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4 février 2019 1 04 /02 /février /2019 15:06

Ce matin, je pars chasser sur Sarrancolin, dans ma tenue camo-neige, pour tenter de fermer le bracelet du Cerf C1 que Patrick n'a pas encore réalisé. Il a beaucoup neigé ces jours-ci et le chemin de la Soule est en partie verglacé. Je me gare donc au niveau des premières maisons vers 7 heures et attends dans ma voiture que le jour se lève un peu. Vu la hauteur de neige tombée sur les hauteurs les animaux doivent être descendus. Je décide d'attaquer par la crête rocheuse qui remonte vers le Pas du cerf sur la droite des habitations. Un vent très puissant s'est levé et les bourrasques soufflent latéralement vers la crête rocheuse. Alors que la luminosité commence à croître, je quitte mon véhicule après avoir fini de m'équiper et prends un passage qui communique avec une prairie derrière le lotissement. Je remonte en suivant le penchant boisé qui borde la prairie, le vent puissant qui me fouette le visage accentue l’impression de froid déjà mordant. Il fait -6°C, le ciel est bien dégagé. La neige est marquée de traces plus ou moins fraîches. Alors que j'ai fait environ 300 mètres, un animal que je n'avais pas vu démarre à 15 mètres sur ma droite, au-dessus de moi dans les buis qui couvre cette zone du penchant boisé. Le vent qui couvrait le bruit de ma progression lui a porté mon odeur. Le fracas produit me fait penser qu'il s'agissait d'un cerf, je continue un peu pour rejoindre une belle coulée qui va me permettre de remonter vers la crête entre les buis et les rochers. Des traces fraîches remontent et je les suis plus ou moins en ouvrant bien les yeux mais j'arrive en crête sans avoir vu d'animaux. Je suis maintenant plus ou moins la crête au grès des obstacles en observant aléatoirement des 2 côté mais toujours pas d'animaux. Plusieurs pistes de sangliers, de cervidés et de renards passent la crête pour s'enfoncer dans le bois à ma droite. Après les restes rouillés d'une vielle palombière, je redescends vers la grange de Tahouens alors que le vent commence à se calmer.

Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019

Le secteur est marqué de quelques pistes fraîches qui remontent toutes vers la crête. Je rejoins doucement l'angle des bâtiments, où est passé un grand cervidé, puis la piste qui traverse le bois pour ressortir dans une prairie avant le chemin de la Soule. Sur ma gauche, les sangliers ont retourné la neige et les feuilles mortes pour chercher à manger à environ 10 mètres sous la piste. Je suis la piste au-dessus de la Prairie pour rejoindre la route puis redescends par cette dernière pour reprendre les pistes forestières de chez Patrick. Je peine à rester debout sur la route verglacée et tombe régulièrement, je finis par marcher dans la neige du bas-côté. Je rejoins ainsi un petit pré, sur la droite de la voirie, d'où partent 2 pistes forestières ouvertes par Patrick. Je descends tout en bas du pré pour prendre la plus basse et commence à la suivre tranquillement tout en observant alternativement la pente en escalier en dessous et le penchant de ronce au-dessus. Le vent s'est posé, ne reste qu'un petit vent qui remonte à 90° de la piste. Très vite je tombe sur une très grande quantité de traces fraîches de cervidés qui suivent la piste et redouble d'attention en les suivant. Le replat sous les noisetiers, sur le bord de gauche de la piste a été gratté à plusieurs endroits par les cervidés en recherche de nourriture. Je rejoins la descente de la première piste du pré que je n'ai pas prise tout à l'heure, leur jonction forme une plateforme en dessous d'un penchant couvert de chênes américains. Je stoppe un moment pour bien observer le secteur mais rien en vue.

Je poursuis ma marche tranquillement sur la piste quand un très gros daguet démarre à la fin des chênes américains dans un creux de la pente et baise doucement vers la route au-dessus. Je le perds de vue dans les noisetiers un peu plus loin. J'hésite à le suivre par la piste qui remonte chez Patrick mais décide finalement de prendre une piste qui redescend. Les pistes de gibier semblent se séparer entre les 2 pistes et une partie des animaux semblent avoir pris la pente sur la gauche en quittant la piste. J'avance doucement quand je tombe, plus bas, sur la carcasse d'un faon totalement dévoré par les renards et les sangliers qui ont tassé la neige en piétinant tout autour. Ne restent plus que la colonne vertébrale, le haut des côtes, les os des pattes arrière et le crâne avec encore un morceau de peau.

Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019

Un peu plus loin j'arrive la piste se sépare en deux, une branche descend et l'autre remonte, j'hésite puis décide de descendre. J'avance doucement quand je perçois du mouvement en contrebas. Je me rapproche du bord de la piste et aperçois une biche, une bichette et un faon qui viennent stopper à 45 mètres en dessous de moi. La biche regarde un court instant vers moi puis repart suivie par les 2 autres animaux, ils disparaissent vite dans le bois. Je fais vite demi-tour pour tenter d'aller les recouper un peu plus loin. Je remonte la piste et reviens vers les chênes américains avant de descendre, en suivant des traces fraîches, vers le bas de la montagne. Plusieurs animaux sont descendus et ont gratté la neige à la recherche de nourriture, des crottes gelées ponctuent la piste, ce sont des cervidés. Plus bas je tombe sur un replat sur lequel les animaux ont gratté la neige jusqu'à la terre pour confectionner plusieurs couchettes. Je suis le replat dans le sens des traces et tombe un peu plus loin sur une grange à moitié effondrée, les animaux ont aménagé des couchette sous la zone où le toit tient encore. Je contourne cette grange par la droite et tombe sur une piste qui remonte vers les chênes américains. Je la suis un moment jusqu'à trouver une petite piste qui descend dans les buis sur la droite et commence à la suivre pour descendre vers le ruisseau mais rapidement la végétation alourdie par la neige me barre le passage. Je descends donc tranquillement par une coulée entre les buis. Un peu plus bas un animal démarre dans les buis en dessous de moi, je me fige et me prépare au cas où mais un jeune grand cervidé déboule à environ 20 mètres devant moi dans un clair puis bifurque à droite pour disparaître dans les buis en un éclair. Je reste immobile un instant à surveiller autour de moi quand je repère, à ma grande surprise, un renard assis qui me regarde en bordure des buis à environ 12 mètres au-dessus de moi. Je me tourne doucement face à lui et commence à armer mon arc sans vraiment y croire mais à ma grande surprise il ne bouge même pas. Est-ce grâce à ma tenue camo-neige ? J'aligne ma visée et décoche mais je n'entends qu'un impact sur un rocher en arrière de l'animal et voit le renard fuir dans les buis indemne. Je réencoche et monte voir ce qu'il reste de ma flèche qui a explosée sur le rocher en arrière du renard, pas de sang, pas de trace sur la flèche, je l'ai manqué lamentablement.

Je finis de descendre vers le ruisseau et débouche sur un sentier jonché de traces. Je suis les traces en remontant le ruisseau. Les traces semblent fraîches mais pas d'animaux en vue. Je rejoins ainsi un sentier qui remonte vers les grandes pistes avant que le sentier que je suis ne débouche sur une prairie enneigée. Je bifurque et remonte en suivant les lacets de ce sentier tortueux. Toujours beaucoup de traces, je suis encore dans l'ombre de la montagne mais remonte vers le soleil qui inonde le sous-bois.

Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019

De nombreuses couches sur les abords du sentier attestent de la fréquentation des lieux.

Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019

Il va être 10 heures, je décide de remonter vers chez Patrick en suivants les pistes. Alors que je remonte par la piste qui passe sous chez mon ami, je croise la piste d'un sanglier d'environ 40 kg qui remonte vers chez mon ami puis, un peu plus loin, j'aperçois un superbe brocard en velours qui traverse la piste à environ 40 mètres devant moi et disparaît dans la pente. Je m'approche doucement en serrant la droite du chemin, côté monté pour rester caché par le replat de la piste puis reviens doucement sur la gauche un peu avant l'endroit où est descendu le brocard. Je surprends le chevreuil qui était resté à à peine 3 mètres sous le chemin. Il détale vers le bas en suivant la piste et disparaît vite dans la végétation enneigée.

Je poursuis mon chemin et rejoint une branche du chemin qui remonte vers le portail de chez Patrick et le chenil. Je remonte, salue sa chienne griffon au passage puis passe le portail pour rejoindre mon ami qui me fait renter pour discuter un peu. Il est décidé à tuer le cerf aujourd'hui ou le jeune et me propose de faire la traque du penchant boisé au-dessus de chez lui. Il décide de prendre sa carabine et d'aller se poster entre une de ses pistes et le lacer de la route à environ 1 km en arrière de chez lui alors que j'attaquerai la traque au-dessus de son habitation, arc à la main en avançant doucement vers lui. Je lui ai parlé de la piste du sanglier et Patrick décide de remonter avec moi pour voir si ce dernier a passé le chemin d'accès à son habitation. Seules des pistes de renards passe le chemin, Patrick décide de recouper par une piste qui rejoint celle que j'ai prise pour monter puis d'aller se poster par cette dernière. Le sanglier semble parti vers les chênes américains entre la piste et la route. Je laisse Patrick aller se poster et commence à remonter le penchant assez raide et très enneigé pour rejoindre une ancienne piste qui rentre dans le penchant boisé en parallèle du chemin de la Soule qui passe plus haut. Le secteur est marqué de nombreuses pistes de renards. J'avance tranquillement sur la piste avec de la neige au-dessus du genou. Chaque pas est un sacré effort, mes pieds s'enfoncent d'abord dans la neige fraîche puis jusqu'au sol quand je fais un pas. La neige est de plus en plus haute alors que je monte tranquillement. Je tombe après environ 10 mètres sur la piste d'un cerf. Patrick m'a dit d'attendre 11 heures pour attaquer ma traque en partant au-dessus de sa maison. J'avance 10 mètres par 10 mètres en faisant des pauses pour observer le secteur.

J'arrive au-dessus de sa maison, avec le vent dans mon dos, vers 10h45 et décide d'avancer encore un peu sur les traces du cerf. Les remises sont plus loin. J'avance encore d'environ 40 mètres en faisant toujours des pauses tous les 10 mètres avant de stopper pour attendre 11 heures. Alors que j'observe autour de moi, planté dans la neige jusqu'à l'entrecuisse, mes yeux se posent sur un jeune 6 cors en train de brouter un buisson de houx à environ 25 mètres en contrebas un peu plus en avant de ma position. Je me fige et l'observe, son corps et visible au travers du houx, il est de 3/4 face, le tir est trop risqué, je décide d'attendre.

Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019

Au pire, s'il me sent, il partira vers Patrick sinon, s'il avance un peu je pourrais peut-être décocher. L'animal mange paisiblement et regarde parfois autour de lui sans se soucier de moi bien que son regard croise plusieurs fois ma direction. Cette tenue neige est vraiment très efficace. Au bout d'un moment, le cerf se décide à avancer et se plante plein travers à un peu plus de 20 mètres alors que j'arme mon arc. J'aligne ma visée sur le défaut d'épaule et décoche. Touché, le cerf bondit en l'air au-dessus de la neige. Je n'ai pas bien vu mon atteinte et me dépêche de réencocher. Le cerf qui n'a pas compris ce qui vient de lui arriver monte droit sur moi. J'arme mon arc alors qu'il sort sur la piste à 3 mètres de moi. Le sang coule du défaut d'épaule et le cerf se tourne de cul pour descendre sur mes traces avec de la neige jusqu'au poitrail ce qui accentue son effort. Je décide de ne pas décocher, confiant sur ma première flèche et le laisse filer. Il s'éloigne d'un peu moins de 20 mètres sur la piste avant de sauter dans la pente et de disparaître derrière le léger virage de la piste.

Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019

Très rapidement, au bruit, l'animal semble s'immobiliser et vaciller puis il me semble l'entendre tomber. Le bruit de sa respiration difficile se fait entendre un court instant avant le retour au calme. Sachant que mon cerf est mort, j'attaque ma recherche. Le sang, bien que peu abondant au sur la piste, est facile à suivre sur la neige.

Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019

La piste de sang s'intensifie rapidement.

Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019
Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019
Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019

Dans la descente, de nombreuses petites gouttes de sang gelées ont roulé comme des billes sur la neige et j'aperçois très vite le cerf qui a roulé à environ 30 mètres en dessous de la piste dans un creux du terrain. Je descends le rejoindre en tentant d'appeler Patrick mais il ne répond pas. Je jette un rapide coup d’œil à mon cerf mort partiellement recouvert de neige avant de partir chercher Patrick pour éviter qu'il ne tire un autre cerf et qu'il me passe le bracelet pour baguer mon cerf.

Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019

Nous revenons ensuite vers mon cerf et je le bague avant de le descendre sur le chemin d'accès de l'habitation pour faire quelques photos souvenir.

Un petit cerf à l'approche dans la neige, 4 février 2019

Nous chargeons le cerf sur le pickup de Patrick avant de partir le peler et le vider un peu plus loin dans un virage du chemin de la Soule, au bord de la route dans un petit pré appartenant à Patrick. Les vautours qui prennent les ascendants du matin sont juste au-dessus de nous ils ont déjà repéré leur futur repas.

 

Alex

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24 novembre 2018 6 24 /11 /novembre /2018 17:55

Ce matin, je me gare au départ du chemin desservant le hameau au-dessus de chez Patrick vers 7h15 et me prépare tranquillement en attendant que la luminosité soit suffisante pour commencer à chasser. Vers 7h30, je quitte ma voiture et longe tranquillement le chemin en surveillant alternativement les petites prairies qui alternent avec des zones boisées de part et d'autre du chemin. Alors que j'arrive près du hameau, j'aperçois un animal en train de brouter à environ 8 mètres, dans la pente herbeuse, sous le chemin qui passe sous le hameau, à environ 40 mètres devant moi. Il semble que ce soit une biche, elle est de 3/4 face.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Je serre sur la droite du chemin contre le talus pour avancer doucement, caché par le plat du chemin. J'avance sans voir l'animal en essayant de ne pas faire de bruit. Normalement, l'animal se trouve sous 2 arbres sur lesquels ont été cloués des panneaux par un des occupants du hameau. Arrivé à hauteur des arbres, je m'avance doucement vers le bord du chemin. La biche est toujours là et broute tranquillement. Elle se présente maintenant presque plein travers, à 9 mètres en contrebas. J'arme doucement mon arc et prends ma visée entre le sol et le dernier fil de la clôture électrique. Des bruits de pas se font entendre plus bas dans la pente boisée au dessous de la biche. Je positionne mon pin's assez en avant du coffre pour compenser le léger angle de l'animal et décoche. Touchée, la biche sursaute et fonce au plus raide de la pente puis prend à gauche en parallèle de la pente boisée qui borde le bas de la prairie.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Elle fonce au grand galop vers la fin de la prairie et, au bout d'environ 50 mètres de fuite, s'affaisse du train avant pour glisser sur le poitrail sur quelques mètres avant de se redresser et poursuivre sa course folle. Je la perds un instant de vue derrière un arbuste qui pousse dans la prairie et me décale sur ma gauche pour l'apercevoir à nouveau. Elle stoppe, environ 50 mètres plus loin, au bout de la prairie, puis saute dans la pente boisée où je l'entends rapidement chuter dans un grand fracas.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Les bruits de pas résonnent toujours dans le sous-bois quand une seconde biche s'avance en biaisant vers la droite pour rattraper la bordure de la prairie. Elle apparaît peu à peu derrière la cassure du terrain et passe sous la clôture électrique qui borde la lisière avant de bifurquer à 180 ° pour revenir en suivant la clôture vers l'endroit où est descendue ma biche. Elle avance inquiète, tête haute et hume l'air, environ 25 mètres en dessous de moi. D'autres animaux bougent cachés en dessous. Elle finit certainement par sentir le sens et fait brusquement demi-tour au trop, repasse sous la clôture et disparaît à grand bruit dans la pente. Je presse le pas et longe le chemin pour tenter d'apercevoir les animaux un peu plus loin. Environ 40 à 50 mètres plus loin, je ne peux que voir passer 4 grand cervidés à 40 mètres en contrebas dans le bois clairsemé. La biche, une bichette et un faon suivis d'un jeune cerf ou un très gros daguet que je peux reconnaître à sa carrure sans pouvoir identifier ses bois au travers des branchages. Je les perds vite de vue dans le bois et tente d'avancer encore sur le chemin en espérant les recouper un peu plus loin s'ils décidaient de remonter. Un peu plus loin, ce sont 2 chevreuils que je fais démarrer dans le bois, juste en dessus du chemin. Ils aboient en fuyant dans la pente et je les perds vite de vue.  J'avance encore un peu sur le chemin et aperçois l'un des chevreuils qui regarde vers le chemin en limite d'une bande d'arbres couvrant un talus en bas d'une prairie. La pointe de bois qui longe le chemin au-dessus du chevreuil me masque un instant puis il me repère et fuit en contrebas.

Je pense que ma biche est morte mais je n'ai pas vu mon atteinte, je décide donc de chasser un peu avant de commencer ma recherche. Je me dirige vers une crête rocheuse qui démarre au bout du chemin et remonte vers un chemin de randonné plus haut en montagne. Pas d'autres animaux dans le secteur. J'arrive dans la dernière prairie avant la crête et d'où j'ai une belle vue sur la falaise qui domine le haut de la montagne.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Au bout du chemin où est garé un bulldozer forestier, je remonte doucement en suivant la crête et en faisant de nombreux arrêts observatoires pour arriver à l'endroit où j'ai fléché mon chevrillard l'autre jour mais le secteur est très calme, je décide de redescendre pour aller faire ma recherche. Je reprends le chemin en sens inverse, un écureuil noir traverse de gauche à droite, à environ 50 mètres devant moi et remonte dans un des arbres qui borde le chemin. Il me gratifie de quelques cris de mécontentement alors que je passe en dessous de lui. Arrivé au départ de la prairie où j'ai fléché ma biche, je passe par le passage ouvert dans la clôture électrique pour entrer dans la parcelle en direction de la zone de tir. J'aperçois vite ma flèche plantée au sol au bord de la clôture électrique qui borde la lisière du bois, dans l'axe de mon tir. Elle est couverte de sang qui a déjà séché.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Je tente de recouper la direction de fuite de la biche pour trouver ma piste de sang mais impossible de trouver ne serait-ce qu'une seule goutte de sang. Je pars dans la direction de fuite de la biche toujours sans rien voir puis je décris des zigzagues perpendiculaires en couvrant le bas de la pente et finis par tomber sur une belle trace de sang, la piste est plus basse que ce que je pensais.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Je commence à suivre la piste de sang rouge qui se suit assez facilement sans être très abondante. Les gouttes sont parfois espacées de 1 ou 2 mètres. J'avance tranquillement de goutte en goutte.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018
Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018
Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018
Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Je pensais trouver une trace au sol de la chute de ma biche mais il n'en est rien. La piste s'intensifie peu à peu en me rapprochant de l'endroit où la biche a sauté dans la pente boisée.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018
Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Près de l'endroit où la biche a stoppé un instant avant de sauter par en bas, le sang devient très abondant.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Je cherche l'endroit exact où la biche au sauté, elle n'a pas pris la belle coulée qui descend en biaisant sur la gauche entre 2 arbres. De grosses taches de sang sont visibles sur des branchages jetés dans la pente lors de l'entretien du bord de la prairie. La biche a sauté au plus raide de la pente. Du sang est visible un peu plus bas. Je prends la belle coulée pour descendre en contourner la pente raide puis reviens vers le sang laissé sur les branches.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

La piste très abondante et maintenant facile à suivre et je ne tarde pas à apercevoir ma biche morte sur le dos, environ 30 mètres en contrebas.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Je la rejoins rapidement, elle est plus grosse que ce que je pensais au moment du tir.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

La sortie de ma flèche semble plein cœur, je n'ai pas le bracelet sur moi, je décide de ne pas la bouger et de partir le chercher avant de revenir pour la sortir du bois.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Je remonte donc vers le chemin et ma voiture pour aller chercher le bracelet chez Patrick qui dort encore puis reviens me garer au même endroit avant de partir apposer le bracelet à la patte de la biche. Je repasse par l'ouverture dans la clôture électrique pour rejoindre ma biche et coupe en chemin le sang au départ de la piste quand la biche a pris vers le bas de la prairie après le tir. Elle est en fait descendu tout de suite près de la lisière du bois, mes souvenirs étaient trompeurs, je la voyais fuir plus haut dans la pente.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018
Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Je rejoins ma biche et appose le bracelet avant de la positionner sur le flanc pour observer mon atteinte. Ma flèche rentre bien un peu plus en avant comme je le voulais et je suis sûr qu'elle a traversé le cœur. Les allaites sont sèches, elle n'allaitait donc plus, tant mieux. Je sais qu'il y a une piste en contrebas qui me mènera chez Patrick, il me faut donc la rejoindre mais je décide de ne pas descendre trop vite pour éviter d'avoir à remonter. Le secteur n'étant pas propice à une belle photo, je commence donc à suivre la courbe de niveau en suivant une belle coulée tout en traînant ma biche qui est vraiment énorme. J'essaie de la caler contre un arbre un peu plus loin mais impossible de la tourner comme je veux, elle est trop lourde et le sol penche. Je continue à la traîner par les pattes avant mais la coulée fleurte de plus en plus avec une forte pente et commence à remonter de plus en plus. La biche finit par m'échapper et rouler pour se caler 40 mètres plus bas dans un creux créé par le déracinement d'un arbre. Je descends à sa rencontre et réussi à la caler pour faire quelques photos souvenir. 

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Il me faut maintenant la sortir de ce trou et baiser à gauche pour retrouver la piste au travers des arbres tombés au sol et autres obstacles.

Après environ 150 mètres d'efforts je parviens à la piste mais elle remonte un peu et la tête de la biche accroche et je m'épuise vite. Il me faut changer de technique. Je récupère une barre de bois et la rentre entre les tendons et les os des pattes arrière pour avoir une meilleure prise et tirer la biche par l'arrière pour éviter que la tête ne me gêne.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Je tire ainsi la biche sur le chemin qui monte un peu par moment, un autre écureuil noir traverse la piste devant moi . Après 2 heures d'efforts, j'arrive à 200 mètres de chez Patrick et stoppe avant une zone où l'eau coule sur le chemin pour éviter de souiller la biche. Je pars chercher mon ami qui m'annonce qu'il peut venir chercher la biche par une piste avec son pickup, qu'il me faut la descendre 50 mètres plus bas sur une autre piste. Nous partons récupérer ma voiture que je gare devant chez lui avant d'aller descendre encore un peu ma biche le temps que Patrick arrive avec son véhicule qu'il a fait équiper pour charger du bois et les grand cervidés. Nous chargeons ensuite la biche

Puis retournons chez Patrick pour que je pelle, vide et découpe l'animal avant de rentrer chez moi.

La préparation des abats confirmera mon sentiment, ma flèche a touché le bas des poumons et traversé le cœur.

Une approche express à Sarrancolin, 24 novembre 2018

Alex

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7 octobre 2018 7 07 /10 /octobre /2018 16:02

Ce week end, mon ami Arnaud est venu à Sarrancolin pour chasser le cerf. Nous nous sommes retrouvé hier soir au restaurant de Patrick pour que je lui explique un peu le territoire. J'ai passé ma nuit dans une cabane que Patrick a construite dans un arbre au dessus d'un petit pré en pente à environ 150 mètres de son habitation. Les cerfs ont bramé toute la nuit et quand mon réveil sonne vers 5h40, je me prépare pour aller rejoindre Arnaud qui a dormi au gîte, contre la maison de Patrick. Nous nous préparons rapidement puis remontons en haut du chemin de la Soule avec ma voiture. Un peu avant d'arriver, j'aperçois une étoile filante. Je me gare et nous nous préparons sous un ciel étoilé incroyable, une autre étoile filante passe au dessus de nous et je dis à Arnaud: " c'est un signe, je vais faire mon cerf aujourd'hui". Arnaud va chasser ce secteur, entre le chemin de randonnée qui redescend au chemin de la Soule et la falaise qui barre le haut de la montagne. Plusieurs cerfs brament autour de nous. Nous prenons le chemin de randonné dans le sens de la descente, à la lueur de nos lampes, le vent souffle dans notre dos. Un peu plus bas, nous quittons le chemin sur la gauche pour remonter à travers un petit pré vers un sentier qui va me conduire à ma zone de chasse. Nous le longeons un peu jusqu'à une crête rocheuse bordée de buis qui remonte jusqu'à la falaise. J'explique à Arnaud qu'en suivant cette délimitation naturelle il remontera jusqu'au "Pas du cerf" qui se trouve au début de la falaise et qu'il peut ensuite chasser en longeant cette dernière.

