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4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 09:57

Ce matin, je décide d'aller chasser le secteur où j'organise chaque année une battue pour les archers. Je me gare sur le chemin de terre qui permet d'accéder au bois en passant au-dessus de l'Osse par un petit pont. Je me prépare tranquillement alors que le jour se lève à peine puis pars en direction du petit pont. Les 2 côtés du chemin sont bordés par du blé. Juste avant le pont, j'aperçois, à environ 100 mètres sur ma droite, sur la bande enherbée broyée qui sépare le blé de la rivière, une silhouette sombre qui ressemble fortement à un chevreuil couché en travers de la bande enherbée avec sa tête redressée. Je me fige et recule doucement puis rejoins un passage de tracteur qui longe à environ 6 mètres de la bande enherbée puis commence à m'avancer doucement. Le blé me cache ce que je pense être un chevreuil, le bruit d'eau de la rivière masque un peu mon approche. A mi-chemin, je me décale doucement à gauche et me rends compte que la forme n'a pas bougée et qu'il s'agit bien d'un chevreuil. Je reprends mon approche tout doucement et réussis à me positionner à 6 ou 7 mètres du chevreuil couché dont je ne peux voir que les bois magnifiques et les oreilles. C'est un magnifique 6 pointes dépassant bien les oreilles. J'arme doucement mon arc et attends en espérant voir se lever le brocard. Au bout d'un court instant, je sens un léger vent sur ma nuque et la sanction est immédiate, le brocard se lève dans l'instant et fonce dans le mouvement, sans me laisser le temps d'aligner ma visée, le long de la bande enherbée pour disparaître, 200 mètres plus loin au niveau d'une haie qui délimite la culture.

Je fais donc demi-tour et traverse l'Osse pour longer le blé de l'autre côté. Pas de chevreuil dans le secteur. J'arrive à un bosquet qui délimite le bout du blé et le suis pour rejoindre la bordure de la vielle Osse qui coule plus ou moins en parallèle de l'Osse. Les chevreuils ne semblent pas de sortie mais des aboiements se font entendre de l'autre côté du cours d'eau bordé par une épaisse bande boisée. Je rejoins un peu plus loin une passerelle qui traverse la rivière pour rejoindre une palombière située au milieu d'une bande boisée Je passe la palombière et ressors du bois sur un semé de soja à peine levé. Rien en vue, je pars vers la droite et passe un passage dans une grosse haie qui relie la bande boisée à un grand bois sur ma gauche. La haie passée, j'aperçois au loin une silhouette sombre qui passe derrière le relief du champ semé de soja. N'ayant pas identifié l'animal, je tente de me rapprocher mais me rends vite compte qu'il s'agit de corbeaux. Je fais demi-tour et pars en longeant la bande boisée occupée par la palombière. Je rejoins un peu plus loin une autre grosse haie perpendiculaire au bois et qui rejoint aussi le bois un peu plus haut. Je la longe à la recherche du passage qui permet de la traverser mais la végétation a bien poussé et je peine à le trouver. Le passage trouvé, je traverse la haie et ressors dans une grande prairie non fauchée. L'herbe haute couverte de rosée ne permet pas de voir un chevreuil, je décide de traverser cette prairie pour rejoindre un autre champ de blé de l'autre côté d'une grosse haie à environ 100 mètres. J'avance tranquillement quand des aboiements retentissent et j'ai à peine le temps d'apercevoir le dos d'un chevreuil passer dans le creux de la prairie qui borde la haie. Je me rapproche mais le chevreuil a disparu.

Je longe la haie en direction d'un passage un peu plus haut, en bordure d'un bois. Je prends ce passage et rejoins le champ de blé. Je suis déjà trempé à cause de la rosée. Je prends le premier passage de tracteur qui longe à 10 mètres de la haie et le suis doucement. Plus loin, au coin du blé, une grosse coulée très marquée m'interpelle, je la suis et m'avance ainsi vers la haie pour tomber sur des terriers de blaireaux très fréquentés. Je repars en chasse en longeant le passage de tracteur qui bifurque à 90° à droite en suivant la bordure des céréales. Je passe une habitation sur ma gauche puis suis un peu le chemin d'accès qui rejoint la route de Courrensan avant de le traverser pour rejoindre une autre grande parcelle de blé. Je prends le passage de tracteur qui longe la bordure gauche en direction du bois de Bourras. Toujours pas de chevreuil. En longeant le bois dans le blé, j'arrive à nouveau au bord de la vieille Osse et commence à la suivre par le premier passage de tracteur à environ 10 mètres du bord du blé. Tout à coup, j'aperçois très furtivement une tête de chevreuil surgissant du blé à environ 100 mètres, près de la rivière. La tête ayant disparue aussi vite qu'elle était apparue, je m'avance assez rapidement vers l'endroit où je l'ai aperçu. Je fais ainsi 40 mètres avant d'apercevoir à nouveau la tête du chevreuil, c'est un petit brocard, les choses sérieuses commence, il est encore à 60 mètres environ et avance doucement dans le blé en longeant à 2 ou 3 mètres de la bordure du blé. J'avance voûté assez rapidement dès qu'il avance pour tenter de réduire la distance et me baisse dès qu'il s'arrête  pour manger tout en le surveillant. Je gagne rapidement du terrain. Alors qu'il n'est plus qu'à 20 mètres environ, il commence à biaiser pour sortir sur la bande enherbée et j'avance assez vite vers lui. J'arrive à 10 mètres de lui alors qu'il sort sur la bande enherbée et me baisse. Il broute tête baissée et son dos dépasse bien du blé Je me redresse en armant mon arc et aligne ma visée. Au même moment, il redresse la tête et la tourne vers moi mais ma flèche est déjà partie et le frappe.

Il démarre en trombe, la plaie d'entrée est bien visible au milieu de son flanc. Il longe le blé sur environ 35 mètres, commence à montrer des signes de fatigue puis saute derrière des repousses de colza, en bordure de la culture et disparaît. J'attends un court instant sans bouger puis me dirige vers l'endroit du tir pour tenter de retrouver ma flèche.

3ième sortie et premier brocard de la saison, 4 juin 2016

Arrivé au bord de la rivière, je cherche un moment ma flèche sans succès avant de décider d'attaquer ma recherche. Pas la moindre goutte de sang à l'endroit du tir. Je prends donc la direction de fuite en direction de la touffe de colza.

3ième sortie et premier brocard de la saison, 4 juin 2016

Je trouve les premières gouttes de sang à environ 20 mètres du départ de la recherche.

3ième sortie et premier brocard de la saison, 4 juin 2016

Je commence à suivre ces gouttes qui ne sont pas très nombreuses mais assez faciles à pister.

3ième sortie et premier brocard de la saison, 4 juin 2016
3ième sortie et premier brocard de la saison, 4 juin 2016

La piste s'intensifie peu à peu.

3ième sortie et premier brocard de la saison, 4 juin 2016
3ième sortie et premier brocard de la saison, 4 juin 2016
3ième sortie et premier brocard de la saison, 4 juin 2016

Juste avant le colza, comme prévu, la piste prend à gauche et rentre dans une végétation plus abondante qui a bien marquée le passage du brocard.

3ième sortie et premier brocard de la saison, 4 juin 2016

Je le retrouve quelques mètres plus loin, mort en boule dans la végétation.

3ième sortie et premier brocard de la saison, 4 juin 2016

Ma flèche rentre au niveau du foie sans toucher la panse ou les intestins et ressort au défaut de l'épaule opposé en traversant les poumons. Il n'aura fait que 40 mètres.

3ième sortie et premier brocard de la saison, 4 juin 2016

Je le dégage et appose mon premier bracelet de la saison avant de lui rendre les honneurs et de prendre quelques photos souvenir.

3ième sortie et premier brocard de la saison, 4 juin 2016

J'attache ensuite ses pattes et le charge sur mon épaule pour revenir vers la voiture. Je longe la vielle Osse presque asséchée, la traverse au coin du bois puis traverse la plantation de peupliers pour revenir vers le blé et longer l'Osse pour rejoindre ma voiture où je dépose mon brocard.

