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14 octobre 2023 6 14 /10 /octobre /2023 08:22

Voyant approcher mon séjour au Canada à grand pas, j'ai décidé de prendre 3 jours de congés pour boucler mon second cerf. Le brame est en retard cette année, il commence juste, je me suis surtout concentré sur la partie gauche du territoire, au-dessus de Chagarde depuis l'ouverture. Ce matin, je vais tenter de chasser le bas du territoire, près du ruisseau et le penchant de droite. Arrivé au village de Camous, un peu avant 7 heures, je me prépare tranquillement alors que la montagne semble calme puis je commence à remonter la piste qui longe le ruisseau pour tenter d'entendre bramer. Alors que je passe la grange en rénovation, un brame puissant retentit sur le penchant de gauche, au-dessus du ruisseau, un autre lui répond plus en avant. Le cerf est sur une place de brame que je connais bien. Je continue doucement sur le chemin pour le dépasser puis traverse le ruisseau à la clarté de la lune pour remonter le penchant de la montagne. Je fais quelques mètres et me cale pour écouter, le cerf brame régulièrement à tout rompre un peu plus à gauche, au-dessus de moi et semble venir vers moi. J'espère que le jour sera lever avant qu'il passe au-dessus de moi mais le cerf tourne et retourne en bramant puis semble s'éloigner alors que l'autre sur ma droite semble se rapprocher. Je remonte très lentement de quelques mètres et attends quelques minutes puis recommence ce manège plusieurs fois jusqu'à rejoindre une coulée de cerf tellement marquée qu'elle ressemble à un sentier qui suit plus ou moins la courbe de niveau, sur un petit replat. Je suis à bon vent pour le cerf de gauche, je suis donc très lentement cette coulée dans la direction de son brame en m'arrêtant régulièrement pour écouter. Le sol est très sec mais la coulée est assez propre et silencieuse. La luminosité commence tout doucement à croître. Arrivé sur la place de brame je me cale contre un gros arbre. Le cerf brame en contrebas à environ 80 mètres. J'attends le lever du jour pour continuer mon approche quand un mouvement attire mon attention, un très gros cerf remonte d'une clairière en contrebas près du ruisseau. Il avance doucement plein travers à 60 mètres, stoppe, brame puis recommence à monter pour prendre la coulée et commencer à s'approcher un peu de moi. Il stoppe à nouveau et brame, l'autre cerf lui répond dans mon dos. Il s'avance de quelques pas puis stoppe net et regarde vers moi, je tente un raire pour l'attirer mais il ne bouge plus et me fixe un moment avant de faire volte-face pour redescendre et disparaître. Le vent a dû tourner.

La luminosité croit peu à peu, je fais demi-tour pour me diriger en direction de l'autre brame que je peine à localiser, je ne sais pas sur quel penchant le cerf se trouve. Je suis la coulée qui redescend vers le ruisseau et débouche dans des prairies étroites qui bordent le cours d'eau. Plus en avant se trouvent des souilles, j'avance tout doucement en espérant surprendre des animaux mais rien, le cerf brame plus haut sur le penchant de droite. Je passe le ruisseau et commence à remonter dans les hêtres en bordure d'une belle prairie très pentue qui remonte dans le bois jusqu'à une grande en ruine. J'avance tout doucement et fais des pauses derrière les gros hêtres pour observer, le cerf brame plus à gauche quand un groupe d'animaux sans bois, suivi d'un gros cerf passent à plus de 100 mètres au-dessus de moi dans la hêtraie. Je les laisse s'éloigner et poursuis mon ascension. Le brame a cessé, je commence à biaiser au-dessus de la grange, en direction d'une combe encaissée qui redescend vers la piste. Je remonte doucement sur le bord de cette combe et me cale un peu plus haut pour écouter et observer. Rapidement des bruits de pas se font entendre de l'autre côté de la combe recouvert d'un épais tapis de feuilles mortes de hêtres. Je cherche un moment l'animal du regard quand j'aperçois un magnifique renard qui descend le penchant au trot pour disparaître derrière un gros hêtre mort tombé au sol, à plus de 150 mètres.

Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023
Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023

Je m'avance un peu, me cale derrière un hêtre et commence à appeler pour tente de le faire venir. Après quelques secondes, j'aperçois le renard qui arrive tranquillement en longeant la droite d'un des troncs du gros hêtre mort. J'accroche mon décocheur et continue mes appels. Il disparaît dans le creux de la combe quelques secondes

Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023

puis réapparaît. Il se rapproche d'un pas décidé, je continue à appeler et arme mon arc alors qu'il n'est plus qu'à 30 mètres. Il continue à venir vers moi et stoppe de face à environ 15 mètres, à gauche d'une gosse souche, j'aligne ma visée sur son poitrail et décoche. Touché, il bondit et démarre sur quelques mètres puis ralentit fortement et se traîne en boitant pour s'asseoir à environ 10 mètres sur ma gauche. Je réencocher rapidement, je ne suis pas sûr de ma première flèche. J'arme doucement et vise derrière son épaule. Ma flèche le traverse, il démarre et fonce sur environ 15 mètres, percute un arbre, saute sur place, titube puis chute et se débat au sol avant de rouler dans la pente. Je réencoche rapidement mais il s'immobilise contre un gros tronc qui barre la pente. Je pars chercher ma première flèche que je vois de mon poste et la remets au carquois puis la seconde mais impossible de la trouver. Je pars ensuite voir mon renard, c'est très gros mâle au pelage magnifique.

Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023

Ma première flèche était un peu basse et a entaillé profondeur l'intérieur de la patte avant gauche entraînant une grosse hémorragie mais je ne sais pas si elle aurait été suffisante, j'ai bien fait de tirer la seconde qui rentre derrière l'épaule et ressort dans le poitrail.

Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023

Je cache mon renard sous les feuilles pour revenir le chercher plus tard puis reprends ma chasse.

Quelques cerfs brament en face mais je décide de revenir vers le village en remontant doucement en montagne. Je passe la combe et suis tranquillement une grosse coulée en faisant régulièrement des pauses. Un cerf brame plus en avant, je poursuis mon approche en redoublant d'attention. Je gagne peu a peu du terrain, le cerf est plus bas, caché par des rochers, je fais des pauses pour observer mais me fais surprendre par une bichette qui démarre plus haut sur ma gauche en poussant un cri d'alerte et disparaît rapidement dans la pente. Le cerf brame toujours, il n'est pas parti, j'attends un peu le retour au calme puis tente de m'avancer encore un peu mais les animaux démarrent plus bas, je m'approche rapidement du bord des roches pour tenter de les voir mais ils ont déjà disparu dans les buis. Quelques brames se font entendre sur le penchant opposé alors que les cerfs semblent remonter en montagne. Je continue ma progression lente en faisant des pauses pour écouter et observer. Le brame se calme peu à peu pour stopper totalement. Je finis par rejoindre le petit sentier qui rejoint le chemin qui descend au village. Je rejoins, en le suivant, une crête rocheuse qui redescend vers le chemin. Je commence à la suivre tranquillement quand le bois en contrebas se met à craquer, un cerf se rapproche en bramant et en cassant du bois. Plusieurs animaux se déplacent quand un combat éclate sans que je puisse le voir, les cerfs sont à environ 50 mètres en contrebas dans bois, leurs bois s'entrechoquent quelque seconde puis les cerfs se séparent bruyamment alors que le vainqueur pousse un brame puissant. Les animaux vont passer plus bas, je descends rapidement et sans bruit sur les rochers pour tenter de recouper les animaux que j'entends toujours avancer plus bas dans le bois. Arrivé au bas des roches, le sol est beaucoup plus bruyant, je ralentis ma progression. Je n'entends plus les animaux et décide de descendre plus bas pour rattraper un chemin qui rejoint la piste du bas plus loin, sur ma droite. Je progresse le plus vite possible en essayant d'être silencieux. Un autre combat bref éclate sur ma gauche, les bois s'entrechoquent un instant puis le calme revient.  Je rattrape le sentier pour prendre à droite et commence à le suivre doucement à l'écoute. Alors que j'arrive dans un lacet du sentier, sous une zone de buis, une grosse biche démarre au-dessus de moi dans les buis sur quelques mètres, stoppe un instant puis repart pour descendre et sauter le chemin dans mon dos. Rapidement un raire retentit au-dessus de moi, le cerf s'avance en cassant de bois. Il pousse une autre biche devant lui. Je me décale doucement vers l'endroit où est passée la première biche. J'attends un moment mais rien ne venant, je décide de tenter de remonter dans les buis. Les animaux sont un peu plus haut, je les entends un moment sans jamais pouvoir les voir. En remontant encore, je tombe sur une zone de gîtes sous les roches dans les buis.

