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20 octobre 2019 7 20 /10 /octobre /2019 17:51

Cette année j'ai été invité, comme l'an dernier, à venir chasser l'isard dans les Pyrénées orientales. L'an dernier, j'avais manqué 2 isards en 2 jours de chasse et j'avais pu me familiariser un peu avec ce territoire que je ne connaissais pas et que je découvrais seul. Vendredi 18 octobre, je me prépare tranquillement puis pars vers 9 heures pour arriver vers 12h30 et retrouver mon ami qui me laisse 2 bracelets, un pour tirer un jeune (cornes en dessous des oreilles) et un pour un adulte (cornes au-dessus des oreilles). Je n'ai donc pas à me soucier de différencier le sexe ou l'âge de mon animal de chasse, ma seule consigne est de ne pas tirer une femelle suitée de son chevreau.

Les bracelets en poche, je pars pour la zone de chasse. Je me gare au départ d'un chemin forestier fermé par une barrière. Je mange un bout, me prépare puis pars pour monter en montagne pour chasser en descendant dans l'après-midi. Je prends la piste forestière mais la quitte vite pour prendre un petit sentier sur la gauche, je le suis un instant jusqu'à rejoindre un autre petit sentier qui remonte dans une combe étroite pour rejoindre encore un autre petit sentier qui serpente pour remonter dans la montagne et rejoindre la piste en haut de cette dernière. Une fois le sentier atteint, je commence à le suivre doucement, mes yeux et mes oreilles à l'affût du moindre bruit ou du moindre mouvement car les isards descendent parfois presque en bas de la montagne.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Je m'arrête souvent pour écouter et observer, en m'attardant plus particulièrement sur les zones un peu plus dégagées et rocailleuses.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

J'en profite également pour admirer ce beau paysage.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Au bout d'un moment, le sentier débouche sur un secteur ouvert, au bord d'un ravin dominé en face par une magnifique falaise qui délimite le territoire de chasse. Un pic rocheux domine le ravin sur ma gauche.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Une rivière, alimentée par de petites cascades, longe le bas de la falaise. 

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Un petit torrent desséché longe le bas du ravin que je domine et vient rejoindre la rivière en dessous de moi. Les 2 cours d'eau forment un V délimitant un massif au flanc arrondi sur la droite mais très escarpé sur la gauche avec des arrêtes rocheuses étroites et des à pics vertigineux.

Je décide d'aller jeter un coup d’œil sur ma gauche, en dessous du pic rocheux où se tenaient parfois les isards l'an dernier. Je m'avance par un tout petit sentier qui semble descendre dans le bois tout en surveillant le chaos de roches accolé au pic et débouche sur une zone dégagée qui me permet de voir, sur une bonne distance, le penchant rocheux, partiellement masqué par un bosquet sur la droite, en arrière du pic

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

et une pente douce rocheuse au bord du bois à ma gauche.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Je reste un instant à observer le secteur à la recherche d'un mouvement mais, ne voyant rien, je tente de descendre un peu en contournant par la droite un amas de grosses pierres pour arriver au bord d'une pente abrupte d'un peu moins de 10 mètres de haut d'où je peux observer quelques passages dégagés entre les arbres. Étant sensible au vertige, je ne suis pas à mon aise près de cet à pic et décide de remonter tranquillement vers le sentier.

Je reprends ma progression lente sur le sentier qui serpente en grands lacets dans le bois qui alterne entre des zones de bois très dense composées de chênes, chênes verts, châtaigniers et autres arbustes et des zones très ouvertes plantées de hauts pins permettant de voir loin. Je finis par déboucher sur une zone herbeuse et rocailleuse en bordure du ravin dominant le torrent asséché mais pas d'animaux en vue.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Je m'approche de la bordure du ravin pour observer en contrebas et profiter du panorama. Je suis déjà bien monté, la falaise semble lointaine.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Après cette petite pause d'observation, je rejoins le sentier pour finir de remonter jusqu'à la piste qui n'est plus très loin. Une fois la piste atteinte, je la longe tranquillement en surveillant les sous-bois de part et d'autre mais sans succès. Je veux passer le ravin pour redescendre la montagne, prise entre la rivière et le torrent, où j'ai manqué un isard l'an dernier.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Un peu plus loin, le paysage s'ouvre à gauche sur le secteur que je veux chasser.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Encore un peu de marche et je rejoins le haut de la montagne que je vais chasser en descendant.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Je m'avance un peu et retrouve la croix vue l'an dernier, je suis bien au bon endroit.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Le départ de la montagne est couvert d'arbustes, genêts, plantes ligneuses basses et ponctué de zones rocailleuses et de gros rochers nus.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Je trouve plus régulièrement des crottes d'isards sur le sol. La zone semble fréquentée.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Un peu plus bas, je décide de me poser un instant pour me reposer un peu et admirer le paysage magnifique avant de reprendre ma chasse. Il fait un grand soleil et il fait très chaud, les isards doivent se reposer à l'ombre. Je connais mal le comportement de ces animaux et pas beaucoup plus le territoire.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Environ 30 minutes plus tard, je repars et descends doucement mais le milieu se ferme peu à peu. Les arbres sont de plus en plus gros et les zones ouvertes de plus en plus rares. Ma progression est de plus en plus bruyante, le vent  soutenu est tournant et je ne vois pas à 10 mètres quand des animaux démarrent en contrebas sans que je puisse les voir. Je suis leur fuite au bruit. Le calme revenu, j'avance doucement et tombe sur une grande dalle rocheuse couverte de crottes plus ou moins fraîches. J'ai certainement levé les isards. Je décide de ne pas poursuivre en direction des animaux et de revenir chasser vers la zone rocailleuse en bordure du ravin sur ma gauche. Le secteur est trop fermé pour voir les animaux suffisamment tôt pour les approcher et tenter une flèche. Je descends donc vers le torrent et tombe sur des traces de peinture qui m'aide à me diriger au travers de la végétation en suivant un passage pas toujours bien marqué.

Arrivé au torrent, je le traverse puis remonte le penchant opposé pour rejoindre la bordure du ravin que je commence à suivre.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Je surveille le penchant d'où je viens en espérant apercevoir du mouvement mais rien.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Le bois fait vite place à une zone de genêts et de broussailles parsemée de gros blocs rocheux où je trouve pas mal de crottes. Je vais descendre doucement en suivant le ravin jusqu'au pic rocheux en espérant croiser un isard.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Je m'arrête souvent pour écouter et observer mais rien, pas d'isard. Je finis par rejoindre le pic où je me pose pour observer un instant avant de descendre derrière ce dernier comme tout à l'heure mais cette fois après une pause observatoire près de l'amas de grosse pierres je cherche et trouve un passage pour descendre dans le bois à ma gauche où j'ai manqué un autre isard l'an dernier. J'avance doucement mais le sol est couvert de feuilles mortes. Je retrouve un peu plus bas la zone de mon tir, de gros blocs rocheux au milieu des châtaigniers et des buis. Je me cale un moment en observation sur cette zone près d'un gros rocher mais le vent tournant ne me donne pas grand espoir. Je décide de revenir vers ma voiture en descendant à travers bois.

Mon véhicule rejoint, il me reste encore près d'une heure avant la nuit. Je décide d'aller prospecter un autre secteur. Je prends ma voiture pour rejoindre une zone où je pourrai me garer au départ d'un petit canal mais la place est prise par des ramasseurs de châtaignes. Je me gare donc un peu plus loin et reviens à pieds. Les ramasseurs de châtaignes m'ayant vu, je discute un peu avec eux avant de repartir en chasse. Je pars en longeant le petit canal qui longe le flanc très raide de la montagne sur ma droite et dévie une partie de l'eau de la rivière plus en amont. Arrivé à la prise d'eau, le canal s'arrête et je longe un peu la paroi rocheuse pour trouver un passage où traverser la rivière en marchant sur quelques rochers à sec. Je trouve un petit passage sur la rive opposée qui remonte raide jusqu'à une crête rocheuse accidentée que je suis doucement en remontant vers le pied de la grande falaise. Pas d'isard, je trouve un petit sentier un peu plus loin et le suis, il descend jusqu'à la rivière. Je ne peux pas aller plus loin sur cette berge et traverser au sec semble compromis, la nuit tombe peu à peu, je décide de retourner à la voiture, j'espère voir plus d'animaux demain.

Samedi matin à la nuit, je retourne me garer près de la barrière, au départ de la piste forestière. Je vais chasser le même secteur qu'hier, mon ami m'a indiqué qu'il y aurait une battue au sanglier sur le penchant opposé côté droit de la piste. Je me prépare tranquillement et pars de nuit vers 7h20 pour rattraper le sentier par lequel je suis monté hier. Je rejoins le pic rocheux puis continue mon ascension en suivant la zone rocailleuse et broussailleuse qui longe le ravin dominant le petit torrent asséché. Le jour se lève doucement, les nuages se teintent de rose au-dessus d'un lac de nuage qui recouvre la vallée.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Le vent souffle fort aujourd'hui, la pluie est annoncée pour demain matin. Je progresse doucement en m'arrêtant souvent pour observer et écouter. Les chiens de chasse de la battue donnent de la voie sur place dans la vallée, certainement excités par le départ pour la chasse. Je remonte jusqu'à trouver un passage pour traverser le petit torrent puis remonte dans la végétation épaisse en direction de la crête en biaisant légèrement à gauche. Je débouche, au bout d'environ 200 mètres, dans une zone dégagée sous des chênes épars. Le sol terreux est dépourvu de végétation et le sous-bois clair me permet de voir entre 50 et 100 mètres aux alentours. Le sol sec est marqué de nombreuses empreintes et de crottes plus ou moins fraîches, la zone semble très fréquentée. Je décide de me poser un moment dans le secteur alors que les premiers coups de feu et la menée des chiens résonnent au loin. Je commence par remonter doucement vers une zone rocheuse plantée de châtaigniers plus dense que les chênes. Je progresse très lentement et m'arrêtes très souvent pour regarder et écouter car le sol couvert de feuilles mortes, de pierres et de bois mort est très bruyant. En levant les yeux vers les rochers, j'aperçois alors une belle chevrette au poil d'hiver luisant, arrêtée plein travers à environ 40 au-dessus de moi, au milieu de quelques petits troncs d'arbres. Elle écoute en contrebas les chiens qui mènent une quinzaine de sangliers. Je me fige et la filme un instant avant qu'elle ne décide de s'éclipser doucement.

En regardant la vidéo chez moi je me rendrai compte que ce n'était pas une chevrette mais le brocard vu juste après, un peu plus loin

Je reprends ma chasse et bifurque à gauche pour m'avancer doucement vers la cassure du terrain qui descend assez raide vers la rivière. J'avance de quelques pas, écoute, encore quelques pas, écoute... Je progresse ainsi sur quelques dizaines de mètres vers les bas du dôme rocheux escarpé et chaotique puis me cale contre un gros rocher pour écouter et observer la pente en dessous de moi. Rapidement un son m'interpelle, j'ai cru entendre le sifflet d'un isard. Je reste immobile et observe. Les sifflements reprennent, c'est bien un isard. D'abord masqué par un gros rocher sur ma gauche, je finis par l'apercevoir furtivement alors qu'il vient de bouger à 45 mètres en contrebas. Le vent n'est pas très bon pour moi, l'animal avance doucement en s'arrêtant régulièrement pour regarder vers moi et lancer quelques sifflements. Je ne peux pas bouger sans l'affoler et les branches basses le masquent souvent partiellement. Alors qu'il avance un peu, je réussi, d'un mouvement très lent à me décaler un peu en face d'une trouée dans les branchages. L'isard se fige en bas à environ 50 mètres et siffle. Je reste immobile, curieux, il commence à monter vers moi de quelques mètres et je commence à y croire mais il stoppe, siffle un instant sur place puis saute sur une crête rocheuse et je le perds de vue. J'attends un instant au cas où il reviendrait, il me siffle un moment et semble s'éloigner. Le calme revenu, je tente de m'avancer un peu pour observer derrière la crête et me fais surprendre par l'isard qui réapparaît comme par magie sur la crête à environ 30 mètres en dessous de moi. Cette fois, il bondit derrière la crête et disparaît.

