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10 mars 2020 2 10 /03 /mars /2020 13:08

Ce matin, réveillés vers 6 heures, nous nous préparons tranquillement avant de prendre la route en direction de Rio Colorado dans la province de Rio Negro en limite de la province de la Pampa et de celle de Buenos-Aires. Nous sortons de Puerto Madryn alors que le jour se lève tranquillement, le paysage très plat, semi-désertique s'étend à perte de vue.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Le sol sablonneux est ponctué d'arbustes souvent épineux plus ou moins espacés. En route, je peux apercevoir quelques guanacos (lama gnanicoe) et un grand groupe de nandous (Rhéa americana) dont il existe plusieurs sous espèces en Argentine. Gaston m'explique qu'il existe 2 variétés bien reconnaissables une nommée "ñandú" vivant au nord et une autre nommée "choique" vivant au sud et de taille plus modeste. De grandes zones ont brûlé de part et d'autre de la route laissant des paysages désolés et noircis, les parcelles qui ont brûlées depuis plusieurs années reverdissent au milieu des arbustes morts. Nous croisons par moment ce qui semble être des lacs mais qui ne sont que des étendues de sable desséchés par le soleil qui peuvent se transformer ponctuellement en plans d'eau peu profonds lors de fortes pluies.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Nous devons nous arrêter plusieurs fois pour mettre de l'essence et arrivons vers 12h30 à Rio Colorado. Dès l'entrée de la petite ville, une grande silhouette de sanglier annonce la couleur. Nous entrons au pays de la bête noire, une région réputée pour ses grands trophées.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Nous faisons une halte au snack le Roma pour manger un morceau avant de poursuivre jusqu'au camp de chasse de Aguilar par une piste pierreuse sur laquelle le pick-up de Gaston, lancé à vive allure, soulève un épais nuage de poussière blanche.

Nous finissons par quitter la piste, sur notre droite, par un chemin sablonneux moins bien entretenu et barré par plusieurs barrières qu'il nous faut ouvrir et refermer sur notre passage. Nous commençons à croiser de plus en plus de vaches, de petite corpulence par rapport à nos races françaises elles portent rarement des cornes et leur robe rousse ou noire est ponctuée de grosses taches blanches. En approchant d'une habitation, nous tombons sur un véritable charnier. De nombreuses carcasses de bovins, plus ou moins vieilles, jonchent le sol au milieux d'ossements blanchis et craquelés par le soleil et de carcasses dont ne subsistent que quelques os tenus entre eux par des peaux desséchées. Nous pouvons, de là, apercevoir le camp un peu plus loin. Ici c'est une zone d'élevage extensif de vaches, moutons et chevaux sur des propriétés avoisinant les 10 000 hectares et divisées par quelques clôtures non étanches qui laissent passer les animaux sauvages.

Nous passons une dernière barrière. Sur la gauche du chemin se trouve une pâture desséchée et jaunie par le soleil au milieu de laquelle trône un bel arbre dont toutes les branches basses ont été broutées à hauteur du bétail. 2 gros maras et un jeune sont assis près du tronc et profitent de l'ombre providentielle sous ce soleil de plomb. Il fait 35° en ce début d'après-midi. Nous arrivons enfin au camp, accueillis par le gérant qui lui aussi ne parle qu'espagnol et qui gère cette propriété détenue par des français. Il élève des moutons, des vaches et quelques chevaux mais fait aussi guide de chasse sur cette propriété où il a introduit, il y a de nombreuses années, des buffles qui sont, à l’exception de 3 (c'est à partir de ces 3 animaux que s'est constitué le cheptel sauvage actuel),  tous morts lors d'une grande sécheresse et des cerfs élaphes qui côtoient ici une faune assez variée : sangliers (introduit eux aussi en Argentine pour leur chasse par quelques propriétaires, ils sont en pleine expansion dans le pays), pumas, guanacos, renards, maras, lièvres, nandous et autres oiseaux de toutes sortes. La basse-cour est très fournie, de très nombreux dindons errent en tous sens au milieu de quelques poules.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Le camp est composé de 2 vieilles habitations non attenantes et d'une grande dépendance.

Chroniques argentines 2019, le buffle
Chroniques argentines 2019, le buffle
Chroniques argentines 2019, le buffle

Le tour des bâtiments est planté de nombreux arbres qui donnent un peu d'ombre. Ce désert est posé sur une rivière souterraine très abondante sur laquelle ont été creusés des puits d'où des moulins à vent font jaillir une eau fraîche alimentant des bassins,

Chroniques argentines 2019, le buffle

eux-mêmes alimentant les abreuvoirs du bétail sans qui l'élevage serait impossible.

Le gérant nous invite à prendre un rafraîchissement avant de nous montrer nos chambres chacune équipée d'une salle de bain avec WC.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Alors que nous sortons des chambres, il nous montre une mue de cerf impressionnante qui pèse plusieurs kilos, il l'a trouvé sur son domaine. Il semble que certains cerfs portent des superbes trophées dans le secteur.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Nous déchargeons nos affaires que nous rangeons dans les chambres puis partons tirer quelques flèches pour vérifier les réglages. Mon arc semble toujours bien réglé. Le gérant semble dire que mes chances de tirer à 30 mètres et peut être moins sont relativement bonnes, je préfère car je suis peu habitué aux tirs à fortes distances qui se pratiquent beaucoup dans ces paysages plats et ouverts de l'Argentine. Il confirme, comme m'en a déjà parlé Gaston, que les buffles n'ont aucun prédateurs et sont peu chassés, ils ne craignent donc pas vraiment l'homme et peuvent facilement charger. Il me demande si je suis prêt à prendre la première occasion de tir car il craint que je fasse comme certains chasseurs à la carabine qui attendent toujours mieux et laissent passer leurs occasions de tir. Il m'explique que la chasse peut être très facile comme très compliquée, par temps chaud et sec les buffles tournent autour des zones d'eau mais s'il pleut les buffles s'éparpillent et sont alors très difficiles à trouver au milieu d'une végétation arbustive plus ou moins haute. Je lui confirme que je suis prêt à tirer ce soir si l'occasion se présente.

Nous allons partir chasser en fin d'après-midi, je pars donc me préparer puis nous discutons un peu avant de monter dans les pick-up. Le gérant ouvre la marche, il n'a pas pris de carabine car Gaston lui a bien expliqué que je voulais commencer et finir la chasse à l'arc quoi qu'il se passe. Nous passons une barrière au milieu des moutons que nous refermons alors qu'un vol de conures de Patagonie (Cyanoliseus patagonus) décolle des arbres à notre droite pour aller se poser un peu plus loin.

Chroniques argentines 2019, le buffle
Chroniques argentines 2019, le buffle

Un couple de vanneaux téro (Vanellus chilensis) posés au sol pousse des cris d'alerte en marchant à environ 30 mètres des voitures.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Nous prenons la piste au milieu d'un paysage toujours sablonneux et couverts d'arbustes plus ou moins épars.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Au loin un moulin se dessine. Nous nous garons un peu avant ce dernier

Chroniques argentines 2019, le buffle

et avançons tranquillement vers le bassin qui nous cache un peu le paysage à l'arrière. D'un coup de jumelles rapide, le gérant nous annonce que les buffles sont là. Nous pouvons en voir quelques-uns qui s'éloignent vers l'arrière du bassin. Il semble y avoir au moins un mâle. Nous nous approchons doucement du bassin. Le gérant ouvre une barrière qui empêche le bétail de venir sur la piste, la chaîne qui ferme la barrière teinte et je crains que les buffles ne s'éloignent mais habitués à ce bruit, ils n'y prêtent pas attention.

