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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 14:08

Cette nuit, Philippe et Gérald du Vaucluse ont dormi chez moi, nous avons rendez-vous à 7h30 sur la place d’Auterrive avec David et Pierre, membres de l’ASCA32. Il a gelé cette nuit et il ne fait pas chaud se matin.

Nous partons pour le rendez-vous de chasse à Lagardère par des petits chemins perdus. En route, j’aperçois une chevrette à quelques mètres de la route et commence à freiner sentant le coup venir. Effectivement la voilà qui s’élance à quelques mètres de mon pare-choc. Nous arrivons sur place aux alentours de 8h20. Plusieurs voitures de chasseurs sont déjà là.  

Nous nous garons sur le parking de la salle des fêtes et finissons à pied pour rejoindre la salle du rendez-vous de chasse, nous sommes nombreux, 46 chasseurs dont 23 archers, 6 archers du Gard (Archasse 30), 2 du Vaucluse, 1 du Tarn, 1 du Lot, 1 du Tarn et Garonne, et 12 du Gers.

La ventrèche grille à la plancha et un fumet alléchant flotte dans l’air. Après l’inscription sur le carnet de battue, le déjeuner, les consignes de sécurité et le plan de la journée nous sortons pour faire quelques photos de groupe avec un correspondant de la dépêche qui va faire un article sur cette journée.

 Nous faisons trois groupes qui partent chacun avec un chef de ligne. Pour la première traque, nous serons postés autour de l’enceinte et les chasseurs au fusil seront postés plus en retrait en seconde ligne. Je pars avec Philippe et Gérald du Vaucluse et Pierre, David, Gérard, Jean Jacques et Jean Claude de l’ASCA32.

Le chef de ligne m’explique comment nous devons nous poster et je me charge de poster mes archers car je connais bien ce secteur de la traque pour y avoir chassé plusieurs fois. Nous nous postons le long d’un bras mort de cours d’eau, une grosse coulée longe le fourré sur la berge opposée.

Philippe est au premier poste, au niveau de la passerelle qui traverse le bras mort. Il est séparé de Pascal du Lot (ligne d’en face) par une bande boisée étroite où se trouve une vielle palombière.

Gérard occupe le second poste puis je laisse Jean Jacques, Jean Claude, Pierre, David et Gérald avant de me poster avec deux accompagnateurs venus en curieux.

11 teckels sont lâchés dans la traque et lancent presque aussitôt, Les traqueurs donnent de la voix. Un brocard en velours arrive vers Gérald, un peu loin et en alignement d’un traqueur, il le laisse passé. 3 chevreuils arrivent à Philippe mais s’arrêtent derrière un écran de végétation ne permettant pas un tir et faisant regretter à Philippe, qui voulait se poster dans la traque, de m’avoir écouté.

Les trois chevreuils arrivent au niveau de Pascal. Un brocard s’élance et passe en pleine course à 15 mètres de Pascal qui lui décoche une flèche en plein cœur (entrée basse derrière la patte avant et ressortie devant l’épaule opposée). Le sang coule abondamment. Le brocard fait 30 mètres et se couche un instant puis se relève pour aller mourir un peu plus loin au coin du bois que nous chasserons pour la seconde traque.

Une belle bécasse se lève devant moi, sort du bois pour rerentrer au niveau de Pierre. Les chiens mènent toujours par intermittence et me passent régulièrement devant sur la coulée qui longe le bras mort. Quelques coups de feu résonnent. Une seconde bécasse peine à s’envoler à quelques mètres devant moi alors que les chiens sont déjà passés plusieurs fois à son niveau.

Tout à coup, un cri plaintif sur ma droite, je pense d’abord à un chien bousculé par un sanglier et me prépare mais plus rien pendant un instant de calme avant que les ronces ne se mettent à craquer. J’arme mon arc mais n’aperçois le renard fuyant qu’à la sortie du roncier, lancé à toute allure, au milieu des buissons.

Impossible de tirer, je désarme, le traqueur lance « qu’est ce que c’est ?», je réponds « renard » et Gérald que j’avais oublié tellement son camouflage était bon nous cri « il a pris une flèche en plein cœur ». Je comprends mieux se gémissement et suis confiant, nous allons le retrouver rapidement.

Le traqueur arrive avec les chiens qui se désintéressent complètement du renard. Malgré mes explications sur la trajectoire de l’animal, il ne trouve pas de sang. Le calme revient peu à peu.

Puis sonne la fin de traque, je tente de retrouver le renard. Gérald resté à son poste me guide avant de me rejoindre mais nous ne trouvons ni sang ni flèche ni renard. Il est temps d’aller faire la seconde traque, nous reviendrons plus tard.

Nous reprenons les voitures mais en route on nous dit qu’il nous faut revenir en arrière pour aller nous reposter en bas du second bois. Je connais les lieux et pars poster les archers en vitesse car je crains que la traque ne commence sans nous.

Effectivement Philippe aura juste le temps de se poster qu’une chevrette lui arrive dessus. Il a le temps de lui décocher une flèche qui passe juste dessous. Je me poste tranquillement dans le bois, derrière un gros chêne, au milieu du fragon et des arbres couchés par la tempête de l’hiver dernier.

J’entant un cri de joie, un archer à certainement fléché. Les traqueurs et les chiens donnent maintenant de la voix. Un gros écureuil vient vers moi, il s’arrête, à moins de 2 mètres sur un tas de branches alors que j’essaie d’attraper mon appareil photo. Trop tard, il grimpe le long d’un tronc en tournant autour de l’arbre pour m’observer puis s’éloigne en passant au-dessus de mois à quelques mètres.

Un coup de feu retentit, Les chiens et les traqueurs se rapprochent. Tout à coup, des craquements à environ 30 mètres dans le sale. Je me prépare mais aperçois la veste fluo de Philippe qui tente de se frayer un passage avant de se percher en hauteur. Je siffle pour lui indiquer ma position.

Les teckels arrivent, ils ne dépassent pas du fragon et sont juste trahis par de petits mouvements de la végétation. Un traqueur attise les chiens qui finissent par lancer juste à côté de Philippe qui annonce « lièvre ». Les traqueurs arrêtent les chiens. Fin de traque, les trois coups retentissent.

