Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 avril 2022 7 24 /04 /avril /2022 18:36
Une superbe chasse au pays du boc balear, 23 avril 2022
Une superbe chasse au pays du boc balear, 23 avril 2022

Un futur récit dans Charc,

Alex

Partager cet article

Repost0
8 avril 2022 5 08 /04 /avril /2022 22:06

En ce début d'avril, ma compagne a décidé d'aller voir sa sœur en Espagne. Elle vit à Elche, près d'Alicante. Cela fait quelques années que je rêve d'aller me confronter aux grands gibiers espagnols de montagne. Je décide donc de contacter Joan sur Messenger, c'est grâce à lui que j'ai déjà pu chasser les chèvres sauvages à Majorque. Il me donne le contact de Toni qui lui me met en contact avec un de ses amis guide avec lequel je pourrai chasser le mouflon à manchette. Toni s'occupe également de m'avoir mon permis de chasse. Il me donne le choix entre 2 territoires et je choisis Alcoy qui est à moins d'une heure d'Elche. Nous calons le 4 avril toute la journée et le 5 juste pour la matinée. Le rendez-vous est pris au restaurant "El Nuevo Poligono" pour 7h30 le 4 avril. Toni m'a envoyé par WhatsApp la photo de mon permis.

Nous passons nos 2 premiers jours de vacances sur Valence. Ce lundi matin, je me réveille un peu avant que le réveil ne sonne vers 5 heures, j'ai un peu plus d'une heure de route jusqu'à Alcoy.

Chasse du mouflon à manchette à Alcoy, 6 avril 2022

Je me prépare tranquillement et rejoins la voiture. Il pleut et la météo annonce de la pluie toute la journée. Arrivé devant le restaurant, je me change dans ma voiture et prépare mes affaires en attendant l'heure du rendez-vous. Vers 7h15, je sors de la voiture et pars attendre devant le restaurant pour guetter l'arrivée de Pedro qui sera mon guide pour la journée. Toni m'a envoyé sa photo. Un 4x4 arrive et se gare de l'autre côté de la route mais ce n'est pas Pedro, l'homme habillé en tenue de chasse passe devant moi et me salue, je lui réponds et il rentre dans le restaurant. Quelques minutes plus tard, un pick-up blanc se gare sur ma gauche et 2 hommes habillés en camo en sortent. Il me semble reconnaître Pedro mais, dans l'obscurité, je n'en suis pas sûr. Il jette un coup d'œil vers moi et rentre dans le restaurant avec l'autre homme. Je rentre à mon tour et me dirige vers eux. C'est bien Pedro, je me présente et Pedro m'invite à déjeuner avec les 2 autres chasseurs. Le premier chasseur vu est en fait un garde de la zone de chasse où nous allons chasser, il s'appelle Paco. Nous déjeunons tranquillement et discutons un peu. L'autre chasseur est un ami de Pedro venu chasser une semaine, il vient du nord de Majorque où il possède une zone de chasse. Chose amusante, il connaît mon ami Francisco chez qui j'ai chassé presse palma. Nous partons ensuite, 2 par véhicule, pour le territoire de chasse. Je pars avec Paco, nous montons un peu plus haut en montagne. Il pleut toujours, j'espère que ce temps me sera favorable pour chasser à l'approche. Nous prenons un chemin forestier barré par un câble tendu entre deux plots en béton. Pedro, ouvre le cadenas et nous passons la barrière puis il referme derrière nous. Nous montons un peu plus et stoppons dans un virage au départ d'un second chemin qui part sur la droite. Paco me donne mes affaires pour que je parte avec Pedro et l'autre chasseur prend une carabine de prêt. Après quelques explications sur son fonctionnement par Pedro, il monte avec Paco et ils partent en continuant le chemin en voiture. Pedro m'explique que nous allons partir chasser en suivant le chemin au départ duquel nous sommes garés. Je lui demande comment on reconnaît les mâles, il me dit en rigolant que c'est ceux qui ont des testicules puis me montre des photos d'animaux prélevés par des clients. Les cornes des mâles sont plus grosses, leur tête plus large et les femelles ont une sorte de trait blanc étroit qui souligne l'arcade sourcilière.

Je finis de me préparer et nous voilà partis. Nous progressons lentement sur le chemin en surveillant le secteur noyé dans le brouillard et sous la pluie. Notre visibilité se limite à 20 ou 30 mètres maximum. Le bois clair est planté de pins sous lesquels poussent une végétation basse arbustive plus ou moins dense. Pedro observe régulièrement à l'aide de sa lunette thermique mais rien en vue. Le chemin se termine sur une zone dégagée où ont été répandus des grains de maïs. Pedro m'explique que le gibier est régulièrement agrainé. Un agrainoir automatique est pendu à un pin un peu plus loin. Il m'explique que le secteur est peuplé de cerfs, mouflons, mouflons à manchette et sangliers. Cette zone de chasse est la seule d'Espagne où la chasse du mouflon à manchette est autorisée toute l'année. Pedro me dit que je dois impérativement tirer un mâle et m'explique que Toni flèche régulièrement sur cette zone. Nous retournons tranquillement à la voiture sans voir d'animaux. Nous remontons le chemin en voiture et surveillons les abords du chemin où la végétation n'est pas trop dense ou a été défrichée pour aménager des zones de nourrissage. Pedro s'arrête un peu plus loin au départ d'un chemin et me dit que le mieux pour moi c'est de chasser seul pour optimiser mes chances d'approcher un animal. Il m'explique qu'il le faut suivre doucement le chemin en surveillant les 2 côtés jusqu'à arriver sur une zone où des petits champs ont été dégagés et au bord desquels des miradors ont été aménagés. Il me conseille de bien prospecter autour de ses champs nourriciers. Il me propose sa veste imperméable mais je lui explique qu'elle est trop bruyante. Je quitte donc le pick-up et remonte tout doucement le chemin dans le brouillard épais. La pluie se transforme peu à peu en gros flocons de neige à mesure de mon ascension. Le temps ne me permet pas de prendre mon appareil photo qui n'est pas étanche et je dois me contacter mon téléphone portable étanche qui ne fait pas de belles photos.

Chasse du mouflon à manchette à Alcoy, 6 avril 2022

Dès que le bois s'éclaircit un peu j'y entre en suivant les passages de gibier pour tenter d'apercevoir un mouflon à manchette mais rien. Arrivé sur la zone de champs nourriciers, je fais le tour de la zone mais aucun animal en vue. Le sol est encore nu, la végétation n'a pas encore poussé.

Chasse du mouflon à manchette à Alcoy, 6 avril 2022

Mes vêtements non étanches sont vite trempés. Le secteur ne semble pas très fréquenté, seules quelques traces et des tas de crottes qui ne semblent pas frais. Un vent soutenu et glacial souffle sur la zone. Je repère les différents miradors placés en bordure des zones dégagées. Une fois tout le secteur prospecté, je décide de redescendre en passant par une zone plus claire dans le bois. Je progresse doucement et biaise doucement pour rejoindre le chemin. Aucun animal en vue. Le chemin rejoint, je rejoins Pedro. Mes vêtements trempés fument dans l'habitacle chaud de la voiture, Pedro me dit que je suis un fou de chasser comme ça sans vêtements étanches sous cette pluies glaciale.

Nous continuons à monter en suivant le chemin et passons devant une zone de nourrissage. Pedro m'explique que la veille il y avait un beau troupeau sur cette zone mais rien aujourd'hui. Nous continuons et arrivons à une belle bâtisse où habite le propriétaire de la zone.  Derrière l'habitation s'ouvre une zone dégagée noyée dans le brouillard où Pedro m'explique que beaucoup d'animaux viennent manger tous les jours. Il réserve ce secteur pour cette après-midi. Nous continuons à monter et stoppons près d'une petite cabane plantée sur la bordure droite du chemin, adossée au bois. Un champ nourricier nu s'ouvre devant la cabane sur l'autre côté du chemin. La voiture de Paco est garée contre la cabane. Nous quittons la voiture pour rentrer dans la cabane où sont postés Paco et l'autre chasseur. Ils nous invitent à manger quelques gâteaux et un bout de chorizo. Ils ont vu passer un renard et des femelles mouflons. Il semble qu'hier il y avait une grande quantité d'animaux sur ce secteur. Nous discutons un moment puis nous repartons avec Pedro pour un nouveau secteur. Nous continuons à monter le chemin et nous nous garons un peu plus haut. Pedro m'explique qu'il me faut suivre le chemin pour rejoindre 2 champs nourriciers dont je devrais faire le tour. Je pars donc en suivant le chemin. Arrivé au premier champ à nu comme les autres, je le longe par la droite à quelques mètres à l'intérieur du bois de chênes verts qui poussent au milieu des gros rochers. Les branches basses sont toutes broutées, signe de la quantité d'animaux sur le secteur. Le brouillard toujours aussi épais et la pluie limite beaucoup ma visibilité et l'objectif de mon téléphone trempé ne me permet plus de faire de photos correctes. Un gros sanglier a retourné de frais la bordure du bois et semble être descendu dans les rochers en contrebas. Rien sur le premier champ. Je reprends le chemin et rejoins le second champ dont je fais le tour en commençant par la bordure de droite. Arrivé au bout du champ, je continue à le longer par l'intérieur du bois clair qui remonte sur l'autre côté du champ. Je progresse doucement quand un mouvement attire mon attention. Un énorme écureuil roux au pelage grisonnant et au ventre très blanc s'est figé à un mètre du sol sur le côté droit d'un tronc à quelques mètres de moi. Nous nous observons un instant puis il redescend au sol et fuit pour disparaît plus haut dans le brouillard. Je poursuis ma chasse en prospectant le bois clair mais toujours rien. Je tourne un moment sur la gauche des champs sans voir d'animaux puis retourne à la voiture.

Je suis trempé, Pedro me dit encore une fois que je suis fou de chasser sans vêtements imperméables mais, en marchant, je n'ai pas froid. Nous redescendons, il sera bientôt l'heure d'aller manger. Sur le chemin, nous repassons devant la maison du propriétaire. Il a sorti ses 5 bergers d'Anatolie. Certains sont attachés mais d'autres sont en liberté. Arrivé au bout du premier chemin que nous avons chassé ce matin. Pedro me propose d'aller me poster une heure sur la zone de nourrissage. Cette idée ne m'enchante pas trop mais je décide de tenter le coup. Je prends le chemin seul et avance doucement en surveillant les 2 côtés. Un rouge gorge m'accompagne en me devançant de quelques mètres. Brusquement, un léger mouvement dans le brouillard me fait stopper net et mes yeux se posent sur 2 jeunes mouflons à manchette. Ils sont plein travers à 15 mètres, têtes à gauche. Impossible de savoir si ce sont des mâles. Je reste immobile à les observe plusieurs secondes. Ils finissent par s'éloigner tranquillement dans la végétation arbustive. Je m'avance d'un pas et me fige aussitôt en apercevant 2 autres animaux, à environ 40 mètres, qui étaient cachés par un arbuste. C'est un autre jeune et un plus âgé aux cornes plus imposantes qui regardent vers moi de face. Alors que je les observe immobile, les 2 autres font vite demi-tour pour venir se replanter à environ 15 mètres. Impossible de les sexer. Je reste immobile, je suis incapable de savoir si ce sont des animaux tirables. Ils restent immobiles quelques secondes puis repartent, font environ 20 mètres puis font demi-tour et reviennent se planter à 18 mètres environ. Ils me rendent fou. Ils restent un court instant puis remontent vers la crête et je les perds de vue dans la végétation. Les 2 autres regardent vers moi sans bouger. Je fais doucement marche arrière pour être caché par l'arbuste puis remonte doucement vers eux, caché par le feuillage de l'arbuste. Arrivé au pied de ce dernier, je me penche doucement et aperçois le plus gros à environ 15 mètres. Il regarde vers moi de face mais impossible de savoir si c'est un mâle. Après quelques secondes, il démarre entraînant le plus jeune avec lui et ils disparaissent derrière la crête. Je suis à la fois très content d'avoir pu observer mes premiers mouflons à manchette et à la fois très frustré par cette belle approche que je n'ai pas pu concrétiser à cause de ma méconnaissance de cet animal. 

