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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 11:36

Ce weekend, Jean Pascal et Nicolas viennent chasser le ragondin chez moi. Partis au petit matin, ils arrivent vendredi vers 13h30 alors que je repars bosser. Après une après-midi de boulot pour moi et de détente pour eux, nous partons pour la première sortie chasse du weekend vers 17h45. C'est une première pour Nicolas qui n'a jamais encore vraiment chassé à l'arc. Le premier lac sur Lasseube Propre, près de chez moi, est désert. Nous poursuivons vers Durban. En route alors que nous longeons le Cédon, j'aperçois un gros ragondin au gagnage à environ 70 mètres de la route au bord du ruisseau. Je le montre à mes invités puis pars me garer un peu plus loin. Nous nous préparons puis partons pour tenter une approche. Le vent est bon C'est Nicolas qui va me suivre. Jean Pascal reste en retrait. J'explique brièvement à Nicolas les rudiments de .l'approche au ragondin puis nous voilà partis. Nous longeons d'abord un fossé qui rejoint le ruisseau, le ragondin broute tranquillement à 100 mètres environ. Le sol est très craquant (débris végétaux) et très bruyant et nous n'avons même pas le temps d'arriver au bord du ruisseau que le ragondin se précipite déjà à l'eau. Je pars au pas de course pour me positionner à l'entrée du terrier, Nicolas me suit. Nous arrivons trop tard, un remous boueux à l'entrée d'un terrier partiellement immergé me fait comprendre que notre ragondin est à l'abri. J'attends un peu en face du terrier, Nicolas attend un peu en retrait et Jean Pascal s'est posté plus en arrière. Au bout d'un moment, je tente d'appeler le ragondin en imitant le cri d'un jeune mais Nicolas qui ne connaissait pas cette astuce éclate de rire bruyamment. Il ne nous reste plus qu'à retourner à la voiture.

Nous passons rapidement à une mare un peu plus loin mais pas de ragondin. Nous rattrapons la route qui passe en bas du bois du Turc pour tenter d'apercevoir 2 gros ragondins qui broutent souvent à cette heure-ci au bord du Sousson. J'aperçois l'un d'eux qui broute tranquillement dans un semé de blé au bord du ruisseau. Nous prenons une allée du bois du Turc et je me gare hors de vue du ragondin. Nous nous préparons et revenons vers la route, le vent vient de gauche, nous partons donc en longeant la route avec le vent dans le dos. Le ragondin, qui ne se doute de rien, broute tranquillement à 70 ou 80 mètres. Nous faisons environ 200 mètres par la route puis traversons le semé de blé dans un creux du champ pour nous cacher un peu. C’est encore Nicolas qui va me suivre pour l'approche. Nous avançons en suivant le Sousson tout en surveillant qu'un ragondin ne soit pas dans le ruisseau. Petit à petit, nous nous rapprochons, Nicolas est juste derrière moi et Jean Pascal en retrait. Arrivé à 50 mètres environ du ragondin, je commence à bien ralentir le rythme et nous nous arrêtons à chaque fois que le ragondin relève la tête ou s'arrête de brouter. Arrivés à 20 mètres environ, je chuchote à Nicolas : "A quelle distance tu tires ? " et il me répond le plus près possible. Nous continuons notre approche tout doucement mais à environ 15 mètres le ragondin relève la tête et commence à être inquiet, il se remet à brouter mais relève vite la tête puis commence à s'avancer vers le ruisseau. Je demande à Nicolas s'il se sent de tirer mais il le trouve trop loin. Le ragondin repars tranquillement et passe le talus du ruisseau pour disparaître. Je presse le pas, arme mon arc avant de voir le ragondin puis m'avance tout doucement pour tenter de le surprendre alors qu'il se met à l'eau. L'eau bouge mais je n'arrive pas à le voir. C'est Jean Pascal qui, resté en retrait, vient de décocher, je me retourne et aperçois le ragondin qui se débat, se débarrasse de la flèche et rentre péniblement au terrier dans une eau rouge de sang. Le tir de 3/4 face bien ajusté ne laisse aucune chance au ragondin. Nous attendons en silence devant le terrier mais l'eau se calme rapidement. Il est impossible de creuser car le talus de la berge très abrupt fait plusieurs mètres de haut. Notre ragondin est perdu. Nous retournons à la voiture après avoir récupéré la flèche de Jean Pascal partie se caler dans des branchages à quelques mètres en aval. Le ragondin s'est en fait mis à l'eau pour remonter tout doucement le courant en direction de Jean Pascal.

Nous reprenons la route en direction de Saint Arroman. Je surveille une mare où j'ai repéré 2 gros ragondins sur Loubersan lors du séjour chevreuil d'Alice, Patrick et Laurent. L'un d'eux est au gagnage. Nous nous garons un peu plus loin puis commençons l'approche mais nous progressons en plein découvert dans un semé de blé. Je tente d'avancer aligné avec un buisson qui nous cache le ragondin en espérant qu'il ne nous verra pas arriver. Mais en arrivant près de la mare, je constate que le ragondin n'est plus entrain de brouter. Je regarde attentivement la mare et aperçois le ragondin qui se coule doucement au pied d'un petit buisson qui pousse au milieu de la berge opposée. Le ragondin se cale en boule au pied de l'arbuste et nous observe. Le temps de le montrer à mes invités le ragondin s'avance doucement sur l'eau. J'indique à Jean Pascal la position du terrier dans l'angle opposé gauche de la mare mais, alors qu'il se place, le ragondin rentre à l'angle droit dans un terrier que je ne connaissais pas. Jean pascal part se poster au-dessus du terrier et je le rejoins pour tenter des cris de petits ragondins mais rien ne bouge alors que Nicolas étouffe un fou rire. Il ne ressortira pas. Nous repartons vers la voiture.

Nous poursuivons vers Saint Arroman, en route je m'arrête au départ d'un chemin goudronné qui mène à une résidence secondaire peu occupée. J'ai repéré plusieurs gros ragondins depuis l'année dernière et obtenu l'autorisation de les chasser mais seul c'est assez difficile car une fois les ragondins sous l'eau je ne sais jamais à quel terrier ils vont aller. Les terriers sont repartis sur la rive gauche. En me garant, j'aperçois plusieurs ragondins au gagnage sur la pelouse mais le temps de couper le contact ils filent déjà vers le lac. Je dis à mes invités de courir pour les intercepter sur la rive gauche mais le temps d'attraper leur arc et de courir par la route pour remonter le talus du fossé et d'arriver au lac, je suis en place avant eux alors que je suis partis bien après mais trop tard tout de même je ne peux que les regarder rentrer au terrier à 30 mètres. Mes invités me rejoignent, ils auraient dû couper par la pelouse, je ne pensais pas qu'il passerait par la route. Dommage, de plus dans sa course Jean Pascal a tombé son téléphone portable et la vitre tactile est complètement éclatée. 

Nous reprenons la voiture et continuons vers Saint Arroman, je surveille en roulant les bords de fossé et le bord du Sousson mais pas de ragondin en vue et la luminosité commence à baisser. Je décide d'aller faire le lac des Coteaux de Gascogne au carrefour de Noilhan avant la tombée de la nuit. Je me gare en bordure du champ au-dessus du lac puis nous descendons tranquillement vers le plan d'eau. Je vais prendre par la droite et mes invités par la gauche. Les terriers sont face à face au milieu du lac et le but sera de se renvoyer les ragondins jusqu'à pouvoir les tirer. En longeant le fossé qui alimente le lac, j'aperçois un ragondin, sur l'eau à environ 15 mètres de la rive gauche, et l'annonce à mes invités qui l'ont vu et partent déjà se poster sur les terriers au pas de course. Je pars moi aussi en courant pour me poster sur les terriers d'en face. En arrivant près des terriers, je ralentis puis me positionne et commence à regarder la surface du lac quand un gros ragondin refait surface juste à quelques mètres devant moi. Il ne me laisse pas le temps de réagir et plonge. Je surveille attentivement l'entrée des 2 terriers espacés de quelques mètres mais j'ai à peine le temps de deviner le ragondin qui rentre dans le terrier à ma droite. A l'intérieur, il se met à gronder. En face Nicolas décoche sur un ragondin, il a mal estimé la distance sur l'eau et l'a manqué. Le ragondin, qui était à plus de 20 mètres, a plongé pour remonter au milieu du lac et s'immobiliser en observation.

Un autre gros ragondin arrive par ma droite de la digue du lac et biaise droit vers les terriers à mes pieds. J'arme à couvert d'un buisson puis reste immobile et le laisse venir, je prends la visée mais ma visette n'est pas bien positionnée et je ne peux pas l'aligner correctement. Il se rapproche rapidement, il me faut désarmer, tourner légèrement ma visette et réarmer mais le ragondin m'a vu. Arrivé à 12 mètres du bord environ, il bifurque pour longer parallèlement à la berge, j'arme doucement, prends la visée et décoche mais ma flèche passe juste sous sa tête et il plonge. Je me tiens prêt devant les terriers mais il remonte à 40 mètres environ sur ma gauche, à 6 ou 7 mètres de la rive. Je reste immobile, il hésite un moment puis revient vers la berge au pied d'un arbuste. Je me décale dans le champ pour tenter une approche, caché par le talus du lac. Les ondes qui se déplacent me signalent sa présence un peu avant l'arbuste, je m'approche doucement arc armé et l'aperçois qui se débine contre la berge. Je lui décoche ma flèche de cul à environ 10 mètres. Traversé, il plonge. Je me précipite en réencochant mais il remonte juste devant moi avant de replonger aussi sec en direction des terriers. Je repars rapidement vers les terriers. Le ragondin fatigué refait surface et cette fois ma flèche ajustée entre les omoplates l'immobilise sur place, le ragondin tourne un instant en rond puis s'immobilise totalement. Je récupère mes 2 dernières flèches et le ragondin puis tente d'aller récupérer ma première flèche mais elle a dérivé et est trop loin du bord pour mon petit lancé.

Je tente de faire partir le ragondin qui n'a pas bougé du milieu du lac en lui lançant des mottes de terre mais rien n'y fait, la luminosité décroit rapidement et la nuit arrive. Il nous faut rentrer, nous reviendrons demain chercher nos flèches qui, je l'espère, auront dérivé pour venir se caler contre la berge.

