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27 mars 2020 5 27 /03 /mars /2020 10:13

Aujourd'hui est mon dernier jour de chasse en Argentine, nous allons chasser jusqu'en début d'après-midi avant de rentrer sur Puerto Madryn. Gaston me laisse le choix de l'affût et comme la veille j'élis celui qui me permettra de faire des tirs à plus courtes distances. Comme la veille, nous quittons le camp au petit matin et partons pour la chasse. Gaston part garer la voiture alors que j'installe nos affaires. Une fois postés l'attente commence, aujourd'hui, il fait un beau soleil décide de ne pas trop me poser sur ma chaise pour éviter de m'endormir et rester aux aguets, Gaston en profite pour se reposer entre 2 observations. Rapidement les passereaux et les tinamous commencent à défiler autour de l'abreuvoir puis arrivent les moutons. Au bout d'un moment, un nandou arrive par la droite, il s'avance prudemment derrière les arbustes, marquant des pauses pour observer et arrive à l'abreuvoir alors que quelques moutons boivent à l'autre bout de ce dernier.

Chroniques argentine, une belle approche pour mon dernier jour

Il observe un instant avant de prendre une gorgée puis redresse la tête pour observer à nouveau, Il réitère ce manège plusieurs fois avant de quitter les lieux. Ce matin, les guanacos semblent très craintifs, par plusieurs fois, ils arrivent vers l'abreuvoir avant de faire brusquement demi-tour et s'enfuir. Le temps passe, Gaston m'indique qu'il doit sortir pour une envie pressante, Il part derrière l'affût. J'attends son retour assis quand il arrive en me faisant signe et en me chuchotant qu'il vient de repérer des guanacos tout près de l'affût. Au même moment des cris d'alerte retentissent sur la droite. Je me colle au filet et scrute les buissons quand j'aperçois les guanacos à environ 150 mètres, Ils tournent sur place en poussant leurs cris et je pense qu'ils vont s'enfuir mais au bout de plusieurs minutes une partie du groupe semble vouloir venir vers l'eau. On dirait qu'ils sont 5, certainement 2 femelles et leur jeunes et un grand mâle, ce dernier est un peu plus à l'écart et n'arrête pas de pousser des cris d'alerte. Le petit groupe est en fait composé de 3 adultes et 2 jeunes, le grand mâle est toujours en retrait et pousse régulièrement des cris d'alerte. Après de longues minutes, le petit groupe commence à arriver à l'abreuvoir. 

Chroniques argentine, une belle approche pour mon dernier jour
Chroniques argentine, une belle approche pour mon dernier jour

Les femelles et les jeunes commencent à boire mais le mâle reste en retrait caché dans la végétation. Je ne veux pas tirer un membre du petit groupe et attends l'arrivée du mâle. D'autres guanacos arrivent derrière nous par la gauche de l'affût. Brusquement les guanacos paniquent et fuient par la droite dans la végétation. Les cris d'alerte reprennent de plus belle. D'autres guanacos observent au loin dans les broussailles. Ce matin, ils arrivent de toute part mais l'agitation du groupe le plus proche met tout le monde en alerte. Le groupe semble partir pour passer derrière la colline mais bifurque pour tourner dans la broussaille devant l'affût en continuant à donner l'alerte par moment, mettant nos nerfs à rude épreuve, ils partent, reviennent, repartent puis partent dur la gauche et disparaissent dans la broussaille. Au bout d'un moment ils réapparaissent et reviennent sur leur pas en s'éparpillant dans la végétation pour surveiller plus de superficie. Petit à petit ils reviennent vers la colline mais alors qu'ils semblent vouloir la passer, ils bifurquent pour longer la crête et revenir sur la droite de l'affût. Cela fait plusieurs heures que les guanacos nous tournent autour et nous comprenons qu'ils ne vont pas se rapprocher plus. Ils sont à environ 400 mètres, nous n'allons pas tarder à quitter le poste pour rentrer. Gaston le propose de tenter l'approche, je le décide à tenter le coup. Ils sont sur un point haut et regarde vers nous. Le secteur est assez fourré, les buissons plus ou moins hauts sont séparés par de grandes drailles de sable nu par lesquelles se déplacent en le bétail et les animaux sauvages. Je suis vêtu de ma cette 3D et porte mes chaussons de plongée. Je passe sous le filet sur la droite de l'affût et commence, le grand mâle pousse des cris d'alerte mais les animaux restent sans bouger et regardent vers moi sans pouvoir me voir. Je commence mon approche en me déplaçant sois en rampant sois à 4 pattes mais en collant le sol le plus possible. Je me déplace de façon à toujours avoir de la végétation entre moi et les animaux. Je progresse assez rapidement en essayant d'éviter les grosses épines qui jonchent le sol, et je dois parfois stopper pour en retirer une de mes mains. Certaines zones pierreuses mettent mes genoux et les paumes de mes mains à rude épreuve. Parfois, je ne peux pas faire autrement que de ranger sous un buisson pour ne pas passer à découvert et je lutte un peu pour décrocher la este 3D sans la déchirer. Je progresse assez vite et faisant juste quelques pauses derrière quelques arbustes pour vérifier la position des guanacos qui n'ont pas bougé et crient toujours. J'arrive ainsi à environ 50 mètres d'eux, le grand mâle est en avant du reste du groupe. Il le faut avancer encore un peu. La végétation devient moins dense alors que le relief commence à s'élever. Le sol pierreux devient très douloureux, j'avance doucement et gagne environ 10 mètres alors que le mâle commence à faire des allers retours latéraux à 10 mètres en avant de son groupe. Je ne peux plus avancer sans être à découvert. Je cale mon viseur sur la distance estimée et me cale a genoux entre 2 buissons. Le mâle est parti d'environ 10 mètres sur la gauche et est partiellement caché par la végétation, il crie toujours et ne quitte pas ma direction des yeux. Je me prépare à armer, il fait demi-tour, j'arme doucement mon arc et le suis dans mon viseur. Il stoppe plein travers à environ 40 mètres, je cale ma visée derrière l'épaule et décoche. Je n'arrive pas à voir le vol de ma flèche mais n'entends pas l'impact sur l'animal. Le guanaco sursaute et démarre, entraînant les autres avec lui, ils passent la colline et je les perds de vue. Je me redresse et pars en direction du tir. Ma flèche est plantée à la basse d'un buisson et ne porte ni poil, ni viande, ni sang. Une des lame de mon Exodus est très endommagée, elle a heurtée une pierre. Je remets ma flèche au carquois et cherche d'éventuelles traces de sang mais je coupe et recoupe la trajectoire de fuite sans aucun résultat. C'est manqué. Je suis content que mon séjour se termine car je n'ai plus trop confiance dans mon arc. En rentrant en France, je vais reprendre mon vieil arc pour finir ma saison de chasse en attendant d'amener cet arc à la révision à mon archerie.

Je rejoins Gaston qui est en train de rassembler nos affaires. Je le rejoins puis nous finissons de rassembler les affaires avant de les amener au bord de la piste. Je tente une dernière fois de retrouver ma flèche perdue hier le temps que mon ami revienne puis nous chargeons la voiture et rentrons pour ranger les affaires laissées au camp avant de prendre la route pour Puerto Madryn. Cette expérience de chasse au guanaco m'a beaucoup plu, c'est un animal très difficile à chasser à l'arc et surtout à l'approche. Je regrette que mon arc m'ait posé des problèmes sur la fin du séjour et cette blessure sur le guanaco fléché hier. Je comprends maintenant pourquoi Gaston trouvait sur mes distances de tir en France étaient extrêmement proches, ici, le biotope et la méfiance des animaux ne permettent que rarement des tirs à très courte distance et il est vraiment nécessaire de savoir tirer entre 30 et 40 mètres pour espérer pouvoir chasser à l'approche. Un grand merci à Gaston pour m'avoir permis de partager cette belle expérience, j'espère un jour pouvoir lui permettre de venir chasser nos gibiers français. 

 

Alex

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26 mars 2020 4 26 /03 /mars /2020 07:00

Ce matin, réveillés vers 7 heures, nous préparons et partons pour l'affût. Aujourd'hui, j'ai mis mes chaussons de plongée pour pouvoir tenter une approche si l'occasion s'en présente. Il a plu cette nuit et Gaston pense que les guanacos risquent de ne pas venir aux abreuvoirs. Il fait encore quelques gouttes ce matin. Nous allons nous poster au second affût qui me semble permettre des tirs à plus courtes distances. Nous débarquons nos affaires au bord de la piste, non loin de ce dernier et Gaston part se garer un peu plus loin alors que je commence à amener les affaires à l'affût et à aménager ce dernier. 

Chroniques argentine, une mauvaise journée

A son retour, Gaston part poser une GoPro, sur batterie, en face de l'affût pour pouvoir filmer mes tirs sous 2 angles puisse rejoint dans l'affût. Je profite de ce temps pour vérifier les distances de tir avec mon télémètre. Ce poste n'est pas sur un point haut comme celui d'hier et la végétation arbustive ne permet pas une vision aussi lointaine que la veille. Rapidement le ballet des passereaux commence autour de l'abreuvoir, quelques tinamous sortent de broussailles pour venir boire dont un adulte suivi d'un jeune plus petit. Viennent ensuite les moutons par petits groupes qui arrivent de partout autour de l'affût pour boire quelques minutes avant de repartir. Les guanacos ne se pressent pas pour se montrer et nous passons de long moment assis à attendre et je m'endors régulièrement ce qui me vaut les railleries de mon hôte que je surprends également parfois en plein sommeil. Quelques jours après mon retour en France, il m'enverra un message en me demandant si j'avais vu le puma qui était venu boire durant notre affût, n'ayant pas compris tout de suite je lui avais répondu que non et il m'avait répondu qu'il savait pourquoi en m'envoyant cette photo, ce qui m'a beaucoup fait rire.

Chroniques argentine, une mauvaise journée

Le vent souffle encore ce matin mais il est moins froid qu'hier. Au bout d'un moment, Gaston m'indique l'arrivée de nandous. Je me redresse et regarde dans la direction indiquée. J'aperçois plusieurs nandous se rapprochant prudemment en poussant de petits piaillements, sur la droite de l'affût, en marquant des arrêts observatoires. C'est un groupe de jeune accompagné d'un adulte. Très certainement un mâle car, comme chez les autruches, c'est le mâle qui couve les œufs et élève les petits de plusieurs femelles. Petit à petit les oiseaux se rapprochent et arrivent à l'abreuvoir, ils commencent à boire.

Chroniques argentine, une mauvaise journée

L'adulte est inquiet et reste aux aguets. Les jeunes boivent tranquillement quand l'adulte devient inquiet et démarre, entraînant les jeunes dans les broussailles sur la droite. Après quelques minutes, les oiseaux reviennent se désaltérer et restent un instant autour de l'abreuvoir avant de s'éclipser. Le temps passe, rythmé par les allées et venues des moutons, quelques petites averses courtes et très espacées tombent par moment.  Gaston, qui vient de se lever, repère un guanaco dont seule la tête dépasse à environ 200 mètres dans les broussailles sur la droite de l'affût. Il reste un moment immobile à observer puis disparaît dans la végétation. Nous apercevons alors 2 autres guanacos un peu plus sur la gauche. Le premier guanaco réapparaît et se fige à nouveau en observation alors que quelques moutons viennent boire. Les minutes passent, les guanacos tourne sur un petit secteur et observent méfiants le secteur. Le meneur a une trace dans le pelage au niveau de la gorge comme si quelque chose lui avait rasé le poil sur quelques centimètres de large et 10 à 15 cm de long. Après près de 20 minutes à hésiter, le meneur s'avance doucement en s'arrêtant souvent puis stoppe à environ 10 mètres de l'abreuvoir. Il reste statique un court instant

Chroniques argentine, une mauvaise journée

Puis repart vers les 2 autres restés en retrait.

Chroniques argentine, une mauvaise journée

Il stoppe un peu plus loin et observe les alentours et surtout la direction de l'abreuvoir.

Chroniques argentine, une mauvaise journée

Il recommence à venir vers l'abreuvoir, pendant ce temps, 2 moutons arrivent et commencent à boire sur la droite de l'abreuvoir. Le guanaco stoppe derrière les fourrés et attend le départ des ovins.

Chroniques argentine, une mauvaise journée

Dès leur départ, il s'avance à 10 ou 15 mètres de l'abreuvoir, hésite, penche la tête en direction de l'eau puis la redresse

Chroniques argentine, une mauvaise journée

avant de faire à nouveau demi-tour pour rejoindre les 2 autres.

Chroniques argentine, une mauvaise journée

Après un petit moment à tourner dans les buissons, les guanacos s'avancent et les 2 premiers arrivent à l'abreuvoir où ils commencent à boire.

Chroniques argentine, une mauvaise journée

Le troisième, plus méfiant, est resté en retrait et observe les alentours.

Chroniques argentine, une mauvaise journée

Je vérifie la distance avec mon télémètre, le premier guanaco est à 25 mètres. Je cale mon viseur sur cette distance. Tranquillisé, le 3ième guanaco rejoint ses confrères, encore un peu inquiets, ils relèvent quelques fois la te tête et regardent, à l'opposé de l'affût, vers la GoPro puis tous se mettent à boire tranquillement. J'arme doucement mon arc et cale ma visée. Le premier guanaco est presque de plein travers, je vise le défaut d'épaule et prends mon temps pour décocher.

