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9 mars 2020 1 09 /03 /mars /2020 11:16

Ce matin, veille prévue de mon départ, je reçois un mail d'Air France m'informant d'une grève pour le lendemain et de la possibilité que mon vol soit annulé.  Je joue de malchance car mon vol intérieur en Argentine ayant été annulé sans raison, il y quelques mois, j'ai dû reporter mon vol Air France de 2 jours et reprendre un autre vol intérieur. J'appelle donc ma compagnie pour tenter de trouver une solution, on me conseille de prendre un vol le soir même pour rejoindre Paris car les vols internationaux sont maintenus. Je quitte donc précipitamment mon travail en début d'après-midi pour finir de préparer mes affaires et attends le retour de ma compagne qui doit me conduire à l'aéroport de Blagnac vers 16 heures. Je vais devoir passer toute la journée du lendemain sur Paris et décide d'appeler mon amis Jacques pour savoir s'il serait disponible pour que je passe le voir, celui-ci m'invite à dormir chez lui et à y passer la journée. Arrivé sur Paris dans la soirée, je prends donc un taxi pour rejoindre son domicile. Jacques et sa compagne n'étant pas disponibles le lendemain, je passe ma journée devant la chaîne chasse-pêche avant le retour de mes hôtes dans l'après-midi. J'ai cassé ma ceinture en la mettant ce matin et Jacques m'en prête gentiment une car, sans elle, je risque de perdre mes pantalons de chasse durant les approches. Jacques me propose de me conduire à l'aéroport après manger. Je prends mon avion vers 23 heures et arrive à Buenos-Aires vers 9h30. 

Chroniques argentines 2019, le voyage

En sortant de l'avion, plus d'une heure de queue en serpentin m'attend avant de passer l'immigration où on prend l'empreinte digitale de mon pouce avant de me demander l'adresse où je compte dormir ce soir, sans cette dernière je ne peux pas passer l'immigration. Je dois donc contacter Gaston qui me répond heureusement rapidement et passe le poste après environ 30 minutes. Le temps de récupérer mon bagage en soute, que je peine à trouver  faute d'indications claires sur le tapis d'arrivée, et d'un contrôle des douanes sur mon matériel d'archerie, il me faut maintenant trouver le bus de Tienda Leon pour me rendre à l'autre aéroport de la ville d'où part mon avion pour Trelew. Après près 1h30 d'attente, ce dernier arrive, près d'une heure de route nous séparent de l'autre aéroport mais j'ai tout mon temps vu que mon vol est prévu pour 17h. Mon 3ième vol, au-dessus de l'océan et d'un paysage qui semble désertique, se passe sans encombre, je récupère vite ma valise sur l'unique tapis roulant de l'aéroport de Trelew. Les murs sont décorés de moulages de fossiles de dinosaures

Chroniques argentines 2019, le voyage

et de grands posters de la faune patagonienne qui me mettent déjà dans l'ambiance. A la sortie de l'aéroport, je retrouve Gaston, avec qui je communique par Messenger depuis des mois pour préparer mon voyage. Nous chargeons mes bagages, il reste encore 1 heure de route jusqu'à Puerto Madryn pour finir cet incroyable périple. Gaston ne parle pas français, je suis content de savoir parler assez bien espagnol. A la sortie du parking de l'aéroport un énorme dinosaure reconstitué à taille réelle trône en bordure de la route au milieu d'un paysage quasi désertique.

Chroniques argentines 2019, le voyage

Arrivé chez Gaston, je vérifie mon matériel, je remonte mon carquois et mon viseur sur mon arc. Gaston me propose de tirer un peu pour vérifier que tout va bien mais, horreur, ma première flèche est beaucoup trop basse, je me rends vite compte que j'ai mal fixé mon viseur et tout rentre vite dans l'ordre. Nous chargeons nos affaires dans la voiture pour ne pas perdre de temps le lendemain. Après un repas en duo durant lequel nous discutons de la chasse, nous sommes rejoints par sa compagne dans la soirée. Nous  discutons encore un peu avant de partir nous coucher car demain près de 5 heures de voitures nous attendent pour rejoindre le territoire de chasse près de Rio Colorado où je vais tenter de prélever un buffle mâle et un sanglier mâle armé.

 

Alex

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24 février 2020 1 24 /02 /février /2020 20:17

La semaine dernière, le président de la chasse d'Haulies, commune sur laquelle je réside depuis fin 2018, m'appelle pour me proposer un bracelet de chevreuil. Il reste 5 bracelets qui n'ont pas été réalisés en battue. J'avais demandé à l'assemblée générale, en début de saison s'il serait possible de chasser un chevreuil à l'approche mais les réactions du bureau n'avait pas semblé très favorable. La chasse à l'approche et à l'affût sur ma commune ne sont pas favorisée, le tir du sanglier ne se fait qu'en battue et la chasse du chevreuil se fait principalement en battue, seules les dernières attributions se font parfois à l'approche pour éviter un dépassement de quotas. Nouveau sur la société de chasse, je n'avais pas insisté et avais laissé tomber l'idée. Cette proposition bien que très tardive m'a donc beaucoup surpris et j'ai décidé de relevé le défi de prélever ce chevreuil à l'arc en moins de 2 semaines, avant la fermeture de la chasse. Les consignes sont de ne pas tirer de joli brocard car ils sont réservés pour le tir d'été, vendu un bon pris à Actéon. Cela fait 15 ans que je n'ai pas chassé sur Haulies où j'ai prélevé mon premier chevreuil à l'arc en 2005, année de mon arrivée dans le Gers. A l'époque, mon mode de chasse silencieux et ma réussite étaient mal passés auprès de l'ancien président, je n'avais donc plus tenté de reprendre des bracelet chevreuils en tir d'hiver sur la commune.

Ce weekend, ayant un peu de temps, j'ai réalisé quelques sorties à l'approche pour faire un peu de repérage autour de ma maison. Quel plaisir de pouvoir partir à pied de chez soi. J'ai repéré 4 brocards dont 3 bien trop gros pour être tirés. Un jeune brocard, accompagné d'une jeune chevrette traînent en limite de la société de chasse et je les ai approché 2 fois presque à distance de tir. J'ai même armé le jeune brocard à un peu plus de 20 mètres mais ce dernier était de face et je n'ai donc pas décoché. Ces sorties m'ont appris que, tous les soirs, quelques chevreuils passent à l'angle d'un bois pour rejoindre une langue de prairie prise entre les massifs boisés. Ce soir, en sortant du boulot, je décide d'aller m'y poster. Je me prépare rapidement puis part de chez moi à pied, à travers champ pour rejoindre mon poste. Arrivé au coin du bois, je constate que le vent vient du semé de blé et rentre dans le bois, j'hésite un peu car si les chevreuils arrivent dans mon dos ils vont me sentir mais je décide de tout de même tenter le coup. Je remonte un peu en longeant le bois et y rentre de quelques mètres par une très grosse coulée. Je dégage le sol pour pouvoir pivoter en silence et me cale contre un chêne. De nombreuses coulées très marquées convergent dans le bois vers mon poste. L'attente commence, des petits rongeurs agitent les feuilles mortes qui recouvrent le sol du sous-bois. Le vent venant du semé a un peu forci, je le contrôle régulièrement et sa direction reste constante. J'observe dans le bois et dans le champ quand je suis surpris par l’apparition du jeune brocard sur lequel j'ai armé samedi. Un chêne en lisière m'a masqué son arrivé. Il est à environ 60 mètres dans le semé de blé et regarde vers moi. Je reste immobile, il se met à brouter. Mon cœur s'emballe un peu ce qui ne m'arrive jamais à l'approche mais il se calme vite. Je me penche doucement pour voir si la chevrette le suit et l'aperçois plus en arrière en crête du champ mais j'aperçois aussi 3 autres chevreuils qui arrivent du bois derrière la crête. Un autre jeune brocard et 2 jeunes chevrettes. Tous sont tirables, il n'y a plus qu'à espérer qu'ils se rapprochent.

Le premier brocard broute tranquillement mais s'éloigne lentement de 3/4 arrière. La jeune chevrette, rejointe par le second brocard qui commence à la coller de trop près, démarre rapidement pour rejoindre l'autre brocard qui se retourne et semble biaiser vers moi. Une autre chevrette commence à venir vers eux en baisant doucement vers mon poste. Le second brocard revient vers la crête pour rejoindre la dernière chevrette. Ils collent leur têtes et semble se frotter front contre front. L'autre brocard est pris d’éternuements puissants qui font jaillir des gouttes de liquide brumisé de son nez. Je l'ai déjà vu éternuer de la sorte samedi ainsi qu'une autre chevrette approchée à 25 mètres. Les 3 chevreuils les plus proches s'approchent lentement en broutant tranquillement. La chevrette la plus à droite commence à venir droit sur moi d'un pas lent mais décidé alors que le jeune brocard et sa chevrette un peu plus en retrait s'avancent également mais plus lentement. La chevrette n'est plus qu'à 20 mètres, arrêtée de face, cachée derrière un chêne, le brocard un peu plus à gauche est à environ 25 mètres et sa chevrette plus en retrait. J'arme doucement mon arc, elle repart toujours d'un pas lent et arrive de face sur la droite du chêne. Je la suis dans mon viseur. Elle biaise légèrement, passe derrière le chêne et vient stopper de 3/4 face (presque de face) à 5 mètres de moi sur la gauche du chêne, derrière un genet peu touffu. Je cale ma visée sur le défaut avant d'épaule dans une fenêtre au travers du genet. La chevrette tranquille regarde à droite. Je décoche. Ma flèche la frappe bruyamment. Elle fait volte-face alors que ses camarades se dispersent au galop. Elle fuit au galop en perdant énormément de sang, son estomac pend par le trou de sortie de ma flèche qui est restée en travers de l'animal. Elle décrit une boucle d'environ 35 mètres dans le semé de blé pour revenir vers le bois à ma droite à environ 20 mètres. Alors qu'elle arrive près de la lisière son arrière train flanche et je l'entends se fracasser dans la végétation au moment où je la perds de vue. 