Les animaux se sont éclipsés, je remonte vers le sommet de la montagne et rattrape un petit sentier qui remonte doucement vers la crête. Le sol forme une bosse rocheuse devant moi qui me cache le paysage en arrière, je profite des rochers couverts de mousse pour avancer rapidement et sans bruit dessus. Mais alors que j'arrive au sommet, je me fais surprendre par un gros 10 cors à environ 25 mètres un peu plus haut. Il démarre en m'apercevant puis se calme vite et remonte en décrivant des lacets vers le sommet. Je le laisse remonter un peu puis tente de le suivre sans qu'il me repère mais je n'arrive pas à réduire la distance et il s'éloigne tranquillement puis je le perds de vue. Je continue un moment dans sa direction de fuite sans le revoir. Le brame a complètement cessé, il est plus de 10 heures, je décide de redescendre pour aller boire à ma voiture avant de remonter en montagne. J'en profite pour aller récupérer mon renard au passage puis attrape la piste en contrebas et la suis jusqu'au village. Je pose le renard à la voiture, boit un litre d'eau puis remonte en montagne pour aller me poster à l'écoute, assis dans les prairies, en dessous des granges de Chagarde.

Vers 13 heures, un brame retentit plus haut en montagne dans le fond du cirque. Un autre lui répond vers la zone où j'ai manqué mon très grand cerf l'autre jour. Je me lève et me dirige vers le cerf le plus proche, je rentre dans le bois et commence à remonter doucement au plus raide, sur une arrête au milieu d'une zone de grands sapins. Je fais une pause pour observer tous les quelques pas. Le brame remonte en montagne, l'autre cerf lui répond, petit à petit j'arrive sur un replat. Le brame est plus à gauche. Je prends une petite coulée sur la pente très raide de gauche. Le terrain est très glissant et je lute pour ne pas chuter car je risque de ne pas pouvoir m'arrêter avant le ruisseau à 30 à 40 mètres en contrebas. La coulée descend peu à peu pour rattraper le ruisseau que je finis par passer pour remonter dans une zone moins pentue au milieu des noisetiers. Je me rapproche du brame. Le cerf brame dans un creux à environ 70 mètres devant moi. Je me baisse pour avancer caché par une grosse souche à environ 20 mètres devant moi. Arrivé à cette dernière j'aperçois le cerf qui brame à tout rompre à environ 50 mètres. Son brame est vraiment impressionnant, il s'avance et s'éloigne par la droite. Je ne peux pas avancer sans être vu. Je le laisse s'éloigner. Il brame en tournant en contrebas. Je descends doucement une pente très raide pour tenter de me rapprocher un peu, le cerf se décale sur la droite en bramant et je le perds de vue derrière les arbres puis un jeune cerf arrive à la course pour passer à environ 80 mètres en-dessous de moi, il stoppe un instant puis repart alors que le grand cerf s'élance derrière lui en bramant. Il disparaît sur ma gauche. Le grand cerf tourne en bramant alors que d'autres lui répondent plus loin. Il passe derrière une bute et je le perds de vue. J'en profite pour tenter une approche en faisant une boucle par la droite en suivant une belle coulée dans les noisetiers. J'avance tout doucement sur le replat qui domine le cerf qui brame juste en-dessous en espérant le surprendre mais c'est moi qui me fais surprendre quand le cerf, qui a dû entendre mes pas, remonte le talus sur ma gauche à moins de 20 mètres et se jette dans la pente en me voyant. Je le regarde s'éloigner à la course impuissant, j'y étais presque mais il m'a eu.

Je descends vers le ruisseau et le traverse pour remonter de l'autre côté à la recherche d'un autre cerf mais plus un brame. Je rattrape un chemin qui remonte doucement en biaisant vers le ruisseau. Je finis par rattraper le cours d'eau et le retraverser pour remonter vers une ruine un peu plus haut. Un cerf brame plus haut, au-dessus de la ruine derrière laquelle se trouve une belle prairie. Je remonte jusqu'à la ruine et écoute le cerf pour le localiser. Il est dans le bois au-dessus de la prairie. Le relief me le cache, je me rapproche doucement au bord du bois mais il est remonté plus haut. Caché derrière un talus, je tente de l'apercevoir mais il finit par se taire. Je reste un instant à l'écoute puis continue à m'avancer un peu plus en faisant des pauses pour écouter et observer. Des bruits de pas se font entendre plus bas, le relief du terrain me cache l'animal qui semble très proche. Je me prépare à armer et m'avance un peu plus, tout doucement, pour voir dans la pente quand une belle biche surgit de sous le talus et remonte au plus raide sur ma gauche. Elle stoppe un instant, regarde vers moi puis continue à remonter en lacets. Je reste en place en espérant voir monter un cerf derrière elle et effectivement un très beau 10 cors arrive et stoppe plein travers à 40 mètres en regardant la biche qui s'éloigne. Je reste immobile, il commence à remonter doucement puis bifurque pour biaiser vers moi. J'arme mon arc, il stoppe de 3/4 face à environ 30 mètres, trop loin et la position n'est pas très favorable pour une bonne flèche, je reste armé mais il rebifurque pour remonter droit en montagne et s'éloigne peu à peu. Je désarme impuissant et ne peut que le laisser partir. Je décide de rester un instant là au cas où. Rapidement, des bruits de pas se font entendre en face de moi à environ 60 ou 70 mètres. Je tente d'apercevoir l'animal au travers des branchages. Il avance régulièrement de quelques pas jusqu'à ce que je commence à l'apercevoir, c'est un jeune cerf de 6 pointes. Il s'avance à découvert et s'arrête régulièrement pour manger au sol 

Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023
Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023

il zigzague un peu entre les arbres puis remonte sur les traces du gros 10 avant de se tourner pour venir droit sur moi alors que je le prends régulièrement en photo. Il avance d'un pas lent et se rapproche. Je le perds de vue un instant dans le creux du terrain avant qu'il ne remonte le talus pour se planter à 10 mètres de moi en m'observant un instant avant le faire volte-face pour foncer à couvert d'où il vient.

Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023

J'attends que le calme revienne avant de bouger quand un autre animal arrive de là où venait le jeune cerf. Il tourne un moment puis s'éloigne sans se montrer.

Le brame s'est interrompu, je décide de redescendre pour aller me poster à l'écoute sur la place de brame où j'ai vu le premier cerf ce matin. Aucun animal de vu sur le chemin jusqu'à la place de brame. Je reste un moment à l'écoute mais rien ne bouge, je repars en arrière. Alors que je longe le penchant de bois qui descend vers la piste du fond qui borde le ruisseau, j'aperçois un beau daguet, plein travers, à environ 30 mètres, en contrebas. Je me fige, il me regarde un instant puis démarre à grands bons pour disparaître dans la pente. Je redescends doucement jusqu'au ruisseau sans rien voir alors qu'un cerf au brame puissant se fait entendre sur le penchant opposé, d'autres lui répondent par moment. Je passe le ruisseau et commence à remonter sur le droite de la prairie qui remonte vers la grange au-dessus de laquelle j'ai fléché mon renard ce matin. Le cerf brame plus haut plus à droite, de l'autre coté de la combe encaissée qui remonte vers le sommet. Alors que je me rapproche de la grange un gros faon passe plein travers à une soixantaine de mètres plus haut. Il ne m'a pas vu, je me fige et l'observe mais il stoppe et regarde vers moi. Je reste un moment immobile mais il ne bouge plus, je tente de continuer doucement mon ascension, le faon est maintenant caché derrière des arbres et me laisse avancer doucement sans bouger. Il finit par démarrer alors que je suis à moins de 40 mètres et je le perds de vue derrière la grange. Le cerf brame en tournant plus haut sur la droite. Je biaise vers le bord de la combe, tout doucement, en m'arrêtant régulièrement pour observer et écouter. Le cerf est à moins de 40 mètres très certainement avec des biches, je l'entends bramer et j'entends marcher mais impossible de voir des animaux au travers des branchages. Plusieurs fois, j'entends les animaux descendre au galop vers la combe mais ils remontent à chaque fois sans se montrer. Pas après pas, j'arrive à me poster au ras de la combe derrière un gros hêtre mais le brame s'éloigne maintenant. Je remonte un peu plus pour passer la combe au niveau d'un passage facile puis avance tout doucement en essayant d'apercevoir les animaux mais ils avancent devant moi. Un autre cerf brame dans mon dos et un autre sur le flanc opposé. Après environ 200 mètres de poursuite, j'aperçois le cerf qui remonte vers la crête juste avant qu'il ne disparaisse derrière une gros rocher. Je biaise le plus vite et silencieusement possible vers ce dernier pour tenter de le surprendre mais le cerf et déjà presque en crête, il poursuit 2 biches sur un passage dans les roches, juste sous la crête. Je suis à découvert et ne peux que les regarder s'éloigner sur la droite et passer derrière la crête.