Nous repartons chercher le renard, cette fois Gérald retrouve un morceau de sa flèche (côté empennage) en bois restée en travers du renard après le tir, pas de sang dessus. Nous cherchons un moment sans succès avant de partir nous poster pour la troisième traque.

Nous allons chasser une sapinière, je pars me poster. Je rentre par une grosse coulée dans un bosquet d’épines noires en bordure de la sapinière quand une grosse bécasse décolle devant moi. Une grosse coulée longe la bordure des épines noires et rentre dans la sapinière en franchissant un talus.

Je me poste en haut de ce talus sur cette coulée. Les chiens donnent tout de suite de la voix. Rapidement la menée vient droit sur moi, plusieurs teckels me passent devant les pieds sans me voir et foncent en donnant au milieu de la sapinière. Puis arrivent les traqueurs, les chiens pousseraient des lapins. Ils rentrent dans les sapins puis sonnent rapidement la fin de traque qui n’aura rien donné.

Nous retournons chercher le renard mais nos recherches restent vaines. Nous en sommes pour de belles écorchures, des piquants plantés un peu partout et un goût amer, celui de la perte d’un animal pourtant bien fléché.

Nous rentrons pour le repas qui nous attend : garbure, sanglier à la broche et flambé à l’armagnac, endives et flanc aux œufs. Les archers venus de loin nous quittent après une photo de groupe.

Vers 17 heures, nous sortons de table après un petit discours du président de la chasse. Un grand merci à la société de chasse de Justian Roques Lagardère pour cet accueil extraordinaire, merci au cuistot pour ce sanglier succulent, merci au cuisinières et serveuses, merci à monsieur le maire de Lagardère pour nous avoir mis à disposition sa salle des fêtes.

2 chevreuils ont été fléchés et retrouvés, le renard sera retrouvé plusieurs mois plus tard par les chasseurs de la société de chasse à 50 mètres environ de l'endroit du tir dans une haie qui relie le premier au second bois que nous avons chassé. 

Battue du 20 décembre 2009 avec l'ASCA32

Alex

 

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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 15:36

Ce matin, nous avons décidé de faire une sortie dans un parc dont le propriétaire veut se débarrasser de ses daims. Il a souhaité faire appel à des chasseurs à l’arc pour éliminer son troupeau. Nous devions être 7 mais un archer malade n’a pas pu venir, notre équipe se compose de Christian, Manu, Lucien, Sébastien, Nicolas et moi-même tous équipés d’un brassard fluo pour trancher avec notre camouflage et nous permettre de nous repérer de loin.

Cette sortie, loin de valoir une sortie hors des grillages, en milieu ouvert pour se mesurer à la vie sauvage est tout de même un bon apprentissage pour les nouveaux chasseurs à l’arc. Il pourrait sembler facile de tirer des animaux dans une surface restreinte par un enclos, mais un animal habitué à un territoire de dimension modeste en connaît chaque recoin par cœur. De plus, les daims évoluent en harde, ici 8 individus : 2 jeunes (un mâle et une femelle), un daguet, 2 femelles et 3 mâles dont un décoiffé, ce qui multiplie les chances d’être repéré.

La seule façon efficace de « chasser » ses animaux en parc est la poussée silencieuse. Le parc en pente est en majorité recouvert de prairies où aujourd’hui un troupeau de mouton est entrain de paître, deux bosquets couvrent les extrémités hautes de l’éclos et en partie basse quelques arbres épars  et une mare. Le parc est en outre compartimenté en 4 par 3 clôtures non étanches (les animaux passent souvent par-dessus ou par-dessous) ouvertes chacune d’un passage le long de la clôture du haut.

Etant très difficile de se camoufler dans la zone enherbée nous choisissons de chasser dans une petite partie du parc en majorité couverte par l’un des bosquets et qu’il est possible de cloisonner mais avant tout il faut y faire entrer les daims qui sont cantonnés ce matin dans l’autre bosquet.  

Je pars à la rencontre de la harde pour la rabattre vers l’autre partie boisée alors que les archers se dispersent dans le parc et que la pluie commence à bien tomber. Christian avec qui j’ai déjà fait un repérage du secteur est posté sur un passage très fréquenté que nous avions repéré la semaine passée dans le « petit parc » les autres archers persuadés de bien faire ont fait une ligne pour tenter de canaliser les animaux vers l’entrée du petit parc.

Alors que je me dirige vers le bosquet où se trouvent les daims, une femelle dérangée par Nicolas arrive ventre à terre dans mon dos, par le passage que je viens de franchir, pour aller rejoindre ses camarades. En arrivant près du couvert boisé, je me retrouve encerclé par les moutons qui se mettent à me suivre alors que j’aperçois la harde, tous les yeux et oreilles braqués sur moi. J’avance encore un peu dans le sous bois, suivi par les moutons alors que les daims détalent en suivant la clôture du bas.

Je ressors dans la prairie pour me mettre bien en vue et inciter les animaux à sortir par le passage du haut mais, arrivés dans l’angle de la première clôture transversale, ils s’arrêtent. Quelque chose les inquiète, les mâles poussent les femelles et les jeunes de leurs bois, puis tous se lancent, longent la clôture et retournent d’où ils venaient en longeant la clôture du haut.

Je décide d’aller voir ce qui les a dérangés. C’est en fait Nicolas, posté à l’angle de la clôture transversale dans l’autre partie du parc qui les a retournés. Je décide de changer de stratégie, je rappelle tout le monde et envoie tous les archers se poster dans le bosquet que nous voulons chasser. Seul Manu vient avec moi pour me donner un coup de main.

Nous nous retrouvons à nouveau encerclés par les moutons alors que les daims détalent vers le fond de bosquet. Une femelle passe le long de la clôture du haut, je tente une approche, mais elle passe à plus de 40 mètres et sort en longeant la clôture en direction du passage. J’envoie Manu se poster sous un pommier isolé du bosquet, le long de la clôture basse et où passe la harde en sortant du bois.

Je m’avance dans le sous bois pour pousser les animaux qui avancent doucement vers Manu avant de se douter du danger et de partir à toute allure, en faisant de grand bons. La harde a passé la première clôture. Je laisse Manu au passage pour éviter de les voir retourner en arrière et descends dans la seconde partie du parc pour finir de pousser les animaux vers l’enceinte de chasse.