Je laisse Arnaud et poursuis mon chemin sur le sentier dans la nuit noire, au milieu des buis d'où s'envolent par moment des pyrales blanches aux ailes bordées de noir, signe d'une disparition prochaine des buis du secteur. J'ai un peu plus d'une heure de marche qui m'attend avant d'arriver au col où je veux tenter ma chance. Depuis que j'ai quitté Arnaud, le secteur est calme, pas un seul brame et j'espère avoir bien choisi mon secteur de chasse. Au bout d'un moment, le sentier débouche sur une grande prairie en long, traversée par un chemin enherbé. Je rejoins ce chemin et le longe. En arrivant à la fin du pré, alors que le chemin rentre dans les hêtres et que je contourne quelques grosses ronces barrant le passage, des grognements me font stopper net. Plusieurs sangliers démarrent à quelques mètres devant moi mais stoppent rapidement dans la pente sous le chemin. Je tente de me décaler un peu et de les éclairer mais ils redémarrent et fuit plus en contrebas. J'écoute un instant mais le calme s'installe et je reprends ma marche. Rapidement de bruits de pas se font entendre au sommet du talus de plusieurs mètres qui domine le chemin sur ma gauche. Impossible de les voir mais je pense qu'il s'agit du reste des sangliers, j'ai dû séparer le groupe en deux. Les bruits de pas s'estompent  et je reprends ma progression. Le chemin débouche un peu plus haut sur un enclos de régénération enherbé et partiellement couvert de jeunes hêtres. Il est 7 heures et la nuit noire laisse peu à peu place à une luminosité faible mais croissante, suffisante pour voir le chemin et éteindre la lumière de mon portable.

Toujours par de brame, je traverse l'enclos qui d'ailleurs n'en est plus un car la clôture n'est plus étanche depuis longtemps et laisse passer les animaux. Le chemin débouche sur un abreuvoir alimenté par une source captée un peu plus haut et qui alimente un petit ru chantant qui dévale la pente jusqu'au chemin. Le chemin enherbé, large de 5 mètres environ est maintenant taillé dans la roche. Je le suis tranquillement alors que le jour se lève peu à peu. Je tends l'oreille pour entendre un éventuel animal dans la pense sous la piste ou un brame mais rien. Je débouche sur la piste de hèche qui rejoint le col à ma droite et la commune de Hèche à ma gauche. Je descends vers le col en marchant sur la bordure enherbée, au bord du bois pour ne pas faire trop de bruit en marchant sur le gravier qui crisse sous mes pas. Alors que je ne suis plus qu'à  150 mètres du col, un brame tout proche retentit dans le bois sur ma gauche. Le cerf ne doit être qu'à 50 mètres au plus et à environ15 mètres de la piste. Je retire doucement ma verte de chasse et la laisse au bord du chemin. Le vent est dans mon dos mais suit le chemin, avec un peu de chance le cerf ne me sentira pas. Je commence mon approche mais la luminosité est encore faible et il est difficile de voir dans le bois au travers des branchages. Un autre brame retentit, le cerf semble se rapprocher. Je me fige et attends, espérant le voir se montrer. Au bout de quelques minutes sans rien entendre, le cerf démarre en cassant du bois dans la pente et s'éloigne rapidement. Le vent a tourné et m'a trahi.

Je descends jusqu'au col, le vent s'est intensifié et souffle fort dans mon dos. J'écoute un moment mais les brames très lointains viennent du penchant de droite, côté Rebouc. Je m'avance sur le col. 2 chevaux à la robe partiellement blanche broutent dans les genets à environ 200 mètres. Je remonte vers eux par un chemin de terre en quittant la piste de gravier puis prends à droite au travers des genets et des fougères, en suivant les sentiers tracés par les chevaux. Le vent fort a tourné face à moi, j'avance tranquillement en essayant d'apercevoir un animal dépassant de la végétation mais rien. Je biaise peu à peu pour retomber sur le chemin de terre qui passe plus haut puis le suit pour déboucher sur un replat enherbé au milieu des genets. Pas un animal en vue, Je suis à mauvais vent, je remonte donc le chemin bordé de grands hêtres pour revenir vers le col à bon vent. Sur ma droite, je longe maintenant une zone très dense, couverte de jeunes hêtres qui servent généralement de remise aux cervidés. Alors que j'arrive près du virage du chemin, avant de redescendre vers le col par un tunnel de houx et de noisetiers, un brame proche retentit sur ma droite dans les petits hêtres. Le vent est tournant, un autre cerf répond plus bas, je décide de tenter une approche sur le plus proche et quitte le chemin pour descendre dans une zone dégagée qui rentre dans le taillis. Le cerf brame encore, il n'est pas à 30 mètres sur ma droite. Je me fige et observe au travers des arbustes. Le cerf commence à frottés ses bois contre les troncs pour marquer son territoire mais le vent tourne et le calme s'installe. Je tente de rentrer dans le taillis par une grosse coulée au cas où, mais le cerf a disparu.

Je redescends vers le col, des brames épars et lointains se font entendre. Je décide de remonter par la piste de hèche pour aller chasser dans une zone de hêtre qui remonte jusqu'en haut de la montagne. Je récupère ma veste au passage et suis les lacets de la piste. Dans un des virages plusieurs arbres sont frottés de frais, un cerf a délimité son territoire. Plus au dans un virage, un chemin enherbé s'avance au milieu de carrés de régénération de petits hêtre. Je quitte la piste et prends ce chemin ponctué de belles souilles. Je prends ensuite un autre chemin sur ma droite qui remonte vers une place d'herbe rase au milieu de laquelle se trouve une belle souille bien fréquentée. Les cerfs brament plus haut, plusieurs se répondent tour à tour, je pense qu'ils sont au moins 4. Je me fraye doucement un passage sur une belle coulée au milieu de petits hêtres et rejoins une zone de sous bois dégagée, plantée de grands hêtres. Le sol est ponctué de gros rochers couverts de mousse entre lesquelles se trouve un tapis de feuilles sèches et craquantes parsemé de brindilles, branches mortes et autres pierres. Je reste un instant à écouter avant de m'avancer à découvert. Un gros cerf brame sur la droite à moins de 100 mètres, un autres à gauche à plus de 100 mètres et 2 autres à plus de 200 mètres au dessus de moi dont un dont la voix domine tous les autres. Je décide de monter. Autant que possible je marche sur les rochers couverts de mousse pour limiter le bruit et m'arrête tous les 5 à 10  mètres pour écouter si possible près d'un arbre. Je gagne peu à peu du terrain mais les rochers se font maintenant assez rares et ma progression de plus en plus bruyante. J'espace et raccourcis de plus en plus mes phases de marche. Un fracas me fais lever les yeux vers une barre rocheuse à environ 150 mètres au dessus de moi. Une biche, une bichette et un faon suivis de près par un daguet détalent en suivant le bord de la barre rocheuse, faisant rouler les pierres. Je stoppe et les observent s'éloigner sans ralentir sur ma droite et me demande si c'est moi qui les ai effrayé quand un brame surpuissant retentit plus à gauche, un très gros cerf, dont je n'arrive pas à compter les cors, s'élance à la poursuite de fuyards en poussant régulièrement des brames puissants. Il disparait comme les autres cervidés derrières des rochers à plus de 200 mètres au dessus de moi sur ma droite mais son brame retentit toujours.

Une fois cette agitation éloignée les brames des autres cerfs reprennent. Celui à ma droite semble venir vers moi et je tente de monter encore. Alors que je passe la barre rocheuse sur laquelle est passée le gros cerf, j'aperçois un gros cerf qui se débine en bramant à environ 150 mètres au dessus de moi. Il ne semble pas m'avoir vu et remonte tranquillement en s'arrêtant pour bramer. Je remonte doucement vers lui et le perds de temps en temps de vue derrière les troncs quand un mouvement furtif me fait stopper net. Une biche redescend sur moi à environ 100 mètres. Elle broute tranquillement, je ma décale doucement sur la droite pour profiter d'un creu dans le relief pour masquer ma progression.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

Je reste un instant à écouter avant de m'avancer à découvert. Un gros cerf brame sur la droite à moins de 100 mètres, un autre à gauche à plus de 100 mètres et 2 autres à plus de 200 mètres au dessus de moi dont un dont la voix domine tous les autres. Je décide de monter. Autant que possible je marche sur les rochers couverts de mousse pour limiter le bruit et m'arrête tous les 5 à 10 mètres pour écouter si possible près d'un arbre. Je gagne peu à peu du terrain mais les rochers se font maintenant assez rares et ma progression de plus en plus bruyante. J'espace et raccourcis de plus en plus mes phases de marche. Un fracas me fait lever les yeux vers une barre rocheuse à environ 150 mètres au dessus de moi. Une biche, une bichette et un faon suivis de près par un daguet détalent en suivant le bord de la barre rocheuse, faisant rouler les pierres. Je stoppe et les observent s'éloigner sans ralentir sur ma droite et me demande si c'est moi qui les ai effrayé quand un brame surpuissant retentit plus à gauche, un très gros cerf, dont je n'arrive pas à compter les cors, s'élance à la poursuite de fuyards en poussant régulièrement des brames puissants. Il disparait comme les autres cervidés derrières des rochers à plus de 200 mètres au dessus de moi sur ma droite mais son brame retentit toujours.

Une fois cette agitation éloignée les brames des autres cerfs reprennent. Celui à ma droite semble venir vers moi et je tente de monter encore. Alors que je passe la barre rocheuse sur laquelle est passée le gros cerf, j'aperçois un gros cerf qui se débine en bramant à environ 150 mètres au dessus de moi. Impossible de compter les pointes à cette distance. Il ne semble pas m'avoir vu et remonte tranquillement en s'arrêtant pour bramer. Je remonte doucement vers lui et le perds de temps en temps de vue derrière les troncs quand un mouvement furtif me fait stopper net. Une biche redescend sur moi à environ 100 mètres. Elle broute tranquillement, je ma décale doucement sur la droite pour profiter d'un creux dans le relief pour masquer ma progression. J'avance par tranches de quelques mètres pour casser le rythme du bruit de mes pas et observer mais le relief me cache maintenant la biche et le cerf. Je décide de rejoindre un gros arbre à environ 30 mètres devant moi puis me poste au pied de ce dernier côté haut. Tout à coup, des cloches et des bêlements résonnent à environ 200 mètres plus haut sur ma gauche. Je regarde dans cette direction et aperçois plusieurs brebis affolés qui dévalent la pente et fuient en biaisant plus à ma gauche. Je comprends vite qu'un cerf a dû les effrayer et son brame ne tarde pas à se faire entendre.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

Je tourne la tête pour regarder au dessus de moi le cerf qui lui répond quand un mouvement attire mon regard sur ma gauche. Un jeune cerf portant moins de 10 pointes arrive sur moi au petit trot, certainement chassé par le gros qui vient d'effrayer les brebis. Il est à environ 70 mètres mais se rapproche vite, environ 40 mètres, il passe derrière des troncs de hêtre, j'en profite pour armer mon arc et aligner mon viseur sur son épaule. Il ralentit doucement, 20 mètres, il biaise un peu pour descendre un peu plus dans la pente et arrive sur moi de 3/4 face. Il arrive au pas à 12 mètres, ma visée est calée sur son épaule, je décoche mais au même moment il bifurque pour descendre plus sur moi et ma flèche rentre en arrière des dernière côtes, traverse le cerf et retombe au sol 15 à 20 mètres derrière environ. Le cerf démarre en prenant plus ou moins la courbe de niveau avec une patte arrière relevée. Ma flèche a dû ressortir dans la cuisse opposée.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