Les animaux partis, je remonte un peu et me poste à l'écoute mais rien ne vient. Je décide de revenir un peu en arrière en suivant une grosse coulée jusqu'au bord abrupt d'une grande combe qui descend droit vers le bas de la montagne. 2 cerfs se répondent maintenant sur mon coté de montage et semble venir très lentement vers moi quand un troisième leur répond dans mon dos. Ce dernier arrive vers moi décidé et j'espère le voir suivre la coulée sur laquelle je suis. Je reste immobile quand je l'aperçois, c'est un énorme cerf avec de grands bois mais, à environ 100 mètres de distance, je n'arrive pas à compter les cors. Il brame un moment, son brame est incroyablement puissant et rauque, puis biaise pour prendre une autre coulée plus basse, celle par laquelle j'ai suivi l'autre cerf tout à l'heure. L'ayant perdu de vue, je me décale un peu plus bas, contre un très gros rocher, pour voir en contrebas. La coulée passe à environ 80 mètres de ma position, il faut que je me décale encore. Je descends dans la combe pour contourner les gros rochers à couvert et descendre me positionner plus près de la coulée. J'espère que le relief atténuera le bruit de ma progression dans une couche très épaisse de feuilles mortes. Arrivé en bas des rochers, je dois passer une marche de plus de 1.8 mètres pour continuer vers la coulée. Je pose donc mon arc sur les rochers et assure doucement mes prises pour descendre avant de récupérer mon arc. Caché par les rochers, je descends encore un peu, le cerf brame toujours. Arrivé au niveau d'un rocher, je l'observe un instant, il ne semble plus vouloir avancer, il est à environ 80 mètres. Je dois descendre encore un peu pour me rapprocher de sa coulée. la pente est très raide et couverte de gravillons qui roulent sous mes pieds, je glisse mais me rattrape à un sapin juste un peu plus bas. Le cerf ne m'a pas identifié et brame toujours. Je tente de descendre encore un peu mais glisse à nouveau bruyamment et interpelle le cerf. Je me cale vite derrière un arbre. Il regarde vers moi fixement sans bouger, je tente un raire pour l'attirer mais il démarre et disparait rapidement dans la pente. Encore raté, sans pluie l'approche est très difficile sur ses sols secs et bruyants.

Les brames se sont calmés et je suis à mauvais vent pour faire demi-tour, je décide de continuer à avancer en remontant doucement vers la crête. Rapidement un brame se fait entendre plus en avant. J'avance doucement vers lui en faisant très régulièrement des pauses pour observer. Je longe maintenant un grand massif de buis sur ma droite à environ 50 à 60 mètres sous la crête de la montagne et me rapproche peu à peu de la zone du brame quand une grosse biche démarre de la crête et fonce dans les buis à environ 100 mètres. Je me dis que tout est fini mais le cerf brame toujours à tout rompre plus en avant. Je continue à avancer et fais une pause tous les quelques mètres. brusquement j'aperçois ses bois alors qu'il remonte à environ 80 mètres derrière une bosse du terrain, il va remonter à découvert, j'accroche mon décocheur et m'accroupis près des buis pour attendre une occasion de continuer mon approche mais à ma grande surprise le cerf accélère, passe la bute en bifurquant pour foncer vers moi au galop en bramant. J'arme mon arc, il ralentit doucement et vient stopper à 8 mètres au-dessus de moi, en 3/4 face, en poussant un brame puissant. Je n'aurais pas de meilleure occasion ce soir, la nuit sera vite là. Il regarde vers moi, je vise devant l'épaule et décoche. Ma flèche pénètre des 2/3 et le cerf se retourne pour repartir au trot en biaisant vers les buis en contrebas où je le perds vite de vue. Je reste un moment sans bouger, à l'écoute mais le calme s'installe. Je n'ai pas entendu tomber mon cerf, j'attends encore un peu puis vais contrôler l'endroit du tir avant qu'il ne fasse nuit. Je trouve de petites goutes de sang sur sa trajectoire de fuite.

Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023

Je commence à suivre doucement le sang, peu abondant mais régulier, il longe plus ou moins la bordure des buis alors que je pensais que le cerf était rentré à couvert. Par 2 fois, je perds un moment le sang qui semblait descendre dans les buis mais continue finalement à les longer. Le cerf ayant projeté du sang vers le bas dans son élan avant de bifurquer. Je finis tout de même à chaque fois par reprendre la piste qui commence à s'intensifier par moment.

Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023

Le cerf a suivi plus ou moins une belle coulée qui longe les buis laissant parfois de beaux frottés sur les branches basses. La piste devient de plus en plus abondante après plus de 100 mètres et prend droit vers la bas de la montagne en suivant toujours un moment les buis.

Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023

Plus bas la piste rentre dans les buis et je dois la suivre à 4 pattes mais je tombe rapidement sur mon cerf mort au milieu des buis, il a fait environ 200 mètres. Il me paraît énorme mais n'accusera que 160 kilos à la pesée.

Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023

Ma flèche est passée entre les 2 poumons en sectionnant leurs attaches à la trachée, en coupant cette dernière et en touchant le haut du cœur avant de stopper contre les cotes. Il me faut maintenant descendre ma prise jusqu'à la piste en contrebas. Je n'ai pas de réseau téléphonique. La descente est une vrai galère, mon cerf s'accrochant aux buis par les pattes ou les bois, je dois sans cesse remonter pour le décrocher et lutter pour ne pas me faire emporter quand il descend. Je dois régulièrement le faire passer par-dessus des troncs ou casser des branches pour continuer à descendre tout en mettant mon arc en sécurité pour ne pas risque de l'endommager avant de remonter le chercher à chaque fois que le cerf est descendu de quelques mètres. Je finis par rejoindre un sentier qui rejoint la piste un peu plus loin et pose mon arc pour manœuvré mon cerf et lui faire prendre un passage qui semble plus praticable dans le lit asséché d'un ruisseau qui descend droit vers la piste. Apres plus d'une heure d'effort intense, j'arrive à la piste où mon cerf s'est calé dans le réceptacle des eaux du ruisseau avant la traversée busée de la piste pour rejoindre le ruisseau du fond de combe. La profondeur du réceptacle ne me permet pas de le remonter sur la piste. Je me rends alors compte que j'ai oublié mon arc à plus de 200 mètres sur le sentier, il me faut remonter la pente raide pour aller le chercher et peine un moment à le retrouver avant de redescendre. Il est 21h30, je suis mort physiquement. Je suis la piste pour revenir à ma voiture jusqu'à récupérer le réseau téléphonique pour appeler le Président de la chasse qui arrive avec son fils et un ami pour m'aider et charger le cerf sur sa remorque avant de rentrer à la salle de découpe de Beyrède. 

Un belle journée de chasse très éprouvante, 3 octobre 2023

Alors que je vide mon cerf, le Président de la chasse voyant mon état de fatigue m'invite à dormir et à manger chez lui ne voulant pas me laisser rentrer dans le Gers dans mon état. Je rentrerai demain après avoir pelé et découpé mon cerf.

