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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 13:55

Mardi matin, le réveil sonne vers 3 heures, je pars ce matin pour les Alpes Maritimes pour une chasse au mouflon de quelques jours. Je retrouve, au rond-point à la sortie d'Auch, sur la N124, un chasseur originaire du Gers qui a fait sa vie professionnelle dans le 06 et grâce à qui j'ai pu obtenir un bracelet mouflon sur le territoire de Gars. La nuit a été courte et le réveil difficile, une longue route nous attend. Je suis sa voiture. Vers Bézier, ce sont des trombes d'eau qui nous attendent et nous allons rouler sous cette pluie battante pratiquement jusqu'à notre arrivée. Je vais même réussir à me faire une belle frayeur lors d'un aquaplaning en traversant la Camargue.

Nous arrivons vers 11h30 à Vallauries oú nous passerons la journée. Quelques rayons de soleil en début d'après-midi laissent leur place à un fort vent et de la pluie dans l'après-midi et toute la nuit. Nous partirons sur le territoire de chasse mercredi matin, un gîte est réservé pour moi à Briançonnet juste avant Gars mais en plus du temps exécrable une mauvaise nouvelle m'attend : Le président de la chasse de Gars a oublié le bracelet à Gars et n'y retourne que jeudi soir, je ne pourrai donc pas chasser demain et jeudi (jour de non chasse dans le 06).

Le mercredi matin, nous partons, pour Gars, sous une pluie battante,  où on me montre rapidement le territoire, alors que la pluie s'est un peu calmée, avant que je rejoigne mon gîte pour m'installer. La bonne surprise est que mon gîte est vraiment sympa (http://www.sauvaire-vernoux.com/index.htm). De la fenêtre du salon, j'ai une belle vue sur la montagne

Chronique alpine, un séjour qui s'annonce mal, 8 et 9 novembre 2011

et sur un château en ruine qui surplombe Briançonnet.

Chronique alpine, un séjour qui s'annonce mal, 8 et 9 novembre 2011

J'y passe l'après-midi à flâner avant de partir faire un peu de repérage vers 15h30.

Je décide de tenter une première approche du terrain en longeant le bas d'un dôme rocheux au pied de la falaise. La pluie ne semblant pas vouloir cesser, je me suis bien couvert car j'ai réussi a attraper un bon rhume avant de venir. Je descends la route de Gars

Chronique alpine, un séjour qui s'annonce mal, 8 et 9 novembre 2011

puis me gare au bord de la route sur un petit parking d'où débute une piste qui longe sous la pinède qui borde les pierriers sous la falaise d'après ce que l'on m'a expliqué. Un petit ruisseau, aux eaux cristallines, gonflé par les pluies de ces derniers jours descend de la montagne, longe un moment la piste et emplit l'air d'un champ mélodieux.

Chronique alpine, un séjour qui s'annonce mal, 8 et 9 novembre 2011

Il pleut un peu moins et je commence à descendre la piste qui borde des pins clairsemés sur la gauche et une zone plus fourrée à droite au-dessus du ruisseau.

Chronique alpine, un séjour qui s'annonce mal, 8 et 9 novembre 2011

Les pluies ont effacé toutes les traces du chemin qui ruisselle de toute part. Je débouche un peu plus loin sur une placette d'où j'ai une belle vue sur le dôme rocheux sous lequel je vais aller me balader.

Chronique alpine, un séjour qui s'annonce mal, 8 et 9 novembre 2011

La piste se divise en 2, l'une descend sur la gauche pour longer sous les pins sous la falaise alors que l'autre remonte et part vers le village de Gars d'après un petit panneau en bois. Je prends vers le village.

Chronique alpine, un séjour qui s'annonce mal, 8 et 9 novembre 2011

Un peu plus loin je débouche sur un plateau enherbé, ponctué d'arbustes et de genets, que je pense propice à une rencontre matinale avec des mouflons descendus au gagnage.

Chronique alpine, un séjour qui s'annonce mal, 8 et 9 novembre 2011

Ce sera ma zone de prospection demain matin au lever du jour.

Je longe un moment le plateau puis rejoints une piste rocheuse qui descend au pied de la pinède. Une grosse coulée descend du bois et je décide de la remonter pour traverser les pins et rejoindre le bas de la falaise.

Chronique alpine, un séjour qui s'annonce mal, 8 et 9 novembre 2011

La pente est de plus en plus raide et la pluie a cessé, je commence à avoir chaud et je quitte ma veste et ma polaire que je noue autour de ma taille. Je débouche sur une zone d'arbustes, de buis, de thym et de lavande sauvage avec des zones de pierriers. Je me retourne pour jeter un œil d'ensemble sur le plateau dont je n'ai vu qu'une partie, le soleil pointe le bout de son nez.

Chronique alpine, un séjour qui s'annonce mal, 8 et 9 novembre 2011

Le plateau se termine par un éperon rocheux.

Chronique alpine, un séjour qui s'annonce mal, 8 et 9 novembre 2011

Je poursuis mon chemin au travers d'une végétation plus ou moins dense, ma progression est un peu bruyante à cause des pierres qui crissent sous mes pas et de la végétation qui frotte sur mes vêtements.

Chronique alpine, un séjour qui s'annonce mal, 8 et 9 novembre 2011

Je tombe sur un premier indice de la présence des mouflons mais ces laissés ont plusieurs jours.

Chronique alpine, un séjour qui s'annonce mal, 8 et 9 novembre 2011

J'avance lentement en espérant voir des animaux. Le soleil décline petit à petit dans mon dos.

Chronique alpine, un séjour qui s'annonce mal, 8 et 9 novembre 2011

Un peu plus loin je trouve à nouveau des crottes de mouflons qui semblent plus fraîches mais toujours pas d'animaux à part de nombreux merles et grives qui s’envolent à mon approche.

Chronique alpine, un séjour qui s'annonce mal, 8 et 9 novembre 2011

Les pierriers sont de plus en plus dominants dans le paysage et sont marqués de belles coulées.

Chronique alpine, un séjour qui s'annonce mal, 8 et 9 novembre 2011

Mon œil est attiré, au pied d'un buisson, par un bois de chevreuil blanchi par le temps.

Chronique alpine, un séjour qui s'annonce mal, 8 et 9 novembre 2011

Un peu plus loin, je débouche sur une zone dégagée qui me permet de voir un peu plus loin mais toujours pas le moindre mouflon.

Chronique alpine, un séjour qui s'annonce mal, 8 et 9 novembre 2011

Je continue un peu mais la nuit tombe doucement, il est temps de rentrer.

Chronique alpine, un séjour qui s'annonce mal, 8 et 9 novembre 2011

Je bifurque vers la pinède et la traverse pour rejoindre la piste du bas qui me ramènera à ma voiture. 

 

Alex

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 11:44

Ce matin, c'est moi qui vais chasser le bois du Turc, je dépose Laurent à la digue du grand lac à la nuit noire, il va rejoindre son tree stand installé la veille sur la lisière du bois qui borde le chaume de maïs. Je retourne ensuite vers ma zone de chasse et me gare en attendant que le jour se lève. Alors que la luminosité croit doucement, je me prépare et pars en longeant la route pour tenter d'apercevoir les chevreuils qui broutent souvent à cette heure matinale dans les prés en face du bois du Turc, sur ma droite. Les prés sont plus hauts que la route et bordés par une haie. J'avance doucement en longeant ce talus mais les chevreuils ne semblent pas être là ce matin.

La haie s'interrompt et je ne peux compter que sur le talus pour me cacher quand j'aperçois 2 chevreuils qui reviennent vers la route en biaisant pour la traverser à environ 40 mètres devant moi. 2 autres chevreuils sont entrain de brouter plus en retrait. Je me baisse le plus possible derrière le talus et avance le plus rapidement possible pour essayer d'intercepter les chevreuils, dont l'un est un beau brocard, avant qu'ils n'arrivent sur la route. Je gagne rapidement de la distance mais alors que je ne suis plus qu'à 20 mètres d'eux, je pose le pied sur une grosse feuille sèche qui craque sur le bitume. Je me fige aussitôt mais trop tard, les chevreuils ont levé la tête et regardent dans ma direction avec insistance avant de démarrer pour rejoindre les 2 autres à grands bons.

