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13 juin 2021 7 13 /06 /juin /2021 09:36
Un sanglier à l'approche dans les blés, 12 juin 2021

Un récit dès que possible...

Alex

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2 juin 2021 3 02 /06 /juin /2021 05:56

Aujourd'hui, c'est l'ouverture mais aussi ma première sortie au grand gibier avec mon V3 31. Comme chaque année, je n'ai pas fait de repérage sur le terrain et ce soir en sortant du boulot je pars chercher mes bracelets chez le président de la chasse de Justian avant d'aller faire un tour à la chasse. Il pleut des cordes et d'après la météo le temps ne va pas s'arranger avant la nuit mais alors que je passe Biran, le soleil fait son apparition et illumine le paysage détrempé. Alors que j'arrive bientôt à Vic Fezensac, vers 18h15, je repère une tache rousse à 100 mètres en contrebas, sur la droite de la route. C'est une chevrette au gagnage sur une bande enherbée broyée qui sépare 2 parcelles de blé. Arrivé chez le président de la chasse, il ne pleut presque pas, juste quelques gouttes éparses, j'espère que ce temps va durer. Je récupère mes bracelets et discute un peu avant de reprendre ma voiture pour aller chasser le long du chemin blanc qui relie Justian à Roques. Je me gare dans les herbes hautes, au bord de ce dernier, au coin d'un champ d'avoine et me prépare tranquillement. Le vent est tournant mais semble plus régulièrement souffler dans mon dos, je décide de remonter le chemin blanc pour chasser en revenant à bon vent. Je laisse mon appareil photo à la voiture à cause du risque de pluie et commence à longer tranquillement le chemin. Sur ma gauche une grande friche s'étend sur plus de 100 mètres de large jusqu'à une haie épaisse en face de la parcelle d'avoine j'observe alternativement les 2 côtés du chemin et arrive à un 4 chemin. Celui de gauche part vers l'Osse alors que celui à ma droite remonte dans la colline. Je fais une pause pour observer le secteur quand je repère à plus de 250 mètres, une tache rousse au milieu d'une parcelle de fèveroles sur ma droite. Elle est prise entre une pente montante boisée sur sa gauche et un chemin longeant un ru sur sa droite. Ce dernier rejoint le chemin qui remonte dans la colline en bordant le bas des féveroles après un virage à angle droit sur la gauche. Pensant qu'il s'agit d'un chevreuil au gagnage, je décide de tenter une approche. Je dépasse le carrefour et avance suffisamment pour que le talus du champ de fèveroles et le bois qui les domine me cache aux yeux de l'animal. Au moment où je perds le chevreuil de vue, plusieurs avions de chasse me survolent dans un vacarme assourdissant et je crains qu'il n'aient fait fuir le chevreuil. Je décide de finir tout de même mon approche et remonte par un passage de tracteur qui remonte dans une grande parcelle de blé pour remonter vers les fèveroles. Sachant que je suis caché, je progresse le plus rapidement possible en essayant de ne pas faire trop de bruit et rejoint ainsi le talus qui borde le chemin de terre et remonte vers les fèveroles. Je le monte doucement et n'aperçois pas de chevreuil dans la culture en arrivant au sommet, je tente de m'avancer doucement dans les fèveroles pour rapidement m'apercevoir que j'approche en fait une touffe de végétation sèche.

Je fais donc demi-tour et reviens vers le chemin blanc pour continuer à le suivre. Les parcelles au bord de l'Osse semblent semées de frais et donc peu adaptées à l'approche. Un peu plus loin un passage, dans la haie épaisse qui borde le chemin, me permet de jeter un petit coup d’œil sur une petite prairie prise entre des haies. Je décide d'aller faire un tour rapide vers l'Ose pour voir l'état des parcelles cachées par les haies. Je m'avance tranquillement sur le passage de tracteur qui longe la haie de gauche tout en surveillant la petite prairie. Un peu plus loin, un passage, entre le départ d'un bosquet qui fait suite à la haie que je longe et la haie qui ferme la petite prairie, me permet d'accéder à la prairie suivante qui est un peu plus vaste. J'avance tranquillement quand une tâche sombre à 4 mètres sur ma droite me fait stopper net. C'est une chevrette, elle regarde en arrière et reste statufiée, je bouge un peu mais elle ne réagit toujours pas, je décide de poursuivre. Je reviendrai tout à l'heure voir si elle est toujours là. Alors que j'arrive près de la haie qui délimite la prairie, un brocard surgit des herbes hautes, à environ 15 mètres de moi et fonce en longeant la haie. Sur son passage, il dérange une chevrette qui démarre à son tour et fonce sur moi pour bifurquer au dernier moment sur ma droite en m'apercevant et retourner vers le centre de la prairie.  Le brocard a stoppé à environ 80 mètres et a disparu dans les herbes hautes. Je tente une approche, mais alors que j'arrive là où je l'ai perdu de vue, impossible de le retrouver. Je fais demi-tour et reprends ma progression vers l'Osse. Les autres parcelles sont soit des prairies fauchées soit des semés de tournesol non levés. Je retourne vers le chemin blanc, la première chevrette vue a disparu, je craignais qu'elle n'ait un problème de santé. De retour sur le chemin blanc, le vent semble se stabiliser dans mon dos en direction de Roques. Je décide donc d'avancer un moment pour revenir en chassant par les coteaux avec le vent de face. La haie qui borde la gauche du chemin s'ouvre sur une prairie fauchée alors que je longe toujours le blé sur ma droite. Un peu plus loin, une haie descendant du coteau de droite sépare le blé d'un champ semé pris entre le bois des Arrauques et le chemin blanc. J'aperçois une petite boule sombre au bord du bois à environ 200 mètres. Un coup d’œil derrière la haie qui se poursuit vers l'Osse sur ma gauche, entre la prairie fauchée et un semé. Rien, je progresse tranquillement sur le chemin et identifie vite la boule sombre, c'est un lièvre.

Après le bois sur ma droite, le paysage s'ouvre sur un immense champ de poids qui couvre tout le penchant jusqu'en crête. Sur ma gauche une friche ponctuée de grosse flaques d'eau ou je cherche à repérer un animal sans succès. Je passe une nouvelle haie qui borde un petit ru qui longe la parcelle de poids pour rejoindre l'Osse. Je décide de prendre à droite pour remonter en la longeant, sur la bande enherbée qui la sépare d’une parcelle de blé. J'avance doucement dans les herbes hautes au bord des céréales quand j'aperçois le dos d'un chevreuil à environ 50 mètres, entre le blé et une parcelle de vigne. Le vent souffle sur ma droite vers le blé, le chevreuil ne devrait pas me sentir tant que je n'avance pas à son aplomb. J'avance lentement voûté quand l'animal redresse la tête, c'est un petit brocard. Je me baisse derrière le blé en attendant qu'il baisse la tête puis reprends mon approche, j'arrive sans difficulté à environ 10 mètres du brocard qui broute tranquillement. J'arme doucement mon arc mais touche involontairement mon repose flèche qui se rabat et libère ma flèche qui tombe et touche mon arc avec un petit tintement. Je me jette au sol et remet ma flèche en relevant mon repose flèche. Le chevreuil a redressé la tête et regarde vers moi sans vraiment me voir. Un merle commence à lancer des cris d'alerte dans mon dos, dans la haie. Le chevreuil devient inquiet et hume l'air puis regarde autour de lui avant de commencer à s'éloigner d'un pas saccadé. Il me tourne le dos, j'arme mon arc et me redresse pour aligner la visée. Il stoppe et pivote plein travers pour regarder vers moi, ma visée est posée, je décoche. L'impact retentit mais le chevreuil a démarré juste avant l'impact. Il rentre de quelques mètres dans le blé et fonce dans le premier passage de canon pour remonter de cul, en aboyant, vers le somment du champ. Sa course semble difficile comme si ses antérieurs peinaient à le porter. Je le perds vite de vue derrière la crête du champ, le fait qu'il aboie ainsi sans peine me fait penser que je n'ai pas touché les poumons. Le temps étant incertain, je crains que la pluie n’efface la piste, je décide donc de la suivre tranquillement. Je pars chercher ma flèche que je trouve sans difficulté, elle est plantée au sol et porte un peu de sang. Je la remets au carquois, réencoche une flèche et m'avance dans le blé à la recherche du premier sang que je trouve rapidement.

Prise en main du V3 31, 1 juin 2021

La piste est bien fournie et suis le passage de la roue du tracteur, je la suis sans grande difficulté.

Prise en main du V3 31, 1 juin 2021
Prise en main du V3 31, 1 juin 2021
Prise en main du V3 31, 1 juin 2021
Prise en main du V3 31, 1 juin 2021
Prise en main du V3 31, 1 juin 2021

Un peu après la crête du champ le chevreuil a dû marquer un arrêt car je trouve une belle reposée debout.

Prise en main du V3 31, 1 juin 2021

Environ 20 mètres plus loin, la trace de sang prend au gauche dans le blé. Je m'avance doucement dans le passage de tracteur quand j'aperçois mon chevreuil couché en boule, de 3/4 arrière à environ 3 mètres de moi dans le blé en bordure du passage. J'arme doucement vise au niveau des épaules et décoche. Je  ne sais pas si je l'ai touché mais il se redresse d'un bon et  fonce par le passage de tracteur vers la bordure du champ avant de prendre à gauche pour s'immobiliser à environ 60 mètres, plein travers dans le blé. Je l'observe sans bouger, après quelques seconde, il se couche. Je vais récupérer ma flèche plantée au sol dans le le blé et remarque une tâche de sang un peu éloignée de la couche.

Prise en main du V3 31, 1 juin 2021

Ma flèche est peu marquée par le sang. Je décide de retenter l'approche en suivant le sang et arrive dans difficulté à quelques mètres du chevreuil qui n'est toujours pas mort. Il respire péniblement et je décide d'attendre un peu. Il se couche rapidement sur le flanc. Je pose mon arc pour finir de l'approcher et le saisir par les bois pour en finir. Ma première flèche est trop basse elle semble rentrer au cœur mais passe devant ce dernier et ressort dans les muscles de la patte avant opposée. La seconde rentre dans l'épaule et ressort à la base du cou. J'appause mon bracelet et rends les honneurs avant de sortir le chevreuil du blé pour faire quelques photos souvenirs.

Prise en main du V3 31, 1 juin 2021

Je le ramène à ma voiture où je le vide avant de le charger dans ma caisse à gibier. Il reste encore un peu plus d'une heure de jour, je décide de repartir en chasse. Je retourne vers les féveroles. Cette fois, je longe la parcelle par la droite, le long du ru bordé par une haie qui le sépare d'une grande parcelle d'avoine. J'avance doucement en surveillant la culture et arrive à un fossé bordé de bandes enherbées non fauchées de part et d'autre et qui sépare la parcelle de féveroles d'une autre en U qui entoure une colline au sommet boisé. Je commence par suivre les fèveroles par le bord du ru jusqu'à la route à quelques centaines de mètres sans rien voir puis fais demi-tour pour longer la droite du fossé qui sépare les 2 parcelles de fèveroles. J'avance doucement en surveillant autant la prairie à ma gauche que la bande enherbée et les fèveroles. Rien en vue, je passe sous la clôture électrique qui me sépare de la prairie à ma gauche et traverse cette dernière pour rejoindre un passage dans la haie qui la sépare d'une parcelle de blé. Rien en vue non plus dans les céréales, par les passages de gibiers et de tracteur, je remonte jusqu'aux vignes un peu plus haut. Toujours rien, le secteur est très découvert, autour des vignes, des prairies fauchées et des semés de tournesol à peine levés. Contre les vignes, une petite parcelle de blé bordée sur sa droite par une haie. Je la longe doucement mais toujours rien, je décide de revenir vers le chemin de terre qui redescend vers le chemin blanc. 