Il est encore tôt et je décide d'aller faire un petit tour de repérage sur une grande parcelle de blé un peu plus loin. Je longe donc la route de Vic Fezensac puis bifurque sur la route de Courrensan que je remonte doucement en surveillant une étroite bande de blé à droite, prise entre la route et un bosquet et la grande parcelle à gauche. Rapidement, j'aperçois une tête de chevreuil à environ 200 mètres sur ma gauche dans le blé. Il semble regarder vers moi, je continue à longer la route comme si de rien n'était et passe derrière le talus du fossé qui s'élève très vite et me cache maintenant. J'en profite pour avancer un moment à couvert puis remonte sur le talus pour longer doucement le blé. Le chevreuil regarde toujours vers moi, on dirait une chevrette. Je décide de continuer à longer le blé comme si je ne l'avais pas vu quand j'aperçois un autre chevreuil qui sort d'une vigne un peu plus haut sur la droite des céréales. Il s'avance dans le blé à environ 200 mètres. Je m'avance vite contre le talus de la parcelle de vigne qui s'avance dans le blé et le longe ainsi à couvert. Arrivé au bout du talus, le chevreuil a disparu, j'avance doucement dans le blé par le passage de tracteur qui en longe la bordure mais, je ne pourrai qu'apercevoir furtivement le dos du chevreuil se débinant derrière la bosse du champ. Je traverse donc le champ pour rejoindre un chemin de terre à plus de 200 mètres qui redescend vers la route de Vic.

En suivant doucement le chemin, je réaperçois la tête du chevreuil vue tout à l'heure. Il semble que ce soit une chevrette mais je décide de tenter l'approche. J'avance voûté jusqu'au passage de tracteur qui passe le plus près du chevreuil puis m'avance dans ce dernier en me baissant dès que le chevreuil risque de me voir. J'arrive ainsi à environ 20 mètres de la chevrette que j'observe un instant debout sans me cacher avant qu'elle ne me repère et file à travers blé vers la route. Je décide de changer de secteur et pars faire le tour d'une très grande parcelle de céréale de l'autre côté de la route en face de ma voiture. Toujours rien, le soleil commence à bien taper. Je rentre.

Alex

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 14:10

Après un bon petit déjeuner œuf ventrèche, il est temps d'aller se poster. Je suis le seul archer ce matin. La première traque aura lieu dans un bois bordant la route de Valence sur Baïse. Le président de la chasse m'a attribué un poste en bout de battue, au coin d'un petit plan d'eau. Arrivé sur place, 3 chevreuils se débinent dans la vigne, de l'autre côté du bois, en direction de la route. Je choisis de me positionner sur une bande enherbée coincée entre le plan d'eau et une petite mare encombrée enfoncée dans le bois. Je me cale contre un arbuste et coupe quelques branches gênantes.

Un brocard en battue à Justian, 10 janvier 2016

La traque commence au bord de la route, à part quelques coups de gueule des teckels et les merles et geais dérangés par la traque le secteur restera calme et aucun coup de feu ne sera tiré. La fin de traque est sonnée, je pars vite me poster sur mon second poste avant les autres postés. La traque va maintenant pousser un grand bois et se terminer au niveau d'un taillis très dense et envahi par les ronces et les épines qui fait une très bonne remise.

Mon poste se trouve en bout de traque, au coin de ce taillis prolongé par une bande de bois étroite par laquelle les animaux fuient très souvent.

Un brocard en battue à Justian, 10 janvier 2016

Je me gare au bord de la route sur un petit parking puis pars à travers champ, traverse la bande boisée avant le taillis puis le petit ruisseau qui longe le bois et longe le taillis au bord du ruisseau pour rejoindre mon poste. Je retraverse le ruisseau qui prend à droite et arrive à mon poste. La bande de bois qui fait suite au taillis est moins dense. Je me positionne à environ 10 mètres du sale derrière un gros arbre mort et commence à couper les branchettes autour de moi pour dégager mes angles de tir. Je dégage ensuite le sol à mes pieds, l'attente commence. La traque attaque loin de moi, le vent est face à moi. Je surveille attentivement les alentours en attendant l'arrivée des traqueurs et des chiens. Les geais s'agitent à 20 mètres de moi sans prêter attention à ma présence.

Tout à coup, un mouvement furtif attire mon regard sur ma droite dans le taillis. Une petite silhouette vient de s'arrêter dans le sale puis repart. Au loin, un teckel donne de la voix. C'est un renard, il est à environ 30 mètres. J'arme mon arc alors que je l'ai perdu de vu. Il semblait venir vers moi. Je surveille le bois sur ma droite quand je l'aperçois. Il vient s'arrêter aplati à moins de 5 mètres sur ma droite, sous un arbre mort couvert de lierre et tombé au sol. Je prends la visée mais l'encombrement végétal ne me permet pas de placer correctement ma flèche. Mon hésitation à décocher permet au renard de se redresser en humant l'air. Je ne vois plus que ses pattes et le dessous de son ventre, je me rends alors compte que le vent a tourné et qu'il vient de me trahir. Le renard repars sur ses pas sans un bruit et je désarme et le regardant se débiner dans le taillis.

Un brocard en battue à Justian, 10 janvier 2016

Alors que le teckel se rapproche, un écureuil arrive sur les traces du renard puis monte dans un gros chêne sur ma droite. Le teckel finit par arriver en donnant de la voix, passe sous le tronc où s'est arrêté le renard qui est déjà loin et poursuit dans son élan dans le bois derrière moi, tourne et retourne puis revient sur ses pas et repart d'où il vient. Au loin, je commence à entendre la meute et les traqueurs. Une dispute éclate entre 2 écureuils dans le gros arbre à ma droite. Ils se coursent en tournant autour de l'arbre et descendent au sol où une course poursuite commence. Ils tournent un instant autour de moi puis foncent vers le ruisseau. Le poursuivi tombe à l'eau puis remonte de l'autre côté, remonte le ruisseau puis le traverse pour fuir dans le taillis à environ 40 mètres devant moi. Son assaillant revient vers moi et tourne un moment au tour de moi en cherchant son collègue puis remonte dans son arbre. Tout à coup, alors que je regarde sur ma gauche, je suis surpris par l'arrivée sans bruit d'un second renard qui longe le ruisseau côté champ. Il est à 12 mètres environ. J'arme vite mon arc mais il continue à avancer en suivant le ruisseau et commence à s'éloigner. Je tente de l'arrêter en en faisant claquer ma langue contre mon palais mais le renard qui stoppe net de 3/4 arrière ne me laisse pas le temps de décocher. Il m’a vu grâce à ma belle veste polaire fluo et fait demi-tour traverse un peu plus loin le ruisseau et file dans le taillis.

Un brocard en battue à Justian, 10 janvier 2016

Les teckels échappent sur la gauche de la traque et les piqueurs les appellent un moment puis un des piqueurs arrivent en longeant le ruisseau côté champ. Deux coups de feu retentissent de l'autre côté du taillis et un renard est annoncé blessé. Des postés de l'autre bout de la traque se sont décalés pour se poster le long du ruisseau. Le piqueur traverse le ruisseau pour arriver à mon poste. Je lui explique que 2 renards sont rentrés dans le taillis, quelques teckels l’accompagnent. Il traverse la bande boisée et sort dans le pré à ma droite pour longer le taillis à la recherche d'un passage pour y rentrer. Il finit par rentrer avec les teckels qui lancent immédiatement et se mettent au ferme. Je pense à un sanglier et assez rapidement un bruit de bois cassé retentit à ma droite. Je me prépare et une silhouette noire se débine dans le taillis où je la perds de vue. Un chien couine dans le taillis, les aboiements s'espacent puis s'arrêtent. Des teckels passent près de moi puis repartent dans le taillis. Au bout d'u moment, le piqueur annonce un animal mais je ne comprends pas​ son annonce. Je scrute le taillis quand un mouvement attire mon regard, l'animal s'est arrêté et je peine à distinguer un beau brocard arrêter de face au milieu des troncs.

Un brocard en battue à Justian, 10 janvier 2016

Il repart d'un pas lent et slalome entre les troncs. Il s'avance vers une trouée à 15 mètres devant moi, s'arrête un moment derrière des arbres, j'arme mon arc, il repart mais s'arrête au ras de la trouée et bifurque à 90°. Il vient maintenant vers moi en s'arrêtant régulièrement pour écouter les chiens dans le taillis. Petit à petit, il arrive en contournant les troncs. Je le suis dans mon viseur sans avoir de fenêtre de tir. Il s'arrête à 6 ou 7 mètres, écoute puis repars et me sort à découvert de 3/4 face à 4 mètres. Mon viseur se pose sur son épaule et je décoche. Touché, il démarre en trombe et passe juste à ma droite pour foncer dans la bande boisée.

Les chiens arrivent sur les traces du chevreuil en donnant et foncent à sa poursuite. Je quitte vite mon poste pour tenter de les suivre. Je sors sur le pré à ma droite et suis les chiens à la voix mais ils se séparent et je ne comprends plus trop bien ce qu’ils suivent quand à environ 100 mètres de mon poste, j'entends aboyer un chien au ferme dans le fragon. Je m'avance rapidement et aperçois mon brocard sur sa fin, couché sur le ventre avec le teckel qui l'assaille. Je me précipite pour l'achever et sortir le chien avant qu'il ne l'ait abîmé. Je caresse le chien et le félicite tout de même. Ma flèche rentre au défaut de l'épaule et sort devant le cuissot opposé. Je retourne ensuite à mon poste avec mon brocard et retrouve ma flèche plantée au sol et couverte de sang et de contenu stomacal.

