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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 15:56

Petit flash back d'introduction :

La veille de cette belle sortie, je pars faire un tour seul sur plusieurs secteurs de mon territoire. Je décide de commencer par un lac sur Durban où j'ai remarqué qu'une bande d'au moins 5 ragondins de taille moyenne sortait tous les soirs. J'arrive sur place au lever du jour et me gare au bord de la route avant de descendre vers le lac mais ce matin il est désert. Je fais rapidement le tour du plan d'eau puis reviens vers la voiture quand un renard arrive à travers pré vers le bout du lac et disparaît dans le ruisseau. J'en déduis qu'il doit certainement occuper un terrier de ragondin que la sécheresse maintient hors de l'eau.

Je remonte vers la voiture et décide d'aller jeter un coup d'œil sur une mare un peu plus loin. Je me gare au départ du chemin qui descend vers la mare puis le descends à pied. Un gros ragondin se met à l'eau contre la berge opposée, je passe à couvert derrière des arbres puis tente de le rattraper quand plusieurs lapins détalent sous les ronces de la berge opposée et font plonger le ragondin qui se précipite dans un terrier dont l'entrée est cachée par une grosse touffe de joncs.

Je fais le tour et inspecte le terrier puis reviens à la voiture pour partir vers un lac des Coteaux de Gascogne au carrefour de Noilhan. J'arrive alors que le soleil se lève sur le plan d'eau.

Une bonne matinée ragondin, 11 mars 2012

J'attaque le lac par la gauche quand j'aperçois au milieu de mon côté de berge un groupe de ragondin. Ce lac est très dur à chasser seul car les terriers sont au milieu des longueurs de berge et face à face. Je décide de tenter d'attraper un ragondin en feintant. Je me décale pour tenter une approche caché par le talus de la berge mais des canards décollent et un premier ragondin plonge au départ du lac pour rejoindre la berge opposée et le reste des ragondins, 50 mètres plus en avant s'avance sur le lac déjouant ainsi mon plan A, reste le plan B, je m'avance vers eux en les faisant plonger puis fait demi-tour et prends le pas de course pour revenir au départ du lac, traverser le ruisseau d'alimentation, faire une grande boucle dans le champ au cas où le premier ragondin serait resté dans les branches d'un arbre mort sous des buissons puis je reviens vers les terriers d'en face et me poste. Les ragondins arrivent vers moi mais me repère et font demi-tour. L'un d'eux à 12 mètres environ, s'arrête sur l'eau et hésite, j'arme, il amorce son demi-tour, je décoche et il plonge mais ma flèche lui arrache un bout de peau sur le dos qui flotte à côté de ma flèche.

Une bonne matinée ragondin, 11 mars 2012

Je n'ai pas le temps de repartir en face et regarde impuissant les ragondins qui rentrent aux terriers. Il me reste peut être le premier ragondin. L'eau bouge sous les buissons vers le bout du lac. Je fais une grande boucle dans le champ pour tenter de tomber sur le ragondin mais à mon arrivé ce dernier a déjà plongé. Il refait surface un peu plus loin et longe la berge en direction du ruisseau. Je refais une grande boucle dans le champ mais à mon arrivée, il a encore plongé. Je fonce vers l'entrée du ruisseau et attends en espérant le voir passer dans l'eau limpide. Le temps passe et toujours pas de ragondin quand dans mon dos un bruit me fait me retourner. Le ragondin surgit de l'eau et fonce en slalomant au travers des touffes de jonc pour rentrer au terrier un peu plus loin. Il m'a bien eu, je ne l'ai pas vu passer !

Je n'ai plus la moindre chance sur ce lac, je pars donc pour le canal de Labarthe. Mais je vais appeler Christophe et Manu pour revenir demain. J'ai compté environ 15 ragondins ce matin et mon échec les aura mis en confiance.

Une bonne matinée ragondin, 11 mars 2012

En arrivant près du moulin, je me gare et pars en remontant le canal. Rapidement j’aperçois un ragondin qui se débine contre la berge opposée, je m’éloigne un peu de la berge et fait une boucle en me baissant le plus possible pour tenter d’intercepter le ragondin plus en amont. Des peupliers couchés le long du canal et le talus de la digue me cachent un peu. Je reviens doucement vers l’eau mais le ragondin plonge. Je longe un peu le canal puis attends et aperçois le petit malin qui ressort juste le haut de la tête sous quelques brindilles. J’arme doucement et vise juste derrière la tête. Le ragondin est séché sur place. Trop occupé à chercher silencieusement le ragondin, je n’avais pas vu qu’une belle chevrette dormait juste au bord de l’eau, tournée face à moi à moins de 2 mètres de l’endroit où je viens de flécher le ragondin. L’impact de ma flèche dans la berge vient de la sortir de sa torpeur et elle bondit dans le fourré, fait 10 mètres puis s’arrête pour chercher ce qui vient de se passer en me présentant un joli ¾ arrière pendant quelques secondes avant de se débiner tranquillement dans les épines.

Je décide de le laisser sur place et de poursuivre en longeant le canal. Un peu plus loin un ragondin plus petit se débine dans le courant. Je tente la même manœuvre que tout à l’heure mais à mon retour près de la berge le ragondin a disparu. Il a dû rentrer dans un terrier. Je poursuis ma route et arrive près d’une zone de terriers. Je jette un coup d’œil machinal à l’entrée des galeries et aperçois un ragondin mais trop tard. Je n’ai pas été assez discret et ce dernier qui prenait le soleil devant chez lui fait demi-tour pour rentrer à couvert.

Le reste du canal est très calme, pas le moindre ragondin, seul un petit rat d’eau traverse le lit du cours d’eau et me regarde un instant de la berge opposée avant de rentrer au terrier. Je fais demi-tour et reviens vers la voiture quand près de l’endroit où j’ai fléché mon ragondin, un bruit de plongeon m’interpelle. Je me poste au bord de l’eau et attends un peu. Un ragondin refait surface sous des branchages contre la berge opposée. J’arme doucement, vise et décoche mais mon tir est dévié par l’obstacle et je rase le dos du ragondin qui plonge et disparaît.

Je continue. Mon ragondin mort n’est plus là ! Il a dû dériver avec le courant, enfin je l’espère. Juste un peu plus loin un ragondin se met tranquillement à l’eau et se cale comme l’autre sous des branchages. J’arme, vise pour essayer de passer au travers des branches mais, encore une fois, j’en touche une et ma flèche déviée se plante profondément sous l’eau. Je traverse un peu plus loin sur un poteau EDF couché en travers du canal et récupère mes flèches. Je dois laisser une de mes lames fichée dans une grosse racine en la dévissant.

Près de ma voiture un gros 4x4 est garé et un groupe de personnes discute. Je retrouve mon ragondin cale contre une grosse conduite qui traverse le canal au ras de l’eau et le récupère puis je pars saluer les personne présente dont le propriétaire du canal et des pécheurs venus faire l’ouverture de la truite sur le Gers. Nous discutons un peu ragondin ce qui me permet de récupérer encore quelques coins qui semblent prometteurs puis je rentre chez moi et appelle Manu pour préparer la chasse du lendemain.

Une bonne matinée ragondin, 11 mars 2012

Ce matin, rendez-vous est pris sur le petit parking du carrefour de Noilhan. Nous arrivons avant le lever du jour et nous nous préparons avant de partir à pied pour le lac un peu plus loin pour éviter de déranger les ragondins avec les phares des voitures. Le jour se lève doucement, je vais garder le côté droit du lac alors que Manu et Christophe vont s'occuper de la berge opposée. Je coupe à travers champ pour ne pas longer le bord du lac et revenir directement sur les terriers principaux. Les ragondins se débinent déjà devant mes collègues et je prends le pas de course pour arriver au poste assez tôt. Manu et Christophe continuent tranquillement. Je leur crie : "les ragondins vont au terrier, vite...". Manu qui connait le lac comprend vite et se précipite sur les terriers principaux. Christophe reste un peu en retrait pour surveiller le ruisseau.

Je suis en place mais les ragondins qui venaient vers moi m'ont vu et ont fait demi-tour. Il y a environ une dizaine d'individus à la surface du lac. L'un d'eux finit par se diriger vers Christophe qui l'attend immobile, un autre revient vers mon côté de berge mais biaise pour rejoindre la berge plus vers la digue. Je le laisse se rapprocher puis alors qu'il plonge, je me précipite espérant le voir remonter mais il rentre dans un terrier que je ne connaissais pas sans ressortir de l'eau. Manu s'est avancé pour intercepter un ragondin qui longe la berge en direction d'un arbuste dont les branches qui couvrent l'eau font une bonne cachette.

Christophe décoche sur son ragondin et semble l'avoir blessé. Ce dernier plonge puis remonte pour venir droit sur moi alors qu'un autre ragondin part vers le déversoir du lac. Et un autre vers le terrier où j'ai perdu le premier ragondin. Il me faut faire un choix et je décide de tirer le ragondin qui doit être blessé. Il plonge. Je surveille à mes pieds l'entrée d'un grand terrier. Le ragondin refait surface sur ma gauche, je m'éloigne du bord pour me cacher à sa vue puis reviens sur lui et parviens à lui décocher une flèche alors qu'il s'éloigne doucement du bord. Touché à la tête, il plonge, je me précipite vers le grand terrier quand je l'aperçois qu'il fuse sous l'eau. J'arme rapidement et lui décoche une flèche au coup de bras avant qu'il ne rentre à couvert. Cloué sur place, mais pas touché mortellement, le ragondin se débat. Je descends rapidement le talus et le saisi pour l'achever. La flèche de Christophe lui avait juste touché les dents. Ma première flèche lui traverse la tête sans toucher le cerveau.

Je remonte avec ma prise que je pose dans le champ et reprends mon poste. Manu a fléché son ragondin de son côté. Christophe garde les terriers et les ragondins font des allers-retours sur le lac cherchant la faille pour s'échapper. Au bout d'un moment, je craque, les ragondins restent à distance sur le lac et ne veulent pas se rapprocher. L'un d'eux, à presque 20 mètres du bord, s'est immobilisé plein travers à la surface. J'arme prends mon temps pour viser et décoche. Ma flèche l'atteint au train arrière et reste coincée en travers. Le ragondin plonge puis remonte rapidement et se débat un moment en surface.

Un ragondin se décide et biaise vers la berge sur ma droite. Il faut l'empêcher de rentrer au terrier. Je glisse vers lui quand il plonge. Je cours me placer sur le terrier sous l'eau mais rien ne vient. Au bout d'un moment, il me semble voir une tête contre la berge à 15 mètres environ. Si je bouge, il va plonger, il est tourné face à moi. J'arme, vise la tête et décoche mais je passe juste au-dessus et le ragondin plonge pour remonter plus loin et partir vers Manu qui l'attend caché derrière le gros arbuste.