 

Alex

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29 juillet 2023 6 29 /07 /juillet /2023 14:27

Hier soir, nous étions invités avec Thierry à l'anniversaire de notre ami Renaud qui fêtait ses 30 ans, du coup nous n'avons pas pu retourner à la chasse. Ce matin, Thierry a invité 2 autres chasseurs, Titouan, jeune chasseur qui ne chasse pas encore à l'arc et qui vient en observateur et Philippe qui commence la chasse à l'arc. Il a commencé à bien pleuvoir et je me mouille un peu en promenant mes chiens avant que les invités de Thierry n'arrivent. Titouan va m'accompagner et Philippe accompagnera Thierry. Nous partons à 2 voitures, Je suis Thierry qui nous laisse au départ d'un chemin pierreux. La pluie a cessé. Thierry m'explique qu'en suivant ce chemin je vais déboucher sur le secteur où j'ai fléché un renard les années précédentes. Pendant que Thierry et Philippe s'éloignent nous nous préparons, Titouan claque la portière ce qui me fait un peu grincer des dents mais bon, c'est fait. La haie qui borde la route avant le chemin de pierres est bordée par une haie claire de grands arbres derrière laquelle se trouve un très grand chaume de blé. Je jette un coup d'œil sur le chaume au travers d'une trouée et aperçois un chevreuil, à environ 20 mètres, qui s'avance tranquillement dans le chaume en sortant d'une friche boisée. Son port de tête me fait penser qu'il s'agit d'un brocard. Je le signale à Titouan, me poste dans la haie et lui demande de se poster derrière moi. Dès les premiers appels, le chevreuil lève la tête puis fonce sur nous. Je le relance à chaque fois qu'il ralentit ou s'arrête et il repart de plus belle. Il biaise légèrement à droite pour rejoindre la bordure d'un petit bosquet à environ 25 mètres sur notre droite. Il n'est plus qu'à 60 mètres, je vois ses petits bois clairs, c'est bien un brocard, je pose mon appeau sur ma poignée d'arc, arme et continue à appel en le pressant sur l'arc. Arrivé au coin du bosquet, il biaise légèrement vers nous pour venir se planter à environ 20 mètres de face. Mon viseur est calé sur lui, je relance 2 ou 3 appels timides, il s'avance un peu et se présente à environ 15 mètres de 3/4 face. Je vise derrière l'épaule, ma visette a un peu tourné et je peine à correctement viser. Mon pin's est calé, je décoche. L'impact retentit, le brocard fait volte-face et s'écrase lourdement au sol sur le flanc en tournant puis se relève et fonce dans une éclaircie de la lisière du bosquet à notre droite. J'attends un peu puis pars chercher ma flèche et les premiers indices avec Titouan quand nous entendons du bruit dans le bosquet. Cela ressemble fort à un chevreuil qui se débat au sol avant de mourir. Le bruit cesse très vite. La luminosité n'est pas encore très bonne, impossible de trouver ma flèche ou des gouttes de sang. Je pars chercher à l'endroit où j'ai vu rentrer mon brocard mais Titouan semble l'avoir vu rentrer plus haut. Ne voyant pas de sang je ne suis plus aussi sûr de moi, je rentre un peu dans le bois sans plus de succès puis pars contrôler la lisière plus haut. Toujours rien, je retourne à mon impression première et trouve une toute petite goutte de sang sur une herbe à l'entrée dans le bois. Un autre chevreuil est sorti à plus de 200 mètres sur la gauche du chaume, au coin d'un bois. Il broute tranquillement et je le montre à Titouan. Je ne trouve que peu de sang sur 2 ou 3 mètres puis plus rien, je contrôle les diverse coulée sans succès puis décide d'appeler un Thierry pour qu'il contacte un chien de sang, n'arrivant pas à le joindre je lui laisse un message. En attendant qu'il me rappelle, je trouve quelques autres gouttes sur des pierres blanches mais pas plus.

Il me rappelle un peu plus tard en me disant que le conducteur arrivera vers 8h30 et en me disant que je peux continuer à chasser en attendant car Titouan a fait de la route pour venir et qu'il n'a pas eu le temps de profiter de la chasse. Je décide donc de tenter le second chevreuil vu tout à l'heure mais je ne le vois plus. Nous partons en longeant la friche boisée sur la droite du chaume quand j'aperçois un beau brocard qui regarde vers nous à environ 150 mètres plus en avant dans le creux du champ. Je fais signe à Titouan qui me suit et me baisse pour approcher un peu plus avant de me poster dans la friche boiser pour appeler mais le chevreuil a disparu. J'appelle un moment sans succès puis nous faisons demi-tour pour revenir au chemin pierreux. Nous le suivons un moment, je cherche un poste propice pour appeler, un grillage à mouton borde la gauche du chemin qui longe un bois clair herbeux. Nous profitons d'une zone où le grillage est écrasé pour rentrer dans le bois. Nous biaisons pour rentrer dans le sous-bois jusqu'à atteindre la bordure d'un chaume de blé clôturé avec un fil électrique. J'hésite à appeler en me disant que ce fil doit gêner les animaux mais un chevreuil peut facilement passer par-dessus. Je me poste en lisière, Titouan plus à ma droite et commence mes appels mais rien ne vient pendant plusieurs minutes, nous retournons sur le chemin et continuons à le suivre.

Un peu plus loin, je repère un petit penchant boisé, couvert majoritairement de prunelliers et débouchant sur une petite combe de chaume de blé. J'annonce à Titouan mon intention de me poster sur le secteur pour appeler. Nous descendons le penchant boisé en direction du bout gauche du chaume quand j'entraperçois un chevreuil rentrant d'un bond dans le bois d'en face. Je n'ai pas pu le sexer. Je le signale à Titouan qui ne l'a pas vu. Je passe une clôture en mauvais état qui remonte du coin de chaume vers le chemin, m'avance de 15 mètres et me poste derrière quelques buissons et ronces qui font un bon écran de camouflage au bord du chaume. Titouan si poste accroupi sur ma gauche près de la clôture. Je commence à appeler et presque immédiatement, une chevrette surgit du bois d'en face, sur la droite d'un penchant raide en friche. Elle traverse le chaume au galop et remonte dans l'éclaircie du bois, à environ 10 mètres sur ma droite et stoppe pour m'observer. Je relance quelques appels, elle s'approche doucement en regardant vers moi et arrive à environ 30 centimètres de mon pantalon, le renifle, puis repart brusquement au galop vers le chaume où elle stoppe pour regarder vers moi. Je reprends mes appels, elle revient sur ses pas, tourne un moment dans l'éclaircie du bois sur ma droite puis repart vers le chaume. Je la rappelle espérant que ce manège attirera un brocard. La chevrette revient sur ma droite, stoppe au pied d'un gros rocher d'environ 2 mètres de haut et regarde un instant vers moi avant de se percher, d'un bond, à la manière d'un chamois, au sommet du rocher. Elle se fige plein travers, sur ce promontoire, à quelques mètres de moi et ne réagit plus à mes appels quand la respiration sifflante d'un autre chevreuil se fait entendre sur ma gauche vers le bout du chaume. Je le cherche un instant du regard sans succès. Je continue mes appels et balaye le secteur du regard quand un bruit attire mon attention sur ma gauche. Je tourne la tête et aperçois un beau brocard qui arrive dans le bois, derrière la vieille clôture, en remontant du bout du chaume. Il stoppe derrière Titouan, regarde vers moi, puis passe la clôture et stoppe à 3 mètres derrière Titouan. Impossible d'armer mon arc et décocher sans risque pour mon accompagnateur. Brusquement, le brocard démarre en trombe à angle droit pour traverser les broussailles qui bordent le chaume pour le traverser au galop en direction du penchant de friche. Je pense qu'il nous a repéré mais je remarque alors la chevrette qui a quitté son perchoir pour traverser le chaume. Le brocard s'est en fait lancé à sa poursuite. Alors qu'il la suit au galop, je tente de le faire revenir en appelant avec mon Butollo mais il ne voit que la chevrette. Je change donc de technique et commence à aboyer rageusement pour le provoquer ce qui stoppe les deux animaux à environ 80 mètres, au milieu du penchant en friche alors qu'il se dirigeaient vers la partie boisée plus à droite. Je continue à aboyer en alternance avec des appels au Butollo. Le brocard, qui regarde vers moi, hésite un instant puis redescend au galop pour venir vers moi. La chevrette jalouse, démarre à son tour et vient lui couper la route à environ 30 dans le chaume. Le brocard stoppe net et hésite. Je continue les appels au Butollo, la chevrette s'avance pour passer plein travers, au pas, à environ 20 mètres devant moi dans le chaume en regardant vers moi. Le brocard démarre, la rattrape puis la suit en aboyant et en frappant le sol des antérieurs. J'arme mon arc, il stoppe à environ 20 mètres, j'aligne ma visée et décoche mais il s'écrase au sol pour démarrer et ma flèche passe au-dessus. Les 2 animaux partent en aboyant pour remonter dans le penchant en friche au grand galop. Ils stoppant à mi-pente, je tente de les rappeler mais ils repartent et disparaissent en crête. Nous partons chercher ma flèche, le brocard réapparaît en crête avant de repartir au galop. Il me semblait que ma flèche s'était plantée au sol mais impossible de la retrouver. Nous tournons un moment sans succès avant de revenir vers le chemin en discutant de cette scène de chasse incroyable. Titouan semble ravi.