Un brocard en battue à Justian, 10 janvier 2016

La fin de traque est sonnée rapidement et je ramène mon chevreuil aux voitures. C'est le seul animal prélevé ce matin.

Un brocard en battue à Justian, 10 janvier 2016

Alex

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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 20:09

Aujourd'hui, j'organise une battue pour les archers sur la société de chasse de Justian/Roques/Lagardère. Xavier, mon ami guyanais et Franck avec qui je suis parti chasser cette année en Guyane sont venus passer quelques jours à la maison pour chasser et cela fait plusieurs jours que nous chassons sur cette société de chasse où j'ai pris 4 bracelets de chevreuil. Les contacts avec les chevreuils et les sangliers ont été nombreux mais je n'ai pas réussi à leur faire flécher un animal si ce n'est un ragondin à Franck le samedi soir. Vendredi, je suis allé, avec Xavier, préparer les postes de la première traque en coupant des branches gênantes au sécateur. Seul Xavier avait pris son arc. En quittant la voiture je lui avais demandé s'il voulait le prendre et il m'avait répondu que oui, je lui avais alors répondu que c'était toujours quand on le prenait pas qu'on le regrettait, je ne croyais pas si bien dire. Garé, vers 10 heures, sur le chemin de terre qui traverse l'Osse en direction du bois de Bourras, nous partons à pied vers le bois. A peine le pont franchi, nous tombons sur de belles traces de sangliers se dirigeant vers le bois, je les suis en faisant des commentaires à voix haute quand arrivé à moins de 10 mètres de l'Osse qui borde le bois, je lève les yeux et aperçois une grosse chevrette, juste sur la rive en face, au milieu d'une trouée dans la végétation, plein travers. Elle reste sans bouger, assez de temps pour me permettre de placer une belle flèche, mais je n'ai pas mon arc. Je l'annonce à Xavier un peu plus en retrait et plus à droite, mais il n'a pas de fenêtre de tir et la chevrette se débine tranquillement sur la droite dans la broussaille. Xavier tente de se rapprocher puis de suivre l'animal. Je le laisse faire et pars sur la gauche pour préparer les postes.

Je longe l'Osse à la recherche d'endroits propices pour poster un archer. Alors que je commence à préparer le premier poste. J'aperçois un beau colvert qui me regarde, posé sur l'eau à quelques mètres de moi. Il me regarde un instant puis décolle entraînant avec un lui un congénère plus à gauche que je n'avais pas vu. Je finis de préparer ce poste puis passe au suivant un peu plus loin alors que Xavier revient. Il décide de continuer en longeant la rivière pendant que je continue à préparer les postes. Le second poste préparé, je passe au suivant, une très grosse coulée descend dans la rivière sur la berge opposée et remonte à mes pieds, des traces fraiches remontent sur la berge devant moi. Je commence à couper les branches gênantes quand un bruit de fond commence à m'intriguer. Je tends l'oreille et entends maintenant distinctement des grognements, je pense qu'il s'agit d'un plaisantin réalisant une mauvaise imitation de sanglier et je reprends la taille des banches. Mais ces grognements puissants se rapprochent tranquillement et semblent maintenant très proches. Je cherche leur source dans le bois de la berge opposée quand j'aperçois un sanglier d'environ 30 kilos à environ 12 mètres, arrivant par ma droite. Je n'en crois pas mes yeux, à plus de 10 heures du matin et ses grognements qui ne s'arrêtent pas. J'attrape vite mon portable et appelle Xavier pour lui dire de revenir vers moi puis je raccroche. Ayant parlé, je pense voir le sanglier qui m'a dépassé d'environ 10 mètres sur ma gauche, s'éloigner mais au contraire, il se rapproche pour venir se planter de face, juste en face de moi, à 6 ou 7 mètres. Nous nous observons un instant, un autre sanglier grogne plus loin dans le bois. Le petit sanglier encore partiellement roux descend sur la grosse coulée puis hésite et se cale plein travers à 5 mètres devant moi. Pourquoi je n'ai pas pris mon arc ? Cette scène surréaliste dure quelques secondes puis le jeune suidé remonte sur la berge pour continuer à longer la berge et s'éloigner sur ma gauche en direction de Xavier qui arrive vers moi. Je lui fais des signes mais il a déjà entendu les sangliers et les suit en longeant doucement la berge pour tenter de les apercevoir.

Xavier s'étant éloigné, je reprends la préparation de mes postes. J'arrive au coin de la plantation de peuplier quand Xavier revient. Les sangliers se sont enfoncés dans le bois. Je prépare les postes de la peupleraie avec Xavier et en profite pour lui montrer les différents postes le laissant choisir celui qui l'inspire le plus. Il opte pour le poste du coin du bois, au pied d'un gros arbre, c'est le dernier poste de la peupleraie. Je traverse la rivière pour finir ma ligne de poste sur la gauche du bois. Je ne sais pas encore exactement combien de chasseurs vont venir dimanche et je décide de prévoir 17 postes au cas où. Je découpe des entrées dans le bois pour créer des accès à des postes à 5 ou 10 mètres à l'intérieur du bois jusqu'à arriver au coin suivant. Je reviens ensuite vers Xavier et retraverse la rivière. Mon invité n'est plus dans la plantation de peuplier et je le retrouve plus loin, posté au bord de l'Osse. Il vient de faire une belle approche sur le sanglier revenu se dorer au soleil sur la berge opposée mais gêné par les branches, il n'a pas pu décocher et le sanglier et retourné dans le bois. Il est temps de rentrer manger, nous retournons à la voiture plein d'espoir pour dimanche.

Dimanche matin, le rendez-vous est pris sur le parking de la salle des fêtes de Lagardère à 8 heures. J'attends 14 archers, le réveil sonne vers 6h20. Nous nous préparons avec Xavier et Franck qui ont dormi à la maison. L'heure tourne et le stress monte un peu, mes collègues ne sont toujours pas prêt, je leur demande de s'activer un peu, Jacques nous attends déjà près de ma voiture. Tout se bouscule un peu dans ma tête, Hémo veut venir avec nous et je l'embarque. Au moment de fermer la porte je me rends compte que j'ai oublié son harnais et reviens le chercher, cette fois nous partons et miracle, alors que je n'y croyais pas nous sommes à l'heure. Il est 7 heures. Après 45 minutes de route, nous arrivons au rendez-vous. Claude et Phil sont déjà là et les autres archers ne tardent pas à arriver. Claude m'annonce qu'un archer ne viendra pas, nous serons donc 13 pour cette battue. Christophe, Lionel, Lilian, Fred, Jacques et moi-même pour les gersois, Laurent et 2 amis à lui pour les Hautes- Pyrénées, Phil du Vaucluse, Chaude de la Haute -Garonne, Franck de Vendée et Xavier venu de Guyane. J'ai également invité Adrien pour les recherches au sang. Tout le monde étant arrivé, nous partons pour déjeuner à la salle des chasseurs de Lagardère, un peu plus loin dans le village où nous attendent des œufs et de la ventrèche cuits à la plancha ainsi que du pâté et du café. Le carnet de battue rempli, le déjeuner pris, et mes consignes données aux archers nous partons pour le bois de Bouras ou se déroulera la première traque.

En arrivant, nous apercevons 3 chevreuils au gagnage entre un bosquet en long et le bois de Bourras, de l'autre côté de l'Osse. Nous nous garons sur le chemin de terre qui traverse l'Osse et commençons à nous préparer quand un doute affreux m'envahit, je jette un rapide coup d'œil dans la voiture et me rends vite à l'évidence, j'ai oublié mon arc chez moi. Avec le stress de l'organisation de cette journée, j'ai complètement oublié l'essentiel. J'annonce la nouvelle à mes collègues et décide de repartir le chercher chez moi. Les fusils se postent le long de la route alors qu'un chevreuil se débine dans leur dos. Je pars d'abord poster mes invités avant de revenir à ma voiture et de retourner chez moi. Les sangliers ont donné des coups de nez frais tout le long des premiers postes.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

45 minutes de route pour récupérer mon arc et autant pour revenir. A mon retour les chasseurs sont en train de se déposter, la traque est terminée et les archers m'annoncent qu'ils n'ont rien tiré. Les sangliers n’étaient pas de la partie et je suis un peu dégoûté car je croyais fort dans cette première traque. Nous partons pour la seconde traque, le rendez-vous était calé aux silos de Roques où je conduis mes invités. Le président de la chasse nous demande d'aller nous poster autour d'un bosquet plus haut de l'autre côté de la route où nous avons levé beaucoup de sangliers il y a 2 ans. Nous reprenons donc nos véhicules pour aller nous garer près des bâtiments à environ 200 mètres du bois. Les chasseurs déjà présents les années précédentes connaissant les lieux je les laisse aller se poster et poster quelques archers pendant que je m'occupe de poster le reste des troupes sur le bas et la droite du bosquet. En bas du bosquet, Claude lève un chevreuil en prenant son poste. Arrivé en haut du bosquet, ma ligne postée, je tombe sur Fred, arrivé par l'autre côté et qui n'a pas de poste, je le prends donc avec moi et le poste entre Lionel et Phil puis redescends en longeant le bosquet pour me trouver un poste.