 

Je reviens vers mon ragondin blessé mais ce dernier qui semblait incapable d'avancer a disparu et je crains de l'avoir perdu au terrier. Je demande à Christophe s'il l'a vu mais il me répond qu'il a vu plonger puis plus rien. Je longe doucement la berge et l'aperçois callé contre le bord. Je m'approche doucement, le ragondin se débine et je lui décoche une première flèche qui le frôle puis une seconde qui rentre derrière la tête et ressort dans le nez dans un grand "crac". Le ragondin est foudroyé. Je descends et le récupère avec mes 2 flèches restées en travers. Je le pose sur la berge et reprends mon poste. Quelques ragondins sont encore sur le lac mais restent hors de portée et nous surveille.

Manu qui a tiré son ragondin l'a perdu de vu près du buisson après qu'il a plongé. Pour tuer le temps, je décide d'aller voir la buse du déversoir. Je longe la berge puis, arrivé à l'ouvrage bétonné, je me penche sur la canalisation d'évacuation et aperçois un ragondin qui s'est caché à l'intérieur. J'arme mon arc et tire au juger au travers de la buse, ma flèche qui heurte d'abord les parois de la buse en faisant des étincelles touche ensuite le ragondin avec un bruit sourd. Je pars rapidement de l'autre côté de la buse et cherche ma flèche mais ne la trouve pas. L'eau commence à couler de plus en plus rouge. Je me penche et aperçois le ragondin qui semble mal en point mais qui n'est pas mort. Je cri dans la buse et tape avec un bâton mais il se déplace un peu sans vouloir sortir. Il finit par se placer à 10 mètres de l'entrée. Je fais le tour mais lui aussi repart vers la sortie. Je tente de le pousser en lui jetant des pierres quand Manu me cri : "Attention Alex, le ragondin au terrier...".

Je relève la tête et aperçois un ragondin qui se dirige vers le terrier que je suis sensé garder. Je bondi, attrape mon arc et cours le plus vite possible et encochant pour tenter d'intercepter le ragondin. Mes jambes me font mal, mes poumons me brulent mais je cours, je cours aussi vite que je le peux car le ragondin se rapproche dangereusement de son abri. Il plonge à 30 mètres du terrier. J'arrive complètement essoufflé au terrier et surveille l'entrée en essayant de reprendre un rythme normal de respiration. Mais je l'aperçois, il me faut déjà armer. Heureusement le ragondin se manque et vient buter contre la berge à 1 mètre avant le terrier me laissant juste ce qu'il faut de temps pour viser et lui décocher une flèche qui l'atteint en plein cœur. Le ragondin se débat dans un nuage de sang puis plonge pour ressortir rapidement un peu plus loin et s'immobiliser rapidement empêtré dans quelques ronces tombantes et entravé par ma flèche restée en travers de son corps. Je mets un moment à reprendre mon souffle.

Il reste un ou 2 ragondins sur le lac mais, comprenant le piège, ils décident de rester au milieu du lac près de la digue en observation. Je retourne à mon ragondin blessé dans la buse. Il est toujours vivant et n'arrivant toujours pas à le déloger malgré tous mes efforts, je tente une nouvelle technique, je tente de lui envoyer un gros volume d'eau en la faisant passer par-dessus le déversoir à la main et ça marche, l'eau pousse les cailloux que j'ai lancé et gène le ragondin qui avance petit à petit vers le bout de la buse. Je le surveille de temps en temps quand, tout à coup, il sort de la conduite. Je me précipite mais, à mon arrivée, il est entrain de rerentrer, j'ai juste le temps de la saisir par la queue pour l'achever d'un coup sec. Je retourne à mon poste et rassemble mes prises.

Manu vient de retrouver son ragondin tiré précédemment, il se cachait sous l'eau. Il lui décoche plusieurs flèches alors qu'il longe la berge et doit finalement se battre avec lui à coup de pied pour en venir à bout faute de flèche. De mon poste le spectacle est assez comique. Le dernier ragondin sur le lac va nous faire devenir fou. Il passe de long moment sans bouger au milieu du lac avant de revenir vers un côté puis vers un autre. Il ne plonge jamais et nous ne pouvons pas bouger sans être vu. Je me poste un moment derrière un buisson au milieu de la berge et le ragondin revient droit sur moi mais au moment d'armer les branches m'empêchent de tirer et le temps de me dégager un angle de tir il s'éloigne du bord. Je lui lance des pierres pour l'envoyer vers Christophe mais il refuse son poste un moment puis s'immobilise sur l'eau puis c'est au tour de Christophe mais rien n'y fait. Il semble ensuite partir vers le ruisseau et je le suis à distance espérant le rattraper d'un sprint final mais il fait demi-tour, tourne et retourne sur le lac. Au bout d'un long moment, il finit par revenir vers les terriers du côté de Christophe où il l'attend posté accroupi. De mon côté, il me semble à portée de tir pour Christophe mais ce dernier ne bouge pas et le ragondin méfiant ne veut plus avancer. Le temps passe puis le ragondin décide de repartir vers le milieu du lac. Christophe se lève et arme son arc puis décoche après avoir longuement visé. Le ragondin plonge et recommence son manège, je fais régulièrement semblant de m'éloigner en longeant la berge tout en le surveillant mais dès qu'il repart et que je reviens vers lui il s'arrête. Je décide de m'immobiliser un moment et d'attendre. Le temps passe puis le ragondin revient vers un arbre mort couché contre la berge au bout du lac côté ruisseau. Je le laisse faire puis fais mine de remonter le champ vers la route. Dès que le ragondin passe derrière un gros buisson, je m'aligne avec ce dernier pour me camoufler et reviens vers lui.

Le ragondin a regagné le bord et le talus me le cache. Son remous le trahissant, je fais une boucle, éloigné de la berge, puis reviens doucement sur lui armé mais au moment de décocher, il plonge. Je m'approche rapidement de la berge. Le ragondin remonte un peu plus loin et s'éloigne de cul. Je vise et décoche. Ma flèche est rentrée au-dessus de la queue et ressort à la gorge. Le ragondin plonge dans un nuage de sang puis remonte rapidement, se débat un peu puis s'immobilise. Je le récupère à l'aide de mon lancer alors que Manu et Christophe partent récupérer leurs flèches. 7 ragondins sont morts sur les 10 du départ, c'est pas mal.

Je suis déçu que Christophe n'ait pas pu en mettre un au tableau et espère lui en faire tirer un sur Labéjan. Nous partons donc pour finir la matinée sur Labéjan. Nous jetons, de la route, un coup d'œil sur le lac du Fourcès sous le village mais aucun ragondin n'est en vue et un grand nombre de canards se trouve sur le lac. Nous continuons sans nous arrêter. Nous poursuivons jusqu'a 3 autres lacs situés un peu plus loin. Nous nous garons au bord de la route et nous préparons. Je jette un coup d'œil sur le premier lac en contrebas quand une tache sombre, dans la luzerne, sur la droite du lac, attire mon attention. Je suis presque sûr qu'il s'agit d'un ragondin et le montre à mes collègues... oui, ça bouge, c'est un ragondin, il est à 150 mètres environ.

Je contrôle le vent qui vient de notre droite puis élabore le plan d'attaque. Manu décide de rester sur place pour nous observer et descendra si nécessaire plus tard alors que je vais guider Christophe pour tenter de lui faire tirer ce gros ragondin solitaire. Cet hiver, j'ai réussi une belle approche

au même endroit mais je me suis loupé sur le tir et j'ai perdu mon ragondin au terrier. Nous longeons un moment la courbe de niveau avec le vent dans le dos puis nous descendons vers la digue du lac à bonne distance du ragondin qui broute toujours paisiblement sans se douter de quoi que ce soit. Le faible relief du terrain finit par nous cacher totalement le ragondin et nous en profitons pour finir de descendre rapidement. Nous passons sous un petit talus qui finit le champ de luzerne avant la bande enherbée qui borde le lac puis longeons sous ce dernier. Je connais bien le secteur, le ragondin a certainement son terrier contre la bande de terre, plantée de grands peupliers, qui délimite un chenal peu profond. Il nous faut arriver à nous positionner entre lui et son terrier, si possible sur sa coulée qui vue sa position doit passer au pied d'un gros peuplier à l'angle du chenal. Nous avançons doucement et je finis par réapercevoir le ragondin. Il broute à au moins 30 mètres du lac. Nous progressons doucement mais sûrement et regagnons assez facilement le gros peuplier pour nous poster au pied de ce dernier. Christophe se poste pile sur la coulée de l'autre côté de l'arbre alors que je reste en observateur juste contre le gros arbre.

Le temps passe et le ragondin broute toujours, il ne semble pas vouloir rentrer au terrier. Pour moi il est déjà mort mais ne le sais pas encore et je dis à Christophe : "S'il nous échappe c'est qu'on est vraiment mauvais....". Au bout d'un moment, je tente de faire un peu de bruit pour l'inquiéter et le faire revenir mais rien n'y fait. Puis il revient un peu avant de se remettre à brouter. Christophe décide de tenter l'approche. Je reste en place mais me prépare à tirer au cas où. Il s'avance doucement en suivant la coulée quand le ragondin joueur décide de lui tourner le dos. Christophe en profite pour terminer son approche et armer son arc. Le ragondin stoppe son repas et relève la tête dans un 3/4 arrière très fermé. La flèche part et le heurte. Le ragondin sursaute puis fait le dos rond. Je suis prêt à armer. Christophe qui pense l'avoir bien touché le voit démarrer avec surprise. Il ne prend pas la coulée et pars dans les herbes comme pour sauter au lac après le chenal. Je cours à sa rencontre pour lui couper la route. Il bifurque et fonce vers le chenal. Calculant sa trajectoire et son arrivée en fonction de sa vitesse, je stoppe à 2 mètres du ragondin et arme mon coup de pied fatal mais ce dernier stoppe net juste hors de portée de mon coup de pied et se gonfle en posture menaçante. Je repose mon pied pour me repositionner mais le ragondin en profite pour me charger et le temps d'esquiver pour me repositionner, il en profite pour redémarrer et foncer vers l'eau. Christophe arrive en courant et réussit à le faire rouler d'un coup de pied trop en arrière. Le ragondin empêtré dans les joncs se remet sur ses pattes et saute à l'eau. Christophe part en courant le long du chenal et suit la traînée de bulles alors que je viens de sauter dans l'eau peu profonde mais trop tard pour l'intercepter.

