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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 21:32

Depuis que les maïs ont été moissonnés, la chasse du chevreuil est devenue assez difficile car ils me voient arriver de loin, voire de très loin et pour ne rien arranger le sol très sec, à cause des températures anormalement élevées, est très bruyant, les bordures de bois sont tapissées de glands, les champs travaillés jonchés de débris végétaux craquent sous mes pas, les sous-bois croustillent comme un tapis de chips. Il me reste encore 4 bracelets à boucler et c'est loin d'être gagné, de plus, on change bientôt d'heure et la chasse en sortant du boulot sera vite réduite à de très courtes sorties. Ce soir, il fait beau mais le vent souffle très fort et peut me permettre d'approcher plus facilement. Je décide donc de tenter ma chance en sortant du boulot. Je pars donc pour Labéjan et me gare en crête près des chaumes de maïs, me prépare puis escalade le talus du fossé de la route pour longer le haut des anciens champs de maïs dont une partie à peine récolée a déjà été retournée. Un coup d’œil sur le secteur, pas de chevreuil.

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

J'avance tranquillement et passe le bosquet que les maïs entouraient il y a encore quelques temps, rien non plus dans le chaume.

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

Je continue un peu et jette un coup d’œil sur les chaumes au loin sur ma droite sous le lac.

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

Rien vu non plus, je continue en crête vers le chemin de terre un peu plus loin

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

puis le longe en direction du bosquet sous lequel j'ai fléché le brocard malade et une chevrette cette année. Je quitte le chemin et biaise vers le bosquet à travers le semé de colza puis longe le petit bois sans rien voir. Arrivé au bout de ce dernier, je jette un coup d’œil sur le bas du bosquet en me penchant doucement, caché derrière l'angle. Rien en vue, je décide de changer un peu de mon tour habituel et de faire le tour du grand bois pour revenir à bon vent vers le lac mais pas le moindre chevreuil dans le secteur, tout juste quelques palombes qui s’envolent à mon arrivée. J'arrive au passage busé qui traverse le ruisseau d'alimentation du lac et le franchis pour remonter vers un bosquet près de la ferme où j'ai vu une chevrette et son chevrillard il y a quelques jours. Le haut du bosquet a subit une grosse coupe qui n'a laissé que quelques arbres mais une bande épaisse est encore présente en bas du bois, j'avance doucement dans la partie claire pour essayer de voir des animaux mais sans succès. Je remonte vers la crête. Mon téléphone sonne, je suis loin des chevreuil, je décide de répondre, c'est Renaud. Nous discutons un moment alors que j'avance en longeant la crête mais alors que je passe au-dessus du bosquet qui était dans les maïs avant la moisson, j'aperçois des chevreuils près de la haie qui bordait le bas du champ de céréale. Je coupe donc court à notre conversation pour tenter une approche.

Le vent souffle dans mon dos et les chevreuils avance nez au vent vers le bas du bosquet. Je n'ai pas le temps de les contourner, je décide donc de tenter une approche culottée. Je fais marche arrière, passe derrière le bosquet puis descends le champ au pas de course jusqu'au pied du bosquet. Un coup d’œil, les chevreuils ne sont pas encore en vue, le relief du champ me les cache, je reprends ma course à travers un champ travaillé, en direction d'une haie qui remonte, à la perpendiculaire, sur environ 70 mètres, du grand bois qui remonte sur le penchant opposé, avant de bifurquer à 90° pour suivre le fond de l'ancien champ de maïs à environ 40 mètres de l'autre angle bas du bosquet. Je pensais ensuite suivre la haie pour intercepter les chevreuils mais alors que je suis au milieu du champ, à découvert, une chevrette et ses 2 chevrillards arrivent au galop dans le champ travaillé de l'autre côté de la haie. Je me fige mais la pente du terrain leur permet de me voir par-dessus la haie. Ils se figent également et m'observent. Je ne bouge pas pendant un bon moment, ils sont à 80 ou 90 mètres, la chevrette finit par se remettre à manger, j'attends un peu mais elle ne semble plus faire attention à moi, j'avance doucement pour passer derrière la haie puis remonte vers le grand bois. Je vois toujours les chevreuils qui avancent vers le bois. Je rentre dans le bois par un chemin de débardage et me dirige doucement, en essayant de ne pas faire trop de bruit, en suivant les coulées, vers l'endroit où je pense les voir entrer dans le bois mais, malgré mes précautions, je fais trop de bruit et je ne les reverrai pas. Je traverse la bordure épaisse du bois par une grosse coulée et ressors sur le champ travaillé. Les chevreuils ont disparu.

Je rejoins la haie qui borde le haut de la parcelle puis la longe pour rejoindre le bas d'un bois et aboutis ensuite à un passage, entre le bord du bois et une grosse haie épaisse, qui débouche sur des champs labourés. J'avance doucement en passant le passage et regarde alternativement à droite et à gauche. A gauche, le champ labouré et vallonné remonte en suivant le bord du bois, à ma droite un petit bosquet, à environ 30 mètres de la grosse haie, biaise doucement pour s'éloigner de la haie sur environ 100 mètres et délimite ainsi une bande étroite de labour s'ouvrant ensuite sur un grand champ. Au fond de la parcelle, à environ 200 mètres, coule un ruisseau pris dans une bande boisée qui part du grand bois dans lequel j'ai tenté une approche tout à l'heure. En avançant tout doucement, j'aperçois, à ma droite, un brocard et une chevrette qui semble sortir de la haie pour s'avancer dans le labour en direction du bout du bosquet. Je me recule doucement au bout de la grosse haie et me poste pour les observer. Le brocard est à 30 mètres environ devant la chevrette. Pensant les voir passer derrière le bosquet, j'attends ce moment-là pour m'avancer au bout du bosquet pour tenter une approche mais 2 chevrillards surgissent de la haie et rejoignent la chevrette qui reste avec eux près de la haie alors que le brocard décide de bifurquer et de venir droit sur moi.

Je ne bouge pas et le laisse venir. Il avance tout doucement en faisant des pauses pour brouter quelques rares herbes dans le labour. Il se rapproche peu à peu alors que la chevrette biaise maintenant avec ses petits vers le ruisseau au fond du champ. Je crains de voir le brocard les rejoindre alors qu'il s'arrête pour regarder vers eux mais il se remet à brouter puis reprend sa progression vers moi, quelque chose de bizarre m'intrigue au niveau de sa tête. Il biaise maintenant vers le bosquet tout en broutant à environ 50 mètres mais, brusquement, il bifurque à nouveau et part vers la haie en biaisant pour s'éloigner doucement toujours en broutant de temps en temps. Arrivé près de la haie, il se ravise et revient vers le milieu de la bande de labour entre la haie et le bosquet puis se remet à venir doucement vers moi. Il avance doucement puis à environ 45 mètres se met à gratter le sol et se couche tourné face à moi, il semble avoir une joue gonflée. Impossible de l'approcher, le temps passe, il regarde par fois derrière lui vers la chevrette et ses petits. Après de longues minutes, il se relève mais se tourne et part de 3/4 arrière comme pour rejoindre la haie. Il avance lentement en broutant, sa tête semble déformée par une masse au niveau de la joue.

Je décide de tenter l'approche bien que je n'ai pas grand espoir la réussir. Je m'avance très lentement en collant la haie et m'arrête à chaque fois qu'il relève la tête mais il ne regarde jamais vers moi, par contre je dois surveiller également la chevrette et ses chevrillards qui broutent plus loin et m'arrêter aussi dès qu'ils relèvent la tête. De 3/4 arrière, tête basse la masse sur le côté de sa tête est bien visible. Je profite de chaque fois qu'il se tourne de cul pour avancer plus vite et gagner du terrain mais lui aussi avance doucement et je peine à le rattraper car le terrain sec est bruyant et, malgré le vent très fort, je crains d'être repéré. Tout à coup, le brocard s'immobilise de 3/4 arrière tête haute, il semble regarder vers la haie, c'est alors que j'aperçois une autre chevrette qui sort de la haie avec ses petits, j'en profite pour avancer assez rapidement et arrive à environ 30 mètres du brocard qui n'a pas bougé. Une branche qui sort de la haie va m'obliger à m'écarter de la haie pour avancer sans bruit mais je risque d'être repéré. Tout se précipite, le brocard repars plein travers vers la haie, il est malade et je n'aurais pas de meilleure occasion de tir, de plus la luminosité baisse, j'arme mon arc, prends la visée un peu en avant sur le brocard qui avance d'un pas très lent et décoche. L'impact retentit mais je n'ai pas clairement identifié mon atteinte. Le brocard fait volte-face et part vers le bout du bosquet avec une course saccadée puis s'effondre dans le labour au bout du bosquet environ 50 mètres plus loin. Il se débat un peu puis s'immobilise. Les chevrettes et les chevrillards s'enfuient et disparaissent derrière le bosquet.

Je décide de remonter pour passer derrière le bosquet pour tenter de voir où ils vont quand j'aperçois un autre chevreuil qui descend par le labour et semble venir vers moi. Je profite du relief vallonné du terrain qui me le cache pour me poster au bout du bosquet, j'attends un moment sans bouger mais la luminosité baisse et ma patience a déjà été mise à rude épreuve ce soir. Je décide de m'avancer doucement et aperçois un lièvre qui revient vers le bois, le chevreuil est encore à 100 mètres environ. Je décide de laisser tomber et pars chercher mon brocard. Je sais où il est et pars directement vers lui sans chercher le sang. Une ligne de sang est très marquée sur les 15 derniers mètres avant le chevreuil.

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

C'est alors que j'aperçois les 2 chevrettes et les 4 chevrillards qui me regardent sans bouger à environ 60 mètres comme s'ils attendaient le brocard. Ils se décident enfin à partir après un moment alors que j'essaie de les photographier, sans arriver à avoir une photo nette. 

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

Ils filent vers une haie à environ 400 mètres. J'observe alors mon brocard, ma flèche est plein cœur. Une masse mole de la taille d'un pamplemousse gonfle sa joue. Je m'apercevrais au dépeçage qu'il s'agit en fait d'un très gros abcès qui a creusé une cavité derrière son orbite.

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

J'attache ses 4 pattes ensemble, le charge sur mon épaule puis remonte vers ma voiture alors que la nuit tombe.