Il passe une bosse à environ 35 mètres sur ma droite alors qu'un brame très puissant retentit. Un énorme cerf arrive face à lui. Mon cerf freine des 4 fers et bifurque pour descendre en dessus de moi pour stopper et se coucher à environ 60 mètres de moi dans un creux du terrain. Je ne vois que le haut de sa tête et ses bois.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

Le grand cerf brame à tout rompre en s'avançant doucement sur la barre rocheuse à environ 70 mètres. Une biche et son faon le précèdent en broutant tranquillement. Ils semblent vouloir remonter vers mon cerf et j'espère qu'ils ne vont pas le relever mais la biche et son jeune descendent entre les rochers et disparaissent derrière. Je reste immobile en espérant que mon cerf meure vite mais les minutes passent et il garde toujours la tête haute. Le vent est dans mon dos mais décalé un peu à droite du cerf. Le grand cerf s'avance en bramant puis stoppe net à environ 40 mètres de mon cerf couché et le fixe immobile et silencieux. Je ne suis pas sûr du nombre de pointes, 9, 10, 11... Je tente de m'approcher un peu en rejoignant un hêtre à environ 20 mètres sur ma gauche. Le cerf n'a pas bougé, focalisé sur mon cerf couché mais, tout à coup, la biche et le faon démarrent en contrebas, ils ont dû me sentir, ce qui provoque la fuite du grand cerf. Mon cerf se lève pour s'enfuir lui aussi mais il peine à avancer, un gros caillot de sang pend par la blessure d'entrée de ma flèche, son arrière train ne le tient plus. Il disparait péniblement derrière les gros rochers puis le calme s'installe.

Je décide de tenter une approche, j'amorce une boucle d'une trentaine de mètres à droite pour arriver à bon vent puis m'avance doucement, en tentant d'être le plus silencieux possible, vers les rochers derrière lesquels le cerf a disparu et doit certainement s'être recouché.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

Je ne suis plus qu'à 15 mètres et ne voit toujours pas le cerf, j'avance encore de quelques pas quand il se redresse derrière les rochers. J'arme mon arc mais je ne vois que la tête et le haut du dos de la moitié avant de l'animal. Je tente de me décaler un peu mais le cerf avance en chancelant et chute lourdement sur les rochers en contrebas dans un fracas impressionnant. Je me décale rapidement à droite et l'aperçois qui peine à se relever. J'aligne ma visée sur lui attendant une occasion de tir. Il finit par se mettre debout, tourné vers le sommet de la montagne, sa tête cachée derrière un tronc, son arrière train appuyé contre un autre. Il vacille et me présente son flanc à 15 mètres environ. J'aligne ma visée sur le défaut de l'épaule et décoche. Ma flèche rentre jusqu'à l'empennage sur le point visé. Le cerf accuse le coup et peine à se retourner avec ma flèche en travers avant de partir dans la pente d'un pas non assuré en vacillant.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

Il peine à faire environ 30 mètres et s'affaisse de cul, sur le ventre, au pied d'un hêtre tête posée au sol et s'immobilise presque aussitôt.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

Le pensant mort, je remonte chercher ma première flèche que je retrouve sans peine où je l'avais vu tomber. Elle ne porte presque pas de sang et je ne trouve pas de sang sur la direction de fuite du cerf.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

Je suis un peu sa direction de fuite estimée jusqu'aux rochers mais toujours pas de sang. Arrivé au rocher, je jette un coup d'œil à mon cerf en contrebas puis commence à descendre quand ce dernier dans un dernier effort tente de se redresser et tombe sur le flanc, glisse sur quelques mètres, bat un peu des pattes puis s'immobilise pour de bon.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

Je descends rejoindre mon cerf et dégage ma flèche restée en travers. l'insert a cassé avec ma lame au ras du tube. Ma première flèche entre derrière les dernières cotes et ressort en haut et sur l'arrière du cuissot opposé. La seconde rentre au déffaut de l'épaule et ressort prés de l'entrée de la première flèche (atteinte poumons-foie). Je prends un instant pour faire quelques photos souvenir.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

Maintenant, le plus dur commence, j'ai environ 1 kilomètre pour descendre jusqu'à la première piste où Patrick pourra venir me chercher.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

En descendant le cerf que je tire derrière moi par les bois, j'appelle Patrick pour qu'il vienne me chercher avec son pick up qu'il a fait équiper pour charger les poids lourds dans trop se fatiguer puis finit de descendre mon cerf à la piste où je le vide et tente de chasser les nombreuses mouches en attendant mon ami qui arrive un peu plus tard avec Fifi, sa petite jack russel qui nous fera un ferme mémorable sur la dépouille du cerf.

Un C1 à l'approche, 6 octobre 2018

Le cerf chargé nous redescendons au milieu des nuées de pyrales des buis pour aller dépecer ma prise chez Patrick et récupérer Arnaud qui a eu une occasion sur une biche mais a préféré ne pas la prendre, espérant croiser le cerf et s'inquiétant du comment descendre cette grosse bête.

Alex

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13 février 2018 2 13 /02 /février /2018 06:17

Cela fait presque 2 mois que je n'ai pas mis les pieds dans les Pyrénées pour laisser mon ami Patrick tenter de fermer le bracelet de C1 que Xavier nous a laissé en septembre. J'ai appelé Patrick hier soir et il m'a dit que la neige avait presque toute fondue et qu'il avait vu un daguet juste à côté de chez lui dans la matinée. En partant, j'hésite à prendre ma tenue camo-neige et décide finalement de ne prendre que la veste au cas où. Alors que je suis en route depuis 30 minutes, je reçois un SMS de Patrick qui m'annonce qu'il neige fort, je regrette de ne pas avoir pris ma tenue complète mais il est trop tard pour faire demi-tour. Je commence à voir les premiers flocons avant le rond-point de Lannemezan. Alors que je prends la déviation de Labarthe de Neste, la neige s'intensifie et à mi-chemin de la déviation je dois fortement ralentir car la route blanchie. Je croise un peu plus loin la saleuse. Il neige à très gros flocons au rond-point de Hèche.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Le reste de la route se fera au ralenti. En arrivant à Sarrancolin, je décide de me garer au bas du chemin de la Soule déjà couvert de quelques centimètres de poudreuse. Je fais demi-tour pour me mettre dans le sens du départ au cas où puis me prépare, enfile ma veste blanche et prends mon arc avant de partir à pied, alors qu'il fait encore nuit, sur la route sous l'averse de neige qui ne semble pas vouloir se calmer.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Au bout de la première ligne droite, je contourne une habitation par la droite pour rejoindre la prairie derrière cette dernière. La luminosité commence à croître et le blanc immaculé du paysage me permet déjà de voir à bonne distance. Je monte le talus derrière l'habitation pour voir au-dessus dans le pré, pas d'animaux. Je suis le talus pour arriver au bord du bois.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Je suis une grosse coulée et m'avance dans le bois. La pente sur ma gauche devient très raide jusqu'à une petite bande de pré et une grange, au bord du ruisseau qui coule bruyamment en contrebas. J'avance lentement en surveillant les alentour et en essayant de na pas glisser car la neige recouvre un sol complètement détrempé. Je remonte peu à peu vers une piste conduisant à une grange abandonnée, toujours pas d'animaux. Je reviens un peu vers le pré puis remonté le talus puis la pente douce au milieu des fougères couvertes de neige pour rejoindre un talus très raide de plusieurs mètres creusé par une coulée très marquée que j'emprunte pour remonter jusqu'à la piste du dessus. J'avance maintenant tranquillement sur cette piste en surveillant le paysage, à la recherche d'une tache fauve.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Un peu plus loin, je m'avance doucement, caché par le talus à ma droite pour tenter de surprendre un animal au milieu de la plantation de chênes américains qui remonte jusqu'à la route, un peu moins de 100 mètres plus haut. Rien et rien non plus sur la piste qui descend d'un petit pré au bord du virage de la route. Je suis la piste principale qui remonte chez Patrick, la neige s'arrête de tomber par moment mais le paysage et couvert d'environ 15 cm de poudreuse qui étouffe mes pas.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

J'avance tranquillement quand un léger bruit me fait tourner la tête à droite et me figer. Une grosse biche et son faon surgissent de sous un buis et se plantent à environ 10 mètres. Elle ne comprend pas ce que je suis et met un moment à se décider à s'éloigner en contournant le buis. Elle stoppe au-dessus de moi à environ 20 mètres en attendant son faon qui met un peu plus de temps à réagir mais fini par la suivre. Ils remontent presque sans bruit en biaisant vers la route dans mon dos, faisant tomber la neige des branchages sur leur passage. Je me remets en marche et tombe un peu plus loin sur des traces toutes fraîche qui suivent le chemin. Je suis cette piste en observant les alentours, la taille des trace me fait penser qu'il s'agit du cerf mais un peu plus loin la piste plonge dans la pente, sur la gauche, en dessous du chemin vers une zone de végétation dense. Je poursuis en direction de chez Patrick dont l'habitation commence à se dessiner au-dessus des arbres dans le brouillard qui enveloppe maintenant se paysage de coton.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Je passe sous la cabane où je dors en septembre pendant le brame et rejoins le chemin qui passe en haut du pré situé juste après l'habitation. C'est là que Patrick a vu le daguet couché hier matin. Rien en vue, je prends la piste qui remonte dans les bois, au-dessus du jardin pour rejoindre le dessous de chez le voisin de Patrick

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Rien en vue, je prends la piste qui remonte dans les bois, au-dessus du jardin pour rejoindre le dessous de chez le voisin de Patrick. J'avance doucement sur la piste quand je me fait surprendre par un grand cervidé qui broute, de 3/4 face, les bourgeons et les chatons des branches basses d'un noisetier, sur la droite, au sommet du talus qui surplombe le chemin à juste 3 mètres de moi. Je me fige. Je ne vois pas sa tête, il broute tranquillement et ne m'a pas vu. J'espère voir des bois quand, tout à coup, le cervidé devient inquiet, il arrête de brouter et dégage sa tête. Je vois alors 2 dagues sur sa tête mais il ne me laisse pas le temps de réagir et démarre pour disparaître dans les noisetiers. J'aurais dû armer mon arc mais je n'aurais pas eu le temps de décocher de toute façon. Je m'avance tout doucement, voûté derrière le talus en espérant l'apercevoir à nouveau. J'ai à peine fait 5 mètres que je l'aperçois, à ma grande surprise il s'est remis à manger les bourgeons à environ 12 mètres du talus. Les branchages me le masquent un peu et j'avance encore un peu pour me dégager une fenêtre de tir mais il s'avance un peu et je dois encore avancer. Il est bien dégager maintenant, entrain de brouter de cul à environ 10 mètres. J'arme mon arc et aligne ma visée, espérant le voir se tourner. Le temps passe et je comprends qu'il y a peu de chances qu'il se mette plein travers. Il se décale un peu et me présente un 3/4 arrière assez fermé. Je décide de prendre ma chance, je vise en avant du cuissot et décoche. J'entends l'impact sans voir mon atteinte et le daguet démarre en trombe pour descendre en biaisant vers le chemin sur lequel je suis. Je le perds vite de vue et ne vois pas s'il saute le chemin après le virage à environ 20 mètres, caché par les arbres.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Je le perds vite de vue et ne vois pas s'il saute le chemin après le virage à environ 20 mètres, caché par les arbres. Le silence s'installe, j'attends un peu puis décide d'aller voir l'endroit du tir. Je ne trouve pas de sang à l'endroit du tir mais la direction de fuite est bien visible. Les sabots ont soulevé les feuilles mortes sous la neige.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Je ne vois pas de sang, je suis la piste sur quelques mètres et trouve des micros gouttelettes de sang gelées dans la neige.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