Je ressors de l'eau alors que le ragondin refait surface devant Christophe contre la bande de terre. Il arme, vise et décoche. Un impact cassant retentit. La flèche est pleine tête et le ragondin est cloué sur place. Je fais le tour pour le récupérer et l'achever avant de féliciter Christophe mais nous revenons de loin. Ce que nous pensions être une simple formalité a failli se transformer en un bel échec. La première flèche avait juste entaillé la peau sur le flanc du ragondin. Manu qui n'en a pas loupé une miette de son observatoire arrive mort de rire et nous charrie un peu. Les autres lacs sont calmes, nous remontons à la voiture.

Vue l'heure je décide de tenter 2 lacs où je n'ai pas mis les pieds depuis longtemps sur la commune Miramont d'Astarac, juste de l'autre côté de la N21. Nous nous garons au bord de la route puis partons vers les 2 lacs en cascade. Manu prends à gauche et je prends en face avec Christophe. Sur le premier lac, les terriers principaux sont du côté de Manu, sur le second de notre côté au fond. Nous avançons tranquillement pour remonter sous la digue. Arrivé au coin du lac, ce dernier semble très calme. Nous longeons les berges quand j'aperçois un gros ragondin qui remonte la digue du second lac par une grosse coulée. Je le montre à Christophe et pars en courant alors que le ragondin accélère et saute la digue. Je pars vers les terriers mais en chemin, j'aperçois le ragondin qui s'est mis à l'eau et qui avance en surface, il est à un peu plus de 10 mètres. J'arme, vise et décoche mais je passe juste dessous et il plonge. Christophe et Manu arrivent. Christophe se positionne sur la digue, Manu au milieu de la berge opposée et je pars vers les terriers quand un second ragondin se met à l'eau au bout du lac contre la berge opposée. Il plonge. Je suis sur les terriers et me prépare.

Le premier ragondin refait surface près de Manu et se jette instantanément dans un terrier fraîchement creusé sans laisser à Manu le temps de réagir. Je surveille l'entrée des terriers quand j'aperçois le ragondin qui arrive sous l'eau. J'arme mon arc et ce dernier semble ne pas vouloir refaire surface avant de rentrer à couvert. Je décide de tenter une flèche sous l'eau mais je passe juste au-dessus, il était plus profond que je le pensais. Le ragondin jaillit de l'eau et rentre à couvert. Je récupère ma flèche puis rejoins Manu pour sonder ce nouveau terrier, il semble peu profond (moins d'un mètre de terre par-dessus). Manu a pris sa pelle, je décide de le déloger de sa galerie. Je récupère ma première flèche. Manu commence à creuse un premier trou à 2 mètres du bord sur la direction du terrier et retombe sur la galerie. Nous laissons notre trou ouvert mais bouchons l'entrée du terrier pour couper l'accès au lac. Je resonde le terrier et creuse un peu plus loin dans sa direction. Alors que je tombe sur le terrier, j'aperçois les moustaches du ragondin au travers du petit effondrement et les montre à mes collègues. Je tente d'ouvrir un peu plus le trou pour laisser à Christophe la possibilité de flécher ce ragondin mais ce dernier part vers l'eau. Manu l'attend, au cas où, au premier trou creusé mais je ne veux pas prendre de risque, je le coince au milieu du dos avec la pelle et la saisis par la queue pour le tuer d'un coup sec.

Nous retournons à la voiture pour faire une dernière halte sur une mare au bord de la N21, près de Saint Jean le Comtal. Le secteur est très calme mais un petit remous agite l'eau sous la berge opposée, je fais doucement le tour et à plat ventre je me penche pour voir sous la berge. Une poule d'eau, la tête sous l'eau et le croupion en l'air se cache là, je tente de l'attraper à la main mais elle plonge et disparaît alors que je la tiens presque. Cette fois le chasse est terminée, nous rentrons après une petite photo souvenir.

Une bonne matinée ragondin, 11 mars 2012

Alex

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 20:10

Ayant des réparations a faire sur mon Carbonne Element, je suis contraint d'aller voir mon ami Arnaud ce weekend. J'en profite par la même occasion pour récupérer mon Turbo Hawk auquel il m'a refait le cordage. De retour chez moi, je règle les 2 arcs et range mon Carbonne Elément que je ne ressortirai qu'en juin pour la saison du chevreuil.

Après un weekend pluvieux, j'espère voir sortir les ragondins ce soir. En sortant du boulot, je pars pour Clermont Pouyguilles à la "mare aux ânes". Je me gare au bord de la route et me prépare avant de m'approcher doucement par le bord du champ de colza, le long de la route. Du mouvement attire mon attention dans le colza près du ru. En me rapprochant, je compte 3 ragondins, un gros et 2 moyens. Je m'avance doucement pour rattraper la bordure du ruisseau mais l'un d'eux me repère et revient au terrier. Puis les 2 autres s'agitent, le plus petit part au ruisseau alors que le plus gros peine à se déplacer, il boite sérieusement et fait de nombreuses pauses rapprochées en se dirigeant vers le ruisseau. Il s'agit certainement du gros ragondin que j'ai blessé l'autre jour. Je tente de gagner du terrain doucement mais il finit par descendre dans le ru. Je presse le pas puis finis de m'approcher doucement du ru encaissé.

L'eau bouge devant les terriers de mon côté quand j'aperçois le museau d'un ragondin qui dépasse sous des herbes sèches tombantes, contre la berge opposée, à l'entrée d'un terrier bien caché. J'arme doucement mon arc, prends la visée et décoche. Le ragondin est foudroyé, il n'a même pas bougé.

Le retour du Turbo Hawk, 7 mars 2012

Je reste un moment à surveiller les terriers sans bouger mais je n'ai pas d'angle de tir de ce côté du ru. L'eau bouge beaucoup à ma droite devant un gros terrier. Je tente de me positionner en face en faisant un grand tour par la route pour traverser le ru discrètement. Je reviens doucement au terrier mais le ragondin me repère et s'enfonce dans la galerie. J'attends un moment devant les terriers. Un remous agite encore celui à ma droite puis de temps à autre un remous agite aussi celui à ma gauche. Je tente un cri de petit ragondin mais rien ne sort. La luminosité commence à baisser et je décide de continuer un peu en longeant le ru.

Je récupère ma prise et le laisse dans une fourche d'arbre. Le ru est très calme, au loin sur la gauche, 3 chevreuils broutent tranquillement. Le ruisseau est maintenant bordé par une grosse haie épaisse. Toujours pas de ragondin. Dans un virage j'aperçois 3 autres chevreuils au gagnage sur la droite du ru. J'attrape mon appareil photo et tente une approche mais alors que j'arrive au bout de la haie, un mouvement suspect attire mon attention dans le remous d'une petite chute d'eau. Je range mon appareil. Il m'a semblé que quelque chose se débinait sous une touffe de végétation qui tombe sur l'eau. Je m'approche doucement quand un ragondin surgit et commence à remonter la chute tranquillement. J'arme rapidement et prends la visée. Ma première flèche lui entaille profondément la nuque et le fait chuter en arrière. Le ragondin se débat un moment sous l'eau alors que je réencoche puis il refait surface au même endroit comme pour gravir la chute mais ma seconde flèche le stoppe net. Un dernier coup de patte le laisse suspendu au bout de ma flèche.

Le retour du Turbo Hawk, 7 mars 2012

Les chevreuils ont quitté les lieux. Je ramasse mon ragondin et retourne vers les terriers de tout à l'heure. Je récupère mon second ragondin au passage et me poste un moment près des terriers alors que la nuit tombe mais rien ne sortira.

Le retour du Turbo Hawk, 7 mars 2012

Alex

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 19:33

Ce matin, rendez-vous est pris avec Manu et Christophe pour chasser le grand lac de la Castagnères. Son niveau est très bas mais nous n'y avons pas chassé depuis plusieurs mois et espérons y voir quelques ragondins. Nous arrivons sur place juste avant le lever du jour. Christophe a pris son canoë, il va avancer au milieu du lac alors que Manu longera la berge côté route et moi la berge opposée. Aux premières lueurs du jour nous dispersons. Je longe la digue et traverse le déversoir à sec pour emprunter le chemin de terre qui longe la berge. A part quelques canards et foulques, rien ne bouge et les indices de présence de ragondin sont minces.

Comprenant que j'ai peu de chance de rencontrer des ragondins, je presse le pas pour rejoindre le bout du lac où se trouve une zone de terriers. Toujours pas de ragondin quand, au loin, j'aperçois 2 boules noires au bord du ruisseau qui alimente le lac. Ça bouge, ce sont des ragondins. J'avance rapidement jusqu'à arriver à 50 mètres des animaux quand un autre ragondin plus gros sort du ruisseau et se met à brouter à 10 mètres des 2 autres. Je tente une approche en longeant la végétation qui marque la limite des eaux du lac quand il est plein mais les ragondins à découvert me laisse à peine faire 20 mètres et rentre dans le ruisseau encaissé. Je les perds de vue et avance rapidement vers les terriers.

Le plus gros des ragondins marque, en m'apercevant, un temps d'arrêt contre la berge opposée. J'arme rapidement et lui décoche une flèche de tête qui lui entaille juste le menton. Il plonge. Les 2 plus petits plongent également. Je surveille l'entrée des terriers mais les ragondins ressortent plus loin. Ils se dirigent vers le lac. Je m'avance vers eux. Ils replongent, j'avance rapidement pour me positionner un peu plus loin et attendre qu'ils refassent surface. Le gros ragondin refait surface devant moi. Ma flèche l'atteint mortellement, il plonge et remonte pour mourir contre la berge opposée. Je récupère ma flèche. Un des petits remonte dans mon dos et replonge. L'autre remonte devant moi contre mon côté de berge. J'arme vise et décoche alors qu'il s'éloigne vers la berge opposée mais ma flèche le touche un peu en arrière. Il plonge puis refait surface contre la berge opposée et s'immobilise contre la berge. Je réencoche, arme vise la tête et décoche. Ma flèche le frôle et se fiche dans la berge juste en arrière de la tête. Il a à peine bougé. Je réencoche, vise à nouveau et décoche pour cette fois le toucher au cou et le clouer à la berge mais mon atteinte n'est pas mortelle et je n'ai plus de flèche.

Je pars vite voir vers les terriers et aperçois le 3ième ragondin qui se précipite dans un terrier au ras de l'eau. Christophe et Manu arrivent. Ils n'ont rien vu. Manu achève mon ragondin et me renvoie mes flèches. Je lui dis de se poster devant le terrier au cas où. C'est un terrier qui est normalement sous l'eau et il ne doit pas être bien profond. Le ragondin va certainement ressortir pour rentrer dans son terrier attitré. Je reste un moment en retrait avec Christophe. Manu arme son arc un moment puis désarme et nous fait signe qu'il s'agit d'une poule d'eau. Christophe accoste et rejoint Manu. Ils partent en longeant le ruisseau. Ce dernier ragondin ne va pas s'en tirer comme ça. Je pars à la recherche d'une longue branche et revient au terrier. La poule d'eau inquiète émet des petits piaillements caractéristiques du fond du terrier. J'enfonce la branche jusqu'au fond du terrier et commence des mouvements de va et viens énergiques jusqu'à toucher quelque chose de mou.

