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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 22:54

Ce soir, un vent soutenu souffle enfin car depuis un moment l'approche sur terrain sec et craquant et sans vent est compliquée. De plus, les moissons sont en route et, très vite, il ne restera plus de blé où d'orge ce qui va encore compliquer l'approche car les chevreuils me verront de loin où seront invisibles dans les tournesols qui eux sont de plus en plus hauts. Je décide d'aller faire un secteur en limite du territoire où j'ai repéré quelques brocards. Je me gare au bord de la route, près d'un planton de vigne, me prépare et pars en suivant la route tout en surveillant les intervalles entre les rangées. Le vent n'est pas bon et souffle vers la zone que je veux chasser, je décide donc de faire un grand tour pour revenir chasser à bon vent. Il fait encore très chaud ce soir. Je longe un moment la route, la vigne a fait place à un très grand champ de tournesols que je longe un moment avant d'y rentrer. Je progresse entre 2 rangs sur plusieurs centaines de mètres tout en surveillant les alentours jusqu'à rejoindre une bande boisée qui vient de la route à environ 100 mètres sur ma droite. Les arbres font de l'ombre sur la culture, je commence à longer la bande boisée par le premier passage de tracteur. Les tournesols ne semblent pas mangés dans le secteur. Les arbres bifurquent à gauche et le les suis toujours, je progresse maintenant face au vent. J'avance doucement sur environ 400 mètres sans voir de chevreuil. La bande boisée qui s'élargissait petit à petit s'interrompt sur 30 mètres pour reprendre ensuite sous forme d'un bosquet en L d'environ 100 mètres de long et où j'ai vu un brocard le 6 juin.

Arrivé au bout de la bande boisée je commence à voir des tournesols mangés ou frottés et j'espère tomber sur le brocard du secteur. Je traverse le passage entre la bande boisée et le bosquet. Je rejoins le bosquet et le longe par la droite mais toujours pas de brocard, je traverse donc le tournesol et arrive en limite d'un chaume de blé et le longe en suivant les tournesols sur environ 300 mètres. Les tournesols s'interrompent alors qu'une haie commence à longer le chaume sur environ 200 mètres, je la suis par la gauche. Le chaume s'interrompt et laisse place à une bande de friche, la haie bifurque à 90° à gauche tout en suivant la friche. Je continue à suivre la haie et tombe sur un monticule de terre qu'un blaireau a déblayé à l'entrée de son terrier dans la friche près de la haie. Je traverse la haie de chênes un peu plus loin puis descends vers la route en contrebas à travers une autre friche. Arrivé à la route, je la suis en prenant à gauche, passe une résidence secondaire puis prends à gauche pour progresser dans une bande d'herbes hautes de 20 à 40 mètres de large coincée entre le bois à ma gauche et le chaume de blé de l'autre côté du fossé à ma droite. Le vent souffle face à moi, j'avance doucement tout en surveillant le secteur lors de pauses d'observation répétées car j'ai vu plusieurs chevreuils dans le secteur le 6 juin. Rien sur environ 200 mètres, je me rapproche d'une haie qui barre la prairie entre le bois et le fossé laissant juste un passage de quelques mètres au bord du fossé. Un chevreuil démarre dans le bois à ma gauche en aboyant, je l'entrevoie entre les branchages des premiers arbres, il biaise pour remonter vers le haut du bois à travers une grande friche entourée par les arbres.

J'avance tranquillement jusqu'au passage qui traverse la haie puis prends à gauche pour la suivre quand une chevrette démarre à quelques mètres de moi dans les herbes hautes pour biaiser vers le bois et disparaître. Je me fige contre la haie et décide de tenter quelques appels au Butollo que j'ai pris pour la première fois ce soir. Dès les premiers appels, un chevreuil surgit du bois et fonce vers moi en suivant la lisière. J'aperçois rapidement des bois, c'est un brocard, un six pointes pas très haut. Le temps de me rendre compte que je ne suis pas bien caché et de me baisser à genoux dans les herbes hautes, le bocard vient se planter à 12 mètres, sur ma gauche, plein travers. Il regarde vers moi un moment puis baisse la tête dans les herbes hautes, j'en profite pour armer mon arc. Il relève la tête, je reste en visée, le Butollo tenu sur la poignée de mon arc. Je tente d'appeler un peu mais il ne bouge pas. Il regarde un moment vers moi puis s'avance de 2 pas et baisse la tête pour renifler la végétation plein travers. J'en profite pour décocher, aucun impact audible, le brocard fait volte et repart sur ses traces pour rentrer au bois en aboyant comme un fou. Il s'arrête un moment pour aboyer à couvert puis repars en aboyant en remontant vers le haut du bois s'arrêtant plusieurs fois pour protester. Je vais contrôler mon tir dont je connais déjà le résultat, pas de sang à l'endroit du tir ni sur la trajectoire de fuite ni à l'entrée du bois. C'est manqué.

Je décide de changer de secteur, je reprends ma progression lente dans les hautes herbes sans voir d'animaux jusqu'à la route puis prends à gauche pour remonter vers les vignes au-dessus de la friche boisée à ma gauche. Je m'avance de quelques mètres quand un animal, très certainement un chevreuil démarre derrière des arbustes. Je me cale rapidement et tente de l'appeler un moment mais rien ne vient. Je me remets en marche et rejoins ma voiture au bout des vignes. Je pars me garer, contre les tournesols, sur le chemin de terre qui traverse l'Osse pour rejoindre le bois de Bourras. Je quitte ma voiture, passe le pont qui enjambe l'Osse, traverse le tournesol puis longe vers la droite la vielle Osse, la traverse un peu plus loin par la passerelle qui rejoint la palombière, passe cette dernière et ressort sur l'orge qui a été moissonnée. Rien en vue, je prends à droite, passe un passage dans la haie qui rejoint le bois de Bourras et celui qui remonte à ma gauche vers la limite du territoire de Courensan. La moissonneuse batteuse est entrain de battre l'orge du grand champ où j'ai fléché mon premier brocard de la saison. Sur ma gauche, à environ 70 mètres, j'aperçois une chevrette qui rejoint doucement le bois en glanant les grains laissés par la moissonneuse.

Enfin du vent et un un vieux brocard, 30 juin 2015

Je l'observe un moment puis décide de tenter de m'approcher un peu en longeant la haie mais au bout de 20 mètres, je provoque sa fuite rapide vers le bois.

Enfin du vent et un un vieux brocard, 30 juin 2015

Je continue à longer le bois et rejoins le petit lac en bordure du massif faisant décoller plusieurs milans noirs posés sur les grands arbres qui bordent le bois. Cet envol fait également plonger 2 ou 3 gros ragondins qui filent directement au terrier sans refaire surface. Je jette un coup d'œil sur le chemin couvert d'herbes hautes après le lac où je me suis déjà fait avoir 2 fois par un jeune brocard. Il n'est pas de sortie et je décide de traverser à travers bois pour rejoindre les vignes de l'autre côté. Je rentre donc dans le sous-bois et passe le ru qui alimente le petit lac puis me poste pour appeler un peu au Butollo. Rien ne vient, je me déposte et avance par les coulées dégagées pour limiter les craquements de brindilles et de feuilles mortes. Je m'arrête plusieurs fois pour appeler sans résultat puis ressors dans les vignes.

Je m'avance doucement entre 2 parcelles et surveille les intervalles entre les rangs perpendiculaires à ma progression à ma droite et à ma gauche. Pas de chevreuil mais alors que j'arrive au bout de la parcelle, j'aperçois, à moins de 40 mètres, un chevreuil massif, arrêté près de la vigne, sa tête et cachée par la vigne mais la largeur de son coup ne trompe pas, ça ne peut être qu'un brocard. Il s'avance et passe à couvert derrière la vigne. J'accroche mon décocheur et commence une approche rapide et silencieuse vers le coin de la vigne. Les 3 derniers rangs sont plus courts de 5 à 10 mètres et forment donc un biais. J'avance doucement en suivant le bout des rangs pour essayer d'apercevoir le chevreuil. Je finis par l'apercevoir, il est plein travers et regarde à l'opposé de ma position à environ 15 mètres. Je me fige, il repart et je le perds à nouveau de vue derrière la vigne, j'arme mon arc et m'avance jusqu'au dernier rang et me penche doucement. Il arrive vers le dernier rang de vigne et s'arrête plein travers avec la tête rentrée dans le rang. J'en profite, prends rapidement la visée et décoche.

Enfin du vent et un un vieux brocard, 30 juin 2015

Touché, le brocard gueule, se propulse entre les 2 premiers rangs et s'effondre. Il se débat au sol dans un grand nuage de poussière puis reprends une impulsion avec ses pattes arrière et traverse le rang suivant à la deuxième tentative. Comprenant qu'il y a un problème, je me précipite vers lui dans le troisième rang. Il est couché et tente de se relever sans y parvenir perdant beaucoup de sang. Me voyant, il parvient à filer au travers du rang qu'il vient de passer et part en se propulsant avec ses pattes arrière pour filer en passant les rangs dans de grands nuages de poussière. Je le suis le plus vite possible en passant sous les fils de fer qui tiennent les ceps et le rattrape 10 mètres plus loin, l'immobilise et l'achève.

Ma flèche lui a cassé les 2 épaules, c'est un vieux brocard qui ravale, son pelage est tout mité et laisse apparaître sa peau par endroit. Il semble très gros et accusera plus de 31 kg à la pesée. Je pose mon arc avec mon brocard et pars chercher ma flèche. Je retrouve le côté empennage à l'endroit de la première chute du brocard au milieu d'une grosse tache de sang.

Enfin du vent et un un vieux brocard, 30 juin 2015

L'autre partie est restée appuyée contre la vigne au niveau du premier rang où le chevreuil a cassé ma flèche restée en travers de ses épaules. Le feuillage est marqué de grosses taches de sang.