 

Après une courte nuit de sommeil, le réveil sonne vers 5h30. Ce matin nous allons chasser un lac sur Biran. Manu nous rejoindra là-bas et Christophe doit venir chez moi vers 6 heures. Nous nous préparons tranquillement quand Christophe arrive. Nous partons et retrouvons Manu au bord de la N124 près du lac. Nous mettons en place la stratégie alors que le jour n'est pas encore levé. Les ragondins n'ont pas de terrier sur ce lac et en barrant le côté droit du lac nous leur couperons leur retraite vers les terriers en contrebas dans un petit ruisseau qui longe le lac. Jean Pascal va rester au premier angle, Christophe se postera juste après et Manu et Nicolas partirons au pas de course pour mettre les ragondins à l'eau. Nicolas prendra le dernier poste à l'opposé de Jean Pascal, c'est normalement le meilleur poste et j'espère lui faire tuer son premier gibier à l'arc.

Nous arrivons au pied de la digue du lac alors que le jour commence à peine à poindre. Chacun part se poster, Manu et Nicolas mettent 2 ragondins à l'eau. Un grand espace est resté libre entre Christophe et Manu et j'aperçois un sillon qui vient droit vers la berge dans l'espace laissé libre. Je presse le pas pour intercepter le ragondin qui vient de trouver une faille dans notre barrage. Il ne fait pas encore assez jour pour prendre la visée. Le ragondin s'arrête à 15 mètres environ de la berge puis repars vers Christophe. "A toi Christophe". Mais le ragondin sera manqué. Le jour se levant, je pars vers Nicolas pour lui donner quelques infos utiles sur les coulées de sortie des ragondins puis je passe sur la rive opposée pour rabattre les ragondins vers Les postés. Rapidement un des ragondins qui tentait de fuir va être intercepté par Nicolas d'une belle flèche de tête tirée juste au moment où il refaisait surface. C'est Manu qui m'en averti : "Ça y est, Nicolas n'est plus puceau du ragondin !" Cette annonce me fait bien plaisir car c'est son premier gibier à l'arc.

Un des ragondins va s'immobiliser devant Jean Pascal, à 17 mètres environ. Jean Pascal me demande de lui confirmer la distance alors que j'arrive sur la digue du fond du lac. Un peu loin mais finalement le ragondin va sentir le vent venir et fait demi-tour pour repartir vers mon côté du lac. Je le renvoie vers les postés mais il s'immobilise à nouveau au milieu du lac. Pendant ce temps Manu va flécher un autre ragondin. Il n'en reste plus qu'un, les 2 grèbes présents sur le lac me trompent de temps à autres en plongeant et remontant régulièrement mais il est bien seul. Je pars récupérer le ragondin et la flèche de Nicolas puis une des flèches de Manu puis repars pour pousser le dernier ragondin. Je lui lance quelques pierres, il finit par démarrer. Christophe va l'effleurer une fois et le traverser dans les muscles du cou, il se dirige ensuite vers moi, je l'attends à genoux mais je suis à mauvais vent et il bifurque un peu trop loin, je décide de le laisser partir vers les postés. A force de le faire bouger Manu va le traverser un peu en arrière. Le ragondin qui remonte épuisé contre la berge et se dirige vers Nicolas est une proie facile. Manu s'approche de lui pour l'achever. Il commence à armer son arc mais son décocheur lâche et sa flèche part mollement dans l'eau alors que Manu vient de se décocher un coup de poing en pleine tête. Un peu sonné, il se ressaisit rapidement, réencoche, réarme et ajuste une belle flèche derrière la tête du ragondin le séchant net. Je pars récupérer les flèches avec mon lancer et jeter un coup d’œil sur les prises, 3 beaux ragondins.

Il est encore tôt, je décide de tenter de chasser le lac de la Castagnères. Nous reprenons la route et nous garons sur le parking, au bout de la digue du grand lac. Manu, Nicolas et Jean Pascal vont partir sur la droite du lac et je vais partir avec Christophe sur la rive opposée. Alors que nous nous équipons, un gros ragondin se met à l'eau et pars en biaisant vers la rive opposée. Nous partons en chasse en surveillant le ragondin. Nous longeons la digue et arrivons au déversoir. En nous retournant pour voir où se trouve Manu et mes invités nous les apercevons, ils sont immobiles au coin du lac et semblent discuter, je ne comprends pas pourquoi ils perdent du temps ainsi mais mon téléphone sonne et Manu m'avertit qu'un gros ragondin vient droit sur nous. Je laisse partir Christophe pour tenter d'intercepter le fuyard et reste près du déversoir. Je finis par apercevoir le gros ragondin qui vient droit vers le déversoir. Je me poste derrière les derniers buissons de la digue et le laisse venir mais il commence à biaiser et s'éloigne de la digue. Je sais qu’il y a quelques terriers sur 30 mètres environ le long de la berge juste après le déversoir et je comprends vite que mon ragondin va tenter de s'y réfugier mais je ne peux plus bouger sans être repéré. Le ragondin est à environ 30 mètres et il me faut traverser le déversoir à découvert. Je tente le coup et pars me poster derrière un massif de ronces entre 2 terriers. Le ragondin qui m'a vu fait du surplace. Le temps passe et je comprends qu'il ne viendra pas.

Je fais demi-tour et retraverse le déversoir. Le ragondin redémarre et pars vers la berge opposée en longeant à 30 ou 40 mètres de la digue. Je le laisse partir puis passe derrière la digue et prends le pas de course pour le rattraper et tenter de l'intercepter plus loin. Je remonte au ras de la crête de la digue par moment pour surveiller sa progression et constate qu'il biaise pour rejoindre une zone d'arbustes et de ronces juste sous nos voitures. Je repasse à couvert et cours pour remonter près de la zone de sale. Un lapin démarre contre les voitures et rentre dans le fourré. Je longe doucement les ronces mais le ragondin méfiant fait demi-tour et biaise vers la berge de droite. Je repars au pas de course, caché derrière la zone d'arbustes et de ronces et rattrape la route pour faire une grande boucle et revenir vers le ragondin caché par le talus du lac. En me rapprochant du lac, je l'aperçois à 20 mètres environ de la berge, immobile, il regarde vers le déversoir. Je me mets à couvert derrière des arbustes qui poussent au sommet du talus du lac mais le temps passe et le ragondin ne semble pas vouloir bouger.

Je tente de m'approcher doucement en descendant le talus mais il plonge et refait surface à 50 mètres environ pour repartir vers le déversoir. Je repars au pas de course, passe derrière la digue et rejoints rapidement le bout de cette dernière. Je remonte la pente raide pour arriver au déversoir. Le ragondin a fait vite il est déjà à 50 mètres environ. Je tente de me couler doucement dans l'eau pour traverser le déversoir. Le ragondin s'est arrêté. Je me plaque contre le mur du déversoir hors de sa vue et le laisse reprendre confiance. Il repart vers les terriers. Je traverse doucement le déversoir et remonte l'enrochement, passe derrière les ronces qui bordent le lac et m'approche doucement des terriers baisé au maximum. Le ragondin s'arrête à 20 mètres de la berge environ alors que je me poste derrière les ronces. Le ragondin est inquiet mais il repart tout de même droit sur moi et s'arrête à 10 mètres environ mais impossible de tirer à cause des ronces. S'il part à droit ou à gauche vers les terriers j'ai des fenêtres de tir. Rapidement, le ragondin repart sur ma droite et biaise pour se rapprocher du bord. J'arme doucement mon arc et me prépare à tirer dès que le ragondin passera les ronces. Ma visée s'aligne, je décoche, le ragondin mortellement touché plonge et disparaît un moment avant de refaire surface, de se débattre un instant puis de s’immobiliser. Je récupère ma flèche mais je laisse le ragondin pour le moment et pars rejoindre Christophe qui revient, il n'a pas réussi à intercepter l'autre ragondin. En face les 3 autres archers reviennent également. Je pars tenter de récupérer mon ragondin qui dérive doucement vers le déversoir. Une fois récupérer nous repartons vers les voitures. Jean Pascal a, lui aussi, fait un gros ragondin. Avec celui que j'ai fléché hier cela nous fait 6 beaux ragondins.

Un bon petit week end entre archers, 8, 9 et 10 mars 2013

Nous décidons de nous séparer, Manu va partir chasser de son côté vers Bellocq Saint Clamens et nous allons partir vers Clermont Pouyguilles et Loubersan. Nous commençons par le petit lac de Clermont Pouyguilles où hier Jean Pascal a cassé son portable. Cette fois, je me gare plus loin et nous tentons une approche mais ce matin, les ragondins ne sont pas de sortie. Mon téléphone sonne, Manu m'a laissé un message, il a aperçu des ragondins au bord d'un lac de Loubersan en passant en voiture. Ça tombe bien, je voulais justement chasser ce lac car depuis plusieurs jours, j'avais repéré ces ragondins durant mes heures de boulot.

Nous reprenons les voitures et partons nous garer chez un producteur de fraises sur Loubersan. En passant j'ai vu au moins 2 ragondins dans le semé de blé au bord du lac. Mes invités et Christophe vont descendre au travers d'une culture sur la gauche du lac alors que je longe la route pour attaquer par l'autre côté. Les ragondins sont toujours là mais le relief me les cache vite. Tout à coup, les 3 archers se mettent à courir pour descendre vers le lac, ne voyant plus les ragondins derrière le relief du champ, je pense alors qu'ils les ont vu se mettre à l'eau et je presse moi aussi le pas puis descends vers la bout du lac. Les ragondins ne sont plus là mais les archers longent doucement la bordure du lac. Ils n'ont en fait pas vu partir les ragondins et les pensent toujours dans le blé. Un remous contre la berge attire mon attention, je m'approche doucement voûté et finis mon approche sur les genoux. 2 ragondins sont immobiles contre la berge, j'arme mon arc, l'un d'eux plonge. L'autre est toujours immobile à 10 mètres environ. Jean Pascal est en face de moi et j'hésite à décocher car un ricocher n'est pas à exclure. Le ragondin finit par plonger et je m'avance rapidement vers la berge. J'espère le voir ressortir mais le temps passe alors que Christophe arrive doucement et se poste dans une trouée des buissons qui bordent le lac. Tout à coup, j'aperçois un gros ragondin qui lui passe dans le dos et traverse le lac tranquillement, je lui fais signe avec ma flèche mais voyant qu'il ne comprend pas je lui lance : "A toi Christophe, dans ton dos !" mais trop tard, le ragondin plonge et disparaît. Les ragondins ne ressortiront pas. Nous remontons aux voitures.

Une petite mare en dessous des serres de production de fraises est habituellement bien fournie en ragondins. Je laisse Jean Pascal et Nicolas partir en chasse en longeant la haie qui borde le champ sur la droite pour s'approcher discrètement. Avec Christophe nous observons d'en haut. Une tache noire au bord du bosquet qui touche la mare sur la gauche se révèle être une poule d'eau qui rentre rapidement à couvert. Les ragondins n'étant pas de sortie les archers remontent.