Je décide de contourner le dôme rocheux pour tenter d'aller recouper l'isard un peu plus loin. J'escalade les blocs de roches pour me trouver un passage au travers des arbres et contourner cet obstacle rocheux. Alors que j'avance doucement derrière le dôme, un léger mouvement en contrebas me fait stopper net. Un  brocard au poil d'hiver luisant regarde par en bas et écoute les chiens suivant les sangliers qui ont forcé la ligne de tir et sont remontés sur ma zone de chasse. C'est un petit 6, il est à environ 35 mètres de 3/4 face. Je décide de le filmer un moment, il ne semble pas vraiment inquiet comme s'il avait compris que les chiens n'étaient pas là pour lui mais reste tout de même vigilant. J'essaie de m'avancer un peu pour mieux le voir mais une branche me gêne. 

Les isards m'attendent, je décide de reprendre ma progression, le brocard finit par me repérer alors que j'ai fait quelques mètres mais me regarde passer sans bouger. Je le perds de vue un peu plus loin caché par les arbres. Je remonte vers la crête et trouve un passage pour m'avancer vers le penchant. Alors que je m'avance à découvert, je me fais surprendre par un éterlou qui regarde vers moi, planté plein travers à 25 mètres, en plein découvert en contrebas. Je tente d'armer mon arc mais il démarre et fonce dans la pente plus à droite. Je m'avance doucement pour voir le creux où il a disparu, un à pic vertigineux m'apparaît alors et je peine à m'approcher du bord pris par mon vertige. Le fond boisé du précipice ne me permet pas de voir en dessous des arbres, je remonte doucement à quelques mètres du bord pour remonter vers la crête quand un bel isard mâle escalade la paroi très abrupte de l'arrête rocheuse qui remonte en face de moi à environ 50 mètres. Il marque une pause sur un replat, regarde tranquillement les alentours puis monte un peu plus pour se caler sur l'arrête rocheuse. Je l'observe, caché par quelques branches basses, il reste un instant à regarder autour de lui puis passe derrière l'arrête rocheuse et disparaît. 

Il me faut contourner des gros rochers pour atteindre cette belle crête rocheuse partiellement boisée. Je reviens donc doucement vers la crête puis commence à la suivre doucement quand j'aperçois un isard couché sur un gros rocher en contrebas sur la droite de l'arrête rocheuse. Un bruit de galop se fait entendre dans le sous-bois en dessous de moi sur ma droite mais impossible de voir quoi que ce soit. L'isard couché ne réagit pas. Je continue mon approche lente, à couvert de quelques arbres bas et gagne peu à peu du terrain mais alors que je suis encore à environ 50 mètres de l'isard ce dernier regarde vers moi. Un second isard plus gros que je n'avais pas vu se lève juste en arrière du premier. Plein travers, il regarde vers moi puis fait volte-face et disparaît dans le bois, le second isard se lève et le suit. Il semble qu'il s'agissait d'une belle femelle et d'une éterle. En longeant la crête, je tombe sur un passage un peu plus haut qui me permet de descendre dans la combe boisée en contrebas pour tenter de recouper les animaux. Je rejoins ainsi une autre arrête rocheuse moins prononcée et la descends doucement. Le bois épais limite énormément mon champ de vision. Je progresse très lentement mais des bruits de pas se font entendre à environ 20 mètres en dessous de moi. Je me fige et tente de voir l'animal sans succès, je tente de me décaler un peu mais l'animal démarre au galop pour revenir sur la crête rocheuse d'où j'ai tenté une approche tout à l'heure. Comme pour me narguer, un bel isard remonte se percher sur un promontoire rocheux de la crête à environ 60 mètres de moi, regarde un instant autour de lui puis redescend et disparaît dans le bois.

Ne connaissant pas le territoire, il est dur d'anticiper les réactions des animaux, de plus, je ne peux pas me fier au vent qui tourne régulièrement, en ajoutant le relief très prononcé qui m'empêche d'attaquer mes approches comme je le voudrais, la partie s'annonce compliquée. J'hésite à revenir sur mes pas quand je me rends compte que je peux descendre dans la combe suivante sans trop de difficulté. Je pars donc y jeter un coup d'œil et me rends compte qu'il est possible de remonter vers la crête en suivant cette combe à la pente très raide. Je remonte donc vers le sommet quand une femelle isard et son jeune surgissent de derrière une roche, contre la paroi rocheuse verticale, sur la droite de la combe, à environ 35 mètres. J'arme mon arc, les animaux stoppent plein travers au-dessus de moi mais le temps d'aligner ma visée, la femelle démarre et entraîne le jeune à sa suite. Ils s’arrêtent environ 15 mètres plus loin mais sont cachés par les arbres. Je désarme. Des sifflements retentissent un moment sur place alors que j'essaie d'apercevoir les isards. Les sifflements et les bruits de pas s'éloignent peu à peu. Je tente une approche mais les animaux ont filé sur une barre rocheuse où je ne peux pas les suivre. Je remonte en crête.

Je reviens vers la zone où j'ai vu mon premier isard. Les piqueurs rappellent les chiens. Les chasseurs ont pas mal tiré ce matin mais les isards ne semblent pas tenir compte des coups de feu et des chiens, ils ne sont chassés qu'à l'approche et savent qu'ils ne craignent rien lors des battues. Je me fraye un chemin dans ce dédale minéral et retrouve le bois de chênes clairsemés. Un peu fatigué, je décide de me poser un peu sur un rocher avant de repartir en chasse. Après quelques dizaines de minutes, je décide de descendre un peu plus bas en longeant une barre rocheuse. J'avance tout doucement sur un tapis épais de feuilles mortes quand un sifflement me fait lever les yeux sur un jeune isard qui vient de pointer son nez à environ 15 mètres sur la barre rocheuse. Certainement intrigué par le bruit de mes pas, il s'est rapproché en sifflant mais fait brusquement volte-face au moment où je l'aperçois. Je fais demi-tour et remonte un peu pour trouver un passage et monter sur la barre rocheuse. Je m'avance ensuite pour tenter d'apercevoir le cabri au milieu des rochers mais il a disparu.

En tournant la tête à gauche, j'aperçois un isard solitaire au gagnage sur une crête rocheuse a plus de 100 mètres. Je redescends dans le bois pour essayer de trouver le départ de la crête pour tenter une approche en la suivant mais, sous les arbres, je perds vite le sens des distances et n'arrive plus à voir la crête. Je m'avance à sa recherche et rejoins une zone rocheuse ouverte d'où je peux voir une belle crête mais je ne reconnais pas celle que j'avais repérée. Je décide tout de même d'aller voir de plus près. Je descends sur la dalle rocheuse qui forme une rigole large avec un peu d'eau au fond puis remonte par une belle coulée au milieu des genêts pour atteindre la crête. C'est alors que je m'aperçois que je suis revenu en bordure du ravin que je longeais ce matin au lever du jour. Je viens de trouver un passage plus pratique pour atteindre la zone à isards mais je suis donc allé trop loin, j'ai dépassé la crête où j'avais vu l'isard. Je fais donc demi-tour et cette fois je trouve la crête noyée dans les feuillages. Je commence à la suivre doucement. De belles coulées la longe par la gauche où je trouve de nombreux tas de crottes. J'avance tout doucement mais l'isard n'est plus là.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

En suivant la crête, je découvre un sentier qui descend vers la rivière, je décide de le suivre. Il serpente dans le bois, un peu plus bas, un beau pierrier ouvre le paysage sur la gauche du sentier et je marque une pause observatoire, espérant voir un isard. Rien ne bouge, plus bas, je tombe sur un chemin mieux marqué, je prends à droite pour longer sous les arrêtes rocheuses où j'ai vu les isards ce matin. Je progresse doucement en surveillant alternativement au-dessus et au-dessous du chemin. Le sentier descend tranquillement, le vent souffle fort et tourne souvent, faisant tomber lourdement les châtaignes au sol. Ne voyant rien, je me déconcentre un peu quand un bruit de pas retentit. Je stoppe net contre le talus, sur la droite du chemin. Un isard s'est figé à environ 60 mètres, un peu plus en avant, au-dessus du chemin. Nous nous observons un court instant puis il démarre et je le perds vite de vue derrière la grosse roche verticale de plus de 15 mètres de haut qui borde le chemin. J'attends un peu, espérant le voir sortir à découvert dans une trouée après la roche mais le temps passe et rien ne bouge. Je m'avance doucement contre la roche quand j'aperçois un autre isard à 45 mètres au-dessus du chemin et partiellement caché par les arbres. Il semble regarder vers moi, je me fige contre la paroi. Alors que l'animal se tranquillise, j'avance lentement de quelques pas pour me cacher derrière un gros arbre au tronc ramifié qui pousse dans le talus, à quelques mètres au-dessus du chemin. J'aperçois alors un second isard qui arrive de derrière la roche à environ 30 mètres au-dessus de moi. Je me cale et observe les animaux qui semblent tranquilles. Il me faut me rapprocher un peu pour tenter un tir mais la pente est jonchée de pierres glissantes et instables et de bois mort. Je tente de me hisser un peu plus près de l'arbre en me cramponnant à un gros bois mort mais les isards regardent vers moi et je dois me figer dans une position inconfortable. J'attends qu’ils se tranquillisent mais ils finissent par se mettre en mouvement et commencent à remonter tranquillement la pente, provoquant un éboulis de grosses pierres qui viennent finir leur course près de moi sur le chemin. J'essaie de les suivre mais les pierres glissent sous mes pas et mon approche est trop bruyante.

Je renonce et reprends ma progression sur le chemin, j'ai à peine fait 100 mètres qu'un sifflement retentit en contrebas du chemin. Je me fige et tente d'apercevoir l'isard qui semble être à environ 45 mètres en contrebas. Je l'entends siffler et marcher par moment, au milieu des bruits de chute des châtaignes mais impossible de le voir au travers des branchages et des rochers. Il finit par descendre derrière une très grosse roche sur ma gauche. Je tente de me décaler un peu en avançant doucement sur le chemin mais impossible de voir l'animal. Je laisse tomber et poursuis ma route. Le bruit de la rivière en contrebas se fait de plus en plus présent. Je n'ai pas bu ni mangé depuis ce matin et il est bientôt 15 heures. La soif se fait sévèrement sentir. Le sentier descend vers le cours d'eau, je décide de descendre jusqu'à lui pour faire une petite pause et boire un peu. La fraîcheur du bord de l'eau fait du bien.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Je bois quelques gorgées puis explore un peu le secteur. Un sanglier a creusé une belle bauge dans la terre humide et noire du bord de la rivière entre 2 gros rochers. Pas d'isard en vue malgré quelques crottes. Je remonte par le chemin en surveillant le secteur mais les isards ne sont pas descendus. Arrivé au niveau du sentier qui descend de la crête, je prends à gauche pour remonter vers la crête où je trouve un nouveau sentier qui part à gauche en parallèle du sentier qui descend à la rivière. Je décide de le prendre pour tenter de recouper les isards qui sont remontés. Je progresse doucement en surveillant les zones de roches au-dessus en en dessous de moi mais rien. Au bout d'un moment, le sentier descend. J'hésite un peu à le suivre car il va me falloir remonter après mais je découvre le territoire et me décide à le suivre. Il descend de plus en plus quand, à ma grande surprise, je retombe sur le chemin qui finit à la rivière. Il ne me reste plus qu'à remonter. Je prends à gauche et reviens vers le sentier qui remonte à la crête. Je décide de m'arrêter un moment pour observer au niveau du pierrier que j'avais repéré en descendant le sentier pour la première fois.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Ne voyant rien venir, je poursuis mon ascension vers le dôme rocheux et le contourne pour rejoindre la zone des arrêtes rocheuses. Je reste un instant à observer sur un promontoire me donnant une superbe vue sur le secteur.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Toujours pas d'isard, il va être 17h30, je vais commencer à redescendre doucement mais je vais tenter de rejoindre le petit canal longer hier soir pour repérer une autre façon de rejoindre la zone de chasse. Je progresse lentement et m'arrête souvent pour observer et écouter. En dessous du dôme rocheux, je progresse très lentement dans la zone dégagée quand un bruit de galop retentit en contrebas dans les feuilles mortes. Un isard, que le relief du terrain me cachait, surgit pour stopper de 3/4 arrière à environ 70 mètres sur ma droite. Il observe tranquillement autour de lui et ne semble pas m'avoir repéré. Je reste un instant immobile. Il regarde devant lui, j'en profite pour me couler avec une extrême lenteur sous une grosse branche basse et m'approcher un peu. Je stoppe plusieurs fois mon mouvement alors qu'il  tourne la tête et risque de me voir. Il reste maintenant 60 mètres qui nous séparent et je dois approcher à découvert sur un petit sentier pierreux, je tente d'avancer un peu, aidé par le vent fort qui masque un peu le bruit mais l'isard regarde vers moi. Je me fige et nous observons un court instant avant qu'il ne saute dans le creux devant lui et que je le perdre ainsi de vue.