Habituellement, les animaux passent sur et sous la clôture au coin de la seconde cloison transversale. J’avance doucement pour ne pas les brusquer. Alors qu’ils arrivent à leur passage habituel, Le daguet, les 2 femelles et un jeune passent sous le grillage. Tout à coup, un mâle charge et s’acharne sur le jeune devant lui, le plaquant contre le grillage au dessus sol et le malmenant pendant plusieurs secondes avant que je n’arrive à l’interrompre en courant vers lui et en criant.

Les trois mâles décident alors de remonter le long de grillage pour revenir en arrière alors que le jeune réussit à passer par-dessous pour rejoindre ses camarades déjà passés. Les 3 mâles arrivent en haut de parc mais voyant Manu, ils hésitent un moment puis sautent par-dessus la clôture. Nous laissons tomber pour le moment et allons tenter de rabattre le reste de la harde.

Manu se place au passage du haut et je descends vers le passage sous le grillage. La harde remonte arrive à l’entrée du petit parc et entre, je remonte en courant et nous entrons dans l’enceinte, refermant le portail derrière nous. 5 animaux sont entrés, je décide d’aller poster Manu et de pousser les animaux.

Sébastien est posté au bout d’une petite bande boisée, de 40 mètres de large sur 80 de long qui prolonge le bosquet en bordure de la clôture du bas. Lucien est posté en bordure du bois au milieu de la largeur du parc, en arrivant près de lui, il m’annonce avoir vu passer un animal blessé pensant qu’il s’agissait d’une flèche mais je lui explique qu’il s’agit d’un accrochage avec un mâle et lui dit si possible de flécher cet animal en priorité.

Un peu plus loin dans le bois, je trouve Christian qui a vu l’animal blessé se coucher seul avant de repartir retrouver les autres. Je lui explique ce qu’il s’est passé et lui donne les mêmes consignes qu’à Lucien. Nicolas est posté plus haut le long de la clôture. Nous avançons dans le Bois alors que les animaux se dérobent.

Manu décide de se poster au coin du bois en partie haute et d’aviser en fonction du passage des daims. Je le laisse et repars pour retourner les daims vers les chasseurs. J’arrive au niveau de Sébastien qui m’annonce avoir vu 5 animaux sauter la clôture. Tout est à refaire, mais, tout à coup, j’aperçois les 2 jeunes arrivant le long du grillage. Ils font un tour et rerentre au bois sans occasion de tir.

En traquant, je m’aperçois en fait que seules les deux femelles ont sauté. Il reste le daguet et les deux jeunes. Ils tournent dans le parc séparément, le daguet seul et les jeunes ensembles. Je fais des boucles dans le parc, marchant lentement en faisant de nombreux arrêts pour observer en rentrant au milieu du bois et en ressortant en longeant la clôture du haut.

Le daguet est sorti du bois, il longe la clôture et se dirige doucement vers Sébastien qui arme son arc mais il fait volte face et au bout de quelques essais saute la clôture. Il ne reste que les deux jeunes qui tournent dans le parc, déjouent les tentatives des postés et me font tourner en bourrique. Je suis au milieu du pré au dessus de Sébastien qui bien emmitouflé et, sa capuche sur la tête, n’a pas vu les deux daims qui sont à 40 mètres derrière lui.

Je lui cri « Sébastien derrière, derrière » mais le bruit de la pluie couvre ma voix. Quand il finit par m’entendre, il est trop tard, les jeunes ont fait demi tour. Ils remontent vers le portail puis m’apercevant redescendent à vive allure pour passer devant Sébastien et entrer à nouveau au bois. Au bout d’un moment je les vois au fond du parc, ils se dirigent vers l’angle bas, je me poste pour les regarder faire quand, tout à coup, l’un deux s’enfuit à toutes pattes le long du grillage vers le poste de Sébastien.

Il en reste un j’attends un peu mais il ne suit pas, je m’avance alors doucement, voûté, à couvert d’un gros monticule de terre quand j’aperçois Manu qui me fait des signes. J’avance encore un peu et comprends, le deuxième jeune et au sol contre le grillage. Il est couché sur le flanc, je n’aperçois pas de sang. Je pense tout d’abord à une collision avec la clôture mais en m’approchant doucement je finis par comprendre : c’est Manu qui vient de le flécher.

Je m’approche, le félicite et m’approche du jeune daim qui n’est pas encore mort. Manu abrège ses souffrances d’un coup de dague au cœur, la flèche un peu haute avait touché la colonne, le séchant sur place. Il s’agit de la petite femelle, le petit mâle blessé court encore.

Il nous faut maintenant absolument le flécher avant de continuer. Manu qui vient de flécher décide de me remplacer à la traque. Je me poste donc en partie basse du bosquet à 20 mètres environ de la clôture. J’observe le manège, je vois plusieurs fois passer le jeune animal, il slalome entre les postés sans que nous puissions lui décocher une flèche.

Dès qu’il est tranquille un petit instant, il en profite pour se coucher et se relève à l’approche du rabatteur. Tout à coup, je l’aperçois, il vient droit sur moi, s’arrête à 50 mètres puis remonte vers le centre du bois. Il est à l’écoute et entendant Manu, il se débine. Il fait un tour de parc et revient sur moi, il avance doucement, méfiant, il observe, écoute, progresse pas à pas, il ne me voit pas et regarde en arrière, j’arme mon arc.

Il approche toujours, mon viseur posé derrière l’épaule, je le suis il s’arrête à 18 mètres, pratiquement plein travers, je suis prêt mais une petite branche est pile sur la trajectoire de ma flèche, il faut qu’il bouge un peu. Mais il finit par me voir et détale. Un moment plus tard, il revient par le haut cette fois et freine les 4 pattes en avant en me devinant, m’observe un moment et repart.

Je suis repéré, mon poste n’est plus valable, je me décale un peu mais il ne passe pas là non plus. Je décide de repartir traquer avec Manu qui passe un peu plus haut. Nous faisons le tour du parc sans le trouver, il a disparu ! Nous arrivons au niveau de Nicolas qui nous explique l’avoir vu longer le clôture du haut en direction de la prairie. Nous longeons donc le grillage vers un angle où le grillage est couvert par un petit roncier.

Une grosse coulée fraîche entre dans le roncier, les ronces sont retournées, des poils sont accrochés aux épines. Je m’avance doucement et le cherche du regard quand il surgit à 2 mètres dans mon dos en s’extirpant avec peine de l’épais roncier. Surpris, je n’ai rien pu faire alors que Manu a le temps de lui décocher une flèche qui passe au ras devant le poitrail.

