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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 14:10

Ce matin, je décide d'aller faire un tour au ragondin toujours sur le même lac à Labéjan. 6h30, le réveil sonne, le temps de me préparer et c'est parti. Le ciel est dégagé ce matin, pas un nuage pour masquer les étoiles mais, du coup, il a un peu gelé.

J'arrive sur place vers 7h10, le jour se lève doucement. J'attaque par le déversoir du lac et commence à longer la digue doucement quand un héron cendré décolle du pied de la digue. Un gros plouf a retentit au même moment ! Je reste immobile et observe, un ragondin ne tarde pas à refaire surface et s'immobilise à 15 mètres environ sur ma droite. Il était juste dans les pattes du héron ! Je suis à découvert et je ne peux pas trop m'approcher car le ragondin m'observe. J'arme doucement, vise et décoche mais je passe dessous. Le ragondin plonge. Plus loin, à 100 mètres environ, un sillon se dessine. Un ragondin traverse la largeur du lac de droite à gauche.

Je me recule et passe derrière la digue pour observer. Mon ragondin finit par refaire surface et s'éloigne en en nageant alors qu'un second ragondin arrive droit sur la digue. Je le laisse venir, caché derrière la digue et me décale doucement pour me trouver en face de son point d'arrivée. Au moment où il arrive contre la digue, il ralentit puis s'arrête.

Je m'avance doucement en armant, juste assez pour voir le ragondin au-dessus de la digue. Je vise le ragondin qui me fait face et décoche mais je suis encore à côté ! Le ragondin plonge puis remonte rapidement pour longer à 10 mètres de la digue. Je le suis derrière la digue, puis il finit par revenir vers la digue. Je le laisse se rapprocher suffisamment et alors qu'il disparaît derrière la digue, je m'avance, arc armé. Je vise le ragondin qui me fait face à 7 mètres environ et décoche. Cette fois je suis dedans. Le ragondin plonge dans une eau rougie et remonte rapidement pour venir mourir au ras de la digue.

Je le récupère et le pose sur la digue puis je jette un coup d’œil sur le lac, les ragondins se sont bien éloignés.

Qui a dit que la chasse ça n'était pas du sport ? 11 novenbre 2010

Je récupère mes flèches puis je pars d'un pas rapide, en longeant le lac par la droite, pour tenter de couper la route aux ragondins avant qu'ils n'arrivent aux terriers. Un ragondin est resté immobile en surface près de la berge opposée à la moitié du lac. Je le dépasse en le surveillant de temps à autre pour vérifier qu'il ne reparte pas vers la digue et pars vers le bout du lac. De nombreux colverts et une grande aigrette prennent leur envol à mon approche. En arrivant vers le bout du lac j'aperçois un ragondin qui nage en surface et bifurque pour venir vers moi mais il me repère alors que je m'avance à sa rencontre et part vers la berge opposée.

Je prends le pas de course pour arriver au terrier avant lui. Un ragondin au ras des terriers démarre en trombe et rentre à l'abri. Je me positionne devant les terriers et attends. Le ragondin qui a plongé alors que je courrais tarde à refaire surface, je repars donc en courant le long du ruisseau d'alimentation pour arriver à un endroit plus étroit et le traverser pour revenir me poster devant les terriers.

Qui a dit que la chasse ça n'était pas du sport ? 11 novenbre 2010

Le ruisseau traversé je cours vers les terriers. Un ragondin longe la bordure du bois et rentre dans son terrier.

Qui a dit que la chasse ça n'était pas du sport ? 11 novenbre 2010

Arrivé devant les terriers, j'aperçois le ragondin qui file à la surface vers la digue. Je quitte mon poste et le suis en essayant de le rattraper sans me faire trop voir. L'autre ragondin n'avait pas bougé et il part lui aussi maintenant vers la digue. Je les suis en essayant de ne pas leur faire changer de cap.

Qui a dit que la chasse ça n'était pas du sport ? 11 novenbre 2010

L'un des ragondins avance en plongeant régulièrement. Je me focalise sur lui et profite de ses plongeons répétés pour avancer en courant d'un arbre à un autre puis je parviens à passer derrière la digue pour avancer rapidement à couvert vers son point de chute. Le ragondin se rapproche rapidement de la berge. Je l'attends caché. Il plonge alors qu'il n'est plus qu'à 10 mètres de la berge. J'attends un peu puis arme mon arc et m'avance doucement. Des remous m'indiquent sa présence au pied de la digue. Je finis par l'apercevoir, il longe la digue, je prends ma visée. Il m'a repéré et commence à accélérer mais trop tard ma flèche est partie et le frappe juste derrière la tête le laissant sur place.

Qui a dit que la chasse ça n'était pas du sport ? 11 novenbre 2010

Son compère arrive à son tour vers la digue. Je retourne à couvert. Il s'avance doucement puis s'arrête à 10 mètres du pied de la digue faisant des petits hochements de tête pour humer l'air. Je n'y avais pas prêté attention mais le vent, bien que très léger, est dans mon dos ce matin. Je suis repéré et le ragondin fait demi-tour pour repartir vers les terriers. Je laisse partir et récupère mon ragondin et ma flèche. Je pose le ragondin sur la berge puis je pars à la poursuite du ragondin par le côté droit du lac.

Il avance au milieu du lac tranquillement et plonge alors que je le dépasse. Je cours me poster un peu plus loin, au ras de l'eau et attends. Au bout d'un moment un petit poisson effrayé saute à 15 mètres environ comme lors d'une chasse d'un carnassier. Je me prépare, un sillon commence à se former en surface, j'arme, le ragondin refait surface, je vise et décoche mais il plonge avant que la flèche n'arrive.

Je cours en longeant le ruisseau puis l'enjambe et reviens au pas de course à l'angle du bois pour surveiller les terriers. Le ragondin refait surface au milieu de branches mortes, près d'un vieux nid de grèbes, sous un gros saule. Il joue la carte du camouflage. J'arme, vise et décoche mais je passe juste dessous.

Qui a dit que la chasse ça n'était pas du sport ? 11 novenbre 2010

Le ragondin n'a pas bougé. Je réencoche en m'approchant doucement, le ragondin repart en surface en contournant le nid puis part plein travers vers la rive opposée. Je m'approche doucement en armant, je prends la visée à la tête, me cale et décoche. L'impact violent fait tourner la tête au ragondin dans un grand fruit d'os brisé. Je vois ma flèche trop devant, juste en avant de l’œil. Le ragondin a plongé et remonte 30 mètres plus loin pour partir en nageant lentement vers la digue. Je le suis à distance pour le pousser vers la digue mais s'apercevant que je suis derrière il s'arrête au 2/3 du lac et reste un moment immobile en surface.

Je décide de le refaire démarrer en jetant une branche dans l'eau, ce qui le fait plonger. Il remonte un peu plus loin puis replonge. Cette fois, je pars en courant vers la digue et passe derrière pour me camoufler et l'attendre. Il arrive doucement mais sûrement. A moins de 10 mètres de la berge, il plonge. Je m'avance sur la digue. Il ressort à quelques mètres du bord et part en biaisant pour se rapprocher de la digue sur ma gauche. J'arme alors que je le perds de vue derrière le pédalo poser sur la digue puis prends la visée et décoche au moment où il réapparaît. Manqué ! Je passe au ras dessous ! C'était un cadeau !

Il plonge puis remonte un peu plus loin pour s'éloigner de la digue.

Qui a dit que la chasse ça n'était pas du sport ? 11 novenbre 2010

Je repasse derrière la digue et le surveille un moment, il semble partir vers la rive de droite, j'avance doucement à couvert derrière la digue mais il finit par bifurquer pour s'orienter vers le peuplier mort couché à l'angle droit de la digue. Je cours vers l'angle de la digue et reste un moment à attendre. Le ragondin se rapproche puis arrivé à 20 mètres de l'arbre mort, il plonge. J'en profite pour me positionner rapidement au coin de la digue, contre un arbuste.

Qui a dit que la chasse ça n'était pas du sport ? 11 novenbre 2010

Comme je le pensais, le ragondin refait surface dans les branches mais il remonte sur une grosse branche, masqué par le branchage. Je ne peux pas tirer. Il me repère et plonge aussitôt. Je reste posté pensant qu'il me fait le même coup que le gros mâle de la dernière fois mais je l'aperçois, alors qu'il vient de refaire surface, à 40 mètres sur ma gauche, contre la digue. Je me coule doucement derrière la digue et tente une approche à couvert mais il repart et s'éloigne doucement de la digue avant de se mettre à la longer à 10 mètre environ.

Je le suis derrière la digue. Plusieurs fois il change de direction, repart en arrière puis fait demi-tour... Il finit par se décider et part vers le déversoir. Je le devance et l'attends mais comme la dernière fois le vent me trahit et le ragondin stoppe net en arrivant devant moi. Il tourne sur l'eau mais n'avance plus. Il est trop loin pour tenter un tir. J'attends un long moment, le ragondin reste immobile puis se tourne vers le bout du lac, hésite, se retourne vers le déversoir, puis vers l'arbre puis il finit par se décider et part vers le bout du lac.

Je le laisse partir un peu puis je rejoins le côté gauche et le suis en me cachant derrière les peupliers mais il me repère et s'éloigne petit à petit de mon côté, avant de s'arrêter au milieu du lac. A couvert derrière un buisson, je jette à l'eau une grosse branche sans me montrer. Le ragondin plonge puis remonte en se dirigeant vers un tas de branche sur ma gauche. Il plonge à nouveau. Je prends le pas de course et pars me poster au tas de branche.

Le ragondin refait surface à 8 mètres, 3/4 face. J'arme et vise la tête. Ma flèche est cette fois où je la voulais et le ragondin se quille droit sur l'eau avant de retomber. Il se débat un peu et coule à pic.

Je n'y crois pas, tous ses efforts pour en arriver là. Des bulles remontent sous ma flèche au milieu d'une eau rougeâtre. Je pars en courant à la voiture, prends ma gaffe télescopique (merci Philippe) et repars en courant mais en arrivant plus de bulles. Ma gaffe est trop courte, je laisse ma polaire avec l'appareil photo et le portable, mes clefs et je remonte mes pantalons pour m'avancer dans l'eau très froide. Encore trop court, il me faut encore avancer. L'eau monte vers l'entre jambe... oups, mon permis, je le sors de ma poche arrière et pars le poser avec mes affaires puis repars tenter de récupérer mon ragondin. J'ai de l'eau jusqu'au nombril et je racle le fond avec ma gaffe sans rien prendre. L'eau est trop froide, je ne tiens plus. Je récupère ma flèche et repars en courant chercher le vieux pédalo puis je reviens en pédalant vers la zone à prospecter. Je reprends mes recherches et lutte pour ne pas trop dériver. Au bout d'une heure de recherche environ je finis par accrocher mon ragondin et parviens à le remonter en surface. Il est énorme.

Je pars chercher ma flèche un peu plus loin, tirée tout à l'heure puis reviens au bord et accoste.

Qui a dit que la chasse ça n'était pas du sport ? 11 novenbre 2010

Une petite photo souvenir avant de partir à Loubersan.

Qui a dit que la chasse ça n'était pas du sport ? 11 novenbre 2010

Arrivé à Loubersan, je commence par la mare en dessous des serres. Un ragondin plonge mais impossible de le voir. Il rentre au terrier. Je récupère une flèche tirée par Manu il y a plusieurs mois et qui est revenue à la surface puis je remonte vers la voiture. Quelques lapins qui prenaient le soleil au coin du hangar, rentrent au tas de bois. Je pose la flèche de Manu, traverse la route et descends vers le petit lac. En arrivant au bout du lac par le chôme de maïs, je fais démarrer un chevreuil qui s'arrête sur le talus d'en face pour me regarder un instant, un congénère le rejoint puis ils détalent dans le pré d'en face pour rejoindre un grand bois à 400 mètres environ. Ils s’arrêtent régulièrement pour regarder en arrière puis rentre au bois. Rien sur le lac, je retourne à la voiture. 2 autres chevreuils se lèvent dans la combe au milieu du chaume de maïs et remonte vers la route d'en face. Je remonte à la voiture et direction la maison.

 

Alex

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9 novembre 2010 2 09 /11 /novembre /2010 19:44

Ce soir en sortant du boulot (17h30), je décide d'aller faire un tour rapide au ragondin. J'en ai 3 en commande pour un repas. Je reste en tenue de boulot car chaque minute compte. Je pars pour Loubersan à quelques minutes de mon lieu de travail (Seissan).

Arrivé au niveau des serres à fraisiers, je me gare et descends rapidement vers la mare en longeant la haie sur la droite du champ. Un ragondin nage vers la digue du point d'eau. Arrivé au bord du fourré qui précède la mare, je longe sur la bande enherbée pour arriver discrètement. Je jette un œil aux terriers du coin au travers des ronces. Rien ne bouge. Je longe doucement derrière la haie de ronciers et de buissons noirs pour me rapprocher de la digue quand un gros plouf me fait revenir sur mes pas pour surveiller les terriers. Un ragondin qui était caché dans les buissons noirs vient de plonger. Les ondes en surface s'estompent peu à peu et rien ne vient.

Je m'avance doucement en surveillant l'ensemble de la mare et particulièrement l'île mais pas de ragondin en vue. Je fais tout de même le tour alors qu'il se met à pleuvoir. Rien pour ce soir.

Je remonte à travers champ en courant pour revenir à la route. Je traverse et descends vers le petit lac en contrebas. De nombreux canards sont posés tout à tour du plan d'eau et j'observe les berges en descendant quand je remarque 2 taches noires au milieu de la berge opposée. Ce sont des ragondins. Les canards décollent à mon approche et les ragondins se jettent à l'eau. Les terriers sont de mon côté et le lac est très bas, il va leur falloir sortir à découvert pour s'enfuir. Je pars en courant vers le bord du lac.

Les derniers canards s'envolent et 1 puis 2 ragondins se mettent à l'eau sur ma gauche pour rejoindre les 3 autres venus d'en face. Je me positionne derrière quelques arbustes pour tenter de me faire oublier car les ragondins qui m'ont vu se sont arrêtés au milieu du lac.

Au bout d'un moment le plus gros de la bande s'avance sur l'eau en biaisant pour rejoindre la berge sur ma droite. Il se rapproche doucement et s'arrête souvent pour observer mais il finit par se rapprocher à environ 5 mètres de la rive. Je me rapproche doucement, mais il fait demi-tour avant de venir s'arrêter à 10 mètres environ. J'arme et décoche juste avant qu'il plonge. Ma flèche de cou le stoppe net.

