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20 janvier 2009 2 20 /01 /janvier /2009 22:20

Ce soir, vers 20 heures, je gare ma voiture dans un chaume de blé au bord du chemin. J’enfile mes gants, ma cagoule, ferme le bracelet de mon décocheur et commence à descendre mon arc à la main vers la lisière du bois. Je la longe jusqu’au chemin forestier qui descends vers le champ, cette année semé de tournesols.

Arrivé en bas du chemin, je balaie lentement du regard le tournesol. Pas un chevreuil, Je contrôle le vent léger, il vient de ma gauche, je décide donc de progresser avec le vent dans le dos pour ensuite revenir sur mes pas et longer tout le champ à bon vent. Je progresse tranquillement en essayant de faire le moins de bruit possible.

Je vais arriver au coin du bois quand j’aperçois une chevrette dans le chaume de blé en continuité du bois. Elle m’a vu et me regarde. Je reste un petit moment sans bouger puis avance vers elle. Elle démarre et détale en me tournant le dos, traverse la haie de grands peupliers bordant un fossé qui sépare le chaume de blé du champ de tournesol, traverse la bande enherbée pour disparaître à bien 100 mètres dans le tournesol.

En la suivant des yeux, j’aperçois une silhouette rousse en bordure du tournesol. Je décide de m’approcher doucement. Ce chevreuil semble occupé à manger. Je progresse lentement quand il décide de sortir sur la bande enherbée et de venir droit sur moi, c’est un brocard. Je tente de me camoufler derrière les branches basses d’un peuplier alors qu’il se rapproche rapidement en zigzagant et en reniflant le sol.

J’arme mon arc. Mon cœur s’emballe un moment. Il prend le contre-pied de la chevrette et arrive à quelques mètres de moi, il est maintenant plein travers à 5 mètres environ, je suis sous le vent mais la chevrette l’obsède tellement que mon odeur ne le trouble pas. Ses bois sont hauts et fins, je le vise mais les branches me gênent. Il saute le fossé et alors que je pivote lentement pour le tirer dans le chaume ma flèche s’accroche à une branche et vient taper ma fenêtre d’arc dans un bruit métallique qui fait fuir le brocard en aboyant. Je tente de le tourner pour le faire revenir en l’aboyant mais rien n’y fait.  

Je reste un moment à observer mais il semble parti, je poursuis donc ma progression. Quand je l’aperçois 60 à 70 mètres plus loin qui ressort du tournesol pour traverser le fossé et revenir dans le chaume. Il fait rapidement demi-tour, retourne dans les tournesols puis ressort et longe la bordure du champ en venant vers moi sur environ 10 mètres et rerentre dans le tournesol.

J’en profite pour me caler à genoux dans l’herbe haute contre la haie de peupliers. J’attends un moment espérant le voir revenir mais rien. Je me relève et avance doucement vers le bout du champ. Quand j’arrive à la mare, je l’entends aboyer dans le bois d’en face un moment puis plus rien. J’attends un moment puis retourne en arrière en longeant l’autre côté du champ qui fait une bande étroite à cet endroit au pied d’un travers boisé.

Le tournesol est très clair, de nombreux pieds ont été mangés par les chevreuils. Arrivé à une zone où le tournesol touche le bois et ne permet plus d’avancer sans bruit, je traverse la bande étroite des tournesols pour regagner la bande enherbée bordée par les peupliers. J’avance doucement en marquant des arrêts fréquents pour observer mais rien, pas un chevreuil.  

Arrivé en face d'un chemin forestier, dans une zone où le champ est pelé suite à un abat d’eau qui a emporté la semence, j’aperçois un chevreuil. Il tourne la tête et regarde en arrière alors qu’un second chevreuil arrive sur ses pas au trot, ils m’ont repéré et détalent rapidement vers l’îlot boisé à l’autre bout du champ.

Ils disparaissent alors que je reprends ma progression. Tout à coup, j’aperçois un brocard en bordure du champ sur la bande enherbée de l’autre côté. Je me baisse et me mets à genoux contre la bordure du champ pour l’observer. Il mange paisiblement, le temps passe et je me rends compte qu’il progresse maintenant sur la bande enherbée et ne semble pas vouloir se rapprocher.

Je tente donc une approche, baissé le plus possible, je longe les tournesols pour le dépasser, m’arrêtant souvent pour le regarder, mais il accélère. M’a-t-il remarqué ? Je rentre dans le tournesol prenant les passages les plus espacés pour me rapprocher quand, tout à coup, j’aperçois une chevrette qui m’observait et qui détale au moment où je marque un arrêt.

Le brocard finit par me dépasser et semble descendre vers l’îlot boisé où a disparu la chevrette, j’essaie d’avancer le plus vite possible, baissé un maximum en essayant de ne pas faire de bruit. Mais alors que je pensais voir disparaître mon brocard, il fait demi tour et zigzague tranquillement dans les tournesols la tête baissée alors que j’avance vers lui.  

Je le perds un moment de vue mais je continue à avancer dans sa direction. Je marque un arrêt me redresse un peu quand j’aperçois un brocard qui longe l’îlot et vient droit vers moi. Je me baisse et attends un peu mais il semble qu’il va passer plus haut. Je monte un peu alors qu’il zigzague la tête baissée quand il s’arrête brusquement avant de foncer droit sur moi. Il m’a pris pour un congénère. Je me mets à genoux, arme mon arc et attends. Il arrive au trop et s’arrête à 4 mètres.

Tout va très vite, j’aligne ma visée sur son épaule et lâche ma flèche qui le frappe en plein cou et le sèche net sur place alors qu'il avait déjà amorcé son demi-tour. Je m’approche, il saigne abondamment par le trou d’entrée de la flèche que la vertèbre a arrêté net. Il s'immobilise assez rapidement. Une fois mort, je tente de lui retirer la flèche mais c’est impossible alors je dévisse la lame qui reste fichée dans la vertèbre et récupère ma flèche pour la ranger sur mon carquois. Je laisse sur place et avance un peu dans le champ pour observer un peu le mouvement avant de partir. Pas le moindre chevreuil, seulement un lapin à peine aperçu au moment où il rentrait dans l’îlot boisé.

Un assassin dans les tournesols, 6 août 2008

Alex

 

Trophée :

Un assassin dans les tournesols, 6 août 2008

Atteinte :

Un assassin dans les tournesols, 6 août 2008

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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 18:46

Je me gare sur le parking situé sur la digue du lac qui est aujourd’hui recouvert d’une nappe de brouillard. Je suis en train de prendre mon arc quand un bruit attire mon attention sur la berge du lac, l’eau bouge à quelques dizaines de mètres de la digue mais la végétation m’empêche d’en voir plus.

Je prends mon petit sac à dos avec ma canne à pêche pour récupérer les flèches puis me dirige vers ce remous en contournant un bouquet d’arbres qui a poussé dans l’angle lac, quand j’aperçois deux ragondins qui s’éloignent du bord. Le premier progresse en s’arrêtant plusieurs fois pour stopper à environ 25 mètres du bord, le second est à environ 5 mètres du bord à une quarantaine de mètres de l’endroit où je me trouve.

Je laisse donc le premier un peu trop loin, occupé à me regarder et me dirige lentement vers le second en armant mon arc pour être prêt à tirer mais, alors que je suis à environ 20 mètres de lui, il démarre et s’éloigne du bord. Je tente donc une flèche mais le manque, il plonge, ce qui fait plonger son compère, ils disparaissent tous les deux.    

Le brouillard ne me permet qu’un champ de vision limité, 50 mètres maximum. Je prends ma canne à pêche la déplie et commence à ramener ma flèche quand une voiture s’approche et s’arrête à proximité alors que je récupère ma flèche. Une personne descend vers la bordure du lac, je lui lance un bonjour puis me rapproche et répète mon bonjour, il me répond.

Après avoir discuté un peu, je repars en chasse en longeant la berge. Un peu plus loin deux autres ragondins. Je m’approche lentement en essayant de camoufler mon déplacement derrière le feuillage d’un arbre qui se situe à une distance raisonnable des ragondins et devrait me permettre de tenter un tir.    

J’approche sans voir la réaction des ragondins que l’arbre me cache. Arrivé derrière ce dernier, je m’aperçois que les ragondins se sont remis en mouvement. Ils avancent rapidement sur l’eau en longeant la berge, je presse le pas mais après être passé derrière un petit bouquet d’arbres qui me les masque un temps, je les perds de vu.    

Je progresse toujours en suivant la berge, encore deux ragondins, le premier est à distance raisonnable, j’arme mais ils plongent, l’un d'eux remonte un peu loin et je tente une flèche mais je le manque. Plusieurs ragondins font du sur place à plus de 50 mètres du bord. Les carpes se poursuivent et font un raffut impressionnant, elles sont en pleine période de frai.