Une clôture entoure le bassin pour empêcher son accès aux animaux. Plus à gauche, se trouve l'abreuvoir des vaches et un peu plus loin encore un petit point d'eau où viennent se baigner les buffles. Nous nous avançons contre la clôture du bassin, Le gérant m'annonce et me montre un très beau mâle. Je commence mon approche à 4 pattes pour longer les petits arbustes qui bordent la clôture et tenter d'atteindre l'angle de cette dernière.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Les buffles sont à un peu plus de 100 mètres. À mi-distance, je fais une petite pause et me redresse à genoux dans le sable pour télémétrer et me rendre un peu plus compte des distances. Le grand mâle est dégagé au milieu d'un troupeau d'environ 15 à 20 animaux composé de femelles, de jeunes et de 2 autres mâles plus jeunes. Gaston qui me suit me jette un petit caillou pour m'indiquer d'avancer. Je range mon télémètre et reprends mon approche, j'ai 5 flèches pour le buffle sur mon carquois et une flèche petit gibier, cette dernière commence à tomber pendant l'approche, je la dégage et la pose au sol pour ne pas risquer d'être gêné au moment du tir. Je rejoins le dernier piquet de la clôture à l'angle de cette dernière et me positionne à genoux alors que les vaches paniquées démarrent de l'abreuvoir, derrière le bassin et s'enfuient sur ma droite. Je reprends mon télémètre pour certifier la distance de tir car mes flèches de 1000 grains baissent vite et une erreur de 5 mètres pourrait être lourde de conséquences.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Le grand mâle est à 30 mètres, je range mon télémètre, cale la visée de mon mono pin's sur 30 mètres et accroche mon décocheur mais, au même moment, une femelle s'avance et se positionne devant le mâle alors que retentissent des cris d'alerte d'un couple de vanneaux.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Je ne peux plus tirer. Les buffles s'avancent de quelques mètres curieux en humant l'air.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Le vent qui souffle dans mon dos risque de me trahir si les animaux avancent encore. Je reste immobile prêt à armer alors que Gaston filme en arrière. Focalisé sur le grand mâle, je n'ai pas vu qu'un mâle plus jeune s'est positionné plus à découvert à moins de 25 mètres sur la gauche du groupe. Le gérant me dit que je peux le tirer mais que le trophée est un peu moins bon. J'hésite mais c'est mon premier jour, je décide de tenter le plus grand mâle et d'attendre qu'il se dégage au risque de voir tous les buffles s'en aller. Au loin une autre femelle, son veau et un très vieux mâle aux cornes émoussées observent du milieu de la piste. 

Je reste immobile, les animaux bougent un peu mais le mâle qui s'est un peu avancé et dégagé à 27 mètres (confirmés d'un petit coup de télémètre) mais se présente de face, le tir est trop risqué. Le temps passe et les animaux s'espacent un peu avant de commencer à se retirer vers les broussailles. Je me prépare. Le grand mâle amorce un demi-tour lentement. J'arme mon arc et aligne ma visée sur l'animal qui se positionne plein travers et avance sa patte avant. Mon viseur est calé mais une petite voix dans ma tête me dit : "attention à ne pas taper dans l'os de la patte". Je décale à peine ma visée un peu plus en arrière et décoche. Je vois ma flèche voler et disparaître dans le buffle au niveau de la zone des poumons.

Chroniques argentines 2019, le buffle

L'animal tressaille, finit son demi-tour et s'éloigne, avec ma flèche qui ressort sur le flanc opposé, vers les arbustes. Il s'arrête avant de rentrer dans la végétation et se retourne de 3/4 face comme pour comprendre ce qui a bien pu le frapper. Je réencoche rapidement une flèche. Seuls les empennages retiennent la flèche dans l'animal. Le sang coule abondamment du trou d'entrée de la flèche, le buffle reste impassible.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Plusieurs jeunes veaux viennent entourer le grand mâle avant de se dispercer.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Au bout de quelques minutes, il semble vaciller un peu sur ses pattes avant qui se croisent péniblement, je télémètre 45 mètres, je cale mon viseur sur cette distance. Il commence à se tourner tout doucement, j'arme mon arc, aligne la visée, il avance lentement de quelques pas en urinant avant de stopper. Je cale mon viseur sur le défaut d’épaule et décoche alors qu'il se présente de plein travers mais à la grande surprise ma flèche est beaucoup trop haute et le touche dans les muscles du dos soulevant un petit nuage de poussière sur l'impact.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Ma flèche est restée en travers, seuls les empennages dépassent. Le buffle démarre au galop et rentre dans la végétation où je le perds de vue. D'autres buffles s'éloignent mais certains restent sur le secteur sans comprendre ce qu'il se passe. Il faut maintenant attendre que ma première flèche fasse son œuvre. Le gérant monte sur l'échelle du moulin pour essayer de voir le buffle. Il l'aperçoit à environ 20 mètres dans les buissons. Plein travers, immobile, tête basse à gauche. Le temps passe, je doute alors que Le gérant qui n'a jamais eu de chasseur à l'arc pour le buffle semble serein et me dit qu'il faut attendre, que ma flèche est bonne. Je monte sur le moulin pour observer également, peu à peu les animaux s’éloignent abandonnant le grand mâle. Au bout d'un moment, il démarre et s'enfonce dans les broussailles où nous le perdons de vue. Au moins 25 minutes se sont écoulées, Le gérant me dit qu'il faut attendre encore 15 minutes avant de s'approcher pour voir. Les minutes semblent des heures, le temps écoulé nous nous avançons doucement dans les broussailles à la recherche d'une tache noire quand nous tombons sur 5 buffles, dont un des jeunes mâles, qui nous font face à environ 35 mètres.

Chroniques argentines 2019, le buffle

C'est alors que Gaston, plus à la gauche, aperçois mon buffle, il est couché et les autres semblent le protéger. Les animaux avancent de quelques mètres reculent, hésitent, tournent autour de leur congénère au sol. Nous attendons immobiles, prêt à esquiver une charge si nécessaire. Les buffles, au bout de quelques minutes, commencent à se débiner un à un. Le dernier, un jeune mâle, reste un moment et tourne autour de son compagnon qui n'est plus en état de le suivre. Il finit par renoncer et s'éclipse. Un pick-up arrive par la piste, c'est l'employé de la ferme, le gérant part à sa rencontre pour ne pas qu'il vienne jusqu'à nous. Pendant ce temps, je tente une approche en me décalant sur la droite pour arriver en 3/4 arrière, Gaston me suit pour essayer de filmer ce tir. Je progresse lentement sans quitter mon buffle des yeux et trouve une fenêtre de tir à environ 10 mètres de l'animal qui est couché immobile. J'arme mon arc, vise un peu en arrière de l'épaule assez bas et décoche.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Ma flèche rentre jusqu'aux empennages et le buffle ne réagit pas. Je reencoche, arme, vise un peu plus bas et décoche à nouveau. La flèche a disparu dans l'animal qui a encore encaissé sans broncher. Cette fois sa respiration se fait très forte et pénible. Nous nous reculons à environ 20 mètres alors que le buffle bascule sur le flanc et se raidit en rendant son dernier souffle. Nous attendons un peu alors que le gérant et son employé nous rejoignent puis nous nous approchons de mon buffle.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Il est énorme, il fait autour d'une tonne. Il s'est couché sur ma première flèche, je dégage la seconde et la troisième qui s'est cassée dans l'animal puis nous basculons le buffle sur le dos avec Gaston pour récupérer ma première flèche qui est miraculeusement intacte. La dernière est introuvable et Gaston me met le doute en me disant que c'est la première qui a dû tomber de l'animal. Les trous d'entrées étant tous très proches, je me mélange un peu les pinceaux. Nous partons donc chercher ma flèche, j'en profite pour aller chercher ma flèche posée au sol durant l'approche et pour essayer de trouver le sang. Je ne trouve que du sang aux 2 endroits où l'amiral s'est arrêté. Un gros amas de sang coagulé où le buffle s’est arrêté un moment après le premier tir

Chroniques argentines 2019, le buffle

et 2 belles taches dans les broussailles, au niveau du deuxième arrêt où le buffle saignait des 2 côtés avec une hémorragie plus importante côté entrée de flèche.

Chroniques argentines 2019, le buffle

Ne trouvant pas ma flèche nous repartons vers le buffle et cherchons dans la direction du dernier tir sans plus de succès. Nous positionnons le buffle sur le ventre à 4 dans un gros effort mais le soleil couchant ne permet pas de faire de belles photos, il nous faut donc le faire pivoter en le tirant par la queue pour avoir un meilleur angle par rapport au soleil avant de reprendre la séance de photos souvenir.