Il se remet à pleuvoir un peu. Je reste immobile. Un second ragondin finit par s'approcher. Comme son prédécesseur il est méfiant et s'arrête souvent. Alors qu'il est près de la berge, je me rapproche un peu mais il fait demi-tour et je le tire en mouvement à 10 mètres environ. Ma flèche est un peu en arrière et répand du contenu stomacal à l'impact. Le ragondin plonge et remonte rapidement pour nager jusqu'à 10 mètres de la rive opposée où il s'immobilise.

Les 3 derniers sont en groupe et tournent sans vouloir se rapprocher, ils poussent leurs cris caractéristiques. Je tente de les attirer avec le cri du ragondin. Cela semble les rassurer un peu et ils se rapprochent très doucement en s'arrêtant tous les 2 mètres environ pour se regrouper. J'hésite plusieurs fois à décocher mais ils sont loin. Un peu trop pour moi.

Petit à petit, ils arrivent à 15 mètres environ et j'hésite un moment à décocher car je n'ai que 2 flèches. Ils finissent par s'éloigner et la luminosité commence à décroître très vite. Je tente une flèche sur 2 alignés alors qu'ils s'arrêtent à 20 mètres mais je passe dessous. L'un d'eux plonge et remonte un peu plus loin rejoint rapidement par 1 de ses 2 compères.

Ils filent vers la rive opposée où ils remontent pour se poser un moment. Le troisième reste au milieu du lac. Je fais le tour doucement, récupérant mes 2 premières flèches revenues au bord avec le vent, et me rapproche en longeant 10 mètres derrière la cassure du talus pour ne pas être repéré puis reviens vers les ragondins. J'aperçois l'un d'eux qui longe la berge et me recule pour le devancer. Mais en revenant au bord, je le vois faire demi-tour pour se rapprocher de la rive. Je le laisse faire puis m'avance doucement, arc armé. La luminosité est très faible et j'ai du mal à viser. Les ragondins s'éloignent doucement et je décoche à côté.

Je récupère le ragondin mort près du bord et ma flèche puis pars récupérer le second ragondin. Je reviendrais demain chercher ma flèche tirée au milieu du lac.

Je rentre de nuit, sous la pluie et le vent glacial.

Ragondins express, 9 novembre 2010

Alex

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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 08:47

Ce matin, j'ai rendez-vous à 10 heures au Golf d'Embats pour préparer une future chasse au chevreuil de l'ASCA32, je décide donc d'aller faire un petit tour au ragondin avant d'y aller. Je commence par Labéjan pour chasser en me rapprochant petit à petit du lieu de mon rendez-vous.

J'arrive, alors que le jour n'est pas encore tout à fait lever, et me gare sous la digue du lac où j'ai fléché 3 ragondins, il y a 2 semaines. Un brouillard épais enveloppe la campagne d'un manteau cotonneux qui réduit énormément le champ de vision. Je me prépare tranquillement et pars me positionner sur la digue du lac, non loin de la coulée par laquelle les ragondins s'échappent souvent vers les terriers, dans le ru, au pied de la digue. J'attends un peu que la luminosité augmente puis, ne voyant rien venir, je me décale un peu vers ma droite et aperçois un ragondin qui s'éloigne du bord puis s'arrête à 7 ou 8 mètres du bord en grognant. Il est à 20 mètres sur ma droite, j'arme mais je le juge trop loin et désarme. Il m’a repéré. Je reste un moment sans bouger. Il reste également sur place en grognant. Puis, je recule doucement pour passer derrière la digue et je reviens à couvert à l'aplomb du ragondin.

Ragondins dans la brume, 6 novembre 2010

Ce dernier s'est un peu déplacé et je me retrouve à environ 12 mètres de lui mais je ne sens pas ce tir. Je reste caché derrière la digue et observe la ragondin quand j'aperçois un second ragondin qui vient vers la digue un peu plus loin.

Mon ragondin se décide à bouger et part vers son compère. Je le suis à couvert derrière la digue espérant qu'il va aller se réfugier dans les branches de l'arbre mort, mais il finit par bifurquer et s'éloigne en biaisant vers la berge sur ma droite. Le brouillard finit par l'avaler et je le perds de vue.

Je décide de tenter le second ragondin. J'arme et remonte doucement sur la digue, le ragondin ne doit pas être loin. Effectivement, je l'aperçois tranquillement caler contre la digue. Je prends la visée mais la végétation me gêne, je fais un pas de plus mais le ragondin me repère et commence à s'éloigner. Je prends la visée et décoche mais il plonge au même moment et ma flèche passe au ras. Le ragondin remonte un peu plus loin et semble vouloir revenir vers la berge de droite. Je récupère la flèche puis me décale vers les peupliers pour m'y poster, en longeant le maïs dont les premiers sillons ont été moissonnés.

Le ragondin m'a repéré et reste à 30 mètres du bord immobile. L'attente commence, un bruit dans les peupliers me fait lever la tête sur un faucon crécerelle qui vient de prendre son envol. Un sillon longe au milieu du lac et part vers les terriers du bout du plan d'eau. Je décide de tenter de suivre ce ragondin que je peine à voir dans le brouillard, le temps que l'autre ragondin veuille se rapprocher du bord. Je progresse rapidement tout en gardant un œil sur le ragondin que je viens de quitter et m'apercevant que je ne rattraperais pas à temps le ragondin qui s'enfuit, je me retourne vers celui que je viens de laisser et m'aperçois qu'il revient vers le bord.

Je fais demi-tour et, cette fois, je me plaque contre le maïs pour me rapprocher plus discrètement. Le ragondin vient de disparaître derrière le talus du lac. Je commence mon approche puis arrivé à l'aplomb de sa position estimé, je reviens doucement vers le lac, mais le ragondin s'éloigne déjà du bord et disparaît derrière les peupliers. Je m'avance et me décale pour l'apercevoir, mais il a plongé.

Je me cale un moment au bord de l'eau et surveille la surface du lac. Le ragondin ressort bien plus loin et biaise légèrement vers la digue. Je pars vers la digue et passe derrière pour courir vers la coulée et me poster. Sur place, je regarde discrètement par-dessus la digue et constate que le ragondin et reparti vers la berge de gauche. Je pars à sa rencontre. Un martin pécheur me passe devant pour faire une boucle sur le lac et revenir vers la berge, 50 mètres plus loin. Le ragondin est à 25 mètres de la berge environ, je me rapproche doucement en l'observant quand j'aperçois un léger mouvement à 15 mètres devant moi, juste au ras de la berge. Je pense tout d'abord au dos d'une grosse carpe mais c'est un autre ragondin qui refait surface.

Je tente de m'approcher doucement en armant mais le ragondin plonge. Je cours pour me positionner au bord de l'eau et attendre qu'il refasse surface. J'aperçois légèrement, par transparence, mon ragondin qui file sous la surface. J'arme, espérant qu'il va remonter pas trop loin. Il refait surface à 12 mètres environ, je vise et décoche mais ma flèche ricoche sur l'eau et bien qu'il me semble avoir touché le ragondin, il plonge et ne refait plus surface pendant un long moment. Je cours vers la digue car je me doute qu'il va tenter de la franchir. L'autre ragondin immobile en surface n'a pas bougé et je le perds petit à petit de vue dans le brouillard à mesure que je m'éloigne.

Je retrouve mon ragondin, il a refait surface près de la digue. Je passe derrière la digue et cours pour l'intercepter. Arrivé à l'aplomb de sa position estimée, je tente de l'apercevoir en tirant la tête mais pas de ragondin ! Je remonte doucement et l'aperçois contre la berge. J'arme, une branche, en V couché, posée sur la digue, réduit mes possibilités de tir. Il me faut passer ma flèche sous la branche pour toucher le ragondin car, si je bouge davantage, il risque de plonger à nouveau. Je vise et décoche, touchant le ragondin qui grogne et se retourne furieusement vers la flèche puis s'en défait et plonge. L'eau se teinte de rouge et le ragondin refait vite surface pour revenir au bord. Ma seconde flèche l'immobilise très rapidement. Je récupère mon ragondin et mes flèches puis pars récupérer l'autre flèche qui a dérivé hors de portée de mon petit lancer.

Ragondins dans la brume, 6 novembre 2010

Je reviendrais plus tard, le vent est bon et ma flèche va revenir vers la digue. Je pars faire un tour du lac pour tenter de retrouver le second ragondin mais, en arrivant au bout du lac, je constate que l'eau est troublée au départ du ruisseau près des terriers. Le ragondin est renté à l'abri. Je finis le tour du lac mais plus rien ne bouge. Ma flèche est toujours trop loin, je reviendrai plus tard. 

Je pars pour le lac où j'ai fléché aussi un ragondin il y a 2 semaines. Je me gare et descends vers le lac enveloppé dans le brouillard. A mi-pente un bruit me fait tourner la tête, 3 chevreuils détalent à dessus de moi, l'un d'eux a trébuché dans la clôture électrique. Je commence par inspecter la mare qui est déserte mais toute trouble, il y a eu de l'activité ce matin. Je contourne ensuite le gros roncier et aperçois une masse ronde qui se met à l'eau dans les branches du saule mort couché dans l'eau. Je me précipite, saute la clôture et arrive au bord de l'eau pour m'apercevoir qu'il s'agit de la foulque de l'autre jour. Elle s'éloigne tranquillement. Je remonte vers la voiture.

L'heure tourne et je décide de me rapprocher de mon rendez-vous. Je pars pour Saint Jean le Comtal. Je m'arrête sur un petit lac derrière le château restaurant mais je n'y trouve que 6 colverts.

Je poursuis jusqu'au lac de la Castagnères dont le niveau est très bas. Quelques pêcheurs taquinent le carnassier le long de la digue et de la berge opposée. Je pars faire un tour du lac, des vanneaux puis des sarcelles et des colverts prennent leur envol au milieu des hérons. Des grèbes et des foulques sont tranquillement posés en surface du lac. Des traces dans la boue m'indiquent le passage de nombreux ragondins et d'un renard mais rien dehors ce matin. En face un chevreuil traverse un friche d'un bois à un autre, une masse sombre semble bouger au ras du dois de gauche, se sont en fait 2 autres chevreuils qui emboîtent le pas du premier, l'un après l'autre.

Ragondins dans la brume, 6 novembre 2010

Je retourne à la voiture pour me diriger vers mon rendez-vous. Sur la route de Barran, en direction d'Embats, j'aperçois 5 ragondins sur la gauche, au bord d'un ruisseau puis un autre plus gros, quelques mètres plus loin. Je continue un peu puis me gare sur la droite au bord d'un chemin de terre avant de revenir en traversant la route pour longer un fossé qui me mène au bord du ruisseau. Je le descends en direction des ragondins qui ne semblent pas inquiets. Je contrôle le vent, il est bon.

Ragondins dans la brume, 6 novembre 2010

Je progresse lentement et me rapproche assez facilement des petits ragondins. Un premier regagne le ruisseau alors que je suis encore à 45 mètres environ, puis un second alors que je suis à 30 mètres. Le gros a disparu mais les 3 derniers se déplacent tranquillement en broutant. J'avance de plus en plus doucement à mesure que je me rapproche mais alors que je suis à 10 mètres environ, l'arrivée d'un tracteur apeure les ragondins qui commencent à revenir vers le ruisseau. J'arme, ils s'arrêtent une première fois, je prends la visée. Ils repartent puis s'arrêtent à nouveau. Je vise le retardataire et décoche. Ma flèche, basse au niveau de la patte avant, le clou au sol. Il se débat et tente de se dégager, je cours et le rattrape avec le pied posé sur son dos alors qu'il venait d'arracher la flèche du sol et qu'il partait avec. Je l'achève d'un coup sec et tente d'apercevoir ses compères dans le lit du ruisseau.

Ragondins dans la brume, 6 novembre 2010

L'eau bouge, je décide de descendre le ruisseau sur 30 mètres pour traverser la végétation et descendre dans le lit du cours d'eau.

A peine passé les buissons que j'aperçois un petit ragondin en surface. J'arme et tente de le viser mais les branches me gênent. Un second ragondin de même taille arrive et rejoint le premier. Ils dépassent à peine de la rive et je me contorsionne pour trouver une fenêtre de tir. L'un d'eux se dégage au milieu du ruisseau. Je vise et décoche mais je passe au ras au-dessus et tout le monde plonge pour rentrer dans les terriers.

Je suis obligé de me mettre à l'eau pour récupérer ma flèche fichée dans le fond du ruisseau. Je remonte mon pantalon. Je la récupère devant les terriers, l'eau bouge devant chaque entrée et un gros ragondin ronne dans son antre, je l'imite. L'eau bouge de plus en plus mais il ne sort pas. J'imite alors le cri du petit ragondin en détresse mais il répond avec fureur, s'agite de plus en plus sans sortir. Un second ragondin nous répond dans le terrier voisin et l'eau s'agite également de plus en plus. Je me baisse doucement et aperçois le nez du premier ragondin qui fait vite demi-tour. Il est presque l'heure de mon rendez-vous, je rentre à la voiture.

Ragondins dans la brume, 6 novembre 2010

Alex

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 17:56

VENDREDI :

Ce weekend Laurent et Arnaud viennent chasser cher moi, j'ai quelques bracelets chevreuil et je vais tenter de leur faire flécher un chevreuil chacun. Nous chasserons sur le territoire de Labejan.

Vendredi soir, je rentre du boulot vers 17h45, Laurent et son père m'attendent devant chez moi. Nous discutons un peu et nous nous préparons pour la chasse du soir. Le père de Laurent nous quitte pour rejoindre Bazugues où je lui ai trouvé une palombière pour chasser tout le weekend. Une fois prêts, nous partons donc avec Laurent pour un secteur très giboyeux de Labejan. J'essaie d'expliquer au mieux le territoire à Laurent, puis le laisse près d'un maïs, où j'ai fléché mon chevrillard cette année, alors que je pars en repérage. Laurent passe le passage busé et longe le ruisseau sur la gauche alors que je reste sur la droite et poursuis en longeant le bois. Je longe tout d'abord un champ travaillé puis passe une clôture électrique pour arriver dans un pré encore pâturé récemment par des vaches. Les sangliers sont passés cette semaine, de nombreux coups de nez jonchent le sol et les bouses sèches ont été retournées. Une partie de ce remue-ménage semble assez frais.

Je longe un moment le bois puis une haie perpendiculaire pour trouver un passage vers le pré de l'autre côté. Les coups de nez se dirigent vers un petit bosquet que je n'ai jamais visité. Je décide d'y jeter un coup d'œil avant de poursuivre. Une bordure d'arbres délimite une zone humide piétinée par les vaches et où les sangliers semblent venir se souiller, je longe la bordure d'arbres pour trouver un passage pas trop marécageux. Un énorme nid de frelons asiatiques occupe la cime d'un arbre à 4 ou 5 mètres du sol, il ne semble pas actif. Je poursuis ma route et trouve une coulée faite par les vaches. Je traverse la bande arborée et débouche sur la zone humide qui semble très fréquentée. Elle précède un gros roncier épais qui doit faire un gîte idéal pour les sangliers, au-dessus un talus boisé assez clair.