Un brocard particulier pour mon 120 ième chevreuil à l'arc, 21 octobre 2014

Alex

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 20:14

Ce soir le temps est menaçant, en sortant du boulot, je pars chasser sur Labéjan. Sur la route, il commence à pleuvoir, en arrivant à 300 mètres de l'endroit où je me gare habituellement, j'aperçois 2 chevrillards qui sortent du bois à ma gauche et viennent vers la route. En apercevant ma voiture, ils font demi-tour et reviennent au galop vers le bois. Je ne ralentis pas et pars me garer puis je me change rapidement alors que la pluie s'est déjà calmée. Je reviens rapidement par la route vers les chevrillards, le vent souffle dans mon dos mais ils sont déjà à couvert quand j'arrive. Je quitte donc la route, j'escalade le talus du fossé puis pars à travers champ vers le bois qui domine les maïs. Je rejoins la bordure de ce dernier qui se poursuit par une grosse haie épaisse rejoignant un petit bosquet carré. Au niveau de ce bosquet, je profite d'une grosse coulée pour y rentrer. La pluie a mouillé le sol et ramolli les feuilles mortes ce qui me permet de traverser le petit bois sans trop de bruit, de plus les gouttes qui tombent des feuillages font pas mal de bruit et couvrent ma progression lente. Pas de chevreuil, je ressors dans un pré fauché et le traverse en biais pour rejoindre le coin rentrant du bois en L. Arrivé dans le coin, je rentre dans le bois par une grosse coulée et la longe doucement. A ma droite, le bois est assez dense et descend doucement vers le ru du déversoir du lac en amont. A ma gauche, il est assez clair et remonte vers la crête. J'observe le sous-bois en avançant tout doucement mais ressors de ce dernier dans un coin rentrant du bois qui borde maintenant les maïs sans avoir vu de chevreuil. Le vent s'intensifie et souffle vers moi, la pluie recommence à tomber également. Les conditions sont parfaites pour réaliser une approche.

Je descends vers le ru en longeant le maïs, rien dans le premier passage de canon, rien dans le second, rien sur la bande enherbée qui borde le ru. Je traverse ce dernier au coin du bois par un passage busé, rien de l'autre côté de la haie qui longe le ru, sur la bande enherbée qui borde l'autre parcelle de maïs. Je remonte donc en suivant la bordure du second maïs, je jette un coup d'œil rapide au trois passages de canon successifs sans succès de la bordure puis, après avoir jeté un coup d'œil sur le haut de la parcelle qui borde une parcelle travaillée, je fais demi-tour, hésite un peu puis décide de commencer par longer le passage de canon du milieu où j'ai fléché un pigeon colombin incapable de s'envoler le 5 octobre.

Enfin la pluie, 9 octobre 2014

La pluie s'intensifie, le vent fort se lève face à moi et je suis très vite trempé. J'ai fait à peine 40 ou 50 mètres dans le passage qu'un chevreuil surgit sur la droite du passage à environ 150 mètres devant moi. Je rentre rapidement dans le premier sillon de maïs à ma droite et commence à le remonter rapidement en profitant des conditions météo exécrables qui cachent totalement le bruit de ma progression.

Enfin la pluie, 9 octobre 2014

Je surveille, en me penchant doucement entre les pieds de maïs à ma gauche, de temps en temps, le chevreuil qui semble vouloir venir vers moi. C'est un brocard, peut être celui vu et approché le 5 octobre dernier, au bord du bois, un peu plus loin.

Enfin la pluie, 9 octobre 2014

Alors que je ne suis plus qu'à 30 mètres, je jette à nouveau un coup d'œil au brocard, il est toujours paisible, je reprends ma progression rapide et me repenche à environ 10 mètres de lui, il vient vers moi sur 2 mètres environ puis se tourne plein travers la tête à droite dans le maïs, j'avance d'environ 2 ou 3 mètres, me penche doucement à gauche pour tirer entre les pieds de maïs en armant mon arc et prends vite ma visée pour décocher. Ma flèche frappe le brocard en avant de l'épaule, trop en avant, j'ai tiré trop vite, un bruit de fracture retentit et le brocard sursaute en poussant un cri rauque. Il rentre dans le maïs dans un grand fracas avec ma flèche en travers et semble se débattre sur place puis démarre pour foncer à toute allure dans le sillon à ma droite et chuter juste à côté de moi en plantant son nez dans la boue. Il se débat un court instant au sol et s'immobilise. Heureusement qu'il n'a pas pris mon sillon car il m'aurait fauché au passage car tout s'est passé si vite que je n'aurais pas eu le temps de l'éviter.

Je pose mon arc dans le passage pour marquer la position de mon brocard et pars chercher ma flèche que je trouve brisée en 2 morceaux, 2 mètres après le tir dans le maïs.

Enfin la pluie, 9 octobre 2014

Pas mal de sang est visible dès le départ du brocard malgré la pluie très forte.

Enfin la pluie, 9 octobre 2014

Je retourne à mon brocard mort sur le flanc. Ma flèche lui a cassé les 2 pattes avant et n'a pas touché les poumons ni le cœur. Il est difficile de comprendre comment il pouvait courir aussi vite avec les 2 pattes brisées.

Enfin la pluie, 9 octobre 2014

J'appose mon bracelet puis le sors sur le passage pour faire quelques photos toujours sous une pluie battante. Je le traîne ensuite au bord du maïs coté route, le terrain trempé et argileux glisse et je peine à avancer. Je le laisse juste au bord du champ derrière le premier rang de maïs pour venir le chercher en voiture tout à l'heure. Le temps est idéal pour l'approche, je décide de reprendre ma chasse.

Je rejoins la route et repars vers la parcelle de l'autre côté du ru pour prospecter le long des passages de canon. Il me faut à chaque fois revenir à bon vent pour commencer mon approche et je dois contourner la parcelle pour démarrer côté bois. Des traces toutes fraîches de chevreuil me donne espoir dans le premier passage de canon mais leur propriétaire est introuvable. Une fois les 2 passages de cette parcelle faits, je retraverse le ru pour prospecter le passage le plus près du ru sur l'autre parcelle. J'arrive au bout sans rien voir, je décide donc de prospecter le dernier passage en haut de la parcelle mais je n'ai pas le courage de repartir en arrière pour attaquer à bon vent. Je remonte donc coté route le long du maïs, jette un coup d'œil sur le passage où j'ai fléché mon brocard sans rien voir puis poursuis ma route jusqu'au passage suivant et commence à le longer toujours sous une pluie assez intense. Très rapidement, un démarrage se fait entendre dans le maïs, à ma gauche, je fais rapidement demi-tour et me rends compte que le vent dans mon dos remonte un peu vers le haut du champ. j'ai dû être senti, je remonte au coin de la parcelle et aperçois une chevrette qui regarde vers moi, plein travers à 30 mètres environ dans le champ travaillé. Je suis à mauvais vent, elle m'aboie, je lui réponds, elle aboie à nouveau mais finit par démarrer, remonte vers la crête au galop et disparaît derrière le relief en se dirigeant vers la route. Je la vois réapparaître à 400 mètres environ dans le champ de colza vallonné de l'autre côté de la route alors qu’elle remonte après un creux du champ. Elle est plantée et ne bouge plus. Je décide de revenir dans le passage pour tenter d'apercevoir un autre chevreuil. J'avance doucement en surveillant les premiers rangs perpendiculaires au passage quand j'aperçois un chevrillard qui se débine dans une zone étroite d'herbes vertes, d'une 15ène de mètres de long, où le maïs n'a pas poussé. J'avance pour le suivre. Il bifurque pour remonter vers le haut du champ et s'arrête de cul à environ 12 mètres, j'arme mon arc et prends la visée mais je ne sens pas le tir et le chevrillard en profite pour repartir et disparaître dans les céréales. Je poursuis ma progression dans le maïs pour tenter d'apercevoir un autre chevreuil mais ne voyant rien je reviens à bon vent par le haut du champ mais le chevrillard ne se remontrera pas. La pluie s'est calmée, je suis complètement trempé et mes habits collent à ma peau et le frottement est assez irritant. 

Je remonte vers ma voiture par la route alors que la luminosité baisse rapidement pour tenter d'approcher un chevreuil de l'autre côté de la crête où le maïs a été presque totalement moissonné. Ne reste qu'une bande étroite sur la droite du bosquet que le maïs bordait des 2 côtés. Je passe la crête et me dirige vers ce reste de maïs. Je jette un coup d'œil sur le haut de la parcelle puis pars en longeant doucement le bosquet mais il fera vite nuit. Pas de chevreuil ce soir. En arrivant au coin bas de la bande étroite de maïs, j'aperçois 2 chevreuils sur la bande enherbée. Ils m'ont vu avant que je les vois et remonte vers le bois. Il fait presque nuit. Je les perds vite de vue, 4 autres chevreuils passe la crête longée par le chemin de terre et rejoignent les 2 chevreuils que je viens de voir mais il fait trop sombre pour que je puisse les voir sur le champ travaillé. Je retourne à ma voiture et pars chercher mon brocard avant de rentrer.

Enfin la pluie, 9 octobre 2014

Alex

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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 20:41

Ce soir, je retourne chasser sur Labéjan. Ayant constaté que les chevreuils étaient peu présents sur les maïs en dessous du lac, je décide de concentrer ma soirée autour du maïs où j'ai fléché le chevrillard l'autre jour. Je me gare donc au bord de la route près du maïs. Il est encore tôt et je décide d'aller chasser près d'un petit bosquet à environ 1 kilomètre, près de la limite de la société de chasse. J'y ai constaté une bonne fréquentation des chevreuils. Je pars donc en suivant un chemin de terre qui par de la ferme pour rejoindre la crête de la colline suivante. Arrivé en crête, je jette un coup d'œil sur le penchant suivant sur lequel descend une parcelle de luzerne suivie d'un champ travaillé qui borde le bois qui remonte sur le penchant suivant. Je suis le chemin et arrive dans un virage à 90° à gauche. Sur la droite du chemin une combe est couverte d'un semé de colza qui descend jusqu'à un fossé dans le bas fond. Cette parcelle remonte à droite vers un bois qui borde la crête avant de descendre dans la combe. En face cette bande boisée, un bosquet démarre du fond de la combe et remonte sur le penchant opposé. Je descends dans le semé en biaisant à gauche vers le bord du bosquet. Arrivé en lisière, je longe le fossé qui le borde, des sangliers se sont baignés dans le fossé il y a quelques jours, des coulées bien marquées traversent ce fossé et rentre au bois. La végétation y est couverte de boue séchée.

