combe. Arrivé à la piste, je prends à droite pour la suivre avec le vent dans le dos. Je continue à avancer tout doucement en m'arrêtant très souvent pour observer. Je passe deux zones de régénération ouvertes sur des zones enherbées sur ma gauche, sous le chemin. Pas un animal au gagnage, les zones de hêtres permettant de voir loin alternent avec des zones plus touffues. La droite du chemin s'ouvre sur une belle hêtraie parsemée de blocs de roche et de bouquets de buis et de houx. Alors que je passe une zone de roche qui descend jusqu'au chemin, un léger mouvement attire mon attention à environ 60 mètres, sous un bouquet de buis. Je me fige et observe, un animal tourne sous les arbustes de façon étrange. Je l'observe un instant puis tente de me rapprocher un peu en gravissant le talus rocheux du chemin. Je remonte doucement d'arbre en arbre et gagne environ 15 mètres quand l'animal se détache un peu plus à découvert. C'est un daguet malingre, il tourne un instant sur place nez au sol comme s'il cherchait à prendre une piste à la manière d'un grand chien courant. Je stoppe mon approche car ce n'est pas l'animal que je désire prélever. Le daguet se met à bondir en tous sens comme un cabri puis part nez au sol, d'un pas rapide, en parallèle de la piste. Il stoppe à environ 100 mètres contre un autre petit massif de buis puis se fait les bois contre un arbuste et recommence à sauter comme un cabri en tournant sur lui-même. Il repart nez au sol pour descendre le talus de la piste. Il stoppe en bordure du chemin alors que je suis redescendu sur le chemin, il observe un instant puis disparaît dans la pente sous la piste. Je reprends ma progression lente et aperçois un peu plus loin le daguet qui plonge dans la pente, au grand galop, entre les hêtres, à plus de 100 mètres en contrebas, il a dû me sentir.

Un peu plus loin, la piste s'interrompt. Après un coup d'œil infructueux sur le secteur, je fais demi-tour. En suivant la piste, je remarque une bande enherbée à environ 90 mètres en contrebas dans le bois de hêtres, je quitte la piste et descends pars une sorte de chemin de débardage pour rejoindre cette zone ouverte ou j'espère voir des animaux mais rien ici non plus. Je poursuis ma chasse dans les hêtres en contrebas du chemin quand des geais se font entendre un peu plus loin, j'ai remarqué lors de mes sorties précédentes qu'ils annonçaient systématiquement les grands cervidés. Je redouble d'attention en progressant d'arbre en arbre quand j'aperçois un cervidé à environ 80 mètres devant moi. Je stoppe net près d'un arbre. C'est un faon, il regarde vers moi. Je reste immobile en espérant qu'il m'oublie mais le vent tourne et sa mère que je n'avais pas vue démarre, plus à gauche, en entraînant sa progéniture pour disparaître rapidement dans le bois. Je reprends ma progression lente en essayant de ne pas trop descendre, un peu plus loin, je rejoins une zone de buis couvrant une bande de rochers couverts de mousse. Je redouble d'attention dans ce milieu fermé mais rien, je ressors dans une grande combe clairsemée de hêtres et qui descend en pente prononcée. Alors que j'observe le secteur, je me rends compte que la piste est à environ 100 mètres au-dessus de moi. Alors que je regarde vers cette dernière, j'aperçois furtivement un animal qui détale au grand galop en la suivant pour disparaître rapidement, plus à droite, derrière un bouquet d'arbre planté au bord du chemin. Je décide de remonter la pente très raide pour rejoindre la piste. Une fois cette dernière atteinte, je la suis toujours en mode chasse jusqu'à rejoindre la piste empierrée par laquelle nous sommes montés en voiture ce matin.

Je remonte doucement en suivant la bordure droite de la piste pour tenter d'apercevoir un animal dans la pente en dessous ou en dessus de cette dernière mais rien. Un peu plus loin, je jette un coup d'œil à une belle souille qui se trouve sur la droite d'un ruisselet encaissé qui descend très en pente vers le fond de la vallée. L'eau est claire, les animaux n'y sont pas venus récemment. Un peu plus haut la piste tourne en épingle à gauche pour remonter vers la voiture et une autre piste  part droit, en suivant plus ou moins la courbe de niveau, vers le col de Beyrède. Je m'avance un peu sur cette piste, au milieu de sapins immenses qui couvrent la montagne au-dessus et au-dessous du chemin. J'observe un peu sous les conifères puis prends à gauche pour remonter par un petit sentier assez raide qui grimpe jusqu'à la crête et que j'ai repéré la semaine dernière. Je remonte doucement en surveillant le secteur, les sapins font vite place aux hêtres, quand j'aperçois un beau cerf à environ 200 mètres au-dessus de moi. Il vient de ma gauche et avance tranquillement entre les arbres, il semble porter 6 gros andouillers et le bout de ses bois se finit bizarrement, comme si les dernières pointes ne s'étaient pas développées. Je décide de tenter l'approche. Il me faut faire vite car il est toujours en mouvement, je remonte d'arbre en arbre, en baisant sur la droite pour tenter de le recouper, le plus vite possible tout en essayant de rester discret. Je gagne environ 50 mètres dans cette forte pente mais le cerf presse le pas et je le perds de vue. Je tente de remonter encore au cas où quand une bichette arrive sur ses traces. Je continue à monter mais elle aussi presse le pas. Brusquement, un cerf resurgit plus en arrière que l'endroit où j'avais perdu le gros cerf de vue et les 2 animaux s'éloignent rapidement en remontant vers la crête où je les perds vite de vue. Je poursuis mon ascension vers la crête rocheuse en espérant qu'ils ne sont pas allés loin. Alors que j'arrive à un peu plus de 30 mètres de la crête et que je reviens dans les sapins, un mouvement me fait stopper net. Une bichette vient de se planter de face, à environ 40 mètres, entre deux troncs de sapins serrés et regarde vers moi. Je reste immobile et nous nous observons un instant avant qu'elle ne fasse volte-face pour se débiner derrière des rochers et les sapins. J'aperçois alors les têtes de d'autres biches, bichettes et faons qui se débinent en la suivant. Je les perds de vue derrière une énorme souche d'un sapin tombé au sol alors qu'un grondement d'alerte puissant, certainement celui d'un cerf, retentit au-dessous de moi dans la pente. Pas la peine de tenter une approche sur cet animal, j'utilise l'écran formé par le plateau de racines de la souche pour tenter de m'approcher rapidement mais je fais démarrer une autre bichette à un peu plus de 15 mètres sur ma gauche alors que je passe les sapins où se tenait la bichette de face. Alors que j'arrive à la souche, je ne peux que constater que les biches et les jeunes sont déjà loin.

Je remonte donc sur la crête rocheuse pour la suivre, en espérant surprendre des animaux de part et d'autre. La montagne sous la pluie est plongée dans le brouillard qui cache les sommets alentour et réduite la visibilité à environ 60 mètres. J'avance tout doucement sur les rochers parfois glissants et chaotiques. Le sol dur a tout de même l'avantage d'être très silencieux. Je jette un coup d’œil, à chaque fois que cela est possible, de part et d'autre de la crête quand j'aperçois un cerf au gagnage, à environ 15 mètres sur ma droite. Un rapide coup d’œil à ses bois, c'est un 8 pointes, il broute dans la pente, tête vers le bas. J'arme doucement mon arc. Le cerf s'avance un peu, tout en mangeant au sol, et pivote légèrement vers moi pour se retrouver et très léger 3/4 avant. Mon pin's est calé sur son épaule mais je ne sens pas le tir, je crains de toucher l'os de la patte avant ou l'omoplate et préfère attendre un peu en espérant que le cerf pivote à nouveau mais dans l'autre sens. Brusquement, il relève la tête et regarde vers moi. Nous restons tous 2 immobile un court instant puis il démarre et fonce dans la pente pour stopper plein travers à environ 50 mètres en contrebas. Mon viseur est sur lui mais il est trop loin, je désarme et le cerf repart en plongeant dans la pente. je me dis que je viens de laisser filer l'occasion de la journée mais me console en me disant qu'il vaut mieux ça qu'une mauvaise flèche. 