Je tente de récupérer ma flèche avec ma canne à pêche mais le fil casse et le bout de bois qui me sert à récupérer mes flèches retombe dans le lac. Il me semble que le vent est bon, il devrait ramener la flèche au bord, de toute façon je n’ai pas d’autre bout de bois sous la main. Je reviendrai chercher ma flèche plus tard.

Je n’ai pas de chance ce matin, un peu plus loin un petit ruisseau se jette dans le lac au niveau d’un V dessiné sur environ 100 mètres par des arbres. Plusieurs arbustes noyés servent de support à des nids, sur l’un d’eux un grèbe qui plonge en me voyant. Arrivé en limite des arbres, j’aperçois un ragondin à environ 5 mètres mais il plonge rapidement pour remonter sous le couvert d’un gros arbuste contre le nid d’une foulque.

Se sentant repéré, il plonge à nouveau et disparaît. Je récupère un bout de bois en Y planté pour servir de repose canne et refais mon montage pour récupérer mes flèches quand les grognements de deux ragondins et le mouvement des herbes un peu plus loin attirent mon attention.

Je m’approche doucement mais la végétation abondante m’empêche de les voir et ils finissent par disparaître dans les ronces. Je rejoins le passage busé qui traverse le ruisseau un peu plus loin et en amont duquel l’eau bouge. J’arme mon arc et m’approche, une zone d’eau non recouverte par la végétation permettrait un tir mais le ragondin est sous couvert de la végétation qui enjambe le ruisseau. Il grogne et ne semble pas disposé à sortir.

Je poursuis donc ma progression vers le ruisseau principal d’alimentation du lac quand un petit ragondin surgit et plonge immédiatement sans remonter à la surface, un gros ragondin, certainement sa mère, déboule du champ de blé qui longe le lac et se jette à l’eau. Je tire une première flèche qui passe devant le ragondin puis une seconde qui passe juste au-dessus alors qu’il s’éloigne tranquillement comme si de rien n’était.

Je récupère mes deux flèches en avançant dans l’eau peu profonde car la végétation m’empêche de les ramener avec ma canne et, à ma grande surprise, alors que mon arc est posé à quelques mètres de moi sur la berge, le petit ragondin, resté accroché à la végétation au fond du lac, refait surface à quelques mètres de moi puis replonge aussitôt pour disparaître.    

Je poursuis vers le chemin de terre qui traverse le ruisseau d’alimentation au bout du lac. Ce chemin borde la largeur d’un champ de blé. Il semble qu’aucun ragondin ne mange le blé, déjà très attaqué sur une bande de plusieurs mètres, en bordure du ruisseau dans lequel je n’aperçois pas non plus les gros rongeurs.

Je fais donc demi-tour pour aller chercher ma flèche. Mais cette dernière a dérivé vers la berge opposée et est bien trop loin pour être rattrapée avec ma canne à pêche.

Le brouillard se lève peu à peu et le soleil commence à se faire de plus en plus présent. Je décide de revenir plus tard pour la récupérer en face.      

Finalement, je vais plutôt faire le tour du lac, il y a peu de chance de voir d’autres ragondins de ce côté. Je marche tranquillement entre le blé et le lac sur le chemin de terre qui en fait le tour quand un mouvement attire mon attention dans le blé.

Il me semble avoir vu un petit oiseau noir voler sur quelques mètres au ras des épis et plonger brutalement dans le blé. Je m’arrête et observe un moment, il s’agit en fait d’un brocard dont seuls les bois et les oreilles dépassent de la végétation quand il relève un peu la tête. Il avance lentement à moins de 10 mètres du bord du champ et vient dans ma direction.

Je me baisse et m’agenouille en bordure du blé mais plus rien, je me redresse et aperçois ses bois qui dépassent un peu plus loin. Je m’approche doucement en me baissant et en longeant le champ alors qu’il reprend sa marche, d’abord au petit trot sur quelques mètres puis tranquillement en marquant des arrêts brefs. Il se rapproche, seule sa tête et parfois une partie de son cou dépassent du blé, il est maintenant à portée de tir.

J’arme mon arc et le vise en attendant un arrêt. Il marque un premier arrêt, je tente de le viser en essayant d’estimer la position du coffre mais ce n’est pas facile, il repart et, alors qu’il marque un deuxième arrêt, je décoche ma flèche en visant un point que j’imagine être le milieu du coffre. Un bruit sourd à l’impact m’indique que je l’ai touché.

Il démarre en trombe en bondissant et disparaît dans le blé. Je m’approche doucement de l’endroit du tir où je trouve de suite du sang bien rouge mais l’épaisse végétation ne me permet pas de localiser ma flèche. Le chevreuil est parti en suivant le passage du tracteur et le sang est projeté des deux cotés sur le blé.

Je suis la piste assez facile à suivre, ce sang abondant et bien rouge me conforte dans l’idée d’une bonne flèche. La piste finit par obliquer vers la route, la coulée très marquée et maculée de sang me conduit à mon chevreuil sans vie qui repose dans le blé.

Ma flèche est rentrée un peu haute, en arrière du coffre et ressort en plein milieu de ce dernier du côté opposé, les deux poumons ont été touchés.

 
Une sortie au bord du lac, 30 juin 2008

Alex

 

Trophée :

Une sortie au bord du lac, 30 juin 2008

Atteinte :

Une sortie au bord du lac, 30 juin 2008

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18 janvier 2009 7 18 /01 /janvier /2009 18:44

Cette année, la fédération départementale des chasseurs du Gers a mis en place une nouvelle réglementation pour le prélèvement des brocards en tir d’été. Chaque société de chasse doit réaliser au moins 50 % de ses tirs d’été sur des brocards dont le trophée ne dépasse pas 4 pointes.

La petite société privée où je prends 1 de mes tirs d’été depuis 3 ans n’a qu’un seul bracelet pour cette période, je n’ai donc pas le choix, je dois flécher un 4 pointes au plus. N’étant pas très attaché à la valeur du trophée, les années précédentes, je partais du principe que le premier brocard que je parvenais à approcher étais celui que je fléchais, mais cette année cela s’annonce plus compliqué.

Le territoire où je chasse est morcelé en deux zones géographiquement bien séparées, une zone de prairies vallonnées entrecoupées de bandes boisées plus ou moins importantes et entourées de cultures (blé, orge et colza cette année), cette zone est limitrophe avec les sociétés de chasse de Pavie, d’Auterrive et de Pessan. L’autre zone en cuvette est composée de cultures (blé et tournesols cette année) entourées de penchants boisés, elle est limitrophe des sociétés de chasse de Pavie et de Lasséran. Les deux années précédentes j’ai fléché mes deux brocards sur la deuxième zone. Je décide donc de tenter de flécher mon brocard en limite d’Auterrive.  

Après plusieurs sorties depuis le premier juin, je m’aperçois rapidement que cette zone peu chassée est très fournie en brocards (au moins 9 différents sur 90 hectares) mais que la quasi-totalité des animaux sont de grands brocards de six pointes, je pense que ces brocards de belle stature maintiennent les jeunes sur la périphérie du territoire. De plus les mâles de petites statures sont rendus très méfiants par ce harcèlement et je me rends vite compte qu’ils sont très difficiles à approcher.  

Je décide donc, ce matin, de tenter ma chance sur l’autre partie du territoire. Sur le chemin, il bruine mais cette pluie fine s’arrête rapidement. Arrivé sur place à 5h45, Je me gare le long d’un blé qui surplombe le territoire. Je me prépare tranquillement, j’enfile mes gants, ma cagoule, ferme le brassard de mon décocheur alors qu’une petite brise souffle sur ma gauche.

J’arrache quelques brins d’herbes que je jette en l’air, leur chute dans le sens du vent conforte mon sentiment. Le sol et la végétation sont humides, mon pantalon camo ainsi que mes chaussures sont rapidement détrempés alors que je traverse le blé pour arriver au bord du bois.

Je suis la bordure du bois sur une centaine de mètres sur ma droite puis emprunte un chemin de terre qui le traverse pour me conduire au champ de tournesol un peu plus bas. Je descends tranquillement le chemin pour arriver sur la bande enherbée du champ de tournesol. Je suis encore sous le couvert des arbres quand un lapin détale du milieu du champ pour rentrer à couvert. Je tends la tête pour voir si un chevreuil n’est pas au gagnage.