Je quitte mon affût, les autres chevreuils, dispersés au loin et regardant vers moi, redémarrent pour rejoindre les bois. Un chevreuil aboie dans mon dos, dans le bois où j'était posté avant de détaller. Une piste de sang très abondante de 50 cm à 1 mètres de large me conduit sans aucune difficulté à ma chevrette morte sur le dos, calé contre des petits buissons, juste en lisière. Elle a perdu la moitié de sa panse à un mètre de la lisière. Ma flèche rentre au cœur devant l'épaule droite et ouvre les 2/3 de la cage thoracique, à mi-hauteur, sur le flanc opposé. Ce trou béant est impressionnant et laisse sortir les viscères. Ma flèche n'est plus dans la chevrette. Je refais la piste à l'envers et la retrouve quelques mètres après le tir, posée au sol. La chevrette l'a expulsée dans sa course. Je la remets au carquois et par baguer ma chevrette. J'ai oublié mon appareil photo et mon portable à la maison. Je rentre donc faire quelques photos souvenir alors que la nuit tombe doucement.

Une chevrette haulienne à l'affût, 24 février 2020

Alex

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1 janvier 2020 3 01 /01 /janvier /2020 20:17

Ce soir, le ciel est nuageux, il ne fait presque pas de vent, je décide d'aller me poster à Traversères sur mon poste à sanglier où j'ai pu flécher un beau mâle le mois dernier. En arrivant, vers 17h15, je constate que les sangliers sont passés de frais, la végétation est couverte de boue, le sol a été fouillé, les arbres ont été frottés et portent des coups de dent. En m'installant à mon poste, derrière le genévrier mort tombé au sol, je constate qu'un sanglier a eu l’audace de venir se soulager pile où je m'installe habituellement. Le laissé a quelques jours, il n'est pas frais. Je me cale, face à la pente, débarrasse le sol de ses feuilles mortes pour pouvoir pivoter sans bruit, contrôle le vent, très léger qui vient de ma gauche et descend légèrement, en émiettant un bout de lichen. L'attente commence.

L'année commence bien , 1 janvier 2020

Les campagnols agitent brillamment le sous-bois en courant sur et sous les feuilles mortes. L'un d'eux joue à cache-cache devant moi, courant sur quelques mètres à découvert avant de plonger sous les feuilles mortes pour ressortir un peu plus loin son museau, observer un instant avant de partir de recacher un peu plus loin. Un peu plus tard, un épervier vient se poser à environ 35 mètres sur ma droite sur un chêne. Le temps passe, un peu avant 18 heures, un bruit de pas se fait de plus en plus présent dans mon dos. Ce n'est un campagnol, je me retourne doucement et me prépare en accrochant mon décocheur.

L'année commence bien , 1 janvier 2020

2 petits grognements timides retentissent. Le sanglier se rapproche dans le sale en dessous de moi sur la droite et je m'attends à le voir déboucher devant moi. Je suis prêt et croise les doigts pour que le vent ne tourne pas mais le sanglier biaise dans le sale et semble vouloir passer sur ma droite. Je pivote doucement pour me tourner vers une trouée dans la végétation où j'espère le voir passer.

L'année commence bien , 1 janvier 2020

Les bruits de pas s’espacent doucement puis s’interrompent. J'attends un moment en tendant l'oreille, espérant entendre ou voir l'animal mais le calme s'installe. Je me retourne à nouveau face à la pente, la luminosité baisse vite quand des bruits de pas et des craquements retentissent sur ma droite. J'aperçois rapidement un gros sanglier qui descend sur moi dans un couloir dégagé qui remonte vers la crête au travers du sale. J'arme doucement mon arc alors que le sanglier arrive à environ 15 mètres. Il stoppe à environ 8 mètres plein travers au pied d'un arbre frotté, j'aligne ma visée mais quelques branchettes me gênent pour décocher. Le sanglier avance de quelques pas et stoppe à nouveau. Je cale ma visée et décoche. Je n'ai pas entendu d'impact franc mais le sanglier fait volte-face et fonce pour remonter vers la crête alors que d’autres sangliers plus petits que je n'avais pas vu se dispersent dans les fourrés. Très rapidement mon sanglier percute violemment un arbre que je vois bouger puis s'agite un peu dans le sale. Une respiration mouillée se fait entendre puis le calme s'installe. J'attends un instant au poste au cas où un autre sanglier se présenterait mais la nuit s'installe. Des sangliers passent à environ 20 mètres sur ma droite en grognant mais impossible de les voir dans la pénombre grandissante. Je quitte mon poste et m'avance vers l'endroit du tir où je retrouve ma flèche posée au sol.

L'année commence bien , 1 janvier 2020

En la saisissant, je constate qu'elle est couverte de sang. Plusieurs petites gouttes de sang jonchent le sol autour de la flèche. Je la remets au carquois puis allume ma lampe à la recherche de sang mais je peine à le trouver. C'est en me retournant que j'aperçois la piste très abondante que je pensais un peu plus dans le fourré.

L'année commence bien , 1 janvier 2020

Une piste de sang spectaculaire et ininterrompue remonte vers la crête. Elle mesure entre 50 centimètres et 1 mètre de large et tapisse le sol et les arbustes. Je la suis sans peine.

L'année commence bien , 1 janvier 2020
L'année commence bien , 1 janvier 2020

Je retrouve vite l'arbre que le sanglier a percuté, il porte une grosse marque de sang frottée.

L'année commence bien , 1 janvier 2020

La piste bifurque sur la gauche dans le fourré un peu moins abondante. Un autre arbre porte un beau frotté environ 3 mètres plus loin, puis la piste redescend et je retrouve mon sanglier mort sur le flanc dans le fourré. C'est une laie qui a allaité il n'y a pas longtemps, les autres sangliers devait être ses petits. Elle n'a pas fait plus de 30 mètres. Ma flèche touche les poumons et coupe les gros vaisseaux sanguins qui alimentent le cœur.

L'année commence bien , 1 janvier 2020

Je dégage mon sanglier du fourré pour faire quelques photos souvenir puis appelle le propriétaire des lieux pour qu'il vienne m'aider à ramener mon sanglier.

L'année commence bien , 1 janvier 2020

Je l'attache par le groin et le traîne pour redescendre dans le champ travaillé en contrebas puis rejoins un chemin enherbé qui longe le champ et le traîne sur plusieurs centaines de mètres en attendant l'arrivée du propriétaire puis nous le chargeons dans la bennette du tracteur pour rentrer.

 

Alex

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7 décembre 2019 6 07 /12 /décembre /2019 21:05

Ce soir, je décide d'aller faire un tour à Traversères pour me poster sur un secteur où je me suis fait avoir 2 fois par les sangliers arrivés à chaque fois de nuit. Je me gare à la ferme et pars à pied pour mon poste situé en haut d'une petite combe boisée. Je rentre dans le bois par une grosse coulée bien marquée et la suis jusqu'à une sorte de petit cirque où je me poste contre un gros genévrier mort tombé au sol, au bord du fourré de gauche, sur le bord d'une bande de 15 mètres de bois clair qui remonte vers le pré, pris entre 2 fourrés. Les sangliers sont passés ces jours-ci pour se frotter sur 2 chênes un peu plus haut et un à ma droite en laissant de la boue sur la végétation. La coulée principale passe à 6 mètres sur ma droite et de nombreuses coulées convergent vers le secteur des 2 côtés. C'est une zone de passage car le pré à environ 50 mètres au-dessus de moi est bordé sur 3 côtés par le bois en U. Sur la gauche un grand roncier forme une belle remise et au bout de la bande boisée de droite se trouve un massif de genêts et d'épines où se gîtent souvent les sangliers. Je suis donc sur le passage des animaux venant d'une remise ou de l'autre. Le vent est bon, il descend du pré. Il n'y a plus qu'à attendre. Le temps passe, la luminosité baisse doucement alors que les mulots qui courent dans les feuilles mortes me font régulièrement croire à l'arrivée d'un plus gros animal. Il va bientôt faire nuit quand des bruits de pas se font entendre sur la droite dans le sale. J'accroche mon décocheur. La végétation craque et des grognements se font entendre. Les animaux se rapprochent quand 2 sangliers sortent des épines et arrivent de face, à 12 mètres. Le plus gros, environ 70 kilos, est un peu en avant de l'autre et renifle un chêne. J'arme mon arc et aligne ma visée sur lui mais attends une meilleure occasion. Il s'avance doucement en pivotant tête à droite et se tourne plein travers. Je cale ma visée au défaut de l'épaule et décoche, ma flèche le traverse en haut du cœur et touche les 2 poumons avec un bruit caractéristique. Les 2 animaux démarrent en trombe mais, rapidement, j'entends mon sanglier se débattre sur place dans les épines à ma droite. Il râle, grogne et s'agite un instant avant le retour au calme. J'attends un peu avant d'aller voir au cas où il ne serait pas encore mort. La nuit s'installe, je quitte mon poste et m'avance vers l'endroit du tir à la lueur de mon portable. Le second sanglier qui était resté dans le sale sous le pré démarre en soufflant au-dessus de moi alors que j'arrive à l'endroit du tir. Ma flèche couverte de sang est posée au sol, lame à l'opposé de la direction de fuite du sanglier.