Alors que je sors du le blé, je longe le pied d'un petit talus en direction d'une parcelle de vigne bordant le chemin quand j'aperçois un brocard aux bois très foncés, au gagnage entre les rangs de vigne. La luminosité commence à baisser, j'avance doucement en stoppant à chaque fois qu'il relève la tête. Le talus est de moins en moins haut et je dois me baisser de plus en plus quand la végétation craque sous mes pas. Le brocard relève brusquement la tête et regarde vers moi. Je reste un moment immobile et il finit par reprendre son repas. J'attends un peu sans bouger puis le voyant calme, je reprends ma progression mais je refais du bruit un peu plus loin et il relève à nouveau la tête, me condamnant à une immobilité parfaite pendant un instant. Il finit par reprendre son repas mais alors qu'il venait vers le blé, il se retourne pour brouter en partant vers le chemin. Je finis mon approche à genoux jusqu'au bout du talus, en face du coin de la vigne. Le brocard broute la vigne, tête haute dans les feuillages, à environ 60 mètres de moi. Je tente ma chance et en profite pour avancer rapidement sur les 30 mètres de découvert qui me séparent de la vigne et me cale au bout d'un rang à genoux. Je tente d'apercevoir le brocard par en dessous du feuillage mais je peine à le voir....

La suite du récit dès que possible...

Alex

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15 janvier 2021 5 15 /01 /janvier /2021 22:12

Suite aux mesures que le virus du covid nous a imposées, je n'ai pas pu chasser à l'approche ma biche et mon jeune que j'avais épargnés en début de saison car les jeunes tétaient encore. Seul l'affût étant autorisé pendant un moment, j'ai préféré attendre le retour de l'autorisation de l'approche pour recommencer à chasser. Connaissant peu ce territoire, j'ai profité de mes 4 dernières sorties pour comprendre les habitudes des animaux et j'ai repéré une très belle remise où les animaux sont présents tous les matins au lever du jour. Aujourd'hui, c'est ma dernière chance de prélever un animal, j'ai en poche mes 2 bracelets et le CEM1, la biche et le jeune de mon ami Arnaud qui ne peux pas venir souvent. Je dois rendre les bracelets ce soir pour qu'ils soient fait en battue et je veux honorer mon contrat de départ de 4 animaux, j'ai donc prévu de chasser toute la journée malgré la météo qui annonce pluie et neige toute la journée. Alors que je me rapproche de Sarrancolin, la neige est de plus en plus présente dans le paysage, la pluie est soutenue. J'arrive au village de Camous vers 7 heures, je me prépare tranquillement et au vu de la neige présente sur le village, je décide d'enfiler mon camouflage neige par-dessus mon camouflage normal. Je vais remonter de nuit vers la remise pour commencer à chasser sur ce secteur à la pointe du jour. La route est verglacée et je peine à ne pas chuter en remontant en haut du village pour rattraper un chemin de randonnée qui remonte vers le haut du cirque montagneux. Il pleut et ma veste non étanche prend vite l'eau, je rattrape le départ du sentier et commence mon ascension en marchant doucement, à la lueur de la lumière rouge de ma frontale, le sol détrempé et les zones caillouteuses facilitent ma progression silencieuse. Seules quelques plaques de neige gelée craquent un peu par endroit. Curieusement, plus je monte moins la neige est présente et finit même par disparaître. Je retire donc mon camouflage neige déjà bien humide pour la mettre dans la poche arrière de ma veste camo.

La luminosité croit doucement et je décide de poursuivre sans ma frontale, après un moment, j'arrive sur un Y, un chemin rejoint le sentier sur ma gauche et repart en arrière en remontant dans la montagne. Je le prends pour remonter sous une zone de rochers, alors que je progresse tout doucement, je me fais surprendre par un grand cervidé non identifié qui surgit devant moi, à 10 mètres, sur le  chemin avant de redescendre pour disparaître derrière un chêne. Je reste figé un moment, il fait trop noir pour tirer. Ne voyant pas revenir l'animal, je m'avance un peu et l'entends avec d'autre qui démarrent en contrebas pour s'éloigner rapidement. Je reprends ma progression sur quelques dizaines de mètres quand j'entends à nouveau les animaux qui se débinent en contrebas sans parvenir à les voir. Je les laisse s'éloigner tranquillement puis avance encore un peu pour rattraper une grosse coulée qui remonte sur la gauche, vers le sommet de la montagne, au milieu des énormes rochers qui affleurent çà et là.  La pluie a cessé. Je remonte tout doucement en surveillant autour de moi même si ma visibilité est encore très limitée. Arrivant dans une répression, je dois franchir une marche haute formée par un ancien mur de grange partiellement effondré. Je le contourne doucement par le bas et commence à remonter doucement quand un animal se lève brusquement çà environ 20 mètres au dessus de moi et démarre pour foncer sur environ 15 mètres sur ma gauche. Il stoppe à environ 35 mètres alors que je me fige. J'ai du mal à l'apercevoir, je distingue tout juste une masse sombre et ne peux pas dire encore s'il s'agit d'une biche, d'un daguet ou d'un petit cerf. Intrigué, l'animal finit par revenir doucement de quelques mètres sur ses pas et stoppe partiellement caché derrière un arbre. Le tronc cache son corps en arrière de l'épaule. Je force mes yeux pour tenter de l'identifier. Après quelques secondes à regarder vers moi, il s'avance encore un peu sur un replat, partiellement caché par un rocher et je n'arrive plus à l'apercevoir tant qu'il ne bouge plus. Après encore un instant, il fait demi-tour, regarde encore un peu vers moi puis avance de quelques pas et stoppe à nouveau pour tenter de m'identifier. Je reste totalement immobile et mes yeux commencent à s'habituer à la faible luminosité qui croit doucement. L'animal, après un moment, s'avance à nouveau sur une zone d'herbe sèche et stoppe plein travers à environ 25 mètres. La tache claire formée en arrière-plan par cette végétation et l'ouverture du bois sur la prairie en dessous qui laisse entrer plus de luminosité me permettent de bien distinguer les contours de l'animal qui est une belle biche. J'arme mon arc et prends ma visée avant de décocher. Je n'ai pas pu voir le vol de ma flèche et n'ai pas vraiment entendu l'impact dans l'animal mais un bruit étrange retentit suivi d'un démarrage d'animaux et du fracas de ma biche qui dévale la forte pente sans pouvoir s'arrêter. Son faon et la bichette, qui l'accompagnaient et que je n'avais pas vu, fuient à toutes pattes dans le bois sur ma gauche. Ma biche n'en finit pas de dévaler la pente puis le calme revient.

Je réencoche une flèche, attends un peu puis m'avance pour recouper la trajectoire de la chute de ma biche. Je pense que ma flèche a touché la colonne vertébrale pour que l'animal tombe ainsi sur place. Je descends la marche de l'ancien mur de grange et trouve vite des grosses taches de sang dans les feuilles mortes retournées par la chute de ma biche.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021
Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

En suivant les feuilles retournées et le sang, j'aperçois vite ma biche en contrebas, immobile, sur le flanc. Elle a chuté de près de 70 mètres par rapport à l'endroit du tir. Je descends à sa rencontre dans la pente raide et glissante quand, alors que je la pensais morte, elle commence à s'agiter en balançant son coup sans pouvoir se relever mais ces mouvements désespérés la font à nouveau basculer et rouler dans la pente pour finir sa course sur le chemin en contrebas. Je descends rapidement vers elle et l'achève d'une flèche cœur poumon. Qui l'immobilise rapidement. Je ne comprends pas où a tapé ma première flèche car je ne vois au premier abord aucune blessure et ma flèche n'est pas visible. En l'examinant de près je constate une blessure au niveau du cou, ma flèche trop en avant a touché les cervicales et traversé le cou de l'animal. Je ne suis pas très fier de ma flèche mais le résultat est là. Je dégage la seconde flèche, apposé le bracelet et lui rends les honneurs. Il me faut maintenant remonter chercher ma flèche qui doit être fichée dans le talus d'herbe sèche tout en haut de la pente boisée.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je remonte donc jusqu'à l'endroit du tir avant de remonter dans l'axe de ma flèche.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Alors que je commence à montrer,  j'aperçois vite les empennages rouges de ma flèche plantée dans le talus d'herbe sèche. Je remonte tranquillement quand, en arrivant près de l'endroit où se trouvait la biche, j'aperçois une petite plaque de neige restée sur le plateau des racines d'un gros arbre tombé au sol. Cette neige est marquée d’une empreinte sanglante laissée par la chute de la biche. Je comprends maintenant que le bruit que j'ai entendu n'était pas l'impact de ma flèche mais la chute de la biche avant qu'elle ne dévale la pente.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je monte récupérer ma flèche un peu plus haut.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

La biche a chuté de quelques mètres, a buté contre la souche de l'arbre avant de basculer en arrière pour glisser le long du tronc dans une goulotte qui l'a précipité jusqu'en bas de la pente, sur le chemin.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je remets ma flèche au carquois puis redescends vers ma biche pour faire quelques photos souvenir.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Il est très tôt et j'hésite à poursuivre ma chasse mais je crains que les vautours ne dévorent rapidement ma prise si je la laisse sans surveillance. Je décide donc de la redescendre au village de Camous pour traiter la viande avant de repartir en chasse. Le chemin par lequel je suis monté ce matin est à 50 mètres en contrebas mais il est parfois dominé par des parois rocheuses abruptes, je décide donc de suivre le chemin pour rentrer. J'attache l'animal par le cou et un bout de bois à l'autre bout de ma corde pour faire une poignée avant de commencer à le tracter. Le chemin est presque plat sur une bonne portion, un bourrelet de feuilles et de bout de bois s'accumule sous ma biche ce qui rend la traction de ses 110 kg encore plus dure. Je m'avance pour poser mon arc plus en avant et revenir ensuite à la biche pour tirer plus à l'aise avec les 2 mains libres. Après environ 100 mètres, le bourrelet de feuilles dirige, sans que je m'en aperçoive, la biche vers le bord du chemin et la précipite dans la pente. Surpris, je ne peux rien faire pour la retenir et ne peux que la regarder dévaler la pente pour stopper au ras du chemin, accrochée dans un buis. Finalement, cet incident va m'économiser de ma peine, je récupère mon arc et descends rapidement en suivant le chemin. Je décroche ma biche et la descends sur le chemin puis recommence à descendre en la tirant derrière moi, quelques plaques de neige facilitent un peu la traction mais le bourrelet de débits végétaux se forme régulièrement et freine la biche que je surveille pour ne pas la revoir basculer dans la pente sous le chemin. Je descends parfois de plusieurs dizaines de mètres sans tracter pour poser mon arc avant de remonter pour descendre ma biche plus à l'aise dans les passages difficiles. Alors que j'arrive près du village, je dérange une biche, son faon et un daguet qui démarrent à environ 30 mètres au-dessus du chemin. Je lâche la biche et encoche une flèche mais les animaux remontent dans le bois et stoppent à environ 50 mètres pour m'observer. Ils repartent tranquillement en faisant plusieurs pauses pour m'observer puis se calent dans le taillis, à environ 80 mètres et regardent vers moi sans bouger. Je remets ma flèche au carquois et reprends ma descente sous le regard des animaux qui ne semblent plus vouloir bouger. Je quitte le chemin un peu plus loin pour descendre la biche le long de la conduite de force jusqu'à la route où j'appelle le président de la chasse pour qu'il vienne m'aider à charger ma prise et la ramener à la salle de découpe. Un radonneur arrive par le chemin qui longe le ruisseau en bac de la combe et passe en dessous de moi avec ses 2 borders collies en liberté.