Enfin du vent et un un vieux brocard, 30 juin 2015

Me flèche récupérée, je retourne à mon brocard pour quelques photos souvenir.

Enfin du vent et un un vieux brocard, 30 juin 2015

J'attache les pattes de mon chevreuil et le charge sur mon épaule pour rentrer. En arrivant au coin du bois sur ma droite, j'aperçois un chevreuil couché à 120 mètres environ, près d'une balle ronde de foin. Je pose mon chevreuil et m'approche du coin du bois et tente des appels au Buttolo alors que le chevreuil s'est levé. C'est une chevrette, elle regarde vers moi sans bouger et mon appareil photo n'arrive pas à faire la netteté.

Enfin du vent et un un vieux brocard, 30 juin 2015

Je recharge mon brocard sur mon épaule et finis de rentrer à la voiture, la nuit tombe, il est temps de rentrer.

 

Alex

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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 05:57

Ce soir, je retourne chasser autour de chez le président de la chasse. Il fait très chaud et le vent ne souffle pas ou presque pas, depuis plusieurs jours, les températures sont très chaudes et tout est sec. Le sol est très craquant et sans vent les approches sont assez compliquées. Je me gare, vers 19 heures, près du petit château d'eau puis descends par la route vers le champ de blé de gauche.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Arrivé au bout du bois qui longe les 2 côtés de la route, je remonte le talus de droite et jette un rapide coup d'œil sur le secteur. Rien en vue, je fais demi-tour et traverse la route pour rentrer, en face, dans l'autre champ de blé par le passage de tracteur. Je fais une pause pour observer les alentours. Pas de chevreuil en vue.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Je suis tranquillement le passage de tracteur qui suit le haut du champ, près du bois, tout en surveillant la surface des céréales.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

J'ai décidé d'aller me poster un moment au bord du bois en contrebas, en bordure de la luzerne qui suit le blé, d'où sort tous les soirs et tous les matins un brocard.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

J'aperçois maintenant la luzerne dans le fond et tente d'apercevoir une tache suspecte au milieu du vert mais le brocard ne semble pas encore sorti.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Je continue à avancer et passe au-dessus de la petite friche terminée par le gros bout de haie. La chevrette coutumière du secteur n'est pas de sortie. Je biaise pour prendre un passage de tracteur qui passe plus près de la friche et avance tranquillement jusqu'au coin de la friche, au bout de la haie où je fais une pause d'observation. Toujours pas le moindre chevreuil en vue.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Je continue à suivre le passage de tracteur et rejoins la bordure du bois en bas du blé et la longe en direction du coin du bois, à la limite du blé et de la luzerne. J'avance tout doucement quand une chevrette surgit du blé à 5 mètres, juste en bordure du bois devant moi et se débine pour rentrer à couvert sans un bruit. Heureusement que ce n'était pas le brocard car je n'aurais rien pu faire.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Je continue à descendre tranquillement vers l'angle du bois ou je tombe sur un rond de plumes de geai. Cet oiseau a dû faire les frais d'une attaque d'autour ou d'épervier.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Je m'arrête un instant au coin du bois pour jeter un coup d'œil à la luzerne où se trouve souvent le brocard que je cherche mais il n'est pas de sortie ce soir.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Ayant remarqué qu'il sort et rentre souvent du bois sur les 100 premiers mètres après l'angle du bois, je décide de tenter de me poster un moment à l'intérieur du bois juste en lisière du massif. Je longe donc très doucement un peu le bois en suivant un passage broyé en bordure de la luzerne et trouve un passage qui rentre dans le bois, il me permet d'entrer à couvert sans faire trop de bruit. L'intérieur du bois est assez clair sur une bande de 10 à 20 mètres le long de la lisière et de nombreuses coulées bien marquées se dirigent vers la luzerne et le blé.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Je rejoins une coulée et la suis doucement, le sol dégagé est assez silencieux. Une sorte de ruisseau asséché se creuse peu à peu à ma droite entre moi et la lisière, la coulée le longe. Un peu plus loin des coulées traversent ce ruisseau qui fait maintenant environ 1,5 mètres de profondeur pour ressortir dans la luzerne. Je décide de traverser pour me poster juste en lisière, dos à la luzerne vers où se dirige le vent. Il est environ 19h30. J'ai une bonne vision du sous-bois sur environ 40 mètres.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Rapidement, un bourdon roux arrive et commence à me tourner autour avant de se poser sur moi, il semble apprécier ma sueur qu'il lape avec sa longue langue. Je le laisse faire un moment alors qu'il est sur mon T-shirt mais il finit par venir sur ma main et je décide de le chasser mais il s'envole et revient aussitôt à la charge et j'ai beau essayer de le chasser, il insiste et revient toujours et pour rester discret, je dois me contraindre à le laisser faire.

Je surveille par moment la luzerne au travers du feuillage malgré qu'elle soit à mauvais vent. Le temps passe sans que rien ne bouge et n'étant pas très patient à l'affût, je décide de me déposter vers 20h30. Je sais qu'une mare se trouve un peu plus loin à l'intérieur d'une avancée du bois sur la friche qui suit la luzerne. Je décide d'aller m'y poster un instant pour attendre que la forte chaleur passe un peu avant de repartir à l'approche. Je ressors donc sur la luzerne puis longe le bois sur la bande broyée en direction de l'avancée du bois. La luzerne fait vite place à une friche, couverte, le long du bois, par des pousses de frênes qui colonisent le secteur en rangs serrés. J'arrive très doucement au coin de l'avancée du bois et fais une pause pour tenter d'apercevoir un animal au travers des branchages. N'ayant rien vu, je me remets en mouvement quand le brocard démarre en aboyant près de la mare à 15 mètres environ. J'ai juste le temps de l'apercevoir avant qu'il rentre dans une zone plus épaisse où il s'arrête un moment à environ 35 mètres pour aboyer avant de repartir en protestant et de s'éloigner rapidement. Je suis le bois et rejoins le passage qui permet de rejoindre la mare. La végétation est marquée de boue séchée de la lisière jusqu'à la mare. Un sanglier est venu se baigner ces jours-ci. Je rejoins le petit plan d'eau pour examiner le tour qui semble assez fréquenté.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Le brocard ne reviendra pas et je décide de changer de secteur. Je ressors dans la friche et biaise pour rejoindre la luzerne puis la bordure du blé et remonte vers la route de crête. Je descends alors le talus au bord de la voirie pour la rejoindre et la longer un moment. A ma gauche un petit bosquet descend un peu dans les cultures et longe la route. En arrivant au bout du bosquet, du bruit me fait tourner la tête à gauche et j'ai juste le temps d'entrevoir un chevreuil faisant demi-tour. Il venait droit vers la route par un passage débouchant sur la route et m'apercevant, il a fait volte-face. Le bruit de sa fuite cesse rapidement. Je continue mon chemin et rejoins la bordure du bois. Cette fois je prends à gauche pour prospecter la combe de l'autre côté de la route. Je remonte le talus de la route en longeant le bois et fais une pause pour observer le blé à ma gauche. Le chevreuil dérangé tout à l'heure, aboie dans le bosquet.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Pas de chevreuil en vue, je descends en suivant le bois qui fait une avancée sur les cultures un peu plus bas au niveau du bas de la parcelle de blé. J'en profite pour surveiller le penchant d'en face couvert de blé.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Je passe le coin de l'avancée du bois, une bande semée de tournesols puis une bande de blé et rejoins le fossé du fond de la combe que je traverse pour remonter en longeant entre le tournesol à ma droite et le blé à ma gauche tout en essayant d'apercevoir un chevreuil. J'arrive ainsi au coin d'un bosquet et marque une pause pour observer le blé.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Rien vue, je bifurque donc à gauche pour suivre le bas du bosquet par un passage de tracteur. J'avance doucement. Le bosquet fait place à une friche puis le blé remonte maintenant jusqu'à une autre route de crête. Je bifurque donc au coin de la friche et remonte vers la route. Je passe devant les terriers de blaireaux creusés dans un sol sablonneux et dont les entrées sont marquées de nombreuses traces. Arrivé à la route, je la traverse et rejoins l'angle d'une autre grande parcelle de blé à ma gauche et d'un grand champ de tournesol à droite, ponctué de petits bosquets. Le vent souffle dans mon dos. Je scrute un moment la surface du blé sans succès.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Je prends à droite dans les tournesols