Un beau sanglier à l'affût, 7 décembre 2019

Je remets ma flèche au carquois. Je trouve les premières gouttes de sang dès l'endroit du tir.

Un beau sanglier à l'affût, 7 décembre 2019

La piste abondante est facile à suivre. Beaucoup de gouttes au sol et les balivots portent régulièrement de beaux frottés.

Un beau sanglier à l'affût, 7 décembre 2019
Un beau sanglier à l'affût, 7 décembre 2019

Après à peine 15 mètres de recherche, je retrouve mon sanglier mort dans le fourré.

Un beau sanglier à l'affût, 7 décembre 2019

Je le dégage pour faire quelques photos souvenir avant d'appeler le propriétaire pour qu'il vienne m'aider à ramener mon sanglier que je vais lui laisser.

Un beau sanglier à l'affût, 7 décembre 2019

Je tire mon sanglier, passe la crête de droite et redescends à travers bois pour rejoindre le champ travaillé en contrebas avant de le traverser pour rejoindre un chemin de terre sur lequel j'attends le tracteur.

Un beau sanglier à l'affût, 7 décembre 2019

Nous chargeons le sanglier puis rentrons, je suis à pied au cas où il se détacherait. Une fois à la ferme, je vide ma prise et aide le propriétaire à le pendre avant de rentrer.

 

Alex

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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 19:53

Aujourd'hui, j'organise la battue annuelle de Justian. 6 archers ont répondu favorablement à mon invitation, Renaud et Thierry sont arrivés hier soir et ont dormi à la maison. Nous retrouvons Jacques à Auterrive vers 7 heures puis partons pour le rendez-vous à Lagardère où nous retrouvons Gilles, Lionel et Christophe vers 8 heures. Mon ami Adrien a invité Christine qui est, comme lui, conductrice de chien de sang et habite près de Vic Fezensac. Après l'inscription au cahier de battue, un bon petit déjeuner et les consignes du jour, nous partons nous poster. Le Gers est en alerte orange inondations, le responsable de la battue est allé vérifier le niveau de l'Osse ce matin et il semble qu'elle soit à ras bord mais qu'elle n'ait pas débordé. C'est la première année que j'ai si peu d'archers pour ma battue. Nous nous regroupons dans 3 voitures, normalement nous nous garons tous sur le chemin qui traverse l'Osse mais sachant que Thierry et Renaud ne pourrons pas traverser la vieille Osse qui est en crue pour aller se poster, je les envoie avec d'autres chasseurs au fusil par la route de Courensan en leur expliquant le chemin pour aller se poster et je pars avec le reste des archers pour le chemin de terre qui traverse l'Osse. Nous nous garons avant le pont. Tous les archers présents viennent chaque année et connaissent les postes, je les laisse donc se répartir le long de la vieille Osse alors que je pars me poster dans le bois par la passerelle de la palombière. La ligne des archers formera un U autour de la zone la plus fourrée du bois de Bourras.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Les traqueurs vont attaquer par le bois de Bourras autour duquel les fusils vont se poster puis monterons plus haut sur un second bois en suite, la ligne des archers restera en place alors que les fusils encercleront le bois du haut sur 3 côtés, laissant le bas ouvert sur notre ligne. Je passe la passerelle en pylônes EDF puis longe le vieux tunnel de la palombière pour rentrer un peu dans le bois, dans une zone de petits frênes plus ou moins dense. Le bois est assez étroit à cet endroit, environ 30 mètres de clair pris entre la vieille Osse et un gros roncier. Je m'avance pour me poster près du roncier quand des craquements se font entendre. Un sanglier se débine sur quelques mètres dans les ronces en direction du champ de sorgho à environ 20 mètres plus à ma droite. Il stoppe vite alors que les chasseurs au fusil se postent le long du roncier. Les culasses claquent, les voix des chiens et des piqueurs qui arrivent dans mon dos se font entendre. La corne de Serge sonne le début de traque. Les teckels arrivent dans mon dos suivis de Serge et rentrent dans le roncier où ils se mettent presque immédiatement au ferme. Serge les encourage au bord du roncier à 15 mètres sur ma droite. Les chiens finissent par déloger le sanglier qui démarre en faisant craquer le roncier. J'arme mon arc et dirige la flèche vers le sol en espérant voir sortir le sanglier mais rapidement 2 coups de feu claquent. Le sanglier est sorti sur le sorgho en entraînant les chiens à ses trousses.

Les piqueurs tentent de rappeler la meute mais les teckels filent vers l'autre bois où un ferme roulant s'installe. Le sanglier légèrement blessé s'éloigne doucement en faisant régulièrement face aux chiens. Les piqueurs tentent de les rejoindre mais les voix s'éloignent peu à peu et le calme s'installe. Au bout d'un moment, un léger bruit attire mon regard vers le roncier. Un superbe renard surgit des ronces à environ 10 mètres et s'élance vers la vieille Osse au trot. Surpris, je mets un court instant à réagir pour armer mon arc. Le renard fait environ 15 mètres à découvert puis fait brusquement demi-tour pour revenir vers le roncier alors que j'arme mon arc. Je tente de le ralentir en sifflant mais il fonce dans le roncier où je le perds de vue. Je désarme. Rapidement, le renard ressort des ronces de cul, à environ 40 mètres de moi et fonce vers les postes de Renaud et Thierry qui, je l'espère, auront plus de chance que moi. Je contrôle le vent et comprends que le renard m'a senti, je me décale donc plus à gauche pour me poster dans un bouquet de petits frênes à mi-distance du roncier

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

et de la vieille Osse.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Le temps passe, les piqueurs finissent par revenir avec quelques chiens et réattaquent le roncier mais il n'y a pas d'autre sanglier. Ils partent donc à travers bois pour poursuivre la traque. Plus loin les chiens donnent à nouveaux et rapidement, la voix d'un teckel se rapproche. J'aperçois alors un chevrillard mâle qui se débine en suivant la rivière à environ 70 mètres.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Il biaise en suite pour venir sur ma droite en direction du roncier. J'arme mon arc et le laisse venir. Il stoppe à environ 15 mètres, partiellement masqué par des branches. J'aligne ma visée mais ne décoche pas, préférant attendre une meilleure occasion. Il écoute le chien qui est très en retard puis repart au pas. Je le suis dans mon viseur, il passe plein travers, bien dégagé à 8 mètres sur la droite. Je cale ma visée et décoche. Ma flèche a traversé très en arrière, dans les tripes. Le chevreuil accélère sur 10 mètres, bifurque à droite en direction de l'Osse puis se ravise un peu plus loin et prends à gauche en direction de la lisière où je le perds de vue.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Ma flèche est mortelle mais très mauvaise. Le teckel arrivé sur les traces de mon chevreuil et je m'interpose plusieurs fois pour lui couper la route avant de le renvoyer vers les piqueurs en espérant que mon chevreuil se couche vite s'il n'est pas poursuivi. Pendant ce temps, un autre chevreuil a sauté la vieille Osse au poste de Gilles qui n'a pas pu le flécher et Thierry a pu flécher un jeune sanglier de face, le séchant sur place d'une flèche de colonne. Renaud manque un autre sanglier de la même taille qui lui passe à quelques mètres, à cause d'un arbuste qui stoppe sa flèche. Ce sanglier sera en suite tué à balle sur la route de Courensan. 5 autres sangliers et un renard sortiront à la route de Courensan où le poste avait été abandonné par le chasseur au fusil. Un gros sanglier revenant dans le dos de Renaud est passé trop vite pour être fléché et a sauté la vieille Osse, hors de vue des archers, pour ensuite longer l'Osse et être manqué par un chasseur au fusil près du ponton qui enjambe le cours d'eau.

