Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 19:41

Cette semaine un ami non chasseur de ma compagne est venu passer quelques jours dans le Gers et il voudrait m'accompagner à la chasse. Ce soir nous allons donc partir tous les 2 pour une petite virée sur Justian. Je lui ai prêté des habits camo et après quelques photos souvenir pour immortaliser cette tenue atypique nous prenons la route. J'ai décidé de l'amener sur un secteur où nous risquons de voir les sangliers. Le président de la chasse m'a demandé de faire un petit repérage dans le secteur car ces animaux font beaucoup de dégâts depuis un moment sur des plantations de vigne et il voudrait demander l'autorisation de faire une battue anticipée. Cette année, le sanglier est chassable à l'approche, à l'affût et en battue sur une partie du département, depuis le 1ier juin, mais pas sur cette zone.

Nous passons Vic Fezensac et poursuivons vers les silos de Roques quand j'aperçois, à 150 mètres de la route, sur la droite de la route, dans une prairie, un gros ragondin au gagnage. Je décide de m'arrêter pour tenter de le flécher. Je me gare au bord de la route et ma prépare. Mickael préfère me regarder de la voiture et me laisse partir seul. Le ragondin revient tranquillement vers un fossé situé à environ 40 mètres plus à droite. Je passe la clôture électrique et biaise pour rejoindre le bord du fossé. Le ragondin a disparu. Je rejoins le fossé et le longe, d'abord rapidement puis je ralentis en arrivant dans la zone ou le fuyard a certainement disparu. Je commence à tomber sur des terriers qui minent la berge opposée mais l'eau du fossé n'est pas boueuse. Je continue tout doucement quand j'aperçois, à l'entrée d'un terrier, la tête du ragondin qui m'observe à 6 ou 7 mètres. J'arme doucement et vise la tête du ragondin qui me fait face. Je décoche, ma flèche le heurte violemment et il s'effondre sur place.

Du sang s'écoule en abondance et colore vite l'eau autour du ragondin qui se met à trembler. Je traverse le fossé d'un bon et récupère ma flèche et ma prise. La flèche a ouvert la tête du ragondin en deux, du nez jusqu'aux oreilles puis rentre dans la boîte crânienne pour ressortir dans le cou et se ficher dans la paroi du terrier. Je nettoie un peu ma flèche et la remets au carquois puis reviens avec mon ragondin mais j'appréhende un peu la réaction de Mickaël vu les dégâts sur l'animal mais ce dernier bien qu'un peu surpris ne relèvera pas plus que ça. Nous reprenons la voiture et parton nous garer un peu plus loin au bout d'un chemin de terre, en face des silos de Roques, au milieu de bâtiments agricoles. Un pickup est garé un peu plus loin, j'en conclus que c'est le propriétaire qui doit être dans les environs et décide d'aller me présenter si je l'aperçois. Effectivement, quelqu'un travaille dans les vignes, nous partons à sa rencontre. C'est bien le propriétaire, il est très étonné de me voir avec un arc et je lui explique que je viens chasser de la part du président de la chasse. Ce dernier m'avait averti que j'aurais affaire à un bavard et effectivement une fois parti je n'arrive plus à m'en défaire de plus il parle très fort et mes espoirs de voir des animaux à proximité sont quasi nuls. Nous allons passer bien 30 minutes à l'écouter avant que je n'arrive à repartir chasser. Il nous explique qu'il a mis en route le canon à gaz et, qu'à la tombée de la nuit, il allume la radio de son tracteur garé près de ses plantations de vigne et me demande s'il doit ne pas l'allumer ce soir. Sachant qu'il allume tous les soirs et que les animaux lui font tout de même des dégâts, je me dis qu'il vaut mieux ne rien changer et lui dit de faire comme d'habitude.

Nous rejoignons le chemin de terre qui remonte doucement après les bâtiments. Il longe d'abord un bosquet sur me droite et une vigne sur ma gauche. Je surveille les rangées mais pas de chevreuils. La vigne fait place à un plantier de vigne sur lequel les sangliers font de gros dégâts. Il arraches régulièrement des plantons pour manger la paraffine qui protège le greffon pour la manger, il semble qu'ils en soient très friand et oblige le propriétaire des lieux à replanter régulièrement, de plus ils ont tendance à piétiner les autre plantons et faire pas mal de casse. Un peu après le coin du bosquet, sur la gauche du chemin, un gros pin est marqué par les frottements répétés des suidés qui ont mis les racines à nue et ont bien entamé l'écorce par endroit.

Un gros ragondin à l'approche, 2 juillet 2014

Des traces se dispersent dans le plantier.

Un gros ragondin à l'approche, 2 juillet 2014
Un gros ragondin à l'approche, 2 juillet 2014

Le canon à gaz détonne et me fait sursauter. Nous continuons doucement en surveillant les rangs de vigne de part et d'autre du chemin. Un peu plus loin, la vigne fait place à du blé. Je m'arrête un moment pour surveiller la surface des céréales. Un bosquet borde le fond du blé sur la gauche du chemin et l'ombre des arbres avance à mesure que le soleil descend sur l'horizon. Pas de chevreuil, je passe derrière le bosquet qui est longé par un bande étroite de blé et prend à gauche en longeant cette culture par une bande enherbée qui la sépare d'une vigne. En surveillant les rangées, j'aperçois un beau lièvre dans la vigne et le montre à Mickaël. Nous rejoignons, un peu plus loin, la bordure d'un autre bosquet et nous nous postons pour tenter quelques appels au Butollo mais rien ne vient.

Nous repartons en longeant doucement le bosquet qui redescend tranquillement vers la route à quelques centaines de mètres en contrebas. Tout à coup, un animal démarre dans le blé, à environ 20 mètres de nous, au ras du bosquet et rentre dans le bois avec un grand fracas. La végétation craque et s'agite sur la trajectoire de fuite de l'animal dans le bosquet. Je ne l'ai pas vu mais j'en suis sûr, il s'agit d'un sanglier. Le calme revenu, je m'avance pour chercher des indices qui pourraient confirmer mon impression mais le terrain est sec et je ne trouve que quelques ronces retournées. Il doit déjà être loin, nous reprenons notre progression lente et rejoignons un petit ruisseau qui longe la bordure de la propriété, dans une combe qui redescend jusqu'à l'Osse au fond de la vallée. Je surveille les vignes sur ma gauche et rejoints la bordure d'un très quand champ de blé qui s'étend jusqu'à la route. Un coup de canon tout proche me fait sursauter à nouveau. Nous longeons le blé en direction des bâtiments puis arrivons près du canon à gaz qui semble détonner toutes les 45 minutes environ. Nous redescendons par un passage de tracteur vers la route à travers blé. De grosses coulées marquent les céréales ponctuée de grandes zones couchées par les sangliers qui ont fait pas mal de dégâts. Nous nous arrêtons régulièrement pour observer les céréales. Les cailles chantent de toutes parts.

Alors que je suis en train de regarder la surface du blé, j'aperçois une caille qui décolle à environ 70 mètres et se repose un peu plus loin et alors que je demande, à voix basse, à Mickaël si il l'a vu, une seconde caille s'envole près de l'endroit où a démarré la première. Cette activité soudaine m'alerte, je fixe un instant l'endroit et me rends compte qu'un animal se déplace dans le blé qui bouge en le trahissant alors qu'il avance vers nous mais alors qu'il avance assez vite, le canon retentit et, en plus de me surprendre encore une fois, il provoque l'arrêt net du mouvement près d'un passage de tracteur. Je continue à fixer un moment l'endroit mais plus rien ne bouge. Je décide de descendre vers une zone couchée par les sangliers en m'arrêtant régulièrement pour observer. Impossible de revoir le moindre mouvement. En progressant très très lentement, j'arrive dans la zone dégagée et observe encore un moment puis commence à avancer tout doucement pour rattraper le passage de tracteur suivant. Je m'arrête au bord de la zone couchée et observe un long moment mais la luminosité commence à baisser et toujours pas le moindre mouvement.

Je décide d'avancer tout doucement en direction du chemin de terre qui remonte vers ma voiture. Mickaël me suit à distance, en tapotant son portable dont les bruits même discrets sont audibles à environ 40 mètres. En arrivant près de l'endroit où j'ai vu bouger le blé tout à l'heure, je m'arrête un instant pour observer. Rapidement, un léger mouvement du blé m'interpelle, il semble qu'un petit animal se déplace doucement, je me penche pour l'apercevoir mais me rends compte qu'il s'agit d'une grosse sauterelle verte qui saute d'épis en épis. Je rejoins doucement le chemin et attends Mickaël puis nous remontons tranquillement vers les bâtiments. Le ronron d'un moteur se fait entendre et nous tombons sur le propriétaire près des bâtiments, il nous explique qu'en allant allumer l'autoradio de son tracteur, il a dérangé un chevreuil puis commence à nous parler de tout et de rien et je vais avoir toutes les peines du monde à couper court à la conversation car la luminosité baisse vite. Nous partons en longeant le bas du bosquet à travers la vigne. Ce dernier se poursuit par une haie épaisse au bout de laquelle nous tombons sur une petite parcelle de blé. Pas d'animal en vue. Nous contournons la haie et revenons par l'autre côté vers le bosquet en la longeant. Nous longeons maintenant le bosquet en bordure des vignes.

Tout à coup, un chevreuil démarre dans le bosquet. Je fais signe à Mickaël qui ne l'a pas entendu et tente quelques appels au Butollo mais il ne viendra pas. Nous reprenons notre progression lente. Un peu plus loin, nous apercevons un beau lièvre dans les rangs de vigne. Encore un peu plus loin, j'aperçois un renard qui se débine à 70 mètres devant nous. Je fais rapidement signe à Mickaël pour qu'il se serre contre le bois, je me cale derrière quelques branches basses et commence à l'appeler avec ma bouche sur le dos de ma main alors qu'il s'apprête à rentrer au bois. Immédiatement, il se retourne vers nous et arrive au trot. Il s'arrête de temps en temps mais vient droit sur moi. Il n'est plus qu'à 20 mètres, j'arme mon arc et le suis dans mon viseur tout en appelant en pinçant les lèvres. Il est à moins de 10 mais les branches m'empêchent de tirer, il continue à venir et se plante de face à environ 5 mètres. J'ai une petite fenêtre au travers des branches, j'aligne ma visée et décoche mais passe au ras du renard sur sa droite. Il sursaute et se plante plein travers pour observer mon encoche lumineuse rouge. J'essaie d'attraper une flèche rapidement sur mon carquois mais je cafouille un peu et le temps d'encocher le renard est reparti. J'arme alors qu'il s'arrête à 15 mètres et se tourne plein travers mais le temps de viser, il repart. Je le rappelle et il s'arrête à 20 mètres environ et se repositionne plein travers. J'aligne ma visée et décoche mais ma flèche passe juste sous son poitrail et se fiche, quelques mètres derrière, au sol. Elle est bien visible grâce à son encoche lumineuse bleue.