Le ragondin surgit du terrier, me passe sur le bras et plonge alors que Manu et Christophe sont en train de revenir. "Manu, le ragondin..."Je me redresse d'un bon et reprends mon arc. Manu longe la berge opposée et surveille l'eau, j'avance pour me positionner face à lui quand j'aperçois le ragondin qui fuse sous l'eau de mon côté. "Manu, le ragondin, là, là..." mais il biaise et se rapproche de mon côté. J'arme, vise et lui décoche une flèche alors qu'il refait surface. Il est séché net et reste à la surface au milieu d'une eau qui se colore en rouge. Je récupère ma flèche et mon ragondin.

Christophe reprend son canoë et les ragondins et je reste avec Manu, nous rentrons en longeant la rive côté route. Une entrée de buse habituellement sous l'eau attire mon attention. Je ne l'avais jamais remarquée, un passage très fréquenté de ragondin la rejoint et l'eau boueuse bouge à l'entrée, je suis la direction estimé de la canalisation et aboutis au fossé de la route qui semble très fréquenté par les ragondins à voir les empreintes et les crottes. Je rejoins Manu et nous rentrons alors que Christophe est déjà loin. Nous nous retrouvons aux voitures.

Manu n'est pas trop confiant, il a fait refaire son cordage et n'a pas pu vraiment recibler son arc depuis. Nous décidons de faire un tour en voiture pour tenter de repérer des ragondins près des fossés et des ruisseaux. Nous partons vers Ordan Larroque. La première mare est calme mais des ragondins batifolent autour de la seconde. Nous nous garons un peu plus loin. Je laisse passer Manu et Christophe devant. Je n'ai pas pris mon arc et leur explique où se trouve les terriers. Je les suis à distance. Les ragondins sont retournés à l'eau mais un gros remous vient du coin de la mare côté route, le long de la berge de gauche. Manu et Christophe attaquent leur approche par ce côté de la mare. Personnellement, j'aurais attaqué par en face. La traversé du fossé sera fatale, au moment où Manu enjambe le fossé un peu bruyamment. Le remous stoppe net. Les ragondins sont rentrés quand ils arrivent au bord de l'eau. Je passe en face pour observer un peu et tenter un cri de ragondin mais le secteur reste calme et nous retournons aux voitures.

Nous faisons demi-tour et longeons le lac de la Castagnères en direction de Saint Jean le Comtal quand je repère sur la droite, le long d'un petit ruisseau, un ragondin au gagnage. Nous nous garons un peu plus loin. Manu peu confiant sur son arc décide de me laisser faire l'approche avec Christophe qui n'a jamais approché de ragondin à découvert dans ces conditions. Je vais le guider en restant juste derrière lui, je lui explique un peu la technique puis nous revenons par la route et rattrapons le ruisseau que nous commençons à longer tout doucement. Le ragondin est à plus de 100 mètres. "A chaque fois que je te dis stop tu t'arrêtes." "Dès que le ragondin stoppe son repas, il faut s'arrêter." Nous progressons très lentement puis Christophe croyant le ragondin de dos commence à s'avancer rapidement. Je le freine. "Il est de face, il est de face". Nous reprenons doucement. Je stoppe plusieurs fois Christophe puis, petit à petit, il finit par se débrouiller tout seul à mesure que nous nous rapprochons et alors que nous arrivons presque à portée de tir, le ragondin nous tourne le dos. Nous arrivons entre lui et le ruisseau. Je reste contre le ruisseau, Christophe finit son approche, je lui dis d'armer son arc maintenant, tant que le ragondin a le dos tourné. Il finit son rapproche, arc armé, puis s'arrête à distance de tir. J'arme mon arc au cas où alors qu'il prend la visée. Le ragondin touché dans un 3/4 arrière très fermé tombe net. La flèche rentre dans l'épaule et ressort dans la joue opposée. Je désarme. Je félicite Christophe pour ce joli tir. Manu nous rejoint et félicite aussi Christophe. Nous poursuivons jusqu'au lac un peu plus haut où nous faisons décoller des cormorans et des canards. Pas de ragondin en vue. Nous revenons vers la voiture. Manu est toujours inquiet pour les réglages de son arc et veut nous quitter. Nous l'en dissuadons et prenons un peu de temps pour cibler son arc. Après quelques flèches, le résultat est là, nous pouvons repartir en chasse. Nous passons Saint Jean le Comtal et traversons la N21 pour prendre la direction de Saint Arroman. Je surveille le pré où je me suis fait avoir l'autre jour. Un ragondin est au gagnage. Nous nous garons un peu plus loin sur un chemin de terre qui traverse le Sousson un peu plus loin. Cette fois c'est Manu qui va faire l'approche. Nous longeons une haie qui pousse au sommet d'un talus qui longe le chemin pour rejoindre le bord du Sousson et tenter de prendre position entre le terrier le ragondin mais le vent n'est pas bon. Il souffle dans notre dos en longeant le ruisseau. Christophe reste en arrière, je passe le talus et la haie avec Manu et le suis. Nous avançons prudemment quand le ragondin nous tourne le dos. Nous pressons le pas mais arrivé à 30 mètres environ du ragondin ce dernier relève la tête et la tourne vers nous. Il nous a senti et a déguerpi vers le ruisseau. "Cours Manu, cours..." Manu reste figé, trop tard, le ragondin est à l'eau. J'avance rapidement et dépasse la coulée puis escalade la digue de protection du champ. Manu se positionne sur la coulée et Christophe en retrait. Un ragondin arrive par ma gauche. J'arme mais décide finalement de le laisser à Manu qui a armé lui aussi. Je désarme, quand une sensation bizarre touche mon bras d'arc. Ma corde est sortie des poulies et chose que je remarquerais bien plus tard, mon viseur s'est cassé. Je n'ai rien compris mais le bruit produit a précipité le ragondin au terrier. Manu visait en fait un autre ragondin qui pointait son nez devant le terrier. Je rejoins, dépité, mes collègues quand un ragondin démarre dans le ruisseau et plonge pour rentrer au terrier. Je suis bon pour retourner chez Arnaud refaire non cordage.

Je vais tout de même accompagner Manu et Christophe. Nous faisons un tour de repérage jusqu'à Saint Arromans mais les ragondins ne sont pas de sortie et nous décidons vue l'heure avancée d'en rester là. Je ramène Christophe à Auterrive où il a sa voiture et Manu repart pour Mirande. Sur la route du retour Christophe aperçois un gros ragondin au gagnage près d'un fossé couvert de ronces à côté de l'église d'Orbessan. Je ne savais pas qu'il y avait des ragondins dans le secteur. Je me gare devant l'église et nous partons pour la dernière approche de la matinée. Je laisse Christophe passer devant et le suis. Cette fois, il se débrouille très bien tout seul et je le laisse faire mais rapidement l'approche tourne à notre avantage. Le ragondin nous tourne le dos, le vent est bon. Christophe en profite pour avancer rapidement mais arrivé à distance de tir le ragondin se tourne face à nous et nous nous figeons. Christophe reste un moment immobile puis arme doucement son arc, prend la visée et décoche. Le ragondin prend la flèche et fait demi-tour en couinant. Il emporte la flèche sous les ronces. Nous l'entendons un peu en suivant les craquements mais il semble peiner à se déplacer puis le bruit cesse. Nous partons chercher la machette de Christophe à la voiture. Je me fraye un chemin au milieu des ronces et descends dans le lit du ruisseau où je progresse péniblement à coup de machette. Mes bras sont tous griffés mais je finis par voir le ragondin, il est mort sur la gauche contre la berge à 10 mètres devant moi. Christophe se fraye un chemin et parvient à attraper le ragondin en venant en sens inverse. Nous prenons un moment pour chercher sa flèche que nous retrouvons à 2 mètres dans les ronces sur la coulée. Nous la récupérons avant de rentrer pour une petite photo souvenir.

Petite sortie avec Manu et Christophe, 3 mars 2012

Alex

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 12:14

N'ayant plus de bracelet chevreuil, je vais attaquer ma saison ragondin. Ce matin, il a encore bien gelé et je pars assez tard (après 9 heures), espérant que les ragondins vont sortir avec le dégel. Je pars pour Saint Arroman et observe les bordures de fossés et de ruisseaux. Je regarde en passant si le jeune ragondin rescapé de l'autre jour ne serait pas en train de brouter dans le blé mais rien ce matin. Un peu plus loin 2 ragondins broutent au bord d'un fossé près du Sousson. Je me gare et tente l'approche mais ils me repèrent alors que je suis presque à portée de tir et rentrent au terrier. J'attends un peu devant les terriers mais rien ne ressort.

Je retourne vers la voiture et, alors que je marche sur la route, j'aperçois, 100 mètres plus loin sur la gauche, le jeune ragondin qui m'a échappé l'autre jour.

Début de la saison ragondin, 27 février 2012

Le vent est bon. Je tente l'approche par la route, je suis à découvert et j'avance donc très lentement quand le jeune imprudent décide de me tourner le dos. Je presse le pas et gagne rapidement du terrain. Alors que je ne suis plus qu'à 20 mètres, le ragondin se retourne et je ralentis mon allure. J'avance tout doucement à chaque fois qu'il broute mais il finit par me repérer et revient vers moi pour descendre au terrier. J'avance rapidement vers lui et arme mon arc mais le temps d'aligner la visée il plonge et rentre au terrier. L'eau bouge à l'entrée, je décide d'attendre un moment. Tout à coup, il ressort la tête. "S'il me laisse armer..." J'arme tout doucement man arc, le monte très lentement pour prendre la visée et décoche. Ma flèche de tête le sèche net. 

Début de la saison ragondin, 27 février 2012

Je récupère ma prise et retourne à la voiture. Je fais demi-tour pour longer le Sousson en direction de Labéjan. Un peu plus loin, j'aperçois 2 gros ragondins entrain de brouter dans un blé au bord du fossé qui rejoint le Sousson. Je me gare un peu plus loin. Je fais alors une grande boucle pour me rapprocher du Sousson à bonne distance et à bon vent des ragondins. J'arrive sur la bande enherbée sans qu’ils me repèrent puis commence mon approche tout en douceur. Je stoppe souvent ma progression mais pour l'instant ils ne m’ont pas repéré. Je suis à environ 40 mètres quand le plus gros des 2 commence à s'agiter. Il revient rapidement vers le fossé. Je me fige. Il s'arrête juste derrière une grosse touffe d'herbes sèches. L'autre ragondin continue à brouter. Je compte sur cette touffe de végétation pour masquer ma progression et reprends ma lente approche quand le ragondin tranquillisé par son collègue fait demi-tour et repars brouter dans le blé.

