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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 13:14

Ce matin, j'ai décidé d'aller faire un tour à l'approche sur Labéjan. Il y a quelques temps Cyril qui lit souvent mon blog m'avais contacté pour savoir si je donnais "des cours d'approche", Il veut se mettre à la chasse à l'arc, je lui avais répondu que non mais que, s'il voulait, je pourrais le prendre chasser avec moi dès que possible. Vendredi soir, je l'ai donc contacté et nous avons pris rendez-vous ce matin à 7 h sur la place d'Auterrive.

Nous partons donc pour Labéjan, les conditions ne sont pas favorables ce matin, il a gelé très fort et tout va craquer pendant les premières heures de la matinée. Arrivés sur place, nous nous garons sous la digue du lac et attendons que le jour se lève. Je propose à Cyril une petite poussée silencieuse pour commencer. Je lui explique mon plan et pars me poster au coin d'un petit bosquet en crête, au milieu des champs. Cyril doit attaquer par le coin opposé et venir doucement vers moi en longeant le bois. 

Sortie chevreuil avec Cyril, 12 décembre 2010

Je suis posté et l'attente commence, rien ne bouge. Au bout d'un moment, j'entends du bruit en bas du bosquet et aperçois Cyril qui longe par le bas. Il n'a pas compris ce que je lui avais expliqué, ce n'est pas grave, il semble que de toute façon les chevreuils n'étaient pas là ce matin. Je quitte mon poste en sifflant pour l'avertir et nous nous rejoignons au coin du bosquet.

Nous allons avancer doucement en crête pour tenter de repérer un chevreuil à grande distance puis essayer de l'approcher. Le sol craque terriblement sous nos pas et la veste en nylon de Cyril fait un bruit terrible. Nous sommes assez mal partis pour approcher un chevreuil.

Au coin du bois suivant, je décide de couper droit à travers champ pour rejoindre une friche devant nous, quand, alors que nous sommes en plein découvert, 2 chevreuils déboulent au galop en bas du champ, à 150 mètres environ, en traversant la haie et nous repèrent aussitôt. Ils détalent vers la friche en suivant la haie. Nous prenons le pas de course pour rejoindre une petite haie qui borde la friche et voir où vont les chevreuils mais ils ne remontent pas et continuent sur leur lancée.

Nous apercevons alors 2 autres chevreuils, qui suivaient certainement les 2 premiers, s'éloignant de la haie en remontant dans le champ d'en face et, alors qu'ils viennent aussi de nous repérer, ils prennent le galop pour se diriger vers un bosquet un peu plus haut sur notre droite. Ça commence mal !

Tout à coup, alors que je m'apprête à descendre vers le bas du champ, j'aperçois à 600 mètres environs 3 chevreuils puis 4 qui détalent sur la crête vers la résidence secondaire. Je pense savoir où ils vont et fait prendre le pas de course à Cyril pour revenir vers l'angle du bosquet où j'étais posté ce matin.

Nous arrivons au coin du bois, 2 chevreuils arrivent par le chaume de maïs et descendent vers le ru. Impossible de traverser à découvert vers le coin du bosquet sans être repéré, je décide de rester là, c'est aussi un bon passage. Je me poste, Cyril est juste à quelques mètres derrière moi. L'attente commence, les chevreuils qui arrivaient au galop ont franchi le petit ru et sont masqués par le relief du champ, nous en profitons pour nous déplacer vers un des chênes qui forment une haie espacée qui rejoint le bosquet. Nous nous postons. Une voix retentit au bas du bois "viens ici, viens ici", certainement un chasseur qui rappelle en hurlant son chien parti derrière les chevreuils. Les deux chevreuils remontent vers nous puis s'arrêtent à 20 mètre du ru. Ils sont inquiets et observent.

3 autres chevreuils arrivent par le chaume de maïs à l'angle du lac et finissent par traverser la route pour rentrer dans le chaume de maïs à 40 ou 50 mètres au-dessus du ru. Ils avancent tranquillement en mangeant.

Tout à coup, les 2 chevreuils partent au galop vers l'autre côté du bosquet. Je tente le tout pour le tout, nous nous dépostons pour nous reposter dans le bosquet sur le passage des chevreuils et nous attendons un moment. Rien ne vient, ils ont dû couper droit le long du grillage de l'habitation. Nous quittons notre poste et nous nous décalons vers l'angle opposé. 3 chevreuils longent le ru de notre côté et vont vers le passage de débardage. Demi-tour, nous repartons nous poster derrière le chêne de tout à l'heure mais nous arrivons trop tard, les chevreuils sont déjà en bas et nous ne pouvons pas traverser à découvert pour atteindre le chêne. Nous restons à observer, cachés derrière l'angle du bosquet. Les chevreuils, une chevrette et ses chevrillards longent le ru doucement en s'arrêtant pour brouter mais ne semble pas vouloir remonter vers nous.

Je décide de tenter d'appeler la chevrette avec une herbe coincée entre mes pouces. Il me faut un moment pour trouver la bonne herbe mais cette fois c'est bon, je fais des petits appels brefs et espacés. La chevrette se tourne vers nous et démarre. Elle fonce droit vers nous au galop, suivie de ses rejetons. Elle marque quelques poses mais redémarre à chaque appel puis viens d'un pas décidé droit sur nous.

Elle n'est plus qu'à 70 mètres environ et, la voyant monter droit sur nous, je me saisis de mon arc, laissant tomber mon herbe précieuse. La chevrette s'arrête un long moment et observe vers nous. Impossible de retrouver mon herbe et les herbes gelées ne font pas le bon son.

La chevrette commence à devenir méfiante et se met à tourner pour repartir en sens inverse. Je l'arrête un moment et la fait revenir légèrement en l'aboyant mais rien à faire, elle se doute de quelque chose. Cyril tente de me donner un coup de pouce en coinçant une herbe entre ses pouces et en lançant des appels. Le chevrette revient un peu puis fait volteface et redescend. Je retrouve une herbe convenable et réessaye mais cette fois la chevrette a compris et elle redescend en biais vers le passage de débardage. 2 autres chevreuils surgissent du coin du bois en sens inverse de la chevrette puis font demi-tour et s'enfuient en remontant à travers le chôme de maïs d'en face.

Je décide de tenter de couper la route de la chevrette et des chevrillards en contournant le bois. Nous pressons le pas, traversons une haie puis descendons à travers une prairie gelée vers un passage au travers de la haie qui borde le ru. Arrivé au passage, nous apercevons les 3 chevreuils qui nous ont déjà repérés et qui s'enfuient en marquant des arrêts fréquents pour nous observer. Ils finissent par disparaître au loin derrière la résidence secondaire.

Nous partons maintenant vers le lac et apercevons 5 chevreuils dans le chôme de maïs au-dessus du lac, ils démarrent et s'enfuient vers un petit bosquet en sommet de coteau. Nous longeons le lac puis le ruisseau avant d'arriver contre le bois. Nous avançons tranquillement quand nous apercevons 3 chevreuils qui reviennent en sommet de coteau vers le bosquet que nous venons de dépasser. Ils passent derrière la crête. Nous remontons rapidement vers le bosquet mais une fois en haut les chevreuils sont à plus de 200 mètres en contrebas dans le chôme de maïs et partent vers l'angle du lac.

En me retournant vers le lac, j'aperçois 3 autres chevreuils qui sortent tranquillement du bois à 400 ou 500 mètres. Nous redescendons, passons le passage busé du ruisseau et partons nous poster dans le petit bosquet au-dessus du lac. Je laisse Cyril derrière un gros chêne et je monte juste un peu plus haut derrière des buissons. L'attente ne va pas durer bien longtemps. Nous apercevons les 3 chevreuils arrivant au galop et traversant le ruisseau par le passage busé pour remonter vers le bosquet en sommet de coteau où nous étions il y a juste un instant. Dommage, quelque chose ou quelqu'un leur a fait peur.

Nous nous dépostons et traversons le bosquet en diagonale pour ressortir à l'angle contre le lac. Je jette, au cas où, un œil dans les terriers de ragondins éventrés par mes déterrages successifs et alors que je passe au ras du dernier mes yeux se posent sur une queue de ragondin. Je dis à Cyril de ne pas faire de bruit, je change ma flèche pour une avec une lame moins neuve, m'agenouille à juste 1.5 mètres du terrier pour prendre de l'angle. Vise au bout de la queue et décoche.

Le ragondin touché à l'arrière train se débat et grogne furieusement. Je pose mon arc et me précipite pour l'attraper par la queue avant qu'il ne parvienne à se dégager et l'achève d'un coup sec.