Le bord du bosquet est longé par un petit talus de terre que je longe à la recherche d'un passage. Je finis par trouver une entrée dans le bois et m'avance sans voir de posté. Le poste que je ne connaissais pas me semble parfait. Je me place sur le talus de terre dans une petite zone dégagée de ronce. Devant moi un écran de ronces me camoufle un peu, une grosse coulée sort des épines et monte droit sur moi pour bifurquer à droite juste à mes pieds derrière les ronces qui me camouflent.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Je suis à peine posté que les piqueurs arrivent avec les teckels. Ils attaquent par le bas du bois et les chiens lancent rapidement. Très vite, des décoches successives retentissent sur les postes du bas du bois, 4 flèches sont décochées en suivant mais aucun impact prometteur ne retentit. Je n'entends que le claquement des flèches dans la végétation ou les branchages. Un archer annonce "chevreuil". Des coups de feu claquent au loin. Un peu plus tard, j'entends distinctement une décoche puis un impact bien audible, un archer vient de flécher quelque chose. J'entends ensuite Christophe annoncer : "Je le vois, il est mort". Il vient de flécher un jeune brocard portant encore ces bois. Les chiens donnent toujours puis un teckel se met au ferme près des archers du bas. Au bout d'un petit moment, j'entends démarrer un animal qui semble lourd et casse du bois sur le départ. Un chasseur annonce "sanglier". L'animal se débine dans les épines et s'arrête régulièrement.
Le teckel recommence à aboyer au ferme. Un piqueur se met à donner de la voix près du poste de Lionel pour appuyer le chien puis rentre dans le bois. Je suis sa progression au crissement des épines. Il finit par tirer un coup en l'air car le ferme s'éternise. Jacques en face de moi annonce "cochon". Le sanglier repart, j'entends craquer la végétation et arme mon arc en gardant ma flèche dirigée vers le sol. Le sanglier semble se rapprocher puis je l'aperçois déboucher sur la coulée qui vient vers moi. Il semble très gros, il avance doucement puis s'arrête de 3/4 face, derrière un arbuste qui masque sa zone vitale. J'aligne ma visée mais attends qu'il se dégage. Il écoute un instant le chien qui se rapproche puis redémarre et vient droit sur moi. Je le suis dans mon viseur et le flèche quasiment de face à environ 5 mètres. Il est énorme et je peux voir ses défenses qui me font penser qu'il s'agit d'un gros solitaire. Ma flèche est rentrée jusqu'à l'empennage sur le haut de son épaule. L'animal accuse le coup et bifurque brusquement à gauche pour rentrer dans les épines en direction de Phil un peu plus haut. Phil n'a pas d'occasion de tir et le sanglier sort du bosquet, essuyant 2 coups de feu avant de foncer dans la vigne où je le regarde un instant s'éloigner. J'annonce : "Il est fléché". 2 teckels se lancent à sa poursuite et craignant pour leur santé, je décide de me déposter pour aller achever, si possible mon sanglier.
J'annonce mon départ puis pars au pas de course sur les traces de l'animal blessé. Je cours dans la vigne, me dirigeant au son de la voix des chiens. Il me semble les entendre au ferme un instant puis s'éloigner. Un coup de feu retentit en bas de la vigne sur la ligne des fusils et pensant mon sanglier mort, je ralentis. Je m'annonce en arrivant à la ligne puis pars voir le tireur qui me dit avoir touché le sanglier juste avant qu'il ne rentre dans le roncier derrière lui. Les 2 teckels sont au ferme et le sanglier ne semble plus bouger. Un second chasseur fait le tour pour se poster de l'autre côté du roncier. Je décide d'aller voir si le sanglier est mort ou pour l'achever si nécessaire. Je descends, par une grosse coulée, dans un fossé profond qui borde le roncier puis le traverse et rattrape la coulée barrée de ronces qui traverse le roncier. Je progresse voûté et péniblement en écartant les ronces tout en cherchant le sanglier du regard. Il est sur ma gauche à moins de 5 mètres mais je n'arrive pas à le voir. Je distingue à peine les teckels au ferme car il bougent un peu. Je rejoins une zone à peine plus dégagée, à environ 7 ou 8 mètres du fossé, me permettant de me redresser et d'encocher une flèche. Je finis par voir un morceau du flanc du sanglier au travers des ronces. Il me semble mort et j'annonce : "Il me semble qu'il est mort". Je commence à m'avancer un peu en écrasant les ronces quand j'aperçois son œil furibond qui m'observe à environ 3 mètres. "Il est toujours vivant". Il est couché sur le ventre et tourne le dos aux chiens situés sur ma droite, à environ 3 mètres de lui.

Il me présente presque un plein travers. J'arme mon arc et cherche une micro-fenêtre au travers des ronces pour lui décocher une flèche. Je finis par décocher mais ne vois pas si ma flèche a atteint l'animal. Le sanglier se redresse et se tourne face au chien en claquant des dents. J'encoche rapidement une autre flèche, arme et vise son épaule qui s'est sensiblement dégagée. Je décoche. Touché, le sanglier claque des dents, ma flèche est restée en travers de l'animal qui se contracte alors que du sang mousse sur ses babines puis se cabre très rapidement et retombe sur le dos en cassant ma flèche. Il se débat un peu sur le flanc alors que les teckels se taisent et se jettent sur lui pour le piller. J'annonce sa mort aux chasseurs de part et d'autre de ma position. Un autre chasseur arrivé entre temps me rejoint pour m'aider à sortir l'animal alors que je commence à écraser et écarter les ronces pour atteindre mon sanglier. Je récupère les empennages de ma première flèche près du sanglier. Le chasseur me rejoint, nous écartons les ronces pour attraper le sanglier et je dégage rapidement le morceau de flèche avec la lame qui dépasse du flanc de l'animal. Je l'éloigne pour éviter la blessure et la pose près de mon arc resté dans la zone dégagée derrière nous.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Nous attrapons le sanglier par les pattes avant et le dégageons pour l'extraire des ronces. Nous le traînons mètre par mètres vers la coulée et prenons mon arc au passage puis nous dirigeons par à-coup vers la sortie du roncier. Aidée par les autres chasseurs nous lui faisons passer le talus abrupt du fossé. Je remonte ensuite pour examiner mon sanglier, c'est le plus gros de ma vie d'archer. Contrairement à ce que je pensais il s'agit d'une laie. Ma première flèche est restée à l'intérieur sans percer de sortie dans l'animal. Ma seconde flèche est semble t-il passée à côté et je ne l'ai pas retrouvé dans les ronces. Ma troisième flèche rentre dans l'épaule et ressort 30 cm derrière l'épaule opposée en traversant les poumons. Les 2 premiers coups de fusil sont passés à côté, le troisième rentre et ressort juste au-dessus de la peau du ventre, au milieu de la longueur de l'animal, sans toucher les organes. Nous prenons quelques photos souvenir en attendant le 4 x 4 qui doit venir charger le sanglier.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Le chasseur ayant légèrement blessé mon sanglier m'explique qu'il a eu juste le temps de changer ses cartouches de plomb pour des balles et de tirer sur l'animal avant qu'il ne rentre dans le fossé. En examinant les traces du sanglier nous tombons, à l'endroit du tir sur de la graisses projetée sur l'herbe au sol.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Le 4x4 finit par arriver et nous ne sommes pas trop de 4 pour charger mon sanglier sur le véhicule.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Le 4x4 repart à travers la vigne vers le bosquet et je retourne vers mon poste pour attendre la fin de la battue. A mon arrivée, les chiens sont encore derrière un renard mais nous n'arriverons pas à l'avoir à portée de tir et arrêtons la battue. Nous discutons un moment de notre chasse puis redescendons aux silos de Roques.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Les animaux abattus, mon sanglier, le brocard de Christophe et une chevrette tuée au fusil ont été apportés à Justian chez le président de la chasse. Nous décidons de partir sur place pour faire une belle photo de groupe avant d'aller manger à la salle de Lagardère. A notre arrivée les chasseurs de la société sont en train de peser le sanglier que je pense faire plus de 90 kg alors que beaucoup d'archers me l'annonce bien en dessous. La pesée affiche finalement 91 kg. Nous prenons quelques photos de groupe puis repartons pour Lagardère où un bon repas nous attend.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Après un petit apéritif, nous passons à table.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Le repas, comme le début de la journée se déroule dans la bonne humeur et la convivialité, comme chaque année, l'hospitalité de la société de chasse est toujours aussi exceptionnelle. Le repas démarre par une bonne garbure au cou de canard.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Nous aurons ensuite droit à un bon civet de chevreuil accompagné de pattes puis au traditionnel flanc aux œufs qui mérite à lui seul de participer à cette battue mixte annuelle.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Notre repas et le café pris vers 15 heures nous décidons de repartir pour une dernière petite traque avant la nuit. Le président de la chasse me demande d'aller poster les archers autour d'un bois coupé par une ligne à haute tension sous laquelle les ronces et les fougères font une très bonne remise à sanglier et en chassant cette semaine avec mes invités nous avons repéré une forte activité des suidés dans ce secteur. J'ai bon espoir que mes invités puissent en tirer un. J'envoie 8 archers se poster sur le bas du bois et prends le reste des archers avec moi pour poster le haut du bois. En chemin, Xavier qui constate que je n'ai plus que 2 flèches sur mon carquois, me propose de m'en prêter d'autres. Je refuse lui disant que j'ai déjà tiré ce matin et qu'avec 2 flèches j'en ai bien assez. Je laisse Frank en chenin dans un angle de bois ou sortent souvent les animaux puis pars poster les autres archers sur le haut du bois. Les premiers se postent près d'un chemin forestier qui traverse une bande étroite du bois qui, en forme du U, borde sur 3 côtés une prairie. J'ai décidé de ne poster les archers que sur la zone coupée par la ligne haute tension. Avec Jacques nous partons nous poster un peu plus loin sur la même ligne mais au bord de la prairie en rentrant tout de même un peu dans le bois. Je prends encore une fois un poste au hasard qui ne me laisse qu'une visibilité réduite à environ 10 à 15 mètres autour de moi. Derrière moi, une bande de buissons noirs borde la prairie et je me poste dans une bande étroite buissonneuse plus claire avant les ronces sous la ligne à haute tension.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015
Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