En arrivant au coin du bosquet, j'aperçois un brocard tourné vers la gauche qui fait sa toilette, de l'autre côté du fossé du fond de combe, à environ 40 mètres. Il se lèche le flanc opposé à ma position et ne m'a pas vu. J'en profite pour me caler contre le bosquet. Le fossé est bordé par des touffes de végétation épaisse, d'arbustes et de ronces mais cet écran végétal est clair semé et parfois trop bas pour me cacher. L'approche risque d'être compliquée. Pour l'instant, j'observe le brocard qui me semble maigre, les os sont saillants. Alors qu'il redresse la tête, je constate que son cou est très décharné. Son arrière train est vert kaki, je comprends vite qu'il est malade. Cette affection, de plus en plus répandue ces dernières années sur le département, condamne nos chevreuils à une mort lente mais certaine. Je décide donc de tout faire ce soir pour prélever ce brocard, d'une part pour abréger son calvaire mais aussi pour qu'il ne contamine pas ses congénères. Il s'avance et passe derrière un écran végétal d'une dizaine de mètres. J'en profite pour m'avancer rapidement et voûté vers le fossé. Je parviens derrière l'écran végétal sans être repéré. Le brocard avance et trottinant en suivant le fossé, une diarrhée verdâtre s'écoule de son arrière train. Je longe doucement le fossé sur une bande d'herbe encore bien verte qui amortit le bruit de mes pas. J'essaie d'avancer rapidement car le brocard gagne vite de la distance, il est à 45 ou 50 mètres. Je rattrape un peu mon retard à chaque fois qu'il s'arrête pour brouter mais il repars à chaque fois en trottinant et regagne du terrain. Il me faut faire attention de ne pas être vu en passant les passages où l'écran végétal s'interrompt. Alors que je suis à environ 35 mètres du brocard, ce dernier redresse la tête et regarde vers moi. Je reste voûté et immobile derrière un buisson. Au bout d'un moment, il se remet à manger. Je tente d'avancer un peu mais il redresse à nouveau la tête. Je me fige à nouveau, il se remet à avancer mais biaise pour remonter dans la colline mais se ravise au bout de 10 mètres environ pour revenir vers le fossé.

Le terrain devient bruyant et je tente de me décaler sur la gauche pour essayer de marcher sur la bordure de terre travaillée de la bande de champ qui longe le bosquet. J'avance doucement sur 10 mètres mais le sol est encore plus bruyant, je reviens sur la bande enherbée quand une tête de chevrillard surgit de l'herbe à 50 mètres devant moi et me regarde. Je me fige, il se lève et m'observe un instant. Le brocard l'a vu et regarde vers lui, je ne sais plus quoi faire et crains de faire partir le bocard si le chevrillard s'enfuit. J'attends sans bouger, le chevrillard finit par traverser tranquillement la bande travaillée pour rejoindre le bord du bosquet. Le brocard est focalisé sur lui. J'en profite pour m'avancer un peu. Le chevrillard s'arrête et me regarde, le brocard se remet à manger et ne s'occupe plus de son jeune congénère. Je gagne peu à peu du terrain, le chevrillard redémarre et rentre au bosquet. Tout doucement, je me rapproche du brocard mais l'écran végétal s'interrompt à 20 mètres du brocard au niveau d'un gros arbuste. Le brocard est de 3/4 arrière, je n'aurais certainement pas de meilleure occasion de tir. J'arme mon arc, vise, le brocard fait 2 pas et s'arrête à nouveau. Ma visée calée, je décoche mais il se tourne légèrement, ma flèche rentre très en arrière du cuissot et ressort très en arrière de l'autre côté. Le brocard pousse une espèce de cri ressemblant à un aboiement puis fonce vers le fossé où je le perds de vue derrière un écran de ronces 15 mètres plus loin. J'attends un peu après avoir réencoché puis repars en arrière pour trouver un passage pour traverser le fossé de 1,5 mètre environ de profondeur.

Je reviens ensuite doucement vers l'endroit du tir en suivant le fossé. Je retrouve ma flèche couverte de contenu intestinal foncé

Une belle approche pour un tir sanitaire, 18 septembre 2014

et les premières traces de sang.

Une belle approche pour un tir sanitaire, 18 septembre 2014

Je pars vers l'endroit où j'ai perdu le brocard de vue. Il est là, mort contre le bourrelet de ronces dans les ronces qui couvrent le sol.

Une belle approche pour un tir sanitaire, 18 septembre 2014

Ma flèche a certainement touché la fémorale pour tuer le chevreuil si rapidement avec une telle flèche. La sortie de flèche, juste devant le cuissot opposé a sorti une partie des intestins. J'appose le bracelet et appelle le président de la chasse pour l'avertir que j'ai fléché un chevreuil malade. Je remonte ensuite le brocard vers le chemin de terre qui longe la crête et le laisse derrière une haie pour venir le chercher en voiture tout à l'heure.

En longeant le chemin, j'aperçois en contrebas, dans le champ travaillé, derrière la bande de maïs qui descend vers le fond de la vallée, 2 chevreuils venant vers la bande de maïs. Je décide de tenter l'approche, je suis le chemin qui bifurque à 90° pour descendre sur 100 mètres environ avant de remonter vers la ferme. Je surveille les chevreuils qui s'avancent toujours vers le maïs, il ne semblent pas me prêter attention et j'avance tranquillement jusqu'à les perdre de vue derrière le maïs puis je quitte le chemin pour rejoindre la bordure du maïs en traversant une parcelle travaillée jonchée de restes de tiges craquantes de colza. Je tente d'avancer sans faire trop de bruit bien que les chevreuils soient encore loin et rejoins la bordure du champ avant de la longer pour redescendre en bas de la parcelle. Arrivé au coin du maïs, je bifurque et suis la culture. Le bas du maïs est bordé par une zone très humide, couverte d'herbes bien vertes et jonchée de coups de nez de sangliers qui se sont même baignés dans quelques flaques persistantes. La progression est assez silencieuse. Cette bande d'herbe se poursuit dans le champ travaillé sur environ 50 mètres par une zone d'herbes très hautes et très épaisses de plusieurs mètres de large qui se termine en pointe en suivant la zone humide. J'arrive doucement au coin du maïs et reste derrière les herbes hautes. 2 Chevrettes sont plantées à environ 50 mètres au coin du bosquet contre le maïs, elle regarde vers moi. Je les observe un moment puis pose mon arc, attrape une herbe et la coince entre mes pouces puis commence à imiter les plaintes du faon en soufflant entre mes pouces. Immédiatement, l'une des chevrettes vient vers la pointe d'herbes hautes. L'autre reste immobile et observe la scène. Je continue mes appels, elle s'arrête régulièrement pour regarder vers moi avant de repartir d'un pas tranquille. Elle se rapproche tranquillement mais biaise vers la pointe des herbes autres. Je rattrape mon arc alors qu'elle arrive à 30 mètres environ contre les herbes hautes. Je me prépare et accroche mon décocheur mais elle ne bouge plus pendant un bon moment avant de remonter en trottinant vers sa consœur. Elle la rejoint puis se retourne vers moi avant de longer un peu le bosquet pour atteindre un passage dans la lisière. Les 2 chevrettes rentrent au bois.

Je remonte doucement en suivant la bordure du maïs et rattrape la bordure du bosquet que je commence à longer doucement. Un bruit de pas se fait entendre sur les feuilles mortes. Il me semble qu'il y a au moins 2 animaux mais peut être plus et les pas semblent revenir vers la lisière, j'avance doucement pour tenter d'apercevoir les animaux au travers des trouées dans les branchages, les pas sont tout proches mais impossible de voir quoi que ce soit. Le bruit d'un moteur de tracteur semble se rapprocher. Les bruits de pas s'arrêtent net, je tente d'avancer encore un peu mais toujours rien, le tracteur semble descendre en suivant la bordure du bosquet devant moi. Il se rapproche de plus en plus quand 2 chevrettes surgissent de l'angle du bosquet à 40 mètres devant moi et traversent le champ travaillé pour rentrer dans le grand bois qui commence au fond de la combe et remonte le penchant de la colline à 50 ou 60 mètres sur ma droite. Le tracteur arrive au coin du bosquet et tourne pour suivre le fond du maïs, le long de la haie qui le sépare du tournesol. C'est le propriétaire qui passe le girobroyeur pour nettoyer les passages autour du champ et dans les passages de canon. Je décide de rentrer car la nuit sera vite là et ce raffut n'est pas fait pour me permettre de voir d'autres animaux. Je fais demi-tour et rejoins la bordure du bosquet que je suis contre le maïs pour remonter à ma voiture. Arrivé en haut, le tracteur arrive en même temps. je discute un peu avec le propriétaire qui semble avoir de gros problèmes de dégâts avec les blaireaux qui lui mangent ses récoltes. J'essayerai de lui en flécher quelques-uns si j'y tombe dessus. Je retourne à la voiture alors que le tracteur continue à tourner autour des maïs. Je récupère ma voiture et pars chercher mon chevreuil alors que la nuit s'installe. Il finira à la poubelle mais c'est aussi ça la chasse, elle doit parfois servir à éliminer les sujets malades même si ça me coûte un bracelet.

Une belle approche pour un tir sanitaire, 18 septembre 2014

Alex

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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 01:17

Ce soir, le temps pluvieux et très venté est idéal pour l'approche, je décide de partir donc chasser dans les maïs. Arrivé près des maïs, je me gare, alors que sur la route les averses se succédaient avec plus ou moins d'intensité, la pluie semble vouloir se calmer. Il est 18h30, encore un peu tôt pour voir du sanglier, je décide donc de faire un tour sur le territoire pour voir les indices de présence. Je pars en longeant une bande enherbée entre 2 parcelles de maïs en direction d'une mare bien fournie en ragondin. En arrivant sur le petit plan d'eau qui est désert ce soir, je constate qu'un sanglier s'est souillé de frai, certainement de cette nuit vu que l'eau est encore un peu trouble, dans le fossé d'évacuation du trop-plein de la mare.

Un magnifique doublé à l'approche, 13 août 2014

Je quitte le secteur en longeant la bande enherbé qui borde les maïs en direction de la route, le vent souffle de ma gauche assez fort. Je traverse la route et me dirige vers une autre parcelle de maïs en longeant la gauche d'un petit ru. Au coin du maïs, j'aperçois une tache sombre à 40 mètres environ et constate qu'il s'agit d'un ragondin. Sa tête relevée me fait penser qu'il m'a repéré.