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

et contourne 2 des bosquets pour rejoindre une haie qui sépare cette parcelle d'une parcelle de blé qui longe un bois à droite. Je me suis fait aboyer plusieurs fois dans le secteur sans voir le chevreuil mais ce soir ni chevreuil ni aboiement. Arrivé au bout de la haie, je passe dans la parcelle de blé et prends le passage de tracteur du milieu pour rejoindre la vigne à l'autre bout. Rien en vue, je longe ensuite sous la vigne en contrôlant les intervalles entre les rangs. Arrivé au coin de la vigne, je surveille un instant la friche mais toujours rien. Je fais demi-tour et décide de faire une grande boucle par les vignes pour revenir à bon vent en longeant un fossé au fond d'une combe dont les 2 penchants sont couverts de blé. Je descends donc vers ce fossé par la droite des parcelles de blé puis traverse ce dernier pour longer la parcelle de droite bordée par une bande de terre à nue. Sur ma gauche le blé est bordé par une bande d'herbes hautes, j'espère ne pas voir surgir un brocard au dernier moment. Ce soir, le vent est quasi inexistant, le sol craquant, l'approche est compliquée. Tout à coup, je repère des bois qui dépassent du blé à environ 100 mètres devant moi, à 10 mètres environ de la bordure du blé sur ma droite. Je commence l'approche et gagne facilement 50 mètres sur la pointe des pieds, voûté, sans me faire repérer. Je me positionne ensuite à genoux, le vent très léger vient de ma droite, c'est parfait, je continue mon approche sur les genoux lentement, en essayant de ne rien faire craquer.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Petit à petit, je m'avance, sur les genoux ou à 4 pattes et gagne du terrain tout en surveillant le brocard. Il ne dépasse pas du blé, seul ses bois et ses oreilles font régulièrement surface et il ne peut donc pas me voir. Le sol très dur et marqué par les crampons d’une roue de tracteur meurtrit mes genoux. Les rares fois où le brocard dépasse un peu plus du blé et pourrait me voir je stoppe et me baisse sous le niveau du blé. Je finis par me positionner à l'aplomb du brocard, devant moi, la bande de terre nue se couvre d'herbe haute et l'approche risquerait de devenir plus bruyante. Je suis à environ 10 mètres du brocard mais ne vois toujours que ses bois et ses oreilles. J'accroche mon décocheur et me prépare à armer mais il me faut d'abord savoir où tirer. Je laisse donc faire le brocard pour voir dans quel sens il est tourné, il avance un peu et je confirme alors mon impression par rapport au sens des bois, sa tête est à gauche et son arrière train à droite, il est plein travers. Je me prépare à armer mais il relève la tête et regarde vers moi. Je me baisse sous le blé. Au bout d'un moment, il reprend son repas sous le niveau de céréales. Je me reprépare à armer mais, à nouveau, il lève la tête et regarde vers moi et je me rebaisse. Mon cœur commence à accélérer, ce qui ne m'arrive pas souvent et il me faut me concentrer. Le brocard rebaisse la tête et s'avance très lentement pas par pas. J'arme mon arc, je vois à peine son dos et le devine au travers du blé, je me redresse, prends rapidement la visée sur ce que je devine être son poitrail et décoche. Il me semble avoir entendu l'impact et mon brocard surgit du blé pour filer à grands bons en remontant vers la route puis disparaît brusquement entre 40 et 50 mètres dans le blé. Il m'a semblé voir du rouge sur sa robe rousse.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Pensant mon brocard mort, je ne tarde pas à aller contrôler mon tir. Ma flèche est introuvable et je ne trouve pas tout de suite du sang. Je recoupe un peu plus loin la trajectoire de fuite et trouve rapidement le premier sang qui a repeint quelques épis dorés en rouge.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

La piste continue est très facile à suivre, le rouge tranche bien avec le doré du blé.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Le sang est de plus en plus abondant et alors que le chevreuil passe un premier passage de tracteur, je trouve beaucoup de sang projeté sur le blé.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

La traversée du passage de tracteur suivant est tout aussi marquée.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Un peu plus en avant, j'aperçois un rond de blé couché et en m'approchant, je distingue mon brocard couché sur le flanc. Il a amorcé un virage avant de tomber et le blé est couvert de sang.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Je m'approche de mon brocard et constate que ma flèche est basse, elle a traversé le cœur.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

J'appose mon bracelet et fais quelques photos souvenir.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Dans mon dos, le soleil baisse sur l'horizon et il est temps de rentrer.

Une belle approche, une belle flèche et un beau petit brocard, 25 juin 2015

Alex

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 22:49

Ce soir, pris par un rendez-vous, je n'ai pas pu me libérer avant 19h45, j'arrive donc sur mon territoire vers 20h30. Je me gare au bord d'un chemin de terre et me prépare. Le vent soutenu vient de ma gauche, ça tombe bien, je voulais commencer par chasser la gauche du chemin. Je pars en longeant un peu le sentier puis remonte sur la gauche pour longer une vigne en surveillant entre les rangs mais j'arrive au bout de la parcelle sans avoir vu de chevreuil. De l'autre côté du chemin un lac se trouve au milieu d'une prairie, des ragondins sont à la surface avec quelques foulques et canards. Je bifurque à gauche en remontant le long de la vigne face au vent pour arriver au bord d'un grand champ de blé. Le temps est orageux et le vent soutenu est parfait pour l'approche.

Une chasse express, 8 juin 2015

Un coup d'œil sur le blé, rien en vue, je me décale tranquillement à droite vers une mare asséchée entourée d'arbres, prise d'ans une avancée des céréales. Les sangliers ont défoncé le sol autour et dans cette dernière. Je prends un de leurs passages pour m'avancer doucement dans le blé, au bout de 50 mètres environ, je rejoins un passage de tracteur et j'aperçois des oreilles à la surface des céréales à environ 40 mètres sur ma gauche. Je me fige et observe l'animal, je me rends vite compte qu'il s'agit d'une chevrette. Les oreilles sont braquées vers moi et je reste immobile quand la chevrette démarre pour venir vers moi. Elle fait rapidement 20 mètres sous le niveau du blé puis s'arrête et se fige à nouveau pour écouter.

Une chasse express, 8 juin 2015

La chevrette repars après un court arrêt, elle avance rapidement à couvert sur environ 10 mètres et vient se planter devant moi à environ 10 ou 12 mètres plein travers pour écouter à nouveau mais son comportement m'interpelle. Ses oreilles sont braquées droit devant elle comme si elle écoutait quelque chose dans le blé devant moi. Je commence donc à parcourir la surface du blé du regard quand j'aperçois à environ 20 mètres de la chevrette, un peu plus à ma droite, un mouvement dans le blé. Un animal vient vers moi sans dépasser du blé et je pense à un blaireau, un renard ou peut être un sanglier et décide de me décaler légèrement pour me caler presque en face du mouvement dans le passage de tracteur. Je laisse venir l'animal qui avance par tranches de quelque mètres puis reste un moment sur place agitant à peine les épis par moment puis repart mais à environ 10 mètres de moi, il bifurque et prends vers la chevrette qui est toujours à environ 15 mètres plus à gauche et qui est toujours plantée à l'écoute. Je décide de tenter une approche et commence à m'avancer tout doucement dans le blé en écartant les céréales du bout du pied pour ne pas les faire craquer.

Je progresse ainsi jusqu'à 6 mètres de l'animal qui bouge un peu sur place mais n'avance plus. Je le fixe et finis par apercevoir 2 pointes blanches au niveau du blé. C'est un brocard, j'accroche mon décocheur, et reprends mon approche, je gagne encore 1 mètres mais alors que je tente d'avancer encore d'un pas, un léger craquement du blé fait relever la tête du brocard. Seuls le bout de ses bois et la moitié de ses oreilles dépassent des céréales, il regarde droit vers moi. Je n'ai plus le choix, j'arme doucement et tente d'aligner la visée. Je distingue à peine son cou au travers du blé, il est de face ou de 3/4 face à 4 mètres environ. Je vise le point que j'estime être proche de la base du cou et décoche. Un crac retentit et le chevreuil s'effondre sur place sans un mouvement. Je m'avance rapidement et trouve mon chevreuil couché sur le flanc. La flèche est restée en travers, le sang coule de façon très abondante par la plaie d'entrée.

Une chasse express, 8 juin 2015

Je pose mon arc et me baise pour l'achever. J'examine ensuite l'animal. C'est un jeune 4 pointes. Ma flèche rentre dans le cou en sectionnant la colonne vertébrale et ressort derrière l'épaule droite. Je dégage ma flèche, appose mon bracelet, attache ses pattes et le charge sur mon épaule pour le ramener à la voiture. En route je fais une pause au pied d'un des gros chênes qui entourent la mare asséchée pour faire quelques photos.

Une chasse express, 8 juin 2015

En route vers la voiture, je constate qu'un ragondin est sorti au bord du lac, sur la prairie pour brouter.

Une chasse express, 8 juin 2015

Je pose mon chevreuil dans le coffre de ma voiture puis repars faire un tour dans les blés mais je ne verrai pas d'autre chevreuil. Les sangliers ont fait pas mal de dégâts dans les cultures. Je reviens vers ma voiture par le chemin de terre. Plusieurs ragondins broutent au bord du lac, je suis à mauvais vent et pas équipé pour m'occuper d'eux, je rejoins ma voiture puis décide de partir faire un tour sur un autre secteur du territoire. Je pars vers les silos de Roques puis remonte à gauche, juste après les silos, un chemin de terre qui remonte vers des bâtiments en pierre au milieu des vignes. Sur la gauche du chemin s'étend un grand champ d'orge massacré par les sangliers et à droite un grand champ de blé ponctué de trous faits par les sangliers. Je me gare près des bâtiments et pars vers l'angle droit d'un bosquet séparé des vignes par un chemin de terre. Arrivé au coin du bois, je biaise, rejoins le bord de la vigne et commence à la longer doucement espérant revoir le renard vu sortant du bois l'autre soir. Je n'ai pas fait 30 mètres que 2 renardeaux surgissent de la vigne, à environ 25 mètres devant moi, en se chamaillant, le premier roule et se retrouve sur le dos, l'autre le mordille au niveau de la gorge à cheval sur lui puis ils repartent en un éclair vers la vigne. Je ne pense pas qu'ils m'aient vu et j'avance doucement en surveillant les rangs en espérant les revoir. Tout à coup, un renard adulte surgit de la vigne et se plante de 3/4 arrière au bord du bois à environ 15 mètres. Il se retourne, regarde vers moi puis fonce dans le bois en un éclair sans que j’aie le temps de réagir. La nuit sera vite là, je fais un petit tour mais je ne verrai rien à part des lièvres. La nuit tombe, il est temps de rentrer.

 

Alex

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 07:27

Ce matin, je décide de chasser sur Justian, autour de chez le président de la chasse. Je me gare juste avant le lever du jour près d'un petit château d'eau entre 2 bois, sur le premier chemin qui descend vers Justian en arrivant de Marambat par la route de Valence sur Baïse. Je me prépare tranquillement puis commence à descendre vers la fin des bois. Sur ma gauche, un grand champ de blé bordé par le bois sur 2 côté et une partie du 3ième, entoure une petite friche bordée par une morceau de haie épais abritant souvent un chevreuil. Je décide de tenter de faire le tour du champ de céréale. Je rentre par le passage de tracteur sortant sur la route et le longe tranquillement sur le haut du champ puis bifurque par un autre passage pour me rapprocher de la friche et de la haie. Alors que je passe au-dessus du bout de la haie, une chevrette surgit des hautes herbes contre les arbres et plonge dans la haie en un éclair.