Arrivé au village, je prends ma biche pour la dépecer, la vider et la découper en cartiers. Vers 12h30, les quartiers de viandes sont chargés dans ma voiture et je décide de retourner chasser quelques heures avant de rendre le reste des bracelets et de rentrer chez moi. Je retourne me garer à Camous comme ce matin et reprends le même chemin que je suis doucement quand j'aperçois 2 animaux au-dessus de moi sur la gauche, un faon et une bichette. Certainement ceux qui accompagnaient la biche fléchée ce matin. J'avance rapidement pour passer à couvert derrière les buis. Je remonte ensuite doucement au milieu de ces derniers pour me rapprocher à portée de tir. Alors que j'arrive au bout du massif de buis, j'aperçois les  2 animaux qui se débinent sur quelques mètres. Je me décale un peu sur la droite d'un buis, le faon est plein travers à environ 25 mètres au-dessus et regarde vers moi. J'arme doucement mon arc et prends la visée avant de décocher. Le faon s'écrase alors pour démarrer et ma flèche, qui semblait parfaite au départ, passe au-dessus de lui pour aller se planter dans le sol. Les 2 animaux s'arrêtent 20 mètres plus loin et regardent un instant vers moi sans comprendre ce qui vient de se passer puis se débinent tranquillement en descendant vers le chemin. Je remonte chercher ma flèche et la remets au carquois avant d'en encocher une autre.

Je décide de poursuivre à flanc de montagne jusqu'à la remise, où je voulais aller ce matin, située au-dessus d'une grange habitée. En arrivant sur place, je constate que les animaux étaient là ce matin, de nombreuses traces fraîches et laissés tous frais en attestent. Je progresse doucement en ouvrant bien les yeux pour contrôler chaque massif de buis, chaque replat dans les rochers mais les animaux ne sont plus dans le secteur. Je suis quelques traces fraîches dans les zones enneigées en descendant dans la goulotte profonde qui descend vers l'habitation puis je remonte le penchant opposé en essayant de ne pas glisser sur cette pente très raide et détrempée. Les 2 chiens, type molosses, de l'habitation en contrebas de mettent à aboyer et regardent vers le bois en dessous, je stoppe et observe en pensant voir passer des animaux mais il s'agit du randonneur vu ce matin avec ses 2 borders collies qui passent sur le chemin au ras de l'habitation. Le soleil fait une timide apparition. Alors que je contourne un gros rocher par le bas et tente de passer un arbre mort tombé au sol, j'aperçois une biche, sa bichette et son faon qui démarrent au-dessus sous les rochers, au milieu des noisetiers. Ils s'éloignent tranquillement sans se retourner. Mon obstacle passé, je remonte pour recouper leurs traces que je suis un instant en remontant vers la route mais je les perds au niveau d'une piste qui débouche un peu plus haut sur la route. Je redescends tranquillement quand, en arrivant au sommet d'un talus, je me fais surprendre par les 3 animaux que je suivais. Ils sont à juste 8 mètres devant moi dans la neige, plein travers, en bordure du bois. Pas le temps de réagir, la biche regarde vers moi et c'est la panique. Elle démarre et fonce sur ma droite avec les jeunes à ses trousses. Après à peine 10 mètres de course elle effectue un bon spectaculaire en percutant au passage un arbuste épineux. Le petit groupe bifurque ensuite pour suivre le bois qui descend vers le fond de la vallée et je le perds vite de vue. J'attends un peu puis décide de tenter de les suivre un moment pour voir où ils sont allés, il est toujours instructif d'analyser les trajectoires de fuite des animaux. La zone est bien enneigée et les traces faciles à suivre. Je descends un moment en suivant le bois puis la piste biaise à droite pour descendre un talus abrupt et rattraper une piste que les animaux ont suivi un moment avant de la longer sur la gauche pour descendre ensuite dans les buis en direction du bois. Je décide de continuer à longer la piste jusqu'à l'habitation, ce qui fait de nouveau aboyer les chiens puis je bifurque à gauche sur une piste qui redescends en longeant le bois. Plusieurs pistes d'animaux plus ou moins fraîches descendent ou remontent le talus abrupt de gauche pour traverser la piste et rentrer ou sortie du bois. J'avance doucement en ouvrant bien les yeux mais rien en vue.

Un peu plus bas, je rentre dans le bois sur ma droite par une belle coulée en suivant des traces étranges que j'identifie un peu plus loin alors qu'elles sont mieux dessinées dans la neiges. Ce sont des pieds de blaireau mais il doit être vraiment énorme car son empreinte fait pas moins de 10 cm de long avec les griffes sur près de 4 de large. Je perds vite les traces en suivant une belle coulée. La neige devient plus rare mais me permet encore de suivre les traces de plusieurs cervidés qui se croisent et se séparent au gré de leur recherche de nourriture. J'avance doucement et observe beaucoup le sous-bois mais rien. La neige disparaît assez vite et je suis les coulées les plus marquées en remontant doucement vers le chemin par lequel je suis monté et le rattrape, après quelques centaines de mètres, au niveau d'une grange entourée de buis. Je décide de traverser le chemin pour remonter à la recherche de la biche, du faon et du daguet vus ce matin. Je suis un peu le chemin en redescendant puis prends une montée sur la droite pour rejoindre une grange au milieu d'une clairière enherbée. Alors que j'avance doucement vers le bâtiment un mouvement, à environ 70 mètres, me fait stopper net. Le daguet et la biche sont en train de descendre dans la pointe de la clairière en broutant. Je me serre vite à gauche pour me cacher derrière le relief du terrain. Les animaux ne m'ont pas vu. Je remonte doucement vers le bois, caché par le relief du terrain et les arbres, alors que la pluie recommence à tomber. J'avance doucement d'un arbre à l'autre pour passer au-dessus des animaux puis avance doucement vers eux. Alors que j'arrive à environ 50 mètres de la biche. Elle relève la tête en ruminant, elle est tournée vers moi, le faon est à ses côtés de cul, le daguet est 20 mètres plus en retrait, plein travers et broute tranquillement. Dès que la biche baisse la tête, je reprends mon approche et gagne quelques mètres quand le vent tourne et souffle maintenant de façon soutenue dans mon dos. La sanction est immédiate, la biche relève la tête et démarre, entraînant les 2 autres animaux avec elle. Elle stoppe environ 40 mètres plus loin et pousse un cri d'alerte avant que le petit groupe se débine dans le sous-bois où je le perds de vue. Je décide de remonter jusqu'à la prairie environ 100 mètres plus haut pour longer doucement le bois. Alors que j'avance doucement sur le replat de la prairie, en lisière du bois, j'aperçois les animaux à environ 30 mètres en contrebas. J'avance doucement pour tenter de trouver un bon angle de tir et me rapprocher un peu mais le faon, que je n'avais pas vu au départ, caché par les arbres, m'a repéré et regarde vers moi. Je me fige mais trop tard, il démarre et bute dans sa mère devant lui ce qui provoque sa fuite et le départ du daguet un peu plus en arrière. Les animaux filent au galop et je pense ne plus les revoir. Après quelques secondes et le retour au calme, je reprends ma progression lente. À peine 50 mètres plus loin, j'aperçois à nouveau les animaux à environ 35 mètres en contrebas, les têtes sont cachées par les arbres. Je tente de m'approcher un peu, caché par quelques buis mais alors que je commence à voir la tête du daguet, je constate qu'il regarde vers moi. Je me fige, il est un peu loin pour tenter un tir et sur l'œil. J'attends un peu immobile mais il démarre et fait fuir le groupe. 

Plus en avant, se trouve une zone de taillis où j'espère qu'ils se sont arrêtés. Je presse donc le pas dans la prairie enneigée en m'éloignant de la lisière pour tenter d'aller recouper les animaux après les taillis. La zone est jonchée de tas de crottes de grands cervidés et de nombreuses traces parcourent le secteur. Ce doit être une bonne zone pour attendre les animaux le soir, je la signalerai à Arnaud. En traversant la prairie, je rejoins une bande de buis traversée de grosses coulées qui débouchent sur un bout de sentier pris entre 2 haies de buis. Je passe les premiers buis et descends le chemin pour déboucher dans une clairière enneigée prise entre les taillis à ma gauche et une pente plus raide et couverte de buis sur ma droite. J'avance doucement en longeant le taillis et contrôle les traces pour voir si les trois animaux sont déjà passés ou s'ils sont restés dans le taillis. Aucunes traces ne correspondent à ces trois animaux, des passages plus ou moins frais rentrent et sortent des buis et des taillis. J'observe attentivement autour de moi quand brusquement je me fige en apercevant un animal à 15 mètres, en train de brouter de 3/4 face devant moi. Je ne suis pas bien caché, il me semble reconnaître un jeune, de toute façon ce n'est pas un CEMC2, je peux donc tirer. L'animal lève la tête, regarde devant lui sans me voir et rebaisse la tête pour reprendre son repas. J'arme doucement mon arc et prends ma visée suffisamment en avant sur son épaule pour atteindre les organes vitaux puis décoche. À l'impact ma flèche me semble un peu haute. Elle traverse l'animal qui fait volte-face et s'enfuit à toutes pattes dans la pente avec un autre animal plus petit qui a surgit des fougères plus à gauche. Je comprends alors que je viens de flécher une biche. Je les perds de vue alors qu'ils sautent un talus plus abrupt. Ma flèche plantée dans la neige est bien visible. 