Je décide de tenter un dernier lac avant d'aller manger. Nous reprenons les voitures et rejoignons un chemin de terre qui descend vers 2 grands lacs. Le chemin est un peu boueux et je teste pour voir si il est possible de remonter, il semble que oui nous finissons de descendre au bout du chemin puis partons vers le lac de droite. Jean Pascal et Nicolas vont partir se poster sur les terriers vers le fond du lac sur la gauche. Je pars avec Christophe sur l'autre berge. Des Foulques et des canards animent le lac mais les ragondins ne semblent pas de sortie. Alors que mes invités se postent en face, nous rentrons dans un petit bosquet abritant un affût à canard. Les branches basses couchées sur l'eau abritent des foulques qui tentent de se faire oublier en restant immobiles. Nous avançons dans le bois quand 2 gros remous en surface du lac à moins de 10 mètres me font penser à des ragondins car les foulques où les poules d'eau n'ont pas cette façon de plonger.

En face, Nicolas a décocher une flèche qui flotte en surface mais a manqué son ragondin. Tout à coup, un gros ragondin remonte à moins de 10 mètres dans les branchages, j'arme mon arc et avertis Christophe. Le ragondin s'immobilise dans les branchages. Christophe change sa flèche équipée d'une lame pour une autre équipée d'un pointe spéciale pour petit gibier (sorte de blunt avec des pointe en crochés tournées vers l'avant). Il se décale ensuite doucement pour trouver une fenêtre de tir. Le ragondin plonge puis remonte rapidement. Christophe décoche et le touche mais sa flèche n'est même pas rentrée.

Le ragondin ressort à droite de Jean Pascal près de la berge. "A toi Jean Pascal". Le tir n'est pas facile car le ragondin longe près du bord et Jean Pascal est gêné par les genets et les ronces. Il arme et vise longuement pour ajuster une flèche parfaite qui traverse le ragondin derrière l'épaule. Ce dernier plonge puis remonte rapidement, commence à se débattre et s'immobilise rapidement. Je n'avais pas de doute sur l'issue de cette flèche car de ma position j'avais vu le jet de sang dès l'impact. Jean pascal récupère sa prise et sa flèche alors que je récupère la flèche de Christophe. Nous partons retrouver les autres archers au travers du bosquet. C'est encore un beau ragondin.

Un bon petit week end entre archers, 8, 9 et 10 mars 2013

Je récupère la flèche de Nicolas. Nous partons jeter un coup d’œil sur le second lac mais son niveau est très bas et les ragondins ne sont pas de sortie. Il est temps d'aller manger. La remontée sera compliquée, je vais remonter assez facilement en glissant un peu sur une portion du chemin mais il va nous falloir pousser pour aider Nicolas à monter. Nous passons au lac de la veille mais nous ne retrouverons que ma flèche revenue se caler au bord.

 

Après un petit repas convivial et une bonne sieste, je repars avec mes 2 invités, Christophe étant rentré chez lui, à la chasse. Nous nous sommes aperçu avec Jean Pascal que Nicolas avait de grandes difficultés pour armer son arc ce qui va nous limiter dans les séances d'approches où l'armement doit être rapide et discret. Nous partons par Lasseube Propre comme la veille, pas de ragondins en vue sur la route. Nous faisons une première halte sur une mare de Durban mais pas de ragondin, nous reprenons la route, les ragondins ne sont pas de sortie.

Nous tentons une halte sur un grand lac de Labéjan. J'envoie mes invités par le côté gauche pour qu'ils arrivent du côté des terriers situés le long du bois qui borde le bout du lac. De nombreux canards posés sur le lac décollent alors que nous passons la digue et je crains qu'ils ne fassent fuir tous les ragondins. Alors que je commence à longer ma rive du lac, je me rends compte que mes invités s'attardent au niveau du déversoir et semblent chercher quelque chose. Je reste sur place un moment puis voyant qu'ils insistent, je me dirige vers eux pour leur demander ce qu'ils ont vu mais ils finissent par se remettre en marche, je fais donc demi-tour et recommence à longer mon côté du lac mais voyant que de plus en plus de canards s'envolent. Je prends le pas de course pour arriver rapidement au bout du lac. Pas le moindre ragondin. Mes invités n'ont pas vraiment pressé le pas et, alors qu’ils arrivent, je leur dit de faire demi-tour et que ce n'est pas la peine de continuer. Je leur demande aussi ce qu'ils ont vu et Jean Pascal m'annonce qu'il s'agit d'un gros ragondin, je décide donc de revenir rapidement vers le déversoir pour tenter de le retrouver mais nos efforts resteront vains. Le ragondin restera introuvable.

Nous repartons, en route nous apercevons le gros ragondin sur la mare de Loubersan. Nous nous garons un peu plus loin mais, une fois encore, il se mettra à couvert bien avant notre arrivée. Nous faisons ensuite une halte sur le petit lac de Clermont Pouyguilles où nous avons une revanche à prendre. Je me gare un peu plus loin au bord de la route puis nous revenons vers le lac. Nous escaladons le talus de la route puis nous avançons vers le lac et j'aperçois un couple de colverts, je me retourne pour dire à mes invités de courir vers le lac si les canards décollent mais Nicolas a vu 5 ragondins qui arrivent de l'autre côté du lac. Il nous annonce ça tranquillement. Les ragondins pressent le pas. Nous partons rapidement nous positionner autour du lac. J'arrive près des terriers du bout du lac, Jean Pascal me suit. Un des ragondins arrive par la terre vers des terriers hors de l'eau. J'arme mon arc et vise mais pensant que Jean Pascal, lui aussi armé va le tirer, je ne décoche pas et le laisse rentrer au terrier. Nous sommes tous sur les mêmes terriers mais il faut rapidement barrer le déversoir du lac où se trouve un autre terrier. Je l'annonce à mes invités et Jean Pascal aura juste le temps de faire faire demi-tour à un gros ragondin qui essayait de s'y faufiler.

Nicolas prends ce poste et Jean Pascal passe en face. Les ragondins ressortent et replongent régulièrement sans nous laisser le temps de les flécher. Finalement Jean Pascal va manquer l'un d'eux puis réussir à flécher un ragondin juste avant qu'il ne plonge. Un ragondin remonte devant Nicolas mais ce dernier peine à armer son arc. Le temps d'armer, le ragondin fléché remonte prés de son confrère. Voyant que le ragondin fléché n'en a plus pour longtemps nous disons à Nicolas de surtout pas le flécher et de tirer sur l'autre mais le ragondin sain finit par replonger alors que Nicolas finit par réussir à armer son arc. Nicolas est à bout de force, il doit lever son arc au-dessus de sa tête pour réussir à armer au prix d'efforts incroyable, Jean pascal en face de lui a d'ailleurs pris peur et s'est rapidement décalé pour ne pas être victime d'un tir accidentel, il est vraiment tant de faire quelque chose pour éviter un accident. Nicolas finit par décocher sur le ragondin maintenant mort et le manque. Un autre ragondin sort sur la berge près de lui mais, épuisé par son dernier armement, il ne parvient pas à armer et le ragondin surgit de l'eau et se précipite vers un gros laurier palme alors que Jean Pascal se précipite pour l'intercepter. Trop tard, il a filé.

Jean Pascal se poste à la place de Nicolas qui me rejoint sur les autres terriers, sa présence détourne un ragondin qui passe devant moi sous l'eau. Je lui décoche une flèche derrière la tête et le cloue sous l'eau puis une seconde alors qu'il se débat et l'achève. Nous attendons un peu mais plus aucun ragondin ne se montrera. Nous récupérons nos prises et nos flèches sauf la première de Jean Pascal restée fichée sous l'eau.

Un bon petit week end entre archers, 8, 9 et 10 mars 2013

De là, nous partons pour 2 lacs sur Miramont d'Astarac mais pas de ragondin et la luminosité tombe rapidement. Nous partons rapidement vers un dernier lac, celui du Tuco à Labéjan. Je me gare près de la ferme et nous descendons vers le lac. Je poste mes invités près des terriers, au coin droit du lac, puis pars en longeant la berge pour tenter de déloger un ragondin. En longeant la rive opposée, j'aperçois une boule noire, c'est un ragondin qui se met à l'eau à 40 mètres devant moi. Je presse le pas, il plonge. J'attends un moment et surveille la surface du lac. Le ragondin remonte devant Nicolas qui parvient à lui décocher une flèche. Le ragondin plonge puis il me semble entendre un bruit d'eau agité sur la droite de Nicolas. Au bruit je pense qu'il l'a manqué mais en rejoignant mes invités, ils m’annoncent tous les 2 que la flèche a touché l'animal. Je tente donc de le retrouver en longeant la rive mais impossible de le trouver. Je récupère la flèche de Nicolas. En revenant vers mes invités je discute un peu avec eux pour tenter d'avoir des indices sur le tir quand Nicolas nous lance un : "Vé, Vé l'esturgeon !". Cette interjection résonne encre dans ma tête et me fait sourire. 

Incroyable, un joli brochet vient de se caler contre la rive à nos pieds. Je lui décoche une flèche ajustée derrière la tête et le cloue sur place. Il n'a même pas bougé et confiant je ne me presse pas pour le récupérer mais tout à coup, il se remet à bouger et en 2 coups de queue se défait de ma flèche restée fichée sur place. Je suis dégoûté. Nous quittons le lac alors que la nuit est tombée avec beaucoup d'incertitudes, il nous faudra revenir demain voir si nous retrouvons le ragondin ou le brochet.

En arrivant nous commençons par descendre la puissance de l'arc de Nicolas qui peut ainsi mieux l'armer puis nous reprenons ses réglages en tirant dans mon salon de plus de 10 mètres de long.

 

Le lendemain nous partons chasser le lac de Saint Maur où Manu nous rejoint. Il devra partir vers 8 heures ce qui ne lui laisse pas trop de temps pour chasser. Il va prendre le côté gauche et nous prendrons le côté droit. A peine passé le coin de la digue, j'aperçois une boule noire au bord de l'eau dans l'angle du lac. C'est un ragondin, Je le signale à mes invités et leur laisse tenter l'approche mais ce dernier se met à l'eau et commence à traverser le lac, je continue en longeant le la rive pour tenter de déloger des ragondins. Mes invités savent où se placer pour intercepter les ragondins qui voudraient sortir et rejoindre les terriers dans le fossé de l'autre côté du chemin qui longe le lac.

Je fais démarrer plusieurs ragondins sans pouvoir les flécher. Le lac est très haut et du coup l'eau arrive dans les arbustes du bord du lac, il sera difficile de voir les fuyards et j'ai peu d'espoir que nous puissions prélever des ragondins. J'annonce les ragondins qui se dirigent  vers Manu puis fais des allers retours le long de la berge pour essayer d'empêcher des ragondins de fuir mais il semble que tous soient passés en face où Manu décoche plusieurs flèches. Le temps passe et les ragondins restent en face. Je dis à mes invités de se poster et de surveiller la surface de l'eau puis je pars rejoindre Manu en longeant la digue.