Les pieds de tournesol ne dépassant pas encore 15 centimètres, la vue est dégagée et me permet de scruter la quasi-totalité de la zone non boisée. Pas un seul chevreuil, je reprends ma marche en longeant le bois sur ma gauche. Quelques mètres plus loin, je m’aperçois que les sangliers sont passés cette nuit, des traces fraîches longent la bande enherbée, un gros pied et plusieurs autres plus petits.

Je poursuis en suivant la bordure du champ et arrive au coin du bois qui remonte à angle droit sur 50 mètres environ puis tourne à 90° sur 100 mètre en prolongement de la limite blé/tournesol, toujours pas de chevreuil. Un gros îlot boisé au milieu du champ de tournesol sert souvent de remise aux petits cervidés mais aujourd’hui pas de mouvement de ce côté-là non plus.

Je longe toujours le bois, d’autres pieds de sangliers, certains d’aujourd’hui et d’autres plus vieux, ils doivent être sur le secteur. Arrivé au bord du champ de blé, la bande enherbée se termine et le bois remonte à nouveau à angle droit vers le chemin que j’ai pris pour venir en voiture.

Je remonte, toujours le long du bois sur environ 150 mètres puis repars vers la voiture, une bande de blé sépare le chemin du bois. Le vent a tourné, il vient maintenant face à moi et je me retrouve à nouveau à bon vent. Les sangliers ont donné quelques coups de nez dans le blé.

J’avance doucement quand, au niveau d’une zone où le blé est mêlé de chardons et de hautes herbes, une chevrette détale vers le chemin et traverse côté Lasséran pour disparaître dans un autre champ de blé. Je continue doucement et finis par apercevoir la voiture. J’hésite, il est 6h45 environ, soit je vais faire un tour sur l’autre zone, soit je tente de refaire le tour que je viens de faire.  

Je décide finalement de redescendre le chemin forestier pour surveiller le champ de tournesol. Arrivé en bas, comme tout à l’heure, je tends la tête pour voir si un chevreuil n’a pas fait son apparition.

Cette fois, j’aperçois une silhouette rousse en plein milieu du tournesol sur ma droite. Le vent est bon. Le chevreuil semble me regarder mais il finit par se remettre à manger et me tourne le dos. La grande distance (200 mètres environ) qui nous sépare ne me permet pas de voir s’il s’agit d’un brocard ou d’une chevrette, sa morphologie n’est pas celle d’un grand brocard et j’ai l’impression que cet animal est maigre de plus sa démarche me parait bizarre.

Je décide de tenter une approche. J’avance de quelques mètres en longeant le bois sur la bande enherbée pour me retrouver partiellement caché derrière une branche feuillue. Je regarde le chevreuil au travers des feuilles et ce dernier semble revenir vers moi, je me baisse, alors qu’il est occupé à manger un petit pied de tournesol, et me retrouve sous la branche. Je reste là un petit moment, il reprends à nouveau sa marche et me tourne à nouveau le dos. Il avance de quelques pas, mange puis avance à nouveau.

Je tente alors de me rapprocher. Je passe sous le branche puis avance de quelques pas en longeant le bois, je reste collé un maximum à la lisière dont la bordure très épaisse forme un véritable mur vert, je progresse lentement à moitié baissé en essayant de fondre le plus possible ma silhouette dans le décor.    

Je m’arrête, il regarde vers moi un moment puis fait sa toilette, il m’a peut être repéré, je reste immobile jusqu’à ce qui il se remette en marche. Il se rapproche du bois, je tente de m’approcher un peu plus, les branches sèches sont très cassantes et j’ai toutes les peines du monde à les éviter. Les sangliers sont aussi passés par là, à en juger par les nombreux coups de nez qu’ils ont donné pour déraciner les bulbes.

Je suis encore à 100 mètres au moins. J’avance doucement toujours collé au bois et marque une pause à chaque fois qu’il se redresse ou que sa position peut lui permettre de me repérer. Il semble très calme. Il finit par se rapprocher du bois et arrive dans une zone ou la végétation haute me le masque presque totalement, seul un peu de roux contraste avec le vert.

Je marque une pause et l’observe, il semble occupé à manger les feuilles contre le bois. Je finis par ne plus le voir, je tente une sortie, je progresse plus rapidement sur une vingtaine de mètres puis me recolle au bois alors que je l’aperçois à nouveau. Je suis à 50 mètres environ. Je ne sais toujours pas si c’est un brocard. Je commence alors une progression très lente sur la pointe des pieds, à l’affût de la moindre réaction suspecte de sa part, mais il semble ne pas me prêter attention.

Plusieurs fois, il relève la tête, les oreilles orientées vers moi et se remet à brouter le feuillage comme si de rien n’était. A environ 30 mètres, je marque un temps d’arrêt pour l’observer et j’arrive à distinguer de petit bois, c’est un 4 pointes. Encore quelques pas et arrivé à environ 25 mètres, je me baisse doucement pour disparaître de son champ de vision masqué par la végétation qui l’entoure et arme mon arc.

Je me redresse très doucement, il est toujours occupé à manger. Je fais encore quelques pas et me retrouve à moins de 20 mètres de lui, j’aligne ma visée et lâche ma flèche juste au moment où il tourne la tête vers moi.

Un bruit sourd, il me semble être un peu en arrière, mon brocard s’effondre sur place puis se relève et part avec peine pour rentrer dans le bois. Je l’entends quelques instants dans le bois puis plus rien. Mais alors que je m’approche de la zone du tir pour tenter de retrouver ma flèche des aboiements retentissent dans le bois dans la direction de fuite de mon chevreuil.  

Le doute s’installe, je regarde le sol mais je ne retrouve ni de sang ni ma flèche. Les aboiements sont de plus en plus insistants et le chevreuil se met en mouvement. Il finit par sortir du bois 100 mètres plus loin au coin du massif. Il avance en plein découvert en aboyant de plus belle alors que je me baisse pour m’accroupir dans les herbes hautes. J’encoche une deuxième flèche et commence à répondre à ses aboiements par d’autres aboiements.

Il vient droit sur moi jusqu’à environ 40 mètres toujours en aboyant et moi à lui répondre. Il me semble que ses bois sont plus allongés que tout à l’heure. Puis il stoppe un moment face à moi, feint de brouter relève la tête plusieurs fois de suite, avance de quelques pas saccadés en tapant les sabots au sol. Puis se remet à aboyer avant de s’éloigner pour revenir dès que je l’aboie à nouveau.

Sa démarche empotée ressemble à celle de tout à l’heure mais il est parfaitement en forme ce qui me fait comprendre que c’est la terre collante qui lui donne cette démarche et non le fait qu’il puisse être malade.

Au bout de quelques minutes de ce manège, il finit par s’éloigner en aboyant alors qu’un autre chevreuil lui répond dans le bois d’en face. Il est déjà loin quand je me relève en remettant ma flèche dans mon carquois d’arc et c’est alors que j’aperçois ma flèche, plantée au sol, à environ 5 mètres, l’empennage rougi de sang.  

Je n’y comprends plus rien, je me retourne et m’aperçois que je ne cherchais pas assez loin. Peu avant la flèche de grosses traces de sang qui rentrent dans le bois. Je récupère ma flèche et rentre dans le bois par la coulée empruntée par mon brocard. J’enjambe un petit ru qui longe la bordure interne du bois.

Le sang est bien rouge et la piste est assez facile à suivre. Je remonte doucement la pente boisée en suivant les indices sur environ 30 mètres puis tourne vers la droite pour faire encore environ 15 mètres et arriver sur mon chevreuil qui repose sur le ventre, les pattes écartés et la tête en arrière.

La flèche a bien tapé en arrière au niveau des reins et ressort dans le cuissot opposé. Il n’est pas du tout maigre comme je le pensais au départ. J’encoche et appose mon bracelet en repensant à ce change surréaliste qui m’a fait même douter un moment d’avoir entendu le bruit de l’impact de ma flèche sur l’animal.

Je rentre avec mon chevreuil à la voiture la tête pleine des images de cette chasse mémorable.  

Au dépeçage, je m’apercevrai que la flèche a tranché l’artère surrénale et un rein en passant juste sous la colonne vertébrale. Ce jeune brocard est infesté de grosses larves blanches qui grouillent dans ses naseaux.

L’examen de la dentition me fait penser qu’il n’a pas deux ans, une dent de lait s’est même détachée lors de la préparation du trophée.  

Un petit brocard 4 pointes, 9 juin 2008

Alex

 

Trophée :

Un petit brocard 4 pointes, 9 juin 2008

Atteinte :

Un petit brocard 4 pointes, 9 juin 2008

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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 11:44

Aujourd’hui, il a fait une journée magnifique. Rentré du boulot vers 18h20, je me prépare tranquillement pour démarrer vers 18h30. Il y a deux semaines, je suis allé faire un repérage des coins à ragondins sur la société de chasse, à la fois sur la commune d’Antras et d’Ordan Larroque, présidée par Monsieur Maylle.