Je m'avance tout doucement, au cas où il ne serait pas allé loin mais il a disparu. Je reste un moment posté au dernier endroit où je l'ai vu en espérant le voir revenir où voir passer un de ses congénères mais rien. Je commence donc à suivre la crête pour rattraper le sentier un peu plus bas puis commence à suivre doucement ses lacets en ouvrant bien les yeux et les oreilles. Il me semble entendre des bruits de pas, entre 2 chutes de châtaignes, plus en contrebas. Je me fige à l'écoute mais plus rien pendant un moment puis le bruit reprend et cesse pendant un moment. Je recommence à descendre très doucement. Tout à coup, les bruits de pas reprennent et j'aperçois un bel isard qui se débine à environ 20 mètres en dessous de moi dans le bois. J'arme mon arc et le suis dans mon viseur, il stoppe plein travers à environ 20 mètres juste à droite du chemin mais un arbre masque la moitié avant, je tente de me décaler à peine sur ma gauche pour tenter d'avoir un meilleur angle de tir mais l'isard démarre et descend dans le creux sous l'arrête rocheuse. Je tente de m'approcher rapidement et sans trop de bruit mais je ne peux que l'entendre s'éloigner dans le sous-bois épais recouvrant le creux sous les roches. Je désarme.

Je viens de rater la plus belle occasion de la journée. Je continue à descendre et m'attarde un peu pour observer le pierrier puis rejoins le sentier en contrebas. Cette fois, je prends à gauche alors que la luminosité baisse de plus en plus. En passant en dessous du pierrier, je me fais surprendre par un animal qui démarre sans que je ne puisse l'identifier. Je poursuis mon chemin et rejoins, plusieurs centaines de mètres plus loin le dessous du pic rocheux, le sentier commence à être beaucoup moins bien dessiné et je dois me frayer un passage sur les coulées à flanc de la paroi abrupte pour remonter doucement vers un autre pic rocheux d'où part, d'après mes souvenirs, un sentier très escarpé qui rejoint le canal plus bas. La luminosité devient très mauvaise. Arrivé au pic rocheux, je passe entre ce dernier et la paroi verticale à ma gauche puis commence à descendre sur ce que je pense être le sentier mais les passages de plus difficiles s'enchaînent au milieu des rochers puis je perds totalement mon chemin dans le bois, je descends donc au plus facile à travers bois en espérant ne pas tomber sur un à pic rocheux surplombant le canal. Je finis par rejoindre le canal alors que la nuit m'enveloppe et le suis pour retourner à ma voiture. Je suis mort, j'ai mal partout.

Dimanche matin, la pluie est annoncée, je repars me garer comme la veille mais pars plus tôt pour rejoindre la zone des isards au lever du jour. Vers 7 heures, je prends le même sentier qu'hier matin jusqu'au pic rocheux puis remonte en suivant la zone rocailleuse et broussailleuse qui longe le ravin pour rejoindre le passage trouvé hier après-midi. Arrivé au niveau d'un gros rocher, alors que la luminosité croit doucement, je reconnais le secteur et retrouve facilement la coulée qui, au travers des genêts, me permet de descendre jusqu'à la dalle rocheuse à peine humide sur laquelle passe le petit torrent asséché. Je remonte ensuite doucement vers le bois clairsemé de chênes qui semblait très fréquenté hier.

J'avance très lentement en calculant chacun de mes pas et m'arrêtant après chaque mouvement pour écouter et observer. J'y vois suffisamment pour tirer mais ce n'est évident d'apercevoir un animal derrière les troncs et les rochers. Un peu plus haut des bruits de pas se font entendre un peu en dessous de moi. Je me fige et observe. Rien, j'avance d'un pas, me fige observe... Je finis par apercevoir un isard qui marche bruyamment dans les feuilles mortes à environ 35 mètres en contrebas. Je me fige, il s'arrête près d'une zone rocheuse en se tournant plein travers, tête vers le bas. Quelques branches me le masquent partiellement, je bouge tout doucement pour tenter de trouver une fenêtre de tir au cas où une occasion se présenterait mais les branches basses devant moi ne me permettront pas une belle occasion de tir. Je reste donc sur place immobile à observer l'isard qui ne bouge que la tête pour regarder les alentours. Le vent descend mais biaise plus à gauche que l'isard. Je croise les doigts pour que ça ne change pas. Après un petit moment, je tente de passer très doucement sous les branches et réussi sans être repéré.  Je me fige à nouveau, l'isard descend brusquement et je le perds de vue mais un second isard s'avance en broutant au sol. Sa zone vitale est masquée derrière un tronc, il est à 30 mètres environ. Je tente de m'approcher doucement en avançant au plus près du sol avec des mouvements extrêmement lents, calculant chaque pose de mes pieds. Je suis presque en apnée et gagne ainsi quelques mètres mais l'isard me repère et s'éclipse en sifflant. Je suis dégoûté, de longues minutes pour faire quelques mètres et je viens encore de le faire avoir.

Je descends doucement pour tenter de revoir les 2 isards mais ils ont disparus. Je remonte tranquillement vers le dôme rocheux pour le contourner et tenter de surprendre des animaux derrière, mais ce matin rien sur ce secteur. La pluie commence à tomber et le tonnerre gronde de plus en plus près, j'essaie de garder ma flèche dirigée vers le bas pour éviter d'attirer la foudre. J'hésite à me poster un moment sur une arrête rocheuse mais je décide de continuer à rester en mouvement. La pluie s'intensifie un moment puis se calme tranquillement. Un peu mouillé, je décide de redescendre un peu car les rochers sont glissants et, ayant le vertige, je ne suis pas trop à mon aise au-dessus de ces précipices sur un sol glissant.

Je retourne sur mes pas et tombe sur des traces de peinture rose qui me mènent à un gros rocher marqué d'un P, c'est un poste de battue, la zone est bien dégagée et permet de voir venir les animaux. Je décide de descendre un peu sur ma droite, en direction d'une barre rocheuse. J'avance doucement sur un tapis craquant de feuilles mortes quand un animal démarre brusquement derrière un gros rocher en contrebas sur ma gauche. J'aperçois vite un bel isard au galop qui se dirige vers la barre rocheuse sur ma droite. J'arme mon arc rapidement, il stoppe plein travers sur la barre rocheuse, à environ 15 mètres, plein travers. Une grosse branche d'un chêne barre le bas de son poitrail. Je cale vite ma visée sur son coffre  au-dessus de la branche et décoche. Un Impact sourd retentit et je vois ma flèche remonter derrière l'isard avant de tomber dans le ravin. Je n'ai pas bien vu mon atteinte et l'isard démarre pour longer un court instant la barre rocheuse en montant puis saute derrière où je suis sa fuite à l'oreille grâce au bruit des feuilles mortes. Il m'a semblé voir un trou au milieu de l'isard, mon atteinte est peut-être trop en arrière.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Très rapidement, il me semble l'entendre se débattre dans les feuilles mortes puis le calme revient. Je me refais la scène dans la tête et espère ne pas avoir touché la branche du chêne et non l'isard, ce qui expliquerait la remontée de la flèche.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Je décide de m’asseoir et d'attendre 30 minutes avant d'aller voir le résultat de mon tir. J'essaie de tuer le temps en jouant au solitaire sur mon portable mais le temps me paraît une éternité. Après 15 minutes je décide d'aller voir l'endroit du tir. Je monte sur la crête et la suis doucement quand je remarque une tâche rouge sur les feuilles mortes en contrebas sur ma droite. J'avance de quelques mètres sur la barre rocheuse et me rends compte que c'est bien du sang.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Je remonte un peu le long de la barre rocheuse pour trouver un endroit pour descendre sans me faire mal puis m'approche de la tâche rouge. Le sang est propre pas de contenu stomacal, juste après une petite ligne d'environ 10 à 15 centimètres de sang me donne l'orientation de la fuite.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Mon isard semble être passé dans un étroit passage entre les rochers.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Ne voulant pas abîmer la piste en cas de besoin d'une recherche au sang, je passe sur la droite du passage étroit entre les rochers et trouve un beau frotté sur un petit arbre après le passage.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Alors que j'essaie de trouver d'autres indices, j'aperçois une touffe de poils collée par du sang entre les rochers avant l'arbuste.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Je marche à 2 mètres sur la droite de la piste et tente de voir plus d'indices quand j'aperçois mon isard mort 15 mètres en contrebas. Il s'est pendu par les cornes à une branche dans sa chute, ce qui m'aura évité d'aller le chercher bien plus bas.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Du sang frotté au sol m'indique qu'il a bien glissé dans la pente en se débattant au sol. Il n'a pas dû faire bien plus de 20 mètres en courant.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Je me rapproche pour l'admirer de plus près. Le poil est collé par le sang côté entrée, l'hémorragie a été massive. Au dépeçage, je constaterai que ma flèche a sectionné l'artère sous colonne, traversé la rate et l'arrière haut d'un poumon. J'appelle mon ami pour l'informer de ma réussite.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Je décroche mon isard et appose le bracelet puis le remonte sur un replat pour faire quelques photos et le contempler. Je suis tellement content, j'ai fait mon premier isard et je boucle ainsi ma quête des 6 grands gibiers autochtones français à l'approche, à l'arc et en territoire ouvert (chevreuil, cerf, sanglier, mouflon, chamois et isard). J'aimerais encore réussir à flécher un daim et un cerf sika en espace ouvert mais faut-il encore trouver un territoire pour réaliser ces tirs.

Mon premier isard, une chasse éprouvante, 20 octobre 2019

Après avoir vidé mon isard, je redescends de la montagne heureux mais physiquement éprouvé, il me faut rentrer maintenant dans le Gers après avoir rendu le second bracelet à mon ami à qui je ne dirai jamais assez ma gratitude pour m'avoir permis de réaliser ce rêve.

 

Alex

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1 octobre 2019 2 01 /10 /octobre /2019 21:48

Cette année la chasse est un peu triste, 10 ans que j'attends de pouvoir avoir un bracelet de cerf C2 pour pouvoir tirer un grand trophée et mon ami Patrick me fait la tête sans que je sache pourquoi et a gardé le bracelet pour lui. Je n'ai pas pris de bracelet de chevreuil en tir d'été car notre fédération départementale du Gers a décidé d'interdire le tir du brocard à l'approche entre l'ouverture générale et le 15 novembre comme l'an dernier, tirer des chevrettes allaitantes et condamner des chevrillards ou choisir de tirer de tous petits chevrillards inexpérimentés ne me passionne pas. Il ne me reste donc plus que le sanglier mais avec la saison des battues, ils sont devenus très méfiants et sortent tard, il n'est donc pas évident de les voir et je dois les chasser à l'affût près des remises ou des derniers points d'eau et des souilles. Cela fait plus d'un mois que je n'ai pas vu un sanglier en chassant.

Ce soir, je n'avais pas décidé d'aller chasser. En sortant du boulot, je pars chercher le colis de mes lames de chasse pour le buffle à la poste d'Auch. En rentrant, ma compagne est occupée et je ne sais pas trop quoi faire, vers 19h30, je me décide à aller chasser sur Traversères. Je me prépare rapidement et prends ma voiture pour rejoindre ma zone de chasse. J'arrive sur place vers 19h45 et me gare au bord du chemin goudronné qui monte à la ferme, au bord du chaume de sarrasin pris entre le chemin et le ruisseau qui a été moissonné il y a environ 15 jours. La parcelle de sarrasin de l'autre côté du ruisseau a été également moissonnée depuis ma dernière sortie. Il fait beaucoup de vent ce soir, l'orage menace. Je traverse le chaume et traverse le ruisseau par une trouée de quelques mètres dans la haie épaisse qui longe le cours d'eau. C'est là que se trouve le dernier trou d'eau laissé par la sécheresse et que les animaux chevreuils et sangliers viennent régulièrement s'abreuver. Sur environ 20 mètres en amont la haie est percée de nombreux passages boueux débouchant sur des souilles plus ou moins asséchées. Le vent souffle fort sur ma gauche en longeant le ruisseau. Je me poste dans la végétation du bord du ruisseau sur la gauche de la trouée de la haie, en face de l'endroit où est sorti mon dernier sanglier, en face du coin gauche de l'avancée de bois qui rentre dans le chaume de sarrasin jusqu'à 15 mètres du ruisseau.