Je pars récupérer mes flèches, je remets la première au carquois mais en récupérant la seconde j'aperçois le renard qui m'observe à moins de 10 mètres tapis au sol. Je tente de réencocher mais il rentre au bois. Je n'aurais jamais imaginé le revoir. La nuit s'installe, il est temps de rentrer. Nous retournons à la voiture en passant devant le tracteur qui diffuse sa musique qui ne semble pas vraiment déranger les animaux.

Un gros ragondin à l'approche, 2 juillet 2014

Alex

Partager cet article

Repost0
9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 10:37

Ce matin, Je décide de rechasser le secteur prospecté lors de ma première sortie de la saison mais je décide de ne pas attaquer à partir du vieux moulin mais par la première route qui rejoint la route de Valence. Arrivé par Marambat, je me gare au bord de la route entre 2 bois. Je me prépare tranquillement puis continue à descendre la route en direction de Justian. Une haie épaisse fait suite au bois et longe la route sur ma gauche. Arrivé au bout de cet écran végétal, je jette un coup d'œil sur le grand champ de soja où je me suis fait avoir par un beau brocard à l'ouverture. Un chevreuil est au gagnage au-dessus du gros îlot boisé allongé, dans un bout de friche non travaillé entouré par le soja.

Je vais tenter une approche, je longe doucement la route en suivant la bordure de droite pour tenter de me camoufler un peu malgré ma position haute et découverte. Je surveille le chevreuil en avançant, il semble tranquille, puis, profitant du relief du champ de soja, je descends vers le fond de la combe sans que le chevreuil ne puisse me voir puis remonte vers lui, caché par l’îlot boisé. Le vent tourne et n'est pas très bon. J'arrive tranquillement sur la gauche de l’îlot et le contourne tout doucement en serrant la végétation mais pas de chevreuil en vu, je longe tout doucement l’îlot et me rends compte que le chevreuil a quitté les lieux. Je remonte vers la route de crête et la traverse pour cette fois descendre en longeant le bois sur l'autre penchant. Je longe doucement entre les féveroles et le bois en surveillant les cultures du secteur.

Arrivé au coin du bois sans voir de chevreuil, je prends à droite en longeant le bois quand j'aperçois un gros chevreuil au gagnage, à 50 mètres environ, dans le passage de tracteur parallèle au bois qui longe la bande enherbée à environ 5 mètres de la bande enherbée qui sépare ma culture du bois. Sa tête baissée ne me permet pas de l'identifier de suite mais au moment où il relève la tête j'aperçois des bois. Il rebaisse la tête, le vent soutenu est assez bon et masquera le bruit de ma progression. J'avance rapidement prêt à me baisser à tout moment si le chevreuil relève la tête. il avance très doucement en mangeant pour s'engager dans un passage de tracteur qui remonte vers la crête à ma gauche. Je me baisse rapidement derrière le blé alors que le brocard relève la tête et reprends rapidement ma progression alors qu'il vient de la rebaisser. J'arrive facilement à 12 mètres du brocard qui broute paisiblement, j'arme mon arc, prends la visée et décoche. Ma flèche vole bien et l'impact retentit. Il me semble qu'elle est plein coffre.

Le brocard de pentecote, 9 juin 2014

Le brocard démarre en trombe et fait volte-face pour sortir du blé, traverser la bande enherbée et remonter le talus pour rentrer au bois en un éclair.

Le brocard de pentecote, 9 juin 2014

Je reste immobile et attends le retour du calme avant d'aller chercher ma flèche. Je la retrouve assez rapidement, Les vannes sont peu marquées par le sang et le tube porte des petits fragments de viande, si je n'avais pas vu mon atteinte je serais inquiet car cette flèche porte tous les indices d'une atteinte musculaire.

Le brocard de pentecote, 9 juin 2014

J’éteins mon encoche lumineuse et remets ma flèche au carquois. Je commence à chercher du sang sur la trajectoire de fuite. Impossible de trouver la moindre goutte de sang dans le blé ou sur la bande enherbée. Après avoir contrôlé et recontrôlé sans succès, je décide de contrôler l'entrée au bois, toujours pas de sang. Je rentre donc dans le bois par la coulée où il me semble voir rentrer le chevreuil tout à l'heure. A 3 ou 4 mètres de la lisière, je trouve une première goutte de sang sur une feuille de lierre.

Le brocard de pentecote, 9 juin 2014

Je trouve ensuite rapidement d'autres gouttes et commence à suivre la piste qui s'intensifie rapidement mais reste peu abondante.

Le brocard de pentecote, 9 juin 2014

Je dois progresser à la lumière de mon portable car le sous-bois est encore faible. Le sang est par moment très présent avec de grosses gouttes au sol

Le brocard de pentecote, 9 juin 2014

ou des frottés sur la végétation

Le brocard de pentecote, 9 juin 2014

puis devient très peu abondant sur plusieurs mètres. Je peine parfois à démêler la piste qui n'est pas toujours linéaire, le chevreuil a fait quelques crochets mais je ne la perds pas pour l'instant. Après environ 40 mètres je retrouve une reposée debout

Le brocard de pentecote, 9 juin 2014

puis la piste reprends assez bien marquée et commence à redescendre alors que le chevreuil semblait vouloir remonter vers la route en haut du bois. Au bout de 70 mètres environ, je retrouve mon chevreuil mort sur le flanc. Ma flèche rentre au niveau de la patte avant gauche et ressort derrière l'épaule opposée et prend les poumons.

Le bracelet apposé et quelques photos prises, je remonte mon chevreuil à la voiture qui n'est qu'à 50 mètres environ. Il n'est que 7h30, je décide de repartir en chasse après avoir mis mon chevreuil dans le coffre de ma voiture.

Le brocard de pentecote, 9 juin 2014

Je repars en chasse, cette fois je remonte la route jusqu'à la route de Valence puis la longe jusqu'à la route suivante qui descend sur la gauche, parallèlement à la route au bord de laquelle je suis garé. Au niveau de cette route, je quitte la route de Valence mais la longe par un passage de tracteur qui fait le tour d'un grand champ de blé et rejoins la bordure d'un bois qui longe la crête suivante puis redescends dans la combe à 300 mètres environ.

Le brocard de pentecote, 9 juin 2014

Je rattrape la bordure du bois et la longe toujours en suivant le passage du tracteur. Pas de chevreuil ce matin, je suis le bois qui redescend dans la combe puis remonte sur la crête dans le champ de blé près d'un petit bosquet entouré par les céréales. Toujours pas de chevreuil en vue. Je suis donc la crête pour rejoindre un grand champ de tournesol.

En arrivant au bord du blé, j'aperçois un beau brocard et sa chevrette au gagnage dans le tournesol à environ 150 mètres.

Le brocard de pentecote, 9 juin 2014

La culture est encore basse et des zones sont dégagées et permettent de bien voir les animaux. Je me baisse dans le passage de tracteur qui longe la bordure du champ de blé et les observe un moment pour essayer d'anticiper leur déplacement. Les animaux descendent dans la combe.

Le brocard de pentecote, 9 juin 2014

Je décide de tenter de descendre vers la combe qui se poursuit dans le blé, en espérant que les animaux vont la suivre pour revenir vers le blé. Je commence à avancer à 4 pattes dans le passage de tracteur en surveillant régulièrement la position des chevreuils.

Le brocard de pentecote, 9 juin 2014

Le brocard se couche, à peine visible dans une touffe de végétation, dans la combe. La chevrette à une trentaine de mètres de lui fait sa toilette

Le brocard de pentecote, 9 juin 2014

puis remonte tranquillement en mangeant, en biaisant vers un bosquet bordé par le tournesol et qui rentre dans le blé.

Le brocard de pentecote, 9 juin 2014

Le vent soutenu masque ma présence et les bruits de ma progression. Je décide de continuer à avancer vers la combe car je pense que le brocard va se relever et suivre la chevrette. Le terrain sec est très dur et le relief des crampons des roues du tracteur meurtrissent mes genoux. La combe est à mi-chemin du bosquet et je serais plus près s'il me faut continuer à progresser vers le bosquet pour couper les animaux. J'avance en surveillant régulièrement les animaux. Le brocard qui tourne le dos à la chevrette finit par se relever alors que la chevrette s'est éloignée d'environ 50 mètres. Il se lèche le dos, se retourne et se gratte les pattes avant avec les bois

Le brocard de pentecote, 9 juin 2014

puis se remet en marche pour rejoindre sa femelle.

Le brocard de pentecote, 9 juin 2014

Je continue à avancer doucement en poussant mon arc devant moi. Une zone de blé versé ne me permet plus d'avancer à couvert et je dois ramper sur 40 mètres tout en surveillant les animaux qui ne m'ont pas repéré. Le blé étant à nouveau assez haut, je reprends ma progression à genoux mais le sol dur me fait vraiment souffrir. Un chêne tombé contre le bosquet fera un bon affût et je décide de tenter de le rejoindre.

Le brocard de pentecote, 9 juin 2014

Le brocard rejoint peu à peu la chevrette.

Le brocard de pentecote, 9 juin 2014

Un peu plus loin, il me faut ramper à nouveau sur un passage découvert. Je finis ensuite mon approche à 4 pattes et rejoins le chêne tombé dans le blé au bord du bosquet. Je me poste derrière cet arbre mort qui m'offre plusieurs fenêtres du tir au travers de ses branches entre lesquelles j'aperçois, encore à 80 mètres, les chevreuils qui se rapprochent très très lentement.

Le brocard de pentecote, 9 juin 2014

Je tente quelques aboiements qui restent sans réaction, peut-être qu'ils ne m'entendent pas à cause du vent soutenu. Je décide finalement de me poster au bout du chêne qui me donne une position de tir proche de la combe.

Le brocard de pentecote, 9 juin 2014

Le temps passe et les chevreuils semblent plutôt monter vers le bosquet et je décide de quitter mon poste pour rentrer dans le bosquet pour aller me poster sur la lisière du côté des tournesols mais en arrivant au bord du bois, je me ravise car si les animaux changent brutalement de direction, il sera plus compliqué de se déplacer sans bruit dans le bois.

Je repars me poster derrière le chêne pour observer les animaux. J'observe les chevreuils depuis un bon moment quand un mouvement attire mon attention à 200 mètres environ dans la combe au milieu des tournesols. Un chevreuil solitaire arrive d'un pas décidé et je pense rapidement à un brocard ce qui me fait craindre un chamboulement de mes plans. Son arrivée risque de bousculer le couple. Les 2 chevreuils broutent tranquillement sans se douter qu'un autre chevreuil approche mais alors qu'il arrive à environ 50 mètres du couple en humant l'air, certainement sur la piste de la chevrette, les 2 autres chevreuils l'aperçoivent et le regardent. Je commence à voir ses bois distinctement, c'est bien un brocard. Il finit par voir son concurrent et la chevrette et se dirige au trot vers cette dernière en remontant du fond de la combe.