Je décide de rester un moment posté au bout du roncier, à bon vent. J'ai une bonne vue sur la zone humide et sur le bois clair. Le temps passe, rien ne bouge si ce n'est quelques mulots et quelques passereaux. La luminosité commence à baisser et je décide de poursuivre mon chemin pour rejoindre Laurent en contournant le bois. Je remonte dans le bosquet et ressors sur le pré, de l'autre côté de la haie. J'avance tranquillement vers le bois en longeant la clôture électrique. Je constate qu'ici aussi les sangliers ont donné des coups de nez. Tout à coup, alors que je ne suis plus qu'à 30 mètres de la bordure du bois, le sous-bois s'anime. Des bruits de pas nombreux, des bruits d'eau, des craquements de bois et des feuilles froissées... Le vent dans mon dos vient de me trahir, une bande de sangliers, affairée à patauger dans le lit du ruisseau, vient de démarrer et remonte dans le bois. A mesure que je me rapproche, les retardataires rejoignent les premiers partis et le calme finit par s'installer au moment où j'atteins la bordure du bois.

La luminosité tombe vite, je me dépêche de rejoindre un chemin de terre qui traverse le bois en diagonale pour tenter de couper la fuite des sangliers. Je rentre dans le bois par ce chemin et le suis le plus rapidement et discrètement possible. La luminosité en sous-bois est faible et ne permet un tir qu'à faible distance. Au bout d'un moment j'entends à nouveau les sangliers, ils ont déjà traversé le chemin et avancent tranquillement en lisière haute du bois en retournant les feuilles mortes. Je laisse tomber pour ce soir, il fait trop sombre. Je ressors du bois et descends vers le maïs pour retrouver Laurent. Il fait nuit quand j'arrive au maïs et mes sifflements restent sans réponse.

Je rentre vers la voiture. Pas de canard sur le lac, Laurent est déjà passé. Je finis par le rattraper au coin du maïs qui borde le lac. Il a vu quelques chevreuils mais n'a rien pu faire. Nous rentrons.

SAMEDI :

Ce matin, je dépose Laurent au "bois du Turc", J'ai repéré de nombreux chevreuils lors de mes sorties matinales et j'ai bon espoir pour la réussite de sa matinée d'approche. Je lui explique un peu le territoire puis pars chasser le ragondin en attendant de venir le récupérer.

Je commence par le lac du "Fourcès", sous le village de Labejan. Je me gare au bord de la route à l'aplomb de la digue du lac puis descends vers le lac qui semble calme mis à part de nombreux canards qui prennent leur envol. Je décide de longer la berge côté route où se trouve la grande majorité des terriers. J'avance doucement, le sol est jonché de crottes de ragondins. Tout à coup, du mouvement dans les ronces puis plusieurs plongeons successifs. Des traînées de bulles s'éloignent du bord et je me tiens prêt espérant voir ressortir des ragondins. Au bout d'un moment, un ragondin de taille moyenne refait surface à 8 mètres environ. J'arme, il se remet à nager vers la berge opposée, je vise et décoche avec un léger 3/4 arrière. L'impact est net, il plonge et je m'attends à le voir remonter rapidement car ma flèche semble bonne. Effectivement il refait surface assez rapidement et s'immobilise à 12 mètres du bord environ.

L'eau rougit autour de lui mais il reste paisible. Que faire, tenter une seconde flèche ou attendre. Je décide d'attendre un peu puis commence à comprendre que ma flèche n'est pas mortelle à brève échéance. Je me décale un peu et essaie d'armer sans qu'il ne s'enfuit mais il plonge puis remonte hors de portée et file vers la berge opposée. Je n'ai pas le temps de l'intercepter en courant vers son point d'arrivée. Je décide de le laisser se poser et d'aller voir dans un moment. Je recommence à avancer doucement. L'eau bouge à l'entrée des terriers sous mes pieds puis de nouveau plusieurs ragondins plongent sans se montrer. L'un d'eux remonte à 10 mètres environ. J'arme vise et décoche alors qu'il s'éloigne sur l'eau. Je le frôle, il plonge et ne refera pas surface.

L'eau bouge le long de la berge, les ragondins sont à l'abri. J'attends un peu mais rien ne ressort. Je décide d'aller voir si je retrouve le ragondin blessé mais rien, il est lui aussi rentré dans un terrier.

Je pars voir la mare juste au-dessus et fais décoller 2 colverts. Pas de ragondin, je retourne à la voiture. De la route en crête, j'ai une vue imprenable sur la zone de chasse de Laurent et je regarde vers le bois en croisant les doigts pour lui.

Je vais faire un tour sur un autre lac en revenant vers le "bois du Turc". Je me gare au bord de la route et descends vers le lac dont l'eau semble agitée au pied du gros saule dont les racines abritent les terriers du lac. Un gros roncier ainsi que le saule m'empêchent de voir la cause de cette agitation. En me rapprochant doucement, je constate qu'il s'agit d'une foulque. Je longe le roncier et enjambe la clôture électrique qui borde le lac quand un animal démarre dans les ronces. Je m'avance rapidement au bord de l'eau et aperçois juste un ragondin qui plonge. L'eau du lac a bien baissé et les terriers que je garde sur ma gauche sont hors d'eau, il ne peut pas m'échapper sans se montrer à découvert. Devant moi, un saule mort trempe dans l'eau et j'ai souvent vu les ragondins s'y réfugier, je surveille donc alternativement les terriers et l'arbre mort noyé.

 

 

Un week end entre archers, du 23 au 25 octobre 2010

Tout à coup, mon ragondin refait surface à 6 ou 7 mètres plein travers. J'arme doucement mais il s'éloigne sur l'eau en me tournant le dos. Je vise devant et décoche. L'impact est impressionnant, un craquement effroyable qui stoppe net mon ragondin. Ma flèche est entrée à l'arrière de la tête. Je le récupère ainsi que ma flèche à l'aide de mon petit lancer alors que la foulque se promène sur le lac.

Je décide d'aller jeter un œil sur la petite mare de l'autre côté du roncier. Je m'approche doucement, je n'ai jamais vu de ragondin dans cette mare mais elle semble assez fréquentée. Arrivée au bord, une bécassine, posée sur un troc d'arbre couché en travers de la mare dont le niveau d'eau est très bas, décolle à 2 ou 3 mètres de moi et me distrait un instant. Et alors que mes yeux redescendent sur la mare, j'aperçois un ragondin qui rentre au terrier. Le temps d'armer je ne le vois plus. Il me semble le distinguer vaguement à l'entrée du terrier et, le temps d'hésiter à décocher, il rentre définitivement à l'abri.

Un week end entre archers, du 23 au 25 octobre 2010

J'inspecte minutieusement le reste de la mare sans succès puis la contourne et pars examiner les joncs et un autre arbre mort en bordure du lac. L'eau bouge à mon arrivée mais j'ai vu la foulque tout près tout à l'heure. Je m'approche doucement et la vois décoller pour se reposer un peu plus loin sur le lac. Je remonte à la voiture avec ma prise.

Un week end entre archers, du 23 au 25 octobre 2010

Je pars pour un autre lac situé au milieu des bois toujours en revenant vers Laurent. Je me gare au bout du chemin de terre qui conduit au lac, près de la route, puis descends en longeant le bois. A mon arrivée plusieurs colverts décollent mais l'eau qui se calme ne laisse voir aucun ragondin. Le paysage est magnifique dans ses couleurs d'automne.

Un week end entre archers, du 23 au 25 octobre 2010

Je tente de descendre sous la digue vers un tout petit lac mais il est totalement à sec et désert ce matin.

Je remonte à la voiture. Cette position en crête donne une vue imprenable sur le territoire où nous chassions hier soir. Le maïs où chassait Laurent hier soir est à environ 800 mètres. Le long de la bordure du champ, qui se poursuit par un champ travaillé en revenant vers le lac, une petite tache luisante par intermittence capte mon regard. Je fixe cette direction avec insistance et finis par comprendre qu'il s'agit d'un chevreuil au moment où il se met à avancer sur le champ travaillé. Un second chevreuil sort du maïs et le suit en direction du petit bosquet au-dessus du lac.

La matinée est déjà avancée, il est plus de 10 heures, je décide d'appeler Laurent pour savoir où il en est. Il me répond en chuchotant, je n'insiste pas et raccroche rapidement. Je descends vers le lac pour aller faire du repérage et en me garant j'aperçois 2 chevreuils, à 300 mètres environ sur ma gauche, en train de manger dans un chaume de maïs fraîchement moissonné. Je suis en train de sortir de la voiture quand Laurent me rappelle. Il est sur le retour, je lui explique la situation et pars le chercher pour lui faire tenter une approche.

Je le retrouve où je l'avais laissé ce matin, il a vu 9 chevreuils dont 2 bandes de 4 et 2 renards ses approches n'ont pas pu aboutir mais il a tout de même réussi à faire quelques belles tentatives.

De retour au lac, je me gare sous la digue et montre les chevreuils à Laurent. Ils ont à peine bougé. Je réfléchis rapidement et nous mettons au point la technique d'approche. Je sais d'avance où les chevreuils vont se diriger à la fin de leur repas. Ils rentrent normalement par un chemin de débardage au coin du bois. 2 possibilités pour Laurent, soit il longe le ruisseau du déversoir du lac derrière une haie épaisse mais souvent interrompue sur des distances importantes soit il remonte par la route puis coupe à travers champ pour rejoindre la bordure du bois en L et la suivre en sous-bois pour redescendre par les coulées vers l'entrée du chemin de débardage. Nous optons pour la seconde solution.

Je laisse partir Laurent et pars jeter un œil au maïs. Je biaise en remontant pour passer au-dessus du petit bois qui borde le lac puis redescends pour rejoindre la bordure du maïs. Pas de chevreuil en vue, ils doivent être rentés au bois. Je rejoints la bordure du maïs et remonte vers l'angle du champ quand un chevreuil démarre a milieu des pieds couchés par les intempéries. Je n'ai pas pu le voir.

Arrivé au coin du maïs, je longe le champ par un chemin de terre et inspecte les passages de canon sans rien voir. Arrivé au dernier passage, je redescends vers la bande enherbée et retourne vers le lac. Mon portable sonne alors que j'arrive au bout du lac, c'est Laurent. Son portable passe mal et j'ai du mal à le comprendre, ça n'arrête pas de couper. Je comprends tout de même qu'il a tiré et qu'il cherche sa flèche mais qu'il semble ne pas avoir tiré sur les chevreuils ?!

Je le rejoints, il a en fait réussi une très belle approche sur une belle chevrette mais il a été trahi par son décocheur qui a lâché à l'armement envoyant sa flèche dans le chaume de maïs bien au-dessus du chevreuil. Laurent me mime la scène, il a réussi à se rapprocher de la bordure du bois où il a aperçu la chevrette qui venait vers lui puis s'est calé pour l'attendre mais il la perd de vue un instant à cause d'un talus et se décalant un peu pour l'apercevoir, il la revoit sortir à 4 mètres de lui. Il commence à armer et le décocheur lâche. Quel dommage, il est dégoûté d'avoir raté une si belle occasion et je ne sais pas trop quoi lui dire, cela fait 4 ans que Laurent vient chasser chez moi et le Gers ne lui réussit pas vraiment.

Ne retrouvant pas la flèche, nous décidons de rentrer faire les courses pour le weekend, il est bientôt l'heure de manger. Sur le retour Laurent ressasse sa mésaventure quand j'aperçois 2 chevreuils au fond d'une combe qui reviennent vers une bordure de bois qui longe la route qui remonte vers l'endroit où j'ai laissé Laurent ce matin. Je me gare et jette un coup d’œil avant de tenter le tout pour le tout. Je remonte en voiture par la route et tente d'estimer la zone où les chevreuils devraient traverser puis je poste Laurent et pars plus loin pour tenter de les dissuader de traverser plus haut. Je m'avance dans un pré qui suit le bosquet puis rentre en sous-bois par une grosse coulée qui me mène vers la combe où étaient les chevreuils tout à l'heure. Ils ne sont plus là, je longe tranquillement le bosquet un moment puis remonte, pour retrouver Laurent qui comme moi n'a rien vu. Cette fois nous rentrons.

En milieux d'après-midi, nous repartons pour Labejan. Laurent veut poser son tree-stand le long du maïs et sachant que les chevreuils sortent assez tôt dans le secteur, il vaut mieux qu'il soit prêt assez tôt. Nous nous garons sous la digue du lac et je l'accompagne pour lui montrer les coins que je pense les plus favorables et l'aider à porter son attirail. Nous longeons le lac puis le ruisseau d'alimentation en discutant quand j'aperçois 2 chevreuils à environ 100 mètres devant nous. J'attrape Laurent et le serre avec moi contre la haie qui borde le ruisseau. Je lui montre les chevreuils et lui demande ce qu'il en pense. L'approche est trop difficile, nous laissons tomber et continuons, faisant détaler les chevreuils en passant le passage busé.

Sur la bande enherbée nous cherchons un poste pour Laurent. Le gros peuplier est trop à découvert à l'angle du champ, nous cherchons donc un hêtre assez gros pour poser le tree-stand. Des coulées très marquées sortent sur toute la longueur du bois et très proches les unes des autres. Le mieux est de se positionner près d'un passage de canon, c'est par là qu'arrive souvent les animaux. Laurent décide de se poster sur l'arbre ou Patrick avait fléché sa chevrette l'an passé.

Je le laisse s'installer et pars pour le "bois du Turc" pour tenter de revoir les renards ou les sangliers. Je me gare et pars vers 2 petits bosquets sur ma gauche. Je contourne le premier et examine un petit lac qui ne semble pas fréquenté par les ragondins puis remonte vers le second bosquet. Je reste un moment en haut d'un talus et observe le biotope. En face le bosquet se termine par une bande de friche sale avec des ronces des aubépines et des genévriers mais assez clair semé tout de même, un coin sympathique pour le gibier. Je décide de longer le second bois pour voir les passages. L'aspect touffu de l'extérieur est trompeur, il semble que l'intérieur soit assez praticable.

Je reviens vers le bois du Turc et tombe sur une source où les sangliers semblent venir régulièrement se souiller. Je suis le fossé dans lequel se déverse la source, il est marqué de nombreuses empreintes de sangliers et me conduit vers l'angle du premier bosquet à une belle coulée qui remonte dans le bois. Je la suis et m'installe dans le bois assez clair pour attendre un peu en observation. Le temps passe, rythmé par l'observation des passereaux qui font beaucoup de bruit que ce soit dans les arbres ou sur les feuilles mortes au sol.