A quelques mètres, une petite touffe de poil plein de sang est tombée dans la neige.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Je fais demi-tour et reviens à l'endroit du tir pour attendre un peu puis décide d'avancer un peu sur le chemin pour tenter de trouver l'endroit où le daguet a sauté. La traversée est à peine marquée mais la piste de feuilles retournées est bien visible sous le chemin.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

N'étant pas sûr de ma flèche, je décide de ne pas attaquer ma recherche tout de suite mais alors que je regarde dans la direction de fuite du daguet, il me semble voir une patte levée au pied d'un buisson. Je la fixe et me rends vite compte qu'il s'agit de mon daguet qui est tombé environ 30 mètres plus bas. J'encoche une flèche et m'avance doucement. Il est couché sur le flanc, plein travers et me présente le ventre.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Je m'approche doucement prêt à armer car je ne sais pas s'il est vraiment mort. Ma mauvaise expérience avec le faon m'a rendu prudent mais alors que je ne suis plus qu'à quelques mètres, je reste un moment immobile à l'observer. Il ne respire pas et reste immobile.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Je finis de m'approcher et le touche. Il est bien mort, je dégage la partie empennage de ma flèche restée en travers de l'animal. Le côté lame s'est cassé et est introuvable. Ma flèche rentre dans l'avant du cuissot et sort dans l'épaule opposée en traversant la panse, le foie et les poumons. Il me faut aller chercher Patrick qui a le bracelet avant de pouvoir le déplacer. Je retourne donc chez Patrick alors qu'il se remet à neiger fort. Une fois chez mon ami nous discutons un peu autour d'un chocolat chaud puis prenons la luge et de quoi pendre le daguet pour le peler et le vider. La neige a effacé les traces du daguet et heureusement que j'ai mémorisé l'endroit de sa mort. Je prends le bracelet et l'appose puis, sur les conseils de Patrick, tire ma prise vers le bas pour tomber sur une piste que je n'avais pas vu à 5 mètres en dessous. Je le traîne ensuite vers chez Patrick jusqu'à trouver un arbre pour le pendre. Je fais quelques photos souvenir avant de le vider.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Aidé par mon ami, je le pends puis le vide et le dépèce avant de le découper. 2 voyages avec la luge seront nécessaires pour le ramener chez Patrick. Alors que je remonte en discutant à voix haute, vers chez Patrick, en tirant le premier voyage de viande, j'aperçois, sous les pommiers à à peine 30 mètres du portail du gîte, 80 mètres devant nous, un animal dont la tête est masquée par les branches basses. Je pense d'abord à un chevreuil et l'annonce à Patrick mais nous nous rendons vite compte qu'il s'agit d'un daguet qui ressemble comme un jumeau au mien. Il nous regarde un peu après avoir dégagé sa tête puis pars dans la pente pour rejoindre le bois en bas du pré. C'est très certainement celui que Patrick a vu hier. Je finis de monter mon premier voyage de viande.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Je repars seul chercher le reste, les corbeaux sont déjà affairés sur la peau et les viscères et s'envolent à mon arrivée. Je récupère le reste de la carcasse et la tête puis retourne chez Patrick. Ma compagne viendra me rejoindre pour manger au restaurant de Patrick et nous finirons la journée par une belle balade en montagne, sous un soleil radieux et auront la chance de voir pas moins de 15 animaux

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018
Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

dont une biche couchée, en train de ruminer, que Mélina approchera à 18 mètres, sans éveiller son attention.

Un belle approche sous la neige, 12 février 2018

Alex

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3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 15:52

Il a neigé ces jours-ci sur les Pyrénées, ce matin, je pars pour Sarrancolin pour tenter de flécher mon C1 revêtu de ma tenue camo neige. Le chemin de la Soule est complètement verglacé et je décide donc de me garer en bas de ce dernier, au niveau des premières maisons. Il ne fait pas encore jour, le thermomètre de la voiture indique -8°C.

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

J'écoute la radio en attendant que la luminosité soit suffisante pour commencer ma chasse. La température est passée à -9°C. Aux premières lueurs, je quitte la voiture et prends le passage sur la droite des habitations pour remonter vers la combe où j'ai fléché mon faon l'autre jour. Je tombe vite sur les premières traces de cervidés dans la poudreuse. J'avance doucement en remontant vers le bois, la neige poudreuse est silencieuse. Je m'arrête régulièrement pour observer et écouter. Je suis maintenant entre les 2 penchants de bois et les pistes sont de plus en plus nombreuses : renard, chevreuils, grands cervidés, gros sanglier... Les traces de quelques grands cervidés semblent fraîches et remontent vers Tahouens. Je les suis tranquillement quand alors que je commence à biaiser pour remonter vers la bordure des buis, à ma droite, une impression bizarre me fait stopper net. Je tourne doucement la tête en arrière et aperçois une belle biche qui m'observe en bordure des buis. Elle finit par démarrer et c'est alors que la bichette et le faon se lèvent juste à côté d'elle, tout ce petit monde remontent dans les buis en faisant tomber la neige des branches basses.

Je continue à monter vers la crête pour la rejoindre au-dessus de la grange de Tahouens, en faisant quelques pauses observatoire. Arrivé au sommet, je profite un instant du lever de soleil qui colore l'horizon en rose sur un magnifique paysage enneigé.

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

Je reprends ma chasse en suivant la crête rocheuse toujours d'un pas lent étouffé par les 20 cm de poudreuse en m'arrêtant souvent pour écouter et observer. J'aperçois, tout à coup, à mes pieds, un moulage d'empreinte de chevreuil gelé, un chevreuil passé par là e frais avec une semelle de neige tassée et gelée sous son sabot, l'a laissée tombée là.

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017
Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

Un peu plus haut, je trouve de nombreuses traces de sangliers qui ont traversé la crête dans une zone dégagée. Les pistes sont espacées de plusieurs mètres. Je suis un moment la crête en  surveillant alternativement les 2 penchants.

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

Un peu plus loin, je biaise à gauche pour quitter la crête et m'enfoncer dans les buis. J'avance toujours doucement en faisant de nombreuses pauses pour écouter et observer. Alors que je regarde les traces au sol, du bruit me fait lever les yeux vers un buis qui s'agite encore en laissant tomber son manteau de neige, un gros animal vient de démarrer à quelques mètres de moi. Il a immédiatement disparu dans les buis et je ne sais pas s'il s'agit d'un gros sanglier solitaire ou d'un cerf. Je m'avance un peu et tombe sur une grosse couche de forme ovale d'environ 1,4 mètre de long, creusée dans la neige jusqu'à la terre et partiellement cachée par les branches basses des buis. L'animal est parti vers le bas, je tente de l'apercevoir en avançant dans les buis mais sans succès.

Je descends peu à peu vers la combe et la rejoins pour la traverser et atteindre le chemin forestier qui longe le penchant opposé pour remonte jusqu'en haut du chemin de la Soule. Ce chemin rejoint, je le longe tranquillement en surveillant les prés enneigés qui s'ouvrent sur ma droite et profite du la superbe vue sur la falaise qui domine la montagne.

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

Un peu plus haut, le sentier passe ente les dernières maisons du chemin de la Soule puis continue à monter. Je passe les habitations et poursuis ma route en surveillant au-dessus et en dessous quand je me fais surprendre par une biche, une bichette et un faon qui me regardent arriver au milieu d'un petit pré en dessus du chemin. Ils sont à environ 30 mètres de moi, 10 mètres sous le chemin. Je me fige mais ils démarrent et disparaissent rapidement. J'attends un instant au cas où je n'aurais pas vu d'autres animaux

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

quand je me fais surprendre par une biche, une bichette et un faon qui me regardent arriver au milieu d'un petit pré en dessus du chemin. Ils sont à environ 30 mètres de moi, 10 mètres sous le chemin. Je me fige mais ils démarrent et disparaissent rapidement. J'attends un instant au cas où je n'aurais pas vu d'autres animaux puis me remets en mouvement, je passe maintenant au-dessus d'un petit hameau de maison, 50 mètres en contrebas. Plus loin, j'aperçois un grand cervidé, sans pouvoir l'identifier, au fond du pré qui se trouve derrière le hameau. Il est arrêté à environ 300 mètres sur le chemin qui remonte vers les bâtiments et regarde vers moi. Je m'arrête et l'observe un instant, l'approche semble très compliquée, je décide de poursuivre ma route et il me regarde passer sans bouger. Plus haut, je retombe sur les 3 cervidés qui m'observent à environ 50 mètres dans le creux sous le chemin. Le temps d'attraper mon appareil photo, ils démarrent et rentre sous les arbres.

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

La biche bifurque à environ 80 mètres et remonte vers le chemin alors que les 2 jeunes n'ont pas suivi. Avant de sauter le sentier, elle se retourne pour observer derrière elle et se ravise avant de redescendre vers les 2 retardataires pour remonter ensuite un peu plus loin. Cette fois les 2 autres ont suivi et tout le monde saute le chemin puis escalade le talus assez raide du chemin pour remonter vers le sommet de la montagne. Ils s’arrêtent sur la crête et regardent vers moi à environ 150 mètres.

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

Avancent encore un peu puis stoppent à nouveau avant de disparaître un peu plus haut derrière la crête.

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

Je reprends mon ascension jusqu'à une crête rocheuse qui descend assez raide sur la gauche du chemin, c'est un bon passage de gibier et je décide de descendre en la suivant. La droite de la crête descend à pic le long d'une barre rocheuse de 15 à 20 mètres de haut au pied de laquelle passe souvent les animaux. La gauche est moins pentue, le relief remonte tranquillement vers la crête. J'avance tranquillement en regardant alternativement des 2 côtés quand un chevreuil surgit sur ma gauche. Il fonce vers moi au galop à environ 40 mètres mais biaise ensuite pour prendre la descente en direction d'une cassure dans la crête rocheuse à environ 30 mètres devant moi. Je le perds vite de vue derrière les rochers et m'attends à le voir réapparaître sur la coulée au pied de la barre rocheuse à ma droite mais rien. Il a dû descendre dans l'alignement de la crête. C'est étonnant que ce chevreuil soit remonter si vite vers moi, quelque chose a dû le déranger et je ne pense pas que ce soit moi, je continue un peu à descendre et stoppe un peu plus bas pour observer quand une silhouette rousse m’apparaît dans mon dos sur ma gauche. Un daguet remonte de la combe en direction de la crête. Je me tourne vers lui et me fige, je suis à découvert au milieu de quelques petits arbres et pense qu'il va me voir mais il continu à monter vers la crête d'un pas tranquille à environ 30 mètres puis biaise pour monter droit sur moi sans me voir, mon camo neige semble très efficace.

Je le laisse se rapprocher, à environ 15 mètres, il passe derrière un arbre et j'en profite pour armer rapidement mon arc et aligner ma visée dans sa direction. Il continue son chemin droit sur moi, je le suis dans mon viseur, j'hésite, la position n'est pas idéale, 10, 9, 8, 7 mètres. Je décide de prendre ma chance. Je cale mon viseur sur son poitrail et décoche alors qu'il avance toujours d'un pas lent, craignant qu'il ne finisse par me repérer et s'enfuir. Ma flèche le frappe dans l'épaule et rentre au 3/4. Il fait volte-face et repart d'où il vient avec ma flèche plantée pour disparaître à environ 40 mètres derrière une cassure de la pente devenant plus raide. Je reste immobile à l'écoute et observe l'endroit du tir.

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

De ma position, je ne vois pas de sang alors qu'il devrait être très visible sur la neige. Après une moment d'attente, je m'avance sur la piste du daguet très facile à suivre dans la neige et constate vite qu'il perd très peu de sang. Les microgouttelettes ont gelé en touchant le sol, se transformant en petites billes rouges qui ont roulé sur la neige.

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

Après une vingtaine de mètres la piste s'intensifie un peu mais sans la  neige elle serait difficile à suivre, le sang est brumisé en petites gouttelettes gelée sur la neige. 