​​​​​​Depuis un moment nous suivons une grande prairie sur la droite du chemin. Elle borde un grand bois mais la clôture qui borde le chemin nous en interdit l'accès. Alors que le chemin arrive au coin du grand bois, la clôture est plus basse et nous la franchissons pour chercher un poste dans ce grand bois car il sera vite temps de revenir vers la voiture où doit nous rejoindre le conducteur. Je longe un instant le bois jusqu'à une petite avancée de prairie qui rentre dans ce dernier. Nous longeons à quelques mètres, à l'intérieur du bois, la bande de prairie. La pente boisée est forte, en surveillant le secteur, je marche, sans la voir, sur une branche sèche qui provoque un gros crac et me maudis intérieurement. Je continue un peu et trouve un poste au pied d'un gros arbre, Titouan se poste un peu plus en arrière, j'observe un peu puis commence à appeler, rapidement un galop retentit dans le bois. Une chevrette suivie de son faon arrive vers nous et stoppent à quelques mètres au-dessus de nous dans la pente. Je reste immobile et les observe. Moins attentif à mon environnement, je perçois trop tard l'arrivée du brocard qui arrive derrière. La chevrette redémarre et entraîne son jeune un peu plus haut. Le brocard arrive au galop et stoppe à 4 mètres, plein travers, au-dessus de moi sans me laisser le temps d'armer mon arc. Il regarde autour de lui et aperçoit la chevrette un peu plus haut. Alors que sa tête est tournée vers la chevrette, il ne peut pas me voir et je monte doucement mon arc en essayant d'armer mais la chevrette démarre et il part en trombe à sa suite pour revenir d'où les 3 chevreuils venaient. Je reprends mes appels en espérant les voir venir mais rien, je commence à aboyer. Les chevreuils réagissent et reviennent se planter à 20 mètres au-dessus de nous. J'arme mon arc et aligne ma visée mais il y a quelques branches et je ne sens pas le tir, les chevreuils repartent à nouveau et ne reviendront pas malgré les appels. Nous ressortons du bois pour aller nous poster un peu plus loin dans une zone assez fourrée mais mes appels n'y donneront rien, nous retournons vers le chemin et le suivons en parlant de ces belles actions de chasse. Titouan semble convaincu par la chasse à l'arc et bien décidé à passer sa journée de formation obligatoire (JFO).

Nous arrivons un peu avant 8h30 à la voiture et attendons l'arrivée de nos amis et du conducteur. Philippe a tiré un renard mais ne l'a pas retrouvé. J'explique la situation au conducteur, pour moi la flèche a dû rentrer derrière l'épaule et ressortir plus en arrière et nous partons vers la zone du tir. Le conducteur retrouve ma flèche posée au sol. Elle est souillée de contenu stomacal ce qui est normal vu l'angle de tir. Je guide le conducteur vers l'entrée au bois, le rouge qui voulait rentrer au bois à 15 mètres avant l'entrée au bois du chevreuil, prend tranquillement la piste dans le bois en suivant les premières gouttes de sang que nous avions trouvées puis bifurque pour remonter en biaisant vers le chemin pour rapidement trouver mon chevreuil mort dans l'herbe haute. C'est bien lui que nous avions entendu se débattre tout à l'heure. Le chien l'avait senti dès le départ et c'est pour cela qu'il voulait rentrer au bois en suivant l'odeur portée par le vent. Mon brocard n'a pas fait plus de 50 mètres, ma flèche rentre où je pensais et ressort entre les cuissots puis traverse le cuissot opposé au côté du tir. La faible piste de sang est caractéristique de ce type d'atteinte. J'appose le bracelet et nous faisons quelques photos avec le conducteur puis je rends les honneurs à mon brocard, le vide et refais quelques photos avant de venir à la voiture.

Une très belle matinée lotoise en compagnie de Titouan, 29 juillet 2023
Une très belle matinée lotoise en compagnie de Titouan, 29 juillet 2023

Nous discutons un moment avec le conducteur qui me fait une très bonne impression. Encore un grand merci à lui et son chien pour cette recherche éclair, il est temps d'aller préparer la venaison.

Alex

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28 juillet 2023 5 28 /07 /juillet /2023 18:00

Ce weekend, mon ami Thierry m'a invité comme chaque année à chasser sur son territoire de Cuzance dans le Lot. Arrivé jeudi soir vers 20h20, je me prépare tranquillement avant une première sortie à la chasse. Thierry m'a proposé d'aller faire un tour au sanglier sur un secteur de maïs ou les suidés font actuellement des dégâts. Thierry ne connait pas ce secteur et en arrivant nous faisons le tour en voiture pour repérer un peu. Nous décidons finalement de chasser sur 2 parcelles séparées par la route. Thierry me dépose sur la première et part se garer près de l'autre pour tenter sa chance de son côté. Je longe tranquillement le maïs, rien dans le premier passage de canon, je continue, arrivé au second passage, je repère une zone de maïs couchée par les sangliers. Je m'avance doucement dans le passage quand un beau renard le traverse, à environ 20 mètres devant moi, juste avant la zone couchée par les sangliers. Je me serre sur la gauche, contre le maïs et tente d'appeler un moment mais rien, il ne vient pas. Je m'avance jusqu'à la zone de dégâts qui ne semble pas vieille et décide d'y revenir plus tard. Je fais demi-tour et longe à nouveau la culture jusqu'au passage suivant qui est le dernier de la parcelle. Le relief du champ forme une bosse m'empêchant de voir à plus de 20 mètres dans le passage. Le vent est dans mon dos mais je décide de longer le passage jusqu'à la route. J'avance doucement, des pieds de maïs ont été cassés et les épis mangés par les sangliers de part et d'autre du passage. Arrivé à la route, je prends à droite pour rejoindre le coin du champ. Un canon arrose le maïs de l'autre côté de la route. Au coin de la culture, je remonte le long du maïs dans une parcelle de luzerne non fauchée et parcourue de nombreuses coulées larges et très marquées, les sangliers doivent souvent passer par là. Plus à gauche se trouve une grande plantation de noyer, rien en vue sous les gros arbres. En remontant, je rejoins un bosquet épais qui rentre dans le coin du maïs. J'en longe la lisière en bordure du maïs et cherche des passages de gibier mais ne trouve rien de bien marqué. Revenu en haut de la parcelle de maïs, je reviens vers la route en suivant un passage de tracteur, au milieu de la bande étroite de prairie qui sépare le maïs des noyers puis du bois, il est moins bruyant que le reste du secteur desséché par la forte chaleur de la journée. En passant, je jette un coup d'œil dans les passages de canon sans m'en rapprocher. Alors que j'arrive au niveau du dernier passage de canon avant la route, je décide de revenir au bord de la culture. Des chasseurs avec des chiens qui donnent de la voix font le tour des maïs un peu plus loin pour essayer d'en déloger les sangliers et éviter le mécontentement des propriétaires, je crains que ce remue-ménage ne fasse peur aux sangliers de mon secteur les empêchant de sortir avant la nuit. Alors que je suis presque au bord du maïs, un grognement puissant retentit dans mon dos, en me retournant, j'aperçois un gros sanglier tout juste sorti du bois au-dessus de la bande de prairie. Il est à environ 70 mètres et démarre en trombe pour disparaître dans le maïs. Je reste immobile un moment en espérant en voir sortir d'autres mais rien. Je me rapproche donc de l'endroit où il est rentré quand un petit 4x4 arrive sur la route et s'arrête au coin du maïs. Le conducteur en sort et me regarde bizarrement avant de remonter dans sa voiture et repartir. Je poursuis ma progression lente alors que la luminosité baisse vite. Thierry m'appelle, je lui réponds et lui explique que j'ai vu un sanglier en chuchotant puis pars me poster au niveau du passage de canon central en attendant la nuit mais rien ne bouge. Juste avant la nuit je tente de rappeler un éventuel renard sans succès avant de revenir tranquillement vers la route. Thierry m'appelle, il est en route pour venir me chercher où il m'avait laissé, lui n'a rien vu. Il est temps de rentrer alors que la nuit s'installe.