Sortie chevreuil avec Cyril, 12 décembre 2010

Nous retournons à la voiture avec ma prise et apercevons un chasseur et son chien qui arrivent par le passage busé, c'est lui qui a affolé les chevreuils. La matinée est déjà bien avancée mais je décide de tenter le bois du Turc. Avant d'arriver à l'emplacement où je me gare d'habitude, j'aperçois 4 chevreuils au gagnage près d'une petite mare en contrebas de la route. Je pars me garer, donne ma polaire moins bruyante que sa veste à Cyril et nous voilà parti pour une nouvelle approche. Nous avançons vers un gros roncier qui nous cache à la vue des chevreuils et parvenons assez facilement à une cinquantaine de mètres de la mare.

Je me penche alors sur la gauche du roncier pour tenter de voir les chevreuils que je pense voir venir vers nous mais je me découvre un peu trop et une chevrette me remarque. Je reste figé pensant la voir fuir mais elle regarde ses congénères très calmes et finit par se remettre à brouter. Le petit groupe ne réagit pas comme je le pensais, au lieu de revenir vers le bois la chevrette de tête commence à remonter vers la route. Elle disparaît derrière une bordure de ronces qui longe un chemin de terre perpendiculaire à la route.

Nous devons laisser passer les 3 autres avant de bouger car une zone de découvert dans la bordure de ronces pourrait nous trahir. Au bout d'un moment les 3 autres suivent. Demi-tour, en gardant le gros roncier comme écran nous revenons vers la route puis la longeons, cachés derrière un talus assez haut. La route fait un angle droit avant de revenir vers l'arrivée du chemin de terre. Je ralentis doucement et me voûte de plus en plus en me rapprochant du chemin car le talus baisse et les graviers crisses sur le goudron. Je ne prête pas trop attention à Cyril qui me suit mais lui lance un petit "essaie de pas faire trop de bruit" sans me retourner. Arrivé au niveau du chemin, je me redresse un peu et aperçois un brocard avec 2 petites bosses en velours qui biaise pour rejoindre la route 30 mètres plus devant nous. 

Le relief du chemin qui fait une bosse nous camoufle, j'avance rapidement en serrant le plus possible le talus et voûté au maximum. Quand je me redresse un peu, j'entrevois la chevrette de tête qui arrive à la route. Je m'agenouille et arme dans le mouvement mais le temps passe et rien ne vient. Sans me retourner et toujours armé vers la sortie espérée de la chevrette, je demande en chuchotant à Cyril s'il a été vu et il me répond négativement mais toujours rien. Je me redresse doucement et aperçois les chevreuils en bas du champ en train de s'enfuir. Cyril qui était sur la route, trop décalé par rapport au talus a été vu. Dommage, c'était une belle approche.

Nous partons à travers champ pour tenter de repérer un autre chevreuil. Nous biaisons vers les bosquets où Arnaud a fléché sa chevrette. Juste en arrivant à la crête du pré, j'aperçois en contrebas une chevrette qui arrive vers le bosquet. Je le signale à Cyril et nous nous plaquons contre le bosquet cachés derrière la crête puis je commence mon approche, suivi par Cyril, en descendant le long du bosquet. La chevrette a déjà passé l'angle du bosquet et ne peut pas me voir arriver, j'essaie de rester au maximum silencieux, arme mon arc avant d'arriver à l'angle mais alors que je pense tomber sur la chevrette, je constate qu'elle est déjà rentrée au bois.

Cyril me signale qu'il a vu 3 chevreuils dans le pré d'en face mais ils sont passés derrière la cime des arbres du bois du Turc. Nous descendons au cas où mais ils sont rentrés au bois. Nous retournons à la voiture.  

 

Alex

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 06:51

Ce matin, j'ai convenu avec mon ami Patrick d'aller chasser chez lui à Sarrancolin. Réveil à 5h30, le temps de dégivrer la voiture et me voilà parti. J'ai décidé de chasser au tour de la place de brame où j'ai fléché mon cerf cette année. Arrivé avant le lever du jour, je me gare près du ruisseau du fond de vallée et j'attends un peu dans la voiture puis je sors affronter le froid vif et me préparer. La lueur du jour commence à poindre, tout est calme et le silence n'est perturbé que par le bruit de l'eau. Les Pyrénées me manquaient, nous étions abonnés aux lundis pluvieux depuis plusieurs semaines et je ne suis revenu qu'une fois depuis le brame. Le paysage a changé et la neige a commencé recouvrir la montagne d'un manteau blanc.

Je finis le reste du chemin à pied et rejoint la dernière habitation avant d'attaqué mon ascension par un petit sentier qui remonte d'abord assez raide puis à flanc de montagne pour rejoindre la place de brame. Arrivé en haut de la partie la plus raide, je marque une pause et me retourne vers la ferme en contrebas. 3 animaux arrivent des fougères sur ma gauche, 150 mètres plus bas. La biche suivie de la bichette et du hère, ils passent juste devant la maison puis plongent dans la pente. Je regarde un moment pour essayer de les voir remonter sur le flanc d'en face mais rien.

Je reprends mon ascension. Un peu plus loin, je marque à nouveau une pause pour observer les fougères en dessous et au-dessus du chemin. Derrière moi, Sarrancolin se réveille et le bruit de la route vient perturber la quiétude ambiante.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Je monte doucement en essayant de ne pas faire trop craquer la neige et le sol gelé. Les premières empreintes fraîches dans la neige. Une biche est passée de frai. Je fais régulièrement des pauses d'observation quand, tout à coup, un bruissement dans les genets au-dessus de moi me met en alerte. J'essaye de voir de quoi il s'agit quand un aboiement retentit. C'est un chevreuil que j'ai dérangé et qui se coule au travers des genets et des fougères pour regagner la crête. J'ai beau me déplacer un peu et me fatiguer les yeux, impossible de le voir. Je reprends ma route.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Le sol est de plus en plus craquant et il est impossible d'avancer sans bruit. Je rejoints finalement la place de brame ou j'ai manqué un cerf cette année. Je marque une pause, et jette un coup d'œil en contre bas dans les fougères. Une biche et son jeune arrivent de derrière moi à 100 mètres plus bas pour rentrer dans l'épais. Ils marquent une pause et observent tout autour d'eux sans me voir avant de disparaître derrière les arbres.

Je m'avance sur la place de brame. Beaucoup de traces traversent la zone dégagée. Biches, cerfs, sangliers, chevreuils et renards se sont croisés ses derniers jours. Une meute de chien est aussi passée ces derniers jours, Patrick m'a dit que Sarrancolin était venu chasser le sanglier dans le secteur.

Je continue vers la place de brame où la réussite m'a souri. Mes pas font craquer le sol et je crains que ma matinée d'approche ne soit bien compromise. Le chemin monte un peu puis redescend sous la voute de noisetiers défeuillés. Cette place est aussi marquée de nombreuses traces plus ou moins fraîches. La neige plus poudreuse est moins craquante dans le secteur. Je m'avance puis me cale derrière des genets en observation. Des vols successifs de petits passereaux passent bruyamment au-dessus de ma tête. Tout est calme, la nature semble endormie et rien ne bouge. Je tente un petit cri de souris pour essayer d'apercevoir maître goupil mais rien. Quelques merles batifolent dans les buis.

Je quitte mon poste pour rejoindre la piste à flanc de montagne qui me conduira à la zone grillagée. Je passe par la piste où le sol est moins craquant.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Je rejoins la piste taillée à flanc de montagne, les premiers rayons de soleil passent la montagne et rendent le paysage encore plus magique.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

J'avance doucement sur la piste, la neige poudreuse n'est pas bruyante. De temps à autre, je me rapproche du bord pour tenter de surprendre un animal en contrebas. La piste est jonchée de traces d'animaux. Au bout d'un moment, en me rapprochant du bord, je perçois un mouvement près d'un massif de buis. C'est un chevreuil qui s'avance doucement en mangeant, 50 mètres plus bas, ses pas étouffés par la neige. Je reste immobile à l'observer. Au bout de 5 mètres environ, il stoppe net derrière un hêtre, je ne vois plus que son arrière train puis fait brusquement demi-tour et s'arrête pour regarder nerveusement autour de lui avant de disparaître dans les buis. Je n'avais pas remarqué que j'avais le vent dans le dos. Je me décale à la sortie des buis et attends un moment. J'entends un moment ses pas puis plus rien.

Je continue jusqu'à la zone clôturée. J'ouvre et passe le portail et traverse doucement l'enclos. Beaucoup de traces de renard traversent l'enclos mais pas une trace de cervidé. Je regarde l'heure, il est bientôt 9 heures, Patrick devrait bientôt émerger. Je décide de faire demi-tour pour tenter de voir quelque chose en dessous de la piste d'où je viens. Arrivé au portail, Patrick m'appelle, il n'est pas trop motivé pour traquer en haute montagne, il a la crève. De plus, les chiennes sont en chaleur et Atar ne fait pas le grand cervidé. Nous décidons de chasser sous chez Patrick.