Je biaise doucement vers les ragondins et me rapproche du plus petit qui est plus proche du fossé mais alors que je suis presque à portée de tir, il démarre. J'arme mon arc alors qu'il arrive droit sur moi. Il descend juste devant moi dans le fossé et s’empêtre dans les ronces avant de chuter dans le fond du fossé où il se débat un instant avant de rentrer au terrier sous mes pieds. L'autre ragondin étant resté tranquille, j'ai préféré ne pas décocher une flèche hasardeuse pour garder mes chances sur le second. Il est face à moi à 10 mètres environ.

Début de la saison ragondin, 27 février 2012

Je vise longuement le ragondin qui broute tranquillement et décoche. L'impact cassant laisse le ragondin sur place sans aucune réaction. Je m'approche doucement et réencoche au cas où mais ma flèche rentre dans le front pour sortir au-dessus de la queue. Il est mort sur le coup.

Je le récupère et poursuis ma route en direction du lac de la Castagnères. Pas de ragondin ce matin, je poursuis vers Ordan Larroque. Un gros ragondin broute au bord de la mare sur la droite de la route. Je me gare un peu plus loin et reviens doucement vers lui mais il se met rapidement à l'eau. Je poursuis mon approche très lentement et l'aperçois contre la berge opposée de la mare, immobile, dans l'eau. Je me baisse le plus possible et m'approche encore un peu puis me positionne à genoux à environ 12 mètres. Approcher plus serait difficile car ce ragondin est un malin, je le connais bien. J'arme doucement et prends la visée avant de décocher mais ma flèche passe juste au-dessus et se fiche dans un terrier. Le ragondin plonge et rentre dans son abri. Je fais le tour et alors que je pose mon arc et me baisse pour récupérer ma flèche, le ragondin esquisse une sortie mais se ravise et fait demi-tour dans un gros remous à l'entrée du terrier. J'aurais dû attendre un peu en face. Je récupère ma flèche et retourne à la voiture.

Je poursuis vers la seconde mare ou plusieurs ragondins broutent sur la gauche du plan d'eau. Je me gare un peu plus loin et reviens doucement par la route, je ne vois plus les ragondins mais espère les voir dans la mare. En arrivant près de la mare je constate que l'eau bouge pas mal contre la berge de droite. Je traverse doucement le fossé du bord de route et me rends compte que 4 jeunes ragondins broutent sur la droite au milieu d'herbes sèches. Je tente l'approche tout doucement mais 2 disparaissent à 1 mètre de la berge. Il doit y avoir une mise à l'air du terrier. Je tente de me rapprocher encore un peu mais les 2 autres se mettent à l'eau. L'un d'eux traverse et se réfugie dans un terrier de la berge opposée. Je me positionne doucement au-dessus de la mise à l'air du terrier et attends. Les remous se calment un moment puis un gros ragondin s'élance pour traverser la mare. J'arme rapidement et prends la visée. Ma flèche le frappe entre les omoplates ce qui le sèche net mais rapidement le ragondin se met à trembler puis à s'agiter et finit par atteindre la berge opposée où il se débat un moment. Il perd beaucoup de sang mais trouve la force, d'un violent coup de pattes arrières, de rentrer dans un terrier tout proche. Je me précipite et tente de l'en déloger avec une branche mais il est rentré trop profondément. Il est perdu et ma flèche est restée fichée dans la vase sous une eau boueuse, je tente en vain de la faire remonter avec une branche. J'attends un peu face au terrier puis retourne à la voiture dépité.

Je poursuis jusqu'où j'ai perdu un gros ragondin au terrier quelques jours auparavant mais l'inspection du terrier ne donne rien, il a dû rester au fond pour mourir avec ma flèche. Il n'y pas de ragondin dans le secteur. Je fais demi-tour pour rentrer en longeant le ruisseau au bord de la route de Barran. 3 ragondins broutent où Manu a raté le matin de la battue. Je me gare un peu plus loin puis reviens vers eux pour tenter une approche. Le vent n'est pas trop mauvais et j'arrive à me rapprocher à moins de 10 mètres du trio. J'arme doucement mon arc et prends la visée sur le plus proche mais je le frôle. Tout ce petit monde se précipite dans le ruisseau au travers des broussailles. Je récupère ma flèche puis m'avance doucement au travers des épines pour me poster légèrement à droite du terrier creusé dans la berge opposée d'où sort encore une eau boueuse.

Bien positionné, je tente un cri de détresse de jeune ragondin assez fort. Rapidement, l'eau se met à bouger à l'entrée, je poursuis mon cri et c'est alors qu'une grosse femelle ragondin pointe le bout de son nez et s'avance juste assez pour me permettre de lui placer une flèche en plein cœur. Le ragondin s'effondre sur place et se débat à peine.

Début de la saison ragondin, 27 février 2012

Il me faut traverser le ruisseau pour le récupérer mais il est presque à sec et je me mouille à peine. Je ne verrai pas d'autre ragondin sur le retour.

Début de la saison ragondin, 27 février 2012

Alex

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 14:30

Ce matin, je suis invité à une battue au chevreuil à Lagrangette sur la commune de Pavie. Manu va m'accompagner mais avec ma carabine (280 Réminton) à qui il redonne vie depuis quelques semaines. Il y a déjà 4 ans que je n'ai pas tiré une balle avec. Il reste 2 chevreuils au plan de chasse et nous comptons sur cette matinée pour les réaliser. Le rendez-vous est pris pour 9 heures. Manu est passé chez moi et nous partons ensemble. Comme nous sommes un peu en avance nous faisons un petit détour, histoire de voir si les ragondins ne seraient pas de sortie et justement nous en repérons 3 le long du ruisseau qui longe la route de Barran. Je me gare et laisse partir Manu devant avec son arc qu'il avait pris aussi au cas où. Notre approche se déroule bien mais à 15 mètres devant nous les ragondins, qui nous ont repérés, reviennent vers le ruisseau. Manu parvient à tirer l'un d'eux qui s'est arrêté au ras du sale mais il passe dessous. Nous récupérons sa flèche et partons pour le rendez-vous. 

Nous sommes peu nombreux, à peine 8 chasseurs dont 2 piqueurs, de plus nous n'avons que 2 chiens, un fox pour le chevreuil et un kopov pour le sanglier au cas où. Les postes vont être espacés mais j'ai l'habitude du terrain et c'est moi qui doit poster Manu, je vais le placer le long de la plantation de pins, face à une combe avec en face un bois mixte (feuillus et résineux) tout en long. Le poste est très bon. Un peu plus loin un autre chasseur se poste sur la ligne et je traverse la combe pour aller me poster dans un coupe-feu du bois d'en face. Mes observations régulières sur le territoire me font penser que c'est aussi un très bon poste. C'est la seconde fois que je l'occupe mais pour l'instant la chance ne m'a pas souri. Je me signale d'un mouvement de casquette à bout de bras puis rentre doucement dans le bois pour me poster sur la gauche du coupe-feu, environ au milieu de la largeur du bois. Au-dessus de moi, des chasseurs sont postés le long du bois.

Je fais place nette à mes pieds pour pouvoir pivoter sans bruit. Pendant que nous chassons, un autre chasseur fait le pied derrière la ligne de Manu car il semble que les sangliers soient dans le secteur ces jours-ci. La battue commence, après un long moment de calme, j'entends le petit fox pousser. 2 coups de feu claquent, au bruit je suis sûr que c'est Manu mais le chevreuil n'est pas sonné. Il a dû le manquer. Le chien pousse un moment en faisant une grande boucle autour de la chasse puis le calme revient et son maître le rappelle. Je les aperçois qui longent au milieu de la combe puis mon téléphone sonne. C'est le président de la chasse, les sangliers ont été localisés. "Tu n'as pris que l'arc ?" "Ben oui, comme d'habitude." "Ah bon, parce qu'on a trouvé les sangliers." "OK, à plus...". C'est marrant comme pour un sanglier l'arc fait souvent moins crédible...

Le temps passe, tout est calme si ce n'est quelques geais qui volent de cime en cime. Tout à coup, un coup de feu déchire le silence dans la combe, derrière la plantation, dans le dos de Manu. Puis quelques temps plus tard, la voix du kopov se fait entendre. Il sort après le posté de la ligne de Manu qui ne peut faire feu car l'animal passe sur la crête du champ. Au travers des arbres, j'aperçois quelque chose devant le chien qui semble roux mais difficile à identifier vue la distance et le fouillis de branches qui me cache la vue. Le chien bien noir est facilement reconnaissable. Il donne de la voix et pousse l'animal vers mon poste. Tout à coup, le poursuivi devient le poursuivant et je comprends vite qu'il s'agit d'un sanglier. Il poursuit le chien jusque dans le bois où ils rentent tous les 2 à 30 mètres de moi près du coupe-feu. Le chien tient un moment le ferme puis des craquements se font entendre et j'aperçois le sanglier qui se débine au travers des arbres.

Il vient vers moi, j'arme mon arc et le suis attendant un moment propice pour décocher. Il arrive droit sur moi mais le kopov revient à la charge et le sanglier fait demi-tour pour le chasser. Il le poursuit un peu puis reprend sa progression, il biaise pour venir traverser le coupe-feu à 5 ou 6 mètres en dessous de moi. Il semble que son pelage soit taché de sang au niveau de la tête et du coup, il est certainement blessé. Mon arc armé, mon viseur le suit. Il finit par se présenter au ras du coupe-feu, de 3/4 face mais il m'aperçoit et je comprends vite que vu son agressivité, j'ai tout intérêt à réagir le premier avant de me faire charger. L'angle n'est pas optimal mais il est déjà blessé, je vise l'épaule et décoche. Ma flèche rentre de la moitié dans le sanglier qui fait demi-tour et part tranquillement au pas. Ma flèche se casse en touchant le premier arbre et la moitié, côté empennage, tombe au sol. Le ragot longe dans le sale puis traverse en bas du coupe-feu pour rentrer à nouveau dans le sale où je le perds de vue. 5 m plus loin, il est mis au ferme par le chien. Je réencoche et me rapproche doucement. Mais je m'aperçois rapidement que le sanglier est en train de mourir, agité par ses derniers spasmes et par le chien qui le pille énergiquement.