Un bon petit week end entre archers, 8, 9 et 10 mars 2013

J'aperçois Manu qui vient à ma rencontre, il n'a plus de flèche, il semble qu'il ait blessé 2 ragondins. Je pars l'aider à récupérer ses flèches. L'une d'elle n'a plus de lame, elle s'est cassée au ras de l’insert alors qu'elle heurtait la tête d'un ragondin. Je poursuis vers le bout du lac en surveillant la berge au travers des épais qui bordent le lac.

Un bon petit week end entre archers, 8, 9 et 10 mars 2013

Je finis par déloger un ragondin qui se débine pour aller se poser sur une branche au ras de l'eau. Je m'approche doucement, arc armé et cherche une petite fenêtre de tir au travers des branchages. Je finis par réussir à lui décocher une flèche qui légèrement déviée par une brindille vient lui heurter la tête et le sèche net.

J'insiste un peu, et longe les bordures couvertes de ronces quand un gros remous attire mon attention, un ragondin fait surface et se débine le long de la berge. Je lui décoche une flèche au travers des ronces et pense le toucher puis une seconde flèche qui le traverse en plein coffre. Le ragondin remonte rapidement devant Manu qui vient à ma rencontre pour me dire qu'il part. Il arme son arc mais je lui dis de ne pas tirer car le ragondin qui finit de mourir risque de couler s'il le tire. Le ragondin s'immobilise contre la berge et Manu désarme. Il doit partir et nous quitte.

Commence une grosse galère pour récupérer mes flèches et mes ragondins au travers des branchages et des ronces et je lute un bon moment avant d'y parvenir mais je dois me résigner à laisser ma première flèche dans les branchages. Je dis à Jean Pascal de longer un peu la berge opposée puis de me rejoindre avec Nicolas pour tenter de déloger d'autres ragondins. En longeant la rive et en tapant dans les ronces, je parviens à déloger un autre ragondin. Ce dernier a un comportement curieux, il plonge et remonte environ tous les 10 à 20 mètres pour se caler contre la berge. Je le repère au remous qu'il fait en refaisant surface et tente de l'approcher pour lui décocher une flèche. Au bout de plusieurs tentatives, je parviens à lui décocher une flèche qui disparait sous l'eau et manque le ragondin de très peu.

J'entends alors Nicolas et Jean Pascal qui arrivent en discutant et leur cri : "Attention un ragondin arrive droit sur vous." Je continue à suivre mon ragondin et l'aperçois qui remonte au pied d'un arbre qui pousse au ras de l'eau. Je m'approche doucement quand Jean Pascal que je n'avais pas vu arriver lui décoche une flèche mais le rate à cause de moi car le ragondin a plongé en me voyant. Je laisse alors faire mes invités et tente de faire partir un autre ragondin des ronces.

Le ragondin harcelé a fini par traverser le lac et Jean Pascal qui a réussi à l'intercepter en courant lui a décoché 2 flèches et l'a touché 2 fois mais son ragondin blessé a disparu.

Je le rejoins avec Nicolas pour tenter de l'aider à le retrouver. Jean Pascal l'a vu remonter dans les ronces puis l'a perdu de vue. J'insiste donc en piétinant les ronces déjà piétinées par Jean Pascal mais impossible de le déloger, je tente donc de le chercher dans l'eau en marchant dans l'eau en bordure du lac car je sais qu'un ragondin blessé est prêt à tout pour se faire oublier. Tout à coup, mon pied se pose sur quelque chose de mou. Je le laisse appuyé et aperçois la tête du ragondin qui remonte au ras de la surface. Le ragondin ronne et mon pied sur son arrière train risque vite de lui servir de défouloir. Je demande à mes invités de me trouver un bâton pour l'achever mais le ragondin commence à s'exciter et je dois rapidement prendre une décision. Je l'achève de deux coups de poing dans la tête et le sort de l'eau. C'est incroyable, la flèche de Jean Pascal l'a presque découpé en 2 et il avait encore la force de se rebiffer !

Un bon petit week end entre archers, 8, 9 et 10 mars 2013

Nous repartons à la voiture après une petite séance photo.

Un bon petit week end entre archers, 8, 9 et 10 mars 2013

Puis nous partons à la recherche de d'autres ragondins mais tous les coins visités sont déserts.

Nous passons au lac du Tuco mais pas de ragondin ni de brochet mort. Nous repartons et j'aperçois un ragondin au gagnage au bord d'un ruisseau près d'une mare sur Saint Jean le Comtal. Je me gare au bord de la route. Nous laissons Nicolas chasser autour de la mare où au moins un ragondin vient de plonger. Nous nous approchons doucement du ragondin en longeant le ruisseau mais il finit par nous repérer et se précipite vers le cours d'eau. Il marque un temps d'arrêt avant de plonger. Jean Pascal derrière moi me dit de tirer. J'arme, vise et décoche mais passe juste au-dessous. Jean Pascal court vers l'endroit où il a plongé mais trop tard il est déjà au terrier.

Je récupère ma flèche et me rends compte que j'ai tiré une lame tordue ce qui explique mon tir bas à 12 mètres environ. Nous rejoignons Nicolas qui n'a pas vu de ragondin. Nous rentrons sans voir d'autres ragondins. C'était notre dernière chasse, mes invités vont partir en début d'après-midi. Nous aurons réalisé un tableau total de 12 ragondins ramassés et un mort au terrier peut être 2.

 

Alex

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 19:04

Mes bracelets sont fermés mais il en reste encore 2 à Manu et je décide, ce soir, en sortant du boulot, d'aller faire un tour au ragondin et pourquoi pas de flécher un chevreuil. En partant, je regarde si les ragondins ne sont pas de sortie au pied de l'église d'Orbessan et en aperçois un entrain de brouter tranquillement. Je fais demi-tour un peu plus loin et viens me garer devant l'église. J'attrape mon arc puis tente une approche mais le ragondin me repère rapidement et se jette dans le ruisseau bordé par une bande de ronces très épaisse. Je m'avance doucement en face d'une trouée dans les ronces et aperçois 2 jeunes ragondins qui m'observent immobiles à juste quelques mètres. J'arme mon arc et vise le plus dégagé. Ma flèche le cloue sur place. Il se débat un court instant puis s'immobilise alors que son confrère a filé. Je descends dans le ruisseau récupérer ma prise puis poursuis ma route.

Le dernier de la saison, 19 février 2013

Je tente de repérer des ragondins sur quelques coins habituellement bien fréquentés mais rien ne bouge ce soir et les chevreuils ne semblent pas non plus de sortie. La luminosité commençant à décroître, je décide de rentrer quand alors que je roule, j'aperçois 2 brocards en velours entrain de brouter de l'autre côté d'un ruisseau. Je poursuis ma route et me gare un peu plus loin. J'attrape mon arc et traverse le pré qui me sépare du ruisseau puis commence à le longer. Une haie épaisse borde les 2 rives du cours d'eau et j'avance en aveugle. Le bruit du cours d'eau grossi par les fortes pluies couvre ma progression lente mais j'ai peu d'espoir de surprendre ses 2 chevreuils car ils risquent de me voir au travers des branchages avant que je ne puisse leur poser les yeux dessus.

Petit à petit, je me rapproche de l'endroit où je pense les apercevoir et redouble d'attention. Un des brocards se dessine au travers des branchages. Je me fige et observe. Il semble paisible mais je ne vois pas son confrère. Je tente de me rapprocher encore un peu. Le brocard broute paisiblement de l'autre côté du ruisseau en avançant très lentement pas à pas entre les prises de nourriture. Je ne suis plus qu'à 10 mètres et je crains d'être repéré par l'autre chevreuil que je n'arrive pas à voir. La haie s'interrompt de mon côté du ruisseau. Mon brocard s'arrête dans une trouée de la haie d'en face. J'arme mon arc mais la zone vitale est cachée par les branchages. Le tir est trop risqué. Je désarme mais mon brocard s'avance à nouveau et s'arrête cette fois dans une autre trouée dans un beau 3/4 arrière.

Je réarme rapidement prends la visée, mon chevreuil est à environ 12 mètres. Je vise devant le cuissot et décoche. Ma flèche vole bien et il me semble la voir entrer pile où je visais avec un  bruit caractéristique d'une atteinte arrière. Le chevreuil démarre en trombe suivi par son compère qui vient de surgir de nulle part. Ils filent et semblent revenir vers le bord du ruisseau. Je les perds de vue à environ 100 mètres. J'attends un peu en me refaisant la scène dans ma tête puis pars pour tenter de retrouver mon chevreuil avant qu'il ne fasse nuit. Je trouve un peu plus loin un passage peu profond et traverse le ruisseau pour revenir en arrière à la zone du tir repérée grâce à un arbre tordu. Impossible de trouver du sang. Dans mon idée, le brocard a longé la bande enherbée et je m'acharne à y chercher du sang sans succès. La luminosité baisse rapidement et je tente d'allumer ma frontale mais cette dernière ne semble pas marcher, j'insiste un peu sans lumière mais rien à faire. Je vais rentrer quand, tout à coup, ma frontale s'allume.

Je reprends ma recherche mais rien à faire, je ne trouve pas de sang. Je tente de me décaler dans le semé de blé et trouve alors quelques gouttes de sang. Mon impression était fausse. Je suis les gouttes qui ne sont pas bien grosses, aidé par le pied du chevreuil qui marque parfois dans le sol meuble. Le sang est parfois presque inexistant et je poursuis ma recherche à 4 pattes, le nez au sol. Contrairement à ce qu'il me semblait, le chevreuil s'éloigne du ruisseau. Au bout de 150 mètres de recherche difficile avec quelque passages où le chevreuil semble perdre plus de sang et donc plus facile à suivre, le chevreuil traverse un fossé. Trouver la traversée n'est pas chose facile car les gouttes de sang sont petites puis la piste se met à longer le fossé sur une bande enherbée. Le chevreuil semble zigzaguer de plus en plus en traverse un petit roncier au lieu de le contourner, peut être commence t-il à perdre un peu sa lucidité. La recherche devient très difficile quand, tout à coup, le sang s'interrompt alors que le chevreuil semblait vouloir retraverser le fossé. A force d'insister, je me rends compte que le chevreuil bifurque en fait à 90° dans le chaume de blé sur ma gauche. Le sang est un peu plus abondant et je parviens à le suivre sans trop de mal. Dans la nuit je ne m'en rends pas tout de suite compte, mais, le sang décrit une boucle et me ramène au bord du fossé où j'avais perdu la piste. Le chevreuil ne doit pas être bien loin car cette attitude est incohérente, un chevreuil sain n'aurait pas fait cette manœuvre à découvert mais de nuit impossible de le retrouver car je ne trouve plus de sang.