Le calme revient et la fin de traque est sonnée pour que les fusils se reposent plus haut. Les archers ne bougent pas. Renaud en profite pour m'envoyer les photos du sanglier du Thierry et m'expliquer comment s'est passé leur chasse. Je suis super content car c'est le premier sanglier de Thierry et le premier gibier qu'il flèche dans le Gers à part un gros ragondin fléché l'an dernier. J'ai pu flécher 4 chevreuils et 2 renards chez lui mais je n'avais jamais pu lui faire tirer un animal chez moi. C'est peut être mon T-shirt fluo que je lui ai prêté pour la battue qui lui a porté chance.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019
Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Je pars contrôler mon tir. Ma flèche est plantée au pied d'un frêne. Je cherche du sang sur la trajectoire de fuite de mon chevreuil sans succès. Je coupe plusieurs fois la trajectoire de fuite et finit par trouver une goutte de sang sur une feuille à 50 mètres environ du tir.  Je marque l'endroit de 2 branches plantées dans le sol. Les tripes ont dû boucher les trous de ma flèche et empêcher l'hémorragie externe. Je reviens vers ma flèche que j'ai laissée sur place. Elle est couverte de contenu intestinal.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Je remarque alors des touffes de poils tombées à l'endroit du tir mais pas la moindre goutte de sang.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

J'appelle Adrien pour l'informer que j'aurai besoin de lui en fin de chasse pour une recherche. La deuxième traque laisse échapper quelques chevreuils et une chevrette sera tuée au plomb par un posté. Les archers n'auront pas d’autres occasions de tir. Nous aurions dû attaquer la chasse directement par le haut. 

Nous partons pour les silos de Roques où nous décidons de chasser un autre petit bois avant de manger.  Un piqueur m'informe qu'il a trouvé du sang dans la seconde traque au coin gauche du bois côté Bourras mais je ne sais pas s'il s'agit de mon chevreuil ou du premier sanglier. Je me poste au milieu du bois, Renaud et Thierry sont en lisière du bois sur ma droite les autres archers en lisière sur ma gauche. Les chiens lancent dès le début de traque, un beau brocard passe à Lionel en pleine course à 5 mètres et il le laisse passer sans tirer pour éviter de faire une mauvaise flèche. Un renard passe au-dessus de moi en lisière du bois à environ 80 mètres, un autre passe à Thierry dans le sale et sera manqué par un posté au fusil à la sortie du bois. Une chevrette blessée au plomb sera perdu en entrant dans le bois de Bourras malgré pas mal de sang trouvé.

La traque terminée, les chasseurs partent manger alors que je rejoins Christine et Adrien pour faire ma recherche. Adrien décide de laisser faire Christine. Nous partons l'attendre au ponton car il lui faut aller chercher son chien chez elle. Le temps me semble interminable et elle n'arrive que vers 15h30. Je conduis Adrien, Christine et son teckel Léo vers l'endroit du tir en les avertissant que nous allons forcément couper la trajectoire de fuite avant d'arriver sur la zone du tir. J'ai pris mon arc et Adrien son fusil. L'eau a beaucoup monté depuis ce matin et coule sur le champ entre la vieille Osse et l'Osse. Nous passons la palombière et je décide de sortir en bordure du sorgho pour rerentrer dans le bois au bord du roncier en espérant ne pas trop piétiner la piste. En lisière, Léo veut partir vers le sorgho mais sa maîtresse le retient. Nous rentrons au bois et j'indique l'endroit du tir et le premier sang qui a été recouvert de quelques centimètres d'eau depuis ce matin puis laisse commencer la recherche mais Léo tourne et retourne dans le bois sans prendre la piste. Je récupère ma flèche et la remets au carquois. Cela fait plus de 5 heures que j'ai fléché mon chevrillard.

Le temps passe et toujours rien, Adrien décide d'aller chercher Igor son rouge. Pendant ce temps, je décide de longer le sorgho pour tenter de trouver des indices. Je tombe sur un pied relativement frais de chevreuil dans la boue. Les traces viennent d'une grosse coulée qui sort du bois qui pourrait correspondre avec la trajectoire de fuite de mon animal. J'inspecte le sorgho quant une tâche rouge et ronde attire mon regard sur une feuille de sorgho en bordure de la culture. Les feuilles de sorgho sont partiellement teintées de rouge mais cette tâche circulaire, d'environ 1 centimètre de diamètre, m'intrigue. Je la frotté entre mes doigts et confirme que c'est du sang. J'appelle Adrien qui est en train d'arriver. Il met Igor sur le sang et il démarre immédiatement. Léo part aussi mais plus à gauche et au pas de course alors qu'Igor avance doucement en contrôlant chaque coulée. Au milieu du sorgho, Igor commence à venter et Adrien me dit que le chevreuil ne doit pas être loin. Léo rentre par le coin du bois ou le piqueur avait trouvé du sang. J'encoche une flèche et me tiens prêt mais Igor fait ses arrières et refait une boucle dans la culture. Je ne bouge plus pour je pas le perturber quand des cris plaintifs de chevreuil retentissent. Igor a manqué le chevreuil au démarrage, celui-ci part à la course, en criant, sur 40 mètres environ en direction du bois de Bourras alors qu'Adrien retient Igor par sa longe. Le chevillard se tait et se tétanise sur ses pattes tremblantes puis se laisse tomber au sol. Je m'approche à quelques mètres et lui décoche une flèche au jugé au travers de la végétation. Touché en arrière du coffre il n'essaie pas de se redresser et je me jette sur lui pour le plaquer au sol. Il s'immobilise presque aussitôt, il était à bout. Nous rappelons Christine et Léo qui sont partis sur les traces du sanglier blessé. 

Il est temps d'aller manger. J'appelle pour qu'on m'apporte un bracelet avant de partir rejoindre les autres chasseurs qui ont fini de manger. J'en profite pour faire quelques photos souvenir.

Battue archers à Justian, 17 novembre 2019

Ma première flèche était, comme je l'avais vu, très en arrière et les tripes n'ont pas permis l'écoulement du sang. Thierry et Renaud qui ont de la route pour rentrer dans le Lot et la Corrèze sont déjà partis quand j'arrive à la salle. Après avoir mangé un bout, je pars peler alors que le reste des archers rentre chez eux. Je commence un sangliers mais 2 chasseurs prennent le relais, je pars donc m'occuper des 2 chevreuils. D'autres chasseurs s'attaquent à l'autre sanglier. Une fois les 4 animaux pelés et nettoyés, nous discutons un peu de la chasse avant que je prenne la route pour rentrer chez moi. La journée s'achève sur une égalité, un sanglier et un chevreuil à l'arc et la même chose au fusil. Le chevreuil et le sanglier blessé seront recherchés le lendemain par Christine et Léo mais sans succès.

 

Alex

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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 13:45

Après un samedi en famille sous le soleil, la pluie est de retour aujourd'hui. Malgré le mauvais temps, je décide d'aller faire un tour dans les Pyrénées pour tenter de faire mon C1. Je me gare au village de Camous comme vendredi pour attaquer ma chasse par le bas mais, ce matin, j'ai décidé de commencer par le versant gauche pour tenter de revoir les cerfs vus vendredi soir. Je ne ferai pas le difficile, pour un premier contact avec ce beau territoire, je suis prêt à flécher un daguet si l'occasion se présente, j'ai vu beaucoup de C1 différents en trois jours mais un seul daguet. La pluie tombe de plus en plus fort alors que j'attends le lever du jour dans la voiture en me préparant. Je décide d'enfiler le haut de ma tenue camo-neige sous ma veste camo car le haut du territoire doit être couvert de neige comme vendredi.

Je quitte ma voiture aux premières lueurs du jour sous une pluie battante. Je passe sous la conduite de force et passe la barrière qui permet d'accéder aux prairies sur la gauche du ruisseau puis remonte tranquillement en biaisant à gauche pour rattraper le bout de chemin qui remonte vers la petite ruine. Alors que j'avance tranquillement sur le chemin, je me fige en apercevant une silhouette à environ 80 mètres, en bordure des ronces qui longe la ruine. Je force mes yeux dans la faible luminosité pour tenter de l'identifier. Il me semble reconnaître une biche mais elle reste un long moment immobile avant de se débiner vers le bois sur ma droite. Je la laisse s'éloigner tranquillement avant de continuer à avancer vers la ruine.

Je passe sur la droite de la ruine, rattrape le chemin qui remonte sur ma droite et le traverse pour aller explorer le penchant de fougères au-dessus de moi sous les pins quand une biche et son jeune démarrent au galop à environ 100 mètres au-dessus de moi et filent en suivant la courbe de niveau sur ma droite. Je remonte un peu et récupère une belle coulée qui part à gauche pour rejoindre des prairies au-dessus du village. Je la suis tranquillement au milieu des fougères. En m'approchant d'une prairie masquée partiellement par une bosse du terrain en lisière du bois, je calcule mes pas et avance tout doucement en espérant surprendre des animaux mais c'est moi qui suis surpris car je tombe sur une biche et son faon juste au bord du bois. Je ne les voyais pas derrière la bosse du terrain et mes yeux se portaient plus loin sur la prairie, ils démarrent à à peine 15 mètres devant moi et disparaissent plus bas derrière une bosse de la prairie.