Je reprends ma progression sur le chemin et arrive à la zone de nourrissage sans avoir vu d'autres animaux. Je regarde où me poster mais cette idée ne m'enchante vraiment pas. Je décide de tenter de retrouver des animaux en prospectant sur le secteur. Je monte par les coulées du penchant d'en face et tourne tranquillement un moment sur le secteur en revenant vers la voiture ou j'arrive sans avoir vu d'autres animaux. J'explique ma chasse à Pedro et lui décris les animaux, il m'annonce qu'il s'agissait certainement de jeunes mâles ce qui ajoute encore à ma déception et le fait rire. Je crains d'avoir laissé passer l'occasion de mon séjour. Nous redescendons au restaurant pour retrouver Paco et l'autre chasseur pour manger.

Après un bon repas chaud, nous retournons dans la montagne. Il pleut toujours mais moins. Au départ de la piste, nous croisons le propriétaire qui s'arrête pour nous saluer et discuter un peu avec Pedro. Pedro me laisse au premier chemin pour chasser un moment car il doit aller chercher quelque chose et il me récupérera sur le chemin principal. Il le dit de chasser le chemin puis de remonter en chassant le long du chemin principal, jusqu'à l'habitation du propriétaire, le temps qu'il revienne. Je pars donc chasser mais ne voyant rien sur le premier chemin, je reviens sur le chemin principal et commence à le suivre quand il se sépare en 2. Sur la droite le chemin rejoint une habitation que je n'avais pas remarquée dans le brouillard ce matin. Je le dirige vers cette dernière puis regarde les prairies autour. Ne voyant rien je coupe à travers bois pour rejoindre le chemin principal puis le suis doucement. Au bout d'un moment à suivre le chemin, j'ai un gris doute, comme j'ai coupé, je le demande si je n'ai pas manqué un virage car la ligne droite du chemin me semble bien longue. Je fais donc demi-tour et tombe sur Pedro qui remonte. Je monte en voiture et nous remontons jusqu’aux prairies derrière la maison du propriétaire de la zone. Les chiens ont été rentrés dans la cours fermée. Nous nous garons près d'une chaise d'affût située au-dessus d'une zone de nourrissage. Pedro appâte la zone et me propose de me poster sur la chaise d'affût perchée entre 3 et 4 mètres de haut. Je n'ai jamais chassé de cette façon mais je m'exécute malgré mon vertige. Je monte doucement, le vent qui secoue l'arbre agite l'échelle ce qui ne me rassure pas trop. Arrivé en haut, j'ai un très mauvais feeling. Pedro me fait signe pour le demander si ça va, je lui fais signe que non, étonné, il le demande pourquoi et je lui explique que j'ai le vertige et que je n'aime pas ce mode de chasse. Il me dit que je peux me poster au sol si je préfère ou chasser le long d'un chemin qui passe plus en arrière. Le vent tournant va me trahir du je reste près de la zone de nourrissage. Je redescends, aidé par Pedro qui attrape mon arc et décide de suivre tranquillement le chemin. Pedro repart en voiture et me laisse sur le secteur. Des mésanges noires picorent sur le bas-côté. J'avance doucement quand mon téléphone sonne. C'est Pedro qui m'appelle. Il a repéré un groupe d'une dizaine d'animaux un peu avant l'habitation. Je raccroche et fais demi-tour. Je contourne doucement l'habitation par la gauche mais les chiens se mettent à aboyer. Le brouillard s'épaissit de plus en plus. La maison passée, je suis le chemin doucement et longe une zone défrichée récemment pour aménager une zone de nourrissage. Pas d'animaux en vue, j'envoie un message à Pedro pour lui demander de me préciser la position des animaux mais il ne répond pas. Je me remets en marche et stoppe, contre un arbre qui borde le chemin, pour observer quand mes yeux se posent sur des silhouettes dans le brouillard. Je reconnais vite les cornes en croissant. Ce sont des mouflons à manchette. Il y en a plus de 10. Arrêtés derrière un tas de grumes, à environ 40 mètres, les premiers regardent vers moi. Je reste immobile contre l'arbre. Quelques jeunes mouflons arrivent pour rejoindre le groupe. Une voiture arrive sur le chemin et passe juste à côté de moi, je reste immobile mais les animaux deviennent nerveux et rejoignent le bois tout proche où je les perds de vue. J'espère qu'ils ne sont pas allés très loin et décide de tenter une approche. Je fais une boucle en revenant vers la maison, pour rentrer au bois à bon vent et ne pas risquer d'être vu par les animaux, puis commence ma progression lente dans le bois. Mon téléphone sonne, Pedro vient de me répondre, je lui renvoie un message pour lui dire que j'ai vu les animaux. Je continue à avancer tout doucement quand un mouvement attire mon regard. 3 gros mouflons à manchette, avancent tranquillement à un peu plus de 30 mètres de moi dans la végétation. Je les perds vite de vue et alors que je m'attends à les voir passer dans un clair tout proche, rien. Ils semblent avoir disparus. Je m'approche très lentement quand un léger craquement m'interpelle. Je regarde tout autour de moi et aperçois, un peu sur la gauche, dans un couloir formé par la végétation, 3 gros mouflons à manchette qui broutent les branches basses. Ils ne sont qu'à 12 mètres. J'arme mon arc et attends que l'un d'eux se présente bien et se dégage des autres. Un premier s'avance et passe derrière des chênes verts où je le perds de vue. Un second, un très beau mâle, s'avance et se positionne plein travers juste avant les chênes verts. Je cale ma visée et décoche. Ma flèche le semble parfaite, elle va atteindre l'animal au défaut de l'épaule mais aucun impact ne retentit dans l'animal. J'entends juste le tintement de ma lame qui touche un caillou en heurtant le sol. Je ne peux pas croire que j'ai manqué ce bel animal. Les mouflons démarrent et disparaissent dans la végétation. J'attends un instant puis pars examiner la zone du tir. Ma flèche est plantée au sol. Pas de sang, pas de poil. Je la remets au carquois après l'avoir bien examinée. Je tourne un moment sur le secteur sans arriver à trouver le moindre indice de blessure. Je suis dégouté, comment est-ce possible ? J'ai certainement dû heurter une branche et ma flèche a dû dévier au dernier moment vers le bas.

Je tourne un moment dans le sous-bois qui a été nettoyé sur un grand secteur en essayant de retrouver les animaux mais rien. Je finis par revenir sur le chemin et recommence à le longer doucement tout en surveillant le secteur. Après quelques centaines de mètres sans rien voir. J'aperçois une masse sombre en mouvement à environ 50 mètres devant moi, à environ 7 ou 8 mètres de la bordure du chemin, sur la gauche du chemin. C'est un jeune sanglier d'environ 40 kg qui fouille le sol en quête de nourriture. Je serre la bordure gauche du chemin et longe les arbres pour m'approcher au maximum. J'avance très lentement et arrive à 6 ou 7 mètres du petit sanglier. Il est plein travers, le tir est facile mais je ne suis pas là pour lui. Il avance encore un peu en fouillant le sol et passe derrière un petit arbre pour ressortir au bord du chemin. Il tourne la tête vers moi et m'aperçoit, il démarre en trombe et traverse le chemin en dérapant pour sauter dans le bois en contrebas. Je suis encore le chemin un moment mais pas de mouflon. Je finis par faire demi-tour, toujours rien. Je jette un coup d'œil sur la zone d'appatage, rien non plus. Je refais un tour dans le bois sur la gauche du chemin sans plus de succès. Le temps passe, il va être 19 heures.

J'envoie un message à Pedro pour lui dire que je vais redescendre en chassant le long du chemin. Il me répond "ok". Je redescends donc doucement en surveillant les côtés du chemin mais toujours pas d'animaux en vue. Quand j'arrive à la voiture, il n'y a personne. J'envoie un message à Pedro pour savoir où il est et il me dit de descendre encore un peu pour aller chasser le premier chemin en l'attendant. Ne voyant rien, je remonte mais la voiture n'est plus là. J'envoie un message à Pedro mais il ne répond pas, je tente de l'appeler, il décroche mais chuchote et je ne comprends rien. Il m'envoie un message pour me dire qu'il arrive dans quelques minutes. Je l'attends donc dans le froid mordant sous un vent glacial. Il finit par arriver un peu avant la nuit mais je suis surpris car un chasseur et son fils sont dans la voiture. Je charge mes affaires, le chasseur semble très contrarié, je comprends qu'il a tiré un mouflon à manchette mais a fait une balle trop arrière et n'a pas retrouvé son animal. Pedro lui dit qu'il fera intervenir un chien de sang. Quand je monte en voiture Pedro m'annonce qu'il vient de voir une vingtaine d'animaux sur la zone d'appatage. Je n'ai pas été assez patient. Nous redescendons au restaurant. Le lendemain, la météo annonce un déluge et comme je vais rentrer très tard, je décide de rester avec ma compagne le lendemain. Je remercie donc vivement Pedro et lui paye ma journée de chasse avant de rentrer sur Elche où je suis attendu pour manger.

Mardi, je passe donc la journée à Elche. Il ne cessera pas de pleuvoir de toute la journée. Nous devons partir mercredi après-midi sur Altéa pour y passer 2 jours avant de rentrer. La météo semblant meilleure pour le mercredi matin, je demande la permission à ma compagne d'aller chasser juste la matinée. Ma demande acceptée, j'envoie un message à Pedro qui me dit qu'il n'y a pas de problème et m'envoie le numéro de Paco qui me guidera car lui est retourné chez lui à Murcia. Le rendez-vous est pris pour 7h30 au même restaurant que lundi. J'y retrouve Paco, nous déjeunons tranquillement puis partons pour la chasse, alors que Paco arrive au câble qui ferme le chemin, je constate que la végétation est poudrée de neige. En Espagne, il est interdit de chasser lorsque la neige recouvre totalement le sol, c'est ce que les espagnols appelle "un dia de fortuna". En arrivant au premier chemin, Paco me dépose pour que j'aille chasser. Le sol est détrempé et la neige couvre quelques zones espacées sur lesquelles peuvent se voir quelques traces de renard. Je longe le chemin jusqu'à la zone de nourrissage sans rien voir. Sur le retour, je bifurque sur un autre chemin pour aller prospecter une zone plane de bois où je trouve pas mal de tas de crottes mais pas le moindre mouflon à manchette en vue. 