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

Un peu plus loin, je trouve un amalgame de sang gelé avec quelques poils.

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

Un peu avant la cassure dans la pente où j'ai perdu le daguet de vue, une roche affleurante porte quelques gouttes plus grosses.

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

Je commence à descendre dans le creux de la combe en suivant la piste quand un bruit de bois casé me fait stopper. Je tente d'en apercevoir l'origine au travers des arbres, un bruit caractéristique se fait alors entendre, le daguet vient de casser ma flèche, je l'ai certainement relevé. J'attends un moment et observe le secteur sans rien voir.

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

Je décide de reprendre ma progression et continue à suivre la piste qui suit la courbe de niveau.

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

Un peu plus loin la piste biaise à droite vers un bouquet d'arbustes et des arbres morts tombés au sol.

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Juste avant le couvert, le daguet a perdu un caillot de sang.

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

Je traverse les arbustes et passe les arbres mort pour tomber sur une coche dans la neige. Une marque de sang a coloré la neige au niveau de l'entrée de la flèche. Le daguet s'était couché là à environ 50 mètres de l'endroit du tir et je l'ai relevé pendant ma recherche. C’est plutôt bon signe qu'il se soit couché aussi vite.

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

J'aperçois mon empennage dépassant de la neige quelques mètres plus loin.

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Je ramasse ma flèche, elle est cassée, le daguet a laissé tomber 1/3 de la longueur du tube environ, le reste doit encore être à l'intérieur de l'animal. Je la glisse dans ma guêtre pour la prendre avec moi vu qu'elle ne peut plus tenir dans le carquois.

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Je la glisse dans ma guêtre pour la prendre avec moi vu qu'elle ne peut plus tenir dans le carquois. Une impression bizarre me fait lever la tête et j'aperçois alors mon daguet entrain de vaciller, à environ 30 mètres, sur un petit replat rocheux dépassant du flanc d'un mur de roche et qui me domine d'une vingtaine de mètres. Je ne bouge plus et attends espérant le voir tomber mais après quelques secondes, il avance un peu en chancelant et disparaît derrière le replat rocheux. Je m'attends à l'entendre ou le voir basculer dans le vide mais rien. Le temps passe et le calme s'installe. Je décide de remonter la pente assez raide pour rejoindre le replat rocheux. En arrivant près de la falaise, je dois emprunter un petit passage très étroit pour remonter sur le replat juste avant lequel j'arrive sur une autre couche avec, comme dans la première, une belle trace de sang.

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En montant sur le petit replat, j'aperçois mon daguet couché plein travers dans un petit creux du replat suivant. La moitié avant est cachée par la végétation enneigée. Sa zone vitale n'est pas visible et je décide de rester sans bouger en espérant qu'il donne vite son dernier souffle, une flèche encochée et mon décocheur accroché au cas où.

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

Le temps passe, sa respiration est très difficile et saccadée, il redresse un peu la tête par moment laissant apparaître ses bois et ses oreilles au-dessus de la végétation. Ma position est très inconfortable car mon pied droit est en appui sur une pente à 45 % précédant, 1 mètre plus à droite, d'un précipice de près de 20 mètres. Si je glisse, je finis en bas sur les rochers, je décide de reculer de quelques pas pour arriver au niveau d'un arbre qui pousse au bord du vide et me sécurisera un peu. La neige tassée par mes pas précédents crisse sous mes semelles et le daguet inquiet commence à agiter les oreilles puis tend son cou et m'aperçois par-dessus la végétation avant de se redresser. J'arme mon arc alors qu'il s'est tourné face au précipice et chancelle. J'aligne vite ma visée et décoche au moment où il saute dans le vide. J'entends sans voir mon atteinte. Je n'ai pas entendu l'animal tomber au pied de la falaise mais pensant qu'il est arrivé en bas et ne pouvant pas m'approcher trop du bord du replat à cause de mon vertige, je fais demi-tour pour revenir sur mes pas et chercher un chemin pour aller au pied de la falaise. Alors que j'arrive à l'endroit où devrait se trouver le daguet, aucune trace de lui, je lève alors les yeux et l'aperçois. Il est resté accroché à un arbre environ 15 mètres plus haut. Ses pattes avant pendent d'un côté de l'arbre et ses pattes arrière de l'autre au-dessus du vide.

Je n'ai pas le choix, il me faut monter le décrocher. Je remonte vers le replat pour tenter de l'atteindre mais descendre par-là est trop périlleux.

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

Je pose mon arc peu après le replat et redescends puis commence à grimper le long de la paroi rocheuse en m'agrippant aux arbustes, arbres et autres rochers pour le rejoindre et parviens à passer au-dessus de lui. Je m'agrippe à un arbuste et pousse le daguet avec mes pieds pour le faire passer du côté droit de l'arbre et le faire tomber au pied de la falaise où il roule sur quelques mètres avant de se caler dans la neige. Alors que je cherche comment redescendre, j'aperçois ma seconde flèche posée au sol sur un petit replat, un peu plus haut contre la paroi rocheuse et remarque un petit passage pour l'atteindre. Je remonte donc la chercher.

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

Je remarque alors un passage pour monter sur le replat et pars chercher mon arc pour remettre ma flèche au carquois avant de descendre voir mon daguet et lui apposer le bracelet. Ma seconde flèche lui a traversé le cou coupant une carotide. Je me pose un peu pour décompresser cette escalade éprouvante et prendre quelques photos avant de commencer à descendre ma prise.

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

Il me faut le tirer sur environ 300 mètres dans la combe pour arriver au bout du pré en dessous des maisons. La pente est raide et je me fais parfois pousser par mon daguet qui prend de la vitesse avant de se coincer dans un amas de branches, de roches ou contre un arbre. En sortant sur le pré enneigé, je fais démarrer, à quelques mètres de moi une biche et son faon qui surgissent d'un bouquet de buis passent dans mon dos en plein découvert pour rejoindre le couvert un peu plus loin. Je finis par rejoindre un chemin qui remonte vers les habitations et appelle Patrick pour qu'il vienne me chercher au hameau. Le temps qu'il arrive, je traîne mon daguet sur plus de 200 mètres en remontant vers les maisons. Je fais quelques pauses pour reprendre mon souffle et admirer la falaise enneigée qui me domine au sommet de la montagne.

Une belle matinée d'approche dans la neige, 3 décembre 2017

Je suis presque arrivé aux maisons quand le renfort arrive, nous chargeons mon daguet et partons chez Patrick pour faire quelques photos avant de s'occuper du dépeçage et de la découpe. Je retrouverai le reste de ma flèche planté dans la panse, elle est passée en arrière des poumons, déviée légèrement par l'os de la patte et les cotes. Mon daguet aura fait presque 100 mètres.

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Alex

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6 novembre 2017 1 06 /11 /novembre /2017 11:25

Ce matin, il pleut, je pars pour Sarrancolin où j'espère flécher mon cerf, Patrick m'a demandé de fléché son faon si j'en ai l'occasion. Je prends le chemin de la Soule et me gare au départ du chemin qui dessert le hameau de maison au-dessus de chez Patrick  puis me prépare tranquillement avant de partir en chasse à la pointe du jour. J'avance doucement sur le chemin en surveillant les deux côtés de ce dernier sans voir d'animaux puis arrive au hameau. J'hésite à passer en dessous des maisons par un chemin enherbée mais je serais trop à découvert, je prends donc entre les maisons mais une lumière s'allume au-dessus de moi, je poursuis mon chemin mais du bruit me fait me retourner. Les voisins de Patrick m'observent du haut de leur terrasse, je les salue d'un geste de la main, mais, ne m'ayant pas reconnu dans la légère pénombre, ils m'interpellent pour me demander ce que je fais là. Je leur réponds que je chasse à l'arc et ils s'excusent de m'avoir interpellé mais le mal est fait, les animaux qui ne devaient être qu'à moins de 100 mètres ont dû nous entendre. Je leur souhaite une bonne journée avant de reprendre mon chemin. Juste après les maisons, je quitte le chemin principal et bifurque à gauche pour remonter par une grosse coulée au milieu des buis qui passe au-dessus des prés et va me permettre d'avancer à couvert jusqu'à une belle combe. J'avance doucement en faisant des pauses pour observer et écouter mais pas le moindre animal en vue. La combe atteinte je la traverse pour remonter doucement vers une crête rocheuse qui remonte assez raide vers un chemin de randonnée environ 300 mètres plus haut. Je commence mon ascension en surveillant alternativement les 2 côtés de la crête, toujours rien. Arrivé au chemin, je décide de le descendre. J'avance doucement quand j'aperçois une chevrette au gagnage dans un pré au-dessus du chemin sur ma gauche. Je décide de tenter l'approche, la pluie et le vent couvrent ma progression, je me colle contre le talus très raire, de plusieurs mètres de haut, qui borde le chemin et le longe pour arriver en dessous de la chevrette sans difficulté. Elle broute tranquillement, je commence à remonter le talus très raide et arrive à me caler contre un gros frêne, à environ 15 mètres de la chevrette, un peu en dessous de la cassure du terrain. Je surveille la chevrette quand, brusquement, un brocard, que je n'avais pas vu, surgit d'un peu plus haut et détale pour s'arrêter à environ 45 mètres pour regarder vers moi. Sa fuite fait démarrer la chevrette qui le rejoint puis il se débine dans le bois et je les perds de vue.

Je reprends ma descente sur le chemin, un peu plus loin, j'ai juste le temps d'apercevoir le cul d'un chevreuil qui disparaît en rentrant dans le buis alors que je passe un virage du sentier. Encore un peu plus loin, je stoppe net en apercevant du mouvement au-dessus du chemin. Je me serre contre le talus abrupt de près de 2 mètres qui longe la gauche du sentier et observe. 2 chevrettes s'avancent dans les noisetiers à environ 15 à 17 mètres au-dessus de moi. Patrick a également un bracelet de chevreuil et il a besoin d'un animal pour ce weekend ou le prochain, j'hésite un peu. Les chevrettes avancent doucement en glanant quelques bouchées au sol. Les conditions de tir sont difficiles, la pente est très prononcée. L'un d'elle relève brusquement la tête et regarde un instant vers moi puis se remet à manger. Les deux chevrettes se chamaillent un peu et rentrent dans les noisetiers plus à ma droite avant de faire demi-tour. La première passer un peu vite et s'arrête partiellement masquée par des noisetiers, la seconde s'avance tranquillement en mangeant, j'arme doucement mon arc, elle s'arrête de 3/4 arrière à environ 12 mètres. J'aligne ma visée et décoche mais ma flèche tape l'arrête du talus et ma flèche se plante entre les cailloux. Les chevrette démarrent sur quelques mètres, regarde vers moi un instant puis se débinent et disparaissent dans le bois. Je monte récupérer ma flèche, elle est morte, l'adaptateur de fixation de ma lame a reculé sous l'impact et a ouvert ma flèche comme une banane sur 5 à 10 cm. Je la remets aux carquois et reprends ma descente. Je rejoins les habitations du bout du chemin de la Soule sans voir d'autres animaux, il pleut toujours et je suis trempé, je décide de rejoindre le sentier pierreux qui part vers le col au-dessus de la ferme de Panets. Je descends par un chemin enfoncé entre les prés à ma gauche, souvent cachés par une haie de buis et de frênes et ceux à ma droite qui laissent vite place à un bois remontant vers la crête.