Je reprends ma progression lente au milieu des rochers. Un peu plus loin, je stoppe net en apercevant sur la gauche, côté feuillus, un cervidé au gagnage. Son pelage est clair et une ligne noire est bien dessinée sur son dos mais les rochers me cachent la zone vitale et la tête de l'animal qui broute au sol. Je n'ai pas le réflexe d'armer tout de suite, l'animal relève la tête et m'aperçois sans vraiment m'identifier. C'est un jeune de l'année, j'aurais dû armer mon arc car maintenant je ne peux plus bouger sans être repéré. Je reste figé et attends en espérant qu'il baisse la tête mais après un moment sans bouger, le jeune animal démarre et fuit dans la pente où je le perds vite de vue. Presque au même moment, un brame retentit un peu plus en avant. Je progresse rapidement derrière des rochers puis revient sur la gauche pour tenter d'apercevoir le cerf mais sans succès. J'avance tout doucement en ouvrant bien les yeux mais impossible de voir quoi que ce soit. J'arrive au bout des rochers un peu plus loin et descends sur un sorte de replat séparant les feuillus des conifères. Je regarde un peu les alentours puis décide de redescendre par un sentier sur le penchant des feuillus. Le chemin descend rapidement et alors que je suis à environ 70 mètres en dessous de la crête, je change d'avis et décide de prendre la courbe de niveau pour  avancer en parallèle de la crête. Je progresse doucement en suivant une belle coulée. Alors que j'arrive sous l'endroit où se trouvait le faon, je l'aperçois, dans le brouillard, couché en boule contre un gros hêtre à environ 60 mètres en contrebas. Je me fige, il regarde vers moi. Je recule tout doucement pour qu'un gros hêtre, à mi-distance entre nous, me cache de sa vue. Je descends ensuite doucement vers cet arbre pour tenter une approche sans voir le faon mais alors que j'arrive au pied du gros hêtre, le faon a disparu. Je m'approche de l'endroit où il était couché, espérant le voir mais il a disparu.

Je remonte donc vers la coulée que je suivais quand du bruit me fait lever les yeux, un cerf vient de démarrer dans les fougères à 60 mètres au dessus de moi. Il file au grand galop dans le brouillard et disparaît rapidement. Je reprends ma progression, remonte doucement vers la crête et la longe tranquillement jusqu'à rejoindre la voiture sans voir d'autre animaux. Il est près de 11 heures, je suis trempé, Arnaud n'est toujours pas revenu à la voiture, je décide donc d'aller faire un tour dans la bande de buis qui longe la crête sous laquelle j'ai attaqué la chasse ce matin. Je reprends le sentier de ce matin jusqu'à la combe que j'ai suivi pour descendre sur la piste en contrebas mais cette fois je remonte au travers du chaos de rochers couverts de mousse pour passer la crête puis me frayer un chemin au travers des buis en suivant les passages d'animaux. J'avance tout doucement quand un bruit me fait stopper net. J'aperçois alors une tâche rousse au travers des buis à environ 20 mètres. En observant plus à gauche, j'aperçois la tête de l'animal. C'est une biche, elle regarde vers moi sans réussir à m'identifier. Un mouvement plus à gauche trahit alors son jeune qui revient vers elle. Je reste immobile en attendant qu'elle s'éloigne tranquillement puis reprends ma progression. Pas d'autres animaux, je ressors dans les fougères un peu plus loin puis remonte vers la voiture. Arnaud n'est toujours pas rentré, je décide de descendre tranquillement par la piste qui descend vers Jumet pour aller jeter un coup d'œil dans les prairies en contrebas.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

La pluie s'est calmée un peu. Alors que j'avance doucement et que je vais arriver au dessus de la première prairie, un animal démarre sur la droite du chemin sous quelques noisetiers. Je me fige et accroche mon décocheur. Un cerf, portant des bois étranges de 2 pointes chacun, surgir plein travers dans les fougères au dessus des noisetiers. J'arme mon arc, il est à environ 25 mètres au dessus de moi. Le temps d'aligner ma visée, il repart et disparaît un court instant derrière un arbuste puis s'avance et se replante plein travers à découvert dans les fougères. Mon pin's se cale sur son coffre et je décoche. Touché il fait un grand bon sur place et une grosse quantité de sang jaillit de la blessure d'entrée qui me semble trop haute. Le cerf démarre ensuite pour remonter vers la crête et je le perds vite de vue.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Vu le temps et la pluie qui recommence à retomber, je décide de ne pas tarder pour attaquer la recherche car le temps va jouer contre moi. Vu la quantité de sang perdu au départ, je suis confiant sur le résultat du tir. La pluie effacera vite le sang, je remonte rapidement vers l'endroit du tir dans la pente très raide mais je ne retrouve plus l'endroit du tir. Il me faut un instant pour comprendre que je cherche un peu trop à droite, je me suis trompé d'arbuste. Je finis par me refaire la scène dans ma tête et comprends mon erreur, je trouve alors rapidement le sang qui a jaillit sur les fougères.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Je trouve beaucoup de sang à l'endroit du tir et sur les premiers mètres mais la piste devient ensuite très difficile à suivre, je dois contrôler les diverses coulées pour trouver des gouttes ou traces de sang qui sont souvent espacées de plusieurs mètres et qui sont de moins en moins marquées.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020
Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Le sang s'interrompt brusquement et impossible de le retrouver. Je tourne un moment en cherchant en suivant les coulées sans trouver le moindre indice,  je m'avance donc sur les coulées quand j'aperçois mon cerf mort au travers des genêts sur ma gauche. Heureusement, il n'a pas fait plus de 40 mètres. Au moment où je perds le sang, il a pris à angle droit sur la droite, ne pouvant plus monter et est mort 10 mètres plus loin dans les fougères.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Je fais le tour par une autre coulée et rejoins mon cerf qui a glissé sur le flanc pour venir se caler contre un genêt où il a perdu beaucoup de sang. Ses bois sont vraiment particuliers, il sont légèrement torsadés un peu comme les cornes d'un koudou mais moins prononcé quant même. Je suis vraiment content de mon prélèvement, c'était un cerf à éliminer.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Je dégage un peu mon cerf de la végétation pour lui apposer son bracelet, ma flèche rentre plein coffre , où je visais, et ressort haute, juste en dessous du filet. Je fais quelques photos 

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020
Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

avant de le ramener à la voiture qui est à 200 mètres environ. Je remonte le cerf jusqu'à la crête, un peu plus haut, puis le traine en longeant la crête avant de descendre jusqu'à la piste où je suis garé. Arrivé à la voiture, je vide mon cerf et tente de le charger mais je dois attendre Arnaud pour le monter dans le coffre de ma voiture. J'en profite pour refaire quelques photos.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Nous sommes trempés, Arnaud n'a pas pris de rechange, nous décidons donc de rentrer après avoir dépecé et découpé le cerf à la salle des chasseurs de Beyrède

 

Alex

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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 13:45

Après un samedi en famille sous le soleil, la pluie est de retour aujourd'hui. Malgré le mauvais temps, je décide d'aller faire un tour dans les Pyrénées pour tenter de faire mon C1. Je me gare au village de Camous comme vendredi pour attaquer ma chasse par le bas mais, ce matin, j'ai décidé de commencer par le versant gauche pour tenter de revoir les cerfs vus vendredi soir. Je ne ferai pas le difficile, pour un premier contact avec ce beau territoire, je suis prêt à flécher un daguet si l'occasion se présente, j'ai vu beaucoup de C1 différents en trois jours mais un seul daguet. La pluie tombe de plus en plus fort alors que j'attends le lever du jour dans la voiture en me préparant. Je décide d'enfiler le haut de ma tenue camo-neige sous ma veste camo car le haut du territoire doit être couvert de neige comme vendredi.

Je quitte ma voiture aux premières lueurs du jour sous une pluie battante. Je passe sous la conduite de force et passe la barrière qui permet d'accéder aux prairies sur la gauche du ruisseau puis remonte tranquillement en biaisant à gauche pour rattraper le bout de chemin qui remonte vers la petite ruine. Alors que j'avance tranquillement sur le chemin, je me fige en apercevant une silhouette à environ 80 mètres, en bordure des ronces qui longe la ruine. Je force mes yeux dans la faible luminosité pour tenter de l'identifier. Il me semble reconnaître une biche mais elle reste un long moment immobile avant de se débiner vers le bois sur ma droite. Je la laisse s'éloigner tranquillement avant de continuer à avancer vers la ruine.

Je passe sur la droite de la ruine, rattrape le chemin qui remonte sur ma droite et le traverse pour aller explorer le penchant de fougères au-dessus de moi sous les pins quand une biche et son jeune démarrent au galop à environ 100 mètres au-dessus de moi et filent en suivant la courbe de niveau sur ma droite. Je remonte un peu et récupère une belle coulée qui part à gauche pour rejoindre des prairies au-dessus du village. Je la suis tranquillement au milieu des fougères. En m'approchant d'une prairie masquée partiellement par une bosse du terrain en lisière du bois, je calcule mes pas et avance tout doucement en espérant surprendre des animaux mais c'est moi qui suis surpris car je tombe sur une biche et son faon juste au bord du bois. Je ne les voyais pas derrière la bosse du terrain et mes yeux se portaient plus loin sur la prairie, ils démarrent à à peine 15 mètres devant moi et disparaissent plus bas derrière une bosse de la prairie.