Je continue mon chemin dans le blé pour rejoindre le bas du champ où les céréales font place à une parcelle de luzerne prise entre le bois en bas et la route de crête, une bande boisée à mi-pente coupe cette parcelle, laissant une bande de 30 mètres entre les arbres et le blé. Je me suis fait surprendre par un brocard dans le secteur lors de ma première sortie du premier juin. Arrivé au coin du bois, je jette un coup d'œil sur la luzerne mais pas de brocard en vue. Je fais donc demi-tour pour revenir vers la route mais alors que j'arrive au-dessus de la haie, j'aperçois le brocard en plein milieu de la luzerne, entre la bande boisée et le bois. Je repars donc vers l'angle du bois où le blé jouxte la luzerne. Arrivé sur place à couvert du bois, je m'avance tout doucement et me poste au coin de bois et aperçois le chevreuil au gagnage à environ 50 mètres. L'approche est délicate, je décide de tenter d'aboyer. Le brocard me fixe un moment puis fait volte-face et s'enfuit en aboyant. Il faut dire que je l'ai déjà aboyé lors de notre première rencontre.

Je remonte donc vers la route. En arrivant en haut du blé, près de la route, je me retourne et aperçois une silhouette rousse dans la petite friche au milieu de la culture. Je la fixe un instant et reconnait une chevrette et décide de continuer sans tenter l'approche. Je rejoins la route et la longe en revenant vers ma voiture pour prendre à gauche et longer le bois en bordure d'un autre champ de blé. Un coup d'œil sur le champ, pas de chevreuil, je descends, débouche sur un semé de tournesol étroit et encore non levé puis prends le passage de tracteur à 5 mètres du bois pour traverser une bande de blé. Toujours rien, je franchis un fossé et arrive sur une bande enherbée couverte d'herbes hautes. A ma droite un champ de blé remonte vers la route de crête en incluant un bosquet dans son angle haut droit, à ma droite, des tournesols clairsemés et peu montés qui remontent vers la route. Je remonte entre les 2 cultures vers l'angle du bois puis le suis en prenant à gauche dans le passage de tracteur. 100 mètres plus loin une résurgence a créé une zone humide dans le blé qui attire les animaux. De nombreuses traces de blaireaux, chevreuils et sangliers ponctuent le sol. Plus loin le bosquet fait place à une petite friche puis le blé remonte vers la route et je le suis, toujours pas de chevreuil en vue. Plusieurs terriers de blaireaux ont été creusés en limite de la friche et du blé dans un sol sablonneux et le secteur semble très fréquenté, de nombreuses coulées très marquées partent dans le blé. Plus haut les blaireaux ont couché un gros rond de blé juste avant la route.

Je quitte le blé, traverse la route puis descends vers la combe suivante en longeant entre un grand champ de blé à ma gauche et un tournesol incluant plusieurs bosquets dont un accolé au blé à environ 30 mètres devant moi. Je passe le long du bosquet en surveillant le blé puis continue à suivre la culture sans voir de chevreuil à sa surface. Je passe ensuite une haie au bout d'une bande boisée finissant en pointe et continue au milieu d'une petite parcelle de blé délimitée par la haie qui tourne à ma gauche et par le bois à ma droite. Une fois cette parcelle traversée, je rejoins une vigne que je longe en surveillant les rangs qui remontent vers la crête. Plusieurs lapins déguerpissent vers la haie plus haut mais pas de chevreuil. Au bout de la vigne débute une friche fermée par les haies en haut et en bas puis par le bois au fond. Je me cale au coin de la vigne et observe sans rien voir. Je tente des cris de souris un moment mais toujours rien, je fais donc demi-tour et en arrivant au départ de la vigne, je me fige. Un mouvement a attiré mon regard dans la petite parcelle de blé que j'ai traversée tout à l'heure. Le haut de la tête d'un sanglier dépasse du blé. Il a peut-être été dérangé ou attiré par les cris de souris. Il reste un court instant immobile puis démarre au galop pour rejoindre la pointe boisée à l'autre bout du blé et disparaît rapidement.

Je retourne à la route à travers champ, la traverse et redescends par un chemin de terre vers la combe de tout à l'heure. Un coup d'œil sur une vigne et une parcelle d'avoine à ma droite puis je continue à descendre et aperçois au loin, 400 mètres environ, au milieu du blé couvrant le penchant d'en face, un chevreuil immobile près du gros chêne qui pousse au milieu de la culture. Je descends rapidement et passe le fossé du fond de combe par un passage busé. Je prends à droite en suivant la haie qui le borde. Le chevreuil est toujours là mais il semble qu'il s'agisse d'une chevrette. Elle semble prostrée et me tourne le dos, je me rapproche encore en longeant la haie puis arrivé à son aplomb, je l'observe un instant.

La vengeance du brocard, 7 juin 2015

Je reprends ma progression le long de la haie, la chevrette finit par m'apercevoir, m'observe un instant puis se baisse dans la culture et disparaît. Plus loin, je rejoins la route de Justian et aperçois un chevreuil à gauche au bord d'un champ de tournesol à environ 200 mètres. Je traverse la route et prends un chemin de terre sur environ 60 mètres pour rejoindre rapidement une haie perpendiculaire qui part à droite vers le tournesol en alignement du chevreuil. Je suis maintenant doucement la haie en surveillant le chevreuil qui mange tranquillement. J'arrive au bout de la haie, à plus de 100 mètres du chevreuil. Je ne peux plus avancer sans être vue, je reste un moment en observation et constate qu'il s'agit d'une chevrette. Je me décale à peine à droite pour la prendre en photo mais elle me repère et s'enfuit en biaisant au galop vers l'Osse qui coule sur ma gauche à environ 50 mètres.

Je retourne à la route et la suis un peu pour arriver au bord d'un champ de tournesol en long coincé entre la route et l'Osse. La route surplombe la culture de 1 à 2 mètres et me donne une bonne vision d'ensemble mais me met aussi bien en vue. Pas de chevreuil, un chemin de terre coupe le tournesol un peu plus loin et traverse la rivière sur un petit pont. Je le prends et traverse l'Osse pour jeter un coup d'œil de l'autre côté de la haie qui borde la rivière, sur des parcelles de tournesol et une petite parcelle de blé. J'ai vu un très gros brocard avec sa chevrette un matin dans le secteur mais il n'est là ce matin. Je fais demi-tour et retraverse la route pour remonter le chemin de pierres blanches de "Las Tachoires" qui remonte chez le président de la chasse. J'ai fait démarrer un beau brocard, avec des bois longs à petits andouillets, penchés en arrière, juste au bord du chemin, sur la gauche dans la friche qui remonte vers une haie à environ 40 mètres, le matin où j'ai vu le très gros brocard. Il n'est pas là ce matin. Je continue, un peu plus loin le chemin tourne à angle droit sur ma droite et longe un grand champ de lin déjà en graines.

La vengeance du brocard, 7 juin 2015

Je décide de tenter de m'avancer dans la culture en longeant le fossé à ma gauche. J'avance doucement quand une tête de chevreuil surgit d'un îlot de végétation haute qui dépasse au-dessus du lin qui lui ne m'arrive pas aux genoux. Je me fige. C'est une chevrette, elle regarde vers moi à environ 80 mètres quand mon regard est attiré par du mouvement plus loin, à environ 200 mètres dans la culture. Un autre chevreuil descend vers le fossé, il est au-dessus d'une ligne de quelques gros chênes poussant dans le lin. Je suis à découvert mais décide de tenter l'approche en alignant les chênes entre lui et moi pour tenter de masquer ma progression. La chevrette se baisse dans la végétation et disparaît. J'avance ainsi assez rapidement en surveillant le brocard de temps en temps et en m'arrêtant quand il relève la tête et qu'il risque de me voir. Il biaise doucement en zigzagant au gré de ses prises de nourriture pour venir vers les chênes. Une fois suffisamment près des chênes, je biaise doucement à droite pour les rejoindre.

La vengeance du brocard, 7 juin 2015

J'aperçois par moment le brocard, il a changé de trajectoire et semble lui aussi se diriger vers les chênes, j'essaie d'avancer le plus vite possible tout en restant silencieux. Tout à coup, je perds le chevreuil de vue. Je continue à avancer et arrive aux chênes. Je me cale contre l'un d'eux et observe les alentours. Rien en vue, le chevreuil s'est volatilisé. Il n'a pas pu fuir si vite, il est certainement couché dans le lin. Je m'avance vers le chêne du centre et me cale. Il me semblait, de loin, que le chevreuil n'était pas loin de ce dernier la dernière fois que je l'ai vu. J'accroche mon décocheur et pense à armer mais je n'y crois qu'à moitié. Je lance un aboiement. Le brocard surgit du lin et se plante dans un léger 3/4 face à un peu plus de 20 mètres. Je regrette de ne pas avoir armé, une erreur de débutant. Il cherche d'où venait l'aboiement en restant sur place. Je reste immobile, il ne semble pas me voir. le temps passe quand le brocard tourne la tête pour se frotter le flanc opposé à ma position avec ses bois. J'arme rapidement mon arc et tente de prendre la visée mais le brocard retourne la tête vers moi et continue à chercher son concurrent du regard. Les secondes semblent très longues. Il finit par devenir plus inquiet et se tourne un peu comme s'il allait partir puis se ravise et regarde à nouveau vers moi. Il est maintenant plein travers. Encore quelques secondes interminables et il retourne la tête vers la crête, je monte mon arc, prends la visée et décoche mais c'est alors que ma flèche vole qu'il se tourne pour partir. Ma flèche le frappe avec un bruit peut commun. Il démarre et c'est alors que j'aperçois ma flèche plantée de 15 cm environ au niveau de son anus. Elle est peu rentrée j'ai dû toucher un os. Le brocard fonce vers les chênes puis bifurque à 90° pour les longer et fonce droit sur moi. Pas le temps de réencocher. Il m'aperçoit et freine des 4 pattes à 10 mètres devant moi puis bifurque à 90° pour passer entre les chênes et fonce vers le fossé en contrebas. Il contourne une petite mare couverte de masselottes à environ 35 mètres et disparaît brusquement derrière au pied d'un petit arbre.

