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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 22:13

Ce soir, il fait très chaud et je décide de tuer un peu le temps en attendant le retour de températures un peu plus clémentes. Je gare ma voiture sur une route de crête puis je descends tranquillement le long du bois de gauche. Un lièvre démarre tout près de moi dans le tournesol et remonte vers la crête. Les moissons sont en plein et une petite parcelle d'avoine a été moissonnée un peu plus bas. Il va falloir  que je me dépêche de flécher mon brocard si je veux le faire à l'approche car le couvert des cultures s’amenuise et le retour des températures estivales rend le sol très craquant. Arrivé au coin du bois, je cherche une grosse coulée pour rentrer dans le sous-bois. Je me faufile au travers des branchages et me poste dans une petite zone dégagée. Je vais jouer un peu du Butollo pour tenter de faire des photos de chevrette car je ne pense pas que les brocards y soit encore très réceptifs.

Je commence à appeler en alternant des séries de petits cris brefs, de cris longs et plaintifs et de cris de chevrette en enfonçant la poire jusqu'au fond. Le temps passe alors que j'appelle toujours. un vol de 4 ou 5 corbeaux, intrigués par le bruit, me tourne autour et vient se poser régulièrement à quelques mètres au-dessus de ma tête. Une buse vient se joindre à la partie mais pas la moindre chevrette. Je décide donc de changer d'appel, normalement l'appel continue de plaintes, composé de gémissements et d'appels courts sans interruption est redoutable.

Je commence mes appels et très rapidement un fracas retentis dans mon dos. Je stoppe mes appels. Une chevrette complètement essoufflée cherche la provenance du bruit. Je la laisse chercher et attrape doucement mon APN. Elle est derrière un écran de végétation. Je tente quelques photos mais on la distingue à peine sur ces clichés.

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

Je me tiens près avec mon APN et tente un bref appel, mais la chevrette surgit de la végétation et fonce sur moi sans que je n’aie le temps de réagir. Elle stoppe à 4 mètres devant moi, fait volte-face pour disparaître dans le bois et commence à aboyer un peu plus loin. Je tente de la refaire venir mais elle a compris le manège et s'éloigne en continuant d'aboyer. Je quitte mon poste par où je suis arrivé et ressort du bois puis remonte vers la voiture. Arrivé en crête, j'observe un moment l'autre côté de la route mais pas une seule tache rousse en vue.

Je descends le long de la culture à gibier et rejoins le fond de la combe pour bifurquer et revenir vers le bois. Je longe doucement la lisière et pars me poster près d'un petit trou d'eau situé juste à l'intérieur du bois à quelques mètres de la bordure. Des traces de chevreuils marquent la boue du bord de l'eau, avec cette chaleur il doivent venir y boire. Je me choisis un poste dans la végétation et recommence mes appels mais cette fois rien n'y fait.

Au bout d'un moment, je ressors du bois. Une chevrette démarre à moins de 30 mètres sur ma droite, au milieu de repousses de frênes juste assez hautes pour la dissimuler. Elle rentre au bois et je tente de me rapprocher doucement pour l'apercevoir mais elle a disparu. Je reprends ma progression en direction du chemin forestier qui me conduira vers les près fauchés. Plusieurs lapins détalent devant moi.

Je stoppe de temps à autre pour observer mais les chevreuils ne sont pas encore de sortie sur le secteur. Je rattrape le chemin forestier et le longe pour ressortir du bois. Il me semble entendre un bruit de pas sur ma droite mais impossible de voir sa source. Le chemin surplombe maintenant un très grand pré fauché qui borde la rivière. Une haie épaisse fait un écran végétal seulement percé de quelques fenêtres très espacées. Au travers des trouées, j'observe le pré quand j'aperçois un brocard au gagnage. Il est à 70 mètres environ.

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

Le vent souffle dans mon dos et ma seule chance de faire une approche est de longer la haie jusqu'au bout du pré puis de revenir vers la rivière par un chemin de terre bordé de très gros chênes puis d'approcher le chevreuil par le bord du cours d'eau. Je tente le coup, je marche très rapidement en faisant juste attention aux trouées dans la haie pour ne pas être repéré. J'en profite à chaque fois pour observer un court instant le brocard qui semble tout à fait paisible. Quelques lapins détalent en tous sens. Arrivé au bout de la haie, je m'avance vers le premier gros chêne du chemin et me cale derrière pour observer. Le chevreuil est toujours aussi calme, il broute sans se soucier de moi. 2 lièvres qui arrivent du bord de la rivière se coursent au milieu des balles rondes.

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

Je m'avance rapidement jusqu'au second chêne sans être repéré. Le brocard est à 400 mètres environ et broute toujours. Je décide de tenter de rejoindre la rivière rapidement et d'une traite en espérant que la distance me mettra à l'abri des yeux du brocard.

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

Je progresse donc rapidement mais stoppe tout de même une fois alors que le chevreuil vient de relever la tête. Au moment où il se remet à brouter je finis d'une traite les 60 mètres qui me séparent de la rivière. Le brocard rejoint quant à lui le bord du cours d'eau. La courbe du cours d'eau me fait perdre de vue mon chevreuil. J'en profite pour faire les 200 premiers mètres en courant le long de la rivière puis je marche d'un bon pas vers le virage du cours d'eau. Je pense que mon chevreuil n'est plus qu'à 50 mètres et je ralentis le pas pour commencer mon approche à pas calculés au milieu de l'herbe sèche. Je ne vois toujours pas le brocard et j'avance à l'aveugle. En arrivant au virage, mes pas se font très lents et je tends régulièrement la tête pour tenter d'apercevoir mon animal de chasse.

Tout à coup, je l’aperçois au travers des feuillages, il est à 40 mètres devant moi et me tourne le dos. Je l'observe un peu alors qu'il se remet en marche. Je tente de me rapprocher très lentement et sans bruit. Il n'avance pas vite en broutant et je gagne 10 mètres pour me positionner derrière une branche au feuillage épais qui dépasse de la haie bordant la rivière. Le reste de l'approche risque d'être très compliquée. Un peu plus loin, une haie perpendiculaire à la rivière s'interrompt  sur quelques mètres avant le cours d'eau et si mon brocard passe derrière cette haie je pourrais tenter une approche plus sereine.

Le brocard broute toujours mais, tout à coup, il se tourne face à la rivière et se met à gratter le sol de son sabot avant de se coucher plein travers en regardant vers moi. Je n'avais pas envisagé cette hypothèse et mes chances sont maintenant très maigres de terminer mon approche car le brocard faisant confiance à son odorat ne regarde jamais derrière lui et fixe ma direction sans me voir mais je ne peux pas faire un seul mouvement. Au mieux, il regarde devant lui mais je suis coincé. L'attente commence. Les 2 lièvres de tout à l'heure broutent plus loin au bord de la haie alors qu'un lapin s'amuse à leur tourner autour. Le brocard se gratte le menton avec sa patte arrière. Le temps passe et la luminosité commence à décroître. Je ne vais pas rester toute la soirée à le regarder, je décide de tenter des appels au Butollo.

Je commence par une entrée en matière douce avec des petits appels brefs pour éveiller sa curiosité. Immédiatement le brocard tend le coup et cherche la provenance du bruit. Je stoppe un instant et le laisse chercher puis alors que son attention baisse, je recommence. Il semble curieux mais je n'ai pas l'impression qu'il veuille se lever. Je passe aux cris plaintifs espacés. Son attention semble croître, il cherche de plus en plus. J'intercale quelques cris de chevrette mais il ne se lève toujours pas. Je fais une longue pause sans appel puis je reprends des petits appels brefs. Cette fois, il se lève.