Je retourne à la voiture nous remontons jusqu'à l'habitation du propriétaire de la zone de chasse qui a sorti ses chiens. Nous nous arrêtons devant l'habitation et il vient à notre rencontre pour nous saluer et nous informer que nous ne pouvons pas chasser plus haut à cause de la neige car en montant d'avantage elle recouvre tout le paysage. Paco me laisse donc chasser dans les bois autour de la maison et m'attend à la voiture. Il devra redescendre dans la matinée pour aller chercher le conducteur de chien de sang qui doit venir faire la recherche du mouflon tiré lundi. Cette recherche n'a pas pu se faire hier à cause du déluge et aujourd'hui la zone de recherche est recouverte par la neige. Je prends mon appareil photo avec moi, il ne pleut pas aujourd'hui. Je pars sur le chemin qui passe près de la zone de nourrissage. Une trace fraîche semble monter vers le point de nourrissage mais je ne vois pas de mouflon sur la zone. Je suis le chemin doucement sans rien voir. Après plusieurs centaines de mètres je tombe sur d'autres traces plus petites. Certainement des mouflons. Je fais demi-tour et constate que des animaux ont traversé le chemin dans mon dos à environ 200 mètres de l'habitation. Je tente de suivre les traces mais les perds vite alors qu'elles rentrent dans le fourré. Je reviens sur le chemin et le longe en direction de la maison. Je constate alors que les chiens m'ont suivi, leurs énormes traces ponctuent le chemin. Je passe l'habitation et pars prospecter la zone où j'ai manqué le gros mâle lundi. Je tourne dans le bois à la recherche de traces et finis par trouver les traces de plusieurs animaux. Je les suis doucement et les perds souvent dans la végétation parfois épaisse. Après environ 100 mètres de pistage, je perds les traces et stoppe pour regarder autour de moi quand un bruit me fait tourner la tête. J'aperçois furtivement un gros mouflon à manchette qui s'enfuit dans le bois à environ 30 mètres de moi. Je n'ai pas le temps de réagir que 2 autres gros s'élancent à ses trousses et disparaissent également. 

J'attends un peu puis tente de retrouver leurs traces sans y parvenir. Je tourne un moment dans le bois nettoyé et trouve plusieurs fois des traces mais sans arriver à les suivre. Au bout d'un moment, je retombe sur les traces du groupe que je suivais. Elles descendent dans le penchant boisé. Je les suis doucement sur environ 100 mètres dans la végétation souvent dense quand un gros mouflon à manchette démarre à environ 30 mètres devant moi. C'était le dernier du groupe, j'entends les animaux fuir dans le fourré. Je tente de les suivre mais la végétation est trop dense et je tente de trouver un passage plus facile pour remonter sur le plateau. J'avais complètement oublié mon appareil photo en bandoulière. Il est trempé et semble ne plus fonctionner. Je tente de se le sécher au maximum et le glisse sous la veste. Arrivé sur le plateau, je regarde l'heure, il va être 11 heures. Je décide de rentrer à la voiture pour ne pas rentrer trop tard sur Elche. 

Un geai vient se percher, en criant, à la cime d'un pin à environ 40 mètres. Quelque chose à dû le déranger. Je m'avance doucement, il s'enfuit. Je progresse doucement en ouvrant bien les yeux quand un jeune mouflon à manchette m'apparaît. Je me fige, il est de 3/4 arrière et regarde vers moi. D'après ce que m'avait expliqué Pedro, il doit s'agir d'un mâle. Les cornes sont larges. Je le juge à 30 mètres. Je mets doucement mon viseur sur 30 mètres. Monte tout doucement mon arc, il n'a pas bougé, j'arme tout doucement, il n'a toujours pas bougé. J'aligne ma visée derrière son épaule et décoche. A l'impact, le mouflon s'effondre sur place. Je me précipite mais c'est fini pour lui. Il n'était en fait qu'à 25 mètres et ma flèche est un peu trop haute. En arrivant près de lui j'ai un très gros doute car il me présente son arrière train et je ne vois pas ses testicules. Ma flèche a coupé la colonne vertébrale au-dessus de l'épaule et ressort partiellement dans le cou. Il est paralysé et saigne abondamment. Il s'éteint, je regarde son ventre et aperçois de petites testicules et son fourreau pénien, je respire à nouveau, c'est bien un mâle. Il me faut maintenant rentrer à la voiture, je suis à nouveau trempé. Je lui rends les honneurs, attache les 4 pattes ensemble pour le porter sur mon épaule et reviens vers la voiture. En chemin, je réussis à rallumer mon appareil photo en sortant la batterie puis en la remettant. Quand j'arrive à la voiture Paco est avec le conducteur de chien de sang. Tous 2 me félicitent, je fais quelques photos contre muret après avoir essuyé mon objectif trempé

Chasse du mouflon à manchette à Alcoy, 6 avril 2022

et nous partons faire les papiers chez le propriétaire pour que je puisse transporter l'animal jusqu'à Elche et le trophée jusque chez moi. En regardant les photos sur mon appareil je constate qu'elles sont floues à cause de l'humidité sur l'objectif. Après avoir fait les papiers je décide, après avoir bien essuyé mon objectif, de refaire quelques photos plus présentables sur une plaque de neige en bordure du bois en lui remettant la brisée de chêne vert qu'il avait perdu lors du transport jusqu'à la voiture.

Chasse du mouflon à manchette à Alcoy, 6 avril 2022

Il est temps de rentrer sur Elche, mon papier en poche, je paye mon guide et mon mouflon puis rentre m'occuper de mon jeune animal alors que le soleil ressort enfin. Arrivé à Elche, je le prends à un olivier, le vide, le dépèce et le découpe pour donner la viande à nos hôtes.

Chasse du mouflon à manchette à Alcoy, 6 avril 2022

Nous dégusterons des pavés de filet à la poêle pour le midi. Un grand merci à Joan, Toni, Pedro et Paco.

Alex

Partager cet article

Repost0
8 novembre 2021 1 08 /11 /novembre /2021 15:54

Le weekend dernier, je suis revenu chasser sur le secteur où j'ai perdu mon grand cerf mais impossible de le retrouver, le vendredi je n'ai vu que 2 biches, une bichette et un faon et le lundi j'ai réussi une très belle approche sur 8 ou 9 sangliers en train de dormir mais je n'ai pas vu de grandes pattes. Vers 10 heures, alors que je descendais dans une pente abrupte, plantée de grands hêtres, entre 2 à-pic rocheux, avec de la feuille morte jusqu'à mi-molets, j'aperçois en contrebas, un gros sanglier couché sur le flanc, dos vers la pente, sur un replat terreux, sous une avancée de roche à environ 60 mètres. Le vent souffle sur ma droite, perpendiculaire à la pente, il fait quelques gouttes. Je pense tout d'abord qu'il est mort et je continue ma descente vers lui quand j'aperçois d'autres sangliers d'un beige clair, dont un un peu plus gros que les autres, qui s'agitent sous la roche. Je comprends vite que ce gros sanglier est en plein sommeil. Je continue mon approche tout doucement, le gros sanglier dort paisiblement, les yeux bien fermés. Les autres sangliers sont blottis les uns contre les autres, leurs têtes sont cachées sous la roche et ils ne peuvent donc pas me voir. Arrivé à environ 30 mètres des animaux, je fais une pause pour observer. Le gros sanglier ouvre les yeux un court instant puis les referme. Une coulée fait un lacet sur ma gauche pour revenir à un peu plus de 10 mètres au-dessus des sangliers. J'en profite pour descendre un peu plus, très lentement, en la suivant. Arrivé au-dessus des sangliers qui sont à moins de 15 mètres un peu plus à gauche, au-dessous de moi, je le fige pour les observer. Après un petit moment le gros sanglier d'environ 80 kg se réveille, s'agite un peu puis se lève, s'étire puis s'avance de quelques pas, c'est une laie. Elle stoppe en-dessous de moi et observe le bas de la pente. 2 bêtes rousses d'environ 25 kg, se lèvent. La première s'avance vers la laie, la seconde tourne sous la roche puis s'avance doucement à découvert puis la laie revient vers la roche, tourne sur place, donne quelques coups de nez dans la terre meuble puis se recoucher tête à droite. Les bêtes rousses retournent se coucher sous la roche. Alors que j'attends immobile à les observer en regrettant de ne pas avoir pris mon appareil photo par crainte de la pluie, un mouvement à quelques mètres sur ma droite me fait tourner la tête. 2 autres sangliers, un d'environ 50 kilos et un d'environ 70, qui étaient couchés entre un talus et un gros sapin, viennent de s’asseoir pour observer autour d'eux. Ils sont à environ 6 mètres, je reste immobile. Ils finissent par se recoucher tranquillement l'un contre l'autre. La grosse laie cette fois couchée sur le ventre, ouvre de temps en temps les yeux. Les 2 autres sangliers sur ma droite se relèvent puis s'éloignent tout doucement en s'arrêtant régulièrement. La laie regarde vers moi, je décide de la tester, je commence à me balancer doucement pour voir sa réaction. Elle me fixe curieuse mais ne bouge pas. Je pousse ensuite des souffles puissants comme le ferait un sanglier inquiet. Elle finit par se lever inquiète puis s'éclipse et je la perds de vue derrière la roche. Les bêtes rousses n'ont pas bougé. Je me décale doucement à droite pour les voir mieux. 4 bêtes rousses sont serrées les unes contre les autres, couchées sur le ventre et tournées vers moi. Ils m'observent tous, les yeux grands ouverts. Nous restons ainsi un instant à nous observer avant la débandade. Les sangliers éclatent, certains vers le bas, d'autres derrière la roche où a disparu la laie. Je reprends ma descente et passe au milieu des gîtes, plus ou moins frais, des sangliers, dispersés tout autour de la roche. Alors que je suis descendu d'environ 50 mètres, une des bêtes rousses et un petit mâle d'environ 40 kilos, remontent et passent à environ 20 mètres de moi pour remonter en faisant des lacets et en s'arrêtant régulièrement pour prendre la coulée prise par les 2 gros sanglier. Je les perds de vue un peu plus haut et reprends ma descente. 