Chroniques argentine, une mauvaise journée

Ma flèche part mais elle arrive trop basse et passe juste sous le poitrail.

Chroniques argentine, une mauvaise journée

Les guanacos en panique se redressent. Celui que j'ai tiré, lève une patte et semble hésiter à la reposer au sol. Le guanaco le plus à droite part derrière les arbustes par le chemin qu'il a emprunté pour venir,

Chroniques argentine, une mauvaise journée

le guanaco fléché démarre droit sur nous en peinant à poser sa patte, c'est alors que je vois jaillir le sang de l'intérieur de sa patte avant gauche.  Le troisième s'emmêle les pattes dans l'abreuvoir puis s'élance aux trousses du guanaco blessé

Chroniques argentine, une mauvaise journée

Ils bifurquent sur notre droite à environ 10 mètres de l'affût pour disparaître dans les broussailles. Je surveille leur fuite au travers du filet de l'affût pour estimer la graviter de la blessure. Les guanacos se regroupent à environ 200 mètres de l'affût et stoppent un instant en poussant des cris d'alerte puis repartent tranquillement en marquant plusieurs arrêt pour regarder derrière eux en s'éloignant. je les perds de vue derrière la colline à plus de 300 mètres. Le guanaco blessé boite un peu mais sa blessure ne semble pas mortelle. Je suis dégouté, je ne comprends pas comment j'ai pu faire une telle flèche alors que le tir semblait facile, je tourne et retourne les images du tir dans ma tête sans arriver à comprendre.

L'attente reprend, rien ne sert de suivre mon guanaco pour le moment. Seuls les moutons viennent boire pendant un moment et nous décidons de faire une petite pause repas en regardant la vidéo de mon tir sur l'appareil photo de Gaston. Les images confirment ma vision de la scène, j'ai juste erraflé l'intérieur de la patte avant gauche.  Quelques fruits et un bout de viande froide grillée la veille.

Chroniques argentine, une mauvaise journée
Chroniques argentine, une mauvaise journée

Le secteur devient très calme et nous commençons à somnoler assis sur nos chaises. Des piaulements familiers finissent par ne sortir de ma torpeur. Le groupe de nandou arrive par la droite comme ce matin. Ils viennent boire à l'abreuvoir mais semblent très inquiets et repartent assez vite. Les guanacos ne venant pas, nous quittons l'affût en milieu d'après-midi et j'en profite pour aller contrôler mon tir. Ma flèche est introuvable. je tente de trouver du sang mais n'en voit pas, je coupe et recoupe la trajectoire de fuite sans succès. Alors que je reviens à l'abreuvoir, Gaston me demande si j'ai trouvé le sang et je lui dis que non, il me montre alors des traces de sang près de l'abreuvoir. Sèches et presque absorbée par le sable, elles m'avaient échappée. Je reprends ma recherche plus attentivement et cette fois, j'arrive à trouver le sang. Je ne suis pas habitué à ce type de piste en France, c'est la seconde fois que je suis une piste de sang sur un sol sablonneux qui boit le sang presque immédiatement et change sa couleur du rouge au brun. J'avais déjà eu beaucoup de mal à trouver et suivre la piste de mon dernier renard fait quelques jours plus tôt sur l'autre territoire. La piste est continue et assez abondante malgré la blessure qui semblait superficielle, je la suis tranquillement. Pendant ce temps, Gaston, qui a rassemblé nos affaires près de la piste, a pris les devants pour aller voir derrière la colline. Arrivé au sommet de cette dernière, le point de vue élevé lui permet de voir loin mais aucun guanaco à l'horizon. Il descend pour tenter de recouper la piste des guanacos et retrouve du sang à plusieurs centaines de mètres après la colline. Alors que je suis toujours le sang, la piste devient très abondante en se rapprochant de l'endroit où les guanacos se sont arrêtés et je commence à croire que j'ai mal jugé mon atteinte. Gaston, sur le retour, me fait part de sa trouvaille qui met fin à mes espoirs.

Nous retournons vers l'affût, je tente une dernière fois de retrouver ma flèche avant de quitter les lieux, pendant ce temps Gaston est parti chercher la voiture. Impossible de la trouver, je retourne vers la piste alors que Gaston arrive. Nous chargeons les affaires puis retournons au camp. Gaston me propose de cibler mon arc, nous installons sa cible et je commence à tirer. Ma première flèche tirée dans les mêmes conditions que sur le guanaco est 30 centimètres trop basse. En contrôlant mon arc nous nous apercevons que mon viseur bouge. Les vis se sont desserrées, je refixe mon viseur correctement mais ma deuxième flèche est toujours trop basse. Je n'y comprends rien, je dois reprendre tous les réglages. Un vent fort se lève et ne facilite pas la régularité de mes tirs. Je passe un moment à régler mon arc qui semble maintenant tirer correctement. Ce dérèglement explique peut-être le tinamou manqué hier à cause d'une flèche trop basse. En regardant mon arc de plus près, je constate que le corps d'arc, qui s'était arqué lors de la rupture de mes branches cet été, semble s'être bien redressé, ce qui explique peut-être que mon arc soit déréglé, la synchronisation des poulies a dû bouger également. La régularité de mes tirs semblant bonne j'espère que mon arc sera opérationnel pour demain, ce sera mon dernier jour de chasse avant de rentrer en France.

Une grosse averse s'abat sur le camp, nous nous mettons à l'abri dans un hangar et Gaston plaisante en me disant que j'attire la pluie, il n'avait pas vu une goutte d'eau depuis un moment et c'est notre deuxième jour de pluie depuis le début de mon séjour en Argentine. L'après-midi est bien avancée, la pluie a cessée, avant qu'il ne fasse nuit, je décide d'aller faire un tour à l'approche. Je pars sur la piste qui conduit sur la zone où j'ai tenté mon approche hier. Le vent n'est pas bon et souffle dans mon dos, je décide d'avancer un moment à mauvais vent pour revenir en chassant à bon vent sur le retour vers le camp. Je passe la barrière puis remonte doucement vers la crête de la colline puis commence à la suivre doucement en slalomant entre les buissons quand les cris d'alerte d'un guanaco retentissent sur ma gauche. Je me fige et observe les alentours, les cris semblaient assez proche mais impossible de repérer l'animal. Je reste un moment immobile, espérant voir bouger quelque chose mais le temps passe et les cris ont cessé depuis un moment sans que le guanaco ne se montre. Je me remet en mouvement en direction de l'abreuvoir en contrebas. Je stoppe au départ de la pente pour observer la grande vallée avant de descendre. Un animal en mouvement attire mon attention sur le penchant de la colline d'en face. Un nandou fuit à toute patte à environ 400 mètres à mi-pente et je finis par le perdre de vue après environ 300 mètres de course effrénée. Pas de guanaco en vue, je descends dans la vallée et cherche des traces fraîches pour tenter de les suivre. La pluie a effacé les traces de la veille, aucune trace fraîche en vue. Je biaise vers la piste au travers d'une zone quasi désertique parsemée de petits buissons  bas et épars. Je trouve quelques belles traces de nandou du jour sur lesquelles il a plu.

Chroniques argentine, une mauvaise journée

Je les suis un peu et commence à trouver des traces de guanacos mais elles ne sont pas fraîches.

Chroniques argentine, une mauvaise journée

Je les suis, traverse la piste et tombe sur les traces fraîches d'un grand guanaco solitaire, très certainement un mâle. 

Chroniques argentine, une mauvaise journée

La végétation basse est beaucoup plus dense de ce côté de la piste mais me permet de voir loin et j'observe un moment immobile le secteur en espérant voir un guanaco. Des petits groupes de moutons sont dispersés sur la zone. Aucun guanaco en vue, j'avance doucement en suivant les passages d'animaux en revenant vers le camp avec le vent soutenu de face, alors que la luminosité baisse doucement.

Chroniques argentine, une mauvaise journée

Les traces de guanaco se font de plus en plus rares. Les moutons qui ne dépasse pas de la végétation se laissent parfois surprendre mais fuit dès qu'ils me voient. Je tombe sur les traces d'un gros nandou qui sont aussi grande que ma main.

Chroniques argentine, une mauvaise journée

La végétation s'éclaircit de plus en plus en me rapprochant du camp que j'ai repéré de loin grâce à l'immense antenne qui surmonte les bâtiments. Le sol sablonneux fait place à un sol pierreux et les semelles fines de les chaussons ne protègent que peu la plante de mes pieds, la progression devient douloureuse. Je me fais surprendre par un tinamou qui court se réfugier dans la végétation. Je change de flèche en espérant en voir un autre mais je n'ai pas plus de chance avec le suivant qui me surprend également et me fausse rapidement compagnie. Alors que j'approche du camp, la nuit va tomber et j'aperçois Gaston et l'employé du camp qui sont montés sur la butte sur laquelle a été bâti un réservoir avec son moulin. Je pense immédiatement qu’ils tentent de m'apercevoir et je presse le pas pour rejoindre la piste du camp, Gaston et l'employé semble rentrer vers les bâtiments et je pense qu'ils m'ont vu mais presque aussitôt, je vous passer le pick up de Gaston qui, malgré les signes des bras, s'élance sur la piste par laquelle je suis partie. Je presse le pas sur la piste, pose mon arc dans notre chambre, médicinale à l'employé puis pars au passe course sur la piste pour tenter de retrouver mon ami. Je m'aperçois vite qui arrive par une piste parallèle, je cris et cours à sa rencontre. M'ayant entendu, Gaston s'arrête et m'attend, je le rejoins au pas de course et nous rentrons pour partager une épaule de mouton grillée au feu de bois avant de partir nous coucher.

 

Alex

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24 mars 2020 2 24 /03 /mars /2020 06:53

Après une superbe soirée passée en compagnie de la famille de Gaston et régalé par un agneau entier grillé au feu de bois par son grand père. 

Chroniques argentines, les guanacos

La nuit a été courte, le jour commence à peine à poindre, nous nous préparons et prenons la piste pour un camp où chasse régulièrement Gaston dans la province de Chubut, prés de Telsen. C'est la seule province argentine où on peut légalement chasser le Guanaco. Nous emportons une glacière avec de belles pièces de viande congelées que Gaston a achetées avant mon arrivée et un stock de fruits et légumes frais acheté hier soir à notre arrivée. Nous quittons Puerto Madryn et prenons une piste de pierre blanche.

Chroniques argentines, les guanacos

Le pick up de Gaston soulève un épais nuage de poussière dans notre sillage sur plusieurs centaines de mètres. La végétation sur les bas-côtés est blanchie par cette poussière. Au bout d'un moment nous croisons un mara mort sur la piste, certainement percuté par un véhicule. Nous croisons peu de véhicules mais, à chaque fois, nous nous retrouvons dans un épais nuage de poussière qui rend la vision à plus de quelques mètres impossible et qui contraint Gaston à fortement ralentir le temps de récupérer une vision normale. Nous apercevons quelques guanacos au bord de la route. Je questionne un peu Gaston sur leur chasse, nous en avons déjà parlé sur Messenger et il m'a montré quelques vidéos mais je tente de me préparer d'avantage à ce qui m'attend. Gaston m'a expliqué que la chasse du Guanaco à l'approche est très difficile, nous allons principalement chasser à l'affût près des abreuvoirs du bétail mais Gaston me dit que si je veux, je pourrais m'essayer à l'approche. Au bout d'un moment nous passons près d'un lac sur la droite de la piste. Plusieurs canards sillonnent sa surface et quelques flamants roses du Chili (Phoenicopterus chilensis) glanent leur nourriture sur le fond du plan d'eau. Ici aussi les propriétés sont immenses. Le terrain, beaucoup plus secs que sur le secteur où j'ai chassé le buffle, est plus propice à l'élevage des moutons. Nous prenons une piste vers le camp de chasse et passons plusieurs barrières où ont été accrochées les queues des pumas abattus par les éleveurs du coin. Nous passons un camp abandonné avant d'arriver plus loin à destination. Nous sommes accueillis par un employé qui s'occupe du fonctionnement du camp. Nous déchargeons nos affaires et installons 2 petits lits de camp dans une chambre puis nous nous préparons pour partir chasser. Les bâtiments anciens ressemblent aux vieilles fermes de nos campagnes reculées, la décoration intérieure est d'un autre âge.

Nous prenons une piste pour rejoindre un des postes que Gaston a aménagé près des abreuvoirs du secteur destinés aux moutons. Ici aussi, l'eau est puisée en souterrain par des moulins à vent alimentant des réservoirs qui alimentent par gravité les abreuvoirs. Gaston stoppe son pick-up près d'un réservoir.

