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26 octobre 2023 4 26 /10 /octobre /2023 19:39

Lors de mon séjour au dindon, en voyant la quantité impressionnante de cerfs de Virginie présente sur le territoire, l'envie de tenter cette chasse m'a traversé l'esprit. J'en ai donc discuté avec mon ami Mathieu Pouliot qui m'a dit que Michel avec qui j'ai chassé les marmottes pourrait m'organiser un séjour. En discutant avec ce dernier, nous nous étions mis d'accord sur un échange. Il devait venir chasser avec son ami Pierre-Luc en France et je devais aller chasser avec Lionel sur leur territoire de chasse au cerf de Virginie et ils nous faisaient un prix pour que Christophe nous accompagne. Les dates calées nous avions pris nos billets d'avion pour un séjour du 12 au 19 octobre mais moins d'un mois avant notre départ, plus aucune nouvelle de Michel. Impossible de le joindre et j'apprends par Mathieu qu'il s'est fâché avec son ami et qu'il ne guide plus au cerf de Virginie. Le stress monte mais mon ami, alors qu'il est en pleine saison d'orignal, m'assure qu'il va trouver un plan de secours et organiser rapidement notre séjour avec Pierre-Luc. Mercredi soir, je passe chercher Lionel à Aubiet puis nous partons retrouver Christophe chez sa copine à Lévignac qui n'est qu'à 30 minutes de l'aéroport de Blagnac. Après un bon repas, nous partons nous coucher pour une très courte nuit car le réveil sonne à 2h30 le lendemain matin. Nous nous préparons puis partons pour l'aéroport. 

Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023

Nos vols Toulouse-Paris et Paris-Montréal se passent sans encombre. Le trajet Montréal-Québec se fera en bus et nous arrivons vers 21 heures à Québec où Tommy nous récupère pour 2 heures de route en pick-up jusqu'à Dixville, près de la frontière avec le Maine, 

en route nous nous arrêtons dans un Mac Donald pour manger un bout. Nous arrivons enfin à notre chalet, où nous attend notre guide Pierre-Luc, vers 23 heures. La journée a été interminable avec en plus les 6 heures de décalage horaire. L'intérieur du chalet est magnifique, nous ne nous attendions pas à ça.

Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023
Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023

Après une très courte nuit à cause du décalage horaire, je suis réveillé vers 3 heures du matin mais attends que mes amis se réveillent pour me lever. Nous attendons ensuite l'arrivée de notre guide qui doit venir vers 8h30. J'en profite pour aller jeter un coup d'œil sur l'extérieur de notre chalet,

Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023
Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023

le terrain est bordé par un joli ruisseau qui borde un bosquet,

Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023

le grand terrain fermé au fond par une bande boisée au bord de laquelle se trouve une grande dépendance en bois.

Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023

Sur le côté, à l'opposé du ruisseau se trouve un talus qui remonte vers les propriétés voisines. Il pleut un peu. A l'arrivée de notre guide, nous vérifions les réglages de nos arcs avant d'aller acheter nos permis de chasse qui nous donnent droit à tirer un cerf ou une biche sur la zone 6, nous pourrons tirer un autre animal mâle sur la zone 4 si nous prélevons notre premier animal et prenons une extension de permis. De retour au chalet, nous mangeons un bout et nous nous préparons pour partir pour la chasse en début d'après-midi. En chemin, nous apercevons régulièrement des animaux au gagnage dans les champs. Quelques urubus noirs survolent les champs à la recherche de charognes. Nous apercevons également un grand nombre de colverts et de bernaches posés sur la rivière. Bon nombre d'habitation sont décorées pour Halloween. 

Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023

Pierre Luc a préparé pour moi un poste dans une tente d'affût car Mathieu a bien insisté sur le fait que je ne chasse jamais en tree-stand à cause de mon vertige. C'est moi qui vais aller me poster en premier, Pierre-Luc s'avance dans un champ de soja moissonné jusqu'à un passage busé qui passe un fossé et qui est barré par un outil agricole. Nous partons à pied vers la tente d'affût qu'il a installé en bordure du bois bordé par une belle friche. Il fait quelques gouttes. Un tree-stand est en place en lisière, dans un angle du bois qui avance dans la friche il est à au moins 6 mètres de haut, je suis content de ne pas avoir à y monter. Pierre-Luc m'indique ma tente et part appâter la clairière en face de l'affût. Je rentre par l'arrière de la tente et referme la fermeture éclair derrière moi. J'installe mon appareil photo pour filmer sur le côté de la fenêtre de tir pendant que mon guide dépose les pommes puis m'installe sur ma chaise d'affût. Je suis à la bonne hauteur pour tirer.

Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023

Pierre-Luc part poster mes amis, je décide de tenter l'armement de mon arc car je trouve la tente petite et catastrophe impossible d'armer dans cet espace restreint. Mon arc touche au plafond et la fenêtre de tir alors que mon coude est bloqué par l'arrière de la tente. Même en enlevant la chaise pour armer à genoux, je ne peux toujours pas armer. J'essaie en ouvrant l'arrière de la tente mais mon arc touche partout et son frottement sur le tissu pendant l'armement n'est vraiment pas discret, de plus en ouvrant l'arrière de la tente je ne suis plus camouflé et à la décoche le tissu de la fenêtre attaché au plafond risque de s'enrouler dans la poulie du haut.  Je n'ai pas le choix, je dois sortir de la tente et me cacher derrière mais le vent s'y met, il souffle dans mon dos vers les appâts. J'envoie un message à Pierre-Luc pour l'informer de la situation. Après avoir posté mes collègues, il va revenir me chercher pour m'amener sur un autre site. Je rassemble mes affaires pour repartir vers la route pour l'attendre. Il arrive un moment plus tard et nous partons pour un autre secteur où sa société (Deer Hunting Adventure) a sa chambre froide.

Alors que nous allons tourner à droite sur la piste qui va jusqu'à la chambre froide, j'aperçois une quantité incroyable de bernaches posées autour et sur un petit lac. Nous nous garons près de la remorque de camion servant de chambre froide, les cris des bernaches sont assourdissants, je plains les gens qui habitent les 2 habitations proches du lac. Pierre-Luc charge des pommes dans la benette d'un quad 2 places, équipé d'une cabine pour prendre une grande piste au milieu des bois. Nous ressortons plus loin, au milieu de champs qui ouvrent le paysage entre les bois. Un peu plus loin, il prend un passage qui rentre dans le champ de gauche pour rejoindre la bordure du bois et prendre à gauche pour le longer, en bordure d'un gros fossé, quand nous apercevons un groupe de dindons qui rentrent au bois, les uns après les autres, en nous apercevant approcher. Rapidement, Pierre-Luc bifurque pour se présenter à angle droit du fossé profond et le traverser au ralenti. Je suis impressionné par ce franchissement, je n'aurai pas pensé que son quad en soit capable. Il s'avance un peu dans le bois pour stopper au niveau une bande enherbé de quelques mètres de large et parallèle à la lisière. J'aperçois alors un vieux tas de carottes presque totalement mangé, Pierre-Luc me montre une cache verte, en bois, sur pilotis, sur la droite, cachée dans les sapins. Je me dirige vers cette dernière, monte l'échelle à l'arrière, ouvre la porte qui frotte bruyamment dans les branches de sapin et rentre dans la cache en refermant derrière moi. Je m'installe sur le fauteuil et mets en place l'appareil photo alors que Pierre-Luc déverse 2 sacs de pommes un peu plus proche de l'affût que le vieux tas de carottes. Elles sont à 17 mètres d'après mon télémètre. La cache est spacieuse aucun problème pour armer mon arc. Pierre-Luc me demande, par signes, si tout va bien, je lui confirme par un pouce levé. Il redémarre le quad et repart. Il semble que 6 mâles viennent régulièrement sur ce site, il n'y a plus qu'à croiser les doigts.

Photo prise par la caméra de surveillance les jours précédent notre arrivée

Photo prise par la caméra de surveillance les jours précédent notre arrivée

Seule la fenêtre face aux appâts est ouverte, les plexiglas ont été écartés et le rideau noir relevé. Les fenêtres latérales sont totalement fermées et masquées par leurs rideaux respectifs. Je positionne le rideau ouvert pour laisser le moins de jour possible et me permettre tout de même de tirer. Il pleut toujours un peu. Au bout d'un moment, les dindons sortent sur la bande enherbée à environ 70 mètres de la cabane.

Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023

Le soleil finit par se montrer et les gros oiseaux en profitent pour s'ébrouer et sécher leurs plumes en ouvrant régulièrement leurs ailes. Certains sont couchés, d'autres debout, certains picorent au sol. Ce sont des jeunes de l'année de taille adulte avec leur mère reconnaissable à sa taille légèrement supérieure et son cou plus rouge. Après un long moment à tourner sur place, les oiseaux arrivent droit sur moi par la bande enherbée.

Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023

Ils avancent tranquillement jusqu'au tas de carottes et se mettent à picorer un moment sur la zone.

Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023

Ils s'avancent pour picorer un moment les pommes avant de poursuivre vers la cabane et disparaître dessous. Je les entends encore gratter un moment autour et derrière la cabane avant le retour au calme. Le temps passe, seuls les cris d'alerte de quelques écureuils, dont un traversera la bande enherbée en quelques bonds et les cris des geais bleus dont un viendra se poser à 25 mètres de la cabane, briseront le silence du bois. Après de longues heures d'attente, un bruit de pas se fait entendre sur le côté droit de la cache. Un animal piétine un moment dans les feuilles mortes avant de s'éloigner, je n'ai pas osé ouvrir le rideau côté droit au cas où il s'agirait d'un cerf mais je pense plus à un écureuil. Encore un moment à attendre et c'est un lièvre américain qui surgit du bois sur ma gauche pour aller droit sur les carottes.

Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023

Il mange un moment en relevant régulièrement la tête pour observer puis démarre brusquement pour rentrer au bois sur la droite. Je me dis que quelque chose l'a dérangé et espère voir arriver un cervidé mais le temps passe et rien ne vient. Au bout d'un moment, j'aperçois à nouveau le lièvre dans les buissons en bordure droite de la bande enherbée, près des pommes. Il est assis et observe un moment puis disparaît à nouveau avant de réapparaitre un moment plus tard pour sortir à découvert et se diriger sur les pommes où il reprend son repas. Au bout d'un moment, il repart au galop, droit sur moi pour disparaître sous l'angle gauche de la cabane. Cette fois, je me dis qu'un animal va arriver mais toujours rien. La luminosité commence à baisser et le lièvre revient encore une fois sur les pommes pour repartir assez vite. Je n'y vois plus assez pour viser, il va être 18h30, l'heure à laquelle mon guide doit venir me chercher. Je sors donc de la cabane avec mon matériel, referme la porte et descends l'échelle pour ressortir du bois par où nous sommes arrivés. Le pick-up m'attend sur la piste, je le rejoins rapidement. Pierre-Luc me demande ce que j'ai vu et je lui explique ma chasse et les bruits de pas, il m'informe alors qu'il s'agissait certainement d'un cerf qui repérait le secteur avant de sortir à découvert mais il a dû sentir ma présence et s'éclipser. En venant, il a vu un 4 pointes et une biche que nous revoyons en passant, ils n'ont pas bougé et nous regardent passer sans crainte. Nous partons récupérer mes amis, en chemin, nous verrons un nombre incroyable de cerfs de Virginie, majoritairement des femelles et des jeunes mais je verrai un superbe mâle, 8 ou 10 pointes, juste au ras de la route et d'un grand champ de maïs. Christophe, en tente d'affût, a vu un très gros cerf mais de très loin et Lionel qui était posté sur un tree-stand, près d'une exploitation agricole a été dérangé par les ouvriers qui vidaient les silos dont la poussière, poussée par le vent, l'a obligé à descendre de son perchoir. Il est donc parti à l'approche et a pu approcher 2 animaux à portée de tir, un jeune 4 pointes, 2 pointes par bois, qu'il n'est autorisé de tirer sur la zone 6

Pour pouvoir tirer un mâle il faut qu'il ait au moins 3 pointes sur un de ses bois

Pour pouvoir tirer un mâle il faut qu'il ait au moins 3 pointes sur un de ses bois

et une belle femelle qu'il a jugé trop petite et n'a pas tiré. Il a filmé ses approches et nous les montre arrivé au chalet, Pierre-Luc, comme moi, en voyant la vidéo lui annonçons qu'il a laissé passer l'occasion de flécher une belle femelle adulte. Lionel nous dit qu'il a trouvé les approches bien plus faciles que l'approche sur nos chevreuils gersois. J'ai un très mauvais pressentiment pour la suite du séjour, j'espère que Lionel n'a pas gâché son occasion du séjour. Je sais que Pierre-Luc fait de son mieux pour notre chasse mais il n'est pas spécialiste de la chasse à l'arc et n'a pas eu beaucoup de temps pour préparer notre séjour. Il me demande si j'accepte de me poster sur une chaise d'affût pas trop haute demain matin, le temps de résoudre mon problème de tente d'affût. Ne voulant pas le mettre dans l'embarra et lui compliquer la vie sachant qu'il doit nous poster tous les 3 pas trop loin les uns des autres, j'accepte à contre cœur sa proposition. Après manger, nous partons nous coucher, Pierre-Luc reviendra nous chercher demain matin à 5h30.

Cette nuit, je n'ai pas encore beaucoup dormi, je suis réveillé à 3 heures. J'attends que le réveil sonne pour me lever en même temps que mes amis. Nous déjeunons et nous nous préparons en attendant notre guide. Ce matin, c'est l'ouverture de la chasse à la poudre noire et nous devront chasser avec un gilet fluo pour tout le reste de notre séjour. Quand Pierre-Luc arrive, nous partons pour nos postes. En route, nous dérangeons une biche et son faon au gagnage sur un talus enherbé en plein Dixville, ils remontent pour rentrer dans le jardin de la villa au-dessus. Nous verrons plusieurs autres cerfs en chemin et quelques ratons laveurs. Je suis encore le premier posté. Il fait bien nuit, Pierre-Luc se gare au départ d'un chemin forestier et m'accompagne jusqu'à la chaise d'affût puis retour à la voiture pour conduire mes amis à leurs postes respectifs. Je monte doucement à l'échelle, avec mon arc à la main, pour atteindre la chaise qui est perchée entre 4 et 5 mètres de haut, l'échelle couine un peu et ne me semble pas très solide, je n'en mène pas large. C'est la première fois de ma vie que je vais chasser dans un affût perché. Arrivé sur la plateforme, je pivote tout doucement pour m'asseoir sans regarder en bas. La mousse fine du siège grince un peu, je tente de descendre la barre de protection avec le filet de camouflage mais me rends vite compte que je ne pourrai pas tirer à l'arc avec cette dernière, je la remonte donc dans mon dos. Il me sera impossible de me lever sur mon affût perché, je ne suis déjà pas à l'aise assis, je ne pourrai donc tirer que devant moi et sur ma gauche. La luminosité croit doucement quand les bruits de pas réguliers et lents se font entendre sur ma droite, en arrière de la chaise d'affût. L'animal se rapproche et je m'attends à le voir passer derrière moi mais je commence à le distinguer au travers des branches basses de quelques sapins. La luminosité est encore faible, il sera difficile de l'aligner dans mon viseur. Il stoppe à découvert à environ 15 mètres sur ma droite, je ne vois pas ses bois dans la pénombre mais son cou est très massif, ce doit être un très beau mâle. Sachant que je ne peux pas tirer dans cette direction, je reste immobile en espérant qu'il avance encore un peu mais il fait juste quelques pas pour se caler derrière un arbre et me fixer un instant avant de bifurquer à angle droit pour s'éloigner tranquillement de cul, en alignement de l'arbre pour stopper au sommet d'un talus à environ 50 mètres avant de disparaitre derrière. J'entends encore un moment ses pas lents dans les feuilles mortes avant le retour au calme. Il ne semblait pas effrayé et je me dis qu'il va certainement revenir mais le temps passe et plus rien ne bouge. La luminosité est maintenant suffisante pour tirer. Vers 8 heures, un bruit m'interpelle dans mon dos, je me tourne doucement et aperçois un très gros raton laveur, limite obèse qui arrive droit sur l'arbre qui maintient ma chaise d'affût. Il arrive d'un pas nonchalant en se dandinant et alors qu'il va passer sous la chaise, je me retourne pour le voir passer. J'attends quelques secondes mais ne le vois pas sortir, je me retourne à nouveau et ne comprends pas, il est à nouveau à quelques mètres derrière l'affut et arrive. C'est alors que j'aperçois un autre raton laveur un peu plus petit plus en arrière et entends du bruit en-dessous de moi. Il y a en fait 3 ratons laveurs, le premier dépasse à peine le nez en avant de la plateforme de l'affût, renifle au pied de l'échelle puis fait demi-tour pour entrainer le second raton laveur et repartir sur leurs traces. Le troisième qui arrivait doucement, les regarde passer sans comprendre, regarde vers le pied de l'échelle puis fait volte-face pour rattraper les 2 autres qui font une petite pause un peu plus loin avant de repartir. Je les perds de vue dans le bois, dans mon dos à environ 40 mètres. Le reste de la matinée sera très calme mis à part les coups de feu réguliers qui résonnent, le bois semble mort et je commence à avoir mal aux fesses à rester assis.

Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023

Un peu avant 9h30, heure à laquelle mon guide doit passer nous chercher, je redescends prudemment de l'échelle et reprends le chemin en sens inverse jusqu'à revenir à la route. Pierre-Luc n'est pas arrivé, j'en profite pour longer un peu la route pour rejoindre un champ de maïs dans lequel je m'avance pour y jeter un coup d'œil. Plusieurs zones ont été rasées par les ratons laveurs et les cerfs. La progression dans la culture est assez simple et silencieuse, elle n'est pas irriguée et n'est donc pas entrecoupée de passages de canon comme elle pourrait l'être chez nous mais l'espacement entre les rangs est suffisant pour progresser sans trop de bruit. Le sol est couvert de traces de cerfs et de ratons laveurs dont certaines de grandes tailles. 

Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023

Cette incursion et le récit d'hier soir, de mon ami Lionel, me donne l'idée de tenter de chasser à l'approche pour le reste du séjour. Je retourne attendre Pierre-Luc là où il m'a laissé ce matin. A son arrivée, je lui raconte ma matinée et lui demande s'il est possible de me laisser chasser à l'approche dans les maïs car je ne sens pas du tout cette chasse à l'affût sur des appâts qui me rend de plus très mal à l'aise. Nous partons chercher mes amis, en voiture je demande à Pierre-Luc si les femelles allaitent toujours, il me répond qu'à cette saison on peut tirer les biches suitées car les jeunes peuvent se débrouiller seuls. Christophe et Lionel n'ont pas vu grand-chose. Nous retournons au chalet, Pierre-Luc nous prépare rapidement des sandwichs pour ce midi, je vais partir avec lui pour rejoindre Tommy et Stéphanie qui sont arrivés pour chasser quelques jours sur les terres de Pierre-Luc qui les a invités. Je suis content de revoir Tommy qui nous a amener l'autre soir et sa compagne Stéphanie, nous les avions rencontrés lors de notre chasse à l'ours et je suis régulièrement leurs aventures dans les films de chasse réalisés par Chassomaniak, ce sont 2 vrais passionnés de chasse.

Nous allons vérifier si la tente d'affût que Pierre-Luc a posé pour ses invités serait plus à ma taille et réaliser, si nécessaire, un échange avec celle posée sur la zone où je devais chasser le premier soir. En route, nous apercevons plusieurs cervidés au gagnage. Nous rejoignons Tommy et Stéphanie à la chambre froide. Comme l'autre jour, les bernaches sont en grand nombre sur le plan d'eau et donnent de la voix. Nous partons pour la zone de chasse de Tommy et Stéphanie. Nous nous garons près du bois, ils se préparent et je discute un peu avec eux en leur expliquant que ce soir je tente une chasse à l'approche. A leur regard, je comprends vite qu'ils ont de gros doute sur mes chances de réussite. Pierre-Luc nous amène visiter les sites appâtés pour ses invités. Nous dérangeons un grand groupe de dindons composé de jeunes et de 2 dindes qui se débinent vers le couvert alors que nous biaisons vers le bois. Arrivés au premier site appâté, Pierre-Luc me demande de tester la tente, j'y entre et teste l'armement, sans chaise, à genoux, je peux armer mon arc sans toucher la tente qui est beaucoup plus spacieuse que l'autre. Nous finissons la visite des lieux puis rentrons au chalet après avoir salué Tommy et Stéphanie qui vont se préparer pour leur chasse du soir.

Arrivés au chalet, nous préparons rapidement pour notre chasse du soir. Christophe va prendre ma place de ce matin et Lionel que nous laissons en premier va prendre l'affut où je devais chasser le premier soir. Etant plus petit que moi, il devrait pouvoir armer son arc dans la tente. C'est lui qui est posté en premier puis Pierre-Luc nous conduit, avec Christophe sur le secteur où j'étais ce matin. Alors que Pierre-Luc conduit Christophe à son affût, je pars par un chemin pierreux pour m'avancer au milieu des maïs. Je progresse entre une érablière à ma gauche et le champ de maïs que j'ai visité ce matin avant d'arriver entre 2 grandes parcelle de maïs. Des grosses traces de cervidé, toutes fraîches, ont marqué les graviers du chemin et rentre dans la parcelle de gauche. Le vent souffle dans mon dos, je décide d'avancer jusqu'à la bordure de la rivière pour chasser en la suivant avec le vent du maïs vers le cours d'eau. Arrivé au bord de la rivière, le vent a tourné et suit la rivière. Je décide de prendre à gauche pour faire le tour de la parcelle de ce côté du chemin avec le vent de face. Une haie plus ou moins épaisse de renouée du Japon me sépare de l'eau et s'avance parfois dans la culture m'obligeant à me décaler dans cette dernière pour progresser plus facilement.

Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023

Le sol est jonché de traces, signe de la grande densité d'animaux sur ce secteur. Les renouées sont souvent broutées par les cerfs qui ont aussi mangé de nombreuses coques de maïs sur pied ou tombées au sol. Je progresse tout doucement en ouvrant les yeux et en m'arrêtant régulièrement pour écouter et observer plus attentivement. Des zones de maïs plus ou moins importantes ont été couchées par les animaux, cerfs, ratons laveurs mais aussi castors. Ces derniers ont signé leurs méfaits par des pieds de maïs coupés en biseau près du sol comme le font nos ragondins. Je lève régulièrement des merles américains qui démarrent bruyamment dans la culture. Le vent ne fait que tourner et je n'en tiens pas compte pour le moment, on verra si j'aperçois un animal. Au bout d'un moment, de grandes trouées dans les renouées me permettent d'apercevoir un petit bras asséché, encaissé et envasé de la rivière qui borde un bosquet très dense. Il est colonisé pour les renouées dans lesquelles s'enfoncent de grosses coulées très marquées et des zones couchées par l'abroutissement des cerfs. Je redouble d'attention mais ne lève que 2 canards carolins qui s'envolent, en poussant leur sifflement caractéristique, dans un virage du bras asséché dans une zone d'eau boueuse. Alors que j'ai passé le bosquet et que je progresse tout doucement le long des renouées qui me cachent la rivière, un animal se lève brusquement à 2 ou 3 mètres de moi dans ces dernières, sans que je puisse le voir, et se jette dans la rivière avant de la traverser bruyamment à grands bonds dans une zone peu profonde. Je me décale rapidement pour trouver une trouée dans la végétation mais l'animal a déjà traversé et tente de remonter sur la berge d'en face. Je l'entends un instant se débattre dans la végétation et retomber plusieurs fois dans l'eau mais alors que je trouve une trouée, il est trop tard, il a réussi à remonter dans le bosquet qui borde l'autre rive. Je pense qu'il s'agissait d'un cerf.

Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023

Je continue ma progression en faisant décoller régulièrement des canards posés sur la rivière. Alors que j'arrive au bout de la parcelle de maïs, je remarque une grosse coulée qui traverse le fossé qui sépare la culture d'un chaume de maïs. Je m'avance un peu sur cette coulée pour tenter de surprendre un animal derrière la haie qui borde le fossé. Rien en vue, je reprends ma chasse en progressant tout doucement entre la haie et le maïs quand j'aperçois des oreilles qui dépassent de la végétation qui borde la haie à environ 40 mètres devant moi. 

Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023

Je me fige et me baisse pour observer. Une zone de végétation plus dense, à environ 20 mètres plus en avant me cache. Une belle biche et ses 2 jeunes broutent tranquillement de face. Le vent est bon, je commence mon approche, baissé, pour rejoindre la zone de végétation dense. Les animaux broutent tranquillement en s'approchant doucement. Arrivé à environ 15 mètres de la biche qui avance en avant des jeunes, je me baisse dans la végétation, accroche mon décocheur et la laisse venir. Elle se rapproche pas à pas et se tourne légèrement vers le maïs, à environ 10 mètres, me présentant un 3/4 face assez fermé mais je n'aurais certainement pas de meilleure occasion de tir. J'arme mon arc, me redresse doucement et aligne ma visée sur le défaut avant de l'épaule gauche. Juste au moment de tirer, la biche regarde vers moi mais ma flèche est déjà partie et la traverse. Elle démarre en trombe et traverse la haie pour fuir dans le chaume mais elle a fait à peine 15 mètres qu'elle commence à vaciller et s'effondre quelques mètres plus loin. Les jeunes s'éloignent en suivant le maïs et finissent par disparaitre. Ce n'est pas dans mes habitudes mais je ne peux m'empêcher d'extérioriser ma joie : "Yesss". Je viens de prélever mon premier cerf de Virginie et en plus à l'approche, dans un pays où ce mode de chasse ne se pratique quasiment pas pour cette espèce. Même si ce n'est pas un mâle, cette biche a bien plus de valeur pour moi que n'importe quel beau trophée que j'aurais pu flécher à l'affût. Je m'avance le long du maïs pour rejoindre la zone du tir et retrouve ma flèche couverte de sang et posée au sol.

Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023

Je la récupère et la remets au carquois. Ne pouvant pas traverser la haie trop épaisse, je fais demi-tour pour revenir vers la grosse coulée au bord de la rivière puis l'emprunte pour aller voir ma biche. Alors que je m'avance dans le chaume, j'aperçois les 2 jeunes qui sont le long de la haie et me regardent un peu approcher avant de s'enfuir. Je pars vers ma biche qui est allongée sur le flanc. Elle saigne abondement par la gueule signe que les poumons ont été touchés mais, vu la mort rapide, je pense que ma flèche a touché le cœur. Au dépeçage Pierre-Luc constatera que ma flèche a en fait coupé les gros vaisseaux sanguins au-dessus du cœur.

Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023

Ma flèche est ressortie en arrière des cotes sans toucher la panse. Je fais une photo rapide de l'animal et l'envoie par message à Pierre-Luc qui croie d'abord à une blague avant de me féliciter. Il m'appelle pour voir comment faire pour récupérer ma biche mais ne voulant pas lui casser son affût, je lui dis que je vais me débrouiller pour la ramener à la route et de continuer tranquillement sa chasse. J'ai déjà ramener des animaux plus gros et il est encore tôt, il me reste environ 2 heures de jour. Je prends donc mon temps pour faire quelques photos souvenir et envoie une à Tommy et Stéphanie qui m'avoueront plus tard qu'ils ne croyaient vraiment pas en mes chances de réussite. 

Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023
Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023

Je pars ensuite repérer le passage le plus facile pour revenir à la route. Je longe la haie côté chaume pour rejoindre le coin du maïs. Un jeune pygargue reconnaissable à son plumage sombre uni survole ma biche sans y prêter attention. Du coin du maïs, j'ai une meilleure vue du secteur et me repère mieux. J'aperçois l'érablière dans le fond, la route est juste derrière. Je retourne à ma biche et lui passe ma corde de transport autour du cou puis pars chercher un bout de branche pour en faire une poignée à l'autre bout de la corde avant de tirer ma biche de près de 90 kilos dans le chaume jusqu'au coin du maïs. La corde me scie l'épaule et je change régulièrement de côté. En arrivant au coin du maïs, je continue côté champ à tirer ma biche derrière moi. Un second pygargue adulte, à la tête et la queue bien blanches, passe au-dessus de moi. Je dois passer un fossé barré par un barrage de castor

Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023

puis un ruisseau plus loin avant de traverser une friche épaisse pour rejoindre une prairie prise entre 2 bois pour rejoindre la route après 1 heure et demi d'effort intense. La nuit s'installe alors que j'arrive au bord de la route. Je suis brulé par la corde sur les 2 épaules.

Une belle biche de cerf de Virginie à l'approche, 14 octobre 2023

J'envoie un message à Pierre-Luc pour lui dire que je l'attends au bord de la route. Dans la pénombre croissante, Je surveille le départ du chemin qui part vers le poste de Christophe et finis par le voir arriver. J'allume mon portable pour lui signaler ma présence, il me rejoint. Je lui demande comment s'est passé sa chasse et il m'explique que le cerf, certainement celui que j'ai vu ce matin, a encore été plus malin que nous. Il l'a entendu arriver tranquillement dans les feuilles mortes, comme moi ce matin, mais, cette fois, il est arrivé par la gauche de l'affût, à environ 40 mètres, a reniflé les traces de Christophe puis a fait demi-tour pour disparaître tranquillement. Christophe me demande à son tour pour ma chasse et je lui montre la biche que j'ai laissée un peu plus en arrière en bordure du bois. Il me félicite et nous continuons à discuter en attendant Lionel et Pierre-Luc qui arrivent un peu plus tard. Il est temps de rentrer. Pierre-Luc nous ramène au chalet et part amener ma biche à la chambre froide où il la vide avant d'aller se coucher. J'aurais aimé le faire moi même mais il nous avait demandé de ne pas le faire sur la zone de chasse. En arrivant à Dixville, j'aperçois une grosse moufette dans les phares près de l'endroit où se trouvaient la biche et son jeune ce matin.

 

Alex

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8 mai 2023 1 08 /05 /mai /2023 16:57

Ce matin, le réveil est un peu plus tardif, nous sommes juste à côté du secteur de chasse. Nous nous préparons rapidement et partons pour la zone de chasse. Il pleut et le vent est soutenu, de plus notre Tom est bien accompagné, le faire venir risque de ne pas être évident. Nous nous garons sur une zone de stockage de bois coupé, d'où nous observions les dindons hier soir. Mathieu connait bien le secteur car il y chasse régulièrement et l'an dernier il a manqué un beau tom à cause du stress, car sa femme enceinte venait de l'appeler pour lui dire qu'il fallait partir pour l'hôpital. Hier soir, les dindons semblaient se diriger vers le bois de droite mais Mathieu me dit qu'ils se remise souvent dans celui de gauche. Nous déchargeons nos affaires et nous nous dirigeons vers un bosquet de cyprès pour placer le blind sur la pointe haute du massif. Mathieu place une forme de femelle couchée et une de jake juste en arrière dans le champ travaillé à environ 15 mètres. J'installe les sièges et Mathieu installe la caméra à son retour, j'ai plusieurs bons angles de tir. Mathieu me dit de faire attention au fils barbelés sur la gauche s'il me faut tirer dans cette direction. Je suis en place et tout à coup je me sens bien, je sens que ce sera bon pour ce matin. Dans la pénombre, je commence doucement à distinguer les appelants, le vent et la pluie se calment peu à peu. Le jours se lève doucement et Mathieu commence à appeler, il est l'heure légale de la chasse. Le tom nous répond au loin, en arrière sur notre gauche. Mathieu appelle régulièrement et le tom répond toujours. Au bout d'un moment, j'aperçois un dindon qui arrive par la gauche à environ 100 mètres et le signale à Mathieu. Il m'annonce qu'il s'agit d'une femelle. Alors que Mathieu appelle, elle semble biaiser vers nous mais continue à monter dans la prairie et nous finissons par la perdre de vue.

Le groupe de femelles et le tom arrivent quelques instants plus tard en arrière de la tente. Mathieu les observe au travers d'une fente et me les signale. Le mâle répond toujours aux appels, je finis par les apercevoir au travers de l'ouverture du blind du côté gauche. Ils avancent tranquillement et le mâle gonflé fait le beau.

Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023

Mathieu appelle toujours mais les femelles jalouses rappellent le tom et ne se rapprochent pas de nous.

Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023

Les oiseaux biaisent doucement pour rejoindre la parcelle travaillée. Ils sont à 35 mètres, le vent depuis ce matin agité régulièrement la forme de jake et la fait tourner sur son axe. Alors que le vent le fait tourner légèrement, le tom l'aperçoit et devient comme fou. Il quitte les femelles et vient à la course vers les appelants alors que Mathieu appelle. Il passe sous la clôture barbelée, fonce sur la forme de jake et lui saute dessus en lui donnant des coups d'ailes et de pattes.

Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023

Retombé au sol, il la contourne par la droite en se gonflant. J'arme mon arc et il se présente pratiquement de face.

Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023

Je vise le poitrail et décoche. Traversé par ma flèche il s'envole et retombe presque aussitôt au sol avant de partir à la course en remontant dans le champ travaillé pour s'effondrer à environ 15 mètres du tir. Il se débat un peu au sol sous le regard de ses femelles restées dans la prairie et s'immobilise alors que j'exulte.

Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023

Je suis tellement heureux, ce séjour magnifique se termine avec une très belle action de chasse et une belle flèche, je remercie vivement Mathieu et les larmes me montent aux yeux. Je pars chercher mon oiseau, ce qui fait partir les dindes qui s'étaient rapprochées de lui.

Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023

Il est magnifique, je retourne ensuite vers le blind

Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023

pour faire quelques photos souvenirs.

Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023

Je ne me laisse pas de regarder cet oiseau avec son magnifique plumage et sa tête bleue et rouge.

Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023

Les photos terminées la pluie recommence à tomber et nous rassemblons nos affaires avant de retourner à la voiture pour les ranger alors qu'un autre tom descend de la crête de la prairie pour venir vers notre affût. Les femelles auront tôt fait de retrouver un mâle. Nous rentrons préparer mon dindon avant que je ne fasse mes valises. La pluie s'intensifie et tombera presque toute la journée. Cette après-midi Mathieu va m'emmener visiter le vieux Québec en profitant du retour du soleil et où nous mangerons au restaurant la bûche avant qu'il ne le dépose à l'aéroport.

Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023
Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023
Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023

Je repars demain matin mais préfère le laisser tranquille en famille. Encore un immense merci pour tout mon ami et aux Chassomaniak. Que de belles personnes qu'il le tarde déjà de revoir.