Je biaise un peu à droite pour prendre une belle coulée qui longe la lisière du bois au-dessus de la prairie. Pas d'autres animaux en vue, je bifurque à droite pour remonter en montagne en suivant les coulées dans la végétation détrempée, au milieu d'une zone d'épines noires, de ronces et de fougères. La pluie se calme doucement mais je suis déjà trempé. J'avance doucement espérant surprendre un animal mais rien ne bouge. Des granges se dessinent dans la brume au-dessus de moi, dans la prairie au-dessus du bois. Je reconnais la zone déjà vue hier. Un peu plus bas sur ma droite, j'aperçois, dans un creux du terrain, à environ 40 mètres, un petit massif de buis qui pourrait faire une belle remise. Je stoppe un instant pour observer ce secteur mais ne voyant rien, je me remets en mouvement. C'est alors qu'une biche et son jeune démarrent de derrière les buis que je surveillais à l'instant. Je me suis encore fait avoir. Je rejoins la clôture qui longe la prairie et me dirige vers le massif de buis où j'ai levé le grand cerf. Le talus est tellement glissant que je peine à avancer sans tomber en suivant une belle coulée qui longe sous la clôture.

Je passe au-dessus de cette dernière pour la longer en bordure de la prairie où le sol plus plat, moins glissant et plus praticable. La pluie a fait place à de gros flocons lourds. Un peu plus loin, alors que j'avance tranquillement un jeune 6 cors surgit au galop d'un creux du bois en contrebas et stoppe à environ 40 mètres derrière un gros chêne qui cache sa tête. J'accroche mon décocheur et tente d'avancer un peu mais le cerf démarre et se plante plein travers quelques mètres plus haut alors que je viens d'armer mon arc. Une branche basse entre lui et moi me gêne pour prendre ma visée sur sa zone vitale. Je me baisse doucement pour viser sous la branche et cale ma visée avant de décrocher mais la flèche passe juste sous son poitrail et il démarre en trombe pour remonter la pente enherbées puis stoppe 30 mètres plus haut au milieu d'un roncier d'où seule sa tête dépasse. Il regarde les alentours en cherchant à comprendre ce qui vient de se passer. Je reencoche et tente une approche mais je perds le cerf de vue et me rends compte qu'il a disparu en arrivant au bord du roncier. Je redescends pour chercher ma flèche et vérifier que j'ai bien manqué le cerf. Je trouve l'endroit où le cerf a démarré en arrachant l'herbe mais ni sang ni flèche. Je tourne un moment sur le secteur sans succès. Je me replace à l'endroit du tir et me refais la scène mais rien a faire, ma flèche est perdue, je n'aurai pas dû tirer, c'était un peu trop loin et en montée.

je me reconcentrer et poursuis mon chemin sur une belle coulée en redescendant un peu dans le bois alors que le brouillard monte. Alors que j'arrive en haut des rochers d'où j'ai vu les 3 cerfs hier, j'aperçois une silhouette de cervidé en contrebas à environ 12 mètres dans la brume. Je me fige et l'observe rapidement. Je distingue le départ des bois sur la tête mais je ne vois pas les bois derrière des branches de noisetier. Vu la carrure de l'animal, ça ne peut être qu'un daguet. Il est debout, plein travers, tête haute à droite et subit la pluie. Je me penche un peu en arrière pour armer, caché par les rochers, puis m'incline doucement mais les branches de noisetier me gênent à quelques mètres devant moi. Je me penche doucement à gauche pour prendre ma visée sur son coffre entre deux branches en V. Mon pin's se cale, le daguet tourne doucement la tête vers moi mais ma flèche est déjà partie. Elle frappe le daguet dans l'épaule un peu plus en avant que ma visée et à ma grande surprise le daguet s'effondre sur place puis bascule dans le vide. Un gros fracas retentit plus bas alors que d'autres animaux s'enfuient dans la pente au milieu des fougères.

Je reencoche et m'approche doucement du bord des rochers mais ne vois pas mon daguet en bas. Je commence à douter de ma flèche. Je m'avance un peu en longeant les rocher sur la gauche et aperçois ma flèche à environ 30 mètres plus bas dans les rochers devant un gros arbre mort tombé en travers de la pente. Je scrute le paysage et finit par apercevoir une masse sombre dans des fougères à environ 70 mètres plus bas. Les fougères semblent écrasées sur quelques mètres avant cette masse. Ca ne peut être que mon daguet, vu la chute vertigineuse qu'il a fait en se fracassant sur les rochers il n'a pas pu aller bien loin.

Je remets ma flèche au carquois et m'avance encore un peu pour trouver un passage au travers des rochers dans la forte pente. Je récupère ma flèche qui est cassée, il manque 20 centimètres côté l'âme qui ont dû restés dans le daguet. Alors que je ramasse ma flèche du sang coule du tube cassé. Je la mets au carquois. Une traînée dans la boue a emporté les feuilles mortes sous le gros tronc d'arbre comme si le daguet avait glissé dessous. Je passe le par-dessus le tronc un peu plus à droite en contournant un gros chêne puis, arrivé au pied des rochers, je me dirige vers la masse sombre. C'est bien un animal couché, je m'approche doucement en encochant une flèche. Je ne vois pas sa tête. Alors que j'arrive à quelques mètres j'aperçois la tête prise dans les fougères. Mon daguet est mort, il s'est calé contre un vieux bout de grillage abandonné en forêt.

Daguet dans la brume, 10 novembre 2019

Je me retourne vers l'endroit d'où mon daguet est tombé. Il était en haut des rochers les plus hauts.

Daguet dans la brume, 10 novembre 2019

Je n'avais jamais vu tomber un grand cervidé sur place comme foudroyé. Ma flèche a traversé l'omoplate et a atteint les poumons sans toucher la colonne comme j'aurais pu le penser vu que l'animal est tombé sur place. L'hémorragie a été totalement interne, je n'ai pas trouvé de sang sur la trajectoire de la chute jusqu'à l'animal.

J'appose mon bracelet avant de tenter de dégager mon daguet des fougères et du grillage. Ma tendinite de l'épaule m'handicapant un peu, j'ai moins de force dans mon bras droit et je m'échappe mon daguet à peine dégagé du grillage. Il roule sur environ 100 mètres dans la pente et se cale contre un arbuste. Je descends à sa rencontre pour le récupérer et me rends compte qu'il est calé juste au-dessus du chemin qui descend à la petite ruine du bas de la montagne. Je le fais donc basculer sur le chemin puis le traîne un peu plus bas pour prendre quelques photos souvenir.

Daguet dans la brume, 10 novembre 2019

Je finis de le descendre par le chemin jusqu'à la ruine à plus d'un kilomètre alors que la pluie a cessé et que le soleil se lève sur un beau paysage montagneux aux sommets enneigés.

Daguet dans la brume, 10 novembre 2019
Daguet dans la brume, 10 novembre 2019

Arrivé à la ruine, je quitte le chemin pour descendre vers la voiture à quelques centaines de mètres plus bas. Ayant du réseau, j'en profite pour appeler le président de la chasse qui n'est pas dans le secteur, il m'indique que personne ne peut venir m'aider à charger mon daguet, que je peux laisser mon chèque au café de Beyrède et qu'il me fait cadeau de la moitié du bracelet de la biche, au vu de la maigreur de l'animal. Arrivé au roncier où j'ai tiré la jeune biche, je vide mon daguet puis le traîne jusqu'à la barrière sous la conduite de force. Je pars chercher ma voiture que je recule à la barrière avant de passer le daguet au travers de cette dernière et d'essayer de le charger mais je n'y arrive pas. Je tente par la tête puis par l'arrière train sans plus de succès avec mon épaule qui me fait mal. Je décide de changer de technique, j'attache ses 4 pattes ensemble, passe mon cou dans la anse ainsi formée et lève avec mes cuisses pour le charger dans ma caisse de portage de gibier avant de partir payer mes dettes au café du village puis de rentrer dans le Gers pour préparer la viande.

A dépeçage, je constaterai que plusieurs côtes ont été fracturées par le  choc sur les rochers, sur une ligne médiane à mi hauteur du coffre, que le nez de l'animal est fracturé et que la cage thoracique était pleine de sang. Le bout de flèche était resté dans les poumons.

 

Alex

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9 novembre 2019 6 09 /11 /novembre /2019 09:50

Ce matin pluie et neige sont annoncées sur Beyrède-jumet, je prévois donc du rechange car je pars chasser toute la journée. C'est mon 3ième vendredi de chasse sur ce nouveau territoire trouvé sur Tempo chasse

et que j'apprends à connaître seul, j'ai 2 bracelets de grands cervidés jusqu'à mi-février et je dois les rendre après si je ne les ferme pas.  Ce territoire se compose d'une grande vallée encaissée dans un cirque ouvert sur la vallée de la Neste, les crêtes sur les hauteurs et le village de Camous sur le bas délimitent cette zone de chasse d'environ 400 hectares. Patrick m'ayant empêché, sans m'expliquer pourquoi, d'avoir mon bracelet de C2 sur Sarrancolin et sans m'en avertir avant l'ouverture de la chasse en zone montagne, j'ai cherché, un peu tardivement, une solution de rechange et j'ai laissé passer le brame ce qui va compliquer la chasse pour le C1 que j'ai à faire. Je pars vers 5h40 de chez moi sous une pluie battante et arrive à Camous vers 6h45. Je me prépare tranquillement dans ma voiture en attendant que la luminosité croisse et en espérant voir se calmer la pluie. Vers 7 heures, la crête au-dessus de Beyrède-jumet commence à se détacher sur un ciel bleu nuit, je décide de quitter ma voiture pour commencer à remonter par le sentier de hèches qui démarre sous une grosse conduite de force.  C'est la première fois que j'attaque le territoire par ce côté, en général j'attaquais ma chasse d'en haut, par le bout de la route qui arrive au pied du cirque et dessert les granges. La pluie mêlée de neige tombe toujours mais moins fort. 