Ce vendredi, ayant un peu accepté d'avoir perdu cet énorme cerf et ayant constaté que plus aucun cerf ne brame sur le secteur, ils semblent d'ailleurs avoir déserté le penchant gauche, je décide de tenter ma chance sur le penchant droit. Je me gare en haut du village de Camous, près de la conduite de force et attends le lever du jour avant d'attaquer la montée. Je prends la rue qui remonte en haut du village pour rejoindre un chemin de randonnée pavé qui remonte vers le haut de la vallée. Je monte tranquillement et jette un coup d'œil sur la prairie à ma gauche, derrière la haie de buis qui borde le chemin. Le chemin prend à droite pour remonter moins raide. Je le quitte pour passer sous une barrière en bois à l'entrée d'un autre chemin qui remonte au plus raide vers une grande prairie qui précède une grange à plusieurs centaines de mètres plus haut. J'avance doucement en observant le secteur. Un peu plus haut, je quitte le sentier pour aller jeter un coup d'œil sur un replat au milieu des fougères et des taillis de buissons noirs. Rien, je reviens au sentier et continue mon ascension. Un peu plus haut encore, le sentier redescend dans les buis, je le quitte pour remonter un talus assez raide et rejoindre un petit replat avant de reprendre mon ascension et suivant le bord du talus. J'avance tout doucement. Environ 80 mètres plus haut, je stoppe brusquement en apercevant un grosse masse entre quelques arbres sur ma droite un peu plus haut. C'est un très gros cerf, à environ 35 mètres, qui mange tête au sol, je vois une partie de ses bois. Je ne peux pas compter ses cors mais je décide de le tirer. Je remonte doucement vers lui, décocheur accroché. Je ne suis plus qu'à 10 mètres de lui, sa tête est cachée derrière un tronc, il avance d'un petit pas toujours tête basse. Son poitrail est bien dégagé, mon cœur bas fort. J'arme mon arc, prends la visée derrière son épaule et décoche. Ma flèche le traverse avec le bruit caractéristique d'une flèche de coffre, elle semble parfaite. Le cerf sursaute et démarre en trombe. Il remonte d'environ 40 mètres et stoppe de cul, au bord du talus, au ras d'une haie de buis. Il chancelle un instant sur ses pattes raides puis se couche. Je reste sans bouger. Il se couche doucement sur le flanc et sa tête se pose doucement au sol sur le côté. J'attends quelques minutes sans bouger. Le cerf ne bouge plus.

Je décide de me rapprocher furtivement. Je me colle à la haie de buis et avance doucement. Alors que j'arrive derrière un gros noisetier, à environ 12 mètres du cerf. Il relève brusquement la tête. Je me fige. Il regarde autour de lui, le vent souffle sur ma droite, il ne peut pas me sentir. C'est un beau 11 cors. Il repose la tête au sol, j'encoche une nouvelle flèche et accroche mon décocheur. Le cerf est de cul, j'hésite à le doubler mais la position n'est pas idéale. Je décide d'attendre. Il relève régulièrement la tête et la repose au sol pendant quelques minutes. Je ne comprends pas, ma flèche semblait parfaite. Je me tiens prêt, il finit par se lever péniblement puis s'éloigne de cul en vacillant. J'arme en espérant voir son flanc mais il s'éloigne en s'arrêtant régulièrement mais sans me donner d'angle de tir. Je passe le noisetier et commence à le suivre en essayant de réduire la distance en espérant qu'il me présente son flanc. Je stoppe à chaque fois qu'il s'arrête pour regarder autour de lui. Il stoppe un peu plus haut, observe un instant autour de lui alors que je reste immobile. Il prend à gauche dans les buis où je le perds de vue. Je presse le pas. Alors que j'arrive où il a disparu, je le vois passer à quelques mètres, plein travers dans les buis. Pas de fenêtre de tir, je le perds de vue, je m'avance dans les buis et le retrouve arrêté de 3/4 arrière à environ 10 mètres. Seul son arrière train dépasse des buis. J'arme mon arc, vise au juger au travers des buis et décoche. L'impact retentit et il démarre pour disparaître dans les buis. Je m'avance pour tenter de trouver la flèche mais ne la vois pas. Je traverse les buis et aperçois mon cerf qui s'éloigne péniblement en suivant un grosse coulée à plat. Ma flèche est posée au sol un peu plus loin, je m'avance pour l'examiner alors que le cerf a disparu dans la végétation. 2 grosses biches et un daguet démarrent un peu plus haut dans les buis et foncent dans la pente pour descendre en-dessous de moi. Je récupère la flèche et l'examine. Elle est couverte de sang et porte un petite morceau de viande pris dans les vannes. Le pied du cerf est bien visible dans le sol noir et mouillé. Je décide de retourner à la voiture pour attendre 2 ou 3 heures. En descendant, je tente de trouver du sang mais je constate qu'il est quasi inexistant, une petite tache de sang est présente à l'endroit où était couché le cerf, c'est incompréhensible. Je tente sans succès de retrouver ma première flèche.

Alors que j'attends dans ma voiture, la pluie mêlée de neige se met à tomber. Les grosses averses se succèdent et réduisent à 0 mes chances de trouver du sang. Le temps écoulé, je reprends mon arc et remonte en montagne pour tenter de retrouver mon cerf. Je reprends mon pistage où j'ai retrouvé ma seconde flèche. Je suis le pied bien visible et caractéristique. Le cerf en mauvais état a souvent glissé et sa piste se distingue bien de celle des autres animaux. J'avance doucement avec une flèche encochée. Je tombe, à environ 40 mètres, sur une grosse tâche de sang très diluée. Après environ 100 mètres de pistage, je tombe sur une couche, et en aperçois une autre à peine plus loin où le cerf semble avoir piétiné, le sol est très marqué et retourné. Alors que j'avance vers cette dernière. J'aperçois mon cerf, juste un peu plus bas, près d'une autre couche, il était caché par un buis et regarde vers moi. Je me fige mais il démarre, fonce vers le bas et disparaît rapidement. Je m'avance vite de quelques pas et l'aperçois à nouveau. Il est plein travers à environ 100 mètres en contrebas, langue pendante et semble à bout de force. Il peine à respirer. Je me rapproche tout doucement jusqu'à un gros arbre. Un coup de télémètre que j'ai pris avec moi aujourd'hui, il est à 44 mètres. J'attends en espérant le voir se coucher. Au cas où, je cale mon viseur sur 40 mètres pour tenir compte de la pente. Il avance de quelques pas et stoppe derrière des arbres. Après quelques secondes, il avance encore de quelques mètres et stoppe plein travers entre les troncs. Je décide de le retirer, j'arme, vise et décoche. Touché, il démarre en trombe et disparaît dans les buis. Je descends pour tenter de retrouver ma flèche mais ne la trouve pas.

Cette fois, je décide d'appeler un conducteur de chien de sang, le premier ne répond pas, je second non plus mais, alors que je laisse un message, il me rappelle. Il peut venir vers 15 heures. Je pars donc voir le président de la chasse pour lui expliquer la situation. Je lui annonce que ce cerf est mort et que, quelque-soit le résultat de la recherche au sang, je fermerai le bracelet et le paierai. Il m'invite à manger. Vers 14h30, je repars vers Camous pour attendre le conducteur avec le président de la chasse qui est venu avec la remorque. Le conducteur arrive avec un ami à lui. Nous partons pour la recherche, nous remontons en montagne et la chienne prend bien la piste jusqu'à ma troisième flèche puis part dans les buis sur une coulée, nous suivons avec son ami mais je ne trouve plus le pied du cerf. La chienne nous mène à l'entrée d'une petite grotte où elle renifle attentivement l'entrée puis reprend sa quête avant de redescendre en zigzagant dans la pente raide, vers la rivière Neste. Elle ressort du bois puis longe l'ancienne voie ferrée en contrôlant les descentes vers la rivière. Après plusieurs centaines de mètres son maître la stoppe et ils font demi-tour. Elle recontrôle les descentes puis, juste avant le tunnel, elle descend vers la rivière et semble s'élancer dans l'eau motivée mais se met à boire. Le conducteur décide de remonter à la troisième flèche et nous dit d'attendre à la voie ferrée, nous en profitons pour examiner les coulées et une belle souille mais rien. Le conducteur et son chien réapparaissent au bout d'un moment au-dessus du tunnel puis remonte en montagne. Cette fois, le conducteur nous expliquera que sa chienne est remontée plus haut puis a lancé brusquement en remontant dans les buis mais le passage d'un cerf y semblant peu probable, il l'a stoppé pour redescendre. Je commence à chercher dans le secteur et remonte vers l'endroit du troisième tir où je trouve ma flèche plantée au sol. Elle porte un peu de sang séché et quelques poils. Il fera vite nuit. Nous décidons de tenter d'aller voir de l'autre côté de la rivière pour éliminer cette piste. Je traverse avec de l'eau jusqu'aux genoux pour prospecter sur l'autre rive dans une propriété close par un mur. La nuit s'installe et nous n'avons pas trouvé mon cerf, je suis anéanti. Je repars chez moi alors que le conducteur, son ami et son chien vont jeter un coup d’œil de l'autre côté de la rivière. Sur le retour, je l'appelle et il m'indique avoir trouvé un pied glissé plus haut dans les buis, j'en suis sûr c'était celui de mon cerf.

Demain la société de chasse fait une battue sanglier sur Camous et le président me dit qu'il me tiendra au courant s'il retrouve mon cerf. En début d'après-midi, je reçois un MMS avec une photo d'un énorme cerf pourri. Je reconnais immédiatement mon grand cerf fléché le 24 octobre. Je suis dégoutté, j'avais raison, ma flèche était mortelle et comprends que la chienne était sur la bonne piste quand elle voulait remonter sur le penchant de l'autre côté du ruisseau car le cerf a été retrouvé un peu plus loin. Le président me dit qu'il va me récupérer la tête et la mettre à la salle des chasseurs. Je décide d'aller la chercher le lendemain matin et d'en profiter pour aller chercher mon second cerf. J'appelle le conducteur pour lui annoncer la nouvelle et lui dire que je vais retourner chercher la tête et mon cerf dimanche matin, il m'envoie une vue aérienne de l'endroit où il a retrouvé les pieds glissés.

N'arrivant pas à dormir, je pars vers 5h30 et récupère ma tête avant de partir, sur les indications du président, pour tenter de retrouver la carcasse du cerf pourri, de nuit à la frontale mais je ne trouve pas le chemin indiqué. Je lève un trio de cervidés et un renard dans le faisceau de la frontale. Je reviens donc vers ma voiture puis me gare un peu plus loin avant de tenter ma dernière chance pour retrouver mon cerf de vendredi. Je remonte à l'endroit du 3ième tir puis coupe la pente perpendiculairement à la direction de fuite. Je retrouve vite le pied glissé du cerf, je remonte sur environ 40 mètres en le suivant et rejoins une belle coulée à plat dans les buis. Le pied semble la prendre, je la suis. Plusieurs petites branches de buis cassées jonchent le sol le long de cette dernière. C’est un passage de cerf. Je suis cette coulée où le pied est plus ou moins visible, passe une petite corniche rocheuse et aperçois mon cerf mort 30 mètres plus loin. Je suis dégoutté, la chienne est passé tout près vendredi alors qu'il était déjà mort. Je le rejoins, les charognards ont mangé les oreilles, le nez et vider le ventre.

Une fin de saison chasse au cerf difficile, 5 novembre 2021

C'est un très beau cerf de 11 cors comme je l'avais vu vendredi. J'appelle donc le Président pour lui annoncer et envoie un message au conducteur. La viande est pourrie, je ne peux que récupérer la tête regrettant amèrement de ne pas avoir fait la recherche seul plus tôt ce qui aurait évité de perdre toute cette viande pour la deuxième fois de la saison. Mon atteinte était parfaite, ma première flèche était rentrée quelques cm derrière l'épaule et ressortait au défaut de l'épaule opposée, je ne comprends pas comment ce cerf a pu repartir et mettre autant de temps à mourir en parcourant environ 300 mètres.

Une fin de saison chasse au cerf difficile, 5 novembre 2021

Il est très dur pour moi qui mets un point d'honneur à respecter la venaison de perdre ainsi les carcasses de 2 magnifiques cerfs, la récupération des trophées est une bien maigre compensation. 