Le vent fort ne me permet pas d'entendre les bruits de pas dans le sous-bois. Plusieurs coups de feu claquent au loin sur ma gauche et il me semble entendre mener des chiens. La luminosité baisse doucement. Un brocard sort du bois à environ 150 mètres en bordure du bois, dans le virage de ce dernier, sur la droite de l'avancée du bois. Il s'avance et biaise vers moi en glanant sa nourriture dans le chaume, tête basse. Je le regarde s'avancer et surveille régulièrement le chaume derrière moi par la trouée. Je finis par le perdre de vue derrière l'avancée de bois. La luminosité baisse de plus en plus vite, je décide de me décaler un peu plus à droite pour mieux voir derrière l'avancée du bois. Un bruit de craquement se fait entendre en bordure du bois d'où était sorti le chevreuil puis des aboiement retentissent.

Alors que je viens de me poster contre la haie, le vent se pose et je commence à entendre des craquements dans la bande de bois. Plusieurs animaux descendent vers moi et j'espère qu'il s'agit des sangliers. Un souffle puissant me le confirme rapidement. Ils se rapprochent tranquillement, s'arrêtant par moment dans un parfait silence. Les craquements se font de plus en plus présents et les sangliers biaisent sur la droite de la bande de bois et commencent à sortir sur le chaume mais trop loin pour tenter un tir. 2 semblent remonter vers le virage du bois et stoppent de cul dans le chaume à environ 80 mètres. Un s'avance dans le chaume à environ 60 mètres de moi en parallèle du ruisseau. Je ne peux pas bouger sans être repérer, je décide de laisser faire, le sanglier d'environ 70 kg s'avance d'environ 60 mètres puis se ravise et revient vers le bois. D'autres sangliers arrivent dans le bois. Les 2 sangliers plus éloignés se retournent et reviennent tranquillement vers moi alors que l'autre sanglier les rejoint et que d'autres sortent du bois. Ils s'avancent petit à petit, j'arme doucement mon arc, le premier sanglier stoppe à 8 mètres de 3/4 face. J'aligne m'a visée sur le défaut avant d'épaule et décoche. Le sanglier fait volte face et remonte vers le bois au galop au milieu des autres sangliers. La faible luminosité ne me permet pas de le suivre au milieu de ses congénères alors qu'il rentre au bois. 

J'entends tomber mon sanglier qui se débat un instant en couinant, sans que je n'arrive à le voir. J'attends un moment, la nuit noire s'installe, je décide d'aller chercher mon sanglier. Je m'avance vers l,endroit du tir avec ma lampe torche mais ne trouve ni sang ni flèche. Je décide d'aller contrôler les entrée au bois en haut du chaume. Toujours pas de sang. Je retourne donc à l'endroit du tir et me remémore l'action puis reéclaire l'endroit du tir où, cette fois, j'aperçois quelques gouttes de sang. Pas de flèche, je commence à suivre les petites gouttes peu abondantes et difficiles à voir sur les tiges rouges du colza moissonné. Le sang est de moins à moins abondant et même à 4 pattes je peine à le suivre. Après 20 mètres de recherche, je retrouve 15 centimètres de flèche couvert de sang côté empennage. Je ramasse ce bout de flèche et m'en sert pour marquer la dernière goutte de sang avant d'avancer un peu pour tenter de recouper la piste. De tout petits frottés, au sommet des tiges coupées, me remettent sur la piste un instant mais après 40 mètres de recherche le sang s'interrompt totalement. Je plante mon bout de flèche au dernier sang puis repart contrôler le bord du bois. J'éclaire les entrées de de coulées et le bord du chaume alternativement en longeant la lisière quand ma lampe éclaire mon sanglier mort dans le chaume à 30 mètres du bois. Il a parcouru environ 100 mètres. Certainement incapable de monter plus il a bifurqué à droite en parallèle du bois avant de tomber. Une grosse tache de sang qui coule par l'entrée de ma flèche se répand au sol sous mon sanglier alors que son poil est rougit par une grosse tache de sang au niveau de la sortie basse de ma flèche en avant du cuissot. Il est temps de rentrer, le tire ma laie d'environ 50 kg vers ma voiture avant de la charger pour renter m'en occuper.

Une sortie décidée à la dernière minute, 1 octobre 2019

Alex

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24 septembre 2019 2 24 /09 /septembre /2019 11:43

Après un voyage à l'ours catastrophique ce printemps à cause des températures trop basses de début juin, j'ai décidé de ne pas retenter l'aventure québécoise cette année. J'avais prévu de repartir en septembre 2020 pour chasser l'orignal mais, cette chasse est très aléatoire, on peut passer un séjour sans voir un seul animal et vu le prix de la semaine de chasse, je préfère aller chasser dans un pays où il est possible de tirer plusieurs grands animaux différents sur une même période. Je retenterai l'orignal dans quelques années. Je me suis donc orienté vers l'Argentine. J'étais particulièrement intéressé par :

  • Le buffle d'eau (búfalo de agua) (Bubalus bubalis)

Le buffle d'eau (búfalo de agua) (Bubalus bubalis)

Le buffle d'eau (búfalo de agua) (Bubalus bubalis)

Il est originaire du sud-est asiatique, il affectionne les zones humides et a été introduit dans diverses zones de chasse. Il mesure jusqu'à 1,4 mètre au garrot, les femelles, qui vivent généralement en bandes avec les veaux, pèsent entre 500 et 600 kilogrammes et les mâles qui vivent en bandes à part en dehors de la période de reproduction peuvent peser jusqu'à 900 kilogrammes.

  • Le cerf axis (ciervo axis) (Axis axis)

Le cerf axis (ciervo axis) (Axis axis)

Le cerf axis (ciervo axis) (Axis axis)

Il est originaire de l'Inde, du Sri Lanka, du Népal et du Ceylan. Il mesure autour de 90 cm au garrot pour un poids avoisinant les 80 kg. Il affectionne les zones de collines, de plaines, de bois avec une préférence pour les zones proches de l'eau. Introduit en Argentine, il présente des populations dans les provinces de Tucumán, Formosa, Corrientes, Entre Ríos, Santa Fe, Córdoba, San Luis, La Pampa, Buenos Aires, Río Negro et Neuquén.​ 

  • L'antilope cervicapre (antilope negro) (Antilope cervicapra)
L'antilope cervicapre (antilope negro) (Antilope cervicapra)

L'antilope cervicapre (antilope negro) (Antilope cervicapra)

Originaire de l'Inde, elle a été introduite dans le centre et le nord de l'Argentine. Elle mesure autour de 80 cm au garrot pour un poids pouvant atteindre 35 à 40 kg. Les populations les plus importantes se rencontrent dans la province Entre Ríos jusqu'à la rive du fleuve Uruguay dans le parc national El Palmar mais on rencontre également de belles populations dans les provinces de Buenos Aires, Santa Fe, Córdoba, La Pampa et San Luis.

On peut également y chasser :

  • Le cerf élaphe (Ciervo colorado) (Cervus elaphus)
Le cerf élaphe (Ciervo colorado) (Cervus elaphus)

Le cerf élaphe (Ciervo colorado) (Cervus elaphus)

Originaire d'Europe, les femelles peuvent mesurer autour de 1,2 mètre au garrot pour un poids pouvant atteindre 120 kg alors que les mâles peuvent atteindre 1,5 mètre au garrot pour un poids pouvant atteindre 250 kg.

  • Le cerf du Père David (Ciervo del padre David ou Ciervo chino) (Elaphurus davidianus)
Le cerf du Père David (Ciervo del padre David ou Ciervo chino) (Elaphurus davidianus)

Le cerf du Père David (Ciervo del padre David ou Ciervo chino) (Elaphurus davidianus)

Originaire de Chine, il peut mesurer autour de 1,2 mètre au garrot pour un poids pouvant atteindre 160 kg pour les femelles et 215 kg pour les mâles.

  • Le daim (Dama, Gamo ou Paleto) (Dama dama)
Le daim (Dama, Gamo ou Paleto) (Dama dama)

Le daim (Dama, Gamo ou Paleto) (Dama dama)

Originaire d'Europe et Asie mineure, il peut mesurer autour de 90 centimètres au garrot pour un poids pouvant atteindre 70 kg pour les femelles et 110 kg pour les mâles.

  • Le mouflon (muflon) (Ovis orientalis musimon)
Le mouflon (muflon) (Ovis orientalis musimon)

Le mouflon (muflon) (Ovis orientalis musimon)

Originaire d'Europe, il peut mesurer autour de 75 centimètres au garrot pour un poids pouvant atteindre 30 kg pour les femelles et 50 kg pour les mâles.

  • Le bouquetin des Alpes (Ibices ou Capricornio) (Capra ibex)
Le bouquetin des Alpes (Ibices ou Capricornio) (Capra ibex)

Le bouquetin des Alpes (Ibices ou Capricornio) (Capra ibex)

Originaire d'Europe, il peut mesurer autour de 95 centimètres au garrot pour un poids pouvant atteindre 40 kg pour les femelles et 120 kg pour les mâles.

  • Le tahr de l'Himalaya (tar del Himalaya) (Hemitragus jemlahicus)
Le tahr de l'Himalaya (tar del Himalaya) (Hemitragus jemlahicus)

Le tahr de l'Himalaya (tar del Himalaya) (Hemitragus jemlahicus)

Originaire d'Asie, il peut mesurer entre 65 et 100 centimètres au garrot pour un poids pouvant atteindre 50 kg pour les femelles et 100 kg pour les mâles.

  • Le mouton sauvage (Carneros) (plusieurs races de moutons domestiques revenus à l'état sauvage)
Quelques-unes des races de moutons tirables suivant les secteurs de chasseQuelques-unes des races de moutons tirables suivant les secteurs de chasse
Quelques-unes des races de moutons tirables suivant les secteurs de chasse
Quelques-unes des races de moutons tirables suivant les secteurs de chasseQuelques-unes des races de moutons tirables suivant les secteurs de chasse

Quelques-unes des races de moutons tirables suivant les secteurs de chasse

  • La chèvre sauvage (Cabras) (races de chèvres revenues à l'état sauvage)

La chèvre sauvage (races de chèvres revenues à l'état sauvage)

La chèvre sauvage (races de chèvres revenues à l'état sauvage)

  • Le sanglier (Javali) (Sus scrofa)

Le sanglier (Javali) (Sus scrofa)

Le sanglier (Javali) (Sus scrofa)

Originaire d'Europe, il peut mesurer entre 70 et 100 centimètres au garrot pour un poids pouvant atteindre autour de 100 kg pour les mâles.