Je rentre, J'ai parcourus environ 200 mètres en plus de 2 heures, le lendemain midi, en sortant du boulot, je retourne sur place et aperçois mon brocard de la route il est mort dans le chaume de blé, je suis passé à moins de 20 mètres hier soir. Il est couché sur le flanc, ma flèche dépasse encore. Je me gare et pars le chercher. Ma flèche rentre en fait dans le cuissot et ressort derrière les poumons contre la colonne vertébrale. Comme quoi, il ne faut pas toujours se fier à ses impressions. Chaque action de chasse est une leçon pour son auteur.

Le dernier de la saison, 19 février 2013

Alex

 

Trophée :

Le dernier de la saison, 19 février 2013

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 19:00

Cette nuit, j'ai dormi chez Patrick, il est 7 heure, le réveil sonne. Je me prépare rapidement puis pars en chasse alors que les premières lueurs du jour commencent à monter derrière les montagnes. Ce matin, je vais essayer de retrouver la bande de cervidés vue jeudi matin dans les buis sous chez le voisin de Patrick. Je remonte rapidement le chemin d'accès à l'habitation puis rattrape le chemin de la Soule, je remonte les lacets jusqu'à la maison suivante puis la laisse sur ma droite et continue sur un chemin où la neige n'a pas été encore piétinée. En contre bas, à 40 mètres environ, un chevreuil broute à la cassure du talus, je ne vois que son dos mais l'approche sera impossible, je poursuis ma route. Il a gelé fort ce matin et la neige a gelé en surface et craque sous mes pas, de plus à chaque enjambée, je m'enfonce jusqu'au genou ou à mi-cuisse. La progression est très difficile et très bruyante. J'ai peu d'espoir de voir des animaux pour le moment et me concentre sur ma progression.

Au bout de 300 mètres de cette marche éprouvante, j'arrive au bord d'une zone de buis où le chemin s'interrompt. De nombreuses traces d'animaux convergent vers ces buis et je décide de les suivre. La neige est maintenant moins profonde, les animaux ont gratté par endroit la neige pour chercher de quoi manger. Les traces de sangliers côtoient les traces de biches, de cerfs, de chevreuils, de blaireaux et de renards. Un sanglier a dessiné un sillon de presque 1 mètre sur 50 mètre environ dans la neige profonde. Je suis sa trace pour éviter de trop m'enfoncer et redescends vers un petit ruisseau grossi par la fonde de cette neige. Dans mon dos le soleil qui se lève, éclaire la barre rocheuse qui se teinte d'une belle couleur dorée.

Une matinée magique,16 février 2013

Je descends en suivant le ruisseau, la pente très prononcée et la glace rendent la décente un peu périlleuse et je chute régulièrement dans la neige.

Une matinée magique,16 février 2013

Je fais quelques pauses pour observer les alentours et tenter d'apercevoir des animaux. La nature est calme.

Une matinée magique,16 février 2013

Un peu plus bas je tombe sur un enchevêtrement de chênes abattus par-dessus le cours d'eau par la tempête de 2009 et en profite pour traverser le ruisseau en marchant sur les troncs. De l'autre côté du ruisseau, les buis sont très épais et je peine à me frayer un chemin. Je tombe alors sur une bauge fraîche d'un gros sanglier, peut-être celui que je suivais jeudi matin. Je ressors ensuite des buis épais et arrive dans un zone plus claire. Je marque un petit temps d'arrêt et observe les alentours quand j'aperçois, en dessous de moi, un hère et une belle biche à 50 mètres environ. J'attrape mon appareil photo et tente de l'allumer mais il fait un bruit bizarre et refuse de s'allumer. Le bruit n'est pas resté inaperçu. La biche démarre et rentre dans les buis épais pour traverser le ruisseau, son jeune la suit puis toute une harde de biches, bichettes et jeunes. Un gros daguet ferme la marche. Je suis dégoûte. Je regarde mon appareil photo, le bloc optique ne se déploie plus et l'appareil force un peu puis s'éteint. Bon et bien, les photos sont terminées pour aujourd'hui.

Je continue à descendre doucement pour voir de plus près la zone où se trouvaient les animaux. Tout à coup, alors que je ne suis plus qu'à 15 mètres environ d'où se trouvait le hère, un mouvement sur ma gauche attire mon regard. Je me fige et me prépare. Un petit hère arrive d'un pas décidé, j'arme mon arc. Il s'arrête une première fois derrière des buis puis repart et vient s'arrêter juste en dessous de moi à 15 mètres environ. Mon pin's est calé sur son coffre mais je ne suis pas là pour lui et je le laisse repartir. Il disparaît dans la bande épaisse de buis qui longe le ruisseau. Au même moment, les animaux, qui s'étaient semble t-il arrêtés, repartent en cassant du bois. Je m'avance rapidement dans la clairière en dessous de moi pour tenter d'apercevoir les animaux dans leur fuite. J'aperçois alors une harde de plus de 20 animaux qui remonte la pente après le ruisseau.

La clairière est presque totalement déneigée par les grattages des animaux et jonchée d’empreintes. Je recontrôle mon appareil photo et tente de débloquer le bloc optique quand un bruit me fait tourner la tête. Il me semble apercevoir un mouvement au travers des buis sur ma gauche. Je range mon appareil photo et me fige pour observer. Au bout d'un moment, ça bouge à nouveau. J'aperçois le dos puis les pattes d'un animal à 50 mètres environ. Je pense qu'il s'agit d'un chevreuil. Patrick qui n'a pas encore fermé son bracelet m'a dit d'en tirer un si l'occasion se présentait. Que faire ? Je suis à découvert et le sol gelé est craquant. Je décide de rester là où je suis un petit moment. Le temps passe et l'animal ne semble pas vouloir bouger quand, tout à coup, il finit par se décider et commence à descendre la pente pour rejoindre un massif de buis. J'aperçois alors la tête de l'animal, c'est un daguet et à ma grande surprise un autre daguet que je n'avais pas vu le suit. Ils rentrent dans les buis tranquillement.

Un couloir dans la végétation en contrebas peut me permettre un tir, je décide de m'avancer tout doucement et me positionne en haut d'un talus, devant ce couloir en espérant voir passer les daguets à distance de tir mais assez rapidement du bruit attire mon attention sur ma gauche, vers les buis. Un beau Cerf portant 6 cors, remonte et sort des buis. J'arme mon arc mais il est un peu loin. Il marque une courte pause puis remonte la pente suivi par un second jeune cerf. Ils passent derrière un gros arbre mort et s'arrêtent régulièrement avant de disparaître derrière la crête un peu plus loin. Je désarme mon arc, je n'ai pu que les regarder partir impuissant. Le tir n'était vraiment pas raisonnable puis impossible. Je tente de m'avancer pour les retrouver derrière la crête mais ils sont déjà loin.

Je reprends ma progression lente pour revenir vers chez Patrick. Au bout d'un moment, je passe une combe non boisée puis remonte dans le bois de chêne clairsemé. En arrivant près d'une zone de buis, j'entends démarrer des animaux. J'arme mon arc, 3 chevreuils s'arrêtent à découvert à 30 mètres au-dessus de moi. Trop loin, je les laisse repartir et désarme mon arc. Je reprends ma progression et perçois un peu plus loin un beau brocard en velours qui remonte dans la combe suivante. Je profite du relief pour tenter de remonter à couvert derrière la crête et lui couper la route un peu plus haut. La pente devient très raide et très glissante et je peine à progresser discrètement. Arrivé au sommet de la combe, je tente d'apercevoir le brocard mais il est déjà en train de m'observer. Il démarre sur le chemin qui passe sous chez Patrick. Il s'arrête plusieurs fois pour regarder en arrière puis se jette dans la pente et disparaît. Je tente de m'approcher doucement mais je ne le reverrai pas. Je remonte chez Patrick, Je ne peux pas rester faire le coup du soir, je ne flécherai pas mon cerf cette année. C'était ma dernière saison de chasse au cerf car l'an prochain je ne reprendrai pas de bracelet. Prélever un cerf à l'arc était un rêve, je l'ai réalisé grâce à Patrick mais cette chasse ne me fait plus autant palpiter et le prix du bracelet est vraiment déraisonnable.

 

Alex

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 21:34

Ce soir, je retourne à Sarrancolin pour essayer de flécher mon cerf, je ne l'ai pas encore vraiment chassé cette année faute de temps et d'envie, Patrick a repéré 2 daguets au même endroit 2 soirs de suite. Mercredi soir, ils étaient accompagnés d'un jeune 6 cors et hier soir ils étaient tous les 2. Il semble qu'ils se trouvent vers 18 heures à 18h30 autour d'une petite ruine juste au-dessus de la route.

Je décide donc de tenter un affût ce soir pour tenter d'en flécher un. Arrivé vers 16 heures chez Patrick, nous discutons un moment puis je pars en chasse, pensant me camoufler dans la ruine, je n'ai pas pris ma tenue camo-neige. Je remonte le chemin d'accès à la maison de Patrick puis prends le chemin de la Soule comme pour redescendre vers le village. Le vent est face à moi. Un peu plus loin, j'arrive sous la petite ruine et escalade le talus au-dessus de la route pour aller m'y poster. Je n'ai jamais examiné cette ruine de près et j'en fais doucement le tour pour trouver un poste.

Mon premier choix, à l'intérieur de la ruine n'est pas judicieux : Si le daguet arrive au-dessus de la ruine, il peut me voir et s'il arrive au-dessous, l'encombrement des branches est trop important pour tirer dans de bonnes conditions. Je ressors de la ruine et reviens sur mes pas pour me poster derrière cette dernière, je me poste tout d'abord derrière l'angle bas mais me rends compte que je suis trop à découvert sur ma droite

Tellement près, et pourtant... 15 février 2013

et trop encombré devant moi,

Tellement près, et pourtant... 15 février 2013

je me poste donc derrière l'angle haut. Il est environ 17h20.

Sur le flanc opposé de la montagne, des coups de feu espacés résonnent dans toute la vallée.

Un chasseur qui doit régler son arme, je crains que ce remue-ménage fasse peur aux animaux. J'attends un peu puis décide de changer de poste, je ne sens pas mon poste actuel. Les coups de feu résonnent toujours à la même cadence. Je décide de suivre les traces des animaux dans la neige pour voir d'où ils viennent et trouver un poste pour les intercepter. Les traces se divisent alors que je sors du petit bosquet qui entoure la ruine. Une partie longe au-dessus et sur le chemin en contrebas, le long d'une bande boisée qui rejoint le bois au-dessus de la résidence secondaire de Tahouens. Une autre partie remonte pour passer au-dessus d'un bouquet de houx qui ferait un bon poste mais je décide de suivre les traces du bas pour me poster dans le bois.