Il reste un moment à regarder vers moi alors que je suis immobile moi aussi puis il commence à s'éloigner de la rivière en trottinant. Je recommence mes appels brefs. Il bifurque doucement pour se rapprocher tout en décrivant un arc de cercle pour me contourner et me prendre au vent. Il s'arrête régulièrement et fixe son regard dans ma direction sans réussir à m'identifier. Je fais de courtes pauses et reprends mes appels pour le garder curieux et intéressé. Il s'avance encore et baisse sa garde, j'arme tout en tenant le Butollo à la main. Il n'a rien vu et s'avance encore. Je le suis, arc armé et continue mes appels mais il commence à s'éloigner un peu et se cale finalement à 20 mètres environ. Je ne sens pas le tir et tente encore de le faire revenir mais il se tourne de cul et commence à s'éloigner puis prend le galop bondissant. Je désarme et le stoppe à 50 mètres environ en l'aboyant puis commence à le faire revenir avec des appels de Butollo. Il avance en humant le sol et pas à pas se rapproche à nouveau, je réarme avec le Buttolo à la main alors qu'il ne me regarde pas et continue mes appels. Petit à petit, le brocard se rapproche, mon viseur se cale, il avance encore un peu puis s'arrête, 15 mètres environ plein travers, c'est ma chance. Je décoche mais rate mon brocard en passant juste sous le poitrail.

Le brocard, surpris par l'impact de la flèche sur le sol, fait demi-tour et repart au galop vers la haie. Je recommence mes appels et le stoppe net. Il recommence à venir mais bien plus méfiant alors que je réencoche tout doucement. Il revient très doucement mais, à 30 mètres, il fait brusquement demi-tour et s'enfuit en aboyant, s'arrête à la haie, m'observe puis la franchit d'un bon pour disparaître toujours en aboyant. Je n'insiste pas, je sais que cette fois ce n'est pas la peine.

Je pars chercher ma flèche puis reviens à travers le pré vers le chemin bordé de gros chênes quand j'aperçois mon brocard qui se débine contre une haie qui longe une habitation au sommet de la colline. Je crois savoir où il va et je tente de le devancer, en essayant de rester discret, je presse le pas puis court vers le passage au coin de la grosse haie. Le chevreuil n'arrivant pas, je remonte vers la haie sous l'habitation mais le chevreuil a disparu.

La luminosité baisse, un cri de renard retentit au loin et je décide de tenter de me rapprocher. Je rattrape la crête de la colline et longe un chemin couvert d'herbes hautes tout en surveillant les prés fauchés. Je m'avance à découvert pour rejoindre un îlot en friche qui couvre un talus assez raide au milieu des prés fauchés. De nombreux lapins s'enfuient. Je me poste derrière un buisson et tente quelques cris de souris mais rien ne vient. Au loin, sur la crête suivante, j'aperçois plusieurs masses sombres qui se déplacent, peut être une famille de renard ? Mes cris de souris n'ayant pas la portée suffisante, je tente un plainte de faon en continu. Mais un c'est un galop qui retentit au loin. Un chevreuil arrivant ventre à terre de plusieurs centaines de mètres. Je stoppe mes appels et me décale rapidement en crête du talus pour me positionner près de son point d'arrivée.

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

L'arrivée et tellement rapide qui je ne peux faire que 20 mètres. Une chevrette surgit à 20 mètres  devant moi et se fige pour m'observer. Je reste immobile quand, tout à coup, surgissant de nulle part, mon brocard de tout à l'heure surgit à 10 mètres devant moi et regarde vers la chevrette. J'arme rapidement et prends la visée mais encore une fois ma flèche passe juste dessous, je me suis trop pressé ! Le couple fait volte-face et repart ventre à terre vers les  bois au loin. Je me décale rapidement derrière des herbes hautes et un buisson pour me positionner.

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

Si j'arrive à faire revenir la chevrette, le brocard suivra. Je recommence des appels longs et plaintifs alors que les amoureux sont déjà loin. La chevrette amorce une grande boucle pour venir droit sur moi, le brocard lui emboîte le pas, je continue mes appels jusqu'à ce qu'ils arrivent à environ 40 mètres en dessous de moi puis stoppe brutalement. Les chevreuils s'arrêtent un instant derrière des buissons et je les perds de vue. Encore 2 petits appels brefs et les voilà, ils foncent droit sur moi. Je range le Butollo et arme mon arc. La chevrette vient se planter à 3 mètres de moi et se fige en regardant vers moi, le brocard s'arrête lui aussi mais focalisé sur l'arrière train de sa partenaire. 3 mètres, léger 3/4 face, juste en dessous de moi, ma visée est prise, je décoche. L'impact retentit. La chevrette redémarre en trombe, le brocard fait un saut extraordinaire de côté et retombe dans un buisson. Il ne bouge pas pendant un moment. Je reste immobile.

Il finit tout de même par repartir alors que la chevrette l'attend sur le penchant opposé. Il chute plusieurs fois sur 30 mètres puis se couche sur le flanc et s'immobilise. Cette fois c'est fini, ce n’était pas mon jour, mais ce n'était pas le sien non plus. Il a pourtant eu 3 chances.

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

Le chevrette refuse de partir et aboie sur place alors que, plus loin, un autre chevreuil lui répond. Je descends vers mon brocard. Le buisson dans lequel il a sauté est maculé de sang.

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

L'ayant vu tombé, je me dirige directement vers lui alors que la chevrette peine à partir. Ma flèche est plein cœur, ce qui explique ce saut incroyable.

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

Après quelques photos souvenir, je rentre avec mon chevreuil sur l'épaule dans la nuit noire.

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

Alex

 

Trophée :

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

Atteinte :

Les 3 vies du brocard, 24 juin 2011

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 19:22

Ce soir, je pars de chez moi vers 18h30, en route je décide de m'arrêter pour faire un sort à un ragondin que je vois depuis un bon moment à chaque fois que je passe sur cette route. Je me gare dans un virage, attrape mon arc, traverse la route et saute la glissière de sécurité pour descendre vers le petit ruisseau, juste en contre bas de la route. Je longe doucement avec le vent de face et comme d'habitude les ragondins sont là à 40 mètres devant moi entrain de brouter paisiblement. Je passe en mode prédateur, mes pas se font silencieux, mon approche calculatrice. Mon regard fixe mon but et je stoppe net dès que l'un des ragondins relève la tête. Ils sont 3, c'est la première fois que j'en vois autant sir ce secteur, il n'y en a souvent qu'un seul voir 2 au maximum. Ce sont des jeunes et le gros habituel n'est pas là. Je parviens assez facilement à 10 mètres des ragondins et tente de me rapprocher encore. Pas à pas, en rasant les arbres du bord du ruisseau, je me rapproche  quand l'un des trois rongeurs s'affole et fonce sur 1 mètre vers le ruisseau puis se fige le nez en l'air. Je me fige également. Au bout d'un moment, voyant que ses compères ne bronchent pas, il se remet à brouter et s'octroie même le luxe de me tourner le dos. Je suis à 7 mètres. J'arme mon arc et fait encore 2 pas tout doucement. Le plus éloigné du ruisseau me présente un bon 3/4 arrière alors que les 2 autres, côte à côte, sont de cul. Mon choix est fait, je vise le ragondin isolé et décoche. Il accuse le coup et met un moment à démarrer. Ma flèche est restée fichée à l'intérieur, arrêtée par le sol. Les 2 autres ragondins se jettent à l'eau alors que le blessé s'élance sur 2 mètres, le saignement est spectaculaire. Je me précipite mais il roule à moins de 3 mètres de l'impact. C'est fini pour lui. Je réencoche et jette un coup d’œil au ruisseau mais les autres sont à l'abri. Je ramasse ma prise sous les yeux incrédules des automobilistes qui passent à quelques mètres et retourne vers la voiture. Ma flèche rentre à l'arrière des côtes et ressort derrière la tête.

Un grand 6 dans les blés, 18 juin 2011

Je reprends la route et me gare devant chez le président de la chasse. Après avoir discuté un peu, je me prépare et pars en chasse. Le vent fort ce soir n'est pas bon et je décide de rattraper la route pour m'avancer plus en avant dans le territoire avant de revenir avec le vent de face. Je descends le chemin de pierres blanches avant de remonter vers la chapelle quand un mouvement me fait tourner la tête sur ma droite. Une chevrette coutumière des lieux et entrain de glaner sa nourriture dans un passage de tracteur au milieu du blé en me tournant le dos. Je suis à mauvais vent mais elle ne semble pas inquiète. J’attrape mon appareil photo et tente un cliché, elle est à moins de 15 mètres et le bruit de mon appareil lui fait lever la tête. Je me presse un peu pour prendre le premier cliché et voyant qu'il est flou, je tente un second mais la chevrette démarre et je la fige dans un bon au-dessus du blé.