La vengeance du brocard, 7 juin 2015

Je suis loin d'être confiant sur la létalité de ma très mauvaise flèche et décide d'attendre un peu sans bouger. Au bout d'un moment les masselottes du bord opposé de la mare s'agitent puis plus rien. Peut-être est-il mort. Je décide de m'avancer jusqu'au bord de la mare tout doucement et avec une flèche encochée. Arrivé au bord du plan d'eau, impossible de voir quoi que ce soit tant la végétation est dense. Je fais alors doucement le tour et aperçois alors le brocard couché de 3/4 arrière, en bordure de la mare, dans l'eau, jusqu'à mi-flanc. Je ne vois pas sa tête mais son cou semble encore tonique, il est certainement toujours vivant. Il est à 4 mètres de moi en contrebas, je décide de ne pas risquer de le perdre, j'arme, vise entre les épaules et décoche. Ma flèche rentre où je la voulais mais reste en travers du brocard qui gueule en faisant un grand bon pour retomber en plein milieu de la mare et s'immobiliser à nouveau. Je l'ai perdu de vue. Je me décale un peu à droite et le cherche au travers des masselottes quand une tache rousse m’apparaît. Le brocard est là immobile au milieu de la mare.

La vengeance du brocard, 7 juin 2015

S'il n'est pas mort, il doit être très mal en point. Je décide d'aller le chercher, je pose mon portable, mon appareil photo bien qu'il soit étanche, mon arc, mes clés sur la berge puis écarte les masselottes et descends dans l'eau au milieu des lentilles d'eau. Cela me rappelle les recherches de capibaras en Guyane. J'avance dans l'eau d'où se dégage une forte odeur de végétaux fermentés. En arrivant au brocard, je constate qu'il est toujours vivant, seuls la ligne du dos, les oreilles, les bois, les yeux et les naseaux dépassent de l'eau. On croirait un ragondin, il est à 2 mètres devant moi, je m'avance doucement et le saisis par les bois, mais alors qu'il n'a pas réagi jusque-là, il commence à se débattre avec l'énergie du désespoir. Il fait des bons dans l'eau mais je tiens bon, c'est alors qu'il me frappe à la main avec sa patte arrière qu'il passe par-dessus sa tête. Ce coup me fait lâcher prise, je ne sens plus ma main et me précipite pour le rattraper par les bois prenant 2 autres coups de patte dans la main. Impossible de le maîtriser avec de l'eau jusqu'en haut des cuisses. Commence alors une vraie bagarre aquatique mais je finis par lui saisir les pattes arrières et suis contraint de le maintenir sous l'eau avec mon pied car je ne peux pas le servir dans cette position. Heureusement, il s'immobilise rapidement, c'est alors que je constate qu'une grosse tache de sang grandit dans l'eau à ma droite alors que le chevreuil est à ma gauche. Je me rends compte alors que mon majeur droit est très profondément entaillé par 2 déchirures parallèles espacées de 7 à 8 millimètres. Je ne sens toujours pas ma main qui semble anesthésiée et comprends alors que le sabot du chevreuil s'est imprimé dans ma chair qu'il a enfoncé jusqu'à l'os avec un de ses coups.

La vengeance du brocard, 7 juin 2015

Les onglons arrière ont dessiné 2 encoches dans mon index. Le sang coule de façon continue et abondante. Ma flèche restée en travers est cassée, je sors la partie empennage encore dans le chevreuil, la lame est au fond de l'eau, heureusement pour moi car elle aurait pu ajouter aux dégâts. Je dégage facilement ma première flèche puis reviens à sec avec mes flèches et mon brocard. La première s'est arrêtée dans le bassin, la seconde a frôlé la colonne vertébrale, est passée au travers des poumons et est ressortie à la base du cou. C'est le brocard vu l'autre jour au bord du chemin de pierre blanche dans la friche ses bois sont caractéristiques et sa robe d'un roux très clair. C'est mon 125ième chevreuil à l'arc et je m'en souviendrai.

La vengeance du brocard, 7 juin 2015

L'action terminée, je commence à pas me sentir très bien et dois me poser un peu avant d'attacher les 4 pattes du chevreuil pour le charger sur mon épaule avant de remonter chez le président tout en laissant une belle piste au sang qui coule toujours autant de mon doigt. En arrivant aux habitations, je tombe sur le fils du président de la chasse et sa compagne, son père n'est pas là, je pose mon chevreuil et lui explique la situation, il se propose de me faire un bandage compressif alors que je dois m’asseoir pour ne pas faire un malaise. Un morceau de sucre va me faire du bien puis un désinfectant sur les plaies et le bandage en place, il va arrêter l'hémorragie. Mon infirmier improvisé va ensuite me ramener à ma voiture avec la voiture de la chasse car je suis trempé et tout sale. Mon véhicule récupéré, je retourne chercher mon chevreuil pour rentrer chez moi, le vider, le mettre au frais, me doucher et me changer avant de partir aux urgences où je passerai 4 heures pour ressortir sans points, avec 2 strips qui tiendront juste quelques heures.

La vengeance du brocard, 7 juin 2015

Alex

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6 juin 2015 6 06 /06 /juin /2015 23:22

Ce soir, je pars faire un tour pour chasser le chevreuil sur la société de chasse de Justian/Roques/Lagardère où j'ai récupéré 5 bracelets pour le tir d'été. Je décide de prospecter un secteur en limite du territoire. Je gare ma voiture au bord de la route, au pied d'un bois, me prépare puis rejoins un chemin qui traverse ce bois pour déboucher dans un champ de blé. Alors que j'avance tranquillement sur ce chemin, un animal démarre en contrebas sur ma gauche. Je me décale rapidement sur le bord du chemin mais le bruit a cessé et l'animal est introuvable. Je continue donc mon chemin en longeant la gauche du chemin sans rien voir et débouche plus loin sur un grand champ de blé. Je marque une pause pour observer la culture. Pas de chevreuil en vue. Je me remets donc en marche et biaise tranquillement vers une haie épaisse qui délimite la droite du champ. Arrivé contre cette dernière, je la longe doucement. En arrivant au bout de la haie, je fais démarrer un chevreuil caché à l'intérieur. Il fonce dans le blé de l'autre côté en aboyant. Je contourne vite la haie pour tenter de l'apercevoir en m'avançant dans le blé mais le terrain est vallonné et le chevreuil a disparu.

Je reprends donc ma trajectoire initiale et continue à monter vers la crête à travers blé. Je rejoins ainsi un talus rocheux percé de terriers. Les alentours ont été nettoyés, les terriers doivent être occupés cette année par des renards ou des blaireaux. Je passe ce talus et baise à gauche vers un pré non fauché, fermé sur 3 cotés par un bois en forme de U. Un coup d'œil sur le pré mais rien en vue. Je baise vers la bordure droite du pré. Le vent est face à moi, je surveille les herbes hautes sans voir de chevreuil et arrive au bout du pré où démarre un chemin forestier qui traverse la bande de bois. Je ressors au bout sur un autre pré et le traverse en biais pour rejoindre l'angle bas d'un champ de blé. Arrivé au coin de la culture, j'hésite, le bas du blé est bordé par une bande d'herbes hautes longée par un fossé qui la sépare d'une bande enherbée broyée bordant un champ de tournesol. Il y a de fortes chances qu'un chevreuil soit couché dans les herbes hautes mais la progression dans cette végétation sera certainement plus bruyante que la bande enherbée broyée. Je m'avance un peu dans les herbes hautes quand une chevrette surgit de son gîte à quelques mètres devant moi et file au galop en suivant le blé puis traverse la route à environ 100 mètres avant de remonter dans la friche du penchant d'en face où elle s'arrête 2 ou 3 fois pour regarder vers moi avant de disparaître.

Je décide de traverser le fossé et de longer la bande broyée car j'ai maintenant peu d'espoir de voir un autre chevreuil dans ces herbes hautes. Je rejoins la route et la traverse pour longer maintenant un long fossé en progressant dans de hautes herbes qui bordent des parcelles de blé sur ma gauche, morcelées par des haies. Sur ma droite une prairie étroite, d'environ 30 à 40 mètres de large, longe une bande boisée couvrant le penchant de la colline. J'avance tout doucement car ma visibilité est limitée à une courte distance. Je surveille les herbes hautes et la surface du blé. Après environ 100 mètres de progression, l'herbe agitée par le vent semble bouger de façon anormale à 20 mètres devant moi. Je me fige et observe un moment mais plus rien, j'ai peut-être cru voir quelque chose. Je reprends ma progression lente en essayant de repéré l'hypothétique animal quand une chevrette surgit devant moi et traverse le fossé d'un bon pour rejoindre le bois à ma droite.

Je continue à avancer toujours doucement et en surveillant les alentours. 300 mètres plus loin, 2 chevrettes surgissent des hautes herbes à environ 15 mètres. La premier part dans le blé et s'arrête à environ 40 mètres pour écouter. Seules ses oreilles dépassent des céréales.

Un gros brocard à l'approche dans les blés, 06 juin 2015

La seconde chevrette a franchi le fossé et s'est immobilisée 3 mètres plus loin dans les herbes hautes. Je décide de tenter de l'approcher pour la prendre en photo mais sa collègue a étiré son cou et sa tête dépasse au-dessus du blé. Elle regarde vers moi et m'a vu.