Chroniques argentines 2019, le buffle
Chroniques argentines 2019, le buffle

Gaston et l'employé attaquent ensuite d'ouvrir le buffle sur le dos pour récupérer la viande car il faut très chaud et le temps presse. Une fois la viande du dos récupérée, j'ouvre le ventre et sors l'énorme panse gonflée d'eau pour atteindre le cœur et les poumons. Ma 4ième flèche est en fait cassée dans le buffle, je la dégage puis récupère le cœur percé par mes 2 derniers tirs. Pendant que mes accompagnants finissent de découper la viande, je coupe la tête qui doit faire à elle seule plus de 30 kg. Nous récupérons la viande dans plusieurs sacs pour les ramener aux voitures avec la tête. Le grand buffle aux cornes cassées s'est approché à 15 mètres des voitures et semble vouloir nous intimider, il n'a pas peur de nous. Au bout d'un moment, il finit par se débiner tranquillement de cul dans la broussaille. 

Il est temps de rentrer au camp pour mettre la viande au frais. Je suis un peu décontenancé, cette chasse m'a semblé trop facile mais très éprouvante aussi : ce buffle touché mortellement a mis beaucoup de temps à mourir. D'un autre côté, c'est le plus grand animal qui m'est été donné de tirer à l'arc. C'est le premier buffle tué à l'arc sur ce domaine, avant moi le gérant n'a eu que des chasseurs à la carabine et il semble que plusieurs buffles ont fait bien plus de chemin que le mien avec des balles moyennement bien placées. Il comprends que je suis un peu déçu mais ne dit rien, il en parlera à Gaston plus tard. Alors que je pensais rentrer au camp, Gaston me propose d'aller faire un tour dans le camp un peu plus loin. Nous passons une barrière à 90° de celle que nous avons passée pour approcher les buffles et la refermons derrière nous avant de prendre la piste en direction d'un autre moulin près d'un autre petit point d'eau. Quelque chose bouge dans mon pantalon au niveau de mon tibia, ne sachant pas de quoi il s'agit, j'agite le bas de mon pantalon pour tenter de déloger l’intrus mais le mouvement cesse et je ne sens plus rien. Me disant que l’intrus a été délogé je l'oublie. Alors que nous arrivons sur place, Gaston me montre un couple de lièvres qui se débine vers les taillis dans une petite parcelle clôturée. Nous nous garons un peu plus loin sur le chemin et alors que je prépare mes flèches pour aller chasser. Gaston s'avance sur le chemin et observe baissé sous le taillis puis me fait signe. Il a repéré les 2 lièvres et me presse de finir de me préparer. Je m'approche et il me montre les animaux qui sont assis en bordure du taillis dans une bande sablonneuse dégagée, derrière un petit buisson. Je tente l'approche en logeant le taillis mais les lèvres passent au travers de la végétation qui longe la clôture. Je presse un peu le pas en profitant de ce petit écran végétal pour me caler contre la clôture dans une petite trouée qui me permet de voir les lièvres avançant tranquillement au milieu des ossements éparpillés sur le sol. Le plus proche est à environ 15 mètres, j'arme, vise et décoche mais passe juste dessous. Ils démarrent mais se tranquillisent vite. Ma flèche a ricoché dans le sable et a passé la clôture. Je réencoche et arme mon arc en tentant d'arrêter le second lièvre qui avance tranquillement à environ 18 mètres : "Hein". Il ne se préoccupe pas de ce bruit. Je le suis dans mon viseur et décoche alors qu'il s’arrête pour brouter mais passe derrière. Je suis un peu dépité, les lièvres s'éloignent par le chemin. Nous passons la clôture pour tenter de les approcher à nouveau mais ils sont trop loin et à découvert. J'aperçois une de mes flèche posée sur un buisson contre la clôture et la récupère pour la remettre au carquois mais la seconde flèche a passé la clôture et dans le feu de l'action je ne me souviens plus où j'ai tiré. Nous passons la clôture pour chercher dans les buissons  mais nous tournons un moment dans le secteur sans la trouver. Gaston m'interpelle et me fait signe. Un animal se débine devant lui, dans la broussaille, en direction du chemin. J'encoche une flèche, rejoins le chemin et le longe doucement quand j'aperçois un renard gris qui sort tranquillement de la végétation à environ 17 mètres devant moi. J'arme mon arc mais il se cale dans les branches basses d'un arbuste qui borde le chemin. Je lance quelques "cri de souris" en pinçant les lèvres sans désarmer. Le renard sort plein travers à environ 20 mètres et stoppe au bord du chemin. Je cale ma visée et décoche. Il s'écroule sur place puis se débat au sol. Je me précipite, ma flèche un peu autre a coupé le dos jusqu'à la colonne. Il s'immobilise rapidement alors que la nuit s'installe. Après quelques photos souvenir, il est temps de rentrer.

Renard gris d'Agentine (Lycalopex griseus)

Renard gris d'Agentine (Lycalopex griseus)

En me redressant, je sens à nouveau bouger dans mon pantalon au niveau de mon genoux et agite à nouveau mon pantalon, le mouvement cesse. Les lièvres sont plus loin au bord du point d'eau. Dans les phares, un beau renard gris se débine sur le chemin alors que nous rentrons. Arrivé au camp, le mouvement se refait sentir, je baisse donc mon pantalon et un criquet en sort, un gros crapaud chasse les insectes attirés par les lumières du camp, je saisis le criquet et le jette à 10 cm de ce gros batracien qui n'en fait qu'une bouchée.

 

Alex

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9 mars 2020 1 09 /03 /mars /2020 11:16

Ce matin, veille prévue de mon départ, je reçois un mail d'Air France m'informant d'une grève pour le lendemain et de la possibilité que mon vol soit annulé.  Je joue de malchance car mon vol intérieur en Argentine ayant été annulé sans raison, il y quelques mois, j'ai dû reporter mon vol Air France de 2 jours et reprendre un autre vol intérieur. J'appelle donc ma compagnie pour tenter de trouver une solution, on me conseille de prendre un vol le soir même pour rejoindre Paris car les vols internationaux sont maintenus. Je quitte donc précipitamment mon travail en début d'après-midi pour finir de préparer mes affaires et attends le retour de ma compagne qui doit me conduire à l'aéroport de Blagnac vers 16 heures. Je vais devoir passer toute la journée du lendemain sur Paris et décide d'appeler mon amis Jacques pour savoir s'il serait disponible pour que je passe le voir, celui-ci m'invite à dormir chez lui et à y passer la journée. Arrivé sur Paris dans la soirée, je prends donc un taxi pour rejoindre son domicile. Jacques et sa compagne n'étant pas disponibles le lendemain, je passe ma journée devant la chaîne chasse-pêche avant le retour de mes hôtes dans l'après-midi. J'ai cassé ma ceinture en la mettant ce matin et Jacques m'en prête gentiment une car, sans elle, je risque de perdre mes pantalons de chasse durant les approches. Jacques me propose de me conduire à l'aéroport après manger. Je prends mon avion vers 23 heures et arrive à Buenos-Aires vers 9h30. 

Chroniques argentines 2019, le voyage

En sortant de l'avion, plus d'une heure de queue en serpentin m'attend avant de passer l'immigration où on prend l'empreinte digitale de mon pouce avant de me demander l'adresse où je compte dormir ce soir, sans cette dernière je ne peux pas passer l'immigration. Je dois donc contacter Gaston qui me répond heureusement rapidement et passe le poste après environ 30 minutes. Le temps de récupérer mon bagage en soute, que je peine à trouver  faute d'indications claires sur le tapis d'arrivée, et d'un contrôle des douanes sur mon matériel d'archerie, il me faut maintenant trouver le bus de Tienda Leon pour me rendre à l'autre aéroport de la ville d'où part mon avion pour Trelew. Après près 1h30 d'attente, ce dernier arrive, près d'une heure de route nous séparent de l'autre aéroport mais j'ai tout mon temps vu que mon vol est prévu pour 17h. Mon 3ième vol, au-dessus de l'océan et d'un paysage qui semble désertique, se passe sans encombre, je récupère vite ma valise sur l'unique tapis roulant de l'aéroport de Trelew. Les murs sont décorés de moulages de fossiles de dinosaures

Chroniques argentines 2019, le voyage

et de grands posters de la faune patagonienne qui me mettent déjà dans l'ambiance. A la sortie de l'aéroport, je retrouve Gaston, avec qui je communique par Messenger depuis des mois pour préparer mon voyage. Nous chargeons mes bagages, il reste encore 1 heure de route jusqu'à Puerto Madryn pour finir cet incroyable périple. Gaston ne parle pas français, je suis content de savoir parler assez bien espagnol. A la sortie du parking de l'aéroport un énorme dinosaure reconstitué à taille réelle trône en bordure de la route au milieu d'un paysage quasi désertique.