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Il pleut de plus en plus et je crains de perdre rapidement le sang. Je décide d'attaquer rapidement la recherche que j'espère facile grâce à la neige. Ma flèche n'est presque pas marquée par le sang, j'espère que ma flèche n'est pas passée dans les muscles du dos.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

La flèche a projeté quelques goutes de sang sur la neige sur son passage.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

A l'endroit du tir, je trouve une petite touffe de poil avec un peu de sang.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je commence, à suivre le sang qui n'est pas très abondant et que la pluie est en train de laver et transforme les gouttes de sang en petites coulures rosées diluées.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Malgré le peu de sang, la piste est facile à suivre sur la neige et les traces des animaux sont bien visibles. Une touffe de poil ensanglantée est tombée dans le sillage de la biche.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

La pluie se calme et j'arrive au sommet du talus où il me semblait avoir vu sauter la biche. Plus bas, la neige est plus clairsemée et la recherche risque de se compliquer mais c'est alors, qu'à ma grande surprise, je constate que les traces et le sang longent le haut du talus sur près de 30 mètres avant de stopper net. Je regarde vers le bas et il me semble apercevoir des traces de sang à environ 10 mètres sur une plaque de neige. Je descends donc et confirme cette impression, c'est du sang. D'une plaque de neige à l'autre j'arrive à suivre le sang qui a été totalement lessivé sur la terre. J'arrive ainsi à une zone où la biche semble avoir chuté en derrapant jusqu'au sommet d'un talus abrupt.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je regarde vers le bas et il me semble apercevoir des traces de sang à environ 10 mètres sur une plaque de neige. Je descends donc et confirme cette impression, c'est du sang. D'une plaque de neige à l'autre, j'arrive à suivre le sang qui a été totalement lessivé sur la terre. J'arrive ainsi à une zone où la biche semble avoir chuté en derrapant jusqu'au sommet d'un talus abrupt.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je m'avance doucement au sommet du talus et aperçois ma biche morte qui a glissé sur le chemin en contrebas.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

Je descends à sa rencontre, ma flèche ressortie en arrière des côtes a provoqué la sortie d'une boule d'intestins grosse comme une main ouverte. Le sang coule abondement par les naseaux de la biche, ma flèche a bien traversé les poumons et je constaterai à la découpe qu'elle a aussi touche le foie. Elle aura parcouru environ 100 mètres avant de s'effondrer.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

La flèche rentre bien dans l'épaule où je visais et a traversé l'omoplate. Alors que je m'apprête à mettre le bracelet, je m'aperçois que je l'ai oublié à la voiture. Il est près de 14h30, je fais quelques photos souvenir et laisse la biche sur place pour descendre chercher le bracelet.

Un doublé de biches sous la pluie, 15 janvier 2021

En chemin, j'appelle le Président de la chasse pour l'informer de la situation et voir s'il peut, comme ce matin, venir chercher ma prise avec sa remorque. Il est disponible, je lui dis donc que je vais chercher le bracelet et que je l'appelle quand la biche est en bas au village. Le temps de descendre et remonter une dizaines de grands corbeaux et 4 ou 5 milans royaux tournent autour de la biche à faible altitudes et certains sont posés dans les arbres aux alentours. Heureusement les vautours ne sont pas encore là. Je presse le pas pour rejoindre ma biche et appose mon bracelet avant de la descendre. Le Président averti me rejoint et nous chargeons ma biche avant de partir pour la salle de découpe. Mon travail terminé vers 17h30, il est maintenant temps de rentrer pour finir de préparer la viande et la mettre au frais.

Alex

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4 octobre 2020 7 04 /10 /octobre /2020 16:19

En récupérant mes bracelets avant l’ouverture, j'avais posé une option pour un CEM2 si un se libérait. La semaine suivant le prélèvement de mon CEM1, mon téléphone sonne le jeudi midi, c’est le président de la chasse qui m’appelle pour me proposer un CEM1 et un CEM2 sur Camous, un carabinier venu chasser les jours précédent n’a pas réussi à les réaliser. C’est ma chance, après toutes ces années d’attente, j’accepte le CEM2 et Arnaud le CEM1. Vendredi matin, après avoir récupéré les bracelets, je pars chasser seul sur le secteur sous la pluie. Après 4 belles approches qui n’ont pas pu se conclure à cause des vents tournants, notamment une sur un très beau 16 cors approché à un peu plus de 20 mètres (Attendant qu’il s’avance pour dégager sa zone vitale, caché derrière un gros tronc couché au sol, le vent tournant m’a trahi et lui a permis de fuir avant que je n’ai l’occasion de le flécher), je décide de rentrer chez moi vers 11 heures, complètement trempé mais plein d’espoir pour les prochaines sorties. Le samedi matin, je retourne avec mon ami pour une journée complète de chasse, sans faire de pause pour manger le midi, j’ai arpenté en tous sens le territoire entre 7h30 et 20h30 sans m’arrêter de marcher et j’ai repéré de très nombreux cerfs de plus de 10 cors et des secteurs prometteurs pour concrétiser mon rêve. J’ai également pu réaliser plusieurs approches sur des animaux à portée de tir mais jamais l’animal convoité, 2 daguets, une bichette, 2 jeunes 10 cors. Le lendemain matin, nous repartons pour une matinée de chasse car Arnaud rentre ce soir chez lui et tuer un cerf en fin de soirée implique de finir de préparer la viande vers 2 heures du matin ou plus.

Je remonte la route qui dessert les granges du secteur et me gare presque au bout de cette dernière. Nous nous quittons donc au lever du jour pour nos secteurs respectifs, Arnaud chassera au-dessus de la route et moi en-dessous et le penchant opposé comme la veille, nous nous donnons rendez-vous vers 11 heures à la voiture. Nous nous préparons avant le lever du jour et comme la veille de nombreux cerfs brament déjà tout autour de nous. Le vent remonte vers le fond du cirque, je décide donc de redescendre à pied, par la route pour chasser en remontant, vent de face. Après quelques centaines de mètres, je bifurque à gauche sur un sentier qui redescend vers Camous à travers bois.  Le vent a tourné et souffle maintenant face à moi, je suis dégoûté mais il me faudra faire avec. Plusieurs cerfs aux brames impressionnants se font entendre sur le penchant opposé et plus bas en dessous du chemin. J'avance doucement alors que la luminosité, encore faible, croit lentement. Brusquement, un mouvement me fait stopper net au milieu du chemin. Une petite silhouette blanche descend vers moi par un passage qui remonte vers une grange abandonnée un peu plus loin. C'est un chat, il avance sans bruit en s'arrêtant régulièrement pour observer autour de lui et prend le chemin pour remonter vers moi. Je reste immobile et le laisse venir. Il vient lentement jusqu’à 2 mètres de moi de moi quand il s'aperçoit que cette masse au milieu du passage n'est pas normale. Surpris, il fait un bond spectaculaire et retombe plus de 2 mètres plus à gauche sous le chemin dans le bois avant de se réfugier sous un buis pour m'observer à environ 3 mètres de moi. Je me remets en mouvement et il me regarde passer sans bouger, tapis au sol.

Un peu plus bas quelque chose démarre bruyamment à environ 30 mètres devant moi sur la bordure gauche du chemin. Je me fige et accroche mon décocheur. Une biche et une bichette arrive pour stopper à 15 mètres en dessous du chemin et regarder vers moi. Elle reste un moment sans bouger puis se débinent tranquillement dans le sous-bois. Alors que je commence à voir les prairies un peu plus bas et entendre le ruisseau grossi par les pluies de ces derniers jours, je quitte le chemin et descends un peu pour rattraper une belle coulée et remonter doucement pour chasser dans le bois. Avec le lever du jour le brame s'est bien calmé. Les cerfs se font entendre tout de même par moment sur le flanc de montagne opposé. J'avance tout doucement en stoppant tous les quelques mètres pour observer. Plus loin je dois passer une petite combe profonde en très encaissée puis contourner un grosse roche quand un grondement sourd se fait entendre au-dessus dans le bois. Je viens de me faire repérer par un cerf mais impossible de le voir. Je me décale doucement alors que les grondements continuent mais impossible de l'apercevoir quand un brame puissant retentit un peu plus loin sur une place de brame où j'ai approché un gros 14 à 30 mètres vendredi et plusieurs gros cerfs différents hier. Je m'approche doucement caché par le relief du terrain qui forme un creux avant la place. Un bout de grillage limite mes possibilités d'approcher discrètement car pour le franchir par-dessus je dois m'exposer. Je biaise donc vers un trou dans ce dernier et le cake derrière un gros arbre alors qu'un brame puissant retentit. Je me penche doucement sur la droite du tronc et aperçois un beaux 10 pointes accompagné d'une grosse biche, d'une bichette et d'un jeune. Le vent n'est pas très bon et ne cesse de tourner. Presque immédiatement, le cerf regarde vers moi et s'éloigne tranquillement en laissant les autres animaux qui broutent tranquillement en remontant vers la prairie un peu plus haut. Je reste un moment à observer a biche et ses jeunes en espérant voir revenir le cerf mais ce petit monde remonte tranquillement vers la prairie et le mâle ne revient pas. Des brames se font entendre un peu plus loin et sur ma droite sur le penchant opposé. Je commence à bouger et immédiatement la biche, pourtant à environ 80 mètres me repère et le fixe avant de s'enfuir avec les autres animaux. Je biaise vers le ruisseau en contrebas, le traverse et rejoins la piste qui remonte vers les granges par le fond de la vallée, en suivant le ruisseau. Le bruit assourdissant du cours d'eau couvre les voix des cerfs. Je décide de suivre un moment-là piste pour rejoindre un penchant d'herbe avant de remonter vers le sommet de la montagne dur la droite de la piste. J'avance assez rapidement pour ne pas perdre de temps car mes chances de voir un cerf à découvert sont faibles. Après quelques centaines de mètres de marche rapide j'atteins le bas de la prairie et observe un instant. Pas d'animaux, je remonte et suivant le bois pour passer au-dessus de la prairie dans une pente très raide couverte d'une hêtraie très claire. Je progresse d'arbre en arbre en prenant le temps d'écouter et de bien observer. Peu à peu, le bruit du cours d'eau s'estompe et des brames commencent à se faire entendre sur ma droite. 2 cerfs semblent se répondre dont un à la voix surpuissante. J'avance toujours avec la même technique en baisant vers une combe qui descend droit vers le ruisseau. Je suis le plus possible les coulées moins bruyantes que l'épais tapis de feuilles mortes qui couvre le sol et cache de petits bouts de bois morts. Des animaux me surprennent et démarrent en contrebas dans la pente, c'est une biche, la bichette et un faon qui s'éloignent et disparaissent en passant l'arrêté du bord de la combe, à environ 80 mètres. Alors que j'arrive près de la combe un brame me fait lever les yeux sur un beau 10 pointes, à environ  100 mètres au-dessus de moi, à découvert, au milieu de la hêtraie. Je me suis figé et il ne semble pas m'avoir vu alors que je suis à découvert dans la pente couverte de feuilles mortes. Le cerf immobile un moment commence à se frotter les bois contre un tronc, j'en profite pour avancer très lentement d'un pas vers un rocher plat posé au pied d'un gros hêtre, à quelques mètres au-dessus de moi. Le cerf relève la tête, regarde autour de lui et brame. L'autre cerf lui répond de sa voix puissante plus bas et plus en retrait dans le bois. Le 10 pointes d'avance d'un pas, sa tête est cachée derrière un arbre, j'en profite et le hisse doucement vers la roche pour me caler derrière le gros tronc. À couvert j'analyse le terrain, une belle coulée passe à 15 mètres au-dessus de moi et d'autres plus haut. L'approche est quasi impossible, je décide de rester là et d'attendre en espérant que le cerf descende pour se rapprocher de moi. Je l'observe un moment à brame et à se faire les bois contre les arbres, l'autre cerf lui répond et semble se rapprocher. Je décide de tenter de l'énerver en poussant un petit brame étouffé, il regarde vers moi mais je réagit pas plus. Je retente un petit brame au bout de quelques minutes. Il me répond mais ne bouge pas. Je décide d'attendre immobile mais rapidement, un craquement attire mon regard en dessous de moi. Un énorme cerf de 10 pointes avec de très longs andouillets d'avance tranquillement sur l'autre rive de la combe à environ 30 mètres. Il stoppe à environ 25 mètres et regarde vers moi. Je suis en apnée et pense qu'il m'a vu mais il repart tranquillement sur sa lancée. Je profite de son passage derrière un arbre pour armer mon arc et aligner la visée sur son épaule. Il stoppe à environ 17 mètres en dessous de moi. Rapidement mon pin's se cale au défaut de l'épaule et je décoche mais ma flèche trop basse passe juste dessous son poitrail et se casse en touchant le sol. Je n'en reviens pas comment j'ai pu manquer ce cerf, il fait volte-face et se jette bruyamment dans la pente. L'autre cerf en a profité pour monter d'environ 50 mètres et regarde vers moi. Je descends chercher ma flèche et suis un moment les pas du cerf qui ont retournés les feuilles mortes mais pas la moindre goutte de sang, je l'ai bien manqué. Il est 10 heures et je décide donc de redescendre pour revenir en chassant vers la voiture quand des raires suivis d'un brame étouffé se font entendre un peu plus loin sur la gauche. J'observe un moment sans rien voir puis commence mon approche lente en stoppant régulièrement pour observer. Les rayures suivi de ce même brame étouffé se succèdent alors que je me rapproche peu à peu sans voir le cerf. Je suis les coulées des cervidés pour éviter de glisser dans la forte pente. Je passe une autre combe qui descend vers le ruisseau puis remonte très doucement vers une énorme roche plantée dans le flanc de la montagne. Un brame retentit, le cerf est juste au-dessus de ce gros rocher. Une goulotte ponctuée de marches naturelles dans le gros rocher me permet de l'escalader doucement. Alors que mes yeux atteignent le haut du rocher, j'aperçois le cerf, il est de 3/4 arrière, tête à droite, à environ 20 mètres et frotte ses bois contre un arbre. Ses empaumures à 3 pointes bien développées, ses merrains massifs ne laissent pas de doutes. Un compte rapide des pointes, il fait au moins 10 pointes, ce n'est pas le plus gros ni le plus beau cerf que j'ai vu en 3 sorties mais il est magnifique. Je me baisse, arme mon arc puis remonte doucement en alignant ma visée sur le cerf qui s'avance doucement tête basse de 3/4 arrière, son flanc est bien dégagé, ma visée calée, je décoche. Ma flèche rentre d'environ 30 a 40 cm dans l'animal qui accuse l'impact puis part au galop tête basse. Il stoppe 40 mètres plus loin dans un massif de buis, ses bois bouge mais je ne vois pas vraiment son corps, il titube, tente de repartir en montant mais son arrière train ne le porte plus, il chancelle puis démarre en faisant un arc de cercle pour disparaître derrière les buis. 