En bas, un gros écureuil foncé escalade un chêne près de la ligne des archers. Rapidement, un piqueur arrive par le bas du bois avec les teckels et rentre dans le bois par un passage pour rejoindre les ronces sous la ligne électrique. Les chiens lancent vite un animal qui traverse au niveau des premiers postes de ma ligne sur ma gauche.

Le calme revient et le piqueur s'avance ensuite en longeant les ronces tout en encourageant les chiens. Ils finissent par lancer un chevreuil qu'il annonce. Les chiens poussent un instant puis le calme revient. Un autre piqueur arrive dans mon dos en longeant la prairie puis rentre derrière moi dans les épines pour repartir en sens inverse. Il ne tarde pas à lever un chevreuil qu'il tire au plomb sur la prairie, le blessant à une patte. "Attention, chevreuil blessé, en bas...". Le chevreuil, coursé par les chiens, fonce dans la partie de bois non postée. Les chiens finissent par l'attraper en contrebas et nous l'entendons gueuler un moment avant que le piqueur ne l'atteigne pour l'achever. Le piqueur et les chiens du bas lève, en bout de traque, un chevreuil qui se débine sans être poursuivi. "Chevreuil". Je scrute mon entourage et tend l'oreille quand un bruit furtif m'interpelle derrière moi. Je tourne doucement la tête et aperçois un chevreuil qui me semble d'abord très petit. Ses bosses sur la tête me font penser à un chevrillard. Il s'arrête à environ 10 mètres et écoute le traqueur et les chiens. Je pivote doucement pour me retourner. Le chevreuil ne m'a toujours pas vu. Il s'avance de quelques pas et s'arrête à nouveau pour écouter et regarder vers le bas. C'est un beau brocard qui a perdu ses bois. Une trouée dans les épines m'ouvre une fenêtre de tir sur la coulée sur laquelle il progresse. Il faut qu'il avance encore de quelques mètres. Il fait un pas, écoute à nouveau, j'arme doucement mon arc et aligne mon viseur sur la coulée. Encore un pas et il écoute à nouveau à 1 mètre de la trouée. Il s'avance d'un pas très lent, mon viseur se cale sur son épaule. Il est à environ 6 ou 7 mètres, je décoche. Touché bas au niveau de l'épaule, il réagit à peine et continue à avancer d'un pas lent tout en boitant sévèrement. Il fait 6 ou 7 mètres et tourne sur lui-même pour se coucher calmement face à son arrivée. A peine couché, il tombe sur le flanc et s'immobilise rapidement.

Je me retourne et reprends mon attente. Les chiens poussent au loin et des coups de feu répétés retentissent. Les sangliers viennent d'être levés hors de la zone cernée par les archers. Un chien vient se mettre au ferme sur ma droite mais finit par renoncer et s'éloigne. Le temps passe et le calme s'installe. J'appelle un des piqueurs pour lui demander si la chasse est terminée et il me dit de déposter le bois car les sangliers ont filé sous le village de Roques dans le bois de pin. Je pars donc cherché ma flèche que je peine à retrouver. Je retrouve la zone du tir avec le premier sang et une touffe de poil.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

En progressant dans l'alignement du tir, je finis par trouver ma flèche posée sur le sol et couverte de sang.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Je la récupère et la remets au carquois. La piste de sang est courte mais bien marquée. Je rejoins mon chevreuil pour lui apposer le bracelet. 

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Comme je l'avais vu, ma flèche rentre basse au niveau de la patte avant et ressort au milieu de la cage thoracique. J'appelle Lionel pour qu'il déposte la ligne du bas puis tente d'appeler Jacques mais il ne répond pas. Je tire mon chevreuil hors des épines sur la prairie et lui attache mes pattes pour le charger sur mon épaule et partir déposter ma ligne. J'entends Phil et Claude discuter et comprends qu’ils ont tiré. C'est en fait Claude qui tire un chevreuil mais sa flèche est passée dans le poil du dos pour aller se ficher dans un arbre.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Une fois la lame dégagée, il trouvera du poil sur cette dernière mais pas de sang.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Alors que Je passe devant Xavier, ce dernier en profite pour immortaliser mon retour, chevreuil sur l'épaule.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Nous récupérons ensuite Frank à qui 3 chevreuils passent trop vite. Alors que nous rentrons aux voitures où nous attendent déjà la ligne du bas. Mon téléphone sonne, c'est le piqueur qui m'avertit qu'un sanglier blessé vient vers nous. J'en averti mes collègues qui repartent vite se poster et je finis d'arriver aux voitures avec mon chevreuil où je fais quelques photos souvenir.

Une battue entre archers réussie, 29 novembre 2015

Les chiens arrivent au ferme et la bagarre s'engage avec le sanglier venu se caler dans les ronces sous la ligne électrique. Des chasseurs au fusil arrivent en renfort et se précipitent vers le bois. Pendant ce temps un beau renard surgit du bois et fonce à travers champ vers la digue d'un petit lac sur notre droite puis traverse la route à environ 150 mètres sur ma droite pour foncer vers les terriers situés un peu plus loin dans le bois. Le ferme s'éternise un peu puis le sanglier finit par s'éclipser et nous échapper. La luminosité baisse doucement et les archers venus de loin commencent à nous quitter. Sur cette traque en plus de mon brocard, un autre brocard et une laie de 64 kg ont été prélevée au fusil. La journée s'achève sur un exæquo fusil/arc.

Jacques raccompagne mes invités chez moi car Xavier est invité à manger ce soir et Frank doit repartir et il a de la route. Pour ma part, je vais peler mon sanglier et mon chevreuil avant de rentrer.

Un grand merci à tous les participants, à la société de chasse, les cuistots et cuisinières pour cette belle journée.

 

Alex

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 21:03

Ce soir, je pars me poster près d'un lac au pied d'un arbre. Le temps passe, quelques ragondins sortent et rentrent des terriers qui percent la berge de gauche qui borde le bois. Des canards arrivent par vagues successives et repartent si j'ai le malheur de bouger à peine. La luminosité baisse doucement quand un bruit de pas rapide se fait entendre dans le bois à ma gauche. L'animal se dirige vers le pré dans mon dos et pris dans le bois. Je me retourne doucement. L'animal descend dans le ruisseau qui alimente le lac puis remonte et se présente de face en lisière du bois dans une grosse trouée. C'est un petit brocard, il reste un instant sans bouger à observer. Il est à environ 20 mètres. Il surgit sur le pré au trot et s'arrête à environ 15 mètres. Il regarde autour de lui puis s'avance au pas et se rapproche doucement sans venir vers moi. Il traverse tranquillement le pré. Je profite d'un moment d'inattention et arme mon arc. Je cale ma visée et décoche alors qu'il marque un temps d'arrêt plein travers à 12 mètres environ.