Je biaise un peu à droite pour prendre une belle coulée qui longe la lisière du bois au-dessus de la prairie. Pas d'autres animaux en vue, je bifurque à droite pour remonter en montagne en suivant les coulées dans la végétation détrempée, au milieu d'une zone d'épines noires, de ronces et de fougères. La pluie se calme doucement mais je suis déjà trempé. J'avance doucement espérant surprendre un animal mais rien ne bouge. Des granges se dessinent dans la brume au-dessus de moi, dans la prairie au-dessus du bois. Je reconnais la zone déjà vue hier. Un peu plus bas sur ma droite, j'aperçois, dans un creux du terrain, à environ 40 mètres, un petit massif de buis qui pourrait faire une belle remise. Je stoppe un instant pour observer ce secteur mais ne voyant rien, je me remets en mouvement. C'est alors qu'une biche et son jeune démarrent de derrière les buis que je surveillais à l'instant. Je me suis encore fait avoir. Je rejoins la clôture qui longe la prairie et me dirige vers le massif de buis où j'ai levé le grand cerf. Le talus est tellement glissant que je peine à avancer sans tomber en suivant une belle coulée qui longe sous la clôture.

Je passe au-dessus de cette dernière pour la longer en bordure de la prairie où le sol plus plat, moins glissant et plus praticable. La pluie a fait place à de gros flocons lourds. Un peu plus loin, alors que j'avance tranquillement un jeune 6 cors surgit au galop d'un creux du bois en contrebas et stoppe à environ 40 mètres derrière un gros chêne qui cache sa tête. J'accroche mon décocheur et tente d'avancer un peu mais le cerf démarre et se plante plein travers quelques mètres plus haut alors que je viens d'armer mon arc. Une branche basse entre lui et moi me gêne pour prendre ma visée sur sa zone vitale. Je me baisse doucement pour viser sous la branche et cale ma visée avant de décrocher mais la flèche passe juste sous son poitrail et il démarre en trombe pour remonter la pente enherbées puis stoppe 30 mètres plus haut au milieu d'un roncier d'où seule sa tête dépasse. Il regarde les alentours en cherchant à comprendre ce qui vient de se passer. Je reencoche et tente une approche mais je perds le cerf de vue et me rends compte qu'il a disparu en arrivant au bord du roncier. Je redescends pour chercher ma flèche et vérifier que j'ai bien manqué le cerf. Je trouve l'endroit où le cerf a démarré en arrachant l'herbe mais ni sang ni flèche. Je tourne un moment sur le secteur sans succès. Je me replace à l'endroit du tir et me refais la scène mais rien a faire, ma flèche est perdue, je n'aurai pas dû tirer, c'était un peu trop loin et en montée.

je me reconcentrer et poursuis mon chemin sur une belle coulée en redescendant un peu dans le bois alors que le brouillard monte. Alors que j'arrive en haut des rochers d'où j'ai vu les 3 cerfs hier, j'aperçois une silhouette de cervidé en contrebas à environ 12 mètres dans la brume. Je me fige et l'observe rapidement. Je distingue le départ des bois sur la tête mais je ne vois pas les bois derrière des branches de noisetier. Vu la carrure de l'animal, ça ne peut être qu'un daguet. Il est debout, plein travers, tête haute à droite et subit la pluie. Je me penche un peu en arrière pour armer, caché par les rochers, puis m'incline doucement mais les branches de noisetier me gênent à quelques mètres devant moi. Je me penche doucement à gauche pour prendre ma visée sur son coffre entre deux branches en V. Mon pin's se cale, le daguet tourne doucement la tête vers moi mais ma flèche est déjà partie. Elle frappe le daguet dans l'épaule un peu plus en avant que ma visée et à ma grande surprise le daguet s'effondre sur place puis bascule dans le vide. Un gros fracas retentit plus bas alors que d'autres animaux s'enfuient dans la pente au milieu des fougères.

Je reencoche et m'approche doucement du bord des rochers mais ne vois pas mon daguet en bas. Je commence à douter de ma flèche. Je m'avance un peu en longeant les rocher sur la gauche et aperçois ma flèche à environ 30 mètres plus bas dans les rochers devant un gros arbre mort tombé en travers de la pente. Je scrute le paysage et finit par apercevoir une masse sombre dans des fougères à environ 70 mètres plus bas. Les fougères semblent écrasées sur quelques mètres avant cette masse. Ca ne peut être que mon daguet, vu la chute vertigineuse qu'il a fait en se fracassant sur les rochers il n'a pas pu aller bien loin.

Je remets ma flèche au carquois et m'avance encore un peu pour trouver un passage au travers des rochers dans la forte pente. Je récupère ma flèche qui est cassée, il manque 20 centimètres côté l'âme qui ont dû restés dans le daguet. Alors que je ramasse ma flèche du sang coule du tube cassé. Je la mets au carquois. Une traînée dans la boue a emporté les feuilles mortes sous le gros tronc d'arbre comme si le daguet avait glissé dessous. Je passe le par-dessus le tronc un peu plus à droite en contournant un gros chêne puis, arrivé au pied des rochers, je me dirige vers la masse sombre. C'est bien un animal couché, je m'approche doucement en encochant une flèche. Je ne vois pas sa tête. Alors que j'arrive à quelques mètres j'aperçois la tête prise dans les fougères. Mon daguet est mort, il s'est calé contre un vieux bout de grillage abandonné en forêt.

Daguet dans la brume, 10 novembre 2019

Je me retourne vers l'endroit d'où mon daguet est tombé. Il était en haut des rochers les plus hauts.

Daguet dans la brume, 10 novembre 2019

Je n'avais jamais vu tomber un grand cervidé sur place comme foudroyé. Ma flèche a traversé l'omoplate et a atteint les poumons sans toucher la colonne comme j'aurais pu le penser vu que l'animal est tombé sur place. L'hémorragie a été totalement interne, je n'ai pas trouvé de sang sur la trajectoire de la chute jusqu'à l'animal.

J'appose mon bracelet avant de tenter de dégager mon daguet des fougères et du grillage. Ma tendinite de l'épaule m'handicapant un peu, j'ai moins de force dans mon bras droit et je m'échappe mon daguet à peine dégagé du grillage. Il roule sur environ 100 mètres dans la pente et se cale contre un arbuste. Je descends à sa rencontre pour le récupérer et me rends compte qu'il est calé juste au-dessus du chemin qui descend à la petite ruine du bas de la montagne. Je le fais donc basculer sur le chemin puis le traîne un peu plus bas pour prendre quelques photos souvenir.

Daguet dans la brume, 10 novembre 2019

Je finis de le descendre par le chemin jusqu'à la ruine à plus d'un kilomètre alors que la pluie a cessé et que le soleil se lève sur un beau paysage montagneux aux sommets enneigés.

Daguet dans la brume, 10 novembre 2019
Daguet dans la brume, 10 novembre 2019

Arrivé à la ruine, je quitte le chemin pour descendre vers la voiture à quelques centaines de mètres plus bas. Ayant du réseau, j'en profite pour appeler le président de la chasse qui n'est pas dans le secteur, il m'indique que personne ne peut venir m'aider à charger mon daguet, que je peux laisser mon chèque au café de Beyrède et qu'il me fait cadeau de la moitié du bracelet de la biche, au vu de la maigreur de l'animal. Arrivé au roncier où j'ai tiré la jeune biche, je vide mon daguet puis le traîne jusqu'à la barrière sous la conduite de force. Je pars chercher ma voiture que je recule à la barrière avant de passer le daguet au travers de cette dernière et d'essayer de le charger mais je n'y arrive pas. Je tente par la tête puis par l'arrière train sans plus de succès avec mon épaule qui me fait mal. Je décide de changer de technique, j'attache ses 4 pattes ensemble, passe mon cou dans la anse ainsi formée et lève avec mes cuisses pour le charger dans ma caisse de portage de gibier avant de partir payer mes dettes au café du village puis de rentrer dans le Gers pour préparer la viande.

A dépeçage, je constaterai que plusieurs côtes ont été fracturées par le  choc sur les rochers, sur une ligne médiane à mi hauteur du coffre, que le nez de l'animal est fracturé et que la cage thoracique était pleine de sang. Le bout de flèche était resté dans les poumons.