Je décide d’aller chasser sur ce territoire qui me semble très prometteur, Je prends la direction de Barran puis prends l’embranchement d’Ordan, cette route passe devant deux mares dans lesquelles j’ai repéré la présence de ragondins lors de mes allées venues.

Arrivé à la première mare, j’aperçois deux gros ragondins entrain de pâturer paisiblement sur la rive opposée au terrier que j’ai repéré lors de ma dernière sortie de repérage, le ragondin à proximité de ce dernier si était rapidement enfermé après m’avoir repéré.

Je ralentis légèrement pour ne pas les effrayer et poursuis ma route pour me stationner à une centaine de mètres en bordure de la route. Le vent est bon, je descends le talus de la route et commence mon approche par la bande enherbée qui longe le futur champ de maïs.

Je marche assez rapidement vers le bout de la mare pour me retrouver à environ 50 mètres des ragondins. Je commence une progression lente en observant les deux ragondins, je m’arrête à chaque fois qu’ils lèvent la tête et repars dès qu’ils recommencent à brouter mais à environ 40 mètres, l’un d’eux se laisse glisser dans l’eau. Je laisse le second se calmer et recommence à avancer alors qu’il s’est remis à manger mais je n’arrive pas à faire plus de 10 mètres.

Le second ragondin vient de plonger, je m’élance sur quelques mètres, arme mon arc mais il est trop tard le ragondin remonté à la surface au milieu de la mare s’affole et plonge pour rejoindre son terrier à grande vitesse sous l’eau, formant une vague en V.

Je m’aperçois que ce terrier n’est pas le même que celui que je connaissais, j’avance vers l’endroit où les ragondins s’étaient mis à l’eau. Arrivé sur place, l’eau s’agite brusquement et un nuage de vase remonte du fond à un mètre du bord, je n’ai pas vu ce que c’était et je regarde en direction du terrier où le ragondin est entré il y a un instant.

L’eau bouge un instant, l’espoir de voir mon ragondin ressortir s’amenuise quand les ondulations stoppent net. Je commence à repartir alors qu’un tracteur se dirige vers moi et s’arrête à quelques mètres, je me dirige vers lui, c’est le propriétaire, je lui explique ce que je fais là, ce qui le réjouit fortement.

Nous discutons quelques minutes puis il repart et je retourne à ma voiture pour avancer jusqu’à la seconde mare où j’aperçois un gros ragondin qui m’a déjà repéré, il me laisse tout juste le temps de descendre de ma voiture et plonge.

Je me précipite vers la petit mare mais il est déjà trop tard et comme d’habitude je n’ai pas vu vers quel terrier il s’est dirigé et la surface de l’eau agitée par le battement des nageoires d’une carpe ne permet pas de repérer un frémissement à l’entrée d’un des nombreux terriers. C’est la troisième fois que je suis mis en échec par un ragondin dans cette mare.

Je reprends ma voiture et poursuis ma route vers Ordan Larroque, j’hésite à aller faire le tour d’un grand lac en limite des communes de Barran et de Biran, je n’y suis encore jamais allé mais ce sera pour une prochaine fois.

Arrivé en bas du village d’Ordan Larroque, je gare ma voiture non loin d’un petit ruisseau qui longe un blé, traverse la route puis longe un champ de colza, de l’autre côté du ruisseau des prés. Je me dirige vers le ruisseau en longeant le blé mais le vent n’est pas favorable pour suivre, le ruisseau de ce côté de la route et alors que je suis en train d’hésiter, je tourne la tête vers le colza de l’autre côté de la voirie et mes yeux se posent sur une masse sombre que je fixe un instant sans trop réaliser.

Mais au bout de quelques secondes, cet animal lève la tête et hume l’air, là plus de doute possible c’est un sanglier, j’ai du mal à y croire, il fait bien jour, il est 19 heures tout juste passé d’un quart d’heure, l’animal s’éloigne au petit trop sur une vingtaine de mètres.

Ce sanglier mâle d'une cinquantaine de kilos est en bordure de la culture sur la bande enherbée à une centaine de mètres, je décide de tenter une approche, le vent latéral porte mon odeur au milieu du champ de colza. Je m’avance d’une quarantaine de mètres sur une zone où le colza n’a pas levé pour rejoindre la bordure de la culture.

La bête noire commence à avancer tranquillement sur la bande enherbée tout en cherchant sa nourriture. Je prends le premier passage de tracteur à 5 mètres de la bordure du colza et commence à avancer doucement dans le passage de la roue du tracteur.

Le sol humide suite aux pluies de ces dernières semaines est marqué de nombreux pieds de sangliers de tailles différentes. Le sanglier avance, broute, fouille de sol alors que je le suis en réduisant doucement la distance qui nous sépare. Par moment, une forte odeur de sanglier se fait sentir preuve qu’il est passé par là avant moi.

Tout à coup, il s’arrête et regarde vers moi, je me fige et reste immobile, il finit par repartir pour se diriger vers la haie qui borde le ruisseau et semble vouloir traverser mais il se frotte le groin contre un petit arbuste puis reprend sa route sur la bande enherbée.

Je le suis toujours alors qu’il marque un nouveau temps d’arrêt et regarde dans ma direction un instant alors que je reste sans bouger. Il repart vers un arbuste sur lequel il se frotte le museau, je suis maintenant suffisamment près pour l’entendre, il semble manger les bourgeons. Je poursuis mon approche, il marque un temps d’arrêt plein travers à 40 mètres, je ne bouge pas.

Il repart, se frotte le flanc sur l’arbuste et recommence sa progression mais en retournant vers le colza, j’avance toujours mais à 30 mètres, il disparaît derrière la bordure du colza et c’est la dernière fois que je le verrai.

Je poursuis ma progression et finis par retomber sur cette odeur forte de sanglier, c’est alors que je comprends qu’il est retourné dans le colza sans faire bouger la végétation alors que je pensais qu’il longeait la culture. Je reste un moment à regarder le colza mais plus rien ne bouge.

Je retourne sur mes pas en observant les pieds de sangliers quand un mouvement sur ma gauche, de l’autre côté du ruisseau, au milieu du pré attire mon regard sur un gros ragondin au gagnage. Je traverse donc le ruisseau et commence à m’approcher en prenant soin de rester caché du regard du ragondin grâce à un buisson.

Le vent est très bon, je distingue la forme du ragondin au travers du buisson duquel je m’approche assez rapidement mais d’autres ragondins de petite tailles se trouvent en bordure de ce que j’identifie encore comme une haie. Arrivé derrière ce dernier, je me baisse et arme mon arc, les petits ragondins disparaissent dans la végétation sans que cela semble troubler le gros ragondin qui est certainement leur mère.

Je me redresse et aperçois un petit ragondin qui suit sa mère. Je profite de chaque fois où le ragondin me tourne le dos pour avancer vers la haie pour lui couper toute retraite, le temps passe et je regrette d’avoir armé mon arc si tôt. Arrivé à une dizaine de mètres mon ragondin est de trois quart arrière.

Je vise et tire mais ma flèche passe juste à gauche et se plante dans le sol. Surpris, il fait le dos rond et commence à se diriger vers la mare que cache la haie. Je tente de m’interposer entre les deux ragondins et la mare mais ils finissent par se mettre à courir.

Alors que je suis sur le point de réencocher une flèche, ils se jettent à l’eau sous des branches entremêlées en disparaissant. Vexé, je récupère ma flèche et la décoche trois fois sur des pissenlits, à peine bas mais bien dans l’axe, j’aurais dû armer plus tard !

Retour à la voiture, je pars pour Antras. Sur le chemin, je regarde les bords de ruisseaux et les mares. La dernière mare sur Ordan en limite d’Antras présente une végétation tenue rase sur plusieurs mètres autour du plan d’eau mais, jusqu’à aujourd’hui, je n’y ai jamais vu un seul ragondin.

Ce soir, trois gros ragondins sont en train de brouter au bord de la mare. Je me gare, prend mon arc et me dirige vers la mare, l’eau bouge de toute part mais je ne vois plus les ragondins sur la berge d’en face, ils sont déjà retournés à leur terriers.

Je longe la berge quand le long de la berge opposée un ragondin se débine lentement, j’arme, vise et décoche mais ma flèche est juste au-dessus, ce n’est pas mon jour. Le ragondin plonge et disparaît, je poursuis ma progression et, alors que je me trouve sur la berge opposée, j’aperçois un ragondin qui nage au milieu de la mare. J’arme, vise et lui décoche une flèche au niveau du coup.