 

Alex

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3 mai 2023 3 03 /05 /mai /2023 08:15

Mathieu ne se faisant pas totalement confiance dans ses capacités de guide au dindon a voulu assurer une journée de chasse en faisant appel au service d'un guide spécialiste de cette chasse. Ce matin, quand le réveil sonne la fatigue se fait sentir et il pleut des seaux d'eau, ça n'est pas très encourageant. Nous avons rendez-vous à 4h15 chez notre guide. Mathieu chassera au fusil. Nous arrivons vers 4 heures devant l'habitation mais la lumière est éteinte, j'ai un mauvais pressentiment. Mathieu contrôle l'activité du compte Messenger du guide et constate qu'il était encore actif vers 2 heures du matin. Notre guide finit par arriver à l'heure mais fatigué par sa courte nuit. Il nous annonce que nous allons aller chasser sur un secteur derrière chez lui que Mathieu connait bien pour y avoir déjà chassé. Il pleut et il fait beaucoup de vent ce matin, les conditions sont loin d'être idéales. Notre guide nous informe également que le vent de ces derniers jours a fait tomber un arbre en travers de la piste d'accès au poste et que, du coup, il va nous falloir marcher un moment. Nous prenons donc la piste en suivant la voiture de notre guide qui stoppe effectivement au niveau d'un petit arbre tombé en travers de la piste. Mathieu, en voyant ce petit arbre décide de le couper à la hache, je ne comprends pas que notre guide, connaissant la situation ne l'ai pas fait hier, Mathieu coupe un premier tronc puis attaque le second et notre guide le remplace pour finir. Je les aide à dégager les 2 troncs puis nous remontons en voiture pour aller nous garer plus haut sur le plateau. Notre guide semble ultra confiant, pour lui, il n'y aura même pas besoin d'appeler, les dindons vont rentrer tout seuls dans les appelants car c'est un passage obligé pour eux. Nous traversons à pied une grande prairie, le guide nous parle à voix haute ce qui m'étonne beaucoup vu toutes les précautions que nous prenions avec Mathieu pour aller nous poster discrètement. Nous rejoignons ainsi une pointe de broussailles, terminée par un tas de bois. Nous décidons de mettre notre blind en place dans cette pointe, au niveau d'une éclaircie entre le tas de bois et le bois.

Chroniques québécoises, une chasse très décevante, 30 avril 2023

Nous nous installons, notre guide dispose ses appelants à moins de 15 mètres de l'affût et l'attente commence. Le guide continue à parler moins fort que tout à l'heure mais je suis vraiment surpris par tant de désinvolture, il ne semble vraiment pas convaincu par la chasse à l'arc et ne cesse de donner des exemples de chasseurs ayant ratés leurs tirs. Le vent fort couvre le chant des dindons que notre guide semble entendre tout en parlant et nous signale en pointant les directions des chants. J'ai beau tendre l'oreille, je n'entends rien. Mathieu propose au guide son call électronique. Il fait maintenant bien jour,

Chroniques québécoises, une chasse très décevante, 30 avril 2023

le bruit distinct d'un dindon descendant d'un arbre à notre droite se fait entendre. Le guide appelle régulièrement et semble toujours entendre des réponses lointaines mais je n'entends toujours rien. Le jour se lève. Il discute toujours tout en appelant quand un dindon se fait entendre juste à notre droite, derrière le tas de bois. Je regarde dans cette direction et devine l'oiseau au travers du tas de bois.

Chroniques québécoises, une chasse très décevante, 30 avril 2023

Il glougloute et s'avance pour le contourner et venir vers les appelants. Il est plein travers à environ 20 mètres et avance tranquillement mais alors qu'il va rentrer dans les appelants quelque chose l'interpelle et il commence à s'éloigner tranquillement en biaisant sur notre gauche. Je comprends que quelque chose ne va pas et que ma chance de le tirer vient de s'envoler. Le guide insiste un moment pour tenter de le faire revenir en appelant mais le dindon se désintéresse de nous et continue à s'éloigner doucement, Mathieu et le guide me demande si je veux le tirer mais il est trop loin, je contrôle au télémètre, il est à 42 mètres. Je préfère ne pas tirer, trop loin pour moi, le guide dit à Mathieu de tirer mais il hésite vis à vis de moi, je lui dis de tirer que de toute façon c'est mort pour moi. Le dindon picore au sol puis se redresse et lève la tête droite vers le ciel en surveillant autour de lui. Mathieu vise, tire pleine tête et sèche net l'oiseau qui s'effondre au sol ou il se débat un instant avant de s'immobiliser. Mathieu est très déçu et se sent mal d'avoir tiré à ma place mais aucun souci pour moi, je n'aurais rien pu faire de toute façon. Notre guide appelle encore un peu mais rien ne vient, Mathieu décide d'aller chercher son dindon pour qu'il n'effraie pas d'autre éventuels oiseaux. Il sort doucement de la tente, contrôle le secteur sans voir de dindon et part chercher son oiseau au pas de course puis revient le poser derrière la tente. En revenant, il rentre avec l'étui d'une de la chaise pliante du guide qui était resté en dehors de la tente et dont la grosse étiquette blanche qui battait au vent a certainement inquiété le dindon au moment où il allait rentrer dans les appelants. Le guide tente encore d'appeler un moment mais aucun dindon ne vient ou ne répond. Nous décidons de changer de secteur. Nous rangeons nos affaires, plions la tente puis retournons à la voiture. 2 dindes que le bois nous cachait se débinent pour rentrer à couvert. Aucun dindon en vue autour de nous, nous rejoignons les voitures et redescendons nous garer chez notre guide.

Nous visitons rapidement ses volières où il élève des poules de diverses variétés, des dindons royaux et des dindons Bourbons. Il possède également un parc avec des daims. Nous allons partir à pied pour chasser les prairies prises entre 2 grands bois de l'autre côté de la route. Notre guide jumelle pour tenter d'apercevoir les dindons qui ne semblent pas de sortie. Nous partons donc sur la droite après avoir traversé la grande route pour la longer et rejoindre le coin du grand bois. Brusquement alors que nous discutons, une dinde surgit du grand fossé bordant la voirie et rentre au bois un peu plus en avant. Pas d'autres dindons en vue. Nous avançons encore un peu descendons le talus de la route, passons le fossé, passons la clôture et rentrons dans le bois. La zone assez claire est parcourue de nombreuses coulées et ponctuée de tas de crottes de cerfs de Virginie. Plusieurs cabanes d'affût perchées ont été installées sur le secteur. Nous remontons en suivant la bordure interne du bois quand notre guide repère les dindons perchés sur une barrière, à environ 200 mètres, en lisière du bois, de l'autre côté de la prairie. Il y a un gros tom et des femelles. Ils devaient être avec la femelle que nous avons fait fuir et ont traversé la prairie. Nous continuons à monter pour nous poster en bordure du bois au niveau d'un plateau. 2 grosses biches et un jeune cerf nous ont repéré contre le bois d'en face et se débinent pour rentrer à couvert. Notre guide installe rapidement 2 appelants,

Chroniques québécoises, une chasse très décevante, 30 avril 2023

Mathieu et le guide m'installent un petit panneau de tissu camouflé pour de cracher un peu et je me cale derrière, assis sur un tronc

Chroniques québécoises, une chasse très décevante, 30 avril 2023

et teste l'armement de mon arc pour éviter toute surprise au dernier moment.

Chroniques québécoises, une chasse très décevante, 30 avril 2023

Notre guide se poste pour appeler et Mathieu installe sa caméra. Le dindon nous répond, caché en face dans le bois, mais ne semble pas vouloir sortir. Le guide qui n'a pas mis son téléphone en silencieux reçoit régulièrement des notifications et prend même un appel, je crois rêver. Le dindon semble se déplacer entre ses réponses mais le temps passe et impossible de le voir. Notre guide nous propose de tenter le run and gun.

Nous rassemblons nos affaires, récupérons les appelants et traversons la prairie pour récupérer la lisière opposée et redescendre en la longeant vers où nous répondait l'oiseau. Arrivés près de l'endroit, notre guide appelle et le dindon nous répond mais alors que je pensais que nous allions tenter de le faire venir, il décide d'avancer encore un peu plus pour aller nous poster un peu plus loin, alors que les notifications sonnent toujours régulièrement sur son téléphone, avant de relancer des appels. Cette fois, le dindon ne répond plus, comme je le craignais, en nous déplaçant, nous avons dû nous faire repérer. C'est encore raté, nous retournons vers chez le guide pour reprendre la voiture pour cette fois aller faire du run and gun dans un bois de conifères un peu plus loin. Nous nous garons et partons à pied, le guide discute avec Mathieu à voix haute tout en appelant avec le call électronique. Je suis en plein cauchemar, nous finissons par nous poser dans un carrefour de chemin. Notre guide installe le call de l'autre côté du chemin et appelle avec la télécommande assis sur un tronc tout en discutant. Je boue intérieurement un moment puis desencoche la flèche et pose mon arc avant de craquer et de signifier mon incompréhension au guide qui me dit que ce n'est pas grave de parler car les dindons s'annoncent toujours ou presque de loin avant de venir.

Cette fois nous rentrons, Mathieu décide tout de même d'aller refaire un tour rapide sur le premier secteur de ce matin pour tenter d'apercevoir un dindon ou une marmotte mais rien. Nous prenons la route pour retourner chez lui. Finalement, Mathieu n'a vraiment rien à envier aux guides professionnels. Nous retrouvons son épouse et ses fils pour manger au Burger-King de saint Georges avant de retourner chez lui pour qu'il s'occupe de ses dindons et que nous fassions une sieste avant d'aller faire du repérage pour demain matin. Mathieu hésite entre les secteurs autour de chez lui et des secteurs sur le territoire où guide Michel. En fin d'après-midi, nous partons avec Édouard, le fils ainé de Mathieu pour faire un peu de repérage, il pleut un peu et il fait du vent. Nous commençons sur un secteur proche de chez Mathieu où nous repérons un gros tom avec 8 femelles. Nous les observons un moment, ils picorent tranquillement dans l'herbe.