Je la regarde s'éloigner en remettant mon appareil photo dans la poche de ma chemise et reprends ma route. Un peu plus loin un coq faisan suit de près une poule qui lui fausse compagnie en rentrant rapidement dans le blé. Je dépasse la chapelle et rejoins la route que je remonte vers l'angle d'un bois où je compte commencer ma chasse. Tout à coup, une tête de chevreuil m’apparaît furtivement dans le champ de féveroles sur ma gauche puis disparaît derrière la cassure du champ. Je longe rapidement derrière un bout de haie puis tente de retrouver le chevreuil du regard. Il m'a semblé qu'il s'agissait d'une chevrette mais la vision a été brève et lointaine. Impossible d'y poser les yeux dessus. Je siffle un grand coup pour lui faire relever la tête, rien ne bouge, je siffle une seconde fois et toujours rien.

Je quitte la route et m'avance dans les féveroles pour tenter de l'apercevoir derrière une bosse du champ. J'avance doucement mais la végétation est craquante. Tout à coup, une tache rousse me saute aux yeux, tout en bas du champ, près du fossé. C'est un chevreuil, il est immobile au milieu de la végétation épaisse. Je me baisse au maximum et tente d'avancer derrière le relief du champ puis ressors dans une parcelle de soja séparée des féveroles par une bande d'avoine sauvage. Je profite de cette végétation haute pour descendre baissé vers le ruisseau en surveillant le chevreuil qui ne bouge pas. Il est à plus de 100 mètres. Je rejoins une petite parcelle de blé et prends le passage de tracteur jusqu'au fossé puis reviens doucement dans les féveroles en longeant le fossé. Les arbres qui le longe me cachent le chevreuil et j'avance tout doucement mais à l'aveugle. Arrivé à l'endroit où se trouvait le chevreuil, plus rien, il s'est volatilisé. Je traverse le fossé et longe l'autre côté de la haie mais toujours rien. Je rejoins le blé et le retraverse pour rejoindre une bande étroite de maïs qui va me conduire contre le bois que je voulais rejoindre.

Je retraverse le fossé et remonte dans un champ de tournesol tout d'abord clairsemé puis très épais et presque aussi haut que moi. Un cheval magnifique, brun chocolat m'observe à 20 mètres sur ma gauche de son enclos et se met à me suivre curieux. Je ressors sur une autre route au sommet du champ et la traverse pour attaquer un autre tournesol. Je remonte par une bande clairsemée suite à une coulée de boue due à un orage. Pas de chevreuil dans le secteur. Je rejoins la bordure du bois en crête du champ et le longe à bon vent pour vraiment commencer ma chasse. La bordure du bois bifurque à 90° et plonge vers le fond de la cuvette du champ. Je la suis puis la longe ensuite en suivant le fond de la cuvette et direction d'un blé. Les tournesols sont plus hauts que moi et je n'y vois rien, je ne m'attarde pas et arrive au bord du blé. je scrute la surface des céréales pas un chevreuil en vue.

Je rattrape un passage de tracteur et remonte vers la crête du champ où je marque une petite pause d'observation. A plus de 150 mètres, j'aperçois alors un mouvement furtif à la surface des céréales, près de la bordure des tournesols, c'est un chevreuil mais à cette distance impossible d'en donner le sexe. Je décide de tenter une approche. Le vent fort est idéal. Je reviens vers les tournesols et les longe rapidement jusqu'au fond de la cuvette du champ où je perds mon chevreuil de vue puis remonte doucement le penchant opposé. La parcelle de tournesols s'avance dans le blé en direction du chevreuil qui doit être maintenant à environ 100 mètres. Je bifurque et longe entre le blé et le tournesol avec le vent face à moi. Quelques pieds de tournesol ont été cassés par un brocard. Mon approche se fait de plus en plus silencieuse alors que je me rapproche. Arrivé au coin des tournesols, je remonte un peu, très très lentement pour tenter d'apercevoir le chevreuil. Tout à coup, des bois surgissent du blé à moins de 15 mètres sur ma droite. Je me fige. Le brocard rebaisse la tête, je remonte tout doucement pour me positionner à l'aplomb de l'animal. Il redresse à nouveau la tête. Je me fige. Impossible de savoir vraiment dans quelle position il se trouve. Il rebaisse la tête. Je m'avance encore un peu puis m'arrête un instant pour l'observer baissé au ras du blé. Le brocard relève régulièrement la tête, il se lèche l'épaule puis semble se retourner et fait quelques pas vers ma gauche. Ca y est, je connais son sens de marche. Je commence mon approche, très lentement, en écartant le blé du bout du pied avant de le poser au sol, je gagne petit à petit du terrain. Je me fige et me baisse à chaque fois qu'il redresse la tête et avance dès qu'il la baisse. Il me faut m'approcher très près car le blé est haut et je ne vois pas le chevreuil. Encore quelques pas et j'arrive dans une zone de blé versé. Il n'est plus qu'à 8 mètres. Je me baisse le voyant redresser la tête puis recommence mon approche avec des précautions de plus en plus accrues. 5 mètres nous séparent, il baisse la tête, je me redresse et arme mon arc. Il se redresse et je devine sa position plus que je ne la vois. Mon viseur se cale, ma flèche part. Avec la force du vent je n'ai pas entendu l'impact mais le chevreuil surgit des céréales et fait demi-tour pour descendre rapidement à grands bonds vers le fond de la combe. Le sang coule abondamment au niveau du défaut de l'épaule et je suis assez confiant. Je l'observe dans sa fuite sans bouger et le vois ralentir à près de 60 mètres. Il chancelle puis bascule et chute lourdement. C'est terminé pour lui.

Je pose la main sur la poche de ma chemise et constate que mon appareil photo n'y est plus. Non, j'ai oublié de reboutonner la poche et lors de mes approches, j'ai dû le faire tomber en me penchant. Il est encore tôt, je pars chercher mon chevreuil, la piste de sang est très facile à suivre, le rouge ressort bien sur le doré du blé. Je retrouve mon chevreuil là où je l'avais vu tomber. Ma flèche rentre 15 cm derrière l'épaule et ressort en face au défaut de l'épaule. Le bracelet apposé, j'appelle le président de la chasse pour qu'il vienne chercher mon chevreuil en voiture. La recherche de ma flèche sera vaine car le blé est trop épais pour la retrouver et je ne vais pas piétiner toute la culture. Je remonte vers la route par un passage de tracteur et attends le président. Je lui laisse mon chevreuil et pars refaire mon circuit pour tenter de retrouver mon appareil photo. Je redescends à travers un colza moissonné vers les féveroles quand j'aperçois un chevreuil qui m'observe tout en bas dans le passage de tracteur de la parcelle de blé, il semble que ce soit une chevrette. Je passe derrière une haie qui longe un fossé sur ma droite et descends pour tenter de le voir de plus près quand un second chevreuil surgit des céréales. C'est le brocard, il file à travers blé puis remonte à travers un tournesol clair semé vers un petit bosquet au ras de la route. La chevrette disparaît comme par magie dans le blé. Je la relève en arrivant au ras de sa position.

Je cherche dans les féveroles sans succès puis refait mon circuit sans plus de réussite. Je lève un autre brocard dans le dernier champ de tournesol mais mon appareil restera introuvable. Je rentre à la nuit pour m'occuper de mon chevreuil que je prendrai en photo le lendemain matin avec un APN prêté.