Il commence à courser la chevrette alors que son concurrent reste impassible et regarde le nouveau couple s'éloigner. Il laisse ainsi son rival et sa chevrette s'éloigner de 70 mètres puis s'élance à leur poursuite. Son rival délaisse un instant la chevrette et s'en suit une séance d'intimidation. Les brocards sautillent face à face mais ne vont pas jusqu'à l'affrontement et le premier brocard finit par fuir alors qu'il semble avoir des bois plus imposant. Il semble également moins massif de cou que son rival et est certainement plus jeune. Le gagnant poursuit un peu son rival puis reprends sa course au train de la chevrette.

Le brocard de pentecote, 9 juin 2014

Tous 2 passent la crête, rapidement suivis à bonne distance par l'autre brocard. Une fois les chevreuils perdus de vue, je prends le pas de course en suivant le passage de tracteur et rejoins la crête. Les 3 chevreuils sont en contrebas dans un semé de sorgho, à 150 mètres environ. Les 2 brocards ont repris leur séance d'intimidation, la chevrette un peu en retrait les observe. J'en profite pour tenter une approche mais je suis vite repéré. Les chevreuils m'observent, je me baisse doucement et tente quelques aboiements mais les animaux démarrent et fuient pour rentrer au bois à environ 300 mètres. Je repars rapidement vers la crête longée par le bois où sont rentrés les chevreuils et me poste un instant dans une zone de bois claire en espérant voir passer les animaux. Je reprends mon souffle pour me remettre de plusieurs centaines de mètres de course à pied. Le temps passe et rien ne vient, je décide de laisser tomber et retourne à ma voiture.

Arrivé à la voiture, je décide de descendre vers la vallée de l'Osse et de partir par le vieux moulin pour voir si un brocard ne serait pas au gagnage dans les blés de part et d'autre de la rivière en dessous de chez le président de la chasse. Alors que je longe doucement un champ de blé qui borde l'Osse, en voiture. Il me semble apercevoir, au travers des arbres qui bordent la rivière, une tête de brocard dans le blé de l'autre côté du cours d'eau. Un peu plus loin une trouée me permet de confirmer cette impression. Un beau brocard mange tranquillement dans les céréales. Je ne ralentis pas et poursuis pour me garer près du moulin contre un petit bosquet qui borde la route. J'attrape mon arc et repars en chasse. Je longe doucement la route jusqu'à un chemin de terre qui sépare 2 parcelles de blé et traverse l'Osse. J'avance doucement en arrivant sur le petit pont et aperçois le brocard à 80 mètres environ sur ma droite. Il baisse la tête, j’en profite pour avancer rapidement pour rejoindre une longue bande d'avoine sauvage de 2 mètres de large qui coupe le champ de blé parallèlement à la rivière. Elle fera un bon écran de camouflage pour avancer vers le brocard qui broute à quelques mètres derrière cette dernière.

Arrivé au niveau de la bande d'avoine, j'observe un court instant le brocard qui vient de redresser la tête. Il baisse la tête, je commence mon approche en m'arrêtant et me baissant à chaque fois qu'il redresse la tête. Le vent fort est face à moi et couvre le bruit de ma progression dans les céréales, petit à petit, je le rejoins alors qu'il avance doucement en broutant. Arrivé à sa hauteur, je le devance un peu et l'observe un instant pour attendre le moment propice pour décocher ma flèche, le blé est haut et très épais et je devine plus que je ne vois mon brocard. Il redresse la tête et avance de quelques pas pour se présenter plein travers à 6 ou 7 mètres, j'arme, vise et décoche mais le blé arrête et dévie ma flèche qui bifurque pour passer devant le cou du chevreuil et ricocher comme sur la surface de l'eau avant de retomber à 50 mètres dans le blé. Le brocard démarre en aboyant et part vers un bras de l'Osse à environ 100 mètres devant moi. Il s'arrête à 40 mètres environ et se retourne pour chercher son assaillant. Je l'aboie et il hésite, il fait quelques pas vers moi, se ravise, revient puis finit par démarrer et filer à grands bons à travers blé à 35 mètres, en parallèle de la bande d'avoine.

Je prends le pas de course et cours pour tenter de le recouper au fond du champ où le bras de l'Osse rejoint la rivière qui coule dans mon dos. Je m'arrête à chaque fois qu'il s'arrête pour observer et finis par le rattraper mais il rentre dans la bande arborée qui suit le cours d'eau juste au moment où je suis assez prêt pour armer. J'ai perdu, je rentre sans même essayer d'aller chercher ma flèche.

 

Alex

Partager cet article

Repost0
7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 23:03

Sortie du matin :

Ce matin, j'arrive au départ du chemin de terre qui rejoint le village de Roques mais comme Hémo est dans la voiture, je poursuis un peu pour trouver une place qui sera à l'ombre jusqu'à mon retour. Pile à l'emplacement où je me gare habituellement, près de la ferme, un chevreuil démarre et disparaît rapidement dans les champs sur la gauche du chemin. Un peu plus loin, je trouve une place sur le bord du chemin entre 2 grandes haies et me gare.

Je me prépare puis pars en chasse en longeant le chemin. Je surveille les champs de blé et les prairies entrecoupés de haies de part et d'autre du chemin. A environ 300 mètres de la voiture, dans un virage du chemin, j'aperçois à environ 100 mètres devant moi, un chevreuil qui descend du coteau de droite à travers un semé de tournesol. Je me serre contre les herbes hautes de la droite du chemin et l'observe un court instant avant de tenter une approche qui s'annonce très compliquée car les tournesols sont encore tout petits. J'avance tout doucement, voûté en serrant le bord du chemin quand j'aperçois un autre chevreuil en plein milieu du chemin qui me fait face. Je ne peux pas avancer sans être vu.

J'attends un moment immobile en les observant. Le chevreuil sur le chemin semble être une chevrette et celui dans le tournesol un brocard. La situation se complique, un terrain découvert et 2 chevreuils. Je décide de tenter de m'approcher encore un peu en surveillant bien les réactions des 2 animaux. Le brocard broute tranquillement en se rapprochant du chemin mais, tout à coup, il lève la tête et regarde fixement vers moi alors que je suis encore à 80 mètres. Il démarre, la chevrette rentre dans la haie qui borde la gauche du chemin et il lui emboîte le pas.

Une fois les 2 chevreuils à couvert, je prends le pas de course pour arriver au bout de la haie qu'ils viennent de traverser, 50 mètres plus loin. Je me poste au bout de la haie en observation mais ne peut que les voir s'enfuir en bondissant et en aboyant contre la haie qui borde le fond du champ de blé. Je laisse tomber et remonte par un chemin de terre vers une zone de vigne entourée de cultures. Ce chemin serpente entre le semé de tournesol et un champ de blé puis remonte en bordure d'un bosquet clairsemé dont le sol est couvert d'herbes hautes. Juste une haie de chênes qui bordent le chemin me sépare d'un champ de blé sur ma gauche.

Pas de chevreuil ce matin dans le secteur. Je surveille les 2 côtés du chemin en avançant doucement et débouche sur une bande enherbée qui sépare une bande d'avoine sur ma droite d'une vigne sur ma gauche. Je prends à gauche en longeant entre la vigne et le blé. Je surveille les rangs de vigne et aperçois un lièvre assis contre une souche à environ 70 mètres puis un autre dans un autre qui se débine dans sillon un peu plus loin. La vigne fait place à un semé de tournesol. Je continue en le longeant et débouche sur un champ de blé dans lequel je m'avance pour rejoindre la haie qui marque le fond de la combe en suivant un petit ruisseau qui sépare le blé d'un champ de colza semence.

Je longe doucement la haie à 5 mètres dans les céréales. Ma progression lente n'est pas très silencieuse à cause du blé craquant. Je décide de sauter le ruisseau et de remonter par un passage de tracteur vers le sommet du coteau puis prends à gauche pour prendre un passage broyé du colza. Je passe sur la bordure d'une pelouse qui entoure quelques maisons en pierre au sommet du coteau puis redescends vers le ruisseau suivant qui marque à nouveau le fond d'une combe. Un grand blé sur ma droite et un semé de maïs sur ma gauche, je surveille le secteur en descendant doucement quand des aboiements retentissent sur le penchant opposé.

Un chevreuil que je ne vois pas encore m'a repéré.  Il semble situé derrière la grosse haie qui borde le ruisseau le long du blé. C'est peut être, et je l'espère, le brocard que j'ai blessé le 5 juin. Je continue à m'avancer doucement et finis par l'apercevoir, il remonte dans le blé vers le petit bosquet qui rentre dans le blé et au-dessus duquel j'ai décoché l'autre soir. C'est bien lui, il s'arrête plusieurs fois avant d'entrer dans le bosquet puis rentre dans le petit bois pour ressortir rapidement de l'autre côté et remonter vers le haut du coteau à travers blé en s'arrêtant souvent pour regarder derrière lui. Je décide de le laisser tranquille et bifurque juste avant la haie pour la longer par un passage de tracteur dans le blé.

Les sangliers sont passés par là, le blé est très touché de part et d'autre du passage de tracteur. J'avance doucement et rejoint un petit bois qui termine la haie. Du coin de ce bois, un fossé remonte sur ma droite vers le sommet du coteau et un autre bosquet à mi pente. Il sépare le champ de blé d'un autre champ de blé plus vert. Je passe ce fossé et longe tranquillement le bois mais sans passage de tracteur ma progression est trop bruyante. En arrivant au bout du bois, j'aperçois un jeune brocard qui, m'ayant entendu arriver, regarde vers moi et s'enfuit à travers blé juste au moment où nous nous apercevons mutuellement. Il n'était qu'à 30 mètres derrière le coin du bois mais rejoint rapidement les vignes qui bordent la parcelle sur la gauche et le devant du champ.

Il marque juste un arrêt dans le blé pour jeter un dernier coup d’œil vers moi puis passe dans la vigne et disparaît. Je continue tout droit et rentre dans la vigne en sortant du blé. Un peu plus loin, une chevrette traverse mon rang de vigne à vive allure. Je ressors au bout de la vigne et traverse la route pour me diriger vers un grand bois en contrebas. Je longe une grosse haie à ma droite pour le rejoindre en surveillant le champ à ma gauche quand des aboiements retentissent derrière la haie. Un chevreuil vient de démarrer et s'éloigne en protestant. Je presse le pas et arrive au bout de la haie pour jeter un coup d’œil dans le blé qui longe le bois derrière cette dernière mais je ne vois pas de chevreuil.

Le vent vient de ma gauche, je décide de longer le blé à mauvais vent pour contourner le bois avant de repartir en chasse à bon vent de l'autre côté du massif. J'avance tranquillement dans le blé. Le chevreuil aboie toujours, il semble situé dans une parcelle cultivée à l'intérieur du bois. Un peu avant la fin du champ de blé, je tombe sur une zone très touchée par les blaireaux puis ressors sur une prairie qui fait suite au blé juste avant une grande friche coincée entre le bois et une bande boisée étroite qui le longe à environ 40 ou 50 mètres de la lisière. Je biaise et passe au-dessus de la bande boisée dans un semé de tournesol à peine levé qui me conduit jusqu'au bout du bois.