Quand la luminosité commence à décroître, je quitte mon poste et pars pour l'approche. Je commence à descendre dans la friche salle quand j'aperçois 4 chevreuils en bordure du bosquet d'en face. Ils m’ont repéré, l'un d'entre eux est encore couché. Ils m'observent un moment alors que je reste immobile puis s'éloignent doucement avant de prendre le galop pour disparaître derrière le bois.

Je quitte le bosquet et rejoints la bordure du bois du Turc que je longe un moment avant de rejoindre par une grosse coulée un chemin forestier, levant au passage un chevreuil sans l'apercevoir. Je descends, passe l'angle du bois puis longe par une bande enherbée un semé de colza. Plus loin une tache rousse attire mon regard, un renard ? Je reste un moment sans bouger et finis par me rendre compte qu'il s'agit d'un chat. Je tente des cris de souris pour m'amuser mais il est focalisé sur sa chasse et cherche une proie bondissant puis se tapissant et bondissant à nouveau de part et d'autre d'une grosse branche. Il est tellement pris par sa chasse que je m'approche sans grande difficulté à 20 mètres sans qu'il ne me repère puis il finit par me voir et rentre au bois. La récréation terminée, je reprends ma chasse.

Un peu plus loin, je bifurque pour rentrer dans un pré enclavé dans le bois. Une chevrette, plantée face à moi à 60 mètres environ m'observe puis s'enfuit. Je longe la gauche du pré puis remonte par un chemin de terre vers la bordure du bois et la voiture alors que la luminosité baisse rapidement. Je longe la bordure du bois par l'intérieur puis ressors sur le champ travaillé. Près de ma voiture une chevrette mange des glands en bordure du bois. Je tente une approche pour m'amuser mais, à mauvais vent, je suis vite repéré.

Je rejoints ma voiture et pars retrouver Laurent. Je l'attends assis au coin du lac quand une chouette effraie vient me frôler la tête en arrivant par derrière avant de s'éloigner en survolant les maïs. Mon téléphone sonne, Arnaud vient d'arriver chez moi. L'envol des colverts en trois bandes successives annonce l'arrivée de quelque chose ou de quelqu'un. C'est Laurent qui arrive, nous rentrons. Il a eu une occasion sur une chevrette et son chevrillard mais, focalisé sur le chevrillard qui n'est pas passé où il l’attendait, il a laissé passer la chevrette ce qui est tout à son honneur.

DIMANCHE :

Ce matin, nous partons pour Labejan alors qu'il fait encore bien nuit. Il a plu cette nuit mais pour l'instant il ne pleut pas, les prévisions météo ne sont pas bonnes, je croise les doigts. En arrivant près du bois du Turc vers l'endroit où j'ai laissé Laurent hier matin, un lièvre déboule du pré, traverse la route et rentre au bois devant la voiture. Je me gare et Arnaud qui nous suit avec sa voiture en fait de même, il a pris Back, son teckel pour une éventuelle recherche. Je lui explique un peu le territoire déjà visionné la veille sur google earth et nous le laissons avant que le jour se lève pour que j'amène Laurent sur sa zone de chasse. Il retourne ce matin à son tree-stand. En descendant vers le lac, un autre lièvre, que j'ai l'habitude de voir, traverse la route et rentre dans le maïs.

Je me gare, Laurent part en longeant la droite du lac pour rejoindre son tree-stand alors qu'une lueur timide commence à me permettre de voir un peu mieux. Je regarde partir Laurent du coin droit de la digue quand des sillons à la surface du lac m'interpellent. Je force mes yeux et il me semble voir des ragondins à 70 mètres environ, 3 d'entre eux nagent en diagonale vers l'angle opposé de la digue, d'autres partent vers les terriers au bout du lac. C'est Laurent en passant qui les a fait démarrer. Je les observe un peu et comprends vite, ce sont des ragondins du ruisseau qu'alimente le déversoir du lac. Ils vont remonter sur la digue au passage habituel et redescendre vers la cabane de pompage pour rejoindre la buse qui traverse la route. Ils avancent vite et sont à 30 mètres environ de la digue. Je pars en courant en longeant à mi-pente de la digue, côté route, pour ne pas être repéré puis remonte doucement vers le lac. Les ragondins sont déjà là ! Je vois le dernier des 3 qui vient vers moi mais qui fait demi-tour en m'apercevant. Focalisé sur ce ragondin, j'aperçois trop tard les 2 autres qui étaient déjà contre la digue. Ils plongent et remontent à 12 mètres environ de ma position.

Je reste figé un moment, ils en font de même, à un ou deux mètres les uns des autres. Ils émettent les cris caractéristiques du mécontentement et font du sur place ou se déplace à peine de l'un vers l'autres. Je m'avance tout doucement vers eux et gagne 2 mètres environ sans qu'ils ne démarrent. J'arme doucement mon arc et vise le plus proche quand un second ragondin vient se coller juste devant lui. Je domine du haut de la digue, 2 ragondins tournés en sens inverse l'un de l'autre, plein travers, à 10 mètres environ. Je garde ma visée initiale et décoche. Les ragondins plongent. Je suis sûr d'avoir touché celui que je visais et, effectivement, il remonte rapidement en surface et tente de nager sans y parvenir.

Le pensant condamné, je vais me concentrer sur les 2 autres qui viennent de remonter sur ma droite à 15 mètres du bord et qui filent vers l'angle de la digue pour se réfugier dans la ramure d'un peuplier mort couché dans le lac. Je ne sais pas si je n'ai pas également touché le second ragondin. Je repasse du côté route de la digue et pars au pas de course pour devancer les ragondins. Je remonte doucement 2 fois pour contrôler leur trajectoire mais, comme prévu, ils vont vers l'arbre mort. Je me positionne derrière la digue et le regarde revenir vers le bord puis remonte doucement, arc armé, alors qu'ils sont à portée. Je prends ma visée sur celui de droite qui vient de s’immobiliser, plein travers, à 10 mètres environ du bord. Je décoche et le touche. Il plonge et remonte dans les branches de l'arbre mort alors que son compère fait demi-tour.

Il tente de remonter sur une branche avec difficulté. Je décide d'en finir avec lui et me rapproche en cherchant une fenêtre de tir au travers des branches. Le second ragondin revient vers moi puis à 20 mètres comprend le danger et fait demi-tour. Le ragondin blessé tourne au milieu de la ramure et je peine à pouvoir lui décocher une flèche d'achèvement puis il finit par plonger et remonter contre une grosse branche à 6 ou 7 mètres, ne laissant dépasser que sa tête. J'arme, vise et décoche. Je suis sûr de l'avoir touché mais alors que je le cherche et récupère ma flèche dans les branches, je l'aperçois remonter à 15 mètres environ et filer en diagonale vers la rive opposée puis il se ravise et se dirige vers l'endroit où j'ai touché l'autre ragondin.

J'avance doucement derrière la digue après l'avoir rattrapé et le laisse se rapprocher doucement mais il finit par me repérer et fait demi-tour pour s'enfuir en diagonale vers la berge côté gauche. J'arme et vise rapidement pour lui décocher une flèche qui passe à côté. Il plonge et remonte trop loin. Je le laisse partir, il n'y a pas de terrier vers son point de chute. Le premier ragondin blessé n'est pas mort il tente de fuir en me voyant mais peine à avancer. Sa colonne est touchée, il tente de longer la digue. J'arme vise et décoche une première fois à côté puis le sèche plein cœur à ma seconde flèche.

Je récupère ma seconde flèche plantée dans la vase puis ma troisième avec mon ragondin mort mais la première est introuvable, fichée au fond du lac. Je pose le ragondin sur la rive et pars tenter d'en finir avec le second ragondin blessé qui a rejoint la rive. J'approche doucement mais il me repère et plonge. Je cours et me positionne au bord de l'eau. J'arme alors qu'il remonte à 10 mètres environ, vise la tête et décoche. Ma lame lui entaille tout juste le menton et mon ragondin s'enfuit en nageant au plus droit vers la berge opposée. Je récupère ma flèche avec mon lancer puis pars au pas de course pour intercepter le ragondin alors qu'il se remet à pleuvoir.

Il tombe une bruine très épaisse, j'arrive doucement vers le ragondin qui a regagné la berge mais ce dernier m'a repéré et glisse doucement le long de la berge en faisant de brefs arrêts. Je me décale contre le maïs pour profiter du talus du lac pour me cacher de sa vision puis longe un peu pour finir par être camouflé par un écran de peupliers. Un autre ragondin vient droit sur moi depuis les terriers. Je me cale derrière un buisson et attends. Le ragondin blessé m'a repéré et ne bouge plus à la surface de l'eau sur ma gauche et l'autre arrive doucement mais il comprend le piège et bifurque pour repartir vers la berge opposée.

Je quitte ma cachette et avance droit vers le ragondin qui reste à m'observer en surface, plein travers à 7 ou 8 mètres du bord. Arrivé au bord de l'eau, j'arme, prends mon temps pour viser et décoche. Touché le ragondin se presse de revenir au bord puis commence à ralentir, ses mouvements deviennent saccadés, il se met à tourner en rond près du bord puis s'immobilise. Cette fois c'est fini. Je récupère ma flèche et mon ragondin puis pars à la rencontre du ragondin qui vient de traverser.

De la digue j'aperçois une masse noire en surface, pas très loin de la berge à environ 150 mètres, c'est certainement mon ragondin. Je longe la berge doucement dans sa direction et parviens à m'approcher suffisamment pour le tiré, il est au milieu d'une touffe d'algue. Mais au moment d'armer il plonge. Je reste au bord du lac sans bouger car il me semble qu'il est toujours dans la touffe d'algue mais il finit par refaire surface au milieu du lac. Puis plonge et ressort pour se diriger vers la berge opposée. Je repars vers la digue au pas de course pour tenter de l'intercepter mais arrivé sur la digue je ne le vois plus. Je ralentis et avance tranquillement le long de la berge quand 40 mètres après l'arbre mort un ragondin refait surface à côté de moi et replonge immédiatement.

La traînée de bulles se dirige vers le passage du coin opposé de la digue. Je cours et me positionne au milieu de la digue où j'attends un moment surveillant alternativement à gauche et à droite. Tout à coup il refait surface dans les branches de l'arbre mort. Je m'approche doucement mais il plonge. Je me positionne près de l'arbre mort et attends.

Le temps passe sans que mon ragondin ne refasse surface, je pense qu'il est caché sous l'arbre et attend que je m'éloigne. Je reste donc sans bouger, de nombreux petits poissons forment un ban autour des branches. Au bout de plusieurs minutes des bulles commencent à remonter dans les branches, d'abord espacées puis de plus en plus rapprochées. Puis une masse sombre remonte doucement, j'arme mais c'est une galette de vase. Je vais désarmer quand mon ragondin refait surface à 1 mètre sur la droite des bulles.

Je ne vois que le haut de sa tête qui dépasse au-dessus d'une grosse branche et une autre branche réduit ma fenêtre de tir au-dessus de lui. Je m'applique pour viser, il est à 6 ou 7 mètres. Je vise entre l’œil et l'oreille et décoche. Ma flèche pile où je la voulais vient de sécher net ce ragondin malin.

Je me rapproche et constate qu'il est très gros alors qu'il me semblait poursuivre un ragondin bien plus petit, de la taille des 2 autres. Ont-ils donné le change où aie je mal vu ? Je me penche pour récupérer ce gros ragondin quand un éclair bleu passe devant mes yeux, c'est un matin pêcheur qui vient de se poser sur une branche de l'arbre mort, juste à 2 mètres de moi. Le temps de relever les yeux sur lui il est déjà reparti. Mon ragondin récupéré, je pars faire le tour du lac mais plus un ragondin dehors.

Du bout du lac, j'aperçois un chasseur et son chien qui longe le maïs et je pense d'abord à Arnaud mais le chien semble plus haut sur patte, je me rapproche par la berge opposée en sondant les tas de bois à la recherche d'un autre ragondin et salut le chasseur en arrivant à sa portée puis pars le rejoindre par la digue. Nous discutons un peu puis nous nous séparons. Je rassemble mes ragondins et regarde mon portable.

Un week end entre archers, du 23 au 25 octobre 2010

Laurent a essayé de me joindre, je le rappelle. De son tree-stand, sous la frondaison il a l'impression qu'il tombe des cordes et pensait abandonner pour ce matin. Je le remotive un peu en lui disant qu'il ne pleut pas tant que ça puis nous raccrochons. Je remets mon portable en mode sonnerie quand Arnaud m'appelle. Il vient de flécher une chevrette et revient vers la voiture chercher Back.

Je rappelle Laurent qui revient. Pendant que je l'attends le chasseur tire dans le maïs et j'aperçois un faisan voler un peu puis tomber dans le champ. Je le signale au chasseur et signale ma présence au passage. En s'approchant pour récupérer sa prise il fait partir un second faisan sans le voir. Je décide de descendre sous le talus du lac on ne sait jamais.

Laurent arrive, il n'a rien vu, nous partons aider Arnaud à chercher sa chevrette mais, juste en arrivant au bois du Turc, mon téléphone sonne. La recherche est terminée. Arnaud et Back ont retrouvé la chevrette après un peu moins de 200 mètres de recherche. Nous les rejoignons alors que Back pille un peu le chevreuil.  Arnaud nous raconte sa matinée, il se dirigeait vers le petit lac que j'avais inspecté hier quand il a vu un brocard le long du bois où j'étais posté hier soir. Il a joué un moment à cache-cache avec ce brocard accompagné de 2 chevrettes, parvenant plusieurs fois à se rapprocher très près sans pouvoir tirer à causes de l'encombrement puis il a fini par avoir une occasion à 8 mètres. Sa flèche a traversé les 2 poumons et le haut du cœur, la distance de fuite de l'animal est incroyable ! Avec une telle atteinte il aurait dû tomber au bout de 40 mètres !

Un week end entre archers, du 23 au 25 octobre 2010

Atteinte :

Un week end entre archers, du 23 au 25 octobre 2010

Le temps est idéal pour l'approche, nous décidons de laisser Laurent chasser à l'approche sur ce secteur et de partir faire un tour au ragondin avec Arnaud. Arnaud me raconte à nouveau sa chasse en revenant vers la voiture, son chevreuil sur l'épaule : il a vu filer un renard apeuré par il ne sait quoi puis ses 3 chevreuils dont un a rejoint le paradis des chevreuils. Rendez-vous à 11h30 avec Laurent à ma voiture que je laisse sur place avec les ragondins et le chevreuil dans la malle.