Un grand 6 dans les blés, 18 juin 2011

Alex

 

Trophée :

Un grand 6 dans les blés, 18 juin 2011
Un grand 6 dans les blés, 18 juin 2011

Atteinte :

Un grand 6 dans les blés, 18 juin 2011

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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 06:24

Ce soir, je pars chasser dans un bas fond, au bord d'un ruisseau. Les parcelles sont semées de tournesols ou de luzerne et l'endroit est propice pour voir quelques chevreuils. Je me gare près de la dernière ferme du chemin goudronné et contrôle le vent. Il souffle dans mon dos, je vais donc avancer un peu à mauvais vent pour descendre ensuite vers le ruisseau que je vais suivre doucement. Je discute un moment avec le propriétaire des lieux tout en me préparant puis je pars en longeant la vigne. En contre bas, je longe un petit bois et quitte la vigne en direction du ruisseau. Arrivé au bord de l'eau, je rentre dans le bosquet et le traverse tranquillement en suivant une belle coulée. Au coin opposé du bois, je tombe sur une zone de terriers très fréquentés puis ressors sur un champ de tournesol.

Je longe doucement le cours d'eau sur la bande enherbée, le sol est craquant à cause des feuilles mortes des chênes qui bordent le cours d'eau. Je me décale donc vers le tournesol où le sol meuble est plus silencieux. Un peu plus loin, un animal démarre dans le Tournesol de l'autre côté du ruisseau. Je tourne la tête et aperçois un grand brocard qui rentre au bois. Je laisse tomber, il m'a vu et ne sera pas approchable. Un peu plus loin les tournesols font place à une luzerne idéale pour voir de loin mais qui ne facilite pas les approches à cause de la faible hauteur de végétation.

J'avance tranquillement quand j'aperçois un chevreuil au gagnage le long d'un fossé bordé d'herbes hautes et qui descends perpendiculairement au ruisseau. Je suis à découvert pour une approche. J'observe un moment l'animal à 100 mètres environ. Il semble que ce soit un brocard Je me rapproche un peu alors qu'il broute, la tête plongée dans le végétation et me cale sous un grand chêne, dont les branches qui descendent assez bas, me camouflent un peu.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je l'observe à nouveau tout en me demandant comment je vais bien pouvoir attaquer mon approche sans être repéré. Quelque chose me choque, son arrière train semble verdâtre. Il est certainement malade. Ce n'est pas la première fois que je vois un cas de ce style, ça arrive de temps à autre, le chevreuil atteint de diarrhées aiguës se sèche petit à petit jusqu'à ressembler à un squelette et meurt d'épuisement. C'est décidé, je vais peut-être y passer ma soirée mais ce sera lui ce soir et pas un autre. Le tir d'été est fait avant tout pour ça même si on a facilement tendance à l'oublier.

Le brocard s'avance un peu et rentre dans les hautes herbes. Que faire ? Si je tente de me rapprocher maintenant, je risque de me retrouver à découvert au mauvais moment. Je le laisse faire. Au bout d'un moment, il traverse le fossé et s'avance dans la luzerne. Il avance de quelques pas, broute un peu puis reprend sa progression. Il semble remonter vers un petit carré de friche sous une ferme un peu plus haut. Il va bientôt passer derrière une bosse du champ et disparaître. Ça y est, il a disparu, j'en profite pour quitter mon poste, je longe la bande enherbée et passe le fossé pour remonter vers le sommet de la bosse et tenter d'apercevoir le brocard que je pense dans la friche.

En me rapprochant du sommet, je ralentis et tente d'apercevoir le chevreuil. La friche semble bien calme, il s'est peut être couché ? Tout à coup, je l'aperçois, il est en fait redescendu vers le ruisseau et broute tranquillement dans le creux du champ. Je fais donc doucement demi-tour et redescends en longeant le fossé puis je suis doucement le ruisseau pour tenter une approche que je sais assez compliquée car je n'ai pas grand-chose pour me cacher.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je remonte doucement dans la luzerne le plus voûté possible et finis par apercevoir les bois du chevreuil qui dépasse de la cassure du champ. Je m'immobilise, il ne m'a pas vu et se remet à brouter. Je m'agenouille et continue un peu mon approche sur les genoux. Il est là, juste à 25 mètres sous moi. Je m’aplatis un maximum dans la luzerne et analyse son comportement. Il avance doucement entre 2 prises de nourriture, redresse régulièrement la tête et semble vouloir passer plein travers à 18 mètres. Je tente de me rapprocher encore un peu presque à plat ventre et me cale sur mes genoux, baissé contre le sol.

Il arrive doucement mais, tout à coup, il commence à biaiser et à s'éloigner. Il est à 20 mètres, tête baissée, j'arme mon arc et pends la visée mais je ne le sens pas. Le brocard qui ne m'a pas vu se tourne de cul tout en broutant. Je désarme et m’aplatis au sol mais le brocard qui vient de relever la tête a vu quelque chose et fixe son regard dans ma direction. Je ne bouge plus, presque en apnée. Le chevreuil commence à se lécher l'arrière train, baisse et relève la tête plusieurs fois, fais semblant de se lécher l'épaule et m'épie par-dessus... bref, il tente de me feinter pendant un bon moment puis ne voyant rien bouger, il décide de reprendre tranquillement sa progression en direction d'un vieux saule très touffu. Je reste parfaitement immobile. Il me lance encore quelques regards en s'éloignant puis repart d'un pas serein.

Il rentre sous le saule à 30 mètres du ruisseau, au bord d'un fossé qui rejoint une mare un peu plus haut et disparaît.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je reste encore un moment sans bouger. Quelques branches basses s'agitent puis plus rien. J'attends un peu puis ne le voyant pas ressortir. Je m'éclipse doucement et repasse à couvert derrière la bute pour revenir vers la bande enherbée en longeant le fossé bordé d'herbes hautes. J'avance tranquillement le long du ruisseau, mes yeux braqués sur le saule quand, tout à coup, j'aperçois le brocard qui s'éloigne paisiblement dans la luzerne.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je regagne rapidement un gros chêne et me cache derrière pour observer puis je contourne l'arbre pour traverser le fossé par une grosse coulée et me positionne derrière un écran végétal.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Le chevreuil biaise doucement vers un long fossé bordé de chênes. Il a perdu toute méfiance et ne regarde pas autour de lui, il avance tête basse vers son objectif. Je quitte ma cachette et m'avance sur la bande enherbée pour tenter de réduire la distance. Je progresse voûté et m'arrête régulièrement pour ne pas me faire voir car un chevreuil zigzague un peu dans la luzerne. Il finit par rejoindre le fossé et se met à brouter de cul, la tête enfoncée dans la végétation. J'en profite pour m'avancer et me positionner derrière lui contre la bordure du ruisseau.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je me pose à genoux et observe un bon moment. Le chevreuil finit par s'enfoncer dans les herbes hautes et rentre dans le fossé. C’est l'occasion ou jamais. Je m'avance voûté, assez rapidement dans la luzerne jusqu’à 30 mètres du fossé. La position du chevreuil est repérée grâce aux mouvements de la végétation. Je finis mon approche à genoux. J'avance plus doucement tout en surveillant la position estimée du chevreuil. Je gagne petit à petit de la distance et alors que j'arrive à 15 mètres du fossé, j'aperçois le chevreuil qui s'avance à travers les herbes hautes. Je me fige et m’aplatis au sol. Il passe derrière une touffe épaisse, j'en profite pour gagner encore un peu de distance. 12 mètres, tout s'accélère, le chevreuil s'avance et ressort doucement du fossé sur ma droite.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

J'arme mon arc, prends la visée. Mon viseur se cale et je décoche sur le brocard qui avance au pas.