Chroniques argentines, les guanacos

Nous déchargeons nos affaires et il part se garer un peu plus loin alors que je porte les affaires jusqu'à un affût d'environ 6 à 8 m² composé de filets verts recouvrant une armature en bois. L'arrière de l’affût et le bas des 3 autres côtés sont couverts d'une toile vert foncé ne permettant pas aux animaux de nous voir au travers des filets. Une ouverture sur l'avant de l’affût permet de tirer vers les 3 abreuvoirs du secteur. Le plus proche est à 30 mètres de l'affût, le plus éloigné à 50 mètres. Je rentre dans le poste avec nos affaires, en soulevant le filet sur le côté de l'affût. En attendant le retour de Gaston, j'installe les fauteuils et nos affaires. Gaston me rejoint puis part vers les abreuvoir pour relever les cartes SD de ses caméras de surveillance et poser ses Gopro branchées sur batterie près de l'abreuvoir le plus proche. Ce dispositif lui permet de filmer les tir sous plusieurs angles. Il revient ensuite vers l'affût et nous nous installons vers 8h30 pour quelques heures d'attente. Nous regardons les cartes SD sur son appareil photo en attendant les guanacos, le nombre de photos est incroyable, les moutons, guanaco et nandous se sont succédés à l'abreuvoir ces dernier jours. Ils viennent à toutes les heures de la journée mais le pic de fréquentation pour les guanacos se situe entre 11 heures et 15 heures. D'un coup de jumelles, Gaston repère au loin, à plusieurs centaines de mètres, 3 guanacos qui semblent venir vers nous en broutant. Il descendent le flanc d'une petite colline peu végétalisée. Nous les observons un peu et Gaston m'explique que les guanacos peuvent tourner des heures autour des abreuvoirs avant de s'approcher. Nous nous rasseyons mais très vite un renard arrive à l'abreuvoir de 45 mètres, le plus à notre gauche. Je le signale à Gaston qui se lève, attrape son appareil photos et se prépare à filmer. Je me prépare, Gaston commence à appeler et immédiatement le renard démarre et vient  droit sur nous d'un pas décidé. Il n'est plus qu'à 15 mètres, j'arme mon arc, il continue de face vers nous et stoppe à environ 10 mètres de l'affût, de face, derrière une bande de filet vert comme celui qui couvre l'affût mais qui semble servir de cloture. Le filet, déchiré juste à droite du renard, est tombé au sol et lui ouvre un passage vers nous. Je pense le voir prendre ce passage et me tiens prêt mais il regarde un instant vers nous puis se débine sur la gauche derrière le filet.

Un des guanacos, que nous observons de temps en temps au loin, se rapproche d'un pas décidé et nous le perdons de vu dans un creux du terrain derrière la broussaille. Les autres avancent plus lentement en broutant et finiront par disparaître également un peu plus tard. Malgré le beau soleil qui inonde le paysage, un vent froid soutenu vient de la droite de l'affût et j'enfile ma veste 3D pour couper un peu cet air frigorifiant. Un autre renard arrive à l'abreuvoir, je tente de l'appeler mais il se débine. Gaston me dit qu'il vaut mieux ne pas trop appeler pour éviter d'effrayer les guanacos qui pourraient se trouver tout près dans les fourrés. Je me contente donc d'admirer les renards qui défilent à l'abreuvoir. Au bout d'un moment 3 renardeaux arrivent pour boire.

Chroniques argentines, les guanacos

Le temps que je demande à Gaston de faire quelques clichés, ils repartent vers la broussaille.

Chroniques argentines, les guanacos

Un autre renard adulte arrive rapidement à l'abreuvoir, la quantité de renards est ici aussi impressionnante. Ils arrivent tous par la gauche et repartent généralement par la droite.

Chroniques argentines, les guanacos
Chroniques argentines, les guanacos

Sur l'abreuvoir de 30 mètres, le plus à droite c'est un défilé de moutons, de tinamous élégants et de petits passereaux tous de couleur assez terne.

Chroniques argentines, les guanacos
Chroniques argentines, les guanacos

Brusquement la tête d'un guanaco apparaît comme par magie, dans les broussailles derrière l'abreuvoir de 45 mètres. Il observe un moment les abreuvoirs sans bouger alors que quelques moutons viennent y boire. Il tourne un peu sur quelques mètres sans vouloir sortir à découvert en s'arrêtant souvent pour observer puis repart sur la gauche et s'éloigne d'environ 50 mètres puis se fige à nouveau pour observer. Il s'avance ensuite vers la clôture puis se fige un moment près de cette dernière parallèle à l'affût et qui passe un peu avant l'abreuvoir de 45 mètres, comme pour prendre le vent. Il reste un moment immobile puis passe la clôture d'un bon et commence à s'avancer à environ 100 mètres sur la gauche de l'affût dans la broussaille. Il semble contrôler l'affût en tentant de nous prendre au vent. Il tourne un instant sur ce secteur en s'arrêtant souvent pour observer puis se rapproche doucement en direction de l'abreuvoir de 30 mètres alors que des moutons s'abreuvent. Alors qu'il est à environ 60 mètres de l'affût, il stoppe, observe un moment fait demi-tour et repart vers les buissons.

Chroniques argentines, les guanacos

Il tourne lentement un instant en s'arrêtant souvent pour observer puis retourne vers la clôture et repasse par dessus pour retourner dans la broussaille. Il joue avec mes nerfs. Il reste un moment sans bouger puis commence à venir vers l'abreuvoir. Il stoppe à environ 40 mètres de ce dernier et l'observe alors qu'un autre renard arrive pour boire par la droite. Le petit canidé se couche près d'une flaque qui borde l'abreuvoir et lape l'eau un instant.

Chroniques argentines, les guanacos

Il s'assoie ensuite un moment pour observer le secteur

Chroniques argentines, les guanacos
Chroniques argentines, les guanacos

avant de repartir vers la végétation. Le guanaco en profite pour s'avancer un peu plus et stoppe à environ 30 mètres, tend la tête vers l'abreuvoir, observe un instant. S'avance encore un peu, stoppe et recommence son manège. Gaston me dit d'attendre qu'il boive tranquillement avant de tirer. Il m'explique qu'il va prendre une première gorgée puis se redresser rapidement, il peut renouveler ce manège plusieurs fois et je dois attendre qu'il boive sereinement. Il finit par s'avancer et, comme l'avait annoncé Gaston, prendre une première gorgée rapide avant de redresser la tête pour observer les alentours. Un coup de télémètre,

Chroniques argentines, les guanacos

il est à 45 mètres, le vent est soutenu, Gaston me conseille de tirer un peu plus en avant pour compenser la déviation de ma flèche par le vent. Je ne suis pas serein même si je me suis entraîné à cette distance. Je cale mon viseur sur 45 mètres. 

Chroniques argentines, les guanacos

Il se remet à boire un petit instant puis redresse la tête

Chroniques argentines, les guanacos

puis se remet à boire tranquillement.

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puis se remet à boire tranquillement. J'arme mon arc, vise devant l'épaule et décoche mais ma flèche part beaucoup trop en arrière et le guanaco amorce un saut de corde.

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Ma flèche le frappe très en arrière et touche la colonne vertébrale. 

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Le guanaco paralysé du train arrière bascule sur le côté opposé au tir 

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et chute lourdement au sol sur le flanc en se retournant sur le dos. 

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Il se débat et se remet assis sans arriver à se relever. Le sang coule abondamment, ma flèche est restée en travers. Le guanaco tourne en rond en essayant de se relever mais renonce vite. 

Chroniques argentines, les guanacos

Je quitte l'affût pour aller achever mon guanaco. Je m'approche à quelques mètres et lui décoche une flèche de face au niveau du cœur, 

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elle rentre des 2/3 de sa longueur dans l'animal.

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Le sang coule abondamment et le guanaco se couche sur le flanc. Gaston décide de le daguer et il s'immobilise rapidement. Je dégage mes flèches, la première est cassées au niveau de l'insert, la seconde est intacte. Je ne suis pas fier de ma flèche mais je viens de prélever mon premier guanaco, c'est un jeune.

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Nous ramenons le guanaco sur la droite de l'affût dans les buissons et retournons chercher ma pointe de chasse introuvable et recouvrir la grosse flaque de sang avec du sable. Je m'attarde un peu à chercher ma pointe alors que Gaston retourne à l'affût quand il m'interpelle, un grand groupe de guanacos, qui arrivait par la droite de l'affût, nous a repéré et donne l'alerte en poussant des cris. Je remonte vite vers l'affût mais trop tard. Les guanacos s'enfuit dans les broussailles des petites collines.

Nous nous repostons, au bout d'un moment un nouveau renard arrive pour boire puis se débine sur notre gauche en direction du guanaco mais disparaît dans la broussaille. Il ne semble pas s'être attaqué à mon guanaco. Le temps passe, nous observons régulièrement le secteur quand nous apercevons un nouveau guanaco qui arrive par la gauche. Il tourne et retourne dans les broussaille et tente de nous prendre au vent mais brusquement, sous le vent de son collègue mort il donne l'alerte et s'enfuit. Le temps passe et le secteur reste calme à part quelques moutons et tinamous. Gaston me propose de partir doucement à l'approche vers un autre poste devant lequel nous sommes passés pour venir ici. Nous laissons nos affaires à l'affût, je prends juste mon arc et nous voilà partis sur le piste sablonneuse et pierreuse. Gaston est devant, il ne chasse pas en tenue de camouflage comme moi, il est juste vêtu d'un T-shirt kaki à manche courte, d'un pantalon kaki et ne porte ni cagoule ni gant, il m'a expliqué qu'en argentine, tout le monde chasse comme ça, personne n'utilise des vêtement de camouflage perfectionnés. Il m'a même demandé si je chassais habillé, comme je le suis ici, en France. Mes chaussures de marche font un bruit infernal sur ce sol craquant malgré mes précautions. J'ai laissé mes chaussons de plongé au camp. Gaston marche en espadrilles dont la semelle en corde est beaucoup plus silencieuse et le bruit que je fait l'exaspère. Il me fait comprendre, ce que je savais déjà, que nos chance à l'approche sont très limités dans ces conditions. Tout à coup, un tatou traverse la piste rapidement, nous nous lançons à sa poursuite. Il se réfugie régulièrement sous des buissons épineux et repart dès qu'il sent que nous allons le coincer. Après quelques minutes de course-poursuite, il se cale sous un buisson à longues épines acérées. Gaston garde un côté de l'arbuste, je fais doucement le tour et me positionne à 4 patte de l'autre côté. Le tatou me tourne le dos, j'avance doucement mon bras sous les épine et le saisis par la queue. Je tire pour l'extraire du buisson mais il résiste de toute ses forces et je peine à le déloger. Je dois user de toute ma force pour le déloger péniblement. Une fois dégagé, je l'examine de plus près, je lui retire de grosses tiques plantées sous son ventre et les éclate au sol. Cette est espèce, appelé ici peludo à cause de sa forte pilosité ne peut par se rouler en boule comme le tatou à 9 bandes ou le tatou de Kappler qui se rencontrent en Guyane. Il est aussi beaucoup plus petit que ses cousins, ce spécimen est un adulte de belle taille.

Le grand tatou velu (Peludo) (Chaetophractus villosus)

Le grand tatou velu (Peludo) (Chaetophractus villosus)

Il porte une cuirasse sur le dos et une plaque distincte sur la tête.

Chroniques argentines, les guanacos

Après quelques photos, je le repose au sol. Le dos légèrement bombé comme s'il voulais se mettre en boule, il reste un instant immobile mais alors que j'attrape mon appareil photo pour tenter de l'immortaliser dans cette position, il démarre brusquement et fuit à toute allure dans la broussaille en soulevant un nuage de sable derrière lui.

Nous reprenons la piste et avançons doucement quand un grand mâle guanaco solitaire surgit des broussailles sur la droite de la piste, la traverse au galop et disparaît dans la végétation sur la gauche du chemin à environ 40 mètres devant nous. Nous tentons de nous approcher doucement mais il a disparu. Gaston me répète qu'avec ces chaussures je ne pourrai pas faire d'approche, je lui dit que demain je prendrais mes chaussons de plongée. Nous continuons un peu et passons devant un autre affût de Gaston, il m'explique qu'il préfère l'autre qui est plus en hauteur et permet de voir de plus loin. Personnellement je préfère celui-là, il est planté à 25 mètres d'un abreuvoir unique, la distance de tir semble plus raisonnable. Gaston me propose de venir nous y poster demain. Nous suivons le chemin sans voir d'autres animaux. Le soleil est de plus en plus chaud. Gaston décide de revenir vers l’affût, nous faisons demi-tour et retournons nous poster. En arrivant, nous nous faisons à nouveau repérer par le grand groupe de guanacos qui revenait vers l'affût comme ce matin. Cette fois encore ils s'enfuient. Nous nous installons dans l'affût et observons régulièrement les alentours. Au bout d'un moment 3 puis 4 guanacos arrivent vers l'abreuvoir de 50 mètres en face de l'affût. Ce sont très certainement les premiers guanacos que nous avons vu ce matin, ils auront mis des heures à se rapprocher. Il tournent prudemment dans les broussailles à plus de 100 mètres de l'affût.  Gaston me propose de quitter discrètement l'affût pour tenter une approche mais l'affût est sur un point haut dégagé, je ne pense pas pouvoir arriver jusqu'aux arbustes sans être vu et, avec mes chaussures de marche, je fais trop de bruit en me déplaçant. Je décide de rester dans l'affût et d'observer pour apprendre d'avantage sur ces animaux dont la morphologie cumulée au biotope rendent son approche très difficile. Il voit de très loin et reste de longues minutes immobile à observer en ne laissant dépasser que sa tête ou une partie de sa tête, perchée au bout de son long cou, au dessus des buissons. Il est alors très difficile à voir mais vous repère de loin et donne l'alerte en poussant des cris saccadés, audibles de loin, qui signifient le danger à tous ses congénères du secteur. Son approche n'est possible que dans des zones de végétation suffisamment haute pour se cacher mais arriver à s'approcher d'un guanaco, à distance de tir, sans se faire repérer par ce dernier où par un congénère plus éloigné est très difficile.