Un gros brocard à l'approche dans les blés, 06 juin 2015

Je tente de m'approcher encore un peu, provoquant la fuite de la première chevrette qui démarre et remonte vers la route. La seconde chevrette finit par franchir à nouveau le fossé et suivre sa consœur. Je reprends ma chasse et rejoins doucement la route le long de laquelle je suis garé à environ 1 km. Je la suis en prenant à droite, passe devant une résidence secondaire puis remonte une combe enherbée en suivant le bois pour rejoindre un grand champ de blé en crête. Pas de chevreuil, j'avance tranquillement dans les céréales en longeant la pente boisée sur ma droite et sous laquelle je chassais tout à l'heure. Je suis maintenant à mauvais vent et espère voir un chevreuil plus à ma gauche pour éviter qu'il ne me sente. J'aperçois alors un chevreuil qui sort dans les tournesols d'un bosquet en L à environ 350 mètres sur ma gauche, à son allure, je suis presque sûr qu'il s'agit d'un brocard, il commence à manger les tournesols encore bas et qui ne le couvrent pas à moitié. Je presse le pas en longeant le bois tout en surveillant le brocard qui ne m'a pas vu. Le bois fait une avancée vers les tournesols 200 mètres plus loin, en alignement de la barre du L du bosquet où broute le chevreuil. Je rejoins rapidement cette avancée et la longe jusqu'au bout puis me fige pour observer le chevreuil qui est encore à 150 mètres environ. L'approche me semble très compliquée et je décide de tenter de le faire venir en aboyant. Je me cale pour pouvoir tirer et me prépare puis commence à aboyer. Le brocard lève la tête et regarde vers moi un moment avant de se débiner vers le bosquet.

Raté, j'attends un peu mais il ne ressort pas, je fais donc une grande boucle dans le tournesol pour revenir à bon vent tout doucement vers le bosquet où est rentré le brocard. Une fois au bord du petit massif, je le longe très lentement en essayant d'apercevoir l'animal au travers de la végétation mais il a disparu. Je laisse tomber et pars vers des vignes un peu plus loin mais en arrivant je constate qu'un tracteur est entrain de broyer l'herbe entre les rangs de vigne. Je ne risque pas de voir un chevreuil dans le secteur, je décide de redescendre vers la route et coupe au travers de la friche boisée. Je descends tranquillement en surveillant les alentours puis baisse ma garde à 40 mètres de la route. C'est alors qu'un brocard en profite pour sortir à découvert à 10 mètres sur ma droite. Nous nous surprenons mutuellement et il fait volte-face pour fuir en trombe en aboyant. Je rejoins la route et la traverse pour longer les tournesols par la bande enherbée broyée. Je continue sous le bois et rejoins à son coin une petite parcelle de blé que je traverse par un passage de tracteur pour rejoindre des vignes.

J'avance tranquillement en surveillant les intervalles entre les rangs quand 2 lièvres partent sur ma gauche en suivant le rang. Plus loin, la gauche de la vigne est bordée par une parcelle de blé. Je décide de prendre le passage de tracteur le plus au bord du blé pour pouvoir surveiller les rangs de vigne à ma droite et les céréales à ma gauche. J'avance ainsi sur environ 150 mètres quand les bois et les oreilles d'un petit brocard surgissent du blé à 5 mètres de moi. Il m'a entendu mais pas identifié. Je ne connais pas la position de son corps et décide d'attendre qu'il bouge. S'il fait 1 ou 2 pas, il se dégagera dans une petite zone de blé couché. J'attends donc immobile sans me baisser. Le temps passe et le brocard bouge à peine les oreilles quand, tout à coup, il commence à devenir nerveux, il cherche autour de lui, le mouvement de ses oreilles et ses bois trahissent ses mouvements de tête, puis il démarre à grands bons vers la vigne. Le vent a tourné et il vient de me sentir. Il marque un temps d'arrêt sur la bande enherbée de la vigne et regarde vers moi puis redémarre et s'arrête à environ 50 mètres entre la vigne et le bois plus en contrebas. Je décide de tenter une approche et gagne très lentement 15 mètres, je le vois sous le feuillage des vignes entre 2 ceps mais il redémarre en longeant le bois et en aboyant. Je suis ainsi sa fuite au son sur environ 200 mètres puis ressors du blé pour longer la vigne et revenir vers un grand champ de blé qui redescend vers la route où je suis garé.

En arrivant en bordure du blé, je jette un coup d'œil sur ce grand champ doré mais rien ne dépasse. Au loin, 600 mètres environ, de l'autre côté de la route, au-dessus du bois de Bourras, plusieurs formes bougent au milieu des balles rondes d'une prairie fauchée. Je décide d'aller voir s'il n'y aurait pas un renard dans ce secteur où ils se trouvent souvent. J'attrape un passage de tracteur et le suis pour redescendre à la route, la traverse puis prends un chemin de terre, entre 2 parcelles de tournesol, qui traverse l'Osse sur un petit pont. De l'autre côté de la rivière se trouve une autre parcelle de tournesol coincée entre l'Osse et la vieille Osse qui borde le bois de Bourras. Je traverse le tournesol, rejoins la vieille Osse et la longe en partant à droite. Je rejoins un peu plus loin une petite passerelle qui enjambe la vieille Osse et la traverse. Je passe au travers d'une vieille palombière située au milieu du bois étroit et ressors dans un champ d'orge. Au-dessus des céréales s'étend un grand bois qui remonte vers Courensan. Je prends à gauche et rejoins une haie épaisse qui rejoint le bois de Bourras au grand bois et la traverse par un passage pour ressortir dans la prairie fauchée ponctuée de balles rondes. Contre la haie, j'observe les alentours et constate que les animaux vu de loin sont en fait des hérons. Pas de renard, je m'avance en longeant la haie ce qui fait progressivement s'envoler tous les hérons.

Je rejoins plus haut une zone de vigne et progresse en surveillant les rangs. Pas de chevreuil en vue. J'arrive à la route qui passe en haut du bois et la suis pour contourner le bois puis la quitte pour redescendre en longeant le bois. Je suis à mauvais vent et n'ai plus qu'à espérer que les chevreuils seront plus à gauche dans l'orge. Je progresse doucement, la bande enherbée devient dense et au détour d'un virage du bord du bois, j'aperçois un jeune brocard planté plein travers à 10 mètres. Je me fige mais trop tard, il regarde déjà vers moi et reste immobile. Je tente, sans y croire, d'armer tout doucement mon arc mais il démarre en suivant la bande enherbée puis semble gravir le talus à sa gauche pour rentrer dans l'orge. Je me décale doucement à gauche et passe dans l'orge pour avancer doucement mais le brocard réapparaît rapidement en dessus du talus. Pas le temps de réagir, il rentre au bois. La luminosité baisse rapidement et je décide de revenir vers la voiture. Je reviens vers le bois de Bourras mais me ravise, pour une fois, je ne vais pas repasser par la palombière mais longer la vielle Osse à gauche pour rejoindre la route à plusieurs centaines de mètres.

J'avance doucement en bordure de l'orge quand je repère une tête de chevreuil qui dépasse des céréales à environ 100 mètres de moi, à environ 40 mètres de la rivière. J'avance doucement en longeant le cours d'eau jusqu'à l'aplomb du chevreuil pour être à bon vent et constate qu'il s'agit très certainement d'une chevrette. Au cas où, je décide de tenter une approche. J'avance doucement voûté par un passage de tracteur qui passe à 10 mètres du chevreuil et arrive sans difficulté à 10 mètres de la chevrette qui ne m'a pas détecté. Je décide de faire demi-tour et me fait repérer, la chevrette me regarde repartir vers la rivière puis la longer sur plus de 70 mètres avant de se décider à partir à grands bons dans la culture. Je continue mon chemin. Plus loin, une masse sombre m'intrigue à environ 70 mètres au milieu de l'orge, elle ne bouge pas mais mon intuition me dit qu'il s'agit d'un animal et je commence une approche. Le vent est bon, j'avance sans trop me baisser dans le culture ici très clairsemée quand l'animal lève la tête et me laisse voir ses bois. C'est un brocard, je suis encore à 50 mètres. Je reste immobile, la luminosité baisse maintenant très vite et le vent s'est relevé. Il rebaisse la tête et s'avance un peu, j'en profite pour avancer rapidement de 20 mètres environ. Il relève la tête, je me fige. Il reprend son repas en avançant doucement, j'en profite pour continuer mon approche assez rapide et arrive sans difficulté à 15 mètres de l'animal. J'arme mon arc et continue à avancer un peu, le brocard mange toujours complètement inconscient. Arrivé à 10 mètres, ma visée est calée, le brocard est plein travers, je décoche. Touché le brocard s'effondre sur place en gueulant. Je me précipite sur lui pour l'immobiliser et l'achever.

Ma flèche lui a cassé les 2 épaules et a touché le dessous de la colonne vertébrale. Il a cassé ma flèche en chutant. Je récupère mes morceaux de flèche et appose le bracelet avant de faire quelques photos avant qu'il ne fasse nuit.

Un gros brocard à l'approche dans les blés, 06 juin 2015

Il ne me reste plus qu'à lui attacher les pattes et le charger sur l'épaule avant de partir rejoindre la route. C'est un très gros brocard car il accusera presque 32 kg sur la balance. Ses bois sont particuliers, ils sont très épais mais très courts.