Je me cale tout d'abord derrière un gros buis mais après un petit moment je ne sens toujours pas ce poste, je me décale derrière un gros chêne mais toujours pas le bon feeling. Je retourne sur mes pas et me poste finalement derrière le bouquet de houx. Je juge mes angles de tir à gauche

Tellement près, et pourtant... 15 février 2013

puis à droite.

Tellement près, et pourtant... 15 février 2013

Il est 18 heures, les coups de feu résonnent toujours et me font sursauter. Des mésanges volent d'arbre en arbre puis viennent se poser juste devant moi dans les houx avant de repartir. Quelques corbeaux arrivent dans mon dos en coassant pour regagner le bois devant moi pour y passer la nuit.

Le temps passe et le froid se fait piquant, mes pieds gelés me font souffrir et mes mains regagnent tour à tour mes poches pour se réchauffer un peu. 18h30, la voiture de Patrick descends le chemin de la Soule alors qu'un dernier coup de feu trouble le calme qui s'installait. Des merles sortent du bois peut être dérangés par un animal ? L'attente est longue dans le froid mais vers 18h40, un bruit me sort de ma torpeur. Un gros daguet se tient en crête à 40 mètres environ devant moi, sur ma gauche. Un second le rejoint et un combat commence. Tête contre tête, les 2 jeunes mâles tournent autour d'un axe imaginaire puis l'un d'eux renonce et descend.

Je le perds un instant de vue derrière les houx puis il revient à la charge et se fait à nouveau repousser. Cette fois, il descend un peu plus et rejoint une biche que je n'avais pas vue. Le vainqueur reste campé sur sa position alors que la biche et l'autre daguet commencent à venir droit sur moi. Ils se rapprochent d'un pas tranquille en émettant de petits sons comme pour communiquer puis s'arrêtent à environ 10 mètres derrière les houx. Ils semblent vouloir passer au-dessus de moi et je me tiens prêt à armer quand, tout à coup, le pas du jeune cerf se fait à nouveau entendre dans la neige. Je l'aperçois au travers des branchages, il va passer sous moi. Je pivote doucement et arme mon arc. Je suis prêt, mon viseur le suit au travers de la végétation...5 mètres, 4 mètres, 3 mètres. Il s'arrête, 3/4 face... le temps de prendre la décision de lâcher ma flèche, il regarde vers moi au moment où une bourrasque de vent souffle mon odeur vers ses naseaux, il fait brusquement volte-face et s'arrête plein travers à 10 mètres mais pile derrière les houx.

Je ne peux plus tirer, je désarme. Une fraction de seconde d'hésitation vient de me coûter cher. La biche est de face devant le daguet. Ils regardent un moment vers moi puis démarrent brusquement et rejoignent le second daguet. Tout ce petit monde regarde un moment vers moi, la biche curieuse prend même le risque de revenir un peu vers moi puis un des daguets passe la crête puis les autres le suivent.

La nuit tombe, je peste d'avoir laissé passer ma chance alors que tout semblait se dérouler à merveille. Mes pieds me font atrocement souffrir et le chemin du retour ne sera pas une partie de plaisir. Peut-être que je serais meilleur demain à l'approche.

 

Alex

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 21:32

Cette semaine, j'ai pris 2 jours de congés pour aller chasser le cerf dans les Pyrénées. J'ai toujours mon bracelet en poche et la fin de la saison approche. Je ne suis pas revenu chasser à Sarrancolin depuis ma biche de septembre. Le réveil sonne vers 5h40, je me prépare rapidement et sors mon chien avant de partir quand mon téléphone sonne, c'est Patrick. Il m'avertit qu'il pleut par chez lui et qu'il a plu toute la nuit. Hier soir, il a vu 2 daguets au bord de la route, près d'une petite ruine non loin de chez lui.

Je décide d'aller chasser malgré le mauvais temps, chez moi, il ne pleut pas. Je décide de me garer en bas du chemin de la Soule et de remonter doucement par la route en espérant qu'un cerf sera encore en train de brouter le long des bas-côtés. J'arrive sur place vers 7h10. J'attends un peu puis finis de me préparer avant d'attaquer la montée. Le secteur est bien enneigé et j'ai mis ma veste camo-neige pour l'occasion. Comme Patrick me l'avait annoncé, il pleut. J'arrive à l'entrée du chemin de chez Patrick sans avoir vu ni entendu le moindre animal.

Je prends le chemin d'accès à son habitation, passe la maison puis prends une des pistes qui remonte pour passer sous chez son voisin. Le chemin est marqué de nombreuses traces d'animaux. Au bout d'un moment, je tombe sur le pied d'un très gros sanglier, je décide de le suivre pour tenter d'apercevoir l'animal. Le pied quitte le chemin et descend dans les buis, je le suis toujours doucement. La neige imbibée d'eau est silencieuse c'est un régal pour l'approche bien que l'humidité commence à traverser mes vêtements et mes chaussures.

Un peu plus loin, en levant la tête, j'aperçois une biche suivie d'une bichette qui avancent tranquillement en cherchant leur nourriture à environ 80 mètres au-dessus de moi. Je tente de me rapprocher un peu à couvert des buis mais je suis rapidement trop à découvert. Je regarde un moment les animaux s'éloigner puis sors des buis. Les animaux pressent le pas et disparaissent derrière une crête.

Je reprends le pied du sanglier plus pour chercher un passage au travers des buis très épais que dans l'espoir de l'apercevoir. En arrivant sur une crête, un peu plus loin, je marque un temps d'arrêt et observe les alentours. Un énorme brocard descends en suivant la crête suivante à environ 90 mètres. Je reprends un peu ma progression puis regarde à nouveau alors que le brocard vient de disparaître dans les buis.

Tout à coup, 6 ou 7 grands cervidés surgissent des buis en contrebas et passent la crête au pas de course. Un autre animal beaucoup plus gros descend en longeant la crête sans que je puisse voir sa tête. Certainement un cerf. Ne voulant pas pousser plus loin les animaux, je décide de remonter vers chez le voisin de Patrick. La pente est très raide et très enneigée, j'ai de la neige jusqu'aux genoux et peine de plus en plus à monter. Au bout d'un moment, je rejoins une petite grange au milieu d'un pré où pâturent des moutons en été. Je décide de rattraper le chemin qui remonte aux habitations quand je croise la trace d'un gros cerf qui redescend vers un autre chemin qui redescend vers chez Patrick.

Je tente de suivre cette trace. Je suis de plus en plus mouillé, l'eau coule maintenant sur ma peau et la pluie n'arrête pas de tomber. Au départ du chemin, je m'arrête pour écrire un texto quand un chevreuil se lève à 30 mètres en contrebas et disparaît dans les buis. Mon texto envoyé, je reprends ma marche en suivant le pas du cerf. Au bout d'un moment je perds sa trace au milieu d'innombrables traces d'animaux.

Je redescends vers chez Patrick puis prends une des pistes qui passe sous chez lui. Je longe doucement cette piste qui descend dans le bois et alors que j'arrive au bout de cette dernière, un mouvement me fait lever la tête. Une grosse chevrette remonte la pente au pas puis s'arrête et cherche autour d'elle d'où vient le bruit qui l'a dérangé. Elle regarde vers moi sans me voir et reste un moment immobile à 40 mètres au-dessus de moi environ quand un autre mouvement attire mon regard juste un peu plus bas. Un magnifique brocard vient de démarrer et la rejoint. Tous 2 passent derrière une bosse du relief et je les perds de vue.

Je me suis trompé de piste, j'aurais dû prendre celle du dessus et je remonte au plus raide pour rejoindre l'autre piste en passant non loin d'où se trouvaient les chevreuils. Tout à coup, les 2 animaux que je pensais loin redémarrent. Le brocard s'avance au pas et se cale plein travers à 15 mètres environ au-dessus de moi. Il reste un moment immobile puis s'avance et disparaît. A son tour la chevrette s'arrête au même endroit et prend la pause. Ils ont de la chance que je ne sois pas là pour eux. Elle finit par disparaître un peu plus haut. Je rattrape la piste un peu plus haut puis la suis un bon moment sans rien voir. Je débouche sur un pré puis sur la route avant de redescendre vers ma voiture, je suis crevé et trempé, je rentre, je reviendrais demain soir.

 

Alex

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 20:51

Il ne me reste plus qu'un bracelet chevreuil et mon bracelet cerf en poche et cela fait presque 3 mois que je n'ai pas vraiment chasser. Cette année mes invités ont fait fort, Philippe de Vaucluse a fait un petit brocard en velours à l'approche 

Un fin de saison difficile et amère, 01 février 2013

Benjamin a prélevé une belle chevrette que je lui ai faite venir au Butollo 

Un fin de saison difficile et amère, 01 février 2013

et Patrick une chevrette

Un fin de saison difficile et amère, 01 février 2013

et un jeune brocard en 2 jours au treestand sur 2 postes différents.

Un fin de saison difficile et amère, 01 février 2013

Les journées ont un peu rallongé et je décide de faire une petite sortie en sortant du boulot. Sortie du boulot vers 17h30, je pars pour Labéjan. Alors que je suis presque sur le secteur que je pensais chasser ce soir, j'aperçois une petite chevrette qui broute en contrebas de la route au bord d'une haie perpendiculaire à la route. Je me gare un peu plus loin pour tenter une approche qui me semble assez facile.

J'enfile ma cagoule, ma polaire camo par-dessus mes habits du boulot et reste en jean et chaussure de ville. L'approche va se faire sur la route. J’attrape mon arc et positionne mon décocheur puis commence mon approche en longeant doucement la route du côté opposé à celui où se trouve le chevreuil. Je l'aperçois rapidement, il broute toujours paisiblement, plein travers, derrière la haie. Une grosse trouée au milieu de cette dernière doit me permettre un tir. Je me baisse le plus possible pour être caché par la route qui surplombe mon chevreuil pour arriver en face de la trouée puis arme mon arc et me redresse doucement en prenant la visée. Le chevreuil toujours paisible est à 12 mètres environ. Je cale mon viseur et décoche mais je ne comprends pas ce qu'il se passe. Ma flèche part se ficher en terre sous le chevreuil et je pense l'avoir manqué mais un bruit anormal comme une flèche qui frappe un os, suivi d'une réaction anormale du chevreuil me font vite comprendre que ma flèche l'a touché.