Nous retournons au bois, je l’aperçois couché à 50 mètres. Je m’approche doucement mais il se relève et repart de plus belle, je reviens à mon poste de tout à l’heure un moment mais rien ne bouge. Il tourne un moment dans le bois, se couchant régulièrement, puis disparaît à nouveau. Je me déposte en apercevant Nicolas qui avance à pas de loup sur le haut du parc.

En sortant dans le pré, j’aperçois Christian qui s’avance doucement vers le roncier de tout à l’heure. Je lui emboîte le pas pour tenter un tir au cas où il manquerait sa cible. Je le vois aller vers l’angle au niveau de la coulée, persuadé que le daim est au même endroit que tout à l’heure. Je siffle pour attirer l’attention de Christian et lui fait signe « à ta gauche ». Ayant vu bouger les ronces, il pense le trouver plus à droite et regarde au travers des ronces sans le voir.

Je m’approche doucement et me baisse pour regarder sous les ronces. Tout à coup, le daim surgit de son gîte et part vers le poste de Sébastien alors que Christian engourdi par le froid et la pluie manque son tir difficile en pleine course. Le daim est à nouveau au bois. Je rentre en sous bois et avance doucement, je finis par l’apercevoir. Il est debout entre deux arbres dont l’un deux me masque à son regard, J’avance un peu, je suis à 30 mètres environ, c’est un peu loin, la fenêtre de tir entre les arbres est bonne.

Je vois bien son poitrail, j’arme vise le haut de l’épaule avec mon viseur réglé pour 15 mètres, mon repère suivant est derrière l’épaule au milieu du poitrail, Je décoche alors que Lucien, derrière moi, armé, s’apprêtait à décocher lui aussi.

Un bruit sourd, un petit couinement et mon daim démarre, il va parcourir une trentaine de mètres au galop avant de stopper sa course contre un arbre dans un grand fracas. Ma flèche est rentrée derrière l’épaule au milieu du coffre et est ressortie derrière les côtes côté opposé (les poumons, le foie et un rein sont touchés). Il est mort.    

Le petit parc étant vide nous décidons de tenter de chasser le reste du parc. Sébastien va se poster au passage sous le grillage en bas du parc, Christian un peu plus haut contre un petit bouquet d’arbres non loin de la clôture qui remonte pour partager le parc. Lucien et Nicolas restent au passage de la clôture qui délimite le parc des moutons le temps que je délocalise les daims avec Manu pour ne pas qu’ils voient Lucien et Nicolas se poster.

Je poste Manu au coin bas du bosquet alors que les daims sont déjà à l’angle bas de la clôture de séparation. Lucien arrive pour se poster dans le bosquet à la place de Manu. Nicolas est toujours accroupi contre le grillage 15 à 20 mètres sous le passage.

La harde longe le grillage, et repart vers le bosquet sur les traces de Lucien. Ils ressortent un moment plus tard par le bas, il me semble que le mâle saigne au niveau de la tête. La harde se lance en longeant les clôtures et passe le passage ouvert en faisant des bons de plus de 10 mètres de long.

Je pars derrière en marchant pour les pousser vers Christian et Sébastien et demande à Nicolas d’aller se poster dans le bosquet. J’aperçois le grand mâle sauter par-dessus la clôture du petit parc ! Il n’a pas voulu entrer par le portail tout à l’heure. Tout le monde à son poste, j’avance doucement quand j’aperçois tous les daims de l’autre côté du grillage. Mon sang ne fait qu’un tour, ils se sont échappés du parc.

En fait, ils sont juste passés dans une double clôture qui sert aux captures. Ils foncent vers moi, j’arme mais ils passent trop vite en faisant des bons impressionnant et presque aussi haut que les clôtures. Le mâle a bien une blessure à la tête. Ils ressortent dans l’enceinte du bosquet où ils entrent se réfugier.

Au bout d’un petit moment, ils ressortent en longeant la clôture du bas mais le mâle coiffé restant n’est plus avec la harde. J’ai un pressentiment, les postés descendent vers la clôture. Il a été fléché, La blessure à la tête a été faite par Lucien dont la flèche a été arrêtée par le pivot juste sous le bois. Il a tenté de devancer un peu pour le tirer en mouvement mais ce dernier s’est écrasé à la décoche ce qui a entraîné cette atteinte.

Au second passage, Manu l’a tiré alors qu’il malmenait une femelle contre la clôture, sa flèche a touché le daim au niveau de l’artère rénale en avant des cuissots c’est cette flèche qui lui sera fatale. Nicolas, le voyant passé blessé et ne le pensant pas touché mortellement, a lui aussi tenté sa chance mais l’a touché très en arrière dans les cuissots. Manu sert le daim et nous partons rabattre le reste de la harde vers Christian et Sébastien.

La harde tourne et retourne le long des grillages sans occasions de tir, Lucien est resté au passage, Manu est face à lui au niveau du second passage, ils ont décidé de ne plus tirer. Nicolas et plus bas que Lucien contre la clôture. Le daguet rejoint le grand mâle dans le petit parc. Les deux femelles finissent par passer à Sébastien mais trop vite et le mâle décoiffé remonte sur Nicolas qui n’a pas le temps de le flécher.

Il redescend sur Christian en pleine course et finit par sauter le grillage. Je fais mon possible pour les envoyer vers les postés mais sans succès. Les animaux montrent de sérieux signes de fatigue. Ils remontent vers moi, je suis au niveau de la mare, le mâle décoiffé est exténué, je décide d’en finir. Il est à 35 mètres, ¾ arrière, j’aligne ma visée et décoche. A ma grande surprise, ma flèche n’a pas traversé. Les 3 animaux démarrent, les 2 femelles passent le grillage d’un bon et retournent vers le bosquet.

Mon daim part en boitant, il saigne abondamment et se dirige vers Nicolas mais passe trop loin, puis passe à Christian qui le manque et enfin à Sébastien qui le touche très en arrière d’un cuissot sans rien lui faire. J’arrive en courant alors qu’il vient de se coucher, m’approche doucement et lui décoche une flèche derrière l’épaule.