Je reprends donc la piste vers la place de brame et pour raccourcir un peu et me donner une dernière chance je redescends par une piste qui longe 100 mètres environ sous la piste qui mène à l'enclos. Elle est aussi très fréquentée. J'avance doucement et surveille alternativement au-dessus et au-dessous de la piste.

Je ralentis en dessous d'une zone épaisse de buis. Un animal démarre, c'est un chevreuil qui marque un temps d'arrêt au sommet d'un rocher avant de redémarrer et de disparaître dans les buis. Au bout de la piste, je pars en biaisant dans la pente pour rejoindre ma voiture.

Je retombe sur une piste forestière et retombe sur le chemin prêt de mon véhicule. Je redescends vers Sarrancolin puis me gare en bas du chemin de la Soule. Des travaux de mise en place du tout à l'égout m’empêchent de monter chez Patrick. J'appelle mon ami pour lui dire que j'arrive, il me faut 15 à 20 minutes pour arriver à mon poste. Lui va arriver de chez lui par le bois avec Atar en espérant lever des animaux.

Les ouvriers du chantier me regarde passer bizarrement... ils ont jamais vu un arc ? Après quelques virages, je quitte la route pour remonter à travers pré vers une zone de fougère très passagère où je vais me poster.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Arrivé dans les fougères, je me faufile par les coulées pour prospecter au niveau des gîtes, on ne sait jamais. Le vent est bon et assez soutenu. J'avance presque sans bruit, je monte un talus très raide et passe devant  les gîtes sans rien voir. J'avance encore un peu vers l'endroit où j'ai fléché ma bichette l'an dernier.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Tout à coup, une grande patte se dérobe devant moi et disparaît sans bruit dans le bois. Je décide de faire demi-tour et de me poster un peu en retrait derrière un gros buisson au bord d'une coulée très fréquentée. Je commence à préparer mon poste avec mes sécateurs puis me ravise. Je vais avancer un peu plus et me poster sur la coulée mais un peu plus dans le sale.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Une grosse coulée au-dessus à portée de tir et les coulées en dessous aussi à portée de tir, c'est un bon poste. Je n'ai pas longtemps à attendre, déjà au loin j'entends Atar qui rapproche sur le pied d'un chevreuil. Il se rapproche rapidement. Je suis prêt, décocheur accroché. Tout à coup, ce que j'identifie comme étant un chevreuil surgit du bois et arrive sur la coulée du dessus et disparaît dans le sale à moins de 30 mètres. J'arme au cas où, si c'est un chevreuil je laisserais passer mais si c'est autre chose, je serais prêt. Atar se rapproche de plus en plus. Des craquements se font entendre dans le sale, ça se rapproche. Je désarme pour ne pas trop forcer sur mes bras. Ça va sortir vers en bas, je réarme. Ce n'est plus un chevreuil mais un hère qui dévale la pente et prend la coulée qui monte droit dans mes pieds. Je le suis dans mon viseur. Il se baisse et passe sous les branches pour ressortir tête haute à 5 mètres de moi en relevant la tête. Il est presque de face et arrive au trot. Je prends la visée à la base du coup et décoche. Il me voit mais trop tard, il n'a pas le temps d'esquiver. Ma flèche disparaît dans son épaule. Il fait demi-tour, ralentit progressivement sur 40 mètres environ, commence à vaciller, baisse la tête puis se couche. Atar est passé au-dessus avec le chevreuil.

J'attends un peu avant d'aller voir. Pas de flèche sur le lieu du tir mais rapidement beau coup de sang dans la coulée sur les fougères

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

et au sol.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

En arrivant où j'avais vu tomber mon hère, je le retrouve mort. Ma flèche rentre dans l'épaule et ressort près de l'anus d'où elle dépasse encore de 60 cm. C'est un jeune mâle. Patrick arrive, je lui annonce la mort de mon hère et monte chercher le bracelet et lui donner mon arc. Il repart chercher le pickup.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

J'appose le bracelet et tire le hère jusqu'à la route en attendant Patrick.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Au dépeçage, je constate que ma flèche a touché les 2 poumons et le foie. Une fois le hère peler et vidé nous partons manger, ce soir nous allons chasser dans le Gers à Traversères sur un territoire à sanglier. En milieu d'après-midi nous levons le camp, déjà 4 vautours, un milan royal et des grands corbeaux tournent à basse altitude. Et nous faisons décoller les 4 grands rapaces en passant en voiture. Patrick laisse son pickup pour ce soir et nous finissons à pied au travers du chantier pour récupérer nos voitures au pied du chemin de la Soule.

Nous arrivons sur le territoire de chasse vers 16h30, sur la route, à l'entrée du chemin qui mène à la ferme où je me gare, un renard nous regarde arriver assis, puis finit par sauter dans le ruisseau à l'approche de la voiture. Je tourne et prends le chemin pour aller me garer. Patrick décide de démarrer du début du chemin. Je le dépose et pars me garer avant de remonter la combe en direction de la route de crête. Je n'ai pas prospecté cette partie du territoire depuis longtemps. A peine la ferme dépassée que j'aperçois 2 chevreuils au gagnage près du parc de la LPO. Je continue ma route vers un massif de genets au bout d'un bois où se remisent très souvent les sangliers.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Je passe la haie qui sépare les 2 prés et remonte en la longeant vers les genets. Au coin du bois, je remonte par une grosse coulée très fréquentées vers mon poste. Je vais rester un moment entre le bois et les genets sur cette bande de clair. Le vent est bon, il souffle des genets vers le bois. L'attente commence et comme d'habitude les petits rongeurs font un bruit du tonnerre dans les feuilles mortes en sous-bois. Je les vois parfois passer.

Tout à coup, j'aperçois du mouvement à 250 mètres environ, il me semble qu'il s'agit d'u renard ou d'un chat. Dans le doute, je quitte mon poste et redescends vers le pré. Du coin du bois, je tente un cri de souris mais l'animal ne se laisse pas perturber et se rapproche du talus d'herbes hautes. Je finis par clairement identifier un chat. Je traverse donc le pré et me poste au coin de la haie pour surveiller à la vue et à l'écoute le secteur.

Les sangliers ont donné pas mal de coups de nez dans le secteur. Un second chat traverse le pré sur les traces du premier. J'ai bon espoir mais le temps passe, la luminosité baisse. Un bruit dans la haie se fait entendre, au bout d'un moment, un animal sort mais je n'arrive pas à l'identifier. Il relève la tête et s'assoie, il est à 35 mètres environ. C'est un lièvre, il commence à se rapprocher en zigzagant. Il s'arrête régulièrement, entre dans un petit roncier, ressort, s'assoie à nouveau, se rapproche par petit bons, revient vers la haie et disparaît puis ressort, s'assoie et décrit un arc de cercle pour venir s'assoir à 5 mètres de moi alors que je viens d'armer. La visée prise sur son coffre, je décoche. Le lièvre pousse un petit cri à l'impact et démarre en trombe sur 10 mètres puis ralentit, s'arrête à 20 mètres, s'assoie, se quille droit sur ses pattes arrières puis retombe sur le dos. C'est fini pour lui. Ma flèche l'a frappé en plein cœur.

La nuit tombe, je ramasse mon lièvre et je rentre. C'est mon troisième à l'arc et mon 4ième de ma vie de chasseur. Patrick a vu 2 sangliers mais n'a pas pu tirer. Nous rentrons.

Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

Alex

 

Atteintes :

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Après le daguet, la bichette et le cerf... le here, 29 novembre 2010

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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 14:16

Ce matin, le ciel est bien dégagé, il a gelé. J'ai prévu d'aller chasser le chevreuil mais je décide de commencer par aller faire un tour rapide au ragondin en attendant les premiers rayons du soleil. En descendant vers le lac, j'aperçois 3 chevreuils au gagnage dans le chaume de maïs sur ma gauche. Je me gare sous la digue du lac et change de programme. Je vais directement attaquer par les chevreuils on verra les ragondins un autre jour.

Je prends un bracelet à la poche et sors sans bruit de la voiture pour attraper mon arc. Un bouquet d'arbres me cache pour l'instant de la vue des chevreuils qui remontent vers le sommet du coteau. Je referme doucement ma voiture, enfile ma cagoule. C'est alors que j'aperçois 2 autres chevreuils qui m'observent en crête sur le coteau d'en face.