L'inquiétude gagne le groupe qui commence à fuir. J'attrape rapidement mon Butollo et commence mes appels. Immédiatement la chevrette de tête bifurque et fonce droit sur moi, suivie de ses congénères. La voyant venir au galop, je stoppe les appels et me prépare à armer mais elle stoppe net et regarde vers moi et finit par faire demi-tour. Je rattrape mon appeau et recommence à appeler, elle revient un peu puis se fige et cette fois redémarre en aboyant et prend le galop parallèlement à la route, à environ 40 mètres dans le pré. Habituellement, ils sautent au virage près des poubelles, je prends le pas de course pour tenter de les intercepter, je les observe tout en courant et les aperçois arrêter dans le pré. Je les dépasse et me poste dans le virage mais je ne les vois plus, ils ont compris et se sont volatilisés.

Je pars maintenant en longeant le bois du Turc mais j'aperçois trop tard un groupe de chevreuils à découvert qui me regardait arriver de loin et qui détale pour rentrer au bois. J'arrive au coin du bois, près du ruisseau sans rien voir de plus, je rentre un peu dans le bois et tente quelques appels mais rien ne bouge. Je passe le ruisseau et commence à longer le bas du bois quand j'aperçois une chevrette et ses 2 chevrillards au bord d'un fossé bordé de ronces. Encore une fois, ils m'ont vu avant que je ne leur pose les yeux dessus. J'essaie le Butollo mais ils s'avancent vers le bois et disparaissent derrière les ronces. Je m'avance doucement à leur rencontre et j'ai juste le temps de voir rentrer au bois le dernier chevrillard.

Je vais changer de technique, je rejoints un sentier forestier qui longe le bas du bois en lisière et m'arrête de temps à autre pour appeler au Butollo mais rien ne vient. Je rejoints la première allée du bois qui remonte vers la route. Je remonte doucement pour ne pas trop faire de bruit sur le tapis de feuilles mortes puis me poste sur la droite du chemin derrière quelques arbustes juste avant que le chemin ne redescende. Je jette un coup d'œil dans le bois puis commence à appeler en modulant les sonorités. Au bout d'un moment, les petits couinements d'une chevrette arrivant sur l'appeau et des bruits de pas dans les feuilles mortes se font entendre dans mon dos. Je me retourne doucement et aperçois une chevrette qui s'arrête derrière un arbre. Je continue mes appels pour tenter de la positionner dans une fenêtre de tir, elle avance au pas mais je n'arrive pas à la positionner comme je le voudrais quand j'aperçois une autre chevrette arrêtée, la tête derrière un tronc et le corps bien dégagé, plus proche que l'autre. Je laisse mon appeau et arme mon arc, la chevrette reste immobile, je prends mon temps pour viser et décoche, mais au moment du tir la chevrette démarre.

Une belle chevrette au bois du Turc, 01 novembre 2011

Un impact bien audible et la chevrette fait volte-face et s'enfuit avec 2 autres chevrettes en parallèle de l'allée et je les perds de vue au bout de 40 mètres environ. J'attends un moment puis vais chercher ma flèche et tenter de trouver les premiers indices. Ma flèche a glissé sous la mousse jusqu'à l'empennage qui porte des traces de sang.

Une belle chevrette au bois du Turc, 01 novembre 2011

Je récupère ma flèche dont le tube est couvert d'un liquide verdâtre, signe que j'ai certainement touché la panse. Près de ma flèche je trouve 2 gouttes de sang avec un peu de poil et une grosse goutte de contenu stomacal. Je décide d'attendre encore un peu avant d'attaquer la recherche.

Une belle chevrette au bois du Turc, 01 novembre 2011

J'attaque ma recherche et plante des bâtons à chaque fois que je trouve un indice, la piste n'est pas facile à suivre, il y a peu de sang et quelques gouttes de contenu stomacal. Je progresse difficilement nez au sol sur près de 30 mètres puis je perds la piste et commence à envisager une recherche au sang. Un chevreuil se met à aboyer sur place plus bas dans le bois. Je me redresse et analyse la trajectoire de fuite matérialisée par les bâtons. La direction est assez rectiligne, je me positionne près du dernier sang et tente de me mettre à la place de mon chevreuil puis m'avance sur la coulée que je pense la plus probable. 10 mètres plus loin, je retrouve une grosse goutte de sang et à partir de là la piste devient très facile à suivre, les grosses gouttes sont très rapprochées et je progresse debout très facilement.

Une belle chevrette au bois du Turc, 01 novembre 2011

La piste biaise maintenant vers l'intérieur du bois et saute un gros tronc couché au sol. Ma chevrette est là 20 mètres plus loin, elle n'a pas fait plus de 80 mètres. Ma flèche rentre basse 20 cm derrière l'épaule et ressort plus haute 30 cm derrière l'épaule opposée. Un peu d'intestin grêle sort part le trou de sortie.

Une belle chevrette au bois du Turc, 01 novembre 2011

Ma flèche traverse en fait en plein milieu du foie et touche l'entrée de la panse.

Une belle chevrette au bois du Turc, 01 novembre 2011

Alex

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 11:43

Ce matin, je retourne chasser sur le secteur ou j'ai prélevé mon brocard samedi soir. Laurent chasse au bois du Turc, le temps est brumeux et alors que le jour se lève doucement, la visibilité est très réduite. Décidé à faire un peu de repérage pour trouver un bon poste pour le tree stand de Laurent, je longe le lac puis le ruisseau, passe le passage busé et rejoins la bordure du bois que je commence à longer doucement quand j'aperçois un chevreuil sur la dernière bosse du chaume de maïs. Je rentre dans le bois et longe la bordure rapidement par une grosse coulée en essayant de rester silencieux pour rejoindre le coin du bois et essayer d'intercepter ce chevreuil.

Arrivé au coin de bois, je m'avance au ras du couvert sur la coulée et aperçois un groupe de 6 chevreuils a environ 35 mètres dans le champ travaillé, devant moi. Il y a une grosse chevrette avec 2 chevrillards, un gros brocard et 2 autres que j'identifie comme un jeune brocard et une jeune chevrette. La petite harde semble biaiser vers le  haut du bois. Je me décale doucement en restant silencieux. Je suis la coulée des blaireaux qui longe la bordure du bois et m'arrête régulièrement pour observer. Les 2 chevrillards s'amusent et sautent partout en se rapprochant de la bordure du bois alors que la chevrette semble venir vers moi puis, une partie des chevreuils redescend le talus du champ travaillé en direction du chaume de maïs et la chevrette et les chevrillards finissent par les suivre. Je décide de tenter quelques appels de Butollo. La chevrette se fige puis démarre et file en remontant le chaume de mais, suivie par la harde. Je les regarde s'éloigner puis fais un tour du secteur sans voir d'autres chevreuils.

Je décide de changer de secteur et reviens vers la voiture alors que le soleil se lève derrière les coteaux boisés et une légère brume.

Une petite chevrette perdue, 31 octobre 2011

Je reprends ma voiture et pars un peu plus loin vers un autre lac qui est pratiquement entouré de bois. Je me gare sur le chemin forestier et rejoins le bord du lac.

Une petite chevrette perdue, 31 octobre 2011

Je laisse le lac pour rejoindre un maïs un peu plus loin qui est pas mal fréquenté par les chevreuils. Je longe une bande enherbée entre la culture et le bois quand j'aperçois 3 perdreaux qui se débinent en longeant le bois. Je m'amuse à les suivre, ils marquent des arrêts fréquents et étirent le cou au-dessus des herbes sèches pour repérer ma position puis se débinent de plus belle. Absorbé par ce manège, j'en ai oublié ma chasse et c'est ce moment que choisi un brocard pour se défiler dans le maïs en faisant de grands bons. Je le perds de vue en bas de la culture.