Un rêve devenu réalité, 4 octobre 2020

Confiant sur la létalité de la flèche, je m'avance doucement vers les buis où je trouve de très impressionnantes traces de sang

Un rêve devenu réalité, 4 octobre 2020

et aperçois vite mon cerf couché sur le flanc côté tir, calé contre un arbre. 

Un rêve devenu réalité, 4 octobre 2020

Il a un gros caillot de sang dans la gueule, c'est un superbe animal. J'appose mon bracelet le le dégage de l'arbre pour lui rendre les honneurs et faire quelques photos avant de le descendre. Je suis enfin parvenu à prélever ce grand cerf dont je rêvais tant, je ne me lasse pas de le contempler, c'est vraiment le roi de nos forêt et quelle chasse que de l'approcher dans les décors majestueux de nos Pyrénées.

Un rêve devenu réalité, 4 octobre 2020

La pluie se met à tomber comme pour me ramener à la réalité. La pente est très raire et je crains d'endommager le trophée si je le laisse dévaler la pente, je dois donc le retenir et l'orienté pour le descendre en le calant d'un arbre à l'autre sur plusieurs centaines de mètres avant d'arriver à la piste du fond de vallée. Je laisse mon cerf dans un trou, recouvert de fougères et de branchages pour le cacher aux yeux des vautours avant de remonter vers ma voiture qui est à environ 35 à 40 minutes de marche. Je n'ai pas de réseau et je dois attendre d'arriver à mon véhicule pour avertir Arnaud et le président de la chasse qui m’envoie son fils et des jeunes chasseurs de la commune pour charger mon cerf sur leur pick-up avant de rentrer à la salle des chasseurs pour préparer mon cerf avant de rentrer chez moi.

 

Alex

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27 septembre 2020 7 27 /09 /septembre /2020 11:34

Cette année, je voulais reprendre un bracelet de cerf sur le secteur de Camous mais tous les bracelets étaient déjà réservés, j'ai donc dû me rabattre sur le secteur de Beyrède-Jumet où j'ai pu avoir un bracelet de cerf moins de 10 cors (CEM1), une biche et un jeune pour moi et une biche et un jeune pour mon ami Arnaud Lasperches. Je ne connais pas du tout ce nouveau secteur et j'ai commencé à repérer un peu seul durant les 2 sorties que j'ai faites depuis l'ouverture de la chasse. Ce weekend Arnaud doit venir chasser mais la pluie est annoncée pour vendredi, samedi et dimanche, nous décidons de chasser quand même. Arnaud arrivé le vendredi soir, nous partons pour la chasse vers 5h20 le samedi matin sous la pluie. Arrivés sur Beyrède vers 6h30 nous prenons la piste qui remonte jusqu'en haut de la montagne. Le vent a soufflé très fort et souffle encore, la piste est jonchée de feuilles et de petites branches quand nous devons stopper. Un arbre est tombé en travers du passage. Nous devons descendre sous la pluie pour le pousser sur le bord de la piste avant de continuer. Nous arrivons au sommet vers 6h45, il pleut toujours autant et le vent souffle très fort. Il ne fera pas jour avant 30 minutes, je tente d'écouter en ouvrant ma portière mais aucun brame audible. Le bruit du vent et de la pluie coupe le son. Les 2 penchants de la montagne sont très différents, celui qui descend vers Jumet, en face de nous est couvert de prairies, de fougères et de bois de noisetiers alors de la piste remonte au travers d'une zone très boisée de hêtres et de sapins. Jusqu'à ce weekend les sols très secs rendaient l'approche difficile mais j'ai pu approcher des biches et des faons à portée de tir du côté des fougères, je décide donc de laisser ce secteur plus facile à Arnaud et d'aller chasser dans les bois. Alors que le jour commence à se lever la pluie se calme un peu et nous en profitons pour sortir de la voiture pour nous préparer mais le répit est de courte durée, la pluie se remet vite à tomber.

Nous partons chasser chacun de notre côté, je prends un petit sentier sur la gauche de la piste qui longe sous une crête rocheuse composée d'un chaos de gros rochers. Le sommet et le penchant opposé sont couverts d’une large bande de buis où les animaux semblent venir se remiser d'après ce que j'ai pu observer jusqu'à présent. Les fortes pluies de vendredi ont détrempé le tapis de feuilles mortes, ce qui rend ma progression plus silencieuse, mais les fortes rafales de vent ont fait tomber de nombreuses branches au sol et je tente de marcher doucement pour les éviter au maximum. Le sentier débute dans les buis au milieu des rochers couverts de mousse puis le paysage s'ouvre vite sur la pente descendante à ma gauche sur un bois clair de hêtres. Je m'arrête tous les 2 ou 3 pas pour bien observer autour de moi, le sous-bois est encore très sombre. Le vent violent agite les grands arbres qui craquent et grincent de façon inquiétante, aucun brame ne se fait entendre, la pluie tombe mais pour le moment ma veste non étanche me protège. Le sentier descend doucement et rejoint une combe très dégagée et couverte d'une épaisse couche de feuilles mortes, elle descend à une belle souille sur la piste à environ 100 mètres en contrebas. Je décide de la rejoindre et descends en suivant le creux de la combe. Arrivé à la piste, je prends à droite pour la suivre avec le vent dans le dos. Je continue à avancer tout doucement en m'arrêtant très souvent pour observer. Je passe deux zones de régénération ouvertes sur des zones enherbées sur ma gauche, sous le chemin. Pas un animal au gagnage, les zones de hêtres permettant de voir loin alternent avec des zones plus touffues. La droite du chemin s'ouvre sur une belle hêtraie parsemée de blocs de roche et de bouquets de buis et de houx. Alors que je passe une zone de roche qui descend jusqu'au chemin, un léger mouvement attire mon attention à environ 60 mètres, sous un bouquet de buis. Je me fige et observe, un animal tourne sous les arbustes de façon étrange. Je l'observe un instant puis tente de me rapprocher un peu en gravissant le talus rocheux du chemin. Je remonte doucement d'arbre en arbre et gagne environ 15 mètres quand l'animal se détache un peu plus à découvert. C'est un daguet malingre, il tourne un instant sur place nez au sol comme s'il cherchait à prendre une piste à la manière d'un grand chien courant. Je stoppe mon approche car ce n'est pas l'animal que je désire prélever. Le daguet se met à bondir en tous sens comme un cabri puis part nez au sol, d'un pas rapide, en parallèle de la piste. Il stoppe à environ 100 mètres contre un autre petit massif de buis puis se fait les bois contre un arbuste et recommence à sauter comme un cabri en tournant sur lui-même. Il repart nez au sol pour descendre le talus de la piste. Il stoppe en bordure du chemin alors que je suis redescendu sur le chemin, il observe un instant puis disparaît dans la pente sous la piste. Je reprends ma progression lente et aperçois un peu plus loin le daguet qui plonge dans la pente, au grand galop, entre les hêtres, à plus de 100 mètres en contrebas, il a dû me sentir.

Un peu plus loin, la piste s'interrompt. Après un coup d'œil infructueux sur le secteur, je fais demi-tour. En suivant la piste, je remarque une bande enherbée à environ 90 mètres en contrebas dans le bois de hêtres, je quitte la piste et descends pars une sorte de chemin de débardage pour rejoindre cette zone ouverte ou j'espère voir des animaux mais rien ici non plus. Je poursuis ma chasse dans les hêtres en contrebas du chemin quand des geais se font entendre un peu plus loin, j'ai remarqué lors de mes sorties précédentes qu'ils annonçaient systématiquement les grands cervidés. Je redouble d'attention en progressant d'arbre en arbre quand j'aperçois un cervidé à environ 80 mètres devant moi. Je stoppe net près d'un arbre. C'est un faon, il regarde vers moi. Je reste immobile en espérant qu'il m'oublie mais le vent tourne et sa mère que je n'avais pas vue démarre, plus à gauche, en entraînant sa progéniture pour disparaître rapidement dans le bois. Je reprends ma progression lente en essayant de ne pas trop descendre, un peu plus loin, je rejoins une zone de buis couvrant une bande de rochers couverts de mousse. Je redouble d'attention dans ce milieu fermé mais rien, je ressors dans une grande combe clairsemée de hêtres et qui descend en pente prononcée. Alors que j'observe le secteur, je me rends compte que la piste est à environ 100 mètres au-dessus de moi. Alors que je regarde vers cette dernière, j'aperçois furtivement un animal qui détale au grand galop en la suivant pour disparaître rapidement, plus à droite, derrière un bouquet d'arbre planté au bord du chemin. Je décide de remonter la pente très raide pour rejoindre la piste. Une fois cette dernière atteinte, je la suis toujours en mode chasse jusqu'à rejoindre la piste empierrée par laquelle nous sommes montés en voiture ce matin.