 

Alex

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9 novembre 2019 6 09 /11 /novembre /2019 09:50

Ce matin pluie et neige sont annoncées sur Beyrède-jumet, je prévois donc du rechange car je pars chasser toute la journée. C'est mon 3ième vendredi de chasse sur ce nouveau territoire trouvé sur Tempo chasse

et que j'apprends à connaître seul, j'ai 2 bracelets de grands cervidés jusqu'à mi-février et je dois les rendre après si je ne les ferme pas. Ce territoire se compose d'une grande vallée encaissée dans un cirque ouvert sur la vallée de la Neste, les crêtes sur les hauteurs et le village de Camous sur le bas délimitent cette zone de chasse d'environ 400 hectares. Mon ami m'ayant empêché, sans m'expliquer pourquoi, d'avoir mon bracelet de C2 sur Sarrancolin et sans m'en avertir avant l'ouverture de la chasse en zone montagne, j'ai cherché, un peu tardivement, une solution de rechange et j'ai laissé passer le brame ce qui va compliquer la chasse pour le C1 que j'ai à faire. Je pars vers 5h40 de chez moi sous une pluie battante et arrive à Camous vers 6h45. Je me prépare tranquillement dans ma voiture en attendant que la luminosité croisse et en espérant voir se calmer la pluie. Vers 7 heures, la crête au-dessus de Beyrède-jumet commence à se détacher sur un ciel bleu nuit, je décide de quitter ma voiture pour commencer à remonter par le sentier de hèches qui démarre sous une grosse conduite de force. C'est la première fois que j'attaque le territoire par ce côté, en général j'attaquais ma chasse d'en haut, par le bout de la route qui arrive au pied du cirque et dessert les granges. La pluie mêlée de neige tombe toujours mais moins fort. 

J'avance doucement sur le chemin longé par un ruisseau bruyant dont les fortes pluies de ces derniers jours ont gonflé le débit. Je surveille les prairies pentues de part et d'autre en forçant mes yeux dans la pénombre pour tenter d'apercevoir un animal. Les zones ouvertes alternent avec des zones où le bois descend jusqu'au chemin et il ne fait pas encore assez jours pour voir en sous-bois. Un peu plus loin, le toit en rénovation d'une grange se dessine peu à peu derrière une bosse du chemin. En arrivant à hauteur de la grange, implantée au bord du ruisseau sur la gauche du chemin, j'aperçois, à environ 90 mètres, au milieu du chemin, 3 silhouettes plantées de face. Je me colle contre le talus sur la droite du chemin et m'agenouille dans la boue froide, dos à la grange, pour observer les animaux qui semblent m'avoir vu sans m'identifier. La biche suitée de son faon et d'une bichette m'observe un moment dans la faible luminosité matinale. Je reste immobile et elle finit par se tranquilliser et commence à remonter, en broutant, la pente herbeuse sur la droite du chemin, suivie des jeunes. La luminosité croit doucement et je suis à découvert, je décide de faire marche arrière pour tenter une approche par l'arrière de la grange et d'un mobil-home qui lui fait suite. Je repars donc voûté, en marche arrière en serrant contre le talus pour surveiller les animaux qui semblent tranquilles et broutent toujours. Je rejoins un gros rocher pris dans le talus à environ 40 mètres en arrière de mon poste initial. Je me cache derrière et observe un instant les animaux en laissant dépasser juste le haut de ma tête au dessus du rocher. La biche regarde vers moi un moment puis se remet à brouter, je repars voûté en marche arrière et en serrant le talus puis passe derrière la bosse du chemin qui me cache maintenant les animaux. Je traverse le chemin sans risque d'être vu et passe derrière la grange dont je longe le mur pour arriver à l'angle de cette dernière. Un énorme rocher, à quelques mètres du mur du bâtiment la sépare du mobil-home et me cache mais m'empêche de voir les animaux. Je me colle au rocher et remonte doucement vers le chemin, mais arrivé au bord du rocher, je ne peux qu'apercevoir, en me penchant doucement, les cervidés se débiner de cul vers le bois. 

Je sors donc de ma cachette et reprends ma progression sur le chemin, je surveille attentivement le sous-bois mais les animaux sont certainement déjà loin. Un peu plus haut le paysage s'ouvre sur ma droite sur une prairie très pentue, formant un grande marche bordée de quelques arbres à environ 40 mètres. J'y ai réussi une belle approche , à environ 15 mètres, sur une biche suitée d'un faon et d'un petit daguet lors de mon premier jour de chasse. Cette marche me masque le haut de la prairie et j'avance tout doucement en surveillant le sous-bois clair à ma gauche, le sentiers et quelques petits ronciers devant moi et la prairie sur ma droite. Tout à coup, une très grosse biche surgit de derrière un des petits ronciers et fuit en remontant. Je la perds vite de vue derrière une bosse du chemin. Je m'avance doucement tout en surveillant toujours autour de moi pour tenter de surprendre la biche, si elle n'est pas allée loin, mais elle n'est plus là.

Le paysage se referme vite, je presse un peu le pas car mes chances de voir un animal en sous-bois aussi épais est très faible et je préfère ne pas perdre trop de temps pour remonter vers d'autres prairies plus hautes. Je passe une clôture qui barre le chemin puis le paysage s'ouvre un peu à nouveau, le chemin traverse le ruisseau en tournant à angle droit sur la gauche puis débouche sur une prairie étroite derrière une bande de ronces. Le secteur très humide est ponctué de nombreuses souilles qui semblent très fréquentées par les cervidés et les sangliers, le sol très boueux est imprimé d'innombrables traces au travers desquelles l'herbe peine à pousser, je suis les traces qui ont imprimé une belle coulée qui retraverse le ruisseau pour prendre le passage le plus facile et longer le fond de la combe. Le bord du ruisseau devient difficile à suivre et je remonte un peu dans le bois pour rejoindre une belle coulée parallèle au cours d'eau. Je la suis tranquillement en observant autour de moi, la pluie mêlée de neige se transforme peu à peu en neige pure en gagnant de l'altitude. Le sol blanchi vite et devient très glissant, je peine parfois à garder l'équilibre dans les passages plus difficiles et les pentes. Sur la gauche du ruisseau, le paysage s'ouvre sur un petit plan d'eau puis des pentes enherbées et quelques granges. Un peu plus haut, je rejoins une large piste forestière arrivant des prairies et remontant dans la montagne. Je jette un coup d'œil sur les prairies enneigées à la recherche d'un animal mais, à part les 3 lamas dont le dos est couvert de neige et quelques poneys, rien ne bouge.

Premières neiges sur les Pyrénées, 8 novembre 2019
Premières neiges sur les Pyrénées, 8 novembre 2019

Je prends la piste que je connais déjà pour commencer à remonter sur le penchant droit de la montagne. 

Premières neiges sur les Pyrénées, 8 novembre 2019

Je surveille au-dessus et en dessous de moi. La piste s'interrompt vite pour laisser place à un petit sentier de gibier. Le sol moins stable et gorgé d'eau est très glissant et je dois calculer chacun de mes pas pour ne pas tomber et pour avancer discrètement. Je m'arrête régulièrement pour observer autour de moi, le bruit de la neige et des gouttes d'eau qui tombent masquent les bruits du sous-bois et je ne peux pas me fier à mon ouïe. Le penchant d'en face a beaucoup blanchi.

Premières neiges sur les Pyrénées, 8 novembre 2019

J'essaie de ne pas trop monter car j'ai souvent vu les animaux assez bas. Je progresse lentement en suivant les grosses coulées et en essayant d'éviter les pentes trop raides pour ne pas chuter sur le sol très glissant. Alors que je fais une pause observatoire près de gros rochers, un mouvement attire mon regard à environ 20 mètres en contrebas. Une biche, que le relief du terrain me cachait, surgit et se plante plein travers. Elle regarde autour d'elle, je pivote tout doucement face à la pente et tente d'armer mon arc mais je suis à découvert. La biche regarde brusquement vers moi et hésite inquiète, le haut de la tête d'un autre animal sans bois apparaît plus à gauche derrière la biche. Je monte très lentement mon arc mais la biche fait volte-face et disparaît dans la pente en entraînement avec elle l'autre cervidé. Je n'ai pas été assez attentif et je viens de laisser filer une belle occasion de tir.

Je poursuis mon chemin et continue à descendre pour éviter les pentes rocheuses abruptes qui doivent être très glissantes. Les hêtres et les sapins font place à un gros massif de buis. Le bruit du ruisseau en contrebas se fait de plus en plus présent, il me faut remonter un peu. Plusieurs buis ont des branches cassées et je tombe régulièrement sur des arbres et arbustes à l'écorce arrachée par les bois des cerfs. Je remonte tranquillement par une belle coulée en surveillant le sous-bois très épais jusqu'à déboucher en bordure des buis, dans une zone de sapins plus clairsemée avec quelques buis épars. Un mouvement attire mon regard à environ 100 mètres au-dessus de moi. Un jeune cerf, aux bois longs, clairs et peu fournis en andouillets, agite sa tête au travers d'un buis. Je me fige mais il se fige également et regarde vers moi un court instant avant de démarrer en trombe et disparaître rapidement derrière les arbres. Je tente de remonter doucement pour voir si je ne peux pas le retrouver quand une biche et son faon arrivent, cachés par la pente raide sur ma droite et stoppent sous un gros sapin à environ 60 mètres au-dessus de moi. Je me fige pour les observer et réfléchir rapidement à une stratégie d'approche mais la biche regarde vers moi puis démarre et remonte avec son jeune pour disparaître plus haut.