Les perdreaux en ont profité pour disparaître. Je me reconcentre et reprends ma progression lente en surveillant le maïs. Le brocard surgit de la culture et remonte le penchant opposé, s'arrête un instant, m'observe puis reprends son galop et passe derrière la butte ou je le perds de vue. Je rentre un peu plus loin au milieu du maïs dans une zone ravagée par les sangliers puis recommence à avancer vers le bout de la culture quand j'aperçois une chevrette et son chevrillard dans la friche qui fait suite au maïs en face de moi. Ils sont figés et regardent vers moi. Je me baisse doucement dans la culture et attrape mon Butollo, je commence mes appels mais les chevreuils m'observent un moment puis commencent à s'éloigner doucement et s'arrêtant régulièrement pour m'observer sans savoir vraiment à quoi ils ont à faire. Je poursuis mes appels en essayant toutes les modulations possibles mais rien n'y fait et je les vois passer le sommet de la butte près de la ferme et disparaître.

Je me redresse tranquillement quand j'aperçois une autre chevrette et son chevrillard, au ras du maïs, qui viennent certainement du bois qui borde le lac. Ils venaient droit sur moi, attirés par le Butollo mais mon mouvement vient de les alerter et ils se sont figés et m'observe. Je tente de reprendre ma position et de poursuivre mes appels mais, après quelques hésitations, la chevrette s'éloigne en faisant de grands bons et en s'arrêtant régulièrement pour revenir d'un pas avant de repartir de plus belle. Elle passe finalement la crête de la butte et je me redresse pour m'apercevoir que 2 autres chevreuils sont arrêtes dans la friche ou se trouvaient les 2 autres tout à l'heure.

Je me rebaisse dans le maïs et appelle un moment avec mon appeau avant de trouver la bonne sonorité, un cri long et plaintif qui décide la chevrette. Elle avance de quelques pas à chaque appel puis s'arrête et observe un instant, son chevrillard la suit. Elle se rapproche doucement puis se décide et arrive droit vers le maïs au pas. Je range mon appeau et laisse faire. Petit à petit, elle rejoint la bordure de la culture alors que je vais doucement à sa rencontre en me faufilant voûté dans le maïs. La chevrette et les chevrillards sont à moins de 2 mètres du bord du maïs et moi à moins de 9 mètres dans une zone asses dégagé pour tenter un tir si l'occasion se présente: Je décide de rester là et d'attendre. J'entraperçois les chevreuils au travers des pieds de maïs, ils s’avancent prudemment et essayant de voir d'où venait le bruit, la chevrette lève souvent le museau et hume l'air: Ils ne sont plus qu'à 10 mètres environ, presque plein profil, le chevrillard est passé devant. J'arme doucement mon arc et prends la visée au jugé.

Une petite chevrette perdue, 31 octobre 2011

"Allez encore un pas ou deux..." Ça y est je vois suffisamment la petite chevrette pour décocher, mon viseur se cale et je décoche. A l'impact, j’entends casser un gros os, certainement l'omoplate. Le chevreuil pousse un cri et disparaît, la chevrette détale dans la friche et rejoint la cime du coteau sur ma droite. Un instant plus tard, le chevrillard réapparaît plus bas sur ma gauche et baise pour remonter vers sa mère, le sang gicle en abondance à l'entrée de la flèche qui semble trop en avant. Puis ils passent la crête et s'arrêtent près d'un petit roncier. Le chevrillard semble mal en point et titube un peu puis ils s'éloignent d'un pas lent et je les perds de vue derrière la crête du coteau à plus de 100 mètres. J'attends un moment et tente d'analyser la situation. Je me dirige ensuite vers la zone du tir où je ne trouve pas le moindre indice. Je descends un peu en longeant la clôture qui borde le maïs et tombe sur ma flèche cassée. Je n'ai donc pas traversé complètement mais vu le morceau manquant, la lame a du ressortir de l'autre côté. 

Une petite chevrette perdue, 31 octobre 2011

Je laisse passer un peu de temps avant d'attaquer ma recherche car je n'ai pas confiance dans mon atteinte et j'ai un mauvais pressentiment. Je ne trouve pas de sang dans la direction de fuite et décide de tenter d'avancer en parallèle et en dessous de la crête en partant au-dessus de la flèche brisée pour tenter de recouper la piste de sang et tombe ainsi sur une goutte de sang mais, je reperds immédiatement la piste qui ne semble pas vraiment marquée.

Une petite chevrette perdue, 31 octobre 2011

Je pars donc directement à l'endroit où le chevrillard s'est arrêté et cette fois je trouve du sang en abondance, c'est normalement bon signe, vue la distance importante parcourue. Le sang dessine une traînée continue qu'il est très facile de suivre.

Une petite chevrette perdue, 31 octobre 2011

La piste longe une clôture électrique qui sépare un pré d'une friche: Le chevreuil qui longeait côté pré descends tout à coup dans la friche juste avant une grosse haie de ronces puis longe sous les ronces en direction du bois tout proche: Les hautes herbes sèches sont repeintes en rouge et le sang est toujours aussi abondant. La piste entre par un chemin forestier dans le bois. De grosses gouttes de sang jonchent le sol sur le tapis de feuilles mortes.

Une petite chevrette perdue, 31 octobre 2011

J'avance doucement dans le bois avec le vent dans le dos quand à 20 mètres devant moi, un animal que je ne peux pas identifier démarre dans les ronces. J'attends un moment à l'écoute puis reprends ma piste qui biaise à gauche dans les ronces vers où a démarré l'animal. Je viens certainement de relever mon chevreuil. Je retrouve la reposée debout d'où vient de partir le chevreuil, elle est marquée par une grosse quantité de sang au sol au pied d'un gros chêne: La piste suit les grosses coulée puis s'enfonce dans l'épais. Pour éviter de compromettre une éventuelle recherche au sang, je marche depuis le début à 1 mètre à côté de la piste mais il est de plus en plus dur de la suivre à cause des ronces et des épines malgré un sang assez abondant.

Une petite chevrette perdue, 31 octobre 2011

Laurent qui a fini sa chasse m'appelle et je le mets au courant de la situation. Je décide d'arrêter là ma recherche près d'un terrier de blaireau et appelle le conducteur de chien de sang avant d'aller retrouver Laurent au bois du Turc. Le rendez-vous est pris aux poubelles, au coin du bois du Turc. Au bout d'un moment, le conducteur m'appelle il est arrivé mais pas aux bonnes poubelles, nous attendons encore un peu et le voyons arriver. Nous partons pour la recherche, nous nous garons sur le chemin forestier, cela fait près de 2 heures que j'ai fléché le chevrillard. La piste de sang étant abondante le conducteur décide d'essayer la petite chienne qu'il est entrain de former.