Peu à peu, les guanacos se rapprochent. Nous identifions 2 femelles et 2 jeunes encore en âge de têter, rien de tirable. Un des jeunes reste collé à sa mère alors que l'autre reste à distance de l'autre femelle. Le jeune isolé passe une clôture dans l'alignement de l'affût et semble se diriger vers l'abreuvoir de 45 mètres, les 3 autres semblent venir vers celui de 50 mètres. Ils hésitent, tournent pendant de longues minutes puis finissent par se rapprocher de plus en plus.La femelle isolée est en tête et s'avance seule vers l'abreuvoir.

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Plus en retrait dans la végétation, l'autre femelle et son jeune observent. Le jeune prends même le temps d'une petite tétée.

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Des moutons viennent boire à l'abreuvoir de 30 mètres ce qui tranquillise un peu les guanacos et la femelle seule arrive à l'abreuvoir et commence à observer le secteur un moment.

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Tranquillisée, elle commence à boire de face à un peu plus de 50 mètres.

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La seconde femelle moins inquiète commence à se rapproche avec son jeune.

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L'autre jeune arrive à l'abreuvoir de 45 mètres et commence à boire mais brusquement il panique et s'enfuit dans la broussaille provoquant un mouvement de panique. Les autres guanacos fuit aussi vers le couvert et stoppe au loin pour observer et donner l'alerte avant de se débiner en se retournant régulièrement. Le jeune a dû sentir le sang. nous comprenons que notre affût est compromis. Nous décidons de le quitter mais avant nous partons nettoyer le sang qui a bien séché et s'est aggloméré au sable. Grace à un bout de tuyau d'arrosage nous siphonnons l'abreuvoir pour laver le sang et j'en profite pour aspirer le dépôt verdâtre et noirâtre gluant qui encombre le fond du bac. Le sang lessivé et recouvert d'un dépôt vert, nous retournons à l'affût pour prendre nos affaires quand  nous nous faisons à nouveau repérer par le grand groupe de guanacos qui revenait vers l'affût comme ce matin. Cette fois encore ils s'enfuient. Il va être 15 heures, nous décidons de quitter l'affût pour ramener le guanaco au camp et préparer la viande. Nous rassemblons nos affaires puis Gaston part chercher son pick-up. Nous chargeons nos affaires et mon guanaco puis rentrons. Arrivés, nous déchargeons les affaires et notre prise puis de coupons la carcasse avant de prendre les cartiers de viande à l'ombre, dans les tamaris. Nous l'avons la voiture de Gaston. Ce dernier me propose d'aller faire un petit tour d'approche près d'un autre abreuvoir. Nous prenons une nouvelle piste en voiture et passons un barrière puis Gaston se gare et nous partons à pied sur la piste sablonneuse qui remonte tranquillement jusqu'à la crête d'une petite colline rocailleuse, j'ai oublié de changer de chaussures. Brusquement, à environ 200 mètres, un guanaco surgit de la végétation sur la gauche du chemin juste sous la crête et stoppe au milieu de la piste. Nous nous figeons et nous nous baissons. Le guanaco repart tranquillement pour rentrer dans les arbustes épars sur la droite de la piste alors qu'un second guanaco surgit de la végétation et le suit. Ils avancent de quelques mètres, surveillent le secteur pendant un long moment, avance encore un peu, surveillent encore un long moment et se rapprochent ainsi de la crête alors que nous les surveillons sans bouger. Quand ils passent enfin derrière la crête, nous tentons une approche. Nous longeons la piste jusqu'à la crête puis avançons tranquillement au travers des arbustes plus ou moins denses. Nous arrivons doucement au bord de la colline qui redescend vers une large vallée au fond de laquelle se trouve l'abreuvoir. Sur la gauche, une vallée plus étroite sépare cette colline de la suivante. J'avance doucement profitant du relief qui me cache encore, en espérant apercevoir les guanacos en contrebas mais il n'y a que des moutons. Des cris d'alerte de guanacos retentissent sur le flanc opposé des collines, à environ 300 mètres. Je me fige et observe mais impossible de voir les animaux. Les cris cessent et je descends dans la vallée où les moutons s'enfuient en m'apercevant. Je tombe sur une piste de guanacos qui semble fraîche. Les grosses empreintes dans le sable partent sur la gauche. Je tente de les suivre doucement sur ce sol pierreux. Je jette un coup d’œil à droite dans la vallée étroite sans rien voir. Je rejoins le bout de ma colline suivante et la longe tout doucement. Alors que je commence à voir derrière la colline, je me fais surprendre par un guanaco à environ 40 mètres. Il est tourné vers moi et regarde dans ma direction. Je me baisse doucement pour être caché par le relief et arme mon arc alors qu'il donne l'alerte. Je perds ainsi le guanaco de vue un très court instant et alors que je me redresse doucement, je constate qu'il est parti. Je me décale rapidement et aperçois les 2 guanacos qui se sont arrêtés à environ 200 mètres, de l'autre côté de la piste. Ils observent un instant en arrière puis se débinent en donnant l'alerte. Le paysage quasi désertique à la végétation basse ne me laisse aucune chance de tenter une approche. 

Chroniques argentines, les guanacos

Je monte sur la colline pour voir de plus loin autour de moi. Gaston est posté en face sur l'autre colline.

Chroniques argentines, les guanacos

Je pars le retrouver et nous retournons à la voiture. Gaston me propose d'aller visiter les voisin et de leur amener la viande notre guanaco. Nous retournons donc au camp pour récupérer les cartiers de viande et partons vers chez les voisins. Gaston me propose d'aller chasser le tinamous autour d'un camp abandonné un peu plus loin avant d'aller poser la viande. Alors que nous arrivons près des bâtiments, nous croisons, sur la piste, la carcasse séchée et partiellement dévorée d'un tatou qui n'était pas là ce matin, un renard a dû le traîner sur la piste. Encore un peu plus près des bâtiments, les 2 côtés de la piste sons dégagés de toutes végétations sur plusieurs mètres et un animal a retourné le sable comme pourrait le faire un sanglier, je demande à Gaston ce qui a pu faire cela mais il l'ignore. La présence de sanglier sur ce secteur est anecdotique, il est très rare d'en croiser un. Ce fouissage ressemble beaucoup à celui que font les tatous dans le sol sablonneux de la forêt amazonienne mais en moins étendu. Le mystère restera entier. Nous nous garons à l'ombre d'un tamaris, près des bâtiments et nous nous avançons derrière ces derniers. Nous ne tardons pas à apercevoir de nombreux tinamous calés à l'ombre des buissons, plusieurs se débinent en nous voyant mais certains restent en place. Nous tentons une approche sur un à notre gauche mais il s'éclipse. J'en repère un plus à droite sous un buisson et tente une approche. En nous apercevant, l'oiseau se plaque au sol dans l'ombre du buisson et me laisse approcher à environ 8 mètres. J'arme mon arc, prends la visée et décoche, ma flèche trop basse passe juste sous le tinamou en soulevant le sable et el arrachant quelques plumes au passage. Le tinamou se lève et s'éloigne tranquillement.

Je vais récupérer ma flèche, des plumes sont accrochées au sable sur environ 1 mètre. Je réencoche avant de tente de retrouver mon tinamou que j'espère ne pas avoir blessé mais il s'est débiné dans la végétation et impossible de le retrouver. Nous nous mettons en quête d'un autre oiseau mais nous tournons un moment sans rien voir. Alors que nous relâchons notre attention nous nous faisons surprendre par un tinamou qui surgit d'une touffe de végétation au ras de mon pied et s'envole pour aller se reposer plus loin à couvert. Nous décidons d'aller nous assoir un instant à l'ombre pour surveiller le secteur mais rien ne bouge et nous partons vers le campement du voisin pour lui laisser la viande. A notre arrivée nous sommes accueillis par le propriétaire et le fermier qui nous invite à prendre un maté. Nous discutons un moment, ils nous posent beaucoup de question sur la chasse à l'arc et nous leur proposons d'aller tirer une flèche à l'extérieur pour leur montrer la vitesse et la puissance d'un arc. Alors que je l'équipe, j'aperçois un tinamou qui picore dans le sable derrière les bâtiments. Je le montre à Gaston et le propriétaire m'autorise à le tirer. Je passe donc la barrière et et tente une approche à découvert mais l'oiseau tient une distance de sécurité de 25 à 30 mètres entre nous. Comprenant que je ne pourrai pas approche plus, je règle mon viseur sur 25 mètres, arme mon arc, l'approche un peu et attends que l'oiseau en mouvement s'arrête en le suivant dans mon viseur. Alors qu'il stoppé et se tourne vers moi en picorant, je décoche. Touché il s'effondre sur place et se débat au sol. Ma flèche a ricoché et semble avoir passé la barrière à environ 50 mètres. Je me précipite vers mon tinamou et l'attrape par le cou au cas où il se relèverait. Je l'achève avant d'aller chercher ma flèche mais impossible de la trouver. Je tourne un moment dans la direction du tir, Gaston et nos hôtes viennent m'aider sans plus de succès. Je reviens vers la barrière et aperçois mon empennage rouge partiellement couvert de sable. Ma flèche s'est plantée à plat sous un buisson sec. Je la récupère la remets au carquois en avertissant mes accolytes de ma trouvaille. Nous retournons vers la voiture, nos hôtes curieux demande où ma flèche a touché et je leur montre le cou de l'oiseau qui saigne. En fait, je le verrai ce soir en plumant, j'ai eu beaucoup de chance, ma lame a juste cassé le cou de l'oiseau et fait une petite entaille dans la peau et la jugulaire d'où le sang. La viande laissée nous rentrons au campement pour prépare le repas du soir.

Chroniques argentines, les guanacos

Arrivé au camp, j'aide Gaston a préparer le bois pour griller la viande puis plume mon tinamou alors qu'il prépare la belle pièce de viande et la let à griller.

Chroniques argentines, les guanacos

Mon oiseau plumé et vidé, je l'ouvre en 2 côté bréchet et le met à griller sur une grille près de la pièce de bœuf.

Chroniques argentines, les guanacos

Gaston prépare une salade de tomates en accompagnement. La nuit tombe tranquillement. Après ce bon repas accompagné de petits pains préparés par l'ouvrier du camp, nous partons nous coucher.

Alex

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13 mars 2020 5 13 /03 /mars /2020 14:30

Le lendemain matin, Gonzalo nous fait faire le tour de sa propriété avec son pick up pour nous montrer les autres postes du territoire. En chemin, nous apercevons les buffles fidèle à leur site de prédilection. Dans l'ancien parc des cerfs des caracaras huppés (Polyborus plancus), des urubus noirs (Caragyps atratus) et des urubus à tête rouge (Cathartes aura) sont posé sur quelques buissons. Gonzalo nous explique qu'ils sont là pour une charogne de cerf abandonnée par un puma ces jours-ci. En arrivant au moulin, nous faisons décoller quelques autres urubus affairés sur la carcasse de mon vieux renard fléché hier matin. Nous passons les barrières, un peu plus loin des urubus et caracaras

Le caracara huppé (Polyborus plancus)

Le caracara huppé (Polyborus plancus)

des urubus noirs (Caragyps atratus) et des urubus à tête rouge (Cathartes aura) sont posé sur quelques buissons. Gonzalo nous explique qu'ils sont là pour une charogne de cerf abandonnée par un puma ces jours-ci. En arrivant au moulin, nous faisons décoller quelques autres urubus affairés sur la carcasse de mon vieux renard fléché hier matin.

Urubus noir (Caragyps atratus) à gauche et urubu à tête rouge (Cathartes aura) à droite dévorant une carcasse de renard gris

Urubus noir (Caragyps atratus) à gauche et urubu à tête rouge (Cathartes aura) à droite dévorant une carcasse de renard gris

Nous passons les barrières, un peu plus loin des urubus et caracaras attirent l'attention de Gonzalo qui fait une halte pour aller voir de plus près. Nous le suivons dans les fourrés quand un beau troupeau de guanacos se débine à environ 300 mètres devant nous. Nous les observons un instant jusqu'à les perdre de vue. C'est une vache qui est morte, la chaleur, le manque d'eau et de nourriture, en été, font beaucoup de victimes chez les animaux domestiques. 

Nous retournons au pick-up. Nous arrivons au poste d'hier soir, Gonzalo s'arrête pour sortir la carcasse de la génisse morte près de l'affût. En sortant de la voiture nous apercevons une belle bande de nandous qui s'enfuit dans les fourrés à plus de 100 mètres sur la droite de la piste. J’en profite pour récupérer ma flèche tirée sur le lièvre que je n’avais pas trouvée hier. Nous reprenons la piste pour rejoindre un autre moulin, nous faisons une halte pour inspecter le secteur.