Un gros crac retentit et mon brocard part avec la flèche en travers des épaules. Je reste immobile et le regarde partir. Il rentre au bois où je l'entends un court instant avant que le calme ne revienne. J'attends un moment sans bouger à l'écoute. La nuit tombe peu à peu et les canards arrivent pour se poser à l'autre bout du lac. Il fait presque nuit quand une sorte de chouette ou de hibou vient se poser près du lac, je ne vois presque plus dans la pénombre, puis s'avance jusqu'à l'eau et y reste un petit moment avant de s'envoler. Je décide d'aller cherche mon chevreuil. Avec ma lampe, je cherche du sang à l'endroit du tir mais ne retrouve que la moitié de ma flèche côté empennage à quelques mètres sur la trajectoire de fuite. Je pars donc à l'entrée du bois où est rentré le brocard et trouve du sang. Le brocard est monté au plus raide au niveau d'un talus très pentu. Le sang est assez abondant.

Un petit brocard à l'affût, 6 novembre 2015

Il s’amenuise ensuite alors que la pente diminue mais reste très facile à suivre et je retrouve assez rapidement mon brocard couché, comme endormi dans la végétation. Ma flèche traverse en avant des 2 poumons. La partie lame de ma flèche restera introuvable.

Un petit brocard à l'affût, 6 novembre 2015

Alex

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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 20:14

Ce soir, comme la veille, je pars pour Labéjan en sortant du boulot. Je me gare au même endroit que la veille et me prépare rapidement. Le vent soutenu souffle comme hier et je décide donc de réattaquer ma chasse comme la veille, autour du grand champ de maïs. Je longe donc le haut du maïs à mauvais vent, rejoins la luzerne, longe cette dernière en suivant le maïs, rejoins le coin du bois, continue entre le bois et le maïs tranquillement pour arriver en bas de la culture et commencer à la longer en surveillant les passages de canon. Au premier passage de canon, j'entends chanter des perdreaux dans le maïs sans pouvoir les voir, pas de chevreuil pour le moment et je vais longer tous le bas du champ sans voir d'animaux. Je décide donc de partir chasser vers le grand champ de tournesol qui a été moissonné la veille. Je remonte, à travers le champ travaillé, vers le chemin de terre qui suit la crête et le longe pour arriver au-dessus du bosquet où j'ai retrouvé mon chevrillard du 17 septembre. Je descends dans la combe travaillée par la droite du bosquet, jette un coup d'œil sur le bas de ce dernier puis traverse le fossé du bas de combe et commence à remonter tranquillement en suivant le bord droit du champ de soja, en limite de la grande friche. Toujours pas de chevreuil en vue. Je passe le premier petit bosquet à ma droite puis descend par la bande d'herbe qui le sépare du second et rejoins l'angle bas du deuxième bosquet. Je me penche doucement pour tenter de surprendre le brocard du secteur mais il n'est pas de sortie. Je remonte doucement en longeant le bosquet et arrive au bord du soja sans voir de chevreuil. Je m'avance donc dans la culture en enjambant les rangs pour ne pas les abimer et rejoins une grosse haie qui sépare cette parcelle d'une autre parcelle de soja qui s'étend jusqu'à la route de crête à environ 200 mètres. Une trouée me permet de regarder derrière la haie. J’observe un instant sans voir de chevreuil. Je pars à gauche vers une petite mare asséchée, prise dans la culture et où je me suis fait surprendre un matin par une chevrette et ses chevrillards. Toujours rien, je reviens donc contre la haie et la suis doucement en redescendant vers une mare en contrebas d'où part un petit ru.

Alors que je ne suis plus qu'à 70 mètres du bas du champ, un chevrillard surgit su soja à 20 mètres environ, presque immédiatement suivi par sa mère et tout d'eux prennent le galop. J'arme vite mon arc et les suis dans mon viseur mais ils s'éloignent vite et je désarme. C'est alors qu'un mouvement attire mon regard un peu plus bas. La tête d'un jeune brocard dépasse du soja à environ 30 mètres. Il regarde fuir les 2 autres chevreuils sans bouger puis se met à regarder tout autour de lui pour essayer de comprendre ce qui les a fait fuir. Je le surveille un instant immobile puis profite d'un moment où il regarde à l'opposé de ma direction pour commencer une approche très lente en me baissant au maximum. Je gagne facilement 10 mètres, aidé par le fort vent qui couvre le bruit de ma progression et en m'arrêtant à chaque fois qu'il tourne la tête vers moi. Tout à coup, le brocard fait demi-tour et commence à descendre tranquillement vers le fond du champ. Je me baisse le plus possible et presse un peu le pas en biaisant pour le recouper. Je parviens à me rapprocher ainsi à 10 mètres du brocard qui se présente maintenant de 3/4 arrière. J'arme mon arc baissé dans le soja, me redresse doucement en prenant la visée et décoche. Le bruit de l'impact retentit mais il m'a semblé que ma flèche était un peu trop en avant, peut être déviée par le fort vent. Le brocard fait à nouveau demi-tour et fonce à travers le soja en remontant la pente. Il biaise vers les 2 petits bosquets autour desquels j'ai chassé tout à l'heure. Il me semble voir un trou au niveau de son cou sans en être sûr. Je le perds de vue à environ 150 mètres, derrière la crête, en limite de la friche. Je descends chercher ma flèche mais c'est peine perdue dans toute cette végétation. Je cherche un moment sans succès puis tente de recouper la direction de fuite pour essayer de trouver des indices. Je trouve rapidement des gouttes de sang projetées sur les feuilles de soja.

Pluie et vent sur Labéjan, 22 septembre 2015

La piste est assez facile à suivre même si elle n'est pas très abondante. Je suis les gouttes qui biaisent vers la friche mais arrivé au bord de cette dernière le sang devient alors peu abondant et les gouttes beaucoup plus petites.

Pluie et vent sur Labéjan, 22 septembre 2015

Je peine un peu à suivre la piste et dois parfois marquer la dernière goutte pour m'avancer de plusieurs mètres et chercher un moment pour retrouver du sang. Je finis tout de même à arriver au coin du bosquet de crête où je trouve l'entrée du chevreuil. L'entrée est bien marquée par de belles tâches de sang.

Pluie et vent sur Labéjan, 22 septembre 2015

Je prends mon sécateur et coupe quelques ronces pour pouvoir rentrer dans le bosquet et suivre le sang. Une fois en sous-bois le sang devient abondant, de grosses gouttes jonchent le sol et la piste devient très facile à suivre. J'ai souvent remarqué que les animaux se relâchent en rentrant à couvert et que le sang est très souvent plus abondant. Le sous-bois est assez clair et je suis tranquillement la piste, une flèche encochée sur mon arc au cas où. Je passe 2 reposées debout (ronds de gouttes de sang). La piste biaise vers le haut du bois et je tombe sur une reposée bien marquée de sang à quelques mètres de sortir du bosquet. Après cette grosse tâche de sang, la piste semble s'interrompre totalement et je cherche un moment sur les coulées pour retrouver du sang qui remonte à ma droite pour sortir du bois à travers des épines noires. Je le suis et retombe sur des herbes hautes. Le sang est très peu abondant et je peine à le suivre, la piste biaise à gauche et remonte vers le soja qui redescend vers le fond de combe. Une pluie fine mais intense se met à tomber et mes chances de suivre cette piste difficile s'amenuisent. Je tourne et retourne sans trouver de sang et j'ai oublié mon portable à la voiture. Je décide de laisser tomber. Je prends donc la limite du soja pour redescendre dans le fond de la combe. Alors que je pose les yeux au sol, environ 40 mètres après avoir perdu le sang, j'aperçois un petit caillot de sang sur la terre à nu qui borde le soja et, en continuant à longer la culture, je commence à tomber sur des gouttes de sang que je suis facilement sur environ 50 mètres avant de perdre à nouveau la piste.