Nous partons donc avec Fannie et Dudule, le chien forceur (herdale terrier) pour la recherche. Un chevreuil sort du bois sous la friche et passe la crête devant nous au grand galop, c'est une grosse chevrette et elle est bien portante, peut-être la mère du chevrillard. Nous attaquons la piste à l'endroit de la flèche brisée pour tester la chienne puisque je connais la trajectoire de la piste sur plus de 150 mètres. Mais dès le départ la chienne est en défaut et ne trouve pas la piste, le conducteur insiste et la guide un peu mais pas moyen de lui faire prendre le sang. Je guide le conducteur jusqu'à l'endroit où la piste est très abondante mais la chienne ne la prend pas franchement et perd complètement la piste au niveau des premières ronces dans le bois. Le conducteur s'agace et je lui propose d'aller chercher Raboliot. Je pars donc au pas de course et reviens avec Raboliot que nous mettons où s'arrête Fannie. Lui part de suite sur la piste mais la perd un instant avant de finir par la reprendre puis la reperd et finit par la recouper près du terrier de blaireau. Cette fois, il est parti et ne quitte plus la piste. Au cas où, nous les laissons prendre de l'avance puis nous suivons avec Dudule. Rabolio ne se trompe pas, il donne de la voie et en le suivant nous trouvons pas mal de sang sur le sol. Nous rattrapons le conducteur et son chien sur un chemin de terre qui coupe le bois dans une zone très étroite La bande de bois sous la friche est coupée en 2 par un petit ruisseau et le chevreuil semble l'avoir traversé, Raboliot en fait de même puis suit le ruisseau en donnant de la voie. Avec Laurent nous contournons par le haut du bois pour nous poster plus en avant avec le chien forceur, au bout d'un passage girobroyé qui avance de 30 mètres dans le bois mais Raboliot arrive et passe devant nous. Nous partons un peu plus loin au coin du bois qui laisse place à un pré sur la gauche du ruisseau.

Raboliot arrive en donnant de la voie quand une grosse chevrette sort du bois et remonte vers le village au-dessus de nous, ce n'est pas mon chevreuil mais Dudule qui l'a vu veut partir en poursuite. Raboliot arrive toujours quand j'aperçois 2 animaux qui se débinent dans les ronces, juste au bord du bois et contourne le conducteur pour passer dans son dos. Je ne sais pas s'il s'agit de mon chevreuil et ne demande pas à Laurent de lâcher Dudule. Raboliot donne de plus en plus de la voie et le conducteur nous demande de lâcher Dudule mais ce dernier ressort sur les traces de la grosse chevrette, nous le coupons et le rattachons. Nous le relâcherons et le rattraperons 2 fois mais le chevrillard qui revient sur ses pas court devant le chien et le conducteur finira par renoncer. Il ressort du bois avec le visage en sang à cause des ronces et la veste rougie par le sang du chevreuil déposé sur les ronces.

Je ne pense pas qu'il survive à ma flèche et suis vraiment très surpris qu'il perde autant de sang après plus de 3 heures qui nous séparent du moment du tir. Cette flèche me laisse un goût amer.

 

Alex

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 20:55

Ce soir, Laurent est venu pour chasser quelques jours et je décide de l'amener chasser sur Labéjan, nous partons assez tôt car je veux lui montrer un poste dans lequel je crois beaucoup. En arrivant, je me gare sous la digue du lac puis nous le longeons pour rejoindre le passage busé en direction du chaume de maïs. Alors que nous longeons le bois, Laurent, en se retournant, aperçoit un chevreuil qui sort du couvert et nous passe à 70 mètres dans le dos. Je laisse Laurent près de son poste en lui expliquant où se placer puis je retourne vers la voiture, décidé à passer la soirée au bois du Turc mais en chemin, je change d'avis et décide de rester chasser sur le secteur. Laurent va rester posté et en restant assez loin, je ne le dérangerai pas.

Je retraverse le passage busé puis longe le ruisseau qui borde le grand bois en direction d'un chemin forestier qui passe sous une coupe où j'ai régulièrement vu des chevreuils. J'y ai filmé une chevrette cet été

et je sens bien ce poste ce soir. Les sangliers ont retourné le bord de la bande enherbée. Un peu plus loin se trouve un petit bois en long qui remonte sur le coteau et où paissent souvent les chevreuils mais ce soir rien ne bouge. Je traverse une grosse haie en prolongement du bois qui rejoint le grand bois, traverse un petit pré et saute la clôture électrique pour biaiser à travers un semé vers la bordure du bois. Ici les sangliers ont tout retourné sur 10 à 20 mètres de large le long du bois !

Je rattrape un peu plus loin le chemin forestier qui remonte vers la coupe. La semaine dernière un gros brocard est sorti du bois dans le secteur et m'a vite repéré pour faire demi-tour. Je décide de tenter de me poster dans le bois, près de la coupe. Je m'avance doucement par un passage girobroyé et rattrape une grosse coulée couverte de boue sèche par les sangliers. Je cherche un peu un poste adéquat et finis par me placer derrière un bouquet d'arbres. Le vent est bon, l'attente commence. Au bout d'un moment que seul le chant des oiseaux est venu troubler, je décide de tenter quelques appels de Butollo, la saison favorable pour l'appel des chevrettes devrait bientôt commencer. Rien ne bouge, je laisse passer encore un moment puis retente ma chance sans trop insister puis un moment passe et je tente encore mais c'est le calme plat.

Je décide de quitter mon poste et de revenir vers le bosquet en long. De loin, j'aperçois 2 chevreuils qui reviennent vers le bois en haut du coteau au travers d'une friche. Un troisième chevreuil s'éloigne du bois et descend vers une haie qui sépare la friche d'un champ semé. Je décide de tenter une approche, je me faufile vers une grosse haie qui borde le bas de la friche et la longe vers le champ semé puis contourne un petit lac entouré de bois pour remonter vers la haie qui borde la gauche de la friche mais les chevreuils ont disparu. Je remonte doucement vers le sommet du coteau et rattrape la bordure du bois. Pas un bruit, les chevreuils se sont volatilisés. Je m'avance doucement en sous-bois par les grosses coulées pour rester silencieux et tente quelques appels de Buttolo sans succès. Je descends un peu et passe devant une zone de terriers qui semblent bien fréquentés puis je longe à mi-pente dans le bois par un grosse coulée en essayant de rester silencieux et je m'arrête souvent pour observer mais rien ne bouge à part quelques merles.

Je ressors au bout du bois en essayant de ne pas faire trop de bruit mais il me faut passer une zone de branchages secs. Je sors au-dessus du bois sur le pré puis contourne le bout du bois pour repartir vers le lac quand en tournant la tête à gauche, j'aperçois un chevreuil qui sort du bois et s'avance doucement en broutant pour remonter le talus du pré. Je suis à découvert sur le pré.

Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011

Je tente de me dissimuler en reculant un maximum, jusqu'à ce que le chevreuil disparaisse derrière le relief du champ. Il semble qu'il ne m'ait pas vu. Je ne le vois plus et je remonte le talus du pré pour récupérer une cassure dans la pente bordée de touffes de ronces qui me permettront peut-être de faire une approche et de passer au-dessus du chevreuil sans qu'il ne me voit.

Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011

Je commence mon approche en longeant au-dessus touffes de ronces espacées mais le chevreuil avance trop vite et il passe la cassure pour se mettre à brouter au-dessus dans le pré alors que j'arrive juste à la dernière touffe de ronces. Je me positionne rapidement à genoux, au ras des ronces et me fige. C'est un brocard. Je suis en très mauvaise posture pour terminer mon approche, le prochain petit buisson est à au moins 30 mètres et je suis à découvert. Le brocard broute tranquillement et relève la tête de temps en temps quand, tout à coup, il regarde vers moi. "Il va me voir"... Le brocard se remet à manger comme si de rien n'était.

Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011

Comment faire ? Tout à coup, le brocard me tourne le dos, je vais tenter une approche en passant sous la cassure qui n'est pas bien haute mais en descendant assez et en avançant voûté par tranches de quelques mètres en surveillant la brocard du coin de l’œil, je parviens à rejoindre le petit buisson et me redresse derrière ce dernier pour observer le brocard qui n'est plus qu'à 25 mètres environ, sur ma gauche.

Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011

Il est encore un peu trop loin pour moi, mais il se décide à bouger et biaise pour venir passer en face de moi. Il se rapproche doucement en s'arrêtant pour manger. Petit à petit, il comble les mètres qui me manquaient. 15 mètres, au pas, j'arme mon arc alors que son attention est ailleurs. Je pense le voir se rapprocher encore mais il oblique un peu et s'éloigne doucement pour s'arrêter à environ 17 mètres pour brouter. Je prends la visée mais hésite un peu, ce n'est pas ma distance de prédilection, le terrain remonte un peu... Je prends tout de même la décision de tirer. Mon viseur se cale sur son coffre, je décoche.