Une fin de saison chasse au cerf difficile, 5 novembre 2021

Alex

Partager cet article

Repost0
6 novembre 2021 6 06 /11 /novembre /2021 18:16

Cette année, j'ai récupéré un bracelet de CEMC2 tardivement. Un des chasseurs qui avait réservé plusieurs cerfs pour les tirer à la carabine n'a pas réussi à fermer ses bracelets et j'ai décidé d'en prendre un mais je n'ai pu le récupérer que le weekend précédent alors que le brame arrive à son terme. Le chasse risque d'être difficile mais je décide de relever le défi. Lors de mes 2 sorties précédentes du vendredi matin et du dimanche soir j'ai vu plusieurs beaux cerfs sans pouvoir les approcher suffisamment pour décocher mais j'ai remarqué qu'ils étaient plus présents sur le haut de la montagne. Ce matin, je monte donc de nuit par un chemin qui grimpe, en haut du village de Camous, dans les buis au niveau de la conduite de force qui alimente l'usine d'aluminium entre Beyrède et Sarrancolin. Je remonte tranquillement à la lueur de ma frontale.

Au 2/3 de la montée, le chemin prend à gauche. Je le quitte pour remonter dans les buis pour rejoindre un crête rocheuse pelée. La luminosité croît très doucement. Arrivé à la crête, je la longe tranquillement quand un brame retentit en contrebas, sur ma gauche, dans les buis. Je me fige et écoute, un animal avance tranquillement en cassant du bois et remonte vers le sommet de la montagne en parallèle de la crête à environ 40 ou 50 mètres en contrebas. Je m'avance doucement pour rejoindre un petit sentier perpendiculaire qui longe sous une parois rocheuse qui interdit le passage aussi bien aux hommes qu'aux animaux. Le cerf brame à nouveau en contrebas. Je me poste à moins de 10 mètres du sentier en espérant que le cerf prennent à droite en arrivant à la paroi rocheuse. J'attends que la luminosité soit suffisante pour tirer. Les bruits de pas sont bien audibles mais l'animal semble biaiser à gauche puis remonter dans les buis sur la gauche de la paroi rocheuse. 

Je quitte mon poste et m'avance doucement en suivant le petit sentier et m'arrête tous les 3 ou 4 mètres pour écouter. L'animal avance tranquillement plus haut dans les buis et stoppe régulièrement. Il ne fait pas encore assez clair pour voir l'animal mais je tente d'approcher au maximum. Arrivé au pied de la combe très raie qui monte entre la paroi rocheuse et une arrête rocheuse qui remonte jusqu'à la crête de la montagne, j'écoute un instant. L'animal se déplace au dessus. Je commence à remonter doucement au travers de quelques buis, il me faut passer à 4 pattes sous 3 gros troncs tombés au sol. J'avance à 4 pattes dans les feuilles mortes puis me redresse dans les buis. L'animal pousse un cri d'alerte sans vraiment m'identifier. Il avance de quelques pas repousse un cris d'alerte s'anvance encore un peu et redonne de la voix. Il s'éloigne ainsi doucement en donnant de la voix pendant un moment puis le calme revient alors que le jour commence à se lever. Je remonte un peu dans la combe puis prends à gauche pour passer la crête rocheuse puis prends une belle coulée qui remonte doucement vers une autre arrête rocheuse. Je m'arrête tous les quelques pas pour écouter, ma progression est bruyante dans les feuilles mortes. Il me faut casser le rythme de mes pas pour ne pas être identifié en tant qu'humain.

Alors que je viens de passer l'arrête rocheuse, je fais une pause sur un replat rocheux quand j'entends marcher en contrebas dans les sapins qui précèdent une zone de buis. Je regarde dans cette direction et aperçois une biche qui avance d'un pas rapide en limite des buis à environ 50 mètres. Je l'observe sans bouger. Elle stoppe brusquement derrière un sapin et reste un instant sans bouger puis bifurque pour remonter.

Triste fin pour le roi des Pyrénées, 24 octobre 2021

Elle s'arrête à environ 20 mètres en dessous de moi et regarde derrière elle quand des raires saccadés se font entendre. Un énorme cerf surgit des buis en penchant la tête pour passer entre les troncs comme le ferait un orignal. Il stoppe de face et regarde vers moi. Ses empaumures sont impressionnantes, sont trophée me paraît énorme. La biche repart pour venir stopper à moins de 15 mètres sur ma droite. Le cerf pousse un brame, avance vers moi de quelques pas puis bifurque pour suivre la coulée prise par la biche. Il avance d'un pas lent et stoppe plein travers entre les sapins à environ 25 mètres. J'arme mon arc et prends la visée alors qu'il pousse un brame puissant. Je cale la visée sur son coffre et décoche. L'impact retentit sans que je puisse voir mon atteinte. Le cerf bondit en l'air à l'impact et démarre en trombe pour disparaitre dans les buis.

Mon cœur bat à tout rompre, mes jambes se mettent à trembler et je dois m'assoir. Je viens de tirer le cerf de mes rêves les plus fous. Vu sa taille, je décide d'attendre 45 minutes avant d'attaquer la recherche. Je m'assois sur un rocher et joue sur mon portable pour passer le temps et me calmer. Le temps écoulé, je descends voir la zone du tir mais ne trouve pas de sang. J'aperçois alors ma flèche posée au sol en contrebas. Je descends pour l'examiner, elle est couverte de sang.

Triste fin pour le roi des Pyrénées, 24 octobre 2021

Je la ramasse et la sens. Elle pue le cerf, je la remets au carquois et remonte pour essayer de trouver du sang. Je tourne et retourne sur la zone du tir sans succès. Je commence à douter, je tente de recouper plus en avant dans les buis dans sa direction de fuite mais rien. Je tourne et retourne quand je tombe sur un très gros pied qui semble frais et qui descend dans les buis. Je le suis tranquillement et tombe sur quelques grosses gouttes de sang à environ 60 mètres de la zone du tir. 

Triste fin pour le roi des Pyrénées, 24 octobre 2021

A partir de là, je trouve quelques grosses gouttes de sang qui suivent une coulée bien marquée.

Triste fin pour le roi des Pyrénées, 24 octobre 2021

En les suivant, je tombe sur une couche fraîche portant des traces de sang ce qui me rassure et me fait dire que mon cerf est bien touché. De là, la piste reprend et commence à remonter mais redescend aussitôt, comme si le cerf n'avait pas eu la force de monter la pente raide. Je me dis que c'est bon signe mais la piste devient alors très peu abondante. Je ne retrouve que quelques gouttes sur environ 50 mètres qui suivent une coulée qui descend fortement vers le bas de la montagne puis rejoint plusieurs coulées. Alors que je marque un arrêt sous des buis. Un animal se lève brutalement dans les buis et remonte la pente rocheuse presque verticale. Je tente de l'apercevoir sans succès. Le bruit stoppe, j'attends un peu puis m'avance dans les buis et trouve un couche fraîche sans sang, j'examine la paroi rocheuse, pas de sang non plus. Pensant qu'il ne s'agit pas de mon cerf, je reviens sur la coulée quand j'entends un animal se débiner sur quelques mètres en contrebas dans les buis. C'est peut-être mon cerf. Je décide de ne pas insister plus et d'appeler un chien de sang. Je n'ai pas de réseau, il me faut redescendre à la voiture.

Une fois en bas de la montagne, j'appelle un premier conducteur qui n'est pas disponible puis un second toujours pas disponible, il me donne un autre numéro malheureusement pas disponible non plus mais il me donne un autre numéro. Cette fois le conducteur est sur la commune d'à côté et peut venir dans un moment. Quand il arrive, Il se prépare puis nous remontons en montagne. Je prends mon arc au cas où et mène le conducteur et sa chienne, rouge de Bavière à l'endroit du tir. La chienne prend directement dans les buis mais trop bas et lève un animal mais le conducteur comprend vite qu'il ne s'agit pas de mon cerf. Il remonte et cette fois la chienne semble prendre le pied du cerf. Je suis en retrait, alors que le conducteur arrive là où je stoppe ma recherche. Il entend démarrer un animal qui casse du bois dans les buis au-dessous de la coulée où j'avais entendu un animal. Nous pensons tous 2 à mon cerf. Il me dit de prendre la laisse et prends sa carabine pour rester près de la chienne, prêt à tirer. Nous fonçons à travers les buis dans la pente raide et je lute pour ne pas tomber, handicapé par mon arc. Le conducteur finit par reprendre la laisse et me distance rapidement. Il arrive à la piste qui borde le ruisseau qui coule au fond de la vallée et la chienne traverse le cours d'eau pour prendre en face et remonter au plus raide. N'y croyant pas, il arrête sa chienne et redescend alors que j'arrive à la piste. Je suis dépité, il décide de retenter notre chance en remontant à l'endroit du tir. Je laisse mon arc à la voiture. Nous remontons donc mais cette fois la chienne reprend dans les buis plus bas et redescend à la piste pour la rejoindre à environ 100 mètres du point de chute initial avant de traverser le ruisseau puis de le longer. Cette fois le conducteur me dit que c'est mort. Je ne peux pas y croire, je sais au fond de moi que ma flèche est mortelle. Il me dit que je peux appeler un collègue à lui pour faire une nouvelle recherche le lendemain. Ce que je fais après son départ. Rendez-vous est pris le lendemain matin à 8h à Camous. Nous remontons donc en montagne avec sa chienne rouge de Bavière plus expérimentée que la jeune chienne de la veille et surtout plus calme. Elle nous suit tranquillement sans laisse. Arrivé à l'endroit du tir, son maître la laisse faire en libre mais elle ne prend pas la piste du cerf et part beaucoup plus bas. Je tente de suivre la piste de la veille et retrouve la couche mais la chienne lève un animal dans les buis et commence à suivre une piste qui revient plus bas vers le chemin par lequel nous sommes montés. Je rejoins le conducteur et nous la suivons grâce à son collier GPS. Elle passe le chemin puis descend droit vers la rivière Neste. Le conducteur semble confiant mais brutalement elle remonte vers le sommet de la montagne et s'éloigne de plus en plus. Le conducteur décide de l'attendre mais elle file de plus en plus et nous devons nous résoudre à monter pour aller la chercher. En montant, j'aperçois une chevrette qui se débine au-dessus de nous. La chienne s'est arrêtée en crête et nous attend. À notre arrivée, elle repart en recherche et descend de l'autre côté de la montagne. Nous tournons et retournons dans la montagne en la suivant sans savoir ce que nous suivons pour finir par abandonner en début d'après-midi. Je suis dévasté mais dois me résigner à l'idée que mon cerf est perdu. Nous redescendons à la voiture et nous rentrons chez nous. Les conducteurs ont tenté de me rassurer un peu mais quelque chose en moi me dit que ma flèche était mortelle. En route, j'avertis le président de la société de chasse de la situation. Il me dit qu'il regardera l'activité des vautours et me tiendra au courant s'il voit quelque chose. Il me dit aussi de ne pas fermer le bracelet et de continuer à chasser.

 

2 semaines plus tard lors d'une battue au sanglier sur le même secteur, l'équipe de Beyrède retrouvera mon cerf pourri non loin de l'endroit où le premier conducteur avait arrêté sa chienne. Cette histoire, très dure à encaisser pour moi, illustre bien mon article paru dans Charc. Les conducteurs de chiens de sang nous sortent parfois de mauvais pas mais ils ne sont pas un remède miracle de plus les recherches sur les animaux fléchés sont généralement beaucoup plus difficiles pour les chiens. 