Un magnifique doublé à l'approche, 13 août 2014

Je suis à découvert mais décide de rester parfaitement immobile un moment en espérant qu'il reprenne son repas. Au bout d'un moment, il rebaisse la tête et se remet à manger. Je biaise doucement pour rejoindre l'angle du maïs en m'éloignant du ru. Mais alors que je tente de me rapprocher, il regagne tranquillement les ronces qui couvrent le talus du ru. Je continue à m'avancer doucement et aperçois un second ragondin à environ 8 mètres dans un léger creux du terrain au ras des ronces. J'arme doucement et décoche. Ma flèche semble bonne, le ragondin sursaute et plonge dans les ronces. Je me rapproche rapidement mais ne trouve pas mon ragondin, j'entends par contres des ragondins qui fuient, sous les ronces qui couvrent le ru, en galopant dans l'eau, un autre ragondin fait craquer les ronces de la berge opposée, s'arrête et alors que je le cherche du regard dans les ronces, il saute dans le ru où je l'entends mais ne peux pas le voir.

Je tente un moment d'apercevoir mon ragondin que je pense avoir touché en écartant les ronces mais je ne vois rien. Je tente donc de retrouver ma flèche partie se fichée dans la berge opposée au milieu des ronces. Je fouille un bon moment les ronces en équilibre, jambes écartées au-dessus du ru et finis par la retrouver. Pas de sang sur l’empennage, j'ai peut-être maqué finalement. Je repars en longeant les maïs sur ma gauche. Quelques pieds de sangliers frais ont marqué le sol, un peu plus loin, j'aperçois une avancée complètement ravagée par les sangliers dans le maïs qui semble assez fraîche aussi.

Un magnifique doublé à l'approche, 13 août 2014

Je décide de presser le pas pour m'éloigner rapidement car le vent n'est pas bon, il souffle vers cette parcelle de maïs et risque de me faire repérer si les animaux sont dans le secteur.

J'avance rapidement vers le ruisseau un peu plus loin et constate que de nombreux pieds de sangliers un peu moins frais marquent le sol, je reviendrai plus tard dans le secteur. Je passe le ruisseau puis contourne une autre parcelle de maïs pour la longer en suivant les bois, cette fois avec le vent de face. J'avance ainsi un bon moment et rejoins un chemin de terre qui sépare cette parcelle de la suivante. Je le traverse et commence à longer la parcelle suivant qui touche presque le bois. J'avance doucement quand, 30 mètres plus loin environ, j'aperçois un gros brocard entrain de brouter quelques feuilles hautes sur le talus du bois. Il est de 3/4 arrière à moins de 20 mètres mais plusieurs branches basses m’empêchent de tirer. Je tente de m'avancer doucement mais il tourne brusquement la tête vers moi. Je me fige et attends, il finit par se tranquilliser et se met à gratter le sol de sa patte avant en frottant ses bois dans la végétation basse. Je tente de me rapprocher un peu encore mais il relève la tête et regarde à nouveau vers moi un instant puis se remet en marche. Il longe le bois de cul et je tente de le suivre mais il bifurque un peu plus loin pour se présenter plein travers à 22 mètres, tête à gauche vers le bois, gratte à nouveau le sol puis rentre à couvert en remontant dans le bois.

Je sors vite mon Butollo et tente quelques appels puis attends un peu mais rien ne vient. Je décide de me rapprocher doucement, je rejoins tranquillement l'endroit où il est rentré au bois et constate qu'une grosse coulée très marquée et bien dégagée remonte dans le bois. Je tente de la suivre très lentement en cherchant le brocard du regard dans le sous-bois mais rien en vue. Un peu plus haut, je biaise à droite et ressors sur une bande de friche qui avance dans le bois et longe le maïs. Je m'avance doucement dans les herbes hautes quand j'aperçois un beau brocard de cul, entrain de frotter ses bois contre un buisson à environ 100 mètres, au bord de la friche, en contrebas, contre le maïs. Je recule et repasse derrière le relief du terrain qui me cache du brocard. Je descends au pas de course et rejoins la bordure du maïs. Le vent souffle toujours aussi fort et face à moi. J'en profite pour avancer rapidement vers le brocard en longeant derrière le premier rang de maïs. Le brocard quitte le buisson et avance doucement dans les herbes hautes en parallèle du maïs puis commence à remonter dans la friche alors que je tente de le rattraper. Il est à moins de 40 mètres. Je le quitte un instant des yeux mais au moment où je tente de l'apercevoir à nouveau, il a disparu.

Je sors du maïs et commence à longer doucement le talus de la friche. Je suppose qu'il s'est couché, j'arrive doucement au niveau du buisson auquel il frottait ses bois tout à l'heure et aperçois sa tête à environ 10 mètres au milieu des hautes herbes. Je pensais bien, il est couché dans une légère dépression du terrain. Je finis par distinguer son corps, il est de 3/4 arrière. J'arme, prends la visée derrière l'épaule et décoche. Un impact retentit, le brocard se lève d'un bon ses pattes se raidissent, il titube et s'écroule. Je m'avance rapidement pour tenter de comprendre et pour voir si je dois l'achever mais quand j'arrive, il est mort. Une entaille de 30 centimètres est ouverte sur son dos parallèlement à la colonne vertébrale.

Un magnifique doublé à l'approche, 13 août 2014

Je constate que ma flèche lui a traversé le cou et coupé une vertèbre, je comprends alors que mon tir en contre-plongée, un peu trop haut, a provoqué un ricochet de ma flèche sur son dos et cette dernière a fini dans son cou. Une grosse tache de sang marque l'endroit du tir

Un magnifique doublé à l'approche, 13 août 2014

et je retrouve ma flèche dans la trajectoire du tir, maculée de sang dans les herbes sèche, plantée au sol.

J’appose le bracelet à mon chevreuil et le serre en bordure du maïs pour une petite séance photo.

Un magnifique doublé à l'approche, 13 août 2014

Je lui attache ensuite les 4 pattes, passe sa tête entre ses pattes avant et le charge sur mon épaule pour le ramener au bord du chemin de terre qui accède au maïs et par lequel je pourrai venir le chercher en voiture. Je laisse donc mon brocard et pars en longeant le ruisseau côté droit pour revenir vers la zone où les sangliers semblaient se trouver. La luminosité commence à baisser un peu et le vent s'est posé. J'avance en surveillant les passages de canon mais rien en vue. Je traverse le ruisseau, passe un fossé et longe une parcelle de maïs plus petite, arrivé au coin de cette dernière, je bifurque pour remonter vers la route en longeant le ru côté gauche.

J'avance doucement quand un chevreuil démarre au galop sur ma gauche en faisant claquer les pieds de maïs. Je me fige et tente de l'apercevoir mais le bruit s'estompe, je fais 1 ou 2 pas de plus et entends un autre chevreuil qui démarre de l'autre côté du ru sur ma droite. Il file en longeant le cours d'eau puis se ravise et le traverse pour venir se planter à 12 mètres plein travers, sa tête dans le maïs. C’est un brocard. Il me nargue ainsi un court instant, comme s'il savait que je venais de fermer mon dernier bracelet de tir d'été puis rentre tranquillement dans la culture. Je tente de l'appeler au Butollo pour le fun mais il ne reviendra pas. Je continue donc à longer le ru puis le traverse un peu plus loin pour longer la parcelle prometteuse. Rien en vue pour le moment et ma concentration baisse un peu quand, tout à coup, alors que je viens de me rendre compte que je suis en train de passer un passage de canon que je n'avais pas vu, une impression bizarre me fait stopper net en plein découvert au milieu du départ du passage. Je tourne doucement ma tête vers la droite et aperçois 3 sangliers à 10 ou 12 mètres arrêtés dans le passage de canon. Une laie de 50 kilos, plein travers qui regarde à droite et 2 bêtes rousses de 30 kg, tournées dans l'autre sens, en train de manger un épi de maïs dont elles ont couché le pied sur le passage. Ils ne m'ont pas repéré, je tente d'armer doucement mon arc mais c'est alors que la laie tourne la tête vers moi et en m'apercevant elle fait volte-face pour rentrer dans le maïs sur la gauche en grognant, provoquant la fuite des bêtes rousses qui elles rentrent sur la droite.

Je rigole intérieurement de ma bêtise mais aussi de celle des sangliers qui viennent de commettre une grave erreur car ils vont certainement chercher maintenant à se regrouper et devront d'un côté ou de l'autre retraverser le passage de canon à découvert. Je reste un instant immobile puis m'avance tout doucement de 10 mètres dans le passage de canon et me poste côté gauche contre la culture. Rapidement, j'entends sur la gauche, à environ 10 mètres devant moi, la laie qui grogne pour appeler les jeunes. Je m'avance à nouveau de quelques mètres et me reposte. Très rapidement, le maïs se met à craquer sur ma droite. Je me prépare. Une bête rousse sort à 10 mètres devant moi mais se positionne dans un 3/4 arrière très fermé contre la culture. J'arme mon arc pour attendre une position plus confortable pour la tirer mais elle démarre et rentre sur ma gauche dans le maïs. Sort alors un gros mâle qui traverse tranquillement le passage à environ 15 mètres devant moi, je le suis dans mon viseur et décoche alors qu'il stoppe plein travers, rentrant juste son groin dans le maïs. Il démarre à l'arrivée de ma flèche qui le traverse mais elle me semble un peu en arrière, j'ai bien vu disparaître puis réapparaître mon encoche lumineuse rouge. Ma flèche l'a complètement traversé. Le sanglier fonce dans le maïs dans un grand fracas qui s'arrête très vite puis je l'entends se débattre au sol. Il n'a pas fait 30 mètres. Je m'avance rapidement car la luminosité baisse et fait démarrer un sanglier qui s'apprêtait à sortir sur ma droite, il fait demi-tour en cassant des pieds de maïs sur environ 10 mètres puis s'immobilise.

J'aurais pu attendre pour tenter de flécher d'autres sangliers mais, j'ai déjà 2 animaux et je préfère retrouver mon sanglier avant qu'il fasse nuit. Il a arrêté de se débattre et souffle encore par moment. Impossible de trouver du sang à l'impact et la luminosité baisse vite. Je décide de tenter de le retrouver au bruit, j’attends un court instant et l'entends donner un dernier coup de patte dans le maïs, je pose mon arc et pars droit vers le bruit à la lumière de mon portable et le retrouve à à peine 20 mètres de l'endroit du tir. Du sang mousseux sort du trou d'entrée de ma flèche qui est en fait très bien placée puisque elle a traversé les 2 poumons. 

Un magnifique doublé à l'approche, 13 août 2014

Je l'attrape par une patte arrière et le traîne vers le ru dans le sens des rangs de maïs, le pose au bord de la culture puis pars chercher mon arc et ma flèche mais malgré mon encoche lumineuse, impossible de la retrouver. Je longe le passage de canon et fait à nouveau démarrer des sangliers sur ma droite. Je finis par renoncer et pars chercher ma voiture alors que la nuit s’installe.