Il s’effondre c’est terminé pour lui. Ma première flèche s’est arrêté dans l’épaule opposée au côté du tir et lui a brisé l’os de la patte. Cette première flèche était mortelle, la deuxième n’a fait qu’accélérer les choses. Nous arrêtons là les daims n’en peuvent plus et nous non plus, nous sommes trempés jusqu’aux os, il n’a pas arrêté de pleuvoir de la matinée.  

Sortie en parc avec l'ASCA32, 26 avril 2009

Cette matinée s’achève sur un résultat inespéré, il reste encore 4 daims dans le parc pour les prochaines sorties. Quelques photos souvenir et il ne reste plus qu’à peler avant d'aller prendre un bonne douche bien chaude.

Sortie en parc avec l'ASCA32, 26 avril 2009

Atteintes :

 

Sortie en parc avec l'ASCA32, 26 avril 2009
Sortie en parc avec l'ASCA32, 26 avril 2009

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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 13:52

Nous avions arrêté depuis un moment la date de 8 février pour réaliser notre deuxième battue à l’arc avec l’ASCA32, elle devait se dérouler sur le secteur de Riscle, mais la tempête Klaus en a décidé autrement. Suite aux gros dégâts provoqués par cette catastrophe naturelle notre secrétaire qui organisait cette chasse a préféré l’annuler et notre préfet a mis tout le monde d’accord en interdisant la chasse sur tout le département une semaine après le passage de la tempête, cherchez l’erreur !

 Je prévoyais de faire une battue en échange sur le secteur de Pavie, peu touché par les intempéries mais j’ai dû me résigner à tout annuler suite à cet arrêté préfectoral. Finalement, le préfet à lever l’interdiction de chasser sur les secteurs les moins touchés quelques jours avant le 8 février, j’ai dont relancé l’invitation et ai réussi à trouver 24 archers motivés, 4 venant de l’Aude, 2 de la Haute Garonne, 1 du Tarn et les autres du Gers.

Rendez-vous est pris pour 8 heures sur la place d’Auterrive ou j’habite et qui se situe à moins de 5 minutes du territoire de chasse. Les premiers arrivés sont les archers de l’Aude, 7h30 et bien sur le dernier est un Gascon pour ne pas faire d’entorse à notre quart d’heure local. Nous partons pour le lieu de chasse. Nous allons chasser sur un petit territoire privé de 90 hectares. La zone est vallonnée, couverte en grande partie de pâturages, de petits bosquets et de haies.

Nous avons la possibilité de flécher 3 chevreuils, le sanglier et le renard. Deux chasseurs sont venus pour nous donner main forte au fusil, mais ils décident finalement de se placer en observateurs et de ne pas sortir leurs armes.  

Une fois le déjeuner pris, les consignes données, nous élaborons le plan d’attaque : nous posterons l’ensemble du territoire pour cette première traque. Une partie des archers part se poster sur les consignes du président de la chasse et de deux autres chasseurs qui nous accueillent alors que je pars poster une ligne d’archers en crête, sur la bordure droite du territoire, le long d’une haie épaisse bordant une zone de friche partiellement boisée du côté extérieur au territoire.

Je répartis les posters en fonction des passages de gibier. De là nous pouvons voir toute la chasse, 4 archers se sont postés en face, eux aussi en crête, le long de la carrière. Un en bas à la haie, le long du petit ruisseau, sur un passage très fréquenté. 2 sur la traversée du ruisseau alors que les autres sont répartis sur les passages, le long des haies.

Je suis le dernier à me poster. De mon poste, contre un gros chêne, sur un passage au milieu des ronces, je peux voir une grande partie de la chasse. Au bout de 5 minutes j’aperçois Jean, que j’ai posté à 200 mètres, entouré par un groupe de génisses curieuses lui faisant écran et lui interdisant toute possibilité de tir, je décide donc d’intervertir nos poste. Je pars en courant à sa rencontre et l’envoie à mon poste.

La traque a déjà commencé, le président de la chasse qui nous fait aujourd’hui le traqueur avec sa beagle et sa bleu a repéré 3 chevreuils couchés derrière la ligne de la carrière, le long d’une haie. Il tente de les contourner pour les rabattre vers les postés quand 5 chevreuils et non pas 3 se lèvent et filent vers les 4 postés.

Ils arrivent tout d’abord à Christian qui caché derrière les genets se prépare. Ils sont presque à portée de tir, Christian se redresse, les chevreuils le repèrent et amorcent un virage alors que Christian décoche sa flèche. Manqué, ils accélèrent et passent à quelques mètres de Lucien qui les jugeant trop rapides retient sa flèche, ils traversent la ligne et s’enfuient par la carrière.

Ces chevreuils ont surpris les archers qui ne s’attendaient pas à une entrée en matière si rapide. Heureusement, les chiens n’ont pas suivi. La traque se poursuit, j’aperçois les chiens et les traqueurs, le petit Nicolas accompagne son père. Ils longent les bois, les haies mais les chiens ne prennent rien. Ils finissent par arriver sur ma gauche en longeant la haie contre laquelle j’ai posté ma ligne.  

Je décide de laisser mon poste et de partir traquer avec eux, Nous longeons la haie jusqu’au roncier où j’étais posté au départ. Nous passons sur le dessus du bosquet qui fait suite aux ronces pour nous diriger vers la palombière. Les chiens donnent quelques coups de gueule mais rien de sérieux.

 Nous ressortons sur la prairie au niveau de la palombière, descendons jusqu’à un autre petit bosquet très clair semé en suivant les chiens qui sont de plus en plus excités. Le bosquet se termine par une bande boisée fourrée qui abrite souvent les chevreuils.

Nous étions justement en train de nous dire que s’ils n’étaient pas là il y avait maintenant peu de chance de les relever quand la beagle suivie par la bleu prennent la voie et entre dans les ronces en donnant de la voix. Un brocard magnifique, encore en velours et un grosse chevrette sortent et traverse le pré à 40 mètres de nous.

Voyant qu’ils prennent la direction du poste de Jean, je ne bouge pas, mais ils changent brusquement de direction pour traverser le pré sur nos traces et disparaître dans le bois de Mondo. Les chiens donnent toujours de la voix mais partent à l’opposé des premiers cervidés. Ils descendent dans la combe en herbe puis remonte en face sur un penchant une friche clairsemée de petits chênes.

