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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 14:34

Ce matin, je n’étais pas trop motivé pour aller chasser, les alertes météo de la veille m’avaient plutôt décidé à faire une grasse matinée, chose que je n’avais pas encore faite en 2 semaines de congés. Réveillé vers 8h30, je jette un coup d’œil par la fenêtre, le temps est clair et le vent assez faible. Un petit tour aux ragondins ne me fera pas de mal.

Je pars tout d’abord pour Labarthe où j’ai fléché l’autre jour 2 ragondins sur un groupe de 11. De la route, je tente, sans succès, d’apercevoir les ragondins dans le colza. Je fais demi-tour un peu plus loin pour revenir vers Seissan mais cette fois j’aperçois, dans le colza, un groupe de ragondins au gagnage que je n’avais pas vu tout à l’heure.

Je me gare, prends mon arc et regarde le vent. Il est mauvais, il souffle dans mon dos. Je tente tout de même le coup. Je longe doucement le fossé couvert par les ronces. Une cage piège est tendue sur le passage des ragondins, juste à côté, 2 petits ragondins broutent paisiblement sur la bande enherbée. A 20 mètres environ du bord du fossé, le groupe repéré de la route broute dans le colza, il est difficile de savoir combien ils sont.

Au moins 1 gros et 3 moyens. J’avance doucement sans trop y croire. Tout à coup, un ragondin de taille moyenne se précipite vers les 2 petits. Je m’arrête, il marque un temps d’arrêt en regardant vers moi, il est à plus de 35 mètres. Il se jette au fossé suivi des 2 petits. Les autres n’ont pas bougé et broutent toujours.

Je tente de gagner encore quelques mètres mais le vent me trahit vite et toute la bande se précipite vers le fossé, 1 gros, 2 moyens puis très en retard 1 petit puis un autre. Je cours vers la zone estimée de l’entrée dans le fossé mais il y a trop de ronces pour voir quoi que ce soit. Sur le retour, je trouve une jupe de cartouche, le propriétaire est semble t-il passé au fusil, ils seront de plus en plus difficiles à approcher.

Je retourne à la voiture et pars pour Seissan sur les bords du Gers. Je me gare et commence à partir quand je me rends compte que j’ai oublié ma canne à pêche. Je fais demi-tour et aperçois sur la berge d’en face 2 ragondins prenant le soleil. Le temps d’attraper mon lancer, ils sont rentrés au terrier. J’attends un peu, histoire de voir s’ils ne voudraient pas ressortir le bout de leurs nez mais les ondes s’estompent devant l’entrée du terrier.

Je traverse le pont et aperçois du coin de l’œil un sillon qui passe sous le pont en direction du terrier. Je cours un peu sur le pont, arme mon arc et me prépare à tirer sur un ragondin qui reviendrait au terrier. Il sort de sous le pont, la position est assez inconfortable. La balustrade du pont me gêne pour tirer, je laisse le ragondin avancer un peu et lui décoche une flèche un peu trop en arrière.

Il plonge et se débat un moment sous l’eau, ma flèche est remontée se caler contre la berge. De grosses quantités de bulles trahissent le ragondin sous l’eau. Je traverse le pont pour tenter de l’apercevoir. Il a fait demi-tour et arrive pour se caler contre la berge. J’arme et lui décoche une seconde flèche à la verticale le clouant sur place.

Voyant qu’il n’est pas encore mort et qu’il tente de se dégager, je me décale un peu et lui décoche une troisième flèche en avant des épaules ce qui l’immobilise rapidement. Je récupère facilement mon ragondin et mes 2 flèches mais la première tirée coule.

Je prospecte un peu plus loin le long du Gers mais rien à part des poules d’eau. Sur le départ, je me rends compte que l’eau bouge à nouveau devant le terrier de tout à l’heure. Un ragondin pointe le bout de son museau mais, le temps de me préparer pour tenter de le flécher, il a fait demi-tour.

Je pars pour Saint Arroman, en route j’aperçois 2 gros ragondins au bord du Cédon. Je me gare mais le vent est mauvais et je suis à découvert, ils rentrent rapidement au terrier. Je suis garé sur un chemin de terre que monte à un lac des Coteaux de Gascogne, j’en profite pour aller y jeter un coup d’œil mais à part une vingtaine de colverts et 2 grèbes rien ne bouge à cette heure de la journée.

Je poursuis ma route vers Saint Arroman et décide d’aller jeter un œil à 2 petites mares de part et d’autre d’un petit ruisseau affluent du Cédon.

Sortie au ragondin pour la fermeture de la chasse, 28 février 2010

Je me gare au bord de la route puis la longe à pied sur 50 mètres pour arriver au bord du ruisseau et commencer à le longer à bon vent.

Sortie au ragondin pour la fermeture de la chasse, 28 février 2010

Rien ne bouge, la première mare sur ma gauche est déserte. Je continue à longer le ruisseau, toujours rien, je m’éloigne du cours d’eau pour rejoindre la seconde mare. Arrivé au bord du point d’eau, entraperçois un ragondin se débiner dans les ronces en face de moi.

J’arme mais ses apparitions furtives ne me permettent pas un tir. Je reste un instant sans bouger avant de me décaler sur ma droite. L’eau bouge à nouveau sous les ronces, le ragondin a fait demi-tour, j’aperçois juste le blanc de son museau sous les ronces. Il est en partie caché par une grosse branche arrondie et je n’ai qu’une toute petite fenêtre de tir.

J’arme, vise le nez et décoche. La flèche plantée au sol remue, mon ragondin se débat quelques secondes puis s’immobilise. Je fais le tour et passe bien 10 minutes à me frayer un passage dans les ronces à grands coups de bâton pour récupérer ma flèche et mon ragondin qui est en fait tout petit, je le voyait plus gros au départ ou alors ils étaient 2. Je reviens vers le ruisseau. Toujours rien.

Je passe un passage busé, un terrier a été creusé le long du drain du champ de maïs qui se déverse 1 mètre après la buse. L’eau est troublée devant ce terrier, un ragondin vient sûrement de rentrer. J’avance de quelques mètres  quand, tout à coup, un petit ragondin se dirige vers moi. J’arme et le suis avec mon viseur mais les arbustes m’empêchent de tirer.

Il finit par monter sur une petite avancée de terre en face du terrier juste en dessous de moi. Je me recule, me décale doucement et lui décoche une flèche qui le clou à la berge. Il gémit en essayant de se dégager quand sa mère surgit du terrier pour venir à sa rescousse, elle est énorme. J’ai le temps de réencocher et de lui décocher une flèche dans le cou. Elle est séchée sur place. Je récupère flèches et ragondins et continue à longer le ruisseau.

Sortie au ragondin pour la fermeture de la chasse, 28 février 2010

Un ragondin plonge et part vers le terrier, je cours me poster à l’entrée du terrier et attends un moment mais il a dû rentrer dans un autre terrier. Après un instant à longer le ruisseau, je rentre.

Arrivé à Saint Arroman, je pars pour 2 mares au milieu des chaumes de maïs, Sur la première une dizaine de colverts décolle et fait rentrer au terrier un ragondin que j’ai juste le temps d’apercevoir. Sur la seconde, j’aperçois de loin un petit ragondin sur le bord de la mare, J’avance voûté pour me camoufler derrière le faible relief du terrain.

Je vois le ragondin et commence à armer mais il longe la berge et semble rentrer dans un trou. Je me décale doucement, arc armé, et finis par le voir. Ce n’est pas un terrier mais un renfoncement de la berge, je le vise et décoche mais ma flèche est juste à côté. Il plonge, ressort aussitôt et rentre au terrier.

Je vais chercher ma flèche quand un bruit et un mouvement attirent mon attention dans la végétation sur la berge d’en face. Je récupère ma flèche et me dirige doucement vers cette touffe de joncs.