Nous partons faire un petit tour de quelques lacs de Labéjan où les ragondins sortent un peu toute la journée. En arrivant au lac du Tuco nous constatons que le propriétaire vient de passer avec son quad au bord de l'eau, ce n'est même pas la peine de descendre, les ragondins doivent tous être à l'abri. Nous faisons demi-tour et partons un peu plus loin chasser sur une mare de l'autre côté de la N21, sous un belle résidence secondaire. Arnaud se gare puis nous descendons à travers un pré vers le bord de la mare. J'aperçois une chevrette à 100 mètres environ, elle mange des glands au bord d'un bosquet à mi pente du travers d'en face. Je la montre à Arnaud puis nous continuons alors qu'elle rentre au bois.

Nous nous séparons, je laisse Arnaud partir du côté des terriers où la probabilité de flécher un ragondin est plus importante et je longe la rive d'en face derrière une bande de joncs. Rien ne bouge ce matin. Je poursuis un peu vers un petit point d'eau tout en long seulement séparé de la mare par une bande de terre étroite. L'eau est trouble et bouge devant un terrier. J'aperçois par une mise à l'air du terrier l'eau qui bouge signe qu'un ragondin vient de rentrer. Ce n'est que partie remise, nous retournons à la voiture.

Nous partons en suite pour une autre mare au bord de la N21 en direction de Saint Jean Le Comtal mais là aussi c'est le calme plat.

Nous revenons vers Labejan, dans un pré, un beau coq faisan au ras d'un grand fossé, au bord du Sousson. Arnaud décide de se tenter une approche pour s'amuser. Nous nous garons un peu plus loin. Je reste au bord de la route en observation et Arnaud part à travers de petits prés séparés par des haies. Je me positionne au coin d'une haie au bord de la route pour surveiller le faisan et observer la progression d'Arnaud. Il longe le Sousson et se rapproche lentement, caché par une haie perpendiculaire au ruisseau. Une voiture passe dans mon dos, je me retourne une fraction de seconde pour voir de qui il s'agit et au moment où je reviens à mon faisan il a disparu ! Une poule faisane décolle du champ de tournesol moissonné, derrière la haie, en haut du talus, de l'autre côté de la route et part se poser au bord du Sousson sans qu'Arnaud ne la voit.

Arnaud finit par sortir sur la luzerne et ne voit pas le faisan, je lui fais signe qu'il doit être dans le fossé mais il ne comprend pas. Je descends vers l'endroit où je pense voir le faisan et Arnaud vient à ma rencontre quand le coq, qui avait juste franchi le fossé pour se tapir dans la luzerne, me décolle au ras des pieds et part vers la voiture. Il nous a bien eu celui-là !

Laurent m'appelle, il a fini de chasser, nous partons le chercher. En chemin, nous apercevons 3 chevreuils au bord du Sousson à 150 mètres de la route. Arrivé au bois du Turc nous l'annonçons à Laurent, de son côté il a vu un petit brocard sans pouvoir l'approcher. Nous partons tous les 3 vers ces chevreuils mais Laurent en les voyant pense que l'approche est trop compliquée, nous rentrons.

Après le repas nous partons peler le chevreuil, l'occasion de faire une photo souvenir

Un week end entre archers, du 23 au 25 octobre 2010

puis nous rentrons retrouver Laurent qui dort comme un bébé. Il a bruiné tout ce matin mais maintenant le temps semble vouloir se mettre à la pluie et les fortes averses sont de plus en plus rapprochées.

 

Cet après-midi, je dois dire que je ne suis pas très motivé pour aller chasser, il fait de grosses averses et quelques "accalmies" c'est à dire des moments où il pleut moins. Nous repartons pour Labejan, Laurent part pour son tree-stand, je reste avec Arnaud pour faire un tour tranquille du territoire car il est encore tôt. A peine arrivés au bout du lac qu'il se remet à pleuvoir et qu'un vent fort se lève.

En progressant, j'aperçois au loin un chevreuil en haut du coteau, sous un bosquet. Nous décidons de tenter une approche. Je tente par la droite et Arnaud par la gauche. Nous nous séparons à l'angle d'une clôture électrique. Arnaud part en longeant le bois, je pars en longeant la clôture, voûté le plus possible et souvent caché par la haie qui longe la clôture. Je parviens sans me faire voir derrière une petite bute qui me cache. Le chevreuil est encore à 200 mètres mais je ne le vois plus. J'en profite pour sauter la clôture puis la longe pour remonter en suite, toujours masqué par le relief, vers le sommet du coteau. Le vent de travers est très mauvais et arrivé au coin du bosquet le chevreuil n'est plus là.

Je descends en longeant le bord du bois avec le vent dans le dos. Je surveille l'intérieur du bois et avance très lentement mais rien en vue. Arrivé au coin du bosquet, je remonte pour voir si le chevreuil n'aurait pas traversé quand une impression bizarre me fait tourner la tête sur la gauche vers un petit fourré. Mes yeux se posent sur une forme indéterminée que je fixe avec insistance. Qu'est-ce que c'est ? J'avance encore un peu en longeant doucement le bois et devine une casquette, c'est Arnaud qui était venu se poster là. Je vérifie si le chevreuil n'est pas au-dessus du bosquet puis pars vers Arnaud qui vient à ma rencontre. Il me dit que la chevrette a traversé depuis longtemps.

Nous avançons dans un chaume de blé pour arriver sur la crête du coteau qui nous donnera un bon point de vue, une caille démarre dans mes pieds en poussant un petit cri. Nous regardons autour de nous. Le désert, rien en vue sur 360°.

Nous décidons d'aller faire le pied au bord du fourré d'en bas. Nous redescendons donc, le vent fort n'arrête pas de tourner et nous pensons à Laurent qui doit avoir le mal de mer sur son tree-stand. Arrivé au bord du bosquet nous commençons à faire le tour par le bas du bosquet sur le champ travaillé, le côté gauche étant en luzerne. De nombreux pieds de chevreuil mais pas possible de dire si c'est frais ou pas à cause des intempéries. La pluie se remet à tomber de plus belle et le vent forcit, c'est un calvaire, je suis trempé et le froid me pénètre. Je dis à Arnaud que je n'en peux plus et que je rentre à la voiture, il est de mon avis. Nous rentrons à travers bois, ressortons sur la Luzerne puis rerentrons dans le grand bois pour ressortir au ruisseau et revenir vers le lac. Plus nous nous rapprochons de la voiture plus le temps s'améliore.

Alors que nous approchons de la digue j'aperçois un chevreuil en haut du coteau d'en face, je le montre à Arnaud et lui explique la marche à suivre. La chasse reprend le dessus sur le froid. Arnaud va rejoindre le coin du bosquet et remonter doucement vers l'angle du bosquet en crête alors que je contournerai le bois pour me positionner à l'angle opposé, au cas où. Nous remontons à travers champ puis nous nous séparons. Je rattrape rapidement le bord du bois et le suis en me dépêchant car Arnaud a moins de chemin que moi à parcourir.

Arrivé au coin du bois en crête, j'hésite un peu... rester là ou m'avancer doucement vers la position d'Arnaud. Je choisis la seconde solution. Je progresse doucement vers Arnaud quand alors que j'arrive à moitié chemin, un aboiement retentit dans le bois et je comprends ce qui se passe. Je fais vite demi-tour pour revenir vers l'angle du bois mais les chevreuils sont plus rapides. Un brocard et 2 chevrettes que j'ai déjà vu sortent tranquillement du bois et remontent dans le champ travaillé à 30 mètres de moi avant de me voir et de détaler. Si j'étais resté à l'angle....

Je remonte dans le champ travaillé pour voir vers où sont partis les chevreuils quand j'aperçois, en tournant la tête, vers la droite, une chevrette à l'angle du bois où devrait se trouver Arnaud. Je m'agenouille et m'écrase le plus possible au sol. La chevrette n'a pas réagi. Elle reste un moment sans bouger puis revient en biaisant d'un pas tranquille vers la bordure du bois qu'elle commence à longer en venant vers moi tout en mangeant. Elle approche doucement, pas à pas et redresse souvent la tête pour scruter les alentours. Je suis à 30 mètres du bois, en plein découvert, à genoux et il m'est difficile de bouger sans attirer l'attention. Je me demande même comment ma silhouette qui se détache du champ n'a pas encore mis la chevrette en fuite.

Elle s'avance doucement et je tente de me rapprocher du bois en avançant de quelques centimètres sur les genoux à chaque fois quelle baisse la tête où quelle regarde en arrière mais on ne peut pas dire que j'avance vite. Alors que mon genou s'avance à la vitesse d'un escargot, la chevrette relève la tête sur moi et me fixe. Je ne bouge plus. Elle finit par venir droit sur moi d'un pas serein ! Elle s'arrête puis continue à se rapprocher, s'arrête encore... je l'intrigue mais ne l'inquiète pas le moins du monde. Je suis à bon vent et commence à croire qu'elle va venir jusqu'à moi mais elle finit, à 50 mètres environ, par revenir tranquillement vers le bois.

Arnaud fait son apparition au coin du bois et commence son approche. La chevrette avance toujours très lentement et je grappille des centimètres qui me rapprochent de la lisière du bois. Je finis par arriver à 20 mètres du bois, il me faut encore gagner plus de 5 mètres mais la chevrette avance trop vite et elle va arriver avant que je ne sois prêt. De plus sa proximité croissante complique mes manœuvres. Arnaud, lui gagne assez rapidement du terrain car la chevrette regarde rarement en arrière. Elle est à 30 mètres de moi quand son attitude change et je comprends qu'elle va rentrer au bois.

Effectivement elle rentre doucement à couvert. Je reste immobile, espérant qu'elle descende assez dans le bois pour ne pas me voir approcher. Arnaud lui se rapproche à grand pas. Au bout d'un moment, comprenant qu'Arnaud va me faire rater mon approche, je me lève et m'approche doucement mais la chevrette était juste en lisière et elle démarre pour passer près d'Arnaud sans qu'il ne puisse la voir.

Je pars vers Arnaud et aperçois une dame qui se rapproche de nous. Je réencoche ma flèche et enlève ma cagoule. C'est la propriétaire qui vient voir ce que nous faisons. Nous discutons un moment avec elle puis nous la laissons pour redescendre vers le ruisseau quand j'aperçois à nouveau 2 chevreuils longeant le chaume de maïs pour venir vers l'angle du bois où Laurent a fait sa belle approche samedi matin. J'explique à Arnaud mon plan. Les chevreuils remontent dans le chaume au galop puis s'arrêtent à la limite du champ travaillé et se mettent à manger. Nous regagnons la bordure du bois puis longeons à l’intérieur en observant les chevreuils avant de redescendre par une coulée vers le chemin de débardage pour nous poster.

Nous observons les chevreuils mais ils semblent remonter, je décide donc de forcer la chance et laisse Arnaud au poste, partant à travers bois pour ressortir plus loin, longer une haie pour rejoindre la crête du champ. Je progresse derrière la crête vers le pylône EDF qui est un autre point de passage fréquenté. Je tends la tête par-dessus la crête et aperçois les chevreuils qui ont fait demi-tour et qui remontent en biais vers le pylône suivant. Je pousse donc au pas de course vers le second pylône un peu plus haut et me poste derrière le buisson qui pousse à son pied.

Le vent est très mauvais, il souffle dans mon dos. Les chevreuils finissent par me sentir et commencent à montrer des signes d'inquiétude avant de redescendre vers le ruisseau. Je tente le tout pour le tout, je quitte mon poste et pars en courant à travers champ sur la droite des chevreuils pour tenter de les rabattre vers Arnaud, mais ils filent vers le ruisseau et remontent le coteau d'en face. Je cours en sifflant ce qui les arrête un instant et je me rapproche en courant sans qu'ils ne bougent, mais arrivé à 150 mètres d'eux, ils repartent et biaisent vers le bosquet où nous étions tout à l'heure. La nuit tombe, Arnaud me rejoint et nous partons vers les voitures attendre Laurent qui finit par arriver. Il a lui aussi vu quelques animaux mais n'a pas eu d'occasion de tir.

LUNDI :

 

Cette nuit, le ciel était bien dégagé et j'avais bon espoir pour ce matin mais nous nous levons sous la pluie ! Nous nous préparons puis repartons poser Laurent qui veut revenir à son tree-stand. Arrivés sur place, c'est un déluge qui s'abat sur nous, il tombe même de la grêle ! Nous attendons un moment que l'averse cesse puis Laurent part vers son poste. Je lui laisse mes clefs de voiture au cas où et nous partons avec Arnaud pour faire un tour au ragondin bien que, vu le temps, j'ai peu d'espoir de les voir dehors.

Je décide d'amener Arnaud au lac du Tuco, s'il n'y a rien là ce n'est même pas la peine de vouloir chasser le ragondin ce matin. Arrivé sur place, l'agriculteur est déjà au travail, il fait des va et vient le long du lac pour porter de l'ensilage à ses vaches. Décidément c’est mon jour. Nous nous garons et tentons tout de même un tour de lac. J'explique à Arnaud comment fonctionnent les ragondins sur le lac et le laisse partir en faire le tour. L'eau bouge devant les terriers mais pas de ragondin dehors. J'attends Arnaud au coin du lac près de la mare. Il finit par arriver. Un ragondin vu mais pas de flèche décochée.

La mare est déserte, je décide de tenter le lac du Lion un peu plus loin. Nous longeons le ru d'alimentation du lac vers le lac en amont. Nous apercevons un chevreuil dans le pré vallonné sur notre droite. Il disparaît derrière le relief du pré puis ressort avec 3 autres chevreuils et ils prennent le galop pour sauter le ru au coin de la mare puis remonter vers un petit bosquet à l'angle du lac. Donc ce n'est plus la peine d'espérer voir un ragondin dans la petite mare au pied de la digue du lac... ça continue.

Nous poursuivons et comme prévu pas de ragondin dans la mare. Nous remontons la digue et tirons la tête pour voir le lac. Un vol de colverts est posé et leur envol fera rentrer les ragondins qui ont les terriers à l'autre bout du lac. C'est vraiment un scénario catastrophe pour le ragondin ce matin ! Nous tentons tout de même. Les colverts décollent et nous partons vers le bout du lac par le côté droit mais comme prévu nous arrivons aux terriers sans avoir vu un seul ragondin.

Je décide de laisser tomber les ragondins, nous retournons vers la voiture alors qu'il se remet à pleuvoir. 2 colverts se lèvent sur la mare puis se reposent sur le lac avant de décoller à nouveau et de s'éloigner.