  • Le cochon sauvage (Chancho cimarrones) (cochons plus ou moins croisés avec des sangliers)
Le cochon sauvage (Chancho cimarrones)

Le cochon sauvage (Chancho cimarrones)

Il est également possible de chasser certaines espèces de grands gibiers autochtones dont les trophées ne sont pas importables mais attention chaque région a une réglementation propre:

  • Jujuy : Chasse des espèces autochtones interdite
  • Salta : Seule la chasse du petit gibier autochtone est autorisée
  • Formosa : Chasse du pécari à collier, du pécari à lèvres blanches et du capibara autorisée
  • Chaco : Chasse du pécari à collier, du daguet gris et du capibara autorisée
  • Catamarca : Seule la chasse du petit gibier autochtone est autorisée
  • Tucuman : Seule la chasse du petit gibier autochtone est autorisée
  • Santiago del Estero : Chasse du pécari à collier et du puma autorisée
  • Santa Fe - Seule la chasse du petit gibier autochtone est autorisée
  • Corrientes : Chasse du capibara autorisée
  • Misiones : Chasse des espèces autochtones interdite
  • La Rioja : Chasse des espèces autochtones interdite
  • San Juan : Chasse des espèces autochtones interdite
  • Mendoza : Chasse des espèces autochtones interdite
  • San Luis : Chasse des espèces autochtones interdite
  • Cordoba : Chasse des espèces autochtones interdite
  • Entre Rios : Seule la chasse du petit gibier autochtone est autorisée
  • Neuquen: Chasse du puma autorisée
  • La Pampa: Chasse des espèces autochtones interdite
  • Buenos Aires : Chasse des espèces autochtones interdite
  • Rio Negro: Chasse des espèces autochtones interdite
  • Chubut: Chasse du puma et du guanaco autorisée
  • Santa Cruz : Chasse des espèces autochtones interdite
  • Tierra del Fuego : Sans information
Le guanaco (guanoco) (Lama guanicoe)

Le guanaco (guanoco) (Lama guanicoe)

Le pécari à lèvres blanches (Pecari de labios blancos) (Tayassu pecari)

Le pécari à lèvres blanches (Pecari de labios blancos) (Tayassu pecari)

Le pécari à collier (Pecari de calar) (Pecari tajacu)

Le pécari à collier (Pecari de calar) (Pecari tajacu)

Le daguet gris (Corzuela parda) (Mazama gouazoubira)

Le daguet gris (Corzuela parda) (Mazama gouazoubira)

Le capibara (Carpincho) (Hydrochoerus hydrochaeris)

Le capibara (Carpincho) (Hydrochoerus hydrochaeris)

Le puma (Puma) (Puma concolor)

Le puma (Puma) (Puma concolor)

Je me suis donc tourné vers mes contacts Facebook argentins, l'un d'eux, Gaston SASTRE, m'a proposé de s'occuper de me trouver un territoire ouvert pour chasser le buffle en m'expliquant que pour chasser le cerf axis et l'antilope cervicapre dans les mêmes conditions, il sera nécessaire de trouver d'autres territoires. Je décide donc de me concentrer sur le buffle, après plusieurs propositions de tarifs et de territoires mon choix se porte sur un territoire dans la province de Rio Negro. Gaston m'a également invité à chasser sur son territoire dans la province de Chubut pour chasser le guanaco avec lui, après mon séjour au buffle.

Carte de l'Argentine

Carte de l'Argentine

Aucun vaccin n'est obligatoire pour voyager en Argentine mais certains sont fortement conseillés, voir les recommandations du site Pasteur.

J'ai demandé à Gaston s’il y avait des animaux dangereux en Argentine pour savoir quels peuvent être les risques et il m'a annoncé la présence de 2 serpents venimeux :

  • Le crotale ou serpent à sonnette (Serpiente de cascabel)
  • Le fer de lance (Yararà)

Il existe en fait 7 espèces venimeuses en Argentine mais autres ne sont pas présentes sur notre secteur de chasse d'où l'importance de porter des guêtres.

Le crotale ou serpent à sonnette (Serpiente de cascabel)

Le crotale ou serpent à sonnette (Serpiente de cascabel)

Le fer de lance (Yararà)

Le fer de lance (Yararà)

Il existe également une espèce de scorpion (escorpion) potentiellement dangereuse :

  • Tityus trivittatus
Tityus trivittatus

Tityus trivittatus

Il existe également 3 espèces d'araignées venimeuses dont 2 présentes sur le secteur de chasse :

  • La veuve noire (Viuda Negra) (Latrodectus Sp.)
La veuve noire (Viuda Negra) (Latrodectus Sp.)

La veuve noire (Viuda Negra) (Latrodectus Sp.)

  • L'araignée violoniste (Arana del rincon) (Loxosceles Sp.)

L'araignée violoniste (Arana del rincon) (Loxosceles Sp.)

L'araignée violoniste (Arana del rincon) (Loxosceles Sp.)

Pour le matériel, je dois revoir les réglages de mon Carbone Défiant Turbo. Gaston m'a conseillé des bi-lames de 300 grains avec un tranchant unilatéral et une pointe large pour passer les côtes épaisses du buffle et atteindre les poumons. Nous avons dont choisi les Steel Force Broadheads Traditional single bevel en Right Bevel vu que je suis droitier. 

Steel Force Broadheads Traditional single bevel en 300 grains

Steel Force Broadheads Traditional single bevel en 300 grains

Pour les flèches, je vais suivre les conseils d'Arnaud, mon ami qui tient Hava Archerie et opter pour des Full Métal Jacket Dangerous Game en 250, alourdies par un insert laiton de 75 grains, empennées 4 vannes longues montées en hélicoïdal prononcé pour stabiliser au maximum mes flèches de 1000 grains.

Full Métal Jacket Dangerous Game en 250

Full Métal Jacket Dangerous Game en 250

Il me faut ensuite optimiser mon matériel car si j'ai droit à une valise de 12 kg en cabine et 23 kg en soute avec un vol international, je n'ai droit qu'à 5 kg en cabine et 15 kg en soute sur mon vol intérieur. Ce sera l'été en Argentine et je n'aurais pas besoin de vêtements chauds. Je pense donc empoter juste :

  • 2 ou 3 pantalons légers
  • des T-shirts à manches longues (un peu plus de 1 par jour de chasse)
  • 2 cagoules
  • des gants de camouflage 
  • une tenue 3D au cas où
  • des guêtres silencieuses
  • une paire de chaussures de randonnée
  • une paire de chaussons de plongée
  • Sous-vêtements
  • Chaussettes
  • 1 pantalon "civil"
  • 2 ou 3 T-shirts "civils"
  • 2 décocheurs
  • Mon Carbone Défiant Turbo de chez Hoyt à 70 livres
  • 1 tube de transport pour mes flèches
  • 5 flèches pour le buffle
  • 12 flèches normales
  • Des pointes Exodus QAD, des Rage Hypodermic, les pointes Steel Force Broadheads Traditional
  • 1 lampe d'arc pour la chasse de nuit du sanglier
  • 1 appareil photo étanche
  • 1 GoPro héro 7 black

 

Alex

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26 août 2019 1 26 /08 /août /2019 21:53

Depuis mon dernier chevreuil, je n'ai presque pas chassé et ma tante m'a commandé un sanglier pour son anniversaire. Ce soir, je décide d'aller faire un tour à Traverséres près d'un champ de sarrasin dont le propriétaire de plaint de dégâts occasionnés par les sangliers. En chemin, je constate que les tournesols, en face de la zone de chasse ont été pas mal attaqués par les sangliers qui ont couché pas mal de pieds. Je me gare le long du chemin goudronné qui monte à la ferme, près d'un petit bois qui descend dans la culture et me prépare tranquillement. Il est 18h30, il fait encore très chaud. La culture est divisée en deux parties, un penchant qui descend du chemin goudronné jusqu'au ru boisé alimenté par le lac situé en dessous de la ferme en amont et un penchant qui remonte de l'autre côté du cours d'eau jusqu'à la lisière d'un grand bois. Le vent souffle en remontant vers la ferme. Je commence à descendre le chemin goudronné pour rejoindre la route. De nombreuses coulées ont écrasé le sarrasin dans un arrondi du bois qui redescend vers le ru, la culture est couchée par endroit et je décide d'aller me poster près du ru en face de ces coulées.

Un sanglier de moins dans le sarrasin, 26 août 2019

Je rejoins tranquillement la route et prends à droite pour passer le ru. Alors que je suis à environ 15 mètres du ru un bruit me fait tourner la tête vers la large bande enherbée qui précède la culture. Il me semble que quelque chose se déplace dans l'herbe, le bruit bien présent est continu et je mets un instant à comprendre qu'il s'agit d'un gros animal de débinant dans la culture. Le temps de lever les yeux vers le sarrasin, l'animal a passé la bande boisée du ru. Le bruit rectiligne et continu me fait penser à un sanglier. Je passe rapidement la bande boisée du ru pour tenter d'apercevoir l'animal mais ce dernier est déjà rentré dans un avancement du bois dans la culture qui descend jusqu'à environ 12 mètres de la bande boisée du ru. Des aboiements retentissent dans le bois et des bruits de pas s'éloignent, il semble qu'il s'agissait d’un chevreuil. Je traverse le fossé du bord de voirie et commence à longer la bande boisée du ru. Rapidement je tombe sur des traces et quelques coups de nez qui semblent frais juste en bordure des arbres qui bordent le ru. Un peu plus loin les sangliers se sont baignés dans les dernières flaques d'eau boueuses que la sécheresse a épargnées. Des coulées boueuses ont écrasé la végétation du bord du ru juste en face de l’avancée de bois dans le sarrasin. Je décide de revenir me poster là en fin de soirée.

Je continue à longer le ru doucement, de nombreuses coulées de sangliers tentent dans le petit cours d'eau asséché. Des petits craquements se font entendre de l'autre côté du ru, un animal se déplace, je tente d'avancer un peu quand une chevrette sort de la haie à un peu plus de 20 mètres, devant moi. Je me fige et l'observe pour ne pas l'affoler. Elle stoppe un instant entre les arbres et la culture à l'écoute puis se débine dans la culture. Je suis un instant son déplacement aux mouvements de la végétation puis reprends ma progression. La chevrette réapparaît dans la zone que les sangliers ont couché à environ 40 mètres de la lisière du bois, disparaît à nouveau dans le sarrasin puis ressort en lisière, marque un arrêt puis remonte la pente raide en s'arrêtant régulièrement pour écouter et regarder. Je finis par la perdre de vue.

Un peu plus loin je trouve un gros passage dégagé qui descend dans le ru à l'ombre d'un gros érable, je décide de me poster là pour observer le secteur un instant, en face de la zone couchée par les sangliers.

Un sanglier de moins dans le sarrasin, 26 août 2019
Un sanglier de moins dans le sarrasin, 26 août 2019

Le temps passe, quelques petits passereaux viennent parfois me tenir compagnie. L'ombre de la colline avance peu à peu sur la culture. Régulièrement les geais donnent de la voix aux alentours, les sangliers sont peut être sur pieds. Vers 20h30, je m'avance un peu pour me poster contre la haie. Les geais donnent cette fois de la voix derrière moi près de la route, peu de temps après, une chevrette, suivie de son jeune, traversent la bande étroite de culture à environ 70 mètres sur ma gauche pour rentrer au bois sans un bruit. Des bruits de pas se font ensuite entendre par moment dans les feuilles mortes du sous-bois, certainement les chevreuils qui remontent dans la colline. La luminosité commence à baisser, je décide de commencer à revenir doucement vers la souille pour m'y poster avant la nuit. J'avance doucement quand un pas lourd se fait entendre dans la colline boisée. Je m'arrête régulièrement pour observer mais rien en vue, les pas semblent descendre vers la culture. Impossible de voir l'animal alors que j'arrive près de la souille, il me semble entendre marcher dans la culture mais j'ai beau regarder partout, la végétation ne bouge pas. 

je poursuis mon chemin et me poste contre la haie, sur une grosse coulée qu vient du bout de l'avancée du bois, traverse la bande étroite de culture et rentre dans la souille dans mon dos. Je suis à peine en place qu'un bruit de pas se fait entendre dans la bande de bois, je regarde dans sa direction. Les pas se rapprochent pis une masse noire s'avance sur ma gauche de la bande de bois. Un beau sanglier s'avance de 3/4 face, tête basse, dans le sarrasin à environ 25 mètres. J'arme mon arc. Il bifurque sur sa gauche pour longer le bout de la bande boisée. Je le suis dans mon viseur, prudent, il avance doucement en s'arrêtant tous les 2 mètres pour lever le nez au ciel et humer l'air. Il se rapproche peu à peu pour se présenter au pas à 12 mètres plein travers. Ma visée est calée sur l'arrière de l'épaule. Je décoche, je ne vois pas ma flèche partir et il ne m'a pas semblé entendre le bruit de l'impact mais le sanglier démarre en trombe. Il bifurque à droite pour longer le bois et le suis du regard sur la bande de terre nue entre le bois et la culture. Il file au galop, prend le virage à droite en suivant la lisière puis rentre au bois pour remonter le penchant boisé où je le perds de vue. Je l'entends un moment dans le sous-bois puis le calme s'installe. J'attends un instant sans bouger alors que la nuit s'installe peu à peu.

Je quitte mon poste en allumant ma torche pour aller chercher ma flèche mais impossible de la trouver. Je pars donc sur la direction de fuite du sanglier. Pas de sang, j'avance en éclairant le sol. Rien sur 50 mètres, la scène de chasse tourne dans ma tête, impossible que j'ai manqué ce sanglier, c'était un cadeau. Brusquement, j'aperçois une petite tache de sang sur le sol. J'ai bien touché mon sanglier mais pas d'autre indice jusqu'au virage où je trouve un peu de sang. 10 mètres plus loin, je retrouve du sang et l'entrée au bois marquée de quelques gouttes. Je m'avance sur une grosse coulée et trouve des éclaboussures de sang bulleux et visqueux comme si le sanglier avait éternué. Je commence à prendre confiance mais le sang suit la coulée qui remonte dans le bois. Les gouttes de sang pas grosses et peu abondantes mais je parviens à les suivre. Le sanglier a suivi une grosse coulée. En haut de la pente, alors que terrain d'aplani, la piste bifurque un peu à droite et quitte la coulée. Le sang s'intensifie, je trouve régulièrement du sang bulleux, de grosses gouttes ponctuent le sol et la végétation basse.