Il me semble le toucher mais je ne le vois pas réapparaître quand, tout à coup, un gros remous près des terriers en face puis un ragondin qui rentre au terrier avant que je puisse armer mon arc.

Je reste un moment sans bouger et m’aperçois que l’eau remue à quelques mètres, je m’avance un peu quand un ragondin avec une plaie profonde au coup s’avance dans l’eau, j’arme rapidement et lui décoche une flèche qui lui fracasse les deux épaules, il se débat un moment sur place puis plus rien. Le pensant mort, je m’approche sans mon arc pour le récupérer ainsi que ma flèche.

Je ne vois pas ma flèche mais la tête de mon ragondin dépasse de débris végétaux qui flottent contre la berge. Il n’est pas mort et redémarre pour disparaître sous les branches d’un grand saule pleureur, je récupère mon arc et fais le tour de la mare car les ronces m’empêchent d’avancer vers le ragondin.

En arrivant sous le saule, j’aperçois le ragondin caché sous un arbre mort, je tente une flèche au travers de la végétation mais cette dernière déviée par une brindille explose sur une branche avant d’atteindre sa cible. Je décide d’aller récupérer mes deux autres flèches avant que mon carquois de 4 flèches soit vide.

Je pars chercher ma canne à pêche. Je récupère mes deux flèches alors que mon ragondin se remet à bouger. Arrivé sous le saule je le vois contre la berge sous des branchages, je prends ma vieille flèche, arme et lui décoche une flèche au travers d’une zone dégagé. Il se débat un peu puis finit par mourir, c’était un dur à cuire et je viens de perdre une autre flèche qui est certainement planté au fond de la mare.

Je retourne à la voiture chercher mon moulinet d’arc avec ma flèche pèche pour récupérer mon ragondin mais je n’ai pas pris les fixations pour le mettre sur mon arc, je coince donc mon moulinet dans la fourche d’un arbuste, j’encoche ma flèche et décoche ma flèche pêche en plein dans mon ragondin, enfin un peu de chance !

Je commence à mouliner mais je m’aperçois que ma flèche s’est détachée de sa fixation, ce n’est décidément pas mon jour. Heureusement ma flèche est restée dans le ragondin et, grâce à la canne à pêche, je finis par ramener le ragondin au bord avec ma flèche. J’ai perdu beaucoup de temps, il est 20h30 et je pars directement vers une mare très fréquentée en laissant de côté les berges de ruisseau.

Je gare ma voiture à distance et m’approche doucement de la mare, les ragondins ne sont pas en train de brouter, je décide donc de m’approcher par la berge opposée aux terriers repérés il y a deux semaines.

Sur ma gauche, j’aperçois un ragondin calé contre la berge sous les branches d’arbustes qui retombent sur l’eau. Je tente une flèche au travers des branches, mon ragondin est touché, il s’effondre sur place et alors que j’encoche ma deuxième flèche, un second ragondin surgit de son terrier caché sous les ronces qui retombent dans la mare.

Il est bien en évidence devant les ronces, j’arme et lui décoche une flèche, après s’être un peu débattu, il rend l’âme. Je pars récupérer flèches et ragondins. Le premier n’est en fait pas mort, il flotte et respire fortement, la flèche lui a traversé la moitié gauche du crâne, je m’approche doucement pour le saisir par la queue alors qu’il se met à nager en rond sur place.

Je finis par le saisir par la queue et par l’achever d’un coup sec au sol. Je récupère ma flèche puis mon second ragondin en couchant les ronces et ma deuxième flèche.

Finalement la soirée ne se termine pas trop mal malgré un gros passage de poisse.

 

Alex

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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 13:52

Nous avions arrêté depuis un moment la date de 8 février pour réaliser notre deuxième battue à l’arc avec l’ASCA32, elle devait se dérouler sur le secteur de Riscle, mais la tempête Klaus en a décidé autrement. Suite aux gros dégâts provoqués par cette catastrophe naturelle notre secrétaire qui organisait cette chasse a préféré l’annuler et notre préfet a mis tout le monde d’accord en interdisant la chasse sur tout le département une semaine après le passage de la tempête, cherchez l’erreur !

 Je prévoyais de faire une battue en échange sur le secteur de Pavie, peu touché par les intempéries mais j’ai dû me résigner à tout annuler suite à cet arrêté préfectoral. Finalement, le préfet à lever l’interdiction de chasser sur les secteurs les moins touchés quelques jours avant le 8 février, j’ai dont relancé l’invitation et ai réussi à trouver 24 archers motivés, 4 venant de l’Aude, 2 de la Haute Garonne, 1 du Tarn et les autres du Gers.

Rendez-vous est pris pour 8 heures sur la place d’Auterrive ou j’habite et qui se situe à moins de 5 minutes du territoire de chasse. Les premiers arrivés sont les archers de l’Aude, 7h30 et bien sur le dernier est un Gascon pour ne pas faire d’entorse à notre quart d’heure local. Nous partons pour le lieu de chasse. Nous allons chasser sur un petit territoire privé de 90 hectares. La zone est vallonnée, couverte en grande partie de pâturages, de petits bosquets et de haies.

Nous avons la possibilité de flécher 3 chevreuils, le sanglier et le renard. Deux chasseurs sont venus pour nous donner main forte au fusil, mais ils décident finalement de se placer en observateurs et de ne pas sortir leurs armes.  

Une fois le déjeuner pris, les consignes données, nous élaborons le plan d’attaque : nous posterons l’ensemble du territoire pour cette première traque. Une partie des archers part se poster sur les consignes du président de la chasse et de deux autres chasseurs qui nous accueillent alors que je pars poster une ligne d’archers en crête, sur la bordure droite du territoire, le long d’une haie épaisse bordant une zone de friche partiellement boisée du côté extérieur au territoire.

Je répartis les posters en fonction des passages de gibier. De là nous pouvons voir toute la chasse, 4 archers se sont postés en face, eux aussi en crête, le long de la carrière. Un en bas à la haie, le long du petit ruisseau, sur un passage très fréquenté. 2 sur la traversée du ruisseau alors que les autres sont répartis sur les passages, le long des haies.

Je suis le dernier à me poster. De mon poste, contre un gros chêne, sur un passage au milieu des ronces, je peux voir une grande partie de la chasse. Au bout de 5 minutes j’aperçois Jean, que j’ai posté à 200 mètres, entouré par un groupe de génisses curieuses lui faisant écran et lui interdisant toute possibilité de tir, je décide donc d’intervertir nos poste. Je pars en courant à sa rencontre et l’envoie à mon poste.

La traque a déjà commencé, le président de la chasse qui nous fait aujourd’hui le traqueur avec sa beagle et sa bleu a repéré 3 chevreuils couchés derrière la ligne de la carrière, le long d’une haie. Il tente de les contourner pour les rabattre vers les postés quand 5 chevreuils et non pas 3 se lèvent et filent vers les 4 postés.

Ils arrivent tout d’abord à Christian qui caché derrière les genets se prépare. Ils sont presque à portée de tir, Christian se redresse, les chevreuils le repèrent et amorcent un virage alors que Christian décoche sa flèche. Manqué, ils accélèrent et passent à quelques mètres de Lucien qui les jugeant trop rapides retient sa flèche, ils traversent la ligne et s’enfuient par la carrière.

Ces chevreuils ont surpris les archers qui ne s’attendaient pas à une entrée en matière si rapide. Heureusement, les chiens n’ont pas suivi. La traque se poursuit, j’aperçois les chiens et les traqueurs, le petit Nicolas accompagne son père. Ils longent les bois, les haies mais les chiens ne prennent rien. Ils finissent par arriver sur ma gauche en longeant la haie contre laquelle j’ai posté ma ligne.  

Je décide de laisser mon poste et de partir traquer avec eux, Nous longeons la haie jusqu’au roncier où j’étais posté au départ. Nous passons sur le dessus du bosquet qui fait suite aux ronces pour nous diriger vers la palombière. Les chiens donnent quelques coups de gueule mais rien de sérieux.

 Nous ressortons sur la prairie au niveau de la palombière, descendons jusqu’à un autre petit bosquet très clair semé en suivant les chiens qui sont de plus en plus excités. Le bosquet se termine par une bande boisée fourrée qui abrite souvent les chevreuils.

Nous étions justement en train de nous dire que s’ils n’étaient pas là il y avait maintenant peu de chance de les relever quand la beagle suivie par la bleu prennent la voie et entre dans les ronces en donnant de la voix. Un brocard magnifique, encore en velours et un grosse chevrette sortent et traverse le pré à 40 mètres de nous.