Nous retournons au lac, où nous avons laissé Laurent, en passant par la route reliant Saint Jean le Comtal à Clermont Pouyguilles. En passant devant le chemin que nous prenons d'habitude pour rejoindre le lac, j'aperçois 2 chevreuils au milieu de la route entre le bois du Turc sur la droite et le petit bosquet qui longe la route sur la gauche. Nous poursuivons car il n'y a rien faire. Pas d'autre chevreuil au bord de la route nous bifurquons en suite à droite pour rejoindre le lac. En descendant vers le lac, nous apercevons 2 chevreuils au gagnage dans le chaume de maïs. Je dis à Arnaud de continuer et de me poser en haut du coteau d'en face puis de faire demi-tour et de se garer sans se faire voir pour rejoindre son poste d'hier soir.

Il me dépose, je longe un chemin qui conduit à une résidence secondaire au coin d'un bosquet et rejoints ainsi la crête et les pylônes EDF. il fait maintenant un soleil radieux. Les chevreuils ne semblent plus là mais, tout à coup, alors que j'avance doucement en crête, j'aperçois, côté gauche, une chevrette et ses 2 chevrillards qui longent le sorgho en bas de la pente. Je passe dans le champ labouré, sous le niveau de la crête, pour avancer rapidement vers un pylône EDF à 30 mètres environ. Je me cale ensuite derrière mais je constate que je suis trop loin, je pousse donc avec la même technique jusqu'au second pylône et me poste derrière le buisson qui pousse à son pied. Les chevreuils avancent doucement, faisant des haltes régulières pour manger et remontant sensiblement vers moi. Le pylône est à 20 mètres du sorgho, avec un peu de chance les chevreuils qui biaisent vont se rapprocher suffisamment.

Petit à petit, ils se rapprochent, le vent de travers est bon. Ils arrivent, ils ne sont plus qu'à 15 mètres. J'accroche mon décocheur et me prépare, la tension sur la corde croît à mesure que les chevreuils se rapprochent. C'est bon, c'est le moment, la chevrette est inattentive, je commence à armer quand mon portable, que je n'avais pas mis en silencieux au cas où Laurent m'appellerait, se met à sonner. Je m'accroupis rapidement et réponds en chuchotant. C'est Arnaud mais il raccroche sans répondre, il a dû comprendre. Je me redresse lentement pour voir si les chevreuils n'ont pas bougé. Ils sont inquiets mais n'ont pas bougé. J'attends qu'ils se calment quand le téléphone résonne. Cette fois c'est la débandade. Les 3 chevreuils, chevrette en tête, retournent vers le bosquet.

J'explique à Arnaud qu'il vient de sauver la vie d'un chevreuil, il voulait me dire que les chevreuils étaient partis avant qu'il n'arrive mais je le savais déjà et je redescends à travers champ vers la voiture pour le rejoindre. Nous longeons le lac côté gauche puis traversons le ruisseau d'alimentation quand j'aperçois au coin du maïs, à environ 350 mètres 3 chevreuils que je montre à Arnaud. Nous élaborons un plan. Je l'envoie se poster au pied d'un pylône EDF, au ras du champ contre la route. C'est le passage quasi systématique. Mais alors qu'Arnaud se dépêche d'aller se poster les chevreuils nous repèrent et font demi-tour partant vers un bosquet sur la gauche.

Je rappelle Arnaud. Avec un peu de chance, ils seront restés dans le bosquet. Je l'envoie se poster au bosquet suivant. Il part en longeant le bois et j'attends un moment pour lui laisser le temps de se poster puis je remonte vers le bosquet tranquillement avant de le traverser mais, les chevreuils ne sont plus là et je retrouve Arnaud en redescendant vers l'autre bosquet. Le nid de frelons asiatiques est très actif aujourd'hui.

Un week end entre archers, du 23 au 25 octobre 2010

Nous nous posons un peu pour réfléchir puis avec le retour du soleil nous décidons de tenter le lac du Fourcès où les ragondins n'ont pas d'heure pour sortir. Retour à la voiture pour aller nous garer au bord de la route à l'aplomb de la digue du lac. De nombreux colverts se mettent à l'eau. Je descends doucement vers la digue et Arnaud part vers l'autre extrémité du lac pour rejoindre la mare en amont. De nombreux colverts décollent par vagues successives alors que je me rapproche du lac jusqu'à ce que les 2 derniers décollent alors que j'arrive au bord de l'eau.

Je longe la rive du lac côté route très doucement et fais plonger quelques ragondins qui rentrent immédiatement au terrier sans se montrer. Arnaud n'a rien vu, nous retournons à la voiture. Laurent appelle, sa chasse du matin est terminée, il a vu quelques chevreuils sans avoir d'occasion de tir. Nous partons le retrouver avant de rentrer manger.

 

Durant le repas, Arnaud nous annonce qu'il va partir en début d'après-midi. Je me retrouve donc avec Laurent pour la chasse du soir. Nous décidons de profiter du retour du soleil. Avec ce beau temps, il y a de fortes chances que les chevreuils sortent en milieu d'après-midi. Nous partons donc faire un tour de repérage en voiture. Au fond d'une combe, entre 2 bois, 3 chevreuils sont au gagnage. Je me gare au bord de la route, ils sont bien à 250 mètres et se dirige vers le bois de droite. Pas de chance, s'ils avaient été dans l'autre sens j'aurais su comment les appréhender mais alors que nous nous préparons tranquillement, les chevreuils font demi-tour et cette fois je sais exactement où ils vont.

J'explique sommairement à Laurent mon plan, nous allons descendre par un chemin de terre qui rentre dans le bois et longe en bordure au-dessus d'un talus boisé assez étroit qui nous camouflera mais nous permettra de voir les chevreuils en avançant. Nous progressons assez rapidement car les chevreuils sont encore loin. Tout à coup, ils pressent le pas et reviennent vers le bout du talus boisé. Je presse le pas et pars presque en courant. Laurent a compris, il me suit. Nous passons derrière une bute boisée qui prolonge le talus. Sur notre gauche un petit pré qui s'enfonce dans le bois. En arrivant à 30 mètres environ du bout de la bute, je stoppe Laurent et lui dit de prendre une coulée très fréquentée qui remonte sur la bute puis débouche dans le pré.

Il s'exécute, je le suis à quelques mètres derrière et arrivé au sommet de la bute nous apercevons les chevreuils à 30 mètres devant dans le pré. Au milieu des arbres, nous sommes assez bien camouflés et ils ne nous ont pas vus. Laurent s'avance doucement, je le suis un peu puis le laisse avancer et reste un peu en retrait pour l'observer. Laurent s'arrête et se positionne alors que les chevreuils viennent droit sur nous en broutant. Ils sont entre 20 et 15 mètres mais biaisent pour rentrer au bois sur notre droite derrière les arbres. Laurent arme sur le dernier chevrillard mais trop tard. Mais alors que je pense les choses jouées, le chevrillard se ravise et revient. Laurent toujours armé le suit. Le chevrillard passe au pas à 17 mètres environ et arrive devant la fenêtre de tir de Laurent qui décoche. L'impact est masqué par sa tête mais bien audible et je vois la flèche se ficher au sol.

Le chevrillard fait demi-tour en s'affaissant légèrement de l'arrière train puis se précipite pour rejoindre sa mère et disparaît dans le bois. Laurent se retourne et me dit que sa flèche est trop en arrière mais pour moi son chevrillard est mort.

Nous attendons un peu puis nous allons voir la flèche. Elle est couverte d'un sang poisseux. Je pense tout de suite à une atteinte de foie ou de rate. Je suis très content pour Laurent car, si nous le retrouvons, ce sera son premier gibier gersois. Nous suivons le sang jusqu'au bois, la piste remonte le talus en biais. Laurent peu confiant sur le résultat de sa flèche me freine un peu. Il veut laisser faire un moment et revenir plus tard. Nous nous posons dans un coin en attendant. Les minutes me semblent des heures.

Finalement, nous partons faire la recherche. Nous suivons le sang qui remonte le talus. Je décide de passer en haut du talus et laisse Laurent suivre le sang. Tout à coup, Laurent me dit avoir entendu quelque chose démarrer dans le sale. Je n'ai rien vu ni entendu mais je traversais les buissons ce qui a pu couvrir le bruit. Je retrouve le sang sur le chemin de terre et l'annonce à Laurent puis un bout d'intestin accroché à un petit buisson. Le sang abondant traverse le chemin et rentre dans le bois. Laurent me rattrape et me suit. J'avance les yeux rivés au sol quand une impression bizarre me fait lever les yeux. Le chevrillard est là en plein découvert à quelques mètres devant moi. Il n'est pas mort mais est incapable de repartir. Laurent est juste derrière moi.  "Laurent devant moi". Laurent se fige et arme son arc. "Alex, le scotch du cache de mon viseur me gêne" Je me retourne et écarte le scotch de devant le viseur. Laurent vise et décoche. Sa flèche glisse contre le poitrail du chevreuil, faisant voler le poil et laissant une trace de 30 cm, et lui traverse le cou. Le chevrillard se contracte. Laurent réencoche pensant l'avoir manqué mais je lui dis que c'est fini. La tête du chevrillard retombe.

Je suis tellement heureux pour Laurent ! Sa flèche rentre au niveau du foie mais ressort sous le ventre, au niveau du début du cuissot, puis traverse l'antérieur en ressortant, avec un trou impressionnant, au niveau du genou. Cette trajectoire est difficile à expliquer vu l'atteinte plein travers !

Nous retournons à la voiture poser le chevreuil. Laurent passe quelques coups de téléphone pour annoncer la bonne nouvelle puis nous repartons pour changer de secteur.

Nous allons finir la soirée à Traversères à chasser le sanglier. Garé au bout du chemin de randonnée, nous partons en le suivant puis nous descendons à travers les genets pour rejoindre un joli territoire en dessous d'un lac. En longeant le lac, Laurent aperçois un gros ragondin qui se met à l'eau sur la berge opposée. Nous ne sommes pas là pour lui-même si ma flèche me démange. Nous passons la digue du lac et descendons vers les souilles. J'aurais bien posté Laurent au bord des souilles mais le vent est mauvais. Les sangliers vont normalement arriver face à lui et le vent est dans notre dos.

Nous traversons donc le ruisseau et remontons à travers les passages broyés au milieu des genets pour rejoindre le talus boisé. Une coulée monte en biais dans le bois de petits chênes et de genévriers. Je décide de poster Laurent au bord de cette coulée, il domine une autre grosse coulée qui longe les genets au pied du talus boisé.

Je pars me poster un peu plus loin. Je suis la grosse coulée et arrive au coin supérieur d'une grande bande de genêts très touffue où les sangliers sont souvent gîtés. Je me poste derrière quelques buissons et l'attente commence. Une grosse libellule tachetée de bleu et de vert est posée sur une branche, engourdie par la fraîcheur qui tombe doucement. Le temps passe à observer, les geais, les palombes... au bout d'un moment un bruit de trot dans les feuilles mortes derrière moi. Je me retourne lentement. Un beau brocard descend au trot vers les genets, il arrive d'au-dessus du poste de Laurent. A t'il été dérangé par les sangliers ? Il rentre dans les genets à 30 mètres de moi puis ressort dans le pré en bas, qu'il traverse au même rythme puis traverse la haie du ruisseau où je le perds de vue.

L'attente reprend, la luminosité baisse lentement quand devant moi un bruissement oriente mon regard sur un beau sanglier qui remonte des genets à 45 mètres. Que faire, je reste immobile, un second suit, puis un autre et encore un autre. Il semble remonter le talus. Que faire ? Les retardataires traversent le découvert au trot faisant craquer la végétation. Les sangliers rassemblés tournent un peu sur place, j'estime la harde à 10 individus, tous entre 60 et 70 kg. Ils soufflent, grognent puis se remettent à bouger et semblent s'éloigner. Je décide de tenter l'approche. Erreur, j'ai à peine quitté mon poste que les sangliers prennent la fuite. Le meneur revenait en fait vers moi. Je tente tout de même un approche silencieuse en longeant le haut des genets mais plus rien, le calme s'installe et la nuit tombe de plus en plus vite.

Je décide de revenir tranquillement vers Laurent. En arrivant près de lui, je vois qu'il me fait des signes et me chuchote quelque chose. Les sangliers sont juste en dessous de lui. Une autre compagnie que la mienne car, d'après les dires de Laurent, ils sont arrivés de nulle part en même temps que les miens qui eux sont partis à l'opposé. Cela fait un moment que ça grogne et que ça bouge sous Laurent et effectivement en tendant l'oreille je les entends encore se déplacer. Je décide de tenter une approche avant qu'il fasse nuit mais les sangliers se dispersent et je ne pourrais pas les voir. Nous rentrons.

Un week end entre archers, du 23 au 25 octobre 2010

Atteinte:

Un week end entre archers, du 23 au 25 octobre 2010

Alex

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22 octobre 2010 5 22 /10 /octobre /2010 05:52

Après une soirée passée à faire de petits affûts sur la zone de chasse sans rien voir, je décide de rentrer. La luminosité en sous-bois n’est pas bonne et un tir serait trop aléatoire. Sur le chemin du retour, je passe par un chemin forestier qui débouche sur un petit pré, entouré de bois, qui couvre le sommet de la colline. En débouchant dans le pré, j’aperçois un chevreuil qui se détache en crête, in mange des feuilles de ronce au bout d’une ligne de 4 ou 5 chênes.

L’approche ne sera pas aisée, 50 mètre de découvert nous séparent. J’analyse rapidement la situation, un petit buisson est situé au 20 mètres du chevreuil, je vais commencer par tenter de me positionner derrière et on verra par la suite. Le chevreuil que je pensais être une chevrette et en fait un brocard, il donne des coups de tête dans les ronces et se présente de cul. J’en profite pour commencer mon approche. Je longe tout d’abord le bois sur 15 à 20 mètres pour aligner ma position, le buisson et le chevreuil puis je commence à remonter très lentement vers ce petit buisson. Le brocard s’affaire toujours autour des ronces et est complètement inconscient de ce qui se joue.

J’arrive sans difficulté derrière le petit buisson et commence à calculer mon approche quand le brocard se retourne vers moi puis commence à descendre pour passer à une quinzaine de mètres sur ma droite puis commence à biaiser en se rapprochant lentement de moi. Je ne peux plus bouger sans être repéré et je suis à découvert à quelques mètres derrière le buisson. Je me tourne extrêmement lentement pour me positionner dans l’éventualité d’une possibilité de tir et commence à monter lentement mon arc quand le brocard stoppe net et me fixe. Je suis repéré, c’est cuit. Je reste totalement immobile, mon arc levé devant moi, mon décocheur en tension… Le brocard finit par reprendre tranquillement sa marche sans m’avoir identifié.