J'ai certainement touché une brindille dans la haie qui a peut-être dévié ma flèche. Mon chevreuil, reste un petit moment sur place sans fuir et ne semblant pas inquiet mais avec une patte arrière relevée et plaquée contre son ventre. L'effet de surprise rapidement passé, je réencoche une flèche. Le chevreuil fait volte-face tranquillement, traverse la haie au pas et me passe plein travers à environ 15 mètres sur 3 pattes d'un pas lent. Il me faut vite réagir, je ne peux pas le laisser partir blessé surtout sans réellement savoir quelle partie de la patte est touchée. J'arme rapidement et prends la visée dans la foulée puis décoche. Cette fois ma flèche est dans l'animal mais un peu en arrière (je la juge au niveau de la panse).

Le chevreuil réagit à peine et bifurque pour rentrer tranquillement au bois dans une bordure de buissons noirs.

Un pli d'intestin ressort par la sortie de flèche, le chevreuil fait environ 10 mètres puis semble s'effondrer.

Je retourne à la voiture pour finir de me changer et me garer un peu mieux, le secteur où je pense mon chevreuil mort est une bande de buissons noirs assez épaisse et je décide de laisser mon arc à la voiture pour ne pas être gêné ou l’abîmer en progressant dans les épais. J'attends un petit moment au cas où le chevreuil ne serait pas vraiment mort puis je pars à sa recherche. Je commence par aller voir mes flèches, toutes les 2 sont fichées au sol, la première ne porte aucune trace qui pourrait faire penser à une blessure du chevreuil, la seconde est légèrement marquée de contenu stomacal et de sang et quelques poils sont coincés dans la lame. Je récupère mes flèches et les laisse au bout de la haie derrière laquelle se trouvait le chevreuil puis je commence à chercher du sang mais je n'en trouve pas. Je prends donc la grosse coulée prise par le chevreuil pour se mettre à couvert et trouve quelques petites traces de sang et un petit caillot. Je traverse les épines et ressors sur un passage broyé que je longe un instant pour tenter d'apercevoir mon chevreuil quand, tout à coup, il est là, dans les épines, à 5 ou 6 mètres, couché plein travers et encore bien vivant, il m'observe sans bouger alors que je viens de me figer. 

Je fais doucement marche arrière et repars vers la voiture, le chevreuil ne semble pas avoir bougé après que je le perds de vue. Je récupère mon arc, retraverse doucement les épines et longe doucement la bande broyée. Le chevreuil est toujours là, il n'a pas bougé. J'arme mon arc et tente de trouver une fenêtre de tir au travers des branchages. Au bout d'un moment, en me contorsionnant, à genoux, je réussis à trouver une ouverture suffisante pile en face du coffre du chevreuil. Je vise tranquillement et décoche. Ma flèche rentre au défaut de l'épaule où je la voulais avec un bruit caractéristique qui ne me laisse aucun doute sur la suite des événements mais le chevreuil reste immobile et continue à me regarder. Je ne comprends plus rien. Je n'ai jamais vu ça.

Au bout d'un moment passé à nous regarder, le chevreuil se lève d'un bon puis se débine dans les épines en chancelant, il s'éloigne ainsi d'une quinzaine de mètres puis bifurque pour traverser le passage broyé sur lequel je me trouve. Je le perds de vue à ce moment-là. Je reste prêt à armer, immobile mais le chevreuil ne ressort pas. Au bout d'un moment, je décide d'aller chercher ma flèche et mon chevreuil qui doit maintenant être mort. Je laisse mon arc derrière moi pour rentrer dans les épines et commence par examiner l'endroit où il était couché. Le sol est maculé de sang, je cherche ensuite ma flèche mais ne la vois pas. Une traînée de poils projetés par mon tir me donnant la trajectoire de la flèche je finis par la retrouver 10 mètres plus loin dans la direction du tir, une vanne s'est décollée en traversant le chevreuil et je la retrouve un peu avant la flèche. La flèche lavée par les feuilles mouillées ne présente presque pas de traces de sang.

J'aperçois un peu plus loin mon chevreuil et pars à sa rencontre mais horreur en arrivant à quelque mètres de lui, j'aperçois sa tête, jusque-là cachée par les branchages, qui me regarde. Je n'y comprends rien, je n'ai vraiment jamais été confronté à une telle situation. Le chevreuil se présente de cul, couché et sa tête tournée en arrière vers moi. Je tente de m'éclipser discrètement mais je casse beaucoup de branches même en faisant le plus attention possible. J'arrive à récupérer mon arc alors que le chevreuil n'a pas bougé. Je reviens doucement mais toujours en faisant autant de bruit et arrivé à 5 mètres de mon chevreuil, je cherche une fenêtre de tir. Comme la première fois, je dois me contorsionner pour prendre ma visée. Cette fois je le tire de cul, ma flèche rentre au-dessus d'un cuissot et ressort sous la gorge de l'animal qui tente de se relever sans succès avant de rapidement s'immobiliser.

Je suis écœuré par ce moment de chasse qui se finit tout de même par la mort de l'animal mais dans quelles conditions !

Je m'avance vers cette petite chevrette sans vie, elle est très amaigrie. Ma première flèche lui a juste entaillé la patte au-dessus du pied, la seconde coupe le foie et traverse la panse, la troisième rentre au défaut de l'épaule mais, le chevreuil étant couché sur le flanc, elle ressort du même côté contre la colonne et ne taillade qu'un poumon et la dernière passe au-dessus du cœur entre les 2 poumons.

Le regard de ce jeune chevreuil reste encore gravé dans ma tête et cette expérience restera pour moi une des plus pénibles de ma vie de chasseur à l'arc. Les honneurs rendus et le bracelet apposé, je ramasse mon chevreuil et mon arc, remet mes flèches sur mon carquois et retourne vers la voiture alors que la nuit tombe.

Un fin de saison difficile et amère, 01 février 2013

Alex

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 11:33

Ce matin, je repars chasser avec mon Butollo mais sur un autre secteur de Labéjan, je me gare au village vers 7h30 avant de partir en chasse en suivant un chemin enherbé qui descend vers un bois étroit. Je n'ai pas fait 2 pas que j'aperçois déjà un premier chevreuil au gagnage juste contre les habitations. Je me fige et l'observe un instant, il regarde un moment vers moi puis commence à descendre tranquillement vers le bois en broutant. Je tente de descendre rapidement en longeant derrière une petite haie qui borde une partie du chemin à ma gauche mais, tout à coup, le chevreuil m'aperçoit et démarre. Il remonte vers les maisons comme s'il voulait rentrer dans les jardins. J'hésite à remonter pour l'intercepter mais il fait demi-tour et commence à redescendre suivi de 2 chevreuils plus petits. C'est en fait une chevrette et ses chevrillards. Elle a pris le temps d'aller les chercher avant de s'enfuir, Je tente de les appeler mais ils poursuivent leur fuite, je les perds de vue dans un creux de la prairie.

Je recommence à descendre et rattrape le bord du bois, un dernier coup d’œil en arrière sur les chevreuils qui sont remontés en crête de la colline et se sont arrêtés pour observer puis je longe un peu le bois, le traverse par un passage enherbé puis remonte dans un pré bordé par le bois qui forme un U très large pour me poster en lisière au bord d'une sorte de gros fossé, sur la droite du pré. Je commence mes appels mais ils restent sans réponse. Je ressors du bois alors que le brouillard enveloppe le secteur. Je traverse le pré pour aller me poster vent de face dans l'autre angle du pré. Je m'avance un peu dans le bois puis me poste et commence mes appels. Rapidement, un galop retentit et je tente d'apercevoir le ou les chevreuils mais en bougeant légèrement l'un d'eux qui venait droit sur moi me repère et décrit une grande boucle dans le bois alors que j'appelle toujours. Je les vois enfin, c'est une chevrette et ses 2 chevrillards, ils passent à 30 mètres au-dessus de moi. Je les perds de vue alors qu'ils arrivent à la lisière du bois. Je continue mes appels. Cette fois ils sortent sur le pré, dans le brouillard, pour me contourner et me prendre au vent. Je me retourne lentement, la chevrette est arrêtée à moins de 20 mètres plein travers mais les branchages m'empêchent d'envisager un tir. Elle ne va certainement pas tarder à me sentir mais je tente de la faire venir d'avantage. Elle s'arrête souvent et n'avance que pas à pas puis fait brusquement volte-face pour rentrer au bois en entraînant ses petits. Je les perds vite de vue puis le calme revient.

Je tente d'appeler encore un moment au cas où mais ne voyant rien venir, je sors du bois. 3 chevreuils qui regardent vers moi en crête à 200 mètres environ me font stopper net. Je tente de les appeler mais ils restent immobiles. Je tente de me rapprocher un peu jusqu'à une bande de ronces et reprends mes appels mais ils ne bougent toujours pas. Je me décale encore un peu, cette fois les chevreuils disparaissent derrière la crête. Je remonte rapidement mais arrivé en crête, je ne les vois plus. Je commence à descendre vers un autre bois quand j'aperçois au loin, à plus de 600 mètres, 3 tâches sombres dans un chaume de blé du versant opposé derrière le bois. Je me fige et observe un instant, ce sont des chevreuils, ils avancent vers un lac entouré par le bois. Je tente de descendre rapidement à découvert mais arrivé presque au bois je les vois qui s'enfuient vers le bois du Turc au loin.

En tournant la tête, j'aperçois furtivement un chevreuil qui se débine devant moi, caché derrière un roncier, il m'a vu avant que je ne le vois et il se défile maintenant dans le bois en passant sous les fils de fer barbelés. Je rattrape la bordure du bois et le longe par la droite pour me poster 2 fois et appeler mais, ne voyant rien venir, je poursuis ma route jusqu'à une haie qui sépare deux prés. Je la traverse par un passage et observe les alentours.

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

Devant moi, se trouve un gros rond de rosés de prés, je reviendrai les chercher plus tard si j'ai le temps.  

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

L'an dernier, à cet endroit j'ai fait venir une chevrette à l'appeau. Je me poste donc pour appeler un moment mais rien ne semble venir quand, au loin, près de la ferme, j'aperçois 3 chevreuils qui passent la route de crête. Ils s'arrêtent et regardent vers moi. 2 autres les rejoignent, je recommence mes appels, ils semblent m'entendre mais ne semblent pas disposés à venir. Tout à coup, 3 d'entre eux descendent au petit trot et biaise à droite vers un bouquet d'arbres sous la ferme puis s'arrêtent au pied des chênes pour brouter, les 2 autres avancent doucement en broutant plus en arrière.

Mes appels semblant non efficaces, je décide de me rapprocher, je longe le bois sur ma gauche, doucement, voûté au maximum et en appeautant régulièrement pour les tranquilliser. Passé à couvert derrière un petit bosquet perpendiculaire au bois, je finis de descendre au fond de la combe au pas de course. Arrivé contre le petit bosquet, je remonte doucement la pente boisée pour rejoindre la lisière où je me poste pour observer un moment. Les chevreuils broutent toujours près des gros chênes.