Un ragondin plonge, sa direction est trahie par un filet de bulles. J’arme et le cherche du regard. Il finit par ressortir en face sous des joncs, je vise et décoche, le clouant sur place. Ma flèche plein cœur immobilise rapidement ce petit ragondin.

Du reste de la matinée, j’apercevrais un gros ragondin se débinant alors que je longe le Sousson mais je n’aurai pas d’autres occasions de tir. Le vent se lève et il commence à pleuvoir, je rentre en faisant un halte sur une mare à Labéjan où un beau faisan se débine. Je prends la route de Durban pour suivre un maximum les berges de ruisseaux.

Sortie au ragondin pour la fermeture de la chasse, 28 février 2010

Alex

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 21:05

Ce matin, après une chasse au chevreuil infructueuse, nous partons faire un tour aux ragondins, je guide mes 3 invités sur mes territoires à ragondins. Leurs tentatives sont jusqu’à présent infructueuses, nous partons pour Saint Arroman pour chasser sur une grosse mare et le Cédon où j’ai pu prélever, lundi dernier, 3 ragondins.    

Tout à coup, sur le bord de la route, j’aperçois en même temps que mon passager un blaireau occupé à brouter en bordure de la route. Il est 10h30, ce n’est pas normal, cet animal est d’ordinaire nocturne. Il est à 40 mètres environ.

Je me gare, la voiture qui me suit avec le reste des troupes se gare aussi. Nous sommes 3 à prendre notre arc. Nous avançons doucement en longeant le bord de la route vers l’animal qui broute en avançant vers nous. Tout à coup, il lève la tête et regarde vers nous. Je nous pense repérés mais non, il reprend ses activités et recommence à venir vers nous.

Pas à pas, nous arrivons à une quinzaine de mètres, l’animal semble maigre. J’arme mon arc, encore quelques pas et je me cale, mon viseur prend l’épaule du blaireau positionné de ¾ face. Je ne regarde pas mes acolytes mais ils arment aussi.

2 flèches partent presque simultanément, la troisième un peu en retard. Ma flèche frappe l’animal au défaut de l’épaule alors que la seconde passe juste dessous et la troisième légèrement à côté. L’animal se contracte et roule dans le fossé foudroyé.    

Après analyse du tir, nous observons que ma flèche a traversé l’animal du défaut de l’épaule à la base haute de la queue, la seconde flèche lui a entaillé le dessous du ventre. Cet animal est dans un état de maigreur impressionnant. Cette flèche aura abrégé son calvaire car il était très certainement malade.

Tir sanitaire d'un blaireau, le 22 février 2010

Alex

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 20:57

Ce matin, je dois aller chasser avec Laurent qui est nouveau dans le monde de la chasse à l’arc et membre de notre association, l’ASCA32. Je vais essayer de lui montrer comment je chasse le ragondin. Le rendez-vous est pris à Auterrive avant le lever du jour.

Nous prenons ma voiture et partons pour Labejan, au Tuco, un lac où les ragondins sortent souvent très tôt. Nous nous garons contre les bâtiments de la ferme et descendons vers le lac. J’explique à Laurent où se positionner pour favoriser ses chances de tir mais ce matin le lac est vide de ragondins.

Le propriétaire a positionné des pièges cages, dans l’un d’eux un rat a été pris. Nous partons à pied pour un grand lac un peu plus haut où nous n’aurons pas plus de succès. Sur le chemin du retour, nous discutons quand j’aperçois, sur la bordure du premier lac, un sillon qui longe la berge. J’identifie rapidement un ragondin. Il bifurque et se colle à la berge à 30 ou 40 mètre de l’angle du lac où se trouve son terrier.

Je laisse Laurent aux terriers et tente une approche malgré le vent dans mon dos. J’espère qu’il va plonger pour ressortir au niveau de Laurent mais rapidement, il se glisse dans l’eau à 20 mètres devant moi et revient tranquillement vers les trous. Je me cale derrière un buisson, le ragondin est à 10 mètres sur l’eau, il marque un temps d’arrêt, il a compris le piège. Il reste un instant sans bouger alors que je suis armé et plonge pour disparaître. Nous attendons un instant mais il ne remonte pas. Nous partons pour un autre lac de Labéjan.  

En arrivant, je repère un ragondin en contrebas de la route. Il broute sur le semé de blé entre la mare et le lac. Je me gare après le lac et nous décidons que Laurent restera en arrière en observateur. Nous descendons au lac par le dessous de la digue. Laurent reste sur la digue et je commence mon approche par la bordure droite du lac.

Le ragondin broute à 80 mètres devant moi. Je m’applique d’autant plus dans mon approche que j’ai un observateur, j’avance doucement quand, tout à coup, un gros plouf retentit à moins d’un mètre. Un gros ragondin, caché dans les ronces vient de plonger à mon arrivée.

J’arme et attends un peu mais rien, il ne remontera pas. Ma cible première n’a pas bougé. Je poursuis mon approche quand, tout à coup, un autre ragondin surgit de la végétation de la rive. Je stoppe net, il regarde vers moi. Puis il commence à s’avancer pour rejoindre son compère à 15 ou 20 mètres de la berge dans le semé de blé.

Je change d’objectif, celui-ci est plus près. J’avance de plus en plus lentement en marquants quelques brefs arrêts quand le ragondin regarde vers moi. J’arrive finalement à moins de 10 mètres et arme mon arc. J’avance encore de quelques pas mais, tout à coup, le ragondin me présentant son arrière train, stoppe son repas et tourne la tête dans ma direction.

Sans réfléchir, je vise et décoche rapidement ratant de peu ma cible qui se jette à l’eau entraînant son compère avant que j’ai eu le temps de réarmer. Ils rentrent aux terriers sans refaire surface. Je rejoins Laurent qui de loin n’a pas pu apprécier les subtilités de l’approche. Je décide de le guider sur la prochaine approche en le suivant.

Nous partons pour Saint Arroman sur le bord du Cédon.

Sortie du 18 février 2010

Je me gare et nous partons en longeant le ruisseau. Au loin, 4 masses sombres se détachent sur le champ de colza. Des ragondins ! Le vent est bon. Nous tentons une approche, Laurent passe devant, je lui emboîte le pas. Nous avançons d’abord tranquillement, ils sont à 200 mètres environ. Arrivé à 100 mètres environ nous ralentissons l’allure, notre approche se fait de plus en plus lente à leur approche.

J’arrête Laurent dès que cela me semble nécessaire. Un petit ragondin rejoint les 4 gros. Nous restons parfois un moment sans bouger à observer les ragondins. 2 d’entre eux se coursent maintenant et finissent par revenir vers l’eau. Un gros ragondin broute sur la berge opposée. Nous reprenons l’approche alors que les ragondins restant se sont remis à leur repas.

Notre progression est de plus en plus calculée, Laurent est crispé sur son arc. L’approche est de plus en plus difficile, les ragondins vont et viennent du ruisseau au colza, multipliant les occasions de nous repérer. Finalement, les ragondins rejoignent l’eau tranquillement ne laissant qu’un de leurs compères à brouter sur le champ.

Nous voyons maintenant le fond du ruisseau au niveau des terriers. De nombreux ragondins de toutes les tailles nagent en tous sens. Il est très difficile d’approcher sans être vu. Le gros ragondin sur le colza arrache un plan de colza et part le manger juste à la cassure du talus de la berge. Un autre gros ragondin ressort pour brouter sur la bande enherbée, ils sont encore à plus de 25 mètres.

Nos arrêts sont de plus en plus fréquents et longs. Nous avançons encore un peu quand un ragondin moyen longe dans le lit du ruisseau en venant droit vers nous pour venir se caler contre la berge à 10 mètres environ. Un peu loin pour Laurent qui fait encore quelques pas arme et décoche. Sa corde frappe la manche de sa veste ce qui dévie son tir, le ragondin plonge et rentre au terrier.