Je biaise vers l'endroit où se trouvait le cerf mais n'arrive pas à trouver des traces sur un sol partiellement couvert de neige. Je biaise vers l'endroit où se trouvait la biche. Je trouve facilement les traces qui remontent en biaisant à gauche sur un sol de plus en plus enneigé à mesure que je remonte. Alors que la piste s'éternise sans rattraper les animaux, je décide de remonter vers la cime de la montagne quand j'ai une impression bizarre. Je me fige et lève les yeux vers le sommet quand j'aperçois un cerf qui me regarde à environ 20 mètres au-dessus de moi. Ses bois sont cachés par des branches et il est de 3/4 face. Je reste immobile et nous nous observons. Alors que j'espère voir ses bois, mes pieds glissent dans la pente et je chute lourdement et réussissant à le rattraper d'une main sans taper mon arc. En tombant, j'ai disparu du regard du cerf derrière le rocher devant moi qui me le masque également. Je me redresse doucement et me rends compte que le cerf n'a pas bougé, il regarde toujours vers moi. Je stabilise mes pieds du mieux que je peux et accroche mon décocheur en espérant qu'il s'agit d'un moins de 10 cors . Le cerf finit par tourner la tête, il porte 5 d'un côté et son autre bois est cassé au-dessus du premier andouillet, c'est un moins de 10 (je me ferai confirmer le conte des pointes en cas de bois cassé par un technicien de la fédération des chasseurs des hautes Pyrénées, il confirmera qu'il faut compter les pointes restantes) mais de 3/4 face et sur l'œil le tir n'est pas raisonnable. Il finit par se tourner plein travers, tête vers la gauche mais démarre et se débine tranquillement. Dès que je le perds de vue, je remonte pour trouver sa trace et la suis tranquillement en espérant l'avoir à nouveau à portée mais après plusieurs centaines de mètres de pistage, je perds sa trace dans une zone déneigée et n'arrive plus à la retrouver. Il est plus de midi, je décide de redescendre tranquillement pour aller me changer à la voiture car je suis trempé et pour manger un bout.

Je peine un peu à trouver mon chemin et à ne pas chuter au travers des pentes abruptes mais finis par rejoindre le fond de la vallée où je descends pour retrouver le chemin de hèches. La neige n'a pas tenu en fond de vallée. Alors que je ne suis plus qu'à environ 200 mètres de la voiture, j'aperçois une biche au gagnage de l'autre côté du ruisseau sur ma droite, un peu plus en aval. Elle broute sur une petite place herbeuse, au milieu d'un petit roncier en U, d'environ 2 mètres de haut et 10 mètres de large, sur un replat, dans la pente au-dessus d'une prairie. L'approche semble très facile, je poursuis tranquillement mon chemin sur le sentier en surveillant l'animal au travers des arbres qui bordent le cours d'eau. Elle est à environ 100 mètres. Une fois que le roncier me la masque, j'avance encore un peu pour trouver un passage pour traverser, à sec, le ruisseau encaissé d'environ 2 mètres. Je trouve une zone de rochers émergés me permettant de traverser puis remonte le talus abrupt en me cramponnant aux racines et aux branches basses. Je traverse rapidement la prairie en direction du roncier. Le bruit du ruisseau très présent masque le peu de bruit de mon approche déjà silencieuse sur l'herbe verte. Arrivé contre le roncier qui me domine d'environ 2 mètres au sommet d'un talus, j'accroche mon décocheur et glisse doucement sur ma droite en dessous du roncier pour arriver au bout des ronces, je me penche doucement alors que de petits piaulements retentissent comme ceux d'un chevrillard. J'aperçois l'arrière train d'un jeune cervidé de 3/4 arrière. Je me recule à couvert, arme mon arc et me penche à nouveau, cale ma visée sur son coffre et décoche. Touché, l'animal fait un grand bon pour retomber dans les ronces où il se débat un instant avant de s'immobiliser. Il a fait à peine 2 mètres. Les grondements d'alerte d'une biche retentissent plus en avant. Je décide de tenter une approche, je remonte le talus, rentre dans le roncier, passe à côté du jeune cervidé qui finit de mourir et traverse le bourrelet de ronces par un passage étroit de gibier. Je tombe sur ma flèche plantée au sol. 

Premières neiges sur les Pyrénées, 8 novembre 2019

Je slalome entre les petits ronciers et remonte la pente boisée assez raide par une belle coulée en direction des grondements quand la tête d’une biche m'apparaît derrière une bosse du terrain à environ 15 mètres. Elle m'observe un instant en grognant puis s'éclipse doucement, stoppe plein travers à environ 25 mètres sur le replat herbeux au-dessus de moi, regarde vers moi, gronde puis s'éclipse tranquillement. Je redescends vers mon jeune cervidé qui est mort, tourné en sens inverse de son sens de fuite.

Premières neiges sur les Pyrénées, 8 novembre 2019

Je le dégage des ronces pour apposer le bracelet et l'examiner. Ma flèche rentre basse au niveau du cœur et sort haute, en avant de l'épaule opposée ce qui s'explique par mon tir de bas en haut. L'animal est assez maigre et très petit pour l'époque, c'est une jeune femelle, je pense qu'elle n'aurait pas passé l'hiver. Après quelques photos souvenir,

Premières neiges sur les Pyrénées, 8 novembre 2019

je le vide puis le ramène vers la voiture alors que quelques vautours tournent dans le ciel. Je me change puis appelle le président de la chasse pour l'informer de ma chasse et lui montrer ma prise. En voyant mon faon, lui non plus n'est pas inspiré et pense qu'il ne sera pas consommable, il me propose un autre bracelet si je veux en échange de celui-ci et de ne pas payer la carcasse si elle n'est pas consommable. Je lui dis que je le dépècerai demain et que, si la carcasse est consommable, je paierai mon bracelet.

 

Après une pause casse-croûte, je repars en chasse vers 14 heures alors que la pluie mêlée de neige se remet à tomber. J'hésite à prendre ma tenue camo-neige mais décide de partir sans car la neige semble avoir bien fondue. Je décide d'attaquer le versant opposé à celui chassé ce matin. Le vent souffle du sommet vers la vallée, c'est parfait. Je commence à remonter la prairie par où j'ai descendu mon faon et tombe sur une biche au pelage clair comme celle approchée en fin de matinée. Je me fige, elle m'observe plein travers, à 30 mètres au-dessus de moi dans le bois. Je l'observe un instant immobile puis remonte doucement de quelques mètres. Elle part au trot en grondant mais s'arrête régulièrement pour me regarder avancer. Je continue à monter et débouche sur une petite prairie au bord de laquelle se trouve une ruine prise dans une pointe boisée, je la contourne par la droite, traverse un chemin forestier et remonte dans un sous-bois clair de feuillus et de grands pins dont le sol est tapissé de fougères. Les coulées sont innombrables et les laissés très abondants. La plus part des résineux sont frottés à hauteur de cerf et dépouillés de leur écorce. Je monte doucement en surveillant le secteur mais rien en vue. Au bout d'un moment, une grange se dessine à environ 100 mètres au-dessus de moi dans une zone de prairie. Une clôture à mouton longe la lisière. Un massif de buis se trouve sur ma droite sous cette clôture, je biaise pour remonter vers ce dernier. En arrivant sous les buis, un mouvement me fait lever les yeux sur un grand cerf qui se débine au travers du massif, je le perds vite de vue, il semblait partir sur ma droite mais je ne le vois pas sortir des buis. Je remonte doucement mais il ne se montre pas, il a dû remonter dans la prairie en sautant la clôture ou en passant dessous.