Un sanglier de moins dans le sarrasin, 26 août 2019

Je finis par tomber sur une giclée de sang en arc de cercle. En éclairant un peu plus en avant, j'aperçois mon sanglier mort sur le flanc, tourné vers moi. C'est un jeune mâle d'environ 50 kg. Ma flèche est entrée arriéré poumon et ressort plein poumon, côté opposé.

Un sanglier de moins dans le sarrasin, 26 août 2019

Il me reste à retourner à la voiture après quelques photos souvenir.

Un sanglier de moins dans le sarrasin, 26 août 2019

Alex

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1 août 2019 4 01 /08 /août /2019 20:35

Ce soir, je pars chasser à l'appeau un petit secteur où un ami m'a signalé un brocard casanier que je ne connais pas. Nous partons tous les 2, lui ira chasser un peu plus loin. Il me conduit sur la zone où nous laissons nos voitures sur un chemin de terre au-dessus d'une friche arborée en pente prononcée où se gîte généralement le brocard. Cette friche domine une parcelle de soja, plus à droite, le versant opposé est couvert par un tournesol. La friche se poursuit par un bois en long qui couvre le penchant sur environ 60 à 70 mètres, jusqu'au fond de la combe. Le vent monte vers nous, je me prépare et décide d'aller appeler en haut du bois, à environ 40 mètres sur la gauche de la friche. Je laisse mon ami qui n'a pas fini de se préparer et suis le chemin pour trouver un passage pour rentrer au bois avant de me poster pour appeler.

Je me cale contre des arbres, près d'une zone assez dégagée et commence mes appels au Buttolo. Je fais des séries de quelques appels brefs espacées de pauses pour écouter pendant quelques minutes puis passe au Rottumteller avec la même technique mais toujours rien. J'attends un instant immobile au cas où un brocard arriverait puis descends un peu plus bas dans le bois et trouve un beau poste, au pied de gros arbres, devant un arbre mort tombé au sol. Je reprends mes appels au Buttolo et, presque immédiatement, un galop de fait entendre sur ma droite un peu plus bas. J'aperçois vite un beau brocard arrivant sur moi dans une zone dégagée à 30 mètres en contrebas. Il stoppe à environ 20 mètres derrière un arbre. J'accroche mon décocheur, pose mon appeau sur la poignée d'arc, arme mon arc et presse mon appeau sur mon arc pour faire un petit appel bref. Le brocard démarre et fonce sur moi à grande vitesse, ça s'annonce mal. Je le suis dans mon viseur et, à ma grande surprise, il stoppe à 6 mètres de 3/4 face. Je pose ma visée sur son épaule et décoche. Touché, le brocard fait un bon spectaculaire sur place, retombe au sol, démarre pour stopper à environ 15 mètres, vacille, avance en titubant, recule en titubant et s'effondre. C'est fini pour lui. La chasse n'aura duré que 15 minutes. 

Je pars chercher ma flèche plantée au sol sur la zone de tir. Elle est couverte de sang et de contenu stomacal.

Dernier bracelet de tir d'été gersois, 1 août 2019

Le chevreuil a perdu énormément de sang dès l'impact.

Dernier bracelet de tir d'été gersois, 1 août 2019

Je pars le chercher. Ma flèche rentre plein cœur et ressort sous le ventre en entaillant à peine la peau d'un cuissot au niveau du genou.

Dernier bracelet de tir d'été gersois, 1 août 2019

J'appose mon bracelet, lui rends les honneurs puis fais quelques photos souvenir avant de remonter à la voiture et rentrer chez moi après avoir averti mon ami par SMS.

Dernier bracelet de tir d'été gersois, 1 août 2019

Alex

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28 juillet 2019 7 28 /07 /juillet /2019 18:39

Après la fête d'anniversaire de Renaud d'hier soir, la nuit a été courte. Le réveil sonne vers 5h15, je me prépare rapidement puis nous sortons avec Thierry. Renaud nous rejoint rapidement, il a encore moins dormi que nous. Nous embarquons dans la voiture de Thierry et nous voilà partis. Nous décidons de chasser près du stade où l'an dernier je me suis fait avoir par un gros brocard. Thierry se gare près du stade et alors que le jour commence à peine à se lever, nous partons par un chemin de pierre dans les bois. Rapidement, nous dérangeons un animal qui s'enfuit dans la pénombre du sous bois. Au bout du chemin, nous débouchons sur une grande prairie fauchée prise entre un bosquet sur notre gauche et un grand bois à droite. Nous prenons sur la gauche pour longer le bosquet pour en rejoindre le coin droit qui marque la fin de la prairie fauchée et le début d'une parcelle de luzerne prise entre le grand bois et un blé non moissonné qui entoure le reste du bosquet. En arrivant au coin du bosquet, il me semble apercevoir un cou de chevreuil dépassant des céréales, en bordure de la luzerne à environ 70 mètres. Nous décidons de nous repartir autour de l'angle du bosquet. Je me poste sur l'angle alors que Thierry se poste à environ 10 mètres à ma droite, en lisière, un peu à l'intérieur du bosquet, côté prairie alors que Renaud se poste sur ma gauche en lisière du bosquet, en face du blé. Je décide d'attendre un peu avant d'appeler pour que la luminosité soit un peu plus favorable pour décocher une flèche. Un arbre entouré d'un petit bouquet d'arbustes est planté contre l'angle du blé, en alignement de l'angle du bosquet, à quelques mètres de moi. Dans le calme du matin, un léger bruit le fait tourner la tête vers cet îlot arbustif. J'aperçois alors la tête d'un jeune brocard qui s'avance vers moi juste derrière les arbustes. Il n'est qu'à 6 mètres et je n'ai pas le temps de réagir. Il avance d'un pas lent en poussant des petits piaulements comme le ferait un faon pour venir se planter à 4 mètres devant moi, plein travers, cou bas, tête relevée. Il a 2 dagues bien blanches qui dépassent des oreilles, son cou est très fin, il doit avoir à peine 2 ans. Je reste immobile, il repars vers le poste de Thierry, je décide de ne pas bouger pour ne pas l'effrayer. Une fois que le bosquet me masque, je chuchote pour Thierry : " c'est un mâle". Thierry arme son arc mais le brocard, qui n'est qu'à moins de 10 mètres sur la droite de son poste, juste en bordure du bosquet, dans la prairie, est masqué par les branches basses. Comprenant que Thierry ne peut pas décocher faute de fenêtre de tir, je tente quelques appels pour faire revenir le brocard vers mon poste mais il sent Thierry et déguerpi vers le bois qui avance dans la luzerne.

Je commence mes appels au Buttolo puis enchaîne avec le Rottumteller. Assez rapidement un galop et une respiration forte retentissent dans l'avancée de bois de l'autre côté de la luzerne à environ 60 mètres. Je poursuis mes appels. 2 chevreuils sortent du bois et viennent vers moi dans la luzerne. Je reconnais vite une chevrette et un brocard. Je les guide tranquillement vers moi et arme mon arc alors qu'ils sont à environ 20 mètres mais j'accroche la cordelette de mon appeau que j'ai autour du cou et me l'arrache des lèvres dans le mouvement. Je ne peux plus appeler. Le brocard est quasiment de face et j'espère le voir se présenter dans un meilleure position. Il reste un instant immobile puis commence à avancer en biaisant à droite pour venir se présenter de 3/4 face à un peu plus de 15 mètres juste en bordure de la prairie. Mon viseur qui le suivait dans son mouvement, se cale sur son épaule, je décoche. L'impact retentit, le brocard démarre en trombe pour se mettre à décrire des ronds et des 8 dans la luzerne en courant à toute vitesse. Il finit par s'effondrer à environ 60 mètres au bout de quelques secondes. La chevrette est retournée au bois et aboie en lisière.

Je tente d'aboyer un moment et reprends mes appels à l'appeau espérant que ce remue-ménage attire un grand brocard mais le temps passe sans que rien ne bouge. Je fais signe à mes collègues qui me rejoignent et nous partons chercher mon brocard. Comme je l'ai vu tomber, je vais directement sur lui sans chercher le sang. Je le retrouve sans difficulté grâce au rond de luzerne qu'il a couché dans sa chute. Ma flèche est encore en travers, elle ressort du cuissot. Je la dégage.

Second brocard lotois avec Renaud et Thierry, 28 juillet 2019

Ma flèche est entrée derrière l'épaule, ressort entre les pattes arrières puis traverse le cuissot. Des plis d'intestin sortent entre les cuissots. J'appose le bracelet avant de ramener mon brocard près du bois pour lui rendre les honneurs et faire quelques photos souvenir.

Second brocard lotois avec Renaud et Thierry, 28 juillet 2019
Second brocard lotois avec Renaud et Thierry, 28 juillet 2019

Nous ramenons ensuite mon brocard sur le chemin de pierre où nous le laissons, camouflé par de petits buissons avant de partir faire une grande boucle en appelant régulièrement sur ce secteur sans avoir de réponse. Nous retournons vers mon brocard que je vide alors que Thierry part chercher la voiture. Nous chargeons mon brocard et décidons de partir faire un autre secteur. Vu ma réussite de ces 2 jours de chasse, je décide de ne plus prendre mon arc et d'appeler en arrière de Renaud pour essayer de lui faire tirer un brocard car c'est aujourd'hui son anniversaire.

Thierry nous conduit près de bâtiments agricoles où se trouve un élevage de canards. Alors que nous nous préparons, l'agriculteur qui connait Thierry vient discuter un moment avec nous. Nous partons ensuite par un sentier pierreux pour nous poster un peu plus loin en bordure de ce dernier. Thierry se poste un peu plus bas à quelques mètres dans le bois alors Renaud rentre dans le bois clair, en bordure d'un ancien chemin forestier qui est en train de se combler. Une fois mes amis postés, je commence mes appels juste derrière Renaud. Les séries s'enchaînent au Buttolo sans résultat, je décide de tenter le Rottumteller quand Renaud me fait signe qu'il a entendu des pas dans le bois en dessous de lui. Je reprends donc au Buttolo mais le chevreuil tourne sans vouloir sortir. Je tente le Rottumteller, un bruit de pas se fait entendre. Le chevreuil arrive par notre droite, je finis par l'entrapercevoir au travers de la végétation alors que Renaud arme son arc. Le chevreuil avance pas à pas, lentement, jusqu'à ce que Renaud ait une fenêtre de tir. Il décoche alors que je ne vois pas l'animal. L'impact retentit et le chevreuil part vers Thierry puis le calme revient. Renaud est aux anges, il tremble comme une feuille morte. Il me remercie pour se moment de chasse et nous nous tapons dans la main. Je suis tellement heureux pour lui. Il semble content de sa flèche et Thierry qui nous rejoint confirme que la flèche semble bonne. 

Nous attaquons la recherche, je trouve vite la flèche de Renaud cassée côté empennage, il en manque la moitié. Le sang est difficile à trouver et très peu abondant. Nous peinons à suivre les toutes petites gouttes. Thierry cherche plus en avant et tombe sur un peu de sang qu'il nous signale. Je marque chaque goutte avec un bout de bois planté au sol puis avance au sang signalé par Thierry. Nous reprenons la recherche toujours aussi compliquée et avançons doucement en descendant dans le bois très pentu maintenant quand Renaud aperçoit de loin une tâche rousse dans le bas fond, à environ 60 mètres, il me l'indique et en l'apercevant je comprends qu'il s'agit de son chevreuil. Nous descendons à sa rencontre.

La flèche de Renaud est 3/4 avant alors qu'il la pensait plein travers. Elle n'est pas ressortie de l'animal, un peu de sang coule près de l'anus et nous nous rendrons compte, au dépeçage, que c'est juste la pointe de sa flèche qui a percé la peau à cet endroit. Nous faisons quelques photos souvenir avant de remonter vers la voiture.