L'impact est bien audible. Le chevreuil démarre en trombe, il fait 20 mètres et tente d'aboyer sans ne pouvoir sortir qu'un sorte de râle et chute lourdement 30 mètres plus loin en pleine course, au milieu de la luzerne, à quelques mètres du fossé.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je sais que c'est terminé pour lui, je me redresse et pars vers la zone du tir. Je commence par chercher ma flèche sans succès puis je cherche des indices. Dès l'impact, je trouve un peu de sang.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je suis la piste qui n'est curieusement pas très importante. Les gouttes sont tout de même assez faciles à suivre mais sont relativement espacées.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Ayant vu tomber l'animal, je prends grossièrement la piste et regardant tout de même le sang et me dirige vers mon chevreuil. Quelques tiges de luzernes sont frottées de sang.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Je retrouve mon chevreuil mort où je l'avais vu tomber. Mon atteinte est plein défaut d'épaule et ma flèche doit traverser au minimum les 2 poumons voir le haut du cœur ou sectionner les arrivées des artères.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Comme je m'en doutais, le chevreuil n'est pas en forme, son arrière train est ses pattes postérieures sont couverts d’excréments liquides et de plaques d’œufs de mouches.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Son poil n'est pas joli, il a encore des touffes de poils d'hiver grisonnants et semble perdre son pelage par endroit. Il est très décharné, ses yeux sont rentrés dans les orbites, ça me fait vraiment mal au cœur de voir un si bel animal dans un état aussi pitoyable et je suis content d'avoir réussi à lui abréger son calvaire après une si belle approche.

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Alex

 

Trophée : 

Tir sanitaire, 11 juin 2011

Atteinte :

Tir sanitaire, 11 juin 2011

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 04:56

Ce soir, après ma journée de boulot, je me pose un moment avant d'aller chasser. Je décide de changer 2 flèches de mon carquois et prends 2 vieilles flèches car ce soir, j'ai de fortes chances de tomber sur les ragondins. Arrivé sur place, je me gare et commence à me préparer quand j'aperçois un chevreuil qui sort d'un îlot de verdure au milieu d'un champ de maïs. Je l'observe tout en me préparant et pense qu'il va me repérer. Il est à 200 mètres environ. J'enfile ma cagoule, positionne mon décocheur, attrape mon arc et referme le coffre de la voiture alors que le chevreuil broute toujours tranquillement. Je ferme la voiture.

Que faire, Le vent est bon mais il me faut longer un chemin goudronné sur 50 mètres en plein découvert pour rejoindre la bordure du fossé bordé d'une haie. Tout à coup, le chevreuil relève la tête et descend au petit trot vers la bordure du fossé puis disparaît dans la végétation. Sur la droite du fossé se trouve un champ de maïs et sur la gauche un champ de blé encore relativement vert comparé à la majorité des blés du secteur souvent complètement grillés par la sécheresse. Je tente ma chance. Je descends au bord du fossé et le longe tranquillement côté gauche tout en surveillant devant moi. Arrivé à 50 mètres de l'endroit où j'ai vu disparaître le chevreuil, j'aperçois un arbuste qui remue anormalement malgré le vent au milieu des herbes hautes. Plus de doute, il s'agit d'un brocard. Tout à coup, le chevreuil relève la tête, Il a l'air bien coiffé mais à cette distance difficile de juger.

Je colle le plus possible la haie et me rapproche tout doucement jusqu'aux derniers arbustes. Le chevreuil qui me tourne le dos est tellement absorbé par son marquage du territoire qu'il ne m'a pas vu arriver. Au bout de la haie, je traverse le fossé très doucement. Un gros peuplier au bord du fossé va me servir d'écran pour avancer caché. Je progresse en alignant le peuplier et le brocard pour me soustraire à sa vue. J'avance voûté pour ne pas trop dépasser des herbes hautes qui bordent l'autre côté du fossé. Le sol de la bordure du champ de maïs est friable et silencieux. Je progresse assez facilement et le chevreuil est toujours très occupé. Arrivé derrière le peuplier, je ne suis plus qu'à 10 mètres du chevreuil. Je me cale pour observer. Il relève la tête, ses bois sont imposants.

Je décide de me rapprocher encore un peu alors que le chevreuil laisse son arbuste pour faire quelques pas dans l'herbe. Il s'arrête et baisse la tête. Je me baisse et avance doucement sur 2 mètres. Il redresse la tête. Je me fige. Il se lèche l'épaule puis rebaisse la tête dans les herbes hautes. Je fais à nouveau quelques pas en armant mon arc. 6 mètres nous séparent, il me présente un léger 3/4 arrière. Je prends la visée au milieu des côtes et décoche. Je n'ai pas vu mon atteinte et n'ai pas entendu l'impact. Le chevreuil surpris fait volte-face et file à grands bons dans le blé mais, au bout de 20 mètres, il s'arrête et regarde autour de lui. Je reste immobile et voûté à l'observer.

Ce n'est pas possible que l'ai manqué à cette distance ! Au bout de quelques secondes, le chevreuil commence à vaciller et pars du train arrière avant de se coucher au milieu du blé. J'attends un peu puis me redresse. Pour tuer le temps, je vais doucement voir la zone du tir toute proche. Dès l'impact, je trouve des gouttes de sang.

Un grand 8 est tombé

La traille dans le blé est également marquée de sang. Je cherche ma flèche, mais dans cette végétation abondante, impossible d'y poser les yeux dessus. Quelques minutes ont passé, je pose mon arc au premier sang et pars doucement dans le blé en suivant la piste qui est facile à suivre. Plus j'avance et plus, je trouve du sang. Je progresse tout de même très lentement au cas où, quand j'aperçois mon brocard. Il est juste devant moi, à 3 mètres, couché, mais il tient encore sa tête haute. Il n'est pas mort, je fais doucement marche arrière sans que le brocard ne réagisse et retourne chercher mon arc. Je reviens très doucement vers le bocard. A 5 mètres, j'aperçois ses bois immobiles mais toujours au niveau du blé. J'arme mon arc et me rapproche très lentement pour me positionner pour un tir 3/4 arrière. Au moment où j'aperçois son corps, à environ 3 mètre de lui, je vise l'arrière des côtes et décoche.

Le brocard se lève d'un bon, ma flèche encore plantée dans son flanc. Un sang noirâtre s'échappe abondamment de sa plaie d'entrée alors qu'il file vers la route. Je m'avance rapidement pour tenter de voir s'il a traversé la chaussée mais je l'ai perdu de vue. J'avance doucement vers la route encaissée de presque 3 mètres par rapport au champ. Je crains qu'il n'aille mourir en plein milieu de la voirie. Je suis là où je perds le chevreuil de vue et regarde la route. Pas de sang sur la chaussée, où est -il passé ? Tout à coup, un mouvement me fait tourner la tête à gauche. Le chevreuil est là, à même pas 2 mètres de mon pied et finit de mourir.

Il est magnifique, c'est une belle tête bizarde de 8 pointes avec un corps très massif.

Un grand 8 est tombé

Il n'a fait que 40 mètres entre mon premier tir et son point de chute.

Un grand 8 est tombé

Alex

 

Trophée :

Un grand 8 est tombé
Un grand 8 est tombé

Atteinte 1 :

Un grand 8 est tombé

Atteinte 2 :

Un grand 8 est tombé

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 06:10

Ce soir, Jean Pascal est de passage dans le Gers et il va m'accompagner pour une chasse du chevreuil à l'approche. Nous partons vers 18h30 de chez moi. Arrivé sur place, je me gare près d'une ferme, au départ d'un chemin de terre qui rejoint le village de Roques. Nous nous préparons, chacun notre arme, je prends mon arc et Jean Pascal son appareil Photo. Il a pas mal plu aujourd'hui et le chemin est ponctué de grandes flaques, nous avons de la chance car la pluie s'arrête alors que nous commençons notre soirée de chasse. Le vent est face à nous, le sol silencieux, les conditions d'approche sont bonnes. Nous avançons tranquillement et je m'arrête de temps en temps pour essayer d'apercevoir un chevreuil.

Une soirée avec Jean Pascal, 7 Juin 2011

Un peu plus loin, je m'arrête au pied d'un chemin de terre qui descend du plateau. Jean Pascal vient de voir un lièvre blotti dans les herbes hautes. Il me le montre et tente de le prendre en photo mais ce dernier détale avant la prise du cliché. Nous continuons, un peu plus loin nous longeons sur notre droite une bande étroite de blé qui borde un bois tout en longueur et une parcelle de colza sur notre gauche quand un chevreuil surgit du bois à environ 100 mètres devant nous. A sa carrure, je comprends rapidement qu'il s'agit d'un brocard. Je le montre à Jean Pascal et me baisse contre le blé.