Je contourne le bout du bois et longe maintenant une grande zone de vigne en surveillant les rangs, espérant voir un chevreuil. J'avance tranquillement sur la bande enherbée entre le bois et la vigne quand, en passant devant un rang, j'aperçois à 40 ou 50 mètres un chevreuil qui regarde vers moi. Je stoppe net au rang suivant et fais doucement un pas en arrière pour me positionner au bout du rang de vigne. Je me penche doucement et aperçois un brocard ce cul qui me regarde par-dessus son dos, ses bois sont assez fins mais bien noirs et bien au-dessus des oreilles. Je suis repéré, l'approche s'annonce très compliquée. Un autre chevreuil démarre un peu plus loin dans la vigne en aboyant et s'éloigne assez rapidement en protestant.

Le brocard reste un instant impassible puis démarre et s'éloigne en suivant le rang de vigne pour disparaître un peu plus loin. Je reprends ma progression. Un peu plus loin, j'aperçois un chevreuil couché plein travers à plus de 100 mètres entre 2 rangs de vigne.

2ième brocard de la saison, 7 juin 2014

Je commence une approche et progresse tout doucement derrière le rang de vigne derrière lequel se trouve le chevreuil. De temps en temps, je me penche au-dessus de la vigne pour regarder s'il est toujours là et constate qu'il ne bouge pas d'un millimètre. Je progresse doucement quand un chevreuil démarre à ma gauche et s'arrête à 35 mètres environ sur un talus qui sépare cette parcelle de vigne de la suivante. C'est une chevrette elle se retourne et cherche du regard dans la vigne la source du dérangement. Je reste un moment immobile puis reprends mon approche ce qui la fait démarrer. Arrivé à environ 30 mètres du chevreuil, je me mets à 4 pattes et l'observe par-dessous des pieds de vigne.

2ième brocard de la saison, 7 juin 2014

Il semble que ce soit une chevrette mais je décide de poursuivre mon approche pour m'amuser.

J'avance tout doucement, le sol enherbé est silencieux et je parviens à environ 15 mètres du chevreuil. Je me penche par-dessus la vigne et l'observe au travers des feuillages, la chevrette regarde vers moi mais reste immobile et couchée. 

2ième brocard de la saison, 7 juin 2014

Un des fils de fer qui tient la rangée se met à grincer et je pense la voir filer mais elle ne bouge pas. Je me penche d'avantage pour tenter de prendre des photos plus nettes mais cette fois la chevrette se lève et file dans la rangée.

2ième brocard de la saison, 7 juin 2014

Je la regarde filer un instant puis fais demi-tour pour revenir au bord du bois et reprendre mon approche.

Je marche un moment en longeant le bois sans voir de nouveau chevreuil. Un peu plus loin, une petite parcelle de blé s'avance dans le bois. Je surveille la surface des céréales mais pas de chevreuil. Je fais des pauses, de temps à autre, pour jeter un coup d’œil sur des chemins forestiers qui s'enfoncent dans le bois. Au bout d'un moment les vignes font place à des parcelles de blé et je rejoins un chemin de terre qui traverse le bois puis sépare 2 parcelles de blés pour rejoindre à plusieurs centaines de mètres une petite route goudronnée. Je prends le chemin en surveillants les cultures des 2 cotés et arrive au bout de la parcelle de gauche sans avoir vu de chevreuil.

Je bifurque à gauche pour longer une bande de terre située entre le blé et une parcelle de vigne mise en place il y a 1 ou 2 ans. Ma position élevée me donne une bonne vue d'ensemble sur le blé. En avançant doucement, je me rends compte que je suis un pied tout frais de chevreuil bien marqué dans la terre meuble à cet endroit. Je suis tranquillement ces traces tout en surveillant les alentours et arrive ainsi au coin de la vigne. En dessous, le blé finit en pointe et rentre un peu dans le bois. Un mouvement attire mon regard contre la bordure du bois, à environ 45 mètres en contrebas. Je me fige, un brocard avance tranquillement partiellement caché par les branches basses. Je suis au bout d'un bout de haie qui prolonge le bois en longeant la vigne. Le brocard, un jeune 6 pointes déjà pas mal, s'arrête régulièrement pour brouter quelques feuilles. Ma position élevée n'est pas un atout car il va être très difficile de descendre le talus qui me sépare du blé.

Je tente tout de même le coup, profitant d'une pause du brocard pour brouter quelques feuilles. Son cou tendu, sa tête dans les feuilles, il ne doit pas me voir. Je descends très doucement mais je suis très vite repéré à cause d'un léger craquement. Je me fige, le brocard curieux observe un moment. Je tente de l'aboyer mais il s'éclipse tranquillement et rentre au bois. Je fais demi-tour et remonte au bord de la vigne pour rejoindre un peu plus loin un bout de chemin qui traverse le bois très étroit à cet endroit et un petit ruisseau qui serpente dans le massif. L'eau est très boueuse malgré le temps sec depuis plusieurs jours, peut-être que les sangliers ou des ragondins en sont la cause. Je débouche dans une friche d'herbes très hautes bordée par le bois à gauche et une haie très épaisse à droite. J'avance doucement dans les hautes herbes puis décide de traverser la haie pour avancer plus à l'aise dans le semé de tournesol de l'autre côté.

 Je contourne ainsi la friche puis longe à nouveau le bois quand une chevrette démarre un peu plus loin et se débine vers la grosse haie que j'ai longé tout à l'heure pour arriver au bord du bois. Je la regarde s'éloigner puis biaise pour revenir vers la route que je longe un moment. Je fais une petite pause pour manger quelques cerises puis passe au milieu d'un hameau avant de prendre à droite le long d'une haie de sapinettes qui entoure le terrain d'une des maisons et arrive en bordure d'une parcelle d'avoine que je longe tranquillement. Le chien de la maison se met à aboyer un moment puis finit par se taire. Arrivé dans un coin rentrant de la culture, je prends un passage de tracteur pour la traverser. Alors que j'avance tranquillement, le bruit d'un animal qui arrive dans mon dos me fait me retourner. Un chien gris sombre à poil long arrive dans mon dos. Je m'arrête et lui parle, il semble amical et vient vite se faire caresser.

Il est un peu trop amical, je n'aurais pas dû le caresser car, maintenant, il me suit. Je tente de presser le pas dans l'avoine mais le chien qui se laisse parfois un peu distancer revient alors très vite derrière moi. Je tente de le semer en quittant le passage de tracteur et sors rapidement de la culture pour descendre un talus enherbé et arriver au bord d'une zone de vigne que j'ai longé tout à l'heure par le côté opposé. J'avance en surveillant les rangs quand le chien revient sur mes pas, je tente de le faire partir mais il revient à nouveau. Je continue à avancer rapidement pour tenter de le distancer et aperçois 2 lièvres dans la vigne. Arrivé au coin de la vigne et avant de redescendre vers le chemin de terre au bord duquel je suis garé à environ 400 mètres, je gronde le chien qui s'arrête. Il s'assoit au coin de la vigne et me regarde m'éloigner sans bouger. Cette fois, il a compris.

Je reprends ma chasse en avançant tranquillement et en surveillant les cultures mais rien en vue jusqu'au chemin de terre. Alors que je commence à longer le chemin tranquillement, le chien arrive tranquillement derrière moi. Je décide de laisser tomber et retourne rapidement vers ma voiture pour quitter le secteur. Le chien me regarde partir et ne suit pas ma voiture, il a un long chemin pour revenir chez lui. Je décide d'aller voir une mare, plus loin, au bord de la route car j'y ai vu pas mal de ragondins hier soir. Je me gare donc près de la mare et descends doucement au bord du petit plan d'eau qui est très calme ce matin. Je me poste au pied d'un grand saule pleureur et commence à imiter des cris de petit ragondin en détresse. Immédiatement un ragondin de taille moyenne surgit du fond de la mare et s'avance vers moi. J'arrête mes appels alors qu'il est à environ 20 mètres et le laisse venir. Comprenant qu'il y a un problème il biaise et part se caler contre la berge à ma droite à environ 10 mètres.

J'arme, prends la visée et décoche mais ma flèche passe au ras dessous. Le ragondin ne bouge pas. Je réencoche rapidement, reprends la visée et décoche une seconde flèche. Cette fois, le placement plein épaule provoque une très grosse perte de sang. Le ragondin se débat un instant pour se dégager de ma flèche restée fichée dans l'eau contre la berge. Il rentre au terrier et semble se débattre à l'entrée sans que je puisse le voir. Je l'entends un instant puis le calme revient et du sang commence à couler en abondance du terrier. Je reprends mes appels mais rien ne vient. Je me déposte et m'avance vers le fond de la mare par la berge de droite quand un second ragondin traverse pour se réfugier dans l'angle côté route sous des branches basses. Je tente d'appeler mais il se débine. Je pars donc chercher mon ragondin et mes flèches. La berge est très abrupte et fait environ 1,5 mètre de haut. Je dois sauter dans l'eau, heureusement peu profonde pour attraper mes flèches.

Une belle traînée de sang coule du terrier qui est enfoncé sous la berge derrière un petit arbre qui pousse dans l'eau.

2ième brocard de la saison, 7 juin 2014

Je me penche au ras de l'eau et aperçois mon ragondin dans le terrier, je tente de la ramener avec une flèche sans succès puis finis par rentrer mon bras dans le terrier. Le petit arbre me gêne un peu mais je finis par l'attraper et le sors du terrier pour le lancer sur la berge avant de récupérer mes flèches et de remonter non sans mal, en m'agrippant à la végétation, sur la berge. Je pars ensuite chez le président de la chasse ou je suis invité à manger une bonne côte de bœuf cuite au barbecue. Avant de rentrer, je pars faire un petit tour en voiture sur les secteurs du territoire que je n'ai pas encore chassé, histoire de me décider sur le secteur que je vais chasser ce soir.

2ième brocard de la saison, 7 juin 2014

Sortie du soir :

Après un bon repas et une bonne sieste, je repars à la chasse. J'ai décidé de chasser sur un morceau de la commune de Gondrin rattaché à la société de chasse, sur une vallée, le long d'un petit ruisseau. Je me gare près d'un hameau de maisons en pierre à l'ombre d'un gros noyer puis je descends en suivant la route pour rejoindre le bord du ruisseau. Arrivé au ruisseau, je commence à le suivre par la bande enherbée qui le sépare d'un champ de blé. La bande enherbée s'interrompant un peu plus loin, je m'avance un peu dans le blé pour rejoindre le premier passage de tracteur et le suis tranquillement mais le secteur est calme. J'arrive au bord d'une grande haie qui sépare le blé d'un semé de tournesol clairsemé. Je la traverse et rejoins le bord du ruisseau pour le longer.