Je ne vois pas l'impact mais l'entends clairement sans pouvoir vraiment identifier mon atteinte. Le brocard démarre et revient vers le bois pour s'arrêter 40 mètres plus loin. Il se fige sur ses 4 pattes très écartées et se met à trembler, son cou décrit des cercles et je m'attends à le voir tomber d'un moment à l'autre. Sa respiration est difficile et il émet des râles très sonores. Je pense à une flèche de poumons mais le temps passe et le chevreuil reste sur place sans vouloir se coucher et la nuit tombe doucement. Je reste immobile à genoux et attends. J'ai rendez-vous avec Laurent à la voiture à la nuit et je décide de lui envoyer un SMS pour l'avertir de la situation. La lumière du portable m'éblouit un peu et au moment où je le range, je n'arrive plus à voir le chevreuil dans la pénombre. Il est tombé ou s'est enfuit ?

Je me redresse et me rapproche doucement du dernier endroit où je l'ai vu mais il n'y est plus. Il fait nuit et ma visibilité est très réduite. J'aperçois tout de même une masse sombre un peu plus loin. Je me fige et force mes yeux. C'est mon brocard, il s'est couché 15 mètres plus bas et fait toujours des cercles avec sa tête. Il me tourne le dos. Je tente une approche, très très lentement, à découvert, je gagne des mètres pour tenter une flèche d'achèvement. 10 mètres, j'arme mon arc mais il fait nuit noire et impossible de prendre la visée, j'avance encore un peu, 8 mètres, toujours impossible d'aligner la visée, 6 mètres, je prends la visée au jugé mais le chevreuil se relève et détale sur 15 mètres pour se recoucher en râlant à quelques mètres de la bordure du bois.

Je change de technique, je descends contre le bois et le longe doucement. Arrivé à 5 mètres du chevreuil, j'arme doucement et lui décoche une flèche au jugé. Le chevreuil se redresse et file vers le bois ou je le perds de vue mais entends sa chute puis ses derniers soubresauts dans les ronces. Je me rapproche doucement à la lueur de ma lampe et le retrouve à 10 mètres environ de mon dernier tir, mort au bord du bois.

Ma première flèche rentre en fait dans le cou, 15 cm sous la tête et ressort entre les mandibules inférieures d'où cette difficulté à respirer. Ma seconde flèche rentre dans le cuissot et s'arrête dans l'épaule. Je mets le bracelet et charge le chevreuil sur mon dos pour retourner à la voiture. Je reviendrai demain chercher ma flèche.

Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011

Le lendemain matin, je laisse Laurent et Christophe venu chassé aujourd'hui sur leurs lieu de chasse et pars chercher ma flèche. Je la retrouve rapidement fichée au sol.

Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011

La piste de sang est presque inexistante jusqu'au premier arrête du chevreuil ou ses mouvements de tête ont dessiné un 8 au sol.

Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011

Et du premier au second arrête, je ne trouve pas non plus de sang, par contre la seconde reposée et bien marquée. 

Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011

Toujours pas de sang avant la troisième reposée qui elle est peu marquée. 

Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011

C'est une mauvaise flèche qui se termine bien pour moi, j'ai eu pas mal de chance.

Alex

 

Trophée :

Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011
Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011

Atteinte :

Une mauvaise flèche qui se termine bien, 29 octobre 2011

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 19:32

Hier soir en sortant du boulot, je pars pour mon territoire de chasse au sanglier sur Traversères. Je me change sur place près de la ferme où je viens de me garer puis je pars vers la zone clôturée de la LPO pour tenter d'apercevoir les sangliers par-dessus le grillage et savoir où me poster en bordure pour les attendre. Le vent est fort ce soir et en sens inverse de d'habitude. Les sangliers ne sont pas encore dehors et je décide d'aller faire un petit tour avec mon Butollo pour voir s'il marche en ce moment. C'est un secteur où je ne chasse pas le chevreuil, il n'y a donc pas vraiment de risque à essayer le Butollo ici.

Je me poste régulièrement en bordure du chemin de crête sans arriver à faire venir le moindre chevreuil. Un chevreuil qui a dû me sentir ou m'entendre déguerpit en aboyant vers le penchant d'en face sans que je puisse l'apercevoir à travers bois. Un peu plus loin, un autre détale du fond d'une combe enherbée. Bon cette fois, je me suis assez amusé, je vais passer aux choses sérieuses. Je décide d'aller me poster dans un penchant de chênes clairsemés en dessous d'un talus abrupt, sous une zone d'herbes sèches et de genêts.

Je me positionne face au vent contre un chêne au milieu de quelques genets rabougris. L'attente ne sera pas longue, alors que je balaye le paysage des yeux, un mouvement attire mon attention dans la friche au-dessus de moi à environ 50 mètres. Une bête rousse hume l'air, le nez au vent. J'attrape mon appareil photo quand 4 autres bêtes rousses arrivent. Je commence à les filmer.

Les petits sangliers se déplacent nez au sol et s'éparpillent dans la friche quand, tout à coup, l'un d'eux décide de venir droit sur moi. J'éteins mon appareil photo et le range pour reprendre mon arc.

Les sangliers se déplacent en louvoyant dans la végétation et en cherchant leur nourriture au sol. 3 d'entre eux viennent vers les genets au-dessus de moi où je les perds de vue, 2 autres font demi-tour pour fouiller le sol au pied d'un gros chêne. Je surveille immobile tout ce petit monde. Un des petits sangliers réapparaît furtivement au-dessus de moi et disparaît à nouveau. Un gros sanglier fait son apparition à 60 mètres environ et rentre dans le fourré en grognant. Les petits les plus éloignés se chamaillent et couinent. Au-dessus de moi la végétation craque par moment mais je ne vois toujours rien. Les bêtes rousses les plus éloignées semblent vouloir descendre sur une coulée qui passe en dessous de moi puis se ravisent et remontent dans la friche en s'éloignant. D'autres sangliers s'agitent et couinent dans les fourrés.

Tout à coup, un mouvement attire mon attention à 10 mètres au-dessus de moi, 2 sangliers fouillent le sol face à moi et se rapprochent doucement entre les genets. Mon cœur se met à taper de plus en plus fort dans ma poitrine. Ils se rapprochent, s'éloigne un peu, se rapprochent à nouveau, disparaissent derrière les genets, réapparaissent... une autre bête rousse biaise du fourré vers ses 2 compères et je surveille alternativement les 3 sangliers en espérant avoir mon occasion de tir. Le temps passe et la pression monte. J'ai maintenant 3 sangliers à moins de 10 mètres mais je n'ai toujours pas pu en flécher un. Tout à coup, l'un d'eux se sépare du groupe et se présente au-dessus de moi, plein travers à 8 mètres. J'arme mon arc, prends le temps de viser alors que le sanglier s'immobilise et décoche.

Ma flèche disparaît dans le sanglier derrière son coude, il fait un virage à 90° et fonce droit vers moi sans comprendre ce qui vient de lui arriver, presque immédiatement, il vacille et perd l'équilibre mais il fonce toujours droit sur moi et il va me falloir me pousser si je ne veux pas le prendre dans la figure. En arrivant au sommet du talus, à moins de 2 mètres de mon visage, le sanglier s'effondre sur ses antérieurs et roule au pied du talus, je me décale de 2 mètres pour le laisser tomber à mes pieds ou il s'immobilise rapidement après quelques spasmes.

Une belle soirée sanglier à Traversères, 26 octobre 2011

Ses compères qui n'ont pas vraiment compris ce qui vient de se passer se figent un moment puis se débinent doucement dans les genets, en s’arrêtant régulièrement pour tendre les écoutes et le nez au vent, pour rejoindre les fourrés. J'attends un peu dans le calme puis les sangliers se mettent à chahuter comme si de rien n'était. Je reste poster un moment au cas où mais je décide finalement d'en rester là. Je pars chercher ma flèche qui restera introuvable puis je rentre à la voiture avec mon petit mâle. Ma flèche est passée au-dessus du cœur et prend les 2 poumons.