Je poursuis sur ma droite en montant doucement. Au bout d'un petit moment, je retombe sur le grand cerf que j'aperçois à environ 70 mètres au-dessus de moi, il se débine en remontant et il me semble apercevoir  furtivement un autre animal sans bois de devinant un peu plus bas mais je le perds vite de vue dans la végétation alors que le cerf disparaît en remontant la pente assez raide. Il est bien trop grand pour mon bracelet, je poursuis ma progression en remontant doucement quand les geais se mettent à donner de la voix sur ma droite, ils annoncent certainement du mouvement et je me tiens prêt en avançant lentement. 2 animaux sans bois démarrent à environ 20 mètres devant moi et disparaissent dans la pente d'une combe descendant vers une habitation en contrebas, au milieu du bois. La pente est très raide, je décide de remonter en zigzagant pour passer une zone presque verticale et rocheuse mais je finis par devoir monter tout droit, au plus raide, sur le seul passage possible. La coulée boueuse est très glissante et je dois me cramponner aux rochers, aux arbustes, aux racines pour ne pas tomber. Je remets donc ma flèche au carquois pour finir mon ascension. Alors que j'arrive en haut des rochers sur un replat et que je me redresse, j'aperçois 3 beaux cerfs moins de 10 qui m'observent, plantés plein travers, têtes à droite, à environ 20 mètres au-dessus de moi. J'attrape doucement ma flèche sans les quitter des yeux, encoche tout aussi lentement, accroche mon décocheur mais les cerfs démarrent. J'arme mon arc. Les cerfs font une dizaine de mètres puis bifurquent en épingle à gauche pour remonter un peu et restopper plein travers à environ 30 mètres au-dessus de moi. Je tente d'aligner ma visée mais ils repartent, font un second virage en prenant à droite, marquent une courte pause à environ 45 mètres puis disparaissent derrière des gros rochers. Je viens de manquer une très belle occasion de tir, je désarme. Je reprends mon ascension en biaisant à droite pour tenter de revoir les cerfs quand un animal démarre en contrebas dans la combe et s'enfuit au galop en remontant, plus haut un second animal démarre plus à gauche et le rejoint.

Je continue à monter mais les cerfs ont disparu. Je rejoins la route qui remonte vers le pied du cirque. Au-dessus de moi, une grange habitée est entourée de prairies où j'ai vu 2 moins de 10 vendredi dernier juste avant la nuit. Le vent souffle toujours du sommet vers la vallée. Je longe un peu la route en remontant pour rattraper un bout de piste qui remonte dans les buis sur ma gauche. La pluie mêlée de neige a fait place à une averse de neige lourde et le paysage déjà blanc au-dessus de la route recommence à blanchir, je regrette de ne pas avoir pris ma tenue camo-neige. La piste bifurque à gauche pour passer sous des gros rochers puis se transforme en sentier qui bifurque à nouveau à droite au milieu des buis un peu plus loin. Je passe un petit portail que je referme derrière moi puis quitte le sentier qui devient de plus en plus étroit pour remonter tout doucement, au plus raide, au travers des buis. Il neige fort, tout à coup, j'aperçois une masse brune à environ 40 mètres au-dessus de moi. Je me fige et l'observe, c'est un cerf, il est plein travers et semble regarder vers moi. Sa tête est masquée par un arbre, seul le départ d'un de ses bois est visible, je ne peux pas compter les pointes. Je décide de tenter une approche, je me décale un peut à gauche pour remonter, caché derrière des arbres et des rochers, mais je perds le cerf de vue par la même occasion. Je l'aperçois encore 2 fois en me penchant doucement durant ma progression mais alors que j'arrive à portée de tir je me rends compte qu'il a disparu. Je le cherche un moment du regard puis tourne un peu sur le secteur mais je dois me rendre à l'évidence, il m'a faussé compagnie.

Je reprends mon ascension, les buis de plus en plus clairsemés laissent place à une forêt de feuillus. Alors que j'arrive à environ 60 mètres de la lisière du bois, du mouvement attire mon attention au-dessus de moi. Je stoppe et observe, il me semble identifier une bichette qui s'avance tranquillement à environ 40 mètres au-dessus de moi. Je la perds un instant de vue derrière un talus rocheux et quelques arbres et en profite pour m'avancer d'environ 10 mètres. Elle réapparaît furtivement après les arbres puis disparaît brusquement comme si elle s'était couchée. Je remonte doucement caché par un gros rocher, le bruit de mes pas est masqué par la neige qui tombe. J'arrive sous le gros rocher et hésite. Je sais que je peux retirer une biche si je veux, je prends la décision de tirer si je peux. J'accroche mon décocheur et escalade doucement le talus par un passage de gibier quand j'aperçois une belle biche couchée plein travers à 12 mètres au-dessus de moi. Elle est entrain de ruminer, je me baisse sous le rocher, arme mon arc et me redresse doucement. La biche aperçoit le mouvement et se redresse tranquillement pour se planter de 3/4 face et tenter de m'identifier en hochant la tête, toujours en ruminant. Je monte doucement mon arc, aligné ma visée sur son défaut avant d'épaule et décoche mais les feuilles volent sur la cassure du talus devant moi et la biche démarre suivie d'un jeune. Ils remontent vers la lisière du bois, marquent un temps d'arrêt pour regarder vers moi puis la biche gronde et les 2 animaux disparaissent en remontant dans la prairie enneigée. J'ai bien observé la biche elle n'était pas blessée et en analysant mon tir je comprends vite que ma flèche a touché la cassure du talus ce qui l'a déviée. Je remonte à sa recherche et pour vérifier qu'il n'y a pas de sang. En tournant sur le secteur je finis par retrouver ma flèche plantée à 1,5 mètre du sol dans un arbre. Je la récupère et l'observe, pas d'indice de blessure, je suis rassuré et la remets au carquois. Je suis les traces de la biche dans la neige et débouche dans la prairie au-dessus du bois. Pas la moindre trace de sang, c'est manqué et je préfère ainsi. Je prends à droite pour suivre le chemin qui longe le bois.

Premières neiges sur les Pyrénées, 8 novembre 2019

Le bois est bordé par une bande de buis qui me masque la vue, je m'attarde un peu à chaque trouée pour tenter d'apercevoir des animaux. Un peu plus loin, je stoppe net en apercevant une bichette à 35 mètres en contrebas un peu plus en avant de moi. Je me cale contre les buis en espérant la voir avancer un peu, le vent descend droit vers le bois mais pour l'instant elle ne peut pas me sentir. Elle avance tout doucement en glanant sa nourriture sur le sol enneigé mais, au bout d'une ou deux minutes, elle stoppe brusquement et redresse la tête pour regarder devant elle. Une grosse biche suivie d'un faon, que la haie de buis me masquait, surgissent à découvert et foncent dans la pente en biaisant sous la bichette qui démarre pour les suivre. Ils disparaissent plus bas dans le bois. Le vent m'a trahi. Je reprends ma progression sur le chemin en serrant le bois.

Le bois fait place à une prairie bordée par une haie le long du chemin et une bande de buis qui redescend à angle droit du chemin. Je passe une petite grange abandonnée sur la droite du chemin avant le départ de la haie. Je jette un coup d'œil dans la prairie, rien vue. Je longe doucement la haie quand j'aperçois, à environ 80 mètres, l'arrière train d'un cervidé dont l'avant est caché par un gros arbre couvert de lierre et poussant contre la haie. C'est une biche qui broute le lierre contre le tronc. Elle ne peut pas me voir approcher, j'en profite pour m'approcher le plus vite possible en longeant la haie. Alors que j'ai gagné 40 mètres, la biche se retourne un instant plein travers en bordure du chemin, tête vers le haut de la montagne. Je me fige, elle observe un instant autour d'elle sans me voir puis part tranquillement de cul en glanant quelques bouchées au sol. Je la suis pour tenter de la rattraper en essayant d'avancer le plus vite possible sans être repéré. La haie fait un léger virage à gauche un peu plus loin et la biche commence à rentrer dans la haie. Elle est de 3/4 arrière à moitié dans la haie, dans la pente et ne peut plus me voir. J'accélère mais arrivé à environ 25 mètres, elle finit de rentrer  tranquillement dans la haie et je la perds de vue. Je tente de m'approcher plus mais elle a disparu. Un autre animal démarre dans la haie sur ma droite entraînant d'autres animaux avec lui. Je me suis fait avoir.