Second brocard lotois avec Renaud et Thierry, 28 juillet 2019

Nous partons pour un nouveau secteur de châtaigners magnifique mais aucun chevreuil ne se montrera, à l'exception d'un petit brocard qui nous faussera compagnie au moment de nous poster sur la première zone d'appel. Il était dans la prairie, en bordure du bois, à environ 70 mètres mais je l'ai vu trop tard. Après plusieurs tentatives nous renonçons et rentrons pour préparer nos 2 chevreuils. J'ai de la route et je dois rentrer dans le Gers pour le début d'après midi.

Alex

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27 juillet 2019 6 27 /07 /juillet /2019 23:28

Ce weekend, c'est l'anniversaire surprise de mon ami Renaud qui vit en Corrèze, son amie Juliane nous a conviés avec mon ami Thierry et sa famille à y participer. Thierry m'a donc proposé de venir chez lui pour chasser vendredi soir et samedi matin avant la soirée d'anniversaire de samedi. En sortant du boulot, je passe donc rapidement chercher mes affaires chez moi avant de prendre la route. Un peu moins de 3 heures plus tard, me voilà à Cuzance chez Thierry, vers 20 heures, il fait encore très chaud. Le temps de me préparer et nous voilà partis pour une petite chasse à l'appeau sur son territoire lotois. Thierry décide de commencer par un premier secteur où il a manqué un brocard cette saison. Nous nous postons près d'un chemin dans une petite bande boisée clairsemée de chênes. Thierry décide de se poster sur la gauche près d'un penchant boisé plus fourré qui remonte d'un petit pré entouré par le bois. Je me poste plus à droite, près d'un gros chêne, derrière un petit écran buissonneux. Sur ma droite, la lisière du bois à quelques mètres précède une grande friche desséchée. J'attends que Thierry soit posté et prêt avant de commencer mes appels au Buttolo. Je surveille autour de moi mais rien ne vient, je fais des pauses et reprends plusieurs fois mes séries d'appels puis passe au Rottumteller. Tout à coup, Thierry se tend et fixe le bord du fourré derrière lui. En regardant dans le même sens, j'aperçois un chevreuil arrêté de face à environ 40 mètres de moi à juste quelques mètres de Thierry. Je ne vois pas sa tête, j'essaie d'attirer son attention en continuant mes appels mais il reste figé. Thierry arme, vise et décoche. Je n'entends pas l'impact sur le chevreuil, juste le flèche qui heurte une branche puis le sol. Le chevreuil fait volte-face en aboyant. Je reprends mes appels pour tenter de le faire revenir et aboie par moment. Je ne peux pas le voir mais l'entends, il hésite un moment et tourne sous Thierry dans le fourré quand un autre chevreuil se met à lancer des aboiements plus graves en bas du petit pré, j'insiste un moment sans arriver à les faire venir avant de renoncer alors que les chevreuils s'éloignent. Je rejoins Thierry que est dépité d'avoir manqué ce chevreuil, il m'explique qu'il s'agissait d'un plus petit que la dernière fois, le gros était certainement en retrait, au fond du pré, d'où les aboiements plus grave. Nous partons chercher sa flèche qui ne porte pas de trace permettant de penser à une blessure du brocard puis reprenons le chemin pour tenter d'appeler un peu plus loin.

Alors que nous avançons sur le sentier, Thierry m'arrête, il lui semble avoir vu passer un chevreuil dans le penchant boisé qui descend dans la combe en dessous de nous, nous observons un instant et l'apercevons. Il descend d'un pas décidé, traverse la combe enherbée pour remonter le penchant boisé vers le chemin. Nous le perdons vite de vue et nous repostons en vitesse pour tenter d'appeler mais il s'agit certainement du brocard tiré par Thierry il a quelques minutes et il ne reviendra pas. Nous décidons de quitter le secteur pour rejoindre une autre zone en voiture. Nous passons ainsi de zone en zone en appelant sans succès. 

Alors que la nuit sera vite là, Thierry décide de tenter un dernier secteur. Nous nous garons et partons par un chemin pour rejoindre une ancienne coupe de bois alors que la luminosité décroît rapidement. Thierry se poste en arrière sur la droite du chemin, au pied d'un gros arbre et m'envoie me poster un peu plus bas sur la gauche du chemin, au niveau d'un passage permettant d’accéder à une grande prairie entourée de bois. Je me poste en m'avançant un peu sur le passage et commence à appeler. Je surveille autour de moi. Au bout d'un moment, alors que j'appelle au Buttolo, il me semble entendre un bruit dans le bois à environ 150 mètres. Alors que je regarde dans cette direction, j'aperçois un chevreuil qui sort du bois et traverse, au galop, la prairie en dessous de la coupe de bois pour remonter sur moi. Je pense d'abord à une chevrette. L'animal se plante à environ 40 mètres de moi, à environ 15 mètres du bord du sentier qui passe à quelques mètres sur ma droite. Il regarde autour de lui et c'est alors que j'aperçois ses bois, c'est un six pointes correct. Au même moment, je perçois du mouvement sur ma gauche dans la prairie, une chevrette et ses 2 faons arrivent vers moi à environ 70 mètres. Je cale mon appeau sur ma poignée d'arc et reprends mes appels moins appuyés et plus espacés en me focalisant sur le brocard pour essayer de le guider vers moi. Le vent est dans mon dos et j'espère que le brocard va venir par la coupe de bois mais il biaise pour rattraper le chemin et remonte sur moi en le suivant. J'arme doucement mon arc et continue mes appels pour ne pas lui laisser le temps de trop réfléchir, il avance pas à pas et stoppe à environ 8 à 10 mètres de 3/4 face, impossible de trouver une fenêtre de tir au travers des feuillages et branches basses. Je tente d'appeler encore, le chevreuil frappe du pied, balance sa tête pour essayer d'identifier l'origine du bruit mais il refuse d'avancer. Le vent finit par me trahir et le brocard démarre en aboyant pour retourner vers le bois d'où il vient. La chevrette est toujours à environ 70 mètres sur ma gauche et commence à s'éloigner tranquillement avec ses jeunes. Je quitte mon poste et retourne vers Thierry alors que la nuit tombe. Il est temps de rentrer, après un petit repas sur la terrasse à discuter chasse nous partons nous coucher.

 

Ce matin, le réveil sonne vers 5 heures, je descends déjeuner avec Thierry puis nous nous préparons avant de repartir en chasse. Ce matin la pluie est annoncée, il a un peu plu dans la nuit mais il ne pleut pas pour le moment. Thierry me conduit sur un de ses secteurs, nous nous garons sur un chemin de pierre et partons à pied. Le jour n'est pas encore levé, nous y voyons à peine, nous remontons le chemin jusqu'à la limite du territoire. Thierry décide d'appeler en bordure d'un bois séparé d'une grande parcelle de maïs par un chemin enherbé, une grande luzerne borde le bois plus sur notre droite et se poursuit derrière le maïs. Nous longeons un instant le chemin enherbé puis nous nous calons en lisière du bois et attendons un moment que la luminosité soit suffisante pour tirer puis je commence à appeler. J'enchaîne les séries d'appels sans succès tout en surveillant les alentours. Au bout d'un moment, ne voyant rien venir nous décidons de changer de poste, nous revenons vers le chemin de pierre et nous nous avançons dans un immense chaume de blé ponctué de balles rondes de paille. Nous nous calons contre le bois et tentons d'appeler mais toujours rien, nous repartons en arrière sur le chemin en direction de la voiture tout en surveillant les zones ouvertes des 2 côtés du chemin. Au bout d'un moment, j'aperçois sur la gauche, 2 chevreuils au gagnage dans une grande luzerne. Je les montre à Thierry, il me dit de tenter l'approche seul car, à 2, ce serait trop compliqué. Derrière nous une bande d'une trentaine de mètres de large de luzerne est prise entre le chemin et le bois puis la luzerne plonge sur 70 mètres de large, entre 2 bois, vers une haie qui en délimite le fond à environ 250 mètres. Je me baisse et repars en arrière alors que Thierry s'avance sur le chemin, vers le coin de la luzerne. Une fois que le bois masque ma progression, je traverse la bande étroite de luzerne pour rejoindre la bordure du bois et la longe doucement jusqu'à l'angle du bois. Les chevreuils sont en contrebas, il n'y a pas 2 mais 3 chevreuils, 2 chevrettes et un brocard. Je descends un peu en longeant doucement le bois pour me poster à genoux contre une branche basse qui dépasse sur la luzerne. Je commence mes appels. Immédiatement, un chevreuil fonce sur moi par l'intérieur du bois et stoppe à à peine 3 mètres sur ma droite. Le feuillage ne me permet pas de le voir. J'accroche mon décocheur mais le vent souffle vers le bois et me trahit. Le chevreuil démarre en aboyant et descend en suivant la bordure du bois ce qui existe le brocard et ses chevrettes qui foncent à sa rencontre et disparaissent à environ 60 mètres, derrière une avancée du bois dans la luzerne. Je tente de rappeler, rapidement, une chevrette ressort sur la luzerne d'où elle était rentrée au bois. Elle stoppe plein travers à environ 10 mètres de la lisière et regarde derrière elle. Je comprends vite qu'un autre chevreuil va suivre. Elle redémarre suivie par le brocard qui la course, je lance des appels. Les chevreuils stoppent plusieurs fois en remontant dans la luzerne tout en biaisant vers le bois d'en face. Le brocard hésite à chaque fois mais prend à chaque fois le parti de suivre la chevrette. Cette dernière finit par s'arrêter à environ 60 mètres de moi. Je poursuis mes appels, le brocard hésite un peu puis commence à venir vers moi d'un pas lent en biaisant pour venir sur ma gauche. La chevrette reste immobile et regarde vers moi, l'autre chevrette est ressortie du bois et biaise vers la haie qui délimite le fond de la parcelle. Il zigzague un peu, hésitant parfois à venir droit sur les appels, il balance sa tête frappe parfois du pied mais de rapproche peu à peu. Je pose mon appeau sur la poignée d'arc, alors qu'il est à environ 40 mètres et profite d'un moment d'inattention pour armer mon arc doucement. Je suis maintenant le brocard dans mon viseur en le guidant de mes appels. Il arrive à environ 15 mètres plein travers sur ma gauche, je pause mon viseur sur le défaut de son épaule et décoche. Touché, le brocard fonce dans le bois, la chevrette fonce vers Thierry. J'écoute la course du brocard et l'entends tomber à plus au moins 30 mètres dans le bois. Le calme revient, la chevrette proche de la haie du fond n'a pas bougé. Je me redresse et fais signe à Thierry pour qu'il me rejoigne. Il n'a pas tout vu à cause du relief du terrain. Je lui explique mon action de chasse puis me dirige vers la zone du tir où je retrouve ma flèche, posée au sol en sens inverse du tir. 

Une superbe chasse lotoise sous la pluie, 27 juillet 2019

Nous nous dirigeons vers l'entrée au bois où je trouve vite le premier sang sur les feuillages.

Une superbe chasse lotoise sous la pluie, 27 juillet 2019

L'entrée étant très fourrée, je passe par un passage moins épais, un peu plus à gauche pour tenter de recouper la piste de sang en sous bois mais je peine à retrouver des gouttes à la lueur de la lampe de mon portable car il fait encore très sombre dans le bois. Thierry est parti chercher un peu plus loin dans le bois. Je tourne et retourne sans trouver de sang, je ressors donc du bois pour suivre le sang depuis l'entrée quand Thierry m'appelle pour m'indiquer qu'il a trouvé du sang. Je le rejoins donc et attaque de suivre le sang qui n'est pas très abondant mais continu.

Une superbe chasse lotoise sous la pluie, 27 juillet 2019

La piste prend vite à droite alors qu'au bruit j'aurais cru le chevreuil mort dans l'alignement de l'entrée au bois. Je ne tarde pas à le retrouver, il est mort à moins de 40 mètres du tir et à environ 10 à 15 mètres de la lisière du bois. 

Une superbe chasse lotoise sous la pluie, 27 juillet 2019

J'appose le bracelet et le sors du bois pour lui rendre les honneurs et faire quelques photos souvenir.

Une superbe chasse lotoise sous la pluie, 27 juillet 2019

Pendant que je fais mes photos et vide mon chevreuil, Thierry part chercher la voiture pour la rapprocher de la luzerne. Ma flèche est entrée dans les muscle de l'épaule et ressort au défaut de l'épaule opposée. Une fois vidé, je tire mon chevreuil vers le coin de la luzerne pour attendre Thierry qui ne tarde pas à arriver. Nous chargeons mon chevreuil et partons pour un autre secteur, il reste encore des bracelets.