J'examine mon sanglier, la blessure par balle n'était qu'une éraflure. La balle lui entaille légèrement l'armure puis rentre derrière l'oreille, longe sous la peau sans touché le crane et ressort au-dessus de l’œil. Il s'en est fallu de peu qu'il n'arrive pas jusqu'à moi. C'est un jeune mâle. Je signale ma prise à mes collègues qui n'ayant pas entendu de coup de feu n'avaient pas compris ce qui venait de se passer puis je sors le sanglier sur le bord du bois. Les piqueurs arrivent puis repartent tenter de déloger d'autres sangliers mais ils se sont débiner et ne seront pas retrouvés.

Manu tirera un autre chevreuil sans succès puis la balle ne claquera pas sur un autre. Il n'aura pas eu de chance pour aujourd'hui. Je serais le seul à prélever un animal alors que je suis le seul archer de la battue. Les commentaires iront bon train et je ris intérieurement. Au dépeçage, je constate que ma flèche traverse un poumon et le foie avant de traverser l'estomac, les intestins et de s'arrêter au ras du cuissot opposé.

Battue à Lagrangette, 25 février 2012

Alex

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 14:26

Depuis quelques jours, j'ai constaté que les ragondins sortaient assez tard dans la matinée ou même l'après-midi. Il gèle tous les matins et ils profitent du réchauffement de la journée pour sortir se nourrir. Cette après-midi, je dois aller voir le président de la chasse de Justian qui revient d'un séjour à l’hôpital et je vais en profiter pour chasser les ragondins en chemin. Je décide de commencer par faire un tour du côté de Saint Arromans pour revenir ensuite par Saint Jean le comtal, Ordan Larroque, Saint Jean Poutge... jusqu'à Justian.

En route, je surveille les secteurs où j'ai des chances de voir des ragondins mais jusqu'à la "mare aux ânes" à Clermont Pouyguilles, je n'en vois pas un. Arrivé non loin de la mare, je me gare au bord de la route et me prépare quand j'aperçois au bord du ruisseau, à 150 mètres environ, 2 ragondins au gagnage dans le colza. Je tente l'approche par le côté opposé de la route et profite de la hauteur du talus puis d'une haie pour avancer rapidement sans être vu. Je remonte ensuite par le passage de tracteur au ras du ruisseau pour traverser la route. Je me cale un court instant derrière un arbre en haut du talus de la route pour surveiller les ragondins qui sont toujours tranquilles. Je descends ensuite doucement vers eux et longe le ruisseau en stoppant à chaque fois qu'ils relèvent la tête. Je gagne facilement les mètres et arrive presque à portée de tir quand un des ânes que je n'avais pas vus pousse un souffle d'alerte qui me fait sursauter de surprise et qui précipite les ragondins à l'eau sans me permettre de réagir. Je tente de les retrouver en m'approchant du ruisseau mais ils sont déjà au terrier. Je longe un peu le ruisseau pour tenter de voir d'autres ragondins un peu plus loin mais le coin est calme. Je retourne à la voiture et continue ma route.

Un peu plus loin sur la commune de Saint Arroman, alors que je surveille les bordures des fossés perpendiculaires à la route et le bord du Sousson, j'aperçois une grosse femelle ragondin et ses 2 petits au gagnage, dans le blé, près d'un gros passage busé qui traverse la route. Je l'ai manqué de peu l'autre jour et je vais tenter d'être plus productif aujourd'hui. Je me gare un peu plus loin et reviens doucement par la route.

Une petite sortie ragondin, 24 février 2012

Un autre ragondin broute au bord d'un fossé un peu plus loin, un autre au bord du Sousson. Je parviens facilement à me rapprocher jusqu'au passage busé et traverse discrètement le fossé du bord de route. J'arme mon arc et fais encore quelques pas puis vise la femelle. Ma flèche la sèche sur place. Les petits démarrent et se jettent dans le fossé de la route puis rentrent dans la buse. Je réencoche rapidement et cours pour me positionner de l'autre côté de la buse. J'attends un peu quand un petit ragondin pointe le bout de son nez et plonge sans me laisser le temps d'armer. J'ai juste le temps d'armer et de lui jeter une flèche au coup de bras alors qu'il parcourt sous l'eau la courte distance qui le sépare du terrier (1,5 m environ). Ma flèche le cloue sur place par une patte arrière juste à l'entrée du terrier. Je me précipite et le saisis par la queue pour l'achever rapidement.

Pendant ce temps, le ragondin près du Sousson est rentré à couvert. Un gros ragondin de l'autre côté du Sousson revient vers l'eau. Je décide d'aller voir le ragondin qui broutait près du fossé. Je récupère mes prises et mes flèches, pose les ragondins à la voiture puis pars vers le fossé mais là aussi le ragondin est rentré à couvert. Je m'aperçois alors que le gros ragondin qui broutait au bord du ruisseau vient de ressortir. Je tente l'approche en longeant le Sousson. Petit à petit, m'arrêtant à chaque fois qu'il relève la tête, je gagne du terrain. Il broute à 10 ou 12 mètres derrière un fossé et la traversée de cet obstacle en restant discret s'annonce délicate. J'arrive presque au fossé caché par un bout de haie qui avance sur le champ mais le ragondin commence à être inquiet et je comprends vite qu'il me reste peu de temps pour réagir. Il est un peu loin, 12 à 15 mètres, j'arme mon arc, vise rapidement et décoche. L'impact est cassant. Le ragondin démarre et se jette au ruisseau. Je me précipite en réencochant et l'aperçois qui tourne en rond en perdant beaucoup de sang. Il s'échoue rapidement sur un haut fond et s'immobilise.

Un peu plus loin, au bord d'un fossé parallèle, un petit ragondin broute tranquillement. Je tente l'approche mais il me repère vite et se jette au fossé couvert de ronces. Impossible de voir où il est allé. Je retourne chercher mon ragondin et ma flèche. L'entrée est pleine épaule, la sortie derrière la tête.

Je retourne à la voiture et pars vers Saint Jean le Comtal. En limite de Labéjan, j'aperçois un gros ragondin qui broute au milieu d'un pré. Je me gare un peu plus loin puis reviens doucement par la route. Il me faut traverser une haie d'épines pour arriver dans le pré. Je m'avance doucement par un passage de gibier mais les craquements même légers affolent le ragondin pourtant à plus de 60 mètres et ce dernier fonce vers le Sousson qui est à environ 80 mètres. Je me lance à sa poursuite et le rattrape petit à petit. J'encoche tout en courant. Le ragondin ralentit à environ 30 mètres du ruisseau et s'arrête, Je suis à près de 15 mètres derrière lui, il tourne doucement la tête en arrière et je n'ai pas le temps d'armer qu'il repart. M'étant arrêté, je repars à sa poursuite et le rattrape, il n'est plus qu'à quelques mètres devant quand il commence à escalader la digue raide qui protège le champ contre les crues. Il est à bout de souffle, j'arme mon arc, mais le temps de prendre la visée, il passe la crête de la digue. Je me précipite et l'aperçois dans l'eau mais le temps d'armer, il rentre au terrier.

Je retourne à la voiture. Je roule un moment sans voir de ragondin puis sur la commune de Barran en direction d'Ordan Larroque, je passe une première mare sur ma droite qui est calme puis une seconde sur ma gauche où l'eau semble agitée. Je me gare un peu plus loin puis reviens doucement par la route. Un ragondin fait sa toilette contre la berge de gauche. Il est à 10 ou 12 mètres mais si j'approche plus, il va me repérer. J'arme, vise et décoche. Je frôle le ragondin qui rentre au terrier. J'attends un peu face à l'entrée puis récupère ma flèche et poursuis ma route.

Encore un peu plus loin, j'aperçois 3 gros ragondins espacés de plusieurs dizaines de mètres qui broutent le long d'une haie épaisse à environ 80 ou 100 mètres sur la droite de la route. Je me gare sur une entrée, pour les engins agricoles, du semé de blé et longe la route pour arriver à un chemin de terre encaissé qui pars vers la haie, lui-même bordé par une haie de chaque côté. Je vais attaquer par le ragondin le plus à droite car il me faut tenir compte du sens du vent pour réaliser cette approche à découvert. Un lapin démarre près du ragondin et se précipite à couvert. Je me fige en pensant voir partir le ragondin mais ce dernier ne bouge même pas et poursuit son repas. Je m'avance sur le chemin en surveillant le ragondin au travers de la haie de gauche très clairsemée. Alors que je me rapproche de la grosse haie au bord de laquelle broute le ragondin, la haie qui me cachait fait place à un talus de moins d'un mètre. J'avance tout doucement le plus baissé possible puis escalade le talus sans me faire repérer avant de commencer mon approche en longeant la haie. Le ragondin est à 50 mètres environ et je suis à découvert. J'avance tout doucement, attentif aux moindres réactions de l'animal. Dès qu'il s'arrête de manger, je stoppe ma marche. Surtout un ragondin de cette taille sait feinter, il reste immobile, la tête au sol mais ne mange plus et observe, il faut bien observer les moustaches, dès qu’elles ne bougent plus, le ragondin est attentif au moindre mouvement et il faut attendre qu'il reprenne son repas pour avancer.

Je dois régulièrement m'arrêter et profite des moments où il me tourne le dos pour presser le pas mais alors que je suis encore à 30 mètres, le ragondin inquiet démarre sur quelque mètres puis se fige tête haute. Je me fige et attends, il finit par reprendre confiance et se remet à brouter, j'attends encore un peu puis recommence mon approche avec une infinie lenteur. Je gagne encore 10 mètres puis le ragondin redémarre et se fige à nouveau. Je stoppe net et attends un peu. Il recommence à brouter. Encore 5 mètres et cette fois le ragondin se débine doucement et s'arrête de cul sous les ronces mais je le vois encore bien. Je m'approche doucement en armant mon arc et en prenant ma visée au cas où. Arrivé à 12 mètres environ, j'ai une belle fenêtre de tir et tente ma chance. L'impact cassant foudroie le ragondin sur place. Je rentre sous les ronces et le récupère ainsi que ma flèche.

Au loin, les 2 autres ragondins broutent toujours. Je tente l'approche sur le plus proche, je longe doucement la haie toujours avec la même technique. Le ragondin me tourne le dos à environ 40 mètres, je me décale dans le blé pour presser le pas sur un sol moins fournis en feuilles mortes craquantes. Je gagne rapidement du terrain et me décale doucement de temps en temps pour rester derrière le ragondin qui tourne un peu en broutant. L'autre ragondin me repère et rentre à couvert. Je suis à 15 mètres de ma cible quand il se rend compte de ma présence et qu'il fonce vers la haie. Il s'arrête au bord de la haie sous des branchages, au ras du terrier. Je m'approche un peu et arme mon arc. Il est un peu caché par les branches, de 3/4 arrière, la moitié arrière est dégagée, il est à 12 mètres environ, je vise et décoche. Il est cloué sur place à l'entrée du terrier mais le temps d'arriver à me frayer un passage dans les branchages. Il parvient à arracher la flèche du sol et rentre avec dans le terrier. Du contenu intestinal et du sang tapissent l'entrée de sa cache mais je n'ai pas la pelle. Il est perdu et va certainement mourir au terrier.