Au loin, le tournesol fait place à un nouveau champ de blé. Les 2 cultures sont séparées par un chemin de terre qui remonte vers la route qui suit la crête. Une tache sombre attire mon attention en bordure du champ de blé à environ 40 mètres du bord du ruisseau. A mesure que je me rapproche, il me semble identifier un ragondin. Mon impression se confirme rapidement alors que j'arrive près du chemin de terre. C'est un gros ragondin qui broute le blé, debout sur ses pattes arrières juste en face d'une longue mare située coté tournesol et dont le trop plein se déverse sur le chemin de terre.

Je m'approche doucement en longeant le blé. En avançant, j'aperçois une tête qui dépasse du blé en haut du champ. C'est une chevrette, je décide de continuer mon approche et elle me repère rapidement pour fuir à grand bons. Pas à pas, j'arrive à 6 ou 7 mètres du ragondin. J'arme doucement et prends la visée mais le ragondin est partiellement caché par le blé. Je décoche un peu au jugé mais manque le ragondin qui démarre et se précipite vers la mare. Il s'arrête juste avant la mare et se retourne pour identifier son agresseur, j'en profite pour réencocher rapidement. Je réarme et prends la visée mais le ragondin m'a repéré et s'apprête à démarrer. Je décoche rapidement mais touche le ragondin trop bas. Il se jette à la mare, je l'entends se débattre dans l'eau sans le voir à cause de ma position basse en dessous de la mare et de la végétation haute qui borde le petit plan d'eau.

Je récupère ma seconde flèche fichée au sol et la réencoche puis pars voir si je retrouve mon ragondin mais il a disparu. Je longe la berge de gauche plus accessible, le ragondin a déposé une belle tache de sang bien rouge sur une grosse pierre blanche au niveau du déversoir. Il me semble voir un remous sous une grosse touffe de joncs contre la berge opposée mais l'eau se calme. Je décide de faire le tour de la mare. J'avance doucement dans les hautes herbes mais rien ne bouge. Je reviens par la berge opposée. En arrivant au niveau des joncs, un démarrage se fait entendre et agite l'eau. Une traînée de bulles se dessine en direction du fond de la mare. Je fais vite demi-tour pour me poster contre un gros frêne et me prépare mais un gros remous et le bruit d'un ragondin qui rentre au terrier se fait entendre juste sur ma droite. J'attends un moment mais le ragondin ne ressortira pas, je l'ai perdu.

Je pars chercher ma seconde flèche puis redescends pour recommencer à longer le ruisseau, sur la bande enherbé qui le sépare du blé. J'avance doucement quand il me semble apercevoir quelque chose qui vient de disparaître à la surface du blé à environ 60 mètres.

2ième brocard de la saison, 7 juin 2014

Je me fige et observe quand les bois d'un brocard refont surface. Je lui laisse rebaisser la tête puis commence mon approche rapide. Très vite, un petit virage sortant du ruisseau cache mon approche sur 20 mètres, j'en profite pour gagner rapidement du terrain. Je finis mon approche doucement en suivant la haie qui borde le ruisseau et en m'arrêtant à chaque fois que le chevreuil relève la tête. Je parviens ainsi à environ 15 mètres du brocard qui semble vouloir venir vers moi. Je décide donc de me positionner à genoux au bord du champ de blé. Je me poste juste en face de la roue gauche d'un passage de tracteur qui remonte vers la route de crête. J'accroche mon décocheur et me baisse au maximum pour ne pas être repéré quand le brocard relève la tête en avançant.

Il arrive tranquillement par ma gauche, par un passage de tracteur qui longe le bord du champ et rejoint le passage en face duquel je suis posté. S'il continue sur cette voie, il va déboucher à découvert sur le passage qui remonte à environ 10 mètres de moi. Pas à pas, il arrive mais, à 3 mètres du passage, il commence à biaiser pour remonter un peu. J'arme mon arc, le brocard sort au pas dans le passage de 3/4 arrière à environ 12 mètres. J'aligne ma visée et décoche. Mon encoche lumineuse rouge très visible me permet de suivre la trajectoire de ma flèche du regard. Elle passe juste sous le poitrail du brocard. Surpris, il démarre en trombe. C'était trop facile, comment j'ai pu louper une telle occasion ? Le chevreuil s'arrête vite à environ 20 mètres et commence à revenir vers la bande enherbée se présentant ainsi plein travers. Il cherche la provenance du dérangement et observe le blé. Je suis baissé derrière le blé. Seul 5 centimètres sous la ligne du dos dépassent des céréales. Je réencoche rapidement et le laisse se rapprocher doucement mais il finit par se retourner comme pour remonter vers la crête. Je n'aurais pas d'autre chance. J'arme et vise rapidement alors qu'il vient de s'arrêter à un peu plus de 20 mètres. Je vise et décoche.

Cette fois, je ne vois pas bien la trajectoire de ma flèche mais entends l'impact. Le chevreuil se met à ruer en tournant sur lui-même puis démarre et débouche sur la bande enherbée qui longe le ruisseau dans le virage à 90 ° du cours d'eau, à 40 mètres sur ma droite. Je réencoche rapidement et reste immobile. L'animal longe le bord du ruisseau encaissé d'environ 2 mètres sans oser le traverser. Il hésite ainsi un instant, ce qui me fait penser qu'il n'est vraiment pas au mieux de sa forme. Il finit par descendre dans le ruisseau où je le perds de vue.

2ième brocard de la saison, 7 juin 2014

Je me lève brusquement et pars au pas de course pour ralentir à environ 15 mètres du ruisseau et commence une approche lente et silencieuse. J'entends les bruits de pas du chevreuil qui fait des va et vient sur le gravier au fond du ruisseau. Je me rapproche doucement quand il commence à s'éloigner. Je suis le bruit et me prépare, je suis presque au bord du cours d'eau et le bruit est tout proche quand mon brocard monte péniblement la berge abrupte opposée et s'arrête à 7 ou 8 mètres de 3/4 arrière pour reprendre son souffle. J'arme, vise rapidement et décoche un impact sourd et cassant retentit, le brocard démarre et je le perds vite de vue derrière les arbres qui bordent le cours d'eau.

Je pars chercher un moment mes 2 flèches pour laisser le temps à l'hémorragie de se faire mais impossible de les retrouver dans le blé épais malgré mes encoches lumineuses. Je décide de laisser tomber et de partir chercher mon chevreuil. Je trouve rapidement du sang sur la bande enherbée

2ième brocard de la saison, 7 juin 2014

puis le suis jusqu'à l'endroit où le chevreuil est rentré dans le ruisseau.

2ième brocard de la saison, 7 juin 2014

Je descends dans le cours d'eau et suis le sang parfois visible au sec sur les graviers du lit du cours d'eau puis remonte sur la berge opposée. Je ne trouve pas tout de suite le sang et décide d'aller chercher ma flèche que je retrouve fichée au sol un peu plus loin dans le pré. Mes vannes blanches sont maintenant rougies par le sang.

2ième brocard de la saison, 7 juin 2014

Je récupère ma flèche et la mets au carquois puis reviens au bord du ruisseau ou je trouve l'endroit du tir. Un amas de gouttes de sang indique que l'animal est resté un instant à cet endroit.

2ième brocard de la saison, 7 juin 2014

La bordure du ruisseau a été piétinée par les vaches qui ont mis par endroit le sol à nu. Je commence à suivre la piste qui est d'abord peu marquée.

2ième brocard de la saison, 7 juin 2014

Petit à petit, les gouttes deviennent plus grosses et plus faciles à suivre.

2ième brocard de la saison, 7 juin 2014
2ième brocard de la saison, 7 juin 2014
2ième brocard de la saison, 7 juin 2014

Elle s'interrompt un instant mais la trace de mon brocard dans une vielle bouse me remet sur la voie.

2ième brocard de la saison, 7 juin 2014

La piste longe le bord du cours d'eau puis continue tout droit alors que le cours d'eau tourne pour rentrer dans une petite bande assez claire de buissons et d'arbustes.

2ième brocard de la saison, 7 juin 2014

Le sang bifurque à droite et sort de la bande boisée et je tombe sur mon brocard mort sur le flanc. De l'écume rouge claire, signe d'un poumon touché, sort du trou de sortie de ma flèche.

2ième brocard de la saison, 7 juin 2014

L'entrée se trouve juste devant le cuissot et un plis d'intestin est ressorti et colmate le trou d'entrée. Ma seconde flèche lui avait entaillé les muscles du dos juste avant le bassin et avait légèrement touché les vertèbres.

Après une petite séance de photos, j'attache les 4 pattes de mon chevreuil et le porte par cette anse ainsi formée pour rentrer à la voiture. Je traverse le ruisseau puis attaque de redescendre le long du ruisseau. La luminosité baisse doucement.

2ième brocard de la saison, 7 juin 2014

J'arrive à la route et pose mon chevreuil dans le passage de tracteur pour aller chercher ma voiture car il est lourd et je commence à fatiguer. Alors que je remonte tranquillement vers mon véhicule, un blaireau traverse tranquillement la route à environ 30 mètres devant moi pour rentrer dans le champ de blé sur ma droite. Ma voiture récupérée je retourne chercher mon chevreuil avant de rentrer chez moi.

2ième brocard de la saison, 7 juin 2014

Alex

Partager cet article

Repost0
6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 00:00

Ce soir j'ai décidé de retourner chasser sur Justian. Jean Pascal, de passage dans le Sud-Ouest va venir chasser avec moi, il arrive vers 19 heures chez moi et le temps qu'il se change nous partons et arrivons sur place vers 20 heures. Je me gare près du village de Roques, au bord du chemin de terre qui rejoint Justian en prenant bien soin de me garer à l'ombre car Hémo va rester dans la voiture et il fait encore très chaud.

Nous nous préparons rapidement puis nous partons en longeant une petite bande boisée sur notre gauche et un grand champ de blé sur notre droite. Le terrain monte doucement vers le sommet du coteau. Un peu plus loin, le blé fait place à une vigne et une haie prolonge le bois pour nous séparer d'un semé de tournesol très en retard. Au bout de la vigne, la haie bifurque à 90 ° pour suivre la crête du coteau. Nous la longeons jusqu'à ce qu'elle s'interrompe puis quittons la vigne pour prendre à gauche à travers un semé se soja, vers un très grand champ de blé encore bien vert.

Nous nous dirigeons vers un petit bosquet qui s'avance dans la culture quand Jean Pascal reçoit un appel. J'attends qu'il finisse avec son téléphone mais il me dit de continuer et qu'il me rattrapera. Je le laisse donc au milieu du semé et me dirige tranquillement vers l'angle du bosquet quand il me semble apercevoir une tête de chevreuil dans le blé à environ 50 mètres mais je l'ai perdu de vue. Je me fige et attends un court instant. La tête du chevreuil réapparaît au-dessus des céréales. Je l'observe pensant d'abord à une chevrette mais alors que la tête se tourne plein travers, j'aperçois quelque chose de blanc entre les oreilles et finit par identifier un petit brocard.