Laurent reste au terrier et je pars un peu plus loin. Tout à coup, un ragondin vient vers moi puis monte sur la berge. Il ne m’a pas repéré, j’avance doucement vers lui. Il plonge et remonte le courant pour rentrer au terrier. J’avance vers le terrier et attends un peu.

Le ragondin sort son museau du terrier. Je vise le haut du trou et décoche ma flèche qui atteint le ragondin à la tête. Il se débat un moment puis plus rien. Je fais signe à Laurent de rester un peu devant les terriers au cas où et je pars en repérage un peu plus loin le long du ruisseau.

Mon ragondin que je croyais mort dans un dernier sursaut  sort du terrier avec la flèche et s’immobilise rapidement pour être maintenant emporté par le courant. Je pars un peu plus loin en aval pour le récupérer dans une zone peu profonde avant de repartir en repérage.

Au détour d’un virage du ruisseau, j’aperçois 2 gros ragondins au gagnage dans le colza. Je fais demi-tour pour aller chercher Laurent. Nous revenons rapidement jusqu’au virage puis commençons une approche lente en longeant la berge du ruisseau. Mais à 50 mètres environ de nos ragondins, ils décident de revenir à l’eau.

Nous les laissons descendre le talus puis nous avançons rapidement en nous éloignant du bord pour revenir sur les terriers cachés par le dénivelé. Au bord du ruisseau, je me rends compte que les terriers sont 10 mètres plus loin, l’eau est agitée par l’activité des ragondins.

Nous nous éloignons à nouveau de la berge pour revenir au contact un peu plus loin. Un petit ragondin longe la berge d’en face et vient sur nous, un gros ragondin est calé contre la berge à quelques mètres. Je le montre à Laurent et lui demande si la distance est bonne, ayant cru que je parlais du petit, il le trouve un peu loin et nous ne pouvons bouger sans être vus.

J’arme donc et décoche sur le gros ragondin qui disparaît au terrier. Ma flèche est là où je visais mais il semble que j’ai manqué mon ragondin. Nous attendons un peu, rien ne bouge. Je récupère ma flèche et nous repartons quand un petit ragondin sort d’un terrier pour rerentrer dans le terrier juste à côté, nous laissant sans réaction.

Nous rentrons. Sur le chemin du retour, j’aperçois 3 ragondins broutant dans un chôme de maïs au bord du Cédon. Je me gare et nous partons en chasse. Nous faisons un bon détour pour rejoindre le bord du Cédon avec le vent face à nous. Les ragondins sont de l’autre côté d’une haie claire de grands arbres. Nous longeons doucement le ruisseau.

Le plus petit des ragondins se dirige d’un pas rapide vers la haie qui borde en fait un fossé. Il disparaît. Les 2 autres ne semblent pas troublés et poursuivent leur repas. Nous avançons toujours, Laurent devant et moi sur ses pas. Tout à coup, les ragondins se séparent, l’un vient vers le fossé l’autre part vers le ruisseau.

Ils ne nous ont pas repérés mais il semble que ce soit l’heure de rentrer aux terriers. Le fossé est à 20 mètres environ, trop loin pour le tradi de Laurent. J’arme mon compound et laisse venir le ragondin. Il se rapproche du fossé, le longe un moment puis commence à descendre le talus du fossé. Je vise l’arrière de la tête et décoche. Le vol de ma flèche est parfait et frappe le ragondin entre les deux omoplates. Un petit couinement et il se sort de la flèche pour sauter au fossé.

J’en reste incrédule, je fais rarement des tirs à une telle distance. Nous avançons rapidement vers l’endroit où le fossé rejoint le ruisseau. L’eau troublée ne trompe pas le second ragondin est caché sous la berge en face l’arrivée du ruisseau. Je laisse Laurent à surveiller, au cas où le ragondin ressortirait et je pars contrôler mon tir.

Le ragondin est mort dans le fossé, foudroyé par ma flèche. Je la récupère et longe un peu le fossé dont l’eau très boueuse atteste du passage d’un ou plusieurs ragondins. Tout à coup, un ragondin démarre sans que je n’aie le temps de réagir. Je le croie au terrier mais il redémarre à mon approche et rentre cette fois au terrier.

J’enjambe de fossé et me poste face aux terriers, l’eau frémit devant plusieurs cavités. Laurent m’appelle, je pars le rejoindre croyant qu’il a fléché le second ragondin. Mais à mon arrivé, je suis stupéfait. Laurent a décoché trois flèches qui sont plantées en alignement parfait et espacé de quelques centimètres juste au-dessus de la tête du ragondin qui nous regarde sans bouger.

J’arme, vise et décoche. Dans un gros bruit d’os, ma flèche frappe violemment le ragondin à la tête. La flèche frémit à peine, le sang se répand dans l’eau du ruisseau. Laurent descend chercher flèches et ragondin. Je venais de lui expliquer, sur la route, que quand un ragondin pointe juste le bout de son museau devant son terrier, suivant l’angle de tir, on pouvait essayer de le tirer au travers de la terre pour atteindre la tête ou le coffre. Il a appliqué mes conseils à la lettre sauf que le talus trop abrupt a arrêté ses flèches malgré ses corrections successives de tir.

Nous rentrons. Notre dernière sortie sera à Seissan sur les bords du Gers où nous apercevrons 3 ragondins sans pouvoir les flécher.

Sortie du 18 février 2010

Alex

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 11:44

Ce matin, je vais chasser chez mon ami Patrick à Sarrancolin. Je pars de chez moi aux alentours de 8 heures, en route, je jette un coup d’œil à un champ de colza coincé entre 2 fossés, juste après Seissan. Il y a souvent des ragondins au gagnage à toutes heures de la journée. Je ne vois rien le long du premier fossé.

Un peu plus loin de l'autre côté de la route un ragondin broute l'herbe au bord du second fossé. Je me gare un peu plus loin, prends mon arc et tente une approche par la rive opposée, caché par la haie qui borde le fossé. De l'autre côté de la route un gros ragondin broute aussi dans l'herbe, ce sera pour tout à l'heure.

J'avance doucement et m'arrête 3 fois car mon ragondin semble méfiant, il lève la tête de temps à autre pour flairer et voir le danger venir. Je parviens tout de même à 5 mètres de lui, il me tourne le dos, j'arme et tente de lui placer une bonne flèche au travers des branches. Je décoche mais ma flèche légèrement déviée le frôle. Il sursaute, reste un instant immobile alors que je réencoche une seconde flèche. Puis il part doucement vers la haie masqué par les branchages qui m'empêchent de tenter un tir.

Je pars en courant vers un passage à 30 mètres pour traverser le fossé et revenir au niveau où je l'ai vu rentrer dans la haie. Je m'avance doucement et le vois se débiner sur 1 mètre, j'arme, il stoppe. Je lui décoche une flèche au travers des ronces. Il poursuit, il semble que je l'ai manqué. Il s’arrête à nouveau 2 mètres plus loin, j'encoche une autre flèche, vise et tire. Cette fois, il reste sur place.

Ma flèche a ricoché provoquant une étincelle et s'est fichée dans la berge du fossé de l'autre côté de la haie. Je récupère mes flèches et mon ragondin en me griffant bien comme il faut. Puis, je pars pour tenter d'approcher l'autre ragondin. A ma grande surprise, ce n'est plus un mais 4 ragondins de belle taille qui broutent dans l'herbe. Je traverse la route et dépasse le fossé pour tenter une approche par la berge opposée. Une haie masquera ma progression. Venant juste de dépasser la haie, j'aperçois du mouvement dans le colza juste en face des 4 ragondins.

Plusieurs ragondins broutent dans le colza à une cinquantaine de mètres de la route, au moins 4 assez gros et il semble qu'il y ait aussi des petits. Je descends le talus de la route et commence une approche lente. Tout à coup, 2 petits et un moyen se précipitent vers le fossé. Je stoppe un moment, le moyen reprend confiance et retourne avec ses congénères qui n'ont pas bougé.