Chroniques québécoises, une chasse très décevante, 30 avril 2023

Mathieu me dit qu'au moins nous avons un secteur sûr, nous partons sur un autre secteur proche où nous avions vu les cerfs de Virginie et les dindons le soir de mon arrivée mais aucun dindon ce soir. Nous partons donc pour le secteur de Michel. En chemin nous croisons marmottes, cerfs et quelques dindons. Arrivés sur place, nous apercevons un pick-up garé sur le premier secteur, Mathieu appelle le client de Michel avec qui nous devrons nous entendre pour choisir un secteur de chasse, c'est lui qui prospecte, il n'a pas vu grand-chose et nous dit qu'un chasseur a tiré un tom ce matin de l'autre côté de la route mais qu'il ne l'a pas retrouvé. Nous continuons, un peu plus loin, j'aperçois une dinde seule, sur la gauche, dans un champ travaillé. Un peu plus loin, il nous semble apercevoir un coyote au loin dans un champ mais le zoom de mon appareil photo nous permettra d'identifier une biche couchée.

Chroniques québécoises, une chasse très décevante, 30 avril 2023

Un peu plus loin encore, dans un chaume de maïs, près d'une haie, je repère un gros tom mais il se couche aussitôt. Je stoppe Mathieu, quelque chose me dit que ce comportement n'est pas normal. Nous l'observons un moment, il se relève, titube, picore, titube, chute, en arrière, se relève, chute en avant et peine à avancer.

Chroniques québécoises, une chasse très décevante, 30 avril 2023

Il est blessé, peut être celui tiré ce matin. Je me dis que c'est dommage que je n’aie pas pris mon arc pour l'achever mais Mathieu me rappelle que le chasse du dindon est fermé l'après-midi et que même pour achever un oiseau blessé, on ne peut pas déroger à la règle au Québec. Nous reprenons la route, nous ne pouvons rien faire pour ce tom qui va certainement succomber à ses blessures. Pas de dindon en vue sur le second secteur de Michel, nous rentrons. Le tom blessé est toujours là, aussi mal en point. Nous signalons sa présence au client de Michel au cas où il voudrait y jeter un coup d'œil demain. Un peu plus loin, nous apercevons un gros groupe de dindons mais ils sont sur un territoire réservé où nous ne pouvons pas aller chasser. Nous retournons vers chez Mathieu d'autant plus que son fils s'impatiente. Nous rejetons un coup d'œil sur le premier secteur où nous avions vu le tom et ses femelles, il est toujours là, 

Chroniques québécoises, une chasse très décevante, 30 avril 2023

Mathieu décide que ce sera notre spot de demain et d'attendre un peu pour voir où les oiseaux vont aller pour passer la nuit mais Édouard s'impatiente et nous rentrons. Les dindons de derrière chez Mathieu sont encore là ce soir comme tous les jours avec des cerfs mais ce secteur est réservé pour un voisin à lui. Nous mangeons et partons nous coucher, demain sera la dernière chance de prélever mon second dindon.

 

Alex

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2 mai 2023 2 02 /05 /mai /2023 20:44
Chroniques québécoises, un matin magique gâché par une mauvaise flèche, 29 avril 2023

qui est à peu près aligné avec le coin du bâtiment en passant sous le tuyau de collecte de la sève. J'arrive en premier près du blind, avant d'y entrer je jette un coup d'œil dans les gros érables autour de moi et aperçois au moins 3 dindons en ombres chinoises dans les branches d'un très gros érable qui est juste à 10 mètres en arrière de l'affût, sur la droite de ce dernier. Je pose les affaires et rejoins doucement Mathieu qui arrive pour lui signaler les oiseaux. Il pense que je plaisante mais voit les dindons. J'installe nos affaires dans l'affût et il part installer nos 2 appelants, une forme de jake dressé reliée au fil et devant lui une femelle couchée puis il revient s'installer et installer la caméra. Aujourd'hui, il n'a pas pris son call électronique mais des appeaux de type ardoises à frotter avec un bâtonnet. il a également troqué son arc contre son fusil. L'attente commence dans le silence, la clarté croit doucement, je contrôle la distance des appelants avec mon télémètre, ils sont à 15 mètres. Les dindons commencent à glouglouter sur notre droite, derrière nous et à moins 3 endroits de l'autre côté de la prairie, c'est incroyable, certaines femelles changent tellement fort qu'on croirait qu'il s'agit d'un chasseur qui appelle. Nous sommes en plein milieu de l'action. Vers 5 heures, un premier tom descend d'un arbre à notre gauche et se pose lourdement à environ 30 mètres en avant de l'affût. Il se gonfle, fait la roue et parade en tournant sur une petite zone. Je demande, en chuchotant, à Mathieu s'il ne calle pas et il me répond de même qu'il est trop proche. Le tom semble avoir vu les appelants. Il hésite se rapproche, repart, tourne et retourne. Les dindons vus en arrivant se débranchent à leur tour, le bruit caractéristique des vols lourds se fait entendre et je vois passer les dindons qui se posent en avant, plus bas dans la pente sur notre droite. Ça glougloute de partout. L'heure de l'ouverture approche, le tom du départ part sur la droite vers les autres dindons, il stoppe pour glouglouter plusieurs fois

Chroniques québécoises, un matin magique gâché par une mauvaise flèche, 29 avril 2023

puis je le perds un moment de vue derrière un gros rocher, il réapparaît puis joue à cache cache derrière les érables.

Chroniques québécoises, un matin magique gâché par une mauvaise flèche, 29 avril 2023

Brusquement,  il revient avec ce que je pense être une dinde, droit sur nous

Chroniques québécoises, un matin magique gâché par une mauvaise flèche, 29 avril 2023

mais le second oiseau se gonfle et fait la roue, ce sont 2 toms. Mathieu me chuchote que si 2 Tom se présente nous allons tirer tous les 2, moi celui de droite et lui celui de gauche et si un tom et un Jake arrivent, je tirerai le tom. Mathieu essaie de les faire rentrer sur les appelants mais ils sont méfiants et tourment entre 30 et 40 mètres, trop loin pour moi. Mathieu insiste quand aperçois 2 gros toms qui arrivent par la droite et montent droit sur les appelants d'un pas décidé. Je les signale à Mathieu et accroche mon décocheur. Les deux toms se suivent de près, ils passent devant la forme de jake gonflés.

Chroniques québécoises, un matin magique gâché par une mauvaise flèche, 29 avril 2023
Chroniques québécoises, un matin magique gâché par une mauvaise flèche, 29 avril 2023

Ils sont tournés et ne peuvent pas me voir armer, j'arme et aligne ma visée. Matthieu épaule, les toms se tournent vers nous et je me dis qu'il faut que je tire vite avant que Mathieu ne puisse plus tirer. Le dindon me semble presque de face, je vise rapidement et décoche. Ma flèche rentre dans le poitrail. Mathieu tire en pleine tête du second qui tombe sur place alors que mon dindon s'enfuit à la course. Matthieu explose de joie et semble très confiant pour moi, nous nous congratulons mais je pense déjà à mon dindon qui est parti, j'espère le retrouver. Je le perds vite de vue. Nous restons sans bouger et Mathieu continue à appeler des dindes se déplacent dans la pente sur notre droite. Après quelques instants elles traversent à environ 45 mètres devant nous inquiète et pressent le pas. Un mâle les suit et j'ai un mauvais pressentiment, j'espère que ce n'est pas celui que j'ai tiré. Lui aussi est inquiet et ne gonfle pas son plumage, il suit en arrière des femelles qui nous contournent à environ 50 mètres par la gauche. Elles avancent en regardant partout, ralentissent par moment pour regarder partout avant de repartir. Les oiseaux finissent par disparaître dans notre dos. Mathieu essaie d'appeler encore un peu mais le calme s'installe, tous les dindons sont partis.

Nous regardons la vidéo du tir, Mathieu est confiant. Nous décidons d'aller voir le dindon de Mathieu, il est magnifique, je suis vraiment content pour lui mais je ne vois pas mon dindon. Il y a du sang et des plumes à l'endroit des tirs mais impossible de dire s'il s'agit d'un dindon ou de l'autre. Nous faisons les photos du dindon de mon ami avant de partir chercher le mien, Mathieu qui pense avoir vu mon dindon bifurquer vers la prairie de droite, par chercher dans la pente alors que je cherche dans la direction de fuite du départ.

Chroniques québécoises, un matin magique gâché par une mauvaise flèche, 29 avril 2023

Pas de sang, pas de plume, pas de dindon. Nous tournons un moment sans succès avant de prospecter bande par bande de l'autre côté de la piste qui débouche sur la prairie. Mathieu par inspecter la prairie et le chaume de maïs alors que j'attaque ma recherche dans une sapinière. Plusieurs fois, des souches noires me donnent un faux espoir. La présence de corneilles qui ne veulent pas partir à mon approche me donne également espoir mais en vain. Impossible de retrouver mon dindon. Nous partons maintenant en arrière de l'affût pour vérifier si mon tom ne serait pas celui vu en arrière des femelles mais rien. Je dois me rendre à l'évidence, il est perdu. Nous retournons sur la zone du tir et revisionnons le tir, j'ai certainement taillé les filets, la présence d'une rémige arrière de l'aile coupée net au 2/3 m'indique à peu près la sortie de la flèche. Je suis passé dans la viande sans toucher les organes vitaux. J'ai beaucoup de mal à encaisser le coup.