 

Alex

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 23:01

Cela fait plusieurs mois que je tente de flécher mon dernier chevreuil sans résultat, ce soir en sortant du boulot, je décide d'aller faire un tour sur mon secteur favori de Labéjan. Les jours ont un peu rallongé et je vais donc avoir presque une heure pour chasser. Je me gare en haut de la côte, pas loin de la ferme, me prépare rapidement puis pars à travers champ en longeant la crête en direction du chemin de terre qui suit une crête un peu plus loin. Je me dirige vers une habitation que je pense contourner par la gauche quand j'aperçois 3 chevreuils, à environ 600 mètres, au gagnage dans le colza qui remonte en suivant la droite du grand bois. Ils sont à environ 40 mètres de la lisière et semblent descendre. Il me faut faire vite si je veux les intercepter. Je passe donc derrière l'habitation en courant, dévale de talus abrupt de 4 mètres qui surplombe le chemin de terre et le traverse pour rejoindre le haut d'un bosquet un peu plus loin. Le relief m'expose à la vue des chevreuils qui sont encore à 500 mètres environ, je décide de descendre de quelques mètres dans le bois pour passer derrière la ligne de crête et avancer rapidement à couvert, je descends en suite en courant tout en me servant du relief pour rester cacher. Il me faut ainsi descendre presque jusqu'au ruisseau d'alimentation du lac puis revenir en longeant le bas du bois pour tenter d'intercepter les chevreuils.

Je marche maintenant d'un pas rapide mais ne cours plus. En arrivant un peu avant le roncier qui forme le coin du bois, je n'aperçois pas les chevreuils et comprends qu'ils ont dû remonter comme l'autre matin. Je décide donc de remonter dans le bois par une grosse coulée de blaireau très marquée. La pente est abrupte et le sol glissant, je dois me cramponner aux arbres pour arriver à monter et éviter de chuter. Arriver sur un replat, j'écoute et observe le bois sans rien voir. Je continue à remonter en suivant la coulée de blaireau. J'avance doucement pour ne pas faire craquer les feuilles mortes et les brindilles qui jonchent le sol tout en biaisant vers la lisière du bois. Je finis par apercevoir les chevreuils dans un creux du terrain. Ils semblent remonter vers le chemin de crête. Je décide de continuer à monter vers l'angle rentrant du bois. Je perds un instant les chevreuils de vue en regardant où je pose mes pieds. J'avance doucement pour essayer de rester silencieux. Tout à coup, un mouvement attire mon regard, j'aperçois un beau brocard contre la lisière du bois après l'angle du bois, j'aperçois ensuite une chevrette près de l'angle suivant du bois. Ils sont montés très vite. Je tente d'avancer encore en suivant au maximum les coulées de blaireau plus silencieuses que le tapis de feuilles mortes tout en surveillant les animaux.

Malgré mes précautions, mes pas provoquent parfois de petits craquements et le brocard se met à regarder vers moi. Je dois rester un moment sans bouger pour me faire oublier. Pendant ce temps, la chevrette passe derrière l'angle du bois et disparaît. Le brocard finit par baisser la tête et pars en longeant le bois pour rejoindre la chevrette. Je repars et essaye d'avancer le plus vite possible sans faire de bruit et rattrape une belle coulée bien dégagée et la suis. Le brocard passe lui aussi l'angle du bois et disparaît, j'en profite pour avancer plus vite et passer l'angle rentrant du bois. La coulée rejoint le chemin forestier qui monte et ressort après l'angle que viennent de passer les chevreuils. Je suis doucement le chemin qui est silencieux en essayant d'apercevoir les chevreuils. J'aperçois un premier animal à 20 mètres à droite de l'arrivée du chemin. Il est à 30 mètres environ et sera difficile à approcher. Il avance un peu et je le perds de vue. Je continue en suivant le chemin et aperçois une chevrette qui broute des feuilles de ronces cou tendu à moins de 10 mètres de la droite du chemin, elle est à 15 mètres environ, il me faut encore avancer un peu pour tenter une flèche mais c'est alors que j'aperçois le grand brocard qui ferme la marche.

Il est plus proche, à 6 ou 7 mètres de la sortie du chemin, j'avance encore un peu. Le brocard est à 10 mètres, il s'arrête, la zone vitale est dégagée entre 2 arbustes, j'arme mais hésite un peu car il me faut tirer au travers d'un peu de végétation fine. S'il avance, je n'aurais pas de meilleure occasion, je prends la visée et décoche. Mon tir est en contre plongée. Ma flèche frappe le brocard avec un bruit de coffre mais elle me semble haute et un peu trop en arrière. Les chevreuils démarrent, le brocard longent la bordure du bois sur 10 mètres puis rentre dans le bois et descend en parallèle du chemin à environ 15 mètres de moi. Je le perds de vu après 20 où 30 mètres de course dans le bois. J'entends la fuite des chevreuils un moment puis 2 d'entre eux se mettent à aboyer sur place vers le bas du bois pendant quelques secondes avant que le calme ne revienne. Je pense que ce sont les 2 chevrettes qui aboyaient à l'endroit où le brocard est tombé. J'attends un peu puis ressors sur le champ de colza en longeant le chemin forestier. Pas de sang à l'endroit du tir, pas de sang sur la direction de fuite du brocard et pas de flèche. Elle a dû retomber plus loin dans le colza mais la nuit sera vite là, je ne perds pas de temps à la chercher et tente de trouver du sang sans succès. Je cherche donc la première grosse coulée par laquelle aurait pu rentrer le brocard en tenant compte de la distance que je l'ai vu parcourir en longeant le bois. Au départ de la grosse coulée se trouve les restes d'un jeune lièvre, il ne reste plus que la colonne vertébrale, les os et le bout encore en fourrure des pattes arrières. Je suis cette coulée, mon intuition est la bonne, je trouve quelques gouttes de sang au fond du fossé qui suit la lisière à 2 mètres dans le bois.

Une fin de saison difficile, 17 février 2015

Je suis très étonné car j'ai fléché ce chevreuil avec une lame mécanique, "rage hypodermic", c'est la première fois que je flèche un gibier avec une lame mécanique et on m'a toujours présenté cette lame comme une source de forte hémorragie. Le brocard a fait plus de 10 mètres sans perdre de sang, je suis la coulée qui remonte le talus du fossé puis descend dans le bois. Le sang est peu abondant. 

Une fin de saison difficile, 17 février 2015

Un peu plus bas, le brocard au sauté un arbre tombé en travers de la coulée. 2 gouttes ont marqué le tronc un peu plus bas un gros rond de gouttes de sang marque certainement une reposée debout du chevreuil peu après l'endroit où je l'ai perdu de vue.

Une fin de saison difficile, 17 février 2015

Je reprends confiance et me dis que la piste va maintenant être plus importante mais les gouttes sont rares et espacées et s'espacent de plus en plus. La nuit tombe vite et il fait maintenant très noir dans le bois. Je dois maquer les gouttes en plantant des bouts de branche dans le sol et suivre les coulées sur plusieurs mètres pour pouvoir trouver la suivante. Mais au bout de 50 mètres environ de recherche, je n'arrive plus à trouver de sang et je décide de laisser tomber pour aller chercher Hémo pour essayer de finir la recherche. Les dernières gouttes sont marquées par un bâton planté dans le sol. Je remonte vers la lisière du bois puis pars à travers champ vers ma voiture. 20 minutes plus tard, je suis chez moi, je prends ma frontale puissante achetée pour la Guyane, le harnais, la longe et nous voilà parti avec Hémo.

Arrivé sur place, je m'avance jusqu'à l'habitation pour gagner un peu de temps, équipe Hémo, mets ma frontale puis nous partons au pas de course vers l'endroit où le brocard est rentré dans le bois. Arrivé sur place, j'encourage Hémo : "Le sang Hémo, le sang " mais il tombe sur les restes du lièvre et commence à les manger. Je dois les lui sortir pour qu'il se reconcentre. Hémo finit par prendre la piste en donnant mais à l'endroit où je me suis arrêté, il prend à gauche, suit la courbe de niveau un instant puis remonte vers le haut du bois et ressort dans le colza. Pas de sang sur la piste et pour moi le chevreuil est mort en bas du bois. Je l'arrête et reprends au début de la piste. Il a la fâcheuse tendance à suivre les pistes chaudes ou mes pas. Nous repartons, il repart comme un fou en donnant, mais cette fois, il remonte sur mes pas par le chemin que j'ai pris pour ressortir du bois. Je le stoppe, nous remontons au départ. Nouvelle tentative, encore une fois, il part comme un fou et biaise à droite pour récupérer la coulée par laquelle je suis venu et par laquelle je sais que mon brocard n'est pas passé. Je commence à perdre patience et le stoppe à nouveau. Je n'y crois plus. Nous remontons au départ et encore une fois il part comme un fou. Cette fois, il prend la piste de la première erreur à gauche mais prend vers le bas. Je lui fais confiance et le suis bien que je ne trouve pas de sang au sol. Il donne à la longe et nous bouclons vers un roncier où les animaux blessés se remisent souvent puis il part dans tous les sens sans vraiment chercher.

Je l'arrête et repars au départ mais cette fois c'est moi qui cherche et lui qui suit. Je suis à 4 pattes les gouttes de sang mais, dans la nuit noire, je peine à trouver la suite de la piste quand, tout à coup, Hémo comprend ce que je cherche et pars devant moi pour descendre droit. Environ 60 mètres plus bas hémo devient fou et tire de plus en plus sur sa laisse en donnant comme jamais. Un œil blanc apparaît dans le faisceau de ma frontale. Mon chevreuil est couché là mais l’œil clignote. Il est toujours vivant. Je m'approche un peu, attache Hémo à environ 15 mètres du brocard qui reste immobile alors qu'Hémo tire sur sa longe en aboyant au ferme. Je pars doucement pour faire une grande boule et me rapproche tout doucement du brocard par derrière Ce dernier ne bouge pas et me laisse approcher. Arrivé au ras du chevreuil, je le saisis par les bois. La flèche est passée là où je pensais, juste derrière les côtes et sous la colonne. La lame a touché la pense, et un rein. Des plis d'intestin ressortent pas le trou de sortie et ont empêché l’hémorragie. Il a à peine la force de se relever et je l'immobilise facilement et l'achève. Je le laisse un peu mordre à Hémo puis appose le bracelet, attache ses pattes ensemble avec le bout de la longe avant de le charger sur mon épaule. Il est 21h30, nous rentrons vers la voiture mais, de nuit, je me trompe et ressors au-dessus du roncier de l'angle du bois alors que je pensais sortir au coin du ruisseau. Nous remontons vers la voiture à travers le semé de blé. Nous traversons un vol d'alouettes posé au sol. Les oiseaux décollent dans le faisceau de la frontale alors qu'Hémo leur marche presque dessus. J'aperçois un oiseau à mes pieds, pris dans le faisceau de ma frontale puissante, il ne bouge pas et je parviens à l'attraper. Je le regarde puis le relâche. Un peu plus loin, j'approche à 5 ou 6 mètres une bécasse prise dans la lumière mais Hémo la fait décoller. J'arrive enfin à la voiture, mon épaule est meurtrie et il me tarde d'aller prendre une bonne douche.