Je remonte doucement en suivant la bordure droite de la piste pour tenter d'apercevoir un animal dans la pente en dessous ou en dessus de cette dernière mais rien. Un peu plus loin, je jette un coup d'œil à une belle souille qui se trouve sur la droite d'un ruisselet encaissé qui descend très en pente vers le fond de la vallée. L'eau est claire, les animaux n'y sont pas venus récemment. Un peu plus haut la piste tourne en épingle à gauche pour remonter vers la voiture et une autre piste  part droit, en suivant plus ou moins la courbe de niveau, vers le col de Beyrède. Je m'avance un peu sur cette piste, au milieu de sapins immenses qui couvrent la montagne au-dessus et au-dessous du chemin. J'observe un peu sous les conifères puis prends à gauche pour remonter par un petit sentier assez raide qui grimpe jusqu'à la crête et que j'ai repéré la semaine dernière. Je remonte doucement en surveillant le secteur, les sapins font vite place aux hêtres, quand j'aperçois un beau cerf à environ 200 mètres au-dessus de moi. Il vient de ma gauche et avance tranquillement entre les arbres, il semble porter 6 gros andouillers et le bout de ses bois se finit bizarrement, comme si les dernières pointes ne s'étaient pas développées. Je décide de tenter l'approche. Il me faut faire vite car il est toujours en mouvement, je remonte d'arbre en arbre, en baisant sur la droite pour tenter de le recouper, le plus vite possible tout en essayant de rester discret. Je gagne environ 50 mètres dans cette forte pente mais le cerf presse le pas et je le perds de vue. Je tente de remonter encore au cas où quand une bichette arrive sur ses traces. Je continue à monter mais elle aussi presse le pas. Brusquement, un cerf resurgit plus en arrière que l'endroit où j'avais perdu le gros cerf de vue et les 2 animaux s'éloignent rapidement en remontant vers la crête où je les perds vite de vue. Je poursuis mon ascension vers la crête rocheuse en espérant qu'ils ne sont pas allés loin. Alors que j'arrive à un peu plus de 30 mètres de la crête et que je reviens dans les sapins, un mouvement me fait stopper net. Une bichette vient de se planter de face, à environ 40 mètres, entre deux troncs de sapins serrés et regarde vers moi. Je reste immobile et nous nous observons un instant avant qu'elle ne fasse volte-face pour se débiner derrière des rochers et les sapins. J'aperçois alors les têtes de d'autres biches, bichettes et faons qui se débinent en la suivant. Je les perds de vue derrière une énorme souche d'un sapin tombé au sol alors qu'un grondement d'alerte puissant, certainement celui d'un cerf, retentit au-dessous de moi dans la pente. Pas la peine de tenter une approche sur cet animal, j'utilise l'écran formé par le plateau de racines de la souche pour tenter de m'approcher rapidement mais je fais démarrer une autre bichette à un peu plus de 15 mètres sur ma gauche alors que je passe les sapins où se tenait la bichette de face. Alors que j'arrive à la souche, je ne peux que constater que les biches et les jeunes sont déjà loin.

Je remonte donc sur la crête rocheuse pour la suivre, en espérant surprendre des animaux de part et d'autre. La montagne sous la pluie est plongée dans le brouillard qui cache les sommets alentour et réduite la visibilité à environ 60 mètres. J'avance tout doucement sur les rochers parfois glissants et chaotiques. Le sol dur a tout de même l'avantage d'être très silencieux. Je jette un coup d’œil, à chaque fois que cela est possible, de part et d'autre de la crête quand j'aperçois un cerf au gagnage, à environ 15 mètres sur ma droite. Un rapide coup d’œil à ses bois, c'est un 8 pointes, il broute dans la pente, tête vers le bas. J'arme doucement mon arc. Le cerf s'avance un peu, tout en mangeant au sol, et pivote légèrement vers moi pour se retrouver et très léger 3/4 avant. Mon pin's est calé sur son épaule mais je ne sens pas le tir, je crains de toucher l'os de la patte avant ou l'omoplate et préfère attendre un peu en espérant que le cerf pivote à nouveau mais dans l'autre sens. Brusquement, il relève la tête et regarde vers moi. Nous restons tous 2 immobile un court instant puis il démarre et fonce dans la pente pour stopper plein travers à environ 50 mètres en contrebas. Mon viseur est sur lui mais il est trop loin, je désarme et le cerf repart en plongeant dans la pente. je me dis que je viens de laisser filer l'occasion de la journée mais me console en me disant qu'il vaut mieux ça qu'une mauvaise flèche. 

Je reprends ma progression lente au milieu des rochers. Un peu plus loin, je stoppe net en apercevant sur la gauche, côté feuillus, un cervidé au gagnage. Son pelage est clair et une ligne noire est bien dessinée sur son dos mais les rochers me cachent la zone vitale et la tête de l'animal qui broute au sol. Je n'ai pas le réflexe d'armer tout de suite, l'animal relève la tête et m'aperçois sans vraiment m'identifier. C'est un jeune de l'année, j'aurais dû armer mon arc car maintenant je ne peux plus bouger sans être repéré. Je reste figé et attends en espérant qu'il baisse la tête mais après un moment sans bouger, le jeune animal démarre et fuit dans la pente où je le perds vite de vue. Presque au même moment, un brame retentit un peu plus en avant. Je progresse rapidement derrière des rochers puis revient sur la gauche pour tenter d'apercevoir le cerf mais sans succès. J'avance tout doucement en ouvrant bien les yeux mais impossible de voir quoi que ce soit. J'arrive au bout des rochers un peu plus loin et descends sur un sorte de replat séparant les feuillus des conifères. Je regarde un peu les alentours puis décide de redescendre par un sentier sur le penchant des feuillus. Le chemin descend rapidement et alors que je suis à environ 70 mètres en dessous de la crête, je change d'avis et décide de prendre la courbe de niveau pour  avancer en parallèle de la crête. Je progresse doucement en suivant une belle coulée. Alors que j'arrive sous l'endroit où se trouvait le faon, je l'aperçois, dans le brouillard, couché en boule contre un gros hêtre à environ 60 mètres en contrebas. Je me fige, il regarde vers moi. Je recule tout doucement pour qu'un gros hêtre, à mi-distance entre nous, me cache de sa vue. Je descends ensuite doucement vers cet arbre pour tenter une approche sans voir le faon mais alors que j'arrive au pied du gros hêtre, le faon a disparu. Je m'approche de l'endroit où il était couché, espérant le voir mais il a disparu.

Je remonte donc vers la coulée que je suivais quand du bruit me fait lever les yeux, un cerf vient de démarrer dans les fougères à 60 mètres au dessus de moi. Il file au grand galop dans le brouillard et disparaît rapidement. Je reprends ma progression, remonte doucement vers la crête et la longe tranquillement jusqu'à rejoindre la voiture sans voir d'autre animaux. Il est près de 11 heures, je suis trempé, Arnaud n'est toujours pas revenu à la voiture, je décide donc d'aller faire un tour dans la bande de buis qui longe la crête sous laquelle j'ai attaqué la chasse ce matin. Je reprends le sentier de ce matin jusqu'à la combe que j'ai suivi pour descendre sur la piste en contrebas mais cette fois je remonte au travers du chaos de rochers couverts de mousse pour passer la crête puis me frayer un chemin au travers des buis en suivant les passages d'animaux. J'avance tout doucement quand un bruit me fait stopper net. J'aperçois alors une tâche rousse au travers des buis à environ 20 mètres. En observant plus à gauche, j'aperçois la tête de l'animal. C'est une biche, elle regarde vers moi sans réussir à m'identifier. Un mouvement plus à gauche trahit alors son jeune qui revient vers elle. Je reste immobile en attendant qu'elle s'éloigne tranquillement puis reprends ma progression. Pas d'autres animaux, je ressors dans les fougères un peu plus loin puis remonte vers la voiture. Arnaud n'est toujours pas rentré, je décide de descendre tranquillement par la piste qui descend vers Jumet pour aller jeter un coup d'œil dans les prairies en contrebas.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

La pluie s'est calmée un peu. Alors que j'avance doucement et que je vais arriver au dessus de la première prairie, un animal démarre sur la droite du chemin sous quelques noisetiers. Je me fige et accroche mon décocheur. Un cerf, portant des bois étranges de 2 pointes chacun, surgir plein travers dans les fougères au dessus des noisetiers. J'arme mon arc, il est à environ 25 mètres au dessus de moi. Le temps d'aligner ma visée, il repart et disparaît un court instant derrière un arbuste puis s'avance et se replante plein travers à découvert dans les fougères. Mon pin's se cale sur son coffre et je décoche. Touché il fait un grand bon sur place et une grosse quantité de sang jaillit de la blessure d'entrée qui me semble trop haute. Le cerf démarre ensuite pour remonter vers la crête et je le perds vite de vue.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Vu le temps et la pluie qui recommence à retomber, je décide de ne pas tarder pour attaquer la recherche car le temps va jouer contre moi. Vu la quantité de sang perdu au départ, je suis confiant sur le résultat du tir. La pluie effacera vite le sang, je remonte rapidement vers l'endroit du tir dans la pente très raide mais je ne retrouve plus l'endroit du tir. Il me faut un instant pour comprendre que je cherche un peu trop à droite, je me suis trompé d'arbuste. Je finis par me refaire la scène dans ma tête et comprends mon erreur, je trouve alors rapidement le sang qui a jaillit sur les fougères.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Je trouve beaucoup de sang à l'endroit du tir et sur les premiers mètres mais la piste devient ensuite très difficile à suivre, je dois contrôler les diverses coulées pour trouver des gouttes ou traces de sang qui sont souvent espacées de plusieurs mètres et qui sont de moins en moins marquées.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020
Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Le sang s'interrompt brusquement et impossible de le retrouver. Je tourne un moment en cherchant en suivant les coulées sans trouver le moindre indice,  je m'avance donc sur les coulées quand j'aperçois mon cerf mort au travers des genêts sur ma gauche. Heureusement, il n'a pas fait plus de 40 mètres. Au moment où je perds le sang, il a pris à angle droit sur la droite, ne pouvant plus monter et est mort 10 mètres plus loin dans les fougères.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Je fais le tour par une autre coulée et rejoins mon cerf qui a glissé sur le flanc pour venir se caler contre un genêt où il a perdu beaucoup de sang. Ses bois sont vraiment particuliers, il sont légèrement torsadés un peu comme les cornes d'un koudou mais moins prononcé quant même. Je suis vraiment content de mon prélèvement, c'était un cerf à éliminer.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Je dégage un peu mon cerf de la végétation pour lui apposer son bracelet, ma flèche rentre plein coffre , où je visais, et ressort haute, juste en dessous du filet. Je fais quelques photos 

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020
Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

avant de le ramener à la voiture qui est à 200 mètres environ. Je remonte le cerf jusqu'à la crête, un peu plus haut, puis le traine en longeant la crête avant de descendre jusqu'à la piste où je suis garé. Arrivé à la voiture, je vide mon cerf et tente de le charger mais je dois attendre Arnaud pour le monter dans le coffre de ma voiture. J'en profite pour refaire quelques photos.