Une belle soirée sanglier à Traversères, 26 octobre 2011

Alex

 

Atteinte :

Une belle soirée sanglier à Traversères, 26 octobre 2011

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 15:55

Ce weekend, j'ai relevé l'invitation d'Alain Conesa, taxidermiste dans le Cantal (http://www.conesataxidermiste.fr/), pour une battue au cerf à Antignac. Vendredi soir, en sortant du boulot, vers 17h30, mes affaires étant déjà dans la voiture, je pars directement pour le Cantal. Un peu retardé par les bouchons sur Toulouse, j'arrive à Antignac vers 22h30. J'appelle Alain pour qu'il me guide jusqu'à chez lui et il me dit de faire attention sur la petite route qui monte vers son habitation car il est fréquent de croiser des animaux. Je suis les panneaux "TAXIDERMISTE" quand je tombe sur un petit brocard avec de petits boutons sur le sommet du crâne. Il est à l'arrêt et fait face à un gros chat tapi dans les herbes du bas-côté. Je m'arrête et les regarde un moment puis me décide à prendre mon appareil photo mais c'est juste à ce moment que le chat décide de traverser la route et de remonter dans le bois sur ma droite. Le chevrillard s'avance sur la route et commence à longer le bas-côté pour s'arrêter au bout de la lumière de mes phares. Je redémarre avec l'appareil photo à la main. Le petit chevreuil trottine devant la voiture puis s'arrête alors que la route fait un Y.

Chasse au cerf en battue dans le Cantal, 22 et 23 octobre 2011

Nos routes se séparent ici, il prend à gauche et moi à droite. Un peu plus loin c'est une biche que j'aperçois, elle longe le bord de la route puis rentre au bois sans que j'ai le temps de prendre une photo. Cette fois ça y est, je suis arrivé, une tablée d'archers est entrain de déguster une fondue de chamois, chevreuil et mouflon. C'est l'occasion de faire un peu connaissance avec des archers qui n'étaient pour moi que des pseudos sur Archasse et de pouvoir contempler de près le travail d'Alain qui est vraiment remarquable par sa qualité. La soirée va se poursuivre jusque tard dans la nuit et ce n'est que vers 2 heures du matin que nous pouvons fermer l’œil. La nuit sera courte car nous avons rendez-vous à 7h30 à la salle des fêtes d'Antignac.

Fred, alias Bucheron 15 qui nous empêchait de dormir la veille, n'est pas en état de se lever. Il a un peu forcé sur la boisson la veille. Nous allons chasser sans lui. Il a bien gelé ce matin et les parebrises sont givrés. Arrivés au rendez-vous, nous retrouvons d'autres arches. Après avoir signé le carnet de battue et les consignes de sécurités énoncées par Alain, nous formons 3 groupes d'environ 10 archers qui partiront avec 3 chefs de ligne. Nous pouvons tirer un chevreuil, un cerf, une biche et les sangliers et renards. Je pars avec un groupe d'archers pour la première traque de la matinée. Nous suivons notre chef de ligne et partons nous garer près de la voie ferrée puis nous remontons par un chemin forestier pour nous poster sur le haut de la traque. Les premiers archers sont postés sous le chemin forestier. Nous débouchons sur un pré encore blanc de givre.

Chasse au cerf en battue dans le Cantal, 22 et 23 octobre 2011

C'est à mon tour de prendre un poste, sur les consignes du chef de ligne, je me détache du groupe pour me positionner derrière un gros chêne au bord d'une cassure.

Chasse au cerf en battue dans le Cantal, 22 et 23 octobre 2011

Je regarde mes angles et possibilités de tir. Une grosse coulée remonte sur ma gauche et traverse un petit bouquet d'épines noires dans mon dos. Au travers de la végétation, j'aperçois le gilet fluo du posté suivant.

Chasse au cerf en battue dans le Cantal, 22 et 23 octobre 2011

Sur ma droite une zone claire de fougères.

Chasse au cerf en battue dans le Cantal, 22 et 23 octobre 2011

L'attente commence et le coup de trompe annonçant le début de battue retentit alors que les chiens et les traqueurs qui arrivent sur ma droite se font déjà entendre. Mon poste est à l'ombre et il ne fait pas chaud. Je change régulièrement mon arc de main pour les mettre aux poches. Les chiens finissent par lancer et s'éloignent. Le calme revient et le temps passe dans le froid à danser sur un pied puis sur l'autre et à tenter de me réchauffer les doigts, il me semble entendre au loin un cerf qui brame. Au bout d'un moment les 3 coups de fin de battue résonnent. Je répète et me déposte pour retrouver le soleil dans la zone de fougères, un peu de chaleur enfin.

Chasse au cerf en battue dans le Cantal, 22 et 23 octobre 2011

Les zones ombragées sont encore gelées. Je pars retrouver les postés suivants.

Chasse au cerf en battue dans le Cantal, 22 et 23 octobre 2011

Un renard a été vu et il semble qu'un chevreuil ait été fléché sur la ligne du bas. Nous revenons vers les voitures où les traqueurs nous donnent un peu plus de précisions, le chevreuil n'a pas été retrouvé pour l'instant et une recherche au sang va être entamée. Nous aurons un peu plus de précisions par la suite, il semble que ce chevreuil tiré en mouvement soit touché au train arrière. Pendant qu'une pré-recherche commence nous attendons un peu mais une vraie recherche au sang s'impose et un conducteur de chien de sang est contacté.

Nous partons pour la seconde traque de la matinée. Nous nous garons près d'une pâture où paissent quelques vaches salers et un beau taureau. Les clarines tintent en permanence et il est difficile d'entendre autre chose. Le chef de ligne nous poste le long d'un muret de pierre et j'hésite. Me poster derrière ou devant dans le bois.

Chasse au cerf en battue dans le Cantal, 22 et 23 octobre 2011

Je suis le premier posté de la ligne, les autres continuent pour se poster à intervalles réguliers. D'autres archers ferment au-dessus de moi.

Chasse au cerf en battue dans le Cantal, 22 et 23 octobre 2011

Finalement, je décide de me poster dans le bois derrière de gros arbres. Je fais place nette à mes pieds en balayant les feuilles mortes et les brindilles pour pouvoir pivoter sans bruit, je contrôle mes angles de tir et observe le posté suivant qui aménage son poste. Ça y est, je suis paré. Le coup de corne retentit et les traqueurs et les chiens arrivent par ma droite. Le temps passe et le secteur semble bien calme. L'agriculteur arrive pour changer ses vaches de pré et leur fait traverser la route dans un concert de clarines. Elles sont maintenant dans mon dos.

Chasse au cerf en battue dans le Cantal, 22 et 23 octobre 2011

Finalement, les 3 coups de cornes retentissent sans que les chiens n'aient donné de la voie. Nous répétons et nous nous dépostons. J'en profite pour faire une photo de ce beau taureau salers.

Chasse au cerf en battue dans le Cantal, 22 et 23 octobre 2011

Le conducteur de chien de sang viendra cette après-midi. Nous retournons à la salle des fêtes pour le repas de midi. Après un coq au vin avec des pattes nous repartons chasser sur un nouveau secteur.