Chroniques argentines 2019, le voyage

Arrivé chez Gaston, je vérifie mon matériel, je remonte mon carquois et mon viseur sur mon arc. Gaston me propose de tirer un peu pour vérifier que tout va bien mais, horreur, ma première flèche est beaucoup trop basse, je me rends vite compte que j'ai mal fixé mon viseur et tout rentre vite dans l'ordre. Nous chargeons nos affaires dans la voiture pour ne pas perdre de temps le lendemain. Après un repas en duo durant lequel nous discutons de la chasse, nous sommes rejoints par sa compagne dans la soirée. Nous  discutons encore un peu avant de partir nous coucher car demain près de 5 heures de voitures nous attendent pour rejoindre le territoire de chasse près de Rio Colorado où je vais tenter de prélever un buffle mâle et un sanglier mâle armé.

 

Alex

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24 février 2020 1 24 /02 /février /2020 20:17

La semaine dernière, le président de la chasse d'Haulies, commune sur laquelle je réside depuis fin 2018, m'appelle pour me proposer un bracelet de chevreuil. Il reste 5 bracelets qui n'ont pas été réalisés en battue. J'avais demandé à l'assemblée générale, en début de saison s'il serait possible de chasser un chevreuil à l'approche mais les réactions du bureau n'avait pas semblé très favorable. La chasse à l'approche et à l'affût sur ma commune ne sont pas favorisée, le tir du sanglier ne se fait qu'en battue et la chasse du chevreuil se fait principalement en battue, seules les dernières attributions se font parfois à l'approche pour éviter un dépassement de quotas. Nouveau sur la société de chasse, je n'avais pas insisté et avais laissé tomber l'idée. Cette proposition bien que très tardive m'a donc beaucoup surpris et j'ai décidé de relevé le défi de prélever ce chevreuil à l'arc en moins de 2 semaines, avant la fermeture de la chasse. Les consignes sont de ne pas tirer de joli brocard car ils sont réservés pour le tir d'été, vendu un bon pris à Actéon. Cela fait 15 ans que je n'ai pas chassé sur Haulies où j'ai prélevé mon premier chevreuil à l'arc en 2005, année de mon arrivée dans le Gers. A l'époque, mon mode de chasse silencieux et ma réussite étaient mal passés auprès de l'ancien président, je n'avais donc plus tenté de reprendre des bracelet chevreuils en tir d'hiver sur la commune.

Ce weekend, ayant un peu de temps, j'ai réalisé quelques sorties à l'approche pour faire un peu de repérage autour de ma maison. Quel plaisir de pouvoir partir à pied de chez soi. J'ai repéré 4 brocards dont 3 bien trop gros pour être tirés. Un jeune brocard, accompagné d'une jeune chevrette traînent en limite de la société de chasse et je les ai approché 2 fois presque à distance de tir. J'ai même armé le jeune brocard à un peu plus de 20 mètres mais ce dernier était de face et je n'ai donc pas décoché. Ces sorties m'ont appris que, tous les soirs, quelques chevreuils passent à l'angle d'un bois pour rejoindre une langue de prairie prise entre les massifs boisés. Ce soir, en sortant du boulot, je décide d'aller m'y poster. Je me prépare rapidement puis part de chez moi à pied, à travers champ pour rejoindre mon poste. Arrivé au coin du bois, je constate que le vent vient du semé de blé et rentre dans le bois, j'hésite un peu car si les chevreuils arrivent dans mon dos ils vont me sentir mais je décide de tout de même tenter le coup. Je remonte un peu en longeant le bois et y rentre de quelques mètres par une très grosse coulée. Je dégage le sol pour pouvoir pivoter en silence et me cale contre un chêne. De nombreuses coulées très marquées convergent dans le bois vers mon poste. L'attente commence, des petits rongeurs agitent les feuilles mortes qui recouvrent le sol du sous-bois. Le vent venant du semé a un peu forci, je le contrôle régulièrement et sa direction reste constante. J'observe dans le bois et dans le champ quand je suis surpris par l’apparition du jeune brocard sur lequel j'ai armé samedi. Un chêne en lisière m'a masqué son arrivé. Il est à environ 60 mètres dans le semé de blé et regarde vers moi. Je reste immobile, il se met à brouter. Mon cœur s'emballe un peu ce qui ne m'arrive jamais à l'approche mais il se calme vite. Je me penche doucement pour voir si la chevrette le suit et l'aperçois plus en arrière en crête du champ mais j'aperçois aussi 3 autres chevreuils qui arrivent du bois derrière la crête. Un autre jeune brocard et 2 jeunes chevrettes. Tous sont tirables, il n'y a plus qu'à espérer qu'ils se rapprochent.

Le premier brocard broute tranquillement mais s'éloigne lentement de 3/4 arrière. La jeune chevrette, rejointe par le second brocard qui commence à la coller de trop près, démarre rapidement pour rejoindre l'autre brocard qui se retourne et semble biaiser vers moi. Une autre chevrette commence à venir vers eux en baisant doucement vers mon poste. Le second brocard revient vers la crête pour rejoindre la dernière chevrette. Ils collent leur têtes et semble se frotter front contre front. L'autre brocard est pris d’éternuements puissants qui font jaillir des gouttes de liquide brumisé de son nez. Je l'ai déjà vu éternuer de la sorte samedi ainsi qu'une autre chevrette approchée à 25 mètres. Les 3 chevreuils les plus proches s'approchent lentement en broutant tranquillement. La chevrette la plus à droite commence à venir droit sur moi d'un pas lent mais décidé alors que le jeune brocard et sa chevrette un peu plus en retrait s'avancent également mais plus lentement. La chevrette n'est plus qu'à 20 mètres, arrêtée de face, cachée derrière un chêne, le brocard un peu plus à gauche est à environ 25 mètres et sa chevrette plus en retrait. J'arme doucement mon arc, elle repart toujours d'un pas lent et arrive de face sur la droite du chêne. Je la suis dans mon viseur. Elle biaise légèrement, passe derrière le chêne et vient stopper de 3/4 face (presque de face) à 5 mètres de moi sur la gauche du chêne, derrière un genet peu touffu. Je cale ma visée sur le défaut avant d'épaule dans une fenêtre au travers du genet. La chevrette tranquille regarde à droite. Je décoche. Ma flèche la frappe bruyamment. Elle fait volte-face alors que ses camarades se dispersent au galop. Elle fuit au galop en perdant énormément de sang, son estomac pend par le trou de sortie de ma flèche qui est restée en travers de l'animal. Elle décrit une boucle d'environ 35 mètres dans le semé de blé pour revenir vers le bois à ma droite à environ 20 mètres. Alors qu'elle arrive près de la lisière son arrière train flanche et je l'entends se fracasser dans la végétation au moment où je la perds de vue. 

Je quitte mon affût, les autres chevreuils, dispersés au loin et regardant vers moi, redémarrent pour rejoindre les bois. Un chevreuil aboie dans mon dos, dans le bois où j'était posté avant de détaller. Une piste de sang très abondante de 50 cm à 1 mètres de large me conduit sans aucune difficulté à ma chevrette morte sur le dos, calé contre des petits buissons, juste en lisière. Elle a perdu la moitié de sa panse à un mètre de la lisière. Ma flèche rentre au cœur devant l'épaule droite et ouvre les 2/3 de la cage thoracique, à mi-hauteur, sur le flanc opposé. Ce trou béant est impressionnant et laisse sortir les viscères. Ma flèche n'est plus dans la chevrette. Je refais la piste à l'envers et la retrouve quelques mètres après le tir, posée au sol. La chevrette l'a expulsée dans sa course. Je la remets au carquois et par baguer ma chevrette. J'ai oublié mon appareil photo et mon portable à la maison. Je rentre donc faire quelques photos souvenir alors que la nuit tombe doucement.