Je retourne à la voiture avec ma prise et reprends la route. Sous le village d'Ordan Larroque, j'aperçois 2 autres ragondins, une mère et un jeune, qui broutent ensemble dans un semé de blé. Je me gare un peu plus loin. Le vent est mauvais, il me faut longer le ruisseau, dépasser les ragondins puis revenir sur eux qui broutent à 40 mètres du cours d'eau près d'une haie perchée sur un talus. Je parviens facilement à l'aplomb des ragondins et commence à m'approcher. Le vent latéral n'est plus un problème mais je suis un peu trop confiant et m'avance trop vite, les ragondins démarrent à 20 mètres environ pour remonter le talus et se réfugier dans la haie. Je me rapproche rapidement et entends un craquement dans les buissons qui me fait poser les yeux sur l'un des ragondins. Il vient de s'arrêter à quelques mètres. La haie est épaisse mais je tente ma chance, j'arme, vise et décoche. Ma flèche est déviée mais traverse tout de même le ragondin un peu en arrière et le cloue sur place. Je me précipite et l'achève rapidement.

Retour à la voiture, je rattrape la N124, après Saint Jean Poutge, je surveille la bordure d'un ruisseau sur la gauche et aperçois un ragondin qui broute à 20 mètres sur la gauche du ruisseau, je fais demi-tour un peu plus loin et reviens me garer avant le ragondin à bon vent puis traverse la route et commence mon approche en longeant le ruisseau puis en le quittant pour aller droit vers le ragondin mais je fais un pas alors qu'il relève la tête et il démarre pour foncer vers le ruisseau. J'arme rapidement mon arc et lui décoche une flèche en pleine course avant qu'il saute à l'eau. Je suis trop bas et en arrière, manqué. Il est rentré au terrier. Je récupère ma flèche et reviens à la voiture.

Cette fois, j'arrive à Justian. Au niveau du vieux moulin j'aperçois à 100 mètres à droite un gros ragondin au bord de l'Osse. Je me gare un peu plus loin puis reviens en longeant la rivière mais le ragondin finit par revenir à l'eau alors que je suis encore loin. Je m'approche de l'endroit où il est rentré mais un remous contre la berge opposée et un nuage d'eau boueuse me font comprendre qu'il est au terrier. Je retourne à ma voiture et finis d'arriver.

Une petite sortie ragondin, 24 février 2012

Alex

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 12:50

Ce matin, je repars en chasse espérant fermer mon dernier bracelet de la saison, Manu en a déjà réalisé 2 à la carabine et j'ai gardé celui-là pour finir la saison mais l'échéance se rapproche vite. Je pars donc pour chasser comme souvent autour du grand lac à Labéjan. J'ai repéré samedi 2 beaux brocards et j'ai manqué mon approche, avec un peu de chance je vais peut-être les recroiser et mon échec a été riche d'enseignements. Je ne me gare pas comme à mon habitude au pied de la digue mais remonte pour me garer en crête à 200 mètres d'où j'espère revoir les brocards. Je me prépare puis longe doucement sur la route. Je passe l'habitation puis rentre dans le semé de blé dont le relief montant ne me permet pas de voir bien loin pour l'instant. Je m'avance doucement vers le sommet de la bosse quand je les aperçois. Ils sont là avec ce matin une chevrette en plus.

Ils sont tous les 3 dans la pente du semé qui descend vers un petit bosquet à environ 150 ou 200 mètres. Le plus proche semble couché alors que les 2 autres broutent un peu plus bas. Je vais tenter l'approche sur le brocard couché. Je suis en plein découvert sur le semé et je vais essayer de ruser avec le relief du champ. Le vent est bon, je me décale vers le bord de la route et progresse voûté pour profiter du relief arrondi qui me cache aux yeux des chevreuils que je perds un instant de vue. Arrivé à ce que j'estime être l'aplomb du brocard couché, je me positionne à genoux et m'avance tout doucement ainsi vers lui. Je commence à distinguer ses bois, puis son coup, puis le haut de son corps et pour l'instant personne ne m'a repéré. Il regarde vers en bas, je suis à presque 20 mètres, je tente encore de m'approcher un peu mais cela devient très délicat. Je gagne tout de même 2 ou 3 mètres et arme mon arc. Au même moment le chevreuil se relève, j'aligne na visée et décoche mais ma flèche passe juste sous son poitrail et il démarre en trombe pour rejoindre ses collègues. Les 3 chevreuils inquiets regarde en tous sens mais n'ont rien compris.

Je reste totalement immobile, à genoux dans le semé de blé et laisse faire. Les animaux se déplacent un peu puis s'arrêtent et observent longuement plusieurs fois de suite et les minutes passent avant que l'un des 2 brocards décident de s'avancer pour biaiser vers l'angle droit du bosquet. Les 2 autres chevreuils surveillent un moment puis le suivent. Ils s'arrêtent tout de même régulièrement pour regarder derrière eux puis repartent. J'ai peut-être une seconde chance, si les animaux continuent dans cette direction, ils vont passer une bosse du champ qui va me les cacher mais me permettre de tenter une approche rapide sans être vu. Comme espéré la chevrette et le premier brocard disparaissent derrière la bute. Le second brocard s'arrête un moment au sommet puis suit le mouvement.

Je me redresse et descends rapidement voûté vers le bosquet dans le creux du champ et parviens sans être vu à gagner au moins 100 mètres puis j'avance doucement sur les pas des chevreuils en restant le plus voûté possible. J'arrive à la bute quand j'aperçois un des 2 brocards qui broute paisiblement à 25 mètres en me présentant un 3/4 arrière assez fermé. Je me positionne à genoux et poursuis mon approche très lentement et le plus baissé possible. Le brocard relève la tête, je me plaque au sol et me fige. Il n'a rien vu et se remet à brouter, j'avance encore un peu et parviens à environ 18 mètres du brocard toujours de 3/4 arrière. J'arme doucement mon arc et prends la visée mais cette fois encore je rate ma cible sans voir où passe ma flèche.

Le brocard démarre et entraîne ses congénères un peu plus loin pour se positionner au-dessus du talus qui relie le bosquet à un bois plus grand plus en avant. Je reste immobile à surveiller car je ne suis pas sûr de ma flèche. La chevrette et un des brocards passent sous le talus et biaisent pour rentrer dans le bosquet alors que le brocard que j'ai tiré reste immobile et regarde vers moi un long moment avant de les suivre. Ils disparaissent et je me relève pour chercher ma flèche qui reste introuvable. Je prends la direction de fuite de l'animal et cherche des indices mais mon impression est bonne, pas de sang, je l'ai bien manqué.

Je décide de tenter encore une fois le coup, vu ou ils sont rentrés dans le bosquet, je pense savoir où ils vont. Je cherche un moment mes flèches sans résultat puis longe doucement le haut du bosquet en surveillant l'intérieur pour arriver à l'angle opposé à l'entrée, je redescends en longeant la lisière vers une grosse coulée qui rentre au milieu du bosquet. Je rentre doucement en sous-bois et fait quelques mètres quand un chevreuil démarre dans le sale en dessous de moi. C'est la chevrette, elle sort sur le semé de blé sous le bosquet et fait un arc de cercle pour se présenter à 50 mètres plein travers et observer dans ma direction. Je reste immobile et cherche les brocards du regard mais rien. Je me décale encore un peu et à nouveau un démarrage se fait entendre dans le bois. Les 2 brocards rejoignent la chevrette puis les 3 détalent vers le ru en contre bas en biaisant vers la route  et l'angle de la digue du lac sur ma gauche.

Je ressors du bosquet et les observent un moment, ils s'arrêtent avant le ru, regardent vers moi puis le traversent, s'arrêtent à nouveau pour regarder vers moi puis ils avancent par tranches en s'arrêtant régulièrement. Vu la direction prise, je pense savoir où ils vont. Je remonte contre le bosquet puis passe derrière pour traverser à découvert mais caché le semé de blé. Je rejoints la route et passe derrière l'habitation. Je longe la route de crête pour rejoindre la ferme un peu plus loin. Les chevreuils ont traversé la route et avancent par tranches dans un semé de blé vallonné de l'autre côté du lac. Je presse le pas, passe la ferme puis redescends vers le passage busé qui traverse le ruisseau d'alimentation du lac, caché derrière un bosquet qui borde le lac. Arrivé au passage busé, j'observe un peu, comme je le pensais, les chevreuils semblent se diriger vers un autre petit bosquet en crête juste devant moi. Je suis à découvert à 400 mètres des chevreuils mais ils peuvent me voir. Je longe le ruisseau en m'éloignant des chevreuils pour donner le change puis caché par le relief du champ je remonte pour rejoindre le petit bosquet.

Du bord du bosquet, j'observe un instant les chevreuils qui semblent venir vers moi. Je descends doucement dans le bosquet et me positionne derrière un gros chêne en lisère à la pointe du bosquet où devrait arriver les chevreuils. Ils arrivent maintenant au petit trop en suivant la clôture électrique à la limite du semé de blé et de la prairie à mi-pente du coteau. Ils disparaissent un moment derrière une bosse du champ. Le temps passe puis ils réapparaissent derrière la crête de la bosse mais ils sont redescendus vers le lac. La chevrette qui guide le petit groupe surveille un moment avant de passer la crête puis la longe un moment en remontant. Je tente de la prendre en photo alors qu'elle est à plus de 300 mètres mais j'ai oublié d'enlever le flash et elle se fige en regardant vers moi un moment.