Je commence par charger le brocard puis pars me garer près du maïs où se trouve mon sanglier et pars avec la longe d'Hémo pour chercher mon ragot.  En partant vers le maïs, je dérange un chevreuil qui s'éloigne en bondissant dans la nuit. En passant le premier passage de canon du champ, j'aperçois, en ombre chinoise, une chevrette de cul qui regarde vers moi au milieu du passage. Je rejoins mon sanglier et l'attache par le groin pour le tirer jusqu'à ma voiture qui est à environ 400 mètres. En repassant devant le passage de canon, je constate que la chevrette n'a pas bougé mais cette fois elle s'enfuit. Mon sanglier chargé, je rentre, j'ai encore du boulot pour conditionner la viande de mes 2 prises.

Un magnifique doublé à l'approche, 13 août 2014

Alex

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26 juillet 2014 6 26 /07 /juillet /2014 15:36

Ce weekend, comme tous les ans depuis quelques années, je décide de revenir dans mon Tarn natal pour chasser le brocard sur la société de chasse de Roumégoux où j'ai débuté la chasse du brocard à l'arc. C'est un secteur moins giboyeux que le Gers mais plein de souvenir. L'an dernier, je n'ai pas réussi à flécher mon brocard et j'espère bien me rattraper cette année. Vendredi soir, en sortant du boulot vers 17h30, je passe prendre mes affaires préparées la veille et Hémo et nous voilà partis. Il me faut normalement 2 heures pour arriver sur place mais il me faudra un peu plus ce soir à cause des embouteillages sur Toulouse. J'arrive chez le président de la chasse vers 20h30 et récupère le bracelet, qu'on me laisse ici gratuitement, avant de partir en chasse. Il ne me reste pas trop de temps pour chasser et je décide de partir à pied pour faire un tour dans les environs.

Je traverse la petite route qui descend au lac de la Bancalié puis pars en longeant un champ de maïs qui borde une grande prairie en direction d'un petit bosquet. J'avance tranquillement. Je dépasse le petit bosquet et jette un coup d’œil derrière, rien, je biaise à gauche à travers la prairie pour rejoindre un chemin de terre qui descend lui aussi vers le lac. J'avance doucement en regardant les alentours mais rien ne bouge ce soir. Le chemin traverse maintenant un bois et je décide de me poster pour appeler un peu au Butollo mais rien ne vient. Je reprends ma progression lente pour prendre un peu plus loin un autre chemin de terre qui prend à gauche et passe au-dessus d'une grande prairie. La haie qui m'en sépare s'estompe peu à peu et j'aperçois 2 chevrillards à environ 100 mètres, juste sur la cassure de la pente qui redescend vers la route que j'ai traversée tout à l'heure. Ils boutent tranquillement, je les observe un moment puis tente quelques appel au Butollo espérant faire venir leur mère et peut être un brocard à sa suite.

Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014

Les 2 jeunes regardent vers moi mais rien ne vient, je surveille les alentours et surtout une bande déboisée et broyée derrière moi mais pas le moindre mouvement. Je décide de reprendre ma marche et dérange du coup les chevrillards qui disparaissent dans la pente. Je continue à suivre le chemin qui s'enfonce dans une bande boisée qui surplombe la route et ressors dans la prairie du départ en longeant la bande d'arbres qui se termine en pointe à environ 150 mètres. Environ 100 mètres plus loin, je décide de descendre vers la route à travers bois alors que ce dernier devient assez clair et m'aperçois que le secteur est ponctué de nombreux frottis et régalis. Un brocard doit être dans les parages. Je me cale et tente quelques appels qui ne donneront rien.

Je continue à descendre, traverse la route et remonte le penchant opposé à travers blé pour rejoindre un chemin de terre qui longe la crête et passe devant le ball-trap communal. De grosses coulées sillonnent le blé, certainement dues à des blaireaux. Une fois le chemin de terre atteint, je prends à gauche et me dirige vers un bois qui longe la droite du chemin et descend vers la route. Je le longe un peu puis me poste dans un angle près d'un autre bois qui descend sur le penchant suivant et d'un champ de blé coincé entre les 2 bois. Je commence mes appels mais rien encore ici et la luminosité commence à baisser. Je quitte mon poste et descends le penchant suivant au travers d'une petite prairie située entre une sapinière dominée par le ball-trap et un bois qui descend vers le lac de la Bancalié. Pas de chevreuil en vue, j'avance doucement en observant bien les alentours.

J'arrive au chemin de terre qui longe la combe, le traverse et remonte le penchant suivant en direction d'un plateau couvert de parcelles de blé. Je biaise tranquillement pour rejoindre le bois de droite au niveau de la crête. Je dérange un jeune lièvre qui part se mettre à couvert sans trop se presser. Je me poste en bordure du bois et tente d’appeler mais toujours rien. Je pars faire le tour des blé sans plus de réussite puis décide de rentrer car la nuit sera vite là. Je retourne à ma voiture rattrapé par la nuit

Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014

et pars pour Albi, ce soir je vais dormir chez mes parents pour repartir chasser demain matin en espérant avoir plus de réussite.

Le lendemain matin, le réveil sonne vers 5h15, je me prépare rapidement et prends la route pour me rendre sur Roumégoux. 25 minutes plus tard, j'arrive sur la zone que je veux chasser ce matin. Je me gare au bord de la route, au départ d'un chemin de terre qui descend vers la Bancalié, au lieu-dit "La Cassagné". Il fait encore très sombre, je me prépare tranquillement puis descends la route en direction du pont qui passe le ruisseau qui alimente le barrage de la Bancalié. Juste avant le pont, je quitte la route pour m'avancer à gauche, dans une langue de pré, coincée entre le bois qui couvre le penchant de gauche et le ruisseau qui chante au pied du penchant de droite boisé lui aussi. J'avance doucement en longeant le bois de gauche et en surveillant bien devant moi pour repérer un éventuel chevreuil. Il y a beaucoup de rosée et je ne tarde pas à remplir mes chaussures de marche et à mouiller mon pantalon. Rien pour le moment, je rejoins une grosse haie qui relie les 2 penchants boisés et barre la combe.

Normalement, un passage la traverse sur la droite et je tente de le trouver mais je me rends compte que les ronces ont bien poussé. Je tente de passer tout de même en les enjambant et en essayant de ne pas faire trop de bruit. Le bruit du ruisseau tout proche est apaisant et ajoute à la magie du lieu toujours très vert même en plein été. Dans l'obscurité de la haie, je n'ai pas remarqué qu'un petit ruisselet coule en descendant du penchant de gauche, son bruit étant couvert par celui du ruisseau qui coule bien cette année pour la saison. Ce petit cours d'eau a raviné le sol pierreux et creusé un trou assez profond dans lequel mon pied se dérobe et je chute lourdement dans les ronces en essayant de protéger mon arc. Je suis tombé sur le côté dans le ruisselet et j'ai pris un bon bain. Je me relève rapidement pour ne pas finir de tremper toutes mes affaires. Ma matinée commence bien mais en me redressant, j'aperçois à 150 mètres environ un chevreuil au milieu de la combe enherbée et légèrement embrumée près d'une rangée de balles rondes.

L'approche est quasi impossible ou très compliquée. Je m'avance doucement vers un gros frêne au bord de la haie et au milieu de cette dernière qui fait moins de 40 mètres de long. Ma position me permettra de tirer quel que soit le côté par lequel arrivera le chevreuil si c'est un brocard. Je commence mes appels, immédiatement le chevreuil qui broutait relève la tête et démarre pour venir vers moi en biaisant vers la bordure du ruisseau mais après 50 mètres de course, il disparaît derrière les arbres qui bordent le ruisseau. Je continue mes appels. Au bout d'un petit moment, j'entends un petit trot dans le ruisseau mais son encaissement et la végétation abondante ne me permet pas de voir quoi que ce soit. C'est certainement le chevreuil mais impossible de bouger sans être repéré, de plus, je suis maintenant à mauvais vent. Je tente d'appeler encore mais le bruit s'arrête et le calme revient.

J'insiste un peu puis décide de renoncer et de me remettre en mouvement mais alors que je me tourne face à la combe, j'aperçois un autre chevreuil qui sort du ruisseau à environ 100 mètres, cette fois j'identifie de façon certaine un brocard. Je tente de l'appeler au Butollo mais il ne réagit pas, je décide donc de tenter une approche qui me semble assez facile. La légère courbe sortante du ruisseau devrait me cacher un moment, le sol humide est silencieux et le bruit de l'eau camouflera le bruit de mes pas. Je me rapproche rapidement du cours d'eau sans être vu puis commence mon approche assez rapide car il me faut arriver à me rapprocher au maximum pendant que la courbe du ruisseau me cache et avant que le brocard ne s'avance à découvert sur la combe. J'avance en surveillant le brocard qui semble paisible au travers des branchages. A environ 50 mètres du brocard mon pied fait craquer une brindille, je me fige net mais le brocard n'a pas réagi et continue à brouter paisiblement. Je reprends donc mon approche rapide mais en faisant plus attention à mes pieds et arrive facilement juste derrière la pointe de la courbe sortante des arbres qui bordent le ruisseau.  Je suis à 20 mètres environ de l'animal et l'observe au travers des feuillages. Ses bois semblent très noirs et penchés en arrière.

Le brocard biaise tranquillement pour venir passer devant moi à une dizaine de mètres tout en broutant, il avance tranquillement sans se douter de ma présence, relève de temps en temps la tête pour regarder autour de lui mais il change un peu de trajectoire et commence à s'éloigner un peu. Il est maintenant en plein découvert à environ 17 mètres plein travers, j'hésite un peu c'est un peu loin, il tourne la tête j'en profite pour armer et prendre la visée. Il se remet à brouter, je prends ma chance et décoche, la trajectoire de ma flèche semble bonne mais au moment de toucher le chevreuil, je la vois basse, au mieux, bas de coffre au pire haut de patte avant. Je n'ai pas entendu l'impact et mon brocard démarre en trombe avec une course saccadée, tête basse, qui me laisse penser que je l'ai bien touché. Il fonce vers le bois d'en face en décrivant une légère courbe et rentre en face de moi à couvert. Je l'entends monter un court instant dans le bois puis le calme revient.

Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014

J'attrape vite mon Butollo et lance quelques appels car je ne sais toujours pas s'il est vraiment touché bien que son comportement ne trompe pas trop.