Une chevrette haulienne à l'affût, 24 février 2020

Alex

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1 janvier 2020 3 01 /01 /janvier /2020 20:17

Ce soir, le ciel est nuageux, il ne fait presque pas de vent, je décide d'aller me poster à Traversères sur mon poste à sanglier où j'ai pu flécher un beau mâle le mois dernier. En arrivant, vers 17h15, je constate que les sangliers sont passés de frais, la végétation est couverte de boue, le sol a été fouillé, les arbres ont été frottés et portent des coups de dent. En m'installant à mon poste, derrière le genévrier mort tombé au sol, je constate qu'un sanglier a eu l’audace de venir se soulager pile où je m'installe habituellement. Le laissé a quelques jours, il n'est pas frais. Je me cale, face à la pente, débarrasse le sol de ses feuilles mortes pour pouvoir pivoter sans bruit, contrôle le vent, très léger qui vient de ma gauche et descend légèrement, en émiettant un bout de lichen. L'attente commence.

L'année commence bien , 1 janvier 2020

Les campagnols agitent brillamment le sous-bois en courant sur et sous les feuilles mortes. L'un d'eux joue à cache-cache devant moi, courant sur quelques mètres à découvert avant de plonger sous les feuilles mortes pour ressortir un peu plus loin son museau, observer un instant avant de partir de recacher un peu plus loin. Un peu plus tard, un épervier vient se poser à environ 35 mètres sur ma droite sur un chêne. Le temps passe, un peu avant 18 heures, un bruit de pas se fait de plus en plus présent dans mon dos. Ce n'est un campagnol, je me retourne doucement et me prépare en accrochant mon décocheur.

L'année commence bien , 1 janvier 2020

2 petits grognements timides retentissent. Le sanglier se rapproche dans le sale en dessous de moi sur la droite et je m'attends à le voir déboucher devant moi. Je suis prêt et croise les doigts pour que le vent ne tourne pas mais le sanglier biaise dans le sale et semble vouloir passer sur ma droite. Je pivote doucement pour me tourner vers une trouée dans la végétation où j'espère le voir passer.

L'année commence bien , 1 janvier 2020

Les bruits de pas s’espacent doucement puis s’interrompent. J'attends un moment en tendant l'oreille, espérant entendre ou voir l'animal mais le calme s'installe. Je me retourne à nouveau face à la pente, la luminosité baisse vite quand des bruits de pas et des craquements retentissent sur ma droite. J'aperçois rapidement un gros sanglier qui descend sur moi dans un couloir dégagé qui remonte vers la crête au travers du sale. J'arme doucement mon arc alors que le sanglier arrive à environ 15 mètres. Il stoppe à environ 8 mètres plein travers au pied d'un arbre frotté, j'aligne ma visée mais quelques branchettes me gênent pour décocher. Le sanglier avance de quelques pas et stoppe à nouveau. Je cale ma visée et décoche. Je n'ai pas entendu d'impact franc mais le sanglier fait volte-face et fonce pour remonter vers la crête alors que d’autres sangliers plus petits que je n'avais pas vu se dispersent dans les fourrés. Très rapidement mon sanglier percute violemment un arbre que je vois bouger puis s'agite un peu dans le sale. Une respiration mouillée se fait entendre puis le calme s'installe. J'attends un instant au poste au cas où un autre sanglier se présenterait mais la nuit s'installe. Des sangliers passent à environ 20 mètres sur ma droite en grognant mais impossible de les voir dans la pénombre grandissante. Je quitte mon poste et m'avance vers l'endroit du tir où je retrouve ma flèche posée au sol.

L'année commence bien , 1 janvier 2020

En la saisissant, je constate qu'elle est couverte de sang. Plusieurs petites gouttes de sang jonchent le sol autour de la flèche. Je la remets au carquois puis allume ma lampe à la recherche de sang mais je peine à le trouver. C'est en me retournant que j'aperçois la piste très abondante que je pensais un peu plus dans le fourré.

L'année commence bien , 1 janvier 2020

Une piste de sang spectaculaire et ininterrompue remonte vers la crête. Elle mesure entre 50 centimètres et 1 mètre de large et tapisse le sol et les arbustes. Je la suis sans peine.

L'année commence bien , 1 janvier 2020
L'année commence bien , 1 janvier 2020

Je retrouve vite l'arbre que le sanglier a percuté, il porte une grosse marque de sang frottée.

L'année commence bien , 1 janvier 2020

La piste bifurque sur la gauche dans le fourré un peu moins abondante. Un autre arbre porte un beau frotté environ 3 mètres plus loin, puis la piste redescend et je retrouve mon sanglier mort sur le flanc dans le fourré. C'est une laie qui a allaité il n'y a pas longtemps, les autres sangliers devait être ses petits. Elle n'a pas fait plus de 30 mètres. Ma flèche touche les poumons et coupe les gros vaisseaux sanguins qui alimentent le cœur.

L'année commence bien , 1 janvier 2020

Je dégage mon sanglier du fourré pour faire quelques photos souvenir puis appelle le propriétaire des lieux pour qu'il vienne m'aider à ramener mon sanglier.

L'année commence bien , 1 janvier 2020

Je l'attache par le groin et le traîne pour redescendre dans le champ travaillé en contrebas puis rejoins un chemin enherbé qui longe le champ et le traîne sur plusieurs centaines de mètres en attendant l'arrivée du propriétaire puis nous le chargeons dans la bennette du tracteur pour rentrer.

 

Alex

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7 décembre 2019 6 07 /12 /décembre /2019 21:05

Ce soir, je décide d'aller faire un tour à Traversères pour me poster sur un secteur où je me suis fait avoir 2 fois par les sangliers arrivés à chaque fois de nuit. Je me gare à la ferme et pars à pied pour mon poste situé en haut d'une petite combe boisée. Je rentre dans le bois par une grosse coulée bien marquée et la suis jusqu'à une sorte de petit cirque où je me poste contre un gros genévrier mort tombé au sol, au bord du fourré de gauche, sur le bord d'une bande de 15 mètres de bois clair qui remonte vers le pré, pris entre 2 fourrés. Les sangliers sont passés ces jours-ci pour se frotter sur 2 chênes un peu plus haut et un à ma droite en laissant de la boue sur la végétation. La coulée principale passe à 6 mètres sur ma droite et de nombreuses coulées convergent vers le secteur des 2 côtés. C'est une zone de passage car le pré à environ 50 mètres au-dessus de moi est bordé sur 3 côtés par le bois en U. Sur la gauche un grand roncier forme une belle remise et au bout de la bande boisée de droite se trouve un massif de genêts et d'épines où se gîtent souvent les sangliers. Je suis donc sur le passage des animaux venant d'une remise ou de l'autre. Le vent est bon, il descend du pré. Il n'y a plus qu'à attendre. Le temps passe, la luminosité baisse doucement alors que les mulots qui courent dans les feuilles mortes me font régulièrement croire à l'arrivée d'un plus gros animal. Il va bientôt faire nuit quand des bruits de pas se font entendre sur la droite dans le sale. J'accroche mon décocheur. La végétation craque et des grognements se font entendre. Les animaux se rapprochent quand 2 sangliers sortent des épines et arrivent de face, à 12 mètres. Le plus gros, environ 70 kilos, est un peu en avant de l'autre et renifle un chêne. J'arme mon arc et aligne ma visée sur lui mais attends une meilleure occasion. Il s'avance doucement en pivotant tête à droite et se tourne plein travers. Je cale ma visée au défaut de l'épaule et décoche, ma flèche le traverse en haut du cœur et touche les 2 poumons avec un bruit caractéristique. Les 2 animaux démarrent en trombe mais, rapidement, j'entends mon sanglier se débattre sur place dans les épines à ma droite. Il râle, grogne et s'agite un instant avant le retour au calme. J'attends un peu avant d'aller voir au cas où il ne serait pas encore mort. La nuit s'installe, je quitte mon poste et m'avance vers l'endroit du tir à la lueur de mon portable. Le second sanglier qui était resté dans le sale sous le pré démarre en soufflant au-dessus de moi alors que j'arrive à l'endroit du tir. Ma flèche couverte de sang est posée au sol, lame à l'opposé de la direction de fuite du sanglier.

Un beau sanglier à l'affût, 7 décembre 2019

Je remets ma flèche au carquois. Je trouve les premières gouttes de sang dès l'endroit du tir.

Un beau sanglier à l'affût, 7 décembre 2019

La piste abondante est facile à suivre. Beaucoup de gouttes au sol et les balivots portent régulièrement de beaux frottés.