Vendredi matin, le réveil sonne un peu avant 6 heures, Thierry habite au milieu de son territoire de chasse, ça me change des 45 minutes à 1 heure de route que je dois habituellement faire pour rejoindre mon territoire de chasse au chevreuil dans le Gers. Je me prépare, promène rapidement mes chiens puis nous prenons la route pour aller chasser un peu plus loin. Thierry se gare au bord de la route. Nous nous avançons dans une grande prairie d'herbe sèche en longeant un bois sur notre gauche. Je décide de me poster au milieu de la prairie sous un gros arbre entouré de quelques buissons. Thierry reste contre un bout de haie basse qui poursuit la lisière du bois et avance dans la prairie en alignement de mon poste. Je dégage quelques branches basses qui pourraient me gêner pour tirer puis me cale dans la végétation pour me camoufler un peu. Dans mon dos, la prairie est délimitée par un bois à plus de 200 mètres. Le gros arbre et la végétation me cache une grande partie du secteur sur ma droite. Je commence mes appels. Assez rapidement, un chevreuil sort au coin du bois que nous avons longé tout à l'heure, à environ 200 mètres. Le vent est bon, face à moi. Il stoppe à découvert et cherche la provenance des appels. Je relance quelques appels, il démarre en trombe et fonce dans les herbes sèches pour venir vers moi. A chaque fois qu'il stoppe, je le relance en appelant au Buttolo. Il n'est plus qu'à environ 30 mètres mais va passer sur ma droite, caché derrière l'arbre. J'appelle à nouveau, il stoppe, regarde vers moi puis bifurque pour venir vers moi d'un pas lent en cherchant du regard. Il stoppe régulièrement mais se rapproche peu à peu. J'arme mon arc en posant mon Buttolo sur la poignée pour continuer à appeler armé. Le brocard continue à avancer, il n'est plus qu'à 15 mètres mais les branchages de l'arbre risquent de dévier ma flèche. Je tente de le faire avancer un peu plus, il devient inquiet et regarde de plus en plus devant lui. Il a peut-être vu Thierry qui filme la scène. Il avance encore un peu mais pas assez pour se dégager puis démarre en trombe pour revenir d'où il vient.

Je tente d'appeler encore un peu mais il ne reviendra pas et aucun autre chevreuil ne se montrant, je décide de quitter mon poste et rejoindre Thierry.

Nous revenons vers la route que nous traversons pour prendre un chemin pierreux sur la gauche duquel un chemin s'avance dans une prairie. Nous décidons de nous y avancer un peu pour aller jeter un coup d'œil sur cette parcelle. Le chemin est longé sur sa gauche par une haie. J'avance devant quand j'aperçois au loin un chevreuil dans la prairie. Il est arrêté plein travers et regarde vers nous. Je fais signe à Thierry et serre contre la haie qui me cache du chevreuil pour me rapprocher un peu. Arrivé presque au bout de la haie, je vois mieux le chevreuil, c'est un brocard. Je me poste contre la haie et commence à appeler. Immédiatement, une chevrette, que la haie me cachait, plus à gauche, derrière le brocard, démarre et fonce vers nous au galop. Le brocard hésite, il nous a certainement repéré. Il finit par s'élancer derrière la chevrette mais se ravise vite et biaise pour rentrer dans le bois sur la droite de la prairie. Je continue à appeler, la chevrette stoppe à environ 50 mètres dans la prairie et refuse d'avancer plus, elle tourne sur place en frappant le sol de ses antérieurs et le brocard aboie dans le bois sans vouloir revenir. Je quitte mon poste ce qui fait démarrer la chevrette qui fonce elle aussi vers le bois. Nous revenons sur le chemin pierreux.

Nous suivons le chemin à la recherche de postes pour appeler quand Thierry décide de s'avancer sur un chemin qui rentre dans un bois pour ressortir sur une prairie fauchée et desséchée. Alors que nous arrivons à la lisière du bois, Thierry repère un brocard qui broute tranquillement, à environ 100 mètres, contre la bordure du bois de l'autre côté de la prairie. Il me le signale et je l'aperçois. Je me décale rapidement pour me poster en lisière du bois plus à gauche, me rapprochant ainsi d'un peu plus de 20 mètres du brocard. Thierry se poste à environ 15 mètres sur ma droite. Il broute toujours tranquillement, je commence à appeler au Buttolo. Il lève la tête, regarde rapidement vers moi puis reprend son repas. Je relance un appel, il relève la tête mais reprends son repas et commence à rentrer dans le bois en broutant. J'insiste un peu mais il ne s'intéresse pas du tout aux appels et continue de s'avancer dans le bois. Je range mon appeau et tente de l'aboyer. Cette fois, il relève la tête et se tourne vers moi. J'aboie à nouveau, il démarre et fonce vers nous au galop. J'arme mon arc et le laisse venir, il ralentit doucement et passe au pas à 10 mètres devant moi mais ne stoppe pas. Je le suis dans mon viseur en espérant le voir stopper mais il continue sa route. Je relance un aboiement qui le stoppe net, j'aligne ma visée sur son défaut avant d'épaule alors qu'il se tourne vers moi presque de face. Je décoche, ma flèche l'a traversé, il accuse le coup et démarre en trombe en perdant beaucoup de sang. Je le perds vite de vue alors qu'il rentre au bois. Thierry m'annonce qu'il l'a entendu tomber. 

Je pars examiner ma flèche qui est plantée au sol et couverte de sang.

Un brocard lotois à l'aboiement, 28 juillet 2023

Je la récupère et la mets au carquois. La piste de sang est impressionnante et très facile à suivre sur la prairie desséchée.

Un brocard lotois à l'aboiement, 28 juillet 2023
Un brocard lotois à l'aboiement, 28 juillet 2023

La piste toujours aussi abondante longe ensuite un peu la lisière puis rentre dans le bois.

Un brocard lotois à l'aboiement, 28 juillet 2023
Un brocard lotois à l'aboiement, 28 juillet 2023

Je tombe vite sur mon chevreuil qui a parcouru environ 50 à 60 mètres.

Un brocard lotois à l'aboiement, 28 juillet 2023

Ma flèche est bien rentrée au défaut avant de l'épaule et est ressortie basse dans la cage thoracique en arrière de l'épaule opposée et traversant le cœur. Nous faisons quelques photos souvenir après avoir apposé le bracelet et rendu les honneur à mon brocard.

Un brocard lotois à l'aboiement, 28 juillet 2023
Un brocard lotois à l'aboiement, 28 juillet 2023

Je vide ensuite mon chevreuil et nous le pendons dans un arbre pour continuer notre chasse, nous reviendrons le chercher tout à l'heure.

Nous revenons sur le chemin principal pour continuer à le longer tranquillement. Nous longeons un bois sur notre gauche et des champ ouvert sur notre droite que nous surveillons à la recherche d'un animal quand Thierry, plus à droite que moi, aperçoit un chevreuil au gagnage, en lisière, dans la parcelle de luzerne qui s'enfonce dans le bois un peu plus loin sur la gauche du chemin. Je me décale un peu et l'aperçois, c'est une chevrette. Elle nous a repéré et rentre rapidement au bois. Plus loin, nous rejoignons la route et la traversons pour aller nous poster en bordure d'une zone de bois clair qui domine un chaume. Thierry décide d'encocher une flèche pour cette fois car, il a raté un brocard cette saison sur ce secteur et compte prendre sa revanche si l'occasion se présente. Il se poste rapidement en bordure des premiers arbres et je continue un peu pour me poster à sa droite, un peu plus en retrait dans le bois clair, en bordure d'un grillage à mouton qui sépare la zone de bois clair et herbeux d'un bois plus dense. En me postant je remarque que je suis pile dans une couche fraiche de chevreuil. Je me tourne vers le chaume et commence à appeler. Je scrute le paysage autour de moi quand je repère un jeune brocard qui vient droit sur moi par le chaume. Je ne l'ai pas vu arriver et fais signe à Thierry qui ne l'a pas vu. Je reprends mes appels arc armé avec mon Buttolo posé sur la poignée de mon arc. Le brocard qui s'était arrêté repart et vient droit sur moi mais à environ 40 mètres, il stoppe net, regarde vers moi un instant puis fait volte-face et s'enfuit au galop pour disparaitre en passant une grosse haie sur la droite du chaume à environ 150 mètres. Je tente d'appeler encore un moment mais rien ne viendra. Nous quittons nos postes, je vérifie le vent mais il était bon, je ne comprends pas comment ce jeune brocard nous a déjoué de la sorte.

Nous retournons à la route et la longeons un moment pour prendre à gauche dans un bois. Nous nous postons dans une petite clairière à environ 15 mètres l'un de l'autre derrière quelques arbres. Je commence mes appels en regardant autour de moi. Au bout d'un moment, j'aperçois une chevrette suivie d'un beau brocard qui arrivent dans mon dos à environ 40 mètres. Je me tourne doucement, ils ont stoppé dans une zone de bois dense. Je reprends mes appels mais il s'éclipse tranquillement pour revenir d'où il venait. J'insiste un moment mais ils ne reviendront pas.