Chroniques québécoises, un matin magique gâché par une mauvaise flèche, 29 avril 2023

Nous rassemblons nos affaires et retournons à la voiture. Demain nous allons chasser sur un autre secteur. Nous partons voir si nos amis ont fini leur chasse mais le pick-up est toujours garé à la ferme.

Nous partons chercher un petit quelque chose à manger en ville. En route nous tombons sur un des ratons laveur de ce matin qui a été percuté par une voiture en traversant la route. Notre déjeuner acheté, nous nous garons devant chez Rémo pour attendre nos compères en mangeant. Ils n'ont malheureusement pas fait chasse les mâles ne se sont pas intéressés à leurs appels et sont rentrés au bois derrière les dindes, hors de portée de tir. Nous profitons un peu du soleil sur la terrasse en attendant midi mais le vent qui se lève n'est pas chaud et apporte des nuages. La pluie est annoncée pour demain. Mathieu et Rémo partent pour un run and gun alors que Cablou fait cuire les abats et le second filet de mon dindon d'hier au barbecue. 

Chroniques québécoises, un matin magique gâché par une mauvaise flèche, 29 avril 2023

Nous mangeons les abats en attendant les chasseurs et Cablou découpe en petits morceaux le filet pour préparer des galettes mexicaines dindon, mozzarella, sauce barbecue qui nous régaleront au retour de Mathieu et Rémo. Après manger il est temps d'aller débarrasser la chambre et de partir pour le secteur de chasse de demain où nous chasserons avec un guide. Le grand soleil de ces derniers jours fait place à un ciel tout gris et beaucoup de vent, en route nous auront droit à quelques gouttes de pluie. Nous apercevons plusieurs marmottes, cerfs et dindons en chemin. Mathieu cherche un hôtel et finit par en trouver un à 30 minutes de notre rendez-vous de demain matin. Nous nous installons alors que la pluie se met à tomber avant de nous changer pour aller manger un bout en ville.

 

Alex 

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2 mai 2023 2 02 /05 /mai /2023 02:29

Ce matin, je suis réveillé vers 1h30 et impossible de me rendormir, entre le décalage horaire et le stress de la chasse. Le réveil sonne à 3h30 et je réveille Mathieu que mon réveil au chant du merle n'a pas sorti de son sommeil. Nous nous préparons rapidement puis  partons pour la zone de chasse. En passant devant chez Rémo, nous constatons que ce dernier et Cablou ne sont pas en train de se préparer. Leur réveil n'a pas sonné. Nous arrivons vers 4 heures à la cabane de l'érablière.

Chroniques québécoises, un jake pour l'ouverture, 28 avril 2023

Nous préparons nos affaires à la lueur d'une lampe qui reste allumée en permanence devant la cabane et partons de nuit vers notre affût sans éclairage et le plus discrètement possible, chargés de notre matériel, pour ne pas alerter les oiseaux endormis. Il fait froid ce matin. En arrivant près du blind Mathieu imite plusieurs fois le cri du hibou qui fait généralement répondre les dindons mais la nuit reste calme à part le chant des grenouilles.

Nous nous installons rapidement dans notre affût puis Mathieu part positionner les appelants à 18 mètres dans la prairie. Nous prenons nos marques, je teste l'armement de mon arc et positionne au mieux ma chaise pour pouvoir tirer confortablement. Mathieu s'installe et met en place la caméra puis l'attente commence. Il a pris son fusil et son arc pour palier à toute possibilité. Il est environ 4h30 et l'ouverture de la chasse est à 5h15. Mathieu lance quelques appels avec son call électronique mais toujours pas de réponse. L'attente commence dans un silence de cathédrale quand des dindons se mettent à glouglouter dans notre dos, dans l'érablière, ils sont perchés derrière nous. Ça sent bon pour notre chasse et nous jubilons. Les cris des dindons se font de plus en plus présents alors qu'il va être l'heure de chasser quand un faisceau de lumière se rapproche de la lisière du bois d'en face. Nous hallucinons et pestons à voix basse. Ce chasseur est en train de nous griller notre chasse. Il sort sur la prairie et éclaire vers nous puis en tous sens alors qu'il fait déjà assez clair pour voir à 20 mètres.

Chroniques québécoises, un jake pour l'ouverture, 28 avril 2023

Il tourne un moment dans la prairie pour, certainement, poser ses appelants puis rentre au bois toujours avec sa frontale allumée et commence à monter dans une cache, perchée dans un arbre, en lisière du bois en éclairant tout le secteur. Arrivé dans son affût, il tente d'éteindre sa frontale qui se met en position stroboscopique puis en lumière rouge avant de s'éteindre définitivement.

Le jour se lève doucement, les dindons donnent de la voix derrière nous et nous commençons à les entendre descendre bruyamment des arbres pour rejoindre le sol avec des battements d'ailes lourds. Mathieu joue du call électronique pour tenter de les faire venir mais les oiseaux, certainement alertés par la lumière, tournent un moment en arrière de nous sans vouloir venir à découvert sur les appelants.

Chroniques québécoises, un jake pour l'ouverture, 28 avril 2023

Mathieu les voit passer plusieurs fois, au travers d'une petite ouverture sur l'arrière de la tente. Le temps passe et les dindons semblent s'éloigner de plus en plus jusqu'à ce qu'on ne les entende presque plus. Mathieu continue à jouer du call de temps en temps, une biche sort au loin, dans la prairie, sur notre droite puis s'éloigne et disparaît, une autre sort, plus à gauche, du bois d'en face et se met à manger dans le chaume de maïs. Je surveille le secteur quand un léger mouvement attire mon regard sur la droite, contre le bois, au niveau des herbes hautes et sèches qui bordent un fossé, à environ 100 mètres. C'est une tête de dindon. Je le signale à Mathieu, le dindon s'avance vers nous de quelques mètres et se gonfle, fait la roue puis parade alors qu'une femelle sort du bois plus en arrière et s'avance dans la prairie. Mathieu appelle et me dit qu'il s'agit d'un jake (dindon mâle de 1 an) que j'avais déjà reconnu grâce aux plumes centrales de sa queue plus longues que les autres. Il tourne et retourne, avance peu, parade, avance un peu en zigzagant dans la prairie tout en se rapprochant lentement. Alors qu'il vient vers nous, je suis pris de tremblements incontrôlables, je ne saurais pas dire si c'est dû au froid ou au stress comme le pense Mathieu. La dinde prend peur et revient au bois à la course. Mathieu me chuchote de ne pas bouger. Petit à petit, le jake arrive jusqu'à rentrer dans les appelants.

Chroniques québécoises, un jake pour l'ouverture, 28 avril 2023
Chroniques québécoises, un jake pour l'ouverture, 28 avril 2023Chroniques québécoises, un jake pour l'ouverture, 28 avril 2023

Mathieu me chuchote d'armer mon arc quand le dindon me tournera le dos en faisant la roue et ne pourra ainsi pas me voir. Je le laisse ainsi tourner dans les appelants jusqu'à pourvoir armer mon arc et aligner ma visée en attendant l'occasion de tir. Au bout d'un instant, il se tourne plein travers. Je cale ma visée au pli de l'aile, il pivote un peu en 3/4 arrière. Ma visée est calée un peu plus en arrière, je décoche. Ma flèche atteint l'oiseau qui tente de démarrer mais chute et s'immobilise presque aussitôt.

Chroniques québécoises, un jake pour l'ouverture, 28 avril 2023

Je suis aux anges, je viens de prélever mon premier dindon et avec une flèche parfaite. Elle rentre dans le haut de la cuisse et sectionnant le fémur et ressort dans le pli de l'aile en coupant le foie et le cœur en 2.

Nous restons un moment encore au poste en continuant les appels au cas où mais le temps passe et le calme s'installe sous un superbe soleil. Nous décidons d'aller voir mon dindon.

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Je suis vraiment étonné par son poids et la beauté de don plumage aux reflets verts et cuivrés. Je ne me lasse pas de l'admirer. Les mâles plus âgés sont généralement encore plus gros. Ma flèche, stoppée par les plumes et les os de l'aile, est restée en travers de l'oiseau. Je la dégage en dévissant la lame. Je suis content d'avoir choisi les Rage Titanium qui semblent très efficace sur le dindon qui comme tous les oiseau est très robuste et possède une petite zone vitale. 

Chroniques québécoises, un jake pour l'ouverture, 28 avril 2023

Je ramène mon dindon en lisière du bois

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pour faire quelques photos 

Chroniques québécoises, un jake pour l'ouverture, 28 avril 2023
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Chroniques québécoises, un jake pour l'ouverture, 28 avril 2023Chroniques québécoises, un jake pour l'ouverture, 28 avril 2023

et apposons mon coupon 1 de mon permis sur la patte de l'oiseau

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avant de ranger nos affaires. Les Chassomaniaks ont fait chasse au fusil ce matin, Stéphanie a fait un superbe tom vers 5h25, Charles a fait un très beau doublé de toms et Michel qui m'a guidé hier a fait également son tom.