Voyant qu’ils prennent la direction du poste de Jean, je ne bouge pas, mais ils changent brusquement de direction pour traverser le pré sur nos traces et disparaître dans le bois de Mondo. Les chiens donnent toujours de la voix mais partent à l’opposé des premiers cervidés. Ils descendent dans la combe en herbe puis remonte en face sur un penchant une friche clairsemée de petits chênes.

Ils sont derrière une autre chevrette qui faisant une boucle semble vouloir passer vers le poste de Jean. Je pars en courant pour l’empêcher de suivre les autres mais j’arrive trop tard, je vois arriver les chiens. La chevrette a traversé le bosquet, trop loin pour Jean et est maintenant également dans Mondo les chiens derrière elle.

Je décide d’essayer de les suivre en restant sur la crête, espérant voir revenir un chevreuil. Mais, petit à petit, la menée s’éloigne et je finis par ne plus rien entendre. Je descends dans le bois, arrive au chemin forestier qui ressort chez le propriétaire de la propriété de Mondo pour tenter de déloger des chevreuils de la friche en dessous de ma ligne de postés et de les rabattre vers les archers.

J’arrive donc à la maison puis entre, sous l’antenne télécom, dans les petits buissons noirs, heureusement pas trop épais. Ça pique tout de même pas mal. En arrivant au bout des buissons, j’aperçois un brocard et deux chevrettes se débinant devant moi. Je sors donc dans le champ en contre bas pour leur couper la retraite vers le Gers. Je cours le plus vite possible vers le passage qu’ils empruntent normalement. C’est bon, ils ne sont pas sortis.  

Je poursuis un peu vers le premier poste puis commence donc à longer le dessous de la friche en donnant de la voix. Tout à coup, j’aperçois des traces fraîches qui semblent faire une boucle dans le champ et entrer dans la friche, je décide de les suivre.

Je siffle, donne de la voix, tape dans mes mains et traque méthodiquement la friche pour tenter de les faire remonter vers la haie et les postés. Mais tous mes efforts ne seront pas payants, ils vont se débiner à quelques dizaines de mètres devant moi en restant toujours hors de ma vue et finiront par se caler dans le sale en me laissant passer près d’eux sans bouger.

Deux postés placés au niveau d’une trouée dans la haie ont observé la scène avec beaucoup d’amusement et m’ont demandé plus tard si je les suivais à l’odorat vu ma progression en parfaite concordance avec celle des chevreuils. Ne sachant pas où ils sont, je donne de la voix en longeant la haie pour ressortir à l’avant dernier poste de ma ligne, là où la haie rejoint le bois de Mondo.

 J’arrive au niveau d’Eric qui n’a rien vu passer. Il est midi, je décide de déposter, nous avons perdu les chiens, les traqueurs sont rentrés mettre la table. Sur le chemin du retour, nous sommes au milieu du pré, non loin des génisses. Jean m’explique où est passé la chevrette quand nous apercevons un chevreuil au grand galop faire le chemin inverse des trois de tout à l’heure, puis un second arriver du coteau opposé et venir à sa rencontre.

Lucien, nous apercevant, m’appelle pour me demander si c’est terminé mais voyant revenir les chiens sur le pied du chevreuil, je lui conseille d’attendre un peu avant de se déposter. Les chiens finissent par prendre le contre-pied de la chevrette de tout à l’heure et perdent la voix. Nous rentrons.  

Nos hôtes nous ont fait une surprise, la table est mise et ils nous ont préparé un bonne soupe au choux, nous mangeons un bout avant de repartir chasser en début d’après-midi.  

Pour cette deuxième traque nous passons de l’autre côté du Gers sur une zone de culture au milieu des habitations et entrecoupée de haie. Je poste une ligne en U en doublant le font du U. Les postes sont le long des haies, sous des arbres, sur des passages.

Mon entonnoir en place, je pars avec deux traqueurs, Nicolas et Laurent, vers une haie à 1 km de là environ, où se remise entre 6 et 8 chevreuils. Je poste Laurent pour couper la retraite des animaux vers les jardins des habitations alors qu’avec Nicolas nous partons pour pousser la haie. Nicolas qui veut faire des Photos reste côté dégagé et je traverse la haie quand, à peine ressortis, j’aperçois une chevrette à 50 mètres qui me regarde. Je l’annonce à Nicolas et lui dit de courir vers le bout de la haie.

Nous piquons un sprint, pour éviter que les chevreuils ne partent en arrière mais ma chevrette nous échappe tout de même au travers des habitations en traversant les haies de laurrines et du thuya. 5 chevreuils ont tout de même pris le chemin des postés et entrent dans l’entonnoir. 2 passent le font du U et 1 sera manqué par un posté alors que trois nous reviennent dessus avant de biaiser pour traverser les jardins, la route de Las Pachères puis La D929.

Ils buttent contre un grillages, font demi-tour évite une collision, puis reviennent vers leur point de départ alors que nous nous déployons pour les tourner de nouveau vers la ligne. Je presse le pas et arrive à me placer derrière eux pour les pousser vers la haie mais, au lieu de rentrer dans la haie, ils me font face et finissent par me foncer dessus.

Le brocard et le jeune me passe à quelques mètres à droite alors que la chevrette me passe à gauche et filent se réfugier dans les jardins. Pour éviter une collision routière, je décide d’abandonner là. Les deux autres chevreuils ont poursuivi en longeant le Gers vers Auterrive.

Nous retournons vers les postés qui cherchent la flèche alors qu’un posté m’annonce avoir vu deux chevreuils s’arrêter au milieu du champ mais un seul partir. J’interroge le tireur puis la flèche mais non c’est bien manqué.

Tout ce petit monde motivé par cette belle chasse décide de ne pas en rester là. Ils veulent rechasser le dessous de la carrière de ce matin. Je n’y crois pas trop mais bon, quelques chasseurs nous laissent alors que ceux qui restent partent se poster pour fermer le dessous de la carrière sur une ligne en forme de 2 retourné.    

Robert me porte avec 3 autres traqueurs au-dessus de la carrière. Nicolas et Laurent vont pousser dans un sens et avec Frank nous pousserons dans l’autre, les deux groupes progressent en arc de cercle vers le milieu de la ligne.

Nous traversons un petit bois de pins colonisé par les blaireaux et les lapins alors que les autres traversent un bois de chênes. Ils lèvent des animaux qui partent directement à l’opposé des postés alors que nous levons 3 chevreuils qui nous contournent pour éviter la ligne repérée ce matin. Arrivés avant eux, nous attendons l’arrivée des 2 autres traqueurs puis sonnons la fin de traque.

Nous rentrons tranquillement quand en face une chevrette descend des coteaux au grand galop. Je pense savoir où elle va passer, je redéploie quelques archers sur la droite alors qu’elle arrive au ruisseau bordé d’arbres qui nous masquent, mais elle les comprend en traversant et par sur notre gauche. Je pars en courant pour l’intercepter mais il est trop tard. Nous la regardons s’éloigner alors que la luminosité baisse petit à petit. C'est ainsi que se termine une belle journée de chasse sous un soleil radieux.

Battue du 8 février 2008 avec l'ASCA32

Alex

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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 13:38

Depuis 1 mois et ½, je préparai cette journée en essayant de penser à tout, c’était notre première journée de chasse pour l’ASCA32 et je n’avais aucune expérience dans la chasse à l’arc en battue.

Le territoire étant relativement vaste j’ai pensé inviter un maximum d’archers, j’ai donc invité les associations de l’Aveyron, du Tarn, des Hautes Pyrénées et du Tarn et Garonne mais seul le président de l’ASCAR (12) a pu faire le déplacement et je l’en remercie vivement.

Les invitations lancées sur Archasse.com et sur Sangliers.net ont tout d’abord enthousiasmé puis je me suis vite rendu compte que les personnes susceptibles de venir ne seraient pas nombreuses. J’ai donc décidé, une fois le nombre d’archers fixé (30 postés et 7 rabatteurs) de chasser le territoire en plusieurs morceaux.

Lundi 24, je suis allé avec Dominique (Gers sur le forum Archasse), notre vis président, matérialiser les postes. Nous avions prévu, dans un premier temps, de poster une ligne de 25 archers le long d’une piste forestière pour intercepter les chevreuils et sangliers que les rabatteurs allaient déloger d’un très grand maïs en poussant vers le bois. Dans un second temps, de déposter 9 archers auxquels se seraient rajouter 5 autres archers qui auraient été traqueurs dans le maïs pour fermer le bois qui a une forme triangulaire et forme donc un entonnoir naturel entre un petit ruisseau encaissé en partie basse et la piste forestière en partie haute.

Les chasseurs de la société du Touzan, curieux de connaître notre mode de chasse, devaient se poster sur une crête en observateurs et pour tirer d’éventuels sangliers qui échapperaient à la traque.