Nous retournons à la route pour maintenant prendre un sentier qui passe de l'autre côté du chaume où j'ai fait venir le jeune brocard tout à l'heure. Nous nous enfonçons dans le bois puis nous nous postons au bord d'une petite clairière. Je commence à appeler et insiste un moment quand un bruit métallique retentit sur notre droite, comme si un chevreuil avait percuté une clôture dans sa course. Des passereaux s'envolent et passent dans la clairière en venant de la droite. Je me prépare pensant voir arriver un animal mais j'appelle encore plusieurs minutes sans rien voir arriver. Nous décidons de continuer. Alors que nous avons fait environ 100 mètres sur le sentier un chevreuil traverse furtivement à environ 40 mètres devant nous de gauche à droite. Il est certainement venu sur mes appels mais était resté en retrait dans le fourré. Thierry décide de se poster maintenant sur un secteur où j'avais fait venir un brocard avec Renaud l'an dernier, nous traversons la route pour nous avancer en bordure d'un bois qui longe une prairie enclavée, dans les bois. Je remarque un gros genévrier frotté sur notre gauche, le brocard responsable de ce marquage doit être très beau. Le vent souffle de notre gauche, nous décidons de continuer un peu avant de nous poster. Au coin de la prairie, nous prenons à droite toujours en longeant la lisière du bois à la recherche d'un poste quand Thierry entend un animal se débiner dans le bois près de nous. Nous nous postons rapidement et je commence à appeler. Assez rapidement un brocard arrive au galop et sort sur la prairie à environ 25 mètres, il stoppe net à quelques mètres de la lisière et regarde vers nous, le vent nous a trahit. Je tente d'appeler mais il démarre et biaise en s'éloignant pour rejoindre le bois de l'autre côté de la prairie. Nous quittons notre poste pour continuer à travers la prairie et aller nous poster plus loin au milieu d'un bois mais mes appels ne feront rien venir, il me semblera entendre le souffle sifflant d'un chevreuil venant sur l'appeau mais rien se montrant après plusieurs minutes, nous quittons le poste pour appeler en revenant vers la voiture mais pas d'autre chevreuil pour ce matin. Nous partons chercher mon brocard avant de rentrer pour préparer la venaison.

 

Alex

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21 juillet 2023 5 21 /07 /juillet /2023 05:42

Ce soir, en sortant du boulot, je pars pour Albi, je passe à Haulies prendre mes affaires et les chiens puis prends la route. Arrivé à Albi, je laisse les chiens chez mes parents et discute un peu avec eux et mes nièces venues passer quelques jours avant de reprendre la route pour Roumégoux où je récupère le bracelet chez Lionel Vabre, le président de la société qui, comme chaque année, me laisse chasser gratuitement un brocard. Arrivé chez lui vers 20 heures, je discute un peu puis pars me garer au bord d'un chemin de terre, dans un chaume de blé, en limite de la commune de Fauch. Je n'ai jamais chassé ce secteur et je me suis fait expliquer les limites par Lionel. Je me prépare tranquillement alors qu'un lièvre m'observe, assis sur le chemin, à environ 30 mètres. Un vent soutenu mais tournant souffle. Une fois changé, je prends mon arc, mon appareil photo, mon Butollo, mon couteau et me voilà parti sur le chemin de terre. Le lièvre qui m'observait démarre et fuit en suivant le chemin qui se divise en 2 un peu plus loin. Je prends celui qui descend pour longer le petit ruisseau à ma gauche. Les bandes de prairie de part et d'autre sont bien vertes et j'ai bon espoir d'y trouver des chevreuils. Le ruisseau amène un peu de fraicheur et le bois qui longe la prairie de l'autre côté de ce dernier amène de l'ombre sur ce secteur. J'avance doucement le long du petit cours d'eau mais le secteur est calme. En apercevant une prairie fauchée sur ma droite, j'espère y voir un renard mais rien. Après avoir suivi un moment le ruisseau sans rien voir, ce dernier se divise en deux pour remonter dans les coteaux sur ma droite. Je suis la première partie du petit cours d'eau qui remonte en bordure d'une petite parcelle clôturée, prise entre 2 chemins de terre. Je suis un peu le cours d'eau puis me retrouve stoppé par du barbelé. Je passe entre les fils de la clôture pour rejoindre le chemin de terre de gauche et remonter tranquillement en le suivant. Un lièvre assis, en contrebas dans une prairie, m'observe un moment au travers des branchages du talus boisé qui descend sur la droite du chemin. Le vent agite les feuillages et fait grincer certains arbres. Le lièvre finit par démarrer alors que je poursuis mon chemin à l'ombre tu talus boisé de droite et du grand bois de gauche. Un peu plus haut, je rentre par une grosse coulée dans le bois de gauche pour appeler un peu mais rien ne venant, je ressors du bois et continue à suivre le chemin. Alors que le bois du talus de droite s'interrompt, le paysage se dégage sur une grande combe dans laquelle remonte le petit ru, rien dans la prairie qui remonte vers le chemin, rien dans le tournesol sur le penchant opposé. Un léger mouvement attire mon attention au bord d'un petit bosquet sur la droite du tournesol. Une chevrette rentre doucement dans le petit massif, à environ 200 mètres, en s'arrêtant régulièrement pour brouter et regarder autour d'elle.

Un petit brocard atypique tarnais, 20 juillet 2023

Je continue sur le chemin en direction d'une ferme à quelques centaines de mètres plus en avant, le vent souffle dans mon dos, je surveille les combes des 2 côtés du chemin qui longe une crête. Je rejoins le coin d'un bois qui descend sur la droite du chemin et délimite la prairie. 2 grives décollent en protestant, de la prairie sur la gauche du chemin. Rien en-dessous près de la seconde branche du ru. Je descends à droite en suivant la bordure du bois, en bordure de la prairie. Arrivé en bas du bois, je jette un coup d'œil le long de ce dernier puis le longe un instant jusqu'à ce que le bourrelet de ronces, qui couvre le ru, juste à ma droite, s'interrompe et me laisse le passage pour remonter le penchant opposé jusqu'à une haie en crête. Le soleil descend doucement sur l'horizon.

Un petit brocard atypique tarnais, 20 juillet 2023

Je passe la clôture dans la haie et repère un grand vol de buses et de milans qui tournoie dans le ciel plus en avant au-dessus du plateau. Je pense que les rapaces ont repéré une prairie fauchée récemment où je risque te tomber sur des renards. Je me dirige donc vers eux en suivant un chemin de terre pris entre une haie et une parcelle de tournesol. Il a beaucoup moins plu ici que dans le Gers et la culture est beaucoup plus en retard que chez nous où les tournesols sont déjà bien fleuris. Ici, ils sont encore bas et ne cachent même pas un lièvre qui me regarde progresser, quillé sur ses pattes arrière avant de s'assoir.

Un petit brocard atypique tarnais, 20 juillet 2023Un petit brocard atypique tarnais, 20 juillet 2023

Alors que je continue tranquillement, il s'éloigne de dos, sans hâte.

Un petit brocard atypique tarnais, 20 juillet 2023

Le tournesol est suivi par un grand chaume de blé au-dessus duquel volent les rapaces, ce n'est pas une prairie fauchée comme je le pensais. 

Un petit brocard atypique tarnais, 20 juillet 2023Un petit brocard atypique tarnais, 20 juillet 2023

Le soleil descend de plus en plus sur l'horizon.

Un petit brocard atypique tarnais, 20 juillet 2023

Un peu plus loin, je rejoins un autre chemin de terre qui redescend vers ma voiture en longeant un grand bois sur sa gauche. Je prends à droite pour revenir vers les prairies fraîches que je longeais tout à l'heure et ou j'espère que les chevreuils seront sortis au gagnage. J'avance tranquillement sur le chemin quand je repère un renard. Il est plein travers à environ 70 mètres, en bordure du bois et regarde vers le chaume de blé qui se termine en pointe entre le chemin et le bois. Etant sur la droite du chemin, je suis à découvert et me fige contre la clôture qui borde le chemin. Le renard regarde un instant devant lui sans me voir puis me tourne le dos et s'éloigne doucement le long du bois. Je traverse vite le chemin, le vent est bon, je me cale contre le bois dans la végétation et commence à appeler. Le renard stoppe à environ 80 mètres et se tourne vers moi. Je continue à appeler, il hésite un peu puis commence à venir vers moi tranquillement en suivant la lisière. Il semble vieux et galeux, il stoppe régulièrement pour regarder vers moi et je continue à appeler. Petit à petit, il se rapproche. Alors qu'il est à 30 mètres, j'arme doucement mon arc et continue à m'appeler. Il fait quelques pas, stoppe, regarde vers moi, repart sur quelques mètres, stoppe, regarde à nouveau vers moi... je le suis dans mon viseur. Il est à 15 mètres et se tourne plein travers, tête vers le bois, je tente d'aligner ma visée au travers des branchages mais il rentre au bois tranquillement. J'essaie de le faire ressortir en appelant encore mais rien, il ne reviendra pas.  