Il avance rapidement vers l'angle d'un petit bosquet de l'autre côté du chemin. Il sera rapidement à découvert et je tente une approche rapide, baissé au maximum mais en voyant que le brocard s'apprête à s'avancer sur le chemin, je stoppe net et m'accroupi contre le blé. 

Une soirée avec Jean Pascal, 7 Juin 2011

Le brocard s'avance au pas, tête baissée en direction du colza. Il ne m'a pas vu mais, tout à coup, il relève la tête et regarde vers nous. Il cherche à nous identifier. 

Une soirée avec Jean Pascal, 7 Juin 2011

Il se tourne alors face à nous.

Une soirée avec Jean Pascal, 7 Juin 2011

En dernier recours, je tente de l'aboyer mais il démarre et traverse le blé à grands bons pour rentrer au bois en aboyant. Il m'a bien eu. Nous nous redressons et continuons à longer le chemin. Un peu plus loin, un lièvre nous regarde nous rapprocher assis au bord du chemin. Le secteur est calme, pas de chevreuil dans les blés. Nous poursuivons jusqu'à 2 petits lacs. Une tortue est à la surface du premier. Ne voyant toujours aucun chevreuil nous remontons vers le plateau en longeant un bosquet  puis bifurquons en suivant le bord d'une vigne. Le vent a tourné à 180° et nous progressons dont toujours à bon vent.

Une soirée avec Jean Pascal, 7 Juin 2011

Un gros lièvre démarre au milieu des sillons. Nous passons une habitation abandonnée et son petit lac quand un vol d’une quinzaine de colverts prend son envol à grand bruit. Un peu plus loin ce sont des tourterelles des bois qui s'envolent du colza. Un lièvre se débine devant moi. Nous redescendons vers une haie que nous longeons un moment dans un semé de tournesol puis nous bifurquons au bout de la haie pour remonter le long d'un champ de blé.

Au milieu des hautes herbes de la bande enherbée, j'aperçois quelque chose. Une tête monte et descend dans la végétation. Je montre l'animal à Jean Pascal et nous tentons de l'identifier. Nous pensons à un lièvre. Nous reprenons notre progression et l'animal se coule dans le blé pour laisser passer. C'est en fait un chat qui déguerpit dans notre dos. Nous arrivons près d'une résidence secondaire perdue au milieu des cultures. Jean Pascal aperçois un petit lapin qui rentre rapidement à couvert puis nous apercevons encore un lièvre dans le semé de tournesol.

Nous attaquons maintenant une zone de tournesol encore très bas, ponctuée de quelques haies. Nous longeons les haies et tentons d'apercevoir un chevreuil mais le secteur semble très calme à part les lièvres qui surgissent de toute part. En redescendant le long d'une très grosse haie, j'avance très doucement pour tenter de surprendre un brocard quand à plus de 100 mètres, un chevreuil surgit des tournesols et file vers l'angle d'une grosse haie. Il marque un temps d'arrêt et regarde vers nous, c'est en fait un brocard.

Une soirée avec Jean Pascal, 7 Juin 2011

Nous nous figeons et je tente de l'aboyer mais il nous a déjà identifié et file en traversant la haie pour remonter le coteau. Nous traversons le tournesol et remontons vers des parcelles de blé. Un lièvre démarre puis un autre. Le secteur est étonnamment calme au niveau chevreuil. Nous partons pour une vigne un peu plus loin qui longe une bande de blé. Un lièvre est assis au bord de la bande enherbée mais toujours pas de brocard.

Une soirée avec Jean Pascal, 7 Juin 2011

Nous redescendons par un chemin de terre. Encore un lièvre, certainement le premier vu par Jean Pascal car il se trouve à moins de 10 mètres de là où nous l'avons vu tout à l'heure.

Une soirée avec Jean Pascal, 7 Juin 2011

Je décide de tenter une zone de cultures et de prairies délimitées par des haies entre le chemin de terre et la rivière. Nous passons d'une parcelle à une autre sans voir de chevreuil. Quelques têtes de tournesols ont pourtant été broutées et quelques pieds frottés par un brocard. Nous traversons une haie pour passer dans une friche que des pousses de frênes de 1 à 1.5 mètre de haut sont entrain de combler. Un animal se lève et démarre dans cette végétation épaisse. A la couleur, à peine entrevue, j'aurais dit un chevreuil mais il a poussé une sorte de respiration rauque, presque un grognement en partant. Je tente de contourner la parcelle pour le recouper mais il a disparu.

Nous revenons vers le grand chemin alors que le soleil qui décline illumine le ciel de couleurs magnifiques.

Une soirée avec Jean Pascal, 7 Juin 2011

Mon dernier espoir, nous allons longer le haut du bois où est rentré le premier brocard de la soirée. Nous passons le bout du bois puis remontons par un passage de tracteur qui longe à 10 mètres environ de la lisière. Jean Pascal me suit à 30 mètres derrière.

Une soirée avec Jean Pascal, 7 Juin 2011

J'avance tout doucement pour rester silencieux. Je passe dans le passage de droite, plus près du bois. Tout à coup, j'aperçois 2 oreilles dans le passage de gauche. C'est une chevrette couchée à 25 mètres devant moi. Je fais signe à Jean Pascal puis tente une approche pour m'amuser mais elle m'avait déjà vu et se lève pour rejoindre le bois. 

Le temps passe et nous arrivons presque au bout de la parcelle de blé qui se finit au coin du bois sur un semé de tournesol. Je baisse ma garde, quand un grand brocard qui était couché à quelques mètres sur ma gauche dans un passage de tracteur se lève et file en zigzagant et en faisant de grands bons dans le blé pour disparaître derrière la crête. Je peste, avoir fait tout ce chemin à pas de loup pour se lever ce beau brocard sans le voir ! C'est la loi du jeu, aujourd'hui il a été le meilleur.

Jean Pascal qui a tout vu me rejoint. La luminosité baisse très vite et nous repartons vers la voiture non sans lever encore quelques lièvres.

 

Alex

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 19:20

Ce soir, je décide d'aller me poster dans un bosquet très fréquenté par toutes sortes de gibiers, renards, chevreuils, sangliers... Ce petit bois est longé par la Vieille Osse. Je me gare au bord d'un chemin de terre puis traverse l'Osse, par un petit pont, en direction de la vieille Osse qui est toujours en eau malgré la sécheresse.  Quelque chose vient de se mettre à l'eau au niveau d'un tronc couché sur l'eau. Je m'avance rapidement vers une trouée dans la végétation et constate qu'il s'agit d'une cane colvert et de sa progéniture.

Un ragondin qui a failli me coûter cher, 4 juin 2011

Je les laisse en paix et poursuis, vers le ponton qui traverse le cours d'eau en direction d'une vielle palombière puis la dépasse et ressors dans le champ de l'autre côté du bois. Le champ de blé qui devait avoir été grillé par la sécheresse a été broyé et il semble que l'agriculteur ait ressemé quelque chose par-dessus, certainement du tournesol. Je longe un peu le bosquet vers un passage qui rerentre dans le bois puis m'enfonce dans un sous-bois assez clair, au milieu de petits frênes. Le sol est parcourus d’innombrables coulées et les sangliers ont laissé par mal de traces de boue sur les arbres et la végétation. Je me poste à 30 mètres dans le bois, la vieille Osse à 30 mètres sur ma gauche et un gros roncier à 30 mètres sur ma droite.

Le temps passe et mis à part quelques petits rongeurs et quelques passereaux rien ne bouge. Vers 21h30, je décide de quitter mon poste pour aller me promener autour du bois. Je fais donc demi-tour et ressors par où je suis rentré. Avant de faire le tour du bois, je vais aller jeter un coup d’œil sur un petit lac en bordure d'un autre bois tout proche. Je longe un peu le bois pour arriver à un passage qui traverse une grosse haie. Un brocard et une chevrette qui broutaient en bordure de la vielle Osse à plus de 100 mètres sur ma droite viennent de me repérer et me fixe un moment. Je bifurque et longe la haie vers le petit lac alors que les chevreuils s'éloignent en longeant le cours d'eau.