Je décide de commencer par les 3 autres avant de tenter quoi que ce soit sur ces 2. Ils auront le temps de m'oublier. Sachant que j'ai peu de chance de réussir à remonter la côte sans être vu, je tente le tout pour le tout. Je remonte par la route comme le ferait un promeneur. Les chevreuils mettent un bon moment à me repérer puis les 3 têtes se tournent vers moi et m'observent. Je fais comme si je ne les avais pas vu et continue ma route mais les chevreuils deviennent nerveux et l'un d'eux redescend vers le ru. Je reste sur mon idée de départ et ne me retourne pas, j'arrive au sommet du coteau et fais décoller 6 perdreaux du sorgho moissonné.

Je bifurque à droite sur un chemin goudronné qui mène à une résidence secondaire puis dépasse la maison pour arriver sur la crête du coteau. Les chevreuils ont détalé, ils sont à 400 mètres au pied de la colline et s'éloignent. Je redescends donc vers le passage de débardage au coin du bois puis je remonte en longeant le bois vers les autres chevreuils.

Arrivé presque en haut du bois, je biaise pour arriver à l'angle de l'autre bosquet puis longe le bord vers l'endroit où se trouvaient les chevreuils.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Dans la courbe, j'aperçois un chevreuil plein travers à 50 mètres environ qui tourne le dos au bois. J'ai fait un pas de trop et il regarde vers moi. Je reste un moment sans bouger puis, voyant qu'il finit par se remettre à manger, je me serre contre le bois et y rentre doucement en essayant de rester silencieux malgré les obstacles végétaux.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Je me positionne derrière un gros arbre au pied du talus qui descend dans le bois et calcule mes possibilités de tir. Le poste semble bon. L'attente commence, un ballet incessant de mulots anime le sous-bois, je les observe en essayant de rester attentif. Ils plongent sous les feuilles, ressortent un peu plus loin, jouent les équilibristes sur le branches mortes posées au sol... ils font un bruit impressionnant pour leur taille. Un rouge gorge toujours en mouvement vient également me tenir compagnie.

Le temps passe et je ne vois rien venir, je décide de me décaler un peu et de m'avancer vers la dernière position du chevreuil. Je me faufile dans la végétation sans faire trop de bruit puis je me cale à nouveau, 20 mètres plus loin, derrière un écran végétal. L'attente reprend, mais rapidement un léger craquement au milieu de la végétation me fait poser les yeux sur un beau sanglier en train de se lever. Il était gîté à seulement 12 mètres de mon poste et reste figé, les oreilles braquées vers moi.

J'arme doucement et prends la visée au travers d'une fenêtre dans la végétation. Je décoche, un impact sourd et le sanglier démarre doucement au petit trot. Rapidement, il émet un souffle puissant. Je tends l'oreille et suis sa fuite au bruit de feuilles mortes. En bas du bois, à nouveau un souffle puissant puis le calme revient.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

J'attends un moment puis je vais contrôler mon tir. Je trouve le gîte du sanglier et 2 petites gouttes de sang dont l'une contient des débris alimentaire.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Pas de sang sur la direction de fuite du sanglier, je crains que ma flèche ne soit pas bonne. En regardant plus loin j'aperçois ma flèche. Elle est couverte de sang et de résidus alimentaires. Le sanglier était plein travers à la décoche, ma flèche doit être trop en arrière. Je décide de planter ma flèche droite et de m'éclipser pour revenir plus tard avec un conducteur de chien de sang.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Je jette un coup d'œil dans le bois clair aux alentours sans descendre plus puis je remonte pour partir en longeant le haut du bois pour ne pas faire trop de bruit et risquer de relever l'animal. 

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

En descendant vers la voiture, j'appelle un premier conducteur de chien de sang mais je tombe sur son répondeur et laisse un message. Je décide d'aller faire le tour du lac pour me changer les idées. Les ragondins sont déjà rentrés. Le temps passe, toujours pas de réponse. Je tente de rappeler, toujours le répondeur. J'appelle alors le second conducteur qui lui me répond. Je lui explique la situation et nous convenons d'un rendez-vous vers 10h45.

Je remonte le ruisseau d'alimentation du lac pour tenter de voir un ragondin. Une grande aigrette décolle juste devant moi et s'éloigne en passant par-dessus le bois en poussant des cris de mécontentement.

Arrivé au passage busé, j'aperçois 3 chevreuils en crête. Ils m'ont vu. Je recule et me cale derrière les arbres qui bordent le ruisseau. Un premier chevreuil se lance en direction du bois qui borde le lac puis les 2 autres le suivent. Je reviens rapidement sur mes pas pour tenter de trouver un passage et traverser le ruisseau pour me caler dans le bois. Mais alors que je m'apprête à traverser, un gros plouf dans mon dos me fait me retourner. Un gros chevreuil vient de traverser le ruisseau et détale en remontant le coteau. Il marque un temps d'arrêt presque à moitié champ et m'aperçois. Il redémarre et s'éloigne au galop.

Je me décale un peu espérant voir arriver les 2 autres mais rien ne vient. J'ai encore 1 heure à tuer, je décide de revenir à la voiture pour aller chasser sur un autre lac. Arrivé au niveau de la digue, j'aperçois un animal au milieu du champ qui sépare le bois du bosquet où j'ai fléché mon sanglier. J'ai le soleil dans les yeux et la grande distance ne m'aide pas à l'identifier rapidement mais je finis par comprendre qu'il s'agit d'un sanglier. Il semble se déplacer difficilement et s'arrête souvent.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Je décide de tenter une approche, je redescends pour longer le ru. Je presse le pas car mon sanglier se rapproche du bois et je suis encore loin. Il s'arrête tous les 2 ou 3 pas et fait le dos rond. Il semble avoir beaucoup de mal à se déplacer. Je finis par le dépasser et profite d'un bout de haie pour courir sur 100 mètres, passer hors de son champ de vision, caché par le coin du bois avant de traverser le ru et de remonter vers l'angle du bois.

Arrivé à l'angle du bois, je commence à remonter doucement en longeant le bord du bois. Je ne vois plus le sanglier et pense qu'il est rentré au bois quand un peu plus loin, je l'aperçois de cul, collé contre la bordure du bois, prostré et faisant le dos rond. Je me colle contre le bois et commence l'approche. J'arrive facilement à environ 40 mètres du sanglier mais plus je me rapproche plus je dois tenir compte du bruit. Je calcule chaque pas en asseyant d'éviter les glands, les feuilles mortes gelées et les brindilles. Je ralentis de plus en plus alors que la distance s'amenuise.

Arrivé à 30 mètres environ, le sanglier perçoit un léger craquement sous ma chaussure et tourne légèrement la tête côté champ. Je me fige et attends qu'il rebaisse la tête puis je recommence à avancer. Quelques pas de plus et à nouveau le sanglier tourne légèrement la tête côté champ, je vois son œil et attends qu'il rebaisse la tête puis recommence à avancer sur la pointe des pieds. Encore par 4 fois le sanglier tourne doucement la tête et je dois attendre immobile qu'il rebaisse la tête.

La tension monte à mesure que je me rapproche, je crains de le voir détaler d'un moment à l'autre. J'arrive à 12 mètres environ et arme mon arc. Le sanglier tourne légèrement la tête vers le bois, je gagne encore 2 mètres en le visant au cas où puis je me calle, vise l'anus et décoche. La flèche rentre jusqu’à l'empennage au ras de l'anus. Le sanglier démarre, un jet de sang impressionnant surgit de la plaie. L'animal bascule dans le bois, intérieurement bordé par un fossé très profond (5 mètres environ), descends le talus abrupt et tente de remonter en face mais il n'arrive pas à monter et chute lourdement pour rouler sous un arbre couché où il se débat un peu avant de s'immobiliser.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Il y a beaucoup de sang en haut du talus.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

La tension redescend, c'est fini. Je rappelle le conducteur de chien de sang pour annuler puis je pars chercher ma flèche laissée à l'endroit du tir. J'en profite pour tenter de suivre la piste de mon sanglier. Il est facile de suivre ses pas dans les feuilles mortes retournées mais pas une goutte de sang !

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Je tombe sur d'autres gîtes plus ou moins récents. Il semble qu'il soit dans le secteur depuis un moment.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Je retourne à mon sanglier, le premier conducteur de chien de sang me rappelle. Je lui dis qui ce n'est plus la peine de venir puis je descends le talus couvert de sang pour arriver à mon sanglier resté calé sous l'arbre. C'est un joli ragot.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Beaucoup de sang sur le talus d'en face sur les 3 mètres environ que le sanglier a pu parcourir.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Je l'attrape par une patte arrière et le tire jusqu'au bout du fossé puis le ramène à la voiture.

Au dépeçage, je constate qu'il parte de nombreuses entailles faites par les défenses d'un gros sanglier, certainement celui dont j'ai vu le pied plutôt dans la saison. La première flèche touche légèrement le foie, coupe la rate en 2 et traverse l'estomac. La deuxième flèche s'arrête juste au-dessus du cœur entre les poumons.