Il se rapproche doucement alors que j’arme doucement mes 65 livres. Il arrive à 8 mètres alors que je prends ma visée. Je le suis un peu, il marche d’un pas lent. Mon viseur est calé, je décoche. Un bruit sourd retentit, la flèche fait des étincelles en touchant le sol, Je n’ai pas vu ma zone d’impact sur le brocard qui démarre en trombe et rentre à couvert dans le bois au milieu d’une zone d’épines noires. Le bruit de sa fuite s’estompe rapidement. Je reste un instant sans bouger puis, le calme revenu je pars chercher ma flèche. Je cherche dans la direction du tir mais crains qu’elle ait ricoché en touchant le sol. Rapidement j’allume ma frontale pour ma recherche car la nuit tombe vite. Les minutes passent et je ne retrouve pas ma flèche, je décide de revenir demain pour la chercher.

Je me dirige vers la zone du tir mais ne trouve pas de sang à la lueur de ma frontale, je décide donc d’inspecter la bordure du bois et trouve rapidement un peu de sang à l’entrée d’une coulée sur une branche de buisson noir. Le fond de la coulée est jonché de grosses gouttes de sang et je commence à suivre cette piste abondante sans aucune difficulté. Tout à coup alors que j’ai parcouru environ 30 mètres, un chevreuil se lève devant moi sans que je puisse le voir et fuit dans la pente pour s’écraser contre la haie en bordure de la route. Je l’entends s’agiter un moment dans la haie épaisse puis, il réussit à traverser puis à nouveau du bruit puis plus rien. J’attends un peu puis reprends ma recherche, pas de doute, c’était mon chevreuil, le sang prend la direction de fuite.

J’arrive à une haie épaisse et la traverse pour tomber sur la route. Des grosses taches de sang ponctuent le goudron de part et d’autre du passage de l’animal, ma flèche est donc bien traversante. Que faire ? Mon brocard a traversé la route puis une grosse haie de l’autre côté de la route et est maintenant rentré sur une zone interdite à la chasse où je sais qu’une recherche au sang avec un chien ne sera pas possible.

Je décide de poursuivre la recherche, il y a beaucoup de sang, les traces de frottés sont à hauteur de la cage thoracique. Rien n’est perdu même si dans d’autres circonstances je n’au rais pas insisté et fais un recherche le lendemain avec un chien de sang.

Je traverse donc la haie, poursuis à quatre pattes dans l’herbe rase d’un petit pré puis traverse encore une autre haie et retombe sur un grand pré. Le sang est toujours très abondant, la piste biaise lentement vers un bois sur ma droite. J’avance lentement, goutte à goutte et me rapproche du bois, le sang devient un peu moins important et je me redresse pour faire une petite pose quand, 10 mètres devant moi, dans une zone de pousses de petits chênes, en bordure du bois, mon chevreuil se relève et rentre au bois.

J’attends un peu et prends le temps d’analyser la situation. Mon chevreuil se couche régulièrement et j’ai beaucoup de sang, ma flèche doit avoir touché le foie, une flèche de panse ne ferait pas autant de sang et je ne trouve pas de contenu stomacal, à peine de micro fragments de végétaux dans une grosse goutte de sang. J’attends encore plusieurs minutes et me remet en marche. Le sang est encore plus abondant en rentrant dans le bois et par 2 fois le chevreuil passe sous un arbre couché en perdant alors beaucoup de sang. Je trouve par moment des caillots de sang, signe d’une hémorragie interne.

Je ressors du bois sur un chemin de terre que je traverse pour retomber dans un pré puis bifurqué vers une zone de genets en bordure du bois. Toujours beaucoup de sang et mon chevreuil prend les coulées les plus marquées. Une forte odeur de sanglier émane des genêts.

Je slalome en remontant entre les genets par les coulées biens marquées et en suivant toujours le sang un peu moins abondant. Le vent est bon, face à moi. Les genets s’éclaircissent et sont parsemés de zone d’herbes hautes. Tout à coup, à genoux au bout d’une zone d’herbe, juste au moment de rerentrer dans les genets, j’ai une impression bizarre et en redressant le faisceau de ma frontale, j’aperçois mon brocard couché juste à 1.5 mètres devant moi. Je baisse mon faisceau, attrape doucement une flèche sur mon carquois d’arc, l’encoche doucement et au moment où j’accroche mon décocheur et redresse ma frontale, le brocard se lève d’un bon et part à toute allure au milieu des genêts, esquissant une tentative d’aboiement étouffée. Ce son particulier me fait penser à une flèche qui aurait touché un seul poumon comme ma biche de l’an dernier. Je suis dégoûté, je viens de rater une occasion exceptionnelle d’en finir. J’attends un peu, tendant l’oreille mais le son de la fuite s’estompe rapidement et fait place au silence.

Après un moment d’attente, je reprends ma progression en me coulant dans les genets sur la piste de sang encore assez facile à suivre bien que de moins en moins abondante. Quelques petites hésitations sur les carrefours de coulées mais ma progression est assez rapide. Je finis par sortir sur une langue de pré entourée de buissons noir et parsemée de quelques genévriers et de quelques genets. En bas de la pente les buissons noirs forment une haie étroite qui sépare les herbes hautes d’un champ travaillé lui-même longé par un bois. Sur ma gauche, les buissons noirs forment un bosquet bas et très épais.

A la sortie des genêts, le sang semble pulvérisé en petites gouttes sur les hautes herbes un peu comme pour une atteinte artérielle. Le sang s’estompe petit à petit mais j’arrive à le suivre encore assez facilement à 4 pattes, le chevreuil a longé juste à gauche d’une belle coulée. Des craquements se font entendre dans les buissons noirs sur ma gauche. Je pense tout d’abord à mon brocard mais les bruits deviennent de plus en plus importants et sembles dispersés. Puis des souffles et des grognements se font entendre.

J’éclaire en direction des buissons mais ils forment un mur et je ne vois rien, les sangliers ne semblent pas troublés par cet éclairage nocturne et continuent à faire leur train-train. J’attends un peu, ils semblent avancer doucement dans les buissons en longeant le pré, ils sont entre 5 10 mètres au-dessus de moi. Tout à coup, je me demande s’ils ne sont pas là pour la même chose que moi, peut-être ont-ils senti mon chevreuil et se rapproche de lui. Je reprends mes recherches, le sang longe toujours au-dessus d’une belle coulée mais il se raréfie et je finis par le perdre.

Je laisse mon arc au dernier sang et tente de retrouver la piste un peu plus loin sans succès. Je reviens aux dernières traces de sang et me position dans le sens de fuite de l’animal en observant le terrain et tente de me mettre à sa place. J’ai l’intuition qu’il a pris cette belle coulée que je longe depuis un moment. Je progresse à 4 pattes, nez au sol sans marcher sur la coulée pour éviter d’effacer des traces. Je fais des allers-retours cherche au-dessus et au-dessous de la coulée dans la direction de fuite estimée quand un petit caillou de calcaire attire mon attention dans la belle coulée. Il semble retourné de frais, je m’en saisi et le retourne. Il est marqué légèrement mais c’est bien du sang. Je suis sur la bonne voie.

Je rapproche mon arc alors que les sangliers bougent toujours au-dessus dans les buissons, je le éclaire à nouveau sans qu’ils ne réagissent. Je reprends ma recherche nez au sol à partir de ce nouvel indice et finis par retrouver une belle piste de sang sur quelques mètres qu’i s’interrompt à nouveau. Les sangliers commencent à bouger de plus en plus et semblent biaiser pour venir vers moi. J’éclaire dans leur direction, ils longent au ras du pré dans les buissons puis je les entends sortir environ 10 mètres plus loin et traverser le pré vers le champ en contre bas. Je tente de les éclairer mais sans réussir à les voir.  

Je me reconcentre sur ma recherche de plus en plus ardue. Je finis par retrouver quelques indices puis plus rien à nouveau et cette fois, impossible de retrouver le sang. Je commence à désespérer. Je laisse mon arc au dernier sang et me redresse pour inspecter les alentour et tenter de comprendre la fuite de mon animal. Le clair de lune me permet de voir assez bien dans la nuit même sans ma frontale. Une masse sombre attire mon regard dans le champ, ne serait-ce pas un des sangliers ? Et alors que je fixe cette masse noire, commencent à en arriver d’autres et je finis par distinguer une vingtaine de sangliers, à une cinquantaine de mètres, à la lueur de la lune. Je m’avance un peu vers eux puis braque le faisceau de ma frontale dans leur direction pour voir leur réaction. Un souffle roque suivit d’une débandade générale accompagnée de grognements. Les sangliers rentrent au bois mais restent en lisière en grognant, l’un d’entre eux est resté à 30 mètres environ sous la haie de buisson, en bordure du champ et grogne.

Je ne pense plus retrouver mon chevreuil maintenant mais je décide de tenter le tout pour le tout et je commence à chercher à la frontale vers le bout du pré en longeant les coulées mais pas la moindre trace de sang. En arrivant au bout du pré contre le fourré de buisson noir je fais demi-tour et aperçois 2 yeux briller dans la nuit juste 10 mètres en dessous de moi. J’éclaire mieux et aperçois mon brocard couché au pied d’un gros genévrier. J’éteins alors ma frontale et reviens chercher mon arc à pas de loup. C'est incroyable, les sangliers lui ont presque marché dessus et il n'a pas bougé !

Je reviens ensuite vers le chevreuil, il n’a pas bougé, je rallume ma frontale et braque le faisceau sur ses yeux en avançant doucement vers lui. 10 mètres je tente d’armer et de viser mais impossible je ne le vois pas, la frontale fait une ombre avec mon arc et je ne vois rien. Je fais quelques pas de plus et recommence sans succès, toujours impossible de tenter un tir. Je finis par m’avancer à 4 mètres environ et hésite. Je tente une flèche ou un placage. Le placage est risqué, il risque de m’échapper avec l’énergie du désespoir et mon tir devra se faire au jugé car la visée à la frontale est très aléatoire… Je décide de tenter une flèche, j’arme, vise au jugé et décoche. Mon chevreuil est jeté au sol comme percuté par une grosse masse. Je pose mon arc et me précipite vers lui. Ma flèche que je voulais plein coffre lui a en fait sectionné la base du coup, le séchant dans son dernier gîte. Une mauvaise flèche qui me rend en fait bien service. C’est ainsi que se termine une recherche de 2 heures qui aurait pu ne pas aboutir. Ma flèche est basse et trop en arrière et ressort encore plus en arrière un peu plus haute qu’à l’entrée (décalage d’environ 15 cm), j’estime qu’elle a touché seulement la panse mais en vidant l’animal je m’apercevrai qu’elle traverse le foie et la panse.

Je rentre au clair de lune, mon chevreuil sur l’épaule en me disant que j’ai eu pas mal de chance ce soir.

Une longue recherche qui en vallait le coup, 21 octobre 2010

Atteinte :

Une longue recherche qui en vallait le coup, 21 octobre 2010

Alex

 

Trophée :

Une longue recherche qui en vallait le coup, 21 octobre 2010

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 17:30

Ce soir, je retourne, en sortant du boulot, voir les chevreuils sur Labejan. Comme d’habitude, je me gare sous la digue du lac et me prépare avant de partir en longeant le lac vers le maïs où j’ai fléché le chevrillard la semaine dernière. Arrivé au bout du lac, je me rends compte que j’ai laissé ma voiture ouverte et les clefs dessus. Je fais donc demi-tour et alors que j’arrive à la moitié du lac, je repère 3 chevreuils qui broutent dans un petit carré d’herbes hautes en haut du coteau sur ma droite.

Je finis d’arriver à ma voiture, récupère mes clefs et la ferme avant de tenter une approche. Le relief va me permettre d’arriver à moins de 30 mètres des chevreuils sans être repéré. Je monte doucement à travers un champ travaillé en biaisant vers un petit bosquet que je longe ensuite de plus en plus lentement en arrivant vers le sommet du coteau. Arrivé au sommet, j’avance avec précautions, mon décocheur en tension, je suis prêt à armer et cherche du regard les chevreuils dans les hautes herbes quand une impression bizarre me fait tourner la tête à gauche. Les 3 chevreuils sont là, un brocard et 2 chevrettes, ils mangent des glands en bordure du bosquet. Ils sont à mauvais vent à tout juste 35 mètres et me repère vite malgré l’écran de branchages devant moi. Le temps d’attraper mon appareil photo, ils sont déjà loin.

Une belle soirée, 19 octobre 2010

Au loin, ils bifurquent et commencent à marcher en s’arrêtant souvent pour regarder vers moi puis passe derrière le bosquet. J’en profite pour avancer rapidement jusqu’à l’angle opposé. Le champ est vallonné, je ne vois pas les chevreuils, je décide de longer le bosquet qui fait un angle droit un peu plus bas avec une grosse haie. Je longe la haie et regarde au travers si un chevreuil ne pâture pas dans le pré en dessous. Rien, j’avance doucement quand, j’aperçois devant moi les 3 chevreuils qui avancent tranquillement, ils sont au bout de la haie et avancent vers un autre bosquet. Je profite du fait que la haie s’éclaircisse pour passer sous cette dernière et la longer rapidement pour gagner du terrain à couvert. Arrivé au coin du bois, je ne vois pas les chevreuils mais le relief du champ peu me les cacher. Je longe le bosquet derrière une petite crête qui casse le champ quand je les aperçois ils avancent tranquillement vers la friche plus loin. Je profite du relief pour les dépasser et me positionner derrière un chêne pour les attendre mais je n’ai pas fait attention au vent  qui vient de tourner et mes chevreuils sont déjà sur le travers d’en face quand j’arrive à mon poste.

Je laisse tomber et redescends pour revenir vers le maïs qui reviens vers ma voiture. Une grande aigrette décolle du milieu d’un pré, plus loin un chat blanc est en chasse et se coule lentement. Je rejoints le coin bas du maïs en longeant le bosquet puis commence à avancer doucement sur la bande enherbée en longeant le petit ru du déversoir du lac. Les ragondins ont bien touché le maïs, je surveille le petit cours d’eau et le maïs mais rien en vue. J’arrive à la voiture sans avoir vu le moindre animal.