Je bifurque donc vers la friche à gauche et rejoins le bas de combe où je traverse le fossé pour rentrer dans le grand bois qui m'abritera un peu de la pluie. Je longe la grosse coulée et rejoins le chemin de terre qui me fait déboucher à 100 mètres du passage busé. La pluie s'est un peu calmée et tombe en grosse gouttes espacées. Je suis le ruisseau d'alimentation du lac, traverse le passage busé puis me dirige vers la parcelle de maïs. Arrivé au coin de cette dernière, je la longe par le bas en suivant la bande enherbée qui borde le lac jusqu'au coin suivant. Je suis maintenant à bon vent pour chasser en suivant les passages de canon car le vent souffle vers la digue. Je m'avance dans le premier passage de canon jusqu'à la bosse du champ qui me cachait la fin du passage. Pas de chevreuil, je fais demi-tour. Je longe encore un peu la parcelle et contrôle le second passage de canon, toujours rien. Demi-tour et direction le 3ième passage de canon. En arrivant au départ de ce dernier, je me penche doucement et aperçois un brocard au gagnage sur la droite du passage à environ 30 mètres. Il est de cul et regarde vers moi, je reste immobile. Il baisse la tête dans la végétation épaisse du centre du passage pour brouter, le vent souffle fort. J'en profite pour m'avancer dans le passage de canon. Les premiers rangs sont perpendiculaires au passage, je passe les 3 premiers puis me cale entre les 2 suivants pour observer. Le brocard relève la tête, observe tranquillement les alentours et se remet à brouter. Je m'avance à nouveau de quelques rangs puis me recale entre les suivants. Le brocard relève la tête, regarde autour de lui puis se remet à manger. Je recommence à avancer de quelques mètres et me recale. Cette fois le brocard redresse la tête, regarde autour de lui puis commence à avancer en suivant le maïs. Les rangs sont maintenant parallèles au passage de canon. Il me tourne le dos, j'en profite pour avancer plus rapidement mais voyant qu'il s'arrête, je stoppe net et m'accroupis juste à temps car il tourne la tête et regarde un instant vers moi sans me voir avant de se remettre en marche en broutant tranquillement. Je me remets à avancer assez rapidement, prêt à m'accroupir à tout moment. Mon décocheur est accroché et je gagne vite du terrain. J'arrive ainsi à 9 ou 10 mètres du brocard qui broute toujours paisiblement en 3/4 arrière. J'arme mon arc baissé pour être prêt à m'accroupir mais voyant qu'il ne fait pas attention à moi, je prends rapidement ma visée derrière ses côtes et décoche.

L'impact retentit et il me semble que ma flèche est rentrée où je voulais. Le brocard démarre en trombe dans le passage sur environ 20 mètres puis bifurque  à droite pour rentrer dans la culture. J'attends un peu puis pars à l'endroit du tir sans trouver de sang. Je m'avance un peu sur la direction de fuite en commence à trouver de maigres traces de sang et de contenu stomacal sur la végétation du centre du passage. La piste est très difficile à suivre dans cette végétation détrempée mais je remarque que la végétation est légèrement couchée sur le passage de l'animal ce qui me permet de localiser à peu près sa trajectoire et l'entrée dans le maïs où je trouve enfin une belle tâche de sang sur les feuilles de maïs au sol.

Pluie et vent sur Labéjan, 22 septembre 2015

Je suis le sang plus abondant au sol et sur les pieds de maïs sur environ 15 ou 20 mètres de plus et retrouve mon brocard couché sur le flanc. Ma flèche est bien en arrière des côtes.

Pluie et vent sur Labéjan, 22 septembre 2015

La sortie est pile au défaut de l'épaule, panse, foie et poumon sont touchés. Je remarque en apposant mon bracelet que mon brocard à l'arrière train couvert d'excrément séché. Encore un chevreuil malade mais il n'est pas encore amaigri. Le bracelet apposé, je fais quelques photos souvenir sous la pluie

Pluie et vent sur Labéjan, 22 septembre 2015

puis attache les pattes de mon chevreuil et le charge sur mon épaule pour revenir vers la voiture. Je le laisse au bord de la route, à environ 300 mètres du tir, dans le fossé puis pars chercher ma voiture où j'en profite pour appeler le conducteur de chien de sang. Rendez-vous est pris pour une recherche demain pendant ma pause déjeuner. Je récupère mon brocard en passant et rentre chez moi. Je n'ai que peu d'espoir de retrouver mon premier brocard et la recherche du lendemain ne donnera rien, le chien perdant la piste à la sortie du bosquet et le contrôle des bordures de tous les bosquets et bois environnant restant infructueux.

 

Alex

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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 20:20

Ce soir, en sortant du boulot, je pars directement pour Labéjan. Je me gare près de la ferme, au carrefour au-dessus du lac, me prépare rapidement puis teste le vent. Ce soir il vient de la ferme et souffle assez fort, je traverse donc la route, escalade le talus abrupt et pars vers la droite avec le vent dans le dos en longeant le maïs qui descend vers le fond de la combe. Je jette un coup d'œil à chaque passage de canon en passant. Pas de chevreuil en vue jusqu'au coin du maïs, je descends donc en le suivant doucement et en surveillant la luzerne à ma gauche qui descend vers bois qui en ferme le bas. Pas de chevreuil ce soir, j'arrive au coin de la luzerne fermée par le bois qui remonte contre le maïs. Je continue à descendre tranquillement entre le bois et le maïs sans rien voir. Arrivé en bas, je continue à longer le maïs qui est maintenant bordé par une grosse haie qui le sépare d'un champ travaillé. J'avance doucement en ouvrant bien les yeux. Le vent fort, qui agite à culture et souffle face à moi, masque le bruit de ma progression, il me faut juste voir avant d'être vu. Je jette un coup d'œil à chaque passage de canon et en arrivant au 4ième et dernier passage avant le bosquet qui rentre dans le maïs, j'aperçois, en me penchant doucement, un chevreuil à environ 20 mètres dans le passage. Il regarde vers le haut du champ, je me recule doucement, accroche mon décocheur puis me penche doucement à nouveau. J'aperçois alors 2 petits bois entre ses oreilles.

C'est un jeune brocard de l'an dernier. Il est de face puis tourne à nouveau la tête en arrière. J'en profite pour m'avancer de 2 mètres dans le passage de canon et me caler entre 2 rangs de maïs, légèrement en retrait par rapport aux autres et perpendiculaires au passage. Je surveille le brocard au travers des pieds de maïs. Il commence à descendre vers moi en longeant l'autre côté du passage. Il s'arrête régulièrement pour brouter la végétation bien verte. Il avance ainsi mètre par mètre entre des pauses plus ou moins longues pour manger. Le vent bifurque brusquement et souffle par moment vers le haut du maïs mais en biaisant pour l'instant vers mes arrières, j'espère qu'il ne va pas tourner plus et me trahir. Le brocard regarde souvent derrière lui et je tente de voir s'il ne serait pas accompagné mais rien en vue. Alors qu'il n'est plus qu'à 15 mètres environ, il traverse tranquillement le passage de canon et vient se coller contre mon côté du passage me compliquant ainsi la tâche. Je n'ai plus d'angle de tir et devrais le tirer juste au moment où il passera devant moi. Il continue à descendre tranquillement en faisant des pauses alimentaires ou observatoires. Il n'est plus qu'à 7 mètres environ, j'arme doucement mon arc et me prépare mais tout à coup, il se décide à retraverser le passage de canon mais, cette fois, il commence à rentrer dans la culture. Je n'ai pas trop le temps de réfléchir, je me penche, aligne la visée alors qu'il rentre au pas à couvert et décoche alors qu'il est à moitié rentré dans le maïs en visant entre les pieds de maïs. Touché, le brocard fait volte-face, un jet d'un mètre de sang jaillit de sa blessure et il traverse le passage de canon pour fuir dans le maïs que j'entends claqué sur son passage, dans mon dos, sur 10 à 15 mètres avant de l'entendre chuter et se débattre au sol. C'est fini pour lui.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

Sachant mon chevreuil mort, je décide d'aller chercher ma flèche. Je trouve immédiatement du sang à l'endroit du tir.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

En avançant dans le maïs dans la direction du tir, je trouve rapidement ma flèche posée sur le sol. Elle présente peu de sang et serait plus caractéristique d'une atteinte musculaire.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

Je remets ma flèche au carquois puis repars vers le premier sang. De l'autre côté du passage le chevreuil a laissé une belle tâche de sang sur un pied de maïs couché et au sol.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

Je m'avance entre 2 rangs de maïs que le sang du chevreuil a teinté de rouge au passage. L'hémorragie semble très abondante.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

Au bout d'environ 7 mètres de recherche, le sang devient très très abondant, une grosse tâche de sang au sol marque une chute du brocard.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

Le sang traverse le rang de droite, je le suis et aperçois le chevreuil à juste quelques mètres devant moi. Il est couché sur le flanc et a repeint les alentours en rouge.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

En examinant le brocard, je constate que ma flèche est trop en arrière et trop haute, elle passe juste sous la colonne vertébrale au niveau des reins. Cette flèche n'est pas un cas d'école mais elle est toujours mortelle à très court terme car elle sectionne la grosse artère passant sous la colonne et provoque une hémorragie très massive. Au dépeçage, je m'apercevrai que ma lame de chasse a en fait complètement exploser une vertèbre en plus de sectionner l'artère, cette fuite même courte et la volte-face du chevreuil n'était physiquement pas possible et il est incroyable qu'il ait pu faire ces 15 mètres de fuite. Après quelques photos souvenir,

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

j'attache les pattes du chevreuil et le remonte vers ma voiture en suivant le passage de canon. En haut du champ de maïs, je tombe sur la propriétaire des terres qu'elle loue en fermage. Nous discutons un bon moment puis elle me montre des terriers de blaireaux et de renards situés dans le parc clôturé autour de son habitation pour que je vienne essayer d'en flécher quelques-uns car ils font des dégâts réguliers sur ses volailles.