Quand il arrive, Il se prépare puis nous remontons en montagne. Je prends mon arc au cas où et mène le conducteur et sa chienne, rouge de Bavière à l'endroit du tir. La chienne prend directement dans les buis mais trop bas et lève un animal mais le conducteur comprend vite qu'il ne s'agit pas de mon cerf. Il remonte et cette fois la chienne semble prendre le pied du cerf. Je suis en retrait, alors que le conducteur arrive là où je stoppe ma recherche. Il entend démarrer un animal qui casse du bois dans les buis au dessous de la coulée où j'avais entendu un animal. Nous pensons tous 2 à mon cerf. Il me dit de prendre la laisse et prends sa carabine pour rester près de la chienne, prêt à tirer. Nous fonçons à travers les buis dans la pente raide et je lute pour ne pas tomber, handicapé par mon arc. Le conducteur finit par reprendre la laisse et me distance rapidement. Il arrive à la piste qui borde le ruisseau qui coule au fond de la vallée et la chienne traverse le cours d'eau pour prendre en face et remonter au plus raide. N'y croyant pas, il arrête sa chienne et redescend alors que j'arrive à la piste. Je suis dépité, il décide de retenter notre chance en remontant à l'endroit du tir. Je laisse mon arc à la voiture. Nous remontons donc mais cette fois la chienne reprend dans les buis plus bas et redescend à la piste pour la rejoindre à environ 100 mètres du point de chute initial avant de traverser le ruisseau puis de le longer. Cette fois le conducteur me dit que c'est mort. Je ne peux pas y croire, je sais au fond de moi que ma flèche est mortelle. Il me dit que je peux appeller un collègue à lui pour faire une nouvelle recherche le lendemain. Ce que je fais après son départ. Rendez-vous est pris le lendemain matin à 8h à Camous. Nous remontons donc en montagne avec sa chienne rouge de Bavière plus expérimentée que la jeune chienne de la veille et surtout plus calme. Elle nous suit tranquillement sans laisse. Arrivé à l'endroit du tir, son maître la laisse faire en libre mais elle ne prend pas la piste du cerf et part beaucoup plus bas. Je tente de suivre la piste de la veille et retrouve la couche mais la chienne lève un animal dans les buis et commence à suivre une piste qui revient plus bas vers le chemin par lequel nous sommes montés. Je rejoins le conducteur et nous la suivons grâce à son collier GPS. Elle passe le chemin puis descend droit vers la rivière Neste. Le conducteur semble confiant mais brutalement elle remonte vers le sommet de la montagne et s'éloigne de plus en plus. Le conducteur décide de l'attendre mais elle file de plus en plus et nous devons nous résoudre à monter pour aller la chercher. En montant, j'aperçois une chevrette qui se debine au dessus de nous. La chienne s'est arrêtée en crête et nous attend. À notre arrivée, elle repart en recherche et descend de l'autre côté de la montagne. Nous tournons et retournons dans la montagne en la suivant sans savoir ce que nous suivons pour finir par abandonner en début d'après midi. Je suis dévasté mais dois me résigner à l'idée que mon cerf est perdu. Nous redescendons à la voiture et nous rentrons chez nous. Les conducteurs ont tenté de me rassurer un peu mais quelque chose en moi me dit que ma flèche était mortelle. En route, j'avertis le président de la société de chasse de la situation. Il me dit qu'il regardera l'activité des vautours et me tiendra au courant s'il voit quelque chose. Il me dit aussi de ne pas fermer le bracelet et de continuer à chasser.

2 semaines plus tard lors d'une battue au sanglier sur le même secteur, l'équipe de Beyrède retrouvera mon cerf pourri non loin de l'endroit où le premier conducteur avait arrêté sa chienne. 

Triste fin pour le roi des Pyrénées, 24 octobre 2021

Cette histoire, très dure à encaisser pour moi, illustre bien mon article paru dans Charc. Les conducteurs de chiens de sang nous sortent parfois de mauvais pas mais ils ne sont pas un remède miracle de plus les recherches sur les animaux fléchés sont généralement beaucoup plus difficiles pour les chiens. 

Triste fin pour le roi des Pyrénées, 24 octobre 2021

Alex

Partager cet article

Repost0
3 novembre 2021 3 03 /11 /novembre /2021 22:00

Ce soir, je pars faire un petit tour sur Justian. Je me gare au bord de la route et commence à descendre en longeant un bois quand j'aperçois un lièvre au gagnage à environ 100 mètres en contrebas à 20 mètres de la lisière. Je descends doucement en longeant le bois qui avance d'environ 30 mètres dans le champ un peu plus bas. J'arrive sans être repéré à l'angle ainsi formé par le bois qui me cache maintenant le lièvre qui n'est plus qu'à environ 50 mètres. Je longe doucement l'avancée de bois et stoppe en arrivant à l'angle du bois, le lièvre broute tranquillement à une vingtaine de mètres, en contrebas. Un petit bouquet d'arbres à environ 10 mètres dans l'alignement du coin du bois me permet de m'approcher à environ 15 mètres. Le lièvre me tourne le dos et broute toujours tranquillement. Approcher plus sera compliqué, j'arme, vise et décoche. ma flèche rentre au milieu du dos et ressort dans le sternum. Le lièvre tombe sur place et se débat à peine avant de s'immobiliser. Un second lièvre démarre à 5 mètres de lui et rentre au bois. Focalisé sur mon lièvre je ne l'avais même pas vu.

Un lièvre à l'approche

Alex

Partager cet article

Repost0
24 septembre 2021 5 24 /09 /septembre /2021 15:06

Ce matin, je retourne chasser sur Beyrède-Jumet pour tenter de fermer mon bracelet de CEMC1. En route, au départ de la déviation de Labarthe de Neste, un jeune cerf portant 6 cors traverse la route devant ma voiture avant de se raviser et de revenir d'où il venait. Avant d'arriver à Sarrancolin, au niveau des travaux, un blaireau pris dans mes phares se cale contre un muret sur la gauche de la route alors que je freine , craignant de le voir traverser. En montant les lacers de la route au-dessus de Beyrède c'est un renard qui zigzague un court instant devant ma voiture avant de se jeter dans le penchant en-dessous de la route. Je remonte la piste forestière au-dessus de la carrière pour aller me garer tout en haut avant qu'elle ne redescende vers Jumet. Il ne fait pas encore jour et je me prépare tranquillement, plusieurs cerfs brament autour de moi. Alors que la luminosité croit doucement, je décide de commencer par descendre le long de la piste vers les granges en contrebas. Plusieurs cerfs brament en contrebas, j'avance tout doucement en surveillant en-dessus et en-dessous de la piste. Un peu plus bas, je me fais surprendre par un animal qui démarre en-dessous de la piste caché par les fougères.

Je décide de remonter pour chasser le secteur où j'ai vu beaucoup d'animaux l'autre jour et laisser ce secteur tranquille pour Arnaud qui va venir chasser ce weekend. Je fais demi-tour alors que plusieurs cerfs brament en remontant dans la montagne et je remonte pour prendre le petit sentier sous la crête rocheuse. Le sentier rejoint, je le longe tranquillement en faisant très régulièrement des pauses observatoire. Je descends ainsi vers une petite clairière herbeuse parsemée de fougères où les sangliers ont retourné le sol à la recherche de vers. Une souille fraîche trone au milieu des coup de nez. Je descends vers la piste en contrebas où une des souilles a été fréquentée de la nuit. Le vent n'est pas bon, il souffle dans mon dos, je décide donc de suivre tranquillement la piste avec le vent de dos avant de remonter sur la droite pour faire une boucle et revenir vers la voiture en chassant à bon vent.

Une belle flèche pour mon 300ieme grand gibier à l'arc, 24 septembre 2021

un peu plus loin, un chevreuil, qui m'a repéré avant que je ne le vois, surgit sur ma gauche à une cinquantaine de mètres et traverse la piste d'un bon pour disparaitre en remontant dans les sous-bois de hêtre.

Arrivé au bout de la piste, je remonte tranquillement vers la crête au travers d'une zone de buis. Cette dernière atteinte, je la longe dans les buis

Une belle flèche pour mon 300ieme grand gibier à l'arc, 24 septembre 2021

tout en surveillant le secteur quand j'aperçois un cerf à une centaine de mètres dans la hêtraie en contrebas.

Une belle flèche pour mon 300ieme grand gibier à l'arc, 24 septembre 2021

Il s'éloigne tranquillement, je m'avance dans les buis pour tenter gagner un peu de terrain à couvert. Je le perds un instant de vue et l'aperçois à nouveau après environ 40 mètres de progression. Il regarde vers moi, il a dû m'entendre. Je reste un moment immobile mais il redémarre et s'éloigne au petit trot. Je reprends ma progression dans les buis pour m'arrêter un peu plus loin où j'ai une belle vue sur le sous bois en-dessous de moi. Le cerf, une biche, une bichette et un faon avancent tranquillement vers une grande dépression bordée d'une crête rocheuse et dans laquelle se trouve un souille très fréquentée. Alors que je les perds de vue, je m'avance encore un peu et me cale derrière un gros hêtre. Les animaux ont fait demi-tour. Le cerf s'avance tranquillement à plus de 100 mètres en contrebas. Je le perds de vue derrière un buis et décide de me décaler un peu en revenant sur mes pas quand j'aperçois la biche, la bichette et le faon, éparpillés en contrebas, il fouillent le tapis de feuilles mortes à la recherche de quelques nourritures.

Une belle flèche pour mon 300ieme grand gibier à l'arc, 24 septembre 2021
Une belle flèche pour mon 300ieme grand gibier à l'arc, 24 septembre 2021
Une belle flèche pour mon 300ieme grand gibier à l'arc, 24 septembre 2021

Je reste immobile à les observer, pensant voir arriver le cerf mais le temps passe et il ne se montre pas. Je décide de tenter une approche. Tout en surveillant les trois animaux en vue et en regardant autour de moi au cas où j'apercevais le cerf, je descends avec une infinie lenteur d'un hêtre à un autre. Le vent à tourner et descend maintenant vers la piste en contrebas mais biaise légèrement à droite, pour le moment les animaux ne me sentent pas. Ils sont à environ 60 mètres en contrebas. Je les observe un instant et cherche le cerf du regard mais un changement brusque de direction du vent me trahit et je vois s'enfuir la biche et le faon, la bichette a disparu. J'observe un moment sans bouger, un cri d'alerte retentit plus haut dans la montagne. Je remonte ensuite doucement vers le sommet de la montagne en m'arrêtant souvent pour écouter et observer. Rien, je traverse une bande de buis au milieu d'un chaos granitique qui délimite la crête qui redescend vers la piste.

Une belle flèche pour mon 300ieme grand gibier à l'arc, 24 septembre 2021

Je débouche sur une grande clairière couverte de feuilles mortes sous une zone de grands hêtres clairsemés. Je la traverse doucement pour rejoindre le petit sentier que j'ai pris matin. J'avance doucement en observant le secteur. Rien, je ressors sur la piste près de ma voiture. La chaleur monte doucement avec le soleil qui monte, les animaux doivent être passé sur les versants nord. Je descends la piste côté Jumet jusqu'à la première grange sur la droite de la piste. Je la quitte alors pour un sentier qui remonte vers le sommet de la montagne. Le sentier porte des empreintes fraîches et des crottes fraîches, les animaux étaient là ce matin. Je remonte tout doucement en observant au-dessus et en-dessous du sentier mais rien en vue.