Les petits restent près du fossé. Je poursuis mon approche. Cette fois les trois moyens descendent vers le fossé. J'attends un moment. Ils retournent à leur repas. J'avance encore un peu pour me retrouver à environ 12 mètres d'eux. Cette fois, ils partent tous vers l'eau, ils sont au nombre de 7, un gros, 3 moyens et 3 petits.

Un moyen s'arrête, je fais 2 pas, arme, prend la visée et lui décoche ma flèche qui passe juste dessous. Ils se jettent tous à l'eau entraînant 2 des gros d'en face avec eux. Les 2 restants avancent tranquillement vers l'eau, je m'avance un peu, encoche une flèche et arme.

Le plus gros est bien en vue à 12 mètres environ. Je prends la visée et tire. Il avance juste à ce moment et ma flèche est trop derrière, au niveau des cuisses. Il plonge, je cours vers lui. Les ragondins rentrent tous au terrier. J'arme et aperçois un très gros ragondin se traînant dans le fossé. Il stoppe à 2 mètres et ma flèche ajustée en pleine tête le sèche net, c'était le blessé. Je récupère mes flèches et mon ragondin et retourne à la voiture pour poursuivre ma route vers les Pyrénées.

2 ragondins sur le chemin des Pyrénées, 16 février 2010

Alex

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 22:26

Lundi matin, nous avions décidé avec Manu d'aller faire une virée aux ragondins, le rendez-vous est pris pour 7h20 au relais des Trouettes à Miramont d'Astarac.

Nous allons attaquer par le grand lac de Lamazère, nous arrivons sur place aux alentours de 7h30.

Sortie aux ragondins en demi teinte, 15 février 2010

Le temps de nous préparer et nous voilà partis. C'est la première fois que nous chassons ce lac, j'ai l'autorisation de chasse depuis un bon moment mais je n'ai pas eu l'occasion et le temps d'y faire un tour. Le niveau du lac n'est pas à son maximum et la berge semble très caillouteuse, peu propice pour les terriers des ragondins. Sur la berge d'en face un virage du lac semble plus prometteur, c'est une zone arborée et aux berges abruptes.

Sortie aux ragondins en demi teinte, 15 février 2010

Pensant le secteur bon, je laisse Manu s'en occuper. Nous nous séparons, chacun sa rive. Mon côté est désert, le vent est glacial et j'alterne mes mains dans les poches pour échapper à la morsure du froid. A part quelques canards, rien ne bouge. J'arrive au bout du lac assez rapidement. Je traverse le ruisseau d'alimentation sur un pont en pylônes EDF et commence à longer la rive d'en face.

Je ne vois pas Manu, "il a certainement dû voir des ragondins et doit être occupé à lâcher quelques flèches". J'arrive au niveau de la zone qui de loin me semblait prometteuse et toujours pas de Manu. Une zone épaisse de buissons noirs m'empêche de longer la berge et je dois la contourner. Je commence à m'éloigner du bord quand j'entends un gros plouf. Un ragondin était caché dans les épines, je reviens en courant sur mes pas mais trop tard. J'attends un peu mais il ne ressort pas. Je fais un peu de bruit mais rien ne bouge.

Je recommence mon contournement pour retrouver la berge du lac 40 mètres plus loin. Rien ne bouge, je lance un long sifflement, Manu ne répond pas. Mais où est -il ? Je le cherche du regard quand un ragondin plonge à mes pieds, un sillon de bulles trahit sa direction. J'arme mon arc et le voit ressortir à quelques mètres. Je vise et décoche. Il plonge et remonte rapidement pour mourir.

2 autres ragondins plongent du même endroit, l'un d'eux remonte à une dizaine de mètres alors que je termine d'armer mon arc. Je vise et décoche. Un bruit d'os qui casse et mon ragondin plonge. Il remonte un peu plus loin au bout d'un moment, se débat un instant puis s'immobilise. J'attends un peu, fais un peu de bruit mais cette fois il n'y a plus de ragondins.

Je continue à longer la berge sur 30 mètres puis siffle à nouveau plusieurs fois espérant une réponse de Manu. Rien, quand, tout à coup, des craquements dans les épines sur ma gauche se rapprochent de la berge. Je finis par voir Manu. La végétation trop dense et la berge trop abrupte l'ont obligé à faire un gros détour.

Je pars chercher mes flèches, Manu n'a rien vu. Je passe sous les buissons noirs qui me griffent profondément le dos pour me rapprocher de mes flèches. Je passe un bon moment à récupérer mes flèches et un de mes ragondins avec ma canne à pêche, Manu m'a rejoint avec peine. Nous décidons de venir cherche le second plus tard, le vent l'aura rapproché du bord, pour le moment, il est hors de portée de mon lancé.

Manu passe devant et comme à son habitude réussit à se mettre à l'eau, enfin juste jusqu'aux mollets heureusement. Nous rentrons aux voitures. Un beau chevreuil se débine à notre arrivée. Manu enfile des chaussettes sèches et ses bottes et nous voilà partis avec ma voiture.

Arrivé au carrefour des Trouettes, je décide de m'arrêter à un lac où j'ai promis à ses propriétaires de faire un sort à un ragondin qui y a élu domicile. Sur place nous tombons sur la propriétaire qui nous propose le café. Ce sera pour après la chasse. Nous partons.

Sortie aux ragondins en demi teinte, 15 février 2010

Arrivé au bord du lac, la végétation bouge, je fais signe à Manu et le laisse passer devant. Il arme et se rapproche doucement. Un colvert lui décolle idéalement en rasant l'eau mais le canard est fermé depuis peu et il le laisse partir en me regardant avec un regard qui en dit long.

L'eau bouge contre la berge un peu plus loin, Manu se rapproche arc armé mais rien. Un peu plus loin, je distingue un sillon qui longe le bord, je presse le pas, arme mon arc et aperçois, à quelques mètres un ragondin se détachant du bord. Je vise rapidement et décoche. Raté. Il poursuit comme si de rien n'était. Je réencoche, vise et décoche, cette fois ma flèche est bien placée, il se met à tourner en rond sur place.

Je laisse à Manu le soin d'en finir, même si je sais que s'en est fini pour lui, et je continue ma route pour faire le tour du lac et tenter de rabattre un ragondin à Manu mais rien ne bouge. Je pars chercher ma canne et revient pour récupérer les flèches et le ragondin. Trop pressé de récupérer son ragondin, Manu a encore réussi a se mettre à l'eau et à remplir une de ses bottes.

Sortie aux ragondins en demi teinte, 15 février 2010

Je récupère les flèches et nous allons montrer notre prise à la propriétaire. Un café et quelques petits gâteaux maison plus tard nous voilà repartis.

Nous partons pour un petit lac, sur Miramont d'Astarac, habité aussi par un ragondin que j'ai promis d'éradiquer mais qui m'a déjà bien couillonné lors de ma première tentative. J'explique à Manu comment s'est passé ma première chasse sur le site et nous passons chacun sur un côté du petit lac entièrement gelé.

Sortie aux ragondins en demi teinte, 15 février 2010

Nous progressons doucement mais il n'est pas de sortie. Il a fraîchement cassé la glace devant son terrier mais est rerentré avant notre arrivée.

Nous allons faire un tour à une mare en bordure de la route D 929, en limite de Saint Jean le Comtal, mais la mare gelée semble bien calme et nous ne nous arrêtons même pas.

Nous partons maintenant pour Labéjan, un lac en contrebas du village, précédé de 2 mares et infestées de ragondins d'une méfiance redoutable. Il faut dire que je les ai bien dressés. Il faut traverser une grande zone de découvert pour arriver au lac et si ce ne sont pas les ragondins qui nous repèrent ce sont les canards qui en décollant provoquent la fuite immédiate des ragondins et leur entrée aux terriers.