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

Alex

 

Atteinte :

Le beau ragot du destin, 28 novembre 2010

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 06:45

Les archers venus du Vaucluse (Philippe, Gérald, François et Nicolas) et des Alpes Maritimes (Jean Pascal et Philippe) sont restés après les battues de samedi et dimanche que j'avais organisé pour l'ASCA32, Arnaud est arrivé hier soir. Nous décidons de nous répartir en 2 groupes pour chasser sur mes territoires de chasse. J'ai 5 bracelets chevreuil sur Labéjan et Arnaud, Philippe, Gérald, François et Nicolas décident de tenter leur chance à l'approche. J'ai pris un peu de temps la veille pour leur montrer le site sur Géoportail. Il fait encore nuit quand nous les laissons au " bois du Turc " où ils chasseront ce matin et je pars avec Jean Pascal et Philippe chasser le ragondin.

Nous attaquons par un lac sur Durban, les ragondins y sont très matinaux et il nous faut arriver avant le lever du jour. Jean Pascal et Philippe vont se poster à l'arrivée du ruisseau d'alimentation alors que je vais faire le tour du lac pour leur rabattre les ragondins. Jean Pascal et Philippe descendent vers leur poste en longeant la clôture d'une habitation alors que je commence à m'avancer sur le pré en direction de la digue. Je leur laisse le temps d'arriver au poste puis descends vers la digue. Le jour se lève.

A peine arriver au bord de l'eau qu'un premier ragondin démarre du milieu de la digue et s'éloigne du bord en nageant à la surface. Je me rapproche de son point de départ quand 2 autres ragondins de belle taille s'élancent sur l'eau. Je me rapproche à moins de 10 mètres et commence à armer quand le scratch de mon décocheur lâche prise. Résultat une flèche qui tombe, légèrement poussée, à 3 mètres devant moi et un bon coup de poing dans les gencives. Je récupère mon décocheur resté accroché à mon D-loop et le repositionne à mon poignet mais trop tard, les ragondins sont déjà loin.

Je poursuis en longeant la rive pour me positionner sous le bosquet qui borde une partie de la rive du lac. Les ragondins vont parfois s'y réfugier et je me poste un moment pour leur barrer la route ne leur laissant qu'un échappatoire, les terriers du ruisseau. Je les aperçois au milieu du lac filant vers les postés "3 Ragondins arrivent vers vous". J'attends un moment et perds les ragondins de vue. De loin, il me semble voir Philippe armer.

Je surveille mon côté de berge mais rien ne vient. Je décide de faire demi-tour pour aller vérifier que les ragondins ne soient pas restés contre la berge d'en face. En arrivant près de Jean Pascal, j'aperçois un ragondin qui se débine vers la rive opposée, il dépasse à peine de l'eau. Je repars en courant en sens inverse pour l'empêcher de fuir vers le bois. Ayant dépassé le bois, je ralentis et longe la berge en marchant quand je l'aperçois, il vient droit vers la berge en face Jean Pascal. Jean Pascal m'annonce qu'il vient vers moi, je lui confirme que je l'ai déjà vu. Il m'annonce aussi qu'il l'a blessé.

Je le laisse se rapprocher du bord puis, passant voûté derrière des herbes hautes, je l'approche rapidement, arme mon arc et me redresse doucement. Je l'aperçois, posé sur la berge, une grosse blessure au niveau des épaules sur le dos. J'ajuste ma visée et décoche, le ragondin se contracte et retombe lourdement sur la berge. Jean Pascal l'avait déjà touché à 4 reprises et l'une de ses flèches était mortelle. Je n'ai qu'accéléré les choses. Je récupère le gros mâle puis retourne, par mon côté de rive, vers Jean Pascal et Philippe qui est toujours posté.

Une flèche est en surface devant le terrier principal, Philippe a tiré un ragondin et semble t'il peut être touché l'animal mais il n'avait pas vu la présence du terrier et le ragondin ne ressortira pas. Je me rapproche du terrier pour inspecter les joncs quand un canard désailé se jette à l'eau au milieu de nous 3. Philippe décoche le premier et passe dessous, Jean Pascal fait voler des plumes et ma flèche à la base du coup sèche le colvert qui tourne un court instant sur place avant de s'immobiliser.

Je pars récupérer les 4 flèches de Jean Pascal à l'aide de mon lancer mais le vent me complique la tâche et Philippe, équipé de cuissarde, vient m'aider dans ses eaux peu profondes. Jean Pascal, resté sur la berge d'en face aperçois 2 chevreuils qui se débinent pour passer la crête du champ. Gêné par le petit bosquet d'où ils sont partis nous ne pouvons les voir avec Philippe.

Les flèches et le canard récupérés nous partons inspecter un terrier où je flèche régulièrement des ragondins avant de changer de lac. Il est vide, nous retournons à la voiture alors qu'un cormoran vient tourner en repérage au-dessus du lac.

Nous partons pour une mare au pied d'une résidence secondaire anglaise mais rien dehors ce matin. Nous poursuivons jusqu'au lac du " Fourcés " à Labéjan. En route nous faisons décoller 2 perdreaux puis en descendant vers le lac nous constatons que les canards sont nombreux en surface, un cormoran est posé sur un peuplier au bout du lac. Nous nous garons à l'aplomb de la digue puis nous descendons vers le lac alors qu'un cormoran se pose sur l'eau. Les canards décollent par vagues à notre approche et 2 cormorans les imitent.

Jean Pascal et Philippe longeront la rive côté route où ils ont le plus de chance de voir des ragondins et je vais longer en face. Un ragondin plonge aux pieds de Philippe sans qu'il puisse l'apercevoir. Tout à coup, un remous de mon côté à 30 mètres devant, je presse le pas mais trop tard le ragondin a traversé et est rentré au terrier. Rien de plus sur ce lac, je dis à mes collègues de poursuivre jusqu'à la mare en amont.

En arrivant près de la mare Philippe aperçois un ragondin, il me le signale. Je lui indique la position du terrier à garder puis je m'avance pour essayer de le lui envoyer. Il a déjà plongé. L'eau est calme quand j'aperçois un léger remous dans les joncs devant Jean Pascal et le lui signale. Mais en baissant les yeux, j'aperçois un ragondin venant droit sur moi sous l'eau et le temps de réagir il a disparu sous les joncs.

Un court instant plus tard, Jean Pascal annonce à Philippe, posté au terrier principal, qu'un ragondin vient de sortir devant lui. Philippe arme et décoche sur le ragondin alors qu'il plonge. Nous scrutons la surface quand j'aperçois le ragondin qui vient droit sur moi. Il a une plaie au coup et vient se caler sous les joncs à mes pieds.

J'aperçois encore le bout de sa queue qui dépasse à peine de la végétation. J'arme, estime sa position dans la végétation et décoche. Une douleur violente au coude, ma corde a attrapé mon lancer en bandoulière qui vient de heurter mon coude. La flèche a été déviée et le ragondin n'a pas bougé. Sur la colère, je me débarrasse de mon lancer et réarme mais j'estime mal la position du ragondin et le frôle, ce qui le fait démarrer toujours sous l'eau pour aller se cacher un peu plus loin.

Je me déplace le long de la berge pour tenter de le retrouver quand mon pied passe au travers du tapis des joncs pour se retrouver dans l'eau. Je viens de marcher sur le vide laisser sur l'entrée d'un terrier pile où le ragondin se dirigeait. Il est au terrier. Je tente de l'en déloger avec une branche mais elle est trop courte, le terrier doit faire environ 2 mètres de profondeur. Je n'ai pas pris ma pelle et je suis prêt à renoncer quand en partant je me ravise.

J'ai du mal à me résoudre à laisser ce ragondin blessé. Je ramasse deux grosses branches de peuplier, une très longue de gros diamètre et une plus courte et plus fine mais munie de 3 pointes à son extrémité. Mouillé pour mouillé, je me mets carrément à l'eau jusqu'aux genoux en face du terrier et commence à enfoncer la branche fourchue dans le terrier mais il tourne légèrement et je n'arrive pas au fond. Je tente avec l'autre qui est en arc de cercle mais elle n'est pas assez souple. Je finis par défoncer l'entrée du terrier à coup de talon pour casser le virage puis je recommence avec la branche fourchue. Cette fois j'arrive au fond du terrier en enfonçant mon bras dedans. Je fais des va et vient secs qui finissent par faire bouger le ragondin.