Un beau sanglier à l'affût, 7 décembre 2019
Un beau sanglier à l'affût, 7 décembre 2019

Après à peine 15 mètres de recherche, je retrouve mon sanglier mort dans le fourré.

Un beau sanglier à l'affût, 7 décembre 2019

Je le dégage pour faire quelques photos souvenir avant d'appeler le propriétaire pour qu'il vienne m'aider à ramener mon sanglier que je vais lui laisser.

Un beau sanglier à l'affût, 7 décembre 2019

Je tire mon sanglier, passe la crête de droite et redescends à travers bois pour rejoindre le champ travaillé en contrebas avant de le traverser pour rejoindre un chemin de terre sur lequel j'attends le tracteur.

Un beau sanglier à l'affût, 7 décembre 2019

Nous chargeons le sanglier puis rentrons, je suis à pied au cas où il se détacherait. Une fois à la ferme, je vide ma prise et aide le propriétaire à le pendre avant de rentrer.

 

Alex

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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 19:53

Aujourd'hui, j'organise la battue annuelle de Justian. 6 archers ont répondu favorablement à mon invitation, Renaud et Thierry sont arrivés hier soir et ont dormi à la maison. Nous retrouvons Jacques à Auterrive vers 7 heures puis partons pour le rendez-vous à Lagardère où nous retrouvons Gilles, Lionel et Christophe vers 8 heures. Mon ami Adrien a invité Christine qui est, comme lui, conductrice de chien de sang et habite près de Vic Fezensac. Après l'inscription au cahier de battue, un bon petit déjeuner et les consignes du jour, nous partons nous poster. Le Gers est en alerte orange inondations, le responsable de la battue est allé vérifier le niveau de l'Osse ce matin et il semble qu'elle soit à ras bord mais qu'elle n'ait pas débordé. C'est la première année que j'ai si peu d'archers pour ma battue. Nous nous regroupons dans 3 voitures, normalement nous nous garons tous sur le chemin qui traverse l'Osse mais sachant que Thierry et Renaud ne pourrons pas traverser la vieille Osse qui est en crue pour aller se poster, je les envoie avec d'autres chasseurs au fusil par la route de Courensan en leur expliquant le chemin pour aller se poster et je pars avec le reste des archers pour le chemin de terre qui traverse l'Osse. Nous nous garons avant le pont. Tous les archers présents viennent chaque année et connaissent les postes, je les laisse donc se répartir le long de la vieille Osse alors que je pars me poster dans le bois par la passerelle de la palombière. La ligne des archers formera un U autour de la zone la plus fourrée du bois de Bourras.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Les traqueurs vont attaquer par le bois de Bourras autour duquel les fusils vont se poster puis monterons plus haut sur un second bois en suite, la ligne des archers restera en place alors que les fusils encercleront le bois du haut sur 3 côtés, laissant le bas ouvert sur notre ligne. Je passe la passerelle en pylônes EDF puis longe le vieux tunnel de la palombière pour rentrer un peu dans le bois, dans une zone de petits frênes plus ou moins dense. Le bois est assez étroit à cet endroit, environ 30 mètres de clair pris entre la vieille Osse et un gros roncier. Je m'avance pour me poster près du roncier quand des craquements se font entendre. Un sanglier se débine sur quelques mètres dans les ronces en direction du champ de sorgho à environ 20 mètres plus à ma droite. Il stoppe vite alors que les chasseurs au fusil se postent le long du roncier. Les culasses claquent, les voix des chiens et des piqueurs qui arrivent dans mon dos se font entendre. La corne de Serge sonne le début de traque. Les teckels arrivent dans mon dos suivis de Serge et rentrent dans le roncier où ils se mettent presque immédiatement au ferme. Serge les encourage au bord du roncier à 15 mètres sur ma droite. Les chiens finissent par déloger le sanglier qui démarre en faisant craquer le roncier. J'arme mon arc et dirige la flèche vers le sol en espérant voir sortir le sanglier mais rapidement 2 coups de feu claquent. Le sanglier est sorti sur le sorgho en entraînant les chiens à ses trousses.

Les piqueurs tentent de rappeler la meute mais les teckels filent vers l'autre bois où un ferme roulant s'installe. Le sanglier légèrement blessé s'éloigne doucement en faisant régulièrement face aux chiens. Les piqueurs tentent de les rejoindre mais les voix s'éloignent peu à peu et le calme s'installe. Au bout d'un moment, un léger bruit attire mon regard vers le roncier. Un superbe renard surgit des ronces à environ 10 mètres et s'élance vers la vieille Osse au trot. Surpris, je mets un court instant à réagir pour armer mon arc. Le renard fait environ 15 mètres à découvert puis fait brusquement demi-tour pour revenir vers le roncier alors que j'arme mon arc. Je tente de le ralentir en sifflant mais il fonce dans le roncier où je le perds de vue. Je désarme. Rapidement, le renard ressort des ronces de cul, à environ 40 mètres de moi et fonce vers les postes de Renaud et Thierry qui, je l'espère, auront plus de chance que moi. Je contrôle le vent et comprends que le renard m'a senti, je me décale donc plus à gauche pour me poster dans un bouquet de petits frênes à mi-distance du roncier

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

et de la vieille Osse.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Le temps passe, les piqueurs finissent par revenir avec quelques chiens et réattaquent le roncier mais il n'y a pas d'autre sanglier. Ils partent donc à travers bois pour poursuivre la traque. Plus loin les chiens donnent à nouveaux et rapidement, la voix d'un teckel se rapproche. J'aperçois alors un chevrillard mâle qui se débine en suivant la rivière à environ 70 mètres.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Il biaise en suite pour venir sur ma droite en direction du roncier. J'arme mon arc et le laisse venir. Il stoppe à environ 15 mètres, partiellement masqué par des branches. J'aligne ma visée mais ne décoche pas, préférant attendre une meilleure occasion. Il écoute le chien qui est très en retard puis repart au pas. Je le suis dans mon viseur, il passe plein travers, bien dégagé à 8 mètres sur la droite. Je cale ma visée et décoche. Ma flèche a traversé très en arrière, dans les tripes. Le chevreuil accélère sur 10 mètres, bifurque à droite en direction de l'Osse puis se ravise un peu plus loin et prends à gauche en direction de la lisière où je le perds de vue.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Ma flèche est mortelle mais très mauvaise. Le teckel arrivé sur les traces de mon chevreuil et je m'interpose plusieurs fois pour lui couper la route avant de le renvoyer vers les piqueurs en espérant que mon chevreuil se couche vite s'il n'est pas poursuivi. Pendant ce temps, un autre chevreuil a sauté la vieille Osse au poste de Gilles qui n'a pas pu le flécher et Thierry a pu flécher un jeune sanglier de face, le séchant sur place d'une flèche de colonne. Renaud manque un autre sanglier de la même taille qui lui passe à quelques mètres, à cause d'un arbuste qui stoppe sa flèche. Ce sanglier sera en suite tué à balle sur la route de Courensan. 5 autres sangliers et un renard sortiront à la route de Courensan où le poste avait été abandonné par le chasseur au fusil. Un gros sanglier revenant dans le dos de Renaud est passé trop vite pour être fléché et a sauté la vieille Osse, hors de vue des archers, pour ensuite longer l'Osse et être manqué par un chasseur au fusil près du ponton qui enjambe le cours d'eau.

Le calme revient et la fin de traque est sonnée pour que les fusils se reposent plus haut. Les archers ne bougent pas. Renaud en profite pour m'envoyer les photos du sanglier du Thierry et m'expliquer comment s'est passé leur chasse. Je suis super content car c'est le premier sanglier de Thierry et le premier gibier qu'il flèche dans le Gers à part un gros ragondin fléché l'an dernier. J'ai pu flécher 4 chevreuils et 2 renards chez lui mais je n'avais jamais pu lui faire tirer un animal chez moi. C'est peut être mon T-shirt fluo que je lui ai prêté pour la battue qui lui a porté chance.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019
Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Je pars contrôler mon tir. Ma flèche est plantée au pied d'un frêne. Je cherche du sang sur la trajectoire de fuite de mon chevreuil sans succès. Je coupe plusieurs fois la trajectoire de fuite et finit par trouver une goutte de sang sur une feuille à 50 mètres environ du tir.  Je marque l'endroit de 2 branches plantées dans le sol. Les tripes ont dû boucher les trous de ma flèche et empêcher l'hémorragie externe. Je reviens vers ma flèche que j'ai laissée sur place. Elle est couverte de contenu intestinal.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Je remarque alors des touffes de poils tombées à l'endroit du tir mais pas la moindre goutte de sang.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

J'appelle Adrien pour l'informer que j'aurai besoin de lui en fin de chasse pour une recherche. La deuxième traque laisse échapper quelques chevreuils et une chevrette sera tuée au plomb par un posté. Les archers n'auront pas d’autres occasions de tir. Nous aurions dû attaquer la chasse directement par le haut. 