Arrivé au sommet de la montagne, juste en-dessous d'un pic rocheux qui me domine sur ma droite, je m'avance doucement vers le penchant nord de la montagne qui est couvert de grands sapins.

Une belle flèche pour mon 300ieme grand gibier à l'arc, 24 septembre 2021

Alors que je m'arrête, quelques mètres après la crête pour observer, mes yeux se posent sur un grand cervidé à moitié caché par un gros sapin. Seule la moitié arrière de l'animal est visible mais, vu sa corpulence, je suis sûr qu'il s'agit d'un cerf. Je m'avance tout doucement jusqu'à un gros sapin situé à une vingtaine de mètres de l'animal sans qu'il ne réagisse. Je me poste là en espérant qu'il s'avance un peu pour dégager son coffre. 

Un bruit de bois cassé et de pas se fait entendre sur ma droite. Plusieurs animaux arrivent par l'arrière du pic rocheux et descendent pour venir vers moi. L'animal devant moi tourne alors la tête vers le bruit et j'aperçois ses bois, c'est un 4 pointes. Une biche vient stopper à environ 30 mètres et se met à manger tête au sol. Bichette et faon sont un peu plus en arrière. Le cerf regarde régulièrement vers la biche, parfois en se léchant le flanc. Mon décocheur est accroché, je suis prêt à armer. Je surveille alternativement les animaux et me rends compte que d'autres animaux sont arrivés, notamment un petit 6 cors qui mange en retrait, partiellement caché par des branchages. Le 4 cors finit par se retourner, sa zone vitale est cachée par le tronc d'un gros sapin, seul son museau et son arrière train dépassent de derrière le tronc. Après quelques secondes à regarder ses congénères qui mangent toujours éparpillées, il s'avance tranquillement de quelques pas. Il boite légèrement d'un antérieur, j'arme mon arc et attends qu'il s'arrête en espérant qu'il stoppe avant le sapin suivant. Ce qu'il fait, il est plein travers à une vingtaine de mètres, mon viseur se cale derrière son épaule. Je décoche. Je vois ma flèche rentrer où je la voulais avec le bruit caractéristique d'une atteinte de coffre. L'animal traversé démarre en trombe et provoque la fuite de ses congénères dans la pente. Il fonce vers le pic rocheux puis prend à gauche pour descendre dans la forte pente où je le perds de vue au milieu de ses congénères. Un autre petit cerf retardataire surgit de derrière le pic rocheux et fonce à son tour dans la pente. Le calme revenu, je m'avance à la recherche de ma flèche que je retrouve posée au sol un peu plus bas.

Une belle flèche pour mon 300ieme grand gibier à l'arc, 24 septembre 2021

Elle est couverte de sang, confiant sur sa létalité, je commence à chercher les premières gouttes de sang. Les traces de fuites des divers animaux se mélangent et je peine un peu à trouver celles de mon cerf. Des cris d'alerte retentissement en contrebas, les animaux ont dû stopper et l'observent mais je ne les vois pas. En coupant et recoupant la direction de fuite, je finis par trouver le premier sang dans la pente après environ 40 mètres de fuite.

Une belle flèche pour mon 300ieme grand gibier à l'arc, 24 septembre 2021

Le sang est peu abondant mais les traces du cerf sont bien visibles sur le sol. En les suivant, je trouve de temps en temps une petite goutte de sang.

Une belle flèche pour mon 300ieme grand gibier à l'arc, 24 septembre 2021

Un peu plus bas, je tombe sur de belles projections sur le tronc d'un sapin.

Une belle flèche pour mon 300ieme grand gibier à l'arc, 24 septembre 2021

La piste devient un peu plus abondante mais elle n'est pas facile à suivre. Un peu plus bas, une belle tâche sur un bout de de bois mort au sol.

Une belle flèche pour mon 300ieme grand gibier à l'arc, 24 septembre 2021

Le cerf semble être descendu droit en suivant la combe.

Une belle flèche pour mon 300ieme grand gibier à l'arc, 24 septembre 2021
Une belle flèche pour mon 300ieme grand gibier à l'arc, 24 septembre 2021
Une belle flèche pour mon 300ieme grand gibier à l'arc, 24 septembre 2021

Mais brusquement le sang s'interrompt alors que 2 drailles fraîche se croisent. L'une descend droit dans la combe et l'autre prend la courbe de niveau à gauche. De petites goutes projetées sur sur un petit hêtre me remettent sur la piste, mon cerf a pris à gauche.

Une belle flèche pour mon 300ieme grand gibier à l'arc, 24 septembre 2021

Je m'avance de quelques pas en suivant le sang quand je m'aperçois, il est tombé au pied d'un gros sapin à environ 50 mètres devant moi. Un cerf pousse un brame en contrebas.

Une belle flèche pour mon 300ieme grand gibier à l'arc, 24 septembre 2021

Je le rejoins, une mousse rosée sort du trou d'entrée de ma flèche.

Une belle flèche pour mon 300ieme grand gibier à l'arc, 24 septembre 2021

J'appose mon bracelet et lui rends les honneurs avant de l'examiner. Ma flèche est entrée plein poumon où je pensais l'avoir vu et est ressortie juste au dessus du coude opposé. Elle est passée dans les gros vaisseaux au dessus du cœur mais malgré cela mon cerf a fait environ 150 mètres de fuite et la piste au sang était peu abondante. Je le dégage pour le trainer un peu plus loin et faire quelques photos souvenir.

Une belle flèche pour mon 300ieme grand gibier à l'arc, 24 septembre 2021

La piste est à quelques centaines de mètres en contrebas, la pente est raide, je traîne mon cerf qui m'échappe de temps en temps et roule pour aller se caler contre un arbre ou un rocher. Alors que j'arrive à la piste, je me rends compte que je suis au-dessus d'un à-pic d'environ 20 mètres. Si je jette mon cerf sur la piste, il va se fracasser. Je décide de le laisser là, pris dans les branches d'un gros sapin tombé au sol et cherche un passage pour descendre sur la piste. Je n'ai pas de réseau, je suis donc un moment la piste avant de pouvoir appeler le président de la chasse. Il ne peut pas venir avant une heure pour m'aider. Je remonte donc à ma voiture et redescends me garer au départ de la piste au dessus de laquelle j'ai laissé mon cerf.

Après un peu plus d'une heure, il arrive avec 2 chasseurs de la commune et la remorque. Nous partons nous garer en-dessous de mon cerf. Il a amené une longue corde, je monte avec un autre chasseur en tirant la corde et nous rejoignons mon cerf que nous attachons par la tête. Le président et l'autre chasseur nous suivent quand le président glisse au dessus de l'à-pic heureusement qu'il arrive à se rattraper à une branche avant de tomber. Il se redresse. A 4, nous dégageons mon cerf du salon mort puis  le président redescend en tirant l'autre côté de la corde après l'avoir passée au-dessus d'un gros arbre. Une fois le président sur la piste, nous envoyons mon cerf dans le vide et le président de la chasse le redescend doucement. Nous redescendons pour l'aider mais le cerfs s'est accroché par les bois un peu au-dessus de la piste. Je dois remonter pour le dégager. Une fois sur la piste nous le chargeons sur la remorque et descendons à la salle de découpe.

Une belle flèche pour mon 300ieme grand gibier à l'arc, 24 septembre 2021

Après avoir vidé et dépecé mon cerf, je le laisse à la chambre froide, je reviendrai demain le découper en accompagnant mon ami Arnaud à la chasse.

Alex

Partager cet article

Repost0
17 septembre 2021 5 17 /09 /septembre /2021 11:02

Après une première sortie où je n'ai pas vu de cerf, juste 2 brocards, un petit sanglier, 2 biches et un faon, je retourne chasser, ce matin, sur le même secteur. Je me gare un peu avant 7 heures en haut de la piste avant qu'elle ne redescende vers Jumet. Il fait du crachin épais, ce sera parfait pour la chasse. J'ouvre la portière pour écouter la montagne mais pas le moindre brame. J'attends le lever du jour puis pars par la piste en redescendant vers Jumet. J'avance tout doucement en surveillant régulièrement en dessous et en dessus de la piste mais rien ce matin. Apercevant une voiture garée près d'une grange en contrebas, je décide de faire demi-tour pour aller chasser le long d'un petit sentier qui longe sous la crête rocheuse et où j'ai vu les 2 brocards et le petit sanglier dimanche dernier.

Petit brocard portant 2 dagues aperçu à environ 100 mètres en contrebas du sentier le 12 septembre

Petit brocard portant 2 dagues aperçu à environ 100 mètres en contrebas du sentier le 12 septembre

Vieux brocard amaigri venu s'arrêter à 20 mètres de moi un peu plus loin sur le sentier le 12 septembre

Vieux brocard amaigri venu s'arrêter à 20 mètres de moi un peu plus loin sur le sentier le 12 septembre

Les nuages semblent vouloir se dissiper et laisser place à un ciel dégagé. Je repasse à côté de ma voiture et quitte la piste sur la droite pour le petit sentier qui s'enfonce dans le bois. J'avance tout doucement avec le vent dans le dos en espérant voir les animaux en-dessous et en-dessus du chemin.

je n'ai pas fait 30 mètres au milieu des noisetiers épais qu'un animal démarre en-dessous de moi en faisant rouler des pierres. La faible luminosité et l'épaisseur de la végétation ne me permettent pas de l'apercevoir. Je suis sa progression à l'oreille un court instant avant le retour au calme. J'avance un peu plus sur le chemin quand un autre animal démarre, cette fois au-dessus du chemin. C'est une biche. Elle vient se planter à 7 ou 8 mètres de moi, en plein milieu du sentier. Nous nous regardons un court instant puis elle démarre et remonte bruyamment dans les éboulis de blocs de granite qui dominent le chemin. Elle s'éloigne en poussant des cris d'alerte. Je reprends ma progression très lentement en m'arrêtant tous les quelques pas pour observer et écouter. La biche donne toujours l'alerte et avance en avant de moi. Un peu plus loin, un animal démarre à environ 40 mètres au-dessus de moi sans que je puisse dire s'il s'agit de la biche ou d'un autre grand cervidé. Les cris de la biche semble venir de plus loin et finissent par stopper. Le bruit des gouttes d'eau qui tombent des arbres couvrent un peu les bruits du sous-bois.

La grande hêtraie s'éclaircie peu à peu et je débouche sur une grande clairière couverte de feuilles mortes et de débris de bois mort.  Je la traverse doucement pour rejoindre une crête rocheuse qui redescend sur la gauche et la passe pour progresser très lentement entre les hêtres et les houx. Un peu plus loin, j'aperçois du mouvement en contrebas à un peu plus de 100 mètres. Une biche et son faon sont au gagnage entre quelques gros hêtres, ils tournent et retournent sur le secteur. Je les observe un moment puis reprends ma progression lente. La biche ne tarde pas à me repérer et démarre en entraînant son faon pour disparaitre un peu plus loin dans le bois. 