Une belle matinée d'approche, 20 février 2012

"Quel couillon ! "

Elle finit par faire demi-tour et repartir d'où elle vient et les brocards la suivent, bien joué Alex ! Je les laisse passer dans un creux du champ puis quitte mon poste pour redescendre rapidement vers le lac. Les animaux avancent et s'arrêtent souvent pour surveiller les alentours. Je profite d'un moment de course pour passer sous le talus de la berge du lac qui est presque à sec. Je longe ensuite derrière ce talus, le plus voûté possible pour rejoindre l'angle de la digue du lac. Je m'arrête par moment pour les observer. Alors que j'arrive au coin de la digue, les chevreuils semblent remonter vers la route de crête alors que je pensais les voir traverser la route qui passe sous le lac et rejoindre le petit bosquet près de la résidence secondaire. Le petit groupe s'arrête et se remet à brouter tranquillement, je tente le tout pour le tout, je sors à découvert et rejoins rapidement la route, la traverse puis rattrape le bord du ru du déversoir et le longe jusqu'à être caché par le relief du champ puis je remonte le plus vite possible vers la crête. Arrivé au sommet, je reviens doucement vers le bord de la route, le passage habituel est au pied d'un petit chêne qui pousse au sommet d'un talus de 3 mètres qui domine la chaussée mais à mon arrivée, je constate que les chevreuils ont disparu. Ils m'ont bien eu.

Je décide de longer doucement le chemin qui conduit à la résidence secondaire et surveille, à ma gauche, le bosquet qui couvre le penchant. Rien, pas de chevreuil. Je dépasse la résidence secondaire puis redescends vers le bois qui borde le ru quand j'aperçois au loin, bien après le bois, 5 chevreuils au gagnage. Je suis à découvert mais compte sur la distance qui nous sépare pour rejoindre la bordure du bois sans affoler les animaux. Je redescends rapidement mais j'ai l'impression que le chevreuil de tête m'observe. Au moment où je les perds de vue derrière le bois, ils n'ont pas l'air vraiment inquiets. Je longe le bois puis une haie épaisse pour rejoindre un passage busé qui me permettra de traverser le ru sans bruit. Une fois passé de l'autre côté, je longe doucement et voûté la haie en surveillant les chevreuils qui peuvent me voir à tout moment, ils ne sont plus qu'à 200 mètres environ. Le relief du terrain et un petit îlot de broussaille finissent par me cacher. J'arrive au bout d'une clôture électrique qui remonte vers le sommet du coteau. Les chevreuils la passe souvent à mi-pente et je décide de tenter de me poster près du passage. Le relief légèrement vallonné et des petits buissons qui bordent la clôture me camouflent un peu. Je parviens à remonter de 100 mètres et me poste à genoux derrière des buissons.

Les chevreuils sont à 80 mètres environ et semble pour l'instant venir vers moi mais, au bout d'un moment, ils changent de direction et semblent descendre vers la haie qui borde le ruisseau. J'hésite un peu puis me déposte et redescends discrètement vers la haie pour rejoindre l'îlot de broussailles. Une grosse bécasse décolle dans mon dos. Je remonte vers le sommet de l'îlot pour surveiller les chevreuils. 3 brocards et 2 chevrettes qui broutent paisiblement. Des geais se mettent à pousser des cris d'alerte au loin et le plus gros brocard redresse la tête et écoute un moment. Les animaux semblent indécis et tournent sur place en broutant. Je reste un bon moment à les surveiller et en profite pour les filmer un peu puis,

constatant qu’ils semblent vouloir rejoindre la haie bien plus en avant, je décide d'aller me poster plus loin.

Je redescends contre la haie qui borde le ruisseau et retourne vers le passage busé pour passer de l'autre côté de la haie et pouvoir glisser pour intercepter les chevreuils mais j'aperçois une chevrette qui contourne un gros tas de bois près de l'endroit où je voulais me poster. Je la laisse passer derrière la tas de bois et décide de tenter l'approche qui me semble plus facile, j'avance rapidement car la chevrette ne peut pas me voir mais alors que je suis à 40 mètres du tas de bois, 2 autres chevreuils, qui dormaient dans la haie devant le tas de bois, se lèvent et détalent entraînant la chevrette avec eux puis traversent la haie.

Je fais demi-tour pour me poster et attendre le groupe de 5 chevreuils mais ils ont été mis en alerte par ce remue-ménage et foncent vers le bois. Cette fois c'est terminé, je décide de retourner à la voiture et de rentrer. Sur le retour, j'aperçois 2 gros ragondins au gagnage. Je les vois régulièrement durant mes heures de boulot et, ce matin, je décide de m'arrêter pour m'occuper de leur sort. Je me gare sur le chemin qui remonte sur la gauche du bois du Turc et me gare sur le bord de la route. Les ragondins sont très avancés dans le blé et je vais tenter de me positionner entre eux et le ruisseau pour leur couper la route lors de leur fuite.

Je longe la route, rattrape la bordure du ruisseau puis commence mon approche sur les ragondins qui sont à un peu plus de 100 mètres. J'avance en surveillant les 2 rongeurs qui relèvent de temps en temps la tête. Je marque quelques pauses pour attendre qu'ils se remettent à manger mais j'arrive facilement à me positionner entre les ragondins et le ruisseau. Ils sont à 30 mètres environ dans le champ. L'un d'eux commence à revenir vers le ruisseau. Je suis sur sa coulée et le laisse venir puis arme mon arc. Il arrive d'un pas tranquille et se présente à 6 mètres de 3/4 face. Ma visée est calée, je décoche, le ragondin mortellement touché fonce vers l'eau mais je l'intercepte d'un grand coup de pied qui le laisse sur place.

Son collègue surpris n'a pas bougé, il est en train de regarder vers moi alors que je réencoche mais, à ma grande surprise, au lieu de foncer vers le ruisseau, il se tourne et fonce en courant parallèlement au ruisseau. Je cours pour le rattraper en longeant le ruisseau. Au bout de 50 mètres environ de course, le ragondin décide de biaiser vers le cours d'eau sans ralentir. Je continue à courir et m'arrête à 3 mètres de l'endroit où doit passer le ragondin. J'arme mon arc et commence à suivre le ragondin qui arrive. Je m'apprête à le tirer à la course mais il stoppe net à 3 mètres de moi. Mon viseur est calé sur son épaule, je décoche et fonce pour me placer face à lui. Le ragondin choqué est resté sur place, il fait le dos rond et ronne un court instant. Le temps de réencocher, il se dresse sur ses pattes arrière et bascule en arrière. Il se débat un peu puis s'immobilise.  Je ramasse ma flèche et le gros mâle puis ma première flèche et sa femelle. Je retourne à la voiture.

A y être, je vais aller faire un tour sur une mare où je pense voir des ragondins. De la route, la mare semble calme, je me gare au bord du chemin qui descend à la mare quand j'aperçois un groupe de chevreuils qui broutent au bout de la haie qui longe le ru du trop-plein de la mare. Ils regardent vers moi et sont à 150 mètres environ. J'ouvre doucement ma portière, la referme délicatement et fait le tour de la voiture accroupi. Caché derrière la voiture, j'ouvre la portière arrière et attrape mon arc. Je referme doucement la portière puis pars doucement par la route, voûté au maximum derrière le petit talus qui la borde. Je m'avance ainsi de 200 mètres environ puis le relief du terrain me cachant, je redescends vers la mare puis la longe pour arriver au bout de cette dernière, au ras du chemin.

3 des chevreuils broutent sur la droite de la haie. Je les observe un moment sans bouger et réfléchis au moyen le plus sûr d'attaquer mon approche. Je traverse doucement le chemin et me positionne au bout de la haie sans être vue. J'observe les chevreuils puis regarde l'autre côté de la haie. Un chevreuil est couché au bout de la haie à quelques mètres de cette dernière sur la bande enherbée et il regarde vers moi. Impossible, d'approche par ce côté. Je suis condamné à attendre et à observer en espérant que la situation soit plus favorable dans un moment. Tout à coup, un des chevreuils se tourne face à moi et se met à longe la haie pour venir droit sur moi. La coulée passe à 5 mètres sur ma droite et je commence à y croire. Je vais l'attendre caché au bout de la haie. Il approche doucement en broutant mais au bout de 30 mètres environ, il se tourne plein profil, la tête dans la haie puis rentre dans cette dernière et disparaît. 2 autres chevreuils broutent encore plus en arrière mais ils ne semblent pas vouloir se rapprocher. Le vent n'est pas bon, il souffle dans mon dos et biaise légèrement vers la droite. Tout à coup, le brocard lève le nez face à moi et commence à être inquiet, il semble m'avoir senti malgré les 80 mètres minimum qui nous séparent. Il fait demi-tour et s'éloigne un peu mais l'autre chevreuil ne bouge pas. Il se calme puis les 2 chevreuils passent tranquillement de l'autre côté de la haie.

C'est le moment, je décide de tenter l'approche. Je me plaque contre la haie, et avance doucement en surveillant au travers de la haie et devant moi. La haie tourne légèrement à gauche un peu plus loin et me cache un peu ce qui se passe devant moi. Tout à coup alors que j'ai gagné 40 mètres, une tête de chevrette surgit derrière le léger virage. Je m’accroupis. Trop tard, la chevrette qui vient de sortir à découvert se fige et m'observe. Je reste immobile et ne respire plus. Au bout d'un moment, elle se remet à brouter puis relève la tête et m'observe à nouveau. Un brocard sort à son tour un peu plus loin. Je suis tétanisé, la position n'est pas confortable et la chevrette se met à brouter tranquillement pendant un moment, imitée par le brocard avant de se décider à s'éloigner en biaisant vers la haie pour disparaître à nouveau derrière le virage de la haie. J'attends que le brocard la suive et disparaisse également avant de me relever.

Je reprends mon approche très lentement. En arrivant au départ du virage, j'aperçois un gros brocard assassin en velours, couché de 3/4 face conte la haie, il regarde vers moi. Il est à plus de 30 mètres. Je tente de me rapprocher au maximum et gagne quelques mètres mais je ne peux plus avancer sans sortir à découvert. Comment faire ? C'est alors que le destin va me donner un petit coup de pousse, un autre brocard, traverse la haie et s'avance en broutant sur le semé. Je reste immobile, plaqué contre la haie. Au bout d'un petit moment, il fait demi-tour pour venir se coucher plein travers à 17 ou 18 mètres de moi. Il regarde vers l'autre brocard et est tout à fait calme, je l'observe un moment, j'hésite mais je n'aurais certainement pas de meilleure occasion ce matin. J'arme doucement mon arc, prends la visée, prends mon temps puis décoche. L'impact me met en confiance, je n'ai pas bien vu l'atteinte si ce n'est qu'elle semble plein coffre. Le brocard se lève d'un bon et détale en remontant dans le champ. Ses congénères le suivent puis le dépassent alors qu'il court avec la tête dans les pattes avant avec un sang abondant qui sort par la sortie de la flèche. Il chute rapidement à 40 mètres environ de la zone du tir. Les autres chevreuils disparaissent derrière la bute. Je viens de prélever mon dernier chevreuil de la saison après une belle approche.

Ma flèche rentre dans l'épaule, coupe les vaisseaux au-dessus du cœur et traverse un poumon.

Une belle matinée d'approche, 20 février 2012

Alex

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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