Nous partons pour les silos de Roques où nous décidons de chasser un autre petit bois avant de manger.  Un piqueur m'informe qu'il a trouvé du sang dans la seconde traque au coin gauche du bois côté Bourras mais je ne sais pas s'il s'agit de mon chevreuil ou du premier sanglier. Je me poste au milieu du bois, Renaud et Thierry sont en lisière du bois sur ma droite les autres archers en lisière sur ma gauche. Les chiens lancent dès le début de traque, un beau brocard passe à Lionel en pleine course à 5 mètres et il le laisse passer sans tirer pour éviter de faire une mauvaise flèche. Un renard passe au-dessus de moi en lisière du bois à environ 80 mètres, un autre passe à Thierry dans le sale et sera manqué par un posté au fusil à la sortie du bois. Une chevrette blessée au plomb sera perdu en entrant dans le bois de Bourras malgré pas mal de sang trouvé.

La traque terminée, les chasseurs partent manger alors que je rejoins Christine et Adrien pour faire ma recherche. Adrien décide de laisser faire Christine. Nous partons l'attendre au ponton car il lui faut aller chercher son chien chez elle. Le temps me semble interminable et elle n'arrive que vers 15h30. Je conduis Adrien, Christine et son teckel Léo vers l'endroit du tir en les avertissant que nous allons forcément couper la trajectoire de fuite avant d'arriver sur la zone du tir. J'ai pris mon arc et Adrien son fusil. L'eau a beaucoup monté depuis ce matin et coule sur le champ entre la vieille Osse et l'Osse. Nous passons la palombière et je décide de sortir en bordure du sorgho pour rerentrer dans le bois au bord du roncier en espérant ne pas trop piétiner la piste. En lisière, Léo veut partir vers le sorgho mais sa maîtresse le retient. Nous rentrons au bois et j'indique l'endroit du tir et le premier sang qui a été recouvert de quelques centimètres d'eau depuis ce matin puis laisse commencer la recherche mais Léo tourne et retourne dans le bois sans prendre la piste. Je récupère ma flèche et la remets au carquois. Cela fait plus de 5 heures que j'ai fléché mon chevrillard.

Le temps passe et toujours rien, Adrien décide d'aller chercher Igor son rouge. Pendant ce temps, je décide de longer le sorgho pour tenter de trouver des indices. Je tombe sur un pied relativement frais de chevreuil dans la boue. Les traces viennent d'une grosse coulée qui sort du bois qui pourrait correspondre avec la trajectoire de fuite de mon animal. J'inspecte le sorgho quant une tâche rouge et ronde attire mon regard sur une feuille de sorgho en bordure de la culture. Les feuilles de sorgho sont partiellement teintées de rouge mais cette tâche circulaire, d'environ 1 centimètre de diamètre, m'intrigue. Je la frotté entre mes doigts et confirme que c'est du sang. J'appelle Adrien qui est en train d'arriver. Il met Igor sur le sang et il démarre immédiatement. Léo part aussi mais plus à gauche et au pas de course alors qu'Igor avance doucement en contrôlant chaque coulée. Au milieu du sorgho, Igor commence à venter et Adrien me dit que le chevreuil ne doit pas être loin. Léo rentre par le coin du bois ou le piqueur avait trouvé du sang. J'encoche une flèche et me tiens prêt mais Igor fait ses arrières et refait une boucle dans la culture. Je ne bouge plus pour je pas le perturber quand des cris plaintifs de chevreuil retentissent. Igor a manqué le chevreuil au démarrage, celui-ci part à la course, en criant, sur 40 mètres environ en direction du bois de Bourras alors qu'Adrien retient Igor par sa longe. Le chevillard se tait et se tétanise sur ses pattes tremblantes puis se laisse tomber au sol. Je m'approche à quelques mètres et lui décoche une flèche au jugé au travers de la végétation. Touché en arrière du coffre il n'essaie pas de se redresser et je me jette sur lui pour le plaquer au sol. Il s'immobilise presque aussitôt, il était à bout. Nous rappelons Christine et Léo qui sont partis sur les traces du sanglier blessé. 

Il est temps d'aller manger. J'appelle pour qu'on m'apporte un bracelet avant de partir rejoindre les autres chasseurs qui ont fini de manger. J'en profite pour faire quelques photos souvenir.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Ma première flèche était, comme je l'avais vu, très en arrière et les tripes n'ont pas permis l'écoulement du sang. Thierry et Renaud qui ont de la route pour rentrer dans le Lot et la Corrèze sont déjà partis quand j'arrive à la salle. Après avoir mangé un bout, je pars peler alors que le reste des archers rentre chez eux. Je commence un sangliers mais 2 chasseurs prennent le relais, je pars donc m'occuper des 2 chevreuils. D'autres chasseurs s'attaquent à l'autre sanglier. Une fois les 4 animaux pelés et nettoyés, nous discutons un peu de la chasse avant que je prenne la route pour rentrer chez moi. La journée s'achève sur une égalité, un sanglier et un chevreuil à l'arc et la même chose au fusil. Le chevreuil et le sanglier blessé seront recherchés le lendemain par Christine et Léo mais sans succès.

 

Alex

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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 13:45

Après un samedi en famille sous le soleil, la pluie est de retour aujourd'hui. Malgré le mauvais temps, je décide d'aller faire un tour dans les Pyrénées pour tenter de faire mon C1. Je me gare au village de Camous comme vendredi pour attaquer ma chasse par le bas mais, ce matin, j'ai décidé de commencer par le versant gauche pour tenter de revoir les cerfs vus vendredi soir. Je ne ferai pas le difficile, pour un premier contact avec ce beau territoire, je suis prêt à flécher un daguet si l'occasion se présente, j'ai vu beaucoup de C1 différents en trois jours mais un seul daguet. La pluie tombe de plus en plus fort alors que j'attends le lever du jour dans la voiture en me préparant. Je décide d'enfiler le haut de ma tenue camo-neige sous ma veste camo car le haut du territoire doit être couvert de neige comme vendredi.

Je quitte ma voiture aux premières lueurs du jour sous une pluie battante. Je passe sous la conduite de force et passe la barrière qui permet d'accéder aux prairies sur la gauche du ruisseau puis remonte tranquillement en biaisant à gauche pour rattraper le bout de chemin qui remonte vers la petite ruine. Alors que j'avance tranquillement sur le chemin, je me fige en apercevant une silhouette à environ 80 mètres, en bordure des ronces qui longe la ruine. Je force mes yeux dans la faible luminosité pour tenter de l'identifier. Il me semble reconnaître une biche mais elle reste un long moment immobile avant de se débiner vers le bois sur ma droite. Je la laisse s'éloigner tranquillement avant de continuer à avancer vers la ruine.

Je passe sur la droite de la ruine, rattrape le chemin qui remonte sur ma droite et le traverse pour aller explorer le penchant de fougères au-dessus de moi sous les pins quand une biche et son jeune démarrent au galop à environ 100 mètres au-dessus de moi et filent en suivant la courbe de niveau sur ma droite. Je remonte un peu et récupère une belle coulée qui part à gauche pour rejoindre des prairies au-dessus du village. Je la suis tranquillement au milieu des fougères. En m'approchant d'une prairie masquée partiellement par une bosse du terrain en lisière du bois, je calcule mes pas et avance tout doucement en espérant surprendre des animaux mais c'est moi qui suis surpris car je tombe sur une biche et son faon juste au bord du bois. Je ne les voyais pas derrière la bosse du terrain et mes yeux se portaient plus loin sur la prairie, ils démarrent à à peine 15 mètres devant moi et disparaissent plus bas derrière une bosse de la prairie.