Ils sont derrière une autre chevrette qui faisant une boucle semble vouloir passer vers le poste de Jean. Je pars en courant pour l’empêcher de suivre les autres mais j’arrive trop tard, je vois arriver les chiens. La chevrette a traversé le bosquet, trop loin pour Jean et est maintenant également dans Mondo les chiens derrière elle.

Je décide d’essayer de les suivre en restant sur la crête, espérant voir revenir un chevreuil. Mais, petit à petit, la menée s’éloigne et je finis par ne plus rien entendre. Je descends dans le bois, arrive au chemin forestier qui ressort chez le propriétaire de la propriété de Mondo pour tenter de déloger des chevreuils de la friche en dessous de ma ligne de postés et de les rabattre vers les archers.

J’arrive donc à la maison puis entre, sous l’antenne télécom, dans les petits buissons noirs, heureusement pas trop épais. Ça pique tout de même pas mal. En arrivant au bout des buissons, j’aperçois un brocard et deux chevrettes se débinant devant moi. Je sors donc dans le champ en contre bas pour leur couper la retraite vers le Gers. Je cours le plus vite possible vers le passage qu’ils empruntent normalement. C’est bon, ils ne sont pas sortis.  

Je poursuis un peu vers le premier poste puis commence donc à longer le dessous de la friche en donnant de la voix. Tout à coup, j’aperçois des traces fraîches qui semblent faire une boucle dans le champ et entrer dans la friche, je décide de les suivre.

Je siffle, donne de la voix, tape dans mes mains et traque méthodiquement la friche pour tenter de les faire remonter vers la haie et les postés. Mais tous mes efforts ne seront pas payants, ils vont se débiner à quelques dizaines de mètres devant moi en restant toujours hors de ma vue et finiront par se caler dans le sale en me laissant passer près d’eux sans bouger.

Deux postés placés au niveau d’une trouée dans la haie ont observé la scène avec beaucoup d’amusement et m’ont demandé plus tard si je les suivais à l’odorat vu ma progression en parfaite concordance avec celle des chevreuils. Ne sachant pas où ils sont, je donne de la voix en longeant la haie pour ressortir à l’avant dernier poste de ma ligne, là où la haie rejoint le bois de Mondo.

 J’arrive au niveau d’Eric qui n’a rien vu passer. Il est midi, je décide de déposter, nous avons perdu les chiens, les traqueurs sont rentrés mettre la table. Sur le chemin du retour, nous sommes au milieu du pré, non loin des génisses. Jean m’explique où est passé la chevrette quand nous apercevons un chevreuil au grand galop faire le chemin inverse des trois de tout à l’heure, puis un second arriver du coteau opposé et venir à sa rencontre.

Lucien, nous apercevant, m’appelle pour me demander si c’est terminé mais voyant revenir les chiens sur le pied du chevreuil, je lui conseille d’attendre un peu avant de se déposter. Les chiens finissent par prendre le contre-pied de la chevrette de tout à l’heure et perdent la voix. Nous rentrons.  

Nos hôtes nous ont fait une surprise, la table est mise et ils nous ont préparé un bonne soupe au choux, nous mangeons un bout avant de repartir chasser en début d’après-midi.  

Pour cette deuxième traque nous passons de l’autre côté du Gers sur une zone de culture au milieu des habitations et entrecoupée de haie. Je poste une ligne en U en doublant le font du U. Les postes sont le long des haies, sous des arbres, sur des passages.

Mon entonnoir en place, je pars avec deux traqueurs, Nicolas et Laurent, vers une haie à 1 km de là environ, où se remise entre 6 et 8 chevreuils. Je poste Laurent pour couper la retraite des animaux vers les jardins des habitations alors qu’avec Nicolas nous partons pour pousser la haie. Nicolas qui veut faire des Photos reste côté dégagé et je traverse la haie quand, à peine ressortis, j’aperçois une chevrette à 50 mètres qui me regarde. Je l’annonce à Nicolas et lui dit de courir vers le bout de la haie.

Nous piquons un sprint, pour éviter que les chevreuils ne partent en arrière mais ma chevrette nous échappe tout de même au travers des habitations en traversant les haies de laurrines et du thuya. 5 chevreuils ont tout de même pris le chemin des postés et entrent dans l’entonnoir. 2 passent le font du U et 1 sera manqué par un posté alors que trois nous reviennent dessus avant de biaiser pour traverser les jardins, la route de Las Pachères puis La D929.

Ils buttent contre un grillages, font demi-tour évite une collision, puis reviennent vers leur point de départ alors que nous nous déployons pour les tourner de nouveau vers la ligne. Je presse le pas et arrive à me placer derrière eux pour les pousser vers la haie mais, au lieu de rentrer dans la haie, ils me font face et finissent par me foncer dessus.

Le brocard et le jeune me passe à quelques mètres à droite alors que la chevrette me passe à gauche et filent se réfugier dans les jardins. Pour éviter une collision routière, je décide d’abandonner là. Les deux autres chevreuils ont poursuivi en longeant le Gers vers Auterrive.

Nous retournons vers les postés qui cherchent la flèche alors qu’un posté m’annonce avoir vu deux chevreuils s’arrêter au milieu du champ mais un seul partir. J’interroge le tireur puis la flèche mais non c’est bien manqué.

Tout ce petit monde motivé par cette belle chasse décide de ne pas en rester là. Ils veulent rechasser le dessous de la carrière de ce matin. Je n’y crois pas trop mais bon, quelques chasseurs nous laissent alors que ceux qui restent partent se poster pour fermer le dessous de la carrière sur une ligne en forme de 2 retourné.    

Robert me porte avec 3 autres traqueurs au-dessus de la carrière. Nicolas et Laurent vont pousser dans un sens et avec Frank nous pousserons dans l’autre, les deux groupes progressent en arc de cercle vers le milieu de la ligne.

Nous traversons un petit bois de pins colonisé par les blaireaux et les lapins alors que les autres traversent un bois de chênes. Ils lèvent des animaux qui partent directement à l’opposé des postés alors que nous levons 3 chevreuils qui nous contournent pour éviter la ligne repérée ce matin. Arrivés avant eux, nous attendons l’arrivée des 2 autres traqueurs puis sonnons la fin de traque.