J'avance doucement sur le chemin longé par un ruisseau bruyant dont les fortes pluies de ces derniers jours ont gonflé le débit. Je surveille les prairies pentues de part et d'autre en forçant mes yeux dans la pénombre pour tenter d'apercevoir un animal. Les zones ouvertes alternent avec des zones où le bois descend jusqu'au chemin et il ne fait pas encore assez jours pour voir en sous-bois. Un peu plus loin, le toit en rénovation d'une grange se dessine peu à peu derrière une bosse du chemin. En arrivant à hauteur de la grange, implantée au bord du ruisseau sur la gauche du chemin, j'aperçois, à environ 90 mètres, au milieu du chemin, 3 silhouettes plantées de face. Je me colle contre le talus sur la droite du chemin et m'agenouille dans la boue froide, dos à la grange, pour observer les animaux qui semblent m'avoir vu sans m'identifier. La biche suitée de son faon et d'une bichette m'observe un moment dans la faible luminosité matinale. Je reste immobile et elle finit par se tranquilliser et commence à remonter, en broutant, la pente herbeuse sur la droite du chemin, suivie des jeunes. La luminosité croit doucement et je suis à découvert, je décide de faire marche arrière pour tenter une approche par l'arrière de la grange et d'un mobil-home qui lui fait suite. Je repars donc voûté, en marche arrière en serrant contre le talus pour surveiller les animaux qui semblent tranquilles et broutent toujours. Je rejoins un gros rocher pris dans le talus à environ 40 mètres en arrière de mon poste initial. Je me cache derrière et observe un instant les animaux en laissant dépasser juste le haut de ma tête au dessus du rocher. La biche regarde vers moi un moment puis se remet à brouter, je repars voûté en marche arrière et en serrant le talus puis passe derrière la bosse du chemin qui me cache maintenant les animaux. Je traverse le chemin sans risque d'être vu et passe derrière la grange dont je longe le mur pour arriver à l'angle de cette dernière. Un énorme rocher, à quelques mètres du mur du bâtiment la sépare du mobil-home et me cache mais m'empêche de voir les animaux. Je me colle au rocher et remonte doucement vers le chemin, mais arrivé au bord du rocher, je ne peux qu'apercevoir, en me penchant doucement, les cervidés se débiner de cul vers le bois. 

Je sors donc de ma cachette et reprends ma progression sur le chemin, je surveille attentivement le sous-bois mais les animaux sont certainement déjà loin. Un peu plus haut le paysage s'ouvre sur ma droite sur une prairie très pentue, formant un grande marche bordée de quelques arbres à environ 40 mètres. J'y ai réussi une belle approche , à environ 15 mètres, sur une biche suitée d'un faon et d'un petit daguet lors de mon premier jour de chasse. Cette marche me masque le haut de la prairie et j'avance tout doucement en surveillant le sous-bois clair à ma gauche, le sentiers et quelques petits ronciers devant moi et la prairie sur ma droite. Tout à coup, une très grosse biche surgit de derrière un des petits ronciers et fuit en remontant. Je la perds vite de vue derrière une bosse du chemin. Je m'avance doucement tout en surveillant toujours autour de moi pour tenter de surprendre la biche, si elle n'est pas allée loin, mais elle n'est plus là.

Le paysage se referme vite, je presse un peu le pas car mes chances de voir un animal en sous-bois aussi épais est très faible et je préfère ne pas perdre trop de temps pour remonter vers d'autres prairies plus hautes. Je passe une clôture qui barre le chemin puis le paysage s'ouvre un peu à nouveau, le chemin traverse le ruisseau en tournant à angle droit sur la gauche puis débouche sur une prairie étroite derrière une bande de ronces. Le secteur très humide est ponctué de nombreuses souilles qui semblent très fréquentées par les cervidés et les sangliers, le sol très boueux est imprimé d'innombrables traces au travers desquelles l'herbe peine à pousser, je suis les traces qui ont imprimé une belle coulée qui retraverse le ruisseau pour prendre le passage le plus facile et longer le fond de la combe. Le bord du ruisseau devient difficile à suivre et je remonte un peu dans le bois pour rejoindre une belle coulée parallèle au cours d'eau. Je la suis tranquillement en observant autour de moi, la pluie mêlée de neige se transforme peu à peu en neige pure en gagnant de l'altitude. Le sol blanchi vite et devient très glissant, je peine parfois à garder l'équilibre dans les passages plus difficiles et les pentes. Sur la gauche du ruisseau, le paysage s'ouvre sur un petit plan d'eau puis des pentes enherbées et quelques granges. Un peu plus haut, je rejoins une large piste forestière arrivant des prairies et remontant dans la montagne. Je jette un coup d'œil sur les prairies enneigées à la recherche d'un animal mais, à part les 3 lamas dont le dos est couvert de neige et quelques poneys, rien ne bouge.

Premières neiges sur les Pyrénées, 8 novembre 2019
Premières neiges sur les Pyrénées, 8 novembre 2019

Je prends la piste que je connais déjà pour commencer à remonter sur le penchant droit de la montagne. 

Premières neiges sur les Pyrénées, 8 novembre 2019

Je surveille au-dessus et en dessous de moi. La piste s'interrompt vite pour laisser place à un petit sentier de gibier. Le sol moins stable et gorgé d'eau est très glissant et je dois calculer chacun de mes pas pour ne pas tomber et pour avancer discrètement. Je m'arrête régulièrement pour observer autour de moi, le bruit de la neige et des gouttes d'eau qui tombent masquent les bruits du sous-bois et je ne peux pas me fier à mon ouïe. Le penchant d'en face a beaucoup blanchi.

Premières neiges sur les Pyrénées, 8 novembre 2019

J'essaie de ne pas trop monter car j'ai souvent vu les animaux assez bas. Je progresse lentement en suivant les grosses coulées et en essayant d'éviter les pentes trop raides pour ne pas chuter sur le sol très glissant. Alors que je fais une pause observatoire près de gros rochers, un mouvement attire mon regard à environ 20 mètres en contrebas. Une biche, que le relief du terrain me cachait, surgit et se plante plein travers. Elle regarde autour d'elle, je pivote tout doucement face à la pente et tente d'armer mon arc mais je suis à découvert. La biche regarde brusquement vers moi et hésite inquiète, le haut de la tête d'un autre animal sans bois apparaît plus à gauche derrière la biche. Je monte très lentement mon arc mais la biche fait volte-face et disparaît dans la pente en entraînement avec elle l'autre cervidé. Je n'ai pas été assez attentif et je viens de laisser filer une belle occasion de tir.

Je poursuis mon chemin et continue à descendre pour éviter les pentes rocheuses abruptes qui doivent être très glissantes. Les hêtres et les sapins font place à un gros massif de buis. Le bruit du ruisseau en contrebas se fait de plus en plus présent, il me faut remonter un peu. Plusieurs buis ont des branches cassées et je tombe régulièrement sur des arbres et arbustes à l'écorce arrachée par les bois des cerfs. Je remonte tranquillement par une belle coulée en surveillant le sous-bois très épais jusqu'à déboucher en bordure des buis, dans une zone de sapins plus clairsemée avec quelques buis épars. Un mouvement attire mon regard à environ 100 mètres au-dessus de moi. Un jeune cerf, aux bois longs, clairs et peu fournis en andouillets, agite sa tête au travers d'un buis. Je me fige mais il se fige également et regarde vers moi un court instant avant de démarrer en trombe et disparaître rapidement derrière les arbres. Je tente de remonter doucement pour voir si je ne peux pas le retrouver quand une biche et son faon arrivent, cachés par la pente raide sur ma droite et stoppent sous un gros sapin à environ 60 mètres au-dessus de moi. Je me fige pour les observer et réfléchir rapidement à une stratégie d'approche mais la biche regarde vers moi puis démarre et remonte avec son jeune pour disparaître plus haut.

Je biaise vers l'endroit où se trouvait le cerf mais n'arrive pas à trouver des traces sur un sol partiellement couvert de neige. Je biaise vers l'endroit où se trouvait la biche. Je trouve facilement les traces qui remontent en biaisant à gauche sur un sol de plus en plus enneigé à mesure que je remonte. Alors que la piste s'éternise sans rattraper les animaux, je décide de remonter vers la cime de la montagne quand j'ai une impression bizarre. Je me fige et lève les yeux vers le sommet quand j'aperçois un cerf qui me regarde à environ 20 mètres au-dessus de moi. Ses bois sont cachés par des branches et il est de 3/4 face. Je reste immobile et nous nous observons. Alors que j'espère voir ses bois, mes pieds glissent dans la pente et je chute lourdement et réussissant à le rattraper d'une main sans taper mon arc. En tombant, j'ai disparu du regard du cerf derrière le rocher devant moi qui me le masque également. Je me redresse doucement et me rends compte que le cerf n'a pas bougé, il regarde toujours vers moi. Je stabilise mes pieds du mieux que je peux et accroche mon décocheur en espérant qu'il s'agit d'un moins de 10 cors . Le cerf finit par tourner la tête, il porte 5 d'un côté et son autre bois est cassé au-dessus du premier andouillet, c'est un moins de 10 (je me ferai confirmer le conte des pointes en cas de bois cassé par un technicien de la fédération des chasseurs des hautes Pyrénées, il confirmera qu'il faut compter les pointes restantes) mais de 3/4 face et sur l'œil le tir n'est pas raisonnable. Il finit par se tourner plein travers, tête vers la gauche mais démarre et se débine tranquillement. Dès que je le perds de vue, je remonte pour trouver sa trace et la suis tranquillement en espérant l'avoir à nouveau à portée mais après plusieurs centaines de mètres de pistage, je perds sa trace dans une zone déneigée et n'arrive plus à la retrouver. Il est plus de midi, je décide de redescendre tranquillement pour aller me changer à la voiture car je suis trempé et pour manger un bout.