Une fin de saison difficile, 17 février 2015

Alex

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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 19:52

Ce soir, je repars chasser sur Labéjan. Je me gare en haut de la cote après le lac, me prépare et décide de partir chasser au-dessus du grand bois qui précède le lac. Je remonte le talus du fossé de la route et suis la crête tout en surveillant la pente sur ma gauche. Rien pour le moment le long de la haie qui borde le bas du champ. Je décide de tenter de décocher quelques flèches en billebaude pour vérifier si mon arc est toujours bien réglé car depuis ma chute au chamois du 5 novembre, je n'ai pas vérifié mes réglages. Tout semble normal, mes flèches vont où je veux, j'avais pris mon cube de mousse et mes clés hexagonales au cas où dans la voiture. Je continue donc l'esprit tranquille, je passe au-dessus du bosquet, le vent souffle face à moi, rien derrière ce dernier dans le chaume de maïs, je continue vers le chemin de terre qui longe la crête mais en regardant l'heure, je me ravise, il ne me reste qu'une heure avant la nuit. Je décide d'aller chasser le secteur où j'ai fléché le brocard avec l'abcès à la joue. Je descends donc en suivant le bosquet puis pars à mauvais vent pour longer sous la haie qui sépare l'ancienne parcelle de maïs de l'ancienne parcelle de tournesol, toutes les 2 aujourd'hui travaillées. La haie rejoint un bois qui remonte vers la crête, je longe le fond de ce dernier et aboutis à un passage entre lui et une grosse haie qui descend vers le ruisseau à environ 150 mètres sur ma droite. En traversant le passage je regarde alternativement à droite et à gauche en avançant tout doucement pour tenter d'apercevoir un chevreuil mais rien en vue. J'avance encore sur environ 50 mètres pour jeter un coup d'œil derrière un petit bosquet tout en long qui descend aussi vers le ruisseau en s'éloignant doucement de la haie. Toujours rien, je fais demi-tour et reviens vers la haie quand je me rends compte qu'une chevrette est sortie du bois à environ 100 mètres sur ma droite. Je me fige, elle regarde vers moi, le relief du terrain me cache en partie, nous restons un moment à nous observer.

Au bout d'un moment, elle baisse la tête, j'en profite pour me baisser et me cacher derrière le relief du terrain puis avance rapidement voûté vers le bord du bois. En arrivant contre ce dernier, je jette un coup d'œil sur la chevrette qui n'a pas bougé et regarde à l'opposé de ma position. Je me cale contre le bois et commence à avancer doucement, la légère courbure sortante du bois et le relief vallonné du terrain me cache pour le moment le chevreuil et me permettent d'avancer à couvert. J'arrive ainsi à environ 45 mètres de la chevrette. Au moment où je l'aperçois, elle regarde vers moi. Je suis partiellement caché derrière une branche basse qui sort de la bordure du bois. Je me suis figé, partiellement voûté et sur mes jambes partiellement fléchies. Le temps passe et la position devient de plus en plus douloureuse. Je tente de tendre mes jambes doucement une après l'autre sans me redresser et sans bouger le haut de mon corps en les étirant vers l'arrière pour stopper cette douleur mais je dois ensuite reprendre ma position et la douleur revient. Le temps me parait interminable, le chevrette reste à regarder fixement vers moi, ses oreilles pivotent pour écouter autour d'elle. Après de longues minutes, elle finit par faire volte-face tranquillement et rentre au bois. Je me redresse alors avec un grand soulagement et m'approche doucement de l'endroit où elle est entrée à couvert pour tenter de l'apercevoir au travers des feuillages mais elle a disparu. Je m'avance alors tranquillement et rejoins une bande claire et très étroite de bois, d'environ 15 mètres, qui relie les 2 bois rectangulaires. L'un décalé à droite de la bande étroite et l'autre à gauche. Je commence à traverser la bande de bois étroite quand j'aperçois ma chevrette qui ressort, à environ 45 mètres devant moi, du bois à ma gauche qui remonte vers la crête. Elle s'avance tranquillement, s'arrête, regarde vers moi, repart tranquillement tout en biaisant doucement pour descendre vers la bordure du bois à ma droite. Je tente de m'avancer jusqu'au bord de la bande boisée pour gagner quelques mètres au cas où la chevrette déciderait de se rapprocher plus que prévu. Je fais 2 ou 3 pas et elle s'arrête net pour regarder vers moi, je me fige à nouveau. Elle finit par repartir en pressant un peu le pas puis se remet à brouter près de la bordure du bois. Je me décale au coin du second bois pour surveiller la chevrette et aperçois 3 autres chevreuils à environ 150 mètres, vers lesquels elle se dirige.

Je reste un moment caché derrière les arbres puis décide de tenter une approche alors que la chevrette qui a rejoint le petit groupe s'est tranquillisée et broute tranquillement. Je pense qu'ils mangent des glands. Je profite d'un moment d'inattention de la bande de chevreuil en plein repas pour sortir sur la luzerne et commencer à suivre tout doucement le fossé qui longe la bordure du bois. A chaque fois qu'un animal relève la tête, je me fige et attends que tous soient inattentifs pour recommencer à avancer. J'arrive ainsi à environ 70 mètres des chevreuils. Cette bande m'a déjà eu plusieurs fois mais je les ai toujours attaqués par le haut de la luzerne. Ce soir c'est différent et mes nombreux échecs m'ont permis de les observer, je sais qu’ils remontent souvent vers le chaume de maïs labouré en crête par une sorte de petite combe qui part du bois pour arriver en crête. Ce passage fréquent est situé à mi-distance entre moi et les chevreuils. J'hésite, un buisson sort du bois et me fait un bon écran de camouflage mais, même si j'ai déjà vu les chevreuils venir jusque-là, je crains de les voir bifurquer trop loin, mais je ne peux pas contourner ce buisson sans m'exposer à découvert et être repéré par l'un des 4 chevreuils dispersés sur 15 mètres dans la luzerne au bord du bois. Je décide de me poster provisoirement derrière ce buisson en attendant de voir ce que vont faire les animaux. Je les observe donc un moment, je pense identifier 2 chevrettes et 2 chevrillards. Certains des animaux remontent de 5 à 20 mètres dans la luzerne, reviennent vers le bois, viennent vers moi, repartent en arrière, 2 chevreuils jouent à se repousser tête contre tête... finalement 2 d'entre eux rentrent au bois. Les 2 restants semblent être 2 chevrillards et je pense les voir suivre les 2 autres. J'attends donc ce moment pour tenter de me rapprocher mais contre toute attente ils commencent à venir vers moi en broutant.

Le premier avance vers moi à environ 5 mètres de la bordure du bois, je me serre au maximum contre le bois mais je crains qu'il ne me voit avant que je puisse armer. Il fait régulièrement des haltes pour manger, alors qu'il se rapproche, il me semble voir des petits bois entre ses oreilles et je commence à douter de mon identification, il s'agit certainement d'un brocard. C'est donc certainement une chevrette qui le suit à environ 20 mètres en arrière. Pourtant, il me semblait beaucoup plus petit que les 2 rentrés au bois. Tout à coup, le brocard biaise vers le bois puis recommence à vernir vers moi, cette fois l'arbuste me cache d'avantage. Petit à petit, il arrive à environ 10 mètres mais le buisson m'empêche de tenter une flèche, c'est alors qu'il bifurque à nouveau pour s'avancer plein travers dans la luzerne. J'arme mais il détecte le mouvement et regarde vers moi en avançant d'un pas saccadé. Je le suis dans mon viseur en attendant que la zone vitale se dégage. Il stoppe plein travers, bien dégagée, ma visée est calée je décoche mais, inexplicablement, ma flèche dévie à droite et le frappe dans le cuissot, le brocard s'effondre sur place et se retourne en rampant pour revenir vers le bois. Je me précipite vers lui et le plaque au sol, ses 2 fémurs sont cassés, je dégage ma flèche et me positionne derrière lui pour éviter de prendre des coups de pattes. Un geyser de sang jaillit de la plaie d'entrée dans son cuissot et il s'immobilise rapidement. Ma flèche qui était restée en travers de l'animal, a sectionné les artères fémorales en plus de casser les fémurs. La chevrette qui a fui vers le bois au moment où le brocard est tombé au sol pousse une sorte d'aboiement plaintif et répétés un moment dans le bois comme pour appeler son compagnon qui ne la suivra plus. Je dois dire que c'est la première fois que j'entends un tel aboiement et qu'il ne me laisse pas indifférent. J'examine ma flèche et comprends rapidement ce qui s'est passé, il s'agit de la flèche tirée sur mon deuxième chamois manquée, la lame avait cassé au ras de l'insert et ayant réussi à sortir le bout restant, je l'avais équipé d'une lame neuve sans faite attention que l'insert s'était légèrement mis en travers ce qui a dévié ma flèche. J'ai eu beaucoup de chance aujourd'hui malgré 2 flèches douteuses que j'ai du mal à digérer, j'ai tout de même retrouvé mes 2 chevreuils.

Un chevrillard le matin, un brocard le soir, 9 novembre 2014

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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