Je rejoins plus bat le passage au ras de la ruine qui me permet de remonter vers le sentier pierreux un peu plus haut à ma gauche. Une fois ce dernier rejoint, je le suis doucement jusqu'à une crête rocheuse qui descend du pas des cerfs vers le bas de la Soule et bifurque pour la suivre tranquillement au milieu des buis et des chênes entrecoupés de petites clairières herbeuses. Je descends doucement en faisant de nombreuses pauses observatoires mais rien ne bouge, il est plus de 9 heures et les animaux doivent être presque tous couchés. Je passe au-dessus de la grange de Tahouens et rejoins la vielle palombière dont ne subsistent que quelques taules rouillées attachées à la crête rocheuse. Je décide de redescendre vers le massif de buis en contrebas en suivant une grosse coulée très fréquentée. J'avance tout doucement en m'arrêtant souvent pour observer mais le secteur semble bien calme. Je traverse doucement les buis et arrive à moins de 10 mètres de la lisère qui borde le fond de la combe dégagée avant le penchant boisé qui remonte en face. Je stoppe et observe devant moi quand mes yeux se posent sur un faon, plein travers, orienté dans le sens de la montée, en train de se gratter derrière l'oreille avec sa patte arrière droite. Je ne vois pas d'autre animaux à proximité de lui, j'arme doucement mon arc et aligne ma visée sur l'animal. Sa position peu académique me fait hésiter un peu et le faon en profite pour redémarrer. Il fait quelques pas et stoppe à nouveau plein travers. Seul le bas de son corps est visible à cause des branchages, j'aligne ma visée en me baissant un peu et décoche. Ma flèche le traverse trop en arrière et se fiche au sol, il démarre mais c'est une très grosse biche que je vois partir sur ma droite et un affreux doute m'envahit mais un mouvement furtif me fait tourner la tête à gauche. Quelque chose est partie en sens inverse et a disparu aussitôt derrière les branchages. La pluie commence à s'intensifier et je décide de ne pas attendre avant d'aller inspecter ma flèche. Elle ne porte aucune trace de sang et a déjà été lavée par la pluie, pas de sang non plus au sol, ça commence mal. Je pars dans la direction de fuite estimée du faon vers la gauche sans rien trouver sur 30 mètres malgré des zigzags pour couvrir une bande assez large. Je pars ensuite dans la direction de fuite de la biche au cas où et c'est alors que j'aperçois mon faon. Il est tétanisé, les pattes écartées à environ 40 mètres dans la pente au-dessus de moi. Mon entrée de flèche trop en arrière laisse apparaître un pli d'intestin bouchant la plaie. Je me fige et l'observe, il regarde vers moi. Les secondes passent mais il ne semble pas vouloir tomber, je décide de tenter une approche. Je me décale un peu, très lentement pour aligner quelques gros arbres entre lui et moi pour tenter d'approcher le plus à couvert possible puis je remonte tout doucement vers ces derniers dans la pente assez raide. Je gagne peu à peu du terrain et alors que j'arrive au dernier gros arbre avant les 20 mètres de découvert qui me séparent encore de mon faon, il tente de repartir, vacille, trébuche, se rattrape, vacille encore puis se couche. Cette position peu stable dans la pente le fait rouler sur le dos puis glisser dans cette position jusqu'à venir se caler dans des branchages contre un gros arbre. Sa tête se pose lentement au sol et il s'immobilise ainsi, les 4 pattes en l'air, les pattes avant repliées sur son poitrail.

Je reste un moment sans bouger mais ne le voyant plus bouger et le pensant mort, je remonte tranquillement vers lui. Arrivé à 3 mètres de lui, il n'a toujours pas bougé et semble effectivement mort mais une petite voix me dit de lui décocher une seconde flèche. J'hésite un instant puis me dit que de toute façon c'est fini pour lui. Je pose mon arc et attrape ses pattes arrières mais c'est alors que l'impensable se produit. Il commence à se débattre et se remet debout sur ses pattes avant alors que je tiens toujours ses pattes arrière. Il me secoue en tous sens en criant et je me cramponne mais il commence à prendre la pente et me traîne sur le sol mouillé et glissant sur environ 30 mètres. En arrivant sur le replat au fond de la combe, je reprends un peu d'adhérence et parviens à le retenir alors qu'il rue pour m'éjecter toujours en criant. Je tiens bon et le tire plusieurs fois violemment en arrière pour tenter de le faire tomber et parviens après plusieurs tentative à le coucher sur le ventre. Je m'appuie alors sur son dos et tente de le maintenir au sol. J'ai oublié mon couteau et n'ai d'autre choix que d'attraper une grosse branche pour tenter de l'assommer mais je me manque et il m'échappe. Il se redresse et fonce en suivant la combe pour s'arrêter 50 mètres plus loin, en bordure des buis. Je remonte vite chercher mon arc et redescends encore plus vite pour rejoindre la bordure des buis et la longer en direction du faon pour tenter de le reflécher. J'encoche une flèche, approche rapidement sur 30 mètres puis finis mon approche doucement alors qu'il avance très doucement. Il stoppe alors que je suis à 15 mètres et regarde vers moi. Je tente d'armer doucement mais il démarre et fonce dans les buis où je le perds de vue. Je fonce dans le buis pour remonter vers la crête sur environ 50 mètres avant de prendre la courbe de niveau rapidement pour tenter de le dépasser et de le recouper plus loin. 100 mètres après l'endroit où il est rentré je reviens en arrière en le cherchant dans les buis sans le trouver quand je l'aperçois dans une trouée. Il est ressorti à couvert et s'est couché au milieu de la combe à 40 mètres en contrebas de ma position. Je décide de tenter de m'approcher mais à peine j'ai fait 2 mètres qu'il se lève et fonce vers le penchant boisé opposé. Je fonce dans la pente et ressors dans la combe. Le faon remonte tranquillement et passe derrière une grosse butte terreuse à mi-pente, en bordure gauche du bois. Je le perds un instant de vue et en profite pour traverser la combe au pas de course puis commence à remonter sur ses trace. En arrivant au sommet de la bute, je l'aperçois, il est arrêté à environ 60 mètres de cul, après un gros roncier et regarde vers moi.

Je me décale doucement pour être caché par le roncier et tente une approche mais alors que je passe le roncier, je me rends compte qu'il a disparu, il a dû basculer de l'autre côté de la bosse du pré et se dirige certainement vers les maisons en contrebas. Je remonte vite sur ma droite vers la route de la Soule toute proche alors que le soleil refait son apparition et presse le pas pour descendre en la suivant quand j'aperçois le faon couché dans une langue de pré prise dans un lacet de la route. Je me décale sur la droite de la voirie pour tenter de me cacher un peu et tente une approche mais il se relève et fonce droit devant lui sur le pré en parallèle de la route. Je cours pour tenter de le recouper, le perdant un moment de vue derrière un bourrelet de ronces qui borde la route mais après environ 50 mètres de course, je biaise vers la gauche de la route en arrivant au niveau d'en bouquet d'arbres et aperçois le faon qui vient sur moi à 3 mètres. Il m'aperçois au même moment et bifurque pour redescendre dans les arbres pour ressortir dans le pré un peu plus bas et poursuivre sa course vers la pointe du pré délimitée un peu plus loin par le virage. Il ralentit et je tente une nouvelle approche en serrant à droite d'un pas rapide.  Il stoppe un peu plus loin, j'arme mon arc et m'approche doucement mais alors que je suis à environ 10 mètres et que je le vois assez pour décocher, Il fait demi-tour. J'aligne vite ma visée en 3/4 arrière alors qu'il biaise vers la route en contrebas et décoche. Ma flèche le traverse et le sang jaillit, il accélère et bifurque légèrement à droite pour descendre droit dans le grillage qui borde la droite de la route. Il bute contre ce dernier et se couche. Je passe sous le fil de clôture qui borde la route et descends à travers pré pour le rejoindre tout en restant suffisamment à distance pour ne pas le faire repartir. Il finit de mourir alors que j'arrive à la route.

Un cauchemard qui se termine bien, 5 novembre 2017

J'appelle Patrick pour qu'il vienne me chercher et m'apporter le bracelet avant de tenter de retrouver ma flèche sans succès. La piste de sang qu'l a laissé après mon second tir est impressionnante, une partie des intestin est tombée dans l'herbe 15 mètres avant la route. Je pars examiner mon animal. Ma seconde flèche rentre en arrières des côtes et sort dans l'épaule opposée. Patrick arrive au bout d'un petit moment, nous apposons le bracelet et chargeons le faon avant d'aller chercher ma voiture où je me change car je suis trempé puis nous allons nous occuper du faon avant que je rentre dans le Gers. J'ai fait une très grosse erreur en ne doublant pas mon faon alors qu'il était à terre et j'ai bien failli le perdre.

Un cauchemard qui se termine bien, 5 novembre 2017

Alex

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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 06:24

Ce matin, je pars de chez Patrick et descends le chemin de la Soule en voiture quand, dans une ligne droite, j'aperçois un petit sanglier qui fouille le talus de son groin, tête vers la route. Je stoppe la voiture et l'observe un instant, il ne semble pas effrayé. J'attrape ma housse d'arc dans mon dos et en sorts mon arc puis descends de la voiture et commence une approche très lente en serrant le talus tout en encochant ma flèche. Le petit sanglier finit par faire volte-face et remonter doucement le talus pour rentrer dans la bande boisée qui sépare 2 prés et arrive jusqu'à la route. Je me fige et observe à environ 10 mètres. Il fait encore un peu sombre et je ne vois pas tout de suite mon sanglier sous les noisetiers. Je m'avance doucement d'encore de 2 pas et attends un instant quand j'aperçois d'autres sangliers, ils sont 3 ou 4 et fouillent le sol couvert de feuilles mortes sous les noisetiers. Le plus proche est de face à environ 8 mètres. J'arme doucement mon arc, prends ma visée sur lui et attends qu'il se tourne plein travers. Le petit sanglier fouille le sol et se décale doucement pour se présenter progressivement plein travers. Mon pin's se cale sur son défaut d'épaule et je décoche. Ma flèche le traverse pile ou je visais et le sanglier démarre pour partir en longeant la bande boisée alors que ses frères et sœurs s'enfoncent rapidement dans la bande boisée. J'attends un peu puis monte voir ma flèche plantée dans le tronc d'un noisetier. Impossible de la dégager rapidement, je reviendrais plus tard avec un gros couteau. Elle est couverte de sang et une belle piste au sang, facile à suivre se dessine dès l'endroit du tir. Je la suis assez facilement et retrouve mon sanglier à environ 30 mètres, couché sur le flanc dans le pré. Je le ramasse et reviens à ma voiture pour le charger avant de poursuivre ma route. Il faut que je presse l'allure, je me suis mis en retard.

Je reprends ma voiture et finis de descendre le chemin de la Soule puis traverse Sarrancolin avant de prendre à gauche sur le chemin de Panets où je me gare dans le dernier virage avant la ferme. J'attrape mon arc puis remonte rapidement vers la ferme avant d'attaquer l'ascension vers le col. Les animaux ne semblent pas de sortie ce matin et je n'entends qu'un brame timide sur le flanc de montagne opposé durant la montée. Pas d'animaux sur le replat en haut du chemin. Je poursuis vers la col en passant sur la gauche de la régénération de hêtres. Toujours rien. Arrivé au col après le tunnel de noisetiers et de houx. Quelques brames timides résonnent sur le penchant de droite qui appartient à la société de chasse voisine mais toujours pas d'animaux en vue. Je traverse la pelouse et rejoins la piste de gravier que je suis un instant jusqu'à rattraper la piste taillée dans la roche qui rejoint l'enclos de régénération sur ma gauche. Je bifurque et la prends en progressant doucement tout en regardant par moment dans la pente à ma gauche. Arrivé à l'abreuvoir avant l'enclos, je me désaltère puis continue sur le chemin pour traverser l'enclos et continuer un peu après sur le chemin. Toujours rien, je fais demi-tour quand un brame retentit dans les buis à environ 70 mètres au-dessus du chemin. Tenter l'approche sur les feuilles mortes en montant droit dessus n'est pas envisageable. Je continue donc à avancer tranquillement sur le chemin.