Je décide de tenter l'approche, un petit bout de haie d'environ 10 mètres prolonge le bois à la limite du semé de soja et du blé. Je m'avance doucement vers le bout de cette haie pour observer le brocard. Je suis au coin de la haie quand, tout à coup, le brocard se fige et regarde vers le soja plus à ma gauche. Je me retourne et aperçois Jean Pascal qui arrive au milieu du champ tranquillement, il n'a pas compris que j'avais entamé une approche et je lui fais rapidement signe que j'ai repéré un chevreuil. Il se fige, met sa cagoule et se baisse doucement.

Le brocard reste un moment à regarder dans sa direction puis replonge sa tête dans le blé. Je passe doucement la haie et rejoins une bande enherbée bien verte entre le bosquet et le blé. Je commence mon approche voûté au maximum et m'arrête à chaque fois que le brocard lève la tête. Le sol et l'herbe verte sont assez silencieux et le chevreuil ne m'a, pour le moment, pas repéré alors que j'arrive à environ 30 mètres de lui. Le blé est assez bas et il progresse dans un passage de tracteur qui longe la bande enherbée à 5 mètres environ dans la culture et vient vers moi. C'est un petit 6 ou un 4 pointes qui ne dépasse guère des oreilles. La faible hauteur des céréales me permet de voir le haut de son corps. Je me baisse doucement et me positionne à genoux pour poursuivre l'approche.

Il se rapproche très doucement en broutant, je tente de me rapprocher, j'avance sur les genoux mais je suis du coup beaucoup plus bruyant car l'herbe frotte sur mon pantalon et le brocard commence à lever la tête et à regarder vers moi à chacun de mes mouvements. Je dois alors me figer un instant, comptant sur l'écran végétal du bosquet derrière moi et ma tenue camo pour ne pas être identifié. Je progresse ainsi doucement et finis par arriver à environ 18 mètres de l'animal qui se présente de 3/4 face. Cette position et la distance ne m'encouragent pas à tenter une flèche. Je décide de tenter de m'approcher encore d'avantage mais le brocard se retourne doucement et commence à s'éloigner en broutant tranquillement.

Je tente de me rapprocher encore un peu puis arme mon arc, le brocard qui était de 3/4 arrière bifurque maintenant et commence à traverser tranquillement la bande de blé entre le passage de tracteur et la bande enherbée. Il est à 20 mètres environ. Je le suis dans mon viseur et décoche alors qu'il semble vouloir marquer un temps d'arrêt mais il repart aussitôt et ma flèche arrive trop en arrière, le touchant au niveau de l'arrière du cuissot avec un bruit d'impact très sourd. Le brocard démarre et rentre dans le petit bosquet. J'arrive à le suivre du regard pendant un très court instant au travers des branchages puis il disparaît et le calme s'installe.

Je me redresse et regarde derrière moi, je ne vois pas Jean Pascal. Je commence à me diriger vers le lieu du tir sans trouver ni sang ni flèche. Je prends donc la direction de fuite jusqu'à l'entrée du bois mais toujours rien. Je contrôle au cas où toutes les entrées sur 20 mètres en bordure du bosquet sans succès. Je pars donc chercher à nouveau ma flèche. Jean Pascal me rejoint et je lui explique que je suis presque sûr d'avoir fait une atteinte musculaire. Je finis par retrouver ma flèche plantée au sol, près de la zone du tir, dans le blé. Elle est très peu marquée, très peu de sang mais des minuscules bouts de chair sur le tube et l'empennage. Mon impression était bonne, j'ai fait une atteinte musculaire et mes chances de retrouver l'animal sont quasi nulles.

Je laisse mon arc à Jean Pascal et rentre dans le bois par l'entrée supposée du brocard et trouve rapidement une première trace de sang sur le lierre qui tapisse le sous-bois,

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

rapidement suivie par d'autres.

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

Je ressors chercher mon arc et annonce le sang à Jean Pascal. Nous commençons à le suivre, la piste est assez faufile à suivre et a tendance à s'intensifier.

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

La piste descend presque au plus droit vers le bas du bosquet, la descente avant le blé est bien marquée.

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

Elle ressort ensuite dans le blé.

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

Le sang marque assez haut sur les épis de blé

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

puis 2 ronds de gouttes nous indiquent que le chevreuil a marqué une pause.

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014
2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

La piste rentre ensuite dans le blé et biaise vers une grosse haie qui longe un ru pour rejoindre à 200 mètres environ, sur notre gauche, un autre bosquet.

Nous suivons le sang peu abondant qui rejoint le bord de la haie puis la longeons un moment avant de bifurquer brutalement à gauche pour remonter vers les vignes au sommet du coteau. Cela fait environ 200 mètres que nous suivons le brocard. La distance s'accumule alors que nous avons fait environ 100 mètres dans la culture plus ou moins facilement car le sang n'est pas très abondant. Le chevreuil suit souvent un sillon mais en change parfois nous mettant en défaut un instant. Le champ est ponctué d'îlots plus ou moins importants d'avoine sauvage. 

Arrivés au milieu du champ, Jean Pascal me signale du mouvement devant nous. Occupé à regarder le sang juste devant moi, je n'avais pas remarqué qu'un animal se débinait devant nous. Le blé bouge mais rien ne dépasse et je pense immédiatement à un blaireau car ils sont nombreux dans le secteur et cette façon d'avancer en s'arrêtant régulièrement est typique de l'espèce. Je reprends ma recherche mais rapidement Jean Pascal m'annonce qu'il a vu le bocard. Je lève les yeux et l'aperçois qui se débine devant nous, il semble boiter mais ne se retourne jamais vers nous pour nous observer malgré ses nombreux arrêts.

Je le laisse sortir du blé, au bord de la vigne où je le perds rapidement de vue puis presse le pas pour remonter vers lui et gagner ainsi un peu de terrain. Je dérange un blaireau, le blé s'agite, il file, sans que nous puissions le voir et en s'arrêtant régulièrement, vers les terriers dans un petit bosquet à ma droite. Jean Pascal se décale vers le bosquet pour tenter de l'apercevoir au passage mais il a disparu, le blé ne bouge plus. Pendant ce temps, je continue à monter et retombe sur le sang avant de sortir du blé. La sortie des céréales est bien marquée mais le sang s'interrompt au bout de moins de 10 mètres sur la bande enherbée qui entoure la vigne.

Nous cherchons un bon moment sans succès puis je retrouve du sang au départ d'un rang de vigne mais impossible de trouver la suite de la piste. Je décide de laisser tomber et de revenir tout à l'heure avec Hémo. Nous redescendons à travers blé vers la haie que nous longions tout à l'heure puis traversons le petit ruisseau par un passage busé et remontons, entre un grand champ de blé et un semé de maïs, par un chemin de terre, vers un petit hameau au sommet du coteau. Je surveille le blé mais ne vois pas de chevreuil.

Je suis dégoûté car je sais déjà que mon chevreuil est perdu, j'espère juste qu'il va s'en sortir. Arrivés au sommet du coteau nous redescendons au bord d'un colza semence dont les passages de mâles ont été broyés. Je surveille les blés tout autour mais toujours rien. Nous arrivons au bord d'un autre petit ruisseau et le longeons pour retomber sur le chemin de terre. Jean Pascal, occupé avec son téléphone se laisse un peu distancer et j'arrive sur le chemin un peu avant lui. Je me cale au bout d'une haie perpendiculaire au chemin et qui sépare 2 champs de blé.

Un gros tas de bois a été entreposé près du chemin au bout de la haie, je m'avance un peu pour dépasser ce tas de bois quand j'aperçois du mouvement dans une touffe d'herbes hautes à environ 40 mètres contre la haie. Je me fige et observe un instant. C'est un chevreuil au gagnage, il me semble reconnaître une chevrette. Je signale sa présence à Jean Pascal puis tente d'attirer son attention en l'aboyant mais le chevreuil ne réagit pas malgré plusieurs appels.

Je décide de tenter l'approche sans trop prendre de précautions pensant toujours qu'il s'agit d'une chevrette. J'avance rapidement et arrive sans difficulté à moins de 10 mètres de l'animal. J'attrape mon appareil photo et continue mon approche mais alors que je ne suis plus qu'à 8 mètres environ et que je m'apprête à prendre une photo, j'aperçois des petits bois entre les oreilles. C'est un brocard. Je range rapidement mon appareil photo, encoche une flèche et m'avance encore de quelques pas vers ce brocard complètement inconscient du danger.

Je suis à 6 mètres, il est de cul mais avec son poitrail tourné à près de 90° du reste de son corps. J'arme et vise derrière l'épaule. Ma flèche part et frappe le brocard avec un bon bruit sourd suivit d'un bruit de bois. Le brocard démarre en trombe en longeant la haie mais donne vite des signes de fatigue. Ses pattes ne le tiennent déjà plus et s'affaissent sous son poids. A environ 30 mètres, il bifurque brusquement vers la haie et disparaît. Sûr de mon atteinte, je pars rapidement contrôler mon tir et retrouve ma flèche fichée dans une grosse branche et couverte de sang.

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

Je casse le trocart de la lame en essayant de la dégager et remets ma flèche au carquois.

Jean Pascal me rejoint et nous commençons la recherche, le sang n'est curieusement pas très abondant sur le départ mais la piste s’intensifie rapidement. La végétation est couverte de sang frotté

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

et de grosses gouttes jonchent le sol.

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

Nous retrouvons mon chevreuil mort sur le ventre dans le creux qui longe la haie.

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

La flèche a entaillé tout le flanc jusqu'aux côtes avant de rentrer derrière l'épaule pour ressortir devant l'épaule opposée en traversant le haut du cœur.

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

J'appose le bracelet puis ramène mon chevreuil sur le tas de bois où nous le laissons pour refaire un petit tour de repérage dans le colza avant de revenir le chercher et de retourner à la voiture. Jean Pascal porte mon arc et j'ai chargé mon brocard sur mes épaules.

Nous prenons la voiture pour nous garer près du semé de soja, Jean Pascal va m'attendre à la voiture pour dormir un peu car il est crevé et je pars avec Hémo pour tenter une nouvelle recherche. Nous débutons contre la haie en contrebas et Hémo prend vite le sang mais il avance trop vite et rate la remontée dans le blé puis finit par la prendre et commencer à tirer sur sa longe en donnant de la voix mais il va perdre la piste au même endroit que moi dans la vigne. Je fais avec lui le tour de la vigne pour tenter de recouper la direction de fuite mais sans succès, nous rentrons.

Cette saison commence mal, je ne pense pas que ma flèche soit mortelle mais, ce soir, un chevreuil blessé va passer une mauvaise nuit à cause de mon erreur de tir.