Je recommence mes appels mais cette fois les chevreuils semblent inquiets et se regroupent avant de commencer à descendre en biaisant vers le bout du bosquet à ma droite.

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

Comprenant rapidement ce qui va se passer, je quitte mon poste et rejoins le fond de la combe que je longe au pas de course pour tenter d'intercepter les chevreuils. Je les aperçois au travers des branchages, ils viennent bien vers le bout du bosquet. J'aperçois un rond de ronces avec un gros arbre mort au milieu un peu après le bout du bosquet et décide de me poster derrière.  

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

J'arrive au bout du bosquet mais les chevreuils sont déjà trop proches et je ne peux pas rejoindre l'îlot de ronces sans être vu. Je me poste donc au bout du bosquet et observe les chevreuils au travers des branchages, je ne vois que 4 animaux, une grosse chevrette, une plus petite et 2 chevrillards, ils semblent vouloir passer entre l'îlot de ronce et le bout du bois. 

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

Ils s'arrêtent un moment à 30 mètres environ et observent. La chevrette de tête semble inquiète et commence à biaiser pour passer après les ronces, les choses se compliquent, au plus près les chevreuils vont me passer à 15 mètres mais très certainement à plus et je ne peux pas bouger sans être vu, de plus le vent qui souffle en longeant le bosquet dans mon dos risque de me faire repérer. Tout à coup, j'aperçois le 5ième chevreuil, c'est un brocard, il vient vers le bout du bosquet et biaise doucement pour passer à travers le bois dans mon dos. Je tente de me tourner un peu pour essayer de l'apercevoir au travers d'une trouée dans la végétation.

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

La chevrette m'a aperçu au travers des feuillages et commence à devenir très nerveuse, elle tourne sur place et frappant du sabot le sol puis démarre en aboyant pour partir vers le bout du bois dans mon dos avec les 3 autres à ses trousses. Elle va tout gâcher, je m'attends à voir démarrer le brocard d'un instant à l'autre, je l'ai perdu de vu derrière le petit bosquet. Il met un moment à réagir puis démarre et me passe à moins de 10 mètres au trot, j'arme mon arc au cas où mais il rejoint le rond de ronce et s'arrête derrière alors qu'il semblait vouloir le contourner. Je me tiens prêt au cas où il déciderait de traverser au plus près de moi, environ 15 mètres nous sépareraient.

Au bout d'un moment, il se décide et passe au petit trot pour rejoindre le bois, je vise en avant et décoche mais je passe juste derrière. Je l'aboie alors qu'il va rentrer au bois en réencochant une flèche. Il s'arrête au ras du couvert, à un peu plus de 40 mètres, puis fait demi-tour et commence à revenir vers moi en zigzagant d'un pas lent. Je monte doucement mon arc pour me préparer à l'armement mais je suis découvert et armer sans être vu sera difficile. Petit à petit, il arrive en me présentant tantôt un plein travers, tantôt un 3/4 face. Alors qu'il est à 20 mètres environ, il me semble détecter une baisse d'attention et je commence à armer mais je me ravise vite car il regarde maintenant vers moi. Il vient toujours sans s'arrêter, cette fois, il rebaisse sa garde et ce sera ma seule chance il va être trop proche. J'arme doucement et prends la visée. Le brocard vient se planter à 15 mètres, plein travers, tourné vers le bois. Ma visée est prise, je décoche mais il démarre à ce moment-là et ma flèche semble taper trop en arrière alors qu'un bruit de fracture impressionnant retentit.

Le brocard démarre en trombe et rentre au bois avec une course saccadée caractéristique d'un animal touché. Avant de rentrer au bois je le vois perdre un gros jet de sang et aperçois quelques plis d'intestins qui semblent pendre sous son ventre. Il remonte la pente du bois et je le perds de vue, je le suis encore un instant à l'oreille avant d'entendre un gros fracas puis plus rien.

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

J'attends un moment puis pars chercher mes flèches, la seconde est brisée en 3 morceaux à partir de l'empennage et l'encoche a sauté, l'autre est postée dans l'herbe près du bois. Je me dirige vers là où j'ai vu rentrer le chevreuil au bois. Les feuilles mortes dans la montée sont marquées de grosses gouttes de sang alors que je n'ai pas su voir de traces de sang dans le pré.

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

Je remonte la pente en suivant les gouttes et arrive sur une zone plane près d'une grosse souche renversée, les gouttes de sang sont éparpillées sur un rond de 2 mètres de diamètre et ne suivent plus une ligne comme précédemment.

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

Je tourne un petit instant en essayant de dénouer la piste puis aperçois des gouttes à quelques mètres sur ma droite. Je me rapproche et constate que le sang est mélangé à du contenu stomacal, les chevreuils arrivaient bien du chaume de maïs au-dessus du lac où je casse souvent car je trouve des grains de maïs dans les traces de sang.

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

La piste est bien marquée et facile à suivre.

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

Je la suis tranquillement, elle remonte doucement vers la lisière haute du bois. Rapidement, je tombe sur une première reposée debout, le sol est marqué d'un gros rond de sang constitué de gouttes tombées à la verticale, le chevreuil est resté là un moment.

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

Au redémarrage, le chevreuil a perdu pas mal de sang, de nombreuses gouttes éparses couvrent les feuilles mortes. 

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

A nouveau, le sang est mélangé à du contenu stomacal, la piste est toujours très abondante et facile à suivre.

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

Tout à coup, un chevreuil démarre en lisière du bois au-dessus de moi. Je me fige et attends un moment, le bruit s'arrête vite. Après une petite attente, je reprends ma recherche et tombe rapidement sur une seconde reposée debout bien marquée.

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

La piste reprend juste un peu moins marquée mais toujours facile à suivre. 

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

A l'endroit où se trouvait le chevreuil qui a démarré, je retrouve une reposée où l'animal s'était couché.

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

Je m'arrête un moment et scrute l'intérieur du bois car, au bruit, je pense que le chevreuil n'est pas allé loin. Je raccroche mon décocheur et reprends ma recherche tout doucement. La piste redescend maintenant et le sang se fait plus rare, je suis tout de même bien la piste également tracée par les feuilles mortes retournées.

Le chevreuil redémarre devant moi sans que je puisse le voir mais à nouveau le bruit s'arrêt rapidement. J'attends un moment puis poursuis ma recherche. Je retombe un peu plus loin sur une seconde reposée couché à seulement 20 mètres de la première, signe que mon chevreuil n'est pas bien. Je continue à suivre la piste qui débouche dans une sorte de large fossé qui longe juste à la lisière, à l'intérieur du bois. Le sang devient de moins en moins abondant. 

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

Après 10 mètres environ, la piste bifurque à droite et ressort sur le pré en direction du bosquet au bout duquel j'ai fléché le brocard. Sur le pré, je ne trouve plus de sang et décide d'arrêter la ma recherche et d'appeler le chien de sang. Je traverse tout de même le pré pour examiner le bord du bosquet quand j'aperçois mon brocard qui surgit du sale un peu plus loin retraverse le pré et rentre dans le grand bois qui surplombe le lac. 

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

J'appelle donc le conducteur de chien de sang mais il m'annonce une triste nouvelle, son chien lui a échappé lors d'une balade avec sa longe et il le cherche sans succès depuis plusieurs jours. Il est justement en train de le chercher. Il me rappellera dans 2 heures pour me dire s'il peut venir avec sa jeune chienne. Je décide de retourner à la voiture pour passer le temps et de revenir pour ramasser les rosés des prés. 

En route, j'aperçois 4 chevreuils qui arrivent dans un léger brouillard en suivant la crête d'une colline. Je suis en plein découvert et ils regardent vers moi. Ils sont à environ 150 mètres. Je me voûte et avance doucement en faisant de petits appels brefs au Butollo. J'arrive ainsi à passer derrière un bout de haie et à rejoindre la bordure du bois à 40 mètres environ sans faire fuir les animaux. Je me cale ensuite derrière le bout de haie à son extrémité et commence à appeler. La chevrette de tête hésite, elle fait quelques pas vers moi, se retourne vers les trois autres puis se fige et regarde vers moi un moment avant de biaiser pour descendre vers le fond de la combe. Je me décale pour être masqué par le relief et avance vite d'environ 50 mètres avant de me figer à la vue des chevreuils.

A nouveau, la chevrette hésite puis fait brusquement demi-tour pour repartir d'où elle vient. Les animaux s'arrêtent régulièrement pour regarder derrière eux puis rentrent au bois.

Je finis d'arriver à ma voiture où je retrouve Hémo, mon teckel de 4 moins 1/2 que je dresse à la recherche au sang. Il m'a sagement attendu et dort en boule sur le siège passager. Je prends la voiture et pars me garer près de l'endroit où les chevreuils ont traversé la route de crête puis je redescends avec un sac pour aller chercher les champignons.

En traversant le petit bosquet, je trouve du sang, le chevreuil a donc longer ce dernier avant de s'arrêter dans un bouquet de buissons noirs.

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

Je laisse le coin tranquille puis pars chercher mes champignons et je reviens avec un poche de plusieurs kilos vers  la zone du tir, je continue à perdre un peu de temps en prenant des photos du paysage et de la piste au sang quand une voix m'interpelle. "Hep", je cherche d'où vient cette voix, "Hep", cette fois j'aperçois le chasseur, je le connais bien et vais à sa rencontre.

"Tu as tiré un chevreuil ce matin ?" 

"Oui, tu l'as trouvé?"

"Oui.....

Nous discutons un moment puis il me conduit à mon chevreuil qui est mort sur un ancien chemin dans le bois où je l'ai vu rentrer, à 40 mètres environ de la lisière.

Il a parcouru environ 200 mètres sur la totalité de sa fuite. Ma flèche est très en arrière, elle est basse dans les intestins et touche les 2 genoux en écaillant un des tibias, d'où le bruit de fracture.

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

Qu'elle n'est pas ma surprise quand voulant le prendre en photo, je l'attrape par les bois pour le positionner. Le bois de gauche me reste à la main avec un morceau du pivot. Une vielle fracture entrain de cicatriser, le morceau ne tenait que par la peau. 

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

Alex

 

Trophée :

Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012
Un joli brocard trop curieux, 17 novembre 2012

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  • : Le blog de Alex.bowhunter
  • Le blog de Alex.bowhunter
  • : Je chasse avec un arc de type compound, principalement le grand gibier et le ragondin, à l'approche en grande majorité, quelques fois à l'affût au sol (seul ou en battue) ou à l'appel, je n'utilise jamais de tree stand et de game-caméras. Je chasse léger (pas de jumelles, pas de télémètre)... juste mon arc, mon couteau, parfois un appeau et ma tenue camo...vous trouverez ici un recueil de mes récits de chasse.
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