Jean Pascal et Philippe m'ont rejoint et m'observe sur la berge. Le spectacle doit être assez comique. Tout à coup, je sens du poil sur ma main que je la retire aussitôt du terrier. Le ragondin a tenté de sortir mais a fait demi-tour. Je recommence de plus belle à agiter ma branche quand le ragondin se décide et fonce en passant sur mon bras pour jaillir du terrier et se jeter à l'eau. Je dis à mes collègues de reprendre leurs postes. Philippe est à peine en place devant le terrier, dans l'eau avec ses waders, que le ragondin sort  sur sa gauche contre les joncs. Il ne l'a pas vu et de concert avec Jean Pascal nous lui indiquons sa présence. Il fait un tour sur lui-même arc armé et aperçois le ragondin. La visée prise, il décoche et le clou sur place avant de s'en saisir et de l'achever d'un coup sec. Mes leçons ont bien prises.

Nous repartons à la voiture avec notre prise. Nous partons ensuite pour Loubersan. En route, nous apercevons 2 chevreuils au bord du Sousson et nous nous arrêtons un instant pour les regarder. C'est alors que Philippe aperçois 3 autres chevreuils qui détalent de l'autre côté d'une haie qui revient vers la route. Les 2 chevreuils vus au départ démarrent et rejoignent les autres. Nous les suivons un moment au ralenti par la route, alors qu’ils courent au milieu d'un chôme de maïs, puis nous les dépassons, la grosse chevrette meneuse a bifurqué vers le Sousson.

Arrivé aux serres, nous nous garons et je laisse Jean Pascal et Philippe descendre vers la mare. Un ragondin plonge mais les chasseurs ne pourront pas l'apercevoir. Ils remontent et nous partons pour Clermont Pouyguilles vers la "mare aux ânes". Pas de ragondin ce matin mais je récupère 2 de mes flèches qui sont remontées en surface. De là nous partons un peu plus haut vers un petit lac où nous n'apercevrons qu'un héron cendré.

Nous repartons vers le bois du Turc et faisons une dernière sortie sur un petit lac de Labéjan mais toujours rien, il faut dire que le temps n'est pas vraiment avec nous.

Nous partons retrouver les chasseurs de chevreuils qui ont vu pas mal d'animaux mais qui reviennent bredouilles.

Un lundi entre pots, 22 novembre 2010

De retour chez moi, François, Nicolas, Philippe, Gerald, Jean Pascal et Philippe, qui ont pas mal de route à faire, nous quittent. Je reste seul avec Arnaud. Patrick mon pot des Pyrénées doit venir chasser ce soir. Nous allons chasser du côté de Traversères sur mon secteur à sanglier.

En début d'après-midi, nous partons avec Arnaud faire un tour au ragondin du côté de Castelnau Barbarens mais à part 3 faisans lâchés de frai nous ne verrons rien. Nous avons rendez-vous à Sansan avec Patrick à 16 heures et il est temps d'y aller. Nous récupérons donc Patrick sur le parking de la salle des fêtes et nous voilà partis.

Arrivés sur place, nous partons juste au coin de la ferme sans nos arcs pour que je montre les limites du territoire à Arnaud qui ne les connait pas encore.

Je suis en train de lui montrer le secteur où j'ai bon espoir de rencontrer les sangliers quand il m'interrompt : "Là, là... regarde !". Je m'avance pour dépasser un buisson qui m'empêchait de voir et j'aperçois un beau sanglier sur le pré au ras des épines noires, à 50 ou 60 mètres de notre position. Il rentre tranquillement à couvert alors que nous regagnons la voiture au pas de course pour prendre nos arcs.

Je prendrai par le bas sur le petit pré tout en long qui fait la limite avec le propriétaire voisin et qui se finit contre la route. Je connais la limite du territoire et je vais essayer d'empêcher le sanglier de fuir par le bas pour laisser leur chance à mes invités que je laisse s’organiser pour la chasse. Arnaud décide de prendre par le haut, Patrick le laisse faire et reste en retrait pour couper la route à un éventuel fuyard.

Je longe très doucement dans le pré, au pied du talus boisé, un énorme chat noir, dérangé dans sa chasse, remonte dans le bois. Les gîtes sont sur un replat au-dessus d'un bois assez clair de chênes. J'avance sans rien voir ni entendre quand, tout à coup, en haut du penchant, dans mon dos, un sanglier pousse un grognement furieux. Je pense tout d'abord à un animal fléché mais Arnaud m'expliquera plus tard qu'ayant repéré un sanglier qu'il tentait d'approcher, il a dérangé ce sanglier couché au pied d'un talus, c'est en fait une laie suitée.

Je fais demi-tour lentement et aperçois, en haut du penchant, un premier sanglier, puis un second, puis un troisième... Ils sont arrêtés plein travers, plus ou moins dégagés à 30 ou 35 mètres. Trop loin pour moi.

Tout à coup, ils décident de descendre en biaisant pour passer 30 à 40 mètres devant moi. Je m'avance pour tenter de les couper et les retourne. Ils remontent vers Arnaud et disparaissent.

J'attends un peu sur ma position quand un bruit constant de végétation craquante et de feuilles mortes piétinées se rapproche rapidement pour s'arrêter juste au-dessus de moi. Je ne vois rien quand, d'un coup, 5 sangliers rayés de 12 à 15 kg démarrent. Ils longent à mi pente et je les suis par le pré. Ils descendent un peu, remonte mais reste assez constant sur la courbe de niveau en marquant parfois un petit arrêt pour se regrouper. Le bois est assez clair et je les perds peu de vue. Ils foncent droit vers la route et je cours me positionner au bord de la route pour les intercepter mais ils bifurquent et gardent la courbe de niveau en longeant la route à mi pente dans le bois. Je cours sur la route en les suivant et constate qu'ils commencent à remonter doucement. Je décide de tenter le tout pour le tout.

Je pique un sprint sur 400 mètres, jusqu'au bout de la bande boisée, saute le fossé de la route, remonte la pente pour me positionner au coin supérieur du bois où je me poste pour attendre les animaux. Je reprends doucement mon souffle quand le bruit caractéristique se rapproche. J'arme mon arc, les petits sangliers ralentissent, s'arrêtent mais sans me laisser d'angle de tir puis repartent au petit trot pour me passer à 7 ou 8 mètres plein travers. Je vise le premier, calcule mentalement le temps qui sépare le suivant, puis le suivant... je laisse passer les 4 premiers et décoche avant l'arrivée du dernier. Je vois arriver ma flèche pile sur le sanglier et je la pense être plein cœur.

Le sanglier couine à l'impact et fait demi-tour puis remonte légèrement pour rentrer dans des épines noires. Je pars rapidement vers la route pour voir où partent les autres mais ils ont déjà disparu. J'attends un moment puis commence ma recherche au sang. Ma flèche a heurté un chêne après le sanglier et je ne la retrouve plus. Par contre, je trouve rapidement du sang et en quantité non négligeable, j'ai bon espoir. Je suis la piste qui rentre dans l'épais mais finit par en ressortir puis le sang s'espace et semble tamponné à espaces réguliers. Aïe, j'ai dû faire trop bas et attraper la patte avant.

Un craquement dans le bois, un chat blanc et noir surgit des genêts puis Arnaud sort. Il a perdu la trace des gros sangliers et ne sait pas où est Patrick. Le sang se fait rare et nous décidons de mettre à profit les talents du chien de sang d'Arnaud (Back). Je pars rapidement à ma voiture, retourne chez moi chercher la voiture d'Arnaud et Back et me dépêche de revenir sur place car la nuit sera vite là.

Je ramène Back à son maître, la recherche commence mais je le sens mal d'entrée, Back prend tout sauf le sang et malgré les tentatives d'Arnaud, son chien se disperse sur les pieds chauds des autres animaux. Je décide de faire ma recherche seul pendant un moment et retrouve le sang dans les feuilles mortes humides du bois pour le perdre à nouveau près d'un affleurement rocheux. Voyant que Back est hors-jeu, je dis à Arnaud d'arrêter et que je ferai appel à un conducteur de chien de sang mais celui-ci s'obstine et Back finit par lever un animal dans la nuit noire, semant Arnaud. Il nous faut maintenant chercher Back dans le noir total, avec nos frontales.

Au bout d'un moment, Arnaud le retrouve et remonte vers la voiture. Coupant à travers bois, je fais démarrer sans m'en apercevoir la mère des petits sangliers qui fonce sur Arnaud et lui passe assez près. Arrivé à la voiture nous cherchons maintenant Patrick qui reste introuvable pendant plus d'une heure. Il n'a pas compris en voyant la voiture d'Arnaud et est rentré à sa voiture à pied, bien sûr son portable ne marchait pas comme d'habitude et je me suis fait un sang d'encre, envisageant le pire avant d'aller voir si sa voiture était toujours là.