La pluie se met à tomber. Arrivés sur un autre secteur, nous nous dirigeons vers une petite clairière d'herbes vertes et hautes en bordure d'un bois. Nous nous posons à environ 15 mètres l'un de l'autre et je commence mes appels par petites séries avec le Buttolo puis le Rottumteller, j'insiste un moment mais rien ne vient malgré les beaux frottés présents sur la zone. Thierry décide de continuer un peu à pied. Nous traversons le bois et ressortons dans un chaume puis longeons le bas du bois en prenant à droite. En arrivant au coin du bois, j'aperçois, à ma droite, une chevrette qui passe une clôture barbelée couverture de végétation. Je stoppe Thierry pour la lui montrer et nous attendons un instant postés au coin du bois quand un jeune brocard aux bois bien blancs arrive lui aussi en passant la clôture. Nous préparons rapidement et je tente d'appeler mais les animaux nous regardent sans vouloir venir. La chevrette finit par hésiter un peu mais se ravise et c'est le vent tournant qui nous trahit. Les animaux s'enfuient en repassant la clôture et rejoignant ainsi 2 faons que l'écran végétal pris sur les barbelés nous cachait. Les 4 chevreuils s'éloignent à grands bons en remontant dans le champ. Thierry décide de changer de secteur, nous retournons à la voiture.

Nous nous garons près d'un chemin de pierre et partons sur ce dernier pour rejoindre un petit bois clairsemé. Nous passons la clôture barbelé qui borde le chemin. Le sous-bois est tapissé d'herbes hautes et bien vertes. Je me poste contre un gros arbre alors que Thierry se poste un peu plus à gauche de l'autre côté d'un muret de pierres sèches caractéristique du département. Comme à mon habitude, je commence mes appels au Buttolo puis poursuis au Rottumteller. Des geais donnent de la voix à plusieurs centaines de mètres sur ma droite dans un bois de l'autre côté du chemin. Ce remue-ménage attire mon attention et alors que je regarde dans cette direction, j'aperçois un mouvement au travers des feuillages. Je reconnais vite un chevreuil sans pouvoir donner son sexe. Je poursuis mes appels, l'animal rentre au bois à environ 70 mètres sur ma droite, je le guide vers moi en appelant, il marque régulièrement des arrêts pour écouter et observer. A mesure qu'il se rapproche je crois identifier une chevrette ce qui se confirme quand elle se présente plein travers à moins de 20 mètres en dessous de moins. Du mouvement attire alors mon attention plus en contrebas. Un jeune brocard monte sur la chevrette, elle démarre, passe derrière un bouquet de gros arbres et stoppe à environ 20 mètres sur ma droite, le brocard remonte vers elle, cou baissé nez relevé. Il hume l'air et la rejoint alors que j'arme mon arc. Elle repart, le brocard collé à son arrière train et ils entament des ronds de sorcière autour des arbres à ma droite. Je suis le brocard dans mon viseur, les animaux passent à à peine 5 mètres de moi mais trop vite, je préfère ne pas décocher. Ils repassent derrière le bouquet d'arbres et s'éloignent pour disparaître dans la direction d'où venait la chevrette. Je reprends mes appels pour tenter de les faire revenir. J'insiste un moment quand j'aperçois un chevreuil à environ 40 mètres en contrebas, la tête cachée derrière un arbre. Je continue mes appels mais il ne veut pas bouger et commence à aboyer. Je lui réponds en aboyant et il fait de même. J'alterne aboiements et appeau mais impossible de le faire bouger. Je décide d'abattre ma dernière carte, comme sa tête est derrière un gros arbre, je décide de tenter une approche. Je commence à descendre tout doucement sur quelques mètres quand j'aperçois la tête du jeune brocard dans la végétation, juste en arrière du chevreuil que j'avais vu. Je me fige, le brocard curieux balance la tête puis commence à monter vers moi d'un pas lent et saccadé. J'arme doucement mon arc. Il se plante à un peu plus de 20 mètres, plein travers en contrebas. J'aligne ma visée et décoche mais ma flèche passe juste au dessus et part se ficher au sol 20 mètres plus bas. Les 2 chevreuils démarrent en aboyant et disparaissent dans la végétation en contrebas. Nous nous dépostons et partons chercher ma flèche. En chemin, je tombe sur la couche du brocard encore sèche alors qu'il a déjà bien plu. Il s'était couché là ce matin avant la pluie, nous étions postés à moins de 50 mètres de lui mais, sans l'arrivée de la chevrette, il n'aurait certainement pas bougé. Je récupère ma flèche et nous remontons vers le chemin.

Nous continuons sur le chemin d'un pas rapide, Thierry veut rejoindre un autre secteur un peu éloigné. Je marche derrière lui quand j'aperçois un jeune brocard, à environ 45 mètres, dans la prairie à gauche du chemin. J'attrape Thierry par le bras, le tire en arrière et lui dit de se baisser en lui annonçant la présence de l'animal. Nous sommes accroupis sur le chemin partiellement cachés par le petit muret qui borde la gauche du sentier. Le brocard, qui regardait vers nous, a vu notre mouvement sans l'identifier et démarre pour nous venir droit dessus, je chuchote à Thierry d'encocher vite une flèche et se préparer mais le brocard arrive trop vite et se plante à 6 mètres de Thierry avant qu'il n'ait pu armer. Thierry arme doucement et tente de viser mais la végétation du bord du chemin lui masque trop le chevreuil. J'ai une vue plus dégagée mais je veux laisser tirer Thierry et laisse faire. Le brocard finit par démarrer et fonce en s'éloignant dans la prairie en aboyant. J'aboie pour tenter de le stopper à distance de tir mais il continue et revient vers le chemin à 60 mètres devant nous puis rentre au bois sur la droite du sentier. Pensant qu'il n'a pas vraiment compris ce que nous étions, je me doute qu'il n'est pas allé loin. Je dis à Thierry de me suivre pour tenter de nous rapprocher mais alors que nous avons fait 10 mètres sur le chemin, le brocard ressort du bois, nous aperçoit et fuit en suivant le sentier pour disparaître dans une coupe de bois. Je me suis fait avoir mais décide de tenter notre dernière chance. Nous pressons le pas pour rejoindre la coupe et nous nous postons derrière un tas de bois pour tenter d'appeler mais il ne reviendra pas.

Nous reprenons le sentier qui rentre dans le bois. Il pleut toujours et nous sommes déjà bien mouillés. Nous avançons vite sur le chemin en direction d'une coupe de bois sous une ligne à haute tension quand j'aperçois une chevrette à une dizaine de mètres devant nous. Je stoppe Thierry en l'attrapant par le bras et lui montre la chevrette qui nous regarde sans bouger. Elle se baisse un peu pour uriner tranquillement sans nous quitter des yeux. Je tente quelques appels au Buttolo au cas où un brocard serait dans les parages mais la chevrette se débine. Nous rentrons dans la végétation du bord du chemin pour rejoindre la coupe en passant par là où se trouvait la chevrette quand un faon surgit des broussailles et fonce dans la végétation sur notre droite pour disparaître rapidement. 

Nous poursuivons pour aller nous poster en bordure de la coupe sous la ligne haute tension. Thierry se poste au coin d'un fourré bordant la coupe alors que je me poste 15 mètres plus haut sur sa droite. Je commence mes appels. Au bout d'un moment, Thierry me fait signe, un chevreuil monte vers moi mais je ne vois rien au cause des arbustes qui poussent sous la ligne. Je poursuis mes appels mais rien ne vient. Le vent tournant a dû nous trahir et le chevreuil est rentré au bois d'où il venait, de l'autre côté de la coupe.

Nous repartons en traversant la coupe pour descendre dans le bois. La pluie tombe et couvre un peu le bruit de notre progression. Brusquement, j'aperçois un brocard de face à environ 45 mètres en contrebas, en lisière du bois. Je stoppe Thierry et lui indique l'animal, nous sommes derrière un petit écran d'arbustes et restons sur place sans bouger. Je commence à appeler mais le brocard lève à peine la tête vers nous, il n'est pas intéressé. J'insiste un moment quand un mouvement me fait tourner la tête à droite. Un chevreuil vient de stopper derrière des arbustes à 10 mètres de moi mais la végétation m'empêche de le voir. Je l'indique à Thierry. En bas, le brocard devient inquiet et commence à se décaler vers la droite quand un superbe brocard 6 pointes, au cou massif et aux bois hauts, massifs et noirs vient se planter plein travers à 30 mètres en contrebas de notre position. Il regarde fixement vers où se trouvait le brocard et est totalement indifférent à mes appels. Thierry a armé et vise, je pense le voir décocher mais il garde l'armement. J'hésite à armer mon arc et à tirer mais c'est a Thierry de tirer et je laisse faire. Le vent finit par tourner et le gros brocard s'enfuit en sortant du bois en dessous de nous. J'essaie d'appeler encore un peu mais les 3 chevreuils ont disparu. Nous quittons notre poste pour sortir du bois et traversons la prairie en direction d'un autre bois quand le grand brocard surgit d'un bosquet à 200 mètres pour traverser un bout de friche et disparaître dans un grand bois un peu plus loin.

Nous partons nous poster au bas d'un petit bois, en bordure d'une parcelle de luzerne pour tenter d'appeler mais rien ne venant, nous traversons la luzerne et remontons un peu dans le bois d'en face pour nous reposer en regardant dans le bois. Thierry se poste sur ma droite près du fourré alors que je me poste au pied d'un arbre dans une zone assez dégagée. Je commence mes appels alors que le bruit de la pluie masque une partie des bruits du bois. Brusquement, il me semble entendre du bruit près de Thierry. En tournant la tête, je vois les ronces s'agiter juste derrière Thierry. Un galop retentit dans le bois, après avoir fait une boucle dans le fourré, une chevrette se plante, plein travers, à 3 mètres dans mon dos puis redémarre, me contourne par la gauche, pour rentrer dans le bois et biaiser vers Thierry. Je continue à appeler en espérant voir arriver un brocard et alors que je regarde en direction de la chevrette arrêtée à environ 40 mètres dans le bois épais devant moi, je me fais surprendre par un jeune brocard que je n'entends pas arriver et qui me passe à moins de 2 mètres sur ma droite pour venir se planter un peu plus haut, à 6 mètres sur ma gauche, de 3/4 arrière en regardant vers moi. J'essaie d'accrocher mon décocheur mais il démarre et rentre dans le fourré sur les traces de la chevrette. Thierry arme son arc mais se fait repérer par la chevrette qui démarre en aboyant suivie par le brocard. Je tente d'appeler mais les chevreuils restent à plus de 50 mètres dans le bois et aboient. Je leur réponds en aboyant sans plus de succès. Nous quittons notre poste et remontons à travers bois alors que les chevreuils nous aboient et semblent revenir vers nos postes. Je leur réponds quelques fois mais nous poursuivons notre chemin pour revenir vers la voiture. 

Nous partons pour un dernier secteur, nous nous postons dans un bois clairsemé à un peu plus de 10 mètres l'un de l'autre, aux pieds de gros arbres. Je commence mes appels, au bout d'un moment, une chevrette arrive au galop du fond du bois à plus de 100 mètres. J'espace mes appels alors qu'elle vient droit sur moi. Elle s'approche d'un pas saccadé et balançant sa tête pour venir se planter à quelques mètres de mon poste. Elle reste un moment à trépigner sur place puis démarre et s'éloigne en passant devant Thierry. Je la rappelle et elle revient sur Thierry pour trépigner un moment près de lui. Elle repart, je la rappelle, je la fais tourner un moment autour de nous avant qu'elle ne décide de fuir d'où elle vient. Je pensais faire venir un brocard en la gardant près de nous mais ça n'a pas marché. Nous descendons et partons nous poster plus loin dans un bosquet au bord d'une prairie pour rappeler. La chevrette revient sans que l'on sache d'où elle arrive, nous l'apercevons à environ 20 mètres de la lisière. Elle fait des aller-retour en parallèle du bois avant de finir par s'enfuir par la droite et disparaître dans un bosquet.

Nous retournons à la voiture et partons pour un autre secteur où nous finirons trempés par un très forte averse et sans voir d'autre chevreuil. Il est temps de rentrer pour s'occuper de mon brocard, manger puis faire une sieste avant de partir pour la fête surprise pour l'anniversaire de Renaud.

Alex

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  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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