Nous rentrons tranquillement quand en face une chevrette descend des coteaux au grand galop. Je pense savoir où elle va passer, je redéploie quelques archers sur la droite alors qu’elle arrive au ruisseau bordé d’arbres qui nous masquent, mais elle les comprend en traversant et par sur notre gauche. Je pars en courant pour l’intercepter mais il est trop tard. Nous la regardons s’éloigner alors que la luminosité baisse petit à petit. C'est ainsi que se termine une belle journée de chasse sous un soleil radieux.

Battue du 8 février 2008 avec l'ASCA32

Alex

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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 13:38

Depuis 1 mois et ½, je préparai cette journée en essayant de penser à tout, c’était notre première journée de chasse pour l’ASCA32 et je n’avais aucune expérience dans la chasse à l’arc en battue.

Le territoire étant relativement vaste j’ai pensé inviter un maximum d’archers, j’ai donc invité les associations de l’Aveyron, du Tarn, des Hautes Pyrénées et du Tarn et Garonne mais seul le président de l’ASCAR (12) a pu faire le déplacement et je l’en remercie vivement.

Les invitations lancées sur Archasse.com et sur Sangliers.net ont tout d’abord enthousiasmé puis je me suis vite rendu compte que les personnes susceptibles de venir ne seraient pas nombreuses. J’ai donc décidé, une fois le nombre d’archers fixé (30 postés et 7 rabatteurs) de chasser le territoire en plusieurs morceaux.

Lundi 24, je suis allé avec Dominique (Gers sur le forum Archasse), notre vis président, matérialiser les postes. Nous avions prévu, dans un premier temps, de poster une ligne de 25 archers le long d’une piste forestière pour intercepter les chevreuils et sangliers que les rabatteurs allaient déloger d’un très grand maïs en poussant vers le bois. Dans un second temps, de déposter 9 archers auxquels se seraient rajouter 5 autres archers qui auraient été traqueurs dans le maïs pour fermer le bois qui a une forme triangulaire et forme donc un entonnoir naturel entre un petit ruisseau encaissé en partie basse et la piste forestière en partie haute.

Les chasseurs de la société du Touzan, curieux de connaître notre mode de chasse, devaient se poster sur une crête en observateurs et pour tirer d’éventuels sangliers qui échapperaient à la traque.

Malheureusement le vendredi 28 entre le milieu d’après-midi et le début de soirée, 10 archers se sont désistés pour diverses raisons. Le déjeuner prévu pour 45 a été un peu trop copieux pour nous et les postes prévus au départ pour 30 archers n’ont pas pu tous être occupés, laissant des failles permettant au gibier de se débiner sans être vu.

Vendredi soir, j’ai accueilli chez moi Caryx que j’ai eu plaisir à connaître, j’espère qu'il n’a pas attrapé froid car j'étais en panne de chauffage depuis 3 semaines.

Samedi matin, le rendez-vous est pris à 7h30 sur la place de Seissan pour le gros des troupes. Par commodité pour certains participants nous avons organisé un ramassage entre chez moi et le lieu de chasse.

Rendez-vous à 7h15 chez moi pour 4 participants, nous partons pour Seissan où nous retrouvons le gros des troupes et nous voilà parti, encore 4 chasseurs sur la route à Panassac puis le dernier à Arrouède et nous voilà au complet.  

Un cortège impressionnant de voitures arrive chez Jeannot le trésorier de la société de chasse du Touzan dont la cours a été transformée en parking pour l’occasion et qui nous a généreusement invité à entrer pour déjeuner. Christian a apporté une cible 3D pour que certains puissent s’entrainer un peu.

Les consignes données, nous voilà parti, Dominique va poster la première ligne en laissant quelques trous puisque pour 25 postes il n’a que 20 archers. Et je pars, accompagné des 6 traqueurs, deux chiens en laisse et des 3 membres de la société du Touzan pour rabattre le maïs.

Un peu de marche, nous voilà à 50 mètres du maïs quand un chevreuil couché dans le chôme de tournesol se lève pour filer vers le maïs. Jeannot reste au coin du champ qu’il va longer en observateur, nous nous répartissons le long du champ, un tout les 50 mètres, car nous ne sommes pas assez nombreux pour mieux faire et au coup de trompe du dernier en place nous lançons la traque.

J’avance bras écarté pour toucher les pieds de maïs en donnant de la voie, mes voisins avancent également en faisant du bruit. De nombreuses traces fraîches et plus anciennes, des souilles et des épis de maïs mangés seront aperçus mais pas le moindre animal. Nous sortons du maïs, notre observateur nous dit ne rien avoir vu. Nous attendons un moment pour laisser le temps à d’éventuels fuyards de traverser la ligne d’archers puis je laisse les traqueurs pour aller déposter 6 archers pour les poster sur la deuxième ligne. Les fusils du Touzan partent se mettre en place.

En progressant sur le chemin forestier, j’aperçois des taches fluo qui m’indiquent, en plus du petit bout de rubalise mis en place le lundi pour matérialiser les postes, la présence des archers bien camouflés dans la végétation. Je passe devant les 6 premiers en leur demandant s’ils ont vu quelques choses.

Un chevreuil aurait longé, les trois premiers postes avant le début de traque sonné par Dominique, dernier posté de la ligne. Aucun regret à avoir, il est passé trop vite. Je remonte avec mes 6 archers et parts les poster. Un membre de mon association (membre stagiaire sans arc) posté en observateur au premier poste n’a rien vu passer, le chevreuil semble être resté dans l’enceinte. Je le poste en haut d’une combe qui lui permet de voir les animaux passer et je pars poster ma ligne.

Je suis obligé de laisser des trous mais je poste ce qui me semble être les meilleurs emplacements puis retourne avec les traqueurs sans savoir que 3 chevreuils viennent de se dérober, vu par les « fusils » et sont sortis de la traque. Je remonte le plus vite possible et arrive un peu essoufflé en sommet de côte. Je répartis les traqueurs en ligne et nous voilà repartis, avançant en donnant de la voie et en faisant du bruit.

A peine rentré dans le bois, Nikko31 tombe sur le chevreuil vu par la ligne en début de chasse mais ce dernier lui passe dans le dos et ne lui laisse pas le temps de prendre une photo pour ensuite franchir la ligne que je viens de poster. Un des posté a juste vu la tête puis le chevreuil s’est éclipsé pour passer dans le dos d’un deuxième posté et nous échapper.