2ième sortie de la saison de tir d'été, 5 juin 2014

Alex

Partager cet article

Repost0
2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 17:16

Ce matin, je pars pour Justian où je vais faire mon ouverture du chevreuil en tir d'été. Je n'ai pas fait de repérage et cette première sortie sera l'occasion de juger un peu la population d'animaux. J'arrive sur place vers 6 heures, Je me gare près d'un ancien moulin, au bord de l'Osse. J'attrape mon arc, ferme le scratch de mon décocheur et enfile ma cagoule puis pars par un chemin de terre qui longe un bosquet sur ma gauche et une bande boisée bordant l'Osse sur ma droite. Les fortes pluies de ses derniers jours ont laissé de grosses quantités d'eau dans les ornières du chemin.

Un peu plus loin, le bosquet de gauche laisse place à une grande friche qui a été broyée il n'y a pas très longtemps. Rien ne bouge. Je poursuis, le chemin bifurque à 90 ° pour rentrer dans un grand bois qui borde l'Osse. Le paysage s'ouvre à nouveau un peu plus loin sur une pente en friche à gauche et un grand pré non fauché à droite qui borde l'Osse. Une grosse haie borde la droite du chemin et me cache partiellement ce grand pré. J'avance jusqu'à un passage dans la haie qui donne sur ce pré. Rien en vue, je tente quelques aboiements mais rien ne vient.

Les premiers moustiques commencent à m'assaillir et je décide de ne pas perdre plus de temps, je fais demi-tour pour revenir dans le virage à angle droit du chemin que je quitte pour remonter dans la friche en longeant le bois. Toujours pas de chevreuil. Une fois le bois passé, j'ai de la vue sur plusieurs centaines de mètres car la friche est broyée et le champ qui suit a été semé il n'y a pas très longtemps. J'ai juste un creux dans le terrain à 50 mètres environ où je ne peux pas voir si un chevreuil s'y trouve. J'avance donc doucement à découvert, à mi pente, en tuant les moustiques qui me harcèlent, entre une grosse haie au-dessus de moi et le grand bois qui débute au bas de la pente et remonte sur le penchant opposé.

Rien dans le creux, je regarde au loin vers un bout de haie très épaisse situé au milieu du champ travaillé. Un morceau de champ a été laissé en friche tout autour. Pas de chevreuil en vue, je biaise pour rejoindre le bout de la haie au-dessus de moi puis pour remonter à travers le champ semé vers la route de crête. Quelques coups de nez frais sillonnent le champ. En arrivant à la route, j'aperçois un chevreuil au gagnage derrière le gros morceau de haie, en bordure du morceau de friche qui remonte vers le bois.

1 juin 2014, ouverture du chevreuil en tir d'été

Je suis à découvert et le champ de féveroles de l'autre côté de la route et impraticable. Je tente d'avancer en longeant la route et en m'arrêtant à chaque fois que le chevreuil lève la tête.

Il est à plus de 200 mètres mais il me semble qu'il regarde régulièrement derrière lui. Alors que je suis arrêté sur la bordure gauche de la route contre les féveroles et que je l'observe, un mouvement attire mon regard. Le vent est dans mon dos et je ne pourrais approcher mon chevreuil que par le haut du champ. Un animal vient de sortir du coin d'un renfoncement du grand bois à environ 300 mètres en contrebas. Je pense d'abord à un lièvre, l'animal avance rapidement de face par tranches de plusieurs dizaines de mètres et s'arrête puis repars. Il zigzague un peu puis bifurque plein travers et prend la direction du bout le plus éloigné du gros bout de haie au milieu du champ. C'est alors que je me rends compte qu'il s'agit d'un brocard et qu'il semble avoir de la masse entre les oreilles.

Je ne suis pas sûr du sexe de l'autre chevreuil mais décide tout de même de tenter de l'approcher. Je profite du fait qu'il regarde vers le brocard pour avancer assez rapidement sur la route et passe à couvert derrière un bout de haie qui longe la droite de la route et rejoint le bois qui borde le champ. Je trouve un passage un peu plus loin et remonte le talus de la route pour arriver vers le coin du bois et de la haie. Le chevreuil en contrebas a commencé à remonter vers le bois et voyant que je ne pourrai pas avancer dans le bois sans faire de bruit, je décide de ressortir au coin du champ. La pente très raide rend la manœuvre peu discrète et le chevreuil, bien qu'à 150 mètres environ, rentre au bois au trot.

Je surveille le bout de haie mais ne vois pas le chevreuil, le vent vient de ma droite. Je décide de tenter de m'approcher jusqu'au bout du gros bout de haie pour tenter une approche en espérant que le brocard soit resté derrière. Je descends donc rapidement quand j'aperçois un grand brocard à environ 100 mètres qui revient vers l'angle du bois au départ du renfoncement. Le creux du terrain me le cachait et je suis maintenant à découvert. Il ne m'a pas vu, j'en profite pour reculer rapidement pour me cacher à nouveau en profitant du relief. Je perds ainsi le brocard de vue.

1 juin 2014, ouverture du chevreuil en tir d'été

Le vent n'est pas très bon mais je décide de tenter le tout pour le tout. Je fais une grande boucle dans le champ pour rester cacher puis m'avance doucement pour tenter d'apercevoir le brocard.

J'aperçois juste sa tête qui se baisse, je recule à nouveau et finis ma boucle pour arriver derrière la haie sous laquelle je progressais tout à l'heure. Je la longe très lentement pour aller me poster près du bout de cette dernière. Le brocard est à 80 mètres environ en contrebas près du bois. Il broute les jeunes pousses dans le semé. Sa robe est roux clair, ses bois très sombres semblent porter 6 pointes et être bien réguliers, son front et son museau sont bien gris, il est magnifique. C'est certainement le beau brocard qui se joue de moi sur ce secteur chaque année. Je me poste contre la haie sous des branches basses, j'ai de bonnes fenêtres de tir. Le poste me semble très bon mais le vent est dans mon dos, il semble pour le moment remonter légèrement vers la crête.

Le brocard avance de quelques pas, ses sabots sont encombrés par de gros amas de terre collante qui lui donne une démarche curieuse. Il s'arrête et se remet à manger. Il avance ainsi en faisant des pauses alimentaires sur environ 20 ou 30 mètres puis se décide à avancer et commence à monter vers moi puis biaise comme pour passer sous la haie, biaise à nouveau pour monter vers moi, il avance au pas, tranquillement. Il biaise à nouveau comme pour passer sous la haie puis se ravise et monte d'un pas décidé pour venir droit sur moi mais, alors qu'il n'est plus qu'à 40 mètres, il stoppe net et commence à venter. Le vent a légèrement tourné et descend droit sur lui. Il jette un rapide coup d'œil autour de lui puis file vers le bois en aboyant.

Je m'éclipse à couvert de la haie et rejoins la route alors que le brocard aboie toujours dans le bois en s'éloignant. J'arrive à la route et longe les féveroles jusqu'à la bordure du bois qui descend vers le fond de la combe de gauche. Je quitte alors la route et commence à avancer doucement entre les féveroles et le bois.

1 juin 2014, ouverture du chevreuil en tir d'été

En contrebas, un semé de tournesol couvre le penchant opposé et remonte vers la route de crête et un bosquet sur la gauche du bois, en prolongement du bois c'est un champ de blé qui remonte vers la route. Pas de chevreuil en vue. J'arrive au coin du bois et jette un coup d'œil sur le blé sans rien voir. Je commence donc à remonter tranquillement vers la route de crête par un passage de traceur tout en observant la surface des céréales.

1 juin 2014, ouverture du chevreuil en tir d'été

La rosée du matin commence à tremper mon pantalon. J'arrive à la route sans rien voir.
Je jette un coup d’œil sur le grand champ de blé qui couvre la combe en dessous de la route jusqu'à un bois qui longe la crête puis redescends dans la combe au bout d'environ 200 mètres sur ma gauche. 2 îlots boisés ponctuent ce champ de céréale sur ma gauche en alignement approximatif de la descente du grand bois. Ne voyant rien, je commence à descendre le talus abrupt du champ pour rejoindre la route quand un chevreuil démarre sous la route en aboyant. C'est une chevrette elle stoppe un peu plus loin quand un brocard surgit du blé à environ 150 mètres et fonce droit vers elle en lui répondant. Je me fige et cherche le moyen d'approcher mais je suis à découvert, de plus sur un point haut et je dois déjouer l'attention de 2 animaux. C'est mission impossible.
Je me baisse au maximum et rejoins la route puis la traverse voûté pour m'agenouiller dans les hautes herbes au bord du blé. Je commence à aboyer. Le brocard me répond. La chevrette, à 60 mètres sur ma droite, regarde dans tous les sens mais ne bouge pas. Le brocard descend doucement à sa rencontre toujours en aboyant mais il est méfiant et regard vers moi. Je tente d'avancer à genoux en aboyant mais la chevrette finit par démarrer. Elle arrive au fond de la combe puis commence à remonter quand le brocard se lance à sa poursuite. Tout 2 rentrent et sortent d'une bande d'avoine sauvage très haute qui pousse au milieu de la culture puis disparaissent dans l'épaisse végétation. La chevrette en ressort rapidement puis y rentre à nouveau et plus rien ne bouge pendant un bon moment.
Je tente de m'approcher d'avantage mais le brocard démarre et remonte en aboyant vers le bois. J'en profite pour me redresser et courir vers un passage de tracteur à 20 mètres en contrebas où je m'agenouille à nouveau. Le brocard s'arrête et regarde derrière lui pour me chercher mais n'arrive pas à me voir. Il repart tout de même en aboyant et passe derrière une bosse du champ après avoir marqué un temps d'arrêt au sommet. J'en profite pour me relever et partir en longeant le passage de tracteur qui tourne autour du champ. La chevrette n'a pas bougé. Je rejoins ainsi le bout du grand bois pour le longer doucement à bon vent, espérant recouper le brocard.
J'arrive ainsi au coin du bois sans avoir vu d'animaux en m'arrêtant régulièrement pour observer et commence à redescendre toujours en longeant le bois par le passage de tracteur. Je m'arrête à environ 30 mètres plus loin pour observer quand je me rends compte que je suis à quelques mètres d'un jeune 4 pointes. Seule sa tête dépasse du blé. Surpris, il ne sait pas quoi faire. J'arme mon arc, il démarre et s'éloigne au galop puis biaise à 90 ° pour remonter vers la bordure du bois en crête du champ. Je l'aboie plusieurs fois et le suis dans mon viseur mais il ne s'arrêtera pas. Je désarme. Pendant ce temps une belle chevrette arrive au galop, par ma gauche, dans le blé, à environ 100 mètres pour rentrer dans un des îlots boisés devant moi. Je continue à longer le bois et ressors du blé dans un semé de tournesol. J'avance sur la crête du champ et rejoins une vigne que je longe un moment puis retombe sur un champ semé.
J'avance à découvert vers un champ de blé un peu plus loin quand j'aperçois, à environ 200 mètres, un chevreuil arrêté plein travers contre un bout de haie qui borde le blé sur 50 mètres environ. Je suis à découvert, il ne m'a pas vu. J'essaie de m'éloigner rapidement sur ma droite pour profiter du léger relief du champ pour me cacher mais juste avant de perdre le chevreuil de vue, je me rends compte qu'il regarde vers moi. Il est à environ 350 mètres quand je le perds de vue. J'avance ensuite rapidement vers le blé tout en surveillant la haie. J'avance maintenant voûté car le relief diminue. J'aperçois furtivement, en rentrant dans le blé, le chevreuil qui semble regarder vers où j'étais tout à l'heure. Je rejoins le premier passage de tracteur parallèle à la haie puis le suis rapidement pour arriver à 30 mètres de la haie.
Le chevreuil ne doit être plus qu'à 60 mètres. Je biaise doucement vers le bout de la haie à traverser blé en écartant les céréales du bout du pied avant de le poser pour faire le moins de bruit possible. J'arrive ainsi au bout de la haie et commence à la longer tout doucement. J'aperçois rapidement le museau du chevreuil qui regarde à 90° de la haie. Je ne vois pas le haut de la tête et ne peut pas encore l'identifier. Il est à 40 mètres environ. J'avance très doucement bien collé à la haie et tente de me pencher doucement de temps en temps. Il me semble qu'il s'agit d'une chevrette. Je continue à avancer et sort mon appareil photo. Elle n'est plus qu'à 30 mètres. Je la prends en photo en me penchant doucement puis reprends ma progression très lente. J'arrive ainsi à 20 mètres et reprends une photo.