Un koudou pyrénéen, 26 septembre 2020

Nous sommes trempés, Arnaud n'a pas pris de rechange, nous décidons donc de rentrer après avoir dépecé et découpé le cerf à la salle des chasseurs de Beyrède

 

Alex

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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 05:44

Ce soir, pour finir ma superbe journée de chasse, je décide d'aller faire un affût au sanglier sur Traversère où je n'ai pas encore mis les pieds de la saison. Je me gare près des ruches, au bord du chemin de terre qui contourne le lac vers 19 heures. Je me prépare tranquillement, il fait une chaleur intenable, les cigales chantent à tue-tête dans les petits chênes qui dominent le plan d'eau. Je pars à pied pour mon poste un peu plus loin dans une combe boisée. Je ne marche pas très vite mais je suis vite trempé de sueur. Je suis une parcelle de blé en long pour rejoindre la grande coulée qui remonte jusqu'à mon poste. Le terrain est très sec, impossible de savoir si les sangliers sont passés de frais. Je longe la coulée et remonte dans la combe pour me poster au milieu du salle, dans une zone dégagée  qui me permet de tirer jusqu'à 15 mètres.

L'attente commence, les cigales chantent tellement fort qu'elles couvrent tous les bruits du sous-bois. Le vent un peu tournant finit par se stabiliser et souffle face à moi en descendant la combe. Le temps passe, un petit mulot vient me distraire un instant en agitant les feuilles sèches à quelques mètres devant moi. Une palombe vient de poser un moment sur les chênes qui couvrent la crête sur ma droite. Un peu plus tard un geai passe furtivement. Les moustiques commencent à me harceler et j'en écrase plusieurs, trop occupés à se nourrir de mon sang pour éviter de se faire écraser. Les cigales se calment peu à peu. Vers 20h20, il me semble entendre un léger bruit de pas dans mon dos puis plus rien, après quelques minutes, le bruit reprends. Je me retourne doucement et cherche à localiser l'animal. Les bruits de pas sont de plus en plus proches, vers 20h30, j'aperçois un animal venant vers moi dans la végétation, je crois un bref instant à un sanglier mais la silhouette se dessine peu à peu et je reconnais un chevreuil. Je crois voir des bois un instant alors que le chevreuil se rapproche tranquillement en cherchant sa nourriture. C'est en fait une chevrette, elle avance tranquillement en changeant souvent de direction au gré de ses prises de nourriture. Elle vient se caler dans un bouquet d'arbres à environ 20 mètres en dessous de moi. Le vent n'est pas bon et je m'attends à la voir fuir rapidement. Elle éternue plusieurs fois, elle doit être infestée par des œstres comme beaucoup de ses congénères à cette saison. Elle reste un moment à manger au même endroit puis commence à remonter tranquillement sur moi en zigzagant. À environ 12 mètres, elle stoppe net de face et hume un instant l'air avant de démarrer brusquement sur la gauche pour foncer dans la végétation en remontant vers la crête. Elle se tranquillise vite et reprend son activité à environ 30 mètres. Je ne la vois plus mais entends ses pas par intermittence. Je me retourne face au vent et me reconcentre sur ma chasse. Quelques cigales chantent encore par moment.

Vers 21h30, un craquement puissant m'interpelle sur la gauche. Je tends l'oreille, rapidement des bruits de pas se font entendre et semblent venir vers moi dans le sale. Les bruits deviennent de plus en plus présents et je tente de voir le ou les animaux au travers des branchages quand un gros sanglier puis un second m'apparaissent à environ 25 mètres sur le flanc de la combe. Ils avancent tranquillement sans s'arrêter, un derrière l'autre. Ils sont trop loin, en mouvement et le secteur est trop encombré. J'ai espoir qu'ils prennent une belle coulée qui passe à moins de 10 mètres devant devant moi ou au pire à environ 15 mètres mais il marquent un bref arrêt dans le sale à environ 35 mètres puis poursuivent dans la végétation et remontent vers la crête en s'éloignant doucement. Je reste un moment à l'écoute, au cas où ils reviendraient, mais le bruit de pas s'éloigne et passe la crête. Le calme s'installe. Je pense savoir où ils vont, très certainement vers une grande parcelle de blé prise entre 2 bois, je décide donc de les laisser prendre de l'avance avant de tenter de les recouper pour ne pas qu'ils m'entendent me déplacer sur ce sol couvert de feuilles sèches. Je quitte mon poste après environ 10 minutes d'attente. Je prends sur la droite par une grosse coulée pour passer la crête puis descends au gré des passages de gibiers vers le blé en bas de la pente boisée. Je sors du bois, pas de sanglier en vue, je traverse le blé étroit à cet endroit pour rejoindre un chemin enherbé qui longe le penchant boisé opposé puis commence à longe ce dernier doucement en surveillant la parcelle de céréales. J'ai le vent de face, le blé s'élargit rapidement en avançant sur le bois de droite.

J'avance doucement quand il me semble entendre des craquements dans le blé. Je m'arrête et écoute mais je n'entends plus rien, je recommence à avancer quand il me semble encore entendre des craquements. Je regarde dans la direction du bruit quand j'aperçois le dos d'un sanglier qui mange dans le blé au bord d'une zone de la culture couchée par ses congénères, près du bois d'en face. Je décide de tenter une approche au travers de la culture avec le vent sur la droite. J'avance doucement mais, même en faisant attention, je fais du bruit dans le blé qui craque sous mes pas. J'aperçois vite le second sanglier qui s'avance dans la zone de blé couché. Je gagné peu à peu du terrain et les sangliers ne se préoccupent pas de moi, trop occupés à leur repas. Ils comment à avancer en mangeant et je biaise à droite pour les recouper. J'arrive ainsi facilement à 20 mètres des sangliers. J'accroche mon décocheur et m'approche encore un peu baissé, prêt à armer. Je me retrouve ainsi à 15 mètres du sanglier le plus proche et environ 18 mètres du second qui est beaucoup plus gros et plus à ma droite. J'arme mon arc et vise le sanglier le plus proche qui se présente plein travers. Je décoche, touché le sanglier pousse un souffle puissant et démarre pour foncer vers le bois. Le second sanglier rentre droit au bois alors que le fléché part sur environ 30 mètres sur la droite puis bifurque pour rentrer au bois par une trouée dans la végétation. Assez rapidement, il me semble entendre tomber mon sanglier mais des bruits de pas persistent un moment sur une zone restreinte. J'attends un peu puis pars chercher ma flèche que je retrouve rapidement par miracle plantée au sol sous le blé couché.

Une très belle chasse pour ma première sortie sur Traversère, 19 juillet 2020

Je la laisse plantée droite sur place puis allume la torche de mon portable à la recherche de traces de sang. Ne trouvant rien, je décide de partir vers l'entrée au bois de mon sanglier. Je trouve alors du sang frotté sur le blé en bordure du bois.

Une très belle chasse pour ma première sortie sur Traversère, 19 juillet 2020

Je trouve ensuite quelques gouttes de sang au sol sur les feuilles mortes et la végétation du pied du talus du bois.

Une très belle chasse pour ma première sortie sur Traversère, 19 juillet 2020

Je suis le sang qui remonte droit dans le bois la coulée traverse des genêts puis passe un petit passage dégagé avant de rentrer dans un taillis d'épines. Je dois suivre le sang à 4 pattes sous les épines qui m'écorchent de partout. Je peine à avancer avec mon arc qui s'accroche dans les ronces et les branchages. La piste devient assez vite très abondante et de grosses giclées ponctuent ma progression.

Une très belle chasse pour ma première sortie sur Traversère, 19 juillet 2020

Soudain, je trouve du blé mélangé au sang et le doute m'envahit, j'espère ne pas avoir fait une flèche d'estomac. Après environ 40 mètres, la coulée rejoint une autre coulée perpendiculaire qui suit la courbe de niveau. Le virage du sanglier sur la nouvelle coulée est marqué par une grosse giclée en arc de cercle.

Une très belle chasse pour ma première sortie sur Traversère, 19 juillet 2020

Je me rends alors compte qu'il me manque une flèche au carquois, je fais donc demi-tour pour aller la chercher et la retrouve au passage des genêts, je la remets au carquois. Je reprends ma recherche. Alors que je m'avance un peu plus après l'arc de cercle de sang, des craquements se rapprochent de moi puis des grognements se font entendre, un sanglier vient droit sur moi, je pense que la lumière va le faire fuir mais il continue à s'approcher. Je dois donner plusieurs fois de la voix pour qu'il finisse par se décider à s'éloigner. J'espère qu'il ne s'agit pas de mon sanglier. Je suis la piste très abondante sur environ 20 mètres, une forte odeur de sanglier envahit le secteur, puis la piste prend à droite et remonte à nouveau au plus raide. Le sang est très abondant et je retrouve vite mon sanglier mort sur le flanc, tête vers le bas. Ma flèche est très bonne au cœur. 

Une très belle chasse pour ma première sortie sur Traversère, 19 juillet 2020

Son collègue devait certainement le chercher et se refusait à partir sans lui, il a dû prendre le bruit que je faisais en avançant pour celui de son compagnon. Les grosses giclées de sang étaient en fait du sang craché par la gueule ce qui explique la présence régulière de blé. J'attache la laie d'environ 80 kilos par le groin, avec une petite corde que j'ai toujours à la poche, et commence à revenir sur mes pas en la tirant. Impossible de trouver un autre passage pour sortir de cet enfer d'épines qui me griffent les bras et le dos en remontant mon T-shirt. Je galère pas mal, j'éteins régulièrement la torche de mon portable sans le faire exprès et me retrouve alors dans le noir. Petit à petit, j'avance et finis par ressortir en bordure du blé. Il me faut maintenant sortir mon sanglier de là. Ma voiture est loin. Je décide de tirer le sanglier sur la gauche en lisière du bois pour rejoindre une prairie à environ 80 mètres pour éviter de traîner le sanglier au travers du blé et endommager la culture. Après quelques photos souvenirs

Une très belle chasse pour ma première sortie sur Traversère, 19 juillet 2020

je me fais une poignée avec un bout de bois et tire la sanglier grâce à la corde pour rejoindre la prairie. En débouchant dans cette dernière, après avoir travers une gros bourrelet de ronces, je fais démarrer un chevreuil qui fuit en aboyant dans la nuit noire. La prairie remonte raide vers la route de crête à environ 300 mètres. Je pose mon arc en bordure du blé pour avoir les 2 mains pour tracter puis tire mon sanglier dans la pente raide penché au maximum pour me servir de mon poids en espérant que la corde ne lâche pas pour ne pas heurter le sol tête la première. Je dois faire de nombreuses pauses et manque plusieurs fois de faire un malaise, je n'en peux plus, je suis trempé de sueur. Après environ 150 mètres, je décide d'aller voir si je peux arriver jusque-là en voiture. Je remonte à la route et constate qu'un passage peut me permettre de rentrer dans la prairie. Je fais donc demi-tour, récupère mon arc, ramasse ma flèche dans le blé au passage et pars chercher ma voiture. Voyant de la lumière à la boulangerie, je fais une pause pour dire au propriétaire que j'ai tué un sanglier et savoir s'il veut le récupérer. Il m'annonce que le blé sera moissonné demain. Il était tant que je vienne m'occuper des sangliers. Il est d'accord pour récupérer le sanglier, je pars donc le chercher en voiture puis rentre chez moi pour le vider, le découper et le mets au frais avant de lui amener le sanglier le surlendemain prêt à mettre au congélateur.