Rien ne bouge, je pars donc chercher ma flèche que je retrouve fichée au sol mais la rosée l'a complètement lavée. Aucun indice pour aiguiller ma recherche. Je la remets au carquois après avoir éteint mon encoche lumineuse. Je pars dans la direction de fuite du brocard qui est bien marquée dans la rosée et trouve très vite les premières gouttes de sang.

Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014

Je marque l'endroit avec un bout de branche planté à la verticale dans le sol. Je commence à les suivre, le sang n'est pas très abondant mais constant et assez facile à suivre, de plus la trace dans la rosée m'aide bien. J'arrive donc sans trop de difficultés au bord du bois où je peine un peu à trouver l'entrée mais dès l'entrée le sang devient beaucoup plus abondant et je commence à me dire que ma flèche ne doit pas être trop mauvaise.

Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014

Je suis le sang, la piste remonte au plus raide de la pente. Je dois éclairer ma piste à la frontale car il ne fait encore très clair en sous-bois. Le sang devient de plus en plus important et très facile à suivre.

Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014
Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014
Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014

Je progresse tranquillement en regardant aussi les alentours au cas où. Le sang s'intensifie de plus en plus alors que le chevreuil semble remonté toujours au plus raire, mais, tout à coup, la piste bifurque à 90° à gauche, à environ 45 mètres de l'entrée du bois, en suivant une coulée très marquée. Un peu plus loin, une grosse tache de sang colore le sol, le brocard s'est peut être couché là.

Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014

De là, la piste reprend toujours aussi marquée en suivant plus ou moins la courbe de niveau sur 30 mètres environ puis remonte à nouveau pour s'arrêter net au niveau d'une très grosse tache de sang au pied de petits chênes tortueux. Alors que j'inspecte cette zone très marquée, un animal démarre sur un replat à environ 10 mètres devant moi en cassant beaucoup de bois et fonce en biaisant à droite vers le petit ruisseau très encaissé dans lequel je suis tombé plus bas ce matin. C'est certainement mon chevreuil mais cette démarche est très anormale pour un brocard qui cherche plutôt à s'éclipser furtivement, il semble que mon chevreuil ait du mal à se déplacer. Le calme revient vite, plus un bruit. J'attends un moment puis tente de reprendre la piste de sang mais je n'arrive plus à trouver la moindre goutte, je recoupe en arc de cercle la direction de fuite sur environ 15 mètres puis décide de laisser tomber.

Je redescends en biaisant vers le ruisseau et ressors du bois au départ de la haie et m'aperçois qu'en fait un nouveau passage a été ouvert en haut de la haie, il m'aurait évité le bain de tout à l'heure. Je ne fais pas assez confiance à Hémo et décide de ne pas lui faire faire cette recherche. Je retourne sur les lieux du tir et appelle Michel, un ami, chasseur tarnais à la carabine, qui chasse beaucoup le chevreuil à l'approche, pour lui demander s'il connaîtrait un bon conducteur de chien de sang dans le secteur. Je lui raconte un peu ma chasse puis nous raccrochons et il appelle un ami à lui, Monsieur ORIO Adrien de Plaisance du Touch qui me rappelle dans la foulée. Il ne connait pas trop le secteur et nous prenons donc rendez-vous sur Réalmont, entre Albi et Castres. Il lui faudra plus de 1 heure 30 pour venir et je suis à 15 minutes de Réalmont, je décide donc de partir faire un petit tour, histoire d'essayer de voir ou d'approcher d'autres chevreuils avant de partir pour le lieu de rendez-vous. Je pars en longeant le ruisseau tranquillement, le bois fait place à une prairie de l'autre côté du cours d'eau puis la vallée se rétrécit de plus en plus pour se réduire à une bande de quelques mètres de part et d'autre du ruisseau. De mon côté le plat se limite maintenant à un chemin de terre mais 150 mètres plus loin la vallée s'ouvre à nouveau sur la gauche du ruisseau, qui tourne à droite, sur une vaste prairie. En arrivant près du départ du virage du ruisseau, je fais démarrer 2 chevreuils qui filent en suivant le chemin de terre qui lui prend à gauche en remontant pour suivre le bois. Je les perds vite de vue derrière le coin du bois.

Je m'avance rapidement pour tenter de les apercevoir mais ils sont déjà à couvert, je n'ai pas pu les identifier car ils sont passés trop vite. Un bout de haie longe le chemin et le sépare de la prairie. Je me poste au bout de la haie coté ruisseau et tente quelques appels de Butollo mais rien ne vient quand, tout à coup, un mouvement attire mon regard à 300 mètres environ au fond de la prairie au bord du bois. Je tourne la tête et aperçois, dans une légère brume, un grand brocard qui venait vers moi en suivant mes appels et s'est planté de 3/4 face en plein découvert, cou tendu, une patte avant relevé. Je continue à appeler mais il biaise pour rejoindre le bord du ruisseau au niveau d'un arbre mort tombé dans la prairie et disparaît derrière les arbres en traversant le cours d'eau. Je tente alors de me rapprocher en longeant le ruisseau, arrivé à l'endroit où il a disparu, je tente de l'apercevoir sans sucés, je tente quelques appels mais rien ne vient. Je regarde l'heure, il est temps d'y aller, je retourne sur mes pas. En arrivant au niveau de la haie où je me suis posté tout à l'heure, j'en profite pour faire une petite photo souvenir de la combe toujours embrumée. 

Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014

Je traverse la haie et suis la combe pour rejoindre la route pour remonter jusqu'à ma voiture en me refaisant la scène de mon tir dans la tête, plus j'y pense et plus je pense que ma flèche doit avoir touché le chevreuil en haut de la patte avant mais il perd beaucoup de sang pour une atteinte musculaire et il m'a semblé voir un peu de sang mousseux par moment. J'espère le retrouver pour comprendre. Je pars vers Réalmont et me gare près de la poste sur l'avenue principale en attendant le conducteur de chien de sang qui finit par arriver. Nous nous suivons pour revenir nous garer où je m'étais garé ce matin. Nous discutons un peu de sa façon de procéder et il m'indique que son chien a 15 mois et qu'il ne le lâchera pas. Il me confirme qu'il vaut mieux que je prenne mon arc. Son rouge est vraiment magnifique, nous discutons sur le chemin et je lui donne mes impressions sur mon tir et ma zone d'atteinte et lui explique ma première recherche qui a relevé le chevreuil.

Arrivé sur la zone du tir, je le conduit au premier sang et son chien prend tranquillement mais sûrement la piste. Il rentre dans le bois en suivant le sang et commence à remonter sur la piste mais il la quitte et tourne un peu. Je signale à Monsieur ORIO que son chien a quitté la piste et lui montre la trajectoire mais son chien qui a compris son erreur revient en arrière pour recouper la piste et la prendre. Je suis un peu en arrière pour ne pas déranger le chien qui suit parfaitement le sang. Nous arrivons rapidement à la fin du sang au niveau de la grosse tache. Le chien continue et prend la direction de fuite du brocard. Un peu plus loin le conducteur m'indique du sang sur des ronces retournées. Je suis toujours et aperçois le sang, de là nous trouvons quelques gouttes. Le chien bifurque et hésite au bord du ruisseau puis le traverse et commence à remonter la pente raide, je reste un peu en retrait sur la droite quand un animal démarre à 10 ou 12 mètres au-dessus de moi sans que je ne puisse le voir. La végétation s'agite sur quelques mètres puis plus rien. J'en informe le conducteur qui, occupé par le travail de son chien, n'a rien vu. Le chien se dirige vers l'endroit d'où est parti l'animal et le conducteur qui trouve du sang me confirme qu'il s'agit de mon brocard, je remonte vite le rejoindre pour le suivre de plus près. Le chien commence à accélérer un peu et part droit en redescendant doucement vers le ruisseau.

Rapidement, le conducteur derrière qui je cours avec une flèche encochée m'annonce le brocard. Je l'aperçois rapidement, il est couché derrière un arbre tombé au sol, son rouge lui tourne autour sans oser s'en saisir. Le temps que je m'approche, le chien finit par faire démarrer mon brocard qui part droit dans la pente, vers le ruisseau en contrebas, sur les coudes des pattes avant en se propulsant juste avec ses pattes arrière en cassant tout sur son passage. Je pars vite pour essayer de le couper plus en aval mais le conducteur me stoppe dans mon élan en me disant que le brocard s'est recouché 20 mètres en dessous de lui. Je reviens donc sur mes pas et l'aperçois. Je m'approche doucement pour trouver une fenêtre et assurer mon tir au travers des branchages. Le brocard est couché, tête haute, plein travers à moins de 10 mètres, une trouée dans la végétation m'ouvre une fenêtre de tir sur son poitrail. J'arme, vise et décoche. Un impact cassant retentit et le chevreuil tombe foudroyé sur le flanc puis commence à se débattre. Je m'approche rapidement et constate que ma flèche est plus en avant que ce que je visais, elle a peut être touché une branchette mais elle a sectionné les cervicales au ras devant l'épaule et ressort au milieu du cou. En tombant et en se débattant le brocard a cassé ma flèche restée en travers.

Ma première flèche lui a en fait sectionné les muscles des 2 pattes avant sous le poitrail ce qui l'empêchait de se déplacer correctement, surtout après s'être couché un moment. Je pense qu'Hémo aurait pu réussir cette recherche mais j'ai préféré assurer. Le conducteur me demande si le chevreuil est mort, je lui annonce que oui en sortant ma flèche d'achèvement. Il arrive avec son chien qui vient piller un instant le chevreuil

Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014

puis nous l'interrompons pour éviter qu'il ne le mette en bouillie. Le bracelet apposé et quelques photos prises,

Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014

je charge mon brocard, dont j'ai attaché les pattes, sur mon épaule et nous rentrons.

Un grand Merci à Franck Verdié, président de la chasse de Roumégoux qui me laisse chasser chaque année ce tir d'été sans rien me demander en cotre partie si ce n'est de lui laisser le chevreuil pelé, vidé et découpé en 4. Un autre grand merci à Monsieur Orio et à son chien pour cette belle recherche, c'était leur première recherche sur un animal fléché, et leur dévouement bénévole auquel beaucoup plus de chasseurs devraient faire appel pour éviter de laisser souffrir inutilement des animaux blessés.