Je repars vers le lac quand une silhouette m’apparaît à contrejour en haut du coteau sur ma droite. Je pense d’abord à un chevreuil puis me rend compte qu’il s’agit d’un beau renard. Je décide de tenter une approche. Plus de 400 mètres nous séparent et il commence à descendre vers le maïs, il me faut faire vite. Je pars en courant en longeant le maïs et arrive ainsi au dernier passage de canon alors que le renard arrive à 30 mètres du maïs. Je prends le passage de canon et tente d’avancer le plus rapidement possible et le plus silencieusement possible pour dépasser le renard car j’ai le vent dans le dos. Je surveille par moment le renard mais le perds de vue un long moment à cause de la hauteur du maïs. Quand je l’aperçois à nouveau il est pile à ma hauteur et longe à 30 mètres du maïs d’un pas tranquille. Je presse le pas pour arriver au bout du passage de canon et remonte vers l’angle du maïs mais le renard a, lui aussi, changé de trajectoire et est remonté vers un pylône EDF à 60 mètres de moi. Il me faut traverser un grand découvert pour l’atteindre, comment faire. Il s’arrête et surveille les alentours. Je tente un cri de souris mais il semble l’ignorer et reprend sa marche passant la cassure du champ et basculant hors de ma vue vers le pré en direction du sorgho plus bas. J’en profite pour avancer rapidement jusqu’au pylône et me cacher derrière un petit arbuste pour observer et retenter des cris de souris mais mon renard s’est volatilisé, certainement rentré au sorgho.

Je laisse tomber, la luminosité baisse vite et il ne me reste plus beaucoup de temps pour chasser. Je me dépêche donc de rejoindre le maïs où je voulais chasser au départ. En longeant le ruisseau d'alimentation du lac, j'aperçois 2 chevreuils à plus de 200 mètres, au pied du coteau sur ma droite, le découvert m'interdit une approche, je reste sur mon objectif premier.

Arrivé au maïs, je longe sur la bande enherbée entre le maïs et le bois mais le coin semble très calme ce soir. J’avance d’un pas un peu rapide pour une approche alors que j’arrive à 100 mètre du coin du champ quand du bruit dans les maïs me fait stopper net. Je pense tout d’abord à un chevreuil que mon approche aurait dérangé mais rapidement je comprends qu’il s’agit en de sangliers affairés à leur sortie crépusculaire. Plusieurs animaux se déplacent et le maïs est agité de toute part. Des grognements et des souffles se font entendre. Les sangliers progressent en s’arrêtant régulièrement. Je les suis par la bande enherbée quand la harde fait demi-tour et par vers un passage de canon. L’un d’eux est pris d’une quinte de toux pendant plusieurs secondes, il est à plus de 30 mètre de la bordure et je comprends que certains sangliers remontent dans le maïs. Je tente de les dépasser pour essayer de les apercevoir mais ils avancent trop vite et biaisent pour passer à plus 30 mètres de la bordure du champ dans un fracas de maïs froissé. Arrivé au passage de canon, je m’avance doucement pour tenter d’apercevoir un sanglier un peu plus haut mais je tombe nez à nez à 5 mètres avec 3 sangliers de 50 à 60 kilos. Il regarde vers moi, je tente un pas en arrière pour armer à couvert mais ils démarrent et font volte-face pour rentrer dans le maïs. Je les suis un moment au bruit, combien sont-ils pour faire un tel raffut ? Le maïs craque, bouge de toute part dans un bruis de feuille froissé qui s’arrête un instant pour reprendre de plus belle au milieu des grognements et des souffles. Plusieurs fois ils viennent vers la bande enherbée puis se ravisent et continuent à longer. Je n’ai pas le temps de les couper au passage de canon suivant. Ils traversent tous comme des balles puis commencent à faire de moins en moins de bruit puis plus rien, le calme revient et la nuit s’installe. Je rentre la tête pleine d’images plus belles les unes que les autres et me refait la chasse «  Et si… ?». Ce n’est que partie remise.

 

Alex

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 22:14

Ce matin, je décide d’aller faire un tour aux ragondins. Cela fait un bon moment que je les laisse tranquille et ils ont du se multiplier. Je vais commencer par le lac du « Tuco » à Labejan. J’ai mal jugé l’heure de lever du soleil et j’e me gare alors que je pourrais chasser déjà depuis 10 minutes.

Je descends vers le lac qui semble bien calme,

Triste sortie aux ragondins, 16 octobre 2010

l’agriculteur est déjà au travail, il sort le fumier de la stabulation près du lac et je crains que ce remue-ménage n’ait compromis mes chances pour ce matin. Je descends tout de même au bord du lac, au bout des peupliers et regarde la surface de l’eau qui reste bien calme puis je tourne la tête sur ma gauche et aperçois 3 ragondins qui remontent le talus du lac en broutant. Et d’autres qui nagent, au milieu des poules d’eau, contre un arbre mort qui flotte en surface.

Je baisse ma cagoule et me rapproche doucement, j’avance lentement et stoppe à chaque fois que l’un d’eux s’arrête de brouter ou relève la tête et gagne petit à petit du terrain. Le plus près n’est plus qu’à 15 mètres environ mais un pas de trop au mauvais moment et il retourne à l’eau. Ses congénères, plus hauts sur le talus, n’ont rien remarqué et poursuivent leur repas. Plus loin au moins 3 autres ragondins sont assis, espacés de plusieurs mètres, au bord de l’eau. Je reste focalisé sur mon but premier et poursuis mon approche mais alors que j’arrive à 10 mètres environ, le tracteur redémarre dans la stabulation située derrière moi et les ragondins relève la tête et m’aperçoivent. Ils redescendent en courant vers le lac et se coule dans les joncs.

Je m’avance doucement, le tronc couché dans l’eau contre la berge est surmonté de 2 ou 3 ragondins juste à 7 ou 8 mètres. Le premier ragondin revenu à l’eau démarre devant moi à 5 ou 6 mètres et part tranquillement en surface. J’arme mon arc, vise et décoche. Ma flèche l’atteint en plein cœur et le sang jaillit abondamment dès l’impact. Le ragondin plonge et remonte rapidement pour se débattre un instant en essayant de garder la tête hors de l’eau puis s’immobilise.

L’eau bouge de toute part au pied des joncs et je ne prête que trop tard attention à un autre ragondin perché sur le tronc en surface. Il se met à l’eau et par en nageant en surface à moins de 10 mètres. J’arme rapidement, vise dans le mouvement et décoche atteignant mon ragondin sans pouvoir vraiment définir la zone d’impact. Il plonge dans une eau rougit par le sang et revient se caler sous les joncs à 3 mètres sur ma droite. J’attends un peu espérant le voir ressortir mais la végétation qui bouge et les remous trahissent la fuite de mon ragondin qui s’éloigne en rasant le bord. Je tente de l’intercepter en le dépassant mais les remous cessent et je le perds définitivement. J’attends un peu puis me remets à chercher mais rien n’y fait.

Je récupère mes flèches et mes ragondins alors que le tracteur passe dans mon dos. Alors que je récupère juste mon ragondin l’agriculteur arrive pour me saluer et discuter un peu. Je pose mon ragondin dans un peuplier puis pars vers le lac du « Lion » un peu plus haut dans la combe.

Triste sortie aux ragondins, 16 octobre 2010

Un mouvement attire mon regard dans la mare juste au-dessus du lac mais je n’arrive pas à voir de quoi il s’agit et pense à une poule d’eau. Je contourne la mare en passant sous les clôtures électriques et en évitant la boue piétinée par les vaches quand j’aperçois 2 petits ragondins dans le coin diamétralement opposé. Il broute tranquillement mais je n’ai pas le temps de bouger qu’ils me repèrent et se jette dans les joncs. Je me rapproche doucement mais n’arrive pas à les trouver.

Je pars vers le lac en longeant un tout petit ru. Je jette un œil à la petite mare, au pied de la digue du lac, que je domine du haut du talus du ru. Rien ne bouge, je remonte la digue du lac puis décide de longer par la droite. Le grand lac, dont l’eau est couverte d’une petite brume matinale, est bien calme. 50 mètres avant le bout du lac, j’aperçois un ragondin qui longe contre la berge opposée. J’arme et vise mais il est trop loin. Il s’arrête et me fait face un instant. J’hésite puis me ravise et désarme alors qu’il se faufile sous la végétation et disparaît.

Je poursuis et longe doucement vers les terriers au bout du lac quand j’aperçois 2 gros ragondins assis juste à côté des terriers. Le plus en arrière est affairé à sa toilette et me tourne le dos alors que son compère, assis juste au bord de l’eau, semble m’avoir repéré et reste figé. J’avance avec une lenteur extrême, ils sont à 20 mètres environ. Un troisième ragondin, plus petit, joue à l’entrée du terrier puis rentre avant de ressortir et aller se blottir entre les 2 gros. Il commence sa toilette puis frotte sa joue contre le ragondin méfiant et finit par les perturber. J’avance toujours quelques centimètres par quelques centimètres alors que, maintenant, les 3 ragondins font leur toilette, agglutinés en une masse compacte.

J’approche encore un peu encore mais je suis totalement à découvert et je décide de tenter ma chance à environ 12. J’arme doucement, et vise le ragondin le plus à gauche et le plus haut sur la berge mais ma flèche est trop basse et atteint le plus petit des 3 un peu haut et un peu trop en arrière. Les 2 gros s’enfilent dans un terrier hors d’eau. Le malheureux se débat en grognant et se dégage avant que je n’aie eu le temps de réencocher. Il tombe à l’eau et parvient à se traîner au terrier et rentre à l’abri.  

J’attends un peux à genoux, face aux terriers, au cas où mais l’eau se calme et j’entends le ragondin finir de rentrer au fond du terrier. Je jette un coup d’œil sur le lac dans son beau manteau d’automne

Triste sortie aux ragondins, 16 octobre 2010

puis  traverse pour essayer de trouver mon ragondin. Je dois jouer un moment des sécateurs pour me frayer un passage dans les ronces et arriver sur un puits, creuser il y a 2 ans, qui donne sur le terrier et par lequel j’avais sorti un ragondin mort dans ce même terrier. Du contenu stomacal et du sang jonchent le fond de la galerie de droite. Je m’enfonce tête la première avec ma frontale pour regarder dans la galerie mais elle est trop profonde et s’enfonce dans le talus sous 4 mètres de terre. Encore un ragondin perdu et celui-là ne passera pas la matinée vivant.

Je reviens par la berge opposée et tente de retrouver le ragondin de tout à l’heure sans succès avant de revenir vers le lac du « Tuco ». Je me fais surprendre en arrivant par un ragondin qui plonge dans une petite étendue d’eau en pointe qui termine le ru juste avant la mare. Il est rentré sous les joncs juste en face de moi. J’attends un peu qu’il veuille ressortir et aperçois les 2 petits ragondins de tout à l’heure au même emplacement entrain de brouter. Je n’ai pas fait é pas vers eux qu’ils sont dans les joncs ! Ils sont vraiment très méfiants ! J’essaie de me rapprocher pour les voir mais rien faire, l’eau bouge mais ils sont invisibles.

Je reviens vers le ragondin que je surveillais et bien sûr il vient juste de quitter sa cachette pour se faufiler vers un terrier  plus haut sur le ru. Je presse le pas mais, en regardant le ragondin, je plante profondément mon pied dans la boue et reste scotché. Le temps de me dégager, mon ragondin est à l’abri. Ce n’est pas mon jour !

Je repasse sous les clôtures et aperçois 2 petits ragondins qui broutent au bord du lac. Je me colle contre le bord du lac et avance doucement vers eux. Je m’arrête 3 ou 4 fois alors qu’ils relèvent la tête, inquiétés par les vaches que ma présence dérange et qui viennent vers moi pour détaler en suite. J’arrive doucement à 6 mètres environ du plus près, arme vise et décoche une flèche qui était sensée le clouer au sol mais qui vient de le traverser entièrement. Les ragondins plonge et je pense voir remonter l’un d’eux mort mais l’eau bouge contre la berge sans qu’un ragondin ne remonte. Seul l’empennage de ma flèche dépasse de l’herbe et il est couvert de contenu stomacal. Un remous m’indique qu’un ragondin longe contre la berge. Je le dépasse et l’attends mais il se cale dans un creux de la berge, trahit par ses remous. Il sort plusieurs fois la tête, les yeux écarquillés. C’est mon ragondin blessé mais je n’ai jamais le temps de décocher. Puis l’eau se calme, j’attends un peu puis m’approche pour l’achever mais il plonge juste avant ma décoche et je le perds pour de bon. Quand ça ne veut pas rigoler !

Je retourne à la voiture et pars pour une mare toute proche. L’eau bouge alors que je m’approche mais un héron décolle suivit de 2 colverts. Pas de ragondin, je fais tout de même le tour et regarde une toute petite mare assez sale où j’entends un ragondin rentrer au terrier sans le voir. Je remonte à la voiture puis pars pour 2 petits lacs entourés de peupliers juste un peu plus loin. Le cerf qui traîne dans le secteur est passé depuis la dernière pluie.

Triste sortie aux ragondins, 16 octobre 2010

Le pied est énorme, ce doit être un beau cerf. Un gros sanglier a également retourné de frais le semé de colza. Un cormoran passe sur ma tête assez haut. J’arrive au premier lac par la gauche en remontant sous la digue. Une nuée de colvert est posée sur le lac et décolle par vagues successives en m’apercevant. 2 canes retardataires me laissent un peu approcher avant de s’envoler. Le second lac est désert.

Retour à la voiture puis je pars pour 3 autres lacs de l’autre côté de la colline par rapport au lac du « Lion ». Juste en arrivant je lève 4 perdreaux sur la route. Je me gare dans le champ et descends vers le premier lac d’où décollent par vagues des dizaines de colverts. Ce n’est pas la peine de chercher un ragondin sur ce lac, je descends vers le second et remarque une belle coulée qui descends vers l’eau au travers des ronces et qui forme plus bas un beau tunnel. Je décide d’aller voir où elle mène et la suis pour tomber sur une zone marécageuse marquée par des souilles de sanglier mais rien de frais.

Je vais longer le lac coté bois pour changer. Un gros bruit un peu plus loin sans que je puisse vraiment l’identifier… un envol ? Un démarrage ?... Un petit ragondin longe la berge plus bas puis s’éloigne pour rejoindre l’île. Je ressorts du bois et file vers le 3ième lac d’où s’envole à nouveau pas mal de colvert. Tout au bout, un ragondin se coule entre les saules qui poussent les pieds dans l’eau mais le temps d’arriver il est déjà à couvert et je fais décoller une sarcelle.

Je décide de rentrer quand, au sommet du coteau, à plusieurs centaines de mètres, au pied d’un pylône EDF, la silhouette d’un animal m’interpelle, il vient de bondir sur un mulot dans l’herbe haute et à sa queue longue et fine je pense à un renard galeux. Je décide de tenter une approche. Je dois faire une grande boucle pour remonter à couvert le long d’un bois. En me rapprochant, je ne vois plus l’animal, un moment perdu de vue derrière le relief, au pied du pylône mais il me semble reconnaître un chat sur le mur du cimetière un peu plus haut. Je m’approche un peu et effectivement il s’agit d’un chat. Cette fois je rentre.

 

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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