Je pose mon chevreuil à ma voiture et repars en chasse. Au loin, le bruit d'une moissonneuse et un nuage de poussière me signale que le grand champ de tournesol où j'ai fléché mon chevrillard le 17 septembre est en train d'être moissonné. En passant par la ferme, je descends vers le passage busé qui traverse le ruisseau d'alimentation du lac puis reviens vers ce dernier et la parcelle de maïs qui borde la droite du plan d'eau. Arrivé au coin du maïs, je longe la parcelle sur la bande enherbée qui la sépare du lac pour la dépasser et remonter en la longeant à bon vent.

Vent d'automne sur les maïs, 21 septembre 2015

Alors que je commence à m'avancer dans le premier passage de canon, mon téléphone vibre dans ma poche. C'est ma compagne qui rentre du boulot et qui me pensait à la maison. Je comprends qu'il est temps de rentrer, il est encore tôt mais je reviendrais un autre jour, je repars vers la voiture.

 

Alex

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 07:19

Ce soir, après un passage éclair dans le Gers en rentrant du Lot, je passe voir mes parents à Albi avant de me préparer et de partir récupérer le bracelet pour mon tir d'été de Roumégoux que le président de la chasse me laisse chaque année gracieusement. Arrivé sur Roumégoux vers 20 heures, je passe chez le président de la chasse pour prendre le bracelet mais ce dernier a dû s'absenter et son fils ne trouve pas le bracelet. Nous convenons que j'appellerais si jamais je flèche le chevreuil pour qu’ils viennent me l'apporter. Il est déjà près de 20h30, je décide de partir chasser près du lac de la Bancalié en espérant que le secteur plus frais sera plus vert que le reste de la campagne complètement desséchée. Je laisse ma voiture chez le président de la chasse et pars à pied en longeant un petit champ de maïs qui borde un chaume de blé. Le vent souffle vers le lac et sera dans mon dos un moment. Après le maïs, je passe le long d'un petit bosquet puis rejoins, un peu plus loin, un chemin de terre qui descend vers le grand barrage. Le chemin rentre dans les bois et je m'avance d'environ 200 mètres dans le bois puis me poste au bord du chemin et tente d'appeler au Buttolo. Rien ne venant, je continue et rattrape un peu plus loin le chemin qui longe le lac sans avoir vu de chevreuil dans les prairies qui surplombent le lac.

Je suis ce chemin tranquillement, il serpente en suivant la bordure du plan d'eau. La rive opposée est pleine de monde venu manger près de l'eau ou se baigner en cette très chaude journée. Je longe doucement un bois qui couvre le penchant qui surplombe le lac en surveillant le sous-bois jusqu'à un chemin de terre qui remonte vers la route de crête. Un petit sentier longe la droite du chemin dans le bois. Je décide de prendre ce sentier pour aller appeler un peu plus loin. J'avance un peu quand j'entends des éclats de voix et un pas sur le chemin en contrebas. Je me fige et laisse venir un couple de promeneurs qui passe à moins de 5 mètres de moi sans me voir. Je reprends ma progression lente et le plus silencieuse possible. Un peu plus loin, un bruit de pas retentit dans les feuilles mortes. Un animal se déplace dans le sous-bois épais à moins de 10 mètres, je me fige et observe un moment mais je finis par comprendre qu'il ne s'agit que d'un merle. Sous le chemin une bande de bois de 10 à 20 mètres de large le sépare d'un penchant de sarrasin entouré de bois. Plus loin, le sentier rejoint le chemin et je décide de me poster contre la bande boisée pour tenter d'appeler un moment à l'appeau. Rien ne vient, je repars tranquillement en surveillant les 2 côtés du chemin quand j'aperçois une chevrette au travers des arbres. Elle est au bord du bois, en haut du sarrasin. Je tente de l'appeler espérant qu'elle soit suivie par un brocard mais elle regarde vers moi sans bouger.

Je décide de faire demi-tour et suis le chemin jusqu'à l'entrée du champ de sarrasin pour revenir à bon vent.

Un magnifique brocard tarnais à l'approche, 12 juillet 2015

Je remonte en suivant le bois puis attaque de longer le haut de la culture en direction de l'endroit où devrait se trouver la chevrette.

Un magnifique brocard tarnais à l'approche, 12 juillet 2015

Je longe tranquillement le bois en sur veillant la culture mais j'arrive au bout du sarrasin sans avoir vu le moindre chevreuil. Je redescends donc vers le chemin de terre. Le sarrasin est tout couché dans l'angle du champ près du chemin, peut être l'œuvre de sangliers ou de blaireaux. Un passage me permet de rattraper le chemin que je recommence à longer. Il est bordé de part et d'autre par le bois pendant un petit moment puis s'ouvre à droite sur une bande étroite de sarrasin et à gauche sur un prairie. Je surveille les 2 côtés du chemin en insistant sur la culture tout en progressant doucement. Le vent maintenant soutenu souffle face à moi. En m'éloignant tranquillement du bois, je pense que mes chances de voir un chevreuil s'amenuisent quand, tout à coup, j'aperçois le dos d'un chevreuil en bordure du sarrasin, près d'un bout de haie. Je me baisse et l'observe, il relève la tête et j'aperçois alors une magnifique paire de bois. Il n'est qu'à 10 mètres du chemin, le vent m'est favorable, les conditions sont idéales. Il est encore à 20 mètres environ de ma position. Il baisse la tête, je me baisse le plus possible sous le niveau de la culture et avance tranquillement en le surveillant et parviens facilement à me positionner à 10 mètres de lui. Je me positionne à genoux pour l'observer. Il est de cul et je décide d'attendre qu'il se tourne pour tenter une flèche. Il finit par se tourner mais s'éloigne doucement au pas. J'arme mon arc et me prépare à me redresser, il baisse la tête, je me redresse et aligne ma visée, je le suis dans mon viseur en attendant qu'il s'arrête. Il finit par s'arrêter, je décoche. Touché, il s'effondre sur place, sa tête tombe lourdement au sol puis son arrière train tombe également.

Un magnifique brocard tarnais à l'approche, 12 juillet 2015

Cette réaction au tir étant très anormale, je me précipite vers mon brocard qui git au sol et perd beaucoup de sang. Ma flèche est trop en avant, j'ai dû suivre le mouvement en décochant alors que le chevreuil s'était arrêté. Elle a sectionné la première vertèbre cervicale en avant de l'épaule. Je me dépêche de l'achever.

Un magnifique brocard tarnais à l'approche, 12 juillet 2015

Mon chevreuil mort, je cherche ma flèche et la trouve rapidement, elle est fichée dans un bout de bois dans la haie.

Un magnifique brocard tarnais à l'approche, 12 juillet 2015

J'appelle ensuite le président de la chasse et lui explique où je suis pour qu'il puisse m'apporter le bracelet. En l'attendant, j'en profite pour faire quelques photos souvenir. C'est un très beau brocard portant 7 pointes.

Un magnifique brocard tarnais à l'approche, 12 juillet 2015

Le président de la chasse arrive assez rapidement avec un autre chasseur de la société de chasse. Nous posons le bracelet puis chargeons le brocard puis partons à la salle des chasseurs pour que je pelle et vide l'animal dont la venaison restera à la société de chasse. Quelques autres personnes du secteur viennent voir mon chevreuil alors que je le dépèce.

Quelques jours plus tard, alors que je prépare le trophée de mon chevreuil, je constate qu'il possède des fleurs de lys mais qu'il présente également une pointe d'un bois d'un autre brocard planté dans sa pommette en dessous de l'œil. Ce morceau n'était pas visible extérieurement et le trou qu'il a provoqué est partiellement cicatrisé, laissant un trou bien rond, cette blessure date très certainement de l'an dernier ou peut être de l'année précédente. Le bout de bois peu rentrer et sortir dans le crâne mais ne peut pas être extrait.

Un magnifique brocard tarnais à l'approche, 12 juillet 2015
Un magnifique brocard tarnais à l'approche, 12 juillet 2015
Un magnifique brocard tarnais à l'approche, 12 juillet 2015
Un magnifique brocard tarnais à l'approche, 12 juillet 2015

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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