Nous nous attendons un moment pour être bien en ligne puis nous repartons en laçant nos cris de guerre. Deux chevreuils se débinent et arrivent à la première ligne, deux postés auront la chance de les voir, le premier se prépare arme son arc mais sa flèche se désencoche et lui tombe de l’arc alors que les deux chevrettes lui passent au pas à 2 mètres sans le voir, le deuxième posté peu expérimenté et un peu loin à son goût préfère ne pas lâcher sa flèche ce qui est tout à son honneur.

Nous arrivons au bout de l’entonnoir. Dominique n’a rien vu mais Christian posté plus haut a vu trois chevreuils sur le penchant d’en face se débinant vers un bosquet d’épines noires.

Nous décidons donc de remonter au-dessus du bosquet pour le rabattre vers les chasseurs. Après une escalade un peu raide nous voilà en place, nous nous éparpillons pour rabattre Mais les postés aux fusils nous annoncent que les chevreuils ont déjà traversé. Je rentre tout de même à 4 pattes dans les épines pour traverser le massif dans sa longueur les autres rabatteurs se dispersent. Mais nous ne lèverons rien dans ces épines, il est 11h30 nous sonnons la fin de battue alors que la pluie se met à tomber.

Nous rentrons manger, plusieurs archers nous quittent mais quelques motivés veulent rechasser cette après-midi. Jeannot nous prête une ancienne étable pour manger à l’abri. J’ai oublié mon repas de midi mais ce n'est pas grave, avec les restes du déjeuner, il y a de quoi faire et puis notre ami Nikko31 a une femme en or qui a préparé une quiche lorraine et un gâteau chocolat, je l’en remercie, c’était un régal.

Nous terminons de manger alors que la pluie s’arrête. Il ne reste que 9 archers et 3 traqueurs, je décide de traquer le bois vers lequel ont fuient les 3 chevreuils de ce matin. Christian est chef de ligne, il part poster les archers en V le long du bois et je pars, cette fois arc en main, avec Nikko31 et Caryx pour traquer le bois.

Nous traversons un pré au milieu des vaches et nous éparpillons dans le bois qui semble assez épais. Je sonne le début de battue. A peine entré dans le bois, une belle bécasse me démarre à 3 mètres devant les pieds. Nous progressons en donnant de la voie et en tentant de nous frayer un chemin au travers des épines, des ronces et de la végétation très épaisse par endroit.

Je suis un ruisseau au fond du bois et alors que j’arrive au niveau d’une combe encaissée perpendiculaire à ce petit cours d’eau, j’entends des pas dans les feuille mortes qui s’éloignent en prenant le fond de combe dans le sens opposé à la ligne de postés, certainement un chevreuil mais je n’arrive pas à le voir. Plusieurs coulée très fréquentées et des traces fraîches attestent du passage répété et fréquent des animaux.

Quelques arbres portent des traces de boue et les feuilles retournées de la nuit sur 20 centimètres de large sur une belle coulée me font penser que les sangliers étaient là cette nuit. Nous finissons par ressortir dans le grand champ de luzerne qui délimite le fond du territoire bordé par le Gers. Christian au dernier poste n’a rien vu. Le soleil est sorti et maintenant bien présent.

Je décide de faire une dernière traque sur un petit bosquet très fourré, ancienne coupe de bois où j’ai bon espoir de trouver les sangliers. Je laisse donc Christian en bas et pars déposter les autres archers pour poster le bas du massif.

Je laisse mes collègues traqueurs au départ de la future traque et parts déposter toute la ligne. Je retrouve deux archers en train de discuter sur le banc du ball-trap de la société. Ils ne sont plus trop motivés mais finissent par accepter de se reposter pour cette dernière traque. Le posté suivant me dit avoir vu passer un chevreuil au poste laissé vacant par les bavards.

Tous les postés descendent retrouver Christian qui va les poster alors que je redescends retrouver Nikko31 et Caryx. Les deux bavards ne veulent pas se poster en bas et préfèrent rester en haut du massif, à mauvais vent, prétendant que les animaux vont monter, je n’insiste pas trop et les laisse faire. Je me déploie avec les autres traqueurs et sonne le début de battue les deux autres traqueurs donnent de la voie alors que je lutte encore pour franchir une hais de genets très épaisse. A force d’insister, je finis par la traverser et me retrouver pendu au barbelé posé dernière au-dessus d’un à pic de 3 mètres et finis par chuter lourdement dans les ronces en contre bas. Elles ont amorti ma chute mais je suis sur le dos, dans la pente, la tête en bas sans pouvoir me relever.

Mon arc n’a rien, je suis rassuré. Je le pose et prends mon poignard pour couper les ronces qui me retiennent quand elles cèdent enfin mon poids m’entraîne dans un roulé-boulé qui se termine contre un petit chêne. Je me relève, à part quelques égratignures et un choc sur une main je n’ai rien.    

Je récupère mon arc et commence à traquer en luttant pour progresser au milieu des ronces et des épines. Caryx a renoncé et fait demi-tour car sa zone est impénétrable. Un chevreuil qu’il a dérangé est remonté vers les 2 bavards de tout à l’heure toujours en pleine discussion et a fait demi-tour pour revenir à couvert en les voyant. Ils avaient raison, il est bien monté mais bon, ils n’étaient pas prêts.

Nous finissons par ressortir de cet enfer avec Nikko31. Le posté sur qui je tombe n’a rien vu. Je sonne la fin de traque. Il part chercher le dernier de la ligne alors que je discute avec Nikko31. Ils arrivent tous deux en courant, un chevreuil c’est arrêté au ras du poste mais n’est pas sorti. Je leur dit de repartir se poster et pars chercher les autres mais ils sont déjà partis. Nous tentons donc de pousser avec Nikko31 en rabattant vers les deux chasseurs. Nikko31 se jette dans les ronces en forçant tant qu’il peut pour entrer, moi derrière, je coupe les ronces qui le retiennent.

A force nous arrivons à entrer et nous nous séparons pour pousser. Je monte assez haut et Nikko31 reste en bas. Nous donnons de la voie quand Nikko m’appelle, il a vu bouger dans les ronces entre nous, je crie « attention devant » et force la voie mais tous nos efforts resteront vains, rien ne sortira.

Je sonne la fin de traque et nous rentrons. Une belle journée sans résultat pour le tableau mais c’est aussi ça la chasse.

Merci encore à tous pour votre participation.

Battue du 29 novembre 2007 avec l'ASCA32

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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