Chroniques québécoises, un jake pour l'ouverture, 28 avril 2023
Chroniques québécoises, un jake pour l'ouverture, 28 avril 2023Chroniques québécoises, un jake pour l'ouverture, 28 avril 2023

Mathieu part chercher son pick-up alors que je rassemble les affaires et mon dindon au départ de la piste.

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En attendant Mathieu je perçois du mouvement dans le chaume de maïs, en zoomant avec mon appareil photo j'identifie des bernaches à plusieurs centaines de mètres.

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Nos affaires rangées, nous partons déplacer la tente, Mathieu pense qu'il est plus judicieux de la positionner dans l'érablière, au sommet de la pente qui remonte de la prairie. Nous la déplaçons donc

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et Mathieu installe un fil et 2 passants vissés au sol. Le fil part de la tente jusqu'à la tige de support d'un appelant pour pouvoir le faire bouger et exciter les dindons.

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Mathieu teste son dispositif avec l'appelant. Le fil frotte bruyamment sur les feuilles mortes au sol, je nettoie donc des zones bruyantes et nous apposons par endroit des bouts de branches pour surélever le fil. Mathieu récupère l'appelant et laisse le dispositif avec la tige de fixation en place puis nous rentrons chez Rémo où nous retrouvons ce dernier et cablou qui me félicitent.

Nous partons pour poser l'affût de Cablou et Rémo, nous nous garons dans la ferme où nous nous sommes arrêtés hier soir après avoir vu les dindons. Alors que le frère de Mathieu et Rémo partent vers le bois à travers champ, Mathieu sort son drone pour faire des images. Alors qu'ils arrivent près du bois, ils nous font signe, une harde de cerfs de Virginie saute en tous sens dans le champ avec leurs queues retournées sur le dos et toutes ébouriffées. Les animaux rentrent au bois les uns après les autres et disparaissent. En rentrant au bois, Cablou trébuche et tombe, filmé par le drone, ce qui nous fait rire. Nous attendons qu'ils installent leur blind et reviennent, le propriétaire des lieux vient nous saluer avec son fils. Nous discutons un peu puis après le retour de nos collègues, nous retournons chez Rémo.

En arrivant, Mathieu et Rémo partent rapidement pour un run and gun au fusil, c'est à dire une chasse à l'approche à l'appel. La chasse ferme à midi, il leur reste un peu plus d'une heure alors que je vais préparer mon jake avec Cablou. La technique consiste à peler l'oiseau, généralement, les québécois ne gardent que les filets et les hauts de cuisses, j'ai un peu de mal à ne pas employer la totalité de la carcasse mais je ne suis pas chez moi et il me faut faire avec les traditions locales. Nous gardons également les abats : cœur et foie que Cablou préparera. Au retour de Mathieu, nous partons nous acheter de quoi manger ce midi puis partons nous reposer à l'hôtel. En milieu d'après-midi, nous retournons chez Rémo qui doit me montrer des coins à marmotte. Nous nous garons chez son père qui possède une ferme un peu avant l'érablière où nous avons chassé ce matin. C'est juste en face de là que j'ai repéré la marmotte hier après-midi.

Chroniques québécoises, un jake pour l'ouverture, 28 avril 2023

Rémo me dit que je peux aller tenter ma chance sur cette marmotte et qu'il va aller voir s'il y en a d'autres derrière la ferme de son père en allant chercher des "têtes de violon", jeunes pousses de fougères encore enroulées que Cablou veut nous préparer pour ce soir avec mon dindon qu'il a mis à mariner. J'attrape mon arc et enfile mon gilet fluo puis traverse la route et pars vers la bute mais pas de marmotte aujourd'hui. Rémo m'a indiqué un autre secteur un peu plus loin derrière le bois. Je prends un chemin forestier qui me fait ressortir à l'autre bout du bois. 3 biches broutent à environ 100 mètres sur ma gauche dans le chaume de maïs. Je m'approche un peu pour les prendre en photo

Chroniques québécoises, un jake pour l'ouverture, 28 avril 2023

alors qu'un grand groupe de bernaches du Canada est posé dans les champs à plus de 100 mètres, en avant du bois.

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Mes photos prises, je tente de m'approcher un peu des oies pour faire quelques photos alors que les biches me repèrent et s'élancent à la course pour faire une grande boucle en arrière des oies. Ces dernières s'envolent en donnant de la voix et en formant 2 vols en V, qui s'éloignent dans mon dos de part et d'autre du bois. Je pars jeter un coup d'œil à la bute un peu plus loin, indiquée par Rémo mais sans plus de succès.

Je retourne vers la ferme où je retrouve Mathieu qui me propose d'aller faire un tour de prospection en voiture et prenant la route qui tourne autour du grand bois où se trouve notre affût. La route goudronnée laisse place à une piste gravillonnée, une biche rentre tranquillement au bois sur notre gauche en bordure de la prairie. Aucun dindon en vue autour du bois par contre je repère un gros tom de l'autre côté de la route, avec une femelle et quelques biches. Il semble très gros et parade en suivant une dinde.

Chroniques québécoises, un jake pour l'ouverture, 28 avril 2023

Nous retournons à la ferme et retrouvons nos compères. Nous signalons ce gros tom à Rémo. Après une visite rapide de la ferme de vaches laitières dont les bâtiments sont d'une propreté remarquable, Rémo me propose de m'amener en quad voir 2 marmottes repérées en allant faire la cueillette. Nous partons donc pour longer un ruisseau encaissé dont les talus abrupts des berges sont percés de trous abritant les gros rongeurs. Nous ne tardons pas à repérer la première marmotte très sombre dont m'avait parlée Rémo. Elle est debout en observation près de son terrier, à plus de 100 mètres, juste sous la cassure du talus, près de la bordure du champ de droite. Je traverse le ruisseau, remonte le talus raide puis fais une grande boucle dans le champ pour revenir vers l'endroit où se trouvait la marmotte que j'ai perdue de vue derrière la pente du talus. Je me rapproche ensuite très doucement du ruisseau. J'aperçois alors un rat musqué en boule au bord de l'eau et tourné vers moi. Il semble prendre les derniers rayons du soleil qui commence à descendre. Je l'observe un instant et regrette d'avoir laissé mon appareil photo à la voiture. J'avance doucement en haut du talus en cherchant la marmotte mais elle est déjà au terrier. Le rat musqué s'étire et commence à brouter tranquillement, cet animal considéré comme nuisible en France ne peut pas être chassé à tir au Québec, on peut juste le trapper. Je le laisse donc tranquille mais mes allers-retours le long du ruisseau à la recherche du terrier le font plonger et disparaitre.

Je retourne vers Rémo qui vient à ma rencontre. Il me conduit un peu plus loin, près d'un bosquet longé par le ruisseau et me montre plusieurs trous qui semblent fréquentés mais malheureusement sans marmottes aujourd'hui. Une forte odeur de moufette plane dans l'air. Rémo m'explique où il a vu l'autre marmotte en bordure de la rivière. Je pars à pied et longe le ruisseau jusqu'à la rivière puis commence à longer cette dernière. Un rat musqué traverse dans ma direction mais plonge brusquement, 2 canards carolins décollent près de moi. Je continue un moment sans voir la moindre marmotte. Je fais demi-tour alors que Rémo arrive à ma rencontre. Il fera bientôt nuit, nous rentrons aux voitures. Nous discutons un moment avec le père de Rémo qui est originaire de la Suisse, Rémo est arrivé ici quand il avait 12 ans. J'ai beaucoup de mal a le comprendre quand il parle. Il est temps de rentrer manger. En chemin j'aperçois les dindons près de l'affût de Rémo et Cablou. Nous nous garons pour les observer un instant, ils se dirigent vers le bois pour rentrer à 40 mètres du blind. Rémo et Cablou n'arrivant pas nous continuons, je n'en reviens pas du nombre de cerfs de Virginie qu'on aperçoit dans les champs, la grande harde est encore là ce soir. Arrivé chez Rémo nous nous étonnons de ne pas voir arriver nos collègues et Mathieu tente de les appeler. Ils finissent par arriver, ils ont fait une boucle pour prospecter.

Il est temps d'aller manger avant de nous coucher tôt car demain le réveil sonnera à 3h30. Je nettoie les pousses de fougères encore partiellement couvertes d'une enveloppe brune. Cablou tranche de fines tranches dans un des blancs du dindon mariné,

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Rémo a également sorti de l'orignal que Mathieu découpe en petites tranches, des crevettes et des noix de saint Jacques pour une fondue avec du fromage que Rémo a ramené de Suisse récemment. Je ne toucherai pas au fromage mais tout le reste est un délice y compris les pousses de fougères. Nous partons nous coucher après avoir bien mangé.

Alex 

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, rarement le télémètre)... souvent juste mon arc, mon couteau et mon appareil photo, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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