Je biaise un peu à droite pour prendre une belle coulée qui longe la lisière du bois au-dessus de la prairie. Pas d'autres animaux en vue, je bifurque à droite pour remonter en montagne en suivant les coulées dans la végétation détrempée, au milieu d'une zone d'épines noires, de ronces et de fougères. La pluie se calme doucement mais je suis déjà trempé. J'avance doucement espérant surprendre un animal mais rien ne bouge. Des granges se dessinent dans la brume au-dessus de moi, dans la prairie au-dessus du bois. Je reconnais la zone déjà vue hier. Un peu plus bas sur ma droite, j'aperçois, dans un creux du terrain, à environ 40 mètres, un petit massif de buis qui pourrait faire une belle remise. Je stoppe un instant pour observer ce secteur mais ne voyant rien, je me remets en mouvement. C'est alors qu'une biche et son jeune démarrent de derrière les buis que je surveillais à l'instant. Je me suis encore fait avoir. Je rejoins la clôture qui longe la prairie et me dirige vers le massif de buis où j'ai levé le grand cerf. Le talus est tellement glissant que je peine à avancer sans tomber en suivant une belle coulée qui longe sous la clôture.

Je passe au-dessus de cette dernière pour la longer en bordure de la prairie où le sol plus plat, moins glissant et plus praticable. La pluie a fait place à de gros flocons lourds. Un peu plus loin, alors que j'avance tranquillement un jeune 6 cors surgit au galop d'un creux du bois en contrebas et stoppe à environ 40 mètres derrière un gros chêne qui cache sa tête. J'accroche mon décocheur et tente d'avancer un peu mais le cerf démarre et se plante plein travers quelques mètres plus haut alors que je viens d'armer mon arc. Une branche basse entre lui et moi me gêne pour prendre ma visée sur sa zone vitale. Je me baisse doucement pour viser sous la branche et cale ma visée avant de décrocher mais la flèche passe juste sous son poitrail et il démarre en trombe pour remonter la pente enherbées puis stoppe 30 mètres plus haut au milieu d'un roncier d'où seule sa tête dépasse. Il regarde les alentours en cherchant à comprendre ce qui vient de se passer. Je reencoche et tente une approche mais je perds le cerf de vue et me rends compte qu'il a disparu en arrivant au bord du roncier. Je redescends pour chercher ma flèche et vérifier que j'ai bien manqué le cerf. Je trouve l'endroit où le cerf a démarré en arrachant l'herbe mais ni sang ni flèche. Je tourne un moment sur le secteur sans succès. Je me replace à l'endroit du tir et me refais la scène mais rien a faire, ma flèche est perdue, je n'aurai pas dû tirer, c'était un peu trop loin et en montée.

je me reconcentrer et poursuis mon chemin sur une belle coulée en redescendant un peu dans le bois alors que le brouillard monte. Alors que j'arrive en haut des rochers d'où j'ai vu les 3 cerfs hier, j'aperçois une silhouette de cervidé en contrebas à environ 12 mètres dans la brume. Je me fige et l'observe rapidement. Je distingue le départ des bois sur la tête mais je ne vois pas les bois derrière des branches de noisetier. Vu la carrure de l'animal, ça ne peut être qu'un daguet. Il est debout, plein travers, tête haute à droite et subit la pluie. Je me penche un peu en arrière pour armer, caché par les rochers, puis m'incline doucement mais les branches de noisetier me gênent à quelques mètres devant moi. Je me penche doucement à gauche pour prendre ma visée sur son coffre entre deux branches en V. Mon pin's se cale, le daguet tourne doucement la tête vers moi mais ma flèche est déjà partie. Elle frappe le daguet dans l'épaule un peu plus en avant que ma visée et à ma grande surprise le daguet s'effondre sur place puis bascule dans le vide. Un gros fracas retentit plus bas alors que d'autres animaux s'enfuient dans la pente au milieu des fougères.

Je reencoche et m'approche doucement du bord des rochers mais ne vois pas mon daguet en bas. Je commence à douter de ma flèche. Je m'avance un peu en longeant les rocher sur la gauche et aperçois ma flèche à environ 30 mètres plus bas dans les rochers devant un gros arbre mort tombé en travers de la pente. Je scrute le paysage et finit par apercevoir une masse sombre dans des fougères à environ 70 mètres plus bas. Les fougères semblent écrasées sur quelques mètres avant cette masse. Ca ne peut être que mon daguet, vu la chute vertigineuse qu'il a fait en se fracassant sur les rochers il n'a pas pu aller bien loin.

Je remets ma flèche au carquois et m'avance encore un peu pour trouver un passage au travers des rochers dans la forte pente. Je récupère ma flèche qui est cassée, il manque 20 centimètres côté l'âme qui ont dû restés dans le daguet. Alors que je ramasse ma flèche du sang coule du tube cassé. Je la mets au carquois. Une traînée dans la boue a emporté les feuilles mortes sous le gros tronc d'arbre comme si le daguet avait glissé dessous. Je passe le par-dessus le tronc un peu plus à droite en contournant un gros chêne puis, arrivé au pied des rochers, je me dirige vers la masse sombre. C'est bien un animal couché, je m'approche doucement en encochant une flèche. Je ne vois pas sa tête. Alors que j'arrive à quelques mètres j'aperçois la tête prise dans les fougères. Mon daguet est mort, il s'est calé contre un vieux bout de grillage abandonné en forêt.

Daguet dans la brume, 10 novembre 2019

Je me retourne vers l'endroit d'où mon daguet est tombé. Il était en haut des rochers les plus hauts.

Daguet dans la brume, 10 novembre 2019

Je n'avais jamais vu tomber un grand cervidé sur place comme foudroyé. Ma flèche a traversé l'omoplate et a atteint les poumons sans toucher la colonne comme j'aurais pu le penser vu que l'animal est tombé sur place. L'hémorragie a été totalement interne, je n'ai pas trouvé de sang sur la trajectoire de la chute jusqu'à l'animal.

J'appose mon bracelet avant de tenter de dégager mon daguet des fougères et du grillage. Ma tendinite de l'épaule m'handicapant un peu, j'ai moins de force dans mon bras droit et je m'échappe mon daguet à peine dégagé du grillage. Il roule sur environ 100 mètres dans la pente et se cale contre un arbuste. Je descends à sa rencontre pour le récupérer et me rends compte qu'il est calé juste au-dessus du chemin qui descend à la petite ruine du bas de la montagne. Je le fais donc basculer sur le chemin puis le traîne un peu plus bas pour prendre quelques photos souvenir.

Daguet dans la brume, 10 novembre 2019

Je finis de le descendre par le chemin jusqu'à la ruine à plus d'un kilomètre alors que la pluie a cessé et que le soleil se lève sur un beau paysage montagneux aux sommets enneigés.

Daguet dans la brume, 10 novembre 2019
Daguet dans la brume, 10 novembre 2019

Arrivé à la ruine, je quitte le chemin pour descendre vers la voiture à quelques centaines de mètres plus bas. Ayant du réseau, j'en profite pour appeler le président de la chasse qui n'est pas dans le secteur, il m'indique que personne ne peut venir m'aider à charger mon daguet, que je peux laisser mon chèque au café de Beyrède et qu'il me fait cadeau de la moitié du bracelet de la biche, au vu de la maigreur de l'animal. Arrivé au roncier où j'ai tiré la jeune biche, je vide mon daguet puis le traîne jusqu'à la barrière sous la conduite de force. Je pars chercher ma voiture que je recule à la barrière avant de passer le daguet au travers de cette dernière et d'essayer de le charger mais je n'y arrive pas. Je tente par la tête puis par l'arrière train sans plus de succès avec mon épaule qui me fait mal. Je décide de changer de technique, j'attache ses 4 pattes ensemble, passe mon cou dans la anse ainsi formée et lève avec mes cuisses pour le charger dans ma caisse de portage de gibier avant de partir payer mes dettes au café du village puis de rentrer dans le Gers pour préparer la viande.

A dépeçage, je constaterai que plusieurs côtes ont été fracturées par le  choc sur les rochers, sur une ligne médiane à mi hauteur du coffre, que le nez de l'animal est fracturé et que la cage thoracique était pleine de sang. Le bout de flèche était resté dans les poumons.

 

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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