Je poursuis mon chemin et tombe sur les traces de 3 animaux, certainement biche, bichette et faon que je viens de faire fuir. Je continue un moment sur le chemin qui rentre dans le bois mais ne voyant rien, je décide de revenir sur mes pas en surveillant les alentours. En longeant le bois par lequel je suis remonté jusqu'au chemin que je suis, j'arrive au niveau d'un portail que je passe pour continuer à suivre le chemin qui descend en lacets vers la prairie où j'espère revoir les cerfs vus la semaine dernière. Une zone de genêts domine le chemin sur ma droite. Des pistes de cervidés descendent des genêts et passent sous un clôture barbelé qui borde la chemin sur ma gauche. Les animaux ont laissé quelques poils restés accrochés en la passant dessous. Certaines traces fraîches suivent le chemin pour descendre dans le bois en dessous de ce dernier dans un virage en épingle à gauche. Je m'approche tout doucement du bord du chemin en suivant les traces mais me fait surprendre par une biche, une bichette et un faon qui démarrent en m'apercevant à environ 40 mètres en contrebas. La biche et la bichette s'enfuient en remontant la pente. Le faon stoppe rapidement et rumine sur place en observant autour de lui sans comprendre la raison de ce départ subit avant de se décider à suivre sa mère et sa sœur. Un peu plus bas sur le chemin, je tombe sur de grosses traces fraîches d'un cerf et tente de les suivre mais je les perds au virage suivant. Le bois de buis sous le chemin devient très épais, j'hésite à y entrer mais me ravise et finis par suivre le chemin.

la prairie se dessine peu à peu au travers des arbres et j'aperçois un animal à découvert, au milieu de la prairie enneigée. Il me semble reconnaître un brocard mais à plus de 200 mètres de distance, il pourrait s'agir d'une chèvre. Je poursuis sur le chemin et rejoins un autre chemin qui bifurque en épingle pour descendre vers le départ de la prairie en direction d'une éolienne. J'ai perdu l'animal de vue mais des aboiements du chevreuil retentissent et s'éloignent en remontant en montagne. Arrivé au bord du bois au bout de la prairie, je rentre dans ce dernier en suivant un chemin. J'avance tout doucement en surveillant le sous-bois mais rien ne bouge. Je redescends vers la route puis la suis, en remontant vers le sommet, pour rattraper un chemin qui descend à travers bois vers ma voiture. Ce chemin me conduit à une habitation, je bifurque à gauche pour ne pas passer devant cette dernière et retombe dans des prairies où j'espère voir des animaux mais rien. La luminosité baisse très vite et je descends maintenant à travers bois en prenant les passages les plus faciles alors que la nuit s'installe. Je finis par retomber au niveau de la grange en restauration où j'ai fait ma première approche ce matin. Je traverse le ruisseau par un ponton en bois vermoulu puis rattrape le chemin de hèches que je suis en direction de la voiture. Dans la pénombre, j'aperçois les silhouettes de 3 grands cervidés, à environ 50 mètres, dans la bande de prairies qui longe la droite du ruisseau environ 300 mètres avant la zone où j'ai flèché ce matin. Je me fige et les observent sans arriver à distinguer leurs sexes dans l'obscurité, ils semblent tous les 3 de belle s tailles. Je m'éclipse doucement pour ne pas les effrayer et retourne à ma voiture. Il est temps de rentrer.

Le lendemain matin, en dépeçant la petite biche je constaterai que la viande a bien caillé durant la nuit et qu'elle ne présente pas d'anomalie. Les abats son jolis aussi. Je décide donc de garder la carcasse et en informer le président de la chasse par SMS.

 

Alex

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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 18:57

Ce matin, je suis invité à Hourtin en Gironde par mon ami Valentin pour une grande battue mixte aux grands cervidés. Le rendez-vous est prévu à 7h45 chez le président de la chasse. Le réveil sonne vers 3 heures, un peu dur, j'ai l'impression de ne pas avoir dormi cette nuit. Je déjeune rapidement et me prépare avant de prendre la route. Je pensais qu'il me faudrait plus de 4 heures pour m'y rendre et arrive sur place un peu avant 7 heures. Je profite pour me garer au bord de la route pour essayer de dormir 30 minutes avant de poursuivre ma route jusqu'au rendez-vous à peine un peu plus loin. Quelques archers sont déjà là et nous discutons un peu jusqu'à l'arrivée des chasseurs de la commune qui nous invitent à nous avancer jusqu'à la cabane de chasse. Les archers arrivent petits à petit ainsi que des chasseurs du coin. Nous nous inscrivons sur le carnet de battue avant de reprendre les voitures pour un autre secteur où tous les chasseurs ont rendez-vous. Nous sommes 11 archers, Valentin nous a envoyé par mail la situation de l'enceinte que nous allons chasser

Battue girondine grandes pattes, 23 février 2019

Ainsi que la position des postes des archers qui ont été tirés au sort. J'ai hérité du poste 3. Les carabines seront postées le long de la ligne rouge. 2 meutes de grands chiens courants vont être lâchées, une au nord, au-dessus de la seconde ligne d'archers et une au sud en dessous de notre ligne.

Battue girondine grandes pattes, 23 février 2019

Les consignes données sous un soleil radieux nous partons pour nos postes respectifs, je pars avec Ben que je ne connaissais pas et en profite pour faire sa connaissance sur la route. Nous pouvons tirer tous les grands cervidés sans restriction et le renard, le plan de chasse de plus de 300 animaux n'a pas été bouclé, il reste encore près de 50 animaux à faire et la période de chasse est prolongée sur les 3 premiers weekends de mars pour finir ce plan de chasse conséquent. Il semble que des dizaines de grands cervidés aient été vu, hier soir, en train de brouter, dans les jardins des maisons autour de la zone de chasse. Nous arrivons au niveau d'un petit parking, au départ d'une piste forestière sablonneuse longé sur la gauche par un ruisselet. Valentin qui est venus avec nous nous explique l'emplacement de nos postes. Ben qui a le poste 4, s'enfonce dans le bois avec son tree-stand et son arc traditionnel. Valentin qui avait le poste 6, l'a échangé avec le titulaire du poste 7 car il semble que ce poste 7 ne soit pas adapté, il se retrouve donc sans poste et décide de venir se placer entre mon poste et le poste 6. Il part voir les autres archers avant de revenir se poster et je pars à la recherche de mon poste. Je longe une petite route goudronnée, sur ma droite le bois de pins est très fourré et la visibilité est très limitée alors que de l'autre côté le paysage est plus ouvert. Le sous-bois de pin est couvert de fougères sèches ponctuées de petits îlots de végétation plus dense et plus haute. Je peux choisir mon poste d'un côté ou de l'autre et décide de mon poster sur la zone la plus ouverte. Je finis par trouver le coup de bombe jaune fluo marquant une très grosse coulée qui débouche sur la route. C'est le marquage de mon poste, je m'avance donc dans les pins en suivant plus ou moins la coulée pour trouver un endroit propice pour me placer. J'essaie plusieurs postes aux pieds de pins mais le camouflage végétal ne convient pas. J'hésite à me poster derrière une grosse branche de pin encore verte tombée au sol quand j'aperçois Valentin qui arrive par le chemin sablonneux qu'il quitte en face de moi pour renter dans une zone de végétation épaisse à la recherche d'un poste. Je remarque alors un poste plus adapté au pied de quelques pins, un écran de broussaille de quelques mètres de long, en léger arrondi, fera un bon poste. Je glisse donc vers cette zone, casse quelques branches pour faire mes angles de tir et une ou 2 fenêtres, dégage un peu le sol pour pouvoir pivoter sans bruit puis me cale face au chemin sablonneux.

De nombreuses coulées passent en tous sens. Je suis à environ 60 mètres de la route et  un peu moins du chemin sablonneux. Assez rapidement, la voix des chiens se fait en et le début de traque est sonnée. Les chiens lancent presque aussitôt au nord de la traque. Un bruit me fait regarder sur ma droite, un animal surgit des fourrés au galop à environ 60 mètres.

Battue girondine grandes pattes, 23 février 2019

Je  me retourne vers la route et pense à un chevreuil mais rapidement le cou aux poils hirsutes et les longues oreilles mon font identifier un faon. J'arme mon arc, il commence à ralentir à environ 40 mètres et vient stopper à 15 mètres devant moi, juste avant la branche de pin où j'étais posté tout à l'heure, son arrière train caché par un pin mais son coffre dégagé. Mon pin's se cale sur sa zone vitale alors qu'il écoute autour de lui. Il ne m'a pas vu, je décoche. Ma flèche me semble bonne et traverse l'animal pour aller se ficher au sol dans les fougères. Le faon démarre en trombe.

Battue girondine grandes pattes, 23 février 2019

Il fonce sur à peine 30 mètres, au travers des fougères, en biaisant vers la route, quand il disparaît derrière un arbuste. 

Battue girondine grandes pattes, 23 février 2019

Je me penche à droite et à gauche pour tenter de l'apercevoir quand je vois ses pattes qui battent l'air à l'endroit où je l'ai perdu de vue. C'est fini pour lui, j'envoie un SMS à Valentin pour l'avertir "faon mort". Je me reconcentre sur la chasse. Les chiens sont lâchés derrière moi et lancent aussitôt quand j'entends un peu de bruit du côté de Valentin. Je le vois quitter son poste en me faisant signe et revenir vers les voitures. Il revient rapidement se poster d'un pas rapide, il avait oublié son téléphone à la voiture. Arrivé à son poste, il répond à mon message et m'annonce que d'autres archers ont décoché. Au moins 2 animaux de plus sont morts, une biche et un autre faon. Les menées tournent sur les extrémités de la chasse et je ne sais pas trop comment me tourner. Au travers des pins j'aperçois un piqueur, que j'entends également parler au talkie-walkie, qui fait des allers-retours sur la route et n'espère pas trop voir arriver un animal dérobé de ce côté. Les coups de feu commencent à claquer au nord.