De la route, j'aperçois 2 ragondins au gagnage dans le semé de blé. Je stoppe la voiture pour élaborer un plan. Ils sont à 200 mètres en plein découvert. Je fais marche arrière ce qui provoque la fuite d'un des ragondins. Je laisse Manu au bord de la route assez loin du lac pour lui permettre de descendre sans attirer l'attention du ragondin. Une haie de peupliers masquera sa progression une fois au fond de la combe.

Je descends en voiture jusqu'à la ferme en contrebas et fais demi-tour pour venir me garer derrière un bouquet de gros chênes, hors de vision du ragondin. Je fais un grand détour pour rester caché par le relief du champ et arriver par dessous la digue du lac. De loin, j'aperçois un gros ragondin qui longe le bas de la digue, au bord d'un bouquet d'épines noires, en suivant le ru du déversoir.

Je tente l'approche. Le vent de travers me permet de me rapprocher à 10 mètres du ragondin, rentré dans les épines noires, sans être remarqué mais la digue détournant le vent vers le ragondin, ce dernier flaire le danger et file à toute allure vers son terrier, sous la buse du trop-plein du lac. Il m'a bien eu, j'étais trop confiant.

Je monte contre la digue assez raire et me positionne à genoux au bord du lac. Je suis assez loin du ragondin qui ne m'a ni vu ni senti malgré le vent dans mon dos et je suis aux premières loges pour regarder Manu faire son approche. Il a passé les 2 mares et longe maintenant les peupliers.

Sortie aux ragondins en demi teinte, 15 février 2010

Le ragondin est complètement absorbé par son repas et ne voit rien venir. Manu avance tranquillement. Il est à 25 mètres de sa proie quand j'aperçois un couple de colverts sortir des herbes hautes de la bordure du lac, se glisser dans l'eau et s'éloigner de la berge. Je reste immobile et prie pour qu'ils ne décollent pas mais ces maudits volatiles prennent leur envol et provoquent un démarrage en trombe du ragondin qui marque un temps d'arrêt avant de sauter dans l'eau. Il est un peu loin mais Manu tente sa chance et le manque. Le ragondin sursaute et plonge pour disparaître au terrier. Dommage, ils ont gâché une belle approche.

Nous partons pour Loubersan, je me gare près des serres d'un producteur de fraises. Nous descendons à une mare en contrebas,

Sortie aux ragondins en demi teinte, 15 février 2010

sur la gauche de la route mais nous n'y verrons que 2 poules d'eau puis nous descendons de l'autre côté de la route vers un petit lac

Sortie aux ragondins en demi teinte, 15 février 2010

où nous n'aurons pas plus de succès.

Sortie aux ragondins en demi teinte, 15 février 2010

Nous partons pour les rives du Gers à Seissan. En route, nous apercevons un gros ragondin broutant du colza au bord du Cédon.

Sortie aux ragondins en demi teinte, 15 février 2010

Je me gare, contrôle le vent et élabore une tactique d'approche, ce ne sera pas aisé, nous sommes à mauvais vent et à découvert. Je décide de faire l'approche par la berge opposée en faisant un grand détour pour ne pas être senti par le myocastor.

Manu passe devant et je le guide. Nous nous écartons de 40 mètres du bord du ruisseau et longeons dans le colza par un passage de tracteur en surveillant les réactions du ragondin. Nous finissons par le dépasser et nous retrouver ainsi à bon vent. Nous revenons vers le ruisseau. Une petite touffe de ronce entre le ragondin et notre position nous cache sommairement.

A chaque fois que le ragondin s'arrête de brouter ou lève la tête, je chuchote à Manu "stoppe" puis "vas-y" quand tout va bien. Nous progressons lentement, marquant de nombreux arrêts pour ne pas affoler le rongeur. A 15 mètres de l’objectif, le ragondin nous tourne le dos, j'en profite pour demander à Manu d'armer son arc et d'avancer un peu plus vite pour atteindre une bonne distance pour tenter son tir.

Manu se cale à 10 mètres du ragondin et commence à prendre sa visée, je lui dis d'avancer plus mais il me fait signe que c'est bon pour lui. J'ai un mauvais pressentiment, le ragondin se tourne de travers et lève la tête, il nous a repéré mais la flèche de Manu est partie alors que je me suis décalé et que j'ai armé pour doubler son tir au cas où.

Manu a fait un coup de doigt et sa flèche a été légèrement dévié à droite, elle entaille tout de même le ragondin qui sursaute et me fait maintenant face avec une posture menaçante. Je vise la tête et décoche. Ma flèche percute violemment la tête du ragondin qui pivote à l'impact. Ma flèche à entaillé le crâne mais n'est pas rentrée.

Le ragondin fonce vers nous, la tête en sang et se jette dans le ruisseau 2 mètres plus bas d'un bon surréaliste. Nous tentons de le repérer en courant vers le ruisseau mais rien, l'eau est trouble mais pas de ragondin. Je pars vérifier nos flèches et Manu longe le ruisseau à la recherche de l'animal blessé. Les 2 flèches sont fichées au sol côte à côte, celle de Manu présent une grosse touffe de poils mais le tube est propre (il le l'a pas traversé), mon tube est propre mais une grosse piste de sang part vers le ruisseau.

Sortie aux ragondins en demi teinte, 15 février 2010

Malgré nos efforts, Manu ira jusqu'à descendre dans le ruisseau en bravant les ronces, y laissant même un bout de son nez, nous ne retrouverons pas l'animal.

Amers, nous partons pour Seissan. Nous nous arrêtons au bord du Gers et nous nous préparons. Nous partons pour traverser la route quand j'aperçois furtivement un ragondin qui plongeant rejoint son terrier. Nous attendons un peu mais il est bien rentré et ne souhaite pas ressortir.

Nous traversons donc la route et longeons la berge enherbée quand j'aperçois un gros ragondin au gagnage dans l'herbe. Je le montre à Manu qui, refroidi par sa mésaventure, me dit de faire l'approche. J'avance donc lentement vers le ragondin à pas lents et calculés. Marquant un arrêt à chaque fois qu'il s'arrête de brouter ou relève la tête, le vent est face à moi.

Je profite d'un moment où le ragondin plonge sa tête dans une grosse touffe d'herbe pour progresser rapidement de 5 mètres. Je me rapproche toujours, je suis à environ 7 mètres et commence à me préparer à armer quand le vent tourne et provoque une fuite rapide du ragondin. J'arme pensant le voir marquer un temps d'arrêt avant de plonger mais il plonge directement. Je cours vers l'endroit où il a disparu et l'aperçois par transparence sous l'eau, il se dirige vers la berge d'en face.

J'arme, il refait surface sous des racines contre la berge, je vise et décoche mais ma flèche un peu haute se fiche dans une branche juste au-dessus de l'eau et mon ragondin replonge pour venir droit sur moi. J'encoche une seconde flèche, vise et décoche sur lui à la verticale alors qu'il passe à moins d'un mètre du bord sous l'eau. Ma flèche le traverse au niveau du coffre, je vois distinctement la blessure en triangle, et il refait surface, se jetant contre la berge.

Il se débat dans une eau rougie par un gros volume de sang. Je m'attends à le voir mort mais plus rien, le calme revient et mon ragondin a disparu. Il vient de rentrer dans un terrier dont j'ignorai l’existence. Décidément, ça avait trop bien commencé. Des petits ragondins longent la berge d'en face, Manu arme mais n'a jamais le temps de décocher.

Sortie aux ragondins en demi teinte, 15 février 2010

Nous rentrons dépités, une flèche de moins sur mon carquois.

Sur le chemin du retour, nous repassons au bord du Cédon

Sortie aux ragondins en demi teinte, 15 février 2010

et j'aperçois au loin deux très gros ragondins entrain de brouter sur la berge opposée, là où broutait l'autre ragondin tout à l'heure. Je me gare et nous partons pour une nouvelle approche, d'abord rapide puis nous ralentissons l'allure à 80 mètres des ragondins mais malgré toutes nos précautions et un vent favorable ils se précipitent à l'eau. Nous courrons mais il est trop tard ils sont au terrier.