Chroniques argentines, une fin de séjour perturbée par la pluie

Un point d'eau presque à sec et ponctué de quelques souilles semble prometteur, il est envahi de grosses guêpes aux ailes rouges. Nous faisons le tour de la clôture qui entoure ce dernier et Gonzalo nous montre quelques belles traces de gros sangliers qui convergent, sur plusieurs coulées, creusées dans le sable sous la clôture, vers le point d'eau. L'angle de la clôture du réservoir, contre laquelle ont poussé quelques buissons qui font un écran de camouflage, se trouve à 15 mètres du bord du point d'eau, je pourrais me poster derrière. Nous décidons de venir nous poster là ce soir, la distance de tir me semble plus raisonnable que sur le poste d'hier pour faire une belle flèche. Nous poursuivons ensuite notre tour du territoire. De nombreux postes pour les carabines, composés de cabanons perchés sur des mas métalliques à 5 ou 6 mètres du sol font face à des anciens points d'eau complètement asséchés. Alors que la piste redescend vers le camp, un des grands lacs de sable du secteur se dessine au loin en contrebas. Nous croisons encore quelques guanacos et des "martinetas" , tinamous élégants (Eudromia elegans) qui se débinent dans les fourrés sur le passage du pick-up.

Le tinamou élégant (Eudromia elegans)

Le tinamou élégant (Eudromia elegans)

Alors que le camp est en vue, j'aperçois 3 grands nandous dans les fourrés à 100 mètres de la piste. Après manger, nous faisons une bonne sieste avant de nous préparer pour partir chasser à l'affût.En arrivant sur site, nous déposons nos affaires, Gaston par garer le pick-up un peu plus loin alors que je commence à aménager l'affût. Je nettoie le sol derrière la clôture et dispose quelques branchages dans les mailles du grillage pour parfaire le camouflage. Gaston me rejoint rapidement et m'aide à aménager l'affût. Nous disposons en suite les fauteuils et notre matériel. Gaston part bloquer le moulin qui alimente le réservoir pour éviter de subir, comme hier le bruit du piston toutes la soirée. Nous nous calons dans nos fauteuil et l'attente commence, 

Chroniques argentines, une fin de séjour perturbée par la pluie

un défilé incessant de bovins vient à l'abreuvoir sur notre droite.

Chroniques argentines, une fin de séjour perturbée par la pluie

Un vent glacé se lève et seulement vêtus de T-shirt nous avons vite froid. Gaston part chercher une couverture et me propose de me ramener ma verste de ville mais je décide de rester en T-shirt. Le jour tombe peu à peu, quelques perruches moines (ou conures veuves) (Myiopsitta monachus)

La perruche moine (ou conure veuve) (Myiopsitta monachus)

La perruche moine (ou conure veuve) (Myiopsitta monachus)

viennent se poser sur la queue rectrice du moulin colonisé par un gros nid de brindilles.

Chroniques argentines, une fin de séjour perturbée par la pluie

Les vaches et veaux curieux s'approchent souvent du grillage pour tenter de nous identifier et au moindre de nos mouvement, ils démarrent à trombe en dérapant sur la dalle en ciment de l'abreuvoir. Ce remue ménage provoque parfois la panique dans le troupeau qui s'éloigne alors de quelques mètres en soulevant un nuage de sable que le vent rabat sur nous. Le sable fin nous rentre dans les yeux, le nez et la bouche et nous devons régulièrement nous protéger de ce dernier. Les vaches et les taureaux passent d'interminables minutes à pousser des beuglements. La nuit s'installe et aucun sanglier à l'horizon. Le temps passe sous un beau ciel étoilé. Les heures me paraissent interminables et les vaches, le froid et le sable finissent par avoir raison de moi. Je décide de rentrer vers 23 heures passées, Gaston débloque le moulin avant que nous quittions le poste pour éviter que les animaux manque d'eau demain.

Le lendemain, le vent froid a amené la pluie, un gros orage arrose régulièrement le secteur. Entre 2 averses, je pars à l’approche

Chroniques argentines, une fin de séjour perturbée par la pluie
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mais ne vois que des maras  

Le Mara (Dolichotis patagonum)

Le Mara (Dolichotis patagonum)

Chroniques argentines, une fin de séjour perturbée par la pluie

et des nandous non chassables et rentre trempé sous une terrible averse. L’orage menace alors que nous allons partir à l’affût du soir, je ne suis pas très chaud pour aller me poster sur un moulin qui risque d’attirer la foudre mais Gaston semble optimiste sur la trajectoire de l’orage. Nous allons nous poster au moulin où j’ai fait mon doublé de renards. En chemin nous constatons que comme l’avait dit Gonzalo la pluie a fait partir les buffles qui étaient visibles tous les jours près du point d’eau. Nous arrivons au poste alors qu’il commence à pleuvoir, la laie et les marcassins vu l’autre jour sont déjà au point d’eau et hésitent à partir alors que nous déchargeons nos affaires avant de rentrer dans la végétation. Alors que Gaston éloigne la voiture et que je monte nos affaires dans l’affût, la laie revient au point d’eau plusieurs fois avant de disparaître à l’arrivée de Gaston. Nous nous mettons en place sur l’affût mais la pluie battante se met à tomber et les éclairs commencent à tomber de toute part. Si ce n'était que la pluie ça irait mais je ne suis pas tranquille car les impacts de foudre se rapprochent. A l'horizon le mur d'eau avance sur le soleil couchant.

Chroniques argentines, une fin de séjour perturbée par la pluie

Le vent pousse l'orage droit sur nous et les nuages semblent déverser un mur d'eau à perte de vue. Un dernier éclair qui tombe tout près nous décide à quitter l’affût pour revenir attendre un peu à la voiture mais la pluie ne cessant pas nous décidons de rentrer. En chemin, la pluie semble cesser et 3 boules rougeoyantes apparaissent en triangle à l'horizon, ce qui semble être un OVNI, est en fait le soleil couchant qui perce au travers des nuages.

Chroniques argentines, une fin de séjour perturbée par la pluie

La pluie reprend de plus belle. De grosses tortues de terre (Chelonoidis chilensis), que la pluie a fait sortir, traversent la piste et Gaston essaye ne ne pas les écraser. Nous en ramassons 3 en plein milieu du passage et les posons dans la voiture pour faire quelques photo au camp avant de les relâcher.

Tortues de terre argentines (Chelonoidis chilensis)

Tortues de terre argentines (Chelonoidis chilensis)

Chroniques argentines, une fin de séjour perturbée par la pluie
Chroniques argentines, une fin de séjour perturbée par la pluie
Chroniques argentines, une fin de séjour perturbée par la pluie

Je pose une grosse femelle dont l'arrière de la carapace semble avoir été endommagé par un prédateur et un gros mâle à mes pieds. Gaston pose un mâle à ses pieds mais ce dernier le mort plusieurs fois sur la fin du trajet alors que la grosse femelle me pisse dessus pendant que je l'observe. C’était mon dernier jour de chasse sur ce secteur, demain nous retournons à Puerto Madryn pour préparer une chasse de quelques jours sur un autre secteur de chasse où il est possible de chasser le Guanaco.

 

Alex

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12 mars 2020 4 12 /03 /mars /2020 17:01

Hier soir, Gaston m'a proposé de m'amener chasser vers 8 heures, à l'approche sur le camp. Je trouve l'horaire un peu tardif mais il m’annonce que c'est assez tôt. Je suis réveillé vers 7 heures et tourne un moment sans trop savoir quoi faire. Il va encore faire très beau aujourd'hui. Je me prépare puis toque à la chambre de Gaston que je réveille un peu en sursaut. Il se prépare rapidement puis nous mangeons un bout avant de prendre la piste.

Chroniques argentines, les sangliers

Nous retournons sur le secteur où j'ai fléché mon renard hier soir. Nous passons près de l'endroit où j'ai tué mon buffle, les buffles sont moins nombreux mais sont sur le secteur ce matin. Alors que je descends de la voiture pour ouvrir la barrière qui barre la piste, le grand mâle aux cornes cassées est sur la bordure droite de la piste, en face du réservoir d'eau à environ 20 mètres de la clôture. Je m'approche tranquillement de la clôture et fais quelques photos avant qu'il ne se décide à rentrer dans le fourré et disparaître.

Chroniques argentines, les sangliers
Chroniques argentines, les sangliers

Nous passons la barrière et je la referme avant de partir pour notre zone de chasse. Sur notre gauche nous longeons un immense parc fermé par de hautes clôtures.

Chroniques argentines, les sangliers

C'est le parc dont nous a parlé Gonzalo hier soir. Dans le passé, il contenait des cerfs et des antilopes cervicapres que Gonzalo faisait chasser mais une terrible sécheresse a entraîné la mort d'une grande partie des animaux de l'enclos et Gonzalo a dû se résoudre à lâcher les survivants pour leur laisser une chance de survie. Les antilopes ont été décimée par la prédation du puma pour les adulte et des renards pour les jeunes mais les cerfs se sont très bien acclimatés et ont colonisé la région bien que je n'aurais jamais pensé voir des grands cerfs dans un territoire non boisé et aussi désertique. Les clôtures du parc ne sont aujourd'hui plus étanches et les animaux peuvent y rentrer et en sortir librement. Nous nous garons un peu plus loin près des moulins

Chroniques argentines, les sangliers

alors qu'un couple de canards décolle du petit plan d'eau sur notre gauche.

Chroniques argentines, les sangliers

Les 2 moulins servent de support à des nids de grosses perruches.

Nous longeons la clôture à notre droite, passons une barrière en bois, passons près des moulins et du bassin puis partons sur la gauche pour longer une clôture bordée d'arbustes à gauche de laquelle s'étend une bande sablonneuse dégagé bordant un fourré. Gaston aperçois un jeune cerf de l'année au loin et me le montre. L'animal semble inquiet et biaise vers la clôture puis cherche un passage au travers de cette dernière en venant vers nous disparaissant par moment dans les arbustes qui bordent la clôture. Nous continuons à avancer tranquillement en longeant les arbustes. Le jeune cervidé finit par nous apercevoir alors que nous arrivons à un peu plus de 100 mètres de lui. Il se fige, nous regarde avancer vers lui un court instant puis fait volte-face et retourne vers le fourré sur notre gauche où il disparaît. 

Gaston décide de faire demi-tour pour aller longer un fourré plus à droite. Arrivés au coin du fourré nous commençons à le longer sur un sentier sablonneux bordé par un talus surmonté d'une clôture prise dans des buissons qui bordent un autre fourré. Nous avançons en silence sur ce sol souple quand des grognements se font entendre à quelques mètres dans le fourré et un sanglier démarre sans que nous puissions le voir dans l’épaisse végétation. J'accroche mon décocheur et avance tout doucement de quelques mètres quand un joli ragot démarre à 5 mètres de moi et se débine dans le fourré. Je stoppe quelques secondes pour écouter puis reprends ma progression lente mais une fois de plus je le relève quelques mètres plus loin mais cette fois il s'enfonce dans le fourré et disparaît pour de bon.

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Nous continuons doucement le long du fourré quand un sanglier sort sur le sentier à environ 100 mètres de nous. Il tourne un peu puis traverse le sentier et disparaît dans les arbustes du talus du gauche. Une bande de sangliers sort alors du fourré sur ses traces et traverse le sentier pour remonter le talus et passer la clôture. Je serre le fourré et tente une approche rapide mais les derniers sangliers traverse avant que j'arrive assez proche d'eux pour espérer tenter une flèche. Nous cherchons sons succès un passage praticable pour passer la clôture au sommet du talus sur notre gauche. Gaston décide de faire demi-tour. Nous retournons vers le réservoir d'eau et les moulins et débouchons sur une prairie d'herbe sèche bien jaune. Au loin, une masse sombre m'interpelle contre un petit buisson vert au milieu de cette prairie. Je la montre à Gaston mais nous n'arrivons pas à savoir s'il s'agit d'un animal ou d'un bout de bois. Nous nous rapprochons doucement quand j'aperçois des oreilles. C'est un lièvre, je me décale pour positionner le buisson entre moi et le lièvre et commence une approche lente ainsi caché.

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J'essaie d'éviter les débris végétaux craquants en posant mes pieds et arrive à environ 10 mètres du buisson. Je me décale doucement à droite en armant mon arc.

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J'aperçois le cul du lièvre et me décale encore un peu pour voir la zone vitale puis aligne ma visée

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avant de décocher.

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A l'impact ma flèche soulève le sable et je vois voler une grosse touffe de poils blancs.

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Le lièvre démarre en trombe sur environ 70 mètres, le flanc rougit, vacille et s'écroule. Je m'approche pour récupérer ma flèche restée juste à l'endroit de l'impact mais un peu décalée par la fuite du lièvre.

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Je pars, avec Gaston, en direction de l'endroit où j'ai vu tomber mon lièvre. En chemin je tombe sur les traînées de sang bien visibles qu'il a laissé dans sa fuite.

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Je retrouve facilement mon lièvre qui a perdu beaucoup de sang, ma flèche basse et un peu trop en arrière a tout de même fait son travail. Après quelques photos souvenir

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nous retournons vers les moulins pour chercher ma flèche perdue hier soir et que la tombée de la nuit ne nous a pas permis de chercher très longtemps. En chemin nous décidons d'aller faire le tour des points d'eau du secteur pour voir s'il y a du passage de sanglier. Le premier point d'eau est plus une grosse flaque boueuse, quelques traces de sangliers attestent d'un passage qui ne semble pas frais. Le second point d'eau est une mare d'eau verte à l'odeur de cadavre à la limite du supportable. Des os de vache en son centre attestent qu'un bovin est venu y mourir et sa décomposition a souillé cette eau putride. Nous continuons vers la zone où j'ai perdu ma flèche et tournons un moment sans plus de succès que la veille quand j'aperçois un insecte entrant dans une touffe d'herbe sèche. Curieux, je m'approche et semble reconnaître une sauterelle, je tente de l'attraper pour la regarder de plus près et curieusement, au lieu de tenter de s’échapper en sautant, elle s'enfonce au plus profond de la touffe d'herbe en écartant ses élytres laissant apparaître une seconde paire d'aile bien rouge. Je saisis cet insecte par les ailes et l'extirpe de cette touffe de végétation.