Chasse au cerf en battue dans le Cantal, 22 et 23 octobre 2011

Nous nous garons et partons à pied vers nos postes en suivant notre chef de ligne. Nous traversons un pâturage occupé par un troupeau de génisses salers puis nous commençons à poster la ligne du bas en bordure du bois. Les jeunes vaches, un peu affolées, courent en tous sens. Je décide de ne pas me poster dans les premiers cette fois et prends un des derniers postes de la ligne. Aurélien qui m'accompagne en voiture depuis ce matin est posté juste avant moi. Je me poste derrière quelques hêtres et dégage le sol pour le rendre silencieux. Aurélien est remonté un peu plus dans le bois et prépare son poste. Coup de corne, la battue commence, les traqueurs et les chiens passent plus haut quand, tout à coup, un bruit de pas dans les feuilles mortes me fait tourner la tête à gauche. C'est un renard qui vient droit sur moi. Il passe derrière un arbre, j'arme mon arc, il slalome entre les hêtres et je pense le voir passer juste derrière moi mais il bifurque et sort dans le pré pour longer la bordure du bois. Je le suis dans mon viseur en attendant une fenêtre de tir mais il avance au petit trot et va me passer à 8 ou 9 mètres environ. Le temps d'aligner ma visée, de compenser sa trajectoire et de trouver une fenêtre de tir... mon tir est juste derrière le renard. Ma flèche ricoche sur un caillou et par se ficher 40 mètres plus bas dans le pré.

Chasse au cerf en battue dans le Cantal, 22 et 23 octobre 2011

Mon voisin a été alerté par ma décoche, le renard qui a à peine accéléré remonte dans le bois, droit sur Aurélien qui lui décoche une flèche à son tour. Un bruit dans la végétation puis plus rien. Quelques temps plus tard, les génisses se rapprochent prudemment de la clôture en bordure du bois et commence à humer les ronces et je pense alors que le renard a été fléché et qu'il est mort.

Chasse au cerf en battue dans le Cantal, 22 et 23 octobre 2011

Les génisses se remettent à tourner dans le pré alors qu'un voiture suivie de plusieurs vaches passe sur un chemin de terre de l'autre côté de la pâture.

Chasse au cerf en battue dans le Cantal, 22 et 23 octobre 2011

Quelques geais se débinent en sous-bois mais le secteur est calme et les chiens ne semblent pas trouver grand-chose. Les traqueurs repassent en sens inverse puis sonnent la fin de battue. Je pars chercher ma flèche et la retrouve assez facilement. Pas de trace suspecte, mon impression était bonne, je suis passé derrière le goupil.

Chasse au cerf en battue dans le Cantal, 22 et 23 octobre 2011

Aurélien sort du bois. Je lui demande s'il a eu le renard mais il me répond que non, il a tiré en équilibre précaire sur une souche et a manqué sa cible. Nous apprendrons par la suite que le renard a fait toute la ligne des postés sans encombre. Nous rejoignons les autres arches et retournons aux voitures.

Les nouvelles de la recherche au sang ne sont pas bonnes. Le chevreuil semble perdu. Nous partons pour une seconde traque, nous avons changé de chef de ligne, les postés se répartissent le long d'un chemin forestier, je suis dans les 3 derniers. Nous remontons à travers bois pour fermer la traque. Nous ressortons dans un petit pré et je pars me poster derrière un arbre abattu à 2 mètres du sol, la souche me camoufle un peu et les arbustes autour font un bon écran. Les 2 derniers archers doivent faire demi-tour car la ligne du haut a déjà pris les postes. Les traqueurs et les chiens ont déjà lancé la chasse alors qu'ils se postent en dessous de moi dans le bois. Les chiens sont vite là et sortent au-dessus de moi avec un traqueur puis remontent. Tout à coup, un bruit de pas dans les feuilles mortes me fait me retourner. C'est un fox terrier qui biaise à travers bois et ressort dans le pré. Puis la fin de battue est sonnée, je redescends et rattrape les archers regroupés en pleine discussion. 2 chevreuils ont traversé la ligne au galop.

Nous partons pour une autre traque. Je pars me poster sur les consignes d'un des traqueurs d'ans l'angle du bois. Je rentre un peu et me poste au milieu des houx. Les traqueurs et les chiens rentrent dans le bois sur ma droite et lancent rapidement un animal. "Chevreuil !" C'est une chevrette que j'entends juste passer sans la voir, elle sortira au poste de Benoit, alias Vulpes03 sur le forum Archasse, qui est posté juste après moi. Les traqueurs et les chiens s'éloignent, le calme revient puis la fin de battue est sonnée. Décidément, ce n'est pas aujourd'hui que je verrai un cerf ! Une biche et quelques chevreuils ont été aperçus.

Le temps passe et il reste peu de temps avant la nuit. Alain décide de faire une petite traque de la dernière chance. C'est Fred (Bûcheron15) qui va poster la ligne au fond d'une combe boisée. Les archers se positionnent à environ 20 mètres les uns des autres. Je trouve un coin qui me plait bien avec une belle coulée et un bouquet d'arbustes pour me camoufler. Je prends le poste mais Fred décide d'y mettre un autre chasseur et m'envoie me poster plus haut entre ce poste et celui de Benoit. Dommage, je le sentais bien. 2 archers viennent se poster 40 mètres au-dessus de nous. La traque commence, les hommes et les chiens passe à mi-pente sur le travers d'en face. Tout à coup, un bruit de pas résonne dans les feuilles mortes puis stoppe, je ne vois rien pour l'instant mais je pense à un chevreuil. Je jette un coup d’œil sur le posté qui devait prendre mon poste mais qui s'est mis un peu plus loin. Il vient d'armer son arc mais reste armé et ne décoche pas. Un brocard surgit sur le chemin au fond de la combe, passe au pas juste où j'étais posté ("normal") puis biaise au pas en remontant doucement sur notre penchant. La végétation et les branches ne me permettent pas un tir quand le brocard décide de stopper à environ 12 mètres, plein travers dans une fenêtre de tir bien dégagée. J'analyse rapidement la situation mais laisse faire, il va droit sur Benoit avec qui je viens de discuter avant de me poster. Il n'a jamais fléché de chevreuil et c'est peut être sa chance.

Le chevreuil reprend sa marche au pas et monte droit sur Benoit comme je le pensais, ce dernier caché derrière un gros chêne attend que le chevreuil passe le gros arbre pour tirer mais il ne voit pas ce qui se trame. Le chevreuil arrive droit sur lui tranquillement. Quand il s'en aperçoit, il est trop tard, le chevreuil est à 3 mètres devant lui et détecte son mouvement d'armement. Il zigzague en tous sens puis part au galop et remonte le penchant opposé. Je suis navré pour Benoit. C'était une belle occasion, dommage. Un autre animal sera lever par Alain mais ne sera pas vu, certainement un sanglier qui fera rouler quelques pierres au-dessus des archers un peu plus loin. La fin de battue sera sonnée peu de temps après.

Après un repas sympa pris avec quelques archers chez Alain et une nuit un peu moins agitée que la précédente dans la salle d'exposition, au milieu des trophées naturalisés, le réveil sonne vers 7h30 pour une nouvelle journée de chasse. Ce matin seuls quelques archers sont restés et nous allons chasser en mixte avec les carabines.

La première traque se trouve de l'autre côté de la route par rapport à la seconde traque de la veille. Sur les consignes du chef de ligne, je pars me poster au bout d'un muret de pierres qui sépare 2 prés dans le même bois que la veille en face de la traque. Il a bien gelé encore cette nuit mais un peu moins qu'hier.

Chasse au cerf en battue dans le Cantal, 22 et 23 octobre 2011

Les clarines tintent et couvrent les bruits de la nature. Au loin un cerf brame. Les traqueurs attaquent avec les chiens au-dessus des salers. Benoit est posté à l'angle du bois au bord de la route en face de moi. J'aperçois à peine son gilet fluo. Au bout d'un moment, les chiens donnent de la voie. Des coups de carabine résonnent en haut du bois. Une chevrette surgit du bois d'en face, descend le talus de la route, traverse la chassée, passe sous les barbelés et biaise vers le bois où je suis posté mais passe au galop à 20 mètres environ. Je ne la siffle pas, elle est trop loin.