Un peu plus loin je décide de prendre le chemin qui biaise pour remonter au-dessus du grillage de l'enclos. Je longe un instant le grillage jusqu'à un passage dans ce dernier et décide de continuer sur un chemin enherbé qui coupe la pointe haute de l'enclos. Je commence à m'avancer sur ce chemin quand j'aperçois en contrebas, contre le bosquet de noisetiers qui borde le fond de l'enclos et redescend vers l'abreuvoir, une biche, une bichette et un faon qui sont habitués du secteur. Ce n'est pas la première fois que je les vois ici. Je me fige, partiellement caché derrière la bosse du chemin mais la biche a vu le mouvement et regarde vers moi. J'observe immobile, cherchant du regard un éventuel cerf dans les parages. Les secondes passent sans que personne ne bouge quand un brame retentit dans mon dos à environ 30 mètres. Je me retourne rapidement et me fige en apercevant un superbe 8 cors qui descend vers le passage par lequel je suis rentré dans l'enclos. J'accroche mon décocheur et pivote doucement pour me placer en position de tir. Le cerf qui descendait d'un bon pas se fige à moins de 20 mètres et regarde vers moi. Il a vu mon mouvement, il est de 3/4 face et derrière le grillage, tenter un tir ne serait vraiment par raisonnable. Je reste figé en espérant qu'il va descendre, il s'avance alors curieux de quelques pas puis se fige à nouveau avant de faire volte-face de fuir au grand galop pour remonter vers les buis et disparaître. J'ai manqué de chance, notre rencontre ne s'est pas faite au bon endroit et au bon moment mais je sais qu'il est dans les parages.

Je me retourne vers la biche qui est toujours au même endroit mais commence à couler vers les noisetiers. Je reprends ma progression sur le chemin en regardant vers le bas quand une chevrette surgit, comme par magie, au milieu du chemin à environ 80 mètres devant moi. Je me fige. Un beau brocard surgit à son tour des genêts, dans le talus au-dessus du chemin et rejoint le chevrette au milieu du chemin. Ils m'observent un peu avant de démarrer en aboyant pour foncer vers les noisetiers. Je reprends ma progression, ce raffut a fait redémarrer la biche, la bichette et le faon qui remontent vers le chemin en longeant le fond de l'enclos. Je progresse lentement et péniblement au travers des ronces qui barrent le chemin et observe les 3 animaux qui sautent le chemin et disparaissent dans le bosquet au-dessus de ce dernier. Je rejoins tranquillement le grillage partiellement écrasé et le franchis pour rejoindre un chemin de terre. Les cervidés ne sont plus là. Je suis le chemin de de terre jusqu'à rejoindre une combe qui redescend vers la piste de gravier qui remonte du col en lacets. Pas d'animaux dans le secteur ce matin, je descends donc dans la combe et passe à côté de belles souilles bien fréquentées avant de rejoindre la piste et de redescendre tranquillement vers le col. Ne voyant pas de cervidés, je décide de passer le col pour revenir vers le chemin par lequel je suis monté. Alors que je me dirige vers le tunnel de noisetiers, j'aperçois sur ma gauche un chevreuil qui m'observe à environ 80 mètres, en lisière du bois. Je ne suis pas là pour lui et poursuis ma route, le faisant démarrer et rentrer au bois.

Arrivé sur le replat avant le chemin qui redescend vers la ferme sans avoir vu d'animaux, je décide de remonter vers la crête par le bois à ma gauche. Je traverse donc la bande de fougères et de genets sur la gauche du chemin enherbé qui remonte vers la crête et rejoins le bois puis commence à avancer doucement par les coulées fréquentées en faisant de nombreuses pauses observatoires. Le sol couvert de feuilles mortes de hêtre et de petits cailloux est assez bruyant et je biaise pour descendre vers les résineux pour avancer plus silencieusement sur un sol plus dégagé. Je progresse tranquillement jusqu'à une cassure du terrain qui précède une forte pente puis remonte doucement vers la lisière du bois occupée par des houx. En me frayant tranquillement un chemin dans les branchages, je stoppe net quand j'aperçois du mouvement sur ma droite. Une chevrette glane quelques bouchées au sol à environ 12 mètres de moi. Je l'observe sans bouger, elle s'avance de quelques pas dans un petit découvert et se présente plein travers. Elle s'avance à nouveau de quelques pas et s'arrête dans les branchages plus à droite quand une seconde chevrette s'avance pour la suivre. Je les laisse s'éloigner un peu avant de sortir du bois. Il commence à être tard et je décide de rentrer chez Patrick pour m'occuper du sanglier. Je redescends à travers un penchant de noisetiers et de boulots qui domine ma voiture. Pas d'animaux en vue malgré la forte fréquentation des lieux. Ma voiture rejointe, je repars. Arrivé chez Patrick, je fais quelques photos souvenir avant de préparer ma prise.

Un lundi à Sarrancolin, 18 septembre 2017

Vers 14 heures, nous partons avec Xavier pour rejoindre le bout du chemin de la Soule où je me gare. Xavier va prendre à droite pour rejoindre le sentier qui le conduira au col au-dessus de la ferme de Panets pour aller poser son tree-stand au-dessus d'une souille que je lui ai indiqué. Je prends à gauche sur le sentier de randonnée. Je passe entre 2 habitations puis commence à remonter tranquillement. Un peu plus loin, je stoppe net en apercevant un faon sur la gauche du sentier à environ 40 mètres devant moi. Il me regarde sans bouger, je ne vois pas sa mère et tente de m'approcher un peu, tout doucement en serrant la gauche du sentier. Au bout de quelques mètres je me fais surprendre par le démarrage de 2 ou 3 chevreuils dans le pré en dessus du chemin. Je les aperçois au travers des branchages qui disparaissent dans la pente à moins de 20 mètres sur ma gauche. Je gagne encore quelque mètres, je ne suis plus qu'à 30 mètres environ quand la biche remonte sur le chemin, je me fige, le faon inquiet la rejoint puis il traverse le chemin pour remonter en montagne et disparaître rapidement dans la forêt. Je poursuis un moment sur le chemin avant de le quitter pour prendre à droite et remonter à travers un grand pré vers la falaise qui délimite le haut de la montagne. J'aperçois à plus de 100 mètres une chevrette qui part tranquillement sur ma droite en broutant. Je monte par tranche de quelques mètres et fait des pauses pour observer les alentours. Je finis par rejoindre la falaise et commence à la longer, les averses se succèdes et je suis vite trempé. Je rejoins le pas du cerf qui marque la fin de la falaise et un gros passage de gibier plusieurs centaines de mètres plus loin. Ce passage leur permet de passer d'un flanc de montagne à l'autre.

Je décide de descendre doucement en suivant plus ou moins la crête en jetant régulièrement un coup d'œil côté gauche sur le versant nord. Une bande de buis épaisse se dessine sur la crête et une autre un peu plus bas sur ma droite. Ces bandes délimitent un couloir de plusieurs dizaines de mètres de large, composée de chênes épars sur une zone enherbée. Je descends doucement d'un arbre à l'autre quand j'aperçois le cul d'un grand cervidé dépassant d'un petit bouquet de buis. Je me cache vite derrière un arbre et observe sans vraiment l'identifié. Je décide de tenter l'approche et me rapproche d'arbre en arbre pour me positionner à une vingtaine de mètres de l'animal qui vient de sortit à découvert pour brouter. C'est une belle biche, une bichette est plus en retrait sur la droite près de la bande de buis à environ 30 mètres. Je la laisse avancer prêt à armer mais un souffle de vent tournant me fait repérer, elle lève la tête sans me voir et démarre en repartant vers la bichette. J'arme mon arc, elle stoppe à un peu plus de 20 mètres, j'hésite un peu mais aligne ma visée et décide de décocher. Ma flèche l'atteint assez bas au niveau de l'épaule avec un impact cassant et retombe dans la végétation derrière. La biche fait volte-face et fonce sur ma gauche vers la crête, en biaisant vers le bas de la montagne, suivie par la bichette. Je la suis un moment du regard quand, environ 50 mètres plus loin, elle trébuche et fait un incroyable soleil, retombant très lourdement au sol où je la perds de vue derrière un arbre alors que la bichette poursuit sa course folle. J'attends un peu mais la pluie recommence à tomber de plus belle et craignant que la piste ne s'efface, je décide de commencer ma recherche. Je pars vers la zone du tir où je retrouve ma flèche ensanglantée. L'adaptateur en aluminium qui me permet de visser mes lames est tordu.

Un lundi à Sarrancolin, 18 septembre 2017

Je ramasse ma flèche et commence à suivre le sang car je n'ai pas vu, de loin, ma biche à l'endroit où je l'ai vu tomber. Le sang n'est pas très abondant et commence à se lessiver, j'essaie d'avancer au plus vite. Je passe l'endroit où la biche a chuté mais la piste continue et s'intensifie un peu par moment pour rentrer dans les buis un peu plus loin. La piste devient plus tortueuse et tourne régulièrement. Je regarde bien devant moi, une flèche encochée au cas où elle ne serait pas morte. Tout à coup, juste au niveau de la crête, à 7 ou 8 mètres devant moi, j'aperçois l'arrière d'un grand cervidé dépassant derrière un bouquet d'arbres. Je me fige, il semble vaciller et je pense qu'il s'agit de ma biche en train de mourir. J'observe sans bouger, il me semble entendre du bruit derrière la crête quand, brusquement, la tête de l'animal surgit de l'autre côté des arbres et regarde vers moi. C'est en fait un très gros 4 pointes muni de 2 grandes dagues d'environ 60 cm avec 2 petits andouillets de massacre. Nous sommes aussi surpris l'un que l'autre et avant que je n'ai le temps d'armer, il fait demi-tour et bascule dans la pente à grand bruit, faisant rouler les pierres. Je ne m'explique pas pourquoi je n'ai pas armé mon arc avant, je viens de manquer une occasion en or de flécher mon C1. Je reprends ma recherche en suivant le sang jusqu'à la crête et aperçois ma biche morte en contrebas. C'est certainement elle que j'entendais ce débattre ou peut être la bichette. Le cerf était en train de la regarder avant qu'il ne me repère.

Un lundi à Sarrancolin, 18 septembre 2017

Elle est tombée au bas d'une barre rocheuse de quelques mètres de haut et je ne pourrai pas la remonter, il va me falloir la descendre par l'autre côté de la montagne. Je cherche un passage pour descendre et la rejoindre. Une grosse plaie est ouverte sur son épaule gauche et je pense qu'il s'agit de ma sortie de flèche mais en regardant de plus près, je trouve mon entrée et ma sortie de flèche un peu plus en arrière. Mon atteinte est très basse et ma flèche est passée dans le bas des poumons au ras du cœur. L'autre plaie est en fait le résultat de sa chute pendant sa fuite. La chair est ouverte jusqu'à l'os, la tête de l'humérus est cassée, très certainement par une pierre qui a réalisé cette blessure lors de son soleil.

Un lundi à Sarrancolin, 18 septembre 2017

En l'observant plus en détail je remarque que le tour des yeux est blanc, c'est une dépigmentation anormale du pelage mais elle est presque symétrique et très localisée.

Un lundi à Sarrancolin, 18 septembre 2017

J'appelle Patrick qui a le bracelet avec lui, je n'avais pris que le bracelet pour le cerf, il monte avec sa moto trial par le sentier qu'a pris Xavier pour monter. Ce sentier passe très en dessous de moi. Patrick me cache le bracelet sous quelques pierres du sentier et m'indique l'emplacement par téléphone, il ne me reste plus qu'à aller le chercher avant de remonter chercher ma biche. Le bracelet apposé, je commence à la descendre. Le temps s'améliore et le soleil fait son apparition. Je retrouve Xavier plus bas dans un grand pré, il prend mon arc et nous descendons par le chemin qui débouche au centre du village de Sarrancolin.

Un lundi à Sarrancolin, 18 septembre 2017

Je tire la biche derrière moi et croise plusieurs salamandres que la pluie a fait sortir puis, plus bas, 2 grosses laies avec 4 marcassins qui me regardent arriver sur le chemin sans bouger un instant puis finissent par fuir en remontant sur la gauche du chemin alors que j'avance vers eux en tirant ma biche. Nous arrivons à la nuit au village où Patrick vient nous chercher, je traîne ma biche depuis 17h30 et trempé, le froid me prend vite, il est temps de rentrer. Patrick me remonte à ma voiture. Nous nous retrouvons ensuite chez Patrick, j'ai encore du boulot pour préparer ma biche.

 

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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