Je quitte mon poste et longe le bois à la recherche d'un poste pour appeler au Butollo. J'en trouve un un peu plus loin, la lisière très épaisse s'ouvre un peu sur une zone de bois clair. Un lièvre est assis au milieu du chaume à environ 80 mètres. Je me poste en lisière et appelle un moment sans succès. Le lièvre est parti, je reviens vers le chemin à travers le chaume alors que le bois ferme le chaume et revient vers le chemin. Arrivé au bord de ce dernier, je suis un instant la clôture pour trouver un passage plus facile puis descends en suivant le chemin qui retombe entre le chaume dans lequel je suis garé et la prairie fauchée, au niveau de l'endroit où le chemin se divise en 2. Alors que je stoppe un instant et regarde vers le ruisseau en contrebas, j'aperçois un chevreuil qui le longe tranquillement. Il me semble reconnaître un brocard mais il est à plus de 150 mètres et rentre vite dans la végétation qui borde le cours d'eau. Je me cale derrière un arbuste de la haie qui borde le chemin et commence à appeler. J'aperçois le chevreuil qui est dans la prairie de l'autre côté du ruisseau, il est figé de cul et regarde vers moi un moment puis s'éloigne tranquillement en biaisant à gauche comme pour remonter vers le bois. Je quitte mon poste et suis le chemin jusqu'à rattraper la partie qui longe les prairies du bas puis biaise vers un passage qui traverse le ruisseau. Je me poste juste de l'autre côté derrière de grands chardons. Le chevreuil n'est pas en vue.

Un petit brocard atypique tarnais, 20 juillet 2023

Je commence mes appels, presque aussitôt, un jeune brocard fonce sur moi et s'arrête à environ 70 mètres. Il regarde vers moi, j'appelle encore, il repart et s'arrête environ 20 mètres plus loin en se rapprochant toujours. Il cherche en balayant le secteur du regard, je relance quelques appels, il repart, je cole mon appeau sur ma poignée d'arc et arme doucement. J'aligne ma visée sur lui, il avance de 3/4 face. Il stoppe à environ 20 mètres de moi. Mon viseur est calé sur lui, je rappelle, il s'avance au pas tranquillement, je le suis dans mon viseur et il vient stopper plein travers à 12 mètres. Ma visée se pose derrière son épaule, je décoche, ma flèche l'atteint au point visé avec un bruit d'impact caractéristique du coffre. Il fait volte-face et fonce en biaisant vers le bois mais il commence à vaciller à environ 50 mètres du tir et s'effondre 10 mètres plus loin avant d'atteindre le bois. Je pars chercher ma flèche sans succès et appelle Lionel pour l'informer de mon prélèvement avant d'aller chercher mon chevreuil. Son trophée, bien que petit, est très atypique, des pointes partent de la meule de gauche et pointent vers l'avant.

Un petit brocard atypique tarnais, 20 juillet 2023Un petit brocard atypique tarnais, 20 juillet 2023

Le temps de poser le bracelet, de lui rendre les honneurs et de faire quelques photos, une voiture se gare près de la mienne, je pars vers ma voiture avec mon chevreuil. C'est Lionel qui est venu me rejoindre et m'aider à porter mon brocard qui ne fait que 20 kg. 

Un petit brocard atypique tarnais, 20 juillet 2023

Nous posons le chevreuil dans ma voiture avant de partir le préparer à la salle des chasseurs, vu qu'il n'est pas abîmé, nous le coupons en 2 pour le mettre au congélateur pour le loto du village. Encore un grand merci à Lionel et mon ancienne société de chasse pour cet accueil exceptionnel et leur confiance renouvelée chaque année.

Alex

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8 mai 2023 1 08 /05 /mai /2023 16:57

Ce matin, le réveil est un peu plus tardif, nous sommes juste à côté du secteur de chasse. Nous nous préparons rapidement et partons pour la zone de chasse. Il pleut et le vent est soutenu, de plus notre Tom est bien accompagné, le faire venir risque de ne pas être évident. Nous nous garons sur une zone de stockage de bois coupé, d'où nous observions les dindons hier soir. Mathieu connait bien le secteur car il y chasse régulièrement et l'an dernier il a manqué un beau tom à cause du stress, car sa femme enceinte venait de l'appeler pour lui dire qu'il fallait partir pour l'hôpital. Hier soir, les dindons semblaient se diriger vers le bois de droite mais Mathieu me dit qu'ils se remise souvent dans celui de gauche. Nous déchargeons nos affaires et nous nous dirigeons vers un bosquet de cyprès pour placer le blind sur la pointe haute du massif. Mathieu place une forme de femelle couchée et une de jake juste en arrière dans le champ travaillé à environ 15 mètres. J'installe les sièges et Mathieu installe la caméra à son retour, j'ai plusieurs bons angles de tir. Mathieu me dit de faire attention au fils barbelés sur la gauche s'il me faut tirer dans cette direction. Je suis en place et tout à coup je me sens bien, je sens que ce sera bon pour ce matin. Dans la pénombre, je commence doucement à distinguer les appelants, le vent et la pluie se calment peu à peu. Le jours se lève doucement et Mathieu commence à appeler, il est l'heure légale de la chasse. Le tom nous répond au loin, en arrière sur notre gauche. Mathieu appelle régulièrement et le tom répond toujours. Au bout d'un moment, j'aperçois un dindon qui arrive par la gauche à environ 100 mètres et le signale à Mathieu. Il m'annonce qu'il s'agit d'une femelle. Alors que Mathieu appelle, elle semble biaiser vers nous mais continue à monter dans la prairie et nous finissons par la perdre de vue.

Le groupe de femelles et le tom arrivent quelques instants plus tard en arrière de la tente. Mathieu les observe au travers d'une fente et me les signale. Le mâle répond toujours aux appels, je finis par les apercevoir au travers de l'ouverture du blind du côté gauche. Ils avancent tranquillement et le mâle gonflé fait le beau.

Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023

Mathieu appelle toujours mais les femelles jalouses rappellent le tom et ne se rapprochent pas de nous.

Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023

Les oiseaux biaisent doucement pour rejoindre la parcelle travaillée. Ils sont à 35 mètres, le vent depuis ce matin agité régulièrement la forme de jake et la fait tourner sur son axe. Alors que le vent le fait tourner légèrement, le tom l'aperçoit et devient comme fou. Il quitte les femelles et vient à la course vers les appelants alors que Mathieu appelle. Il passe sous la clôture barbelée, fonce sur la forme de jake et lui saute dessus en lui donnant des coups d'ailes et de pattes.

Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023

Retombé au sol, il la contourne par la droite en se gonflant. J'arme mon arc et il se présente pratiquement de face.

Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023

Je vise le poitrail et décoche. Traversé par ma flèche il s'envole et retombe presque aussitôt au sol avant de partir à la course en remontant dans le champ travaillé pour s'effondrer à environ 15 mètres du tir. Il se débat un peu au sol sous le regard de ses femelles restées dans la prairie et s'immobilise alors que j'exulte.

Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023

Je suis tellement heureux, ce séjour magnifique se termine avec une très belle action de chasse et une belle flèche, je remercie vivement Mathieu et les larmes me montent aux yeux. Je pars chercher mon oiseau, ce qui fait partir les dindes qui s'étaient rapprochées de lui.

Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023

Il est magnifique, je retourne ensuite vers le blind

Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023

pour faire quelques photos souvenirs.

Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023

Je ne me laisse pas de regarder cet oiseau avec son magnifique plumage et sa tête bleue et rouge.

Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023

Les photos terminées la pluie recommence à tomber et nous rassemblons nos affaires avant de retourner à la voiture pour les ranger alors qu'un autre tom descend de la crête de la prairie pour venir vers notre affût. Les femelles auront tôt fait de retrouver un mâle. Nous rentrons préparer mon dindon avant que je ne fasse mes valises. La pluie s'intensifie et tombera presque toute la journée. Cette après-midi Mathieu va m'emmener visiter le vieux Québec en profitant du retour du soleil et où nous mangerons au restaurant la bûche avant qu'il ne le dépose à l'aéroport.

Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023
Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023
Chroniques québécoises, tom down, 1 mai 2023

Je repars demain matin mais préfère le laisser tranquille en famille. Encore un immense merci pour tout mon ami et aux Chassomaniak. Que de belles personnes qu'il le tarde déjà de revoir.

 

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, rarement le télémètre)... souvent juste mon arc, mon couteau et mon appareil photo, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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