Je reçois encore un texto, "un cerf fléché" puis rectificatif "un jeune". Du bruit me fait regarder vers la route, une biche a forcé le passage près du piqueur et fonce au galop à travers bois à environ 70 mètres pour rejoindre le chemin sablonneux et le traverser. Les chiens donnant de la voix s'élancent à sa poursuite avec plus de 150 mètres de retard. Les rafales de tirs s’enchaînent plus ou moins espacées dans le temps. Du bruit me fait regarder vers les voitures, un biche arrive au trot en longeant à 40 mètres de la route et biaisant vers moi doucement. J'arme mon arc, elle se rapproche vite mais ralentit un peu en se rapprochant. Elle bifurque un peu et vient prendre la coulée du faon mort pour venir passer à 15 mètres de moi. Je tente de la stopper en lâchant un "hep" mais elle passe sans s'arrêter et je désarme. Elle disparaît dans le fourré entre Valentin et la route. Je ne le sais pas encore mais elle a été fléchée par Ben, sa flèche n'a fait que traverser les muscles du dos mais elle se dirige sur Fred qui à son tour décoche sur elle. Quelques instants plus tard, un coup de feu est tiré au sud-ouest de la traque.

Les chiens tournent toujours, certains reviennent vers la route, la traverse et relancent de l'autre côté. Tout le bois raisonne des voix des chiens. Au bout d'un moment, un léger craquement m'interpelle vers le chemin sablonneux. Je me tourne dans sa direction et aperçois une belle biche arrêtée à l'écoute. Elle traverse tranquillement le ruisseau puis le chemin sablonneux. J'arme mon arc au cas où. Elle biaise alors pour prendre une coulée passant à 17 mètres sur ma gauche. Je la suis dans mon viseur en espérant la voir stopper mais elle s'arrête pile derrière quelques buissons qui me la masquent.

J'attends qu'elle s'avance un peu, prêt à décocher mais elle repart au trot, je la suis dans mon viseur mais elle biaise à droite pour s'éloigner de cul vers la route. Je désarme, elle stoppe à environ 50 mètres puis repart tranquillement, s'arrête souvent pour écouter puis rejoint la route près du parking avant de traverser en disparaissant derrière les pins. Je m'en veux, je n'ai pas assuré, j'aurais dû tenter de l'arrêter avant les buissons ou après au lieu de la regarder passer. Je viens de rater une belle occasion de faire un doublé. Le temps passent des chiens tournent autour de nos postent et semblent perdus, l'un d'eux vient renifler mon faon mais poursuit sa route. Le temps passe, la chasse semble concentrée au nord où les menées s’enchaînent ainsi que les coups de feu.

Un craquement se fait entendre dans le fourré près de la route. Je me tourne vers le bruit, une biche sort quelques instant plus tard et s'avance au pas à environ 50 mètres elle stoppe écoute les chiens, repart, biaise un peu et s'approche à environ 40 mètres alors que j'arme mon arc. Elle est trop loin et s'éloigne vers les voitures, je désarme. Elle stoppe souvent pour écouter en biaisant vers la route puis se ravise et revient en longeant la route tranquillement, s'offre même le luxe de quelques poses pour brouter puis bifurque et disparaît en traversant la route. Une salve impressionnante de coups de carabines retentit. Valentin m'annonce par message qu'une dizaine d'animaux, vus par les archers, tournent toujours dans la traque. Les chiens tournent toujours sur notre secteur sans vouloir repartir chasser. Je scrute le paysage quand j'entraperçois du mouvement au travers des arbres, de l'autre côté de chemin sablonneux. Le mouvement stoppe, un chien arrive en sens contraire par le chemin en donnant de la voix sans mener. Une énorme biche surgit alors de bois, passe le ruisseau, le chemin sablonneux puis passe au petit trot à environ 40 mètres sur ma droite, trop loin pour Valentin qui m’envoie un message " Entre nous deux, belle biche!". Elle disparaît dans le fourré.

Notre secteur devient calme, quelques coups de feu résonnent toujours au nord mais les menées s’essoufflent peu à peu. Au bout d'un moment Valentin vient m'annoncer la fin de traque et nous partons chercher ma flèche que je retrouve plantée profondément dans le sol sablonneux au milieu de fougère dans l'axe de mon tir.

Battue girondine grandes pattes, 23 février 2019

Je peine à l'extraire du sol. Je suis étonné de ne pas trouver de sang sur le sol, le sang peu abondant sur ma flèche a bien séché. Nous partons directement vers l'endroit approximatif où j'ai vu tomber mon faon et le retrouve sans difficulté couché sur le dos.

Battue girondine grandes pattes, 23 février 2019

Ma flèche entre dans l'épaule droite et sort au défaut de l'épaule opposée. Nous faisons quelques photos souvenir

Battue girondine grandes pattes, 23 février 2019

et laissons mon faon sur place en attendant le bracelet puis partons vers Ben qui a fléché d'après ce que m'annonce Valentin. Nous le trouvons couché sur le dos, en tain de reposer ses yeux, au pied d'un pin de l'autre côté du ruisseau. Nous l’interpellons et le rejoignons par un ponton. En examinant sa flèche je constate la présence de fibres musculaires sur les vannes et le tube, c'est une flèche caractéristique d'une traversée de flèche dans les muscles du dos. Ben nous affirme qu'il voit son atteinte sous colonne alors que je la pense au-dessus. Il m'annonce que c'est la biche qui est venue vers moi, les scènes se mélangent un peu dans ma tête et je confonds sa biche avec celle que j'ai vu brouter ce qui ne le conforte pas dans la létalité de son tir. Il n'y a du tout de sang sur la direction de fuite de l'animal et nous coupons court notre recherche pour attendre le chien de sang.

Nous partons rejoindre Fred qui aurait fléché une autre biche, nous le rejoignons au poste 2, dans le fourré entre le poste de Valentin et la route. Il a balisé des taches et frottés de sang mais la piste n'est pas continue et difficile à suivre. Les frottés me semblent très bas et je crois un tir de patte. Là aussi nous décidons d'attendre le chien de sang. Nous partons rejoindre l'autre ligne d'archers où se trouvent 2 animaux morts. Cette ligne a été en plein milieu de la grande traque et les occasions de tirs ont été nombreuses. Antoine a tué une biche et achevé un faon mortellement touché par son voisin qui a également éraflé un autre faon (seuls quelques poils seront retrouvés). Un autre faon avec un tir trop en arrière fléché par Robin a été tué à la ligne des carabines. Nous aidons à charger les animaux morts puis repartons chercher et baguer mon faon puis retrouver le conducteur de chien de sang. Peu confiant sur le tir de Ben, nous l'orientons d'abord sur la recherche de Fred mais le conducteur que ne connait que très peu la chasse à l'arc, revient assez vite, son chien ne prend pas la piste malgré le sang.

Il se fait tard, il va être 15 heures et je ne peux pas partir après 16h30 car j'ai du monde à la maison ce soir. Valentin décide de me ramener à ma voiture puis nous partons chez le président. 13 animaux ont été prélevé et les dépeceurs sont à l'œuvre, nous ne sommes pas près de manger, je décide donc de rentrer mais un des chasseurs insiste pour que je prenne de la viande et me donne un demi faon. Je remercie vivement l'équipe puis commence à partir quand Ben arrive tout content en m’annonçant qu'il a retrouvé sa biche, sa flèche serait entrée entre les omoplates pour ressortir dans la tripe qui aurait bouché la sortie empêchant hémorragie. Je suis super content pour lui et le félicite pensant que je me suis bien trompé sur l'analyse de son tir. Cette atteinte semble bizarre puisqu'il n'a pas tiré à la verticale mais la biche est morte donc je me plie aux constatations. C'est en fait la biche tiré à la carabine, suite au tir, le posté qui l'a manqué a vu du sang et a fait venir le chien de sang qui l'a retrouvée morte. Un autre animal sera retrouvé par la suite portant à 15 les prélèvements.

J'apprendrai, le 28 février, que c'est en fait Fred qui a tué la biche de Ben. L'analyse des impacts aux dépeçage a révélé que la flèche de Ben a en fait juste traversé les muscles du dos (comme je le pensais en voyant sa flèche) au niveau des omoplates et la flèche de Fred, basse et en arrière a traversé les tripes et est responsable de la mort de l'animal qui a été retrouvé 500 mètres après le poste de Ben.

Un grand Merci à Valentin pour son invitation et à toute l'équipe de chasse pour leur super accueil.

 

Alex

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Présentation

  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, rarement le télémètre)... souvent juste mon arc, mon couteau et mon appareil photo, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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AVERTISSEMENT A MES LECTEURS

Bonjour,

Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

Bonne visite, Alex

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