Je peine un peu à trouver mon chemin et à ne pas chuter au travers des pentes abruptes mais finis par rejoindre le fond de la vallée où je descends pour retrouver le chemin de hèches. La neige n'a pas tenu en fond de vallée. Alors que je ne suis plus qu'à environ 200 mètres de la voiture, j'aperçois une biche au gagnage de l'autre côté du ruisseau sur ma droite, un peu plus en aval. Elle broute sur une petite place herbeuse, au milieu d'un petit roncier en U, d'environ 2 mètres de haut et 10 mètres de large, sur un replat, dans la pente au-dessus d'une prairie. L'approche semble très facile, je poursuis tranquillement mon chemin sur le sentier en surveillant l'animal au travers des arbres qui bordent le cours d'eau. Elle est à environ 100 mètres. Une fois que le roncier me la masque, j'avance encore un peu pour trouver un passage pour traverser, à sec, le ruisseau encaissé d'environ 2 mètres. Je trouve une zone de rochers émergés me permettant de traverser puis remonte le talus abrupt en me cramponnant aux racines et aux branches basses. Je traverse rapidement la prairie en direction du roncier. Le bruit du ruisseau très présent masque le peu de bruit de mon approche déjà silencieuse sur l'herbe verte. Arrivé contre le roncier qui me domine d'environ 2 mètres au sommet d'un talus, j'accroche mon décocheur et glisse doucement sur ma droite en dessous du roncier pour arriver au bout des ronces, je me penche doucement alors que de petits piaulements retentissent comme ceux d'un chevrillard. J'aperçois l'arrière train d'un jeune cervidé de 3/4 arrière. Je me recule à couvert, arme mon arc et me penche à nouveau, cale ma visée sur son coffre et décoche. Touché, l'animal fait un grand bon pour retomber dans les ronces où il se débat un instant avant de s'immobiliser. Il a fait à peine 2 mètres. Les grondements d'alerte d'une biche retentissent plus en avant. Je décide de tenter une approche, je remonte le talus, rentre dans le roncier, passe à côté du jeune cervidé qui finit de mourir et traverse le bourrelet de ronces par un passage étroit de gibier. Je tombe sur ma flèche plantée au sol. 

Premières neiges sur les Pyrénées, 8 novembre 2019

Je slalome entre les petits ronciers et remonte la pente boisée assez raide par une belle coulée en direction des grondements quand la tête d’une biche m'apparaît derrière une bosse du terrain à environ 15 mètres. Elle m'observe un instant en grognant puis s'éclipse doucement, stoppe plein travers à environ 25 mètres sur le replat herbeux au-dessus de moi, regarde vers moi, gronde puis s'éclipse tranquillement. Je redescends vers mon jeune cervidé qui est mort, tourné en sens inverse de son sens de fuite.

Premières neiges sur les Pyrénées, 8 novembre 2019

Je le dégage des ronces pour apposer le bracelet et l'examiner. Ma flèche rentre basse au niveau du cœur et sort haute, en avant de l'épaule opposée ce qui s'explique par mon tir de bas en haut. L'animal est assez maigre et très petit pour l'époque, c'est une jeune femelle, je pense qu'elle n'aurait pas passé l'hiver. Après quelques photos souvenir,

Premières neiges sur les Pyrénées, 8 novembre 2019

je le vide puis le ramène vers la voiture alors que quelques vautours tournent dans le ciel. Je me change puis appelle le président de la chasse pour l'informer de ma chasse et lui montrer ma prise. En voyant mon faon, lui non plus n'est pas inspiré et pense qu'il ne sera pas consommable, il me propose un autre bracelet si je veux en échange de celui-ci et de ne pas payer la carcasse si elle n'est pas consommable. Je lui dis que je le dépècerai demain et que, si la carcasse est consommable, je paierai mon bracelet.

 

Après une pause casse-croûte, je repars en chasse vers 14 heures alors que la pluie mêlée de neige se remet à tomber. J'hésite à prendre ma tenue camo-neige mais décide de partir sans car la neige semble avoir bien fondue. Je décide d'attaquer le versant opposé à celui chassé ce matin. Le vent souffle du sommet vers la vallée, c'est parfait. Je commence à remonter la prairie par où j'ai descendu mon faon et tombe sur une biche au pelage clair comme celle approchée en fin de matinée. Je me fige, elle m'observe plein travers, à 30 mètres au-dessus de moi dans le bois. Je l'observe un instant immobile puis remonte doucement de quelques mètres. Elle part au trot en grondant mais s'arrête régulièrement pour me regarder avancer. Je continue à monter et débouche sur une petite prairie au bord de laquelle se trouve une ruine prise dans une pointe boisée, je la contourne par la droite, traverse un chemin forestier et remonte dans un sous-bois clair de feuillus et de grands pins dont le sol est tapissé de fougères. Les coulées sont innombrables et les laissés très abondants. La plus part des résineux sont frottés à hauteur de cerf et dépouillés de leur écorce. Je monte doucement en surveillant le secteur mais rien en vue. Au bout d'un moment, une grange se dessine à environ 100 mètres au-dessus de moi dans une zone de prairie. Une clôture à mouton longe la lisière. Un massif de buis se trouve sur ma droite sous cette clôture, je biaise pour remonter vers ce dernier. En arrivant sous les buis, un mouvement me fait lever les yeux sur un grand cerf qui se débine au travers du massif, je le perds vite de vue, il semblait partir sur ma droite mais je ne le vois pas sortir des buis. Je remonte doucement mais il ne se montre pas, il a dû remonter dans la prairie en sautant la clôture ou en passant dessous.

Je poursuis sur ma droite en montant doucement. Au bout d'un petit moment, je retombe sur le grand cerf que j'aperçois à environ 70 mètres au-dessus de moi, il se débine en remontant et il me semble apercevoir  furtivement un autre animal sans bois de devinant un peu plus bas mais je le perds vite de vue dans la végétation alors que le cerf disparaît en remontant la pente assez raide. Il est bien trop grand pour mon bracelet, je poursuis ma progression en remontant doucement quand les geais se mettent à donner de la voix sur ma droite, ils annoncent certainement du mouvement et je me tiens prêt en avançant lentement. 2 animaux sans bois démarrent à environ 20 mètres devant moi et disparaissent dans la pente d'une combe descendant vers une habitation en contrebas, au milieu du bois. La pente est très raide, je décide de remonter en zigzagant pour passer une zone presque verticale et rocheuse mais je finis par devoir monter tout droit, au plus raide, sur le seul passage possible. La coulée boueuse est très glissante et je dois me cramponner aux rochers, aux arbustes, aux racines pour ne pas tomber. Je remets donc ma flèche au carquois pour finir mon ascension. Alors que j'arrive en haut des rochers sur un replat et que je me redresse, j'aperçois 3 beaux cerfs moins de 10 qui m'observent, plantés plein travers, têtes à droite, à environ 20 mètres au-dessus de moi. J'attrape doucement ma flèche sans les quitter des yeux, encoche tout aussi lentement, accroche mon décocheur mais les cerfs démarrent. J'arme mon arc. Les cerfs font une dizaine de mètres puis bifurquent en épingle à gauche pour remonter un peu et restopper plein travers à environ 30 mètres au-dessus de moi. Je tente d'aligner ma visée mais ils repartent, font un second virage en prenant à droite, marquent une courte pause à environ 45 mètres puis disparaissent derrière des gros rochers. Je viens de manquer une très belle occasion de tir, je désarme. Je reprends mon ascension en biaisant à droite pour tenter de revoir les cerfs quand un animal démarre en contrebas dans la combe et s'enfuit au galop en remontant, plus haut un second animal démarre plus à gauche et le rejoint.