Un joli brocard tarnais à l'approche, 26 juillet 2014

Alex

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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 23:27

Ce soir, je pars chasser dans un secteur de maïs où le tir du sanglier est autorisé depuis le 1 juin. Je me gare près des maïs et pars en longeant la culture en direction d'un grand lac. En arrivant près du plan d'eau, je constate que la berge de mon côté est animée de quelques remous. Je la longe doucement, de nombreuses carpes fouillent le fond gravillonneux près de la berge et agitent l'eau. Cette agitation régulière me fait baisser ma garde et c'est alors qu'un ragondin en profite pour se débiner et se mettre à l'abri sous un arbuste qui tombe dans l'eau. Arrivé au bout du lac, je continue à longer les maïs, sur une bande enherbée coincée entre la culture un petit bois qui descend vers un second lac un peu plus bas. En arrivant au bout du bosquet une haie de genets fait suite au bosquet. J'aperçois par-dessus cet écran végétal de nombreux remous sur le lac mais cette fois ce sont des ragondins qui naviguent en surface. Certains m'ont repéré et filent vers la rive opposée pour se mettre à l'abri sous quelques arbustes où seuls quelques remous trahissent leur présence. Je m'avance rapidement au bord de l'eau et me poste derrière un arbre qui pousse au ras de l'eau.

Je commence à imiter les cris d'un petit ragondin en détresse alors que quelques ragondins avancent sur l'eau. Les plus jeunes partent vers la rive opposée mais un gros ragondin traverse le lac pour venir vers moi. Il biaise pour venir par ma gauche et je le perds de vue derrière l'arbre contre lequel je suis posté. Je continue à appeler un moment mais rien ne vient. Je décide alors de quitter mon poste mais, au même moment, le ragondin surgit par ma gauche de derrière l'arbre et s'avance devant moi à 4 mètres environ. Il a vu mon mouvement et commence à biaiser vers la rive opposée. J'arme mon arc, aligne la visée et décoche alors qu'il est en léger 3/4 arrière à 6 ou 7 mètres. Un impact cassant et bien audible retentit, ma flèche semble rentrer où je la voulais, au niveau de l'épaule. Le ragondin plonge dans un nuage de sang et remonte rapidement pour se débattre en surface. Il s'immobilise rapidement. Je n'ai pas pris mon lancer. Je pars donc chercher un long châtaigner mort de 7 à 8 mètres de long dans le bosquet tout proche pour tenter de récupérer mon ragondin et ma flèche. A mon retour, je constate que le ragondin a coulé, j'ai juste assez de longueur pour récupérer ma flèche que je récupère en la rabattant vers la berge. Il fait chaud, l'eau est chaude, je reviendrais tout à l'heure pour voir si mon ragondin est remonté en surface.

Je pars un peu plus loin vers un petit bois pour le longer par le côté gauche où je sais que je trouverai un passage pour rejoindre un chemin de terre qui le traverse. Je longe doucement le bosquet et arrive au niveau d'une zone de terriers de blaireaux qui semble très fréquentée puis alors que j'avance tranquillement, un animal démarre dans le bois en contrebas. Je pense tout d'abord à un chevreuil et continue à avancer en cherchant un passage pour rejoindre le chemin de terre un peu plus bas. Le bruit reprend mais je comprends vite qu'il ne s'agit pas d'un chevreuil. Les craquements réguliers indiquent qu'un animal avance en force dans les ronces. Certainement un sanglier, je descends doucement dans le bois et rejoins le chemin de terre. En contrebas, la végétation craque de toute part et des couinements se font entendre, une horde de sangliers se déplace et part sur ma droite. Le chemin est barré par les ronces à ma droite et je décide de tenter de contourner les animaux par la gauche mais le chemin qui ressort du bois est vite barré par les ronces également. Le vent ne m'est pas favorable. Les sangliers ne font plus de bruit, ils semblent s'être volatilisés. J'essaie de ressortir du bois à travers les ronces en essayant de ne pas faire trop de bruit et finis par ressortir sur un autre chemin de terre qui longe entre le bois et une friche arborée. J'avance doucement dans la direction prise par les sangliers en surveillant le sol meuble pour tenter de voir des traces qui m'indiqueraient que les sangliers sont sortis du bois et tends l'oreille pour tenter de les entendre. Je surveille de temps à autre au travers de la végétation mais ils semblent avoir disparu ou alors ils tentent de se faire oublier.

Quelques traces traversent le chemin de terre mais elles ne semblent pas fraîches. Je décide de partir pour revenir plus tard. Je remonte vers le champ de maïs en longeant la friche et arrive au coin de la culture quand j'aperçois à environ 30 mètres un gros ragondin qui dépasse de sa moitié avant de la végétation au bord d'un petit fossé asséché. Il est bien loin du lac qui est à 150 mètres environ. Je m'avance doucement pour rejoindre la bordure du champ de maïs. Le ragondin qui semble pourtant sur l'œil ne bouge pas. J'avance doucement jusqu'à environ 8 mètres du gros rongeur, arme doucement, vise et décoche mais ma flèche passe juste dessous le ragondin qui se retourne rapidement pour disparaître dans le fossé. Je réencoche et m'approche doucement, je ne pense pas qu'il ait de terrier dans ce fossé où l'eau ne coule presque jamais. En arrivant près du fossé, je ramasse ma flèche qui me confirme que j'ai raté le ragondin. Je la remets au carquois puis écarte doucement la végétation qui couvre le fossé au niveau de l'endroit où a disparu le ragondin et aperçois à ma grande surprise l'arrière train du ragondin blotti au bond du fossé et parfaitement immobile. J'arme doucement mon arc et décoche au juger, clouant le ragondin au font du fossé. Il se débat en grondant furieusement. Je pose mon arc et le saisis par la queue puis l'achève d'un coup sec au sol après avoir dégagé ma flèche dont la lame s'est cassée au ras de l'insert.

Je redescends vers le lac avec ma prise pour voir si le ragondin n'est pas remonté à la surface. Après un instant à chercher l'animal du regard, je m'aperçois qu'il est remonté contre les joncs qui bordent la berge. Je le récupère, c'est une grosse femelle, l'autre est un gros mâle.

4 flèches pour 3 prises autour des maïs, 23 juillet 2014

Je retourne maintenant vers le bosquet où j'ai entendu, tout à l'heure, les sangliers. Je repasse par le dessus du bois pour aller me poster sur le chemin forestier derrière un gros chêne mais le temps passe et rien ne bouge. La luminosité baisse et je décide de laisser tomber pour aujourd'hui, je ressors du bois puis repars vers le maïs. En arrivant au coin de la culture, j'aperçois dans le champ en face, sur ma gauche, un renard qui se débine à 200 mètres environ, en direction du bosquet que je viens de quitter. Je me cale dans le maïs et tente d'appeler mais il disparaît rapidement dans la friche.

Je m'avance en longeant le maïs, séparé du champ de gauche par un grand fossé. Environ 100 mètres plus loin, j'aperçois un autre renard qui mulote dans le champ de gauche, à environ 300 mètres. Je me cale et tente de l'appeler mais le vent souffle fort, il est trop loin et ne m'entends pas, l'approche étant impossible, je laisse tomber et poursuis ma progression pour rejoindre un second fossé perpendiculaire au premier qui redescend sur ma droite entre 2 parcelles de maïs. Je le suis en avançant doucement. Le fossé tourne à 90° sur ma gauche à environ 200 mètres. En arrivant à 50 mètres environ du virage, j'aperçois un renard qui traverse le fossé et rentre dans le maïs sur ma droite. Je me cale et tente de l'appeler un moment mais rien ne vient, le vent n'est pas trop à mon avantage, il a dû me sentir.

Je continue et suis le virage, un canon arrose tout près et je dois presser le pas pour ne pas être arrosé. Je suis la bordure du maïs qui bifurque un peu plus loin à 90° à droite cette fois. Je me cale dans le maïs, séparé de champs de tournesol par le fossé, lui-même bordé de part et d'autre par 2 bandes enherbées. Je tente quelques coups de Butollo mais rien ne vient. Il fera vite nuit, je rentre en pressant le pas, les tournesols font place à du maïs et au loin, j'aperçois un chevreuil au gagnage. Je me cale contre le maïs et avance assez rapidement alors que le vent est tombé. Arrivé à environ 80 mètres du chevreuil que je n'arrive pas encore à sexer à cause de la faible luminosité, je me cale contre le maïs, accroche mon décocheur, cale mon Butollo contre la poignée d'arc et commence à appeler en le pressant contre mon arc.

Dès les premiers appels, le chevreuil lève la tête puis arrive au galop. Il franchit le fossé d'un bon et arrive au galop par la rive opposée. J'espace mes appels et le laisse un peu chercher pour qu'il n'arrive pas trop vite. Il arrive d'un pas rapide, il est à 30 mètres, j'arme mon arc, 20 mètres, 15 mètres, j'hésite car je ne vois pas de bois, il ralentit doucement pour venir s'arrêter à environ 8 mètres en se tournant face à moi alors que je le suis dans mon viseur. 2 petits bois entre les oreilles c'est un brocard. Ma visée se cale sur son poitrail et je décoche. Mon encoche disparaît où je visais et réapparaît de suite. Le brocard démarre et chute 5 mètres plus loin puis se relève en titubant et rentre 5 mètres plus loin dans le maïs dans un grand fracas. Le fracas dans le maïs dure à peine 1 ou 2 secondes puis j'entends tomber le chevreuil qui se débat un instant au sol. Il semble avoir fait une boucle pour tomber en face de moi près de l'endroit où je l'ai fléché. Je pars chercher ma flèche, éteins l'encoche et la remets au carquois puis démarre la piste au sang à la lumière de mon portable, je tombe rapidement sur une grosse tache de sang où le chevreuil est tombé

4 flèches pour 3 prises autour des maïs, 23 juillet 2014

puis suis le sang assez abondant,

4 flèches pour 3 prises autour des maïs, 23 juillet 2014
4 flèches pour 3 prises autour des maïs, 23 juillet 2014

effectivement, le chevreuil à fait un U pour mourir près de l'endroit du tir, il à fait à peine 20 mètres. Il est là sur le flanc, le sang coule abondamment et forme une grosse flaque à partir de la plaie d'entrée de ma flèche qui rentre dans le creux des côtes sous le cou, traverse le cœur et ressort à la pointe du sternum.

4 flèches pour 3 prises autour des maïs, 23 juillet 2014

J'appose mon bracelet et sors le chevreuil du maïs avant une petite séance photo et le retour de nuit à ma voiture.