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Je la repose au sol pour la prendre en photo dans son milieu naturel mais curieusement elle ne tente pas de fuir en sautant, elle se contente de marcher tranquillement.

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Alors que j'approche un peu trop mon appareil photo de cette dernière, elle ouvre ses élytres laissant apparaître ses ailes rouges c'est alors que je comprends, cette espèce s'est adapté à la région.

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J'ai vu de nombreuses guêpes noires avec des reflets bleutés et des ailes rouges qui viennent boire au bord des points d'eau. Ces guêpe prédatrices d'araignées semble avoir une piqûre très douloureuse et cette sauterelle au lieu de fuir tente de se faire passer pour cet insecte auquel il ne vaut mieux pas se frotter, la nature est incroyable.

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Nous retournons à la voiture, je suis en train de ranger mon arc quand Gaston m'annonce un renard qui passe tranquillement à 20 mètres de nous sans se soucier de notre présence. Je récupère vite mon arc, Gaston commence à appeler le renard baise pour venir se présente à une dizaine de mètre en 3/4 face. J'arme doucement mon arc, vise et décoche. Touché mortellement le renard démarre en trombe, fait une boucle d'environ 15 mètre et chute. Il se débat un peu au sol et s'immobilise rapidement. Je n'en crois pas mes yeux, en France, un renard serait parti rapidement alors que ce dernier est venu vers la voiture alors que j'étais bien visible, à découvert.

Je pars voir mon renard de plus près, vu sa dentition usée, c'est un spécimen d'un certain âge. Ma flèche rentre défaut avant d'épaule et ressort derrière l'épaule opposée. La journée commence bien.

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Nous reprenons la voiture et rentrons. Arrivés à la ferme nous décidons d'aller faire un tour autour des bâtiments. De nombreux maras occupent les lieux ils sont dispersés par petits groupes ou par couples. Souvent assis à l'ombre des quelques arbres épars qui trônent au milieu de celle prairie jaunie d'herbe rase et sèche. Les maras se laissent approcher à environ 50 mètres avant de s'éloigner pour se recaler un peu plus loin. Au loin une clôture sépare cette propriété de la voisine, Gaston me fait remarquer quelques nandou le long de cette dernière. Ces gros oiseaux ont une vue incroyable car ils nous ont repérés à plusieurs centaines de mètres et se sont éclipsés en un éclair alors que nous ne regardions pas vers eux. 

Le soleil est brûlant, il va être l'heure de manger nous rentrons tranquillement en direction d'une grande flaque d'eau peu profonde, alimentée par un tuyau venant d'un des bassins alimenté par les moulins. 2 renards surgissent de nulle part pour venir boire à ce point d'eau. Ils sont à environ 150 mètres, nous sommes à découvert et pressons le pas pour nous caler au pied d'un gros arbre, en France, les renards seraient déjà partis mais ne semble pas faire attention à nous. Nous tentons de les appeler, l'un d'eux, le plus âgé semble d'abord intéressé puis nous contourne par la gauche pour disparaître dans la prairie 

alors que l'autre, après avoir bu, s'éloigne par notre droite sans prêter attention à nos appels, ils sont certainement un peu plus aguerris que leurs confrères qui vivent plus loin des habitations car ici ils sont régulièrement tirés à cause de leur penchant pour la viande d'agneau et de dindon. Nous continuons jusqu'au point d'eau pour regarder les traces. De nombreux têtards s'agitent dans les trous formés par les pieds des animaux et de nombreuses grandes guêpes aux ailes rouges tournent sur le secteur. Il fait vraiment très chaud, au loin une belle biche profite de l'ombre de l'arbre sous lequel nous avons vu les premiers maras en arrivant hier en début d'après-midi.

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Nous passons près du hangar pour renter, l'employé de Gonzalo a commencé à préparer mon crâne du buffle.

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Nous retrouvons Gonzalo pour le repas de midi et en profitons pour regarder plus en détail les trophées impressionnant de sanglier qui ornent les murs de la salle à manger, d'après Gonzalo, l'un d'eux est référencé comme étant un des meilleurs mondiaux.

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L'album photo fait rêver lui aussi, le nombre de sangliers bien armés est impressionnant. Les photos de sangliers côtoient également de nombreuses photos de prélèvement de pumas et de quelques grands cerfs.

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Après manger, nous partons faire une petite sieste car ce soir nous avons décidé d'aller chasser le sanglier à l'affût. N'arrivant pas à dormir, je décide d'aller continuer le décharnage du crâne du buffle. Il fait près de 45°, la chaleur est impressionnante. Gaston me rejoint un peu plus tard, nous passons le reste de l'après midi à l'ombre en nous mouillant régulièrement pour nous rafraîchir. En fin d'après midi, nous nous préparons puis partons pour notre poste pour attendre les sanglier. Gonzalo nous a conseillé un moulin isole en bordure de la piste, un peu plus loin que la où nous avons chassé ce matin. Nous posons nos affaire près du moulin puis Gaston pars garer la voiture un peu plus loin alors que j’aménage l’affût. Une plateforme en bois a été installée à environ 3 mètres du sol dans l'armature métallique du moulin. Je monte nos affaires sur cette plateforme puis monte installer les 2 fauteuils de camping et ranger un peu nos affaires pour nous permettre de bouger sans bruit sur la plateforme d'environ 4 m². Devant moi, le réservoir d'eau clôturé qui fuit alimente un point d'eau boueux et très peu profond d'environ 100 m², il est marqué de plusieurs belles souilles de sangliers et de très nombreuses traces, sur la droite 2 abreuvoirs sont disposés dos à dos et sont séparés par des clôtures une ouverte sur la piste derrière moi et l'autre sur une étendue buissonneuse à perte de vue et le point d'eau de l'autre côté.

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A environ 50 mètres du point d'eau sur ma droite se trouve un affût perché pour les tirs à la carabine. Un filet vert d'environ 1 mètre de hauteur nous cachera partiellement côté point d'eau et sur les côtés, je télémètre 25 mètres jusqu'au point d'eau, cela fait un peu loin surtout pour un tir de nuit, j'espère que les sangliers s'approcheront un peu plus. Gaston me rejoint, il commence par aller jeter quelques poignées de maïs au bord du point d'eau

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puis nous nous installons sur nos fauteuils et l'attente commence. Assez rapidement, un renard surgit de nulle part. Nous l'apercevons en train de boire tranquillement au pied du réservoir à environ 17 mètres. Gaston allumé son appareil photo et commence à filmer alors qu'il commence à appeler et que je me lève doucement en armant mon arc. Le renard passe sous la clôture et arrive tranquillement pour se planter de face à environ 10 mètres. Je cale ma visée sous son cou et décoche. Touché où je visais il s'effondre sur place.

Je scrute autour de l’affût, un renard longe la piste à environ 40 mètres dans notre dos, je tente de l’appeler mais il rentre dans la végétation et disparaît. Un autre le suit quelques minutes plus tard mais refuse également de se rapprocher. Un peu plus tard un lièvre à qui il manque une oreille arrive par l’arrière du réservoir et s’approche doucement du point d’eau en surveillant les alentours lors de plusieurs arrêts. Arrivé au bord de l’eau, il boit un instant puis se dirige vers nous pour stopper à 15 mètres sur la gauche de l’affût. Gaston me dit de le tirer mais je refuse, j’ai déjà fait un lièvre ce matin et je n’ai pas envie d’en tirer un autre. Le lièvre s’éloigne et revient se positionner plein travers près de l’affût, Gaston me dit à nouveau de tirer mais je ne bouge pas. Le lièvre part un peu plus loin puis revient se positionner plein travers à 8 mètres sur notre gauche, Gaston me répète encore de tirer ce lièvre. Je finis par craquer, je me lève doucement, arme mon arc et vise le défaut de l’épaule avant de décocher. Ma flèche rentre pile où je la voulais, le lièvre fait un bond spectaculaire en avant et semble marcher debout sur ses antérieurs sur quelques mètres avant de reposer les pattes avant au sol. Il fait une petite bouche vers la piste, s’assoie près d’un buisson à 15 mètres de l’endroit du tir, vacille et tombe sur le flanc puis donne de grands coups de pattes arrière et disparaît derrière un buisson dans un gros nuage de poussière. Les vaches, taureaux et veaux se succèdent à l’abreuvoir. Le calme revient seulement perturbé, quand le vent se pose, par le bruit du gaz qui s’échappe d’une génisse morte quelques mètres derrière l’affût et gonflée par la chaleur. Se soleil baisse sur l’horizon quand j’aperçois furtivement une silhouette noire qui traverse la piste à environ 400 mètres sur ma droite. Je l’indique à Gaston, c’est un sanglier, il vient vers nous au travers des buissons trop bas pour le cacher. L’excitation monte mais alors qu’il n’est plus qu’à 70 mètres, j’aperçois des petits à sa suite et me rends compte qu’il s’agit d’une laie de moins de 50 kg. Elle rejoint quelques arbustes près du point d’eau, hume et observe le secteur un instant puis entraîne ses 4 marcassins jusqu’à l’eau avant de se bauger dans cette eau peu profonde.

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quand j’aperçois furtivement une silhouette noire qui traverse la piste à environ 400 mètres sur ma droite. Je l’indique à Gaston, c’est un sanglier, il vient vers nous au travers des buissons trop bas pour le cacher. L’excitation monte mais alors qu’il n’est plus qu’à 70 mètres, j’aperçois des petits à sa suite et me rends compte qu’il s’agit d’une laie de moins de 50 kg. Elle rejoint quelques arbustes près du point d’eau, hume et observe le secteur un instant puis entraîne ses 4 marcassins jusqu’à l’eau avant de se bauger dans cette eau peu profonde.

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L’excitation monte mais alors qu’il n’est plus qu’à 70 mètres, j’aperçois des petits à sa suite et me rends compte qu’il s’agit d’une laie de moins de 50 kg. Elle rejoint quelques arbustes près du point d’eau, hume et observe le secteur un instant puis entraîne ses 4 marcassins jusqu’à l’eau avant de se bauger dans cette eau peu profonde.

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Les marcassins pataugent en bordure de l’eau et trouvent vite le maïs qu’ils commencent à manger. La petite famille tourne et retourne dans l’eau alors qu’un renard tourne derrière l’affût.

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Alors que j’observe les sangliers, Gaston me signale qu’un renard mange la vache morte sur ma gauche. Je me lève doucement et arme mon arc. Un piquet de la clôture et les fils de fer compliquent mon tir. A chaque fois que le renard mange, le piquet masque sa zone vitale. Je vise un moment en tentant de trouver le passage idéal pour ma flèche et profite d’un moment où le renard est à l’écoute pour caler ma visée. Ma flèche le traverse et il traverse la piste au galop passe une zone dégagée et s’arrête devant quelques buisson. Son flanc est rouge de sang, il vacille puis redémarre et disparaît derrière les buissons d’où je ne le vois pas ressortir. La laie grogne et rappelle ses marcassins avant de se débiner dans la végétation épaisse en face de l’affût. La nuit tombe

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nous attendons dans le noir à l’affût. Les silhouettes des vaches se succèdent pour venir boire quand, alors que le vent se pose et que le moulin s’arrête, un petit bruit d’eau se fait entendre devant l’affût, j’éclaire avec ma lampe rouge et aperçois un renard qui boit où buvait le premier renard que je flèche ce soir. J’éteins ma lampe et l’attente reprend. Au bout d’un moment un bruit métallique attire notre attention malgré le vacarme du moulin. Une bande de sangliers arrive par la piste dans notre dos, ils traversent la piste et longent la clôture de l’autre côté des abreuvoirs à environ 40 mètres sur ma droite. Plusieurs petits sangliers arrivent au point d’eau, un plus gros suit assez rapidement mais d’autre restent en retrait et grognent le long de la clôture puis finissent par rejoindre les autres. Nous distinguons 2 sangliers adultes et plusieurs petits dans la pénombre sur le reflet bleuté du point d’eau. Nous allumons la lampe et nous constatons vite qu’il s’agit de 2 laies d’environ 50 à 60 kg et de6 ou 7 bêtes rousses d’environ 15 à 20 kg. Rien que je veuille tirer, je suis là pour un beau mâle. Les sangliers tournent en bordure du point d’eau en mangeant le maïs. Nous les éclairons régulièrement pendant de longues minutes sans qu’ils ne s’inquiètent. Vers 23 heures, les sangliers sont toujours là mais je commence à fatiguer et je décide de rentrer. J’éclaire le secteur, des yeux brillent de toutes parts, nous sommes cernés par les renards. Nous descendons tranquillement nos affaires et je vais récupérer mon premier renard sans que les sangliers ne semblent vouloir partir. Je le rapproche de mes affaires alors que Gaston me donne la flèche de mon second renard qu’il vient de récupérer. Nous partons chercher mon second renard mais en arrivant où je pense qu’il est tombé impossible de trouver ni sang ni renard. Je reviens vers l’affût et éclaire le paysage pour confirmer l’endroit puis tente de trouver du sang. Au bout d’un moment je trouve un petit bout de tripe sous la clôture puis quelques gouttes sur le sable damé de la piste mais ce dernier bien sec est quasiment invisible. Je peine énormément à suivre la piste peu abondante et très dure à voir sur le sable. En arrivant où le renard s’est arrêté nous perdons le sang. Gaston s’avance dans la végétation et tombe sur mon renard, 10 mètres plus loin. Il a fait environ 100 mètres. Ma flèche est un peu en arrière. Nous partons chercher mon lièvre, alors que nous longeons les buissons un renard arrive vers nous dans le faisceau de la lampe. Gaston l’appelle et il vient à nos pieds. Il reste un instant dans nos pieds alors que nous nous dirigeons vers mon lièvre. Des yeux brillent dans le faisceau de la lampe un peu plus en avant. Plusieurs renards se disputent mon lièvre qu’ils ont déjà presque entièrement dévoré. Ils ne partent qu’au moment où nous arrivons à 1 mètre du lièvre dont il ne reste presque plus rien. Nous retournons à nos affaires pour faire une photo des renards avant de rentrer.