Malheureusement le vendredi 28 entre le milieu d’après-midi et le début de soirée, 10 archers se sont désistés pour diverses raisons. Le déjeuner prévu pour 45 a été un peu trop copieux pour nous et les postes prévus au départ pour 30 archers n’ont pas pu tous être occupés, laissant des failles permettant au gibier de se débiner sans être vu.

Vendredi soir, j’ai accueilli chez moi Caryx que j’ai eu plaisir à connaître, j’espère qu'il n’a pas attrapé froid car j'étais en panne de chauffage depuis 3 semaines.

Samedi matin, le rendez-vous est pris à 7h30 sur la place de Seissan pour le gros des troupes. Par commodité pour certains participants nous avons organisé un ramassage entre chez moi et le lieu de chasse.

Rendez-vous à 7h15 chez moi pour 4 participants, nous partons pour Seissan où nous retrouvons le gros des troupes et nous voilà parti, encore 4 chasseurs sur la route à Panassac puis le dernier à Arrouède et nous voilà au complet.  

Un cortège impressionnant de voitures arrive chez Jeannot le trésorier de la société de chasse du Touzan dont la cours a été transformée en parking pour l’occasion et qui nous a généreusement invité à entrer pour déjeuner. Christian a apporté une cible 3D pour que certains puissent s’entrainer un peu.

Les consignes données, nous voilà parti, Dominique va poster la première ligne en laissant quelques trous puisque pour 25 postes il n’a que 20 archers. Et je pars, accompagné des 6 traqueurs, deux chiens en laisse et des 3 membres de la société du Touzan pour rabattre le maïs.

Un peu de marche, nous voilà à 50 mètres du maïs quand un chevreuil couché dans le chôme de tournesol se lève pour filer vers le maïs. Jeannot reste au coin du champ qu’il va longer en observateur, nous nous répartissons le long du champ, un tout les 50 mètres, car nous ne sommes pas assez nombreux pour mieux faire et au coup de trompe du dernier en place nous lançons la traque.

J’avance bras écarté pour toucher les pieds de maïs en donnant de la voie, mes voisins avancent également en faisant du bruit. De nombreuses traces fraîches et plus anciennes, des souilles et des épis de maïs mangés seront aperçus mais pas le moindre animal. Nous sortons du maïs, notre observateur nous dit ne rien avoir vu. Nous attendons un moment pour laisser le temps à d’éventuels fuyards de traverser la ligne d’archers puis je laisse les traqueurs pour aller déposter 6 archers pour les poster sur la deuxième ligne. Les fusils du Touzan partent se mettre en place.

En progressant sur le chemin forestier, j’aperçois des taches fluo qui m’indiquent, en plus du petit bout de rubalise mis en place le lundi pour matérialiser les postes, la présence des archers bien camouflés dans la végétation. Je passe devant les 6 premiers en leur demandant s’ils ont vu quelques choses.

Un chevreuil aurait longé, les trois premiers postes avant le début de traque sonné par Dominique, dernier posté de la ligne. Aucun regret à avoir, il est passé trop vite. Je remonte avec mes 6 archers et parts les poster. Un membre de mon association (membre stagiaire sans arc) posté en observateur au premier poste n’a rien vu passer, le chevreuil semble être resté dans l’enceinte. Je le poste en haut d’une combe qui lui permet de voir les animaux passer et je pars poster ma ligne.

Je suis obligé de laisser des trous mais je poste ce qui me semble être les meilleurs emplacements puis retourne avec les traqueurs sans savoir que 3 chevreuils viennent de se dérober, vu par les « fusils » et sont sortis de la traque. Je remonte le plus vite possible et arrive un peu essoufflé en sommet de côte. Je répartis les traqueurs en ligne et nous voilà repartis, avançant en donnant de la voie et en faisant du bruit.

A peine rentré dans le bois, Nikko31 tombe sur le chevreuil vu par la ligne en début de chasse mais ce dernier lui passe dans le dos et ne lui laisse pas le temps de prendre une photo pour ensuite franchir la ligne que je viens de poster. Un des posté a juste vu la tête puis le chevreuil s’est éclipsé pour passer dans le dos d’un deuxième posté et nous échapper.

Nous nous attendons un moment pour être bien en ligne puis nous repartons en laçant nos cris de guerre. Deux chevreuils se débinent et arrivent à la première ligne, deux postés auront la chance de les voir, le premier se prépare arme son arc mais sa flèche se désencoche et lui tombe de l’arc alors que les deux chevrettes lui passent au pas à 2 mètres sans le voir, le deuxième posté peu expérimenté et un peu loin à son goût préfère ne pas lâcher sa flèche ce qui est tout à son honneur.

Nous arrivons au bout de l’entonnoir. Dominique n’a rien vu mais Christian posté plus haut a vu trois chevreuils sur le penchant d’en face se débinant vers un bosquet d’épines noires.

Nous décidons donc de remonter au-dessus du bosquet pour le rabattre vers les chasseurs. Après une escalade un peu raide nous voilà en place, nous nous éparpillons pour rabattre Mais les postés aux fusils nous annoncent que les chevreuils ont déjà traversé. Je rentre tout de même à 4 pattes dans les épines pour traverser le massif dans sa longueur les autres rabatteurs se dispersent. Mais nous ne lèverons rien dans ces épines, il est 11h30 nous sonnons la fin de battue alors que la pluie se met à tomber.

Nous rentrons manger, plusieurs archers nous quittent mais quelques motivés veulent rechasser cette après-midi. Jeannot nous prête une ancienne étable pour manger à l’abri. J’ai oublié mon repas de midi mais ce n'est pas grave, avec les restes du déjeuner, il y a de quoi faire et puis notre ami Nikko31 a une femme en or qui a préparé une quiche lorraine et un gâteau chocolat, je l’en remercie, c’était un régal.

Nous terminons de manger alors que la pluie s’arrête. Il ne reste que 9 archers et 3 traqueurs, je décide de traquer le bois vers lequel ont fuient les 3 chevreuils de ce matin. Christian est chef de ligne, il part poster les archers en V le long du bois et je pars, cette fois arc en main, avec Nikko31 et Caryx pour traquer le bois.

Nous traversons un pré au milieu des vaches et nous éparpillons dans le bois qui semble assez épais. Je sonne le début de battue. A peine entré dans le bois, une belle bécasse me démarre à 3 mètres devant les pieds. Nous progressons en donnant de la voie et en tentant de nous frayer un chemin au travers des épines, des ronces et de la végétation très épaisse par endroit.

Je suis un ruisseau au fond du bois et alors que j’arrive au niveau d’une combe encaissée perpendiculaire à ce petit cours d’eau, j’entends des pas dans les feuille mortes qui s’éloignent en prenant le fond de combe dans le sens opposé à la ligne de postés, certainement un chevreuil mais je n’arrive pas à le voir. Plusieurs coulée très fréquentées et des traces fraîches attestent du passage répété et fréquent des animaux.

Quelques arbres portent des traces de boue et les feuilles retournées de la nuit sur 20 centimètres de large sur une belle coulée me font penser que les sangliers étaient là cette nuit. Nous finissons par ressortir dans le grand champ de luzerne qui délimite le fond du territoire bordé par le Gers. Christian au dernier poste n’a rien vu. Le soleil est sorti et maintenant bien présent.

Je décide de faire une dernière traque sur un petit bosquet très fourré, ancienne coupe de bois où j’ai bon espoir de trouver les sangliers. Je laisse donc Christian en bas et pars déposter les autres archers pour poster le bas du massif.

Je laisse mes collègues traqueurs au départ de la future traque et parts déposter toute la ligne. Je retrouve deux archers en train de discuter sur le banc du ball-trap de la société. Ils ne sont plus trop motivés mais finissent par accepter de se reposter pour cette dernière traque. Le posté suivant me dit avoir vu passer un chevreuil au poste laissé vacant par les bavards.

Tous les postés descendent retrouver Christian qui va les poster alors que je redescends retrouver Nikko31 et Caryx. Les deux bavards ne veulent pas se poster en bas et préfèrent rester en haut du massif, à mauvais vent, prétendant que les animaux vont monter, je n’insiste pas trop et les laisse faire. Je me déploie avec les autres traqueurs et sonne le début de battue les deux autres traqueurs donnent de la voie alors que je lutte encore pour franchir une hais de genets très épaisse. A force d’insister, je finis par la traverser et me retrouver pendu au barbelé posé dernière au-dessus d’un à pic de 3 mètres et finis par chuter lourdement dans les ronces en contre bas. Elles ont amorti ma chute mais je suis sur le dos, dans la pente, la tête en bas sans pouvoir me relever.