4 flèches pour 3 prises autour des maïs, 23 juillet 2014

Alex

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 23:19

Ce soir, je retourne chasser sur Justian. Je me gare à l'opposé du chemin de terre sur lequel je me gare habituellement, près du village de Roques. Je laisse ma voiture près de 2 lacs au bord de l'Osse. Je me prépare et rejoins le chemin de terre séparé des lacs à ma droite par une bande de tournesol. A ma gauche un grand champ de tournesol remonte vers le sommet du coteau. J'avance doucement quand, j'aperçois, sur la bordure droite du second lac, un gros ragondin à environ 40 mètres sous une touffe de joncs. Je décide de tenter une approche. Je reviens sur mes pas pour passer hors de la vue du rongeur que le talus du lac, bien que peut important, me cache maintenant. Je traverse la bande étroite de tournesol et m'avance doucement, contre le premier lac, sur la bande enherbée qui sépare les 2 lacs en direction du remous qui trahit le ragondin que je ne vois pas encore, je suis à environ 6 mètres et aperçois un jeune ragondin calé sur la berge sous les joncs. J'arme vise et décoche mais ma flèche se fiche juste sous lui et il plonge en même temps que plusieurs autres ragondins de la même taille que je n'avais pas vu.

Je récupère ma flèche en les regardant s'éloigner et plonger. Le gros ragondin a refait surface à 35 mètres environ près de la berge qui longe le tournesol. Je n'ai pas de canne à pêche pour récupérer mes flèches, je laisse tomber et fais demi-tour. En remettant ma flèche au carquois, je remarque que ma lame est tordue, il me faudra la changer. Je réencoche une flèche avec une lame neuve et rejoins le chemin pour reprendre ma chasse. Le vent souffle dans mon dos, je décide donc de longer un moment le chemin puis de remonter dans les coteaux pour revenir à bon vent vers la voiture. Le chemin traverse un ruisseau bordée de haies qui séparent les tournesols d'un chaume de colza sur ma gauche et d'un chaume de blé avec un îlot de tournesol, repousses de la culture de l'an dernier, que la moissonneuse a contourné, sur ma droite. Pas de chevreuil en vue, j'avance tranquillement.

Je longe maintenant un bois en long entouré par le chaume de colza, en face toujours un chaume de blé séparé du premier par un bout de haie reliant le chemin à l'Osse situé à environ 40 mètres. La rivière s'éloigne doucement du chemin et passe derrière un petit bosquet qui borde le chemin. Pas de chevreuil derrière dans un autre chaume de blé. Arrivé au bout de la bande boisée, je prends à gauche derrière une haie qui borde un chemin de terre enherbé qui la sépare d'un grand champ de tournesol et rejoins un champ de blé coincé entre 2 haies. J'avance doucement en longeant celle de droite.

Un petit brocard au Butollo, 15 juillet 2014

Tout à coup, une chevrette surgit contre celle de gauche, la traverse et remonte en aboyant vers le bois. Je la regarde filer dans le chaume de colza, dans la pente alors qu'elle passe au-dessus de la haie. Elle disparaît à couvert, je reprends ma progression lente. En arrivant au coin de la haie que je longe, le champ de blé s'élargit. Je m'arrête pour observer. Des aboiements retentissent contre la haie qui borde la crête à ma droite à 70 mètres environ. Le vent remonte vers la crête, le brocard que j'ai vu l'autre soir dans le secteur a dû me sentir et s'enfuit sans que je puisse le voir dans les tournesols de l'autre côté de la haie en aboyant.

Je remonte vers la crête alors que le brocard ne donne plus signe de vie. Je longe la crête côté blé puis traverse une bande de blé qui prolonge le champ et rejoins la bordure d'un champ de tournesol. Je longe les grosses fleurs jaunes qui font ensuite place à une grande parcelle de vigne. Je longe donc cette vigne en surveillant les rangs pour tenter d'apercevoir un chevreuil mais pas le moindre animal. J'arrive au coin de la vigne pour jeter un coup d’œil sur un champ d'avoine de 40 à 50 mètres de large qui longe une bande boisée. Rien dans le chaume mais un lièvre assis au ras de la vigne sur la bande enherbée.

Un petit brocard au Butollo, 15 juillet 2014

Il finit par me repérer et s'enfuit. Je fais demi-tour pour revenir en bordure des tournesols. Je retrouve le lièvre qui s'est arrêté dans un rang de la vigne. Arrivé au bord des tournesols, je commence à longer la culture entre les tournesols et la vigne. J'avance tranquillement quand, alors que j'arrive à environ 50 mètres du bout du champ, j'aperçois un beau brocard qui rentre dans les tournesols au galop.

Je m'avance doucement, sur les 20 derniers mètres du champ l'orientation des rangées bifurque à 90° et me permettent de voir entre les pieds de tournesol. Je progresse de plus en plus lentement en arrivant au bout du champ quand, au 5ième rang de fleurs jaunes, j'aperçois le brocard couché de 3/4 arrière. Il m'a vu et regarde vers moi, 12 mètres nous séparent, j'arme doucement sans qu'il ne bouge, je vise rapidement, trop rapidement car je craignais de le voir filer et décoche. Ma flèche semble passer juste au-dessus et se fiche au sol. Mon encoche lumineuse rouge est allumée juste au-dessus du brocard. Il se lève en sursaut et soulève ma flèche que je pense voir retomber mais il démarre en trombe et ma flèche a disparu. Il file en aboyant et disparaît rapidement. Je suis ses aboiements à l'oreille et l'aperçois qui réapparaît à environ 250 mètres, sur un chemin de terre qui remonte vers la ferme en crête, au bout d'une parcelle de vigne qui borde un grand champ de blé. Il remonte en suivant la gauche du chemin puis je le perds de vue derrière le blé. Son comportement ne semble pas anormal.

Je m'avance vers l'endroit du tir mais impossible de trouver ma flèche. Pas de sang non plus. Sur la trajectoire de fuite le pied du brocard a bien marqué le sol meuble mais pas de sang. Des feuilles de tournesol ont été coupées net comme si le brocard avait emporté ma flèche et que sa lame avait tout découpé sur son passage. Je suis le pied du brocard, il change 2 fois de rangée dans le tournesol et a couché 2 pieds de tournesol au passage. J'arrive à suivre sa trace sur environ 50 mètres, jusqu'à la sortie du champ et la perds sur la bande enherbée qui sépare les tournesols de la vigne. Je pars donc chercher des indices au dernier endroit où j'ai vu le chevreuil. Pas la moindre trace de sang sur le chemin ou le long du blé. Pas de chevreuil en vue à la surface des céréales vallonnée.  Je contrôle tous les passages de tracteurs et les coulées sans plus de succès. Je contrôle et recontrôle mais rien, pas un indice. L'agriculteur du coin arrive, je lui expose la situation et il m'explique que le blé sera moissonné le lendemain. Il m'assure qu'il me tiendra au courant s’il trouve quelque chose. Nous nous saluons puis je repars contrôler mon tir et la fuite dans les tournesols.

Toujours rien et la luminosité baisse rapidement. Je redescends et rejoins rapidement le chemin de terre que je longe tranquillement à bon vent pour rentrer à la voiture. Je longe à nouveau la bande du chaume de colza en dessous du bois en long des Arrauques. Au bout du bois un chemin délimitant le fond d'une combe remonte vers la crête à ma droite au milieu du chaume de colza. Sur la gauche de ce chemin, j'aperçois une tache rousse à environ 100 mètres. Un chevreuil au gagnage, je fais vite marche arrière pour revenir à couvert derrière le bois puis remonte dans le chaume pour me poster au bout de la bande boisée qui finit en une pointe étroite. La luminosité baisse rapidement, il fera vite nuit. J'ai perdu le chevreuil de vu, je sors rapidement mon Butollo et commence à appeler. Dès les premiers appels, je l'aperçois, il traverse le chemin de terre, qui remonte vers la crête, à grand bon et fonce droit sur moi. Je stoppe mes appels et le laisse un peu venir, il stoppe. Je rappelle, il repart et arrive d'un pas rapide vers moi. Je plaque mon Butollo sur la poignée d'arc pour me permettre d’appeler avec mon arc armé, accroche mon décocheur, il est à 20 mètres.

15 mètres, j'arme mon arc doucement, je vois ses bois, c'est un brocard. A 10 mètres, il se présente plein travers et continue à avancer mais ralenti progressivement. Je le suis dans mon viseur, une brindille me gêne pour faire pivoter mon arc car les flèches de mon carquois touchent, je me décale un peu, doucement, reprends la visée et décoche alors qu'il s'arrête à 10 mètres environ. Je vois disparaître mon encoche lumineuse au niveau du coffre et entends distinctement l'impact. Le brocard démarre en trombe et rentre avec un grand fracas dans la bande boisée à environ 15 mètres sur ma droite. Le bruit s'arrête rapidement, le calme revient et la nuit tombe. Mon encoche lumineuse est bien visible à l'endroit du tir. Je pars chercher ma flèche qui est couverte de sang.

Un petit brocard au Butollo, 15 juillet 2014

Je la remets au carquois. Je trouve rapidement du sang en bonne quantité, à la lueur de ma frontale, sur la trajectoire de fuite.

Un petit brocard au Butollo, 15 juillet 2014

Je suis facilement le sang jusqu'au bois à environ 15 mètres du tir.

Un petit brocard au Butollo, 15 juillet 2014

Le sang est bien visible au bord du bois.

Un petit brocard au Butollo, 15 juillet 2014

Les feuillages sont couverts de sang et la végétation tirée vers l'intérieur du bois.

Un petit brocard au Butollo, 15 juillet 2014

Je suis assez facilement la piste mais tout à coup, au bout de 6 ou 7 mètres, alors que les buissons noirs deviennent très épais, je perds le sang. J'éclaire les alentours et aperçois les yeux de mon chevreuil qui brillent sur ma droite dans les épines. En éclairant dans cette direction, j'aperçois mon chevreuil couché face à moi, la tête redressée. Je n'en reviens pas, il semble vivant et j'hésite un instant à réencocher une flèche mais il ne bouge pas d'un millimètre. Je m'approche doucement et aperçois le sang qui coule de la plaie d'entrée devant la patte avant. Sa tête est maintenue en l'air, posée sur un tronc d'arbre mort.

Un petit brocard au Butollo, 15 juillet 2014

Il est mort, je le rejoins à 4 pattes sous les épines puis appose le bracelet avant de le tirer pour ressortir en dessous du bois dans le chaume de colza. Ma flèche rentre en fait basse, juste devant la patte avant et ressort basse à environ à 20 centimètres derrière la patte opposée. Le cœur a été traversé. Je charge mon chevreuil sur l'épaule et retourne à ma voiture dans la nuit noire alors que les phares des moissonneuses en plein travail éclairent les champs de blé des alentours.

Un petit brocard au Butollo, 15 juillet 2014

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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