Manu décide d'aller chasser un autre grand lac de Labéjan.

Sortie aux ragondins en demi teinte, 15 février 2010

A notre arrivée une belle aigrette et quelques cormorans sont sur le lac. Nous prenons chacun notre côté du lac, comme à notre habitude mais rien. Arrivé au ras de la zone boisée un gros ragondin plonge directement au terrier, Manu l'a vu d'en face, je l'ai juste entendu plonger.

Je laisse Manu chasser seul le long du ruisseau d'alimentation du lac et reste posté un moment aux terriers au cas où. Un beau matin pêcheur passe devant moi avant que Manu revienne un peu plus tard. Nous partons alors que 2 chevreuils broutent au bord du ruisseau du déversoir du lac.

Avant de rentrer, je décide de repasser par le lac de Labéjan où les canards ont gâché l'approche de Manu. Au loin nous apercevons un gros ragondin à l'endroit où était celui qu'a manqué Manu. Je tente le tout pour le tout, je me gare à l'aplomb du ragondin, prends mon arc et descends droit sur lui. Il ne me comprend pas et j'avance assez rapidement.

Tout à coup, 2 canards quittent le bord du lac en dessous du ragondin et décollent. Je m'attends à le voir partir mais il ne réagit même pas. Je poursuis mon approche voûté. 3 autres canards s'éloignent du bord, je continue mon approche lentement, voûté et ils mettent un moment à réagir mais ils décollent à leur tour.

Cette fois, le ragondin se précipite vers l'eau. Je cours derrière. Il est arrêté au bord de l'eau. J'arme mais il descend doucement à l'eau. Je m'approche doucement armé et l'aperçois, il est au ras du bord de cul. Je vise au travers des herbes le creux entre ses épaules et décoche. Je le touche, il se débat et part en surface, je réencoche et décoche à nouveau. Touché à nouveau, il plonge, refait surface se débat puis se calme et se cale contre la glace au milieu du lac.

Le sang coule de ses blessures et rougit l'eau autour de lui. Il ne me reste qu'une flèche et il lui manque 1 lame sur 3. A cette distance son vol sera dévié. Manu arrive, je lui dis d'aller se mettre en face sur les terriers pour couvrir la fuite du ragondin. Je tente une troisième flèche mais, comme prévu, elle dévie, passe à 40 centimètres du ragondin et reste coincée sous la glace.

Une des flèches est au bord, je pars chercher une branche pour la récupérer, j'ai laissé ma canne à pêche à la voiture. Pendant ce temps, le ragondin plonge et part droit sur Manu. Le voyant remonter sous la glace, il lui décoche une flèche mortelle, le ragondin refait surface en brisant la glace et se débat.

Manu, voulant l'achever, lui décoche une seconde flèche qui abrège ses souffrances mais le fait couler à pic avec une de ses flèches. Manu part chercher ma canne à pêche et en brisant la glace nous parvenons à récupérer une de ses flèches mais l'autre ne veut pas remonter et les miennes vont couler. Nous rentrons, je n'ai plus de flèches, nous avons perdu notre ragondin et Manu une de ses flèches. Décidément, ça avait trop bien commencé...

Nous retournons au premier lac pour récupérer mon second ragondin qui en dérivant est venu se caler contre la digue du lac. Il est 15h15, il est temps de rentrer.

Sortie aux ragondins en demi teinte, 15 février 2010
Sortie aux ragondins en demi teinte, 15 février 2010

Alex

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 11:41

Ce matin, j’ai décidé d’aller faire un tour sur un grand lac que je réserve aux sorties de l’association, histoire de voir si les ragondins y sont toujours aussi nombreux.

Le réveil sonne à 7 heures. Je me prépare rapidement et pars pour le lac. 7h30, je suis sur place, la luminosité croit rapidement et je décide de commencer à faire le tour du lac. Quelques canards s’éloignent du bord avant de décoller, je longe un moment le bord du lac au pied d’un talus de 3 mètres.

Plusieurs sillons s’éloignent de la digue, certainement des ragondins. Au loin, je distingue de l’agitation près d’une zone de terriers, je décide de remonter sur le champ pour m’éloigner du bord et revenir directement sur les terriers pour éviter d’y faire rentrer tous les retardataires.

Au moment où j’arrive sur le champ, un gros vol de vanneaux décolle à 5 ou 6 mètres de moi. J’aurais voulu les approcher, je n’aurais pas mieux fait. Je me dirige donc vers les terriers où une vingtaine de colverts commence à quitter la berge avant de s’envoler à 10 mètres du bord.

« Aie pas bon, les ragondins auront fui ! ». Je m’approche doucement du bord du lac quand 2 gros ragondins commencent à s’éloigner du bord tranquillement, J’arme en pressant le pas et décoche sur le plus proche, de ¾ arrière, de la rive. Juste dessous. Ils s’éloignent tous 2 tranquillement et sont maintenant trop loin.

Je récupère ma flèche et poursuis en longeant la berge. Une grosse masse sombre attire rapidement mon attention. J’avance doucement quand arrivé à 20 mètres de cette masse, je la vois s’étirer et se glisser dans l’eau, je presse le pas et décoche un peu trop loin sur mon ragondin de cul, juste derrière.

Ce n’est pas mon jour ! Je récupère ma flèche après plusieurs tentatives puis poursuis. J’ai perdu pas mal de temps, les ragondins doivent être rentrés pour la plupart. Plusieurs grèbes vaquent à leurs occupations au milieu du lac.

Dans un virage arboré, 5 sarcelles décollent sans bruit. Il tombe quelques flocons de neige épars. J’arrive finalement au bout du lac, je me dirige vers le ponton encore couvert de neige. Un ragondin de belle taille a traversé côté droit et un lapin côté gauche en sens inverse. A part quelques grèbes et quelques foulques rien ne bouge, pas un ragondin.

Je longe tranquillement la berge jusqu’au déversoir. Arrivé à ce dernier, j’hésite un instant, descendre dans l’eau pour traverser. Non, il fait trop froid même avec 20 centimètres d’eau. Traverser sur l’un des gros IPN qui enjambent le déversoir ? Non plus, j’ai le vertige et il gèle, 3 mètres de chute ne me tentent pas.  

Il semble plus facile de traverser plus bas. Je poursuis donc un peu mon chemin. Une zone étroite de neige borde le déversoir bétonné contre le bois. Un renard semble y avoir fait plusieurs allé retour. J’avance encore un peu quand tout à coup, j’aperçois à environ 90 mètres, un beau renard affairé à muloter. Je me faufile jusqu’à un massif de ronce et me cache derrière, je cherche ma cagoule de camouflage dans mes poches. C’est vrai, je l’ai laissé à la voiture. "Zut." Je tente le coup tout de même.

J’observe un court instant le renard qui semble légèrement obliquer vers moi. Il avance doucement puis bondit dans l’herbe, il a manqué sa proie semble t-il et continue sa route. Je me cale derrière mon écran végétal et tente un cri de souris avec ma main contre mes lèvres.

Un renard pour trois ragondins, 14 février 2010

Le renard quille ses oreilles et regarde vers moi. Un second cri de souris et le voilà qui arrive au petit trot. Le relief du champ le fait disparaître un instant alors qu’il vient droit vers moi. J’arme mon arc. Au bout d’un court instant je le vois réapparaître, il longe le bois.

Je le suis, arc armé, et le laisse venir. Il se dégage doucement de la végétation pour s’arrêter à 15 mètres de face. Mon viseur s’arrête et ma flèche part. Le bruit caractéristique de l’impact se fait entendre. Et mon renard rentre dans le bois pour venir s’arrêter à quelques mètres au-dessus de moi. Je reste un instant sans bouger, à l’écoute. Le silence est revenu, plus rien ne bouge. Je vais vérifier mon tir. A l’impact, de petites gouttes de sang jonchent le sol.