Bref, une salle soirée. De retour chez moi, j'appelle les conducteurs de chien de sang et aucun n'est libre demain. Nous ferons donc une recherche le mercredi matin et malgré le gel et une odeur de charogne au bord de la route qui va le perturber un moment Angel, il retrouvera la piste du petit sanglier qu'il remettra sur pieds près de l'endroit où se trouvait la compagnie lundi. Nous abandonnerons la poursuite au bout de plus 1 km. Mon sanglier est certes handicapé mais bien vivant et ce n'est pas ça qui va l'arrêter. Nous nous recroiserons peut être un jour.

 

Alex

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 18:33

Ce soir, la nuit tombe vite, il a plu toute l'après-midi et le ciel couvert accélère la tombée du jour. Je quitte le boulot vers 17h30 et me dépêche pour arriver à la mare avant qu'il ne fasse trop sombre. J'arrive sur place vers 17h40 et me gare sur le parking de l'usine de textile juste au-dessus de la mare. J'attrape mon arc et ma gaffe télescopique et passe le portillon du parc des ânes, puis je commence à descendre la pente raide qui m'amène à la mare 30 mètres plus bas.

L'eau bouge contre la berge de mon côté et je ne tarde pas à voir sortir un premier ragondin, rapidement suivi par un second.

Je pose la gaffe, encoche une flèche, accroche mon décocheur et poursuis mon approche de la mare. Le second ragondin de petite taille vient de stopper sur ma gauche à 2 mètres du bord, bien à découvert entre les arbres. Je m'avance doucement vers lui. Il ne bouge pas, arrivé à 6 ou 7 mètres, je me cale, arme doucement, prends tranquillement la visée et décoche. Le ragondin touche derrière la tête est séché sur place mais ma flèche ne remonte pas.

Je tente d'apercevoir le second ragondin sans succès. L'eau bouge à nouveau devant le terrier. Je me positionne au-dessus de ce dernier et attends un peu mais le temps m'est compté. Je récupère la gaffe, puis je tente de faire le tour pour me positionner en face mais l'eau s'arrête de bouger.

Un grognement me fait me retourner vers le ruisseau. Je pose la gaffe puis me rapproche doucement, un ragondin grogne dans son terrier, certainement près de l'entrée car le bruit est impressionnant, il doit être gros. J'attends un peu mais rien ne vient. Il me faudrait peut-être aller chercher mes flèches !

Je reviens vers la mare et fais le tour pour tenter de récupérer ma flèche et le petit ragondin qui a dérivé vers le milieu. Je me rapproche du bord quand un ragondin de taille moyenne s'élance sur l'eau vers le terrier. Je pose la gaffe et arme pour tenter une flèche. Trop de branche, je désarme et avance rapidement pour lui couper la route. Il s'arrête un peu avant le terrier au pied d'un arbre qui pousse contre la berge. Le temps d'armer, il plonge et ressort de l'autre côté du tronc puis replonge alors que je contourne l'arbre puis ne remonte plus.

Je récupère la gaffe, quand l'eau se met à bouger contre la rive opposée au pied d'une souche. Je repose la gaffe et reprends l'arc. Du bout de la mare, il me semble voir un ragondin calé contre la berge à la surface de l'eau à 6 mètres environ. Je prends la visée sur ce que j'identifie comme étant la tête et décoche.

Ma flèche se plante profondément dans la souche et clou le ragondin à la berge. Ce dernier commence à se débattre en protestant pour se dégager. Je pose l'arc et court. Il est accroché par le cou, je l'attrape par une patte arrière mais il m'échappe. J'attrape la flèche et la tire vers le haut pour l'empêcher de se dégager puis parviens à attraper la queue. Je le dégage de ma flèche et l'achève d'un coup sec. Je tente de dégager ma flèche mais je dois dévisser la lame pour la récupérer.

Je retourne à ma flèche. Impossible de la rattraper, la luminosité est déjà faible et l'eau sombre, c'est cuit pour ce soir. Je récupère le petit ragondin. Il me faudra revenir un autre jour, aucun ragondin touché hier n'est mort sur la mare, soit ils sont morts au terrier, soit mes atteintes n'étaient pas mortelles ... Une lame dans une souche et 3 flèches au fond, cette mare va vite me coûter cher !

Parti chercher 2 flèches, de retour avec 2 ragondins ! 17 novembre 2010

Alex

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 19:31

Ce soir, en sortant du boulot, je me dépêche pour aller chasser le ragondin sur Clermont Pouyguilles. Je prends direction Moncassin après le village et me gare devant une station des Coteaux de Gascogne puis attrape mon arc et mon petit lancer pour partir vers un tout petit lac qui est désert ce soir. Je décide de longer le petit ruisseau vers la mare aux ânes plus bas.

Les pluies de ces derniers jours ont gonflé le petit ruisseau qui coule bien, l'eau est trouble. Pas de ragondin ce soir, le coin est bien calme, peut être que l'agriculteur qui empoisonne les ragondins sur le secteur les a exterminé ? Au vue de l'activité nulle du secteur, je presse le pas pour me concentrer seulement sur les meilleurs coins et avoir une chance d'arriver avant la nuit à la mare.

Au loin, 2 chevreuils sortent à l'angle du maïs, au bord du ruisseau et s'avancent vers moi en broutant. Je continue à longer le ruisseau par la berge opposée en les observant. Le plus gros m'a repéré et finit par détaler pour rentrer dans le maïs, suivi un instant plus tard par son compère.

Toujours rien, j'accélère encore et arrive au niveau des arbres qui couvrent le ruisseau avant une haie d'arbustes qui m'empêche de voir l'eau. Je pars droit vers la mare sans me préoccuper du ruisseau quand un chevreuil, sorti de nulle part, traverse le champ travaillé sur ma gauche, rattrape le bord du ruisseau et le longe un peu pour rattraper le passage busé et rentrer dans le maïs.

En arrivant près de l'enclos des ânes de l'autre côté du ruisseau, je constate qu'ils broutent tous les 4 à 40 mètres de la mare sur le talus, ils ne me dérangeront donc pas pour la chasse.

La luminosité tombe vite, les jours raccourcissent de plus en plus. En arrivant presque en face de la mare, j'aperçois plusieurs ragondins qui retournent à l'eau, je suis arrivé un peu vite, je ne les pensais pas là. Je me fige un instant, l'un d'entre eux fait demi-tour puis se fige tête haute, face à moi comme pour tenter de m'identifier. Il est à 17 ou 18 mètres, un peu loin. 2 autres ragondins le rejoignent, un petit et un autre gros de sa taille. Il se laisse distraire et les 3 se mettent à brouter tranquillement. Je me décale un peu pour tenter un tir. Je ne peux gagner qu'un ou 2 mètres en longeant le ruisseau pour me retrouver en face des ragondins. J'arme et vise alors que les 2 plus gros font bloc.

Je décoche et passe au ras dessous. Une vague de ragondins se jette à l'eau ! Mais combien sont-ils ? Je longe rapidement le ruisseau, plusieurs ragondins grognent à l'entrée de leurs terriers dans le ruisseau et sur l'eau dans la mare. Puis, je remonte en longeant la route pour trouver un passage et franchir le fossé avant de revenir par la route et sauter la barrière en bois des ânes pour m'approcher doucement de la mare.

L'eau bouge de toute part, la luminosité commence à être juste pour tirer et l'ombre des arbres sur la mare limite mes possibilités de tir aux seules zones de reflet.

Plusieurs ragondins sont en surface mais des branches me gênent pour tenter une flèche. Je me décale un peu et parviens à aligner un premier ragondin. Je décoche. Touché, il se débat en surface puis tourne sur le dos. Ma flèche lui rentre en arrière du crâne et ressort 10 cm après l'épaule.

Plusieurs ragondins ont plongé mais d'autres restent en surface et tournent sur la mare. Un second s'arrête, j'arme, vise et décoche, il me semble l'avoir touché. Je réarme sur un troisième qui se trouve contre la berge d'en face, touché encore. Je ne les vois pas, le premier touché finit de mourir, les autres ont dû rentrer au terrier.

Je n'ai plus de flèche, il y a encore de nombreux ragondins qui tournent sur la mare en ronnant, mais ce n'est pas possible ! Je prends mon lancer et récupère une flèche qui flotte devant moi, les ragondins tournent toujours en grognant.

Je réarme et prends la visée sur un ragondin dans le coin de gauche. Je décoche et là encore, je pense être dedans, il plonge et disparaît. Encore 3 ou 4 mécontents grognent et tournent en surface. Une autre flèche flotte sous les branches basses et je galère un peu avant de la récupérer avec mon lancer. A chaque lancer les ragondins plongent et remontent aussitôt. Encore un inconscient qui s'arrête sur le reflet de l'eau, j'arme, vise et décoche. Touché ? Je ne sais pas mais ma flèche ne remonte pas.