1 juin 2014, ouverture du chevreuil en tir d'été

Je reprends ma progression. A environ 15, mètres la chevrette tourne à tête vers moi et me fixe. Nous restons ainsi plusieurs secondes puis je commence à avancer doucement vers elle ce qui finit par provoquer sa fuite à environ 10 mètres.

1 juin 2014, ouverture du chevreuil en tir d'été

Elle disparaît dans la haie qui sépare les cultures du pré en contrebas. Je repasse dans le blé et rattrape le passage de tracteur qui longe à environ 10 mètres de la haie. Le champ remonte à 90 mètres environ, à 90 ° puis retourne à droite à 90° en suivant la haie qui fait place à une bande boisée. Dans cet angle, j'aperçois un chevreuil qui regarde vers moi.

1 juin 2014, ouverture du chevreuil en tir d'été

Je me décale rapidement vers le bord de la haie et perds ainsi le chevreuil de vue derrière le virage de la haie. Je suis ainsi hors de sa vue et progresse tranquillement quand j'aperçois une chevrette qui remonte par le passage de tracteur en suivant le bord du champ. Je me fige et l'observe puis la perds de vue dans le virage du passage de tracteur qui suit la forme du champ.

Le sol meuble et humide est silencieux. J'avance de plus en plus doucement en me rapprochant de l'angle de la bande boisée. En arrivant à l'angle, le chevreuil n'est plus là, j'avance très doucement et l'aperçois juste à 4 mètres devant moi au travers des branchages. C'est une chevrette, elle regarde un instant vers moi puis se débine dans le bois en contrebas sur ma gauche. Je l'entends marcher un moment alors que je reprends ma progression lente. L'autre chevrette a disparu. Je rattrape le passage de tracteur et continue à avancer en bordure du champ. J'arrive ainsi à un chemin goudronné qui mène à une belle maison en pierre sur ma gauche. Je le traverse pour rentrer dans une autre parcelle de blé juste de l'autre côté.

Je rattrape à nouveau le passage de tracteur le plus à gauche du champ et avance tranquillement. En arrivant au bout du champ, dans une petite zone de blé couché, j'aperçois juste la pointe des oreilles, braquées sur moi, d'une chevrette à moins de 10 mètres, je la prends en photo puis continue mon approche tout doucement pour me figer à 5 mètres d'elle et la reprendre en photo.

1 juin 2014, ouverture du chevreuil en tir d'été

J'avance à nouveau, cette fois, elle démarre et s'éloigne en bondissant au-dessus du blé.

1 juin 2014, ouverture du chevreuil en tir d'été

Je la perds rapidement de vue derrière une cassure du champ qui descend vers un champ d'avoine tout en long qui borde la route communale perpendiculaire au chemin goudronné que j'ai franchi tout à l'heure. Je suis maintenant le passage du tracteur qui descend vers le champ d'avoine et aperçois à nouveau la chevrette dans le fossé entre les 2 cultures. Sa tête dépasse bien des céréales, elle me fixe alors que je descends vers elle puis finit par fuir à travers l'avoine avant de disparaître dans cette culture.

Je rejoins la bordure de l'avoine et continue à suivre les roues de tracteur qui bifurquent à 90 ° à gauche. Au bout du blé, je tombe sur une petite mare étroite d'où décolle un colvert. Je contourne le petit plan d'eau et rejoins une bande enherbée qui longe l'avoine jusqu'à la route qui bifurque à gauche un peu plus loin. Un lièvre est assis dans l'herbe à environ 80 mètres. Il me laisse un peu m'approcher puis détale en suivant la bande enherbée et saute la route pour rentrer dans une autre parcelle de blé de l'autre coté qui s'étend jusqu'à l'Osse.

Je rattrape la route et la suis en prenant vers ma droite. Je surveille le blé, rien dans la première parcelle, je passe une haie qui délimite une seconde parcelle. J'avance tranquillement quand à environ 90 mètres dans le blé, j'aperçois, en marchant tranquillement, une tache rousse. Je stoppe net et fais quelques pas en arrière, c'est un chevreuil au gagnage, sa tête est plongée dans la culture. Il est à environ 20 mètres de la haie. Je décide de tenter une approche à bon vent en longeant la haie. Je commence donc à rentrer dans la culture pour rejoindre le bord de la haie mais, malgré la distance, le chevreuil m'a entendu et redresse la tête. C'est une chevrette.

1 juin 2014, ouverture du chevreuil en tir d'été

Je me fige, nous nous observons mutuellement. Je tente de l'appeler avec une herbe entre mes pouces mais elle finit par détaler à grands bons et passe la haie. Je reprends mon chemin et quitte la route dans le virage pour prendre un chemin de terre qui rejoint le village de Roques à quelques kilomètres.

Je passe une ferme sur la gauche, sur ma droite un grand semé de tournesol remonte doucement vers une friche boisée qui couvre la pente du coteau jusqu'à la crête. Un couple de perdreaux se débine devant moi puis s'envole pour aller se poser bien plus loin dans un champ de blé. Je longe le chemin de terre, les cultures, les prés non fauchées se succèdent dans ce paysage de bocage séparés par des haies qui morcellent les parcelles. Aucun chevreuil en vue mais les moustiques reviennent à la charge.

Je longe maintenant, sur ma droite, un grand champ de colza qui englobe une longe bande boisée d'environ 200 ou 300 mètres de long et de 40 à 50 mètres de large. Le blé sur ma gauche est parcouru de nombreuses coulées de sangliers qui semblent venir du colza. Ils doivent être sur le secteur. En arrivant au bout de la bande boisée, j'aperçois sur ma droite, à environ 40 mètres, une chevrette dans une trouée du colza.

1 juin 2014, ouverture du chevreuil en tir d'été

Un chemin de terre remonte dans la culture vers la crête et passe à 15 mètres environ du chevreuil. Je décide de tenter l'approche. J'avance doucement vers la bordure du colza mais la chevrette regarde vers moi. Au bout d'un moment, elle baisse sa garde et j'en profite pour me baisser et avancer contre le colza où je me redresse pour l'observer. Inquiète, elle se débine et rentre dans le colza. Je me retourne pour revenir vers le chemin de terre et aperçois une chevrette qui fuit au grand galop dans le blé sous le chemin. A environ 100 mètres, elle biaise vers le chemin et le traverse pour rentrer dans le colza.

Je reprends le chemin et le longe un moment pour arriver à 2 petits lacs sur ma gauche. Le temps qui était pour l'instant nuageux, change brusquement. Un grand soleil brûlant se lève. Je décide de faire demi-tour. Sur le retour, je décide de longer l'Osse qui biaise pour s'éloigner du chemin. Je passe ainsi à travers les cultures et les prés non fauchés puis reviens doucement vers la route. Je n'ai pas vu de chevreuil mais quelques arbrisseaux frottés le long d'une haie signalent la présence d'un brocard.

Je rentre par la route en surveillant les parcelles des 2 côtés de la voirie, rien en vue, puis je récupère ma voiture où m'attend Hémo. Je pars chercher mes 5 bracelets chez le président de la chasse avant de rentrer chez moi.

 

Alex

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
  • Contact

AVERTISSEMENT A MES LECTEURS

Bonjour,

Ce blog est adressé à un public de chasseurs ou de curieux intéressés par la chasse. Il comporte des photos d'animaux morts ou de pistes au sang qui peuvent choquer certaines personnes sensibles.

Bonne visite, Alex

Réponses à mes détracteurs :

https://www.chasse-a-l-arc-dans-le-gers.com/pages/MESSAGES_PERSONNELS_ET_REPONSES-8657563.html

LA RECHERCHE AU SANG

Cliquez sur la photo

 

QUELQUES BLOGS DE CHASSE A L'ARC

 

 

BONNES ADRESSES CHASSE

https://www.facebook.com/pyreneeschassesapproches
Cliquez sur l'image
Cliquez sur l'image

 

FOURNISSEURS

Cliquez sur l'image

 

Cliquez sur l'image
Cliquez sur l'image
Cliquez sur l'image
Cliquez sur l'image
Cliquez sur l'image

 

 MATERIEL :

 

 

GRANDS GIBIERS HORS FRANCE METROPOLITAINE

ARGENTINE

 

Buffle murrah
Guanaco
ESPAGNE
Bouquetin espagnol de Beceite
Chèvre de Majorque hybridée
Chèvre sauvage
Mouflon à manchette

GUYANE

 

Pécari à collier
Capibara
Caïman rouge
Caïmans gris

 

Québec

 

Ours noir

 

Ile Maurice

 

Cerf rusa
Cochon marron

 

GRAND CHELEM FRANCAIS

Cerf élaphe
Chevreuil
Mouflon
Chamois
Isard
Sanglier
Blaireau
Renard

 

Répartition des prélèvements grands gibiers

AUTRES PRELEVEMENTS :

Répartition des prélèvements petits gibiers
Ragondin albinos
Ragondin
Rat musqué

Lièvre
Lapin de garenne
Martre
Putois
Vison d'Amérique
Faisan commun
Canard colvert
Foulque macroule
Bécasse

 

Guyane

 

Iguane vert
Tourterelle rouviolette
Hocco alector

 

Singe hurleur
Aymara

 

Argentine

 

Lièvre
Renard gris
Tinamou élégant

 

Québec

 

Tétras du Canada
Gélinotte huppée
Bernache du Canada