Un renard pour trois ragondins, 14 février 2010

La flèche est à 1 mètre dans le bois, emportée dans la fuite.

Un renard pour trois ragondins, 14 février 2010

J’attends, encore un peu puis pose mon arc et rentre dans le bois. La végétation est épaisse et j’ai du mal à rentrer. Je n’ai pas fait 5 mètres que mon renard se relève pour retomber presque aussitôt. Je redescends et prends mon arc, je contourne cette fois pour surplomber mon renard et avance à pas lents en essayant de ne pas le relever.

Il est là 5 mètres en dessous de moi, il tente de repartir sur 3 mètres puis retombe à nouveau, J’arme et m’approche doucement. Ma flèche part, il sursaute fait 2 mètres et s’écroule définitivement.

Un renard pour trois ragondins, 14 février 2010

J’ai été trop confiant j’aurais dû attendre davantage avant d’aller le chercher. Ma seconde flèche ne lui a qu’entaillé légèrement le dos mais il était déjà à bout. Ma flèche rentre 20 centimètres derrière l’épaule et ressort au niveau de l’anus.

Un renard pour trois ragondins, 14 février 2010

Je rentre en traversant le déversoir sur des affleurements rocheux. Arrivé à la voiture, je commence à partir quand un gros ragondin affairé à son casse-croûte matinal, de l’autre côté de la route, le long d’un fossé, me fait faire demi-tour un peu plus loin.

Je me gare à nouveau, prends mon arc, longe un instant la route pour atteindre le fossé quand le malin lève la tête, il est à 100 mètres environ mais a repéré mon manège. Je fais mine de poursuivre ma route sans le regarder et stoppe à couvert derrière un buisson au bout du fossé.

J’attends caché un moment, l’observant au travers des branchages. Il finit par se remettre à manger. Je passe la clôture et longe doucement le fossé du côté opposé à sa position. Une grosse bande de ronces masquent ma progression, j’avance voûté en tentant de ne pas faire trop craquer les herbes gelées.

Je jette de temps à autre un coup d’œil sur sa position mais il semble complètement inconscient de ce qui se trame. Arrivé à sa hauteur, il lève la tête à nouveau, flaire l’air mais je suis à bon vent et il se tranquillise à nouveau. J’arme, il est à 10 mètres, je vise au travers d’une belle fenêtre au milieu des ronces et décoche. Il me semble le toucher mais il démarre et ralentit rapidement avant de s’arrêter. Je n’ai pas le réflexe de mettre une seconde flèche et le regarde rentrer doucement dans les ronces.

Je fais le tour pour aller vérifier mon tir, mais rien ne laisse présager une blessure, ce n’était pas un jour à ragondin. Je rentre.

Un renard pour trois ragondins, 14 février 2010

Alex

 

Atteinte :

Un renard pour trois ragondins, 14 février 2010

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 21:42

Lundi matin, comme convenu avec Patrick la veille, je me lève pour aller chasser à Sarrancolin. Je rassemble mes affaires mais je me rends compte que je n’ai pas préparé mes lames neuves, la chasse au ragondin de la veille a mis à rude épreuve le tranchant de mes Cabela’s Lazer Suprème.

Je me mets donc à préparer en vitesse deux lames neuves, ça devrait suffire. Et là, arrive ce qui doit arriver quand on est pressé, en serrant la bague de maintien des lames de ma seconde trilame, elle m’échappe et une des lames vient se planter profondément dans mon pouce. Aïe ! Je termine mon doigt enroulé dans de l’essuie tout et finis de me préparer en vitesse. J’ai une heure et dix minutes de route et il est déjà 6h45. Ca y est, tout est prêt, je pars.

La luminosité croit petit à petit alors que je me rapproche de Sarrancolin. Patrick m’a averti, le chemin de la Soule qui monte chez lui est totalement verglacé, je vais en profiter pour chasser en montant. Je gare ma voiture au pied de la côte et commence à monter arc à la main. Je traverse une zone d’habitations puis commence à regarder les traces dans la neige, rien de frai à part un renard. Je monte doucement pour tenter de surprendre un animal au gagnage sur le bord de la route mais les bouts de glaces et la neige sont très craquants et j’ai beaucoup de mal à monter sans bruit. La haie de laurines de la dernière maison du village a totalement perdu ses feuilles, broutées par les grands cervidés mais toujours pas de traces fraîches. J’avance toujours lentement mais le sol est de plus en plus craquant et glissant. Pas un animal, toutes les traces sont vieilles. Je passe les lacets un à un. Je fais une petite pause pour prendre en photo la pleine lune qui se couche entre les montagnes.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Le paysage enneigé est splendide.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

A 100 mètres de chez Patrick, la neige sur la route est souillée par de petites particules de terre, je m’approche et me rends compte qu’une harde de grandes pattes est passée là cette nuit ou ce matin. Les animaux, dont au moins un beau cerf, descendent vers notre zone de chasse, c’est bon signe. Je descends le chemin de terre qui arrive chez Patrick, les griffons nivernais m’accueillent avec de joyeux aboiements.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010
Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Arrivé devant chez Patrick, Pilou vient à ma rencontre. Il inspecte minutieusement mon pantalon qui doit sentir un peu le ragondin.

Nous discutons un moment avec Patrick en déjeunant, nous attendons que le soleil se lève un peu et réchauffe un l’air. Nous sommes sur le départ, le thermomètre dans la cabane devant la maison annonce -2°C. Je pars chercher Ulie que j’ai toutes les peines du monde à sortir du parc par l’échelle car les 4 griffons veulent venir chasser et me sautent dessus. Je lui mets son collier en attendant Patrick puis nous partons.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010
Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Patrick est tout en blanc, moi je suis tout en camouflage Delfwood.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Nous descendons par les pistes qu’il a tracées avec la mini pelle ces dernières années.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010
Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Rapidement nous tombons sur une couche de cerf, en plein milieu du chemin, certainement le 10 cors coutumier des lieux. Plus nous avançons et plus les traces fraîches se font nombreuses.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Patrick décide de commencer par chasser au bout du bois.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Je pars me poster pratiquement au bout du bois et lui va pousser vers moi avec sa chienne.

Je suis de nombreuses traces de la veille qui vont toutes vers mon poste. J’avance rapidement d’abord puis ralenti l’allure à 100 mètres du poste. Je descends, comme à mon habitude, par une coulée presque verticale qui s’enroule autour d’un arbre qui me sert d’appui. Je me méfie car, plusieurs fois déjà en allant me poster, j’ai levé des animaux gîtés juste en dessous dans un gros bouquet de buissons noirs.

Je descends jusqu’à une zone de replat qui me permet de voir les coulées au-dessus et au-dessous de moi. Le vent léger souffle face à moi, tout va bien. Je décide d’aller tout de même jeter un œil aux gîtes dans mon dos. Rien. Je fais demi-tour pour avancer sur le replat jusqu’à un écran d’arbustes qui me camoufleront quand, tout à coup, au travers des branchages, j’aperçois une masse inhabituelle.

Je stoppe net. C’est un grand cervidé, il broute paisiblement face à moi. Que faire, Patrick va arriver. Je l’observe un instant et m’aperçois que ce n’est pas un mais 2 puis 3 animaux qui broutent en venant vers moi. Je décide de tenter l’approche. J’avance pas à pas, calculant chaque reposée de mes pieds, marquant une courte pause à chaque pas. J’écrase doucement la neige qui craque légèrement à chaque pas.

Pas à pas, je me rapproche, 2 des animaux sont maintenant plein travers à 15 mètres, le troisième, plus haut est toujours face à moi et je ne suis toujours pas repéré. Les branchages m’empêchent de tenter une flèche propre, il me faut avancer encore pour profiter d’une belle trouée au milieu des arbustes. Je ne respire plus, je me déplace avec une lenteur extrême, chaque pas est calculé. Le temps qui passe, l’arrivée prochaine de Patrick et du chien, le léger bruissement de la neige et des fougères couchées dessous me stressent de plus en plus.