Je décide de redescendre tranquillement vers une large piste en contrebas. J'avance toujours très lentement avec le vent sur ma gauche qui biaise vers le bas. Alors que j'arrive à environ 70 mètres de la piste j'aperçois un sanglier de plus de 60 kg qui fouille le sol forestier, je n'ai pas l'autorisation de le tirer mais je décide de tenter l'approche. J'avance tout doucement, vers l'animal absorbé par son repas en bordure basse de la piste. Alors que je ne suis plus qu'à 30 mètres, il lève la tête et regarde vers moi, je me fige et aperçois alors une petite bête rousse d'environ 20 kg qui fouille le sol un peu plus à gauche sous la piste. Le sanglier recommence à fouiller le sol, j'avance encore un peu et me rends compte qu'il y a d'autres sangliers, un autre gros de la même taille que le premier fouille le sol un peu en avant du premier que j'avais vu et plusieurs bêtes rousses sont dispersés en-dessous de la piste. J'avance doucement, je ne suis plus qu'à 20 mètres. Un des gros relève la tête. Je stoppe net derrière un gros hêtre, il observe un court instant et se remet à fouiller le sol. Un autre gros sanglier arrive bruyamment plus en arrière quand un brame retentit en contrebas. Les 2 premiers gros sangliers, prennent la piste et s'avancent tranquillement nez au sol puis biaisent pour remonter le talus et venir stopper à environ 12 mètres de moi, ce sont 2 laies, je m'avance un peu vers elles quand une bête rousse prend la piste pour les rejoindre et aperçois mon mouvement. Je me fige, elle démarre en soufflant mais mais ralentit vite en voyant les deux adultes qui fouillent tranquillement le sol. Elle remonte le talus et vient fouiller le sol juste en avant d'eux, à environ 10 mètres de moi. Les autres bêtes rousses fouillent les feuilles mortes en-dessous de la piste avec le troisième gros, j'en compte 5 de plus, soit 9 sangliers. Le vent n'est pas bon et souffle vers le trio de sangliers à ma droite. Il finissent par me sentir, une laie souffle puissamment puis gronde avant de démarrer, les sangliers démarrent tous mais s'arrêtent rapidement éparpillés sur et sous la piste pour humer l'air et observer tète haute, la laie gronde à nouveau et fonce dans le bois sous la piste, les gros et une partie des bêtes rousses la suivent et disparaissent. Une bête rousse retardataire démarre plus à gauche, sous la piste, en grognant et stoppe plusieurs fois avant de disparaitre elle aussi.

Je descends doucement vers la piste pour tenter de trouver le cerf qui a bramé en espérant que la débandade des sangliers ne l'ait pas fait fuir. Alors que je m'avance au bord de la piste, je stoppe net en apercevant un énorme cerf couché à environ 60 mètres en contrebas. Impossible de voir les bois, je n'ai qu'un bracelet pour un moins de 10 cors. Je décide de tenter de me rapprocher. J'avance tout doucement vers 2 gros hêtres un peu plus à gauche à 10 mètres en contrebas. Je calcule chaque pas mais rapidement le cerf regarde vers moi. Je me fige un instant, il tourne la tête, j'avance très lentement de 2 ou 3 pas, il regarde à nouveau vers moi. Le premier gros hêtre n'est qu'à 3 mètres. Je reste immobile, il détourne le regard, j'avance vers le hêtre et arrive derrière quand il regarde à nouveau vers moi et se relève. Il regarde fixement vers moi et je ne peux plus avancer, je ne vois pas bien ses bois. Il est à environ 50 mètres, je tente d'imiter un raire de jeune cerf. Le grand cerf commence à monter vers moi de quelques pas en baisant vers la droite pour prendre le vent. Il stoppe à environ 45 mètres et sa tête se dégage, c'est un 14 cors, il est trop gros pour mon bracelet. Je décide de voir si je peux le faire venir encore un peu. Je pousse un second raire, il s'avance encore de quelques pas et stoppe à environ 40 mètres mais croise mon odeur et démarre bruyamment pour foncer dans la pente et disparaître.

Je remonte sur la piste et la suis doucement en surveillant au-dessus et en-dessous. Je marche un moment sans rien voir des geais donnent de la voix plus bas, signe qu'un animal se déplace mais je décide de suivre la piste plus silencieuse que le tapis de débris végétaux qui couvre le sous-bois. Des souilles très fréquentées ponctues la piste. Alors que j'arrive sous la grande clairière traversée tout à l'heure. Un bruit de bois cassé me fait lever les yeux au dessus de la piste. Un grand cervidé est remonté au travers du bois et je l'ai perdu de vue derrière quelques gros hêtres, juste sous un éboulis de blocs de granit qui remonte vers la crête. J'avance tout doucement sur le chemin et finis par apercevoir une jeune biche au travers des arbres. Elle regarde vers moi à environ 100 mètres puis démarre pour croiser la piste à environ 200 mètres et disparaître dans le bois en contrebas.

Je poursuis ma progression très lente en stoppant régulièrement pour écouter et observer. Plus loin, je stoppe net en apercevant une tâche rousse à 8 mètres sous la piste. Je recule tout doucement et comprends qu'il s'agit d'un chevreuil dont je ne vois que l'arrière train au travers des branchages. Il reste un court instant immobile puis démarre dans la pente, c'est une chevrette. Au même moment, un gros bruit de branches et de feuilles qui s'agitent plus en avant se fait entendre. Je tente d'en déterminer la provenance alors qu'un chevreuil about en contrebas au milieu des cris de geais. Pensant qu'il s'agit d'un cerf qui frotte ses bois, je tente de m'approcher doucement mais impossible de voir l'animal qui s'est éclipsé. Les soules boueuses ont été fréquentés cette nuit et une énorme coulée très marquée remonte dans le talus au milieu de la végétation dense. 

Je continue à suivre la piste et rejoins celle que j'ai prise pour monter en voiture ce matin. Je remonte en la suivant tout en surveillant le secteur sans succès. Dans un virage en épingle qui remonte vers ma voiture sur ma gauche, je quitte la piste principale pour en prendre une autre qui s'enfonce dans les sapins. Je la suis un instant tout en surveillant le sous-bois. Rien, je décide de faire demi-tour quand je remarque une grosse salamandre morte sur la piste. Des spasmes agitent encore sa queue, une voiture a dû lui rouler dessus récemment. Je la dépose dans le bois pour lui éviter de finir totalement aplatie puis fais demi-tour. Juste avant de rejoindre la piste principale, je prends un chemin qui remonte droit vers la crête sur ma droite. Je progresse doucement dans la forte pente, des pieds frais de cerf descendent en la longeant. Les geais s'agitent plus haut, peut être des animaux en mouvement. Je remonte en ouvrant bien les yeux mais rien en vue. Alors que j'arrive dans une petite zone de fougères, juste en-dessous de la crête, une biche, cachée par la végétation, démarre à quelques mètres de moi et passe la crête pour stopper à environ 100 mètres en contrebas. Elle observe un peu autour d'elle puis repart et disparaît. 

je remonte en suivant la crête tout en observant alternativement les fougères sur le penchant de gauche et le sous-bois de conifères sur l'autre côté. Un peu plus haut, je biaise à droite pour contourner la pointe rocheuse de la montagne par le sous-bois de sapins. J'avance doucement par les coulées de cerfs et de sangliers, au milieu d'un paysage de blocs granitiques couverts d'une mousse bien verte et de sapins morts tombés au sol.

Seconde sortie de la saison à Beyrède-Jumet, 17 septembre 2021

Malgré deux petits sapins frottés de frais et quelque tas de crottes, je ne verrai pas d'animaux. Les geais donnent de la voix plus bas. Arrivé au bout de la pointe rocheuse, je remonte vers la crête puis rattrape un sentier mal marqué qui redescend vers la piste qui descend à Jumet. Au départ le sentier et plus composé de plusieurs coulées plus ou moins parallèles. Je suis tout doucement l'une d'entre elles dans le sous-bois brumeux de feuillus.

Au bout d'un moment, je suis surpris par un jeune 4 pointes qui remonte sur la coulée que je suis, à environ 30 mètres de moi et démarre pour descendre en la suivant. Il stoppe à environ 40 mètres plein travers et regarde vers moi. J'attends immobile, il repart et stoppe à environ 100 mètres, regarde encore un instant vers moi puis redescend en donnant l'alerte, stoppe sur un replat un peu plus bas. Il pousse un second grondement puis disparaît dans la végétation. Je m'avance doucement pour me rapprocher un peu au cas où il ne serait pas allé loin mais focalisé sur ce cerf, je n'avais pas vu le second, couché à environ 20 mètres en-dessous de moi dans quelques buis épars. Il se lève, c'est un petit 8 ou 10 cors, et descend pour disparaitre dans le bois. Je l'entends un moment casser du bois sans qu'il ne semble s'éloigner beaucoup. Je tente de descendre un peu mais il a disparu, je rejoins ainsi le vrai chemin et le suis pour descendre en surveillant autour de moi.

Alors que je suis bientôt à la piste, je remarque une grosse couche au milieu du chemin. Elle est sèche alors que le sol est détrempé. Un animal était là il y a peu. Je redouble de vigilance et continue à descendre quand je tombe nez à nez avec un faon seul au milieu du chemin à 10 mètres de moi. Il démarre et remonte dans les fougères sur ma gauche. Il est 10 heures, je décide de rentrer, je rejoins la piste et remonte vers ma voiture tout en jetant un denier coup d'œil autour de moi mais pas d'autres animaux.

Seconde sortie de la saison à Beyrède-Jumet, 17 septembre 2021

Alex

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
  • Contact

AVERTISSEMENT A MES LECTEURS

Bonjour,

Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

Bonne visite, Alex

Réponses à mes détracteurs :

https://www.chasse-a-l-arc-dans-le-gers.com/pages/MESSAGES_PERSONNELS_ET_REPONSES-8657563.html

LA RECHERCHE AU SANG

Cliquez sur la photo

 

QUELQUES BLOGS DE CHASSE A L'ARC

 

 

PYRENEES CHASSES D'APPROCHES

https://www.facebook.com/pyreneeschassesapproches

 

FOURNISSEURS

 

 

 

 MATERIEL :

 

 

GRANDS GIBIERS HORS FRANCE METROPOLITAINE

ARGENTINE

 

Buffle murrah
Guanaco

 

ESPAGNE

 

Chèvre sauvage
Mouflon à manchette

GUYANE

 

Pécari à collier
Capibara
Caïman rouge
Caïmans gris

 

Forums Specialises

GRAND CHELEM FRANCAIS

Cerf élaphe
Chevreuil
Mouflon
Chamois
Isard
Sanglier
Blaireau
Renard

 

Répartition des prélèvements grands gibiers

AUTRES PRELEVEMENTS :

Répartition des prélèvements petits gibiers

 

Ragondin
Rat musqué

Lièvre
Lapin de garenne
Martre
Putois
Vison d'Amérique
Faisan commun
Canard colvert
Foulque macroule
Bécasse

 

Guyane

 

Iguane vert
Tourterelle rouviolette
Hocco alector

 

Singe hurleur
Aymara

 

Argentine

 

Lièvre
Renard gris
Tinamou élégant

 

Québec

 

Tétras du Canada
Gélinotte huppée
Bernache du Canada