Chasse au cerf en battue dans le Cantal, 22 et 23 octobre 2011

Elle rentre au bois et passe à environ 12 mètres dans mon dos au pas dans le sale puis passe la crête et disparaît.

Chasse au cerf en battue dans le Cantal, 22 et 23 octobre 2011

Un peu plus tard, Alain annonce : "Cochon, attention cochon, attention...". J'ouvre grand les yeux quand un gros sanglier déboule sur le talus puis saute sur la route et la suit un moment jusqu'à ce que je le perde de vue derrière un petit muret de pierres.

Chasse au cerf en battue dans le Cantal, 22 et 23 octobre 2011

Le calme revient, Benoit qui ne supporte plus les clarines se déplace dans le bois et se retrouve pile en face de moi, il coupe mon poste mais je pense que la chasse ne va pas durer longtemps à cause de la présence de sangliers. Une vache curieuse qui a vu bouger, se rapproche et vient m'observer et me ternir compagnie un moment.

Chasse au cerf en battue dans le Cantal, 22 et 23 octobre 2011

La fin de battue est sonnée. Un archer a manqué un sanglier et un autre a été blessé par un carabinier. La société de chasse décide de faire une battue avec la société de chasse voisine sans faire la recherche au sang. Le tir des cervidés n'est plus autorisé et nous nous retrouvons en pièce rapportée au milieu de cette grande battue. Je ne suis pas très à mon aise avec des carabines dans mon dos et je me poste pour le fun près d'Alain. Des chiens lancent et j'aperçois passer un chevreuil dans les fourrés. Je l'annonce à Alain et au moment où je me retourne, le chevreuil gêné par les voitures et les remorques des chiens a bifurqué et s'est planté à 3 mètres devant moi. Il reste un moment sans bouger, comme s'il savait qu'il ne risquait rien puis il part vers le poste d'Alain. C’est sur cette sympathique rencontre que se terminera mon weekend de chasse dans le Cantal car nous ne sommes pas motivés pour la seconde battue au sanglier de la matinée.

 

Alex

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 19:33

Ce matin, rendez-vous est pris avec Manu pour aller chasser le chevreuil sur Labéjan. Nous nous retrouvons sous la digue du grand lac ou je chasse souvent. Manu va partir en amont du lac et moi en aval. Nous nous séparons alors que le jour se lève. Je sais que le temps nous est compté car c'est dimanche et que les chasseurs de petit gibier vont vite arriver avec chiens et fusils. Je commence par longer les passages de canon du dernier maïs encore sur pied du secteur mais rien. Je poursuis en longeant le ru du déversoir du lac puis le traverse après le bois, remonte vers une grande friche et un chaume de blé mais toujours rien en vue. Une voiture est garée dans la friche et les chasseurs ne doivent pas être loin.

Je décide de changer de secteur, je retourne à ma voiture et pars pour un autre lac un peu plus loin. Je me gare au bord d'un chemin de terre qui descend vers le lac en longeant le bois puis je descends doucement vers le lac. Un couple de colvert décolle du milieu du lac. Je rejoins la digue et la longe pour rentrer dans le bois et le traverser en direction du maïs dévasté par les sangliers où j'ai vu l'autre jour quelques chevreuils. Je contrôle le vent et remonte vers l'angle de la culture pour la traverser dans une zone clairsemée. En longeant le maïs, je tente d'apercevoir un chevreuil entre les sillons mais toujours rien. Je commence à remonter dans la culture quand arrivent 2 chiens d'arrêt dans la prairie sur ma droite. L'un se met à l'arrêt alors que son collègue, qui semble plus jeune et tout fou, arrive ventre à terre et fait décoller une compagnie de perdreaux vers le sommet du coteau. Je comprends vite que ce n'est pas ici que je verrai des chevreuils dans de bonnes conditions. Je finis tout de même de remonter vers la lisière du bois alors qu'un chasseur arrive avec son fils au sommet du coteau. Le jeune chien fonce vers moi et fait décoller une faisane qui passe juste au-dessus de ma tête. Je bifurque et pars saluer le chasseur et lui dit que les perdreaux lui ont faussé compagnie puis je redescends pour longer la bordure du maïs et retourner à la voiture alors que le chasseur longe le haut du champ, on ne sait jamais.

Des coups de feu retentissent, je ne suis pas trop à l'aise et décide de presser le pas. Encore un coup de feu. "Apporte..." cette fois un faisan doit avoir été touché. Je retourne à la voiture et reviens vers le point de rendez-vous du matin pour attendre Manu qui, j'espère, aura eu plus de chance que moi.

Alors que je coupe le contact, 2 chevreuils sortent du maïs que j'ai chassé au lever du jour et remontent vers le bosquet au sommet du coteau. Je décide de tenter de les intercepter. Je prends vite mon arc et remonte par la route caché derrière le talus du champ puis passe derrière la crête à travers champ en regardant de temps en temps les chevreuils qui remontent tranquillement. Je passe derrière le bosquet et presse le pas pour les recouper mais arrivé de l'autre côté, ils ont disparu.  Je retourne à la voiture où les rayons de soleil qui chauffent mon visage au travers du pare-brise finissent par m'endormir; Manu qui tape au carreau me réveille en sursaut, il n'a pas eu plus de réussite que moi mais il a vu plus de chevreuils et le renard galeux que nous cherchons à éliminer depuis 1 mois. Il est rentré dans un terrier en plein milieu du chaume de maïs ! Je n'aurais jamais cru trouver son terrier en terrain plat dans une zone aussi dégagée. Vu que le champ est travaillé tous les ans, ce terrier ne doit pas être bien profond. Je décide de tenter de le déterrer car je n'aime pas laisser un animal dans cet état, d'autant plus que la galle est très contagieuse.

Le renard galeux de Labéjan n'est plus, 16 octobre 2011

Nous remontons avec nos arcs, la gaffe télescopique et ma petite pelle vers le terrier. Je laisse à Manu le soin de garder l'entrée que je rebouche partiellement pour freiner le renard dans sa fuite puis je commence à creuser un premier puits pour retomber sur la galerie à 1 mètre environ de l'entrée. Je sonde ensuite avec la gaffe pour trouver la direction du terrier et creuse un second puits un peu plus loin. Toujours pas de renard. Je sonde à nouveau, cette fois le terrier s'enfonce plus profond et le champ remonte il va falloir creuser un peu plus. Je commence à creuser à 1.5 mètres du second trou environ mais je suis trop à gauche, il me faut recommencer, la terre est très dure à cause de la sécheresse et je descends doucement en déblayant la terre à la main alors que le trou est de plus en plus profond. Manu me remplace un peu à la pelle et je le remplace à l'affût du renard.

Au bout d'un moment Manu retombe sur la galerie. Je reprends la pelle et la gaffe. Nous sommes tombés dans une chambre pleine de feuilles de maïs traversée par un drain en poterie. Je sonde le terrier mais celui si semble passer sous le drain et revenir vers l'entrée. Je suis dégoûté, le renard n'est pas accessible à moins de creuser un autre puits à près de 2 mètres de profondeur. Je cherche un peu plus sur les côtés de cette chambre et trouve une autre galerie qui remonte sur ma droite. Ma gaffe touche quelque chose de mou. "Manu, il est là ". Manu se prépare, je creuse un peu plus pour faciliter le passage de la gaffe puis l'introduis dans la galerie en passant à côté du renard. Le crochet manque une première fois sa prise mais à la seconde tentative, j'accroche le renard par l'épaule et l'extirpe jusqu'au poitrail de sa galerie. La flèche de Manu bien placée à la base du coup, le sèche presque net. Je sors notre prise de son terrier. Il n'est pas beau à voir. Son arrière train est couvert de plaques croûteuses et son pelage est manquant par endroit. Je suis content d'avoir pris le temps de le déterrer pour abréger ses souffrances.

Le renard galeux de Labéjan n'est plus, 16 octobre 2011
Le renard galeux de Labéjan n'est plus, 16 octobre 2011

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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