Je finis par à arriver à 10 mètres alors que les 2 animaux sont maintenant de cul, côte à côte, et le troisième est masqué par la végétation. J’identifie ces animaux comme étant 3 faons, les mères ne sont certainement pas loin, il me faut redoubler de prudence. Une branche m’empêche de tirer et la position des animaux me pose problème.

Je me décale doucement sur ma droite et parvient à m’ouvrir une fenêtre de tir. Un bref calcul, ce sera l’animal de droite, pas de bois, nous avons un bracelet biche et bracelet faon, aucun risque. J’arme et me focalise sur mon animal, sa position est ¾ arrière, bien détaché du second animal, plus rien n’existe au tour.

Je vise l’arrière de la cage thoracique, c’est la première fois que je fais un tel tir. Ma flèche part sans que je puisse la voir. Je n’ai pas entendu l’impact. Mon animal s’éloigne de son congénère au petit trop en prenant la descente rapidement suivi de son acolyte. Le troisième n’a pas bougé.

Un craquement de bois mort se fait entendre par en bas, je ne vois plus les animaux masqués par la végétation. Peu de temps s’écoule alors que 2 animaux ne semblant pas touchés remontent et sont rejoints par le troisième beaucoup plus petit avant de s’éloigner au petit trop. Je l’ai manqué, ce n’est pas possible ! Il était à peine à 8 mètres.

 J’attends un peu que les animaux s’éloignent en me refaisant le film du tir dans ma tête. Je suis fou de rage, « ce n’est pas possible d’être aussi mauvais ». Je descends vers l’endroit du tir, pas de flèche, pas de sang mes craintes se confirment. Je tourne et retourne, analyse mon tir, estime la trajectoire quand, tout à coup, une touffe de poils attire mon attention. Oui, du poil coupé jonche le sol

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

et je trouve également un petit bout de venaison.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

J’ai bien touché mais pas de sang ! Je cherche tout autour et sur la trajectoire de fuite des animaux quand, tout à coup, un mouvement, 50 mètres plus bas, attire mon regard. C’est Ulie. « Patrick ». « Ouai ». « Monte ». « Tu as fléché ? »  « Oui mais je ne trouve pas de sang ! ». En montant Patrick me demande si j’ai fléché un blaireau, je lui réponds que non, que j’ai fléché un cervidé, un faon me semble t-il et je lui explique l’histoire. Un blaireau est semble t-il passé plus bas et a marqué sa fuite d’une goutte de sang. En montant Patrick m’annonce une grande traînée de sang avec ma flèche plantée au sol. Ce n’est pas possible vu mon angle de tir. Je descends et tombe effectivement sur une belle piste de sang très abondante et bien visible dans la neige.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Il ne reste qu’un ¼ de ma flèche côté empennage, le morceau est couvert de sang et de poils. En fait la piste ne suit pas du tout la direction de fuite des animaux que j’ai vu partir. Il s’agissait d’un quatrième animal qui a donné le change.

 La piste très abondante remonte au plus raide, nous la suivons, plus de 15 minutes se sont écoulées depuis le tir. Nous arrivons à la piste en dessous des chênes américains. La piste remonte vers la route. Patrick décide de rentrer chez lui avec la chienne et de revenir avec le 4x4. Je continue seul. Je traverse la route, monte le talus et passe au coin d’une grange en ruine, le sang est toujours très abondant. Je le suis depuis bien 1 km déjà. Maintenant l’animal perd des caillots de sang coagulés de temps à autre et par endroit une tache de mousse rose (c’est signe d’une atteinte de poumon). La piste monte toujours et le sang reste très abondant. Tout à coup, l’animal se met à suivre la courbe de niveau un moment, le sang devient alors moins abondant bien que très facile à suivre.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

J’arrive au-dessus de la résidence secondaire de Tahouens, mon téléphone sonne, c’est Patrick « tu es où ?», je lui explique et il part plus loin m’attendre. Je poursuis, l’animal descend légèrement et entre dans une zone fourrée de buis. La neige obstrue mon viseur et me tombe dans le cou. Mon arc ressemble plus à un bonhomme de neige qu’à un compound. Je suis toujours aussi facilement le sang. Au bout d’un moment, je tombe sur une couche maculée de sang.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

L’animal se débine devant moi. Je tente d’avancer sans faire trop de bruit pour pouvoir le surprendre et le flécher. Je me bats pour garder mon viseur et ma visette sans neige, au cas où. J’encoche et désencoche ma flèche au gré des zones dégagées ou fourrées. La piste remonte de nouveau beaucoup de sang. Tout à coup, un mouvement dans les buis, un animal se débine au-dessus de moi, c'est un grand cervidé mais il ne semble pas blessé. Effectivement le sang ne suit pas cette direction. A nouveau une couche, que faire ? Je suis déjà depuis plus de 2 ou 3 km. Faire appel à un chien de sang ou continuer jusqu’au bout ? Il y a vraiment beaucoup de sang, je tente le coup, je vais suivre encore, il n’est pas encore midi. J’essaie tout de même de passer le moins possible sur la piste pour ne pas anéantir une possible recherche au sang. Toujours du sang mais la piste commence à redescendre, c’est peut être bon signe d’autant plus que je trouve des caillots et des taches de mousse rose assez régulièrement. Tout à coup je la perds sous un buis maculé de sang. Je tourne et retourne pour finir par me, rendre compte que l’animal est revenu en arrière avant de se mettre à descendre de plus en plus raide. Les frottés sur les buis sont de plus en plus fréquents et marqués.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Le sang marque goutte à goutte mais se suit bien sauf de brèves interruptions de quelques mètres. Une autre couche. Je suis un moment puis tombe à nouveau sur une couche puis en arrivant dans une zone très fourrée j’entends un animal démarrer dans un éboulis de pierres. L’animal s’était couché là, les pierres sont couvertes de sang et de mousse rose.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Il fatigue, ses couches sont de plus en plus rapprochées. Tout à coup, je stoppe net, une masse vient d’attirer mon regard. J’identifie le dos d’un animal dont la tête est cachée par un gros arbre. Un cervidé oui, mais lequel ? Mon animal ? Je tente tant bien que mal de dégager mon viseur et ma visette puis arme mon arc et m’approche à pas de loup. Ma visée est prise mais impossible d’identifier. L’animal fait un pas, c’est une chevrette, je suis à 8 mètre, elle a eu chaud. Je désarme. Je continue doucement quand, tout à coup, posant le pied sur une pierre glissante, je chute lourdement sur le dos. Un mouvement devant moi. Mon animal passe à quelques mètres de moi en se faufilant dans les branchages, son flanc est rouge de sang et couvert de mousse rose. Je me relève et suis le sang qui va jusqu’à sa couche avant de partir en sens inverse. Les branchages sont couverts de sang. J’avance maintenant à pas de loup quand, au milieu d’une zone dégagée, je tombe sur mon animal couché, exténué à moins de 10 mètres. Il me tourne le dos, puis me regarde un instant sans pouvoir se lever, je dégage mon viseur et la visette de cette neige collante, arme et décoche. L’animal se redresse d’un bon, vacille, prend la pente puis s’écroule pour rouler et se caler contre un bouquet de noisetiers.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Ouf, ça y est après plusieurs kilomètres de traque j’y suis enfin arrivé. Je suis trempé, gelé mais il faut maintenant redescendre.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

J'appelle Patrick qui met un moment à répondre, il me monte le bracelet et nous redescendons par un petit sentier

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

qui aboutit sur la place de Sarrancolin.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Une fois la bête attachée au 4x4 nous remontons chez Patrick pour manger un bout, faire quelques photos et dépouiller la bichette.

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010
Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

Ma flèche rentre en fait où je visais mais l'angle très fermé de la position de l'animal fait qu'elle ressort à la base du cou ne transperçant qu'un poumon.

Alex

 

Atteinte :

Une biche sarrancolinoise,1 février 2010

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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