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Alex

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10 mars 2020 2 10 /03 /mars /2020 13:08

Ce matin, réveillés vers 6 heures, nous nous préparons tranquillement avant de prendre la route en direction de Rio Colorado dans la province de Rio Negro en limite de la province de la Pampa et de celle de Buenos-Aires. Nous sortons de Puerto Madryn alors que le jour se lève tranquillement, le paysage très plat, semi-désertique s'étend à perte de vue.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Le sol sablonneux est ponctué d'arbustes souvent épineux plus ou moins espacés. En route, je peux apercevoir quelques guanacos (lama gnanicoe) et un grand groupe de nandous (Rhéa americana) dont il existe plusieurs sous espèces en Argentine. Gaston m'explique qu'il existe 2 variétés bien reconnaissables une nommée "ñandú" vivant au nord et une autre nommée "choique" vivant au sud et de taille plus modeste. De grandes zones ont brûlé de part et d'autre de la route laissant des paysages désolés et noircis, les parcelles qui ont brûlées depuis plusieurs années reverdissent au milieu des arbustes morts. Nous croisons par moment ce qui semble être des lacs mais qui ne sont que des étendues de sable desséchés par le soleil qui peuvent se transformer ponctuellement en plans d'eau peu profonds lors de fortes pluies.

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Nous devons nous arrêter plusieurs fois pour mettre de l'essence et arrivons vers 12h30 à Rio Colorado. Dès l'entrée de la petite ville, une grande silhouette de sanglier annonce la couleur. Nous entrons au pays de la bête noire, une région réputée pour ses grands trophées.

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Nous faisons une halte au snack le Roma pour manger un morceau avant de poursuivre jusqu'au camp de chasse de Aguilar par une piste pierreuse sur laquelle le pick-up de Gaston, lancé à vive allure, soulève un épais nuage de poussière blanche.

Nous finissons par quitter la piste, sur notre droite, par un chemin sablonneux moins bien entretenu et barré par plusieurs barrières qu'il nous faut ouvrir et refermer sur notre passage. Nous commençons à croiser de plus en plus de vaches, de petite corpulence par rapport à nos races françaises elles portent rarement des cornes et leur robe rousse ou noire est ponctuée de grosses taches blanches. En approchant d'une habitation, nous tombons sur un véritable charnier. De nombreuses carcasses de bovins, plus ou moins vieilles, jonchent le sol au milieux d'ossements blanchis et craquelés par le soleil et de carcasses dont ne subsistent que quelques os tenus entre eux par des peaux desséchées. Nous pouvons, de là, apercevoir le camp un peu plus loin. Ici c'est une zone d'élevage extensif de vaches, moutons et chevaux sur des propriétés avoisinant les 10 000 hectares et divisées par quelques clôtures non étanches qui laissent passer les animaux sauvages.

Nous passons une dernière barrière. Sur la gauche du chemin se trouve une pâture desséchée et jaunie par le soleil au milieu de laquelle trône un bel arbre dont toutes les branches basses ont été broutées à hauteur du bétail. 2 gros maras et un jeune sont assis près du tronc et profitent de l'ombre providentielle sous ce soleil de plomb. Il fait 35° en ce début d'après-midi. Nous arrivons enfin au camp, accueillis par le gérant qui lui aussi ne parle qu'espagnol et qui gère cette propriété détenue par des français. Il élève des moutons, des vaches et quelques chevaux mais fait aussi guide de chasse sur cette propriété où il a introduit, il y a de nombreuses années, des buffles qui sont, à l’exception de 3 (c'est à partir de ces 3 animaux que s'est constitué le cheptel sauvage actuel),  tous morts lors d'une grande sécheresse et des cerfs élaphes qui côtoient ici une faune assez variée : sangliers (introduit eux aussi en Argentine pour leur chasse par quelques propriétaires, ils sont en pleine expansion dans le pays), pumas, guanacos, renards, maras, lièvres, nandous et autres oiseaux de toutes sortes. La basse-cour est très fournie, de très nombreux dindons errent en tous sens au milieu de quelques poules.

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Le camp est composé de 2 vieilles habitations non attenantes et d'une grande dépendance.

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Le tour des bâtiments est planté de nombreux arbres qui donnent un peu d'ombre. Ce désert est posé sur une rivière souterraine très abondante sur laquelle ont été creusés des puits d'où des moulins à vent font jaillir une eau fraîche alimentant des bassins,

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eux-mêmes alimentant les abreuvoirs du bétail sans qui l'élevage serait impossible.

Le gérant nous invite à prendre un rafraîchissement avant de nous montrer nos chambres chacune équipée d'une salle de bain avec WC.

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Alors que nous sortons des chambres, il nous montre une mue de cerf impressionnante qui pèse plusieurs kilos, il l'a trouvé sur son domaine. Il semble que certains cerfs portent des superbes trophées dans le secteur.

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Nous déchargeons nos affaires que nous rangeons dans les chambres puis partons tirer quelques flèches pour vérifier les réglages. Mon arc semble toujours bien réglé. Le gérant semble dire que mes chances de tirer à 30 mètres et peut être moins sont relativement bonnes, je préfère car je suis peu habitué aux tirs à fortes distances qui se pratiquent beaucoup dans ces paysages plats et ouverts de l'Argentine. Il confirme, comme m'en a déjà parlé Gaston, que les buffles n'ont aucun prédateurs et sont peu chassés, ils ne craignent donc pas vraiment l'homme et peuvent facilement charger. Il me demande si je suis prêt à prendre la première occasion de tir car il craint que je fasse comme certains chasseurs à la carabine qui attendent toujours mieux et laissent passer leurs occasions de tir. Il m'explique que la chasse peut être très facile comme très compliquée, par temps chaud et sec les buffles tournent autour des zones d'eau mais s'il pleut les buffles s'éparpillent et sont alors très difficiles à trouver au milieu d'une végétation arbustive plus ou moins haute. Je lui confirme que je suis prêt à tirer ce soir si l'occasion se présente.

Nous allons partir chasser en fin d'après-midi, je pars donc me préparer puis nous discutons un peu avant de monter dans les pick-up. Le gérant ouvre la marche, il n'a pas pris de carabine car Gaston lui a bien expliqué que je voulais commencer et finir la chasse à l'arc quoi qu'il se passe. Nous passons une barrière au milieu des moutons que nous refermons alors qu'un vol de conures de Patagonie (Cyanoliseus patagonus) décolle des arbres à notre droite pour aller se poser un peu plus loin.

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Un couple de vanneaux téro (Vanellus chilensis) posés au sol pousse des cris d'alerte en marchant à environ 30 mètres des voitures.

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Nous prenons la piste au milieu d'un paysage toujours sablonneux et couverts d'arbustes plus ou moins épars.

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Au loin un moulin se dessine. Nous nous garons un peu avant ce dernier

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et avançons tranquillement vers le bassin qui nous cache un peu le paysage à l'arrière. D'un coup de jumelles rapide, le gérant nous annonce que les buffles sont là. Nous pouvons en voir quelques-uns qui s'éloignent vers l'arrière du bassin. Il semble y avoir au moins un mâle. Nous nous approchons doucement du bassin. Le gérant ouvre une barrière qui empêche le bétail de venir sur la piste, la chaîne qui ferme la barrière teinte et je crains que les buffles ne s'éloignent mais habitués à ce bruit, ils n'y prêtent pas attention.

Une clôture entoure le bassin pour empêcher son accès aux animaux. Plus à gauche, se trouve l'abreuvoir des vaches et un peu plus loin encore un petit point d'eau où viennent se baigner les buffles. Nous nous avançons contre la clôture du bassin, Le gérant m'annonce et me montre un très beau mâle. Je commence mon approche à 4 pattes pour longer les petits arbustes qui bordent la clôture et tenter d'atteindre l'angle de cette dernière.

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Les buffles sont à un peu plus de 100 mètres. À mi-distance, je fais une petite pause et me redresse à genoux dans le sable pour télémétrer et me rendre un peu plus compte des distances. Le grand mâle est dégagé au milieu d'un troupeau d'environ 15 à 20 animaux composé de femelles, de jeunes et de 2 autres mâles plus jeunes. Gaston qui me suit me jette un petit caillou pour m'indiquer d'avancer. Je range mon télémètre et reprends mon approche, j'ai 5 flèches pour le buffle sur mon carquois et une flèche petit gibier, cette dernière commence à tomber pendant l'approche, je la dégage et la pose au sol pour ne pas risquer d'être gêné au moment du tir. Je rejoins le dernier piquet de la clôture à l'angle de cette dernière et me positionne à genoux alors que les vaches paniquées démarrent de l'abreuvoir, derrière le bassin et s'enfuient sur ma droite. Je reprends mon télémètre pour certifier la distance de tir car mes flèches de 1000 grains baissent vite et une erreur de 5 mètres pourrait être lourde de conséquences.

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Le grand mâle est à 30 mètres, je range mon télémètre, cale la visée de mon mono pin's sur 30 mètres et accroche mon décocheur mais, au même moment, une femelle s'avance et se positionne devant le mâle alors que retentissent des cris d'alerte d'un couple de vanneaux.

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Je ne peux plus tirer. Les buffles s'avancent de quelques mètres curieux en humant l'air.

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Le vent qui souffle dans mon dos risque de me trahir si les animaux avancent encore. Je reste immobile prêt à armer alors que Gaston filme en arrière. Focalisé sur le grand mâle, je n'ai pas vu qu'un mâle plus jeune s'est positionné plus à découvert à moins de 25 mètres sur la gauche du groupe. Le gérant me dit que je peux le tirer mais que le trophée est un peu moins bon. J'hésite mais c'est mon premier jour, je décide de tenter le plus grand mâle et d'attendre qu'il se dégage au risque de voir tous les buffles s'en aller. Au loin une autre femelle, son veau et un très vieux mâle aux cornes émoussées observent du milieu de la piste. 

Je reste immobile, les animaux bougent un peu mais le mâle qui s'est un peu avancé et dégagé à 27 mètres (confirmés d'un petit coup de télémètre) mais se présente de face, le tir est trop risqué. Le temps passe et les animaux s'espacent un peu avant de commencer à se retirer vers les broussailles. Je me prépare. Le grand mâle amorce un demi-tour lentement. J'arme mon arc et aligne ma visée sur l'animal qui se positionne plein travers et avance sa patte avant. Mon viseur est calé mais une petite voix dans ma tête me dit : "attention à ne pas taper dans l'os de la patte". Je décale à peine ma visée un peu plus en arrière et décoche. Je vois ma flèche voler et disparaître dans le buffle au niveau de la zone des poumons.

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L'animal tressaille, finit son demi-tour et s'éloigne, avec ma flèche qui ressort sur le flanc opposé, vers les arbustes. Il s'arrête avant de rentrer dans la végétation et se retourne de 3/4 face comme pour comprendre ce qui a bien pu le frapper. Je réencoche rapidement une flèche. Seuls les empennages retiennent la flèche dans l'animal. Le sang coule abondamment du trou d'entrée de la flèche, le buffle reste impassible.

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Plusieurs jeunes veaux viennent entourer le grand mâle avant de se dispercer.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Au bout de quelques minutes, il semble vaciller un peu sur ses pattes avant qui se croisent péniblement, je télémètre 45 mètres, je cale mon viseur sur cette distance. Il commence à se tourner tout doucement, j'arme mon arc, aligne la visée, il avance lentement de quelques pas en urinant avant de stopper. Je cale mon viseur sur le défaut d’épaule et décoche alors qu'il se présente de plein travers mais à la grande surprise ma flèche est beaucoup trop haute et le touche dans les muscles du dos soulevant un petit nuage de poussière sur l'impact.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Ma flèche est restée en travers, seuls les empennages dépassent. Le buffle démarre au galop et rentre dans la végétation où je le perds de vue. D'autres buffles s'éloignent mais certains restent sur le secteur sans comprendre ce qu'il se passe. Il faut maintenant attendre que ma première flèche fasse son œuvre. Le gérant monte sur l'échelle du moulin pour essayer de voir le buffle. Il l'aperçoit à environ 20 mètres dans les buissons. Plein travers, immobile, tête basse à gauche. Le temps passe, je doute alors que Le gérant qui n'a jamais eu de chasseur à l'arc pour le buffle semble serein et me dit qu'il faut attendre, que ma flèche est bonne. Je monte sur le moulin pour observer également, peu à peu les animaux s’éloignent abandonnant le grand mâle. Au bout d'un moment, il démarre et s'enfonce dans les broussailles où nous le perdons de vue. Au moins 25 minutes se sont écoulées, Le gérant me dit qu'il faut attendre encore 15 minutes avant de s'approcher pour voir. Les minutes semblent des heures, le temps écoulé nous nous avançons doucement dans les broussailles à la recherche d'une tache noire quand nous tombons sur 5 buffles, dont un des jeunes mâles, qui nous font face à environ 35 mètres.