Le chemin de terre qui longe le lac est ponctué de flaques laissées par le dernier orage. Des traces de sanglier et de renard ont marqué le sol depuis la dernière pluie. En me rapprochant du lac, j'aperçois un remous contre la berge de mon côté. J'encoche une flèche avec une lame ayant déjà servi et m'avance doucement. Le ragondin, qui était affairé à sa toilette sur un arbre mort couché en travers du lac, se met à l'eau. Je me rapproche doucement alors qu'il traverse, en zigzagant et en s'arrêtant plusieurs fois pour ronner, vers la berge opposée. Je n'ai pas pris ma canne à pêche et je n'ai pas envie de laisser une flèche sur le lac. Je le regarde donc s'éloigner mais, arrivé près de la rive opposée, il se positionne plein travers et gronde son mécontentement. 25 mètres nous sépare mais je vais lui apprendre à se moquer de moi. Ma flèche sera facilement récupérable.

J'arme, vise longuement et décoche mais le ragondin plonge au même moment et ma flèche le touche trop en arrière restant coincée en travers de l'animal. Le ragondin zigzague sous l'eau en essayant de se débarrasse de ma flèche qui fend la surface de l'eau. Ma lame de chasse se ballade à 20 cm au-dessus de la surface. Je fais rapidement le tour pour tenter d'achever le ragondin. Arrivé près de ma zone de tir, j'ai du mal à distinguer son remous car l'eau bouge de toute part. Un second ragondin de petite taille se met à l'eau d'un arbre mort et revient vers la berge. Je le laisse se rapprocher un maximum du bord pour pouvoir récupérer ma flèche et décoche mais je passe juste au-dessus. Il plonge et remonte au milieu du lac où il s'immobilise. Ma flèche dérive doucement vers la berge et je la laisse faire.

Je pars à la recherche de mon gros ragondin blessé. Je longe doucement la berge quand un gros remous m'indique qu'il vient de plonger. Je suis passé juste à côté sans le voir. Le ragondin refait surface à quelques mètres de la berge et gronde. J'arme mais les branches basses m'empêchent de décocher puis le ragondin revient droit sur moi mais en longeant sous une grosse branche qui le protège jusqu'à la berge sans me laisser la possibilité de décocher.

Il retourne sous la berge. Je pose mon arc et m'agenouille pour me pencher et tenter de l'apercevoir sous la berge quand mon appareil photo tombe à l'eau. J'avais oublié de boutonner ma poche de la chemise ! Non !

Le ragondin gronde sous la berge et par reflet j'aperçois ma lame de chasse, il n'est donc pas loin. La priorité est de tenter de récupérer mon appareil photo. Je suis fou de rage. Je me positionne à plat ventre sur la berge, me cale contre des arbres et plonge mon bras dans l'eau. Le ragondin mécontent m'inquiète un peu car il est à moins de 1 mètre de mon bras mais il se contente de ronner. Heureusement le lac n'est pas profond et je retrouve rapidement mon APN mais il a dû prendre l'eau. Je le pose sur la berge.

"Maintenant à nous 2 mon petit". A y avoir laissé mon appareil photo, il me faut retrouver mon ragondin. Je me couche donc à nouveau sur la berge et regarde sous les racines. Ma flèche est là, je vois la lame. Je saisis ma flèche et tente de sortir le ragondin qui résiste et proteste. Je tire sur la flèche et la sentant sortir du ragondin je la réenfonce. Le ragondin ne tient que par l'empennage et je crains qu'il ne se dégage. Je renfonce donc régulièrement ma flèche et lutte ainsi pendant près de 10 minutes avec le myocastor qui finit par lâcher prise et je le sors de sa cachette en tirant sur la flèche. Ma flèche est en travers de son bassin. Ma position est délicate, car le ragondin peut m'attraper la main à tout moment et couché à plat ventre il m'est difficile d'être réactif.

Je lutte un moment et parviens à lui attraper la queue avec la même main qui tient déjà la flèche puis je lutte pour me redresser avec une seule main tout en tenant le ragondin par la queue à bout de bras. Je finis par réussir à me relever et dégage ma flèche avant d'achever le ragondin d'un coup sec. Je regarde alors mon appareil. Le compartiment des piles n'a pas pris l'eau mais le bloc optique n'a pas eu cette chance. Je ne peux plus prendre de photo car l'écran est tout violet. Je suis dégoûté.

Ma seconde flèche est irrattrapable sans ma canne à pêche. La nuit tombe déjà et je n'ai plus trop la tête à la chasse. Je rentre. Je reviendrais le lendemain chercher ma flèche et miracle après une journée de séchage au soleil mon appareil s'est remis à fonctionner.

Un ragondin qui a failli me coûter cher, 4 juin 2011

Alex

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 11:04

Ce matin, je retourne à la chasse, j'ai repéré jeudi soir une grande prairie récemment fauchée et je pense y voir des renards. Arrivé vers 5h45, je me gare près du moulin, au bord de l'Osse et je pars vers cette prairie par un chemin forestier. Le sentier longe tout d'abord une friche sur sa gauche et le bois sur sa droite. Je surveille la friche mais n'aperçois pas de chevreuil puis la piste bifurque à 90° et rentre dans le bois pour ressortir un peu plus loin et longer une haie épaisse qui surplombe la prairie fauchée. Je tente d'apercevoir quelque chose au travers des trouées dans la haie quand mes yeux se posent sur un renard entrain de muloter. Il est à 50 mètres environ, je m'avance doucement vers une grosse trouée et hésite, si j'arrive à faire venir le renard avec des cris de souris, l'angle de tir est trop à la verticale à mon gout, je décide de chercher une trouée plus propice. J'avance tranquillement vers la trouée suivante mais au moment où je tente d'apercevoir à nouveau le renard, il s'est tourné face à moi à l'affût d'un mulot et m'aperçois avant de détaler. Je n'ai pas été assez prudent.

Je continue vers le passage qui permet d'entrer dans la prairie. Je reste un peu en retrait derrière la haie et observe avant de sortir à découvert. Un autre renard mulote à presque 100 mètres devant moi. Je tente de l'appeler mais il ne m'entend pas, je suis trop loin. Je tente encore et encore en montant le niveau sonore de mes appels au maximum mais rien n'y fait. Le renard avance tranquillement puis saute pour retomber sur une proie qu'il avale en 2 coups de dent. Je tente encore de l'appeler mais, tout à coup, un gémissement bizarre se fait entendre près de la rivière à 200 mètres environ. Le renard relève la tête et regarde dans la direction du bruit alors que je regarde moi aussi vers la rivière. Puis, il démarre et part au trot vers la source du bruit avant de rejoindre 2 autres animaux non identifiés à cette distance. Il les prend en chasse et tout ce petit monde court le long de la rivière.

Je pars rattraper un chemin de terre un peu plus loin qui revient vers la rivière et commence à la longer doucement. J'ai perdu le renard de vue quand, tout à coup, 3 animaux que je pense être des renardeaux foncent droit sur moi en zigzagant dans la prairie. Au bout d'un moment alors qu'ils se rapprochent, j'identifie 3 lièvres et reprends ma progression. Ils m'aperçoivent et se dispersent. J'avance doucement en surveillant le pré et arrive à la rivière quand quelque chose qui arrive du passage de traversée du cours d'eau me fait tourner la tête. C'est un renard mais il m'aperçoit et se jette dans le blé sur la gauche du chemin.