Je continue à monter mais les cerfs ont disparu. Je rejoins la route qui remonte vers le pied du cirque. Au-dessus de moi, une grange habitée est entourée de prairies où j'ai vu 2 moins de 10 vendredi dernier juste avant la nuit. Le vent souffle toujours du sommet vers la vallée. Je longe un peu la route en remontant pour rattraper un bout de piste qui remonte dans les buis sur ma gauche. La pluie mêlée de neige a fait place à une averse de neige lourde et le paysage déjà blanc au-dessus de la route recommence à blanchir, je regrette de ne pas avoir pris ma tenue camo-neige. La piste bifurque à gauche pour passer sous des gros rochers puis se transforme en sentier qui bifurque à nouveau à droite au milieu des buis un peu plus loin. Je passe un petit portail que je referme derrière moi puis quitte le sentier qui devient de plus en plus étroit pour remonter tout doucement, au plus raide, au travers des buis. Il neige fort, tout à coup, j'aperçois une masse brune à environ 40 mètres au-dessus de moi. Je me fige et l'observe, c'est un cerf, il est plein travers et semble regarder vers moi. Sa tête est masquée par un arbre, seul le départ d'un de ses bois est visible, je ne peux pas compter les pointes. Je décide de tenter une approche, je me décale un peut à gauche pour remonter, caché derrière des arbres et des rochers, mais je perds le cerf de vue par la même occasion. Je l'aperçois encore 2 fois en me penchant doucement durant ma progression mais alors que j'arrive à portée de tir je me rends compte qu'il a disparu. Je le cherche un moment du regard puis tourne un peu sur le secteur mais je dois me rendre à l'évidence, il m'a faussé compagnie.

Je reprends mon ascension, les buis de plus en plus clairsemés laissent place à une forêt de feuillus. Alors que j'arrive à environ 60 mètres de la lisière du bois, du mouvement attire mon attention au-dessus de moi. Je stoppe et observe, il me semble identifier une bichette qui s'avance tranquillement à environ 40 mètres au-dessus de moi. Je la perds un instant de vue derrière un talus rocheux et quelques arbres et en profite pour m'avancer d'environ 10 mètres. Elle réapparaît furtivement après les arbres puis disparaît brusquement comme si elle s'était couchée. Je remonte doucement caché par un gros rocher, le bruit de mes pas est masqué par la neige qui tombe. J'arrive sous le gros rocher et hésite. Je sais que je peux retirer une biche si je veux, je prends la décision de tirer si je peux. J'accroche mon décocheur et escalade doucement le talus par un passage de gibier quand j'aperçois une belle biche couchée plein travers à 12 mètres au-dessus de moi. Elle est entrain de ruminer, je me baisse sous le rocher, arme mon arc et me redresse doucement. La biche aperçoit le mouvement et se redresse tranquillement pour se planter de 3/4 face et tenter de m'identifier en hochant la tête, toujours en ruminant. Je monte doucement mon arc, aligné ma visée sur son défaut avant d'épaule et décoche mais les feuilles volent sur la cassure du talus devant moi et la biche démarre suivie d'un jeune. Ils remontent vers la lisière du bois, marquent un temps d'arrêt pour regarder vers moi puis la biche gronde et les 2 animaux disparaissent en remontant dans la prairie enneigée. J'ai bien observé la biche elle n'était pas blessée et en analysant mon tir je comprends vite que ma flèche a touché la cassure du talus ce qui l'a déviée. Je remonte à sa recherche et pour vérifier qu'il n'y a pas de sang. En tournant sur le secteur je finis par retrouver ma flèche plantée à 1,5 mètre du sol dans un arbre. Je la récupère et l'observe, pas d'indice de blessure, je suis rassuré et la remets au carquois. Je suis les traces de la biche dans la neige et débouche dans la prairie au-dessus du bois. Pas la moindre trace de sang, c'est manqué et je préfère ainsi. Je prends à droite pour suivre le chemin qui longe le bois.

Premières neiges sur les Pyrénées, 8 novembre 2019

Le bois est bordé par une bande de buis qui me masque la vue, je m'attarde un peu à chaque trouée pour tenter d'apercevoir des animaux. Un peu plus loin, je stoppe net en apercevant une bichette à 35 mètres en contrebas un peu plus en avant de moi. Je me cale contre les buis en espérant la voir avancer un peu, le vent descend droit vers le bois mais pour l'instant elle ne peut pas me sentir. Elle avance tout doucement en glanant sa nourriture sur le sol enneigé mais, au bout d'une ou deux minutes, elle stoppe brusquement et redresse la tête pour regarder devant elle. Une grosse biche suivie d'un faon, que la haie de buis me masquait, surgissent à découvert et foncent dans la pente en biaisant sous la bichette qui démarre pour les suivre. Ils disparaissent plus bas dans le bois. Le vent m'a trahi. Je reprends ma progression sur le chemin en serrant le bois.

Le bois fait place à une prairie bordée par une haie le long du chemin et une bande de buis qui redescend à angle droit du chemin. Je passe une petite grange abandonnée sur la droite du chemin avant le départ de la haie. Je jette un coup d'œil dans la prairie, rien vue. Je longe doucement la haie quand j'aperçois, à environ 80 mètres, l'arrière train d'un cervidé dont l'avant est caché par un gros arbre couvert de lierre et poussant contre la haie. C'est une biche qui broute le lierre contre le tronc. Elle ne peut pas me voir approcher, j'en profite pour m'approcher le plus vite possible en longeant la haie. Alors que j'ai gagné 40 mètres, la biche se retourne un instant plein travers en bordure du chemin, tête vers le haut de la montagne. Je me fige, elle observe un instant autour d'elle sans me voir puis part tranquillement de cul en glanant quelques bouchées au sol. Je la suis pour tenter de la rattraper en essayant d'avancer le plus vite possible sans être repéré. La haie fait un léger virage à gauche un peu plus loin et la biche commence à rentrer dans la haie. Elle est de 3/4 arrière à moitié dans la haie, dans la pente et ne peut plus me voir. J'accélère mais arrivé à environ 25 mètres, elle finit de rentrer  tranquillement dans la haie et je la perds de vue. Je tente de m'approcher plus mais elle a disparu. Un autre animal démarre dans la haie sur ma droite entraînant d'autres animaux avec lui. Je me suis fait avoir.

Je poursuis mon chemin et tombe sur les traces de 3 animaux, certainement biche, bichette et faon que je viens de faire fuir. Je continue un moment sur le chemin qui rentre dans le bois mais ne voyant rien, je décide de revenir sur mes pas en surveillant les alentours. En longeant le bois par lequel je suis remonté jusqu'au chemin que je suis, j'arrive au niveau d'un portail que je passe pour continuer à suivre le chemin qui descend en lacets vers la prairie où j'espère revoir les cerfs vus la semaine dernière. Une zone de genêts domine le chemin sur ma droite. Des pistes de cervidés descendent des genêts et passent sous un clôture barbelé qui borde la chemin sur ma gauche. Les animaux ont laissé quelques poils restés accrochés en la passant dessous. Certaines traces fraîches suivent le chemin pour descendre dans le bois en dessous de ce dernier dans un virage en épingle à gauche. Je m'approche tout doucement du bord du chemin en suivant les traces mais me fait surprendre par une biche, une bichette et un faon qui démarrent en m'apercevant à environ 40 mètres en contrebas. La biche et la bichette s'enfuient en remontant la pente. Le faon stoppe rapidement et rumine sur place en observant autour de lui sans comprendre la raison de ce départ subit avant de se décider à suivre sa mère et sa sœur. Un peu plus bas sur le chemin, je tombe sur de grosses traces fraîches d'un cerf et tente de les suivre mais je les perds au virage suivant. Le bois de buis sous le chemin devient très épais, j'hésite à y entrer mais me ravise et finis par suivre le chemin.

la prairie se dessine peu à peu au travers des arbres et j'aperçois un animal à découvert, au milieu de la prairie enneigée. Il me semble reconnaître un brocard mais à plus de 200 mètres de distance, il pourrait s'agir d'une chèvre. Je poursuis sur le chemin et rejoins un autre chemin qui bifurque en épingle pour descendre vers le départ de la prairie en direction d'une éolienne. J'ai perdu l'animal de vue mais des aboiements du chevreuil retentissent et s'éloignent en remontant en montagne. Arrivé au bord du bois au bout de la prairie, je rentre dans ce dernier en suivant un chemin. J'avance tout doucement en surveillant le sous-bois mais rien ne bouge. Je redescends vers la route puis la suis, en remontant vers le sommet, pour rattraper un chemin qui descend à travers bois vers ma voiture. Ce chemin me conduit à une habitation, je bifurque à gauche pour ne pas passer devant cette dernière et retombe dans des prairies où j'espère voir des animaux mais rien. La luminosité baisse très vite et je descends maintenant à travers bois en prenant les passages les plus faciles alors que la nuit s'installe. Je finis par retomber au niveau de la grange en restauration où j'ai fait ma première approche ce matin. Je traverse le ruisseau par un ponton en bois vermoulu puis rattrape le chemin de hèches que je suis en direction de la voiture. Dans la pénombre, j'aperçois les silhouettes de 3 grands cervidés, à environ 50 mètres, dans la bande de prairies qui longe la droite du ruisseau environ 300 mètres avant la zone où j'ai flèché ce matin. Je me fige et les observent sans arriver à distinguer leurs sexes dans l'obscurité, ils semblent tous les 3 de belle s tailles. Je m'éclipse doucement pour ne pas les effrayer et retourne à ma voiture. Il est temps de rentrer.

Le lendemain matin, en dépeçant la petite biche je constaterai que la viande a bien caillé durant la nuit et qu'elle ne présente pas d'anomalie. Les abats son jolis aussi. Je décide donc de garder la carcasse et en informer le président de la chasse par SMS.

 

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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