Chroniques argentines 2019, le buffle

C'est alors que Gaston, plus à la gauche, aperçois mon buffle, il est couché et les autres semblent le protéger. Les animaux avancent de quelques mètres reculent, hésitent, tournent autour de leur congénère au sol. Nous attendons immobiles, prêt à esquiver une charge si nécessaire. Les buffles, au bout de quelques minutes, commencent à se débiner un à un. Le dernier, un jeune mâle, reste un moment et tourne autour de son compagnon qui n'est plus en état de le suivre. Il finit par renoncer et s'éclipse. Un pick-up arrive par la piste, c'est l'employé de la ferme, le gérant part à sa rencontre pour ne pas qu'il vienne jusqu'à nous. Pendant ce temps, je tente une approche en me décalant sur la droite pour arriver en 3/4 arrière, Gaston me suit pour essayer de filmer ce tir. Je progresse lentement sans quitter mon buffle des yeux et trouve une fenêtre de tir à environ 10 mètres de l'animal qui est couché immobile. J'arme mon arc, vise un peu en arrière de l'épaule assez bas et décoche.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Ma flèche rentre jusqu'aux empennages et le buffle ne réagit pas. Je reencoche, arme, vise un peu plus bas et décoche à nouveau. La flèche a disparu dans l'animal qui a encore encaissé sans broncher. Cette fois sa respiration se fait très forte et pénible. Nous nous reculons à environ 20 mètres alors que le buffle bascule sur le flanc et se raidit en rendant son dernier souffle. Nous attendons un peu alors que le gérant et son employé nous rejoignent puis nous nous approchons de mon buffle.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Il est énorme, il fait autour d'une tonne. Il s'est couché sur ma première flèche, je dégage la seconde et la troisième qui s'est cassée dans l'animal puis nous basculons le buffle sur le dos avec Gaston pour récupérer ma première flèche qui est miraculeusement intacte. La dernière est introuvable et Gaston me met le doute en me disant que c'est la première qui a dû tomber de l'animal. Les trous d'entrées étant tous très proches, je me mélange un peu les pinceaux. Nous partons donc chercher ma flèche, j'en profite pour aller chercher ma flèche posée au sol durant l'approche et pour essayer de trouver le sang. Je ne trouve que du sang aux 2 endroits où l'amiral s'est arrêté. Un gros amas de sang coagulé où le buffle s’est arrêté un moment après le premier tir

Chroniques argentines 2019, le buffle

et 2 belles taches dans les broussailles, au niveau du deuxième arrêt où le buffle saignait des 2 côtés avec une hémorragie plus importante côté entrée de flèche.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Ne trouvant pas ma flèche nous repartons vers le buffle et cherchons dans la direction du dernier tir sans plus de succès. Nous positionnons le buffle sur le ventre à 4 dans un gros effort mais le soleil couchant ne permet pas de faire de belles photos, il nous faut donc le faire pivoter en le tirant par la queue pour avoir un meilleur angle par rapport au soleil avant de reprendre la séance de photos souvenir.

Chroniques argentines 2019, le buffle
Chroniques argentines 2019, le buffle

Gaston et l'employé attaquent ensuite d'ouvrir le buffle sur le dos pour récupérer la viande car il faut très chaud et le temps presse. Une fois la viande du dos récupérée, j'ouvre le ventre et sors l'énorme panse gonflée d'eau pour atteindre le cœur et les poumons. Ma 4ième flèche est en fait cassée dans le buffle, je la dégage puis récupère le cœur percé par mes 2 derniers tirs. Pendant que mes accompagnants finissent de découper la viande, je coupe la tête qui doit faire à elle seule plus de 30 kg. Nous récupérons la viande dans plusieurs sacs pour les ramener aux voitures avec la tête. Le grand buffle aux cornes cassées s'est approché à 15 mètres des voitures et semble vouloir nous intimider, il n'a pas peur de nous. Au bout d'un moment, il finit par se débiner tranquillement de cul dans la broussaille. 

Il est temps de rentrer au camp pour mettre la viande au frais. Je suis un peu décontenancé, cette chasse m'a semblé trop facile mais très éprouvante aussi : ce buffle touché mortellement a mis beaucoup de temps à mourir. D'un autre côté, c'est le plus grand animal qui m'est été donné de tirer à l'arc. C'est le premier buffle tué à l'arc sur ce domaine, avant moi le gérant n'a eu que des chasseurs à la carabine et il semble que plusieurs buffles ont fait bien plus de chemin que le mien avec des balles moyennement bien placées. Il comprends que je suis un peu déçu mais ne dit rien, il en parlera à Gaston plus tard. Alors que je pensais rentrer au camp, Gaston me propose d'aller faire un tour dans le camp un peu plus loin. Nous passons une barrière à 90° de celle que nous avons passée pour approcher les buffles et la refermons derrière nous avant de prendre la piste en direction d'un autre moulin près d'un autre petit point d'eau. Quelque chose bouge dans mon pantalon au niveau de mon tibia, ne sachant pas de quoi il s'agit, j'agite le bas de mon pantalon pour tenter de déloger l’intrus mais le mouvement cesse et je ne sens plus rien. Me disant que l’intrus a été délogé je l'oublie. Alors que nous arrivons sur place, Gaston me montre un couple de lièvres qui se débine vers les taillis dans une petite parcelle clôturée. Nous nous garons un peu plus loin sur le chemin et alors que je prépare mes flèches pour aller chasser. Gaston s'avance sur le chemin et observe baissé sous le taillis puis me fait signe. Il a repéré les 2 lièvres et me presse de finir de me préparer. Je m'approche et il me montre les animaux qui sont assis en bordure du taillis dans une bande sablonneuse dégagée, derrière un petit buisson. Je tente l'approche en logeant le taillis mais les lèvres passent au travers de la végétation qui longe la clôture. Je presse un peu le pas en profitant de ce petit écran végétal pour me caler contre la clôture dans une petite trouée qui me permet de voir les lièvres avançant tranquillement au milieu des ossements éparpillés sur le sol. Le plus proche est à environ 15 mètres, j'arme, vise et décoche mais passe juste dessous. Ils démarrent mais se tranquillisent vite. Ma flèche a ricoché dans le sable et a passé la clôture. Je réencoche et arme mon arc en tentant d'arrêter le second lièvre qui avance tranquillement à environ 18 mètres : "Hein". Il ne se préoccupe pas de ce bruit. Je le suis dans mon viseur et décoche alors qu'il s’arrête pour brouter mais passe derrière. Je suis un peu dépité, les lièvres s'éloignent par le chemin. Nous passons la clôture pour tenter de les approcher à nouveau mais ils sont trop loin et à découvert. J'aperçois une de mes flèche posée sur un buisson contre la clôture et la récupère pour la remettre au carquois mais la seconde flèche a passé la clôture et dans le feu de l'action je ne me souviens plus où j'ai tiré. Nous passons la clôture pour chercher dans les buissons  mais nous tournons un moment dans le secteur sans la trouver. Gaston m'interpelle et me fait signe. Un animal se débine devant lui, dans la broussaille, en direction du chemin. J'encoche une flèche, rejoins le chemin et le longe doucement quand j'aperçois un renard gris qui sort tranquillement de la végétation à environ 17 mètres devant moi. J'arme mon arc mais il se cale dans les branches basses d'un arbuste qui borde le chemin. Je lance quelques "cri de souris" en pinçant les lèvres sans désarmer. Le renard sort plein travers à environ 20 mètres et stoppe au bord du chemin. Je cale ma visée et décoche. Il s'écroule sur place puis se débat au sol. Je me précipite, ma flèche un peu autre a coupé le dos jusqu'à la colonne. Il s'immobilise rapidement alors que la nuit s'installe. Après quelques photos souvenir, il est temps de rentrer.

Renard gris d'Agentine (Lycalopex griseus)

Renard gris d'Agentine (Lycalopex griseus)

En me redressant, je sens à nouveau bouger dans mon pantalon au niveau de mon genoux et agite à nouveau mon pantalon, le mouvement cesse. Les lièvres sont plus loin au bord du point d'eau. Dans les phares, un beau renard gris se débine sur le chemin alors que nous rentrons. Arrivé au camp, le mouvement se refait sentir, je baisse donc mon pantalon et un criquet en sort, un gros crapaud chasse les insectes attirés par les lumières du camp, je saisis le criquet et le jette à 10 cm de ce gros batracien qui n'en fait qu'une bouchée.

 

Alex

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9 mars 2020 1 09 /03 /mars /2020 11:16

Ce matin, veille prévue de mon départ, je reçois un mail d'Air France m'informant d'une grève pour le lendemain et de la possibilité que mon vol soit annulé.  Je joue de malchance car mon vol intérieur en Argentine ayant été annulé sans raison, il y quelques mois, j'ai dû reporter mon vol Air France de 2 jours et reprendre un autre vol intérieur. J'appelle donc ma compagnie pour tenter de trouver une solution, on me conseille de prendre un vol le soir même pour rejoindre Paris car les vols internationaux sont maintenus. Je quitte donc précipitamment mon travail en début d'après-midi pour finir de préparer mes affaires et attends le retour de ma compagne qui doit me conduire à l'aéroport de Blagnac vers 16 heures. Je vais devoir passer toute la journée du lendemain sur Paris et décide d'appeler mon amis Jacques pour savoir s'il serait disponible pour que je passe le voir, celui-ci m'invite à dormir chez lui et à y passer la journée. Arrivé sur Paris dans la soirée, je prends donc un taxi pour rejoindre son domicile. Jacques et sa compagne n'étant pas disponibles le lendemain, je passe ma journée devant la chaîne chasse-pêche avant le retour de mes hôtes dans l'après-midi. J'ai cassé ma ceinture en la mettant ce matin et Jacques m'en prête gentiment une car, sans elle, je risque de perdre mes pantalons de chasse durant les approches. Jacques me propose de me conduire à l'aéroport après manger. Je prends mon avion vers 23 heures et arrive à Buenos-Aires vers 9h30. 

Chroniques argentines 2019, le voyage

En sortant de l'avion, plus d'une heure de queue en serpentin m'attend avant de passer l'immigration où on prend l'empreinte digitale de mon pouce avant de me demander l'adresse où je compte dormir ce soir, sans cette dernière je ne peux pas passer l'immigration. Je dois donc contacter Gaston qui me répond heureusement rapidement et passe le poste après environ 30 minutes. Le temps de récupérer mon bagage en soute, que je peine à trouver  faute d'indications claires sur le tapis d'arrivée, et d'un contrôle des douanes sur mon matériel d'archerie, il me faut maintenant trouver le bus de Tienda Leon pour me rendre à l'autre aéroport de la ville d'où part mon avion pour Trelew. Après près 1h30 d'attente, ce dernier arrive, près d'une heure de route nous séparent de l'autre aéroport mais j'ai tout mon temps vu que mon vol est prévu pour 17h. Mon 3ième vol, au-dessus de l'océan et d'un paysage qui semble désertique, se passe sans encombre, je récupère vite ma valise sur l'unique tapis roulant de l'aéroport de Trelew. Les murs sont décorés de moulages de fossiles de dinosaures

Chroniques argentines 2019, le voyage

et de grands posters de la faune patagonienne qui me mettent déjà dans l'ambiance. A la sortie de l'aéroport, je retrouve Gaston, avec qui je communique par Messenger depuis des mois pour préparer mon voyage. Nous chargeons mes bagages, il reste encore 1 heure de route jusqu'à Puerto Madryn pour finir cet incroyable périple. Gaston ne parle pas français, je suis content de savoir parler assez bien espagnol. A la sortie du parking de l'aéroport un énorme dinosaure reconstitué à taille réelle trône en bordure de la route au milieu d'un paysage quasi désertique.

Chroniques argentines 2019, le voyage

Arrivé chez Gaston, je vérifie mon matériel, je remonte mon carquois et mon viseur sur mon arc. Gaston me propose de tirer un peu pour vérifier que tout va bien mais, horreur, ma première flèche est beaucoup trop basse, je me rends vite compte que j'ai mal fixé mon viseur et tout rentre vite dans l'ordre. Nous chargeons nos affaires dans la voiture pour ne pas perdre de temps le lendemain. Après un repas en duo durant lequel nous discutons de la chasse, nous sommes rejoints par sa compagne dans la soirée. Nous  discutons encore un peu avant de partir nous coucher car demain près de 5 heures de voitures nous attendent pour rejoindre le territoire de chasse près de Rio Colorado où je vais tenter de prélever un buffle mâle et un sanglier mâle armé.

 

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

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