Je fais le tour et récupère ma flèche fichée dans la berge d'en face puis reviens du côté dégager pour réarmer et tenter de tirer encore un ragondin mais cette fois plus personne ne bouge, ils sont tous aux terriers. Le calme est revenu. Je cherche un moment ma première flèche puis récupère mon ragondin et retourne à la voiture. J'ai 2 flèches plantées au fond et des ragondins blessés à venir chercher demain mais, pour l'instant, il fait nuit noire et je n'ai pas ma frontale. Je rentre.

Une nuée de ragondins, 16 novembre 2010

Alex

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 18:25

Ce soit vers 16h30, je pars pour Traversères. En arrivant sur place, je constate que le vent assez fort est orienté du sud vers le nord. Je vais donc chasser à contre vent. Je pars vers le nord pour contourner et revenir vers les genets où se gîtent généralement les sangliers. Les vaches et le cheval me regardent passer. Les sangliers sont passés récemment, la prairie est marquée de coups de nez, je descends vers le bois au-dessus du lac quand un mouvement sur ma droite attire mon regard.

Un animal à la robe claire s'avance au milieu des genets et des genévriers du soulan d'en face. Il est bien à 300 mètres mais je suis presque certain qu'il s'agit d'un daim. C'est le premier que je vois sur le secteur mais quelques individus échappés de parc se promènent dans le coin. Je vais tenter de me rapprocher un peu. L'animal avance toujours tranquillement alors que je descends vers le bois à découvert.

Tout à coup, il stoppe et regarde vers moi, je fais comme si je ne l'avais pas vu et je poursuis ma route. Arrivé en haut d'un talus boisé qui domine le fond de la combe enherbée, je longe en haut du talus derrière les chênes pour tenter de voir l'animal de plus prêt. Je parviens à 150 mètres environ, le daim, car cette fois je n'ai plus de doute, n'a pas bougé et regarde toujours vers moi.

J'essaie de ne pas me faire voir et fais demi-tour puis descends le talus boisé hors de sa vue, traverse le fond de combe et me colle aux genets pour avancer caché et dépasser le daim car le vent est dans mon dos. Je surveille au travers des genets et l'aperçois toujours dans la même position à 80 mètres au-dessus de moi. Je continue à longer les genêts, voûté au maximum puis une fois le daim dépassé je remonte doucement à travers la végétation par les coulées.

Je ne retrouve pas le daim mais tout à coup à 35 ou 40 mètres, je l'entends qui s'enfuit et passe la crête. Je tente de le suivre doucement mais la crête passée, impossible de le retrouver. Je n'ai pas bien vue sa tête et je ne sais pas de quel sexe il s'agit. Peut-être nous recroiserons nous un jour.

Je redescends à travers bois vers la combe suivante coupée en deux par un ruisseau toujours à sec et bordé d'une haie épaisse. 2 coups de feu retentissent, ça vient de la palombière un peu plus haut. Je passe la haie et longe entre le bois d'en face et la haie pour revenir vers le lac. Arrivé au bout de la haie, j'aperçois une chevrette et son petit qui détalent. Il traverse une grosse haie au passage un peu plus loin puis disparaissent derrière cette haie.

Je poursuis et arrive au lac que je longe pour arriver au pied de la digue où commencent les genets. Le propriétaire est entrain de déplacer la clôture des vaches, elle barre maintenant le passage qui descend aux genets. Je passe dessous et avance doucement entre le bois au-dessus de moi et les genets sur un passage girobroyé. Je jette un coup d’œil dans le passage qui descend au ruisseau où se trouvent de nombreuses souilles,

Les sangliers ont encore gagné,14 novembre 2010

rien, je continue en essayant d'éviter les gland craquants, les branchettes et les feuilles mortes qui jonchent le sol. Des pieds de sangliers assez frais ont marqué le sol.

J'avance toujours doucement quand, tout à coup, juste à ma gauche dans les genêts, un sanglier souffle et démarre. Il était prêt à sortir sur le chemin et je l'ai tourné. J'attends un peu puis continue à avancer doucement quand des craquements se font entendre en sens inverse. Le sanglier semble partir vers les souilles. Je fais demi-tour et le plus rapidement possible, mais tout en essayant de rester silencieux, Je surveille dans les clairs des genets sans rien voir et reviens à l'angle du passage qui descend au ruisseau où je me poste un moment les oreilles grandes ouvertes. Le vent dans les feuilles, la chute des glands... les bruits parasites ne manquent pas et je finis par renoncer à ma position.

Je décide de reprendre mon approche à bon vent mais, alors que je viens de faire 30 mètres, j'aperçois 3 sangliers entrain de fouiller le sol dans le pré d'en face au ras des peupliers. Demi-tour, je rejoints rapidement le ruisseau et l'enjambe pour remonter vers les sangliers en suivant la bordure des ronces qui bordent les peupliers. Je finis par apercevoir 2 sangliers mais ils sont plus haut que je ne l’espérais et en plein découvert. Comment faire pour les approcher ?

Une bande de petits massifs de ronces barrent le pré en diagonale

Les sangliers ont encore gagné,14 novembre 2010

et mon seul espoir est que les sangliers passent au-dessus des ronces mais assez près de ces dernières pour ne pas me voir approcher. Ils sont à 70 où 80 mètres et avancent vers les ronces en fouillant le sol. Je finis par identifier une bête rousse de 30 à 40 kg, une laie de 50 à 60 kg, suitée de 5 marcassins pas bien gros que je n'avais même pas vu jusqu'alors et un ragot de 60 à 70 kg. Je vais donc porter mon attention sur le ragot ou la bête rousse.

Les sangliers passent derrière les ronces, je m'élance à découvert pour rejoindre les ronces mais les sangliers sont à nouveau à découvert. Je m'accroupis et reste immobile espérant passer inaperçu, les sangliers repasse à couvert, j'avance doucement sans me redresser mais le ragot que j'aperçois trop tard vient de me repérer.

Je me fige. Il est face à moi et m'observe. Il s'avance doucement vers moi en me fixant et tente de m'identifier puis devient nerveux et commence à s'éloigner en longeant au-dessus des ronces puis accélère, entraînant le reste des sangliers. Je me redresse et cours vers les ronces pour les longer rapidement espérant couper la route aux sangliers mais ils vont trop vite et ils rentrent dans le ruisseau bordé par une haie, plus ou moins épaisses, de chênes et de buissons noirs.

Je m'avance rapidement, espérant qu'ils sont toujours dans le ruisseau. Arrivé au niveau de l'entrée, mais en restant à 15 mètres en retrait de la haie, je les entends démarrer. Ils longent dans le ruisseau et je les suis le plus vite possible en essayant de rester silencieux pour essayer d'arriver avant eux à une trouée dans la haie. Ils s'arrêtent régulièrement, certainement pour écouter avant de repartir de plus belle. Leurs pas dans les feuilles mortes où l'eau du ruisseau sont très bruyants et faciles à identifier.

J'arrive trop tard à la trouée, j'entends les sangliers remonter le talus du ruisseau et en aperçois un qui traverse le pré pour rentrer dans les genets.

Je le laisse rentrer à couvert puis je traverse le ruisseau et le remonte un moment presque en courant pour rattraper un bout de chemin forestier qui remonte au bout des genêts. Je rentre ensuite dans les genets pour rattraper une grosse coulée qui longe dans les herbes hautes au-dessus de la bande très épaisse des genêts.

Les sangliers ont encore gagné,14 novembre 2010

Un merle effrayé me passe juste au-dessus de la tête. Je finis par rejoindre la grosse coulée qui remonte dans le bois et me fige pour écouter. Un sanglier souffle à 20 mètres devant moi mais impossible de le voir dans cette végétation épaisse.

Les sangliers ont encore gagné,14 novembre 2010

Quelques craquements, encore un souffle puis le calme s'installe et la pluie commence à tomber. J'attends un peu mais la nuit tombe. En face, à 400 mètres environ, au-dessus de la route d'accès à la ferme, une silhouette élancée s'avance dans les hautes herbes sèches, tantôt au trop, tantôt au pas, s'arrêtant régulièrement... je reconnais rapidement la démarche d'un chevreuil.

Je m'éclipse, il fait trop sombre pour tenter une flèche, je ressors des genets puis traverse le pré et le ruisseau pour revenir par le pré où se trouvaient les sangliers, vers ma voiture. Tout à coup dans l’obscurité,  le chevreuil me passe tranquillement à 20 mètres pour rentrer dans le ruisseau. Je retourne à la voiture... Les sangliers ont encore gagné, comme chaque fois cette année sur ce territoire.

 

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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