Mon arc n’a rien, je suis rassuré. Je le pose et prends mon poignard pour couper les ronces qui me retiennent quand elles cèdent enfin mon poids m’entraîne dans un roulé-boulé qui se termine contre un petit chêne. Je me relève, à part quelques égratignures et un choc sur une main je n’ai rien.    

Je récupère mon arc et commence à traquer en luttant pour progresser au milieu des ronces et des épines. Caryx a renoncé et fait demi-tour car sa zone est impénétrable. Un chevreuil qu’il a dérangé est remonté vers les 2 bavards de tout à l’heure toujours en pleine discussion et a fait demi-tour pour revenir à couvert en les voyant. Ils avaient raison, il est bien monté mais bon, ils n’étaient pas prêts.

Nous finissons par ressortir de cet enfer avec Nikko31. Le posté sur qui je tombe n’a rien vu. Je sonne la fin de traque. Il part chercher le dernier de la ligne alors que je discute avec Nikko31. Ils arrivent tous deux en courant, un chevreuil c’est arrêté au ras du poste mais n’est pas sorti. Je leur dit de repartir se poster et pars chercher les autres mais ils sont déjà partis. Nous tentons donc de pousser avec Nikko31 en rabattant vers les deux chasseurs. Nikko31 se jette dans les ronces en forçant tant qu’il peut pour entrer, moi derrière, je coupe les ronces qui le retiennent.

A force nous arrivons à entrer et nous nous séparons pour pousser. Je monte assez haut et Nikko31 reste en bas. Nous donnons de la voie quand Nikko m’appelle, il a vu bouger dans les ronces entre nous, je crie « attention devant » et force la voie mais tous nos efforts resteront vains, rien ne sortira.

Je sonne la fin de traque et nous rentrons. Une belle journée sans résultat pour le tableau mais c’est aussi ça la chasse.

Merci encore à tous pour votre participation.

Battue du 29 novembre 2007 avec l'ASCA32

Alex

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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 10:25

Ce soir, Vers 18 heures, je sors du boulot en courant et je me dépêche de rentrer. 10 minutes de route, je me change en vitesse et me voilà parti. 18H45, j’arrive sur mon lieu de chasse, un magnifique territoire peu chassé et couvert de bois de chênes bordés de genets épais et entrecoupés de langues étroites de prairies naturelles. Au milieu des bois, un lac dont le déversoir, petit ruisseau, est très fréquenté par les sangliers, les souilles y sont très nombreuses.

Je stoppe ma voiture dans la cours du propriétaire des lieux et après avoir fini de m’équiper, je file à grande enjambée vers le lac, je n’ai pas fait 300 mètres que je dérange 5 chevreuils au gagnage. Le brocard, la chevrette et ses 3 petits, ils rentrent au bois dans un craquement de bois sec, je continue à courir un peu et j’aperçois à 200 mètres un autre brocard qui broute tranquillement.

Je n’ai pas de bracelet mais je décide d’essayer une petite approche pour me mettre en jambe. Il est à une trentaine de mètres de la bordure du bois qui est lui-même bordé d’une haie de genets qui fera un parfait écran de camouflage. Je parviens à rejoindre cette haie sans être repéré, mon chevreuil est de cul, je commence mon approche mais même en faisant de mon mieux, je ne parviens pas à marcher sans bruit à cause de la végétation sèche et mon approche se termine à 35 mètres environ du brocard. Il vient de repérer un crissement et après un moment à regarder dans ma direction sans me voir, il finit par s’enfuir vers le bois. 

Je reprends un pas rapide jusqu’au lac, j’escalade le talus du coteau qui surplombe le lac et commence à progresser à pas feutrés au milieu des genêts, des genévriers et des chênes pour rejoindre une bande de genets en demi-lune où plusieurs fois déjà j’ai aperçu les sangliers.

Du haut du coteau, je peux voir deux chevreuils brouter paisiblement au bord des genêts, signe que rien ne bouge encore à l’intérieur, deux autres pâturent sur le coteau d’en face. Je poursuis ma progression pour arriver sur un chemin qui redescend au bas des genets et les sépare du bois de chênes clair semé dans lequel je progresse.

Je prends ce chemin sur 30 mètres pour bifurquer sur une très grosse coulée qui traverse la zone de genets. Ma progression est très lente, je marque de nombreux arrêts pour espacer les bruissements de feuilles au maximum et les faire passer pour un mouvement de campagnol, très nombreux dans le coin et surtout très brillants par intermittence. Mais, 300 mètres plus loin, alors que je me faufile entre 2 buissons, je suis repéré par un gros brocard que je n’avais même pas vu à 10 mètres de moi. Il fuit en poussant des aboiements et en marquant de nombreux arrêts, il n’a pas réellement identifié le danger, mais il fait profiter de sa suspicion tout le voisinage et fait déguerpir les deux groupes de chevreuils que j’avais vu tout à l’heure. Je renonce à continuer au milieu des genets qui s’épaississent de plus en plus.

Je traverse la bande de genets qui me sépare de la langue de prairie pour longer le ruisseau alimenté par le déversoir du lac. Le relief en cuvette fait souvent tourner le vent mais, ce soir, il est constant et de face. Sur le retour, je me retrouve avec le vent de dos. J’avance sans trop y croire quand, au niveau du chemin de terre, j’entends un raffut de tous les diables dans le bois au-dessus des genêts, puis des grognements, des couinements et des souffles puissants qui se dirigent droit sur moi.

Après plusieurs hésitations, je décide de me positionner derrière des buissons noirs, à bon vent par rapport aux trois sorties des coulées qui traversent les genets dans la direction que vient de prendre la harde. Au milieu d’un clair, j’aperçois un sanglier qui me semble de bonne taille, ils sont à 50 mètres mais le bruit se rapproche de plus en plus jusqu’à ce que j’aperçoive la tête d'un sanglier pointer à 20 mètres de moi au bord des genêts. J’arme lentement mon arc mais, au même moment, une dizaine de marcassins de 10 à 15 kg sortent de la végétation.

C'est une laie meneuse, je reporte donc mon choix vers un des petits mais ils n’arrêtent pas de bouger et ne se présentent jamais bien. Ils s’éloignent, mes chances de réaliser un tir s’amenuisent, je désarme. Mais ils semblent revenir, je réarme quand un autre sanglier, une laie non suitée cette fois sort à son tour, j’ajuste mon viseur, elle est à 10 mètres environ et je décoche. Ma flèche part bien mais la corde vient frapper la manche de ma chemise ce qui provoque la fuite de la compagnie. Il me semble tout de même voir ma flèche frapper le sanglier en plein coffre juste avant qu’il ne fasse volte-face puis le voir s’enfuir avec la flèche plantée mais le doute m’envahit.

Il me semble aussi avoir entendu un bruit d’os et non le bruit sourd d’une flèche de coffre. Je laisse tout ce petit monde s’éloigner. 5 minutes passent puis 10 et il fait pratiquement nuit, suffisamment en tout cas pour ne plus voir les traces de sang éventuelles.

Je pars donc chercher une lampe pour regarder s’il y a des traces de sang au départ. Je reviens 30 à 40 minutes plus tard mais mes recherches restent vaines, pas de sang, pas de flèches, je ne vais pas plus loin que la bordure des genets et je rentre pour contacter le conducteur de chien de sang. Mes doutes sont de plus en plus importants. Pas de sang, aucune trace et ce bruit de fracture qui résonne dans ma tête. Le rendez-vous est pris pour midi. Ce matin, en sortant du boulot, je retrouve le conducteur de rouge qui habite seulement à 5 minutes de mon lieu de tir.

Nous arrivons sur place, je prends la laisse du «chien forceur» et lui celle du teckel. A l’endroit du tir, pas de sang. Le chien tourne et retourne pour finir par trouver du sang 50 mètres plus loin. Le conducteur me demande de le suivre et alors que je sors des genets j’aperçois mon sanglier, 30 mètres plus haut et en averti le conducteur qui concentré sur le travail du chien ne l’avait pas vu.

Le teckel part complètement à l’opposé mais nous décidons de le laisser faire. Il va faire 10 mètres puis revenir en arrière en obliquant quasiment à 180° et arriver sur le sanglier qui avait roulé dans la monté sur 10 mètres et s’était arrêté contre un petit chêne. Félicitations au chien et nous rentrons. Moi qui n’y croyais pas, je rentre avec un sanglier de 60 à 65 kg. Ma flèche est très bien placée, elle rentre au-dessus du cœur au niveau des poumons et s’arrête dans l’os de la patte opposé malgré mes 65 livres.

Sanglier express, 23 octobre 2007

Alex

 

Atteinte :

Sanglier express, 23 octobre 2007

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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