 

Alex

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19 juillet 2020 7 19 /07 /juillet /2020 12:50

Ce matin, je décide d'aller chasser sur Factom et Bourras. Je me gare sur le chemin de terre qui enjambe l'Osse et attends que le jour se lève un peu puis me prépare tranquillement et pars pour la chasse. Je passe la rivière et observe un moment le chaume. Rien ne bouge, je prends à gauche, le long du cours d'eau pour rejoindre la friche puis avance doucement dans cette dernière sans rien voir ni entendre. Je traverse la vieille Osse et débouche en bordure du soja. Je scrute la parcelle un instant quand j'aperçois un chevreuil qui longe le bosquet en direction de la rivière sur ma gauche. Il avance tranquillement mais je dois presser le pas pour le couper car il est à plus de 300 mètres. Je longe la bordure boisée de la rivière et gagne vite du terrain mais le chevreuil avance trop vite. Alors que je suis encore à 100 mètres de lui, il commence à bifurquer pour rentrer au bosquet. J'avance encore un peu et me cale contre la végétation puis tente de l'appeler. Il relève la tête et regarde vers moi puis s'acharne sur un arbuste. Il est maintenant certain qu'il s'agit d'un brocard. Je tente encore quelques appels mais il rentre au bois. Je décide de vite remonter à travers la culture vers le haut du bosquet. Le brocard démarre en sous-bois en aboyant. Alors que j'arrive au coin du bosquet, je l'aperçois. Il se débine de cul à plus de 200 mètres dans le chaume de fèveroles de l'autre côté de la route. Dès qu'il disparaît derrière une bosse du champ, je presse le pas jusqu'à la route et la suis en courant jusqu'à un passage qui remonte sur la gauche pour longer le haut du chaume. Je le prends et longe le haut du chaume pour tenter de recouper le brocard qui semble partir vers le bosquet au-dessus des bâtiments. Alors que la bordure du chaume prend à droite pour suivre la bordure d'une parcelle de vigne, j'aperçois au loin le brocard. Il est déjà arrivé en haut du chaume à plus de 300 mètres et va rentrer dans la vigne au-dessous du bosquet.

Je remonte le talus à ma droite pour récupérer la bordure de la vigne puis la longe en regardant entre les rangs. En arrivant au coin de la parcelle, j'aperçois un jeune brocard, plein travers, à un peu moins de 100 mètres. Le relief du terrain ne laisse voir que le haut de son dos, son cou et sa tête. Il regarde vers moi. J'attrape mon Rottumteler et lance quelques appels. Le brocard avance au pas droit devant lui et disparaît derrière le relief. Je décide de tenter de m'approcher. Je commence à longe le dernier rang de vigne pour remonter vers lui quand il réapparaît. Je me fige contre la vigne et lance 2 ou trois appels. Le brocard démarre et vient droit sur moi. Je passe sous le rang de vigne pour l'attendre mais à genoux derrière le feuillage bas, je ne le sens pas. Je ressors doucement devant le rang mais je ne le sens pas non plus alors que le brocard arrive d'un pas décidé. Je repasse sous le rang et presse le pas pour aller me poster au bout du rang, derrière le feuillage. Le brocard a stoppé à environ 40 mètres et regarde vers la vigne. Il repart, j'arme mon arc et le laisse venir. Il s'approche d'un bon pas puis ralentit doucement pour venir stopper de 3/4 face à 8 mètres alors que je le suis dans mon viseur. Ma visée calée, je décoche. Ma flèche le traverse en rentrant en avant de l'épaule. Le chevreuil pivote en perdant beaucoup de sang et fonce dans la vigne. La plaie de sortie est bien visible en plein milieu du chevreuil qui perd de grosses giclées de sang. Il entre dans la vigne en perdant beaucoup de sang et ne tarde pas à en ressortir à environ 45 mètres. Il fonce dans le chaume, sa course devient très désordonnée et il chute à moins de 30 mètres de la vigne. Il se débat un peu au sol puis s'immobilise. Je pars chercher la flèche et trouve une belle giclée de sang sur le chaume.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je tourne un peu en cherchant la flèche sans succès. Je trouve l'entrée dans la vigne qui me donne la direction de fuite par rapport au premier sang.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

J'insiste un peu mais toujours pas de flèche. Je pars donc cherche mon chevreuil que je retrouve à l'endroit où je l'ai vu tomber. Il est mort sur le flanc côté entrée de flèche. La sortie de la flèche est bien visible.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

J'appose mon bracelet et le ramène vers la vigne où je lui rends les honneurs avant de faire quelques photos. Mon atteinte est bien en avant de l'épaule, là où je visais.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Alors que je commence à vider mon chevreuil, j'aperçois un renard en chasse à plusieurs centaines de mètres dans le chaume de blé, de l'autre côté du chemin blanc qui remonte vers les bâtiments. Je me dépêche de le vider et pars le prendre dans un chêne pour éviter qu'il ne soit mangé par un renard ou un chien errant. Le renard semble remonter vers les bâtiments. Je cours le long de la vigne puis prends à gauche en suivant le bord des fèveroles. Je cours entre les 2 premiers rangs de la vigne qui remonte vers le bosquet. Le creux du terrain me cache maintenant le renard. J'arrive aux bâtiments et ralentis pour les contourner par la droite et tente de recouper le renard le long de la vigne que je longe doucement. Une bosse du champ me cache le bas de la parcelle. Pas de renard en vue pour le moment, j'avance doucement pour voir derrière la bosse en longeant toujours la vigne mais pas de renard en vue. Je me poste un instant contre la vigne puis tente d'appeler mais rien n'y fait, le renard a disparu.

Je laisse tomber et suis le vas de la vigne pour remonter entre cette dernière et la grosse haie qui délimite le territoire. En passant un virage, j'aperçois un chevreuil qui rentre dans la haie à environ 200 mètres.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je presse le pas sur environ 70 mètres puis ralentis et finis mon approche tout doucement. Il me semble que le chevreuil est rentré au niveau d'un chemin de terre et j'espère le voir encore à découvert mais alors que j'arrive à l'endroit où il rentre dans la haie, je tombe sur un mur végétal. Des bruits de pas se font entendre dans la haie, je cherche le chevreuil au travers des feuillages quand mes yeux stoppent sur une tache rousse. Le temps de comprendre qu'il s'agit de mon chevreuil, il se remet en mouvement et remonte, en face, en bordure de la haie. La végétation s'agite en bordure de la prairie de l'autre côté de la haie mais je n'arrive pas à voir le chevreuil. Je me décale très lentement de quelques mètres sur la droite pour tenter de trouver une trouée dans les feuillages. Les bruits de pas reprennent quand mes yeux se posent sur le brocard qui frotte ses bois juste en dessous de moi contre un arbuste à environ 8 mètres. J'ai juste une trouée dans le feuillage en face de sa zone vitale. J'arme doucement mon arc et aligne ma visée. Je décoche, touché le chevreuil fait volte-face et fonce dans la végétation.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Il se fracasse à à peine 15 mètres de l'endroit du tir, dans la végétation épaisse. La végétation s'agite un court instant puis le calme revient. Je dois écraser un mur de ronce et passer un fossé assez profond pour descendre vers mon chevreuil mort sur le flanc à quelques mètres de la bande enherbée. Ma flèche est au cœur, elle ressort en sectionnant les muscles au-dessus du coude opposé.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

J'appose mon bracelet et extirpe le chevreuil des ronces qui me griffent de partout. Je le laisse en bordure de la haie et pars chercher ma flèche. L'autre côté de la haie semble plus facile d'accès. Je repère l'endroit du tir grâce à la cime dégarnie d'un gros chêne puis pars chercher un chemin pour traverser la haie. Je trouve un passage à environ 200 mètres et reviens par l'autre côté jusque sous le chêne. Je tombe à nouveau sur un mur de ronces et dois écraser cette végétation épineuse qui me griffe de partout pour rejoindre le centre de la haie complètement dégagé et parcouru par une superbe collée bien dégagé. Je la suis un court instant et retrouve ma flèche plantée au sol.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Une piste au sang bien fournie part de là, en suivant la coulée.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

De belles giclées de sang ponctuent la végétation.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020
Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je me rends compte qu'une coulée bien dégagée sort de la haie sur la prairie sans avoir à passer dans les ronces. Je ressors donc par-là puis reviens sur mes pas pour retrouver le passage et retraverser la haie pour aller rendre les honneurs à mon brocard et faire quelques photos souvenir.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je le vide ensuite, attache ses pattes pour le charger sur mon épaule et retourner vers mon premier chevreuil. Alors que je longe la vigne le long de laquelle j'ai fléché le premier brocard, j'aperçois en contrebas, à plusieurs centaines de mètres dans le chaume de fèveroles, 2 chevreuils au gagnage. 

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je pose mon chevreuil près de l'endroit du tir et tente de retrouver ma flèche. Je le dirige dans l'axe du tir à partir de l'endroit où j'étais posté et trouve le premier sang et un peu après ma flèche plantée au sol sous la végétation.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je la remets au carquois et pars chercher mon premier chevreuil pour faire quelques photos souvenir du doublé.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je laisse les chevreuils à l'ombre et pars chercher la voiture alors que les 2 chevreuils mangent toujours tranquillement dans le chaume, j'ai l'impression qu'il s'agit de 2 chevrettes. Je retourne à la route puis me dirige vers la vieille Osse au travers du soja. Arrivé au cours d'eau, je décide d'en longer le lit qui a encore séché un peu plus. Je passe le virage à droite puis arrive au bord d'une grande flaque quand quelque chose bouge dans l'eau. C'est une cistude, je la saisis en plongeant la main dans l'eau, c'est une belle femelle.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je la repose au bord de l'eau où elle revient rapidement puis poursuis ma progression et arrive au niveau de la grande flaque boueuse où j'ai vu les petits ragondins l'autre soir. Je me poste à environ 12 mètres de l'entrée du terrier et commence à imiter des cris de petit ragondin en détresse. Assez rapidement, un museau blanc s'avance à l'entrée du terrier. J'arme doucement mon arc et appelle encore un peu. Le gros ragondin se présente de 3/4 face à l'entrée de son terrier. Je vise le cou et décoche. Ma flèche est pile ou je la voulais. Le ragondin est cloué sur place et se débat à peine avant de s'immobiliser. Le sang commence à se reprendre dans l'eau. 

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je m'approche tranquillement de mon ragondin.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je traverse la flaque et rejoins mon ragondin.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je le dégage, remets ma flèche au carquois et fais quelques photos.

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

Je laisse mon ragondin sur place et longe un peu le lit asséché

Une belle matinée de chasse, 19 juillet 2020

avant de remonter sur la berge pour rentrer à ma voiture. Je pars chercher les chevreuils alors que 2 faons broutent en bordure de l'Osse dans un chaume

 

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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