Je tente de revenir doucement en longeant la rivière pour essayer de voir un dernier renard mais ils se sont tous évanouis dans le décor. Au bout du pré se trouve une mare entourée d'arbres. Je me rapproche doucement d'une trouée et aperçois un remous sue ma droite, sous les branches basses. Un ragondin s'avance sur l'eau. Je change de flèche pour une équipé d'une lame ayant déjà servi. Le ragondin s'arrête sur l'eau près de la berge opposée à environ 10 mètres de ma position. J'arme, vise et décoche mais je passe juste dessous et le ragondin plonge pour rentrer dans un terrier. Je fais le tour et récupère ma flèche à l'aide d'une longue branche puis je repars vers le chemin forestier. Plusieurs lapins gambadent le long de la haie.

Je reviens vers la friche que je longeais tout à l'heure et quitte le chemin pour remonter dans les hautes herbes en longeant le bois. Arrivé au coin du bois, une forte odeur de sanglier emplit mes narines. Ils ne doivent pas être bien loin. Je longe doucement le bas de la friche contre le bois. Quelques lapins se débinent devant moi. Je repasse près de l'endroit où j'ai vu le tout petit faon jeudi soir.

L'appel du brocard, 4 juin 2011

Pas de chevreuil dans le secteur ce matin, ma progression est facilitée par un passage récemment girobroyé qui rend mes pas silencieux. Le temps est gris et il ne fait pas chaud ce matin, ma respiration forme se condense dans l'air du matin.

Arrivé au coin du bois, je continue tout droit sur le passage broyé vers une grosse haie au milieu de la friche. Les chevreuils sont très souvent dans le secteur et je redouble d'attention car je progresse à découvert. Arrivé au bout de la haie, je jette un coup d'œil derrière mais ce matin le coin est désert. Je bifurque et remonte alors vers la route qui passe en crête. Je longe un champ travaillé sur ma droite et une ancienne culture à gibier sur ma gauche. Le sol meuble rend ma progression silencieuse.

L'appel du brocard, 4 juin 2011

Alors que j'arrive à 40 mètres de la route, j'aperçois un dos roux dans les hautes herbes de la culture à gibier. Le vent de travers gauche est idéal, la condensation de ma respiration m'informe en temps réel de sa direction.

L'appel du brocard, 4 juin 2011

Je pense tout d'abord à une chevrette et je m'agenouille à quelques mètres des herbes hautes pour prendre mon appareil photo quand, tout à coup, le chevreuil relève la tête. C'est un brocard, je laisse tomber la photo et passe en mode prédation. La hauteur de l'herbe me cache et je progresse doucement sur les genoux pour rejoindre la bordure de la culture à gibier. Je me baisse et stoppe à chaque fois que le brocard relève la tête et regarde dans ma direction.

Arrivé contre la végétation qui me cache un peu plus, je commence à longer la culture à 4 pattes mais je dois m'arrêter très souvent car le brocard est très méfiant. Il est à 20 mètres environ, un peu plus haut.

Je gagne petit à petit quelques mètres quand mon chevreuil décide que l'herbe est meilleure de l'autre côté de la route et s'avance pour traverser la chaussée puis remonte sur le talus d'en face pour commencer à brouter les tournesols.

L'appel du brocard, 4 juin 2011

Sa position haute m'handicape car il peut me voir à tout moment. Je m’écrase le plus possible au sol et tente de me rapprocher un peu mais mon décocheur heurte mon arc et le brocard redresse brusquement la tête et fixe son regard dans ma direction. Je me fige mais mon arc ne touche pas le sol et la position n'est pas des plus confortable. Il me faut tenir malgré la douleur musculaire qui monte. Le brocard avance un peu, balance la tête de gauche à droite puis fait 3 fois semblant de se remettre à brouter avant de redresser la tête pour tenter de m'apercevoir. Ces feintes répétées m'ont permis de reposer mon arc au sol mais mon bras tétanisé tremble encore.

Le brocard se remet à brouter et je ne peux plus avancer sans être vu. Il me faut attendre qu'il disparaisse derrière le talus. Le temps passe et le brocard ne se déplace que très peu quand enfin il semble se décider à avancer dans la pente mais brusquement il relève la tête, les oreilles braquées vers le bosquet à sa droite. Il semble inquiet. Il revient un peu vers la route, se retourne vers le bosquet à l'écoute puis revient vers la culture à gibier en traversant la route au petit trot. Il ne ralentit pas et passe à 15 mètres de moi. Je le regarde s'éloigner impuissant et le perds de vu dans la pente de la culture.

Je me redresse et regarde le penchant d'en face un instant sans le voir traverser. Il est encore dans la culture à gibier et doit s'être calmé. Je redescends doucement le long du champ travaillé et tente de l'apercevoir.

L'appel du brocard, 4 juin 2011

Je finis par l'apercevoir, il biaise pour revenir vers l'angle de la culture, 50 mètres en contrebas. Je rentre dans la culture et me baisse pour avancer doucement à 4 pattes. Je gagne 10 mètres mais le brocard qui arrive au ras du champ travaillé se fige et regarde vers moi. Je me fige, baissé dans les herbes hautes et attends. Au bout d'un moment le brocard s'avance à découvert sur le champ. C'est fichu, il est à 40 mètres et je ne peux plus bouger sans être vu.

Je décide de tenter une dernière carte. Je m'agenouille, tourné face à la pente, au ras du champ travaillé derrière un écran de hautes herbes et pousse 2 petits aboiements brefs.

L'appel du brocard, 4 juin 2011

Ce n'est pas un très grand brocard et il ne faut pas l'épouvanter avec des aboiements plus imposants. Le brocard stoppe et regarde vers moi. Je recommence mes vocalises. Le chevreuil curieux remonte doucement vers moi. Je pousse mes aboiements brefs par 2 en les espaçant  des 2 suivant de 10 à 30 secondes suivant le temps que le brocard passe immobile. A chaque appel, il cherche sa provenance et se remet en marche. Le grand brocard du secteur commence à me répondre rageusement dans le bois face à moi et son galop retentit sur les feuilles mortes puis, au bout d'un long moment, il finit par détaler. Il décrit petit à petit une boucle pour me prendre au vent. Je pivote très très lentement et dégage doucement mon arc empêtré dans les herbes dès que le brocard baisse un peu sa garde. Il avance doucement et se rapproche petit à petit. Sentant un moment d'inattention dans son attitude, j'en profite pour armer mon arc. Il ne m'a pas vu, je continue à l'appeler. Il faut encore qu'il fasse 10 mètres pour être tirable et les secondes qui défilent mettent mes bras à rude épreuve.

On y est presque, mon viseur se cale, il est à 20 mètres, un peu loin, mais je ne sais pas pourquoi, je le sens bien. Il biaise un peu et présente un très léger 3/4 arrière. Encore quelques pas et il me prend au vent, c'est maintenant ou jamais. Ma visée est prise, il s'arrête, je décoche. A l'impact, le brocard, amorce un demi-tour spectaculaire et se couchant presque su le côté puis bascule et chute lourdement sans parvenir à se relever. Je comprends rapidement ce qui vient de se passer. Ma flèche lui a sectionné la colonne vertébrale. Je cours vers lui pour l'achever rapidement. Un sang bulleux s'échappe de l'entrée de flèche. Il tente de s'échapper sur ses antérieurs mais je l'immobilise rapidement et abrège son calvaire. C'est fini pour lui.

L'appel du brocard, 4 juin 2011

Ma flèche rentre bien à peu près ou je visais mais elle ressort 40 cm derrière la base du coup en plein dans la colonne. Seul son saut de corde incroyable peut expliquer une telle sortie de flèche vu l'angle du tir. Je cherche ma flèche mais ne la trouve pas. Je m'éloigne de plus en plus de l'endroit du tir quand je l'aperçois plantée au sol 40 mètres plus loin.

L'appel du brocard, 4 juin 2011

Je la récupère et reviens vers mon brocard. En revenant vers la voiture, je lève une chevrette dans le bois face à la friche. La chasse est finie pour ce matin, il est 7h20.

L'appel du brocard, 4 juin 2011

Au dépeçage, je constaterai que seul un poumon est touché.

 

Alex

Trophée :

L'appel du brocard, 4 juin 2011

Atteinte :

L'appel du brocard, 4 juin 2011

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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